Introduction des PME Algériennes en Bourse
Introduction des PME Algériennes en Bourse
SCIENTIFIQUE
UNIVERSITÉ MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU
THÈME :
Promotion : 2015/2016
Dédicaces
Je dédie ce modeste travail à :
Mon frère
Tous mes amis (e)
Yacine .B
Dédicaces
Je dédie ce modeste travail à :
Yacine .B
Le présent travail n'est pas seulement le fruit de nos propres
efforts, mais aussi les efforts de bien de personnes à qui nous
exprimons nos vifs remerciements.
Nous exprimons nos plus vifs et profonds remerciements d'abord
à Mr HABBAS Boubekeur pour avoir accepté de diriger notre
travail, pour nous avoir guidé et prodigué de précieux conseils qui
nous ont permis de mener à bien notre mémoire.
Nos remerciements sont ensuite adressés aux membres du jury
qui ont bien voulu lire et évaluer notre travail.
Nos remerciements s’adressent également à l’ensemble des
enseignants de la Faculté des Sciences Economiques, Commerciales,
et des sciences de Gestion, plus particulièrement ceux du Département
des sciences économiques, et à tous ceux qui ont contribué à notre
formation.
Section 03 : Les intervenants sur le marché financier et les produits financiers …….54
Tableau N02 : Les seuils des critères quantitatifs des PME aux États Unis…………………23
Tableau N12 : Niveau de satisfaction des PME de leurs modes de financement utilisés ….108
Tableau N14 : Information sur l’existence d’un compartiment PME à la Bourse d’Alger….110
Tableau N16 : Connaissance des avantages que procure une introduction en Bourse à
l’entreprise…………………………………………………………………………………..112
Tableau N18 : Les facteurs qui empêchent les PME de s’introduire en Bourse ……………..114
Graphique N05 : Niveau de satisfaction des PME de leurs modes de financement utilisés…108
Graphique N07 : Information sur l’existence d’un compartiment PME à la Bourse d’Alger.110
Graphique N10 : Les PME intéressées par une introduction en Bourse ……………………113
Dans le monde entier, le secteur des petites et moyennes entreprises (PME) joue un
rôle moteur dans l’innovation et la création d’emplois. Depuis 30 ans, de nombreux travaux
soulignent la montée en puissance des entreprises de petite dimension dans le monde. Dans
l’ensemble, ce sont les PME qui génèrent de la croissance, créent de l’emploi et se
développent rapidement. Elles sont moins complexes que les grandes entreprises de point de
vue de la structure et plus souples. Les PME constituent un groupe très hétérogène et sont
présentes dans des activités très diverses.
L’introduction en Bourse est une décision stratégique dans la vie de l’entreprise qui
nécessite une planification assez rigoureuse car elle marque pour l’entreprise un moment
important de son évolution puisqu’elle concrétise non seulement une réussite mais aussi la
capacité à mettre en œuvre des ambitions plus importantes. Elle doit être mûrement réfléchie
13
Introduction générale
et décidé de manière conjointe par les actionnaires et dirigeants car même si elle offre à
l’entreprise multiple avantages, elle présente aussi des inconvénients et des risques.
Les PME ont des bourses spécifiques « lancés dans les années 70 avec le NASDAQ
aux USA et dans les années 80 en Europe, avec les Unlisted Securities Market anglais, le
second marché français, le Parallelmarkt néerlandais , le Drittmarkt danois ou le Second
Marché belge, les marchés boursiers spécifiques aux PME ont connu des succès divers.
Certains sont aujourd’hui florissants tandis que d’autres ont disparu (…) ». 1
En Algérie, la bourse des valeurs mobilières a été mise en place en 1997. Son rôle est
d’établir une relation entre les offreurs et les demandeurs de capitaux à long terme pour
financer leurs activités. Ce mode de financement permet une mobilisation directe de l’épargne
et son utilisation dans le financement de l’investissement.
Sauf que la Bourse d’Alger n’a pas vraiment joué son rôle dans le financement de
l’économie nationale et n’a pas connu un grand succès vu le nombre d’entreprises cotées.
D’une part, pour que la Bourse d’Alger se dételle de son hibernation qui l’engourdit
depuis sa création2, il y a une vingtaine d’années et devient plus active. D’une autre part
soucieux de l’émergence du tissu de PME performante et créatrice de richesse et d’emplois ;
les pouvoirs publics ont instruit les institutions du marché financier à élargir la Bourse
d’Alger et créer un compartiment PME.
Le marché PME est réservé aux Petites et Moyennes Entreprises : créé en 2012 par le
règlement COSOB n°12-01 du 12 janvier 2012 modifiant et complétant le règlement n°97-03
du 18 novembre 1997 relatif au règlement général de la bourse des valeurs mobilières. Ce
marché peut offrir aux PME en démarrage une alternative pour accéder aux capitaux. C’est
une excellente occasion de croissance pour les PME3.
1
Robert WTTERWULGHE. « La P.M.E. Une entreprise humaine » éd. Boeck & Larcier, 1998 P145
2
[Link] Consulté le 25/09/2017
3
[Link] Consulté le 30/09/2017
14
Introduction générale
Problématique de la recherche
De ce fait, nous allons essayer tout au long de notre travail de répondre à la problématique
suivante :
Quels sont les facteurs qui empêchent les PME Algériennes de s’introduire en
Bourse ?
Afin de répondre à notre problématique, nous avons posé les hypothèses suivantes :
Les PME Algériennes sont des entreprises familiales et elles sont réticentes à une
ouverture de capital à des actionnaires étrangers ;
Le manque d’une culture Boursière et d’informations de la part des chefs d’entreprises
à propos de la Bourse d’Alger.
La Bourse est la vitrine de l'économie de chaque pays, elle représente une source de
financement pour les entreprises et un lieu de placement pour les investisseurs. Sauf qu’en
Algérie, ni les investisseurs ni les entreprises n’y intéressent.
Cette source de financement reste inexploitée par les entreprises, notamment les PME.
15
Introduction générale
L’objet de cette recherche porte sur le désintérêt des PME Algérienne à l’introduction
en Bourse malgré l’existence d’un compartiment spécifique à ces entreprises.
L’objectif principal de cette recherche est d’identifier et cerner les raisons qui
empêchent les PME Algériennes de s’introduire en Bourse.
Méthodologie de recherche
Pour atteindre notre objectif et répondre aux questions posées, nous avons adopté une
démarche basée sur la recherche documentaire à travers la consultation d’ouvrages, rapports,
articles, recherche et textes réglementaires relatifs à ce sujet.
Cette démarche a été appuyée par une enquête sur le terrain que nous avons mené
auprès d’un échantillon composé de trente (30) PME privées et une collecte d’informations
auprès de la Bourse d’Alger.
Dans le but de recueillir le maximum d’information auprès des PME de notre enquête,
nous avons utilisé un questionnaire.
Structure du mémoire
Le second chapitre aborde le cadre général du marché financier, ou nous allons définir le
concept du marché financier et ses compartiments. Ensuite, nous allons voir l’organisation des
marchés financiers et leurs importances économiques. Enfin, dans la troisième section, nous
allons voir les différents intervenants sur le marché financier et la gamme de produits
négociés sur ce marché.
16
Introduction générale
17
CHAPITRE 1 :
La petite et moyenne
entreprise
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Introduction
Le secteur des petites entreprises pèse lourd, il joue un rôle moteur dans l’innovation et
la création d’emplois, il constitue l’un des piliers de tout système économique. Sa montée en
puissance depuis 30 ans lui a permis de s’imposer comme acteur important dans l’économie.
Même s’il n’y a pas de données précises, d’après une recherche de la Banque mondiale,
les PME représentent près de 95 % de l’ensemble des entreprises et emploient près de 60 %
de la main-d’œuvre du secteur privé. On pense également que les PME contribuent à hauteur
d’environ 50 % à la valeur ajoutée brute (VAB) mondiale.1
Le concept de PME semble simple et facile à définir mais chaque pays la définit selon
différents critères comme nous le verrons dans la première section. Par la suite, nous allons
classifier les PME selon deux critères.
Dans la deuxième section, nous allons voir les caractéristiques qui les différencient des
grandes entreprises, dans la même section, nous allons mettre en évidence l’importance
économique et sociale des PME, leur participation à l’absorption du chômage et à la création
de richesses.
L’importance des PME dans l’économie pourrait l’être davantage si elles parvenaient à
trouver les conditions nécessaires à leur développement, notamment le financement. En effet,
comme toute entreprise, les PME ont besoin des fonds nécessaires pour financer leurs activités.
Elles utilisent leurs ressources internes et elles font appel à des ressources externes, chose qu’on
verra dans la troisième section.
1
[Link] consulté le : 26/09/2017
19
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Dans cette section, nous allons d’abord définir la PME selon deux approches, ensuite
présenter les définitions de quelques pays à savoir : l’Union Européenne, les États unis et
l’Algérie.
Enfin, nous allons classifier les PME selon deux critères qui sont la nature juridique et
le secteur d’activité.
1-1-Définition de la PME
Selon les ouvrages bibliographiques et les différents travaux de recherches que nous
avons consultés, nous constatons qu’il n’existe pas une définition mondiale commune de la
PME.
En fait, plusieurs définitions de la PME ont été proposées, mais toute tentative d’une
définition universelle fut abandonnée au profit de définitions élaborées en fonction des données
propres à chaque pays. Les définitions données à cette catégorie d’entreprises diffèrent d’un
pays à l’autre.
Les définitions de la PME peuvent se subdiviser en deux approches distinctes selon les
critères de références utilisés : d’une part, les définitions utilisant des critères qualitatifs
également dénommés « critères théoriques, sociologiques ou analytiques » et d’autre part, celles
utilisant des critères quantitatifs appelés aussi « descriptifs ».2
Cette approche s’appuie sur des critères facilement mesurables et apparents mais sans
cerner la réalité économique de la PME, comme le souligne le GREPME3 « les typologies
quantitatives relèvent de l’approche économique traditionnelle qui se refuse de pénétrer dans la
boite noire de l’entreprise et qui ne touche ainsi qu’aux éléments les plus apparents » 4
Si la plupart des pays se réfèrent aux mêmes critères pour définir cette catégorie d'entreprises
qui sont la taille de l'effectif, le montant du chiffre d’affaires et/ou du total du bilan, les seuils
utilisés varient considérablement d'un pays à l'autre.
2
Robert WTTERWULGHE « La P.M.E. Une entreprise humaine » éd. Boeck & Larcier, 1998 p .14
3
Groupe de recherche en économie et gestion des PME
4
GREPME « PME : bilan et perspectives », Les Presses Inter Universitaires, QUEBEC, 1997, p.27.
20
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Cette approche est la plus utilisée car c’est la plus simple, la plus facile et les critères
sont disponibles.
Pour compléter la définition quantitative, les chercheurs et les économistes ont pénétré
dans la boîte noire de l’entreprise afin de mieux la définir.
La PME est « une unité de production ou de distribution et une unité de gestion, sous
l’autorité d’un dirigeant entièrement responsable de l’entreprise, dont il est souvent propriétaire
et qui est directement lié à la vie de l’entreprise. »5.
Pour P. André Julien et Marchesnay. M, la PME est « avant tout une entreprise
juridiquement sinon financièrement indépendante, opérant dans les secteurs primaires,
manufacturiers ou de services et dont les fonctions de responsabilité incombent le plus souvent
à une seule personne, sinon à deux ou trois, en général seules propriétaires du capital »6.
Julien et Marchsnay soulignent que « le chef d’entreprise est omniprésent dans l’approche
qualitative. Son rôle est considéré comme déterminant dans la PME ». 7
D’après ces définitions, l’approche qualitative met l’accent sur les éléments distinctifs
et caractéristiques d'une entreprise de petite et moyenne dimension.
5
Confédération générale des petites et moyennes entreprises définition permanente, services documentation,
1983, P.1. Cité par Robert WTTERWULGHE « La P.M.E. Une entreprise humaine » éd. Boeck & Larcier, 1998
p .15
6
Julien.P.A, Marchesnay.M, « la petite entreprise : principes économiques et gestion », éd Vuibert, Paris, 1988,
P56
7
Idem, P.21.
21
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
« La catégorie des micros, petites et moyennes entreprises (PME) est constituée des
entreprises qui occupent moins de 250 personnes et dont le chiffre d’affaires annuel n’excède
pas 50 millions d’euros ou dont le total du bilan annuel n’excède pas 43 millions d’euros. » 8
Une PME est dite autonome si elle détient au minimum 75 % de son capital et/ou du droit
de vote. De plus, elle doit détenir moins de 25 % d’une autre entreprise. La PME ne doit pas
appartenir à un grand groupe.9
8
Extrait de l’article 2 de l’annexe à la recommandation 2003/361/CE disponible sur ce lien : [Link]
[Link]/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:32003H0361
9
Extrait de l’article 3 de l’annexe à la recommandation 2003/361/CE de disponible sur ce lien : [Link]
[Link]/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:32003H0361
22
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
La définition de la PME aux USA est la plus complète, elle prend en considération des
critères qualitatifs et un seuil pour les critères quantitatifs selon le secteur d’activité.
Cette définition est donnée par la Small business administration (SBA). Selon cette
dernière, une entreprise doit répondre à ces trois critères10 pour être considérée comme PME :
Une entreprise à but lucratif
Elle doit être détenue et gérée de façon indépendante
Elle ne doit pas être dominante dans son secteur d’activité.
Les seuils des critères quantitatifs sont fixés pour chaque activité dans la « Table of Small
Business Size Standards »11. Nous avons confectionné un tableau qui résume les seuils fixés
pour les secteurs d’activité les plus importants.
Tableau N02 : Les seuils des critères quantitatifs des PME aux États Unis.
10
[Link] Consulté le 27/09/2017
11
[Link] Consulté le 27/09/2017
23
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
1-1-3-3-En Algérie 12
La petite et moyenne entreprise est définie quel que soit son statut juridique :
12
Article 5 de Loi n 17-02 du 11 Rabie Ethani 1438 correspondant au 10 janvier 2017 portant loi d’orientation
sur le développement de la petite et moyenne entreprise (PME).
24
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Comme les grandes entreprises, on peut classifier les PME selon la nature juridique
(Dans ce présent travail, c’est selon la nature juridique Algérienne) et selon le secteur
économique.
1-2-1-1-L’entreprise individuelle
Cette forme sociale convient à l’investisseur désirant être son propre patron et seul
propriétaire de son affaire.
Tous les revenus du propriétaire sont imposés au même titre que le bénéfice réalisé par
l’activité de son entreprise individuelle dans le cadre de l’IRG. Aussi, les biens de l’entreprise
sont confondus avec les biens propres de son patron.
L'EURL est une entreprise constituée d'une seule personne, l'immatriculation au registre du
commerce confère la personnalité morale à l'entreprise et la qualité de commerçant au gérant.
Le capital est fixé librement par l’associé dans les statuts de la société. Les biens personnels du
créateur seront distincts de ceux de l'entreprise et il ne répondra de ce fait des dettes de
l'entreprise qu'à concurrence du capital social.
Dans ce type de sociétés, les associés ont tous la qualité de commerçant et répondent
indéfiniment et solidairement des dettes sociales.
L’avantage de cette forme juridique présente une organisation statutaire souple et il n’est
pas exigé un capital minimum obligatoire.
Les PME peuvent adopter cette forme sociale lorsqu’elles disposent de faibles capitaux
notamment pour les projets innovants peu consommateurs de fonds propres.
13
[Link] consulté le 27/09/2017
25
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Elles comprennent :
La société par actions est constituée entre des associés qui ne supportent les pertes qu’à
concurrence de leurs apports. Le nombre des associés ne peut être inférieur à sept (07) membres.
Leur capital ne peut être inférieur à 5 000 000 DA si la société fait publiquement appel à
l’épargne et 1 000 000 DA dans le cas contraire.
La SPA est une structure par excellence de grandes entreprises susceptibles de dégager des
bénéfices considérables mais consommatrices de fonds propres par l’ouverture de capital.
Elles sont constituées entre des associés qui ne supportent leurs pertes qu’à concurrence de
leurs apports. Le capital social ne peut être inférieur à 100 000 DA. La valeur nominale des
parts sociales est fixée à 1 000 DA au moins. Lorsque cette société ne comporte qu’une seule
personne en tant qu’associé unique, elle est dénommée entreprise unipersonnelle à
responsabilité limitée” EURL”.
Cette forme sociale permet la cessibilité des parts sociales. Par contre, elle est contraignante
par le fait qu’il est exigé la libération totale des parts sociales.
26
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
À travers cette section, nous avons vu que la définition de la PME n’est pas commune,
elle diffère d’un pays à l’autre. Elle est définie selon deux approches, qualitative et quantitative.
Les seuils quantitatifs varient selon les pays.
On a aussi présenté dans cette section la classification des PME selon la nature juridique et
selon le secteur économique (secteur primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire).
Dans cette section, nous allons d’abord présenter les caractéristiques les plus
importantes des PME et ensuite leur rôle dans l’économie.
14
Torres.O, « Approche descriptive de la spécificité de gestion des PME: le mix de proximité », éd
Pearson, Paris, 2007, p.27.
15
Marchsnay.M, « les stratégies de spécialisation » cité par Torrés.O, « du rôle et de l’importance de la
proximité dans la spécificité de la gestion des PME » 5ème Congrès International Francophone PME, Lille,
octobre 2000, p.6.
27
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Les PME constituent l’un des piliers de tout système économique. Certains pays qui ont
œuvré pour la floraison de ce type d’entreprises ont vu leur croissance économique grimper et
leur développement social se consolider. Aussi, tous les pays ont progressivement pris
conscience de l’importance que jouent les PME dans le développement, à travers leur
contribution à la croissance économique, à la cohésion sociale, à l’emploi et au développement
local.
Création de l’emploi : Les PME sont un vivier de l’emploi dans tous les pays grâce à
leur nombre très important. Leur développement est une solution à l’insuffisance
d’offres de travail et permet d’absorber le taux de chômage.
Les PME représentent plus de la moitié des emplois formels à travers le monde, et leur
part dans l’emploi total est comparable à celui des grands groupes.17
Création de la valeur ajoutée : Les PME contribuent à la croissance des agrégats
macros économiques de leurs pays. « On pense également que les PME contribuent à
hauteur d’environ 50 % à la valeur ajoutée brute (VAB) mondiale »18.
Distribution des revenus : Elle consiste à rémunérer les services rendus à l’entreprise
au cours de son activité grâce à la valeur ajouté créé.
Cette dernière servira à : Rémunérer les services, force de travail, capital, moyens
financiers (il s’agira alors des salariés, de dividendes ou d’intérêts) d’une part et
contribuer au fonctionnement des administrations en particulier en versant des impôts
d’une autre part.
16
Marchsny.M , « Gestion de la pme » , [Link], 1991, p06.
17
[Link]
economic-growth-and-create-jobs consulté le 30/09/2017
18
[Link] Consulté le 29/09/2017
28
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Dans cette section, nous avons présenté les principales caractéristiques des PME, ensuite
nous avons souligné l’importance de ces dernières dans l’économie des pays. En effet, elles
jouent un rôle important à travers leur contribution à la croissance économique, à la cohésion
sociale, à l’emploi et au développement local en créant des emplois, de la valeur ajoutée et la
distribution des revenus.
Les modes de financement des PME sont les mêmes que ceux des grandes entreprises
(l’accès aux modes de financement est différent), la PME utilise ses propres ressources mais
ces dernières ne sont pas suffisantes, de ce fait elle fait appel à des sources de financement
externe.
Dans cette section nous allons présenter les principales sources de financement des PME
en les classant en deux catégories : Le financement interne et le financement externe.
3-1-1-L’autofinancement
L’autofinancement est « la richesse nouvelle générée par l’entreprise en une année, une
fois que l’on a déduit la rémunération des actionnaires (dividendes) »19. Cette richesse provient
de l'activité de l’entreprise.
19
[Link], « l’investissement », éd Bréal, Paris, 2007, P.50.
20
Robert [Link], P126
29
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Mais ce financement limite la croissance de l’entreprise car il est souvent insuffisant pour
couvrir tous ses besoins de financement.
L’augmentation des fonds propres est considérée comme un financement interne lorsque
l’entreprise ne fait pas appel à des fonds externes, elle peut se financer avec de nouveaux apports
des actionnaires existants ou du propriétaire, c.-à-d. émettre des actions uniquement au profit
des actionnaires existants. Ces apports peuvent être en numéraire : des liquidités, comme ils
peuvent être en nature : actifs corporels ou incorporels.
L’augmentation des fonds propres peut se faire avec l’incorporation des réserves. En
effet, une partie du bénéfice est mise en réserves pour faire face aux situations complexes de
l’entreprise. Ces réserves peuvent être incorporées dans les fonds propres de l’entreprise pour
les renforcer ou bien quand la capacité d’autofinancement est insuffisante.
3-2-1-Endettement bancaire
21
Robert [Link] P127
22
Idem P129
30
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Les banques sont des entreprises ou des établissements qui ont pour profession
habituelle de recevoir sous forme de dépôt, des fonds du public qu'elles emploient sur leur
propre compte en opérations de crédits ou en opérations financières.
Les banques s’adressent à toutes les catégories d’entreprises, sans distinction de taille
ou de secteur d’activité.
Les formes des crédits bancaires sont multiples, leurs durées et leurs objectifs sont
différents. On distingue les crédits à court terme et les crédits à moyens et à long terme. Les
premiers sont destinés à financer le cycle d’exploitation et la trésorerie de l’entreprise alors que
les seconds sont destinés pour le financement des équipements et des investissements de celle-
ci.
L’activité de certaines entreprises donne des fois naissance à un besoin passager en actif
circulant dû à un décalage entre les rentrées et les sorties d’argent. Or, il n’est pas nécessaire de
couvrir ce besoin par des capitaux permanents alors que le phénomène est passager.
Les crédits de trésorerie : Ce sont des crédits bancaires à court terme qui permettent
aux entreprises de faire face à un besoin de financement temporaire sur une durée
déterminée. Leur durée peut aller de quelques jours à plusieurs mois. Ils couvrent ainsi
les besoins résiduels de trésorerie.23 Deux types de crédits de trésorerie peuvent être
distingués selon leur objet :
23
[Link]
upload/banque_de_france/La_Banque_de_France/pdf/Fiche_425-[Link] consulté le
30/09/2017
31
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Les uns sont généraux qui sont des crédits par caisse (facilité de caisse, découvert), et
les autres sont spécialisés (crédit de campagne) : ils permettent à une entreprise de
financer ses besoins de trésorerie liés à une activité saisonnière.
L’escompte : C’est une opération de crédit par laquelle le banquier met à la disposition
d'un client le montant d'une remise d'effets sans attendre leur échéance. Le
recouvrement des effets, qui lui sont cédés en pleine propriété, doit normalement
procurer au banquier escompteur le remboursement de son avance. 24
L’affacturage : C’est une technique de gestion financière par laquelle un client
transmet ses créances à un « factor », généralement un établissement de crédit qui
moyennant rémunération se charge du recouvrement de ces créances.25
Les crédits à moyen et à long terme sont des crédits d’investissement qui finance l’actif
immobilisé du bilan.26
Les crédits à moyen terme sont des crédits destinés à financer les équipements, l’outil de
production et aussi certaines constructions de faibles coûts.
Ils ont une durée allant de deux (02) à sept (07) ans. Le montant du crédit ne doit pas
dépasser 70 % du montant de l’équipement. Donc, l’entreprise doit financer le reste.
Les crédits à long terme sont destinés à financer les investissements lourds des entreprises,
comme les constructions. Ils sont d’une durée allant de sept (07) à vingt (20) ans.
Ces crédits sont octroyés pour compléter le financement d’un projet, le montant du crédit
ne doit pas dépasser 80 % du montant de l’investissement et l’entreprise doit financer le reste.
24
Rouyer.G, Choinel.G « la banque et l'entreprise techniques actuelles de financement » 3e édition, éd Revue
Banque, Paris, 1996, p.29
25
Kamel CHEHRIT, « LA BANQUE, techniques et pratiques bancaires et financière » éd Grand Alger Livres
26
Idem,P251
32
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
l’entreprise. Si son activité n’est pas florissante alors qu’elle doit payer le taux d’intérêt et le
fonds emprunté, cette situation la conduit éventuellement à un déséquilibre budgétaire. Ne pas
honorer cet engagement donnera le droit à la banque de réaliser ses garanties.
3-2-2-Le leasing
Le leasing est un contrat par laquelle le crédit bailleur (banque, établissement financier)
achète un bien et le met à la disposition d’une entreprise, cette dernière utilise ce bien et paye
des loyers.
27
Farouk BENYACOUB « L’entreprise et le financement bancaire » Casbah èdition, P253
28
Art 01 de l'Ordonnance n° 96-09 du 19 Chaâbane 1416 correspondant au 10 janvier 1996 relative au crédit-
bail parue au journal officiel n° 03 du 14 janvier 1996.
33
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Source : Gervais.J.F, « les clés du leasing », éditions d’Organisation, Paris, 2004, P. 06.
29
Farouk [Link].P254
30
Idem.P256
34
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Le leasing adossé : C’est une opération par laquelle un industriel cède le matériel qu’il
fabrique à une société de crédit-bail. Ce matériel lui est ensuite loué dans le cadre d’un
contrat de crédit-bail.31
L’emprunt obligataire est un emprunt à long terme dont la durée est compromise entre
cinq (5) et quinze (15) ans. C’est un moyen de financement direct qui permet de financer les
activités de l’entreprise à long terme.
On peut définir l’emprunt obligataire comme « un emprunt à long terme non subordonné
représenté par des titres de créance, susceptible d’être placés dans le public et d’être
négociables. Ces emprunts sont souvent d’un montant élevé et sont devisés en fractions égales
appelées obligations ». 32
31
Farouk [Link].P258
32
Corhay.A, Mbangala.M, « diagnostic financier des entreprises » éd CEFAL, Belgique, 2008 , P.17
33
Colmant.B « les obligations : concepts financiers et comptables essentiels », éd LARCIER, France, 2004,
P.5.
34
[Link]
caracteristiques-d-une-obligation Consulté le 30/09/2017
35
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
3-2-3-2-Types d’obligations
Obligation à coupon zéro : C’est une obligation qui ne verse qu’un seul flux à
maturité. Ce flux est composé des intérêts et du remboursement du capital.35
Ce sont des obligations qui ne génèrent pas d’intérêt annuel. Le payement des coupons
se fait à l’échéance.
Obligation perpétuelle : C’est une obligation qui a une échéance indéterminée.
Obligation à taux variable : Ce sont des obligations dont le montant des coupons varie
en fonction de l'évolution d'un "taux de référence" obligataire ou monétaire. Cette
variation peut être limitée par un minimum (taux plancher) et/ou un maximum (taux
plafond).36
Obligation à taux fixe : Ce sont des obligations classiques. Elles donnent droit au
versement d’un revenu fixe (intérêt fixe) pendant toute la durée de l’emprunt et au
remboursement du capital à l’échéance.37
3-2-4-Capital investissement
35
[Link] SAOUT, « introduction aux marchés financiers », 2éme édition, Ed Economica, P38
36
[Link] consulté le 29/09/2017
37
LE SAOUT Erwan, [Link]é, P36
38
[Link] consulté le 30/09/2017
36
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Autrement dit, l’entrée des fonds au capital d’une PME est un accélérateur de croissance avec
un accès au réseau des professionnels associés à ces fonds.
39
[Link]
37
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Pour sortir du capital, deux sorties s’offrent à l’investisseur ; la première est une cession de
gré à gré c.-à-d. les actions sont rachetées par la société même, par un autre investisseur ou par
un acquéreur industriel. La seconde sortie est l’introduction en Bourse, elle permet à
l’investisseur de récupérer son investissement et de réaliser une plus-value.
3-2-5-Introduction en Bourse
Les Bourses de valeurs ou marchés financiers sont des lieux où s'échangent différents
produits financiers, parmi ceux-ci les plus connus sont les actions et les obligations.41
La Bourse joue le double rôle d'être à la fois un lieu de financement pour les entreprises, les
états ou les collectivités mais également un lieu de placement pour les investisseurs.
Une introduction en Bourse est une opération financière qui consiste à mettre en vente
des titres d'une société sur un marché boursier42 dans le but faire appel à l’épargne publique et
lever des fonds. C’est une source de financement qui permet à l’entreprise d’éviter
l’endettement et diversifier ses sources de financement.
D’une part, elle permet aux entreprises de grande ou de petite taille d'ouvrir leur capital
à de nouveaux investisseurs (institutionnels, individuels ou salariés) pour financer leurs projets,
accélérer leur croissance. D’autre part, elle permet également de renforcer et développer la
crédibilité et la notoriété de l'entreprise vis-à-vis des nombreux intermédiaires avec lesquels
elle assure le développement de son activité (fournisseurs, clients, banques, etc.).
40
[Link]
[Link] consulté le 01/10/2017
41
[Link] consulté le 01/10/2017
42
[Link] consulté le 01/10/2017
38
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Les PME ont des bourses spécifiques « lancés dans les années 70 avec le NASDAQ aux
USA, et dans les années 80 en Europe, avec les Unlisted Securities Market anglais, le second
marché français, le Parallelmarkt néerlandais , le Drittmarkt danois ou le Second Marché belge,
les marchés boursiers spécifiques aux PME ont connu des succès divers. Certains sont
aujourd’hui florissants tandis que d’autres ont disparu (…) ». 43
L’introduction en Bourse permet à la PME de lever des fonds et lui facilite l’accès aux
autres sources de financement. En effet, lever des fonds en bourse permet de financer le haut
du bilan, donc renforcer les fonds propres et les ratios de solvabilité de l’entreprise. Donc elle
peut augmenter ainsi sa capacité d’endettement et offrir plus de garanties à la banque car ses
dernières sont très sensibles au niveau des fonds propres pour accorder des crédits.
De plus, une entreprise cotée pourra facilement émettre des obligations, la bourse lui offre un
label de prestige et une crédibilité affirmée aux prés des tiers par comparaison avec celles non
cotées.
43
Robert WTTERWULGHE. Op. Cite P145
39
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
L’introduction des PME en Bourse sera étudiée plus en détail dans le troisième chapitre.
À travers cette section, on peut dire que les PME font recours à l’autofinancement
l’augmentation des fonds propres quand il s’agit d’un financement interne. Quand ce dernier
n’est pas suffisant, les PME font appel aux financements externes qui sont l’endettement
bancaire, leasing, emprunt obligataire, capital investissement et introduction en Bourse.
40
Chapitre 01 : La petite et moyenne entreprise
Conclusion
Nous avons vu dans ce chapitre que les PME ont une définition différente d’un pays à
un autre, elles sont définies selon des critères qualitatifs et des seuils quantitatifs.
Les principales caractéristiques des PME sont ; la nature du capital qui est composé
essentiellement de fonds familiaux, un système d’information simple et peu formalisé, une
faible spécialisation et une gestion centralisée qui s’articule principalement autour du dirigeant-
propriétaire et enfin, l’innovation notamment dans les pays développés.
Dans ce chapitre, nous avons souligné l’importance de la PME, elle constitue l’un des
piliers de tout système économique par leur contribution à l’emploi, à la création de valeur
ajoutée et la distribution des revenus.
En fin, nous avons présenté les principales sources de financement des PME en les classant
en deux catégories :
41
CHAPITRE 2 :
Cadre général du
marché financier
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Introduction
Depuis une vingtaine d’années, les marchés financiers ont évolué de manière
spectaculaire, ils ont fait l’objet de toutes les attentions, ils ont pris une place inattendue et sans
précédent dans l’économie mondiale. Le passage de l’économie mondiale d’une économie
d’endettement à une économie de marché a permis aux marchés financiers de prendre une
grande place dans les systèmes financiers des pays, ils sont devenus un système généralisé que
toute économie cherche à développer.
Le marché financier est souvent confondu avec le marché des capitaux et le marché
monétaire, ces trois concepts sont souvent utilisés comme des synonymes par la communauté
non financière. De ce fait, nous allons définir le concept du marché financier et ses
compartiments dans la première section.
Dans la deuxième section, nous allons voir l’organisation des marchés financiers en les
classifiant selon les modes de cotation et selon l’existence de règlement. Le marché financier
est souvent considéré comme un lieu de spéculation mais nous allons voir dans la même section
qu’il joue un rôle important dans l’économie.
Enfin, dans la troisième section, nous allons voir les différents intervenants sur le
marché financier et la gamme de produits négociés sur ce marché.
43
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Avant de définir le marché financier, une définition du marché des capitaux s’impose.
Le marché des capitaux peut se définir comme étant un marché global de l'argent qui va
comprendre l'ensemble des marchés où se négocient les capitaux.1 C’est sur ce marché que se
rencontrent les offres et demandes de capitaux à court, moyen et long terme.
1
[Link] Consulter le 28/09/2017
44
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Dans cette section, nous allons d’abord définir le marché financier ensuite nous allons
présenter ses deux compartiments.
D’après J.-[Link] « Les marchés financiers sont les lieux ou les modes de rencontre
de l’offre et de la demande des capitaux ».4
Le marché financier est un segment du marché des capitaux qui organise la rencontre
directe entre les agents économiques a excédant de capitaux et ceux qui ont un besoin de
capitaux pour financier leur investissement. Donc c’est un financement direct et un marché de
l’épargne longue.
Le marché financier joue le double rôle d'être à la fois un lieu de financement pour les
entreprises, les états ou les collectivités, il leur permet de trouver les ressources nécessaires
pour le financement de leurs programmes de développement. Mais il est également un lieu de
placement pour les investisseurs, il leur permet de devenir associés des entreprises par le biais
des actions ou bien créanciers en achetant des obligations.
2
[Link] « Droit de la banque et des marchés financiers », Ed Puf droit, 2005, p12.
3
M. De MOURGUES, « La monnaie, système financier et théorie monétaire », 3éme édition, Ed Economica,
Paris 1993, p 210.
4
J.-[Link] « Droit de la régulation des marchés financiers » Gualino éditeur, 2005, P 63
45
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
1-2-1- Le marché primaire : Action ou obligation, toute valeur mobilière est d’abord
émise sur le marché primaire5. Il correspond au marché du neuf, réservé à l’émission initiale
des titres à l’occasion des introductions en Bourse ou une augmentation de capital et il procure
les fonds aux entreprises émettrices.
Un marché primaire se caractérise par les procédures, les exigences et l’organisation permettant
à une valeur d’être introduite sur le marché.
1-2-2- Le marché secondaire : Une fois émis sur le marché primaire, tout titre financier
est susceptible d’être cédé sur un marché secondaire chargé d’assurer la liquidité de l’émission6.
Le tableau, qui suit, décrit les différences entre le marché primaire et le marché secondaire :
5
M. De MOURGUES. [Link]. p 210.
6
Idem
46
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Nous avons vu dans cette section que le marché financier est un segment du marché des
capitaux, c’est un circuit de financement direct. Il organise la rencontre des agents économiques
à excédant financier avec les agents économiques à déficits financiers.
Dans cette section, en premier lieu nous allons voir la typologie des marchés financiers.
En effet, les classifications de ces derniers peuvent être variées, à savoir selon les modes de
cotations ou bien selon l’existence ou non d’un règlement général du marché. Ensuite, nous
allons aborder le rôle que jouent les marchés financiers.
Les marchés financiers peuvent être classifiés selon deux critères. Une classification
selon le mode de cotation utilisé et une classification selon l’existence ou non d’un règlement.
Les modes de cotations utilisées sur les marchés financiers définissent leur organisation.
On peut définir la cotation comme étant la détermination du cours du titre établi suite à
la confrontation de l’offre et la demande de ce titre. Elle se fait électroniquement. C’est une
confrontation permanente des ordres introduits par les sociétés de bourse dans le cahier de
cotation électronique tenu par un ordinateur central. Celui-ci établit un cours d’équilibre.
Sur les marchés fluides, la cotation se fait en continu, tandis que sur les marchés les moins
liquides elle se fait au fixing.
47
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
2-1-1-1-Marché en continu
Sur un marché en continu, la formation des cours se fait en succession tout au long d’une
séance boursière.
Les cotations et transactions peuvent s’effectuer à tout instant. Les transactions sont
bilatérales : Un ordre est exécuté lorsqu’il existe une contrepartie. Toute transaction est associée
à un nouveau cours.
Une distinction peut se faire à l’intérieur de ce système entre le marché dirigé par les
prix et le marché dirigé par les ordres.
Plusieurs teneurs de marché sont en concurrence pour chaque titre, chaque teneur affiche
une fourchette de deux prix : celui auquel il est prêt a acheté (BID) et celui auquel il est prêt à
vendre (ASK). Le second est supérieur au premier.7 Dans ce type de marché, il y a autant de
prix que d’intervenants.
Un investisseur qui désir acheter 1000 titres X. Son intermédiaire contacte trois teneurs de
marché spécialiste du titre X. Respectivement : MM1, MM2, MM3.
7
Michel Fleuriet,Yves Simon « Bourse et marchés financier » 2éme edition,P29
8
Arnould.D « La bourse et les produits boursiers : Marchés, indices, actions, produits dérivés » Edition :
Ellipses. 2004. P39
48
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Le premier élément des trois fourchettes de prix est le cours auquel les teneurs de marché
achètent le titre X (BID) et le second est celui auquel ils le vendent (ASK).
À ces prix, les teneurs de marché sont engagés sur une quantité minimale de titres qui
dépend du marché. Après chaque transaction, ils peuvent rectifier leur fourchette de cours.
Pour notre investisseur acheteur, le meilleur prix est 99, celui de MM1, car c’est le
teneur du marché dont le cours vendeur est plus faible. Pour un investisseur vendeur de titre X,
le plus rémunérateur serait 102, celui de MM3.
C’est donc la fourchette de prix 99-102 qui tient lieu ici de cours d’équilibre.
Dans un marché régi par les ordres, l’intermédiaire est un courtier dont le rôle essentiel
est de transmettre les ordres de ses clients et qui ne prend pas de position à titre principal. Il
n’influe pas sur la détermination du cours et se rémunère par un courtage.9
Sur toutes les Bourses dirigées par les ordres, il est possible de passer différents types
d’ordres. Ces ordres11 sont les suivants :
Ordre à cours limité : Il permet de passer un ordre d’achat (ou de vente) jusqu’à un
certain seuil.
Ordre à la meilleure limite : Sans indication de prix, l’ordre sera exécuté au meilleur
prix lors de son arrivée sur le marché.
Ordre à tout prix : Il sera passé en priorité et exécuté en totalité, quel que soit le prix
du marché.
Ordre à seuil de déclenchement ou ordre de stop : Il sera exécuté comme un ordre
« à tout prix » dès que le seuil de déclenchement déterminé aura été atteint ou dépassé.
9
Michel Fleuriet,Yves Simon « Bourse et marchés financier » 2éme edition.P29
10
Pierre LAMY « Les bourses de valeurs » [Link].1995.P20
11
Hervé Juvin « Les marché financiers, voyage au cœur de la finance mondiale » éd d’organisation, 2004.P478
49
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Parmi les principaux marchés dirigés par les ordres : la Bourse de Paris, la Bourse de Tokyo,
2-1-1-2-Marché au Fixing
Sur un marché de fixing les ordres s’accumulent pendant un certain temps et la fixation
d’un cours d’équilibre intervient à la clôture de cette période.12
Dans un marché de fixage, la cotation des ordres a lieu à des moments pré spécifiés
durant la séance. Le fixing est un point du temps qui permet aux participants de trouver une
contrepartie facilement.
Généralement, les marchés au fixing sont des marchés peu liquides, on peut citer la
Bourse d’Alger.
Achats Ventes
Source : [Link]
Le cours d’équilibre sera de 45 euros. En effet à ce cours, il peut s’échanger 750 actions.
Les transactions peuvent se décomposer de la façon suivante :
Les 450 titres à la vente à 44,50 seront vendus car il y en a 345 demandés à ce prix, le
105 restant est attribué aux acheteurs à 45 qui ne les paieront que 44,50.
13
[Link] Consulté le 02/10/2017
50
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Les 300 titres à la vente à 45 seront vendus aux acheteurs proposant ce prix. Les
acheteurs proposant ce prix sont au nombre de 490, mais nous venons de voir que 105 acheteurs
à 45 ne les ont payés finalement que 44,50. Les acheteurs à 45 ne sont donc plus que 490 – 105
= 385.
Il reste donc dans le carnet d’ordres (385 – 300) = 85 titres à l’achat au cours de 45.
La valeur n’est pas cotée si le prix d’échange n’est pas trouvé. Dans ce cas, aucune
transaction n’est réalisée. Ce cas est fréquent pour les valeurs peu liquides et notamment les
petites capitalisations sur le marché libre.
2-1-2-1-Marché organisé
Sur ce marché les transactions sont effectuées sur des actifs standardisés, les opérations
sont multilatérales, elles sont structurées autour d’une chambre de compensation qui les régule,
fournit une contrepartie et surveille la régularité des opérations effectuées.
« Pour les marchés libres, il faut dire que n’étant pas réglementé, tout se fait à base de
contrats avec les professionnels, émetteurs et investisseurs, et leur mode de fonctionnement est
librement déterminé par leur exploitant, en particulier leur mode de transactions. »14
Ce marché est un marché opaque ou est traité des produits sur-mesure en fonction des
besoins des investisseurs. Les clauses et les règlements de fonctionnement sont fixés par les
deux parties vu l’inexistence d’un règlement général.
14
Anne-Dominique MERVEILLE « Droit des marchés financiers » Gualino editeur, Paris 2006. P42
51
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Le marché financier n'est pas qu'un lieu de spéculation, la spéculation est la face
immergée de l'iceberg. Le marché financier joue un rôle important dans l’économie.
2-2-1-Mobilisation de l'épargne
En réunissant les épargnes, les marchés financiers élargissent l'ensemble des projets
d'investissement réalisables. Étant donné que les projets à rendement plus élevé nécessitent
souvent des grandes injections de capital, en mobilisant l'épargne des ménages, les marchés
financiers peuvent améliorer l'efficience économique et accélérer la croissance économique. En
plus de l'effet direct de la mobilisation des épargnes sur l'accumulation du capital, une
mobilisation efficace de l'épargne peut améliorer l'allocation des ressources et accentuer
l'innovation technologique.
Lorsqu’on parle de marché financier au sens strict, on entend par là le marché des
capitaux à long terme.
En effet, les entreprises cotées en Bourse publient leurs bilans et leurs résultats annuels,
ce qui permet d’avoir une idée sur la santé financière de l’entreprise.
52
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Dans un marché efficient (lorsque le prix des titres financiers y reflète à tout moment
toute l'information pertinente disponible) les cours affichés à chaque séance de bourse sont un
instrument de mesure de la valeur de l’entreprise.
Donc, les marchés financiers présentent une mine d’information pour et sur les
entreprises.
La liquidité est la caractéristique d'un titre qui peut être acheté et vendu rapidement. La
possibilité, pour les investisseurs, de vendre facilement leurs titres et le convertir en pouvoir
d’achat est un élément déterminant pour les inciter à acheter lors des émissions de nouveaux
titres.
À travers cette section, nous avons vu que les modes de cotations utilisées sur les
marchés financiers et l’existence d’un règlement définissent leur classification ; sur les marchés
fluides, la cotation se fait en continu, Une distinction peut se faire à l’intérieur de ce système
entre le marché dirigé par les prix et le marché dirigé par les ordres. Tandis que sur les marchés
les moins liquides la cotation se fait au fixing.
Nous avons vu aussi que le marché financier joue le double rôle d'être à la fois un lieu
de financement pour les entreprises, les états ou les collectivités mais il est également un lieu
de placement pour les investisseurs. En outre, il est aussi une source d’information sur et pour
les entreprises.
53
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Dans cette section, nous allons d’abord présenter les différents intervenants sur le
marché financier et par la suite, on va aborder les produits négociés sur ce marché.
3-1-1- Les investisseurs : Il s’agit de toutes personnes physiques ou morales qui souhaitent
acheter ou vendre des produits financiers. On retrouve les trois catégories suivantes :
Les particuliers : sont des personnes physiques. Elles peuvent agir seules ou par
l’intermédiaire des clubs d’investissement.15
Les entreprises : ce sont les sociétés qui ont pour but de prendre tout ou une partie du
contrôle d’une autre entreprise ou tout simplement les sociétés en quête de placements.
Les investisseurs institutionnels : Appelés aussi les « zinzins », regroupent les
banques, les compagnies d’assurance, les caisses de retraite qui placent une partie de
leurs ressources en valeurs mobilières afin de faire face a leurs engagements vis-à-vis
de leurs clients, les fonds de pension ou les organismes de placement collectif en
valeurs mobilières (OPCVM). Ce sont les principaux intervenants en termes de volume
traité.16
3-1-2- Les émetteurs : Ce sont les créateurs de produits financiers sur le marché. L’État et les
collectivités locales émettent des bons de trésors et des OAT. Les entreprises émettent des
actions et des obligations. Ces émetteurs sont des demandeurs de capitaux qui font appel aux
épargnants pour obtenir des fonds.
3-1-3 Les intermédiaires : Les investisseurs et les émetteurs ont recours à des services de
professionnels afin d’intervenir en bourse. Ces derniers sont les différentes entités qui jouent le
rôle d’intermédiaires prestataires de services d’investissement. C’est le cas des :
15
[Link] SAOUT, « introduction aux marchés financiers », 2éme édition, Ed Economica, 2008,p127-129.
16
[Link] SAOUT, [Link], p127-129
54
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
3-1-5-Les analystes financiers : ils sont chargés d’analyser les sociétés afin d’établir des
recommandations sur les titres cotés. Afin de mener à bien leur travail, ils analysent les facteurs
tels que les bénéfices, les perspectives de croissance, la situation financière, la valeur estimée
des actifs, mais également les méthodes de gestion, les stratégies de développement, ainsi que
la rentabilité des secteurs d’activité concernés.18
17
[Link] SAOUT, [Link]., p127-129
18
Idem
55
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Les marchés financiers sont des lieux où s’échangent différents produits financiers.
Parmi ceux-ci les plus connus sont les actions, les obligations. Cependant il existe une multitude
d'autres produits créée grâce à l’innovation financière.
3-2-1-1-Les actions
C’est un titre financier représentatif d’une part de propriété d’une société. Elle est
attribuée en rémunération d’un apport fait à la société soit lors de sa création, soit à l’occasion
d’une augmentation de capital19.
Ce titre financier est une fraction du capital et confère à son détenteur le titre d’associé
à hauteur de sa souscription.
Sur le plan financier, c.-à-d. les droits d’ordres monétaires, l’action présente une source
de revenu pour l’actionnaire, il prend le risque dans le but de profiter des bénéfices de
l’entreprise et de quelques droits:
Les dividendes : Elles représentent la part des bénéfices reversée aux actionnaires.
Les actionnaires sont propriétaires de l’entreprise. Cela signifie qu’ils détiennent chacun
une part de l’entreprise et en conséquence possèdent une partie de l’ensemble des actifs
(immobilisation, brevets, trésorerie…).
Les actionnaires peuvent aussi réaliser des plus valus en cédant leurs actions sur le
marché financier si le prix de vente est supérieur au prix d’achat.
19
[Link] SAOUT, [Link]., p127-129
56
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Les droits non monétaires (ou politiques) concernent les droits d’interventions dans la vie
de l’entreprise :
Droit de vote : Ce droit permet à chaque actionnaire de prendre part aux décisions de
l’entreprise lors des assemblées générales (AG). Ce droit dépend du nombre d’actions
détenues.
Droit à l’information : Chaque actionnaire a le droit de regard sur la gestion de la
société. Il doit pouvoir disposer à tout moment les informations qui suivent : Les statuts
de la société ; les comptes annuels (bilans, comptes de résultat et annexes,…) ; la liste
des administrateurs ; chiffres d’affaires ; situation des principales filiales ; les rapports
du conseil d’administration et des commissaires aux comptes…
Droit de présenter des résolutions : Tout actionnaire peut déposer d’un projet de
résolution à l’assemblée générale. Afin d’éviter des demandes loufoques, l’actionnaire
doit représenter un pourcentage minimum du capital défini.20
Droit d’action en justice : Il s’agit d’aller en justice contre l’entreprise.
Les droits qui viennent d’être présentés sont ceux à conférer à une action ordinaire.
Certaines actions peuvent différer par leurs droits. Ceci donne lieu à l’existence de plusieurs
actions :
20
[Link] SAOUT, [Link], P55.
21
Idem.P59
57
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
3-2-1-2-Les parts
Ce sont des titres sans valeur nominale, généralement créé pour rémunérer les services rendus
à l’entreprise. Ces titres ne confèrent pas à leurs propriétaires la qualité d’associer.
C’est une valeur mobilière qui s’apparente aux actions sans droit de votes. Le but de leur
création est de permettre aux entreprises publiques et coopératives de faire appel à l’épargne
privée.
58
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
3-1-2-1-Les obligations
Elle est définie aussi comme « une valeur mobilière négociable représentative d’une
dette (pour l’émetteur) ou une créance (pour le souscripteur), émise à moyen et long terme. Les
obligations sont émises sur le marché primaire et négociable par la suite sur le marché
secondaire (Bourse) »23.
L’obligation peut être émise par l’état, collectivité locale, entreprise publique ou privée.
22
Colmant.B « les obligations : concepts financiers et comptables essentiels », éd LARCIER, France, 2004, P.5.
23
SPIESER Philippe, « la bourse », 2ème édition, Vuibert, P11.
24
SAOUT Erwan, [Link]é,P38
25
[Link] consulter le 29/09/2017
59
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Obligation à taux fixe : Ce sont des obligations classiques. Elles donnent droit au
versement d’un revenu fixe (intérêt fixe) pendant toute la durée de l’emprunt et au
remboursement du capital à l’échéance.26
Un produit hybride « est dit hybride lorsqu’il n’est ni tout à fait de type action ni tout à
fait de type obligation »27.
Les titres hybrides sont des produits financiers qui combinent les caractéristiques de
plusieurs types de valeurs mobilières. Les titres hybrides se situent entre la dette pure et le
capital d'une entreprise. Les ressources qui émanent de ces titres hybrides sont souvent
qualifiées de quasi-fonds propres28.
En fait, il s’agit de produits élaborés pour contourner les inconvénients des actions ou ceux
des obligations. Il existe plusieurs types de ses produits, parmi eux on cite :
Les titres participatifs : Sont des valeurs mobilières hybrides à mi-chemin entre les
actions et les obligations. La rémunération des titres participatifs comprend un
minimum garanti avec une partie fixe et une partie liée aux performances de la société29.
Obligation remboursée en action : Le remboursement de cette obligation en fin de
vie ne peut se faire qu’en action. C’est un moyen pour l’émetteur de transformer une
dette en capitaux propres.
Obligation convertible en action : C’est une obligation qui donne droit à son détenteur
de la convertir en action au bout d’un certain temps et ainsi l’investisseur devient
actionnaire.
Les bons de souscription : Un bon de souscription est une valeur mobilière, qui donne
le droit, mais non l'obligation, d'acheter pendant une période donnée ou à une date
donnée, une quantité d'actifs (action, obligation…) à un prix fixé à l'avance.30
26
LE SAOUT Erwan, [Link]é, P36
27
SPIESER Philippe, « la bourse », 2ème édition, Vuibert
28
[Link] consulter le 29/09/2017
29
[Link] idem
30
[Link] idem
60
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Le terme de produits dérivés désigne les instruments financiers dont la valeur dérive de
celle d’un autre instrument que l’on appelle un sous-jacent.31
Le sous-jacent peut être une action, obligation, un taux d’intérêt ou une devise... Etc.
Le prix d’un produit dérivé varie selon les fluctuations de son sous-jacent.
Dans le domaine des produits dérivés, le facteur avenir est un élément capital, ce type
d’investissements est totalement basé sur les attentes du marché financier. Donc il faut avoir
une vision sur l’évolution future du sous-jacent.
Cette offre est ferme et définitive, les deux personnes doivent respecter leur engagement
de vente/achat quel que soit son cours au jour de l’échéance.
a) Le contrat forward : Il s’agit d’un accord d’achat ou de vente d’un actif à un prix et
une date précisée dans le contrat. En règle générale, à l’échéance les deux contreparties
procèdent au règlement de la différence entre le prix négocié à l’avance et le prix de
marché.
b) Le contrat future : C’est un contrat à terme, c’est un engagement de livraison
standardisé dont les caractéristiques sont connues à l’avance portant sur :
Une quantité déterminée d’actif sous-jacent.
Une date d’échéance.
Un prix fixé d’avance
31
Michel FLEURIET YVES SIMON « Bourse et marchés financier » 2eme édition
61
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
c) SWAP : Appelé aussi contrat d’échange, c’est « un accord entre deux parties pour
échanger une série de cash-flows »32. Un swap est un contrat par lequel on échange
deux ensembles de valeurs financières, souvent utilisés par des prêteurs et emprunteurs
opérant sur les marchés de capitaux pour se couvrir contre les risques de taux.
a) Les options : C’est un contrat conférant à son détenteur le droit de négocier durant ou
au terme d’un certain laps de temps et à un prix fixé d’avance, une certaine quantité
d’un produit déterminé, avec une contrepartie qui, quant à elle, a l’obligation de
procéder à la transaction, si le détenteur de l’option en manifeste la volonté.
On notera d’emblée qu’a l’obligation d’une des parties (le vendeur de l’option) ne
correspond pas une obligation réciproque dans le chef de l’autre partie (l’acheteur de
l’option).33C.à.d. le droit d’achat/de vente ne se fait pas obligatoirement, par exemple
un détenteur d’une option négociable d’achat n’est pas obligé d’exercer son option
tandis que l'émetteur de l'option s'engage irrévocablement à vendre.
Le droit d’achat est appelé option négociable d’achat ou call sur les marchés Anglo-
saxons. Le droit de vente est appelé option de vente ou put sur les marchés Anglo-saxon.
Ce droit lui-même s’achète ou se vend contre un prix appelé ‘prime’.
Les options peuvent porter sur des sous-jacents financiers (actions, devises, taux
d’intérêt) ou non (commodités agricoles, métaux précieux, produits énergétiques,
etc.).34
Puisqu’une option confère à son détenteur le droit de négocier quelque chose, le fait de
procéder s’appelle l’exercice : on exerce son droit. Et le prix fixé d’avance auquel on
exerce son droit de négocier est le prix d’exercice de l’option.
Le laps de temps d’existence de l’option s’appelle la période de maturité, qui se termine
par son échéance, ou expiration. En pratique, on conviendra d’une heure limite le jour
d’échéance. Cela étant, selon que l’exercice de l’option est contractuellement possible
en cours de période de maturité ou seulement à l’issue de celle-ci, on parlera dans le
32
RUTTIENS Alain, « Manuel des produits dérivés », 2ème édition, ESKA, Paris, 2000, P55.
33
Idem P69
34
Idem
62
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Soit le cas d’un investisseur intéressé par les titres d’une société Y qui cotent 100 Euros.
Cet investisseur acquiert des options d’achat sur ces titres auprès d’une contrepartie
disposée à émettre un call de type européen sur ces titres Y de maturité égale à 3 mois
avec un prix d’exercice égal à 100Euro, moyennant paiement d’une prime de 5 Euros.
Donc, pour 100Euros l’investisseur peut acheter 20 call.
Après trois(03) mois, supposons deux scénarios :
Scénario 1 : Le cours de Y vaut 120Euros, l’investisseur va exercer son option
acquérant ainsi 20 action Y à 100 Euro, moyennant paiement 2 000 Euro. Il revend
simultanément ces titres au prix du marché de 120, dégageant ainsi un profit (2 400-
2000) de 400 Euro.
Scénario 2 : Le cours de Y vaut 80 Euro, Les call de l’investisseur terminent leur vie
sans valeur. L’investisseur ne va pas exercer son droit d’achat à 100Euros vu qu’il peut
acquérir les titres à 80Euros sur le marché.
b) Les warrants : Ils sont émis par les institutions du secteur financier pour se protéger
des risques générés par l’achat et la vente des actifs .Ce sont des instruments financiers
qui reposent sur des valeurs mobilières. C’est le droit et non l’obligation d’achat ou de
vente d’un actif financier à une date et à un montant déterminé dans le contrat
d’émission, « ou de percevoir un règlement en espèce appelé soulte. Celle-ci correspond
lorsqu’il s’agit d’un call warrant à la différence positive entre le cours de l’élément à la
date d’exercice du warrant et le prix d’exercice fixé dans le contrat d’émission. La
différence est inverse lorsqu’il s’agit d’un put warrant.»37.
L’émetteur du warrant est indépendant de l’émetteur du sous-jacent et son émission est
indépendante de toute opération financière de l’émetteur ou de son groupe.38
35
RUTTIENS Alain, Op. Cite, P70
36
Conception personnelle à partir de l’exemple vu sur : RUTTIENS [Link].P70
37
BENCHABANE Meriem « Etude comparative des marchés financiers Maghrébins cas : Maroc, Algérie,
Tunisie » UMMTO, 2012. P30
38
BENCHABANE Meriem. Op. Cite. P30
63
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Le droit d’achat est appelé warrant avec une option d’achat, tandis que le droit de vente
est appelé warrant avec une option de vente.
Les warrants et les options se ressemblent, ils fonctionnent selon les mêmes mécanismes mais
il existe quelques différences :
Les options sont des contrats négociés sur un marché organisé. Tandis que les warrants
sont des valeurs mobilières, émises par un établissement financier, qui figurent sur le
même compte titres que les actions ou les obligations.
On peut vendre une option avant de l'avoir achetée (vente à découvert) alors qu'on ne
peut vendre un warrant qu'à la condition de l'avoir déjà acheté.
Les warrants sont des valeurs mobilières créées par un émetteur (établissement
financier) pour être proposé aux investisseurs, alors que les options sont des contrats
créés par une entreprise de marché (Euronext par exemple).39
Dans cette section, nous avons présenté les différents acteurs qui interviennent sur le
marché financier afin d’assurer son fonctionnement. Il s’agit des investisseurs et des émetteurs
mais également de tous les professionnels et une autorité de régulation du marché.
Nous avons vu aussi qu’en plus des actions et des obligations, d’autres produits financiers sont
négociés en bourse à savoir les produits hybrides et les produits dérivés.
39
BENCHABANE Meriem. Op. Cite. P30
64
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier
Conclusion
Le marché financier se présente donc comme une composante du marché des capitaux
qui permet le financement de l’économie, c'est le lieu d'émission et d'échange des valeurs
mobilières(les actions, les obligations, les produits hybrides et les produits dérivés).
Une multitude de produits est négociée sur le marché financier, en plus des titres
traditionnels connu (les actions et les obligations), de nouveaux produits (produit hybride et
produits dérivés) sont apparus, stimulés par l’innovation financière.
En outre, un marché financier efficient est une mine d’informations pour les entreprises
et les investisseurs. Le cours des actions des entreprises cotées reflète leurs valeurs et donne
des indications concrètes à la fois aux chefs d'entreprise et aux investisseurs.
65
CHAPITRE 3:
La Bourse d’Alger
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Introduction
La création d’une Bourse des valeurs mobilières en Algérie s’inscrit dans le cadre du
processus des réformes économiques annoncées d’un début d’application durant l’année 1988.
En effet, c’est durant cette année-là que fut promulguée une série de lois portant entre autres
sur l’autonomie de l’entreprise publique et la création des fonds de participations ayant pour
mission la gestion de ces entreprises1.
Les entreprises publiques concernées changèrent ainsi de statut juridique pour devenir
des SPA. Ce nouveau statut ne serait envisagé sans penser à la création d’un marché ou
s’échangerait ces actions.
La Bourse d’Alger entre en fonction en 1997 en jouant le rôle classique d’une bourse
qui consiste à établir une relation entre les offreurs et les demandeurs de capitaux à long terme
pour financier leurs activités. La Bourse d’Alger n’a pas connu un grand succès vu le nombre
d’entreprises cotées, 5 entreprises en 2017.
Dans le but d’élargir et dynamiser la Bourse d’Alger d’une part, et offrir aux PME une
alternative pour accéder aux capitaux d’une autre part, les institutions du marché financier ont
mis en place un compartiment PME.
Ce genre de compartiment existe dans les plus grands financiers mondiaux, on peut citer :
1
Document interne de la COSOB
2
Muriel GOLDBERG-DARMON « L’introduction en Bourse : règles d’admission et d’information Euronext,
Alternext,Marché libre ». Edition RB
3
Mair FERERES et Gérard RIVIERE « L’introduction en Bourse : mode d’emploi » èdition
d’organisation,2000. P95
67
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Dans ce chapitre, nous allons présenter la Bourse d’Alger à travers son historique, et
sa structure dans la première section.
Dans la deuxième section, nous allons nous pencher sur le compartiment PME en
présentant les conditions et le processus d’introduction sur ce marché.
Enfin, dans la dernière section nous allons voir les frais supportés par l’entreprise lors
d’une introduction en Bourse et les avantages que lui procure cette dernière.
68
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Enfin, nous allons exposer les conditions d’admission des entreprises sur le marché
principal et les conditions d’accès au marché obligataire. Aussi, on va présenter les acteurs
qui assurent le fonctionnement de la Bourse d’Alger.
L’idée de la création de la Bourse d’Alger est née en 1990 dans le cadre des réformes
structurelles engagées par les autorités dès 1988 afin d’adapter le pays aux nouvelles normes
économiques et financières mondiales. Ces réformes concernent principalement l’instauration
d’une économie de marché.
Ses missions sont semblables à celles des autres bourses dans le monde.
4
Document interne de la COSOB
69
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Ces textes législatifs et réglementaires ont régi l’activité boursière en Algérie, notamment les
articles 1 ,3 et 4 de ce décret qui stipulent :
Article 1 :6
La bourse des valeurs mobilières est le cadre d’organisation et de déroulement des opérations
sur valeurs mobilières émises par l’État, les autres personnes morales de droit public ainsi que
les sociétés par actions.
Article 3 : 7
Article 4 :8
Les négociations et transactions au sein de la bourse sont effectuées par des intermédiaires en
opérations de bourse.
Agrément des banques publiques, des sociétés d’assurances, et des établissements financiers
en qualité d’intermédiaires en opérations de bourse.
5
Recueil réglementaire de la SGBV. Disponible sur ce lien :
[Link]
6
HOCINE Mabrouk, Code Boursier ALGERIEN – Textes d’application et textes, Edition Houma 2010, p 34.
7
Idem
8
Idem
9
Hocine Mabrouk, Op cité.
70
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
En 2000, l'EGH El Aurassi, société de gestion de l'hôtel public El Aurassi entre aussi à
la bourse d'Alger.
En 2003, institution du dépositaire central des titres ayant pris pour dénomination
sociale "Algérie Clearing", par le décret législatif N°93-10 du 23 mai 1993, modifié et
complété par la loi N°03-04 du 17 février 2003, relatif à la Bourse des valeurs mobilières.11
10
Rapport d’activité de l’année 2007 de la Bourse d’Alger. Disponible sûr :
[Link] P.8
11
[Link] Consulté le 08/10/2017
12
[Link] Consulté le 08/10/2017
13
[Link] Consulté le 08/10/2017
14
[Link] consulté le 08/10/2017
15
[Link] P.09
71
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
a) Marché principal : destiné aux grandes entreprises. Actuellement (en 2017), cinq
(05) sociétés sont cotées sur le marché principal à savoir :
Groupe SAIDAL : activant dans le secteur pharmaceutique, le titre de capital du
groupe SAIDAL a été introduit à la cote officielle En Septembre 1999. Le cours
d’introduction était de 800da.
EGH EL AURASSI : activant dans le secteur du tourisme. son titre de capital a été
introduit à la cote officielle le 14 Février 2000. Le cours d’introduction était de 400
DA.
ALLIANCE ASSURANCES : activant dans le secteur des assurances, son titre de
capital a été introduit à la cote officielle le 07 mars 2011. Le cours d'introduction était
de 830 DA.
NCA-Rouiba : activant dans le secteur agroalimentaire, son titre de capital a été
introduit à la cote officielle le 03 juin 2013. Le cours d'introduction était de 400 DA.
BIOPHARM : activant dans le secteur pharmaceutique, son titre de capital a été
introduit à la cote officielle le 07.04.2016. Le cours d’introduction était de 1225 DA.
b) Marché PME : réservé aux Petites et Moyennes Entreprises : créé en 2012 par le
règlement COSOB n°12-01 du 12 janvier 2012 modifiant et complétant le règlement
n°97-03 du 18 novembre 1997 relatif au règlement général de la bourse des valeurs
mobilières. Mais aucune PME n’est cotée sur ce marché actuellement.
16
[Link] consulté le : 03/10/2017
72
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
a) Marché des obligations : titres de créance émis par les sociétés par actions, les
organismes publics et par l’Etat.
b) Marché bloc OAT réservé aux Obligations Assimilables émises par le Trésor public
Algérien. Il a été créé en 2008 et compte actuellement 25 lignes cotées englobant près
de 400 milliards de Dinar.
Les Obligations Assimilables du Trésor présentant des maturités de 7, 10 et 15 ans
sont négociés par l’entremise des Intermédiaires en Opérations de Bourse et les
compagnies d'assurances ayant le statut de Spécialistes en Valeurs du Trésor à
concurrence de cinq séances par semaine.
Source : [Link]
17
[Link] consulté le : 03/10/2017
73
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Les séances de bourse s’effectuent au niveau du parquet de la bourse les lundis et les
mercredis de 9h30 à 11h00, pour les actions et les obligations corporatives, et du dimanche au
jeudi pour les OAT.18
Les séances de bourse sont conduites par un représentant de la SGBV selon les règles
et procédures fixées par cette dernière.
La cotation au fixing consiste en l’application d’un seul cours coté à l’ensemble des
transactions pour chaque titre lors d’une séance de négociation. Le cours coté est le cours qui,
après confrontation des tous les ordres d’achat et les ordres de vente, permet de satisfaire le
maximum de transactions.
Tous les ordres d’achat et de vente sont présentés avant la séance de négociation. Les
ordres soumis par un négociateur pour le compte de ses clients ont priorité sur les ordres
soumis pour son propre compte.
À la fin de la séance, sont réalisées les opérations de blocs qui représentent les ordres
d'achat et de vente portant sur un grand nombre d'actions et/ou d’obligations. Chaque
négociateur recevra un état indiquant le résultat des ordres soumis c’est à dire ceux qui ont été
satisfaits avec le prix et la quantité de titres attribuée. Ces transactions doivent respecter les
cours cotés sur le marché.
18
[Link] Consulté le : 03/10/2017
19
Idem
74
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Source : [Link]
a) Marché Principal
La société doit être organisée sous forme de Société Par Actions (SPA).
Avoir un capital minimum libéré d’une valeur de cinq cents millions de dinars
(500.000.000 DA).
Publier des états financiers certifiés des trois exercices précédant celui au cours duquel
la demande d’admission est présentée.
Présenter un rapport d’évaluation de ses actifs effectué par un membre de l’ordre des
experts-comptables autre que le commissaire aux comptes de la société, ou par tout
autre expert dont l’évaluation est reconnue par la commission, sauf membre de cette
dernière.
Avoir réalisé des bénéfices durant l’exercice précédant sa demande d’admission, sauf
dérogation de la commission.
La société doit tenir la commission informée des cessions ou abandons d’éléments
d’actifs intervenus avant son introduction.
20
[Link] Consulté le 03/10/2017
75
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Justifier l’existence d’une structure d’audit interne devant faire l’objet d’une
appréciation du commissaire aux comptes dans son rapport sur le contrôle interne de
la société.
Dans le cas contraire, la société doit s’engager à mettre en place cette structure au
cours de l’exercice qui suit l’admission de ses titres en bourse.
Assurer la prise en charge des opérations de transfert de titres.
Régler les conflits majeurs entre actionnaires et entreprise.
S’engager à respecter les conditions de divulgation d’information
Diffuser dans le public des titres de capital représentant au moins 20% du capital
social de la société, au plus tard le jour de l’introduction.
Les titres de capital diffusés dans le public doivent être répartis auprès d’un nombre
minimal de cent cinquante (150) actionnaires, au plus tard le jour de l’introduction.
b) Marché obligataire
Sont considérés comme titres de créance les obligations, les obligations convertibles
en titres de capital, les titres participatifs, ou tout autre bon donnant droit à des titres de
capital.
L'encours des titres de créance pour lesquels l’admission aux négociations en bourse
est demandée doit être au moins égal à cinq cents millions de dinars (500.000.000 DA), le
jour de l’introduction.
76
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Sécurisé par le Dépositaire Central des titres (Algérie Clearing) et par les Teneurs de
Comptes-Conservateurs de titres (TCC), qui en assurent respectivement l’étanchéité
du système de règlement-livraison et la garde des titres.
Alimenté par les sociétés par actions cherchant un financement par appel public à
l’épargne et par l’Etat pour ses emprunts obligataires.
C’est une société par actions, créée par le décret législatif n°93-10 du 23 mai 199322 et
constituée le 25 mai 1997 ; elle constitue un cadre organisé et réglementé au service des IOB
en tant que professionnels pour leur permettre d'exercer leurs missions conformément aux lois
et règlements en vigueur. Depuis sa création, elle s'est attelée à mettre en place les dispositifs
opérationnels et techniques nécessaires aux transactions sur les valeurs mobilières admises en
bourse.23
21
[Link] consulté le 10/10/2017
22
[Link]
23
[Link] consulté le 10/10/2017
77
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Activité de contrepartie ;
d) Algérie Clearing
Le dépositaire central des titres en Algérie ayant pris pour dénomination sociale "Algérie
Clearing", a été institué par le décret législatif N°93-10 du 23 mai 1993, modifié et complété
par la loi N°03-04 du 17 février 200327, relatif à la Bourse des valeurs mobilières. Son
activité est placée sous la supervision de la Commission d’Organisation et de Surveillance
des Opérations de Bourse (COSOB). 28
24
[Link]
25
[Link] consulté le 11/10/2017
26
[Link] consulté le 11/10/2017
27
[Link]
28
[Link] consulté le 11/10/2017
78
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Cet organisme veille à une plus grande sécurité dans le déroulement des opérations sur
titres, une plus grande célérité dans le dénouement des transactions ainsi qu'une gestion
professionnelle des titres tout en appliquant une mise à niveau par rapport aux standards
internationaux.
Toutes les Banques publiques (BADR, BDL, BEA, BNA, CNEP-Banque, CPA) et la
banque privé BNP Paribas El Djazaïr.
Dans cette section, nous avons fait un petit rappel de l’historique de la Bourse d’Alger
et les événements marquant de son évolution notamment les introductions des entreprises.
29
[Link] Consulté le 13/10/2017
79
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
30
[Link] consulté le 03/10/2017
80
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
2-2-1-Phase de Pré-introduction
C’est la phase qui précède l’introduction en bourse et la première étape que doit suivre
l’émetteur dans tous les cas de figure, avant toute introduction en Bourse. Elle comprend les
phases suivantes :
31
[Link] consulté le 04/10/2017
81
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Visa de la COSOB : La Commission dispose d’un délai de deux (02) mois pour
étudier le dossier, et par conséquent accorde ou refuse son visa.
Adhésion au dépositaire central des titres : Préalablement à l’introduction en Bourse,
la société est tenue d’adhérer au Dépositaire Central afin d’inscrire tout son capital,
dans le cas d’une émission d’actions.
Campagne marketing : afin de réussir le placement de ses titres, l’émetteur lance une
campagne marketing à travers différents médias (radio, télévision, journaux…) et en
distribuant les prospectus et les notices d’information via tout le réseau d’agences du
syndicat de placement.
Vente des titres : La vente se fait, en général, par le biais du réseau bancaire. Les
investisseurs présentent leurs ordres d’achat directement auprès des agences bancaires,
membres du syndicat de placement, moyennant le dépôt d’un montant représentant la
contre-valeur de la quantité de titres demandée.
Divulgation des résultats : Si les conditions d’introduction à la cote sont remplies,
l’offre est déclarée positive et les résultats de l’opération sont rendus publics. Dans le
cas contraire, l’introduction du titre à la cote sera refusée.
Dénouement de l’opération : Le dénouement de l’opération est assuré par le
Dépositaire Central des Titres et ce, trois (03) jours ouvrables après la divulgation des
résultats.
C’est la phase où démarre la cotation du titre, après que l’entreprise ait obtenu l’autorisation
(décision d’admission) de la COSOB d’effectuer son entrée effective en bourse. La SGBV
publie un avis dans une édition du Bulletin Officiel de la Cote (BOC) indiquant la date de la
première séance de cotation ainsi que le cours d’introduction du titre. Les résultats de la
première cotation sont rendus publics par la SGBV et publiés au BOC.
C’est l’étape qui intervient juste après la première cotation du titre en Bourse et son évolution
sur le marché.
Le contrat de liquidité : Dans le but de réguler le cours des actions, les sociétés sont
autorisées à racheter leurs propres actions dans le cadre du contrat de liquidité. Le
contrat est signé entre la société et l’IOB; il a pour objet de définir les conditions dans
82
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Au cours de ces trois étapes du processus d’introduction en bourse qu’on a cité, diverses
institutions, professionnels et experts financiers sont appelés à intervenir :
À travers, cette section nous avons vu que le compartiment PME dispose de conditions
allégées et assoupli pour s’y introduire dans le but d’inciter les PME à s’intéresser à ce
marché.
Pour que ces dernières s’y introduisent, elles doivent suivre un processus qui comporte trois
phrases à savoir : Phase de pré-introduction, Phase d’introduction et Phase de post-
introduction.
83
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Une introduction en Bourse génère des coûts qui sont variables en fonction : de la
taille de l’opération, de la technique d’introduction en Bourse, du marché sélectionné et de
l’ampleur donnée à la communication financière.
Une introduction en Bourse génère aussi plusieurs avantages pour l’entreprise, c’est
une opportunité pour se financer, se développer et gagner en notoriété.
Dans cette section, nous allons d’abord voir les frais que génère une introduction en
Bourse d’Alger ensuite, nous allons présenter les avantages que procure cette dernière à la
PME.
Ces coûts peuvent être des coûts directs qui sont des exigences liées à l’introduction
(informations, mise aux normes juridiques..), la rémunération des intermédiaires financiers.
Ils peuvent être des coûts indirects sous forme de dépenses liées à la publicité (encarts dans
les médias, publications quotidiennes..).
Le tableau dans la page suivante résume l’ensemble des frais que génère une introduction en
Bourse d’Alger :
84
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Les frais de maintien à la cote : ..... 200 000 DA pour les actions
85
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
IOB Frais liés aux prestations réalisées par l’IOB accompagnateur et par les
chef de file autres banques constituant le syndicat de placement (commission de
placement).
Source : [Link]
On entend souvent que le marché financier n’est pas fait pour les PME mais ce dernier
représente une opportunité pour les PME pour se financer, se développé et gagner en
notoriété.
L’introduction d’une PME en bourse d’Alger procure les mêmes avantages qu’un
marché financier peut procurer à une entreprise d’une manière générale. En plus de ces
avantages, la bourse d’Alger offre des avantages fiscaux selon les différents articles des lois
algériennes.
En s’y introduisant, l’entreprise va lever des fonds qui vont lui permettre de financer ses
activités et ses ambitions quelles que soit leurs natures.
32
Sandy Campart et Jean-Marc Moulin « L’introduction en Bourse ». P42
86
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
L’introduction en Bourse, procure à l’entreprise les fonds propres et les capitaux dont
elle a besoin. Donc, ça lui permet de diversifier ses sources de financement 33 et réduire son
endettement.
Lever des fonds en bourse permet de financer le haut du bilan, donc renforcer les
fonds propres34 et les ratios de solvabilité de l’entreprise. Donc elle peut augmenter ainsi sa
capacité d’endettement et offrir plus de garanties à la banque car ses dernières sont très
sensibles au niveau des fonds propres pour accorder des crédits.
De plus, une entreprise cotée pourra facilement émettre des obligations, la bourse lui offre un
label de prestige et une crédibilité affirmée aux prés des tiers par comparaison avec celles
non cotées.
Gain de notoriété
La publicité faite autour d'une entrée en Bourse est importante et le statut de société cotée
assure une visibilité permanente à celle-ci. Les obligations en matière de transparence agissent
comme un label de qualité36.
La Bourse est donc indissociable de la notoriété.37 Il lui confère davantage de crédibilité aux
yeux de ses fournisseurs, clients et salariés. Elle lui facilite également le recrutement et lui
33
Gary Ravaz « L’introduction en Bourse : l’expérience des chefs d’entreprise ».édition Gualino.2003.P23
34
Sandy Campart et Jean-Marc [Link].P41
35
[Link]
36
Sandy Campart et Jean-Marc Moulin. [Link]. P44
87
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
donne une meilleure capacité de négociation auprès des banquiers et des partenaires
économiques.
Quand les fondateurs des entreprises ont atteint un âge où ils doivent passer le
flambeau. Le meilleur moyen pour pérenniser leurs entreprises reste la bourse.
Avantages fiscaux
Pour les anciens actionnaires, le produit de la vente de leurs actions lors l'introduction
en bourse est exonérée de tout impôt, conformément à « l’article 63 de la loi de finance
2015 »41.
Mobilisation en interne
37
Belletante.B, Levratto.N, [Link].P326
38
[Link]
39
[Link]
40
[Link] consulté le 5/10/2017 à 23h43
41
[Link] P.25 Consulté le 6/10/2017
88
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
permet aussi à l’entreprise de fidéliser ses salariés et renforcer leurs motivations par un
système de stock-options (Options d’achats ou de souscriptions d’actions).
Les stock-options permettent aux managers et aux salariés de l’entreprise de souscrire ou
d’acheter pendant une durée déterminée d’acheter des actions de leur entreprise.
Lors de l’introduction en Bourse d’Alger du groupe BIOPHARM, l’offre est segmentée en
deux segments : Le premier est le Segment A ouvert à tous les souscripteurs.
Le second est le segment B réservé aux employés du groupe BIOPHARM: Chaque employé
de ce groupe peut acquérir un et un seul lot de 10 actions au prix préférentiel spécifique
réservé aux employés de 1 102,50 dinars. Les actions souscrites à ce prix préférentiel
spécifique ne pourront être transigées pendant une période de trois mois après la date de
première cotation du titre. Elles seront librement négociables après cette période.42
À la fin de cette section, on constate que l’introduction en bourse génère des frais et des coûts
qui sont : les redevances aux intervenants, les commissions et honoraires d’accompagnement,
de placement, de conseil financier et juridique. Et aussi les frais de la publicité et de la
communication.
42
Notice d’informations de l’introduction en Bourse du groupe BIOPHARM. Disponible sur ce lien :
[Link]
89
Chapitre 03 : La Bourse d’Alger
Conclusion
La bourse d’Alger a été lancée officiellement en 1997 après plusieurs lois et réforme
qui ont commencé au début des années 1990, modifiées par plusieurs réformes après sa mise
en place.
Le premier est un marché de titres de capital qui se compose d’un marché principal destiné
aux grandes entreprises et Marché PME réservé aux Petites et Moyennes Entreprises.
Le second est un marché des titres de créances composé d’un marché des obligations et
marché des OAT réservé aux Obligations Assimilables au trésor.
La bourse d’Alger demeure parmi les plus petites dans le monde, elle compte
actuellement 5 entreprises cotées avec une très faible activité. La création du compartiment
PME a pour but de dynamiser la bourse et offrir une alternative de financement aux PME
mais aucune de ces dernières n’a osé s’aventurer dans une introduction en bourse depuis la
création de ce compartiment malgré les conditions allégées, plusieurs avantages et des
incitations fiscales.
Selon le directeur général de la bourse d’Alger, Monsieur Yazid Benmouhoub, « La
Bourse est une alternative de financement pour les PME notamment dans la situation
économique actuelle »43. En effet, les banques passent d’une situation de surliquidité à une
situation de manque de liquidité, selon la banque d’Algérie. Ce qui peut engendrer une baisse
de l’octroi des crédits.
43
[Link]
notamment-situation-economique-actuelle/
90
CHAPITRE 4:
Les facteurs de
réticence des PME
Algériennes à
l’introduction en
Bourse : enquête sur
le terrain
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Introduction
La Bourse d’Alger a mis en place un compartiment PME en 2012 mais à ce jour, il n’a
connu aucune activité. En effet, aucune PME ne s’est introduite sur ce compartiment malgré les
avantages qu’il peut leurs procurés. Elles demeurent réticentes à l’idée d’une introduction en
Bourse.
Dans ce présent chapitre, nous allons essayer d’identifier et présenter les facteurs de
blocages de l’introduction des PME à ce compartiment.
Pour atteindre notre objectif, nous avons effectué un entretien avec la chargée du
développement du marché au sein de la Bourse d’Alger. Afin de découvrir la réalité sur le
terrain et connaître l’avis des chefs d’entreprises sur la Bourse d’Alger en général et le
compartiment PME spécialement, nous avons effectué une enquête dans le but de cerner les
raisons qui empêchent les PME de s’introduire en Bourse.
À cet effet, nous avons effectué un questionnaire que nous avons distribué à un
échantillon de PME privées de différentes wilayas du pays et notamment celles de la wilaya de
Tizi-Ouzou.
Dans la première section de ce chapitre, nous allons identifier les facteurs de blocages
du compartiment PME. Ces facteurs sont liés à la Bourse, aux PME et aussi des facteurs
externes.
Enfin dans la dernière section, nous allons présenter les résultats de notre enquête.
92
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Dans cette section, nous allons identifier et expliquer les facteurs qui bloquent l’activité
du compartiment PME de la Bourse d’Alger et de réticences des PME à une introduction sur ce
compartiment.
Nous avons pris en compte les informations et les remarques données par la chargée du
développement du marché lors d’un entretien effectué avec elle à la Bourse d’Alger, nous avons
pris en comptes aussi les avis des chefs d’entreprise qu’on a pu recueillir lors de notre enquête
et aussi nos propres constats.
Dans la plupart des cas, Les PME Algériennes sont des entreprises familiales, les chefs
d’entreprise refusent d’ouvrir le capital à de nouveaux actionnaires car pour eux, l’entreprise
est « une affaire de famille » et l’introduction en Bourse est une ouverture de capital.
Selon le directeur général de la Bourse d’Alger, faire introduire des PME en bourse reste
difficile et compliqué car « ce n’est pas facile de convaincre les chefs d’entreprise d’ouvrir leur
capital à des personnes étrangères »1.
Parmi les facteurs les plus importants, la réticence des PME envers la bourse est due au
manque de culture boursière chez les dirigeants et les chefs d’entreprise. Ces derniers, à défaut
de pouvoir collecter continuellement des fonds auprès de leur entourage familial, se tournent
systématiquement vers le circuit bancaire, en raison du manque d'informations relatives à
l'intérêt, aux procédures et aux conditions de recours au financement via la bourse.
Selon le directeur général de la Bourse d’Alger « Nombreuses sont les entreprises familiales
qui n’ont pas conscience des valeurs ou de la méthode de fonctionnement de la bourse et qui
1
[Link] consulté le 22/10/2017
93
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
par conséquent n’ont pas la confiance et les connaissances nécessaires pour faire leur entrée
sur le marché boursier 2 »
Selon notre enquête, la majorité des dirigeants et des chefs d’entreprise ignore les avantages
que peut procurer une introduction en Bourse à une entreprise.
Le facteur juridique
La majorité des PME sont des SARL ou des SNC, ceci bloque l’introduction en bourse car
pour s’y introduire l’entreprise doit être une SPA.
Pour l’ancien ministre des Finances, M. DJOUDI (2007 à 2014) « la contrainte (pour le
marché des actions) est que les opérateurs (...) hésitent à aller vers ce marché car ils n'ont pas
le statut juridique voulu (SPA) (…) »[Link] introduction en Bourse nécessite un changement de
statut juridique de l’entreprise, ce dernier est considéré par les entreprises comme une contrainte
pour s’introduire en Bourse.
Selon notre enquête4, le changement de statut juridique est parmi les raisons principales de
réticence des PME à une introduction en Bourse.
La PME doit déposer auprès de la COSOB et de la SGBV un rapport annuel contenant les
états financiers annuels (le bilan, le tableau des comptes de résultat, le projet d’affectation du
résultat, les notes annexées aux états financiers, le tableau des flux de trésorerie, et le rapport
de gestion), le rapport du commissaire aux comptes et autres informations requises par
instruction COSOB5.
Donc les entreprises cotées doivent pratiquement tout dévoiler. Les informations sur les
ventes de la société nouvellement cotée, ses marges, ses salaires, ses projets d'avenir seraient
accessibles à tous.
2
Entretien disponible sur ce lien : [Link]
[Link]
3
[Link]
95295/print/1
4
L’enquête sera présentée dans la section 02 de ce chapitre.
5
Guide PME, document de la Bourse d’Alger. P13
94
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Durant notre enquête, la majorité des PME de notre échantillon a refusé de nous communiquer
leur chiffre d’affaires et il y a même celles qui ont refusé de nous communiquer leur effectif et
leur capital social.
Les entreprises cotées doivent réaliser de bons résultats pour maintenir un cours positif à
leurs titres, car une baisse des cours les premiers jours de l’introduction pourrait avoir un impact
négatif sur leurs notoriétés.
Les entreprises cotées doivent mettre en place une politique de dividendes pour rémunérer
les actionnaires. Ceci peut compromettre leurs stratégies de financement et de croissance.
En effet, bon nombre de sociétés privées sont gérées dans l’opacité, loin des normes en
vigueur.8
Notre enquête9 sur le terrain nous a permis de constater que la transparence n’est pas le
point fort des PME de notre échantillon et il y a même celles qui exercent dans l’informel.
On peut expliquer ça à travers des exemples : Il y a des PME qui ne déclarent pas tous
leurs salariés. D’après quelques témoignages, les chefs d’entreprise augmentent les charges
pour faire baisser le chiffre d’affaires et payer moins d’impôts. Aussi, ils ne déclarent que les
salaires de base des employés afin de réduire les charges versées à la caisse nationale des
assurances sociale (CNAS).
6
Belletante.B, Levratto.N, « Diversité économique et modes de financement des PME » éd le Harmattan, Paris,
2001.P328
7
[Link]
bourse-pourra-alleger-fardeau-de-dette-leconomie/ consulté le 24/10/2017
8
[Link] consulté le
25/10/2017
9
L’enquête sera présentée dans la deuxième section de ce chapitre
95
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Donc pour s’introduire en Bourse, il faut s’engager à adopter une stratégie de bonne
gouvernance et de gestion transparente des comptes de l’entreprise. Cette transparence implique
notamment un effort de communication financière ciblant les investisseurs externes, et les
actionnaires.
Parmi les caractéristiques des PME le faible degré de spécialisation, elle est « constatée tant
en niveau fonctionnel où l’on observe le plus souvent une difficulté à différencier les tâches,
différenciation qui ne va s’affirmer qu’avec l’accroissement de la taille10 ». De ce fait, on peut
déduire que la majorité des PME n’ont pas une structure d’audit interne (Aucune PME de notre
échantillon11 ne dispose d’une structure d’audit interne).
Pour s’introduire en Bourse, l’existence d’une structure d’audit interne est exigée, chose qui
est quasi inexistante chez les PME, donc ça constitue un frein pour l’introduction en Bourse de
ces entreprises.
L’entrée en bourse reste une opération coûteuse pour l'entreprise en termes de temps. En
effet, une fois le processus d'introduction lancé, tout le staff dirigeant est mobilisé durant toute
l'opération car ça nécessite une implication totale de ce dernier. C’est une période très chargée
en termes d’organisation et d’activités (réorganisation juridique, rédaction du prospectus…
etc.) pour une PME.
L'entreprise doit dépenser une fraction du revenu de l'introduction en Bourse pour couvrir
les différentes charges afférentes à cette opération. (0.075 % à la COSOB 0.05% à la SGBV,
10
Marchsnay.M, [Link].p.6
11
Echantillon présenté à la deuxième section de ce chapitre.
96
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
100.000Da pour l’inscription du titre à la cote et 0.01 % de son capital social pour s’adhérer au
dépositaire central).
Une fois cotée, l'entreprise doit supporter d'autres dépenses récurrentes. Elle doit verser
200.000Da annuellement pour le maintien du titre en cote.
En plus des coûts cités ci-dessus, il existe d’autres frais qui sont essentiellement des
frais de publication des documents comptables et financiers prévus par la loi, des coûts liés aux
prestations réalisées par le promoteur en bourse et des charges supplémentaires du personnel
s'occupant de la gestion des relations avec les nouveaux investisseurs.
D’après notre enquête les coûts sont jugés élevés par quelques entreprises.
La COSOB prend environ 6 mois pour étudier le dossier de l’entreprise pour décider d’un
accord ou d’un refus de visa d’entrée en Bourse.
Cette durée est plutôt longue si on la compare au marché français ALTERNEXT, l’autorité
concernée fait l’étude du dossier en 5 jours12 pour délivrer ou refuser le visa d’entrée sur ce
marché.
Avec cinq (05) entreprises cotées en 2017 sur le marché principal des actions, la Bourse
d’Alger n’attire pas grand monde (Ni les investisseurs, ni les émetteurs).
L’absence des grandes entreprises nationales et privées sur le marché principal a engendré
un manque de confiance envers la Bourse d’Alger. Cette dernière est peu crédible aux yeux des
PME et même des investisseurs.
Si on avait un marché principal dynamique, les entreprises les plus performantes (nationales
et privés) y sont cotées, la Bourse d’Alger gagnera en confiance vis-à-vis des investisseurs et
des entreprises (Selon les résultats de notre enquête le manque de confiance en la Bourse
d’Alger est parmi les raisons principales qui empêchent les PME de s’introduire en Bourse).Elle
deviendra crédible et intéressante aux yeux des entreprises.
12
Gary Ravaz « L’introduction en Bourse : l’expérience des chefs d’entreprises ».édition Gualino.2003.P29
97
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
.1-3-Facteurs externe
L’État ne va pas dans le même sens que la Bourse et ne considère pas son développement
comme une priorité.
Le gouvernement a mis en Bourse une fraction du capital des deux entreprises publiques
SAIDAL et El AURASSI. La privatisation via le marché financier s’est arrêtée là.
On peut déduire que l’État a une grande part de responsabilité dans l’échec de cette introduction
et il a raté l’occasion de donner un coup de pouce à la crédibilité et la visibilité de la Bourse
d’Alger.
13
Document de la COSOB disponible sur ce lien : [Link]
98
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
L’accès des PME aux crédits bancaires est facilité par l’existence de deux organismes,
16
le premier est le Fonds de garantie des Crédits aux PME (FGAR). Créé en 2002 en
application de la loi d’orientation sur les PME facilite à ces dernières l'accès aux financements
bancaires à moyen terme en accordant des garanties de crédits aux banques commerciales.
Le second est la caisse de garantie du crédit d’investissement, qui est une institution publique
mise en place pour soutenir la création et le développement de la PME en lui facilitant l’accès
au crédit.17
Donc, il y avait une facilité pour les entreprises d’accédé aux crédits avec des taux
bonifiés mais depuis la chute des prix du pétrole, nous assistons à une baisse des liquidités de
banques d’environs de 64 %18, ce qui a impacté directement leurs capacités de financement.
Si durant la période d’aisance financière les banques allouaient les crédits sans grandes
difficultés, ce n’est plus le cas aujourd’hui.19
Notre enquête confirme le fait que les PME se financent principalement par crédit bancaire.
14
Robert [Link], P129
15
Extrait d’un entretien disponible sur ce lien : [Link]
[Link]
16
[Link] consulté le 26/10/2017
17
[Link] consulté le 26/10/2017
18
[Link]
bourse-pourra-alleger-fardeau-de-dette-leconomie/ consulté le 28/10/2017
19
[Link] consulté le
25/10/2017
99
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Crée dans le cadre des réformes de première génération engagées en Algérie durant les
années 1990.20 L’ANDI est une agence qui prend en charge l’investissement dans le but de
promouvoir et encourager ce dernier. Elle assiste, aide et accompagne les entreprises dans leurs
investissements.
Pour inciter les entreprises à investir, l’ANDI a mis en place des mesures d’appui à ces
dernières, notamment « des incitations en matière de financement 21»:
Avec ces incitations et ces mesures d’appui, l’ANDI est un concurrent direct de la Bourse
d’Alger, vu qu’elle offre une alternative de financement aux entreprises en octroyant des prêts
non rémunérés.
L’ANDI encourage aussi les PME a contracté des crédits bancaires. Ces derniers seront
bonifiés par cette agence (Les bénéficiaires du crédit ne supportent que le différentiel non
bonifié du taux d’intérêt.)
20
[Link] Consulté le 24/10/2017
21
[Link] consulté le 24/10/2017
100
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Nous avons mené une enquête sur le terrain auprès des PME privées du pays en utilisant
un questionnaire22 élaboré à partir de notre recherche bibliographique et de la partie théorique
de notre travail.
2-1-Présentation de l’enquête
L’enquête que nous avons menée sur le terrain, s’est déroulée le mois d’Octobre 2017.
Nous avons distribué des questionnaires aux propriétaires dirigeants des PME de la
wilaya de Tizi Ouzou que nous avons rencontrées dans les sièges de leurs entreprises.
En ce qui concerne les PME des autres wilayas, nous avons profité du salon de
l’industrie23 qui s’est tenu à Alger du 10 au 13 Octobre 2017 pour pouvoir approcher les
propriétaires dirigeants des PME hors wilaya de Tizi Ouzou présent dans ce salon afin d’avoir
des réponses sur notre questionnaire que nous avons distribué sur place.
Nous avons réalisé des entretiens avec quelques entrepreneurs qui n’arrivaient pas à
comprendre nos questions et aussi pour approfondir quelques points ou ajouter quelque chose
à ce sujet.
Nous avons, en premier lieu élaboré un questionnaire en se basant sur les points que
nous avons traité durant notre recherche.
22
Voir annexe 01
23
[Link]
international-de-l-industrie-alger-industrie&Itemid=547&lang=fr
101
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
La majorité des questions de notre questionnaire sont des questions fermées pour
faciliter la tâche aux chefs d’entreprise, seulement deux questions qui sont ouvertes pour les
laisser s’exprimer et ajouter leurs points de vue qui peuvent nous être utile.
2-3-Prèsentation de l’échantillon
Notre échantillon est composé de 30 PME choisies aléatoirement où toutes les PME
algériennes privées peuvent faire partie de la population d’enquête (mis à part les TPE).
Vu les différentes contraintes rencontrées sur le terrain et par faute de temps nous ne
sommes arrêtés à 30 PME bien que la taille de notre échantillon soit loin de l’idéal statistique.
(L’échantillon doit représenter 10 % de la population de l’enquête)26
24
Disponible comme support avec notre questionnaire vu que la majorité ne les connaissent pas
25
Idem
26
Angers Maurice « initiation pratique à la méthodologie des sciences humaines » Alger : Casbah
université.1997. P244
102
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
2-3-1-Composition de l’échantillon
On va d’abord faire une répartition des PME de notre échantillon selon les wilayas,
ensuite selon la forme juridique et enfin selon l’effectif.
Wilayas Nombre
Tizi Ouzou 17
Alger 5
Blida 2
Bejaia 3
Boumerdes 2
Oran 1
Source : Conception personnelle à partir des résultats de l’enquête.
103
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
SARL
SPA
EURL
SNC
104
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Effectif de l'echantillon
60%
50%
40%
30% 57%
20% 43%
10%
0% Pourcentage
10 à 49 50 à 250
On constate que plus de la moitié de l’échantillon à un effectif qui ne dépasse pas les 50
personnes, donc ce sont des petites entreprises. Le reste de l’échantillon est des moyennes
entreprises. (50 à 250).
Cette section nous a permis de présenter notre enquête et la méthode de recueil de donnés dans
un premier temps. Ensuite, nous avons réparti les PME de notre échantillon selon les wilayas,la
forme juridique et l’effectif.
105
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Dans cette section, nous allons présenter les résultats que nous avons obtenus à l’issue
de notre enquête que nous avons effectué sur un échantillon de PME.
Nous allons présenter les résultats obtenus en ce qui concerne le financement des PME
de notre échantillon.
Pour savoir si les PME de notre échantillon, utilise le financement interne uniquement
ou bien elles font appel au financement externe, nous avons posé la question27 suivante.
Modes de financement
17%
83%
27
Voir question N07 du questionnaire. Annexe 1
106
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
La majorité (83%) utilise un financement interne et fait appel au financement externe, cela est
dû à l’insuffisance des ressources internes.
La majorité des PME de notre échantillon fait appel au financement externe, les modes
de financement externes utilisé sont dans ce tableau ci-dessous :
Emprunt bancaire 89 %
Leasing 7%
Emprunt obligataire 0%
Capital investissement 4%
Introduction en Bourse 0%
80%
60%
40%
20%
0%
Emprunt bancaire Leasing Capital Emprunt obligataire Introduction en
investissement Bourse
107
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Ensuite, les PME de notre échantillon utilisent le leasing à 7%, le capital investissement
à 4%. Enfin, aucune PME ne fait recours à l’emprunt obligataire et l’introduction en Bourse.
Tableau N12 : Niveau de satisfaction des PME de leurs modes de financement utilisés
Satisfaisants 50%
Graphique N05 : Niveau de satisfaction des PME de leurs modes de financement utilisés
Niveau de satisfaction
10%
Satisfaisant
50% Moyenement satisfaisant
40%
Peu satisfaisant
28
Robert [Link] P129
108
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
On constate que la moitié des PME sont satisfaites de leurs modes de financement et
40% sont moyennement satisfaites. Donc, ils se contentent de continuer à les utiliser sans
chercher d’autres alternatives de financement.
Seulement 10% sont peu satisfaits de leur mode de financement car ça ne leur permet
pas d’atteindre leurs objectifs.
Oui 80%
Non 20%
20%
Oui
Non
80%
109
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
On remarque que la majorité des PME (80%) de notre échantillon sont au courant de
l’existence d’une Bourse en Algérie. Par contre, 20% ignorent encore l’existence d’une Bourse.
Tableau N14 : Information sur l’existence d’un compartiment PME à la Bourse d’Alger
Oui 43%
Non 57%
Source : Conception personnelle à partir des résultats de l’enquête.
Graphique N07 : Information sur l’existence d’un compartiment PME à la Bourse d’Alger
43% Oui
57%
Non
On remarque que plus de la moitié des PME (57%) de notre échantillon qui sont au
courant de l’existence d’une Bourse en Algérie ignore l’existence d’un compartiment PME.
110
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Simple 7%
Compliquée 53%
Sans avis 40%
Source : Conception personnelle à partir des résultats de l’enquête.
43%
50%
On constate que la moitié des PME de notre échantillon trouve que les conditions
d’admission sur le compartiment PME sont compliquées et contraignantes notamment le
changement de statut juridique et l’exigence d’une structure d’audit interne au sein de
l’entreprise.
111
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
3-2-4- Connaissance des avantages que procure une introduction en Bourse à l’entreprise
Pour connaître le degré de culture boursière des chefs d’entreprise de notre échantillon,
nous avons posé la question29 suivante : Est-ce que vous êtes au courant des avantages que
procure une introduction en Bourse à votre entreprise ?
Tableau N16 : Connaissance des avantages que procure une introduction en Bourse à
l’entreprise
Oui 17%
Non 70%
70%
On constate que la majorité des PME (70%) de notre échantillon ignore les avantages
d’une introduction en Bourse, cela est dû au manque de culture boursière des chefs d’entreprise
et des dirigeants. Seulement 17% connaissent les avantages. Le reste est sans réponse.
29
Voir question N13. Annexe N01
112
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Oui 7%
Non 73%
73%
D’après ces résultats, 73% des PME de notre échantillon n’ont pas l’intention de
s’introduire en Bourse pour diverses raisons qu’on verra ci-dessous. 20 % sont intéressées mais
hésitent à s’aventurer dans une introduction en Bourse et seulement 7 % des PME sont
intéressées.
113
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Tableau N18 : Les facteurs qui empêchent les PME de s’introduire en Bourse
25%
20%
15%
10%
5%
0%
114
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
On constate que les raisons principales qui empêchent les PME de s’introduire en
Bourse sont le manque d’informations concernant la Bourse d’Alger (27%), le manque de
confiance en la Bourse d’Alger (24%) et le changement de forme juridique en SPA (20%).
En second lieu, les PME trouvent que la lenteur de l’étude du dossier et la publication
des informations sur l’entreprise sont aussi parmi les raisons qui freinent l’introduction en
Bourse à hauteur de 8% chacune.
Enfin, les PME trouvent que les coûts et conditions d’admission jugés élevés et
compliquée sont aussi des raisons qui les empêchent de s’introduire en Bourse.
Oui 57%
Non 27%
Sans avis 16%
Source : Conception personnelle à partir des résultats de l’enquête.
16%
Oui
27% 57%
Non
Sans avis
115
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
On constate que plus de la moitié (57%) de notre échantillon pense que le compartiment
PME de la Bourse d’Alger a de l’avenir et ils sont optimistes au développement de ce dernier,
notamment avec la conjoncture économique actuelle, ce compartiment représente une
alternative de financement pour les PME.
Elle nous a permis aussi d’identifier les raisons principales parmi celles qu’on a citées
qui empêchent les PME de s’introduire en Bourse.
116
Chapitre 04 : Les facteurs de réticence des PME Algériennes à
l’introduction en Bourse : enquête sur le terrain
Conclusion
La Bourse d’Alger a mis en place un compartiment PME pour offrir une alternative de
financement aux PME mais aucune de ces dernières n’a osé s’aventurer dans une introduction
en Bourse. Ceci est dû au caractère familial de leurs capitaux, leurs natures juridiques et surtout
une absence de culture boursière chez leurs dirigeants.
Les PME préfèrent se financer via les banques, notamment avec l’aide du Fonds de
garantie des Crédits aux PME et la caisse de garantie du crédit d’investissement qui leur
facilite l’accès aux crédits bancaire d’une part et les bonifications des crédits par le trésor public
à 3 % d’une autre part. Ceci a poussé les PME à mettre de côté le financement via une
introduction en Bourse.
D’après notre enquête effectuée, la majorité des PME de notre échantillon est optimiste
au développement du compartiment PME vu les avantages qu’il peut leur procurer notamment
la levée des fonds et les avantages fiscaux accordés.
117
Conclusion générale
Conclusion générale
Conclusion générale
La PME constitue l’un des piliers de tout système économique, à travers sa contribution
à la croissance économique, à la cohésion sociale, à l’emploi et au développement local.
Pour bien remplir son rôle, exercer son activité et continuer son développement, la PME a
besoin de financement.
Pour se financer, la PME est appelée, en plus de son financement interne à faire appel à
un financement externe. « Diverses études démontrent qu’après l’autofinancement, la PME
recourt prioritairement à l’endettement bancaire »1, donc la PME à tendance à privilégier les
dettes bancaires aux autres sources externes puisque ces moyens de financement leur permettent
de garder l’autonomie de gestion et de décision.
Toutefois, la PME ne peut pas se financer uniquement par le crédit, au-delà d’un certain
niveau d’endettement, les frais financiers finissent par pénaliser les résultats de l’entreprise, par
conséquent la banque ne prête plus. De ce fait, la PME peut se tourner vers d’autres sources de
financement externe liés à une ouverture de capital afin d’éviter l’endettement, tels que le
capital-investissement et l’introduction en Bourse.
L’introduction en Bourse est une opération financière qui consiste à mettre en vente des
titres d'une société sur un marché boursier2 dans le but de faire appel à l’épargne publique et
lever des fonds.
Pour assurer le financement des PME, la Bourse demeure l’un des moyens les plus
opportuns, son rôle dans le financement de l’entreprise n’a cessé de croître au fil des années.
Afin d’éviter aux PME de se confronter à la concurrence des grandes entreprises sur les marchés
financiers, des compartiments spécifiques aux PME ont été mis en place. « Lancés dans les
années 70 avec le NASDAQ aux USA, et dans les années 80 en Europe, avec les Unlisted
Securities Market anglais, le second marché français, le Parallelmarkt néerlandais , le
Drittmarkt danois ou le Second Marché belge, les marchés boursiers spécifiques aux PME ont
1
Robert [Link] P129
2
[Link]
119
Conclusion générale
connu des succès divers. Certains sont aujourd’hui florissants tandis que d’autres ont disparu
(…) ». 3 Aujourd’hui, on peut citer l’ALTERNEXT en Europe, l’Alternative Investment Market
Anglais, le NASDAQ Small cap Market (segment du NASDAQ) comme segments des marchés
financiers mondiaux connus dédié aux PME.
En Algérie, la Bourse a été lancée officiellement en 1997 mais demeure encore très peu
active.
En plus de ces avantages, les lois Algériennes procurent des avantages fiscaux afin
d’inciter les entreprises à s’introduire en Bourse. En effet, les opérations portant sur une
introduction à la bourse sont exonérées de l'impôt sur le revenu global (IRG) ou de l'impôt sur
le bénéfice des sociétés (IBS). Une introduction en Bourse procurera à l’entreprise une
réduction de l'impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS) égale au taux d'ouverture du capital social
en bourse pour une période de cinq (5) ans,
Malgré tous ces avantages, à ce jour, le compartiment PME de la Bourse d’Alger n’a
connu aucune activité. En effet, aucune PME ne s’est introduite sur ce compartiment. Elles
demeurent réticentes à l’idée d’une introduction en Bourse.
Dans notre travail, nous avons essayé de cerner les raisons qui empêchent les PME de
s’introduire en Bourse.
3
Robert WTTERWULGHE. Op. Cite P145
120
Conclusion générale
En effet, le caractère familial de la PME est une contrainte pour une introduction en
Bourse car le chef d’entreprise refuse d’ouvrir le capital à de nouveaux actionnaires en dehors
du cercle familial. Ceci confirme notre première hypothèse.
La réticence des PME envers la bourse est aussi due au manque de culture boursière
chez les dirigeants et les chefs d’entreprise. Ces derniers, à défaut de pouvoir collecter
continuellement des fonds auprès de leur entourage familial, se tournent systématiquement vers
le circuit bancaire, en raison du manque d'informations relatives à l'intérêt et aux procédures et
conditions de recours au financement via la bourse. Les PME sont déconnectées de la réalité
financière et leur connaissance de la finance est limitée. Ceci confirme notre deuxième
hypothèse.
L’accès au circuit bancaire est facilité par l’existence de plusieurs dispositifs d’aide aux
PME, notamment le FGAR, La Caisse de Garantie du Crédit d’Investissement et aussi la
politique de bonification des crédits par le trésor public et l’ANDI.
La majorité des PME sont des SARL ou des SNC, ceci bloque l’introduction en bourse
car pour s’y introduire l’entreprise doit être une SPA, ce changement de statut juridique est
considéré par les entreprises comme une contrainte pour s’introduire en Bourse. Ceci est
confirmé durant notre enquête.
L’autre raison de la réticence des PME à l’introduction en Bourse est due au manque de
confiance envers la Bourse d’Alger, ceci est engendré par le manque de dynamisme du marché
principal et l’absence des grandes entreprises publiques et privées sur ce marché.
Ce manque de confiance est engendré aussi par un manque de volonté de l’État. En effet,
le programme de privatisation d’un nombre important d’entreprises, de filiales et d’unités de
production de biens et de services, s’est déroulé en dehors de la Bourse d’Alger, aussi l’emprunt
obligataire national en 2016 s’est déroulé en dehors de la Bourse d’Alger. Donc, l’État aurait
121
Conclusion générale
pu dynamiser la Bourse, la rendre plus crédible et plus visible sur la scène économique
nationale.
Les résultats de notre enquête illustrent toutes ces contraintes, 57 % de notre échantillon
ignore l’existence d’un compartiment PME à la Bourse d’Alger, 70 % de notre échantillon
ignore les avantages d’une introduction en Bourse. Ceci illustre le manque de culture Boursière.
On constate aussi que selon notre enquête les raisons principales qui empêchent les PME de
s’introduire en Bourse sont le manque d’informations concernant la Bourse d’Alger (27%), le
manque de confiance en la Bourse d’Alger (24%) et le changement de forme juridique en SPA
(20%). Cette enquête nous a permis de remarquer le manque de bonne gouvernance au sein des
PME, en effet elles manquent de transparence et certaines entreprises exercent dans l’informel.
Nous pensons que notre travail a contribué, en partie, à comprendre certains points
relatifs aux causes de l’inactivité du compartiment PME de la Bourse d’Alger. Néanmoins,
comme tout autre travail, il présente des limites. En effet, d’une part on n’a pas pu trouver
d’autres sources d’information à propos de la Bourse d’Alger mise à appart le site officiel de la
Bourse d’Alger, le site de la COSOB et un seul ouvrage bibliographique. D’une autre part, la
taille réduite de notre échantillon et des entreprises enquêtées, ne nous permettent pas de
généraliser les résultats sur l’ensemble de la population étudiée.
Durant notre enquête, nous ne sommes confrontés à une contrainte principale : beaucoup
de chefs d’entreprise ont refusé de répondre à notre questionnaire pour faute de temps et/ou un
manque d’intérêt à notre sujet principal (introduction en Bourse). D’autres ont refusé de donner
leurs avis à cause du manque d’informations et de connaissances sur ce sujet.
122
Bibliographie
Bibliographie
Bibliographie
Ouvrages
124
Bibliographie
125
Bibliographie
Thèses
126
Bibliographie
Lois et articles :
Sites internet :
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127
Bibliographie
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128
Annexes
Annexe N01 : Questionnaire
Entreprise privée
Entreprise publique
Autre : ……
SPA
SARL
SNC
EURL
Autre : …..
130
5- Quel est le capital social de votre entreprise
Financement interne
Financement externe
Emprunt bancaire
Emprunt obligataire
Capital-investissement
Introduction en bourse
Satisfaisants
Moyennement satisfaisants
Peu satisfaisants
131
Informations relative au marché financier
10- Est ce que vous êtes au courant de l’existence d’une bourse en Algérie ?
Oui
Non
11- Si oui, en tant que PME, êtes-vous informée de l’existence d’un compartiment PME à la
Bourse d’Alger ?
Oui
Non
Simple
Compliquée
13-Est-ce que vous êtes au courant des avantages que procure une introduction en bourse à
votre entreprise ?
Oui
Non
132
14 Comment jugez-vous les avantages fiscaux accordés aux entreprises introduites en bourse :
Intéressants
Moyennement intéressants
Non intéressants
15- Est ce que vous êtes intéressé par une introduction en bourse ?
Oui
Non
Autres, précisez ……
133
17- Pensez-vous que votre entreprise pourra s’introduire en bourse à l’avenir
Oui
Peut être
Non
Oui
Non
19- Avez-vous quelque chose à ajouter sur la bourse d’Alger et le compartiment PME plus
précisément ?
…………………………………………………………
134
Dédicaces
Remerciements
Sommaire
Liste de graphiques
Introduction générale………………………………………………………………………12
Introduction………………………………………………………………………………....19
1-1-Définition de la PME…………………………………………………………………….20
1-1-3-1-En Europe…………………………………………………………….22
1-1-3-2-Aux Etats unis……………………………………………………......23
1-1-3-3-En Algérie…………………………………………………………… 24
1-2-1-1-L’entreprise individuelle……………………………………………..25
1-2-2-1-Secteur primaire……………………………………………………...26
1-2-2-2-Secteur secondaire…………………………………………………....26
1-2-2-3-Secteur tertiaire……………………………………………………….26
3-1-1-L’autofinancement……………………………………………………………..29
3-2-1-Endettement bancaire…………………………………………………………..30
3-2-2 Le leasing………………………………………………………………………………..33
3-2-4-Capital investissement……………………………………………………….....36
3-2-5-Introduction en bourse………………………………………………………….38
Conclusion……………………………………………………………………………………41
Chapitre 02 : Cadre général du marché financier…………………………………………42
Introduction………………………………………………………………………………….43
2-1-1-1-Marché en continu………………………………………....................48
2-1-2-1-Marché organisé……………………………………………………...51
2-2-1-Mobilisation de l'épargne………………………………………………………52
Section 03 : Les intervenants sur le marché financier et les produits financiers ……………..54
3-2-1-1-Action ………………………………………………………………..56
Conclusion……………………………………………………………………………………65
Introduction………………………………………………………………………………….67
1-2-1-Phase de Pré-introduction.............................................................................…...81
Conclusion……………………………………………………………………………………90
Introduction …………………………………………………………………………………92
2-1-Présentation de l’enquête………………………………………………………………..101
2-2-La méthode de recueil de données ……………………………………………………...101
2-3-1-Composition de l’échantillon…………………………………………………103
3-2-6- Les facteurs qui empêchent les PME de s’introduire en Bourse ……………114
Conclusion…………………………………………………………………………………..117
Conclusion générale………………………………………………………………………..118
Bibliographie ………………………………………………………………………………123
Annexes …………………………………………………………………………………....129
L’introduction en Bourse représente une opportunité pour les PME pour se financer, se
développer et gagner en notoriété. De ce fait, la Bourse d’Alger a mis en place un compartiment
PME pour leur permettre de profiter de tous les avantages qu’il peut leur procurer. Néanmoins,
Les PME algériennes sont réticentes à l’idée de s’introduire en Bourse, ce présent travail a pour
but d’identifier ces raisons et ces obstacles qui empêchent ces entreprises de s’introduire en
Bourse. Toutes fois, avant d’entamer cette analyse, une présentation de la PME et ses
caractéristiques s’impose car ces dernières ont des particularités. Ainsi qu’une présentation du
marché financier d’une manière général et la Bourse d’Alger particulièrement en mettant
l’accent sur les conditions, les procédures et les avantages d’une introduction en Bourse d’une
PME. Les résultats de cette étude montrent que la responsabilité de l’inactivité du compartiment
PME de la Bourse d’Alger est partagée entre les PME, la Bourse et des facteurs externes qui
ont influencé négativement.
Abstract :
The Initial Public Offering represents an opportunity for Small and Medium-sized
Enterprise to finance, grow and gain notoriety. As a result, the Algiers Stock Exchange has set
up an SME compartment to enable them to take advantage of all the benefits it can provide.
Nevertheless, Algerian small and medium-sized enterpriseare reluctant to go public, this work
aims to identify these reasons and obstacles that prevent these companies from entering the
stock market. However, before starting this analysis, a presentation of the small and medium-
sized enterprise and its characteristics is necessary because they have particularities. As well as
a presentation of the financial market in a general way and the Algiers Stock Exchange
especially by focusing on the conditions, procedures and benefits of an IPO of an SME. The
results of this study show that the responsibility for the inactivity of the SME compartment of
the Algiers Stock Exchange is shared between SME, the stock market and external factors that
have negatively influenced.