SARL vs SAS : Guide Complet 2023-2024
SARL vs SAS : Guide Complet 2023-2024
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1- La SARL
- Généralités :
La SARL (société à responsabilité limitée) est la forme de société la plus répandue en France. Elle a
pour principale caractéristique de limiter la responsabilité des associés. Elle peut s'adapter à de
nombreuses situations, d'où son surnom de société "passe-partout".
Associés de SARL
Engagement financier
Le montant du capital social est librement fixé par les associés en fonction de la taille, de l'activité, et
des besoins en capitaux de la société.
Si le montant du capital social n'est pas cohérent avec les exigences économiques du projet, la
responsabilité personnelle du gérant et/ou des associés fondateurs peut être engagée.
Les apports en industrie sont autorisés. Ils n'entrent toutefois pas dans la constitution du capital social,
mais ils permettent à l'associé de participer au vote en assemblée générale, et lui ouvrent droit au
partage des bénéfices. Dans ce cas, la part qui lui revient, est au moins égale à celle de l'associé qui a
fait l'apport le plus faible en numéraire ou en nature, sauf clause contraire des statuts.
Le capital peut être variable. Il doit alors être compris en permanence entre un minimum et un maximum
fixé par les statuts. Cette option a pour principal avantage l'absence de réduction du capital (pas
d'annonce légale, pas de modification des statuts ni du Kbis..).
Responsabilité
Simples associés
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Gérant
Fonctionnement de la SARL
La société est dirigée par un ou plusieurs gérants, personnes physiques obligatoirement, nommés
parmi les associés ou en dehors d'eux. En l'absence de limitations statutaires, les gérants ont tous
pouvoirs pour agir au nom et pour le compte de la société. Leur nomination et leurs pouvoirs sont fixés,
soit dans les statuts, soit dans un acte séparé.
Les associés se réunissent au minimum une fois par an en assemblée générale ordinaire (AGO).
L'approbation annuelle des comptes, ainsi que les décisions ordinaires se prennent en assemblée
générale à la majorité simple (50 % + 1 voix). La minorité de blocage est donc de 50 %.
Les associés peuvent participer à des assemblées générales en utilisant des moyens de
visioconférence ou de télécommunication selon des modalités prévues dans les statuts. Cette faculté
n'est toutefois pas possible en cas de délibération portant sur l'inventaire, les comptes annuels ou le
rapport de gestion.
Les décisions entraînant une modification des statuts se prennent en assemblée générale
extraordinaire (AGE).
Pour que l'assemblée puisse valablement se tenir, les associés présents ou représentés doivent
posséder au moins le 1/4 des parts sociales lors de la 1ère convocation de l'AGE (quorum). A défaut, la
seconde AGE doit se tenir dans un délai maximum de 2 mois et les associés présents ou représentés
doivent posséder au moins le 1/5 des parts sociales. Les décisions en AGE se prennent à la majorité
des 2/3 des voix. La minorité de blocage est donc de 33 % + 1 voix.
Par exception, les décisions d'agrément de cessions de parts sociales (voir paragraphe
"transmission") se prennent à la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts
sociales, sauf si les statuts prévoient une majorité plus forte.
La SARL est soumise de droit à l'impôt sur les sociétés. La rémunération éventuellement versée
au(x) dirigeant(s) est déductible du résultat.
Régime de la SARL de famille : possibilité pour les SARL formées uniquement entre personnes
parentes en ligne directe, frères et sœurs, conjoints ou partenaires pacsés, d'opter pour une imposition
à l'IR (les SARL exerçant une activité libérale sont exclues de ce régime).
Option pour l'IR des SARL, SA et SAS de moins de 5 ans. Sont concernées les sociétés non cotées
qui emploient moins de 50 salariés et réalisent un chiffre d'affaires annuel ou un total de bilan inférieur
à 10 millions d'euros et dont les droits de vote sont détenus à hauteur de 50 % au moins par des
personnes physiques et à hauteur de 34 % au moins par le (ou les) dirigeant (s) de l'entreprise et les
membres de son (leur) foyer fiscal. Cette option nécessite l'accord de tous les associés. Elle est valable
pour 5 exercices, sauf dénonciation.
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Régime social des gérants de SARL
Il diffère selon que le gérant est majoritaire ou minoritaire/égalitaire. Un gérant est majoritaire s'il détient,
avec son conjoint (quel que soit le régime matrimonial), son partenaire lié par un Pacs, et ses enfants
mineurs, plus de 50 % du capital de la société.
S'il y a plusieurs gérants, chaque gérant est considéré comme majoritaire dès lors que les
cogérants détiennent ensemble plus de la moitié des parts sociales.
Gérant majoritaire
Si la société est soumise à l'IS, la part des dividendes perçus par le gérant ou par son conjoint, son
partenaire pacsé ou ses enfants mineurs, est assujettie à cotisations sociales pour la fraction supérieure
à 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant.
Le gérant majoritaire ne peut plus déduire forfaitairement de sa rémunération, des frais professionnels
(à hauteur de 10 %) pour déterminer l'assiette de calcul de ses charges sociales. Cependant, la
déduction de ses frais réels reste possible. (loi de financement de la sécurité sociale du 17 décembre
2012).
Gérant minoritaire/égalitaire
Il relève du régime social des "assimilés-salariés" au regard de sa protection sociale. Il bénéficie donc
du régime de sécurité sociale et de retraite des salariés, mais pas de l'assurance chômage et des
dispositions du droit du travail.
Le gérant minoritaire peut éventuellement cumuler les fonctions de gérant avec un contrat de travail
relatif à des fonctions techniques distinctes, s'il est possible d'établir un lien de subordination entre lui et
la société. Le gérant égalitaire ne peut, quant à lui, avoir un contrat de travail pour des fonctions
distinctes de son mandat social.
Quelle que soit leur situation, qu'ils soient minoritaires/égalitaires ou majoritaires, les gérants relèvent
du même régime fiscal que les salariés. Leurs rémunérations sont par conséquent imposées dans la
catégorie des traitements et salaires (TS) à l'impôt sur le revenu.
Transmission
Les parts sociales ne peuvent être cédées à des tiers étrangers à la société qu'avec le consentement
de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales, à moins que les statuts
ne prévoient une majorité plus forte.
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Les cessions de parts entre associés, conjoints, ascendants et descendants sont libres quant à elles.
Mais les statuts peuvent prévoir un agrément dans les mêmes conditions de majorité que pour les tiers.
C'est un point sur lequel il convient d'être vigilant lors de la rédaction des statuts.
- La gestion de la SARL :
Les décisions importantes sont prises par l'assemblée des associés. Mais la gestion au quotidien
nécessite la désignation d'un ou de plusieurs gérants. Voici les règles à connaître.
Lors de la constitution d'une société à responsabilité limitée, les associés déterminent ses règles
générales de fonctionnement dans les statuts et ils désignent un ou plusieurs gérants qui pourront
engager la société au jour le jour. Le ou les gérants sont nommés par les associés soit dans les statuts,
soit dans un acte postérieur (acte de nomination du premier gérant). Ce ou ces gérants sont nommés
pour toute la vie de la société, à moins que les statuts aient prévu une durée différente.
Si le gérant d'une SARL dispose de pouvoirs étendus, certaines décisions relèvent en revanche de la
compétence de l'assemblée générale des associés.
A retenir :
Pouvoirs du gérant : Si les statuts ne limitent pas les pouvoirs du gérant, ce dernier peut effectuer
tous les actes dans l'intérêt de la société. Il est toutefois fréquent que les opérations importantes
nécessitent l'accord préalable de l'assemblée générale ordinaire des associés.
Décisions : L'assemblée générale ordinaire prend toutes les décisions qui ne modifient pas les
statuts de la SARL. Le gérant doit réunir une AGE pour toutes les modifications statutaires. Majorité
: pour l'AGO la majorité de la moitié des parts sociales suffit. pour l'AGE, la décision est adoptée à la
majorité des trois quarts du capital social. Attention : l'unanimité est requise pour changer la nationalité
de la société. Responsabilités : dans ses rapports avec les associés, les pouvoirs du gérant sont fixés
dans les statuts. Dans les rapports avec les tiers, le gérant engage toujours la société, même si l'acte
ne relève pas de l'objet social (sauf à démontrer que le tiers était au courant). Responsabilité personnelle
civile : le gérant engage sa responsabilité personnelle dans trois cas : violation des dispositions
législatives et/ou réglementaires, violation des statuts, faute de gestion. Toute personne qui a subi un
préjudice personnel peut engager la responsabilité civile du gérant à condition de prouver une faute
indépendante de ses fonctions. A défaut, la victime peut agir contre la société.Responsabilité
personnelle pénale : Le gérant est pénalement responsable des actions illégales qu'il entreprend, même
si elles sont entreprises dans l'intérêt de la société. Les pouvoirs du gérant dans ses rapports avec les
associés
En vertu de l'article L. 223-18 alinéa 4 du Code de commerce, "dans les rapports entre les associés, les
pouvoirs des gérants sont déterminés par les statuts". A défaut de précision, "le gérant peut faire tous
les actes de gestion dans l'intérêt de la société". En pratique, de nombreuses SARL sont des entreprises
individuelles, l'associé majoritaire est le gérant et il est libre de toutes les décisions.
En revanche, dans les autres sociétés, il peut être prudent de limiter les pouvoirs du gérant à la
conclusion de certains contrats ou de lui interdire d'effectuer des opérations importantes sans
l'approbation de l'assemblée des associés. Ainsi il est, par exemple, possible de décider dans les statuts
que "le gérant ne peut, sans y être autorisé par une décision ordinaire des associés, acheter ou vendre
les immeubles ou fonds de commerce, contracter des emprunts pour le compte de la société autre que
les découverts normaux en banque, ou constituer une hypothèque sur les immeubles sociaux".
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: Ces clauses qui limitent le pouvoir du gérant ne sont pas opposables aux tiers, ce qui signifie que l'acte
passé en fraude des dispositions statutaires ne sera pas pour autant annulé à l'égard des tiers. En
revanche, les associés pourront engager la responsabilité du gérant pour violation des dispositions
statutaires ou encore pour faute de gestion, et ainsi le révoquer pour juste motif.
L'objectif n'est pas de demander l'aval des associés pour l'ensemble des décisions mais uniquement
pour celles les plus importantes qui ont un impact sur le patrimoine de la société . Ainsi, le gérant peut
signer seul les contrats de travail, les contrats d'assurance, engager la société vis-à-vis de ses clients et
de ses fournisseurs : la gestion quotidienne n'est donc pas alourdie et le patrimoine de la société est
protégé.
Toutefois, lorsque deux associés détiennent chacun 50 % des parts sociales, la gestion peut devenir
impossible en cas de désaccord. Didier Racapé, président du comité à la création d'entreprise au
Conseil supérieur des experts-comptables, recommande de prévoir dans les statuts une solution aux
litiges qui peuvent survenir dans ces situations, par exemple le recours à un arbitre de la chambre de
commerce. En effet, dans l'hypothèse la plus extrême, la mésentente entre associés peut conduire au
prononcé de la liquidation judiciaire.
Si le gérant effectue un acte en violation des statuts, les associés pourront le révoquer et lui demander
des dommages et intérêts si la société a subi un préjudice. En présence de plusieurs gérants, chacun
peut agir librement, sauf si les statuts ont déterminé leurs fonctions respectives.
- révoquer le gérant sauf si son nom est inscrit dans les statuts. Le gérant peut être révoqué par
décision des associés représentant la moitié du capital social, à moins que les statuts prévoient une
majorité plus forte. Si la révocation est décidée sans juste motif, elle peut donner lieu à des dommages
et intérêts.
- approuver les conventions passées entre la société et l'un des gérants ou associés (dites conventions
réglementées) ;
- autoriser le gérant à faire des actes excédant ses pouvoirs. Elle peut, par exemple, l'autoriser à
constituer une hypothèque sur un immeuble social si le besoin apparaît.
L'assemblée générale ordinaire prend ses décisions à la majorité des parts sociales plus une voix (article
L 223-29 du Code de commerce). Elle doit être convoquée au moins une fois par an pour l'établissement
des comptes annuels. L'assemblée est tenue de se réunir dans les six mois qui suivent la clôture de
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l'exercice. Le gérant y présente l'inventaire, les comptes annuels, c'est-à-dire le bilan, le compte de
résultat et une annexe, ainsi qu'un rapport de gestion.
Toute modification des statuts doit faire l'objet de formalités de publicité auprès du greffe du tribunal de
commerce.
Lors du vote de la rémunération du gérant par l'assemblée, il est conseillé au gérant de ne pas prendre
part au vote et de ne pas tenir compte de ses parts sociales pour le calcul de la majorité.
La rémunération peut être fixe ou proportionnelle. Dans le second cas, elle correspond à un pourcentage
du chiffre d'affaires ou du bénéfice. Il est fréquent que la rémunération soit fixe et augmentée d'une prime
en cas de bons résultats. En outre, le gérant peut avoir droit à des avantages en nature, par exemple
une voiture, ainsi qu'au remboursement des frais qu'il engage dans l'exercice de sa fonction. Les actes
interdits et les conventions réglementées :
L'article L 223-21 du Code de commerce interdit "aux gérants ou associés [...] de contracter, sous
quelque forme que ce soit, des emprunts auprès de la société, de se faire consentir par elle un
découvert, en compte courant ou autrement, ainsi que de faire cautionner par elle leurs
engagements envers les tiers". Tout contrat qui viole cette règle est nul.
'autre part, si le gérant conclu un contrat entre lui-même et la société (ou si un contrat est conclu
entre un associé et la société), il doit établir un rapport et le faire approuver par l'assemblée
générale ordinaire. Cette approbation doit être préalable au contrat lorsqu'il n'y a pas de
commissaire aux comptes dans la société et, s'il y en a un, le contrôle par les associés se fait a
posteriori.
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Dans tous les cas, le gérant associé concerné ne prend pas part au vote et ses parts sociales ne
sont pas prises en compte dans le calcul de la majorité. Notez toutefois que ces règles ne
s'appliquent pas aux "opérations courantes et conclues à des conditions normales" (article L. 223-
20 du Code de commerce).Les conventions non approuvées produisent néanmoins leurs effets, à
charge pour le gérant, et, s'il y a lieu, pour l'associé contractant, de supporter individuellement ou
solidairement, selon les cas, les conséquences du contrat préjudiciables à la société.
Ainsi, par exemple, la vente du fonds de commerce signée par le gérant seul est valable du point de vue
de l'acheteur, même si les statuts imposent l'accord préalable de l'assemblée ordinaire pour signer un
tel contrat. Les tiers, qu'il s'agisse de clients, fournisseurs ou banquiers, ne sont pas tenus de connaître
les statuts de la SARL lorsqu'ils contractent avec son représentant légal !
En outre, la société est engagée même par les actes du gérant qui ne relèvent pas de l'objet social, à
moins qu'elle ne prouve que le tiers savait que l'acte dépassait cet objet ou qu'il ne pouvait l'ignorer
compte tenu des circonstances (la seule publication des statuts ne constitue pas une preuve).
- C'est le cas s'il a commis une ,par exemple s'il a refusé de communiquer des documents sociaux à
un associé.
- La responsabilité des gérants est également engagée en cas de . Ainsi un gérant qui engage la SARL
par un contrat qui devait être approuvé par l'assemblée générale devra réparer le préjudice éventuel.-
Enfin, le gérant engage sa responsabilité lorsqu'il a commis une, notamment s'il a passé des
commandes alors que l'entreprise était déficitaire ou s'il a négligé de récupérer une créance...Sa
responsabilité sera également engagée s'il a commis des fraudes fiscales ou si la SARL n'a pas payé
ses cotisations sociales obligatoires. Dans ce dernier cas, le gérant ne devra payer que les pénalités et
éventuellement les dommages et intérêts réclamés par la caisse de Sécurité sociale. C'est la société qui
demeure redevable du montant des cotisations elles-mêmes et des intérêts de retard. L'action en
responsabilité peut être exercée par un tiers ou un associé qui souhaite obtenir la réparation de son
préjudice personnel. Dans ce cas, la victime doit démontrer que le gérant a commis une faute distincte
de ses fonctions. En d'autres termes, qu'il a agi par intérêt personnel et non dans l'intérêt de la société.
Mais l'action en responsabilité peut également être engagée par les associés pour réparer le dommage
subi par la société. On parle alors d'"action sociale". S'il y a plusieurs gérants, c'est celui qui a commis
la faute qui sera poursuivi. S'ils ont tous participé aux faits, le juge détermine la part de responsabilité
de chacun. Il est possible de demander la réparation intégrale à l'un d'entre eux, charge à lui de se
retourner contre les autres.
L'action en responsabilité civile contre le gérant d'une société à responsabilité limitée se prescrit
par trois ans. Ce délai court à compter de la date du fait dommageable ou bien, si celui-ci a été
dissimulé, à partir de sa révélation.
Toutefois, lorsque le fait dommageable constitue non pas un simple délit mais un crime, l'action ne
se prescrit que par dix ans. Ces délais s'appliquent aussi bien aux actions en responsabilité engagées
par les associés qu'à celles engagées par des tiers. La Cour de cassation a jugé dans un arrêt du 30
mars 2010, que cette prescription triennale ne vaut que pour les dirigeants de droit. La responsabilité
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civile du gérant de fait ne peut être engagée sur le fondement de l'article 1382 du Code civil et l'action
se prescrit donc par cinq ans (article 2224 du Code civil).
La responsabilité pénale du ou des gérants
Les gérants de société peuvent engager leur responsabilité pénale. Les articles L. 241-1 à L.241- 9 du
Code de commerce prévoient les infractions spécifiques aux SARL. A titre d'exemple, le gérant encourt
jusqu'à cinq ans de prison et 375 000 euros d'amende en cas de répartition de dividendes fictifs. En
outre, il est reconnu responsable des infractions liées à l'exploitation de l'entreprise. C'est le cas en
matière de sécurité des travailleurs ou encore de publicité mensongère.
En outre, Le gérant peut être reconnu responsable en cas de dépôt de bilan de la société. Il faut alors
prouver sa faute de gestion et le lien entre cette faute et l'insuffisance d'actifs. Dès lors, le gérant risque
d'être condamné au comblement de tout ou partie du passif. S'il ne paie pas le passif ou en cas de fautes
graves, comme le détournement d'actifs sociaux, le gérant peut être mis en redressement judiciaire, en
faillite personnelle et/ou condamné à la banqueroute. En principe, il lui est alors interdit de diriger, gérer,
administrer ou contrôler toute entreprise pendant au moins cinq ans.
A retenir :
Pouvoirs du gérant : Si les statuts ne limitent pas les pouvoirs du gérant, ce dernier peut effectuer
tous les actes dans l'intérêt de la société. Il est toutefois fréquent que les opérations importantes
nécessitent l'accord préalable de l'assemblée générale ordinaire des associés.
Nous allons dans cette première partie faire un point complet sur les principaux avantages de la SARL.
Les règles de fonctionnement de la SARL sont en grande partie prévues par le Code de commerce et
les statuts peuvent rarement y déroger. La société à responsabilité limitée est un statut juridique au
fonctionnement plus encadré que les sociétés par actions.
Une personne qui s’associe au capital d’une SARL bénéficie donc d’une certaine sécurité, il s’agit d’un
avantage important pour les associés minoritaires et ceux qui ont peu de connaissances en droit des
affaires.
Les cessions de parts sociales au tiers doivent être obligatoirement agréées par les associés pour
pouvoir être réalisées. Ainsi, les associés en place peuvent agir en priorité pour éviter qu’un tiers
indésirable ne prenne une participation au capital, voire le pouvoir (rachat de la majorité des parts
sociales).
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Les associés de SARL ne sont responsables que dans la limite de leurs apports : si la société connait
des difficultés, le risque se limite pour ces derniers à perdre leur mise de départ et ils ne seront pas, sauf
exceptions, poursuivis par les créanciers sur leur patrimoine personnel.
Ce cadre protecteur n’existe par exemple pas dans les SNC et les entreprises individuelles.
Les gérants majoritaires de SARL sont affiliés au régime des travailleurs indépendants. Cette affiliation
présente des avantages mais également des inconvénients comme nous allons le voir en deuxième
partie.
L’affiliation au régime des travailleurs indépendants présente plusieurs avantages :
Nous abordons la problématique liée au choix du statut social dans cette publication : le choix entre le
statut TNS et l’affiliation au régime général
Lorsque le projet d’entreprise prévoit que le créateur exercera son activité avec son conjoint (ou sa
conjointe), la création d’une SARL offre la possibilité d’opter pour le statut de conjoint collaborateur.
Plusieurs options sont possibles pour le calcul des cotisations du conjoint collaborateur :
En optant pour la création d’une SARL, le créateur ou les créateurs indemnisés par pôle emploi peuvent
facilement justifier, si c’est le cas, leur absence de rémunération en fournissent un procès-verbal
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d’assemblée qui stipule que leurs fonctions ne sont pas rémunérées. Cela leur permet de conserver
l’intégralité de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).
A l’instar de la SAS, la SARL est une forme juridique qui peut prendre la forme de société unipersonnelle
(c’est-à-dire n’être composée que d’un seul associé). Il s’agira dans ce cas d’une SARL unipersonnelle
ou d’une EURL.
Cette caractéristique est un avantage certain si vous projetez de créer seul votre entreprise.
Pour le créateur qui se lance seul, le recours à la SARL unipersonnelle offre la possibilité d’ouvrir son
capital social à de nouveaux associés pour poursuivre le développement de l’entreprise.
Cette faculté est inexistante lorsque le porteur de projet opte pour l’entreprise individuelle ou l’EIRL.
Toujours dans le cas d’une création en solo, le recours à la SARL unipersonnelle offre la possibilité de
pouvoir choisir son système d’imposition fiscale : impôt sur les sociétés ou régime des sociétés de
personnes (sauf si l’associé unique est une personne morale, IS obligatoire dans ce cas).
Cette faculté est inexistante lorsque le porteur de projet opte pour l’entreprise individuelle.
Les SARL constituées entre membres d’une même famille peuvent opter pour le régime des sociétés de
personnes sans limitation de durée. En fonction des résultats générés et des caractéristiques fiscales
des associés, ce mode d’imposition peut être préférable. Il peut donc être intéressant de pouvoir en
bénéficier sans limitation de durée.
Les sociétés par actions peuvent opter pour le régime des sociétés de personnes pendant 5 exercices
maximum. Passé ce délai, les bénéfices sont imposés à l’impôt sur les sociétés.
Contrairement aux règles applicables dans les sociétés par actions, les associés d’une SARL peuvent
décider de ne pas faire évaluer les apports en nature par un commissaire aux apports lorsque les
conditions cumulatives suivantes sont remplies :
Une SARL doit avoir un commissaire aux comptes dans certains cas uniquement
Contrairement aux sociétés anonymes, une SARL n’est pas tenue de nommer un commissaire aux
comptes dès sa constitution. Ce n’est qu’en cas de franchissement de certains seuils que cette obligation
est applicable (deux des trois seuils suivants : 3,1M d’euros de CAHT, 1,55M d’euros de total bilan, 50
salariés).
Par ailleurs, ces seuils sont plus importants que ceux prévus pour les SAS (deux des trois seuils suivants
: 2M d’euros de CAHT, 1M d’euros de total bilan, 20 salariés).
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Egalement, aucun commissaire aux comptes ne doit être nommé lorsque la SARL est contrôlée par une
autre société, ou lorsqu’elle contrôle une autre société, comme c’est le cas en SAS.
Après avoir présenté plusieurs points forts de la SARL, nous allons aborder plusieurs points qui peuvent
constituer des inconvénients dans votre projet.
A juste titre, l’affiliation des gérants majoritaires au régime des travailleurs indépendants peut constituer
un inconvénient important pour certains créateurs, notamment pour les motifs suivants :
• Les relations avec le RSI, dont les dysfonctionnements rebutent beaucoup d’entrepreneurs.
Il faut toutefois signaler qu’il n’y a aucun gros problème pour la majorité des travailleurs
indépendants ;
• La qualité de la protection sociale obtenue sous ce régime, qui est bien moins satisfaisante
que celle obtenue via le régime général de la Sécurité Sociale. Comme nous l’avons indiqué,
il est toutefois possible de souscrire des assurances complémentaires pour améliorer le
niveau de protection sociale du gérant.
Les dividendes perçus par les gérants majoritaires de SARL sont assujettis aux cotisations sociales pour
la partie qui excède 10% du total suivant : capital social + primes d’émission + apports versés en compte
courant d’associé.
En l’absence d’apports importants en capital ou en compte courant d’associé, un gérant majoritaire n’a
donc pas la possibilité de toucher un revenu qui ne soit pas assujetti aux charges sociales.
Ce principe ne s’applique pas dans les sociétés par actions, où les dividendes perçus par les dirigeants
majoritaires ne sont pas considérés socialement comme des revenus entrant dans la base de calcul des
cotisations sociales.
Le gérant d’une SARL doit obligatoirement être une personne physique, il est donc impossible de prévoir
que la gérance de la société soit confiée à une personne morale. Cela peut constituer un inconvénient
dans le cadre de certains montages.
Pour les petits projets à associé unique, la création d’une SARL peut être un mauvais choix du fait de la
lourdeur occasionnée pour son fonctionnement : statuts à rédiger, distinction entre les pouvoirs de
l’associé unique et ceux du gérant… et du fait qu’il est impossible de bénéficier du régime
microentreprise.
De plus, en cas d’échec du projet, la fermeture de la société nécessite des procédures ainsi qu’un coût
conséquents.
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La création d’une SARL consiste à créer une société commerciale dotée d’une personnalité morale. A
ce titre, les formalités de création sont plus complexes que dans le cas d’une entreprise individuelle,
notamment par rapport aux statuts que vous devez rédiger. Si vous sous-traitez la création de votre
entreprise, un budget plus important sera nécessaire en cas d’option pour la SARL unipersonnelle.
La SARL est un statut juridique fréquemment utilisé dans le cadre des créations d’entreprises réunissant
plusieurs associés, les avantages cités ci-dessus constituant des points forts pour leur projet.
L’alternative à la SARL la plus utilisée est la constitution d’une SAS, dont nous détaillons le
fonctionnement dans notre guide pratique de la SAS et de la SASU.
Nous ne pouvons en aucun cas affirmer que la SARL est le statut le plus approprié pour créer une
entreprise seul ou à plusieurs. Le choix du statut juridique dépend de beaucoup de paramètres. Un
entretien avec un professionnel peut être utile pour confirmer vos choix et être orienté vers d’autres
options plus en adéquation avec votre projet.
2- La SAS
- Généralités :
La société par actions simplifiée (SAS) ou la SAS unipersonnelle (SASU) obéit à des règles de
fonctionnement et d'organisation très souples, définies essentiellement par les statuts. Les avantages
de la SAS
Définition de la SAS
La société par actions simplifiée (SAS) est une société commerciale offrant aux actionnaires une grande
liberté d'organisation (définie par les statuts) en comparaison avec la société anonyme (SA) ou la SARL.
Cette société est constituée par une ou plusieurs personnes n'engageant leur responsabilité qu'à
concurrence de leurs apports.
Code de commerce
La SAS est seulement régie par les articles L227-1 à L227-20 et L.244-1 à L.244-4 du code de
commerce. Elle est donc relativement peu encadrée par la loi : ses règles de fonctionnement sont
principalement définies par les statuts de la société.
Fonctionnement
La société par actions simplifiée est soumise à des règles de fonctionnement très souples, qui relèvent
pour la plupart de la simple volonté commune des associés fixée au sein des statuts : modalités des
décisions collectives, nomination des dirigeants, etc.
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Contrairement à la SA, la SAS échappe aux contraintes légales en matière de nombre d'administrateurs,
durée des mandats, etc.
Elle peut même être créée avec un seul actionnaire. Il s'agit alors d'une SASU (SAS unipersonnelle).
Les fondateurs sont en outre libres d'insérer des clauses statutaires visant à assurer la stabilité de
l'actionnariat de la société : clause d'agrément, clause d'inaliénabilité des actions...
Capital social
Les actionnaires peuvent faire des apports en numéraire, en nature ou en industrie. Des actions leurs
sont attribuées en contrepartie. En principe, les apports en nature doivent être évalués par un
commissaire aux apports. Toutefois, les futurs associés peuvent décider à l'unanimité de ne pas
recourir à ce dernier dès lors que la valeur unitaire de l'apport ne dépasse pas 30 000 euros et que
l'ensemble des apports en nature ne dépasse pas la moitié du capital social de la société.
Pour devenir actionnaire de SAS, il n'est pas nécessaire d'avoir la capacité commerciale.
Nombre d'actionnaires
La SAS doit compter au moins deux actionnaires. Leur responsabilité est limitée au montant de leurs
apports.
La SAS peut aussi ne compter qu'un seul associé. Il s'agit alors d'une société par action simplifiée
unipersonnelle (SASU).
Dirigeant
Obligation
La SAS est obligatoirement représentée et dirigée par un président, personne morale ou personne
physique. Il s'agit de la seule véritable contrainte imposée par la loi en matière de dirigeants, et ce afin
que la société soit représentée vis-à-vis des tiers.
Pouvoirs
Les associés peuvent librement fixer l'étendue du pouvoir du dirigeant, en prévoyant par exemple que
certaines décisions prises par lui sont conditionnées à l'accord préalable des associés. Les statuts sont
également libres de prévoir la mise en place, aux côtés du président, d'un organe collégial de deux ou
plusieurs personnes chargé de prendre les décisions
Régime social
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Le dirigeant de SAS relève du régime des assimilé salariés. Il est donc assujetti au régime général de la
sécurité sociale,
Contrairement à la SA, le recours à un commissaire aux comptes n'est pas obligatoire si la SAS ne
dépasse pas deux des seuils suivants : - 1 000 000 euros de total de bilan - 2 000 000 euros de chiffre
d'affaires HT `
Fiscalité
La SAS est soumise à l'IS. Mais elle peut aussi opter pour l'impôt sur le revenu
En matière d'imposition des actionnaires d'une SAS, une distinction doit être faite selon que la société
est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) ou à l'impôt sur le revenu (IR).
Les dividendes perçus par un actionnaire sont imposés dans la catégorie des revenus de capitaux
mobiliers.
Les actionnaires sont imposés dans la catégories des (BIC) proportionnellement à la participation
détenue dans la société
- La gestion de la SAS :
La direction de la SAS
Toute SAS doit obligatoirement avoir un président, qui assurera la gestion quotidienne de la société.
C’est le seul organe de direction que la loi impose obligatoirement dans une SAS et pour le reste, les
associés ont la liberté d’organiser la gestion de la SAS comme ils le souhaitent.
Par défaut, le président de SAS détient le pouvoir de direction en interne et vis-à-vis des tiers.
En effet, à l’égard des tiers, c’est le président de SAS qui est le représentant de la société et il détient
ainsi un pouvoir absolu de représentation. Néanmoins, en matière de gestion de la SAS, les associés
sont libres de fixer ses pouvoirs et peuvent ainsi aller jusqu’à ne lui accorder aucun pouvoir de direction.
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La majorité des petites SAS ne fonctionnent qu’avec un président, mais il est au contraire fréquent de
retrouver d’autres organes de gestion dans les SAS plus importantes.
Il existe donc une multitude de schéma possible pour assurer la gestion de la SAS au niveau de la
direction. Pour une petite entreprise, mieux vaut ne pas se compliquer la tâche avec plusieurs organes
et nommer uniquement un président car la mise en place d’autres organes est surtout pratique dans les
grosses sociétés, où les jeux de pouvoirs deviennent importants.
Comme pour toutes les sociétés, ceux sont les associés qui contrôlent la SAS. Ils disposent ainsi de
divers pouvoirs, dont celui de modifier les statuts, de nommer et révoquer le président, de fixer sa
rémunération…
Les associés ont un droit de regard sur la gestion de la SAS dans la mesure où ils participent activement
à la vie sociale en votant des décisions intéressant le fonctionnement de la société.
Certaines SAS auront l’obligation de nommer un commissaire aux comptes qui sera chargé de certifier
les comptes. Il en est ainsi lorsque la société :
• Exerce un contrôle exclusif ou conjoint sur une ou plusieurs sociétés ou est contrôlées
exclusivement ou conjointement par une ou plusieurs sociétés mères, quelle que soit leur taille
;
• Dépasse 2 des 3 seuils prévus par la loi : Total bilan > 1 000 k€ ; Total CA > 2 000 k€ et nombre
de salariés > à 20.
De plus, un ou plusieurs associés de la SAS représentant le dixième du capital social demandent la
nomination d’un commissaire aux comptes au président du tribunal de commerce.
Le commissaire aux comptes sera nommé par les associés de la SAS, obligatoirement lorsqu’une des
conditions ci-dessus est remplie, ou facultativement si ils souhaitent que les comptes soient certifiés par
un commissaire aux comptes, ce qui est rarement le cas en pratique…
15
Le commissaire aux comptes aura pour mission de certifier que les comptes de la SAS sont réguliers et
sincères, et donnent une image fidèle du résultat des opérations de l’exercice et de la situation financière
du patrimoine de la société. Il procèdera ainsi à plusieurs contrôles pour pouvoir tirer une conclusion
A côté de cela, le commissaire aux comptes a un rôle de surveillance et d’alerte sur la SAS.
Une SAS devra obligatoirement mettre en place un comité d’entreprise lorsqu’elle emploie 50 salariés
ou plus et que ce seuil est atteint pendant au moins 12 mois consécutifs ou non sur les 3 dernières
années. A noter qua pour certaines activités, une convention ou un accord collectif peut baisser ces
seuils.
Comme le commissaire aux comptes, le comité d’entreprise dispose du pouvoir de déclencher une
procédure d’alerte.
• Recourir à des experts pour analyser des informations ou documents transmis par la direction de
la SAS ;
• Demander des explications au commissaire aux comptes, ou demander sa révocation ou
récusation ;
• Formuler des observations sur la situation économique et sociale de la SAS.
Une ou plusieurs personnes physiques ou morales peuvent instituer une société par actions simplifiée.
La SAS est ouverte à toute sorte d’associés. De plus, ce statut juridique peut également être utilisé par
un associé unique, il s’agit dans ce cas d’une SASU.
La grande liberté dont jouissent les associés de la SAS constitue également un avantage pour ces
derniers, qui pourront faire fonctionner la société comme ils l’entendent, sous réserve de respecter les
quelques dispositions prévues par la loi. Un président devra notamment être obligatoirement désigné
dans toute SAS.
La SAS, dont les bénéfices sont normalement imposés à l’impôt sur les sociétés, pourra dans certains
cas faire une option pour l’imposition des bénéfices à l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire entre les mains
des associés.
La SAS ne doit pas obligatoirement avoir un commissaire aux comptes à condition qu’elle ne franchisse
pas, à la clôture de l’exercice, deux des trois seuils suivants :
16
Depuis 2013, un avantage supplémentaire est à créditer aux SAS : les dividendes perçus par les
dirigeants associés de SAS ne supportent pas de cotisations sociales, peu import leurs montants,
contrairement aux gérants majoritaires de SARL.
Depuis le 28 avril 2017, lors de la constitution d’une SAS avec des apports en nature, il est possible
d’écarter la nomination d’un commissaire aux apports si :
• Tous les associés sont d’accords ;
• Aucun des apports n’a une valeur supérieure à 30 000 euros ;
• La valeur des apports en nature n’excède pas la moitié du capital social.
Enfin, la fiscalité des droits d’enregistrement pour les cessions d’actions, donc des titres de SAS, est
plafonnée par la loi à 5 000 euros maximum, contrairement au régime applicable pour les cessions de
parts sociales et de fonds de commerce.
La grande liberté offerte aux associés de SAS dans la rédaction des statuts comporte également des
inconvénients : La rédaction des statuts de SAS est assez complexe et nécessite de bonnes
compétences. Certains associés devront également faire attention car ils bénéficieront d’un
encadrement par la loi assez faible, contrairement à ce qui est prévue pour les SARL, dont le
fonctionnement est strictement réglementé.
Les dirigeants de SAS ne pourront pas bénéficier du régime des travailleurs non salariés, caractérisé
par un taux de charges sociales beaucoup moins important que pour un dirigeant affilié au régime
général (à peu près deux fois moins) et les appels de cotisations de la première année d’activité sont
faibles, ce qui permet de limiter les sorties de trésorerie lors du lancement de l’activité.
Contrairement aux sociétés anonymes (SA), les SAS ne peuvent pas être cotées en bourse et des
sanctions pénales sont prévues en cas de non-respect de cette disposition.
Ensuite, les seuils prévus pour la nomination obligatoire d’un commissaire aux comptes dans une SAS
sont nettement inférieurs à ceux prévus dans les SARL, qui sont égaux à :
Cette forme juridique présente plusieurs avantages certains mais également des inconvénients, nous
ne pouvons pas tirer de conclusions applicables à chaque projet de manière systématique. Il est
nécessaire d’étudier les caractéristiques de chaque projet pour être en mesure d’affirmer ou non que la
SAS est le statut juridique le plus approprié.
Dans certains cas, d’autres statuts pourront être plus intéressants, comme la SARL si le projet réuni
plusieurs associés, ou l’EURL, l’EIRL et l’entreprise individuelle en présence d’un seul créateur. Nous
ne pouvons que vous conseiller de faire le point avec un professionnel pour choisir votre statut juridique.
17
Tableau comparatif SARL et SAS : les caractéristiques
Les SARL et les SAS sont deux formes de sociétés commerciales aux caractéristiques très proches.
Toutefois, la SARL est un statut juridique qui fournit un fonctionnement largement encadré par la loi,
contrairement à la SAS dont le fonctionnement est souple et prévu en grande partie par les associés.
SARL SAS
Nombre
d’associés 1 à 100 1 à illimité
Statuts à
rédiger Oui Oui
Objet social toutes les activités possibles et licites toutes les activités possibles et licites
Patrimoine de
l’entreprise patrimoine propre à la société patrimoine propre à la société
Organes de
contrôle Non peut être mis en place statutairement
Commissaire
aux
compte Non obligatoire en cas de contrôle (1)
s
dès la création
(1) Une SAS doit avoir un commissaire aux comptes dès lors qu’elle contrôle une ou plusieurs
autres sociétés, ou est contrôlée par une ou plusieurs autres sociétés
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Tableau comparatif SARL et SAS : le capital et les apports
Les SARL et les SAS peuvent recevoir des apports en numéraire, des apports en nature et des apports
en industrie. La SAS laisse plus de libertés aux associés en leur attribuant la possibilité de créer des
catégories d’actions différentes (actions à droit de vote double ou multiple par exemple).
SARL SAS
Capital social aucun minimum ni maximum prévu par la loi aucun minimum ni maximum prévu par la loi
capital social réparti en parts sociales, toutes capital social réparti en actions, avec plusieurs
Titres composant le capital social de même catégories catégories possibles
Capital variable possible, clause à insérer dans les statuts possible, clause à insérer dans les statuts
libération d’au moins un cinquième dès la libération d’au moins la moitié dès la
Apports en numéraire constitution, puis le solde éventuel dans les 5 constitution, puis le solde éventuel dans les 5
ans ans
libération dès la constitution, évaluation par libération dès la constitution, évaluation par
Apports en nature un commissaire aux apports sauf en cas de un commissaire aux apports sauf en cas de
dispense (1) dispense (1)
SARL SAS
statuts obligatoirement écrit, acte sous seing statuts obligatoirement écrit, acte sous seing
Formalisme lié à la rédaction privé ou acte notarié (obligatoire si un bien privé ou acte notarié (obligatoire si un bien
immobilier est apporté) immobilier est apporté)
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l’enregistrement des statuts n’est l’enregistrement des statuts n’est
Enregistrement des statuts plus obligatoire plus obligatoire
(1) Les associés peuvent décider de se passer de l’évaluation des apports en nature par un
commissaire aux apports si aucun des biens apportés n’a une valeur supérieure à 30 000 euros et
si les apports en nature ne représentent pas plus de la moitié du capital social.
Les SARL et les SAS sont obligatoirement régies par des statuts. Toutefois, le contenu des statuts d’une
SAS est moins réglementé que dans le cas d’une SARL, offrant ainsi d’avantage de possibilité aux
associés fondateurs pour en organiser le fonctionnement.
SARL SAS
peut agir en toute circonstance au nom de la peut agir en toute circonstance au nom de la
Pouvoirs vis-à-vis des tiers société dans la limite de l’objet social (1) société dans la limite de l’objet social (1)
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ACCRE, ARCE ou maintien de l’ARE (maintien ACCRE, ARCE ou maintien de l’ARE
Aides à la création du dirigeant intégral possible si option (maintien intégral possible si dirigeant non
associé pour l’IS et dirigeant non rémunéré) rémunéré)
forme juridique, dénomination sociale, objet identité des associés signataires, forme
social, siège social, durée, montant du capital juridique, dénomination sociale, objet social,
Eléments obligatoires
social… Liste complète : Rédiger les statuts siège social, durée… Liste complète : Rédiger
d’une SARL les statuts d’une SAS
Clause d’exclusion peut être prévue dans les statuts peut être prévue dans les statuts
(1) La loi impose l’application d’une procédure d’agrément en SARL pour les cessions de parts
sociales à des tiers. Les statuts ne peuvent pas déroger à cette règle, ils peuvent par contre
étendre l’application de l’agrément aux autres types de cession et renforcer les règles de majorité
requises lors du vote portant sur l’agrément.
21
La SARL et la SAS se distingue fortement au niveau du mode de direction de la société, et, lorsque le
dirigeant occupe une position majoritaire, au niveau de son statut social.
SARL SAS
personne physique ou morale, ouvert aux personne physique ou morale, ouvert aux
Capacité majeurs ou mineurs (émancipés ou non), une majeurs ou mineurs (émancipés ou non), une
personne étrangère peut être associée personne étrangère peut être associée
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quorum d’un quart des parts et majorité des
2/3 (1ère convocation) ou quorum d’un
Conditions de vote en AGE librement fixées dans les statuts
cinquième des parts et majorité des 2/3
(2ème consultation) (3)
sur les bénéfices (IR avec gérant majoritaire),
sur les rémunérations + une partie des
Calcul des charges sociales du
dividendes (3)(IS avec gérant majoritaire), sur les rémunérations
dirigeant
sur les rémunérations (gérant non associé,
minoritaire ou égalitaire)
Démission possible, modalités à prévoir dans les statuts possible, modalités à prévoir dans les statuts
(1) La société est toutefois engagée même si les actes accomplis par le dirigeant n’entrent pas
dans l’objet social, à moins qu’elle ne prouve que le tiers savait que l’acte dépassait cet objet ou
qu’il ne pouvait l’ignorer, compte tenu des circonstances. (2) Possible uniquement pour les gérant
majoritaires de SARL employant moins de 20 salariés. (3) La partie des dividendes excédent 10%
du total suivant : (capital social + apports en compte courant d’associé + primes d’émission) est
assujettie aux cotisations sociales du régime TNS.
Les règles qui s’appliquent aux associés de SAS, que ce soit en matière d’information ou en matière de
prise de décisions, sont assez librement prévues dans les statuts, alors que la législation encadre les
droits et le fonctionnement des assemblées d’associés en SARL.
23
libération des apports, respect des clauses
libération des apports, respect de l’agrément statutaires (agrément, préemption, exclusion,
Obligations
en cas de cession inaliénabilité)
(1) Action possible si l’associé détient, seul ou avec d’autres associés, au moins 10% de
participation. (2) Action possible si l’associé détient, seul ou avec d’autres associés, au moins 5%
de participation.
(3) Les SARL constituées avant le 4 août 2005 obéissent à des règles de majorité différentes.
En matière de fiscalité et de dividendes, les SARL et les SAS sont assez proches sauf sur les points
suivants : le traitement des dividendes n’est pas le même lorsque le dirigeant est associé majoritaire et
une option fiscale supplémentaire est proposée aux SARL familiales.
SARL SAS
IS, IR possible pendant 5 exercices ou sans
Imposition des bénéfices limitation de durée pour les EURL et SARL de IS ou IR possible pendant 5 exercices
famille
franchise, régime réel simplifié ou régime réel franchise, régime réel simplifié ou régime réel
Régimes de TVA normal normal
(1) La partie des dividendes excédent 10% du total suivant : (capital social + apports en compte
courant d’associé + primes d’émission) est assujettie aux cotisations sociales du régime TNS
SARL SAS
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tenue d’une comptabilité régulière (trésorerie
tenue d’une comptabilité régulière (trésorerie ou engagement), ou engagement), établissement de comptes
Obligations
établissement de comptes annuels (bilan, compte de résultat, annuels (bilan, compte de résultat, annexe).
comptables
annexe). Plus d’infos : les obligations comptables des SARL Plus d’infos : les obligations comptables des
SAS
Arrêté des
comptes par le gérant, dans les 6 mois suivant la clôture de l’exercice prévu par les statuts
Rapport de obligatoire, sauf pour les EURL (SARL unipersonnelle) ne obligatoire, sauf pour les SASU ne
gestion franchissant pas certains seuils (1) franchissant pas certains seuils (1)
Approbation
des comptes
et affectation obligatoire, par les associés obligatoire, par les associés
du résultat
Dépôt des
comptes et obligatoire, dispense de publication possible pour les petites SARL obligatoire, dispense de publication possible
publication (2) pour les petites SAS (2)
En matière de comptabilité et d’obligations administratives, les SARL et les SAS obéissent globalement
aux mêmes règles, sauf en matière de conditions obligatoires de nomination du commissaire aux
comptes.
(1) Les EURL ayant pour gérant l’associé unique personne physique, ou les SASU ayant pour
président l’associé unique personne physique, et qui remplissent au moins 2 des critères suivants
: total de bilan de moins de 1 000 000 €, chiffre d’affaires net de moins de 2 000 000 € et moins de
20 salariés, ne sont pas tenues d’établir un rapport de gestion. (2) Les SARL ou les SAS qui
remplissent au moins 2 des critères suivants : total de bilan de moins de 350 000 €, chiffre
d’affaires net de moins de 700 000 € et moins de 10 salariés, peuvent demander que leurs
comptes annuels ne soient pas rendus publics. (3) Franchissement de 2 des 3 seuils suivants : 3,1
millions d’euros de CAHT, 1,55 millions d’euros de total bilan, 50 salariés. (4) Franchissement de
2 des 3 seuils suivants : 2 millions d’euros de CAHT, 1 millions d’euros de total bilan, 20 salariés,
ou si la société contrôle ou est contrôlée par une ou plusieurs autres sociétés.
4-Fiscalité
La transparence fiscale est le régime des sociétés de personnes, par opposition aux sociétés de
capitaux.
NB. Le terme strictement juste est “translucidité” fiscale, car celui de “transparence” est selon la doctrine
fiscale réservé au cas de certaines sociétés immobilières (article 1655 du Code général des impôts).
Toutefois, en pratique, on parle généralement de transparence fiscale.
La société de personnes, une société transparente
Une société de personnes est une entreprise dans laquelle l’accent est mis sur les associés, plutôt que
sur leurs apports. Dans une telle structure (par exemple dans une SNC ou une SCS), l’intuitu
25
personae est spécifiquement marqué. Cela signifie que la personnalité des associés, leur entente, a
une importance particulière.
Symétriquement, en matière fiscale, ce sont les associés eux-mêmes qui sont concernés par l’impôt,
plutôt que la société en tant que structure. On dit que la société est transparente au regard du droit fiscal.
En principe, la personnalité morale va de pair avec la personnalité fiscale. En d’autres termes, la société
en tant qu’entité juridique indépendante est considérée comme un sujet du droit fiscal, susceptible d’être
imposée en tant que tel.
Ce sont alors les associés qui sont concernés par l’imposition directement, tandis que la société
ellemême est comme inexistante face à l’impôt. On parle donc de transparence fiscale, ou de
translucidité fiscale, en ce que la société, lien entre les associés qui la créent et l’administration fiscale,
n’est pas imposée en son nom. C’est ainsi de façon imagée comme si elle était transparente, ou
translucide, entre le droit fiscal et les associés, qui sont donc visibles et visés par la fiscalité des résultats.
Ainsi, le bénéfice dégagé par la société est taxé entre les mains des associés, en proportion de leur
participation dans la société. Les sommes sont alors déclarées par chaque associé individuellement au
titre de l’impôt sur le revenu (IR), et soumis au barème progressif de cet impôt. La société elle-même
n’est donc pas imposée.
Au niveau de l’associé, les modalités de l’imposition dépendront donc de la tranche dont il dépend, mais
aussi du type de bénéfice. Il s’agira de revenus fonciers, de BNC (bénéfices non commerciaux) ou de
BIC (bénéfices industriels et commerciaux) pour les sociétés commerciales.
En effet, différents types de sociétés peuvent relever du régime des sociétés de personnes, de plein
droit ou sur option.
26
Certains sociétés sont de par leur forme soumises de plein droit, c’est-à-dire automatiquement, au
régime de la transparence fiscale. La société elle-même ne déclare pas de bénéfice imposable, et les
résultats sont imposés à l’IR auprès de chacun des associés.
• La SCI, société civile immobilière, est en principe soumise de plein droit à l’IR, sauf à pratiquer de
façon habituelle la location meublée. Les associés peuvent néanmoins choisir le régime de l’IS, qui
peut selon les cas se révéler plus avantageux.
Créer une SCI en quelques clics
• L’EURL, forme unipersonnelle de la SARL, est fiscalement transparente lorsqu’elle est fondée par
une personne physique (un individu). Toutefois, l’associé unique peut de la même façon faire le
choix de l’IS.
• Les sociétés de personnes, notamment la SNC (Société en Nom Collectif) et la SCS (Société par
Commandite Simple), sont également transparentes.
Mis à part ces exemples où la transparence fiscale est le principe, il est également possible dans de
nombreux cas de choisir ce régime volontairement. On parle d’une option pour le régime des sociétés
de personnes.
• La SAS, Société par Actions Simplifiée, voit normalement ses résultats imposés à l’IS. Mais ses
associés peuvent choisir l’IR et la transparence fiscale.
• Il en va de même pour la SASU, SAS unipersonnelle. L’associé unique peut choisir de voir les
résultats de sa société imposés directement au titre de ses revenus.
• Pour la SARL, Société à Responsabilité Limitée, le régime est le même, si ce n’est que dans le cas
spécifique d’une SARL de famille l’option pour l’IR est illimitée.
• La Société Anonyme (SA) peut également opter pour l’IR dans certaines conditions.
L’option pour le régime des sociétés des personnes est ouvert dans les 5 ans suivant la création de la
société, lorsqu’elle est majoritairement contrôlée par des personnes physiques (individus). Elle ne doit
pas non plus dépasser certains seuils de taille (nombre de salariés et chiffre d’affaire). L’option pour la
transparence fiscale est alors généralement valable pour 5 ans.
27
L'impôt sur les sociétés (IS) est prélevé sur les bénéfices réalisés au cours d'un exercice annuel par les
entreprises exploitées en France. Il est soumis à un régime de déclarations et de paiements à dates
fixes. Il peut être augmenté de contributions additionnelles : la contribution sociale, la contribution
exceptionnelle et la contribution additionnelle.
Bénéfices taxés
L'entreprise est imposable sur les bénéfices réalisés en France au cours de l'exercice annuel. Les
bénéfices réalisés à l'étranger par le biais de succursales ne sont pas soumis à l'IS.
Le montant du bénéfice à déclarer chaque année est celui réalisé dans tous ses établissements français
de la société.
Cependant, en cas d'option pour le régime de groupe (régime d'intégration fiscale), une société mère
peut intégrer dans ses bénéfices imposables ceux de ses filiales dont elle contrôle au moins 95 % du
capital. La société mère paie alors l'IS sur l'ensemble des bénéfices du groupe.
Le taux de 15 % s'applique sur la tranche inférieure à 38 120 € de bénéfices pour les entreprises dont :
Le taux de 28 % s'applique, pour l'exercice ouvert à partir du 1 er janvier 2017, sur la tranche comprise
entre 38120 € et 75000 €.
Le taux de 28 % s'applique, pour l'exercice ouvert à compter du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2019,
sur la tranche comprise entre 38120 € et 500 000 €.
28
Au-delà, le bénéfice est imposé au taux normal.
Les organismes à but non lucratif sont assujettis à des taux spécifiques de :
• 24 % pour les revenus du patrimoine (locations immobilières, bénéfices agricoles, par exemple)
;
• 10 % pour les revenus mobiliers (obligations, par exemple).
À savoir :
Le taux de 28 % s'applique, pour l'exercice du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2017, sur la tranche
inférieure à 75000 € de bénéfices pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à 50 millions
d'€.
Contributions additionnelles
Contribution sociale
Elle est de 3,3 % pour les entreprises ayant un CAHT d'au moins 7,63 millions d'€ et dont l'IS dépasse
763 000 €. Elle est calculée sur le montant de l'impôt sur les sociétés.
Contribution exceptionnelle
Elle s'applique aux entreprises dont le CA est supérieur à 250 millions d'€ au cours des exercices clos
jusqu'au 30 décembre 2016.
Son taux est de 10,7 % de l'impôt sur les sociétés avant imputation des réductions, crédits d'impôt et
des créances fiscales.
Sont exonérés :
29
Ce taux s'applique uniquement dans le cas où l'entreprise s'engage à conserver l'immeuble (ou les titres,
ou les droits) pendant 5 ans.
Une copie de l'engagement, constaté par écrit, doit accompagner la déclaration de résultat de la
personne qui cède l'immeuble dans certains cas, notamment quand il s'agit d'une société
d'investissement immobilier cotée à sa filiale.
La valeur des immeubles cédés ne peut pas dépasser 30 % de la valeur des immeubles encore compris
dans l'actif de la société crédit-preneuse.
Selon la forme juridique de la société, le dirigeant a, d'un point de vue fiscal, soit un statut de salarié
soit un statut de travailleur non salarié (TNS), avec, corrélativement, des modalités différentes de
taxation des rémunérations qu'ils perçoivent au titre de leur activité.
D'une manière générale, la rémunération perçue par les dirigeants de sociétés relevant de l'impôt sur
les sociétés (IS), quelle qu'en soit la forme (traitement de base, avantages en nature, intéressement
aux résultats, etc.), est soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR), dans la catégorie
des traitements et salaires.
• les dirigeants de SA (i.e. président du conseil d'administration, directeur général, directeur général
délégué, membres du directoire) ;
• les dirigeants de SAS (i.e. président et autres dirigeants) ;
• les gérants minoritaires et égalitaires de SARL ainsi que les gérants non associés de SARL ; • les
gérants non associés de sociétés de personnes n'ayant pas opté pour l'IS.
En outre, plusieurs autres catégories de dirigeants qui ne sont pas assimilés à des salariés
bénéficient, dans les faits, du même régime fiscal que les salariés (dirigeants relevant de l'article 62 du
CGI qui prévoit que s'applique à eux les règles prévues en matière de traitements et salaires) :
Tous ces dirigeants (i.e. assimilés salariés ou relevant de l'article 62 du CGI) peuvent, à l'instar des
salariés, appliquer une déduction forfaitaire pour frais professionnels de 10% ou opter pour une
déduction de leurs frais professionnels sur la base de leurs frais réels.
30
Ces rémunérations sont déductibles du résultat fiscal de la société versante, sous réserve qu'elles
correspondent à un travail effectif du dirigeant et qu'elles ne soient pas exagérées eu égard aux
fonctions exercées.
Le cas échéant, ces rémunérations peuvent être soumises à la taxe sur les salaires. Tel est le cas
lorsque la société versant la rémunération n'est pas assujettie à la TVA ou ne l'a pas été sur 90% au
moins de son chiffre d'affaires au titre de l'année civile précédant celle du paiement des
rémunérations.
Le régime fiscal de la rémunération des dirigeants de sociétés à l'IS : SARL, SA, SAS...
Remarque
Les dirigeants assimilés aux salariés peuvent déduire des rémunérations qu'ils perçoivent les intérêts
d'emprunt et autres frais (commissions, honoraires, frais d'actes, droits d'enregistrement, frais de
dossier, cotisation d'assurance, etc.) supportés pour l'acquisition des titres de la société qu'ils dirigent
(déduction au titre des frais réels), dès lors que ces dépenses sont utiles à l'acquisition ou la
conservation du revenu et que leur montant est proportionné à leur rémunération annuelle.
A titre de règle pratique, les intérêts sont déductibles dans la limite d'un montant correspondant à la
fraction de l'emprunt qui n'excède pas le triple de la rémunération annuelle perçue ou escomptée lors
de la souscription de l'emprunt. Cet avantage n'est pas cumulable avec la fraction des versements
effectués au titre de la souscription ou de l'acquisition de titres de société donnant lieu aux réductions
d'IR ou d'ISF pour souscription au capital de petites ou moyennes entreprises (i.e. non cumul des
régimes).
Pour plus de détails, lire l'article : « Réduction d'impôt sur le revenu pour souscription au capital de
petites entreprises ».
Rémunérations des dirigeants associés de sociétés de personnes n'ayant pas opté pour l'IS
Les appointements que s'allouent les dirigeants de sociétés de personnes n'ayant pas opté pour l'IS
(SNC, SCI notamment) sont considérés comme une modalité particulière de répartition des bénéfices
de la société.
Ces appointements sont donc fiscalement traités dans les mêmes conditions que la quote-part dans
les bénéfices de la société qui leur revient :
• ils sont soumis à l'impôt sur le revenu, au nom du dirigeant, dans la catégorie correspondant
à la nature de l'activité de la société (BIC, BCN, BA, revenus fonciers) ; • et ils ne sont pas
déductibles des bénéfices réalisés par la société.
Le régime fiscal des dirigeants de sociétés à l'impôt sur le revenu : SNC, SCI...
Les sociétés civiles qui ont une activité de nature commerciale sont soumises de plein droit à l'IS,
même en l'absence d'une option pour cet impôt.
Les rémunérations versés aux gérants associés sont imposées à l'IR, dans la catégorie des BNC,
sous réserve que les fonctions de gérant ne constituent pas qu'une simple extension de l'activité
commerciale ou industrielle exercée par les intéressés (article 155 du CGI).
31
Ces rémunérations sont déductibles des résultats de la société.
Dirigeants assimilés
à des salariés dont
Rémunération
la rémunération est
Président et autres déductible des
SAS IS imposée dans la
dirigeants résultats de la
catégorie des
société
traitements et
salaires
Dirigeants assimilés
à des salariés dont
Rémunération
la rémunération est
Gérant minoritaire et déductible des
IS imposée dans la
gérant non associé résultats de la
SARL, et catégorie des
société
sociétés de traitements et
personnes salaires
(SARL de
famille, EURL, Dirigeants relevant
SCI, etc.) ayant de l'article 62 du CGI
opté pour l'IS Rémunération
qui prévoit que leur
déductible des
IS Gérant majoritaire rémunération est
résultats de la
taxée dans les
société
mêmes conditions
qu'un salarié
32
Dirigeants relevant
de l'article 62 du CGI
Rémunération
qui prévoit que leur
Gérant associé déductible des
rémunération est
commandité résultats de la
taxée dans les
société
mêmes conditions
Sociétés en qu'un salarié
commandite par IS
actions Dirigeants assimilés
à des salariés dont
Rémunération
la rémunération est
déductible des
Gérant non associé imposée dans la
résultats de la
catégorie des
société
traitements et
salaires
Rémunération non
IR Catégorie de déductible des
(les bénéfices de Gérant associé revenus résultats de la
Sociétés de ces sociétés (même régime pour correspondant à société (i.e.
personnes ou sont taxés au tous les associés, l'activité de la considérée comme
assimilées : - niveau des société (BIC, BNC, une modalité
qu'ils soient gérants
SARL de associés, en particulière de
ou non) BA, revenus
famille - EURL fonction de la
fonciers) répartition des
- SCI quote-part qu'ils bénéfices)
- SCS détiennent dans
le capital de la Dirigeants assimilés Rémunération
société) Gérant non associé à des déductible des
Rémunération
SCI soumises à Rémunération déductible des
l'IS de plein IS Gérant associé imposée dans la résultats de la
droit catégorie des BNC société
Compte-tenu des avantages fiscaux et sociaux, le dirigeant d'une PME relevant de l'impôt sur les
sociétés se pose très souvent l'épineuse question du versement d'un dividende à la place d'une
rémunération mensuelle.
Les dividendes correspondent à la part des bénéfices distribuables d'une société qui sont versés
aux associés ou actionnaires, sur décision de l'assemblée générale.
33
Ils constituent un moyen de rémunération de l'associé-dirigeant, venant en complément ou, dans
certains cas, à la place de la rémunération.
Les dividendes, qui ne constituent pas une charge venant en déduction des résultats de la société
distributrice, présentent l'avantage de ne pas alourdir le montant des charges et de ne pas plomber
les résultats de la société. En outre, sauf lorsqu'ils sont versés au gérant majoritaire d'une SARL,
les dividendes ne sont en principe pas assujettis aux cotisations sociales.
Autre élément favorable, les dividendes perçus par le dirigeant personne physique sont soumis au
barème progressif de l'impôt sur le revenu, après application d'un abattement de 40%, ce qui n'est
pas le cas d'une rémunération qui ne bénéficie en principe que d'un abattement de 10% pour frais
professionnels.
Avantages et inconvénients d'une distribution de dividendes dans les sociétés passibles de l'IS
Côté inconvénients, les dividendes sont, en principe, versés une seule fois par an, à condition que
la société ait réalisé un bénéfice, alors qu'un salaire est perçu mensuellement, même en l'absence
de résultats.
En outre, ils ne permettent pas au dirigeant de bénéficier d'une protection sociale (couverture
santé et retraite).
Sauf pour les gérants majoritaires de SARL, le versement d'un dividende s'avère, dans la plupart
des cas, plus intéressant sur le plan social (i.e. absence de cotisations sociales) et fiscal (i.e.
abattement de 40% précité) que le versement d'une rémunération.
La répartition des sommes versées au dirigeant entre rémunération et dividendes doit faire l'objet
d'une analyse au cas par cas, en fonction de la situation personnelle du dirigeant (charge de
famille ou non, âge, état de santé, etc) et de la situation de la société qu'il dirige.
En cas de cession de parts sociales, il y a un taux de 3 % jusqu’à 500 ;000,00 € et 5 % au-dessus pour
la SARL.
Les cessions d’actions sont taxées à 0,10 % et l’écrit n’est pas obligatoire.
Conclusion :
- La société holding :
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• Créer une holding : quels sont également les limites ou inconvénients ?
• Enfin, comment dans le cas de sociétés existantes organiser la création d’une holding à
moindre coût ?
Créer une holding : les avantages
Tel est le cas si vous avez créé plusieurs sociétés opérationnelles, avec ou sans lien avec entre elles.
Stratégiquement, la holding facilite la cohérence des orientations, puisque celles-ci sont centralisées au
sein d’une seule et même personne (et non dispersées sur plusieurs sociétés)
Créer une holding donc facilite la (re)définition du rôle de chaque société au sein du groupe et la
rationalisation des fonctions support. Ainsi ces dernières (ressources humaines, informatique,
marketing), lorsqu’elles existent au niveau de chaque société, peuvent être transférées et mutualisées
au sein de la holding.
La création d’une holding permet en principe de disposer d’un pouvoir de négociation accru vis-à-vis
des banques. C’est cette dernière qui se charge de cette négociation au profit des sociétés
opérationnelles (ou filiales).
Ainsi, le groupe doit être en mesure d’obtenir des conditions de financement auprès des banques plus
intéressantes que celles qu’obtiendrait chaque société du groupe en les négociant individuellement.
Dans le même ordre d’idées, la holding peut, grâce à sa surface financière, consentir à ses filiales des
avals et cautions d’un montant supérieur à celui qu’un actionnaire personne physique, même majoritaire.
Enfin, sur le plan juridique, elle autorise un effet de levier du pouvoir de décision sur la détention du
capital. En d’autres termes, une personne peut contrôler une holding (et l’ensemble de ses filiales) tout
en détenant une participation dans son capital bien inférieure à 50%.
Créer une holding pour financer l’acquisition d’une société par emprunt
Toujours sur le plan financier mais également juridique, la holding est requise si vous souhaitez financer
l’acquisition d’une société par emprunt. Plutôt que d’emprunter vous-même, il est préférable de créer
une holding qui empruntera à votre place.
Avantage : les dividendes et les dépenses (essentiellement les remboursements de mensualités) sont
cantonnés dans une structure, la holding, qui offre une transparence certaine puisqu’elle doit établir un
bilan et un compte de résultat une fois par an.
Si vous acquérez la société-cible via un emprunt à titre personnel, rien ne vous oblige à cette
transparence vis-à-vis du banquier sauf au moment où vous sollicitez cet emprunt.
En conséquence, le banquier est conduit, toutes choses égales par ailleurs, à vous consentir un prêt
plus important ou à un taux d’intérêt moins élevé.
Ensuite, la création d’une holding protège votre patrimoine, puisque la responsabilité des associés ou
actionnaires est limitée aux apports. En cas de faillite de la holding, vous ne serez pas poursuivi sur
votre patrimoine personnel. Si en revanche, vous avez souscrit un emprunt à titre personnel, vous
devrez le rembourser dans son intégralité.
Le banquier contournera en partie cette responsabilité limitée aux apports en vous demandant une
caution personnelle mais discutez-en les conditions à votre profit (montant, durée, etc.), en lui proposant
des engagements (par exemple à limiter votre rémunération au niveau de la holding, à ne pas solliciter
le versement de dividendes sur la durée du prêt).
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Holding et dividendes
Tout d’abord, les dividendes versés par filiale dont la holding détient au moins 10% du capital sont
exonérés à 95%, soit un taux d’imposition effectif de 1.67% (5% x 33.33%). Par contraste, les dividendes
encaissés par une personne physique sont soumis à une imposition globale pouvant se monter jusqu’à
46.50% (27% (60%x45%) d’impôt sur le revenu des personnes physiques, 4% de contribution
exceptionnelle sur les hauts revenus, 15.50% de CSG/RDS).
Par exemple, si le nouveau groupe est constitué d’une holding et d’une filiale (autrefois détenue par des
actionnaires personnes physiques), il bénéficie d’une taxation à taux réduit non seulement au niveau de
la holding mais également de la filiale soit au total 38 120 € *2 =76 240 €.
Mais cet avantage peut être neutralisé par la perte de ce taux réduit par les filiales détenues par les
sociétés-petites filles (filiale de la filiale de la holding) apportée par la holding (cf. après, inconvénients,
2ème paragraphe).
L’intégration fiscale est conseillée dès lors que la filiale a été rachetée par emprunt bancaire contractée
par la holding (cf. ci-dessus).
En effet, la holding est en général structurellement déficitaire sur le plan fiscal puisque ses charges sont
constituées essentiellement des intérêts d’emprunt et que les dividendes perçus de la filiale subissent
une taxation effective de 1.67% (cf. ci-dessous). La Loi de finances 2013 n’a pas remis en cause la
déductibilité des charges financières, dès lors que celle-ci ne dépassent pas 3 M€ par an et que les
centres de décision restent localisés en France.
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Le second inconvénient est constitué par la suppression potentielle de la taxation au taux réduit.
Les PME détenues par des personnes physiques et/ou détenues directement par des sociétés,
ellesmêmes détenues par des personnes physiques bénéficient, sous certaines conditions du taux
réduit d’IS (15%) dans la limite des 38 120 premiers € de bénéfice. Cette condition est remplie si la
holding détient en « râteau » les filiales.
En revanche, si elle les détient directement ou indirectement en cascade, cette condition se sera plus
remplie pour toutes les sociétés petites-filles de la holding (filiale de la 1ère filiale). Il en résulte alors pour
ces dernières la perte d’un avantage fiscal maximal de 6 987 € (38 120 – (33.33%-15%)) chaque année.
Or, la qualité de PME au sein communautaire, condition pour bénéficier dudit statut, ne requiert qu’un
seul lien d’interposition.
En outre, si les actionnaires apportent les titres à une holding moins de 5 ans après avoir souscrit au
capital de la société opérationnelle, la réduction d’impôt (qu’elle soit imputable sur l’IRPP ou l’ISF) dont
ils ont pu bénéficier à cette occasion est remise en cause.
En clair, cette réduction d’impôt doit être remboursée à l’Etat l’année au cours de laquelle l’apport est
réalisé.
Holding et TVA
Le dernier inconvénient si vous créez une holding concerne la TVA.
Si vous créez une holding avec pour seul revenu l’encaissement de dividendes, elle ne peut en pas en
principe déduire la TVA ayant grevé l’ensemble des achats. Et si en plus, des salariés sont rémunérés
par la holding, celle-ci doit payer la taxe sur les salaires (jusqu’à 10% du montant des rémunérations
versées).
1. D’y loger les dirigeants du groupe et d’en refacturer le coût aux filiales (cf. après holding et
management fees)
2. De créer un secteur financier et d’y affecter qu’une partie résiduelle des rémunérations.
Ainsi, la société peut en principe se retrouver avec un prorata de déduction de TVA de 100%, c’est-àdire
qu’elle peut déduire l’intégralité de la TVA sur ses achats.
Corrélativement, elle est exonérée en principe de taxe sur les salaires. Mais l’Administration
fiscaleconsidère pour sa part que les rémunérations des dirigeants doivent être affectées
intégralement au secteur financier et par conséquent assujettis à la taxe sur les salaires.
Cependant dans un arrêt du 8 juin 2011, le Conseil d »Etat a censuré cette position de l’Administration.
La juridiction suprême considère que la holding peut déterminer sous sa propre responsabilité la
quote-part des rémunérations affectées d’une part au secteur financier et d’autre part au secteur
assujetti à la TVA.
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2. De payer la taxe sur les salaires, que celle-ci porte ou non sur les rémunérations des
dirigeants.
Création d’une holding : les mises en garde
Le droit commercial comme le droit fiscal français, en dépit de l’intégration fiscale, ignorent la plupart du
temps la notion de groupe. En d’autres termes, ce n’est pas parce que la holding détient, directement
ou indirectement, 95 voire 100% du capital des filiales qu’elle peut initier des opérations susceptibles de
leur porter préjudice ou qu’à l’inverse elle peut les favoriser à son détriment.
Tant sur le plan du droit commercial que du droit fiscal, les opérations doivent toujours avoir une
contrepartie économique. A défaut, elles sont qualifiées d’abus de biens sociaux sur le plan du droit
commercial et d’acte anormal de gestion sur le plan fiscal.
Dans ce dernier cas, la sanction est soit la non-déductibilité des charges, du résultat fiscal, soit la
réintégration à ce même résultat fiscal des produits non constatés en comptabilité (par exemple, intérêts
en compte courant et auxquels la holding a renoncé).
Idéalement, vous devez créer une holding qui doit être « animatrice ». Par ce terme, il faut désigner une
société qui participe activement aux contrôles des filiales.
Selon la Cour de cassation du 10 décembre 2013, l’existence d’une simple convention de gestion
administrative ne suffit pas à caractériser la holding d’animatrice. En clair, elle doit démontrer un pouvoir
effectif de direction et d’inflexion de la stratégie sur les filiales. Pour plus de détails, ci-après Sinon
quelles en sont les conséquences ?
L’impossibilité pour les titres de cette holding, de bénéficier des réductions d’impôt, quelles qu’elles
soient (ISF, IRPP), de l’exonération d’ISF au titre biens professionnels, de droits de succession réduits
dans le cadre du pacte Dutreil, etc.
En cas de sociétés existantes, voici comment créer une holding à coût moindre :
Si vous êtes associés ou les actionnaires des sociétés opérationnelles que vous souhaitez voir
désormais détenues par une société holding, vous avez le choix entre deux possibilités.
En outre, il convient de demander l’accord des autres associés si les statuts de la société sur laquelle
porte la cession de titres mentionnent une clause d’agrément des nouveaux associés. Enfin, il s’agissant
d’une convention réglementée, elle doit faire l’objet d’une autorisation préalable de la société de la
holding.
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En second lieu, vous pouvez opter pour un apport des titres des sociétés opérationnelles à votre holding.
Avantages : l’imposition des plus-values que vous avez réalisées sur les apports à la société holding
(dès lors qu’elle est soumise à l’IS) est reportée en principe au jour de la cession des titres de la holding
reçus en rémunération de l’apport.
En principe seulement car depuis la suppression du report d’imposition sous condition de réemploi,
réapparaît le risque que l’Administration fiscale mette fin par anticipation à ce report d’imposition si votre
holding cède les titres des sociétés opérationnelles dans les 2 ans suivant l’apport et ne n’en réinvestit
pas au moins 40% du produit de cession dans une activité économique. L’investissement, directement
ou par sociétés interposées dans les locaux à usage d’habitation ne constitue pas une activité
économique.
Inconvénient : la société holding doit rédiger un traité d’apport (un tel apport est considéré comme un
apport partiel d’actif au sens du Code de Commerce), nommer un commissaire aux apports chargé
d’apprécier la valeur des apports (en l’occurrence des titres apportés).
Enfin, compte tenu de ce qui précède, cette opération est plus lente à réaliser qu’une cession des titres,
même si celle-ci est soumise à agrément des associés.
Plutôt que d’apporter les titres une holding, votre société créé une filiale puis apporte l’ensemble des
actifs à cette filiale. Ainsi la filiale devient totalement opérationnelle et votre société se transforme en
holding
Avantages : Pas d’imposition entre les mains des associés de la société opérationnelle, ni au titre de
l’IS et de la TVA à condition de placer l’opération sous le régime de faveur des fusions. Pas de risque
de caducité anticipation de report d’imposition (contrairement ce qui peut se passer en cas d’apport des
titres). Possibilité sous certaines ne pas apporter tous les actifs (notamment les titres qu’elle détient)
dés lors que ceux apportés sont considérés comme une branche complète d’activité.
Inconvénients: obligation de conserver la totalité des titres reçus en contrepartie de l’apport pendant 3
ans et de respecter les règles comptables des fusions-scissions, à peine de remise en cause du régime
de faveur. Perte des déficits fiscaux non utilisés à la date d’effet de la fusion.
Agir de la sorte est sanctionné tant par le droit commercial que le droit fiscal. Sur ce dernier plan, la
société qui transfère ainsi l’activité s’expose alors à un redressement fiscal égal au montant de l’impôt
éludé sur la plus-value de cession, majoré des pénalités pour manquement délibéré (40%).
En France, il est possible de réaliser des transmissions à titre gratuit d’entreprises : si le cadre légal
reste complexe et nécessite un accompagnement en amont de la transmission, il reste très avantageux
lors de donations familiales, par l’intermédiaire d’un pacte Dutreil.
Nous vous expliquons dans ce dossier le principe d’un pacte Dutreil, son utilisation et ses avantages.
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Le principe du pacte Dutreil
Le pacte Dutreil (art. 787 B du CGI) est un avantage fiscal accordé aux transmissions à titre gratuit de
titres de société sous conditions d’engagement :
• de conservation des titres (deux ans d’engagement collectif et quatre ans d’engagement
individuel de conservation),
• de seuil de participation (20 % pour une société cotée, 34 % pour une société non cotée
• et d’une fonction de direction exercée durant trois ans.
Il permet de bénéficier d’un abattement de 75 % sur la valeur des titres transmis et d’une réduction
supplémentaire de 50 % des droits en cas de transmission en pleine propriété avant 70 ans.
Le pacte Dutreil est un outil idéal qui permet d’optimiser la transmission d’un patrimoine professionnel,
notamment lorsqu’il y a uniquement un enfant repreneur sur la fratrie.
L’une des stratégies bien connues est de passer par une donation-partage aux enfants avec attribution
des titres en pleine propriété à l’enfant repreneur, à charge pour lui de verser une soulte à son frère ou
sa sœur, avec un apport à une holding pour financer cette soulte.
Ce montage dispose d’un avantage civil de figer la donation dans le temps grâce au partage, mais
également de faire bénéficier aux deux donataires de l’avantage fiscal du pacte Dutreil, même au profit
de l’enfant bénéficiant des liquidités de la soulte.
Les dirigeants s’interrogent aujourd’hui sur les solutions pour céder ou transmettre leur entreprise avec
une imposition la plus faible possible. Le pacte Dutreil paraît une niche préservée à ce jour, mais pour
combien de temps ?
Pour le moment, cet outil semble pérenne : Bercy n’a pas manifesté de volonté de changer la législation
sur ce sujet, même si l’administration fiscale, par ses publications au Bofip, ainsi que la jurisprudence,
posent des limites aux montages proposés de transmission par un pacte Dutreil, notamment avec la
présence de sociétés holdings.
Sources ;
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