Commentaire composé (EDF)
Problématique : Quels enjeux se révèlent dans cette scène de
quiproquos ?
I- La découverte de l’amour par Agnès
a) La métaphore de l’amour par la médecine
b) Des sentiments et des sensations plaisantes
II- Une remise en question de la société patriarcale du XVIIe siècle
a) Le ruban : l’obsession de la perte de la virginité
b) Une image terrifiante du plaisir
III- Une invitation à l’évolution des mœurs
a) Transformer l’obligation du mariage en plaisir
b) Transformer les relations sociales entre les deux sexes
Pour rédiger un paragraphe argumentatif :
> Repérer les procédés littéraires
> Décrire l’effet produit par ce procédé
1° Annoncer en une phrase l’idée directrice du paragraphe
2° Insertion d’une citation du texte
3° Analyses littéraires de la citation
4° Donner l’effet produit par les procédés dans des phrases
5° Rédiger une conclusion partielle : rappeler l’idée directrice en une phrase
(étape 2,3,4 à répéter autant de fois qu’il y a de citations)
1° Nous allons d’abord étudier la métaphore de l’amour médecin dans la scène
5° Par conséquent, la scène a bien exploité la métaphore de l’amour à la fois
maladie et médecine dans l’imaginaire d’Agnès.
Pour rédiger une introduction de commentaire
1° Présentation de l’œuvre, de l’auteur, contexte et situer le passage
2° Annonce de la problématique
3° Annonce du plan de réponse à la problématique : « Dans un premier temps,
nous verrons la découverte de l’amour par Agnès. Puis, dans un second temps,
nous étudierons la critique de la société patriarcale du 17e siècle implicite dans
la scène. Enfin, dans un troisième temps, nous verrons les propositions sociales
sous-jacentes dans la scène. »
Dans un second temps, nous allons analyser dans cette scène la remise en
question sur la société patriarcale du XVIIe siècle.
D’une part, cet extrait de l’acte II nous prouve l’importance du ruban et
l’obsession qu’a Arnolphe envers la perte de la virginité d’Agnès : dans le
vers 28 « Oui. Mais que faisait-il étant seul avec vous? », nous observons
d’abord le « Oui. Mais », mais qui est une conjonction de coordination
montrant le retour au sujet précédemment évoqué. Ces deux mots montrent
l’ignorance et le désintéressement qu’éprouve Arnolphe envers les paroles
mélioratives d’Agnès qu’a pour Horace, Arnolphe cherche juste à avoir une
réponse à sa question ; « faisait-il » avec faisait, verbe à l’imparfait, il le
pronom personnel qui désigne Horace, insistant sur ce que faisait ce dernier
à Agnès ; « seul » qui est un adjective désignant également Horace, qui
montre qu’Horace et Agnès n’étaient que tous les deux lors de leur rencontre,
Arnolphe sous-entend qu’il y’a pu y avoir un rapport entre les deux étant
donné l’intimité de leur réunion.
Ensuite, Dans le vers 45 « Ne vous faisait-il point aussi quelques caresses? »
: nous trouvons l’adverbe « aussi » qui est utilisé pour une accumulation, une
addition ; « caresses » qui est un substantif polysémique (avec plusieurs
sens) , les caresses peuvent être affectives ou bien sensuelles, dans ce
contexte-ci, Arnolphe évoque les caresses à caractère sensuel.
De plus, dans le vers 55 « Ne vous a-t-il point pris, Agnès, quelque autre
chose? » : « pris » un verbe au passé simple, ce temps étant utilisé pour
exprimer des actions courtes et rapides ; « Agnès » nom propre, prénom de
la personne à qui Arnolphe s’adresse, l’utilisation de ce prénom sert à
montrer que l’homme attend une réponse concrète de la jeune fille ;
« chose » qui est un substantif (nom commun) polysémique qui peut pouvoir
représenter la virginité d’Agnès.
Par ailleurs, dans le vers 123 « Non, non, non, non. Diantre que de mystère »
: ici, le « Non, non, non, non. » est une accumulation, énumération du
substantif négatif, montrant que le personnage est mécontent ; « diantre » qui
est une interjection, désignant un juron, ici Arnolphe exprime sa perplexité et
son agacement, et « Mystère » un nom commun qui représente les non-dits
d’Agnès.
Ces 4 citations donnent l’impression qu’Arnolphe est insistant et obstinant, il
veut à tout prix savoir si Agnès est encore vierge, et ne tient compte d’aucune
parole de cette dernière. Le personnage d’Arnolphe utilise des l’euphémisme,
une figure de style qui consiste à dire des termes plus atténués pour éviter de
dire la vraie information. Arnolphe pose de nombreuses questions à Agnès au
lieu de directement lui demander la chose qu’il veut savoir, il la questionne
sans même lui laisser le temps de répondre ce qui rend son personnage
encore + persistant.
D’autre part, cette scène nous montre également une autre image du
plaisir, une image terrifiante. Premièrement, dans le vers 178 « Est un péché
mortel des plus gros qu’il se fasse » : « péché » est un nom commun faisant
partie du champ lexical de la religion, un péché c’est un acte commis qui est
interdit dans la religion pratiquée par la personne qui le fait ; « mortel » est un
adjectif du champ lexical de la mort, Arnolphe affirme à Agnès que ce qu’elle
a fait avec Horace est condamnable à mort ; « se fasse » est conjugué au
subjonctif présent, ce temps est utilisé pour exprimer une possibilité.
Deuxièmement, dans le vers 183 « Que par ces actions le Ciel est
courroucé » : « actions » est un nom commun, ici les actions sont les
regards, les contacts physiques et les approches qu’Horace a eu envers
Agnès et inversement ; « Ciel », un substantif polysémique qui désigne en
astronomie l’espace interstellaire et quand il prend une majuscule, comme
dans ce vers-ci, le Ciel désigne Dieu ; « courroucé » est un adjectif du
langage soutenu, il appartient au champ lexical de la fureur, l’énervement :
dans ce vers on parle de Dieu qui est furieux par rapport à ce qu’il s’est
passé entre Agnès et Horace. Ce vers montre qu’Arnolphe explique à Agnès
qu’à cause d’elle et Horace Dieu est furieux, il tente de la faire culpabiliser,
regretter pour que certainement la jeune fille ne retourne plus vers un autre
homme que lui. Enfin, dans le vers 186 « C’est une chose, hélas ! Si
plaisante et si douce ! » : « chose » est un nom commun, ici la chose
évoquée par Agnès est son péché (d’après Arnolphe), autrement dit c’est ce
qu’il s’est passé lors de sa rencontre avec Horace ; « hélas » est une
interjection qui exprime la douleur et le regret, ce mot insiste sur ce qu’Agnès
éprouve après avoir entendu les propos d’Arnolphe, probablement du regret ;
et « plaisante » est un adjectif polysémique qui peut exprimer quelque chose
qui amuse, qui fait rire mais également qui procure du plaisir, ici c’est la
« chose » qui apporte du plaisir. Nous remarquons dans ce vers le regret et le
chagrin qu’Agnès éprouve, ce qui pousse en quelque sorte le lecteur à être
empathique envers le personnage, elle se sent coupable de ressentir du
plaisir en compagnie d’Horace alors que cela devrait être normal, Arnolphe lui
fait croire que tout ce qu’elle fait avec un autre homme que lui est très
mauvais et péché mortel ; de quoi donner une image terrifiante du plaisir à la
petite fille.
Pour conclure, nous l’avons vu sous deux angles de cette scène, au XVIIe
siècle, la société patriarcale, autrement dit la société dans laquelle l’homme
est « supérieur » à la femme, doit être remise en question.