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Anatomie et Imagerie du Larynx

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Encyclopédie Médico-Chirurgicale 32-605-A-10

32-605-A-10

Larynx normal
MM Plantet
JD Piekarski
C Hagay
Résumé. – Le larynx est un organe de petite taille, mais impliqué dans des fonctions très importantes, avec
un double rôle dans la respiration, où il participe à la voie aérique et assure la protection de cette voie contre
les intrusions liquides et solides. Il a aussi un rôle dans la vie sociale avec la production de la voix. Ces
fonctions intriquées nécessitent une organisation anatomique complexe qui est d’abord rappelée. Les moyens
d’imagerie sont ensuite détaillés. Ils sont actuellement dominés par les coupes en tomodensitométrie et en
imagerie par résonance magnétique.
Enfin, les aspects normaux et leurs variantes anatomiques et physiologiques sont montrés dans les plans les
plus utilisés : axial, sagittal et frontal, avec les avantages et inconvénients de ces deux méthodes.
© 2002 Editions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés.

Mots-clés : larynx normal, anatomie du larynx, tomodensitométrie du larynx, étude dynamique du larynx,
IRM du larynx.

Introduction coexister sur un même cartilage. Les cartilages faiblement calcifiés


sont homogènes, à peine plus denses que les muscles voisins. Puis,
Le larynx est un organe cervical de petite taille, mais qui doit au fur et à mesure que les dépôts calciques, et donc la densité,
assumer plusieurs fonctions. Placé sur la filière aérique, il participe augmentent, ils s’épaississent et prennent souvent un aspect plus
à la respiration. Il doit assurer la production et la modulation des hétérogène lorsqu’ils atteignent leur densité maximale.
sons, rôle socialement très important. Situé sous le carrefour À un stade de plus, apparaît une véritable ossification, avec
aérodigestif, il doit se protéger, ainsi que les voies respiratoires sous- corticales périphériques denses et médullaire centrale graisseuse. La
jacentes, de l’intrusion des aliments, en fermant son orifice supérieur progression de cette calcification vers l’ossification se fait à partir de
lors de la déglutition. La réalisation de toutes ces fonctions nécessite points d’ossification, dans un ordre assez stéréotypé en fonction de
une organisation anatomique complexe, qu’il est nécessaire de
chaque cartilage, qui a été bien décrit par Baclesse [3]. Les points
rappeler avant d’aborder son étude radiologique.
apparaissant les premiers se situent à proximité des principales
insertions musculaires [12, 36, 45] et surtout des zones articulaires [43].
Les fronts d’ossification progressent de façon grossièrement
Rappel anatomique [29, 46, 60, 75, 76, 89]
symétrique, mais rarement parfaitement, surtout pour le cartilage
thyroïde. Cette asymétrie relative, plus ou moins importante [97], doit
Le larynx est soutenu par une charpente ostéocartilagineuse, dont être prise en compte dans la recherche d’une pathologie
les éléments sont reliés par des articulations et un système cartilagineuse, en particulier d’une extension tumorale [20]. Pour
membranoligamentaire. Ils sont actionnés par des muscles qui
chaque cartilage étudié, nous schématisons les particularités de la
assument chacun un rôle défini et original, sous la commande des
progression de cette calcification vers l’ossification.
nerfs laryngés.

¶ Os hyoïde (fig 1, 2)
CHARPENTE OSTÉOCARTILAGINEUSE
Il ne fait pas partie du larynx à proprement parler, mais, situé à
La calcification des cartilages laryngés est variable d’un individu à
l’autre. Progressive avec l’âge, elle commence après la puberté [89], et l’angle entre plancher buccal et face antérieure du cou, il le rattache
évolue vers l’ossification selon un processus d’ossification aux structures craniofaciales.
enchondrale [37, 43] se prolongeant sur de nombreuses années. Ces L’os hyoïde a une forme de fer à cheval à concavité postérieure. Le
différents stades sont bien visibles en tomodensitométrie, et peuvent corps, antérieur et médian, est convexe en avant à la fois
transversalement et verticalement. De part et d’autre, il est relié aux
grandes cornes, de direction antéropostérieure plus ou moins
divergente. Leur articulation est surmontée de chaque côté par une
Marie-Madeleine Plantet : Radiologue, spécialiste des Centres de lutte contre le cancer. petite corne à direction postérosupérieure.
Charley Hagay : Radiologue, chef de service.
Service de radiodiagnostic, centre René-Huguenin, 35, rue Dailly, 92210 Saint-Cloud, France.
JD Piekarski : Chef de service, service de radiodiagnostic, Fondation Rothschild, 25, rue Manin, 75019 Paris,
L’os hyoïde est toujours ossifié chez l’adulte, à l’exception des petites
France. cornes, plus longtemps cartilagineuses.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Plantet MM, Piekarski JD et Hagay C. Larynx normal. Encycl Méd Chir (Editions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS, Paris, tous droits réservés), Radiodiagnostic -
Cœur-Poumon, 32-605-A-10, 2002, 22 p.
32-605-A-10 Larynx normal Radiodiagnostic

*
B
1 Aspect d’ensemble du larynx, pièce anatomique.
*
A A. Vue antérieure.
B. Vue postérieure.

2 Schématisation du squelette ostéocartilagineux du


larynx.
A. Vue antérolatérale.
B. Vue postérolatérale.

*
B
*
A

¶ Cartilage thyroïde (fig 1) partie moyenne du bord inférieur est marquée par une saillie ou
tubercule thyroïdien inférieur en regard de l’extrémité de la crête ou
Il est situé en dessous de l’os hyoïde. C’est le bouclier protégeant le ligne oblique (fig 1A) (cf fig 6B).
larynx [48].
Cette crête d’insertion musculaire divise la face externe des lames
Il est constitué de deux lames ou ailes, de 33 ± 6 mm de hauteur et selon une ligne oblique en bas et en avant. Les surfaces délimitées
45 ± 8 mm dans leur plus grande longueur(1). Elles sont unies en sont inégales, plus grandes en avant. La lame thyroïdienne est
avant sur la ligne médiane. Cette ligne d’union, ou crête médiane, souvent angulée en regard (cf fig 15A, 16F).
s’étend sur une hauteur de 20 ± 3,5 mm. Elle a une épaisseur
minimale à sa partie moyenne ou un peu au-dessus (moitié Par ailleurs, du fait de leur union antérieure, les lames forment un
supérieure du tiers moyen). La jonction est incomplète vers le haut angle dièdre ouvert en arrière qui est aigu en haut et plus large et
où les lames restent séparées par l’incisure thyroïdienne supérieure, arrondi en bas. Ainsi le cartilage thyroïde présente-t-il assez souvent
profonde. Le fond de cette incisure, ou sommet de la crête médiane, une triple angulation sur les coupes transversales.
est le point le plus antérieur du cartilage thyroïde et du larynx, La calcification du cartilage thyroïde débute à sa partie postéro-
responsable du relief cervical médian de la proéminence laryngée inférieure, et de là s’étend le long des bords postérieurs et inférieurs
ou pomme d’Adam. Le bord postérieur des lames se prolonge vers (fig 3) [3] . Un second centre d’ossification apparaît à la partie
le haut et le bas par les cornes supérieures et inférieures, atteignant inférieure du bord antérieur, avec calcification de bas en haut de la
à cet endroit une hauteur totale de 50 ± 10 mm. Le bord supérieur crête médiane.
des lames est convexe vers le haut à sa partie antérieure, concave à Les fronts de calcifications s’étendent lentement, de proche en
sa partie postérieure avant son union avec la corne supérieure. La proche, de façon prédominante le long des bords. Deux plages
(1) Ces valeurs correspondent au larynx masculin. Le larynx féminin est plus petit, à la fois en
ovalaires restent longtemps moins épaisses et moins denses à la
diamètre et en hauteur. La différence de hauteur est plus marquée pour le cartilage thyroïde [en- partie antérieure des lames, séparées par une bande de calcification
viron 1 cm] et l’épiglotte que pour le cricoïde et les aryténoïdes. inférosupérieure à l’union tiers antérieur-tiers moyen.

2
Radiodiagnostic Larynx normal 32-605-A-10

5 Aryténoïde. Vue sché-


matique de la face antérola-
térale.

*
B
*
A
3 Chronologie d’apparition des centres d’ossification du cartilage thyroïde.
A. Schéma de Baclesse.
B. 3D d’un cartilage en grande partie ossifié. Seules les deux zones séparant les dif- La lame cricoïdienne est porteuse de quatre facettes articulaires
férents centres d’ossification sont encore cartilagineuses. latérales, symétriques deux à deux :
– en bas, surfaces articulaires thyroïdiennes, rondes, répondant aux
4 Épiglotte (pièce anato- cornes thyroïdiennes inférieures. Les articulations cricothyroïdiennes
mique). Face laryngée. No- permettent des mouvements de bascule autour d’un axe transversal ;
ter les nombreuses dépres-
sions qui lui confèrent un – en haut, sur le versant antérieur du bord supérieur, surfaces
aspect cribriforme. hémicylindriques obliques en haut, en arrière et en dedans,
répondant à la base des aryténoïdes. Les articulations
cricoaryténoïdiennes permettent des mouvements :
– de glissement des aryténoïdes, les écartant ou les rapprochant
l’un de l’autre ;
– de rotation des aryténoïdes autour d’un axe vertical ;
– de bascule des aryténoïdes autour d’un axe transversal.
La calcification du cricoïde est contemporaine de celle du cartilage
thyroïde [38]. Elle débute dans sa partie postérosupérieure [3], dans la
région articulaire. Elle s’étend progressivement vers le bas et vers
l’arc. La calcification de la crête médiane est retardée par rapport à
celle du reste de la lame, pouvant lui conférer un aspect encoché
paradoxal (cf fig 17C), ou être source de confusion dans la recherche
de corps étranger [38].
¶ Épiglotte (fig 4)
¶ Cartilages aryténoïdes (fig 5)
Elle est située dans la moitié supérieure du dièdre thyroïdien, dans
Pairs, symétriques et postérieurs, ils surmontent la partie antérieure
un plan frontal incliné en haut et en arrière. Sa partie supérieure est
de la lame cricoïdienne (hauteur 15 ± 7 mm).
large, débordant le cartilage thyroïde et le plan de l’os hyoïde en
haut. Elle est concave en arrière transversalement de façon plus ou Ils ont une forme de pyramide triangulaire à sommet supérieur.
moins prononcée. Sa partie inférieure ou pétiole ou pied s’effile vers Deux des angles de la base triangulaire se prolongent par des
la partie moyenne de l’angle rentrant du cartilage thyroïde. apophyses :
Dans le plan sagittal, sa face dorsale ou laryngée est marquée par – processus vocal ou apophyse vocale, antérieur, se terminant en
une convexité médiane : le tubercule épiglottique. pointe effilée ;
La hauteur moyenne de l’épiglotte est de 65 ± 10 mm(1). Sa surface – processus ou apophyse musculaire, postéroexterne, plus épais.
est criblée de nombreuses petites dépressions. C’est un cartilage La partie inférieure de la face antérolatérale, juste au-dessus du
élastique. Sa souplesse lui permet de se rabattre en arrière pour processus vocal, est marquée d’une dépression, la fossette oblongue
obturer l’orifice supérieur du larynx lors de la déglutition. ou hémisphérique.
Elle est rarement calcifiée [52]. La calcification, quand elle existe, La calcification des aryténoïdes est un peu retardée par rapport à
consiste en une fine plaque médiane dans la portion celle du thyroïde et du cricoïde [38]. Elle commence à la partie
sous-hyoïdienne. postérieure de la base. Elle est souvent plus précoce chez la femme,
avec un stade de calcification intense plus prolongé.
¶ Cartilage cricoïde
Il est situé à la partie inférieure du larynx, dont il constitue la base ¶ Cartilage corniculé
(fig 1, 2) (cf fig 6). Il forme un anneau qui n’est complet qu’à sa Le sommet de l’aryténoïde est prolongé en haut par le cartilage
partie inférieure. Il est beaucoup plus haut en arrière (27 ± 5 mm) corniculé ou de Santorini qui se termine en crochet à direction
qu’en avant (6 ± 3 mm), avec une diminution de hauteur progressive interne (fig 6A).
latéralement. Les parties antérieure et latérales constituent l’arc ou
anneau cricoïdien. La partie postérieure appelée lame ou plaque Il est exceptionnellement calcifié.
cricoïdienne ou chaton cricoïdien, vient s’encastrer entre les deux
¶ Cartilages cunéiformes
lames thyroïdiennes dans leur partie postéro-inférieure. La face
postérieure de la lame est marquée par une crête médiane, sur De part et d’autre de l’ensemble aryténoïdes-corniculés, les
laquelle s’insère l’aponévrose intrapharyngienne par l’intermédiaire cartilages cunéiformes (ou de Wrisberg ou de Morgagni) sont des
du ligament cricopharyngien. Son bord supérieur est marqué par petites tiges cartilagineuses, disposées verticalement dans les replis
une petite dépression médiane. aryépiglottiques qu’ils renforcent.

3
32-605-A-10 Larynx normal Radiodiagnostic

6 Cône élastique (pièce anatomique). C’est une mem-


brane élastique circulaire, aplatie transversalement à son
sommet. Il est renforcé en haut par les ligaments vocaux et
en avant par le ligament cricothyroïdien.
A. Vue supérieure.
B. Vue antérieure. La membrane cricothyroïdienne a
été enlevée de part et d’autre du ligament cricothyroï-
dien, pour montrer la continuité de ce dernier avec le
reste du cône élastique.

*
A

*
B

Ils sont exceptionnellement calcifiés (cf fig 15B, D). Les cartilages laryngés sont reliés par le système ligamentaire
intrinsèque :
¶ Systèmes d’union
– le ligament thyroépiglottique rattache le pied de l’épiglotte à la
Outre les articulations cricothyroïdiennes et cricoaryténoïdiennes partie moyenne de la face dorsale de la crête médiane du cartilage
déjà évoquées, il s’agit essentiellement d’un système thyroïde, par l’intermédiaire du tendon de la commissure antérieure
membranoligamentaire. ou tendon de Broyles [46]. Ce raphé fibreux, commun à plusieurs
Une partie du système ligamentaire unit le larynx aux structures de insertions ligamentaires, pénètre le cartilage par une zone
voisinage : dépourvue de périchondre interne, et se continue latéralement avec
ce périchondre. Cette zone est un point de faiblesse pour
– membane cricotrachéale en bas, unissant le bord inférieur du l’envahissement tumoral ;
cricoïde au premier anneau trachéal ;
– les ligaments aryépiglottiques, vont des bords latéraux de
– membrane thyrohyoïdienne entre bord supérieur des lames et de l’épiglotte au bord antérieur des aryténoïdes en soulevant les plis
l’incisure thyroïdienne en bas, et corps et grandes cornes de l’os ou replis aryépiglottiques ;
hyoïde en haut (fig 1). Sa partie postérieure unissant les grandes
– les ligaments thyroaryténoïdiens supérieurs ou ligaments
cornes hyoïdiennes aux cornes thyroïdiennes supérieures s’épaissit
vestibulaires s’insèrent :
en un ligament qui contient parfois un cartilage accessoire : le
cartilage triticé. Ces ligaments thyrohyoïdiens peuvent être calcifiés – en avant, dans la moitié supérieure du dièdre thyroïdien par
ou ossifiés de façon plus étendue, par suite de la persistance totale l’intermédiaire du tendon de Broyles ;
ou fragmentaire d’un pont cartilagineux existant chez l’embryon [3] ; – en arrière, dans les fossettes oblongues des aryténoïdes.
– membrane hyoépiglottique attachant la face ventrale de l’épiglotte Ils participent au relief des plis vestibulaires ou bandes
au bord postérosupérieur de l’os hyoïde. Cette membrane résistante ventriculaires ou fausses cordes. Ils participent, avec les ligaments
ferme en haut la loge graisseuse pré-épiglottique, et constitue une aryépiglottiques à la membrane quadrangulaire qui double la
barrière aux extensions tumorales ; muqueuse vestibulaire de part et d’autre de l’épiglotte ;
– l’épiglotte est également reliée : – les ligaments thyroaryténoïdiens inférieurs ou ligaments vocaux
s’insèrent :
– en avant, à la langue par les ligaments glossoépiglottiques
médian et latéraux ; – en avant, sur la moitié inférieure du dièdre thyroïdien par
– latéralement, à la paroi pharyngée sus-jacente par les ligaments l’intermédiaire du tendon de Broyles ;
pharyngoépiglottiques. – en arrière, sur les apophyses vocales des aryténoïdes.
Ces ligaments soulèvent les plis muqueux correspondants. Ils répondent au bord libre des cordes vocales ;

4
Radiodiagnostic Larynx normal 32-605-A-10

contraction attire ces apophyses vers l’arrière et, par une rotation
7 Vue schématique du
des aryténoïdes, entraîne les apophyses vocales en dehors. Cette
cône élastique (traits épais).
A. En coupe frontale. abduction des apophyses vocales et des cordes vocales ouvre la
B. En coupe transver- glotte au maximum, lorsqu’un débit d’air important est nécessaire à
sale. la respiration. Ce sont les seuls muscles dilatateurs de la glotte.
Les autres muscles contribuent à la fermeture de la glotte (rôles
*
A sphinctérien et phonateur du larynx).

¶ Cricoaryténoïdiens latéraux
Ce sont les antagonistes directs des précédents. Des apophyses
musculaires aryténoïdiennes, ils se dirigent en avant vers le bord
crânial de la partie latérale du cricoïde (cf fig 16H). Leur contraction
attire donc les apophyses musculaires en avant et entraîne, par
rotation des aryténoïdes, une adduction des apophyses et des cordes
vocales.
*
B
¶ Aryténoïdiens ou interaryténoïdiens obliques
– la membrane cricothyroïdienne solidarise la partie antérieure des et transverse
cartilages thyroïde et cricoïde. Elle est très fine, sauf dans sa portion
médiane et paramédiane ou ligament cricothyroïdien (fig 1, 6). Dans Ce sont des muscles médians (fig 1B) . Ils réunissent les deux
cette zone qui participe à la constitution du cône élastique, elle est aryténoïdes par leur face postérieure. Leur contraction entraîne un
épaisse et résistante. glissement de la base des aryténoïdes, les rapprochant l’un de l’autre
sur la ligne médiane, fermant la partie postérieure inter-
Ces structures membranoligamentaires intrinsèques sont, pour la cartilagineuse ou respiratoire de la glotte.
plupart, en continuité, constituant la membrane fibroélastique du
larynx. Outre leur rôle d’attache, certaines participent à la ¶ Thyroaryténoïdiens médiaux ou muscles vocaux
constitution du cône élastique (fig 6, 7) , plus épais, qui est un
élément vibratoire essentiel de la phonation, situé immédiatement C’est la couche interne des thyroaryténoïdiens inférieurs. Ils
sous la muqueuse laryngée des étages glottique et sous-glottique. occupent l’épaisseur des cordes vocales (fig 7A). Ils s’insèrent en
C’est une membrane élastique tronconique continue, ouverte en bas avant sur le tiers inférieur du dièdre thyroïdien, de part et d’autre
sur la trachée et en haut sur le vestibule. Son orifice supérieur est de la ligne médiane. En arrière, ils s’insèrent sur le processus vocal
aplati transversalement. Il est formé par les ligaments vocaux de et le bord inférieur de la face antérolatérale des aryténoïdes, ainsi
part et d’autre de la fente glottique (fig 6A, 7A) . En bas, la que sur la partie attenante de la fossette oblongue. Leur action est
membrane élastique circulaire adhère solidement à toute la face préparée par les mouvements de bascule et de rotation induits par
interne de l’anneau cricoïdien, auquel elle s’attache dès son bord les autres muscles. Leur contraction parfait le réglage de longueur
supérieur. En avant, les insertions thyroïdiennes des ligaments et d’épaisseur des cordes vocales, ainsi que la largeur de la fente
vocaux sont en continuité avec le ligament cricothyroïdien. Ce glottique, adaptées à la production des sons souhaités ou à la
dernier se confond avec la partie médiane de la membrane fermeture de la glotte.
cricothyroïdienne, qui est beaucoup plus fine de part et d’autre
(fig 1, 6, 7) . La tension de ce cône élastique varie avec les ¶ Autres muscles laryngés intrinsèques
modifications des positions relatives des éléments cartilagineux
auxquels il s’attache : thyroïde, cricoïde et aryténoïdes. Cette Ils n’interviennent pas dans la production des sons mais participent,
membrane épaisse constitue de plus une barrière aux extensions à un moindre degré, à leur modulation (caisse de résonance sus-
tumorales. glottique). Leur rôle principal est la protection de la filière aérique
inférieure, par fermeture de l’orifice supérieur du larynx lors de la
déglutition.
MUSCLES Les thyroaryténoïdiens latéraux regroupent :
Nous ne parlons ici que des muscles intrinsèques du larynx, chacun
– la couche externe des muscles thyroaryténoïdiens inférieurs, qui
assumant une fonction originale.
s’étale en éventail à partir de son insertion thyroïdienne antérieure,
en dehors du muscle vocal. Ses faisceaux vont se terminer sur le
¶ Cricothyroïdiens
bord latéral de l’aryténoïde, dans le pli aryépiglottique (muscle
Ils s’insèrent en bas de part et d’autre de la ligne médiane, sur la thyromembraneux) et sur le bord latéral de l’épiglotte (muscle
partie antéroexterne du cricoïde. Ils se dirigent obliquement en haut thyroépiglottique) ;
et en arrière vers le bord inférieur des lames thyroïdiennes, et le – les muscles thyroaryténoïdiens supérieurs qui ont une direction
bord antérieur de leur corne inférieure. Leur contraction soulève la inverse : de la partie supérieure de la face interne de la crête
partie antérieure du cricoïde, la rapprochant du thyroïde. Le cricoïde médiane du cartilage thyroïde, ils se dirigent en bas et en arrière
pivote autour de l’axe des articulations cricothyroïdiennes. La partie vers les apophyses musculaires aryténoïdiennes ;
supérieure de la lame cricoïdienne bascule en arrière, entraînant les
aryténoïdes, qui s’écartent ainsi du dièdre thyroïdien. Il en résulte – les muscles aryépiglottiques ou aryténoépiglottiques vont du
une mise sous tension des cordes vocales. processus musculaire aryténoïdien vers le bord controlatéral de
l’épiglotte, en croisant la face postérieure des aryténoïdes et du
Ces muscles tenseurs sont les seuls à être innervés de façon
muscle aryténoïdien, dont ils prolongent certaines des fibres
dominante par les nerfs laryngés supérieurs. Les autres muscles
obliques.
intrinsèques du larynx sont sous la dépendance prépondérante des
nerfs laryngés inférieurs ou nerfs récurrents.
CORPS ADIPEUX DU LARYNX (fig 8)
¶ Cricoaryténoïdiens postérieurs
C’est une lame graisseuse triangulaire à base inférieure, dont les
Ils s’insèrent sur la face dorsale de la lame cricoïdienne, de part et angles sont arrondis. Épaisse en haut, elle s’amincit vers le bas et
d’autre de la crête médiane (fig 1B). Ils se dirigent en haut et en surtout latéralement. Sa partie médiane, la plus importante,
dehors vers les apophyses musculaires des aryténoïdes. Leur correspond à la graisse de la loge hyo-thyro-épiglottique (HTE) ou

5
32-605-A-10 Larynx normal Radiodiagnostic

*
A

*
C

*
B

8 Corps adipeux du larynx (en pointillés). Vue schématique. gements postérolatéraux ont été rabattus en avant et étalés dans le même plan que la
A. Vue frontale. Les contours de l’épiglotte et des grandes cornes hyoïdiennes sont graisse pré-épiglottique ou loge hyo-thyro-épiglottique (HTE).
aussi figurés en projection, pour le situer par rapport à ces structures. Ses prolon- B. En coupe sagittale médiane.
C. En coupe frontale antérieure.

pré-épiglottique. Cette loge est limitée par la membrane


hyoépiglottique en haut, la membrane thyrohyoïdienne et le
cartilage thyroïde en avant, l’épiglotte en arrière.
Latéralement, cette loge pré-épiglottique est ouverte. L’espace
graisseux se continue en dehors et en arrière, le long de la
membrane hyothyroïdienne et des lames thyroïdiennes, qu’il sépare
des structures musculaires et muqueuses en dedans. Il constitue *
A
l’espace paralaryngé qui prend le nom d’espace paraglottique en
regard des cordes vocales, à partir du fond des ventricules. Sa limite 9 A. Vue schématique du larynx en la-
postérieure est au contact de l’angle antérieur des récessus ryngoscopie indirecte.
piriformes (hypopharynx), dont la profondeur est plus importante B. Laryngoscopie virtuelle. 3D de la
vers le haut. Ainsi, l’espace paralaryngé est-il court et épais en haut, filière laryngée et de l’hypopharynx
long et fin à sa partie inférieure. Le corps adipeux émet des en phonation U : l’hypopharynx est
plus ouvert que sur la vue schémati-
prolongements dans l’épaisseur du mur pharyngolaryngé [78] et entre que.
certains faisceaux musculaires.

FILIÈRE LARYNGÉE *
B
Tous ces constituants laryngés délimitent la filière aérique tapissée
par une muqueuse sur toute sa face interne. Le larynx se divise en leur orifice étant une fente délimitée par des structures presque
trois étages : parallèles, dont les insertions sont contiguës dans le plan vertical
(ligaments thyroaryténoïdiens supérieurs et inférieurs). Seules les
– l’étage glottique ou vocal est le plus petit mais le plus important :
insertions postérieures sont légèrement décalées latéralement, les
c’est l’étage phonateur. Il est limité aux cordes vocales ou plis
plis vocaux ayant une insertion médiale plus étendue que les plis
vocaux et à leurs zones de jonctions médianes : les commissures
vestibulaires, ce qui permet de les voir en laryngoscopie indirecte
antérieure et postérieure. Le relief des cordes vocales est soulevé
(fig 9). Ces cavités se remplissent d’air, devenant fusiformes lors de
par les ligaments thyroaryténoïdiens inférieurs et les muscles
la phonation. Leur hauteur atteint alors en moyenne 3 mm. Leur
vocaux.
extrémité antérieure émet une expansion diverticulaire supérieure [77]
La fente glottique qui les sépare est divisée en partie antérieure
remontant dans l’espace graisseux, à la limite entre partie antérieure
intermembranacée ou glotte vocale, et partie postérieure
de l’espace paralaryngé et loge HTE : l’appendice ventriculaire ou
intercartilagineuse (entre les apophyses vocales) ou glotte
saccule laryngé. La profondeur moyenne de cet appendice est de
respiratoire (cf fig 15J, 16) ;
10 mm [34].
– l’étage sous-glottique ou cavité infraglottique est cylindrique, avec Le vestibule est limité en haut par l’orifice supérieur du larynx ou
une partie supérieure ogivale se raccordant à la face inférieure des margelle laryngée, zone frontière largement ouverte sur le pharynx.
cordes vocales. C’est une zone de transition avec la lumière trachéale Cette margelle laryngée est constituée :
sous-jacente ;
– en avant, par le bord libre de l’épiglotte sus-hyoïdienne ;
– l’étage supérieur vestibulaire ou sus-glottique ou supraglottique – latéralement, par les replis aryépiglottiques ;
est constitué par :
– en arrière, par les régions aryténoïdienne et interaryténoïdienne.
– en avant, la face dorsale ou laryngée de l’épiglotte ; Le vestibule sert de caisse de résonance modulable pour les sons
– latéralement, les plis vestibulaires ou bandes ventriculaires, émis par la glotte, contribuant à leur personnalisation. Il se collabe
surmontés des plis ou replis aryépiglottiques ; et se contracte lors de la déglutition, pour renforcer la fermeture
laryngée amorcée par la bascule postérieure de l’épiglotte sus-
– en bas, les ventricules de Morgagni, récessus séparant le relief hyoïdienne sur les aryténoïdes, et complétée par la fermeture
des cordes vocales de celui des plis vestibulaires, s’étendant glottique [68].
latéralement jusqu’à proximité du cartilage thyroïde, dont ils ne La muqueuse n’adhère pas partout de la même façon aux structures
sont séparés que par le mince espace graisseux paralaryngé. membranoligamentaires sous-jacentes, ménageant des espaces sous-
Au cours de la respiration, ces cavités sont peu marquées, le relief muqueux décollables plus sensibles à l’œdème tels que dans les plis
des plis vocaux et vestibulaires s’effaçant de part et d’autre. Lors de aryépiglottiques, les plis vocaux (espace de Reinke) et la sous-glotte.
la fermeture laryngée (déglutition), ce sont des cavités virtuelles, L’espace de Reinke facilite les vibrations vocales.

6
Radiodiagnostic Larynx normal 32-605-A-10

INNERVATION ET VASCULARISATION

¶ Innervation
Le larynx est innervé par les nerfs laryngés supérieurs et inférieurs,
branches du pneumogastrique (X) qui chemine en arrière de l’axe
vasculaire, dans le dièdre entre veine jugulaire interne et artère
carotide interne puis primitive.
Les nerfs laryngés supérieurs, surtout sensitifs, sont des branches
cervicales qui se divisent rapidement en deux rameaux :
– l’un, supérieur ou interne, emprunte le foramen thyroïdien, avec
les vaisseaux laryngés supérieurs, pour traverser la membrane
thyrohyoïdienne (fig 1B). Il innerve la muqueuse sus-glottique ;
– l’autre, inférieur ou externe, traverse la membrane
cricothyroïdienne. Il innerve la muqueuse glottique et sous-glottique
et le muscle cricothyroïdien. 10 Anatomie topographique des espaces cervicaux. Coupe axiale en imagerie par ré-
sonance magnétique en T1. Les pointillés représentent les différentes expansions du fas-
Les nerfs laryngés inférieurs ou nerfs récurrents, moteurs, sont des cia cervical profond qui divisent la région cervicale en espaces.
branches médiastinales du X, de trajet initial asymétrique :
– à droite, il passe sous l’artère sous-clavière ; des muscles sous-hyoïdiens. Il s’en écarte vers le bas et l’arrière,
croisant le paquet vasculaire au niveau de la partie inférieure des
– à gauche, il naît plus bas et passe sous la crosse aortique. lames thyroïdiennes.
Des deux côtés, ils remontent vers le larynx, dans la gouttière entre Ce drainage est préférentiellement homolatéral, mais il peut être
trachée et œsophage. Ils gagnent le larynx en passant sous le muscle controlatéral d’une part pour la loge pré-épiglottique du fait de son
cricopharyngien, puis sous la muqueuse des sinus piriformes. Ils origine embryologique médiane commune avec celle de la base de
innervent tous les autres muscles du larynx. langue et des vallécules [ 8 0 ] , et d’autre part en arrière des
La longueur du trajet médiastinal du nerf laryngé inférieur gauche aryténoïdes [69].
explique la plus grande fréquence des paralysies récurrentielles de Le drainage sous-glottique est plus diversifié :
ce côté.
– ganglions inférieurs de la chaîne jugulaire interne (niveau IV) ;
Les ramifications des nerfs laryngés supérieurs et inférieurs sont
réunies par des anastomoses [67]. – parfois par l’intermédiaire de ganglions prélaryngés ou
Leur répartition musculaire explique la sémiologie radiologique des prétrachéaux (niveau VI) ;
paralysies récurrentielles [1]. – mais aussi ganglions de la chaîne récurrentielle, situés dans l’angle
œsotrachéal, pour la partie postérolatérale de la sous-glotte.
¶ Artères Le drainage peut également s’effectuer vers les ganglions
Elles sont au nombre de trois de chaque côté. controlatéraux du fait de connexions hypopharyngées
rétroaryténoïdiennes.
Les artères laryngées supérieures et antéro-inférieures proviennent
des carotides externes par l’intermédiaire des artères thyroïdiennes
supérieures. Rapports du larynx
Les artères laryngées postéro-inférieures proviennent des artères
sous-clavières par l’intermédiaire des troncs thyro-bicervico- Le larynx est dans l’espace viscéral. Nous situons d’abord cet espace
scapulaires puis des thyroïdiennes inférieures. Elles cheminent avec par rapport aux autres subdivisions de la région cervicale, avant de
le nerf récurrent. nous limiter à la description des rapports du larynx dans cet espace.
En effet, des plans aponévrotiques, dont certains sont en continuité
¶ Veines avec les régions sus- et sous-jacentes, divisent la région cervicale.
Ces aponévroses ne sont qu’occasionnellement visibles en coupes,
Les trajets veineux sont parallèles aux trajets artériels. Les veines
mais les structures qu’elles entourent le sont, et leur existence
laryngées supérieures et inférieures se drainent dans les veines
explique la diffusion des processus pathologiques [70, 87, 88], ainsi que
thyroïdiennes supérieures, puis le tronc thyro-linguo-facial et la
certaines variantes anatomiques. Leur connaissance permet aussi de
jugulaire interne.
mieux cerner le point de départ, et donc souvent l’étiologie des
Les veines laryngées postérieures aboutissent dans les veines lésions par leur retentissement sur les différents espaces concernés
thyroïdiennes inférieures, puis le tronc veineux brachiocéphalique [54, 82, 83, 88]
.
gauche.

¶ Drainage lymphatique SUBDIVISIONS DE LA RÉGION CERVICALE


(fig 10) (tableau I)
Le réseau lymphatique muqueux est très développé aux étages sus- Les dénominations anatomiques des aponévroses diffèrent selon les
et sous-glottiques ; il est pratiquement inexistant sur les cordes auteurs. Nous utilisons celles de W Smoker, qui a décrit les
vocales. subdivisions de l’anatomie cervicale infrahyoïdienne en coupes
À l’étage sus-glottique, le drainage se fait vers les ganglions axiales de tomodensitométrie (TDM) et en imagerie par résonance
supérieurs et moyens de la chaîne jugulaire interne de niveaux II et magnétique (IRM) [87].
III [21, 64, 72, 84, 90] de la classification du Comité de « Head and Neck Un fascia cervical superficiel, constitué du tissu conjonctivoadipeux
Surgery and Oncology » : sous-cutané et contenant le muscle peaucier, entoure toute la région
– les ganglions sous-digastriques de Kuttner (nœud lymphatique cervicale.
jugulodigastrique), situés sous le ventre postérieur du muscle Les différentes émanations du fascia cervical profond assurent les
digastrique qui s’éloigne de l’os hyoïde avec un trajet divisions de cette région :
postérosupérieur ; – le feuillet superficiel (fascia cervical superficiel de Rouvière [76])
– les ganglions sus-omo-hyoïdiens (nœud lymphatique jugulo-omo- encercle le cou en se dédoublant, pour enrober les muscles sterno-
hyoïdien), au-dessus du muscle omohyoïdien. C’est le plus latéral cléido-mastoïdiens (SCM) et trapèzes ;

7
32-605-A-10 Larynx normal Radiodiagnostic

Tableau I. – Structures anatomiques appelées sur les figures Tableau I. – (Suite) Structures anatomiques appelées sur les figures
d’imagerie. d’imagerie.

Larynx Structures de voisinage


1. Os hyoïde 32. Trachée
a - corps 33. Bouche œsophagienne
b - grande corne 34. Muscle constricteur inférieur du pharynx
2. Cartilage thyroïde 35. Rachis cervical
a - lame 36. Muscles prévertébraux
b - corne supérieure 37. Muscles sous-hyoïdiens (sternothyroïdien, thyrohyoïdien, sterno-cléido-hyoïdien,
c - corne inférieure omohyoïdien)
d - crête médiane 38. Muscle
e - crête oblique a - peaucier du cou
f - incisure b - scalène
3. Cricoïde c - sterno-cléido-mastoïdien
a - arc d - digastrique
b - lame (chaton) e - mylohyoïdien
c - crête médiane 39. Glande
4. Épiglotte a - sous-maxillaire
a - sus-hyoïdienne b - thyroïde
b - face laryngée 40. Carotide
c - pétiole (pied) a - primitive
5. Aryténoïde b - interne
a - partie supérieure c - externe
b - basse 41. Jugulaire
c - processus musculaire a - antérieure
d - processus vocal b - interne
6. Cartilage corniculé c - externe
7. Cartilage cunéiforme 42. Ganglion
8. Articulation 43. Espaces cervicaux
a - cricothyroïdienne a - viscéral
b - arycricoïdienne b - vertébral
9. Pli aryépiglottique (RAE) c - rétropharyngé
10. Pli vestibulaire (bande ventriculaire) d - carotidien
11. Pli vocal (corde vocale) e - cervical postérieur
12. Commissure antérieure f - cervical antérieur
13. Commissure postérieure
14. Loge pré-épiglottique (HTE)
15. Espace paralaryngé
Rouvière [76]), ainsi que la glande thyroïde, qui font donc aussi partie
16. Espace paraglottique de l’espace viscéral ;
17. Vestibule
– le feuillet profond (correspondant en partie à l’aponévrose
18. Ventricule
a - saccule (appendice ventriculaire)
profonde prévertébrale de Rouvière) entoure la musculature
b - laryngocèle prévertébrale et paraspinale, délimitant un espace dit prévertébral,
19. Glotte mais qui serait mieux nommé vertébral ou musculovertébral,
a - vocale (intermembranacée) puisqu’il inclut aussi le rachis cervical ;
b - respiratoire (intercartilagineuse)
20. Sous-glotte – la partie antérieure de ce feuillet profond se dédouble, pour
21. Ligament thyroépiglottique subdiviser l’espace graisseux pratiquement virtuel séparant les
22. Cône élastique doublant la muqueuse espaces viscéral et prévertébral en un espace rétropharyngé en avant
a - ligament vocal et un « danger space » en arrière, se prolongeant tous deux en bas
b - ligament cricothyroïdien dans le médiastin ;
23. Membrane thyrohyoïdienne
a - ligament thyrohyoïdien – des expansions des trois feuillets contribuent à la délimitation des
24. Muscle espaces carotidiens ou vasculonerveux de part et d’autre de la partie
a - vocal (thyroaryténoïdien médial) postérieure de l’espace viscéral.
b - thyroaryténoïdien supérieur (ou latéral)
c - cricoaryténoïdien latéral Ces axes vasculonerveux divisent les plans graisseux cervicaux en :
d - interaryténoïdien
– un espace cervical postérieur, en dehors des muscles paraspinaux,
25. Mur pharyngolaryngé
contenant le nerf spinal et la chaîne lymphatique satellite ;
Structures pharyngées
26. Base de langue – un espace cervical antérieur entre axe viscéral et SCM.
27. Vallécule
28. Repli glossoépiglottique
a - médian ESPACE VISCÉRAL
b - latéral
Dans l’espace viscéral, le larynx est entouré sur sa face postérieure
29. Repli pharyngoépiglottique
30. Sinus ou récessus piriforme
par l’hypopharynx, avec sa région médiane et ses deux récessus
a - versant interne antérolatéraux ou sinus piriformes, décrits plus complètement dans
b - versant externe une autre partie de cet ouvrage [68]. L’ensemble est surmonté par
c - angle antérieur l’oropharynx, voie commune respiratoire et digestive, qui se sépare
31. Région rétro-crico-aryténoïdienne dans un plan nommé carrefour des trois replis. Ce plan est en effet
caractérisé par la convergence de trois reliefs muqueux sur la partie
latérale de l’épiglotte :
– le feuillet moyen enveloppe l’axe viscéral, c’est-à-dire les filières
aérique et digestive (gaine viscérale de Rouvière [76]). Sa partie – le pli glossoépiglottique latéral, limitant la vallécule qui appartient
postérieure se poursuit en haut avec le fascia péripharyngien, et en à l’oropharynx ;
bas dans le médiastin le long de l’œsophage. Ses expansions – le pli pharyngoépiglottique, qui est la limite supérieure du sinus
englobent les muscles sous-hyoïdiens (fascia cervical moyen de piriforme ;

8
Radiodiagnostic Larynx normal 32-605-A-10

– le pli aryépiglottique qui participe à la constitution de la margelle voyelle que les patients arrivent le plus constamment à prononcer
laryngée. de façon prolongée. Elle ouvre bien le vestibule et l’hypopharynx.
En bas, en regard du bord inférieur du cricoïde, le larynx se continue Les ventricules sont hauts et peu profonds.
avec la trachée, en même temps que le sphincter de la bouche Variante : en phonation inversée, l’émission des sons se fait pendant
œsophagienne marque la transition entre l’hypopharynx et l’inspiration au lieu de l’expiration. Cette manœuvre est plus difficile
l’œsophage. Dans les angles œsotrachéaux montent les nerfs à expliquer au patient et à réaliser, mais elle induit une très bonne
récurrents accompagnés des vaisseaux thyroïdiens inférieurs et de ouverture des ventricules, avec bonne dissociation des cordes
ganglions lymphatiques. La partie inférieure du larynx et le haut de vocales et des bandes ventriculaires.
la trachée sont entourés par les lobes thyroïdiens, réunis en avant La respiration, en particulier l’inspiration, ouvre la glotte (calibre
par l’isthme, et flanqués sur leur face postérieure des maximal de la filière aérique). L’air peut donc s’interposer et venir
parathyroïdes [2]. Les expansions rétropharyngées occasionnelles de mieux silhouetter et dissocier les structures, en particulier en avant
la thyroïde et l’intrication entre les éventuels reliquats du tractus la commissure antérieure et le pied de l’épiglotte.
thyréoglosse et les muscles sous-hyoïdiens tapissant le cartilage
Elle atténue ou efface les reliefs latéraux, permettant d’en rechercher
thyroïde illustrent bien l’appartenance commune de cette glande et
une persistance anormale (bourgeonnement tumoral, gêne à la
de ces muscles à l’espace viscéral.
mobilité, paralysie récurrentielle). L’inspiration doit être effectuée
par le nez, bouche fermée, lentement et calmement pour ne pas être
génératrice de flou cinétique.
Moyens et techniques d’imagerie L’apnée permet une meilleure immobilité donc une meilleure
du larynx définition, dépourvue de flou cinétique. Deux modalités d’apnée
sont possibles selon les individus et les moments, en proportions
L’exploration du larynx est dominée par l’étude en coupes, par TDM équivalentes :
ou par résonance magnétique, qui a été d’un grand apport pour le
bilan d’extension des lésions tumorales. – soit simple suspension de la respiration, le larynx restant ouvert ;
La TDM a l’avantage d’être plus largement disponible et réalisable – soit ébauche de Valsalva classique : expiration forcée contre la
chez tous les patients. Les progrès techniques des dernières années glotte fermée. Les cordes vocales et les bandes ventriculaires
en matière d’acquisitions hélicoïdales, de capacité des tubes viennent au contact sur la ligne médiane, sans interposition d’air.
radiogènes et des détecteurs ont très nettement amélioré ses La manœuvre de Valsalva modifiée équivaut à une insufflation
performances, notamment en rapidité d’examen. pharyngolaryngée physiologique [3]. L’hyperpression pharyngée
L’IRM a l’avantage d’un meilleur contraste tissulaire, mais elle n’est refoule le larynx en avant, dissociant les parois antérieure et
pas réalisable dans 10 à 20 % des cas [5, 96] du fait de contre- postérieure de l’hypopharynx, permettant une meilleure définition
indications absolues (pacemaker , clips vasculaires récents, corps des limites postérieures du larynx. L’hyperpression dans le vestibule
étrangers métalliques oculaires) ou relatives (obésité, claustrophobie laryngé ouvre très bien les cavités ventriculaires.
et surtout défaut d’immobilité). La détérioration des images par les Il s’agit ici d’un Valsalva modifié, qui se réalise en demandant au
mouvements est en effet le principal écueil, le pharyngolarynx étant patient d’inspirer profondément, puis de souffler dans ses joues en
lui-même très mobile (respiration, déglutition) et environné de fermant bien la bouche. Le cou et les joues doivent se gonfler.
structures également mobiles (rachis cervical, mandibule, cage Pendant cette manœuvre, le voile du palais se plaque contre la paroi
thoracique), avec des patients de surcroît parfois dyspnéiques. S’ils pharyngée postérieure, limitant l’hyperpression à la cavité buccale,
sont trachéotomisés, il faut s’assurer que leur canule ne comporte l’oro- et l’hypopharynx et au larynx. La glotte reste ouverte,
pas d’élément ferromagnétique. équilibrant les pressions avec l’arbre trachéobronchique sous-jacent.
Ces examens doivent être réalisés de préférence avant les biopsies, Elle peut aussi se fermer, une fois l’hyperpression bucco-pharyngo-
afin d’éviter les majorations artificielles du volume tumoral par les laryngée établie.
réactions œdémateuses qui peuvent s’ensuivre [63] . Les autres
techniques ont un intérêt plus limité.
TOMODENSITOMÉTRIE
Par ailleurs, l’étude du larynx ne doit pas être seulement
morphologique. Elle doit aussi être dynamique. En effet, elle doit Le sujet est en décubitus dorsal avec le cou en hyperextension, la
s’assurer de la bonne conservation des fonctions physiologiques et tête et le menton fixés à la têtière [61, 65]. Les épaules sont abaissées.
de la mobilité (très importante pour la détermination du stade en Gamsu [32] conseille d’utiliser une bande passée sous les pieds du
pathologie tumorale). L’aspect de certaines structures laryngées patient et que les mains agrippent, afin d’attirer les épaules vers le
varie au cours de la réalisation de ces fonctions, et il faut savoir bas.
choisir la manœuvre adéquate au meilleur discernement de chacune. Un mode radio de profil (topogramme, « scout-view ») permet
Plusieurs manœuvres différentes sont donc souvent nécessaires pour d’incliner le statif dans le plan glottique. Celui-ci est donné par l’axe
réaliser un examen complet des constituants laryngés. Nous allons de la clarté ventriculaire ou l’axe sommet de la lame cricoïdienne-
donc d’abord décrire les différentes manœuvres possibles, leur centre du 8 thyroïdien (fig 12). Mais ces structures peuvent être
intérêt et leur mode de réalisation, avant d’envisager les techniques difficiles à repérer sur le mode radio. On peut réaliser le mode radio
d’imagerie. en phonation [33] pour mieux les distinguer. Certains utilisent le plan
La phonation est une fonction essentielle du larynx. Les cordes des disques C4-C5 ou C5-C6 [16, 19, 96]. L’axe de l’os hyoïde est plus
vocales viennent vibrer de part et d’autre de la ligne médiane, fiable.
séparées seulement par une fente étroite. Le larynx se contracte, avec Pour obtenir des reconstructions multiplanaires de bonne qualité à
diminution de sa hauteur plus marquée en avant, aux dépens de la partir d’une acquisition hélicoïdale, il est important que le statif soit
distance cricoïde-thyroïde et surtout thyroïde-hyoïde. le moins incliné possible, et donc que le cou du patient ait été placé
Elle dessine au mieux le relief des cordes vocales, des ventricules et dans un plan horizontal.
des bandes ventriculaires. L’épaisseur des coupes doit être adaptée à la finesse des structures
La phonation s’effectue après une inspiration profonde, en examinées. En mode séquentiel, des coupes de 5 mm jointives
prononçant une voyelle de façon continue. Toutes les voyelles, sauf réalisent un bon compromis entre cette exigence et le nombre de
le A, ouvrent bien les cavités ventriculaires. Le O procure une coupes à effectuer, donc la durée de l’examen et la dose d’exposition.
ouverture vestibulaire correcte et une position moyenne de En mode hélicoïdal, l’épaisseur nominale des coupes doit être plus
l’épiglotte et des structures pharyngées sus-jacentes, réalisant un bon faible, car l’épaisseur réelle est toujours plus importante,
compromis pour l’étude laryngée [1] (tableau II) (fig 11). Le U est la augmentant avec la vitesse de déplacement de table et l’algorithme

9
32-605-A-10 Larynx normal Radiodiagnostic

Tableau II. – Effet des différentes voyelles prononcées lors de la phonation sur l’aspect des structures laryngées et pharyngées [26].
A E O I U
Clarté ventriculaire Étroite, peu visible Assez bien visible Bien visible Bien visible Bien visible

Épiglotte Rabattue en arrière Rabattue en arrière (inter- Position moyenne Rabattue en avant Rabattue en avant
médiaire entre A et O)

Vestibule Étroit Fermeture moyenne Ouvert Ouvert Ouvert

Rapprochement cartilage thyroïde/os ++ ++ + +++ +++


hyoïde

Déplacement de l’os hyoïde Postérieur ++ Position moyenne Antérieur + Antérieur ++


grandes cornes au contact du plan prérachidien

Vallécules Effacées Fermeture partielle Bien visibles Bien visibles Larges

Déplacement de la base de langue En arrière +++ Position moyenne En arrière + En avant ++ En avant +++

Oropharynx Étroit Ouverture moyenne Assez étroit vers le haut Large Très large

11 Clichés de profil en phonation . Les diffé-


rentes voyelles prononcées sont inscrites sur
C5. Le bord supérieur des lames thyroïdiennes
est marqué par une calcification (cinquième
centre d’ossification du schéma de Baclesse [cf
fig 3]). Noter également la calcification dense
des aryténoïdes et de la crête médiane de la lame
cricoïdienne (cf tableaux I, II).

d’interpolation [28]. Celui-ci est de préférence de 180° pour privilégier rapport à leur environnement [28, 73]. Elle est nécessaire si l’on veut
la résolution spatiale [39]. L’épaisseur de coupe ne doit pas non plus effectuer des reformations multiplanaires (2D) et tridimensionnelles
être trop faible pour garder un rapport signal sur bruit correct, sans (3D) de bonne qualité.
avoir à augmenter la dose délivrée au patient et l’échauffement du
Quelques coupes plus fines et plus localisées sont souvent utiles sur
tube. Combinée avec le temps de rotation le plus court autorisé par
des zones précises (limite d’extension tumorale d’un étage à l’autre,
l’appareil, elle doit rester compatible avec une durée d’acquisition
ventricules, zone cartilagineuse suspecte). Elles peuvent parfois être
sans risque de mouvement. Des coupes de 3 mm, voire 2 mm [6, 73, 92]
recalculées à partir des données brutes en cas d’acquisition
sont un bon compromis, avec un pitch (distance parcourue par la
hélicoïdale. L’analyse détaillée des cartilages peut nécessiter des
table pendant une rotation du tube/épaisseur nominale de coupe)
ne dépassant pas 1,5, du moins en hélicoïdal monocoupe, car il peut coupes fines en haute résolution, plutôt incrémentielles
être plus élevé en multibarrettes. L’incrément de reconstruction ne qu’hélicoïdales.
doit pas être supérieur à l’épaisseur de coupe. La reconstruction Le champ d’acquisition doit être adapté à la taille du cou,
chevauchée permet de mieux contraster des petites structures par généralement 12 à 15 cm, de façon à occuper toute la largeur de

10
Radiodiagnostic Larynx normal 32-605-A-10

coupes séquentielles du fait de la grande mobilité laryngée [68]. Si


l’apnée a été effectuée à glotte fermée, quelques coupes en
respiration calme permettent de vérifier le calibre résiduel de la
filière aérique en cas de tumeur, le bon écartement des aryténoïdes,
l’écartement des plis vocaux et la régularité de leur bord libre, et
surtout l’état du pied de l’épiglotte et des commissures, qui sont
mieux silhouettés par l’air.
L’étude des ventricules se fait en phonation, avec des coupes si
possible plus fines, après avoir exercé le patient à la manœuvre et
vérifié le temps qu’il peut la maintenir, afin d’adapter la durée de
l’hélice.
L’appréciation du mur pharyngolaryngé et de la région
cricoaryténoïdienne peut nécessiter des coupes en Valsalva ou en
phonation U.
Les coupes doivent être visualisées à plusieurs largeurs et niveaux
de fenêtre pour les tissus mous et les cartilages. Des structures fines,
comme les cordes vocales, ont souvent une densité abaissée
artificiellement par le volume partiel avec l’air de la filière laryngée.
Leur exploration intégrale nécessite, en complément, l’utilisation de
12 Topogramme de profil et vue sagittale d’ensemble du larynx (cf tableau I). La li- fenêtres larges et de bas niveau, comme pour le parenchyme
gne passe par les ventricules (plan d’orientation des coupes). Elle croise en avant le cen-
tre du 8 formé par la crête médiane thyroïdienne et en arrière la base des aryténoïdes,
pulmonaire (cf fig 16I).
ici calcifiés, entre partie supérieure ayant une forme de virgule inversée et apophyse vo- Des reformations multiplanaires peuvent être effectuées à partir des
cale, au sommet des commissures antérieure et postérieure et de la lame cricoïdienne. acquisitions hélicoïdales recalculées tous les 1 à au plus 2 mm. Les
Cette dernière est ossifiée, à l’exception de sa crête médiane qui est au stade de calcifi- plus utiles sont les sagittales médianes et paramédianes, pour
cation. l’étude de l’épiglotte et de la loge pré-épiglottique, et surtout les
coupes frontales, pour l’étude des ventricules.
l’image et à améliorer la résolution spatiale [8, 49], sans cependant L’obtention d’images 3D est aussi possible. La reconstitution du
risquer de couper les chaînes ganglionnaires dont l’étude doit se squelette cartilagineux est souvent difficile, du fait de la coexistence
faire parallèlement. de stades très différents de calcification et d’ossification, empêchant
Pour cela, il faut explorer depuis la base du crâne jusqu’aux l’utilisation des logiciels automatisés de reconstruction, et la
clavicules [47], en modifiant l’inclinaison du statif de part et d’autre reconstruction manuelle est très longue. Il est en revanche facile
des dents si elles comportent du matériel métallique afin d’éviter les d’obtenir un moulage des cavités (fig 13), dont on peut voir les
artefacts, et avec injection d’iode. Cette dernière a pour but déformations extérieures, ou dans lesquelles on peut naviguer à
d’opacifier les vaisseaux, mais aussi de mieux contraster les l’aide de l’endoscopie virtuelle [31, 39, 86, 91]. Cette pseudoendoscopie
tumeurs, dont la prise de contraste par diffusion interstitielle est (fig 9B) permet de descendre en dessous des sténoses, et d’examiner
généralement plus tardive. Une injection biphasique est donc la glotte par voie ascendante. Elle ne saurait cependant remplacer la
recommandée pour compenser ce décalage [5, 25, 63, 82], avec une véritable endoscopie, car elle ne montre pas les petites irrégularités
première dose d’imprégnation puis, après une pause, une injection muqueuses ni la coloration réelle de cette muqueuse.
continue si l’on dispose d’un injecteur, ou par bolus précédant Ces différentes reconstructions 2D et 3D sont surtout utiles à la
chaque série de coupes. compréhension spatiale des structures anatomiques et des lésions,
Nous réalisons ces coupes en apnée, pour que l’image ne soit pas mais les informations sont déjà contenues dans les coupes axiales
dégradée par des artefacts cinétiques. Ceci est particulièrement natives.
important pour la recherche des envahissements profonds, et en
particulier cartilagineux. De même, le patient ne doit pas déglutir IMAGERIE PAR RÉSONANCE MAGNÉTIQUE
pendant l’acquisition des données. Le sujet est aussi en décubitus dorsal avec le cou en extension, l’axe
L’examen est complété par des manœuvres dynamiques focalisées laryngé si possible parallèle à la table [15]. Il faut expliquer au patient
sur le larynx dans les zones à préciser. l’importance de ne pas bouger pendant l’examen, et de s’abstenir de
Cette étude dynamique a beaucoup bénéficié de l’acquisition déglutir durant les séquences.
hélicoïdale qui permet un défilement continu du larynx, sans saut L’examen doit être réalisé avec une antenne réceptrice de surface,
de structure ni inversion de niveaux, comme il était fréquent en de préférence une double Helmholtz permettant l’étude

13 Reconstructions 3D du larynx : moulage des cavités aériques pharyn-


golaryngées (cf tableau I).
A. En phonation U : les ventricules sont bien marqués et la glotte est
étroite. L’hypopharynx est ouvert.
B. En apnée type suspension de la respiration (même ouverture laryn-
gée que lors de la respiration mais sans les artefacts cinétiques). La fi-
lière aérique laryngée est large, avec des reliefs latéraux estompés. L’hy-
popharynx est collabé.

*
A *
B

11
32-605-A-10 Larynx normal Radiodiagnostic

cervicocrânienne [82], ou à défaut une antenne cervicale antérieure brefs pour maintenir une manœuvre dynamique, notamment en
adaptée, qu’il faudra essayer de rendre indépendante des écho de gradient [18, 24] et en échoplanar [30, 35]. La résolution de ces
mouvements thoraciques et mandibulaires en l’installant. coupes est moins bonne que celle en écho de spin, mais elle peut
Le choix des paramètres est un compromis entre résolution spatiale, cependant permettre d’apprécier l’état des ventricules en phonation.
rapport signal sur bruit et durée des séquences [13]. Lorsque cette Un examen de base comporte des coupes frontales de repérage
durée dépasse 5 minutes, le risque de dégradations par des rapide qui permettent de rectifier la position du patient s’il n’est pas
mouvements devient très important. Le nombre d’excitations symétrique, et de programmer des coupes sagittales T1 focalisées
atténue les artefacts de mouvements, et augmente à la fois la sur le larynx. Celles-ci permettent une bonne étude des structures
résolution et le signal, mais aussi le temps, et doit donc souvent être médianes (épiglotte, loge pré-épiglottique [50], commissures). Elles
limité à 2. La finesse des coupes et la petite taille du champ servent aussi à programmer des coupes frontales T1 pour l’étude
d’exploration, ainsi qu’une matrice 512 améliorent la résolution, des structures latérales (plis vestibulaires et vocaux) et surtout des
mais au détriment du signal. Un bon compromis consiste à choisir coupes axiales qui sont répétées dans les mêmes plans en T2, en T1
un champ juste suffisant pour circonscrire le cou, sans descendre en et en T1 après injection de gadolinium, avec saturation du signal de
dessous de la limite qui obligerait à rajouter une compensation la graisse pour ces dernières. À défaut de saturation, des
évitant les artefacts de repliement, ce qui permet d’utiliser une soustractions entre les images avant et après injection peuvent aussi
matrice 256_ ou 256 × 192 [13] voire 128 [7] sans trop altérer la taille du aider à mieux délimiter les prises de contraste.
pixel et donc la résolution. L’épaisseur des coupes est généralement En fonction de la pathologie, des séquences complémentaires
de 3 à 4 mm ; elles sont espacées de moins de 1 mm ou si possible peuvent être effectuées dans le plan vertical le plus adapté, c’est-à-
jointives (séries intercalées dans la même séquence). En T1, un temps dire celui perpendiculaire aux lésions : sagittal pour les structures
d’écho (TE) court améliore le rapport signal sur bruit [15]. médianes et frontal pour les structures latérales. Si une extension
Le rapport signal/bruit peut aussi être amélioré en diminuant la ventriculaire est suspectée et qu’elles sont réalisables, des coupes en
bande de fréquence réceptrice sélectionnée (par diminution du bruit phonation peuvent être tentées.
de fond), mais pas trop pour ne pas induire des artefacts de
déplacement chimique qui sont particulièrement gênants pour
étudier les cartilages laryngés [44, 68] . Ces artefacts modifient Autres moyens d’exploration
artificiellement l’épaisseur des corticales des cartilages ossifiés au
contact des plans graisseux médullaires et paralaryngés, et peuvent
du larynx
aussi créer de fausses asymétries sous-glottiques [79]. Ils se produisent
dans la direction du codage de fréquence, qui est habituellement RADIOLOGIE TRADITIONNELLE
transversal en coupes axiales, afin d’éviter la superposition des
artefacts des flux carotidiens sur le larynx. Ces derniers, étant dirigés Elle n’a pratiquement plus d’indication, sauf pour la recherche de
dans l’axe du codage de phase, sont alors antéropostérieurs. La corps étrangers.
prévention des artefacts de flux nécessite aussi l’utilisation de Les aspects du larynx de face et de profil doivent cependant rester
saturations correctement positionnées, et de compensations de familiers, car ils sont visibles en limite de film lors de l’étude des
flux [82]. Ils sont aussi atténués par l’augmentation du nombre structures de voisinage (rachis cervical, thorax), et utilisés en TDM
d’excitations [14]. pour sélectionner et orienter les coupes.
Les séquences de base utilisées sont les pondérations T1 (temps de Les clichés sont effectués sur des cassettes monoécran à grain fin
répétition [TR] et TE courts) et T2 (TR et TE longs). Les coupes en avec film monocouche, sans grille, avec un foyer fin éloigné à 1,50 m.
T1 fournissent de bonnes vues anatomiques et un excellent contraste Un kilovoltage élevé (100 à 120 kV), autorisé par le bon contraste
des lésions par rapport aux plans graisseux de signal intense. Le T2 naturel, permet un temps de pose très bref [9, 23, 42].
augmente le signal de la plupart des lésions tumorales et
inflammatoires riches en eau (parallèlement à l’augmentation de
ÉCHOGRAPHIE
celui des liquides), les contrastant mieux par rapport aux plans
musculaires, mais moins bien par rapport à la graisse. La Très utile chez l’enfant, son intérêt est restreint chez l’adulte par la
confrontation entre T1 et T2 permet de vérifier si un signal calcification et l’ossification des cartilages laryngés, réduisant les
cartilagineux faible en T1 est physiologique (cartilage calcifié) ou fenêtres acoustiques aux membranes thyrohyoïdienne et
pathologique (tumoral ou inflammatoire). Le T2 rapide, qui utilise cricothyroïdienne. Elle peut être utilisée pour l’étude des aires
des trains d’échos, permet de raccourcir le temps d’acquisition, mais ganglionnaires cervicales superficielles.
abaisse moins le signal de la graisse que le vrai T2. L’utilisation Elle est effectuée avec une sonde de haute fréquence.
d’une saturation du signal de la graisse favorise la recherche
d’adénopathies qui, sinon, ne sont que faiblement contrastées dans
les plans graisseux pour ce type de séquence [94]. TECHNIQUES PERMETTANT
UNE ÉTUDE DYNAMIQUE DU LARYNX
Cette saturation du signal de la graisse est encore plus importante
en T1 après injection de gadolinium, pour dissocier le signal tumoral ¶ Scopie télévisée
ou inflammatoire élevé de celui de la graisse, et mieux délimiter les
prises de contraste pathologiques. Cette saturation rallonge la durée Les différentes épreuves dynamiques, et notamment la phonation et
de séquence. Elle est souvent défectueuse en périphérie, du fait des la déglutition, sont aisément observées en scopie télévisée. Elles
inhomogénéités de champ magnétique majorées dans les zones de peuvent faire l’objet d’un enregistrement magnétoscopique ou
variation de contour anatomique, comme les jonctions cervicofaciale radiocinématographique.
et cervicothoracique [4, 68, 74]. Celles-ci peuvent être atténuées en
plaçant des sacs d’eau dans l’antenne de part et d’autre du cou [82]. ¶ Laryngographie par soustraction digitalisée
Les hétérogénéités de champ sont moins importantes dans le plan
Elle a été proposée par Brown et al [10] : 18 à 24 images digitalisées
axial, et avec des petits champs d’exploration correctement
sont acquises au cours d’une séquence respiration calme-phonation-
centrés [74].
respiration calme. Les images en respiration lente sont utilisées
Certains utilisent des acquisitions volumiques, en écho de gradient, comme masque de soustraction. La course des cordes vocales
avec des coupes fines et des reconstructions dans les différents plans pendant la phonation apparaît après soustraction en noir ou en
de l’espace [11]. blanc, selon la polarité de l’image. Cette technique permet de mieux
Le développement des séquences rapides permet maintenant apprécier l’importance et la symétrie du déplacement des cordes
d’obtenir des coupes avec des temps d’acquisition suffisamment vocales entre l’abduction et l’adduction, de même que le

12
Radiodiagnostic Larynx normal 32-605-A-10

déplacement concomitant des structures sus-jacentes. La VUES AXIALES (fig 14, 15, 16, 17, 18)
soustraction entre deux clichés en phonation souligne le bord des
cordes vocales, témoignant de leur vibration au cours de la ¶ Structures ostéocartilagineuses
phonation. En haut, l’os hyoïde a une forme caractéristique, en fer à cheval à
concavité postérieure.
¶ Rayons X pulsés couplés à une étude
En avant, une ou deux coupes sont dépourvues de cartilage, en
électrolaryngographique dessous de l’os hyoïde. Cette coupe passe par la partie haute de la
Cette technique a été proposée par Noscoe [58] pour étudier la loge HTE (dont la limite antérieure ou membrane hyothyroïdienne
vibration des cordes vocales lors des différentes phases du cycle ne se distingue pas des muscles sous-hyoïdiens au contact),
phonatoire. l’épiglotte et les plis aryépiglottiques.
Ensuite, les lames thyroïdiennes deviennent visibles. Trois niveaux
¶ Ciné CT sont alors à distinguer. En haut, la partie antérieure des lames est
Ell [27] étudie la filière aérique extrathoracique au cours du cycle séparée par l’incisure. Ces coupes concernent la loge pré-
respiratoire par ciné CT. Il dispose d’un appareil lui permettant un épiglottique et la partie moyenne du vestibule laryngé. En dessous
temps d’acquisition des données de 50 ms par coupe, avec un de l’incisure, l’angle d’union antérieur est aigu en haut à l’étage
intervalle de 9 ms entre chaque coupe d’une série. Il obtient ainsi vestibulaire, plus arrondi en bas à l’étage glottique.
huit coupes sur un même niveau, lui permettant de couvrir au À la partie supérieure de la sous-glotte, dans l’intervalle de la
moins un cycle respiratoire. Cette technique est surtout intéressante membrane cricothyroïdienne, il n’y a pas de cartilage en avant. La
pour l’étude des troubles respiratoires sans cause organique limite antérieure est la ligne dense à concavité postérieure du cône
évidente. élastique tapissé par la muqueuse.
À la partie inférieure de la sous-glotte, l’arc du cricoïde est visible
¶ Scintigraphie au 18
fluorodésoxyglucose (FDG) entièrement sur une coupe ou deux.
18
La scintigraphie au FDG n’est pas assez précise actuellement pour À la partie postérieure du larynx, ce sont les aryténoïdes et la lame
l’étude anatomique, mais l’intensité de la fixation serait intéressante cricoïdienne qui servent de référence.
pour distinguer entre séquelles et récidive dans les aspects post- Les aryténoïdes sont prolongés en haut par les cartilages corniculés,
thérapeutiques [15, 41, 55, 71]. dont ils ne se distinguent pas en TDM [85] . En haut, ils sont
punctiformes en regard de l’extrémité des plis aryépiglottiques. En
dessous, ils sont aplatis, formant deux lignes denses transversales
Radioanatomie au niveau des fossettes oblongues, donc des plis vestibulaires. La
base triangulaire marque la limite entre les insertions des plis
Nous insisterons surtout sur l’utilisation de l’aspect des structures vestibulaires et vocaux, souvent intriquées dans cette zone. En
ostéocartilagineuses comme moyen de reconnaissance du niveau de dehors, les apophyses musculaires doivent être distantes des lames
coupe en TDM. En IRM, où elles se distinguent plus difficilement, la thyroïdiennes de 1 à 3 mm selon Mafee [51] et de 2 mm au maximum
répartition des plans graisseux et musculaires, ainsi que la forme de selon Shulman [81] . En fait, cette mesure n’est valable qu’en
la lumière laryngée, prennent plus d’importance pour la respiration, puisque les aryténoïdes subissent un déplacement
reconnaissance du niveau de coupe. médial physiologique lors de la phonation [33] et de l’apnée type
En TDM, l’aspect des cartilages dépend de leur stade d’évolution Valsalva. Il est surtout important qu’il ne s’interpose pas de
vers l’ossification. Les cartilages hyalins sont fins. Chez l’adulte, leur densification tissulaire dans cet espace. En dessous, les apophyses
calcification est pratiquement toujours ébauchée et, en fonction de vocales sont visibles, à condition d’utiliser une fenêtre adaptée, sous
son degré, leur densité peut être à peine plus élevée que celle des forme de deux petits triangles à pointe effilée antérieure ou
muscles, jusqu’à aussi élevée que celle des corticales osseuses. antéromédiale (fig 16G).
Lorsque l’ossification s’ébauche, les cartilages s’épaississent et Le sommet de la lame cricoïdienne est visible dans le même plan
évoluent vers un aspect d’os normal, avec corticale périphérique que la base triangulaire des aryténoïdes, et marque donc également
dense et médullaire centrale graisseuse. Cette ossification s’étend à le début de l’étage glottique. Sur toute la hauteur de cet étage, la
partir de centres, et progresse selon des directions préférentielles. À partie supérieure de la lame cricoïdienne et la partie inférieure des
la jonction entre fronts d’ossification et cartilage, il y a des variations aryténoïdes coexistent. La surface cricoïdienne délimitée par cette
marquées d’épaisseur et souvent des aspects très hétérogènes. partie des aryténoïdes correspond à la commissure postérieure.
En IRM, le cartilage hyalin a le même aspect qu’ailleurs, comme En dessous, le reste de la lame cricoïdienne limite en arrière toute la
dans les cartilages articulaires et les tumeurs cartilagineuses, avec hauteur de la sous-glotte.
un signal élevé en T2 du fait de la richesse en eau [17, 22, 53, 57], liée aux
La conjonction des repères antérieurs et postérieurs permet de
protéoglycans [59, 95]. Le signal en T1 est un peu plus faible que celui
vérifier la bonne orientation des coupes selon le plan vocal.
de la graisse [93] . Avec la calcification, le signal des cartilages
s’affaiblit, devenant proche de celui des muscles, ce qui rend leur Le bord inférieur de la crête médiane du thyroïde et la fin des
délimitation difficile. Lorsqu’ils s’ossifient, leur corticale externe, de apophyses vocales marquent le passage dans la sous-glotte.
signal très faible, reste difficile à distinguer des muscles sous-
¶ Parties molles
hyoïdiens, mais la corticale interne est bien silhouettée par le signal
intense de la graisse de l’espace paralaryngé et de leur médullaire. Les plans graisseux sont abondants à l’étage sus-glottique, réduits à
Le signal de cette médullaire graisseuse peut être abaissé par des un fin liseré à l’étage glottique, et absents en sous-glottique. En
amas de moelle hématopoïétique et des travées d’os lamellaire [6]. revanche, les muscles intrinsèques sont très fins en sus-glottique,
Dans les parties molles au contraire, le contraste est meilleur en IRM alors que les muscles vocaux plus épais occupent pratiquement
qu’en TDM, la graisse ayant un signal élevé et les muscles un signal toute la largeur des plis vocaux.
faible.
¶ Lumière laryngée
La muqueuse ne se distingue qu’après injection en TDM, du fait de
sa prise de contraste, alors qu’en IRM son signal relativement élevé Il existe une grande variabilité de l’aspect des structures laryngées,
en T2 permet de l’individualiser spontanément (mais la muqueuse qui personnalise la voix. Elle est particulièrement marquée à l’étage
saine reste le plus souvent difficile à délimiter des tumeurs vestibulaire. Ces variations se voient d’un sujet à l’autre, mais aussi
développées à ses dépens, aussi bien en TDM qu’en IRM). En T1, chez un même sujet d’un moment à l’autre, en fonction de la phase
son signal est intermédiaire entre ceux de la graisse et des physiologique. On ne peut donc décrire que les grandes lignes
muscles [49]. imposées par le cadre anatomique.

13
32-605-A-10 Larynx normal Radiodiagnostic

*
A *
B *
C

14 Coupes axiales TDM. Partie supérieure de l’étage


sus-glottique. En dehors de la déglutition, les lumières du
pharynx et de l’hypopharynx sont en continuité (cf
tableau I).
A. Au-dessus de l’os hyoïde.
B. Plan de l’os hyoïde ; carrefour des trois replis : les
plis glossoépiglottiques latéraux, pharyngoépiglot-
tiques et aryépiglottiques convergent de chaque côté
*
D *
E vers le bord libre de l’épiglotte.
C. Loge pré-épiglottique (hyo-thyro-épiglottique)
au niveau de la membrane thyrohyoïdienne. En ap-
née.
D. Valsalva modifié : les RAE s’amincissent ; les si-
nus piriformes font hernie latéralement dans la
membrane hyothyroïdienne. Petite laryngocèle in-
terne gauche.
Partie supérieure des lames thyroïdiennes, séparées
par l’incisure en avant.
E. Apnée.
*
F *
G F. Valsalva modifié.
G. Phonation.

À l’étage sus-glottique, la forme de la lumière vestibulaire est (fig 15J) . En Valsalva modifié, les plis vocaux ont une position
conditionnée par ses parois : intermédiaire entre respiration et phonation. En apnée, de type
Valsalva classique, les plis vocaux viennent s’affronter sur la ligne
– en avant, la lumière laryngée reste séparée du plan
médiane, fermant la glotte membraneuse. La partie
musculocartilagineux par la partie inférieure de la loge HTE, le
intercartilagineuse de la glotte reste plus ou moins perméable.
pétiole de l’épiglotte et le ligament thyroépiglottique, l’épaisseur et
la largeur de cet ensemble diminuant progressivement vers le bas ; À la partie inférieure des plis vocaux, seule est encore visible leur
portion proche de leur insertion postérieure, avec l’apophyse vocale
– latéralement, l’ouverture vestibulaire est limitée par les lames (cette partie du pli vocal est à la fois la plus large et la plus épaisse).
thyroïdiennes, doublées de la graisse paralaryngée qui diminue La lumière de la sous-glotte est ovalaire à sa partie supérieure et
aussi d’épaisseur mais s’allonge vers l’arrière ; s’arrondit vers le bas. Les seules zones tissulaires visibles à cet étage
– en arrière, la limite est plus souple, formée par les plis sont les muscles cricoaryténoïdiens latéraux, à la partie supérieure
aryépiglottiques qui convergent vers les aryténoïdes, puis par la de la sous-glotte, juste au-dessus des parties latérales de l’arc
région aryténoïdienne. Cette dernière, correspondant aux muscles cricoïdien, ne déformant pas le contour ovalaire (fig 16F, H). Toute
interaryténoïdiens, s’épaissit lors de leur contraction, synchrone de autre zone tissulaire à cet étage est anormale.
l’adduction des apophyses vocales (phonation). En résumé, pour dissocier les étages des plis vestibulaires et des plis
Les aspects de la lumière vestibulaire sont donc, de haut en bas : vocaux dont les lumières sont triangulaires, les repères sont :
– ovalaire à grand axe transversal, parfois presque rectangulaire, – à l’étage vestibulaire, les lames thyroïdiennes forment un angle
ouverte en arrière sur le pharynx ; aigu, les aryténoïdes sont punctiformes ou plats, le cricoïde n’est
pas visible, les plans graisseux sont plus abondants que les muscles ;
– puis losangique ou piriforme lorsque les angles sont très arrondis ;
– à l’étage glottique, les lames thyroïdiennes forment un angle
– triangulaire au niveau des plis vestibulaires, avec une partie arrondi en avant, les aryténoïdes sont triangulaires, la partie
postérieure plus ou moins arrondie ; la lumière vestibulaire devient supérieure de la lame cricoïdienne est visible, et les muscles sont
virtuelle lorsque les plis s’affrontent sur la ligne médiane en apnée nettement prépondérants sur la graisse.
type Valsalva.
Les ventricules, zone de passage du vestibule à la glotte, sont
souvent difficiles à identifier en raison du volume partiel entre plis VUES SAGITTALES
vestibulaires et vocaux, sauf en phonation. Leur fond va alors au
¶ Vues d’ensemble (clichés de profil et topogramme
contact des lames thyroïdiennes dans leur partie antérieure.
en TDM) (fig 11, 12)
À l’étage glottique, en respiration, la glotte est ogivale à sommet
antérieur ou pratiquement triangulaire (reproduisant l’aspect Structures ostéocartilagineuses
laryngoscopique). Les plis vocaux sont écartés. Aucune zone
tissulaire ne doit s’interposer entre l’air et le cartilage au niveau de L’os hyoïde, structure mobile, est visible en moyenne 2 cm en
la commissure antérieure (en TDM, la muqueuse, doublée du cône dessous du bord inférieur de la mandibule [3], en général en avant
élastique, se confond avec le cartilage par effet de volume partiel). de C3 (fig 11).
En phonation, la fente glottique est étroite et fusiforme dans sa La visibilité des cartilages laryngés varie selon l’importance de leur
portion intermembranacée, la plus longue, et arrondie en arrière calcification ou ossification, qui peut leur conférer un aspect
dans sa partie intercartilagineuse (qui permet de respirer en parlant). hétérogène.
À la partie supérieure, le contour du bord libre des plis vocaux est La crête médiane est le plus souvent visible à la partie antérieure du
parfois souligné par la clarté ventriculaire visible en volume partiel cartilage thyroïde, au moins dans sa partie inférieure. Elle a la forme

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Radiodiagnostic Larynx normal 32-605-A-10

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A *
B *
C

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D *
E *
F

*
G *
H *
I

*
J
15 Coupes axiales TDM. Partie inférieure de l’étage sus-glottique. En dehors de la Pied de l’épiglotte et plis vestibulaires. En arrière, les aryténoïdes sont linéaires.
déglution les lumières du pharynx et de l’hypopharynx deviennent distinctes (cf ta- E. Apnée R (suspension de la respiration).
bleau I). Fond de l’incisure thyroïdienne et début de la crête médiane en avant. Sommet F. Apnée V (blocage de la respiration en Valsalva) : la partie inférieure du vestibule est
de la région aryténoïdienne en arrière. collabée. Le muscle interaryténoïdien contracté est épais.
A. Apnée R (suspension de la respiration) : le vestibule et les sinus piriformes res- G. Valsalva modifié. Le muscle interaryténoïdien est étiré.
tent aérés. H. Phonation.
B. Apnée V (blocage respiratoire en Valsalva) : le vestibule se ferme. Les cartila- Ventricules laryngés en phonation.
ges cunéiformes sont calcifiés. I. Coupe de 1 mm : le fond des ventricules est bien visible.
C. Valsalva modifié, étirant et amincissant la région aryténoïdienne supérieure. J. Coupe de 5 mm : volume partiel avec la partie supérieure des cordes vocales.
D. Phonation (même patient qu’en B).

d’un 8 dont la partie amincie correspond au point d’attache du pied • Parties molles antérieures, de haut en bas
de l’épiglotte, à la convergence des cavités ventriculaires, et à La loge pré-épiglottique, de faible tonalité, se projette sous l’os
l’extrémité supérieure de la commissure antérieure [66]. En arrière, hyoïde en avant de l’épiglotte. Elle est triangulaire à base supérieure
les cornes thyroïdiennes supérieures se projettent au contact du bord et à sommet inférieur. En dessous, la commissure antérieure est
antérieur du rachis [3] ou un peu en avant, alors que les cornes plaquée contre la face postérieure de la partie inférieure de la crête
inférieures en sont distantes de 8 à 10 mm [3]. médiane thyroïdienne. Les parties molles, à ce niveau, sont réduites
La visibilité du cricoïde peut être restreinte à sa lame, dont la face à une ligne opaque (muqueuse doublée du cône élastique) qui se
postérieure reste distante de 5 à 7 mm du rachis. Son bord inférieur poursuit à la face antérieure de la sous-glotte, en descendant
marque la limite inférieure du larynx, en regard de C6. Quand il verticalement jusqu’au bord inférieur de l’arc cricoïdien. La
n’est pas visible, il peut être localisé grâce à l’empreinte de l’anneau transition se fait en arrière du bord inférieur de la crête médiane
cricoïdien sur la filière aérique. (région sous-commissurale antérieure).
Les aryténoïdes sont parfois visibles sous forme d’une calcification Le pied de l’épiglotte et la commissure antérieure sont visibles au
triangulaire juchée sur la partie antérosupérieure de la lame mieux sur les clichés en inspiration, où l’air, en quantité maximale,
cricoïdienne. Leur bord antérieur est souvent concave en avant du vient les silhouetter.
fait de la visibilité, sur cette incidence, du processus vocal (fig 12).
L’épiglotte, non calcifiée, n’est visible que parce qu’elle est • Parties molles postérieures
silhouettée par l’air sur sa face laryngée et dans sa partie sus- Les replis aryépiglottiques forment la limite postérosupérieure du
hyoïdienne. La face laryngée de l’épiglotte a une forme de S allongé, vestibule laryngé. Du bord latéral de l’épiglotte, dans le plan de l’os
avec une convexité moyenne plus ou moins marquée. hyoïde, ils se dirigent en bas et en arrière vers la région
aryténoïdienne qui, la lumière pharyngée étant collabée, se confond
Parties molles avec les parties molles prérachidiennes qu’elle vient épaissir. Cette
Les parties molles laryngées sont surmontées par l’opacité de la base opacité répond aux aryténoïdes et aux muscles aryténoïdiens. Sa
de la langue et la clarté valléculaire, appartenant à l’oropharynx. face antérieure convexe est souvent soulignée, au moins dans sa

15
32-605-A-10 Larynx normal Radiodiagnostic

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A *
B *
C

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D *
E *
F

*G * H *I
16 Coupes axiales TDM. Étage glottique. Cordes vocales dans leur plus grande largeur (cf tableau I).
A. Apnée R (suspension de la respiration) : la glotte est largement ouverte. Calcification intense des cartilages avec ossification débutante.
B. Apnée V (blocage de la respiration en Valsalva) : seule la glotte intercartilagineuse reste perméable.
C. Valsalva modifié.
D. Phonation.
Partie inférieure des cordes vocales, en volume partiel avec la sous-glotte.
E. Apnée R (suspension de la respiration).
F. Apnée V (blocage de la respiration en Valsalva). Asymétrie de calcification des aryténoïdes.
G. Valsalva modifié.
H, I. Phonation : même coupe à des fenêtres différentes. La partie inférieure des cordes vocales et les processus vocaux aryténoïdiens ne sont visibles qu’à une fenêtre basse et
large.

partie inférieure, par la calcification triangulaire en virgule des ¶ Vues en coupes (reconstructions TDM et coupes IRM)
aryténoïdes. Cette opacité se termine au bord supérieur de la lame (fig 19, 20)
cricoïdienne, par une légère encoche marquant le sommet de la
commissure postérieure. La commissure postérieure correspond à la Les coupes sagittales médianes et paramédianes en respiration sont
muqueuse tapissant la face antérieure de la lame cricoïdienne, dans les plus utiles. Elles permettent une bonne étude des structures
l’intervalle des processus vocaux aryténoïdiens. Elle se poursuit vers médianes : commissures antérieure et postérieure, loge HTE et
le bas par la partie postérieure de la sous-glotte, également plaquée épiglotte, ainsi que leurs rapports avec les vallécules et la base de
contre la face antérieure de la lame cricoïdienne. langue au-dessus.
En Valsalva, l’opacité du bloc arycricoïdien s’écarte de la paroi L’IRM contraste mieux l’épiglotte que la TDM au contact de la face
pharyngée postérieure et en devient distincte. Seule la partie postérieure de la loge HTE, du fait de son signal un peu plus faible
inférieure de la lame cricoïdienne reste le plus souvent maintenue que celui de la graisse en T1. Elle permet aussi parfois, sur des
au contact de cette paroi par la sangle du muscle cricopharyngien. coupes en haute résolution, de distinguer la membrane
hyoépiglottique séparant la loge HTE des vallécules [49, 79] (fig 20A).
• Lumière laryngée
Seul le liseré muqueux doit tapisser le cartilage en regard des
La lumière vestibulaire est triangulaire à sommet supérieur. Elle est
commissures.
limitée en avant par la face laryngée de l’épiglotte, en arrière par les
replis aryépiglottiques. En bas, sa limite inférieure est renforcée par Plus latéralement, les articulations cricoaryténoïdiennes sont
la clarté ventriculaire. Le vestibule est bien ouvert lors de généralement bien visibles.
l’inspiration. La partie supérieure de la clarté vestibulaire est séparée Les reconstructions multiplanaires en éventail d’une lame
verticalement par une ligne correspondant à l’angle antérieur des thyroïdienne à l’autre, en phonation, peuvent être complémentaires
sinus piriformes [26]. Elle est visible plus bas et avec une convexité pour étudier le ventricule sur toute sa longueur, ainsi que l’angle
antéro-inférieure plus marquée en phonation, et surtout en Valsalva. antérieur des sinus piriformes.
La clarté ventriculaire s’étend en avant jusqu’au pied de l’épiglotte.
En arrière, elle est limitée par les aryténoïdes et reste à distance de
la commissure postérieure. Elle s’individualise en phonation et en VUES FRONTALES (fig 21, 22)
Valsalva, elle s’efface lors de la respiration. Sur une vue d’ensemble de face de la région cervicale, il faut savoir
Cette clarté souligne le contour inférieur des plis vestibulaires en repérer la clarté tubulée de la filière laryngée, rétrécie par les reliefs
haut et le bord supérieur des cordes vocales en bas. L’opacité en latéraux des plis vestibulaires et vocaux, séparés par la clarté plus
bande des cordes vocales est également plus nette en phonation. ou moins virtuelle des ventricules. Cette filière doit être relativement
La sous-glotte forme une clarté rectangulaire. Cette clarté est plus symétrique. La clarté de l’hypopharynx se superpose et la déborde
marquée à sa partie antérosupérieure, dans l’intervalle triangulaire latéralement, elle-même limitée par la bande verticale plus ou moins
entre les cartilages thyroïde et cricoïde. dense et hétérogène des lames thyroïdiennes. Mais l’analyse du

16
Radiodiagnostic Larynx normal 32-605-A-10

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A *
B *
C

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D *
E

17 Coupes axiales TDM. Étage sous-glottique.


A. Limite entre la glotte et la sous-glotte, marquée par le bord inférieur de la crête médiane thyroïdienne (cf tableau I)
B. Partie inférieure de la sous-glotte : l’anneau cricoïdien est complet.
C. Partie supérieure de la sous-glotte. Retard d’ossification de la crête médiane cricoïdienne par rapport au reste de la lame. Comparer avec les figures 17A et 17E. 2c.
D. Partie moyenne de la sous-glotte, avec les articulations cricothyroïdiennes.
E. Premier anneau trachéal.

larynx de face est gênée par les superpositions. Son étude dans le Sur les coupes plus antérieures, la glotte est plus étroite et les clartés
plan frontal est donc habituellement réalisée, soit par des ventriculaires sont moins hautes. On voit parfois leur prolongement
reconstructions frontales en TDM, soit par des coupes directes en supéroexterne : l’appendice ventriculaire ou saccule dans la graisse
IRM. paralaryngée.
Les lames thyroïdiennes forment deux bandes latérales, avec une Sur les coupes postérieures, la filière laryngée et l’air contenu dans
petite obliquité médiale vers le bas. Elles s’écartent progressivement les sinus piriformes silhouettent le mur pharyngolaryngé, en arrière
d’avant en arrière. de la graisse paralaryngée (fig 21C).
En dessous, le cricoïde coupé verticalement illustre souvent le mode
VARIANTES
d’ossification de ce cartilage. Elle commence au sommet de la lame
et s’étend en nappe sur ses deux faces, vers le bas et l’avant. Il en ¶ Variations de calcification
résulte une corticale arciforme à concavité inférieure, doublée d’une Nous avons déjà évoqué les différents stades d’évolution de la
médullaire graisseuse plus ou moins épaisse. Le tout encapuchonne calcification des cartilages laryngés vers l’ossification et leur
une bande verticale de cartilage plus ou moins calcifié (fig 21D, asynchronisme selon les différentes portions cartilagineuses. Ces
22C, D). différents stades coexistant sur un même cartilage, en particulier sur
Sur les coupes postérieures, les aryténoïdes se distinguent le thyroïde, il est important de les repérer, avant d’interpréter toute
généralement bien sur le sommet de la lame cricoïdienne (fig 21D, pathologie cartilagineuse éventuelle. L’évolution se fait de façon
22D). relativement symétrique, surtout pour le cricoïde et les aryténoïdes,
bien que pour ces derniers, il y ait parfois asynchronisme (fig 16F).
Le contraste entre l’abondance en graisse de l’étage sus-glottique et
En revanche, pour les lames thyroïdiennes, si l’apparition des fronts
la prédominance en muscles de l’étage glottique est particulièrement
de calcification se fait parallèlement, le développement de chacun
utile en IRM, où il permet de situer le plan des ventricules,
d’entre eux est souvent légèrement asymétrique. Cette asymétrie,
généralement collabés. La graisse est particulièrement abondante sur
bien mise en évidence par Yaeger [97], se produit surtout dans les
les coupes antérieures (fig 21A, 22A, B), à la fois latéralement dans
stades précoces de l’ossification [43].
les espaces paralaryngés et en haut. En effet, la graisse pré-
épiglottique est visible au-dessus de l’épiglotte coupée obliquement. ¶ Asymétrie de forme des lames thyroïdiennes (fig 23)
En progressant vers l’arrière, la graisse devient moins abondante, et
Une discrète asymétrie de forme et de longueur est très fréquente
l’épiglotte s’élargit jusqu’à sa partie la plus haute (fig 21C).
entre les deux lames. Parfois, cette asymétrie est très marquée, avec
Latéralement, le relief des plis vestibulaires augmente inversion de la courbure de la lame gauche, dont la partie antérieure
progressivement vers le bas. Leur face inférieure, correspondant au a une concavité antérolatérale. Celle-ci est responsable, en
toit des ventricules, est pratiquement plate. laryngoscopie, d’un bombement pseudotumoral du pli vestibulaire.
En dessous, le relief des plis vocaux se prolonge un peu plus vers la La TDM permet alors de redresser le diagnostic, et de vérifier
ligne médiane. Leur bord libre est généralement un peu plus haut l’absence de processus tumoral à l’origine de cette déformation. Le
que leur face supérieure et le plancher des ventricules en continuité sinus piriforme gauche est généralement collabé, ce qui explique
(fig 21B). peut-être la gêne pharyngée qui motive souvent la découverte de
cette asymétrie. Honjo [40] a noté aussi l’association d’une fermeture
La face inférieure des plis vocaux forme un angle marqué avec la plus marquée de l’angle des lames. La nature constitutionnelle ou
sous-glotte. L’intersection des lignes de tangence à ces structures acquise, ou aggravée avec le vieillissement, et la physiopathologie
sert de limite conventionnelle entre les étages glottique et de cette déformation ne sont pas connues, de même que la raison de
sous-glottique. sa prédilection pour le côté gauche [62].
Sur la coupe passant par le plan médioglottique, la filière aérique
est rétrécie transversalement. En phonation, elle se prolonge ¶ Appendice ventriculaire ou saccule
latéralement entre plis vestibulaires et vocaux par les clartés La muqueuse collabée de ce prolongement ventriculaire est parfois
ventriculaires. visible sur plusieurs coupes, sous forme d’une densité linéaire dont

17
32-605-A-10 Larynx normal Radiodiagnostic

*
C

*
A *
B

*
D *
E *
F

*
G *
H *
I

18 Vues axiales. Coupes en IRM T1 de 4 mm étagées de haut en bas (même sujet que la figure 10). L’ossification des cartilages laryngés est très avancée, ce qui permet de les iden-
tifier facilement : médullaire de signal intense cernée d’un liseré cortical de signal faible. Quelques reliquats de cartilage calcifié sont en hyposignal. Sur ces coupes en respiration,
la lumière laryngée est large, les reliefs latéraux aplatis transversalement et l’hypopharynx en grande partie collabé (cf tableau I).
A. Plan de l’os hyoïde.
B. Partie haute du vestibule laryngé (le corps de l’os hyoïde est encore visible en avant). Larynx en avant et hypopharynx en arrière communiquent largement.
C. Partie moyenne du vestibule. Les lames thyroïdiennes sont séparées en avant. Les plis aryépiglottiques convergent, isolant le vestibule laryngé de la voie digestive. La graisse
pré-épiglottique et paralaryngée est abondante.
D. Partie inférieure du vestibule. Étage des plis vestibulaires. En avant, les lames thyroïdiennes s’unissent à angle aigu. La loge hyo-thyro-épiglottique est très réduite en avant
du pied de l’épiglotte. Latéralement, en dehors des plis vestibulaires, le signal graisseux de l’espace paralaryngé est prépondérant. Le plan musculaire est très fin. En arrière, le
sommet non ossifié des aryténoïdes se distingue difficilement des muscles aryténoïdiens.
E. Plan des ventricules : la base triangulaire des aryténoïdes est visible. Sur ces coupes en respiration, les ventricules eux-mêmes ne sont pas visibles, et latéralement le signal
est intermédiaire par effet de volume partiel entre plis vestibulaires graisseux et plis vocaux musculaires.
F. Plan glottique : en avant, l’angle des lames thyroïdiennes commence à s’arrondir. En arrière, la base triangulaire des aryténoïdes a son maximum d’épaisseur et s’articule
avec le sommet de la lame cricoïdienne. Tous les cartilages laryngés sont visibles dans ce plan. Les muscles vocaux confèrent un signal très faible aux plis vocaux.
G. Partie inférieure de la glotte : le cartilage thyroïde est arrondi en avant. Le cricoïde s’élargit en arrière, et seule la pointe des processus vocaux aryténoïdiens est encore vi-
sible. Les plis vocaux ont toujours un signal faible. Comme sur les deux coupes sus-jacentes, leur apparente asymétrie d’épaisseur est due à un artefact de déplacement chi-
mique.
H. Partie haute de la sous-glotte, de forme ovalaire, dans le plan des articulations cricothyroïdiennes. Le cricoïde est encore ouvert en avant.
I. Partie basse de la sous-glotte, de forme arrondie. L’anneau cricoïdien est complet.

on suit le trajet oblique en haut et en arrière dans la graisse de l’espace d’air, surtout en phonation et en Valsalva. La limite entre saccule
paralyngé, à la limite avec la loge HTE, en regard des plis vestibulaires normal et laryngocèle varie selon les auteurs. Pour Micheau et al [56],
puis des plis aryépiglottiques (fig 15A, B). Parfois, ils se remplissent elle est pour une profondeur supérieure à 10 mm (fig 21A).

18
Radiodiagnostic Larynx normal 32-605-A-10

*
B *
C

*
A

19 Vues sagittales en tomodensitométrie : reconstructions de dedans en dehors (cf tableau I).


A. Plan sagittal médian en apnée type suspension de la respiration, glotte ouverte (même patient que fig 13B) :
bonne visibilité du pied de l’épiglotte et des commissures. La graisse de la loge pré-épiglottique est traversée de tra-
vées fibreuses denses qui prolongent parfois la membrane hyoépiglottique sur la ligne médiane, réalisant une ébau-
che de cloisonnement, qui reste partiel.
B. Phonation U (même patient que fig 12 et 13A). Bord libre du pli vocal, qui, plus large que le pli vestibulaire, vient
plus près de la ligne médiane.
C. Phonation U (même patient que fig 12 et 13A). Ventricule.
D. Phonation U (même patient que fig 12 et 13A). Fond du ventricule et aryténoïde.

*
D

20 Coupes sagittales en imagerie par résonance magnétique


T1 (même sujet que fig 10 et 15) (cf tableau I).
A. Médiane : en respiration, bonne visibilité des structu-
res médianes. La membrane hyoépiglottique, linéaire de
signal très faible, se distingue entre graisse pré-
épiglottique et base de langue bombant dans les vallécu-
les. À noter le centre d’ossification à mi-hauteur de la
crête médiane du cricoïde (le reste de la lame est déjà os-
sifié).
B. Latérale, passant par l’articulation cricothyroïdienne.

*
A *
B

¶ Variations d’épaisseur des muscles et de la muqueuse larynx, notamment les espaces graisseux et les cartilages. Pour ces
derniers, il est important de bien tenir compte des variantes possibles de
En fonction de leur degré de contraction ou d’étirement (fig 15E, F, G),
leur aspect pour affirmer leur caractère pathologique éventuel. Les
les variations sont surtout marquées pour la région aryténoïdienne
progrès des acquisitions hélicoïdales permettent aussi des
et la commissure postérieure.
reconstructions de qualité dans les autres plans et une étude dynamique
plus facile qu’en mode séquentiel.
Conclusion
L’IRM permet l’exploration directe dans tous les plans de l’espace. Elle
Le larynx est un ensemble anatomique et fonctionnel qui nécessite donc donne un meilleur contraste au niveau des parties molles. Mais elle ne
une étude à la fois morphologique (statique) et dynamique. peut pas être réalisée chez tous les patients et l’équipement en France
L’exploration classique par clichés de profil et tomographies frontales a est encore limité.
été abandonnée au profit de l’imagerie en coupes. Le choix entre ces deux techniques est donc surtout fonction des
La TDM a, la première, permis l’étude dans le plan axial. Elle a surtout disponibilités locales, car leurs performances sont équivalentes, sous
permis un grand progrès dans l’exploration des régions profondes du réserve de la compétence des utilisateurs.

Figures 21, 22, 23 et Références➤

19
32-605-A-10 Larynx normal Radiodiagnostic

*
B

*
A *
C

*
D

21 Vues frontales : reformations tomodensitométriques d’avant en arrière (deux pa- C. Coupe passant par la margelle laryngée, avec latéralement la partie antérieure des ré-
tients différents en A et C en apnée type Valsalva, B et D en phonation U) (cf tableau I). cessus piriformes de l’hypopharynx. Les murs pharyngolaryngés sont silhouettés par
A. Coupe antérieure. La graisse est abondante au centre dans la loge hyo-thyro- l’air de part et d’autre.
épiglottique qui est divisée par des prolongements du ligament hyoépiglottique. D. Partie postérieure de la région aryténoïdienne et de la sous-glotte. Au-dessus, ves-
Latéralement, la graisse paralaryngée est disséquée par des petites laryngocèles tibule laryngé et hypopharynx communiquent. L’expansion des sinus piriformes est li-
internes. mitée en bas par la présence des articulations cricothyroïdiennes : leur fond se situe
B. Coupe médioglottique en phonation : les ventricules sont bien visibles. Le bord juste au-dessus, entre lames thyroïdiennes et aryténoïdes. Ces derniers sont fortement
libre des plis vocaux est plus haut que le plancher des ventricules. Les plis vesti- calcifiés, alors que la partie postérieure des lames thyroïdiennes est ossifiée. L’ossifica-
bulaires sont étirés. La graisse sus-glottique est moins abondante. tion du cricoïde s’étend de haut en bas, de façon superficielle, englobant un reliquat car-
tilagineux central inférieur calcifié.

*
A *
B *
C

22 Vues frontales en IRM T1, d’avant en arrière (cf tableau I). L’abondance des plans graisseux de signal intense à
l’étage sus-glottique contraste avec le signal très faible des muscles vocaux dans le plan glottique, permettant ainsi de si-
tuer les ventricules malgré leur collapsus. L’épaisseur de cette graisse sus-glottique diminue vers l’arrière. Les cartilages
largement ossifiés sont bien visibles grâce au signal élevé de leur médullaire (même sujet que figures 10, 18, 20). Les quel-
ques reliquats calcifiés, en hyposignal, étaient également de signal très faible en T2

*
D

20
Radiodiagnostic Larynx normal 32-605-A-10

23 Asymétrie de courbure des lames thyroïdiennes (cf tableau I). Convexité médiale à gauche, avec bombement de la
bande ventriculaire en regard et collapsus du sinus piriforme. L’angle des lames thyroïdiennes est très fermé.

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