Devoir Maison no 10 : corrigé
MPSI Lycée Camille Jullian
28 février 2022
I. Intégrales de Wallis.
Z π Z π
2 π 2 π
1. Allons-y : W0 = 1 dt = , W1 = cos(t) dt = [sin(t)]02 = 1. Pour W2 , on se rap-
0 2 0
pelle bien sûr la formule de duplication cos(2t) = 2 cos
π
2 (t) − 1 pour en déduire la linéari-
π
Z Z
cos(2t) + 1 2 1 2
sation cos2 (t) = , puis calculer W2 = cos2 (t) dt = cos(2t) + 1 dt =
2 0 2 0
π
1 sin(2t) 2 1 π π
+t = × = .
2 2 0 2 2 4
π
2. Il sut de penser à eectuer le changement de variable u = − t (donc du = −dt), qui se
2 π
contente d'échanger les bornes de l'intégrale et surtout de transormer le cos en cos −u =
Z 0 Z π 2
2
sin(u). On obtient alors immédiatement Wn = n
− sin (u) du = sin (u) du.
n
π
2
0
3. Si on veut faire vite, il faut penser pour l'IPP à poser u(t) = et v 0 (t) = cos(t), donc
cosn+1 (t)
π
u0 (t) = −(n + 1) sin(t) cosn (t) et v(t) = sin(t), pour obtenir Wn+2 = [sin(t) cosn+1 (t)]02 +
Z π Z π Z π
2 2 2
2 n 2 n
(n + 1) sin (t) cos (t) dt = 0 + (n + 1) (1 − cos (t)) cos (t) dt = (n + 1) cosn (t) −
0 0 0
cosn+2 (t) dt = (n + 1)(Wn − Wn+2 ). On en déduit que (n + 2)Wn+2 = (n + 1)Wn , soit
n+1
Wn+2 = Wn .
n+2
4. On va donc faire deux récurrences, une pour chaque formule. Commençons par celle donnée
π 0! π
pour les termes d'indices pairs de la suite : × 0 2 = = W0 , ce qui initialise notre
2 2 (0!) 2
première récurrence. Supposons la formule donnée correcte pour W2n , alors d'après la question
2n + 1 2n + 1 π (2n)! π
précédente et l'hypothèse de récurrence W2n+2 = W2n = × × 2n 2
= ×
2n + 2 2n + 2 2 2 (n!) 2
(2n)!(2n + 1)(2n + 2) π (2n + 2)!
= , ce qui prouve l'éhérédité et achève la récurrence.
22n (n!)2 (2n + 2)2 2 22n+2 ((n + 1)!)2
20 (0!)2
Même principe pour démontrer la formule pour les termes d'indices impairs : =
1!
2n + 2
1 = W1 , et en supposant la formule vraie pour W2n+1 , alors W2n+3 = W2n+1 =
2n + 3
2n
2n + 2 2 (n!) 2 2n 2
2 (n!) (2n + 2) 2 22n+2 ((n + 1)!) 2
= = , ce qui prouve l'hérédité.
2n + 3 (2n + 1)! (2n + 1)!(2n + 2)(2n + 3) (2n + 3)!
π
5. Puisque le cosinus est positif entre 0 et (et évidemment plus petit que 1), on a cosn+1 (t) 6
2
1
cosn (t) sur cet intervalle, donc par intégration Wn+1 6 Wn . La suite est donc décroissante.
Elle est positive donc minorée, donc convergente.
Wn
6. Il sut d'appliquer la décroissance de la suite (Wn ) pour obtenir l'encadrement 6
Wn
Wn Wn Wn n+1
6 , soit 1 6 6 en reprenant le résultat de la question 3. Puisque le
Wn+1 Wn+2 Wn+1 n+2
membre de droite a pour limite 1, une simple application du théorème des gendarmes permet
Wn
d'armer que lim = 1.
n→+∞ Wn+1
7. La question précédente prouve que W2n ∼ W2n+1 , donc en exploitant les formules expli-
n→+∞
π (2n)! 22n (n!)2
cites 2n 2 ∼ . Quitte à réarranger un peu en faisant passer des termes à gauche
2 2 (n!) (2n + 1)!
(2n)! 2 24n × 2
et à droite, ∼ , donc en passant tout à la racine carrée (on a le droit,
(n!)2 π × (2n + 1)
22n 22n
2n
tout est positif et les puissances xes conservent les équivalents) ∼q ∼√ .
n π(n + 1 ) nπ
2
II. Le retour d'une somme bien connue.
1. On peut essayer de voir cette inégalité comme une inégalité
h de convexité, ou simplement
π πi π
poser f (t) = sin(t) − t. La fonction f est dérivable sur 0, , et f 0 (t) = cos(t) − 1.
2 2 2
2
Cette dérivée s'annule lorsque cos(t) = , ce qui se produit à un moment sur notre intervalle
π
2 h πi
d'étude (puisque 0 < < 1). La fonction f est alors croissante puis décroissante sur 0, ,
π 2
π π π
et comme f (0) = 0 et f = − = 0, f est nécessaire positive, ce qui prouve l'inégalité
2 2 2
souhaitée.
h πi 2 π2
2. En exploitant le résultat de la question précédente, ∀t ∈ 0, , t cos2n (t) 6 sin2 (t) cos2n (t) =
2 4
π2 π2
(1 − cos2 (t)) cos2n (t) = (cos2n (t) − cos2n+2 (t)). Il sut d'intégrer cette majoration entre
4 4
π π2
0 et pour obtenir un 6 (W2n − W2n+2 ). La positivité de un est évidente : on intégre une
2 4
fonction positive.
π2
un n+1
3. Si on divise l'encadrement précédent par W2n , on obtient 0 6 6 1− =
W2n 4 n+2
π2
(on a repris la relation de la question I.3 pour simplier à droite). Un petit coup de
4(n + 2)
théorème des gendarmes montre alors le résultat demandé.
4. On eectue sur W2n+2 une IPP en posant u(t) = cos2n+2 (t), donc u0 (t) = −(2n+2) sin(t)π cos2n+1 (t),
π
Z
2
et = 1 qu'on intègre en v(t) = t. On obtient alors W2n+2 =
v 0 (t) [t cos2n+2 (t)]02 + (2n +
Z π 0
2
2)t sin(t) cos2n+1 (t) dt = (2n + 2) t sin(t) cos2n+1 (t) dt.
0
Z π
W2n+2 2
5. On a donc = 2t sin(t) cos2n+1 (t) dt. Eectuons une nouvelle IPP en posant u(t) =
n+1 0
sin(t) cos2n+1 (t), donc u0 (t) = cos2n+2 (t) − (2n + 1) sin2 (t) cos2n (t) = cos2n+2 (t) − (2n + 1)(1 −
2
cos2 (t)) cos2n (t) = (2n + 2) cos2n+2 (t) − (2n + 1) cos2n (t), et v 0 (t) = 2t qu'on va intégrer en
Z π
W2n+2 π 2
v(t) = t pour obtenir
2 2
= [t sin(t) cos2n+1 (t)]0 −
2
t2 ((2n + 2) cos2n+2 (t) − (2n +
n+1 0
1) cos2n (t)) dt = (2n + 1)un − (2n + 2)un+1 en développant simplement la dernière intégrale
(le crochet est nul, comme pour l'IPP précédente).
1 un un+1
6. En divisant la relarion précédente par W2n+2 , on a = (2n + 1) − (2n + 1) .
n+1 W2n+2 W2n+2
2n + 1
Or, on a démontré dans la première partie de l'exercice que W2n+2 = W2n , donc
2n + 2
1 un un+1 1 2un 2un+1
= (2n + 2) − (2n + 2) , puis 2
= − , exactement la
n+1 W2n W2n+2 (n + 1) W2n W2n+2
relation souhaitée.
7. En sommant la relation précédente pour toutes les valeurs de k comprises entre 0 et n−1, on va
n−1 n−1 n
uk uk+1 1 1 u0 un
observer un télescopage : 2 , soit .
X X X
− = =2 −
W2k W2k+2 (k + 1)2 k2 W0 W2n
k=0 k=0 k=1
n
1
D'après la question 3, on peut donc armer la convergence de la somme innie, et lim
X
=
n→+∞ k2
k=1
Z π 3 π2 3
u0 π 2 t π
. Or, on sait déjà que W0 = , et u0 = t2 dt = = . On en déduit que la
W0 2 0 3 0 24
2π 3 π2
limite recherchée vaut 2 × = .
24π 6
III. La formule de Stirling.
1 1
1. Les variations de f sont les mêmes que celles de ln(f ) : x 7→ x + ln 1 + (fonction
2 x
qu'on notera g pour la suite de la question), dont on va donc calculer la dérivée (elle est
− 12
1 1
bien dénie et dérivable sur l'intervalle [1, +∞[) : g 0 (x) = ln 1 + + x+ × x1 =
x 2 1+ x
1 2x + 1
ln 1 + − . Le signe n'étant pas évident, on va dériver une deuxième fois :
x 2x(x + 1)
1 4x(x + 1) − (4x + 2)(2x + 1) 1 4x2 + 4x + 1 − 2x2 − 2x
g 00 (x) = − − = − +
x(x + 1) 4x2 (x + 1)2 x(x + 1) 2x2 (x + 1)2
2 2
−2x − 2x + 2x + 2x + 1 1
= 2 2
= > 0. La fonction g 0 est donc strictement crois-
2x (x + 1) 2x (x + 1)2
2
sante sur [1, +∞[, et a une limite nulle en +∞ (calcul facile), donc g 0 est négative et g est
donc une fonction décroissante. On en déduit que la fonction f elle-même est décroissante.
n+1 √ √
enn (n + 1) n
vn+1 e (n + 1)! n n n
2. Commençons par calculer = √ × = √ =
vn n+1 n+1 e n! (n + 1)n+1 n + 1
n+ 1
n 2 e
e× = , où f est la fonction étudiée dans la question précédente. On sait
n+1 f (n)
1 1
que f est décroissante, de plus ln 1 + ∼ (équivalent classique du cours) donc
x x→+∞ x
1
g(x) ∼ x × = 1, ce qui prouve que lim g(x) = 1 et donc lim f (x) = e. Comme f
x→+∞ x x→+∞ x→+∞
vn+1
est décroissante, on aura donc toujours f (n) > e, et < 1, ce qui prouve la décroissance
vn
3
de la suite (vn ) (calculer les ln comme le suggérait l'énoncé ne sert en fait à rien). Comme la
suite est bien sûr minorée par 0, elle converge donc nécessairement.
3. La fonction gk est une fonction ane correspondant à la corde passant par les deux points de
la courbe de la fonction ln d'abscisses k et k + 1. La fonction ln étant concave sur [k, k + 1],
sa courbe est donc située au-dessus de celle de gk sur cet intervalle, ce qui justie que 0 6
− gk (t). L'autre
ln(t) inégalité ne semblant pas triviale, posons brutalement hk (x) = (t −
1 1 1 1
k) − −ln(t)+gk (t), la fonction hk est dérivable sur [k, k +1] et h0k (t) = − −
k k+1 k k+1
1
+ gk0 (t). Or, gk est une fonction ane correspondant à une droite de pente ln(k + 1) − ln(k),
t
1 1 1 1
donc h0k (t) = − − +ln(k+1)−ln(k). Cette dérivée est croissante (seul le terme − est
k k+1 t t
1
variable), sa valeur minimale est donc hk (k) = ln(k + 1) − ln(k) −
0 . D'après le théorème
k+1
ln(k + 1) − ln(k) 1
des accroissements nis, il existe un réel c ∈ [k, k + 1] tel que = ln0 (c) = ,
k+1−k c
1 1
ce qui prouve que ln(k + 1) − ln(k) = > (non ce n'est pas la seule façon de prouver
c k+1
ça, mais c'est joli), et donc que hk (k) > 0. La fonction hk est donc croissante. Comme
0
hk (k) = − ln(k) + gk (k) = 0, la fonction hk est elle-même toujours positive, ce qui prouve
l'encadrement demandé.
4. On veut manifestement intégrer l'encadrement précédent entre k et k + 1, puis additionner les
encadrements obtenus lorsque k varie entre 1 et n−1. La fonction gk étant ane sur l'intervalle
[k, k + 1], son intégrale sur l'intervalle correspond à l'aire d'un trapèze rectangle dont les
Z k+1
bases ont pour longueur ln(k) et ln(k + 1) et la hauteur est égale à 1, donc gk (t) dt =
k
ln(k) + ln(k + 1)
(si vous ne connaissez pas la formule pour le calcul d'aire d'un trapèze,
2
refaites un calcul un peu plus détaillé). De même, le membre de droite de l'encadrement
1 1
précédent correspond à une fonction ane sur [k, k + 1], avec pour valeurs 0 en k et −
k k+1
Z k+1 n−1
X 1 1
1 1 1 1 1 1 1
en k+1, donc (t−k) − dt = − . Or, − = −
k k k+1 2 k k+1 2 k k+1 2
k=1
1 1
6 (somme télescopique), ce qui donne l'inégalité de droite de l'encadrement demandé.
2n 2
n−1 n−1 n−1
! !
1X 1 1 1
5. On peut calculer
Y Y
ln(k) + ln(k + 1) = ln k + 1 + ln k = ln(n!) +
2 2 2 2
k=1 Z n k=1 k=1
√
1 n!
ln = ln(n!) − ln( n). De plus, ln(t) dt = [t ln(t) − t]n1 = n ln(n) − n + 1 =
2 n n n 1
n(ln(n) − ln(e)) − 1 = ln + 1. Il n'y a qu'à tout remplacer et passer le 1 à droite pour
e
transformer la majoration de la question précédente en celle demandée à celle-ci.
1 1 1
6. La majoration précédente peut exactement s'écrire ln 6 − , soit ln(vn ) > et donc
vn 2 2
√
vn > e 2 = e .
1
√ √
7. Une suite convergente minorée par e a une limite supérieure ou égale à e, et donc certai-
nement pas nulle.
4
2n
n n √ √
2n (2n)! 2n
8. Puisque vn ∼ l 6= 0, on peut écrire n! ∼ l n, donc = ∼ l 2n ×
√ e n (n!)2 e
(en )2 22n 2
= √ . En comparant avec l'équivalent donné par la formule de Wallis, on
l2 (nn )2 × n l n
constate
√ que les termes non constants sont les mêmes (heureusement !), et donc qu'on doit
2 1 √ √ n n
avoir = √ , soit l = 2π , ce qui donne bien l'équivalent souhaité : n ∼ 2πn .
l π e
9. La véritable valeur de 10! est 3 628 800, la formule de Stirling appliquée pour n = 10 donne la
10
√ 10
valeur approchée 20π ' 3.599×106 , soit une erreur relative d'environ 0.83% (moins
e
d'un pour cent, c'est déjà assez bon). Si on monte jusqu'à n = 100 , on
a 100! ' 9.33262×10157
√ 100 100
(oui, c'est bien un nombre à 158 chires, c'est gros) et 200π ' 9.32485 × 10157 ,
e
soit une erreur relative d'environ 0.08% (dix fois moins que la précédente, le quotient des
deux suites converge vers 1 mais pas extrêmement vite). Bien entendu, l'écart absolu entre
les deux est absolument énorme, mais vu la taille des nombres eux-même, c'est assez normal.