“Nuit Rhénane”
d’Apollinaire
Intro :
° La vie des auteurs nourrit souvent leurs oeuvres
° Le poème “Nuit Rhénane” que nous allons étudier fait partie du recueil Alcools paru
en 1913, il est le 1er poème du cycle des rhénane dans lequel il évoque son séjour en
Allemagne et plus précisément en Rhénanie dans une famille aristocratique où il était
précepteur, ainsi que ses amours malheureuses avec Annie Playden
° Ce poème mélange mythes germaniques et nuit d’ivresse
LECTURE
➡ Comment Apollinaire met ici en scène l’ivresse poétique
° 4 strophes dont 3 quatrains et 1 monostique qui vient briser l’harmonie du poème
°Originalité de la forme à travers le choix d’une composition circulaire qui s’organise
autour de l’image du verre qui s’ouvre et clôt notre poème
- 1er quatrain : évoque un univers mystérieux
- 2e quatrain : l’auteur oppose un monde + réel, + simple dans lequel il se
réfugie
- 3e quatrain : atmosphère magique semble gagner tout le paysage / victoire du
surnaturel
- Puis effet de rupture avec le dernier vers
Explication linéaire :
° 1er quatrain :
- forme du poème (s’écarte de la forme tradi du sonnet) = à développer
- le poème s’ouvre sur le thème de l’alcool (renvoie au titre du recueil)
- oppose 2 éléments = le vin liquide et la flamme du feu
- “trembleur” = néologisme, peut être synonyme de tremblant / suggère la vie du
vin et début d’ivresse
- le poète semble transporté par le chant du batelier
- sens de l’ouïe : “écouter”, “chanson”, “lente”
- “écoutez” = s’adresse au lecteur / invitation à participer
- vers 4 : plonge dans une ambiance de conte / atmosphère mystérieuse
“sous la lune”, “7 femmes” = chiffres mystiques, “cheveux verts”... = légendes
germaniques
femmes = sirène avec le chant peut mener à sa perte
peut-être des hallucinations à cause de l’alcool
- univers amplifié par le champ lexical de la nuit ("nuit", "lune'' …) = renforce la
dimension mystique du poème
⇨ Le poète nous plonge dans un univers mystérieux faisant référence aux mythes
germaniques + rythme du quatrain (lent)
° 2ème quatrain :
- le 1er mot de ce quatrain “debout” sonne comme un réveil = rappel à la réalité
impératif / valeur injonctive = retour au monde réel
- “dansant une ronde” = monde enfantin / connu / + rassurant
- “que je n’entende plus" = appel à l’aide / veut se défaire de ce charme
- Représentation des femmes différentes :
- “filles blondes”, “regard immobiles” = fait penser à des poupées
- ou des petites “gretchen” en costume tradi = femmes + jeunes +rassurantes /
-envoutante
opposition entre ces 2 types de femmes = poète pris entre 2 mondes
⇨ Retour à la réalité du poète / monde + rassurant
Rythme + régulier
° 3ème quatrain : (2e strophe poète pris entre 2 mondes mais 3e victoire de l'irréel)
- tout le paysage semble se transformer sous l’effet de l’ivresse poétique
- sentiment d’ivresse très présent : “Le Rhin” X2 = signe d’ivresse mais aussi de
fascination
- effet de couleur et de reflet = décor devient doré / éléments semblent se mêler
- ivresse permet d'accéder à un autre monde qui est le reflet du nôtre : “se mirer”
"refléter"
- “en tremblant” = gérondif / fait écho à l’adj “trembleur” du V.1
- l’univers de légende se transforme : chant semble perdre de sa beauté
“râle-mourir”
les femmes sont devenus des fées / le chant est devenu une incantation
= victoire du surnaturel
° Vers 13 :
- mis en valeur car isolé
- chute du poème / ferme la boucle
- image d’un verre qui se brise
- charme brisé
Conclusion :
° court poème à la forme inhabituelle, composé après son séjour en Rhénanie
° mélange ses souvenirs personnels et les grands thèmes de la mythologie germanique
° ivresse peut être vue comme une métaphore de l’inspiration poétique qu’il puise
davantage dans l'irrationnel que dans le réel
° choc entre tradition et modernité / entre lyrisme tradi et énergie nouvelle = surnaturel
° ouverture : on retrouve cette conciliation entre la tradition et la modernité chez les
poètes surréaliste comme Aragon ou Breton