Chapitre I [ Généralité sur le forage ]
I.1. Introduction :
Le forage est un ensemble d’opérations qui permettent, par le biais d’un procédé
mécanique, de creuser un trou de diamètre centi à décimétrique, généralement vertical et
utilisé à des fins scientifiques et /ou économiques [10].
Si les premiers puits pétroliers étaient réalisés par battage, le principe de forage
universellement utilisé aujourd’hui est celui du forage rotatif (rotary driling).
Apparu au début du 20ème siècle, le forage rotary consiste à entraîner un outil en
rotation de manière à broyer ou à découper les terrains situés au-devant de lui, tout en
injectant en continu un fluide de forage (boue) de façon à évacuer les déblais de roche hors du
trou
(Figure I.1)[1] .
Figure I.1 : Description d’un appareil de forage (Source : Nationel Oil Well ) [1]
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I.2. Les principales opérations :
I.2.1. Le forage :
Bien que ce soit l'opération de base, c'est elle qui occupe le moins de personnel. Seul le
chef de poste ouvre aux commandes du treuil. La table de rotation tourne et entraîne l'outil de
forage par l'intermédiaire de l'ensemble de la garniture de Forage et de la tige d’entraînement,
voire (Fig. I.2).
Figure I.2 : Le poste de contrôle du foreur (Source : Driller console, Martin Decker) [1]
La commande principale est le levier de frein : Le chef de poste contrôle et régule la
descente du crochet de forage par action sur ce frein. Comme nous l'avons vu plus haut, les
trépans sont utilisés à poids constant. Le poids de tout ce qui est pendu au crochet est constant
et connu du foreur par la lecture du poids suspendu au crochet avant de toucher le fond (off
bottom) (Fig. I.3).
Le poids appliqué sur l'outil est la différence entre le poids au crochet outil suspendu et
outil posé [1].
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Chapitre I [ Généralité sur le forage ]
Figure I.3 : Principe de contrôle du poids sur l’outil [1]
C'est cette différence que le foreur lit sur l'indicateur de poids (communément appelé
Martin Decker) et qu'il doit maintenir constante en laissant descendre la tige d'entraînement à
la même vitesse que l'avancement de l'outil de forage.
Les deux autres paramètres : rotation et débit de boue sont en général fixes, le foreur
contrôle et ajuste les valeurs suivant le programme et surtout vérifie que la pression de
refoulement aux pompes est et reste conforme [1].
I.2.2. L’ajout de tige :
Lorsque l'outil a foré une longueur de tige (30 ft), il faut rallonger la garniture de
forage d'autant en vissant sous la tige d'entraînement une tige de forage. Les différentes
séquences sont décrites figures I.4a, I.4b, I.4c, I.4d
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Chapitre I [ Généralité sur le forage ]
- Pendant le forage les ouvriers de plancher ont placé une tige dans un fourreau
Appelé mouse-hole situé à proximité de la table de rotation. Le chef de poste embraye le
treuil pour soulever la garniture jusqu'à la première tige de forage sous la tige d'entraînement.
Les sondeurs mettent les cales, la tige d'entraînement peut-être dévissée car la garniture est
alors suspendue sur la table de rotation. Naturellement, la circulation de boue est alors arrêtée.
Sur la figure I.3b, les sondeurs présentent la tige d'entraînement sur le filetage femelle de la
tige mise en place dans le mouse-hole. Le vissage et blocage sont effectués sur le mouse-
hole ,En actionnant le treuil, le chef de poste soulève l'ensemble tige d'entraînement et tige de
forage (Fig. I.4c). Le vissage et le blocage de la nouvelle tige sur la garniture étant faits, le
chef de poste remet la circulation du fluide de forage. Le foreur positionne le carré
d'entraînement de la kelly dans la table de rotation et le forage peut reprendre (Fig. I.4d) [1] .
Figure I.4 : a.
Ajout de tige :
mise en place
d'une tige dans le mouse-hole (Source : A primer of oil well drilling, Petex) [1].
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Figure I.4 : b. Ajout de tige : vissage de la kelly sur la tige dans le mousehole. c. Ajout de tige :
vissage de la kelly et de la tige sur la garniture. d. Mise en place de la kelly, reprise du forage
(Source : A primer of oil well drilling, Petex) [1]
I.2.3. La manœuvre :
Lorsque l'outil est usé ou lorsque l'on a atteint la profondeur souhaitée, il faut remonter
la totalité de la garniture soit pour changer l'outil soit pour descendre les tubes casing.
La première opération est de décrocher la tête d'injection du crochet de forage et de
ranger dans un fourreau appelé rat-hole l'ensemble tige d'entraînement, tête d'injection
toujours reliées aux pompes par le flexible (Fig. I.5a).
Les sondeurs de plancher ferment l'élévateur sous le tool-joint de la première tige et le
chef de poste manœuvre le treuil pour soulever la garniture sur une hauteur correspondant à
trois tiges.
La quatrième tige est coincée dans la table par les cales et on dévisse cette connexion
avec des clés (Fig. I.5b). Un ensemble de trois tiges est alors suspendu à l'élévateur. Les
sondeurs de plancher repoussent l'extrémité inférieure de cette longueur (stand) pour l'appuyer
sur un sommier de gerbage (set back), dès que cela est fait l'accrocheur qui se trouve sur une
passerelle dans la tour, ouvre l'élévateur, maintient la longueur puis range l'extrémité
supérieure de cette même longueur dans des râteliers (Fig. I.5c et I.6) [1]
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Figure I.5 : Manœuvre de la garniture. a. Mise en place des
élévateurs. b. Remontée d'une longueur (triple). c.
Rangement de la longueur sur le sommier (Set back)
(Source : A primer of oil well drilling, Petex) [1]
On continue ainsi jusqu'aux masses-tiges que l'on stocke également verticalement par
trois.
La longueur de gerbage est fonction de la hauteur de la tour. Les plus gros appareils
manœuvrent en triple, les appareils légers en double et pour les plus petits en simple. La
manœuvre de descente (tripping in) se fait identiquement.
Il faut remarquer que pendant cette opération, on ne peut ni tourner la garniture ni circuler.
Pour ce faire, si besoin était, il faut reprendre la tige d'entraînement hors du rat hole et revisser
l'ensemble sur les tiges [1] .
I.2.4. Tubage :
Le forage ayant été accompli à la profondeur prévue pour cette phase, il s'agit maintenant
de descendre les tubes casing dans le puits. Cette opération, périlleuse du fait du faible jeu
entre casing et trou et de la quasi impossibilité de mettre en rotation la colonne, consiste en
une manœuvre de descente mais par ajout unitaire de tube casing. A la fin de la descente, c'est
par circulation directe (c'est-à-dire injection du fluide par l'intérieur du tube et retour par
l'annulaire) que l'on mettra en place le ciment dans l'annulaire [1].
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Chapitre I [ Généralité sur le forage ]
a c
Figure I.6 : a. Mat de forage avec garniture gerbée (Source : Reynolds Aluminium Drill Pipe)
b. Accrochage vu de plancher, c. Passerelle d’accrochage [1]
I.2.5. Montage de la tête de puits :
Lorsqu'un tubage est en place dans le puits et est cimenté, il est nécessaire de monter
divers équipements de suspension, d'étanchéité sur son extrémité supérieure.
Ces opérations sont manuelles en têtes de puits aériennes.
Ces équipements de têtes de puits permettent également la mise en place des obturateurs
équipes de conduites haute pression appelées kill line et choke line.
Une série de test en pression du casing, des suspensions, des BOP clôture ce montage. Si
tout est conforme aux exigences de la sécurité, la phase de forage suivante peut alors
commencer [1] .
I.2.6. Complétion :
Cette opération finale qui succède à la mise en place de la dernière colonne de casing
(casing de production) consiste à descendre dans le puits l'équipement de production : packer,
tubing, vanne de sécurité, etc.
Il faut souvent parachever la liaison couche/trou par forage, perforation, acidification,
fracturation, etc.
Bien que ces opérations soient souvent faites par les foreurs, leurs techniques rentrent
dans le domaine de la production fond qui est l'objet d'un autre ouvrage.
Les chapitres suivants ont pour objectif de décrire, d'une manière la plus complète
possible, les moyens en matériels, les techniques opératoires que l'on est amené à utiliser lors
d'une opération de forage. Cet ouvrage a pour objectif de servir d'initiation et d'aider à la
compréhension de cette technique plus complexe qu'il n'y paraît pour des lecteurs non foreurs
mais dont l'activité gravite autour de celle du forage [1] .
I.2.7. Circulation :
La pelle sert à évacuer les débris de terre arrachés par l'outil, appelés déblais (cuttings).
Dans le forage (drilling), cette fonction est assurée par la circulation d'un liquide visqueux
appelé « fluide de forage » ou « boue de forage » [mud] à travers tout le circuit.
Cette bouc est préparée dans des bassins de grande capacité (tanks), et aspirée par une
pompe [mud pump], ensuite injectée dans les tiges (drill pipes), qui sont creuses, et arrive
jusqu'à l'outil, qui comporte également des orifices qui laissent sortir la boue. Cette dernière,
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une fois sortie de l'outil, remonte dans le puits entraînant avec elle les déblais, pour être
recueillie en surface dans un tube appelé « tube fontaine ». Elle est ensuite acheminée par un
tube goulotte vers un « tamis vibrant » qui la tamise en enlevant les déblais et laissant la boue
débarrassée des solides venus du puits retourner dans le bac d'où elle a été pompée. Elle subit
des traitements chimiques avant d'être réinjectée dans le puits. Ce circuit est schématisé dans
la figure (I.7) [7].
Figure I.7 : Circuit de la boue [7]