100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
116 vues10 pages

719 Plantes Aromatiques Et Medicinales 2022

Le document décrit la filière des plantes aromatiques, médicinales et à parfum en France. Il présente les différentes catégories de plantes, les surfaces cultivées et leur évolution, les principales zones de production, ainsi que certains prix des huiles essentielles.

Transféré par

Mike Metz
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
116 vues10 pages

719 Plantes Aromatiques Et Medicinales 2022

Le document décrit la filière des plantes aromatiques, médicinales et à parfum en France. Il présente les différentes catégories de plantes, les surfaces cultivées et leur évolution, les principales zones de production, ainsi que certains prix des huiles essentielles.

Transféré par

Mike Metz
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

40, rue des Fossés - 58290 MOULINS-ENGILBERT

Tél. 03 86 85 02 10
[Link] : cerd@[Link] - site : [Link]

PLANTES AROMATIQUES
ET MEDICINALES
Des marchés difficiles et confidentiels
I - DE QUOI PARLE-T-ON ?
Les plantes médicinales sont des plantes qui renferment, dans un ou plusieurs organes, une ou
plusieurs substances ou principes actifs à usage thérapeutique.
Les plantes aromatiques sont des plantes qui apportent des arômes, relevant un mets ou une
boisson. Elles sont utilisées pour un usage alimentaire. On parle d’épices uniquement pour les
plantes exotiques.
Les plantes à parfum sont des plantes dont on extrait des produits odorants (essences, baumes,
résines…) utilisés en parfumerie.
Cette différenciation n’est pas toujours nette, puisque de nombreuses plantes peuvent appartenir à
plusieurs catégories. A titre d’exemples, la menthe, la mélisse ou la lavande sont utilisées aussi bien
en parfumerie et en pharmacie qu’en alimentaire. Ces plantes sont dites ambivalentes.
Cette filière recouvre une très grande diversité de produits puisque 1 200 plantes sont utilisées en
homéopathie et 600 en pharmacopée française, et que 148 ont des utilisations alimentaires ou
hygiéniques non médicamenteuses.
Les plantes à parfum, aromatiques et médicinales peuvent être classées en deux catégories selon
leur destination :
− les plantes consommées en l’état, fraîches, surgelées ou séchées,
− les plantes transformées par les industries pharmaceutiques (homéopathies,
aromathérapies, phytothérapies…), de parfums et cosmétiques ou agro-alimentaires.
Cette seconde catégorie recouvre une grande diversité des modes de transformation : huile
essentielle et hydrolat, ou extraits aqueux, alcooliques ou gras obtenu par macération.
II - LE CONTEXTE
2.1. La production en France
Face à un marché globalement porteur, les surfaces des PPAM ne cessent de progresser,
présentant un taux de croissance de plus de 32 % entre 2017 et 2021 (données PAC).
Le chiffre d’affaires du secteur des plantes aromatiques en 2020 est de 2 754 000 €, les 11 plantes
les plus représentatives représentent 89 % du chiffre d’affaires (fenouil, sarriette, herbes de
Provence, origan, romarin, persil, menthe douce, thym, coriandre, basilic). Pour le secteur des
plantes médicinales, le chiffre d’affaires est de 3 659 000€, les plantes qui dominent par leurs valeurs
commerciales sont la mélisse et le hêtre. Le chiffre d’affaires du secteur des plantes à parfum s’élève
à 19 900 000 € en 2020. (Filières plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Panorama 2020 –
FranceAgrimer Novembre 2021).
Ces productions génèrent 30 000 emplois directs et indirects (France Agrimer).
On dénombre plus de 150 espèces cultivées. Parallèlement, le secteur de la cueillette (ramassage
de plantes non cultivées) représente 3 000 tonnes de plantes sèches pour plusieurs centaines
d’espèces (reine des prés, bouleau, frêne, tilleul, gentiane…) cueillies par environ 1 000 cueilleurs
(ECOCERT).
Dont superficies en
NOMBRE
ANNEE SUPERFICIES Agriculture
D’EXPLOITATIONS
Biologique
1988/1989 3 954 21 334 ha Non communiqué
2005 3 800 33 000 ha 2 300 ha
2010 4 800 37 500 ha 3 800 ha
2018 5 287 53 237 ha 8 784 ha
2020 6 098 64 132 ha 11 721 ha
2021 6 527 67 513 ha

Document « Diversifier… ? » de Bourgogne-Franche-Comté – Décembre 2022 113


40, rue des Fossés - 58290 MOULINS-ENGILBERT
Tél. 03 86 85 02 10
[Link] : cerd@[Link] - site : [Link]

Pour l’ensemble des PPAM, les surfaces ont augmenté de plus de 32 % depuis 2017. (Filières
plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Panorama 2020 – France Agrimer Novembre 2021) :
- Les plantes à parfum (lavandin, lavande, sauge sclarée), avec 37 897 ha en 2021
représentent 56,1 % de l’ensemble des surfaces de la production de PPAM. Ces cultures se
localisent principalement dans le sud-ouest de la France, notamment sur 3
départements (Alpes de Haute Provence, Drôme et Vaucluse). Depuis 2017, de nouvelles
zones de production apparaissent, y compris sur des territoires très éloignés de la zone dite
traditionnelle du sud est de la France (par exemple la région Centre Val de Loire), toutefois
ces surfaces qui ont doublé en 2018 restent faibles (170 ha).
- Les plantes médicinales (pavot oeillette, gingko biloba) sont produites sur 19 972 ha en 2021
principalement dans le nord et l’ouest. Traditionnellement situées en Champagne Ardenne
et en Aquitaine, la culture du pavot (13 000 ha) est totalement intégrée à travers des contrats
avec l’industrie pharmaceutique. Le caractère aléatoire de la cueillette (disponibilité de la
main d'œuvre, quantités de plantes présentes, absence de mécanisation, raréfaction des
sites,…) oriente l'approvisionnement en plantes médicinales vers les plantes cultivées. Une
telle orientation représente un avantage pour les laboratoires qui cherchent à sécuriser leurs
approvisionnements. Le Massif Central reste une zone de cueillette importante.
- Les plantes aromatiques (persil, coriandre, estragon, thym, menthe, origan…) sont produites
sur 9 644ha. Les zones de production ne sont pas les mêmes selon les plantes, le basilic est
principalement concentré dans la Drôme, le thym essentiellement en Provence, le persil
concentré en majorité en Bretagne et dans le Bassin parisien. Les Pays de la Loire et le
Centre Val de Loire accueillent la plupart des productions de menthe. Début 2018 est paru
un arrêté relatif à l’IGP Thym de Provence, avec ce label, les producteurs espèrent pouvoir
se distinguer sur les marchés vis-à-vis des productions concurrentes en provenance des
pays nord-africain et d’Europe de l’Est.

Les Principaux bassins de productions de PPAM en France en 2021


(Source : France Agrimer et Déclaration PAC)
Au niveau de la production, il faut noter une croissance régulière de la production de plantes
aromatiques, médicinales et à parfum en agriculture biologique depuis les années 2000.
Document « Diversifier… ? » de Bourgogne-Franche-Comté – Décembre 2022 114
40, rue des Fossés - 58290 MOULINS-ENGILBERT
Tél. 03 86 85 02 10
[Link] : cerd@[Link] - site : [Link]

En 2020 les surfaces cultivées en PPAM bio s’élèvent à 9 047 ha certifiés bio et 2 674 ha en
conversion. La surface globale représente 18 % des surfaces totales de PPAM en France. On
dénombre actuellement une trentaine de groupes économiques de producteurs de PPAM
biologiques répartis sur 8 régions. La surface moyenne par exploitation de PPAM bio en Bourgogne
Franche-Comté est de 1,4 ha. (Filières plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Panorama
2020 – France Agrimer Novembre 2021).
Exemple de prix constatés de certaines huiles essentielles en 2022(source; Biolandes et
France Agrimer)
Plantes Prix
de population Jusqu’à 230 €/kg (120 €/kg en conventionnel)
Lavande
Clonale Jusqu’à 100 à 110 €/kg 70 à 80 €/kg en conventionnel)
Grosso 21€/kg (15 €/kg en conventionnel)
Abrial 35€/kg (25 €/kg en conventionnel)
Lavandin Super 35 €/kg (23 à 25 €/kg en conventionnel)
Sumian Jusqu’à 40 €/kg (17€/kg en conventionnel) 17 CONV ;
pas d’intérêt en BIO
Sauges sclarée et officinale 200 €/kg (125 €/kg en conventionnel) ,
Thyms à chémotypes thuyanol et linalol 320 à 540 €/kg 500 BIO
Thyms à chémotype thymol 115 €/kg pas d’infos
Menthe poivrée 100 à 125 €/kg pas d’infos
Coriandre (10 % de la surface) 160 €/kg pas d’infos
PRODUCTIONS DE PLANTES AROMATIQUES, MEDICINALES ET A PARFUM
EN FRANCE METROPOLITAINE (ITEIPMAI ; CPPARM ; France Agrimer Novembre 2021)
ESPECES CULTIVEES SUPERFICIE
Pavot 10 000 ha
Camomille 316 ha
Plantes médicinales Mélisse 260 ha
Artichaut 250 ha
Chardon Marie 300 ha
Lavande et Lavandin 33 094 ha
Plantes à parfum Sauge 3 400 ha
Hélichryse 800 ha
Persil industriel 1 428 ha
Thym 955 ha
Plantes aromatiques Estragon 221 ha
Basilic 209 ha
Fenouil 632 ha

2.2. La réglementation sur la commercialisation


Longtemps la réglementation française a restreint l’utilisation des plantes médicinales au seul
secteur pharmaceutique. Depuis quelques années, la réglementation a évolué de façon probante.
Depuis août 2008 (décret n°2008-841 du 22 août 2008), 148 plantes inscrites à la pharmacopée
française sont sorties du monopole pharmaceutique et peuvent être désormais vendues librement,
mais sans indication ou allégation thérapeutiques.
Les compléments alimentaires sont des denrées dont le but est de compléter le régime alimentaire
normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou de substances ayant un effet
nutritionnel ou physiologique. Ils sont commercialisés sous forme de doses (gélules, comprimés,
sachet de poudre, ampoules…). La directive européenne de 2002 sur les compléments alimentaires
et le décret français de 2006 qui a suivi, ont permis de définir très précisément ce qui était et ce que
pouvait contenir ou non un complément alimentaire. L’arrêté du 24 juin 2014 dresse la liste des 546
plantes pouvant être utilisées dans les compléments alimentaires. Pour 229 d’entre elles, des
restrictions d’usage ou d’étiquetage ou des dosages de substance à contrôler sont précisées. Des
obligations sont définies par ce décret pour mieux maîtriser la qualité des compléments : données
sur les plantes, sur le procédé de transformation et sur la préparation elle-même. En outre, le
fabriquant doit pouvoir démontrer l’innocuité de sa préparation.
Document « Diversifier… ? » de Bourgogne-Franche-Comté – Décembre 2022 115
40, rue des Fossés - 58290 MOULINS-ENGILBERT
Tél. 03 86 85 02 10
[Link] : cerd@[Link] - site : [Link]

Les huiles essentielles et hydrolats ne sont pas reconnus comme produits multi-usages par le
législateur. Le producteur doit donc définir leur orientation sur le marché : arôme alimentaire,
complément alimentaire, cosmétique, médicament, produit biocide… Par défaut, les huiles
essentielles non biologiques sont considérées comme des substances dangereuses. Les huiles
essentielles biologiques sont quant à elles considérées par défaut comme arômes alimentaires, à
condition qu’elles soient reconnues comme alimentaire par leur présence dans le livre bleu des
substances aromatisantes et sources naturelles de matières premières aromatisantes du Conseil de
l’Europe.
En outre, les huiles essentielles tombent sous le coup de la réglementation REACH, qui a pour objet
de protéger le consommateur des produits chimiques potentiellement dangereux. Les analyses et
les données à fournir pour enregistrer une huile essentielle ne sont pas adaptées à un produit dont
la composition est éminemment variable. Le coût et les contraintes qui en découleraient sont
économiquement disproportionnés. Cela deviendrait un vrai handicap face à la concurrence des
molécules de synthèse. Des négociations sont en cours entre les organisations professionnelles et
le gouvernement pour adapter cette réglementation.
Pour vendre des produits cosmétiques, un producteur doit respecter la réglementation en matière
de cosmétique (directive 76/768/CEE, directive 2003/15/CE. Règlement CE 1223/2009 appelé
règlement cosmétique)). Les locaux de fabrication doivent être conçus, construits et utilisés de façon
à assurer la protection du produit, de permettre une maintenance, un nettoyage et si nécessaire une
désinfection, efficaces et enfin de minimiser le risque de mélange de produits, de matières premières
et articles de conditionnement. De nombreuses démarches sont aussi à assurer :
- Déclaration de l’établissement fabricant auprès de l’Agence Nationale de Sécurité du
Médicament et des Produits de Santé (ANSM),
- Respect de bonnes pratiques de fabrication définies par la norme NF EN ISO 22716,
- Diplôme requis (vétérinaire, toxicologue, …) pour la personne en charge de l’évaluation de
la sécurité (arrêté du 25 février 2015),
- Constitution du dossier d’information sur le produit (DIP), selon l’annexe I du règlement
1223/2009 du 30/11/2009, relatifs aux produits cosmétiques.
- Notification électronique sur le portail européen CPNP (Cosmetic products notification
portail).
Il est néanmoins possible de s’appuyer sur un prestataire pour faciliter ces démarches.
2.3. Les filières en France
La grande diversité des plantes, des procédés de transformation et des débouchés explique la
grande diversité des acheteurs de PPAM : négociant, coopérative, laboratoire… Beaucoup de
producteurs se regroupent pour peser face à ces acteurs. Une vingtaine d’organisations de
producteurs ont été recensées sur le territoire national. Elles rassemblent 50 % de la production
nationale. Le contexte de commercialisation est de plus en plus aléatoire. La disparition des petites
sociétés au profit d’importants groupes nationaux ou internationaux amplifie l’emprise sur le marché
de quelques grossistes qui imposent leurs conditions. Si le producteur choisit de vendre directement
aux laboratoires, il est préférable qu’il signe un contrat avec eux.
2.4. Commerce mondial et concurrence
Le secteur des PPAM est internationalisé. Les producteurs doivent faire face à plusieurs types de
concurrence :
− entre bassins de production français,
− avec les bassins de production étrangers ayant de faibles coûts de main d’œuvre
(Allemagne et Pologne pour les aromatiques surgelées, Bulgarie et Ukraine pour la
lavande),
− avec les molécules de synthèse,
− avec les grandes cultures (pour le lavandin)
− avec l’urbanisation (pour les herbes aromatiques méditerranéennes)
La production française a plusieurs atouts :
− sa qualité est reconnue,
− tous les acteurs de la filière sont présents sur place et travaillent ensemble,
− une bonne productivité.
Document « Diversifier… ? » de Bourgogne-Franche-Comté – Décembre 2022 116
40, rue des Fossés - 58290 MOULINS-ENGILBERT
Tél. 03 86 85 02 10
[Link] : cerd@[Link] - site : [Link]

Les importations de plantes sont en croissance (+51 % en volume) et atteignent 49 420 tonnes en
2020.
Les premiers pays où la France s’approvisionne sont la Chine, l’Inde, l’Allemagne, les Pays-Bas et
l’Espagne.
Cependant la France est déficitaire au niveau du commerce extérieur : les exportations sont en perte
de vitesse depuis plus de 10 ans (- 30 % en volume entre 2010 et 2020).
Les consommateurs français sont de plus en plus attirés par les produits contenant des molécules
naturelles : médecines douces, produits de beauté, aliments diététiques... Mais ce phénomène est
sans effet positif sur la production des plantes aromatiques et médicinales pour deux raisons : d’une
part, le marché de l’Union Européenne n’est pas organisé et d’autre part, les produits français sont
fortement concurrencés par des productions venant de pays à faible coût de main d’œuvre.
La demande est forte et en augmentation en France, et elle est particulièrement soutenue en huiles
essentielles biologiques et en plantes sèches locales pour l’herboristerie. Les conventions entre
producteurs et coopératives se multiplient.
Les produits recherchés par les consommateurs sont de plus en plus élaborés : gélules, infusettes…
La production française ne peut se développer qu'en offrant des produits de qualité supérieure
répondant à la demande des consommateurs (en Agriculture Biologique).
La vente directe nécessite de bien maîtriser la transformation et la commercialisation des produits,
et de proposer une gamme étendue. Il existe des cahiers des charges privés (syndicat des Simples,
Nature et progrès, Démeter…) qui permettent de se différencier d’une offre standard.
Enfin, il existe une concurrence avec les molécules de synthèse (surtout utilisées dans le secteur
pharmaceutique) et dans la parfumerie fonctionnelle (lessives…), disponibles régulièrement et de
qualité constante. On note cependant que le secteur de la parfumerie achète de plus en plus de
produits naturels.
Les enjeux de la filière sont :
− Aller vers une meilleure organisation des producteurs pour assurer la qualité et les
quantités demandées par les acheteurs, et peser dans les négociations commerciales
− La pression croissante liée à la réglementation : REACH, étiquetage des allergènes en
cosmétique, vente de plantes non autorisées sur les marchés, allégation santé par les
producteurs
− Développer la capacité à produire de façon écologique pour se différencier des
importations et faire face à la limitation des désherbants chimiques
− Tirer parti des savoir-faire et de l’image de qualité des produits français dans la
parfumerie, l’extraction et la cosmétique en construisant une stratégie commune aux
producteurs, transformateurs et laboratoires)
III - TECHNIQUES
Le choix des espèces et des variétés doit intégrer plusieurs contraintes :
− la demande des clients, en terme d’espèces, de quantité, de variété et de qualité des
produits (gustative, visuelle, richesse en substance chimique),
− les contraintes pédo-climatiques (la présence naturelle des espèces est le meilleur
indicateur de leur adaptation possible),
− le matériel et la main d’œuvre disponible.
Le choix de la parcelle
Pour une production en AB, le producteur doit prévoir une parcelle éloignée des cultures
conventionnelle ou une protection physique contre les contaminations (haie, fossé).
La préparation du sol doit être soignée pour limiter le travail de désherbage. Labour ou sous-solage
pour les plantes vivaces permet de limiter le compactage du sol. Un passage en été permet de
détruire les vivaces et un faux semi avant la plantation diminue le stock de graines d’adventices.
La fertilisation
Les PPAM pérennes et « à graines » sont globalement peu exigeantes. Les exports doivent
néanmoins être compensés et les besoins sont mal connus.
L’approvisionnement en plants se planifie 6 mois à un an en avance afin de s’assurer un
approvisionnement de bonne qualité technique et variétale.

Document « Diversifier… ? » de Bourgogne-Franche-Comté – Décembre 2022 117


40, rue des Fossés - 58290 MOULINS-ENGILBERT
Tél. 03 86 85 02 10
[Link] : cerd@[Link] - site : [Link]

La plantation est à réaliser hors des périodes de gel. Elle est grandement facilitée par l’irrigation.
Elle peut être mécanisée grâce à des planteuses à pince de type maraichère. Les distances de
plantation sont à moduler en fonction du matériel présent sur l’exploitation. On passe ainsi d’un
rythme de plantation de 500 à 1000 plants par jour pour une personne à 1000 plants par heure pour
3 personnes. Selon les surfaces à implanter, planter à la main peut être plus économique ou
inévitable pour ne pas perdre des plants dans l’attente de conditions favorables à la plantation.
L’irrigation est importante lors des plantations et des semis. Elle est ensuite plus ou moins
nécessaire en fonction de l’espèce.
Le désherbage doit absolument être maîtrisé, surtout lors de la plantation et de la récolte. Il
conditionne la durée de vie de la culture et la qualité du produit fini. Il peut être limité par une bonne
préparation du sol et une gestion des précédents culturaux.
Les outils préventifs (herse étrille, bineuse à doigts…) permettent d’éliminer les plantules tandis que
les outils curatifs (bineuses, sarcleuses…) les arrachent à un stade plus avancé.
Le désherbage mécanique doit être complété par un désherbage manuel sur le rang. On compte.
100 à 200 heures de désherbage pour 1 ha par an, mais cela reste très variable selon les productions
(plantes annuelles, bi-annuelles, pérennes, ligneuses ou herbacées).
Les traitements
L’interdiction de nombreux produits phytosanitaires complique et rend plus coûteux les nouveaux
itinéraires techniques. Cette augmentation est moins sensible en AB. L’Iteipmai propose un
catalogue des produits phytosanitaires homologués sur les PPAM, commandable sur le site
internet : [Link]
La récolte
En fonction des surfaces, des espèces et des circuits de valorisation, la récolte est mécanisée ou
manuelle. Le matériel le plus répandu est de type récolteuse auto chargeuse. On utilise dans ce cas
du matériel ayant subi des modifications pour l’adapter à la culture concernée.
Le séchage
Pour obtenir une bonne qualité de produit, le séchage doit intervenir dans les heures suivant la
récolte. On compte environ 20 à 30 m² de séchoir /ha de plantes cultivées. Ainsi, 50 m² de séchoir
permet de traiter 15 ha de 5 espèces différentes quand les récoltes sont échelonnées dans le temps.
Il faut dimensionner le séchoir en fonction de l’espèce la plus critique (surface cultivée, volume,
nombre d’heure de séchage).
Les températures de séchage se situent idéalement entre 30 et 40°C pour ne pas altérer les plantes.
La distillation
La vapeur d’eau traverse les plantes et entraine les molécules. Celles-ci se condensent ensuite sous
forme de deux produits de densités différentes, qui se séparent donc naturellement : l’huile
essentielle et l’hydrolat.
La qualité des huiles essentielles dépendra de la pureté de la récolte et des conditions de récolte.
L’hydrolat peut être valorisé, réinjecté dans le circuit de refroidissement ou jeté.
Comme les substances actives de ces plantes sont issues de tissus sécréteurs généralement situés
souvent en surface, il faut prendre soin des plantes, de la mise en place jusqu’à la récolte, du
stockage à la commercialisation.
Les mises au point de techniques pour maîtriser les cultures et abaisser leur prix de revient se
heurtent à l’étroitesse des marchés, ce qui rend les expérimentations peu rentables (l'ITEIPMAI
poursuit des essais et apporte un appui aux producteurs sur ce sujet). Sur les marchés comme sur
le plan technique, un regroupement des producteurs semble nécessaire de façon à aborder des
marchés plus importants et à répartir les risques.
IV - ECONOMIQUEMENT PARLANT
Le choix des plantes à cultiver doit allier les disponibilités en main-d'œuvre, en surface, qualité de
sol, compétences techniques et demande des clients. Il est souvent préférable d'éviter des
investissements lourds en privilégiant une valorisation du matériel agricole dans le cas d'un atelier
complémentaire ou en investissant à plusieurs dans du matériel commun.
- Investissement
Le caractère fluctuant et aléatoire du marché des plantes médicinales nécessite une certaine
prudence vis à vis des investissements.
Document « Diversifier… ? » de Bourgogne-Franche-Comté – Décembre 2022 118
40, rue des Fossés - 58290 MOULINS-ENGILBERT
Tél. 03 86 85 02 10
[Link] : cerd@[Link] - site : [Link]

L’investissement est :
• limité si le travail se fait manuellement (prévoir alors beaucoup de main d’œuvre),
• important en cas de mécanisation des cultures (nécessite d’adapter le matériel),
• variable selon les quantités et la nature de ce qui est cueilli (séchoir, congélateur,
véhicule).
• Presque inexistant pour la cueillette mais certaines récoltes sont limitées dans le temps
(ex : floraison très courte), ce qui impose une main d’œuvre disponible rapidement.
- Coûts de production
Il existe très peu de données économiques sur les plantes aromatiques et médicinales étant donné
l’état actuel du marché et la variabilité des résultats obtenus selon le type de plante, les équipements
et/ou la mécanisation sur l'exploitation, la zone de production, le climat, ou encore la présence ou
non d’irrigation. La marge à l’hectare hors main d’œuvre se situe autour de 2 000 €/ha pour des
productions de thym, romarin, sarriette et origan… En grande culture avec un atelier de valorisation
sur l’exploitation agricole, la marge est beaucoup plus importante à l’hectare sur des systèmes de
production diversifiée (nombreuses variétés) avec une marge brute jusqu’à 10 fois supérieure.
Exemple COUT DE PRODUCTION POUR UNE CULTURE DE MELISSE BIOLOGIQUE
(Vente herboristerie) – chambre d’agriculture de Rhône Alpes 2015
Année 1 Année 2 Année 3 Année 4, Année 7 Année 8 Total
5 et 6 8 ans
Produits
Production de sommités séchées 400 800 1000 500 300 5 000
mondées en kg/ha (3 €/kg)
Produit de la commercialisation 1 200 2400 3000 1500 900 15 000
Aide/ha 250 440 440 440 440 440 3 337
Produit brut/ha 250 1640 2840 3440 1940 1340 18 337
Charges
Engrais de fond : 15 t de compost 225
à 15 €/t
Plants en racine nue (0,30 m sur 1 200
le rand et 1,6 m entre rang) =
15000 plants/ha à 0,08 €
Main d’œuvre plantation 230
mécanique (22 h/ha x 10,50 €/h)
Fertilisation organique 45-60-0 de 175 175 175 175 175
NPK, 500 kg/ha x 0,35 €/kg
Labour 4h/ha 54
Préparation superficielle 2 h/ha 20
Faux semi 2 h/ha 22
Epandage engrais1h/ha 23
Plantation mécanique 10h/ha 106
Désherbage 3h/ha 29
Epandage fertilisation 1h/ha 10 10 10 10 10
Désherbage mécanique 6h/ha 56 56 56 56 56
Arrachage et andainage des 83
souches 10 h
Entretien équipement 45 45 45 45 45 45
Séchoir autoconstruit 5000 € 500
amortis sur 10 ha
Récolte (coupeuse auto 100 100 100 100 100
chargeuse) 4 h/ha
Transport et chargement séchoir 100 100 100 100 100
Séchage et ventilation (0,3 €/kg 120 240 300 150 90
séché)
Battage en prestation (0,5 €/kg)
Entretien équipement 20 20 20 20 20
Charges de mécanisation 340 460 370 370 310
(20€/ha)
Charge main d’œuvre (14 €/h) 1120 616 616 616 616 896
Charges totales/ha 3075 1241 1361 1271 1271 1575 12 487
Marge brute avec aides - 1406 1466 2666 3266 1766 1166 15 456
Marge nette avec aides - 2825 400 1480 2020 670 - 234 5 850
Document « Diversifier… ? » de Bourgogne-Franche-Comté – Décembre 2022 119
40, rue des Fossés - 58290 MOULINS-ENGILBERT
Tél. 03 86 85 02 10
[Link] : cerd@[Link] - site : [Link]

Depuis 2021, l’inflation impacte grandement les coûts de productions : les engrais, les matériaux,
l’énergie, les emballages, la main d’œuvre… de nombreux postes augmentent. Le coût de l’énergie
augmente également, le Ministère de la Transition énergétique alerte : en 2023 les prix des marchés
du gaz et de l’électricité seront plus de 10 fois supérieurs à ceux de 2020. Afin d’assurer la viabilité
de l’activité, il est primordial de calculer les coûts de production et coût de revient et d’en tenir compte
pour fixer ou faire évoluer le prix de ses produits.
La distillation a un faible rendement et est peu rentable à petite échelle. Le séchage est moins
coûteux mais varie beaucoup selon la plante et le climat, de 0,30 à 3,10 €/kg sec.
La production de plantes aromatiques et médicinales doit être considérée comme une installation
agricole à part entière nécessitant un matériel adéquat (matériel de désherbage, de coupe et de
séchage,…).
Avant la création d’un atelier de production de plantes aromatiques et médicinales, il paraît
indispensable de faire l’analyse et le diagnostic des objectifs visés en terme de revenu (à court et
moyen terme), d’organisation de travail, de concurrence avec les autres ateliers existants, de
disponibilité de main d’œuvre, un état des lieux agro-climatiques (types parcelles,…) et des marchés
envisagés (concurrence, état de la filière par type de plantes et par débouché,…). Un nouveau
producteur ne bénéficiera pas forcément des marchés les plus intéressants car ces derniers sont
souvent exploités. C’est la raison pour laquelle il doit réaliser des stages afin de maîtriser la
production et de développer une bonne connaissance du marché.
Pour une même famille de plantes, il n'y a pas un mais plusieurs marchés variables selon la variété.
En effet il est possible de miser soit sur des quantités importantes à un prix faible avec une
mécanisation de la récolte, soit sur une qualité supérieure à un prix plus rémunérateur avec une
récolte manuelle et des conditions de conservation irréprochables.
Compte tenu de la réglementation du marché, de sa configuration et de sa grande réactivité, la
production de plantes médicinales s'avère difficilement envisageable sans appui à une structure de
collecte. Néanmoins, la structure de collecte ne lui confiera pas au démarrage les marchés les plus
intéressants. Avec la mise en place de contrat de vente et la professionnalisation de la filière vers
une production de plus en plus planifiée, la filière des plantes médicinales voit ses perspectives de
développement s'étendre.
La situation de la filière des plantes aromatiques est différente. Dans la mesure où la
commercialisation n'est pas soumise à une réglementation aussi stricte que pour les plantes
médicinales, les opportunités de vente directe sont plus nombreuses.
V - EN BOURGOGNE FRANCHE-COMTE
La culture du bourgeon de cassis pour la parfumerie et l’alimentation est traitée dans la fiche cassis.
Les autres PPAM de la région sont principalement des plantes aromatiques et médicinales. Une
soixantaine de producteurs sont en AB sur environ 480 ha en Bourgogne Franche Comté soit une
augmentation de plus de 173 % des surfaces entre 2014 et 2018 (Filières plantes à parfum,
aromatiques et médicinales. Panorama 2018 – France Agrimer Avril 2020). Cette activité est
principalement une activité complémentaire sur une exploitation de céréales, sapin de Noël ou
élevage.
La coopérative Plantes de Pays est active sur la Bourgogne et le Massif Central. Les autres
producteurs vendent directement aux négociants et laboratoires, ou aux consommateurs.
L’activité de cueillette est historique sur le territoire du Parc du Morvan, mais de plus en plus de
producteurs s’installent hors de cette zone.
Une association de producteur (l’herberie jurassienne) de PAM en Franche Comté a été créée en
2006 pour promouvoir la culture de PAM et essayer de structurer la filière.
Un GIEE a été créé par des producteurs de PPAM en BFC (animé par InterBio) courant 2021.
VI - LA FORMATION EST UTILE
CFPPA de Montmorot
514 avenue Edgar Faure – 39570 MONTMOROT - Tél. 03 84 87 20 02
[Link] : [Link]@[Link] site : [Link]
CFPPA de Nyons
2, avenue de Venterol - 26110 NYONS - Tél. 04 75 26 65 90
[Link] : [Link]@[Link] site : [Link]
Document « Diversifier… ? » de Bourgogne-Franche-Comté – Décembre 2022 120
40, rue des Fossés - 58290 MOULINS-ENGILBERT
Tél. 03 86 85 02 10
[Link] : cerd@[Link] - site : [Link]

Institut Supérieur International du Parfum, de la Cosmétique et l’Aromatique


Alimentaire
ISIPCA – 34-36, rue du Parc de Clagny - 78000 VERSAILLES - Tél. 01 39 23 70 00
[Link] : info@[Link] site : [Link]
Association pour le Renouveau de l’herboristerie (ARH) et Institut Français de
l’herboristerie
329 les Faurites– 07240 CHALENCON - Tél. 04 75 60 82 64
[Link] : contact@[Link] site : [Link]
Modules de formation pour transformation des plantes médicinales
VII - ADRESSES UTILES
FRANCE AGRIMER
12, rue Henri Rol-Tanguy/TSA 20002 - 93555 MONTREUIL-SOUS-BOIS CEDEX
Tél. 01 73 30 30 00
site : [Link]
Institut Technique Interprofessionnel des Plantes à Parfum, Aromatiques et
Médicinales (ITEIPMAI)
3 Belle Tête - Melay - 49120 CHEMILLE EN ANJOU- Tél. 02 41 30 30 79
[Link] : iteipmai@[Link] site : [Link]
Conservatoire National des Plantes Médicinales, Aromatiques et Industrielle (CNPMAI)
Route de Nemours - 91490 MILLY LA FORET
Tél. 01 64 98 83 77 Fax. 01 64 98 88 63
[Link] : contact@[Link] site : [Link]
Comité des Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales (CPPARM)
Les Quintrands – Route de Volx - 04100 MANOSQUE
Tél. 04 92 72 47 62 Fax. 04 92 72 72 09
[Link] : contact@[Link] site : [Link]
Fédération Nationale des Coopératives Agricoles de Plantes à Parfum, Aromatiques
et Médicinales (FNPAPAM)
Les Quintrands, Route de Volx, 04100 Manosque
Tél. 04 92 87 38 09
[Link] : contact@[Link] site : [Link]

Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé


Site de Saint Denis - 143/147, boulevard Anatole France - 93285 SAINT-DENIS CEDEX
Tél. 01 55 87 30 00
[Link] : insmp@[Link] site : [Link]

Herberie Jurassienne (groupement de producteurs de PPAM de Franche-Comté)


Rue de la cueille - 39170 Lavans-les-Saint-Claude
Tél: 09 72 65 86 61 site : [Link]
Coopérative Agricole SOCOFRUIT
Impasse Gillées - 21190 MERCEUIL
Tél. 03 80 21 47 88 Fax. 03 80 26 86 48
Contact : M. Baillard
SCA « Les Coteaux Bourguignons »
Contact : Vincent BERTRAND (Président)
15, rue des blés - 21700 NUITS SAINT GEORGES
Tél. 03 80 61 14 54 Fax. 03 80 61 30 56
[Link] : coteauxbourguignons@[Link]
SCA « PLANTES DE PAYS »
Contact : Bernard PREVAULT (Président)
5, rue des Batailles – 63260 AUBIAT
Tél. 04 73 97 60 58
[Link] : [Link]@[Link] Fax. 04 73 97 60 58
Document « Diversifier… ? » de Bourgogne-Franche-Comté – Décembre 2022 121
40, rue des Fossés - 58290 MOULINS-ENGILBERT
Tél. 03 86 85 02 10
[Link] : cerd@[Link] - site : [Link]

Pour en savoir plus...


- « Etat des lieux de la règlementation française s’appliquant à la vente directe des plantes
à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) » – France Agrimer – Aout 2018
- « Données et bilans. Filières plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Panorama
2020 » - France AgriMer, Novembre 2021.
- Guide technique de la cueillette des plantes sauvages - association SOLAGRO - 1990
- Guide CA26 : Plantes à Parfum Aromatiques et Médicinales édition 2016/2017 –
Commande Chambre d’Agriculture de la Drôme – Tel 04 27 24 01 53 - 51 €
- Fiches techniques - CPPARM
- Fiches techniques - 50 plantes aromatiques et médicinales – ITEIPMAI – 18 €
- La Grande Flore - Editions BELIN - G. BONNIER et R. FAURON – 1990
- La Vente directe des plantes aromatiques et médicinales – Synthèse réglementaire-
version avril 2019 : La vente directe des plantes Aromatiques et Médicinales - Synthèse
Réglementaire - Produire Bio ([Link])
- Réglementation de la vente directe de plantes aromatiques et médicinales – Guide à
destination des producteur-trices en circuits-courts, éditions SIMPLES- Le guide
réglementation PPAM ([Link])
- Fiches sur différentes plantes (Camomille, lavande, lavandin, mimosa, mélisse, origan,
safran, sarriette) Ressources PPAM biologiques - Chambre d'agriculture Occitanie (chambre-
[Link])

Document « Diversifier… ? » de Bourgogne-Franche-Comté – Décembre 2022 122

Vous aimerez peut-être aussi