Université Abdelmalek Essaâdi Faculté des Sciences Tétouan
Master :
Chimie fondamentale
Mémoire du stage de fin d’études :
Valorisation des déchets de bois et leur application comme réservoir
d’inhibiteurs de corrosion
Présenté par : Hamza OULAD
IDRISS Date de soutenance :
07/10/2021 JURY :
Nom et Prénom Etablissement Qualité
Pr. BOUCHTA Dounia Faculté des Sciences Présidente
Tétouan
Pr. CHAOUKET Faiza Faculté des Sciences Examinatrice
Tétouan
Pr. RAISSOUNI Ihssane Faculté des Sciences Encadrante
Tétouan universitaire
Laboratoire des matériaux et systèmes
interfaciaux Faculté des sciences de Tétouan
Dédicace
Je dédie ce modeste travail et nos cœurs pleins de joie et d'affection
A nos parents symbole d'amour de soutien et de générosité.
A nos proches que nous aimons et respectons
A nos frères et sœurs en témoignage de la fraternité avec nos souhaits de
bonheur, de santé et de succès
A tous les professeurs et tous mes amis et collègues de la promotion de Master
Chimie fondamentale 2019/2020
A tous ceux qui ont aimé.
Hamza
Projet de Fin 2020-
Remerciements
Avant tout, Dieu ” ” هلالmerci de m'avoir donné la patience et la volonté pour effectuer
ce modeste travail.
Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont contribué au succès de mon stage et qui
m'ont aidé lors de la rédaction de ce rapport.
Je voudrais tout d’abord adresser toute ma reconnaissance à la directrice de ce mémoire,
Mme. RAISSOUNI IHSSANE, pour sa patience, sa disponibilité et surtout ses judicieux
conseils, qui ont contribué à alimenter ma réflexion.
Je remercie également mon Co-Encadrant Mr. BEN SEDDIK NORDIN pour m’avoir
permis d’approfondir mes connaissances grâce à ses remarques minutieuses et ses précieuses
orientations.
J’exprime toute ma gratitude à Mme. CHAOUKET FAIZA, d’avoir accepté de mettre sa
contribution, son expérience et son savoir-faire pour juger ce travail.
Je tiens à remercier également Mme. BOUCHTA DOUNIA, d’avoir accepté de juger ce
travail et de bien vouloir prendre un moment de son temps pour corriger ce rapport.
Je remercie également tous les membres du laboratoire, les doctorants, plus
particulièrement MOHAMED et YOUSSEF et tous ceux qui ont contribué de près ou de loin
à la réalisation de ce mémoire.
Je tiens également à remercier tous mes collègues de cette promotion, mes enseignants
que j’ai le plaisir de côtoyer pendant cette période de formation à la faculté des sciences de
l’université ABDELMALEK ESSAADI.
Projet de Fin 2020-
Résumé
Le bois est un matériau naturel d'origine végétale, est très présent dans notre monde et ces
déchets sont produits en très grande quantité. Malheureusement, la majorité de ces déchets ne
sont pas recyclés. Un recyclage de ces déchets est devenu une nécessité, afin de les valoriser
en les utilisant dans plusieurs applications, notamment dans le domaine de la corrosion.
L'idée de ce projet est de faire une valorisation des déchets de bois synthétiques et naturels
afin de les utiliser comme réservoir d’inhibiteurs de corrosion à savoir le KDP et L-arginine
pour la protection du laiton contre la corrosion dans un milieu à 3% de NaCl . En traitant et
modifiant ces déchets, on a pu avoir de meilleurs résultats anticorrosion. Les techniques
électrochimiques qui ont été utilisées sont la spectroscopie d'impédance électrochimique et les
courbes de polarisation.
La poudre de déchets de bois synthétique modifiée par KDP s'est avérée adéquate pour
réduire le taux de corrosion du laiton avec une efficacité inhibitrice de 83% à une
concentration de 2,5g/l. cet inhibiteur s'est comporté comme un inhibiteur anodique, tandis
que sa modification par KDP ou Arginine l’a converti en un inhibiteur cathodique.
Mots-clés : Bois, Déchet de bois, Laiton, Corrosion, inhibiteur, KDP, Arg.
Projet de Fin 2020-
Abstract
Wood is a natural material of plant origin, is very present in our world and this waste is
produced in very large quantities. Unfortunately, the majority of this waste is not recycled. A
recycling of these wastes has become a necessity, in order to valorize them by using them in
several applications, notably in the field of corrosion.
The idea of this project is to valorize synthetic and natural wood wastes to be used as a
reservoir of corrosion inhibitors such on, KDP and L-arginine the protection of brass against
corrosion in a 3% NaCl medium. By treating and modifying these wastes, we could have
better anticorrosion results. The electrochemical techniques that were used are the
electrochemical impedance spectroscopy and polarization curves.
KDP-modified synthetic wood waste powder was found to be adequate to reduce the
corrosion rate of brass with an inhibition efficiency of 83% at a concentration of 2g/l. This
inhibitor behaved as an anodic inhibitor, while its modification by KDP or Arginine converted
it to a cathodic inhibitor
Keywords: Wood, Wood waste, Brass, Corrosion, Inhibitor, KDP, Arg.
Projet de Fin 2020-
Liste des abréviation
: Pulsation
ADEME : Agence de la transition écologique
∆E : L'amplitude du potentiel
AES : Spectroscopie d’électrons Auger
AFM : Microscopie à force atomique
AIB : acide 3-indole butyrique
Arg : L-Arginin
ATMP : Acide aminotriméthylphosphonique
Ba : La pente anodique de Tafel
Bc : La pente cathodique de Tafel
BTA : Benzotriazole
CE : Contre électrode
CPE : Elément de constante de phase
CPE1 : Capacité liée à la double couche
CPE2 : Capacité du film
CVD : Le dépôt chimique en phase vapeur
E : Potentiel
IE% : L’efficacité inhibitrice
E': pourcentage d'inhibition
EC-AFM ; AFM : Microscopie à force atomique
Ecorr : Potentiel de corrosion
ECS : Electrode au calomel saturée
EC-STM ; STM : Microscopie à effet tunnel
EDS : Spectroscopie à dispersion d’énergie
EELS : Spectroscopie de perte d'énergie électronique
EN : Bruit électrochimique
Epal : Potentiel de passivation
ER : Électrode de référence
ET : Électrode de travail
f : Fréquence
FSC : Conseil de Soutien de la Forêt
GPa : Gigapascal
H : Taux d'humidité
HB : L'échelle de Brinell
HDL : Hydroxydes doubles lamellaires
Icorr(inh) : Densité de courant de corrosion avec l’inhibiteur
Ic : Courant de charge de la double couche
Icathod : Densite de courant cathodiuqe
Icorr : Densité de courant de corrosion sans inhibiteut
IF : Courant faradique
IRAS : Spectroscopie de réflexion-absorption infrarouge
ISS : Spectroscopie de diffusion d'ions
KDP : Dihydrogénophosphate de potassium
L : Inductance
LEIS : Spectroscopie d’impédance électrochimique locale
MEB : Microscopie électronique à balayage
MET : Microscopie électronique à transmission
MPa : Megapascal
Projet de Fin 2020-
n : L'exposant CPE attribué à la déviation du comportement capacitif idéal
NACE : National Association of corrosion Engainées
nat : Naturel
NF B 50-003 : Définissant la nomenclature du bois
PEFC : Programme de reconnaissance des certifications forestières
PEHD : Polyéthylène Haute Densité
PET : Polyéthylène téréphtalate
PP : Polypropylène
PVC : Polychlorure de vinyle
PVD : Dépôt physique en phase vapeur
RBS : Pectroscopie de rétrodiffusion de Rutherford
Rtc : Résistance de transfert de charge
Rf : Résistance du film
RP (inh) : Résistance de polarisation avec l'inhibiteur
Rp : Résistance de polarisation
SECM : Microscopie électrochimique à balayage
SUEZ : Water Technologies & Solutions
SIE ou EIS : Spectroscopie d’impédance électrochimique
SIMS et ToF-SIMS : Spectrométrie de masse d’ions secondaires
SRET : Technique de l’électrode de référence à balayage
STM : Scanning Tunneling Microscopy
SVET : Technique de l’électrode vibrante à balayage
Syn : Synthetique
US : United States
W : L’impédance de Warburg
XPS ou ESCA : Spectroscopie de photoélectrons
Y : Réponse
Z : Impédance
ZD : L’impédance de diffusion à travers des pores macroscopiques
ΔI : Courant sinusoïdal
ΔX : Perturbation
χ² : Chi-carré
Projet de Fin 2020-
Table des figures
Fig. 1. Images de matériaux soumis aux phénomènes de corrosion...........................................4
Fig. 2. Photo de matériau soumis au phénomène de corrosion Humide.....................................5
Fig. 3. Réaction d'un métal avec l'oxygène dans le cas des couches d’oxyde minces...............5
Fig. 4. Exemple de corrosion chimique......................................................................................6
Fig. 5. Exemple de corrosion électrochimique...........................................................................7
Fig. 6. Image présentant le mécanisme de corrosion du fer par action de la Desulfovibrio
desulfuricans...............................................................................................................................7
Fig. 7. Photo de matériau soumis au phénomène de corrosion uniforme...................................8
Fig. 8. La distribution homogène des demi-réactions anodique et cathodique générant une
corrosion localisée......................................................................................................................8
Fig. 9. Photo d’un disque en laiton soumis au phénomène de corrosion par piqûres.................9
Fig. 10. Schéma montrant les étapes de formation d’une piqure..............................................10
Fig. 11. Deux pièces soumis la corrosion caverneuse..............................................................10
Fig. 12. Un métal subi la corrosion galvanique (a) et le schéma simple de ce type de corrosion
(b)..............................................................................................................................................11
Fig. 13. Image d’un métal subi la corrosion par fissuration.....................................................11
Fig. 14. Schéma simple de corrosion sous contraint................................................................12
Fig. 15. Schéma simple montrant la formation des sites anodiques et cathodiques dans une
corrosion inter-cristalline..........................................................................................................12
Fig. 16. Images d’un métal qui a subi la corrosion sélective et un schéma simple de ce type de
corrosion...................................................................................................................................13
Fig. 17. Coupe métallographique montrant une corrosion sélective d'un échantillon en laiton.
.................................................................................................................................................. 13
Fig. 18. Schéma des compromis dans le choix des matériaux..................................................15
Fig. 19. Chronologie de l’évolution des méthodes électrochimiques d’étude de la corrosion. 16
Fig. 20. Schéma simple de corrosion en présence d’un revêtement métallique plus nobles (a)
et moins noble (b) que le substrat.............................................................................................20
Fig. 21. Schéma simple de dépôt CVD et PVD........................................................................20
Fig. 22. Schéma simple de protection anodique par courant imposé.......................................22
Fig. 23. Classification des inhibiteurs de corrosion..................................................................25
Fig. 24. Variation de la densité de courant de corrosion en fonction de la concentration
d’inhibiteur organique...............................................................................................................26
Fig. 25. Variation de la densité de courant de corrosion en fonction de la concentration
d’inhibiteur minérale.................................................................................................................28
Fig. 26. Diagramme d’Evans montrant le déplacement du potentiel de corrosion en présence
d’un inhibiteur anodique, cathodique ou mixte........................................................................29
Projet de Fin 2020-
Fig. 27. L'illustration montre le mécanisme d'action des inhibiteurs anodiques......................29
Fig. 28. Illustration du mécanisme d'action des inhibiteurs cathodiques.................................30
Fig. 29. Représentation schématique de la composition chimique du bois..............................34
Fig. 30. La composition du bois composite..............................................................................36
Fig. 31. Différences entre le bois avec PE /PP et le bois avec PVC.........................................37
Fig. 32. Montage de la cellule électrochimique.......................................................................40
Fig. 33. Photos d'une électrode de travail.................................................................................40
Fig. 34. Pièce en laiton et câble................................................................................................41
Fig. 35. Deuxième étape de préparation de l'électrode de travaille..........................................41
Fig. 36. Troisième étape de préparation de l'électrode de travail.............................................41
Fig. 37. Etape final pour préparer l'électrode de travail...........................................................42
Fig. 38. Montage expérimental pour les mesures électrochimiques.........................................43
Fig. 39. Images des plaques de bois synthétique (a) et naturel (b), ainsi que leurs poudres fines
et très fines................................................................................................................................44
Fig. 40. Poudres obtenues après broyage et tamisage...............................................................44
Fig. 41. Déchet de bois lavé et récupéré dans un verre de montre...........................................45
Fig. 42. Déchets de bois synthétiques (a) et naturel (b)............................................................45
Fig. 43. Déchet de bois synthétiques et naturel modifiés par L-Arginine................................46
Fig. 44. Images finales de déchets de bois synthétiques (a) et naturel (b) modifiés par KDP. 47
Fig. 45. Dispositif de mesure des courbes de polarisation. ET : électrode de travail, ER :
électrode de référence, CE : contre électrode...........................................................................49
Fig. 46. Détermination des paramètres électrochimiques à partir des droites de Tafel............50
Fig. 47. Principe général de la spectroscopie d’impédance électrochimique...........................50
Fig. 48. Schéma représentant les signaux E(t) et I(t)................................................................51
Fig. 49. Représentation dans le plan de Nyquist, de l’impédance électrochimique, dans le cas
d’un processus de transfert de charge et circuit électrique équivalent......................................53
Fig. 50. Représentation dans le plan de Nyquist, de l’impédance électrochimique, d’une
électrode poreuse et circuit électrique équivalent.....................................................................54
Fig. 51. Représentation dans le plan de Nyquist, de l’impédance électrochimique, dans le cas
où la diffusion à travers une couche infinie et circuit électrique équivalent............................54
Fig. 52. Représentation dans le plan de Nyquist, de l’impédance électrochimique d’une
électrode de surface hétérogène et circuit électrique équivalent..............................................55
Fig. 53. Diagramme d’impédance du laiton an absence et en présence de déchet de bois
naturel avec et sans modification..............................................................................................57
Fig. 54. Circuit électrique équivalent en absence et en présence de déchet de bois avec et sans
modification..............................................................................................................................58
Fig. 55. Images optiques de la surface du laiton après polarisation en présence de 2g/l KDP-
bois-nat avec agrandissement (×64 pour b et c) et (×160 pour a).............................................59
Projet de Fin 2020-
Fig. 56. Courbes de polarisation du laiton en absence et en présence des inhibiteurs.............60
Fig. 57. Diagramme d’impédance du laiton an absence et présence de déchet de bois
synthétique avec et sans modification.......................................................................................62
Fig. 58. Images optiques de la surface du laiton après polarisation en présence de bois-syn (a),
Arg-bois-syn (b) et KDP- bois-syn (c)......................................................................................63
Fig. 59. Mécanisme d’action des déchets de bois modifiés, naturel (a) et synthétique (b)......64
Projet de Fin 2020-
Liste des tableaux
Tableau 1. Les différentes classes de la corrosion localisée......................................................9
Tableau 2. Les principaux facteurs de corrosion.....................................................................14
Tableau 3. Généralités sur le laiton.........................................................................................18
Tableau 4. Répartition moyenne (% en masse) des différents composés dans le bois des
feuillus et des résineux..............................................................................................................35
Tableau 5. Représente le grandissement de microscope utilise...............................................47
Tableau 6. Eléments du circuit équivalent calculés à partir des résultats d'ajustement des
données EIS sans et avec le bois naturel avant et après modification et les efficacités
d'inhibition liées à la résistance de polarisation Rp..................................................................59
Tableau 7. Paramètres électrochimiques et efficacité inhibitrice EI(%) du laiton immergé
dans une solution de NaCl à 3%. En absence et en présence de bois synthétique avant et après
modification..............................................................................................................................61
Tableau 8. Eléments du circuit équivalent calculés après ajustement des données EIS sans et
avec le bois synthétique et pourcentage d'inhibition liée à la résistance de polarisation Rp. 62
Projet de Fin 2020-
Table des matières
Introduction générale..................................................................................................................1
Chapitre 1 : Synthèse bibliographique........................................................................................3
I. Généralité sur la Corrosion.................................................................................................4
I.1 Définition de la corrosion.............................................................................................4
I.2 Processus de la corrosion.............................................................................................4
I.2.1 La corrosion humide...........................................................................................4
I.2.2 La corrosion sèche..............................................................................................5
I.3 Types de corrosion.......................................................................................................6
I.3.1 Corrosion chimique.............................................................................................6
I.3.2 Corrosion électrochimique..................................................................................6
I.3.3 Corrosion bactérienne.........................................................................................7
I.4 Différentes formes de corrosion...................................................................................7
I.4.1 Corrosion uniforme (généralisée).......................................................................8
I.4.2 Corrosion localisée..............................................................................................8
I.5 Facteurs affectant la résistance à la corrosion d’un métal..........................................13
I.6 Facteurs de la corrosion..............................................................................................14
I.7 Influence de la corrosion dans le choix d’un matériau...............................................15
I.8 Evolution des méthodes et outils de détection de la corrosion..................................15
I.8.1 Evolution des méthodes électrochimiques........................................................15
I.8.2 Evolution des méthodes d’analyse de surface..................................................16
I.9 Généralités sur le Laiton............................................................................................18
I.10 Moyens de protection contre la corrosion..................................................................19
I.10.1 Protection par revêtements................................................................................19
I.11 Protection électrochimique.........................................................................................21
I.11.1 Protection cathodique........................................................................................21
I.11.2 Protection anodique..........................................................................................22
II. Les inhibiteurs de corrosion..............................................................................................23
II.1 Définition et propriétés...............................................................................................23
II.2 Critères de choix des inhibiteurs................................................................................23
II.3 Pouvoir d’inhibition...................................................................................................24
II.4 Les classes des inhibiteurs..........................................................................................24
II.4.1 Par domaine d’application................................................................................25
II.4.2 Selon la nature...................................................................................................25
Projet de Fin 2020-
II.4.3 Selon le mécanisme d’action............................................................................28
II.5 Les Nouveaux inhibiteurs (Les inhibiteurs intelligents)............................................30
III. Déchet de Bois...............................................................................................................31
III.1 Déchet de bois en France........................................................................................31
III.1.1 Les différents types de déchets bois..................................................................31
III.1.2 Les différentes valorisations des déchets bois..................................................32
III.2 Bois naturel.............................................................................................................33
III.2.1 Définition..........................................................................................................33
III.2.2 Composition chimique......................................................................................34
III.2.3 Propriétés physiques.........................................................................................35
III.2.4 Résistance mécanique.......................................................................................35
III.3 Bois Synthétique.....................................................................................................36
III.3.1 Définition et Propriétés.....................................................................................36
III.3.2 Fabrication du bois synthétique........................................................................37
III.4 Comparaison avec le bois Nature...........................................................................38
Chapitre 2 : Matériaux et méthodes expérimentales.................................................................39
I. Dispositif expérimental.....................................................................................................40
I.1 Cellule électrochimique..............................................................................................40
I.1.1 Électrode de travail (ET)...................................................................................40
I.1.2 Électrode de référence (ER)..............................................................................42
I.1.3 Contre électrode (CE).......................................................................................42
I.2 Montage expérimentale pour les mesures électrochimiques......................................42
II. Conditions expérimentales dans le laboratoire.................................................................43
II.1 Préparation de déchet de Bois....................................................................................43
II.2 Modification des déchets de bois...............................................................................46
II.3 Matériels utilisés........................................................................................................47
II.4 Les produits................................................................................................................47
III. Méthode d’étude électrochimique..................................................................................48
III.1 Méthode électrochimique stationnaire....................................................................48
III.1.1 Courbe de polarisation......................................................................................48
III.2 Méthode électrochimique transitoire......................................................................50
III.2.1 Spectroscopie d’impédance électrochimique (EIS)..........................................50
Chapitre 3 : Résultat et discussion............................................................................................56
I. Déchet de bois Naturel......................................................................................................57
I.1 La spectroscopie d’impédance électrochimique (SIE)...............................................57
Projet de Fin 2020-
I.2 Analyse de la surface..................................................................................................59
II. Déchet de bois synthétique...............................................................................................60
II.1 Courbe de polarisation...............................................................................................60
II.2 La spectroscopie d’impédance électrochimique (SIE)...............................................61
II.3 Analyse de surface.....................................................................................................63
III. Mécanismes d’action.....................................................................................................63
Conclusion générale..................................................................................................................65
Références bibliographiques.....................................................................................................66
Annexes.....................................................................................................................................71
Projet de Fin 2020-
Introduction
Introduction générale
La corrosion des métaux et alliages est un phénomène universellement connu, elle entraîne
chaque année des pertes matérielles directes et indirectes considérables pour l'industrie et la
collectivité. Ce phénomène peut causer des dommages irréversibles à l'environnement et
même la perte de vies humaines, car elle peut entraîner des problèmes de santé (pollution,
contamination, etc.).
Le laiton fait partie des métaux susceptibles de subir une dégradation en milieu chloré, c'est
un alliage non ferreux essentiellement composé de cuivre et de zinc dans des proportions
variables. Selon sa composition, il peut être appelé cuivre jaune, tombac, bronze florentin,
similor, archal ou pinchbeck. Selon les propriétés souhaitées, on peut y ajouter du plomb, de
l'étain, du nickel, du chrome ou du magnésium. Ce matériau peut être utilisé dans plusieurs
domaines tels que les systèmes de distribution d'eau potable, les surfaces texturées au laser, la
séparation huile/eau, les instruments de précision, les industries des communications et de
l'électronique, les dispositifs de contrôle hydraulique, etc. Plusieurs études ont été menées
pour protéger ce matériau contre la corrosion dans l'environnement 3% NaCl, l'étude de
[Link] et al. [1] sur l'action du sulfate ferreux sur le laiton et l'aluminium, Ghadamyari et
al. [2] ont étudié la corrosion du laiton pollué par les sulfures en présence d'étain (Sn), et N.
Ben Seddik et al. [3]qui ont modifié l'argile stévensite par des ions lanthane et l'ont utilisé
comme pigment de peinture pour protéger le laiton (64 Cu 36Zn) contre la corrosion.
En effet, ce métal peut subir une corrosion lorsqu'il est en contact avec des atmosphères
humides, immergé dans de l'eau douce ou salée, implanté dans des sols ou en présence de
solutions plus ou moins agressives. Les processus de corrosion en milieu corrosif dépendent
d'un grand nombre de facteurs (la nature et la composition du matériau, le milieu et ses
caractéristiques chimiques, sa température, etc). Ces facteurs n'interviennent pas
individuellement, mais dans une relation plus ou moins complexe les uns avec les autres.
Ainsi, la corrosion a donné et donne encore lieu à de nombreuses études car les phénomènes
de corrosion rencontrés quotidiennement sont complexes et souvent spécifiques. Aujourd’hui,
la protection contre la corrosion comprend une panoplie de traitements tels que la protection
cathodique, les traitements de surface par revêtement métallique ou polymérique, ou encore la
modification du milieu corrosif par ajout d'inhibiteurs de corrosion. En effet, ces derniers
Projet de Fin 1 2020-
Introduction
constituent un moyen utile pour lutter contre la corrosion. Ce sont des substances qui,
lorsqu'elles sont ajoutées à faibles concentrations dans des milieux corrosifs, diminuent voire
empêchent, la réaction du métal avec son environnement.
C'est dans ce cadre que se situe mon projet de fin d'études, qui porte sur l'utilisation d'un
réservoir (déchets de bois naturels et synthétiques) d’inhibiteurs de corrosion comme le KDP
et L-arginine dans un milieu chloré NaCl 3%, similaire à l'eau de mer, afin d'étudier le
comportement électrochimique du laiton dans ce milieu.
Le travail présenté dans ce mémoire s'articule autour de trois chapitres :
Le premier chapitre est consacré à une étude bibliographique des concepts de base de la
corrosion et des inhibiteurs de corrosion, ainsi que des bois naturel et synthétique.
Le deuxième chapitre sera consacré à la présentation des différentes méthodes et
conditions expérimentales mises en œuvre au cours de ce travail.
Le troisième chapitre présente l'étude du comportement électrochimique du laiton en
milieu NaCl en absence et en présence de déchets de bois naturels et synthétiques avec et
sans modification, afin de montrer le rôle de ces derniers sur la protection du laiton contre
la corrosion en présence d'ions agressifs, comme les chlorures.
Une conclusion générale sur l'ensemble de ce travail terminera cette étude.
Projet de Fin 2 2020-
Synthèse
Chapitre 1
Synthèse bibliographique
‘‘ Avant de commencer ce travail, un rappel sur la corrosion est indispensable pour obtenir
un aperçu global sur ses réactions et ses facteurs et ses différentes formes ainsi que les
moyens de protection nécessaires. On s’intéresse à la protection des métaux par les
inhibiteurs en donnant une idée générale de leurs propriétés et usages actuels et de leurs
classes, on terminera par cité les propriétés des inhibiteurs utilisés ainsi que quelques
informations générales ''
Projet de Fin 3 2020-
Synthèse
I. Généralité sur la Corrosion
I.1 Définition de la corrosion
La corrosion est définie comme étant l'interaction physico-chimique entre un métal et son
milieu environnant entraînant des modifications dans les propriétés du métal et souvent une
dégradation fonctionnelle du métal lui-même (Fig. 1). Une autre définition, considère que ce
phénomène n’est autre que le retour des métaux et alliages à leurs états naturels de minerais.
[4][5].
Fig. 1. Images de matériaux soumis aux phénomènes de corrosion.
I.2 Processus de la corrosion
On distingue deux processus de corrosion :
I.2.1 La corrosion humide
La corrosion humide est l’ensemble des réactions qui ont lieu lors du contact d’un métal avec
un milieu conducteur contenant des agents oxydants. Les procédés de corrosion
électrochimique se caractérisent par le fait que le métal qui se corrode se comporte comme un
poly-électrode, c’est-à-dire que sur différents points de la surface métallique sont observées
simultanément et à la même vitesse les deux demi-réactions du processus redox global. Il en
résulte qu’un ensemble de micro-piles, constituées par les anodes et les cathodes locales,
coexistent sur la surface métallique en circuits fermés par le mouvement des anions et des
cations dans l’électrolyte [6] .
Projet de Fin 4 2020-
Synthèse
Fig. 2. Photo de matériau soumis au phénomène de corrosion Humide.
I.2.2 La corrosion sèche
La corrosion sèche est la dégradation d'un matériau dans un environnement chimiquement
réactif sous l'effet d'une haute température, et éventuellement de contraintes mécaniques [7].
La corrosion sèche, correspond à l'attaque d'un métal (M) par un gaz (G) pour donner le
produit de corrosion (C) (Eq. 1) [3], ce dernier est souvent solide.
𝑴+𝑮→𝑪 (𝟏)
Le gaz considéré est souvent l'oxygène mais il faut aussi tenir compte d'autres gaz tels que :
SO2, Cl2, Br2 ou H2S. La figure 3 schématise la réaction d'un métal avec l'oxygène dans le
cas des couches d’oxyde minces.
Oxyde formé
MxOy
Métal z+
Gaz
M
M O2
e-
2-
O
Fig. 3. Réaction d'un métal avec l'oxygène dans le cas des couches d’oxyde minces.
Donc les réactions mise en jeu sont :
Réaction d’oxydation (Eq. 2) 𝑴 → 𝑴𝒏+ + 𝒏𝒆− (𝟐)
Projet de Fin 5 2020-
Synthèse
Réaction de réduction (Eq. 3) 𝒏⁄ 𝑶𝟐 + 𝟐𝒏𝒆− → 𝒏𝑶𝟐− (𝟑)
𝟐
I.3 Types de corrosion
La corrosion peut se développer suivant différents processus qui définissent chacun un type
de corrosion [8].
I.3.1 Corrosion chimique
C'est la conséquence d'une réaction hétérogène entre une phase solide et une phase liquide.
Elle ne fait pas intervenir le passage d'un courant électrique (Eq. 4). Il est très difficile d'en
donner des exemples car elle est le plus souvent accompagnée de corrosion électrochimique
(Fig. 4).
𝑨𝒔𝒐𝒍𝒊𝒅𝒆 + 𝑩𝒈𝒂𝒛 → 𝑨𝑩𝒔𝒐𝒍𝒊𝒅𝒆 (𝟒)
Fig. 4. Exemple de corrosion chimique.
I.3.2 Corrosion électrochimique
La corrosion électrochimique se produit lorsqu'il existe des hétérogénéités, soit dans le
métal, soit dans la solution corrosive. Ces hétérogénéités entrainent la formation des
microanodes et des microcathodes à la surface du métal qui constituent des micro-piles (Fig.
5). Un courant électrique circule entre les électrodes, les zones appelées anodes sont
attaquées et les zones appelées cathodes sont le siège d'une ou plusieurs réactions de
réduction.
La tendance d'un métal à se corroder dans un électrolyte conducteur implique deux réactions
distinctes.
La dissolution du métal, au cours de laquelle les atomes du réseau métallique passent en
solution cédant des charges positives (Eq. 2).
Projet de Fin 6 2020-
Synthèse
La réduction d'une espèce oxydante (oxygène) qui se trouve dans le milieu (Eq. 3).
Fig. 5. Exemple de corrosion électrochimique.
I.3.3 Corrosion bactérienne
C’est l'attaque des métaux par les produits du métabolisme de certains micro-organismes
(Fig. 6). Ce type de corrosion fait depuis quelque temps l’objet de recherches approfondies, il
est rencontré dans l'industrie marine. On l'observe le plus souvent sur les canalisations
enterrées et sur les ouvrages immergés en eau de mer. Certaines bactéries comme la
Desulfovibrio desulfuricans réduisent les sulfates en soufre, entrainant la formation du
sulfure de fer [9,10].
Fig. 6. Image présentant le mécanisme de corrosion du fer par action de la Desulfovibrio
desulfuricans.
I.4 Différentes formes de corrosion
Plusieurs formes de corrosion peuvent être identifiées et distinguées par des modifications de
propriétés physiques du métal lorsque ce dernier est attaqué par un milieu agressif. En
générale ces formes principales sont classées en deux grandes familles différentes :
Projet de Fin 7 2020-
Synthèse
I.4.1 Corrosion uniforme (généralisée)
C’est la forme la plus classique de corrosion (Fig. 7), mais pas toujours la plus importante en
termes économique ou sécuritaires, ce type de corrosion se manifeste avec la même vitesse
sur toute la surface du métal.
Fig. 7. Photo de matériau soumis au phénomène de corrosion uniforme.
Elle est aisément contrôlable par des mesures de pertes de masse lors de la diminution de
l’épaisseur du métal ou simplement un changement de coloration [11]. Dans ce cas et si l’on
peut agir sur la durée de vie du métal, on doit augmenter son l’épaisseur.
I.4.2 Corrosion localisée
La corrosion localisée est un cas particulier de la corrosion non uniforme, cette dernière peut
se produire si la moyenne temporelle du courant de corrosion à travers une unité de surface
dépend de sa position sur la surface, elle peut être due à des hétérogénéités milieu
environnant [12], de la structure ou de la composition du matériau corrosif. Ces formes de
corrosion (Fig. 8) ne se produisent que sur certains sites de la surface (zones anodiques) par
opposition aux parties non attaquées (zones cathodiques).
Dans la plupart des cas, la perte de matière est faible voire insignifiante.
Réduction Oxydation
e-
Fig. 8. La distribution homogène des demi-réactions anodique et cathodique générant une
corrosion localisée.
Projet de Fin 8 2020-
Synthèse
Il existe plusieurs types de corrosion localisée mais en générale ces types sont classés en
deux, ils sont répertoriés dans le tableau suivant (Tableau 1) :
Tableau 1. Les différentes classes de la corrosion localisée
Macroscopique Microscopique
Corrosion galvanique Corrosion inter cristalline
Corrosion par piqûres Corrosion par hydrogène
Corrosion sous contrainte Corrosion sélective
Corrosion cavitation Corrosion sous fatigue
Corrosion par crevasse
Corrosion par fissuration
I.4.2.1 Corrosion par piqûres
La corrosion par piqûres est caractérisée par une attaque très localisée dans certains points de
la surface et provoque des piqûres (Fig. 9), on principe la piqûration se déroule en deux
étapes : une initiation de la piqûre, elle est contrôlable suivie d’une autre plus dangereuse
c’est la propagation, du fait qu’elle est non contrôlable et elle continue jusqu’à la perforation
totale du métal.
Fig. 9. Photo d’un disque en laiton soumis au phénomène de corrosion par piqûres.
Cette forme de corrosion est produite par la présence de certains anions, notamment les
halogénures comme les chlorures (Fig. 10), sur les métaux protégés par un film d’oxyde
Projet de Fin 9 2020-
Synthèse
mince, il induit typiquement des cavités de quelques dizaines de micromètres de diamètre. La
corrosion par piqûre affecte en particulier les métaux ou les alliages passivés (aciers
inoxydables, les alliages d’aluminium) [13].
Fig. 10. Schéma montrant les étapes de formation d’une piqure.
I.4.2.2 Corrosion par crevasse (caverneuse)
La corrosion caverneuse est due à la différence d’accessibilité de l’oxygène entre deux parties
d’une structure, créant ainsi une pile électrochimique. Cette attaque sélective du métal (Fig.
11) est observée dans les fissures et autres endroits peu accessibles à l’oxygène. Cette
corrosion caverneuse est associée à la présence de petits volumes de solution corrosive
stagnante, dû à la présence de cavités, surfaces jointives ou dépôts discontinus. Elle se
rencontre surtout sur les métaux et alliages dont la tenue dépend de la stabilité du film passif
car ces films sont instables en présence de concentration élevées en Cl- et H+[14][15].
Fig. 11. Deux pièces soumis la corrosion caverneuse.
Projet de Fin 1 2020-
Synthèse
I.4.2.3 Corrosion galvanique
La corrosion galvanique se produit donc quand deux métaux sont en contact dans un milieu
humide (Fig. 12(a)). Le moins noble s’appelle anode (Acier), il se corrode, alors que le
second s’appelle cathode (Cuivre), sera en partie protégé de la corrosion (Fig. 12(b)). Ce
phénomène s'appelle aussi effet de piles métalliques.
Fig. 12. Un métal subi la corrosion galvanique (a) et le schéma simple de ce type de corrosion (b).
Une condition indispensable pour l'apparition du phénomène de corrosion galvanique est la
présence d'un électrolyte et ce même si le contact n'est pas direct entre deux métaux. L'eau
légèrement acide voire faiblement minéralisée peut constituer cet électrolyte [16].
I.4.2.4 Corrosion par fissuration
C’est une oxydation qui se fait sous forme des fissures à cause de doubles effets, l’un c’est un
effet électrochimique (milieu agressif) et l’autre c’est un effet de pression (contrainte
résiduelle), la gravité de ce type de corrosion n’est pas visible à la surface du métal car les
fissures se trouvant à l’intérieur du métal, il devient plus fragile et très sensible à la corrosion.
Alors on peut dire que c’est la forme la plus grave de corrosion, car le métal est soumis à une
dégradation rapide sans manifestation extérieure visible (Fig. 13), c'est-à-dire sans formation
de produit de corrosion, ni de variation de poids [17]. Pour éliminer ce type de corrosion il
faut éliminer ces contraintes résiduelles par un traitement thermique adéquat.
Fig. 13. Image d’un métal subi la corrosion par fissuration.
Projet de Fin 1 2020-
Synthèse
I.4.2.5 Corrosion sous contrainte
La corrosion sous contrainte conduit à une fissuration du métal résultant de l'action combinée
d'une contrainte mécanique d'extension et d’un milieu électrolytique. Les deux effets se font
au même temps et les fissures sont visibles (Fig. 14).
Milieu agressif
Couche passive
Contraintes Contraintes
Métal
Fig. 14. Schéma simple de corrosion sous contraint.
I.4.2.6 Corrosion inter-cristalline
Ce type de corrosion est très dangereux car il est indétectable. L’oxydation se fait entre les
grains ou entre les cristaux avec création des sites anodique, la surface des grains va jouer le
rôle de la cathode (Fig. 15), la pièce corrodée ne semble pratiquement pas concernée, alors
que sa résistance diminue considérablement. L'alliage se désagrège et perd toutes ses
propriétés mécaniques. Ce type d'usure peut être dû à des impuretés dans le joint ou à une
fertilisation locale (ou épuisement) dans l'un des composants [12]. Cela est dû au fait que le
métal ne subit pas un traitement thermique adéquat.
Fig. 15. Schéma simple montrant la formation des sites anodiques et
cathodiques dans une corrosion inter-cristalline.
Projet de Fin 1 2020-
Synthèse
I.4.2.7 Corrosion sélective
Cette forme de corrosion est due à l’oxydation d’un composant de l’alliage, conduisant à la
formation d’une structure métallique poreuse [18]. En générale la corrosion sélective se produit si
l'un des composants d'un alliage se corrode préférentiellement (Fig. 16)
Fig. 16. Images d’un métal qui a subi la corrosion sélective et un schéma simple de ce type de
corrosion.
La dézincification (dissolution sélective du zinc) dans un laiton (ex. 70Cu -30Zn) est
l'exemple le plus connu, dans ce cas, le laiton se colore en rouge (Fig. 17), il devient poreux
(spongieux) et très fragile, sans que les dimensions de la pièce soient modifiées. Pour
prévenir ce mode de corrosion, il faut choisir des matériaux plus résistants comme le
cupronickel riche en cuivre. D’autres vocables utilisés : dénickélisation pour les alliages Cu-
Ni, désaluminisation pour les bronzes d'aluminium, graphitisation pour les fontes grises, etc.
[16].
Fig. 17. Coupe métallographique montrant une corrosion sélective d'un échantillon en laiton.
I.5 Facteurs affectant la résistance à la corrosion d’un métal
On distingue trois facteurs qui sont :
Facteurs thermodynamiques :
Projet de Fin 1 2020-
Synthèse
Le calcul de l’enthalpie libre (ΔG) permet de savoir si une réaction peut se produire ou non.
Facteurs physiques et chimique :
On va voir la réactivité de métal, est-ce que la surface active, non active ou moyennement
active.
Facteurs électrochimiques :
On se base sur le calcul de la vitesse de corrosion.
I.6 Facteurs de la corrosion
La résistance à la corrosion d’un matériau n’est pas une propriété intrinsèque. Elle dépend à
la fois des caractéristiques du matériau et celles du milieu. En plus de ces facteurs, les
conditions d’emploi et la durée d’exploitation ont un rôle prépondérant sur les phénomènes
de corrosion. Le tableau 2 regroupe les principaux facteurs de la corrosion [8][19].
Tableau 2. Les principaux facteurs de corrosion.
Facteurs
Facteurs relatifs au Facteurs dépendant Conditions métallurgiques
milieu et définissant du temps D’emploi (Nature du métal
les modes d’attaque
Concentration du Tensions Etat de surface Composition du
réactif mécaniques Forme de pièce métal ou de
Présence de internes ou Moyens de l’alliage
bactéries externes protection Hétérogénéités
Température, Métaux ne Emploi cristallines
Pression subissant pas le d’inhibiteurs Procédés
Teneur en vieillissement Procédés d’élaboration
oxygène, en Modification des d’assemblage Impuretés dans
impuretés, en revêtements (couple l’alliage,
gaz dissous protecteurs galvaniques, inclusions
(CO2, NH3, Apparition d’un soudures, …) Traitements
H2S,) dépôt (calcique thermiques,
Condition
Acidité (pH) du ou autre) mécanique
d’entretien
milieu, salinité, Sollicitations Additions
résistivité mécaniques protectrices
Projet de Fin 1 2020-
Synthèse
I.7 Influence de la corrosion dans le choix d’un matériau
Le choix d'un matériau pour la construction d'un équipement résulte d'un compromis entre
plusieurs facteurs :
Compromis entre la résistance à la corrosion et d'autres propriétés comme la résistance
mécanique, la facilité de mise en œuvre, le soudage.
Compromis entre la durée de vie de l'équipement et la durée de vie estimée du matériau.
Le schéma de la figure 18 résume les différents compromis qui règlent le choix d'un matériau
dans la construction d'un appareil ou d'une installation [20].
Résistance métallique Aspect
Choix du matériau
Résistance à la corrosion
Fabrication Prix
Fig. 18. Schéma des compromis dans le choix des matériaux.
I.8 Evolution des méthodes et outils de détection de la corrosion
Dans cette partie on va voir en bref l’évolution des méthodes mises en œuvre dans les
recherches sur la corrosion qui sont divisées en deux parties, l’un porte sur l’évolution des
méthodes électrochimiques et l’autre partie concerne l’évolution des méthodes d’analyse
chimique et structurale des surfaces appliquées à l’étude des processus de corrosion [21].
I.8.1 Evolution des méthodes électrochimiques
Les techniques électrochimiques utilisées sont : les techniques électrochimiques stationnaires,
non stationnaires, locales et la Photo-électrochimie, ces deux dernières sont interprétées en
annexe A. La figure 19, présente un historique de toutes les méthodes électrochimiques
abordées, avec leur apparition par ordre chronologique.
Projet de Fin 1 2020-
Synthèse
Fig. 19. Chronologie de l’évolution des méthodes électrochimiques d’étude de la corrosion.
1) Techniques électrochimiques stationnaires
Les techniques électrochimiques stationnaires permettent de déterminer l’étape la plus lente
qui limite le processus de la vitesse de la réaction globale. On distingue 3 techniques.
Chronopotentiometrie ou Suivi du potentiel d’abandon
Chronoampérométrie
Voltampérométrie ou voltamétrie à balayage linéaire
2) Techniques électrochimiques non stationnaires
Ces techniques permettent de séparer les différentes réactions élémentaires du processus
électrochimique global, dans la mesure où ces réactions ont des constantes de temps
suffisamment distinctes. Il existe deux techniques qui sont :
Spectroscopie d’impédance électrochimique (EIS)
Bruit électrochimique (EN)
I.8.2 Evolution des méthodes d’analyse de surface
L’application des techniques analytiques de surfaces dans l’étude de la corrosion en
environnement humide remonte aux années 1970, suite au développement de l’ultravide et
des techniques associées de caractérisation chimique et structurale des surfaces.
Les méthodes les plus utilisées, sont :
La spectroscopie de photoélectrons (XPS ou ESCA).
Projet de Fin 1 2020-
Synthèse
La spectroscopie d’électrons Auger (AES).
La spectrométrie de masse d’ions secondaires (SIMS et ToF-SIMS).
En parallèle, l’application des techniques permettant l’analyse à pression atmosphérique ou in
situ en solution des espèces chimiques surfaciques et des produits de corrosion s’est
développée, en particulier la spectroscopie de réflexion-absorption infrarouge (IRAS).
Le développement dans les années 1980 des microscopies à champ proche, microscopie à
effet tunnel (STM) et microscopie à force atomique (AFM), et leur application in situ à la
science de la corrosion dans les années 1990, ont permis d’obtenir des informations
topographiques et structurales aux échelles nanométrique et atomique sous contrôle du
potentiel électrochimique.
Enfin, le développement des rayonnements synchrotron à flux élevé de photons et des
dispositifs d’incidence rasante a permis d’appliquer, à partir des années 1990, les techniques
de diffraction ou d’absorption des rayons X à l’analyse structurale in situ à l’échelle atomique
des mécanismes de corrosion en extrême surface de matériaux métalliques.
D’autres outils ne sont pas présentés par souci de concision, notamment :
La microscopie électronique à balayage (MEB), dont l’application est courante pour
l’étude microstructurale et chimique (par analyse dispersive en énergie, EDX) des
matériaux corrodés. L’analyse par EDX n’est pas cependant sensible à l’extrême surface
des matériaux.
La microscopie électronique en transmission (MET) dont l’application, plus ponctuelle et
plus délicate du fait de la préparation des échantillons en lames minces qu’elle requiert,
permet l’analyse structurale et chimique (par perte d’énergie, EELS) à haute résolution.
Elle est restreinte à l’étude des phénomènes de corrosion plus avancés modifiant les
régions sub-surfaciques sur des épaisseurs d’au moins quelques dizaines de nanomètres
Les techniques de rétrodiffusion d’ions de haute énergie (Spectroscopie de rétrodiffusion
de Rutherford, RBS) pour l’analyse chimique et le profil en concentration de couches
minces qui peut être intéressante pour l’étude de phénomènes de corrosion plus avancés.
La technique utilisant la diffusion d’ions de faible énergie (ISS, Ion Scattering
Spectroscopy) est utilisée pour l’analyse chimique élémentaire du plan atomique
d’extrême surface.
Projet de Fin 1 2020-
Synthèse
I.9 Généralités sur le Laiton
Le laiton est un alliage non ferreux essentiellement composé de cuivre et de zinc dans des
proportions variables. Selon sa composition, on peut lui attribuer le nom du cuivre jaune,
tombac, bronze florentin, similor, archal ou pinchbeck. Selon les propriétés désirées, on peut
lui ajouter du plomb, de l’étain, du nickel, du chrome ou du magnésium. Le tableau 3
rassemble quelques généralités sur les laitons :
Tableau 3. Généralités sur le laiton
Les systèmes de distribution d'eau potable.
Les surfaces texturées au laser.
La séparation huile/eau.
Domaines Les instruments de précision
d’applicati Les industries des communications et de l'électronique.
Les dispositifs de contrôle hydraulique.
on Les structures communications et l'électronique.
[22] Les dispositifs de contrôle hydraulique
La construction navale structurelle.
Laitons simples Laitons au plomb Laitons spéciaux
(Zn= 33 a42%, Pb=1 à
3.5%)
Sont constitués Ces alliages sont Leur teneur en cuivre
uniquement de cuivre et particulièrement est comprise entre 52
de zinc. destinés à l’usinage à et 70% et ils
grande vitesse de coupe. renferment, outre le
Au-dessous de 36% Selon leurs teneurs en zinc, différents
de zinc, notamment zinc et en plomb. Ces éléments d’additions,
dans la gamme de 30 laitons peuvent satisfaire seuls ou associés, dans
à 36%, ces laitons des exigences de mise les proportions
Les Types présentent une en œuvre très variées suivantes :
[23] aptitude très élevée Décolletage pur :
au formage à froid Cu-Zn 40 Pb 3 Al < 5% - Ni < 5% -
permettant, par Décolletage et Fe < 3% - Mn < 4% -
exemple, des légères déformations Sn < 2% - Pb < 3%
emboutissages à froid : Cu-Zn 36
profonds. Pb 3
Au-dessus de 36% Selon leur nature et
Matriçage avec leurs teneurs, ces
de zinc, les aptitudes
au formage à chaud reprises d’usinage : additions améliorent
(filage, matriçage) et Cu-Zn 39 Pb 2 les caractéristiques
a l’usinage Frappe à froid avec mécaniques, l’aptitude
deviennent reprises d’usinage : au frottement, la
prépondérants. Cu-Zn 35 Pb 2 résistance à la
corrosion, etc. …
Projet de Fin 1 2020-
Synthèse
Ductilité et malléabilité importantes et
modelage facile
Excellente plasticité en matriçage
Mécaniques Résistante à l’usure par frottement
Dureté minimale et maximale entre 80 et 170
HB
Pas d’étincelles par impact mécanique et
propriété atypique des alliages
Propriétés Bonne conductivité thermique
[22] Excellentes propriétés de soudure
Température de fusion (980ºC) est inférieure à
Thermiques celle du fer, des aciers, le bronze et le cuivre
pur. On peut donc fondre des pièces en laiton
par différentes techniques.
Électriques Bonne conductivité électrique
Chimiques Excellente résistance à la corrosion
I.10 Moyens de protection contre la corrosion
La lutte contre la corrosion doit être une préoccupation constante, depuis la conception des
équipements jusqu'à leur entretien quotidien. Les moyens à mettre en œuvre sont variés et
dépendent en grande partie des situations d'utilisations particulières, le but ciblé est de freiner
la dégradation des équipements pour augmenter leur durée de vie. Les différents moyens de
lutte contre la corrosion sont classés en trois grandes clases :
Une action protectrice de revêtement, en enveloppant le métal par une couche qui va le
protéger et qui va l’isoler du milieu agressif.
Les processus électrochimiques, qui agissent sur le potentiel et le courant appliqués.
L'action sur le milieu environnement par l'addition des inhibiteurs.
I.10.1 Protection par revêtements
Un revêtement ayant pour fonction d'isoler le métal du milieu corrosif, doit être continu,
adhérent et inerte par rapport à l'environnement.
On distingue deux types de revêtement :
I.10.1.1 Revêtements métalliques
Les revêtements métalliques sont couramment utilisés pour protéger les métaux ou
notamment l'acier en particulier contre la corrosion atmosphérique et peuvent également être
appliqués sur d'autres substrats tels que le cuivre ou le laiton [3]. En fonction de leur
Projet de Fin 1 2020-
Synthèse
comportement par rapport au support, il existe deux types de revêtements métalliques (Fig.
20) :
Ceux qui sont plus nobles que le substrat.
Ceux qui sont moins nobles que le substrat.
Milieu corrosif Milieu corrosif
Nickel
Zinc
Acier Acier
Fig. 20. Schéma simple de corrosion en présence d’un revêtement métallique plus nobles (a) et moins
noble (b) que le substrat.
Le dépôt peut être assuré par plusieurs techniques qui sont :
Dépôt électrolytique ou chimique
Immersion de matériaux à protéger dans un métal fondu (galvanisation)
Métallisation à pistolet
Placage
La déposition en phase gazeuse PVD et CVD (Fig. 21). Le dépôt chimique en phase
vapeur (CVD) et le dépôt physique en phase vapeur (PVD). Ces deux procédés font appel
à une variété de revêtements d'outils de coupe pour l'usinage de l'acier inoxydable 304
[24].
Fig. 21. Schéma simple de dépôt CVD et PVD.
Le PVD utilise généralement un matériau source pur, tandis que le CVD utilise un matériau
source mixte [25].
Projet de Fin 2 2020-
Synthèse
I.10.1.2 Revêtements non métalliques
Ce type de revêtement forme une barrière plus ou moins imperméable entre le matériau et le
milieu électrolytique, il contient trois familles, la peinture, les polymères et les goudrons qui
sont des produits organiques [16].
La peinture :
Il faut en appliquer au moins deux types différents de peinture : la peinture première et la
peinture secondaire. La peinture utilisée pour les couches de fond c'est la plus importante car
c'est une matrice organique (résine), cette résine contient souvent des poudres des oxydes de
zinc ou d'aluminium, qui agissent comme anode, ou des pigments (comme le chromate de
zinc), qui peuvent jouer le rôle d'inhibiteur. Pour la peinture première, les couchee de fond
doivent mouiller parfaitement la surface à peindre et y adhérer fortement. La peinture
secondaire est utilisée pour donner l'aspect esthétique à la surface.
Les polymères :
Les polymères utilisés comme revêtement sont soit thermoplastiques (PET, PVC, etc.), soit
thermodurcissables (poly époxydes).
Les goudrons :
Les structures enfouies sont souvent protégées par des revêtements à base de goudron,
d'asphalte ou de bitume.
I.11 Protection électrochimique
Pour une bonne protection électrochimique d'un métal, on modifie son potentiel de
dissolution de façon à l'utiliser soit dans la zone d'immunité, soit dans la zone de passivité.
Alors on parle de protection cathodique ou anodique.
I.11.1 Protection cathodique
C’est la protection d’un métal on lui faisant jouer le rôle de la cathode, alors si le métal est
protégé, les seules réactions qui vont être développé à la surface du métal sont des réactions
de réduction [26]. La protection cathodique se fait soit par :
Anodes sacrificielles
Le métal à protéger est couplé à un métal moins noble c'est à dire plus électronégatif, Celui-ci
devient alors l'anode et la structure à protéger est la cathode. Le choix de l’anode et sa durée
de vie sont les deux critères les plus importants. Du coup, il faut choisir une anode tel que
E métal < E structure à protégée.
Projet de Fin 2 2020-
Synthèse
Les anodes sacrificielles les plus utilisées sont les anodes de Fer (Fe) et de magnésium (Mg)
car ils possèdent des potentiels les plus faibles (E faible) et moins cher. L’inconvénient de cette
technique, est que l'anode se consomme, d’où la nécessité de la remplacer périodiquement.
L’anode sacrificielle est utilisée dans plusieurs domaines et plus précisément dans la
protection des coques hélices des bateaux.
Par courant imposé
La différence entre les deux techniques est que dans la deuxième, on doit relier un générateur
qui impose à la structure protégée un potentiel plus grand que celui du métal à protéger et qui
va jouer le rôle de l’anode. Pour que la structure reste intacte, il faut que le potentiel imposé
soit inférieur à celui de la structure pour assurer un domaine d’immunité de structure, donc le
métal reste intact quel que soit les conditions. Dans ce cas, il faut choisir une anode inerte (ne
s’oxyde pas), c’est-à-dire qu’il ne doit pas faire des réactions d’oxydation. Si cette anode
s’oxyde, alors on sera dans la condition de l’anode sacrificielle.
I.11.2 Protection anodique
On agit sur la partie anodique du diagramme, le principe de la protection anodique diffère de
celui de la protection cathodique, dans ce sens on fait augmenter le potentiel de corrosion de
façon à ce qu'il se situe dans la zone passive. On calcule Epal de la structure protégée, ensuite
on augmente le potentiel du métal jusqu’à ce qu’il coïncide avec Epal de passivité [27] (Fig.
22). A l’échelle industrielle le potentiel de passivation est assuré par deux méthodes :
1)
Utilisation d’un générateur qui applique au métal un potentiel E égale à Epal
2)
On ajoute des dépolarisants cathodiques comme les oxydants qui ont pour but
d’augmenter le pouvoir oxydant. Le point d’insertion change jusqu’à ce qu’on arrive à
l’intersection avec le pallier de passivité.
Fig. 22. Schéma simple de protection anodique par courant imposé
Projet de Fin 2 2020-
Synthèse
II. Les inhibiteurs de corrosion
De nos jours, en raison des changements survenus sur le marché des inhibiteurs de corrosion,
certains inhibiteurs de corrosion industriels sont inutilisés en raison de la toxicité élevée,
comme les composés de chromate, de phosphate et d'arsenic, liée à divers problèmes
environnementaux et de santé, des lois internationales strictes ont été adoptées. Cette
restriction et le besoin de développer d'autres inhibiteurs pour répondre à la demande ont
poussé les chercheurs et industriels pour chercher d’autres inhibiteurs afin de combler le
manque dans ce domaine. Beaucoup de travaux ont été publiés dans ce sens et qui ont pour
but de développer des inhibiteurs de corrosion respectueux de l'environnement "écologiques".
Dans ce sens, les produits naturels, tels que les argiles, les extraits des plantes, les huiles
essentielles et les composés purifiés sont récemment utilisés. D’autres inhibiteurs sont utilisés
dans plusieurs domaines, (Voir annexe B).
II.1 Définition et propriétés
La définition d'un inhibiteur de corrosion n'est pas unique, néanmoins celle retenue par
Association nationale des ingénieurs de corrosion (NACE) est la suivante : un inhibiteur est
une substance (chimique, organique, naturel) ou une combinaison des substances qui
lorsqu'elle est ajoutée avec une faible concentration à un milieu peut ralentir, stopper ou
réduire la corrosion en empêchant la dissolution du métal [28].
Un inhibiteur de corrosion doit satisfaire aux conditions suivantes :
Réduire la vitesse de corrosion d'un métal sans affecter ses caractéristiques physico-
chimiques, en particulier sa résistance mécanique.
Il doit aussi être stable en présence des autres constituants du milieu et ne pas influencer
la stabilité des espèces contenues dans ce milieu.
Il doit être stable à la température d'utilisation et efficace à faible concentration.
Peu coûteux
Il doit être compatible avec les normes environnementales, non-toxiques et non-
dangereux [29][27].
II.2 Critères de choix des inhibiteurs
On distingue 6 critères pour le choix d’un inhibiteur qui sont :
Nature de métal : Pour chaque métal il y a un inhibiteur caractéristique
Projet de Fin 2 2020-
Synthèse
Nature de milieu : Un milieu basique ou acide ou l’eau de mer, etc…
Milieu environnant : Ne doit pas être contaminant
Conditions de service de l’installation : Pression, Température, …
Condition économique : La quantité d’inhibiteur à consommer et les modifications qu’il
apporte au niveau du processus d’utilisation, cela ne présente pas des problèmes à
l’échelle de laboratoire
L’efficacité : Il doit être efficace
II.3 Pouvoir d’inhibition
Quel que soit le type de mécanisme par lequel l'inhibiteur agit, l’efficacité inhibitrice (EI%)
caractérise le degré de protection contre la corrosion en présence d'un inhibiteur[30].
L'efficacité inhibitrice s'exprime selon l’équation suivante :
𝑬 𝑰% = (𝑰𝒄𝒐𝒓𝒓 – 𝑰𝒄𝒐𝒓𝒓(𝒊𝒏𝒉)) ∗
(𝟓)
𝟏𝟎𝟎
𝑰𝒄𝒐𝒓𝒓
Avec : Icorr : la densité de courant de corrosion sans inhibiteur et I corr(inh) : la densité de
courant de corrosion avec inhibiteur.
Un inhibiteur est protecteur si on dépasse un taux de 50% à 60%. Actuellement 50%<E I<60%
s’appelle EI appréciable car avec l’utilisation des inhibiteurs organiques et naturelles on peut
aller jusqu’à 90%.
II.4 Les classes des inhibiteurs
Les inhibiteurs de corrosion peuvent être classés soit selon leur domaine d’application ou selon
la nature chimique (organique ou minéral), aussi selon leur mécanisme d’action
(électrochimique, interfacial, par adsorption, par précipitation ou par passivation) (Fig. 23)
[31][32].
Projet de Fin 2 2020-
Synthèse
Fig. 23. Classification des inhibiteurs de corrosion.
II.4.1 Par domaine d’application
Les inhibiteurs sont généralement classés en fonction de leur domaine d’application :
Les inhibiteurs pour milieux acides, sont employés pour éviter une attaque chimique de
l'acier lors du décapage, dans l'industrie pétrolière, on les ajoute aux fluides de forage.
Les inhibiteurs pour milieux neutres servent surtout à protéger des circuits d'eau de
refroidissement.
En milieu organique, de grandes quantités d'inhibiteurs de corrosion sont utilisées dans
les lubrifiants pour moteurs et dans l'essence. Ces liquides contiennent souvent des traces
d'eau et des espèces ioniques qui peuvent provoquer une corrosion, les inhibiteurs pour
peintures, tels les pigments inorganiques, jouent également un rôle important.
Les inhibiteurs pour phases gazeuses sont généralement employés pour une protection
temporaire de différents objets emballés pendant le transport et le stockage : instruments
de précision, machines, composants électroniques, etc. Il s'agit le plus souvent de
composés organiques ayant une pression de vapeur élevée, notamment certaines amines.
Ces composés s'adsorbent sur la surface métallique et la protègent contre la corrosion
atmosphérique [31][32].
II.4.2 Selon la nature
II.4.2.1 Les inhibiteurs organiques
Les inhibiteurs organiques représentent un groupe très important d’inhibiteurs de corrosion,
car l'efficacité de ces inhibiteurs est liée à la structure, à la concentration et aux propriétés
chimiques de la couche formée sur les conditions précisées. La plupart de ces inhibiteurs
Projet de Fin 2 2020-
Synthèse
possèdent dans leurs structures au moins un centre actif susceptible d'échanger des électrons
avec le métal, tel que l’azote, l'oxygène, le phosphore ou le soufre. Les groupes fonctionnels
usuels, permettant leur fixation sur le métal sont [29] :
Le radical aminé (-NH2),
Le radical mercapto (-SH),
Le radical hydroxyle (-OH)
Le radical carboxyle (-COOH).
L’action d’un inhibiteur organique est le résultat de son adsorption à la surface du matériau,
après cette adsorption, ils ont une double action ralentissant simultanément les processus
anodique et cathodique [33].
La principale caractéristique de ces inhibiteurs est leur efficacité élevée, même à faible
concentration et l'effet inhibiteur augmente souvent avec le poids moléculaire de l’inhibiteur.
Si on augmente la quantité des inhibiteurs, l’efficacité augmente en diminuant la densité de
courant de corrosion (Icorr), jusqu’à une valeur constante. [34] (Fig. 24).
Fig. 24. Variation de la densité de courant de corrosion en fonction de la concentration d’inhibiteur
organique.
II.4.2.2 Les inhibiteurs naturels
Ce sont des extraites des plantes, les huiles essentielles extraites sont 100% organique. Ces
inhibiteurs ont remplacé tout ce qu’il est substance organique ou minéral et sont les seuls qui
peuvent agir sur les sites mixtes car ils ne distinguent pas entre les sites anodique ou
cathodique.
Les huiles et les extraits sont obtenus des différentes parties d’une plante : des feuilles, des
graines, des écorces, des racines ou d’autres structures spéciales. Leur composition est
Projet de Fin 2 2020-
Synthèse
complexe, puisqu’elle est constituée d’un mélange de composés qui appartiennent aux
différentes classes de la chimie organique, telle que les phénols, les hydrocarbures, les
alcools, les aldéhydes, les cétones, etc.…. La composition d’une même espèce peut varier
selon la localisation géographique, les conditions climatiques, la période de récolte, la partie
de la plante utilisée, etc.… Les propriétés peuvent varier également, d’où la nécessité de
travailler dans les mêmes conditions, pour avoir la reproductibilité des résultats à l’étape
d’analyse et d’identification des molécules que contient une huile ou un extrait. En 1930,
l’extrait de plante de la chélidoine et d'autres plantes a été utilisé comme inhibiteur de
corrosion. En 1970 et 1980, l'étude des extraits de plantes est devenue plus étendue. En se
basant sur les statistiques des années 1970, on aurait pu penser qu'il y aura un accroissement
dans les publications et l'application des extraits de plantes comme inhibiteurs de la corrosion
métallique dans les années 90. C’était le contraire qui a été constaté, et la raison n'a pas de
lien avec les difficultés rencontrées pour isoler et purifier les ingrédients actifs des extraits
responsables de l’inhibition, mais plutôt avec l’effet de l’utilisation de ces inhibiteurs sur
l’environnement. Ce qui a poussé plusieurs chercheurs (Hammouti, Bouyanzer, Ebenso, El-
Etre, Umoren, Quraishi, etc…), à utiliser une ou plusieurs techniques parmi celles citées dans
la première partie, en tenant compte des conditions opératoires (T°, Concentration, Solvant
d’extraction, etc.…). Ils ont pu ainsi vérifier et comprendre le comportement de ces produits
naturels via les milieux et les matériaux d’études ce qui a permis de les classer en fonction de
leurs pouvoirs d’inhibition de la corrosion en tenant compte de leurs impacts sur
l’environnement [35].
Parmi l’utilisation des Inhibiteurs à base des huiles on trouve [35]:
L’huile des graines de Prickly Pear (Opuntia Ficus –indica L.) a été utilisée par Ben
Hmamou et coll, pour lutter contre la corrosion de l’acier C38 en milieu HCl (1M). Les
résultats obtenus ont montré que c’est un inhibiteur mixte dont l’efficacité pouvant atteindre
90% pour une concentration de 5g/l à 298 K. Cet effet peut diminuer (80%) à une
température plus élevée (328 K). En changeant d’inhibiteur et en restant dans les mêmes
conditions opératoires, Ben Hmamou et coll. ont obtenu une efficacité de 90% pour 2g/l en
utilisant l’huile essentielle de la chamomille (Chamomilla recutita), tout en constatant que
cette efficacité est indépendante de la température.
Afia et coll., ont utilisé l’huile d’argan pour tester son effet sur la corrosion du même type
d’acier et dans le même milieu, l’efficacité inhibitrice était de 81% pour une concentration de
Projet de Fin 2 2020-
Synthèse
3g/l à 298 K qui diminue quand la température passe à 328K, il a été montré que cet
inhibiteur est de type mixte.
L’utilisation de l’huile essentielle de Mentha Spicata L. par Znini et coll., a révélé une
efficacité inhibitrice visà-vis de la corrosion de l’acier en milieu HCl (1M) atteignant 97%
pour 2g/l d’inhibiteur à 298K, la diminution de cette efficacité est observée aux températures
de 303 à 333K, cet inhibiteur est aussi de type mixte.
II.4.2.3 Les inhibiteurs inorganique (minéraux)
Ils sont utilisés en milieux alcalins et presque jamais en milieux acides. Les molécules
minérales se dissocient en solution et les anions et cations assurent en fait l’inhibition. Les
principaux anions inhibiteurs sont les oxo-anions de type XO4n- tels les chromates,
molybdates, phosphates, silicates, ... Les cations sont essentiellement Ca 2+, Zn2+, La3+ et ceux
qui forment des sels insolubles avec certains anions tels que l'hydroxyle OH - [29]. L’emploi
de la plupart de ces produits est réglementé car ils créent des problèmes pour l’environnement
et un autre inconvénient, c’est que pour utiliser cet inhibiteur il faut bien le contrôler et
ajouter une quantité bien précise car si on augmente la concentration de cet inhibiteur à des
valeurs très grandes, il y a un risque d’avoir des phénomènes de corrosion [36]. (Fig. 25).
Fig. 25. Variation de la densité de courant de corrosion en fonction de la concentration d’inhibiteur
minérale.
II.4.3 Selon le mécanisme d’action
On peut distinguer les inhibiteurs anodique, cathodique ou mixte. La figure 26, montre le
déplacement du potentiel de corrosion dû à la présence d’un inhibiteur anodique, cathodique
ou mixte d’après le diagramme d’Evans.
Projet de Fin 2 2020-
Synthèse
Fig. 26. Diagramme d’Evans montrant le déplacement du potentiel de corrosion en présence d’un
inhibiteur anodique, cathodique ou mixte.
II.[Link] Inhibiteur anodique
Les inhibiteurs anodiques diminuent la densité de courant de dissolution du métal et
déplacent le potentiel de corrosion dans le sens positif. En général, les inhibiteurs anodiques
réagissent avec le produit de corrosion, initialement formé, résultant en un film cohésif et
insoluble sur la surface du métal. Les inhibiteurs anodiques réagissent avec les ions
métalliques Men+ produites sur l'anode, formant généralement, les hydroxydes insolubles qui
se déposent sur la surface du métal. (Fig. 27).
Fig. 27. L'illustration montre le mécanisme d'action des inhibiteurs anodiques.
Certains exemples d'inhibiteurs inorganiques anodiques sont les nitrates, les molybdates, les
chromates de sodium, les phosphates, les hydroxydes et les sulfates. Ces types d’inhibiteur
doivent être utiliser en quantité suffisante car dans le cas contraire, ils peuvent accentuer la
corrosion localisée des zones non protégées [37].
II.[Link] Inhibiteur cathodique
Les inhibiteurs cathodiques diminuent la densité de courant de réduction du solvant et
déplacent le potentiel de corrosion dans le sens négatif. Ce sont des ions métalliques capables
Projet de Fin 2 2020-
Synthèse
de produire une réaction cathodique en raison de l'alcalinité, produisant ainsi des composés
insolubles qui précipitent sélectivement sur les sites cathodiques (Fig. 28).
Fig. 28. Illustration du mécanisme d'action des inhibiteurs cathodiques.
Ces inhibiteurs se déposent sur le métal et forment un film compact et adhérent, limitant le
contact métallique avec le milieu corrosif, ce qui empêche l'apparition de la réaction de
corrosion [37]. Certains exemples d'inhibiteurs inorganiques cathodiques sont les ions du
magnésium, du zinc, du nickel et qui réagissent avec l'hydroxyle (OH -) de l'eau, formant des
hydroxydes insolubles tel que (Mg(OH)2, Zn(OH)2, Ni(OH )2). On peut également cités des
poly-phosphates et des phosphonates [38].
II.[Link] Inhibiteur mixte
Ce sont des inhibiteurs qui peuvent bloquer les sites anodique et cathodique et par
conséquence ils diminuent la vitesse des réactions anodiques et cathodiques, suite à la
formation d'un film à la surface du métal car ils ont à la fois les propriétés des inhibiteurs
anodiques et cathodiques. Les inhibiteurs mixtes diminuent la vitesse des deux réactions
partielles mais modifient peu le potentiel de corrosion [39].
II.5 Les Nouveaux inhibiteurs (Les inhibiteurs intelligents)
Ces dernières années, les chercheurs dans le domaine de la corrosion des métaux et les
revêtements organiques ont mené des travaux sur de nouvelles familles d’inhibiteurs de
corrosion constitués de deux entités : l’inhibiteur de corrosion classique sous sa forme
ionique et un support lamellaire [11]. Ils ont pour but de stocker une quantité d’inhibiteur de
corrosion dans des structures hôtes, évitant ainsi, leur consommation rapide, et offrent une
longévité au pouvoir protecteur anticorrosion du revêtement. Parmi les différents pigments de
ce type, on trouve des pigments à base de matériaux lamellaires tels que les argiles
cationiques (montmorillonite, beideillite …) ou les argiles anioniques comme les hydroxydes
Projet de Fin 3 2020-
Synthèse
doubles lamellaires (HDL)… Ces différents minéraux jouent le rôle de « microréservoirs »
qui permettent de réserver les entités d’inhibiteur de corrosion dans leurs espaces
interlamellaires. Ces composés lamellaires ont la propriété de libérer progressivement les
espèces inhibitrices de corrosion qu'ils emmagasinent, grâce à leurs propriétés d'échange
ionique [40]. Le minéral argileux le plus étudié est la montmorillonite qui a été testée comme
charge dans des revêtements organiques. Les résultats électrochimiques obtenus montrent ses
effets positifs pour la protection des métaux contre la corrosion [11]. De nombreux travaux
ont montré l’effet bénéfique des minéraux argileux sur les propriétés barrières des
revêtements organiques [11][40]
III. Déchet de Bois
III.1 Déchet de bois en France
La France produit chaque année 14 millions de tonnes de déchets de bois.
L’enjeu écologique du recyclage des déchets de bois est donc immense. En effet, recycler ces
matières est une alternative pour réduire la coupe des arbres, mais aussi de limiter les
émissions de gaz à effet de serre dues au transport des troncs vers les scieries, ainsi que toutes
les émissions découlant des processus de transformation.
Pour que les déchets de bois soient valorisés, ils doivent préalablement être triés et collectés.
Selon l’ADEME, 90 % de ces déchets sont valorisés et 49 % font l’objet d’une valorisation
matière [41].
III.1.1 Les différents types de déchets bois
En France, les déchets bois sont principalement produits par trois types d’acteurs : les
industriels, la distribution et les particuliers.
Parmi les industriels, on retrouve les scieries, les fabricants de meubles et les magasins de
grande distribution. Ces derniers doivent faire recycler des palettes, des cagettes, des tourets
et diverses chutes de production.
Au sein de ces déchets, on distingue trois grandes familles de déchets de bois : le bois de
classe A, le bois de classe B et le bois de classe C. En fonction du type de bois, les
possibilités de valorisation diffèrent. Il est donc primordial de pouvoir les distinguer afin de
les valoriser au mieux [41].
a. Le bois de classe A (bois non traités)
Le bois de classe A est un bois brut et noble, qui n’est ni traité, ni peint, ni collé.
Projet de Fin 3 2020-
Synthèse
C’est le bois des emballages non peints et non traités comme les palettes, caisses, cagettes,
bois de calage non traités, planches de bois massif et bois en mélange. C’est aussi le bois
des panneaux bois non-mélaminés, non traités et sans souillures ou qui sert à fabriquer des
tourets.
L’humidité de ce type de biomasse varie de 15 à 25 %, ce qui en fait un combustible
hautement calorifique pour les chaufferies industrielles.
En résumé, les bois de classe A sont des bois secs non traités et non peints.
b. Le bois de classe B ou AB (bois traités non-dangereux)
Le bois de classe B ou AB est traité avec de faibles adjuvants chimiques (peinture, laque,
vernis, etc.) pour mieux se conserver. Il peut être peint et collé.
C’est le bois des panneaux, le bois d’ameublement, le bois de démolition exempt de gravats,
des bois peints et les résidus de l’exploitation forestière (souches, grumes, etc.).
Il est principalement issu des déchets du bâtiment et de l’ameublement. On retrouve
notamment des poutres, du bois de démolition, des panneaux de particules, des
contreplaqués, du bois peint, vernis, mélaminés et/ou avec présence de colle, des meubles et
fenêtres en bois.
c. Le bois de classe C (bois traités dangereux)
Le bois de classe C est traité et dangereux. Ce sont des bois imprégnés, classés déchets
dangereux et polluants.
On retrouve par exemple ce type de bois dans les traverses de chemins de fer, les poteaux
EDF et téléphone, les palissades traitées, le bois injecté à cœur aux sels métalliques et les bois
« créosotés ». Le bois de portes de fenêtres et de poutres peints au plomb font également
partis de cette catégorie. Les bois d’extérieur, traités à la lasure ou à la peinture, les bois
d’écrans acoustiques, les piquets de vigne et d’arboriculture, le bois de palissades et les
déchets bois issus du génie civil et imprégnés de métaux lourds en sont eux aussi, des bois
traités dangereux de classe C.
III.1.2 Les différentes valorisations des déchets bois
Après la collecte, le bois est envoyé en centre de tri pour être trié manuellement. Sur place, il
subit un tri manuel avant de partir en filière spécialisée pour être broyé, déferraillé, criblé et
grappiné afin d’être recyclé ou valorisé.
Selon les types de déchets bois, différentes valorisations sont possibles.
Projet de Fin 3 2020-
Synthèse
Les déchets de bois ont deux débouchés principaux : la valorisation matière dans l’industrie
des panneaux de particules et la valorisation énergétique en chaufferie.
Les bois A et B sont généralement valorisés en tant que panneaux de particules. Lorsque ce
n’est pas possible, ils sont transformés en combustibles pour la production de chaleur. Dans
ce cas, ils sont transformés en plaquettes de bois afin d’alimenter les chauffages collectifs et
individuels.
Les bois de type C peuvent également être valorisés. La valorisation énergétique est possible,
à condition qu’elle soit faite dans des installations d’incinération spécifiques. Sinon, ils
peuvent être utilisés en cimenterie.
La valorisation énergétique : le bois devient du bois énergie. C’est la première source
d’énergie renouvelable utilisée en France. Le bois est utilisé en tant que combustible pour
alimenter les chaufferies industrielles ou collectives et les réseaux de chaleur, comme à
Massy-Anthony, où le bois est valorisé par SUEZ. Dans cet incinérateur, 87.000 tonnes de
déchets ménagers seront incinérées annuellement, ainsi qu’environ 39.000 tonnes de bois
revalorisé.
Dans certains cas, le recyclage du bois permet de produire de l’électricité, en chauffant l’eau
dont la vapeur alimente des générateurs.
La valorisation matière : le bois est utilisé en tant que nouvelle matière, pour fabriquer de
nouveaux éléments, tels que des panneaux de particules ou agglomérés qui permettent de
concevoir du mobilier [41].
Dans ce travail, on va valoriser les déchets de bois en les utilisant comme réservoir
d’inhibiteurs de corrosion. Pour cela, on a traité deux types de déchets de bois, le déchet
naturel (Bois d’épine) et le déchet synthétique (Bois Latté).
III.2 Bois naturel
III.2.1 Définition
Le bois est un polymère complexe qui possède une organisation micro-structurelle
extrêmement élaborée. Ses propriétés ainsi que sa remarquable faculté de transformation
résident dans son architecture complexe à tous les niveaux hiérarchiques, dans sa
composition chimique, ainsi que dans sa structure moléculaire. [42]. Dans la norme NF B 50-
003 (définissant la nomenclature du bois), il est définit comme étant un ensemble de tissus
résistants secondaires (de soutien, de conduction, et de mise en réserve) qui forme les troncs,
branches et racines des plantes ligneuses.
Projet de Fin 3 2020-
Synthèse
III.2.2 Composition chimique
Le bois est constitué principalement de trois polymères : les hémicelluloses, la cellulose et la
lignine. On y trouve aussi des extractibles (terpènes, cires, graisses, flavonoïdes, lignanes,
stilbènes, tanins principalement présents dans le duramen) [43].
Ces composants peuvent donc être classés en deux groupes :
Les substances macromoléculaires comprenant les hémicelluloses, la cellulose et les
lignines présentes en grande quantité dans le bois.
Les extractibles, comprenant des extraits organiques et autres composés minéraux comme
le calcium et le magnésium, sont des composés de faible poids moléculaire présents en
faibles quantités et variant suivant les essences de bois.
Le schéma de la figure 29, présente en détaille ces deux classes [42].
Bois
Substances de faible poids moléculaire Substances macromoléculaires
Substances
Substances organiques Polysaccharides Lignine
minérales
Extractible Cendres Cellulose et Hémicelluloses
Fig. 29. Représentation schématique de la composition chimique du bois
Les constituants macromoléculaires représentent généralement 95% de la composition
chimique du bois, non réparties uniformément au sein des parois cellulaires, leurs proportions
changent selon l’essence et la localisation dans l’arbre. Elles sont responsables de plusieurs
propriétés physico-chimiques du bois. La distribution de ces trois polymères et les teneurs en
extractibles suivant la nature de l’essence de bois sont présentées dans le tableau 4 [43].
Projet de Fin 3 2020-
Synthèse
Tableau 4. Répartition moyenne (% en masse) des différents composés dans le bois des feuillus et des
résineux
Constituants Résineux Feuillus
(%)
Cellulose 42 ± 2 45 ±2
Hémicelluloses 27 ± 2 30 ± 5
Lignine 28 ± 3 20 ± 4
Extractibles 3 ±2 5 ±3
Néanmoins, la composition du bois varie également selon divers paramètres tels que la nature
du sol, les conditions de croissance, l’âge de l’arbre ou la période d’abattage.
L’analyse élémentaire du bois fait apparaitre trois principaux éléments qui sont : le carbone,
l’hydrogène et l’oxygène. La répartition massique couramment retrouvée est la suivante :
Carbone : 50%
Hydrogène : 6 %
Oxygène : 44 %.
Le bois peut également contenir de l’azote, 1 % en masse en moyenne, en plus des composés
minéraux cités précédemment [42].
III.2.3 Propriétés physiques
Les propriétés physiques du bois représentent les caractéristiques quantitatives du bois et de
son comportement face à des influences extérieures. Ils dépendent essentiellement de sa
structure, donc de la disposition et de la nature des éléments qui le constituent. Les
principales propriétés physiques sont les propriétés directionnelles (anisotropie), l’humidité,
la densité, les propriétés dimensionnelles (rétractabilité/gonflement) et la conductivité
(thermique, électrique ou sonore)[43]. Les détails sur les propriétés physiques sont donnés en
annexe C.
III.2.4 Résistance mécanique
Du fait que l’arbre nécessite un soutien, cela induit le besoin d'une certaine résistance
mécanique du bois, qui dans le cadre de son exploitation par l'homme, se traduit par des
propriétés exploitables, notamment en construction.
Projet de Fin 3 2020-
Synthèse
La résistance mécanique de la cellulose, le polymère le plus abondant dans le bois, est
remarquable. Avec un module d'Young compris entre 120 et 140 GPa et une résistance en
traction allant de 750 à 1080 MPa, les propriétés mécaniques de la cellulose cristalline sont
bien supérieures aux polymères de synthèse actuels. La lignine et les hémicelluloses,
présentent des résultats bien plus modestes de ce point de vue. Le module d'Young et la
résistance en traction de la lignine sont inférieurs à 4 GPa et 75 Mpa respectivement et le
module des hémicelluloses inférieur à 10 GPa. Le bois massif quant à lui, présente des
propriétés bien inférieures à celles de la cellulose, qui sont très variables en fonction des
essences (module à la rupture de 20 MPa pour le Balsa, et 83 MPa pour le pin sylvestre par
exemple). Les modules à la rupture et modules d'élasticité peuvent toutefois être corrélés à la
densité du bois, à son angle de l et à la présence de défauts (nœud, bois de tension, etc.…)
[44].
III.3 Bois Synthétique
Le bois synthétique utilisé dans ce travail est le bois ‘Latté’, appelé aussi ‘bois composite’.
III.3.1 Définition et Propriétés
Le bois composite est un matériau constitué de matière plastique d'une part et de fibre
végétale (farine de bois, anas de lin, chanvre, le bambou, râfle de maïs...), complétés par
des pigments (colorants), des additifs (agents antifongiques, lubrifiants pour faciliter le
process), et d'une charge minérale (Fig. 30).
Fig. 30. La composition du bois composite.
La qualité d’un bois composite dépend de celle des matières premières utilisées, de leur
quantité, et des additifs (liants, colorants, etc.). La matière plastique confère au bois
composite ses principaux attributs mécaniques. Comme les matériaux utilisés sont issus du
recyclage de matières plastiques (pour les résines polymères), et de déchets de scieries
n’utilisant que des bois issus des forêts labellisées PEFC ou FSC, les bois composites
s’affichent comme des produits écologiques et recyclables à 100 %.
Projet de Fin 3 2020-
Synthèse
Les résines polymères sont en Polychlorure de vinyle (PVC), en Polyéthylène Haute Densité
(PEHD) ou en polypropylène PP. Les définitions et la comparaison entre ces résines sont
donnés en annexe D.
Généralement, c'est la résine plastique qui va définir le profil de la lame, c'est-à-dire si elle
sera pleine ou alvéolaire, ainsi que la proportion de bois ou autre fibre naturelle. En effet, les
3 résines n'ont pas les mêmes propriétés mécaniques. Ainsi le PVC nécessite moins de fibres
naturelles (bois, lin...) que le PE ou le PP et sera approprié pour des lames alvéolaires (Fig.
31).
Fig. 31. Différences entre le bois avec PE /PP et le bois avec PVC
III.3.2 Fabrication du bois synthétique
Leur fabrication consiste à chauffé et compressé le bois, puis extrudé dans une filière qui lui
donne sa forme et ses dimensions [45][46]. Quelques qualités de ce bois doivent être mise en
considération [47] :
La densité du produit : plus elle est haute, plus le bois est meilleur.
Le taux de bois : trop de bois entraîne de la reprise d'humidité (qui entraîne elle-même
des déformations)
Côté esthétique : des progrès considérables ont été réalisés. De nouvelles teintes et de
nouveaux colorants apportent une finition impeccable. Certains fabricants proposent
également une imitation très réussie du bois exotique et de sa veinure, grâce à une
pigmentation aléatoire, et la lame doit présenter une surface lisse, peu mouchetée.
A ceux-ci peuvent s'ajouter d'autres qualités en fonction des fabricants : lame qui ne grise
pas, peu de reprise d'humidité, imperméabilité, aptitude à être poncé, etc.
Projet de Fin 3 2020-
Synthèse
III.4 Comparaison avec le bois Nature
Si le bois composite est un vrai matériau , il est pourtant très légitime de le comparer au bois
naturel, du fait qu'il est moins glissant, plus cher, moins d'entretien, plus solide... [47].
Voici donc un petit récapitulatif des principaux avantages du composite sur le bois naturel.
Les avantages :
Durable
Imputrescible
Sans entretien structurel
Non glissant
Solide
Esthétique proche du bois
Grand nombre de coloris disponibles
Pas d'imperfections ni de nœuds
Projet de Fin 3 2020-
Matériels et
Chapitre 2
Matériels et méthodes
’’ Dans ce chapitre, on va donner une brève description des méthodes expérimentales
utilisées dans notre travail. On va commencer par un descriptif du principe de
fonctionnement des différents appareils, ainsi une voie sur les conditions expérimentales
dans le laboratoire, suivi par une brève description des techniques expérimentales utilisées.
Ce travail a été réalisé au niveau de laboratoire (laboratoire de Corrosion, département de
Chimie, faculté des sciences Tétouan ’’
Projet de Fin 3 2020-
Matériels et
I. Dispositif expérimental
I.1 Cellule électrochimique
Une cellule électrochimique est un dispositif utilisé pour étudier les phénomènes électriques
des réactions chimiques, elle est composée d’un ensemble de trois électrodes (Fig. 32)
immergées dans un bêcher de volume 100 ml, les électrodes sont introduites et maintenues à
température ambiante et en atmosphère aérée. Avant chaque expérience, la cellule est rincée à
l’eau distillée et séchée avec du papier absorbant.
Électrode de
référence
Contre Électrode
Bêcher de 100 Électrode de
ml Travail
Électrolyte
Barreau
Fig. 32. Montage de la cellule électrochimique.
I.1.1 Électrode de travail (ET)
C'est une électrode constituée de plaques en alliage Cu-Zn (laiton), de diamètre 1cm (Fig.
33), dont on mesure le potentiel et le courant. Elle représente la surface d'étude où sont
réalisés les dépôts dont on veut connaître les caractéristiques.
Résine
Pièce en Laiton
Fil
électriqu
Fig. 33. Photos d'une électrode de travail.
La préparation de l’électrode de travail a été effectuée selon les étapes qui sont :
Projet de Fin 4 2020-
Matériels et
On commence par le nettoyage des disques et câbles (Fig. 34), puis polissage.
Fig. 34. Pièce en laiton et câble
Le câble est sous forme de la lettre « L », puis ont soudé avec l’étain selon la procédure
illustrés dans la figure 35.
Fig. 35. Deuxième étape de préparation de l'électrode de travaille
En fin on fait l’enrobage de l’électrode avec la résine (Fig. 36)
Fig. 36. Troisième étape de préparation de l'électrode de travail.
Il est bien souhaitable d’utiliser un tube en verre (Fig. 37) sous forme de la lettre (L) pour
s’assurer que le fil conducteur reste propre et ne fait pas de contact avec l’électrolyte.
Projet de Fin 4 2020-
Matériels et
Fig. 37. Etape final pour préparer l'électrode de travail.
I.1.2 Électrode de référence (ER)
Une électrode de référence a un potentiel constant quelles que soient les conditions de
mesure. Les électrodes de référence se différencient principalement par la nature de l’élément
de référence et le type de la jonction électrolytique. Dans notre travaille on a utilisé une
électrode au calomel saturée (ECS), avec EECS/ENH = + 0,245 V (à la température de 25oC)
[48]. Sa position dans la cellule doit près des deux l’électrode afin de limiter les erreurs
produites par la chute ohmique
I.1.3 Contre électrode (CE)
Appelée aussi électrode auxiliaire, c’est une électrode inattaquable, constituée d’une grille de
platine (métal inerte) circulaire, son rôle est d’assurer le passage de courant dans la cellule
électrolytique. Sa position dans la cellule doit tenir compte des lignes de champ électrique
très concentrées à proximité de l'électrode de travail.
I.2 Montage expérimentale pour les mesures électrochimiques
Toutes les études électrochimiques ont été réalisées avec un montage constitué d’un système
d’asservissement PG301 potentiostat/galvanostat de marque RADIOMETER ANALYTICAl.
Projet de Fin 4 2020-
Matériels et
Ce potentiostat est piloté par une unité de traitement informatique comprenant -ordinateur PC
doté d’un logiciel « Volta Master 4 » permettant le traitement des données pour établir les
relations entre le potentiel, le courant et le temps, dans le but de déterminer les différents
paramètres électrochimiques. Le schéma du dispositif expérimental décrit précédemment est
présenté et détaillé sur la figure 38.
Projet de Fin 4 2020-
Matériels et
Ordinateu Potentiostat Cellule
r /galvanostat électrochimique
Fig. 38. Montage expérimental pour les mesures électrochimiques
II. Conditions expérimentales dans le laboratoire
Dans notre travail on a travaillé avec de très fines particules de déchet de bois, pour cela il
faut préparer ce déchet de bois pour faire une étude efficace et exacte, pour faire aussi une
modification de ce déchet, afin de tirer une conclusion concernant la différence entre un
déchet de bois modifié et sans modification. La préparation et la modification nécessitent
l’utilisation des matériels et des produits.
II.1 Préparation de déchet de Bois
Les deux types de bois utilisés ainsi que leurs poudres sont représentés dans la figure 39.
Apres broyage à l’aide d’un broyeur, on peut récupérer les particules très fines, en utilisant un
Tamis de diamètre égal à 200 micromètres.
Projet de Fin 4 2020-
Matériels et
Fig. 39. Images des plaques de bois synthétique (a) et naturel (b), ainsi que leurs poudres fines et très
fines.
La figure 40 résume les deux techniques utilisées (Broyage puis Tamisage) pour avoir des
particules très fines du déchet de bois.
Broyage Tamisage
Fig. 40. Poudres obtenues après broyage et tamisage.
Projet de Fin 4 2020-
Matériels et
La capacité du déchet de bois à fixer des adsorbats peut être grandement améliorée en lui
faisant subir un traitement chimique afin d’activer les sites fonctionnels d'adsorption. Pour ce
faire, le déchet de bois a été lavé, plusieurs fois, à l’eau chaude à 60 °C et séchée à l’étuve à
80°C pendant 24 heures, afin d’éliminer les particules hydrosolubles qui adhérent à la
surface [49].
Après plusieurs cycles de lavage à 60°C, on sépare la poudre par décantation jusqu’à obtenue
un aspect clair de l’eau, et on récupère le déchet de bois lavé dans un verre de montre ( Fig.
41).
Fig. 41. Déchet de bois lavé et récupéré dans un verre de montre.
Après lavage, le déchet de bois est séché à l’étuve à 80°C pendant 24 heures, puis broyé
manuellement (Fig. 42). Les poudres ainsi obtenues sont prêt à être utiliser pour les tests
électrochimiques.
Fig. 42. Déchets de bois synthétiques (a) et naturel (b).
Projet de Fin 4 2020-
Matériels et
II.2 Modification des déchets de bois
Dans ce travail, on a fait la modification de ses déchets par utilisation de deux inhibiteurs, qui
sont : le KDP et le L-Arginine, en suivant le même mode opératoire.
Modification par L-Arginine
On mélange 5g de notre poudre déjà traitée avec 100ml d'eau distillée et on fait l’agitation
pendant 10 min. Puis on ajoute 2.5g de l’inhibiteur et on laisse le mélange sous agitation
pendant 12h. Le précipité ainsi récupéré est lavé plusieurs fois pour éliminer l’excès de
l’arginine, Puis séché à l’étuve à 60°C pendant 24 heures (Fig. 43).
Synthétique Naturel
Fig. 43. Déchet de bois synthétiques et naturel modifiés par L-Arginine.
Modification par KDP
Le même protocole de modification de déchet de bois par L-Arginin a été suivi pour modifier
les déchets de bois par le KDP. Les poudres ainsi obtenues sont affichées dans la figure 44.
Projet de Fin 4 2020-
Matériels et
Fig. 44. Images finales de déchets de bois synthétiques (a) et naturel (b) modifiés par KDP.
Dans le cas de la modification par KDP à la fin de cette modification, la masse obtenue pour
le déchet de bois Naturel est 4.5g, alors que pour le Synthétique 4g. Alors que dans le cas de
la modification par L-Arginine, on trouve à la fin 3.7g pour le déchet de bois Naturel et 3.2g
pour le déchet de bois Synthétique. Cela peut être interprété par le fait que, d’une part la
modification par KDP a été meilleure par rapport à celle de l’arginine et d’autre part les
valeurs élevées pour le bois naturel indiquent que sa modification était meilleure par rapport a
celle du bois synthétique.
II.3 Matériels utilisés
Les matériels utilisés lors de ce travail sont :
Papiers abrasifs avec les grades suivants : 600, 800, 1000, 1200, un tamis de diamètre 200
micromètres et un broyeur, les deux sont utilisés pour la préparation de la poudre des déchets
de bois. Un microscope optique utilisé pour voir la morphologie de la surface de laiton après
tests de polarisation. Le tableau 5, présente les grandissements de l’oculaire et l’objectif de
ce Microscope, utilisés dans les observations :
Tableau 5. Représente le grandissement de microscope utilise
Objectif 4 10 40
Oculaire
16 ×64 ×160 ×640
II.4 Les produits
Pour préparer le milieu corrosif on a utilisé du NaCl de degré de pureté 99,5%.
Projet de Fin 4 2020-
Matériels et
Pour modifier le bois on a utilisé les composés suivants :
Dihydrogènophosphate de Potassium (KDP) : de formule chimique KH2PO4. La solubilité
de cette molécule dans l’eau est 22g/100ml et sa Masse Molaire est 136,086 g/mol. La
température de fusion est 252,6 °C et sa structure est la suivante :
L-arginine : C’est un acide aminé, dont la formule chimique est C6H14N4O2, sa solubilité
dans l’eau est 18,26g/100ml et sa masse molaire est 174.20 g/mol. La température de fusion
de cet acide aminé est 244°C et sa structure est la suivante :
III. Méthode d’étude électrochimique
Dans ce travail on a utilisé différentes méthodes expérimentales. Ces méthodes peuvent être
classées selon deux groupes distincts : méthodes stationnaires et méthodes transitoires.
Les techniques stationnaires permettent d’étudier un système se trouvant dans un état
quasiment d’équilibre thermodynamique, elles prennent en compte tous les couples redox
dans la solution, dans notre travail on utilise les courbes de polarisation.
Les techniques transitoires diffèrent les unes des autres par la forme du signal appliqué (une
impulsion, un balayage ou une modulation du potentiel de l’interface), dans notre travail on a
utilisé la méthode de la spectroscopie d’impédance électrochimique [50].
III.1 Méthode électrochimique stationnaire
III.1.1 Courbe de polarisation
La courbe de polarisation de l'interface métal-solution est une caractéristique fondamentale
de la cinétique électrochimique, mais ne rend compte que de l'étape la plus lente du processus
global à l'interface électrochimique [51]. Pour obtenir une courbe de polarisation
potentiostatique, on applique, à l'aide d'un potentiostat, différents potentiels entre l'électrode
Projet de Fin 4 2020-
Matériels et
de travail et une électrode de référence. On mesure le courant stationnaire qui s'établit après
un certain temps dans le circuit électrique, entre cette électrode de travail et une contre
électrode, Le dispositif utilisé pour le tracé de ses courbes est constitué d'un montage
classique à trois électrodes, composé d'un potentiostat, d'un générateur programmant
l'évolution du potentiel en fonction du temps et d'un enregistreur. La mesure du potentiel est
effectuée à l'aide d'un millivoltmètre à haute impédance par rapport à l'électrode de référence.
(Fig. 45). Cette méthode permet de déterminer d'une façon précise les paramètres
électrochimiques d'un métal au contact d'un électrolyte à savoir : la densité de courant de
corrosion (Icorr), le potentiel de corrosion (Ecorr), les pentes de Tafel, la résistance de
polarisation (Rp), les courants limites de diffusion ....
Elle donne des mesures rapides et sa mise en œuvre est relativement simple.
La détermination de la densité de courant de corrosion à partir des courbes de polarisation est
étroitement liée à la cinétique régissant le processus électrochimique interfacial. On distingue
trois principaux types de cinétique :
Cinétique d'activation pure.
Cinétique mixte (activation+ diffusion).
Cinétique de diffusion pure.
Fig. 45. Dispositif de mesure des courbes de polarisation. ET : électrode de travail, ER : électrode de
référence, CE : contre électrode.
La description détaillée du mode de détermination de Icorr et Ecorr a été réalisée
précédemment. Pour déterminer expérimentalement ces paramètres électrochimiques, une
Projet de Fin 5 2020-
Matériels et
représentation logarithmique de la densité de courant est en général préférable, car elle met
en évidence la relation linéaire entre le logarithme de la densité de courant et le potentiel
(Fig. 46).
Fig. 46. Détermination des paramètres électrochimiques à partir des droites de Tafel.
III.2 Méthode électrochimique transitoire
III.2.1 Spectroscopie d’impédance électrochimique (EIS)
III.2.1.1 Principe
La spectroscopie d’impédance électrochimique (SIE) est une méthode transitoire qui permet
de déconvoluer les contributions des différents phénomènes chimiques et électrochimiques se
déroulant à l’interface métal-solution, ainsi que celle de l’électrolyte compris dans l’espace
inter-électrodes (réaction de transfert de charge, adsorption, transport de masse, diffusion…).
Plus généralement, cette méthode est largement appliquée à l’étude de mécanismes
réactionnels, à la caractérisation des couches superficielles ou du film passif [50]. La
méthode consiste à mesurer la réponse en courant d’une électrode soumise à une modulation
sinusoïdale de faible amplitude du potentiel (∆E) en fonction de la fréquence (f) (Fig. 47).
Une alternative consiste à moduler le courant et à mesurer la réponse en potentiel.
Fig. 47. Principe général de la spectroscopie d’impédance électrochimique.
La perturbation en potentiel peut se mettre sous la forme :
Projet de Fin 5 2020-
Matériels et
ΔE= |ΔE| sin(t)
Avec |ΔE| désigne l’amplitude du potentiel, et = 2f, est la pulsation et f représente la
fréquence de modulation du système. Un signal d’excitation de faible amplitude dont la
valeur maximum est à déterminer pour chaque système permet de rester sur un domaine
linéaire. La perturbation sinusoïdale du potentiel induit un courant sinusoïdal ΔI, superposé à
la composante continue du courant et déphasé d’un angle φ par rapport au potentiel.
ΔE= |ΔI| sin(t- φ)
L’amplitude du signal alternatif utilisée dans cette étude est de 10 mV, avec un balayage de
fréquence de 100 KHz à 100 mHz à raison de 10 points par décade. La figure 48, représente
la perturbation sinusoïdale en potentiel et sa réponse en courant.
Fig. 48. Schéma représentant les signaux E(t) et I(t).
L’impédance électrochimique Z(ω) est définie comme étant le rapport entre le signal de
perturbation et la réponse associée :
ΔE(ω)
Z(ω) = = |Z|𝑒(jω)= |Z| cosω+j|Z| sinω
ΔI(ω)
Cette impédance Z(ω) peut s’écrire sous la forme d’un nombre complexe où apparaissent les
parties réelle et imaginaire :
Z(ω) = Re(Z(ω)) +j Im(Z(ω))
Projet de Fin 5 2020-
Matériels et
Le module de l’impédance |Z| :
|Z| =√𝑅𝑒(𝑍)2 + 𝐼𝑚(𝑍)2
Le déphasage φ entre la tension et le courant complète l’information pour donner accès aux
partie réelle, Re(Z)= |Z| cos(φ), et imaginaire, Im(Z) = |Z| sin(φ).
𝐼𝑚(𝑍)
Φ=𝑇𝑎𝑛−1 𝑅𝑒(𝑍)
Deux représentations graphiques sont couramment utilisées :
(a)
L’une, en coordonnées cartésiennes, représentant la partie imaginaire -Z im(2πf) en
fonction de la partie réelle de la fonction de transfert ZRe(2πf). Il s’agit de la
représentation dans le plan de Nyquist.
(b)
L’autre, dans le plan de Bode, représentant le logarithme du module de la fonction de
transfert log[Z(2πf)] ainsi que la phase φ en fonction du logarithme de la fréquence
log(f).
Seule la représentation dans le plan de Nyquist qui a été traitée dans notre étude.
L’interprétation des diagrammes permet de déterminer les différents processus qui ont lieu à
l’électrode. Dans certains cas, notamment lorsque les constantes de temps des étapes
élémentaires sont mal découplées, il est nécessaire de modéliser l’impédance du système
électrochimique par des circuits électriques équivalents.
III.2.1.2 Interprétation de diagramme de Nyquist
Dans cette partie on va détailler les différents profils des diagrammes dans le plan de Nyquist
qui peuvent être observés, lorsque les processus opérant à l’interface métal/électrolyte ne sont
pas trop complexes, un circuit équivalent, qui permet de modéliser le diagramme, est proposé
[52].
Transfert de charge
La plupart des modèles définissant l’interface électrolyte/électrode considèrent que le courant
faradique (IF) et le courant de charge de la double couche (I c) peuvent être dissociés dans
l’expression globale du courant (I) traversant le système, soit :
I = IF + Ic
Projet de Fin 5 2020-
Matériels et
L’interface peut être représentée, dans le cas de perturbations de faibles amplitudes, par un
arc de cercle dans le plan de Nyquist, et être modélisée par un circuit électrique équivalent,
dit de Randles (Fig. 49). La résistance Re du circuit de Randles correspond à la résistance de
l’électrolyte. Sur le diagramme de Nyquist, lorsque la fréquence tend vers l’infini (ω →∞), la
valeur de l’impédance totale du système correspond uniquement à la résistance de
l’électrolyte. Le phénomène de charge de l’interface électrode/solution provoque l’apparition
d’un courant capacitif (représenté par la capacité de double couche notée C d ou Cdl). La
résistance de transfert de charges notée Rt ou Rtc est traversée par le courant faradique. En
absence de toute autre réaction que le transfert électronique, R tc est identifiée à la résistance
de transfert de charge.
Fig. 49. Représentation dans le plan de Nyquist, de l’impédance électrochimique, dans le cas d’un
processus de transfert de charge et circuit électrique équivalent.
Electrode poreuse
Lorsque la couche formée à l’interface métal/électrolyte est poreuse, la diffusion à travers
cette dernière peut être le processus limitant. Dans ce cas, le diagramme d’impédance
représenté dans le plan de Nyquist présente une droite de diffusion en hautes fréquences, qui
forme un angle de 22,5° avec l’axe des abscisses (Fig. 50). L’impédance de Warburg, W, est
alors remplacée dans le circuit électrique équivalent, par l’impédance de diffusion à travers
des pores macroscopiques (épaisseur de diffusion finie), notée ZD. Cette grandeur tient
compte de l’épaisseur de la couche de diffusion ainsi que du coefficient de diffusion de
l’espèce diffusante à travers la couche. L’allure du diagramme d’impédance peut également
donner des informations sur la géométrie des pores de la couche. Cependant, la modélisation
de la géométrie des pores est complexe.
Projet de Fin 5 2020-
Matériels et
Fig. 50. Représentation dans le plan de Nyquist, de l’impédance électrochimique, d’une électrode
poreuse et circuit électrique équivalent.
Diffusion dans une couche d’épaisseur infinie
Lorsque le transport de matière à l’intérieur d’une couche d’épaisseur infinie limite
l’oxydation de l’alliage, l’impédance, dans le plan de Nyquist, est représentée par une boucle
capacitive, liée au transfert de charge, pour les hautes fréquences et par une droite formant un
angle de 45° avec l’axe des abscisses pour les basses fréquences (Fig. 51) celle-ci correspond
à la diffusion des espèces à travers la couche d’épaisseur infinie (à travers l’électrolyte
immobile par exemple). Le schéma électrique de l’impédance totale correspond à une
capacité de la double couche, en parallèle avec l’impédance de diffusion (W), cette dernière
est montée en série avec la résistance de transfert de charge.
Fig. 51. Représentation dans le plan de Nyquist, de l’impédance électrochimique, dans le cas où la
diffusion à travers une couche infinie et circuit électrique équivalent
Hétérogénéités de surface
Projet de Fin 5 2020-
Matériels et
Dans certains cas, la modélisation, par un circuit électrique équivalent, de la boucle
capacitive en hautes fréquences est difficile à cause de la présence d’hétérogénéités à la
surface de l’électrode. Les sites de réaction ne sont alors pas uniformément distribués et le
demi-cercle représentant la résistance de transfert de charges et la capacité de la double
couche dans le plan de Nyquist est aplati (Fig. 52).
Fig. 52. Représentation dans le plan de Nyquist, de l’impédance électrochimique d’une électrode de
surface hétérogène et circuit électrique équivalent
La modélisation du comportement de la double couche par une capacité devient imparfaite, il
convient alors d’ajouter à cette capacité une constante de temps, nommée élément de
constante de phase (CPE), qui est représentée par la valeur du nombre n, ce dernier est
compris entre 0 et 1. Il donne des informations sur l’état du system en question, s’il est
proche ou loin de l’idéalité. Or, si :
n est proche de 0, la CPE représente une résistance.
n est proche de 1, le comportement est capacitif.
n = 0,5, le résultat est équivalent à l’impédance de diffusion de Warburg
Projet de Fin 5 2020-
Résultats et
Chapitre 3
Résultats et discussion
‘‘ Dans ce chapitre, on s’est intéressé à l’interprétation de notre résultat qui porte sur une
étude de caractérisation de la surface du laiton, ainsi qu’à l’étude électrochimique de l’effet
des inhibiteurs à base des deux bois (naturel et synthétique, modifié ou non) contre la
corrosion du laiton. Les paramètres électrochimiques tel que l’efficacité inhibitrice, la
résistance de polarisation et d’autres ont été tirés à partir des courbes de polarisation et de
la spectroscopie d’impédance électrochimique et qui ont permis d’avoir de bons résultats.
Projet de Fin 5 2020-
Résultats et
I. Déchet de bois Naturel
I.1 La spectroscopie d’impédance électrochimique (SIE)
Nous avons étudié la corrosion de laiton dans un milieu NaCl 3% par SIE, en absence et en
présence des poudres fines de bois naturel et synthétique, avec et sans modification. La
figure 53 représente les diagrammes d’impédance électrochimique dans le plan de Nyquist,
enregistrés à température ambiante et au potentiel d’abandon du laiton étudié.
Fig. 53. Diagramme d’impédance du laiton an absence et en présence de déchet de bois naturel avec
et sans modification
Pour interpréter les résultats de la spectroscopie d'impédance électrochimique, les interfaces
électrochimiques (électrode/électrolyte) ont été modélisées par des circuits électriques
équivalents (Fig. 54), utilisés pour l'ajustement par ordinateur des données expérimentales en
tenant compte de la faible valeur du chi carré χ², par utilisation du logiciel EC-Lab. Les
paramètres des résultats de l'ajustement sont énumérés dans le tableau 6.
Le pourcentage d'inhibition, E'(%) donné par l'équation (Eq. 6), a été calculé à partir des
valeurs des résistances de polarisation sans (Rp) et avec inhibiteurs (Rp(inh)), extrapolées à
très faible fréquence avec l’axe des impédances réelles.
(𝑹𝑷 – 𝑹𝑷(𝒊𝒏𝒉)) ∗ 𝟏𝟎𝟎
𝑬 ′% = 𝑹𝑷(𝒊𝒏𝒉) (𝟔)
Projet de Fin 5 2020-
Résultats et
CPE2
Re ET
CPE1
ER/CE
Rf
Rtc
Fig. 54. Circuit électrique équivalent en absence et en présence de déchet de bois avec et sans
modification.
L'élément de constante de phase (CPE) a été utilisé pour prendre en compte de l'hétérogénéité
de la surface et représenté par l'équation (Eq. 7) :
𝒁𝑪𝑷𝑬 = [𝐐 ∗ (𝐣𝜔)𝒏]−𝟏 (𝟕)
Où : (n) est l'exposant CPE attribué à la déviation du comportement capacitif idéal, (ω) la
fréquence angulaire et (j) l'unité imaginaire. CPE1 et Rtc sont la capacité liée à la double
couche et la résistance de transfert de charge, respectivement, liés à la double couche. Tandis
que CPE2 et Rf sont la capacité et la résistance du film, liées aux produits de corrosion et aux
inhibiteurs précipités.
Dans le plan de Nyquist, les diagrammes d’impédances en présence d’inhibiteur montrent
l’apparition d’une seule boucle capacitive discernable dont le diamètre est plus grand que
celui obtenu sans inhibiteur. Ce type de diagramme indique généralement que la réaction de
corrosion est contrôlée par un processus de transfert de charges sur une électrode solide de
surface hétérogène et irrégulière et la forme générale des diagrammes est très semblable pour
tous les essais. Donc les mêmes éléments sont présentés dans le circuit équivalent mentionné
dans la figure 54.
Le diamètre de la demi-boucle capacitive a légèrement augmenté lors de l’addition de la
poudre de déchet de bois naturel et l’efficacité inhibitrice correspondante n’a atteint que 50%,
on peut donc conclure que le bois naturel n’a agi que par effet barrière. La modification de ce
bois par l’arginine Arg et le KDP a permis d’améliorer légèrement les propriétés inhibitrices,
avec un avantage pour le KDP, du fait que la R tc a atteint 3102 Ohm.cm2 pour KDP-boi-nat
et 2502 Ohm.cm2 pour Arg-bois-nat. Ce résultat a permis de conclure éventuellement que
le
Projet de Fin 5 2020-
Résultats et
KDP s’adsorbe mieux à la surface du laiton, mais ces valeurs restent petites du fait que
l’arginine et le KDP se libèrent difficilement des pores du bois naturel.
Tableau 6. Eléments du circuit équivalent calculés à partir des résultats d'ajustement des données
EIS sans et avec le bois naturel avant et après modification et les efficacités d'inhibition liées à la
résistance de polarisation Rp
Inhibiteurs Re CPE2×10- Rf n1 CPE1×10- Rtc n2 E’
(Ohm.cm2) 6 F.s(n-1) (Ohm.cm2) 6 F.s(n-1) (Ohm.cm2)
(%)
Témoin 14.29 114 2.33 0.98 106.7 1129 0.815 -
2g/l bois-nat 6.14 65.5 25.2 0.81 103.8 2243 0.73 50.1
2g/l KDP- 6.90 53.2 35.1 0.80 92.1 3102 0.92 63.9
bois-nat
2.g/l Arg-bois- 8.55 57.11 29.8 0.83 96.42 2502 0.81 55.3
nat
I.2 Analyse de la surface
La morphologie de la surface de l'électrode en laiton en présence du meilleur système
d’inhibiteur (KDP-bois-nat) utilisé dans cette expérience a été analysée par un microscope
optique. A partir de la figure 55(b et c), on constate qu’une grande partie de la surface de
laiton a été endommagé, de couleur qui tend vers le rouge, cela est probablement dû à la
formation des produits de corrosion du zinc et de cuivres. D’autre part, il y a formation d’une
couche qui recouvre quelques parties de cette surface liée à l’adsorption de l’inhibiteur KDP.
En augmentant l’agrandissement (Fig. 55(a)), le dépôt des produits de corrosion est bien
remarquable.
(a)(b)(c)
Fig. 55. Images optiques de la surface du laiton après polarisation en présence de 2g/l KDP-bois-nat
avec agrandissement (×64 pour b et c) et (×160 pour a).
Projet de Fin 6 2020-
Résultats et
II. Déchet de bois synthétique
II.1 Courbe de polarisation
Les courbes de polarisation sont obtenues en mode potentiodynamique, après 30 min
d'immersion de l'électrode dans l'électrolyte (temps nécessaire à la réalisation de l’équilibre).
Les courbes de polarisation du laiton obtenus en absence et en présence des inhibiteurs, sont
représentés sur la figure 56.
Fig. 56. Courbes de polarisation du laiton en absence et en présence des inhibiteurs.
Le tableau 7 présente la densité de courant de corrosion Icorr, le potentiel de corrosion Ecorr,
l'efficacité d'inhibition EI(%)calculée par l’équation (Eq. 5). Icorr et Icorr(inh) sont les densités de
courant sans et avec inhibiteur, respectivement. Ba et Bc sont les pentes anodique et
cathodique, respectivement.
Les courbes montrent que les densités de courant cathodiques sont bien affectées par la
présence de la poudre de déchet de bois synthétique avec et sans modification, dans la zone
de potentiel allant de -400mV/ECS jusqu’au potentiel de corrosion. Ce résultat peut être
expliqué par la formation d’une couche protectrice liée aux oxydes de zinc et qui ont abaissé
la densité de courant cathodique en absence de l’inhibiteur (Témoin). En augmentant ce
potentiel au-delà de -400mV/ECS, cette couche commence à se dissoudre et la densité de
courant cathodique commence à augmenter. Après modification, cette densité de courant au
contraire a diminué, du fait que l’adsorption de l’inhibiteur a entrainé le blocage des sites
cathodiques et par conséquent empêche la réduction de l’oxygène. De plus, les deux graphes
montrent un déplacement du potentiel de corrosion vers les valeurs négatives, ce ci suggère
Projet de Fin 6 2020-
Résultats et
que les deux inhibiteurs KDP et Arg peuvent être considérés comme des inhibiteurs
cathodiques. D’autre part, on remarque que le bois synthétique sans modification a entrainé le
déplacement du potentiel de corrosion vers les valeurs positives. Ce qui indique que le bois
synthétique peut être considéré comme inhibiteur anodique. On note aussi une diminution
remarquable de la densité de courant anodique en bloquant d’avantage quelques sites actifs
anodiques.
Une meilleure efficacité inhibitrice a été obtenue en présence du bois modifié par le KDP et
qui a atteint environ 82.91%, cela peut être expliqué par une éventuelle synergie entre le KDP
et la résine qui compose le bois synthétique. La variation des valeurs des deux pentes
cathodique et anodique confirment bien leur effet inhibiteur. On remarque aussi que la
densité de courant de corrosion en présence du bois modifié par l’arginine est supérieure à
celle obtenue pour le bois synthétique sans modification, cela peut être due au blocage de
quelques sites actifs de la résine contenue dans le bois synthétique par les molécules
d’arginine, conduisant à une diminution de EI.
Tableau 7. Paramètres électrochimiques et efficacité inhibitrice EI(%) du laiton immergé dans
une solution de NaCl à 3%. En absence et en présence de bois synthétique avant et après
modification.
Inhibiteurs -Ecorr Icorr Ba (mv) Bc (mv) EI(%)
(mv/SCE) (mA/cm2)
Témoin 221 79.0 19.2 367 _
2g/l bois-syn 167 20.7 15.1 355 73.79
2g/l KDP-bois-syn 287 13.5 39.1 204.1 82.91
2g/l Arg-bois-syn 290 22.2 46.8 363 71.89
II.2 La spectroscopie d’impédance électrochimique (SIE)
L’étude du comportement du laiton immergé dans la solution NaCl 3% en absence et en
présence de la poudre de déchet de bois synthétique avec et sans modification a été fait par
SIE, les courbes de Nyquist des données d'impédance sont représentées dans la figure 57.
Un comportement capacitif sur toute la gamme de fréquences mesurée est observé. Le
diamètre de tous les demi-cercles augmente et la résistance de polarisation correspondante est
maximale (7300 Ohm.cm2) en présence de KDP-bois-syn. Comme il n'y a pas de changement
dans la forme des spectres d'impédance, par rapport à ceux obtenus par le déchet de bois
Projet de Fin 6 2020-
Résultats et
naturel, les mêmes éléments sont présentés dans le circuit équivalent mentionné dans la
figure 54.
Les paramètres des résultats d'ajustement et les pourcentages d’inhibitions calculées relatives
aux trois inhibiteurs sont répertoriés dans le tableau 8. La demi-boucle correspondante au
déchet de bois synthétique modifie par KDP présente le meilleur pourcentage d’inhibition
83% (valeur proche à celle de (EI) pour cet inhibiteur). La valeur élevée de E’ est dû à la
valeur élevée de la résistance de transfert de charge liée à cet inhibiteur, cela indique que la
vitesse de corrosion sera minimale. D’autre part, la CPE dl correspondante est la plus faible,
Ceci montre que la surface siège de corrosion dans ce cas est petite par rapport aux autres
inhibiteurs. Les valeurs de n liées au CPEdl sont différents de 1, indiquant que le
comportement des systèmes utilisés est loin de l’idéalité, cela est dû probablement à
l’hétérogénéité au niveau de la surface du métal et de la solution.
Fig. 57. Diagramme d’impédance du laiton an absence et présence de déchet de bois synthétique avec
et sans modification.
Tableau 8. Eléments du circuit équivalent calculés après ajustement des données EIS sans et avec le
bois synthétique et pourcentage d'inhibition liée à la résistance de polarisation Rp.
Inhibiteurs Re (Ohm.cm2) CPE2×10- Rf n1 CPE1×10- Rtc n2 E’
6 F.s(n-1) (Ohm.cm2) 6 F.s(n-1) (Ohm.cm2)
(%)
Témoin 14.29 114 2.33 0.98 106.7 1129 0.815 -
2g/l bois-syn 5.75 34.56 48.5 0.91 98.5 4400 0.75 74.3
2g/l KDP-bois-syn 6.57 32.10 60.2 0.87 39.2 6710 0.78 83.1
2g/l Arg-bois-syn 8.74 38.06 52.1 0.88 75.02 4102 0.65 72.4
Projet de Fin 6 2020-
Résultats et
II.3 Analyse de surface
La morphologie de la surface du laiton a été étudiée par microscope optique (Fig. 58). Après
tests de polarisation en présence des inhibiteurs ; bois-syn, KDP-bois-syn et Arg-bois-syn, En
présence du bois synthétique non modifié (Fig. 58(a)), en principe, deux zones sont
observables sur la surface en laiton, la première est liée au dépôt des produits de corrosion du
zinc et du cuivre, alors que la deuxième est plus au moins compacte liée à l’adsorption des
résines et la précipitation d’autre éléments du bois synthétique. La modification par l’arginine
(Fig. 58(b)), indique la présence des deux zones déjà discutées, sauf qu’ici le dépôt est bien
clair. En présence de l’inhibiteur KDP-bois-syn (Fig. 58(c)), une couche protectrice uniforme
est observée liée à l’adsorption du mélange (KDP-résine) sur cette surface.
Fig. 58. Images optiques de la surface du laiton après polarisation en présence de bois-syn
(a), Arg-bois-syn (b) et KDP- bois-syn (c).
Les résultats électrochimiques corroborent bien avec ceux de l'analyse de surface.
III. Mécanismes d’action
La modification du déchet de bois naturel par les inhibiteurs KDP et Arginine, a légèrement
amélioré la résistance contre la corrosion du laiton, avec un avantage pour le KDP. Les deux
inhibiteurs ont été adsorbés au niveau des pores de ce déchet. En solution, le déchet a libéré
une petite quantité de l’inhibiteur (Fig. 59(a)). Dans le cas de la modification du déchet de
bois synthétique, les inhibiteurs sont adsorbés au niveau de la surface (présence d’autres
constituants comme les résines) et dans les pores. En solution, une quantité des inhibiteurs
contenue dans les pores a été libérée et adsorbée à la surface du métal, alors que l’inhibiteur
de surface du bois s’est déposé sur le métal entrainant un effet synergique entre l’inhibiteur et
la résine du bois synthétique (Fig. 59(b)).
Projet de Fin 6 2020-
Résultats et
Fig. 59. Mécanisme d’action des déchets de bois modifiés, naturel (a) et synthétique (b).
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Conclusion
Conclusion générale
Le travail, faisant l'objet de ce mémoire, a porté sur l'utilisation d'inhibiteurs de corrosion
comme méthode de protection contre la corrosion. Son objectif principal était d’étudier le
comportement du laiton en solution NaCl 3%, par utilisation de la poudre des déchets de bois
naturel et synthétique comme réservoir d’inhibiteurs de corrosion à savoir le KDP et L-
arginine, en utilisant une concentration constante égale à 2g/l pour les deux déchets.
Dans un premier temps, les poudres de déchets de bois synthétique et naturel ont été préparés,
chacun des deux échantillons a été modifié avec deux inhibiteurs de corrosion ; le premier est
un acide aminé (Arginine, désigné par Arg) et l'autre est un composé à base de phosphate
désigné par KDP. Pour mener à bien cette étude, on a utilisé la technique de la spectroscopie
d'impédance électrochimique (SIE) dans le diagramme de Nyquist et les courbes de
polarisation, comme méthodes électrochimiques, et ensuite, on a analysé la surface du laiton
après les tests de polarisation en utilisant le microscope optique.
Les différents résultats obtenus nous ont permis de tirer les conclusions suivantes :
La poudre de déchets de bois naturel seule n'a pas donné de bons résultats, alors que
sa modification par le KDP et l'Arg a légèrement amélioré la résistance à la corrosion,
avec un petit avantage pour le bois modifié par KDP.
L'utilisation de la poudre de déchets de bois synthétique a amélioré les propriétés
anticorrosion, tandis que sa modification par KDP a amélioré d'avantage ses
propriétés donnant une efficacité inhibitrice de 83%, du fait que les deux composants
(inhibiteur KDP et résine) contenues dans ces déchets ont pu se libérer de ce bois et
s'adsorbé à la surface du laiton
L'efficacité inhibitrice obtenue après modification avec Arg (71.89%) s'avère
légèrement faible par rapport à celle obtenue sans modification (73.79%), du fait que
l'argine a pu bloquer quelques sites actifs de la résine.
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Projet de Fin 7 2020-
Annex
Annexes
Annexe A : Techniques électrochimiques locales et la
Photoélectrochimie
Annexe B : Utilisation industrielle courantes des
inhibiteurs
Annexe C : Propriétés physiques de bois synthétique
Annexe D : Les résines (PVC – PEHD – PP)
Projet de Fin 7 2020-
Annex
Annexe A : Techniques électrochimiques locales
Beaucoup de méthodes électrochimiques sont utilisées pour étudier la corrosion localisée, ils
sont basés sur des expériences réalisées avec des surfaces exposées de l’ordre de plusieurs
mm2 voire cm2. Afin de mieux comprendre les mécanismes d’initiation et de propagation de
la corrosion localisée, il est indispensable de combiner des mesures à l’échelle
macroscopique à des mesures aux échelles micro et nanométriques. Le développement des
microélectrodes a permis l’essor de nombreuses techniques électrochimiques locales qui
peuvent être divisées en deux familles principales.
Les techniques à balayage
Les échantillons immergés (surface immergée allant de plusieurs mm 2 à plusieurs cm2) sont
balayés en utilisant des microélectrodes ou des ultra-microélectrodes. Ces techniques peuvent
à leur tour être divisées en deux sous-familles :
- Les techniques à l’échelle micrométrique
SRET: La technique de l’électrode de référence à balayage, c’est la première technique
locale développé en 1938 par Evans et Thornhill.
SVET: La technique de l’électrode vibrante à balayage, En 1974, Jaffe et Nuccitelli.
SECM: La microscopie électrochimique à balayage, introduite par Engstrom et al, en
1986 et Bard et al, en 1989, galvanique.
Sonde de Kelvin: Dès 1987, Stratmann puis Stratmann et Streckel.
LEIS: La spectroscopie d’impédance électrochimique locale, est la technique
électrochimique locale la plus récente.
- Les techniques à l’échelle nanométrique
EC-STM: La microscopie à effet tunnel (STM, Scanning Tunneling Microscopy).
EC-AFM: La microscopie à force atomique (AFM, Atomic Force Microscopy).
Techniques de « petite surface » :
Les techniques dites de « petite surface » : en diminuant la taille de la surface exposée à la
solution, il est possible de localiser les processus électrochimiques on distingue deux
méthodes :
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Annex
La gouttelette à balayage : Dix fut le premier à développer en 1940 une technique de
petite surface, la technique de la gouttelette à balayage.
La microcellule : La technique de la microcellule est basée sur une nouvelle approche.
Photoélectrochimie
Le début de la photoélectrochimie remonte à 1955 avec les travaux de Brattain et Garrett. À
partir des années 1970, les techniques photoélectrochimiques commencèrent à être exploitées
comme outil analytique pour la caractérisation in situ des interfaces semi-
conducteur/électrolyte.
Annexe B : Utilisation industrielle courantes d’inhibiteurs
Bien que leur utilisation puisse être théoriquement envisagée dans la plupart des cas de
corrosion (avec comme principales limitations, un volume trop important du milieu corrosif
ou l'impossibilité éventuelle d'incorporer des additifs), les inhibiteurs ont plusieurs champs
d'application traditionnels :
L'industrie du pétrole :
Les carbonates de sodium ou les complexes d'amines organiques sont employés pour réduire
l'effet corrosif du CO2, H2S et des acides organiques, ce qui permet d'utiliser des matériaux
plus économiques et moins résistants à la corrosion dans les puits d'extraction du pétrole brut.
Les conduites d'essence et de kérosène sont traitées avec des huiles sulfonées et du nitrite de
sodium. Les puits de pétrole utilisent des amines grasses, des acides gras, des imidazolines et
des sels d'ammonium quaternaire. La corrosion interne des tuyaux se produit dans le transport
de gaz par voie humide en raison de la condensation de l'eau contenant des gaz corrosifs
dissous. La corrosion est causée par le dégagement des gaz corrosifs, tels que le dioxyde de
carbone et le sulfure d'hydrogène, ainsi que par la condensation des vapeurs acides et la
condensation des vapeurs acides.
Alors l'utilisation des inhibiteurs de corrosion est primordiale pour la sauvegarde des
installations dans cette industrie (forage, extraction, raffinage, stockage et transport).
Le traitement des eaux
On utilise un inhibiteur de corrosion en combinaison avec des ajusteurs de pH et un
contrôleur de l'alcalinité pour une protection efficace. Les inhibiteurs les plus courants sont
les phosphates, les amines volatiles (cyclohexylamine, morphine), l'azote et le phosphore.
Projet de Fin 7 2020-
Annex
Béton
Pour améliorer la durabilité des structures en béton armé, qui sont altérées en raison
l'alcalinité élevée, on utilise des inhibiteurs de corrosion, mélangés au ciment ou à la pâte à
béton.
L'industrie des peintures
Où les inhibiteurs sont des additifs destinés à protéger les métaux contre la corrosion.
Annexe C : Propriétés physiques
Anisotropie
Le bois est un matériau anisotrope, autrement dit, sa structure et ses propriétés varient selon
les directions du plan ligneux : longitudinales (parallèles aux fibres), radiales (perpendiculaire
aux fibres et normales aux cernes) et tangentielles (perpendiculaires aux fibres et tangentes
aux cernes). Cette anisotropie est due principalement à la disposition mais aussi à la forme
particulière des différents éléments du bois, dont la plupart (vaisseaux, fibres et trachéides)
sont allongés dans la direction longitudinale. Pour cette raison, bien que la plupart des
propriétés du bois diffèrent dans le cas des trois directions, les différences concernent surtout
la direction axiale et tangentielle.
Hygroscopicité
L’hygroscopicité est l’aptitude que possède le bois à absorber ou résorber l’eau venant de
l’air ambiant. C’est une des caractéristiques majeures qui visent ce matériau. Lorsqu’elle
varie, la teneur en eau du bois provoque des changements dimensionnels du matériau.
L’humidité est également responsable de la pourriture du bois quand elle est en présence de
certaines autres conditions environnantes. Pour le bois, le terme généralement employé est le
taux d'humidité calculé par la formule suivante (Eq. AD.1) :
𝐌𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐮 𝐛𝐨𝐢𝐬 𝐡𝐮𝐦𝐢𝐝𝐞 − 𝐌𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐮 𝐛𝐨𝐢𝐬 𝐚𝐧𝐡𝐲𝐝𝐫𝒆
𝑯= × 𝟏𝟎𝟎 (𝑨𝑫. 𝟏)
𝐌𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐮 𝐛𝐨𝐢𝐬 𝐚𝐧𝐡𝐲𝐝𝐫𝒆
Le taux d'humidité du bois peut varier de 25 à 250 % pour le bois saturé (bois vert), de 10 à
20 % pour le bois séché à l'air et 10 % et moins pour le bois séché artificiellement (par air
chaud climatisé, pompe à chaleur ou à vide). Dans la plupart des espèces, le taux d’humidité
est plus important dans l’aubier que dans le bois de cœur.
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Annex
Densité
La densité est le rapport de la masse volumique du bois à celle de l’eau. Comme évoqué
précédemment, le bois est un matériau hygroscopique qui peut changer de poids et de volume
en fonction de l'humidité. Il est donc important de préciser la teneur en eau de l’échantillon
au moment de la mesure de la masse et du volume. La densité de référence est calculée avec
un pourcentage de 12% d’humidité.
La densité du bois varie largement selon les espèces. La densité de la plupart des essences se
trouve entre 320 et 720 kg/m3. Cependant, la densité peut, quelquefois, descendre jusqu’à 160
kg/m3 comme pour le cas du balsa. Dans le cas contraire, il monte à plus de 1040 kg/m 3 pour
certains bois exotiques. De manière général, les conifères sont appelés bois tendres car ils ont
une densité plus faible que celle des feuillus
Masse volumique
Le bois est un matériau poreux qui présente une très forte variabilité́. Il est donc nécessaire de
présenter les différentes définitions de masses volumiques suivantes :
La masse volumique vraie du matériau ou « masse volumique de la matière ligneuse » qui
est pratiquement indépendante de l’essence : ml =1530kg.m–3
La masse volumique apparente du bois massif dépend, en effet, directement de la porosité
du bois et de son humidité. La masse volumique apparente du bois anhydre peut varier de
100 kg.m–3 pour les essences les moins denses à plus de 1200 kg.m–3 pour les plus denses.
Annexe D : Les résines
PVC : est utilisé pour les lames alvéolaires, il contient du chlore qui peut provoquer des
efflorescences, et généralement utilisé dans le bâtiment (notamment en menuiserie).
PEHD : le plus utilisé, présente un très bon compromis, il limite les variations
dimensionnelles des lames, possède une excellente tenue aux rayons UV, et offre une bonne
résistance dans le temps, et très utilisé en sacherie.
PP : très rigide mais plus marginal, exige un procès de fabrication bien maîtrisé, sinon des
microfissures, par lesquelles l’eau risque de s’infiltrer, peuvent apparaître en surface du bois
composite, et qui sert beaucoup pour l'emballage alimentaire.
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Annex
Tableau AD.1. Comparaison entre les polymères PVC, PEHD et PP
PE PEHD PP
Densité 0.95 0.90 De 1.4 à 1.5
Module élasticité en traction De 0.5 à 1.1 Gpa De 0.7 à 1.5 Gpa 3.5 Gpa
(Norme NFT51-034)
Module de flexion (Norme ISO 1.25 Gpa De 0.5 à 1.4 Gpa De 2.2 à 3.5 Gpa
178)
Dureté Shore D (Norme T51- 70 65 80
109)
Coefficient dilatation De 12 à 18 11 De 5 à 8
thermique (NFT 51-221) en 10-
5 K-1
Inflammabilité Continue avec ou Continue avec ou Arrêt immédiat sans
sans flamme sans flamme flamme
Applications Sacherie, bâches, Emballage Profilés de bâtiment
Réservoirs carburant alimentaire, Pare-
Canalisation
choc automobile
Résistance au
vieillissement &
Perméabilité à l'eau Résistance aux chocs
conditions climatiques
Et aux agents
Résistance au
Résistance aux chocs chimiques
Qualités reconnues vieillissement et
conditions climatiques,
Inocuité
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