Maorg 048 0075
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Yacouba TRAORE
Expert-Comptable diplômé
Président de l’Ordre des Experts Comptables
et des Comptables Agréés du Burkina Faso (ONECCA-BF)
Président de la société d’expertise comptable ETY SAS
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RÉSUMÉ
75
Mots-clés : Organisation Non Gouvernementale (ONG),
Comptabilité Analytique, méthodes de calcul de cout,
Management, Comptabilité Budgétaire Analytique.
ABSTRACT
On the Appropriate Trajectory of the Adoption of
Adapted Cost Accounting for Non-Governmental
Organisations in the Uemoa (West Africa Economic
And Monetary Union): Issues and Prospects!
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view of the related managerial implications, it proposes that
NGOs adopt a flexible analytical accounting model such as
Analytical Budget Accounting (ABA).
76
Ces chiffres illustrent l’importance du volume financier lié aux ONG
dans cette partie du monde. Pourtant, selon des publications académiques
récentes, les travaux en management sur l’Afrique ou en contexte africain
restent assez peu centrés sur les ONG, leur spécificité et leur impact,
malgré leur poids de plus en plus considérable (Zoogah, 2008 ; Seny Kan,
Apitsa, Adegbite, 2015 ; Walumbwa et al., 2011). Néanmoins, des voix
s’élèvent pour réclamer des techniques transparentes de mesure de la
performance et du partage des coûts communs dans les ONG. Nous
retrouvons logiquement, parmi ces voix, les partenaires bienfaiteurs de ces
ONG, à savoir les donateurs de fonds institutionnels à l’instar de l’USAID
(United States Agency for International Development) et de ECHO (service d'aide
humanitaire et de protection civile de la Commission européenne). Ces donateurs
demandent concrètement le déploiement des outils de gestion qui
permettraient plus de transparence, de professionnalisme et de
redevabilité dans la gestion des ONG, notamment celles bénéficiant de
leurs financements. Les préoccupations soulevées peuvent être formulées
ainsi : comment des charges communes et/ou indirectes des ONG de la
zone UEMOA, bénéficiant de plusieurs financements de donateurs, sont-
elles explicitement affectées à ces différents donateurs ? En d’autres
termes, quelle est la méthode de répartition utilisée ?
La réponse à ces questions est aisée à apporter dans les entités agissant
en économie marchande et pratiquant une comptabilité analytique (CA).
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Toutefois cette réponse devient délicate quand elle concerne des ONGs
dont la pratique, l’usage et le niveau d’appropriation de ces outils de
gestion en général et de la CA en particulier sont tout à fait insuffisants.
(Soldevila, Oliveras, 2001). Même si nous assistons ces deux dernières
années à un regain d’intérêt des normalisateurs régionaux – l’Organisation
pour l’harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA) à
travers son projet de Système Comptable pour les Entités à but non
lucratif – et des normalisateurs internationaux à travers le projet
International Financial Reporting for Non Profit Organizations, à la
régulation de l’information financière dans le secteur des ONGs, il faut
noter que comme les autres outils de gestion, la CA est restée longtemps
l’apanage des organisations lucratives.
En outre, dans les organisations sociales, les résultats des opérations
sont des services rendus à des populations plutôt que des produits ou biens
tangibles dont on peut calculer le cout monétaire. Cela rend problématique
l’usage de la CA dans ces organisations, sans un processus préalable
d’adaptation.
Ces constatations et observations – issues de notre activité
professionnelle - et de la rareté des études académiques dédiées, nous
amènent à nous interroger sur le dépassement possible de
l’incongruence de la conception à l’usage des outils de gestion pour
des outils de gestion adaptés au contexte singulier des ONG et,
dans notre cas, la comptabilité analytique.
77
Un usage a minima et une appropriation adaptée de la CA pourraient
en effet contribuer au renforcement d’un signal de rigueur et de
transparence lié au pilotage des ONG. La question est bien celle 1) de leur
crédibilité auprès des donateurs 2) de leur attractivité et par voie de
conséquence 3) de leur impact ex post sur le développement. Cette
approche théorique impose d’appréhender la CA à travers une
compréhension conjointe et contingente de son appropriation par les
opérateurs en charge du contrôle de gestion.
Après avoir fait la revue de littérature autour des concepts clés, nous
présenterons les résultats et les causes possibles de la situation, puis nous
en déclinerons les implications managériales et les solutions possibles.
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la dichotomie conception-usage par des déformation, transformation et
réappropriation multiples (théorie appropriative type « mise en acte des
outils de gestion »). Espinasse et Dreveton (2021) schématisent le
processus d’appropriation en pré-appropriation, appropriation originelle,
routine 1, ré-appropriation, routine 2 et le cycle récursif continue. Ces
auteurs conviennent alors que l’appropriation est une alternance
conception/mise en œuvre continuelle jusqu’à ce que l’outil inadapté au
départ à un usage donné, atteigne une « valeur d’usage ou
d’appropriation » acceptable. Selon cette perspective « valeur
d’appropriation », c’est surtout la co-construction locale et chemin faisant
de l’outil de gestion qui compte. Sur cette base, nous formons la
proposition que l’appropriation d’un dispositif de type comptabilité
analytique par les ONG soit rendue possible par un processus dialectique
récursif et continu, nécessitant un dépassement de la dichotomie
conception-usage par des déformation, transformation et réappropriation
multiples.
78
appropriation « mise en acte » d’une Comptabilité Budgétaire Analytique
(CBA) dédiée. Comme le rappelle Boomer in Gannett et Brereton,
(2013), il s’agira « d’une enquête délibérée, et orientée vers les solutions ». Dans cette
optique, nous adoptons donc une approche méthodologique
essentiellement en deux étapes :
Une première étape exploratoire consistant à faire l’état des lieux
de la pratique comptable des ONG et ses déterminants ainsi que
ses implications managériales
Une deuxième étape permettant de construire l’outil de type CA
adaptée aux ONG en considérant les critères de cout de mise en
œuvre et de prolongement de l’existant.
Notre démarche méthodologique fut déployée entre 2017 et 2021 sur
les terrains du Burkina Faso et des pays voisins et elle mobilisa des outils
tels que des entretiens en face à face avec des praticiens de la comptabilité
des ONG (10) (cf. annexe numéro 1) et des experts de l'audit des ONG
(7), des observations non participatives au sein d'ONG, des actions
d’accompagnement au sein de l'ONG Save The Children dans le cadre
d'ateliers, de séminaires et de comité de pilotage et enfin, une large revue
documentaire et bibliographique.
Dans cette méthodologie, notre posture de praticiens-chercheurs nous
impose de pouvoir allier, à la fois, notre intervention/accompagnement à
l’impératif de faire abstraction des spécialités du cas que nous traitons.
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(Livian, Laurini, 2018). Cette difficile dualité peut paraître comme une
limite et, pour y palier, nous nous sommes intéressés à l’avis de
professionnels de la comptabilité. Nous avons donc tenté d’être exhaustifs
et de fait, notre population cible était constituée de toutes les ONG
présentes au Burkina Faso. Cependant, pour des contraintes de temps, de
ressources financières et matérielles, de difficultés de déplacements en
zone parfois dangereuses (i.e. dramatique insécurité dans la zone dite des
trois frontières) et pour certaines réticences d’ONG à fournir des
informations qualifiées de « sensibles ou confidentielles », nous avons
limité notre échantillon à une dizaine d’ONG et de professionnels de la
comptabilité, choisis selon les critères d’accessibilité et d’ouverture.
Il nous est tout d’abord marquant de constater que Sept (07) ONG sur
dix (10) ne pratiquent pas de CA qu’il est possible de qualifier de
rigoureuse, que 10 % des ONG (une seule concrètement) ne pratiquerait
pas de comptabilité générale mais seulement une comptabilité de type
budgétaire. Par ailleurs, il est constaté une confusion entre la comptabilité
79
budgétaire largement pratiquée par les ONG à ce que serait une CA. Ces
constats sous-tendent des implications managériales fortes. Nous
aborderons toutefois quelques éléments pouvant expliquer une telle
situation pour le moins « non satisfaisante » ni pour l’ONG ni pour le/les
donateur(s) et les autres parties prenantes.
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les référentiels comptables applicables dans cette partie du monde ont tout
au moins marginalisé cette question de la comptabilité des ONG sinon
l’ont exclue de leurs champs d’application. Cela se traduit par
l’inadaptation des outils de gestion au contexte des ONG (Congo, Bidan,
2018). A propos, Rouchon et al., (2006) confirme que l’on ne peut parler
d’appropriation sans les notions d’adaptation et de mise en adéquation de
l’outil à une utilisation déterminée. La méthode Activity Based Costing
(ABC), dans sa logique d’intégration de liens de causalité entre facteurs de
couts et objet de couts, se rapproche davantage de l’univers des ONG que
toute autre méthode. Cependant, son approche consistant à diviser
l’organisation en « activités » semble difficile à implanter dans un contexte
de double division à priori en projets et en départements fonctionnels. De
plus, son cout élevé de mise en œuvre paraît peu rationnel dans une
économie non marchande. Enfin, l’approche ABC reste ancrée dans une
approche de production telle que le stipule son postulat de base : les
produits consomment les activités et les activités consomment les
ressources (Congo, Bidan, 2018).
A ces deux facteurs, Diop (2018) conseille d’ajouter les motifs
managériaux pouvant expliquer la non adoption des méthodes de CA.
Selon lui, face à un problème technique et/ou managérial, l’organisation
est amenée à prendre une décision optimale. Contrairement aux adeptes
de la perspective rationaliste soutenant une parfaite rationalité
organisationnelle, les tenants de la perspective néo-rationaliste défendent
80
la thèse de la rationalité limitée dans la prise de décision organisationnelle.
La rationalité limitée veut que le choix d’une méthode de gestion ou la
prise d’une décision managériale se base davantage sur les routines
organisationnelles que sur l’analyse exhaustive et rationnelle de toutes les
options. Ainsi, Simon (1955) en mobilisant la rationalité limitée soutient
que ce choix ne peut être la meilleure décision, mais seulement la plus
satisfaisante, dans des circonstances, parmi plusieurs options possibles.
Ainsi, à l’instar de son étude sur les entreprises sénégalaises et l’adoption
de nouvelles méthodes de calcul des couts, la décision de non-adoption
d’une méthode de CA dans les ONG est une décision basée sur une
rationalité limitée fondée sur la prise en compte de facteurs
organisationnels et managériaux tels que : l’incertitude relative au
changement organisationnel ; le fait que la priorité managériale soit ailleurs
que sur la mise en œuvre de nouvelles méthodes de calcul de couts.
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organisations.
25 % en moyenne des charges des ONG risquent le rejet face à des
donateurs telles que l’Union Européenne (UE) ou l’Agence Américaine
pour le Développement International (USAID) : il ressort de notre étude
que les couts indirects ou couts communs partagés représenteraient en
moyenne 25 % des charges des ONG. C’est cette partie des couts qui est
fortement en jeu.
En effet, tous les grands donateurs de fonds des ONG, comme
l’USAID et l’UE à travers leurs différents fonds de financement du
développement, militent pour que les ONG aient des méthodes
transparentes et équitables de répartition de ces couts sur les différents
projets qui sont souvent financés par différents bailleurs au sein d’une
même ONG.
Parlant de l’éligibilité des couts, l’Union Européenne indique qu’ils
doivent être « …identifiables et vérifiables, et notamment sont inscrits dans la
comptabilité du (des) bénéficiaire (s) et déterminés conformément aux normes comptables
applicables du pays dans lequel le (s) bénéficiaire (s) sont établis et aux pratiques
habituelles du (des)bénéficiaire (s) en matière de comptabilité analytique », (annexe II
Conditions générales applicables aux contrats de subventions conclus dans
le cadre des actions extérieures de l’Union européenne).
Le gouvernement américain, lui, va plus loin. En effet, selon son Code
of Federal Regulations (code de régulations fédérales), « les couts conjoints (ou
couts communs partagés) sont calculés au prorata en utilisant une base qui mesure les
81
avantages fournis à chaque subvention fédérale ou autre activité. Les bases doivent être
établies conformément à des critères raisonnables, et être soutenues par des données
actuelles ». En termes pratiques, par exemple, l’affectation d’une partie des
coûts communs à une subvention A devrait se faire sur la base de critères
justifiant cela et non pas simplement parce que la subvention A dispose de
budget pour cela et la subvention B non.
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Secundo, les donateurs de ces ONG sont devenus exigeants avec des
procédures financières de plus en plus contraignantes.
Les ONG ont alors le choix de commencer dès maintenant une
appropriation en douceur selon leur propre agenda ou d’y être contraintes
dans les années ou les mois à venir ! La question résiduelle pourrait alors
se poser en ces termes : de quelle CA « pour les ONG » parle-t-on
vraiment ?
82
expérience, nous proposons la comptabilité budgétaire analytique comme
alternative. Deux raisons principales nous conduisent à cette proposition :
Minimisation du cout de mise en œuvre : l’avantage de la
comptabilité budgétaire analytique (CBA) est qu’elle est un
prolongement de la pratique actuelle des ONG. En effet, notre
enquête a révélé que la majorité des ONG pratiquent déjà une
comptabilité de type budgétaire. En outre, la CBA, dans sa mise
en œuvre, se repose sur l’existence d’une comptabilité budgétaire.
Sa mise en œuvre ne nécessiterait donc pas une refonte totale des
méthodes et outils comptables utilisés. Elle couterait donc moins
à ces structures que l’implémentation d’une méthode comme
l’ABC qui nécessiterait beaucoup d’investissement. Sachant aussi
que pour ces entités, le plus important c’est l’impact de leurs
actions sur les populations vulnérables et que l’utilisation de leurs
ressources devrait avoir cela comme finalité ultime.
Recommandation du « full cost » : le Statement of Recommended
Practice applicable to charities (déclaration des pratiques
recommandées pour les organisations caritatives) conseille, en son
point 8.1, l’application de la méthode du cout pour la
détermination du cout de chaque activité. Il précise que le cout
complet est constitué des couts directs et couts partagés, incluant
les couts support engagés pour mener l’activité. Plus loin, en son
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point 8.8, il ajoute que les organisations doivent s’assurer que la
méthode d’allocation des couts est équitable, raisonnable et
permanente.
Par ailleurs, la CBA, schématisée dans la figure 1, s’inspire de modèles
de CA singuliers et empiriques, développés et testés à l’international par
des ONG comme Plan, Save the Children International et World Vision.
Elle part des principes de base suivants :
À l’aide de la comptabilité budgétaire, les charges directes sont
imputées directement aux subventions ou projets concernés ;
Les charges directes partagées ou charges indirectes sont
identifiées et regroupées, et ensuite affectées aux différentes
subventions selon des modes de répartition appropriés, connus et
constants.
Les avantages de cette méthode – outre une prise en main plus simple
et plus rapide en cohérence avec un niveau de compétence modeste type
technicien supérieur – sont la transparence, l’équité et la cohérence de
l’imputation des couts indirects à chaque subvention, la traçabilité, une
meilleure connaissance du cout de chaque type de projet, etc.
83
Figure 1. Modèle de comptabilité Budgétaire Analytique
pour les ONG
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Source : Congo (2021)
5. CONCLUSION
84
avoisinant 36 % du budget annuel de l’Etat burkinabè. Dans le même
temps, un paradoxe subsiste. En effet, même si les ONG se sont beaucoup
développées ces dernières années, les règles comptables et les outils de
gestion analytique sont restés malheureusement sous l’emprise des
organisations de l’économie marchande, ce qui excluent de facto les ONG.
Une alternative serait donc d’accepter et de diffuser un niveau
supplémentaire dans la qualité, l’intégrité, la dynamique prévisionnelle et
la transparence de la comptabilité budgétaire – souvent assimilée à tort à
la comptabilité analytique – pour définir et instituer une comptabilité
budgétaire analytique réellement adaptée à ce secteur.
Cette proposition de CBA se base sur l’existant, c’est à dire la
comptabilité budgétaire qui est la pratique comptable la plus répandue
actuellement dans les ONG. Elle est inspirée aussi de quelques rares
modèles singuliers et empiriques déjà conçus et testés dans certaines
grandes ONG, dont elle est la consolidation conceptuelle afin de rendre
sa mise à l’échelle possible. La mise en œuvre de la CBA pourrait aussi être
favorisée par un environnement institutionnel et règlementaire encore
vierge où une grande liberté est accordée de facto aux ONG sur le plan
comptable, contrairement à leurs organisations sœurs de l’économie
marchande. Cette liberté pourrait être mise à profit pour diffuser et
s’approprier une CBA conforme aux exigences des donateurs. Mais au-
delà, il faut espérer que l’acte uniforme relatif au Système Comptable des
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Entités à But Non Lucratif (SYCEBNL) adopté en septembre 2022 à la
suite des travaux de l’atelier de validation de la Commission de
Normalisation Comptable de l’OHADA (CNC-OHADA) tenu à Abidjan,
République de Côte d’Ivoire, en novembre 2021, entre promptement en
vigueur de par sa publication au Journal Officiel, fournissant alors un cadre
juridique formel. Ledit référentiel, s’il ne supplée pas à l’absence de CA en
mettant en place une base juridique cohérente à la comptabilité des ONG,
servirait de socle stable et pertinemment partagé à son développement. En
attendant, la réalité est celle d’une pseudo-comptabilité budgétaire déjà
adoptée par la plupart des ONG et basée sur des pratiques comptables
recommandées (agissant ici comme substrat technique et comme une
« prescription ») pour les organisations caritatives, par les donateurs eux-
mêmes. Cette comptabilité, plus souple et plus ancrée mais tout autant
intègre et sincère, que nous convenons donc d’appeler Comptabilité
Budgétaire Analytique, peut se mettre en place rapidement à des couts
relativement acceptables car partant de l’existant d’une trajectoire
appropriative réellement adaptée – acceptation, usage, appropriation,
assimilation (Bidan, Trinquecotse, 2011) – et assumée dans la plupart des
ONG rencontrées. Elle mettrait à niveau toutes les ONG, réduirait les
risques de fraude et de double comptabilité et ferait entrer les ONG dans
une ère nouvelle, celle d’une évaluation des couts conforme à la réalité de
leurs activités. Si ce changement envisagé dans les pratiques comptables
des ONG est légitime, La CBA devra toutefois construire sa légitimité à
85
travers le processus de son appropriation dans chaque ONG.
(Dekli, 2021). Cette contingence dans l’appropriation des outils de gestion
est importante à considérer, car tout déploiement d’un outil dans des
contextes différents de celui dans lequel il a été conçu ne va pas de soi.
(Hertzog et al., 2022).
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87
ANNEXE 1-LISTE DES ONG
ONG AYANT PARTICIPÉ À
PRINCIPALES ONG EN NOTRE ÉTUDE AU
AFRIQUE DE L’OUEST
BURKINA
ACDI/VOCA Action Contre la Faim (ACF)
Action Contre la Faim (ACF) Association Evangélique d'Appui
au Développement (AEAD)
Catholic Relief Services (CRS) Bornfonden
Compassion International Compassion International
Croix Rouge Danish Refugees Concil (DRC)
Danish Refugees Concil (DRC) Diakonia
Educo Plan
Hellen Keller International Save the children international
Humanité et Inclusion Self Help Africa (SHA)
International Refugees Concil Terre des Homme (TDH)
(IRC)
Médecins Sans Frontière (MSF)
Mercy Corps
Oxfam
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Plan
Save the children international
Solidarité Internationale
Terre des Homme (TDH)
World Vision
Source : Auteurs
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