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Hydrogène : Solution énergétique solaire

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Université Hassan II de Casablanca

Faculté des Sciences et Techniques


Mohammedia

Filière Ingénieur Génie Énergétique

Réalisée par: Encadré par :

Sadik Asmaa
Chaabi Rania
Benahi Ayoub Pr.B. Hartiti
I- L’hydrogène, vecteur énergétique solaire

INTRODUCTION

L’approvisionnement énergétique mondial est aujourd’hui essentiellement basé sur


l’utilisation des ressources fossiles et nucléaire. A terme, de telles sources d’énergie
pourraient causer de sérieux préjudices à notre environnement. Les pollutions
atmosphériques et l’effet de serre, mis en cause dans le réchauffement climatique,
associés aux retombées radioactives liées au nucléaire sont des conséquences attendues.
Cela argue d’un réexamen du système d’énergie actuel, a fortiori lorsqu’on connaît le
caractère non renouvelable des ressources employées. Au rythme des consommations
actuelles, ces ressources devraient s’épuiser dans un horizon relativement proche.

1- SITUATION ENERGETIQUE MONDIALE


La production mondiale d’énergie primaire est estimée à environ dix milliards de
tonnes équivalent pétrole par an. Avec le nucléaire, 86 % de cette production
reposent sur des ressources primaires non renouvelables La répartition entre les
différents types de ressources est donnée par le tableau 1.
Tableau 1: Situation au début du 21ème siècle

Source (Gtep/an) %
primaire 3.6 36
Pétrole
Charbon 2.2 2
2
Gaz naturel 2.2 2
2
Nucléaire 0.6 6
Hydraulique 0.5 5
Biomasse (bois) ≈ 0.9 ≈9
Notons, qu’à cause de l’évolution démographique mondiale et des efforts
économiques des pays en voie de développement, cette demande devrait doubler
à l’horizon 2040-2050. L’exploitation de ressources non renouvelables implique
une disponibilité limitée. Au niveau des réserves fossiles, le tableau 2 indique les
durées à prévoir sur la base des quantités actuellement prouvées. Ces durées
pourraient être revue à la hausse grâce aux progrès de technologies des gisements,
toutefois, un accroissement de la consommation mondiale en énergie diminuerait
de tels délais.
Par ailleurs, du point de vue écologique, les ressources fossiles et nucléaires sont
à l’origine de nombreux problèmes d’environnement. La pollution atmosphérique
et l’effet de serre en sont deux conséquences directes. Les effets néfastes se
traduisent par une dégradation de la qualité del’air avec les conséquences
sanitaires que cela implique ainsi qu’un réchauffement climatique induit par l’effet
de serre. Des conséquences du réchauffement climatique commencent à être
observées; elles concernent la fonte des icebergs, l’élévation du niveau des mers,
les canicules, etc.. Dans le domaine nucléaire, les déchets issus des réactions de
fissions restent radioactifs pendant de très longues périodes et le stockage de ces
déchets pose un problème majeur pour l’environnement.
Tableau 2: Etat des réserves fossiles [1-5]

Pétr Gaz Charb


ole naturel on
Réserves mondiales prouvées 140 130 500
(Gtep)
Consommation annuelle en 2000 3.6 2.2 2.2
(Gtep/an)
Durée (années) ≈ 40 ≈ 60 > 200
Université Hassan II de Casablanca
Faculté des Sciences et Techniques
Mohammedia

Ainsi, à la lumière de tous ces éléments, le système d’énergie actuel n’est pas
viable sur le moyen et long terme. Le changement climatique est tenu pour l’une
des menaces les plus sérieuses pesant sur la durabilité de l’environnement de la
planète, sur la santé et le bien-être humain et sur l’économie mondiale.
L’épuisement des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel, leurs prix qui
augmentent sans cesse et l’insécurité de l’approvisionnement à long terme qui met
la situation énergétique mondiale en rupture avec les objectifs du développement
durable, provoque une demande grandissante pour de nouvelles sources d’énergie
renouvelables et non polluantes.

2- LES ENERGIES RENOUVELABLES


Les six familles d’énergie renouvelables sont: l’énergie éolienne, l’énergie
hydraulique, le biogaz, la géothermie, l’énergie des océans et l’énergie solaire. Les
énergies issues des végétaux, des combustibles fossiles, des eaux marines, sont
en fait des énergies différées ou de seconde main provenant du soleil. Pourquoi
ne pas l’utiliser directement ?
Sa durée probable de cinq milliards d’années nous laisse de grandes espérances à
long terme; lorsqu'il disparaîtra, toute vie sur terre sera de toute façon impossible.
Un système d’énergie solaire peut être avancé comme solution à la fois
renouvelable et non polluante. Pour envisager la généralisation d’un système
d’énergie basé sur le solaire, il faut assurer une distribution de l’énergie à la fois
uniforme et régulée. Cela nécessite de développer une technologie de stockage de
l’énergie solaire afin de découpler la demande et la production d’énergie et
permettre son transport; Celle-ci doit être rentable et de surcroît compatible avec
de fortes productions. Pour cela, dans le cadre de notre travail, nous envisageons
l’étude de combustibles solaires. Un combustible peut être transporté par pipelines
ou stocké dans des réservoirs, pour être acheminer vers des point de consommation
(automobile, industrie, etc.) et restituer sa valeur énergétique. Incidemment, sa
production à partir de l’énergie solaire revient à stocker celle-ci sous forme
chimique.
L’hydrogène qui, associé à d’autres éléments, abonde dans la nature et dont la
combustion n’est pas polluante constitue pour cela le parfait combustible solaire.
Compte tenu des perspectives prometteuses des piles à combustibles et des
moteurs thermiques à hydrogène, un système d’énergie à hydrogène peut alors
être proposé comme solution de remplacement ou tout au moins complémentaire,
du système d’énergie actuel.

3- SYSTEMES A HYDROGENE SOLAIRE


Comme combustible solaire, l’hydrogène semble très idéal. Celui-ci peut servir
de carburant aux machines thermiques grâce à son pouvoir énergétique élevé .
Les progrès des piles à combustibles permettent aussi de produire, par combustion
électrochimique de l’hydrogène, de l’électricité avec des rendements de 70 %.
La combustion de l’hydrogène avec l’oxygène donne de l’eau sous forme vapeur,
selon l’équation:
H2  1 2 O2  H2O  0.142 GJ /
kgH2
Ou sous forme normalisée:
7 kg H2  56.4 kg O2  63.4 kg H2O 
1 GJ

Cette vapeur d’eau peut être avantageusement recyclée pour obtenir


l’hydrogène. Avec l’air, la combustion dégage des oxydes d’azote. Deluchi a
comparé les résultats de plusieurs études d’application de moteurs à combustion
interne et a montré que pour l’hydrogène, les quantités rejetées restent inférieures
à celles pouvant résulter de l’utilisation de l’essence ou du carburant Diesel.
L’utilisation de l’hydrogène est donc écologique.
Il faut enfin noter que, de l’avis des experts, le système d’énergie à hydrogène
solaire évoqué ne pourra remplacer les ressources actuelles, qu’après une période
de transition (estimée à au moins 30 ou 40 ans). Pendant cette période, d’autres
sources d’énergie primaires dont les énergies fossiles et nucléaires, pourraient être
mises à contribution pour produire l’hydrogène , et ceci afin d’ouvrir un marché.
Cependant, les bénéfices écologiques ne pourraient être visibles que lorsque le
système d’énergie à hydrogène solaire achèvera d’être complètement établi .

Fig. 1: Système d’énergie à hydrogène solaire dans sa phase de transition


Tableau 3: Quelques propriétés chimiques et physiques sur l’hydrogène

normal et comparaisons avec le gaz naturel (valeurs en gras entre


parenthèses), [10-12]
Propriétés physique et chimique Valeurs numériques
PCI (Pouvoir calorifique inférieur) 119930 kJ/kg
(50020 kJ/kg) PCS (Pouvoir calorifique supérieur) 141860 kJ/kg
Densité gazeuse à 20.3 K 1.34 kg/m3
Densité gazeuse à 273 K 0.08988 kg/Nm3
(0.6512 kg/Nm3) Densité liquide à 20.3 K 70.79 kg/m3
Conductivité thermique du gaz 0.1897 W/m.K
Chaleur d’évaporation 445,4 kJ/kg
Energie théorique de liquéfaction 14112
kJ/kg Electronégativité (Pauling) 2.1
Masse atomique 1.0079
Constante de gaz 4124.5 J/kgK
Température d’auto inflammation dans l’air 858 K (813 K)
Température de flamme dans l’air à 300 K 2318 K (2148 K)
Limites d’inflammabilité dans l’air (vol %) 4 - 75 (5.3 - 15)
Limites de détonation dans l’air (vol %) 13 - 65 (6.3 – 13.5)
Energie minimale d’inflammation (J) 20 (290)
3
Energie explosive théorique (kg de TNT/m ) 2.02 (7.03)
Surpression de détonation 14.7 (16.8)
Coefficient de diffusion dans l’air 0.61 cm/s
(0.16) Vitesse de flamme dans l’air 260 km/s (7 fois
II- Les différentes méthodes de production d’hydrogène

L’hydrogène est actuellement un gaz industriel important

 Un procédé de production dominant (96%) : le vaporeformage des hydrocarbures (Steam


Methane Reforming en anglais)

Aujourd’hui, l’hydrogène pour l’industrie est produit quasi intégralement en l’extrayant du gaz naturel
sous l’action de la vapeur d’eau surchauffée. Ce vaporeformage du méthane, après désulfurisation du
gaz naturel, se fait en deux étapes à haute température (entre 700°C et 1 000°C) où sont rompues les
liaisons de l’hydrogène (dans l’eau avec l’oxygène, dans le méthane avec le carbone) :

H2O + CH4 → CO + 3 H2 (fortement endothermique : + 190 kJ/mole)

CO + H2O → CO2 + H2 (faiblement exothermique : - 40 kJ/mole)

À la sortie du vaporéacteur, l’hydrogène pur est séparé du CO2 qui peut être capturé, et d’un mélange
en excès de CO, de méthane et de vapeur d’eau (syngas) qui est utilisé pour fournir la chaleur nécessaire
au vaporeformage.

Des catalyseurs métalliques sont utilisés (nickel, fer, chrome, cuivre) pour faciliter les réactions. Le
vaporeformage est associé à une très lourde émission de CO2 : pour une tonne de H2 produite, 10 à 11
tonnes de CO2 sont produites et en général émises dans l’atmosphère.

Le vaporeformage est le procédé le plus économique actuel pour produire l’hydrogène industriel.
Évalué à 1,5 €/kg, son coût au kg reste cependant le triple de celui du gaz naturel hors taxe carbone
(donc en ne tenant pas compte de sa lourde empreinte environnementale).

 Un appoint : l’électrolyse alcaline de l’eau

Le procédé d’électrolyse alcaline est une technologie éprouvée, l’eau y est décomposée entre deux
électrodes mono polaires baignant dans un électrolyte basique (potasse).

À l’anode réductrice se dégage de l’oxygène : 2 OH- → ½ O2 + H2O + 2 e-


À la cathode oxydante se dégage l’hydrogène : 2 H2O + 2 e- → H2 + 2 OH-

Les électrodes mono polaires initialement connectées en parallèle ont été remplacées par des électrodes
bipolaires (une face anode, une face cathode) qui fonctionnent en série, avec des densités de courant
plus élevées, donc plus compactes, plus réactives et de meilleur rendement.

L’électrolyse alcaline produit de l’hydrogène ultra-pur à un coût qui est environ quatre fois celui du
vaporeformage (de l'ordre de 6€/kg).
 La gazéification du charbon

Le charbon est une substance complexe et de teneur en carbone variable suivant les minerais (houille,
anthracite, lignite). Porté à très haute température (1 200°C) par sa combustion partielle dans l’air, le
charbon se vaporise et le carbone qu’il contient réagit avec de la vapeur d’eau en produisant du
« syngas » dont on peut séparer l’hydrogène après avoir éliminé les impuretés et le CO2.

Le charbon étant la ressource fossile la plus répandue au 19e siècle, sa gazéification a été exploitée pour
produire du gaz de ville, puis pour fabriquer massivement des carburants liquides à usage militaire
(notamment en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale). Il n’est désormais plus gazéifié, sauf
ponctuellement pour produire industriellement de l’hydrogène, mais cette possibilité reste activement
étudiée par les grands pays carbonifères (Chine, États-Unis, Allemagne, etc.).

 La situation actuelle

Dominé par un procédé où l’énergie thermique nécessaire est fournie par la combustion partielle
du méthane (Steam methane reforming), la production mondiale d'hydrogène s'accompagne
annuellement de près d’un milliard de tonnes de CO2 d'émissions dans l’atmosphère, soit plus de 3 fois
les émissions annuelles de CO2 liées à la combustion d'énergie en France (319 Mt CO2 en 2018(2)).

Dans le contexte d’une transition énergétique globale s’intensifiant et l’hydrogène décarboné faisant
l’objet d’une production croissante, il apparaît probable que le reformage du méthane disparaîtra
progressivement.

Trois voies de remplacement, qui peuvent être combinées, sont dès maintenant activement explorées
: l’électrolyse, la biomasse et la thermochimie.
 L’électrolyse alcaline

l’électrolyse alcaline fonctionne à température moyenne (80°C à 160 °C) et à pression modérée (3 à 30
bars) avec la potasse comme électrolyte liquide. Son bon rendement (60% à 70%) est associé à une
forte inertie qui la rend mal adaptée aux fluctuations rapides des sources électriques intermittentes. Des
améliorations de la réactivité de ces électrolyseurs par augmentation de pression ont été récemment
obtenues.

Actuellement, à partir de technologies bipolaires matures, l’effort se porte vers des architectures
modulaires lourdes qui pourraient atteindre 100 MW (25 x 4 MW) pouvant produire plus de 40 tonnes
par jour d’H2 (et 8 fois plus d’oxygène). Ces électrolyseurs sont destinés aux transports (stations pour
poids lourds et grandes flottes) et à l’industrie pour rivaliser avec le vaporeformage, mais pour combler
l’écart en coût (facteur 3), des effets de série considérables seront nécessaires, assortis de ruptures
technologiques significatives.

 Les électrolyses PEM :

ces électrolyseurs utilisent un électrolyte solide fait


de membranes polymères conductrices de protons
H+. Les P.E.M. sont dans l’ensemble supérieurs
aux alcalins, en particulier en rendement (+ 5%),
leur handicap étant un prix nettement plus élevé à
cause du coût de la membrane et des catalyseurs
(métaux nobles).

Leur réactivité élevée en fait une solution adaptée


à des sources intermittentes. Enfin, c’est une
technologie déjà éprouvée, l’oxygène des sous-
marins et des stations spatiales étant produite par
électrolyse P.E.M. Un des atouts majeurs, bien qu’indirect, de la technologie P.E.M. est de bénéficier
des efforts de R&D sur les piles à combustible qui sont aussi des technologies P.E.M. Des prototypes
de systèmes P.E.M./PAC réversibles sont déjà en cours d’expérimentation en laboratoires.

 L’électrolyse à haute température (HTE)

La température de l’électrolyse conditionne directement la quantité d’électricité complémentaire à


apporter pour dissocier la molécule d’eau. Dès les années 2000, l’amélioration du rendement des
électrolyseurs à électrolytes solides (PEM ou SOEC pour Solid Oxyde Electrolysis Cell) par
augmentation de leur température a fait l’objet d’un important effort de recherche.

En 2014, le CEA-Liten a annoncé avoir atteint un rendement de 90% (3,5 kWh/Nm3 H2) à partir de
vapeur d’eau injectée à 150°C et produisant de l’hydrogène à 700°C. En 2018, l’électrolyse HT était
ainsi mise au premier plan comme une « brique de base » de l’initiative gouvernementale « Plan
Hydrogène » avec le soutien du CEA/Liten.
L’électrolyse à haute température est présentée comme le
maillon-clé d’une production d’hydrogène décarboné
compétitive, associée à une électricité intermittente (ou
nucléaire, celle-ci fournissant de plus, en cogénération, la
chaleur décarbonée à haute
température thermodynamiquement optimale).

Production d'hydrogène à partir de la biomasse

La biomasse exploitable est constituée essentiellement de


déchets agricoles et sylvicoles, agroindustriels et ménagers. Elle constitue une énergie primaire
renouvelable sous réserve que son prélèvement préserve la ressource agricole et forestière.

L’énergie de la biomasse est actuellement extraite soit par combustion (30% électricité, 70% chaleur),
soit par fermentation anaérobie (méthanisation : 60% CH4, 40% CO2), soit par gazéification à haute
température des déchets peu fermentescibles.

Ces deux derniers procédés sont aujourd’hui exploités pour produire industriellement des biocarburants
liquides, méthanol et ses dérivés (79 Mtep en 2017). Ils sont aussi capables de produire de l’hydrogène
à partir du syngas (CO + H2), étape commune aux deux procédés, en le prolongeant par la thermolyse
à haute température et séparation de l’hydrogène.

C6H9O4 (biomasse) + 2 H2O → 6 CO + 6,5 H2 (900 - 1 200°C)

Les premières usines exploitant la thermolyse/thermochimie de la biomasse pour produire de


l’hydrogène sont en cours de démarrage (en France HYNOCA – Vitry Le François) avec pour objectif
un prix compétitif avec l’électrolyse (4 €/kg à la pompe ?) dans l’hypothèse d’un prix modéré de la
biomasse.

Mais ce prix de la biomasse, à cause du coût amont d’approvisionnement et de conditionnement d’une


ressource par essence dispersée et hétérogène, pourrait ne pas pouvoir être réduit suffisamment pour
permettre au biohydrogène d’être compétitif en dehors des niches qu’il occupe déjà.

 Production d'hydrogène par dissociation thermochimique de la vapeur d’eau

L’énergie minimale pour dissocier la molécule d’eau est très élevée (∆H° = 286 kJ/mole), et correspond
à une température critique Tc supérieure à 3 500°C, pour une dissociation purement thermique à
pression atmosphérique.
Pour dissocier l’eau à une température plus basse, réalisable industriellement, il faut apporter, outre
l’énergie thermique T∆S, une quantité suffisante d’énergie libre ∆G complémentaire (dite de Gibbs),
par exemple électrique (électrolyse HT) , ou chimique avec des masses importantes.

Parmi les multiples cycles thermochimiques proposés, le cycle Iode-Soufre (I-S) a été le plus étudié. Il
consiste à produire d’abord deux acides (HI et H2SO4), par la réaction dite de Bunsen :

I2 + SO2 + 2 H2O → 2 HI + H2SO4 (exothermique)

SO2 ayant été produit en amont par décomposition de H2SO2, HI étant décomposé en aval en hydrogène
et iode (2 HI → H2 + I2) et l’iode I2 étant réinjecté dans la réaction et H2SO4 en amont pour redonner
SO2.

Quels que soient les cycles, mais particulièrement l’I-S, une énergie thermique décarbonée à haute
température est nécessaire à la production massive d’hydrogène, en chaleur seule ou en cogénération
avec l’électricité (électrolyse HT) dans des proportions à optimiser en fonction des coûts de l’électricité
et de la durée de vie des matériaux du système de génération d’hydrogène.

Les deux sources de chaleur décarbonée possibles sont le nucléaire (HT) et le solaire à concentration qui
permettent d’atteindre les températures de 900 à 1 000°C requises.

 Production d’hydrogène et nucléaire


Les deux procédés de production massive d’hydrogène « vert », l’électrolyse (HT) et la thermochimie,
nécessitent de disposer de chaleur décarbonée à haute température cogénérée avec de l’électricité elle-
aussi décarbonée.

Les réacteurs nucléaires électrogènes refroidis à eau fonctionnent à des températures insuffisantes
(300°C) pour obtenir (sauf électrolyse à moyenne température) des rendements compétitifs.

En revanche, parmi les 6 candidats à la Génération IV, les réacteurs à très haute température (VHTR)
ont été d’emblée destinés à la cogénération d’électricité et d’hydrogène. Les VHTR peuvent être
construits de façon modulaire (SMR), dotés de sûreté passive et d’une efficacité thermique élevée. Leur
construction modulaire permet des coûts d’opération et de maintenance modérés.

Plusieurs prototypes sont en cours d’évaluation : au Japon, le HTTR ; en Chine, le HTR10 ; aux États-
Unis, General Atomics évalue un SMR/EM2 (850°C) à neutrons rapides, de rendement élevé (53%),
pouvant opérer pendant 30 ans avec le même combustible.
III-La production d’hydrogène par l’énergie solaire

1- principe de production d’hydrogène par l’énergie solaire :


l’hydrogène utilisé actuellement est essentiellement produit à partir d’énergies fossiles, et il est donc
nécessaire de trouver d’autres modes de production décarbonés. L’une des possibilités est d’utiliser
directement l’énergie solaire pour produire

La production d'hydrogène à partir de l'énergie solaire est possible grâce à un processus appelé
électrolyse de l'eau.
1-Captation de l'énergie solaire : Les panneaux solaires photovoltaïques sont utilisés pour convertir
l'énergie lumineuse du soleil en électricité. Les panneaux solaires sont composés de cellules
photovoltaïques qui contiennent des matériaux semi-conducteurs capables de générer de l'électricité
lorsque la lumière du soleil les frappe. Cette électricité est générée sous forme de courant continu (CC).
2-Inversion du courant continu : Étant donné que l'électrolyse de l'eau nécessite de l'électricité sous
forme de courant continu, un onduleur est utilisé pour convertir le courant continu produit par les
panneaux solaires en courant continu stable et contrôlable.
3-Électrolyse de l'eau : Le courant continu est ensuite dirigé vers un électrolyseur. L'électrolyseur est
une cellule électrolytique qui contient de l'eau (H2O) et deux électrodes, une anode et une cathode,
généralement en platine. L'électrolyseur utilise le courant continu pour séparer l'eau en hydrogène et en
oxygène.
4-Réaction à l'anode (oxygène) : À l'anode, l'oxygène (O2) est produit. Lorsque le courant électrique
passe par l'anode, il oxyde (enlève des électrons) les molécules d'eau, formant de l'oxygène gazeux.
5-Réaction à la cathode (hydrogène) : À la cathode, l'hydrogène (H2) est produit. Les électrons retirés
de l'eau à l'anode sont fournis à la cathode, où ils réduisent les ions hydrogène (H+) pour former de
l'hydrogène gazeux.
6-Collecte et stockage de l'hydrogène : L'hydrogène gazeux produit à la cathode est collecté, purifié
pour éliminer les impuretés, puis stocké dans des réservoirs à haute pression ou liquéfié pour un
stockage plus dense, en fonction des besoins.
7-Utilisation de l'hydrogène : L'hydrogène ainsi produit peut être utilisé pour alimenter des piles à
combustible, qui convertissent l'hydrogène en électricité et en chaleur, ou pour d'autres applications
industrielles et de mobilité, telles que les véhicules à hydrogène.
Il est important de noter que l'efficacité globale du processus dépend de plusieurs facteurs, notamment
l'efficacité des panneaux solaires, la qualité de l'électrolyseur, la pureté de l'eau utilisée, la température
et la pression. Les recherches continuent pour améliorer l'efficacité de ce processus afin de rendre la
production d'hydrogène solaire plus compétitive sur le plan économique et environnemental.
2- Les technologies de production d'hydrogène "vert"

 La photo-électrolyse de l’eau
Ce procédé de conversion directe de l’énergie solaire en énergie chimique permet une production
d’hydrogène « vert » décentralisée. Il s’appuie sur les technologies développées dans l’industrie des
panneaux photovoltaïques.
L’utilisation de semi-conducteurs comme photo-catalyseurs au sein d’un électrolyte aqueux permet de
capter les photons afin de fournir l’énergie nécessaire à la migration des électrons de la bande de valence
à la bande de conduction au sein du matériau semiconducteur.
Cette illumination aboutit à la réaction des électrons avec l’eau à la surface des photo-catalyseurs29,
dissociant l’eau en oxygène et hydrogène.
L’intérêt majeur de ce procédé réside dans la conversion directe de l’énergie solaire, évitant ainsi tout
coût d’installation électrique ou de raccordement au réseau. De plus, contrairement aux procédés
utilisant l’énergie thermique, la photo-électrolyse s’effectue à faible température30, diminuant les
contraintes sur les installations. Ces aspects positifs, ainsi que sa forte parenté avec les technologies
solaires, en font une solution possédant un fort potentiel de développement.

En 2013, le Département de l’Énergie des Etats-Unis annonçait des rendements de 12,4% à 18,3% ce
que l’on peut comparer au rendement d’un assemblage photopiles (15%) et d’un électrolyseur (75%),
soit au total un rendement de l’ordre de 12%. Toutefois, des physiciens du Laboratoire Nano-
Magnétisme et Oxydes du CNRS ont récemment annoncé avoir doublé l’efficacité du procédé
d’électrolyse via la polarisation électrique31 .
 La dissociation thermochimique de l’eau

Cette technologie apporte l’énergie de décomposition sous forme thermique à l’aide d’installations
solaires thermodynamiques à concentration ou de centrales nucléaires à haute températur35. Toutefois,
la température nécessaire pour atteindre une décomposition spontanée est considérable36 .
Afin de diminuer l’énergie dépensée pour atteindre cette température, d’augmenter la durée de vie des
matériaux, réduite à haute température, et de faciliter leur fabrication, le procédé de dissociation
thermochimique a recours à des substances chimiques 37. La succession de réactions intervenant entre
elles, ainsi qu’avec l’eau, permet finalement d’obtenir la décomposition de l’eau en oxygène et
hydrogène à des températures réduites d’environ 700°C. Ce procédé fonctionne selon des cycles
chimiques, dans lesquels l’énergie thermique permet à la fois les réactions nécessaires à l’obtention de
l’hydrogène mais aussi celles aboutissant au recyclage des substances introduites. Cette technologie
propose donc une solution de production d’hydrogène propre, consommant uniquement de l’eau et de
la chaleur provenant de sources solaires.

3- Hydrogène vert au Maroc :


« Hydrogène vert : Le 1er projet marocain sera développé à Tan-Tan »

L’Agence marocaine pour l’énergie durable a choisi la région Guelmim-Oued-


Noun pour développer le premier projet de production d'hydrogène vert au
Maroc «Power to Hydrogène (PtX)». Quatre sites, situés dans la province de
Tan-Tan, sont pré-qualifiés pour accueillir les composantes de ce chantier
stratégique qui consiste à développer une centrale hybride combinant solaire
et éolien pour l’alimentation d’une usine de production d’hydrogène vert
d’une capacité d’électrolyse de 100 MW, raccordée à une station de
dessalement d’eau de mer.

Le premier projet de production d'hydrogène vert au Maroc se précise. Porté par l’Agence
marocaine pour l’énergie durable, ce chantier stratégique «Power to Hydrogen (PtX)» sera abrité
par la région Guelmim-Oued-Noun. Il consiste à développer une centrale hybride combinant du
solaire et de l’éolien pour l’alimentation d’une usine de production d’hydrogène vert (et/ou de ses
produits dérivés) avec une capacité d’électrolyse de 100 MW, raccordée à une station de dessalement
éventuelle. Quatre sites sont pré-qualifiés pour abriter les composantes du projet PtX. Ils se situent tous
dans la province de Tan-Tan, dans les communes Tilemzoun et El Ouatia. Le premier site devra
accueillir une centrale à base d’énergie renouvelable hybride (PV/éolien) pour la production
d’électricité avec option de stockage avec batteries.

Les champs solaire et éolien sont prévus sur une superficie d’environ 300 hectares, chacun. Le
deuxième site abritera une usine de production d’hydrogène et de ses produits dérivés sur une superficie
d’environ 5 hectares. Quant au troisième, il sera dédié à une station de dessalement d’eau de mer, pour
l’alimentation de l’usine, alors que le quatrième site accueillera les lignes électriques d’évacuation.
Selon Masen, le Maroc et l’Allemagne avaient signé en juin 2019, à Berlin, un accord relatif au
développement du secteur de la production de l’hydrogène vert.

Le projet «Power-to-X» pour la production de l’hydrogène vert proposé par Masen a vu le jour dès
lors, en vue de renforcer la stratégie du Maroc dans le domaine du développement des énergies
renouvelables, dans le but d’assurer l’indépendance énergétique du Royaume et réduire les émissions
de gaz à effet de serre. Aussi, cette stratégie vise à améliorer les conditions cadres de production et
d'utilisation de l'hydrogène, à mettre en place les structures d'approvisionnement nécessaires et
d'investissement pour l'utilisation de cette matière, en tant que source d'énergie écologique.
Capitalisant sur sa grande expertise dans le secteur des énergies renouvelables, Masen mène différentes
études et analyses visant à évaluer l'utilisation des énergies renouvelables dans différents secteurs au-
delà de la production d'électricité, notamment la production d'hydrogène. «De plus, considérant la
part importante de l'énergie dans le processus de production d'hydrogène et prenant en compte les atouts
importants du Maroc en termes de potentiel d'énergies renouvelables (PV et éolien), d'infrastructures,
de proximité des consommateurs internationaux et de l'existence d'un marché local potentiel, Masen
envisage de développer un premier projet de production d'hydrogène vert au Maroc», souligne l’Agence
à l’occasion du lancement de plusieurs études relatives au projet.

VI- Exemple d’un système de production d’hydrogène par voie solaire

La première étape est consacrée au dimensionnement de l’installation de production


d’hydrogène par voie solaire. La seconde étape consiste à estimer et comparer les quantités
d’hydrogène produites par cette installation, en plusieurs sites d’Algérie, afin de déterminer
les conditions les plus favorables pour sa production optimale.

 Dimensionnement de l’installation de production d’hydrogène

Les conditions de fonctionnement prises, aux différents points de l’installation, sont :


- L’électrolyseur travaille à : T6 = 900 °C ; P6 = 30 bar ; m6 = 1 kg/s
- L’eau d’alimentation du réservoir est à : T0 = 30 °C ; P0 = 1 atm ; m0 = 1 kg/s (liquide)
- La vapeur à la sortie de la chaudière est à : T2 = 300 °C ; P2 = 30 bar; m2 = à déterminer
(vapeur surchauffée).
- La vapeur à la sortie de la turbine, quant à elle, a les caractéristiques suivantes :
T3 = 100 °C ; P3 = 1 atm ; m3 = 2 kg/s (vapeur saturée)
- La vapeur à la sortie du séparateur (entrée réchauffeur) a les caractéristiques suivantes :
T4 = 100 °C ; P4 = 1 atm ; m4 = 1 kg/s (vapeur saturée)

- Propriétés de la vapeur à la sortie du réchauffeur (entrée compresseur) :


T5 = 300 °C ; P5 = 1 atm ; m5 = 1 kg/s (vapeur surchauffée)
Les caractéristiques de la vapeur d’eau, à la sortie du compresseur et à l’entrée des cellules
d’électrolyses, sont données ci-dessus (conditions de fonctionnement de l’électrolyseur).
Les résultats des calculs permettant de déterminer les caractéristiques des fluides,
aux différents points du système, sont résumés dans le tableau 1 présenté ci-dessous :

Etat Phase T (°C) P (bar) h (kJ/kg) s (kJ/kg°C) ṁ (kg/s)


0 Liquide 30 1.013250 125.4 - 1
1 Liquide - - 1210.61 - 2.166
2 Vapeur surchauffée 300 30 2993.5 6.5390 2.166
2’ Liquide+Vapeur 100 1.013250 2388.18 6.5390 2.166
3 Vapeur saturée 100 1.013250 2676.1 7.2958 1.8896
3’ Liquide Saturé 100 1.013250 419.04 1.3630 0.276
4 Vapeur saturée 100 1.013250 2676.1 7.2958 1
4’ Vapeur saturée 100 1.013250 2676.1 7.2958 1
5 Vapeur surchauffée 300 1.013250 3074.3 - 1
6 Vapeur surchauffée 900 30 4385.9 - 1

Les valeurs, obtenues par calcul, des puissances de la chaudière solaire Q12, du réchauffeur
solaire Q45 et celle nécessaire à la compression W56 sont :
Q12  3.8617 MW
Q 45  0.3982 MW
W56  1.3116 MW

 Pour la chaudière

La valeur de la température de la vapeur d’eau est de l’ordre de 300 °C. La température


du fluide caloporteur doit avoir une valeur supérieure à dernière. Elle est limitée par le type
du concentrateur solaire d’une part et de la nature du fluide caloporteur de l’autre part. Les
concentrateurs cylindro paraboliques peuvent fonctionner jusqu’à une température de 450
°C en utilisant l’huile thermique comme fluide caloporteur [16]. Nous fixons une valeur de
température de 400 °C.
En se referant à la figure 3, nous pouvons constater que, pour une concentration de 50,
l’installation travaille avec un rendement de 60 %. Aussi, une concentration de 100 donne
un rendement de 85 % et, avec une concentration de 300, le rendement atteint 90 %. Un
compromis réside entre le rendement (qui a un lien direct avec la production donc du taux
d’exploitation de l’installation) et la concentration (qui dépend directement du taux
d’investissement, i.e. coût de l’installation):
Dans notre étude, nous choisissons une concentration de 100 avec un rendement de 85 %,
ce qui nous semble être satisfaisant.

La surface totale des concentrateurs AC12, nécessaire pour produire une puissance de Q12
est AC1  0 Ic
égale à 2 Q12

En se basant sur l’équation ci-dessus, en optant 0  85 et pour une valeur de


pour %
2
rayonnement solaire direct par ciel clair de 500 W/m (valeur moyenne enregistrée, valable
pour plusieurs sites sur le territoire national [17]), nous obtenons :
AC12  9086.35 m 2

- Pour les concentrateurs ayant une surface unitaire U  50 m (surface adoptée par
2

plusieurs références [16, 18]), leur nombre approprié (N), devant alimenter la chaudière,
est
d 182 .
e N


- La surface (a) de chaque absorbeur est égale : a  0.5 m 2 .

 Pour le réchauffeur

La température de la vapeur d’eau produite est de l’ordre de 300 °C. La valeur de la


température du fluide caloporteur (l’huile thermique) est égale à 400 °C.
En effectuant les mêmes calculs que pour la chaudière, nous obtenons les résultats
suivants:
- La surface totale des concentrateurs nécessaire pour produire une puissance de
Q 45 0.43854168 est :  1031.86 m 2 .
 MW AC45

- Pour une surface unitaire AU de 50 m2, le nombre de concentrateur approprié (N) est égal
à N  21 .
- La surface de chaque absorbeur (a) est : a  0.5 m 2 .
 Détermination de la centrale solaire de production d’électricité

Sa détermination consiste au dimensionnement du circuit des cellules photovoltaïques


qui dépend essentiellement des caractéristiques des cellules d’électrolyse (courant, tension).

 Détermination des caractéristiques des cellules d’électrolyse


L’intensité du courant qui traverse les cellules d’électrolyse dépend uniquement du débit
d’hydrogène à produire. Ce dernier dépend directement du débit de vapeur d’eau
d’alimentation produit par la centrale solaire et a pour expression :

I  10720778 ṁ H2O / f

Pour un débit d’eau de 1 kg/s et un rendement faradique de 0.93, l’intensité du courant qui
doit traverser les cellules d’électrolyses pour produire 1/9 kg d’hydrogène est égale à :
I  11.52 MA
La tension à appliquer aux bornes des cellules d’électrolyses est : U = 1.3 V.
La puissance nécessaire à l’électrolyse de la vapeur d’eau a pour valeur : W = 14.98 MW.
A partir des valeurs de I et U et en utilisant l’abaque de l’électrolyse, la surface des
électrodes doit être logiquement égale à : AE = 11.52 106 cm2.

 Dimensionnement des cellules photovoltaïques


Le nombre des cellules photovoltaïque nécessaires (en se référant aux données du modèle
disponible en CDER) est égale à: Ncellules = 7.33 106 cellules.
Le nombre des cellules dans une guirlande (en série) est: Ncellule/série = 3.
Le nombre de guirlandes montées en parallèle est : Nguirlandes/parallèle = 2.54 106.
La surface nécessaire des panneaux photovoltaïques est approximativement de 126.239 m2.

Résultats et interprétation :
Le programme informatique que nous avons mis au point a permis d’optimiser la production de
l’hydrogène par voie solaire pour différents sites en Algérie et étudier l’effet de certains paramètres
physiques, météorologiques et géographiques sur les productions énergétiques (thermique et
électrique) de l’installation. Une simulation numérique est établie pour, d’une part, la centrale
solaire de production de vapeur d’eau alimentée par les concentrateurs cylindro paraboliques et,
d’autre part, la centrale solaire de production d’électricité fournie par les panneaux photovoltaïques.
Les tableaux 2 à 6 présentent la variation des paramètres essentiels de l’installation en fonction du
mois pour différents sites en Algérie. Le tableau 7 donne les valeurs annuelles de ces paramètres
dont le taux d’hydrogène produit pour les différents sites choisis.
 Irradiance solaire mensuelle sur plan horizontal
Les valeurs présentées par le tableau 2 nous donne une idée sur le gisement solaire
mensuel dans quelques sites principaux en Algérie (est, ouest, nord et sud). Les valeurs
maximales du rayonnement solaire sont observées pendant les mois Juin, Juillet et Août
pour tous les sites. Les valeurs moyenne d’irradiance les plus importantes sont constatées
au sud algérien, dans les wilaya de Tamanrasset et Illizi.

 Puissance électrique mensuelle fournie par les cellules photovoltaïques


Le tableau 3 présente les valeurs de la puissance maximale mensuelle donnée par les
cellules photovoltaïques et cela pour différents sites. Il est possible de remarquer que cette
puissance est proportionnelle au rayonnement solaire et ce, conformément à l’équation (39)
qui exprime la puissance maximale en fonction de la valeur du photo courant qui est
proportionnel, quant à lui, au rayonnement solaire. Les valeurs maximales sont obtenues
pendant le mois de Juin (les plus importantes sont données par les panneaux photovoltaïques
installés à Tamanrasset).

Tableau 2: Irradiance solaire mensuelle sur l’horizontal (kWh/m²/mois)

Qs/mois Annaba Biskra Alger Djelfa Oran Illizi Taman. Djanet


Latitude 36.833 34.8 36.717 34.683 35.633 26.5 22.783 24.55
Longitud 7.817 5.733 3.25 3.25 0.66* 8.417 5.517 9.467
e
Altitude 3.0 86 25 1144 90* 558 1377 1054
1 85,96 64,05 41,88 85,28 93,00 152,43 164,21 165,01
2 108,84 119,92 58,02 92,88 109,17 168,36 182,62 180,52
3 104,90 131,47 141,92 73,53 127,19 218,24 235,35 225,25
4 141,21 180,60 116,46 226,77 158,61 222,45 236,64 239,82
5 151,62 113,12 232,28 113,15 116,75 199,89 236,56 258,94
6 239,91 240,99 237,90 140,55 248,19 262,44 254,43 212,37
7 225,21 245,40 236,28 237,68 244,87 265,82 212,16 240,09
8 215,88 210,64 174,99 133,67 185,60 234,76 221,77 210,95
9 161,25 153,00 173,31 121,89 183,72 199,32 195,00 216,09
10 139,25 73,62 89,50 128,09 75,02 192,17 190,71 191,92
11 92,70 101,10 76,74 72,39 106,80 155,34 139,05 151,11
12 71,80 81,19 80,91 38,28 28,95 136,83 142,72 124,74
Tableau 3: Puissance électrique mensuelle fournie par les cellules P.V. (kW/mois)

Mois Annaba Biskra Alger Djanet Djelfa Illizi Oran Taman.


1 310.78 209.10 117.06 670.74 329.84 631.25 337.72 658.08
2 442.14 478.90 180.15 752.34 340.02 708.22 411.78 757.78
3 347.06 477.36 564.08 986.97 245.15 967.65 443.70 1043.13
4 594.81 791.70 460.22 1206.95 1254.22 1088.89 653.67 1205.35
5 605.63 357.01 1360.40 1448.11 410.95 896.34 461.26 1309.06
6 1567.63 1464.37 1518.47 1091.97 506.98 1614.66 1680.01 1681.17
7 1306.00 1349.84 1326.87 1341.62 1310.17 1552.59 1470.78 1038.46
8 1057.66 935.22 681.82 926.13 434.90 1075.80 807.19 1030.80
9 665.11 530.83 716.51 891.71 413.99 777.86 777.87 783.22
10 513.57 183.84 252.23 717.64 445.80 709.17 203.24 720.70
11 337.94 361.50 242.55 544.91 239.08 567.01 377.03 476.38
12 246.49 275.38 66.38 430.73 110.22 525.29 77.93 533.94

 Rendement mensuel des panneaux photovoltaïques


Le tableau 4 donne les valeurs du rendement mensuel des panneaux photovoltaïques. Les
valeurs minimales sont détectées pendant la saison estivale. Les propriétés électriques des
semi conducteurs sont très sensibles à la température et l’augmentation de cette dernière
influe considérablement sur la performance du panneau photovoltaïque.

Tableau 4: Rendement mensuel des panneaux photovoltaïques (%)

Mois Annaba Biskra Alger Djanet Djelfa Illizi Oran Taman.


1 10.67 10.80 10.35 11.16 10.67 10.22 10.79 11.12
2 11 10.93 10.45 10.87 11.40 10.86 10.88 10.91
3 10.66 10.44 10.92 10.46 10.99 10.49 10.71 10.58
4 10.88 10.54 10.87 10.11 11.27 10.12 10.91 10.31
5 10.53 9.49 10.80 9.31 10.50 9.38 10.54 9.91
6 10.53 9.59 10.50 9.31 10.00 9.05 10.48 9.57
7 10.23 9.18 10.12 9.38 9.91 9.08 10.15 9.67
8 10.05 9.11 9.83 9.36 9.45 9.14 9.90 9.65
9 10.15 9.38 10.05 9.43 9.99 9.36 10.17 9.97
10 9.95 8.95 9.49 9.33 10.32 9.52 9.48 9.86
11 10.50 10.30 10.30 10.16 10.97 10.14 10.45 10.34
12 10.61 10.63 10.75 10.54 10.87 10.78 10.19 10.76
 Puissance thermique mensuelle produite par les concentrateurs cylindro
paraboliques
Le tableau ci-dessous donne les puissances thermiques fournies par les concentrateurs
cylindro paraboliques pour la production de la vapeur d’eau au niveau de la chaudière et du
réchauffeur solaire. Cette puissance est directement proportionnelle au rayonnement solaire.
Les valeurs maximales sont enregistrées pendant le mois de Juin. De ce point de vue, Les
sites les plus intéressants pour l’installation des centrales solaires à concentrateurs cylindro
paraboliques doivent être implantés au sud algérien, à l’exemple de la wilaya de
Tamanrasset.

Tableau 5: Puissance thermique mensuelle produite par les concentrateurs cylindro


paraboliques (kW/mois)

Mois Annaba Biskra Alger Djanet Djelfa Illizi Oran Taman.


1 70.66 33.96 11.98 168.67 64.50 161.51 74.83 163.75
2 105.06 114.51 26.85 195.41 58.15 187.19 89.66 193.51
3 49.78 95.10 118.06 271.40 34.56 268.29 79.02 283.96
4 112.01 178.88 78.48 357.04 331.01 309.37 123.91 347.08
5 99.03 58.70 353.96 475.62 47.67 228.39 70.51 383.99
6 432.39 448.85 418.26 310.48 71.03 554.01 482.45 543.49
7 348.95 276.18 368.01 412.65 371.16 527.53 422.63 272.20
8 290.21 276.18 144.40 258.54 69.19 333.54 191.84 289.43
9 166.09 125.87 189.96 274.34 75.69 224.75 211.91 203.85
10 136.71 25.27 41.52 214.00 96.53 212.10 28.40 204.20
11 83.00 90.27 45.51 146.51 39.59 156.37 89.99 110.16
12 52.44 57.32 66.38 97.06 11.12 135.78 7.63 132.56

 Débit mensuel d’hydrogène produit


Les productions mensuelles d’hydrogène pour différents sites d’Algérie sont données par
le tableau 6. Leurs valeurs sont proportionnelles l’intensité du rayonnement solaire et elles
sont pratiquement toutes maximales pendant le mois de Juin. Les quantités les plus
importantes sont produites à Tamanrasset et à Illizi.
Tableau 6: Débit mensuel d’hydrogène produit (kg/mois)

Mois Annaba Biskra Alger Djanet Djelfa Illizi Oran Taman.


1 8295.11 5581.28 3124.58 17903.02 8803.82 16849.08 9014.18 17565.16

2 11801.37 12782.70 4808.40 20081.06 9075.64 18903.38 10990.97 20226.33

3 9263.63 12741.56 15056.28 26343.65 6543.36 25827.96 11842.98 27842.63

4 15876.49 21131.62 12284.06 32215.32 33477.16 29064.25 17447.56 32172.67

5 16165.16 9529.16 36311.05 33652.28 10968.99 23924.77 12311.68 34940.70

6 41842.49 39086.29 40530.30 29146.23 13532.15 43097.72 44841.95 44872.94

7 34859.25 36029.26 35416.23 35809.99 34970.42 41440.97 39257.30 27718.03

8 28230.46 24962.47 18198.94 24719.89 11608.18 28714.86 21545.10 27513.62

9 17752.83 14168.67 19124.66 23801.02 11050.01 20762.31 20762.57 20905.23

10 13708.06 4906.94 6732.45 19154.77 11899.13 18928.70 5424.74 19236.61

11 9020.08 9648.92 6473.98 14544.54 6381.50 15134.48 10063.63 12715.21

12 6579.10 7350.20 7762.76 11496.93 2941.90 14020.81 2080.17 14251.68

 Résultats comparatifs des paramètres annuels pour différents sites


Les variations annuelles des paramètres cités ci-dessus, pour les différents sites
d’Algérie, sont présentées dans les figures 8 à 12.

Fig. 9: Puissance électrique annuelle délivrée


Fig. 8: Rayonnement solaire annuel incident
par les panneaux photovoltaïques
Fig. 10: Puissance annuelle délivrée par les Fig. 11: Rendement annuel des panneaux
concentrateurs cylindro-paraboliques photovoltaïques pour différents sites

Estimation des taux annuels de production d’hydrogène solaire par électrolyse

Dans le tableau 7 et la figure 12 présentés ci dessous, sont regroupées les taux de


production annuels de l’hydrogène solaire obtenus par voie ṁ (kg/an) pour
électrolytique H2

différents sites d’Algérie et déterminés en fonction des valeurs annuelles de l’énergie


solaire reçue sur le plan horizontal Qs (kWh/m²/an), de la puissance électrique produite par
les cellules photovoltaïques Qpv (kW/an), du rendement annuelle des panneaux
photovoltaïques
PV ,a (%) et de la puissance thermique délivrée par les concentrateurs cylindro
parabolique Qcpc (kW/an).

Les puissances électrique et thermique générées par notre installation sont directement
proportionnelles au rayonnement solaire dont l’intensité est maximal au sud algérien. Leurs
valeurs les plus importantes sont évidemment détectées à Tamanrasset, Djanet et Illizi. Dans
les autres sites les valeurs sont presque les mêmes. Quant à la production d’hydrogène
solaire, les quantités produites au sud sont plus importantes (de 25 à 45 %) comparées à
celles produite au centre, à l’est et à l’ouest où les valeurs se rapprochent beaucoup. La
production d’hydrogène moyenne annuelle au sud est de l’ordre de 200 000 kg. A propos
du rendement des panneaux photovoltaïques, les valeurs les plus faibles sont celles des
panneaux installés au sud et cela à cause de l’effet négatif des températures élevées détectés
au sud sur l’efficacité des semi conducteurs, composant principal des cellules solaires.
Tableau 7: Paramètres annuels pour différents sites d’Algérie

Annaba Biskra Alger Djelfa


QS 1738,54 1715,10 1660,19 1464,16
QPV 7994,82 7415.05 7711.20 6041,33
QCPC 1946,34 1935,15 1863.38 1270,21
PVa 10,41 9,73 10,39 10,48
ṁ H2 213394,03 197919,08 205823,69 161252,25
Oran Illizi Tamanrasset Djanet
QS 1677,24 2408,06 2411,23 2416,82
QPV 7702,18 1111,74 11238,06 11009,81
QCPC 1872,79 3298,83 3128,18 3181,72
PVa 10,37 9,70 10,08 9,82
ṁ H2 205582,83 296669,28 299960,84 293868,72

Fig. 12: Estimation de la production annuelle d’hydrogène solaire par


électrolyse de vapeur d’eau pour différents sites d’Algérie
Conclusion

L’installation présentée et décrite ci-dessus assure, d’après les prédictions de notre


simulation numérique, une production massive d’hydrogène gazeux (au maximum
400 kg/h) par électrolyse de l’eau à très haute température (900 °C, 30 bars).
L’alimentation énergétique des cellules d’électrolyses est assurée par conversion de
l’énergie solaire hybride : thermique et photovoltaïque.
 La conversion thermique est utilisée pour alimenter les cellules
d’électrolyses par un débit de 1 kg/s de vapeur d’eau à très hautes températures et
pression. Pour cela, une centrale thermique est conçue par des concentrateurs solaires
cylindro-paraboliques pour produire la vapeur d’eau à 1 bar et à 300 °C (température
maximale atteinte par ce type de convertisseurs). Cette vapeur d’eau est ensuite
comprimée grâce à un compresseur pour atteindre les conditions désirées (900 °C, 30
bars). La puissance nécessaire pour la compression, qui est égale à 1.31 MW est
fournie par un alternateur entraîné par une turbine alimentée par la vapeur d’eau
provenant des concentrateurs solaires. La puissance que délivre cette centrale solaire
thermique, est de l’ordre de 5 MW. Les concentrateurs cylindro paraboliques
nécessaires sont au nombre de 203 concentrateurs et ils occupent approximativement
une superficie de 1,011 hectares.
 La conversion photovoltaïque est utilisée pour alimenter les cellules
d’électrolyses par la puissance électrique nécessaire qui est de l’ordre de 15 MW grâce
à une centrale électrique à base de convertisseurs solaires photovoltaïques. Le champ
des cellules solaires nécessite une superficie égale à 12,62 hectares.
Grâce à un code de calcul établi, une simulation numérique est faite pour optimiser
les productions énergétiques (thermique et photovoltaïque) ainsi que la production
d’hydrogène. La simulation a été simultanément appliquée à notre installation en des
endroits où les ressources solaires sont variables (Annaba, Biskra, Alger, Janet, Djelfa,
Illizi, Oran et Tamanrasset). Les valeurs maximales de production annuelle
d’hydrogène ont été détectées au sud Algérien (299960,84 kg à Tamanrasset, à titre
d’exemple). Les quantités annuelles d’hydrogène produites dans les wilayas du nord,
de l’est et de l’ouest ont des valeurs qui se rapprochent sensiblement.
Il est évident que le fonctionnement optimal de notre installation est étroitement lié
aux conditions climatiques. L’installation doit être placée dans une localité à forte
insolation de sorte à extraire le maximum de puissance, tout en tenant compte que
l’augmentation de la température ambiante diminue le rendement de la centrale solaire
électrique constituée par des panneaux photovoltaïques qui sont sensibles aux
températures élevées.

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