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Rôle du RCCM dans l'accès au crédit

Le document décrit le rôle du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier OHADA dans l'amélioration de l'accès au crédit. Il explique que le RCCM centralise les inscriptions de sûretés et apporte des innovations qui contribuent à renforcer le crédit des entreprises, tout en notant que des réformes sont nécessaires pour consolider cet accès au crédit.

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Rôle du RCCM dans l'accès au crédit

Le document décrit le rôle du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier OHADA dans l'amélioration de l'accès au crédit. Il explique que le RCCM centralise les inscriptions de sûretés et apporte des innovations qui contribuent à renforcer le crédit des entreprises, tout en notant que des réformes sont nécessaires pour consolider cet accès au crédit.

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LE ROLE DU REGISTRE DU COMMERCE ET DU CREDIT

MOBILIER OHADA DANS L'AMELIORATION DE L' ACCE


AU CREDIT

par

Yvette -Rachel KALIEU ELONGO


Agrégé.e de droit privé
Vice Doyen chargée de la scolarité et du suivi des étudiants
Faculté des Sciences Juridiques et Politiques
Université de Dschang (Cameroun)

1. Le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ci-après RCCM


est une des innovations majeures dans le nouveau paysage juridique des
pays de l'OHADA 1• Il est institué par l'article 19 de l'A.U.D.C.G. et
remplace l'ancien Registre du commerce. Il· joue un double rôle. Le
premier est un rôle traditionnel qui est celui de recevoir l'immatriculation
des commerçants personnes physiques, des sociétés et autres personnes
morales dans les conditions prévues aux art. 25 et suivants de
1'A.U.D.C.G. Le second est un rôle nouveau introduit par le droit
OHADA, qui est de recevoir 1'inscription de certaines sûretés
limitativement énumérées par la loi d'où l'appellation Registre du
Commerce et du Crédit Mobilier. Il n'y a donc pas un, mais deux
registres car, à bien y regarder et à la lecture des textes, les deux
fonctions du RCCM sont différentes. L'article 19 prévoit en effet que : le
RCCM a pour objet :
- d'une part de recevoir l'immatriculation des personnes physiques
commerçantes, des sociétés commerciales et autres personnes morales
assujetties à l'immatriculation.
- d'autre part, de recevoir les inscriptions relatives aux différentes
sûretés que le texte prend le soin d'énumérer limitativement. Il s'agit : du
nantissement des actions et des parts sociales, du nantissement du fon d
de commerce, du privilège du vendeur du fonds de commerce, du

1
Koné (M.), Le nouveau droit commercial des pays de la zone OHADA, comparai on_
vec le droit français, L.G.D.J., 2003, n° 353 et sv. ; n°62 et sv. ; Santo (:\ .P. .
commentaire sous livre II AUDCG, OHADA traité et actes uniform es comment ·
annotés, 3 7 2D. 2008, pp. 198 et sv.
nantissement du matériel professionnel et des véhicules automobiles, du
privilège du trésor, de la douane et des institutions sociales 1, dG :·au
nantissement des stocks, de la réserve de propriété, du contrat de crédit- - bl
bail. ÎOI
2. La fonction d'inscription est donc différente de la foncti or:: .~n e

d'immatriculation2• C'est parce qu'il ne reçoit que l'inscription de.: .• ec


sûretés réelles mobilières plus précisément de certaines d'entre elles - ln
que le registre est dénommé registre du crédit mobilier. Registre du crédi~ - ffé
et non registre des sûretés parce que les inscriptions de sûretés que ce en:
registre est appelé à recevoir sont nécessairement liées à la mise en place - e
d'un crédit consenti au débiteur que le crédit soit antérieur, ce qui e • -ill)
1' hypothèse la plus courante, ou postérieure à 1'inscription de la sûreté. -cr
Le lien, la relation est donc établie entre le crédit, les sûretés et le registr
en ce qu'il est possible de schématiser en disant : que le crédit suppose l - 1
sûreté (même si cela n 'est pas toujours le cas) et que la sûreté nécessit
-~-àr
l'inscription au RCCM. Mais, il faut aller plus loin et dire qu'à travers l
RCCM c ' est le crédit, entendu comme confiance (du latin credere, c'est-
à dire croire) du débiteur ou du contractant en général, qui est apprécié de ]
manière globale et le RCCM est l'un des moyens juridiques qui perme
d' apprécier ce crédit et parant la crédibilité, qui est l' un des moyens
juridiques permettant d'établir une relation d'affaires. D'où l'intérêt de la
présente contribution.
3. Dix ans après l'entrée en vigueur de 1'AUDCG qui a institué le
RCCM, il s'agit d'apprécier le rôle du RCCM dans l'amélioration de
1' accès au crédit. Autrement dit, dans quelle mesure ce registre et le
mécanismes mis en place pour en assurer 1'effectivité et l'efficacité
contribuent réellement à l'amélioration de l'accès au crédit de
entreprises de l'espace OHADA, c'est-à-dire à renforcer le crédit de HJ
entreprises de la région en terme de confiance et de possibilité d'accès a ::: .e
crédit? ~d

u
1
En principe, les privilèges, qu ' ils soient généraux ou spéciaux sont d'origine légale e:
ne sont pas soumis à l'exigence de publicité pour leur opposabilité aux tiers. Toutefois
l'art 108 A.U.S. impose la publicité de certains privilèges. C'est le cas en particulier des
privilèges pour les créances fiscales, douanières, et des organismes de sécurité sociale
lorsque ces créances sont au-delà d'un certain montant prévu par la loi.
2
Il faut d' ailleurs noter qu'à côté des dispositions générales, un titre Ill est consacré à
l'inscription des sûretés (article 44 et sv.).

134
4. Si la fonction que 1'on assigne traditionnellement au RCC:-.1 o
d' autres mécanismes jouant un rôle identique est d'abord une fonc tion
publicité qui permet notamment aux tiers d ' avoir accès à de-
informations concernant des actes juridiques dont ils ne sont pas partie.
cette fonction de publicité est elle-même conditionnée dans son
effectivité et son efficacité par un autre rôle qui est celui de la collecte
voire de la centralisation des informations qui en l'espèce ont trait aux
différents droits réels conseQtis, généralement à titre provisoire, sur des
biens mobiliers. Le RCCM ne peut atteindre les objectifs à lui assignés
que s'il remplit convenablement ces deux fonctions différentes, mais
complémentaires qui lui sont assignées à savoir la centralisation des
inscriptions et leur publicité à travers la diffusion des informations.
5. Sur ces deux aspects, il s' agira de montrer que le RCCM apporte
des innovations certaines favorisant l'accès au crédit (I) bien que des
réformes soient encore nécessaires pour consolider cet accès au crédit
(II).
1- DES INNOVA TI ONS CERTAINES CONTRIBUANT
A FAVORISER L' ACCES AU CREDIT
6. Les innovations du RCCM OHADA sont notables surtout à travers
le système de centralisation des inscriptions des sûretés. Il convient de
présenter le nouveau mécanisme avant de voir comment il contribue à
renforcer le crédit des entreprises de l'espace OHADA.
A- Le mécanisme de la centralisation des inscriptions
des sûretés
7. La centralisation des inscriptions telle qu'organisée par le droit
OHADA à travers le RCCM doit être comprise dans ses différents sens.
Elle comporte deux innovations qui contribuent toutes à améliorer le
crédit des entreprises :
-Il s'agit d'abord de la centralisation des différentes inscriptions
en un seul et même lieu, compte non tenu de la nature du bien.
8. Cela a été dit et il convient de le redire, c'est une évolution, voire
une révolution par rapport à la situation antérieure. Hérité du droi t
français où le système existe encore aujourd'hui malgré les réforme
intervenues en droit des sûretés, ce système prévoyait que le lieu
d'inscription de la sûreté était fonction de la nature du bien donné en
garantie : ce lieu était forcément différent suivant les biens et même
suivant les pays.
Ainsi par exemple, pour le cas du Cameroun, le greffe du tribunal
était compétent pour recevoir l'inscription du nantissement du fonds de
commerce, de l'outillage et du matériel professionnel, alors que le
serYices administratifs et plus précisément les services de transport
rece aient 1'inscription des nantissements sur les véhicules automobiles.
9. L ' acte uniforme prévoit désormais que les inscriptions des sûretés
qu'il énumère se fait au RCCM tenu au greffe de la juridiction
compétente ratione loci et ratione materie (article 20 AUDCG). La
juridiction compétente est, suivant le cas, le lieu d'immatriculation de la
société, le lieu d'immatriculation de l'acquéreur ou le lieu
d'immatriculation du propriétaire en cas de nantissement sur les stocks.
Quant à la procédure, c'est le créancier nanti qui doit solliciter
1' inscription en produisant le titre constitutif de la sûreté comportant
certaines informations relatives, par exemple, à l'identité du créancier, au
montant de la créance garantie, à la description du matériel ou des
marchandises dans le cas du nantissement de matériel ou de stock. Le
créancier doit ensuite remplir un formulaire d'inscription en quatre
exemplaires dont l'un va au dossier ouvert au nom du constituant, l'autre
est remis au créancier et les deux autres envoyés au fichier national et au
fichier régional.
10. En plus de ces règles générales, chaque nantissement fait l'objet
de règles particulières, quant aux formalités d'inscription dont les
conditions et la durée d'opposabilité des inscriptions diffèrent quelque
peu. Il faut s'en référer ici aux règles prévues aux articles 44 à 62
A.U.D.C.G. qu'il faut combiner avec les articles 63 et suivants A.U.S. La
durée de l'inscription qui correspond à celle de l'opposabilité aux tiers
varie de 5 à 2 ans. Elle est de 5 ans pour les nantissements de droits
d'associé et de valeurs mobilières, fonds de commerce, matériel
professionnel et véhicule automobile et de 2 ans seulement pour le
nantissement des stocks. Cette durée limitée pour les stocks est
probablement justifiée par le caractère fongible et périssable des
marchandises. L'inscription prend fin à 1' issue de la durée, si elle n'est
pas renouvelée. Mais avant 1' expiration de ce délai, 1' inscription peut être
radiée. La radiation peut être totale ou partielle, elle peut être
conventionnelle ou contentieuse. Dans le premier cas, le créancier

136
consent expressément la radiation. Dans le second. elle _
décision judiciaire généralement à la demande du débiteur ons-1:Irtl~L
-Il s'agit ensuite de la centralisation de toutes les inscripti
sûretés au niveau national et régional
11. La centralisation se fait ensuite à partir des différents -- -
locaux vers un fichier national et les différents fichiers nario
contribuent à l'élaboration · d'un fichier régional. Il s' agit donc d' '"'e
centralisation à deux niveaux (échelles). Des registres locaux Y ers les
fichiers nationaux et des fichiers nationaux vers le registre régional. Ce:·
ce qui ressort de l'article 20 de l'AUDCG:
- le fichier national comme son nom l'indique est tenu au ni veau de
chaque Etat auprès d'une institution désignée par l'Etat (greffe d'une
juridiction d'appel ou autre autorité administrative) ;
- le fichier régional quant à lui est tenu auprès de la Cour de Justice
communautaire dont le siège est à Abidjan.
L'uniformisation a donc été recherchée au maximum.
B- Les avantages de la centralisation au regard
de l'amélioration du crédit des entreprises
Au regard du crédit et de l'accès au crédit, la centralisation présente
plusieurs avantages :
- elle permet un gain de temps
12. Par rapport à la centralisation en un même lieu. des différentes
inscriptions, le créancier à travers la consultation d'un seul fichier est
désormais renseigné sur toute la situation du débiteur par rapport à
l ensemble de son patrimoine mobilier.
Par rapport à la centralisation au niveau national ou régional, l' accès
a un seul fichier (national ou régional) permet d'avoir accès, au même
ornent et au même lieu, aux informations concernant plusieurs
artenaires potentiels dans le même pays ou dans la sous-région, ce qui
eut être utile pour les investisseurs potentiels se situant hors de la région
HADA.
-elle permet un gain d'argent
13. Conséquence logique du gain de temps, la centralisation permet
c:n gain d'argent parce que les coûts d'accès aux information on

1 -
sensiblement réduits, qu'il s'agisse des coûts directs ou des frais
indirects, ce qui peut se ressentir positivement sur le coût du crédit qui
sera octroyé.
Ill
- elle permet une prise rapide des décisions de financement JU
14. L'appréciation de la situation patrimoniale du débiteur ou du ré
partenaire est souvent an.térieure à la décision de mise en place pr
effectivement d'un financement ou d'un crédit surtout si celui,.ci est d'un
montant élevé. Les difficultés d'accès aux éléments d'appréciation
peuvent retarder, voire compromettre cette possibilité. Il est donc
(e
important pour le demandeur de crédit que l'accès soit aisé à ces
éléments pour le prêteur.
co
- elle établit la confiance entre les partenaires
na
15. Le RCCM permet d'avoir une situation de l'actif mobilier
essentiel du débiteur qui ne peut redouter que certaines informations sur

la situation de 1' entreprise lui ait été dissimulées.
II- LES MESURES 1\'ECESSAIRES POUR CONSOLIDER
L'ACCES AU CREDIT DES ENTREPRISES
16. Si les innovations apportées sont importantes, dans la pratique
leur effectivité et partant leur efficacité posent problème de sorte qu'il
convienne que des mesures soient prises pour consolider l'accès au crédit
des entreprises. na
fic
17. L'effectivité de l'amélioration de l'accès au crédit des entreprises
ch:
sera illusoire aussi longtemps que le mécanisme particulièrement
in1
innovant qu'est le RCCM ne sera pas mis en place; le succès de
mc
l'OHADA en dépend 1• Des mesures qui, pour certaines restent encore
attendues, devraient être prises pour sa mise en place effective, pour
assurer son fonctionnement harmonieux conformément aux articles 20 à
23 de l' AUDCG et pour organiser un système de communication au
dif
public afin de renforcer la transparence et la publicité recherchées par le
si tl
législateur OHADA.
COl
RC
l'a,
1
Anoukaha (F.), L 'OHADA en marche, Annales de la Faculté des sciences juridiques et pul
Politiques de l'Université de Dschang; T.6, pp. 6 et sv. ; Chifllot (B.), Ben Kemou n 1'e
(L.) et Thouvenot (S.), Pérenniser le succès de l'OHADA : pistes de réflexion.
RDAI/IBLJ, n°2, 2006, pp. 229 et sv.

138
A- La mise en place effective des fichiers
18. Les Registres de commerce ne sont pas véritablement des
institutions nouvelles puisqu'ils existent déjà auprès des greffes des
juridictions. Le problème de la mise en place est surtout un problème de
réorganisation de ces fichiers surtout le volet crédit mobilier qui, dans la
pratique, a du mal à se mettre véritablement en place.
Il s'agit ici d'évoquer quelques problèmes qui se posent:
- transfert des compétences des anciennes aux nouvelles autorités
exemple : service des transports - greffes) ;
- création des fichiers nationaux (désignation de 1'autorité
ompétente puisque le choix a été laissé par la loi aux autorités
ationales, organisation des procédures de transferts des fichiers ;
- mise en place du fichier régional (création, organisation matérielle,
désignation des responsables, etc.).
B- Le fonctionnement harmonieux des fichiers
19. :-tenue matérielle des registres des greffes suivant les exigences
légales (question des lenteurs et des coûts qui pourraient entraîner des
·ariations importantes d'un greffe à l'autre, d'un pays à l' autre) ;
transmission des informations d ' un registre à 1' autre : le fichier
ational est alimenté par les fichiers locaux et le fichier régional par les
5chiers nationaux, harmonisation de la procédure (question de la prise en
~ b arge des coûts, problème des mises à jour et donc de fiabilité des
ormations des différents registres) Exemple : Mise à jour des
:nodifications intervenues (radiation d' une inscription).
C- L'organisation du système de communication
20. C'est à travers l'accès aux différentes sûretés inscrites dans les
ï fférents fichiers que les investisseurs peuvent être infom1és de la
::iruation des entreprises partenaires et apprécier le crédit (en terme de
:on fiance) qui peut leur être accordé. Cette fonction de publicité du
~ CCM semble être apparue tellement évidente pour les rédacteurs de
·acte uniforme qu'ils n'ont pas spécialement organisé le système de
'"" blicité, d'accès aux différents registres, ce qui en affecte largement
· fficacité.

139
21. En effet, le RCCM permet d'assurer la publicité des sûretés.
Cette fonction de publicité, entendue comme l'ensemble des moyens mi
en œuvre pour porter une sûreté à la connaissance du public, n'est pa
propre aux sûretés organisées par l'AUS mais est inhérente à la quasi-
totalité des sûretés, surtout les sûretés réelles (exemple : pour
l'hypothèque, la publicité est faite par le biais du livre foncier).
22. Pour ce qui est de son rôle, en plus d'être un substitut à la
dépossession du constituant, la publicité, surtout celle des nantissements.
joue un rôle spécifique. Elle permet le classement des droits de
préférence entre les créanciers, puisque chacun sera traité en fonction de
son rang d'inscription ; mais surtout, au regard de 1' accès au crédit, elle
permet aux partenaires commerciaux de mesurer les risques encouru
dans leurs relations avec 1' entreprise débitrice, car ils peuvent avoir accè
à l'état des inscriptions des sûretés au R.C.C.M. Ainsi par exemple.
l'inscription d'un nombre important de sûretés peut dévoiler la situation
compromise de l'entreprise constituante. A contrario une situation
favorable au regard du RCCM peut améliorer l'accès au crédit de
1' entreprise.

140

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