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Guide Bleu Ventilation Optimise

Ce document traite de la ventilation et de l'énergie. Il présente les enjeux liés au confort et à l'utilisation rationnelle de l'énergie dans les bâtiments, ainsi que les différents moyens et performances de la ventilation. Il fournit une méthodologie de conception du système de ventilation pour les architectes.

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Guide Bleu Ventilation Optimise

Ce document traite de la ventilation et de l'énergie. Il présente les enjeux liés au confort et à l'utilisation rationnelle de l'énergie dans les bâtiments, ainsi que les différents moyens et performances de la ventilation. Il fournit une méthodologie de conception du système de ventilation pour les architectes.

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LA VENTILATION

ETL’ÉNERGIE

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Ce guide pratique a été élaboré sous la direction de :

-J
 ean-Marie HAUGLUSTAINE, Dr. ir. architecte, chargé de cours au
Département des Sciences et Gestion de l’Environnement de l’Uni-
versité de Liège, Directeur de l'équipe de recherche EnergySuD
(Energie et Développement durable) ;

-F
 rancy SIMON, Ir. architecte, Professeur émérite à l’Université
Catholique de Louvain.

et avec la collaboration de Christelle HUBERTY, Ir. architecte de


recherche et Stéphane MONFILS, Ir. architecte doctorant, faisant par-
tie, tous deux, de l'équipe de recherche EnergySuD.

Il constitue la mise à jour du guide pratique pour architectes La venti-


lation et l'énergie (2004), auxquels avaient collaboré Catherine
BALTUS et Sophie LIESSE.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 1


SOMMAIRE

Préface
4

Enjeux
5

Le confort et l’utilisation rationnelle de l’énergie 5

Pourquoi ventiler ? Les rôles de la ventilation 11

L’évolution historique du rôle de la ventilation 11


Les contextes 13
Les besoins de ventilation 16

Comment ventiler ? Les moyens de ventilation 22

Les différents types d’installation de ventilation 22


Le principe de fonctionnement de la ventilation 24
Le principe de fonctionnement de la ventilation
naturelle (système A) 25
Les principes de fonctionnement de la ventilation
mécanique 26
Tableau récapitulatif des différents types
d’installation de ventilation 32
Les critères généraux de choix 33

Les performances de la ventilation 40

L’évaluation de l’efficacité de la ventilation 41


La participation de la ventilation dans
le bilan énergétique d’un logement 44
La ventilation et la filtration 47
La ventilation avec récupération de chaleur 49
La ventilation et le refroidissement 51
Les dispositifs concurrents de l’installation
de ventilation 55

La méthodologie de conception du système


de ventilation 58

Les choix de l’auteur de projet 59


Objectifs poursuivis et méthodologies de
conception du détail 62
Illustration par un exemple :
- au stade de l’esquisse 63
- au stade de l’avant-projet 77
- au stade du projet 82

Bibliographie
83

2 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


SOMMAIRE

Annexes
85

Annexe 1 : Les critères conceptuels de


l’efficacité de la ventilation 85
Annexe 2 : Les composants d’une installation
de ventilation naturelle 88
Annexe 3 : Les composants d’une installation
de ventilation mécanique 97
Annexe 4 : Réglementation wallonne en matière
de ventilation AGW PEB du 15/12/16 105
Annexe 5 : Les vents 119

Table des matières


122

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 3


PRÉFACE

Quelques faits et quelques chiffres, tout d'abord. La


Wallonie doit importer 98 % de ses ressources énergé-
tiques. Les réserves de combustibles fossiles sont limi-
tées : on parle de 200 ans pour le charbon, de 60 ans pour
le gaz et l'uranium, de 40 ans pour le pétrole. Et pourtant,
notre demande d'énergie s'accroît irrémédiablement. De
plus, elle participe, pour 85 %, à nos émissions de CO2,
émissions qui sont largement responsables du réchauffe-
ment climatique de la planète.

Que ce soit pour diminuer la dépendance de la Wallonie,


pour économiser nos précieuses ressources naturelles
d'énergie ou pour limiter autant que possible le réchauffe-
ment climatique, nous sommes dans l'obligation de réduire
fortement nos consommations d'énergie. Fin 2008, un
accord a été trouvé entre les 27 Etats membres pour défi-
nir la nouvelle politique européenne de lutte contre les
changements climatiques à l'horizon 2020.

Ce " Paquet Energie-Climat " fixe 3 objectifs, dits " 3 fois


20 " d'ici à 2020 :
1- Porter la part des énergies renouvelables dans la
consommation finale d'énergie de l'UE à 20 % en 2020
2- Réduire de 20 % la consommation d'énergie en amé-
liorant l'efficacité énergétique
3- Réduire les émissions de GES de l'UE de 20 % d'ici
2020, par rapport à 1990.

Face à ces défis, il nous faut, dès à présent, enclencher de


profonds changements et amorcer une véritable révolution
technologique dans tous les secteurs d'activités consom-
matrices d'énergie : dans la production industrielle et les
transports, dans le tertiaire, mais aussi et surtout dans le
résidentiel. À ce titre, la conception de nos bâtiments a un
rôle considérable à jouer.

Changer d'habitudes dans et pour sa maison amplifiera la


prise de conscience du plus grand nombre de citoyens.

L'ouvrage que vous avez entre les mains s'adresse tout


particulièrement aux architectes, aux entrepreneurs, aux
artisans du bâtiment, aux enseignants des écoles d'archi-
tecture et des techniques du bâtiment, à tous ceux qui sont
les concepteurs et les réalisateurs des créations et des
restaurations de bâtiments privés et publics.

Réduire la consommation d'énergie pour le chauffage d'un


bâtiment requiert des outils et des techniques, spécifiques
et en constante amélioration. Aussi, mon administration a
confié la réalisation de cet ouvrage à quelques spécia-
listes, pour aider les concepteurs à intégrer ces impératifs
énergétiques dans la conception de leurs bâtiments et les
citoyens à mieux les utiliser.

J'espère que la lecture de cet ouvrage contribuera à ce


qu'un maximum de bâtiments wallons consomment moins
d'énergie.

Annick FOURMEAUX,
Directrice Générale.

4 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


PRÉFACE

ENJEUX
Le confort et l’utilisation rationnelle de l’énergie (U.R.E.)............................................. 5
Le bilan thermique de l’homme dans son environnement........................................................................................5
La température de confort...............................................................................................................................................................................6
La ventilation des locaux et la santé des occupants...............................................................................................6
La qualité de l'air..................................................................................................................................................................................................6
L'humidité et les moissures ........................................................................................................................................................................... 7
La participation de la ventilation naturelle dans le bilan thermique d'un logenemt............................9

Le confort et l’utilisation rationnelle de l’énergie (U.R.E.)


Le confort thermique dépend principalement :
- de la vitesse et de la température de l’air ambiant et de
la température de surface interne des parois ;
- de l’humidité relative ;
- de la qualité de l’air.

Le bilan thermique de l'homme


dans son environnement
D'une température (36,6° C) en général plus élevée que la
température ambiante, le corps humain dissipe une cer-
taine quantité de chaleur vers l'environnement qui l'en-
toure.

L'activité réalisée, l’habillement, la température de l’air


ambiant et la température de surface intérieure des parois
du local sont autant de facteurs qui interviennent dans le
bilan global de confort.

Pour empêcher un échange thermique trop important et


donc inconfortable entre le corps et son environnement, il
y a lieu d'éviter :
-  une radiation du corps vers des parois trop froides ;
- une radiation de parois trop chaudes vers le corps ;
-  une convection autour du corps, par des mouvements
d'air trop rapides au sein du local.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 5


ENJEUX

La température de confort
Puisque les échanges par convection et rayonnement inter-
viennent pour 70 % dans le bilan thermique de l'occupant
(voir figure ci-contre), la température moyenne de surface
intérieure des parois du local tpm et la température de l'air
ambiant du local ta sont les facteurs essentiels du confort
thermique. C’est la raison pour laquelle la température de
confort tc est définie comme la moyenne entre ta et tpm :

tc = ta + tpm
2
Un autre facteur de confort est l’homogénéité des tempéra-
tures des parois du local. A une température de confort tc
donnée, si tpm est faible, on devra augmenter ta et donc
consommer plus d’énergie.

Pour atteindre les objectifs de confort, il y a donc intérêt à


augmenter la tpm des parois extérieures en les isolant, et à
maintenir la température de l’air ambiant la plus uniforme
possible.
Il faut veiller à éviter les courants d’air, sources d’inconfort ;
leur apparition dépend de certains paramètres :
- la température de l’air ambiant [°C] ;
- la vitesse moyenne de l’air [m/s] ;
- l’intensité de turbulence [%].
Ce dernier paramètre indique dans quelle mesure la vitesse
locale et instantanée de l’air en un point fluctue autour de sa
valeur moyenne.
En général, on ne tient pas compte de l’intensité de turbu-
lence. Toutefois, pour éviter des courants d’air inconfor-
tables, on considère :
- que la vitesse moyenne de l’air ne peut excéder 0,2 m/s
dans des conditions de températures normales ;
- qu’il importe de bien placer et de bien dimensionner les
composants de l’installation de ventilation.

La ventilation des locaux


et la santé des occupants
La préservation de l’environnement en général suscite un
Définitions
intérêt croissant ; la qualité de l’environnement intérieur
La ventilation est le renouvellement d’air nécessaire aux locaux ou des bâtiments en est un des aspects et va de pair avec
espaces d’un bâtiment par l’amenée d’air extérieur. On distingue
une ventilation efficace.
deux type de ventilation :
• la ventilation de base ou hygiénique : c’est la ventilation minimale
nécessaire pour garantir une qualité de l’air suffisante, pour réduire La qualité de l’air
la concentration des odeurs, de l’humidité et d’éventuelles subs-
tances nocives, ainsi que pour les évacuer. Elle requiert des débits En pratique, il apparaît que la qualité de l’air extérieur
d’air limités qui doivent pouvoir être appliqués de manière perma- laisse souvent à désirer. Elle est parfois à la limite de
nente ;
l’acceptable, surtout dans des régions urbaines ou
• la ventilation intensive ou périodique : contrairement à la ventilation industrielles.
de base, elle est nécessaire uniquement dans des circonstances
plus ou moins exceptionnelles, comme : La qualité de l’air nécessaire pour atteindre la notion de
- par temps très chaud ou ensoleillement intensif provoquant une confort est subjective et dépend des circonstances, de la
surchauffe ; densité d’occupation et du type d’utilisation du bâtiment.
- lors d’activités générant une production élevée de substances La norme NBN EN 15251 décrit notamment les critères de
nocives ou d’humidité (travaux de peinture, par exemple) ;
- lors d’une occupation extraordinaire, par exemple une réception. qualité de l'air intérieur de façon quantitative [IBN -07-2].
Il s’avère alors nécessaire d’aérer intensivement les locaux concer-
nés par l’ouverture de certaines fenêtres ou portes pendant des Dans de nombreux cas, la qualité de l’air intérieur est éga-
périodes déterminées. lement mauvaise ; tel est le cas dans les locaux où l’on
fume. Depuis peu, les risques qu’impliquent le radon,

6 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ENJEUX

l’asbeste et les formaldéhydes ont suscité une attention


croissante. Les principaux polluants intérieurs proviennent
du métabolisme, des activités des occupants et des émis-
sions des matériaux :
- Le dioxyde de carbone CO2 est produit par le métabo-
Niveau de CO2
lisme en fonction de l’activité. Le CO2 ne constitue pas
de l’air extérieur en soi un polluant détériorant la qualité de l’air, mais il
donne une bonne mesure de la pollution de l’air due
aux occupants (odeurs, vapeur d’eau, émanations bio-
logiques...). Généralement, le niveau de CO2 doit être
ppm = partie par million maintenu sous 1.000 ppm (le niveau de CO2 de l’air
Variation de la concentration de CO2 en fonction
du débit de ventilation [IBN -07-2]
extérieur est de l’ordre de 350 à 400 ppm), ce qui
équivaut plus ou moins à la limite à partir de laquelle
les odeurs corporelles sont perçues par plus de 80 %
des occupants d’un local.
Paramètres pouvant provoquer
le "Syndrome du bâtiment qui rend malade" - Les produits de combustion et du monoxyde de carbone
Système de Taux de ventilation (trop élevé, trop bas)
CO : il est nécessaire d’estimer soigneusement les
ventilation Mauvaise distribution de l'air volumes d’éléments polluants produits et de s’assurer que
Inefficacité du système l’aération soit suffisante pour maintenir les concentrations
Air conditionné
Mauvaise filtration sous des limites acceptables. On ne peut tolérer que de
Mauvaise maintenance très bas niveaux de CO : on spécifie parfois une valeur
Polluants maximale de 0,02 % pour une exposition de 8 heures et
Polluants intérieurs
Dioxyde de carbone
Polluants extérieurs
Ozone
de 0,1 % pour des expositions occasionnelles [IBN -07-2].
Monoxyde de carbone Pollen La problématique de la ventilation et des appareils à
Poussières Radon combustion sera abordée plus en détails à la p. 56.
Formaldéhyde Fumées
Humidité composants organiques volatiles
Ions Polluants industriels La ventilation s’avère toujours le moyen le plus efficace
Odeurs Polluants des véhicules pour obtenir une bonne qualité de l’air dans les bâtiments.
Occupants Age
Sexe Une mauvaise qualité de l’air intérieur peut se manifester
Etat général de santé
Activité
sous la forme du “Syndrome du bâtiment qui rend malade”,
en anglais “Sick Building Syndrome” [ROST-97], dont les
Autres Type de bâtiment
radiation électromagnétique symptômes sont, entre autres : léthargie, mal de tête,
Mauvais contrôle de l'environnement manque de concentration, irritation des yeux et de la peau,
Eclairage
Bruit etc. (voir tableau ci-contre).
Facteurs psychologiques Assurer une bonne qualité de l’air, c’est prévoir une venti-
Stress
lation capable de diluer les polluants émis dans le bâtiment
jusqu’à une concentration jugée acceptable, c’est-à-dire
ne provoquant ni malaises, ni problèmes de santé.

L’efficacité de la ventilation dépend principalement de


Les polluants extérieurs et intérieurs deux concepts, la distribution spatiale de l’air et celle des
Bruit polluants :
- le mélange entre l’air introduit et celui déjà présent dans
un local n’est pas toujours uniforme et certaines zones
Polluants Produits chimiques
industriels agricoles
peuvent parfois ne pas être ventilées correctement. La
Polluants des
répartition du flux d’air dépend non seulement des carac-
véhicules Pollen téristiques des locaux, mais aussi du type de l’installation
de ventilation ;
- la distribution des polluants est elle aussi unique pour
Radon Méthane Humidité
chaque local et dépend principalement de l’efficacité de
l’air échangé, de la localisation de la source polluante et
de la densité des polluants.
Odeur
CO2
Particules
Ces deux mécanismes physiques sont développés plus en
détail en annexe 1.
Ozone Humidité

L’humidité et les moisissures


Fumée de
Bactérie
cigarettes
Formaldéhyde

Sous nos climats, l’air de tout local habité ou occupé


contient plus de vapeur d’eau (en absolu) que l’air exté-
rieur (la température intérieure étant supérieure à la tem-

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 7


ENJEUX

pérature extérieure sur une grande partie de l’année), à


moins qu’on intervienne en traitant l’air, car nos corps ainsi
que nos activités dégagent de la vapeur d’eau.
La production de vapeur par notre corps, qui expire de l’air
humide et qui transpire, dépend de l’activité et de la tem-
pérature ambiante. Au repos, elle est de l’ordre de 50 g/h
et, en activité, elle peut atteindre 1.000 g/h dans une
ambiance à température élevée.

 ’intérieur du bâtiment est donc comme un réservoir de


L
chaleur et de vapeur d’eau, qui tendent à s’échapper vers
l’extérieur au travers des parois extérieures.
Généralement, une température faible, combinée à un
degré d’humidité élevé, augmente le risque de condensa-
tion superficielle et/ou interne à la paroi. La composition de
Classe de
Type de pi (Pa)
l’enveloppe doit éviter les ponts thermiques de sorte qu’en
climat Exemples aucun endroit, on ne rencontre des conditions de basse
bâtiment [1 Pa = 1 N/m²]
intérieur
température qui, alliées à une forte teneur en vapeur
CC I Bâtiments où • Entrepôts de marchan-
la production dises sèches d’eau, pourraient occasionner des dégradations.
d’humidité est • Eglises
1.100 ≤ pi < 1.165
faible à nulle • Salle d'expostion
en perma- • Garage  n effet, l’hygroscopicité peut favoriser le développement
E
nence • Ateliers de champignons, entraîner la dégradation de certains
CC II Bâtiments • Habitations ventilées matériaux et, combinée au gel, l’éclatement des matériaux
bien ventilés selon la norme
à production • Ecoles imprégnés.
d’humidité • Magasins
1.165 ≤ pi < 1.370
limitée par m³ • Bureaux non
climatisés Dans le cadre du classement de leurs parois extérieures
• Salles de sports et
halls polyvalents
du point de vue hygrothermique, les bâtiments se subdi-
visent en fonction de la pression de vapeur de l’air inté-
CC III Bâtiments • Habitations non venti-
moyennement lées selon la norme rieur, en se basant sur la pression annuelle moyenne pi de
ventilés, à • Hôpitaux, homes
production • Salles des fêtes,
la vapeur du climat intérieur (exprimée en pascals Pa),
d’humidité plus théâtres 1.370 ≤ pi < 1.500 comme repris dans le tableau ci-contre.
importante • Bâtiments faiblement
au m³ climatisés (HR ≤ 60 %)
Dans des conditions habituelles de confort, le taux courant
d’humidité relative de l’air ambiant est préféré entre 30 et
70 %, pour des températures d’air entre 20 et 25° C (zone
CC IV Bâtiments à • Bâtiments fortement
production climatisés (HR > 60 %)
orangée sur le diagramme de Mollier ci-dessous).
d’humidité • Locaux d’hydrothé- Dans le cas d’un local humide et chaud (salle de bain, de
élevée rapie
• Piscines couvertes
douche, cuisine), la température élevée de l’air le rend
1.500 ≤ pi < 3.000
• Locaux industriels capable de contenir potentiellement plus de vapeur d’eau
humides tels que
blanchisseries, impri- qu’en d’autres espaces du bâtiment. En cas de paroi froide
meries, brasseries, ou de pont thermique, des condensations importantes sont
usines à papier, etc.
à craindre.
Les classes de climat intérieur En matière d’humidité relative, il faut surtout veiller à éva-
cuer l’humidité produite. La production de vapeur d’eau
doit rester un pic et la ventilation doit permettre un retour à
la normale : une ventilation permanente est préférable à
une ventilation intense mais de courte durée.

Une ventilation satisfaisante des locaux occupés, au


moyen de l’air extérieur, est une exigence fondamentale
pour obtenir des conditions environnantes acceptables à
l’intérieur des bâtiments. Elle est, par conséquent, un
élément essentiel de la conception d’un bâtiment et de
ses équipements.

Le diagramme de Mollier

8 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ENJEUX

La participation de la ventilation
dans le bilan thermique
d'un logement
Pour un même volume habitable, l’architecture choisie
détermine une volumétrie qui peut engendrer, selon le type
de bâtiment, des superficies très différentes de parois de
déperditions. La ventilation, par contre, engendre des
déperditions sensiblement égales, quel que soit le type de
volumétrie.

Ainsi, à surface habitable égale (ici 100 m²) et à étanchéité


à l'air égale (valeur par défaut : 12 m³/h.m²), passer d’une
maison de plain-pied à un volume avec étage réduit les
déperditions thermiques de l’enveloppe et les déperditions
par in/exfiltration de l’ordre de 20 % à 30 %, alors que les
déperditions par ventilation restent pratiquement
constantes (voir tableau page suivante). Ces dernières
prennent donc une part de plus en plus importante dans
les déperditions thermiques globales du bâtiment, au fur et
à mesure que les formes deviennent plus compactes.

Dans une maison non isolée, la part de la ventilation dans


les déperditions thermiques est pour ainsi dire négligeable ;
au fur et à mesure que l’isolation se fait plus poussée, la
part des pertes par ventilation augmente, jusqu’à égaler
puis dépasser la part des pertes par l’enveloppe. Le cas de
la maison mitoyenne illustre parfaitement cette évolution.

Ces simulations ont été réalisées pour une même étan-


chéité à l’air (valeur par défaut : 12 m³/h.m²). Si l’on amé-
liore l’étanchéité à l’air du bâtiment, la part des déperdi-
tions due aux infiltrations et exfiltrations d’air à travers
l’enveloppe sera considérablement réduite (de l’ordre de
15 à 20% pour une même typologie de bâtiment et pour
une étanchéité à l’air de 2 m³/h.m²).
Proportions entre les pertes par enveloppe et les pertes par ventilation
pour les bâtiments et les qualités d'isolation thermique envisagées page suivante

Plus les bâtiments sont


compacts et plus ils sont
isolés, plus les pertes de
chaleur par ventilation
prennent une part impor-
tante devenant prépon-
dérante dans les déperdi-
tions thermiques.
A ce titre, elles comptent
assurément parmi les
postes à contrôler si on
veut maîtriser la consom-
mation de chauffage du
bâtiment, tout en mainte-
nant un niveau de ventila-
tion minimum.

L’isolation thermique des toitures - Guide pratique pour les architectes 9


ENJEUX

Le tableau ci-dessous donne, pour des qualités progressives de l’iso-


lation thermique : Surface Débits selon TOTAL
[m²] norme [m³/h]
• la qualité de l'isolation thermique de l'enveloppe, exprimée par le biais
[m³/h]
du niveau d'isolation thermique globale K ;
• une comparaison entre les déperditions thermiques de l’enveloppe par Séjour 35 126

ALIMENTATION
transmission et celles par ventilation. Chambre 1
La participation de la ventilation (naturelle ou mécanique) dans le bilan 15 54
(2 personnes) 224
énergétique global sera évaluée plus loin (voir p. 44) ; ici, seules les
déperditions thermiques sont prises en compte. Chambre 2
12 44
(1 personne)
Les hypothèses choisies sont les suivantes :
• la superficie totale habitable des logements est de 100 m², pour un Cuisine 15 75

EXTRACTION
volume habitable de 250 m³ ; Salle de bain 12 50
• les fenêtres comportent des châssis en bois, à raison d’un total de 15 m² 200
de fenêtres pour 100 m² habitables ; W.-C. 1,5 25
• les planchers sont sur caves ; Hall / couloirs 9,5 50 (*)
• la ventilation se fait par ventilation naturelle, c’est-à-dire que les ame-
nées d’air (dans les locaux “secs”) et les évacuations d’air (depuis les Taux de ventilation β = 224 / 250 = 0,90 h-1
locaux “humides”) se font naturellement par des ouvertures réglables. (*) Pour un meilleur équilibrage des débits d'alimentation et d'extraction
Les ouvertures d’amenée d’air naturelle sont placées dans une paroi
extérieure ou au droit d’une fenêtre ou d’une porte extérieure ; les ouver-
• le débit d’air amené pour cet exemple est de 224 m³/h, ce qui équivaut
tures d’évacuation naturelle sont reliées à des conduits verticaux qui
à un renouvellement d’air de 0,90 vol/h. Les dispositifs de ventilation
débouchent en toiture ;
doivent donc être dimensionnés afin d’assurer un tel débit.
• l'étanchéité à l'air est la même pour tous les types, toutes les typologies
Cependant, en ventilation naturelle, le taux de ventilation n’est jamais
et toutes les qualités de l'isolation thermique : 12 m³/h.m² ;
constant et peut être supérieur ou inférieur à celui strictement néces-
• conformément à la réglementation, les débits nominaux sont repris
saire. Il y a donc un risque de sur-ventilation (ou sous-ventilation) que
dans le tableau ci-contre :
nous estimons à ± 20 % autour du débit nominal théorique. Etant donné
que nous examinons ici les seules déperditions thermiques, nous avons
envisagé le cas le plus défavorable, c’est-à-dire un taux de renouvelle-
ment d’air de 0,9 x 1,2 = 1,08 vol/h qui équivaut à un débit d’air amené
de 270 m³/h correspondant à 224 x 1,2 = 268,8 m³/h.
La prise en compte du débit nominal théorique aurait réduit la part des
déperditions dévolue à la ventilation, d’environ 2 à 5 %.

10 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


POURQUOI VENTILER ? Les rôles de la ventilation
ENJEUX

POURQUOI VENTILER ?
LES RÔLES DE LA VENTILATION

L'évolution historique du rôle de la ventilation. ................................................................. 11


Les contextes.............................................................................................................................................. 13
Le climat local...............................................................................................................................................................................13.
L'environnement local..............................................................................................................................................................14
Le type de bâtiment......................................................................................................................................................................14
L'étanchéité à l'air de l'enveloppe extérieure.............................................................................................................15
Les besoins de ventilation................................................................................................................... 16
Les exigences réglementaires..............................................................................................................................................17
Dispositifs de ventilation dans les bâtiments résidentiels................................................................................................................ 17
Dispositifs de ventilation des immeubles non résidentiels.............................................................................................................. 19

L'évolution historique du rôle de la ventilation


Le discours sur la ventilation apparaît à la fin du XIXème
siècle dans les textes d’hygiénistes et de réformateurs
étudiant le logement de la classe ouvrière.
La multiplication d’espaces fermés, destinés à accueillir
une grande foule, ainsi que l’apparition de l’éclairage au
gaz et du chauffage par air chaud pulsé ont également
contribué au développement des techniques de ventilation.

Si, par le passé, on se fiait aux fuites d’air pour assurer la


ventilation des petits bâtiments, le perfectionnement des
méthodes de construction, telle la pose de fenêtres plus
étanches, de pare-air et pare-vapeur continus, ainsi qu’un
plus grand souci du détail, ont augmenté l’étanchéité à l’air
des bâtiments. Les fuites d’air ne constituent donc plus
une source de ventilation suffisante pour répondre aux
besoins de ventilation, dans les cas des bâtiments récents.

Une première augmentation notable du prix de l’énergie a


contraint l’occupant à penser davantage en termes d’éco-
nomie d’énergie. On a vu se dessiner une tendance à
étancher les bâtiments, à réduire le taux de renouvelle-
ment d’air et, par conséquent, la consommation de chauf-
fage nécessaire à la ventilation des locaux. De ce fait, la
construction de bâtiments plus étanches à l’air a permis
une réelle économie d’énergie.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 11


POURQUOI VENTILER ? Les rôles de la ventilation

Le choix de rendre les maisons de plus en plus étanches


a suscité quelques inquiétudes quant à la “quantité de
fuites d’air” permettant un taux d’infiltration d’air suffisant
pour la santé et le bien-être des occupants. Ajouté au fait
reconnu que de nouveaux polluants sont introduits dans
les locaux par les matériaux de construction, les meubles
et les activités des occupants, ce problème renforce le
besoin d’une ventilation régulable dans les bâtiments et de
mesures particulières pour l’élimination de certains pol-
luants.

Dans une installation de ventilation naturelle, les amenées


d’air et les évacuations d’air se font naturellement au
moyen d’ouvertures réglables ; des ouvertures de transfert
permettent le déplacement de l’air depuis les locaux “secs”
vers les locaux “humides”.
Les pressions et dépressions du vent, ainsi que la diffé-
rence de température, occasionnent une différence de
pression de part et d’autre des ouvertures d’alimentation et
d’évacuation naturelles. Le débit réel de ventilation assuré
par ces dispositifs dépend de cette différence de pression
et n’est donc pas constant. L’ouverture des fenêtres et des
portes, provoquant des entrées et sorties d’air souvent fort
importantes, ne font qu’augmenter cette imprécision du
renouvellement d’air.

La ventilation mécanique est alors apparue comme le


moyen par excellence d’accroître la ventilation de façon
contrôlée et, de ce fait, d’améliorer la qualité de l’air dans
les bâtiments, sans toutefois sacrifier les autres avantages
que présente une enveloppe plus étanche :
- la première étape de la ventilation mécanique a consisté
à extraire l’air vicié des locaux humides (cuisines, salles
de bain...) ou à concentration d’odeurs (W.-C.) et à l’éva-
cuer vers l’extérieur : installation de ventilation mécanique
à simple flux ;
- le pas suivant était, en plus de l’extraction mécanique, de
pulser l’air neuf dans les locaux dits “secs” (séjours,
chambres, etc.) : c’est l’installation de ventilation méca-
nique à double flux ;
- la reconnaissance du rôle de la ventilation sur la qua-
lité de l’air a également attiré l’attention sur les possi-
bilités de récupérer la chaleur de l’air extrait, de façon
à favoriser les économies d’énergie : c’est l’installation
de ventilation mécanique à double flux avec récupéra-
tion de chaleur sur l’air extrait.

12 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


POURQUOI VENTILER ? Les rôles de la ventilation

Les contextes
Le choix et le fonctionnement d’une installation de ventila-
tion dépendent de plusieurs facteurs ou contraintes : le
climat, l’environnement local, le type de bâtiment et l’étan-
chéité à l’air de l’enveloppe extérieure.

Le climat local
L’air utilisé lors de la ventilation provient de deux sources
extérieures : l’air pénétrant lors de l’ouverture des portes
et fenêtres et par les bouches réglables d’amenée et
d’évacuation d’air, ainsi que celui s’infiltrant par les fentes
et les ouvertures de l’enveloppe du bâtiment si celle-ci ne
possède pas une bonne étanchéité à l’air ; tous les deux
dépendent des conditions climatiques.

En effet, l’infiltration naturelle de l’air dans un bâtiment est


due à des différences de pression entre l’extérieur et l’inté-
rieur ; elles sont engendrées soit par le vent, soit par l’écart
de température de part et d’autre de l’enveloppe exté-
rieure.

De plus, le besoin d’énergie pour le chauffage ou le refroi-


dissement de l’air introduit dans un bâtiment dépend de la
sévérité du climat.

En ce qui concerne la ventilation, il y a une vingtaine


d'années, on considérait trois catégories de climat [HYDE-
Ventilation naturelle
Climat doux
VN
00] :
• le climat doux : pour ce type de climat, les périodes de
Ventilation mécanique
chauffage ou de refroidissement de l’air sont minimes ;
Climat modéré une ventilation naturelle est largement suffisante, sauf
simple flux VMSF
lorsque l’environnement extérieur est pollué et/ou bruyant ;
Ventilation mécanique • le climat modéré : l’énergie nécessaire pour le chauffage
simple flux VMSF ou le refroidissement de l’air peut être significative durant
Climat sévère
Ventilation mécanique l’été ou l’hiver, mais des mesures de récupération d’éner-
double flux VMDF gie peuvent être appliquées pendant d’assez longues
périodes.
N.B. : ce schéma est à relativiser en fonction du type de On rencontre ce type de climat en Belgique.
bâtiment et de l’environnement.
Lors de ces saisons, une ventilation simple flux est
conseillée ;
• le climat sévère : ce climat est caractérisé par des hivers
longs et froids et/ou des étés excessivement chauds. Les
demandes en énergie pour le chauffage et le condition-
nement de l’air sont importantes. Les sources de pol-
luants doivent être éliminées afin de réduire le besoin de
ventilation. Une ventilation mécanique simple flux, voire
même souvent double flux, s’avère nécessaire.

Aujourd'hui, dans l'objectif de concevoir des bâtiments


"presque zéro énergie", on appliquera de préférence les
recommandations énoncées pour le climat sévère.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 13


POURQUOI VENTILER ? Les rôles de la ventilation

L'environnement local

L’environnement local peut être de plusieurs types :


• zones rurales : une filtration de l’air doit être prévue
lorsque les habitants sont hypersensibles à certains pol-
luants, comme le pollen par exemple.
• bâtiments environnants : l’implantation des bâtiments les
uns par rapport aux autres peut influencer la direction
des vents et donc la ventilation naturelle et les infiltra-
tions d’air au travers du bâtiment ;
- banlieues résidentielles : elles sont généralement
situées en dehors des centres urbains. En ces endroits,
il n’y a pas de contraintes particulières pour la ventila-
tion, si ce n’est qu’il faut tenir compte de la direction
des vents par rapport à l’implantation du bâtiment ;
- environnement fortement industrialisé : caractérisé par
une mauvaise qualité de l’air extérieur due aux fumées
et polluants industriels. L’installation de ventilation doit
par conséquent être munie d’un système de filtration.
Un environnement bruyant complique la solution de
ventilation par les grilles insérées dans les parois exté-
rieures.

Le type de bâtiment
• Les habitations : elles sont occupées pendant des
périodes assez longues et les principaux polluants sont
l’humidité, les produits de combustion du gaz de cuisson
et/ou du chauffage, le mazout, la fumée de cigarette, le
radon, etc.
- Les habitations basses : des installations de ventila-
tion mécanique à double flux sont fréquentes dans
des pays au climat sévère mais, lorsque le climat est
modéré, ce type d’installation n’est pas forcément
nécessaire. Tout dépend de l’environnement local, de
l’implantation du bâtiment, de l’étanchéité à l’air de
l’enveloppe extérieure et de la performance de l’instal-
lation de ventilation.
Les fuites d’air naturelles dans une habitation sur-
viennent par effet de tirage, chaque fois que la tempé-
rature extérieure est inférieure à celle de la maison.
L'accroissement de l'étanchéité à l'air et le souhait
d'une consommation quasi nulle conduisent au choix
d'une installation mécanique (simple ou double flux)
avec récupération de chaleur sur l'air extrait.
- Les immeubles à appartements : si chaque appar-
tement possède sa propre installation de ventilation, il
faut être certain qu’il n’y ait pas d’infiltration d’air pol-
lué provenant des appartements voisins. C’est pour-
quoi il est préférable de réaliser des installations, de
ventilation et de chauffage, centralisées pour tout
l’immeuble.

• Les immeubles de bureaux : leur densité d’occupation


est plus élevée que celle des habitations (de l’ordre de 1
personne par 10 m²). Les polluants principaux pro-

14 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


POURQUOI VENTILER ? Les rôles de la ventilation

Définition du Pascal [Pa], unité de pression viennent de l’occupation (CO2, odeurs...), des équipe-
1 Pa = 1 N/m² ments électriques, du trafic extérieur.
100.000 Pa = 1 bar
101.325 Pa = 1 atm - Les immeubles de bureaux de grande taille : dans
de grands complexes, les dégagements internes de
Taux de renouvellement d'air n50
chaleur sont importants, ce qui peut nécessiter le
refroidissement de l’air intérieur par l’installation de
On peut déterminer le taux du flux d’air dans un local grâce à la méthode
du “gaz-traceur” : on introduit un gaz inerte dans le local et, en observant ventilation, même dans des pays au climat doux, voire
l’évolution de sa concentration, on peut évaluer le taux du flux d’air circulant froid.
dans le local.
L’étanchéité à l’air de l’enveloppe extérieure, elle peut être mesurée de Les installations de ventilation doivent être “zonées”
manière relativement simple par l’essai dit de “pressurisation” : il afin de pouvoir s’accommoder aux besoins.
consiste à placer, dans une porte ou une baie de fenêtre, un ou plusieurs
ventilateurs qui mettent l’habitation en dépression ou en surpression. On - Les immeubles de petite ou moyenne taille (+/- 4
détermine ainsi la relation entre la différence de pression au niveau de
l’enveloppe du bâtiment et le débit d’air [CSTC-14].
étages) : dans les climats doux et modérés, une ins-
Ensuite, un calcul de régression surles mesures réalisées permet de déter-
tallation de ventilation simple flux (ou double flux) doit
miner le débit d’air pour une différence de pression de 50 Pa. Le rapport être installée. Cependant, le choix du type d’installa-
entre le débit d’air et le volume du bâtiment indique le taux de renouvelle- tion dépend surtout des dégagements de chaleur
ment d'air pour une différence de pression de 50 Pa, soit la valeur n50.
Cette valeur n50 permet d’évaluer le “nsb”, taux de ventilation saisonnier internes et de la constitution des parois de l’enveloppe
moyen, qui ne tient compte que du débit d’infiltration d’air par les fuites dans afin d’éviter les apports solaires excessifs en été.
l’enveloppe du bâtiment, et ce au moyen de la formule : nsb = n50
a
où le facteur a dépend de l’influence du vent sur l’habitation : L’étanchéité à l’air de
- a = 30 pour les habitations fortement protégées ;
- a = 10 pour les habitations fortement exposées. l’enveloppe extérieure
Généralement, on affecte, au facteur a, une valeur de 20 (protection
moyenne). Dans la méthode de calcul PEB, c'est une valeur a = 25 qui est
utilisée. L'étanchéité à l'air joue un rôle important pour la perfor-
mance d’une installation de ventilation. Une installation
efficace va de pair avec une bonne étanchéité à l’air de
l’enveloppe extérieure, dans laquelle les ouvertures
Le taux de renouvellement d’air par in/exfiltration
pratiquées sont intentionnelles. Les fuites d’air incontrô-
est le débit de fuite rapporté au volume intérieur du
lées peuvent, en effet, provoquer un court-circuit du flux
bâtiment, c’est-à-dire le nombre de fois par heure
de ventilation, la dispersion des odeurs et des polluants,
que le volume d’air est renouvelé dans le bâtiment
une consommation exagérée d’énergie, des courants
pour une différence de pression de 50 Pascals :
. d’air...
V50
n50 = [h-1]
Vint L’étanchéité à l’air des bâtiments varie considérablement
en fonction du soin de la construction. Des bâtiments
apparemment identiques peuvent avoir des étanchéités à
Plus l'étanchéité à l'air de l'enveloppe extérieur est l’air complètement différentes.
élevée, plus le système de ventilation sera efficace
Qualité moyenne de Lorsque l’on parle d’étanchéité à l’air des bâtiments, on
construction en Belgique Repère : n50 = 4,5 à 8,7 h-1 pense généralement à l’étanchéité des fenêtres et des
(valeurs mesurées)
portes. Il existe, à ce niveau, des méthodes d’essai norma-
Si système de ventilation
Objectif (NBN D50-001) : n50 ≤ 3 h-1 lisées [CSTC-14], ainsi que des valeurs maximales admis-
type D
sibles pour le débit d’air par mètre de joint de menuiserie
Si attention particulière à
Repère : n50 = 1,4 h-1 [CSTC-93]. En général, les immeubles à appartements
l'étanchéité à l'air
sont plus étanches à l’air que les maisons unifamiliales.
Si système de ventilation Dans ces dernières, le manque d’étanchéité constaté est
type D + récupérateur de Objectif (NBN D50-001) : n50 ≤ 1 h-1
chaleur en partie imputable aux fuites locales comme les ouver-
tures vers les caves, greniers, garages, etc.
Critère du standard
Critère : n50 ≤ 0,6 h-1 L’étanchéité à l’air d’un bâtiment est caractérisée par la
passif
Surface de Fuite Equivalente SFE, en anglais : Equivalent
Leakage Area ELA (voir encadré ci-contre) [LIDD-96].
La Surface de Fuite Equivalente (SFE) correspond à la surface totale des
fuites de l’enveloppe du bâtiment, exprimée en cm² d’après celle d’un ori-
fice au contour défini qui lui permettrait un écoulement d’air comparable à L’étanchéité à l’air des fenêtres et des portes doit être
celui qui se fait par l’ensemble de ces fuites dans l’enveloppe du bâtiment.
L’expression du résultat obtenu, en fonction d’une portion normale ou mesurée conformément à la norme belge NBN EN 1026
représentative de l’enveloppe du bâtiment, donne la Surface de Fuite [IBN -00-1].
Normalisée (SFN).
La SFN s’obtient en divisant la SFE par la superficie d’enveloppe du bâti-
Les exigences sont définies dans les spécifications tech-
ment et s’exprime en cm² de surface de fuite par m² de surface d’enve- niques unifiées STS 52 Menuiseries extérieures [SPFE-
loppe du bâtiment. 05] et est classifiée selon la norme NBN EN 1027 [IBN
Par ailleurs, on peut comparer l’importance des fuites de bâtiments de
dimensions différentes en exprimant la surface de fuite en fonction d’1 m² -00-2] : on y distingue quatre classes de perméabilité à
d’enveloppe du bâtiment. l’air, qui donnent un débit de fuite d’air maximum admis-

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 15


POURQUOI VENTILER ? Les rôles de la ventilation

Classes de perméabilité à l’air des fenêtres sible par mètre de joint de menuiserie en fonction de la
selon les STS 52 [SPFE-05] différence de pression (voir graphique page suivante).
Les exigences sont exprimées en fonction de l’action du vent
(hauteur du bâtiment) et de la rugosité du terrain :

Les 4 classes donnent un débit de fuite d’air maximum admis-


sible par mètre de joint de menuiserie [m³/hm] (échelle de
droite), en fonction de la différence de pression. En cas de cli-
matisation, la classe 3 est toujours exigée.
La plupart des nouveaux châssis de fenêtres sont en général
très étanches à l'air ; ils satisfont à l’exigence la plus sévère.
.
Perméabilité à l’air de l’enveloppe V50
La perméabilité à l’air de l’enveloppe représente .
Actuellement, des habitations construites sans prêter d’attention par-
le débit de fuite d’air à 50 Pascals, rapporté à la ticulière à l’étanchéité à l’air ont une perméabilité à l’air v50 comprise
entre 6 et 12 m³/(h.m²). On peut atteindre un objectif situé entre 2 et 6
surface de l’enveloppe : m³/(h.m²) grâce à une conception judicieuse et une mise en oeuvre
. soignée. En deçà de 2 m³/(h.m²), une véritable expertise est néces-
. V50 saire tant au niveau de la conception que de l’exécution : tous les
v50 = [m³/h.m²] noeuds constructifs doivent faire l’objet d’une étude adéquate et une
Atest
sensibilisation de tous les corps de métier impliqués est indispen-
sable.

Les besoins de ventilation


Un aspect essentiel d’une installation de ventilation est la
détermination du taux de renouvellement d’air nécessaire
ée
en euf à l’espace ventilé.
Am ir n air Rej
d'a po et
llu
é
Les besoins de ventilation découlent habituellement de la
Pollution
nécessité de contrôler la concentration des éléments pol-
Dilution
extérieure Filtre
des polluants luants aptes à produire des odeurs désagréables ou des
Occupants effets toxiques.
Pollution Pour maximiser les économies d’énergie, il faut réduire
intérieure
Cuisson autant que possible le taux de renouvellement d’air durant
Mobilier
Animaux la période de chauffe et, en été, utiliser le refroidissement
de nuit, par une surventilation de l’habitation.
Contrôle de la concentration des polluants
La ventilation doit néanmoins rester suffisante afin d’em-
pêcher l’accumulation d’agents contaminants dans l’air
intérieur et de permettre aux occupants de respirer, de
façon à assurer la bonne santé des occupants.

Il ne faut cependant pas oublier qu’une ventilation exces-

16 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


POURQUOI VENTILER ? Les rôles de la ventilation

sive peut compromettre le confort, créer des courants d’air


et réduire excessivement le niveau d’humidité. A l’inverse,
une ventilation insuffisante et un chauffage inadéquat
peuvent aussi favoriser la condensation et l’apparition de
moisissures sur les parois intérieures des murs et des pla-
fonds.
Les besoins de ventilation hygiénique varient en fonction
de la densité d’occupation et de l’utilisation du bâtiment,
ainsi que de l’environnement extérieur (pollution, etc.).
Ils devraient s’estimer donc en fonction des facteurs
suivants :
- dimensions du local ;
- nombre et activités des occupants ;
- chaleurs parasites produites par les machines et les
radiations solaires ;
- humidité ;
- température extérieure et variation de températures ;
- sources de polluants.

Les exigences réglementaires


[GW -16-2] [IBN -91]
L'Annexe C3 de l'AGW du 15/12/16 [GW -16-2] et la
norme belge NBN D50-001 donnent des directives per-
mettant de construire des habitations qui pourront être
convenablement ventilées. Elles stipulent que les bâti-
Schéma du flux d’air pour tous types de ventilation ments ou parties de bâtiments destinés à l’habitation ou à
l’hébergement doivent être équipés de tous les dispositifs
Extérieur → Locaux secs → Dégagement → Locaux humides → Extérieur nécessaires à une ventilation efficace de l’immeuble.
OAR OT OT OER Les exigences et recommandations de l'Annexe C3 et de
OAM OEM
la norme s’appliquent :
OAR = ouverture d’alimentation réglable
OAM = ouverture d’alimentation mécanique
• aux nouvelles habitations ou aux nouveaux immeubles
OER = ouverture d’évacuation réglable d’habitation ;
OEM = ouverture d’évacuation mécanique • aux parties de constructions neuves destinées au loge-
OT = ouverture de transfert
ment ;
• aux parties de bâtiments destinés à l’hébergement ou
à l’habitation (hôpitaux, maisons de repos, hôtels, pri-
Les exigences de la réglementation wallonne en
sons, etc.) pour autant que l'utilisation de ces locaux
matière de ventilation, dans le cadre de la PEB, sont
soit comparable à celle de locaux d'habitation ;
reprises en détails en annexe 4 du présent ouvrage,
• aux bâtiments existants qui ne sont pas destinés à
tant pour les immeubles résidentiels que pour les
l’habitation mais qui sont transformés en immeubles
immeubles non résidentiels.
d’habitation.

Dispositifs de ventilation dans les bâti-


ments résidentiels
• Exigences de débits de ventilation de base selon
l'AGW PEB du 15/12/16 [GW -16-2] et la NBN D50-
001 [IBN -91]

Les dispositifs à prévoir pour la ventilation de base sont :


- une amenée d’air dans les espaces dits “secs” : salle
de séjour, chambres, salles d’étude ou de jeu ;
- des ouvertures de transfert direct au droit des portes
intérieures et/ou des murs intérieurs entre les locaux
“secs” et les locaux “humides” (W.-C., salle de bain,
cuisine, etc.) ;
- une évacuation d’air au départ des espaces dits
“humides”, vers l’extérieur.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 17


POURQUOI VENTILER ? Les rôles de la ventilation

À titre d’information, voici les taux de ventilation recommandés Amenée d'air neuf Evacuationd'airvicié
pour les bureaux (en m³/h), selon le taux de pollution d’air inté- Règle générale 3,6 m³/h par m² de surface au sol
rieur souhaité, conformément à la nome CEN-CR 1752
« Ventilation for buildings – Design criteria for the indoor environ- Avec pour limites particulières :
ment » [CEN –98] : min. 75 m³/h
Living
max. 150 m³/h
Source de pollution
Catégorie de Chambres, locaux
Occupants Matériaux peu Matériaux fort min. 25 m³/h (*)
qualité d'air d'études et de jeux
seulement polluants polluants
intérieur
Cuisines fermées, min. 50 m³/h
m³/hm² m³/hm² m³/hm²
S.D.B., buanderies max. 75 m³/h
A (haute) 3,6 7,2 10,8
Cuisines ouvertes min. 75 m³/h
B (moyenne) 2,5 5,0 7,6
W.-C. 25 m³/h
C (basique) 1,4 2,9 4,3
(*) Le débit nominal peut être limité à 72 m³/h
avec un taux de ventilation minimal de 36 à 54 m³/h par per-
sonne dans les bâtiments de bureaux à densité normale
d’occupation, et 0,5 renouvellement d’air par heure dans les
Les ouvertures de transfert doivent toujours rester ouvertes
espaces de vie des bâtiments résidentiels. et ne peuvent donc être réglables. Elles doivent satisfaire
aux exigences suivantes :
Dans la meilleure catégorie de pollution intérieure, et en ne tenant
compte que de la pollution occasionnée par les occupants, on
Débits min. de transfert
retrouve le débit de 3,6 m³/hm² de surface au sol considéré comme
requis pour une ∆p = 2 Pa
le taux de ventilation de base repris dans la norme NBN D 50-001
pour les bâtiments résidentiels. Salle de séjour 25 m³/h
Chambre, salle d’étude et de jeu 25 m³/h
De même, le commentaire de débit minimal de 36 à 54 m³/h par
personne ajouté au tableau renvoie à la plage type de 36 à 54 m³/h S.D.B., buanderie 25 m³/h
reprise en catégorie INT 2 de la norme NBN EN 13779 (voir tableau Cuisine 50 m³/h
p. 20).
W.-C. 25 m³/h

• Recommandations pour la ventilation de locaux spé-


ciaux selon l'AGW PEB du 15/12/16 [GW -16-2], qui
fait référence à la NBN D50-001 [IBN -91]

Les pièces d’habitation et les cuisines, salles de bain,


W.-C. et buanderies sont soumis aux exigences de la ven-
tilation de base.
Outre ces pièces, il existe, dans les bâtiments d’habitation,
d’autres locaux qui doivent également être ventilés et qui
font l’objet d’exigences spécifiques dans la norme belge,
c’est-à-dire :
- les couloirs et cages d’escaliers communs dans les
immeubles collectifs ;
- les locaux de stockage des ordures ménagères ;
- les gaines et cabines d’ascenseurs ;
- les garages ;
- les chaufferies et locaux de chauffe ;
- les caves en dehors du volume protégé ;
Pour les caves et les greniers situés DANS le volume protégé, les - les greniers en dehors du volume protégé ;
prescriptions du paragraphe 5.7 de la norme NBN D50-001 ne
peuvent pas être suivies. Pour ces caves et greniers, il faut déter-
- le local contenant le compteur de gaz ;
miner quelle fonction correspond le mieux à leur destination pré- - les soutes à combustibles ;
vue, parmi les fonctions des autres locaux habitables de l'habita- - les débarras ;
tion (cf. Annexe C2-VHR de l'AGW PEB du 15/12/16 [GW -16-2]). - les locaux renfermant des appareils de combustion
non-étanches.

Une description des dispositifs de ventilation à prévoir


dans chacun de ces locaux est reprise dans l’annexe 4
concernant la norme NBN D50-001.

• Recommandations pour la ventilation intensive ou


périodique selon l'AGW PEB du 15/12/16, qui fait
référence à la NBN D50-001

En outre, la ventilation intensive ou périodique est néces-

18 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


POURQUOI VENTILER ? Les rôles de la ventilation

Schéma explicatif de la ventilation intensive saire ponctuellement pour évacuer des odeurs désa-
dans les immeubles résidentiels gréables exceptionnelles et temporaires ou en cas de
surchauffe thermique temporaire.
Ce type de ventilation est assuré par l’ouverture des portes
0,26 / 0,64 m²
et/ou fenêtres dont la superficie doit au moins équivaloir à :

0,63 m²
• 6,4 % de la superficie au sol des pièces présentant des
ouvertures dans une seule façade ;
Chambre 1 Chambre 1
20 m² 9,75 m² • 3,2 % de la superficie au sol des pièces présentant des
portes et des fenêtres ouvrantes dans plusieurs
façades ; chaque façade comporte au moins 40 % de
0,64 / 0,26 m²

la superficie totale requise pour la ventilation intensive.


Pour la ventilation des cuisines, en l’absence de fenêtres
ou de portes extérieures, un débit de ventilation intensive
de 200 m³/h minimum est requis ; dans ce dernier cas, la
hotte peut être considérée comme un système de ventila-
• La chambre 1 de 20 m² présente des fenêtres dans deux tion intensive.
parois ; les ouvertures doivent donc être égales à
0,032 x 20 = 0,64 m², réparties sur les deux parois à raison
d’au moins 40 % dans chacune des deux façades (soit au Dispositifs de ventilation des immeubles
moins 0,26 m²), le total atteignant au moins 0,64 m². non résidentiels
• La chambre 2 de 9,75 m² présente une fenêtre dans une
seule paroi ; l’ouverture utile de la fenêtre doit être de L’Annexe C3-VHN de l’AGW PEB du 15/12/16 [GW -16-
0,064 x 9,75 = 0,63 m².
2], et la norme NBN EN 13779 [IBN -07-1] définissent les
exigences de ventilation pour les bâtiments non résiden-
tiels destinés à l'usage humain.

Les besoins de ventilation hygiénique de ces bâtiments


varient en fonction de leur densité d’occupation, de l’utili-
sation du bâtiment, de la qualité de l’air intérieur deman-
dée et de l’environnement extérieur.

La classification de base de la qualité de l’air intérieur est


reprise dans le tableau ci-dessous.

Catégorie Description Classification par le niveau de CO2 Valeur par défaut


Niveau de CO2 au-dessus du niveau de [ppm]
l'air fourni en [ppm]
INT 1 Qualité d'air intérieur excellente ≤ 400 350
INT 2 Qualité d'air intérieur moyenne 400 - 600 500
INT 3 Qualité d'air intérieur modérée 600 - 1000 800
INT 4 Qualité d'air intérieur basse > 1000 1200
Classification de base de la qualité de l'air intérieur

Lors du dimensionnement des systèmes de ventilation, le


débit de conception ne peut pas être inférieur au débit
minimal correspondant à la catégorie d'air intérieur INT 3,
qui correspond à 75 à 80 % de personnes satisfaites par
la qualité de l'air (voir CR 1752 [CEN -98]). Dans les
espaces destinés à l’occupation humaine, pour atteindre la
catégorie d’air intérieur INT 3, il faut déterminer le nombre
de personnes occupant un local et le multiplier par le débit
de conception minimal correspondant à la catégorie d’air
intérieur INT 3.

Le débit de conception minimal dans les espaces destinés


à l'occupation humaine doit être déterminé sur base du
tableau ci-joint de la norme NBN EN 13779 (taux d’air neuf
par personne). Pour cela, on se base en principe sur l’oc-
cupation prévue par l'équipe de conception du bâtiment.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 19


POURQUOI VENTILER ? Les rôles de la ventilation

Toutefois,
- si l'occupation prévue d'un espace est inférieure à la
valeur déterminée selon le tableau ci-après,
- ou si l'équipe de conception elle-même ne peut déter-
miner l'occupation prévue, alors la détermination du
débit de conception minimal devra prendre en considé-
ration le débit déterminé selon le tableau ci-après.

Lorsqu'on détermine l'occupation à l'aide de ce tableau, il


faut arrondir le nombre de personnes obtenu à l'unité
supérieure (voir exemple pp. 66 et 67). Le tableau complet
se trouve dans l’Annexe C3-VHN de l’AGW PEB du
15/12/16 [GW -16-2].
Il faut également considérer qu’il est, par défaut interdit de
fumer, sauf s'il est expressément stipulé qu'il est autorisé
de fumer.

Débit d'air neuf par personne (m³/h)


Zone non fumeurs (*) Zone fumeurs
Catégorie
Plage type Valeur par défaut Plage type Valeur par défaut
INT 1 > 54 72 > 108 144
INT 2 36 - 54 45 72 - 108 90
INT 3 22 - 36 29 43 - 72 58
INT 4 < 22 18 < 43 36
(*) L’Annexe C3 de l’AGW PEB du 15 mai 2014 précise qu’il faut considérer qu'il est autorisé de fumer, à moins
qu'il soit expressément stipulé qu'il n'est pas permis de fumer.

Débit d'air neuf par personne pour les espaces destinés à l'occupation humaine

On aboutit, ainsi, à un débit d'air neuf minimal de 22 m³/h


Modes de ventilation intensive par personne.
dans les immeubles non réidentiels
La ventilation naturelle intensive s’opère selon deux modes éven- Parallèlement à cette réglementation, la Réglementation
tuellement combinables avec l’effet de cheminée [IBN -07-1] :
Générale pour la Protection du Travail (RGPT) impose,
•
la ventilation unilatérale dans tout local occupé par du personnel, que l'employeur
par l’ouverture de prenne toutes dispositions pour qu'un débit d’air neuf de
fenêtres sur une seule
façade : l’air extérieur 30 m³/h par personne soit amené dans le local.
plus froid rentre par le Dans les espaces non destinés à l’occupation humaine (*),
bas de l’ouverture et l’air le taux d’air neuf est calculé en fonction de la surface de
intérieur plus chaud sort plancher (surface nette), comme précisé dans le tableau
par le haut ;
ci-dessous :
• la ventilation transversale
Taux d'air neuf par surface de plancher
par l’ouverture de fenêtres Catégorie
sur des façades diffé- Plage type Valeur par défaut
rentes : les mouvements INT 1 Pour INT 1, cette méthode n'est pas suffisante
d’air sont ici créés par les
différences de pression INT 2 > 2,5 3
dues au vent entre les INT 3 1,3 - 2,5 2
façades. Les débits
atteints sont nettement INT 4 < 1,3 1
plus importants que dans Taux d'air neuf par surface de plancher pour les espaces
le cas de la ventilation non destinés à l'occupation humaine
unilatérale ; (*) Les cages d’escalier ne sont toutefois pas soumises aux exigences de
•
l’effet de cheminée par ventilation.
l’ouverture de fenêtres en
façade et de lucarnes en Le débit minimal dans les toilettes est de 25 m³/h par W.-C.
toiture : l’air est évacué
par tirage thermique qui
(y compris les urinoirs) ou de 15 m³/h par m² de surface au
est d’autant plus impor- sol si le nombre de W.-C. n’est pas connu au moment du
tant que la hauteur entre dimensionnement du système de ventilation.
les entrées d’air et les
évacuations est grande.

20 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


POURQUOI VENTILER ? Les rôles de la ventilation

Surface au sol par


personne (m²/personne)
Horeca
Restaurants, cafétéria, buffet rapide, cantine, bars, cocktails bars 1,5
Cuisines, kitchenettes 10
Hôtels, motels, centres de vacances
Chambres à coucher d'hôtel, de motel, de centre de vacances 10
Dortoirs de centres de vacances 5
Lobby, hall d'entrée 2
Salle de réunion, espace de rencontre, salle polyvalente 2
Immeubles de bureaux
Bureau 15
Locaux de réception, réception, salles de réunions 3,5
Entrée principale 10
Lieux publics
Hall des départs, salle d'attente 1
Bibliothèque 10
Lieux de rassemblement publics
Eglises et autres bâtiments religieux, bâtiments gouvernementaux, salles
2,5
d'audience, musées et galeries
Commerce de détail
Local de vente, magasin (sauf centres commerciaux) 7
Centre commercial 2,5
Salon de coiffure, institut de beauté 4
Magasins de meubles, tapis, textiles... 20
Supermarché, grand magasin, magasin spécialisé pour animaux 10
Laverie automatique 5
Sport et loisirs
Hall de sports, stades (salle de jeu), salle de gymnastique 3,5
Vestiaires 2
Espace des spectateurs, tribunes 1
Discothèque / dancing 1
Club sportif : salles d'aérobic, salle de fitness, club de bowling 10
Locaux de travail
Studio de photographie, chambre noire... 10
Pharmacie (local de préparation) 10
Salle des guichets dans les banques / salle des coffres destinée au public 20
Local de photocopie / local des imprimantes 10
Local informatique (sans local des imprimantes) 25
Etablissements d'enseignement
Salle de cours 4
Salle polyvalente 1
Soins de santé
Salle commune 10
Salles de traitement et d'examen 5
Salles d'opération et d'accouchement, salle de réveil et soins intensifs, salle
5
de kinésithérapie, de physiothérapie
Etablissements pénitentiaires
Cellules, salle commune 4
Postes de surveillance 7
Inscription / enregistrement / salle de garde 2
Autres espaces
Autres espaces 15

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 21


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

COMMENT VENTILER ?
LES MOYENS DE VENTILATION

Les différents types d’installation de ventilation............................................................... 22


Le principe de fonctionnement de la ventilation. .................................................................. 24
Le plan de pression neutre....................................................................................................................................................24
Le principe de fonctionnement de la ventilation naturelle (système A).................. 25
Les principes de fonctionnement de la ventilation mécanique. ..................................... 26
Installation de ventilation à alimentation mécanique (système B)..................................................................26
Installation de ventilation à extraction mécanique (système C).....................................................................27
Installation de ventilation à extraction mécanique ponctuelle........................................................................................................ 27
Installation de ventilation à extraction mécanique centralisée...................................................................................................... 27
Installation de ventilation à extraction mécanique centralisée à la demande......................................................................... 28
Installation de ventilation à alimentation et extraction mécaniques (système D)................................29
Installation de ventilation à alimentation et extraction mécaniques............................................................................................ 29
Installation de ventilation à alimentation et extraction mécaniques centralisées à la demande.................................... 30
Installation de ventilation à alimentation et extraction mécaniques avec récupération de chaleur............................... 31

Tableau récapitulatif des différents types d’installation de ventilation.............. 32


Les critères généraux de choix........................................................................................................ 33
Le coût d’une installation de ventilation......................................................................................................................33
L’énergie d’utilisation................................................................................................................................................................34
Le chauffage combiné à la ventilation...................................................................................................................................................... 35
Le rafraîchissement combiné à la ventilation (free cooling)........................................................................................................... 35
Les différents types d’installation de ventilation
Le contrôle de la ventilation...............................................................................................................................................36
La maintenance de l’installation de ventilation.........................................................................................................37
Le rendement à long terme....................................................................................................................................................39

Les différents types d'installation de ventilation


Dans un premier temps, il faut choisir le type d’installation
de ventilation (naturelle, simple flux, double flux) en fonc-
tion non seulement des contraintes imposées par le type
de bâtiment, le climat, l’étanchéité à l’air de l’enveloppe
extérieure et l’environnement, mais aussi de celles induites
par le coût et la performance de l’installation, l’énergie
d’utilisation et la facilité de maintenance.
Les composants d’une installation (ventilateurs, conduits,
diffuseurs, bouches d’amenées d’air, extracteurs d’air,

22 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

grilles, etc.) doivent répondre à ces contraintes, tout en


assurant un débit d’air permettant de satisfaire la régle-
mentation et d’atteindre le confort.
Des mesures et des calculs permettent de vérifier si les
composants d’une installation de ventilation sont adaptés
aux besoins.
Par ces méthodes, diverses estimations sont possibles,
comme par exemple :
- le flux d’air induit par infiltration et ventilation ;
- l’influence des paramètres tels que le climat, l’étanchéité
à l’air ;
- le taux et la direction du flux d’air ;
- le flux d’air entre deux pièces ;
- la concentration des polluants ;
- l’impact sur l’énergie.
La norme NBN D50-001 distingue quatre systèmes de venti-
lation :

Systèmes de ventilation Procédés de ventilation


selon la norme
NBN D50-001 [IBN -91] Amenée d’air Evacuation d’air
A naturelle naturelle
B mécanique libre
C libre mécanique
D mécanique mécanique

Types d’installations de ventilation

Système A p. 25 Système C p. 27

Système B p. 26 Système D p. 29

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 23


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

Le principe de fonctionnement de la ventilation


Fuites d’air dues au vent [COST-97] Le débit d’un fluide à travers un trou ou une ouverture est
Le volume d’écoulement d’air attribuable au vent peut être éva-
proportionnel à la surface d’ouverture et à la différence de
lué à l’aide d’un simple modèle bidimensionnel, par exemple une pression maintenue de part et d’autre de l’orifice. Plus
maison centrale dans une série de maisons mitoyennes. l’ouverture est grande, plus l’écoulement est important ;
plus la différence de pression est élevée, plus le débit est
élevé.

Le débit d’écoulement, ou taux de renouvellement d’air, ne


dépend pas seulement des dimensions et du trajet de
fuite, mais aussi de l’ampleur et de la direction de la pres-
sion exercée.

Le plan de pression neutre


La notion de plan de pression neutre (PPN) aide à com-
Lorsque la vitesse moyenne du vent est de 16 km/h, une pres-
sion d’environ 10 Pa s’exerce sur l’extérieur du mur côté vent,
prendre l’effet de l’installation de ventilation sur la réparti-
tandis qu’une pression égale s’applique contre la face intérieure tion de la pression de l’air. Elle s’apparente au phénomène
du mur sous le vent. Si les orifices de ventilation du toit ont la de tirage, selon lequel l’air froid pénètre par la partie basse
même surface sur les côtés au vent, aucune différence de pres- d’un bâtiment et l’air chaud s’évacue vers l’extérieur par la
sion n’est produite par le vent de part et d’autre du plafond. Dans
ce cas, la totalité de l’écoulement ou presque se fait vers l’inté-
cheminée.
rieur, à travers le mur exposé au vent, et un écoulement sem- L’écart de température entre l’intérieur et l’extérieur d’un
blable se produit vers l’extérieur par le mur sous le vent. bâtiment amène un écart de pression. Le PPN correspond
à la hauteur à laquelle la pression est la même à l’intérieur
et à l’extérieur du bâtiment, lorsqu’il n’y a pas ou presque
pas de vent.
Surpression
Au-dessous du PPN, l’écart de pression fait pénétrer
l’air dans le bâtiment (dépression) ; au-dessus, il l’ex-
pulse au dehors (surpression).

Dans un bâtiment sans cheminée, ni ventilateur d’extraction,


Dépression le vent fait pénétrer de l’air à travers la façade exposée et en
fait sortir à travers la façade sous le vent.
Le PPN se situe donc à peu près à mi-hauteur. C’est la
ligne de démarcation entre la partie de l’enveloppe du bâti-
ment où il y a infiltration d’air et celle où il y a extraction
d’air. Son emplacement exact dépend de la répartition des
Plan de pression neutre en l’absence de cheminée
fuites d’air dans l’enveloppe du bâtiment.

Dans une maison avec cheminée, le tirage de celle-ci tend à


diminuer le pression intérieure du bâtiment, de sorte que,
dans la plupart des circonstances, la circulation d’air se fait
vers l’intérieur à travers tous les murs et vers le bas à travers
le plafond. L’air qui s’infiltre dans la maison finit par être éva-
cué avec les produits de combustion par la cheminée
La cheminée constitue un point de fuite supplémentaire
dans la partie supérieure de l’enveloppe. Le PPN se trouve
alors plus haut, et l’infiltration d’air ainsi que le taux global
de fuite d’air augmentent.
Autrement dit, plus l’emplacement du PPN est haut, plus la
partie de l’enveloppe où s’exercent les pressions causant
les extractions d’air est réduite. L’évacuation d’air par la
Effet de la cheminée sur le plan de pression neutre
cheminée comble l’écart qui existe entre les infiltrations et
les extractions d’air se faisant par les autres ouvertures de
l’enveloppe du bâtiment.

24 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

Le principe de fonctionnement de la ventilation naturelle


(système A)
Dans la ventilation naturelle, l’air se déplace grâce aux
différences de pression qui existent entre les façades du
bâtiment et grâce à la différence de masse volumique de
l’air en fonction de sa température.

Des amenées d’air (grilles et vasistas réglables) doivent


être disposées en façade pour les locaux dits “secs”
(bureaux, séjours,...) ; des ouvertures de transfert (déta-
lonnage des portes ou grilles) permettent le passage de
Principe de la ventilation naturelle l’air vers les locaux dits “humides” (sanitaires, cuisine,...).
Dans ces derniers, l’air est évacué grâce à des conduits
Les avantages de la ventilation naturelle verticaux débouchant en toiture (voir figure ci-contre).
• Aucune consommation électrique n’est demandée.
• Les éléments de ventilation naturelle demandent très peu d’entre- Il est sous-entendu que les espaces de passage (couloirs,
tien et ne comprennent pas de ventilateurs bruyants. halls, escaliers, etc.) sont suffisamment ventilés par l’air
Les inconvénients de la ventilation naturelle qui provient des locaux “secs” et transite par les ouver-
• La performance de la ventilation n’est pas garantie : elle dépend
tures de transfert pour gagner les locaux “humides”. Il n’y
des phénomènes naturels du mouvement de l’air. a donc pas besoin d’amenée d’air ou d’évacuation d’air
• L’air neuf n’est pas filtré. spécifiques dans les espaces de circulation des maisons
• Les grilles d’amenée d’air peuvent laisser passer les bruits exté- unifamiliales.
rieurs.
• Les grilles d’ouvertures peuvent engendrer un inconfort.
• Les ouvertures entre les locaux favorisent le passage des bruits Par contre, les dispositifs de ventilation sont recommandés
gênants. dans les cages d’escalier et couloirs communs des
• Les évacuations doivent se faire par des conduits verticaux. immeubles d’habitation collective, où ils sont considérés
• Les débouchés des conduits d’extraction verticaux doivent se
situer près du faîtage.
comme locaux spéciaux (voir annexe 4).
• Les ouvertures dans les façades sont parfois peu esthétiques.
Dans un bâtiment, la sécurité incendie est assurée par
un compartimentage. La ventilation et la distribution de l’air
dans les locaux au moyen de gaines doivent être conçues
de telle sorte que [CSTC-94] :
- la fumée et les flammes ne puissent se propager dans
tout le bâtiment ;
- les éléments de construction traversés par ces gaines
conservent leur résistance au feu.
Nous aborderons, plus loin, le problème de la sécurité incen-
die (voir p. 43).

Il est intéressant d’adapter le fonctionnement de la ventila-


tion en fonction des besoins (en période d’occupation, la
nuit, le weekend). Il existe plusieurs possibilités de réguler
la ventilation naturelle : bouches réglables, grilles hygroré-
glables, grilles commandées électriquement en fonction
d’un horaire, par exemple.

Pour rappel, la norme NBN D50-001 recommande, en


outre, la possibilité de pratiquer une ventilation intensive
des locaux de séjour, des chambres, des locaux d’étude et
de loisir et des cuisines, en cas de pollution occasionnelle.
Ce type de ventilation requiert des débits importants mais
occasionnels. La technique la plus indiquée est l’utilisation
des fenêtres et des portes, pratiquant ainsi de grandes
ouvertures d’amenée et d’évacuation d’air.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 25


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

Les principes de fonctionnement de la ventilation mécanique


Il existe essentiellement trois types d’installation de venti-
lation mécanique :
- le système de mise en surpression, dont les ventilateurs
d’alimentation en air extérieur conservent la maison à
une pression supérieure à la pression extérieure ;
- le système qui utilise des ventilateurs d’extraction et
des prises d’air pour maintenir la pression de l’intérieur
Installation à simple Installation à simple
alimentation
au-dessous de la pression extérieure ;
extraction
- le système dit équilibré qui comporte des ventilateurs
d’alimentation et d’extraction, et qui maintient les pres-
sions intérieure et extérieure à peu près au même
niveau.

Installation de ventilation à
alimentation mécanique (système B)
Dans sa version la plus simple, ce type d’installation sup-
Installation équilibrée
pose la mise en place d’un réseau de conduits de distribu-
tion raccordé au ventilateur qui aspire l’air frais de l’exté-
rieur et le distribue dans tout le bâtiment. L’expulsion de
l’air se fait par extraction libre (voir ventilation naturelle).

L’installation tend donc à pressuriser l’intérieur du bâtiment


et à abaisser le plan de pression neutre, PPN. De ce fait,
elle diminue la partie de l’enveloppe par où se font les
infiltrations, de même que les pressions qui les favorisent.
L’infiltration d’air totale peut donc s’en trouver réduite et
elle est éliminée totalement si le PPN se situe sous le plan-
cher du sous-sol. Il y a, par contre, accentuation des pres-
sions intérieures et de la partie de l’enveloppe soumise à
l’exfiltration.

Les avantages de la ventilation • Applications :


à alimentation mécanique - dans des sites fortement pollués : l’air amené peut être
• La simplicité du système. filtré avant d’être pulsé dans le bâtiment ;
• La bonne distribution de l’air frais dans tout le bâtiment.
• La surpression diminue les risques de refoulement et d’infiltration
- dans des bâtiments industriels où l’air doit être parfai-
des gaz se dégageant du sol ou des matériaux de construction. tement “propre” ;
• L’air peut être filtré et sa température et/ou son humidité condition- - pour le contrôle des allergies : lorsque les occupants
nées. sont sensibles aux polluants extérieurs ;
• Les débits d’air amené sont contrôlés.
• Une partie de l’air intérieur peut être récupérée et mélangée à l’air
- dans le cas où il y a un polluant, tel que la mousse
extérieur. isolante d’urée-formol, dans les murs extérieurs. Le
maintien de la maison en surpression empêche l’infil-
Les inconvénients de la ventilation tration, dans les locaux habités, de gaz ou de polluants
à alimentation mécanique
provenant de l’enveloppe.
• Elle favorise la pénétration de l’air humide provenant de l’intérieur
dans les murs extérieurs et la toiture.
• Elle ne convient pas toujours dans le cas d’une rénovation.
• Limitations :
• Si l’entrée d’alimentation est mal située, mal conçue ou mal placée, L’air du bâtiment en surpression s’évacue vers l’extérieur
l’installation de ventilation peut introduire les bruits extérieurs dans par toutes les ouvertures de l’enveloppe. L’air humide
le bâtiment. provenant de l’intérieur peut donc pénétrer dans les murs
• Les ouvertures entre locaux favorisent le passage de bruits.
• Il n’y a pas de récupération de chaleur.
et la toiture où il peut produire de la condensation : des
• Les débits d’air extrait ne sont pas contrôlables. problèmes peuvent alors apparaître, comme les moisis-
• Les évacuations doivent se faire par des conduits verticaux. sures, la pourriture des matériaux, l’écaillement de la
• Les débouchés des conduits d’extraction verticaux doivent se peinture, etc.
situer près du faîtage.
• L’enveloppe extérieure du bâtiment doit avoir une bonne étan-
Il ne faut donc employer ce moyen de ventilation que
chéité à l’air. dans un bâtiment où l’étanchéité à l’air de l’enveloppe
• Elle a besoin d’énergie électrique. extérieure est élevée. C’est pourquoi ce type d’installa-
• Elle nécessite une maintenance régulière. tion de ventilation n’est pas toujours indiqué dans le cas

26 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

d’une rénovation où il est difficile de s’assurer que le pare-


air en place présente une étanchéité à l’air suffisante à la
pressurisation intérieure.

Installation de ventilation à
extraction mécanique (système C)
L’extraction mécanique consiste à créer un mouvement de
circulation de l’air dans le bâtiment de telle sorte que l’air neuf
entre naturellement par les locaux “secs” et que l’air soit
ensuite extrait par un ventilateur depuis les locaux “humides”
ou “viciés”. L’air chemine ainsi à travers plusieurs locaux par
ordre croissant de pollution, en passant sous les portes ou par
des grilles de transfert.

Une telle installation nécessite :


- que les locaux “humides” ou “viciés” soient mis en dépres-
sion par rapport au reste du bâtiment ;
- que les ouvertures soient placées en façade pour diffuser
de l’air dans les locaux “secs” ;
- que le transfert de l’air entre les locaux avec alimentation
et les locaux avec extraction soit organisé.

Si le bâtiment est important, il faut le découper préalablement


en zones de ventilation distinctes.

Installation de ventilation à extraction


mécanique ponctuelle
Des amenées d’air (grilles et vasistas réglables) doivent
être disposées en façade pour les locaux dits “secs”
(bureaux, séjours,...) ; des ouvertures de transfert (déta-
lonnage des portes ou grilles) permettent le passage de
l’air vers les locaux dits “humides” (sanitaires, cuisine,...).
L’installation expulse l’air au dehors au moyen d’un ou plu-
sieurs ventilateurs d’extraction (ventilateur de salle de bain,
hotte de cuisine, etc.), l’alimentation en air se faisant par des
prises d’air aménagées à cette fin.
Une dépression a donc tendance à se créer à l’intérieur, et on
assiste à un rehaussement du plan de pression neutre PPN.
Selon la hauteur à laquelle celui-ci est relevé, il y a réduction
ou élimination totale des exfiltrations. L’élimination est totale
lorsque le PPN est élevé au-dessus du plafond du dernier
étage chauffé.

• Applications
- dans les maisons d’habitation.

Installation de ventilation à extraction


mécanique centralisée
Ce type de ventilation exige l’installation d’un réseau de
conduits, qui raccorde toutes les bouches d’évacuation à un
ventilateur central d’une capacité suffisante pour répondre à
tous les besoins de ventilation du bâtiment.
Cette installation de ventilation élève aussi le plan de pression
neutre et réduit ou élimine les exfiltrations par l’enveloppe du
Installation de ventilation
bâtiment.
à extraction centralisée

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 27


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

Les avantages de la ventilation


• Récupération de chaleur
à extraction mécanique En hiver, la chaleur se perd aussi dans l’air évacué. Tout
• Elle est peu coûteuse à l’exploitation.
système de récupération de chaleur doit donc d’abord ache-
• Elle demande peu de place utile dans les locaux techniques. miner l’air à évacuer vers un point central. Ce principe est la
• L’évacuation par conduits verticaux n’est plus obligatoire. base de l’installation de ventilation par extraction.
• Elle s’applique aux bâtiments neufs et à la rénovation. Une petite pompe à chaleur peut être utilisée pour extraire la
• Les débits d’air extraits sont contrôlés.
• La mise au point est facile, se limitant au réglage des débits
chaleur de l’air à évacuer et la restituer soit au système de
extraits au moyen des bouches. chauffage des locaux, soit au réseau d’eau chaude sanitaire.
• Elle diminue les risques de problèmes d’humidité dans les
murs et dans les toitures. • Applications
• Une pompe à chaleur peut être intégrée afin de récupérer la - dans des maisons d’habitation ;
chaleur de l’air extrait. - dans des bâtiments de taille moyenne.
Les inconvénients de la ventilation
• Limitations
à extraction mécanique
La ventilation par simple extraction d’air n’est pas adap-
• Elle n’est pas adaptée aux bâtiments situés dans des environ-
tée aux bâtiments situés dans des environnements
nements bruyants et pollués.
• Elle nécessite un réseau de conduits dont il faut intégrer bruyants et/ou pollués.
l’encombrement.
• L’air neuf n’est pas filtré.
• Les débits réels d’air neuf sont parfois éloignés des valeurs
Installation de ventilation à extraction
théoriques (voir ventilation naturelle). mécanique centralisée à la demande
• Les grilles d’ouverture peuvent engendrer un inconfort.
• Les ouvertures entre locaux favorisent le passage de bruits La ventilation à la demande se définit par la recherche d’un
aériens. équilibre entre la qualité de l’air et la consommation
• Une simple extraction permet difficilement de réaliser du free
cooling car les débits d’extraction sont généralement insuffi-
d’énergie. On ventile uniquement là où c’est nécessaire,
sants. quand c’est nécessaire, et au débit de ventilation néces-
• Elle a besoin d’énergie électrique. saire. Cette technique permet des économies d’énergie,
• Pendant le fonctionnement des ventilateurs d’extraction, il tant sur le chauffage de l’air neuf (diminution de la quantité
peut y avoir inversion du tirage ou refoulement des gaz de
combustion des appareils de production de chaleur à com-
d’air frais introduite dans le bâtiment), que sur la consom-
bustion ouverte (chaudière, feu ouvert, chauffe-eau...). mation électrique de l’extracteur.
• Le fonctionnement des appareils peut favoriser l’admission
des gaz se dégageant du sol car le bâtiment est mis en Ce type de ventilation exige l’installation d’un réseau de
dépression : infiltration de radon, d’humidité, etc.
• L’enveloppe extérieure du bâtiment doit avoir une bonne étan-
conduits, qui raccordent toutes les bouches d’évacuation à
chéité à l’air. un système de ventilation à extraction mécanique centrali-
• Elle nécessite une maintenance régulière. sée à la demande. Ce système permet d’évacuer directe-
ment l’air provenant des pièces humides et d’autres pièces
sèches si c’est souhaité (chambres, bureau, salon…). Les
systèmes prévus pour les maisons unifamiliales proposent
un nombre restreint de raccordements. Chaque raccorde-
ment est régulé indépendamment des autres, grâce à un
clapet de réglage présent dans chaque bouche d’extrac-
tion. En fonction du type de détecteur choisi, le clapet
module progressivement, ou en tout ou rien (système ON/
OFF).

Les différentes sondes ci-dessous permettent de réguler la


ventilation en fonction des besoins :
- Horloge programmable : contrôle du ventilateur par
horloge. Fonctionne sur un système ON/OFF, sans
régulation progressive.
- Sonde CO2 : dès que le taux de CO2 dépasse 1.000
ppm (particules par million – voir p. 6) pour les habita-
tions, le clapet s’ouvre et augmente le débit d’air
extrait. Cette sonde reflète le taux d’occupation.
- Capteur d’humidité : ce capteur intégré dans la bouche
d’évacuation mesure en permanence l’humidité de
l’air. Le clapet s’ouvre plus ou moins sous l’impulsion
du détecteur d’humidité, ce qui régule le débit d’extrac-
tion. Dès que le taux d’humidité de l’air ambiant dépasse
un certain seuil, le clapet s’ouvre complètement, per-
mettant un débit d’air extrait plus important.

28 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

- Détection de présence : le détecteur de présence se


déclenche dès qu’une personne pénètre dans une
pièce. Le clapet de la bouche d’extraction se met alors
en position totalement ouverte, afin de laisser passer
le débit maximal (système ON/OFF, mais avec tempo-
risation possible).
- Sonde COV (Composés Organiques Volatiles) : sonde
sensible aux odeurs les plus diverses, aussi appelée
sonde de mélange de gaz ou sonde de qualité de l’air.

Chaque type de pièce peut avoir son propre type de clapet de


réglage. Par exemple, dans les W.-C., on place en général un
détecteur de COV ou un détecteur de présence. Dans les
salles de bain, on pose plutôt des capteurs d’humidité. Dans
les salles de bains comprenant une toilette, on combinera une
sonde d’humidité avec un détecteur de présence. Dans les
cuisines et les chambres (si une bouche d’extraction est pla-
cée), on posera souvent des détecteurs de CO2.

Certains systèmes proposent également des ouvertures d’ali-


mentation auto-régulables, régulées sur base d’une horloge
programmable ou encore contrôlées électroniquement par la
détection de concentration en CO2 dans les locaux secs.

Installation de ventilation à
alimentation et extraction
mécaniques (système D)
Installation de ventilation à alimentation
et extraction mécaniques
L’installation de ventilation à alimentation et extraction d'air
mécaniques se compose d’un ventilateur d’alimentation,
d’un ventilateur d’extraction et d’un réseau de conduits de
distribution et d’évacuation.

La ventilation double flux consiste à organiser :


- la pulsion mécanique de l’air neuf, filtré, dans les
locaux ;
- l’extraction mécanique de l’air vicié des locaux.
On peut, soit pulser l’air neuf dans les locaux “secs” et
extraire l’air vicié depuis les locaux “humides”, soit chaque
local peut disposer d’une pulsion et d’une extraction. Dans
ce cas, les locaux produisant des odeurs sont générale-
ment maintenus en dépression de telle sorte que l’air vicié
ne s’échappe pas vers les autres locaux.

La pulsion se distribue via un réseau de conduites verti-


cales et horizontales (dans les faux-plafonds, par exemple).
Les conduits d’évacuation d’air sont semblables aux
conduits des installations simple flux et peuvent être dispo-
sés parallèlement aux conduits d’amenée d’air.
Les bouches d’amenée d’air sont de type mural ou de type
Installation de ventilation
à alimentation et extraction mécaniques plafonnier s’il existe des faux-plafonds dans le local.

Plusieurs compléments à ce type d’installation sont pos-


sibles :
- une récupération de chaleur par échange entre l’air
extrait et l’air neuf ;
- un traitement de l’air en température et en humidité

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 29


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

Les avantages de la ventilation


pour assurer un confort optimal ;
à alimentation et extraction mécaniques - un recyclage partiel de l’air, dans le cas où l’air de
• C’est un système très maîtrisable. Quelles que soient les conditions ventilation assure également le chauffage ou le refroi-
climatiques extérieures, il est possible de : dissement des locaux.
- capter l’air extérieur à un endroit “sain” ;
- filtrer l’air ;
- contrôler les débits de pulsion et d’extraction ;
Lorsque ce type d’installation de ventilation fonctionne
- mettre à volonté certains locaux en surpression ou en dépression dans un environnement en équilibre (c’est-à-dire lorsque
s’il y a pulsion et extraction dans chaque local. l’alimentation est égale à l’extraction), il n’influence aucu-
• Elle peut assurer un taux de renouvellement d’air élevé. Par consé- nement la répartition naturelle des pressions qui s’exer-
quent, on observe :
- une diminution du niveau d’humidité à l’intérieur ;
cent sur le bâtiment, ni le plan de pression neutre qui n’est
- une atténuation de la concentration de polluants. ni abaissé, ni relevé. Toutefois, en raison du milieu
- une diminution du danger de refoulement des gaz de combustion. ambiant, l’installation fonctionne souvent en léger déséqui-
• Elle induit une très bonne distribution de l’air. libre, donc selon le cas, comme une installation d’extrac-
• Elle se prète bien à une commande automatique, ce qui facilite la
gestion des débits.
tion ou d’alimentation.
• Elle permet la récupération de chaleur contenue dans l’air extrait
pour préchauffer l’air neuf pulsé. • Chauffage et/ou refroidissement complémentaire(s)
• Si les conduites de distribution sont bien étudiées, les problèmes de Dans la configuration “ventilation pure”, un préchauffage
transmission de bruit venant de l’extérieur sont limités.
• Aucune ouverture dans l’enveloppe extérieure du bâtiment n’est
de l’air neuf en hiver est presque indispensable pour rap-
nécessaire, sauf la prise d’air centralisée et le refoulement. procher la température de l’air pulsé, de la température
ambiante et éviter toute sensation de courant d’air.
Les inconvénients de la ventilation Dans ce cas, la ventilation et le chauffage du local sont
à alimentation et extraction mécaniques
dissociés et régulés tout à fait distinctement. Le débit
• C’est un système coûteux.
• Elle demande de la place dans les locaux techniques.
d’air neuf hygiénique est en effet souvent beaucoup plus
• Elle est la plus compliquée des installations de ventilation. faible que le débit nécessaire pour transporter de la cha-
• Elle est difficile à équilibrer. leur ou du froid.
• L’enveloppe extérieure du bâtiment nécessite impérativement une Pour assurer simultanément la ventilation et le chauffage
très bonne étanchéité à l’air.
• La pulsion de l’air dans les locaux peut engendrer du bruit, notam-
ou le refroidissement, il faut donc surdimensionner les
ment au niveau des bouches de diffusion. équipements nécessaires au transport de l’air et un recy-
• Elle a besoin d’énergie électrique. clage partiel de l’air doit dès lors être organisé.
• Elle nécessite une maintenance régulière (inspection et nettoyage). Cette différence de débit s’amenuise lorsque le bâtiment
est très bien isolé. Dans ce cas, on peut combiner chauf-
fage et ventilation, soit avec des batteries terminales au
niveau des bouches de pulsion, soit en traitant l’air de
façon centralisée.

• Applications
- dans des maisons d’habitation ;
- dans des magasins, bâtiments commerciaux, bureaux ;
- lorsque l’environnement est particulièrement bruyant et/
ou pollué.

• Limitations
Ce type d’installation de ventilation exige une très bonne
étanchéité à l’air de l’enveloppe extérieure des bâtiments,
sinon les voies naturelles d’infiltration et d’exfiltration
court-circuitent l’installation de ventilation mécanique.
C’est pourquoi, la mise en oeuvre d’un tel système n’est
pas aisée dans le cas de bâtiments rénovés où il est plus
malaisé d’intégrer des conduits de ventilation.

Installation de ventilation à alimentation


et extraction mécaniques centralisées à
la demande
• Régulation
Il est intéressant d’adapter le fonctionnement de la venti-
lation la nuit et le weekend ; un contrôle de la ventilation
par horloge peut être envisagé.
Si le bâtiment est à taux d’occupation très variable, le
fonctionnement de la ventilation peut être asservi à la

30 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

détection d’une sonde COV ou CO2, comme expliqué


plus haut.

Installation de ventilation à alimentation


et extraction mécaniques avec récupéra-
tion de chaleur
Une installation double flux n’a pas besoin d’échangeur de
chaleur pour bien fonctionner ; la seule fonction de cet
appareil est d’économiser de l’énergie en fournissant une
partie de celle qui est nécessaire pour réchauffer l’air de
ventilation par récupération de la chaleur contenue dans
l’air extrait. La récupération de l’énergie se fait via un
Pulsion et extraction dans chaque local échangeur de chaleur, dispositif permettant de transférer
l’énergie thermique d’un circuit d’air vers un autre, sans les
mélanger.

Plusieurs types d’échangeurs existent :


• « à plaques » : l'échangeur est composé d’un grand
nombre de plaques disposées parallèlement et séparées
les unes des autres par un espace où circule l’air.
L’efficacité thermique de ce type de récupérateur varie de
50 à 90 %. Plusieurs types d’échangeurs à plaques
existent :
- à contre-courant (80 - 90 %) : les deux circuits d’air
(air neuf entrant et air vicié sortant) sont disposés
parallèlement et vont dans des sens opposés.
- à courant croisé (50 à 70 %): les deux circuits d’air
Pulsion dans le local et extraction sanitaire
sont positionnés perpendiculairement. Ce type
d'échangeur n'est presque plus utilisé.

• « rotatifs » : peu répandus dans le secteur résidentiel au


vu du coût d’achat important pour de faibles débits, ces
échangeurs sont composés d’une roue à forte inertie
entraînée par un moteur. La roue est composée de nom-
breux canaux permettant alternativement le passage de
l’air extrait et de l’air entrant, sans les mélanger. Ce type
d’échangeur a l’avantage de transférer la chaleur et
l’humidité. L’efficacité thermique de ce type de récupéra-
teur varie de 70 à 80%.

Avant d’opter pour l’utilisation d’un ventilateur à récupéra-


tion de chaleur, il faut donc prendre en considération le
coût d’installation de cet appareil et la quantité d’énergie
qu’il permettra d’économiser.
Lorsqu’un échangeur de chaleur est utilisé, l’air d’alimen-
tation doit toujours être acheminé vers le même point
central que l’air extrait, de sorte que la chaleur puisse se
transmettre de l’un à l’autre.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 31


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

Tableau récapitulatif des différents


types d’installation de ventilation
Critères SYSTEME A SYSTEME B SYSTEME C SYSTEME D

Application
dans le cas Elle ne convient pas S'applique aux bâti-

d'une  Simplicité de l'installation


 toujours lors d'une réno-
vation  ments neufs et à la
rénovation  Convient rarement d'une
rénovation

rénovation
Etanchéité de Nécessite une très Nécessite une très
CONCEPTION

Nécessite une bonne L'étanchéité à l'air de


l'enveloppe
extérieure
 étanchéité à l'air de
l'enveloppe extérieure  bonne étanchéité à l'air
de l'enveloppe exté-
rieure
 bonne étanchéité à l'air
de l'enveloppe exté-
rieure
 l'enveloppe extérieure est
impérative

Ne nécessite que des


Complexité  grilles d'amenées d'air et
des conduits verticaux
d'extraction
 Système assez simple
 Système assez simple
 Système plus compliqué

Les emplacements
Encombrement des conduits verticaux
Nécessite des conduits Nécessite deux réseaux
des conduits de
ventilation
 d'évacuation et de leurs
débouchés en toiture  verticaux d'extraction et
un réseau de conduits
d'alimentation
 Nécessite un réseau de
conduits d'extraction  de conduits : un d'ali-
mentation et un autre
d'extraction
sont à prévoir

Filtration L'air peutêtre filtré et sa L'air peut être filtré et sa


QUALITE DE L'AIR

traitement de
l'air
 L'air amené ne peut pas
être traité  température et/ou son
humidité conditionnées  L'air amené ne peut pas
être traité  température et/ou son
humidité conditionnées

Risque de
refoulementet Il y a risque si l'habita- Il peut y avoir inversion
Pas de risque car on peut
d'infiltration
des gaz prove-
 tion est en dépression
par rapport à l'extérieur  La surpression diminue
les risques  du tirage ou refoulement
des gaz  mettre certains locaux
en surpression (ou en
dépression)
nant des sols
Les grilles d'amenée Les grilles d'amenée
BRUT

Transmissiondu Bonne étanchéité aux La transmission de bruit

bruit  d'air
favorisent le passage
des bruits gênants
 bruits sauf si la prise
d'air neuf est mal située  d'air favorisent le
passage des bruits
gênants
 est limitée si l'installation
est bien étudiée

Contrôle des Livré à l'influence des


débits d'air
amené
 phénomènes naturels
du mouvement de l'air  Les débits d'air amené
sont contrôlés  Pas de contrôle réel sur
les débits d'air amené  Les débits d'air amené
sont contrôlés

Contrôle des
CONTROLE

Livré à l'influence des


débits d'air
extrait
 phénomènes naturels du
mouvement de l'air  Pas de contrôle réel sur
les débits d'air extrait  Les débits d'air extrait
sont contrôlés  Les débits d'air extrait
sont contrôlés

Grilles raccordées à un
Gestion des Seuls les débits d'air Seuls les débits d'air Système très maîtrisable

débits  régulateur mais les


débits ne sont jamais
réellement connus
 amené peuvent être
gérés  extrait peuvent être
gérés  et qui se prète bien à une
commande automatique

Maintenancede Les éléments de ce Nécessite une mainte-

l'installation  système demandent très


peu d'entretien  Nécessite une mainte-
nance régulière  Nécessite une mainte-
nance régulière  nance régulière (inspec-
tion et nettoyage)
Permet la récupération
Une pompe à chaleur
Récupération de la chaleur contenue

de chaleur  Pas de récupération de


chaleur  Pas de récupération de
chaleur  peut être intégrée pour
récupérer la chaleur sur
l'air extrait
 dans l'air extrait pour
préchauffer l'air neuf
puisé
ENERGIE

Consommation Pas de possibilité de


La récupération de
de chauffage chaleur sur l'air extrait

pour chauffer  récupération de chaleur,


et gestion imprécise des
débits
 Pas de possibilité de
récupération de chaleur  Pas de possibilité de
préchauffer l'air neuf  réduit au strict minimum
l'énergie nécessaire au
l'air neuf réchauffage de l'air neuf

Consommation
électrique  Aucune consommation
électrique  Besoin d'énergie élec-
trique  Besoin d'énergie élec-
trique  Besoin d'énergie élec-
trique


Système coûteux, surtout
s'il n'y a pas de récupéra-
tion de chaleur
COUT

Coût global  Installation de ventilation


simple  Coût assez élevé
 Peu coûteux à l'exploi-
tation
Lorsqu'il y a un récupéra-
teur de chaleur, l'éco-


nomie d'énergie de chauf-
fage amortit rapidemment
le surcoût d'investisse-
ment

32 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

Les critères généraux de choix

Le coût d'une installation


de ventilation
Coût global d’une installation de ventilation Une installation d’un coût assez élevé au départ peut se révé-
ler, à long terme, moins chère qu’une autre, dont le coût initial
Investissement est moins élevé mais dont le coût opérationnel est plus cher
Chauffage ou qui doit être plus vite remplacée.
+ de l’air
Energie Une analyse spécifique doit être faite dans chaque cas (type
d’utilisation de bâtiment, type d’occupation, type de climat, durée de fonc-
Transport tionnement de l’installation, etc.). Ainsi, une installation de
+ de l’air
ventilation avec récupération de chaleur, par exemple, malgré
Maintenance son coût initial élevé, devient de plus en plus rentable lorsque
la sévérité du climat augmente.
= Des ordres de grandeur de coûts sont donnés plus loin (pp.
45 à 47).
Coût global

Pour des raisons économiques et écologiques, la ventila-


tion doit aller de pair avec une consommation énergétique
aussi faible que possible. Les aspects pratiques suivants
interviennent dans ce cadre :
• le choix des débits de ventilation nominaux : la consom-
mation énergétique s’accroît proportionnellement aux
débits de ventilation. Par conséquent, lors de la détermi-
nation des débits, il faut préserver la qualité de l’air pour
un coût d’utilisation raisonnable.
• l’adaptation des débits de ventilation aux besoins : dans
les locaux dont l’occupation varie fortement (bureaux,
écoles, etc.), la modulation des débits en fonction des
besoins réels peut apporter des économies substan-
tielles. Il faut donc voir si :
- la ventilation est permanente 24 h sur 24 alors que
seule une ventilation diurne est nécessaire ;
- certains locaux sont ventilés en journée alors qu’ils
sont inoccupés.
Dans un premier temps, il faut donc examiner si les
horaires de ventilation sont synchronisés aux horaires
d’occupation. Une simple horloge peut, soit couper les
ventilateurs, soit les faire fonctionner à vitesse réduite, la
nuit ou en période d’inoccupation.
Dans un second temps, on peut repérer les locaux à
occupation importante et fortement variable et y appliquer
une gestion de ventilation en fonction de la présence des
occupants (grâce à des sondes CO2, humidité, etc.).

• le fonctionnement efficace de l’installation : il faut conce-


voir une installation aussi économe en énergie que pos-
sible, et ce notamment par [IBN -07-1] :
Puissance d’un ventilateur
- l’utilisation de ventilateurs efficaces : la consommation
Efficacité énergétique des ventilateurs pour un même débit d’air transporté
par m³/h d’air transporté
0 < puissance < 0,4 W/(m³/h) bonne peut être très différente d’un ventilateur à un autre.
0,4 < puissance < 0,7 W/(m³/h) moyenne Voici, ci-contre, une classification qualitative des sys-
0,7 < puissance < 1,1 W/(m³/h) mauvaise
tèmes de ventilation en fonction de leur consommation
(source : Swedish Indoor Climate Institute).
- la limitation des pertes de charge dans les conduits de

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 33


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

distribution : elles dépendent principalement du dia-


mètre des conduits, de leur tracé, du choix et de l’en-
tretien des filtres (voir figure ci-dessous).
- l’étanchéité des conduits de ventilation : en moyenne,
20 % du débit de l’air pulsé par un ventilateur n’arrive
pas dans les locaux de destination.

Concevoir une installation de ventilation dès la concep-


tion d’un bâtiment s’avère primordial d’un point de vue
économique ; en effet, non seulement l’installation doit
être adaptée à la construction et à son environnement,
mais ses composants doivent aussi être choisis de
façon à assurer une ventilation qui soit la plus efficace
possible.

Exemples de tracé de conduites pour la ventilation mécanique [IBN -07-1]

⇒ ⇒

Mauvais Pavillon à la prise d’air Bon Mauvais Coudes arrondis Bon

⇒ ⇒

Mauvais Bon
Changement progressif de section Mauvais Bifurcation arrondie Bon

Bon

Bon
Mauvais
Mauvais
Placement des batteries dans des sections Pas de brusque changement de direction
rectilignes suffisamment longues aux abords du ventilateur

Mauvais Assez bon Mauvais


Ailettes directionnelles dans les coudes Pas de bifurcation directement à la sortie du ventilateur

L'énergie d'utilisation
L’URE consiste à assurer le confort des occupants, tout en
maîtrisant les consommations énergétiques. Ces deux
principes sont difficilement respectés dans les anciens
bâtiments ; en effet, la mauvaise étanchéité à l’air de leur
enveloppe extérieure rend les infiltrations d’air frais incon-
trôlables et fortement variables avec les conditions atmos-
phériques. La création d’une ventilation organisée fournit
au contraire la quantité d’air frais juste nécessaire aux

34 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

La puissance du ventilateur équivaut à la puissance occupants, limitant ainsi les consommations énergétiques
nécessaire au transport de l’air, plus les pertes au niveau au minimum, tout en assurant la qualité de l’air.
du moteur, de la transmission et du ventilateur lui-même.
Puissance absorbée liée à un apport d’1 m³/h d’air neuf [IBN -07-1] La ventilation naturelle ne requiert aucune consommation
d’énergie autre que celle nécessaire au chauffage de l’air
de à
neuf qui est porté à température ambiante. La ventilation
en fonction de la région, de la
Puissance température intérieure de mécanique demande une consommation complémentaire,
3,8 9,6
de chauffage consigne et des apports de cha- qui provient de la consommation électrique du (des)
leur gratuits.
ventilateur(s) ; cette dernière peut être récupérée en hiver
en fonction de la qualité du ven- si le (les) ventilateur(s) est (sont) bien positionné(s) au
Puissance 0,2 1,1
tilateur, des pertes de charge
du ventilateur W/(m³/h) W/(m³/h) sein du volume chauffé du bâtiment.
réseau de distribution.

Dans le cas d’une ventilation mécanique double flux, ces


L’installation doit satisfaire le besoin de ventilation avec
trois pertes (moteur, transmission et ventilateur) se
retrouvent dans le flux d’air pulsé ; on peut considérer, une énergie d’utilisation minimale.
dans ce cas, que la totalité de la puissance absorbée pour Une ventilation économe en énergie nécessite :
transporter l’air se retrouve sous forme de chaleur dans - une bonne étanchéité à l’air de l’enveloppe extérieure
l’air. afin d’éviter les pertes thermiques incontrôlées par
On estime ainsi que la température de l’air pulsé aug- infiltration naturelle ;
mente de 1 à 1,5 °C à cause du ventilateur. Sa consom- - une installation de ventilation (naturelle ou mécanique)
mation ne doit pas être considérée comme une consom- amenant la quantité d’air nécessaire là, où et quand
mation complémentaire, pour peu que la température les occupants en ont besoin.
extérieure soit inférieure à la température de consigne
intérieure et qu’on ne doive pas refroidir l’air [IBN -07-1].
Une analyse de la performance de l’installation doit donc
être faite.
Dans les installations de ventilation mécanique, le coût
supplémentaire de l’énergie consommée par les ventila-
teurs doit être calculé, alors que, dans une installation de
ventilation naturelle, ce sont les pertes de chauffage ou de
refroidissement, le mauvais contrôle des débits ainsi que
le risque de surventilation qui doivent être pris en compte.
L’adaptation des débits aux besoins peut éventuellement
se faire automatiquement.
En cas d’usage d’une installation de ventilation à double
flux, il est possible de placer un échangeur de chaleur
entre l’air amené et l’air extrait. Celui-ci permet d’économi-
ser 70 à 90 % de la consommation de chauffage due à la
ventilation en préchauffant l’air extérieur soufflé dans l’ha-
bitation.

Le chauffage combiné à la ventilation


Dans les anciens immeubles non isolés, la puissance
nécessaire au chauffage est telle que le débit de ventila-
tion hygiénique est insuffisant si on veut assurer, par celui-
ci, un chauffage aéraulique. La séparation des deux fonc-
tions (chauffage et ventilation) s’impose d’autant plus que
le bâtiment est peu isolé.
Par contre, dans les bâtiments bien isolés, la puissance de
chauffage nécessaire se réduit fortement et, avec elle, les
débits d’air nécessaires pour un chauffage aéraulique.
Dans ce cas, il peut être envisagé de combiner le chauf-
fage et la ventilation au sein d’une installation double flux.

Le rafraîchissement combiné à la ventila-


tion (free cooling)
Les bâtiments étant de mieux en mieux isolés et étanches
vis-à-vis de l’extérieur, les apports internes augmentent
considérablement. Par conséquent, le temps nécessaire à
l’évacuation de la chaleur emmagasinée s’allonge, et un

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 35


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

rafraîchissement devient de plus en plus souvent néces-


saire.

Le refroidissement par la ventilation est abordé en


détail p. 51.

Le rafraîchissement par surventilation consiste à refroi-


dir un bâtiment par une ventilation accrue, en utilisant
l’énergie gratuite de refroidissement de l’air extérieur
lorsque celui-ci présente une température inférieure à la
température intérieure.
• Le rafraîchissement par surventilation de jour consiste à
surventiler les locaux avec de l’air extérieur plus frais que
l’air intérieur. Une diminution des températures inté-
rieures de l’ordre de 3 à 4 °C peut être obtenue.
VN Ventilation naturelle • Le rafraîchissement par surventilation de nuit consiste à
VMSF Ventilation mécanique simple flux rafraîchir les bâtiments la nuit, grâce à l’air extérieur. Un
VMDF Ventilation mécanique double flux rafraîchissement de 3 à 4 °C est possible.
Le but de la ventilation nocturne est de décharger au
VN VMSF VMDF maximum, durant la nuit, la chaleur accumulée dans les
   parois du bâtiment et de permettre à nouveau une forte
absorption de chaleur durant la journée suivante. Pour
Contrôle du La VN dépend Elle met le bâti- Ce système est
taux de venti- des phéno- ment soit en sur- très maîtrisable, que ce mécanisme soit possible, il faut, en pratique :
lation mènes naturels pression (alimen- quelles que
- favoriser l’utilisation de matériaux de construction
régissant le tation méca- soient les condi-
mouvement de nique), soit en tions climatiques lourds afin d’assurer l’accumulation de la chaleur ;
l'air. dépression extérieures. - garantir le contact entre ces matériaux et l’air frais de
(extraction méc-
la ventilation afin d’évacuer la chaleur accumulée ;
nique).
L'extraction ou - un taux de renouvellement d’air d’au moins 4 vol/h.
l'alimentation
reste incontrô-
lable mais les
débits réglemen- Le contrôle de la ventilation
taires sont assu-
rés.
Les besoins de ventilation ne restent pas constants en
   fonction des saisons et du niveau d’occupation ; il faut, dès
Ventilation Il existe bien L'extraction ou La VMDF se lors, s’interroger sur la nécessité de maintenir un régime
"à la des grilles l'alimentation prète bien à
demande" autoréglables, mécanique une com- de fonctionnement identique tout au long de l’année.
hygroré- peut être adap- mande auto- Une gestion de la ventilation permet des économies :
glables, moto- tée aux besoins matique, ce qui - sur le chauffage de l’air neuf grâce à la diminution de
risées, etc., réels. Une cou- facilite la ges- la quantité d’air introduite dans le bâtiment ;
mais la venti- pure complète tion des débits
lation dépend des extractions de pulsion et - en fonction du mode de réglage choisi, sur la consom-
toujours des risque de pro- d'extraction. mation électrique du ventilateur de pulsion et/ou d’ex-
conditions voquer la pro- Elle permet traction lorsque la ventilation est mécanique.
extérieures et pagation des ainsi de La norme belge prévoit des débits d’air neuf hygiéniques
les débits odeurs. mettre, à
peuvent être volonté, cer- minimaux, mais elle n’oblige pas à fournir les débits nomi-
inférieurs aux tains locaux en naux lorsque le bâtiment est partiellement occupé.
besoins régle- surpression ou
mentaires. en dépression Le principe appliqué dans les différents schémas possibles
de gestion consiste à évaluer les besoins réels en ventila-
tion grâce à un capteur (simple horloge, sonde de pré-
sence, sonde CO2, sonde COV, compteur de passage...)
et à adapter les débits d’air neuf en conséquence.
• Pour une installation de ventilation unizone, c’est-à-dire
lorsqu’un groupe de ventilation mécanique (simple ou
double flux) dessert soit un local, soit une série de locaux
de mode d’occupation tout à fait homogène, la gestion se
fait directement sur le débit du ventilateur. Dans ce cas,
un détecteur de présence, une horloge ou une sonde de
qualité de l’air commande directement le ou les
Gestion d’un système unizone Gestion d’un système unizone ventilateur(s) selon que l’on est en simple ou en double
simple flux double flux
flux.

36 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

• Pour une installation de ventilation multizone, c’est-à-dire


lorsqu’un groupe de ventilation alimente plusieurs locaux,
la gestion individuelle de chaque local se fait au niveau
de l’ouverture des bouches, les débits des ventilateurs
étant adaptés en conséquence. Les bouches peuvent
intégrer directement l’élément capteur ou un capteur
séparé peut agir sur un volet motorisé.
Gestion d’un système multizone double flux : circuit en série Lorsqu’une bouche se ferme, la pression va augmenter
au niveau des bouches encore ouvertes, augmentant leur
débit et la production de bruit. Il faut donc réguler la pres-
sion dans le circuit de distribution en fonction de la ferme-
ture des différentes bouches.

Ainsi, l’organisation d’une gestion de la ventilation “à la


demande” consiste à :
- trouver le capteur fidèle des besoins réels de ventilation ;
- adapter le débit des bouches en fonction de la lecture
du capteur ;
- régler le débit des ventilateurs en fonction de l’ouver-
ture des bouches ou directement en fonction du cap-
teur.

Lorsque les réseaux de ventilation alimentent des locaux


Gestion d’un système multizone double flux : circuit ramifié ou des zones d’occupation fortement différentes, il peut
être utile de pratiquer un zonage de l’installation de venti-
lation.

La maintenance de
l'installation de ventilation
La satisfaction des occupants quant à une installation de
ventilation dépend de son bon fonctionnement et des diffé-
rents dispositifs installés. Si ces derniers ne sont pas
convenablement entretenus, les utilisateurs risquent de se
plaindre, remettant ainsi l’installation en cause.
L’encrassement, la formation de condensation, les nui-
sances acoustiques, les débits trop faibles, etc. peuvent
résulter d’un mauvais réglage et/ou d’un entretien insuffi-
sant.

L’accessibilité des composants de l’installation de ventila-


tion, le maintien de leur qualité dans le temps et leur main-
tenance influencent l’efficacité de l’installation.
Or une installation de ventilation efficace est essentielle
pour assurer une bonne qualité de l’air intérieur et pour
minimiser la consommation d’énergie.

La maintenance est beaucoup plus aisée lorsqu’elle a été


pensée dès la conception d’une installation de ventilation.
C’est pourquoi des codes de bonnes pratiques ont été éta-
blis : le “Nordic Committee on Building Regulations” (NKB,
1991), par exemple, a élaboré un guide dont le but est de
faciliter la maintenance des installations de ventilation. En
voici quelques recommandations [HYDE-00] :
• contrôles : ils doivent être aisés à réaliser ;
• emplacement des composants : ceux qui demandent un
entretien fréquent doivent être facilement accessibles et
remplaçables ;
• nettoyage : les installations d’amenée et d’extraction d’air

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 37


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

doivent pouvoir être entièrement nettoyées afin d’assurer le


maintien de la qualité de l’air ventilé ;
• matériaux utilisés : ils ne peuvent pas émettre des polluants
(particules, gaz) qui pourraient affecter la qualité de l’air ;
• étanchéité à l’air et pressions : les composants de l’installa-
tion de ventilation ainsi que les assemblages doivent être
étanches à l’air et les conditions de pressions entre les sys-
tèmes d’amenée et d’extraction d’air doivent être tels qu’il
n’existe aucun flux parasite non-intentionnel ;
• documentation : toutes les instructions pour le fonctionne-
ment et la maintenance d’une installation de ventilation
doivent être fournies lors de sa mise en service ;
• inspection : le bâtiment ventilé doit être régulièrement ins-
pecté afin d’assurer le fonctionnement correct de l’installa-
tion de ventilation ou de tout autre facteur influençant la
qualité de l’air intérieur.

Outre le fait qu’un ventilateur agissant en extraction a un meil-


leur rendement qu’en pulsion, cinq éléments déterminent le
rendement de fonctionnement nominal d’un groupe de venti-
lation mécanique [IBN -07-1] :
• la qualité du moteur ;
Rendement d’un groupe de ventilation mécanique • la qualité de transmission : une transmission de ventilateur
par courroies a, par exemple, un plus mauvais rendement
Moteur qu’une transmission directe ;
• la qualité du ventilateur : les ventilateurs à aubes recourbées
vers l’arrière ont des rendements maximaux supérieurs aux
ventilateurs à aubes recourbées vers l’avant ;
Transmission • la qualité du raccordement du ventilateur au réseau : une
trop grande différence de section entre l’ouïe de sortie du
ventilateur et le conduit dans lequel il débite entraîne des
Ventilateur pertes de charge importantes qui se traduisent par une sur-
consommation ;
Rendement d’un groupe • la qualité du mode de réglage des débits.
de ventilation mécanique
Raccordement Dans une installation de ventilation, les éléments suivants
doivent en principe faire l’objet d’un entretien (voir encadré
page suivante) :
Réseau
- les prises d’air ;
- les filtres ;
- les bouches d’extraction ;
- les hottes de cuisine ;
Gestion
des débits
- les ventilateurs d’extraction ou les ventilateurs-tourelles ;
- les groupes aérauliques ;
- les installations de récupération de la chaleur ;
- les conduits d’air.

Tant dans les habitations individuelles que dans les


immeubles collectifs, il importe de prévoir, d’une part,
suffisamment de place pour pouvoir installer ou encas -
trer les dispositifs techniques, et d’autre part, un accès
aisé aux éléments à entretenir.

38 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


COMMENT VENTILER ? Les moyens de ventilation

Les éléments d’une installation de ventilation ment, à cause de son colmatage. Il en résulte :
nécessitant un entretien régulier [IBN -07-1] - une diminution du débit d’air pulsé et de la puissance absor-
bée par le ventilateur ;
• Les grilles pour la ventilation naturelle : la plupart des grilles - des risques d’infiltrations d’impuretés dans l’installation de
sont pourvues d’un fin treillis destiné à retenir les insectes. Il est ventilation ;
donc conseillé d’utiliser des grilles permettant un nettoyage - une surconsommation d’énergie si le ventilateur maintient un
aisé du treillis, telles des grilles dont l’élément intérieur est débit constant.
amovible. De plus, pour des questions d’odeur, un filtre doit être changé
au moins tous les deux ans. Une gestion efficace du remplace-
• Les bouches d’alimentation et d’extraction mécaniques : le
ment des filtres doit comporter un manomètre mesurant en
matériau choisi et la conception de la bouche doivent
permanence la perte de charge des filtres.
permettre un entretien aisé. Les bouches d’extraction
requièrent un entretien plus fréquent que les bouches d’alimen- • Les ventilateurs : pour bien fonctionner, ils doivent être nettoyés
tation. Il est recommandé de procéder à leur entretien au à intervalles réguliers. L’accumulation des saletés augmente
moins une fois par an. Lorsque l’encrassement est trop impor- les pertes de pression statique et réduit ainsi l’efficacité du
tant, un système de montage simple doit permettre un rempla- ventilateur.
cement rapide. Il faut également veiller à bien régler le niveau de bruits et de
vibrations du ventilateur. Plusieurs facteurs entrent en jeu :
• Les conduits aérauliques : l’encrassement éventuel des
- un déséquilibre de la roue du ventilateur ;
conduits dépend de la conception du réseau de tuyauteries, du
- des paliers mal ajustés ;
choix des matériaux, des raccords, de l’état et de l’emplace-
- une isolation acoustique insuffisante ;
ment des éventuels filtres à air, etc. Ainsi, les coudes, les rac-
- un mauvais centrage des joints de l’axe ;
cords à bords repliés intérieurs, les conduits flexibles cannelés,
- une corrosion entre l’axe et le palier.
etc. retiennent davantage la poussière que les conduits droits
Un changement dans les vibrations peut être un avertissement
et lisses.
qu’un problème se développe avant que le rendement du ven-
Si le projet est bien conçu, les conduits ne nécessitent que peu
tilateur ne soit sérieusement affecté.
d’entretien. Leur nettoyage peut se faire selon deux méthodes
Afin de permettre l’entretien, le moteur et les éléments élec-
conventionnelles :
triques doivent être facilement accessibles par un capot amo-
- la méthode manuelle : c’est une opération à haut coefficient
vible ou une trappe de visite.
de main d’oeuvre, et par conséquent, onéreuse. Avant de
pouvoir commencer les travaux de nettoyage proprement • Les courroies : il existe deux contrôles principaux que le per-
dits, diverses opérations s’imposent. Dans la plupart des cas, sonnel d’exploitation peut faire facilement 3 à 4 fois par an :
le faux-plafond, lorsqu’il existe, doit être démonté ; - le contrôle de la tension des courroies : une courroie trop
- des techniques permettent de nettoyer l’installation facile- tendue use rapidement les paliers et la courroie elle-même ;
ment. Tous les 8 à 10 m, des petits trous de 25 mm de dia- elle augmente également les pertes de la transmission. Une
mètre sont percés dans les conduits d’aération : avant le courroie pas assez tendue augmente les pertes de la trans-
début des opérations de nettoyage, les conduits sont contrô- mission et diminue le débit d’air transporté puisque la courroie
lés visuellement grâce à une technique endoscopique via ces patine.
petites ouvertures. Un puissant appareillage à vide est - le contrôle de l’alignement des poulies : un défaut d’aligne-
connecté à une portion de conduit de 30 à 50 m de long ; un ment se marque par une usure latérale des courroies et la
gicleur actionné par air comprimé est introduit dans les petites présence de poussière noire autour de la transmission.
ouvertures. Les impuretés sont alors balayées et éliminées
par soufflage. Elles sont ensuite rassemblées et filtrées dans • Les systèmes de récupération de chaleur : les directives sui-
l’appareillage à vide. vantes peuvent s’avérer utiles :
A ces deux méthodes, s’ajoute celle des robots motorisés, - les filtres plats doivent être nettoyés ou remplacés tous les 6
moins courante. mois ;
- les ventilateurs doivent faire l’objet d’un entretien tous les 2
• Les filtres : ils garantissent la qualité de l’air pulsé dans les ans ;
locaux. Après un certain temps de fonctionnement (environ - l’échangeur de chaleur à panneaux doit être contrôlé tous les
3.000 heures), la perte de charge d’un filtre augmente rapide- 2 ans et nettoyé tous les 5 ans.

Le rendement à long terme

Bien souvent, l’installation de ventilation choisie est celle qui


assure les débits d’air nécessaires pour le coût initial moindre.
Les problèmes de l’utilisation à long terme et de l’interaction
avec les autres composants du bâtiment, ainsi que les coûts
opérationnels et de maintenance, sont, par contre, fréquem-
ment négligés, malheureusement.
Il faut étudier une installation de ventilation sur toute sa durée
de fonctionnement (“life cycle planning”), c’est-à-dire de sa
conception jusqu’à son démontage et remplacement, en pas-
sant par sa mise en service, sa vie en oeuvre et sa mainte-
nance.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 39


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

LES PERFORMANCES
DE LA VENTILATION
L’évaluation de l’efficacité de la ventilation........................................................................... 41
Une bonne qualité de l’air intérieur.................................................................................................................................41
Les performances acoustiques...........................................................................................................................................41
Les performances énergétiques.........................................................................................................................................42
L’étanchéité à l’air.......................................................................................................................................................................42
L’étanchéité à l’air de l’enveloppe extérieure........................................................................................................................................ 42
L’étanchéité à l’air des conduits de ventilation..................................................................................................................................... 42
La sécurité incendie....................................................................................................................................................................43
L’entretien et la facilité de l’emploi.................................................................................................................................43
La participation de la ventilation dans le bilan énergétique d’un logement........ 44
La ventilation et la filtration........................................................................................................... 47
Les objectifs de la filtration................................................................................................................................................47
Classification des filtres........................................................................................................................................................48
Le degré de filtration...............................................................................................................................................................48
Le choix du type de filtre........................................................................................................................................................48
La ventilation avec récupération de chaleur........................................................................... 49
Les échangeurs de chaleur plats......................................................................................................................................49
Les pompes à chaleur................................................................................................................................................................50
Les échangeurs de chaleur à serpentin (run-around coils).............................................................................50
Les cylindres thermiques.......................................................................................................................................................50
La ventilation et le refroidissement............................................................................................. 51
Le refroidissement par l’air extérieur............................................................................................................................51
Le refroidissement mécanisé.................................................................................................................................................52
Le puits canadien..........................................................................................................................................................................53
Principe du puits canadien............................................................................................................................................................................ 53

Les dispositifs concurrents de l’installation de ventilation......................................... 55


Les hottes de cuisine.................................................................................................................................................................55
Les débits d’extraction.................................................................................................................................................................................... 55
Les amenées d’air complémentaires........................................................................................................................................................ 55
Les conduits d’évacuation............................................................................................................................................................................. 56
Les appareils à combustion....................................................................................................................................................56
Quelques solutions........................................................................................................................................................................................... 57

40 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

L'évaluation de l'efficacité de la ventilation


La gestion du climat intérieur : L’efficacité d’une installation de ventilation doit permettre
qualité de l’air et confort thermique [IBN -07-2] d’atteindre les objectifs suivants.

Qualité de l’air Confort thermique


Une bonne qualité de l’air intérieur
Système de ventilation hygiénique Système de chauffage ou
de refroidissement
Afin de garantir une bonne qualité de l’air intérieur dans un
bâtiment, il faut amener de l’air neuf dans les locaux afin
Emission des matériaux Isolation thermique
de diluer les polluants qui y sont émis ; cette ventilation
Occupants Inertie du bâtiment hygiénique doit s’opérer de façon à respecter le confort
thermique de l’habitant.
Gains internes Ces deux notions (qualité de l’air et confort thermique) ont
déjà été développées antérieurement.
Gains solaires

Les performances acoustiques


Vitesses maximales admissibles au niveau du bruit
Il importe qu’une ventilation appropriée soit assurée sans
dans un réseau de distribution d'air [m/s]
créer des problèmes acoustiques de natures diverses. La
Grille /
Type de local
Conduit
principal (*)
Dérivation
Bouche
Entrée
d'air
norme NBN S01-400-1 [IBN -08] détermine les critères
acoustiques à respecter pour les immeubles d’habitation,
Chambre 7 2-4 0,5 - 2 1
notamment en ce qui concerne les limitations du bruit dû à
Bureau 7 2-4 1-2 1 la ventilation mécanique dans les locaux (voir annexe 2).
(*) dépend de la distance des locaux occupés par rapport à la
gaine principale Les problèmes acoustiques les plus fréquents sont les
Vitesses maximales admissibles au niveau du bruit suivants :
dans un réseau de distribution de l’air [m/s] [IBN -08] - la diminution de l’isolation acoustique des façades (par
des grilles d’amenées d’air, par exemple) accroissant
la gêne provoquée par les bruits extérieurs (voir p. 90) ;
- la nuisance acoustique générée par les conduits d’ali-
mentation et d’évacuation. Les vitesses de l’air maxi-
males admissibles dans les conduits sont données
dans le tableau ci-contre ;
- la diminution de l’isolation acoustique au droit des
parois et des portes intérieures (par les ouvertures de
transfert, par exemple) ;
- la nuisance acoustique occasionnée par des sources
situées en dehors de l’habitation (ventilateurs-tou-
relles, par exemple).

Plusieurs de ces problèmes se résolvent facilement :


- la localisation judicieuse des fonctions dans un bâti-
ment permet de satisfaire une grande part de l’isole-
ment acoustique requis soit en disposant des locaux
tampons entre les locaux bruyants et les locaux
calmes, soit en rassemblant les locaux bruyants.
- il est parfois intéressant de placer les conduits de ven-
tilation dans des gaines maçonnées afin d’améliorer
leur isolement aux bruits aériens ;
- afin de réduire la propagation des vibrations de cer-
tains appareils (ventilateurs, etc.) à la structure du
bâtiment, il faut insérer des supports élastiques antivi-
bratoires ;
- les conduits aérauliques peuvent être garnis de pan-
neaux absorbants ; ceux-ci ont pour désavantage
d’augmenter les pertes de charge, de retenir les pous-

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 41


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

sières et de favoriser le développement de milieux peu


hygiéniques. Le placement de ces panneaux est donc
limité aux endroits où ils sont les plus efficaces, à
savoir aux changements de direction (coudes) où il y a
le plus de réflexions de l’onde acoustique sur les
parois ;
- le placement de silencieux permet d’absorber le bruit
véhiculé par le réseau. Les silencieux doivent encadrer
la source sonore (souvent le ventilateur) tant du côté
réseau que du côté amenée d’air extérieur.

Les performances énergétiques


Les différents aspects d’une gestion Ventiler au coût énergétique juste signifie optimiser l’instal-
de la qualité de l’air économe en énergie [IBN -07-2] lation de ventilation pour minimiser les consommations
Bonne étanchéité à Limitation des énergétiques, tout en préservant la qualité de l’air.
l’air du bâtiment sources de polluants Ce type de ventilation nécessite (voir schéma ci-contre)
[IBN -03] :
- une bonne étanchéité à l’air de l’enveloppe extérieure
Gestion économe de la qualité de l’air du bâtiment ;
- une réduction maximale des sources polluantes ;
- une installation de ventilation adéquate ;
Installation Gestion optimale
- une gestion optimale de l’installation de ventilation en
de ventilation de la ventilation fonction des besoins.

L’étanchéité à l’air

L’étanchéité à l’air de l’enveloppe exté-


rieure [IBN -03]
Infiltration naturelle La figure ci-contre illustre l’importance de l’étanchéité à
Pas de gestion possible l’air du bâtiment dans une stratégie de ventilation économe
en énergie. Elle montre la variation du débit total de venti-
lation dans un bureau en fonction de l’étanchéité à l’air du
Ventilation contrôlée bâtiment n50 (pour une différence de pression de
Une gestion optimale de la ventilation est possible 50 Pa).
Le taux de renouvellement d’air par infiltration
β = n50 / 25 [vol/h] (voir p. 15).
Taux de renouvellement d’air par infiltration β [vol/h]
Les hypothèses de calcul sont les suivantes :
- 15 m² de surface du local ;
0 5
Etanchéité à l’air du bâtiment n50 [vol/h]
10
- 30 m³/h de débit de ventilation hygiénique ;
- 3 m de hauteur sous plafond ;
Débit de ventilation dans un bureau en fonction
de l’étanchéité à l’air du bâtiment [IBN -07-2]
- pas d’interaction entre le système de ventilation et
l’infiltration naturelle de l’air.

Le graphique montre que pour une valeur n50 de 10 vol/h


(bâtiment peu étanche), presque la moitié du débit de
ventilation du bureau est due à l’infiltration naturelle.
La mauvaise étanchéité d’un bâtiment peut ruiner les
Surface de fuite efforts déployés pour optimaliser l’installation de ventila-
Taux de fuite Classe
équivalente en cm²
[1/s.m²] EUROVENT tion.
par m² de conduit
0,009 p0,65 < ... ≤ 0,027 p0,65 0,21 < ... ≤ 0,64 A
0,003 p0,65 < ... ≤ 0,009 p0,65 0,07 < ... ≤ 0,21 B L’étanchéité à l’air des conduits de venti-
... ≤ 0,003 p0,65 ... ≤ 0,07 C lation
Classe détanchéité à l’air des conduits de ventilation
installés, selon la norme EUROVENT 2/2 [EURO-96] Les conduits de ventilation doivent être suffisamment
étanches à l’air pour éviter d’insuffler de l’air dans les

42 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

espaces techniques, dans les couloirs, etc.


Exigences s’appliquant à la ventilation,
en matière de sécurité incendie [GF -97] La norme Eurovent 2/2 [EURO-96] définit des classes
d’étanchéité basées sur le rapport entre la quantité de fuite
• Dans les immeubles collectifs (bâtiments bas, moyens ou élevés)
- Aucun local ou espace confiné, même sous comble ou en dans les conduits et la surface du système de distribution
sous-sol, ne peut être intégré au réseau de conduits d’air, à d’air (voir tableau ci-avant).
moins de satisfaire aux prescriptions imposées aux conduits. En Belgique, la plupart des installations de ventilation étu-
- Aucune cage d’escalier ne peut servir à l’alimentation ou à
diées ont une performance inférieure ou égale à la classe
l’évacuation d’air d’autres locaux.
- L’air extrait des locaux présentant des risques particuliers A de cette norme.
d’incendie (local de stockage de produits inflammables, chauf-
ferie, cuisine, garage, parking, etc.) ne peut pas être remis en
circulation ; il doit être évacué vers l’extérieur.
L’air extrait d’autres locaux peut être :
La sécurité incendie [GF -97]
- soit remis en circulation vers les mêmes locaux, à condition
que le conduit de recyclage soit équipé d’un clapet coupe- Un incendie peut se déclarer dans les conduits ou les
fumée conforme au point 6.7.4 de l'Arrêté du 12 juillet 2012
[GF -12] ; gaines, notamment lorsque :
- soit pulsé dans d’autres locaux s’il sert à compenser l’éva- - la poussière n’est pas suffisamment retenue dans les
cuation d’air des systèmes d’extraction mécanique avec filtres ;
évacuation à l’extérieur, à condition qu’il y ait un clapet résis- - des conduits inflammables sont utilisés ;
tant au feu supplémentaire et un système de conduits des-
tiné à l’évacuation à l’extérieur de cet air recyclé. - les moteurs placés dans les conduits s’enflamment.
Dans les deux cas, si l’air recyclé contient des fumées, il est
automatiquement évacué à l’extérieur. Une installation de ventilation doit avant tout être conçue
Les dispositions précitées (clapet résistant au feu sur l'air et réalisée de façon à ce que :
recyclé et détection de fumée dans le conduit d'extraction) ne
sont cependant pas requises pour les groupes de traitements - la fumée et les flammes ne puissent se propager, par
d’air ayant un débit inférieur ou égal à 5.000 m³/h qui ne des- les gaines, dans tout le bâtiment ;
servent qu’un seul local. - les éléments de construction traversés par les gaines
- Les conduits d’air doivent être conformes au point 6.7.2 de conservent leur résistance au feu.
l’Arrêté du 12 juillet 2012.
- Les traversées de parois par des conduits d’air doivent en
règle générale répondre au point 3.1 de ce même Arrêté. L’encadré ci-contre reprend les exigences s’appliquant en
- Aucun conduit d’air ne peut traverser une paroi pour laquelle matière de sécurité incendie.
une résistance au feu supérieure ou égale à EI60 (*) est exi-
gée, et aucun conduit d’air ne peut traverser une paroi entre

L’entretien et la facilité de l’emploi


deux compartiments pour laquelle une résistance au feu supé-
rieure ou égale à EI60 est exigée, sauf s’il satisfait à une des
conditions décrites au point [Link] de l’Arrêté du 12 juillet
2012.
Les conduits d’air situés dans des gaines qui leur sont exclu- - Il est préférable d’utiliser des dispositifs facilement
sivement réservées et qui débouchent, à leur extrémité supé- accessibles à l’entretien et/ou nécessitant peu d’entre-
rieure, dans un local technique contenant uniquement les tien.
groupes de traitement d’air qu’ils relient, peuvent traverser les
parois du local technique sans dispositifs complémentaires.
- Il est nécessaire de prévoir, surtout dans les habita-
- Les clapets résistants au feu doivent être conformes au point tions, un accès simple et aisé du pilotage et/ou du
6.7.4 de l’Arrêté du 12 juillet 2012. réglage de l’installation de ventilation.
• Dans les maisons d’habitation
Une maison unifamiliale est considérée comme un seul com-
partiment. En cas d’incendie, les ventilateurs doivent être arrê-
tés.

(*) EI t : t est la période durant laquelle les critères d'étanchéité


au feu et d'isolation thermique sont satisfaits pour les éléments
non porteurs.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 43


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

La participation de la ventilation
dans le bilan énergétique d’un logement
Le tableau de la page suivante donne, pour des qualités de 224 m³/h durant 4 heures (lors de la préparation des repas) et peut
progressives de l’isolation thermique : être réduit à 157 m³/h le reste du temps ;
• le niveau d’isolation thermique globale K ; - Pour la ventilation mécanique double flux avec ou sans récupération
• la participation de la ventilation (naturelle ou mécanique) dans le bilan de chaleur, le débit d’air peut être diminué durant la nuit (8 heures) :
énergétique global ; il est de 110 m³/h. En journée, il est de 224 m³/h durant 4 heures et
• le budget alloué aux consommations de chauffage (ni les apports de 157 m³/h pendant les 12 heures restantes.
internes ni les apports solaires ne sont pris en compte) et d’électricité • pour la ventilation mécanique, on suppose que l’installation fonctionne
(engendrée par la ventilation mécanique). Il est calculé sur l’ensemble 24 heures par jour, 365 jours par an, soit 8.760 heures par an, dont
de la vie du bâtiment (fixée à 30 ans), et inclut l’investissement propre 5.110 heures durant la saison de chauffe (du 15 septembre au 15 mai)
à l’isolation et à la ventilation. et 3.650 heures en été.
Sur une période de 30 ans, une installation de ventilation nécessite la • la consommation de chauffage : que l’air soit préchauffé avant son
remise à neuf et le renouvellement de certaines pièces ; afin d’estimer introduction dans le bâtiment ou pas, la consommation liée au
le coût de cette maintenance nous avons supposé qu’elle consiste au : chauffage de l’air neuf s’estime par :
- remplacement du groupe de ventilation au moins une fois sur 30
ans ; Consch = 0,34 x qv x ∆Tmoy x t / ηch [Wh/an]
- remplacement des bouches de pulsion et d’extraction tous les 10 où Consch = consommation énergétique pour le chauffage de l’air neuf [Wh/an] ;
ans ; qv = débit d’air neuf [m³/h] ;
- nettoyage ou remplacement des filtres tous les ans. 0,34 = capacité calorifique de l’air [Wh/m³.K] ;
∆Tmoy = différence entre la température de consigne de l’ambiance et la tempéra-
Les hypothèses choisies pour les maisons d’habitation sont les sui- ture extérieure moyenne [°C] ;
vantes : t = nombre d’heures de fonctionnement annuel durant la saison de chauffe [h/an] ;
• la superficie totale habitable des logements est de 100 m², pour un ηch = rendement moyen saisonnier de l’installation de chauffage.
volume habitable de 250 m³ ;
• les fenêtres comportent des châssis en bois, à raison d’un total de 15 • La consommation électrique des ventilateurs dépend du rendement
m² de fenêtres pour 100 m² habitables ; global du système (moteur, transmission, ventilateur) et des pertes
• les planchers sont sur caves ; de charge du circuit de distribution de l’air (pulsion et extraction).
• selon la réglementation, les débits nominaux sont les suivants : Celles-ci varient en fonction de la configuration du réseau. Nous
prenons une valeur, couramment rencontrée dans des installations
Surface Débits selon TOTAL de qualité moyenne, de 1.500 Pa (1.000 Pa pour la pulsion et 500
[m²] norme [m³/h] Pa pour l’extraction).
[m³/h] Dans les systèmes de ventilation mécanique (simple ou double
Séjour 35 126 flux), la consommation électrique du (des) ventilateur(s) s’estime
ALIMENTATION

par :
Chambre 1
(2 personnes)
15 54 Consél = (qv / 3.600) x ∆p x t / ηvent [Wh/an]
224
où Consél = consommation énergétique du transport de l’air [Wh/an] ;
Chambre 2 qv = débit d’air neuf [m³/h] ;
12 44
(1 personne) 3.600 = facteur de conversion des débits de [m³/h] en [m³/s] ;
∆p = pertes de charge (pulsion + extraction) [Pa] ;
Cuisine 15 75 t = durée de fonctionnement [h/an] ;
EXTRACTION

ηvent = rendement global du système de ventilation (moyenne entre pulsion et extrac-


Salle de bain 12 50 tion).
200
W.-C. 1,5 25
Cependant, toute cette consommation ne doit pas toujours être
Hall / couloirs 9,5 50 (*) considérée comme une perte car une partie de celle-ci est récupé-
Taux de ventilation β = 224 / 250 = 0,90 h-1 rée pour le chauffage de l’air neuf.
(*) Pour un meilleur équilibrage des débits d'alimentation et d'extraction
• le rendement global [moteur, transmission, ventilateur] des ventila-
teurs est estimé à 0,7, tandis que celui de l’installation de chauffage
• le débit d’air amené pour ces types d’habitations est de 224 m³/h, ce est estimé à 0,7.
qui équivaut à un renouvellement d’air de 0,90 vol/h. Les dispositifs de • la température extérieure moyenne diurne durant la saison de
ventilation doivent donc être dimensionnés afin d’assurer un tel débit. chauffe est de 8,5 °C, tandis que la température de consigne des
- Pour la ventilation naturelle, les débits d’air sont ceux explicités à la p. locaux est de 20 °C.
10 ; Pour la ventilation mécanique double flux avec récupération de
- Pour la ventilation mécanique simple flux, le débit d’air nominal est de chaleur, on suppose que la température de soufflage de l’air est de
224 m³/h, mais il peut être adapté aux besoins. Ainsi, le débit d’air est 15 °C.

44 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 45


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

Nous avons vu que plus les bâtiments sont isolés thermi-


Comment varient les consommations d’une installation quement, plus les pertes de chaleur par ventilation natu-
de ventilation mécanique double flux ? [IBN -07-1] relle prennent une part importante dans les déperditions
En fonction du débit : thermiques. Analysons à présent la part de la ventilation
La puissance des ventilateurs varie selon le cube du débit et les dans le bilan énergétique global, pour tous les types d’ins-
coûts de chauffage sont proportionnels : pour une augmentation tallation.
de 10 % du débit, on obtient une surconsommation totale de
11 % et un surcoût de 20 %.
La proportion de la ventilation dans le bilan énergétique
En fonction du rendement de l’installation de ventilation :
augmente avec la qualité d’isolation. Dans une maison non
Pour une diminution de 10 % du rendement de l’installation de isolée, la part de la ventilation est négligeable vis-à-vis de
ventilation, on obtient une surconsommation totale de 1 % et un
surcoût de 5 %. celle de l’enveloppe, mais elle peut l’égaler, voire même la
En fonction du temps de fonctionnement :
dépasser, lorsque l’isolation se fait plus poussée.
Pour une augmentation de 10 % des temps de fonctionnement
journaliers, on obtient une surconsommation totale de 10 % et Voici quelques valeurs indicatives de la proportion des
un surcoût de 10 %. pertes dues à la ventilation dans la consommation énergé-
tique des habitations :
• dans une maison individuelle moyenne de 2 niveaux qui
est ventilée de manière permanente au débit nominal fixé
par la norme, l’air intérieur est renouvelé environ chaque
Consom- Consom- heure et demie par de l’air extérieur. Ce renouvellement
Part de la
mation mation de chauf-
Mode de ventila- d’air entraîne, pendant la saison de chauffe, une consom-
totale de fage due
ventilation tion
chauffage à la ventilation mation de chauffage d’environ :
[%]
[kWh/an] [kWh/an]
- 7.700 kWh/an avec une ventilation naturelle ;
VN (syst. A) 13.200 7.700 58 - 4.800 kWh/an avec une ventilation mécanique simple
VMSF (syst. C) 10.300 4.800 47 flux ;
VMDF (syst. D) 9.850 4.350 44 - 4.350 kWh/an avec une ventilation mécanique double
VMDFR (syst. D) 7.400 1.900 26 flux ;
- 1.900 kWh/an avec une ventilation mécanique double
flux avec récupération de chaleur.
• dans les habitations qui satisfont aux exigences ther-
miques 2014 (K35), cela signifie qu’une ventilation per-
manente conforme à la norme représente environ (voir
• Dans une installation de ventilation naturelle VN, les dispositifs tableau ci-contre) :
sont dimensionnés afin d’assurer le débit nominal, mais les - 60 % de la consommation totale de chauffage lors d’une
effets du vent et la température extérieure font que ce débit ventilation naturelle ;
n’est pas toujours constant, bien qu’en moyenne, on arrive au
débit souhaité. La ventilation peut donc engendrer une sur-
- 45 % de la consommation totale de chauffage lors d’une
consommation de chauffage. ventilation mécanique simple ou double flux ;
• Dans une installation de ventilation mécanique simple flux - 25 % de la consommation totale de chauffage lors d’une
VMSF, la ventilation hygiénique est assurée, mais l’amenée ventilation mécanique double flux avec récupération de
d’air ou l’extraction d’air étant manuelle, il y a toujours un faible
risque de surconsommation de chauffage.
chaleur.
• Dans une installation de ventilation mécanique double flux Dans les habitations moins isolées, cette proportion est
VMDF, le débit d’air réel de ventilation est connu. De plus, une moindre, puisque la consommation d’énergie pour le
partie de la consommation électrique du ventilateur de pulsion chauffage est plus importante.
peut être récupérée pour le chauffage de l’air.
• Dans une installation de ventilation mécanique double flux avec
récupération de chaleur VMDFR, grâce au préchauffage de l’air Les tableaux des pages adjacentes donnent des exemples
extérieur, la consommation de chauffage diminue considérable- illustratifs.
ment : elle peut se réduire à 40 % de la consommation d’une
même installation sans récupération de chaleur. De plus, une
partie de la consommation électrique des ventilateurs de pul- Au vu de ces ordres de grandeur, on peut établir un
sion et d’extraction peut être récupérée sous forme de chaleur. ordre d’action sur une installation de ventilation :
VN VMSF VMDF VMDFR 1. adapter autant que possible les débits d’air aux
(système A) (système C) (système D) (système D) besoins nécessaires (ni trop, ni trop peu) afin de
Contrôle du taux
de ventilation     limiter les frais de chauffage ;
Consommation
2. veiller à améliorer l’efficacité énergétique des équi-
de chauffage     pements, afin de fournir les débits demandés avec
une consommation minimale.

46 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

Choix du type d’installation de ventilation En Belgique, la ventilation mécanique s’avèrerait la plus adéquate
en fonction des coûts puisqu’elle assure un débit de ventilation plus constant que celui
fourni par la ventilation naturelle, sans être beaucoup plus onéreuse.
• Les maisons d’habitation : Dans certains cas, on placera d'office une ventilation mécanique
La ventilation naturelle engendre un budget minimal d’installation, double flux (environnement bruyant ou pollué, par exemple). Il vaut
mais ce dernier est à peine inférieur à celui de la ventilation méca- mieux choisir une installation avec récupération de chaleur. En effet,
nique simple flux. Les budgets des ventilations mécaniques double on constate une réduction de 70 % de la consommation de chauf-
flux sont, par contre, plus élevés, mais peuvent être rapidement fage pour la ventilation, et ce pour un budget sur 30 ans qui reste
amortis grâce à la récupération de chaleur sur l'air extrait. légèrement inférieur.

La ventilation et la filtration
La filtration permet d’éliminer les particules polluantes de
l’air.
• La filtration des polluants extérieurs : l’air extérieur intro-
duit dans le bâtiment est filtré soit par un simple passage
au travers d'un filtre, soit par un système de recirculation
placé à l’intérieur du bâtiment.
• La filtration des polluants intérieurs : elle se fait par un
système de recirculation de l’air intérieur au travers d’un
Filtration filtre augmentant le processus de dilution des polluants
par simple Filtration par par la ventilation.
passage recirculation

Les objectifs de la filtration

La filtration doit atteindre les objectifs suivants :


- débarrasser l’air des polluants ;
- protéger les équipements des locaux contre les pous-
sières afin d’augmenter leur durée de vie et diminuer
leur maintenance ;
- protéger l’installation de ventilation elle-même ;
- éviter la propagation d’incendie par les poussières et
les risques d’explosion ;
- protéger les terrasses et les toitures en n’évacuant pas
les particules directement vers l’extérieur.

Les filtres peuvent être placés :


- sur les circuits d’aspiration d’air neuf extérieur ;
- sur les circuits d’air repris, avant le recyclage ;
- sur les circuits de distribution d’air dans les locaux ;
- sur les circuits d’air repris, avant la batterie de récupé-
ration de chaleur.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 47


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

Classification des filtres


L’efficacité d’un filtre est caractérisée de façon précise par
une série de grandeurs dépendant des caractéristiques de
l’air entrant : température et humidité, teneur en pous-
sières, granulométrie, nature et structure physique des
Filtres grossiers
poussières.

Les filtres sont classés en fonction de leur capacité à arrê-


ter des particules de plus en plus petites. La dénomination
de leur classe dépend de la méthode de mesure utilisée
pour les essais :
- GRA signifie “méthode gravimétrique” et représente
Filtres fins les filtres grossiers ;
- OPA signifie “méthode opacimétrique” et représente
les filtres fins ;
- DOP représente les filtres atteignant 100 % d’efficacité
par les deux méthodes précédentes : ce sont les filtres
absolus.
Filtres absolus
La correspondance de classification entre les différentes
normes de mesure (américaine, belge et européennes) est
donnée par les tableaux ci-contre [IBN -07-1].

Le degré de filtration
• Le degré de filtration minimum
Pour la plupart des installations de ventilation et dans des
conditions atmosphériques usuelles, un filtre fin (à partir
de 60 % OPA) placé sur l’entrée d’air est nécessaire et
suffisant.
S’il reste un degré de pollution en aval de ce filtre, un filtre
Fonctionnement des filtres à couche poreuse [IBN -07-1] complémentaire est nécessaire à la sortie du groupe de
Dans ces filtres, l’air à épurer traverse une couche poreuse ou traitement d’air (au minimum 85 % OPA) pour protéger le
fibreuse dans laquelle il abandonne ses poussières. réseau de distribution.
L’interception des poussières peut se faire par :
• tamisage (ou effet de cible) : il faut que les pores de
l’élément filtrant aient des dimensions inférieures à • Le degré de filtration maximum
celles des particules. Ce peut être un amas de parti- Plus un filtre est performant, plus il est coûteux en exploi-
cules arrêtées par le filtre qui constitue un tamis filtrant tation pour un même débit (coût de remplacement et
vis-à-vis des particules plus fines se présentant ulté- consommation électrique du ventilateur).
rieurement ;

• impact (ou effet d’inertie) : les particules lourdes ne


peuvent pas accompagner le courant d’air quand Le choix du type de filtre
celui-ci s’incurve autour d’une fibre ; elles s’attachent
alors à la fibre à l’endroit de l’impact ;
Il faut choisir les filtres ayant la perte de charge moyenne
• interception (ou effet de barrage) : les petites parti- durant la période de fonctionnement la plus faible, et dont
cules légères accompagnant le courant d’air sont la longévité est la plus longue.
interceptées si leur centre passe à une distance de la
A efficacité égale, il faut préférer les éléments filtrants les
fibre qui est inférieure à leur rayon ;
plus épais car ils emmagasinent une quantité plus impor-
• diffusion : les particules, dont le diamètre est inférieur tante de particules avant d’atteindre la perte de charge
à 1 µm, ont un mouvement vibratoire dû aux mouve- finale recommandée. Le filtre épais sera donc remplacé
ments des molécules d’air. Elles se fixent sur les fibres
moins souvent.
si elles entrent en contact avec elles ;

• forces électrostatiques : ces forces peuvent prendre Les filtres ne doivent pas être la source de fumée ni de gaz
naissance soit sur les poussières, soit sur les filtres. irritant ou toxique lors d’un incendie.
Elles provoquent le compactage des poussières entre
L’Arrêté Royal du 12 juillet 2012 fixant les normes de base
elles et facilitent leur filtration.
en matière de prévention contre l’incendie et l’explosion

48 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

[GF -12] reprend les conditions auxquelles les filtres


doivent satisfaire.

Les filtres à couche poreuse sont, actuellement, les plus


répandus, tant pour la filtration de “confort” que pour la fil-
tration de très haute efficacité (salles blanches, salles
d’opération, etc.).
Le mode de fonctionnement de ce type de filtre est décrit
dans l’encadré ci-contre ; un descriptif des différents types
de filtre est donné en annexe 3.

La ventilation avec récupération de chaleur


Quelques définitions Dans certains cas, comme par exemple pour les locaux
• Chaleur sensible, chaleur latente demandant une grande quantité d’air neuf, il peut être
La chaleur sensible est la quantité de chaleur qu’il faut retirer nécessaire de préchauffer l’air neuf pour que celui-ci ne
ou fournir à un corps (solide, liquide, vapeur) pour modifier sa provoque pas de sensation de courant d’air. Une tempéra-
température sans modifier son état.
La chaleur latente est la quantité de chaleur qu’il faut retirer ou ture de l’air de 14 à 16 °C est généralement suffisante.
fournir à un corps pour modifier son état sans modifier sa tem- On parle de “préchauffage” de l’air et non pas de “chauf-
pérature. fage” car le but n’est pas de compenser les déperditions
La quantité de chaleur utilisée pour faire chauffer l’eau est du local, mais d’éviter les courants d’air froid.
appelée quantité de chaleur sensible.
La quantité de chaleur utilisée pour faire fondre un bloc de glace
à 0°C est appelée quantité de chaleur latente. Durant une grande partie de la saison de chauffe, la tem-
A la pression atmosphérique, pour amener de l’eau de 20 °C pérature de l’air rejeté (température ambiante intérieure)
(état liquide) à 120 °C (état vapeur), il faut apporter : est plus élevée que la température de l’air extérieur. On
- une quantité de chaleur sensible (de 20 °C liquide à 100 °C
liquide) ; peut, dès lors, récupérer une partie de la chaleur rejetée
- une quantité de chaleur latente (de 100 °C liquide à 100 °C pour préchauffer l’air neuf (dans le cas d’une installation de
vapeur) ; ventilation double flux).
- une quantité de chaleur sensible (de 100 °C vapeur à 120 La récupération de chaleur sur l’air extrait (qui n’est pos-
°C vapeur).
sible qu’avec une extraction mécanique) est une solution
• Echange de chaleur énergétiquement très intéressante ; elle permet de récupé-
Lorsque deux corps, de températures différentes, sont placés rer 50 à 70 % de l’énergie contenue dans l’air extrait.
au contact ou au voisinage l’un de l’autre, il se produit un
échange qui tend à rapprocher leurs températures jusqu’à
l’équilibre. Cet échange se produit toujours du corps chaud vers Dans une installation de ventilation existante, étant donné
le corps froid. les coûts élevés d’achat et de placement d’un récupérateur
La puissance transmise au cours de cet échange est fonction de chaleur ainsi que l’augmentation de la consommations
de la surface, du coefficient d’échange de l’échangeur et de des ventilateurs avec les pertes de charge supplémen-
l’écart de température entre les fluides :
taires, la rentabilité à court terme de l’installation est diffi-
P = K. S. ΔT où P = puissance de l’échangeur [W]
K = coefficient d’échange [W/m²K] cile sauf :
S = surface d’échange [m²] - pour des débits élevés (plus de 20.000 m³/h) ;
∆T = écart de température entre les - avec un usage permanent de l’installation.
fluides [K]
La puissance transmise sera d’autant plus grande que l’écart de Dans une nouvelle installation, dans la mesure où la récu-
température entre les fluides est grand, que la surface pération de chaleur fait partie de la conception initiale, la
d’échange est importante et que le coefficient d’échange est
puissance de chauffage pourra être réduite et le surcoût
élevé.
initial sera rapidement amorti.

Les échangeurs de chaleur plats


Ce système de récupération de chaleur doit acheminer l’air
à évacuer vers un point central, proche de l’amenée d’air
frais. Les échangeurs de chaleur plats sont utilisés dans
Echangeur de cha- Echangeur rotatif Echangeur de les habitations ainsi que dans les bâtiments où les conduits
leur à flux en sens de chaleur chaleur à flux de
contraires même sens d’amenée et d’évacuation d’air sont proches les uns des
Transfert de chaleur
autres.
Transfert de chaleur Transfert de chaleur
- théorique de 100 % - théorique de 95 % théorique de 50 %
- pratique de 80 à 95 % - pratique de 75 à 90 ù Avantages
- Simplicité du système.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 49


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

- Les besoins de maintenance ne sont pas excessifs,


même si les filtres doivent être régulièrement rempla-
cés.
- Si le système est bien installé, il y a peu de risque de
contamination entre les deux flux d’air.
Inconvénients
- Il peut y avoir risque de surchauffe en été en l’absence
d’un by-pass.
- Une nuisance acoustique peut se produire si le sys-
tème n’est pas bien installé.

Les pompes à chaleur


Lors d’une installation de ventilation simple flux à extrac-
tion mécanique, une pompe à chaleur peut être utilisée
pour extraire la chaleur de l’air à évacuer et la restituer soit
au système de chauffage des locaux, soit au réseau d’eau
chaude sanitaire.
Elles permettent donc la récupération de chaleur sans le
besoin d’une amenée mécanique.

Les échangeurs de chaleur


à serpentin (run-around coils)
Cette installation comprend deux types d’échangeurs : l’un
est installé sur le circuit de l’amenée d’air et l’autre sur le
Air extrait circuit de l’évacuation. Un liquide (en général une solution
eau/glycol) est utilisé comme transfert de chaleur : il cir-
cule entre les deux échangeurs grâce à une pompe.
Liquide
Cette méthode est utilisée lorsque les conduits d’alimenta-
tion et d’extraction d’air ne sont pas proches les uns des
autres.
Avantages
Pompe - Il n’y a aucun risque de contamination puisque les
deux flux d’air sont totalement séparés.

Air amené
Inconvénients
- Ce système ne transfère que la chaleur sensible et est
peu efficace (40 à 60 %).
- L’énergie nécessaire au fonctionnement de la pompe
représente 5 % de l’énergie récupérée par le système.
- La pompe nécessite une maintenance supplémentaire.

Les cylindres thermiques


Un cylindre, tournant entre 10 à 20 tours/minute et dans
Air extrait lequel passent les deux flux d’air, prend la chaleur du flux
Air extrait
d’air extrait et la décharge dans le flux d’air frais amené.
Masse
thermique Cette méthode est utilisée dans les grands centres com-
merciaux et dans les bâtiments publics. Elle fait alors par-
tie du système HVAC (Heating, Ventilating and Air-
Air amené
Air amené Conditioning).
Avantages
- Ce système transfère tant la chaleur sensible que la
chaleur latente.
- L’efficacité varie avec la vitesse de rotation du cylindre.

50 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

Inconvénients
- Les conduits d’amenée et d’extraction d’air doivent
être adjacents.
- Le moteur du cylindre demande de l’énergie.
- Il y a un risque de contamination entre le flux d’air
extrait et le flux d’air amené.

La ventilation et le refroidissement
Les bâtiments étant de mieux en mieux isolés et étanches
vis-à-vis de l’extérieur, leur réchauffement dû aux apports
internes et solaires augmentent.
Le refroidissement de l’air devient nécessaire lorsque le
climat intérieur devient excessivement chaud et humide,
suite à des températures extérieures trop élevées et/ou à
des apports de chaleur solaires ou internes importants.
Dans la plupart des cas, le choix entre le refroidissement
mécanique et le refroidissement naturel dépend des
modes de construction du bâtiment et du type de climat.

Le refroidissement par
l’air extérieur
Pour que le refroidissement soit efficace, il faut assurer un
taux de renouvellement d’air nettement plus important que
le taux de la ventilation de base. La combinaison des deux
entraîne donc un surdimensionnement, d’où un surcoût
important de l’installation de ventilation naturelle ou à
extraction mécanique.
C’est pourquoi, dans de nombreux cas, il vaut mieux
concevoir un refroidissement naturel (free cooling) qui
consiste à refroidir un bâtiment par une ventilation accrue,
en utilisant l’énergie gratuite de refroidissement de l’air
extérieur lorsque celui-ci présente une température infé-
Résumé des conditions d’efficacité du
rieure à la température intérieure.
refroidissement naturel nocturne [IBN -07-1] Le refroidissement peut se faire de jour comme de nuit,
• L’inertie thermique du bâtiment doit être suffisante.
mais la capacité frigorifique de l’air extérieur est plus faible
• Le ventilation intensive est transversale (ouvertures sur des en journée.
façades opposées et/ou par la toiture) ou assistée par un venti-
lateur. Le refroidissement nocturne consiste à pratiquer une ven-
• Les ouvertures de ventilation sont équivalentes à au moins 2 % tilation intensive de nuit de manière à décharger le bâti-
de la surface des locaux :
• Les apports internes sont limités à 22-26 W/m² pour un
ment de la chaleur emmagasinée durant la journée et à
immeuble à inertie thermique moyenne et 27-32 W/m² pour un diminuer ainsi les surchauffes.
immeuble à forte inertie. Ceci implique l’utilisation d’équipe- Pour que cela soit possible, il faut favoriser l’utilisation de
ments énergétiquement efficaces. matériaux de construction lourds ainsi que le contact entre
• Les apports solaires sont limités par des protections solaires ces derniers et l’air frais de la ventilation.
efficaces.
Un résumé des conditions d’efficacité d’un tel refroidisse-
ment est donné dans l’encadré ci-contre.

Dans le cas d’une utilisation de la ventilation intensive pour


pratiquer le refroidissement d’un bâtiment, il est recom-
mandé de choisir des systèmes :
- empêchant l’intrusion d’insectes ;
- garantissant une protection contre les effractions ;
- limitant le risque de pénétration de pluie ;
- évitant la gêne acoustique venant de l’extérieur.

Les châssis oscillants sont les plus adéquats à ce type de


ventilation puisqu’ils sont plus étanches à la pluie.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 51


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

Il existe aussi des systèmes de grilles fixes que l’on peut


disposer par l’intérieur dans les châssis ouvrants et qui
permettent une ventilation intensive par l’ouverture com-
plète des fenêtres sans risque d’effraction, ni de pénétra-
tion de pluie. Ces grilles peuvent être placées en été et
retirées en hiver, selon les périodes correspondant aux
besoins de refroidissement.
Avantages
- Le principal avantage de cette solution est de pouvoir
rafraîchir les locaux en plein été, sans pour autant
compliquer leur exploitation.
- Elle permet d’utiliser avantageusement les conditions
de l’air extérieur, dans la mesure où celles-ci sont favo-
rables, retardant ainsi le démarrage de la production
de froid.

Le refroidissement mécanisé

Quelques définitions Dans une installation de ventilation mécanique simple flux


• Installation de rafraîchissement : (alimentation mécanique) ou double flux (alimentation et
Une installation de rafraîchissement améliore, durant les sai- extraction mécaniques), l’ajout d’une batterie froide sur le
sons chaudes, le confort des locaux traités. circuit de soufflage permet le refroidissement des zones
Ce type d’installation ne garantit pas une température intérieure
ventilées.
mais plutôt un écart de température entre intérieur et extérieur.
Ce type d’installation peut également assurer les besoins de L’air est refroidi de 5 à 10 °C en deçà de la température
chauffage en hiver. ambiante ; l’écart de température sert à équilibrer les
Il est généralement destiné à des bâtiments et locaux habités et apports solaires et internes, si bien que l’air se réchauffe
fonctionne obligatoirement avec un certain pourcentage d’air
peu à peu jusqu’à atteindre la température ambiante.
neuf.
• Installation de climatisation : On distingue trois types de ventilation avec refroidissement :
Une installation de climatisation assure, en toutes saisons, des
ambiances confortables, dont les paramètres ont été fixés à
- les installations fonctionnant “tout air neuf” : l’air pro-
l’avance. vient exclusivement de l’extérieur ;
Son rôle est : - les installations fonctionnant “tout air recyclé” : l’air
- d’équilibrer les charges sensibles, soit par un apport d’énergie ambiant est réutilisé (pas de renouvellement d’air) ;
thermique en cas de déperditions, soit par une évacuation
d’énergie thermique en cas d’apports de chaleur ;
- les installations fonctionnant avec un “mélange d’air
- d’équilibrer, en partie, les charges latentes, généralement neuf et d’air recyclé” : cette méthode permet d’assurer
durant les saisons chaudes, par une déshumidification. simultanément, et avec un minimum d’énergie, les
Elle est le plus souvent destinée à des locaux et bâtiments du besoins de renouvellement d’air et les besoins de
tertiaire et fonctionne pratiquement toujours avec un certain
pourcentage d’air neuf pouvant même aller jusqu’à 100 %.
refroidissement.
• Installation de conditionnement d’air :
Les températures de soufflage et le mode de diffusion sont
Une installation de conditionnement d’air assure un nombre
important de “fonctions”. des points délicats, lesquels peuvent, s’ils sont mal réso-
Son rôle est d’équilibrer, en toutes circonstances : lus, provoquer des courants d’air froid. En conséquence, la
- les charges thermiques (chauffage et refroidissement) ; différence entre la température de diffusion et celle de
- les charges latentes (humidification et déshumidification).
l’ambiance doit rester dans les limites raisonnables, de 8 à
Elle permet de maintenir et de conserver, avec des tolérances
très faibles, les conditions climatiques fixées à l’avance pour la 13 °C ; l’implantation et le type de bouches de diffusion
zone traitée. doivent être soigneusement choisis.
Cette remarque conduit, dans la majorité des cas, à un
débit de soufflage bien supérieur à celui nécessaire à un
simple renouvellement d’air. Ce débit de soufflage peut
comprendre jusqu’à 90% d’air recyclé.
Inconvénients
- Cette solution conduit à des investissements relative-
ment lourds (production de froid) pour le peu d’heures
d’utilisation et pas toujours en rapport avec le confort
obtenu.
- Elle augmente les débits de soufflage de la valeur des
débits recyclés et, de ce fait, les consommations élec-

52 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

triques des ventilateurs.


- Elle encombre les faux-plafonds avec l’installation des
batteries et leur circuit de distribution, dont il faut
ménager un accès aisé.

Le puits canadien

Principe du puits canadien


Le puits canadien permet d’utiliser l’énergie géothermique,
de manière passive, en faisant passer une partie de l’air
neuf, avant qu’il n’arrive dans un système de ventilation,
par une canalisation enterrée dans le sol. La Figure ci-
Schéma de principe d’un puits canadien contre en illustre le principe. Elle prend pour hypothèses :
- une profondeur de canalisation de 1,7 m à 2 m. Plus
grande est la profondeur, meilleur est l’isolement de la
canalisation par rapport au climat de l’air extérieur. En
pratique, une profondeur moyenne comprise entre 2 et
4 m est préférable, comportant une légère pente per-
mettant d’évacuer les condensats qui se forment dans
la canalisation ;
- une longueur totale de canalisation de 20 m : elle dé-
pend, dans la réalité, de la superficie de terrain dispo-
nible et des caractéristiques du sol.

En hiver, la température du sol est supérieure à celle de


l’air extérieur : l’air extérieur, aspiré par le système de ven-
tilation mécanique (de type B ou D), se réchauffe donc, en
passant dans la canalisation enterrée. Cette élévation de la
température de l’air neuf se déduira du réchauffement que
le système de chauffage devra apporter pour atteindre la
température de l’air ambiant.
En été, la température du sol est inférieure à celle de l’air
extérieur : la fraîcheur du sol va donc tempérer l’air entrant
dans le système de ventilation.

L’efficacité du puits canadien dépendra de la composition


du sol, des pertes de charges et du type de canalisation
enterrée.
Les sols n’ont en effet pas la même conductivité thermi-
que (voir figure ci-contre) : certains (le sable fin, le limon,
par exemple) ont une conductivité thermique plus élevée
que d’autres (l’argile ou la tourbe), donc « isolent » moins
bien la conduite par rapport à l’air extérieur.

De même, les pertes de charges créées par le frottement


lors du mouvement de l’air dans la canalisation enterrée
auront une conséquence sur l’effort d’aspiration à fournir
par le système de ventilation pour aspirer l’air extérieur.
Ces pertes de charges dépendent de la longueur de la
conduite, de son diamètre, sa sinuosité, sa matière, enfin,
des coudes et changements de direction.
Il faut veiller à ce que la prise de l’air extérieur :
- soit éloignée de toute source de pollution ou d’odeurs
désagréables ;
- soit protégée de la pluie et de la neige ;
- comporte un filtre pour éviter la pénétration des pous-
sières et des pollens.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 53


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

Avantages du puits canadien


Le refroidissement de l’air neuf, en été, constitue bien sûr
un avantage important du puits canadien. Les techniques
de puits canadien se répandent et l’expérience montre un
appoint énergétique réel dans les bâtiments de logements
et dans les petits bâtiments de bureaux passifs.
Inconvénients du puits canadien
Le puits canadien présente quelques inconvénients :
- la question de la qualité de l’air à l’entrée et à la sortie
du puits doit être posée : il s’agit notamment de capter
l’air le plus pur possible ;
- d’autre part, en été, l’air extérieur chaud et humide a de
fortes chances de se condenser dans le puits « frais ».
Il ne faut pas que cette condensation favorise le déve-
loppement bactérien ;
- le puits canadien ne peut être placé sans système de
ventilation mécanique. Si ce système comporte un
double flux avec récupération de chaleur, le récupéra-
teur de chaleur sur l’air extrait de la ventilation permet
déjà de récupérer plus de 80 % de l’énergie perdue par
la ventilation, soit beaucoup plus que ce qu’apporte le
puits canadien lui-même ;
- l’intérêt d’utiliser le puits canadien pour rafraîchir l’air
hygiénique avant qu’il ne rentre dans l’habitation est
limité. En effet, les débits d’air mis en jeu sont faibles et
le pouvoir rafraîchissant également ;
- la réalisation d’un puits canadien nécessite une sur-
face extérieure disponible ;
- son usage est le plus souvent limité à des bâtiments
petits à moyens (max. 1 000 m²) qui sont déjà très bien
isolés.

54 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

Les dispositifs concurrents de l’installation de ventilation


Les hottes de cuisine
[CSTC-93] [CSTC-94] [IBN -07-1]
La hotte de cuisine peut faire partie d’une installation de ventila- La préparation des repas produit une grande quantité de
tion simple flux à extraction mécanique (système C) si elle peut vapeur d’eau et d’odeurs. L’utilisation d’une extraction
fonctionner à faibles débits (50 à 100 m³/h) en permanence et si
elle ne produit pas de nuisance acoustique.
locale, c’est-à-dire d’une hotte de cuisine, est recomman-
Dans ce cas, elle n’est plus considérée comme concurrente, mais dée afin de limiter la diffusion des odeurs et de la vapeur
intégrée au système de ventilation. d’eau dans l’habitation.
Une hotte correctement installée permet d’évacuer directe-
ment vers l’extérieur plus de 80 % de la vapeur d’eau et
des odeurs produites.
La hotte de cuisine ne fait en général pas partie du sys-
tème de ventilation de base ; les exigences de ventilation
hygiénique de la cuisine doivent être remplies indépen-
damment de la hotte.

Pour être optimale, l’extraction doit être placée près de la


source de pollution, c’est-à-dire au-dessus du plan de cuis-
son.
Lorsqu’il s’avère impossible d’installer un conduit allant de
la cuisine vers l’extérieur, on peut se contenter d’une hotte
avec recirculation d’air. L’air aspiré par une telle hotte est
dégraissé et les odeurs sont éventuellement éliminées si
elle est pourvue d’un filtre à charbon actif, mais ce type de
hotte n’évacue pas la vapeur d’eau.
Pour des raisons acoustiques, il est souvent préférable
d’installer une hotte sans moteur, dont le ventilateur est
placé à distance.

Les débits d’extraction


Le fonctionnement de hottes puissantes donne souvent
lieu à des problèmes d’extraction. La NIT 187 “Ventilation
des cuisines et hottes aspirantes” [CSTC-93] stipule que le
bon fonctionnement d’une hotte ne dépend pas seulement
des caractéristiques de l’appareil mais aussi d’autres élé-
ments, comme un bon dimensionnement des conduits
d’évacuation ou un apport suffisant d’air frais.
De plus, à mesure que le débit augmente, le risque de
refoulement des appareils à cycle de combustion ouvert
s’accroît.
Les valeurs suivantes des débits de hottes de cuisine
constituent un bon compromis [IBN -07-1] :
- studios, chambres d’étudiants, petits appartements :
150 à 200 m³/h ;
- appartements, cuisines fermées dans les maisons
unifamiliales : 300 à 400 m³/h ;
- îlots de cuisson : 700 m³/h et plus.

Les amenées d’air complémentaires


Le débit d’air extrait par une hotte de cuisine doit pouvoir
être directement compensé par une amenée d’air équiva-
lente.
La norme NBN D50-001 exige, dans la cuisine, des ouver-
tures de transfert qui permettent un débit de 50 m³/h pour

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 55


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

une différence de pression de 2 Pa, ce qui peut être réalisé


par une ouverture effective de 140 cm².

Si l’on fait usage d’une hotte puissante, une telle ouverture


de transfert est toutefois insuffisante et il se crée une
dépression importante dans l’habitation, pouvant provo-
Ouvertures Débits à travers quer des courants d’air et des sifflements via les fentes...
Type Dépression d'amenée par l'ouverture
d'appareil à admissible 100 m³/h de pour
combustion [Pa] débit à extraire ∆P = 2 Pa
Lorsqu’une hotte se trouve dans le même local qu’un
[cm²] [m³/h] appareil non étanche au gaz, il faut prévoir une ouverture
Non étanche 5 160 60 d’amenée d’air obturable d’une section effective de 160
Etanche ou
cm² par 100 m³/h de débit d’air utile de la hotte. Cette ame-
absence 10 100 36 née d’air sera ouverte lors du fonctionnement de la hotte.
d'appareil La NIT 187 [CSTC-93] donne des valeurs indicatives pour
Ouvertures d’alimentation supplémentaires les ouvertures d’alimentation (voir tableau ci-contre).
en cas d’usage d’une hotte puissante dans la cuisine
En l’absence de tels appareils, et en présence d’un sys-
tème de ventilation respectant les exigences définies par
la norme, une amenée complémentaire n’est pas néces-
saire lorsque le débit d’extraction est inférieur à 250 m³/h.
• Pour les hottes ordinaires jusqu’à 400 m³/h, il est recommandé Lorsque les débits d’extraction sont plus importants ou
de choisir un diamètre de 125 mm. lorsque l’habitation est particulièrement étanche, il faut
• Pour les hottes de 400 à 750 m³/h, un diamètre de 160 mm est prévoir une ouverture de 100 cm² d’air effective par 1.000
conseillé.
Il existe des méthodes simples de calcul, qui permettent de
m³/h de débit d’extraction.
dimensionner un conduit pour des débits supérieurs ou pour
d’autres longueurs (voir NIT 187 [CSTC-93]). Les conduits d’évacuation
Un conduit d’évacuation dont le diamètre est insuffisant
engendre plus de bruit et ne permet qu’un moindre débit
d’extraction. Il est donc primordial de bien choisir le type et
le diamètre de ce type de conduit.
Il est préférable, dans la mesure du possible, d’utiliser des
Les types d’appareils à combustion [CSTC-94]
conduits rigides. En effet, les conduits souples ne peuvent
être installés que sur des longueurs limitées et leur place-
• Appareil à combustion ouverte : ce type d’appareil reçoit direc-
tement son air comburant du local où il est installé et évacue les ment doit respecter des règles strictes.
produits de combustion soit dans le local, soit à l’extérieur par Le diamètre minimum d’un conduit d’évacuation est de 125
un conduit d’évacuation. Il faut, par conséquent, amener une mm.
quantité d’air suffisante pour que la combustion s’effectue en
toute sécurité et dans des conditions optimales. La problématique de la ventilation de la cuisine et la
La norme NBN D50-001 stipule que la ventilation des locaux
renfermant de tels appareils ne peut, en aucun cas, perturber
technologie des hottes sont traitées en détail dans la
leur bon fonctionnement. En effet, la combinaison d’installations NIT 187 [CSTC-93].
de ventilation et d’appareils à combustion ouverte peut parfois
occasionner des problèmes, tel le reflux des gaz de fumée dû à
la dépression provoquée par la ventilation. C’est pourquoi la
dépression dans un local renfermant un appareil à combustion Les appareils à combustion [CSTC-94]
ouverte ne peut dépasser 5 Pa, alors qu’en l’absence d’un tel
appareil, la dépression doit rester inférieure à 10 Pa.
Lorsque l’appareil ne comporte pas de système d’évacuation,
En présence d’une extraction d’air mécanique, il se crée,
l’ouverture d’évacuation (non réglable et non obturable) doit en général, dans des conditions normales, une légère
être placée plus haut que l’endroit d’émission des produits de dépression dans les locaux ventilés. Lorsque l’installation
combustion. de ventilation est mal conçue ou utilisée de manière inap-
Lorsque l’appareil est raccordé à un canal d’évacuation, il ne
peut en aucun cas se produire de reflux. Si les gaz de fumée et
propriée, cette dépression peut devenir importante.
l’air de combustion sont aspirés au moyen du même conduit, il Une telle dépression peut perturber le bon fonctionnement
y a lieu de prévoir un coupe-tirage antirefouleur et l’arrivée de des appareils à combustion ouverte (ou non étanche),
gaz doit être coupée en cas de non-fonctionnement du système installés dans les pièces en question. Il s’agit essentielle-
d’extraction.
ment des chaudières et des chauffe-eau au gaz, des feux
• Appareil à combustion fermée : dans ce type d’appareil, le cycle ouverts, des poêles, etc. (voir encadré ci-contre).
complet de l’air (alimentation en air, combustion, évacuation Les appareils de ce type extraient l’air nécessaire à la
des gaz de fumée) est directement raccordé à l’extérieur et
séparé du local où l’appareil se trouve. Il n’existe donc aucune combustion dans la pièce où ils se trouvent et évacuent les
interaction entre l’air intérieur et les produits de combustion. gaz brûlés (via un conduit) grâce à la différence de tempé-
Cette solution garantit l’absence de gaz de fumée dans les rature entre les gaz brûlés chauds et l’air extérieur plus
pièces d’habitation. froid.

56 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION

Lorsque la dépression dans la pièce où se trouve l’appareil


est supérieure à la dépression dans le conduit d’évacua-
tion, il se produit un refoulement des gaz brûlés dans le
local. Ce refoulement peut provoquer une mauvaise com-
Principe des appareils à circuit de combustion
non étanche et étanche [CSTC-94] bustion produisant du monoxyde de carbone CO.

Quelques solutions
• Les appareils au gaz individuels à circuit de combustion
fermé
Pour éviter l’interaction entre le fonctionnement d’un
appareil au gaz et celui d’autres systèmes (installation de
ventilation, hotte, etc.), il est possible d’utiliser des appa-
reils “étanches”, dont le circuit de combustion est complè-
tement fermé vis-à-vis du local où ils sont installés. Ces
appareils sont équipés de deux conduits concentriques
ou séparés : l’un pour l’amenée de l’air comburant et
l’autre pour l’évacuation des gaz brûlés.

Dans les bâtiments collectifs, il est également possible


d’utiliser des appareils étanches selon le système CLV,
c’est-à-dire Combinatie Luchttoevoer Verbrandingsga-
safvoer ou, en français, système combiné d’amenée d’air
comburant et d’évacuation des gaz brûlés.
Ce système permet de raccorder différents appareils
étanches sur un conduit commun en modèle concen-
trique ou parallèle. Les appareils doivent être spéciale-
ment équipés à cet effet (étanches avec un ventilateur
incorporé de type C42 ou C43 selon la norme NBN D
51-003) [IBN -14]. La puissance de chaque appareil rac-
cordé ne peut dépasser 35 kW.
Le nombre maximum d’appareils qui peut être raccordé
dépend de la conception du système ; avec les systèmes
actuels, le raccordement de 25 appareils maximum est
autorisé.
De tels systèmes doivent satisfaire aux prescriptions de
la norme NBN D 51-003 et de son addendum 1. Seuls les
systèmes CLV pourvus du label CE/CATI2E+/BE sont
autorisés en Belgique.

• Le système VMC - gaz


L’encadré ci-dessous donne quelques recommanda- (Ventilation Mécanique Contrôlée - gaz)
tions à suivre lorsqu’il s’agit d’installations existantes. Lorsque l’on veut combiner l’évacuation des gaz brûlés
avec la ventilation, on peut utiliser ce qu’on appelle le
système VMC - gaz : conçu sur mesure, il se compose
Les installations existantes [CSTC-94] [IBN -14]
d’appareils au gaz non étanches avec dispositif
Lorsque l’on remplace un appareil au gaz installé dans une pièce
d’habitation, il est toujours conseillé de choisir un appareil de
incorporé de protection de l’évacuation mais également
combustion étanche. Si cela ne peut être le cas, il est possible d’une protection collective qui asservit le fonctionnement
d’utiliser un appareil de combustion non étanche en tenant de chaque appareil à celui de l’extracteur collectif.
compte des recommandations suivantes :
• les prescriptions de la norme NBN D 51-003 sont d’application ; • Pour les appareils à combustible solide ou liquide : poêle,
• un dispositif de protection de l’évacuation qui coupe l’appareil feux ouverts, etc.
en cas de refoulement des gaz brûlés doit être placé. Cette
sécurité ne peut jamais être débranchée ou court-circuitée ; Pour ces types d’appareils, il faut éviter les trop fortes
• pour l’appareil même, il faut prévoir une ouverture d’amenée dépressions dans la pièce où se trouve l’appareil. Pour
d’air permanente ayant une ouverture effective de 5 cm² par ce faire, on peut prévoir des ouvertures d’amenée d’air
kW, avec un minimum de 150 cm² ; suffisantes, tant pour l’appareil lui-même que pour les
• lorsqu’une hotte se trouve dans le même local que l’appareil, il
faut prévoir une ouverture d’amenée d’air obturable d’une sec- autres systèmes qui peuvent occasionner une dépres-
tion effective de 160 cm² par 100 m³/h de débit d’air utile de la sion (hotte, ventilation mécanique, etc.).
hotte. Cette amenée d’air sera ouverte lors du fonctionnement Il reste conseillé de choisir des appareils à circuit de com-
de la hotte. bustion/évacuation étanche.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 57


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

LA MÉTHODOLOGIE DE
CONCEPTION DU SYSTÈME
DE VENTILATION
Les choix de l’auteur de projet........................................................................................................ 59
Choix de l’implantation du bâtiment dans son site...................................................................................................59
Les vents...............................................................................................................................................................................................................59
L’environnement................................................................................................................................................................................................. 59
Choix de l’enveloppe extérieure et de son mode de construction................................................................59
Les conditions externes au projet.............................................................................................................................................................. 59
Les conditions internes au projet................................................................................................................................................................ 60
Choix de la disposition des locaux....................................................................................................................................60
La thermocirculation......................................................................................................................................................................................... 60
Le confort..............................................................................................................................................................................................................60
Choix de l’installation de ventilation..............................................................................................................................60
Choix des ouvertures pratiquées dans l’enveloppe...............................................................................................61
Les ouvertures d’amenée d’air OAR......................................................................................................................................................... 61
La ventilation intensive....................................................................................................................................................................................61
Les ouvertures d’extraction d’air OER..................................................................................................................................................... 61

Objectifs poursuivis et méthodologie de conception du détail.................................... 62


Illustration par un exemple : au stade de l’esquisse........................................................... 63
Etude de l’implantation.............................................................................................................................................................64
Choix des matériaux....................................................................................................................................................................64
Choix de la disposition des locaux....................................................................................................................................65
Les besoins de ventilation......................................................................................................................................................65
La ventilation de base selon l'AGW PEB du 15 mai 2014 et la norme NBN D50-001....................................................... 65
La ventilation intensive selon la norme NBN D50-001..................................................................................................................... 67
La ventilation des locaux spéciaux selon l'AGW PEB du 15 mai 2014 et la norme NBN D50-001.............................. 68
Choix de l’installation de ventilation..............................................................................................................................69
La partie médicale.............................................................................................................................................................................................70
La maison unifamiliale.....................................................................................................................................................................................70
Calcul du coût global de chaque type d’installation........................................................................................................................... 75
Choix de l’installation de ventilation....................................................................................................................... 75

Illustration par un exemple : au stade de l’avant-projet.................................................. 77


Le dimensionnement des ouvertures d’amenée d’air naturelle........................................................................77
Emplacement et type d’aérateur................................................................................................................................................................. 77
Dimensionnement............................................................................................................................................................................................. 77
Le dimensionnement des ouvertures de transfert..................................................................................................78
Emplacement et type d’ouverture de transfert..................................................................................................................................... 78
Dimensionnement............................................................................................................................................................................................. 79
Le dimensionnement des extractions d’air mécaniques.........................................................................................79
Emplacement des gaines et du ventilateur............................................................................................................................................ 80
Types de conduits, de ventilateur et de bouches................................................................................................................................ 80

Illustration par un exemple : au stade du projet.................................................................. 82

58 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Les choix de l’auteur de projet


Choix de l'implantation
du bâtiment dans son site
Définitions [IBN -03]
Le vent est un déplacement d’air, principalement horizontal,
Les vents
d’une zone de haute pression atmosphérique (masse d’air froid)
vers une zone de basse pression (masse d’air chaud).
L’infiltration naturelle de l’air dans un bâtiment est due à
La direction et la vitesse du vent caractérisent celui-ci : des différences de pression entre l’extérieur et l’intérieur ;
• la direction du vent en un lieu est donnée par l’orientation d’où elles sont engendrées soit par le vent, soit par l’écart de
il souffle ; température de part et d’autre de l’enveloppe extérieure.
• la vitesse du vent est exprimée en km/h.
Lorsque le vent frappe un bâtiment, il crée des mouve-
ments d’air au travers de ce dernier, de la façade au vent
(mise en surpression) vers la façade sous le vent (en
dépression).
Le vent en un lieu est dépendant du type d’environnement
et des obstacles rencontrés. La vitesse du vent, nulle au
niveau du sol, augmente avec la hauteur.
Une étude des vents dominants en fonction de l’orientation
du terrain, de l’implantation du bâtiment et de l’environne-
ment s’avère donc nécessaire afin de limiter les infiltrations
d’air incontrôlables.

L’annexe 5 reprend des graphes et des tableaux représen-


tant, pour chaque direction du vent, la fréquence du temps
d’occurrence et la vitesse moyenne des vents, à Uccle.

L’environnement
L’environnement (rural, urbain, industrialisé, etc.) et les
bâtiments voisins influencent le choix de l’implantation,
mais aussi celui de l’installation de ventilation (voir pp. 13
et 14).
L’immeuble lui-même modifie l’espace dans lequel il est
construit. Il complète ou redessine l’espace déterminé
socialement, il remplace un bâti ou une végétation, il modi-
fie les écoulements des eaux, il masque des espaces ou,
au contraire, il les expose au soleil, il modifie l’écoulement
de l’air et donc du vent.

Choix de l'enveloppe extérieure


et de son mode de construction
Prescriptions
urbanistiques :
Parti architectural Les conditions externes au projet
en fonction du
nature et
texture des maté-
programme, du
budget et du lieu
• Le climat extérieur
riaux
• Les contraintes urbanistiques d’intégration au site
• Le contexte réglementaire
Choix de la
• Les matériaux disponibles et les techniques de pose :
peau extérieure - texture, couleur ;
- étanchéité à l’air ;
Contraintes clima- Contraintes - durabilité, entretien ;
tiques : esthétiques et
- pluie et vent techniques :
- coût.
- ensoleillement - entretien
- cycle hivernal - durabilité Plus l'étanchéité à l'air de l'enveloppe est élevée,
- pollution - raccords
- etc. - étanchéité à l’air
plus le système de ventilation sera efficace.

Les objectifs et les repères de l'étanchéité à l'air ont été


précisés en p. 15.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 59


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Les conditions internes au projet


• Le programme
• Le climat intérieur
• Le parti architectural

Choix de la disposition des locaux

La thermocirculation [IBN -07-2]


La thermocirculation de l’air est un mode de distribution de
la chaleur : sous l’effet du rayonnement solaire, une paroi
intérieure s’échauffe et cède une partie de la chaleur accu-
mulée à l’air ambiant, par convection. L’air échauffé, plus
léger, provoque un mouvement ascendant, créant un
appel d’air plus frais. Si l’agencement des espaces s’y
prête, une circulation d’air s’établit entre les zones expo-
sées au rayonnement et les zones non exposées.
En période nuageuse ou pendant la nuit, le mouvement
d’air doit être empêché pour éviter une circulation inverse
produisant un refroidissement.

Le confort
Une installation de ventilation efficace permet d’obtenir
une bonne qualité de l’air intérieure, mais elle peut aussi
causer quelques désagréments, comme la transmission
de bruit et d’odeurs, d’un local à un autre.
Une bonne disposition des locaux permet de limiter ces
gênes, en regroupant les locaux par type d’activité ou en
disposant des espaces tampons, par exemple entre les
locaux bruyants et les locaux calmes.

Choix de l’installation de ventilation


Lors du choix d’une installation de ventilation, il faut tenir
Systèmes de ventilation Procédés de ventilation compte de plusieurs critères, à savoir :
selon la norme
NBN D50-001 [IBN -91] Amenée d’air Evacuation d’air • le climat local : les amenées et extractions d’air natu-
A naturelle naturelle
relles dépendent des conditions climatiques (voir p. 13) ;
• l’environnement : une installation de ventilation méca-
B mécanique libre (1)
nique est préférable dans un environnement bruyant et/
C libre (2) mécanique ou pollué (voir p. 14) ;
D mécanique mécanique • le type de bâtiment : une installation de ventilation libre
ou mécanique simple flux sera parfois encore utilisée
(1) On ne parle pas d’évacuation naturelle, puisque le système
pour des maisons unifamiliales ou des bâtiments de taille
comprend un ou plusieurs ventilateurs ; cependant, il s’agit
des mêmes ouvertures que les ouvertures pour l’évacuation moyenne, alors qu’on préférera le plus souvent une instal-
naturelle. lation de ventilation mécanique double flux ;
(2) On ne parle pas d’alimentation naturelle, puisque le système • le coût global d’une installation, assez élevé au départ,
comprend un ou plusieurs ventilateurs ; cependant, il s’agit
peut se révéler, à long terme, moins cher que celui d’une
des mêmes ouvertures que les ouvertures pour l’alimenta-
tion naturelle. autre installation, dont le coût initial est moins élevé (voir
p. 33) ;
• l’énergie : une installation de ventilation doit satisfaire le
besoin de ventilation avec une énergie d’utilisation mini-
male ;
• le contrôle de la ventilation : il est parfois intéressant
de réaliser une gestion de la ventilation “à la demande”,
lorsque les besoins de ventilation ne sont pas constants
(voir p. 36) ;

60 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

• la maintenance : les différents dispositifs d’une installa-


tion de ventilation doivent être correctement entretenus
afin d’assurer une ventilation efficace. La maintenance
est beaucoup plus aisée lorsqu’elle a été pensée dès la
conception de l’installation (voir p. 37) ;
• le rendement à long terme de l’installation (voir p. 39) ;
• la disposition des locaux : elle peut parfois rendre une
installation de ventilation inadéquate (passage de gaines,
etc.) ;
• le bruit : un système de ventilation mal étudié et mal
conçu peut nuire au confort acoustique.

Un tableau récapitulatif des avantages et inconvénients de


chaque type d’installation de ventilation est donné à la p. 32.

Choix des ouvertures


pratiquées dans l'enveloppe
Les annexes 2 et 3 reprennent, de façon détaillée, les différents Les ouvertures d’amenées d’air OAR
types de prises d’air des installations de ventilation naturelle et
mécanique. • Les ouvertures d’amenée d’air naturelles peuvent être
disposées :
- entre le vitrage et le châssis ;
- dans la menuiserie ;
- entre l’enveloppe opaque et le châssis ;
- dans l’enveloppe opaque.
Les passages d’air autorisés différencient également ces
ouvertures.

• Les ouvertures d’amenée d’air mécaniques se différen-


cient par :
- leur esthétique ;
- le bruit qu’elles engendrent ;
- leur encombrement ;
- leurs débits.

La ventilation intensive
La ventilation intensive s’opère selon deux modes éven-
tuellement combinables avec l’effet cheminée (voir p. 18) :
• la ventilation unilatérale ;
• la ventilation transversale ;
Ce type de ventilation requiert des débits importants mais
occasionnels, qui peuvent être obtenus par l’ouverture de
fenêtres et/ou de portes, qui doivent donc être position-
nées de façon à pouvoir assurer ce type de ventilation.

Les ouvertures d’extraction d’air OER


• Les ouvertures d’extraction d’air naturelles nécessitent
l’étude :
Les annexes 2 et 3 reprennent, de façon détaillée, les différents
types d’extractions d’air des installations de ventilation naturelle - de leur emplacement ;
et mécanique. - du débouché en toiture.

• Les ouvertures d’extraction d’air mécaniques se dis-


posent en tenant compte :
- de leur emplacement ;
- de leur encombrement.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 61


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Objectifs poursuivis et méthodologie de conception du détail


La méthodologie proposée ici vise à obtenir des qualités
ETUDE DE L’ESQUISSE
technique et énergétique optimales de la conception et de
la réalisation d’une installation de ventilation. La démarche
CHOIX :
proposée sera illustrée par des exemples ayant pour objet
- de l’implantation
un même bâtiment.
- des éléments de construction
- du mode de construction
Ses grandes lignes s’établissent comme suit :
- de la disposition des locaux
- du système de ventilation • Définition des données issues de l’esquisse et des
SELON : contraintes à respecter.
- contraintes urbanistiques
- durabilité, entretien • Critères de choix :
- structure - de l’implantation du bâtiment dans son site ;
- esthétique - de l’enveloppe extérieure et de son mode de construc-
- cohérence mutuelle et compatibilité de jonction tion ;
- etc. - de la disposition des locaux ;
Test de cohérence - de l’installation de ventilation ;
et de compatibilite => SOLUTION 1 - des ouvertures pratiquées dans l’enveloppe.

• Ces critères sont à préciser et à appliquer de façon pro-


gressive, comme schématisé ci-contre :
- dès l’esquisse ;
- au stade de l’avant-projet ;
- au projet d’exécution.
ETUDE DE L’AVANT-PROJET
• Traduction de ces critères en terme de prescriptions ou
Identification et conception de l’installation de de points à contrôler :
ventilation - en phase de conception : cahier des charges ;
- en phase d’exécution : chantier et réception.
Adaptation des choix => SOLUTION 1’

PROJET D’EXECUTION
PRECISION DES DETAILS

Intégration des divers composants de l’installation


de ventilation : filtration, acoustique, etc.

Adaptation des solutions


+ infos sur la réalisation,
cahier des charges, etc. => SOLUTION 1”

62 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Illustration par un exemple : au stade de l’esquisse


Ces plans, au stade de l’esquisse (solution 1), com-
prennent les gaines techniques sanitaires et les che-
minées, mais ne donnent aucune mention des appa-
reillages de ventilation, qui restent à étudier.

Implantation Coupe AA

Sous-sol Rez-de-chaussée Etage

Façade est Façade nord

Façade ouest Façade sud

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 63


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Soit, à titre d’exemple, le programme architectural d’une


maison unifamiliale, comprenant :
• au sous-sol : un garage pour deux voitures, une chauffe-
rie, deux caves et deux vides ventilés ;
• au rez-de-chaussée :
- un cabinet médical : hall, salle d’attente, W.-C. et cabinet ;
- la zone de jour de la maison unifamiliale: hall, W.-C.,
buanderie, cuisine, salle à manger, séjour et bureau ;
• à l’étage : quatre chambres, un W.-C., une salle de bain
et un espace de jeux en mezzanine sur le séjour et le hall
d’entrée.

Etude de l’implantation
Le terrain peu pentu est situé sur le versant d’une vallée,
dans un quartier résidentiel peu bruyant et peu pollué. Il ne
génère pas de contraintes particulières de bruit ou de pol-
lution.

Ensoleillement En Belgique, les vents dominants soufflent principalement


du sud-ouest et du nord-est aux changements de saisons.
Vues à privilégier Si l’on examine les tableaux donnés en annexe 5, on
constate que les vents de direction ouest et sud-ouest sont
les plus fréquents.
Le terrain en question est donc assez bien exposé aux
vents, mais le relief de la vallée atténue un peu leurs effets.
RUE

Le bâtiment est orienté principalement vers le nord-est et


le sud-ouest et il est implanté de façon à laisser libre une
grande partie de la parcelle du côté sud.
Les pressions de vents s’exerçant principalement sur la
façade sud-ouest, il est préférable de placer les locaux de
vie dans cette partie afin, non seulement de favoriser les
amenées d’air frais, mais aussi de profiter de l’ensoleille-
ment et, dans ce cas, du paysage.

Choix des matériaux


L’ensemble du bâtiment s’inscrit dans un contexte urbanis-
tique et paysager, tant par une logique de réponse aux
conditions climatiques régionales, que par une volonté
d’intégration dans le contexte existant.

Ainsi, le volume a été conçu avec une pente de toiture


nécessitée par la couverture traditionnelle en ardoises
naturelles. Une pente de 35° a été choisie, correspondant
aux prescriptions urbanistiques locales qui imposent une
toiture de 30 à 40° pour les volumes principaux.
La plupart des murs extérieurs sont constitués de blocs de
béton intérieurs apparents, d’une couche d’isolation ther-
mique et d’un parement en blocs de béton recouverts de
crépi.
A l’étage, pour les façades est et ouest, le parement exté-
rieur est constitué d’un bardage en ardoises naturelles.
Les châssis sont en bois et munis de double vitrage.
Implantation L’ensemble de l’enveloppe extérieure du bâtiment répond
à un bon niveau d’étanchéité à l’air qu’il faut veiller à main-
tenir lors de la construction, principalement au niveau des
noeuds et jonctions du bâtiment.

64 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Choix de la disposition des locaux


Etant donné l’implantation du terrain et du bâtiment, les
orientations à privilégier vont du sud-est au sud-ouest ; au
rez-de-chaussée, il a donc été décidé de placer l’aile du
cabinet médical dans la zone nord du bâtiment. Le cabinet
médical est toutefois orienté vers le sud-ouest afin de pou-
voir profiter de l’ensoleillement, de la vue et de la pression
des vents.

Pour les mêmes raisons, les locaux de vie de l’habitation


sont tournés vers le sud-ouest. Ces locaux sont ouverts
les uns par rapport aux autres, permettant ainsi la libre
circulation de l’air. La cuisine est ainsi ouverte vers la salle
à manger, mais fermée par rapport à la buanderie.
La cheminée est centrale, ce qui permet de bien profiter de
la chaleur dégagée, dans l’ensemble du bâtiment.

A l’étage, un espace de jeux, en mezzanine sur le hall et


le séjour, dessert les quatre chambres, réparties aux
quatre extrémités du bâtiment, ainsi que la salle de bain et
le W.-C.
La mezzanine permet la thermocirculation de l’air : l’air
échauffé par l’apport solaire au travers des vitrages (du
bureau, du séjour) monte vers l’espace de jeux et redes-
cend vers le hall, attiré par la face nord plus fraîche. Il
retourne, enfin, vers le séjour, en traversant la porte sépa-
VENTI-
LATION rant le hall du séjour.

Les besoins de ventilation


La ventilation de base selon l'AGW PEB du
15/12/16 [GW -16-2] et la norme NBN D50-
001 [IBN -91]
Pour cet exemple, la partie résidentielle doit suivre les
exigences de débits de ventilation de base selon l’Annexe
C2-VHR de l’AGW PEB du 15/12/16 [GW -16-2] et la
norme NBN D50-001 [IBN -91], expliquées en détail en
pages 17 et suivantes. Le tableau ci-après récapitule les
Débits d’air à satisfaire, dans les locaux
de la partie résidentielle
débits d’air à satisfaire dans ces locaux.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 65


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Il reprend les intitulés d’occupation tels que le propose le


logiciel PEB, qui peut être utilisé pour établir ces besoins.
Pour les locaux secs de la partie résidentielle, le débit
minimal d’amenée d’air à satisfaire part de 3,6 m³/m² de
surface au sol du local (colonne « Alimentation – min. ») ;
ce débit a ensuite été arrondi la demi-dizaine supérieure.
C’est cette même valeur arrondie qui a été reprise ensuite
dans la valeur choisie du transfert, afin de permettre à cet
air de transiter vers les locaux humides.

Pour les locaux humides, il n’y a pas d’alimentation directe,


mais une évacuation vers l’extérieur, reprise au départ de
la valeur minimale imposée par la norme (colonne
"Evacuation – min."). On obtiendrait ainsi 575 m³/h à ame-
ner dans les locaux secs, pour 275 m³/h à évacuer au
départ des locaux humides. Pour un peu mieux équilibrer
les débits, une évacuation de 75 m³/h est ajoutée au
départ du hall du rez-de-chaussée, tandis que les débits
d’évacuation choisis dans les trois locaux de buanderie,
salle de bain et douche sont portés à 75 m³/h. Le total des
débits à évacuer atteint ainsi 425 m³/h.

La différence de 575 – 425 = 150 m³/h est partiellement


réduite par les exfiltrations d’air dues à la mauvaise étan-
chéité de l’enveloppe : même à n50 = 1 vol/h recommandé
par la norme NBN D50-001 lorsque l’on dispose d’un sys-
tème double flux avec récupération de chaleur, cela fait n50
= 1.070 m³/h ou encore 43 m³/h à Δ P = 2 Pa.

Avec un système mécanique de ventilation, il en résultera


une légère mise sous pression du bâtiment, dans lequel on
insuffle 575 m³/h tandis que l’on extrait (425 + 43 =) 468
m³/h.

Les débits d’air pour la partie médicale ont été déterminés


selon l’Annexe C3-VHN de l’AGW PEB du 15/12/16 [GW
-16-2] et la norme NBN EN 13 779 [IBN -07-1], expliquées
en détail aux pages 19 et suivantes. La salle d’attente est
considérée comme une salle d’attente d’un lieu public, et
le cabinet médical comme une salle de traitement et d’exa-
men au service des soins de santé. Le tableau ci-après
récapitule les débits d’air à satisfaire dans ces locaux.
Débits d’air à satisfaire, dans les locaux
de la partie médicale

Ils sont répartis en espaces destinés (ou non) à l’occupa-


tion humaine, les premiers concernant la salle d’attente et
le cabinet médical, tandis que le w.-c. et le hall sont des
espaces non destinés à l’occupation humaine.

66 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

La surface au sol par personne est de 1 m²/pers. dans les


salles d’attente et de 5 m²/pers. dans les salles d’examen.
Cela conduit à une densité de, respectivement (10,62
arrondis à) 11 occupants et de (6,76 arrondies à) 7 per-
sonnes dans la salle d’examen. Multipliés par 22 m³/h par
personne (catégorie d’air intérieur IDA 3), ces taux d’occu-
pation amènent à un débit minimal de conception de, res-
pectivement, 242 m³/h et 154 m³/h, tous deux considérés
comme le débit d’alimentation d’air neuf.

Dans les espaces non destinés à l’occupation humaine, on


obtient 25 m³/h comme débit min. de conception dans le
w.-c., débit repris tel quel en tant que débit d’évacuation.
Pour le hall, le débit min. de conception (Autres espaces)
est de 4,62 m³ x 1,3 m³/h.m³ = 6 m³/h, mais on considé-
rera évacuer 50 m³/h au départ du hall afin d’aider à l’équi-
librage du système de ventilation de la partie médicale.
Ces 50 m³/h sont transférés au départ de la salle d’attente
vers le hall. Depuis la salle d'attente, 167 m³/h seront éva-
cués directement vers l’extérieur. Enfin, on considérera
que l’air amené dans le cabinet médical en sera directe-
ment évacué. Ces choix conduisent à un système équilibré
avec 396 m³/h d’air amené et les mêmes 396 m³/h d’air
évacué vers l’extérieur.

La ventilation intensive selon la norme


NBN D50-001
Dans certains cas et pour certains locaux, il est nécessaire
de prévoir, outre les dispositifs de ventilation requis pour
une occupation normale, la possibilité de mettre en œuvre
temporairement un dispositif d’évacuation d’air complé-
mentaire et intensive (en cas de surchauffe suite à l’enso-
leillement ou en cas de forte occupation des locaux).
Pour ce qui concerne les immeubles non résidentiels, ni l’Annexe
C3-VHN de l’AGW PEB du 15/12/16 [GW -16-2] ni la norme NBN La norme NBN D50-001 demande que ce type de ventila-
EN 13779 ne prévoient de ventilation intensive des locaux. Le tion soit assuré par l’ouverture des portes et/ou fenêtres
contexte particulier de la partie médicale justifie de veiller à éviter
une pollution intérieure exagérée, même temporaire. En appli- dont la superficie totale s doit au moins équivaloir à :
quant la même règle de dimensionnement que celle prévue par • 6,4 % de la superficie au sol des pièces présentant des
la norme NBN D50-001, le cabinet médical et la salle d’attente ouvertures dans une seule façade : ventilation unilatérale ;
disposent de fenêtres de dimensions suffisantes pour assurer • 3,2 % de la superficie au sol des pièces présentant des
une ventilation intensive.
portes et des fenêtres ouvrantes dans plusieurs façades :
ventilation transversale. Les surfaces s1 et s2 de chacune
des fenêtres ou portes ouvrantes doivent au moins être
égales à 40 % de la surface totale s ; dans le tableau ci-
après, s1 a été choisie comme permettant le minimum
d’ouverture (40 %) et s2 offrant le reste.

Le tableau suivant reprend, pour chaque local, les superficies


minimales des fenêtres à satisfaire selon le critère de la ven-
tilation intensive ainsi que les surfaces réelles des fenêtres,
telles qu’elles ont été dessinées dans l’[Link] fenêtres
d’angle n’ont pas été considérées comme des fenêtres
situées sur deux façades différentes puisqu’elles ne per-
mettent pas une ventilation réellement transversale.

Outre les exigences d’ouverture minimale, la norme NBN


D50-001 n’impose aucune exigence spécifique aux dispo-
sitifs de ventilation intensive. Dans la pratique, cela signifie
que les fenêtres ouvrantes classiques satisfont aux exi-

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 67


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Ventilation unilatérale Ventilation transversale

Superficie Superficie minimale Superficie réelle


Surface S Superficie s = 0,032 X S [m²]
Locaux minimale sr [m²]
[m²] réelle sr
s = 0,064 X S s1 s2
[m²] sr sr 1 sr 2
[m²] s
(s x 0,4) (s x 0,6)
Bureau 7,27 0,47 2,18 - - - - - -
Salon 27,54 1,76 5,28 - - - - - -
Salle à manger 26,46 - - 0,85 0,34 0,51 7,92 1,32 6,6
Chambre 1 22,74 - - 0,73 0,29 0,44 3,2 2 1,2
Chambre 2 12,60 0,81 1,8 - - - - - -
Chambre 3 18,17 1,16 4,42 - - - - - -
Chambre 4 21,16 1,35 1,32 - - - - - -
Espace de jeux 25,14 1,61 4 - - - - - -
Cuisine 15,92 - - 0,51 0,20 0,31 2,04 1,4 0,64

gences dans la plupart des cas.


Cependant, que ce soit dans le cas de la ventilation ou du
free cooling, pour pouvoir laisser les fenêtres ouvertes de
manière prolongée (pendant la nuit, par exemple), il
s’avère indispensable :
- d’empêcher la pénétration d’insectes ;
- de garantir une protection suffisante contre l’effraction ;
- de limiter le risque de pénétration de la pluie ;
- d’éviter la gêne acoustique de l’extérieur.
La note d’information technique NIT 203 [CSTC-97] donne un
aperçu des types de châssis courants, assortis de leurs per-
formances et limitations en matière de ventilation intensive.

La ventilation des locaux spéciaux selon


l'AGW PEB du 15/12/16 [GW -16-2] et la
norme NBN D50-001 [IBN -91]
• Le garage
475 cm² Sa superficie est de 47,6 m².
(175 m³/h) Selon la norme, des ouvertures d’aération, situées dans la
partie basse de la ou des parois verticales en contact avec
l'extérieur, sont nécessaires. La partie supérieure de ces
475 cm² ouvertures est située au maximum à 40 cm du niveau du
(175 m³/h)
50 m³/h plancher du garage. Deux ouvertures peuvent éventuelle-
(139 cm²) ment être placées dans la partie basse des deux portes du
garage (minimum 0,2 % de la superficie de plancher, à
savoir 950 cm²).
Il faut également veiller à ce que les portes séparant le
garage des autres parties de l’habitation soient d’une étan-
chéité à l’air maximale, pour éviter que les éventuelles éma-
nations de gaz d’échappement puissent migrer vers les
autres locaux du bâtiment.
La superficie du garage étant supérieure à 40 m², une
extraction mécanique est nécessaire, au sens strict de la
norme. L’option d’ajouter, dans cet exemple, un extracteur
temporisé est largement suffisante puisqu’il s’agit d’une mai-
son d’habitation tout à fait standard dont le garage sert au
parcage de deux voitures et ne constitue pas un atelier
mécanique d’entretien ou de réparation de véhicules.

• La chaufferie
La chaufferie doit satisfaire les exigences de la norme NBN
D 50-001 pour ce qui concerne les chaufferies et locaux de

68 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

chauffe (§ 5.6), à savoir, dans tous les cas, de prévoir une


ouverture d’amenée d’air et une ouverture d’évacuation,
toutes deux non obturables.

De plus, si elle est équipée d’appareils de combustion non


étanches, la ventilation (ventilation basse et ventilation
haute) de la chaufferie doit répondre aux exigences des
normes NBN B 61-001 [IBN -86] pour la chaufferie et la che-
minée et NBN D 51-003 [IBN -14] pour l’installation alimen-
tée au gaz naturel en cas de chaudière gaz.

La norme NBN S 21-207 [IBN -87] pour la protection contre


l’incendie des bâtiments élevés ne s’applique pas ici.

• Les caves
Elles sont ventilées par une ventilation naturelle, au moyen
de grilles de ventilation. La somme des débits à travers
toutes les grilles doit au moins être égale à 50 m³/h, pour une
différence de pression de 2 Pa, ce qui correspond à une
ouverture d’aération de 139 cm².

Choix de l’installation de ventilation

Remarque générale
Une première réflexion d’abord : un système global de
ventilation pour les deux parties (résidentielle et non
résidentielle) ou deux systèmes séparés ?
La partie résidentielle demande au total 575 m³ en ame-
née d’air (ou en pulsion) et 425 m³ en évacuation (ou en
extraction). La partie non résidentielle demande au total
396 m³ en amenée d’air (ou en pulsion) dans la salle
d’attente et dans le cabinet médical ; les besoins en
évacuation (ou extraction) d’air sont également de 396
m³/h.
Le choix de deux systèmes de ventilation séparés per-
mettrait :
- de plus facilement régler les plages de fonctionne-
ment en relation avec les heures de présence des
parties résidentielle et non-résidentielle (p. ex. 20 %
du débit maximum pour la partie non-résidentielle en
dehors des heures d’ouverture du cabinet médical) ;
- de prendre des mesures visant à limiter la génération
et la propagation de bruit dans les systèmes de ven-
tilation, ce qui rendra la partie médicale d’autant plus
discrète et confidentielle.
De plus, au point de vue technique, le choix d’un seul
système aurait pour inconvénients :
- le coût : au-delà de 500 à 550 m³/h, on s’oriente vers
des groupes de ventilation de type « industriel », plus
chers (un groupe de 800 m³/h coûte plus cher que 2
groupes de 400 à 450 m³/h) ;
- l’encombrement des gaines de distribution de l’air et
du groupe de ventilation, ainsi que le poids de ce
dernier.
Il est donc préférable de prévoir des systèmes séparés.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 69


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

La partie médicale
Les systèmes simples flux A, B ou C sont peu compatibles
avec une gestion précise des débits, tant amenés qu'ex-
traits. Il ne sera donc envisagé qu'un système de ventila-
tion double flux de type D

• Système D : alimentation et extraction mécaniques

Le schéma ci-contre reprend le sens des flux d’air et leur


débit respectif nécessaire pour assurer une bonne ventila-
tion de base.
Cette installation de ventilation est très maîtrisable, quelles
que soient les conditions climatiques extérieures. Elle se
prête également à une commande automatique, facilitant
ainsi la gestion des débits (lorsque le cabinet médical n’est
pas utilisé, par exemple).
La filtration de l’air amené est possible, mais dans le cas
d’un cabinet médical où chaque patient transmet à l'air ses
propres contaminants, il est illusoire de vouloir
maintenir une qualité de l’air intérieur qui soit parfaite.

Les conduites sont verticales et rejoignent le ventilateur


dans les combles.
Ce système permet également la récupération de la cha-
OAM (154) OAM (242) leur contenue dans l’air extrait afin de préchauffer l’air
A A’
neuf.
OT (75)
OEM (167) Le principe de fonctionnement de la ventilation double flux
est décrit de façon générale à la p. 29 et l’annexe 3
OT (25) reprend les divers composants de ce type d’installation de
ventilation.
OEM (154) OEM (50)
• Récapitulatif
OEM (25)

Dans cet exemple, où l’environnement extérieur n’est ni


pollué ni bruyant et où le climat extérieur est modéré (au
OAM (m³/h) = ouverture d’amenée mécanique sens de la typologie des climats définies à la p. 13), l’ins-
OEM (m³/h) = ouverture d’évacuation mécanique
OT (cm²) = ouverture de transfert
tallation de ventilation double flux (système D) représente
Les chiffres entre parenthèses donnent : un investissement de départ important, eu égard aux
• pour les OAR et OER : le débit de ventilation nominal requis ; besoins réels de ventilation, mais qui est rentabilisé à long
• pour les OT : la section de l’ouverture de transfert à réaliser.
terme grâce à la récupération de chaleur sur l’air extrait.

La maison unifamiliale
Remarque générale : lorsqu’elle est abordée, l’extraction
d’air au départ de la cuisine ne concerne pas le circuit
d’extraction de la hotte, qui est séparé du système de ven-
tilation du local.

• Système A : alimentation et extraction naturelles

Les schémas ci-contre reprennent le sens des flux d’air et


leur débit respectif nécessaire pour assurer une bonne
ventilation de base.
Ce système a l’avantage d’être simple et de nécessiter
peu d’entretien. Il ne demande aucune énergie électrique
spécifique.
Par contre, les débits d’air dépendent des conditions cli-
matiques et ne sont donc pas contrôlables, sauf de
manoeuvrer manuellement chaque ouverture d’amenée

70 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Système A d’air. Ils ne peuvent pas, non plus, être soumis à une com-
mande automatique qui permettrait, par exemple, de les
diminuer durant la nuit ou lors de périodes plus ou moins
OAR (30) OER (25) longues d’inoccupation du bâtiment.
OT (25)
OT L’inconvénient majeur de ce système provient des conduits
(30)
(1 T
O
)

verticaux des extractions d’air naturelles ; les débouchés


00

OT (25) de ces conduits doivent se situer le plus près possible du


OER (75) faîte. C’est pourquoi l’extraction d’air de la cuisine impose
OAR (100)
le passage d’une gaine à encastrer dans la maçonnerie du
mur extérieur ; celle de la buanderie et de la salle de bain
OT (75) OT (75) impose une gaine prolongeant le mur de refend ; ce der-
nier conduit vertical, ainsi que le conduit vertical des W.-C.,
sont déviés dans les combles afin de rejoindre la chemi-
OER (75)
OAR (100) née et de déboucher en toiture près du faîte. Le conduit
vertical de la douche ne pose pas de problème particulier.
Rez-de-chaussée Il y a donc en tout quatre débouchés en toiture, dus aux
extractions d’air naturelles.
OAR (50) La ventilation du garage et des caves a été décrite à la p.
68.
OT (50) Le principe de fonctionnement de la ventilation naturelle
OAR (75)
OT (75)
OT
est décrit de façon générale à la p. 25 et l’annexe 2
(75) OER (25) reprend les divers composants de ce type d’installation de
OT (25)
OER (75) ventilation.

• Système B : alimentation mécanique et extraction


OER (75)
libre
OAR (75)
OT (75)
Le principal avantage de ce type d’installation est que la
filtration de l’air amené est possible, permettant ainsi l’éli-
OT (70) OT (70) mination des polluants auxquels les habitants peuvent être
sensibles.
Etant donné qu’il s’agit ici d’une maison unifamiliale située
OAR (70) dans un environnement non pollué et peu bruyant, la filtra-
tion de l’air amené ne se justifie pas réellement.
Etage OAR (70) De plus, ce type d’installation de ventilation impose un
OAR (m³/h) = ouverture d’amenée réglable réseau de conduits assez important, comprenant les
OER (m³/h) = ouverture d’évacuation réglable
OT (cm²) = ouverture de transfert
conduits verticaux d’extraction d’air libre (voir le système
Les chiffres entre parenthèses donnent : A) et les conduits verticaux d’amenée d’air mécanique se
• pour les OAR et OER : le débit de ventilation nominal requis ; regroupant au ventilateur situé dans les combles.
• pour les OT : la section de l’ouverture de transfert à réaliser.
Les conduits d’amenée d’air mécanique n’ont pas besoin d’être verti-
caux mais, dans cet exemple, la solution la plus discrète consiste à
placer le ventilateur dans les combles et à créer un réseau de conduits
permettant d’acheminer l’air neuf dans chaque local concerné.

Ce système constitue donc, non seulement un investisse-


ment important par rapport aux besoins réels de ventilation
du bâtiment en question, mais en plus, il nécessite de
l’énergie électrique et une maintenance régulière.

Le principe de fonctionnement de la ventilation simple flux


à alimentation mécanique est décrit de façon générale à la
p. 26 et les annexes 2 et 3 reprennent les divers compo-
sants de ce type d’installation de ventilation.

• Système C : alimentation libre et extraction


mécanique

Les schémas de la page suivante reprennent le sens des


flux d’air et leur débit respectif nécessaire pour assurer
une bonne ventilation de base.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 71


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Système C Le principal avantage de ce type d’installation de ventila-


tion est le contrôle sur les débits d’air extrait.
Les conduits d’extraction d’air ne doivent pas obligatoire-
OAR (30)
OEM (25) ment être verticaux mais, dans cet exemple, il est préfé-
OT (25)
rable de réaliser des conduits verticaux car la plupart des
OT
(30) locaux “humides” se superposent : c’est le cas des W.-C.
(1 T
O
)
00

et de la buanderie en dessous de la salle de bain.


OT (25)
Seule l’extraction de la cuisine aurait pu éventuellement sortir directe-
OEM (75) ment à l’extérieur ; cela aurait permis de ne pas devoir faire passer un
OAR (76)
conduit dans la maçonnerie du mur extérieur, mais cela aurait imposé,
par contre, un deuxième ventilateur d’extraction.
OT (75) OT (75)
Les quatre conduits verticaux sont déviés dans les combles
afin de rejoindre le ventilateur. Ce système possède éga-
OEM (75) lement l’avantage de n’avoir qu’un seul débouché en toi-
OAR (100)
ture, au lieu de quatre dans le cas d’une installation de
Rez-de-chaussée ventilation naturelle.

Une commande automatique peut être envisagée afin de


OAR (50)
réduire les débits d’air extrait pendant la nuit ou en période
d’inoccupation, par exemple.
OT (50) Une pompe à chaleur peut être intégrée au système, per-
OAR (75)
OT (75) mettant de récupérer la chaleur de l’air extrait et de la
OEM (25) restituer soit au système de chauffage des locaux, soit au
OT (25) réseau d’eau chaude sanitaire.
OEM (75)
Les débits d’air neuf, par contre, ne sont pas contrôlables
V et l’air amené ne peut pas être filtré.
OEM (75)
Ce type d’installation de ventilation nécessite également
OAR (75)
OT (75)
de l’énergie électrique et une maintenance régulière, mais
il s’avère peu coûteux à l’exploitation.
Il s’agit donc d’un système intéressant, surtout s’il est éga-
OT (70) OT (70)
lement appliqué au cabinet médical.

OAR (70)
Le principe de fonctionnement de la ventilation simple flux
à extraction mécanique est décrit de façon générale à la
p. 27 et les annexes 2 et 3 reprennent les divers compo-
Etage OAR (70) sants de ce type d’installation de ventilation.
OAR (m³/h) = ouverture d’amenée réglable
OEM (m³/h) = ouverture d’évacuation mécanique • Système D : alimentation et extraction mécaniques
OT (cm²) = ouverture de transfert
Les chiffres entre parenthèses donnent :
• pour les OAR et OER : le débit de ventilation nominal requis ;
Bien que ce système soit très maîtrisable, quelles que
• pour les OT : la section de l’ouverture de transfert à réaliser. soient les conditions climatiques extérieures, et qu’il se
prête à une commande automatique des débits, il repré-
sente un investissement de départ important.

Couplé à un récupérateur de chaleur sur l’air extrait, ce


système permet des économies importantes. L’air extrait
cédant sa chaleur à l’air neuf, cet air est alors pulsé à une
température beaucoup plus proche de la température de
l’air ambiant. Ceci permet, en plus des économies de
chauffage de l’air neuf, d’obtenir des conditions de confort
beaucoup plus agréables.
Ce système est souvent difficile à intégrer en rénovation,
mais se trouve de plus en plus dans les nouvelles
constructions.

Le principe de fonctionnement de la ventilation double flux


est décrit de façon générale à la p. 29, et l’annexe 3
reprend les divers composants de ce type d’installation de
ventilation.

72 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Tableau récapitulatif • Récapitulatif


SYSTEME C
Critères SYSTEME A SYSTEME B à la SYSTEME D
Le tableau ci-contre récapitule les avantages et inconvé-
demande nients de chaque système de ventilation appliqué à la maison
Complexité     unifamiliale. On peut considérer une approche multicritère du
choix entre les systèmes A à D, dans ce cas particulier, en
Encombrement
des conduits     affectant un poids égal à chacun des 12 critères d’apprécia-
de ventilation tion. Le système C envisagé ici est "à la demande" ; le sys-
Filtration tème D comporte un récupérateur de chaleur.
traitement de    
l'air
L’histogramme ci-contre illustre les résultats de l’analyse
Risque de portant sur les 12 critères. Il a été construit en positionnant
refoulement et
d'infiltration     le nombre total de cotes neutres () à cheval sur la ligne
des gaz prove- « 0 », en ajoutant le nombre de résultats positifs () au-
nant des sols
dessus et le nombre de résultats négatifs (), en-dessous.
Contrôle des
débits d'air     On pourrait presque parler de "podium" :
amené
- Arrive en tête des points positifs obtenus : le système
Contrôle des
débits d'air     D avec 8 points, puis les systèmes B et C à la demande
extrait avec 5,5 points, enfin le système A avec 5 points. Le
Gestion des système D totalise le plus de résultats positifs (8 ),
débits    
grâce au bon contrôle et à la bonne gestion des débits,
Maintenance de
l'installation     au moindre risque de refoulement ou d’infiltration des
gaz provenant du sous-sol, et à la possible filtration de
Récupération
de chaleur     l’air neuf.
Consommation
- Tenant compte de récupération de la chaleur sur l'air
d'énergie pour extrait, le coût global du système D s'avère intéres-
chauffer l'air     sant, grâce à un coût d'utilisation amoindri.
neuf
- Si l’on regarde le total des points négatifs, le classe-
Consommation
électrique     ment est comparable, puisque le système D accuse
moins de points négatifs (-4) que les systèmes B et C
Coût global     à la demande (-6,5), et que le système A (-7). Les
cotes défavorables du système D s’expliquent par la
Total     complexité et l’encombrement de l’installation, par le
4 2 6 3 5 4 2 7 3 8 0 4
coût d’investissement et de maintenance, de même
que sa plus forte consommation électrique.
- Le système C à la demande présente un score de "deu-
Classement des systèmes de ventilation
xième", obtenant moins de cotes favorables (2 ) et
A B C D plus de cotes moyennes (7 ) que le système D.
à la demande
8  On peut, par conséquent, conclure que le système D
2 
3  équipé d’un récupérateur de chaleur doit être envisagé,
4 
tandis que le système C à la demande reste une alterna-
2  5  7  tive intéressante.
4 
6   Une seule installation ou deux installations séparées, pour
4 3 
la maison et le cabinet médical ? La différence, importante,
entre les volumes respectifs de pulsion et d’extraction des
deux parties du bâtiment, plaide pour choisir la solution
d’installations séparées, d’autant plus qu’elles sont utili-
sées dans des contextes et pendant des périodes eux
aussi très différents.

Après cette comparaison qualitative, il reste, à présent,


pour affiner le choix du système, à évaluer de manière
quantitative le coût global de chaque type d’installation de
ventilation. Ont donc été envisagés :
- le système D avec récupération de chaleur ;
- le système C "à la demande", son utilisation étant alors
régulée selon les concentrations de polluants (CO2,
humidité) réellement constatées.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 73


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Nous n’avons pas tenu compte, dans cet exemple, de la


concentration de radon dans l’habitation. Si celle-ci est
importante, et afin de diminuer les concentrations de
radon, il vaut mieux mettre la maison en surpression (sys-
tème B) plutôt qu’en dépression (système C), et pratiquer
une ventilation accrue dans les caves et vides ventilés. Le
système C est alors à déconseiller.

L’encadré ci-après donne un aperçu de la problématique


du radon dans les habitations. Pour de plus amples infor-
mations, il est conseillé de consulter la NIT 211 du CSTC
“Le radon dans les habitations : mesures préventives et
curatives” [CSTC-99].

Le radon dans les habitations


(principalement inspiré de [CSTC-99])
Le radon (Rn) est un gaz radioactif incolore, inodore et insipide. Il Deux éléments jouent un rôle prépondérant dans la distance parcou-
résulte de la désintégration naturelle de l’uranium dans le sol, dans rue par le radon :
les couches rocheuses et dans l’eau. De plus, le radon se décompose • la perméabilité du sol : plus le sol présente de fissures et d’ouver-
pour former des particules radioactives additionnelles - appelées tures, plus le radon s’y déplace aisément. En ce qui concerne l’infil-
“descendants” - qui se déposent et dont certaines vont se fixer sur la tration dans les habitations, le degré de finition du plancher en
poussière, la fumée et d’autres particules présentes dans l’air. contact avec le sol joue un rôle déterminant ;
Le radon présent dans le sol est libéré dans l’atmosphère ; il est très • la présence d’une force motrice assurant le transport : le radon peut
dilué et n’est donc pas préoccupant. Cependant, lorsque le gaz s’in- se déplacer par diffusion, par convection et avec l’eau.
filtre dans un milieu fermé, comme dans un bâtiment, l’accumulation Dans les habitations présentant des concentrations élevées de
qui s’ensuit peut parfois entraîner des concentrations élevées et radon, l’infiltration de ce gaz est généralement causée par des cou-
mettre la santé des occupants en péril. rants de convection ; s’il existe une barrière efficace entre l’habita-
tion et le sous-sol, le radon peut quand même se déplacer par diffu-
L’être humain est en permanence exposé à un certain rayonnement
sion.
radioactif, d’origine naturelle ou accentué par l’activité humaine. Une
Si l’eau représente un bon écran au radon, elle constitue aussi un
part importante de ce rayonnement vient de l’irradiation interne résul-
conducteur idéal. Le radon présent dans l’eau peut parcourir des
tant de l’inhalation du radon.
distances considérables dans le sous-sol. Lorsqu’elle est utilisée à
Le seul risque connu associé à une exposition au radon est un risque
des fins ménagères, cette eau permet au radon de pénétrer dans les
accru de contracter un cancer des poumons. Ce risque dépend de la
habitations ; ces cas sont toutefois rares.
concentration de radon dans l’air et de la durée d’exposition.
La concentration de radon dans l’air s’exprime en Bq/m³ ; la quantité Le radon provenant des matériaux de construction
de radon dégagée par les matériaux de construction (ce que l’on
Les matériaux de construction pierreux, comme la brique, la pierre
appelle “exhalation”) s’exprime en Bq/kg.s.
naturelle, les blocs de béton... contiennent également des “descen-
Depuis 2007, le radon constitue un critère minimum de salubrité dans dants” de l’uranium et exhalent dès lors du radon. Le taux d’exhala-
le Code wallon du logement, au même titre que l'amiante, les moisis- tion dépend du type de matériau.
sures ou le plomb. Les normes belges sont respectivement de 200
Les techniques destinées à lutter contre les concentrations trop
Becquerels par mètre cube (Bq/m³) dans les maisons neuves et de
élevées de radon
400 Bq/m³ dans les maisons existantes. L'OMS (Organisation
Mondiale de la Santé) recommande des concentrations inférieures à Le tableau ci-dessous donne un aperçu général des principales tech-
100 Bq/m³. niques destinées à lutter contre les concentrations trop élevés de
radon.
Il est intéressant de faire réaliser un test de radon par un organisme
spécialisé, dans son habitation (par ex. par les SAMI, Services d'Ana-
lyse des Milieux Intérieurs). Bien qu'il existe des régions plus tou-
chées par le radon, actuellement, aucune zone ne peut être classée
sans risque. Ce test passif, 2 à 3 mois en période de chauffage
hivernal, permet de calculer une moyenne d'exposition des habitants.
La situation en Belgique
La concentration moyenne en Belgique est de quelque 50 Bq/m³. On
notera cependant un écart prononcé entre la Flandre et la Wallonie :
- en Flandre, la concentration moyenne est d’environ 40 Bq/m³ ;
- en Wallonie, elle est d’à peu près 80 Bq/m³.
Cette différence s’explique par des facteurs géologiques : le sol wal-
lon renferme davantage de roches contenant de l’uranium que le sol
flamand.
Le radon en provenance du sol
Dans la majorité des cas, le sol constitue la source principale du
radon présent dans les habitations. Le sous-sol contient une certaine
quantité d’uranium, qui peut fortement varier selon les endroits. La
présence d’une concentration élevée de radon dans le sol n’implique
pas nécessairement que l’on trouvera également une quantité impor-
tante de radon dans les habitations construites sur ce terrain. Il faut
encore que le radon se déplace dans le sol en direction de l’habitation
et qu’il s’y infiltre.

74 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Calcul du coût global de chaque type


d’installation de ventilation (pour la partie
unifamiliale)

Le tableau ci-dessous et l’histogramme de la page suivante


donnent, pour des installations de chauffage différentes : la demande est de 0,65. Remarque : ce facteur n'influence pas la
• la participation de la ventilation mécanique, dans le bilan énergétique consommation électrique du ventilateur dans le logiciel PEB. Dans la
global ; pratique, la consommation électrique réelle sera plus faible.
• le budget alloué aux consommations de chauffage et d’électricité • les débits d’air sont les débits mentionnés dans le tableau de la p. 65.
(engendrée par la ventilation mécanique). Il est calculé sur l’ensemble • l'étanchéité à l'air de l'enveloppe est de 6 m³/h.m².
de la vie du bâtiment (fixée à 30 ans), et inclut l’investissement propre à • pour le chauffage, le rendement global estimé selon la méthode
la ventilation. PEB dépend du type d’installation :
Sur une période de 30 ans, une installation de ventilation nécessite la - pour une installation au mazout à condensation : 0,79 ;
remise à neuf et le renouvellement de certaines pièces ; afin d’estimer - pour une installation au gaz à condensation : 0,79 ;
le coût de cette maintenance, nous avons supposé qu’elle consiste au : - pour une installation aux pellets : 0,66.
- remplacement du groupe de ventilation ; • les calculs de consommations d'énergies ont été réalisés à l'aide du
- remplacement des bouches de pulsion et d’extraction tous les 10 ans ; logiciel PEB.
- nettoyage ou remplacement des filtres tous les ans. • les tarifs considérés pour le mazout (livraison de + de 2000 litres),
le gaz (tarif chauffage) et l’électricité (tarif bihoraire) sont les prix
Les hypothèses choisies sont les suivantes : moyens qui étaient en vigueur en septembre 2016, à savoir :
• la surface de plancher chauffé de l’habitation est de 268 m², pour un - mazout : 0,049 €/kWh ;
volume extérieur de l'enveloppe de 748 m³. - gaz : 0,059 €/kWh ;
• les coefficents de déperdition thermique U des parois sont les sui- - pellets : 0,049 €/kWh ;
vants : - électricité : 0,237 €/kWh.
- pour les toitures : U = 0,15 W/m²K ; Ces prix sont considérés constants sur la durée de vie ou, plus
- pour les murs extérieurs : U = 0,15 W/m²K ; exactement, évoluant au même rythme que le taux d’intérêt ban-
- pour les planchers : U = 0,20 W/m²K ; caire, et sans différenciation entre les différents vecteurs.
- pour les fenêtres : Uw = 0,8 W/m²K et Ug = 0,6 W/m²K. Les coûts intègrent l'éventuelle redevance, la taxe sur l’énergie et la
• le facteur de réduction utilisé pour la ventilation mécanique simple flux à TVA.

Consommation d'énergie finale (chauffage + ventilation) [kWh/an]

Choix de l’installation de ventilation


Le tableau ci-dessus confirme bien que plus les débits
d’air sont contrôlés et/ou adaptés à la demande, moins la
part de la ventilation est importante dans le bilan énergé-
tique total. Grâce à la récupération de chaleur du système
de ventilation mécanique double flux, les pertes dues à la
ventilation volontaire sont presque diminuées de moitié.
VMSF à la
VMSF VMDF + R
demande Si on compare les consommations en énergie primaire de
+ chauffage ces solutions, on arrive aux résultats ci-contre. Le facteur
18 317 14 755 15 289
au mazout de conversion de l’énergie finale en énergie primaire est
+ chauffage de 1 pour tous les vecteurs énergétiques, à l’exception de
18 296 14 739 15 272
au gaz l’électricité, dont le facteur est de 2,5. Ce facteur traduit le
+ chauffage fait qu’1 kWh électrique utilisé a nécessité 2,5 kWh de
21 612 17 149 17 995
aux pellets combustible pour sa transformation et son acheminement.
Consommation en énergie primaire [kWh/an]
Le rendement du chauffage aux pellets étant moins élevé
que celui des chaudières gaz et mazout à condensation, la
consommation en énergie primaire du chauffage aux pel-

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 75


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Coût total (euros) sur 30 ans lets reste plus élevée dans tous les cas d'installation de
(chauffage + électricité + installation + maintenance) ventilation envisagés.
VMSF à la
VMSF VMDF + R
demande Enfin, lorsqu’on examine l’évaluation du budget (sur 30
+ chauffage ans) alloué aux consommations de chauffage et d’électri-
37.739 41.166 33.589
au mazout cité, incluant l’investissement et la maintenance du sys-
+ chauffage tème de ventilation choisi (voir tableau ci-contre), on
42.779 44.828 37.727
au gaz constate que le système de ventilation mécanique double
+ chauffage
42.583 44.685 37.566
flux avec récupération de chaleur est le plus coûteux des
aux pellets trois systèmes comparés, pour chacun des vecteurs éner-
gétiques du système de chauffage. Il accuse, par-là, les
coûts supplémentaires d’investissement et de mainte-
nance auxquels il faut consentir, et que la récupération de
chaleur ne suffit pas à amortir, dans ce cas précis.

Le système de ventilation mécanique simple flux vient en


seconde position, permettant un gain économique de 5 %
(gaz et pellets) à 9 % (mazout). Il obtient cette meilleure
position grâce aux économies réalisées en matière d’ins-
tallation et de maintenance.

Le système de ventilation mécanique simple flux à la de-


mande fait apparaître le coût global le moins cher, à savoir
11 % (gaz et pellets) à 12 % (électricité) meilleur marché
que le système de ventilation double flux avec récupération
de chaleur. Les économies de chauffage générées par le
pilotage « à la demande » réduit donc le coût global. La ré-
Evaluation du budget sur 30 ans en Euros duction du temps de fonctionnement n’est pas encore prise
(chauffage + électricité + installation de ventilation + en compte par le logiciel PEB, qui reste à une consomma-
maintenance) tion électrique de 557 kWh, dans ces deux cas du système
de ventilation mécanique simple flux.

En conclusion :
- si l'on ne prévilégie que le coût global, le choix se porte
sur le système de ventilation simple flux à la demande,
qui économise 11 à 12 % par rapport aux autres sys-
tèmes ;
- il n'empêche que ces estimations peuvent être remises
en cause par un autre contexte du coût des vecteurs
énergétiques utilisés ;
- enfin, si l'on s'intéresse à la consommation énergé-
tique, le système de ventilation mécanique double flux
avec récupération de chaleur est celui qui est le plus
économe, tant en énergie finale, qu'en énergie primaire
(voir tableau p.75).

Attention, un changement significatif dans la tarification


des énergies pourrait remettre en question les évalua-
tions du budget global sur la période de 30 ans.

76 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Illustration par un exemple: au stade de l’avant-projet


ETUDE DE L’ESQUISSE Le système de ventilation de la partie unifamiliale étant
choisi, il faut, à présent, déterminer le type et l’emplace-
CHOIX : ment des prises d’air, dimensionner les extractions d’air
- de l’implantation mécaniques, les ouvertures de transfert et les conduits de
- des éléments de construction ventilation.
- du mode de construction
- de la disposition des locaux Le dimensionnement des ouvertures
- du système de ventilation d'amenée d'air naturelle
SELON :
- contraintes urbanistiques L’annexe 2 reprend de façon détaillée les dispositifs
- durabilité, entretien d’amenées d’air.
- structure Les amenées d’air du garage et des caves ont été détail-
- esthétique lées aux pp. 68 et 69.
- cohérence mutuelle et compatibilité de jonction
- etc. Emplacement et type d’aérateur
Test de cohérence
et de compatibilite => SOLUTION 1 Afin d’éviter la gêne due aux courants d’air, les ouvertures
d’amenée d’air devraient être placées à une hauteur d’au
moins 1,80 m au-dessus du sol ; il s'agit d'une recomman-
dation.
Pour cette raison et par souci esthétique, nous avons
choisi de placer des aérateurs à clapet auto-réglable à
coupure thermique, s’intégrant entre le châssis en bois et
ETUDE DE L’AVANT-PROJET
l’enveloppe opaque du bâtiment. Une commande manuelle
de l’ouverture est intégrée, permettant cinq positions.
Identification et conception de l’installation de
ventilation
Pour ce qui est du bureau, nous avons choisi ce même
aérateur avec une commande manuelle et placé entre le
Adaptation des choix => SOLUTION 1’
châssis et le vitrage en partie haute de la fenêtre verticale.

Types d’aérateur Le clapet auto-réglable, fixé dans l’ouverture d’amenée


d’air, réagit automatiquement aux différences de pressions
et à la force du vent, sans intervention de l’utilisateur.

Dimensionnement
Le débit d’air d’une ouverture d’alimentation naturelle dépend
de la différence de pression existant de part et d’autre de
cette ouverture. Les débits nominaux doivent pouvoir être
réalisés pour une différence de pression de 2 Pa.
En première estimation, comme le permet la norme NBN
D50-001, on peut appliquer la règle approximative sui-
Aérateur à clapet auto-réglable à coupure thermique
vante :
s’intégrant entre le châssis et l’enveloppe opaque A une différence de pression de 2 Pa, le débit d’une
ouverture de 10 cm² est d’environ 1 dm³/s, soit 3,6 m³/h.
Le passage d’air des aérateurs choisis ci-dessus est, pour
une différence de pression de 2 Pa, de 50 m³/h par mètre
courant d’aérateur.

Nous pouvons dès lors déterminer, pour chaque local, le


nombre et la longueur des grilles à placer afin d’atteindre
les débits nominaux, comme détaillé dans le tableau sui-
vant.

Aérateur à clapet auto-réglable à coupure thermique


et commande motorisée s’intégrant entre le châssis
et le vitrage

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 77


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Débits d'air Passage d'air Débit d'air


Longueur des Nombre de Débit d'air
Locaux nominaux de la grille pour une
ouvertures [m] grille total [m³/h]
[m³/h] [m³/h/m] grille [m³/h]
Bureau 30 1 50 50 1 50
Salon 100 1 50 50 2 100
Salle à manger 100 1 50 50 2 100
Chambre 1 75 1 50 50 2 100
Chambre 2 50 1 50 50 1 50
Chambre 3 70 1,4 50 70 1 70
Chambre 4 75 1,5 50 75 1 75
Espace de jeux 75 1,5 50 75 1 75

Ces débits correspondent aux débits atteints lorsque la


grille est en position “tout à fait ouverte”. Etant donné que
ces grilles possèdent cinq positions d’ouverture, il est pos-
sible, par une position intermédiaire, de se rapprocher de
la valeur des débits nominaux.

Emplacement et débits d’air des grilles d’amenée d’air La norme NBN D50-001 exige que, dans chaque local, le
débit total des ouvertures d’alimentation en position com-
plètement ouverte, pour une différence de pression de 2
Pa, soit au moins égal au débit nominal requis dans ce
local, sans toutefois dépasser le double du débit nominal.
Les schémas ci-contre reprennent les fenêtres comportant
des grilles ainsi que les débits d’air amené respectifs.

(50)
Le dimensionnement des
ouvertures de transfert
L’annexe 2 reprend de façon détaillée les dispositifs des
(50) ouvertures de transfert.
(50)
Emplacement et type d’ouverture de
transfert
(50) (50) Les ouvertures de transfert se placent uniquement dans
les parois intérieures ou dans/autour des portes inté-
Rez-de-chaussée rieures. Elles doivent toujours rester ouvertes et ne
peuvent, par conséquent, être réglables.
(50) Les ouvertures de transfert ne sont prévues que dans les
portes intérieures au sein de la même zone du bâtiment ;
il n’y a donc pas de transfert d’air entre la zone d’habitation
(50) et la zone médicale.
(50)
Les ouvertures de transfert peuvent être soit des grilles
disposées dans le bas des portes (ou dans les murs), soit
des fentes suffisamment grandes sous les portes.
Pour les locaux “humides” (W.-C., buanderie, douche et
salle de bain), nous avons choisi de placer des grilles
(75)
acoustiques. En effet, celles-ci permettent une meilleure
isolation acoustique que les fentes laissées sous les
portes.

Etage (70) (75)

78 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Exigence dans le cas Pour les autres locaux (séjour, chambres, etc.), nous
Débit nominal
Local d’une fente sous la avons choisi de pratiquer une fente sous les portes ; ces
à 2 Pa
porte locaux ne nécessitant pas une isolation acoustique trop
une ouverture d’au élevée. Cette solution est également plus esthétique que
Cuisine 50 m³/h moins 140 cm² ou deux la précédente et les fentes sous les portes ne permettent
de 70 cm²
en principe pas de voir dans la pièce contigüe.
Autres (séjour, De plus, elles ne nécessitent aucun entretien.
chambre, une ouverture d’au
bureau, W.-C., 25 m³/h moins 70 cm²
s. de bain, Dimensionnement
buanderie, etc.)
Exigences relatives aux ouvertures de transfert Les exigences relatives aux ouvertures de transfert sont
selon l'AGW PEB du 15 mai 2014 [GW -14] exprimées de deux manières dans la norme belge : soit
et la norme NBN D50-001 [IBN -91] par une surface libre (en cm²) dans le cas d’une fente sous
la porte, soit par un débit nominal à 2 Pa dans le cas d’une
grille de transfert (voir tableau ci-contre).

• Les grilles de transfert acoustiques :


Les grilles de transfert acoustiques choisies ont une lon-
geur, hors tout, de 44,7 cm et une hauteur, hors tout, de
5,8 cm (voir schéma ci-contre). Elles permettent un pas-
sage d’air de 25 m³/h sous une différence de pression de
2 Pa, ce qui correspond aux exigences de la norme.

• Les fentes sous les portes :


L’ouverture laissée par une fente sous une porte doit au
Grille de transfert acoustique
moins être égale à 70 cm². Cela veut dire que, pour une
porte de 93 cm de large, la hauteur nette de la fente doit
être au minimum égale à 0,75 cm.
Pour le dimensionnement d’une installation de ventilation
mécanique (simple ou double flux), les principes à respecter La norme prévoit, pour les fentes sous les portes, les
sont les suivants [CSTC-94] : dispositions supplémentaires suivantes :
• la somme de tous les débits évacués doit être au moins égale à
la somme de tous les débits nominaux des locaux occupés ;
- si l’ouverture de transfert est une fente en dessous
• les débits d’alimentation et d’évacuation mécaniques doivent être d’une porte intérieure, la section nette de cette ouver-
réalisés alors que toutes les portes intérieures sont normalement ture est alors égale à la hauteur nette de la fente,
fermées ; mesurée du sol parachevé jusqu’au bas de la porte,
• dans le cas d’une installation simple flux, les débits requis d’ali-
mentation ou d’extraction mécanique doivent être atteints alors
multipliée par la largeur de l’ouverture de la porte ;
que les ouvertures d’évacuation ou d’alimentation libre se - pour les sols qui peuvent ultérieurement être recou-
trouvent en position ouverte normale ; verts d’un tapis plain, l’épaisseur du tapis à prendre en
• les exigences imposées, en matière de débit, aux installations considération pour déterminer la hauteur de la fente
mécaniques, doivent au moins pouvoir être respectées pour des
vitesses de vent de moins de 4 m/s (ou 14,4 km/h) et pour des
sera au moins égale à 10 mm.
écarts de température (intérieur - extérieur) inférieurs à 25 °C.

Le dimensionnement des
évacuations d'air mécaniques
Débits à extraire [m³/h] Une installation de ventilation simple flux à extraction
Locaux
min. choisis mécanique doit pouvoir évacuer mécaniquement les débits
W.-C. 1 (rez) 25 25 nominaux des locaux humides et ce dans les conditions
W.-C. 3 (étage) 25 25 climatiques suivantes :
Cuisine 75 75
• une vitesse du vent inférieure à 4 m/s ;
• une différence, entre les températures intérieure et exté-
Buanderie 50 75
rieure, inférieure à 25 °C.
Douche 50 75 Le contrôle des débits d’évacuation s’effectue avec toutes
Salle de bain 50 75 les ouvertures réglables pour l’alimentation libre en posi-
Hall (rez) 75 75 tion complètement ouvertes dans les locaux “secs”.
total maison 350 425
Les débits à extraire dans les différents locaux “humides”
sont ceux décrits dans le tableau ci-contre.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 79


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION
Emplacement des conduits des extractions
d’air mécaniques Emplacement des gaines et du ventilateur
Les plans ci-contre reprennent les emplacements des
gaines.

• La cuisine :
La hotte de cuisine est une hotte non motorisée intégrée
dans le système de ventilation ; c’est pourquoi, lorsqu’elle
fonctionne, le débit d’air extrait au départ de la cuisine est
de 150 m³/h. Lorsqu’elle est éteinte, l’extraction d’air
reste de 75 m³/h.
Le conduit d’extraction d’air de la cuisine est placé dans
OEM (75)
la maçonnerie ; il reprend le conduit d’extraction d’air de
OEM (75) la hotte (que l’on peut éventuellement intégrer dans une
armoire).

• Les W.-C. :
La ventilation du W.-C. du rez-de-chaussée de la partie
familiale se fait par la gaine technique séparant le W.-C.
OEM (75 + 75) professionnel et le W.-C. privé. Le conduit d’extraction
passe, à l’étage, dans le troisième W.-C., permettant
Rez-de-chaussée ainsi son extraction d’air.

• La buanderie et la salle de bain :


Ces deux pièces sont ventilées au moyen du même
conduit. Celui-ci est placé dans une gaine technique pro-
longeant le mur de refend.
OEM (25) • La douche :
OEM (75) L’extraction de la douche ne pose aucun problème
puisque le conduit monte directement dans les combles.

V Le caisson d’extraction est placé dans les combles de


OEM (75) façon à ce que la cheminée ne gêne pas le tracé des
conduits. Le conduit d’extraction de la douche rejoint le
conduit d’extraction des W.-C. qui va, lui-même, ainsi que
les conduits de la cuisine et de la salle de bain, rejoindre
le caisson.

Types de conduits, de ventilateur et de


Etage bouches
• Toutes les gaines horizontales et verticales sont en
tuyaux galvanisés spiralés de diamètre 125 mm. Ce dia-
mètre est adapté aux débits allant de 0 à 250 m³/h, tout
en minimisant les pertes de charge. La vitesse de l’air
dans les canalisations d’extraction ne dépassent pas
5 m/s.
Les tuyaux flexibles sont à éviter car ils provoquent
d’importantes pertes de charge ; ils sont néanmoins meil-
leurs d’un point de vue acoustique.
Tuyau galvanisé spiralé Pour la cuisine, on peut éventuellement placer un conduit
oblong qui prendrait moins de place dans la maçonnerie,
qu’un conduit circulaire.

• Le caisson d’extraction est un caisson destiné à une mai-


son unifamiliale. Il possède un ventilateur centrifuge à
aubes inclinées vers l’arrière afin de privilégier le rende-
ment.
Ce ventilateur possède 3 vitesses réglables, ce qui per-
Caisson d’extraction pour une maison unifamiliale
met de diminuer les débits d’air extrait durant la nuit, par

80 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

exemple. Il extrait l’air jusqu’à un débit de 430 m³/h.


Le caisson possède trois aspirations d’un diamètre de
125 mm et un refoulement d’un diamètre de 125 mm. Son
entretien est aisé.

• Les bouches d’extraction sont choisies en fonction de


leur débit et de leur production acoustique, que l’on peut
trouver dans des abaques. Les bouches d’extraction
choisies sont des bouches réglables, d’un diamètre de
125 mm, permettant un débit d’extraction jusqu’à 120
m³/h. Le réglage du débit se fait par un cône interne.
Dans cet exemple, nous avons envisagé une diminution
des débits durant la nuit, obtenue par le biais d’une
vitesse réduite du ventilateur. L’utilisation de bouches
auto-réglables entrerait alors en conflit avec la variation
de la vitesse du ventilateur.
Si, au contraire, le moteur du ventilateur tournait à
vitesse constante, le choix de bouches auto-réglables
s’avérerait plus indiqué.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 81


LA MÉTHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTÈME DE VENTILATION

Illustration par un exemple : au stade du projet


ETUDE DE L’ESQUISSE Sur base de l’évolution des plans eux-mêmes en rapport
avec l’architecture générale du projet, l’emplacement et le
CHOIX : dimensionnement des dispositifs de l’installation de venti-
- de l’implantation lation choisie sont suffisamment élaborés pour permettre :
- des éléments de construction - de bien dimensionner les gaines techniques ;
- du mode de construction - de bien réfléchir à la conception, mais aussi à l’exécu-
- de la disposition des locaux tion du bâtiment ;
- du système de ventilation - de bien choisir les matériaux complémentaires qui
SELON : devront assurer l’isolation thermique, l’étanchéité, etc.
- contraintes urbanistiques
- durabilité, entretien Si le travail de mise au point aboutit à modifier des options
- structure de base, il est aussi préférable de reconsidérer le choix de
- esthétique l’installation de ventilation et de ses dispositifs.
- cohérence mutuelle et compatibilité de jonction
- etc. Le détail du tracé des conduits d’extraction peut être des-
Test de cohérence siné avec précision, incorporant toutes les informations
et de compatibilite => SOLUTION 1 nécessaires à la réalisation, voire à la phase d’exécution.

ETUDE DE L’AVANT-PROJET

Identification et conception de l’installation de


ventilation

Adaptation des choix => SOLUTION 1’

PROJET D’EXECUTION
Une documentation intéressante est aisément accessible
PRECISION DES DETAILS
auprès des fabricants d’installations de ventilation.
Il est également utile de conseiller au lecteur de se rensei-
Intégration des divers composants de l’installation
gner auprès de plusieurs de ces fabricants afin de bien se
de ventilation : filtration, acoustique, etc.
rendre compte de la variété de produits qui existent sur le
marché.
Adaptation des solutions
+ infos sur la réalisation,
cahier des charges, etc. => SOLUTION 1”

82 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


BIBLIOGRAPHIE

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La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 83


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Chapman & Hall

84 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 1 : Les critères conceptuels de l'efficacité de la ventilation

ANNEXE 1
les critères conceptuels
de l’efficacité de la
ventilation
L'efficacité d'échange de l'air........................................................................................................... 85
La distribution spatiale de l'air............................................................................................................................................85
L'âge
de l'air....................................................................................................................................................................................86
Le nettoyage des polluants................................................................................................................ 87
La dilution.........................................................................................................................................................................................87
L'évacuation.....................................................................................................................................................................................87

L’efficacité d’échange de l’air


L’efficacité de l’échange de l’air s’exprime par la distribu-
Exemple d’efficacité d’une ventilation mécanique
simple flux [IBN -07-1] tion spatiale et “l’âge” de l’air.

Dans un immeuble de bureaux de plusieurs étages, les bureaux


sont disposés de part et d’autre des couloirs. Ceux-ci commu-
niquent avec la cage d’escalier via des portes. L’installation de La distribution spatiale de l’air
ventilation simple flux est composée de grilles dans les menuise-
ries extérieures des bureaux et d’extractions mécaniques dans les
sanitaires.
L’efficacité d’une ventilation est sa capacité à évacuer les
Mauvais exemple : il n’y a pas
polluants des locaux. Pour cela, il faut que l’air neuf balaie
de grille dans les différentes correctement les locaux “secs” et que l’air humide des
portes des bureaux et les locaux sanitaires et des cuisines soit directement évacué.
portes entre le couloir et la
cage d’escalier sont prati- Les installations de ventilation naturelle ou mécanique
quement toujours ouvertes.
Dans ce cas, l’air extrait,
simple flux ne garantissent pas toujours un renouvellement
choisissant toujours le che- d’air correct dans tous les locaux.
Mauvaismouvements
min le plus facile, sera souti- d’air
Une installation de ventilation sera efficace si :
ré de la cage d’escalier ou du - il y a des possibilités de transfert de l’air entre les locaux
hall d’entrée, plutôt que des
bureaux, et ceci d’autant plus
“secs” et les locaux “humides” ;
si leurs portes sont fermées. - il n’y a pas des grandes entrées d’air parasites, comme
des fenêtres ouvertes, des ouvertures vers un hall d’en-
trée, vers une cage d’escalier, etc. (voir exemple ci-
Bon exemple : les portes des contre).
bureaux comportent des
grilles. La dépression créée
dans les sanitaires aspire
De plus, les flux d’air véhiculés par les systèmes naturels ou
l’air neuf ayant pénétré simple flux sont dépendants des conditions atmosphériques,
dans les bureaux et transi- et donc difficilement contrôlables. Par exemple, il est possible
té, via les ouvertures de que le flux d’air s’inverse dans une grille autoréglable si celle-
transfert, par le couloir. Bonsmouvements
d’air
ci est disposée sur une façade à l’abri des vents dominants,
donc en dépression.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 85


ANNEXE 1 : Les critères conceptuels de l'efficacité de la ventilation

La meilleure solution est d’opter pour une installation de


ventilation mécanique double flux où la disposition des
bouches entraîne un brassage d’air suffisant, sans provo-
quer des zones “mortes” (voir schémas ci-dessous).

Exemples de diffusion de l’air en fonction des dispositions des bouches


d’une installation de ventilation mécanique double flux [IBN -07-1]

Bonne diffusion de l’air Diffusion de l’air médiocre Bonne diffusion de l’air Diffusion de l’air médiocre

Bon : soufflage horizontal en haut à Médiocre : soufflage horizontal en haut à Bon : soufflage au plafond sous angle Médiocre : soufflage au plafond sous angle
grande vitesse, reprise en bas sur le faible vitesse et faible portée, reprise en moyen, reprises hautes symétriques. moyen, reprises basses symétriques (créa-
même mur. bas sur le même mur (création d’une zone tion de zones mortes au plafond).
morte).

Bon : soufflage horizontal en haut à Médiocre : soufflage horizontal en haut à Bon : soufflage au plafond sous 180°, Médiocre : soufflage au plafond sous 180°,
grande vitesse, reprise en haut sur le grande vitesse, reprise en haut sur le mur reprises basses symétriques. reprises hautes symétriques (by-pass d’une
même mur. opposé (by-pass d’une partie du débit). partie du débit).

Bon : soufflage au plafond sous 180°,


Bon : soufflage horizontal en haut à faible Médiocre : soufflage horizontal en haut à Médiocre : soufflage au plafond sous 180° à
reprises concentriques.
vitesse, reprise en bas sur le mur opposé. grande vitesse, reprise en bas sur le mur faible débit, reprises hautes symétriques
opposé (création d’une zone morte). (by-pass d’une partie du débit).

a. Flux linéaire

Air “neuf” : temps


L’âge de l’air [HYDE-00]
nominal constant = 1
heure. Air “déplacé” = air “agé”
Temps d’échange de
l’air = 1 heure. L’âge de l’air est déterminé par le temps que l’air reste
dans un local. On distingue quatre définitions :
Pas de mélange
• le temps nominal constant : c’est le temps minimum durant
Age de l’air de la pièce = 1/2 heure.
lequel l’air, une fois rentré, reste dans la pièce ;
Il n’y a pas de mélange de l’air : l’air introduit déplace l’air présent dans la • l’âge de l’air local : c’est le temps moyen que prend l’air, une
pièce et, donc, l’âge de l’air local croît linéairement. fois rentré dans un espace (= temps 0), pour atteindre un
En supposant un temps nominal constant d’échange de 1 heure, l’âge de
l’air de la pièce est de 1/2 heure, le temps d’échange de l’air est de 1 heure point précis ;
et l’efficacité d’échange est de 100 %. • l’âge de l’air de la pièce : c’est la moyenne des âges de l’air
b. Mélange parfait pour tous les points de l’espace ;
• le temps d’échange de l’air : c’est le temps que met l’air (une
Air “neuf” : temps Air “déplacé” =
nominal constant = 1 mélange de l’air neuf et fois rentré dans la pièce) pour être complètement remplacé.
heure. de l’air “agé”.
Temps d’échange de Le temps d’échange de l’air est égal au double de l’âge de
l’air = 2 heures.

Mélange parfait
l’air de la pièce.
Age de l’air de la pièce = 1 heure. L’efficacité d’échange de l’air peut s’exprimer comme étant
Le mélange de l’air est parfait. Le temps nominal constant d’échange est
toujours de 1 heure, mais l’âge de l’air du local est uniforme dans l’espace
le rapport, en pourcentage, entre le temps nominal constant
lorsque l’âge de l’air de la pièce est de 1 heure. Le temps d’échange de d’échange et le temps d’échange de l’air.
l’air est, alors, de 2 heures et l’efficacité de 50 %.
Comme le temps d’échange de l’air est égal, au minimum, au
c. Mélange variable Air “déplacé” = air
temps nominal constant d’échange, l’efficacité a une valeur
Air neuf neuf + air “agé”.
maximum de 100 %.
zone morte Le coefficient de performance de l’air échangé est le rap-
Age de l’air de la pièce port, en pourcentage, entre le temps nominal constant et l’âge
augmente : création d’une
zone “morte” où le mélange de l’air de la pièce.
de l’air est mauvais
Etant donné que l’âge de l’air de la pièce est égal à la moitié
Le mélange d’air est variable. L’air introduit ne se répartit pas partout, c’est
pourquoi une zone “morte” se crée : dans cette zone, l’âge de l’air est
du temps d’échange de l’air, le coefficient de performance de
important. L’âge de l’air de la pièce, et donc, le temps d’échange de l’air l’échange de l’air est égal au double de l’efficacité. Il a donc
augmentent également, ce qui induit une efficacité d’échange de l’air infé- une valeur maximale de 200 %. Ces notions sont illustrées par
rieure à 50 %.
les exemples ci-contre [HYDE-00].

86 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 1 : Les critères conceptuels de l'efficacité de la ventilation

Le nettoyage des polluants


Il existe deux méthodes fondamentales de ventilation pour
assurer une bonne qualité de l’air : la dilution et l’évacua-
tion des polluants.

La dilution
La plus courante et la plus reconnue est la méthode de
dilution, appliquée dans les cas où la source de contami-
nants n’est pas fixe.

Dans la plupart des cas, les sources de pollution, généra-


lement les occupants eux-mêmes et leurs activités, ne
sont pas faciles à différencier.
L’air frais est entièrement mélangé à l’air du local occupé
et déplace un volume égal d’air possédant la température
moyenne de la pièce lorsqu’il la quitte.
Par ce procédé, le taux net d’évacuation des éléments
polluants est égal à la quantité d’air introduit, multipliée par
la différence entre les concentrations des polluants de l’air
vicié extrait et de l’air amené.
Lorsque la concentration des éléments polluants du local
a atteint un niveau constant, c’est-à-dire lorsqu’elle est
stable, le taux d’apport des polluants est égal au taux de
leur évacuation.
Si l’air du local est, au départ, de l’air frais, il se passera
quelque temps avant qu’il n’atteigne une concentration
Le nettoyage des polluants : la dilution constante en polluants, en raison de l’effet de dilution de
l’air ambiant original.
Cette période de temps dépend du volume du local, du
taux de production des éléments polluants (habituellement
en rapport avec la densité d’occupation) et du taux de
pureté de l’air fourni.

Une version modifiée de la méthode de dilution consiste à


recycler et à traiter l’air en le faisant passer dans un appa-
reil qui le débarrasse des odeurs et des contaminants
nuisibles. L’air purifié est ensuite réintroduit dans les
pièces.
Un exemple courant de cette méthode est la recirculation
de l’air intérieur qui a été traité par un filtre et un climati-
Le nettoyage des polluants : le traitement de l’air seur.

L’évacuation

S’il est possible d’isoler facilement la source polluante


(y compris la chaleur et l’humidité excessives), l’air conta-
miné au voisinage immédiat de la source peut être capté
et dirigé vers le système d’évacuation, avant qu’il ne se
diffuse au sein du local occupé.
Ce procédé est couramment employé dans l’industrie ; les
hottes au-dessus des appareils de cuisson, ainsi que les
Le nettoyage des polluants : l’évacuation évacuations des produits de combustion en sont un autre
exemple.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 87


ANNEXE 2 : les composants d'une installation de ventilation naturelle

ANNEXE 2
les composants
d’une installation de
ventilation naturelle
Les dispositifs d’amenées d’air (ouverture d'amenée d'air OAR)................................... 88
Dimensionnement...........................................................................................................................................................................88
Emplacement...................................................................................................................................................................................89
Critères de choix.........................................................................................................................................................................89
Les dispositifs de transfert (ouverture de transfert OT). ............................................. 91
Dimensionnement...........................................................................................................................................................................91
Emplacement...................................................................................................................................................................................91
Critères de choix.........................................................................................................................................................................91
Les dispositifs d’extraction d’air.................................................................................................... 92
Les ouvertures réglables OER...........................................................................................................................................92
Les conduits verticaux d’évacuation................................................................................................................................93
Emplacement des débouchés des conduits d'évacuation naturelle...............................................................94

Les dispositifs d’amenées d’air (ouvertures d’amenée d’air OAR)


Si la ventilation par les fenêtres est un procédé de ventila-
Débit nominal d' Amenée d'air neuf tion intensive périodique, elle est, par contre, inadéquate
Règle générale 3,6 m³/h par m² de surface au sol pour assurer une ventilation de base continue.
avec pour limites particulières : L'AGW PEB du 15/12/16 [GW -16-2] et la norme NBN D50-
min. 75 m³/h 001 [IBN -91] décrivent les exigences relatives aux ame-
Living
max. 150 m³/h nées d’air naturelles ou libres. Bien que leur application ne
Chambres, locaux soit obligatoire que pour les logements en Wallonie, elles
min. 25 m³/h (*)
d'études et de jeux peuvent servir de base pour définir les principales caracté-
ristiques à respecter en matière de ventilation naturelle.
Dans ce tableau, le vocable “max” est à comprendre comme “peut Elle autorise notamment l’utilisation de vasistas, c’est-à-
être limité à”.
(*) Le débit nominal peut être limité à 72 m³/h. dire de petites fenêtres à ouverture réglable. Cependant,
la solution la plus élégante est la grille d’amenée d’air
Exigences relatives aux évacuations d'air
selon l'AGW PEB du 15/12/16 [GW -16-2] disposée en façade : soit dans les murs, soit dans les
et la norme NBN D50-001 [IBN -91] menuiseries.

Dimensionnement
Le débit d’air d’une ouverture d’alimentation naturelle ou
A une différence de pression de 2 Pa, le débit d’une ouverture de
libre dépend de la différence de pression de part et d’autre
10 cm² est d’environ 1 dm³/s, soit 3,6 m³/h. de cette ouverture. Les débits nominaux doivent pouvoir
La vitesse moyenne de l’air à travers cette ouverture est d’environ être réalisés à une différence de pression de 2 Pa.
1 m/s. En première estimation, on peut appliquer la règle approxi-
mative décrite ci-contre.

88 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 2 : les composants d'une installation de ventilation naturelle

Types de grille de ventilation Particularités [IBN -07-1]


Grilles à coulisse sans chicane • de moins en moins utilisées ; Emplacement
sur le trajet de l’air • elles ne freinent pas le flux d’air,
ce qui peut provoquer un léger
courant d’air à proximité de la Pour éviter la gêne due aux courants d’air, il est conseillé
grille. de disposer les ouvertures d’amenée d’air à une hauteur
d’au moins 1,80 m au-dessus du sol.
Dans les autres cas, l’air frais entrant doit se mélanger,
aussi rapidement que possible, à l’air chauffé par les corps
Grilles s’adaptant à toutes les • des grilles avec des profilés de chauffe. Il faut, alors, tenir compte des risques suivants :
épaisseurs usuelles de vitrage plus minces s’adaptent aussi
- le risque de gel des corps de chauffe ;
aux fenêtres coulissantes.
- les problèmes d’inconfort lorsque l’air froid introduit dans
le local n’est pas réchauffé par le corps de chauffe (pen-
dant la nuit ou dans une chambre, par exemple).

Grilles “autoréglables” • elles maintiennent un débit Critères de choix


constant, quelle que soit la
pression du vent ;
• elles ont une bavette souple • L’intégration dans la paroi extérieure
réduisant automatiquement la En fonction des situations, les grilles d’aération doivent
section d’ouverture quand la
avoir un profil s’intégrant dans les parois extérieures, soit
pression augmente.
entre le vitrage et le châssis, soit dans la menuiserie, soit
• elles adaptent leur ouverture
entre la maçonnerie et le châssis, soit dans l’enveloppe
Grilles “hygroréglables”
en fonction du degré opaque du bâtiment. Quel que soit le mode de place-
d’humidité ambiante du local ; ment, il faut que les jonctions avec la grille soient
• elles sont constituées d’un étanches.
élément sensible à l’humidité
relative (tresse de nylon) qui
Les grilles d’amenée d’air peuvent perturber l’esthétique
commande l’ouverture par sa des menuiseries extérieures : l’aspect visuel joue un rôle
dilatation. Cette tresse doit être non négligeable dans le choix d’une grille. Il en existe
parcourue par de l’air intérieur d’extrêmement discrètes ; par contre, plus le débit
et sa température doit être la
plus proche possible de celle de
demandé est important, plus la grille sera imposante.
cet air. Il n’existe pas de dimensions standard pour les grilles ;
Grilles isophoniques • elles évitent la transmission leur longueur est fonction des dimensions du châssis et
trop importante des bruits leur hauteur varie en fonction du débit par mètre recher-
extérieurs ; ché parmi les grilles standard.
• elles possèdent des chicanes
obligeant l’air à passer entre • Le débit d’air neuf
des surfaces garnies de
matériaux absorbants.
La somme des débits nominaux des grilles d’un même
local doit être au moins équivalente au débit requis par la
Grilles motorisées • elles sont raccordées à un réglemention wallonne. Avec les grilles en position com-
régulateur (thermostat, plètement ouverte, ces débits ne peuvent dépasser le
hygrostat) adaptant l’ouverture
en fonction des besoins réels.
double des débits nominaux.
• Les possibilités de réglage
Le débit d’air nécessaire doit être réalisé à l’aide d’ouver-
Grilles pour la ventilation • grilles nettement plus grandes tures d’alimentation réglables manuellement ou de
intensive qui, placées devant un ouvrant manière automatique. La norme belge impose que les
de fenêtre, permettent des grilles d’alimentation :
débits d’air importants, tout en
- possèdent au moins cinq positions : une position” fer-
protégeant le bâtiment contre
l’intrusion, le passage des mée”, au moins trois positions intermédiaires et une
insectes et contre la pluie ; position “tout à fait ouverte” ;
• elles peuvent être installées en - ou possèdent un réglage continu entre la position “fer-
été et retirées en hiver.
mée” et la position “tout à fait ouverte”.
Grilles réglables à insérer dans la • elles permettent une finition Ce réglage ne doit pas nécessairement s’appliquer à
maçonnerie simple et esthétique ; chacune des grilles séparément, mais à chaque local
• il existe des grilles murales
acoustiques qui offrent une
considéré dans son ensemble.
excellente insonorisation. Différents modes de commandes sont possibles : poi-
gnées à coulisse, à bouton, poignées à levier, barre,
chaînette ou corde, électrique...
On trouve également des grilles autoréglables où la sec-
tion de passage (et donc le débit) se règle automatique-
La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 89
ANNEXE 2 : les composants d'une installation de ventilation naturelle

ment en fonction de la différence de pression du vent et/


Influence sur le confort acoustique
dans l’habitation des amenées d’air naturelles [CSTC-94]
ou de la température et/ou de l’humidité relative...
Non seulement elles assurent une alimentation en air
La norme NBN S01-400-1 [IBN -08] traite de l’isolation acous- plus ou moins constante, mais elles évitent également
tique, tant contre les bruits aériens que contre les bruits de choc. que les utilisateurs ne bouchent complètement les grilles.
Dans le cadre du présent ouvrage, les aspects suivants revêtent
un caractère essentiel : • L’étanchéité
• La méthode décrite dans cette norme permet d’exprimer l’isolation
- A l’air : la norme belge exige que le débit de fuite maxi-
acoustique (caractérisée par un spectre) au moyen d’une valeur
numérique unique (qui renferme des informations spectrales) que mal, en position fermée, de toutes les ouvertures d’ali-
l’on appelle la “catégorie”. Elle indique une classe d’isolation acous- mentation en air d’un local où règne une différence de
tique et est représentée par les chiffres romains I, II, III, IV pour des pression de 50 Pa, ne dépasse pas 15 % du débit nominal
éléments autres que la façade, le chiffre I symbolisant la meilleure
de ce local. Ce débit de fuite maximal correspond à 3 %
catégorie.
Dans le cas des façades, il n’existe qu’une seule classe, la classe du débit nominal pour une différence de pression de 2 Pa.
V qui se subdivise en 4 sous-classes a, b, c et d, où a représente - A l’eau : la grille (en position ouverte ou fermée) doit
la meilleure valeur. être étanche à la pluie, quelles que soient la direction et
• La norme internationale ISO 717-1 [IBN -13] définit un indice d’affai- la force du vent.
blissement pondéré (Rw) et un isolement acoustique normalisé - Aux insectes : certaines grilles sont équipées d’un fin
pondéré (Dnw) pour les bruits aériens.
treillis qui empêche le passage des insectes.
Les courbes de référence en escalier qui déterminent les catégo-
ries permettent de calculer les valeurs globales en dB ISO. A tout
• L’isolation thermique
spectre limite d’isolation contre les bruits aériens correspond un
indice Rw ou Dnw en dB. En position fermée, la face intérieure de la grille ne peut
Les valeurs Rw ou Dnw correspondant aux quatre catégories d’iso- constituer un point froid sur lequel des condensations
lation des façades contre les bruits sont les suivantes : peuvent apparaître. Pour cela, la grille doit comporter une
coupure thermique entre les matériaux en contact avec
Spectre limite Valeur Rw ou Dnw
l’extérieur et ceux en contact avec l’intérieur.
Va 41 dB
La qualité d’isolation thermique de la grille se mesure par
Vb 36 dB son coefficient de transmission thermique U. Par exemple,
Vc 31 dB une grille placée dans un double vitrage doit avoir un
Vd 26 dB coefficient U semblable à celui du châssis.
• L’isolation acoustique
• La NIT 192 [CSTC-94] propose une méthode simplifiée permettant
Plus le milieu extérieur est bruyant, plus il est important
de calculer le spectre d’isolation acoustique de la façade à partie
des données suivantes : de veiller à ce que la grille ne soit pas un pont acoustique
- le spectre de l’isolation contre les bruits aériens par rapport à la trop important entre l’extérieur et l’intérieur. L’isolement
surface brute de l’ouverture, déterminé en laboratoire avec l’ou- acoustique des bouches doit être adapté à l’isolement
verture en position ouverte ;
global de la façade.
- des données similaires pour le reste de la façade.
Des exigences spécifiques peuvent donc être imposées aux ouver- Des absorbeurs acoustiques peuvent être prévus dans la
tures naturelles ou libres d’amenée d’air sous la forme : grille de ventilation, mais il est généralement plus efficace
- d’un spectre équivalant à la limite inférieure pour l’isolation contre d’insérer les prises d’air dans l’épaisseur de la paroi ;
les bruits aériens de l’ouverture ;
l’emboîtement permet d’adapter la prise d’air à l’épais-
- d’un indice d’affaiblissement acoustique minimal à atteindre
conformément à la norme ISO 717-1. seur réelle du mur.
• La facilité d’entretien et le vieillissement
L’aspect extérieur de la grille de ventilation doit être
garanti dans le temps. L’idéal est de pouvoir entretenir la
grille à partir de l’intérieur des locaux ; elles doivent donc
être facilement démontables et remplaçables, particuliè-
rement pour les dispositifs anti-insectes et ceux d’atté-
nuation acoustique.
• La sécurité anti-effraction
La présence d’une grille de ventilation ne peut faciliter
l’intrusion dans le bâtiment.
• La sécurité constructive
Les grilles de ventilation doivent avoir une résistance
mécanique (flexion) et une rigidité (déformation perma-
Dans la norme belge NBN S01-400-1 [IBN -08] fixant les critères nente) suffisantes pour supporter les charges normales,
acoustiques pour les immeubles d'habitation, l'isolation acous-
tique d'une grille de ventilation par rapport à un bruit de trafic auxquelles tout élément de façade est soumis. Il faut faire
urbain doit être supérieur de 3 dB à celui de la façade. attention au fait que, lorsque la grille d’aération est située
entre le vitrage et le châssis, le vitrage est structurelle-
ment dimensionné comme comportant seulement 3 côtés
d’appui au lieu de 4.
90 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes
ANNEXE 2 : les composants d'une installation de ventilation naturelle

Les dipositifs de transfert (ouvertures de transfert OT)


Lorsque l’amenée d’air neuf et l’évacuation de l’air vicié ne
se situent pas dans le même local, il est obligatoire de
disposer des ouvertures de transfert permanentes permet-
tant le passage de l’air de ventilation d’un local vers un
autre.

Débit nominal
Exigence dans le cas Dimensionnement
Local d’une fente sous la
à 2 Pa
(les) porte(s)
Les exigences relatives aux ouvertures de transfert sont
14 dm³/s une ouverture totale
Cuisine exprimées de deux manières dans la norme belge : soit
soit 50 m³/h d’au moins 140 cm²
par une surface libre (en cm²) dans le cas d’une fente sous
Autres (séjour,
chambre, une ouverture d’au
la porte, soit par un débit nominal à 2 Pa dans le cas d’une
7 dm³/s grille de transfert (voir tableau ci-contre).
bureau, W.-C., moins 70 cm²
soit 25 m³/h
salle de bain, Si plusieurs ouvertures de transfert sont présentes dans
buanderie, etc.) un même local, les exigences s’appliquent à la somme des
Exigences relatives aux ouvertures de transfert selon ouvertures et non pas à chaque ouverture individuelle-
l'AGW PEB du 15 mai 2014 [GW -14] et la norme NBN D50- ment.
001 [IBN -91] En présence d’une hotte puissante dans une cuisine, l’air
nécessaire doit y être amené afin d’éviter des dépressions
trop importantes. Il est préférable, à cet effet, de prévoir
également une amenée d’air en façade ou sur un châssis
extérieur de la cuisine, qui n’est ouverte que lors de l’utili-
sation de la hotte et qui sera dimensionnée au prorata du
débit de celle-ci.

Emplacement
Les ouvertures de transfert se placent uniquement dans
les parois intérieures ou dans/autour des portes inté-
Transfert d’air au travers d’une porte rieures.
ou par détalonnage [IBN -07-1] Elles doivent toujours rester ouvertes et ne peuvent, par
conséquent, être réglables.

Critères de choix

• L’intégration dans la paroi de transfert


Les ouvertures de transfert peuvent être des grilles dis-
posées dans le bas de portes ou dans les murs ; une
Différentes possibiltés de vision au travers fente suffisamment grande sous une porte peut égale-
d’une grille [IBN -07-1] ment convenir ; la section d’une fente sous une porte doit
encore correspondre aux exigences, même après le
parachèvement des sols.
Les ouvertures dans les murs sont plus discrètes car
elles peuvent être cachées sous un meuble, par exemple.
Idéalement, elles devraient être prévues dès la concep-
tion du gros-oeuvre.
• L’intimité
Dans la plupart des situations, on souhaite qu’une grille
de transfert préserve l’intimité, tant visuelle qu’acous-
Ouvertures de transfert
acoustiques [IBN -07-1]
tique, ce que ne permet pas, de toute façon, la fente
laissée sous les portes. Pour cela, les grilles sont souvent
constituées de lamelles obliques empêchant la vue vers
le local voisin.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 91


ANNEXE 2 : les composants d'une installation de ventilation naturelle

De même, sur le plan acoustique, les grilles intérieures


diminuent l’isolation phonique de la porte. Il existe des
modèles possédant un dispositif d’atténuation. Si la grille
est disposée dans un mur intérieur, son traitement acous-
tique sera plus aisé, étant donné l’épaisseur disponible
(schémas page précédente).
• L’entretien
Les grilles sont généralement fabriquées en matériau
plastique ou en aluminium, ce qui facilite leur entretien.

Les dispositifs d’extraction d’air


Conformément à l'AGW PEB du 15/12/16 [GW -16-2] et la
norme NBN D50-001 [IBN -91], les évacuations d’air natu-
relles ou libres ne sont d’application que dans les
immeubles d’hébergement. Elles sont exigées au mini-
mum dans les locaux “humides”.
En ce qui concerne les bureaux et les écoles, les amenées
d’air neuf se font dans les bureaux, les classes, les salles
de réunions, les auditoires, les réfectoires, etc., tandis que
les évacuations d’air vicié se font dans les sanitaires et les
cuisines.

Les évacuations d’air naturelles ou libres sont obligatoire-


ment composées d’ouvertures réglables raccordées à des
conduits verticaux débouchant en toiture.
Un système d’évacuation naturelle ou libre n’est pas indi-
qué si l'on se trouve dans au moins l'un des cas suivants :
- l’immeuble comprend plus de 5 niveaux (plancher le
plus haut situé à 13 m maximum au-dessus du niveau
de l’entrée principale) ;
- il y a , à proximité, des immeubles élevés susceptibles
de gêner l’écoulement libre (voir plus loin).

Débit nominal d'évacuation


d'air vicié Les ouvertures réglables OER
Règle générale 3,6 m³/h par m² de surface au sol
avec pour limites particulières : • Le débit d’air évacué
Cuisines fermées, S.D.B., min. 50 m³/h La somme des débits nominaux des grilles d’un même
buanderies max. 75 m³/h local doit être au moins équivalente au débit requis par la
Cuisines ouvertes min. 75 m³/h réglementation wallonne, avec une section minimale (sur
W.-C. 25 m³/h toute la longueur du conduit d’évacuation) de 140 cm²,
sauf pour un W.C. où la section minimale est de 70 cm².
Dans ce tableau, le vocable “max” est à comprendre comme “peut Comme le débit varie avec les conditions atmosphé-
être limité à”. riques, l’étanchéité à l’air du bâtiment, etc., le débit men-
Exigences relatives aux évacuations d'air tionné par les fabricants dans leur documentation doit
dans les bâtiments résidentiels avoir été mesuré pour une différence de pression de 2 Pa
selon l'AGW PEB du 15/12/16 (Annexe C2-VHR)
de part et d’autre de la grille.
et la norme NBN D50-001
• Les possibilités de réglage
Débit de conception minimal Les bouches ou grilles choisies doivent pouvoir être
[m³/h] réglées manuellement ou automatiquement :
W.-C.
25 m³/h par W.-C. et urinoirs - soit 5 positions au moins : une position minimale, au
ou 15 m³/h par m² de surface au sol moins 3 positions intermédiaires, une position maximale ;
Salle de douche et salle 5 m³/h par m² de surface au sol - soit un réglage continu entre les positions minimale et
de bain avec min. de 50 m³/h maximale.
Exigences relatives aux évacuations d'air Ce réglage ne doit pas nécessairement s’appliquer à
dans les immeubles non résidentiels chacune des grilles d’évacuation séparément, mais à
selon l'AGW PEB du 15/12/16 (Annexe C3-VHN) chaque local dans son ensemble.

92 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 2 : les composants d'une installation de ventilation naturelle

La position minimale correspond à une ouverture mini-


Raccordement de gaines secondaires sur une gaine
principale - Règle générale [CSTC-94] male où le débit, à une différence de pression de 50 Pa,
est environ égal à 15 à 25 % du débit nominal exigé pour
La différence de hauteur entre la partie supérieure d'une ouver-
ture d'évacuation dans un conduit secondaire et la parte supé- ce local. Une évacuation minimale est donc assurée,
rieure du raccord de ce conduit avec le conduit principal doit être même quand tous les dispositifs sont fermés.
au moins de 1,2 m : Le réglage peut être rendu accessible aux occupants,
au moyen d’un bouton, d’une manette, d’une tige, d’un
cordon ou encore d’une commande électrique.
On peut aussi installer des bouches autoréglables qui
maintiennent un débit d’extraction plus ou moins
constant, quelles que soient les conditions atmosphé-
riques.
• L’isolation acoustique
Actuellement, aucune exigence acoustique n’est requise
pour les ouvertures d’évacuation.
Toutefois, dans des environnements très bruyants ou
dans les locaux qui seraient très sensibles au bruit, il faut
prévoir des atténuateurs de bruit complémentaires aux
bouches.
• La facilité d’entretien
Les ouvertures doivent pouvoir être facilement démon-
tées et nettoyées. Les éléments ne pouvant être nettoyés
correctement comme les dispositifs acoustiques, doivent
pouvoir être remplacés facilement.

Les conduits verticaux d’évacuation


• Dimensionnement
La section des gaines, principales et secondaires, est
fonction du débit total à évacuer, avec un minimum de 1
m² par m³/s de débit à assurer. La plus petite dimension
des conduits d'évacuation naturelle ou libre est d'au
moins 5 cm.
La règle pratique suivante peut être appliquée en pre-
mière approche :
La vitesse de l’air dans les conduits d’évacuation natu-
relle ou libre ne doit pas dépasser 1 m/s, ce qui néces-
site une surface libre de 10 cm² par dm³/s ou par 3,6
m³/h de débit d’évacuation.

En pratique cela signifie :


- pour la cuisine (fermée), la salle de bain, la buanderie :
au minimum 140 cm² ;
- pour le W.C. : au minimum 70 cm².
• Tracé et emplacement
L’évacuation naturelle ou libre de l’air vicié se fait via
Dans les immeubles non résidentiels, l'Annexe C3-VHN de l'AGW des conduits principalement verticaux qui débouchent
PEB du 15/12/16, en son point 7.9, demande que les bouches au-dessus du toit. Des déviations de maximum 30° par
d'évacuation destinées à la ventilation naturelle soient raccordées
à un conduit d'évacuation débouchant au-dessus du toit.
rapport à la verticale sont admises, mais le tracé doit
Ce conduit doit avoir un tracé aussi vertical que possible ; les être vertical le plus souvent possible. Il ne peut y avoir
déviations ne peuvent dépasser 30° par rapport à la verticale. de grands changements de direction, de fortes courbes
Les conduits et les accessoires sont dimensionnés avec une d'élargissements ou de rétrécissements soudains. Un
vitesse maximale de l'air de 1 m/s.
conduit secondaire peut avoir un écart vertical de plus
de 30°, sur une longueur n'excédant pas 1 m. L'arrivée
d'un conduit secondaire dans un conduit principal doit
avoir un tracé régulier.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 93


ANNEXE 2 : les composants d'une installation de ventilation naturelle

Pour les bâtiments peu élevés (moins de 13 m entre le


plancher du dernier étage et le seuil de l’entrée princi-
pale), on peut réaliser un conduit commun reprenant
plusieurs bouches d’évacuation disposées dans des
locaux sanitaires superposés sur plusieurs étages (sché-
mas ci-contre). Un conduit secondaire ne peut relier
qu'un seul local à un conduit principal.

Si le bâtiment est élevé, cette configuration risque de


provoquer des refoulements d’un local vers l’autre, par
exemple à l’ouverture d’une fenêtre dans une façade en
dépression. Pour éviter cela, il faut :
- soit une évacuation mécanique ;
- soit un conduit individuel par bouche ;
Aspirateur statique [CSTC-94]
- soit un conduit commun avec raccord shunt ;
- soit des clapets anti-retour disposés aux bouches
d’évacuation.
Les cuisines ne peuvent jamais être raccordées à une
gaine principale sur laquelle sont raccordés d’autres
locaux que les cuisines.
Les conduits de ventilation doivent être suffisamment
étanches à l'air.

Les conduits d'évacuation qui traversent des locaux ou


espaces non chauffés ou chauffés d'une
manière permanente doivent être isolés thermiquement
de manière à éviter les risques d'une
condensation importante ou des condensations de
longue durée.

emplacement des débouchés des


conduits d'évacuation naturelle
- Bâtiments ou obstacles nuisibles à l’évacuation
Les bâtiments ou obstacles voisins, dont la hauteur est
plus grande que la hauteur du débouché d’une canali-
sation d’une évacuation naturelle ou libre et qui sont
vus par le débouché sous un angle horizontal plus
grand que 15° peuvent nuire à l’évacuation naturelle
ou libre des débouchés (systèmes A et B).
La nuisance provoquée par ces obstacles dépend :
• De la distance horizontale entre l’obstacle et le
débouché (a)
• Du rapport hauteur obstacle / hauteur débouché (h2/
h1).
- Toitures en pente
Dans le cas de toitures en pente (pente supérieure à
23°), certaines parties de la toiture (faîte par exemple),
peuvent nuire à l’évacuation des débouchés qui se
trouvent sur la toiture. Si la pente de la toiture est infé-
rieure à 23° il n’y aurait normalement pas de nuisance
pour l’évacuation à condition que le débouché se
trouve à au moins 0,5 m au-dessus de la toiture,
mesuré à l’endroit du débouché.
• Critères de choix
Le choix des débouchés en toiture se fait sur base des
critères suivants :
- adaptation à la toiture : les débouchés doivent s’adap-

94 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 2 : les composants d'une installation de ventilation naturelle

ter à la couverture existante, en garantissant la conti-


nuité de l’étanchéité ;
- constance du tirage : le choix est guidé par la capacité
du débouché à maintenir un tirage constant, quelles que
soient les conditions de vent ;
- évacuation des condensats : l’humidité contenue
dans l’air évacué risque de se condenser sur les parois
du conduit. Les condensats doivent pouvoir être élimi-
nés avant qu’ils n’atteignent les locaux.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 95


ANNEXE 2 : les composants d'une installation de ventilation naturelle

Exigences pour l’emplacement du débouché

1. Vis-à-vis des bâtiments ou obstacles voisins 2. Vis-à-vis de la toiture même sur laquelle se trouve le débou-
Le débouché est situé suivant les indications de la figure ché
ci-dessous et ceci en fonction des paramètres suivants : - Pour les toitures dont la pente est inférieure à 23° le
débouché peut se trouver à n'importe quel endroit à
a h2 condition qu'il se trouve à 0,5 m au-dessus de la toiture.
α (α = ) x (x = ) Cette distance est mesurée à I'endroit même du débou-
h² h1
ché.
- Pour les toitures ayant une pente plus grande que 23°, le
Dans la figure ci-dessous, on peut distinguer 5 zones : débouché doit se situer le plus près possible du faite de
la toiture.
Zone 1 : α < 0,48
- Pour la zone 1 on peut respecter la ligne AB. Dans le cas où l'on ne peut pas respecter strictement cette
Dans ce cas le débouché peut se réaliser sans autres exigence, on veillera à ce que la hauteur du débouché "h"
précautions au-dessus de la toiture, mesurée à l'endroit du débouché,
- Pour la zone 1 on peut se situer aussi au-dessus de la soit égale à ou plus grande que
ligne AB mais dans ce cas le débouché doit être pourvu
d'un aspirateur statique spécial.

Zone 2 : 0,48 < α < 1,3


- Pour des toitures ayant une pente de moins de 23", il faut
se situer à gauche de la ligne BC et il faut munir le débou-
ché d'un dispositif spécial agrée.
- Pour des toitures ayant une pente > 23", il faut se situer
au-dessus de la ligne BE et il faut munir le débouché d'un
aspirateur statique spécial.

Zone 3 : 1,3 < α < 1,9


- Pour toutes les toitures on peut se situer sur la ligne DCG
ou au-dessus de cette ligne
- Pour des toitures ayant une pente > 23" on peut se situer
entre les lignes BE et DCG à condition de prévoir un
aspirateur statique spécial sur le débouché.

Zone 4 : 1,9 < α < 3,03


- Pour toutes les toitures on peut se situer ou bien sur la
ligne GF ou au-dessus de cette ligne
ou bien sur la ligne EF
- Pour les toitures ayant une pente > 23" on peut se situer
entre les lignes GF et EF à condition de prévoir un aspi-
rateur statique spécial sur le débouché.

Zone 5 : 3,03 < α


Dans cette zone, il n'y a plus d'exigences.

96 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 3 : les composants d'une installation de ventilation mécanique

ANNEXE 3
les composants
d’une installation de
ventilation mécanique
Les bouches de pulsion et d’extraction. ..................................................................................... 97
Les ventilateurs........................................................................................................................................ 99
Le réseau de distribution................................................................................................................... 100
Les filtres................................................................................................................................................... 102
Les capteurs.............................................................................................................................................. 103

En ce qui concerne les dispositifs :


- d’amenées d’air utilisés dans une installation de venti-
lation mécanique simple flux (extraction mécanique) ;
- d’extractions d’air utilisés dans une installation de ven-
tilation simple flux (alimentation mécanique) ;
- de transfert ;
on se référera au texte repris dans l’annexe 2 traitant des
composants de la ventilation naturelle.

Les bouches de pulsion et d’extraction


Une ventilation efficace ne consiste pas uniquement à
fournir le débit d’air neuf recommandé. Il faut avoir la
garantie que l’air des zones de travail soit réellement
renouvelé et que le choix des bouches et de leur emplace-
ment ne conduise pas à un inconfort pour les occupants.

• Les bouches de pulsion


Quatre grandeurs guident le choix d’une bouche de pulsion :
- le débit demandé : en fonction de la pression dont on
dispose en amont du diffuseur, on peut estimer le débit
fourni par la bouche à partir des abaques des fabri-
cants ;
- la production acoustique : en fonction de la vitesse
de l’air à la sortie de la bouche, un sifflement peut se
produire. A priori, on choisit la bouche qui présente la
puissance acoustique la plus faible pour le débit dési-
ré. Parfois, c’est le bruit du ventilateur et des turbu-
lences liées aux coudes du réseau que l’on entend au
travers de la bouche ;

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 97


ANNEXE 3 : les composants d'une installation de ventilation mécanique
Types de grille de ventilation Particularités [IBN -07-1]
- la vitesse résiduelle en zone d’occupation : la zone
Grilles de soufflage ou de reprise • de type mural ou plafonnier.
d’occupation est souvent représentée par la surface du
• elles pulsent l’air de façon
unidirectionnelle. local, de laquelle on soustrait une bande de 50 cm le
• elles sont utilisées pour des débits long des murs intérieurs et de 1 m le long des murs exté-
soufflés à faible vitesse. rieurs, sur une hauteur de 1,8 m. Dans cette zone d’oc-
Les diffuseurs à jet rectiligne • il existe des diffuseurs circulaires, cupation, la vitesse de l’air ne peut dépasser 0,2 m/s ;
carrés ou linéaires. - la différence de température dans la zone d’occupa-
• ils sont montés en plafonnier ; tion : la différence de température entre l’air pulsé et
l’air est alors pulsé
l’air ambiant ne peut dépasser 1,5°C avec de l’air pulsé
• les diffuseurs linéaires peuvent
être montés en parois. chaud, et 1°C avec de l’air pulsé froid.

Les diffuseurs à jet hélicoïdal • ils entraînent un mélange rapide


• Les bouches d’extraction
entre l’air ambiant et l’air pulsé. Une bouche d’extraction est choisie en fonction de son
• ils ont un fort taux d’induction débit et de sa production acoustique, suivant des abaques
réduisant la portée du jet d’air.
semblables à celles des bouches de pulsion.
En extraction, la vitesse de l’air dans le local n’est pas un
critère important puisqu’elle décroît très vite dès que l’on
Les diffuseurs • création d’un effet d’aspiration par
à recyclage
s’éloigne de la bouche.
induction de l’air du local, qui est
interne
• Implantation des bouches
mélangé à l’air amené par le
conduit.
L’emplacement des bouches joue un rôle important sur la
qualité du brassage de l’air d’un local. Il faut éviter :
Les bouches à déplacement • elles permettent le soufflage de - que des zones occupées ne soient pas traitées ;
débits importants à très
faible vitesse et donc sans - que l’air pulsé soit directement aspiré par la reprise
inconfort. avant d’avoir pu céder ses calories ou frigories.
• elles sont surtout utilisées
dans la pulsion d’air refroidi.
S’il y a un faux-plafond dans le local, on choisira souvent
des diffuseurs plafonniers. Si on dispose uniquement
Les fentes de diffusion • elles soufflent une lame d’air très d’une gaine technique dans les couloirs, on placera des
mince pouvant être
parallèle à la surface sur
grilles dans les retombées des faux-plafonds.
laquelle elles sont posées.
• elles sont utilisées pour la pulsion le • Les systèmes de réglage
long de vitrage. On distingue l’ajustage manuel au montage, sans com-
Les bouches régulées en tout ou • certaines intègrent un registre
mande extérieure, du réglage par commande manuelle
rien motorisé commandé par une en cours de fonctionnement.
sonde. Dans les immeubles non résidentiels, la qualité de l'air
• certaines possèdent leur
intérieur peut être régulée selon 6 modes :
propre détecteur infrarouge.
• un réglage manuel est - INT-C1 : pas de régulation : le système fonctionne en
possible.
permanence. Ce mode n'est pas autorisé.
Les bouches évaluant le • elles intègrent un comptage,
nombre de personnes pré- par détection infrarouge, du - INT-C2 : régulation manuelle : le système fonctionne
sentes nombre de personnes selon une commutation manuelle. Ce mode n'est pas
présentes dans le local. autorisé.
- INT-C3 : régulation temporelle : le système fonctionne
selon un programme temporel donné (par ex. horloge).
Les bouches hygroréglables • elles ont un volet mobile dont - INT-C4 : régulation par l'occupation : le système fonc-
l’ouverture est commandée par tionne en fonction de la présence (par ex. commutateur
un élément sensible au taux
d’humidité ambiant.
sur l'éclairage ou détecteur infrarouge, etc.).
• elles sont surtout utilisées pour - INT-C5 : régulation par la présence : le système fonc-
l’extraction de l’air.
tionne au prorata du nombre de personnes qui occupent
Les bouches réglables • elles sont spécialement l'espace ventilé.
adaptées aux locaux sanitaires.
• elles peuvent être placées - INT-C6 : régulation directe : le système est régulé :
dans les gaines de ventilation, • par des détecteurs mesurant les paramètres de l'air
les murs et les plafonds. intérieur, choisis et adaptés à la nature des activités
• Le débit est réglable par ser- réalisées dans l'espace ventilé ;
rage d’un disque central.
• selon des critères adaptés (détecteurs de CO2, gaz
Les bouches auto-réglables • elles possèdent une membrane mélangés, COV, etc.).
souple qui ajuste l’ouverture en
fonction de la vitesse de l’air :
lorsque la pression dans les L’accent est mis ci-contre sur les bouches de pulsion car ce sont elles qui
conditionnent en grande partie le confort obtenu dans le local. De plus, la
conduits augmente, la mem-
plupart des bouches de pulsion peuvent fonctionner en extraction.
brane se gonfle.

98 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 3 : les composants d'une installation de ventilation mécanique

Les ventilateurs
Le choix d’un groupe de ventilation économe à l’exploita-
tion est très important :
- plus de 50 % de la consommation électrique d’une
Courbes caractéristiques d’un ventilateur installation de ventilation mécanique sert à compenser
à aubes inclinées vers l’arrière [IBN -07-1] les pertes de l’ensemble moteur-transmission-ventila-
teur ;
- en un an, la consommation d’un ventilateur peut avoir
un coût équivalent à son prix d’achat.
Dans la pratique, on retrouve deux grands types de venti-
lateurs : les ventilateurs centrifuges et les ventilateurs
hélicoïdes.
Plusieurs éléments peuvent guider le choix d’un ventilateur :

• Le point de fonctionnement et le rendement d’un ventila-


teur
Le dimensionnement d’une installation de ventilation défi-
nit le débit à fournir par le ventilateur et la perte de charge
que celui-ci doit vaincre : c’est ce qu’on appelle son point
de fonctionnement.
On sélectionne donc d’abord les ventilateurs dont la
courbe caractéristique passe par ce point de fonctionne-
ment. Ensuite, on repère, sur les courbes caractéris-
tiques du constructeur, le ventilateur dont le rendement
est maximal au point de fonctionnement (voir graphique
ci-contre).
Lorsqu’une installation de ventilation est gérée en fonc-
Exemple de lecture du graphique : tion de la demande, le point de fonctionnement peut
Pour fournir un débit de 8000 m³/h à une pression de 1.000 Pa,
le ventilateur doit tourner à 1.950 tr/min. Pour ce point de fonc- varier en permanence en fonction des conditions d’ex-
tionnement, son rendement sera de 81 % et la puissance à ploitation. Dans ce cas, il faut choisir un ventilateur dont
l’arbre sera proche de 2,8 kW. le rendement est maximal durant la plus grande partie
possible de la plage de fonctionnement.

• Le mode d’entraînement du ventilateur


Il faut aussi être attentif au rendement de l’ensemble
formé par le ventilateur et son entraînement, le moteur et
la transmission.
- La meilleure transmission est sans conteste la trans-
mission directe car ses pertes sont moindres (2 à 5
%) et il n’y a pas de frais d’installation de poulies et de
courroies, ni de frais de surveillance.
Consommation d'énergie des ventilateurs - Lorsque l’on opte pour une transmission par cour-
L'Annexe C3 de l'AGW PEB du 15 mai 2014 impose des venti- roies, il faut prendre des poulies aussi grandes que
lateurs appartenant à la catégorie SFP 1, SFP 2 ou SFP 3. possible : une grande poulie diminue l’usure de la
Classification de la puissance spécifique des ventilateurs PSFP : courroie lorsque celle-ci doit se tordre pour s’enrouler
autour de la poulie. Il faut en outre éviter les courroies
Catégorie PSFP (W/m³.s) multiples, ainsi que celles de section trop faible car
SFP 1 < 500 elles sont facilement surchargées et s’usent rapide-
SFP 2 500 - 750 ment.
SFP 3 750 - 1 250 - Les moteurs qui équipent la plupart des ventilateurs
SFP 4 1 250 - 2 000
actuels sont des moteurs asynchrones. Ces derniers
ne présentent pas entre eux de grandes différences de
SFP 5 > 2000
rendement. Il existe également des moteurs à cou-
Le rendement mentionné ici correspond au seul ventilateur et rant continu : ils présentent des rendements nette-
non à l’entièreté du système qui englobe également la transmis- ment supérieurs, mais sont plus chers.
sion et le moteur.
• L’intégration du ventilateur dans le réseau
L’intégration du ventilateur dans le circuit joue un rôle non
négligeable sur le rendement global de l’installation :

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 99


ANNEXE 3 : les composants d'une installation de ventilation mécanique

- la section de sortie du ventilateur doit être le plus pos-


Types de ventilateurs Particularités [IBN -07-1]
sible adaptée à la section du conduit de distribution ;
Les ventilateurs hélicoïdes ou • l’air est aspiré et propulsé - il est préférable de raccorder le ventilateur directement
axiaux parallèlement à l’axe de au gainage de distribution, plutôt que de laisser la sor-
rotation du ventilateur.
• ils permettent des débits tie de ce dernier libre dans le caisson du groupe. Ce
élevés mais ils ne peuvent dernier cas provoque une perte de pression dyna-
en général assurer de mique qui constitue une perte de charge supplémen-
grandes différences de taire du caisson, correspondant à une surconsomma-
pression que si la vitesse
périphérique des pales est tion.
élevée; ils sont alors bruyants. - il faut aussi prévoir, à la sortie du ventilateur, une sec-
• ils sont simples à implanter et tion de gaine droite suffisamment longue avant le pre-
de faible coût.
mier changement de direction.
• il n’y a pas de limite dans les
débits mais les zones de faible
débit sont à éviter. • L’acoustique
• ils permettent d’importantes Pour comparer la production de bruit de plusieurs venti-
variations de pression sans lateurs, il faut comparer leur puissance acoustique.
modifier le débit. La puissance acoustique du ventilateur est reprise
• ils peuvent avoir des
rendements élevés (jusqu’à dans les courbes caractéristiques présentes dans les
90 %) mais sont très sensibles catalogues des fournisseurs.
aux conditions d’alimentation. La production de bruit d’un ventilateur est :
• ils sont utilisés là où il n’existe
- inversement proportionnelle à son rendement ;
presque pas de canalisations,
ou encore là où se posent - proportionnel à sa vitesse.
des problèmes Pour limiter la puissance sonore du ventilateur, il faut
d’encombrement. donc choisir le ventilateur ayant le meilleur rendement au
Les ventilateurs centrifuges • l’air est aspiré parallèlement point de fonctionnement.
à l’axe de rotation, et propulsé L’implantation du local technique ou de l’extracteur
perpendiculairement à cet axe.
• leur capacité de débit est
doit être éloignée des locaux de vie où le niveau sonore
inférieure à celle des est limité.
ventilateurs hélicoïdes mais ils
ont des coefficients de • L’encombrement
pression plus élevés. Des impératifs de place peuvent imposer le choix d’un
• ils sont de trois types :
- à aubes inclinées vers
ventilateur plus petit mais tournant à plus grande vitesse.
l’avant, pour des groupes de Ce critère va cependant à l’encontre des critères précé-
conditionnement d’air et si le dents car, pour un même point de fonctionnement, un
prix et l’encombrement sont ventilateur plus petit a un moindre rendement et produit
primordiaux ;
- à aubes inclinées vers
plus de bruit.
l’arrière, lorsque rendement,
qualité, économie, énergie et
Ventilateur à aubes inclinées vers l’avant débit fixe sont primordiaux ;
- à aubes radiales, pour les
Le réseau de distribution
industries textiles, maritimes.
• les ventilateurs à aubes La consommation électrique d’un ventilateur est directe-
inclinées vers l’avant ont un ment proportionnelle à la perte de charge du réseau de
rendement maximal (60 à 75 %)
inférieur aux ventilateurs à
distribution de l’air ; c’est pourquoi, lors de la conception
aubes inclinées vers l’arrière du réseau, il convient d’être attentif à plusieurs aspects :
(75 à 85 %).
Ventilateur à aubes inclinées vers l’arrière • ils sont plus silencieux que • Le tracé du réseau
les ventilateurs hélicoïdes. Le réseau doit être le plus simple possible afin de limiter
Les ventilateurs tangentiels • l’air est aspiré et refoulé les pertes de charge et de faciliter l’équilibrage et la main-
perpendiculairement à l’axe tenance.
de rotation. Il faut toujours essayer d’obtenir le réseau le plus court
• ils ont un mauvais rendement
(≤ 60 %). possible. Dans les grands réseaux, il peut être judicieux
• ils sont utilisés lorsque la de subdiviser l’installation en plusieurs réseaux auto-
place disponible est limitée. nomes.
Les extracteurs de toiture • ils sont utilisés pour Le tracé doit comporter un minimum de coudes, de déri-
l’extraction d’air vicié, soit vations, de changements de section.
directement, soit via un
conduit vertical. • Les formes et les matériaux des conduits
• ils peuvent être équipés d’une
roue centrifuge ou hélicoïde et Il existe des conduits rectangulaires, des conduits circu-
présentent alors les mêmes laires et des conduits oblongs. Leurs avantages et incon-
caractéristiques que ces deux vénients sont décrits dans l’encadré ci-contre.
familles de ventilateurs.
Il est préférable de placer, si l’encombrement le permet,

100 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 3 : les composants d'une installation de ventilation mécanique

Types de conduits Avantages / Inconvénients


des conduits circulaires avec joints aux raccords, car :
[IBN -07-1] - leur étanchéité est meilleure ;
- leur placement est plus rapide et donc moins cher ;
Les conduits cylindriques • Avantages :
- ils sont plus légers et plus - pour une même section, leurs pertes de charge sont
économiques ; moindres.
- ils sont faciles et rapides à • La section des conduits
poser ;
- ils se prêtent bien aux
Les pertes de charge diminuent avec le carré de la
changements de direction ; vitesse de l’air. Pour un même débit, il faut donc choisir
- ils ont une bonne étanchéité. les sections de gaines les plus grandes possibles, tout en
• Inconvénients : restant dans les limites admissibles :
- les piquages et le placement
de bouches sont compliqués ;
- limite supérieure : l’encombrement, le poids, le prix
- leur encombrement en des conduits et le volume d’isolant (si les conduits sont
hauteur est important. isolés) ;
Les conduits rectangulaires • Avantages : - limite inférieure : la vitesse de l’air dans les conduits
- leur encombrement en doit rester en dessous d’une certaine valeur. Dans le
hauteur est plus réduit ; cas contraire, il se produit une augmentation du bruit et
- les piquages et le placement
de bouches sont faciles à des pertes de charge ainsi qu’un risque de déséquili-
réaliser ; brage du circuit.
- les coudes peuvent être
équipés d’aubes directrices. • L’étanchéité
• Inconvénients : L’étanchéité des conduits dépend du matériel choisi et de
- le réseau est plus lourd et sa mise en oeuvre. Un réseau de distribution d’air com-
plus coûteux ;
- pour une même section et posé de conduits rectangulaires est très difficile à rendre
pour un même débit, la parfaitement étanche. Les conduits circulaires avec
perte de charge linéaire est double joints au niveau des raccords sont préférables.
plus élevée que les conduits Si la taille des conduits circulaires est trop importante, on
cylindriques ;
- la déformation des conduits peut utiliser des conduits oblongs présentant les mêmes
est plus rapide ; caractéristiques de mise en oeuvre que les conduits cir-
- l’étanchéité du réseau est culaires.
mauvaise.
Les conduits oblongs • Ils sont faciles à placer et • L’acoustique
étanches. - La production de bruit par écoulement d’air : un
• Ils prennent moins de place en conduit génère du bruit par lui-même, surtout si la
hauteur que les conduits vitesse de l’air est élevée. Dans les installations “basse
cylindriques.
• Les autres caractéristiques pression”, la vitesse de l’air ne peut dépasser 4 à 5 m/s
sont comparables à celles des et, dans les installations “haute pression”, elle doit être
conduits cylindriques. inférieure à 8 à 10 m/s.
Il faut également éviter toute turbulence dans la gaine.
- La transmission des bruits par les conduites : il faut
éviter de faire passer les gaines à travers les locaux à
haut niveau sonore, ou de solidariser les gaines avec
les murs et les planchers traversés. Des silencieux
peuvent être placés au droit de la paroi de séparation
de deux locaux ventilés par la même gaine.
- L’atténuation des bruits par les conduites : les
parois intérieures d’un conduit amortissent mal le son
intérieur. L’effet d’absorption peut être renforcé par la
mise en place de matériaux fibreux absorbants ; ils
augmentent cependant les pertes de charge, retiennent
les poussières et favorisent le développement de
milieux peu hygiéniques. C’est pourquoi on essaye de
limiter le placement de ces matériaux absorbants à la
sortie d’un changement de direction (coude).
- Le placement de silencieux : ils doivent encadrer la
source sonore, tant du côté réseau que du côté prise
d’air extérieure. Pour éviter que le bruit du local tech-
nique ne pénètre dans la gaine, le silencieux est placé
à la sortie du local.
Le silencieux est dimensionné de telle sorte que la vitesse
de l’air soit limitée à 10 m/s lors du passage entre les baffles
acoustiques du silencieux.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 101


ANNEXE 3 : les composants d'une installation de ventilation mécanique

• Les équipements complémentaires


- Les registres : ils doivent être disposés dans les endroits
où la vitesse de l’air est faible.
Types de filtres Particularités [IBN -07-1] - Les grillages de protection : ils ont généralement une
surface frontale plus grande que leur transparence ne le
Les filtres à couche poreuse • l’air à épurer traverse une
couche poreuse ou fibreuse ferait croire, afin de limiter leurs pertes de charge.
dans laquelle il abandonne ses - Les échangeurs de chaleur : ils doivent être choisis pour
poussières. que la vitesse frontale de passage de l’air soit minimale.
• ils sont classés selon leur
efficacité.

Filtre à poches - haute efficacité


Les filtres
Les filtres à surfaces de choc • ils sont constitués par des
huilées empilages de tôles gaufrées. Lors du choix des filtres, deux particularités sont à retenir :
• on donne aux filets d’air un - les filtres trop grossiers entraînent la propagation des
tracé sinusoïdal entre deux
surfaces humectées d’huile poussières au travers de l’installation ;
pour que les effets de force - les filtres trop performants augmentent inutilement les
centrifuge contraignent les pertes de charge, donc la consommation des ventilateurs.
poussières à se coller contre
les parois.
• La classification
Les filtres à charbon actif • Le charbon actif est un
charbon traité qui a une
Les filtres sont classés en fonction de leur capacité à arrêter
structure fortement poreuse et des particules de plus en plus petites. La dénomination de
donc un pouvoir absorbant leur classe dépend de la méthode de mesure utilisée pour
élevé. les essais :
• ils sont utilisés pour la
désodorisation de l’air dans les - GRA signifie “méthode gravimétrique” et représente les
bureaux et les laboratoires ou filtre grossiers ;
pour la filtration de l’air pollué. - OPA signifie “méthode opacimétrique” et représente les
• ils sont peu efficaces pour les filtres fins ;
vapeurs graisseuses.
- DOP représente les filtres atteignant 100 % d’efficacité
Les filtres pour cuisines :
par les deux méthodes précédentes : ce sont les filtres
- Les filtres à chocs • ils sont composés de profilés
en quinconce qui interceptent
absolus.
les particules par effet d’inertie.
• ils sont peu sensibles à • Le degré de filtration minimum
l’encrassement. Pour la plupart des installations de ventilation et dans des
• leur entretien est aisé.
• leur perte de charge est conditions atmosphériques usuelles, un filtre fin (à partir de
importante mais constante. 60 % OPA) placé sur l’entrée d’air est nécessaire et suffisant.
• leur coût est élevé. S’il y a pollution en aval du filtre, un filtre complémentaire est
• leur efficacité, évaluée selon la nécessaire à la sortie du groupe de traitement d’air (au mini-
méthode gravimétrique, est du
niveau 60 % GRA. mum 85 % OPA) pour protéger le réseau de distribution.
- Les filtres à tricot • ce sont des filtres plans
composés d’un treillis de fils • Le degré de filtration maximum
d’acier. Plus un filtre est performant, plus il est coûteux en exploita-
• ils conservent une bonne tion puisque la consommation électrique du ventilateur aug-
efficacité sur une large plage
de débits. mente.
• la rétention des graisses à
l’intérieur des filtres est • La taille et le type de filtre
importante. Il faut choisir les filtres ayant la perte de charge moyenne
• leur perte de charge varie en
fonction de l’encrassement. durant la période de fonctionnement la plus faible, et dont la
• leur niveau d’efficacité est de longévité est la plus longue.
60 % à 80 % GRA. A efficacité égale, il faut préférer les éléments filtrants les
- Les filtres à effet cyclonique • l’air vicié effectue une spirale ; plus épais car ils emmagasinent une quantité plus impor-
les particules de graisse et tante de particules avant d’atteindre la perte de charge finale
d’eau sont séparées par
centrifugation et récupérées
recommandée. Le filtre épais sera donc remplacé moins
par gravité dans un collecteur. souvent.
• le colmatage est faible.
• l’entretien est aisé. • La mise en oeuvre de la filtration
• leur perte de charge est
importante mais constante.
L’efficacité de la filtration est fortement conditionnée par
• leur coût est élevé. l’étanchéité du montage. Le degré de filtration peut baisser
de plusieurs classes s’il y a by-pass de l’air autour des filtres
ou trop de fuites.

102 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 3 : les composants d'une installation de ventilation mécanique

• L’entretien
Le colmatage des filtres entraîne une augmentation des
pertes de charge de l’installation. Il faut donc remplacer les
filtres lorsque leur perte de charge atteint une valeur maxi-
male définie par le fabricant.

Les capteurs
Gérer la ventilation “à la demande” consiste à doser préci-
sément le débit d’air neuf en fonction des besoins réels de
ventilation. Ces derniers sont évalués grâce à des cap-
teurs dont les principaux sont repris ci-après.

• L’horloge
C’est le mode de gestion le plus simple dans les locaux à
horaire d’occupation fixe. On peut alors directement com-
mander les groupes de ventilation pour l’ensemble du
bâtiment ou pour une zone particulière.

• La sonde COV (Composés Organiques Volatiles)


Fonctionnement d’une sonde COV Elle est généralement choisie pour le réglage du taux
selon le principe de Taguchi [IBN -07-2] d’air neuf dans les locaux avec présence de fumeurs.
La sonde dispose d’un semi-conducteur (le plus souvent du - Fonctionnement : elle utilise le principe de Taguchi
dioxyde d’étain), mis en température par une résistance chauf-
(voir encadré ci- contre).
fante.
La surface du semi-conducteur est recouverte d’une très fine - Présentation : certaines s’installent en paroi, d’autres
couche d’oxydes métalliques. Il s’y produit une oxydation des gaz prennent place dans les conduits aérauliques.
et vapeurs, d’autant plus prononcée que le matériau est poreux - Emplacement : il vaut mieux choisir une sonde à pla-
et présente une surface d’échange importante. Sa résistance
cer en conduit aéraulique et l’installer dans le conduit
électrique varie en fonction de la quantité de molécules de com-
posés organiques en contact. de reprise d’air. La mesure est alors plus représenta-
Le spectre des molécules auquel le semi-conducteur est sensible tive de la qualité d’air moyenne du local et la sonde est
est très large, ce qui rend la sonde adaptée aux émanations moins soumise aux perturbations locales et à l’em-
humaines, à la fumée de tabac, etc.
poussièrement.
Suite à la variation de la résistance électrique du semi-conduc-
teur, une simple mesure de tension électrique permet de La sonde ne doit pas être installée ni trop loin, ni trop
connaître la quantité de gaz et de vapeur en présence. près de la grille de reprise ; si elle est placée dans le
local, il faut l’éloigner des portes et fenêtres ainsi
qu’éviter les coins.
- Output : elle délivre un signal analogique standard de
type 0 - 10 V, proportionnel à la présence de composés
organiques volatiles.
- Fiabilité : Le semi-conducteur perd de sa sensibilité
lors de son vieillissement. De plus, il semblerait que les
conditions de température et d’humidité ambiante
aient une influence sur la réponse.
- Coût : le prix moyen est de 225 € (au 01/11/2016).
- Maintenance : elle semble difficile à paramétrer au
départ ; elle nécessite donc un étalonnage fréquent.
Une périodicité de 6 mois au plus est conseillée.

• La sonde CO2
C’est la plus fiable. Elle reflète bien la présence effective
de personnes dans un local puisqu’elle est directement
proportionnelle à leur respiration. Elle est, par contre, peu
sensible aux fumées de tabac.
- Fonctionnement : la mesure du CO2 dans l’air est
basée sur le fait que ce gaz absorbe le rayonnement
infrarouge dans une plage donnée de longueurs
d’onde. L’importance de cette absorption est mesurée,
soit par l’intermédiaire d’un microphone pour le pro-

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 103


ANNEXE 3 : les composants d'une installation de ventilation mécanique

cédé acoustique, soit par un détecteur infrarouge pour


le procédé photométrique.
La plage de mesure d’une sonde CO2 est donnée dans
l’encadré ci-contre.
- L’emplacement : il existe des modèles adaptés à la
pose en paroi dans un local, et d’autres prévus pour
être placés dans la gaine de reprise. Ces derniers sont
préférables pour l’homogénéité de l’air mesuré.
La sonde ne doit pas être installée ni trop loin, ni trop
près de la grille de reprise. Lorsqu’elle est placée dans
Plage de mesure d’une sonde CO2 [IBN -07-2]
le local, il faut l’éloigner des portes, des fenêtres et des
Elle présente généralement une plage de mesure de 0 à 2.000
ppm, utile pour la mesure des concentrations observées dans les individus, ainsi qu’éviter les coins.
bâtiments car: - Output : elle est dotée soit d’une sortie analogique de
• la teneur en CO2 de l’air extérieur est de l’ordre de 400 ppm ; type 0 - 10 V, soit d’une sortie “tout ou rien” provoquant
• les réglementations limitent généralement la teneur maximale dans la mise en route d’une hotte de cuisine, par exemple.
les bâtiments tertiaires à 1.000 - 1.500 ppm.
- Coût : le prix est couramment supérieur à 650 € (au
Seules les sondes présentes dans l’industrie pour détecter le dépas-
sement des seuils de toxicité dépassent ces plages de mesure. 01/11/2016).
La concentration maximale à laquelle un être humain peut être - Maintenance : elle doit être étalonnée régulièrement.
exposé pendant 8 heures est fixée, dans de nombreux pays, à 5.000 Une périodicité de 12 mois au plus est généralement
ppm. conseillée.
Le temps de réponse d’une sonde CO2 peut atteindre 5 à 10 minutes
et l’erreur de mesure des produits actuels varie entre 10 et 100 ppm.
• Le détecteur de présence par infrarouge
Il est sensible à la chaleur dégagée par les occupants.
Il semble le plus adéquat pour la gestion de multiples
petits locaux, comme les bureaux, car son prix est faible
et il peut influencer facilement le débit d’une bouche de
pulsion. On trouve également des bouches qui intègrent
ces détecteurs.

104 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

ANNEXE 4
Réglementation wallonne
en matière de ventilation
agw peb du 15/12/16
L'AGW PEB du 15/12/16 (Annexe C2-VHR) et la norme NBN D50-001
“Dispositifs de ventilation dans les bâtiments d’habitation”........................................ 106
Objectif de la norme................................................................................................................................................................106
Champ d’application..................................................................................................................................................................106
Exigences relatives aux installations de ventilation dans les locaux d’habitation..........................106
Les débits nominaux des locaux.............................................................................................................................................................. 106
Les systèmes de ventilation simplifiés................................................................................................................................................... 107
Les exigences et directives complémentaires....................................................................................................................................108
Exigences complémentaires.................................................................................................................................................109
Les locaux renfermant des appareils à combustion ouverte........................................................................................................ 109
Les placards d'une habitation.................................................................................................................................................................... 110
Exigences relatives aux locaux ou espaces spéciaux..........................................................................................110
Les couloirs communs ou cages d’escaliers communes............................................................................................................... 110
Les locaux de stockage des ordures ménagères..............................................................................................................................111
Les gaines et cabines d’ascenseurs........................................................................................................................................................111
Les garages........................................................................................................................................................................................................111
Les chaufferies et locaux de chauffe...................................................................................................................................................... 112
Les caves et greniers.................................................................................................................................................................................... 112
Les locaux contenant un compteur de gaz.......................................................................................................................................... 112
Les soutes à combustible............................................................................................................................................................................ 112

L'AGW PEB du 15/12/16 (Annexe C3-VHN) et la norme NBN EN 13779


“Dispositifs de ventilation dans les immeubles non résidentiels”............................ 113
Objet..................................................................................................................................................................................................113
Champ d’application..................................................................................................................................................................113
Niveaux de performance minimaux....................................................................................................................................113
Qualité de l'air intérieur................................................................................................................................................................................. 113
Débits de ventilation....................................................................................................................................................................................... 113
Qualité de l'air des débits d'alimentation............................................................................................................................................... 116
Régulation de la qualité de l'air................................................................................................................................................................. 116
Conditions de pression dans les espaces ou les bâtiments......................................................................................................... 117
Consommation d'énergie des ventilateurs........................................................................................................................................... 117
Possibilité de règlage des bouches d'air............................................................................................................................................... 117
Evacuation pour ventilation naturelle...................................................................................................................................................... 117
Pénétration d'animaux indésirables par les bouches d'alimentation d'un système de ventilation naturelle
ou de ventilation mécanique simple flux par extraction.................................................................................................................. 117
Pénétration d'eau indésirables par les bouches d'alimentation des systèmes de ventilation naturelle
ou de ventilation mécanique simple flux par extraction.................................................................................................................. 118
Diffusion de l'air dans la zone d'occupation......................................................................................................................................... 118

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 105


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

L'AGW PEB du 15/12/16 (Annexe C2-VHR) et la norme NBN D50-001


Dispositifs de ventilation dans les bâtiments d’habitation

Amenée d'air neuf Evacuation d'air vicié


Objectif de la norme
Règle générale 3,6 m³/h par m² de surface au sol
avec pour limites particulières :
L'AGW PEB du 15/12/16 [GW -16-2] et la norme NBN
D50-001 [IBN -91] donnent des directives permettant de
min. 75 m³/h
Living
max. 150 m³/h
construire des habitations qui pourront être convenable-
ment ventilées. Ils stipulent que les bâtiments ou parties
Chambres, locaux
min. 25 m³/h (*)
de bâtiment destinés à l’habitation ou à l’hébergement
d'études et de jeux
doivent être équipés de tous les dispositifs nécessaires à
Cuisines fermées, min. 50 m³/h
S.D.B., buanderies max. 75 m³/h une ventilation efficace de l’immeuble. Ces dispositifs font,
quant à eux, l’objet d’exigences dans la norme.
Cuisines ouvertes min. 75 m³/h
W.-C. 25 m³/h

Dans ce tableau, le vocable “max” est à comprendre comme “peut Champ d’application
être limité à”.
(*) Le débit nominal peut être limité à 72 m³/h.
Les exigences et recommandations s’appliquent :
Exigences relatives aux évacuations d'air selon l'AGW - aux nouvelles habitations ou aux nouveaux immeubles
PEB du 15/12/16 et la norme NBN D50-001
d’habitation ;
- aux parties de constructions neuves destinées au
Schéma du flux d’air pour tous types de ventilation
logement ;
Extérieur → Locaux secs → Dégagement → Locaux humides → Extérieur - aux parties de bâtiments destinées à l’hébergement
OAR OT OT OER (hôpitaux, maisons de repos, hôtels, prisons, etc.) ;
OAM OEM
- aux bâtiments existants qui ne sont pas destinés à
OAR = ouverture d’alimentation réglable l’habitation mais qui sont transformés en immeubles
OAM = ouverture d’alimentation mécanique
OER = ouverture d’évacuation réglable d’habitation.
OEM = ouverture d’évacuation mécanique
OT = ouverture de transfert
Exigences relatives aux
Note : si les acronymes OAM et OEM ne figurent pas en tant que
tels dans la norme, ils sont directement repris de la NIT 192, qui
installations de ventilation dans
prévoyait ainsi de faire la distinction entre les dispositifs naturels les locaux d’habitation
et mécaniques, notamment dans les annotations à faire figurer

Les débits nominaux des locaux


aux plans d’un projet faisant l’objet d’une demande d’autorisation
d’urbanisme.

Le tableau ci-contre donne les débits de ventilation qui


doivent pouvoir être réalisés, au minimum, dans les divers
locaux ou espaces des habitations ; ils sont appelés débits
Systèmes de ventila- Procédés de ventilation nominaux de ces locaux.
tion selon la norme
NBN D50-001 [29] Amenée d’air Evacuation d’air Il ne peut être satisfait aux exigences générales de débits
A naturelle naturelle
spécifiés par ce tableau, avec un contrôle certain, que si
(1)
chaque local possède une ou plusieurs ouvertures d’ali-
B mécanique libre
mentation et une ou plusieurs ouvertures d’évacuation, par
C libre (2) mécanique
lesquelles l’air est amené ou évacué mécaniquement. Ce
D mécanique mécanique cas est le plus complet et se rencontre rarement dans la
(1)
pratique.
On ne parle pas d’évacuation naturelle, puisque le système
comprend un ou plusieurs ventilateurs ; cependant, il s’agit
des mêmes ouvertures que les ouvertures pour l’évacuation La norme donne donc aussi la possibilité de réaliser des
naturelle. systèmes simplifiés mixtes :
(2) On ne parle pas d’alimentation naturelle, puisque le système - dans lesquels l’air extérieur arrive d’une manière natu-
comprend un ou plusieurs ventilateurs ; cependant, il s’agit
des mêmes ouvertures que les ouvertures pour l’alimenta-
relle, libre ou mécanique vers les locaux dits “secs”
tion naturelle. (séjour, chambre, bureau, etc.) ;
- dans lesquels l’air venant des locaux “secs” est amené
Attention : lorsque la cuisine n’est pas séparée du séjour (cui- dans les locaux “humides” via les couloirs, halls, cages
sine ouverte), le système A n’est autorisé que si la cuisine est d’escaliers, etc. par les ouvertures de transfert adé-
équipée d’une hotte avec ventilateur pouvant être mis en marche
en cas de nécessité. quates ;

106 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

Remarques concernant les dispositifs - dans lesquels l’air vicié s’évacue de manière naturelle,
d’alimentation et d’évacuation mécaniques libre ou mécanique au départ des locaux dits “humides”
• Les débits nominaux qui doivent être amenés et évacués méca- (salle de bain, W.-C., buanderie, cuisine, etc.).
niquement doivent pouvoir être réalisés, même pour une
vitesse de vent inférieure à 4 m/s et par des différences de Les systèmes de ventilation simplifiés
températures entre l’extérieur et l’intérieur qui sont inférieures à
25 °C.
En vertu de la norme, l’amenée et l’évacuation d’air
• Si l’air est amené mécaniquement vers certains locaux et est
aussi aspiré mécaniquement hors d’autres locaux (système D), peuvent se faire, tant au moyen d’un dispositif de ventila-
il est permis qu’une partie de l’air aspiré soit recyclée. L’air qui tion naturelle, qu’au moyen d’un dispositif de ventilation
est recyclé ne peut provenir que des chambres à coucher ou mécanique, ou encore par une combinaison des deux. Sur
d’étude, des couloirs, des cages d’escaliers et hall d’une même
base de ce principe, la norme distingue quatre systèmes
habitation.
• Les ventilateurs de fenêtres ou ceux des hottes qui travaillent (voir tableau ci-contre) :
par intermittence ne peuvent être qualifiés de système de ven-
tilation mécanique proprement dit et ne sont pas repris en • Les dispositifs d’alimentation et/ou d’évacuation méca-
considération lors du calcul d’un système de ventilation.
niques
Remarques concernant les ouvertures En présence de tels dispositifs, la réalisation et le contrôle
d’alimentation et d’évacuation naturelles ou libres des débits nécessaires par les ouvertures d’alimentation
• Les ouvertures d’évacuation naturelle ou libre des cuisines, et d’évacuation posent peu de problèmes, du moins si :
salles de bain et éventuellement buanderies ont une section - dans le cas du système B, les ouvertures d’évacuation
libre d’au moins 140 cm² et celles des W.-C. ont une section libre sont complètement ouvertes ;
d’au moins 70 cm². Cette section libre doit partout être respec-
tée, même à l’endroit de la liaison avec le conduit.
- dans le cas du système C, les ouvertures d’alimenta-
• La plus petite dimension des conduits d’évacuation naturelle ou tion libre sont complètement ouvertes.
libre est d’au moins 5 cm. Pour des raisons d’économie, l’occupant peut faire fonc-
• L’exigence de verticalité des conduits d’évacuation naturelle ou tionner les ventilateurs sur différentes positions et inter-
libre et celle précisant qu’ils doivent déboucher au-dessus du
toit ne sont plus d’application si l’ouverture d’évacuation est
venir au niveau des dispositifs d’alimentation ou d’éva-
raccordée à un extracteur qui, automatiquement, fonctionne cuation libre (respectivement pour les systèmes C et B).
lorsque le local est occupé et qui, après utilisation, continue de
fonctionner au moins durant une période égale à la plus petite • Les ouvertures pour l’alimentation et l’évacuation natu-
des deux valeurs suivantes : 1800 s ou 3 V/D (V est le volume relles ou libres
de l’espace [m³] et D le débit du ventilateur installé [m³/s]). Selon la norme, il convient de choisir les dispositifs d’ali-
mentation et d’évacuation naturelles ou libres de telle
Exigence dans le cas sorte que, pour une différence de pression de 2 Pa de
Débit nominal
Local d’une fente sous la part et d’autre de l’ouverture, ils puissent fournir le débit
à 2 Pa
(les) porte(s) nominal souhaité.
14 dm³/s une ouverture totale La norme stipule en outre que les ouvertures d’alimenta-
Cuisine
soit 50 m³/h d’au moins 140 cm² tion naturelle ou libre :
Autres (séjour,
une ouverture d’au
- doivent être obturables et réglables ;
chambre, bureau, 7 dm³/s - peuvent être limitées au double de la section requise ;
moins 70 cm²
W.-C., s. de bain, soit 25 m³/h
buanderie, etc.)
- ne peuvent occasionner des courants d’air ;
- sont de préférence placées à une hauteur d’au moins
Exigences relatives aux ouvertures de transfert selon
la norme NBN D50-001 [IBN -91] 1,8 m ;
- ne peuvent accroître le risque d’effraction.
Pour l’évacuation d’air libre ou naturelle, seuls les
conduits d’évacuation verticaux conviennent. Dans le cas
des toitures plates et légèrement inclinées, ils doivent
déboucher du toit d’au moins 0,5 m ; le cas des toitures
dont la pente est supérieure à 23° est traité dans l'annexe
2. Pour des informations plus détaillées, on se référera à
l’Annexe II de la norme NBN D50-001 ou à l’annexe 2 du
présent ouvrage.

• Les ouvertures de transfert


Les ouvertures de transfert, qui ne se présentent que
dans les parois intérieures et dans ou autour de portes
intérieures, doivent toujours rester ouvertes et, par
conséquent, ne peuvent pas être réglables. Elles doivent
satisfaire aux exigences du tableau ci-contre.
En présence d’une hotte puissante dans la cuisine, l’air
nécessaire doit y être amené sans provoquer des
dépressions trop importantes. Il est préférable, à cet effet,

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 107


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

de prévoir également une amenée d’air en façade ou sur


un châssis extérieur de la cuisine, qui n’est
ouverte que lors de l’utilisation de la hotte et qui sera
dimensionnée au prorata du débit de celle-ci.
Si l’ouverture de transfert consiste en une fente au bas
d’une porte intérieure, la section nette de l’ouverture de
transfert est égale à la hauteur nette de la fente, mesurée
du plancher parachevé à la face intérieure de la porte,
multipliée par la largeur de l’ouverture de la porte.
Pour des planchers qui, ultérieurement, peuvent être
revêtus de tapis plain, l’épaisseur de tapis à prendre en
considération pour déterminer la hauteur de la fente, est
au moins égale à 10 mm.

Les exigences et directives générales


complémentaires
• Les matériaux
Les matériaux utilisés pour les conduits, les ouvertures
d’alimentation et d’évacuation, les filtres, les clapets, les
ventilateurs et autres doivent résister aux effets ther-
miques, mécaniques et chimiques et à l’humidité aux-
quels ils sont exposés.

• L’étanchéité à l’air, l’isolation thermique et acoustique des


éléments de parois pourvus d’alimentation libre
Si une ouverture réglable d’alimentation est installée
dans une fenêtre ou une porte ou une paroi extérieure,
l’étanchéité à l’air, l’isolation acoustique, la valeur U de la
fenêtre, de la porte ou de la paroi seront modifiées.
Pour fixer des exigences pour ces trois caractéristiques,
il faut donc distinguer les performances de ces fenêtres,
portes ou parois munies d’ouvertures d’alimentation par-
faitement étanches (aussi bien pour les caractéristiques
thermiques, acoustiques, que d’étanchéité à l’air), des
performances de ces éléments avec l’ouverture d’alimen-
tation en fonction (c’est-à-dire aussi bien fermée que
complètement ouverte).
Dans tous les cas, il faut éviter que l’ouverture d’alimen-
tation installée augmente le risque de condensation
superficielle, notamment à cause d’une coupure ther-
mique inexistante ou insuffisante.

• Les exigences relatives à la ventilation intensive


Les locaux d’habitation (séjour, chambre à coucher,
d’études ou de jeux) et les cuisines doivent être pourvus
de fenêtres ou de portes ouvrables dans les parois exté-
rieures qui, lorsqu’elles sont ouvertes, assurent une ven-
tilation intensive en cas de surchauffe par le soleil, en cas
de forte occupation ou en cas de production temporaire
élevée d’odeurs ou de vapeurs.
Ce type de ventilation est assuré par l’ouverture des
portes et/ou fenêtres dont la superficie doit au moins
équivaloir à :
- 6,4 % de la superficie au sol des pièces présentant des
ouvertures dans une seule façade ;
- 3,2 % de la superficie au sol des pièces présentant des
portes et des fenêtres ouvrantes dans plusieurs
façades ; chaque façade comporte au moins 40 % de
la superficie totale requise pour la ventilation intensive.

108 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

Pour la ventilation des cuisines, en l’absence de fenêtres ou


de portes extérieures, un débit de ventilation intensive de
200 m³/h minimum est requis ; dans ce dernier cas et pour
autant qu’elle soit capable de fournir ce débit, la hotte peut
assurer la ventilation intensive.

• Les recommandations et exigences de confort


L’emplacement et la régulation de toutes les ouvertures
d’alimentation par lesquelles pénètre l’air frais dans les
locaux doivent être convenablement choisis en vue
d’éviter des vitesses supérieures à 0,2 m/s dans la zone
d’occupation (définie ci-avant) de chacun des locaux.
Pour atteindre cet objectif, il est conseillé de placer les
ouvertures d’alimentation de telle sorte que l’air frais
entrant dans le local soit mélangé le plus rapidement
possible avec l’air chaud ascendant des corps de
chauffe, sans augmenter le risque de gel de ceux-ci.
Les systèmes de ventilation mécanique C et D sont cal-
culés et réalisés de manière à éviter, en toutes circons-
tances, un reflux d’air dans les conduites d’évacuation.

La zone d’occupation d’un local est le volume d’air compris


La conception et la réalisation du système de ventilation
entre les surfaces suivantes : doivent être telles que, dans des circonstances d’utilisa-
• le plancher ; tion normale et lorsque les portes intérieures sont fer-
• une surface horizontale à 2 m du plancher ; mées, il ne se répande pas d’odeurs ou de surplus de
• des surfaces parallèles aux parois verticales ou obliques du
local à 0,75 m des parois extérieures et intérieures.
vapeur d’eau provenant de la cuisine, de la salle de bain,
du W.-C. et de la buanderie, vers les autres locaux.
Les systèmes de ventilation mécanique doivent être
conçus, calculés et réalisés de manière à satisfaire les
exigences acoustiques de chaque local.
Le bon fonctionnement des systèmes de ventilation
mécanique suppose, outre un calcul et une mise en
oeuvre correctes, une étanchéité à l’air suffisante des
bâtiments.
Les ouvertures d’alimentation et d’évacuation d’air des
locaux sont positionnées de manière à assurer un
balayage convenable du local.
Les ouvertures d’alimentation et d’évacuation peuvent
être équipées d’un système de réglage automatique en
fonction de la qualité de l’air, des pressions du vent, de la
concentration de CO2 ou celle de vapeur d’eau.

Exigences complémentaires

Les locaux renfermant des appareils à


combustion ouverte
Dans les locaux ou espaces d’habitation où sont installés
des appareils à combustion non étanches, alimentés en
combustibles gazeux, liquides ou solides, la ventilation des
locaux ne peut pas perturber le bon fonctionnement des
appareils, ni l’évacuation normale des produits de combus-
tion. L’alimentation en air de ces locaux peut être naturelle,
libre ou mécanique.
Pour des informations plus détaillées, on se référera à la
norme NBN B61-001 Chaufferies et cheminées (IBN -86]
ou à la p. 56 du présent ouvrage.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 109


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

Les placards d'une habitation


Un débarras ou placard, qui présente une superficie au sol
de 1,5 m² minimum, un volume d’au moins 3 m³ et dont
une partie au moins a une hauteur supérieure à 2 m, doit
être relié à une pièce ou à un couloir ventilé au moyen de
deux ouvertures de transfert non obturables, une dans la
partie supérieure et l’autre dans la partie inférieure. Ces
deux ouvertures doivent avoir, chacune, une section libre
d’au moins 150 cm².
L’ouverture dans la partie inférieure doit être prévue au maxi-
mum à 0,2 m au-dessus du sol, tandis que l’ouverture dans
la partie supérieure doit se situer au moins à 1,8 m du sol.
Si le débarras est relié à l’extérieur par un conduit d’éva-
cuation, l’ouverture dans la partie inférieure est suffisante.

Exigences relatives aux locaux


ou espaces spéciaux

Les couloirs communs ou cages d’esca-


liers communes
Le débit de base pour les couloirs, les cages d’escaliers,
les halls et les autres espaces de passage est de 3,6 m³/h
par m² de surface au sol. Lorsque ces locaux sont com-
muns à plusieurs habitations, les exigences suivantes
doivent en outre être respectées :
• Lorsque plusieurs habitations sont accessibles par un
corridor commun ou une cage d’escalier commune, il faut
que les portes d’entrée des habitations aient un débit de
fuite inférieur à 50 m³/h pour une différence de pression
de 50 Pa et ce, dans les deux directions.
• Les couloirs et cages d’escaliers communs (et chaque
partie obturable de ceux-ci) doivent avoir au moins une
ouverture d’amenée et une ouverture d’évacuation, pla-
cées de façon à assurer une ventilation suffisante de tout
l’espace.
• Durant la plus grande partie de l’année, les couloirs et
cages d’escaliers communs doivent être en légère sur-
pression par rapport aux habitations attenantes. Pour
obtenir cette surpression, ils ne peuvent donc pas être
équipés d’un système d’extraction mécanique.
• Les couloirs et les cages d’escaliers communs sont ven-
tilés (la lettre c désigne les couloirs communs) :
- soit complètement naturellement (système Ac) ;
- soit au moyen d’un système d’insufflation mécanique
(système Bc) ;
- soit au moyen d’un système d’insufflation et d’extrac-
tion mécaniques (système Dc).
• Pour les systèmes mécaniques Bc et Dc, il faut amener
en permanence un débit d’air extérieur d’au moins 0,5V
[m³/h] où V représente le volume d’air de l’espace [m³].
• Pour le système naturel Ac :
- les ouvertures d’alimentation et d’évacuation doivent
être réglables.
En position complètement ouverte et pour une diffé-

110 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

rence de pression de 2 Pa de part et d’autre de ces


ouvertures, il faut un débit d’au moins 0,5 V [m³/h] où
V est le volume d’air du corridor ou de la cage d’esca-
lier [m³].
En position fermée, ces ouvertures peuvent avoir un
débit de fuite maximum de 0,5 V [m³/h] pour une diffé-
rence de pression de 50 Pa.
- les ouvertures d’alimentation doivent se placer dans la
partie inférieure d’une paroi extérieure du couloir ou de
la cage d’escalier à ventiler. Elles peuvent éventuelle-
ment aussi être raccordées à un conduit d’air horizon-
tal qui débouche dans une paroi extérieure. La section
libre de ce conduit, ainsi que de toutes les pièces de
raccord entre l’environnement extérieur et l’ouverture
d’alimentation, est au moins égale à 0,5 V / 3600 [m²]
où V est le volume d’air de l’espace à ventiler [m³].
• Les ouvertures d’évacuation libre (systèmes Ac et Bc)
sont placées dans une paroi extérieure et dans la partie
supérieure du couloir ou de la cage d’escalier à ventiler.
La section libre du conduit, ainsi que de toutes les pièces
de raccord entre l’environnement extérieur et l’ouverture
d’évacuation est au moins égale à 0,5 V / 3600 [m²] où V
est le volume d’air de l’espace à ventiler [m³].

Les locaux de stockage des ordures ména-


gères
Ces locaux doivent normalement être maintenus en
dépression par rapport aux conduits de chute et à tous les
autres locaux contigus, ce qui peut être assuré par un
ventilateur d’extraction. Les locaux de stockage et les
conduits de chute, ainsi que l’éventuel système d’extrac-
tion, doivent être conçus et réalisés sur la base d’une
étude spécifique. Il faut veiller à ce qu'aucune odeur désa-
gréable ne subsiste pour les habitants du bâtiment et des
bâtiments voisins.

Les gaines et cabines d’ascenseurs


Pour la ventilation des gaines et cabines d’ascenseurs, il y
a lieu de se référer aux exigences des normes NBN E52-
014 “Ascenseurs électriques” et NBN E52-018 “Ascenseurs
hydrauliques”.

Les garages
Les deux premières remarques concernant la ventilation des
garages se fondent implicitement sur l’hypothèse que le garage • Les garages doivent être pourvus de bouches d’aération
est ventilé naturellement, mais une ventilation mécanique peut
également être installée.
en contact avec l’air extérieur et situées dans la partie
inférieure de sa ou de ses paroi(s) verticale(s). La partie
supérieure de ces ouvertures se situe au maximum 40
cm au-dessus du niveau du plancher du garage.
• Pour les garages d’une superficie inférieure ou égale à
40 m², l’aire libre totale de ces ouvertures doit équivaloir
à au moins 0,2 % de la surface au sol. Si le garage a plus
d’une paroi verticale en contact avec l’air extérieur, les
bouches d’aération doivent être réparties sur les parois
extérieures (de préférence sur deux parois opposées).
• Pour les garages d’une superficie supérieure à 40 m²,
l’extraction mécanique permanente est requise et doit être
conçue et réalisée sur la base d’une étude spécifique.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 111


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

• Les portes intérieures entre le garage et les autres pièces


d’habitation doivent présenter une étanchéité à l’air suffi-
sante. Dans le cas des garages collectifs, le débit de fuite
de ces portes ne peut dépasser 50 m³/h pour une diffé-
rence de pression de 50 Pa.

Les chaufferies et locaux de chauffe


Dans tous les cas, il y a lieu de prévoir une ouverture
d’alimentation et une ouverture d’évacuation non obtu-
rables. Dans les espaces renfermant des appareils à com-
bustion ouverte, la ventilation et les sections de ventilation
minimales doivent satisfaire :
- soit aux exigences des normes NBN B61-001 [IBN -86],
D 51-003 [IBN -14] et S 21-207 [IBN -87] ;
- soit, à défaut de telles exigences, aux valeurs obte-
nues par un calcul spécifique.

Les caves et greniers


La ventilation peut se faire par :
• Ventilation naturelle, au moyen de :
- petites fenêtres dont la section libre en position ouverte
est d’au moins 140 cm² ;
- grilles de ventilation : la somme des débits de toutes
les grilles doit au moins être égale à 50 m³/h pour une
différence de pression de 2 Pa. Si ces grilles sont
reliées à l’environnement extérieur par des conduits, le
section libre de ces conduits doit au moins être égale
à 140 cm².
• Extraction mécanique : le débit d’extraction doit être d’au
moins 25 m³/h. L’air est amené par des ouvertures d’ali-
mentation placées directement dans les parois exté-
rieures ou reliées à l’environnement extérieur par des
conduits. Ces dispositifs doivent satisfaire aux exigences
suivantes :
- pour les grilles : débit de 25 m³/h pour une différence
de pression de 2 Pa de part et d’autre de la grille ;
- pour le conduit : section libre minimale de 70 cm².
• Alimentation et évacuation mécaniques : tant l’évacuation
que l’alimentation doivent permettre un débit minimum de
25 m³/h.
• Cas particuliers :
- si les caves et/ou les greniers sont très perméables à
l’air extérieur, il n’y a aucune exigence de ventilation ;
- s’il existe un risque d’émission de radon dans la cave,
une étude spécifique doit être entreprise et on peut
éventuellement recourir à une amenée mécanique de
l’air : le sujet du radon est abordé plus en détail dans
le corps principal de l'ouvrage (p. 74).

Les locaux contenant un compteur de gaz


Ces locaux doivent être ventilés conformément aux exi-
gences de la norme NBN D 51-003 [IBN -14].

Les soutes à combustible


Elles doivent être ventilées ; cependant la norme ne fournit
pas de directive particulière à ce cas spécifique.

112 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

L'AGW PEB du 15/12/16 (Annexe C3-VHN) et la norme NBN EN 13779


Dispositifs de ventilation dans les immeubles non résidentiels

Objet
L'Annexe C3-VHN de l’AGW PEB du 15/12/16 et la norme
NBN EN 13779 donnent des directives permettant de
construire des immeubles non résidentiels qui pourront
être convenablement ventilés. Ils stipulent uniquement que
ces immeubles doivent être équipés de tous les dispositifs
nécessaires à une ventilation efficace. Ces dispositifs font,
quant à eux, l’objet d’exigences dans la norme.

Cette Annexe établit les exigences minimales imposées à


la conception et à la réalisation de systèmes de ventilation
en vue d'obtenir une qualité d'air saine et agréable dans
les bâtiments non résidentiels destinés à l'usage humain.
Elle n’aborde pas l'utilisation de ces systèmes de ventila-
tion et ne garantit pas non plus que la qualité d'air souhai-
tée soit obtenue partout et à tout moment.

On entend par espaces spéciaux, des espaces avec (un risque


de) pollution pour lesquels d’autres exigences (spécifiques/plus Champ d'application
contraignantes) concernant la ventilation sont d’application.
Les espaces suivants sont certainement à considérer comme
des espaces spéciaux : L’Annexe C3-VHN s'applique aux bâtiments non résiden-
- les garages dont la surface (calculée sur base des dimensions tiels ou aux parties de ceux-ci, destinés à l'usage humain,
intérieures) est supérieure à 40 m² ;
- les chaufferies et locaux de chauffe ; et à l’exception de la ventilation des espaces spéciaux,
- les soutes à combustible ; non abordée dans cette Annexe.
- les locaux contenant les compteurs gaz ;
- les locaux pour postes de détente de gaz naturel ;

Niveaux de performance minimaux


- les gaines d’ascenseurs et cabines d’ascenseurs ;
- les vide-ordures et les locaux de stockage des ordures ;
- certains laboratoires (médicaux, biologiques…).
En plus des espaces avec (un risque de) pollution particulière, les Qualité de l'air intérieur
espaces suivants peuvent aussi être considérés comme étant
des espaces spéciaux :
- chambres froides ;
Lors du dimensionnement des systèmes de ventilation, le
- sas d’entrée ; débit de conception, à savoir le débit de ventilation pour
- gaines techniques pour canalisations ; lequel le système de ventilation est conçu, ne peut pas
- cabine à haute tension ; être inférieur au débit minimal correspondant à la catégorie
- locaux techniques pour groupes de traitement d’air
- locaux techniques pour installations d’air comprimé ;
d'air intérieur IDA3 (ou INT3). La valeur exprimée en [m³/h]
- escaliers ; est d'application.
- espaces de stockage ayant une surface inférieure à 2 m².
Débits de ventilation
Les installations de ventilation dans les locaux des bâtiments Le débit de conception d'un espace doit pouvoir être réa-
non résidentiels qui sont transformés et dans lesquels les lisé tant à l'évacuation qu'à l'alimentation.
fenêtres sont remplacées ou ajoutées, doivent satisfaire aux exi-
gences de ventilation relatives aux amenées d’air en respectant
au minimum : • Dans les espaces destinés à l’occupation humaine : le
- soit des débits fixés suivant les espaces considérés (selon qu’ils débit de conception minimal dans les espaces destinés à
sont destinés à l’occupation humaine ou non) ; l'occupation humaine doit être déterminé sur base du
- soit 45 m³/h par mètre courant de fenêtre qui est remplacé ou
ajouté.
tableau 11 de la norme NBN EN 13779 (Taux d’air neuf
par personne) repris ci-après. Pour cela, on se base en
principe sur l’occupation prévue par l'équipe de concep-
tion du bâtiment.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 113


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

Débit d'air neuf par personne (m³/h)


Zone non fumeurs (*) Zone fumeurs
Catégorie
Plage type Valeur par défaut Plage type Valeur par défaut
INT 1 > 54 72 > 108 144
INT 2 36 - 54 45 72 - 108 90
INT 3 22 - 36 29 43 - 72 58
INT 4 < 22 18 < 43 36
(*) L’Annexe C3-VHN de l’AGW PEB du 15/12/16 précise qu’il faut considérer qu'il est autorisé de fumer, à moins
qu'il soit expressément stipulé qu'il n'est pas permis de fumer.

Débit d'air neuf par personne pour les espaces destinés à l'occupation humaine

Toutefois, si l'occupation prévue d'un espace est inférieure


à la valeur déterminée selon le tableau ci-après, ou si
l'équipe de conception elle-même ne détermine pas l'occu-
pation prévue, alors la détermination du débit de concep-
tion minimal devra prendre en considération l'occupation
déterminée selon le tableau ci-après :
- en arrondissant le nombre de personnes obtenu à
l'unité supérieure ;
- en considérant qu'il n’est pas autorisé de fumer, à
moins qu'il soit expressément stipulé qu'il est permis de
fumer.

Les catégories principales du tableau ci-contre (HORECA ;


Hôtels, motels, centres de vacances ; Immeubles de
bureaux ; etc.) sont seulement indicatives. Tous les types
d’espaces définis dans le tableau peuvent en principe être
présents dans un bâtiment.

Taux d'air neuf par surface de plancher • Dans les espaces non destinés à l’occupation humaine :
Catégorie le débit de conception minimal dans les espaces non
Plage type Valeur par défaut
destinés à l'occupation humaine doit être déterminé sur
INT 1 Pour INT 1, cette méthode n'est pas suffisante
base du taux d’air neuf ou transféré par surface de plan-
INT 2 > 2,5 3 cher (surface d’utilisation) pour les pièces non conçues
INT 3 1,3 - 2,5 2 pour l’occupation humaine) de la norme NBN EN 13779,
INT 4 < 1,3 1 repris ci-contre.
Taux d'air neuf par surface de plancher pour les espaces
non destinés à l'occupation humaine Toutefois, le débit de conception minimal dans les toilettes
est de 25 m³/h par W.-C. (y compris les urinoirs) ou 15 m³/h
par m² de surface au sol si le nombre de W.-C. n'est pas
connu au moment du dimensionnement du système de
ventilation. Dans les salles de douches et les salles de
bains, le débit de conception minimal est de 5 m³/h par m²
de surface au sol, avec un minimum de 50 m³/h par
espace.

114 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

Surface au sol par


personne (m²/personne)
Horeca
Restaurants, cafétéria, buffet rapide, cantine, bars, cocktails bars 1,5
Cuisines, kitchenettes 10
Hôtels, motels, centres de vacances
Chambres à coucher d'hôtel, de motel, de centre de vacances 10
Dortoirs de centres de vacances 5
Lobby, hall d'entrée 2
Salle de réunion, espace de rencontre, salle polyvalente 2
Immeubles de bureaux
Bureau 15
Locaux de réception, réception, salles de réunions 3,5
Entrée principale 10
Lieux publics
Hall des départs, salle d'attente 1
Bibliothèque 10
Lieux de rassemblement publics
Eglises et autres bâtiments religieux, bâtiments gouvernementaux, salles
2,5
d'audience, musées et galeries
Commerce de détail
Local de vente, magasin (sauf centres commerciaux) 7
Centre commercial 2,5
Salon de coiffure, institut de beauté 4
Magasins de meubles, tapis, textiles... 20
Supermarché, grand magasin, magasin spécialisé pour animaux 10
Laverie automatique 5
Sport et loisirs
Hall de sports, stades (salle de jeu), salle de gymnastique 3,5
Vestiaires 2
Espace des spectateurs, tribunes 1
Discothèque / dancing 1
Club sportif : salles d'aérobic, salle de fitness, club de bowling 10
Locaux de travail
Studio de photographie, chambre noire... 10
Pharmacie (local de préparation) 10
Salle des guichets dans les banques / salle des coffres destinée au public 20
Local de photocopie / local des imprimantes 10
Local informatique (sans local des imprimantes) 25
Etablissements d'enseignement
Salle de cours 4
Salle polyvalente 1
Soins de santé
Salle commune 10
Salles de traitement et d'examen 5
Salles d'opération et d'accouchement, salle de réveil et soins intensifs, salle
5
de kinésithérapie, de physiothérapie
Etablissements pénitentiaires
Cellules, salle commune 4
Surface au sol par
Postes de surveillance 7
personne, selon les
espaces (bâtiments Inscription / enregistrement / salle de garde 2
non résidentiels) Autres espaces
Autres espaces 15

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 115


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

Qualité de l'air des débits d'alimentation


Le débit d'alimentation de conception minimal doit être
réalisé avec de l'air neuf. Tous les débits supplémentaires
peuvent être réalisés avec de l'air neuf, de l'air recyclé ou
de l'air transféré.
En cas de recyclage de l'air repris, il faut respecter cha-
cune des directives de l'annexe A.6 de la norme NBN EN
13779.

Par dérogation aux deux exigences précédentes, le débit


d'alimentation de conception dans les espaces non
destinés à l'occupation humaine peut être entièrement
réalisé avec de l'air repris d'autres espaces de qualité
REP 1 ou REP 2 (voir la classification de l’air repris ci-des-
sous) :

Catégorie Description Exemples


Air repris avec faible niveau de pollution
Air des pièces où les sources d'émission principales sont les Bureaux, y compris les petites pièces de stockage intégrées,
REP 1 structures et les matériaux du bâtiment, et l'air provenant de espaces pour service public, salles de classes, escaliers,
pièces occupées où les sources principales d'émission sont le couloirs, salles de réunion, espaces commerciaux sans
métabolisme humain et les matériaux et structures du bâti- source d'émission supplémentaire.
ment. Les pièces où il est autorisé de fumer sont exclues.
Air repris avec niveau de pollution modéré
Air provenant de pièces occupées qui contiennent plus d'im- Salles à manger, cuisines pour préparation de boissons
REP 2 puretés que la catégorie 1 provenant des mêmes sources et/ chaudes, magasins, entrepôts d'immeubles de bureaux,
ou également des activités humaines. Pièces devant autre- chambres d'hôtel, vestiaires.
ment faire partie de la catégorie REP 1 mais où il est permis
de fumer.
Air repris avec niveau de pollution élevé

REP 3 Air provenant de pièces où l'humidité émise, les procédés, les Les toilettes et lavabos, sauna, cuisines, quelques labora-
produits chimiques, etc. abaissent considérablement la qualité toires chimiques, ateliers de reproduction, fumoirs.
de l'air.
Air repris avec niveau de pollution très élevé
Air contenant des odeurs et des impuretés nuisibles à la santé Hottes aspirantes à usage professionnel, grilles et évacua-
REP 4 avec des concentrations nettement plus élevées que celles tions locales de cuisines, garages et tunnels routiers, par-
admises pour l'air intérieur dans des zones d'occupation. kings, locaux de manutention de peintures et solvants, locaux
pour linge non lavé, locaux pour détritus alimentaires, sys-
tèmes de nettoyage à air centralisés, fumoirs à usage intensif.

Classification de l'air repris (REP)

La contribution de l’air de qualité REP 1 ou REP 2 repris


Systèmes de régulation des systèmes de ventilation d’autres espaces dans le débit de conception d’un local
mécaniques d'immeubles non résidentiels
dépend du débit de conception du ou des espaces d'où est
Dans les immeubles non résidentiels, la qualité de l'air intérieur extrait cet air. La somme des débits de conception d'un
peut être régulée selon 6 modes :
espace vers d'autres espaces ne peut pas être supérieure
- INT-C1 : pas de régulation : le système fonctionne en perma-
nence. Ce mode n'est pas autorisé. au débit de conception propre à cet espace.
- INT-C2 : régulation manuelle : le système fonctionne selon une
commutation manuelle. Ce mode n'est pas autorisé. Régulation de la qualité de l'air
- INT-C3 : régulation temporelle : le système fonctionne selon un
programme temporel donné (par ex. horloge). Dans les immeubles non résidentiels, les systèmes de
- INT-C4 : régulation par l'occupation : le système fonctionne en ventilation mécaniques peuvent être équipés d’un système
fonction de la présence (par ex. commutateur sur l'éclairage de régulation (voir encadré ci-contre).
ou détecteur infrarouge, etc.).
- INT-C5 : régulation par la présence : le système fonctionne au
prorata du nombre de personnes qui occupent l'espace ventilé.
Les systèmes de ventilation mécaniques équipés d'un sys-
- INT-C6 : régulation directe : le système est régulé :
tème de régulation du type IDA-C1 ou INT-C1 et du type
• par des détecteurs mesurant les paramètres de l'air intérieur, IDA-C2 ou INT-C2 ne sont pas autorisés.
choisis et adaptés à la nature des activités réalisées dans Les systèmes de régulation basés sur la température de
l'espace ventilé ; l'air et qui permettent de réduire le débit de ventilation sous
• selon des critères adaptés (détecteurs de CO2, gaz mélan-
gés, COV, etc.).
le débit de conception minimal ne sont pas autorisés.

116 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

Dimentionnement des bouches d'air naturelles et


Conditions de pression dans les espaces
des ouvertures de transfert et les bâtiments
Les bouches d'alimentation d’un système de ventilation naturelle
et les bouches d'alimentation d’un système de ventilation méca- Les conditions de pression (PC) provoquées dans le bâti-
nique simple flux par extraction sont dimensionnées pour une ment par le déséquilibre entre les débits d'air fourni
différence de pression maximale de 2 Pa. (qv,supply) et les débits d'air repris (qv,extract) ne peuvent pas
Les bouches d'alimentation dans un espace pourvu d'une
être inférieures à –5 Pa ou supérieures à 10 Pa. Le calcul
extraction mécanique peuvent être dimensionnées pour une dif-
férence de pression maximale de 10 Pa, à moins que se trouve, doit être effectué avec une valeur de débit de fuite à 50 Pa
.
dans cet espace, un appareil à chambre de combustion ouverte (v50) égale V m³/h où V est le volume (calculé sur base des
raccordé à un conduit d'évacuation. dimensions extérieures, en m³) du bâtiment ou de la partie
de bâtiment considérée.
Les bouches d'extraction d’un système de ventilation naturelle et
les bouches d'extraction d’un système de ventilation mécanique
simple flux par insufflation sont dimensionnées pour une diffé- Cette condition de pression doit être remplie dans chaque
rence de pression maximale de 2 Pa. zone de ventilation, quel que soit le type de système de
Les bouches d'extraction dans un espace pourvu d'une alimen-
ventilation (mécanique ou naturel).
tation mécanique peuvent être dimensionnées pour une diffé-
rence de pression maximale de 10 Pa.
Consommation d'énergie des ventilateurs
Les dispositifs de transfert d’air montés en intérieur sont dimen-
sionnés pour une différence de pression maximale de 10 Pa si Il n’y a pas d’exigence spécifique relative aux ventilateurs.
l’un des deux espaces au moins qu'elles desservent est pourvu
d'un système de ventilation mécanique.
Leur consommation d’énergie est déjà prise en compte
Dans tous les autres cas, cette valeur maximale est ramenée à dans le calcul du niveau Ew.
2 Pa.

En l'absence de normes spécifiques, la détermination de la rela-


Possiblité de règlage des bouches d'air
tion pression-débit des bouches d'alimentation pour systèmes de
ventilation naturelle, des bouches d'alimentation pour systèmes Les dispositifs de transfert d’air montés en intérieur doivent
de ventilation mécanique simple flux par extraction et des dispo- être fixes (non réglables).
sitifs de transfert d’air montés en intérieur s'effectue selon la
norme NBN EN 13141-1.
Les bouches d'alimentation pour systèmes de ventilation
En l'absence de normes spécifiques, la détermination de la rela-
tion pression-débit des bouches d'évacuation pour systèmes de naturelle ou systèmes de ventilation mécaniques simple
ventilation naturelle et des bouches d'évacuation pour systèmes flux par extraction, et les bouches d'évacuation pour sys-
de ventilation mécanique simple flux par insufflation s'effectue tèmes de ventilation naturelle ou système de ventilation
selon la norme NBN EN 13141-2.
mécanique simple flux par insufflation doivent être dotées
d'un réglage manuel ou automatique. Elles doivent pouvoir
être réglées en suffisamment de positions intermédiaires
entre les positions « Fermée » et « Complètement ouverte ».
Ce réglage peut se faire soit en continu, soit via au moins 3
positions intermédiaires entre les positions « Fermée » et
« Complètement ouverte ».

Evacuation pour ventilation naturelle


Les bouches d'évacuation destinées à la ventilation natu-
Nature des dispositifs de transfert d'air montés
relle sont raccordées à un conduit d'évacuation qui
en intérieur
débouche au-dessus du toit. Les conduits d'évacuation
Les fentes sous les portes intérieures peuvent être considérées
doivent avoir un tracé vertical autant que possible. Des
comme des dispositifs de transfert d’air pour autant que la plus
petite dimension de la fente soit d’au moins 5 mm (la hauteur de déviations de maximum 30° par rapport à la verticale sont
la fente est mesurée à partir du niveau du plancher fini; si la admises.
finition de plancher n'est pas connue, on suppose qu'elle a une
épaisseur de 10 mm).
Les conduits d'évacuation et les accessoires sont dimen-
Dans ce cas, il faut tenir compte d'un débit de : sionnés pour une vitesse maximale de l'air de 1 m/s.
- 0,36 m³/h par cm² de fente pour une différence de pression de
2 Pa ;
- 0,80 m³/h par cm² de fente pour une différence de pression de Pénétration d'animaux indésirables par
10 Pa.
les bouches d'alimentation d'un système
Une porte coupe-feu ouverte en permanence, équipée d’un sys-
tème qui ne ferme la porte qu’en cas d’incendie, peut être consi-
de ventilation naturelle ou de ventilation
dérée comme une ouverture de transfert d’air. Dans ce cas, il mécanique simple flux par extraction
faut tenir compte d’un débit de :
- 0,36 m³/h par cm² d’ouverture de porte pour une différence de Pour empêcher, dans la mesure du possible, la pénétration
pression de 2 Pa ; d'animaux indésirables par une bouche d'alimentation d'un
- 0,80 m³/h par cm² d’ouverture de porte pour une différence de
pression de 2 Pa. système de ventilation naturelle ou par une bouche d’ali-

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 117


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

mentation d’un système de ventilation mécanique simple


flux par extraction, il est recommandé qu’il ne soit pas
possible de faire passer les objets suivants à travers la
bouche d'alimentation, soit depuis l'intérieur vers l'exté-
rieur, soit dans l'autre sens :
- une sphère métallique avec un diamètre de 4 mm :
- un disque métallique avec un diamètre de 10 mm et
une épaisseur de 3 mm.
Cette exigence est valable pour chaque position d'ouver-
ture.

Etanchéité à l'air des bouches d'alimentation


Pénétration d'eau par les bouches d'ali-
En l'absence de normes spécifiques, la détermination de l'étan-
mentation des systèmes de ventilation
chéité à l'eau des bouches d'alimentation s'effectue selon la naturelle ou de ventilation mécanique
norme NBN EN 13141-1.
Les prescriptions suivantes sont en outre d'application :
simple flux par extraction
- la bouche d'alimentation doit être installée conformément aux
instructions du fournisseur dans un panneau qui présente Pour empêcher dans la mesure du possible l'infiltration
l'épaisseur du support sur lequel la bouche d'alimentation sera d'eau par une bouche d'alimentation d'un système de ven-
placée en conditions réelles, par exemple : tilation naturelle ou par une bouche d’alimentation d’un
- panneau d'une épaisseur de 20 mm dans le cas d'un vitrage ; système de ventilation mécanique simple flux par extrac-
- panneau d'une épaisseur de 60 mm dans le cas d'un châssis
de fenêtre ; tion, il ne peut y avoir de pénétration d'eau possible pour
- panneau d'une épaisseur de 300 mm dans le cas d'un mur. une différence de pression inférieure ou égale à 150 Pa en
- l'épaisseur du panneau sera mentionnée dans le rapport. position « Fermée » et pour une différence de pression
- conformément à la norme NBN EN 13141-1, les tests sont inférieure ou égale à 20 Pa en position « Complètement
effectués selon la norme NBN EN 1027. La méthode d’essais
retenue est la méthode 1A. ouverte ».
- pour les bouches d'alimentation qui ont des dimensions
variables, les tests doivent être effectués sur un échantillon Pour les fenêtres qui sont spécifiquement conçues comme
dont la mesure-jour de chaque dimension variable est de 1 m. bouche d'alimentation, la position « Complètement ouverte »
Si la dimension maximale disponible est plus petite que 1 m,
le test doit être effectué sur un échantillon dont la dimension doit être comprise comme la position d'ouverture maxi-
est maximale. male pour la ventilation (et non la position d'ouverture
maximale de la fenêtre).

Diffusion de l'air dans la zone d'occupa-


tion
Pour éviter dans la mesure du possible des problèmes de
confort, il est recommandé que la partie inférieure des
bouches d'alimentation d'un système de ventilation natu-
relle et des bouches d'alimentation d'un système de venti-
lation mécanique simple flux par extraction soit placée à
une hauteur d'au moins 1,80 m au-dessus du niveau du
plancher fini.

118 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 4 : Réglementation wallonne en matière de ventilation

ANNEXE 5
le vent [IBN -03]

Introduction. ............................................................................................................................................. 119


Tableaux des fréquences et des vitesses moyennes du vent......................................... 120

Introduction
Le vent est un élément climatique important dans la déter-
mination des besoins en énergie d’un bâtiment. Il
influence le taux d’infiltration d’air, ainsi que les échanges
de chaleur par convection à la surface de l’enveloppe des
bâtiments peu isolés.
Il est donc important de connaître, d’une part, la fréquence
et la vitesse moyenne du vent dans toutes les directions et,
d’autre part, pour toutes directions confondues, la fré-
quence des différentes plages d’intensité du vent.

En Belgique, les vents dominants soufflent du sud-ouest


mais, aux changements de saisons, la fréquence du vent
du nord-est est tout aussi importante.
• les vents nord-est sont polaires, donc froids et secs ;
• les vents sud-ouest sont chauds, secs lorsqu’ils pro-
viennent du sud tandis qu’ils amènent la pluie lorsqu’ils
viennent de l’ouest.
A l’exception de la région côtière, pendant plus de 60 %
du temps, la vitesse du vent est inférieure à 20 km/h. Le
long de la mer, la vitesse du vent est de 70 % plus élevée
que celle relevée dans le reste du pays.

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 119


ANNEXE 5 : Les vents

Tableaux des fréquences et des vitesses moyennes du vent


Les graphes et les tableaux ci-dessous donnent, pour
chaque direction du vent, la fréquence en pourcentage du
temps et la vitesse moyenne, le 15 des mois de mars, juin,
septembre et décembre, à Uccle.

Fréquences et vitesses moyennes du vent [IBN -03]

Par exemple, la fréquence et la vitesse moyenne du vent


reprises dans ce tableau sont de :
• 9,7 % et 22,3 km/h pour la direction OSO le 15 mars ;
• 6,4 % et 12 km/h pour la direction NE le 15 septembre ;
• 14,2 % et 22 km/h pour la direction SO le 15 décembre.

Afin de tenir compte de l’intensité du vent à considérer


dans les calculs de déperditions thermiques des bâti-
ments, le tableau ci-dessous donne les fréquences du vent
correspondant aux plages de vitesse de 10 en
10 km/h, toutes directions confondues, à Uccle [IBN -03] :

120 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


ANNEXE 5 : Les vents

Carte de référence des vitesses du vent en Belgique


Source : IGN Bruxelles, 2001

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 121


TABLE DES MATIÈRES

SOMMAIRE..............................................................................................................................2

PREFACE.................................................................................................................................4

ENJEUX....................................................................................................................................5
Le confort et l’utilisation rationnelle de l’énergie (U.R.E.)............................................. 5
Le bilan thermique de l’homme dans son environnement........................................................................................5
La température de confort...............................................................................................................................................................................6
La ventilation des locaux et la santé des occupants...............................................................................................6
La qualité de l'air..................................................................................................................................................................................................6
L'humidité et les moissures ........................................................................................................................................................................... 7
La participation de la ventilation dans le bilan thermique d'un logenemt...................................................9

POURQUOI VENTILER ? les rôles de la ventilation.................................................... 11


L'évolution historique du rôle de la ventilation. ................................................................. 11
Les contextes.............................................................................................................................................. 13
Le climat local...............................................................................................................................................................................13.
L'environnement local..............................................................................................................................................................14
Le type de bâtiment......................................................................................................................................................................14
L'étanchéité à l'air de l'enveloppe extérieure.............................................................................................................15
Les besoins de ventilation................................................................................................................... 16
Les exigences réglementaires..............................................................................................................................................17
Dispositifs de ventilation dans les bâtiments résidentiels................................................................................................................ 17
Dispositifs de ventilation des immeubles non résidentiels.............................................................................................................. 19

COMMENT VENTILER ? les moyens de ventilation.......................................................22


Les différents types d’installation de ventilation............................................................... 22
Le principe de fonctionnement de la ventilation. .................................................................. 24
Le plan de pression neutre....................................................................................................................................................24
Le principe de fonctionnement de la ventilation naturelle (système A).................. 25
Les principes de fonctionnement de la ventilation mécanique. ..................................... 26
Installation de ventilation à alimentation mécanique (système B)..................................................................26
Installation de ventilation à extraction mécanique (système C).....................................................................27
Installation de ventilation à extraction mécanique ponctuelle........................................................................................................ 27
Installation de ventilation à extraction mécanique centralisée...................................................................................................... 27
Installation de ventilation à extraction mécanique centralisée à la demande......................................................................... 28
Installation de ventilation à alimentation et extraction mécaniques (système D)................................29
Installation de ventilation à alimentation et extraction mécaniques............................................................................................ 29
Installation de ventilation à alimentation et extraction mécaniques centralisées à la demande.................................... 30
Installation de ventilation à alimentation et extraction mécaniques avec récupération de chaleur............................... 31

Tableau récapitulatif des différents types d’installation de ventilation.............. 32


Les critères généraux de choix........................................................................................................ 33
Le coût d’une installation de ventilation......................................................................................................................33
L’énergie d’utilisation................................................................................................................................................................34
Le chauffage combiné à la ventilation...................................................................................................................................................... 35
Le rafraîchissement combiné à la ventilation (free cooling)........................................................................................................... 35
Le contrôle de la ventilation...............................................................................................................................................36
La maintenance de l’installation de ventilation.........................................................................................................37
Le rendement à long terme....................................................................................................................................................39

122 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


TABLE DES MATIÈRES

LES PERFORMANCES DE LA VENTILATION.....................................................................40


L’évaluation de l’efficacité de la ventilation........................................................................... 41
Une bonne qualité de l’air intérieur.................................................................................................................................41
Les performances acoustiques...........................................................................................................................................41
Les performances énergétiques.........................................................................................................................................42
L’étanchéité à l’air.......................................................................................................................................................................42
L’étanchéité à l’air de l’enveloppe extérieure........................................................................................................................................ 42
L’étanchéité à l’air des conduits de ventilation..................................................................................................................................... 42
La sécurité incendie....................................................................................................................................................................43
L’entretien et la facilité de l’emploi.................................................................................................................................43
La participation de la ventilation dans le bilan énergétique d’un logement........ 44
La ventilation et la filtration........................................................................................................... 47
Les objectifs de la filtration................................................................................................................................................47
Classification des filtres........................................................................................................................................................48
Le degré de filtration...............................................................................................................................................................48
Le choix du type de filtre........................................................................................................................................................48
La ventilation avec récupération de chaleur........................................................................... 49
Les échangeurs de chaleur plats......................................................................................................................................49
Les pompes à chaleur................................................................................................................................................................50
Les échangeurs de chaleur à serpentin (run-around coils).............................................................................50
Les cylindres thermiques.......................................................................................................................................................50
La ventilation et le refroidissement............................................................................................. 51
Le refroidissement par l’air extérieur............................................................................................................................51
Le refroidissement mécanisé.................................................................................................................................................52
Le puits canadien..........................................................................................................................................................................53
Principe du puits canadien............................................................................................................................................................................ 53

Les dispositifs concurrents de l’installation de ventilation......................................... 55


Les hottes de cuisine.................................................................................................................................................................55
Les débits d’extraction.................................................................................................................................................................................... 55
Les amenées d’air complémentaires........................................................................................................................................................ 55
Les conduits d’évacuation............................................................................................................................................................................. 56
Les appareils à combustion....................................................................................................................................................56
Quelques solutions........................................................................................................................................................................................... 57

LA METHODOLOGIE DE CONCEPTION DU SYSTEME DE VENTILATION......................58


Les choix de l’auteur de projet........................................................................................................ 59
Choix de l’implantation du bâtiment dans son site...................................................................................................59
Les vents...............................................................................................................................................................................................................59
L’environnement................................................................................................................................................................................................. 59
Choix de l’enveloppe extérieure et de son mode de construction................................................................59
Les conditions externes au projet.............................................................................................................................................................. 59
Les conditions internes au projet................................................................................................................................................................ 60
Choix de la disposition des locaux....................................................................................................................................60
La thermocirculation......................................................................................................................................................................................... 60
Le confort..............................................................................................................................................................................................................60
Choix de l’installation de ventilation..............................................................................................................................60
Choix des ouvertures pratiquées dans l’enveloppe...............................................................................................61
Les ouvertures d’amenée d’air OAR......................................................................................................................................................... 61
La ventilation intensive....................................................................................................................................................................................61
Les ouvertures d’extraction d’air OER..................................................................................................................................................... 61

Objectifs poursuivis et méthodologie de conception du détail.................................... 62


La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 123
TABLE DES MATIÈRES

Illustration par un exemple : au stade de l’esquisse........................................................... 63


Etude de l’implantation.............................................................................................................................................................64
Choix des matériaux....................................................................................................................................................................64
Choix de la disposition des locaux....................................................................................................................................65
Les besoins de ventilation......................................................................................................................................................65
La ventilation de base selon l'AGW PEB du 15 mai 2014 et la norme NBN D50-001....................................................... 65
La ventilation intensive selon la norme NBN D50-001..................................................................................................................... 67
La ventilation des locaux spéciaux selon l'AGW PEB du 15 mai 2014 et la norme NBN D50-001.............................. 68
Choix de l’installation de ventilation..............................................................................................................................69
La partie médicale.............................................................................................................................................................................................70
La maison unifamiliale.....................................................................................................................................................................................70
Calcul du coût global de chaque type d’installation........................................................................................................................... 75
Choix de l’installation de ventilation....................................................................................................................... 75

Illustration par un exemple : au stade de l’avant-projet.................................................. 77


Le dimensionnement des ouvertures d’amenée d’air naturelle........................................................................77
Emplacement et type d’aérateur................................................................................................................................................................. 77
Dimensionnement............................................................................................................................................................................................. 77
Le dimensionnement des ouvertures de transfert..................................................................................................78
Emplacement et type d’ouverture de transfert..................................................................................................................................... 78
Dimensionnement............................................................................................................................................................................................. 79
Le dimensionnement des extractions d’air mécaniques.........................................................................................79
Emplacement des gaines et du ventilateur............................................................................................................................................ 80
Types de conduits, de ventilateur et de bouches................................................................................................................................ 80

Illustration par un exemple : au stade du projet.................................................................. 82

BIBLIOGRAPHIE....................................................................................................................83

ANNEXE 1 : LES CRITERES CONCEPTUELS DE L'EFFICACITE DE LA


VENTILATION........................................................................................................................85
L'efficacité d'échange de l'air........................................................................................................... 85
La distribution spatiale de l'air............................................................................................................................................85
L'âge de l'air....................................................................................................................................................................................86

Le nettoyage des polluants................................................................................................................ 87


La dilution.........................................................................................................................................................................................87
L'évacuation.....................................................................................................................................................................................87

ANNEXE 2 : LES COMPOSANTS D'UNE INSTALLATION DE VENTILATION


NATURELLE...........................................................................................................................88
Les dispositifs d’amenées d’air (ouverture d'amenée d'air OAR)................................... 88
Dimensionnement...........................................................................................................................................................................88
Emplacement...................................................................................................................................................................................89
Critères de choix.........................................................................................................................................................................89
Les dispositifs de transfert (ouverture de transfert OT). ............................................. 91
Dimensionnement...........................................................................................................................................................................91
Emplacement...................................................................................................................................................................................91
Critères de choix.........................................................................................................................................................................91
Les dispositifs d’extraction d’air.................................................................................................... 92
Les ouvertures réglables OER...........................................................................................................................................92
Les conduits verticaux d’évacuation................................................................................................................................93
Emplacement des débouchés des conduits d'évacuation naturelle...............................................................94

124 La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes


TABLE DES MATIÈRES

ANNEXE 3 : LES COMPOSANTS D'UNE INSTALLATION DE VENTILATION


MECANIQUE..........................................................................................................................97
Les bouches de pulsion et d’extraction. ..................................................................................... 97
Les ventilateurs........................................................................................................................................ 99
Le réseau de distribution................................................................................................................... 100
Les filtres................................................................................................................................................... 102
Les capteurs.............................................................................................................................................. 103

ANNEXE 4 : REGLEMENTATION WALLONNE EN MATIERE DE VENTILATION


AGW PEB DU 15/12/16 ET NORME NBN D50-001...........................................................105
L'AGW PEB du 15/12/16 (Annexe C2-VHR) et la norme NBN D50-001
“Dispositifs de ventilation dans les bâtiments d’habitation”........................................ 106
Objectif de la norme................................................................................................................................................................106
Champ d’application..................................................................................................................................................................106
Exigences relatives aux installations de ventilation dans les locaux d’habitation..........................106
Les débits nominaux des locaux.............................................................................................................................................................. 106
Les systèmes de ventilation simplifiés................................................................................................................................................... 107
Les exigences et directives complémentaires....................................................................................................................................108
Exigences complémentaires.................................................................................................................................................109
Les locaux renfermant des appareils à combustion ouverte........................................................................................................ 109
Les placards d'une habitation.................................................................................................................................................................... 110
Exigences relatives aux locaux ou espaces spéciaux..........................................................................................110
Les couloirs communs ou cages d’escaliers communes............................................................................................................... 110
Les locaux de stockage des ordures ménagères..............................................................................................................................111
Les gaines et cabines d’ascenseurs........................................................................................................................................................111
Les garages........................................................................................................................................................................................................111
Les chaufferies et locaux de chauffe...................................................................................................................................................... 112
Les caves et greniers.................................................................................................................................................................................... 112
Les locaux contenant un compteur de gaz.......................................................................................................................................... 112
Les soutes à combustible............................................................................................................................................................................ 112

L'AGW PEB du 15/12/16 (Annexe C3-VHN) et la norme NBN EN 13779


“Dispositifs de ventilation dans les immeubles non résidentiel”............................... 113
Objet..................................................................................................................................................................................................113
Champ d’application..................................................................................................................................................................113
Niveaux de performance minimaux....................................................................................................................................113
Qualité de l'air intérieur................................................................................................................................................................................. 113
Débits de ventilation....................................................................................................................................................................................... 113
Qualité de l'air des débits d'alimentation............................................................................................................................................... 116
Régulation de la qualité de l'air................................................................................................................................................................. 116
Conditions de pression dans les espaces ou les bâtiments......................................................................................................... 117
Consommation d'énergie des ventilateurs........................................................................................................................................... 117
Possibilité de règlage des bouches d'air............................................................................................................................................... 117
Evacuation pour ventilation naturelle...................................................................................................................................................... 117
Pénétration d'animaux indésirables par les bouches d'alimentation d'un système de ventilation naturelle
ou de ventilation mécanique simple flux par extraction.................................................................................................................. 117
Pénétration d'eau indésirables par les bouches d'alimentation des systèmes de ventilation naturelle
ou de ventilation mécanique simple flux par extraction.................................................................................................................. 118
Diffusion de l'air dans la zone d'occupation......................................................................................................................................... 119

ANNEXE 5 : LE VENT......................................................................................................... 119


Introduction. ............................................................................................................................................. 119
Tableaux des fréquences et des vitesses moyennes du vent......................................... 120

La ventilation et l'énergie - Guide pratique pour les architectes 125

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