J
J
3.1.3 Conjugaison
Définition
On appelle conjugué d’un complexe z d’écriture al- Les nombres complexes
gébrique z — a + ib le complexe ~z =f a — ib.
Si M est le point d’affixe z du plan géométrique, le
point M' d’affixe z est le symétrique de M par rapport
à l’axe des abscisses.
z = 2, z + z1 = z + z1 et z x z' — z x z'. L’ensemble C des nombres complexes est une extension de l’ensemble R. Il est muni de
deux opérations « + » et « x » prolongeant celles existant sur R et conservant leurs
On peut exprimer la partie réelle et la partie imaginaire d’un complexe z en fonction propriétés1.
de z et z : L’ensemble C ne peut pas être muni d’une relation d’ordre « intéressante2 » mais en
z — z
revanche C possède un élément, noté i, vérifiant i2 = —1. De plus, tout nombre complexe z
Re(z) = et Im(z) = — s’écrit de façon unique z — a + ib avec a et b réels.
Définition
Un nombre complexe z est réel si, et seulement si, z — z. Il est imaginaire pur si, et L’écriture z = a + ib est appelée forme algébrique
seulement si, ~z — — z. du complexe z. Les réels a et b de cette écriture dé-
finissent respectivement la partie réelle et la partie
imaginaire du complexe z.
3.1.4 Module On note
a = Re(z) et b = Im(z).
Définition
On appelle module d’un complexe z d’écriture algébrique z — a + ib le réel
3.1.2 Le plan complexe
\z\ =f Va2 + fr2 =
Dans la suite, on note P le plan géométrique rapporté à un repère orthonormé direct.
Si M est le point d’affixe z du plan géométrique, le module de z correspond à la lon- 1. On dit que l’ensemble C muni des opérations + et x est un corps.
gueur OM. 2. Intéressante dans le sens où celle-ci serait compatible avec les opérations sur C.
86 Chapitre 3. Les nombres complexes 3.1 Généralités sur les nombres complexes 85
Théorème 4
Pour tous 0 et 0' réels
______________________________ e[0e[0' =^0+0'\
On en déduit (e16>)n = em6> pour tout n G Z. En particulier,
J_=e-* = e'e.
eie
Module d’un nombre complexe et distance séparant deux nombres complexes.
3.1.6 Les complexes de module 1
Définition Le module permet de mesurer la distance d’un complexe au nombre 0. Plus généralement,
On note U l’ensemble des complexes de module 1 \z' — z\ définit la distance séparant deux nombres complexes.
1. Ou encore forme exponentielle. 1. S’ils sont non nuis, cela revient à dire que z et z' ont un même argument.
88 Chapitre 3. Les nombres complexes 3.2 Équations algébriques 87
Théorème 9 Théorème 7
Si ô est une racine carrée de A alors l’équation (E) possède deux solutions 1 Pour tous z et z' complexes non nuis
-b -S -6 + 5 arg(zz') = arg(z) + arg(z') [2t t ] et argf - ) = — arg(^) [2t t ] .
*1 = 2a---- el z2 = 2a---- •
La somme et le produit de ces solutions sont remarquables : On en déduit le calcul d’un argument d’un quotient ou encore d’une puissance entière.
b c
z-L + Z2 = — et Z1Z2 = -• 3.1.8 L’exponentielle complexe
a a
A l’inverse, si S et P sont deux nombres complexes, les solutions d’un système somme- Définition
produit On appelle exponentielle d’un complexe z d’écriture algébrique z — a + ib le nombre
fx + y — S z x exp z =f eaelb = ea(cos b + i sin 6).
< „ d inconnue (x, y) e C
[ xy = P v '
Puisque cette exponentielle prolonge l’exponentielle réelle et l’exponentielle imaginaire,
sont les couples constitués des deux racines de l’équation on écrit souvent ez au lieu de exp z.
z2 - Sz + P = 0.
Théorème 8
Pour tous z et z' complexes
3.2.3 Résolution de l’équation zn = 1
ez+* = e2ez et (ez = ez <=> z — z' e 2i?rZ).
Soit n un naturel non nul.
Définition On peut aussi observer ez = ez.
On appelle racine n-ième de l’unité tout nombre complexe z solution de l’équation
3.2 Équations algébriques
On note Un l’ensemble des racines n-ièmes de l’unité. 3.2.1 Racines carrées d’un complexe
Le nombre 1 est une racine n-ième de l’unité.
Le nombre —1 l’est uniquement quand n est pair. Définition
Le nombre i est une racine n-ième de l’unique lorsque n est un multiple de 4. || On appelle racine carrée d’un complexe Z tout complexe z dont le carré est égal à Z.
Le nombre j = e217r/3 vérifie j3 = 1, c’est une racine troisième de l’unité. A moins d’être nul, un complexe Z admet exactement deux racines carrées et celles-ci
sont opposées. Comme il n’est pas aisé de privilégier l’une par rapport à l’autre, on évite
d’utiliser la notation \[Z pour désigner 1 une des deux racines carrées de Z.
Théorème 10
Il existe exactement n racines n-ièmes de l’unité qui sont les 2
3.2.2 Résolution de l'équation az2 + bz + c = 0
uük — e"^“ avec k € [0 ; n — 1]. Soit a, b, c trois nombres complexes avec a 0. Pour résoudre l’équation
Les racines n-ièmes de l’unité sont les n sommets d’un polygone régulier inscrit dans le (E) : az2 + bz + c = 0
cercle trigonométrique.
d’inconnue z e C, on introduit le discriminant A = b2 — 4ac.
1. Ces deux solutions sont confondues lorsque A = 0.
2. On peut aussi introduire üü ^ = e21kn/n pour k G Z auquel cas on remarque = cl >£ si, et seulement 1. Sauf à signifier précisément la racine privilégiée, par exemple celle possédant un argument dans
si, k = t [n]. [0 ; t t [.
90 Chapitre 3. Les nombres complexes 3.3 Fonctions complexes d’une variable réelle 89
3.3.3 Continuité
Soit I un intervalle de R non vide et non réduit à un point.
Définition
Il Une fonction complexe définie sur I est dite continue lorsque sa partie réelle et sa
|| partie imaginaire le sont. n=4 n=5
Les opérations sur les fonctions continues déterminent des fonctions continues. Racines n-ièmes de l’unité pour les premières valeurs de n.
Si t i—> f(t) est une fonction complexe continue, les fonctions composées t i-> /(t),
11-> |/(£)| et sont aussi continues.
méthode Exercice 1
|| Un complexe est réel si, et seulement si, il est égal à son conjugué1.
Déterminer module et argument de z —-------
1—i
Puisque z est un complexe de module 1 on a z~z — 1 et donc ~z = 1/z. Par conséquent,
Solution
— / z+i \ ~z — i 1/z —i
Il serait maladroit d’exprimer z sous forme algébrique en multipliant par la quantité
~~ \iz 4-1J ~ -iz + 1 ” -i/z 4-1 * conjuguée : il convient plutôt d’étudier séparément numérateur et dénominateur.
En multipliant numérateur et dénominateur par iz méthode
Il Le module d’un quotient est le quotient des modules et un argument la diffé-
z=A±£ = 2±i=z. | rence des arguments.
1 4- iz iz 4- 1
Étudions z\ = \/3 + i. On a |zi|2 = 3 -F 1 = 4 et donc |^i| = 2.
Le nombre Z est donc réel.
méthode
Exercice 3
Pour reconnaître un argument d’un complexe z, on l’exprime sous forme tri-
Soit 0 e R. Déterminer module et argument du complexe z — elé> 4-1. gonométrique en factorisant son module.
Solution On écrit
a /q i \
méthode +i 2 ) = ki|ei7r/6-
On fait apparaître la forme trigonométrique du complexe par factorisation de
(
rexponentielle imaginaire d’angle moitié. cos(f) Sin(f)
En factorisant z par e16>/2, on peut écrire un cosinus Ainsi, 7r/6 est un argument1 de z\.
On étudie de la même façon z<i = 1 — i. On a |z2| = et
z = (e^/2 + e-i0/2)eie/2 = 2cos(0 e^2.
/ A/o ./O \ ____
z2 = \z2\ -i j = l^|ei,r/4 = |z2| e“i7r/4.
Pour identifier module et argument, il reste à discuter selon le signe du cosinus.
Si cos($/2) > 0, l’écriture ci-dessus est la forme trigonométrique de z et donc cos(f) Sin(f)
Enfin, on recombine les exponentielles imaginaires, ici en cosinus, 3.4.2 Application à la trigonométrie
Exercice 5
Linéariser1 :
Exercice 6 (a) cos x sin2 x (b) cos2 x (c) cos a cos b.
Soit 6 G ]0 ; 2?r[ et n G N. Exprimer
Solution
n n
^ = 52 cos(A;0) et Sn = sin(&0). (a) méthode
Zc=O fc=o Pour linéariser une ligne trigonométrique comportant des produits de sinus
et cosinus, on exprime ceux-ci par les formules d’Euler, on développe puis on
Solution recombine les exponentielles imaginaires en sinus et/ou cosinus.
méthode Par les formules d’Euler
Cn et Sn sont la partie réelle et la partie imaginaire de Cn + iSn que l’on sait
eix _|_ e IX
calculer par sommation géométrique. cos x sin2 x =
2
Sachant cos(&0) + isin(fc0) = e1/e<9, on a en combinant les deux sommes
n n n On développe
Cn + iSn = y^(cos(A;0) + isin(fc0)) = y^elfe6> ~ ' eix /e2ix
_ eiæ _ e-iæ + e-3iæ
k=0 k=0 k=Q cos x sin x =----------------------
2 V
1. On peut aussi linéariser sin2 x à l’aide de la formule cos(2a) = 1 — 2 sin2 a.
2. De la même façon, on peut linéariser un produit de deux sinus. A l’aide des développements 1. Linéariser une expression trigonométrique consiste en la transformation de celle-ci en une combi-
de sin(a + b) et sin(a — 6), on peut aussi linéariser un produit d’un sinus par un cosinus. naison de cos et de sin où il ne figure plus de produits.
96 Chapitre 3. Les nombres complexes 3.4 Exercices d’apprentissage 95
Cas : n 7 1. La raison ü j est différente de 1 et l’on obtient1 Il s’agit alors de calculer une somme géométrique de raison q = e10 / 1
i(n+l)0 _ i
V z = —---- = 0 car üün = 1.
üj - 1 Cn + iSn — ---- —ï—
zeun eiy — 1
Cn + iSn = ein0/2
sin(|)
on achève le calcul
En identifiant la partie réelle et la partie imaginaire, on conclut
[ z = exp(i(n - 1» = (ei7r)” 1 = (-1)"-1
n0\ nO
Cn = cos et Sn = sin
TJ sin(l) T ™(f)
3.4.4 Équations algébriques
Ici, n = 3 et Z = 472(1 4- i). On peut écrire * La somme des racines n-ièmes de l’unité s’exprime
z./ô ./ô\ (V'"
1+1 - +4) = Æ”/‘ y/4
k=Q k=0
et donc Z = 8e17r/4.
En considérant la racine cubique du module et le tiers d’un argument, on forme une On reconnaît une somme géométrique de raison w — e2i7r/n, On poursuit le calcul en
solution particulière z§ — 2e17r/12. étudiant si celle-ci est ou non égale à 1.
1. En particulier, la somme des racines troisièmes de l’unité est nulle ce qui s’exprime 1 +J2 = 0 1. Ou, au choix les entiers allant de 1 à n. Plus généralement, on obtient l’intégralité des ra-
avec j = e217r/3. cines n-ièmes de l’unité en faisant parcourir à k un ensemble de n entiers consécutifs.
98 Chapitre 3. Les nombres complexes 3.4 Exercices d'apprentissage 97
équations donne y2 = 1 donc y = ±1. Enfin, la deuxième équation du système détermine L’équation étudiée s’écrit alors z3 = Zq (avec z q 0), elle équivaut à l’équation
la liaison entre les choix des signes de x et y. Finalement, J = 3 — i est racine carrée de A.
On peut alors achever de résoudre l’équation initiale. Ses solutions sont
-b-S -b + ô A .
—---- = 1 + 2i et —----- =4 + i.
2a 2a Les solutions de l’équation z3 = 1 étant les racines troisièmes de l’unité 1, J et j2 (avec j
le complexe e217r/3), on peut conclure que les solutions de l’équation posée sont
(b) Il s’agit d’une équation du second degré aZ2 + bZ -F c = 0 en l’inconnue Z = z2.
On introduit le discriminant A = b2 — 4ac = 5 — 12i. Comme au-dessus, on détermine zq = 2e17r/12, z\ = = 2e137F//4 et z^ — zqj2 = 2e1177r/12.
une racine carrée ô de A : 6 = 3 — 2i. On peut alors exprimer les solutions de l’équation
en l’inconnue Z : Exercice 9
—b + ô -b — 6 o A,
—7» — 2i — — —3 + 4i. Soit 0 € R. Résoudre dans C l’équation z2 — 2cos(#)z +1 = 0.
2a 2a
Par de nouvelles extractions de racines carrées, on peut former la liste des solutions de Solution
l’équation étudiée
C’est une équation du second degré de discriminant A = 4 cos2 0 — 1 = —4sin2 0.
1 4- 2i et — (1 + 2i).
méthode
Exercice 11 || ô = 2isin$ détermine une racine carrée complexe de A.
Résoudre dans le champ complexe le système Les racines de cette équation (éventuellement confondues) sont (Th. 9 p. 88)
x+y = 1
1 1 o
—I — — 3
y
Exercice 10
Solution
Résoudre dans C, les équations :
Par réduction au même dénominateur le système étudié équivaut à un système somme-
(a) z2 — (5 + 3i)z + 2 + 9i = 0 (b) z^ + (3 — 6i)z2 — 8 — 6i = 0.
produit (d’inconnues x,y G C*)
x+y= 1 Solution
1 (a) C’est une équation du second degré de discriminant A = 8 — 6i. Il s’agit ensuite
— =3
xy ^=3- de déterminer une racine carrée ô de A.
méthode méthode
Les solutions d’un système somme-produit de somme S et de produit P sont Pour déterminer une racine carrée z d’un complexe Z exprimé sous forme al-
les couples formés des deux racines de l’équation z2 — Sz + P = 0. gébrique u+iè, on recherche z sous forme algébrique z = x + iy. On exprime un
On introduit l’équation du second degré système en les inconnues x et y en identifiant les parties réelles et imaginaires
dans l’équation z2 = Z. En y adjoignant l’équation |z|2 = |Z|, ce système
z2 - z + | = 0 devient facile à résoudre.
O
En écrivant J = x + iy (avec x et y réels) l’équation J2 = A détermine le système
de discriminant A = —1/3 dont une racine est à = i\/3/3. Les solutions de l’équation du
second degré sont ( x2 — y2 = 8
1 . v3 1 V3 [ 2xy = —6.
2-1T et 2+1V
Les solutions (æ, y) du système étudié sont alors les couples formés des deux valeurs On y adjoint une troisième équation |5|2 = |A|, c’est-à-dire x2 + y2 = 10. La somme de
précédentes. la première et de la troisième équation donne x2 = 9 donc x = ±3. La différence de ces
100 Chapitre 3. Les nombres complexes 3.5 Exercices d’entraînement 99
Solution Exercice 12 *
Déterminer le module et un argument de
méthode
On développe1 le carré d’un module par la formule z — 1 + \/3 + i(l — \/3).
Exercice 15 * Sachant Re(z) > 0, c’est la première expression qui convient et donc
Soit P = [z e C | Im(^) > 0} et f : P —> C l’application définie par
|z| = 2a /2 et arg(z) = [2t t ] .
/(s) =
M J z+i Exercice 13 *
Décrire l’ensemble des
(a) Montrer que f prend ses valeurs dans D = {z G C | |z| < 1}.
(b) Vérifier que tout élément de D possède un unique antécédent par f.
Solution Solution
(a) Soit z un élément de P d’écriture algébrique z — x + iy avec y > 0. On a méthode
| Les complexes de module 1 s’écrivent e16> avec 0 e R.
I fMl2 = ~ i!2 = æ2 + ~ X)2 On obtient tous les z parcourant U\ {—1} en considérant z = e16> avec 0 E ] — t t ; 7r[. Par
|7U| |2 + i|2 ^ + (y + l)2’
factorisation de l’exponentielle imaginaire d’angle moitié
Puisque y > 0, on a x2 + (y — l)2 < x2 + (y + l)2 donc |/(z)| < 1. Ainsi, la fonction f e16> — 1 ei0/2 ei6*/2 — e-i<9/2 2isin(|) ( Q\
prend ses valeurs dans D. eie + l eie/2 e^/2+e-ie/2 - 2cos(f) \2/
(b) Soit Z un élément de D. Pour déterminer les éventuels antécédents de Z, on résout Quand 0 parcourt l’intervalle ]—7r ; 7r[, les valeurs tan(#/2) parcourent l’intégralité de la
l’équation f(z) = Z. droite réelle. L’ensemble parcouru par Z est donc la droite iR des imaginaires purs.
1. On peut aussi calculer les modules en introduisant les parties réelles et imaginaires de a et b. 1. On peut aussi écrire z = 2(e-17r/3 4- e17r/6) et factoriser par l’exponentielle équilibrée e17r/12.
102 Chapitre 3. Les nombres complexes 3.5 Exercices d’entraînement 101
|ew - 1| = |eit/2||eit/2 -e-it/2| = |2isin(t/2)| = 2|sin(t/2)|. Sachant Z / 1 (car Z est élément de £>), on peut affirmer
méthode z+i .1 +Z
Z = 1i-z'
|| On sait1 l’inégalité sin x x pour tout x 0.
Cas : t 0. On obtient |e1Z: — 1| C 2t/2 = t. méthode
Cas : t < 0. On peut raisonner par conjugaison ou affirmer Il faut encore vérifier que cette solution est élément de F, pour conclure que
que l’inégalité |sinrc| |æ| est valable pour tout réel x. tout élément de D possède un unique antécédent par f.
Dans la figure ci-contre, l’inégalité s’interprète : « la corde On exprime la partie imaginaire de la solution précédente :
est plus courte que l’arc ».
t /-1 + Z\ t> M + 1/1 + Z 1 + Z\
Exercice 18 ** 1m i------- I = Kel ------- = - I--------- 1------- =
\i-zy \i -z) Re(z)=^ 2\i -z \ — z) |1-Z|
Soit a et b deux nombres complexes. Montrer
Finalement, / prend ses valeurs dans D et tout élément de D possède un unique
\a\ 4- \b\ \a + b\ + \a - b\ antécédent : f réalise une bijection de F vers D.
et préciser les cas d’égalité. Exercice 16 *
Soit f une fonction complexe dérivable définie sur un intervalle I. On suppose que
Solution
la fonction f ne s’annule pas, montrer que la fonction |/| : I —> R est dérivable et
méthode exprimer sa dérivée.
|| On étudie l’inégalité au carré.
Solution
D’une part,
(|a| + |6|)2 = |a|2 + 2 |a| |i>| + |6|2 . Pour tout t dans I, on peut écrire
méthode (|a + b| + |a - b|)2 - (|a| + |6|)2 = |a|2 - 2 |a| |6| + |b|2 + 2|a2 - b2|
Les deux inéquations s’apparentent à une comparaison |/(^)| /(|^|). En
= (|a| - |ô|)2 + 2|a2 - 62| > 0
exprimant f(z) par une somme, il suffit d’appliquer l’inégalité triangulaire !
(a) Par sommation géométrique, on peut écrire avec égalité si, et seulement si, a2 = b2 soit encore a = b ou a = —b.
Exercice 19 **
1 - zn+1
car z / 1. Soit a et b deux nombres complexes. Etablir
1—z
|a + &|2 (1 +|a|2) (1 + |6|2).
Par l’inégalité triangulaire
Préciser les cas d’égalité.
1 - zn+1 1-
, lzl ,
1 ! n+1 car |z|/l.
1-z Solution
Par l’inégalité triangulaire et la croissance de l’élévation au carré sur R+, on a
(b) Pour démasquer la somme définissant /, il suffit de faire la différence de deux + b\ (|a| + \b\^ — |a| + 2 |a| \b\ + |6|2 .
valeurs consécutives
méthode
1 - (k + l)zfe + kzk+1 1 — kzk 1 + (k — \}zk kzk 1 — ‘Ikz1^ + kzk+x
|| On exploite l’inégalité 2xy < x2 + y2 valable pour tous a?, y réels.
(1 - z)2 = (i-^)2
En prenant x = 1 et y — |a| |6|, on obtient 2 |a| \b\ < 1 + |n|2 |6|2 puis
On somme cette identité pour k allant de 1 à n et l’on obtient par télescopage
|a + 6|2 < 1 + |a|2 + |6|2 + |u|2 |6|2 = (1 + |a|2) (1 + |6|)2.
1 — (n + l)zn + nzn+1 -0 = '^kzk~1.
De plus, il y a égalité dans l’inégalité si, et seulement si, il y a égalité lors des deux
k=l
inégalités utilisées :
On peut alors conclure comme au-dessus
|a + b\ |u| + \b\ et 2 |n| \b\ < 1 + |u|2 |6|2 .
1 - (n + l)zn + nzn+1 1 — (n + 1) \z\n + n |z|"+1
L’égalité dans l’inégalité triangulaire a lieu si, et seulement si, a et b figurent sur la même
(1 - z)2 (i-K demi-droite issue de 0 (Th. 3 p. 85). L’égalité dans la deuxième inégalité a lieu si, et
seulement si, |a| \b\ = 1. Il y a donc égalité dans l’inégalité demandée si, et seulement
si, a est non nul et b = 1/â.
3.5.3 Trigonométrie
Exercice 20 **
Soit n un naturel et z un nombre complexe de module différent de 1. Montrer
Exercice 21 * 1_ 1 - |^|»+1
En considérant les racines cinquièmes de l’unité, calculer ' 1-z l-|z| ’
27T . 1 - (n + l)^n + nzn+1 1 — (n + 1) \z\n + n |dn+1
a = cos
T (b) —■
106 Chapitre 3. Les nombres complexes 3.5 Exercices d’entraînement 105
Solution Solution
Les racines cinquièmes de l’unité sont les uük — e21fc7r/5 avec k E [0 ; 4].
méthode
|| On interprète la somme comme la partie réelle d’une somme géométrique. méthode
|| On sait que la somme des racines cinquièmes de l’unité est nulle1.
La somme S est la partie réelle de la somme
On peut donc écrire 1 + e217r/5 + e417r/5 + e617r/5 + e817r/5 = 0. En considérant la partie
t = ^2&ike c°sk 0=è p * c °s k■ réelle, on obtient la relation
k=Q k=0
. /2t t \ /4t t \ ( 6t t \ / 8?r\ .
1 + cos — + cos + cos —- + cos —- J = 0. (*)
méthode \ 5 ) \ 5 / \ 5 J \ 5 /
Pour appliquer la formule de sommation géométrique, il faut une raison diffé-
rente de 1. méthode
On emploie les formules de trigonométrie
Cas : 0 = 0 [2%] ou 0 = t t [2t t ]. Les termes sommés sont tous égaux àletS = n-|-l.
Cas : 0 0 [t t ] . La somme T est géométrique de raison q = e16> cos 0 1 et donc c o s (2t f — x) — cos a? et cos(2u) = 2 cos2 a — 1.
i(n+i)0 cosn+l g _ X On a
T = ------- :------------------ .
e16> cos 0—1 /8 t t \ /2t t \ / 6t f \ /4t t \ 9/2t t \ 9
cos = cos — I = a et cos — = cos I —- = 2 cos — — 1 = 2a — 1.
\ 5 / \ 5 / \ 5 / \ 5 J \ $ J
En écrivant
L’équation (*) devient alors
ée cos 0 — 1 = (cos2 0 — 1) -F i sin 0 cos 0 = sin 0(— sin 0 + i cos O') = i sin 0é°
S= 1+ 0
sin 0
Dn(x~) - elkx et Fra(a:) = ~ V -Dfc(æ) (pour n / 0). Pour 0 réel, on obtient par la formule du binôme de Newton
k=—n k=0
(52n (z2\ / sinfc cosn k 0
(b) Vérifier
k=0 ' '
e[kx Or
k=—n
(-ir si k = 2p
(avec p e N).
Solution (-i)^i si k = 2p + 1
(a) La somme définissant Dn(x) est géométrique de raison e1,T. Les termes d’indices impairs de la somme sont imaginaires purs et l’on peut simplifier la
Cas : x = 0 [2%]. Les termes sommés sont tous égaux à 1 et donc Dn(x) = 2n + 1. somme en ne conservant que les termes d’indices pairs 2
Cas : x 0 [2t t ] . On peut employer la formule de sommation géométrique Ln/2J
n (r\ _ „-inæei(2n+1)a: - 1 _ ei^æ - e~'^x _ sin(22ÿla;) cos(n$) = (—l)p sin2p 9 cosn~2p 0.
-LSnyX) — e — æ _ æ — —:—y——. p=0
eiæ - 1 ex2 — e sin |
Sachant sin2 0 — 1 — cos2 0, il vient
méthode
Pour calculer Fn(x) à partir des Dk(x\ on exprime sin(-2/c2l~1£r) par une partie Ln/2j z x
imaginaire. cos(n$) = (—l)p L j (1 “ cos2 cosn~2p &-
Cas : x = 0 [2t t ], Les Dk(x) sont égaux à 2k + 1. Par sommation arithmétique p=0 ' '
1 n-1 1 Enfin, en développant le terme (1 — cos2 $)P, on obtient une expression3 de cos(n^) sous
FnÇx) = ~yÇ2kFl) = -x ----------------
n(n — 1) + n n
la forme
n n n
k—0 «o + cos 0 + • • • + an cosn 0 avec , ai,..., an E Z.
Cas : x 0 [2t t ]. On écrit
(b) méthode
sin( | )Dk(x) = Im(e12fc2+1 || Pour une valeur bien choisie de 9, on isole a^.
Pour 0 — 7t /2, il vient
et alors
7r\
— c l q + ai x 0 -F • • • -|- dn x 0 — aç).
(n— I
Par sommation géométrique de raison elx 1, il vient On a donc
i / pinæ _ i si n est pair
sin2(T) do =
Fn( x) =—Im (é%-,----- - sinon.
v 7 n \ eiæ-l nsin(f) ’
1. Un raisonnement par récurrence est aussi possible : voir sujet 28 du chapitre 5 de l’ouvrage Exercices
On peut alors conclure
d’algèbre et de probabilités MPSI.
sin(T)Ÿ 2. Ceux-ci s’écrivent k = 2p avec 0 k n donc 0 C p < n/2 puis p = 0,1,..., [n/2j.
^n(æ)= - sin(f) J
n 3. Il est inutile de détailler ce développement pour constater « l’allure » du résultat de celui-ci.
110 Chapitre 3. Les nombres complexes 3.5 Exercices d’entraînement 109
Exercice 25 **
Soit z q £ C et r > 0 tels que |zo| / r. On note C le cercle dans C de centre z q et de
rayon r.
(a) Pour z E C, montrer
(b) En déduire que l’image de C par l’application / : z 1—> 1/z est un cercle dont on
précisera le centre et le rayon en fonction de z q et r.
Solution
méthode
méthode
On retraduit l’appartenance de z à C par une équation en Z que l’on essaie
|| On échange la somme double.
d’écrire sous une forme analogue à la précédente.
Les indices de sommation p et k sont contraints par les conditions 0 < p < n — 1
On a
et \k\ C p. Ces conditions peuvent aussi s’exprimer \k\ n — 1 et \k\ p n — 1 ce qui
z E C <==> |z|2 — 2Re(zzo) + |z q |2 = r2 permet de réaliser l’échange des deux sommes :
On suppose que A et B sont deux points d’un cercle C de centre O. On note 0 une
mesure de l’angle entre les vecteurs Cht et et p une mesure de l’angle 2 entre les
vecteurs MÀ et MÉ
(b) Montrer que M appartient au cercle C si, et seulement si, 2ç? = 0 [2t t ].
Solution
(a) Le complexe z — a est l’affixe du vecteur AM et arg(z — a) mesure l’angle entre f,
le premier vecteur du repère, et le vecteur AM. Aussi, arg(/ — 6) mesure l’angle entre ï
et BM. Par opérations sur les arguments et les mesures angulaires
Théorème de l’angle au centre. arg[ ——- | = arg(2 — 6) — arg(z — a)
\z — a J
3.5.5 Équations algébriques = (f; BÊ) - (r; ÂÏÙ)
= ÇÂÊ-BÊ) [2t t ] .
Exercice 27 *
Ainsi, un argument du complexe Z donne une mesure de l’angle entre les vecteurs AA-}
Soit n G N*. Résoudre dans C l’équation et BM ou, ce sont les mêmes, de l’angle entre les vecteurs ~MA et M~ê.
zn + 1 = 0.
(b) Notons R > 0 le rayon du cercle C, a et /3 des arguments des complexes a et b :
Solution
a = Reia, b = Rei0 et 6» = /3 - a [2t t ] .
méthode
|| L’équation étudiée s’apparente à une équation du type zn = Z. Puisque cp est un argument de (z — ty/(z — a), on peut écrire
1. On peut aussi adapter cette étude pour établir que l’image d’un cercle passant par l’origine est une
droite ne passant pas par l’origine.
avec zq = e17r/n solution particulière. 2. On dit que 3 mesure Vangle au centre et ç? l’angle inscrit.
114 Chapitre 3. Les nombres complexes 3.5 Exercices d’entraînement 113
Solution Les solutions de l’équation étudiée sont donc les Zq c u avec eu racine n-ième de l’unité.
On peut alors décrire l’ensemble des solutions :
méthode
| Par un quotient, on se ramène à l’équation Zn = 1. {z0Wfc I k G [0 ; n - 1]} = {e1' E | k G [0 ; n - 1]}.
Soit z un complexe. Puisque z — i n’est pas solution de l’équation, on peut supposer z
différent de i et donc diviser par z — i Exercice 28 **
Soit u jo , . . ,£J2n les racines (2n + l)-ièmes de l’unité. Calculer
2n 1
y ——
Solution
Les solutions z peuvent dont se déduire des complexes Z racines n-ièmes de l’unité.
Les racines (2n + l)-ièmes de l’unité sont les eu^ — e21fc7r/(2n+1) avec 0 C k 2n. Le
Les racines de l’unité sont les üjk = e2ïk7r/n avec k G [0;n — 1]. On résout l’équation
nombre —1 ne figure pas parmi celles-ci et la somme S est donc bien définie.
homographique1 qui suit
méthode
y __ z + i
Z = Wk <=> ----- 7 = Uk || On factorise 1 + uuk par l’exponentielle imaginaire d’angle moitié.
z — 1
Pour k E [0 ; 2n], on écrit
(z + i) = uk(z-ï)
1 = -i 1 = C0S ( 2n+ï ) — 1 SÎ^ ( 2n+T ) = 1 _ £ / fcïT \
z(uk - 1) = i((jfe + 1)-
où cot désigne la fonction cotangente. Les zk sont donc réels. Ils sont aussi deux à deux
distincts car la fonction cotangente est strictement décroissante (donc injective) sur l’in- Observer que celle-ci admet exactement n — 1 solutions, toutes réelles.
tervalle ]0 ; 7r[ où évoluent les angles kit/n pour 1 < k n — 1.
1. On peut aussi simplifier la somme des tangentes en justifiant S = S puisque les conjugués des
1. On reprend la méthode détaillée dans le sujet 15 p. 100. racines n-ièmes de l’unité décrivent aussi les racines n-ièmes de l’unité.
116 Chapitre 3. Les nombres complexes 3.5 Exercices d’entraînement 115
Exercice 31 * ( z-\\ ( z + l\
I ----- T ) + I ----- 7 I — 2COS0.
Soit (æ , ?/, 2) G R3 vérifiant eiæ + eiy + e12 = 0. Montrer e2iæ -F e21?/ + e21JZ = 0. \Z + l J \z - l J
Solution Solution
méthode méthode
On se ramène à la situation x = 0 avant de résoudre l’équation exprimant | L’équation est de la forme Z + ~ = 2 cos 0.
l’hypothèse.
Soit z un complexe différent de 1 et —1. Posons Z déterminé par
En multipliant la relation eiæ + eiy + elz = 0 par e-1æ, on obtient
avec a = y — x et P = z — x. En montrant 1 + e21Q! + e21/3 = 0, il suffira de multiplier z est solution de l’équation étudiée si, et seulement si, Z est solution de l’équation
par e21æ pour obtenir l’identité voulue. Z2 — 2cos(0)Z + 1 = 0.
En passant aux parties réelle et imaginaire l’équation (*), on obtient le système
Cette équation a déjà été résolue dans le sujet 9 p. 97 : ses racines sont e16 et e-16>. Pour
( cos a + cos P = — 1 déterminer z, il reste à résoudre les équations
[ sina + sin/3 = 0.
Solution Que les complexes possèdent un argument commun est une condition suffisante pour
qu’il y ait égalité.
méthode
La fonction x i-> #/(l + x) est croissante sur et l’on a donc, si x et y sont méthode
deux réels positifs, || On montre la réciproque en raisonnant par récurrence sur n E N*.
. __ x y
x y => ------ .
1+x 1 +y Le cas n = 1 est immédiat et le cas n = 2 est connu : c’est le cas d’égalité dans
Par l’inégalité triangulaire l’inégalité triangulaire (Th. 3 p. 85). Supposons la propriété vraie au rang n 1.
Au rang n -F 1, considérons z±,..., zn et des complexes vérifiant
x— 52^ < 52 n =y
k=l |^1 + • • • + Zn + ^n+l| — |^11 + ‘ ’ + \%n\ + |^n+l | •
et donc Par l’inégalité triangulaire, d’abord appliquée à z + z' avec z = z\ H---------- \-zn et z' = zn+i,
ensuite appliquée à z± H----------- F zn, on écrit
521^1
k=l k=l
1^1 4" • • • -F zn + Zn+1\ < 1^1 + • • • + Zn\ -F |^n+l |
Par hypothèse de récurrence, la deuxième équation assure que les complexes z\,..., zn ont
Enfin, pour chaque indice Zc, la somme des |zj| est supérieure au seul \zk\ et l’on peut un même argument et celui-ci est alors argument du complexe non nul z — z\ 4----------- F zn.
conclure Par égalité dans l’inégalité triangulaire, la première équation assure que z et z' — zn^\
ont un même argument et l’on peut alors conclure que tous les complexes zi,...,zn
et zn+i ont un même argument.
La récurrence est établie.
Pour résumer, l’égalité |zi -F • • • 4- zn\ = |zi| 4- • • • 4- \zn\ a lieu si ceux des complexes
zi,..., zn qui sont non nuis ont un même argument. Plus légèrement, cela signifie encore
que ces complexes figurent sur la même demi-droite d’origine 0.
Exercice 34 ***
Soit ., zn des complexes et z tels que z2 = z2------ F z„. Montrer Exercice 33 ***
Soit zi,..., zn des complexes. Etablir
n n
|Re(^)| < £|Re(zfc)| et |lm(z)| sJ ]T|lm(zfc)|.
k=l k=l
Solution
On écrit les complexes z, z±,..., zn sous forme algébrique
k=l
z = a + iô, Zk = dk + ibk avec u, 6, a^bk £
3.6 Exercices d’approfondissement 119
méthode
On commence par établir
zx-
°2 k=l
En identifiant la partie réelle et la partie imaginaire dans l’hypothèse, on a
n n n
a2 — b2 — et ab = akbk-
k=l k—1 k=l
a2 b1 = (^akbk j \^2al
\k=l / \fc=l
On a alors
\ k=l / \ k=l /
Si le premier facteur est non nul, il est strictement positif et l’on peut affirmer
k=l
S’il est nul, c’est que a = 0 et l’inégalité ci-dessus est encore vraie.
On a de plus
\ 2
n / n
EX
k=l
I
\k=l /
car si l’on développe le second membre on fait apparaître tous les termes du premiers
membres et quelques autres, tous positifs.
On en déduit
/ n
«2 ( E>afci )
\fc=l /