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Cours Macro

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Macroéconomie

S2 Sciences Économiques et Gestion

Pr. Abid IHADIYAN


FSJES Tanger
Plan du cours

▪ Introduction
▪ Chapitre 1 : Les données de la macroéconomie
▪ Chapitre 2 : L’intervention de l’État
▪ Chapitre 3 : La politique budgétaire
▪ Chapitre 4 : La politique financière
▪ Chapitre 5 : Le chômage
▪ Chapitre 6 : L’inflation

2
Bibliographie indicative

« Principes d'économie moderne », de J. Stiglitz et Walsh (éd. De Boeck, 2004)


« Introduction aux sciences économiques » de A. Ihadiyan (2019)

3
Introduction

1. La macroéconomie ?
2. Objet de la macroéconomie
• La croissance
• L’inflation
• Le chômage
3. Les trois marchés

4
1. Macro vs Micro

La microéconomie explique les décisions individuelles et


s’intéresse aux relations entre agents sur un marché donné.

La macroéconomie est une approche plus globale. Elle


s’intéresse aux relations entre agents mais sur l’ensemble
des marchés.

5
1. Qu’est-ce que la macroéconomie ?

La macroéconomie s’intéresse aux grands agrégats :

▪ La consommation des ménages dans leur ensemble.


▪ La production de tous les biens confondus.

6
2. Ce qu’étudie la macroéconomie
Exemples de questions que se posent les macroéconomistes :

▪ Pourquoi les revenus sont-ils plus élevés aujourd’hui ?


▪ Pourquoi certains pays connaissent-ils l’inflation?
▪ Quel est le rôle de la fiscalité ?
▪ Pourquoi le solde de la balance commerciale se dégrade-t-il ?

7
2. Ce qu’étudie la macroéconomie
On entend régulièrement parler de problèmes globaux
(macroéconomiques) car ils affectent la vie de tous les
agents, en particulier :

▪ La croissance (PIB)
▪ L’inflation (IPC)
▪ Le chômage (Emploi)
▪ Equilibre des marchés, équilibre extérieur (BP)

8
2.1. Le PIB et la croissance
Le Produit Intérieur Brut mesure le revenu total de l’économie.

La croissance mesure l’augmentation du PIB.

 valeur d' arrivée - valeur de départ 


taux de croissance =   *100
 valeur de départ 

9
2.1. Le PIB et la croissance
PIB et Production Industrielle en France (volume)

3000
En Milliards de francs 1938

2500

2000

1500

1000

500

0
90
95
00
05
10

15
20
25
30
35
40
45
50
55
60
65
70
75
80
85
90
18
18
19
19
19

19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
Source : CEPII
Produit Intérieur Brut Production Industrielle

10
2.1. Le PIB et la croissance
Taux de croissance du PIB réel en France

40
30
Taux de croissance

20
10
0
-10
-20
-30
90
96
02
08
14
20
26
32
38
44
50
56
62
68
74
80
86
92
18
18
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
PIB

Source : CEPII

11
2.1. Le PIB et la croissance
PIB en eniveau et en taux de croissance
900 40
800
30
700
20
600
10
niveau

500

en %
400 0
300
-10
200
-20
100
0 -30
09

12

15

18

21

24

27

30

33

36

39

42

45

48

51

54

57

60
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19
en niveau en francs 1938 Taux de croissance

12
2.1. Le PIB et la croissance

Comment explique-t-on la hausse de la production et du


PIB depuis un siècle ?

Pourquoi la croissance présente-elle de telle fluctuations ?

Comment peut-on y remédier ?

13
2.2. L’inflation
L’inflation mesure la vitesse à laquelle les prix augmentent

Comment explique-t-on l’inflation ?

Pourquoi y-a-t-il eu des périodes de fortes inflation?


(hyperinflation)

Pourquoi la hausse des prix peut-elle être un problème ?

14
Taux de croissance en %

-20
-10
0
10
20
30
40
50
60
70
1890

Source : CEPII
1895
1900
1905
1910
1915
1920
1925
1930
1935
1940
1945
Prix du PIB
2.2. L’inflation

1950
1955
1960
Taux de croissance du prix du PIB

1965
1970
1975
1980
1985
15
2.3. Le chômage

Définition :

 Nombre de chômeurs 
taux de chômage =   *100
 Population active 
Population active = Nombre de travailleurs + nombre de chômeurs

Comment explique-t-on le chômage ?


Pourquoi le taux de chômage varie-t-il?

16
2.3. Le chômage
Taux de chômage en France

14
12
10
Taux en %

8
6
4
2
0
90

97

04

11

18

25

32

39

46

53

60

67

74

81

88
18

18

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19
Taux de chômage

Source : CEPII

17
3. Les trois marchés
Marché des Biens
Entreprises et services
Embauchent des salariés
Vendent Biens et Services
Empruntent pour
investir
Marché du Ménages
travail Achètent Biens et Services
Offrent du travail
Prêtent et/ou empruntent

État
Embauche des salariés Marché des
Achète Biens et Services
Prête et/ou emprunte
capitaux

18
Chapitre 1

Les données de la macroéconomie


Plan
1. Le circuit économique
2. Le produit intérieur brut
1. L’optique de la production
2. L’optique de la dépense
3. L’optique des revenus
4. Une autre mesure : le PNB
3. PIB réel et PIB nominal
4. Ce que mesure le PIB

20
1. Le circuit économique
Un circuit économique avec les 4 agents principaux

État

I entreprises C ménages

M
X reste du
monde

21
2. Le produit intérieur brut
Le Produit Intérieur Brut est une mesure de la
richesse nationale.

Le PIB correspond à :

▪ La production nationale
▪ La somme des dépenses en bien final
▪ La somme des revenus distribués

22
2.1. La mesure de la production
Une économie produit des milliers de biens et services
différents.

Comment les additionner pour obtenir la production totale ?

En valorisant chaque bien par son prix :

Production =  (prix * quantité)


23
2.1. La mesure de la production
Exemple : Une économie a produit 3 biens en 2000

Production de l’économie en 2000


Quantités Prix unitaire valeurs
Voitures 10 000 10 000€ 100 000 000€
Oranges 1000 tonnes 5 000€ 5 000 000€
Ordinateurs 1 000 1 000€ 1 000 000€
Production totale 107 000 000€

La valeur de la production nationale est donc la somme des chiffres


d’affaire.

24
2.2. La mesure du PIB : l’optique de la production
La production n’est pas une bonne mesure de la quantité produite dans
un pays durant une année car beaucoup de biens servent à fabriquer
d’autres biens et le prix de chaque bien incorpore le prix des
consommations intermédiaires.

 Problème du double comptage


 D’ou utilisation du concept de VA

VA = Production – C I

La VA est l’augmentation de la valeur des biens qui résulte du processus


de production.

25
2.2. La mesure du PIB : l’optique de la production
Exemple : la production de pains dans l’économie nationale :
Secteurs Processus Transactions
productif
Consommations
intermédiaires 1 000 €
(engrais)
Agriculteur
Production de
blé = chiffre 2 000 €
d’affaire
C. I. (blé) 2 000 €
Moulin
CA (farine) 3 000 €
C. I. (farine) 3 000 €
Boulanger
C. A. (pain) 5 000 €
C. I. (pain) 5 000 €
Supermarché
C. A. (pain) 10 000 €
Somme des
Production
productions 2000 + 3000 + 5000
totale de
(CA) de + 10000 = 20000€
l’économie
chaque secteur
Somme des VA 1000 +
PIB de chaque 1000+2000+5000 =
secteur 9000€

26
2.2. La mesure du PIB : l’optique de la production
Tout ce qui est produit est utilisé d’une manière ou d’une
autre par un agent.

On distingue 4 utilisations de la production :

▪ La consommation finale des ménages (C)


▪ L’investissement des entreprises et des ménages (I)
▪ Les dépenses publiques de l’État (G)
▪ Le solde commercial avec le Reste du Monde (X-M)

Remarques : ces utilisations sont évaluées aux prix de marché.

27
2.2. La mesure du PIB : l’optique de la dépense
Exemple : la production de voitures peut être utilisée comme :

▪ Consommation finale par les ménages


▪ Investissement par les entreprises
▪ Dépenses publiques par l’État pour les fonctionnaires
▪ Exportation
Nous avons donc :

PIB = C + I + G + (X-M)

IB+M = C
P  +I + G +X
Re ssources dont Utilisation de ces ressources
dispose l ' économie

28
2.2. La mesure du PIB : l’optique de la dépense
La décomposition du PIB
Le PIB et ses composants en 2005
Part en % dans
Réel PIB réel
Ressources
Produit intérieur brut 1 552,3
Importations 474,0 30,54
Total 2 022,2
Emplois
Dépenses de consommation finale des ménages 897,4 57,81
Dépenses de consommation finale des administrations
358,6 publiques 23,10
Formation brute de capital fixe 308,2 19,86
Variation de stocks 4,8 0,31
Exportations 453,2 29,20
Milliards d'euros
Source : Comptes nationaux - Base 2000, Insee

29
2.2. La mesure du PIB : l’optique du revenu
Une troisième façon de calculer le PIB est de considérer que toute
production donne lieu à des versements de revenu.

Les entreprises emploient leurs recettes de 5 façons différentes :


▪ Elles paient les salariés
▪ Elles achètent des consommations intermédiaires (CI)
▪ Elles paient des impôts indirects (TVA)
▪ Elles paient des intérêts
▪ Elles font des profits

Au total, on obtient :
PIB = Chiffre d’affaire - CI
PIB = rémunérations des salariés + profits + paiements d’intérêt +
impôts indirects
30
2.2. La mesure du PIB : l’optique du revenu
Les différentes mesures du PIB

Produit intérieur brut: les trois approches à prix courants


Approche par la production Approche par la dépense Approche par le revenu
Produit intérieur brut 1 710,0 Produit intérieur brut 1 710,0 Produit intérieur brut 1 710,0
Valeur ajoutée au prix de base 1 531,3 Consommation finale 1 381,6 Rémunérations des salariés 891,1
impôts sur les produits (+) 196,9 Investissement (+) 344,7 Profits (+) 582,0
subventions sur les produits (-) -18,1 Exportation (+) 446,3 Impôts indirects (+) 270,6
Importations (-) 462,6 subventions (-) 33,7
Milliards d'euros
Source : Comptes nationaux - Base 2000, Insee

31
2.3. Autre mesure : le produit national brut

Le PIB mesure la richesse produite sur le territoire national.


Or des entreprises étrangères produisent sur notre territoire
mais rapatrient une partie des revenus dans leur pays d’origine.

 Ces revenus ne bénéficient pas aux agents nationaux.

 revenu des facteurs   revenu des facteurs 


   
PNB = PIB +  en provenance du  −  versé 
 reste du monde   au reste du monde 
   

32
2.3. Autre mesure : le produit national brut
Différence entre le PIB et le PNB

33
3. PIB réel et PIB nominal
Calcul du PIB :

Production =  (prix * quantité)

Le PIB peut augmenter :

▪ Soit parce que les quantités augmentent


▪ Soit parce que les prix des biens augmentent

34
3. PIB réel et PIB nominal
Production et PIB de l’économie en 1980 et 2000
1980 2000
Quantités Prix Quantités Prix
Voitures 1 000 1 000 10 000 10 000€
Oranges 100 tonnes 100 1 000 tonnes 5 000€
PIB 1 010 000 € 105 000 000 €

On veut pouvoir différencier la hausse des quantités de la hausse des prix :


 On fixe les prix pour une année de base

PIB nominal = prix de l’année courante*quantités de l’année courante

PIB réel = Prix de l’année de base (1980) * quantités de l’année courante

35
3. PIB réel et PIB nominal
Production et PIB de l’économie en 1980 et 2000
Valeurs à prix courants Valeurs aux prix 1980
(en euros courants) (en euros constants)
En millions En millions
1980 2000 1980 2000 1980 2000
Quantités Prix Quantités Prix
Voitures 1000 1000 10000 10000€ 1 100 1 10
Oranges 10 000 2000 20000 5000€ 20 100 20 40
PIB 21 200 21 50
PIB nominal PIB réel

Le PIB nominal a augmenté de 852,39%


Le PIB réel a augmenté de 138,1%

 Les quantités produites ont augmenté de 138,1%


 La différence entre ces 2 taux de croissance est le taux de croissance des prix

36
3. PIB réel et PIB nominal
Le PIB nominal mesure la valeur en euros de la production de l’économie.
Le PIB réel mesure la quantité produite (évaluée aux prix constants de l’année de
base).
Le déflateur du PIB mesure le prix d’une unité de production par rapport à son prix
au cours de l’année de base. C’est un indice de prix de la production.

 PIB nominal 
Déflateur du PIB =    PIB nominal = Déflateur du PIB  PIB réel
 PIB réel 

Dans notre exemple, le déflateur du PIB vaut 4 en 2000.


Les prix ont augmenté de 300% entre 1980 et 2000.

37
3. PIB réel et PIB nominal
Taux de croissance du PIB nominal, du PIB réel et du déflateur du PIB en France
1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005
PIB nominal 7,19 8,29 9,56 15,30 9,45 7,22 2,65 3,27 3,87 4,16
PIB réel (€ 2000) 5,50 5,22 4,78 4,24 1,45 2,44 1,25 1,08 1,85 2,16
Déflateur du PIB 1,27 2,62 4,98 10,87 7,92 4,58 1,45 2,09 2,00 1,91

Taux de croissance du PIB nominal et du PIB réel et du déflateur du


PIB

25
Taux de croissance en %

20

15
PIB réél (€ 2000)
10 PIB nominal
Déflateur du PIB
5

0
1960
1963
1966
1969
1972
1975
1978
1981
1984
1987
1990
1993
1996
1999
2002
2005
2008
-5

38
4. Ce que mesure le PIB
Le PIB mesure la production nationale mais toute la production
nationale n’est pas comptabilisée (économie domestique,
propriétaires de logements).

PIB réel par habitant en France (milliers d’euros)


1960 1970 1980 1990 2000 2005
PIB réel par
habitant 8,18 12,65 16,57 20,31 23,74 24,76

Le PIB est-il un bon indicateur du bien-être ?


▪ le PIB ne comptabilise que les valeurs ajoutées et ne tient pas compte des
« maux » de la société (pollution, maladie, etc.)
▪ C’est une moyenne qui ne tient pas compte des inégalités

39
4. Autre indicateur : IDH
L’Indicateur du Développement Humain prend en compte
trois séries de facteurs :

▪ Le niveau de santé représenté par l’espérance de vie à la


naissance

▪ Le niveau d’éducation
▪ Taux d’alphabétisation des adultes
▪ Nombre moyen d’années d’études

▪ Le revenu moyen : PIB par tête corrigé par la non prise en compte
de revenus les plus élevés

40
4. Autre indicateur : l’IDH

Classement des pays développés


selon 2 indicateurs
Classement Classement
IDH-2 PIB/habitant
1, Norvège 5
2, Islande 4
3, Suède 18
4, Australie 12
5, Pays Bas 8
6, Belgique 11
7 Etats-Unis 2
8. Canada 9
9, Japon 14
10 Suisse 7
11, Danemark 6
12, Irlande 3
13, R. Uni 19
14, Finlande 17
15, Luxembourg 1
16, Autriche 10
17, France 20
18, Allemagne 13
19, Espagne 24
Source : Rapport 2003 du PNUD

41
4. Autre indicateur : l’IDH

Source : Alternatives Économiques

42
Chapitre 2

L’État et ses interventions


Plan

• Les conceptions de l’État


• Les fonctions de l’État
• Les politiques économiques
• Le budget de l’État

44
Introduction

L’État est présent dans toutes les économies, même les


économies de marchés.
Les raisons de l’activité de l’État sont :

▪ Efficacité économique : garant de la concurrence, fournisseur de


biens collectifs et lutte contre les externalités

▪ Équité : redistribution des revenus et assureur

▪ Stabilisateur de la conjoncture

45
Introduction
On mesure l’intervention de l’État par le montant des
recettes publiques dans le PIB.
Recettes totales des administrations publiques (en %
du PIB nominal)

Total de l'OCDE
Zone euro
Etats-Unis
Royaume-Uni
Suède
Espagne
Corée 2005
Japon 1990
Italie
Grèce
Allemagne
France
Danemark
Belgique

0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0


Source OCDE En % du PIB nominal

46
2. Les différentes conceptions de l’État

L’État est présent dans toutes les économies mais son poids
et ses fonctions sont un sujet de controverse.

1. L’État gendarme
2. L’État providence

47
2.1. l’État gendarme

C’est la conception du courant libéral, l’État ne doit intervenir que dans


certains domaines :

Domaine d'intervention

Facilite le déroulement Corrige les résultat défectueux


de l'activité économique de l'activité économique privée
privée Corrige les imperfections de marchés

Fournit au secteur privé Rétablissement Politiques sociale et redistributive


des biens collectifs de la concurrence financées par un budget équilibré
indispensables aux initiatives et non inflationniste
privées : justce, police,
équipements
48
2.1. l’État gendarme
Les libéraux considèrent que l’intervention de l’État dans d’autres
domaines est néfaste :

Caratère néfaste des interventions publiques

Intervention inopportune Intervention néfaste


inopportune

Le mécanisme de marché Toute intervention ne fait


est : qu'accroître l'instabilité éco
1) rééquilibrant car va à l'encontre des
2) optimal mécanismes de marché
3) assure la plus grande
satisfaction de chaque
individu
49
2.2. l’État providence
C’est la conception keynésienne. L’État est un agent
macroéconomique autonome qui assure deux fonctions essentielles :

Les fonctions de l'Etat providence

Assure l'équilibre global Mission de sauvegarde


du système économique

Mécanisme de marché L'Etat est responsable du


n'assurent pas progrès social et de l'accès
automatiquement à tous au bien-être par des
un équilibre acceptable impôts et des transferts
donc l'Etat doit intervenir :
exerce des effets
d'entrainements sur
l'économie
50
3. Les fonctions de l’État dans les économies
développées

L’État a trois grandes fonctions :

1. Fonction de production et d’affectation des ressources


2. Fonction de redistribution des richesses
3. Fonction de stabilisation de la conjoncture et
d’orientation économique

51
3.1. Fonctions de production et d’affectation des
ressources

Fournit des biens et services collectifs :


▪ Éducation
▪ Police
▪ Justice
▪ Infrastructure, etc.

Affecte des ressources à certains projets :


▪ Biens et services collectifs
▪ Grands projets

52
3.2. Fonctions de redistribution

Pour réduire les inégalités (inégalités de revenu ou face aux


risques), l’État prélève des ressources et les redistribue.

▪ Prélève des ressources sous forme d’impôts et cotisations

▪ Redistribution sous la forme de prestations

53
3.3. Fonction de stabilisation de la conjoncture

L’État se donne comme objectif de stabiliser la conjoncture


économique (à court terme), c’est-à-dire de maintenir la
demande ou la croissance à un niveau désiré.

 Cherche à éviter les fluctuations du PIB et de l’emploi

 Oriente le développement économique à long terme par la politique


industrielle

54
3.3. Fonction de stabilisation de la conjoncture

▪ L’action par les dépenses publiques :


En modifiant ses dépenses, l’État peut influencer la
croissance économique.

▪ L’action par les recettes publiques :


Le niveau des impôts et les taxes influencent le revenu
des agents, orientent les dépenses vers certains secteurs
particuliers.

55
4. Le budget des Administrations publiques

4.1. Qu’est-ce que les administrations publiques


4.2. Les recettes des ADM
4.3. Les principales dépenses des ADM
4.3.1. Les dépenses de l’État
4.3.2. Les dépenses d’assurances sociales
4.3.3. Les dépenses des collectivités locales
4.4. Le solde du budget des ADM
4.5. La dette publique

56
4.1. Qu’est-ce que les administrations publiques ?

Les Administrations publiques se décomposent en :

▪ Administration Centrale (État)


▪ Organismes divers de l’Administration Centrale
▪ Organismes de sécurité sociale
▪ Administration publiques locales

57
4.2. Les recettes des Administrations publiques

Prélèvements obligatoires perçus par

50,0
45,0 les institutions de
40,0 l'Union européenne
En % du PIB

35,0
les administrations de
30,0
sécurité sociale
25,0
20,0 les administrations
15,0 publiques locales
10,0 les ODAC
5,0
0,0 l'Etat
78

81

84

87

90

93

96

99

02

05
19

19

19

19

19

19

19

19

20

20
Source : INSEE
Attention : il y a une différence entre recettes publiques et prélèvements obligatoires

58
4.2. Les recettes des Administrations publiques
Principaux impôts et cotisations
des administrations publiques en 2004
Milliards d'euros en %
TVA 121 16,90
TIPP 25 3,45
Taxes sur les tabacs et
7 0,96
alcools
Impôts sur le revenu 50 7,04
Française des jeux, PMU 3 0,41
Taxe d'habitation 11 1,48
Taxe foncière 19 2,63
Autres impôts locaux 13 1,75
CRDS 5 0,68
CSG 66 9,25
Cotisations sociales 270 37,75
Droits de successions 16 2,24
ISF 3 0,36
Impôts sur les bénéfices 38 5,27
Taxe sur les salaires 9 1,26
Taxe professionnelle 23 3,21
Autres 38 5,36
Total des prélèvements
716 100,00
obligatoires
Source : alternatives Economiques

59
4.3.1. Les principales dépenses de l’État
Total : 329,5 milliards d’euros en 2006

Source : Projet de Loi de Finance 2006

8% Enseignement et recherche
5% 25% Collectivités territoriales
5% Intérêt de la dette

6% Défense
Travail, emploi, solidarité
8% Sécurité et justice
Union européenne
20%
Transport, ville, logement
11%
12% Autres

60
4.3.2. Les dépenses d’assurances sociales

Principales dépenses en 2004

▪ Vieillesse : 49,6%
▪ Santé : 34,8%

Total des dépenses : 418 milliards d’euros (hors prestations


financées par l’État et régimes complémentaires non
obligatoires)

61
4.3.3. Les dépenses des collectivités locales

Dépenses pour 2006 (164 milliards d’euros)

▪ Réseaux, transport et voirie : 21%


▪ Développement économique : 7,8%
▪ Administration : 16,8%
▪ Enseignement et formation : 15,2%
▪ Action sociale et exclusion : 21,5%

Source : Alternatives Économiques

62
4.4. Le solde du budget des administrations publiques

Solde budgétaire = recettes - dépenses

Déficits publics des différents organismes des Adminsitrations publiques


(En milliards d'euros)
1980 1990 2004 2005
Etat 0,1 -21,1 -52,4 -51,3
Organismes divers d'administration centrale 0,7 1,5 10,0 7,6
Administrations locales -4,3 -4,1 -2,3 -1,8
Administrations de sécurité sociale 4,2 -0,3 -15,9 -3,8
Total administrations publiques 0,7 -24,0 -60,6 -49,3
Source : INSEE

63
4.4. Le solde du budget des administrations publiques

Déficit des Administrations publiques


78 Evolutions temporelles
80

82

84

86

88

90

92

94

96

98

00

02

04
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20
10,0 1,0
0,0 0,0
Milliards d'euros

-10,0 -1,0

En % du PIB
-20,0 -2,0
-30,0 -3,0
-40,0 -4,0
-50,0 -5,0
-60,0 -6,0
-70,0 -7,0
Source : INSEE
En Milliards d'euros % du PIB

64
4.4. Le solde du budget des administrations publiques
Comparaisons internationales

Source : OCDE Solde des administrations publiques (en % du PIB)

6,0
4,0
En % du PIB

2,0
0,0
-2,0
-4,0
-6,0
-8,0
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005

France États-Unis Corée Zone euro

65
4.4. Le solde du budget des administrations publiques
Le lien entre évolutions conjoncturelles et solde budgétaire

Croissance du PIB et solde public en France

6,00
4,00
2,00
0,00
-2,00
-4,00
-6,00
-8,00
Source : INSEE et EUROSTAT
78

80

82

84

86

88

90

92

94

96

98

00

02

04
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20
PIB déficit en % du PIB

66
4.4. Le solde du budget des administrations publiques

Déficit primaire = Déficit budgétaire – intérêts de la dette

Exemple en 2015 :

Déficit budgétaire = 50 milliards d’€


Intérêts de la dette = 46,2 milliards
Déficit primaire = 3,8 milliards

Intérêts de la dette (2016) = dette (2015) x taux d’intérêt (2016)

67
4.5. La dette publique
Dette publique = montant cumulé des déficits publics

Dette (2016) = Dette (2015)


+ Déficit primaire (2016)
+ intérêts de la dette (2016)

Conséquence :
▪ Si taux d’intérêt augmente, dette augmente
▪ Si dette diminue, intérêts de la dette diminuent (effet boule de
neige)

68
4.5. La dette publique
Dette publique en France

1200,0 70,0

1000,0 60,0
En milliards d'€

50,0

En % du PIB
800,0
40,0
600,0
30,0
400,0
20,0
200,0 10,0
0,0 0,0
78

80

82

84

86

88

90

92

94

96

98

00

02

04
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20
Source : INSEE
En milliards d'Euros En % du PIB

69
4.5. La dette publique : comparaisons internationales

70
4.5. La dette publique : résorption

▪ Croissance économique

▪ Baisse des taux d’intérêt

▪ Excédent primaire

71
Chapitre 3

Le revenu national et
la politique budgétaire
Plan

• Introduction
• Le revenu national
• Les fluctuations du PIB à court terme
• Les politiques budgétaires
• Autre interprétation de l’équilibre ressources-emplois
• Le problème de l’épargne

73
Introduction : La production sur longue période
Entre 1960 et 2005, le taux de croissance du PIB est d’environ
3% par an en moyenne.
PIB réel

1800
1600
1400
1200
1000
800
600
400
200
0
66

68

70

72

74

76

78

80

82

84

86

88

90

92

94

96

98

00

02

04
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20
PIB réel

74
Introduction : Évolutions à court terme
Le taux de croissance du PIB effectif s’écarte souvent de sa
moyenne.
Taux de croissance moyen et taux de croissance du PIB réel

8,0
7,0
6,0
5,0
4,0
en %

3,0
2,0
1,0
0,0
-1,0
-2,0
1961
1963
1965
1967
1969
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
Taux de croissance du PIB Taux de croissance moyen

75
Introduction : Évolution PIB
L’offre totale de biens et services est représentée par le PIB.
Cette quantité dépend :
– Du nombre de personnes ayant un emploi
– Du nombre d’heures travaillées
– Du stock de capital
– De la productivité

On ne parlera pas pour l’instant du comportement des entreprises.

76
Introduction : Évolutions à court terme

Pourquoi y-a-t-il des fluctuations à court terme ?

• Chocs externes (exports, imports, choc pétrolier)


• variations de la demande

77
Introduction : Objectif du chapitre

On se situe à court-terme et on cherche à expliquer les


déterminants PIB.

Hypothèses :
– Stock de capital fixé
– Pas de progrès technique
– Il existe des capacités de production inemployées (Hommes et
machines)
– On assimile le PIB au PNB
– Le PIB est le revenu distribué in fine aux ménages

78
Introduction : Objectif du chapitre

S’il existe des capacités inutilisées :


 On peut facilement satisfaire une hausse de la demande en
embauchant et utilisant les machines plus intensément.

Si les capacités sont toutes utilisées (machines et hommes)


 Une hausse de la demande à court-terme entraîne une
hausse des prix.

79
Introduction : Objectif du chapitre

Analyse de court terme + capacités inutilisées

Deux conséquences :
➢ Les prix sont fixes
➢ C’est la demande qui détermine la production

Les entreprises réagissent aux variations de la demande


adressée.

80
1. Le revenu national

Demande globale = C + I + G + (X-M)

Si on connaît les déterminants de la demande globale pour


chaque niveau de prix, alors on peut la faire varier

 PIB = DG si DG  alors PIB 

81
1. Le revenu national

Décomposition du PIB (volume)

1 800,0
1 600,0
1 400,0
I
1 200,0
1 000,0 G
800,0 C
600,0
PIB
400,0
200,0
0,0
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
82
1.1. La consommation finale des ménages
La consommation des ménages est la composante la plus
importante de la demande globale (60%).
Taux de croissance de la consomation

4,5
4,0
3,5
3,0
2,5
en %

2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
-0,5
79

81

83

85

87

89

91

93

95

97

99

01

03

05
-1,0
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20
83
1.1. La consommation

La consommation dépend du revenu disponible :

RDB = Revenu – impôts + transferts


RDB = PIB – impôts + transferts

84
1.1. La consommation
– Du niveau des
La prix (maisdeonconsommation
fonction les considère fixés)
– Du taux de chômage
consommation en volume

1 000,0
– De la richesse financière
800,0

600,0

400,0

200,0

0,0
600,0 700,0 800,0 900,0 1 000,0 1 100,0
Revenu disponible réel

85
1.1. La consommation
En moyenne les ménages consomment 80% de leur revenu
disponible. Le reste est épargné.

 Propension moyenne à consommer = 0,8

 Si RDB augmente de 100€ alors C augmente de 80€ et


épargne 20€

Remarque : on associe propension moyenne et propension


marginale.

86
1.2. L’investissement
A peu près 20% du PIB en 2005
Investissement et consommation en France
(Taux de croissance )

10,0
8,0
6,0
4,0
en %

2,0
0,0
-2,0
-4,0
-6,0
-8,0

78 980 982 984 986 988 990 992 994 996 998 000 002 004
19 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 2 2 2

Consommation Investissement

87
1.2. L’investissement
Investissement :
• Matériel
• Financier
• De capacité
• De productivité

Pourquoi les entreprises investissent ?


• Pour se moderniser (ou renouvellement)
• Pour faire face à une demande anticipée supérieure

88
1.2. L’investissement

L’investissement dépend :

• Des anticipations de demande  du revenu distribué

• Du taux d’intérêt

89
1.2. L’investissement

Pour investir, il faut emprunter .


 comparaisons entre le rendement de l’investissement et
le coût de l’emprunt.

 Plus le taux d’intérêt est élevé, plus il faut que le


rendement (r) attendu soit élevé.

90
1.3. L’État
Interventions par les dépenses publiques ou par les impôts

Investissement, consommation et dépenses publiques en


France
(Taux de croissance)

10,0
8,0
6,0
4,0
en %

2,0
0,0
-2,0
-4,0
-6,0
-8,0
78

80

82

84

86

88

90

92

94

96

98

00

02

04
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20
Consommation Investissement Dépenses publiques

91
1.4. Le revenu national en économie fermée

Revenu X PMC = Consommation

Taux d'intérêt +
Demande Demande
d'Investissement globale
Pesrpectives
Rendement
de
+
prévu
production
Production
Dépenses de
l'Etat
Emploi

92
1.5. Le commerce extérieur

Les exportations dépendent de :


• La demande internationale  PIB étranger
• Des prix relatifs nationaux et étrangers

Les importations dépendent de :


• La demande et production nationale  PIB national
• Des prix relatifs nationaux et étrangers

93
2. Les fluctuations du PIB à court terme

D’après la formation du PIB, fluctuations à court terme si


modification de la demande globale.

Baisse de la demande adressée :


Baisse de l’investissement des entreprises
Baisse de la consommation des ménages
Baisse des dépenses publiques ou hausse des impôts
Baisse des exportations si économie ouverte

94
2. Les fluctuations du PIB à court terme : pourquoi ?

Baisse des dépenses publiques :


– réduction du déficit par exemple
Baisse de la consommation :
– Hausse des impôts
– Manque de confiance dans l’avenir
Baisse de l’investissement :
– Hausse du taux d’intérêt
– Entreprises prévoient une baisse de demande
Baisse des exportations :
– Récessions chez les partenaires commerciaux

95
2. Les fluctuations du PIB à court terme : pourquoi ?
Le PIB et ses composantes en France
(Taux de croissance)

10,0
8,0
6,0
4,0
en %

2,0
0,0
-2,0
-4,0
-6,0
-8,0
78

80

82

84

86

88

90

92

94

96

98

00

02

04
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20
Consommation Investissement Dépenses publiques PIB

96
3. Les politiques budgétaires
Permettent de limiter les fluctuations et d’améliorer l’emploi à court-terme.

3.1. Multiplicateur simple


3.2. Multiplicateur avec impôts proportionnels
3.3. Multiplicateur en économie ouverte
3.4. Multiplicateur fiscal

Hypothèses simplificatrices :
pas d’impôts  RDB = PIB
pas de commerce extérieur
Investissement exogène

97
3.1. Le multiplicateur simple

Politique budgétaire : augmentation des dépenses publiques (Ex. L’état


lance un programme de construction de logement)

• CA donc VA du secteur de la construction augmente


• Les CI de ce secteur augmentent donc la production d’autres secteurs
augmente
• Distribution de revenus supplémentaires
• Une partie de ces revenus supplémentaires sont consommés
• Le supplément de consommation accroît la production

98
3.1. Le multiplicateur simple

 de la
demande
 dépenses  de la
adressée  emploi  revenus
de l'Etat prod. Bât.
au
bâtiment

 des CI  cons.

 prod.
Autres  Demande
secteurs

 production

99
3.1. Le multiplicateur simple
Effets d'une hausse des dépenses publiques de 100 €
Supplément
Supplément Supplément Supplément
de conso
de G de PIB de revenus
(C = 0,8*R)
Départ 100 100 100 80
Etape 1 0 80 80 64
Etape 2 0 64 64 51,2
Etape 3 0 51,2 51,2 41,0
Etape 4 0 41,0 41,0 32,8
Etape 5 0 32,8 32,8 26,2
Etape 6 0 26,2 26,2 21,0
Etape 7 0 21,0 21,0 16,8
Etape 8 0 16,8 16,8 13,4
… … … … …
Total 500,0 500,0 400,0

100
3.2. Multiplicateur avec impôts proportionnels

Question : Que se passe-t-il si il y a des impôts


proportionnels ?

Taux d’imposition = 20%  T = 0.2 x PIB


RDB = PIB − T = PIB − t  PIB = (1 − t ) PIB
C = 0.8  RDB = 0.8  (1 − 0.2)  PIB = 0.64  PIB

Propension à consommer le revenu total < propension à


consommer le revenu disponible.
 Effet multiplicateur plus petit

101
3.2. Multiplicateur avec impôts proportionnels

Effet d'une hausse de 100€ des dépenses publiques dans une économie avec impôts
Supplément de Supplément Supplément
Supplément Supplément Supplément de consommation
revenus d'impôts de RDB
de G de PIB
distribués
T=0,2*PIB RDB=PIB -T C = 0,8*RDB C = 0,64*PIB
Départ 100 100 100 20 80 64 64
Etape 1 0 64 64 12,8 51,2 41,0 41,0
Etape 2 0 41,0 41,0 8,2 32,8 26,2 26,2
Etape 3 0 26,2 26,2 5,2 21,0 16,8 16,8
Etape 4 0 16,8 16,8 3,4 13,4 10,7 10,7
Etape 5 0 10,7 10,7 2,1 8,6 6,9 6,9
Etape 6 0 6,9 6,9 1,4 5,5 4,4 4,4
Etape 7 0 4,4 4,4 0,9 3,5 2,8 2,8
Etape 8 0 2,8 2,8 0,6 2,3 1,8 1,8
… … … … … … … …
Total 100 277,8 277,8 55,6 222,2 177,8 177,8

102
3.3. Multiplicateur en économie ouverte

Question : comment le multiplicateur est-il modifié en


économie ouverte ?

Toute augmentation de la production et donc de la


consommation entraîne une hausse des importations.
 Une partie du revenu supplémentaire part à l’étranger
 La consommation n’augmente pas autant
 L’effet multiplicateur est plus faible

Dépend de la part des M dans le PIB.

103
3.3. Exemple : la politique de relance en France en 1981

Programme de relance pour réduire le chômage :


Hausse des retraites et des allocations de Sécurité Sociales

 hausse du revenu des ménages

Effets de la politique de relance de 1981 en France


1980 1981 1982

Taux de croissance du PIB 1,6 1,2 2,5


Solde budgétaire* 0 -1,9 -2,8
Solde de la balance commerciale* -0,6 -0,8 -2,2
* en % du PIB

104
3.4. Multiplicateur fiscal

Quels sont les effets d’une baisse des impôts?

 des  de la  de la
 du RDB  revenus
impôts conso. production

Effet d'une baisse des impôts de 100€


(impôts forfaitaires)
Supplément de
Supplément Supplément
Baisse de T consommation
de RDB de PIB
(C = 0,8*RDB)
Départ 100 100 80 80
Etape 1 0 80 64 64
Etape 2 0 64 51,2 51,2
Etape 3 0 51,2 41,0 41,0
Etape 4 0 41,0 32,8 32,8
Etape 5 0 32,8 26,2 26,2
Etape 6 0 26,2 21,0 21,0
Etape 7 0 21,0 16,8 16,8
Etape 8 0 16,8 13,4 13,4
… …
Total 100 500,0 400,0 400,0

105
3.5. Difficultés de la politique budgétaire

• Les délais
• de prise de décision
• de transmissions
• Surchauffe
• Le déficit budgétaire induit
• Le déficit commercial

106
4. Autre interprétation de l’équilibre sur
le marché des biens
Production = dépense
Y=C+I+G
Production = revenu
Comment est-il utilisé par les ménages ?
Y=C+T+S
C+T+S=C+I+G
 S = I + (G – T)
 L’épargne des ménages finance l’investissement et le solde
budgétaire.

107
5. Le problème de l’épargne

Propension à consommer (pc) = 0.8


 propension à épargner (pe) = 0.2
Plus la PME est élevée, plus la PMC est faible.
 L’épargne réduit la consommation  fuite

Limites :
A long-terme l’épargne favorise l’investissement
 Accroissement du PIB potentiel
Modèle keynésien = modèle de court terme.

108
Chapitre 4
Monnaie, financement de l’économie
et politique monétaire
Plan

• Qu’est-ce que la monnaie ?


• Le financement de l’économie
• La création monétaire
• Avec réserves intégrales
• Avec réserves fractionnaire
• Les limites à la création monétaire
• La politique monétaire
• Interactions entre politique monétaire et politique
budgétaire

110
Qu’est-ce que la monnaie ?

• La définition
• Les fonctions
• Les formes
• Les instruments financiers
• La masse monétaire

111
1.1. Définition

Deux définitions sont communément admises :

1. La monnaie est définit comme l’ensemble des moyens de


paiements dont disposent les agents économiques pour
régler leurs transactions.

2. La monnaie est définit comme un bien d’échange accepté


par une communauté de paiement.

112
1.2. Les fonctions de la monnaie
La monnaie remplit 3 grandes fonctions :

1. Intermédiaire des échanges :


Troc souvent impossible.

2. Unité de compte :
Permet de chiffrer directement la valeur d’un bien sans faire
référence aux autres biens.

3. Réserve de valeur :
Permet de transférer du pouvoir d’achat dans le temps.

113
1.3. Les formes de la monnaie

1. Les problèmes liés au troc


2. La monnaie marchandise
3. La monnaie métallique
4. La monnaie fiduciaire
5. La monnaie scripturale

114
1.3.1. Les problèmes liés au troc

Le troc a 2 grands inconvénients :

• La double coïncidence des besoins

• Le stockage des marchandises en attente d’échange

115
1.3.2. La monnaie marchandise
Pour résoudre ces problèmes, les sociétés antiques ont utilisé
différents biens comme monnaie.

Un bien particulier est donné en échange d’un autre bien

Exemples de monnaie marchandises : morceaux de Fer, pièces de


tissus, coquillages, selle, peau, …

Difficulté : Ce bien doit être accepté par tous.

116
1.3.3. La monnaie métallique
Progressivement la monnaie marchandise a été remplacée par
l’or, le bronze, l’argent…

Avantages :
– Peu encombrants
– Durables
– De qualité homogène
– Divisible sans perte de valeur

117
1.3.4. La monnaie papier ou monnaie fiduciaire

Monnaie métallique devient insuffisante donc création du


papier monnaie au 17ème siècle.

Difficultés : Garantie de sa valeur :


– D’abord convertible en or
– Ensuite cours forcé (valeur fixée sans possibilité de le convertir en or)
– Et pouvoir libératoire illimité (billet doit être accepté par tous)

 Repose sur la confiance (fiducia = confiance)

118
1.3.5. La monnaie scripturale

Lien entre valeur du support et valeur nominale disparaît


totalement au 19ème siècle avec la monnaie scripturale (jeux
d’écritures sur les livres de compte).

Exemples de monnaie scripturale :


Chèques, virement, avis de prélèvement, cartes de crédit, …

119
1.3.5. La monnaie scripturale
Avantages :
– Rapidité des transactions
– Sécurité
– Pas de problème d’appoint
– Moyen de preuve

Difficultés :
L’utilisation de cette monnaie repose sur la confiance dans le système
bancaire.

120
1.4. Les instruments financiers

Classés par ordre de liquidité décroissante.

La liquidité est la faculté qu’a un actif financier d’être


rapidement transformé en un moyen de paiement
immédiatement utilisable pour effectuer une transaction.

La liquidité dépend de l’échéance et de la possibilité de


négocier l’instrument avant échéance.

121
1.4. Les instruments financiers

Les plus liquides :


• Monnaie divisionnaire (pièces)
• Monnaie fiduciaire (billets)
• Dépôts à vue (monnaie scripturale)

Un peu moins liquides :


• Livrets de caisse d’épargne
• CODEVI

Les moins liquides :


• Comptes à terme
• Titres à long terme négociables

122
1.4. Les instruments financiers

Deux titres à long terme négociables particuliers :


les actions et les obligations.

Négociable : pouvant être vendu avant échéance

Action : titre de propriété d’une entreprise, rémunéré par un


dividende

Obligation : titre de créance rémunéré par un taux d’intérêt

123
1.5. La masse monétaire

On cherche à quantifier la monnaie en circulation. On mesure la quantité de


monnaie à l’aide d’agrégats.
Ces agrégats sont classés par ordre de liquidité décroissante.

• M1 : actifs très liquides (pièces, billets et dépôts à vue)


• M2 : M1 + comptes rémunérés
• M3 : M2 + comptes à terme
• M4 : M3 + titres de long terme

124
1.5. La masse monétaire

Principaux indicateurs monétaires en France et dans la zone euro en 2005


encours bruts en fin de période en milliards d'euros
France Zone euro
Billets et pièces /// 514,8
+ Dépôts à vue 446,8 2 902,5
= M1 3 417,3
+ Dépôts avec préavis à 3 mois 391,4 1 540,8
+ Dépôts à terme à 2 ans 53,1 1 109,1
= M2 6 067,2
+ Instruments négociables 395,6 990,1
dont titres d'OPCVM monétaires 291,6 626,6
dont titres de créance à 2 ans 67,4 131,1
= M3 7 057,3

125
Section 2 : le financement de l’économie

1. Qu’est-ce que le financement de l’économie ?


2. Les capacités et les besoins de financement
3. Le financement indirect
4. Le financement direct
5. Exemple : le financement d’un investissement

126
2.1. Qu’est-ce que le financement de l’économie ?

Permet aux agents de trouver un financement pour leurs


besoins.

Comment financer l’achat d’un logement ?


Comment obtenir les moyens de construire une nouvelle
chaîne de production ?

Sans possibilité de financement, l’économie ne peut pas


fonctionner efficacement puisque tout le monde n’a pas les
ressources nécessaires.

127
2.2. Les besoins et les capacités de financement

Les besoins de financement se définissent comme une


insuffisance d’épargne.
Le montant du besoin de financement d’un agent correspond à la
somme qu’il doit se procurer auprès d’autres agents.
Les capacités de financement se définissent comme une épargne
excédentaire qui peut être prêtée.

128
2.2. Les besoins et les capacités de financement

Les besoins de financement


Entreprises Ménages État
Besoins liés au cycle Besoins liés à la Financement des
d’exploitation consommation infrastructures
(décalages entre
recettes et dépenses)

Besoins liés à Besoins liés à Financement du déficit


l’investissement l’investissement budgétaire

129
2.3. Le financement indirect
Intermédiation bancaire
Entreprises
Demandent Ménages
Offrent
Marché des capitaux
(Banques)
État
Demande

Si Offres de prêts > Demandes d’emprunts  taux d’intérêt diminue


Si Offres de prêts < Demandes d’emprunts  taux d’intérêt augmente

130
2.4. Le financement direct
Les demandes de financement ne passent plus par le système
bancaire :

Les agents (entreprises et État) se financent directement


auprès d’autres agents par l’intermédiaire du marché
financier.

Émissions d’actions ou d’obligations que d’autres agents,


qui ont des capacités de financement achètent.

131
2.4. Le financement direct : organisation
Le marché primaire :
Marché sur lequel sont mis en vente les nouveaux titres.
Permet le financement de l’économie.

Les entreprises émettent des actions ou des obligations pour


financer leurs investissements.

L’État émet des obligations pour se financer.

Les banques et les sociétés de bourse jouent un rôle de


courtage entre emprunteurs et prêteurs.

132
2.4. Le financement direct : organisation

Le marché secondaire (ou bourses de valeurs) : lieu


d’échanges des titres déjà émis.

Prix des actions et obligations dépend de l’offre et de la


demande :

Si O<D  prix augmente


Si O>D  prix diminue

133
2.5. Exemple : Le financement d’un investissement

Interne Autofinancement

Émissions
d’actions
Marché
financier
Financement
Direct Émissions
d’obligations

Externe

Indirect Banques

134
2.5. Exemple : Le financement d’un investissement

Financement interne

Avantages Inconvénients

L’entreprise ne dépend que d’elle Il faut disposer des ressources


même nécessaires

Elle ne subit pas la pression des Risque d’être à cours de liquidités


actionnaires
L’argent utilisé ne rapporte plus

135
2.5. Exemple : Le financement d’un investissement

Financement Indirect

Avantages Inconvénients

Ne dépend pas de la conjoncture Il faut rembourser le capital


boursière emprunté et les intérêts

Effet levier possible Droit de regard des banques

136
2.5. Exemple : Le financement d’un investissement

Financement direct : Actions

Avantages Inconvénients

Pas d’intérêts à payer Le pouvoir de l’entreprise peut


changer de main
Pas de remboursements à prévoir
Dépend de la conjoncture boursière

Il faut que les actionnaires potentiels


soient intéressés par ces actions

137
2.5. Exemple : Le financement d’un investissement

Financement direct : Obligations


Avantages Inconvénients

Plus d’autonomie qu’avec des Charges à payer (intérêts)


actionnaires
Il faut rembourser le capital
emprunté

138
3. La création monétaire

1. Qui crée de la monnaie ?


2. Le processus de création monétaire
1. Avec réserves intégrales
2. Avec réserves fractionnaires
3. Les contreparties de la création monétaire
4. Les limites à la création monétaire

139
3.1. Qui crée de la monnaie ?

• Les Banques Centrales


Émission de billets et de pièces

• Le Trésor public (banque de l’État)


Crédits à l’État

• Les banques commerciales ou banques de second rang


Octroi des crédits

140
3.2. Le processus de création monétaire

Par hypothèse la quantité de monnaie en circulation est


représentée par M1, c-à-d le montant total de pièces, de billets
et de dépôts à vue.

Pour augmenter la quantité de monnaie, on peut fabriquer plus


de pièces et de billets.

Mais l’octroi de prêts par les banques commerciales accroît aussi


la quantité de monnaie car elle augmente le montant des dépôts
à vue.

141
3.2.1. Le processus de création monétaire
avec réserves intégrales
Réserves obligatoires = montant de l’argent déposé à la Banque Centrale et
que les banques ne peuvent pas prêter.
Réserves intégrales = coefficient de réserve de 100%
Il y a 1000€ de monnaie dans l’économie. Ils sont déposés dans une banque
qui ne peut pas les prêter.

Bilan de la banque
Actif Passif

Réserves 1000 Dépôts 1000

142
3.2.2. Le processus de création monétaire
avec réserves fractionnaires

Si le coefficient de réserves est inférieur à 100%, les


banques peuvent prêter une partie des dépôts.
Ces crédits vont être déposés sur un compte bancaire

Or les dépôts à vue sont de la monnaie

 si les dépôts augmentent, alors la masse monétaire


augmente

143
3.2.2. Le processus de création monétaire avec réserves
fractionnaires
Exemple :
• Quantité initiale de monnaie en circulation = 1000 €
• Coefficient de réserve = 10%

Bilan de la banque

Actif Passif
Réserves 100 € Dépôts 1000€
Prêt potentiel 900€

144
3.2.2. Le processus de création monétaire avec réserves
fractionnaires

• Étape 1 : Monsieur A emprunte 900 € pour acheter un logement


à monsieur B qui dépose ces 900 € à la banque.
• Étape 2 : Monsieur C emprunte 810 € pour acheter une voiture à
monsieur D qui les dépose à la banque
• Étape 3 : Monsieur E emprunte 719 € pour acheter un
ordinateur à l’entreprise F qui les dépose à la banque.

145
3.2.2. Le processus de création monétaire avec réserves
fractionnaires
Bilan de la banque
Actif Passif
Réserves 100 Dépôt 1000
Départ
Prêt potentiel 900
Prêt à A 900 Dépôt de B 900
10%
Étape 1 Réserves 90
Prêt potentiel 810
Prêt à C 810 Dépôt de D 810
Étape 2 Réserves 81
Prêt potentiel 719
Prêt à E 719 Dépôts de F 719
Étape 3 Réserves 71,9
Prêt potentiel 647,1
… … … … …
Final Réserves 1000 Dépôts 10 000

146
3.2.2. Le processus de création monétaire avec réserves
fractionnaires
Avec une masse monétaire de 1000 € au départ et un
coefficient de réserves de 10%, la création monétaire
est au maximum de 9000 €.
Les prêts créent de la monnaie
Les remboursements de prêts détruisent de la monnaie

Si les nouveaux prêts consentis sont supérieurs aux


remboursements des anciens prêts alors la masse
monétaire augmente.

147
3.3. Les contreparties de la création monétaire
Quelles sont les décisions économiques qui créent de la monnaie?

➢ Les créances sur l’économie


Les prêts accordés par les banques aux agents économiques accroissent la
masse monétaire.
Si les nouveaux prêts consentis sont supérieurs aux remboursements des
anciens prêts alors la masse monétaire augmente.
➢ Les créances sur le Trésor
Les autorisations de découvert de l’État.
➢ Les créances sur l’extérieur
Si la balance commerciale est excédentaire, la quantité de monnaie en
circulation s’accroît.

148
3.3. Les limites à la création monétaire
• Les besoins en liquidité des agents non financiers (si pas de
demandes d’emprunts alors pas de prêts accordés).
• Les besoins des agents en billets.
Les banques doivent conserver sur leur compte à la Banque
Centrale de quoi pouvoir fournir les demandes en billet. Cela
limite le montant des prêts potentiels.
• L’action de la Banque centrale par la politique monétaire.

149
4. La politique monétaire
La politique monétaire consiste à fournir les liquidités
nécessaires au bon fonctionnement de l’économie tout en
veillant à la stabilité de la monnaie (l’inflation)

– Qui décide de la politique monétaire ?


– Les instruments de la politique monétaire
– Les canaux de transmissions de la politique monétaire

150
4.1. Qui contrôle la politique monétaire ?
BCE et SBCE
SBCE = BCE + Ensemble des BCN

La BCE créée le 1er juin 1998, siège à Francfort.


Le conseil des gouverneurs définit la politique monétaire.

La politique monétaire consiste à contrôler l’offre de monnaie.

Objectif : contrôle de l’inflation dans la zone Euro. Celle-ci doit être


inférieure à 2%.

151
4.1. Qui contrôle la politique monétaire ?

La Banque Centrale

Fonctions
➢ Création des billets et gestion des moyens de paiements
➢ Gestion des systèmes de paiement
➢ Gestion de la liquidité bancaire et émission de monnaie
centrale

152
4.2. Les instruments de la politique monétaire

Pour réguler la quantité de monnaie en circulation, la BCE


possède plusieurs instruments :

1. L’encadrement du crédit
2. Le coefficient de réserve
3. Le refinancement des banques
4. Les opérations d’open market

153
4.2.1. L’encadrement du crédit

N’est plus utilisé depuis 1986.


Ce sont les prêts des Banques qui créent de la monnaie.

 Limitation des possibilités de prêts

 Régulation par les quantités

154
4.2.3. Le coefficient de réserves
En accroissant le coefficient de réserve, les banques
ont moins de prêts potentiels pour un même montant
de dépôts.

Exemple : taux de RO = 20% et non plus 10%


Création monétaire maximale 4 000€

En diminuant le coefficient de RO, la banque Centrale


augmente la création monétaire.

155
4.3.3. Le refinancement des banques
Lorsque le montant de leurs réserves n’est pas suffisant,
les banques doivent se refinancer auprès de la BCE :

Elles doivent emprunter à la BCE pour reconstituer leurs


réserves.
La BCE décide du taux d’intérêt auquel elle leur prête.
Les banques vont donc répercuter ce taux d’intérêt sur les
crédits.
Limitation de la demande de crédits

156
4.3.3. Le refinancement des banques
Pourquoi les banques doivent-elles se refinancer ?

➢ Lorsqu’un agent désire emprunter


➢ Après compensation journalière entre banques
➢ Si beaucoup de clients de la banque retirent leur argent sous
forme de billets.

Les banques n’ont aucun intérêt à avoir des réserves


excédentaires car elles ne sont pas rémunérées.

157
4.2.4. Les opérations d’open market
Peu utilisées par la BCE.
La Banque Centrale peut vendre ou acheter des obligations
d’État.

➢ En vendant des obligations d’état, elles réduit la quantité de monnaie en


circulation
➢ En achetant des obligations d’état, elle augmente la masse monétaire

158
4.3. Les canaux de transmissions de la politique
monétaire
Toute modification de la Masse Monétaire entraîne une
modification des conditions de l’offre et de la demande de
crédit.

Si la MM s’accroît  les possibilités de crédits se trouvent


accrues
Si la MM diminue  les possibilités de crédits se trouvent
réduites

 Toute modification de la MM conduit à une modification du


taux d’intérêt.

159
4.3. Les canaux de transmissions de la politique
monétaire
MM  Taux d’intérêt 

Investissement 

Demande  Production 

160
5. Retour sur la politique budgétaire

Comment le multiplicateur est-il modifié lorsque


l’investissement et le taux d’intérêt sont endogènes?

L’investissement dépend de :
– Demande anticipée  du revenu
– Du taux d’intérêt

161
5. Retour sur la politique budgétaire
Hypothèse : taux d’intérêt ne varie pas.

C

G PIB R PIB 

I

La hausse de l’investissement accroît la hausse de la demande.

162
5. Retour sur la politique budgétaire
Hypothèse : le taux d’intérêt peut maintenant varier

Hausse des dépenses publiques  hausse des dépenses


d’investissement et de consommation  hausse de la demande
de crédits.
Or si la MM ne varie pas alors : Offre de crédits reste constante.
 D>O  taux d’intérêt  I augmente moins.

 Effet d’éviction par le taux d’intérêt

163
5. Retour sur la politique budgétaire
C
G PIB R PIB 
I

Or si MM constante

I PIB 
r
moins moins

PIB  moins que s’il n’y avait pas de hausse de r. Car la


hausse de r limite la demande d’investissement.

164
5. Interactions entre les deux politiques

Une politique budgétaire expansionniste couplée avec une


politique monétaire expansionniste accroît le
multiplicateur car limite la hausse du taux d’intérêt.

165
Chapitre 5
Le chômage
Plan

1. Définition, mesures et quantification


2. Les explications du chômage
3. Politiques de lutte contre le chômage

167
1. Définitions, mesures et quantifications

1. Définitions
2. Les frontières entre emploi et chômage
3. Les mesures du chômage en France
4. Les caractéristiques du chômage en France

168
1.1. Définition
Chômage = déséquilibre entre offre et demande de
travail.
Définition au sens du BIT :
Pour être considéré comme chômeur, 3 conditions sont
nécessaires :
➢ Être sans travail
➢ Être disponible pour travailler
➢ Être à la recherche d’un travail

169
1.1. Définition

Actif
oui occupé

Occupe un
emploi oui chômeur
Recherche
non un emploi

non Inactif

170
1.2. Difficultés de mesure
Chevauchement entre emploi, inactivité et chômage :

temps
Emploi réduit
volontaire
Inactivité
W
clandestin Formation,
temps réduit Cessation
involontaire d’activité

Chômage

171
1.3. La mesure du chômage
En France, le chômage est mesuré par l’INSEE et l’ANPE.

– Enquête emploi : INSEE


– Demandes d’emploi en Fin de Mois : ANPE

La mesure de l’INSEE est très proche de celle du BIT. Il peut


toutefois y avoir un écart entre les deux mesures.

172
1.3. La mesure du chômage
nombre de chômeurs
Taux de chômage =
Population active

Population active = personnes ayant un emploi + chômeurs

Population active = population totale – inactifs

Inactifs = personnes ne cherchant pas d’emplois (jeunes, retraités, militaires


du contingent, étudiants, etc.)

Population active
Taux d'activité =
Personne en âge de travailler

173
1.4. Caractéristiques du chômage

1. Population active et chômage


2. Les inégalités face au chômage
3. Comparaisons internationales
4. Stock et flux de chômage

174
1.4.1. Population active et chômage

Population active, emploi et chômage (en milliers)

28000
27000
26000
25000
24000 chômage
23000
22000
Emploi
21000
20000
1972 1975 1978 1981 1984 1987 1990 1993 1996 1999 2002 2005

175
1.4.2. Les inégalités face au chômage

Taux de chômage par âge

20,0

15,0
15-29 ans
10,0 30-49 ans
50 ans ou plus
5,0

0,0
2005 2004 2003 2002

176
1.4.2. Les inégalités face au chômage

Taux de chômage par sexe

12,0
10,0
8,0
6,0
4,0
2,0
0,0
2005 2004 2003 2002

Hommes Femmes

177
1.4.2. Les inégalités face au chômage

178
1.4.3. Comparaisons internationales

taux de chômage

14
12
10 Royaume-Uni
8 USA
6 Japon
4 France
2
0

972 975 978 981 984 987 990 993 996 999 002 005
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 2 2

179
1.4.4. Stock et flux de chômage

Le nombre de chômeurs constitue le stock de chômage à


un instant donné.

Le stock varie d’une période à l’autre en fonction des flux


d’entrée et de sorties.

180
1.4.4. Stock et flux de chômage

Pertes d'emploi, Mise à pied


Actifs Chômeurs
employés
Nouvelles embauches
chômeurs
Prises d'emploi découragés
Nouveaux entrants
Retraites Réentrants
Cessations
d'activité
Inactifs

181
1.4.4. Stock et flux de chômage
Emploi
22 M

Chômage 42 500 Inactifs


3,3 M 12,6 M
14 800

Source : Blanchard et Cohen et INSEE

182
2. Les explications du chômage

1. Le chômage frictionnel
2. Le chômage dû au coût du travail trop élevé
3. Le chômage dû à une insuffisance de la demande
4. le chômage structurel

183
1. Le chômage frictionnel
Il correspond aux personnes passant par une brève
période de chômage entre deux emplois.

184
Le marché du travail
La demande de travail dépend :
• Du niveau de production (positivement)
• Du salaire réel (négativement)
• Du coût du capital (positivement)
O
w/p

w/p

LD LO
L

Chômage

185
2. Le chômage est dû à un coût du travail trop élevé

Pour les économistes libéraux, le chômage existe car


les salaires ne s’ajustent pas rapidement.
O
w/p

w/p

w/p*

L* L

186
2.1. La rigidité des salaires

Question : pourquoi les salaires ne s’ajustent-ils pas


rapidement ?

– Négociation salariale
– Contrat de travail
– Salaire d’efficience

187
2.1.1. Les négociations salariales
Le pouvoir de négociation des salariés dépend :
– De la qualification de l’emploi :
Plus l’emploi est qualifié, plus il est coûteux de rechercher
un autre salarié (sportif).
– Du niveau du chômage :
Plus le chômage est élevé, plus le risque d’être (ou de
rester) au chômage est élevé.

188
2.1.2. Le contrat de travail
Les salariés sont averses au risque. Ils préfèrent percevoir un
salaire plus faible mais constant.

w pas de contrat :
salaire fluctue avec l'activité

contrat

Temps

189
2.1.2. Le salaire d’efficience
Une entreprise peut avoir intérêt à donner une rémunération
plus élevée à ses salariés pour les inciter à être plus productifs.
Une baisse des salaires peut entraîner une baisse de
productivité.
Cela dépend :
– Des contrôles exercés sur les salariés
– Du niveau du chômage
Exemple : H. FORD

190
2. Le chômage est dû à une insuffisance de la demande

Pour les keynésiens, ce n’est pas un dysfonctionnement


du marché du travail.

 Chômage car contraintes de débouchés

Entreprises anticipent une demande faible 


produisent peu  embauchent peu.

191
3. Le chômage structurel
Il est dû à des modifications de structure de l’économie.

#Question : lorsqu’il y a un choc négatif (déclin d’un


secteur), les chômeurs peuvent-ils rapidement trouver du
travail dans d’autres secteurs en expansion ?

Cela dépend de l’organisation économique et sociale du


marché du travail.

192
3. Le chômage structurel
Le problème : un emploi vacant a un coût :

• Coût de publicité
• Coût de recherche
• Coût de formation du salarié

193
3. Le chômage structurel
Difficultés :
• Inadaptations des qualifications :  des emplois vacants et
des chômeurs
• Syndicats
• Allocations chômage : Allongent la durée de recherche, mais
augmentent le bien-être
• Législation restrictive sur le licenciement
• …

194
3. Le chômage structurel
Le chômage structurel est considéré comme le niveau de
chômage minimum atteint par une économie, quelque
soit la conjoncture.

Il regroupe le chômage dû au coût du travail et le


chômage frictionnel.

195
3. Les politiques de l’emploi
Selon l’offre et la demande de travail, on a 3 possibilités pour
réduire le chômage :

➢ Réduire l’offre de travail


➢ Accroître la demande de travail
➢ Réduire le salaire

Attention : Le succès des politiques dépend du type de


chômage…

196
3. Les politiques de l’emploi
O'
O
w/p

w/p

D'

L* L

Remarque : raisonnement en équilibre partiel. Attention


aux enchaînements macroéconomiques.

197
3. Les politiques de l’emploi
Les politiques de l’emploi se partagent entre différents
principes :

– Politiques passives : Indemnisation du chômage (traitement


social), réduction de l’offre de travail

– Politiques actives : Accroissement du nombre d’emplois


offerts

198
3.1. Les politiques en direction de l’offre de travail

Idée : baisse du taux d’activité permet de réduire le


chômage.

– Incitation aux retrait d’activité


– Retard de l’entrée sur le MDT
– Politique familiale : inciter les mères de familles à sortir de la
population active
– Faire repartir des immigrés « chez eux »

199
3.1. Les politiques en direction de la demande de travail

• Politique de relance
• Réduction du coût du travail

200
3.2.1. Les politiques de relance

Réduction du chômage keynésien (déficit de demande).

Dans ce cas baisse des salaires inadaptée car demande


baisse  production baisse  demande de travail
baisse (effet multiplicateur).

201
3.2.1. Les politiques de relance
Relance de la production par politiques budgétaire et/ou
monétaire expansionnistes.

 de la production   de la demande de travail

 Déplacement vers la droite de la demande de travail.

202
3.2.2. Les politiques de baisse du coût du travail
Difficile de réduire la rémunération directe des
salariés   des cotisations sociales.

Coût total du W (CTW) est égal à :


CTW = SN + CSS + CSE
CTW = SN*(1+tcss)*(1+tcse)

Si CSE  alors CTW  mais pas SN.


Évite effet récessif
Problèmes de financement

203
3.2.2. Les politiques de baisse du coût du travail

Efficacité :

• Dépend de l’élasticité coût de la demande de travail


(comprise entre -0,8 et -0,1)

• Dépend de l’utilisation par les entreprises de cette


réduction de coût

204
3.2.2. Les politiques de baisse du coût du travail

Enchaînements économiques :
➢ Substitution du travail au capital
➢ Réduction des coûts de production
➢ Amélioration de la compétitivité et du pouvoir d’achat

A plus long terme :


Tension sur les salaires via la baisse du chômage.

205
3.3. Les politiques améliorant le fonctionnement du marché
du travail

• Rendre plus facile la rencontre entre l’offre et la demande


(car information imparfaite)  ANPE
• Politique de formations pour permettre à l’offre de travail
de s’adapter plus facilement
• Plan de retour à l’emploi : dégressivité des allocations
• Problème des coûts de licenciement

206
Chapitre 6
L’inflation
Plan

1. Qu’est-ce que l’inflation ?


2. Les causes de l’inflation
3. Les conséquences de l’inflation
4. Les politiques de lutte contre l’inflation
5. L’inflation aujourd’hui

208
1. Qu’est-ce que l’inflation ?

Taux d'inflation en France

16,0
14,0
12,0
10,0
en %

8,0
6,0
4,0
2,0
0,0
60

63

66
69

72
75

78
81

84

87
90

93
96

99

02
05
19

19

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1. Qu’est-ce que l’inflation ?
L’inflation apparaît quand le niveau général des prix
s’accroît.

Inflation = taux de croissance des prix

Mode de calcul par l’INSEE :


IPC = coût d’un même panier de biens à des dates
différentes.

210
1. Qu’est-ce que l’inflation ?
Hypothèse pour ce chapitre : On se situe à moyen-
long terme.

Les prix ne sont plus considérés comme fixes.

Par contre les salaires s’ajustent plus lentement que


les prix.

211
2. Les sources de l’inflation

L’inflation peut avoir 3 origines :

1. L’inflation par les coûts


2. L’inflation par la demande
3. L’inflation comme phénomène monétaire

212
2.1. L’inflation par les coûts
Une hausse des coûts de production peut se diffuser à
toute l’économie.

Causes :
➢ Prix des matières premières
➢ Coûts salariaux
➢ Fiscalité

Mécanisme important : l’indexation des salaires sur les


prix.

213
2.1. L’inflation par les coûts
Exemple : hausse du prix du pétrole
Commerce intra-branche

 Coûts de  Des coûts de


production des toutes les
 De leurs prix
entreprises branches
utilisant du pétrole

 Prix du pétrole

Revendications  Généralisée
 De l’IPC salariales des prix

Indexation des salaires sur les prix

214
2.2. L’inflation par la demande
Lorsque l’offre ne peut pas répondre rapidement à un
supplément de demande alors D > O  prix 

➢ Goulets d’étranglement
➢ Politique monétaire ou budgétaire expansionniste

Remarque : Lorsque la demande , la hausse des prix diminue.

215
2.3. L’inflation comme phénomène monétaire
Deux manières différentes de considérer l’inflation :

1. Les prix augmentent


2. La valeur de l’argent diminue car avec autant d’argent on peut
s’acheter moins de biens

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2.3. L’inflation comme phénomène monétaire
Exemple : taux d’inflation de 20% par an.

Période 0 :
Tous les biens valent 10€
 Avec 60€, j’achète 6 biens

Période 1 :
Tous les biens valent maintenant 12€
 Avec mes 60€, j’achète seulement 5 biens

 La valeur de mes 60€ en termes de biens a baissée.

217
2.3. L’inflation comme phénomène monétaire

Si la quantité de monnaie en circulation augmente plus vite


que la production de biens.
=> Inflation

C’est-à-dire, inflation :
Si la croissance de la masse monétaire est supérieure à la
croissance de la production.

218
2.3. L’inflation comme phénomène monétaire
Exemple : L’hyperinflation allemande (1921 – 1924).

Déficit public très élevé : financement par la « planche à


billet ».

De janvier 1922 à novembre 1923, l’indice des prix est passé


de 1 à 10 000 000 000!

Dans le même temps, la MM a été multipliée par 1 000 000


000!

219
3. Les conséquences de l’inflation

1. La fuite devant la monnaie


2. La redistribution de la richesse
3. Distorsions de prix
4. Comment se prémunir contre l’inflation?
5. Avantages macroéconomiques de l’inflation

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3.1. La fuite devant la monnaie

La détention de monnaie n’étant pas rémunérée,


en cas d’hyperinflation,
les agents s’en débarrassent immédiatement en
consommant.

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3.2. La redistribution des revenus
En période d’inflation, il y a transfert de revenus des prêteurs à
taux fixe vers les emprunteurs à taux fixe.

Exemple :
Prix des biens 10€ et inflation 20%.
=> An prochain, un bien coûtera 12€.
Emprunt de 100 € à 10% par an
 coût 110 € l’an prochain.

En termes de biens :
Aujourd’hui 100€ représente 10 biens,
L’an prochain, les 110€ de représenteront 9,16 biens.

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3.3. Les distorsions de prix

Lorsque les prix évoluent fortement, il est difficile


de faire des prévisions.

Coûts de changement des étiquettes.

223
3.4. Comment se prémunir contre l’inflation ?

Une distinction importante :

L’inflation anticipée
/
L’inflation non anticipée

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3.4. Comment se prémunir contre l’inflation ?
En ayant des revenus indexés sur le taux de croissance des
prix.

Exemple :
Si le prix augmente de 10%,

=>le salaire doit augmenter de 10% pour conserver son


pouvoir d’achat

=>et le taux d’intérêt doit augmenter aussi pour en tenir


compte

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3.4. Comment se prémunir contre l’inflation ?

Ce n’est pas toujours possible. Certains revenus ne


s’ajustent pas automatiquement (par paliers).

Problème de l’inflation non anticipée.

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3.4. Avantages macroéconomiques de l’inflation

1. A court terme arbitrage entre inflation et chômage


2. A long terme pas d’arbitrage

Hypothèse : les salaires s’ajustent plus lentement que les


prix.

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3.4.1. A court terme

Une hausse des prix accroît la productivité


marginale en valeur du travail.

 Coût réel du travail diminue


 + d’embauches

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3.4.1. A long terme

Les salariés s’aperçoivent qu’ils perdent du pouvoir


d’achat.

Revendications salariales favorisées par la baisse du


chômage
Salaire réel et chômage retrouvent leur niveau de départ

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4. Les politiques de lutte contre l’inflation
➢ Désindexation des salaires sur les prix
Indexation des salaires sur la productivité ou sur une cible
d’inflation.

➢ Politique monétaire restrictive


Accroissement des taux d’intérêt donc réduction de la
demande et de l’activité.

 Réduction de l’inflation a un coût en terme de croissance

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5. L’inflation aujourd’hui

231
FIN DU PROGRAMME S2

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