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Cours EM Avancé PDF

Ce document est un cours d'électromagnétisme avancé dispensé à l'Université de Nouakchott, couvrant les équations de Maxwell en régimes stationnaires et variables, ainsi que la résolution de ces équations. Il aborde des concepts clés tels que l'électrostatique, la magnétostatique, et les ondes électromagnétiques, tout en fournissant des bases théoriques et des applications pratiques. Le cours est structuré en plusieurs chapitres, chacun se concentrant sur des aspects spécifiques de l'électromagnétisme.

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Université de Nouakchott Al-Aasriya A. U.

: 2021-2022
Faculté des Sciences et Techniques Filières : PF & TSER (S3)
Département de Physique
44r

Cours d’électromagnétisme avancé


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA†


e-mail : [email protected]
Table des matières

Introduction générale 1

I Équations de Maxwell en régime stationnaire (permanent) 3


I.1 Notions de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.1.1 Divers opérateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.1.2 Transformations d’intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.1.3 Distribution de Dirac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I.1.4 Charge et courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
I.2 Électrostatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

I.2.1 Champ électrostatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9


I.2.2 Potentiel électrostatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
I.2.3 Équation de Maxwell-Faraday . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
I.2.4 Équation de Maxwell-Gauss . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
I.2.5 Équation de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
I.3 Magnétostatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
I.3.1 Loi de Biot-Savart . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
I.3.2 Équation ~r ·~
B=0 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
I.3.3 Potentiel vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
I.3.4 Équation de Maxwell-Ampère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
I.3.5 Équation de Poisson de la magnétostatique . . . . . . . . . . . . . . 15
I.3.6 Équation de Maxwell-Faraday . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

II Équations de Maxwell en régime variable 19


II.1 Équations de Maxwell . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
II.1.1 Contenu physique de l’équation du flux de magnétique . . . . . . . 20
II.1.2 Contenu physique de l’équation de Maxwell-Faraday . . . . . . . . 20
II.1.3 Contenu physique de l’équation de Maxwell-Gauss . . . . . . . . . . 20
II.1.4Contenu physique de l’équation de Maxwell-Ampère . . . . . . . . 21
II.2 Origine du terme ~
jD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
II.3 Propagation du champ électromagnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
II.3.1 Compréhension intuitive du phénomène . . . . . . . . . . . . . . . . 23
II.3.2 Équations de propagation des champs ~
E et ~
B . . . . . . . . . . . . . 24
II.4 Référentiels dans lesquels les équations de Maxwell sont valables . . . . . . 26

iii
III Résolution des équations de Maxwell et énergie électromagnétique 29
III.1 Introduction des potentiels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
III.1.1 Équations de propagation du potentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
III.1.2 Indétermination des potentiels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
III.2 Équations de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
III.3 Solution des potentiels retardés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
III.3.1 Solution des équations de Poisson dans le cas général . . . . . . . . 34
III.3.2 Interprétation physique des potentiels retardés . . . . . . . . . . . . 35
III.3.3 Justification sommaire des potentiels retardés . . . . . . . . . . . . . 35
III.4 Approximation des Régimes Quasi-Permanents (ARQP) . . . . . . . . . . . . 36
III.5 Énergie du champ électromagnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
III.5.1 Énergie localisée dans le champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
III.5.2 Transport d’énergie par le champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
III.6 Équation de conservation de l’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

IV Ondes électromagnétique dans le vide 43


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

IV.1 Ondes planes et ondes sphériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43


IV.1.1 Ondes planes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
IV.1.2 Ondes sphériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

V Réflexion et réfraction des ondes électromagnétiques 51

VI Réflexion et réfraction des ondes électromagnétiques 53


VI.1 section 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
VI.1.1 sous-section 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

A Rappel sur les régimes stationnaires (permanents) 55


A.1 Électrostatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
A.1.1 Champ électrostatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
A.1.2 Potentiel électrostatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
A.1.3 Théorème de Gauss et équation de Maxwell-Gauss . . . . . . . . . . 57
A.1.4 Équation de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
A.2 Magnétostatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
A.2.1 Champ magétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
A.2.2 Flux de ~
B . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
A.2.3 Potentiel vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
A.2.4 Théorème d’Ampère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
A.2.5 Équation de Poisson de la magnétostatique . . . . . . . . . . . . . . 63
A.2.6 Équation de Maxwell-Faraday . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64

iv
Introduction

L’électrostatique est la branche de l’électromagnétisme qui décrit les interactions de


particules chargées fixes dans un référentiel donnée. En d’autres termes, en électrostatique
nous cherchons à étudier une distribution D caractérisée, dans un référentiel galiléen R,
par sa densité volumique de charge Ω(~
r ) ; celle-ci est un champ scalaire permanent dans R.
Nous admettons comme résultat que la présence de cette distribution est une source d’une
modification des propriétés de l’espace, appelée champ électrostatique, caractérisée par
un champ vectoriel permanent ~E(~r ). Ce champ électrostatique est accessible à l’expérience
par l’intermédiaire de la loi de force ~F = q~
E qui détermine la force subie par une particule
de charge q. La théorie de l’électrostatique est complète si l’on sait calculer le champ ~
E(~
r) à
r ) ; c’est ce que permet de faire par exemple la loi de Coulomb.
partir de sa source Ω(~
De manière analogue, l’électromagnétisme est l’étude des interactions de particules
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

chargées en mouvement ; c’est-à-dire une distribution de charges dont les positions et


les vitesses dans un référentiel galiléen R donné sont en général caractérisées par deux
champs non permanents : la densité de charge Ω(~ r , t ) et la densité de courant ~
j (~
r , t ).
Nous admettons comme résultat que l’action de la présence de la distribution en un
r et à un instant t peut toujours être caractérisée par un couple de champs (~
point ~ E,~
B)
~ ~
appelé champ électromagnétique, où E et B sont appelés respectivement champ électrique
et champ magnétique. Malgré ces dénominations qui sont issues du développement
historique séparé de l’électricité et du magnétisme, il importe de réaliser que le champ
électromagnétisme forme en général un tout indissociable. Le champ électromagnétique
est accessible à l’expérience par l’intermédiaire de la loi de force de Lorentz qui donne la
force subie par une particule de charge q et de vitesse ~v (~
r , t ) par rapport à R :

~F = q(~ v ^~
E +~ B)

La théorie d’électromagnétisme est complète si l’on sait calculer le champ (~ E,~


B) à partir de
~
sa source (Ω, j ) ; c’est ce que nous permettrons de faire les équations de Maxwell. Comme
nous le verrons au chapitre 2, les équations de Maxwell introduisent un couplage entre
~
E et ~
B mais ce couplage disparait en régime permanent. Il en résulte que dans ce cas,
et dans ce cas seulement, de séparer l’électromagnétisme en deux branches distinctes :
l’étude du champ électrique permanent ~ E(~
r ) ayant pour source une distribution de charge
permanente Ω(~ r ) et l’étude du champ magnétique permanent ~ B(~
r ) ayant pour source une
distribution permanente de courant ~ j (~
r ). C’est précisément l’étude des régimes dépendant
du temps qui fit apparaitre à Faraday et Maxwell l’unité profonde de l’électromagnétisme
alors que leurs processeurs, se limitant à des régimes permanents, avaient fondé deux
disciplines distinctes : l’électrostatique et la magnétostatique.

1
Introduction générale

Notons que les termes champ magnétique et champ magnétostatique sont synonymes.
En revanche, le terme de champ électrostatique est plus restrictif que celui de champ
électrique permanent : par exemple un faisceau d’électrons animés d’une vitesse constante
est la source d’un champ électrique qui est permanent mais non électrostatique.
Ce cours porte sur la théorie d’électromagnétisme "avancé" et organisé en trois cha-
pitres comme suit : Au premier chapitre nous allons faire une révision des lois de l’élec-
trostatique et de la magnétostatique. Les deuxième et troisième chapitres sont consacrés
respectivement aux équations de Maxwell et sa résolution.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

2
Chapitre I

Équations de Maxwell en régime


stationnaire (permanent)

I.1 Notions de base

I.1.1 Divers opérateurs


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

r , t ) et ~
Soient U(~ V(~
r , t ) respectivement des champs scalaire et vectoriel. Désignons par
(x, y, z), (Ω, ', z) et (r, µ, '), respectivement, les coordonnées cartésiennes, cylindriques et
sphériques d’un point M.

Gradient

Le gradient du champ scalaire U(~


r , t ) est défini par :

°°°!
gradU = ~
rU (I.1)

et s’exprime dans les différents systèmes de coordonnées comme suit :

Coordonnées cartésiennes : @U @U @U
~
rU = ux +
~ uy +
~ uz
~ (I.2)
@x @y @z

Coordonnées cylindriques : @U 1 @U @U
~
rU = uΩ +
~ u' +
~ uz
~ (I.3)
@Ω Ω @' @z

Coordonnées sphériques : @U 1 @U 1 @U
~
rU = ur +
~ uµ +
~ u'
~ (I.4)
@r r @µ r sin µ @'

3
Chapitre I. Équations de Maxwell en régime stationnaire (permanent)

Laplacien

Les expressions de l’opérateur laplacien, qui est la divergence du gradient, ¢· = (~


r ·~
r)·
d’un champ scalaire U sont :

Coordonnées cartésiennes : @2 U @2 U @2 U
¢U = + + (I.5)
@x 2 @y 2 @z 2

µ ∂
Coordonnées cylindriques : 1 @ @U 1 @2 U @2 U
¢U = Ω + 2 + (I.6)
Ω @Ω @Ω Ω @'2 @z 2

µ ∂ µ ∂
Coordonnées sphériques : 1 @ 2 @U 1 @ @U 1 @2 U
¢U = r + 2 sin µ + (I.7)
r 2 @r @r r sin µ @µ @µ r 2 sin2 µ @'2

Divergence

La divergence du champ vectoriel ~


V(~
r , t ) est définie par :
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

div~ r ·~
V =~ V (I.8)

et ses expressions dans les différents systèmes de coordonnées sont :

Coordonnées cartésiennes : @Vx @V y @Vz


r ·~
~ V= + + (I.9)
@x @y @z

Coordonnées cylindriques : 1 @(ΩVΩ ) 1 @V' @Vz


r ·~
~ V= + + (I.10)
Ω @Ω Ω @' @z

Coordonnées sphériques : 1 @(r 2 Vr ) 1 @(sin µVµ ) 1 @V'


r ·~
~ V= + + (I.11)
r 2 @r r sin µ @µ r sin µ @'

Rotationnel

L’opérateur rotationnel transforme un champ vectoriel ~


V(~
r , t ) en un autre champ
vectoriel :

°!~ ~ ~
rotV = r ^ V (I.12)

et s’exprime dans les différents systèmes de coordonnées comme suit :

4
I.1. Notions de base

µ ∂ µ ∂ µ ∂
Coordonnées cartésiennes : @Vz @V y @Vx @Vz @V y @Vx
r ^~
~ V= ° ux +
~ ° uy +
~ ° ux
~ (I.13)
@y @z @z @x @x @y

µ ∂ µ ∂ µ ∂
Coordonnées cylindriques : 1 @Vz @V' @VΩ @Vz 1 @(ΩV' ) @VΩ
r ^~
~ V= ° uΩ +
~ ° u' +
~ ° uz
~ (I.14)
Ω @' @z @z @Ω Ω @Ω @'

µ ∂ µ ∂ µ ∂
1 @(sin µ V' ) @(Vµ ) 1 1 @Vr @(r V' ) 1 @(r Vµ ) @Vr
Coordonnées sphériques : r ^~
~ V= ° ur +
~ ° uµ +
~ ° u'
~ (I.15)
r sin µ @µ @' r sin µ @' @r r @r @µ

Règles de produit

Soient k une constante, f et g des champs scalaires et ~


A et ~
B des champs vectoriels,
nous avons :
° ¢
(a) ~r f +g =~ r f +~ rg .
° ¢
(b) ~r~ A +~ B =~ r ·~
A +~ r ·~B.
° ¢
r^ ~
(c) ~ A +~B =~ r ^~ A +~ r ^~
B.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

° ¢
(d) ~r k f = k (~ r f ).
° ¢
r · k~
(e) ~ A = k (~r ·~A).
° ¢
r ^ k~
(f) ~ A = k (~r ^~ A).
(g) ~
r( f g ) = f ~
rg + g ~
rf .
° ¢
r~
(h) ~ A ·~
B =~ r ^~
A ^ (~ B) + ~ r ^~
B ^ (~ A) + (~ r)~
A ·~ B + (~ r)~
B ·~ A.
r( f ~
(i) ~ r ·~
A) = f (~ A) + ~
A · (~
r f ).
° ¢
r· ~
(j) ~ A ^~B =~ r ^~
B · (~ A) ° ~ r ^~
A · (~ B).
(k) ~r^(f ~ r ^~
A) = f (~ A) ° ~
A ^ (~
r f ).
° ¢
r^ ~
(l) ~ A ^~
B = (~ r)~
B ·~ A ° (~ r)~
A ·~ B +~ r ·~
A(~ B) ° ~ r ·~
B(~ A).
° ¢
(m) ~ r^ ~r ^~
B =~ r(~r ·~
A) ° (~ r)~
r ·~ A.

I.1.2 Transformations d’intégrales


Formule de Stokes

Soient C un contour (courbe fermée orientée) et S une surface qui s’appuie sur C (notée
par @S = C). La formule de Stokes est donnée par :

I œ
°
! ° ¢ °!
~
A · d` = r ^~
~ A · dS (I.16)
C=@S S

°
! °!
avec d ` est un élément du contour C, d S est un élément de la surface ~
S et ~
A(~
r , t ) est un
champ vectoriel dont les dérivées partielles sont bornées.

5
Chapitre I. Équations de Maxwell en régime stationnaire (permanent)

Formule d’Ostrogradski

Soient S une surface fermée limitant un volume V (notée S = @V ). La formule d’Ostro-


gradski (aussi appelé le théorème de la divergence, ou la formule de Gauss-Ostrogradski,
ou encore la formule de Green-Ostrogradski) est donnée par :

” —
°!
~
A · dS = r ·~
~ Adø (I.17)
S=@V V

°!
où d ø est un élément du volume V , d S est un élément de la surface ~
S et ~
A(~
r , t ) est un
champ vectoriel à dérivées partielles bornées.

I.1.3 Distribution de Dirac


Rappelons qu’en coordonnées sphériques l’élément de surface est donnée par

°!
d S = d Sr ~
ur + d S µ ~
uµ + d S ' ~
u' (I.18)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

avec

d S r = r 2 sin µ d µd ', d S µ = r sin µ d r d ', d S' = r d r d µ (I.19)

Considérons le champ vectoriel suivant :

1 °°!
~
V= ur ,
~ avec ~
r = OM (I.20)
r2

il s’agit d’un champ radial et dirigé vers l’extérieur ; d’où il doit avoir une divergence non
nulle. Utilisons la formule (I.11) pour calculer la divergence de ~ V:
µ ∂
1 @ 2 1 1 @
r ·~
~ V= 2
r £ 2 = 2 (1) = 0 (I.21)
r @r r r @r

Alors pour tout point avec r 6= 0, la divergence de ~


V est nulle. Cependant, au point r = 0
cette divergence est non nulle. Pour montrer ceci, considérons la sphère de centre O et de
rayon r , en utilisant la formule d’Ostrogradski nous avons :
— ” ” ”
°! 1
r ·~
~ Vd ø = ~V · dS = 2
d Sr = sin µd µd '
V S=@V S=@V r S=@V
£ §2º
= [° cos µ]º0 ' 0 = 4º (I.22)

On remarque que l’intégrale précédente est indépendante de r et non nulle ce qui implique
r·~
que, contrairement à ce que l’équation (I.21) indique, ~ V 6= 0 ! En effet, on peut réconcilier
les deux résultats, (I.21) et (I.22), comme suit : l’équation (I.21) est vraie pour tout point
autre que l’origine O. Au point O nous pouvons utiliser (I.22) (puisqu’elle est indépendante

6
I.1. Notions de base

du rayon de la sphère, on peut poser r = 0) et donc la divergence de ~


V est non nulle
seulement en O. On conclut donc que :

µ ∂
1
~
r· 2
u r = 4º±3 (~
~ r) (I.23)
r

où ± est la distribution de Dirac (aussi appelée fonction ± de Dirac) définie comme


suit :

Distribution de Dirac

Soit f une fonction d’essai (arbitraire), la distribution de Dirac (ou fonction ± de Dirac)
à 3-dimensions est définie par :

— (
3 0 0 0
f (~ r 0 =~
r ), si ~ r
• d r f (~
r ) ±(~
r °~
r )= (I.24)
V0 0, r 0 6= ~
si ~ r
• ±(~ r 0 ) = 0,
r °~ r 0 6= ~
8~ r (I.25)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

I.1.4 Charge et courant


Soit d ø un élément de volume contenant N particules ponctuelles respectivement de
v Æ (a = 1, . . . , N) par rapport à un référentiel galiléen R. La charge
charges q Æ et de vitesse ~
volumique est définie par :

N
X
r , t )d ø =
±Q = Ω(~ qÆ (I.26)
Æ=1

la valeur de charge volumique Ω(~


r , t ) ne dépend pas de la dimension de d ø, du moins tant
que celui-ci est assez petit tout en contenant un très grand nombre de particules. Alors à
un instant t , la charge électrique Q contenue dans un volume V quelconque est :


Q(t ) = r , t )d ø
Ω(~ (I.27)

Le courant volumique est défini par

N
X
~
j (~
r , t )d ø = q Æ~
vÆ (I.28)
Æ=1

7
Chapitre I. Équations de Maxwell en régime stationnaire (permanent)

où ~
v Æ est la vitesse de la particule Æ. Si toutes les particules ont la même vitesse ~
v , l’expres-
sion du courant volumique (I.28) devient :
√ !
N
X
~
j (~
r , t )d ø = qÆ ~
v = Ω(~ v) ~
r , t )d ø~ j (~
r , t ) = Ω(~
r , t )~
v (I.29)
Æ=1

°!
Comme le sens de d S, limitant le volume V , est sortant de V , le taux de transfert de charges
du volume vers l’extérieur est :
” —
dQ ~
°!
= j (~
r ,t) · dS = r~r · ~
~ j (~
r ,t)dø (I.30)
dt S=@V V

Or, d’après (I.27), le taux de perte de charges est



dQ r ,t)
@Ω(~
=° dø (I.31)
dt V @t

La conservation de la charge électrique implique que la charge dans V ne peut être variée
que par un transport à travers ~
S:
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

— —
r ,t)
@Ω(~
r~r · ~
~ j (~
r ,t)dø = ° dø (I.32)
V V @t

l’égalité précédente doit être vérifiée quelque soit le volume V , d’où on a :


r·~
~ j+ =0 (I.33)
@t

qui s’appelle l’équation de conservation de la charge ou l’équation de continuité.


Pour un régime permanent (cas des courants continus) les grandeurs utilisées sont
toutes indépendantes du temps. Dans ce cas, nous avons alors :


r·~
=0) ~ j =0 (I.34)
@t

où nous avons utilisé (I.33), et l’équation (I.30) donne :


°!
~
j (~
r ,t) · dS = 0 (I.35)
S=@V

8
I.2. Électrostatique

Notons que dans le cas d’une répartition surfacique les charges et les courants surfa-
ciques sont respectivement donnés par :

N
X
r ,t)dS =
æ(~ qÆ
Æ=1
(I.36)
XN
~
j æ (~
r ,t)dS = q Æ~

Æ=1

Tandis que celles d’une répartition linéiques, la charge linéique ∏ et le courant (linéique)
~I(~
r , t ) sont définis par :

N
X
r ,t)dl =
∏(~ qÆ
Æ=1
(I.37)
XN
~I(~
r ,t)dl = q Æ~

Æ=1
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

I.2 Électrostatique

I.2.1 Champ électrostatique


Soit D une distribution de charges d’extension finie. On considère de petits éléments
de D de volume d øP , situés au point P et portant chacun une charge d Q = Ω(P) d øP ; où
Ω(P) est la densité volumique de charge électrique. En un point M quelconque de l’espace,
le champ ~ E(M) crée au M par D est

— °°!
1 PM
~
E(~
r)= Ω(P) d øP (I.38)
4º≤0 V PM3

I.2.2 Potentiel électrostatique


Le champ électrostatique ~
E(~
r ) dérive d’un potentiel, c’est-à-dire qu’il existe un champ
scalaire V(~
r ) tel que :

~ r ) = °~
E(~ rV (I.39)

Pour une distribution volumique de charge Ω(P) continue et à support compact VP , on peut
prendre


1 Ω(P)
V(M) = d øP (I.40)
4º≤0 V PM

qui définit le potentiel V(M) s’annulant quand ~


r ! 0.

9
Chapitre I. Équations de Maxwell en régime stationnaire (permanent)

r 0 et gradient par rapport à


On vérifie l’équation (I.39) en intervertissant intégrale sur ~
r:
~
— µ ∂ — √ °°! !
r 0 )d ø0
Ω(~ 1 Ω(P)d øP PM
~
rM V(M) = ~
rM = ° = °E (I.41)
V 4º≤0 PM V 4º≤0 PM3

I.2.3 Équation de Maxwell-Faraday


L’équation (I.39) implique que

r ^~
~ E =~0 (I.42)

En effet

r ^~
~ E =~
r ^ (°~
rV) =~0 (I.43)

Comme nous le verrons ultérieurement cette équation est la restriction au cas des régimes
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

stationnaires (permanents) de l’équation de Maxwell-Faraday.


Ainsi, en utilisant l’équation (I.42), nous avons :
œ I
°! °
!
0= (r ^ E) · d S = ~
~ ~ E(M) · d l (I.44)

qui signifie que le champ E(M) à une circulation (en anglais : line integral) conservative :

I
°
!
E(M) · d l = 0 (I.45)

I.2.4 Équation de Maxwell-Gauss


Théorème 2.1: Théorème de Gauss

Le flux ™ du champ E(M) sortant d’une surface fermée S est égal au quotient par la
permittivité du vide du vide ≤0 de la charge :


°! Q
™= ~E · dS = (I.46)
≤0

Or, d’après le théorème d’Ostrogradski et l’expression (I.27) de Q, nous avons :


” — —
°! Q 1
~E · dS = r ·~
~ Edø et = r , t )d ø
Ω(~ (I.47)
≤0 ≤0

10
I.2. Électrostatique

Alors (I.46) devient :


— —
1
™= r ·~
~ Ed ø = r , t )d ø
Ω(~ (I.48)
≤0

Cette égalité doit être vraie pour tout volume V , donc

Ω
r ·~
~ E= (I.49)
≤0

qui s’appelle l’équation de Maxwell-Gauss.

I.2.5 Équation de Poisson


En substituant (I.39) dans (I.49) on obtient la relation locale suivante :

° ¢ Ω Ω
~
r · °~
rV = ) ¢V = ° (I.50)
≤0 ≤0
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qui est appelée l’équation de Poisson. Dans le cas particulier d’une région vide de charge
(Ω = 0), on a

¢V = 0 (I.51)

qui s’appelle l’équation de Laplace.


On résume les lois. locales et intégrales, de l’électrostatique dans le tableau récapitule
suivant :

Formes locales Formes intégrales

Théorème de Gauss :
Maxwell-Gauss : ”
°! QV
™= ~
E · dS =
Ω S=@V ≤0
r ·~
~ E= ,
≤0
donc le flux de ~
E n’est pas
conservative en présence de
charge.
~
E est irrotationnel : Circulation conservative :
I
°
!
r ^~
~ E =~0 , ~
E · dl = 0
C=@S

11
Chapitre I. Équations de Maxwell en régime stationnaire (permanent)

I.3 Magnétostatique

I.3.1 Loi de Biot-Savart


Soit D une distribution de courants d’extension finie. On considère de petits éléments
de D de volume d øP , situés au point P et on note par ~
j (P) ; la densité volumique de courant
dans d øP . En un point M quelconque de l’espace, le champ magnétique ~
B(M) crée au M
par D est donné par la loi de Biot-Savart :

— ~ °°!
µ0 j (P) ^ PM (I.52)
~
B(M) = d øP
4º V PM3

avec

µ0 = 4º £ 10°7 N/A2 (I.53)

est la perméabilité magnétique du vide.


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

r ·~
I.3.2 Équation ~ B=0
En utilisant l’équation (I.52), nous avons :

— √ °°! !
µ0 PM
divM~
B(M) = rM · ~
~ j (P) ^ d øP (I.54)
4º V PM3

Or,
√ °°! ! °°! ≥ √ °°! !
PM PM ¥ PM
rP · ~
~ j (P) ^ 3
= 3
rM ^ ~
· ~ j (P) ° ~
j (P) · ~rM ^ (I.55)
PM PM PM3

rM ^ ~
Mais ~ j (P) = 0 (car ~
j ne dépend pas de coordonnées de M) et
°°! µ µ ∂∂
PM 1 °°! °°! ~ 1
~
rM ^ = ~
rM ^ PM ° PM ^ rM
PM3 PM3 PM3
3 °°! °°!
=~0 ° PM ^ PM =~0 (I.56)
PM5

Alors nous avons

rM · ~
~ B(M) = 0 (I.57)

ce qui implique que


— ”
°!
0= rM · ~
~ B(M) d ø = ~
B(M) · d S (I.58)
V S=@V

12
I.3. Magnétostatique

c’est-à-dire

°!
~
B(M) · d S = 0 (I.59)
S=@V

donc le flux de ~
B à travers une surface fermée orientable S est nul (c.-à-d. ~
B est à un flux
conservatif ). Ceci signifie physiquement qu’il n’existe pas de monopole magnétique (charge
magnétique).

I.3.3 Potentiel vecteur


r ·~
Comme ~ B et ~
r · (~ ?) = 0, on peut écrire le champ ~
r ^~ B comme suit :

~ rM ^ ~
B(M) = ~ A(M) (I.60)

Alors le champ magnétostatique ~


B(M) dérive d’un potentiel vecteur ~
A(M). L’expression de
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celui-ci est :
— ~
µ0 j (P)
~
A(M) = d øP (I.61)
4º V PM

En effet, en utilisant la formule

r^(f ~
~ rf ^~
U) = ~ r^~
U + f £ (~ U) (I.62)

nous avons
0 1
— µ ∂ rM ^ ~
~ j (P)
µ0 B~ 1 C
rM ^ ~
~ A(M) = @rM ^~
j (P) + A d øP
4º V PM PM
— √ °°! !
µ0 PM ~
= ° ^ j (P) d øP = ~
B(~
r) (I.63)
4º V PM3

rM ^ ~
où ~ j (P) = 0 car ~
j (P) est indépendante des coordonnées de M.
Notons que l’équation (I.60) ne définit pas de manière univoque le potentiel vectoriel
~ A(M) et A0 (M) = ~
A. En effet, les champs ~ A(M) + ~
r f (M), avec f (M) est une fonction scalaire
arbitraire, donnent le même champ magnétostatique ~ B(M) :
° ¢
~ A0 (M) = ~
rM ^ ~ rM ^ ~A(M) + ~ rM ^ ~
r f (M) = ~ A(M) + ~
rM ^ ~ r ^~
r f (M) = ~ A(M) +~0 = ~
B(M)
(I.64)

13
Chapitre I. Équations de Maxwell en régime stationnaire (permanent)

On peut profiter de cette ambiguïté et imposer sur ~


A une condition supplémentaire appelée
"condition de jauge" :

r ·~
~ A = 0 (Jauge de Coulomb) (I.65)

La transformation

A(M) ! A0 (M) = ~
~ A(M) + ~
r f (M) (I.66)

est dite transformation de jauge.

I.3.4 Équation de Maxwell-Ampère


Théorème 3.1: Théorème d’Ampère

La circulation d’un champ magnétostatique ~


B le long d’un contour fermé C est
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

proportionnelle à l’intensité totale du courant traversant toute surface qui s’appuie


sur ce contour :
I
°
!
~
B · d l = µ0 I (I.67)
C

où I est positive ~ ~
I (resp. négative)
œ si j et S sont de œmême sens (resp. de sens opposés).
°
! °! °!
Comme ~
B · dl = r ^~
(~ B) · d S et I = ~
j · d S, le théorème d’Ampère implique
C =@S S S
que :
œ œ
°! °!
r ^~
(~ B) · d S = µ0 ~
j · dS (I.68)
S S

Cette égalité doit être vraie pour toute surface S, d’où

~ B = µ0 ~
r ^~ j (I.69)

qui s’appelle l’équation de Maxwell-Ampère. On remarque que (I.69) respecte la conserva-


tion du flux de ~j car ~ r ^~
r · (~ r·~
B) et donc ~ j = 0. En régime variable, on doit donc modifier
l’équation de Maxwell-Ampère et celle-ci n’est valide qu’en régime permanent.
Les lois locales et intégrales du magnétostatique sont résumées dans le tableau récapi-
tule suivant :

14
I.3. Magnétostatique

Formes locales Formes intégrales

Conservation du flux de ~
B:

°!
~
B · dS = 0
r ·~
~ B=0 ,
S=@V

La circulation de ~
B n’est pas
Équation de Maxwell-Ampère : conservative en présence de
courant :
B = µ0 ~
r ^~
~ j , I œ
°
! °!
~B · d l = µ0 I, où I = ~
j · dS
C=@S

I.3.5 Équation de Poisson de la magnétostatique


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Pour obtenir l’équation de Poisson de l’électrostatique, (I.50), nous avons introduit


le potentiel V dans l’équation de Maxwell-Gauss. De manière analogue, introduisons le
potentiel vectoriel ~
A, (??), dans l’équation de Maxwell-Ampère (I.69) :
° ¢ ° ¢
µ0 ~
j =~
r^ ~r ^~
A =~ r ·~
r ~ A ° ¢~
A (I.70)

où on a utilisé le fait que


° ¢ ° ¢
~
r^ ~r ^~
A =~ r ·~
r ~ A ° ¢~
A (I.71)

Donc, tenu compte de (I.65), nous avons la relation locale suivante :

A = °µ0 ~
¢~ j (I.72)

qui est l’analogue, en magnétostatique, de l’équation de Poisson (I.50). Dans le cas particu-
lier d’une région vide de courant (~
j =~0), on a

¢~
A=0 (I.73)

qui est l’analogue, en magnétostatique, de l’équation de Laplace (I.51).

15
Chapitre I. Équations de Maxwell en régime stationnaire (permanent)

I.3.6 Équation de Maxwell-Faraday


Induction - Loi de Faraday

Selon la loi de Biot-Savart (I.52) une densité de courant ~


j génère un champ magnétique
~
B. En 1831, Faraday était préoccupé par le problème de savoir s’il était également possible
de faire l’inverse ; c’est-à-dire de créer un courant I par un champ magnétique ~
B. Avant de
donner la loi empirique trouvée par Faraday nous avons besoin de définir la notion de la
force électromotrice (f.e.m).

Force électromotrice (f.e.m.)

La force électromotrice induite (ou d’induction) est la circulation du champ électrique


induit ~
Ei (c-à-d. produit par une f.e.m) :

I I
dW °
!
e= = ~
Ei · d l (I.74)
C dq C
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Alors le champ électrique "induit", ~


Ei , n’est, contrairement au champ électrique produit
par une charge électrique, pas conservatif.
Le flux ©B (unité : Wb [weber]) du champ magnétique ~
B à travers la surface S est

œ
°!
©B = ~
B · dS (I.75)

Il ne dépend pas du choix de la surface S qui s’appuie sur le circuit C. On appelle aussi ©B
flux à travers le circuit C.

Loi de Faraday

Cette loi indique que lorsque le flux (I.75) varie au cours du temps, il apparait dans le
circuit C une force électromotrice induite (I.82) ;

I µœ ∂
d ©B °
! d °!
e =° ) ~
Ei · d l = ° ~
B · dS (I.76)
dt C=@S dt

Notons que la variation du flux (I.75) peut être due à une variation du champ magné-
tique ~
B au cours du temps ou à une variation de la forme ou de la position du circuit C (ou
aux divers effets en même temps).

16
I.3. Magnétostatique

Équation de Maxwell-Faraday

La loi de Faraday (I.76) est la forme intégrale de l’équation, dite de Maxwell-Faraday,


suivante :

@~
B
r ^~
~ Ei = ° . (I.77)
@t

Pour démontrer cette égalité On peut distinguer les deux suivants :


• Cas du circuit immobile : nous avons :
I œ
°
! ° ¢ °!
e= ~
Ei · d l = r ^~
~ Ei · d S (I.78)
C=@S S

d’autre part on a :
µœ ∂ œ ~
d ©B d °! @B °!
= ~
B · dS = · dS (I.79)
dt dt S S @t
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Or, d’après la loi de Faraday (I.76) nous avons e = °d ©B /d t , d’où :


œ œ ~
° ¢ °! @B °!
~r ^~
Ei · d S = ° · dS (I.80)
S S @t

Cette égalité doit être vraie pour toute surface S, donc

@~
B
r ^~
~ Ei = ° . (I.81)
@t

I œ
°
! °!
e= ~
Ei · d l = r ^~
(~ Ei ) · d S (I.82)
C C=@S

• Cas du circuit en mouvement : nous admettrons que la loi de l’induction de Faraday


(I.76) est, dans ce cas aussi, une conséquence de l’équation de Maxwell-Faraday. Par
contre, la force électromotrice induite est, au lieu de l’équation (I.82), donnée par :
I I I I
dW 1 °
! ° ¢ °
!
e= = d q(~
E +~
V ^~
B) = ~
Ei · d l = ~
Ei + ~
V ^~
B · dl (I.83)
C dq dq C C C

c’est-à-dire
I
° ¢ °
!
e= ~Ei + ~
V ^~
B · dl (I.84)
C

°
!
où ~
V est le vecteur vitesse de l’élément d l de circuit C.

17
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Chapitre II

Équations de Maxwell en régime variable

La théorie de Maxwell de l’électromagnétisme est basée sur un ensemble de quatre


équations. Ces équations sont posées a priori et sont vérifiées par leurs conséquences.

II.1 Équations de Maxwell


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Conservation du flux de magnétique : r ·~


~ B=0 (II.1)

Équation de Maxwell-Faraday : @~
B
r ^~
~ E=° (II.2)
@t

Ω
Équation de Maxwell-Gauss : r ·~
~ E= (II.3)
≤0

Équation de Maxwell-Ampère : @~
E
B = µ0 ~
r ^~
~ j + µ0 ≤0 (II.4)
@t

On peut distinguer dans les équations ci-dessus un premier couple ((II.1) et (II.2)) qui
exprime des propriétés intrinsèques du champ électromagnétique alors que le second
couple ((II.3) et (II.4)) exprime le lien entre le champ (~ B) et sa source (Ω, ~
E,~ j ). Montrons
tout de suite que ce second couple des équations de Maxwell contient l’équation de la
conservation de la charge.
En utilisant (II.4) on a :
µ ∂
~
° ¢ r ·~
@(~ E) @ Ω
~ ~ ~ ~
r · j = r · r ^ B ° ≤0 = 0 ° ≤0
@t @t ≤0

r·~
) ~ j+ =0 (II.5)
@t

19
Chapitre II. Équations de Maxwell en régime variable

où on a interverti les opérateurs ~


r et @/@t et utilisé (II.3).

II.1.1 Contenu physique de l’équation du flux de magnétique


Nous avons en fait déjà rencontré (II.1) dans le cadre restreint de la magnétostatique
(voir (I.57)). Cette équation exprime qu’on ne connait pas de charges magnétiques. Ce fait
est à l’origine de la dissymétrie entre les rôles de ~
E et ~
B : (II.1) et (II.3) ont une structure
mathématique analogues mais (II.1) ne contient pas de "terme de source".

II.1.2 Contenu physique de l’équation de Maxwell-Faraday


Nous avons déjà rencontré cette équation en électrostatique (voir l’équation (I.42))
sous forme restreinte :

r ^~
~ E =~0 (II.6)

qui exprime que la circulation de ~


E est conservative en régime permanent. Dans le cas
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

général, la signification physique de (II.2) apparait en examinant la circulation à l’instant


t de ~
E le long d’un contour C fixe. S étant surface quelconque s’appuyant sur C = @S, la
formule de Stokes donne :
I œ œ√ !
°
! ° ¢ °! @~
B °!
~
E · dl = ~r ^~
E · dS = ° · dS
C=@S S S @t
œ
d °! d ©B
=° ~
B · dS = ° (II.7)
dt S dt

On reconnait dans la dernière expression la dérivée par rapport au temps du flux magné-
tique qui traverse C. Nous avons donc montré que l’équation de Maxwell-Faraday exprime
la relation connue sous le nom de théorème de Faraday :
I
@~
B °
! d©
r ^~
~ E=° , ~E · dl = ° (II.8)
@t dt

Cette relation exprime qu’un champ magnétique dépendant du temps donne naissance à
un champ électrique à circulation non conservative. Alors l’équation de Maxwell-Faraday
rend compte du phénomène d’induction électromagnétique.

II.1.3 Contenu physique de l’équation de Maxwell-Gauss


Rappelons qu’en régime stationnaire (permanent), nous avions établi (II.3) à partir
du théorème de Gauss. Postulant cette fois (II.3), nous pouvons calculer le flux électrique
sortant à l’instant t d’une surface fermée S = @V limitant un volume V à l’aide de la formule

20
II.1. Équations de Maxwell

d’Ostrogradski :
” — —
°! ° ¢ 1
™= ~E · dS = ~r ·~
E dø = Ωd ø (II.9)
V ≤0 V

En notant Q la charge totale contenue à l’instant t à l’interieure de S, nous en concluons


que (II.3) exprime la validité du théorème de Gauss
” ”
Ω °! °! Q
r ·~
~ E= , ~E · dS = ~
E · dS = (II.10)
≤0 S ≤0

Alors le théorème de Gauss est aussi valide en régime non permanent : le flux du champ
électrique à travers toute surface fermée est égal à la charge contenue dans le volume délimité
par la surface fermée, divisée par la permittivité du vide.

II.1.4 Contenu physique de l’équation de Maxwell-Ampère


Nous avons déjà rencontré une forme restreinte de cette équation en régime station-
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

naire (voir l’équation (I.69)) :

~ B = µ0 ~
r ^~ j (II.11)

Comme nous l’avons alors mentionné, (II.11) exprime que la circulation de ~


B est donnée
en régime permanent par le théorème d’Ampère de la magnétostatique, ce théorème
exprimant lui-même le lien entre le champ ~
B et sa source : le champ magnétostatique
tourne (tourbillonne) autour des courants qui l’engendrent.
En régime non permanent, calculons la circulation à l’instant t de ~
B le long d’un
contour C en utilisant la formule de Stokes et la forme générale de l’équation (II.4) ; S étant
une surface quelconque s’appuyant sur C :
I œ "œ œ #
°
! ° ¢ °!
~
°! @~
E °!
~
B · dl = ~r ^~
B · d S = µ0 j · dS + ≤0 · dS (II.12)
S S @t

En notant i S l’intensité qui traverse S à l’instant t et en introduisant la notation :

~ @~
E
j D = ≤0 (II.13)
@t

on voit que l’équation de Maxwell-Ampère exprime la forme générale du théorème d’Ampère.


h i I ∑ œ ∏
°
! °!
~ ~ ~ ~ ~
r ^ B = µ0 j + j D , B · d l = µ0 i S + ~
jD · d S (II.14)
S

En exprimant la forme générale du théorème d’Ampère, on voit que le flux du terme ~ jD


intervient de la même manière que l’intensité i S (flux de la densité de courant ~
j ). Maxwell
a appelé le terme ~
j D par "densité de courant de déplacement" (displacement current). Il

21
Chapitre II. Équations de Maxwell en régime variable

est toutefois important de noter que ~j D ne représente ni un courant ni un déplacement


de quoi que ce soit. Le sens physique de la présence du terme ~ j D dans (II.4) est en fait le
suivant :

Un champ électrique dépendant du temps est, au même titre qu’un courant, une source
de champ magnétique.

On notera que l’influence du terme ~ j D = ≤0 @~


E/@t dans l’équation de Maxwell-Ampère
(II.4) est à cet égard analogue à celle du terme °@B/@t dans l’équation de Maxwell-Faraday 1
~
(II.2).
A la différence de ce qui se produit en régime permanent, la présence de ces deux termes
réalise un couplage entre les champs ~ E et ~
B qui interdit de dissocier les deux composantes
du champ électromagnétique (~ E,~
B). Nous allons de plus voir que ce couplage est à l’origine
de la conséquence la plus saisissante des équations de Maxwell : la possibilité d’une
propagation du champ électromagnétique.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

II.2 Origine du terme ~


jD
Contrairement aux autres termes des équations de Maxwell, la présence de ~
j D n’est
pas directement issue de l’expérience et il est nécessaire de donner un aperçu historique
schématique.
Avant 1864, date à laquelle Maxwell publia les équations (II.1), (II.2), (II.3) et (II.4), les
lois de l’électromagnétisme telles qu’elles avaient été dégagées de l’expérience pouvaient
se résumer dans le système (II.1), (II.2), (II.3) et (II.11) qui ne diffère du système complet
que par la présence du terme ~
jD.
Ce système, décrit par (II.1), (II.2), (II.3) et (II.11) est appelé "Approximation des Ré-
gimes Quasistationnaires (ARQS)", rend compte convenablement des faits expérimentaux
tant que l’on est limité à des distributions lentement variables, ce qui était le cas avec les
moyens de l’époque. Cependant on pouvait critiquer la cohérence logique de l’ARQS : en
prenant la divergence de (II.11) on obtient :
° ¢
~
r· ~r ^~ r·~
B = µ0~ j (II.15)
° ¢
r·~
qui implique que ~ j = 0 (car ~
r· ~r ^~
B = 0) ce qui n’est vrai qu’en régime permanent.
Maxwell chercha à introduire dans (II.11) un terme supplémentaire en posant :
h i
~ B = µ0 ~
r ^~ j + µ0 ~
jD (II.16)

1. Noter toutefois que cette analogie est limitée. Notamment, nous verrons que dans la limite des champs
lentement variables, le terme ≤0 @~
E/@t disparait à la différence du terme °@~
B/@t .

22
II.3. Propagation du champ électromagnétique

de façon à assurer la cohérence du nouveau système avec le principe de conservation de la


charge exprimé par l’equation :


r·~
~ j =° (II.17)
@t

En prenant la divergence de (II.16) et compte tenu de (II.3), on obtient


° ¢ h i
~ r ^~
r· ~ B = 0 = µ0 ~r·~j +~ r·~jD
∑ ∏ " ° ¢ # " #
@Ω (II.3) r ·~
@ ~ E @~
E
)0 = µ0 ° +~r·~j D = µ0 ° ≤0 r·~
+~ j D = µ0~
r · ° ≤0 +~
jD (II.18)
@t @t @t

Alors ~
j D doit vérifier :
" #
@~
E ~
µ0~
r · ° ≤0 + jD = 0 (II.19)
@t

Maxwell choisissait la solution particulière la plus simple :


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

@~
E
~
j D = ≤0 (II.20)
@t

Ce choix s’est trouvé ultérieurement, comme nous allons voir dans la section suivante,
justifié par des conséquences vérifiables expérimentalement.

II.3 Propagation du champ électromagnétique


Nous allons maintenant comment la structure des équations de Maxwell permet de
prévoir l’existence du phénomène de propagation

II.3.1 Compréhension intuitive du phénomène


La propagation est une conséquence du couplage déjà mentionné entre des champs
~
E et ~
B non permanents : imaginons que soit crée dans une petite région de l’espace une
perturbation du champ électrique (variation de ~E dans le temps). Selon (II.4), le terme
≤0 @~
E/@t crée dans le voisinage de cette région un champ ~
B variable. Le terme correspon-
dant crée dans son propre voisinage un nouveau champ électrique (voir (II.2)). Ce champ
électrique engendre à son tour un champ magnétique . . .
On conçoit ainsi comment une perturbation du champ électromagnétique peut se
propager de proche en proche.

23
Chapitre II. Équations de Maxwell en régime variable

II.3.2 Équations de propagation des champs ~


E et ~
B
Pour préciser quantitativement la question, il est naturel de chercher à obtenir à partir
du système des équations de Maxwell deux équations "découplées" ne contenant que ~ E et
que ~
B. Pour obtenir l’équation relative à ~
E, le plus simple est d’exprimer le rotationnel de
(II.2) comme suit :
√ !
° ¢ ° ¢ ° ¢ (II.3) ~
rΩ ° ¢
~
r^ ~r ^~
E =~ r ·~
r ~ E ° ~ r~
r ·~ E = ° ~ r~
r ·~ E (II.21)
≤0

D’autre part
√ ! √ !
° ¢ (II.2) @~
B @ ° ¢ (II.4) @~
j @2~E
~
r^ ~r ^~
E = °~ r^ =° r ^~
~ B = ° µ0 + µ0 ≤0 2 (II.22)
@t @t @t @t

En égalisant (II.21) avec (II.22) on obtient

@2~E 1 @~
j
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

2
r~
~ E ° µ0 ≤0 = ~
rΩ + µ0
(II.23)
@t 2 ≤0 @t

De manière symétrique, en prenant le rotationnel de (II.4), on a :


√ !
2 ° ¢ ° ¢ (II.1),(II.4) @~
E
r~
~ B =~
r ~ r ·~
B °~r^ ~r ^~
B = ~0 ° ~ r ^ µ0 ~
j + µ0 ≤0
@t
r ^~
@~ E (II.3) @2~
B
r^~
= ° µ0~ j ° µ0 ≤0 r^~
= °µ0~ j + µ0 ≤0 2 (II.24)
@t @t

ce qui donne

2 @2~
B
r~
~ B ° µ0 ≤0 r^~
= °µ0 ~ j (II.25)
@t 2

Alors (II.23) et (II.25) montrent que le découplage complet existant en régime perma-
nent entre un champ ~ B de source ~
E de source Ω et un champ ~ j n’est plus réalisé en régime
variable.
En un point où Ω = 0 et ~
j = ~0, les champs ~
E et ~
B satisfont à la même équation de
propagation :

2 @2~
E
r~
~ E ° µ0 ≤0 =~0 (II.26)
@t 2

2 @2~
B
r~
~ B ° µ0 ≤0 =~0 (II.27)
@t 2

qui sont des équations d’ondes (équations de d’Alambert).

24
II.3. Propagation du champ électromagnétique

Rappelons que la forme générale de l’équation de d’Alembert d’un champ S(x, y, z, t )


est

2 1 @2~
S
r~
~ S° =~0 (II.28)
v @t 2
2

avec v est la vitesse de propagation de l’onde. Elle admet comme solutions particulières :

° ¢
~
S (x ± v t ) , ~
S y ± vt , ~
S (z ± v t ) (II.29)

° ¢
Les solutions ~S (x ° v t ), ~
S y ° v t et ~S (z ° v t ) sont appelées "ondes progressives" et les
° ¢
~ ~ ~
solutions S (x + v t ), S y + v t et S (z + v t ) sont appelées "ondes régressives".
qui représentent des ondes progressives se propageant avec célérité v respectivement
le long des axes Ox, Oy et Oz.
Nous pouvons nous intéresser aux solutions de (II.28) dont la structure temporelle est
sinusoïdale. De telles ondes sont dites monochromatiques.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Cas limite d’un régime permanent

On cherche maintenant la limite en régime permanent des équations (II.23) et (II.25).


En régime permanent l’équation (II.23) devient

2 @2~E 1 @~
j 2 1
r~
~ E ° µ0 ≤0 2
= ~
rΩ + µ0 r~
)~ E° ~ rΩ =~0 (II.30)
@t ≤0 @t ≤0

en utilisant le fait que ~


E = °~
rV on a
µ ∂
2 1 2 1 2 1
r~
~ E° ~
rΩ =~0 ) ~
r (°~
rV) ° ~ rΩ =~0 ) ~
r °~r V ° Ω =~0 (II.31)
≤0 ≤0 ≤0

La solution particulière la plus simple de l’équation précédente est

2 Ω
~
r V=° (II.32)
≤0

donc l’équation (II.23) se réduit en régime permanent à l’équation de Poisson (I.50). On en


déduit que (II.26) se réduit en régime permanent à l’équation de Laplace (I.51).
La limite en régime permanent de l’équation (II.25) peut s’obtenir comme suit :

2 @2~
B 2
r~
~ B ° µ0 ≤0 2
r^~
= °µ0 ~ r~
j )~ r^~
B + µ0 ~ j =~0 (II.33)
@t

en utilisant le fait que ~ r ^~


B =~ A on a

2° ¢ ≥ 2 ¥ ≥ 2 ¥
~
r ~ r ^~
A +~r ^ (µ0 ~
j ) =~0 ) ~ r~
r^ ~ r ^ (µ0 ~
A +~ j ) =~0 ) ~ r~
r^ ~ A + µ0 ~
j =~0 (II.34)

25
Chapitre II. Équations de Maxwell en régime variable

La solution particulière la plus simple de l’équation précédente est

2
r~
~ A = °µ0 ~
j (II.35)

donc l’équation (II.25) se réduit en régime permanent à l’équation de Poisson en magnéto-


statique (I.72). Il en résulte que (II.27) se réduit à l’équation de Laplace en magnétostatique
(I.73).

Conclusion : les ondes électromagnétiques


Maxwell remarqua que, compte tenu de (II.23) et (II.25), les six coordonnées du champ
électromagnétique (~ E,~
B) vérifient, dans la région de l’espace située en dehors des sources
~
(i.e. Ω = 0, j = 0), des équations qui s’identifie à (II.28) en posant

1
v2 = (II.36)
µ0 ≤0

Ceci impliquait que le champ est susceptible de se propager avec une célérité de la lumière
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dont la valeur numérique est

v = 3 £ 108 m/s (II.37)

qui pouvait être déduite d’expériences d’électrostatique et de magnétostatique détermi-


nant les valeurs de ≤0 et de µ0 . Par ailleurs, au début du XIX ème siècle Young et Fresnel
avaient mis en évidence le caractère ondulatoire de la lumière sans arriver à préciser la
nature du phénomène lumineux. Enfin, les mesures réalisées par Fizeau en 1851 donnaient
pour la célérité de la lumière dans le vide une valeur c, qui aux incertitudes expérimentales
près, s’identifiait à la célérité v des ondes électromagnétiques dont l’existence apparaissait
comme une conséquence nécessaire d’une théorie cohérente de l’électromagnétisme.
Maxwell tira les conclusions de cet ensemble de résultats en affirmant la nature électro-
magnétique de la lumière, ce qui revient à identifier v à c, d’où la relation :

≤0 µ0 c 2 = 1. (II.38)

II.4 Référentiels dans lesquels les équations de Maxwell sont


valables
Comme nous avons déjà mentionné, nous postulions les lois fondamentales de l’élec-
tromagnétisme (force de Lorentz + équations de Maxwell) dans un référentiel galiléen
R sans préciser lequel. Pour Maxwell et ses contemporains, les conclusions à tirer des
équations de propagation du champ électromagnétique apparaissent claires : le référentiel
R dans lequel les lois de l’électromagnétisme sont valables a un rôle privilégie ; car c’est

26
II.4. Référentiels dans lesquels les équations de Maxwell sont valables

par rapport à lui donc, compte tenu des lois classiques de la cinématique, à lui seul, que
la lumière se propage avec la célérité c. Identifiant ce "référentiel absolu" ou "éther" avec
le référentiel de Copernic. Il devenait naturel de chercher à mettre en évidence le fait
que la lumière doit avoir, dans un référentiel R 0 (relatif) entrainé par rapport à R par le
mouvement orbital de la Terre une célérité c 0 6= c.
Les expériences réalisées Michelson et Morley ne donnèrent pas le résultat attendu.
La solution de ces contradictions fut apportée par les postulats de la relativité restreinte
formulée par Einstein en 1905 : postulat 1) les lois de la physique doivent avoir la même
formulation dans tous les référentiels galiléens ; en particulier, les équations de Maxwell
sont valables dans un référentiel galiléen quelconque, et postulat 2) les ondes électroma-
gnétiques se propagent avec la même célérité c par rapport à tout référentiel galiléen.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

27
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Chapitre III

Résolution des équations de Maxwell et


énergie électromagnétique

Les équations de Maxwell constituent un système différentiel du premier ordre qui,


dans le cas général, ne permet pas d’expliquer séparément les champs ~ E et ~
B en fonction
des densités Ω et ~
j , comme le montrent les équations (II.23) et (II.25). Introduisant des
grandeurs V et ~
A appelées potentiels en fonction desquels les champs ~
E et ~
B s’expriment
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

sous forme de dérivées premières, nous verrons que la liberté qui s’introduit dans le choix
de transformations de jauge permet d’aboutir à des équations différentielles du second
ordre (équations de Poisson) dans lesquelles les sources Ω et ~
j se trouvent découplées,
A(~
d’où la possibilité d’arriver à une solution générale V(Ω) et ~ j ) (solutions des potentiels
retardés) dont on en déduit le champ électromagnétique cherché par des dérivations.

III.1 Introduction des potentiels


Comme nous allons le voir, la possibilité d’introduire des potentiels découle des pro-
priétés mathématiques qui s’expriment dans le premier couple des équations de Maxwell,
à savoir (II.1) et (II.2).
Comme nous l’avons déjà montré en magnétostatique, l’équation de Maxwell (II.1)
permet d’introduire un champ vectoriel ~ r , t ), appelé potentiel vecteur tel que :
A(~

~ r ^~
B =~ A (III.1)

Introduisons ~
A dans (II.1) :
√ !
@ ° ¢ @~
A
r ^~
~ E=° r ^~
~ A )~r^ ~E+ =~0 (III.2)
@t @t

°! °°°!
Or, puisque rot(grad f ) =~0 pour toute fonction f , on établit que si un champ vectoriel est à
rotationnel nul, on peut trouver au moins un champ scalaire © dont il est le gradient, soit

29
Chapitre III. Résolution des équations de Maxwell et énergie électromagnétique

ici :

@~
A
~
E+ =~
r© (III.3)
@t

Pour retrouver des expressions qui s’identifient en régime permanent avec celles de l’élec-
trostatique, on posera © = °V, le champ scalaire V(~
r , t ) est appelé dans le cas général
des régimes non permanents potentiel scalaire. En résumé, le champ (~ E,~
B) "dérive des
potentiels" (V,~
A) par les relations :

@~
A
~ r ^~
B =~ A , ~
E = °~
rV ° (III.4)
@t

III.1.1 Équations de propagation du potentiel


Cherchons à établir les équations auxquelles satisfait le potentiel électromagnétique
~
(V, A). On a :
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

¢~
A =~ r ·~
r(~ A) ° ~
r ^ (~r ^~A) = ~r(~r ·~ r ^~
A) ° ~ B
" # " √ !#
@~
E @ @~A
=~
r(~ A) ° µ0 ~
r ·~ j + µ0 ≤0 =~r(~ A) ° µ0 ~
r ·~ j + µ0 ≤0 °~
rV °
@t @t @t
µ ∂
@V @2~A
=~ r ·~
r(~ A) + µ0 ≤0~r + µ0 ≤0 2 ° µ0 ~ j (III.5)
@t @t

où nous avons utilisé (III.4) et l’équation de Maxwell-Ampère. D’où

∑ ∏
@2~
A @V
¢~
A ° µ0 ≤0 = ° µ0
~
j + ~
r ~
r · ~
A + µ ≤
0 0
(III.6)
@t 2 @t

qui s’écrit dans le vide comme suit :

∑ ∏
@2~
A @V
¢~
A ° µ0 ≤0 ~ ~ ~
=r r · A + µ0 ≤0 (III.7)
@t 2 @t

En outre, d’après l’équation de Maxwell-Gauss on a :


√ !
Ω @~
A Ω
r ·~
~ E = )~r · °~
rV ° = (III.8)
≤0 @t ≤0

où on a utilisé (III.4). Il vient

@ Ω
¢V + r ·~
(~ A) = ° (III.9)
@t ≤0

30
III.1. Introduction des potentiels

qui devient dans le vide :

@
¢V + r ·~
(~ A) = 0 (III.10)
@t

III.1.2 Indétermination des potentiels


Transformation de jauge

Soit (~E,~B) un champ dont on connait un couple (V0 ,~ A0 ) de potentiels. Nous voulons
savoir s’il existe d’autres couples de potentiels de ce champ, c’est-à-dire des couples (V,~
A)
autres que (V0 ,~
A0 ) qui vérifient (III.4).
A0 vérifiant (III.4), tout champ :

~
A =~
A0 + ~
r' (III.11)

vérifie également (III.4) car le rotationnel d’un gradient est nul et donc
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

r ^~
~ r ^ (~
A =~ A0 + ~ r ^~
r') = ~ A0 = ~
B (III.12)

Le couple cherché devant vérifier la seconde équation de (III.4), on doit avoir :

@~
A @~
A0
°~
rV ° = °~
rV0 ° =~
E (III.13)
@t @t

soit
µ ∂
@ ° ¢ @'
0 =~
r (V0 ° V) ° ~A °~
A0 = ~
r V0 ° V ° (III.14)
@t @t

où nous avons utilisé (III.11). Une solution possible de l’équation précédente est :

@'
V = V0 ° (III.15)
@t

r , t ) étant un champ scalaire quelconque, si (V0 ,~


Alors en résumé : '(~ A0 ) est un couple
~ ~ ~
de potentiels du champ (E, B), on peut obtenir d’autres couples (V, A) de potentiels de ce
champs par les relations connues sous le nom de transformation de jauge :

@'
~
A =~
A0 + ~
r' , V = V0 ° (III.16)
@t

Pour une situation physique donnée, c’est-à-dire pour un champ (~


E,~
B) déterminé, on peut
trouver une infinité de couples (V,~
A) de potentiels.

31
Chapitre III. Résolution des équations de Maxwell et énergie électromagnétique

Conditions de jauge

On peut profiter de l’indétermination précédente pour tenter d’imposer au couple


(V,~
A) choisi une condition supplémentaire.
• Jauge de Lorentz
D’une manière analogue à la condition de jauge de Coulomb en régimes stationnaires,
on peut choisir la condition dite jauge de Lorentz suivante :

1 @V
r ·~
~ A+ =0 (III.17)
c 2 @t

Montrons maintenant que le choix (III.17) est possible. Soit (V,~


A) un couple déduit du
~
couple (V0 , A0 ) par la transformation de jauge suivante :
µ ∂
1 @V ° ¢ 1 @ @'
r ·~
~ A+ ~ ~ ~
=r · A0 + r' + 2 V0 °
c 2 @t c @t @t
1 @V0 1 @2 '
=~
r · A0 + 2 + ¢' ° 2 2 (III.18)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

c @t c @t

En utilisant l’opérateur d’Alembertien :

1 @2
⇤ = ¢° (III.19)
c 2 @t 2

on peut réécrire l’équation (III.18) comme suit :

1 @V 1 @V0
r ·~
~ A+ 2
=~
r · A0 + 2 + ⇤' (III.20)
c @t c @t

Nous admettrons qu’un choix convenable du champ ' permet de donner au premier
membre de cette équation la valeur nulle désirée.
Notons que dans ce choix de jauge les équations (III.7) et (III.10) deviennent

@2~A
¢~
A ° µ0 ≤0 = ⇤~
A =~0
@t 2 (III.21)
@2 V
¢V ° µ0 ≤0 2 = ⇤V =0
@t

µ ∂
@V @ @ @V @2 V
r ·~
car ~ A + µ0 ≤0 = 0 et (~r ·~
A) = °µ0 ≤0 = °µ0 ≤0 2
@t @t @t @t @t
• Jauge de radiation
Revenons à l’équation géérale à laquelle satisfait le potentiel scalaire (III.10) :

@
¢V + r ·~
(~ A) = 0 (III.22)
@t

32
III.2. Équations de Poisson

On peut être tenté de choisir V tel qu’il satisfasse, comme en régime stationnaire, à l’équa-
tion de Laplace dans le vide ¢V = 0. La condition de jauge correspondante est alors la
même que celle que nous avons adopté pour un tel régime (jauge de Coulomb) :

r ·~
~ A=0 (III.23)

Cette condition est particulièrement commode lorsqu’il n’y a pas de charges, c’est-à-
dire lorsque l’on ne s’intéresse qu’aux phénomènes loin des sources. Pour cette raison, on
l’appelle jauge de radiation. Alors un choix possible du potentiel scalaire est V = 0. Dans
ce cas, il suffit d’étudier le potentiel vecteur ~
A, le champ pouvant s’en déduire par simple
dérivation selon

@~
A
~
E=° et ~ r ^~
B =~ A avec V = 0 (III.24)
@t

III.2 Équations de Poisson


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Introduisons les expressions (III.4) de ~


E et ~
B en fonction des potentiels dans le second
couple d’équations de Maxwell, (II.3) et (II.4) :
√ !
@~
A @~ r ·~
A Ω
~
r · °~
rV ° = ° ¢V ° = (III.25)
@t @t ≤0
√ !
° ¢ @ @~A
~
r^ ~r ^~A =µ0 ~j + µ0 ≤0 °~rV ° (III.26)
@t @t

ce qui donne :
µ ∂
@~r ·~
A @ (III.17) 1 @2 V Ω
° ~ ~
= ° (r · A) = + 2 = ¢V + (III.27)
@t @t c @t 2 ≤0
µ ∂
@V (II.38) 1 @2~
A
~
r ~ r ·~
A + µ0 ≤0 = ¢~ A ° 2 2 + µ0 ~ j (III.28)
@t c @t
° ¢ ° ¢
où nous avons utilisé les relations : ~
r · (~
rV) = ¢V, ~ r ^~
r^ ~ A =~r ~r ·~
A ° ¢~
A et (II.38). En
choisissant la jauge de Lorentz, (III.17) (qui implique que le terme entre parenthèses, de la
seconde équation, est nulle) et en utilisant l’opérateur d’Alembertien (III.19), on obtient
les deux relations locales suivantes :

Ω
⇤V = ° , ⇤~A = °µ0 ~j (III.29)
≤0

qui sont dites équations de Poisson en régime variable (elles généralisent les équations de
Poisson (I.50) et (I.72)).

33
Chapitre III. Résolution des équations de Maxwell et énergie électromagnétique

Remarques
• Ces équations ne sont pas une simple conséquence des équations de Maxwell,
elles "contiennent" aussi la jauge de Lorentz. Une autre jauge donnerait d’autres
"équations aux potentiels".
• En régime permanent, le d’Alembertien ⇤ se réduit au Laplacien ¢ = ~
r ·~
r (puisque
les grandeurs utilisées sont indépendantes du temps) et on retrouve les équations
de Poisson déjà introduites en électrostatique et en magnétostatique (voir (I.50) et
(I.72)) :

Ω
¢V = ° , A = °µ0 ~
¢~ j (III.30)
≤0

• Enrégime permanent, la condition de jauge de Lorentz (III.17) se réduit à la condition


de jauge de Coulomb (I.65) :

r ·~
~ A=0 (III.31)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

III.3 Solution des potentiels retardés

III.3.1 Solution des équations de Poisson dans le cas général


Soient D une distribution d’extension finie de charges et de courants, Ω(S, t ) et ~
j (S, t )
les densités de charges et de courant en un point S de D à l’instant t . En un point M
quelconque de l’espace les potentiels sont, à l’instant t , V(M, t ) et ~
A(M, t ) (voir la figure
au-dessous).

V (M, t)
M ˛
A(M, t)
SM
fl(S, t)
S ˛j(S, t)

(D)
O Y

34
III.3. Solution des potentiels retardés

On montre que la solution physiquement acceptable des équations de Poisson (III.29)


est la solution dite des potentiels retardés :

— ° ¢ — ~° ¢
1 Ω S, t ° SM
c µ0 j S, t ° SM
c
V(M, t ) = 0
dø , ~
A(M, t ) = d øS (III.32)
4º≤0 V SM 4º V SM

III.3.2 Interprétation physique des potentiels retardés


La comparaison de ces expressions avec celles données dans le premier chapitre montre
que le calcul des potentiels en M à l’instant t s’effectue comme en régime stationnaire
(voir (I.40) et (I.61)). La seule différence est que ce ne sont pas les valeurs des densités de
charge et de courant en S à l’instant t qui interviennent mais les valeurs de ces densités à
l’instant antérieure t ° SM/c.
En d’autres termes, un observateur placé en M est informé des modifications surve-
nues en S avec le retard ¢t = SM/c qui correspond au temps de propagation d’un signal
électromagnétique de S vers M.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Ce résultat est particulièrement satisfait pour l’esprit. De toute façon, des expressions
qui auraient fait dépendre des potentiels en M à l’instant t de l’état de S à cette même date
auraient permis une transmission instantanée d’informations de S vers M, en contradic-
tion avec les résultats de la théorie de la relativité restreinte.

III.3.3 Justification sommaire des potentiels retardés


Soit, autour d’un point S, un élément de volume ¢ø0 de charge ¢q(t ). Le potentiel
r , t ) crée par cet élément de source à l’instant t en des points extérieurs à ¢ø0 situés à
¢V(~
la distance SM de S vérifie :

⇤(¢V) = 0 (équation de Poisson dans le vide) (III.33)

Cette équation n’est autre que l’équation de d’Alembert dont une solution particulière est
une onde sphérique divergente à partir de S de la forme :
µ ∂
1 SM
r ,t) =
¢V(~ f t° (III.34)
r c

Si ¢q était indépendant de t , ¢V serait donné par l’expression de l’électrostatique :

1 ¢q
r)=
¢V(~ . (III.35)
4º≤0 SM

On admettra donc que la solution cherchée est :

° SM
¢
1 ¢q t ° c
r ,t) =
¢V(~ (III.36)
4º≤0 SM

35
Chapitre III. Résolution des équations de Maxwell et énergie électromagnétique

d’où, par superposition, l’expression du potentiel scalaire retardé d’une distribution, puis,
par analogie, celle du potentiel vecteur retardé.

Remarques
• Les champs ~
E et ~
B que l’on peut déduire des expressions des potentiels retardés
(en utilisant (III.4)) ne sont solution des équations de Maxwell que si ces potentiels
vérifient la jauge de Lorentz (III.17).
• L’équation de Poisson dans le vide (III.33), ⇤(¢V) = 0, possède également des solu-
tions du type "onde sphérique divergente" :
µ ∂
1 SM
r ,t) =
¢V(~ f t+ (III.37)
SM c

De telles solutions, qui sont mathématiquement acceptables, conduisent à des


potentiels qui dépendent des densités Ω (t + SM/c) et ~
j (t + SM/c).
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

III.4 Approximation des Régimes Quasi-Permanents (ARQP)


Comme nous l’avons déjà mentionné, les phénomènes électromagnétiques connus
avant Maxwell pouvaient être décrits à l’aide d’un système qui ne diffère des équations de
Maxwell que par l’absence dans l’équation de Maxwell-Ampère du "courant de déplace-
ment" ~
j D = ≤0 @~
E/@t . Nous allons voir que ce système constitue en fait une approximation
des lois générales de l’électromagnétisme valable pour des distributions dont la structure
ne varie pas trop rapidement dans le temps, c’est-à-dire l’évolution des sources au cours
du temps est suffisamment lente, et donc la durée T caractéristique de cette évolution est
très grande devant celle de propagation øp = SM/c. Cette approximation

SM
øp = øT (III.38)
c

est connue sous le nom d’Approximation des régimes quasi-permanents (en abrégé
l’ARQP) 1 ou des états quasistationnaires. On peut obtenir les potentiels à l’aide des
mêmes expressions qu’en régime stationnaire, valable à chaque instant,

— — ~
1 Ω (S, t ) µ0 j (S, t )
V(M, t ) = d øS , ~
A(M, t ) = d øS (III.39)
4º≤0 V SM 4º V SM

1. Elle est aussi appelée "Approximation des Régimes Quasi-Stationnaires" (en abrégé l’ARQS).

36
III.4. Approximation des Régimes Quasi-Permanents (ARQP)

r · B = 0 et l’équation de Maxwell-Gauss sont inchangées, les champs ~


Comme ~ E et ~
B sont
toujours liés aux potentiels par

@~
A
~ r ^~
B =~ A , ~
E = °~
rV ° (III.40)
@t

On peut deviner la nature de cette approximation : le couplage entre ~


E et ~
B introduit par le
terme ~
j D est la source du phénomène de propagation (sans le terme ~ j D , l’équation II.27
devient ¢~
B =~0), en supprimant ce terme l’ARQP néglige les phénomènes de propagation.
Notons que la relation entre ~
B et ~
E est la même qu’en régime stationnaire puisqu’elle ne
fait pas intervenir de dérivation par rapport au temps ; la dérivée porte sur les coordonnées
du point M, où l’on calcule les effets, alors que l’intégration concerne les coordonnées du
point S où se trouve les sources. Ainsi
— √ !
µ0 ~
j (S, t )
~ rM ^ ~
B(M, t ) = ~ A(M, t ) = ~
r~r ^ d øS (III.41)
4º V SM
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Comme
√ ! µ ∂
~
j (S, t ) 1 ≥ ¥ 1
~
rM ^ = ~ ~ ~
rM ^ j (S, t ) + rM ^~ j (S, t )
SM SM SM
√ °°! ! √ °°! !
SM ~
j (S, t ) ^ SM
=0 + ° ^~j (S, t ) = (III.42)
SM3 SM3

On retrouve alors la loi de Biot-Savart (I.52) :


— ~ °°!
µ0 j (S, t ) ^ SM
~
B(M, t ) = d øS (III.43)
4º V SM3

En revanche, même dans l’ARQP, en raison du terme d’induction °@~


A/@t , on ne peut pas
obtenir ~
E en calculant l’intégrale :

— µ ∂ — √ °°! !
1 Ω (S, t ) 1 SM
°~
rM V(M, t ) = ° ~
rM d øS = Ω (S, t ) d øS (III.44)
4º≤0 V SM 4º≤0 V SM3

Explicitons la condition de l’ARQP en terme de distance :

SM
øp = øT soit SM ø cT = ` (III.45)
c

où ` représente la distance parcourue par le signal pendant la durée caractéristique de


variation des sources. Pour un signal périodique, cette durée est la période temporelle T.
Si le signal est sinusoïdal, de pulsation ! = 2º/T, on a :

SM ø ∏0 (III.46)

37
Chapitre III. Résolution des équations de Maxwell et énergie électromagnétique

∏0 = cT étant la longueur d’onde dans le vide. L’ARQP est donc valable pour un tel signal,
si les distances sont faibles devant la longueur d’onde ∏0 .

Exemples

• Un circuit électrique de dimension inférieure à 1m, ce qui est de la plupart des


circuits électroniques usuels, et alimenté par un générateur délivrant un signal
de fréquence ∫, pourra être étudié dans l’ARQP, si :

∏0 ¿ 1 m soit ∫ ø 300 MHz (III.47)

Cette condition est réalisée dans la grande majorité des applications électro-
niques usuelles, même de haute fréquence.
• Dans le cas du courant industriel, de fréquence ∫ = 50 Hz, l’ARQP est valable
pour des circuits de dimensions importantes :

c 3 £ 108 m/s
= 6 £ 106 m = 6000 km
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

r ø ∏0 avec ∏0 = = (III.48)
∫ 50 1/s

Cette distance est bien supérieure à la plupart des longueurs des circuits de
distribution.

Dans l’ARQP les équations de Maxwell deviennent donc :

r ·~
~ B=0 (III.49)

@~
B
r ^~
~ E=° (III.50)
@t
ARQP :
Ω
r ·~
~ E= (III.51)
≤0

~ B = µ0 ~
r ^~ j (III.52)

38
III.5. Énergie du champ électromagnétique

III.5 Énergie du champ électromagnétique

III.5.1 Énergie localisée dans le champ


On sait que de l’énergie est emmagasinée dans un conducteur sous tension ou dans
une bobine parcourue par un courant. On peut supposer que cette énergie est contenue
dans le champ ~
E qui règne entre les armatures du condensateur ou dans le champ ~B qui
règne à l’intérieure de la bobine. Plus généralement, l’expérience suggère que de l’énergie
se trouve localisée dans les régions de l’espace où règne un champ électromagnétique.

III.5.2 Transport d’énergie par le champ


L’énergie solaire nous provient à travers le vide interplanétaire par l’intermédiaire
d’onde électromagnétique. Le transport de l’énergie par un champ électromagnétique est
appelé rayonnement.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

III.6 Équation de conservation de l’énergie


Une particule de charge q se déplaçant à une vitesse ~
v par rapport à un référentiel
galiléen recoit du champ magnétique une puissance
° ¢
Pq = q ~ v ^~
E +~ B ·~v = q~
E ·~
v. (III.53)

Un volume d ø contenant différents types de porteurs de charge reçoit une puissance


X
dPV = v k d øq k~ vk = ~
E ·~ j ·~
Ed ø. (III.54)
k

La puissance électromagnétique reçue par les charges dans un volume V fixe est donc

PV = ~
j ·~
Ed ø. (III.55)
V

En utilisant l’équation de Maxwell-Ampère, on peut réécrire ce terme comme suit :


— √~ ~ !
r^B @~
E
PV = ° ≤0 ·~
Ed ø. (III.56)
V µ0 @t

Or
° ¢ ° ¢ ° ¢
r· ~
~ E ^~
B = ~r ^~
E ·~B °~
E· ~r ^~
B (III.57)

39
Chapitre III. Résolution des équations de Maxwell et énergie électromagnétique

donc
— √ °~ ~ ¢ ~ ~ °~ ~ ¢ !
r^E ·B°r· E^B @~
E
PV = ° ≤0 ·~
E d ø. (III.58)
V µ0 @t

qu’on peut la réécrire, à l’aide de l’équation de Maxwell-Faraday (II.4), comme suit :


— √~ ° ¢ !
B @~ B ~ r· ~E ^~
B @~
E
PV = ° · + + ≤0~E· dø
V µ0 @t µ0 @t
” ° ¢ — √ !
~
E ^~B @ ≤0~ E2 ~ B2
=° · d~
S° + dø (III.59)
S=@V µ0 V @t 2 2µ0

où l’on a appliqué le théorème de Green-Ostrogradski. Le volume étant fixe, on peut réécrire


cette expression comme suit :

— √ ~2 ! ” √ !
@ B E2
≤0~ ~E ^~
B
° + dø = PV + · d~
S (III.60)
@t V 2µ0 2 S=@V µ0
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

qui s’appelle le théorème de Poynting. La quantité

E2 ~
≤0~ B2
w= + (III.61)
2 2µ0

peut s’interpréter comme la densité volumique d’énergie électromagnétique (unité : J/m 3 )


associée au champ, son intégrale,

W= w dø (III.62)
V

est l’énergie électromagnétique W contenue dans V . La quantité

~
E ^~B
~
¶= (III.63)
µ0

est le vecteur de Poynting (unité : W/m 2 ) et son intégrale sur S est le flux d’énergie électro-
magnétique à travers S (positif s’il y a un flux net vers l’extérieur).
Le théorème de Poynting traduit la conservation de l’énergie : la variation de l’énergie
électromagnétique dans un volume est due au travail P V des forces électromagnétiques
sur les charges dans ce volume (i.e. la puissance céder à la matière contenue dans V ) ou
(inclusivement) à un échange d’énergie avec l’extérieur par la”
surface de ce volume (i.e. la
puissance évacuée à travers S sous forme de rayonnement) ; ~
¶ · d~
S.
S=@V

40
III.6. Équation de conservation de l’énergie

Alors l’équation (III.60) peut s’écrire comme suit :


— — —
@w ~
° dø = j ·~
Ed ø + r ·~
~ ¶d ø (III.64)
V @t V V

où l’on a utilisé (III.55). La forme locale de cette équation est

@w ~
° = j ·~ r ·~
E +~ ¶ (III.65)
@t

En comparant cette équation avec celle de conservation de la charge (I.33),


° r·~
=~ j (III.66)
@t

¶, w) et (~
on remarque que les couples (~ j , Ω) sont analogues, d’où ¶ est la densité de courant
d’énergie (w est la densité volumique d’énergie électromagnétique ; elle est donc l’analogue
de la densité volumique Ω de charges). Notons que cette analogie n’est pas totale ; la
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

présence du terme ~j ·~
E en (III.65), qui n’a pas d’analogue en (III.66), provient de ce que
l’énergie n’est pas intégralement conservée sous forme électromagnétique mais peut être
cédée à la matière (contrairement à la charge électrique).

41
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Chapitre IV

Ondes électromagnétique dans le vide

IV.1 Ondes planes et ondes sphériques

IV.1.1 Ondes planes


Définition et équation d’onde
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Désignons par Ou une direction spatiale définie par le vecteur unitaire ~


e u , de cosinus
directeurs (Æ, Ø, ∞) dans la base cartésienne (~
e x ,~
e y ,~
ez )

e u = Æ~
~ e x + Ø~
e y + ∞~
ez , Æ2 + Ø2 + ∞2 = 1 (IV.1)

La position d’un point M quelconque est repérée par ~


r = x~
e x + y~
e y + z~
e z . Soit u = ~
e u ·~
r=
Æx + Øy + ∞z, l’abscisse de la projection H du point M sur l’axe Ou (fig)

Lorsque le champ (~
E,~
B) ne dépend que de u, l’onde est dite plane car, à un instant
donné, le champ à la même valeur en tout point de ce plan :

~
E(M, t ) = ~
E(u, t ) et ~
B(M, t ) = ~
B(u, t ) (IV.2)

Un tel plan ß, perpendiculaire à Ou, est appelé plan d’onde.


Les dérivations par rapport aux variables d’espace font apparaitre l’opérateur vectoriel
nabla, ~ e u @/@u, l’action des différents opérateurs peut se résumer ainsi :
r =~

@ @ @ @2
~ eu
r =~ , ~ eu
r· = ~ ·~ eu
r^ = ~ ^ , ¢= (IV.3)
@u @u @u @u 2

l’equation d’onde

1 @2 ™
¢™ = (IV.4)
c 2 @t 2

43
Chapitre IV. Ondes électromagnétique dans le vide

à laquelle satisfait l’une quelconque, ™, des composantes du champ électromagnétique


E x , E y , E z , Bx , B y ou Bz , fonction de u et t , s’écrit

@2 ™ 1 @2 ™
° =0 (IV.5)
@u 2 c 2 @t 2

soit
µ ∂µ ∂
@ 1 @ @ 1 @
° + ™=0 (IV.6)
@u c @t @u c @t

Solution générale de l’équation d’onde

Effectuons le changement de variable : v = t ° u/c et w = t + u/c, ce qui donne :

c c
u = (w ° v) , t = (w + v) (IV.7)
2 2

Il vient
µ ∂ µ ∂ µ ∂
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

@ @ @u @ @t c @ 1 @
= + =° ° (IV.8)
@v @u @v @t @v 2 @u c @t
µ ∂ µ ∂ µ ∂
@ @ @u @ @t c @ 1 @
= + = + (IV.9)
@w @u @w @t @w 2 @u c @t

L’équation devient, en fonction des nouvelles variables v et w :

4 @2 ™
° =0 (IV.10)
c 2 @v@w

soit

@2 ™
=0 (IV.11)
@w@v

L’intégration par rapport à w donne :

@™
= g (v) (IV.12)
@v

d’où
Z
™= g (v)d v + ™° (w) = ™+ (v) + ™° (w) (IV.13)

en intégrant par rapport à v. Alors, la solution générale de l’équation d’onde plane a pour
expression :
≥ u¥ ≥ u¥
™ = ™+ t ° + ™° t + (IV.14)
c c

44
IV.1. Ondes planes et ondes sphériques

™+ et ™° étant deux fonctions quelconques des variables (t ° u/c) et (t + u/c) respective-


ment.

Onde plane progressive

Examinons d’abord l’évolution dans le temps et dans l’espace de ™+ . Un signal élec-


tromagnétique qui a pour valeur ™+ (t 1 ° u 1 /c) dans le plane d’onde ß1 d’abscisse u 1 à
l’instant t 1 , a la même valeur, à un instant ultérieur t 2 = t 1 + ¢t , dans le plan ß2 tel que :

u2 u1
t2 ° = t1 ° (IV.15)
c c

d’où la distance u 2 ° u 1 = c(t 2 ° t 1 ) qui sépare ß2 de ß1 : on dit que le signal s’est propagé,
le long de l’axe Ou, de ß1 à ß2 , à la vitesse c : l’onde est progressive dans le sens des u
croissants.
De même, ™° (t +u/c) représente une onde plane progressive se propageant, à la vitesse
c, dans le sens des u décroissants.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Transversalité d’une onde électromagnétique plane

Appliquons l’équation de Maxwell-Gauss dans le vide :

@Eu
r ·~
~ E= =0 (IV.16)
@u

r ·~
Par conséquent, Eu = 0, la solution uniforme étant exclue. De même, l’équation ~ B=0
conduit à Bu = 0.
Le champ (~ E,~B) d’une onde plane dans le vide est donc transverse ; c’est-à-dire que
~
E et ~
B sont orthogonaux à la direction de propagation, ~
u , et donc contenus dans le plan
d’onde. L’onde est dite Transverse Électrique et Magnétique (TEM).

Relation entre ~
E et ~
B pour une onde plane progressive

r ^~
L’équation de Maxwell-Faraday, ~ E = °@~
B/@t , s’explicite selon :

@~
E @~
B
eu ^
~ =° (IV.17)
@u @t

Pour une onde progressive suivant les u croissant, nous avons, puisque @/@u = (°1/c)@/@t :

@~
E 1 @~
E
=° (IV.18)
@u c @t

d’où

1 @ @~
B
e u ^~
(~ E) = (IV.19)
c @t @t

45
Chapitre IV. Ondes électromagnétique dans le vide

et
√ !
@ e u ^~
~ E
~
B° =0 (IV.20)
@t c

En l’absence de champ stationnaire, on a donc

~
E
~
B =~
eu ^ (IV.21)
c

eu , ~
Alors, les vecteurs ~ E et ~
B forment un trièdre direct et la norme de B vaut E/c à tout
instant et en tout point. La structure de l’onde plane est schématisée sur la figure ??

Potentiel électromagnétique

r ·~
Dans la jauge de radiation pour laquelle ~ A = 0 et V = 0, nous avons ~
E = —@~
A/@t . Le
~
champ électrique étant transverse, le potentiel vecteur A est donc également transverse :
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

@Au
° = Eu = 0 (IV.22)
@u

soit

Au = cste = 0 (IV.23)

en régime variable.

Ondes planes monochromatiques

Une solution particulière de l’équation de propagation est l’onde plane dépendant


sinusoïdalement du temps. Ce type de solution joue un rôle capital, car tout signal peut
être représenté par une superposition linéaire de fonctions sinusoïdales dites monochro-
matiques. La linéarité des équations de Maxwell permet de déterminer la structure et les
propriétés de toute onde électromagnétique à partir de ses composantes monochroma-
tiques.
• Définitions
Considérons une onde plane monochromatique se propageant dans une direction
Ou , dans le sens des u croissants. Une composante quelconque de ces champs a pour
expression :
h ≥ u¥ i ° ¢
™ = ™m cos ! t ° ° ' = ™m cos !t ° k 0 u ° ' (IV.24)
c

où ™m est l’amplitude, ! la pulsation ou fréquence angulaire, k 0 = !/c le nombre d’onde


et ' est la phase à l’origine des temps et de l’espace. La quantité © = k 0 u + ' est la phase à
l’origine des temps.

46
IV.1. Ondes planes et ondes sphériques

Comme l’abscisse u s’écrit aussi ~u =~ r , on définit le vecteur d’onde ~


e u ·~ k 0 , de norme k 0
et dirigé suivant la direction de propagation : ~ k 0 = k 0~
e u . La composante ™ s’écrit alors :

™ = ™m cos(!t ° ~ r ° ') = ™m cos(!t ° ~


k 0 ·~ k 0 ·~
r ° ¡) (IV.25)

avec ¡ = ~
k 0 ·~
r + '. Notons que la norme k 0 du vecteur d’onde a la signification d’une
pulsation spatiale. L’onde plane progressive monochromatique est ainsi caractérisée
par une double périodicité, dans le temps et dans l’espace. On introduit généralement
la période (temporelle) T = 2º/! et la période spatiale ou longueur d’onde dans le vide
∏0 = 2º/k 0 .
• Notation complexe
Toute composante monochromatique du champ ou du potentiel électromagnétique
s’ecrit en notation complexe comme suit :
© ™
™ = Re ™ r )e (°i !t )
avec ™ = √(~ (IV.26)

r ) est l’amplitude complexe. L’intérêt de la notation


Le coefficient multiplicatif complexe √(~
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

complexe est évident : d’une part les variables spatiales et temporelles sont séparées,
d’autre part toute dérivation par rapport au temps se traduit par une simple multiplication :

@™ @
= °i !™ ) = °i !£ (IV.27)
@t @t

Dans ce cas, l’equation d’onde donne l’équation suivante :

!2
¢√ + √=0 (IV.28)
c2

• Onde plane progressive monochromatiques


On appelle onde plane, progressive, monochromatique, en abrégé OPPM, une onde
monochromatique dont l’amplitude complexe a pour expression :

~
r ) = √m e i (k0 ·~r +')
√(~ avec √m = Cte et ' = Cte (IV.29)

La variation spatiale de toute composante du champ peut alors être étudiée à l’aide de
r = i~
l’opérateur ~ k 0 , puisque les différents opérateurs différentiels s’écrivent symbolique-
ment :

r ! i~
~ k0 r· ! i ~
, ~ r^ ! i ~
k0 · , ~ k0 ^ , ¢ ! °k 02 (IV.30)

• Écriture des équations de Maxwell en notation complexe

47
Chapitre IV. Ondes électromagnétique dans le vide

Il résulte de ce qui précède que, pour une onde électromagnétique plane, progressive,
se propageant dans le vide, les quatre équations de Maxwell donnent :

~ !
k 0 ^~ B , ~
E = !~ B=0 , ~
k0 ·~ k0 ^~ E , ~
B = ° 2~ k 0 ·~
E=0 (IV.31)
c

En prenant la partie réelle de ces équations, on obtient :

~
k 0 ^~
E ~
E
~ B=0 , ~
k0 ·~ k 0 ·~
E = 0~
B et ~
B= eu ^
=~ (IV.32)
! c

On vérifie ainsi que ~


E et ~
B sont en phase, orthogonaux et que le trièdre (~ B,~
E,~ k 0 ) est direct.
~ ~ ~
En fonction du potentiel électromagnétique complexe (V, A), le champ (E, B) s’écrit :

E = °~
~ k 0 V + i !~
A et B = i~
~ k0 ^~
A (IV.33)

En jauge de radiation, ~r ·~A = i~


k0 · ~
A = 0, V = 0, ~
E et ~
A sont colinéaires et en quadrature
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

~ ~ ~ i º/2
puisque : E = i !A = !Ae .

IV.1.2 Ondes sphériques


Une onde est sphérique si les composantes du champ et du potentiel ne dépendent
que de la distance r du point considéré à la source ponctuelle O : en tout point d’une
sphère de centre O, le champ a même norme à un instant donné (fig.19.4).

Désignant par ™ l’une des composantes du champ électromagnétique, on a toujours :

1 @2 ™
¢™ = (IV.34)
c 2 @t 2

En exprimant le laplacien en coordonnées sphériques, on obtient

1 @2 1 @2 ™
(r ™) = (IV.35)
r @r 2 c 2 @t 2

soit

@2 1 @2
(r ™) = (r ™) (IV.36)
@r 2 c 2 @t 2

Il en résulte la solution générale :


≥ r¥ ≥ r¥
r ™ = S+ t ° + S° t + (IV.37)
c c

48
IV.1. Ondes planes et ondes sphériques

et donc

1 ≥ r¥ 1 ≥ r¥
™ = S+ t ° + S° t + (IV.38)
r c r c

Cette solution s’interprète comme la somme de deux ondes sphériques, l’une divergente
fonction de (t —r /c), l’autre convergente fonction de (t + r /c) se propageant de manière
isotrope à la vitesse de la lumière. Contrairement à une onde plane, ces ondes se déforment
puisqu’elles s’atténuent avec la distance r (figure IV.1). L’onde divergente S + (t —r /c)/r est
aussi une onde TEM ; en tout point et à tout instant la relation ~ B =~e r ^~
E/c est vérifiée.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

F IGURE IV.1

49
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Chapitre V

Réflexion et réfraction des ondes


électromagnétiques
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

51
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Chapitre VI

Réflexion et réfraction des ondes


électromagnétiques

VI.1 section 1

VI.1.1 sous-section 1
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

53
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Annexe A

Rappel sur les régimes stationnaires


(permanents)

A.1 Électrostatique

A.1.1 Champ électrostatique


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

On rappelle l’expression du champ électrostatique qui résulte de la loi de Coulomb


et du principe de superposition. Considérons N charges ponctuelles q a (a = 1, 2, . . . , N),
on note par r a le vecteur position de la charge a. La force électrostatique agissant sur le
charge numéro b est

XN q q r b °~ra
~F = a b ~
(A.1)
a=1 4º≤0 |~
r b °~r a |3
a6=b

avec

≤0 ' 8, 8544187817 £ 10°12 F/m (A.2)

est la permittivité électrique du vide. Le champ ~


E(~
r ) crée en ~
r par les N charges est défini
par

XN q ~r °~ra
~ a
E(~
r)= (A.3)
a=1 4º≤0 |~
r °~r a |3

Ce champ est singulier aux points ~


r a (a = 1, 2, . . . , N) où sont localisées les charges. La force
agissant sur la charge numéro b est donnée par

~F = q b~
E(~
rb ) (A.4)

si l’on calcule ~
E(~
r ) au point ~
r b par passage à la limite ~
r !~
r b en convenant de poser

r °~
~ rb
lim = 0. (A.5)
r !~
~ rb r b |3
r °~
|~

55
Annexe A. Rappel sur les régimes stationnaires (permanents)

L’utilisation d’une distribution volumique de charge Ω(~


r ) permet d’éviter les singularités
du champ. Supposons que Ω(~
r ) soit une fonction continue à support compact V . Le champ
en ~
r est

r 0 )d ø0 ~
Ω(~ r °~r0
~
E(~
r)= (A.6)
V 4º≤0 |~ r °~r 0 |3

qui est continu, borné et tend vers 0 lorsque ~


r ! 1.

A.1.2 Potentiel électrostatique


Le champ électrostatique ~
E(~
r ) dérive d’un potentiel, c’est-à-dire qu’il existe un champ
scalaire V(~
r ) tel que :

~ r ) = °~
E(~ rV (A.7)

Pour une distribution volumique de charge Ω(~


r ) continue et à support compact V , on peut
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

prendre


1 r 0)
Ω(~
V(~
r)= d ø0 (A.8)
4º≤0 V r °~
|~ r 0|

qui définit le potentiel V(~


r ) s’annulant quand ~
r ! 0.
r 0 et gradient par rapport à ~
On vérifie l’équation (A.7) en intervertissant intégrale sur ~ r:
— µ ∂ — µ ∂
r 0 )d ø0
Ω(~ 1 r 0 d ø0 )
Ω(~ ~r °~r0
~
r~r V(~
r)= ~
r~r = ° = °E (A.9)
V 4º≤0 r °~
|~ r 0| V 4º≤0 r °~
|~ r 0 |3

Remarque

• L’équation (A.7) implique que

°!~ ~
rotE = 0 (A.10)

En effet

r ^~
~ E =~
r ^ (°~
rV) =~0 (A.11)

Comme nous le verrons ultérieurement cette équation est la restriction au cas des
régimes stationnaires (permanents) de l’équation de Maxwell-Faraday.
• Ainsi, en utilisant l’équation (A.10), nous avons :
œ I
°!~ °! ~
°
!
0= rotE · d S = E(~
r ) · dl (A.12)

56
A.1. Électrostatique

qui signifie que le champ ~


E(~
r ) à une circulation (en anglais : line integral) conserva-
tive :
I
°
!
~E(~
r ) · dl = 0 (A.13)

A.1.3 Théorème de Gauss et équation de Maxwell-Gauss


Théorème 1.1: Théorème de Gauss

Le flux ™ du champ ~
E(~
r ) sortant d’une surface fermée S est égal au quotient par la
permittivité du vide du vide ≤0 de la charge :


°! Q
™= ~E · dS = (A.14)
≤0
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

En effet, en utilisant la loi de Coulomb

Q ~ r
~
E= (A.15)
4º≤0 r 3

on a
” ” ”
°! Q ~r ° ¢ Q ~r ° 2 ¢
~E · dS = d S e
~
r r + d S e
~
µ µ + d S e
~
' ' = r sin(µ)d µd '~
er
4º≤0 r 3 4º≤0 r 3

Q
= (A.16)
≤0

Or, d’après le théorème d’Ostrogradski et l’expression (??) de Q, nous avons :


” — —
°! Q 1
~E · dS = r ·~
~ Edø et = r , t )d ø
Ω(~ (A.17)
≤0 ≤0

Alors (A.14) devient :


— —
1
™= r ·~
~ Ed ø = r , t )d ø
Ω(~ (A.18)
≤0

Cette égalité doit être vraie pour tout volume V , donc

Ω
r ·~
~ E= (A.19)
≤0

qui s’appelle l’équation de Maxwell-Gauss.


Notons que l’expérience indique qu’en régime non permanent la loi de Coulomb n’est
plus donnée par (A.15), tandis que le théorème de Gauss et l’équation de Maxwell-Gauss

57
Annexe A. Rappel sur les régimes stationnaires (permanents)

restent valables. Alors l’équation de Maxwell-Gauss se révèle plus générale que la loi de
Coulomb.

A.1.4 Équation de Poisson


En substituant (A.7) dans (A.19) on obtient la relation locale suivante :

° ¢ Ω Ω
~
r · °~
rV = ) ¢V = ° (A.20)
≤0 ≤0

qui est appelée l’équation de Poisson. Dans le cas particulier d’une région vide de charge
(Ω = 0), on a

¢V = 0 (A.21)

qui s’appelle l’équation de Laplace.


On résume les lois. locales et intégrales, de l’électrostatique dans le tableau récapitule
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

suivant :

Formes locales Formes intégrales

Théorème de Gauss :
Maxwell-Gauss : ”
°! QV
™= ~
E · dS =
Ω S=@V ≤0
r ·~
~ E= ,
≤0
donc le flux de ~
E n’est pas
conservative en présence de
charge.
~
E est irrotationnel : Circulation conservative :
I
°
!
r ^~
~ E =~0 , ~
E · dl = 0
C=@S

58
A.2. Magnétostatique

A.2 Magnétostatique

A.2.1 Champ magétique


°°!
Le champ magnétique ~
B(~
r ) crée en ~
r = OM par un circuit filiforme C parcouru par un
courant continu I est

I
µ0 r 0 ^ (~
Id~ r 0)
r °~
~
B(~
r)= (A.22)
4º C r 0 |3
r °~
|~

°°! °!
avec ~ r 0 = d OP est un élément de longueur du fil (donc O et P sont
r = OM (où M 2 C), d~
deux points du fil) et

µ0 = 4º £ 10°7 N/A2 (A.23)

est la perméabilité magnétique du vide. Ce champ est singulier aux points ~


r 2 C du contour
de circuit. Cependant, on peut éviter cette singularité en utilisant une distribution volu-
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mique de courant ~ r ) ; en supposant que ~


j (~ j (~
r ) n’est différent de zéro que dans le volume V .
Le champ magnétique en ~
r peut s’écrire donc

— ~ 0
µ0 j (~
r ) ^ (~ r 0)
r °~
~
B(~
r)= d 3r 0 (A.24)
4º V r 0 |3
r °~
|~

qui s’écrit dans le cas d’une distribution de courant surfacique comme suit :

œ~ 0
µ0 j æ (~
r ) ^ (~ r 0)
r °~
~
B(~
r)= dS (A.25)
4º S r 0 |3
r °~
|~

Notons que le passage de (A.22) à (A.24) se fait comme suit :

°
!
~ r )d 3 r 0 = Id l = Id~
j (~ r0 (A.26)

et que le calcul d’un champ magnétique crée à l’extérieur d’un circuit, dont la section
p
s est faible devant sa longueur, à une distance ||~ r 0 || ¿ s, peut être mené en faisant
r °~
l’approximation d’une distribution linéique, c.-à-d. en utilisant (A.22).
On remarque que lorsque V est compact le champ ~ B(~
r ) est continu, borné et tend vers
0 lorsque ~
r ! 1.

59
Annexe A. Rappel sur les régimes stationnaires (permanents)

A.2.2 Flux de ~
B
En utilisant l’équation (A.24), nous avons :
— µ ∂
µ0 (~r °~r 0) 3 0
div~r ~
B(~
r)= r~r · ~
~ r 0) ^
j (~ d r (A.27)
4º V |~r °~r 0 |3

Or,
µ ∂ µ ∂
~ 0 (~r °~r 0) (~r °~r 0) ≥ ~ 0
¥
~ 0 (~r °~r 0)
~
r~r · j (~
r )^ = · ~
r ^ j (~ r )· ~
r ) ° j (~ r~r ^ (A.28)
|~r °~r 0 |3 |~r °~r 0 |3 |~r °~r 0 |3
°! °°!
Mais ~ r 0 ) = 0 (car ~
r~r ^ J(~ r 0 = OP et donc ~
j ne dépend pas des coordonnées de ~
r = OM) et
µ ∂
(~ r 0)
r °~ ~
r~r ^ (~ r 0)
r °~ 1
~
r~r ^ = +~
r~r ^ (~ r 0)
r °~
|~ r 0 |3
r °~ r 0 |3
r °~
|~ r 0 |3
r °~
|~
3
=~0 ° (~ r 0 ) ^ (~
r °~ r 0 ) =~0
r °~ (A.29)
r 0 |5
r °~
|~
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Alors nous avons

r ·~
~ B=0 (A.30)

ce qui implique que


— ”
°!
0= r ·~
~ Bdø = ~
B(~
r ) · dS (A.31)
V S=@V

c’est-à-dire

°!
~
B(~
r ) · dS = 0 (A.32)
S=@V

donc le flux de ~
B à travers une surface fermée orientable S est nul (c.-à-d. ~
B est à un flux
conservatif ). Ceci signifie qu’il n’existe pas de monopole magnétique (charge magnétique).

A.2.3 Potentiel vecteur


°!
Comme div~
B et div(rot~
A) = 0, on peut écrire le champ ~
B comme suit :

~ r ^~
B =~ A (A.33)

60
A.2. Magnétostatique

et on dit que le champ magnétostatique ~ r ) dérive d’un potentiel vecteur ~


B(~ A(~
r ). L’expres-
sion de celui-ci est :
— ~ 0
µ0 j (~
r ) 3 0
~
A(~
r)= d r (A.34)
4º r °~
V |~ r 0|

En effet, en utilisant la formule

r^(f ~
~ rf ^~
U) = ~ r^~
U + f £ (~ U) (A.35)

nous avons
0 1
— µ ∂ r~r ^ ~
~ r 0)
j (~
µ0 B~ 1 C 3 0
r~r ^ ~
~ A(~
r)= @r~r ^~ r 0) +
j (~ Ad r
4º V r °~
|~ r 0| r 0|
r °~
|~
—µ ∂
µ0 (~ r 0)
r °~
= ° 3
^ ~
j (~
r 0
) d 3r 0 = ~
B(~
r) (A.36)
4º V r 0|
r °~
|~
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

r~r ^ ~
où ~ r 0 ) = 0 car ~
j (~ r 0 ) est indépendante de ~
j (~ r.
Notons que l’équation (A.33) ne définit pas de manière univoque le potentiel vectoriel
~ A(r ) et A0 (r ) = ~
A. En effet, les champs ~ A(r ) + ~
r f (~
r ), avec f (~
r ) est une fonction scalaire
arbitraire, donnent le même champ magnétostatique ~ B:
° ¢
~ A0 (r ) = ~
r ^~ r^ ~A(r ) + ~ r ^~
r) =~
r f (~ A(r ) + ~
r ^~ r ^~
r) =~
r f (~ A(r ) +~0 = ~
B (A.37)

On peut profiter de cette ambiguïté et imposer sur ~


A une condition supplémentaire appelée
"condition de jauge" :

r ·~
~ A = 0 (Jauge de Coulomb) (A.38)

La transformation

A(r ) ! A0 (r ) = ~
~ A(r ) + ~
r f (~
r) (A.39)

est dite transformation de jauge.

A.2.4 Théorème d’Ampère


Théorème 2.1: Théorème d’Ampère

La circulation d’un champ magnétostatique ~


B le long d’un contour fermé C est
proportionnelle à l’intensité totale du courant traversant toute surface qui s’appuie

61
Annexe A. Rappel sur les régimes stationnaires (permanents)

sur ce contour :
I
°
!
~
B · d l = µ0 I (A.40)
C

où I est positive ~ ~
I (resp. négative)
œ si j et S sont de œmême sens (resp. de sens opposés).
°
! °! °!
Comme ~
B · dl = r ^~
(~ B) · d S et I = ~
j · d S, le théorème d’Ampère implique
C =@S S S
que :
œ œ
°! °!
r ^~
(~ B) · d S = µ0 ~
j · dS (A.41)
S S

Cette égalité doit être vraie pour toute surface S, d’où

~ B = µ0 ~
r ^~ j (A.42)

qui s’appelle l’équation de Maxwell-Ampère. On remarque que (A.42) respecte la conser-


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

vation du flux de ~
j car ~ r^~
r·(~ r· ~
B) et donc ~ j = 0. En régime variable, on doit donc modifier
l’équation de Maxwell-Ampère et celle-ci n’est valide qu’en régime permanent.
En effet, dans le cas d’un régime permanent, d’après l’équation (A.24), nous avons :
— µ ∂
°! ~ µ (~r °~r 0) 3 0
r)= 0
rot~r B(~ r~r ^ ~
~ r 0) ^
j (~ d r (A.43)
4º V |~r °~r 0 |3

Or,
µ ∂ µ ∂
~ 0 (~r °~r 0) (~r °~r 0 ) ~ 0 ≥~ 0 ¥ (~r °~r 0)
~
r~r ^ j (~
r )^ = ~
r r
~ · j (~
r ) ° j (~
r ) · ~
r r
~ (A.44)
|~r °~r 0 |3 |~r °~r 0 |3 r °~
|~ r 0 |3

r~r ~
Mais ~ r 0 ) = 0 et donc
j (~
µ ∂ µ ∂
(~r °~ r 0) ~ 0 ~ 0 (~r °~ r 0 ) (??) ~ 0 ° 0
¢
~
r~r · j (~
r ) = j (~
r ) ~
r r
~ · = j (~
r ) 4º±(~
r °~r )
|~r °~ r 0 |3 |~r °~ r 0 |3
=4º~ j (~r 0 )±(~ r °~ r 0) (A.45)
—≥ ¥ (~ — µ ∂
~ 0 ~ r °~ r 0) 3 0 ~ 0 ~ (~r °~ r 0) 3 0
j (~
r ) · r~r d r =° j (~r ) · r~r 0 d r
V r °~
|~ r 0 |3 V |~r °~ r 0 |3
—∑ µ ∂ µ ∂ ∏
(~r °~ r 0) (~r °~ r 0)
=° r~r 0 ·~
~ j (~r 0) £ ° r~r 0 · ~
· ~ r 0)
j (~ d 3r 0
V |~r °~ r 0 |3 |~r °~ r 0 |3

(~r °~ r 0 ) ~ 0 °!
=° ( j (~r ) · d S) = 0 (A.46)
S=@V |~ r °~ r 0 |3

où nous avons utilisé div~


j = 0 (régime permanent) et le fait que ~
j est nulle aux bords du
volume V (donc tout le courant est limité dans V ). Alors l’équation (A.43) devient

°! ~ µ
r)= 0
rot~r B(~ 4º~ r 0 )±(~
j (~ r 0 ) = µ0 ~
r °~ j (~
r) (A.47)
4º V

62
A.2. Magnétostatique

c’est-à-dire

~ B = µ0 ~
r ^~ j (A.48)

Les lois locales et intégrales du magnétostatique sont résumées dans le tableau récapi-
tule suivant :

Formes locales Formes intégrales

Conservation du flux de ~
B:

°!
~
B · dS = 0
r ·~
~ B=0 ,
S=@V

La circulation de ~
B n’est pas
Équation de Maxwell-Ampère : conservative en présence de
courant :
~ B = µ0 ~
r ^~ j ,
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

I œ
°
! °!
~B · d l = µ0 I, où I = ~
j · dS
C=@S

A.2.5 Équation de Poisson de la magnétostatique


Pour obtenir l’équation de Poisson de l’électrostatique, (A.20), nous avons introduit
le potentiel V dans l’équation de Maxwell-Gauss. De manière analogue, introduisons le
potentiel vectoriel ~
A, (A.47), dans l’équation de Maxwell-Ampère (A.42) :
° ¢ ° ¢
µ0 ~
j =~
r^ ~r ^~
A =~ r ·~
r ~ A ° ¢~
A (A.49)

où on a utilisé le fait que


° ¢ ° ¢
~
r^ ~r ^~
A =~ r ·~
r ~ A ° ¢~
A (A.50)

Donc, tenu compte de (A.38), nous avons la relation locale suivante :

A = °µ0 ~
¢~ j (A.51)

qui est l’analogue, en magnétostatique, de l’équation de Poisson (A.20). Dans le cas parti-
culier d’une région vide de courant (~
j =~0), on a

¢~
A=0 (A.52)

63
Annexe A. Rappel sur les régimes stationnaires (permanents)

qui est l’analogue, en magnétostatique, de l’équation de Laplace (A.21).

A.2.6 Équation de Maxwell-Faraday


Induction - Loi de Faraday

Selon la loi de Biot-Savart (A.24) une densité de courant ~


j génère un champ magnétique
~
B. En 1831, Faraday était préoccupé par le problème de savoir s’il était également possible
de faire l’inverse ; c’est-à-dire de créer un courant I par un champ magnétique ~
B. Avant de
donner la loi empirique trouvée par Faraday nous avons besoin de définir la notion de la
force électromotrice (f.e.m).
Soient C un circuit et S une surface orientée de bord C = @S. L’orientation du circuit C
correspond ‘a celle de la surface S (règle du tire-bouchon).

Force électromotrice (f.e.m.)

La force électromotrice induite (ou d’induction) est la circulation du champ électrique


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

induit ~
Ei (c-à-d. produit par une f.e.m) :

I I
dW °
!
e= = ~
Ei · d l (A.53)
C dq C

Alors le champ électrique "induit", ~


Ei , n’est, contrairement au champ électrique produit
par une charge électrique, pas conservatif. Il est important de noter que la "force" électro-
motrice n’est pas une force (unité : Newton) mais une tension (unité : Volt) et qu’elle est
responsable du mouvement des électrons dans le circuit électrique.
Le champ magnétique ~
B étant à flux conservatif, le flux ©B (unité : Wb [weber]) à travers
la surface S de ~
B est
œ
°!
©B = ~
B · dS (A.54)

ne dépend pas du choix de la surface S qui s’appuie sur le circuit C. On appelle aussi ©B
flux à travers le circuit C.

Loi de Faraday

Cette loi indique que lorsque le flux (A.54) varie au cours du temps, il apparait dans le
circuit C une force électromotrice induite (A.53) ;

I µœ ∂
d ©B °
! d °!
e =° ) ~
Ei · d l = ° ~
B · dS (A.55)
dt C=@S dt

64
A.2. Magnétostatique

Notons que la variation du flux (A.54) peut être due à une variation du champ magné-
tique ~
B au cours du temps ou à une variation de la forme ou de la position du circuit C (ou
aux divers effets en même temps).

Équation de Maxwell-Faraday

La loi de Faraday (A.55) est la forme intégrale de l’équation, dite de Maxwell-Faraday,


suivante :

@~
B
r ^~
~ Ei = ° . (A.56)
@t

Pour démontrer cette égalité On peut distinguer les deux suivants :


• Cas du circuit immobile : nous avons :
I œ
°
! ° ¢ °!
e= ~
Ei · d l = r ^~
~ Ei · d S (A.57)
C=@S S
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d’autre part on a :
µœ ∂ œ ~
d ©B d °! @B °!
= ~
B · dS = · dS (A.58)
dt dt S S @t

Or, d’après la loi de Faraday (A.55) nous avons e = °d ©B /d t , d’où :


œ œ ~
° ¢ °! @B °!
~r ^~
Ei · d S = ° · dS (A.59)
S S @t

Cette égalité doit être vraie pour toute surface S, donc

@~
B
r ^~
~ Ei = ° . (A.60)
@t

• Cas du circuit en mouvement : nous admettrons que la loi de l’induction de Faraday


(A.55) est, dans ce cas aussi, une conséquence de l’équation de Maxwell-Faraday. Par
contre, la force électromotrice induite est, au lieu de l’équation (A.53), donnée par :
I I I I
dW 1 °
! ° ¢ °
!
e= = d q(~
E +~
V ^~
B) = ~
Ei · d l = ~
Ei + ~
V ^~
B · dl (A.61)
C dq dq C C C

c’est-à-dire
I
° ¢ °
!
e= ~Ei + ~
V ^~
B · dl (A.62)
C

°
!
où ~
V est le vecteur vitesse de l’élément d l de circuit C.

65
Annexe A. Rappel sur les régimes stationnaires (permanents)

Loi de Lenz

Loi de Lenz

La force électromotrice induite tend à produire un courant de sens tel que le flux qu’il
envoie à travers le circuit s’oppose à la variation du flux qui lui donne naissance.

Alors si, par exemple, ©B décroit, la force électromotrice induite est positive e > 0. Elle
tend à faire circuler dans le circuit C un courant d’intensité positive. Un tel courant envoie
un flux à travers le circuit C (ou la surface S) qui est positif et s’oppose à la décroissance de
©B .
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

66

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