J.
A BDESSATTAR 1
Série N˚1
Nombres réels et complexes
Exercice 1 :
Soient n ∈ N∗ , a1 , a2 , ......, an ∈ R+ et b1 , b2 , ......., bn ∈ R∗+ .
Notons par m = min{ ab11 , ab22 , ........, abnn } et M = sup{ ab11 , ab22 , ........, abnn }, on a pour tout 1 ≤ i ≤ n,
n
X
n n n
ai
ai
bi ⇒ m ≤ i=1
X X X
m≤ ≤ M ⇒ [Link] ≤ ai ≤ [Link] ⇒ m. bi ≤ ai ≤ M. n ≤ M.
bi X
i=1 i=1 i=1 bi
i=1
D’où le résultat .
Exercice 2 :
Soient A et B deux parties non vides de R telles que A ⊂ B.
1. A est non majorée alors pour tout M ∈ R, il existe x0 ∈ A tel que x0 > M . Comme A ⊂ B, donc
x0 ∈ B d’où B est non majorée.
2. B est bornée alors il existe m, M ∈ R, pour tout x ∈ B tel que m ≤ x ≤ M . Comme A ⊂ B, on a
pour tout x ∈ A alors x ∈ B, ainsi m ≤ x ≤ M et par suite A est bornée.
Comme A et B deux parties non vides et sont bornées donc sup A, inf A, sup B et inf B sont existent.
De plus A ⊂ B alors sup B est un majorant de A et inf B est minorant de A d’où sup A ≤ sup B et
inf B ≤ inf A.
Exercice 3 :
• Soit A = {(−1)n + n1 , n ∈ N∗ }. On a pour tout n ∈ N∗ ,
1 3
−1 < (−1)n + ≤
n 2
alors
3
sup A = max A =
2
et
inf A = −1
mais min A n’existe pas, en effet :
Supposons il existe α ∈ A tel que min A = α donc il existe n0 ∈ N∗ tel que α = (−1)n0 + 1
n0 . On a
n0 < n0 + 1
⇒
1 1
(−1)n0 + > (−1)n0 +
n0 n0 + 1
donc il existe un élément
1
β = (−1)n0 + ∈A
n0 + 1
tel que β < α ce qui est absurde.
• Soit B = {sin( πn − π4 ), n ∈ N∗ }. On a pour n = 1,
√
π 2
sin(π − ) =
4 2
et pour n ≥ 2,
π π π π
− < − ≤
4 n 4 4
J. A BDESSATTAR 2
⇒ √ √
2 π π 2
− < sin( − ) ≤
2 n 4 2
alors √
2
sup B = max B =
2
et √
2
inf B = −
2
mais min B n’existe pas, en effet :
Supposons il existe α ∈ B tel que min B = α donc il existe n0 ∈ N∗ tel que α = sin( nπ0 − π
4 ). On a
n0 < n0 + 1 ⇒
π π π π
− > − ,
n0 4 n0 + 1 4
comme la fonction sin est croissante sur ] − π4 , π4 [ donc
π π π π
sin( − ) < sin( − )
n0 + 1 4 n0 4
donc il existe un élément
π π
β = sin( − )∈B
n0 + 1 4
tel que β < α ce qui est absurde.
n
• Soit C = { 21n + (−1) ∗
n , n ∈ N }. On a pour n ≥ 1,
1 1 (−1)n 3
− ≤ n+ ≤
2 2 n 4
alors
3
sup C = max C =
4
et √
2
inf C = min C = − .
2
(−1)n
• Soit D = {1 + n − n2 , n ∈ N∗ }. On a pour n ≥ 1,
(−1)n
1+ − n2 ≤ −1
n
alors
sup D = max D = −1
mais D n’est pas minoré, en effet : Montrons pour tout x ≤ −1 il existe n0 ∈ N∗ tels que
(−1)n0
1+ − n20 < x ≤ −1
n0
c.à.d
(−1)n0
2 ≤ 1 − x < n20 − .
n0
On sait que
E(1 − x) ≤ 1 − x < E(1 − x) + 1
alors si on prend
n20 > E(1 − x) + 2
J. A BDESSATTAR 3
on a
(−1)n0
n20 − > E(1 − x) + 1 > 1 − x
n0
donc
(−1)n0
n20 − − 1 > −x
n0
⇒
(−1)n0
1+ − n20 < x
n0
d’où il existe n0 ∈ N∗ tels que n20 > E(1 − x) + 2.
Exercice 4 :
1. Soit a ∈ Q, A = {x ∈ Q/ a < x}. Supposons que A admet un plus petit élément r ∈ A donc a < r.
Comme Q est dense dans R alors il existe un élément t ∈ Q tel que a < t < r donc t ∈ A, absurde.
On sait que A est une partie de R, non vide et minorée par a, alors A admet une borne inférieure notée
par inf A dans R.
2. Soit b ∈ Q, B = {x ∈ Q/ x < b}. Supposons que B admet un plus grand élément r ∈ B donc r < b.
Comme Q est dense dans R alors il existe un élément t ∈ Q tel que r < t < b donc t ∈ B, absurde.
On sait que B est une partie de R, non vide et majorée par b, alors B admet une borne supérieure notée
par sup B dans R.
Exercice 5 : √
Soit A = {x ∈ Q/ x < 2}. √
1. L’ensemble des majorants de A dans Q est l’ensemble E = {r ∈ Q/ r > 2}. √
2. Supposons√que A admet une borne supérieure dans Q notée par α, comme 2 n’appartient√pas à Q
donc α < 2 et comme Q est dense dans R alors il existe un élément r ∈ Q tel que α < r < 2, il est
évident qu’il y a une contradiction. √
3. A est une partie de R, non vide et majorée
√ par 2, alors A admet √une borne supérieure notée par β dans
R. Donc il suffit démontrer que β = 2.√Supposons que β < 2 comme Q est dense dans R alors √ il
existe un élément r ∈ Q tel que β < r < 2, il est évident qu’il y a une contradiction, doù β = 2.
Exercice 6 :
Soient A et B deux parties non vides de R majorées tels que pour tout x ∈ A, y ∈ B et x ≤ y alors B est
minorée et par suite A admet une borne supérieure noté par sup A et B admet une borne inférieure noté par
inf B.
(⇐) Supposons que sup A = inf B.
Comme A admet une borne supérieure donc d’aprés la carctérisation de la borne supérieure on a pour tout
ε > 0 il existe a ∈ A tel que sup A − 2ε < a et comme B admet une borne inférieure donc d’aprés la
carctérisation de la borne inférieure on a pour tout ε > 0 il existe b ∈ B tel que inf B + 2ε > b d’où
sup A − inf B − ε < a − b
et par suite
b − a < ε.
(⇒) Supposons que pour tout ε > 0, il existe a ∈ A et b ∈ B tel que b − a < ε.
On a a ≤ sup A et inf B ≤ b alors
0 ≤ inf B − sup A ≤ b − a < ε,
comme pour tout ε, 0 ≤ inf B − sup A < ε donc
sup A = inf B.
Exercice 7 :
Soient x ∈ R et n ∈ N∗ .
J. A BDESSATTAR 4
1. On a d’une part
nx − 1 < E(nx) ≤ nx
et d’autre part
nx − n < nE(x) ≤ nx
alors
−1 < E(nx) − nE(x) < n
comme E(nx) − nE(x) ∈ Z donc
0 ≤ E(nx) − nE(x) ≤ n − 1.
2. D’aprés 1. on a
0 ≤ E(nx) − nE(x)
donc
nE(x) ≤ E(nx) ≤ nE(x) + n − 1
⇒
E(nx) 1
E(x) ≤ ≤ E(x) + 1 −
n n
d’où
E(nx)
E(x) ≤ < E(x) + 1
n
ainsi
E(nx)
E( ) = E(x).
n
3. Soient p = E(nx), q et r le quotient et le reste de la division euclidienne de p par n c.à.d p = nq + r.
On a
p ≤ nx < p + 1
⇒
p p+1
≤x< .
n n
Donc pour tout k ∈ {0, 1, ....., n − r − 1}, on a
p+k k p+1+k nq + r + k k nq + r + 1 + k
≤x+ < ⇒ ≤x+ <
n n n n n n
r k r n−r
⇒ q+ ≤x+ <q+ + =q+1
n n n n
k
⇒ q ≤x+ <q+1
n
k
⇒ E(x + ) = q.
n
D’autre part, on a k ∈ {n − r, n − r + 1, ....., n − 1}, on a
p+k k p+1+k nq + r + k k nq + r + 1 + k
≤x+ < ⇒ ≤x+ <
n n n n n n
nq + r + n − r k nq + r + n r
⇒ ≤x+ < =q+1+
n n n n
k
⇒ q+1≤x+ <q+2
n
k
⇒ E(x + ) = q + 1.
n
J. A BDESSATTAR 5
D’où,
n−1 n−r−1 n−1
X k X k X k
E x+ = E x+ + E x+
n n n
k=0 k=0 k=n−r
= q(n − r) + (q + 1)r = p = E(nx).
Exercice 8 :
1. On a pour tout n ∈ N∗
√ √ 1 1
n+1− n= √ √ < √
n+1+ n 2 n
et
√ √ 1 1
n− n−1= √ √ > √
n+ n−1 2 n
d’où
1 1 √ √
√ √ < √ < n − n − 1.
n+1+ n 2 n
2. D’aprés 1. on a
10000 √ 10000 10000
X √
X √ X 1 √
( k + 1 − k) < √ < ( k − k − 1)
k=1 k=1
2 k k=1
⇒
10000
√ X 1 √
99 < 10001 − 1 < √ < 10000 = 100
k=1
2 k
et par suite
10000
X 1
E( √ ) = 99.
k=1
2 k
Exercice 9 :
• Soient a, b ∈ R tels que a < b.
Montrons il existe k ∈ Z et n ∈ N telle que a < 2kn < b c.à.d a.2n < k < b.2n ,
donc il suffit de prouver qu’il existe n ∈ N tel que
1 < b.2n − a.2n = 2n (b − a) ⇒ 0 < lg(2n (b − a))
1
⇒ < n.
lg 2 lg(b − a)
1
Donc d’aprés le théorème d’Archiméde, il existe n0 ∈ N tel que n0 > lg 2 lg(b−a) ⇒ 1 < 2n0 (b − a).
Soit k0 = E(2n0 b) on a
2n0 b − 1 < k0 ≤ 2n0 b
et
1 < b.2n0 − a.2n0 ,
alors
2n0 b − 1 < k0 ≤ 2n0 b.
Ainsi
2n0 a < k0 ≤ 2n0 b
⇒
k0
a< ≤ b.
2n0
J. A BDESSATTAR 6
D’où E est dense dans R.
• Soient a, b ∈ R tels que a < b.
Montrons il existe x ∈ Q tel que
a < x3 < b.
Si a < 0 et b > 0 alors on prend x = 0.
Si a, b ∈ R+ alors il existe a1 , b1 ∈ R+ tel que a31 = a et b31 = b comme Q est dense dans R on a il existe
x ∈ Q tel que
a1 < x < b 1
donc
a31 = a < x3 < b31 = b.
Si a, b ∈ R− ⇒ −a, −b ∈ R+ alors il existe x ∈ Q tel que
−a < x3 < −b
donc il existe −x ∈ Q tel que
b < −x3 < a
⇒ −x ∈ F . D’où F est dense dans R.
Exercice 10 :
1. Soit x ∈ R, pour tout ε > 0 on a x − ε < x + ε, comme Q est dense dans R donc il existe r ∈ Q tel que
x − ε < r < x + ε ⇒]x − ε, x + ε[∩Q 6= ø ⇒ x ∈ Q ⇒ R ⊂ Q ⇒ R = Q.
2. Soit A une partie non vide de R.
(⇒) Supposons que A est dense dans R, on a A ⊂ R.
Soit x ∈ R, r > 0 on a x − r < x + r comme A est dense dans R alors il existe α ∈ A tel que
x − r < α < x + r,
donc ]x − r, x + r[∩A 6= ø ⇒ x ∈ A ⇒ R = A.
x+y y−x
(⇐) Supposons que R = A, soient x, y ∈ R telle que x < y posons a = 2 et r = 2 . Comme
A = R on a pour tout a ∈ A ⇔ ]a − r, a + r[∩A 6= ø
⇔ il existe α ∈ A tel que x < α < y
⇔ A est dense dans R.
Exercice 11 :
Soit A une partie non vide bornée de R, donc sup A et inf A existent.
Donc d’aprés caractérisation de la borne supérieure on a pour tout ε > 0 il existe a ∈ A tel que
sup A − ε < a ≤ sup A < sup A + ε
⇒ ] sup A − ε, sup A + ε[∩A 6= ø
⇒ sup A ∈ A.
De même pour inf A.
Exercice 12 :
On a CRZ = ∪n∈Z ]n, n + 1[ est une réunion quelconque des ouverts, donc CRZ est un ouvert, ainsi Z est un fermé.
Soit x0 ∈ Q comme R\Q est dense dans R donc pour tout r > 0,
]x0 − r, x0 + r[∩R\Q 6= ø
donc ]x0 − r, x0 + r[* Q, ainsi Q n’est pas un ouvert de R.
De même que R\Q n’est pas un ouvert de R et par suite Q n’est pas un fermé de R.
Exercice 13 :
J. A BDESSATTAR 7
1. Soit (Ik )k∈J une famille d’intervalle de R. On sait que l’intersection quelconque des fermés est un
fermé.
Notons I = ∩k∈J Ik .
Soient x, y ∈ I tel que x ≤ y donc pour tout k ∈ J, x, y ∈ Ik . Or Ik est un intervalle donc [x, y] ⊂ Ik ,
∀k ∈ J
⇒ [x, y] ⊂ ∩k∈J Ik , ainsi I est un intervalle.
2. Soit (Ik )k∈N des segments emboités, notons par Ik = [ak , bk ], k ∈ N et a0 < a1 < ...... < ak < ..... <
bk < ...... < b1 < b0 .
Posons A = {ak , k ∈ N} et B = {bk , k ∈ N}.
A et B deux parties non vides et majorée par b0 et minorée par a0 respectivement.
Donc on a pour tout x ∈ A et y ∈ B, x < y ⇒ sup A ≤ inf B.
Posons a = sup A et b = inf B, montrons que I = [a, b].
On a pour tout x ∈ [a, b] ⇔ x ≥ ak et x ≤ bk pour tout k ∈ N ⇔ x ∈ [ak , bk ] pour tout k ∈ N ⇔
x ∈ ∩k∈N [ak , bk ] ⇔ x ∈ I.
D’où ∩k∈N [ak , bk ] = I = [a, b].
Exercice 14 :
Soit A une partie non vide de R telle que A et CR A soient deux parties ouverts de R :
1. Supposons que A est majorée donc pour tout ε > 0 il existe x0 ∈ A tel que sup A − ε < x0 ≤ sup A.
Si sup A ∈ A, on a A est un ouvert de R donc ] sup A − ε, sup A + ε[⊂ A alors sup A + 2ε ∈ A :
absurde.
Si sup A ∈ CRA , on a CRA est un ouvert de R donc ] sup A − ε, sup A + ε[⊂ CRA alors sup A − 2ε ∈ CRA :
absurde.
D’où A est non majorée.
2. Supposons que CR A soit non vide, et soit x un élément de cet ensemble.
Notons B = {t ∈ A, x ≤ t}.
Comme A est non majorée donc il existe t ∈ A tel que t ≥ x, donc B est non vide.
On a B est minorée par x donc B admet une borne inférieure noté par m avec m ≥ x.
Comme CRA est un ouvert de R donc il existe ε > 0 tel que ]x − ε, x + ε[⊂ CRA alors si x = m alors il
existe t ∈ B tel que m ≤ t < m + ε ⇒ t ∈ CRA impossible car t ∈ A.
3. Supposons que m ∈ CRA alors il existe ε > 0 tel que ]m − ε, m + ε[⊂ CRA or il existe t ∈ B tel que
m ≤ t < m + ε ⇒ t ∈ CRA , absurde.
Supposons maintenant que m ∈ A alors il existe η > 0 tel que ]m − η, m + η[⊂ A. Posons ε =
inf(η, m − x) alors ]m − ε, m + ε[⊂ A donc
ε
x≤m−ε<m− <m+ε
2
⇒ m − 2ε ∈ A et m − 2ε ≥ x ⇒ m − 2ε ∈ B , absurde.
Ainsi A est non majorée et qu’il n’existe aucun réel n’appartient pas à A donc A = R.
jemai [email protected] r