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Probabilités - Automne 2020 [Link]/homes-www/lerouvillois/
Éléments de correction TD 1
Espaces probabilisés discrets
Exercice 1.
On veut modéliser le lancer de deux dés à six faces, un rouge et un noir. Trois modèles sont
proposés :
a) Ω1 = {1, 2, 3, 4, 5, 6}2 , où l’élément (i, j) de Ω1 représente l’éventualité «le dé rouge a donné
i, et le dé noir a donné j».
b) Ω2 = {(i, j) ∈ {1, ...6}2 , i ≤ j}, où l’élément (i, j) de Ω2 représente l’éventualité «le résultat
des dés, mis dans l’ordre croissant, est (i, j)».
c) Ω3 = {2, 3, ..., 12}, où l’élément k de Ω3 représente l’éventualité «la somme des résultats des
dés est k».
Pour chacun de ces modèles, donner la loi de probabilité dont il faut munir l’univers choisi afin
qu’il corresponde bien à l’expérience.
De plus, on définit A : «Les deux dés ont donné 2 et 3» ; B : «le dé rouge a donné 6» ; C : «la
somme des deux dés est 5». Pour chaque modèle, déterminer si A, B et C sont des événements. Si
oui, les écrire comme sous-ensemble de l’univers et donner leur probabilité.
Exercice 2.
On considère une famille avec 4 enfants (sans jumeaux) choisie au hasard dans la population.
Soit A l’événement : " Parmi les enfants, il y a 2 filles et 2 garçons "
Soit B l’événement : " Les 2 premiers enfants sont de sexes différents"
a) Proposer un espace probabilisé pour décrire l’expérience.
b) Calculer P [A] , P [B] , P [A ∩ B] et P [A ∪ B].
Exercice 3. Père Noël secret.
Un groupe de N ami.e.s souhaite s’offrir des cadeaux de manière aléatoire et secrète. Pour cela,
on associe à chaque participant.e un numéro entre 1 et N et on distribue à chacun.e au hasard des
jetons numérotés de 1 à N indiquant la personne à qui offrir son cadeau. On cherche à calculer la
probabilité que personne ne s’offre un cadeau à soi même.
Pour modéliser cette situation, on choisit comme espace probabilisé ΩN , l’ensemble des permuta-
tions sur {1, · · · , N } muni de la probabilité uniforme PN . Pour tout entier j entre 1 et N , on note
Aj l’événement "la j e personne a tiré son propre numéro" ?
a) Calculer PN [Aj ].
b) On fixe k entiers i1 < · · · < ik entre 1 et N . Dénombrer toutes les permutations σ de
{1, · · · , N } telles que σ(i1 ) = i1 , · · · σ(ik ) = ik et en déduire PN [Ai1 ∩ · · · ∩ Aik ].
c) On note B l’événement "personne ne tire son propre numéro". Exprimer B̄ à l’aide des Aj .
d) Utiliser la formule de Poincaré pour calculer PN [B] et sa limite quand N tend vers l’infini.
Exercice 4. Paradoxe des anniversaires.
Quelle est la probabilité pn qu’au moins deux personnes dans un groupe de n personnes soufflent
leurs bougies d’anniversaire le même jour ? Faire l’application numérique pour votre groupe de
TD. À partir de combien de personnes cette probabilité dépasse-t-elle 1/2 ? (voir Figure 1)
1
Figure 1 – Probabilité qu’au moins deux personnes dans un groupe de n personnes soient nées le même jour.
Correction exercice 4 : On fait l’hypothèse que toutes les personnes sont nées un jour tiré
uniformément au hasard d’une année non bissextile. On modélise donc la situation par l’espace
probabilisé produit Ωn = {1, · · · , 365}n que l’on munit de la probabilité uniforme Pn .
Calculons la probabilité 1 − pn que toutes les personnes soient nées un jour différent. Pour cela,
comptons le nombre de façons possibles d’attribuer n jours de naissance différents compris entre
1 et 365. Il y a 365 possibilités pour la première personne
Qn puis plus que 364 pour la deuxième ...
e
puis 365 − n + 1 pour la n personne ce qui fait au total i=1 (365 − i + 1) possibilités. Par ailleurs,
Ωn est de cardinal 365n . On en déduit que
pn = 1 − ni=1 365−i+1
Q
365
.
Cette probabilité est croissante avec le nombre de personnes (ce qui est logique car plus il y a de
gens, plus il y a de chance que deux d’entre eux soient nés le même jour).
Application numérique : (calculs fait avec Python) pour n = 22, on trouve environ 48% de chance
qu’au moins 2 personnes soient nées le même jour alors que pour n = 23, on trouve environ 51%
de chance. À partir de 23 personnes, il y a donc plus d’une chance sur deux que deux personnes
fêtent leur anniversaire le même jour. Cela peut paraître surprenant car 23 est bien inférieur à 365,
le nombre de jours dans l’année d’où le nom paradoxe des anniversaires !
Entraînements QCM.
Exercice 5.
On lance 5 fois un dé équilibré. On note N le nombre de 6 obtenu en tout, et on note Si l’événement
«le i-ème lancer a donné un 6». Lesquelles des affirmations suivantes sont vraies ?
2
S
1. {N = 2} = i6=j (Si ∩ Sj ).
T5
2. {N = 0} = i=1 Si .
3. {N = 2} ⊂ 5i=1 Si .
S
T
4. {N = 2} = i6=j (Si ∪ Sj )
Correction exercice 5 :
S
1. FAUX : on a seulement {N = 2} ⊆ i6=j (Si ∩ SSj ). Si par exemple les 3 premiers lancers
donnent 6, {N = 2} ne sera pas réalisé alors que i6=j (Si ∩ Sj ) le sera.
2. VRAI : faire zéro 6 est équivalent à ce que tous les dés ne donnent pas 6.
3. VRAI : si on a obtenu deux 6, alors au moins un des cinq dés à donné 6
FAUX : si par exemple tous les dés donnent 6, on aura {N = 5} mais pourtant l’événement
4. T
i6=j (Si ∪ Sj ) sera réalisé.
Exercice 6.
Soit Ω un univers, C un événement, et P1 , P2 deux probabilités sur Ω. Sans hypothèse supplémen-
taire, lesquelles des applications de Ω dans R suivantes sont bien des probabilités ?
1. A 7→ P1 [A] + P2 [A].
2. A 7→ P1 [A]P1 [C] + P2 [A]P1 [C].
3. A 7→ P1 [A ∩ C] + P2 [A ∩ C]
Correction exercice 6 :
1. FAUX car P1 [Ω] + P2 [Ω] = 2 6= 1
2. VRAI : on peut vérifier que l’application est positive, la valeur associée à Ω vaut 1 et elle est
σ-additive.
3. FAUX : car P1 [Ω ∩ C] + P2 [Ω ∩ C] = P1 [C] + P2 [C] qui n’a aucune raison d’être égal à 1. Par
contre, A 7→ P1 [A ∩ C] + P1 [A ∩ C] est bien une probabilité !
Exercice 7.
Soient A et B deux événements sur un espace probabilisé (Ω, P). Sans hypothèse supplémentaire,
lesquelles des affirmations suivantes sont vraies ?
1. P [A ∪ B] ≤ P [A] + P [B].
2. Si P [A] = P [B] = 21 , alors P [A ∩ B] ≥ 14 .
3. P [A ∩ B] ≤ 12 (P [A] + P [B]).
4. Si P [A] = P [B] = 1, alors P [A ∩ B] = 1.
5. P [A ∩ B]2 ≤ P [A] P [B].
Correction exercice 7 :
1. VRAI d’après le cours
2. FAUX : penser par exemple au cas où B = A et P [A] = 1/2
3. VRAI : on a même P [A ∩ B] ≤ min(P [A] , P [B]) ≤ 21 (P [A] + P [B])
4. VRAI car d’après la formule du Crible, P [A ∩ B] + P [A ∪ B] = P [A] + P [B] = 2 ce qui n’est
possible que si P [A ∩ B] = P [A ∪ B] = 1.
5. VRAI car P [A ∩ B] ≤ P [A] et P [A ∩ B] ≤ P [B] donc en multipliant ces inégalités (concer-
nant des nombres positifs), on obtient l’inégalité voulue.