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Secourisme Guide de Reference

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SECOURISME

www.sja.ca

GUIDE DE RÉFÉRENCE
Quatrième édition
4e édition — Janvier 2019

Copyright © 2019 Le Prieuré du Canada de l’Ordre très vénérable


de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem. Tous droits réservés.

Les utilisateurs ne peuvent entreprendre aucune des actions


suivantes sans l'autorisation écrite expresse du Prieuré du Canada
de l’Ordre très vénérable de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem
(Ambulance Saint-Jean Canada) :

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électronique.

Certification

La connaissance de l'information contenue dans cet ouvrage ne


constitue pas une garantie des compétences de son utilisateur
par Ambulance Saint-Jean. Les compétences de l'utilisateur sont
reconnues par Ambulance Saint-Jean uniquement après qu'il a
terminé avec succès un cours de formation d'Ambulance Saint-
Jean, qui comprend des activités pratiques, une évaluation formelle
des connaissances et des compétences ainsi que l'émission d'un
certificat de formation.

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada


Guide de référence du cours Secourisme, auparavant publié sous le
titre Premier sur les lieux.
Le guide complet des premiers soins et de la RCR. — 4e éd.

Comprend des index.

ISBN 978-1-897513-01-9

1. Premiers soins en cas de maladie et de blessure. 2. RCR (Premiers


soins). I. Ambulance Saint-Jean

II. Titre : Premiers soins : Premier sur les lieux.

RC86.8.F59 2016 616.02’52 C2016-901819-7

La Chaîne de survieMD est une marque déposée de la Fondation


des maladies du cœur du Canada.

L’auto-injecteur EpiPenMD est une marque déposée d'EM


Industries, Inc.
Continuum de la santé mentale reproduit avec la permission de
Ministère de la Défense nationale, Canada, 2019

TylenolMD est une marque déposée de McNeil Consumer


Products.

TempraMD est une marque déposée de Mead Johnson Canada.

Water-JelMD est une marque déposée de Water-Jel Technologies


Inc.

ViagraMD est une marque déposée de Pfizer Pharmaceuticals.

Imprimé au Canada www.sja.ca N° de stock 6505-19


UN GROUPE MÉDICAL CONSULTATIF POUR
AMBULANCE SAINT-JEAN

Ambulance Saint-Jean (ASJ) est l’un des principaux prestataires de


formations en secourisme au Canada et offre des cours à plus d’un
demi-million de Canadiens chaque année. ASJ s’engage à fournir
une formation en secourisme fondée sur des données scientifiques
qui intègre les tendances émergentes dans le domaine du
secourisme et des soins d’urgence. Un groupe médical consultatif
a été mis sur pied afin de favoriser l’adoption de pratiques fondées
sur des données probantes et de contribuer à définir l’avenir du
secourisme en fournissant une expertise et des conseils techniques
à ASJ.

Le groupe médical consultatif a pour objectif de a) prodiguer


des conseils et des recommandations à ASJ sur la pertinence de
pratiques de secourisme en fonction des preuves scientifiques
existantes et de b) conseiller ASJ sur les tendances émergentes en
secourisme qui pourraient avoir une incidence sur ses programmes
de formation.

Vous trouverez ci-dessous les noms et les titres des membres de


notre groupe médical consultatif. Nous sommes fiers de compter
ces professionnels au sein de notre communauté.
• Dr Robert Boyko, M.D., CCMF (MU), FCMF
• Dr Trevor Jain, B. Sc., M.D., CCMF (MU), FRCPC, M. Sc.
• Dr Brian Metcalfe, B. Sc., M.D., CCMF (MU)
• Dr Jonathan Wallace, PSP, B. Sc., M.D., CCMF (MU, MSE),
FRACGP
• Steven Anas, PSP
• Kevin Morgan, B. Sc. C., PSMSU
Ambulance Saint-Jean
Ambulance Saint-Jean est un organisme de bienfaisance humanitaire
international dont la mission est d’aider les Canadiens à améliorer leur
santé, leur sécurité et leur qualité de vie en dispensant de la formation et
en offrant des services à la communauté. Les revenus tirés des formations
en secourisme et en RCR servent à financer les activités de bienfaisance
d'Ambulance Saint-Jean au Canada et dans le monde.
D’un océan à l’autre, plus de 12 000 bénévoles de première ligne sont au
service des communautés et fournissent des services de secourisme dans
le cadre d’événements publics et de situations d’urgence. Les bénévoles
d’Ambulance Saint-Jean améliorent aussi la qualité de vie de la population
grâce à des programmes d’aide aux aînés, aux jeunes et aux personnes
défavorisées.
À titre de leader des services de secourisme et de RCR depuis 1883,
Ambulance Saint-Jean offre des programmes et des produits novateurs qui
aident à sauver des vies au travail, à la maison et dans les loisirs.
Pour communiquer avec le bureau d’Ambulance Saint-Jean de votre
région, visitez www.sja.ca.

En bref:
• Les origines d’Ambulance Saint-Jean, créée en 1883 au Canada,
remontent à plus de 900 ans
• Nous délivrons environ 500 000 certificats de secourisme et de
RCR aux Canadiens chaque année
• Nous déployons des efforts en matière de secours humanitaires
au Canada et dans le monde
• Les bénévoles de première ligne d’Ambulance Saint-Jean
fournissent des services dans le cadre de près de 10 000 activités
publiques chaque année
• Nous donnons plus d’un million d’heures de bénévolat aux
collectivités chaque année
• Plus de 100 000 personnes ont reçu l’aide des bénévoles
d’Ambulance Saint-Jean en 2014
• 365 Canadiens ont été officiellement honorés pour leurs efforts
visant à sauver des vies en 2015
• En 2014, près de 3 000 équipes du programme de thérapie
assistée par le chien d'Ambulance Saint-Jean ont donné plus de
200 000 heures de bénévolat
Ce guide de référence a été élaboré conformément au consensus canadien sur les lignes
directrices en matière de premiers soins et de RCR 2016, une série de recommandations
fondée sur des données probantes pour la formation et les normes de pratique en matière
de secourisme et de RCR. Le consensus canadien sur les lignes directrices est publié par la
Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, la Croix-Rouge canadienne, Ambulance Saint-
Jean, la Société de sauvetage et la Patrouille canadienne de ski.

Avis de non-responsabilité

L’information (« information ») fournie dans cette publication est d’ordre général et ne contient
pas toute l'information se rapportant à chaque situation. Elle ne saurait remplacer les conseils
des professionnels compétents tels que les médecins. Les utilisateurs reconnaissent et
conviennent qu'Ambulance Saint-Jean n'est pas responsable des actions ou des décisions
de l'utilisateur découlant de l'information (y compris l'information au sujet des médicaments)
qu'elle contient, incluant, sans s'y limiter, le choix de consulter ou non des professionnels de
la santé tels que des médecins.

Ambulance Saint-Jean met en garde les utilisateurs de cette publication contre toute
prescription ou administration de médicaments, y compris les médicaments en vente libre,
sauf lorsque cela est permis par la loi. L’inclusion de médicaments pour le soulagement des
symptômes aux trousses de secourisme en milieu de travail ne relève pas de la présente
publication. L'accès aux médicaments pour le soulagement des symptômes en milieu de
travail et leur administration doivent se faire conformément aux directives de l'employeur et
des lois applicables.

Même si Ambulance Saint-Jean fait tout son possible pour que l'information présentée
au moment de la parution de cette publication soit la plus récente et exacte, elle ne peut
garantir son exactitude ou sa pertinence au moment où elle sera lue ou mise en pratique,
compte tenu de l'évolution de la recherche, des protocoles, des réglementations et des lois
dans le domaine de la santé. Il incombe aux utilisateurs de cette publication de connaître les
changements concernant les pratiques acceptables lorsqu’ils appliquent les procédures de
secourisme, ainsi que les lois et les réglementations en vigueur qui encadrent l’application
des procédures de secourisme.

L'information fournie dans cette publication l'est « telle quelle » et sans garantie ou condition
d'aucune sorte, explicite ou implicite. Dans toute la mesure permise par les lois en vigueur,
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réponses fournies dans cette publication ou de s'y fier.
Numéros de téléphone
d'urgence

Police
Pompiers
Ambulance
Centre
antipoison
Contact
d’urgence
Nom
Téléphone
Téléphone de
domicile
Adresse
municipale


Contenu
Chapitre 1 Introduction au secourisme 8
Rôles et responsabilités 8
Le secourisme et la loi 12
Sécurité et protection personnelle 14
Secours en situation d’urgence  20
Signes, symptômes et mécanisme de blessure 21
L’importance d’une bonne communication 25
Blessures et maladies 28
Gestion du stress en situation d’urgence 30
Chapitre 2 Prise en charge d’une situation d’urgence 34
Étapes de la PCSU 34
Examen des lieux 35
Évaluation primaire 35
Évaluation secondaire 44
Soins continus 53
Prise en charge de victimes multiples (triage) 64
Soulever et déplacer 68
Dégagement83
Chapitre 3 Urgences respiratoires 86
Hypoxie86
Respiration efficace et inefficace 87
Urgences respiratoires causées par des maladies 90
Étouffement  97
Chapitre 4 Urgences cardiovasculaires et (RCR) 110
Maladies cardiovasculaires 110
Chaîne de survieMD 113
Angine de poitrine et crise cardiaque 114
AVC et accident ischémique transitoire (AIT) 117
Arrêt cardiaque 119
Réanimation cardiorespiratoire (RCR) 119
Défibrillation externe automatisée (DEA) 129
Chapitre 5 Plaies et hémorragies 136
Pansements, bandages et écharpes 136
Types de plaies 145
Hémorragies148
Hémorragie interne 151
Amputation152
8
Soin des plaies mineures 154
Procédures générales de secourisme
pour les blessures à la main et au pied 155
Blessures thoraciques 161
Blessures abdominales 163
Blessures par écrasement 164
Blessures au cuir chevelu et au visage 165
Blessures aux yeux 169
Brûlures176
Morsures et piqûres 189
Chapitre 6 Blessures aux os et aux articulations 198
Fractures198
Luxation et entorse 199
Blessures à la tête et à la colonne vertébrale 203
Blessures au bassin 211
Blessures thoraciques 211
Attelles213
Procédures de secourisme pour les
blessures aux os et aux articulations. 215
Foulures235
Chapitre 7 Secours d’urgence supplémentaires 238
Diabète238
Crises d’épilepsie et convulsions 240
Surdose d’opioïdes 244
Urgences environnementales 248
Blessures dues au froid 248
Blessures dues à la chaleur 260
Empoisonnement265
Accouchement d’urgence et fausse couche 270
Sensibilisation à la santé mentale 277
Chapitre 8 Compétences en réanimation
des fournisseurs de soins de santé 286
Catégories d’âge pour la réanimation 286
Respiration artificielle 288
Réanimation cardiorespiratoire (RCR) 296
Annex A 308
Annex B 324
Index350

9
Chapitre 1
Introduction au
secourisme

• Rôles et responsabilités
• Le secourisme en milieu de
travail
• Le secourisme et la loi
• Sécurité et protection
personnelle
• Signes, symptômes et
mécanisme de blessure
• L'importance des secours
médicaux
• Gestion du stress en situation
d’urgence
Chapitre 1 Introduction au secourisme
1 Ce guide couvre un large éventail de renseignements qui vous
aideront à répondre de manière appropriée lors d’une situation
de secourisme ou d’urgence médicale. Le chapitre d’introduction
contient des renseignements généraux, des définitions et d’autres
documents liés à l’application des procédures de secourisme. Le
chapitre 2 aborde l'évaluation et la prise en charge d’une victime.
Ce chapitre comprend également des sujets qui sont importants à
comprendre dans les premiers moments critiques d’une situation
d’urgence. Le chapitre 5 traite de questions particulières destinées
aux professionnels de la santé (les intervenants ayant une obligation
spécifique de répondre au sein du système de soins de santé).
Ce guide sert de soutien à l’enseignement des cours suivants et
d’autres cours :
• Secourisme général et secourisme d’urgence
• Secourisme de base et intermédiaire
• RCR (tous niveaux), y compris la formation aux soins de
base pour les secouristes et les fournisseurs de soins de
santé
Certains des contenus de ce guide ne s’appliqueront pas
exactement au niveau de formation que vous avez reçu. À titre
de secouriste, n’oubliez pas de ne jamais outrepasser les limites
de votre formation, ni les règlements et lois de votre province ou
territoire de résidence.

Rôles et responsabilités
Qu’est-ce que le secourisme?
Ce sont les soins d'urgence donnés à une personne blessée ou
soudainement malade, en utilisant le matériel à sa disposition. Un
secouriste est une personne qui prend en charge une situation
d’urgence et qui applique les procédures de secourisme. Une
victime est une personne blessée ou malade.

16
Les trois priorités du secourisme sont les suivantes (par
ordre d’importance) : 1
• Préserver la vie
• Prévenir l’aggravation de la maladie ou de la blessure
• Favoriser le rétablissement

Que peut faire le secouriste?


Le secouriste ne pose pas de diagnostic et ne traite pas les
blessures et les maladies (sauf si elles sont très bénignes); ces
fonctions sont réservées au médecin. Un secouriste soupçonne la
présence de blessures et de maladies et applique les procédures
de secourisme sur les lieux de l'incident.
En plus d'appliquer les procédures de secourisme, il est important
de :
• mettre les effets personnels de la victime en lieu sûr
• tenir les curieux à distance
• rassurer les parents ou les amis de la victime
• remettre les lieux en ordre et corriger les situations non
sécuritaires qui ont pu causer la blessure
En milieu de travail, les secouristes peuvent être assujettis à
des obligations et bénéficier de certaines protections en vertu
des législations fédérale, provinciales ou territoriales relatives
à l’administration de médicaments. Veuillez consulter les lois et
règlements fédéraux, provinciaux ou territoriaux en la matière pour
connaître les exigences en vigueur dans votre région.

17
Lorsque vous aidez une personne à prendre des médicaments, lisez
1 d’abord l’étiquette et assurez-vous de suivre la règle des 5-Droits
qui suit :
• La bonne personne – le nom
qui figure sur le médicament
est-il celui de la victime?
• Le bon médicament – s’agit-il
du bon médicament dans cette
situation?
• La bonne quantité – quelle est
la posologie?
• La bonne façon – comment le
médicament doit-il être pris
(par voie orale, inhalé, etc.)?
• Le bon moment – est-ce le
bon moment pour prendre ce médicament?

L’âge de la victime en secourisme et en RCR


Les procédures de secourisme et de réanimation cardiorespiratoires
(RCR) diffèrent selon l’âge et la taille de la victime.
En secourisme et en RCR, la victime :
• est un bébé si elle est âgée de moins d’un an
• est un enfant si elle est âgée d'un à huit ans
• est un adulte si elle est âgée de plus de huit ans
Il s'agit toutefois de points de repère généraux; la taille de la
victime doit aussi être prise en compte.

Le secourisme en milieu de travail


Le secourisme en milieu de travail, ce sont les soins d’urgence
prodigués par une personne formée pour agir comme secouriste
(et désignée comme telle) auprès de collègues blessés ou
subitement malades. Toutes les provinces et tous les territoires
du Canada ont une disposition législative relative au secourisme
en milieu de travail. Consultez les règlements provinciaux ou
territoriaux en la matière pour connaître les exigences en vigueur
dans votre région.

18
Appliquer les procédures de secourisme dans le
cadre de votre travail 1
Lorsque vous appliquez les procédures de secourisme dans le
cadre de votre travail, vous devez agir avec des soins et une
habileté raisonnables, selon votre niveau de formation. Certaines
réglementations protègent les secouristes. Par exemple, dans les
milieux de travail régis par le Code canadien du travail, la section 3
de l’article 126 stipule que :
« L’employé n’encourt aucune responsabilité personnelle pour les
actes – actions ou omissions – qu’il accomplit de bonne foi à la
demande de l’employeur en vue de l’exécution des obligations qui
incombent à ce dernier en matière de premiers soins et de mesures
d’urgence sous le régime de la présente partie. »
Tout lieu de travail au Canada est tenu de posséder une trousse
de secourisme en vertu des règlements fédéraux, provinciaux ou
territoriaux. La taille et le contenu de cette trousse sont établis par
ces règlements. Les secouristes sont encouragés à se familiariser
avec le contenu et l’emplacement de la trousse de secourisme sur
leur lieu de travail, et à inspecter régulièrement cette trousse.
Le secourisme dans le cadre de la santé et sécurité au
travail
Les règles et lois provinciales et territoriales comprennent des
exigences relatives à la formation au secourisme dans la province
ou le territoire où elles s’appliquent. La plupart des règlements
exigent en tout temps la présence d’au moins un secouriste
désigné en milieu de travail. Le niveau de formation requis par le
secouriste dépendra de la taille du lieu de travail, de la distance par
rapport aux services de santé les plus proches et de la dangerosité
du milieu de travail.
Afin d’assurer le respect de la réglementation, il est recommandé
que plus d’une personne formée au secourisme soit présente lors
de chaque quart de travail pour tenir compte des vacances, des
congés de maladie et des pauses.
Législation en matière de santé et sécurité au travail
C’est aux provinces et aux territoires que revient la responsabilité
d’établir leurs propres lois en ce qui concerne la santé et la sécurité
au travail dans le but de protéger les travailleurs. Tous les lieux

19
de travail relevant d’une responsabilité provinciale ou territoriale
1 en la matière sont tenus de respecter les lois et règlements de la
province ou du territoire en question. Les lieux de travail relevant
de la responsabilité du gouvernement fédéral sont assujettis au
Code canadien du travail.
Les lois et règlements comprennent des dispositions visant à
assurer la présence d’un nombre suffisant de secouristes en milieu
de travail, généralement en fonction de l’un ou de l’ensemble des
critères suivants :
• le nombre d'employés
• les risques potentiels
• la distance par rapport aux soins médicaux

Le secourisme et la loi
Veuillez noter qu’Ambulance Saint-Jean ne donne pas de conseils
juridiques. Ce guide n’est pas destiné à remplacer les conseils
donnés par un avocat ou un professionnel du droit.

Les principes du bon Samaritain


Au Canada, les lois et les principes du bon samaritain protègent les
secouristes d’éventuelles poursuites. Vous êtes un bon samaritain
si vous êtes un passant et que vous aidez une personne lorsque
vous n’avez aucune obligation légale de le faire. En tant que bon
samaritain, vous apportez de l’aide sans être rémunéré et vous le
faites de bonne foi. Quand vous portez secours à une personne qui
se trouve dans une situation d’urgence, vous devez appliquer les
principes suivants :
• s'identifier comme secouriste et obtenir la permission
d’aider la personne blessée ou malade avant de la toucher;
c’est ce qu’on nomme le consentement
• agir de façon raisonnable et prudente selon son degré de
connaissance et de compétence
• ne pas être négligent dans ses actions
• ne pas abandonner la personne

20
Consentement
Selon la loi, toute personne a le droit de ne pas être touchée par 1
autrui et en tant que secouriste, vous devez respecter ce droit.
Identifiez-vous toujours comme secouriste auprès de la victime et
demandez-lui la permission de l’aider avant de la toucher.
Demandez toujours à la victime si vous pouvez l'aider. Si elle ne
répond pas, vous avez son consentement tacite, et vous pouvez
l’aider.
Si la victime est un bébé ou un jeune enfant, vous devez obtenir le
consentement des parents ou du tuteur. En l’absence des parents
ou du tuteur, la loi tient pour acquis que la victime donnerait son
consentement si elle le pouvait; vous avez donc son consentement
tacite.
Toute personne a le droit de refuser l’aide qui lui est offerte.
Si la victime est consciente, n'appliquez pas de procédures de
secourisme contre sa volonté. Si la victime ne vous donne pas son
consentement, il existe d’autres façons de lui apporter votre aide
sans la toucher – en assurant la sécurité des lieux et en appelant les
secours médicaux, par exemple.
Le secouriste doit être conscient des difficultés qu’il peut y avoir à
communiquer avec une victime :
• malentendante
• parlant une autre langue
• ayant une déficience visuelle
• en bas âge
• éprouvant de la douleur
• présentant des signes de trouble de l’humeur
Soins et habiletés raisonnables
À titre de bon samaritain, vous devez appliquer les procédures de
secourisme avec des soins et une habileté raisonnables, selon votre
niveau de connaissance et de compétence.
Négligence
Ne donnez que les soins pour lesquels vous avez été formé et
agissez toujours dans le meilleur intérêt de la victime.

21
Abandon
1 N'abandonnez jamais une victime dont vous
prenez soin. Restez à ses côtés jusqu’à ce que :
• les secours médicaux prennent la relève
• un autre secouriste prenne la relève
Consulter la
• elle ne désire plus recevoir votre aide,
législation et la
habituellement lorsque la situation n’est
réglementation
plus urgente et que les soins ne sont
du lieu de travail
plus nécessaires
applicables à
votre région.
Appliquer les procédures de
secourisme au Québec
La Charte des droits et libertés de la personne du Québec stipule
que tout être humain dont la vie est en péril a droit au secours. Cela
signifie que vous devez porter secours à une personne dont la vie
est en péril, pourvu qu’il n’y ait pas de risque pour votre vie ou celle
d’autrui.

Sécurité et protection personnelle


Dans toute situation d’urgence, les secouristes doivent être
conscients des dangers présents et appliquer les procédures de
secourisme dans des conditions sécuritaires. Par danger, on entend
tout ce qui peut présenter un risque de blessure ou de décès pour
un secouriste. Vous devez être conscient des trois principaux types
de risques suivants :
• La source d’énergie qui a causé la blessure initiale : le
mécanisme qui a causé la blessure initiale est-il encore
actif et peut-il causer d’autres blessures? Par exemple, si
la blessure a été causée par une machine, celle-ci est-elle
encore en marche?
• Certains dangers peuvent être provoqués par des facteurs
extérieurs. Par exemple, des véhicules qui circulent à
proximité des lieux d’un accident de la route peuvent
présenter un risque.
• Certains dangers peuvent aussi être associés aux
procédures de secourisme ou à un sauvetage. Par exemple,
le déplacement d’une victime lourde peut engendrer un
risque de blessure pour le secouriste
22
Certains dangers peuvent être pris en charge par le secouriste.
Lorsque vous prenez un danger en charge, gardez les principes
suivants à l'esprit :
1
• Servez-vous de moyens mécaniques autant que possible
(balai, pelle à poussière, outils, etc.)
• Soyez prudent lorsque vous soulevez ou déplacez des
objets sur ou autour d'une victime
• Faites-vous aider, dans la mesure du possible
• Allumez la lumière si cela ne présente aucun risque
• Assurez-vous d’avoir de bonnes prises de pied bien
souvent, les blessures subies par les secouristes résultent
de pertes d’équilibre et de chutes.
Les dangers dont la prise en charge nécessite une formation
spécialisée (risques électriques, incendie, fuite de gaz, etc.) ne
doivent être maîtrisés que par des personnes adéquatement
formées. La plupart des lieux de travail régulièrement confrontés
à ce genre de dangers disposent d’une équipe d’intervention
spécialisée. Consultez les politiques et protocoles en vigueur dans
votre lieu de travail.
En cas de risques chimiques, vous devriez avoir accès à une fiche
signalétique (FS) comprenant des renseignements sur la façon de
prendre en charge les risques et d'appliquer les procédures de
secourisme.

Prévention de l’infection
Pathogènes transmis par voie aérienne (aéroportés)
Voici des exemples d’infections qui se répandent par voie
aérienne :
• La méningiteest une infection bactérienne ou virale qui
provoque l’enflure de la moelle épinière et du cerveau.
• La tuberculose est une infection bactérienne qui s’attaque
principalement aux poumons, mais qui peut toucher
d’autres parties du corps.
• L’influenza ou « grippe » est une infection virale qui se
répand facilement et dont les conséquences peuvent aller
de légèrement débilitantes à mortelles.

23
Comment enlever les gants
1 Les gants qui ont servi sont contaminés et peuvent propager
l’infection. Enlevez-les en évitant d’en toucher l’extérieur. Procédez
de la manière décrite ci-dessous.

24
Pathogènes transmis par le sang
L'exposition au sang ou aux liquides organiques (vomissures, 1
excréments, etc.) présente un risque pour la santé des secouristes.
Les secouristes doivent connaître trois maladies transmissibles par le
sang :
• Le virus d’immunodéficience humaine (VIH) est le virus
responsable du SIDA. Il n’existe pas de vaccin pour se
prémunir contre ce virus. La meilleure défense demeure une
protection adéquate pour éviter l’infection.
• L’hépatite B est l’une des trois formes courantes
d’hépatite, une maladie virale qui peut gravement
endommager le foie. Certaines personnes porteuses de
l’hépatite B ne présentent pas de symptômes, mais sont
tout de même contagieuses. Il existe un vaccin contre
l’hépatite B.
• L’hépatite C est tout aussi dommageable pour le foie que
l’hépatite B, mais il n’existe pas de vaccin pour prévenir
cette maladie.
Objets pointus et tranchants
Si vous vous coupez ou vous vous piquez avec un objet tranchant
qui est entré en contact avec du sang infecté, vous pouvez
contracter une infection. Les secouristes n’emploient pas d’objets
pointus ou tranchants comme des scalpels ou des aiguilles, mais
ils peuvent être en présence de verre brisé ou d’autres objets
tranchants qui sont entrés en contact avec du sang ou d'autres
liquides organiques. Portez toujours des gants et manipulez ces
objets avec grand soin.

Équipement de protection individuelle


On entend par équipement de protection individuelle (EPI)
les vêtements et l’équipement utilisés par le secouriste pour se
protéger et minimiser les risques pour sa santé et sa sécurité
lorsqu’il est en contact avec une victime. L’EPI peut comprendre des
gants, un masque de poche pour les insufflations, un casque, des
lunettes de protection, des bottes de sécurité, etc.
Utilisez un masque facial ou un écran protecteur lorsque vous
donnez la respiration artificielle ou la RCR. Suivez toujours les

25
instructions du fabricant pour le nettoyage et la désinfection
1 des articles réutilisables. Les masques à usage unique, les valves
unidirectionnelles et les gants doivent être placés dans un sac
double et jetés avec les autres articles contaminés. Si ces articles
sont utilisés en milieu de travail, suivez les protocoles provinciaux et
territoriaux ou ceux de l’entreprise pour la disposition des articles
dangereux.
Des gants jetables empêchent tout contact direct entre la main du
secouriste et la victime. Portez des gants si
vous risquez de toucher à du sang, à des
liquides organiques, à des tissus ou à tout
objet qui pourrait être entré en contact avec
ces substances.
Si un gant est déchiré, lavez-vous les mains
aussitôt que possible et enfilez une nouvelle
paire. Jetez les gants contaminés en les plaçant
dans un sac en plastique scellé, puis dans un
sac double.

Protection du secouriste
Les parties du corps qui pourraient être entrées en contact avec
une victime doivent être lavées à l’eau chaude et au savon, ou
encore avec une solution antiseptique ou un mélange d’eau et
d’eau de Javel (selon un ratio de 1:10). Les déversements doivent
être nettoyés, puis désinfectés à l’aide de cette solution d’eau et
d’eau de Javel pendant 20 minutes.
Toute personne ayant été exposée à des contaminants possibles
doit prendre une douche chaude avec du savon et bien se rincer.
Toute personne ayant été exposée à des contaminants à la suite
d'une blessure par aiguille ou objet tranchant doit consulter un
médecin.
En cas de blessure résultant d’un acte violent ou si le secouriste
ou la victime sont exposés à un risque en raison d’une situation
violente, vous devez vous protéger et appeler les secours. Vos
compétences en tant que secouriste ne sont utiles que si les lieux
sont sûrs.

26
Nettoyage
Après la prise en charge d’une urgence, il est important de nettoyer 1
convenablement les lieux et l’équipement utilisés. Les surfaces
dures doivent être désinfectées. Les tissus doivent être lavés à la
machine, dans la mesure du possible. Les surfaces et les matériaux
poreux qui ne peuvent être lavés doivent être jetés.
• Les articles réutilisables (ciseaux, forceps) doivent être
nettoyés du sang et des liquides organiques qui pourraient
s’y trouver, immergés dans une solution à 10 % de javel (ou
une autre solution désinfectante), rincés et séchés
• Les articles à usage unique (gaze, gants) doivent être
placés dans un sac poubelle, qui devra être fermé
hermétiquement. Ce sac poubelle peut être placé avec les
ordures courantes.
• Les surfaces contaminées de sang ou de liquides
organiques doivent être nettoyées au moyen d’une solution
à base de javel ou d’une autre solution désinfectante
Objets pointus et tranchants
Lors d’une urgence, les objets pointus et tranchants peuvent causer
des blessures ou servir aux procédures de secourisme. Il est
important de disposer correctement de ces objets, tant pour la
sécurité des secouristes que pour celle des autres personnes. Il
peut s’agir d’aiguilles, de couteaux ou de verre brisé. Ces objets
peuvent contenir du sang contaminé et couper le secouriste,
l’exposant à la contamination.
Le ramassage de verre doit toujours se
faire par des moyens mécaniques, par
exemple un balai et une pelle à poussière.
Le verre ainsi ramassé doit être placé dans
un récipient à l’épreuve des perforations,
comme une boîte en carton.
Lorsque vous manipulez un couteau,
saisissez-le toujours par le manche, lame
vers le bas. Les étapes du nettoyage d’un
couteau sont les mêmes que celles qui
s’appliquent au nettoyage des surfaces
dures (voir ci-dessus).

27
Les aiguilles doivent être placées dans un contenant pour objets
1 pointus et tranchants. Ces contenants en plastique sont munis
de parois épaisses et d’un couvercle de sécurité qui empêche
les perforations accidentelles. Les ambulances sont dotées de
contenants pour objets pointus et tranchants et les aiguilles
trouvées ou utilisées sur le site d’une urgence doivent y être
placées. Manipulez toujours les seringues en les tenant par le corps
(la partie en plastique dans laquelle se trouve le piston) et n’essayez
jamais de remettre un capuchon sur l'aiguille.
Les aiguilles ne doivent jamais être jetées avec les ordures
courantes.

Secours en situation d’urgence


Les personnes présentes sur les lieux doivent être invitées à
quitter les lieux, sauf les personnes à qui l’on a demandé de rester
sur place pour apporter de l’aide.
D'autres secouristes peuvent vous offrir leur aide. Vous pouvez
alors vous identifier et accepter leur assistance. Si un autre
secouriste est plus compétent que vous pour gérer la situation,
vous pouvez demander à cette personne de vous remplacer.
Les premiers répondants sont les ambulanciers, les policiers et les
pompiers. Ils prennent la situation en charge dès leur arrivée.
D'autres personnes ayant autorité peuvent être appelées sur les
lieux (p. ex. une équipe du service d'électricité en cas de chute
de lignes électriques). Dans ce cas, vous devez vous identifier et
continuer d’appliquer les procédures de secourisme.
Des médecins, du personnel infirmier et d’autres professionnels
de la santé qui ne sont pas en service peuvent s’identifier et vous
offrir leur aide.

Dix choses qu’un passant peut faire pour vous aider


1. Sécuriser les lieux.
2. Trouver toutes les victimes.
3. Trouver une trousse de secourisme.
4. Maîtriser la foule.
5. Appeler les secours médicaux.

28
6. Vous aider à appliquer les procédures de secourisme, selon
vos directives. 1
7. Mettre les effets de la victime en lieu sûr.
8. Prendre des notes.
9. Rassurer la famille de la victime.
10. Diriger le personnel paramédical vers les lieux de l’urgence.

Signes, symptômes et mécanisme de


blessure
Les secouristes doivent être en mesure de reconnaître les signes et
symptômes d'une blessure.
• On entend par signe ce qui peut être relevé à l'aide des
sens de la vue, du toucher, de l'ouïe ou de l'odorat (p. ex.
un saignement, une ecchymose, une respiration agonique,
une décoloration de la peau).
• On entend par symptôme ce que la victime ressent (p. ex.
des nausées, une faiblesse, une douleur) et doit vous dire.
On entend par mécanisme de blessure ce qui est arrivé à la victime
et la façon dont la blessure l’affecte. Le mécanisme de blessure
identifie la cause de la blessure. Mécanismes de blessure pour
lesquels il faut appeler immédiatement une ambulance :
• une chute de 6,5 mètres (20 pi) ou plus
• une collision automobile qui présente des signes d’impact
important
• des dommages graves à l’intérieur du véhicule, un volant
plié ou un pare-brise fracassé
• l’éjection de la victime hors du véhicule
• le véhicule a fait un tonneau
• une victime a été heurtée par un véhicule
• des blessures par écrasement

29
Lorsque l’un de ces mécanismes de blessure est apparent, appelez
1 une ambulance aussi vite que possible. En comprenant la cause
d’une blessure, il est possible de prédire les blessures probables
et les blessures improbables, même en l’absence de signes de
blessure apparents ou même si la victime n’est pas en mesure de
décrire ses symptômes.

Signes et symptômes

Exemples de signes et symptômes


signes pouvant être sang, difformité, ecchymoses,
observés inégalité des pupilles, expression
de douleur sur le visage ou réflexe
d’appréhension, transpiration, plaies,
mouvement inhabituel de la poitrine,
coloration de la peau, enflure, corps
étrangers, vomissures, incontinence
signes pouvant être respiration bruyante ou détresse
entendus respiratoire, gémissements, plaie
aspirante (de la poitrine), frottement
de fragments osseux, qualité de
l’élocution
signes pouvant être humidité, température de la peau,
perçus par le toucher enflure, difformité
signes pouvant être haleine de la victime (odeur
perçus par l’odorat fruitée ou alcoolisée), vomissures,
incontinence, émanations de gaz,
odeurs de brûlé, de solvant ou de
colle
symptômes que la victime douleur, crainte, chaleur, froid,
peut vous décrire perte du mouvement normal, perte
de sensation, engourdissement,
soif, nausées, sensation
d’évanouissement, raideur, sensation
de faiblesse, faiblesse, perte de
mémoire, étourdissements, sensation
de fracture osseuse

30
L'importance des secours médicaux
En secourisme, les soins médicaux sont appelés secours médicaux. 1
À moins que la blessure ne soit très mineure, vous devez vous
assurer que la victime reçoit des secours médicaux après que vous
avez appliqué les procédures de secourisme. L’aide médicale peut
être donnée sur les lieux, durant le transport vers un établissement
de soins de santé ou à l'hôpital.
Vous devez connaître le numéro de téléphone des services
médicaux d'urgence de votre communauté. Dans les zones
urbaines, il s’agit souvent du 9-1-1. Si vous êtes en dehors de
votre communauté, vous trouverez les numéros de téléphone des
services médicaux d’urgence en ligne ou dans les premières pages
de l'annuaire téléphonique.
Il est important d’appeler les secours médicaux. La période qui
suit une blessure grave mettant la vie de la victime en danger est
appelée heure critique. Cette période est critique, car plus vite
la victime est envoyée en salle d’urgence ou salle d’opération,
meilleures sont ses chances de survie et de rétablissement.
Vous pouvez demander à un passant d'appeler les secours
médicaux. Donner à la personne :
• le numéro de téléphone nécessaire
• une description de l’état de la victime
• l’itinéraire pour arriver sur les lieux
• des instructions lui indiquant de revenir vous voir pour
confirmer que l’appel a bien été passé
Si vous êtes seul, vous devez décider si vous restez aux côtés de
la victime ou si vous partez chercher de l’aide. La bonne décision
dépend des particularités de la situation. Si vous possédez un
téléphone cellulaire, vous pouvez passer un appel sur les lieux et
appliquer les procédures de secourisme avec l’aide du répartiteur.

Soins médicaux
En tant que secouriste, vous n’êtes pas formé pour diagnostiquer la
nature et l’étendue d’une blessure ou d’une maladie; ces fonctions
sont réservées à un médecin. En règle générale, assurez-vous
que la victime reçoit des soins médicaux après les procédures de
secourisme. Cela peut ne pas être nécessaire pour des blessures
31
mineures. Les soins médicaux sont donnés par un médecin ou sous
1 la supervision d’un médecin. Le personnel paramédical prodigue
des soins médicaux parce qu’ils travaillent sous la supervision d’un
médecin. Les soins médicaux sont donnés dans les hôpitaux, mais
ils peuvent aussi être donnés sur les lieux mêmes ou pendant le
transport vers un établissement de soins de santé.

Faut-il appeler une ambulance ou conduire soi-même


la victime à l’hôpital?
Appelez toujours une ambulance s’il est possible de le faire.
Ne transportez la victime vous-même que si c’est la seule façon
d'obtenir des secours médicaux. Le transport d’un blessé est
souvent difficile et long. Les ambulances et les véhicules de
sauvetage sont bien équipés. Dès leur arrivée, la victime peut
recevoir des secours médicaux.
Lorsqu’une ambulance arrive, n’interrompez pas les procédures
de secourisme que vous appliquez tant que l’équipe médicale
n’est pas parvenue à la victime et vous indique qu’elle est prête à
prendre le relais. Faites un bref compte-rendu de la situation aux
ambulanciers, indiquez-leur l’état de la victime et ce que vous avez
fait avant leur arrivée.

Utilisez la méthode MIST pour vous souvenir des éléments à inclure


dans votre compte-rendu :

M – Mécanisme de blessure
I – (Injuries) Blessures ou maladies découvertes
S – Signes et symptômes
T – Traitement (procédures de secourisme) prodigué jusqu’ici
Les principes du bon samaritain ne vous protègent que pendant
l’administration des soins sur les lieux mêmes ou pendant le
transport de la victime, lorsque ce transport est essentiel pour
lui sauver la vie et lorsque des secours médicaux ne sont pas
disponibles. Le transport d’une victime vous rend inutilement
responsable si la blessure s’aggrave suite à un incident ou un
accident durant son déplacement vers un hôpital ou un centre
médical.

32
L’importance d’une bonne communication
La communication est nécessaire dans toute situation d’urgence, 1
quelles que soient les circonstances. Le secouriste est appelé à
communiquer avec de nombreuses personnes – victimes, passants,
membres de la famille, autres secouristes, fournisseurs de SMU et
autres professionnels (p. ex. les policiers, les pompiers, les services
électriques). Une communication efficace l’aidera à évaluer l’état de
la victime, à lui expliquer ce qu’il fait et pourquoi.
Voici quelques règles pour communiquer efficacement :
• être calme et direct
• être respectueux
• ne pas utiliser de termes médicaux
• appeler la victime par son nom
• ne pas poser de diagnostic sur l’état de la victime
• toujours être honnête et rassurant et choisir soigneusement
ses mots
La première chose que fait le secouriste lorsqu’il arrive sur
les lieux d’une urgence est de prendre la situation en main. Il
demeure responsable de la situation jusqu’à ce que des personnes
plus compétentes que lui prennent la relève. Pendant qu’il est
responsable, de nombreuses personnes peuvent lui offrir de l’aide.
En transmettant la responsabilité de la situation à une personne
autre que la victime, décrivez les circonstances complètes de
l’incident et transmettez toutes les notes que vous avez prises.
Veillez à inclure :
• Votre nom
• l’heure de votre arrivée
• les événements entourant la blessure ou la maladie,
incluant les signes et symptômes observés
• les procédures de secourisme appliquées
• les modifications de l’état de la victime depuis que vous
avez pris la situation en main

33
Principes de communication
1 Bien que chaque situation soit différente, les lignes directrices qui
suivent permettent d'améliorer la communication.
Attention
Concentrez-vous sur la victime. Placez-vous à la hauteur de ses yeux
et maintenez un contact visuel.
Terminologie
Évitez d'utiliser des termes médicaux lorsque vous communiquez
avec la victime ou des passants. Vos explications et vos réponses
doivent être claires, concises et faciles à comprendre.
Langage corporel
Évitez d'utiliser un langage corporel qui pourrait être perçu comme
menaçant ou agressif.
Professionnalisme
Faites toujours preuve de professionnalisme. Expliquez tout ce que
vous faites et pourquoi. Si ce que vous faites peut être douloureux,
dites-le à la victime.

34
Difficultés de communication
Même en suivant les principes de communication qui précèdent, 1
certains obstacles peuvent rendre la communication difficile.
• Obstacle linguistique – la victime ou les témoins peuvent
ne pas parler la même langue que le secouriste
• Obstacle physique – la victime ou les témoins peuvent être
atteints d’un handicap auditif, d’un trouble de la parole ou
d’un handicap visuel
• Obstacle cognitif – la victime ou les témoins peuvent ne
pas comprendre les questions ou les demandes
• Obstacle culturel – les différences culturelles en matière
d’interactions entre personnes peuvent nuire à la
communication
• Obstacle environnemental – les situations bruyantes
peuvent rendre la communication difficile
• Obstacle techniquel – la défaillance ou les limites des
dispositifs de communication (radios, téléphones) peuvent
nuire à la communication
Lorsqu’il est confronté à ces obstacles, le secouriste peut devoir
recourir à plusieurs façons de recueillir des renseignements ou de
donner des instructions.
Les secouristes doivent aussi veiller à communiquer en termes
simples, clairs et directs. De longues descriptions employant
des termes compliqués peuvent rendre les choses très difficiles
à comprendre pour la victime ou les personnes présentes. Par
exemple, dites « Passez-moi le DEA » plutôt que « J’ai besoin que
vous me trouviez un défibrillateur externe automatisé pour que je
puisse faire une réanimation cardiorespiratoire ».

35
Blessures et maladies
1 Blessures
Lorsqu’un élément extérieur au corps endommage des tissus,
la zone endommagée s’appelle une blessure. La gravité d’une
blessure dépend des facteurs suivants :
• le type de tissu touché; une blessure touchant un organe,
ou les tissus d’un système vital comme le système nerveux
est une blessure grave
• la complexité de la blessure; par exemple, la fracture d’un
os en deux fragments n’est pas aussi grave que la fracture
en plusieurs fragments
• la superficie touchée; une brûlure à la main peut être plus
grave qu’une brûlure au doigt

Blessures et énergie
Les blessures résultent de l’application d’une quantité excessive
d’énergie sur le corps humain.
Par exemple :
• la brûlure thermique est causée par un excès d’énergie
thermique
• une brûlure par un acide est causée par un excès d’énergie
chimique
• la cécité des neiges est causée par un excès d’énergie
lumineuse
• une fracture osseuse est causée par un excès d’énergie
mécanique
• un arrêt cardiaque dû à un choc électrique est causé par un
excès d’énergie électrique

36
Le corps peut absorber une certaine quantité d’énergie avant
qu’une blessure apparaisse. Cependant, tout excès d’énergie
entraîne une blessure. Trois facteurs déterminent l’apparition d’une
1
blessure. Ce sont :
• l’intensité de l’énergie
• la durée pendant laquelle elle a été appliquée sur le corps
• la partie du corps qui reçoit l’énergie
La plupart des blessures sont attribuables à l’énergie mécanique,
soit un objet qui heurte le corps ou le corps qui heurte un objet. Le
déplacement d’un objet crée de l’énergie mécanique. La quantité
d’énergie mécanique que possède l’objet dépend de son poids et
de sa vitesse de déplacement.

Maladies
Souvent, nous pensons aux procédures de secourisme uniquement
dans le contexte des blessures.
Mais, lorsque quelqu’un est très malade et qu’il y a urgence
médicale, les procédures de secourisme peuvent sauver une vie.
Certaines maladies, comme la crise cardiaque et l'accident
vasculaire cérébral (AVC), surviennent très rapidement. D’autres
maladies se développent plus lentement et il peut être difficile de
déterminer le moment précis où une personne a besoin de soins
médicaux.

37
Demandez des secours médicaux dans les cas suivants :
1 • douleur intense et soudaine dans une partie du corps
• changements soudains de la vision, maux de tête ou
étourdissements
• diarrhée ou vomissements graves ou persistants
• faiblesse soudaine ou trouble d’élocution
• température élevée persistante
• changement dans le degré de conscience
• éruption cutanée d'origine inconnue
• évanouissements à répétition
• dépression évidente, menaces ou tentatives de suicide
• lorsque vous êtes très préoccupé par votre état ou par celui
d’une personne dont vous prenez soin
Si la victime est un bébé, vous devez également appeler des
secours médicaux dans les cas suivants (en plus des cas énumérés
ci-dessus) :
• le bébé a fait des convulsions
• la peau du bébé est bleue ou très pâle
• vous avez l'impression que le bébé a du mal à respirer
• le bébé pleure beaucoup ou pleure sans arrêt

Gestion du stress en situation d’urgence


Les secouristes peuvent éprouver un certain niveau de stress en
raison de l’aide qu’ils apportent. Le stress est la réaction normale
du corps à des événements physiques et psychologiques. Il peut
être observé dans certaines attitudes et certains comportements
chez les victimes comme chez les secouristes. C’est une réponse
biologique qui peut se traduire par :
• une augmentation du rythme cardiaque
• une augmentation de la pression artérielle
• une augmentation de la glycémie
• la dilatation des bronches et des pupilles

38
Réactions possibles des victimes
Les victimes peuvent réagir aux facteurs de stress de différentes 1
manières et les secouristes doivent observer et s’adapter à ces
réactions, qui peuvent comprendre :
• le déni— la victime peut nier la gravité de la situation et
refuser de l’aide
• l’abandonnement— la victime peut se résigner à mourir,
même si sa vie ne semble pas être en danger, et ne veut
pas faire le moindre effort pour faire ce qui est nécessaire
• l’agressivité— la victime peut être hostile
• l’affirmation— la victime est positive, coopérative et peut
même vouloir prendre en charge ses propres soins, y
compris diriger les secouristes

Gestion du stress
Gérer le stress en situation d’urgence peut faire une grande
différence dans la qualité des procédures de secourisme fournies.
Une préparation mentale appropriée et un exercice régulier des
compétences de secourisme peuvent aider les secouristes à réagir
efficacement face à une situation d’urgence. L’impact négatif
du stress peut être diminué en le comprenant et en prenant
des mesures visant à essayer de le surmonter. Après de graves
incidents, il est important que les secouristes s’occupent de leurs
émotions.
Lorsqu’ils sont confrontés à une situation très stressante, certains
secouristes peuvent ressentir des effets prolongés liés au stress et
doivent demander une aide médicale.

39
Chapitre 2
Prise en charge d’une
situation d’urgence

• Les quatre étapes de la PSCU


• Étape un : examen des lieux
• Étape deux : évaluation primaire
• Étape trois : évaluation
secondaire
• Étape quatre : soins continus
• Choc
• Évanouissement
• Prise en charge de victimes
multiples (triage)
• Soulever et déplacer
Chapitre 2 Prise en charge d’une situation
d’urgence
En règle générale, les situations d'urgence génèrent beaucoup
2 de confusion une fois que les personnes comprennent qu'il y a
véritablement une urgence. Personne ne sait quoi faire, qui devrait
prendre la situation en main ou comment aider la victime. Dans
ce genre de situation, le secouriste doit connaître la séquence
d’interventions qui assure l’application des procédures de
secourisme appropriées en toute sécurité pour la victime et pour
les autres. À cette fin, les secouristes appliquent les principes de la
prise en charge d’une situation d’urgence (PCSU). La PCSU désigne
la séquence d’interventions que l’on doit suivre pour assurer
l’application des procédures de secourisme appropriées en toute
sécurité.

Étapes de la PCSU
1. examen des lieux : cet examen permet de prendre la
situation en main, de découvrir ce qui est arrivé et de
veiller à ce que les lieux soient sécurisés avant d’évaluer la
victime.
2. évaluation primaire : évaluez chaque victime afin de
déceler les blessures ou les maladies qui mettent la vie
en danger, téléphonez au service 9-1-1 ou demandez
à quelqu’un de le faire, et appliquez les procédures de
secourisme essentielles au maintien de la vie.
3. évaluation secondaire : cette évaluation est une cueillette
de renseignements par étapes qui permet de brosser un
tableau complet de l’état de la victime.
4. soins continus : à cette étape, vous continuez de surveiller
l’état de la victime jusqu’à la prise en charge par les secours
médicaux.
Ces étapes se déroulent généralement dans l’ordre ci-dessus.
L’examen initial des lieux, l’évaluation primaire et les procédures
de secourisme essentielles au maintien de la vie sont entrepris très
rapidement, généralement en l’espace d’une à deux minutes. Il
n'est pas toujours nécessaire d'effectuer une évaluation secondaire.

42
Examen des lieux
• Prendre la situation en main
• Demander de l'aide pour attirer les passants
• Évaluer les dangers et rendre les lieux sûrs 2
• Déterminer les circonstances de l’incident, le nombre de
victimes et les mécanismes de blessure.
• S'identifier comme secouriste et offrir son aide. Obtenir le
consentement.
• Évaluer la faculté de réponse
Envoyer quelqu’un ou aller soi-même chercher des secours
médicaux aussitôt que vous identifiez un problème grave, puis
commencer l’évaluation primaire. Si vous possédez un téléphone
cellulaire, vous pouvez composer le 9-1-1 ou le numéro d’urgence
local et mettre le téléphone en mode mains libres, si possible. Le
secouriste peut ainsi rester auprès de la victime.

Évaluation primaire
Évaluer les troubles qui mettent la vie en danger (points ABC) :
A = Voies respiratoires (Airway)
B = Respiration (Breathing)
C = Circulation
La séquence d’étapes composant l’évaluation primaire doit être
réalisée sur la victime telle que vous l’avez trouvée, à moins que
cela soit impossible.
L’évaluation primaire doit être réalisée immédiatement après
l’examen des lieux.
Vérifiez les voies respiratoires.
Si la victime est consciente, demandez-lui ce qui est arrivé. La façon
dont la victime répond vous indique si ses voies respiratoires sont
dégagées. Si la victime ne réagit pas, ouvrir les voies respiratoires au
moyen du renversement de la tête avec soulèvement du menton.
En cas de blessure présumée à la tête ou à la colonne vertébrale et si
vous possédez la formation adéquate, utiliser la subluxation de la
mâchoire sans renversement de la tête.

43
Vérifier la respiration
• Si la victime est consciente, lui demander si elle respire
bien.

2 • Si la victime est inconsciente, vérifier la respiration au moins


5 secondes, mais pas plus de 10 secondes. Si la respiration
est efficace, vérifier la circulation. Si la victime ne respire
pas, ou sa respiration est inefficace (irrégulière et haletante,
agonique), amorcer la RCR.
Vérifier la circulation.
• Maîtriser toute hémorragie grave apparente
• Vérifier si la victime est en état de choc en évaluant la
température et l’état de la peau
• Effectuer un examen rapide du corps pour déceler une
hémorragie externe grave cachée et les signes d’une
hémorragie interne

Examen rapide du corps


L’examen rapide du corps est une brève évaluation corporelle de
la victime que le secouriste réalise durant l’évaluation primaire. En
parcourant des mains le corps de la victime de la tête aux pieds (et
sous les vêtements, si ceux-ci sont épais), il est possible de déceler
la présence d’un saignement important, d’une hémorragie interne
ou de fractures.
Lors d’un examen rapide du corps :
• Porter des gants, dans la mesure du possible, et vérifier
la présence de sang sur les gants à intervalles réguliers
(quelques secondes).
• Prendre soin de ne pas causer d’autres blessures pendant
l’examen.
• Observer le visage de la victime pour déceler d’éventuelles
réactions à l’examen rapide du corps.

44
Appliquer les procédures de secourisme pour les
blessures ou les troubles qui mettent la vie en
danger.
• Ouvrir les voies respiratoires au moyen du renversement de 2
la tête avec soulèvement du menton ou placer la victime
qui ne réagit pas, mais qui respire, en position latérale de
sécurité.
• Si la victime ne réagit pas et ne respire pas, ou ne respire
pas normalement (halètement), amorcer la RCR.
• Maîtriser toute hémorragie grave.
• Soutenir les fractures évidentes.
• Traiter l’état de choc en appliquant les procédures de
secourisme aux blessures qui mettent la vie en danger et
en maintenant la température corporelle de la victime.
• Évaluer la situation et décider s’il faut procéder à une
évaluation secondaire.
Procéder à une évaluation secondaire dans les cas suivants :
• la victime a subi plus d’une blessure
• plus de 20 minutes s’écouleront avant l’arrivée des secours
médicaux
• les secours médicaux ne se rendent pas sur les lieux et il
faut transporter la victime
Si on n’effectue pas d’évaluation secondaire, stabiliser et soutenir
les blessures décelées et donner les soins continus jusqu'à l'arrivée
des secours médicaux.

Retourner une victime sur le dos


Dans la mesure du possible, les procédures de secourisme
devraient être appliquées dans la position dans laquelle la victime
a été trouvée. Cependant, il faut parfois retourner la victime afin
d’évaluer la présence ou non de blessures mettant la vie en danger
ou pour appliquer les procédures de secourisme essentielles au
maintien de la vie.

45
1. Allonger le bras le plus proche de soi au-dessus de la tête.

2. Placer le bras le plus éloigné contre le côté de la victime.

3. Croiser le pied le plus éloigné sur le pied le plus proche.

46
4. Soutenir la tête et le cou. Agripper fermement les
vêtements à la taille. Faire rouler la victime.

5. Positionner la victime pour appliquer les procédures de


secourisme.

47
PCSU en cas de blessure possible à la tête ou à la
colonne vertébrale
Si l'on soupçonne une blessure à la tête ou à la colonne vertébrale,
2 il faut empêcher la tête et le cou de bouger. Le mouvement de la
tête ou du cou peut provoquer une invalidité permanente ou la
mort. Adapter les procédures de secourisme de la manière décrite
ci-dessous.
1. Dès qu’on soupçonne une blessure à la tête ou à la colonne
vertébrale, dire à la victime de ne pas bouger.

2. Si vous avez obtenu son consentement, stabiliser et


soutenir sa tête et son cou. Appuyer fermement les coudes
sur vos cuisses ou sur le sol. Ensuite, évaluer la faculté de
réponse.

48
3. Si un passant est présent, lui montrer comment soutenir la
tête et le cou de la victime afin que vous puissiez continuer
votre évaluation.

4. Continuer votre évaluation.

5. Si un deuxième passant est présent, lui montrer comment


stabiliser et tenir les pieds de la victime pour les empêcher
de bouger.

49
6. Soutenir la tête et le cou (et les pieds, si possible) pendant
l’application des procédures de secourisme, jusqu’à la prise
en charge par les secours médicaux.

Dans la mesure du possible, il faut déplacer en un seul bloc toute


victime chez qui on soupçonne une blessure à la tête ou à la
colonne vertébrale. Cela signifie tourner ensemble la tête, le tronc
et les membres ou soulever tout le corps d’un seul mouvement.
Faites tout votre possible pour éviter le mouvement.

Retourner sur le dos une victime chez qui on


soupçonne une blessure à la tête ou à la colonne
vertébrale
Dans la mesure du possible, les procédures de secourisme
devraient être appliquées dans la position dans laquelle la victime
a été trouvée. Cependant, il faut parfois retourner la victime afin
d’évaluer la présence ou non de blessures mettant la vie en danger
ou pour appliquer les procédures de secourisme essentielles au
maintien de la vie.
Si l'on soupçonne une blessure à la tête ou à la colonne vertébrale,
tourner la victime en un seul bloc, de sorte que la tête et la colonne
restent dans la même position l’une par rapport à l’autre.

50
1. Le premier secouriste au niveau de la tête la soutient; il
pose sa main droite du côté droit de la tête de la victime et
sa main gauche du côté gauche.
2

2. Le deuxième secouriste saisit le bras le plus proche de lui


et l’allonge au-dessus de la tête de la victime; ensuite, il la
saisit fermement par l’épaule et la taille.
3. Les deux secouristes font rouler la victime en même temps
vers le second secouriste.

51
4. Si un troisième secouriste se trouve sur les lieux, lui
demander de soutenir les jambes de manière à prévenir la
torsion du cou et de la colonne vertébrale. S’il y a en a un
quatrième, mettre un secouriste au niveau des épaules et
2 un autre au niveau de la taille.

Évaluation secondaire
L’évaluation secondaire survient après l’évaluation primaire et
toutes les procédures de secourisme essentielles au maintien de la
vie. Cette évaluation est en fait une cueillette de renseignements
par étapes qui permet de brosser un portrait complet de l'état de
la victime. Pendant l'évaluation secondaire, le secouriste tente de
découvrir des blessures ou des maladies qui n’ont pas été décelées
lors de l’évaluation primaire. Procéder à une évaluation secondaire
si :
• la victime a subi plus d’une blessure
• plus de 20 minutes s’écouleront avant l’arrivée des secours
médicaux
• il faut transporter la victime vers des secours médicaux
L’évaluation secondaire comporte quatre étapes :
1. Historique
2. Signes vitaux
3. Examen de la tête aux pieds
4. Procédures de secourisme pour les blessures et maladies
constatées

52
Historique
L’historique SAMMDE permet de connaître les principaux
antécédents médicaux de la victime. Ces renseignements peuvent
être utiles aux professionnels de la santé qui donneront des
soins à la victime par la suite. Si la victime n’est pas en mesure de
2
répondre, un membre de sa famille proche peut le faire à sa place,
pour certains éléments de l’historique.
S = symptômes – demander à la victime les sensations qu’elle
ressent (douleur, nausée, faiblesse, etc.).
A = allergies – demander à la victime si elle souffre d’allergies,
notamment aux médicaments.
M = médicaments – se renseigner sur les médicaments ou les
suppléments que prend normalement la victime, ceux qu’elle a pris
dans les 24 dernières heures, ainsi que toute dose qui n’aurait pas
été prise.
M = maladies antérieures et état médical actuel – se renseigner
sur les antécédents médicaux de la victime, en particulier s’ils sont
apparentés à sa situation actuelle. Demander à la victime si elle
possède un dispositif d’alerte médicale.
D = dernier repas – quel est le dernier repas de la victime et quand
a-t-il été pris? Y a-t-il autre chose que la victime a ingéré par la
bouche?
E = événements ayant mené à l’incident – que faisait la victime
avant de subir une blessure ou d’être malade? Comment la victime
a-t-elle été blessée?

Signes vitaux
Il y a quatre signes vitaux à contrôler sur une
victime :
1. Degré de conscience
2. Respiration Consulter la
législation et la
3. Pouls
réglementation
4. État et température de la peau du lieu de travail
applicables à
votre région.

53
Degré de conscience
La méthode AVPU est l’un des moyens les plus couramment utilisés
pour mesurer le degré de conscience d’une victime. La méthode
AVPU est une échelle de mesure du degré de conscience graduée
2 de la façon suivante : bon (A), moyen (V), faible (P) et nul (U).
A = Alert (consciente) – Une victime consciente a les yeux ouverts
et est capable de répondre à des questions simples. Elle est
consciente de son nom, de l'espace et du temps.
V = Verbal (réponse verbale) – La victime est capable de répondre
quand on s’adresse à elle, mais peut ne pas réussir à communiquer
efficacement. Il se peut aussi qu’elle ne soit pas consciente de son
nom, de l'espace et du temps.
P = Pain (douleur) – La victime ne réagit qu’aux stimulus
douloureux, par exemple quand vous la pincez ou frottez vos
phalanges sur son sternum. Elle peut bouger ou émettre des sons,
mais est incapable de communiquer.

U = Unresponsive (sans réaction) – La victime ne réagit à aucun


stimulus.
À noter que vous pouvez aussi déterminer rapidement le degré
de conscience d’une victime en évaluant l’ouverture des yeux, la
réponse verbale et la réponse motrice. Si ses yeux sont ouverts et si
elle peut s’exprimer clairement et obéir à un ordre tel que « serrez
mes doigts », la victime est consciente.

54
Respiration
Pour évaluer la fréquence respiratoire,
examiner soigneusement la victime
pendant 30 secondes. On peut placer
une main sur le haut de l’abdomen 2
pour sentir la poitrine monter et
descendre. Vérifier la qualité de
la respiration. Compter chaque
insufflation sur une période de
30 secondes et multiplier ce chiffre
par deux pour obtenir la fréquence
respiratoire par minute.

Fréquences respiratoires normales


Âge Trop lente Normale Trop rapide
Nourrisson Inférieure à 25 30 à 50 Supérieure à
60
Enfant Inférieure à 15 20 à 30 Supérieure à
40
Adulte Inférieure à 10 10 à 20 Supérieure à
30
Pouls
Le pouls indique le nombre de battements du cœur à la minute;
c’est une mesure essentielle à l’évaluation de toute victime. Le
plus souvent, le pouls est pris au poignet ou au cou et, pour les
nourrissons, à l’intérieur du haut du bras.
Pour prendre le pouls, placer deux doigts sur la face interne du
poignet (juste sous la main, du côté du
pouce) ou sur le côté du cou (artère
carotide), ou encore, chez les nourrissons,
sur l’intérieur du haut du bras, au centre
(artère brachiale). Appuyer délicatement
pour sentir le pouls. Il se peut que vous
deviez déplacer légèrement vos doigts pour
le trouver. Une fois le pouls trouvé, compter
le nombre de battements pendant
30 secondes et multiplier ce chiffre par deux.

55
Rythme cardiaque normal
Âge Pouls normal
Nourrisson 120 à 150
2 Enfant 80 à 150
Adulte 60 à 100

État et température de la peau


Pour l’examen de la peau, il faut évaluer sa température (chaude
ou froide), sa couleur (normale ou pâle), et vérifier si elle est sèche
ou moite. À l’aide du dos de votre main préalablement gantée,
toucher le front et les joues de la victime. Si sa peau est normale,
elle aura une couleur normale et sera tiède et sèche. Si la peau est
pâle, froide et moite, la victime peut être en état de choc.

Examen de la tête aux pieds


L’examen de la tête aux pieds est une évaluation complète
et détaillée de la victime qui vise à déceler les blessures qui
pourraient avoir été omises pendant l’examen rapide du corps. Ne
pas rechercher de blessures qui sont peu probables. Il se peut
que vous deviez exposer une partie du corps de la victime pour
l’examiner. Cependant, vous devez toujours respecter son intimité
et la protéger du froid. Exposer uniquement la partie du corps que
vous devez examiner.
• Demander à la victime si elle ressent de la douleur avant de
commencer. Noter ses réactions.
• Parler à la victime tout au long du processus. Expliquer
chaque étape de votre examen.

56
• Toujours observer le visage de la victime pour y détecter
des expressions qui pourraient indiquer de la douleur.
• Ne pas interrompre l’examen. Si vous trouvez une blessure,
vous devez la prendre en note et continuer.
• Ne pas enjamber la victime. Si vous devez changer de côté,
2
faites le tour de la victime.
• Lors d’un examen détaillé, rechercher les bosses, les
ecchymoses et les éraflures, ainsi que tout signe anormal.
• Si la victime est inconsciente, rechercher un dispositif
d’alerte médicale (étiquette, bracelet, pendentif, montre ou
autre) pendant l'examen.
• Observer, puis toucher :
Commencer par la tête :
• Examiner le crâne pour détecter la présence d’anomalies.
• Examiner les oreilles pour détecter un écoulement.
• Examiner les yeux : les pupilles sont-elles de la même
taille?
• Examiner le nez pour voir si du liquide s'en écoule.
• Examiner la bouche : les dents sont-elles intactes? Les
lèvres sont-elles bleues ou pâles?

57
Vérifier le cou :
• Les veines du cou sont-elles bombées?
• La victime porte-t-elle un pendentif d’alerte médicale?
2 • Examiner les clavicules.
• Examiner les épaules des deux côtés.

Vérifier les bras :


• Examiner chaque bras au complet
• Vérifier la circulation en pressant les ongles et en observant
le retour de la circulation.
• Demander à la victime de serrer deux de vos doigts avec
ses deux mains en même temps. Exerce-t-elle une force
suffisante et cette force est-elle égale?

58
Vérifier la poitrine et le haut du dos :
• La victime ressent-elle de la douleur en respirant?
• La poitrine se soulève-t-elle et s’abaisse-t-elle normalement
avec chaque respiration?
2
• Examiner le dos de la victime aussi loin que possible.

Vérifier l’abdomen et le bas du dos :


• Les mains à plat, examiner soigneusement l’abdomen
• Ne pas presser sur l’abdomen, Palper délicatement la
région pour déceler toute douleur, sensibilité ou rigidité.
• Placer une main à plat sur l’abdomen et demander à la
victime de pousser sur votre main avec son abdomen. Cela
cause-t-il de la douleur?
• Examiner le dos de la victime aussi loin que possible.

59
Vérifier le bassin :
• Placer vos mains au sommet des os du bassin et presser
doucement les hanches pour évaluer la stabilité de la
victime.
2

Vérifier les jambes, les chevilles et les pieds :


• Examiner chaque jambe au complet, l’une après l’autre.
• Une jambe est-elle plus courte que l’autre?
• Vérifier soigneusement la stabilité de la rotule et vérifier la
partie qui se trouve au-dessous du genou.
• Presser ou pincer un pied. Demander ensuite à la victime
de vous décrire ce que vous venez de faire pour voir si elle
répond correctement.
• Placer vos mains sur les pieds de la victime. Demander à la
victime de pousser sur vos mains, puis de tirer sur ses pieds
pendant que vous exercez une contre-pression. Vérifier si la
force est égale. Demander à la victime d’agiter les orteils et
observer le résultat.
• Vérifier la circulation.

60
Procédures de secourisme pour les blessures et
maladies constatées
Une fois votre examen terminé, appliquez les procédures de
secourisme appropriées selon la blessure ou la maladie identifiée.
Si la victime souffre de plus d’une blessure, priorisez la blessure la
2
plus grave.

Prendre des notes


Au terme de l’évaluation secondaire, nous vous suggérons de
noter par écrit vos observations le plus précisément possible. Ces
renseignements peuvent être utiles aux professionnels de la santé
qui donneront des soins à la victime par la suite.
Ils sont également importants en cas d’urgence en milieu de
travail, car ils peuvent être utilisés dans le cadre d’une enquête.
Vos observations concernant l’incident ainsi que les procédures de
secourisme appliquées doivent être consignées sur des formulaires
préimprimés qui doivent être conservés conformément à la
réglementation ou la législation en vigueur dans votre province ou
votre territoire à des fins de référence pour les enquêteurs.

Soins continus
Une fois que la victime a reçu les procédures de secourisme pour
les blessures et les maladies qui ne mettent pas sa vie en danger :
• la victime elle-même ou une autre personne prend la
situation en main et le secouriste n’assume plus aucune
responsabilité
• le secouriste reste responsable de la situation et attend
l’arrivée des secours médicaux qui prendront la relève, ou
• le secouriste reste responsable de la situation et transporte
la victime vers les secours médicaux

61
Le secouriste doit maintenir la victime dans le meilleur état possible
jusqu’à son transfert aux secours médicaux. Pour ce faire, il doit :
• Appliquer les procédures de secourisme pour l’état de
choc.
2 • Placer la victime dans la position appropriée à son état
• Surveiller l'état de la victime.
• Prendre en note les événements.
• Faire un compte-rendu de ce qui s’est passé aux personnes
qui prennent la relève.
Demander à un passant de soutenir la tête et le cou avec ses mains
(si l'on soupçonne une blessure à la tête ou à la colonne vertébrale).
Continuer de stabiliser et de soutenir la tête et le cou avec ses
mains, au besoin.

Position latérale de sécurité


Cette position protège la victime et réduit la torsion et la flexion de
la colonne vertébrale. Elle protège aussi les voies respiratoires s’il
vous faut laisser la victime seule.
1. Placer le bras le plus proche de soi à 90 degrés vers le haut,
plus haut que la tête de la victime.

2. Placer le bras le plus loin de soi sur le thorax de la victime.


Fléchir le genou le plus éloigné.

62
3. Passer une main derrière l’épaule de la victime et la faire
rouler vers soi en tirant sur le genou le plus éloigné.

4. Ajuster la position des bras et de la jambe pour stabiliser la


victime. Placer le bras le plus loin de soi à 90 degrés par
rapport à la victime, la paume vers le bas.

5. Donner des soins continus.

63
Après avoir confié la victime à quelqu’un d’autre
En secourisme, nous apprenons à prendre soin d’une personne
blessée ou malade. Nous ne pensons pas souvent à ce qui se passe
2 une fois notre intervention terminée Après avoir confié la victime à
quelqu'un d'autre, le secouriste peut avoir plusieurs choses à faire,
par exemple, nettoyer les lieux, corriger la situation dangereuse à
l’origine de la blessure ou préparer un rapport sur l’incident et sur
son intervention.
Ces questions réglées, on s’attend à ce que tout revienne à
la normale. Cependant, il est probable que l’incident et tous
les événements qui l’ont entouré resteront à l’esprit. Après un
événement stressant, bon nombre de personnes revoient les détails
et essaient d’évaluer les actes qu’elles ont posés et ceux qu’elles
auraient pu poser.
Cette revue des événements est tout à fait normale et vous pouvez
vous y attendre. Toutefois, si elle persiste pendant plusieurs
semaines, ou si elle a une influence sur votre quotidien, il est
possible que vous éprouviez les effets négatifs du stress causé par
un incident critique.
Le stress causé par un incident critique est fréquent chez les
personnes qui vivent une situation d’urgence. Il peut nuire à vos
activités quotidiennes; votre travail, vos relations personnelles, votre
tranquillité d’esprit. Si cela se produit, vous devez réagir et obtenir
l’aide nécessaire, qui est facilement accessible. Commencez par en
parler à votre médecin de famille ou rendez-vous dans une clinique
pour consulter un médecin. Un médecin comprendra ce que vous
éprouvez et vous proposera des moyens d’en surmonter les effets.
Les effets du stress causé par un incident critique peuvent
se manifester des semaines, des mois ou des années après
l’événement.

État de choc
L’état de choc est un problème de circulation dans lequel les tissus
ne reçoivent pas suffisamment de sang oxygéné.
L’état de choc est dangereux, car toute blessure ou maladie peut
être accompagnée d’un choc, qui peut évoluer en trouble mettant
la vie de la victime en danger. La douleur, l’anxiété et la crainte ne
provoquent pas l’état de choc, mais elles peuvent l’aggraver ou
64
l’accélérer. C’est pourquoi il est si important de rassurer la victime
et de lui offrir tout le confort possible.
Il ne faut pas confondre le choc médical avec un choc électrique ou
le fait d’être choqué et surpris. L’état de choc de nature médicale
met la vie en danger parce qu’il empêche le cerveau et les autres 2
organes de fonctionner normalement.
Les renseignements suivants présentent certaines des causes
de l’état de choc. Des urgences médicales comme le diabète,
l’épilepsie, l’infection, l’intoxication ou la surdose de médicaments
ou de drogues peuvent aussi entraîner un état de choc grave.
*Chez les victimes à la peau foncée, les changements de couleur
peuvent être observés dans les endroits suivants du corps : les lèvres,
les gencives et la langue, le lit des ongles et les paumes, les lobes
d'oreille et la membrane qui recouvre la face interne des paupières.

Causes courantes de l’état de choc grave


Cause du choc Effet sur la circulation
Hémorragies graves, Volume de sang insuffisant pour
internes ou externes remplir les vaisseaux
(comprend les fractures
majeures)
Brûlures graves Fuite de plasma (liquide) dans les
tissus (volume de sang insuffisant
pour remplir les vaisseaux)
Blessures par écrasement Fuite de sang et de plasma
dans les tissus (volume de sang
insuffisant pour remplir les
vaisseaux)
Crise cardiaque Cœur trop faible pour pomper
correctement le sang
Lésions de la moelle Incapacité du cerveau de régler le
épinière ou des nerfs diamètre des vaisseaux, ce qui nuit
au transport du sang vers les tissus
Réactions allergiques graves Atteinte possible de nombreuses
fonctions comme la respiration, la
fonction cardiaque, etc.

65
Signes et symptômes de l’état de choc
Signes Symptômes
• Peau pâle au début, • Agitation
2 devient bleu-gris*
• Lèvres, langue, lobes, • Anxiété
ongles bleu-violet
• Peau froide et moite • Désorientation
• Respiration superficielle • Confusion
et irrégulière, rapide ou
haletante
• Changement dans le • Peur
degré de conscience
• Pouls faible et rapide; • Étourdissement
le pouls radial peut être
absent
• Soif

66
Procédures de secourisme pour l’état de choc
Les interventions suivantes permettent de réduire l’état de choc :
1. Appliquer les procédures de secourisme propres à la
blessure ou à la maladie à l’origine de l’état de choc. 2
2. Rassurer fréquemment la victime.
3. Éviter d’accroître la douleur en manipulant la victime avec
délicatesse.
4. Desserrer les vêtements ajustés au cou, à la poitrine et à la
taille.
5. Garder la victime au chaud, mais sans la surchauffer –
utiliser des vestes, des manteaux ou des couvertures si on
en a.
6. Humecter ses lèvres si elle a soif. Ne rien lui donner à boire
ni à manger. Si on ne peut obtenir de secours médicaux
avant plusieurs heures, lui faire boire de petites quantités
d’eau ou de liquides clairs; noter l’heure et la quantité
absorbée.
7. Installer la victime dans la position la plus appropriée.
Poursuivre les soins continus jusqu’à ce que quelqu’un
prenne la relève.
Les procédures de secourisme énumérées ci-dessus contribuent
également à empêcher l’état de choc de s'aggraver. Chaque fois
que vous le pouvez, ajouter ces procédures aux soins que vous
donnez.

Comment placer une victime en état de choc


La position appropriée peut ralentir la progression du choc et
accroître le confort de la victime.
Le choix de la position dépend de l’état de la victime. La position
choisie doit assurer tout le confort possible à la victime.
Victime pleinement consciente chez qui on ne soupçonne
aucune blessure à la tête ou à la colonne vertébrale
Placer la victime sur le dos, si la blessure le permet. Une fois la
victime en position, la couvrir pour conserver sa chaleur, mais éviter
de la surchauffer.

67
Victime dont le degré de conscience est diminué chez qui
on ne soupçonne aucune blessure à la tête ou à la colonne
vertébrale
Placer la victime en position latérale de sécurité. Si le degré de
2 conscience est diminué, les voies respiratoires et la respiration sont
prioritaires – la position latérale de sécurité maintient les voies
respiratoires ouvertes.
Victime consciente présentant une urgence respiratoire
ou une douleur à la poitrine
Si une victime consciente souffre d’une douleur à la poitrine ou a du
mal à respirer, lui demander de prendre une position semi-assise,
ou toute position qui facilitera la respiration.
Blessure possible à la tête ou à la colonne vertébrale
Si l'on soupçonne une blessure à la tête ou à la colonne vertébrale,
stabiliser et soutenir la victime dans la position où elle se trouve.
De cette manière, on prévient d’autres blessures à la tête et à la
colonne vertébrale. Surveillez étroitement les points ABC.
Si les blessures le permettent
La nature des blessures peut vous empêcher de placer la victime
dans la position la plus appropriée. Continuer de soutenir la
tête et le cou et, au besoin, utiliser le renversement de la tête
avec soulèvement du menton pour garder les voies respiratoires
ouvertes. En choisissant une position, toujours garder à l’esprit le
confort de la victime.

68
Évanouissement
Un évanouissement est une perte de conscience temporaire
provoquée par un manque de sang oxygéné dans le cerveau. Voici
les causes courantes d’évanouissement :
2
• peur ou anxiété
• manque d’air frais
• douleur intense, blessure ou maladie
• vue du sang
• problème médical sous-jacent
• fatigue ou faim
• période prolongée passée en position debout ou assise
• excès de chaleur
Une personne qui s’est évanouie n’est pas consciente. Placer la
victime en position latérale de sécurité afin de protéger ses voies
respiratoires et prévenir l'étouffement. Placer la victime dans une
position confortable lorsqu’elle reprend conscience.

Procédures de secourisme en cas d’évanouissement


• Permettre à la victime de respirer de l’air frais et desserrer
les vêtements trop ajustés au cou, à la poitrine et à la taille.
• Installer confortablement la victime et la garder allongée
de 10 à 15 minutes. Continuer de surveiller la respiration et
le degré de conscience.
Ne pas tenir pour acquis que la victime s’est « simplement
évanouie », sauf si elle se rétablit rapidement. Si l'état de la victime
ne se rétablit pas rapidement ou complètement, rester auprès
d’elle jusqu’à ce que les secours médicaux prennent la relève.
S’il vous faut partir pour chercher des secours médicaux ou s’il vous
faut appliquer les procédures de secourisme à d’autres victimes,
mettre la victime en position latérale de sécurité en faisant très
attention si elle est blessée.

69
La sensation d’évanouissement et l’évanouissement
imminent
Lorsque quelqu’un est au bord de l’évanouissement, on peut
2 observer des signes précurseurs. La personne :
• est pâle
• est en sueur
• se sent mal, a des nausées, est étourdie ou a une démarche
instable

Procédures de secourisme en cas d’évanouissement


imminent
1. Étendre la victime sur le dos.
2. Lui faire respirer de l’air frais; ouvrir les fenêtres ou les
portes.
3. Desserrer les vêtements ajustés au cou, à la poitrine et à la
taille.
4. Rester auprès de la victime jusqu’à ce qu’elle se soit
rétablie.

Degré de conscience diminué


On entend par « conscience » le niveau de perception qu’une
personne a d’elle-même et de son environnement. Il existe
différents niveaux de conscience allant de complètement conscient
à complètement inconscient. Bon nombre de blessures et de
maladies peuvent modifier le degré de conscience, y compris :
• une urgence respiratoire
• une crise cardiaque
• une blessure à la tête
• un empoisonnement
• un état de choc
• l'abus d’alcool ou de drogues
• une maladie (épilepsie, diabète, etc.)

70
Un état de mi-conscience ou d’inconscience peut entraîner une
urgence respiratoire chez une victime allongée sur le dos, car la
langue peut tomber dans l’arrière-gorge et obstruer les voies
respiratoires. La salive et les autres liquides peuvent s’accumuler
dans l’arrière-gorge et provoquer l'étouffement. 2
Une perte de conscience progressive indique une aggravation de
l’état de la victime. Toujours surveiller le degré de conscience de la
victime et noter tout changement. Le secouriste peut se servir de
l’échelle AVPU (conscient, réponse verbale, douleur, sans réaction)
pour évaluer et décrire le niveau de conscience.
La diminution du degré de conscience est toujours une situation
d’urgence. La perte de conscience peut survenir très rapidement
et devenir une urgence respiratoire. Lorsqu’on constate une
diminution du degré de conscience, demander des secours
médicaux le plus rapidement possible.
Procédures de secourisme pour une victime
inconsciente
1. Amorcer la PCSU. Effectuer un examen des lieux. Appeler
les secours médicaux ou envoyer quelqu’un les chercher
dès que vous déterminez que la victime ne réagit pas.
2. Procéder à une évaluation primaire.

3. Procéder à une évaluation secondaire si nécessaire.


4. Placer la victime en position latérale de sécurité si ses
blessures le permettent. Donner des soins continus.

71
Si, en raison de la nature des blessures, la victime doit être allongée
sur le dos, surveiller constamment sa respiration. Si nécessaire,
maintenir les voies respiratoires ouvertes. S’assurer de garder les
voies respiratoires ouvertes.
2 Desserrer les vêtements trop ajustés au cou, à la poitrine et à la
taille et continuer à donner les soins nécessaires jusqu’à ce que
quelqu’un d’autre prenne la relève. Noter les changements du
degré de conscience et l’heure à laquelle ils sont survenus.
Un degré de conscience diminué exige également des secours
médicaux urgents.

Prise en charge de victimes multiples (triage)


Le processus de prise de décisions dans une situation d’urgence
où des personnes sont blessées se nomme le triage. Le triage est
le procédé par lequel on examine rapidement les victimes et on les
classe selon les priorités de soins et de transport. L’idée est de faire
le plus grand bien au plus grand nombre de victimes.
Les victimes sont classées selon trois degrés de priorité :
• soins immédiats; les victimes qui doivent être soignées et
transportées en premier vers des secours médicaux
• soins d'urgence; les victimes qui peuvent probablement
attendre une heure avant de recevoir des soins médicaux
sans que leur vie soit en danger
• Soins courants; les victimes dont les soins et le transport
peuvent se faire en dernier, ou celles qui présentent des
signes manifestes de décès
Remarque : lorsque plusieurs victimes sont frappées par la foudre,
le principe de prise en charge de victimes multiples doit être
inversé. Appliquer les procédures de secourisme aux victimes
qui ne respirent pas et ne réagissent pas, car celles qui respirent
commencent à se rétablir.

72
2

Priorité des procédures de secourisme en cas de


blessures
Priorité État Causes
Soins corps étranger étouffement par des aliments
immédiats obstruant les voies
respiratoires
Voies
respiratoires langue ou liquides inconsciente, allongée sur le dos
obstruant les voies
respiratoires
enflure des voies réaction allergique, infection des
respiratoires voies respiratoires
Soins blessure à la poitrine blessure thoracique, côtes
immédiats ou aux poumons fracturées
Respiration incapacité du cerveau empoisonnement, surdose de
à bien contrôler la drogues ou de médicaments,
fonction respiratoire accident vasculaire cérébral,
choc électrique
insuffisance pénurie d’oxygène dans l’air,
d’oxygène dans le empoisonnement à l’oxyde de
sang carbone

73
Soins Hémorragie grave hémorragie externe ou interne
immédiats État de choc grave hémorragie, maladie grave,
Circulation empoisonnement

2 Soins fractures qui côtes ou omoplate fracturées


d'urgence entravent la
respiration
blessures
qui peuvent fractures — ouvertes, fracture de la partie supérieure
entraîner une graves ou multiples de la jambe ou du bassin,
invalidité écrasement du bras
chronique blessures à la tête chute d’une échelle de six pieds
ou à la colonne
vertébrale
brûlures graves brûlures graves aux mains

Soins fractures mineures fracture de la partie inférieure de


courants la jambe, de la partie inférieure
du bras, de la main, du doigt,
blessures
etc.
mineures ou
personnes hémorragie mineure hémorragie sans jaillissement ou
visiblement qui s'écoule librement
décédées brûlures mineures brûlures modérées aux avant-
bras
problèmes de peine ou panique
comportement
personne visiblement blessures massives évidentes,
décédée absence de pouls ou autres
signes de circulation

74
Étapes du triage
Amorcer la PCSU
• Déterminer le nombre de victimes sur les lieux
Commencer par la victime la plus proche et s’éloigner 2
progressivement.
• Procéder à une évaluation primaire
• Appliquer les procédures de secourismes pour les
blessures mettant la vie en danger
• S’il est évident que la personne est décédée, passer à la
victime la plus proche.
Répéter l’étape 2 pour chaque victime
• Toujours se rendre auprès de la prochaine victime la plus
proche.
Classer les victimes
• Décider quelles victimes nécessitent des soins immédiats
(priorité 1), des soins d’urgence (priorité 2) ou des soins
courants (priorité 3).
Organiser le transport
• Organiser le transport des victimes les plus prioritaires vers
un établissement de soins de santé aussitôt que possible
Effectuer une évaluation secondaire.
• Commencer par la victime la plus prioritaire. Appliquer les
procédures de secourisme appropriées, puis passer à la
prochaine victime.
Prodiguer des soins continus à chaque victime jusqu’à son
transport.
Si l’incident a fait de nombreuses victimes, il faut sans cesse
évaluer la situation et l’état des victimes et modifier les priorités en
conséquence.

75
Soulever et déplacer
Le secouriste doit essayer d'appliquer les procédures de
secourisme dans la position où se trouve la victime, puis attendre
l’arrivée du personnel paramédical pour la déplacer. Cependant, ce
2 n'est pas toujours possible.
Il peut être nécessaire de déplacer une victime :
• si la vie du secouriste ou celle de la victime est en danger
(par ex. incendie, explosion, fuite de gaz ou d’eau)
• s’il est impossible d'appliquer les procédures de
secourisme essentielles pour les blessures ou autres
troubles médicaux dans la position ou à l’endroit où se
trouve la victime
• La victime doit être transportée dans un établissement de
soins de santé.
S'il faut déplacer immédiatement une victime parce que sa vie est
en danger, il faudra peut-être utiliser une méthode de transport
d'urgence.
Ces méthodes sont employées dans des situations urgentes et
dangereuses où l’on doit déplacer la victime sans pouvoir soutenir
correctement ses blessures. En pareil cas, le choix d’une méthode
appropriée de transport d'urgence réduit le risque d’aggravation
des blessures.
Ne transporter la victime que sur la distance nécessaire pour la
mettre en sécurité et appliquer les procédures de secourisme
essentielles. Demander l’aide des passants et soutenir les blessures
le mieux possible pendant le déplacement. Ne pas s’exposer
inutilement au danger ni y exposer la victime et d’autres personnes.

Civières à roulettes
Si vous utilisez des civières à roulettes pour transporter des
travailleurs blessés sur votre lieu de travail, il est essentiel que vous
suiviez une formation adéquate sur l’utilisation et la manipulation
de ce genre d’équipement avant de vous en servir. À défaut, la
civière pourrait se renverser ou basculer, causant d’autres blessures
à la victime.

76
Risques professionnels
Les travailleurs qui évoluent dans des milieux présentant des
risques professionnels tels que des espaces confinés, des
tranchées, de la machinerie et des gaz dangereux doivent connaître
les protocoles d'intervention. Assurez-vous d’avoir la formation
2
appropriée au type de sauvetage que vous entreprendrez, ainsi que
l’équipement adéquat pour vous protéger lorsque vous porterez
secours à un collègue.

Hélicoptères
Dans certains endroits, un hélicoptère peut être envoyé pour
transporter un travailleur blessé à l’hôpital. Toute personne qui
travaille à proximité d’hélicoptères doit posséder une formation
appropriée et respecter les directives suivantes :
• Ne jamais s’approcher de l’hélicoptère sans la permission
du pilote ou du chef d’équipe
• Toujours suivre les instructions du pilote ou du chef
d’équipe en ce qui concerne la façon de s’approcher de
l’hélicoptère
• Connaître les zones d’accès restreint et les zones
dangereuses autour de l’hélicoptère et rester en dehors de
ces zones, sauf lorsque vous devez y pénétrer
• La queue et le rotor de queue d’un hélicoptère sont
dangereux – évitez de vous en approcher

Transport d’une victime


En règle générale, les secouristes ne transportent pas les victimes
à l’hôpital; cette tâche est dévolue au personnel ambulancier.
Toutefois, dans certains cas, vous pourriez choisir de transporter
quelqu’un à l’hôpital vous-même.
• L’état de la victime est stable et ses blessures sont mineures
• Le délai d’intervention des services médicaux d’urgence est
exagérément long (p. ex. dans une région éloignée)
• Si les conditions ci-dessus se présentent et si la victime
est un membre de votre famille ou un ami proche – ne
transportez jamais des étrangers dans votre véhicule
personnel, autant que possible
77
Soins durant le transport
Toutes les précautions doivent être prises pour que les blessures
de la victime ne s’aggravent pas durant son transport vers un
2 établissement de soins de santé. Faites le nécessaire pour assurer
le confort de la victime et pour que sa position ne provoque pas
de mouvements involontaires des membres blessés. Demandez
à quelqu’un de vous accompagner pour surveiller la victime, si
possible.
Évitez de conduire vite. Si la victime doit être transportée
rapidement, appelez une ambulance. Respectez la signalisation et
le code de la route. Empruntez la route la moins accidentée afin
que le trajet soit le plus confortable possible.

Rencontre avec les services médicaux d’urgence sur


la route de l’hôpital
Certains lieux de travail sont isolés, ce qui augmente le délai
d’intervention des services médicaux d’urgence. Dans de telles
situations et lorsque la réglementation provinciale le permet, les
victimes peuvent être transportées vers un établissement médical
dans l’intention de rencontrer une ambulance à mi-chemin. Dans
ce cas, choisissez un point de rencontre clairement visible pour
les deux parties et facile à trouver. Identifiez les repères ou les
commerces qui aideront les ambulanciers à trouver le lieu de
rencontre. Si vous arrivez avant l’ambulance, communiquez avec
les services médicaux d’urgence et demandez-leur où se trouve
l’ambulance avant de vous rendre à votre point de rencontre.

Techniques de soulèvement et principes de la


mécanique corporelle
Déplacer une victime sur les lieux d’une urgence comporte
des risques tant pour le secouriste que pour la victime. S’il faut
absolument déplacer la victime, choisir la méthode qui présente
le moins de risques pour la victime et le secouriste. Un secouriste
blessé ne peut plus faire grand-chose pour aider les autres.
Si le secouriste n’applique pas les principes de la mécanique
corporelle pour soulever et déplacer les blessés, il peut subir des
élongations musculaires. Procéder comme suit :

78
• Se placer tout près de la charge à soulever.
• Plier les genoux et non la taille.
• Incliner la charge de manière à pouvoir glisser une main
sous le coin ou le bord le plus proche de soi.
2
• Placer l’autre main sous le coin ou le bord opposé et bien
saisir la charge.
• Soulever en se servant des muscles des jambes et en
gardant le dos droit.
• S'il est nécessaire de pivoter, tourner d'abord les pieds,
sans torsion du tronc.
Pour déposer la charge au sol, effectuer la manœuvre inverse.

Transports d'urgence
Le transport d'urgence consiste à déplacer une victime sur
une courte distance vers un endroit sûr, un abri ou un moyen
de transport. Choisir le type de transport en fonction des
circonstances.
• la taille et le poids de la victime relativement à ceux du
secouriste
• Le nombre de secouristes pouvant aider
• Le type de blessure
• La distance à parcourir

79
Si possible, demander de l'aide à des passants. Si on obtient de
l’aide :
• rester auprès de la victime

2 • indiquer au passant ce qu’il doit faire et lui expliquer les


mesures de sécurité à prendre
• Coordonner toute la manœuvre
Traînée
Cette méthode est utilisée par le secouriste qui est seul pour
déplacer une victime assise ou en position couchée. La traînée offre
une protection maximale de la tête et du cou; elle doit donc être
utilisée lorsque vous déplacez une victime atteinte de ce genre de
blessure.
Si le temps le permet, attacher ensemble les mains de la victime sur
sa poitrine avant de la déplacer.

Pour effectuer une traînée :


1. Se tenir debout à la tête de la victime, face à ses pieds.
2. S’accroupir et glisser les mains sous les épaules de la
victime. Agripper ses vêtements de chaque côté. Lui
soutenir la tête entre les avant-bras pour l’empêcher de
bouger.
3. Tirer vers l’arrière seulement sur la distance nécessaire pour
assurer la sécurité de la victime.

80
Une autre méthode consiste à utiliser une couverture pour soutenir
et trainer la victime.
Comme les traînées risquent
d’aggraver les blessures, ne les
utiliser que dans les situations les 2
plus graves qui présentent un danger
immédiat pour la vie.
Béquille humaine
Dans le cas d’une blessure à la jambe
ou au pied, aider la victime à marcher
sur son autre jambe en soutenant son
côté blessé.
1. Pour porter sur ses propres épaules
le poids du côté blessé, se passer le bras
(du côté blessé) autour du cou et agripper
le poignet fermement.
2. Passer l’autre main dans le dos de
la victime et agripper ses vêtements à la
taille.
3. Demander à la victime de
commencer à marcher avec vous en même
temps en partant du pied qui se trouve
au centre. De cette manière, le secouriste
porte le poids du côté blessé de la victime.
Transport sur chaise
La technique de la chaise permet à
deux secouristes de transporter une victime
consciente ou inconsciente dans un couloir
étroit ou dans les escaliers. Ne pas utiliser cette technique si on
soupçonne une blessure au cou ou au dos. Des chaises de secours
spécialement conçues sont disponibles et doivent être utilisées
pour ce type de transport.
Si la victime est inconsciente ou incapable de s’aider :
1. Placer la victime inconsciente sur la chaise en glissant le
dossier de la chaise sous les jambes et les fesses, le long du
bas du dos.

81
2. Lui attacher le torse et les bras au dossier de la chaise.

3. La chaise est portée par deux secouristes, l’un marchant


devant et l’autre derrière. Celui qui est derrière s’accroupit
et saisit le dossier de la chaise; celui qui est devant
s’accroupit entre ses genoux et saisit les pattes avant de la
chaise près du plancher.
4. Les secouristes doivent désynchroniser leurs pas.
Descendre un escalier
• La victime fait face à l’escalier.
• Le secouriste placé à l’avant fait face à la victime.
• Une troisième personne descend devant lui, prête à
intervenir s’il perd l’équilibre.

82
Transport par les membres
Utiliser le transport par les membres si on ne dispose pas d'une
chaise et si on ne soupçonne aucune fracture au tronc, à la tête ou
à la colonne vertébrale.
1. Un secouriste glisse les mains sous
2
les aisselles de la victime, lui saisit
les poignets et les croise sur sa
poitrine.
2. L’autre secouriste tourne le dos
à la victime, s’accroupit entre ses
genoux et la prend par les jambes
juste au-dessus du genou.
3. Les secouristes partent chacun du
pied opposé : la victime est plus
confortable s’ils ne marchent pas
au pas.

Soulèvement sur couverture à quatre porteurs


1. Rouler la moitié d’une couverture ou d’un tapis dans le sens
de la longueur. Placer
un porteur à la tête
et un autre aux pieds
pour garder la tête, le
cou et le corps alignés.
Placer le bord roulé de
la couverture le long du
côté blessé.

83
2. S’agenouiller à la hauteur de l’épaule de la victime et placer
un autre porteur à la taille pour faire pivoter la victime sur
son côté non blessé. Tourner la victime d’un bloc de façon
à éviter toute rotation du corps.
2 3. Faire pivoter la victime par-dessus la couverture roulée; elle
se trouve alors allongée sur le dos. Dérouler la couverture
et en rouler les bords
de chaque côté du
corps de la victime.
Se préparer à
soulever la victime :
demander aux
porteurs d’agripper
les bords roulés à la
hauteur de la tête, des épaules, des hanches et des jambes.
4. Maintenir la couverture tendue pendant qu’on soulève la
victime et qu’on la place sur la civière.
Avant d’utiliser une
couverture, s’assurer
qu’elle peut porter le
poids de la victime. Ne
pas utiliser cette méthode
si l'on soupçonne une
blessure au cou ou au dos.

Civières
Lorsqu’il est impossible d’appeler les secours médicaux ou lorsque
ceux-ci ne peuvent pas se rendre sur les lieux, la seule solution est
de transporter la victime vers les secours médicaux. Si la victime
est incapable de marcher ou si sa blessure ou sa maladie limite
considérablement ses mouvements, on doit la transporter sur un
brancard. Si la victime est incapable de marcher ou si sa blessure
ou sa maladie limite considérablement ses mouvements, on doit la
transporter sur une civière.

Principes d’utilisation d’une civière


Appliquer les procédures de secourisme essentielles et immobiliser
les blessures avant de placer la victime sur la civière.

84
• Apporter la civière préparée à l’avance (couverture
et rembourrage) auprès de la victime plutôt que de
transporter la victime vers la civière.
• Le secouriste responsable se place à l’endroit où il pourra
le mieux surveiller la région la plus vulnérable du corps, 2
généralement la tête et les épaules, ou la partie blessée.
• Expliquer clairement aux porteurs ce qu’ils doivent faire. Si
le déplacement s’annonce difficile et si le temps le permet,
il serait bon de pratiquer avec une victime simulée afin
de réduire les risques et de rassurer la victime si elle est
consciente.
• Vérifier la solidité de la civière improvisée en y installant une
personne de poids égal ou supérieur à celui de la victime
qu’on veut transporter.
• Vérifier si on peut circuler avec la civière dans les couloirs,
par les portes et dans les escaliers sans blesser la victime.
Donner des commandes claires pour que le transport se
fasse doucement et de manière coordonnée.
Modèles de civières vendus dans le
commerce
La civière de toile à montants rigides est
le modèle vendu dans le commerce le
plus courant. À chaque extrémité, elle
comporte une barre d’écartement qui
doit être bloquée en position ouverte
avant d’utiliser la civière.
Civières improvisées
Si on ne dispose pas d’une civière
vendue dans le commerce, on peut en
improviser une au moyen de deux longs
bâtons et d’une couverture, de vêtements
ou de sacs à grain. Ne pas utiliser de
civières non rigides si l'on soupçonne
une blessure à la tête ou à la colonne
vertébrale.

85
Civière improvisée avec une couverture
1. Étendre la couverture sur le sol et déposer un bâton au tiers
de sa largeur. Replier le tiers de la couverture sur le bâton.

2 2. Placer le deuxième bâton parallèlement au premier sur la


partie double de la couverture et à environ 15 cm (6 po) du
bord plié en deux.
3. Replier le reste de la couverture sur les deux bâtons. Le
poids de la victime maintient le tout en place.

Le brancard improvisé avec des vestons


On peut également fabriquer une civière non rigide avec deux
vestes et quatre bâtons.
1. Fermer la fermeture éclair
des vestes, les boutonner
et rentrer les manches à
l’intérieur. Placer les vestes
sur le sol, le bas d’une veste
contre le col de l’autre.
2. Glisser les bâtons dans les
manches des deux vestes
pour former la civière.
3. Si la victime est de grande
taille, préparer une autre
veste et l’ajouter à la civière, le col vers le centre.

86
Méthode à quatre porteurs sans couverture
1. Les porteurs posent le genou gauche au sol, trois d’entre
eux se trouvant d’un côté de la victime et le quatrième
se trouvant de l’autre, comme le montre l’illustration. Le
quatrième porteur aide les autres à soulever et à déposer le 2
corps et à glisser la civière sous la victime.
2. Le quatrième porteur prend les mains des porteurs 1 et 2.
Lorsque les quatre porteurs tiennent fermement la victime,
le porteur 1 prévient les autres de se préparer à soulever,
puis donne la commande « Soulevez ». Ils soulèvent
doucement le corps jusqu’à la hauteur des genoux.

3. Lorsque le porteur 1 donne la commande « Repos », la


victime est délicatement posée sur les genoux pliés des
porteurs 1, 2 et 3.
4. Le porteur 1 dit au porteur 4 de positionner la civière. Le
porteur 4 reprend ensuite sa position et soutient la victime
en joignant ses mains avec une des mains des porteurs 1
et 2. Placer la civière sous la victime.

87
5. Lorsque tout le monde est en place, le porteur 1 donne les
commandes « Prêts à déposer », puis « Déposez ». L’équipe
place délicatement la victime sur la civière. Immobiliser la
victime sur la civière.
2

La méthode à trois porteurs sans couverture


Cette méthode est essentiellement la même que la méthode à
quatre porteurs, sauf que d’un côté, le poids de la victime est porté
par le secouriste et un seul autre porteur. Le troisième porteur joint
ses mains à celles du secouriste du côté opposé pour soutenir
le poids du tronc. La victime est soulevée et soutenue sur les
genoux du porteur tandis que la civière est placée sous la victime.
Le troisième porteur joint ses mains à celles du secouriste pour
déposer la victime sur la civière.

Transport de la civière
Une civière doit être transportée par quatre porteurs. Le secouriste
responsable du transport doit décider de la méthode à utiliser et
donner des instructions claires aux porteurs. Une fois que la victime
est attachée sur la civière, le secouriste se place de manière à
pouvoir surveiller la victime tout en dirigeant les porteurs.
Le secouriste place les autres porteurs à chaque bout de la civière.
Les porteurs s’accroupissent près des poignées, en direction du
déplacement.
• Lorsque les porteurs sont bien placés et tiennent
fermement la civière, donner les commandes « Prêts à lever
», puis « Levez ».
• Demander aux porteurs s’ils sont prêts. S’ils le sont, donner
la commande : « Avancez ».

88
• S’il faut s’arrêter, donner les commandes « Halte », « Prêts à
déposer », puis « Déposez ».
Pour rendre le transport le plus confortable possible pour la
victime :
• les quatre porteurs partent ensemble du pied le plus
2
rapproché de la civière et marchent au pas
• les deux porteurs partent du pied opposé et ne marchent
pas au pas
Transport la tête en premier
Il faut généralement transporter les victimes les pieds en premier.
Toutefois, il faut les transporter tête première dans les circonstances
suivantes :
• la victime est blessée aux jambes et il faut effectuer une
longue descente ou descendre un escalier. Dans ce cas, la
position tête première réduit la pression sur les jambes et
diminue la douleur
• la victime n’a pas subi de blessures aux jambes et il faut
monter une pente ou un escalier. La position tête première
réduit l’afflux de sang à la tête et rend le déplacement plus
confortable
• le chargement dans une ambulance ou le transfert dans un
lit. La position tête première est la plus sûre et elle facilite la
surveillance de la victime
Transport sur terrain accidenté
Si le terrain est accidenté, la civière doit être transportée par
quatre porteurs et demeurer aussi horizontale que possible. Les
porteurs doivent ajuster la hauteur de la civière pour compenser les
bosses et les creux du terrain.

89
Franchir un mur
Éviter de franchir les murs, même s’il faut pour cela allonger le
trajet. Si on ne peut faire autrement, procéder comme suit :

2 1. Soulever la civière et la placer de manière à ce que les


poignées avant dépassent tout juste le mur. Les porteurs
arrière maintiennent la civière à niveau pendant que les
porteurs avant franchissent le mur. Les quatre porteurs
soulèvent la civière de manière coordonnée et la déplacent
vers l’avant jusqu’à ce que les poignées arrière soient
appuyées contre le mur.
2. Les porteurs avant maintiennent la civière à niveau jusqu’à
ce que les porteurs arrière aient franchi le mur et repris leur
place.
3. Les porteurs abaissent la civière et poursuivent leur route.

90
Dégagement
Le dégagement consiste à libérer une victime qui est emprisonnée
ou enfermée dans un véhicule ou un édifice écroulé et qui ne
peut en sortir par elle-même. Offrir à la victime le meilleur soutien
possible tout au long du dégagement. Si possible, appliquer les 2
procédures de secourisme essentielles et immobiliser ses blessures
avant de la déplacer.
Si la victime court un danger immédiat, si on est seul et s’il faut
sortir la victime d’un véhicule, procéder comme suit:
1. Si les pieds sont coincés dans le
véhicule, les dégager et les déplacer
vers la sortie. Glisser l’avant-bras sous
l’aisselle du côté de la sortie et étendre
le bras pour soutenir le menton.
2. Incliner la tête de la victime
délicatement vers l’arrière de manière à
l’appuyer sur votre épaule tout en
maintenant le cou aussi rigide que
possible.Glisser l’autre avant-bras sous
l’aisselle opposée et saisir la victime par
le poignet, le bras du côté de la sortie.
3. En position d’équilibre, pivoter en
tenant la victime et en maintenant son
cou aussi rigide que possible. Traîner
la victime hors du véhicule sur une
distance suffisante pour l’éloigner du
danger et en prenant soin d’éviter les
mouvements de torsion.

91
Chapitre 3
Urgences
respiratoires

• Hypoxie
• Respiration efficace et
inefficace
• Blessures par inhalation
• Urgences respiratoires
causées par des maladies
• Asthme
• Réaction allergique grave
• Étouffement
Chapitre 3 Urgences respiratoires
Un trouble respiratoire causé par une blessure ou une maladie peut
mettre immédiatement la vie de la victime en danger. En tant que
secouriste, vous devez reconnaître très rapidement une urgence
respiratoire et appliquer les procédures de secourisme appropriées.
La vie de la victime en dépend.
3
Hypoxie
Les urgences respiratoires comme l'étouffement entraînent un
manque d’oxygène dans le sang causant un trouble appelé
hypoxie. L'hypoxie peut endommager les tissus vitaux et même
causer la mort. Les causes de l’hypoxie sont regroupées en trois
catégories :
1. Manque d’oxygène — par exemple :
• la faible concentration d’oxygène en haute altitude
• le déplacement de l’oxygène par d’autres gaz comme
l'accumulation de gaz de silos dans un silo à grains
• l’épuisement de l’oxygène dans un espace limité,
comme dans un espace confiné
2. Voies respiratoires obstruées — par exemple :
• l'étouffement causé par un corps étranger, comme de
la nourriture
• l'obstruction des voies respiratoires par la langue
• l'enflure des voies respiratoires résultant d'une réaction
allergique
3. Défaillance des fonctions cardiaques et pulmonaires– le
cœur et les poumons ne fonctionnent pas normalement en
raison :
• d’une maladie, comme la pneumonie ou l’insuffisance
cardiaque congestive
• d'une blessure qui nuit à l'efficacité de la respiration
• d’une surdose de médicament ou de drogue ou d'un
empoisonnement

94
Respiration efficace et inefficace
La fréquence respiratoire normale diffère chez le bébé, l’enfant et
l’adulte. Une fréquence respiratoire trop lente ou trop rapide est
un signe d’urgence respiratoire. Le rythme respiratoire désigne
l’intervalle entre les respirations. Lors d’une respiration normale,
les intervalles sont réguliers et la respiration s’effectue sans effort;
il s’agit d’une respiration régulière. L'amplitude respiratoire
désigne la quantité d’air inspiré et expiré des poumons à chaque 3
respiration. Les signes d’une respiration efficace incluent les
suivants :
• une respiration silencieuse
• les deux côtés de la poitrine se soulèvent également
lorsque la personne inspire
• la personne est alerte et détendue
• la couleur de la peau est normale
• la capacité de parler sans prendre une respiration après
quelques mots
Lorsqu’une personne ne reçoit pas suffisamment d’oxygène, le
corps réagit par des respirations plus rapides et plus profondes. Les
signes d’une respiration inefficace incluent les suivants :
• la victime est essoufflée ou elle halète
• la fréquence respiratoire est trop lente ou trop rapide
• le rythme respiratoire est irrégulier
• la respiration est trop superficielle ou trop profonde
• la respiration est bruyante ou rauque
• la personne est fatiguée par l’effort qu’elle doit faire pour
respirer
• la personne transpire
• diminution du niveau de conscience
• les lèvres, les oreilles et les ongles semblent
bleutées (cyanose)
• le mouvement de la poitrine peut être anormal

95
Procédures de secourisme en cas de respiration
inefficace
Il faut toujours envoyer quelqu’un ou aller soi-même chercher des
secours médicaux dès le premier signe d’une urgence respiratoire.
Les procédures de secourisme en cas de respiration inefficace
comprennent deux parties :
3 1. Appliquer les procédures de secourisme propres à la
blessure ou à l’état et, si possible, placer la victime réactive
en position semi-assise.
2. Si la victime arrête de respirer et ne réagit plus, obtenir
immédiatement des secours médicaux et amorcer la RCR.
Le tableau suivant présente certaines des causes des urgences
respiratoires. Pour appliquer les procédures de secourisme,
déterminez d'abord la cause de l’urgence respiratoire et décidez
ensuite du meilleur traitement à appliquer.

Causes des urgences respiratoires


Blessures Troubles médicaux Empoisonnement
côtes fracturées asthme empoisonnement par
inhalation, comme le
monoxyde de carbone
ou le sulfure d’hydrogène
(H2S)
quasi-noyade accident vasculaire empoisonnement par
cérébral ingestion,
comme les produits de
nettoyage domestiques
ou une surdose de
médicament
plaie par réaction allergique empoisonnement par
couteau ou par injection, comme une
balle piqûre d’abeille
brûlure au pneumonie
visage ou
des voies
respiratoires

96
blessure à la insuffisance cardiaque
tête congestive
compression emphysème/bronchite
thoracique
qui empêche
l'expansion de
la poitrine
3
Blessures par inhalation
Ce type de blessure survient lorsqu'une personne inhale de la
vapeur ou de l'air chaud (surchauffé), de la fumée ou des produits
chimiques toxiques.
Les blessures par inhalation se manifestent par les signes et
symptômes de l’état de choc :
• étourdissements, agitation, confusion
• pâleur ou cyanose
• fréquence ou amplitude respiratoire anormale
Accompagnés d'un historique de feu et des signes et symptômes
suivants :
• respiration bruyante
• douleur à la respiration
• brûlures du visage, particulièrement de la bouche et du nez
• poils du visage ou cheveux roussis
• haleine qui sent la suie ou la fumée
• maux de gorge, voix et toux rauques, difficulté à avaler

Procédures de secourisme en cas de blessures par


inhalation
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
Appliquer les procédures de secourisme propres aux points
ABC.
2. Placer la victime consciente en position semi-assise et
desserrer les vêtements ajustés au cou, à la poitrine et à la
taille.

97
3. Si la victime arrête de respirer, amorcer la RCR en
commençant par des compressions.
4. Donner les soins continus jusqu’à la prise en charge par les
secours médicaux.

Urgences respiratoires causées par des


maladies
3 Les maladies qui peuvent provoquer des troubles respiratoires
graves comprennent l’asthme, les allergies, la maladie pulmonaire
obstructive chronique (comme l’emphysème), l’insuffisance
cardiaque congestive, l'accident vasculaire cérébral et la
pneumonie.

Maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC)


La maladie pulmonaire obstructive chronique est un terme utilisé
pour décrire les affections respiratoires comme la bronchite
chronique et l'emphysème. Les personnes atteintes présentent
des symptômes durables d’essoufflement et semblent avoir de la
difficulté à respirer. Certaines personnes plus gravement atteintes
utilisent de l’oxygène d’appoint, qui est acheminé par une canule
nasale depuis une bombonne qu'elles transportent avec elles.

Asthme
L'asthme est une affection respiratoire réactionnelle caractérisée
par des crises répétées d'essoufflement, accompagnées d'une
toux et d'une respiration sifflante. Une crise d'asthme légère n'est
pas une urgence médicale et peut être traitée par la victime. Par
contre, une crise d'asthme grave peut être mortelle et nécessite
l'application immédiate des procédures de secourisme. La réaction
à un déclencheur provoque la contraction et l'enflure des voies
respiratoires et la formation de mucus.
Voici certains des déclencheurs courants de l'asthme :
• Rhumes, infections des voies respiratoires supérieures
• Squames d'animaux
• Morsures et piqûres d’insectes
• Aliments
• Pollen, peinture et fumée

98
Signes et symptômes de la crise d’asthme grave :
• essoufflement et difficulté respiratoire évidente
• toux ou respiration sifflante
• respiration rapide et superficielle
• la victime tente de respirer assis droit
• coloration bleutée du visage (cyanose) 3
• anxiété, serrement à la poitrine
• pouls rapide, état de choc
• agitation au début, suivie de fatigue

Procédures de secourisme en cas de crise d’asthme


grave
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
Envoyer chercher des secours médicaux.
2. Placer la victime dans la position où elle respire le mieux.
C’est habituellement en position assise, les bras appuyés
sur une table.
3. Aider la victime à prendre ses médicaments.
4. Donner les soins continus.
5. Si la victime inconsciente arrête de respirer, commencer la
RCR.
Une personne asthmatique peut avoir en sa possession un
médicament sous une des formes suivantes :
• Aérosol-doseur (pompe)
• Turbuhaler (inhalateur)
• DiskusMD
Habituellement, cette personne est en mesure de prendre son
médicament sans aide. Si toutefois elle a besoin d’aide, un
secouriste peut lui prêter assistance.
L’inhalateur-doseur libère une dose prédéterminée de médicament.
Toujours lire les instructions du fabricant et s’y conformer. Consulter
l’étiquette d’ordonnance pour vérifier le nom de la victime et la
date de péremption.

99
Aider la victime à utiliser un aérosol-doseur
L’aérosol-doseur (ou « pompe ») est le mode
d’administration le plus courant pour les
médicaments contre l’asthme.
1. Agiter le contenant et enlever le
capuchon.
3 2. Demander à la victime d’expirer à fond. Consulter la
législation et la
réglementation
du lieu de travail
applicables à
votre région.

3. Demander à la victime de respirer lentement et


profondément – lorsqu’elle s’exécute, appuyer sur
l’aérosol-doseur pour libérer le médicament. L’aérosol-
doseur peut être placé dans la bouche ou juste devant la
bouche.

4. Lui demander de retenir sa respiration pendant


10 secondes afin que le médicament puisse atteindre les
poumons. Lui demander ensuite de respirer normalement
pour éviter d’expulser le médicament. Si d’autres doses
sont nécessaires, attendre au moins trente secondes à une
minute avant de répéter ces étapes.

100
Tubes d'espacement (AerochamberMD)
Lorsque le médicament sort de l'aérosol-doseur, il peut se déposer
au fond de la gorge sans atteindre les poumons ou la victime
peut haleter et avoir de la difficulté à retenir son souffle. Dans ce
cas, utiliser un tube d'espacement si disponible. Le tube retient
le médicament en aérosol et permet à la victime de l'absorber
complètement en plusieurs inhalations. 3
Le tube d'espacement facilite l'aspiration du médicament et devrait
toujours être utilisé, si disponible. Les petits enfants et les autres
victimes ayant des difficultés de coordination de l’inhalation avec la
libération du médicament auront généralement un tube
d'espacement en leur possession.

Il leur permet d’effectuer deux ou trois inhalations avant que le


médicament ne se disperse totalement. Il est possible de fixer un
masque au dispositif pour faciliter la prise du médicament.

Si la victime se plaint d’une irritation de la gorge après avoir utilisé


l’aérosol-doseur, lui demander de se gargariser ou de se rincer la
bouche avec de l’eau.

101
Réaction allergique grave
Une réaction allergique survient lorsque le système immunitaire
réagit à une substance qui entre dans l'organisme. La plupart des
allergies sont désagréables, mais inoffensives.
L'anaphylaxie est une réaction allergique grave qui survient
lorsqu'un allergène entre dans l'organisme du patient. Elle peut
3 aussi être déclenchée par l’exercice ou n’avoir aucune cause
connue. L’anaphylaxie peut survenir quelques secondes, quelques
minutes ou quelques heures après l'exposition. En règle générale,
plus la réaction est rapide, plus elle est violente. L’anaphylaxie est
une urgence médicale grave qui nécessite des soins médicaux
immédiats.
Les premiers signes et symptômes courants d'une réaction
allergique peuvent comprendre de l'urticaire et des rougeurs sur
la peau, accompagnées de démangeaison, des éternuements et le
nez qui coule, ainsi que de la toux.
Une réaction allergique grave peut être accompagnée d'une
enflure du visage et du cou, en particulier des lèvres et de la
langue. Si l'enflure est interne, la victime peut avoir de plus en
plus de mal à respirer. La victime peut avoir des nausées ou vomir.
Elle peut aussi éprouver de l'anxiété et un sentiment de mort
imminente provoqués par une baisse de pression artérielle et un
état de choc. Il s'agit d'une réelle urgence médicale qui nécessite
l'application immédiate des procédures de secourisme.
Procédures de secourisme en cas de réaction allergique
grave
1. Effectuer un examen des lieux et une
évaluation primaire. Envoyer chercher des
secours médicaux.
2. Placer la victime dans la position où
elle respire le mieux; habituellement en
position assise. Consulter la
législation et la
3. Aider la victime à prendre son réglementation
médicament, généralement un auto- du lieu de travail
injecteur d'épinéphrine. applicables à
4. Donner les soins continus. votre région.

102
Il est important de bien connaître les instructions du fabricant qui
sont indiquées sur le côté et de les suivre.
Vérifier la date de péremption. Si le seul auto-injecteur disponible
est périmé, il peut toujours sauver une vie et doit être administré
comme indiqué si le liquide est encore clair.

Utiliser l’auto-injecteur :
1. Retirer l’auto-injecteur EpiPenMD de l’éprouvette. Le
3
maintenir fermement par l’embout orange vers le bas.
Retirer le dispositif de sécurité bleu.

2. N’injecter la solution que dans la partie charnue située à


mi-hauteur de la face externe de la cuisse. Il est possible
d’utiliser les auto-injecteurs à travers des vêtements fins.
3. Presser fermement l’embout orange de l’auto-injecteur
EpiPenMD contre la partie extérieure de la cuisse, à mi-
hauteur, jusqu’à ce que l’unité s’active.
4. Maintenir l’auto-
injecteur en place
pendant quelques
secondes, puis le
retirer.

103
5. Après avoir donné l’injection, garder la victime au chaud et
lui éviter tout effort. Appeler le 9-1-1 dès que vous avez
injecté la première dose.

Si l'état de la victime ne s'améliore pas dans les cinq minutes


suivant l'injection ou s'il se détériore avant l'arrivée des secours
médicaux, donner une deuxième dose si possible. Il vous faudra un
deuxième auto-injecteur EpiPenMD. Les personnes qui ressentent
des vertiges ou des étourdissements en raison d’un choc imminent
doivent être allongées sur le dos, sauf si elles vomissent ou
respirent difficilement.
La victime ne doit pas s’asseoir ni se lever immédiatement, car
cela peut provoquer une baisse de la pression artérielle. L’effet
du médicament commence à se dissiper après 10 ou 20 minutes.
Obtenir immédiatement des secours médicaux.
En cas d’injection accidentelle à soi-même ou à une autre
personne, obtenir des secours médicaux.
Suivre les instructions du fabricant pour manipuler correctement le
dispositif utilisé. Replacer l’auto-injecteur usagé dans son tube de
rangement et l’apporter à l’hôpital avec la victime.

104
Étouffement
On dit qu’une personne est en train de s’étouffer lorsque ses voies
respiratoires sont partiellement ou complètement obstruées et que
l’apport d’air dans les poumons est réduit ou interrompu. La victime
peut avoir de la difficulté à respirer ou ne pas respirer du tout.

Voies respiratoires dégagées


3

voies respiratoires partiellement obstruées

Voies respiratoires complètement obstruées

105
Causes de l'étouffement
Corps étrangers Langue Enflure
chez le bébé en position couchée, blessure de
et l’enfant : chute de la langue dans la gorge qui
aliments, jouets, l’arrière-gorge entraîne une
boutons, pièces enflure des voies
3 de monnaie, etc. respiratoires

chez l’adulte : présence de salive, de maladie qui


boire rapidement sang ou de vomissures cause de
avec des aliments dans la gorge l’enflure, comme
dans la bouche une réaction
allergique,
l'asthme,
l'épiglottite,
la laryngite
diphtérique ou «
croup »
chez la personne enflure des voies
âgée : aliments, respiratoires
pilules

Si l’échange est bon, l’obstruction est légère et la victime est


encore capable de tousser vigoureusement, de respirer et de parler.
S’il est médiocre, l’obstruction est grave et la victime est incapable
de tousser vigoureusement, elle respire difficilement et ne peut pas
parler. Si l’obstruction est complète, l’échange respiratoire est nul;
la victime est incapable de tousser, de respirer et de parler.
Lorsque les poumons ne reçoivent plus d’air, le visage devient
immédiatement rouge ou « congestionné ». Peu après, lorsque la
réserve d’oxygène est épuisée, le visage devient gris et les lèvres et
les lobes des oreilles deviennent bleus. La victime perd conscience
et son cœur finit par cesser de battre.

106
Signes de l’étouffement
Obstruction légère Obstruction grave
capable de parler incapable de parler
signes de détresse – signes de détresse –
expression de peur dans les expression de peur dans les
yeux yeux
toux vigoureuse toux faible ou inexistante
3
sifflement et nausées entre les son aigu ou absence de son
quintes de toux lorsque la personne essaie
de respirer
visage rouge ou visage gris, lèvres et oreilles
« congestionné » bleues

Procédures de secourisme en cas d’étouffement


Procédures de secourisme chez un enfant ou un adulte qui s'étouffe
1. Effectuer un examen des lieux.
2. Si la victime peut tousser vigoureusement, parler ou
respirer, la laisser expulser l'objet. Si une obstruction légère
persiste plus de quelques minutes, obtenir des secours
médicaux.
Si vous pensez qu’il y a une grave obstruction, vérifier en
demandant à la victime « Es-tu étouffé? » Si elle est incapable
de tousser vigoureusement, de parler ou de respirer, appliquer
des tapes dans le dos suivies de
poussées abdominales pour dégager
l’obstruction.
1. Donner des tapes dans le dos et
des poussées abdominales :
2. Soutenir la victime et donner
jusqu’à cinq tapes entre les omoplates
en utilisant le talon de la main.
3. Si l'obstruction n'est pas dégagée,
se tenir derrière la victime pour la
soutenir si elle perd conscience.

107
4. Former un poing et le placer sur l’abdomen de la victime,
au niveau du nombril, aligné
sur les hanches. Saisir le poing
avec l'autre main et donner
cinq poussées abdominales
vigoureuses vers l'intérieur et
vers le haut.
3 5. Si l’objet n’est pas délogé,
répéter les tapes dans le dos
et les poussées abdominales.
Si la victime est inconsciente
1. L’allonger sur le sol. Appeler
les secours médicaux et obtenir un DEA, si disponible.
2. Amorcer les compressions immédiatement. Après
les 30 premières compressions, vérifier la bouche.
Retirer le corps étranger si vous pouvez le voir. Donner
deux insufflations. Si l'air ne pénètre pas, continuer de
donner des compressions thoraciques et de vérifier la
bouche avant de donner des insufflations.

Procédures de secourisme pour une victime qui


s'étouffe et qui est beaucoup plus corpulente que le
secouriste
Si la victime qui s'étouffe est
beaucoup plus corpulente que
le secouriste ou est en état de
grossesse avancée, donner
des tapes dans le dos selon la
procédure habituelle, suivies de
poussées thoraciques.
1. Soutenir la victime et
donner jusqu’à cinq tapes
entre les omoplates en
utilisant le talon de la
main.
2. Si l'obstruction n'est pas dégagée, se tenir derrière la
victime.

108
3. Garder les bras à l’horizontale et serrés sous ses aisselles.
4. Poser le poing contre la partie inférieure du sternum, le
pouce vers l’intérieur.
5. Saisir le poing avec l’autre
main. Tirer vers soi avec force.
6. Continuer de donner des tapes
dans le dos et des poussées 3
thoraciques, jusqu’à ce que
l’objet soit délogé ou que la
victime perde conscience.

Étouffement chez l'adulte


– auto-application des
procédures de secourisme
Si vous vous étouffez, vous pourriez devoir dégager vos voies
respiratoires par vous-même.
1. Si d’autres personnes sont présentes, attirez leur attention.
Surtout, ne vous isolez pas des autres.
2. Essayez de tousser pour expulser l’objet.
3. Donnez-vous des poussées abdominales jusqu’à ce que
vous puissiez tousser vigoureusement, respirer ou parler.

109
Vous pouvez également utiliser un objet solide, comme le dos
d’une chaise, une table ou l’extrémité d’un plan de travail.

• Placez-vous de manière à ce que l’objet se trouve juste au-


dessus de vos hanches.
• Comprimez-vous vigoureusement l’abdomen afin de
produire des poussées abdominales.

Principe de poussée abdominale


Lorsque nous nous étouffons, notre
corps a le réflexe de tousser pour
dégager les voies respiratoires.
Dans la poussée abdominale, on
cherche à obtenir le même résultat
en provoquant la toux. L’illustration
montre comment une poussée
abdominale provoque la toux.
La poussée abdominale déplace
très rapidement le diaphragme vers
le haut en direction des poumons.
L’air des poumons est forcé dans les
voies respiratoires et peut propulser
l’objet.
Pour que la manœuvre soit efficace,
le poing doit être placé au bon
endroit. Les avant-bras ne doivent pas toucher l’abdomen et
chaque poussée doit être donnée avec force et rapidité.

110
Procédures de secourisme pour une victime en
fauteuil roulant qui s'étouffe
S’il est possible de passer les bras autour du fauteuil, donner
des tapes dans le dos selon la procédure habituelle, suivies de
poussées abdominales ou thoraciques. Sinon :
• Appuyer le fauteuil roulant contre un mur.
• Appliquer le frein du fauteuil.
3

• Si possible, pencher délicatement la victime vers l'avant et


soutenir ses épaules. Donner cinq tapes dans le dos entre
les omoplates, en utilisant le talon de la main.
• Placer le talon d’une main au centre de l’abdomen, l’autre
main par-dessus. Donnez des poussées saccadées vers le
haut.
• Sinon, poser le talon d'une main au centre du sternum et
donner des poussées thoraciques fermes.
• Répéter les tapes dans le dos et les poussées thoraciques
ou abdominales jusqu’à ce que l’objet soit délogé ou que
la victime perde conscience.
Si un médecin, un physiothérapeute ou un autre professionnel de
la santé vous a enseigné une autre méthode pour effectuer les
poussées abdominales sur une personne dont vous prenez soin,
utiliser la méthode recommandée.

111
Si la victime perd conscience, l’extraire du fauteuil roulant.
• Appeler les secours médicaux et obtenir un DEA.
• Tirer la victime vers le soi en la soutenant le mieux possible
et l'allonger sur le sol.

• Faire rouler la victime pour la mettre sur le dos.

• Amorcer les compressions immédiatement. Après les


30 premières compressions, vérifier la bouche. Retirer le
corps étranger si vous pouvez le voir. Essayer de donner
deux insufflations et continuer de donner des compressions
thoraciques et de vérifier la bouche avant de donner des
insufflations.

112
Procédures de secourisme pour un nourrisson qui
s'étouffe
La toux, des haut-le-cœur et une respiration sifflante et difficile sont
tous des signes qu'un nourrisson s'étouffe.
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. S’il peut tousser vigoureusement ou respirer, le laisser
expulser l'objet. Si l'obstruction légère persiste plus de 3
quelques minutes, envoyer chercher des secours médicaux.

3. Si le bébé est incapable de tousser vigoureusement, s’il ne


peut pas respirer, si sa respiration est sifflante ou s’il devient
bleu, lui donner des tapes dans le dos et des poussées
thoraciques.
4. Tenir le bébé sur son avant-bras, son visage vers le bas.

113
5. Tenir le bébé la tête plus basse que le tronc et, du talon de
la main, lui donner cinq tapes vigoureuses dans le dos entre
les omoplates.

6. Retourner le bébé sur le dos et lui donner cinq poussées


thoraciques.

7. Répéter les tapes dans le dos et les poussées thoraciques


jusqu’à ce que les voies respiratoires soient dégagées ou
que le bébé perde conscience.
8. S'il perd conscience, envoyer chercher des secours
médicaux. Amorcer les compressions immédiatement.
Après les 30 premières compressions, vérifier la bouche.
Retirer le corps étranger si vous pouvez le voir. Essayer
de donner deux insufflations et continuer de donner des
compressions thoraciques et de vérifier la bouche avant de
donner des insufflations.

114
115
Chapitre 4
Urgences
cardiovasculaires
et réanimation
cardiorespiratoire (RCR)

• Maladies cardiovasculaires
• Chaine de survieMD
• Angine de poitrine et crise
cardiaque
• AVC et accident ischémique
transitoire (AIT)
• Arrêt cardiaque
• Réanimation
cardiorespiratoire (RCR)
• Défibrillation externe
automatisée (DEA)
Chapitre 4 Urgences cardiovasculaires et
réanimation cardiorespiratoire (RCR)
Maladies cardiovasculaires
Au Canada, les maladies cardiovasculaires constituent l'une
des principales causes de décès chez les adultes. Si les victimes
recevaient les procédures de secourisme appropriées, un grand
nombre de décès pourrait être évité. Ce chapitre présente les
4 procédures de secourisme propres aux urgences cardiovasculaires,
y compris :
• les procédures de secourisme en cas d’angine de poitrine
ou de crise cardiaque
• les procédures de secourisme en cas d’accident vasculaire
cérébral (AVC) et d’accident ischémique transitoire (AIT)
• les procédures de secourisme en cas d’arrêt cardiaque,
c’est-à-dire la RCR

Hypertension artérielle ou haute pression


La pression artérielle est la
pression exercée par le sang sur
les parois internes des vaisseaux
sanguins. Elle s’élève et elle
s’abaisse de façon naturelle.
Lorsqu’une personne est
excitée ou soumise à un stress
émotionnel, sa pression artérielle
augmente d’abord pour ensuite
s’abaisser une fois l’excitation
passée. Chez certaines personnes,
la pression artérielle reste toujours élevée. C’est ce que l’on appelle
l’hypertension artérielle.
À la longue, l’hypertension endommage les tissus du système
cardiovasculaire. Les parois des vaisseaux sanguins s’épaississent
et perdent de leur élasticité et le cœur augmente de volume. Les
changements provoqués par l’hypertension artérielle accroissent
le risque d’accident vasculaire cérébral, de crise cardiaque et de
troubles rénaux et oculaires. Malheureusement, l’hypertension ne

118
donne pas toujours de signes avant-coureurs; on peut se sentir très
bien et faire de l’hypertension. C’est pourquoi on dit souvent que
l’hypertension est un « tueur silencieux ».
Si vous êtes préoccupé par votre pression artérielle, adressez-vous
à votre fournisseur de soins principal. Les tensiomètres accessibles
en pharmacie peuvent vous aider à surveiller votre pression
artérielle, mais ne peuvent servir à réaliser un autodiagnostic.

Le rétrécissement des artères


Les artères sont les vaisseaux sanguins qui transportent le sang du
cœur vers les tissus. Leur paroi interne est endommagée par les
4
dépôts de matières grasses, qui provoquent un rétrécissement du
vaisseau. Ce processus de dépôt de matières grasses et de
rétrécissement se nomme athérosclérose. Dans les artères
coronaires, qui transportent le sang oxygéné vers le cœur, il se
nomme coronaropathie.

À mesure que l’artère se rétrécit, elle laisse passer de moins en


moins de sang. Il arrive un point où elle est si étroite que les
tissus qui se trouvent au-delà du rétrécissement ne reçoivent plus
suffisamment de sang oxygéné pour fonctionner normalement.
Bien que les signes et symptômes du rétrécissement des artères
ne se manifestent pas habituellement avant l’âge moyen,
l’athérosclérose commence souvent au cours de l’enfance.

Angine de poitrine
L'angine de poitrine survient lorsque les artères sont rétrécies,
endommagées ou obstruées, provoquant une diminution de

119
l'apport sanguin vers le muscle cardiaque. Lorsque le cœur
travaille plus fort et exige plus de sang (par exemple, courir pour
attraper l’autobus ou pelleter de la neige), il ne reçoit alors pas
suffisamment de sang. La personne éprouve de la douleur ou un
inconfort dans la poitrine qui peut s’étendre au cou, à la mâchoire,
aux épaules et aux bras. L'angine de poitrine est habituellement
de courte durée et disparaît si la personne se repose ou prend les
médicaments qui lui sont prescrits.

Crise cardiaque
4 La crise cardiaque survient lorsque l’apport de sang au muscle
cardiaque est interrompu, ce qui cause une nécrose d'une partie
de celui-ci. La crise cardiaque ressemble beaucoup à l’angine
de poitrine, sauf que le repos et les médicaments ne font pas
disparaître la douleur. Si le système électrique du cœur est atteint,
ou si une partie importante du muscle cardiaque est touchée, le
cœur peut cesser de battre. C'est l’arrêt cardiaque.

Facteurs de risque
Plusieurs facteurs augmentent les risques de maladie
cardiovasculaire, de crise cardiaque et d’accident vasculaire
cérébral. Ces facteurs peuvent être divisés en deux catégories :
les facteurs de risque modifiables et les facteurs de risque non
modifiables.
Les facteurs de risque modifiables peuvent mener à la dyslipidémie
(l’accroissement des dépôts de matières grasses), l’obésité, le
diabète et l’hypertension artérielle.

Non modifiables Modifiables


• Âge • Usage du tabac
• Antécédents génétiques • Mauvaise alimentation
• Sexe • Manque d'exercice
• Stress élevé
Les risques modifiables peuvent être réduits par des changements
aux habitudes de vie.

120
Chaîne de survieMD
Lorsque les gens pensent aux procédures de secourisme pour
la crise ou l'arrêt cardiaque, c'est souvent la RCR qui leur vient à
l'esprit. La RCR n'est toutefois qu'une des étapes essentielles. Il y
a cinq étapes importantes pour aider une personne souffrant de
problèmes cardiaques.

1. Reconnaissance immédiate de l’urgence


cardiovasculaire et communication avec
les services médicaux d'urgence (SMU) 4
communautaires. Il faut demander
rapidement de l’aide.
2. Administration rapide de la CPR avec
compressions thoraciques.
3. Défibrillation rapide.
4. Soins avancés en réanimation efficaces.
5. Soins intégrés postérieurs à un arrêt
cardiaque.
Toutes les étapes sont aussi importantes les unes
que les autres. Le temps est un facteur vital. Il
faut amorcer la RCR, suivie de la défibrillation,
immédiatement et rapidement pour que la victime
de l’arrêt cardiaque ait une chance raisonnable
de survivre. Dans les deux cas, plus on réagit
rapidement, meilleures sont les chances de survie.
En tant que première personne qualifiée à arriver
sur les lieux, le secouriste est responsable des
étapes à suivre. Il doit reconnaître l’urgence
cardiovasculaire, appeler des secours médicaux,
amorcer la RCR, au besoin, et utiliser un
défibrillateur s'il y en a un sur les lieux. Le secouriste
joue un rôle important dans les trois premières
étapes de la chaîne de survieMD.

121
Angine de poitrine et crise cardiaque
Reconnaissance rapide et déni
La première étape est la reconnaissance de l’urgence
cardiovasculaire. Il n’est pas facile d’accepter qu’une personne soit
victime d’une crise cardiaque et qu’il est possible qu'elle meure très
rapidement, surtout s'il s'agit d’un membre de la famille ou d'un
ami proche. De plus, la victime nie souvent qu’il lui arrive quelque
chose de grave. Il est donc facile de la croire lorsqu'elle nous dit
4 que tout va bien.
En moyenne, il s’écoule plusieurs heures entre l’apparition des
premiers malaises et l’arrivée de la victime à l’hôpital. C’est cette
perte de temps qui nous empêche de sauver de nombreuses
vies. Lorsqu'une personne se plaint de douleurs thoraciques et
d'essoufflement et que sa peau a un aspect inhabituel, il faut
immédiatement penser que la situation est grave – c'est ce qu'on
appelle la reconnaissance rapide – et appeler les secours médicaux
sans tarder. Plus la victime est transportée rapidement à l’hôpital,
plus ses chances de survie sont meilleures.
Si tout va bien, les ambulanciers pourront rassurer la victime. Par
contre, si la situation est grave, vous aurez sauvé une vie.

Signes et symptômes de l’angine de poitrine et de la crise


cardiaque:
Une crise cardiaque provoquera un état de choc
et pourrait présenter un ou plusieurs des signes et
symptômes suivants:
• peau pâle ou cendreuse
• peau moite de sueur et froide au
toucher
• essoufflement
• douleur et inconfort évidents

122
La victime peut éprouver de la douleur ou de l'inconfort dans
la partie supérieure du corps, soit du haut de l'abdomen à la
mâchoire et aux bras, qui se manifeste de la façon suivante :
• lourdeur dans la poitrine
• oppression ou pression dans la poitrine
• serrement ou écrasement de la poitrine
• indigestion, nausées ou vomissements
• douleur à la mâchoire
• douleur à l'épaule ou aux bras 4
Autres signes et symptômes possibles :
• fatigue
• anxiété, qui mène au déni
• douleur au milieu du dos
Le déni est un facteur à ne pas négliger. Si une personne qui
présente des signes de l'état de choc, qui a du mal à respirer et qui
éprouve de la douleur insiste pour dire que tout va bien, méfiez-
vous et prenez les mesures qui s'imposent.

Procédures de secourisme en cas d’angine de


poitrine ou de crise cardiaque
1. Effectuer un examen des lieux, puis une évaluation
primaire. Poser des questions à la victime :
• « Pouvez-vous me dire à quel endroit vous avez mal? »
• « Avez-vous déjà eu une douleur semblable? »
• « Avez-vous un médicament pour soulager cette
douleur? »
2. Appeler les secours médicaux et obtenir un défibrillateur.
3. Placer la victime au repos, en position semi-assise de
préférence, et la rassurer.

123
4. Aider la victime consciente à prendre son médicament,
généralement de la nitroglycérine. Si la victime n’a pas
de médicament ou si la première dose est inefficace,
demander à la victime si elle est allergique à l’AAS ou si un
médecin lui a déjà recommandé de ne pas en prendre. Si
la victime croit qu'elle peut en prendre, lui recommander
de mâcher un comprimé régulier d’AAS pour adulte (ou
deux comprimés d’AAS pour enfants). Les propriétés
anticoagulantes de l'AAS contribuent à réduire les effets
d’une crise cardiaque.
4 5. Si la victime perd conscience et arrête de respirer, amorcer
la RCR.

Aider la victime à prendre sa nitroglycérine

La nitroglycérine, en comprimés ou en aérosol, est couramment


employée pour soulager la douleur angineuse chronique. Une
victime en situation de détresse importante pourrait avoir besoin de
votre aide pour prendre son médicament.
Demander à la victime si elle a pris d'autres médicaments
aujourd'hui. Si elle prend des médicaments pour la dysfonction
érectile comme le ViagraMD ou le CIALISMD, lui donner de la
nitroglycérine pourrait provoquer une baisse importante de la
pression artérielle.
Demander à la victime de vaporiser le médicament sous la langue
ou de placer les comprimés sous la langue, sans les avaler.
Il est possible de répéter la dose prescrite de nitroglycérine, au
besoin, à des intervalles de 5 à 10 minutes pour soulager la douleur,
124
et ce, jusqu’à un maximum de trois doses. N'oubliez pas d'appeler
les secours médicaux si vous devez aider une victime à prendre son
médicament.

AVC et accident ischémique transitoire (AIT)


Accident vasculaire cérébral (AVC)
L'AVC est provoqué par la rupture des vaisseaux sanguins ou
le blocage d'une artère du cerveau qui interrompt la circulation
sanguine dans une partie du cerveau. Un AVC peut causer
des lésions cérébrales qui perturbent certaines fonctions de
4
l’organisme, selon la partie atteinte du cerveau.

Accident ischémique transitoire (AIT)


L'AIT est causé par un manque d’oxygène dans une partie du
cerveau. Il présente les mêmes symptômes que l'AVC, mais est
généralement de courte durée et ne provoque pas de dommages
permanents au cerveau.

Aujourd'hui, les médecins offrent des traitements pour rétablir la


circulation sanguine vers le muscle cardiaque et le cerveau, mais ils
sont plus efficaces s'ils sont entrepris rapidement. C'est pourquoi il
importe de reconnaître rapidement la crise cardiaque et d'appeler
le 9-1-1 pour envoyer la victime à l’hôpital au plus tôt, car plus le
traitement est retardé, plus les lésions cardiaques ou cérébrales
seront graves.

125
Suivre la méthode VITE pour vérifier les signes et symptômes d'un
AVC et appeler immédiatement les secours médicaux.
• Visage – affaissement du visage. Demander à la victime
de sourire. Un côté du visage ne bouge pas aussi bien que
l'autre.
• Incapacité. Demander à la victime d'allonger les bras
devant elle, les paumes vers le haut, et de fermer les yeux.
Un des bras pourrait ne pas bouger ou redescendre par
rapport à l'autre.
4 • Trouble de la parole ou de prononciation. Demander à
la victime de répéter une phrase que vous dites. La victime
peut bafouiller, ne pas dire les bons mots ou être incapable
de parler.
• Extrême urgence. Quand les symptômes sont-ils apparus?
Demander à la victime, ou à un membre de sa famille,
aux amis ou aux passants à quel moment les symptômes
ont été observés. Appeler immédiatement les secours
médicaux; plus le délai d'intervention est court, meilleurs
sont les résultats.
Les autres signes et symptômes d'un AVC sont les suivants :
• Vision trouble
• Confusion soudaine
• Étourdissements
• Maux de tête
• Perte d'équilibre
Il est important que le secouriste ne confonde pas les signes et
symptômes d’un AVC avec ceux d’une intoxication.
Procédures de secourisme en cas d’AVC et d’AIT
1. Effectuer un examen des lieux, puis une évaluation
primaire. Procéder à une évaluation selon la méthode VITE.
2. Appeler des secours médicaux.
3. Placer la victime au repos, en position semi-assise.
4. Ne rien lui donner par la bouche, en particulier de l'AAS.
5. Donner des soins continus.

126
Si la victime perd conscience, la placer en position latérale de
sécurité. En cas de paralysie, placer le côté paralysé vers le haut.
afin de réduire les risques de lésions des tissus ou des nerfs du côté
touché.

Arrêt cardiaque
L'arrêt cardiaque se produit lorsque le cœur ne bat pas de manière
efficace. Lorsqu'il n'y a plus de circulation sanguine vers le cerveau,
la victime ne réagit plus et cesse de respirer. Une victime d'un arrêt
cardiaque est essentiellement en état de mort clinique, mais il est 4
possible de ramener le rythme à la normale si la RCR est amorcée
et qu'un défibrillateur est installé sans tarder.

Voici les causes courantes d’arrêt cardiaque :


• Crise cardiaque
• Blessure grave
• Choc électrique
• Surdose de drogue ou de médicament
• Noyade
• Suffocation

Réanimation cardiorespiratoire (RCR)


La RCR est une combinaison de respiration artificielle et de
circulation artificielle. La respiration artificielle fournit de l’oxygène
aux poumons. La circulation artificielle fait circuler le sang
dans l’organisme. La RCR est pratiquée dans le but de fournir
suffisamment de sang oxygéné au cerveau et aux autres organes
pour retarder les dommages jusqu’à ce que le cœur recommence à
battre ou jusqu'à la prise en charge par les secours médicaux. Plus
les interruptions des compressions sont limitées, plus la RCR est
efficace.

127
RCR chez l’adulte
1. Effectuer un examen des lieux.
2. Évaluer la faculté de réponse.
3. Si la victime ne réagit pas, appeler les secours médicaux
à l'aide d'un téléphone cellulaire, puis utiliser la fonction
mains libres. Envoyer quelqu'un chercher un DEA. Si vous
n'avez pas de téléphone cellulaire à votre disposition,
envoyer quelqu’un ou aller soi-même chercher des secours
4 médicaux et un DEA, si disponible.
4. Effectuer une évaluation primaire.
• Ouvrir les voies respiratoires.
• Vérifier la respiration au moins 5 secondes, mais pas
plus de 10 secondes.

5. Si la victime ne respire pas, ou si sa respiration est inefficace


(respiration agonique), placer vos mains au milieu de la
partie supérieure de sa poitrine, les épaules directement
au-dessus des mains. Garder les coudes barrés.

128
6. Donner 30 compressions – Pousser fort et rapidement!
• Appuyer le talon des mains directement sur le sternum.
La profondeur de chaque compression doit être de 5 à
6 cm (2 à 2,4 pouces).
• Relâcher la compression et retirer totalement votre
poids après chaque compression afin de permettre à la
poitrine de reprendre sa position de repos.
• Donner des compressions à un rythme de 100
à 120 compressions par minute. Compter les
compressions à haute voix pour garder le compte et 4
maintenir un rythme régulier.

7. Ouvrir les voies respiratoires en inclinant la tête et en


soulevant le menton.

8. Utiliser un dispositif de protection et donner 2 insufflations.


Chez l'adulte, insuffler de l’air pendant une seconde, juste
assez pour que la poitrine se soulève.

129
Cela correspond à un cycle de 30 compressions suivies de
2 insufflations (30:2).
9. Poursuivre la RCR jusqu’à ce qu’un DEA soit appliqué, que
la victime commence à répondre, qu’un autre secouriste ou
que les secours médicaux prennent la relève ou que vous
soyez trop fatigué pour continuer. Le DEA doit être utilisé
dès son arrivée sur les lieux.
Respiration agonique
La respiration agonique est un mode respiratoire anormal causé
4 par des réflexes du tronc cérébral et caractérisé par des respirations
haletantes irrégulières parfois accompagnées de sons inhabituels.
Elle se produit lors de l'arrêt cardiaque et peut amener les témoins
à croire que la victime respire. Traiter une victime présentant une
respiration agonique comme vous le feriez pour une victime qui ne
respire pas.

RCR chez l’enfant


1. Effectuer un examen des lieux.
2. Évaluer la faculté de réponse.
3. Si la victime ne réagit pas, demander des secours médicaux
ou envoyer quelqu’un chercher les secours médicaux et un
DEA, si disponible.
Si vous êtes seul et que vous vous n'avez pas de téléphone à
votre disposition, exercer cinq cycles de RCR (deux minutes)
avant d’aller chercher les secours médicaux. Porter l’enfant avec
soi, si possible.
4. Effectuer une évaluation primaire.
• Ouvrir les voies
respiratoires.
• Vérifier la
respiration au
moins 5 secondes,
mais pas plus de
10 secondes.
5.

130
6. Si la victime ne respire pas, ou si sa respiration est inefficace
(respiration agonique), placer vos mains au milieu de la
partie supérieure de sa poitrine, les épaules directement
au-dessus des mains. Garder les coudes barrés. Utiliser une
ou deux mains en fonction de la taille de l’enfant.
7. Donner 30 compressions – Pousser fort et rapidement!

• Appuyer le talon des mains directement sur le sternum.


Compresser la poitrine du tiers de sa profondeur, soit
5 cm (2 pouces).
• Relâcher la compression et retirer totalement votre
poids après chaque compression afin de permettre à la
poitrine de reprendre sa position de repos.
• Donner des compressions à un rythme de 100
à 120 compressions par minute. Compter les
compressions à haute voix pour garder le compte et
maintenir un rythme régulier.
8. Ouvrir les voies respiratoires en inclinant la tête et en
soulevant le menton.
9. Utiliser un dispositif de protection et donner 2 insufflations,
juste assez pour que la poitrine se soulève.

131
Cela correspond à un cycle de 30 compressions suivies de
2 insufflations (30:2).
10. Poursuivre la RCR jusqu’à ce qu’un DEA soit appliqué, que
la victime commence à répondre, qu’un autre secouriste ou
que les secours médicaux prennent la relève ou que vous
soyez trop fatigué pour continuer. Le DEA doit être utilisé
dès son arrivée sur les lieux.

RCR chez le nourrisson


4 1. Effectuer un examen des lieux.
2. Évaluer la faculté de réponse. Tapoter doucement les pieds
du bébé.
3. Si la victime ne réagit pas, demander des secours médicaux
ou envoyer quelqu’un chercher les secours médicaux et un
DEA, si disponible.
Si vous êtes seul et que vous vous n'avez pas de téléphone à
votre disposition, exercer cinq cycles de RCR (deux minutes)
avant d’aller chercher les secours médicaux. Porter l’enfant avec
soi, si possible.
4. Effectuer une évaluation primaire.
• Ouvrir les voies respiratoires.
• Vérifier la respiration au moins 5 secondes, mais pas
plus de 10 secondes.

5. Si le bébé ne respire pas, ou si sa respiration est inefficace


(respiration agonique), amorcer la RCR.

132
• Placer deux doigts sur le sternum, juste sous la ligne des
mamelons. Enfoncer le sternum du tiers de la profondeur
de la poitrine du bébé ou environ 4 cm (1,5 po).
• Relâcher complètement la pression en gardant les doigts

sur la poitrine. Comprimer et relâcher de façon rythmique


en phase d’égale durée.
• Donner des compressions à un rythme de 100 à
120 compressions par minute. Compter les compressions
à haute voix pour garder le compte et maintenir un rythme
régulier.
6. Ouvrir les voies respiratoires en inclinant la tête et en
soulevant le menton.
7. Utiliser un dispositif de protection et donner 2 insufflations,
juste assez pour que la poitrine se soulève.
Cela correspond à un cycle de 30 compressions suivies de
2 insufflations (30:2).
8. Poursuivre la RCR jusqu’à ce qu’un DEA soit appliqué, que
la victime commence à répondre, qu’un autre secouriste ou
que les secours médicaux prennent la relève ou que vous
soyez trop fatigué pour continuer. Le DEA doit être utilisé
dès son arrivée sur les lieux.

133
Chez le nourrisson, l'arrière de la tête a un volume relativement
important par rapport au reste du corps. La tête s’incline donc vers
l’avant lorsque le bébé est couché sur le dos, ce qui obstrue ses

4
voies respiratoires.
La tête du nourrisson s’incline vers l’avant lorsqu’il est couché sur le
dos.
Lorsqu’on pratique la RCR, il peut être utile de glisser un coussin
mince sous les épaules du nourrisson pour garder les voies
respiratoires ouvertes – il ne faut toutefois pas perdre de temps à
en chercher un.

RCR par compressions uniquement


Les directives relatives à la RCR insistent sur l’importance de
reconnaître l’urgence et d'appeler le 9-1-1 ou le numéro d'urgence
local si une personne est retrouvée blessée et non réactive.
Si vous n’avez pas été formé à la RCR ou que vous hésitez à
effectuer des insufflations, pour quelque raison que ce soit,
n’abandonnez pas. Vos actes peuvent sauver une vie.
La RCR par compressions uniquement désigne la RCR sans bouche-
à-bouche. Donner des compressions thoraciques en appuyant fort
et rapidement sur le centre du thorax, à une fréquence de 100 à
120 compressions par minute.

134
Cette méthode ne fournit pas d'oxygène à la victime, mais les
personnes non formées à la RCR conventionnelle et celles qui ne
sont pas certaines de leur aptitude peuvent procéder ainsi.

RCR avec l'aide d'un répartiteur


Dans plusieurs régions, le
répartiteur des urgences 9-1-1
est formé pour vous aider à
prendre en charge une situation
d'urgence jusqu'à l'arrivée
des secours médicaux. Utiliser
la fonction mains libres de
votre téléphone cellulaire et
le placer près de la tête de la
victime pour vous permettre de
communiquer avec le répartiteur
tout au long de la procédure.
Prendre la relève d'un autre secouriste durant la
RCR
1. Offrir son aide et informer le secouriste que vous avez été
formé à la RCR. S'assurer que les secours médicaux ont été
appelés.

135
2. Donner 30 compressions, suivies de 2 insufflations. Utiliser
votre propre dispositif de protection au besoin.

RCR à deux secouristes


Si deux secouristes sont sur les lieux, ils peuvent travailler en
équipe pour pratiquer la RCR. La RCR réalisée en équipe de deux
secouristes présente trois avantages :
• La RCR est une manœuvre exigeante physiquement, et la
qualité des compressions thoraciques d'un secouriste qui
se fatigue se détériorera. La RCR à deux secouristes, où
cette tâche est effectuée à tour de rôle, permet d'assurer
l'efficacité des compressions thoraciques pendant plus
longtemps.
• La RCR à deux secouristes réduit au minimum l'interruption
des compressions pendant les insufflations.
• La RCR à deux secouristes permet à ceux-ci de se donner
de la rétroaction et de se soutenir tout au long de cette
intervention stressante.

136
Pour réaliser la RCR à deux secouristes, le secouriste qui effectue
l'évaluation primaire se place à la tête de la victime. Il garde les
voies respiratoires ouvertes et donne les insufflations après 30
compressions. L'autre secouriste compresse le thorax. Par contre,
pour maintenir des compressions efficaces, les secouristes doivent
se relayer après 5 cycles de compressions et d'insufflations (toutes
les 2 minutes environ).

Défibrillation externe automatisée (DEA)


Le défibrillateur externe automatisée (DEA), qui sert à donner
un choc électrique à un cœur qui a cessé pomper efficacement
4
le sang, s’est révélé un outil vital ayant permis de sauver la vie
de nombreuses personnes victime d'un arrêt cardiaque. Le DEA
constitue le troisième maillon important de la chaîne de survieMC et
il incombe au secouriste de l'utiliser.
Le DEA est une machine électronique programmée pour
reconnaître deux rythmes cardiaques, la fibrillation ventriculaire (FV)
et la tachycardie ventriculaire sans pouls (TV). Si l’appareil reconnaît
une TV ou une FV chez une victime, il se charge et indique qu’un
choc est conseillé. Ce choc sert à corriger l’activité électrique
anormale et à rétablir le rythme cardiaque.
Il est important de se rappeler que le DEA ne produira une
décharge que dans les cas où il reconnaît la TV ou la FV. Dans
aucun cas, l’appareil ne produira une décharge lorsque le cœur bat
normalement ou s’il reconnaît les conditions de l’asystole (le cœur
s’arrête) ou de l’activité électrique sans pouls (AESP).
Le temps constitue le facteur déterminant de la survie d'une
personne ayant subi un arrêt cardiaque; le cœur ne demeure en
fibrillation que durant une courte période avant que toute activité
électrique cardiaque ne cesse complètement. La défibrillation doit
également être administrée rapidement pour obtenir un maximum
d'efficacité. La RCR permet de faire circuler du sang oxygéné vers
le cerveau en plus de prolonger la durée pendant laquelle le cœur
reste en état de FV ou de TV, qui sont les seules arythmies pour
lesquelles un DEA produit une décharge. La RCR permettra de
gagner de précieuses minutes jusqu’à ce que le DEA soit installé et
prêt à provoquer une décharge.

137
Utilisation d’un DEA (toujours suivre les instructions vocales)

4 1. Mettre en marche le DEA.


2. Suivre les instructions vocales. Elles vous demanderont de :
• découvrir la poitrine et d'y placer les électrodes. Les
électrodes doivent adhérer à la peau; assécher et raser
la poitrine pour enlever la sueur, l'eau et les poils avant
de placer les électrodes.

• reculer (ne pas toucher la victime)


• appuyer sur le bouton de choc et continuer de donner
la RCR en suivant les instructions de l'appareil continuer
la RCR et attendre les instructions supplémentaires du
DEA

138
Défibrillation – situations et considérations
particulières
Patientes enceintes : le DEA peut être utilisé à tout moment chez
la femme enceinte.

Stimulateur cardiaque ou défibrillateur interne : les électrodes


du défibrillateur doivent être placées à environ 2,5 cm (1 po) de
l'endroit où le stimulateur cardiaque se trouve et non directement
au-dessus de celui-ci. Recherchez la présence de cicatrices sur le
torse pour savoir si la victime porte un tel dispositif. 4
Enfants de moins de 8 ans : il est possible d’utiliser un DEA sur
les enfants et les nourrissons. Utilisez des électrodes pédiatriques
ou la configuration pour les patients pédiatriques; si elles ne sont
pas disponibles, utilisez des électrodes pour adultes. Certaines
électrodes pour adultes doivent être placées différemment pour les
enfants et les nourrissons.

Timbres médicamenteux : certaines victimes portent un timbre


contenant un médicament, comme la nitroglycérine pour celles
qui souffrent d'angine de poitrine. Si le timbre nuit à la pose des
électrodes, le retirer doucement de la poitrine à l'aide d'une main
gantée et nettoyer la zone.

Milieu humide : le DEA peut être utilisé en milieu humide.


Asséchez la poitrine pour assurer un bon contact des électrodes sur
la peau. Si possible, déplacez la victime vers une surface sèche. Si le
secouriste ou la victime sont immergés dans l’eau, évitez d’utiliser
un DEA.

Surfaces métalliques : le DEA peut être utilisé en toute sécurité sur


une victime allongée sur une surface métallique.

Bijoux et perçages : évitez de placer les électrodes sur des


perçages, des bijoux ou tout autre objet susceptible de nuire au
contact des électrodes avec la peau. Les électrodes du DEA doivent
être appliquées à plat sur la peau.

Milieu : assurez-vous que le milieu dans lequel vous utilisez le DEA


est exempt de gaz explosifs.

139
Soins post-réanimation et prise en charge par les
SMU
Si la défibrillation est efficace, il se peut que la victime commence
à respirer toute seule, mais ne réagisse toujours pas. Dans ce cas,
placez la victime en position latérale de sécurité et vérifier les
points ABC. Laissez le DEA en place. Il continuera de surveiller le
rythme cardiaque de la victime ou vous pourriez avoir à l'utiliser de
nouveau.
Le personnel médical aura besoin de connaître certains
4 renseignements, comme l’heure à laquelle la victime s’est
écroulée, l’heure à laquelle la RCR a débuté, l’heure à laquelle
le premier choc a été donné et le nombre de chocs. Fournissez
autant de détails que possible et suivez les directives du personnel
médical une fois que celui-ci est sur les lieux.
La réglementation concernant l’obligation pour un lieu de travail de
posséder un DEA, ainsi que les politiques nécessaires en la matière,
sont inscrites dans les lois fédérale, provinciales ou territoriales. Si
aucune réglementation précise n’existe à ce sujet, le lieu de travail
doit avoir une politique établie en ce qui concerne les DEA; cette
politique doit préciser :
• Les exigences en matière de certification et de
recertification
• Les processus d’entretien et d’inspection
• Le processus à suivre après utilisation (téléchargement de
données, réapprovisionnement en électrodes et autres
fournitures, etc.)
• Le remplacement des piles et des électrodes
• Le remplacement de l’appareil au terme de sa vie utile

Dépannage et entretien
Il peut arriver que l’appareil affiche le message « Vérifier
électrodes ». Dans un tel cas, vérifiez la connexion entre le câble
et les électrodes, la connexion entre le câble et l’appareil, et
l’adhérence des électrodes sur la poitrine de la victime.

140
L’appareil indique également si un mouvement est détecté ou si la
pile est faible. Les DEA sont vendus avec un manuel d’instructions
qui décrit les détails du dépannage.
Il est important d’effectuer un entretien régulier des DEA (y compris
des inspections périodiques des appareils) afin de s’assurer
qu’ils sont parfaitement opérationnels au moment de l’utiliser
sur une victime. La plupart des DEA sont dotés d’un système
d’autovérification quotidienne qui indique qu’ils sont prêts à être
utilisés. Il est recommandé d’inspecter l’appareil une fois par mois
pour s’assurer du bon état des électrodes (elles ont une date
d’expiration), de la présence de la trousse de sauvetage et de son 4
contenu, ainsi que de la charge du DEA (le voyant doit être vert).
Suivez toujours les directives et les listes de vérification suggérées
par le fabricant.

141
Chapitre 5
Plaies et
hémorragies

• Pansements, bandages et
écharpes
• Plaies et hémorragies
• Hémorragie
• Reconnaître l'hémorragie
interne
• Blessures thoraciques
• Blessures abdominales
• Blessures par écrasement
• Blessures à la tête et au
visage
• Blessures aux yeux
• Brûlures
• Morsures et piqûres
Chapitre 5 Plaies et hémorragies
Pansements, bandages et écharpes
Pansements
Un pansement est un tissu protecteur appliqué sur une plaie pour
arrêter l’hémorragie, absorber le sang et prévenir la contamination.
Un pansement doit être :
• stérile ou aussi propre que possible
• assez grands pour couvrir la plaie
• très absorbant
5 • compressible, épais et doux
• non adhésif et non pelucheux pour éviter qu'il ne colle à la
plaie
Des pansements de tailles et de formes diverses sont disponibles
dans le commerce. En secourisme, on emploie surtout :
• le pansement adhésif – pansement de gaze stérile posé
sur un ruban adhésif

144
• le pansement pour les plaies – se présente sous la forme
de ruban adhésif et sert à rapprocher les bords de la plaie
pour favoriser la guérison

• le pansement de gaze – carré de gaze stérile emballé


5
individuellement ou en paquet
• le pansement compressif – grand pansement stérile de
gaze ou d'un autre tissu absorbant et habituellement muni
d'un bandage en rouleau. Il sert à comprimer les plaies qui
saignent abondamment
• le pansement improvisé – est fabriqué à partir d'un tissu
stérile non pelucheux ou d'un tissu absorbant et propre
comme une serviette hygiénique
• le pansement hémostatique – pansement compressif
imprégné d'une substance favorisant la coagulation
et utilisé pour maîtriser une hémorragie grave. Ces
pansements ne conviennent pas à tous les types de plaies.
Consulter les protocoles locaux pour en savoir plus.
Pour appliquer un pansement, observez les règles suivantes :
• prévenir la contamination
• étendre le pansement au-delà des bords de la plaie pour la
couvrir complètement
• si le pansement est imbibé de sang, le laisser en place et le
couvrir avec d’autres pansements
• fixer le pansement avec un bandage ou du ruban adhésif

145
Bandages
Un bandage est un tissu employé pour retenir un pansement,
comprimer une plaie, soutenir un membre ou une articulation,
immobiliser une partie du corps ou retenir une attelle.
Pour utiliser un bandage, veillez à :
• serrer suffisamment le bandage pour arrêter l’hémorragie
ou obtenir l’immobilisation voulue
• vérifier la circulation au-dessous du site de la blessure avant
et après avoir posé bandage. Le bandage peut s'avérer
trop serré ou le devenir en raison de l'enflure.

5 Bandage triangulaire

Un bandage triangulaire peut être utilisé :


• entièrement déplié – comme écharpe ou pour maintenir en
place un gros pansement
• comme bandage large – pour maintenir en place une
attelle ou exercer une pression uniforme sur une grande
surface
• comme bandage étroit – pour maintenir en place un
pansement ou une attelle ou pour immobiliser les chevilles
et les pieds par un bandage en 8

146
Bandage large
Pour créer un bandage large, ramener le sommet au centre de la
base, en le laissant dépasser légèrement la base.
Plier en deux une seconde fois vers la base.

5
Bandage étroit

Replier en deux un bandage large, du haut vers la base pour créer


un bandage étroit.
Nœud plat: le nœud de choix
Le nœud plat est le meilleur nœud à employer pour nouer les
bandages et les écharpes parce que :
• sa forme plate offre plus de confort au blessé
• il ne glisse pas
• il est facile à dénouer pour ajuster le bandage

147
Pour faire un nœud plat :
• prendre dans chaque main une extrémité du bandage
• croiser l’extrémité droite sur celle de gauche et la passer en
dessous comme pour former la première partie d’un nœud
simple. Les deux extrémités auront changé de main.
• croiser l’extrémité qui se trouve dans la main gauche sur
celle de droite et la passer en dessous pour former la
première partie d’un autre nœud simple. Le nœud ainsi
formé a l’apparence de deux boucles entrelacées
• pour le serrer, tirer les deux boucles l’une contre l’autre ou
tirer sur les extrémités
5 Les nœuds doivent toujours être faits de manière à ne pas
incommoder la victime en pressant sur un os ou dans les chairs,
tout particulièrement quand il s’agit d’un site de fracture ou du cou,
dans le cas d’une écharpe.
Si le nœud est inconfortable, insérer du rembourrage souple en
dessous.

148
Bandage en 8
Le bandage en 8 sert à immobiliser les chevilles et les pieds, à
maintenir une attelle sur la cheville ou le pied ou à soutenir une
blessure de la cheville.
Il se pose comme suit :
• Placer le centre d’un bandage triangulaire large ou étroit
sous la cheville (ou sous les deux chevilles si on attache les
pieds ensemble).

• Croiser les extrémités sur le dessus des chevilles, les


enrouler autour des pieds, puis les nouer.

149
Bandage en rouleau
Le bandage en rouleau est généralement fabriqué avec un tissu
élastique semblable à de la gaze et s'emploie pour maintenir un
pansement en place ou fixer une attelle.
Poser un bandage en rouleau en spirale simple. Enrouler le
bandage à partir du point le plus étroit du membre et l'ancrer en
l'enroulant de quelques tours. Continuer d’enrouler le bandage
autour du membre, en faisant chevaucher chaque tour du quart ou
du tiers sur le tour précédent. Pour les deux ou trois derniers tours,
faire chevaucher complètement le bandage et le fixer avec une
épingle de sûreté ou du ruban adhésif; on peut aussi couper le
bandage et le nouer comme démontré. Vérifier toujours la
5 circulation au-dessous du site de la blessure avant et après avoir
posé un bandage. Le bandage peut s'avérer trop serré ou le
devenir en raison de l'enflure.

Écharpes
Il est facile d’improviser une écharpe avec un foulard, une ceinture,
une cravate ou un article assez long pour entourer le cou. On peut
également soutenir le bras en glissant la main à l’intérieur d’une
veste boutonnée ou en épinglant la manche de la chemise ou de la
veste à l’endroit approprié.

150
Écharpe simple
On l’applique comme suit :
1. Soutenir l’avant-bras du
côté blessé en le plaçant
en travers de la poitrine.
Placer un triangle de tissu
déplié entre l’avant-bras et
la poitrine de manière à ce
que le sommet dépasse le
coude et que la base soit à
la verticale.
2. Passer l’extrémité
supérieure autour de la 5
nuque et la ramener vers l’avant du côté blessé. Tout en
soutenant l’avant-bras, passer l’extrémité inférieure du
triangle sur la main et
l’avant-bras et nouer les
deux extrémités au creux
de la clavicule du côté
blessé. Pour le confort de
la victime, insérer du
rembourrage sous le
nœud.
3. Entortiller la pointe au
niveau du coude et la
glisser dans l’écharpe.
4. Ajuster l’écharpe de manière à ce que les ongles soient
visibles afin de pouvoir vérifier la circulation.

151
Écharpe tubulaire Saint-Jean
Elle est utilisée pour les blessures à l’épaule et à la clavicule. Pour
poser une écharpe tubulaire Saint-Jean :
1. Soutenir l’avant-bras du côté blessé en le plaçant en travers
de la poitrine, les doigts pointés vers l’épaule opposée.

2. Placer un bandage triangulaire déplié sur l’avant-bras et la


main, le sommet dépassant le coude et l’extrémité
supérieure recouvrant l’épaule du côté non blessé. La base
du bandage s'étend à la verticale du côté non blessé.

3. Soutenir l’avant-bras et glisser la base du bandage sous la


main, l’avant-bras et le coude. Glisser la base du bandage
sous le bras blessé pour former un tube sur toute la
longueur du bras.
4. Rabattre le bandage sur le coude et ramener l’extrémité
inférieure en travers du dos sur l’épaule du côté non blessé
en la tortillant de manière à fermer le tube au coude.

152
5. Ajuster délicatement l’élévation du bras en nouant les deux
extrémités de façon à ce que le nœud repose au creux de
la clavicule. Si possible, placer du rembourrage sous le
nœud. Nouer l'écharpe assez serrée pour soutenir le poids
du bras blessé.

Types de plaies
Une plaie est une rupture des tissus mous du corps. Elle
s'accompagne habituellement d'une effusion de sang hors des
vaisseaux dans les tissus avoisinants, les cavités corporelles ou
l’extérieur du corps.
Une plaie est dite ouverte ou fermée :
• plaie ouverte– rupture de la couche externe de la peau 5
• plaie fermée– aucune rupture de la couche externe de la
peau, mais présence d'une hémorragie interne
Le traitement des plaies a pour but d’arrêter l’hémorragie et
de prévenir l’infection. Bien qu’une hémorragie légère puisse
contribuer à nettoyer la plaie, une hémorragie grave doit être
arrêtée immédiatement pour réduire l’état de choc.
Contusion ou ecchymose

La contusion ou ecchymose est une plaie fermée. Les lésions sous-


cutanées provoquent une hémorragie dans les tissus adjacents
et une décoloration de la peau. Une ecchymose peut indiquer la
présence d’une blessure ou d’une maladie plus grave.

153
Abrasion ou éraflure

L'abrasion ou l'éraflure est une plaie ouverte dans laquelle la


couche externe de la peau et les tout petits vaisseaux sanguins
5 sous-jacents sont endommagés. La couche la plus profonde de la
peau est intacte.
Incision

L’incision est une coupure nette causée par un objet tranchant


comme un couteau.
Lacération

La lacération est une déchirure dentelée et irrégulière de la peau et


des tissus sous-jacents.

154
Plaie perforante

Une plaie perforante est une plaie ouverte causée par un objet
pointu ou tranchant. L’ouverture peut être très petite, mais la plaie
est souvent très profonde. 5
Avulsion et amputation

L’avulsion est une blessure dans laquelle la peau ou un autre tissu


est partiellement ou totalement arraché du corps.
L'amputation est la perte partielle ou totale d'une partie du corps.

155
Hémorragies
L’hémorragie est une effusion de sang hors des vaisseaux. Dans le
cas d'une hémorragie externe, le sang s’écoule de la surface de
la plaie vers l’extérieur du corps. Dans le cas d'une hémorragie
interne, le sang s’écoule des tissus vers l’intérieur du corps.
Dans le cas d'une hémorragie artérielle, du sang rouge vif jaillit
d’une artère à chaque battement cardiaque.

Dans le cas d’une hémorragie veineuse, du sang rouge foncé


s’écoule continuellement de la plaie.

Une hémorragie grave présentera les signes et symptômes de


l’état de choc :
• peau pâle, froide et moite
• pouls rapide, devenant progressivement faible
• faiblesse, étourdissements, soif et nausées
• agitation et appréhension
• respiration superficielle, bâillements, soupirs et souffle
court

156
Procédures de secourisme en cas d’hémorragie
externe grave
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Pour maîtriser une hémorragie grave, appliquer une
pression directe sur la plaie.
3. Placer la victime au repos.
4. Une fois l’hémorragie maîtrisée, poursuivre l’évaluation
primaire et rechercher la présence de blessures qui mettent
la vie en danger.

5. Avant de bander la plaie, vérifier la circulation au-dessous


de la blessure. Fixer le pansement à l’aide d'un bandage.
6. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure et la
comparer à celle du côté non blessé. Si la circulation s'est
dégradée depuis la mise en place du bandage, desserrer
celui-ci suffisamment si possible pour rétablir la circulation.
7. Donner les soins continus.
Si les pansements deviennent imbibés de sang, ne pas les enlever;
en ajouter d’autres et continuer à exercer de la pression. Le retrait
des pansements imbibés de sang peut déloger les caillots et
exposer la plaie à la contamination.
Garrot et pansement hémostatique
Dans le cas des blessures graves, où il est difficile de maîtriser
l'hémorragie, on peut envisager d'utiliser un garrot, un bandage
de compression, pour interrompre la circulation sanguine vers
un membre, ou des pansements hémostatiques pour favoriser la
coagulation du sang. Les trousses de secourisme destinées aux

157
premiers répondants militaires, de la police ou en milieu extrême
peuvent contenir des pansements ou des garrots spécialisés pour
maîtriser l'hémorragie.

Vérifier la circulation au-dessous de la blessure

5
Les blessures et les procédures de secourisme peuvent réduire
ou interrompre la circulation au-dessous de la blessure (appelée
circulation distale) :
• Les fractures et les luxations peuvent pincer une artère.
• L'enflure ou le bandage peut comprimer une artère.
• Un vaisseau sanguin endommagé peut réduire la circulation
du sang dans l'artère.
Si les tissus situés au-dessous de la blessure ne reçoivent pas
suffisamment de sang oxygéné pendant plusieurs heures, ils
peuvent subir des lésions pouvant entraîner la perte du membre.
Vérifier la circulation au-dessous du site de la blessure avant et
après avoir posé un bandage. Le bandage peut s'avérer trop serré
ou le devenir en raison de l'enflure.

Comment vérifier la circulation


Vérifier la circulation au-dessous de la blessure et la comparer à
celle du côté non blessé :
• Vérifier la coloration de la peau; si elle n’a pas sa couleur
habituelle, il peut y avoir entrave à la circulation.
• Vérifier la température de la peau; si le côté blessé est plus
froid que le côté non blessé, la circulation est peut-être
entravée.

158
• Vérifier le pouls au poignet ou à la cheville, puis la
comparer à celle du côté non blessé.
• Effectuer le test de la décoloration de l’ongle; appuyer sur
l’ongle d’un doigt ou d’un orteil jusqu’à ce qu’il devienne
blanc, puis relâcher la pression. Noter le temps nécessaire
au retour de la coloration de la zone blanchie et comparer-
le au côté non blessé.

Améliorer la circulation entravée


Pour améliorer la circulation entravée :
• Desserrer les bandages trop serrés.
• Replacer le membre pour diminuer la pression exercée
sur les vaisseaux, dans le cas d'une fracture ou d'une
5
luxation. Se limiter au mouvement qui ne rencontre aucune
résistance ou à celui qui n'accentue pas la douleur.
Si la circulation ne s’améliore pas, obtenir immédiatement des
secours médicaux.

Hémorragie interne
Il faut soupçonner la présence d’une hémorragie interne :
• si la victime a subi un choc violent ou une plaie pénétrante
au thorax, au cou, à l’abdomen ou à l’aine
• si elle a subi des fractures graves des membres, par
exemple de la cuisse ou du bassin
Signes de l’hémorragie interne :
• saignement du conduit auditif ou du nez
• œil injecté de sang ou yeux au beurre noir (saignement à
l’intérieur du crâne)
• crachats spumeux rouge vif (saignement des poumons)
• présence de sang rouge vif ou ressemblant à du marc de
café dans les vomissures
• présence de sang rouge vif ou noir (semblable à du
goudron) dans les selles
• présence de sang rougeâtre ou brunâtre dans l’urine
• signes de choc sans signes de blessure externe

159
Procédures de secourisme en cas d’hémorragie
interne
1. Effectuer un examen des lieux. Allonger la victime sur le
dos et procéder à une évaluation primaire.
2. Envoyer chercher ou aller chercher des secours médicaux.
3. Donner les soins continus, allonger la victime sur le dos
et appliquer les procédures de secourisme pour l'état de
choc.
Il n’y a pas grand-chose que vous pouvez faire pour maîtriser une
hémorragie interne. Votre intervention se limite à appliquer les
procédures de secourisme permettant de réduire l’état de choc et à
5 obtenir des secours médicaux le plus rapidement possible.

Amputation
L’amputation est la section partielle ou totale d’une partie du corps.
Il faut maîtriser l’hémorragie, s’occuper de la partie amputée et
obtenir des secours médicaux.

Procédures de secourisme en cas d'amputation


1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Maîtriser l’hémorragie; exercer une pression directe sur la
plaie. Remettre la partie partiellement amputée dans sa
position normale, puis poser un bandage.

3. Envoyer chercher des secours médicaux et continuer de


donner les soins continus.
4. Envelopper la partie amputée dans un pansement propre
et humide (si vous avez accès à de l'eau propre).

160
5. Placer la partie amputée dans un sac de plastique propre et
étanche et le fermer hermétiquement. Mettre le sac dans
un deuxième sac de plastique ou dans un récipient
partiellement rempli de glace concassée. Apposer une
étiquette indiquant la date et l’heure de l’emballage et
apporter le tout aux secours médicaux en même temps que
la victime.

6. Si la pression directe n'arrive pas à maîtriser une


hémorragie externe grave qui menace la vie du patient, un
secouriste formé peut envisager de poser un garrot (dans
des circonstances particulières, comme la prise en charge
de victimes multiples, une catastrophe ou un incident en
région éloignée).

161
Soin des plaies mineures
Prévenir la contamination
Toutes les plaies ouvertes sont, dans une certaine mesure,
contaminées. Dire à la victime d’obtenir des soins médicaux si des
signes d’infection apparaissent.
• Se laver les mains à l’eau savonneuse et enfiler des gants si
possible.
• Éviter de tousser ou de souffler directement sur la plaie.
• Exposer complètement la plaie sans y toucher.
• Rincer délicatement la surface de la plaie pour déloger les
5 corps étrangers superficiels. Laver et assécher le pourtour
de la plaie avec des pansements propres, en procédant des
bords de la plaie vers l’extérieur. Une crème antibiotique
peut être appliquée sur les blessures superficielles et les
éraflures.
• Couvrir la plaie avec un pansement stérile.

Infection des plaies


L'acronyme SHARP permet de reconnaître les signes et les
symptômes.d’infection.
S – Enflure (swollen)
H – Chaleur (hot); la région atteinte semble plus chaude
que la région à proximité
A – Douleur diffuse (aches)
R – Rouge
P – du pus peut suinter de la plaie
Infection tétanique
Toutes les plaies sont sujettes à la contamination par les spores qui
causent le tétanos, une maladie bactérienne potentiellement fatale
caractérisée par des spasmes musculaires et une contracture de la
mâchoire.

162
Les plaies profondes présentent un risque élevé d’infection
tétanique. Conseiller à la personne qui a subi une telle blessure
d’obtenir des soins médicaux. Les symptômes n'apparaissent pas
toujours immédiatement.

Procédures générales de secourisme pour les


blessures à la main et au pied
Les blessures à la main et au pied sont fréquentes. Si la blessure
semble mineure et que la victime décide de ne pas obtenir de
soins médicaux, lui conseiller d'obtenir des soins médicaux si, après
48 heures, de la douleur, une perte de fonction ou une infection est
présente.

Procédures de secourisme en cas d’hémorragie de la


5
paume de la main
1. Amorcer la PCSU. Effectuer un examen des lieux.
2. Procéder à une évaluation primaire et exposer la plaie.

3. Poser des pansements stériles sur la plaie et les recouvrir


à l'aide d'un tampon épais, puis maîtriser l'hémorragie
en exerçant une pression directe sur le tampon. Vérifier la
circulation dans les doigts et la comparer à celle de l’autre
main. Replier les doigts sur le tampon et bander la main de
manière à garder le poing bien fermé :

163
• Placer le centre d’un bandage triangulaire étroit sur la face
interne du poignet et ramener les extrémités sur le dos de
la main ou enrouler le bandage autour du poignet et
continuer d'enrouler le bandage sur le dos de la main.

5
• Enrouler fermement le bandage autour des doigts et du
poignet.
• Si possible, laisser le pouce à découvert pour pouvoir
vérifier la circulation. Nouer le bandage au poignet et
rentrer les extrémités.

4. Donner des soins continus, vérifier la circulation au-dessous


de la blessure et obtenir des soins médicaux. Si vous devez
transporter la victime, soutenir le bras et la main au moyen
d'une écharpe.

164
Procédures de secourisme en cas d'écrasement d’un
ongle
Lorsque le doigt, le pouce ou l'orteil est écrasé, appelé parfois une
ecchymose de l’ongle, la pression du sang sous l’ongle peut causer
une douleur intense. Vous pouvez soulager la douleur comme suit :
1. Placer la partie blessée sous de l’eau courante fraîche pour
réduire la douleur et l’enflure.
2. Si la douleur est intense et si du sang est visible sous
l’ongle, prendre les mesures suivantes pour relâcher la
pression :
• Redresser un trombone ou un fil pointu et en chauffer
une extrémité sur l’élément d’une cuisinière ou à la 5
flamme d’un briquet. Ne pas utiliser une aiguille, car le
trou serait trop petit pour permettre l’écoulement du
sang.
• Placer l’extrémité chauffée du trombone sur l'ongle
jusqu'à la formation d'un trou d'une taille suffisante
pour permettre au sang de s'écouler
• Une fois la pression relâchée, laver la région à l’eau et
au savon et la couvrir d’un pansement adhésif.
3. Conseiller à la victime de consulter un médecin si des
signes et des symptômes d'infection apparaissent.

Procédures de secourisme en cas d'éclats et


d'échardes
Les éclats et les échardes sont en fait de tout petits objets
logés – bois, épine, verre ou métal. Ce type de blessure touche
habituellement les mains et les pieds. Bien qu'ils puissent causer
de l’inconfort et de la douleur, ils s’enlèvent la plupart du temps
aisément et sans complication. Dans les cas graves, les éclats et les
échardes peut être invalidants et causer une infection. Ne pas les
retirer s'ils:
• se trouvent sur une articulation
• sont enfoncés profondément dans les chairs
• sont logés dans l’œil ou proche de l’œil

165
• comportent un barbillon (comme un éclat de métal ou un
hameçon)
• ne peuvent être retirés facilement
Dans pareils cas, appliquer les procédures de secourisme en cas
d'objet logé dans une plaie.
Retirer un éclat ou une écharde
1. Nettoyer la région atteinte à l'eau.
2. Avec une pince stérile, saisir l’écharde ou l'éclat le plus près
possible de la peau.
3. Tirer en ligne droite dans la direction opposée à l’angle
5 d’entrée.
4. Obtenir des secours médicaux si on n’a enlevé qu’une
partie de l’écharde ou de l'éclat, si la plaie est plus qu’une
simple perforation ou si elle s’infecte.

Procédures de secourisme pour les contusions


(ecchymoses)
La contusion ou l'ecchymose est caractérisée par une effusion de
sang dans les tissus avoisinants. Pour réduire l'enflure et la douleur
associée, appliquer le protocole RICE :
R = Repos
I = Immobilisation
C = Froid (cold)
E = Élévation

166
Procédures de secourisme pour les plaies
perforantes
Il faut traiter toutes les plaies perforantes comme des blessures
graves parce qu’elles peuvent s’accompagner de dommages
internes graves et d’une infection des tissus profonds.
1. Effectuer un examen des lieux. Il importe de déterminer le
mécanisme de blessure. Ensuite, procéder à une évaluation
primaire. Exposer la plaie. Même si on voit peu de sang, il
faut soupçonner une hémorragie interne, surtout s’il s’agit
d’une blessure thoracique ou abdominale.
2. Maîtriser l'hémorragie en exerçant une pression sur la plaie,
puis obtenir des secours médicaux. 5
3. Donner les soins continus jusqu’à la prise en charge par les
secours médicaux.

Procédures de secourisme pour les blessures par


balle
La blessure par balle est un type de plaie perforante grave. La plaie
d’entrée est souvent petite, mais la balle peut s'être déplacée
profondément à l'intérieur du corps ou avoir traversé le corps. Il
existe parfois une plaie de sortie qui est normalement plus grande
que la plaie d’entrée. Il est possible que la plaie de sortie ne soit
pas directement en ligne avec la plaie d’entrée.
1. Effectuer un examen des lieux et veiller à ce que les lieux
soient sécuritaires pour la victime et vous-même. Ensuite,
procéder à une évaluation primaire. Exposer la blessure et
rechercher soigneusement la plaie de sortie; elle peut se
trouver à un endroit inattendu.
2. Maîtriser l'hémorragie en exerçant une pression sur la plaie,
puis obtenir des secours médicaux.
3. Placer la victime au repos et appliquer les procédures de
secourisme pour l’état de choc.
4. Donner les soins continus.

167
Procédures de secourisme en cas d'objet logé dans
une plaie
Dans la mesure du possible, ne jamais retirer un objet qui est logé
dans une plaie, car cela pourrait aggraver l'hémorragie. L'objet
peut contribuer à maîtriser l'hémorragie. Retirer un objet logé,
comme un barbillon d'hameçon, pourrait endommager davantage
les tissus.
1. Exposer la partie blessée et
évaluer la plaie. Vérifier la
circulation au-dessous de la
blessure.
5 2. Pour arrêter l’hémorragie, il faut
exercer une pression autour de
l’objet. Si celui-ci est court, poser
un pansement propre sur l'objet sans trop serrer, de
manière à former une « tente » et à maintenir la plaie
propre. Poser ensuite des pansements épais autour de
l’objet pour l’empêcher de bouger. Ainsi, la pression sera
exercée autour de la plaie.

168
3. Fixer les pansements épais en place avec un bandage étroit
en prenant soin de ne pas exercer de pression sur l'objet.

4. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure.


5. Donner les soins continus et obtenir des secours médicaux. 5
Blessures thoraciques
Les blessures thoraciques peuvent causer des difficultés
respiratoires et nécessitent une attention médicale immédiate.

Pneumothorax
Un pneumothorax survient lorsque de l'air pénètre dans le thorax,
entre les poumons et la paroi thoracique. L'air peut pénétrer de
l'extérieur – pneumothorax ouvert ou plaie pénétrante du thorax.
L'air peut aussi pénétrer par un poumon – pneumothorax fermé
(ou spontané). La victime respire plus difficilement en présence
d'un pneumothorax, car les poumons commencent à s'affaisser.
Demander immédiatement des secours médicaux.

Procédures de secourisme pour la plaie pénétrante


du thorax
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Si la plaie ouverte du thorax saigne abondamment, la
couvrir avec la main de la victime, avec la main d’un passant
ou avec sa propre main (de préférence gantée). Si le
saignement n'est pas important, le secouriste peut laisser
la plaie à découvert ou la couvrir d'un pansement non
occlusif. Si le pansement est imprégné de sang, il faut le
remplacer.

169
3. Placer la victime dans la position où elle respire le mieux,
habituellement en position semi-assise et légèrement
inclinée du côté blessé. Le côté non blessé se trouve alors
placé vers le haut, ce qui facilite la respiration.
4. Couvrir la plaie avec un pansement étanche pour éviter la
contamination, mais ne pas la sceller complètement. Si le
pansement est mouillé, le remplacer par un pansement sec.
5. Donner les soins continus; vérifier souvent la respiration.
Le pneumothorax n’est pas toujours accompagné d’une plaie
ouverte. Un pneumothorax peut toujours devenir une urgence
respiratoire qui met la vie en danger et il nécessite des secours
médicaux dans les plus brefs délais.
5
Procédures de secourisme en cas de blessure par
souffle qui nuit à la respiration
Les Canadiens qui travaillent avec des explosifs dans les domaines
de la construction et de l'industrie minière s'exposent à de grands
dangers sur leur lieu de travail. Une personne peut subir trois types
de blessures à la suite d'une explosion :
• elle peut être frappée par les objets projetés par le souffle
• elle peut être projetée par le souffle
• elle peut subir des lésions aux organes creux, y compris les
poumons, provoquées par l'onde de choc du souffle
La victime peut se plaindre de douleurs thoraciques qui
s'accompagnent de crachats spumeux.
1. Effectuer un examen des lieux. Si la victime a été projetée
par l’explosion, soupçonner la présence d’une blessure à la
tête ou à la colonne vertébrale et prévenir tout mouvement
inutile. Effectuer une évaluation primaire.
2. Si on ne soupçonne pas de blessure à la tête ou à la
colonne vertébrale, placer la victime en position semi-
assise. Envoyer chercher des secours médicaux.
3. Surveiller étroitement la respiration.
4. Donner les soins continus.

170
Blessures abdominales
Les blessures abdominales peuvent être ouvertes ou fermées.
Dans la blessure fermée, la peau de l’abdomen est intacte, mais
les organes internes ont subi des lésions. Dans la blessure ouverte,
la peau est déchirée et les organes peuvent sortir par la plaie.
Parmi les complications des blessures abdominales, on compte
l’hémorragie grave (interne ou externe) et la contamination causée
par la rupture des organes abdominaux.
Pour évaluer une blessure abdominale, exposer la région
blessée et rechercher la présence de plaies ouvertes. Déterminer
l'historique de l’incident et surtout le mécanisme de blessure.
Observer la position prise par la victime; est-ce qu'elle protège
son abdomen? Palper délicatement l’abdomen pour déceler de 5
l’enflure, de la rigidité et de la douleur.
Si on soupçonne une blessure abdominale, on doit également
soupçonner une hémorragie interne qui pourrait être grave.
Appliquer les procédures de secourisme pour une hémorragie
interne grave.

Procédures de secourisme pour les blessures


abdominales ouvertes
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. La plaie peut être béante et il faut l’empêcher de s’ouvrir
davantage. Les organes internes peuvent avoir été
déplacés. Placer la victime en position semi-assise, les
genoux élevés et appuyés.

171
3. Panser la plaie. La méthode employée varie selon que des
organes abdominaux sortent ou non de la plaie :
• Si aucun organe ne sort de la plaie, poser un
pansement sec sur l’abdomen et le fixer solidement
avec un bandage.
• Si des organes sortent de la plaie, ne pas essayer de les
repousser à l’intérieur. Poser un pansement humide sur
les organes pour les empêcher de se dessécher, puis le
fixer à l'aide de deux bandages larges sans trop serrer.
4. Donner les soins continus.

Blessures par écrasement


Le poids de l’objet provoque des ecchymoses importantes au site
de la blessure et des complications telles que des fractures ou des
ruptures d’organes. Si l’écrasement se limite à une main ou un pied,
la blessure est grave, mais elle ne met généralement pas la vie
en danger. Cependant, une blessure importante par écrasement
peut provoquer le syndrome des loges qui nécessite des secours
médicaux immédiats. Il survient lorsque la pression interne
augmente de manière excessive, généralement en raison d'une
hémorragie ou d'une enflure résultant d'une blessure. La pression
dangereusement élevée peut empêcher le sang de circuler dans la
région atteinte.
Un état de choc grave peut apparaître après le dégagement de
la victime. Une fois la pression relâchée, les fluides s’écoulent des
tissus écrasés vers les tissus avoisinants, ce qui provoque un état de
choc.

172
Lorsqu’un muscle est écrasé, le contenu des cellules musculaires
s'écoule dans le sang. Si la blessure est importante, cet
écoulement peut causer une défaillance des reins ou un syndrome
d'écrasement aussi nommé insuffisance rénale aiguë post-
traumatique.

Procédures de secourisme en cas de blessure par


écrasement
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Appliquer immédiatement les procédures de secourisme
pour l’état de choc, même si la victime ne présente pas de
signes, car il est probable qu’il apparaisse.
3. Appeler les secours médicaux et donner les soins continus. 5

Blessures au cuir chevelu et au visage


Procédures de secourisme en cas de saignement du
cuir chevelu
Le saignement du cuir chevelu est souvent abondant et peut être
compliqué par une fracture du crâne ou une plaie dans laquelle est
logé un objet. Éviter de comprimer, d’explorer et de contaminer la
plaie.

173
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Appliquer un pansement
épais et stérile, puis le fixer
fermement en bandant la tête.
3. Si on soupçonne une fracture
du crâne, appliquer les
procédures de secourisme
appropriées.
4. Si un objet est logé dans la
plaie, poser un pansement pour
comprimer le pourtour de la
plaie, mais non son centre.
5 5. Donner les soins continus.

Procédures de secourisme en cas de saignement de


l’oreille
Si du sang s’écoule de l’oreille, ne pas essayer d’arrêter
l’hémorragie en exerçant une pression sur l'oreille ou en la
remplissant de pansements. Pour réduire le risque d’infection de
l’oreille, il est préférable de laisser le sang s’écouler.
1. Effectuer un examen des lieux et évaluer le mécanisme
de blessure. Si on soupçonne une blessure à la tête ou à
la colonne vertébrale, dire à la victime de ne pas bouger.
Procéder à une évaluation primaire.

174
2. Évaluer le saignement. Si le sang est mêlé à du liquide de
couleur jaune pâle, il faut soupçonner une fracture du
crâne; stabiliser et soutenir la tête et le cou. Couvrir
délicatement l’oreille avec un pansement et appliquer les
procédures de secourisme pour la fracture du crâne. Le
pansement absorbe le sang et protège la blessure.

3. Si on ne soupçonne pas de blessure à la tête ou à la


colonne vertébrale, fixer délicatement le pansement
sur l’oreille avec du ruban adhésif. Si les blessures le
permettent, mettre la victime dans une position qui
favorise l’écoulement du sang de l’oreille. Si la victime est
inconsciente et que les blessures le permettent, lui couvrir
l’oreille de pansements et la placer en position latérale de
sécurité, sur son côté blessé.
4. Donner les soins continus.

Procédures de secourisme en cas de saignement de


nez
Le saignement de nez peut n’avoir aucune cause connue; il peut
aussi survenir après que la victime se soit mouchée, après une
blessure au nez ou être causé par une blessure indirecte comme
une fracture du crâne.
1. Effectuer un examen des lieux et évaluer le mécanisme
de blessure. Si on soupçonne une blessure à la tête ou à
la colonne vertébrale, dire à la victime de ne pas bouger.
Procéder à une évaluation primaire.

175
2. Évaluer le saignement. Si le sang est mêlé à du liquide
de couleur jaune pâle, il faut soupçonner une fracture du
crâne. Laisser le sang s’écouler et appliquer les procédures
de secourisme pour la fracture du crâne.
3. Si on ne soupçonne pas de blessure à la tête ou à la
colonne vertébrale, placer la victime en position assise,
la tête légèrement penchée vers l’avant. Se pencher vers
l’avant permet au sang de s’écouler du nez et de la bouche
au lieu de s’accumuler dans la gorge et dans l'estomac et
provoquer des vomissements.
4. Dire à la victime de se pincer fermement les ailes du nez
entre le pouce et l’index pendant environ 10 minutes ou
5 jusqu’à l’arrêt du saignement.

5. Lui dire de respirer par la bouche et de ne pas se moucher


pendant quelques heures afin de ne pas déloger les
caillots. Si le saignement persiste ou réapparaît, obtenir des
secours médicaux.

Procédures de secourisme pour une dent arrachée


Si la victime reçoit rapidement les soins médicaux et dentaires
appropriés, il est possible que la dent arrachée puisse être
réimplantée.

176
1. Effectuer un examen des lieux et évaluer le mécanisme
de blessure. Si on soupçonne une blessure à la tête ou à
la colonne vertébrale, dire à la victime de ne pas bouger.
Procéder à une évaluation primaire.
2. Appliquer une pression directe sur l’alvéole de la dent
pour arrêter l’hémorragie. Faire asseoir la victime la tête
penchée vers l’avant pour que le sang puisse s'écouler de
la bouche.
3. Placer la dent arrachée dans une solution saline équilibrée
ou du lait de coco. Si vous n'en avez pas, il est possible
d'utiliser la salive de la victime. Ne pas manipuler la dent
par la racine, mais par la couronne.
4. Donner les soins continus. 5
Saignement de la joue, des gencives ou de la langue
En présence d’un saignement de la gencive ou de la bouche,
évaluer d’abord le mécanisme de blessure pour déterminer s’il
existe une possibilité de blessure grave à la tête ou à la colonne
vertébrale. En cas de saignement de la bouche, s’assurer que les
voies respiratoires ne sont pas obstruées.
Pour maîtriser le saignement de la bouche,
poser sur la plaie un pansement propre, ou
mieux, un pansement stérile, et y exercer
une pression directe. Ne pas rincer la bouche
après l’arrêt du saignement, car cela pourrait
déloger les caillots et provoquer la reprise du
saignement.

Blessures aux yeux


Dans les blessures aux yeux, l’application rapide des procédures de
secourisme peut prévenir une perte partielle ou totale de la vue.
Le larmoiement ne suffit pas toujours à déloger les corps étrangers
dans l'œil.

177
Signes et symptômes d’une blessure aux yeux
Voici certains des signes et symptômes d’une blessure aux yeux :
• Douleur
• Vision trouble ou double
• Larmoiement excessif
• Impression d’avoir des poussières ou un corps étranger
sous la paupière
• Vaisseaux sanguins endommagés ou taches rouges
• Saignement ou écoulement d’autres liquides de l’œil

5 • Déformation
• Perte de la vue

Procédures de secourisme pour un corps étranger


logé dans l'œil
1. Commencer par demander à la victime où se trouve
d'après elle le corps étranger.
2. Si le corps étranger est logé sous la paupière supérieure,
dire à la victime de saisir les cils de la paupière supérieure
et d’abaisser celle-ci sur la paupière inférieure, puis de les
relâcher pour déloger le corps étranger.
Demandez-lui d'effectuer la manœuvre plusieurs fois. N'oubliez pas
de retirer l'excès de maquillage sur les yeux avant de procéder.
Si le corps étranger est toujours dans l'œil, essayer de le déloger
avec de l'eau courante ou du produit de rinçage pour les yeux.
Si les méthodes ci-dessus s'avèrent inefficaces, procédez à un
examen de la surface de l'œil et sous les paupières.

178
Examen de l’œil
1. Faire asseoir la victime face à la lumière et
lui immobiliser la tête.
2. Demander à la victime de regarder à
gauche, à droite, vers le haut et vers le bas.
Quand une petite lampe est dirigée en Ne pas tenter
travers de l'œil, la lumière crée une ombre d’exami-
ner l'œil en
qui permet de localiser le corps étranger.
présence de
3. Pour examiner sous la paupière inférieure, brûlures ou de
tirer doucement celle-ci vers le bas et blessures sur
demander à la victime de regarder vers la paupière.
le haut. Pour examiner sous
la paupière supérieure, tirer
5
doucement les cils vers le haut
et demander à la victime de
regarder vers le bas. Examiner
sous les paupières avec une
petite lampe.
4. Si le corps étranger est visible,
utiliser le coin humecté d’un
mouchoir, d’un linge propre ou
d’un cure-oreille pour le retirer.
Ne pas essayer de retirer un corps étranger qui est collé
à l'œil ou qui se trouve sur la partie colorée de l'œil. Si la
victime porte des lentilles de contact, la laisser les enlever
avant d'essayer de retirer le corps étranger.

Procédures de secourisme à appliquer s’il est


impossible de retirer le corps étranger de l'œil sans
danger
1. S'il vous a été impossible de retirer le corps étranger, dire
à la victime de ne pas se frotter l’œil pour ne pas causer de
douleur ni de lésions des tissus.
2. Fermer l’œil atteint et le couvrir de gaze ou d’un tampon
oculaire. Couvrir également le front et la joue pour éviter
de comprimer l’œil.

179
3. Fixer le tout sans serrer avec un bandage ou du ruban
adhésif. S'assurer qu'aucune pression n'est appliquée sur
l'œil.
4. Donner les soins continus et obtenir des secours médicaux.

Plaies des tissus mous entourant l’œil


Les plaies de la paupière et des tissus mous entourant l’œil sont
graves, parce qu’elles s’accompagnent souvent de blessures du
globe oculaire. Un choc avec un objet contondant peut causer des
ecchymoses et endommager les os qui entourent et protègent
l’œil.
Couvrir uniquement l’œil le plus gravement atteint afin de réduire
5 le stress psychologique résultant du bandage des deux yeux. Ainsi,
la victime pourra marcher sans aide. S’il faut absolument couvrir
les deux yeux (p. ex. brûlure causée par la lumière intense d’une
soudeuse à l’arc), rassurer souvent la victime, lui dire ce que l’on fait
et pourquoi on le fait. Il faut transporter la victime.

Procédures de secourisme en cas de lacérations ou


d'ecchymoses sur les tissus entourant l'œil
Les lacérations des paupières donnent lieu à un saignement
abondant parce que leur tissu est riche en vaisseaux sanguins. Un
pansement suffit habituellement à maîtriser l’hémorragie. Ne jamais
exercer de pression sur le globe oculaire, car cela pourrait entraîner
la perte des liquides de l’œil et causer des lésions permanentes.

180
Procédures de secourisme pour un objet logé dans
le globe oculaire ou à proximité
Appliquer les procédures de secourisme pour un objet logé dans
le globe oculaire ou à proximité. Comme pour un objet logé dans
toute autre partie du corps, empêcher l’objet de bouger pour ne
pas aggraver la blessure.
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
Demander à un passant de soutenir la tête de la victime.
2. Placer des pansements, stériles de préférence, autour de
l'objet logé. Empiler des tampons ou des pansements tout
autour de l'objet pour le stabiliser, à l'aide de la technique
des rondins. S'assurer qu'aucune pression n'est appliquée 5
sur l'œil.
3. Placer la victime sur une civière et la transporter dès que
possible vers un établissement de soins de santé.

181
Procédures de secourisme en cas d’exorbitation du
globe oculaire
L’exorbitation est la sortie du
globe oculaire de son orbite. Ne
pas essayer de replacer l'œil dans
l'orbite.
1. Effectuer un examen des
lieux et une évaluation
primaire. Demander à un
passant de soutenir la
tête de la victime.
5 1. Recouvrir délicatement le
globe oculaire et l’orbite
d'un pansement humide. Retenir le pansement avec du
ruban adhésif et d’autres pansements.
1. Donner les soins continus jusqu’à la prise en charge par les
secours médicaux.

Procédures de secourisme en cas de brûlures


chimiques aux yeux
Les produits chimiques corrosifs sous forme
solide ou liquide peuvent causer des blessures
permanentes aux yeux. Habituellement, la
victime éprouve une douleur intense et ses yeux
sont très sensibles à la lumière. Appliquer les
En cas de
procédures de secourisme suivantes :
risques
1. Effectuer un examen des lieux et une chimiques,
évaluation primaire. Demander à vous devriez
un passant de soutenir la tête de la avoir accès
victime. à une fiche
signalétique et
2. Demander à la victime de s'asseoir ou vous en servir
de s'allonger. Si un seul œil est atteint, pour savoir
protéger l’autre œil. comment
appliquer les
3. S’il s’agit d’un produit chimique en procédures de
poudre, essuyez la poudre qui reste sur secourisme.
la peau. Ne pas enlever la poudre à
mains nues.
182
4. Rincer l’œil atteint à l’eau fraîche. Comme la douleur peut
empêcher la victime d’ouvrir les yeux, écarter délicatement
les paupières avec les doigts. Rincer l’œil pendant au moins
15 minutes.
5
5. Recouvrir l’œil atteint de pansements. Si les deux yeux
sont atteints, couvrir celui qui est le plus gravement atteint.
Ne bander les deux yeux que si la victime est d’accord. Le
fait de bander les deux yeux empêche la victime de voir
et accroît le stress. Si vous devez bander les deux yeux,
demander à la victime de rester allongée.
6. Donner les soins continus.
Si la victime porte des lentilles de contact:
Ne pas perdre de temps à essayer de les enlever. Rincer les yeux
pendant 15 minutes. Il est possible que le rinçage déloge les
lentilles. Si elles sont toujours en place, demander à la victime de
les retirer. Il faut jeter les lentilles de contact qui ont été exposées à
un produit chimique (par conséquent, il importe peu qu’elles soient
délogées par le rinçage).
Là où il existe un risque de brûlure chimique de l’œil, on devrait
avoir sous la main du matériel d’irrigation oculaire.

183
Procédures de secourisme en cas de brûlures de l’œil
par lumière intense
Les brûlures aux yeux peuvent être causées par une exposition
prolongée à la lumière intense qui émane de sources telles que la
lumière solaire directe ou indirecte ou par un événement de courte
durée comme le flash d'une soudeuse à arc électrique. La cécité
des neiges en est un exemple. Comme dans le cas d'un coup de
soleil, il est possible que la victime ne se rende compte de rien sur
le moment, mais qu'elle présente des symptômes plusieurs heures
après l’exposition. Les signes et symptômes de ces brûlures sont les
suivants :
• sensibilité à la lumière
5 • douleur
• sensation de corps étranger dans l’œil
Appliquer les procédures de secourisme suivantes :
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Bander les yeux de la victime pour les refroidir et
les protéger de la lumière. La victime peut perdre
temporairement la vision, donc il importe de la rassurer
fréquemment.
3. Donner les soins continus.

Brûlures
Les brûlures sont des lésions de la peau et des tissus causées par la
chaleur, le rayonnement ou les produits chimiques. Elles sont une
des principales causes de blessures à la maison. Les jeunes enfants
et les personnes âgées sont plus particulièrement à risque et les
brûlures qu’ils subissent sont plus graves.

184
Types de brûlures
Brûlures par la chaleur (aussi nommées “brûlures
thermiques“)
Les brûlures causées par une application de
chaleur sur le corps sont les plus courantes.
L’échaudure est une brûlure thermique causée
par des liquides chauds ou de la vapeur. Le
frottement peut également provoquer des
brûlures thermiques.

Brûlures chimiques
Les brûlures chimiques sont souvent graves
5
parce que les produits chimiques continuent
à brûler tant qu’ils restent en contact avec la
peau. Des produits chimiques, comme les
acides ou les alcalis, peuvent provoquer des
brûlures.

Brûlures électriques
Les brûlures électriques sont causées par
un contact avec le courant électrique. Bien
que ces brûlures soient en fait causées
par la chaleur, elles sont classées dans
une catégorie distincte en raison des
complications liées à l’électricité.

Brûlures par rayonnement


La plupart des gens ont déjà eu un coup de
soleil, qui est une brûlure par rayonnement
causée par les rayons solaires.
Parmi les autres sources d’énergie rayonnante
pouvant causer des brûlures, on compte
les rayons-X, l’arc électrique et les matières
radioactives.

185
Gravité d’une brûlure
Une brûlure peut être grave, modérée ou mineure selon :
• la profondeur de la brûlure
• la surface corporelle brûlée
• la partie du corps qui est brûlée
• l’âge et l’état physique de la victime

Profondeur de la brûlure
La peau sert à protéger le corps contre les bactéries, à régler la
température corporelle et à conserver les liquides. Si elle est brûlée,
5 il peut y avoir une perte partielle ou totale de ces fonctions.
La profondeur des lésions tissulaires détermine la gravité de la
brûlure. Plus les lésions sont profondes, plus la brûlure est grave.

En secourisme, les brûlures peuvent être du premier degré


(superficielles), du deuxième degré ou du troisième degré selon
leur profondeur.

Évaluation de la surface brûlée par la règle des


multiples de neuf
Le secouriste peut évaluer rapidement l’étendue des brûlures au
moyen de la règle des neuf. Selon cette règle, le corps se divise en
régions représentant chacune 9 ou 18 % de la surface corporelle
totale. En additionnant les pourcentages correspondant aux
régions brûlées, on obtient rapidement une estimation de la surface
corporelle touchée. Les pourcentages sont légèrement différents
pour l’enfant.

186
la règle des neuf pour l’adulte
9 % – tête et cou
9 % – chaque bras
18 % – faces antérieures du tronc
18 % – faces postérieures du tronc
1 % – organes génitaux
18 % – chaque jambe
la règle des neuf pour l’enfant
18% – tête et cou
9 % – chaque bras 5
18 % – faces antérieures du tronc
18 % – faces postérieures du tronc
14% – chaque jambe
Autre méthode d’estimation de la surface
brûlée
La paume de la main correspond à un pour cent de
la surface corporelle. Se servir de cette mesure pour
estimer l’étendue des brûlures.

Brûlures graves
Les brûlures graves qui peuvent mettre la vie en danger et
entraîner une invalidité grave et permanente ou une défiguration
comprennent :
• les brûlures qui entravent la respiration, les brûlures par
inhalation
• les brûlures accompagnées d’une fracture ou d’une
blessure grave des tissus mous
• les brûlures touchant les points de flexion de la peau
comme les coudes, le cou, les genoux, etc.
• toutes les brûlures électriques, car elles causent des
blessures internes et des malaises cardiaques
• La plupart des brûlures chimiques

187
• les brûlures survenant chez les moins de deux ans et les
plus de cinquante ans; ces personnes tolèrent mal les
brûlures
• les brûlures survenant chez les personnes atteintes
de diabète, d’épilepsie, d’hypertension, de troubles
respiratoires ou de maladies mentales

Complications des brûlures


Parmi les complications courantes des brûlures, on compte :
• l'état de choc, causé par une fuite de sang ou de plasma
dans les tissus avoisinants, constitue un danger immédiat

5 • l'infection, parce que la peau brûlée ne protège plus le


corps contre les bactéries
• les troubles respiratoires, si les brûlures touchent le visage
ou la gorge ou si la victime a inhalé de la fumée, des gaz ou
de la vapeur
• l'enflure parce que les bijoux et les vêtements coupent la
circulation en cas d’enflure de la partie brûlée

Blessures par inhalation


Ce type de blessure survient lorsqu'une personne inhale de la
vapeur ou de l'air chaud (surchauffé), de la fumée ou des produits
chimiques toxiques.
Les blessures par inhalation se manifestent par les signes et
symptômes de l’état de choc :
• étourdissements, agitation, confusion
• pâleur ou cyanose
• fréquence ou amplitude respiratoire anormale
Accompagnés d'un historique d'exposition à la chaleur et des
symptômes suivants :
• respiration bruyante
• douleur à la respiration
• brûlures du visage, particulièrement de la bouche et du nez
• poils du visage ou cheveux roussis

188
• haleine qui sent la suie ou la fumée
• maux de gorge, voix et toux rauques, difficulté à avaler
L'objectif des procédures de secourisme en cas de blessures par
inhalation est d'obtenir rapidement des secours médicaux. Placer
la victime consciente en position semi-assise, si possible, et traiter
l'état de choc.

Reconnaître les brûlures


Brûlure du premier degré– touche uniquement la couche
supérieure de la peau
• peau rosée ou rougeâtre
• légère enflure 5
• peau sèche
• sensibilité ou douleur parfois
grave au site atteint
Brûlure du deuxième degré– touche les
deux premières couches de la peau
• peau à vif, rouge et tachetée
• peau moite, coloration allant du blanc
au rouge cerise
• ampoules laissant suinter un liquide
clair
• douleur extrême
Brûlure du troisième degré– touche toute
l’épaisseur de la peau et les tissus sous-jacents
• peau blanc nacré, brune ou
carbonisée
• peau sèche avec aspect de cuir
• os et vaisseaux sanguins visibles à
travers la peau
• peu ou pas de douleur (les nerfs sont
détruits)

189
Procédures de secourisme en cas de brûlures
thermiques
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Refroidir immédiatement la brûlure.
• Dans la mesure du possible, l'immerger dans l'eau
fraîche.
• Si cela est impossible, verser de l’eau fraîche sur la
brûlure ou la couvrir avec un linge mouillé propre.
• Refroidir la brûlure tant que la douleur n’a pas diminué.
La baisse de température réduit les lésions des tissus,
5 l’enflure et la formation d’ampoules, tout en soulageant
la douleur.

3. Retirer les bijoux et les vêtements serrés avant que l'enflure


n'apparaisse. Ne rien enlever qui adhère à la peau.
4. Lorsque la douleur est moins intense, recouvrir lâchement
la brûlure d'un pansement propre et non pelucheux. Si la
brûlure est étendue, utiliser un drap.
5. Donner les soins continus.
Précautions concernant les procédures de secourisme en
cas de brûlures
• Ne pas respirer ni tousser sur la brûlure et ne pas y toucher.
• Ne pas crever les ampoules.
• Ne pas retirer les vêtements qui adhèrent à la brûlure.
• Ne pas appliquer de beurre, de lotion*, d’onguent* ni de
pansements huileux sur une brûlure.

190
• Ne pas couvrir la brûlure d’ouate ou de matériel pelucheux.
• Ne pas utiliser de pansements adhésifs.
• Ne pas trop refroidir la victime. Après avoir refroidi la
région brûlée, garder la victime au chaud.
*Sur les coups de soleil mineurs, on peut appliquer des lotions et
onguents prévus à cet effet.
Pansements pour brûlure
Un bon pansement pour brûlures est stérile, non pelucheux et
n’adhère pas à la peau lorsqu’on l’enlève. Si on ne dispose pas d’un
tel pansement, utiliser un linge propre et non pelucheux comme un
drap. Il existe un type de pansement pour brûlures à base d’eau
gélifiée, comme Water-JelMD. Ce pansement stérile est enduit d’une 5
substance gélifiée contenant surtout de l’eau. Il est efficace pour
refroidir la brûlure, la garder propre et soulager la douleur. Suivre le
mode d’emploi figurant sur l’emballage.

Procédures de secourisme en cas de brûlures


chimiques
Les produits chimiques corrosifs continuent de brûler tant qu’ils
restent sur la peau. Plus on les enlève rapidement, moins la brûlure
est grave.
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Rincer abondamment la région atteinte à l'eau fraîche.
Enlever les vêtements contaminés tout en rinçant la région.
Si le produit est une poudre, l’essuyer rapidement avec un
linge avant de rincer.
3. Continuer de rincer la région atteinte pendant 15 à 20
minutes.
4. Lorsque la douleur est moins intense, recouvrir lâchement
la brûlure d'un pansement propre et non pelucheux.

191
5. Donner les soins continus.

Si vous utilisez des produits chimiques sur votre lieu de travail,


5 assurez-vous de connaître les procédures de secourisme
appropriées. Cette information figure sur la fiche signalétique
(FS) du produit. Acheminez la fiche signalétique à l’hôpital avec le
travailleur blessé, dans la mesure du possible. Si vous utilisez des
produits chimiques sur votre lieu de travail, vous devez détenir un
certificat de formation SIMDUT.

Procédures de secourisme en cas de brûlures


électriques
La brûlure électrique peut être une brûlure par l'éclair ou une
brûlure par contact.
La brûlure par l’éclair survient lorsque le courant saute de la
source d’électricité vers la victime. L’arc électrique produit une
chaleur intense de très courte durée qui cause des brûlures parfois
très profondes. La puissance de l'arc peut également projeter
une victime. Elle peut subir des blessures à la tête ou à la colonne
vertébrale de même que des fractures ou des luxations.
Lors d'une brûlure par contact, l’électricité traverse le corps. Le
corps peut être brûlé au point d’entrée et au point de sortie de
l’électricité. Il peut également y avoir des lésions internes graves
des tissus le long du parcours emprunté par l’électricité.

192
Le passage d’un courant électrique dans l’organisme peut
provoquer un arrêt respiratoire ou cardiaque. Le secouriste est lui
aussi exposé aux blessures électriques.
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
S’assurer que le courant électrique ne présente plus de
danger. Appeler les services d’électricité ou les autorités
responsables pour qu’ils rendent les lieux sûrs. S’il s’agit de
fils à haute tension, la seule chose à faire est de ne laisser
personne s’approcher des lieux de l’accident jusqu’à ce
que le courant soit coupé.

2. Demandez-vous si le choc a pu projeter la victime au sol.


En pareil cas, il faut soupçonner une blessure à la tête ou à
la colonne vertébrale.
3. Procéder à une évaluation secondaire pour localiser les
brûlures, les fractures, les luxations, etc. Rechercher les
brûlures d’entrée et de sortie.
4. Traiter les brûlures en les recouvrant de pansements secs et
propres.
5. Traiter les fractures et les luxations.
6. Donner les soins continus.
Si des fils électriques sont tombés au sol
• S’il est possible qu’un fil soit coupé ou qu’un poteau soit
ébranlé, ne pas quitter son véhicule avant d’avoir examiné
les environs pour voir si des fils électriques sont tombés au
sol.
• Rester à l’intérieur du véhicule si celui-ci est en contact avec
des fils électriques. Attendre l’arrivée des responsables et

193
suivre leurs directives.
• Si on constate ou si on soupçonne que des fils électriques
sont tombés, s’assurer que personne ne s’approche des
lieux. Aviser ensuite les services d’électricité.
• L’énergie transportée par les fils électriques à haute tension
peut être transmise dans le sol avoisinant. Si on ressent des
picotements dans la plante des pieds, c’est qu’on s’est trop
avancé; il faut alors reculer.
• Présumer que le fil électrique tombé au sol est sous
tension. Un fil à haute tension peut se déplacer de façon
désordonnée et être attiré par un objet lui assurant une
meilleure mise à la terre. Se tenir loin de ces fils électriques.
5 • Se rappeler que les véhicules, les glissières de sécurité, les
clôtures métalliques, etc. conduisent l’électricité.

Procédures de secourisme en cas de coup de soleil


La gravité des coups de soleil peut varier; ils peuvent aller d’un
léger inconfort à une brûlure grave et étendue accompagnée d’un
coup de chaleur.
Traiter le coup de soleil mineur de la manière suivante :
1. Mettre la victime à l’abri du soleil. Effectuer un examen des
lieux et une évaluation primaire.
2. Éponger délicatement la région brûlée avec de l’eau
fraîche ou la couvrir avec une serviette mouillée pour
soulager la douleur. Répéter cette étape au besoin pour
soulager la douleur.
3. Assécher la peau et appliquer un onguent médicamenteux
contre les coups de soleil si disponible. Appliquer
l'onguent conformément au mode d’emploi figurant sur
l’emballage.
4. Protéger les régions brûlées du soleil.
5. Ne pas crever les ampoules; cela pourrait provoquer une
infection. Si des ampoules se forment sur une grande partie
du corps, obtenir des secours médicaux.

194
6. Si la victime vomit ou fait de la fièvre, appliquer les
procédures de secourisme pour les coups de chaleur et
obtenir des secours médicaux.

Procédures de secourisme en cas de brûlures


causées par les rayons-X et le rayonnement nucléaire
Il n’existe pas de procédures de secourisme particulières pour les
brûlures causées par les rayons-X et les matières radioactives. En
pareil cas, appliquer les procédures de secourisme pour les brûlures
thermiques. Si le milieu contient des matières radioactives, prendre
les mesures de protection appropriées.

Comment éteindre le feu sur ses vêtements 5


Si vos vêtements prennent feu :
Arrêter — de bouger

Se jeter — par terre

195
Se rouler sur le sol — plusieurs fois pour éteindre les flammes

Ne pas courir — cela ne fait qu’attiser les flammes.


5 Comment sortir d’une pièce remplie de fumée
Si possible, se couvrir la bouche et le nez avec un linge humide

La fumée chaude monte; garder la tête baissée et ramper sous la


fumée

196
Morsures et piqûres
Morsures d'animaux et d'humains
Une lacération ou une plaie perforante causée par une morsure
d’animal ou d’humain peut laisser pénétrer de la salive contaminée
dans l’organisme. Les morsures d'animaux et d'humains sont
dangereuses parce qu’elles peuvent provoquer des infections. Les
morsures d’humains les plus fréquentes chez l’adulte sont celles
des mains. Toute morsure d’animal ou d’humain qui déchire la peau
doit être traitée par du personnel médical.
La rage est une maladie virale aiguë qui attaque le système
nerveux et qui est toujours fatale si elle n’est pas traitée. La rage
doit être soupçonnée chez les animaux domestiques qui ont un 5
comportement anormal ainsi que pour toute morsure d'animal
sauvage (les chauves-souris, les renards, les mouffettes, les ratons-
laveurs, et autres). On peut contracter le virus de la rage si on
manipule un animal mort ou si on touche à une plaie contaminée
par le virus de la rage. En appliquant les procédures de secourisme
pour ce type de morsure, toujours présumer que l’animal avait la
rage, jusqu’à preuve du contraire.
Être particulièrement prudent en appliquant les procédures de
secourisme sur une personne susceptible d’avoir été exposée à la
rage et en manipulant l’animal vivant ou mort. Porter des gants et
(ou) se brosser les mains à fond après le contact afin de réduire le
risque d’infection.
Après un contact avec un animal enragé, l’administration rapide du
vaccin peut prévenir l’apparition de la maladie.

Procédures de secourisme pour les morsures


d'animaux et d'humains
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Examiner la plaie pour voir si la peau est déchirée.
3. Si la plaie saigne, la laisser saigner modérément; cela aide
à la nettoyer.
4. Nettoyer la plaie, puis appliquer un pansement et un
bandage.
5. Obtenir des soins médicaux.
197
Morsures de serpents
Le serpent à sonnette est le seul serpent venimeux vivant à
l'état sauvage au Canada. Quelques espèces de ce serpent sont
présentes dans certaines parties de la Colombie-Britannique, de
l’Alberta, de la Saskatchewan et de l’Ontario.
Si on se rend dans une région où se trouvent d’autres espèces de
serpents venimeux, se renseigner sur les procédures de secourisme
pour les morsures causées par les serpents présents dans la région.
La morsure du serpent à sonnette laisse sur la peau une ou deux
petites perforations. Il peut y avoir une injection de venin. Si du
venin est injecté, la victime ressentira une sensation de brûlure.
5 Elle sera suivie d'enflure et de décoloration, d'une douleur aiguë,
de faiblesse, de transpiration, de nausée, de vomissements et de
frissons. Des troubles respiratoires peuvent également apparaître.

Procédures de secourisme pour les morsures de


serpents
1. Effectuer un examen des lieux et une
évaluation primaire.
2. Placer la victime au repos en position
semi-assise et garder le membre atteint
au-dessous du niveau du cœur. En
mettant la victime au repos, on ralentit la
dispersion du venin dans l’organisme.
3. Irriguer la région atteinte avec de l'eau, si possible.
Enrouler un grand bandage en rouleau sur toute la
longueur de l'extrémité mordue, en serrant juste assez pour
pouvoir glisser les doigts sous le bandage. Il s'agit d'une
méthode sûre et efficace pour ralentir la circulation du
venin.
4. Immobiliser le membre.
5. Donner les soins continus.

198
Précautions à prendre face aux serpents et aux morsures de
serpents
• la plupart des serpents restent dans un rayon de 10 mètres
du lieu de l’attaque; faire attention
• ne pas laisser marcher une victime qui a été mordue par un
serpent si on peut la transporter par un autre moyen vers
des secours médicaux
• ne pas lui donner de boissons alcoolisées
• ne pas inciser la morsure ni essayer d’aspirer le venin avec
la bouche
• ne pas appliquer de glace; cela pourrait aggraver la
blessure 5
• si on abat le serpent, l’apporter au personnel médical pour
qu’il soit identifié, mais ne pas le toucher directement.
Éviter de lui toucher la tête, car même mort, le serpent
peut avoir le réflexe de mordre.

Morsures et piqûres d’insectes


Chez la plupart des gens, une morsure ou une piqûre d’insecte
ne cause qu’une enflure douloureuse, de la rougeur et des
démangeaisons. Cependant, chez d’autres personnes, ces piqûres
peuvent déclencher une réaction allergique grave qui peut mettre
leur vie en danger.

Signes et symptômes d'une réaction localisée à une morsure ou


une piqûre :
• douleur soudaine
• enflure
• chaleur
• rougeur
• démangeaisons

199
Signes et symptômes d'une réaction anaphylactique à une
morsure ou à une piqûre :
• démangeaisons et urticaire généralisé
• présence d’une bosse blanche, rose, rougeâtre ou
décolorée sur la peau
• enflure généralisée; surtout des voies respiratoires
• faiblesse, maux de tête
• fièvre
• troubles respiratoires parfois graves
• anxiété, crampes abdominales, vomissements
5 Procédures de secourisme pour les morsures ou les
piqûres d’insectes
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire. Y
a-t-il des signes de réaction allergique?
2. Examiner pour voir si le dard est resté dans la peau.
Lorsque les abeilles à miel nous piquent, le dard et le sac
de venin des abeilles restent fixés sur la peau. Ce n'est pas
le cas des autres abeilles et des guêpes. Gratter
délicatement le dard et le sac de venin pour les détacher
de la peau.

3. Pour soulager l’irritation, appliquer de l’alcool à friction,


une solution faible d’ammoniaque ou une pâte de
bicarbonate de soude et d’eau. On peut également
appliquer de la glace. Ne pas appliquer d’alcool autour des
yeux.

200
Tiques
Les tiques sont présentes partout au Canada. Elles tombent du
feuillage, se déposent sur les animaux et les humains, leur piquent
la peau et s’y accrochent par leurs pièces buccales barbelées. Après
s’être gorgée du sang de son hôte (humain ou animal) pendant de
nombreuses heures, la tique peut être assez grosse. À la fin de son
repas, elle se détache de son hôte.
La tique peut transmettre des maladies aux humains. Si on en
trouve une, bien examiner son corps et ses vêtements, car il peut
y en avoir d’autres. Conserver la tique et l’apporter au personnel
médical aux fins d’identification.

Procédures de secourisme pour les morsures de 5


tiques
1. Utiliser un tire-tiques pour retirer une tique en le glissant
sous le corps de la tique et en la tirant délicatement.
2. Si vous n'avez pas de tire-tiques, vous pouvez utiliser une
pince à épiler. Saisir la tique le plus près possible d'où elle
s'attache à la peau et tirer d'un mouvement lent et régulier.
Ne pas saisir le corps de la tique, car il peut se briser et
répandre son contenu.
3. Si on ne dispose pas d’une pince à épiler, utiliser les doigts
protégés par un gant, un sac de plastique ou un papier-
mouchoir. Si la tique est gorgée de sang, se protéger les
yeux.
4. Conserver la tique et l’apporter au personnel médical aux
fins d’identification.
5. Laver la région atteinte à l’eau et au savon et appliquer un
antiseptique pour prévenir l’infection. Les tiques peuvent
transporter plusieurs maladies dont les symptômes peuvent
se manifester plusieurs jours après l’exposition. Obtenir des
secours médicaux si la tique était gorgée ou si le site de
la morsure présente des signes d'infection ou d'éruption
cutanée (semblable à une auréole).

201
Sangsues
La sangsue fait une minuscule incision qui peut passer inaperçue
sur le coup et ensuite, elle se colle sur la peau d'un animal ou d'un
humain pour sucer le sang. Si on essaie de l’enlever, on risque de la
défaire en morceaux, ce qui complique son extraction et augmente
le risque d’infection. Les premiers soins des morsures de sangsues

Procédures de secourisme en cas de lésions causées


par les sangsues
1. Pour détacher la sangsue, utiliser l’ongle pour extraire la
tête de la peau. La tête est la partie la plus petite et la plus
5 mince de la sangsue, et non pas la plus grosse. Une fois la
tête extraite, utiliser l’ongle pour extraire la partie la plus
grosse.
2. Une fois la sangsue extraite, l'incision laissera échapper
un peu de sang, en raison de l’anticoagulant produit par
la sangsue. Nettoyer la région atteinte à l’eau et appliquer
une pâte de bicarbonate de soude ou une solution
d'ammoniaque pour soulager l’irritation.
3. Si des signes d’infection apparaissent sur la lésion, la
victime devrait obtenir des secours médicaux.

Méduses
Les méduses sont présentes aussi bien dans les eaux salées que
les eaux douces. Plusieurs variétés de méduses sont présentes au
Canada. Les méduses tueuses évoluent en milieu tropical et aucune
n'a été recensée à proximité du Canada. Toutes les méduses
piquent leurs victimes grâce à leurs nématocystes ou dards. Ces
dards peuvent contenir du venin qui peut être nuisible, mais le
plus souvent les piqûres causent une sensation désagréable de
pincement ou de brûlure.

202
Procédures de secourisme pour les piqûres de
méduse
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Appliquer autant de vinaigre que possible sur la partie
atteinte. Il empêchera les dards de diffuser le venin.
3. Pour soulager la douleur, immerger la plaie dans une
eau aussi chaude que peut le tolérer la victime pendant
20 minutes.
4. Ne pas appliquer d'eau froide, qui favorise la diffusion du
venin.
5. En présence de signes d'infection, conseiller au patient de
consulter un médecin.
5

203
Chapitre 6
Blessures aux os et
aux articulations

• Blessures aux os
• Blessures aux articulations
• Blessures à la tête et à la
colonne vertébrale
• Commotion et compression
cérébrales
• Blessures à la colonne
vertébrale
• Blessures au bassin
• Blessures thoraciques
• Foulures
• Attelles
Chapitre 6 Blessures aux os et aux
articulations
Les blessures aux os, aux articulations et aux muscles sont
courantes. Elles ne mettent généralement pas la vie en danger,
mais elles peuvent être douloureuses et débilitantes. L'application
des procédures de secourisme appropriées peut réduire la douleur
et prévenir l'aggravation de la blessure.

Fractures
Une fracture est une cassure ou une fêlure d’un os. Elle est dite
ouverte ou fermée :
• dans le cas d’une fracture fermée, la peau n’est pas
déchirée
6 • dans le cas d’une fracture ouverte, la peau est déchirée et
la plaie peut causer une infection grave, même si elle est
très petite
Fracture fermée

Fracture ouverte

206
Une fracture peut être causée par une force directe (comme un
coup de poing ou de pied), une force indirecte (comme une chute)
ou par une force de torsion. Certaines maladies osseuses, telles
que l’ostéoporose, rendent les os très fragiles et susceptibles de se
casser plus facilement.
La fracture peut donner lieu à un ou plusieurs des signes et
symptômes suivants :
• douleur et sensibilité – aggravées par la palpation et le
mouvement
• perte de fonction – la victime ne peut utiliser la partie
blessée
• plaie – des fragments osseux peuvent sortir de la plaie
• déformation – forme ou position anormale d’un os ou
d’une articulation
6
• mobilité anormale
• état de choc – augmente avec la gravité de la blessure
• crépitation – sensation ou bruit causé par le frottement des
fragments osseux l’un contre l’autre
• enflure et ecchymoses – accumulation de liquide dans les
tissus avoisinant la fracture

Luxation et entorse
Les ligaments relient les os entre eux pour former des
articulations, alors que les tendons relient les muscles
aux os. Les ligaments servent à limiter le mouvement,
à soutenir le mouvement de l'articulation et à
prévenir certains mouvements. Les blessures aux
articulations surviennent lorsque le mouvement des
os et des tissus avoisinants dépasse l'amplitude
normale. Dans ce cas :
• les os peuvent se casser; c’est la fracture
• les ligaments peuvent s’étirer ou se déchirer;
c’est l’entorse
• les surfaces articulaires peuvent se déplacer
et perdre leurs rapports naturels; c’est la luxation

207
Entorses

Une entorse est une blessure à un ligament et peut aller de


l’étirement au déchirement complet du ligament. Il importe de faire
preuve de prudence et d'appliquer les procédures de secourisme
comme pour une blessure grave afin d'en prévenir l'aggravation
6 et d'atténuer la douleur. Les entorses du poignet, de la cheville,
du genou et de l’épaule sont les plus courantes. Les signes et
symptômes de l’entorse comprennent :
• de la douleur, qui peut être intense et s’accroître avec le
mouvement de l’articulation
• la perte de fonction
• l’enflure et la décoloration

Luxations
Une luxation survient lorsqu'il y a perte de contact entre les os
d'une articulation. Elle est causée par une force qui étire et déchire
la capsule articulaire. Il peut alors arriver que les os compriment les
vaisseaux et les nerfs et entravent la circulation ou les sensations
au-dessous de la blessure. Les articulations les plus sujettes à la
luxation sont celles de l’épaule, du coude, du pouce, des doigts, de
la mâchoire et du genou.

208
Les signes et symptômes de la luxation sont semblables à ceux de
la fracture et peuvent comprendre :
• une déformation ou un aspect anormal; la luxation de
l’épaule peut faire paraître le bras plus long
• de la douleur et de la sensibilité accentuées par le
mouvement
• une perte de fonction et un blocage de l’articulation
• une enflure de l’articulation

Procédures générales de secourisme en cas de


blessures aux os et aux articulations
Les procédures de secourisme applicables aux blessures aux os et
articulations ont pour but d'en prévenir l’aggravation et de réduire
la douleur.
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
6
2. Stabiliser et soutenir les fractures ou luxations décelées au
cours de l'évaluation primaire (lors de l'examen rapide du
corps).
3. Effectuer l’évaluation secondaire nécessaire, puis exposer
délicatement la partie blessée. Il se peut que les vêtements
doivent être découpés afin d'éviter de déplacer la partie
blessée. Examiner toute la région blessée pour déterminer
l’étendue de la blessure.
4. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure. Si la
circulation est entravée, la victime a besoin de soins
médicaux urgents.
5. Soutenir la partie blessée jusqu’à la prise en charge par
les secours médicaux ou jusqu’à ce que le membre soit
immobilisé. Protéger les os saillants. Ne pas tenter de
repousser l’extrémité des os à l’intérieur du membre. Ne
pas tenter d’exercer une traction (tirer) sur un membre
ou de le manipuler de quelque façon que ce soit.
6. Si les secours médicaux sont en route et doivent arriver
prochainement, stabiliser et soutenir la partie blessée avec
les mains jusqu’à leur arrivée.

209
7. Si les secours sont retardés ou s’il faut transporter la
victime, immobiliser la partie blessée. Tenir compte de ce
qui suit dans la prise de décision :
• Y a-t-il d’autres dangers pour la victime? Y a-t-il des
dangers pour vous-même ou pour autrui?
• Si les secours médicaux peuvent se rendre sur les
lieux, dans combien de temps arriveront-ils?
• Dispose-t-on du matériel nécessaire pour
immobiliser correctement la blessure?
• Combien de temps faut-il pour immobiliser la
blessure et combien de temps les secours médicaux
mettront-ils à se rendre sur les lieux?
8. Appliquer du froid sur la blessure, le cas échéant.

6 9. Poursuivre les soins jusqu’à l’arrivée des secours médicaux.


Surveiller la circulation au-dessous du site de la blessure.
Utiliser le protocole RICE pour les blessures aux os, aux
articulations et aux muscles
Le protocole RICE est bénéfique pour la plupart des blessures aux
os, aux articulations et aux muscles :
R = Repos
I = Immobilisation
C = Froid (cold)
E = Élévation
Utiliser le protocole RICE
en attendant l’arrivée
des secours médicaux ou lors du transport de la victime vers les
soins médicaux. Il est bénéfique même dans le cas des blessures
mineures.
Le repos signifie de cesser l’activité ayant causé la blessure et de
ne pas la reprendre jusqu’à ce que le médecin l'autorise. Dans le
cas d'une blessure mineure, l'utilisation limitée du membre blessé
est possible à condition de pouvoir tolérer facilement la douleur.
L'immobilisation suppose de soupçonner une fracture en cas de
blessure au bras ou à la jambe, et de prendre des mesures pour
empêcher le mouvement de la partie blessée. L’immobilisation
210
peut demander d’avoir recours à une écharpe pour une blessure
à l’articulation de l’épaule ou à une attelle pour immobiliser
l'articulation située au-dessus et au-dessous de la blessure.

Le froid doit être appliqué sur la blessure le plus rapidement


possible après l'immobilisation. Il réduit le diamètre des vaisseaux,
ce qui diminue la douleur, l’enflure et les ecchymoses. Utiliser une
compresse froide commerciale ou encore une compresse froide ou
un sac de glace improvisé. Appliquer le froid sur toute la région
blessée pendant 15 minutes à la fois, en attendant 15 minutes entre
chaque application.

L’élévation consiste à surélever la partie blessée si possible.


N’élever que si cela ne cause aucune douleur supplémentaire ni
aggravation de la blessure. L’élévation contribue à réduire l’enflure
et facilite le drainage des liquides provenant de la blessure (ne pas
élever une articulation bloquée).

Blessures à la tête et à la colonne vertébrale


Les blessures à la tête comprennent la fracture du crâne, la
commotion et la compression cérébrale. Ces blessures provoquent
souvent une perte de conscience, les rendant plus complexes. La
fracture de la base du crâne est souvent accompagnée de lésions
de la colonne cervicale. Par conséquent, si l'on soupçonne une
blessure à la tête, on doit également soupçonner une blessure au
cou.

211
Parmi les blessures associées à la colonne vertébrale et au bassin,
on compte les fractures, les dommages à la moelle épinière et
l'hémorragie grave. La vessie est l'organe le plus souvent touché
par les blessures du bassin.
Il faut soupçonner une blessure à la tête ou à la colonne vertébrale
si l'incident implique un accident de voiture ou une chute d'une
hauteur de plus de six pieds. C'est également le cas si la victime
présente les signes et symptômes suivants :
• Liquide s'écoulant des oreilles
• Maux de tête
• Ecchymoses à la tête
• La victime se plaint de douleur à la tête et au cou
• La victime vous dit qu'elle ne peut pas bouger ou n'a
6 aucune sensation
Il faut toujours soupçonner une blessure à la tête ou à la colonne
vertébrale si la victime est inconsciente et que l'historique de
l'incident est inconnu.

Blessures à la tête
Les signes et symptômes suivants indiquent une fracture possible
du crâne ou des os du visage, une commotion ou une compression
cérébrale :
• crâne déformé
• enflure, ecchymoses ou saignement
du cuir chevelu
• liquide jaune pâle ou sang
s'écoulant du nez ou des oreilles
• ecchymoses autour des yeux (yeux au
beurre noir) ou derrière les oreilles
• nausées, vomissements, particulièrement chez les enfants
• victime confuse, hébétée, possiblement combative
• victime semi-consciente ou inconsciente
• arrêt respiratoire ou respiration irrégulière
• pouls très lent

212
• pupilles de taille inégale
• douleur au site de la blessure
• bras ou jambes affaiblis ou paralysés
• douleur lors de la déglutition ou du mouvement de la
mâchoire
• plaies dans la bouche
• dents arrachées
• état de choc
• convulsions

Une victime inconsciente souffrant d'une blessure à la tête peut


vomir. Se préparer à tourner la victime sur le côté (si possible d’un
seul bloc) et à dégager rapidement les voies respiratoires.

Fracture du crâne
6
Les fractures du crâne peuvent être causées par la force directe ou
indirecte qui se transmet par les os. Elles peuvent se produire dans
le crâne, à la base du crâne ou dans le visage. Les fractures faciales
touchent le nez, les os autour des yeux, la mâchoire supérieure
et la mâchoire inférieure. Les fractures de la mâchoire présentent
souvent des complications à cause des plaies dans la bouche.

Procédures de secourisme en cas de blessures à la


tête
Les procédures de secourisme pour les fractures du crâne
dépendent du site de la fracture et des signes. En présence d'une
fracture du crâne, il faut soupçonner une blessure à la colonne
vertébrale; appliquer les procédures de secourisme comme s’il y
avait une blessure au cou. La tête et le cou doivent être immobilisés
en conséquence.
1. Procéder à un examen des lieux. Évaluer le mécanisme de
blessure. Si l'on soupçonne une blessure à la tête, dire à la
victime de ne pas bouger et obtenir des secours médicaux.
Stabiliser et soutenir la tête avec vos mains dès que
possible. Effectuer une évaluation primaire.

213
2. Si du sang ou du liquide s'écoule du conduit auditif,
appliquer délicatement un pansement stérile sur l’oreille,
en s’assurant que le liquide peut continuer de sortir.
3. Protéger les enfoncements, les bosses ou les plaies au cuir
chevelu où l'on soupçonne une fracture du crâne sous-
jacente. Éviter de comprimer le site de la fracture.
4. Dire à la victime de ne pas se moucher si du sang ou du
liquide s'écoule du nez. Ne pas restreindre la circulation
sanguine. Essuyer le sang qui coule pour l’empêcher
de pénétrer dans la bouche et entraîner des difficultés
respiratoires.
5. Poursuivre les soins jusqu’à l’arrivée des secours médicaux.

Procédures de secourisme pour les fractures des os


6 du visage et de la mâchoire
1. Procéder à un examen des lieux. Si l’on soupçonne une
blessure à la tête, dire à la victime de ne pas bouger et
obtenir des secours médicaux. Stabiliser et soutenir la tête
avec vos mains dès que possible. Effectuer une évaluation
primaire. Vérifier les voies respiratoires et s’assurer qu’il n’y
a rien dans la bouche.
2. Retirer toute dent arrachée ou prothèse dentaire branlante
et s'assurer que le sang et la salive peuvent s'écouler.
3. Si l’on suspecte une blessure à la tête ou à la colonne
vertébrale, stabiliser et soutenir la victime dans la position
où elle se trouve jusqu’à la prise en charge par les secours
médicaux.
4. Si l’on ne suspecte pas de blessure à la tête ou à la colonne
vertébrale :
• Placer la victime consciente en position assise avec
la tête bien penchée vers l'avant pour permettre aux
liquides de s’écouler librement.
• Si la victime ne peut pas s’asseoir confortablement, la
placer en position latérale de sécurité.
• Placer la victime inconsciente qui respire en position
latérale de sécurité.
5. Obtenir des secours médicaux et donner les soins continus.

214
Si l'on transporte la victime sur une civière, s'assurer que les
liquides peuvent facilement s'écouler de la bouche et du nez afin
de prévenir l’obstruction respiratoire.

Commotion et compression cérébrales


La commotion cérébrale est une perturbation temporaire de
la fonction cérébrale généralement causée par un coup à la
tête ou au cou. Il peut y avoir une perte de conscience, qui ne
dure généralement que quelques minutes. Habituellement, la
récupération est rapide, mais il existe un risque de blessure grave
au cerveau. Se servir du mécanisme de blessure et des signes
et symptômes suivants pour reconnaître la présence d'une
commotion ou d'une compression cérébrale.
• perte de conscience partielle ou totale, habituellement de
courte durée
• respiration superficielle 6
• nausées et vomissements à la reprise de conscience
• la victime dit qu’elle voit ou qu’elle a vu des « étoiles »
• perte de mémoire des événements qui se sont déroulés
juste avant ou après la blessure
• maux de tête intenses généralisés (et non une douleur
locale au cuir chevelu)

215
La compression cérébrale survient lorsqu'une partie du cerveau
subit une pression excessive. Cette pression peut être causée
par une accumulation de liquides dans la boîte crânienne ou par
une fracture du crâne avec enfoncement où les fragments osseux
compriment le cerveau. Il est très important de surveiller les signes
vitaux de la victime et de rechercher d’autres symptômes après un
coup à la tête.
Les signes et symptômes de la compression cérébrale sont
progressifs et s'aggravent habituellement avec le temps, à mesure
que la pression exercée sur le cerveau augmente.
• Perte de conscience
• diminution du niveau de conscience
• nausées ou vomissements
• pupilles de taille inégale
6 • absence de réaction à la lumière d’une ou des deux
pupilles
Casques
Les casques servent à prévenir les fractures. Ils ne sont pas conçus
pour protéger contre les commotions cérébrales ou les blessures
par compression. Si le casque est endommagé, il faut soupçonner
une commotion cérébrale ou une blessure par compression.

Soins continus pour les blessures à la tête


Si une victime qui a subi un coup à la tête ou au cou est
inconsciente ou que son niveau de conscience est diminué,
soupçonner immédiatement une blessure au cou. Dire à la victime
de ne pas bouger; immobiliser et soutenir sa tête. Envoyer chercher
des secours médicaux et donner les soins continus.
La personne qui a subi une commotion cérébrale peut sembler se
rétablir rapidement, mais le risque de blessure grave est toujours
présent. Lui conseiller de faire évaluer immédiatement la blessure
par un médecin.
Si la victime est inconsciente et que l’on doit la laisser seule, la
placer en position latérale de sécurité en prenant soin de soutenir
sa tête et son cou pendant tout mouvement. Si la victime est
allongée sur le dos, surveiller constamment sa respiration.

216
Une victime qui présente des signes de compression cérébrale doit
immédiatement recevoir des soins médicaux.

Blessures à la colonne vertébrale


Ces blessures peuvent toucher la
moelle épinière et ses ramifications
nerveuses.
Les lésions de la moelle épinière et
des nerfs peuvent provoquer une perte
complète et permanente de sensation
ainsi qu’une paralysie au-dessous de
la blessure. Dans chaque situation
d’urgence, il faut évaluer la possibilité
d’une blessure à la colonne vertébrale
et, le cas échéant, appliquer les
procédures de secourisme appropriées 6
et obtenir des soins médicaux dès que
possible.
Utiliser l'historique de l'incident, en
particulier le mécanisme de blessure,
pour déterminer s'il existe une
possibilité de blessure à la colonne
vertébrale. Si l’historique de l'incident suggère une telle blessure,
appliquer les procédures de secourisme appropriées, même si les
signes et les symptômes ci-dessous ne sont pas présents.
• Enflure et ecchymoses au site de la blessure
• Engourdissement, picotement ou perte de sensation dans
les bras et les jambes, d’un ou des deux côtés du corps

217
• incapacité à bouger les bras ou les jambes d'un ou des
deux côtés du corps
• douleur au site de la blessure
• Signes d'état de choc

Stabilisation d’une blessure à la tête ou à la colonne


vertébrale
Les procédures de secourisme applicables aux blessures à la
colonne vertébrale ont pour but d'en prévenir l'aggravation en
évitant tout mouvement de la partie blessée. S’il faut absolument
déplacer la victime, la soutenir de façon à limiter le plus possible le
mouvement de la tête et de la colonne vertébrale.
1. Dès qu’on soupçonne une blessure à la tête ou à la colonne
vertébrale, dire à la victime de ne pas bouger. Stabiliser et
6 soutenir la tête et le cou dès que possible; montrer à un
passant comment le faire.
• Appuyer les coudes au sol pour stabiliser les bras.
• Tenir fermement la tête avec les mains, les doigts posés
le long de la mâchoire.

2. Montrer à un autre passant comment stabiliser et soutenir


les pieds. La tête et les pieds doivent être maintenus
jusqu’à l’immobilisation complète de la victime ou jusqu’à
la prise en charge par les secours médicaux.
3. Effectuer une évaluation primaire. Si la victime ne
réagit pas, vérifier sa respiration avant d’ouvrir les voies
respiratoires.

218
4. Effectuer l’évaluation secondaire nécessaire.
5. Si les secours médicaux peuvent se rendre sur les lieux,
stabiliser et soutenir la victime dans la position où elle se
trouve et de lui donner les soins continus. Continuer de
stabiliser et de soutenir la tête et les pieds jusqu’à l’arrivée
des secours médicaux.

Blessures au bassin
Les signes et symptômes d’une blessure au bassin sont les suivants
:
• signes de l’état de choc (la victime pourrait avoir une
hémorragie interne)
• incapacité à se tenir debout ou à marcher
• envie pressante d’uriner
• incapacité de la victime à uriner ou urine teintée de sang
6
• douleur aiguë à l’aine et au creux du dos
• douleur accentuée par le mouvement

Immobilisation d’une fracture du bassin


Appliquer les mêmes procédures de secourisme que celles pour
une blessure à la colonne vertébrale. Stabiliser et soutenir la victime
dans la position où elle se trouve en attendant l'arrivée des secours
médicaux. Stabiliser les deux côtés de la région pelvienne avec un
rembourrage épais tel que des couvertures.

Blessures thoraciques
Les signes et symptômes sont les suivants :
• douleur au site de la blessure déclenchée par le
mouvement, la toux ou la respiration profonde
• respiration superficielle
• protection de la blessure par la victime
• déformation et décoloration
• présence possible d’une plaie
• possibilité de crachats spumeux
• possibilité de signes de l’état de choc

219
Procédures de secourisme en cas de blessures
thoraciques
Les procédures de secourisme applicables aux blessures aux côtes
et au sternum ont pour but d'en prévenir l'aggravation, de diminuer
la douleur et de faciliter la respiration.
La fracture est très douloureuse et rend la respiration superficielle.
Amorcer la prise en charge d’une situation d’urgence.
1. Exposer la région blessée et rechercher la présence d’une
plaie. Panser toute plaie et obtenir des secours médicaux
rapidement.
2. Si les blessures le permettent, placer la victime en position
semi-assise et légèrement penchée du côté blessé pour
faciliter la respiration. Dans certains cas, un soutien manuel
de la région blessée peut aider le patient à mieux respirer.
6 3. Soutenir le bras du côté blessé à l’aide d’une écharpe
tubulaire Saint-Jean pour restreindre le mouvement.
4. Donner les soins continus et vérifier souvent la respiration.
Obtenir des soins médicaux.

Volet costal
Un volet costal survient lorsque plusieurs côtes sont fracturées à
plus d’un endroit dans la même région. Lorsque la victime respire,
le volet costal se déplace dans la direction opposée au reste de la
poitrine et provoque de la douleur.
Les signes et symptômes du volet costal comprennent :
• mouvement thoracique paradoxal; ce signe indique la
présence d’un volet costal
• respiration très douloureuse et possibilité que la victime
soutienne la région blessée
• ecchymoses au site de la blessure

Procédures de secourisme en cas de volet costal


1. Stabiliser et soutenir la tête et le cou. Effectuer une
évaluation primaire. Si la victime se plaint de difficultés
respiratoires et de douleurs thoraciques, exposer et

220
examiner la blessure.
2. Soutenir la région blessée avec sa propre main pour faciliter
la respiration. Si la respiration est inefficace, appliquer les
procédures de secourisme appropriées.
3. Fixer le bras au thorax avec un bandage large pour
l’empêcher de bouger.
4. Poursuivre les soins jusqu’à l’arrivée des secours médicaux.
Pneumothorax
Un pneumothorax est une complication grave liée à une blessure
thoracique qui requiert une attention médicale immédiate.
La cavité pleurale est l’espace compris entre les poumons et la
paroi thoracique qui est rempli par les poumons. Les poumons se
dilatent dans cet espace à mesure que la cavité thoracique prend
du volume en réponse au mouvement du diaphragme et de la
cage thoracique. Toutefois, si de l’air y pénètre, le poumon situé de
6
ce côté ne pourra pas s'y dilater et s’affaissera. Un pneumothorax
survient donc lorsque de l’air pénètre dans la cavité pleurale. Cette
complication met la vie en danger parce qu’elle peut entraîner
l’affaissement des poumons et causer de graves difficultés
respiratoires.

Attelles

Tout matériau employé pour prévenir le mouvement inutile des os


fracturés.
Une bonne attelle doit être :
• suffisamment rigide pour soutenir la partie blessée

221
• bien rembourrée, pour offrir soutien et confort
• suffisamment longue, c’est-à-dire :
• dans le cas d'une fracture située entre deux
articulations, elle doit dépasser celles-ci
• dans le cas d’une blessure à une articulation, elle doit
permettre l’immobilisation de la partie blessée et
empêcher l’articulation de bouger
Attelles commerciales
De nombreux modèles d’attelles sont vendus dans le commerce.
Vous pourriez avoir à les utiliser si l'incident a eu lieu en milieu
de travail, lors d'un événement sportif, etc. Il est important de se
familiariser avec les attelles avant de les utiliser. Toujours suivre les
instructions du fabricant.

Attelles improvisées
N’importe quel objet peut servir d’attelle, pourvu qu’il permette
d’immobiliser la blessure.
On peut aussi utiliser une partie du corps comme attelle; par
exemple, une jambe blessée peut être fixée à l’autre jambe. C’est
ce qu’on appelle l’attelle anatomique.
Autres matériaux nécessaires pour installer une attelle
Pour installer une attelle, vous aurez besoin de matériaux de
rembourrage et des bandages.
Le rembourrage a deux fonctions :
• il remplit les creux naturels entre le corps et l'attelle,
assurant un soutien approprié de la partie blessée

222
• il rend l’attelle plus confortable
Toujours insérer du rembourrage entre l’attelle et le membre blessé
et entre deux parties du corps attachées l’une à l’autre.
Lorsqu’on utilise des bandages :
• s’assurer qu’ils sont suffisamment larges pour soutenir
fermement le membre sans causer d’inconfort
• les faire passer sous les creux naturels du corps; sous les
genoux, le creux du dos, les chevilles
• les nouer suffisamment serré pour empêcher le
mouvement, mais pas au point de couper la circulation.
Toutes les 15 minutes, vérifier la circulation au-dessous des
bandages.

Procédures de secourisme pour les blessures


aux os et aux articulations. 6
Fracture de la clavicule ou de l’omoplate
Les signes et symptômes sont les suivants :
• douleur au site de la blessure
• enflure et déformation
• perte de fonction du bras du côté de la blessure
• la victime soutient et protège son bras si elle en est
capable, et peut faire pencher sa tête du côté de la
blessure
Complications possibles
• la circulation vers le bras au-dessous de la blessure peut
être entravée ou même coupée

223
Procédures de secourisme en cas de fracture de la
clavicule ou de l'omoplate
1. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure. Si la
circulation est entravée, obtenir des secours médicaux
rapidement.
2. Immobiliser le bras dans la
position qui offre le plus de
confort. Une écharpe tubulaire
Saint-Jean peut convenir.
3. Fixer le bras au thorax avec un
bandage large pour l’empêcher
de bouger. Au besoin, placer
du rembourrage sous le coude
pour maintenir le bras dans
6 la position offrant le plus de
confort. Nouer le bandage du
côté non blessé en prenant soin
de ne pas le serrer au point de
déplacer le bras blessé. Pour le confort de la victime,
insérer du rembourrage sous les nœuds.
4. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure. Si elle est
entravée, et qu’elle ne l’était pas auparavant, desserrer
l’écharpe et le bandage.

224
Immobilisation d’une luxation
Immobiliser le membre dans la position qui offre le plus de confort
à la victime, soit habituellement la position dans laquelle elle a été
trouvée.
Si le bras fléchit, immobiliser une luxation de l'épaule comme suit :
• poser une écharpe tubulaire Saint-Jean pour déplacer le
poids du bras vers l’autre côté
• se servir de bandages larges pour empêcher le mouvement
• placer du rembourrage sous le coude pour le soutenir
Si le bras ne fléchit pas :
• soutenir le bras au moyen d’un bandage glissé autour du
cou
• fixer le bras au corps avec le bandage pour l’empêcher de
bouger
6
• au besoin, placer du rembourrage sous le coude pour
maintenir le bras dans la position offrant le plus de confort
• il est aussi possible que la victime préfère soutenir elle-
même le membre blessé
L’immobilisation est efficace dans la mesure où elle prévient
le mouvement du bras, qui est douloureux et peut aggraver la
blessure. Une fois que la blessure est immobilisée, appliquer des
compresses froides pour réduire la douleur et l’enflure, à condition
que la victime puisse en tolérer le poids.
Surveiller régulièrement la circulation au-dessous de la blessure;
vérifier la couleur et la température de la peau, le temps de
remplissage capillaire et le pouls. Comparer le côté blessé au côté
non blessé. Si l’immobilisation a entravé la circulation, desserrer les
bandages. Si la circulation ne se rétablit pas, obtenir des secours
médicaux rapidement.

225
Immobilisation du bras
Pour immobiliser une fracture ouverte du bras (humérus) :
1. Exposer la blessure. Couvrir la plaie avec un pansement
stérile et vérifier la circulation.
2. Rembourrer et bander les pansements. Appliquer le
rembourrage sur toute la longueur des deux côtés du
site de la fracture. Le rembourrage doit être assez épais
pour protéger les extrémités osseuses en saillie. Retenir
le rembourrage à l'aide de ruban adhésif, puis bander les
pansements en serrant suffisamment pour maintenir le
rembourrage et les pansements en place.
3. L’écharpe simple offre un soutien complet; les bandages
larges placés au-dessus et au-dessous du site de la fracture
empêchent tout mouvement du bras. Au besoin, placer du
6 rembourrage sous le coude pour maintenir le bras dans la
position offrant le plus de confort.

226
Immobilisation d’un coude blessé
Le coude peut faire l’objet d’une entorse, d’une fracture ou d’une
luxation grave. Dans la mesure du possible, immobiliser la blessure
dans la position trouvée ou dans celle offrant le plus de confort.
1. Exposer la blessure et rechercher la présence de plaies
ouvertes. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure et
la comparer avec celle du côté non blessé. Si la circulation
est entravée, obtenir des secours médicaux rapidement.
2. Si le coude est fléchi de sorte que le bras est devant
poitrine, immobiliser le bras dans une écharpe. Ne pas
serrer l’écharpe au niveau du coude. Au besoin, placer du
rembourrage sous le coude pour maintenir le bras dans la
position offrant le plus de confort et utiliser un bandage
large afin de limiter les mouvements.
3. S’il est impossible de fléchir le coude, soutenir le bras à la 6
hauteur du poignet et l’immobiliser au moyen de bandages
larges et de rembourrage. Vérifier la circulation au-dessous
de la blessure et la comparer avec celle du côté non blessé.
Si elle est entravée, et qu’elle ne l’était pas auparavant,
desserrer l’écharpe et les bandages.

227
Immobilisation de l’avant-bras et du poignet
1. Examiner la blessure et déterminer dans quelle position
immobiliser le membre; la meilleure position est
habituellement celle dans laquelle il se trouve. Demander
à la victime ou à un passant de stabiliser et de soutenir le
bras blessé.
2. Poser l’attelle contre le bras indemne pour s’assurer qu’elle
est de la bonne longueur. Rembourrer l’attelle pour le
confort et pour soutenir la fracture. Poser le bras sur
l’attelle en le déplaçant le moins possible.
3. Une fois l’attelle en place, demander
à la victime ou à un passant de la
soutenir pendant qu’on pose les
bandages.
6 4. Commencer au-dessus de la
blessure et bander fermement
l'attelle et le bras sans trop serrer.
Laisser le bout des doigts à découvert
pour pouvoir vérifier la circulation au-dessous de la blessure
et des bandages.
5. Poser une écharpe simple pour soutenir le bras et la main
et prévenir le mouvement du coude. Laisser le bout des
doigts à découvert pour pouvoir vérifier la circulation.

228
Immobilisation d'une blessure à la main
Si l'on soupçonne une fracture de la main :
1. Examiner la main blessée et déterminer dans quelle
position il est préférable de l’immobiliser; c’est
habituellement dans la position de fonction [image].
Demander à la victime ou à un passant de stabiliser et de
soutenir la main blessée. S’il y a des plaies ouvertes, placer
des pansements stériles non adhésifs entre les doigts pour
les empêcher de coller les uns aux autres.
2. Poser l’attelle contre la main et le bras indemnes pour
s’assurer qu’elle est de la bonne longueur.

3. Poser le bras sur l’attelle en le déplaçant le moins possible.

Utilisation d'un coussin comme attelle


• Un coussin ou un oreiller convient très bien, car il permet
à la main de rester en position de fonction et il est à la fois
rembourré et ferme. ll soutient complètement le poignet et
l'avant-bras.
• fixer l’oreiller avec deux bandages larges en s’assurant de
ne pas comprimer la main.
• Laisser les doigts à découvert pour pouvoir vérifier la
circulation.

229
Immobilisation à l'aide d'une planche
• Une planche convient bien à cause de sa rigidité; il faut
toutefois lui ajouter du rembourrage pour garder la main
en position de fonction.
• fixer l’attelle avec un bandage en rouleau. Laisser les doigts
à découvert pour pouvoir vérifier la circulation.

4. Immobiliser le bras avec une écharpe simple de manière à


soutenir l’avant-bras et la main.
6 Position de fonction
La position de fonction est la position que prend naturellement une
main non blessée : paume vers le bas et doigts légèrement fléchis.
Il est plus sécuritaire et plus confortable pour la victime de placer
la main en position de fonction que de l’étendre sur une surface
plane.
Immobilisation d’une blessure au doigt ou au pouce
Immobiliser une luxation ou une fracture du doigt ou du pouce
dans la position où il se trouve.
1. Exposer la blessure. Vérifier la circulation au-dessous de la
blessure.
2. Immobiliser le doigt ou le pouce dans la position offrant
le plus de confort, qui est habituellement la position de
fonction. Poser une attelle ou, si une attelle n'est pas
disponible, attacher le doigt ou le pouce blessé au doigt
voisin. Ajouter un rembourrage pour offrir un soutien
supplémentaire.
3. Poser l’écharpe tubulaire Saint-Jean afin de maintenir la
blessure surélevée. Prendre soin de ne pas comprimer la
blessure. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure.
4. Donner les soins continus et obtenir des secours médicaux.

230
Fracture de la cuisse (fémur)
Signes et symptômes
• douleur qui peut être intense
• pied et jambe parfois tournés vers
l’extérieur
• déformation et raccourcissement de
la jambe
Complications possibles
• hémorragie interne pouvant causer un
état de choc grave

Immobilisation d'une blessure à la


cuisse (fémur)
Une des blessures fréquentes de la cuisse est la fracture du col du
6
fémur. Communément appelée fracture de la hanche, elle touche
surtout les personnes âgées. Chez une personne jeune et en santé,
il faut habituellement une très grande force pour fracturer le fémur.
Rechercher toujours les signes de blessure à la tête ou à la colonne
vertébrale.

1. Demander à un passant de stabiliser et de soutenir la


partie blessée.
2. Rassembler le matériel nécessaire. Mesurer la ou les
attelles contre la jambe non blessée. Mettre en place les
bandages. Rembourrer les attelles et les placer comme sur
l’illustration.
231
3. Nouer les bandages de la poitrine à la cheville; aller de la
partie stable vers la partie instable.
4. Donner les soins continus. Obtenir des soins médicaux.
5. Si vous utilisez une attelle longue et une attelle courte,
placer des bandages au niveau des chevilles, des mollets,
des genoux, des hanches, de la poitrine, ainsi qu'au-dessus
et au-dessous de la fracture.

6. Passer les bandages sous les creux naturels et les placer


comme sur l’illustration ci-dessus.
7. L'attelle se place juste au-dessous de l'aisselle et de l'aine
8. Les deux attelles dépassent le pied
9. Nouer tous les bandages sur l’attelle

232
Immobilisation d'une blessure au genou
Demander à un passant de stabiliser et de soutenir la jambe
blessée. Exposer et évaluer la blessure. Si la jambe est fléchie, la
garder dans la position offrant le plus de confort. Selon la nature
de la blessure, la victime peut être capable d'allonger elle-même
sa jambe avec de l’aide. Ne pas tenter d'allonger la jambe si la
douleur augmente ou si la jambe ne bouge pas facilement. Si la
jambe ne peut être allongée facilement sans augmentation de la
douleur, immobiliser la jambe dans la position où elle se trouve.
Si la jambe est allongée
1. Exposer et évaluer la blessure

2. Soulever soigneusement la jambe blessée et poser une


attelle rembourrée

233
3. Ajuster le rembourrage pour qu'il épouse les creux naturels
de la jambe

4. Placer deux bandages larges et fixer l’attelle à la jambe;


utiliser un bandage en 8 au niveau de la cheville

Si la jambe est fléchie


1. Exposer et évaluer la blessure

234
2. Placer cinq bandages larges sous la jambe : deux au-dessus
du genou et trois au-dessous.

3. Placer les attelles rembourrées de chaque côté de la jambe 6

4. Fixer les attelles avec des bandages en gardant la jambe


fléchie

235
Immobilisation d’une fracture ouverte de la jambe
(tibia ou péroné)
En cas de fracture ouverte, appliquer tout d’abord les procédures
de secourismes pour la plaie, puis immobiliser la fracture.
Appliquer un pansement stérile sur la plaie afin de prévenir toute
contamination ultérieure. Pour arrêter le saignement de la plaie,
exercer une pression autour de la fracture, mais pas directement
dessus. Appliquer un pansement rembourré des deux côtés du site
de la fracture. Fixer le tout avec un bandage large noué assez serré
pour comprimer le rembourrage. Toujours vérifier la circulation
avant et après l’application d’un pansement sur ce type de plaie.
La fracture de la jambe est courante chez les sportifs, et les
fractures ouvertes sont fréquentes. Procéder de la même manière
pour immobiliser une fracture fermée en omettant cependant
6 l’application des pansements et des bandages sur la plaie.

La fracture est ouverte si la peau est déchirée; l’os peut sortir de la


plaie
1. Exposer la blessure. Couper les vêtements pour bouger le
moins possible la jambe blessée.

236
2. Montrer à un passant comment stabiliser et soutenir la
jambe. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure.
Appliquer les procédures de secourisme pour les plaies de
fracture ouverte. Laisser la chaussure en place, sauf si vous
devez examiner une plaie.
3. Couvrir la plaie avec un pansement stérile.

237
4. Le pansement doit s’étendre au-delà des bords de la plaie.
Poser du rembourrage épais par-dessus le pansement sur
toute la longueur et des deux côtés de la fracture afin de
protéger les extrémités de l’os, puis le fixer avec du ruban
adhésif.

6 5. Nouer un bandage sur le pansement et le rembourrage, en


serrant suffisamment pour comprimer ce dernier sans
couper la circulation. Après avoir noué le bandage, vérifier
la circulation au-dessous de la blessure. S'assurer que les
extrémités de l'os ne sont pas comprimées.

238
6. Immobiliser la jambe. Placer les bandages et les attelles.
Utiliser des attelles rembourrées assez longues pour
s’étendre de l’aine jusqu’au-delà du pied. Le passant ne
doit pas relâcher la jambe avant que le secouriste ne lui
dise de le faire, c’est-à-dire après avoir noué le dernier
bandage. Attacher tous les nœuds sur l’attelle pour plus de
confort. Attacher tous les nœuds sur l’attelle pour plus de
confort. Placer et attacher des bandages larges au niveau
des cuisses, des genoux, au-dessus et au-dessous de la
fracture ainsi qu’aux chevilles.

7. Nouer les bandages en commençant par la cuisse (partie


stable) et en finissant par la cheville. Les chevilles sont
attachées par un bandage en 8.

239
8. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure, surélever la
jambe blessée et donner les soins continus. Obtenir des
soins médicaux.

6
En l’absence d’attelle...
• Se servir de la jambe non blessée comme d’une attelle
anatomique en attachant les jambes ensemble.
• Placer le rembourrage entre les jambes (couverture roulée).
• Placer et attacher des bandages larges au niveau des
cuisses, des genoux, au-dessus et au-dessous de la
blessure ainsi qu’aux chevilles. Poser un bandage en 8 au
niveau des chevilles.
• Placer les nœuds sur le rembourrage pour plus de confort.

240
Immobilisation d'une blessure à la cheville
La cheville doit être immobilisée dès qu'une entorse ou une
fracture est soupçonnée. Si la blessure ne semble pas grave, ou
si le transport vers les secours médicaux peut se faire en douceur,
immobiliser la cheville avec un oreiller ou une couverture.
1. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure.
2. Desserrer la chaussure et immobiliser la cheville à l'aide
d'un oreiller ou d'une couverture roulée et deux bandages
larges. S'assurer que l’attelle dépasse la cheville.

3. Fixer l'oreiller à la cheville avec deux bandages larges en 8.

4. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure. Donner les


soins continus et obtenir des secours médicaux.

241
Immobilisation d'une blessure à un pied ou à un
orteil
1. Vérifier la circulation au-dessous de la blessure.
2. Immobiliser la cheville avec un bandage en 8 double.
• Défaire les lacets et nouer le premier bandage en 8 de
la plante du pied vers la jambe.
• Nouer le deuxième bandage en 8 en enroulant les
extrémités autour de la jambe, en croisant devant la
cheville, puis en terminant le nœud sur la plante du
pied. Nouer les extrémités au niveau de la plante.

Immobiliser un orteil fracturé en l’attachant à l’orteil indemne juste


à côté avec du ruban adhésif. Continuer de vérifier la circulation; la
partie blessée pourrait enfler.

242
Foulures
Une foulure survient lorsque le mouvement d'un muscle ou d'un
tendon dépasse son amplitude normale, ce qui l'étire ou le déchire.
Les signes et symptômes de la foulure n’apparaissent souvent que
plusieurs heures après la blessure.
• douleur aiguë et soudaine dans le muscle étiré
• enflure des muscles provoquant des crampes graves
• ecchymoses et raideurs musculaires
• perte de fonction possible (la victime ne peut utiliser la
partie blessée)

Procédures de secourisme en cas de foulures


1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
Demander à la victime de cesser l’activité qui a causé la 6
blessure.
2. Placer la victime dans une position
confortable et évaluer la blessure. En
cas de perte de fonction, immobiliser
la blessure de la même façon
que pour une fracture. Utiliser le
protocole RICE.
• Repos
• Immobilisation
• Froid (cold)
• Élévation
3. Donner les soins continus.
Obtenir des soins médicaux. Placer la victime sur le dos,
les genoux pliés, ou dans la position qui lui offre le plus de
confort.

243
Chapitre 7
Secours d'urgence
supplémentaires

• Diabète
• Crises d’épilepsie et
convulsions
• Blessures dues au froid
• Blessures dues à
la chaleur
• Empoisonnement
• Accouchement d’urgence et
fausse couche
• Urgence impliquant un
trouble du comportement
Chapitre 7 Secours d’urgence
supplémentaires
Diabète
Le diabète est causé par un manque d’insuline dans le sang, ou
par l’incapacité, par les cellules, de l’utiliser convenablement.
L’insuline est une hormone produite par le pancréas qui régule la
quantité de glucose dans le sang. Chez la personne diabétique,
le sucre s’accumule dans le sang et les cellules ne reçoivent pas
l’énergie dont elles ont besoin, ou encore la glycémie atteint un
taux anormalement bas.
Une personne diabétique prend des médicaments sous forme de
comprimés ou d’injection et surveille étroitement son alimentation
(apport énergétique) et son niveau d’activité physique (dépense
énergétique). L’urgence diabétique survient lorsqu’il y a trop ou pas
assez d’insuline dans le sang.
• hypoglycémie: pas assez de sucre et trop d’insuline
7 • hyperglycémie: trop de sucre et pas assez d’insuline

Procédures de secourisme pour une urgence


diabétique
Le but des procédures de secourisme pour une urgence diabétique
est de prévenir l’aggravation de l’état de la victime avant la prise en
charge par les secours médicaux.
1. Effectuer un examen des lieux, puis une évaluation
primaire.
2. Si la victime est consciente, demander ce qui ne va pas.
3. La personne diabétique peut avoir des comprimés de
glucose en sa possession pour traiter l’hypoglycémie. Si
la victime est en mesure de répondre et capable d’avaler,
l’aider à prendre ses comprimés de glucose; répéter la
dose si les symptômes persistent après 10 minutes.

246
Causes, signes et symptômes des urgences
diabétiques
l’hypoglycémie hyperglycémie (besoin
(besoin de sucre) d’insuline)
rapidité apparaît très apparaît en quelques
d’apparition rapidement heures ou quelques jours
cause possible • excès • insuffisance d’insuline
d’insuline ou • excès de nourriture
de édicaments
oraux pour le • moins d’exercice qu’à
diabète l’habitude
• insuffisance de • la victime est malade
nourriture ou et son corps a besoin
vomissements de plus d’insuline
• plus d’exercice
qu’à l’habitude
7
pouls/ forte et rapide/ faible et rapide/profonde
respiration superficielle et soupirante
état de la peau moite, pâle et rouge, sèche et chaude
froide
degré de faiblesse somnolence allant jusqu’à
conscience allant jusqu’à l’inconscience
l’inconscience
autres signes et • mal de tête • soif, puis nausées et
symptômes • confusion, vomissements
irritabilité et • besoin fréquent
agressivité d’uriner
• tremblements, • haleine semblable à
démarche l’odeur du dissolvant
chancelante pour vernis à ongles
• difficulté à (acétone)
s’exprimer

247
4. Si elle n’en a pas, lui donner d’autres types de sucre
alimentaire comme, en ordre de préférence : des bonbons
faits de glucose (p. ex. des Mentos), de sucrose (p. ex. des
Skittles), des bonbons haricots, du jus d’orange, du fructose
(p. ex. de la pâte de fruits) et du lait entier.
5. Donner les soins continus. Envoyer chercher des secours
médicaux.

Crises d’épilepsie et convulsions


Une crise d’épilepsie est causée par une activité électrique
anormale du cerveau. La crise partielle ne touche qu’une partie
du cerveau. La personne peut ressentir un fourmillement ou des
spasmes dans une partie du corps. Dans la crise généralisée, tout
le cerveau est atteint; la personne perd conscience et peut avoir
des convulsions. Une convulsion est une contraction ou une série
de contractions musculaires anormales qui sont impossibles à
maîtriser.

7 L’épilepsie est un trouble du système nerveux caractérisé par


des convulsions. De nombreuses personnes atteintes de troubles
convulsifs comme l’épilepsie prennent des médicaments pour les
maîtriser. Les convulsions peuvent aussi être causées par :
• une blessure à la tête ou au cerveau
• un accident vasculaire cérébral (AVC)
• une infection au cerveau
• une surdose d’un médicament ou d’une drogue
• une fièvre élevée chez le nourrisson et l’enfant
Dans le cas de l’épilepsie, la personne peut savoir que la crise est
imminente parce qu’elle éprouve une brève sensation nommée
aura. L’aura, qui peut être l’hallucination d’un son, d’une odeur ou
d’une sensation de mouvement dans le corps, est ressentie juste
avant la crise.
Une crise généralisée typique comprend deux phases :
La phase tonique comprend une perte de conscience soudaine
provoquant la chute. Le corps de la personne se raidit jusqu’à
une minute, période pendant laquelle le visage et le cou peuvent
prendre une teinte bleutée.

248
Lors de la phase clonique, des convulsions se produisent, la
respiration est bruyante, de l’écume peut se former à la bouche et
les dents peuvent grincer.
Une crise majeure peut survenir très soudainement, mais dure
rarement plus de quelques minutes.
Une fois la crise terminée, les muscles se relâchent graduellement
et la personne reprend conscience. Après la crise, la personne peut
avoir oublié ce qui s’est passé. Elle peut être étourdie et confuse et
se sentir fatiguée et somnolente.
Signes et symptômes de la crise généralisée
• un cri, un raidissement du corps et une perte de conscience
soudains provoquant la chute
• une respiration bruyante et de l’écume à la bouche
• des secousses du corps
• un arrêt respiratoire ou une respiration irrégulière pendant
une minute – le patient peut devenir cyanotique
• la perte de contrôle de la vessie et des intestins 7
Procédures de secourisme en cas de crise d’épilepsie
et de convulsions
Les procédures de secourisme ont pour but d’empêcher la victime
de se blesser au cours des convulsions et de garder ses voies
respiratoires ouvertes pendant qu’elle est inconsciente.
1. Effectuer un examen des lieux. Rendre les lieux sûrs;
enlever tout objet qui pourrait causer des blessures.
Éloigner les curieux pour assurer à la victime une certaine
intimité.

249
Pendant les convulsions :
• Ne pas restreindre les mouvements de la victime. Prévenir
les blessures.
• Desserrer soigneusement les vêtements ajustés, surtout
autour du cou.
• Glisser quelque chose de souple sous la tête.
• Ne pas essayer d’insérer quoi que ce soit dans la bouche
ou entre les dents de la victime, ni de retenir sa langue.
Lorsque les convulsions ont cessé, effectuer une évaluation
primaire.
• Placer la victime inconsciente en position latérale de
sécurité; lui essuyer la bouche et le nez.
• Effectuer une évaluation secondaire pour déterminer si
les convulsions ont causé des blessures; appliquer les
procédures de secourisme appropriées.
• Donner les soins continus, surveiller la respiration, garder la
7 victime au chaud et la laisser se reposer.
• Ne pas essayer de lui faire boire de liquides pendant ou
immédiatement après la crise.
Appeler des secours médicaux dans les cas suivants :
• si la perte de conscience dure plus de cinq minutes ou
si une deuxième crise majeure survient après quelques
minutes
• s’il s’agit d’une première crise ou si la cause de la crise
est inconnue (demander à la victime lorsqu’elle reprend
conscience)

Procédures de secourisme en cas d’urgence causée


par la fièvre chez le nourrisson et l’enfant
Les enfants et les nourrissons dont la température s’élève
rapidement à 40oC (104oF) ou plus peuvent faire des convulsions. La
situation est urgente si la température prise sous l’aisselle (ou suivre
les instructions du fabricant sur le thermomètre numérique) est de :
• 38O C (100,5O F) ou plus chez le nourrisson
• 40O C (104O F) ou plus chez l’enfant

250
Procédures de secourisme en cas d’urgence causée
par la fièvre chez le nourrisson et l’enfant
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Appeler immédiatement un médecin et suivre ses conseils.
Si on ne peut joindre le médecin, donner à l’enfant de
l’acétaminophène (p. ex. du TempraMD ou du TylenolMD) ou
de l’ibuprofène pour enfant (mais non de l’AAS) selon le
mode d’emploi figurant sur le contenant. Ces médicaments
devraient faire baisser la température.
3. Encourager l’enfant pleinement conscient à boire des
liquides clairs.
4. Si la température ne diminue pas, éponger l’enfant avec de
l’eau tiède pendant environ 20 minutes. La température du
corps descend plus rapidement si la peau mouillée est
exposée à l’air.
5. Lui assécher la peau et
lui mettre des vêtements
confortables, mais pas
7
trop chauds. Surveiller
sa température et, au
besoin, répéter les
étapes 3 à 5 jusqu’à ce
qu’on puisse joindre des secours médicaux.
6. Si l’enfant fait des convulsions :
• ne pas restreindre ses mouvements, mais l’empêcher
de se blesser
• desserrer les vêtements ajustés
7. Lorsque les convulsions ont cessé, effectuer une
évaluation primaire.
8. Donner des soins continus; placer l’enfant dans la position
de sécurité la plus appropriée pour son âge. Ne pas donner
d’AAS (p. ex. AspirineMD) aux enfants et aux adolescents,
car ce médicament peut causer le syndrome de Reye, une
maladie qui met la vie en danger.

251
Ne pas utiliser de l’eau froide pour rafraîchir l’enfant, car elle peut
entraîner des problèmes plus graves encore. Utiliser uniquement de
l’eau tiède.

Surdose d’opioïdes
Les opioïdes sont une catégorie de médicaments qui agissent
sur les récepteurs opioïdes du cerveau et produisent un effet qui
s’apparente à celui de la morphine. Souvent prescrits pour soulager
la douleur, ils servent aussi à stopper la diarrhée et la toux.
Les opioïdes les plus courants sont la morphine, l’hydrocodone,
l’oxycodone, la codéine et le fentanyl. Ces médicaments
sont notamment commercialisés sous les noms de VicodinMD,
OxyContinMD et PercocetMD.
Leurs effets secondaires, amplifiés en cas de surconsommation,
sont les suivants :
• Nausée
• Constipation
7 • Dépression respiratoire
• Sédation
• Euphorie
Les opioïdes sont une famille de médicaments souvent
surconsommée par les consommateurs de drogues à usage
récréatif en raison de leurs effets euphorisants.
Le fentanyl est à l’origine de graves problèmes de santé publique
dans plusieurs régions du Canada. Il est 100 fois plus puissant
que la morphine et agit très rapidement, ce qui en fait l’une des
principales causes de surdoses fatales chez les consommateurs de
drogues à usage récréatif. Le fentanyl est généralement utilisé en
médecine d’urgence comme traitement rapide et efficace contre la
douleur.
Mal utilisé, le fentanyl peut provoquer des réactions graves,
même à faible dose. Le fentanyl est un médicament de couleur
blanche inodore et insipide, si bien qu’il ne peut pas être détecté
s’il est mélangé à d’autres substances. Au Canada, le fentanyl
est mélangé (« coupé ») à de nombreuses drogues illicites afin
d’amplifier leur effet. Les drogues les plus souvent mélangées au

252
fentanyl sont l’héroïne et la cocaïne. Le Canada est aussi confronté
à la prolifération de comprimés de contrefaçon contenant du
fentanyl sur le marché noir, le plus souvent vendus comme de
l’OxycontinMD. Par souci de sécurité, les ordonnances doivent
uniquement être exécutées par une pharmacie.
En 2017, Santé Canada a recensé 3 987 décès provoqués par une
surdose d’opioïdes au pays. De ce nombre, 72 pour cent étaient
liés au fentanyl.
Le carfentanil, qui est un opioïde encore plus puissant et plus
mortel, fait aussi partie des drogues à usage récréatif disponibles
au Canada. Cent fois plus puissant que le fentanyl, le carfentanil
est utilisé en médecine vétérinaire. Une minuscule quantité de
carfentanil (l’équivalent d’un grain de sel) peut provoquer une
surdose fatale.

Facteurs de risque
Tout le monde présente des facteurs de risque, mais ceux-ci sont
plus élevés chez certaines populations.
Les consommateurs de drogues à usage récréatif – qui
7
recherchent un effet plus puissant ou consomment, à leur insu, des
médicaments ou des drogues qui ont été coupées avec du fentanyl
afin d’accroître leur effet.
Les jeunes – qui expérimentent différentes drogues en
connaissance de cause, ou consomment, à leur insu, des drogues
ou des médicaments coupés avec du fentanyl.
Les personnes souffrantes – lorsqu’elles ne peuvent plus se
procurer des médicaments sur ordonnance ou développent une
tolérance aux médicaments, certaines personnes se tournent vers
les drogues illicites pour gérer la douleur et l’accoutumance.
Les personnes âgées – les erreurs de médication peuvent mener à
la surconsommation.

253
Signes et symptômes d’une surdose d’opioïdes présumée
Une victime de surdose d’opioïdes peut présenter une partie ou
l’ensemble de ces signes et symptômes :
• L’examen des lieux ou les circonstances de l’incident
indiquent une consommation possible de médicaments ou
de drogue
• Somnolence excessive ou perte de conscience
• Respiration lente ou absente
• Peau froide et moite avec coloration pâle ou bleuâtre
(cyanose)
• Gargouillements ou ronflements
• Pupilles contractées (en pointe d’épingle)

Naloxone
La naloxone (ou NarcanMD) est un inhibiteur des opioïdes. Elle se
lie aux récepteurs du cerveau qui sont normalement stimulés par
7 les opioïdes et bloque le lien entre ces récepteurs et les opioïdes,
annulant ainsi l’effet de ces derniers. La naloxone est offerte sous
forme de pulvérisateur nasal ou sous forme injectable.
Si vous êtes en contact avec un groupe à risque, nous vous
recommandons d’avoir une trousse de naloxone comprenant tout
le nécessaire à portée de main et de vous assurer qu’elle n’est pas
expirée. Dans la plupart des provinces, les trousses de naloxone
sont fournies gratuitement. Voyez votre pharmacien ou la clinique
de traitement des dépendances la plus proche pour vous procurer
une trousse de naloxone.

Procédures de secourisme en cas de surdose


d’opioïdes présumée
Les procédures de secourisme en cas de surdose d’opioïdes
combinent la respiration artificielle et l’administration de naloxone
(si vous possédez une formation à cet effet et si une trousse de
naloxone est disponible). La respiration artificielle se fait de la
même façon que pour la RCR, mais sans compressions thoraciques.
Donnez une insufflation toutes les cinq secondes en vous assurant
que la poitrine se soulève.

254
Si vous pensez que la victime fait une surdose, suivez la procédure
ci-dessous :
1. Procédez à un examen des lieux. Assurez-vous de la
sécurité des lieux – soyez conscient des risques liés
à la présence d’autres personnes et d’accessoires de
consommation de drogues sur place.
2. Suivez les étapes “SAVE ME”:
S – Stimuler. Touchez la victime et parlez-lui, puis activez les
SMU
A – Voies respiratoires (Airway). Ouvrez les voies
respiratoires
V – Insufflations (Ventilate). Donnez une insufflation toutes
les cinq secondes en vous assurant que la poitrine se
soulève.
É – Évaluer. Les mesures sont-elles efficaces?
M – Médicaments. Préparez et administrez une dose de
naloxone si vous y avez accès et si vous possédez une
formation à cet effet.
7
É – Évaluer. La naloxone fait-elle effet? L’état de la victime
devrait s’améliorer dans les deux à trois minutes.
Si la victime ne respire pas, amorcez la RCR. La respiration
artificielle doit être donnée pour aider une victime de surdose si
elle respire par elle-même, mais plus lentement.
Renseignez-vous sur les protocoles locaux pour savoir si la
naloxone doit être administrée avant ou après que vous ayez
commencé la respiration artificielle.
Si possible, demandez à un autre secouriste de donner la
respiration artificielle pendant que vous préparez et administrez
une dose de naloxone. Si l’état de la victime ne s’améliore pas
après deux ou trois minutes, administrez une deuxième dose de
naloxone.
Mise en garde: La naloxone inverse les effets de la surdose
d’opioïdes; la victime peut donc se montrer agressive ou combative.
La naloxone peut aussi provoquer une crise d’épilepsie, des
vomissements et une accélération du rythme cardiaque. Assurez votre
sécurité et soyez prêt à intervenir si ces symptômes se présentent.

255
Urgences environnementales
Les urgences environnementales englobent les lésions et les
maladies provoquées par des températures extrêmes et/ou
une exposition prolongée à ces températures. L’organisme ne
fonctionne pas convenablement lorsqu’il fait trop chaud ou trop
froid.
Ces urgences comprennent les maladies dues à la chaleur, comme
l’épuisement par la chaleur et les coups de chaleur, et les urgences
liées au froid, comme l’hypothermie et les gelures. Quelle que
soit l’urgence environnementale, l’objectif est de ramener la
température du corps de la victime à des valeurs normales.

Blessures dues au froid


La température centrale chute lorsque le corps perd plus de chaleur
qu’il n’en produit. Si la victime se trouve à l’extérieur, la perte de
chaleur par conduction et convection (peau mouillée et vent) est
souvent la principale cause de l’hypothermie.
7 Le corps dispose d’un certain nombre de moyens pour réduire
la perte de chaleur et maintenir sa
température centrale. Une de ses
premières réactions à la perte de
chaleur est le grelottement. Si le corps
continue de se refroidir, les vaisseaux
sanguins des bras, des jambes et de la
surface de la peau se rétrécissent, ce qui
garde le sang dans le centre du corps, là
où la température est la plus élevée.
Si la perte de chaleur se poursuit, il y a ralentissement des
fonctions comme la pensée, l’activité musculaire et la sensibilité.
Le grelottement devient incontrôlable, puis diminue pour ensuite
s’arrêter. Les muscles raidissent et les mouvements deviennent
saccadés. La pensée est confuse, l’élocution est difficile et les sens
sont affaiblis. Le rythme cardiaque et la respiration ralentissent et
la victime finit par perdre conscience. À ce moment, la situation est
très grave. Le rythme cardiaque est irrégulier et faible et le cœur
cesse finalement de battre.
Lorsque le cœur ne bat plus, on considère que la personne
est morte. Cependant, le manque d’oxygène n’est pas aussi

256
dommageable pour les tissus lorsque ceux-ci sont froids.
C’est pourquoi il est souvent possible de réanimer une victime
d’hypothermie qui ne montre aucun signe de vie. Cela signifie que
tant qu’il n’y a pas de danger pour vous-même ou pour les autres,
vous devriez vous efforcer de transporter la victime d’hypothermie
vers des secours médicaux.

Hypothermie
Normalement, la température centrale du corps est de 37 OC
(98,6 OF). Si cette température s’abaisse de plus de deux degrés,
les tissus ne peuvent plus fonctionner correctement. Ce
refroidissement général se nomme hypothermie. L’hypothermie,
souvent décrite comme une exposition au froid, tue chaque année
de nombreux Canadiens. Toutefois, si on la reconnaît assez tôt, on
peut prendre des mesures pour la corriger.
Même si tout le monde peut être atteint d’hypothermie, les
groupes suivants y sont plus particulièrement exposés :
• Les personnes âgées, parce que leur circulation et leur
capacité de sentir le froid sont moins bonnes et qu’elles 7
prennent parfois des médicaments qui favorisent la perte
de chaleur
• Les bébés récupèrent plus difficilement d’une hypothermie
légère ou modérée parce qu’ils perdent leur chaleur plus
rapidement et ne la régulent pas aussi efficacement que les
adultes
• Les personnes qui sont déjà affaiblies par une maladie,
des blessures, le manque de nourriture, la fatigue ou la
consommation de drogues ou d’alcool
• Les adolescents, parce que souvent, ils ne se vêtent pas
suffisamment pour se protéger du froid

257
Exemples de pertes de chaleur corporelle et
moyens de les prévenir
Perte de Explication Exemple Moyen de
chaleur prévention
Rayonnement La chaleur Une grande Porter des
irradie du quantité vêtements
corps vers de chaleur chauds.
l’air ambiant. irradie de la
peau.

Respiration L’inhalation La vapeur Porter un parka


d’air froid, que vous avec un long
qui est voyez en capuchon ou
réchauffé par expirant une cagoule
le corps puis dehors en de skieur. L’air
expiré, fait hiver est inspiré sera plus
perdre de la formée chaud que l’air
7 chaleur. par de l’air ambiant.
réchauffé
par le corps
et perdu du
même coup.

Évaporation La chaleur La Garder la peau


corporelle transpiration aussi sèche que
fait évaporer sert à possible.
le liquide rafraîchir le
présent sur corps par
la peau. temps chaud.

258
Conduction La chaleur Si on s’assoit Ne pas se
du corps est sur le sol mouiller. Porter
transmise froid ou si des sous-
directement on porte des vêtements
à l’objet vêtements qui absorbent
froid avec mouillés, la l’humidité et
lequel il est chaleur se l’éloignent
en contact. déplace du de la peau
corps vers (polypropylène).
le sol ou les
vêtements.

Convection La mince Le vent Porter des


(refroidissement couche souffle à vêtements
éolien) d’air chaud travers les résistants au
autour du ouvertures vent qui sont
corps est de vos bien fermés
remplacée vêtements et au col et aux
par de l’air éloigne l’air poignets. 7
plus frais, chaud autour
que le de votre
corps doit peau.
maintenant
réchauffer.

259
Signes d’hypothermie
Signe Légère Modérée Grave
pouls normal lent et faible faible, irrégulier
ou absent
respiration normale lente et lente ou absente
superficielle
aspect grelottement, grelottement grelottement
difficulté à violent, interrompu
parler maladresse,
trébuchement,
dilatation
des pupilles,
bleuissement
de la peau
état mental sujet confusion, inconscience
conscient, somnolence,
mais attitude irrationalité
7 renfermée ou
insouciance

Signes d’hypothermie
L’hypothermie peut être légère, modérée ou grave; toutefois, il
peut être difficile de déterminer le moment exact auquel la victime
passe d’un stade à l’autre. La température corporelle n’est pas
indiquée parce que le secouriste n’est pas équipé pour prendre la
température centrale.
Les procédures de secourisme ont pour but de déterminer au
plus tôt l’état de la victime et d’empêcher l’hypothermie de
s’aggraver. L’hypothermie vient plus facilement à l’esprit à la fin
d’un jour d’hiver particulièrement froid que lorsque la température
est au-dessus du point de congélation. Penser à la possibilité
d’hypothermie si la température est inférieure à 20 oC, s’il vente
ou s’il pleut ou si la victime appartient à un des groupes à risque.
Pensez aussi à vous; dès que vous commencez à grelotter, dites-
vous que vous devez prévenir une plus grande perte de chaleur.
Si vous ne faites rien, l’hypothermie affectera votre état mental et
vous n’aurez plus la lucidité nécessaire pour prendre les bonnes
décisions.

260
Procédures de secourisme en cas d’hypothermie
Les procédures de secourisme en cas d’hypothermie visent à
prévenir une plus grande perte de chaleur et à obtenir des secours
médicaux.
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Prendre les mesures nécessaires pour empêcher que le
patient continue de perdre de la chaleur.
• Retirer la victime de la source de froid. Si on ne peut
l’amener à l’intérieur, la protéger contre le vent.
• Couvrir la peau nue avec un vêtement ou tout autre
article approprié.
• Si on se trouve dans un abri et qu’on dispose de
vêtements de rechange secs, enlever les vêtements
mouillés et les remplacer par des vêtements secs.
Sinon, mettre les vêtements secs par-dessus les
vêtements mouillés.
• Si on ne dispose pas de vêtements secs, tordre les 7
vêtements mouillés pour en faire sortir le plus d’eau
possible et envelopper la victime d’une couche coupe-
vent.
• Isoler la victime des objets froids; la faire s’asseoir sur
une veste roulée ou s’allonger sur une couverture.
3. Si la victime est consciente, lui donner des boissons
chaudes et sucrées.
4. Donner les soins continus et obtenir des secours médicaux.

Hypothermie par immersion


L’hypothermie par immersion est une hypothermie causée par
un séjour dans l’eau froide. À température égale, la perte de
chaleur est de 25 à 30 fois plus rapide dans l’eau que dans l’air.
L’hypothermie par immersion peut survenir très rapidement si une
personne tombe dans l’eau froide. Soupçonner une hypothermie
chaque fois que quelqu’un tombe à l’eau, même en été.
L’hypothermie par immersion peut aussi survenir chez les personnes
qui pratiquent la natation ou la plongée sous-marine dans un lac.
En pareil cas, elle apparaît très lentement et il se peut qu’elle ne
soit pas détectée immédiatement.
261
Si la victime se trouve dans l’eau, procéder comme suit :
• Lui dire de ne pas retirer ses vêtements; ils aident à
conserver la chaleur.
• Lui dire de bouger le moins possible; le mouvement
entraîne une perte de chaleur (par convection).
En sortant une victime de l’eau, la garder en
position horizontale et la manipuler aussi
délicatement que possible. Les procédures
de secourisme en cas d’hypothermie
visent à prévenir une plus grande perte de
chaleur et à obtenir des secours médicaux.
Si vous êtes la victime, adopter la position
fœtale pour conserver votre chaleur
corporelle.

Réchauffement d’une victime d’hypothermie


Il existe deux méthodes de réchauffement : le réchauffement actif
7 et le réchauffement passif.
Dans le réchauffement passif, on prévient les pertes additionnelles
de chaleur et on laisse le corps se réchauffer de lui-même; cette
méthode est habituellement efficace en cas d’hypothermie légère
ou modérée.
Dans le réchauffement actif, on fournit de la chaleur au corps pour
le réchauffer. Cette méthode peut entraîner des complications
potentiellement fatales et elle ne devrait être entreprise qu’à
l’hôpital; c’est la méthode indiquée dans les cas d’hypothermie
grave. C’est pourquoi les procédures en cas d’hypothermie grave
consistent à prévenir la perte de chaleur et à obtenir des soins
médicaux.
Dans le cas d’hypothermie
légère, on peut donner des
boissons chaudes et sucrées
à la victime pleinement
consciente. La boisson sucrée
fournira de l’énergie aux
muscles et aidera le corps à
continuer de grelotter.

262
Ne rien donner à boire à une victime d’hypothermie modérée. Les
muscles qui assurent la déglutition peuvent ne pas bien fonctionner
et l’ingestion de liquides pourrait provoquer l’étouffement. Vous
devez réchauffer activement une victime seulement si vous êtes loin
des secours médicaux. Pour ce faire, installez-la près d’une source
de chaleur et placez des contenants d’eau tiède (et non chaude)
en contact avec sa peau (cou, aisselles et aine). Prévenir une plus
grande perte de chaleur et obtenir des secours médicaux dès
que possible.
Précautions applicables aux procédures de secourisme en
cas d’hypothermie
• Manipuler la victime très délicatement et, si possible, la
garder à l’horizontale. Le froid agit sur les influx électriques
qui font battre le cœur. Par conséquent, le cœur d’une
victime en hypothermie est très fragile. Toute manipulation
brusque peut provoquer un arrêt cardiaque.
• Ne pas lui donner d’alcool, de café ou de boissons à base
de caféine et ne pas la laisser fumer, car cela pourrait
augmenter la perte de chaleur.
7
• Ne pas frictionner le corps pour améliorer la circulation, car
le sang froid mis en circulation le refroidirait encore plus.

Gelure
La gelure se rapporte à la congélation des tissus exposés à une
température inférieure à zéro. Il s’agit d’une lésion progressive qui
peut être superficielle ou profonde.

263
Signes et symptômes de la gelure selon le stade
Stade Description Signes et symptômes
Gelure Toutes les couches de la • Peau blanche et
superficielle peau sont gelées. cireuse
• Peau ferme au
toucher, mais
tissus sous-
cutanés souples
• Douleur initiale,
suivie d’un
engourdissement

Gelure La peau et les tissus • Peau blanche et


profonde sous-cutanés sont gelés, cireuse devenant
7 parfois jusqu’à l’os. La bleu-gris à
blessure est grave et mesure que la
touche souvent la main gelure progresse
ou le pied en entier. • Peau froide et
dure
• Absence de
sensation dans la
région atteinte.

264
Procédures de secourisme en cas de gelure
superficielle
1. Réchauffer graduellement la partie gelée avec sa propre
chaleur corporelle.
• Entourer les parties gelées (orteils, oreilles, etc.) avec
des mains chaudes.
• Réchauffer les doigts gelés en les plaçant contre une
région chaude du corps comme l’aisselle.
2. Prendre les moyens nécessaires pour empêcher les parties
atteintes de geler à nouveau. Cesser l’activité pratiquée ou
porter des vêtements plus chauds.

Procédures de secourisme en cas de gelure profonde


La victime d’une gelure profonde doit recevoir des soins médicaux
le plus tôt possible.
1. Empêcher toute autre perte de chaleur de la partie gelée et
du reste du corps. Manipuler délicatement la partie gelée 7
pour prévenir les lésions des tissus.
2. Demander des secours médicaux Si la gelure touche les
pieds ou les jambes, utiliser une des méthodes de transport
d’urgence ou une civière pour transporter la victime si
possible.
3. S’il est impossible d’obtenir des secours médicaux et que
vous vous trouvez dans un endroit chaud et sûr et que la
partie touchée ne risque pas de geler à nouveau, vous
pouvez la dégeler.
• Retirer délicatement les
vêtements qui recouvrent la
partie gelée.
• Remplir d’eau un récipient
suffisamment grand pour
la partie gelée. Évaluer la
température de l’eau en y
trempant votre coude (elle doit
être tiède au toucher, soit à
environ 40O C).

265
• Retirer les bijoux de la partie gelée et l’immerger dans
l’eau tiède. Ajouter régulièrement de l’eau tiède pour
maintenir la température constante.
• Garder la partie gelée immergée jusqu’à ce qu’elle
devienne rose ou qu’il n’y ait plus aucune amélioration;
cela peut prendre jusqu’à 40 minutes et causer de la
douleur.
• Assécher délicatement la partie gelée. Appliquer des
pansements stériles sur les plaies et entre les doigts ou
les orteils.
• Élever la partie atteinte et la garder au chaud. Ne pas
crever les ampoules.
• Donner les soins continus.
Les gelures profondes qui dégèlent causent une vive douleur,
de l’enflure et parfois une perte de tissus. C’est pourquoi il est
préférable de transporter la victime vers un établissement de soins
de santé. Si la victime doit marcher ou si elle doit être transportée,
7 ne pas faire dégeler la partie gelée; la douleur et les lésions seront
moindres si elle reste gelée. S’assurer que le reste du corps est
bien protégé du froid et que la victime dispose de suffisamment de
nourriture et d’eau pendant toute la durée du transport.
Précautions applicables aux procédures de secourisme pour
les gelures
• Ne pas frictionner la peau; les minuscules cristaux de glace
présents dans les tissus peuvent aggraver les lésions.
• Ne pas frotter la peau avec de la neige; cela peut faire geler
encore plus la partie atteinte et aggraver les lésions.
• Ne pas appliquer de chaleur directe, car le réchauffement
pourrait être trop rapide.

Pied de tranchée
Le pied de tranchée ou pied d’immersion est un problème causé
par une exposition à des températures froides (mais au-dessus du
point de congélation), généralement dans des conditions humides.
Son nom lui vient des soldats de la Première Guerre mondiale qui
passaient de longues journées dans des tranchées inondées.

266
Plus récemment, le pied de tranchée a été associé à des activités
susceptibles d’impliquer une mauvaise hygiène des pieds :
• Festivals musicaux de longue durée
• Courses de longue distance ou sur plusieurs jours
• Randonnée par temps froid et humide
• Travail prolongé dans des conditions froides et humides
Signes et symptômes du pied de tranchées
• Engourdissement ou sensation de brûlure
• Décoloration de la peau avec pâleur et enflure
• Crampes dans les jambes
• Apparition d’ampoules ou d’ulcères après deux à sept jours
• Odeur provoquée par la nécrose des tissus (à un stade
avancé)

Procédures de secourisme pour le pied de tranchée


Les procédures de secourisme pour le pied de tranchée impliquent 7
une intervention médicale et, généralement, le débridement des
lésions. Voici les mesures à prendre pour éviter l’apparition du pied
de tranchée :
• Garder les pieds au sec changer de chaussettes et de
chaussures lorsqu’elles sont humides
• Garder les pieds au chaud les températures inférieures à
16° celsius augmentent le risque de pied de tranchée
• Se laver régulièrement les pieds et les laisser sécher à l’air
libre
• Éviter de dormir avec des chaussettes, en particulier si elles
sont humides ou sales
• Utiliser des sachets chauffants ou des compresses chaudes
pour réchauffer les pieds s’ils présentent les premiers
symptômes du pied de tranchée

État de congélation
Lorsque la température descend au-dessous de zéro, vous pouvez
découvrir une personne dont le corps est complètement gelé : c’est

267
l’état de congélation. Soupçonner l’état de congélation dans les
cas suivants :
• la victime est trouvée dans un endroit froid et elle ne réagit
pas
• les articulations de la mâchoire et du cou semblent rigides
lorsqu’on tente d’ouvrir les voies respiratoires
• la peau et les tissus plus profonds sont froids et ne peuvent
être comprimés
• le corps bouge en un seul bloc
Si le corps est congelé, ne pas appliquer les procédures de
secourisme en fonction des points ABC. Transporter la victime vers
des secours médicaux si cela ne constitue pas un risque pour les
secouristes. Sinon, se mettre en sécurité et informer les policiers de
l’endroit où se trouve le corps.

Blessures dues à la chaleur


7 Une exposition prolongée à une chaleur extrême ou un effort
intense dans un milieu chaud peut provoquer divers troubles.
Certains facteurs peuvent contribuer à ces troubles, notamment
l’âge de la victime, son niveau de forme physique, sa santé, les
médicaments ou autres substances qu’elle consomme, ainsi que
son métier.

Crampes de chaleur
Les crampes de chaleur sont des crampes musculaires
douloureuses qui touchent généralement les jambes et l’abdomen;
elles sont causées par une perte excessive d’eau et de sel par
transpiration. Elles surviennent habituellement après que la victime
ait pratiqué une activité physique intense dans un milieu chaud. La
victime se plaindra de crampes et transpirera abondamment. Par
contre, dans un milieu sec, la transpiration n’est pas apparente, car
elle s’évapore rapidement.

268
Procédures de secourisme pour les crampes de
chaleur
1. Mettre la victime au repos dans un endroit frais.
2. Si la victime est consciente, lui faire boire de l’eau ou des
boissons qui contiennent des électrolytes et des glucides.
Elle peut en avoir autant qu’elle veut.

3. Si les crampes persistent, obtenir des secours médicaux. 7


Épuisement par la chaleur
L’épuisement par la chaleur est un trouble plus grave que les
crampes de chaleur. La victime a perdu une grande quantité de
liquides par transpiration. Sa circulation sanguine est perturbée par
le déplacement du sang des principaux organes vers les vaisseaux
sanguins situés juste sous la peau.
Signes et symptômes de l’épuisement par la chaleur
• Transpiration excessive et dilatation des pupilles
• Possibilité d’étourdissements, de vision trouble, de maux
de tête ou de crampes
• Signes de l’état de choc, y compris peau froide et moite,
pouls faible et rapide, respiration superficielle rapide,
vomissements et perte de conscience
• Bouche sèche et soif (signes de déshydratation)
• Irritabilité ou comportement agressif

269
Procédures de secourisme pour l’épuisement par la
chaleur
Les procédures de secourisme pour l’épuisement par la chaleur
consistent à combiner celles pour les crampes de chaleur et celles
pour l’état de choc.
1. Si la victime est consciente :
• si la victime est consciente, lui faire boire de l’eau ou
des boissons qui contiennent des électrolytes et des
glucides. Si elle vomit, ne rien lui donner par la bouche
et obtenir immédiatement des secours médicaux.
• la placer au repos sur le dos dans un endroit frais
• retirer les vêtements superflus et desserrer ceux qui
sont ajustés au cou et à la taille
2. Si la victime est inconsciente :
• la placer en position latérale de sécurité

7 • obtenir immédiatement des secours médicaux


3. Donner les soins continus jusqu’à la prise en charge par les
secours médicaux.

Coup de chaleur (hyperthermie ou insolation)


Le coup de chaleur est une élévation excessive de la température
corporelle qui peut mettre la vie en danger. Il est causé par une
exposition prolongée à un milieu chaud, humide et parfois mal
ventilé. Dans le cas d’un coup de chaleur classique, il y a défaillance
du mécanisme de régulation de la température corporelle : la
transpiration cesse et la température augmente rapidement. Dans
le cas d’un coup de chaleur d’effort, la pratique d’une activité
physique intense dans un environnement très chaud et humide
provoque une élévation rapide de la température corporelle,
même si le corps continue à transpirer. Les personnes âgées et les
personnes en mauvaise
santé sont les plus susceptibles de souffrir d’un coup de chaleur.
Sans l’application immédiate des procédures de secourisme
appropriées, la victime peut subir des lésions cérébrales
permanentes, et même mourir.

270
Signes et symptômes du coup de chaleur
• la température corporelle monte rapidement à 40 oC ou
plus; la victime est chaude au toucher
• le pouls est rapide et fort, mais il s’affaiblit par la suite
• la respiration est bruyante
• la peau est rouge, chaude et sèche dans le coup de chaleur
classique et elle est rouge, chaude et moite dans le coup
de chaleur d’effort
• la victime est agitée et peut se plaindre de maux de tête,
de fatigue, d’étourdissements et de nausées
• la victime peut vomir, faire des convulsions ou perdre
conscience
Vous pouvez distinguer l’épuisement par la chaleur du coup de
chaleur en observant l’état de la peau. Dans l’épuisement par la
chaleur, la peau est moite et froide. Dans le coup de chaleur, elle
est chaude et rouge, et peut être sèche ou moite.
7
Procédures de secourisme en cas de coup de chaleur
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
En cas de coup de chaleur, le plus urgent est de diminuer la
température corporelle.
• Placer la victime à l’ombre dans un endroit frais.
• Rafraîchir la victime : lui enlever ses vêtements et
l’immerger dans de l’eau fraîche jusqu’au menton; la
surveiller de près. Si cela n’est pas possible :

• La couvrir avec des draps et les ventiler pour accélérer


le rafraîchissement. L’éponger à l’eau fraîche, ou
• Appliquer des compresses froides aux aisselles, à
l’aine et sur la nuque.

271
2. Lorsque son corps est frais au toucher, la couvrir avec un
drap sec. Placer la victime consciente dans la position
indiquée pour l’état de choc, et la victime inconsciente en
position latérale de sécurité. Si sa température s’élève à
nouveau, répéter le refroidissement.
3. Donner les soins continus jusqu’à la prise en charge par les
secours médicaux.

Blessures causées par la foudre


Des orages se produisent presque partout au Canada. Bien que
le risque d’être frappé par la foudre est très faible, il survient
chaque année de nombreux cas de blessures et de décès causés
par la foudre.
En pareil cas, appliquer les procédures de secourisme comme vous
le feriez dans toute situation d’urgence en tenant compte de ce
qui suit :
• lorsqu’une personne est frappée par la foudre, celle-ci se
7 déplace en principe autour de la personne plutôt qu’au
travers d’elle. On peut donc la toucher sans craindre le
choc électrique.
• il est probable que la victime ait été projetée au sol ou
contre un objet – soupçonner une blessure à la tête ou à la
colonne vertébrale
• la foudre peut tomber deux fois au même endroit – évaluer
le risque de foudre et transporter la victime ailleurs au
besoin
• si plus d’une personne est blessée, les principes de la
prise en charge de victimes multiples sont inversés –
appliquer les procédures de secourisme aux victimes qui ne
respirent pas et ne réagissent pas, car celles qui respirent
commencent à se rétablir.
• conseiller aux personnes frappées par la foudre de faire
évaluer leurs blessures par un médecin

272
Empoisonnement
Un poison est une substance qui peut causer une maladie ou
entraîner la mort si elle pénètre dans l’organisme. Nous sommes
entourés de poisons. Les produits toxiques d’usage courant
portent une étiquette sur laquelle figure le symbole de poison.
De nombreuses autres substances toxiques ne portent aucun
avertissement : l’alcool, certaines plantes d’intérieur, les aliments
contaminés et les médicaments pris sans respecter l’ordonnance du
médecin. Un grand nombre de substances qui sont inoffensives en
petites quantités peuvent être toxiques en grandes quantités.
Les poisons sont classés selon leur voie de pénétration dans
le corps :
• empoisonnement par ingestion : par la bouche
• empoisonnement par inhalation : par les poumons
• empoisonnement par absorption : par la peau et
les muqueuses
• empoisonnement par injection : par une aiguille creuse ou
un objet pointu (p. ex. un crochet de serpent) 7
Un élément important des procédures de secourisme en cas
d’empoisonnement consiste à téléphoner au centre antipoison
le plus près pour obtenir des conseils. Avant de téléphoner, le
secouriste doit rapidement recueillir le plus de renseignements
possible sur l’incident. Utiliser l’historique de l’incident, ainsi
que les signes et symptômes manifestés par la victime afin de
pouvoir répondre aux questions posées par le personnel du
centre antipoison.
Historique de l’incident
Avant d’appliquer les procédures de secourisme, il y a
quatre choses à faire :
• identifier le poison : s’il y a des contenants, lire leur
étiquette; sinon, apporter les vomissures au personnel
médical à des fins d’analyse. En sachant quel produit est en
cause, vous pourrez :
• évaluer la façon dont le poison a été introduit dans
l’organisme; les procédures de secourisme varient selon
que le poison a été ingéré par la bouche, absorbé par la
peau, injecté dans le sang ou inhalé par les poumons
273
• évaluer la quantité absorbée, d’après ce qu’on voit ou
ce qu’on nous dit; par exemple, le nombre de pilules
que pouvait contenir la bouteille, la quantité de produits
restant dans le contenant, etc. Évaluer le poids et l’âge de
la victime. Plus la personne est de petite taille, plus la dose
peut être dangereuse.
• établir le temps écoulé depuis la prise du poison: le
temps pendant lequel le poison a séjourné dans le corps
aide à décider des procédures de secourisme et du
traitement
médical nécessaires
Signes et symptômes de l’empoisonnement
Si l’historique de l’incident ne permet pas de déterminer la
nature du poison ni la façon dont le poison a été introduit dans
l’organisme, les signes et symptômes peuvent aider. Les poisons
peuvent modifier le degré de conscience, la respiration et le pouls.
D’autres signes et symptômes peuvent varier selon la façon dont le
7 poison est introduit dans l’organisme. Les poisons qui ont été :
• ingérés causent habituellement des nausées, des crampes
abdominales, de la diarrhée et des vomissements. Ils
peuvent décolorer les lèvres, brûler l’intérieur ou le
pourtour de la bouche ou donner à l’haleine une odeur
particulière
• absorbés par la peau peuvent causer des rougeurs, des
ampoules, une enflure et des brûlures
• injectés à travers la peau causent habituellement une
irritation au point d’entrée
• inhalés peuvent causer de la toux, des douleurs thoraciques
et des difficultés respiratoires.

274
D’autres signes et symptômes associés à la méthode
d’empoisonnement sont les suivants:
• Les poisons ingérés causent habituellement des nausées,
des crampes abdominales, de la diarrhée et des
vomissements. Ils peuvent décolorer les lèvres, brûler
l’intérieur ou le pourtour de la bouche ou donner à
l’haleine une odeur particulière.
• Les poisons absorbés par la peau peuvent causer des
rougeurs, des ampoules, une enflure et des brûlures.
• Les poisons injectés à travers la peau causent
habituellement une irritation au point d’entrée.
• Les poisons inhalés peuvent causer de la toux, des douleurs
thoraciques et des difficultés respiratoires.
Veuillez noter que certains gaz toxiques (comme le monoxyde
de carbone) sont incolores et inodores et peuvent être difficiles
à détecter. Faites preuve de prudence si vous soupçonnez un
empoisonnement par inhalation.
7
Procédures générales de secourisme en cas
d’empoisonnement
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
Recueillir le plus de renseignements possible au sujet du
poison en cause.
2. Si la victime réagit, appeler le centre antipoison régional
ou le service d’urgence de l’hôpital et suivre les conseils
donnés.
3. Si la victime ne réagit pas ou si elle subit une crise
d’épilepsie, appeler les secours médicaux.
4. Si la victime ne réagit pas, mais qu’elle respire, la placer en
position latérale de sécurité.
5. Donner les soins continus jusqu’à la prise en charge par les
secours médicaux.

275
Procédures de secourisme en cas d’empoisonnement
par ingestion
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Ne pas diluer un poison qui a été ingéré par la bouche
(ne pas donner de liquides), sauf sur les conseils du centre
antipoison.
3. Si la victime est consciente, lui essuyer le visage pour
éliminer les substances toxiques ou corrosives et lui rincer
ou essuyer la bouche.
4. Ne jamais provoquer le vomissement, sauf sur les conseils
du centre antipoison. Certains poisons causent encore plus
de dommages lorsqu’ils sont vomis.

Procédures de secourisme en cas d’empoisonnement


par inhalation
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
7 Évaluer les dangers en portant une attention particulière
aux gaz ou aux vapeurs toxiques. Assurer votre sécurité; il
pourrait être préférable d’attendre l’arrivée de secouristes
professionnels.
2. Retirer la victime de la source de l’empoisonnement et la
placer au grand air.
3. Si la victime ne respire pas, amorcer la RCR. Si on risque
d’être incommodé par le poison en appliquant les
procédures de secourisme, utiliser un masque ou un écran
facial muni d’une valve unidirectionnelle.
4. Si la victime vomit, lui nettoyer la bouche pour garder les
voies respiratoires ouvertes et la placer en position latérale
de sécurité.
5. Si elle fait des convulsions, prendre les moyens nécessaires
pour l’empêcher de se blesser.
6. Donner les soins continus. Obtenir des soins médicaux.

276
Procédures de secourisme en cas d’empoisonnement
par absorption
La plupart des poisons absorbés par la peau causent de l’irritation
au point de contact, mais n’ont aucun effet sur le reste du corps.
L’irritation, nommée dermite de contact, apparaît sous forme de
rougeurs, de démangeaisons et d’ampoules. Cependant, certains
produits chimiques absorbés par la peau exercent un effet sur le
reste du corps et peuvent provoquer une urgence qui met la vie
en danger.
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
2. Rincer abondamment la région atteinte à l’eau fraîche. Si la
substance toxique est une poudre, l’enlever avec un linge
sec avant de rincer la peau.
3. Retirer les vêtements qui sont entrés en contact avec le
poison. Ne pas les toucher tant qu’ils n’ont pas été bien
lavés.
4. Bien laver la région atteinte à l’eau et au savon.
7
5. Donner les soins continus jusqu’à la prise en charge par les
secours médicaux.

Procédures de secourisme en cas d’empoisonnement


par injection
Appliquer les procédures générales de secourisme en cas
d’empoisonnement. Il faut essayer de contenir le poison injecté
près de l’endroit de l’injection. Pour retarder son entrée dans
la circulation sanguine, mettre la victime au repos et garder le
membre atteint au-dessous du niveau du cœur.
Si vous vous êtes piqué avec une aiguille qui a peut-être été
contaminée par une maladie transmissible, frotter vigoureusement
le lieu de la piqûre avec de l’iode ou un désinfectant semblable.
Obtenir des soins médicaux.

277
Accouchement d’urgence et fausse couche
Un accouchement d’urgence est la naissance
d’un enfant à un moment ou dans un endroit
imprévu. Il peut survenir s’il y a expulsion
soudaine et prématurée de l’enfant ou
si, après avoir mené sa grossesse à
terme, la mère ne peut se rendre à
l’hôpital pour accoucher. La grossesse
dure normalement 40 semaines.
Si la naissance survient avant la
37e semaine, le bébé est prématuré.
La fausse couche est la perte du
fœtus avant la 20e semaine de
grossesse.

Grossesse et accouchement
L’accouchement comprend trois stades. Le
début du travail peut être difficile à déceler; il est probablement
7 commencé si l’on observe l’un ou l’autre des signes suivants :
• l’utérus se contracte à des intervalles réguliers de dix à
vingt minutes, les contractions étant de plus en plus fortes
et de plus en plus rapprochées.
• du liquide amniotique s’écoule par le vagin, ce qui indique
que le sac amniotique a crevé; cette rupture est aussi
nommée « perte des eaux ». Le liquide peut s’écouler en un
mince filet ou jaillir hors du vagin.
• du sang et du mucus s’écoulent du vagin; cela indique que
le bouchon de mucus s’est détaché du col de l’utérus et
que celui-ci a commencé à s’ouvrir.
Stade 1 : Le travail : ouverture du col de l’utérus
Le travail peut durer jusqu’à dix-huit heures à la naissance
du premier enfant, mais elle peut être beaucoup plus courte
à la naissance du deuxième enfant et des enfants suivants.
Normalement, au début du travail, il reste assez de temps pour
transporter la mère dans un établissement de soins de santé.
Les contractions musculaires peuvent d’abord être ressenties
comme une sensation douloureuse au bas du dos. Lorsqu’elles
s’intensifient, elles sont ressenties comme des crampes dans le bas
278
du ventre. Les contractions font ouvrir, ou dilater, le col de l’utérus.
La dilatation doit atteindre 10 centimètres avant que le fœtus soit
poussé dans le vagin; c’est le début du deuxième stade du travail.
Stade 2 : La naissance du bébé
Le deuxième stade dure habituellement une heure. Il débute
lorsque le col de l’utérus est complètement dilaté et que les
contractions commencent à pousser le bébé hors de l’utérus, dans
le vagin. Une fois que la tête est proche de l’ouverture du vagin,
la mère peut ressentir une très forte envie d’expulser le fœtus.
Habituellement, la tête sort en premier; elle est suivie d’une épaule,
de l’autre épaule et ensuite du reste du corps, qui est expulsé
assez rapidement. Le deuxième stade se termine avec la naissance
du bébé. À ce moment, le bébé est encore relié à sa mère par le
cordon ombilical. Le cordon est lui-même relié au placenta, qui se
trouve toujours dans l’utérus.
Stade 3 : L’expulsion du placenta
Le troisième stade est l’expulsion du placenta qui suit la naissance
du bébé. Les contractions se poursuivent, poussant le placenta hors 7
de l’utérus. Ce stade dure habituellement de dix à vingt minutes.
L’accouchement se termine par l’expulsion du placenta.

Accouchement d’urgence
Dans un accouchement d’urgence, le rôle du secouriste est
d’aider la mère à accoucher, de protéger la mère et le bébé et
de conserver toutes les parties du placenta et du sac amniotique
jusqu’à la prise en charge par les secours médicaux.
Si le deuxième stade est commencé, la naissance surviendra assez
rapidement. On peut reconnaître le deuxième stade par :
• des contractions plus longues et plus fortes, à moins de
2 minutes d’intervalle
• l’expérience de la mère : il faut la croire si elle dit que
l’enfant
va bientôt naître
• le renflement du vagin ou l’apparition de la tête du bébé
• le fait que la mère force, pousse et éprouve le besoin de
soulager ses intestins

279
Lorsque ces signes apparaissent, il est trop tard pour transporter la
mère vers un établissement de soins de santé. Appeler des secours
médicaux, si possible, et se préparer à faire l’accouchement.

Accouchement d’urgence
1. Trouver de l’aide. Rassembler le matériel nécessaire à la
naissance du bébé et à l’expulsion du placenta.
2. Au deuxième stade, c’est-à-dire lorsque l’accouchement
est imminent, allonger la mère sur le dos, les genoux

7
fléchis et la tête appuyée, à moins qu’elle ne préfère une
autre position. La couvrir avec des draps que l’on pourra
facilement soulever pour suivre l’évolution du travail.
3. Lorsque la tête du bébé apparaît, la mère peut pousser
pendant les contractions. Lui dire d’attendre que la
contraction atteigne son maximum pour ensuite respirer
profondément, poser le menton sur la poitrine et pousser
aussi fort et aussi longtemps que possible, tout en retenant
sa respiration. Elle peut être capable de donner deux
poussées à chaque contraction. Se placer de manière à
pouvoir surveiller le bébé.

280
4. Normalement, la tête se présente en premier; une
expulsion trop rapide de la tête peut être dangereuse pour
le bébé. Lorsque la tête sort, dire à la mère de contrôler ses
poussées en respirant rapidement et profondément
(halètement). Durant la naissance, bien soutenir le bébé. Le
nouveau-né est couvert d’une substance blanchâtre qui le
rend très glissant : on doit le tenir délicatement, mais
fermement, et le manipuler avec soin.

5. Dégager les voies respiratoires du bébé; tous les bébés ont


7
du liquide dans le nez et la gorge. Lui garder la tête plus
basse que le corps pour faciliter l’écoulement des liquides.

6. La plupart du temps, le bébé pleure immédiatement et il


devient rose lorsqu’il commence à respirer. S’il ne respire
pas et s’il est pâle et flasque, essayer de le stimuler. Si le
bébé ne respire pas, amorcer la RCR pour enfants.

281
7. Une fois que le bébé respire, le sécher avec une serviette
en prenant soin de ne pas enlever la substance blanchâtre
qui le recouvre. L’envelopper dans une serviette ou une
couverture sèche pour le garder au chaud. Examiner le
cordon ombilical. Si les pulsations du cordon n’ont pas
cessé, garder le bébé à la hauteur du vagin. Si elles ont
cessé, placer le bébé sur le côté dans les bras de sa
mère, la tête vers le bas, afin de faciliter l’écoulement des
liquides.
8. Vérifier si du sang s’écoule par le vagin. Si le saignement
est abondant, il faut agir rapidement. On doit alors ligaturer
le cordon pour éviter que le bébé perde du sang par le
cordon et le placenta. Ligaturer le cordon, puis garder le
bébé à la hauteur du vagin.
9. Attendre l’expulsion du
placenta. Elle survient
normalement dans les
vingt minutes suivant la
7 naissance, mais peut être
plus longue. Un léger
massage du bas du ventre
accélère l’expulsion du
placenta.
10. Il est normal que du sang
s’écoule par le vagin après l’expulsion du placenta. On
peut habituellement maîtriser le saignement en massant
fermement l’utérus, qui est une masse ronde et dure au bas
du ventre. Des massages abdominaux effectués à quelques
minutes d’intervalle favorisent la contraction de l’utérus et
réduisent le saignement. Donner le sein favorise également
la contraction de l’utérus. Utiliser des serviettes hygiéniques
pour absorber le sang. Rechercher les lacérations de la
peau entre l’anus et le vagin et y exercer une pression avec
des pansements stériles.

282
11. Continuer à donner les soins nécessaires à la mère et au
bébé. Les installer confortablement, les garder au chaud et
les transporter le plus tôt possible vers un établissement de
soins de santé.

Saignement vaginal et fausse couche


La fausse couche est la perte du fœtus avant la 20e semaine
de grossesse. La plupart des fausses couches sont dues à un
7
développement anormal du fœtus. En médecine, la fausse couche
porte le nom d’avortement spontané.
Les signes et les symptômes sont les suivants :
• saignement vaginal parfois abondant
• signes d’état de choc
• douleurs semblables à des crampes dans le bas du ventre
• douleurs dans le bas du dos
• expulsion de tissus

283
Procédures de secourisme en cas de fausse couche
Votre principale préoccupation dans l’application des procédures
de secourisme en cas de fausse couche est l’état de choc que peut
provoquer l’hémorragie grave. La femme peut être dans un état de
grande détresse.
1. Effectuer un examen des lieux et une évaluation primaire.
Appeler des secours médicaux.
2. Appliquer les procédures de secourisme pour l’état de
choc : allonger la femme sur le dos ou sur le côté gauche.
3. Assurer son intimité. La rassurer et lui offrir un soutien
affectif.
4. Recueillir les tissus et le sang expulsés (draps et vêtements
souillés, etc.) et les apporter à l’hôpital pour qu’ils soient
examinés par le médecin.
5. Donner les soins continus.

7 Agressions
Une victime d’agression peut éprouver une détresse physique et
émotionnelle. En plus des blessures émotionnelles, une victime
d’agression sexuelle peut aussi présenter des blessures physiques.
Elle peut aussi subir un choc émotif grave pendant ou peu après
l’agression.
Procédures générales de secourisme en cas d’agression
1. Procéder à un examen des lieux : obtenir le consentement
de la victime et veiller à ce que les lieux ne présentent
aucun danger pour le secouriste. Cette situation peut être
difficile du point de vue émotif et la victime peut se sentir
vulnérable.
2. En cas d’agression présumée, veiller à ne pas enlever,
laver, ni jeter les vêtements de la victime afin de laisser les
preuves intactes.
3. Appeler les secours médicaux. Rester avec la victime et la
rassurer jusqu’à l’arrivée des secours médicaux.

284
Considérations relatives à l’alcool et aux drogues
On entend par drogue toute substance produisant un effet
physique ou psychique sur l’organisme. Les drogues comprennent
l’alcool, les médicaments d’ordonnance et les substances illicites.
Leurs effets sont très étendus et parfois imprévisibles. L’état
de la victime dépend de la quantité et de la combinaison de
drogues ingérées (y compris l’alcool). Se tenir prêt à réagir, car le
comportement de la victime peut changer rapidement.
Procédures de secourisme pour une victime sous l’effet de drogues
ou d’alcool :
1. Se montrer calme, professionnel et compatissant et essayer
de gagner la confiance de la victime.
2. Si possible, essayer de découvrir le type et la quantité de
drogue consommée.
3. Si la victime fait des convulsions, vomit ou présente un
degré de conscience faible ou nul, lui maintenir les voies

4.
respiratoires ouvertes et évaluer sa respiration.
Donner les soins continus et obtenir des secours médicaux.
7
5. Si des membres de la famille sont présents, demander si
un médecin a prescrit un médicament à donner en cas de
surdose. Si le secouriste a reçu une formation adéquate et
qu’il a à sa disposition un antidote, il peut aider à le donner.

Sensibilisation à la santé mentale


Tenez compte des facteurs suivants et de la façon dont ils peuvent
influencer la victime :
• Incident critique ou événement traumatisant
• Démence chez les personnes âgées (maladie d’Alzheimer,
démence à corps de Lewy, démence vasculaire, troubles
neurocognitifs)
• Troubles psychiatriques et de l’humeur (dépression,
anxiété, trouble bipolaire, schizophrénie)

285
L’Organisation mondiale de la santé définit la santé comme “un
état de complet bien-être physique, mental et social, [qui] ne
consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité”
(OMS). Les problèmes de santé mentale peuvent être liés à la santé
de la personne dans son ensemble.
Certains troubles physiques peuvent présenter des symptômes
semblables à ceux d’un problème de santé mentale ou d’une crise,
comme :
• Les urgences diabétiques
• Les réactions aux médicaments
• Les urgences environnementales (blessures dues à la
chaleur et au froid)
• Les blessures à la tête
• Les infections ou la fièvre
• Le manque d’oxygène
• L’état de choc
7 Si vous avez des préoccupations au sujet du bien-être d’une
victime, appelez le 911. Dans de telles situations, il est plus
important d’obtenir l’aide appropriée que de chercher à déterminer
la raison de l’urgence.
Le continuum de la santé mentale illustre l’étendue des problèmes
touchant la santé mentale. Les personnes aux prises avec une
maladie mentale ou des problèmes de santé mentale peuvent
passer par tous les stades de ce continuum. L’autogestion des
soins, du soutien ou un traitement peut les aider à “retourner dans
la zone verte”. Les comportements des personnes qui souffrent
changent. Observez attentivement ceux de vos proches ou de vos
collègues. Vous pourrez les diriger vers les ressources appropriées.
Il ne s’agit pas d’un outil de diagnostic. Seuls les professionnels de
la santé mentale peuvent le faire.

286
CARE – Intervention en cas de problème de santé mentale
ou de crise
C – Appeler les secours médicaux s’il y a risque de suicide
• Si vous pensez qu’il s’agit d’une urgence qui met la vie
en danger, appeler le 911; il faut agir.
• S’il n’y a pas de risque de suicide, passer à l’étape
suivante.
A – Demander à la personne comment elle se sent et
écouter attentivement ses réponses.
C’est à ce moment que la personne vous dit ce dont elle a
besoin. Il est important de bien écouter et de comprendre
la personne.
R – Répondre en présentant les options qui s’offrent à la
personne.
Important : Offrir des options, PAS DES CONSEILS.
Par exemple, le secouriste pourrait dire : « Il existe une
ligne d’écoute pour les personnes en situation de crise 7
qui a aidé d’autres personnes. Voulez-vous qu’on l’appelle
ensemble? » Ou encore : « Voulez-vous appeler une
personne (en qui vous avez confiance ou qui pourrait vous
aider) tout de suite? » Consulter la section Ressource pour
plus d’information.
E – Offrir différents moyens d’aider.
Ce que la personne ressent peut-être est normal et d’autres
personnes ont déjà ressenti la même chose. Un secouriste
peut dire à la personne qu’elle n’est pas seule et qu’elle
peut obtenir de l’aide.

Crise d’angoisse ou de panique


Une crise d’angoisse ou de panique est à la fois un problème de
santé mentale et de santé physique. Les signes et symptômes de
la crise d’angoisse sont semblables à ceux de la crise cardiaque et
il peut être difficile pour le secouriste de les différencier. La crise
d’angoisse peut être grave. Si elle n’est pas traitée, elle peut mener
à un trouble physique plus grave. Il est donc recommandé de
toujours appeler le 911.

287
Continuum de la santé mentale

© Tous droits réservés. Continuum de la santé mentale reproduit avec


la permission de Ministère de la Défense Nationale, Canada, 2019
288
Une crise d’angoisse pourrait présenter un ou plusieurs des signes
et symptômes suivants:
• Hyperventilation (respiration trop rapide)
• Douleur ou sensation de
serrement dans la poitrine
• Tremblements et transpiration
• Hyperventilation, picotements
des mains et des pieds
• Nausées ou vomissements

Procédures de secourisme en
cas de crise de panique :
• Composer immédiatement le 911.
• Demander à la victime de s’asseoir dans une position
confortable, préférablement dans un endroit tranquille si
possible.
• En attendant l’arrivée des secours, tenter de maîtriser 7
ou de ralentir la respiration d’une victime en état
d’hyperventilation. Voici quelques moyens à utiliser pour
aider une victime à maîtriser sa respiration :
• Demander à la victime d’inspirer en comptant jusqu’à 4,
puis d’expirer en comptant jusqu’à 4.
• Demander à la victime d’inspirer par le nez et d’expirer par
la bouche.
Ne demandez pas à la victime de respirer dans un sac de papier.
Cette méthode est inefficace et peut aggraver la crise.

Traumatismes liés au stress opérationnel


Par stress opérationnel, on entend un stress lié à l’emploi. Ce
stress peut être provoqué par un surcroît de responsabilités ou
une charge de travail sans soutien adéquat, un conflit de rôles,
ou encore un changement d’horaire. Dans des cas extrêmes,
il peut aussi être dû au harcèlement, à l’intimidation ou à un
environnement de travail toxique.

289
Le traumatisme lié au stress opérationnel se manifeste lorsque des
facteurs de stress légers s’accumulent au point d’engendrer une
crise.
• Signes et symptômes de traumatisme lié au stress
opérationnel
• Perturbation des habitudes de sommeil et fatigue
• Irritabilité
• Perte d’appétit
• Anxiété ou panique, notamment liée au travail
• Perte d’intérêt à l’égard du travail
• Prise de risques accrus au travail
• Isolement par rapport aux collègues
• Comportement agressif

Prise en charge des traumatismes liés au stress


opérationnel
7 Comme dans de nombreuses situations de secourisme, la
prévention est primordiale. Si vous reconnaissez certains des
symptômes décrits ci-haut, réfléchissez aux moyens de réduire les
facteurs de stress opérationnel dans votre vie.
• Utilisez vos jours de vacances et vos jours pour fatigue
mentale
• Réservez-vous du temps chaque jour et chaque semaine
pour vous adonner à des activités qui vous intéressent (15
minutes par jour peuvent suffire)
• Parlez de vos problèmes professionnels à votre famille et à
vos amis
• Essayez de dormir davantage, de faire plus d’exercice et de
bien manger
• Laissez le travail au bureau – à la maison, consacrez-vous à
votre famille et à vous-même
Si vous pensez qu’un collègue souffre d’un traumatisme lié au stress
opérationnel, appliquez la méthode CARE. Faites appel au service
des ressources humaines, à un médiateur ou à un organisme public
(le ministère du Travail, par exemple).
290
Aide en cas de crise et autres ressources en santé
mentale
• 9-1-1 ou 2-1-1; consulter l’annuaire local si ces numéros ne
sont pas offerts dans votre région
• Jeunesse, J’écoute : 1 800 668-6868 (pour les 20 ans ou
moins)
• Ligne d’aide sur la santé mentale : 1 866 531-2600 ou
clavardage en ligne à www.mentalhealthhelpline.ca
• www.suicideprevention.ca – Ce site offre des ressources
relatives aux problèmes de santé mentale et de prévention
du suicide par province
• Programme local d’aide aux employés
• Premiers soins en santé mentale : programme de deux
jours offert par la Commission de la santé mentale du
Canada
• The Working Mind : programme longitudinal offert par
la Commission de la santé mentale du Canada axé sur la 7
résilience en milieu de travail

291
Chapitre 8
Compétences en
réanimation des
fournisseurs de soins
de santé

• Introduction
• Le secourisme et la loi

• Sécurité Introduction
et protection
• Le secourisme et la loi
personnelle
• Sécurité avec
• Communication et protection
la
victime personnelle
• Help• at the
Communication avec la
emergency scene
• Blessuresvictime
et maladies

• Gestion Help at the
du stress enemergency
situation
d’urgencescene
• Blessures et maladies
• Gestion du stress en
situation d’urgence
Chapitre 8 Compétences en réanimation des
fournisseurs de soins de santé
Une RCR de haute qualité inclut des compressions ininterrompues
à une fréquence de 100 à 120 compressions par minute, une
profondeur de compression appropriée en fonction de l’âge de la
victime et qui permet à la poitrine de se détendre après chaque
compression.
Il est important de se rappeler que si les protocoles locaux,
notamment les lois, les instructions médicales et les exigences
professionnelles ou celles des lieux de travail, diffèrent sur ce point,
ils prévalent sur les renseignements présentés dans ce chapitre.

Catégories d’âge pour la réanimation


Le fournisseur de soins de santé intervient auprès des victimes en
fonction des catégories suivantes :
• Adulte — en début de puberté ou plus âgé
• Enfant — âgé d’un an jusqu’en début de puberté (environ
12 à 14 ans, selon la présence des caractères sexuels
secondaires)
8 • Nourrisson — toute personne âgée de moins d’un an
• Nouveau-né — un bébé qui vient de naître, pendant les
premières heures suivant l’accouchement et jusqu’au
départ de l’hôpital. Il n’est pas nécessaire que les
fournisseurs de soins de la santé différencient ce groupe
des autres nourrissons, sauf s’ils ont été spécialement
formés pour fournir des soins de réanimation pour ce
groupe d’âge.

Activation du système des services médicaux


d'urgence
Les fournisseurs de soins de santé doivent savoir quand et
comment activer leur propre système des services médicaux
d'urgence (SMU), qu'il soit interne ou externe. Un plan doit être mis
en place pour prévoir l'envoi d'un défibrillateur externe automatisé
(DEA) sur les lieux en même temps que le secouriste, ou pour qu'un
DEA soit rapidement accessible.

294
Victime de tout âge – deux secouristes
Lorsque deux secouristes sont sur les lieux, le premier reste auprès
du patient et amorce la RCR pendant que le deuxième active le
système des services médicaux d'urgence et obtient un DEA, s'il
n'est pas déjà disponible.

Adulte – secouriste seul


Une victime d’un arrêt cardiaque nécessite une RCR, une
défibrillation et des soins avancés en réanimation.
Le secouriste seul qui prend en charge un adulte victime d'un arrêt
avec témoin ou d'un adulte qui ne réagit pas à la suite d'un arrêt
sans témoin doit activer immédiatement le système des services
médicaux d'urgence.
Si une victime semble avoir subi un arrêt respiratoire, peu importe
son âge, le secouriste seul doit appeler les secours médicaux avec
son téléphone cellulaire. On peut se servir de la fonction mains
libres pour gagner du temps. S'il n'a pas de téléphone cellulaire,
le secouriste doit pratiquer deux minutes de RCR avant de quitter
la victime pour activer les SMU et obtenir un DEA. L'objectif est de
remédier à la cause de l'arrêt, le manque d'oxygène, en pratiquant
d'abord deux minutes de RCR. 8
Enfant ou nourrisson – secouriste seul
Si un secouriste seul assiste à la perte de conscience soudaine d’un
enfant ou d'un nourrisson, il doit immédiatement communiquer
avec le système des services médicaux d'urgence pour obtenir un
défibrillateur afin de l’utiliser sans tarder. En l'absence de témoin,
si le secouriste seul ne peut pas communiquer avec le système
des services médicaux d'urgence sur les lieux de l'incident, il doit
pratiquer deux minutes de RCR avant de quitter la victime pour
appeler des secours.
Lorsqu’il active le système des services médicaux d’urgence, le
secouriste peut envisager de transporter le nourrisson ou l'enfant si
ce dernier n’est pas trop grand, si les blessures lui permettent de le
faire et si la distance à parcourir n’a pas d’incidence sur le début ou
la reprise de la RCR.

295
Respiration artificielle
La respiration artificielle (RA) est un moyen vous permettant
d’apporter de l’air aux poumons d’une victime qui a un pouls
adéquat, mais dont la respiration est inefficace ou absente. Les
vérifications du pouls et de la respiration doivent être effectuées
toutes les 2 minutes durant au moins 5 secondes et au plus
10 secondes.
Voici les méthodes servant à ventiler une victime qui ne respire pas :
• Bouche à masque avec oxygène d'appoint
• Ballon-masque à deux personnes
En plus des insufflations, il faut également pratiquer des
compressions thoraciques sur un enfant ou un nourrisson dont le
pouls est inférieur à 60 battements par minute et qui présente des
signes de mauvaise perfusion malgré l'apport en oxygène et la
ventilation.
La respiration artificielle peut être pratiquée dans diverses
situations. Dans une situation d’urgence, on doit tenir compte des
éléments suivants :
• On peut entreprendre immédiatement la RA, quelle que
8 soit la position de la victime (il est toutefois préférable
qu’elle soit étendue sur le dos sur une surface plane et
ferme).
• On peut poursuivre la RA pendant que d’autres secouristes
déplacent la victime vers un lieu sûr.
• On peut pratiquer la RA pendant une longue période sans
trop se fatiguer.
• Les méthodes de RA peuvent être employées chez une
victime qui éprouve de graves difficultés respiratoires
Il peut être plus difficile de pratiquer la respiration artificielle
dans certaines situations par rapport à d’autres. En voici
quelques exemples :
• Les blessures graves du nez et de la bouche qui empêchent
un contact étanche autour de la bouche de la victime.
• Le sang ou d'autres liquides organiques qui coulent dans
la gorge et qui bloquent les voies respiratoires; faites votre

296
possible pour que les liquides puissent s’écouler de la
bouche avant d’appliquer la RA.
• L’intoxication de la victime par un gaz toxique comme le
sulfure d’hydrogène; si le secouriste entre en contact avec
la victime, il peut lui-même être intoxiqué.
• La présence d’une substance toxique corrosive sur le visage
ou dans la bouche de la victime, lorsqu’on ne dispose pas
d’un masque facial.
Dans ces situations, on doit faire de son mieux (selon son degré de
compétence) sans mettre sa vie en danger.

Ouverture des voies respiratoires


Pour ouvrir les voies respiratoires d’une victime, les fournisseurs de
soins de santé utilisent la méthode du renversement de la tête avec
soulèvement du menton, sauf si l'on soupçonne une blessure à la
colonne vertébrale. Dans ce cas, il faut recourir à la subluxation de
la mâchoire. Si l'on soupçonne une blessure à la colonne vertébrale
et que la subluxation de la mâchoire ne permet pas d'ouvrir les
voies respiratoires, utiliser la méthode du renversement de la tête
avec soulèvement du menton.
Utilisation de la subluxation de la mâchoire 8
1. Tout en soutenant la tête et le cou de la victime, placer vos
mains de chaque côté de la tête.
2. Stabiliser vos pouces contre les os zygomatiques. Saisir
l'angle de la mâchoire à l'aide du majeur, de l'annulaire
et de l'auriculaire et la soulever pour ouvrir les voies
respiratoires.
3. Au besoin, ouvrir la bouche de la victime à l'aide de l'index.
4. Vérifier la respiration durant au moins 5 secondes, mais
pas plus de 10 secondes, tout en maintenant les voies
respiratoires ouvertes à l'aide de la subluxation de la
mâchoire.
5. Si le pouls est présent, mais qu’aucune respiration n’est
constatée, placer le masque sur le visage de la victime. Lui
insuffler de l’air dans la bouche et regarder si sa poitrine se
soulève. Continuer à soulever la mâchoire pour garder les
voies respiratoires ouvertes.

297
6. S’il n’y a pas de pouls, amorcer les compressions et
poursuivre la RCR jusqu’à l'arrivée du DEA sur les lieux.

Ballon-masque
Le ballon-masque est un sac autogonflable muni d'une valve
unidirectionnelle sur lequel on peut fixer un masque facial. On peut
également y fixer un sac-réservoir à oxygène. Trois tailles de ballon
sont disponibles : adulte, enfant et nourrisson.
Utilisation d’un ballon-masque
• Une fois les voies respiratoires ouvertes et immobilisées,
sélectionner la taille de masque appropriée selon la taille
de la victime (adulte, nourrisson ou enfant).
• Placer les pouces sur la moitié supérieure du masque, les
index et les majeurs sur la moitié inférieure.
• Placer la partie supérieure du masque sur le nez et la
partie inférieure sur la bouche et le menton. Si le masque
présente une grande manchette ronde autour d’une valve,
centrer la valve sur la bouche.
• Utiliser les annulaires et les auriculaires pour ramener la
8 mâchoire dans le masque.
• Demander à l'autre secouriste de comprimer le ballon à
l'aide des deux mains, de façon à ce qu'il y ait juste assez
d'air pour soulever la poitrine.
Utilisation des dispositifs avancés pour les voies
respiratoires avec des masques
Lors de l’utilisation d’un masque de poche ou d’un ballon-masque,
il est recommandé d’utiliser un dispositif avancé pour les voies
respiratoires. Une formation plus poussée est nécessaire. Si vous ne
disposez pas d’un dispositif avancé pour les voies respiratoires ou
si vous n’êtes pas formé pour l’utiliser, vous pouvez quand même
utiliser un masque de poche ou un ballon-masque; l’utilisation de
l’un ou l’autre sans un dispositif pour les voies respiratoires est
acceptable. Le professionnel de la santé peut être appelé à aider
avec le ballon-masque une fois qu’un secouriste de niveau avancé
a inséré un dispositif avancé pour les voies respiratoires. Il peut être
nécessaire d’utiliser des dispositifs respiratoires supplémentaires
(oral ou nasal) en plus du ballon-masque si la victime ne réagit pas.

298
Respiration artificielle sur un adulte ou un enfant
Ballon-masque – deux secouristes
1. Un secouriste se place au-dessus de la tête de la victime et
place le masque sur le visage de celle-ci.
2. Placer le pouce et l’index de CHAQUE main autour de la
valve en formant un “C“ pour appuyer le masque contre le
visage.
3. Utiliser les doigts restants de CHAQUE main en formant un
“E“ pour soulever la mâchoire et
4. Renverser la tête vers l’arrière afin d’ouvrir les voies
respiratoires. Si l’on suspecte une blessure à la tête ou à
la colonne vertébrale, utiliser la subluxation de la mâchoire
pour ouvrir les voies respiratoires.
5. L'autre secouriste doit comprimer le ballon pour ventiler la
victime. Insuffler l’air pendant une seconde. Vérifier que la
poitrine se soulève.
• Respiration artificielle chez l’adulte : une insufflation
toutes les 5 à 6 secondes
• Respiration artificielle chez l’enfant : une insufflation
toutes les 3 à 5 secondes 8
6. Vérifier le pouls environ toutes les 2 minutes.

299
Respiration artificielle sur un nourrisson
Ballon-masque – deux secouristes
1. Un secouriste se place au-dessus de la tête de la victime et
place le masque sur le visage de celle-ci. Ne pas couvrir les
yeux ni le menton.
2. Placer le pouce et l’index de CHAQUE main autour de la
valve en formant un « C » pour appuyer le masque contre le
visage.
3. Utiliser les doigts restants de CHAQUE main en formant
un « E » pour soulever la mâchoire et renverser la tête
vers l’arrière afin d’ouvrir les voies respiratoires. Si l’on
suspecte une blessure à la tête ou à la colonne vertébrale,
utiliser la subluxation de la mâchoire pour ouvrir les voies
respiratoires.
4. L'autre secouriste doit comprimer le ballon pour ventiler la
victime. Insuffler l’air pendant une seconde. Vérifier que la
poitrine se soulève.

5. Donner une insufflation toutes les 3 à 5 secondes


(12 à 20 par minute).
6. Vérifier le pouls environ toutes les 2 minutes.

300
Respiration assistée
La respiration assistée aide une victime qui éprouve de graves
difficultés respiratoires à respirer plus efficacement. Dans un
contexte clinique, vous pourriez avoir accès à un appareil de
pression positive continue (CPAP). Elle est plus utile si l’effort
respiratoire est faible ou nul. Si l’effort respiratoire est bon, il
est probable que la respiration autonome soit plus efficace.
Entreprendre la respiration assistée lorsqu’on reconnaît les signes
de graves difficultés respiratoires.
La technique de la respiration assistée est la même que celle de
la respiration artificielle, sauf en ce qui concerne le nombre et
la durée des insufflations. Si la respiration est trop lente, donner
une insufflation à chaque inspiration et une autre entre chaque
inspiration. Donner une insufflation toutes les 5 secondes, soit entre
12 et 15 insufflations par minute.
Si la respiration est trop rapide, donner une insufflation toutes les
deux inspirations. Cela devrait diminuer la fréquence respiratoire de
la victime. Donner entre 12 à 15 insufflations par minute.
Si la victime est consciente, lui expliquer ce que l’on fait et la raison
pour laquelle on le fait. La rassurer fréquemment et l’encourager à
respirer à une bonne fréquence et à une bonne amplitude. 8
Respiration artificielle à une victime qui respire par
un stomate
Certaines personnes respirent par une ouverture pratiquée à la
base du cou. Cette ouverture, nommée stomate, est pratiquée à la
suite d’une intervention chirurgicale, la laryngectomie.
Il est possible que vous ne sachiez pas qu’une personne respire par
un stomate lorsque vous essayez de donner la RA. Si, au moment
de l’insufflation, l’air semble pénétrer dans les voies respiratoires,
mais que la poitrine ne se soulève pas, examiner le cou pour voir si
la victime porte un stomate. En donnant des insufflations, on peut
aussi entendre le bruit de l’air qui sort du stomate.

301
Comment donner la RA à une victime qui respire par
un stomate
La séquence des procédures de secourisme reste la même. Une
fois qu’on a établi que la victime respire par un stomate, procéder
comme suit :
• Dénuder toute la région du cou et enlever tout ce qui
recouvre le stomate. Si un tube est en place dans le
stomate, ne pas l’enlever.

• Glisser un coussin sous les épaules (s’il y en a un à portée


de la main) pour les garder légèrement élevées.
• Garder la tête alignée avec le corps, le menton relevé.
8 • Fermer hermétiquement le nez et la bouche de la victime
avec la main la plus proche de la tête.
• Assurer un contact étanche entre le masque facial ou
le masque de poche et le stomate, ou insérer le ballon-
masque dans le tube de trachéotomie, et ventiler la
victime.
• Regarder si la poitrine se soulève (vérifier si l’air circule à
l’aide de vos yeux, de vos oreilles et de vos mains).
• Laisser l’air s’échapper du stomate après chaque
insufflation.

302
• Maintenir l’ouverture propre au moyen d’un linge; ne jamais
utiliser des papiers mouchoirs.

Distension gastrique
Si les insufflations sont données trop rapidement ou avec trop de
force, l’air peut pénétrer dans l’estomac et le faire gonfler. C’est ce
que l’on nomme la distension gastrique. Cette distension nuit à la
ventilation de la victime et augmente le risque de vomissement.
Éviter d’aggraver une distension de l’estomac en prenant les
mesures suivantes :

• Remettre la tête en position et ouvrir les voies respiratoires


à nouveau.
• Insuffler plus lentement une moins grande quantité d’air.
• S’assurer que les voies respiratoires sont complètement
ouvertes.
Bien que cela se produise rarement, l’estomac peut être si gonflé
qu’il empêche les poumons de se dilater. Comme l’air insufflé ne
peut pénétrer dans les poumons, il faut expulser l’air accumulé
dans l’estomac pour permettre la dilatation pulmonaire. N’expulser
l’air de l’estomac que si la distension empêche les poumons de se
dilater et que la RA est inefficace.
8
Pour prévenir la distension gastrique :
• Donner des insufflations lentes.
• Insuffler juste assez d’air pour soulever la poitrine.
• S’assurer que les voies respiratoires sont complètement
ouvertes; maintenir la tête renversée vers l’arrière (sans
hyperextension du cou).

303
Réanimation cardiorespiratoire (RCR)
Lors de l’évaluation de l’état de la victime, le fournisseur de soins
de santé vérifie la respiration et le pouls avant d’amorcer les
compressions.
Les secouristes doivent effectuer les vérifications suivantes :
Adulte – pouls carotidien
Enfant – pouls carotidien ou fémoral
Nourrisson – pouls brachial ou fémoral
Bradycardie (pouls lent)
Il faut également pratiquer des compressions thoraciques sur un
enfant ou un nourrisson dont le pouls est inférieur à 60 battements
par minute et qui présente des signes de mauvaise perfusion
ou circulation, malgré l’apport en oxygène et la ventilation. Une
fréquence cardiaque lente (inférieure à 60 battements par minute)
ne permet pas une circulation suffisante pour assurer un apport
d’oxygène adéquat aux cellules. En donnant des compressions à
un rythme de 100 à 120 par minute, le fournisseur de soins de santé
aide à rétablir une circulation adéquate chez la victime.

8 Fréquences des compressions et des insufflations (RCR)


Les fournisseurs de soins de santé utilisent les mêmes fréquences
de compressions et d’insufflations que le secouriste non
professionnel lors d’une RCR à un secouriste pratiquée sur un
adulte, un enfant et un nourrisson ou d’une RCR à deux secouristes
pratiquée sur un adulte. Par contre, les fréquences sont différentes
pour une RCR à deux secouristes pratiquée sur un enfant ou un
nourrisson.
Lors d’une RCR à deux secouristes pratiquée sur un enfant ou
un nourrisson, le secouriste effectue des compressions à une
fréquence de 15 compressions pour 2 insufflations. La profondeur
des compressions doit correspondre à au moins un tiers de
l’épaisseur de la poitrine du nourrisson ou de l’enfant, selon une
fréquence de 100 à 120 compressions par minute.
Si la victime est un nourrisson, le secouriste peut entourer sa
poitrine et utiliser les deux pouces côte à côte ou l’un au-dessus de
l’autre pour donner des compressions. La méthode utilisée dépend
de la taille de la victime et des pouces du secouriste.

304
RCR/DEA pour un adulte
Vérifier la respiration et le pouls durant au moins 5 secondes et
au plus 10 secondes. Si la victime a un pouls, mais ne respire pas,
commencer la respiration artificielle. Si la victime ne respire pas et
n’a pas de pouls, ou que sa respiration est agonique, commencer
les compressions.
La respiration agonique est un mode respiratoire anormal causé par
des réflexes du tronc cérébral et caractérisé par des respirations
haletantes irrégulières parfois accompagnées de sons inhabituels.
Elle se produit lors de l’arrêt cardiaque et peut amener les témoins
à croire que la victime respire.

305
Secouriste seul – ratio 30:2
1. Donner 30 compressions thoraciques au milieu de la partie
supérieure de la poitrine en utilisant les deux mains.
2. Pousser fort et rapidement (de 100 à 120 compressions par
minute) à une profondeur de 5 à 6 cm (2 à 2,4 pouces). Les
phases de compression et de relâchement sont de même
durée. Relâcher la pression et retirer totalement votre poids
après chaque compression afin de permettre à la poitrine
de reprendre sa position de repos chaque fois. Limiter les
interruptions.
3. Donner 2 insufflations.
4. Continuer les séquences de 30 compressions et de 2
insufflations jusqu’à :
• la mise à disponibilité d’un DEA
• l’arrivée des SMU ou du personnel en soins avancés ou
• l’apparition de signes de rétablissement chez la
victime.
Deux secouristes ou plus – ratio 30:2
8 1. Le premier secouriste donne 30 compressions thoraciques
à une fréquence de 100 à 120 compressions par minute.
2. Le deuxième secouriste donne 2 insufflations suffisantes
pour soulever la poitrine. Limiter les interruptions.
3. Changer rapidement de position tous les cinq cycles
(deux minutes)
4. Si un dispositif avancé pour les voies respiratoires est
en place, il faut donner une insufflation toutes les 6 à
8 secondes, sans pause entre les compressions.

306
Défibrillation
1. Découvrir la poitrine. Mettre en marche le DEA. Suivre les
instructions vocales. Sélectionner et placer les électrodes
pour adultes.

2. CHOC conseillé – S’ÉCARTER et donner un choc.


Reprendre immédiatement les compressions thoraciques.

3. AUCUN CHOC conseillé – reprendre immédiatement les


compressions thoraciques.

4. Continuer les séquences de 30 compressions et de


2 insufflations pendant 5 cycles (environ 2 minutes).
Examiner le rythme cardiaque et poursuivre avec les RCR/
DEA jusqu’à ce que les secours prennent la relève.

307
RCR/DEA pour un enfant

8
Secouriste seul – ratio 30:2
1. Donner 30 compressions thoraciques au milieu de la partie
supérieure de la poitrine en utilisant une ou deux mains.
2. Pousser fort et rapidement (de 100 à 120 compressions
par minute) à une profondeur d’environ 5 cm (2 pouces),
ou environ le tiers de la profondeur du thorax. Les phases
de compression et de relâchement sont de même durée.
Relâcher la pression et retirer totalement votre poids après
chaque compression afin de permettre à la poitrine de
reprendre sa position de repos chaque fois. Limiter les
interruptions
3. Donner 2 insufflations.
4. Continuer les cycles de 30 compressions et de 2
insufflations.

308
Deux secouristes ou plus – ratio 15:2
1. Le premier secouriste donne 15 compressions thoraciques
à une fréquence d’au moins 100 à 120 compressions par
minute.
2. Le deuxième secouriste donne 2 insufflations suffisantes
pour soulever la poitrine.
3. Changer rapidement de position tous les 10 cycles
(2 minutes).
4. Si un dispositif avancé pour les voies respiratoires est
en place, il faut donner une insufflation toutes les 6 à
8 secondes, sans pause entre les compressions.
Défibrillation

1. Découvrir la poitrine. Mettre en marche le DEA. Suivre les


instructions vocales. Sélectionner et placer les électrodes
pédiatriques. Si des électrodes pédiatriques ne sont pas
disponibles, utiliser des électrodes pour adultes.
2. CHOC conseillé : S’ÉCARTER et donner un choc. Reprendre
immédiatement les compressions thoraciques.
3. AUCUN CHOC conseillé : reprendre immédiatement les
compressions thoraciques.
4. Continuer les séquences de 15 compressions et de 2
insufflations pendant 5 cycles (environ 2 minutes). Examiner
le rythme cardiaque et poursuivre avec les RCR/DEA
jusqu’à ce que les secours prennent la relève.

309
RCR/DEA pour un nourrisson
Si la victime est un nourrisson, le secouriste peut entourer sa
poitrine et utiliser les deux pouces côte à côte ou l’un au-dessus de
l’autre pour donner des compressions. La méthode utilisée dépend
de la taille de la victime et des pouces du secouriste.

Secouriste seul – ratio 30:2


1. Donner 30 compressions thoraciques en utilisant
deux doigts, juste sous la ligne des mamelons.
2. Pousser fort et rapidement (de 100 à 120 compressions par
minute) à une profondeur d’environ 4 cm (1,5 po) ou le tiers
de la profondeur du thorax. Les phases de compression et
de relâchement sont de même durée. Relâcher la pression
et retirer totalement votre poids après chaque compression
afin de permettre à la poitrine de reprendre sa position de
repos chaque fois. Limiter les interruptions.
3. Donner 2 insufflations.
4. Continuer les cycles de 30 compressions et de 2
insufflations.

310
Deux secouristes ou plus – ratio 15:2
1. Le premier secouriste donne 15 compressions thoraciques
à une fréquence d’au moins 100 à 120 compressions par
minute.
2. Le deuxième secouriste donne 2 insufflations suffisantes
pour soulever la poitrine.
3. Changer rapidement de position tous les 10 cycles
(2 minutes).
4. Si un dispositif avancé pour les voies respiratoires est
en place, il faut donner une insufflation toutes les 6 à
8 secondes, sans pause entre les compressions.
Défibrillation
1. Découvrir la poitrine. Mettre en marche le DEA. Suivre les
instructions vocales. Sélectionner et placer les électrodes
pédiatriques. Si des électrodes pédiatriques ne sont pas
disponibles, utiliser des électrodes pour adultes.
2. CHOC conseillé : S’ÉCARTER et donner un choc. Reprendre
immédiatement les compressions thoraciques.
3. AUCUN CHOC conseillé : reprendre immédiatement les
compressions thoraciques. 8
4. Continuer les séquences de 15 compressions et de 2
insufflations pendant 5 cycles (environ 2 minutes). Examiner
le rythme cardiaque et poursuivre avec les RCR/DEA
jusqu’à ce que les secours prennent la relève.

Approche par équipe


Les fournisseurs de soins de santé doivent s’exercer à travailler
au sein d’une équipe intégrée. Lorsqu’une équipe est disponible,
un secouriste doit immédiatement prendre en charge les voies
respiratoires et les insufflations, le deuxième commence les
compressions et le troisième va chercher le DEA pour l’utiliser. Il
s’agit de la situation optimale puisqu’elle permet aux secouristes
de maximiser le volet compressions de la RCR avant de procéder
à la défibrillation. Une équipe performante peut atteindre un
volet compressions de 80 %, permettant ainsi d’assurer l’efficacité
des compressions thoraciques durant presque toute la durée de
réanimation de la victime.
311
Annexe A
Annexe A
Référence rapide
Modèle de formulaire de rapport de premiers soins

Rapport de premiers soins


Date Examen secondaire
Secouriste
Emplacement Antécédents
Symptômes
Nom

Adresse Allergies
Ville Médicaments
Maladies antérieures
Province Code postal
Dernier repas
Numéro de téléphone Événements précédant l’incident
Victime

Nom Signes vitaux


Temps utilisé
Adresse
Degré de conscience
Ville Fréquence respiratoire
Province Code postal Rythme respiratoire
Amplitude respiratoire
Numéro de téléphone
Pouls
Homme Femme Âge (approx.) Rythme du pouls
Examen des lieux Puissance du pouls
Condition/température de la peau
Type d’incident

Nombre de victimes
Examen de la tête au pied
(utiliser un formulaire individuel pour chaque victime)
Tête
Faculté de réponse de la victime
Cou
A consciente

Examen primaire
inconsciente
Clavicules
Épaules bras/mains
Voies respiratoires Poitrine et haut du dos
dégagées Abdomen et bas du dos
partiellement obstruées Bassin et fesses
complètement obstruées Jambes/pieds
Respiration Premiers soins administrés
oui. . . . efficace inefficace
non
Circulation
Pouls oui non
Hémorragie grave oui non Relève des secours médicaux
État de choc oui non

314
Référence rapide en secourisme
Appelez une ambulance dès que vous déterminez qu’il s’agit d’une
situation d’urgence qui met la vie de la victime en danger:
• perte de conscience
• urgence respiratoire (difficulté ou arrêt respiratoire)
• urgence circulatoire (hémorragie grave, crise cardiaque,
AVC)

Signes et symptômes Procédures de secourisme


Réaction allergique
Démangeaisons, peau rouge Placez la victime au repos
Éternuements, nez qui coule Si la victime a son médicament,
Enflure des voies respiratoires aidez-la à le prendre
Nausées, vomissements Surveillez les points ABC
Obtenez des secours médicaux

Angine de poitrine
Déni, sentiment de mort Placez la victime au repos
imminente Si la victime a son médicament,
Lourdeur, oppression dans la aidez-la à le prendre
poitrine Surveillez les points ABC
Indigestion, douleur à la Obtenez des secours médicaux
mâchoire A
Peau pâle et moite

315
Signes et symptômes Procédures de secourisme
Asthme
Essoufflement accompagné Placez la victime dans la
La victime tente de respirer position offrant le plus de
assis droit toux ou d’une respiration
Coloration bleutée du visage sifflante de confort, en
(cyanose) position assise ou semi-
assise
Anxiété, oppression dans la
poitrine Aidez à la prise de
médicaments
Surveillez les points ABC
Obtenez des secours médicaux

Morsures et piqûres
Douleur au site Placez la victime au repos
Chaleur et enflure au site Retirez le dard si possible
Rougeur, démangeaisons Nettoyez la région atteinte
Éruption cutanée ou bosses sur Surveillez les points ABC
la peau

Hémorragie (externe)
Plaie évidente Exercez une pression
A Sang qui s’écoule à l’extérieur Placez la victime au repos
du corps Appliquez des pansements et
Peau froide et moite des bandages
Agitation et appréhension Vérifiez la circulation avant et
Sensation d’évanouissement, après l’application d’un
étourdissements bandage

316
Signes et symptômes Procédures de secourisme
Hémorragie (interne)
Aucune plaie évidente Position pour l’état de choc, si
Sang qui s’écoule des oreilles, les blessures le permettent
du nez; sang dans l’urine ou Humectez les lèvres si la victime
les selles a soif
Œil injecté de sang ou yeux au Surveillez les points ABC
beurre noir Obtenez des secours médicaux
Toux avec sang ou sang dans
les vomissures

Brûlures
Peau rouge, blanc nacré ou Placez la victime au repos
carbonisée Rafraîchissez la région atteinte
Douleur dans les cas légers; Appliquez des pansements et
aucune douleur dans les des bandages
cas graves Vérifiez la circulation
Ampoules
Peau humide ou peau sèche
avec aspect de cuir dans les
cas graves

Étouffement
Obstruction légère A
Capable de parler Restez auprès de la victime
Signes de détresse Encouragez la victime à tousser
Visage rouge Si l’obstruction n’est pas
dégagée, obtenez des
secours médicaux
Obstruction grave
Incapable de parler Placez-vous de manière à
Toux faible ou inexistante soutenir la victime
Visage gris, lèvres et oreilles Donner 5 tapes dans le dos et 5
bleues poussées abdominales
Préparez-vous, la victime
pourrait perdre conscience
317
Signes et symptômes Procédures de secourisme
Commotion
Perte de conscience partielle Si vous soupçonnez une
ou totale, habituellement blessure à la tête ou à la
de courte durée colonne vertébrale, ne
Respiration superficielle, déplacez pas la
nausées Surveillez les points ABC
Pâleur, transpiration, maux de Obtenez des secours médicaux
tête

Urgence diabétique
Hypoglycémie (besoin de
sucre) Placez la victime au repos
Sueur, pâleur, peau froide Donnez du sucre
Maux de tête, tremblements Surveillez les points ABC
Confusion, irritabilité et Si l’état ne s’améliore pas,
agressivité obtenez des secours
médicaux
Hyperglycémie (besoin
d’insuline) Placez la victime au repos
Peau rouge, sèche et chaude En cas de doute s’il s’agit
Somnolence allant jusqu’à d’hyperglycémie ou
A l’inconscience
Soif, haleine semblable à
d’hypoglycémie, donnez du
sucre
l’odeur du dissolvant pour Surveillez les points ABC
vernis à ongles Obtenez des secours médicaux

Objet logé
Plaie évidente Placez la victime au repos
Objet visible dans la plaie Empilez des pansements autour
(Ne retirez pas un objet logé) de l’objet
Hémorragie au site de la plaie Appliquez les pansements sans
exercer de pression sur
l’objet
Posez un bandage et obtenez
des secours médicaux
318
Signes et symptômes Procédures de secourisme
Accouchement d’urgence
Contractions plus longues et Placez la victime au repos
plus fortes Gardez la victime au chaud
La mère dit que l’enfant arrive Placez une serviette hygiénique
La mère force et pousse propre pour absorber le
Éprouve le besoin de soulager sang
ses intestins Obtenez des secours médicaux

Évanouissement
Pâleur, sueur Placez la victime au repos
Étourdissements et nausées Desserrez les vêtements serrés,
Démarche instable, risque de placez au grand air
perte de conscience Restez auprès de la victime
jusqu’à ce qu’elle se soit
rétablie

Gelure
Peau blanche et cireuse Retirez la victime de la source
Peau ferme, mais tissus sous- de froid
cutanés souples Placez la victime au repos
Peau devenant froide et dure Si la gelure est superficielle,
Douleur suivie d’un
engourdissement
réchauffez la région
atteinte A
Appliquez les procédures de
secourisme pour les plaies
Blessure à la tête ou à la colonne vertébrale
Confusion, étourdissements Dites à la victime de ne pas
Mécanisme de blessure laissant bouger
croire Surveillez les points ABC à ce
Peau pâle, froide et moite type de blessure
Obtenez des secours médicaux

319
Signes et symptômes Procédures de secourisme
Crise cardiaque (voir Angine de poitrine)
Déni, sentiment de mort Si la victime est consciente,
imminente Placez-la au repos
Lourdeur, oppression dans la Si la victime a son médicament,
poitrine aidez-la à le prendre
Indigestion, douleur à la Surveillez les points ABC
mâchoire Obtenez des secours médicaux
Peau pâle et moite Si la victime ne réagit pas et
Perte de conscience ne respire pas,
Ne respire plus Obtenez des secours médicaux
et un DEA
Commencez la RCR

Hypothermie
Augmentation puis arrêt du Retirez la victime de la source
grelottement de froid
Ralentissement ou arrêt de la Placez la victime au repos
respiration Réchauffez la victime
Désorientée, somnolente, uniquement en cas
irrationnelle, peut perdre d’hypothermie légère
conscience Obtenez des secours médicaux
A Épuisement par la chaleur
Transpiration excessive, Retirez la victime de la source
dilatation des pupilles de chaleur
Étourdissements, vision trouble, Donnez à boire à la victime,
maux de tête, crampes autant qu’elle veut
Peau froide et moite, Retirez les vêtements superflus
respiration superficielle Surveillez les points ABC
Possible perte de conscience

320
Signes et symptômes Procédures de secourisme
Coup de chaleur
Température du corps chaude Rafraîchissez la victime
au toucher Retirez les vêtements superflus
Peau rouge et chaude; peut Immersion dans l’eau froide
être sèche ou moite Obtenez des secours médicaux
Agitation, maux de tête,
étourdissements
Vomissements, convulsions,
perte de conscience

Empoisonnement
Par ingestion Placez la victime au repos
nausées, vomissements, Victime consciente – appelez le
décoloration des lèvres, centre antipoison
brûlures Victime inconsciente – obtenez
des secours médicaux
Par absorption Si la substance est une poudre,
Peau rouge, ampoules, enflure, enlevez-la
brûlures Rincez abondamment la région
atteinte à l’eau fraîche
Par injection Surveillez le degré de
conscience et la respiration
Irritation au point d’entrée
Surveillez les points ABC
A
Par inhalation Assurez votre sécurité et celle
Difficultés respiratoires, douleur des autres
thoracique Obtenez des secours médicaux

321
Signes et symptômes Procédures de secourisme
Crise d’épilepsie
Cri soudain N’intervenez pas durant une
Raidissement du corps crise
Perte de conscience entraînant Prévenez les blessures
la chute de la victime Une fois la crise terminée,
Respiration irrégulière ou arrêt placez la victime
respiratoire inconsciente en position
Perte de contrôle de la vessie latérale de sécurité
ou des intestins Surveillez les points ABC
Obtenez des secours médicaux

Accident vasculaire cérébral (AVC)


VITE Placez la victime consciente au
Se plaint d’une faiblesse repos
soudaine Ne donnez rien par la bouche
Symptômes liés à la région Surveillez les points ABC
atteinte Obtenez des secours médicaux
Étourdissements, maux de tête

Perte de conscience
Les yeux ne s’ouvrent pas Obtenez des secours médicaux
A Ne répond pas aux instructions Appliquez les procédures de
secourisme en fonction des
Ne répond pas au toucher
Signale une détérioration de blessures ou de la maladie
l’état actuel Placez la victime en position
latérale de sécurité
Surveillez les points ABC

322
Réanimation cardiorespiratoire
Évaluez la faculté de réponse
Si la victime ne réagit pas, envoyez quelqu’un chercher des secours
médicaux et un DEA. Vérifiez la respiration au moins 5 secondes,
mais pas plus de 10 secondes. Si la victime ne respire pas :
Commencez les compressions
Adulte Enfant Nourrisson
Utilisez deux mains Utilisez une ou deux Utilisez deux doigts
mains

Comprimez de 2 Comprimez du tiers de la profondeur de la


pouces (5 cm) poitrine de la victime

Poussez fort et rapidement


• Donnez des compressions à un rythme de 100 à
120 compressions par minute
• Donnez 30 compressions
• Ouvrez les voies respiratoires et donnez 2 insufflations A
• Poursuivez la RCR selon un ratio de 30 compressions et 2
insufflations jusqu’à ce que :
• les secours médicaux arrivent
• une autre personne prend la relève, ou
• vous soyez trop fatigué pour continuer

Autres transports d’urgence


Les transports d’urgence les plus courants sont présentés dans le
chapitre 2, Soulever et déplacer. Dans certains cas, ces types de
transport peuvent ne pas convenir. Les autres transports d’urgence
sont décrits ici. Toujours être conscient des risques pour le
323
secouriste et la victime et du danger supplémentaire si la victime
perd soudainement conscience.
Transport sur le dos
Cette méthode permet de transporter une victime consciente
blessée aux jambes qui peut se servir de ses bras. La victime doit
pouvoir s’aider pour prendre place sur le dos du secouriste ou être
déjà assise à une table ou sur une chaise.
1. Tournez le dos à la victime, puis accroupissez-vous entre
ses genoux.
2. Demandez-lui de s’agripper à votre cou.
3. Soutenez les jambes de la victime et soulevez-la. Relevez-
vous en vous servant des muscles de vos jambes et en
gardant le dos droit.
S’il faut transporter la victime sur une
longue distance, on peut improviser un
siège.
Formez une grande boucle ajustable à
l’aide d’une courroie ou de ceintures.
Glissez votre bras dans la boucle; passez-la
autour de votre cou et devant vos épaules.
Laissez la moitié inférieure de la boucle
libre dans votre dos, environ à la hauteur
des fesses.
A Glissez les jambes de la victime dans la
moitié inférieure de la boucle, une jambe
de chaque côté. Ajustez la boucle sous les
fesses de la victime pour bien répartir le
poids et faciliter le transport.

324
Transport dans les bras
Cette méthode s’utilise pour transporter des enfants ou des adultes
légers
1. Posez un genou à côté de la victime.
2. Placez les bras de la victime autour de votre cou et
soutenez son dos et ses épaules.
3. Glissez l’autre bras sous les genoux de la victime et
agrippez ses cuisses
4. Écartez les pieds pour adopter une position stable.
5. Soulevez la victime en vous servant des muscles
de vos jambes et de vos abdominaux et gardez le dos droit.

325
Transport sur les épaules
Cette méthode sert à transporter une victime qui est incapable de
s’aider, mais qui n’est pas trop lourde pour le secouriste.
1. Placez-vous face à la victime allongée sur le dos et appuyez
vos orteils contre les siens. Saisissez les poignets de la
victime et soulevez-la.
2. Continuez d’agripper un des poignets pendant que vous
pivotez pour appuyer le haut du corps
de la victime sur votre épaule. Dans
un mouvement continu et en douceur,
soulevez la victime de la position assise à
une position debout, pour finalement la
porter sur vos épaules.
3. Ajustez le poids sur vos épaules et placez
les jambes de la victime de part et d’autre
de vos épaules.
4. Glissez votre bras entre les jambes de la
victime et agrippez son poignet pour la
stabiliser et ainsi garder une main libre.

326
Siège à deux mains
Cette méthode s’utilise par deux secouristes lorsque
la victime ne peut pas soutenir le haut de son corps.
1. Les secouristes s’accroupissent de chaque côté
de la victime.
2. Chaque secouriste passe un bras derrière le dos de la
victime pour saisir les vêtements du côté opposé.
3. Chaque secouriste passe l’autre bras sous les cuisses de
la victime. En gardant les doigts pliés et en agrippant
un tampon pour se protéger contre les ongles de l’autre
secouriste, agrippez les doigts pliés du second secouriste
pour former un siège solide. Comme solution de rechange,
les secouristes peuvent se tenir les poignets.
4. Les secouristes soulèvent la victime, en se servant des
muscles des jambes et en gardant le dos droit, puis
replacent leurs mains dans la position offrant le plus de
confort. Lorsque la victime est bien en place, les secouristes
se déplacent ensemble en avançant d’abord le pied le plus
près de la victime.

327
Siège à quatre mains
Cette méthode s’utilise par deux secouristes pour trans-porter une
victime consciente, capable de se tenir à l’aide de ses mains et de
ses bras.
1. Chaque secouriste agrippe son poignet gauche avec la
main droite. Chaque secouriste agrippe ensuite le poignet
droit de l’autre secouriste avec la main gauche pour former
un carré.
2. La victime peut s’installer elle-même sur le siège en
passant ses bras autour des épaules des deux secouristes.
Les secouristes glissent « le siège » sous les fesses de la
victime, vers le haut des cuisses pour un meilleur équilibre.
3. Dites à la victime de tenir les secouristes par les épaules
pour garder son équilibre et soutenir le haut de son corps.
4. Les secouristes se déplacent ensemble en avançant
d’abord le pied le plus près de la victime.

328
Utilisation d’une couverture et d’une civière
Cette méthode permet d’envelopper une victime sur une civière
afin de lui fournir un maximum de chaleur sans l’écraser sous le
poids de la couverture. Elle permet aussi au secouriste d’accéder
facilement aux plaies de la victime pendant le déplacement.
1. Glissez la couverture en diagonale sur la civière sous la
victime, une pointe à la tête et l’autre aux pieds.
2. Insérez du rembourrage aux endroits appropriés entre la
couverture et le corps de la victime, de manière à remplir
les creux naturels du cou et du dos. Centrez la victime sur la
couverture.
3. Couvrez les pieds avec la pointe inférieure et ramenez
la pointe supérieure autour du cou et sur la poitrine.
Enveloppez les jambes et le bas du corps avec un pan de la
couverture. Glissez la dernière pointe sous le corps du côté
opposé.

329
Annexe B
Annexe B
Le corps et
son fonctionnement
Introduction à l’anatomie et à la physiologie
En tant que secouriste, vous n’avez pas besoin d’une connaissance
approfondie de l’anatomie et de la physiologie. Vous devez
cependant connaître les grands principes de la structure et du
fonctionnement normal du corps humain. Ce chapitre décrit
la terminologie anatomique qui vous aidera à transmettre une
information précise sur l’état d’une personne.Il comprend
également une courte description des principaux organes et des
principales fonctions de la peau, de l’appareil locomoteur, du
système nerveux (y compris l’œil), et des appareils digestif, urinaire,
circulatoire et respiratoire.

Terminologie anatomique
Voici les termes employés pour situer les différentes parties du
corps et pour indiquer leur interrelation.

proximal : partie antérieur : face avant du corps


plus rapprochée
du point
d’attache du bras postérieur : face arrière
ou de la jambe; du corps
par exemple,
le coude est
en position
proximale par supérieur : vers la tête
rapport au
poignet
flexion : fléchissement
extension : d’une articulation
redressement d’une
B articulation

inférieur : vers les pieds


distal : partie
plus éloignée
du point latéral : éloigné du plan
d’attache du médian du corps; par
bras ou de la exemple, le petit orteil est
jambe; par en position latérale par
exemple, les rapport au gros orteil
doigts sont en
position distale
par rapport au
poignet médian : plus proche du milieu; par
exemple, le gros orteil est en position
médiane par rapport au petit orteil

332
Peau
La peau est un organe important dont les fonctions principales
sont de protéger l’organisme contre les infections et les dangers
du milieu extérieur, d’éliminer les déchets sous forme de sueur,
de maintenir une température corporelle normale et d’informer le
cerveau des changements de température du milieu ambiant.

Modifications du milieu ambiant


La peau est pourvue d’un riche réseau de nerfs qui informe le
cerveau des modifications du milieu ambiant. Ces nerfs sont
sensibles à la chaleur, au froid, à la douleur et au toucher et ils
transmettent ces sensations au cerveau. La peau aide le corps à
s’adapter au milieu et le protège des températures extrêmes. Par
temps froid, les vaisseaux sanguins se contractent, ce qui réduit
l’afflux de sang à la surface de la peau et prévient la perte de
chaleur corporelle. Les couches de graisse sous-cutanée servent
d’isolant et conservent la chaleur corporelle. Par temps chaud, les
vaisseaux sanguins situés près de la surface de la peau se dilatent
(deviennent plus gros) et y laissent affluer plus de sang. Cette
dilatation refroidit le corps parce qu’elle déplace la chaleur du
centre du corps vers la surface de la peau, où elle est dissipée par
irradiation ou utilisée pour évaporer la transpiration et rafraîchir le
corps.
Fonctions de la peau
• protection du corps contre les bactéries
• régulation de la température corporelle
• conservation des liquides organiques
B
• élimination des déchets par la
transpiration
• isolation du corps

épiderme

derme
tissu sous-cutané
muscle

333
Appareil locomoteur
L'appareil locomoteur est la charpente qui renferme les organes
et les systèmes et appareils corporels. Cette charpente comprend
les os, les muscles, les tendons et les ligaments. Les os servent
de levier aux muscles; les muscles se contractent pour produire le
mouvement; les tendons relient les musclesaaux os et les ligaments
relient les os entre eux, au niveau des articulations. L'appareil
locomoteur protège les organes, soutient le corps et permet le
mouvement.
Muscles
Les muscles sont constitués d’un type particulier de tissu qui se
contracte (se raccourcit) sous l’effet de l’impulsion nerveuse. La
plupart des mouvements corporels résultent de la contraction et du
relâchement combinés de plusieurs muscles; certains se contractent
et d’autres se relâchent. Des nerfs transmettent les impulsions
des muscles vers le cerveau et vice-versa. Les muscles sont dits
volontaires ou involontaires. Les muscles volontaires sont soumis
à l’action de la volonté, ce qui signifie que la personne peut les
contracter ou les relâcher à son gré. Les muscles qui assurent le
mouvement du squelette sont des muscles volontaires.
Les muscles involontaires se contractent et se relâchent à un rythme
régulier, sans effort conscient de la part de la personne. Le muscle
cardiaque, qui possède son propre système de régulation, en est
un bon exemple.
Le diaphragme, un grand muscle en
forme de coupole qui sépare les cavités
B thoracique et abdominale et joue un
rôle dans la respiration, possède les
caractéristiques des muscles volontaires et
celles des muscles involontaires. On peut
le contracter à volonté et ainsi modifier son
rythme respiratoire pendant de courtes
périodes.

334
Squelette
Le squelette forme la charpente osseuse du corps humain et lui
donne sa forme. Il protège également de nombreux organes : par
exemple, le crâne protège le cerveau, les côtes protègent le cœur
et les poumons et les vertèbres protègent la moelle épinière.
Articulations
Les os permettent le os
mouvement du corps en ligaments: relient les os
entre eux
servant de leviers rigides aux
tendons et aux muscles. Les cartilage: coussine les
extrémités osseuses
articulations sont formées
membrane lubrifiante:
par la jonction de deux ou de nourrit et lubrifie
plusieurs os. Les articulations l’articulation
immobiles ne permettent Capsule articulaire: tissu
aucun mouvement : c’est résistant qui enveloppe
le cas des os du crâne de l’articulation
l’adulte. Les articulations
légèrement mobiles
permettent un mouvement limité et se trouvent entre les vertèbres
et entre le bassin et la colonne vertébrale. Les articulations libres
sont recouvertes d’un cartilage lisse pour minimiser le frottement
et sont tenues ensemble par des bandes de tissu résistant, les
ligaments.
Colonne vertébrale Parties de la colonne vertébrale
La colonne vertébrale se divise cervicale 7
en cinq régions, comme l’illustre vertèbres
le diagramme. Elle est composée
de 33 os nommés vertèbres. Les thoracique 12
vertèbres B
vertèbres sont empilées les unes
sur les autres et sont séparées
lombaire 5
par les disques intervertébraux. vertèbres
Souples et résistants, les disques
amortissent les chocs que subit la sacrum 5
colonne vertébrale. Les vertèbres vertèbres
soudées
et les disques comportent
chacun un trou central et leur
superposition forme un canal sur coccyx 4
vertèbres
toute la longueur de la colonne soudées
vertébrale. La moelle épinière, qui
335
transporte l’influx nerveux entre le cerveau et les autres parties du
corps, est contenue dans ce canal. Elle est protégée par la colonne
vertébrale, mais en cas de fracture, des fragments osseux, des tissus
déplacés ou l’enflure peuvent provoquer des lésions irréversibles et
entraîner une invalidité permanente.
Thorax
Le thorax est formé des côtes, des 12 vertèbres thoraciques et
du sternum. Il protège les organes thoraciques, principalement le
cœur et les poumons. Il offre également une certaine protection
aux organes de la partie supérieure de l’abdomen comme le foie
à l’avant et les reins à l’arrière. Les blessures aux os du thorax
menacent les organes qu’ils protègent et peuvent donc mettre la
vie en danger.
côtes: 12 paires fixées aux
vertèbres à l’arrière et au
sternum ou aux autres côtes
à l’avant Les dernières paires
de côtes ne sont fixées qu’aux
vertèbres et sont appelées
« côtes flottantes »
sternum: os en forme de
poignard pointant vers le bas
appendice xiphoïde (extrémité
du sternum): cartilage résistant
Exercer une pression sur ce
cartilage peut endommager les
organes sous-jacents

Crâne
L’ensemble des os de la tête forme le crâne. Celui-ci donne sa
B forme à la tête et protège le cerveau. Une fracture du crâne peut
provoquer des lésions au cerveau.
crâne: les os plats se soudent
au cours de l’enfance et
forment une enveloppe rigide
pour le cerveau
os faciaux: s’imbriquent avec
les os du crâne pour former
les cavités orbitaire et nasale
qui protègent les yeux et le
nez
mâchoire supérieure
(maxillaire)
mâchoire inférieure
(mandibule)

336
Principaux os du squelette

crâne

mandibule

clavicule
côtes
omoplate
humérus

humérus (bras)
sternum

appendice xiphoïde

colonne vertébrale
cubitus (côté de l’auriculaire)

os iliaque radius (côté du pouce)

sacrum
métacarpes (os de la paume)

phalanges (os des doigts)

fémur

rotule

péroné (côté du petit orteil) B


tibia

tarses (os de la cheville et d'une


partie de l’arche du pied) métatarses (os du pied)

phalanges (os des orteils)

337
Système nerveux
Le système nerveux comprend le cerveau, la moelle épinière et
les nerfs. Le cerveau et la moelle épinière forment le système
nerveux central. Les nerfs qui se prolongent vers toutes les parties
du corps sont nommés nerfs périphériques. Le système nerveux
se divise en deux parties : le système nerveux somatique et le
système nerveux autonome. Le système nerveux somatique
règle les fonctions selon la volonté de la personne. Le système
nerveux autonome règle, sans l’effort conscient de la personne, des
fonctions comme le battement du cœur, la respiration, la pression
artérielle, la digestion et la sécrétion glandulaire, par exemple les
hormones.
Les nerfs périphériques qui s’étendent de la moelle épinière vers
toutes les parties du corps sont de deux types : les nerfs moteurs
et les nerfs sensitifs. Les nerfs moteurs règlent le mouvement et
les nerfs sensitifs transmettent au cerveau les sensations tactiles
et gustatives ainsi que les sensations de froid, de chaleur et de
douleur.
Cerveau
Le cerveau, l'organe contrôlant le corps, occupe presque tout
l'espace disponible dans le crâne. Il est le siège de la conscience,
de la mémoire et de la pensée. Il reçoit de l’information et transmet
des influx nerveux à toutes les parties du corps, pour les activités
tant volontaires qu’involontaires.
Yeux
L’œil est l’organe de la vision. Les blessures de l’œil sont graves, car
B elles peuvent entraîner une diminution ou une perte de la vision.
Une intervention rapide et appropriée de la part du secouriste peut
contribuer à prévenir les lésions permanentes de l’œil.

338
paupière : couche pupille : ouverture
cutanée mobile qui qui laisse pénétrer la
protège l’œil lumière dans l’œil

iris : ensemble de conjonctive : membrane


muscles pigmentés lisse et transparente
réglant l’ouverture de la qui tapisse la face
pupille et déterminant antérieure de l’œil et les
la quantité de lumière paupières
qui pénètre dans l’œil

cornée : mince muscles : commandent


couche transparente le mouvement de l’œil
qui recouvre la face
antérieure de l’œil nerf optique : transmet
et laisse pénétrer la les sensations visuelles
lumière au cerveau sous forme
d’influx nerveux
humeur aqueuse :
liquide aqueux qui rétine : couche
remplit l’espace sensible à la lumière
compris entre la cornée qui recouvre la partie
et l’iris postérieure de l’œil Elle
transforme les images
cristallin : change de en influx nerveux
forme pour faire converger
les rayons lumineux sur la corps vitré : liquide
rétine gélatineux et
transparent qui remplit
l’espace compris entre
le cristallin et la rétine

339
Appareils digestif et urinaire
Les appareils digestif et urinaire transforment les aliments et les
liquides en nutriments pour les cellules et recueillent et excrètent
les déchets solides et liquides. Ils comprennent des organes creux
et des organes pleins. Les organes creux ont une forme tubulaire
et ils transportent les matières digestives et urinaires. Les organes
pleins sont des masses de tissus riches en sang.
Si un organe creux subit une blessure, son contenu peut se
déverser dans la cavité abdominale ou pelvienne et provoquer
une infection. Une blessure à un organe plein peut entraîner une
hémorragie interne grave.
Appareil urinaire
L’appareil urinaire extrait et recueille les déchets qui se trouvent
dans le sang et les élimine de l’organisme sous forme d’urine. Il
comprend les reins, les uretères, la vessie et l’urètre.

Appareil digestif
estomac : amorce la
digestion et emmagasine
les aliments jusqu’à ce
foie : contient de nombreux qu’ils soient prêts à être
vaisseaux sanguins; joue déversés dans l’intestin
un rôle très important dans
la production du plasma
(sang), de l’énergie et de la
bile (digestion des graisses)

pancréas :
produit les
sucs digestifs
et l’insuline
qui aident à
B régler le taux de
sucre sanguin
(situé derrière
intestin : organe l’estomac)
tubulaire
constitué de
l’intestin grêle vésicule biliaire :
et du côlon emmagasine
qui absorbe et libère la bile
les nutriments (située sous le
résultant de la foie)
digestion et
recueille les
déchets solides
pour les excréter rectum (voie
d’évacuation des
intestin grêle déchets)
gros intestin

340
reins : une grande vessie : réser-
quantité de sang passe voir qui reçoit
dans les reins, qui en et retient
extraient les déchets l’urine jusqu’à
et produisent environ 2 ce qu’elle soit
500 ml d’urine chaque excrétée
jour Ils sont partiel- urètre : canal
lement protégés à par lequel
l’arrière par les côtes l’urine est
uretères : canaux qui éliminée
conduisent l’urine du
rein à la vessie

Appareil circulatoire
L’appareil circulatoire est une structure complexe formée par le
cœur et les vaisseaux sanguins et qui fait circuler le sang en circuit
fermé dans tout l’organisme. La circulation
sanguine assure la distribution de l’oxygène
et des éléments nutritifs aux cellules ainsi
que la collecte et l’excrétion des déchets
cellulaires.
Cœur
Le cœur est un organe musculaire creux de
la taille du poing. Il est situé dans la cavité
thoracique, derrière le sternum. Il fonctionne
comme une double pompe qui maintient
une circulation constante de sang vers les
B
poumons et les différentes parties du corps.
D’abord, le muscle cardiaque se relâche et
se remplit de sang; ensuite, il se contracte
pour pomper le sang dans les vaisseaux
sanguins. Un système complexe de nerfs
permet un battement efficace du cœur. Ces
nerfs transportent l’influx électrique qui règle
le battement cardiaque.

341
aorte: la plus grosse
des artères; elle
veine cave supérieure: transporte le sang
grosse veine qui ramène vers les différentes
au cœur le sang de la parties du corps
partie supérieure du corps artère
pulmonaire:
transporte le
poumons: paire sang vers les
d’organes qui poumons
oxygène le
sang; le cœur oreillette
pompe le sang gauche:
oxygéné dans reçoit le sang
l’organisme oxygéné des
poumons
oreillette droite:
reçoit le sang
désoxygéné

ventricule droit: veines


pompe le sang vers pulmonaires:
les poumons pour veine cave transportent
inférieure: grosse ventricule gauche: le sang des
l’oxygénation pompe le sang vers
veine qui ramène poumons vers
au cœur le sang les différentes parties le cœur
de la partie du corps
inférieure du
corps

Vaisseaux sanguins
Le sang circule à l’intérieur de trois grands types de vaisseaux,
soit les artères, les capillaires et les veines. Les artères sont les
vaisseaux les plus résistants et elles transportent le sang sous
pression du cœur vers toutes les parties du corps. Elles se dilatent
B sous l’effet du sang propulsé par l’action du cœur, puis reviennent à
la normale pendant que le cœur se remplit en vue de la contraction
suivante. Le pouls est l’onde de pression ainsi créée.
L’aorte, qui est la plus grosse des artères, émerge à la partie
supérieure du cœur. Les artères coronaires sont des ramifications
de la partie supérieure de l’aorte qui irriguent le cœur. Les plus
petites artères sont les artérioles, qui forment les capillaires.
Les capillaires sont les minuscules vaisseaux sanguins qui
atteignent toutes les cellules vivantes pour apporter de l’oxygène
et des nutriments et recueillir les déchets. Leurs parois très minces
permettent l’échange d’oxygène et de gaz. Les capillaires finissent
342
par s’unir pour former de minuscules veinules et finalement des
veines. Les veines retournent le sang au cœur. Leur paroi, plus
mince que celle des artères, contient des valvules en forme de
coupe qui ne laissent passer le sang qu’en direction du cœur.
Sang
Le sang est le liquide qui circule dans le cœur et les vaisseaux
sanguins. Il apporte oxygène et nutriments aux cellules et les
débarrasse du gaz carbonique et d’autres déchets. Le sang se
compose de plasma, de globules rouges, de globules blancs et de
plaquettes (voir l’encadré).
Circulation sanguine
L’appareil circulatoire est une boucle fermée qui part du cœur et s’y
termine. Il se compose de:
La circulation pulmonaire — qui s’amorce du côté droit du cœur; le
sang est pompé vers les poumons, où il libère du gaz carbonique et
se charge d’oxygène avant de revenir vers le côté gauche du cœur
La circulation générale — qui s’amorce du côté gauche du cœur;
le sang est pompé vers les différentes parties du corps, où il
apporte de l’oxygène aux cellules et se charge de gaz carbonique
avant de revenir vers le côté droit du cœur
Composantes du sang
• Plasma : liquide jaune pâle qui transporte les globules, les
plaquettes, les nutriments et les hormones
• Globules rouges : transportent l’oxygène
• Globules blancs : protègent l’organisme contre les
microbes B
• Plaquettes : contribuent à la formation du caillot sanguin et
à l’arrêt de l’hémorragie
Pression artérielle
La pression artérielle est la pression exercée par le sang contre
les parois internes des vaisseaux sanguins. Chaque battement
cardiaque génère une onde de pression qui se propage dans tout
l’appareil circulatoire. Cette onde de pression est suffisamment
forte pour être perçue à divers endroits du corps, dont le poignet
(pouls radial), le cou (pouls carotidien) et le bras (pouls brachial).

343
Trois facteurs influent sur la pression artérielle :
• Le volume sanguin, c’est-à-dire la quantité de sang
contenue dans l’organisme
• La capacité et l’élasticité des vaisseaux sanguins
• La force du battement cardiaque
Si la pression artérielle est trop faible, les tissus ne reçoivent pas
suffisamment d’oxygène, ce qui peut entraîner un état de choc.
L’hémorragie grave, en réduisant le volume sanguin, exerce donc
un effet sur la pression artérielle. L’organisme essaie de compenser
la perte de sang en contractant les vaisseaux de façon à réduire la
capacité de l’appareil circulatoire. Si l’hémorragie se poursuit, la
compensation devient insuffisante et la pression artérielle chute.

Appareil respiratoire
L’appareil respiratoire fait entrer et sortir de l’air des poumons. L’air
frais que nous inspirons renferme environ 21 % d’oxygène. Dans
les poumons, le sang capte une partie de l’oxygène et libère du
dioxyde de carbone. L’air expiré contient moins d’oxygène (environ
16 %) et plus de gaz carbonique que l’air inspiré.
L’appareil respiratoire comprend trois parties principales : les voies
respiratoires, les poumons et le diaphragme. Les voies respiratoires
permettent le passage de l’air depuis le nez et la bouche vers
les poumons. Dans les poumons, le sang rejette du dioxyde de
carbone et capte l’oxygène. C’est ce que l’on nomme l’échange
gazeux. Le diaphragme est un muscle lisse et plat situé sous les
poumons et qui joue un rôle dans la respiration.

B Contrôle respiratoire
La respiration est commandée par le centre respiratoire du
cerveau situé à proximité de la base du cou. Il surveille la quantité
d’oxygène et de dioxyde de carbone dans le sang. Lorsque le
niveau d’oxygène et de dioxyde de carbone est modifié, le centre
respiratoire change le rythme et l’amplitude de la respiration
Les quantités d’oxygène utilisé et de dioxyde de carbone rejeté
sont liées au degré d’activité physique de la personne. Plus
l’activité physique est intense, plus l’utilisation d’oxygène et
le rejet de dioxyde de carbone s’accroissent. Ainsi, le centre

344
respiratoire augmente le rythme et l’amplitude de la respiration
pour compenser ce phénomène (le rythme cardiaque augmente
également). La respiration ralentit lorsque la quantité d’oxygène
requise diminue et que moins de dioxyde de carbone est produit.
Mécanisme de respiration
Les poumons ne peuvent tirer de l’air eux-mêmes. C’est la
contraction du diaphragme et des muscles intercostaux qui
augmente le diamètre de la cavité thoracique, dilate les poumons
et permet l’inspiration de l’air. Lorsque les muscles respiratoires
se relâchent, le thorax retrouve sa taille et l’air est expulsé des
poumons.
Les poumons sont tapissés d’une membrane lisse et glissante
qui porte le nom de plèvre. Cette membrane continue comporte
deux couches : l’une qui couvre les poumons et l’autre qui tapisse
l’intérieur de la cavité thoracique. La joue le rôle de lubrifiant
qui facilite le mouvement entre la paroi thoracique et les poumons
en plus de faire en sorte que les poumons se dilatent en suivant la
paroi thoracique.
trachée* pharynx* : partie
supérieure de la gorge,
bronche* arrière-gorge et cavité
poumons : formés de milliers nasale
d’alvéoles entourées d’un nez*
réseau de capillaires et
de canaux alvéolaires de bouche*
diverses tailles
larnyx* : contient
les cordes
bronchiole*: vocales La partie
canal relié à supérieure est
l’alvéole protégée par un
couvercle nommé
l’épiglotte, qui
reste ouvert pour B
la respiration, mais
alvéoles : sacs d’air dans se ferme lorsqu’on
lesquels se fait l’échange avale des aliments
gazeux; la minceur des et des liquides
parois de l’alvéole permet diaphragme :
au sang d’échanger * fait partie des voies muscle fort qui
de l’oxygène et du gaz respiratoires sépare la cavité
carbonique thoracique de la
cavité abdominale;
il a la forme d’une
coupole lorsqu’il
est détendu (à
l’expiration) et
est plat lorsqu’il
est contracté (à
l’inspiration)
345
Glossaire Antécédents: renseignements sur
le trouble dont souffre la victime,
notamment les symptômes, les
A événements ayant précédé le trouble,
AAS: acide acétylsalicylique; les maladies ou médicaments
médicament disponible sans applicables, etc.
ordonnance qui soulage la douleur, Aorte: la plus grosse artère du corps;
réduit l’enflure, diminue la fièvre, etc. part du ventricule gauche.
Abandon: le secouriste quitte une Arrêt cardiaque: arrêt soudain de la
victime sans son consentement et sans fonction cardiaque, caractérisé par
la laisser sous les soins d’une personne l’absence de pouls et de réaction.
compétente.
Arrêt respiratoire: cessation de la
Abrasion: éraflure ou écorchure de la respiration.
peau.
Artère: vaisseau sanguin qui transporte
Accident ischémique transitoire (AIT): le sang du cœur vers les tissus.
signes et symptômes temporaires d’un
Artère carotide: artère principale du
accident vasculaire cérébral (AVC)
cou; sert à évaluer le pouls carotidien.
provoqué par un apport insuffisant
d’oxygène au cerveau. Artère coronaire: vaisseau alimentant le
muscle cardiaque.
Accident vasculaire cérébral (AVC):
arrêt soudain de la circulation dans une Artère pulmonaire: principale artère
partie du cerveau. qui sort du ventricule droit; elle
transporte le sang désoxygéné aux
Aigu: désigne un état qui survient
poumons.
rapidement et de courte durée qui
s’accompagne de symptômes graves. Artériosclérose: nom donné à
plusieurs affections qui provoquent un
AIT: accident ischémique transitoire; un
épaississement, un durcissement et une
mini AVC.
perte d’élasticité des parois artérielles.
Alerte médicale: système
Articulation: jonction de deux ou
d’identification (généralement
plusieurs os.
un bracelet ou un pendentif) qui
permet de reconnaître les personnes Asthme: crise de difficulté respiratoire
nécessitant des soins particuliers. accompagnée d’une respiration
sifflante ou d’une toux, souvent
Allergènes: substances qui
provoquée par des allergènes.
déclenchent une réaction allergique
dans le corps. Athérosclérose: forme
d’artériosclérose provoquée par
G Alvéoles: sacs d’air des poumons.
Amputation: ablation complète d’un
des dépôts de graisse sur les parois
artérielles.
appendice (jambe, bras, doigt, etc.).
Attelle: support rigide et rembourré
Anaphylaxie: réaction allergique grave utilisé pour empêcher le mouvement
et potentiellement mortelle. d’un os ou d’une articulation en cas de
Anatomie: structure du corps. blessure.

Angine de poitrine: douleur Aura: sensation d’une crise d’épilepsie


spasmodique à la poitrine provoquée par imminente; peut se manifester par une
un apport insuffisant de sang au cœur. odeur, un goût, etc.
346
Avortement: expulsion prématurée Cholestérol: corps gras présent dans
du produit de la conception hors de les tissus ou produits animaux et
l’utérus. produit par l’organisme; considéré
comme élément favorisant
Avulsion: blessure caractérisée par
l’artériosclérose.
l’arrachement partiel ou complet d’un
bout de tissu. Chronique: état qui dure longtemps ou
qui survient fréquemment.
B Clavicules: os formant la pointe de
l’épaule.
Bactérie: microbes qui peuvent
provoquer une maladie. Col de l’utérus: partie inférieure et
rétrécie de l’utérus.
Bandage: matériau utilisé pour
maintenir un pansement en place. Collet cervical: dispositif utilisé pour
immobiliser et soutenir le cou.
Bouche-à-bouche: méthode de
respiration artificielle qui consiste à Coma, réaction ou choc insulinique:
insuffler de l’air dans la bouche de la hypoglycémie (diminution anormale du
victime. taux de sucre dans le sang) provoquée
par un excès d’insuline.
Bouchon muqueux: écoulement de
mucus et de sang qui signale le début Commotion cérébrale: perturbation
du travail. temporaire de la fonction cérébrale
généralement causée par un choc à la
Bronches: branches principales de la
tête ou au cou.
trachée qui transportent l’air vers les
poumons. Les branches plus petites Compression cérébrale: état indiquant
sont appelées bronchioles. une pression excessive sur une partie
du cerveau, qui est généralement
Bronchospasme: grave constriction des
provoquée par l’accumulation de
bronches ou des bronchioles.
fluides dans le crâne.

C Conjonctive: membrane transparente


qui recouvre la face antérieure du globe
Caillot: masse mi-solide de produits oculaire (cornée) et la face interne des
du sang utilisée par l’organisme pour paupières.
arrêter une hémorragie.
Contamination: contact avec des
Capillaires: très petits vaisseaux saletés, microbes, etc.
sanguins qui relient les artères aux
veines; ils permettent l’échange de gaz Contracter: se raccourcir; se rapporte
et de nutriments dans les tissus. généralement à un muscle qui exerce
une traction en se raccourcissant.
Capsule articulaire: tissu résistant qui
enveloppe l’articulation. Convection: perte de chaleur
provoquée par le déplacement de l’air
G
Carpes: petits os du poignet. sur le corps.
Cartilage: tissu résistant et souple qui Cornée: partie antérieure et
recouvre les surfaces entre les jonctions transparente du globe oculaire.
des os et qui forme une partie du nez
et des oreilles.
Cavité pleurale: petit espace situé
entre les deux couches pleurales et
contenant une pression négative (vide).
347
Coup de chaleur: urgence qui Défibrillation: application d’un choc
met la vie en danger en raison de électrique à un cœur en état de
la défaillance du mécanisme de fibrillation.
régulation de la température, qui ne
Dégagement: action de libérer une
parvient pas à rafraîchir le corps et
personne emprisonnée (généralement
entraîne une élévation de température
lors d’un accident de la route).
bien au-dessus de la normale.
Derme: couche interne de la peau
Crampes de chaleur: spasmes
contenant les follicules pileux, les
musculaires douloureux provoqués par
glandes sudoripares, les nerfs et les
une perte de liquide et de sels par la
vaisseaux sanguins.
transpiration.
Diabète: maladie due à une
Crâne: partie du squelette de la tête
insuffisance d’insuline dans le sang;
qui recouvre le cerveau.
provoque une concentration excessive
Crépitation: bruit de frottement causé de sucre dans le sang.
par les parties d’un os cassé qui se
Diaphragme: grand muscle en forme
frottent l’une contre l’autre.
de coupole qui sépare la cavité
Crise cardiaque: destruction ou thoracique de la cavité abdominale.
nécrose d’une partie du muscle
Diarrhée: évacuation excessive de
cardiaque causée par une interruption
selles liquides.
de l’apport en sang.
Dioxyde de carbone (CO2): déchet
Cristallin: partie de l’œil qui fait
gazeux produit par les cellules;
converger les rayons lumineux sur la
important stimulant pour le contrôle de
rétine.
la respiration.
Croup: groupe d’infections virales qui
Distal: indique la partie la plus éloignée
provoquent une enflure de la partie
du point d’attache d’une jambe, d’un
interne de la gorge.
bras ou d’un orteil.
Cubitus: os de l’avant-bras situé du
Distension gastrique: enflure de
côté du petit doigt.
l’estomac, généralement avec de
Cyanose: coloration bleutée ou l’air, provoquée par l’insufflation d’un
grise de la peau provoquée par une volume d’air excessif ou trop de force
insuffisance d’oxygène dans le sang. lors d’une respiration artificielle.

D E
DEA: défibrillateur externe automatisé; Ecchymose: rupture des vaisseaux
appareil qui produit un choc sanguins sous la peau.
G permettant de faire battre à nouveau
un cœur qui s’est arrêté.
Écharpe: support habituellement passé
autour du cou pour soutenir le bras ou
Décapitation: section traumatique de l’épaule.
la tête.
Embole: tout corps étranger, comme
Défense musculaire: contraction des un caillot, une boule de graisse ou une
muscles abdominaux survenant au bulle d’air, qui est transporté dans le
moment de la palpation chez une flux sanguin.
victime qui éprouve des douleurs à
Émétique: substance utilisée pour
l’abdomen.
provoquer le vomissement.
348
Emphysème: maladie chronique des
poumons caractérisée par la dilatation F
des parois alvéolaires. Voir MPOC. Fausse couche: terme familier pour
Entorse: étirement ou déchirement, l’avortement spontané; perte du
partiel ou complet, des tissus qui produit de la conception.
soutiennent une articulation (comme Fémur: os de la cuisse.
les ligaments).
Fibrillation: contractions non
Épiderme: couche externe de la peau. coordonnées du muscle cardiaque
Épiglotte: languette de tissu qui n’entraînant pratiquement aucun débit
protège l’entrée du larynx. sanguin.

Épiglottite: infection touchant Fibrillation ventriculaire: frémissement


généralement les enfants et du muscle cardiaque qui ne réussit à
caractérisée par une enflure de pomper que très peu de sang.
l’épiglotte; peut provoquer une Flexion: fléchissement d’une
obstruction des voies respiratoires. articulation.
Épilepsie: trouble cérébral chronique Foulure: étirement ou déchirement
caractérisé par des convulsions d’un muscle.
récurrentes.
Fracture: os cassé ou fissuré.
Épuisement par la chaleur:
transpiration excessive qui provoque
une perte d’eau et de sels.
G
Garrot: bandage de compression
Évaluation primaire: une étape de
servant à arrêter une hémorragie grave.
la PCSU; elle consiste à déceler les
blessures qui mettent la vie en danger Gaze: matériau en maille utilisé pour
et à appliquer les procédures de les pansements.
secourisme appropriées.
Gelure: lésion des tissus provoquée par
Évaluation secondaire: une étape de une exposition au froid.
la PCSU; elle consiste à déceler les
Globules blancs: cellules du sang qui
blessures qui ne mettent pas la vie en
jouent un rôle dans l’immunité et la
danger et à appliquer les procédures
lutte contre les microbes.
de secourisme appropriées.
Globules rouges: cellules les plus
Examen des lieux: étape initiale de la
nombreuses du sang qui ont pour
PCSU (prise en charge d’une situation
fonction de transporter l’oxygène.
d’urgence) au cours de laquelle le
secouriste prend la situation en main,
évalue les dangers et rend les lieux H
sûrs, détermine les circonstances de
l’incident, s’identifie comme secouriste,
Humeur aqueuse: liquide aqueux G
produit par l’œil et qui remplit l’espace
obtient le consentement de la victime, situé entre le cristallin et la cornée.
demande de l’aide des passants et
organise les secours. Hyperglycémie: élévation anormale du
taux de sucre dans le sang.
Expiration: expulsion de l’air inspiré.
Hypertension: pression artérielle
élevée.
Hyperthermie: élévation anormale de
la température corporelle.
349
Hyperventilation: respirations trop Iris: partie pigmentée de l’œil;
rapides et profondes. constituée de muscles qui contrôlent la
lumière pénétrant dans l’œil.
Hypoglycémie: diminution anormale
du taux de sucre dans le sang. Irradier: s’étendre ou se propager en
s’écartant d’un centre; la douleur de la
Hypothermie: diminution anormale de
crise cardiaque dans la poitrine irradie
la température corporelle.
dans le bras gauche.
Hypoxie: insuffisance d’oxygène dans
Ischémique: caractérise le manque
les tissus.
d’oxygène; par ex., lors d’une maladie
cardiaque ischémique.
I
Immobilisation: installation d’un L
dispositif de retenue le long d’une
Lacération: plaie irrégulière produite
partie du corps pour empêcher le
par le déchirement de la peau.
mouvement.
Laryngectomie: ablation du larynx
Incontinence: perte de contrôle de la
qui oblige le sujet à respirer par une
vessie et des intestins.
ouverture pratiquée dans le cou
Infarction: nécrose de tissus résultant (stomate).
d’une irrigation sanguine insuffisante.
Ligament: bande de tissu solide qui
Infarctus du myocarde: nécrose d’une relie les os entre eux.
partie du muscle cardiaque (du cœur);
Lipoprotéines: substances composées
crise cardiaque.
de protéines et de graisses qui flottent
Infection: inflammation provoquée par dans le sang.
des microbes.
Luxation: perte de contact entre les
Inflammation: réaction du tissu à surfaces osseuses d’une articulation.
une irritation, maladie ou blessure;
Lymphe: liquide semblable au
caractérisée par de la rougeur, de la
plasma qui circule dans le système
chaleur, de l’enflure et de la douleur.
lymphatique.
Inhalation: inspiration d’air.
Insuffisance cardiaque: M
affaiblissement du muscle cardiaque,
Maladie pulmonaire obstructive
qui est incapable de pomper le sang.
chronique (MPOC):terme désignant
Insuffisance cardiaque congestive: un groupe de maladies des poumons
incapacité du cœur à pomper qui provoquent une obstruction des
efficacement le sang, ce qui provoque voies respiratoires; par ex. la bronchite
G un refoulement de liquide dans les
poumons et les tissus.
chronique et l’emphysème.
Maladies cardiovasculaires: fait
Insufflation: alimentation des poumons référence à des troubles du cœur
en air. et des vaisseaux sanguins; par
ex., l’hypertension artérielle et
Insuline: hormone produite par le
l’artériosclérose.
pancréas; élément important dans la
régulation du taux de sucre dans le Mandibule: os de la mâchoire
sang. inférieure.

350
Manœuvre de Heimlich: poussées
abdominales exercées pour dégager O
une obstruction des voies respiratoires. O2: symbole chimique de l’oxygène.
Mécanisme de blessure: la force qui Objet empalé: objet qui demeure
cause la blessure et la façon dont elle coincé dans une plaie.
agit sur le corps.
Objet logé: objet coincé à la surface
Membrane muqueuse: mince couche (généralement sur l’œil) ou planté dans
transparente et luisante qui recouvre des tissus.
les cavités corporelles s’ouvrant sur
Obstruction des voies respiratoires:
l’extérieur; partie interne de la bouche,
blocage des conduits amenant l’air aux
du nez, des yeux, des oreilles, du
poumons.
rectum, etc.
Omoplate: os de l’épaule.
Métacarpes: os de la paume de la
main. Oxygène: gaz incolore et inodore
indispensable à la vie.
Métatarses: os de l’arche du pied;
entre la cheville et les orteils.
Microorganismes: microbes qui
P
peuvent provoquer des maladies. Pancréas: organe situé sous l’estomac
et produisant des enzymes digestives
Monoxyde de carbone (CO): gaz
et des hormones qui régulent le taux
dangereux, incolore et inodore, qui
de sucre dans le sang.
remplace l’oxygène transporté par les
globules rouges. Pansement: couverture appliquée sur
une plaie pour arrêter une hémorragie
MPOC: maladie pulmonaire obstructive
et prévenir une contamination.
chronique (voir plus haut).
Paralysie: perte de la fonction motrice
Muscle involontaire: muscles
dans une partie du corps.
indépendants de la volonté; par ex., le
cœur, les intestins, etc. PCSU: prise en charge d’une situation
d’urgence; séquence d’interventions
N qu’un secouriste doit suivre pour
assurer l’application sécuritaire des
Négligence: faute consistant à ne procédures de secourisme appropriées.
pas appliquer les procédures de
Péroné: os de la jambe du côté du
secourisme comme le ferait une autre
petit orteil.
personne disposant d’une formation et
d’une expérience semblables. Phalanges: os des doigts et des orteils.
Nerf: cordon composé de fibres qui Pharynx: partie située à l’arrière de la
transmettent des impulsions nerveuses
en direction et à partir du cerveau.
bouche et au-dessus du larynx; conduit
pour l’air et les aliments.
G
Nitroglycérine: médicament utilisé Phase clonique: désigne une
pour réduire la charge de travail du convulsion pendant laquelle se
cœur; les personnes souffrant d’angine succèdent des périodes de raideur et
de poitrine en ont souvent en leur de relâchement.
possession sous forme de comprimé ou
Phase tonique: première phase d’une
de vaporisateur.
convulsion dans laquelle les muscles se
raidissent.
351
Physiologie: étude des fonctions du Position de fonction: se rapporte à la
corps. position donnée à une main blessée au
moment de la pose d’un bandage ou
Placenta: organe relié à l’utérus qui
d’une attelle (ou des deux); les doigts
fournit des nutriments au fœtus.
sont légèrement courbés, la paume
Plaie aspirante au thorax: plaie qui vers le bas.
permet l’aspiration d’air dans la cavité
Pouls: expansion et relâchement
thoracique à travers la paroi du thorax;
rythmés des artères causés par
elle peut causer un affaissement du
la contraction cardiaque; il est
poumon.
normalement palpé à un point où une
Plaie fermée: plaie où la peau est artère croise un os à la surface de la
intacte. peau.
Plaquette: petite cellule sanguine Pouls brachial: pouls pris sur la face
qui joue un rôle important dans la interne du bras, généralement pour les
coagulation du sang. nourrissons.
Plasma: liquide jaune pâle contenant Poussées abdominales: manœuvre de
des cellules sanguines, des nutriments, Heimlich; poussées manuelles exercées
des gaz et des hormones. pour créer une pression pour dégager
Plèvre: membrane lisse recouvrant une obstruction des voies respiratoires.
la surface externe des poumons et la Poussées thoraciques: série de
partie interne de la cavité thoracique poussées manuelles exercées sur la
(thorax). poitrine pour dégager une obstruction
Pneumonie: inflammation des des voies respiratoires.
poumons. Présentation par le siège:
Pneumothorax: accumulation d’air accouchement dans lequel le bébé se
dans la cavité pleurale. Normalement, présente par les fesses ou les pieds, au
il existe une pression négative ou un lieu de la tête.
vide dans cette cavité; lorsque l’air y Pression artérielle: pression
pénètre, le poumon s’affaisse. exercée par le sang sur les parois
Pneumothorax spontané: entrée d’air internes des vaisseaux sanguins.
dans la cavité pleurale due à la rupture Pression directe: force exercée
inexpliquée du poumon. directement sur une plaie pour arrêter
Pneumothorax suffocant: une hémorragie.
accumulation d’air dans la cavité Protocole RICE:
pleurale qui exerce une pression sur le R = repos,
cœur et les vaisseaux et entrave leur I = immobilisation,
G fonctionnement.
Points ABC: un acronyme signifiant
C = froid (cold),
E = élévation Procédures de
A = "Airway" (voies respiratoires); secourisme pour les blessures aux os et
B = "Breathing" (respiration); aux articulations.
C = "Circulation" (circulation). Proximal: indique la partie la plus
Pomme d’Adam: protubérance située proche du point d’attache d’une jambe,
sur la partie avant du cou constituée d’un bras, d’un doigt, d’un orteil ou de
par une partie du larynx. l’intestin.

Q
352
352
R Secouriste: personne qui prend en
charge une situation d’urgence et qui
Radius: os de l’avant-bras du côté du applique les procédures de secourisme.
pouce. Secours médicaux: traitement
Rate: organe du système lymphatique donné par un médecin ou sous la
qui débarrasse le sang des corps supervision d’un médecin, par ex. par
étrangers et agit comme réservoir de un ambulancier.
sang. Sida: syndrome d’immunodéficience
Réaction allergique: réaction acquise; maladie mortelle provoquée
d’hypersensibilité du système par le virus d’immunodéficience
immunitaire à un allergène. humaine ou VIH.
Règle des neuf: méthode d’estimation Signe: manifestation objective d’une
de l’étendue des brûlures corporelles. maladie ou d’une blessure.
Reins: paire d’organes qui filtrent le Signes vitaux: les quatre signes
sang et produisent l’urine. qui indiquent l’état de la victime,
notamment le degré de conscience,
Renversement de la tête et
la respiration, le pouls, l’état et la
soulèvement du menton: méthode
température de la peau (la définition
d’ouverture des voies respiratoires qui
des signes vitaux peut varier selon les
consiste à renverser la tête de la victime
ouvrages consultés).
vers l’arrière et à lui soulever le menton.
Sirop d’ipéca: émétique utilisé pour
Rétine: membrane recouvrant la partie
provoquer le vomissement.
postérieure du globe oculaire; elle
transforme les rayons lumineux en SMU: services médicaux d’urgence;
influx nerveux. groupe de services d’une communauté
qui interviennent en cas d’urgence, y
Rotule: os du genou.
compris les policiers, les pompiers et le
personnel paramédical.
S Soins de base: maintien des points
Sac amniotique: sac contenant le ABC sans l’aide d’équipement (à
liquide enveloppant le fœtus dans l’exclusion des moyens de protection).
l’utérus.
Sternum: os situé sur la partie avant de
Sacrum: os composé de cinq vertèbres la cage thoracique.
fusionnées; il forme la partie arrière du
Stomate: ouverture pratiquée dans le
bassin.
cou par laquelle une personne respire.
Sang désoxygéné: sang contenant une
Superficiel: sur la surface corporelle;
faible concentration d’oxygène.
l’inverse de profond.
Sclérotique: blanc de l’œil; couche
Symptôme: indication d’une maladie
épaisse et opaque qui entoure le globe
ou d’une blessure éprouvée par une
oculaire.
Secourisme: soins d’urgence
victime; un observateur ne peut le
déceler sans interroger la victime. I
donnés à une personne blessée ou
soudainement malade, en utilisant le
matériel à sa disposition.

353
353
Syndrome de Reye: maladie rare mais Tétanos: type de bactérie pénétrant
grave chez l’enfant et l’adolescent qui dans les plaies; peut provoquer de
a été liée au traitement d’infections graves spasmes musculaires.
virales par l’AAS. Le syndrome de Reye
Tibia: os de la jambe situé du côté du
touche le cerveau, le foie et le sang.
gros orteil..
Il peut causer des lésions cérébrales
permanentes et entraîner la mort. Trachée: conduit d’air maintenu ouvert
par des anneaux cartilagineux et situé
Système circulatoire: le cœur et les
entre le larynx et les bronches.
vaisseaux sanguins.
Traction: action de tirer délicatement,
Système lymphatique: système
mais fermement sur un membre, au-
formé de vaisseaux, de ganglions et
dessous du site de la fracture, pour le
d’organes qui récupère les protéines
réaligner.
s’échappant des vaisseaux sanguins
et évacue les microbes et les corps Traumatisme: toute blessure physique
étrangers hors de l’organisme. ou psychologique.
Système musculo-squelettique: Travail: contractions musculaires de
l’ensemble des os, des muscles et l’utérus destinées à expulser le fœtus.
des tissus conjonctifs qui permet la Triage: système servant à déterminer
locomotion (mouvement du corps). les priorités des premiers soins et (ou)
Système nerveux: le cerveau, la moelle du transport dans le cas de victimes
épinière et les nerfs qui contrôlent les multiples.
activités du corps.
Système nerveux autonome: partie U
du système nerveux qui régule les Urètre: canal amenant l’urine de la
fonctions involontaires (non contrôlées vessie vers l’extérieur.
par la pensée consciente), comme le
pouls, la respiration, la digestion, la Utérus: organe musculaire en forme de
sécrétion hormonale, etc. sac qui contient et protège le fœtus.
Système nerveux central: partie du
système nerveux constituée du cerveau V
et de la moelle épinière. Veine: vaisseau sanguin qui transporte
le sang vers le cœur.
T Veine cave supérieure: une des deux
Tapes dans le dos: tapes brusques plus grosses veines; elle ramène vers
données dans le dos afin de dégager l’oreillette droite le sang désoxygéné
une obstruction des voies respiratoires. en provenance des bras et de la tête.
Temps de remplissage capillaire: Ventricules: cavités musculaires
méthode permettant d’évaluer l’état inférieures du cœur qui pompent le
de la circulation vers les membres; elle sang dans les artères.

I consiste à appuyer légèrement sur le lit


de l’ongle jusqu’à ce qu’il blanchisse,
Vésicule biliaire: sac situé sous le foie
qui concentre et emmagasine la bile;
puis à relâcher la pression, ce qui sert à la digestion des graisses.
permet d’estimer le temps nécessaire
au retour de la coloration. Voies respiratoires: conduits qui
permettent à l’air d’entrer dans les
Tendon: bande de tissu résistant qui poumons et d’en sortir.
relie les os aux muscles et autres tissus.

354
Volet costal: causé par la fracture de
plusieurs côtes à deux endroits ou plus,
créant un segment mobile instable.
Volume sanguin: quantité totale de
sang contenue dans le cœur et les
vaisseaux sanguins.

X
Appendice xiphoïde: extrémité
cartilagineuse sur la partie inférieure du
sternum.

355
Index
Bandages 145
Étroits 146
Symbols Larges 146
5-Droits 10 Rouleau 149
Bandage triangulaire 145
A
Béquille humaine 80
Abandon 14
Blessure à la joue 176
Accident ischémique
transitoire (AIT) 124 Blessure à la langue 176

Accident vasculaire Blessure à la main 162


cérébral (AVC) 124 Blessure à la tête 211
Accouchement 270 Blessure à l’épaule 223
Allergies graves 101 Blessure au cuir chevelu 172
Amputations 154, 159 Blessure par souffle 169
Anaphylaxie 101 Blessures 28
Angine 118 Colonne vertébrale 47
Signes et symptômes 121 Mettant la vie en danger 44
Arrêt cardiaque 126 Blessures abdominales 170
Asthme 97 Blessures à la colonne
Signes et symptômes 98 vertébrale 47, 210, 216

Athérosclérose 118 Blessures au bassin 218

Attelles 220 Blessures au visage 172

Commercial 221 Blessures aux oreilles 173

Improvisée 221 Blessures aux os 205

AVPU 53 Blessures aux yeux 176

Avulsions 154 Brûlures causées par


une lumière intense 182
B Brûlures chimiques 181
Ballon-masque 290 Corps étranger 177
I Bandage en 8 148 Exorbitation du globe oculaire181
Bandage en rouleau 149 Lacérations 179
Objet logé 180
Blessures causées par la foudre264

356
Blessures des articulations 222 Contusions 152
Blessures dues à la chaleur 260 Convulsions 240
Blessures dues au froid 248 Coup de chaleur 262
Blessures par écrasement 171 Coup de soleil 186
Blessures par inhalation 96 Crampes de chaleur 260
Blessures thoraciques 168, 218 Crise cardiaque 119
Bon Samaritain 12 Signes et symptômes 121
Brûlures 183 Crise d’épilepsie 240
Brûlure (thermique) 183
D
Chimiques 184
DEA 136
Électriques 184
Défibrillation externe
Inhalation 187
automatisée See DEA
Rayonnement 184
Dégagement 89
Brûlures chimiques 184
Degré de conscience 52
Brûlures électriques 184
Diminué 69
Brûlures par la chaleur 183
Dent arrachée 175
Brûlures par rayonnement 184
Déplacer la victime 49

C Diabète 238

CARE 279 Distension gastrique 295

Cécité des neiges 182 Drogues 277

Chaine de survie 120


E
Cinq droits 10
Ecchymoses 152
Circulation 157
Écharpes 142
Civière avec une couverture 84
Arm 150
Civières 75, 83
Tubulaire 151
Clavicule 223
Écharpe simple 150
Commotion cérébrale 214
Écharpe tubulaire 151
Communication 25
Écharpe tubulaire Saint-Jean 150 I
Consentement 13
Éclats et échardes 164
consentement tacite 13
Considérations relatives
à l’alcool 277
357
Empoisonnement 265 Foulures 242
Empoisonnement par absorption Fournisseurs de soins de santé 286
269 Fracture du crâne 212
Empoisonnement par ingestion Fracture ouverte 235
268
Fractures 205
Empoisonnement par inhalation
268 Crâne 212
Empoisonnement par injection
269 G
Gants 18
Enfant
Retirer 16
Fièvre 242
Entorses 206, 207 Garrots 156
Gaze 144
EpiPen 102
Gelure 255
Épuisement par la chaleur 261
Gestion du stress 30
Éraflures 153
État de choc 63 H
État de congélation 259 Hélicoptères 76
État de la peau 55 Hémorragie 155
État de mi-conscience 70 Artérielle 155
Étouffement 104 Interne 158
Auto-application 108 Vaginal 275
Fauteuil roulant 110 Veineuse 155
Nourrisson 112 Hémorragie artérielle 155
Évaluation primaire 42 Hémorragie interne 158
Évaluation secondaire 51 Hémorragie veineuse 155
Évanouissement 67 Heure critique 23
Examen de la tête aux pieds 55 Historique 51
Examen des lieux 42 Hyperglycémie 238
Examen rapide du corps 43
I Hypertension artérielle
ou haute pression 117
F
Hypoglycémie 238
Fausse couche 275
Hypothermie 249
Fentanyl 244
Immersion 253
Fièvre 242
358
Hypoxie 93
N
I Naloxone 246

Incisions 153 Négligence 13


Nettoyage 18
L Nettoyage de la plaie 161
Lacérations 153 Nitroglycérine 123
La RCR 127, 129 Nœud plat 146
Adulte 127 Nœuds
Avec l'aide d'un répartiteur 134 Bandage en 8 148
Compressions seulement 133 Nœud plat 146
Deux secouristes 135 Nourrissons
Enfant 129 Étouffement 112
Nourrisson 131 Fièvre 242
La RCR par compressions RCR 131
uniquement 133
Les passants 20 O
Loi 12 Objets logés 167
Luxations 206, 207 Objets pointus et tranchants17, 19
Ongle 164
M
Maladie pulmonaire obstructive P
chronique (MPOC) 97
Pansements 143
Maladies 29
Pansements compressifs 144
Masques et écrans faciaux 17
Pansements hémostatiques144, 156
Mécanisme de blessure 21
Pathogènes 15
Méduses 201
Perte de conscience 70
MIST 24
Pied de tranchée 258
Morsure de serpents 197
Piqûres 198
Morsures 198
Morsures d'animaux et d'humains
Plaie perforante 154, 166 I
196

359
Plaies 143, 152 Respiration artificielle 288
Abrasions 153 RICE 209
Avulsions 154
S
Contusions 152
Saignements de nez 174
Ecchymoses 152
Saignement vaginal 275
Éraflures 153
SAMMDE 52
Incisions 153
Sangsues 201
Infection 161
SAVE ME 247
Lacérations 153
Secourisme 8
Mineures 160
Accident ischémique
Perforation 154 transitoire (AIT) 125
Pneumothorax 168, 220 Accident vasculaire
Position latérale de sécurité 61 cérébral (AVC) 125
Pouls 54 Âge 10
Prévention de l’infection 15 Amputations 159
Prise en charge d’une situation Anaphylaxie 101
d’urgence 41 Angine 122
protection personnelle 14 Articulations 208

Q Asthme 98
Attelle 164
Québec 14
Blessure à la tête 212
R Blessure par balle 166
Rage 196 Blessure par souffle 169
RCR à deux secouristes 135 Blessures 173
RCR pratiquée sur un adulte 127 Blessures aux yeux 176
RCR pratiquée sur un enfant 129 Blessures par écrasement 171
Réanimation Blessures thoraciques 219
cardiorespiratoire. See La RCR
Blessure thoracique 168
I Règle des neuf 185
Brûlures 189
Respiration 53
Contusion 165
Inefficace 94
Crise cardiaque 122
Urgence 93
Crises 240

360
Cuir chevelu 172 Crise d’angoisse ou
Dent 175 de panique 279

Ecchymoses 165 Traumatismes liés au stress


opérationnel 281
Éclats 164
SHARP 161
Écrasement d’un ongle 164
Signes de blessure 21
État de choc 66
Signes vitaux 52
Étouffement 106
Soins continus 41, 60
Étouffement chez le
nourrisson 112 Soulever la victime 75

Évanouissement 68 Surdose d’opioïdes 244

Gencives 176 Symptôme 21

Hémorragie 156 T
Hémorragie interne 159 Température 55
Hypothermie 249 Tétanos 161
Joue 176 Tiques 200
Langue 176 Tourner la victime 44, 49
Mains et pieds 162 Transport d’une victime 76
Morsure de serpents 197 Transport par les membres 81
Morsures 196 Transports d'urgence 78
Objets logés 167 Transport sur chaise 80
Os 222 Traumatismes liés au stress
Plaie perforante 166 opérationnel 281
Plaies abdominales 170 Triage 71
Respiration inefficace 95
U
Rôles 8
Urgences respiratoires 93
Saignements de nez 174
Surdose 244 V
Secours médicaux 23 Victimes multiples 71
Sensibilisation à la santé VITE 125 I
mentale 277 Volet costal 219
CARE 279
Continuum de
la santé mentale 280

361
Remarques
Remarques
Remarques

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