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Évolution de la perception de la nature

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CM – la nature : concepts, idéologies, usages, gestion

« Entre une nature utilitariste manipulable à volonté pour certains, et une nature sacralisée
intouchable pour d’autres, quelle place pour une nature projet qui inscrit l’homme dans la
complexité des interactions avec son environnement et définit une éthique de la responsabilité
soucieuse de notre avenir commun ? ». Entre nature utilitaire et nature sacralisée : deux siècles
d’histoire de la perception et de la gestion de la nature dans un monde occidentalisé
Ouvrage de François Ost, la nature hors la loi 2003, pour la nature utilitariste manipulable à volonté,
intouchable et sacralisée pour d’autre, repose sur la sacralisation avec la deep ecology, auj plus sur
une vision biocentrée, quelle place il y a pour une nature projet qui inscrit humain dans la complexité
des intéractions avec leurs environnement, va inscrire une étique de la nature, que doit faire de
l’avenir de la planète et donc de l’avenir de la société. Veut une approche écocentrée qui réconcilie
humain et non humains.
Sur deux siècles traversés par un paradoxe, la révolution industrielle vue comme l’entrée dans
l’anthropocène, ici la nature qui est devenue un objet de plus en plus utilitaire et menacé, va changer
de statut moral, philosophique, éthique pour devenir un objet sacré qu’il convient de protéger voire
sanctuariser.
Quelle place pour une approche écocentrée de la nature qui réconcilie humains et non humains ?
Cette question n’est pas nouvelle, Objectif du cours : retracer deux siècles d’histoire des idées et des
relations entre les sociétés et la nature dans un monde occidentalisé. Deux siècles traversés par un
paradoxe apparent : avec la révolution industrielle (qui marque l’entrée dans l’Anthropocène) la
nature, en devenant plus que jamais un objet utilitaire et menacé, a progressivement changé de
statut philosophique et moral, en devenant objet sacré à protéger et à sanctuariser
Nature/environnement/écologies, même champs lexical qui traite le vivant (’ensemble des formes de
vie (végétales, animales) et leurs relations et interactions entre elles et avec les autres composants
de la planète Terre (air, eau, sols, minéraux …) qui constituent leur habitat, leur milieu de vie.), Mais
un champ sémantique aux contours flous :
- Ecologie scientifique : renvoie au monde des biologistes et des écologues, aux écosystèmes
et à la biosphère
- Environnement : vocable anthropocentré qui, dans la 2e moitié du XXe siècle, a
progressivement remplacé celui de milieu. Il évoque l’idée de gestion et de protection de
l’environnement des humains, il renvoie au monde de l’écologisme en tant que projet
politique.
- Nature : le plus ambigu de tous car il pose la question de la place et du rôle spécifique de
l’homme dans l’ensemble du monde vivant. Milieux naturels ou anthropisés… Nature vs
culture… La nature envoie aussi au monde de la philosophie, de la morale, de l’éthique… Et
de l’affectif !
o Protection, gestion des écosystèmes ou de l’environnement ou de la nature…
o Défenseur de la biosphère ou de l’environnement ou de la nature…
o Mais amoureux de la nature …

ici plus tourné vers la scientifique, le rôle des écologues, les diverses influences qui se croisent. Ici
parle environnement plus milieu, logique anthropocentré, mot ambiguë la nature (pose la question
de la place et rôle spé des humains dans ensemble du monde vivant, q° de nature/culture,
naturel/anthropisé). La nature renvoie aussi monde de la philosophie, morale, éthique, juridique et
du pathos. On parle d’amoureux de la nature, seule cette notion renvoie à la logique de sentiment
(pas environnement, biosphère etc.). Donne une place particulière.
En occident, nature objet polysémique avec usage/statut qui évolue au cours des siècles, ce statut et
usage évoluent sous action et intéractions multitudes d’acteurs.
- Peut utiliser la nature, soit nature des utilitaristes : Trump, Bolsonaro, hommes po
populistes, négateurs, mais renvoie en soit à nous tous, car utilisation dans le quotidien,
implique la dé-naturisation des écosystèmes.
- Peut la penser, philosopher sur la nature, rôle que font les philosophes, soit la nature des
philosophes : comment ils l’appréhendent, Emerson, Thoreau, Leopold, Naess, Larrère, Bourg
- Objet d’étude et de travail pour les scientifiques, biologistes sous l’angle des écosystèmes,
travail de la connaissance avec les écologues ; Tansley, Haeckel, Wilson, Barbault
- Nature peut la gérer, acteurs de la conservations = Pinchot /préservations= Muir (deux écoles
de pensées qui s’oppose) ; Pinchot, Muir, UICN, WWF
- Défendre la nature, logique militantes et juridique ; Singer, Higgins, Hulot, Dugrain-Dubourg,
Green Peace, Sea Shepard, ALF, L214, Extension Rebellion.

Comment ces différents acteurs ont-ils fait évoluer notre rapport à la nature tout au long des deux
derniers siècles, comment leurs travaux, leurs réflexions, leurs actions se sont-elles entrecroisées,
influencées, nourries les unes les autres ?

CHAPITRE 1 Aux origines : une vision judéo-chrétienne et utilitariste de la nature

Vision judéo, auj appel ça « le grand partage », càd d’un côté la nature et culture ou entre naturel et
artificiel. Entre les humains et leurs productions d’une part, et l’extériorité du monde naturel, de la
création divine d’autre part. En géo use bcp ces notions. Parle de naturel/artificiel, avec d’un côté la
production et le d’autre extériorité du monde naturel, qui à cette période relève de la question
divine.

I- Dans la pensée judéo-chrétienne : un homme singulier, fait à l’image de Dieu


Lynn White 67, « The Historical Roots of Our Ecologic Crisis », Science, 155 (doit retenir prémisse
de 68, tournant de remise en cause culture, ici historien médiéviste américain, professeur d’histoire à
l’université de LA ; publie dans une revue scientifique prestigieuse mondiale, soit les racines
historiques de la crise écologie, ici début prise de conscience, va chercher les racines du grand livre
de la religion judéo-chrétienne avec la genèse. Il s’appuie dessus pour affirmer que sous la forme
occidentale avec le christianisme, la religion pense une anthologie du monde
anthropocentré/surplombant. Par cette démarche auj considéré comme la premier à lancer
l’argument, considérer à l’époque comme la responsabilité du christianisme. Depuis 50 ans, cet argu
repris par écologistes et philosophes. Idée que religion mis en place système de pensé et valeurs qui
consacrent l’extériorité de l’homme par rapport au reste de la création. D’après la bible homme seul
à être transcendant, âme éternelle, et pouvant distinguer le bien et le mal. À un moment mal
distinguer bien et mal ce qui a donné le rejet de la nature idyllique (jardin d’Eden). Appuie verset du
livre 1, cf. diapo.
- Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le
bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.
- Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme
- Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les
oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.

Commandement de dieu dit création à disposition avec logique de domination. Pour White ce serait
le péché originel du christianisme. Dans l’imaginaire chrétien surtout MA, nature comme monde
chaotique, effrayant etc. une nature chaotique sauvage que l’ordre monastiques va s’employer à
domestiquer/asservir par le travail (poldérisation, défrichement, assèchement des marais), en se
retirant au « désert » et en en faisant un acte de louange à Dieu et d’expiation des péchés.
Livre 3 de la genèse. Passe d’une nature bienveillante en lien avec Dieu, à une punition du Dieu
biblique pour une nature hostile à domestiquer pour en tirer nos ressources.
- Il dit enfin à l’homme : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé le fruit de l’arbre que je t’avais interdit de manger :
maudit soit le sol à cause de toi ! C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie.
- De lui-même, il te donnera épines et chardons, mais tu auras ta nourriture en cultivant les champs.
- C’est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu proviens ; car tu es poussière, et à la
poussière tu retourneras. »
- Alors le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour qu’il travaille la terre d’où il avait été tiré

Argumentaire de LYNN dénoncé par les chrétiens, repris par écologistes. Veut revisiter l’histoire du
christianisme comme Lynn avec Dominique Lang (Générations Laudato si’), fixation d’une doctrine
écologique de l’Eglise catholique avec l’encyclique. Moine clé pour la nature car conservent,
protèges, gères etc. encyclique définit doctrine écologique avec la sauvegarde la maison commune.
Répond contre accusation contre la pensée judéo-chrétienne. Ici reprend le vocabulaire du
conservationniste, plaidoyer du pape et penseur chrétien pour dire qu’il n’y a pas ce genre
d’interprétations, ici conserver, soigner etc. la création divine. Veut prendre à témoin des
personnages emblématique du christianisme considérés comme fervent défenseurs de la nature.
Pour eux : l’Homme dans le jardin d’Eden pour le cultiver/garder.
Publication de Plunkett, prend figure de François d’ASSISE 1182-1226), reconnue car vœu de
pauvreté fondateur de l’ordre des franciscain, placer les éléments naturels de la création divine sur
pied d’égalité car création divine, donc doit accorder même valeur éthique et morale. Symbole de
l’écologie chrétienne. Reprend les logiques aujourd’hui des militants biocentriques (Parce qu’il
appelle tous les éléments de la création (animaux, fleuves, forêts, montagne…) ses frères et ses
sœurs, certains écologistes le voient comme un précurseur du biocentrisme-écocentrisme et du droit
de la nature). Jean Paul II proclame saint patron des écologistes.
Autre figure mobilisée Hildegarde de Bingen (1098-1179, abbesse bénédictine) avec Physica ou De la
nature, rédaction d’ouvrages avec descriptions de la nature, plantes, usage thérapeutique, fait auj
pour bcp d’écologistes surtout chrétien premier biologiste allemande, idée qu’humain doit participer
à équilibre création divine. Par glissement de pensé auj, bcp de penseurs considèrent que cette vision
d’un nature extérieure à l’homme est surtout résultat objet des savants philosophes chrétiens, par
écrit et pensée surtout conforter idée religion chrétienne doit asservir la nature.
Bcp incriminent des savants philosophes de la modernité, comme chef de file Descartes responsables
pour beaucoup de chrétien de l’exploitation sans morale de la nature par la société industrielle à
venir, idée que ça a donné l’appareil intellectuel à la révolution industriel et exploitation des
ressources. En 2004 Jean Bastaire dénonce les travaux de White, idée dénonce, lecture de la bible
des philosophes est mauvaise, notamment modernes comme cartésien et pas la religion en soit :
« White confond le texte de la genèse et l’attitude de dédain pour la nature adoptée par les chrétiens depuis
cinq siècles sous l’influence de la philosophie cartésienne et de ses théories de l’animal-machine ». Logique
reprise dans la philosophie actuelle. Dans l’ouvrage de Descola, Par-delà nature et culture, idée
modernité a inventé la nature actuelle, extérieure à l’Homme pouvant être exploité.
II- Un « grand partage » conforté par la pensée scientifique « moderne »
Donne le grand partage nature/culture et humain, vient de la genèse, pour bcp de philosophes auj
une lecture des phi de la moderne, conforté par pensée philo moderne qui voit le jour au 17 et 18.
D’origine divine pour Lynn, critiqué dans ce sens, bcp de philosophe considèrent vient de la
modernité qui vont essayer de concilier comme premier naturalistes, la sciences naissante avec les
dogmes religieux avec l’inquisition et le tribunal ecclésiastique, l’une des grandes victimes parmi les
premiers scientifiques : Galilée. Philosophes qui veulent concilier les dogmes et la science naissante,
vont être influencé par deux choses antagonistes, on parle de philosophes savants, à la fois des
scientifiques et dans le même temps des chrétiens convaincus, vont devoir concilier la sciences et
dogmes religieux. Ce qui donne deux voies :
Une pensée rationaliste : il existe une connaissance indépendante de l’expérience, purement
intellectuelle, universellement valable et indubitable, notamment de Descartes, responsabilité
d’avoir rationnalisé, pensé la rupture entre humain et le reste de la nature qui a donné le grand
partage. Logique de théorisation de ce grand partage. le discours de la méthodes 1637, méditations
métaphysiques 1641, les principes de la philosophie 1644
Une pensée empirique : qui privilégie une connaissance inductive, qui découle de l’expérience
C’est aux philosophes rationalistes qu’est principalement attribué la responsabilité d’avoir scientifisé,
moralisé, rationalisé la rupture définitive entre l’homme et le reste de la nature et de la création
divine, notamment les animaux, ce que les philosophes contemporains de la nature appellent le
fameux « grand partage ». Doit retenir trois idées avec rôle fondamental dans rupture
homme/nature dans la pensée moderne :
- La formule célèbre avec Cogito ergo sum, je pense donc je suis, naissance homme comme sujet,
subjectivité, pense grâce au sciences modernes, capable de se représenter le monde car
extérieur. Conforte exceptionnalité de l’homme, se sépare du monde animal qui na pas
pensée et âme. Animal encore considéré comme un meuble.
- Animal-machine, développe une vision mécaniste du vivant, comportement des animaux en
lien avec les automates, assemblages sans conscience et pensée, animal machine qui se
remu soit même, figure du canard, discours de la méthode et Lettre au marquis de Newcastle
1646
- Va écrire que nous devons nous comporter « comme maitres et possesseurs de la nature ».
caution morale de la valeur utilitaire.

Descartes a des défenseurs parmi philosophes d’auj (Larrère/Tonning), reprise des écrits et dire que
comme les chrétiens avec White, dire que auj les philo de la nature de Descartes en possesseurs et
maitres est aussi erroné des malentendus d’interprétation et proposent une relecture de la formule
cartésienne, avance deux arguments :
- « Comme » qui introduit une nuance décisive, pas pleinement, réel maitre et possesseur est
dieu, idée que doit usée comme si l’était mais ce n’est pas le cas.
- Nature pas différente du corps humain, revient sur Descartes et dit qu’on pourrait use la
nature, mais ne dit pas qu’on est maitre et possesseur laisse le truc a dieu, ne saccage pas car
création divine, idée que par la pas que santé de l’homme mais aussi de la nature car l’une
donne celle de l’autre car son environnement.
Imprégnation d’autres philosophes. Grande mode des automates, prémisse révolution, savants et phi
veulent prouver par empirisme capable de fabriquer des animaux artificiel avec des automates,
ingéniosité, veut reproduire la nature.
Nicolas Malebranche (1638-1715) philosophe, reprend et renforce la doctrine mécaniste cartésienne de l’insensibilité
des animaux, en la justifiant par des raisons religieuses et morales. Il la radicalise même en considérant que les cris et
gémissements des animaux sont plus la conséquence de dysfonctionnement dans les rouages que l’expression d’une
souffrance.
Selon Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716), mathématicien, philologue et philosophe allemand, les caractéristiques
principales d’un animal sont la nutrition et la locomotion autonomes, ces deux facultés étant le résultat de processus
thermodynamiques internes. Pour lui les animaux sont des machines hydrauliques et pneumatiques qui obéissent donc à
des principes mécaniques, les parties étant structurées et ordonnées pour le bon fonctionnement du tout
Jean-Baptiste de Gennes, (ingénieur célèbre pour ses métiers à tisser automatiques), construit entre 1670 et 1690
plusieurs automates dont un paon. En 1733, Maillard présente à l’Académie Royale de Sciences un projet de cygne
artificiel Le plus célèbre est le Canard de Vaucanson, créé par Jacques de Vaucanson entre 1730 et 1740. Un canard
automate perfectionné capable de manger, digérer et de simuler la nage, devenu un symbole du rationalisme
scientifique cartésien

III- Les premiers naturalistes : une approche créationniste et fixiste du vivant


Premiers savants que sont les naturalistes, une autre nature que celle des occidentaux, découverte
de la diversité des milieux de vie dans les espaces, veut concilier ce qu’ils observent avec une
conception divine, dogmatique.
Les premiers naturalistes sont les savants qui vont participer à l’aventure scientifique qui
accompagne la coloniale. À cette occasion découverte d’une nouvelle nature, avec grands voyages,
exerce leurs science sur les diverses formes de vies à découvrir. Accompagne explorateurs, rapporte
des éléments et observations, permet de découvrir pour répertorier décrire et classer, donne le
début de l’histoire naturelle. (Vasco de Gama, Magellan, Drake, La Pérousse, Cook). Naturalistes,
botanistes, zoologues ramènent de leurs expéditions de multiples descriptions et échantillons qui
vont venir remplir les cabinets de curiosité et les premiers jardins botaniques et qui vont permettre
aux savants européens de faite avancer les connaissances sur l’extraordinaire diversité de la nature.
Découvrir, répertorier, décrire, classer, ce sont les débuts de ce qu’on appelle alors l’Histoire
naturelle. Dans le courant du XVIIIe siècle, le nombre d’espèces connues double, passant de 20 000 à
40 000.
Carl Von Linné (1707-1778), systema naturae, 3000 pages dans la version de 1770, ordonnant plus de
4 400 espèces animales et 7 700 végétales, imposer une nomenclature stricte pour répertorier les
éléments, classification et ordre des espèces, à travers agrège des travaux acquis par autres savants
contemporains à lui, définit ce qu’est une espèce (organisme interfécond). Reste un défenseur du
créationnisme et fixisme. John Ray (1627-1705), la notion d’espèce comme un ensemble d’individus
en engendrant d’autres qui sont leurs semblables. Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708)
l’utilisation de la nomenclature binominale en latin pour classifier les espèces (un nom générique et
un nom spécifique). Sébastien Vaillant (1669-1722) la sexualité des plantes, à travers la pollinisation.
Linné y voit un principe universel applicable à tous les animaux et toutes les plantes.
Organisation d’une classification, reste un fervent défenseur dogme judéo-chrétien avec
créationnisme et fixisme. Ne remet pas en cause la création divine et le fixisme, création complète
sans apparition et disparition d’espèces.
Émerge d’une opposition entre créationnistes fixistes et créationnistes transformistes :
A l’instar de Linné, la plupart des naturalistes sont des fixistes : s’ils acceptent l’idée que certaines
espèces ont disparues (disparition prouvée par la découverte des fossiles), ils refusent l’idée d’une
évolution des espèces. Pour eux les espèces sont restées immuables depuis leur création par Dieu, ils
admettent que l’histoire de la vie se soit accompagnée d’un appauvrissement progressif, mais ils
réfutent l’idée d’apparition de nouvelles espèces. Beaucoup de naturalistes sont fixistes, découverte
de fossile et animaux disparus, amène idée que les espèces ne sont pas nouvelles ais
appauvrissement progressif. Georges Cuvier, fondateur paléontologie, chef de fil des fixiste, admet
forme de vie disparue mais pas évolutions.
Pourtant, certains naturalistes ne se satisfont pas de ce dogme et commencent à proposer une autre
théorie, qu’on appelle alors le transformisme
- George Louis Leclerc, Comte de Buffon (1707-1788), administrateur du Jardin Royal des
Plantes, qui admet une dégénération de certaines espèces à partir d’un ensemble d’espèces
originel.
- Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), qui est un des premiers à développer une théorie
explicative du transformisme dans son ouvrage Philosophie zoologique (1809). Il imagine une
transformation et une complexification progressive des espèces par une adaptation à leur
milieu, transformation transmise à leur descendance par l’hérédité des caractères acquis.
Mais qu’ils défendent le fixisme ou le transformisme, tous ces naturalistes restent des
créationnistes, qui voient dans la nature une volonté et une œuvre divine

CHAPITRE 2 - Le temps des pionniers : une nature revisitée (XVIIIe-XIXe siècle)


Hommes de connaissances vont revisiter la nature, repenser via déconstruction et reconstruction de
leurs appréhension et positionnement en tant qu’humain, dans l’imaginaire occidental. Parle de ré-
enchantement de la nature dans les faits deuxièmes moitié par actions de protection contre méfaits
des actions de la révindus. Elle appartient à différents champs : Penser la nature, étudier la nature,
protéger la nature, contrairement à l’Age classique, le XIXe siècle est le siècle de la spécialisation.
Mais qu’ils soient philosophes, scientifiques, ingénieurs, tous ces auteurs et acteurs, se lisent, se
rencontrent, correspondent, connaissent les travaux des uns et des autres… et s’influencent
mutuellement. Présence de dialogues/échanges entre les penseurs, scientifiques et ingénieurs,
Europe/AN.
I- Un nouveau statut culturel, moral et philosophique
Prémices du réenchantement de la nature, commence fin XVIII avec réflexions de philosophes, chef
de file : ROUSSEAU avec le rousseauisme. Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778), écrivain et
philosophe genevois francophone « Je ne puis croire être le seul qui ait un goût si naturel, quoique je
ne l’aie trouvé jusqu’ici chez nul autre ». De tous les philosophes des Lumières, c’est chez Rousseau
que la nature joue le plus grand rôle, qu’il s’agisse du rapport que l’auteur entretient avec la nature
ou de la place de la nature dans la cohérence de sa pensée et de son œuvre. - Julie ou la nouvelle
Héloïse, 1761 - Emile ou de l’Education, 1762 - Les Confessions, 1765-1770 - Les Rêveries du
promeneur solitaire, 1776-1778 -> importance rapport spécial à la nature, de ses voyages, éléments
de réflexion fondamental avec ses pratiques.
 La nature dans la vie de Rousseau
Que ce soit lors de ses voyages dans toute l’Europe, réalisés le plus souvent possible à pied, ou dans
sa retraite sur l’île du Lac de Bienne en Suisse, l’immersion dans la nature a été pour Rousseau un
important élément de réflexion et d’inspiration. - « La marche a quelque chose qui anime et avive
mes idées ; je ne puis presque penser quand je reste en place [...]. J’ai donc refermé tous les livres. Il
en est un seul ouvert à tous les yeux, c’est celui de la nature. » - Ces interminables promenades à
travers campagnes ou forêts, en montagne et le long des lacs et rivières ont notamment donné le
titre à l’une de ses œuvres « Rêveries du promeneur solitaire », 1782
Diapo 6 - Rousseau dépeint sentiment de la nature : extase qui est concordance entre paysage
intérieur (son âme) et extérieur (environnement), soit préfigure ce qui va être le romantisme du XIX,
changement profond avec l’héritage judéo-chrétien. Nature avec plusieurs composantes (croit au
déterminisme de l’extériorité) -> ce qui nous entoure, la nature/milieu va bcp conditionner notre
âme et nature intérieure, indissociable, si veut être équilibré être de moral, doit vivre dans nature
préservée apaisée esthétique. Si vie dans milieu dégradé influe sur notre âme avec désordre dans la
nature qui devient intérieur. Renvoie au courant hygiéniste qui va se développer au XIX. Nature
donne émotion/charge émotionnelle qui influence sur intériorité/âme, l’homme moderne a
tendance à perturber avilir l’ordre des choses. Rousseau fixiste et créationniste, pour lui homme
mauvais qui a fait que la nature est devenue hostile, alors que l’homme à l’état de nature vivait en
harmonie, initial état bon -> donne le mythe du bon sauvage. Renforcé par la découverte des peuples
natifs.
D7 - Perceptions idéalisée reprise dans la littérature : le nouveau statut moral et philosophique,
figure de Paul et Virginie = Paul et Virginie sont élevés dans une île tropicale aux décors paradisiaques, dans
l'isolement du reste du monde. Ils grandissent en harmonie avec la nature et mènent une vie idyllique baignant
dans la vertu, la simplicité et l'altruisme, vivant du travail de la terre et de ce que leur prodigue la nature. Ils
bénéficient donc d’une éducation purement naturelle, à l’écart du monde social, jusqu’au jour où la tante de
Mme de la Tour reprend en main l’éducation de Virginie. Elle va alors découvrir ce qu’est la vie en métropole et
en ville. A la fin du roman, lors de son retour dans l’ile, Virginie est victime d’un naufrage et se noie, victime de
son éducation en métropole et de ses préjugés car elle n’a pas voulu se dénuder pour pouvoir nager.

Préfiguration du grand mouvement culturel avec le romantisme, va toucher tous les arts (apparait en
Allemagne au XVIII puis s’étend progressivement), influence du rapport à la nature des premiers
américains. Pour eux la nature par son côté esthétique va renforcer cette dimension et rapprocher
l’Homme. Cette nature à la fois belle et tumultueuse va être le miroir de l’âme des Homme. En
littérature système dualiste, avec nature à différentes dimensions (objet esthétique, source
d’émotions, réponse à un besoin spirituel de sens). Héro romantiques être exalté, à l’image de la
nature. Besoin de sens dans la vie du héro dans la nature, miroir opposé des imperfections humaines.
Ne se limite pas à l’amour des paysages, renvoie aussi critique d la destruction de la nature par les
progrès de la destructions humaine. Chez les auteurs romantiques, homme et nature forment
souvent un système dualiste. La nature y revêt plusieurs dimensions : objet esthétique, source
d’émotions mais aussi réponse à un besoin spirituel de sens, la nature constituant le miroir
symbolique et esthétique des imperfections humaines : éternité des rythmes naturels versus finitude
de l’existence humaine; infini des éléments vs prison physique des corps ; pureté originelle et
atemporelle de la nature vs capacité de destruction et de dégradation par l’action humain; lumière,
couleurs et harmonie vs bruit, noirceur et pollution des villes industrielles. - L’attitude romantique
envers la nature ne se réduit pas à l’amour des paysages, l’attirance magique pour la nature
renvoie souvent à une critique de sa destruction par les progrès d’industrie et l’explosion urbaine.
Romantisme qui imprègne écrivain et peinture, œuvres de peintre romantique Fiedrich, nature
élément essentiel (dimension mystique/spirituelle), peint paysages toujours pittoresque, nature
tumultueuse/tourmentée, reflet de la quête mystique de l’âme humaine. Grand rôle plus tard avec la
création des espaces protégés, représentation paysagère de la nature à travers ses formes les plus
pittoresques et les plus tumultueuses, perception qui jouera un grand rôle lors de la création des
premiers espaces protégés dans la seconde moitié du XIX.

EU réenchantement de la nature via deux formes aux EU (≠ de l’Europe) :


 Le transcendantalisme,
courant moral/philosophique, courant aussi religieux, nature comme entité divine, reprend vision
créationniste, englobe tout mais que l’Homme connait très mal, il ne peut pas la voir, connait mal car
éloignement. Pour se dépasser l’Homme doit retrouver la vue, une autre vision au-delà des préjugés,
doit transcender la vision humaine avec une vie dans la nature en harmonie. Approche philosophique
fondée sur l’immersion dans la nature. Témoin du divin, le contact de la pureté du naturel renforce
valeurs morales/inverse avilissant. S’oppose à la vision des WASP du Mayflower avec la nature hostile
et péché originel. Conjugue caractère individuel/autonomie au cœur de la démarche puritaine,
donne fondement de secte religieuse aux EU car liberté ind, mais ne transforme pas là
nature/sacralise car contribue salut de l’âme. D’autant plus que les pionniers américains considèrent
intacts comme dieu à crée. Amérindiens n’use que pour survivre, moins de ressources, ne
considèrent pas en dehors la nature avec une vision biocentrée du monde.
Figure de Emerson, auj une des figures centrale américain. Nature en 1836, souvent figure de la bible
du transcendantalisme. Défend une théorie dite « nature animée » homme qui a une primauté en
tant que créature de dieu, nature caractérisée par changements évolutifs, voit dans les formes
sensibles la symétrie de l’âme humaine. Nature comme reflet de notre âme.
Emerson va fortement influencer l’écologie auj, critique du matérialisme, notre consumérisme, la
nature conduit à dieu, pas l’accumulation.
Autre figure de référence Thoreau, universitaire, autre aspects que nature/écologie, refuse châtiment
corporel. Devient adepte du transcendantalisme, fils spirituel. Prête un bois près de Concord, vie une
expérience d’imprégnation de la nature pdt 2 ans, vivre seul en autonomie. Best-seller de l’écologie.
Into the wild, reproduit la cabane de Thoreau. Inventeur désobéissance civile, figure iconique de la
contre culture américaine. Thoreau est considéré à la fois comme un pionnier de l’écologie et de la
décroissance, et de la pensée libertaire (désobéissance civile).
Walden ou la vie dans les bois 1854. Œuvre la plus connue de Thoreau, ouvrage de référence pour
beaucoup d’écologistes. Rédigé de 1846 à 1854, c’est un ouvrage atypique (autobiographie, journal,
observations sur la nature, considérations philosophiques, éloge de la frugalité), où il raconte son
expérience sur les bords de l’étang de Walden, où il s’immerge pendant 2 ans dans une expérience
qu’il souhaite la plus naturelle possible. Il y mène une vie contemplative, dans l’admiration de la
beauté de la nature et en effectuant aussi de nombreuses descriptions de la flore et de la faune qui
en font un naturaliste reconnu auprès des universitaires de l’époque.
Son dialogue avec la nature est la clé de voûte de son itinéraire spirituel - « La nature doit être
considérée humainement ou pas du tout [...] Ainsi, aimer la nature, c’est éminemment aimer l’homme[...] Qu’un
homme, dans la maison, pense ce qu’il veut de la nature ; au-dehors elle lui paraîtra toujours nouvelle. Je reste
en plein air à cause de l’animal, du végétal, du minéral qui sont en moi. » - Mais son livre est aussi un
plaidoyer pour la « pauvreté volontaire » et le refus du consumérisme (une référence pour tous les
adeptes de la décroissance et de sobriété choisie). Thoreau a construit la cabane lui-même, il est
végétarien, il produit lui-même ses légumes et s’emploie à vivre avec le strict nécessaire. - « La
plupart des hommes, même en ce pays relativement libre, par simple ignorance et erreur, sont si occupés par
des soucis factices et de grossiers travaux superflus de la vie que ses fruits les plus magnifiques ne peuvent pas
être cueillis par eux [...]. La plupart des luxes, et beaucoup de ce qu’on appelle les conforts de la vie, ne sont pas
seulement non indispensables, mais constituent de véritables entraves à l’élévation de l’humanité ».

La désobéissance civile, 1849 C’est l’autre grand ouvrage de référence de Thoreau, qui traduit le
second trait important de sa personnalité et de ses engagements : la défense de la liberté
individuelle et le refus d’obéir à des ordres contraires à sa conscience et à ses convictions. Le
transcendantalisme - Thoreau est un fervent adversaire de la guerre et de l’esclavage (il milite pour
l’abolitionnisme). Il refuse de payer ses impôts pour marquer sa désapprobation vis-à-vis de la guerre
conduite par les Etats-Unis contre le Mexique et de l’esclavage, ce qui lui vaudra un peine
d’emprisonnement. - « La seule obligation qui m’incombe, à juste titre, consiste à agir en tout
moment en conformité avec l’idée que je me fais du bien [...]. Tous les hommes reconnaissent le
droit de se révolter, c’est-à-dire celui de résister, lorsque ce dernier (le gouvernement) a fait la
preuve au plus haut point et de façon insupportable, de sa tyrannie ou de son incapacité. » - Ouvrage
et concept de référence, qui a influencé Ghandi, Martin Luther King et un grand nombre de militants
écologistes aujourd’hui.

 Wilderness,
Réenchantement qui prend forme moral, prend sur vision de la nature la wilderness perte du
caractère hostile dangereux, donne inversion des valeurs, avec la destruction, le nouvel américain
citadin industriel va renverser valeur donnée à la nature, va considérer sauvage/ naturel à protéger
valorise le rapport de l’indigène. Essence culture américaine, concept de l’idéal américain de la
frontière, doit la sauver/protéger. Wil au cœur de la culture, littérature. Importance des tableaux
pour la protection via parc de la nature et des bon sauvage
Né au Etats-Unis, le concept de Wilderness est une construction forte de l’idée de nature. Pour
Catherine Larrère, il renvoie aux premières expériences des pionniers sur le sol américain et au
mythe de la Frontière. A l’arrivée des premiers européens, la nature sauvage (climat, animaux,
peuples amérindiens…) était omniprésente et hostile. Pour les colons, il fallait la combattre et
l’aménager pour assurer leur survie. Pour les communautés puritaines, c’était un « symbole des
forces du mal et de l’anarchie, qu’il fallait réduire et dompter ». Avec la colonisation progressive du
continent qui s’accompagne d’une importante déforestation, d’une mise en culture généralisée, de
l’extermination des tribus amérindiennes, puis de l’urbanisation et de l’industrialisation du territoire,
la nature perd son caractère hostile et dangereux pour acquérir une dimension idéelle, celle d’une
nature sauvage originelle, investie de valeurs positives d’esthétique, d’harmonie entre les Indiens et
leur environnement… - Ce mouvement prend de l’ampleur à partir des années 1850, avec la
découverte des Rocheuses, de ses paysages extraordinaires, de ses forêts d’arbres géants
plurimillénaires (Séquoias, Thuyas, Douglas…) et de sa faune sauvage.
La nature acquiert alors un sens civilisationnel. La nature sauvage, originelle, est le témoignage de
l’expérience vécue par les pionniers : elle constitue l’histoire d’un continent dépourvu de véritable
passé culturel et prend part au projet de civilisation américain. Comme le dit le président Thomas
Jefferson (1743- 1826) : « Si ce n‘est par sa culture, la nature de l’Amérique doit faire l’admiration du
monde ».

II- L’écologie scientifique : une révolution des sciences naturelles


Réinvente la nature par révolution, va donner une désenchantement, sciences naturelles qui
étudient formes du vivant avant appelé histoire naturelles, refonte totale sur méthodo, épistémo,
temps modernes, classes espèces, successeurs naturalistes choisissent pas classification mais relation
de vie avec environnement. Comment vivent les unes par rapport aux autres. Intérêts évolutions
dynamiques des espèces dans le temps. Q° de l’évolution des espèces. Mutation en
biologique/écologie.
Humboldt : grand, voyage avec Bonpland, el Rey de España, démarche de savant qui fait à la fois
travail sur atmosphère, approche complète, travaux conduit sur géographie des plantes
(biogéographes, fondateur). Combine organisation des systèmes végétaux avec approches globale de
mesures, précurseurs de l’écologie. Pas écologues mais travail dans cet esprit. Il considère la
description comme une seule étape dans la compréhension des lois géographiques, « amasser des
idées que des choses ». Importance voyage en Amérique latine 1799-1804.
Second père fondateur qui va secouer le cocotier : Darwin. Remise en cause du dogme créationniste.
Connaissance de la révolution à la fois scientifique et religieuse, publication à cette époque car
scientifiques commençaient à tendre à cette conclusion, comme WALLACE, considère comme
précurseur décide une publication rapide. Donne la théorie de l’évolution par la sélection naturelle :
Alors qu’il y travaille et fait des conférences sur le sujet pendant plus de vingt ans depuis son retour
d’expédition, il ne se décide à publier sa théorie dans un ouvrage de synthèse qu’en 1859, sous la
pression et par peur d’en perdre la paternité car un autre scientifique, Alfred Wallace est en train d
élaborer une théorie très proche. Deux grandes lignes dans la théorie :
- unité et diversité du vivant qui s’explique par évolution,
- le moteur de cette évolution adaptive est la sélection naturelle.
Pour Darwin étant donné que tous les individus d'une espèce diffèrent légèrement entre eux et
d'une génération à l'autre (ce qu’on appelle aujourd’hui la diversité génétique), les individus les
mieux adaptés à leur environnement ou aux changements d’environnement (variations climatiques,
concurrences alimentaires) survivent et se reproduisent davantage en transmettant les variations
utiles à leur survie et à leur descendance. Voyage Beagle 1831-1836, dont séjour Galapagos.
Même si Darwin ne l’a pas formulé directement, sa théorie inscrit l’espèce humaine dans la lignée de
l’évolution du vivant, ce qui constitue une véritable rupture avec la pensée judéo-chrétienne
dominante - Toutes les espèces vivantes évoluant sous l’effet de la sélection naturelle et pouvant
être rattachées à un même arbre évolutif, l’homme lui-même peut être considéré comme le résultat
de cette évolution naturelle. L’homme pas plus que les autres espèces vivantes n’ayant été créé par
Dieu, la question de sa singularité et de sa transcendance se pose donc - Une réception très hostile et
violente de la part de la communauté scientifique, de la société et bien sûr des églises judéo-
chrétiennes.
Haeckel, discours sur l’habitat, appréhende le vivant sur le cadre du vivant, auj le biotope, relation du
vivant avec environnement, conditions de vie, comment transforme par activité. Pour lui biologie ne
correspond pas, veut intégrer importance des intéractions entre organismes vivants, va plus loin avec
q° de la pédologie etc., veut en faire une discipline unique. Invention d’une science holistique, se
complète avec MOBIUS, inventaire du concept de biocénose, montre le rôle des réactions en chaines
de communautés vivantes, si huitres déclines vient de la raréfaction du plancton, soit chaine
trophique. Morphologie générale des organismes, 1866 - Ouvrage dans lequel Haeckel invente le
terme d’écologie, à partir du grec oïkos (maison) et logos (discours), pour désigner « la science de
l’ensemble des rapports des organismes entre eux et avec le monde extérieur ». Haeckel emploie «
écologie » pour remplacer « biologie » qu’il juge trop restrictif. Son objectif est double :
- montrer que les être vivants constituent un foyer, le plus souvent conflictuel mais en profitant aussi de
symbioses et d’aides réciproques ;
- intégrer l’étude des interactions entre les organismes et leur environnement en une discipline unique
incluant les conditions physiques d’existence (climat, sol…) et les conditions biologiques, c’est-à-dire les
interactions avec les autres organismes

Karl August Möbius, 1825 – 1908, zoologue prussien, professeur à l’université de Kiel. Inventeur du
concept de biocénose en 1877. Il travaille sur les causes du déclin généralisé des bancs d’huitres en
Europe dans les années 1870 dans la Wattenmeer (PB), sur les côtes du Holstein (All) en Angleterre
(Ile de Hayling) et à Cancale (France). Il arrive à une même conclusion, les huitres sont victimes de la
surexploitation en montrant le rôle fondamental joué par les réactions en chaîne au sein des
communautés vivantes qui dépendent de nombreux facteurs interdépendants, ici la raréfaction du
plancton dont se nourrissent les huîtres. Dans un ouvrage publié en 1877 sur le fonctionnement
biologique des communautés d’huîtres, il propose un nouveau concept, celui de biocénose

III- Les pionniers de la protection de la nature : conservationnistes versus


préservationnistes
Pour Depraz, deux ingrédients : va donner les premières institutions de protections et espaces
protégés :
- Le caractère pittoresque et esthétique de certains paysages dans un imaginaire hérité du
romantisme (beauté, originalité, démesure…)
- La valeur emblématique et souvent identitaire de certains lieux, plantes ou animaux.
Deux éléments présents en Europe et Amérique du Nord, qui donne l’apparition des premières
institutions de protection de la nature et grands espaces protégés.
Angleterre, pionnier de mouvement, abordé sous angle de la protection animal, les oiseaux, sociétés
locales d’histoire naturel qui donne naissance société de protection de la faune. Oiseaux car tradition
mondaine des plumes d’oiseaux, avec q° de contrôle et chasse, donne première société de
protection des oiseaux avec la Plume League en réaction du commerces des plumes et méfaits de la
chasse des élites.
Et paysagère, paysage rural en dehors de la période industrielle, ou de la zone industrielle logique
hygiéniste. Protection de la campagne, symbole identité culturelle, pas nature sauvage, campagne
verdoyante, ruralité, q° de l’anglicité. Au XVIII en réaction avec la rev industrielle. Auj greentrifieurs
britanniques dans cette logique. Va donner premières protection de paysage, mise sous cloche de
campagne proche de la ville, démarche hygiéniste avec National Trust. = réel construction d’un
mythe.
France, naissance vient des paysages artistiques, 1853 séries artistiques de l’Ecole de Barbizon,
trouve représentation d’une nature tel qu’imaginée sauvage, trouve de l’esthétique du pittoresque
(espaces paysagers en forêt de Fontainebleau, protégé à la dde de l’Ecole). Crée des séries
artistiques, mise sous protection d’hectare de la forêt de fontainebleau. Inverse de l’Angleterre, veut
ici nature sauvage, va s’accorder avec forêt pour stop intervention, recherche de
l’esthétique/pittoresque, (forêts mélangées (chênes, pins, bouleaux…), zones de marécages, chaos de
boules gréseuses au milieu des étendues sableuses (sables et grès Stampiens) : les rochers d’escalade
de Fontainebleau). 1849 première grande ligne PLM avec stop fontainebleau, permettre aux
parisiens de se ressourcer, soit premières forêt périurbaine de France, soit esthétique picturale et
artistique combinée au prémices du tourisme. en 72, peu après création d’un comité de protection
artistique qui demande protection éléments naturel national, va inspirer début XX la société de
protection de paysage de la France. dde la protection de la forêt au titre de monument historique
national. différent du NT, ici juste sites sensibles, va être à l’origine de la li de protection des sites
naturels. - L’expérience bellifontaine a inspiré la création (1901) de la Société pour la Protection des
Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPF), qui s’est beaucoup mobilisée pour la protection des
sites sensibles (paysages ruraux, espaces verts, sites montagnard ou littoraux). - Elle est à l’origine de
la Loi de 1906 sur la protection des sites naturels, portée par Charles Beauquier, président de la SPPF
et député. Transformation en réserve biologique intégrale. Deux natures : intégrale ou dirigée.
Amérique du Nord, protection des espaces naturels par l’action/initiative ponctuelle, individuelles.
1832 création de la réserve nationale des Arkansas Hots Spring, ici protège les sources chaudes, à la
fois paysage et l’intérêt thermale de ces sources.
1832, George Catlin (peintre mais aussi juriste) demande à l’Etat fédéral une politique protectrice
pour créer, le long du Missouri, « un parc magnifique où le monde pourrait voir, dans les âges à venir,
l’indien indigène galopant sur son cheval sauvage parmi les hordes mouvantes de wapitis et de bisons [...]. Un
parc contenant hommes et bêtes dans toute la fraicheur sauvage de leur naturelle beauté ». 1864, création du
parc régional (Etat de Californie) de la Yosemite Valley par Abraham Lincoln, suite à la campagne
d’opinion menée par le sénateur John Conness et par Galen Clark, le découvreur des séquoias géants
plurimillénaires de Mariposa Grove (dont le célèbre Grizzly Giant, 2400 ans, hauteur 63 m,
circonférence 28 m).
1885, Parc des Adirondaks, Le plus célèbre et le plus symbolique de ces espaces protégés : le Parc
national du Yellowstone, 1872

 Yellowstone, invention du concept de parc national


Premier crée dans le monde. Automne 1870, exploration des sources de la vallée de la Yellowstone,
un secteur encore inconnu des Rocheuses, aux confins de trois Etats (Montana, Wyoming et Idaho).
Dirigée par le Général Washburn (devenu membre du Congrès), l’expédition est composée d’une
quinzaine de membres, dont des hommes politiques, journalistes et juristes. Tous sont proches du
mouvement transcendantaliste et des courants culturels autour de la wilderness. L’un d’eux
Langford, tient un journal dans lequel il raconte leur émerveillement devant ce qu’ils découvrent : la
beauté des gorges de la Yellowstone, l’étrangeté des phénomènes géothermiques (geysers et
fumerolles) et la présence d’une grande faune encore préservée des chasseurs professionnels
(bisons, élans, grizzly…).
A leur retour, les membres de l’expédition se constituent en groupe de pression et obtiennent, en
1872, la création du premier parc national américain. Un résultat lié à leur efficacité, mais qui doit
beaucoup à un faisceau d’intérêts convergents :
- à la place de la wilderness dans l’imaginaire américain, qu’il s’agisse de sa dimension religieuse ou de son rôle dans la
construction identitaire de la nation ;
- Une faible valeur économique régionale (pas de grandes forêts à exploiter) mais un formidable potentiel esthétique
(paysages pittoresques, phénomènes géologiques spectaculaires…) dont la valorisation touristique intéresse la
Northern Pacific Railroad Company, ligne ferroviaire transcontinentale peu rentable (le choix du vocable « parc »
répond bien à la problématique d’un espace récréatif pour les citadins des grandes villes de l’Est) ;
- aux premières prises de conscience du danger d’extinction d’espèces victimes d’une chasse quasi-industrielle. Entre
1865 et 1885, la population de bison serait passée de 30- 60 millions à quelques centaines d’individus. Exterminés par
des chasseurs professionnels (William Cody alias Buffalo Bill) pour leur peau et comme arme de guerre pour obliger les
tribus indiennes des grandes plaines à intégrer des réserves. La sauvegarde des derniers bisons dans le Parc du
Yellowstone donnera l’exemple et favorisera la création des premières associations de protection des animaux :
Audubon Society en 1886 et Boone and Crockett Club en 1887

 Rupture entre préservationnisme et conservationnisme


Ce qui caractérise les premiers temps de la protection de la nature aux Etats-Unis, c’est le rôle
déterminant joué par deux figures emblématiques qui vont conceptualiser deux visions radicalement
différentes et influencer durablement la politique mondiale de protection de la nature
- John Muir (1838-1914), l’inventeur du préservationnisme
Né en Ecosse, dans une famille calviniste, émigre avec sa famille aux Etats-Unis en 1849 (fermiers
dans le Wisconsin). Il étudie la botanique et la géologie à l’université de Wisconsin-Madison, puis
part voyager à pied à travers le Canada et les Etats-Unis et raconte ses expériences esthétiques et
spirituelles de la nature dans un journal « Nature Writings ». En 1868 il découvre la vallée du
Yosemite dans la Sierra Nevada. Cette découverte est une révélation « Aucun temple construit de la
main de l’homme ne peut être comparé à Yosemite ». Il s’y installe comme berger et directeur de
scierie (spécialisée dans les arbres morts naturellement) et en fait l’étude géologique et botanique.
Très proche des idées d’Emerson (lui rend visite dans le Yosemite en 1871) et de Thoreau, il prône le
contact direct avec la nature et défend sa valeur esthétique, spirituelle et religieuse, conformément
aux principes du transcendantalisme.
On peut dater le début de son militantisme en faveur de la préservation en 1889, avec sa prise de
position contre le bucheronnage, le surpâturage et la fréquentation touristique au sein du Yosemite.
Grâce à deux articles publiés dans le Century Magazine, un vaste espace autour de la vallée de
Yosemite est transformé en Parc naturel national en 1890. C’est alors le 3e des Etats-Unis. Sa
direction est confiée à Frederick Law Olmsted, architecte-paysagiste américain, célèbre pour la
création de Central Park à New York et du parc du Mont-Royal à Montréal au Canada. John Muir
fonde le Sierra Club en 1892, une organisation pour préserver les montagnes de la Sierra Nevada,
qu’il préside jusqu’à sa mort. Première association de ce genre, elle reste aujourd’hui l’une des plus
puissantes ONG américaine pour la préservation de l’environnement. Durant toutes ces années, il
devient un fervent défenseur de la préservation de la nature, multipliant les articles, les ouvrages et
les conférences, et le lobbying auprès des politiques, dont le Président américain Théodore Roosevelt
avec qui il bivouaque dans le Yosemite en 1903

- PINCHOT (1865-1946), défenseur du créationnisme, sait que l’on a besoin donc opte pour
une gestion
Né dans un famille d’exploitants sylvicoles, il fait ses études à Yale puis part en Europe étudier la
foresterie auprès de l’Ecole des Eaux et Forêts de Nancy (France) et en Allemagne et en Suisse. Il
revient aux Etats-Unis en 1891, fonde l’Ecole de foresterie à l’université de Yale et applique les
principes de la gestion rationnelle des peuplements forestiers apprise en Europe (en rupture avec les
modes de prélèvements sauvages en pratique aux E-U). En 1898, Gifford Pinchot est nommé chef de
la division forestière du département de l’agriculture, avant de devenir ministre de la conservation et
de la gestion des ressources naturelles de 1902 à 1910 sous la présidence de Théodore Roosevelt.
Pinchot préconise le wise use, relie le concept de DD. Muir à l’inverse préconise la préservation du
caractère sauvage, pas de commercialisation car valeur spirituelle. Mise en place d’une wilderness
protégé de l’influence humaine avec la pureté. Larrère voit prémisse héliocentrisme.
Deux visions antagonistes avec soutiens et contestations, tous le long du XX, préservationniste qui va
imposer vision avec imposition des parcs nationaux, va toucher les pays neufs anglosaxons. Réussi à
imposer leurs visions avec les parcs, fait sortir les autochtones pour le tourisme.
Pinchot ministre de la Conservation, met en place le principe de conservation de la nature ordinaire.

- Muir et Pinchot se rencontrent en 1896,


ils sympathisent et parcourent ensemble les forêts de l’Ouest américain. Mais leur amitié se
transforme rapidement en une opposition farouche, en raison d’une conception radicalement
différente de la protection de la nature et des forêts. Leurs polémiques débutent en 1897 et
concernent le pâturage ovin en forêt, préconisé par Pinchot au nom d’une bonne gestion des
ressources forestières et dénoncé par Muir qui qualifiait les moutons de « sauterelles à sabots ».
Elles se poursuivent en 1907 avec le projet de construction du barrage de Hetch Hetchy dans le parc
du Yosemite, afin d’assurer l’approvisionnement en eau de San Francisco. Projet dénoncé par Muir et
le Sierra Club qui arrivent à faire geler le projet par la justice californienne, mais soutenu par Pinchot
et par le congrès américain qui obtiennent sa construction en 1913.
Au-delà de cette polémique, deux conceptions radicalement différentes de la protection de la nature
opposent les deux hommes. Pinchot préconise le wise use, le « bon usage » des forêts et des
ressources naturelles pour le bien du plus grand nombre. Il s’inspire de l’utilitarisme de John Stuart
Mill (philosophe et économiste britannique du XIXe s.) dont la devise est « le plus grand bonheur
pour le plus grand nombre ». Il veut lutter contre l’épuisement des forêts américaines par la pratique
d’une gestion rationnelle des peuplements forestiers, guidée par les connaissances scientifiques.
Pinchot complète la devise de Stuart Mill « le plus grand bien, pour le plus grand nombre, pour le
plus longtemps » et il considère que « le premier facteur essentiel à la conservation est qu’il est
synonyme de développement » ce qui en fait pour certains un précurseur du développement
durable.
Muir défend à l’inverse la préservation du caractère sauvage de la nature. Il reste fidèle aux principes
transcendantalistes : la nature ne peut pas faire l’objet d’une commercialisation car sa valeur est
spirituelle et intrinsèque. Il défend l’idée d’une wilderness protégée de toute intervention humaine,
sanctuaire préservé dans sa pureté originelle.
Certains comme Catherine Larrère (2015) y voient une première remise en cause de
l’anthopocentrisme et les prémices du biocentrisme (toute forme de vie possède la même valeur
morale que les humains) ou de l’écocentrisme (les humains font partie de communautés vivantes ce
qui implique des devoirs moraux envers les non humains).
Ces deux visions antagonistes ont eu d’emblée leurs partisans : une nature « lieu sacré, reflet de la
volonté divine » pour les préservationnistes versus une nature « miroir de la mentalité démocratique
et communautaire américaine » pour les autres, selon Catherine Larrère (1997). Elles se sont
opposées tout au long du XXe siècle. Les préservationnistes ont imposés leur vision dans le cadre de
la création des parcs nationaux à travers le monde, mouvement qui s’amorce dès la fin du XIXe siècle
dans les pays neufs anglosaxons : Royal National Park (1879) en Australie ; Glacier National Park
(1886) et Banff (1887) au Canada ; Tongarino (1894) en Nouvelle Zélande.
Mais ce sont les conservationnistes qui l’ont emporté pour la gestion de la nature « ordinaire ». Ainsi
en 1907, Pinchot, ministre de la Conservation et de la gestion des ressources naturelles met en place
le concept unifiant de conservation en l’appliquant aux sols, aux terres agricoles et aux forêt, aux lacs
et rivières et aux ressources minières. Aujourd’hui encore ces deux modèles s’affrontent à travers les
deux concepts de biocentrisme et de développement durable.

CHAPITRE 3 - Le temps de la maturité : l’âge d’or de l’écologie et de la préservation (le premier XXe
siècle)
Inversion des premiers rôles, place des écologues qui considèrent que l’H est un élément
perturbateur des écosystèmes naturels, résonnance avec le courant préservationniste, doit étudier
sans l’H, le retirer de la nature. Apport de la caution scientifique à la philosophique. Travaux
systémique, importance dans la diffusion d’un paradigme dominant chez les acteurs de la protection
de la nature, confirmation par la science écologique, du « grand partage homme-nature », pensé par
la religion chrétienne et la philosophie cartésienne. Paradigme résonne avec le préservationnisme et
donner une caution scientifique qui s’ajoute à la caution spirituelle et morale.
I- Le triomphe de l’écologie structuraliste et fonctionnelle
Trois figures et concepts de l’écologie dans le premier XX :
 Le climax, Frederic Clements (1874-1945), botaniste américain, professeur univ Nebraska-
Minnesota.

Définit dans ouvrage Plant Succession 1916, concept aujourd’hui critiqué, ici clé de voute de
l’enseignement de l’écologie et constitue un élément central du concept d’écosystème développé 20
ans plus tard par Tansley.
Vient de l’observation des différentes associations végétales qui à partir d’un substrat nu, se
succèdent dans le temps sur un même site, en passant par une succession de stades intermédiaires.
Clements compare cette succession à un organisme qui nait, grandit et se développe jusqu’à
atteindre un stade de maturité. Le climax (apogée d’un processus), point culminant de maturation
d’une succession végétale quand elle évolue naturellement, jusqu’à atteindre un équilibre avec les
éléments de son envir (climat, sol) ce qu’on appelle alors l’équilibre climacique. Celui-ci est censé
être stable sans intervention extérieure.
Dans cette approche, via activités agropastorales ou prélèvement divers, homme perçu comme
élément perturbateur extérieur qui vient rompre l’équilibre naturel.
À servi pendant des décennies de base de définition de la dynamique et évolution des phytocénoses
comme des séries dites progressives lorsqu’elles évoluent vers un climax, et régressives quand
modifiées/perturbées vers l’Homme. Ainsi, l’H est toujours perçu comme une cause d’instabilité et
de dégradation de la nature. Concept de climax va apporter aux préservationnistes les arguments
scientifiques pour justifier la création des parcs et réserves. = permet de soustraire la nature, via mise
sous cloche à l’action anthropique qui ne peut que détruire l’équilibre climacique originel. Auj
préfères autres notions.
 La Biosphère, Vladimir Vernadski (1863-1945), fondateur de la biogéochimie, invente concept de
biosphère avec les grands cycles géochimiques cofondatrice de théorie Gaia, pas addition
d’organismes différents mais ensemble un macro-organisme capable d’auto-régulation.
Biosphera 1926, part de la minéralogie dynamique et de la pédologie, développe de nouvelles
disciplines, permettent d’étudier la composition chimique de la matière organique et qui analysent
les processus d’échange de matière dans lesquels les organismes sont impliqués.
Pour lui : les radiations solaires sur les processus terrestres permettent d’envisager la biosphère
comme un mécanisme terrestre et cosmique -> peut être considérée comme une région de l’écorce
terrestre occupée par transformeurs qui changent les rayonnements cosmiques en énergie terrestre
active, électrique, chimique, mécanique, thermique etc.
PRINCIPE : Unicité espace biologique, permet d’aller vers le biocentrisme, partage et échanges
même constituants. Tous organismes vivants composés d’une matière organique fabriquées à partir
des matériaux présents dans l’écorce terrestre (lithosphère) et dans l’enveloppe gazeuse
(atmosphère) via énergie solaire. Toutes les formes de vie sur terre sont donc constituées des mêmes
atomes qu’elles s’échangent (via mécanismes de respiration et de photosynthèse, par alimentation)
dans des cycles incessants de la matière : les cycles biogéochimiques (cycle de carbone, oxygène,
calcium).
Concept avec conséquences philosophiques et métaphysiques fondamentales :
Pour Lynn Margulis (microbiologiste américaine), application de Darwin à l’espace par Vernadski =
toute la vie vient d’un unique matériau, la biosphère. Certain considèrent alors V est à l’unicité de
l’espace biologique, ce que Darwin est à l’unicité du temps biologique. Les humains sont issus de la
même dynamique évolutive que le reste du vivant, avec lequel ils partagent et s’échangent les
mêmes constituants biogéochimiques. Concept constitue le fondement de la théorie Gaia, dev par
Magulis et Lovelock -> donne à la biosphère un statut d’entité autorégulée, à l’image d’un super
organisme.
 L’ecosystème, Tansley (1871-1955), botaniste anglais
Dans Ecology 1935, considère que « communauté biotique » et « biocénose » trop réducteurs, ne
prend pas en compte la question des relations entre communauté et milieu, science de l’habitat pas
assez prit, combinais avec invention de biotope, avec les facteurs physique biotope, englobe dans un
systèmes.
Écosystème, « système écologique comprenant l’ensemble des organismes vivants et l’ensemble des
facteurs physiques du milieu » (le biotope), importance pour lui de prendre « système » dans le sens
d’un ensemble d’éléments organisés entre eux de façon structurée, qui interagissent et donnent à
l’ensemble une certaine autonomie.
Approche théorique/qualitatif,
Théorique : approche fonctionnelle de réflexion pas objet naturel, concept qui est abstrait avec une
reconnaissance spatiale, va devenir concret car écologues vont chercher à appliquer dans la nature
ces concepts : lacs rivières, forêts etc. autant d’auto-système autorégulé avec communauté de vie
dans milieu donné. Écosystème en tant qu’objet spatial, va donner un découpage en sous-système et
éléments pour les étudier soit ensemble d’écosystèmes, fragments de biosphère. Notion assimilée
par le grand public et défenseurs de la nature. Bourlière et Lamotte (1978) définissent notion comme
« un fragment de la biosphère que l’on peut considérer comme une entité relativement autonome
par rapport aux écosystèmes voisins et dont il est possible d’analyser la structure et le
fonctionnement ».
Qualitatif : via Lindeman (1942) et les frères Odum (Fundamentals of ecology, 1962) qui vont faire un
système essentiellement quantitatif dont les chercheurs vont mesurer la dynamique des populations,
les chaînes trophiques (nutrition, reproduction, prédation…) et les flux de matière et d’énergie qui y
sont associées.

II- Les prémices d’un éco-centrisme : une nouvelle façon de penser et de vivre la nature
Doit à Aldo Leopold (1887-1948), ingénieur forestier américain, H qui voulait penser comme un
écosystème/une montagne.
Département de gestion de la vie sauvage, déjà foyer de réflexion, étudiât à Yale, la Yale Forest
School de Gifford Pinchot, intègre l’US Department of Agriculture Forest Service. Intérêt aux pb posés
par érosion des sols et gestion de la faune sauvage, démission de ses fonctions en 28. Devient
enseignant à l’univ du Wisconsin et crée le Department of Wildlife management. Implication
grandissante dans la gestion de la faune, écho avec le mvmt de conservation des espaces naturels
américains (fonde la Wilderness Society 35, et Wildlife Society en 36).
Amène un rôle imptt avec des organismes de conservation. Donne une dimension éthique à ses
travaux sur la préservation de la nature, réflexion murit au travers de plusieurs publications : Some
Fundamentals of conservation in the Southwest 1923, the conservation Ethic 1933, Sand Country
Almanach 1949 (posthume, recueil avec The land Ethic).
Pour lui base de l’écologie c’est « la Terre en tant que communauté ». Veut passer d’une éthique de
l’humain à une éthique de l’environnement, élargissement des frontières de la communauté
humaine pour inclure sol/eau/plante ou collectivement la terre. Ainsi « Une éthique de la Terre
altère le rôle joué par l’Homo sapiens de celui de conquérant de la communauté-terre à celui de
simple membre et simple citoyen. Elle implique le respect des autres membres, mais aussi le respect
de la communauté en tant que telle. » peut retenir deux citations :
« penser comme une montagne », « une chose est juste lorsqu’elle tend à préserver l’intégrité, la
stabilité et la beauté de la communauté biotique. Elle est injuste lorsqu’elle tend à l’inverse ».
Leopold encré dans son époque, adhère à la pensée et théories de l’écologie scientifique du XX :
penser comme une montagne, soit en tant qu’écosystème avec toutes les relations
d’interdépendances entre biocénose et biotope. Et préserver les communautés dans leur intégrité,
stabilité et beauté. Doit la comprendre dans son environnement. Justice par rapport à la
communauté biotique. Doit garantir stabilité des écosystèmes, ref à la notion de climax. Idéal de
l’identité américaine. Aussi considéré comme visionnaire, fondateur de l’écocentrisme, « adulé
comme un prophète par les écologistes et les environnementalistes » pour reprendre les propos d’un
de ses disciples, Callicott, qui donnera dans une forme plus radical vers le biocentrisme.
III- Le grand mouvement de préservation de la nature
Il s’agit d’une géographie des espaces naturels protégés (dimension historique, écologique,
culturelle, sociale, géopo) a donné lieu à de nombreux travaux en France de géographes : Depraz,
Guyot, Héritier, Laslaz etc. période marquée par un essaimage des parcs nationaux dans le monde
sur le modèle nord-américain, càd la Wilderness et la préservation.
Présence de déterminants communs à la préservation, de vastes territoires originellement vides d’H
ou vidés de leurs présences (expulsions d’autochtones). Exceptionnalité de certains éléments
naturels, ordre paysager (pittoresques), floristiques (remarquables/vernaculaires), faunistique
(spectaculaire/menacée). Un potentiel et mise en valeur touristique pour des pop allochtones
(citadins, élite nation, europ, interna).
 L’antériorité des parcs Nord américains
EU : pionnier de Yellowstone et Yosemite, puis multiplication pour une vaste superficie de régions de
montagne dans les Rocheuses (Carter Lake 1902, Grand Canyon 1919), puis Appalaches (Great Smoky
Mountains 1930). À partir de 1916 tous ces parcs sont gérés par le National Park Service, première
institution fédérale officielle en charge de la protection de la nature aux EU.
Canada : ensemble de 7 parcs, établis sur le modèle étasunien, crées dans les Rocheuses entre 1885
et 1920 (4 adjacents : Banff, Jasper, Yoho, Kootenay et 3 dispersés : Lacs Waterton, Mont Revelstoke
et Glacier). Ici combinaison de 3 caractéristiques : une nature sauvage à préserver (paysages
exceptionnels), un potentiel récréatif/touristique permettant de rentabiliser la ligne de la compagnie
ferroviaire Canadian Pacific Railways. Doit attendre 1930 et le National Park Act pour que les statuts
de protection soient clairement définis.

 La dualité des parcs européens, précoces et conformes au modèle de la Wilderness dans les
empires coloniaux, tardifs et identitaires dans les métropoles
o Précoces et conformes à la wilderness des E coloniaux

Monde anglo-saxon, britanniques inaugurent le mvmt.


En Océanie avec visée touristique : the Royal National Park 1878 (espace littoral de détente à 30km
de Sydney), parc volcanique du Tongariro 1894 et Mont Taranaki 1900, rapidement desservis par le
chemin de fer en Nouvelle Zélande 1908.
Afrique australe : Parc national du Natal 16, parc Kruger 26, de l’Est : Tsavo 48, Wankié 49, Serengeti
51. Suite des autres empires coloniaux : Parc Albert au Congo belge 25, plusieurs en Somalie 26 etc.
Vient une motivation partagée par toutes les puissance coloniales :
- Une logique faunistique, paradoxalement préservationniste et cynégétique, protéger les Big
Five (buffle, éléphant, lion, léopard, rhinocéros) des populations locales mais organiser des
territoires de chasse pour les riches colons et les élites européennes.
- Logique d’appropriation et contrôle territoriale, exclusion des pop locales et interdiction des
activités traditionnelles (une conservation contre les hommes pour Depraz 2008).
- Logique touristique à destination des élites de la métropole
- Logique de prestige dans un contexte de rivalité géopolitique entre puissances coloniales
Tous participent à la diffusion, voire à l’imposition de la vision occidentale de la nature (européenne
et américaine) aux autres civilisations et aux autres ontologies (Descola).
o Des parcs tardifs et sur un modèle de valorisation du patrimoine identitaire national
dans les métropoles
Création tardive des parcs nationaux sur le continent européen vient de la longue histoire des
relations sociétés-nature qui ne s’accorde pas avec l’imaginaire des parcs et de la wilderness : une
Europe densément peuplée, une très longue histoire agropastorale qui a profondément transformé
et anthropisé les territoires et les paysages, en transformant les forêts tempérées en campagnes
aménagées et jardinées.
Pas un hasard si les premiers parcs sont dans espaces europ moins peuplés et anthropisés, en
apparence : la forêt boréale et la toundra lapone avec la création simultanée en 1909 en Suède de 9
parcs situés dans le nord du pays, Parc Sarek. Les Alpes, Parc de la Bérade 1913 (parc national du
Pelvoux puis des Ecrins depuis 1973), le parc de l’Engadine en Suisse 14, du Gran Paradiso 1922. Les
Pyrénées parc Ordesa et du Mont Perdu en Espagne 1918.
En Europe de l’Ouest les premiers parcs montagnards restent des exceptions et jusqu’aux 50-60’s,
création d’espaces protégés passe par l’intermédiaire :
- Du patrimoine paysager, perçu comme vecteur de l’identité nationale : National Trust en
Grande Bretagne ; Loi Beauquier en France (1906) sur les sites « dont la conservation ou la
préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou
pittoresque, un intérêt général »
- De la protection des espèces menacées, grâce à l’action des sociétés de protection de la
nature. En France la première réserve naturelle est créée en 1913 dans les Côtes d’Armor
(réserve des Sept Iles) à l’initiative de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) suivie des
réserves de Camargue (1928) et de Néouviellle (1936) sous l’égide de la Société Nationale de
Protection de la Nature (SNPN)

 Un essaimage de parcs naturels


À travers le monde s’accompagne d’une réflexion et d’une structuration mondiale avec la réunion
régulière de conférences internationales à partir de 1913 à Berne, puis Paris 23, Londres 33. Ces
conférences permettent de définir progressivement la notion de parc national. Elle repose sur trois
principes : responsabilité étatique et contrôle public, exclusion des activités jugées incomptables
avec la protection (chasse, cueillette,
abattage), ouverture au public à des fins
d’observation et récréative.
Post SGM, mvmt de création des espaces
protégés va progresser en nombre et
superficie, accroissement exponentielle à partir des
70. S’accompagne d’une multiplication des
statuts, et un souci accru de protection générale
des espèces vivants, qu’elles vivent dans les
espaces protégés ou non ; il va s’organiser
internationalement, au sein d’OIG et de
société civile.

 UICN, Union Internationale pour la Conservation de la Nature


Création en 48, lors de la Conférence de Fontainebleau organisée par UNESCO, ancien nom UIPN. 19
états, plus de 100 associations y participent, ce qui en fait une organisation internationale originale
car de statut mixte, combine une structure intergouvernementale et une structure fédérative d’ONG.
Son siège est à Gland, sur lac Léman.
Objectif principal : faciliter la coopération entre gouvernements et ONG afin de promouvoir des
actions pour protéger la vie sauvage et la nature, sensibiliser le public, encourager l’éducation et la
recherche, préparer des projets d’accords internationaux. Elle s’est aussi spécialisée dans els activités
de collecte et d’analyse d’informations afin de les mettre à disposition des gouvernements,
organismes internationaux et société civile. La plus ancienne organisation mondiale de conservation
de la nature, devenue auj une des plus imptt, Union Mondiale pour la Nature, depuis 2014 : 1 200
membres de 160 pays, 122 agences gouvernementales et plus de 1 000 ONG.
1958, création au sein de l’UICN de la « Commission internationale des parcs nationaux » lors de la
Conférence d’Athènes, rebaptisée depuis « Commission mondiale pour les aires protégées ». objectif
d’assurer le promotion des parcs et réserves. Depuis 61 établit une liste mondiale des parcs
nationaux et réserves assimilées, actualisée tous les 5 ans, catégorise les aires protégées afin d’en
évaluer l’action en matière de protection de la nature. Cette catégorisation comporte auj 6 grands
types d’espaces protégés, déterminées selon les critères fonctionnels de protection. Depuis Seattle
en 62, le WCPA organise régulièrement des Conférences mondiales sur les espaces protégés. Cette
classification est critiquée (orientation idéologique avec une hiérarchie des espaces protégés en
fonction de l’intensité de leurs protection et valorise l’exclusion territoriale).
1961, fondation de la WWF devenue World Wide Fund for Nature, par Sir Julian Huxley, premier
directeur de l’UNESCO, ancien cadre UICN. Siège social à Morges. Conçu comme fondation destinée à
recueillir des fonds pour UICN, rapidement émancipée de l’UICN et attribuée deux autres missions :
sensibilisation du public et actions de terrain. Présence de liens forts avec les réseaux décisionnels
marchands et publics (partenariat avec entreprises privées et avec États dans le cadre de
labellisation), une très grande maitrise de la communication avec un fort penchant pour le
pathocentrisme. Considérée comme présentable et politiquement correcte, présidée par membres
familles royales.
1963, définition d’une liste rouge des espèces menacées, production « phare » de l’UICN. Considérée
internationalement comme source d’informations la plus exhaustive sur l’état de conservation des
espèces animales et végétales sauvages. Auj plus de 73 000 espèces, identifie taille et dynamique des
populations, aires de distribution et habitats etc.

CHAPITRE 4 - Le temps des combattants : l’homme au ban de la nature (le deuxième XXe siècle)
Le temps des militants, grand mouvement de prise de conscience des enjeux environnementaux
planétaires (dégradation de l'environnement, pollution, risque d’épuisement des ressources) qui marque le
tournant des années 70 s’accompagne également d’une forte mobilisation pour la défense de la
nature. Aux côtés des scientifiques écologues, des penseurs et philosophes, des gestionnaires de la
nature, on assiste à une formidable montée en puissance d’une autre catégorie d’acteurs : les
militants. Ceux que Catherine Golliau dans « L’Homme et la Nature » (2020) appellent « les nouveaux
soldats de la nature ». Cette mobilisation existait depuis la fin du XIXe siècle, avec la naissance des
associations de sciences naturelles et de défense de la nature. Mais elle va prendre une ampleur sans
précédent avec les années 70, au sein de ce que les Anglo-Saxons appellent la société civile, qui va
s’organiser autour de structures associatives efficaces et de plus en plus internationales : les ONG. On
assiste également à la création des premiers partis politiques verts, qui regroupent militants et élus
qui participent au débat démocratique et à la fabrique de la loi. La porosité est alors très forte entre
tous les différents acteurs de la nature : entre les militants et les autres acteurs, mais aussi au sein de
ces acteurs avec des écologues scientifiques engagés et des philosophes et penseurs militants.
I- La montée en puissance du militantisme
Fin XIX, acteurs qui commencent à se mobiliser, en Europe et en Amérique du Nord, pour la défense
et la protection de la nature, vont se regrouper et s’organiser au sein d’associations, de ligues, de
sociétés. Ces associations se créent tout au long du XXe siècle et certaines d’entre elles, par le
nombre de leurs adhérents, leurs moyens financiers, leur notoriété et leurs réseaux deviennent de
puissants lobbies. Sierra Club, 1892 (USA) ; National Trust, 1895 (GB) ; LPO ; 1912 (France) ; Nature
Conservancy, 1951 (USA) ; WWF, 1961 (ONG, Suisse).

Mais ce phénomène est sans commune mesure avec le mouvement qui va accompagner la prise de
conscience environnementale au tournant des années 70, qui voit naître de puissantes associations
de défense de l’environnement en général, de la nature en particulier (surtout à travers la protection
des espèces animales menacées). Plusieurs caractéristiques communes distinguent souvent ces
associations de leurs aînées : une forte capacité fédérative à l’international (ONG) ou au national ;
une forte attractivité pour les militants écologistes, s’expliquant par une radicalité certaine et par
une parfaite maîtrise des nouveaux outils médiatiques. La plupart d’entre elles ne sortent pas de
nulle part, elles naissent du regroupement d’associations déjà existantes ou sont fondées par des
déçus des associations traditionnelles dont les actions sont jugées trop « fades » (politiquement
correctes).
Les plus célèbres (cf. CM DD)
- Greenpeace
1971, petit groupe de militants pacifistes et écologistes, David Mac Taggart, Paul Watson, autour de la lutte contre les essais
nucléaires militaires et la défense de mammifères marins, élargissement à l’ensemble des questions d’environnement et de
protection de la nature. Spécialiste des actions « coups de poing », directes non-violentes. La France a bcp contribuée à sa
célébrité en coulant le Rainbow Warrior dans le port d’Auckland en 85.
- IFAW
69, International Fund for Animal Welfare, proche de Greenpeace, par Brian Davies pour lutter contre la chasse
commerciale du phoque du Groenland et du phoque du capuchon au large de la côté orientale canadienne. Ses actions se
sont élargies à la protection des animaux et à la cohabitation entre Homme/animaux.
- FOE
Friends of Earth, 69, David Brower, ancien directeur du Sierra Club (part pour pas assez forte radicalité), ONG internationale
très politique qui combine question sociale et envir.
- Sea Shepherd Conservation Society
97, Paul Watson, dénonce le manque de radicalité de Greenpeace, se spécialise dans le défense des océans via actions
musclées contre la destruction de la faune marine/surpêche. Particulièrement engagée dans le lutte contre la pêche illégale,
chasse) la baleine ; dauphins, globicéphales, phoques, pêche industrielle.
- Earth First, « No compromise in defense of Mother Earth!”
80, Dave Foreman, ancien cadre de deux associations de protection de la nature : The Wilderness Society et Nature
Conservancy, déçu par le manque de radicalité de leur politique. Organisation radicale connue pour ses actions violentes
souvent illégales, les militants se définissant comme des ecowarriors/écoguerriers.
- France Nature Environnement
1968 « Partout où la nature a besoin de nous ». Créée sous le nom de Fédération française des sociétés de protection de la
nature (FFSPN). Elle fédère environ trois mille associations, regroupées au sein de quatre-vingts organisations adhérentes,
en métropole et outre-mer
- Ferus,
2003, « Sauvage » (en latin) Association française de protection des grands prédateurs (Ours, Loups et Lynx) créée grâce au
regroupement des associations Artus et du Groupe Loup France
Les efforts combinés des militants (au sein des ONG, des partis politiques), des élus politiques « verts » et la pression de la
société civile vont permettre une véritable explosion dans le monde (aux niveaux national et international) dispositifs de
protection de la nature, qu’il s’agisse de la multiplication et de l’expansion des types de territoires protégés ou de la
signature de traités internationaux. Présence d’une multiplication des conventions internationales pour la protections des
espèces sauvages et des habitats. Une multiplication, diversification et expansion des territoires protégés dans le monde.

II- Le biocentrisme : repenser l’éthique de la nature et du vivant


Cinq apports majeurs pour faire émerger le biocentrisme entre 70-80’s
 « la libération animale », Peter Singer
Peter Singer (1946), Philosophe australien, professeur de bioéthique à l’Université de Princeton
(USA). La naissance du pathocentrisme et de l’antispécisme. Il publie en 1975 « La libération Animale
» (vendu à plus de 500 000 exemplaires), un manifeste pour l’éthique animale considéré comme la
référence incontournable sur ce sujet. Travaux synthétisés en 1985 dans « L’Egalité Animale
expliquée aux humain-es ».
Libération animale ? D’après Singer, il faut libérer les animaux des préjugés humains dont ils sont les
victimes, en remettant en cause le droit que nous nous octroyons de les utiliser comme de simples
moyens de satisfaire nos besoins, sans prendre en compte la souffrance que peut générer leur
exploitation. Singer remet en cause les critères moraux qui permettent aux humains de se
singulariser vis-à-vis des animaux : l’intelligence, la culture, la conscience de soi… Pour lui c’est la
sensibilité qu’il faut prendre en compte, c’est-à-dire la capacité d’un animal à souffrir.
Singer préconise d’abolir les frontières arbitraires entre humains/animaux, dénonçant le vocabulaire
en usage qui distingue humains et animaux, alors que nous sommes aussi des animaux. En faisant de
la qualité de vie des animaux un problème moral, il remet profondément en cause nos rapports à la
nature et aux animaux. Il ne réclame pas que les animaux soient traités comme des humains mais
que l’on prenne en compte leur sensibilité et leur droit à ne pas souffrir, donc notre responsabilité
morale à ne pas les faire souffrir.
Cette approche morale et éthique « pathocentrique ». Singer condamne donc la vivisection, l’élevage
en batterie, la corrida… S’il ne va pas jusqu’au véganisme, il encourage néanmoins le développement
d’une alimentation éthique en encourageant le végétarisme.

 « vers des droits de la nature ? », Christopher Stone


Stone 27, « les arbres doivent-ils pouvoir ester en justice ? », professeur de droit à l’université de
Southern California en 1972, dans un article de la revue de son université puis dans un ouvrage
éponyme. Cette question et l’argumentaire résultent d’une procédure judiciaire engagée par le Sierra
Club, qui conteste l’autorisation obtenue en 1965 par la société Walt Disney de construire un
complexe de sports d’hiver dans la Mineral King Valley (boisée de forêts de séquoias, au sud du
Séquoia National Park, dans la Sierra Nevada. Cette plainte est rejetée par la justice, mais Stone va
argumenter en faveur du droit des arbres et des autres « objets naturels » à pouvoir plaider en
justice).
« Nous avons ainsi fait des enfants des personnes alors qu’il n’en a pas toujours été ainsi en droit. Et nous avons fait de même, bien
qu’imparfaitement diraient certains, avec les prisonniers, les étrangers, les femmes (plus particulièrement les épouses), les fous, les Noirs,
les fœtus et les Indiens. Il n’est en outre plus désormais nécessaire d’avoir forme humaine pour se voir reconnaitre des droits. Le monde des
avocats est peuplé de ces titulaires de droits inanimés : trusts, sociétés, joint ventures, municipalités, Etats-Nations et bien d’autres encore.
[...] Je propose, tout à fait sérieusement, que l’on attribue des droits juridiques aux forêts, océans, rivières et autres objets dits « naturels »
de l’environnement, c’est-à-dire, e, réalité, à l’environnement tout entier. [...] Entendons-nous bien : dire que l’environnement devrait avoir
des droits ne signifie en aucun cas - cela serait absurde – que nul ne devrait être autorisé à couper un arbre [...] Cela ne revient donc pas à
dire qu’il devrait posséder tous les droits imaginables, ni même des droits identiques à ceux d’un humain. [...] Suivant le même
raisonnement, nous devrions disposer d’un système dans lequel tout ami d’un objet naturel qui lui semble menacé pourrait s’adresser aux
tribunaux pour demander l’établissement d’une tutelle. « Les arbres doivent-ils pouvoir ester en justice ? Vers des droits de la nature »
1972

Cet argumentaire juridique constitue une révolution dans le droit de l’environnement. Stone ne va
pas aussi loin que les tenants de la Deep Ecology et du biocentrisme qui prônent l’égalitarisme
biophysique et voient ce texte comme une référence majeure. Il est néanmoins considéré
aujourd’hui comme un texte fondateur en droit de l’environnement, qui préfigure le concept de
crime d’écocide et la reconnaissance par certains Etats du statut de personne juridique pour des
entités naturelles (fleuves en Inde et en Nouvelle Zélande).
 « la Deep Ecology », écologie profonde et égalitarisme biosphérique, Arne Naess (12-2009)
Philosophe norvégien et militant pacifiste, professeur à l’université d’Oslo, il s’engage pour la
défense de l’environnement à sa retraite (Premier secrétaire de Greenpeace Norvège). Il est
considéré comme le « père » de l’égalitarisme biosphérique qui découle de sa réflexion sur «
l’écologie profonde ». En 1973, dans la revue Inquiry Magazine, il publie un article fondateur où il
oppose « The shallow and the Deep, Long-Range Ecology Movement ». Il oppose une écologie
superficielle et une écologie profonde.
- Écologie superficielle, dominante, s’efforce de réparer les problèmes ou d’éviter leur
aggravation, sans remettre en cause la société d’abondance des pays occidentaux : « Lutter
contre la pollution et l’épuisement des ressources. Objectif central : la santé et l’affluence
des populations dans les pays développés ».
- Écologie profonde au contraire se doit de réintégrer l’homme au sein de la nature qui n’est
plus considérée comme un ensemble de ressources mises à sa disposition, mais comme un
tout dont il fait partie, au même titre que tous les êtres vivants.
« Egalitarisme biosphérique [...] La pratique de l’écologiste de terrain le conduit à éprouver un respect profond,
voire une vénération pour les différentes formes et modes de vie. [...] L’écologiste de terrain tient que le droit
égal pour tous de vivre et de s’épanouir est un axiome de valeur évident et intuitivement clair. [...]
L’égalitarisme écologique implique la réinterprétation de la recherche prospective portant sur la variable
densité de population, de telle sorte que la population générale des mammifères et la perte comprise en termes
d’égalité de vie soient prises au sérieux, et pas seulement la population des hommes. » Inquiry, 1973

Ce concept d’égalitarisme biosphérique, que Naess qualifie aussi d’écosophie (l’art de penser
philosophiquement les questions écologiques) a été vivement critiqué en France par le philosophe
Luc Ferry (le Nouvel Ordre Ecologique, 1992), qui le qualifie d’antihumanisme haïssant la modernité
(Luc a tj été con).

 “l’égalitarisme biocentrique”, Paul Taylor (23-2015), égalitarisme biosphérique au


biocentrisme
Professeur de philosophie à l’université de New-York, il prolonge la réflexion de Naess (dont est
disciple) en dév sa théorie de l’égalitarisme biocentrique dans son ouvrage Respect for Nature : A
Theory of Environmental Ethics (1986). Taylor est d'accord avec la Deep Ecology sur le fait que tous
les êtres vivants, à la fois les plantes et les animaux, ont une valeur intrinsèque et méritent une
attention et une considération morales. Mais il va plus loin et nie la supériorité humaine en
soutenant que tous les êtres vivants ont une valeur intrinsèque et une valeur morale égales. « Dans
certaines circonstances, il est plus grave de tuer une plante sauvage que de tuer un homme [...] La
disparition complète de l’espèce humaine ne serait pas une catastrophe morale mais plutôt un
évènement que le reste de la communauté de vie applaudirait des deux mains ». Une philosophie
éthique radicale : dans sa version soft, le concept de biocentrisme inspire le véganisme ; dans sa
version hard, elle légitimise l’écoterrorisme. Pour beaucoup il s’agit d’une impasse philosophique, car
comment respecter le vivant au détriment du vivant ?

 “la théorie Gaia”, Lovelock (1919) et Margulis 1938-2011), La terre est un être vivant.
L’hypothèse Gaïa, 1999
James Lovelock, chimiste anglais travaillant pour la NASA et Lynn Margulis, microbiologiste
américaine professeure à l’université du Massachusetts, collaborent pour publier, entre 1972 et
1974, une série d’articles scientifiques (dont la revue Nature) où ils exposent leur hypothèse :
« La matière organique, l’air, les océans et la surface de la terre forment un organisme unique ayant
le pouvoir de préserver les caractéristiques vitales de notre planète ».
C’est l’hypothèse Gaïa, du nom de la déesse grecque de la terre. Margulis est une spécialiste des
mécanismes de symbiose entre les bactéries. Lovelock et elle s’appuient sur ses travaux pour prendre
à rebours la théorie darwinienne qui fait de la concurrence le moteur de l’évolution, et proposer une
hypothèse où les organismes ne se contentent pas de s’adapter à leur environnement pour y
survivre, mais l’ajustent à leurs besoins pour mieux se développer, faisant de la terre un super
organisme qui s’autorégule par de constants réajustements.
Cette idée que l’ensemble de la vie sur terre constitue un système global contrôlant son
environnement physico-chimique est fortement critiquée et rejetée par la communauté scientifique
des écologues et l’hypothèse Gaïa passe inaperçue pendant près de 10 ans… jusqu’à la publication
par Lovelock d’une série d’ouvrages de vulgarisation (Les Ages de Gaïa, 1988…) qui rencontrent un
très grand succès auprès des militants écologistes et des penseurs du courant spirituel New Age.

III- L’homme et la biodiversité : un rôle ambivalent


Boucles de rétrocactions négatives, faible et fréquent donne capaciter d’adaptation limite et donne
crise -> va se métamorphoser. Seuil de tolérance selon niv de perturbation et résistance de l’éco.
On parle de résilience quand revient état proche de l’état passé, ne peut pas se transforme en
différent parle de métamorphose avec nouvelles chaines trophiques, biocénoses etc. -> conception
différentes du climax. Homme simple facteur de perturbation exogène parmi autre, certainement
faire plus de dégâts.

CHAPITRE 5 - Le temps de l’anthropocène : la nature repensée (le XXIe siècle)


I- Bienvenue dans l’Anthropocène
II- Anthropocène et éthologues : des regards décalés sur le vivant et sur la nature
Élisabeth de Fontenay, (1934, ancienne univ, phi spé question cause juive et animale), Le Silence des
bêtes : la philosophie à l’épreuve de l’animalité : 1998
Fait le //élevage industriel et camps juifs

Baptiste Morizot, philosophe et écrivain français, enseignant-chercheur à l’université d’Aix-Marseille


l’enjeu est de défendre la nature « ordinaire », c’est-à-dire aussi bien les zones agricoles intensives
que les parcs nationaux. Prolifique.
Vinciane Despret, née en 1959, philosophe et éthologue belge, professeure à l’université de Liège.
Spécialiste de l’étude des comportements des animaux, elle propose de changer notre conception de
la nature en revisitant l’Histoire des sciences. Une autrice prolifique. Se mettre à la place des
animaux et comprendre la vie/ressenti. Autant de différences entre les animaux que nous et les
animaux.
Joelle Zask, (née en 1960) Philosophe à l’université d’Aix-Marseille Penser une philosophie de la
coexistence avec les autres animaux, Atlas de la Terre, 2021 5.2 Anthropologues et éthologues : des
regards décalés sur le vivant et sur la nature Le temps de l’Anthropocène : la nature repensée (le
XXIe siècle) « Entre exploitation intensive et protection abusive, l’humanité a du mal à trouver la
juste distance dans son rapport à l’animal. Le concept de « voisinage » propose de réexaminer ces
liens et de créer un nouveau partage des territoires. Peut-on considérer les animaux comme nos
voisins et coexister avec eux ? Telle est la grande question écologique qui se pose au sujet des
relations entre les humains et « les autres animaux ». Cette formule empruntée à Aristote nous met
sur la bonne voie : contrairement à ce que sous-entendent les expressions binaires recourant à la
formule « l’homme et l’animal », celle du philosophe grec est pluriel. Elle indique que l’homme est
une espèce parmi d’autres espèces profondément différentes entre elles. Une égalité faite de
différences, et non d’identités, peut alors s’établir. (…) Une telle conception est à la fois égalitaire et
« écologique », d’abord pour des raisons éthiques et environnementales portées aujourd’hui par la «
cause animale » et certaines formes d’animalisme. Car, certes, les animaux ne sont pas « comme »
nous, mais ils éprouvent la souffrance et ont des émotions. Les inférioriser, c’est s’autoriser à les
détruire, à les exploiter, qu’ils soient domestiques ou sauvages. Cela conduit à n’avoir aucune
considération pour leur habitat, qui subit le même sort qu’eux. La dénaturation de la nature en
raison d’un élevage intensif, du défrichage massif, de l’artificialisation des sols, de la déforestation,
etc., s’accompagne d’une déanimalisation des animaux, quand ce ne sont pas les espèces entières
qui disparaissent. (…) Penser l’égalité des espèces revient alors à créditer les animaux d’une forme de
liberté et d’imprévisibilité, au lieu de les estimer prisonniers de leur condition naturelle et tout aussi
figés qu’elle. (…) A ce stade la question du bon voisinage peut recevoir une réponse. Par définition,
les voisins sont physiquement proches mais ne vivent pas ensemble. Ils ne cohabitent pas. Ils
coexistent. Ils se rencontrent et se séparent. (…) » ne doit pas vivre ensemble mais coexister.

III- Vers une nouvelle alliance entre humains et non humains ?


A) Les droits pour la nature
Depuis les 70’s et Stone. Depuis les années 2010, ce mouvement de reconnaissance prend peu à peu
forme, à travers notamment les revendications portées par les peuples autochtones.
Droits pour la nature :
L’Equateur est le premier Etat à franchir le pas en inscrivant dans sa constitution, en 2008 des droits
pour la nature désignée sous le vocable de Pacha Mama (la Terre-Mère) : « La nature où se reproduit et
se réalise la vie, a droit au respect absolu de son existence et au maintien et à la régénération de ses
cycle vitaux (…) Toute personne, communauté, peuple ou nation, pourra exiger de l’autorité publique
le respect des droits de la nature. »
Le 15 mars 2017, le Parlement de Nouvelle Zélande a accordé une personnalité juridique au fleuve
Whanganui, très important dans la culture Maori. En mai 2017, la Cour constitutionnelle
colombienne s’est appuyée sur cette décision pour accorder le même statut au Rio Atrato, à la
demande des communautés autochtones. Ces initiatives restent évidement très rares mais près de
50 ans après les travaux de Christopher Stone, elles traduisent pour la première fois ses propositions
en acte juridique. Parallèlement, l’idée de crime d’écocide a également émergé
Exemple de l’écocide
Depuis les années 2000, historiens, géographes et archéologues interrogent beaucoup le concept
d’écocide, popularisé par Jared Diamond (2005), c’est-à-dire la possibilité de revisiter l’histoire à
travers le prisme d’atteintes graves à l ’environnement qui auraient occasionné, l’effondrement de
civilisations. Les écologistes se sont approprié ce concept et l’ont actualisé, l’ont adapté à la crise
environnementale contemporaine pour diagnostiquer un effondrement « possible » de notre
civilisation thermo-industrielle (Pour un catastrophisme éclairé, Jean-Pierre Dupuy, 2002) ou un
effondrement « certain » (Pablo Servigne, Yves Cochet…) Le concept d’écocide a aussi investi
récemment, le domaine du droit, sous l’impulsion donnée par une avocate Ecossaise, Polly Higgins.
Avocate en droit commercial, elle renonce à sa carrière pour se consacrer à la défense de la nature et
de l’environnement. En 2010, elle présente devant la Commission du droit international des Nations
Unies une proposition d’amendement du Statut de la Cour Pénale Internationale (souvent appelé
Statut de Rome car la CPI a été créée lors de la Conférence de Rome en 1998). Elle propose d’ajouter
le crime d’écocide à la liste des crimes internationaux reconnus et poursuivis par la CPI, aux côtés des
des crimes internationaux déjà reconnus : génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et
crime d’agression. Sa proposition est explicitée dans un ouvrage qu’elle publie en 2010 Eradicating
Ecocide : Laws and Governance to Prevent the Destructing of our Planet. Elle participe également au
lancement, de l’initiative citoyenne européenne End Ecocide in Europe en 2012, devenue depuis End
Ecocide on Earth. En 2017, Polly Higgins fonde un autre mouvement intitulé Stop Ecocide, afin de
faire reconnaitre le crime d’écocide dans le droit international. Ces mobilisations militantes
obtiennent une première avancée avec le dépôt par Vanuatu et les Maldives, d’une proposition de
reconnaissance du crime d’écocide lors de l’Assemblée des Etats-parties à la CPI en décembre 2019

B) Des droits pour les peuples autochtones, « gardiens de la nature » ?


Droits pour la nature, crime d’écocide, de nombreuses voix s’élèvent également pour reconnaître aux
peuples autochtones des relations singulières avec la nature et, à travers la reconnaissance de leurs
droits ancestraux sur leur territoire, leur confier un rôle de « gardiens de la nature » D’après
l’UNESCO, les peuples autochtones occupent, utilisent et parfois détiennent 22% de la surface des
terres de la planète. Estimés entre 370 à 500 millions, ils représentent plus de la moitié de la
diversité culturelle du monde Il n'existe pas de définition internationale d’un peuple autochtone,
mais celle proposée par l’ONU en 1987, est aujourd'hui la plus usuelle : « Par communautés,
populations et nations autochtones, il faut entendre celles qui, liées par une continuité historique
avec les sociétés antérieures à l'invasion et avec les sociétés précoloniales qui se sont développées
sur leurs territoires, s'estiment distinctes des autres segments de la société qui dominent à présent
sur leurs territoires ou parties de ces territoires. Elles constituent maintenant des segments non
dominants de la société et elles sont déterminées à préserver, développer et transmettre aux futures
générations leurs territoires ancestraux et leur identité ethnique, qui constituent la base de la
continuité de leur existence en tant que peuples, conformément à leurs propres modèles culturels, à
leurs institutions sociales et à leurs systèmes juridiques ».
Dans la poursuite du vaste mouvement de décolonisation engagé au cours du XIX e et surtout XXe
siècles, les peuples autochtones (souvent sous domination culturelle, économique, sociale et
politique) revendiquent le droit de vivre leur différence, le respect de leurs organisations sociales et
surtout leurs droits ancestraux sur leurs territoires et leurs ressources naturelles. Beaucoup
reconnaissent aujourd’hui le rôle important qu’ils jouent dans le maintien de la diversité du paysage
culturel et biologique du monde et voient en eux des modèles de société « écologiques » dont il
faudrait s’inspirer pour réinventer nos relations avec la nature, la biodiversité et l’ensemble des
ressources naturelles. Parmi eux beaucoup d’ONG environnementales, mais aussi l’ONU et l’IPBES,
(la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services
écosystémiques).
Survival ONG fondée en 69 à Londres : « Nous travaillons pour empêcher l'anéantissement des
peuples autochtones. Nous leur offrons une plateforme pour s'adresser au monde afin qu’ils puissent
témoigner de la violence génocidaire, de l’esclavage et du racisme dont ils sont quotidiennement
victimes. En faisant pression sur ceux qui détiennent le pouvoir, nous aidons à défendre leurs vies,
leurs terres et leur avenir. Ces peuples devraient avoir les mêmes droits que les autres sociétés. ». «
Il est prouvé que les peuples autochtones comprennent et gèrent leur environnement mieux que
quiconque. Ce sont 80 % de la biodiversité sur Terre qui se trouvent sur des territoires autochtones
et, lorsque les droits des peuples autochtones sur leurs territoires sont garantis, ils obtiennent des
résultats de conservation de la nature au moins égaux, sinon meilleurs, à une fraction du coût des
programmes de préservation conventionnels. Le colonialisme vert, également connu sous le nom de
“conservation-forteresse ”, repose sur l’idée reçue et raciste selon laquelle on ne peut pas faire
confiance aux autochtones pour s’occuper de leurs propres terres et des animaux qui y vivent. Ses
partisans considèrent les premiers gardiens de la nature comme une “nuisance” qu’il faut “gérer” au
lieu de les considérer comme des experts de la biodiversité locale et des partenaires clés dans le
domaine de la conservation de la nature. »
Des droits et un rôle de « gardiens de la nature » reconnus par l’ONU et par l’IPBES : Déclaration sur
les droits des peuples autochtones adoptée par l’ONU en 2007 à New York. Une résolution
juridiquement non contraignante mais qui affirme les droits des peuples autochtones à réparation et
à l’autodétermination et le droit aux terres, territoires et ressources qu’ils possèdent et occupent
traditionnellement ou qu’ils ont utilisés ou acquis. Dans son rapport 2019, l’IPBES reconnait « la
contribution des peuples autochtones et des communautés locales à l’amélioration et au maintien de
la biodiversité et des paysages sauvages et domestiqués »

C) Des droits pour la nature ordinaire et quotidienne, à travers la mobilisation pour le bê animal

Présence d’une mobilisation militante des mvmts animalistes plus ou moins radicaux, du welfarisme
à l’antispécisme/ TJ PLUS NOMBREUX et radicaux allant du bê avant la consommation à l’antspé
contre la différence entre espèces. Reste encore soft avec extinction rébellion, approche globale
effondrement climatique avec désobéissance civile., ces dernières années actions de vandalisme
contre boucherie avec avancement vers illégalité, avec ALF. Pratique violente conter mal ê animal,
voit
Des réponses législatives
Ministère de l’environnement : annonce mise en place de mesure pour le bê avec fin faune sauvage
progressive dans cirques itinérants. Présence de mammifère marins dans les delphinariums, élevage
de visons pour la fourrure, vient de la longue sensibilisation des associations.
Manger des animaux ? exploiter des animaux pour se nourrir ou se vêtir ?
Une interrogation et une préoccupation au quotidien pour un nombre croissant d’Européens :
questionne le rapport au vivant avec la conso de viande (les différentes formes de l’adaptation de la
conso), préoccupation quotidienne pour nombre de personnes.
, Une préoccupation multiforme : éthique, environnementale et de santé
À la fois démarche individuelle et collective, soit et dans les cantines avec imposition

CONCLUSION
■ Pour les sociétés occidentales, beaucoup de chemin parcouru depuis près de trois siècles sur le
regard porté sur la nature…
■ Mais encore beaucoup de chemin à parcourir compte tenu des enjeux majeurs de la crise
environnementale (réchauffement climatique, érosion de la biodiversité, destruction des
écosystèmes, pollution…) et de l’industrialisation des systèmes agro-alimentaires…
■ D’autant plus que le modèle occidental (socio-économique, urbain, consumériste…) continue à se
diffuser à travers le monde, au sein des pays émergents…

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