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Transport du bois : enjeux et propositions

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MINISTERE DE L’ECOLOGIE, DE

MINISTERE DE L’AGRICULTURE
L’ENERGIE, DU DEVELOPPEMENT DURABLE
ET DE LA PECHE
ET DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE,

Conseil général Conseil général de l’agriculture,


de l'environnement et du développement de l’alimentation
durable et des espaces ruraux

N° CGEDD 00 48 95-01 N° CGAAER 1219

Rapport

Le transport du bois et sa logistique

établi par

Jean BOURCET Christian BOURGET


Ingénieur général du génie rural, des eaux et Ingénieur général des ponts et chaussées
des forêts

Dominique DANGUY des DESERTS


Ingénieur général du génie rural, des eaux et des forêts

Juillet 2008
Résumé

Le Grenelle de l’environnement demande à la forêt française une contribution importante au


développement des énergies renouvelables (de 20 à 25 % des 20 millions de Tep supplémentaires) tout en
préservant l’environnement et la biodiversité de notre forêt. Cette diversité induit des distances
d’approvisionnement plus importantes qui sont un handicap par rapport aux pays du Nord de l’Europe. Les
Assises de la forêt ont précisé le volume supplémentaire de récolte de bois (plus 21 millions de mètres
cubes) comparable au pic dû à la tempête de 1999.
Par ailleurs le Grenelle de l’Environnement a conclu à la recherche d’un report modal de la route vers le
rail et la voie d’eau. Or en matière de transport de bois cet objectif ne peut être atteint que pour les longues
distances. Le transport du bois, à partir de la forêt et vers la première transformation, emprunte
obligatoirement un premier trajet routier. Pour des distances importantes, ce premier transport peut être suivi
d’un basculement vers le rail et exceptionnellement vers la voie d’eau

Durant ses travaux, la mission s’est attachée à bien situer les grandes données relatives au transport de
bois :
- la distance moyenne du transport du bois est d’environ 87 kilomètres. Cette distance est bien
inférieure à celle (250 kilomètres) où le rail devient économiquement intéressant. Ainsi 95% du
transport du bois se fait par la route, un peu plus de 4 % par le rail et seulement moins de 1% se fait
par voie d’eau.
- la France est importatrice pour les sciages en particulier ceux de résineux. Elle est également
fortement dépendante de l’extérieur pour les pâtes, papiers et cartons.
- à la suite de la tempête de 1999 une dérogation « bois ronds » a été opportunément et
progressivement mise en place pour absorber le volume supplémentaire de bois issus des chablis. Le
retour d’expérience de ce dispositif apporte des éléments intéressants pour orienter des mesures en
faveur du transport de bois, facteur clé du développement de la récolte forestière, ressource
naturelle, nationale, renouvelable, pérenne et écologique.

Elle a étudié les divers scénarios concernant la dérogation. Sa suppression aurait des effets économiques
qui iraient à l'encontre du développement de la récolte forestière. A l'inverse sa pérennisation qui suppose
l'accord au niveau local des collectivités, doit être acceptée socialement et respecter les objectifs suivants :
- assurer une sécurité routière de haut niveau,
- ne pas dégrader les voiries des collectivités locales,
- préserver l’environnement tant en forêt que dans le milieu rural,
- avoir le souci des conditions de travail lors des phases d’abattage, débardage et transport,
- favoriser le report modal sur les longues distances.

Le rapport indique qu'il est possible d'obtenir, par une nouvelle dérogation « bois ronds » des résultats
améliorés dans les domaines écologiques, sociaux et économiques en proposant :
« une distance maximale, l'abandon des plus forts tonnages, un nombre d'essieux adapté à la charge
totale autorisée, des essieux suiveurs ou même directeurs, une meilleure répartition de la charge,
éventuellement des roues jumelées et des pneus larges. »

Enfin l’amélioration des conditions du transport du bois est un facteur nécessaire mais pas suffisant de
l’augmentation de la récolte forestière. Les relations entre les propriétaires, les intermédiaires et les premiers
utilisateurs de la filière bois doivent être rénovées et s'inscrire dans la durée et dans la confiance. Des
mesures économiques, associant les régions, sont également souhaitables pour favoriser un dialogue
constructif entre les industriels et les collectivités locales afin d’avoir une politique territoriale mettant en
valeur les forêts et le bois.
SOMMAIRE

1 INTRODUCTION 7

1.1 La commande 7

1.2 La méthode 7

2 CADRAGE GENERAL 9

2.1 Les industries de première transformation 9


• Généralités 9
• Les scieries (20,9 millions de m3) 10
• Les usines de panneaux (3 millions de m3) 11
• Les usines de pâtes (9,2 millions de m3) 11
• Les unités de conditionnement de bois-énergie 12
• Conclusion 12

2.2 Les modes de transports 12


• La vue globale 12
• La route 13
• Le rail 13
• La voie d’eau 14

2.3 Les produits transportés 15

3 LE TRANSPORT DU BOIS PAR LA ROUTE 17

3.1 Les spécificités du transport de bois 17

3.2 Les régimes de transport routier du bois 18


• Généralités 18
• Le régime normal 19
• Le régime dérogatoire bois ronds (voir aussi 3.4, page 22) 19
• Le régime des transports exceptionnels pour les grumes 19

3.3 Des contrôles routiers d’efficacité limitée 20

3.4 La dérogation « bois ronds » 22


• La tempête de 1999 et ses mesures d’accompagnement 22
• Une capacité de transport insuffisante conduit à la dérogation « bois ronds » 22
• Une mise en oeuvre lente au niveau national 22
• Les arrêtés préfectoraux en 2005/2006 23
• Des dispositions non homogènes 23
• Les collectivités au cœur de la mise en œuvre. 23
• Au final des professionnels globalement satisfaits 24
• Les effets économiques de la dérogation 25
• Autres effets dont CO ² 25

4 LES ENJEUX DU TRANSPORT DE BOIS PAR LA ROUTE 27

4.1 L’augmentation de la récolte forestière, un objectif du Grenelle de l’environnement 27


• Un objectif consensuel 27
• Avec un axe de travail à privilégier : le bois énergie 27
• En préservant mieux la biodiversité, d’où une récolte plus difficile 28
• Une augmentation des transports de bois comparable à celle de 1999 28
• L’aspect transport ne permettra pas, à lui seul, d’augmenter la récolte 28

4.2 Le développement des modes alternatifs à la route (rail, voie d’eau) un autre objectif du Grenelle de
l’environnement 29

4.3 Ne pas pénaliser le transport par la route par rapport à la situation actuelle 30

5 LES PROPOSITIONS 31

5.1 L’essentiel 31
• Raisonner globalement dans l’examen d’une nouvelle dérogation pour le transport de bois 31
• Pérenniser la nouvelle dérogation « bois ronds »selon un cadre amélioré et assurer une transition 31
• Inciter aux modes alternatifs, rail et voie d'eau 32
• Conserver le gabarit routier du code de la route 32
• Privilégier les « bois ronds » 33
• Répondre aux réticences de certaines collectivités 33

5.2 Un encadrement plus strict de la dérogation « bois ronds » 34


• Abandonner les 67 et 72 tonnes. 34
• Fixer une distance maximum de transport routier dérogatoire à 250 km 34
• 34
• Améliorer les contrôles 35
• Développer l’autocontrôle 35
• Statuer sur la question des échanges intra-européens 36

5.2 Des points à préciser obligatoirement 36

5.3 36
• Les configurations des véhicules 36
• Les arrières-trains forestiers 37
• Le régime transitoire pour les véhicules et les arrêtés existants 37
• L’utilisation des gares bois existantes par les autres opérateurs 38

5.4 Des propositions complémentaires à examiner 38


• Élargir la dérogation aux autres bois issus des forêts 38
• Transporter les grumes de grandes longueurs selon des tonnages plus élevés 39
• Supprimer la dérogation « débardage » pour le registre des transporteurs 39
• Ne plus obliger à un chargement des grumes « gros bouts en avant » 40
• Supprimer l’obligation de gyrophares « bois ronds » 40
• Inclure la dérogation » bois ronds » dans le régime des transports exceptionnels 40
• Se servir des SRIT et des CPER 40

6 CONCLUSION. 41
7 ANNEXES 43

7.1 Annexe 1 : Lettre de commande 45

7.2 Annexe 2 : Liste des personnes rencontrées 47

7.3 Annexe 3 : Statistiques sur le transport du bois 49

7.4 Annexe 4 : Modes de transport routier « Bois ronds », « Grumes » 51

7.5 Annexe 5 : Dérogation débardage 53

7.6 Annexe 6 : Coût du transport des bois selon les options prises 55

7.7 Annexe 7 : Distance théorique de basculement économique route/rail et rayon d’approvisionnement


d’une gare bois 59

7.8 Annexe 8 : Modélisation du coût kilométrique du transport jusqu’à 300 Km 63

7.9 Annexe 9 : Environnement et énergie, Grenelle, Assises de la forêt 65

7.10 Annexe 10 : La politique de la Bourgogne en matière de transport de bois 69

7.11 Annexe 11 : Niveau de desserte locale de la dérogation « bois ronds » 71

7.12 Annexe 12 : Dérogation « bois ronds » par département 73

7.13 Annexe 13 Émissions de CO ² par le transport de bois 77


6/82
1 INTRODUCTION

1.1 La commande
Le transport de bois et la logistique associée (transit et stockage) constituent un des
facteurs clé de la compétitivité et du développement économique de la filière française
de la forêt et du bois.
La demande formulée auprès du Conseil Général de l’Agriculture, de l’Alimentation
et des Espaces Ruraux et du Conseil Général des Ponts et Chaussées les invite à
présenter des propositions d’amélioration de l’organisation du transport des bois.
La lettre conjointe des cabinets du ministre de l’Agriculture et de la Pêche et du
ministre des transports, de l’Équipement, du Tourisme et de la Mer (annexe 1 page 45)
donne la commande exacte.

1.2 La méthode
Le Vice-Président du Conseil Général de l’Agriculture, de l’Alimentation et des
Espaces Ruraux a désigné, par lettre du 17 septembre 2007, Messieurs Dominique
Danguy des Déserts et Jean Bourcet pour reprendre cette mission, les ingénieurs
précédemment retenus n’ayant pu la conduire pour raisons de santé.
Le Vice-président du Conseil Général des Ponts et Chaussées a désigné par lettre du
1° septembre 2006 Monsieur Daniel Fédou, puis par lettre du 4 octobre 2007, Monsieur
Christian Bourget.

Les missionnaires se sont tout d’abord mis d’accord pour circonscrire l’essentiel de
leur travail au transport de bois depuis la forêt jusqu’aux lieux de première
transformation. En effet seul celui-ci présente des spécificités par rapport aux transports
de produits manufacturés et des matériaux de construction.

Par ailleurs les missionnaires sont convenus, conformément à leur lettre de mission,
de ne pas traiter des aspects juridiques qui pourraient résulter de la modification
éventuelle du cadre réglementaire du transport de bois en cas de prolongation ou
pérennisation de la dérogation dite « bois ronds ». Plusieurs moyens juridiques sont en
effet possibles (loi, décret, arrêté). La compatibilité des propositions avec les textes
européens est en outre à vérifier.

La mission a débuté par une série de rencontres avec les milieux professionnels de la
filière bois et du transport au niveau national. Les missionnaires se sont ensuite rendus
successivement dans trois régions (Lorraine, Aquitaine et Bourgogne) choisies pour
être sensiblement représentatives de la variété des forêts françaises. Des entretiens au
niveau national ont permis d’éclairer les sujets qui pouvaient nécessiter quelques
informations complémentaires. Naturellement, les nombreuses études sur ce sujet ont
été consultées. Enfin deux journées de contrôles routiers sur le terrain, l’une dans les
Landes, l’autre en Rhône-Alpes, ont permis aux missionnaires de mieux appréhender
cette activité dans le cadre du transport de bois

La liste des personnes rencontrées figure en annexe 2 à la page 47 du présent rapport.

7/82
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2 CADRAGE GÉNÉRAL

2.1 Les industries de première transformation


. Généralités
Les 15 millions d’hectares de forêts sur les 55 millions du sol métropolitain, donnent un
taux de boisement de 27,3 %. La forêt métropolitaine est composée de 64% de feuillus (9,6 M
ha) et de 36% de résineux (5,4 M ha). A noter que les chiffres énoncés ci-après sont ceux de
2004 ou de 2005 dans un souci de cohérence.

La production biologique annuelle est de 105 Mm3 (1 Mm3 = un million de mètre cubes)
dont 53% Mm3 de feuillus (9,6 M ha x 5,0 m3/ha/an) et 47% Mm3 de résineux (5,4 M ha x 8,0
m3/ha/an) La production biologique « durable » est celle susceptible d’être prélevée
annuellement pendant de très longues périodes. Elle est de 5,0 m3 /ha/an pour les feuillus et
de 8,0 m3/ha/an pour les résineux.

Les produits extraits des forêts se répartissent en trois classes :


1°) le bois de feu : utilisé pour le chauffage, il comprend toutes les parties (perches,
houppiers) en dehors des troncs sous forme de bûches, rondins et ainsi que des
déchets soit de l’exploitation soit de la première transformation (plaquettes,
sciures…)
2°) le bois d’œuvre employé dans le bâtiment: ce sont des troncs ou parties de tronc
destinés à être sciés ou débités ; ils entrent dans le cadre général du bois rond et ont
une longueur minimum de 2 m,
3°) le bois d’industrie : ce sont toujours des bois ronds mais qui ne sont pas, en
principe, aptes au sciage, au déroulage ou au tranchage et qui sont normalement
destinés à un emploi industriel : panneaux, agglomérés, lamellés, pâtes à papier. A
noter que l’industrie emploie également d’autres produits issus soit de l’exploitation
soit de la 1° transformation (plaquettes, sciures…).

La récolte annuelle est estimée à 61,0 Mm3. Seule une fraction de cette récolte est
commercialisée soit 36,0 Mm3. La différence est du bois de feu en très grosse partie
autoconsommé. En effet seulement 2,9 Mm3 de bois énergie sont commercialisés
La partie commercialisée en bois d’œuvre et d’industrie est de 33,1 Mm 3 (soit 36,4% du total
de 91 Mm3). Cette partie commercialisée se répartit en 20,9 Mm 3 de bois d’œuvre (63,1%) et
12,2 Mm3 de bois d’industrie (36,8%).

Par ailleurs les importations de bois ou de produits forestiers sont très importantes.
En valeur et en 2005, le solde des échanges fait apparaître pour les sciages un déficit de
670 millions d’€ et pour les pâtes, papiers et cartons, un déficit de 2 milliards d’€.
En volume nous importons 6,4 millions de m3 des sciages (en équivalent bois ronds, EBR) et
1,4 millions de m3 de grumes destinées aux sciages. Ainsi les sciages importés, sous une
forme ou l’autre (7,8 Mm3 EBR) représentent plus du tiers (37%) de la récolte forestière
française de bois d’œuvre (20,9 Mm3) destinée aux sciages.
Pour la pâte ou les papiers, l’équivalent en bois ronds des importations est de près de 32
millions de tonnes. Sur la base d’un taux de récupération de vieux papiers de 60% (moyenne
française de 2005), on obtient une consommation de bois frais de 12,8 millions de tonnes.
Pour le secteur des pâtes et du papier c’est l’équivalent de plus d’une fois (139%) la récolte
nationale (9,2 millions de tonnes) de la catégorie de bois
9/82
équivalente.
L’augmentation de la compétitivité de la filière bois en France, pour réduire le déficit
de la balance commerciale française, est une priorité évidente.

La récolte de bois commercialisée (36,0 Mm3 en 2005 soit environ 32,4 Mt2) subit
une première transformation selon quatre grandes catégories détaillées ci-après, ainsi
que le laisse apparaître le schéma ci-dessous extrait de la « revue forestière française »
(numéro spécial 2004).

• Les scieries (20,9 millions de m3)


Elles sont, de loin, le premier utilisateur, en transformant 20,9 Mm3 de la récolte
nationale commercialisée, dont deux tiers de résineux et un tiers de feuillus. Chacune
des 2 000 unités traite en moyenne 11.200 m3 de bois ronds par an.
La taille économique optimale était estimée, aux prix antérieurs de l’énergie, à
30.000 m3/an pour une scierie de feuillus et à 80.000 m3/an pour des scieries de
résineux. La concentration des unités se poursuit. De ce fait, la tendance est à
l’augmentation des rayons d’approvisionnement.

La longueur des pièces se standardise pour les produits classiques. Les longueurs
importantes, supérieurs à 16 mètres, qui nécessitent un transport dépassant le gabarit
normal du code de la route, et qui de ce fait ont des coûts de transport plus élevés (cf.
infra), se concentrent dans les « débits sur liste », en principe plus rémunérateurs.

La distance moyenne d’approvisionnement est de 70 kilomètres (de 50 à 80 km dans


un rayon3 estimé de 180 km). La valeur du transport, dans la matière première rendue
usine, est comprise entre 15 et 25%. En effet il s’agit de grumes et billons de bonne
qualité, dont la valeur unitaire est élevée.
Certaines grosses unités sont reliées à la voie ferrée qu’elles utilisent, principalement,
pour l’expédition de leurs produits finis.

2
Le bois vert a un taux moyen d’humidité de 80 % et une densité de 0,9
3
La zone d’approvisionnement d’une scierie est assimilée à un disque dont le rayon R est forcément nettement plus élevé que
la distance moyenne de transport.
10/82
L’utilisation des sous-produits pour obtenir de l’énergie est en développement. Le
séchage des sciages, en plein essor, fait précisément appel au chauffage bois alimenté
par les déchets de scierie.
• Les usines de panneaux (3 millions de m3)
Les usines de fabrication de panneaux et les usines de pâtes à papier ci-après
ressortent, du point de vue du procédé industriel, de la trituration.

Elles consomment en moyenne 3 Mm3 soit le quart du volume total des bois de
trituration nationaux. Les 22 usines traitent en moyenne 136.000 m3/an chacune. Par
ailleurs, la moitié de leurs approvisionnements est constituée de déchets de scieries.

Les produits traités, issus des forêts, en feuillus ou en résineux, sont en principe des
billons de 2 mètres de long environ.
La distance moyenne d’approvisionnement est de 120 kilomètres (de 100 à 150 km
dans un rayon4 de l’ordre de 300 km). La valeur du transport, dans la matière première
rendue usine, est comprise entre 35 et 45%. En effet il s’agit de billons de qualité
médiocre, dont la valeur unitaire est peu élevée. En sus, la taille des usines conduit à un
rayon d’approvisionnement plus élevé.

A noter une sous-catégorie particulière : celle correspondant aux usines produisant


des placages, en partie à partir de bois importés. Ces placages sont destinés
essentiellement aux usines de panneaux.
• Les usines de pâtes (9,2 millions de m3)
Elles consomment en moyenne 9,2 Mm3 soit les trois quarts du volume total des bois
de trituration. Les 11 usines existantes sur le territoire métropolitain, traitent en
moyenne 836.000 m3/an chacune.

Les produits issus de forêt, en feuillus ou en résineux, sont en principe des billons de
2 mètres de long environ. Mais elles utilisent également des connexes de scierie et des
plaquettes, pour leur fabrication et peuvent recycler également des vieux papiers. Le
taux de récupération est de 60 % en France.

La distance moyenne d’approvisionnement est de 130 kilomètres (de 100 à 150 km


dans un rayon5 de l’ordre de 300 km). La valeur du transport, dans la matière première
rendue usine, est comprise entre 35 et 45%. En effet il s’agit de billons de qualité
moyenne, dont la valeur unitaire est également moyenne. La taille importante des usines
conduit à un rayon d’approvisionnement élevé.
En général elles sont embranchées sur une voie ferrée. Rarement, elles bénéficient
d’une voie d’eau, comme l’usine Tembec de Tarascon.

Les usines de pâte utilisent leurs sous-produits pour obtenir de l’énergie.


Actuellement les projets les plus importants de co-génération sont lancés par les
groupes papetiers.

4
La zone d’approvisionnement d’une usine de panneaux est assimilée à un disque dont le rayon R est forcément nettement
plus élevé que la distance moyenne de transport
5
La zone d’approvisionnement d’une usine de pâte à papier est assimilée à un disque dont le rayon R est forcément
nettement plus élevé que la distance moyenne de transport
11/82
• Les unités de conditionnement de bois-énergie
Ce secteur ne consomme, pour l’heure, que 2,9 millions de mètres cubes. Mais il est
en plein essor grâce au développement des chaudières à bois, individuelles ou
collectives. Il s’agit d’une multitude d’utilisateurs de proximité. La bûche traditionnelle
est progressivement remplacée par les plaquettes forestières et les granulés.
La distance moyenne d’approvisionnement est de 30 kilomètres (de 20 à 50 km dans
un rayon de 100 Km). Au-delà une fraction importante du gain énergétique serait
perdue en transport.

Il convient de noter que la consommation apparente de 2,9 Mm3 correspond à la


partie commercialisée. Une fraction importante du bois énergie est auto consommée et
échappe aux statistiques. Elle est estimée à 25 millions de m3/an par le Ministère de
l’Agriculture.

Des projets de plates-formes de recyclage comportant un volet bois sont envisagés.


Le bois issu de démolition et de récupération (déchetteries) serait mélangé aux produits
connexes d’exploitations forestières ou de scieries pour produire plaquettes, granulés…
• Conclusion
Lors d’une coupe de bois, la récolte porte sur des produits différents. Ces produits
sont ensuite triés et répartis entre les divers utilisateurs primaires. Cette première
transformation génère des sous-produits importants (près de 50% pour le sciage et
environ 50% pour la pâte à papier). Ainsi la moitié des bois destinés aux sciages repart
ensuite vers d’autres utilisations (panneaux, pâte à papier et bois énergie).
Enfin une partie importante des produits des diverses industries du bois finit sa vie
sous forme de bois énergie.
Les utilisations du bois en sciage, panneaux et pâte à papier, fournissent aujourd’hui
en produits connexes la part essentielle du bois énergie. Cette imbrication est
intéressante car elle offre une matière première, le bois énergie, concentrée et dont la
collecte est payée par les utilisations les plus nobles du bois (bois de structure, panneaux
et papiers).

2.2 Les modes de transports

• La vue globale
On ne dispose plus depuis quelques années de statistiques détaillées concernant le
transport ferroviaire de marchandises. Il n’est donc pas possible de connaître la part de ce
mode dans le transport du bois. Elle est certainement très faible, sans doute inférieure à 5%.

Les données disponibles sur le transport routier proviennent de l’enquête annuelle


conduite depuis plusieurs années par le ministère en charge des transports. Comme toute
enquête, les résultats obtenus sont empreints d’incertitudes statistiques, incertitudes
d’autant plus grandes que l’on examine des données moins agrégées. En outre, cette
enquête n’interroge que les transporteurs professionnels français agissant pour compte
d’autrui. Les chiffres donnés en annexe n° 3 page 49 ignorent par conséquent les
transports de bois effectués dans les autres conditions.
Une estimation de la valeur annuelle totale du coût des transports6 pour les 36

6
Voir l’annexe 6 page 55. La distance moyenne des transports de bois est de 87 Km sur 36 millions de tonnes.
12/82
millions de tonnes de bois ronds récoltés en France est de 390 millions d’€ par an, dont
380 millions d’€ par route.
• La route
La route occupe une place prépondérante dans le transport, environ 95%. Le
transport peut être effectué pour compte propre, quand le propriétaire des bois,
exploitant ou scieur, utilise ses propres camions. Le transport est pour compte d’autrui,
lorsqu’une entreprise de transports fait une prestation de service pour un intermédiaire
ou pour un utilisateur de la filière. Le transport pour compte propre paraît en diminution
dans ce secteur comme dans d’autres. Les scieries incitent leurs chauffeurs à se mettre
« à leur compte » pour ce concentrer sur leur cœur de métier.

La ressource bois, dispersée sur un vaste territoire, n’est « transportable », au départ


des forêts, que par des véhicules routiers, essentiellement des semi-remorques ou
camions-remorques. Ce premier segment de la chaîne logistique est incontournable et
tout changement de mode entraîne une rupture de charge coûteuse (de 10 à 14 €/t).

Le réseau de pistes et de routes forestières est parfois de qualité médiocre voire


mauvaise. Aussi, les camions utilisés ont souvent plusieurs essieux moteurs et des
châssis renforcés.
Pour bénéficier d’une plus large autonomie dans les trajets ils sont très largement
équipés de grues de chargement.
Ce sont donc des véhicules lourds et coûteux qui ne sont confiés qu’à des chauffeurs
expérimentés. Trouver des personnels compétents est un facteur limitant de cette
activité.
• Le rail
Le rail occupe une place limitée dans le transport de l’ordre de 5%. Ce pourcentage
est en diminution. Pourtant toutes les usines de pâte et pratiquement toutes celles de
panneaux, la plupart des grosses scieries sont reliées à une voie ferrée. Dans beaucoup
de cas une fraction des expéditions des produits finis se fait par ce mode de transport.
Le transport par rail dépend du transport routier car dans tous les cas il faut apporter
les bois de la forêt à la gare bois. Le nombre des gares bois ouvertes a été fortement
réduit en passant d’environ 200 à 50.
Une gare bois est un équipement sommaire mais qui impose de disposer d’une plate-
forme empierrée en bordure d’une voie où les wagons peuvent demeurer un jour ou
deux pour être chargés à partir des « grumiers », des semi-remorques ou des camions-
remorques. Cette rupture de charge s’accompagne de l’immobilisation d’un train de 20
à 24 wagons. Elle impose une logistique de chargement pour organiser les rotations des
camions depuis les forêts jusqu’à la gare bois.

La tempête de 1999 a entraîné un surcroît d’activité qui a abouti à des difficultés en


2000, 2001 et 2002. Les engagements pris, alors, par la SNCF ont été plus importants
que ses possibilités. Les rames n’étaient souvent pas mises à la disposition des
utilisateurs aux dates prévues et quelques trains ont été égarés pendant quelques jours.
Les plans « Véron », puis le plan-fret de la SNCF visaient le retour à l’équilibre
financier de cette branche d’activité de la société nationale. Ils se sont traduits par de
nettes hausses des prix et une rationalisation des implantations de chargement et de
déchargement ainsi que des triages. Les usagers ont été contraints dans de nombreux cas
à abandonner ce mode de transport devenu non compétitif en termes de coût.

13/82
Il reste cependant une demande des industriels pour utiliser le rail. C’est un moyen
pour diversifier et sécuriser les modes d’approvisionnement des usines. Cela permet des
livraisons unitaires importantes de 900 à 1100 tonnes qui peuvent être utiles pour un
fonctionnement en production continue, en particulier le week-end.

Aussi, les industries lourdes du bois espèrent beaucoup des nouveaux opérateurs
ferroviaires et des opérateurs de proximité. Ces derniers pourraient pour une région
donnée, et pour autant que plusieurs trafics de marchandises puissent être agrégés,
assurer à la fois l’exploitation de navettes et l’entretien des voies (rapport de M. Jacques
Chauvineau). Les marchandises seraient alors réunies sur des plates-formes d’où des
trains réguliers multi-clients, multi-produits seraient mis en œuvre par des opérateurs
classiques (SNCF ou nouveaux entrants). L’équilibre financier de ces opérateurs reste
cependant à démontrer région par région. La cellule d’appui à la création d’opérateurs
ferroviaires de proximité, récemment créée, devrait favoriser les initiatives qui ne
manqueront pas d’inclure le transport de bois par rail s’il est économiquement pertinent.

A noter que le seuil de rentabilité d’une gare dédiée au bois est, selon les opérateurs,
de l’ordre de 100 à 150.000 tonnes par an soit 2 à 3 trains complets par semaine (750 m
de longueur, 1700 t dont 1200 t de charge utile).
• La voie d’eau
La voie d’eau occupe une place marginale, moins de 0,5%. Les usines reliées à cette
infrastructure sont peu nombreuses (Tarascon port fluvial, Rouen port maritime)

Le transport par voie d’eau dépend du transport routier car dans tous les cas il faut
apporter les bois de la forêt au port fluvial de départ, puis les reprendre dans le port
d’arrivée et les transporter jusqu’à la première transformation. Les possibilités sont
extrêmement réduites. La Saône et le Rhône sont les seuls axes actuellement utilisés.

Un port fluvial est un équipement relativement lourd. Il impose de disposer d’une plate-
forme en dur en bordure d’une voie d’eau (nécessité de quais) et d’engins de manutention.
La rupture de charge est importante car il est impossible de charger les péniches ou les
barges avec les grues des camions. Dans le meilleur des cas, les bois sont déposés en tas
sur un quai où ils seront repris pour être chargés. Mais les quais disponibles ne sont pas
d’une longueur indéfinie et parfois un « brouettage » par une noria de camions sera
nécessaire tant au chargement qu’au déchargement. En revanche le coût kilométrique de la
voie d’eau est très bas.

Il reste une demande de la part des industriels pour utiliser la voie d’eau. C’est un
moyen pour diversifier les modes et les zones d’approvisionnement des usines. Cela permet
des livraisons unitaires importantes de 1200 à 1400 tonnes qui peuvent être utiles pour un
fonctionnement en production continue en particulier le week-end. Aussi les industries
lourdes du bois utilisatrices pensent poursuivre l’utilisation de ce mode et certaines
envisagent d’être reliées à ce type d’infrastructure.

14/82
2.3 Les produits transportés
Entre le vocabulaire courant, le vocabulaire professionnel pas toujours fixé et celui des
textes officiels, des confusions sont possibles.

Il est donc proposé ci-après une clarification du vocabulaire :


- bois ronds : troncs ou parties de tronc extraits des forêts et comportant en
principe leur écorce. Les bois ronds sont issus directement des forêts pour être
transporter jusqu’au lieu de transformation avec éventuellement une ou deux ruptures
de charge pour emprunter le rail ou la voie d’eau. Les ruptures de charge route/route
sont rares : par exemple, pour l’utilisation de camions courants (40 t) sur de longues
distances. Les importations et les exportations de bois rond n’sont pas négligeable
(cf. 2.1).
- billons (sous-catégorie bois ronds) es parties courtes de tronc (billes)
généralement inférieures à 2,5 m de longueur qui peuvent donc être transportées par
route posées en travers des camions et jusqu’à 6 mètres posées dans le sens de la
longueur.
- grumes (sous-catégorie bois ronds) : troncs ou parties de tronc de grandes
longueurs, au-delà de 6 m. Lorsque les grumes dépassent 16 m (grumes dites de
grandes longueurs), elles doivent être transportées par route sous le régime du
transport exceptionnel (cf. 3.2), en dessous elles peuvent être transportées par route
sous le régime de la dérogation bois rond (cf. 3.2 et 3.4) posées dans le sens de la
longueur des camions,
- autres produits utilisés soit dans la trituration soit pour le chauffage : plaquettes
issues directement de la forêt, plaquettes et sciures issues des scieries et plates-
formes de récupération, granulés issus d’unités de conditionnement des éléments
précédents.

Les produits de sciages (planches, madriers…) ou de la trituration (panneaux, pâtes..)


entrent dans le transport courant de marchandises.

15/82
16/82
3 LE TRANSPORT DU BOIS PAR LA ROUTE

3.1 Les spécificités du transport de bois


Comme déjà évoqué, le transport des bois emprunte d'abord des pistes et des routes
forestières à l'aide de camions. La pratique du débardage à l’aide de tracteurs au-delà de
quelques centaines de mètres est aujourd’hui révolue et l’extraction du bois depuis les
forêts se fait uniquement par camions. Cette phase est incontournable pour la
mobilisation de cette ressource naturelle. La dispersion des coupes conduit à des trajets
routiers initiaux plus importants (voir annexe n° 6 page 55).

Le premier trajet en forêt utilise des chemins forestiers qui ne sont pas toujours
empierrés et dont la couche de roulement, lorsqu’elle existe, est trop souvent médiocre
voire mauvaise. Il utilise ensuite, le plus souvent des voies rurales, communales ou
départementales secondaires avant d’accéder à des itinéraires de grande circulation.
Ainsi les châssis des véhicules doivent être renforcés car ils sont soumis à des
torsions importantes. Les zones humides ou de sol peu portant entraînent parfois la
nécessité de ponts tracteurs double. L'autonomie de chargement, utile pour les coupes
de volume unitaire faible ou moyen, est permise par la présence d'une grue embarquée.
Mais cet équipement a un poids supplémentaire.

Les conditions particulières du transport forestier imposent des véhicules


performants mais coûteux qui doivent être conduits par des chauffeurs particulièrement
compétents (conduite sur de mauvaises routes souvent étroites, chargement et
déchargement de la cargaison, autonomie et isolement dans le travail). Il n'est pas facile
de trouver des personnels à qui confier ces engins.
Le poids à vide d'un véhicule routier classique de 14 tonnes est porté pour les
camions « forestiers » à 18 tonnes pour cinq essieux et à 19 tonnes voire 22 tonnes pour
six essieux.
Les véhicules « forestiers » ne se prêtent pas à d'autres utilisations (ranchers + poids
morts + absence de protection). Dans les trajets courts, le fret de retour n'existe bien
évidemment pas. Même pour les trajets plus importants, supérieurs à cent ou deux cents
kilomètres, leur spécificité exclut le fret de retour. Le coût du transport routier est donc
supporté par le bois seul.
Il est donc important d'organiser la logistique pour limiter les trajets à vide. Le
pilotage des camions par téléphones portables et le repérage des dépôts de bois par GPS
sont une réponse pour améliorer cette situation. Par ailleurs pour le transport de billons
courts sur de longues distances (approvisionnement d’usines de pâtes à papier), certains
transporteurs expérimentent l’utilisation de camions courants (moins coûteux au km) en
utilisant des berceaux amovibles, souvent au prix d’une rupture de charge.

Le bois, ressource naturelle, renouvelable et écologique, est dispersé sur des zones
importantes. Les produits d’exploitation sont ensuite éclatés entre des destinations
multiples de transformation. Cette diversité de la forêt française, qui se traduit dans les
utilisations possibles, est une chance pour la biodiversité mais elle induit aussi un trajet
plus important pour alimenter la filière bois. En effet il faut récolter sur des zones plus
vastes pour obtenir, après un tri, des quantités équivalentes par catégorie et par essence.

Le basculement vers les autres modes de transport (voie ferrée et voie d'eau)

17/82
s'accompagne d'une rupture de charge conséquente. Elle est estimée à 10 €/tonne vers le
rail et à 14 €/tonne vers la voie d'eau. Cette rupture de charge ne peut économiquement
se justifier que pour des trajets supérieurs à 250 kilomètres.

Ces divers éléments rendent le transport du bois onéreux Sa part dans la matière
première rendue usine est élevée : de 15 à 25 % pour les scieries, de 35 à 45 % pour les
panneaux et les pâtes. Dans le produit final le coût du transport a un impact important.
Le coût du transport du bois entre pour 15 à 20 % dans celui de la pâte produite en
France. Or nous sommes dans une économie ouverte et nos productions sont en
concurrence avec le monde entier. Dans certains pays européens, et dans le monde, les
conditions forestières ou de transport sont plus favorables. Tout gain, sur un poste aussi
déterminant, améliore la compétitivité de notre économie.

Ainsi le transport de bois, des lieux d’extractions aux lieux de première


transformation, se caractérise par :
- un poids volumique élevé par rapport à nombre d’autres produits,
- une part du coût de transport importante (de 20 à 40% du produit rendu usine),
- la nécessité d’un matériel routier spécifique qui ne se prête pas à une utilisation
partagée (fret retour)
- des lieux de chargements et de déchargements éclatés,
- sur des distances généralement courtes,
- sans saisonnalité marquée.

D'autres productions (matériaux de constructions, céréales, betteraves, etc.) partagent


avec le bois certaines des caractéristiques précitées et certaines bénéficient de
dérogations (betteraves). Cependant aucune autre production ne réunit l’ensemble de
ces caractéristiques. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le transport de bois bénéficie
de dérogations dans la plupart des pays européens

3.2 Les régimes de transport routier du bois

• Généralités
Le transport des marchandises sur la route est soumis aux contraintes du code de la
route dont le fondement est la sécurité routière :
- le poids total roulant est limité à 40 tonnes essentiellement pour des préoccupations de
régulation économique,
- le tonnage par essieu est au maximum de 13 tonnes pour l’essieu le plus chargé afin de
déterminer les structures de chaussés et limiter leur usure,
- les dimensions (le « gabarit », hauteur, longueur et largeur maximale) servent à définir
les chaussées et les ouvrages.
Ces dispositions font l’objet d’un certain nombre limité de dérogations communes à
toutes les marchandises - par exemple la dérogation portant à 44 tonnes le tonnage
maximal dans les zones situées autour des ports.

Le transport de bois par la route ressort de trois régimes juridiques différents (cf.
annexe 4, page 51) :
- le régime normal, conforme au code de la route, permet de transporter tous les
produits issus de la première transformation (sciages, panneaux, plaquettes de scierie,

18/82
granulés... ) mais aussi certains produits issus directement de la forêt7 (plaquettes
forestières, bûches8, fagots). Il est parfois utilisé pour le transport de billons sur de
longues distances avec des camions « standards » du fait d’une moindre
consommation et de l’éventuelle possibilité de fret retour.
- le régime «bois rond9», issu d’une loi particulière (cf. plus loin), permet d'évacuer
depuis la forêt des portions d'arbres allant jusqu’à 16 m (chargement en long sur un
semi-remorque). Il est spécifique à ce type de marchandise et est temporaire. Il
déroge à la limite de tonnage global avec un nombre minimal d’essieux imposé (dans
la limite des 13 t par essieu) sans déroger au gabarit.
- le régime « grumes » 10 permet de transporter des troncs d'arbres de grandes
longueurs (jusqu'environ 21,5 m avec un tracteur doté d'une grue accouplée à un
arrière-train forestier) qu'ils proviennent directement de la forêt ou qu'ils proviennent
d'importation, via un port maritime ou fluvial la plupart du temps. Il constitue un cas
particulier des transports exceptionnels prévus par le code de la route et permet de
déroger en tonnage ainsi qu'en gabarit dans certaines limites.
• Le régime normal
Le régime normal, prévu par le code de la route, est conforme (hors la hauteur fixée
impérativement à 4 m par la directive) à la directive européenne 96/53/CE qui fixe, pour
les véhicules routiers destinés au transport de marchandises, les dimensions maximales
autorisées en trafic national et international et les poids maximaux autorisés en trafic
international.
La France a choisi de prendre comme poids maximum autorisé sur son territoire le
poids maximum autorisé entre États soit 40 t.
• Le régime dérogatoire bois ronds (voir aussi 3.4, page 22)
Le régime temporaire de circulation des « bois ronds » a été créé dans le contexte des
tempêtes de 1999. Cette mesure dérogatoire autorise la circulation d'ensembles routiers
dont le poids total roulant excède 40 t (jusqu'à 72 t) et pour lesquels il n'y a pas de
nécessité de grande longueur. Cette mesure doit prendre fin le 9 juillet 2009.

Elle nécessite l’accord des gestionnaires des voiries concernées et les itinéraires
autorisés sont fixés par arrêtés préfectoral. Elle suppose que les véhicules employés
soient homologués, qu’ils passent des visites annuelles adaptées et que les documents,
attestant que ces conditions sont remplies, soient présents à bord des véhicules.
• Le régime des transports exceptionnels pour les grumes
A la condition d’obtenir, par arrêté préfectoral, une autorisation de portée locale
(APL), le transport de plusieurs grumes est possible sur un ensemble routier d'une
longueur plus grande – mais limitée à 25 m incluant un éventuel dépassement arrière de
7 m maximum – et d’un poids total roulant plus élevé – mais limité à 48 t. Cette
possibilité, qui s’inscrit dans les textes du transport exceptionnel -avec quelques-unes
autres très similaires concernant les marchandises de grandes dimensions qui circulent

7
Autre formulation : du lieu d'exploitation forestière
8
En fait, ces produits sont évacués en trop petites quantités pour constituer un problème en terme de transport
9
Bois ronds : toutes portions de troncs d’arbres ou de branches obtenues par tronçonnage (article 1 du décret du 30 avril
2003).
10
Bois en grumes : «...tout bois abattus, ébranché propre à fournir du bois d'oeuvre ou d'industrie. Seul le transport de bois en
grumes, en pièces qui ne peut être effectué qu'à l'aide de véhicules excédant les limites générales du code de la route en
longueur pour en préserver la valeur marchande, est autorisée.» (article 17.2 de l'aErreur ! Référence de lien hypertexte
non valide.
19/82
régulièrement sur les routes- constitue une entorse au principe fondateur de
l’indivisibilité de la charge. Faire transporter une à une les grumes de grande longueur
par des camions pesant une vingtaine de tonnes à vide apparaîtrait en effet absurde.
Ces APL sont collectives et sont délivrées sur des itinéraires spécifiés du
département concerné. Elles peuvent permettre la circulation sur la voirie de deux
départements, si des arrêtés préfectoraux similaires ont été pris sur les deux
départements limitrophes.

La limitation en longueur ne pose apparemment pas de problème. Les grumes


dépassant 21,5 m sont en effet peu courantes. Elles peuvent cependant bénéficier du
régime normal des transports exceptionnels, en étant transportées à l’unité. Mais plus la
longueur autorisée augmente, plus le nombre d’itinéraires autorisés diminue, si bien
qu’un compromis s’impose à tous. Celui qui a été choisi paraît satisfaisant.
La limitation en tonnage en revanche en pose davantage. On observera qu’elle n’est
pas imposée par le cadre conceptuel des transports exceptionnels, qui peut accepter des
dérogations de tous tonnages. Elle ne l’est pas davantage par l’usure des chaussées, qui
dépend du tonnage par essieu et non du tonnage total. La justification donnée est qu’il
n'est pas souhaitable, pour des raisons de sécurité routière, de cumuler une longueur et
un tonnage dérogatoires hors le régime de l'autorisation individuelle des transports
exceptionnels.
Le régime de l’autorisation individuelle est lourd et quasiment impraticable en
l’espèce, pour des raisons de concurrence équitable. Dans les faits donc, la limitation à
48 tonnes interdit tout tonnage supérieur pour les grumes longues.

Chacun reconnaît que les véhicules de 25 mètres de long posent un problème de


maniabilité sur les petites routes forestières. Ils peuvent occuper toute la largeur de la
chaussée sur des routes sinueuses. Il importe de tenir compte de ce point.
Cependant, les conséquences d’un accident ne paraissent pas véritablement
différentes, à faible vitesse, selon que le poids lourd impliqué pèse 40 ou 60 tonnes. Le
risque statistique d’accident en revanche est nettement moins élevé, car le nombre de
trajets effectués à récolte donnée est fortement réduit, d’autant plus que le poids à vide
du poids lourd est grand. C’est ainsi que pour emporter 140 tonnes avec un « grumier »
de 20 tonnes, il faudra 5 allers-retours avec une limitation à 48 tonnes et 4 avec une
limitation à 57 tonnes : le risque statistique d’accident est réduit de 20%.
Il faut en contrepartie évaluer le risque accru de défaillance induit par la charge
complémentaire. Il dépend avant tout des caractéristiques techniques du poids lourd et
de son entretien. La mission estime que ce sujet très important doit être traité par les
contrôles techniques effectués à la mise en service puis chaque année sur les poids
lourds.
La limitation du tonnage n’est sans doute pas la seule voie pour améliorer la sécurité.
La mission a observé par exemple que, malgré les dérogations en vigueur, les contrôles
techniques annuels des poids lourds sont effectués comme si leur poids total roulant ne
pouvait pas dépasser 40 tonnes.

3.3 Des contrôles routiers d’efficacité limitée


Pour le transport du bois comme pour celui d’autres marchandises, les contrôles
routiers constituent un élément essentiel pour faire respecter la législation en vigueur.
Ils sont indispensables pour obtenir un niveau de sécurité convenable sur les routes,
pour réguler la concurrence entre modes de transport et pour assainir la concurrence
entre les entreprises du transport routier.
20/82
Mais leur mise en œuvre est plus onéreuse et plus complexe qu’on ne l’imagine. Ils
requièrent le plus souvent la présence de forces en tenue qui doivent faire face à
d’autres tâches. Ils sont par conséquent moins fréquents, et donc moins efficaces, qu’il
serait souhaitable et tendent à se concentrer sur quelques priorités, le contrôle sur les
grands axes en particulier.
Le principe généralement retenu est de contrôler, pour un poids lourd intercepté, tous
les points importants de la réglementation en vigueur : habilitation du conducteur et du
véhicule, réglementation du travail, conformité de la cargaison, tonnage à l’essieu…
Cette manière de procéder est logique. La très grande majorité des poids lourds finit par
emprunter les grands axes de circulation et leur fréquence de passage sur ces axes est
suffisamment grande pour un travail de contrôle efficace. Or l’interception d’un poids
lourd est une opération délicate et qui ne peut être effectuée que par les forces de
l’ordre.
Le contrôle du tonnage par essieu alourdit nettement les opérations. Le matériel de
pesée est encombrant et lourd. Il nécessite un véhicule spécifique. Son utilisation
impose la présence d’un espace de stationnement hors de la chaussée, horizontal d’une
dizaine de mètres de large. Ces sites sont rares et ne se rencontrent en pratique que sur
les grands axes ou aux péages autoroutiers.
Le personnel nécessaire pour un contrôle efficace est relativement nombreux –
classiquement, 2 motards, 2 contrôleurs, 2 gendarmes, 1 technicien de pesée – et le
matériel utilisé imposant – 2 motos, 2 véhicules, 1 camionnette et 1 bascule. Leur mise
en place en dehors des heures ouvrables est difficile.
Les amendes de 90 € (4ème classe) pour les surcharges inférieures à 5%, payables sur-
le-champ par les étrangers11, sont portées à 750 € (5ème classe) quand la surcharge
dépasse 20%. Elles ne sont pas forcément dissuasives. Car l’immobilisation du véhicule
sur place avec retrait de la carte grise pour les surcharges dépassant 5% reste une
menace largement virtuelle. En effet les conditions matérielles de son application sont
rarement réunies en l’absence de zones possibles de stockage du véhicule ou des
marchandises excédentaires.

Dans ces conditions, on gagne à donner au transport du bois un traitement spécifique,


pour plusieurs raisons :
- sur les grands axes, le nombre de camions transportant du bois est faible.
Parcourant de faibles distances sur des routes secondaires, ils ont les plus grandes
chances d’échapper à ces contrôles.
- la pesée des essieux est impraticable sur des routes secondaires. Le contrôle
documentaire en revanche doit pouvoir y être effectué. Or savoir si un poids lourd
transporte 40 tonnes ou 48 tonnes de bois est détectable à vue par un professionnel. Un
système de pesage embarqué précis rendrait service à tous,
- la plupart des professionnels, dont les grands donneurs d’ordres, sont réellement
favorables à des contrôles plus efficaces. Ils ne souhaitent pas que les dérogations,
qu’ils ont progressivement obtenues, soit remise en cause, au niveau local, par le
comportement de quelques entreprises de transport. Par ailleurs leur responsabilité peut
être mise en jeu (principe de co-responsabilité) à l’occasion d’accident.

Des pratiques anormales sont souvent évoquées pour diverses régions (Rhône-Alpes,
Limousin…) sans qu’il soit possible de les confirmer ou de les infirmer par les

11
,  ce qu’ils font systématiquement, grâce à un système d’assurance qui leur permet d’envoyer un tiers, souvent un
taxi, régler l’amende. Sinon le PL est en théorie immobilisé.
21/82
statistiques, trop globales. Les quelques données spécifiques existantes sont biaisées car
les véhicules vérifiés sont, peu ou prou, sélectionnés par les contrôleurs.

3.4 La dérogation « bois ronds »

• La tempête de 1999 et ses mesures d’accompagnement


La tempête de fin 1999 a mis à terre environ 140 Mm3 de bois. En définitive, ce sont
approximativement 100 Mm3 qui ont été récoltés soit près de trois (2,8) récoltes
annuelles habituelles. Il était donc important de pouvoir transporter et exporter une
partie des bois car les industries de l’aval ne pouvaient pas traiter une telle
augmentation de volume.
Dans les deux ans, une récolte annuelle supplémentaire a pu être transformée
quasiment sur place, donc sans faire appel à des transports de longue distance, et après
conservation en forêt. Les coupes différées, vendues ou projetées, ont permis ce résultat.
Les aides immédiates ont concerné un peu plus d’une récolte annuelle :
- les aides au transport (180 millions d’€) ont permis d’évacuer de nos forêts plus de
30 Mm3,
- les aides au stockage ont permis de stocker environ 7 Mm3.

Naturellement et au-delà de la partie aidée, des transports et des stockages ont été
pratiqués et ont permis d’atténuer les effets de la tempête. Cette partie qui a été exportée
ou utilisée au-delà des deux ans, est d’environ 80% d’une récolte annuelle. La décote
sur ces bois a été très forte.
• Une capacité de transport insuffisante conduit à la dérogation « bois ronds »
La préparation de la loi forestière, votée le 9 juillet 2001, ne comportait, initialement,
pas de disposition « bois ronds ».
Or au cours du premier semestre 2001, il est apparu des difficultés dans
l’acheminement des chablis dont le volume ne pouvait plus être absorbé par les divers
modes (route, rail, voie d’eau). Cette augmentation de la demande peut être estimée en
fonction des chiffres du paragraphe précédent. Le volume évacué grâce à l’aide au
transport (30 Mm3) a été quasiment concentré sur la période de juillet 2000 à juillet
2002 soit sur deux ans. Ainsi une augmentation de la mobilisation de 15 Mm3
supplémentaires de bois par an a conduit à l’engorgement complet du secteur des
transports de bois.
L’amendement parlementaire déposé par le rapporteur de la loi forestière a,
opportunément, fait cette constatation et a introduit la dérogation « bois ronds » pour
une période de cinq ans. Elle a, évidemment, été bien accueillie par les professionnels
qui réclamaient une telle disposition avant la tempête. Sans que des éléments objectifs
existent, il est probable que les pratiques antérieures, variables selon les départements,
anticipaient cette dérogation.
• Une mise en oeuvre lente au niveau national
Cette dérogation a été inscrite dans la loi forestière votée le 9 juillet 2001 (article 17).
Mais le décret d’application en Conseil d’État est daté du 30 avril 2003, l’arrêté du 25
juin 2003 et la circulaire de mise en œuvre du 19 juillet 2004.
De tels délais sont courants pour une mise en œuvre de dispositions législatives. Ils
sont cependant regrettables dans une situation de tension comme celle de 2001. Cela
explique que le délai de cinq ans, prévu par la loi initiale, a du être prolongé par la loi
du 23 février 2005 (article 229) jusqu’au 9 juillet 2009.
22/82
• Les arrêtés préfectoraux en 2005/2006
Les textes nationaux fournissent un cadre général qui n’a aucune portée s’il n’est pas
décliné par les services préfectoraux au niveau des départements.
La nécessité de l’accord des gestionnaires de réseaux routiers12 (État, sociétés
d’autoroutes, conseils généraux, communes) a conduit à une mise en œuvre très
progressive dans les départements, principalement entre 2005 et 2006.
Les interprofessions, existant surtout au niveau des régions, n’ont pas toujours perçu
l’enjeu et n’ont pas entrepris immédiatement les démarches pédagogiques nécessaires
auprès des élus concernés. Les conseils généraux et les communes sont les principaux
interlocuteurs dans ce domaine. Mais les relations habituelles étaient surtout de nature
économique et les contacts établis l’étaient au niveau régional. Le dialogue avec de
nouveaux partenaires a pris un certain temps.
Tous les arrêtés devraient, en l’absence de mesure nouvelle, prendre fin au 9 juillet
2009.
• Des dispositions non homogènes
Le tableau de l’annexe 12 page 73 retrace la diversité des dispositions qui ont été
prises dans les documents publiés.
Les tonnages dérogatoires autorisés débutent à 48 tonnes, portent surtout sur des 52
tonnes avec 5 essieux et des 57 tonnes avec 6 essieux, et atteignent exceptionnellement
72 tonnes.
Les itinéraires autorisés s’étendent parfois uniquement sur le réseau national, souvent
sur une partie plus ou moins forte du réseau départemental, et rarement sur les voies
communales. Pour celles-ci existent parfois des dispositions écrites dans le corps de
l’arrêté qu’il est difficile d’apprécier.
La carte de l’annexe 11 page 71 montre que la desserte locale, au plus près des
forêts, a été peu abordée jusqu’ici. Seuls douze départements proposent une solution
acceptable d’approche de la ressource. Aucune corrélation évidente n’apparaît entre
l’extension de la dérogation « bois ronds » à la desserte locale et le niveau de récolte du
département. Parmi les vingt départements forestiers les plus importants seuls cinq
(25%) ont une desserte locale dérogatoire satisfaisante en dépit des efforts des services
de l’État.
• Les collectivités au cœur de la mise en œuvre.
Les collectivités locales ont donné –ou pas- leur accord essentiellement en fonction
de leurs préoccupations en matière de voirie.
L’usure des chaussées, dont elles assurent l’entretien, est le premier point. A récolte
donnée, il ne dépend que de deux paramètres : la charge maximale par essieu et le
nombre de passages. Le décret « bois ronds » ne modifie pas les prescriptions sur le
premier et réduit le second.
L’éventualité de destructions d’ouvrages d’art constitue le second point. Ces
destructions éventuelles sont difficiles à apprécier quand les ouvrages sont de
conception ancienne et leur structure mal connue. Cela est surtout vrai sur les voies

12
Le décret prévoit ainsi en son article 2, alinéa V :
« V. - A l’intérieur d’un département, les itinéraires sur lesquels la circulation des véhicules transportant des bois ronds est
autorisée sont définis par un arrêté du préfet, pris avec l’accord des autorités investies du pouvoir de police de la circulation
et des gestionnaires du domaine pour ce qui concerne les voies relevant de leur compétence. Le défaut de réponse expresse de
ces autorités au terme d’un délai de deux mois après la transmission par le préfet du projet d’arrêté vaut accord de leur part à
ce projet. Le préfet fixe par le même arrêté les conditions de circulation des véhicules concernés. »
23/82
communales. Heureusement beaucoup de ces ouvrages sont de très faible portée, ce qui
limite le nombre d’essieux supportés.
Autre point, les destructions des bas cotés sont en partie liées à la largeur des
véhicules. Cette largeur n’est pas modifiée puisque le gabarit normal est respecté. Ce
sont les opérations de stockage et de chargement des bois qui posent de réelles
difficultés. Elles peuvent également présenter un danger pour la sécurité routière en
obstruant, totalement ou partiellement, les voies de circulation. L’équipement des forêts
en places de dépôts aménagées est un besoin général qui est connu, qui commence
partiellement à être satisfait mais qui mérite une attention particulière de la part des
propriétaires forestiers. Ils sont directement concernés et responsables.
La sécurité routière préoccupe naturellement les élus mais le gabarit des véhicules
n’est pas modifié et les dispositifs de freinage sont calculés pour arrêter des tonnages
bien supérieurs. C’est plus la vitesse qui peut être mise en cause mais ce facteur
intervient assez peu sur les axes secondaires.
Les traversées des villages sont très mal perçues par les riverains. Or l’augmentation
du tonnage unitaire conduit, à volume exploité constant, à une diminution du nombre de
passages et donc de la nuisance globale pour un même gabarit.
Les contrôles routiers des services de l’État sont perçus comme insuffisamment
efficaces par les élus locaux (voir paragraphe 3.3, page 20).
Enfin les communes et départements se plaignent fréquemment de l’absence de
ressource financière ou fiscale spécifique pour la mise en œuvre de la dérogation « bois
ronds ». L’impôt foncier, payé par les forêts, constitue cependant une ressource qui, en
contrepartie, peut contribuer, au moins partiellement, à l’entretien des voiries.
• Au final des professionnels globalement satisfaits
Les professionnels se sont progressivement impliqués dans la concertation nécessaire
avec les conseils généraux pour obtenir la mise en place effective de la dérogation
« bois ronds » dans leurs départements. Il leur a fallu convaincre les collectivités locales
du bien-fondé de cette dérogation et prendre divers engagements pour une mise en
œuvre respectueuse des intérêts des collectivités gestionnaires des infrastructures, et
plus généralement de l’environnement.
Pour convaincre leurs interlocuteurs, une charte de bonne conduite a parfois été
adoptée. Celle d’Aquitaine par exemple s’appuie sur la déclaration obligatoire
d’ouverture des chantiers de coupes auprès des mairies pour contractualiser avec celles-
ci (garantie de réparation d’éventuels dégâts sur la voirie communale). Les usines de
pâte et de panneaux contrôlent le tonnage (pesage entrée-sortie des camions) et ne
payent pas un dépassement du tonnage autorisé - cela pour répondre à une possible mise
en jeu de leur responsabilité.
Pour réduire les dégradations des chaussées, des propositions ont été formulées par
les organisations professionnelles sur la configuration des poids lourds. Elles portent sur
le nombre d’essieux, leur nature (fixes, suiveurs ou directeurs), les roues jumelées, les
types de pneumatiques. Elles ont commencé à être étudiées par le CETE sud-ouest. Il
apparaît que certaines configurations pourraient apporter une amélioration par rapport à
la situation actuelle du décret «bois ronds ».
Pour l’heure les professionnels déplorent surtout une cohérence insuffisante entre les
réseaux de chaque département. Il convient de remarquer que cette coordination était
difficile à mettre en œuvre. L’institution des Schémas Régionaux des Infrastructures et
des Transports (SRIT) pourrait être le cadre institutionnel adéquat pour aborder cet
aspect économique à un niveau pertinent, la région. Le SRIT est cependant non
obligatoire et non prescriptif.

24/82
Par ailleurs et surtout, il apparaît de l’avis de tous, professionnels, collectivités
locales et services de l’État, que ce décret a conduit à une quasi-disparition des tonnages
aberrants transportés sur des véhicules inadéquats.
• Les effets économiques de la dérogation13
L’économie de la dérogation « bois ronds » peut être évaluée à 30 % (ce chiffre est
un ordre de grandeur) du coût du transport routier, quand elle peut être mise en oeuvre.
Si la mesure est pérennisée le pourcentage d’utilisation serait en augmentation pour les
diverses catégories, pouvant passer de 60 % à 80 % en 5 ans pour les bois d’œuvre et
d’industrie. En effet dans cette hypothèse, les transporteurs qui effectuent, à titre
principal, du transport de bois, peuvent s’équiper avec des matériels adéquats. De plus
les itinéraires pourront être complétés dans les départements et les régions.
Le coût du transport routier serait abaissé à 358 millions d’€ par an, soit un gain de
22 millions d’€ par la pérennisation de la dérogation « bois ronds ».
C’est à dire que le coût de mise à disposition à la première transformation des bois de
nos forêts serait réduit annuellement de ce montant.
A l’inverse, si la dérogation « bois ronds » était supprimée, cette économie de 30 %
sur un pourcentage élevé de bois disparaîtrait et seule l’économie de 20 % liée aux
autorisations de portée locale (APL) subsisterait sur une fraction assez faible des bois
d’œuvre, autour de 30 %.
Le coût du transport routier monterait à 421 millions d’€ par an, soit un surcoût de
41 millions d’€ par an pour la filière bois française par la suppression de la dérogation
« bois ronds ».
La perte serait de 1,3 millions d’€ pour le bois énergie, de 12,3 millions d’€ pour le
bois d’œuvre et de 27,5 millions d’€ pour le bois d’industrie.
Cette mesure serait catastrophique pour les producteurs de pâte à papier en France.
• Autres effets dont CO ²
La suppression de la dérogation « bois ronds » entraînerait bien évidemment une
augmentation de la consommation de carburants (et donc de CO² émis14), du fait de
l’accroissement d’un tiers du nombre de trajets. La note du FCBA en annexe 13, page
77 évalue l’économie, selon des scénarios tout ou rien et sans clause de distance, à 58
millions de litres de gazole par an correspondant à 156.000 t de CO².
La mission n’a pas souhaité mettre en avant ce point qui est susceptible d’entraîner
des discussions sur le pourcentage des transports de bois fait en dérogation, la
possibilité d’un report modal en matière de transport de bois et surtout de plaider pour
un relèvement généralisé des limites de tonnage. Or un relèvement généralisé des
tonnages autorisés pour le transport routier remettrait en question la répartition des
transports entre modes et serait susceptible d’avoir des effets négatifs très importants en
matière de consommation de pétrole et d’émission de CO².

De plus cet avantage est négligeable par rapport à celui lié au bois énergie (cf.
annexe 9, page 65), et aux économies de carburants possibles globalement dans les
transports par des moteurs plus sobres et un report modal accru pour l’ensemble des
marchandises.
Une augmentation des nuisances dues l’augmentation du trafic (bruit, pollution,
encombrements) serait également indéniable.

13
Voir l’annexe 6 page 55
14
La consommation de 1 TEP correspond à l’émission de 3 ,2 t de CO²
25/82
En terme de sécurité routière, rien n’indique que les accidents et leur gravité
diminueraient. Les quelques statistiques disponibles, toutes marchandises confondues,
montrent que les accidents sont en diminution ces dernières années. C’est
vraisemblablement le résultat des mesures prises par ailleurs par les pouvoirs publics
sur la vitesse notamment. Mais on ne constate pas de différence significative dans les
régions forestières. En matière d’accidents, il apparaît que la dérogation « bois ronds »
n’a eu aucun effet. Il convient de remarquer qu’une fraction importante des trajets se
fait sur des routes secondaires et donc à faible vitesse. De plus les chauffeurs sont
sélectionnés15, connaissent bien leur région et utilisent des véhicules performants.
On peut en revanche prévoir que l’augmentation de trafic qui résulterait de l’arrêt de
la dérogation se traduirait par une probabilité d’accidents plus élevée d’un tiers. Les
enjeux du transport de bois par la route.

15
On leur confie des véhicules coûteux pour effectuer seuls des tâches relativement complexes.
26/82
4 LES ENJEUX DU TRANSPORT DE BOIS PAR LA ROUTE

4.1 L’augmentation de la récolte forestière, un objectif du Grenelle de


l’environnement

• Un objectif consensuel
Le transport de bois depuis les forêts jusqu’aux lieux de premières transformations
s’inscrit dans un objectif général d’augmentation de la récolte forestière française. Elle
résultera de l’accroissement des surfaces exploitées et d’une meilleure productivité.
Une récolte forestière accrue améliorerait le bilan carbone, réduirait le déficit
commercial, économiserait les énergies fossiles, et contribuerait à l’aménagement du
territoire en développant les emplois dans le milieu rural.
Le Grenelle de l’environnement (voir annexe 9, page 65) marque un fort consensus
entre organisations environnementales et forestières : « produire plus, tout en préservant
mieux la biodiversité : une démarche territoriale concertée dans le respect de la gestion
multifonctionnelle des forêts »
• Avec un axe de travail à privilégier : le bois énergie
Dans le plan climat, les énergies renouvelables occupent une place essentielle. En
France, il est prévu pour 2020 d'augmenter de 20 millions de tonnes d'équivalent pétrole
(Mtep16) leur production. La ressource forestière est appelée à contribuer
significativement à cet accroissement. Ce sont 4 Mtep qui doivent être trouvées dans les
forêts. Cela équivaut à une récolte supplémentaire de 16 Mm3. Sans cet apport du bois,
il serait très difficile à notre pays d'atteindre les objectifs que les pays européens se sont
assignés. Lors des Assises de la forêt, les objectifs qui ont été retenus entre
l'administration et les professionnels, sont centrés sur une augmentation de la récolte
totale de 21 Mm3 à échéance de 2020, soit + 58 %. Elle englobe le bois énergie pour 12
Mm3 (+ 414%) et le bois d’œuvre pour 9 Mm3 (+ 43%).
Ces objectifs permettront d’atteindre en 2020 un total de 5 Mtep (millions de tonnes
équivalent pétrole) d’énergies renouvelables complémentaires par rapport à 2007
trouvés par notre pays grâce à la forêt : 3 Mtep de bois énergie issus directement des
forêts, 1 Mtep par l’utilisation sous forme d’énergie des déchets de bois d’œuvre et 1
Mtep à terme par celle des produits de bois d’œuvre en fin de vie. La contribution de la
filière bois au développement des énergies durables pourrait donc être conséquente (de
20% à 25%).
Comme nous l’avons vu au paragraphe 2.1, page 9 le bois énergie est très étroitement
lié aux autres utilisations du bois, pour des raisons économiques. Les premières
transformations de la filière s’épaulent les unes les autres et alimentent, plus ou moins
directement et vite, l’utilisation en bois énergie. L’utilisation possible en fin de vie des
produits issus du bois sous forme d’énergie est une caractéristique de cette ressource
naturelle à ne pas oublier.
Il reste que les objectifs visés en matière de bois énergie issus directement des forêts
sont particulièrement ambitieux. La question du transport et l’extension éventuelle de la
dérogation bois ronds aux plaquettes forestières n’aura qu’une portée limitée en raison
de la densité apparente des plaquettes forestières (cf. étude AFOCEL). Mais le
quintuplement en 12 ans annoncé impose qu’aucun moyen d’y parvenir ne soit négligé.

16
Il faut rappeler que la consommation de 1 TEP correspond à l’émission de 3 ,2 t de CO²
27/82
• En préservant mieux la biodiversité, d’où une récolte plus difficile
La forte diversité (propriétés, peuplements, essences) de la forêt française conduit à
une biodiversité remarquable. Mais cette hétérogénéité aboutit en même temps à une
dispersion de la récolte et à son éclatement vers des premières utilisations diverses. Les
paragraphes 2.2 et 2.3 de l’annexe 7, page 48 et 49 explicitent l’impact de la diversité
(structures des peuplements) et de l’hétérogénéité (multiplicité des essences) sur la
distance d’approvisionnement d’une gare bois.
Le tri des espèces pour des petites surfaces de récolte n’est économiquement pas
possible. Le regroupement de la gestion et de la commercialisation est une nécessité.
Quand le tri est possible, pour des surfaces supérieures à quatre hectares, la diversité
des essences et des peuplements, souhaitée dans le Grenelle de l’environnement,
conduit à des distances17 plus importantes pour approvisionner la première
transformation. Les forêts plus homogènes du nord de l’Europe, de l’Autriche et même
de l’Allemagne, ne connaissent pas un tel handicap. Ainsi par rapport à elles, les
distances d’approvisionnement de la première utilisation sont, en France, supérieures.
Les conséquences économiques de cette particularité de la filière bois française, à
l’intérêt écologique certain et même remarquable, doivent être atténuées au mieux pour
limiter les importations.
• Une augmentation des transports de bois comparable à celle de 1999
L'augmentation souhaitée de la récolte annuelle est de 21 Mm3 (soit + 58% par
rapport aux 36 Mm3 de 2005). Cela génère d’emblée un supplément de transport routier
sur les lieux de production. Les besoins supplémentaires, en poids lourds et surtout en
chauffeurs routiers compétents, seront considérables. La route restera le transport
prédominant, quelles que soient les mesures envisageables en matière de transport et de
logistique.
On retrouvera une situation comparable à celle de 2001, juste après la tempête de
1999. Ce goulot d’étranglement avait alors conduit le législateur à mettre en place la
dérogation « bois ronds » dans le cadre de la loi forestière du 9 juillet 2001 (voir
paragraphe 3.4 page 22).
Certes, en 2001, nous nous trouvions devoir agir dans l’urgence car les chablis sont
une matière périssable. De plus il s’agissait d’un pic d’activité de durée limitée. Ces
deux facteurs ne permettaient pas un accroissement, instantané et éphémère, des moyens
de transports disponibles.
Cependant le volume qui sera à mobiliser est bien du même ordre. Il est difficilement
envisageable pour des raisons, économiques et surtout environnementales, de mettre sur
les routes forestières, rurales, communales et départementales un flux supplémentaire
important (+58%) de camions. Dans le cas où la dérogation « bois ronds » disparaîtrait
l’accroissement du trafic serait de (+98%) soit un doublement (1,58 x 1,25 = 1,98) en
raison d’une diminution du tonnage unitaire transporté (0,8 à la place de 1).
• L’aspect transport ne permettra pas, à lui seul, d’augmenter la récolte
Il est tout aussi évident que le transport n’est pas le seul facteur limitant pour la
mobilisation de la ressource forestière française.
Il est nécessaire d’étendre la forêt exploitée, en montagne par des technologies
idoines et vers les petites parcelles par le regroupement au moins de leur gestion.
Le foncier, très morcelé en forêt privée, crée des difficultés techniques (la desserte),

17
Voir l’annexe 7 page 59
28/82
économiques (le coût de l’exploitation et du tri) et psychologiques (les propriétaires
n’ont qu’un intérêt limité dans la vente de bois). L’exploitation par bassin versant et la
desserte fine des massifs pourraient compenser ces aspects si la gestion et la
commercialisation étaient regroupées. Les pratiques commerciales pourraient évoluer en
privilégiant les contrats d’approvisionnement. L’Office National des Forêts a
certainement un rôle d’exemple à jouer dans ce domaine car il bénéficie d’un
regroupement des forêts qu’il gère grâce à l’application du régime forestier.
Les contrats d'approvisionnement joueront aussi un rôle dans la rationalisation des
transports. Les fournisseurs de la matière première aux industriels de l'aval exploiteront
les bois au plus près du lieu de livraison. Ainsi nous pouvons espérer que des
chargements identiques ne se croiseront plus sur les routes en augmentant inutilement le
kilométrage parcouru.
L'utilisation du repérage par GPS des dépôts de bois en forêt pourrait lui aussi
apporter une diminution du transport en limitant les trajets de liaison pour les camions à
vide. Mais ce gain restera de second ordre par rapport au gain lié aux contrats
d'approvisionnement.
Par ces actions, il serait alors possible de moderniser et rendre économiquement plus
compétitive la filière en faisant porter les efforts des transformateurs vers l’aval et vers
la satisfaction des clients finaux. Sur ce dernier point, la filière doit aussi être « tirée par
l'aval » : promotion du bois en matière de construction, de mobilier, de bois énergie,
développement de nouveaux procédés et matériels (ex. chaudières)...

4.2 Le développement des modes alternatifs à la route (rail, voie d’eau) un


autre objectif du Grenelle de l’environnement
Le Grenelle de l'environnement a préconisé le développement des modes de
transports alternatifs à la route (cf. rapport du COMOP18 n°5).
Il est certain que la dépense énergétique du rail ou de la voie d'eau est, à la tonne-
kilomètre, nettement inférieure à celle de la route. De même les nuisances (bruit,
pollution atmosphérique, etc.) sont globalement plus réduites pour la société.
Les industriels du bois sont eux aussi intéressés par la diversification de leurs modes
d'approvisionnement. Des livraisons plus massives (de 900 à 1500 tonnes) leur
permettent de tourner en continu toute la semaine et en particulier le week-end sans
générer de trafic routier le samedi ou le dimanche.

Pour le transport du bois, deux préalables conditionnent cette orientation :


- la présence de « gares bois » », d’aires de chargement multi-clients et multi-
produits ou de ports fluviaux à proximité des massifs et avec une répartition assez
dense pour limiter le parcours routier initial de rabattage sur ces points de rupture de
charge,
- un coût de rupture de charge économiquement acceptable,
- une meilleure compétitivité du transport par rail : un opérateur historique en
progrès, des nouveaux entrants et les opérateurs de proximité devraient permettre
d’atteindre cet objectif avec une régulation forte de l’État.
Le réseau des gares bois est devenu moins dense, en France, avec la fermeture par la
SNCF d'un nombre élevé de ces installations peu utilisées et non rentables. Les
opérateurs de proximité pourraient se substituer à l’entreprise nationale pour
l’exploitation des gares bois.

18
Dans le « langage du Grenelle », COMOP signifie COMité OPérationnel chargé de faire des propositions sur un secteur
donné
29/82
Pour les ports fluviaux, seuls ceux de la Saône et du Rhône permettent de desservir
l'usine de fabrication de pâte à papier de Tembec, à Tarascon. Le Rhin et la Moselle
pourraient être aussi concernés, mais la voie d’eau devrait, au préalable, être aménagée
pour s’approcher de l’usine de pâte (Stracel et Golbey). Les autres usines ne sont pas
directement desservies par une voie d'eau.

Pour l'approvisionnement par mer, seule l'usine de fabrication de pâte à papier de


Rouen est desservie. Elle utilise de l'eucalyptus en provenance d'Amérique du sud.

La rupture de charge est une opération matérielle, le transbordement, qui se double


d'une opération administrative, la prise en compte d'un nouvel intervenant. Les coûts,
estimés à 10€ par tonne pour le rail ou à 14 € par tonne pour la voie d'eau, sont élevés.
Ils pourraient être réduits si des opérateurs privés ou de proximité s'intéressaient à ce
marché. Il faudrait que les opérations mécaniques soient exécutées avec des matériels
mieux adaptés et des personnels en nombre plus réduits. Il faudrait également que le
traitement des dossiers administratifs soit allégé.

Les professionnels du bois sont tout à fait disposés à utiliser davantage les modes
alternatifs à la route. Ils l'ont fait dans un passé récent. Mais il importe que le service
offert retrouve fiabilité et compétitivité.

4.3 Ne pas pénaliser le transport par la route par rapport à la situation actuelle
Les deux objectifs précités du Grenelle de l’environnement, qui peuvent avoir des
aspects contradictoires, doivent être poursuivis avec un souci de réalisme économique.

La suppression de la dérogation « bois ronds » entraînerait un surcoût de 41 millions


d’€ par an pour la filière bois française. Il serait paradoxal d’attendre une augmentation
de la récolte en pénalisant ainsi les acteurs. Ils demanderaient alors probablement des
aides dans un contexte de renchérissement du coût des carburants.
A l’inverse, un gain de 22 millions d’€ est à attendre par la pérennisation de la
dérogation « bois ronds », du fait d’un recours plus systématique à ce dispositif.
La différence, 63 millions d’€, est une mesure législative sans incidence pour les
finances publiques. Elle serait un signe encourageant pour les professionnels du bois et
les propriétaires de forêts. La dynamisation de la filière bois française passe
probablement par des encouragements de cette nature.

30/82
5 LES PROPOSITIONS

5.1 L’essentiel

• Raisonner globalement dans l’examen d’une nouvelle dérogation pour le


transport de bois
La mission s’est efforcée d’aborder globalement le transport de bois au regard des
enjeux objet du chapitre 4. Toutefois le bois a peu de spécificités par rapport aux modes
non-routiers (wagons, engins de manutentions, péniches) et les entretiens menés n’ont
pas laissé apparaître de difficultés majeures sur ces points. La mission n’a donc pas
souhaité faire de propositions larges sur les autres transports successifs de la filière bois,
estimant que la compétitivité de ces derniers ces derniers reposaient, pour l’essentiel,
sur des mesures générales.
Aussi elle s’est focalisée sur le premier trajet des bois issus directement de la forêt et
jusqu’à la première transformation car il présente deux caractéristiques très
particulières :
- il ne peut être effectué que par la route.
- la distance parcourue est quasiment insensible aux coûts des transports.

Il a été montré que la dérogation bois ronds est fondamentale pour l’économie
forestière. Dès lors il faut envisager les scénarios concernant cette dérogation : arrêt,
prolongation du régime provisoire, pérennisation.
Les conséquences économiques d’un arrêt de la dérogation ont été fournies. On peut
en conclure que cet arrêt nécessiterait des mesures d’aide à la profession pour atténuer
le choc et inciter au report modal. Leur coût serait sans commune mesure avec celui de
la pérennisation de la dérogation « bois ronds ».
La prolongation du régime provisoire, pour être crédible, devrait être d’au moins à
huit ans, afin de permettre de nouveaux investissements en matériel par les
professionnels. Ce serait une mesure d’attente dont la justification est ténue dès lors que
la période passée a permis de tester la mesure et de constater que ses impacts négatifs
sont limités. D’ailleurs, nombre de pays européens mettent en œuvre des dérogations
permanentes pour le transport de bois.
Seule la pérennisation de la mesure, encadrée pour tenir compte du retour
d’expérience de la période temporaire et éviter un effet « domino », a un sens
économique et permet de respecter les objectifs à long terme du Grenelle de
l’environnement.
• Pérenniser la nouvelle dérogation « bois ronds »selon un cadre amélioré et
assurer une transition
Les justifications de la pérennisation ont été développées ci-dessus lors de l’examen
des différents scénarios envisageables. Si la mesure est adoptée, elle restera à définir
plus en détail (cf. 5.2, 5.3, 5.4) de manière réfléchie.
On insistera sur le fait que pour permettre aux professionnels d'amortir les
investissements liés à des matériels spécifiques et coûteux, il importe de leur assurer
une lisibilité à moyen et long terme. L'amortissement d'un véhicule de transport de
marchandises se faisant habituellement sur cinq ans au minimum. Le renouvellement du
parc d'une entreprise de transport de bois ou de celui d'un exploitant assurant le
transport pour compte propre est une opération qu peut prendre 10 ans.

31/82
De plus la mise en place de la dérogation « bois ronds » a été lente. Il en sera de
même pour toute mesure sur le transport du bois dès lors qu'elle implique
nécessairement les collectivités territoriales. Or la dérogation fournit un cadre national
dont les règles d’application sont définies au niveau local avec l’accord des collectivités
territoriales. Les conditions locales peuvent donc être prises en compte dans les arrêtés
initiaux ou dans des arrêtes modificatifs si des impacts négatifs apparaissent. Celles-ci
restent donc maîtres du jeu.
Ces deux facteurs montrent qu'une mesure dérogatoire nécessite quelques années
pour se mettre en place et qu'elle doit être appliquée d'une façon continue pour produire
ses pleins effets et être économiquement pertinente. L'équipement, même partiel, des
entreprises assurant du transport de bois a été réalisé sur des équipements correspondant
à la dérogation « bois ronds » telle qu'elle existe. Il est donc utile qu'une modification
des modalités intervienne en laissant aux transporteurs un délai suffisant pour faire
évoluer leur parc vers des véhicules adaptés aux nouvelles normes.
Pour toutes ces raisons, la définition détaillée (cf. paragraphes suivants) de la
dérogation doit être réfléchie avec les professionnels. Une période transitoire,
département par département sera en outre nécessaire entre l’ancienne et la nouvelle
dérogation bois rond, du moins si une telle mesure est prise.
• Inciter aux modes alternatifs, rail et voie d'eau
Une dérogation sur le poids total roulant autorisé des poids lourds conduit
inévitablement à une amélioration des coûts du transport routier et donc de sa
compétitivité relative par rapport aux modes alternatifs à la route, rail et voie d’eau. Un
tel effet peut paraître contradictoire avec les conclusions du Grenelle de
l’Environnement et créer un effet « domino ».
On répétera que le premier tronçon de la mobilisation de la ressource bois à partir de
la forêt ne peut se faire que par des camions. Le recours à un mode alternatif n’est
possible qu’après transbordement, dont le surcoût ne peut être amorti que pour des
parcours assez longs. C’est pour ces parcours qu’il faut veiller à ce que les conditions
générales de la concurrence entre modes puissent jouer.

C’est pourquoi la mission estime qu’une mesure dérogatoire pérenne en matière


de tonnage doit être limitée en distance.

Une telle disposition ne figurait pas dans le décret « bois ronds ». Ce dernier a en
effet été pris pour utiliser au maximum, pendant une durée limitée, tous les moyens de
transport disponibles pour évacuer des volumes exceptionnels de bois.
Par ailleurs, une limitation en distance privilégie les transports locaux et donc
l'utilisation des bois à proximité des zones de production. C'est une mesure favorable à
l'aménagement du territoire et économiquement sensée. Cet effet indirect est également
intéressant.
Dans cette perspective le devenir des gares bois (même actuellement inutilisées) et
leur ouverture à d'autres opérateurs que la SNCF (opérateurs de proximité en
particulier) doivent être réexaminés.
• Conserver le gabarit routier du code de la route
La mission souhaite, pour des raisons de sécurité routière et d'acceptabilité par les
collectivités et les populations riveraines des voies empruntées, conserver les gabarits
du code de la route qui restent à préciser en hauteur (4 m impératif ?). De plus une
dérogation trop large ne manquerait pas d'entraîner un effet « domino ».

32/82
• Privilégier les « bois ronds »
Les bois ronds (jusqu'à 16 m, longueur maximum transportable par un semi-
remorque) constitue la matière première principale des scieries, des usines de pâte à
papier et des usines de panneaux. Sa définition est claire : il s'agit de toutes portions de
troncs d’arbres ou de branches obtenues par tronçonnage et correspond donc à une
matière première extraite de la forêt française sans transformation à quelques exceptions
près (import).
C'est sur cette catégorie de bois que se joue la compétitivité de la filière. En effet es
produits issus des bois ronds (planches, panneaux, pâtes à papier) sont les plus
concurrencés par les produits d'importation.
Le fait de parler de bois rond limite, pour l'essentiel toute dérogation sur ce type de
marchandise à un transport depuis la forêt jusqu’au lieu de première transformation. Ce
point nécessite cependant d'être bien explicité car la terminologie « bois ronds » n’est
pas toujours comprise en dehors des forestiers.
De manière incidente, la limitation des circulations de bois ronds est un autre aspect
à souligner. Les contrats d'approvisionnement de bois rendus usine, signés par les
producteurs ou leurs représentants au profit des industriels, contribueront à limiter les
transports et amélioreront la rentabilité de la filière bois. Les transports croisés de bois
sont à éviter.
• Répondre aux réticences de certaines collectivités
La mise en œuvre de la dérogation « bois ronds » a permis de cerner les
préoccupations des collectivités territoriales même si elle n’a pas posé de difficultés
majeures. Il est significatif à cet égard qu’aucune voix issue des collectivités19 n’ait
cherché à se faire entendre de la mission pour demander l’abrogation du décret « bois
rond ».
Il convient donc de faire évoluer la réglementation pour mieux prendre en compte
leurs attentes :
- la réduction du nombre de passages des poids lourds grâce à une dérogation sur le
tonnage est considérée comme un point positif,
- toutes les idées - en pratique émises jusqu’ici par les transporteurs routiers sur les
pneumatiques, les roues jumelées, le nombre, le type et le positionnement des essieux
permettant de réduire l’usure des chaussées sans remettre en cause la limitation
générale du tonnage par essieu, doivent être étudiées par les autorités publiques
compétentes et intégrées dans les textes concernant le transport de bois,
- les impacts négatifs sur les ouvrages d’art sont souvent cités. Ils sont à traiter à
travers la détermination des itinéraires et la limitation du poids par essieu,
- le respect du gabarit routier de droit commun est souhaité compte tenu des
caractéristiques des routes empruntées. D’ailleurs, elles traversent souvent des
bourgs. Le cas des grumes de grandes longueurs doit être traité par la procédure des
transports exceptionnels.
- la participation des collectivités locales à la définition des itinéraires permet d'éviter
les « points noirs » liés à des chaussées particulièrement fragiles, à des ouvrages d'art
inadaptés ou à des configurations de terrain inappropriées.
- l’information des mairies, préalable à la mise en exploitation des coupes de
bois, permet aux collectivités de se prémunir contre d’éventuelles dégradations de
leurs voiries insupportables pour leurs budgets en effectuant des constats préalables

19
L’Association des Départements de France a été contactée et n’a pas émis d’opinion défavorable à la pérennisation de la
dérogation.
33/82
pour indemnisation en cas de dégradations.
Le dialogue doit se poursuivre entre les professionnels et les maires et conseillers
généraux pour permettre la mise en œuvre de la nouvelle dérogation « bois ronds » s
« bois ronds » dans des conditions fructueuses pour tous. Les préoccupations
économiques des premiers et environnementales des seconds peuvent être conciliées.
Les compromis trouvés, au plus près des problèmes qui se posaient concrètement,
ont été largement utilisés par la mission. D’autant qu’ils l’ont été alors que les chablis
de 1999 avaient été évacués depuis longtemps.

5.2 Un encadrement plus strict de la dérogation « bois ronds »


• Abandonner les 67 et 72 tonnes.
L'analyse du dispositif existant « bois ronds » (voir annexe 12, page 73) montre que
la possibilité d’utiliser des camions de 67 ou 72 t. en charge a été rarement utilisée. Les
quelques cas correspondent à des itinéraires favorisant les importations de bois
étrangers ou des transports sur de grandes distances.
De tels tonnages ne sont possibles qu'avec des véhicules généralement hors gabarit
(en hauteur notamment) dotés de moteurs très puissants donc très bruyants. De plus ces
véhicules –qui, faut-il le rappeler, doivent être homologués- sont très rares en France.
Pour des raisons d’acceptabilité, de sécurité, et d'environnement pour les riverains des
dessertes forestières, ces tonnages (67 et 72 tonnes) sont à supprimer de la nouvelle
dérogation « bois ronds ». L’évocation de l’abandon de ces tonnages n’a soulevé aucune
véritable objection de la part des professionnels rencontrés.
Par ailleurs les professionnels ont limité leur parc à quelques types de camion qu’il
convient de privilégier.
• Fixer une distance maximum de transport routier dérogatoire à 250 km
Pour ne pas défavoriser les modes de transport alternatifs au mode routier par une
augmentation des tonnages autorisés sur la route, il convient de fixer une distance
maximale pour les transports utilisant la dérogation, comme expliqué plus haut.
Une distance minimale de basculement entre les deux modes routiers et ferroviaires
peut être calculée. L'annexe 7 (page 59) permet d'expliciter le problème et les
hypothèses retenues. Cette distance minimale théorique de basculement économique est
en France comprise entre 262 et 277 kilomètres.
La mission a obtenu l’assentiment des deux principales sociétés ferroviaires opérant
en France, SNCF fret et Veolia cargo, sur une distance de 250 km, qui ne pénalise pas,
selon elles, le transport ferroviaire aux conditions économiques actuelles.
Il leur importe en revanche que cette distance puisse être modifiée simplement par
l’État en fonction des conditions économiques futures. Ces conditions dépendent du
niveau de prix des diverses énergies et des évolutions respectives de l'organisation des
secteurs de la route, du rail et de la voie d'eau.
Il est prudent de prévoir l’occurrence de cas exceptionnels, comme l’absence de
liaison ferroviaire ou fluviale, dans lesquels aucune mode alternatif ne pourra se
substituer à la route soumise au tonnage de 40 tonnes. La mission propose que les
dérogations inévitables soient prises par arrêté préfectoral du lieu de destination des
bois.
Les dispositifs d’enregistrement (équipement numérique en cours de généralisation)
qui équipent les véhicules ainsi que les feuilles de route permettent un contrôle de cette
distance. D’autres dispositifs pourraient être imaginés au niveau local comme le
marquage des camions pour autant que le cadre réglementaire le permette.
34/82
• Améliorer les contrôles
On a vu au paragraphe 3.3 page 20 l’efficacité limitée des contrôles actuels. La
mission estime que des progrès peuvent être réalisés, dans les contrôles effectués par les
services des DRE qui travaillent en liaison avec les forces en tenue, indispensables pour
arrêter les convois, et ce à effectifs constants

S’il était normal que le décret « bois rond », parce qu’il était temporaire, n’ait pas
entraîné de modifications dans les procédures de contrôle des poids lourds transportant
du bois, l’entrée en vigueur d’une nouvelle dérogation de tonnage pérenne doit être
accompagnée d’une évolution de ces procédures.
Il convient tout d’abord que les contrôles techniques annuels soient effectués avec les
tonnages dérogatoires, pour certifier que le véhicule est apte à les emporter dans de
bonnes conditions de sécurité la charge homologuée ou au contraire pour indiquer qu’il
ne l’est pas.
Il convient ensuite d’augmenter le nombre de contrôles documentaires, moins
exigeants en termes de moyens à mettre en œuvre, sur les axes à faible circulation
empruntés par les bois issus des forêts, à proximité des quelques sites de destination
finale.
Il convient enfin d’examiner les sanctions prises en l’absence des documents requis.
En effet, ils n’ont guère de raison de quitter le véhicule concerné, et la plus grande
sévérité s’impose, compte tenu des risques que fait encourir aux autres un poids lourd
en surcharge par rapport à ses propres capacités.
Enfin l’équipement des services de contrôles en plusieurs ponts de pesée est
indispensable afin d’éviter le contrôle par pesons à positionner sous chaque roue. La
mise en place (en cours d’expérimentation) de contrôle de poids automatique pourrait
aider à la détection systématique des chargements anormaux sur les grands axes,
empruntés notamment par les camions étrangers.
Deux difficultés importantes reste cependant : la nécessaire mobilisation par les
préfets des forces de l’ordre en tenue et la suite judiciaire des P.V.
• Développer l’autocontrôle
L’autocontrôle doit se développer avec l’appui de tous les secteurs professionnels de
la filière pour autant que ces professionnels ait du « grain à moudre » dans la
négociation : pérennisation de la dérogation, configuration des véhicules, arrières-trains
forestiers, grumes…
Les dispositifs techniques permettant le contrôle de poids sont connus : pesée
systématique des camions à l’arrivée et éventuellement au départ, dans les lieux de
première transformation, pesons sur les essieux associés à un traitement embarqués des
données.
Les plus gros destinataires des bois issus des forêts se disent prêts à aider les
pouvoirs publics pour améliorer l’efficacité des contrôles. Très conscients des pertes
qu’ils encourraient si les dérogations de tonnage qu’ils ont laborieusement obtenues
disparaissaient ainsi que du risque de mise en jeu du principe de co-responsabilité, ils
ont intérêt au respect de la réglementation.
Les moyens d’action sont quadruples :
- contrôle précis par le transporteur du poids du camion et par essieu grâce à des
dispositifs embarqués (peson par essieu + traitement centralisé) dont la présence
pourrait être rendue obligatoire.

35/82
- contrôle de poids obligatoire20 par l’acheteur de bois du chargement de tous les
poids lourds qui les livrent21. Cela constitue un contrôle systématique de fait, à
rapprocher des contrôles ponctuels et onéreux de l’administration. Une négociation
avec eux pour tirer parti de leurs pesées devrait être fructueuse.
- leur action sur leurs seuls fournisseurs serait en soi très intéressante. Menée
efficacement, et testée épisodiquement, elle permettrait de centrer les contrôles
administratifs quotidiens sur les autres destinataires.
- leur influence sur l’ensemble de la profession est grande, et leur appui pour
généraliser un certain nombre de pratiques pourrait être décisif.

Une évolution du cadre législatif et réglementaire permettrait éventuellement de


mieux préciser la mise en jeu du principe de co-responsabilité en fonction de
l’autocontrôle.
• Statuer sur la question des échanges intra-européens
Il existe des bois ronds –en plus faible quantité- qui circulent sans être directement
issus des forêts françaises ou livrés à un lieu de première transformation sur le territoire
national. Ce sont les bois d’importation/exportation vers l'Allemagne, l'Italie et
l'Espagne ou en provenance des grands pays exportateurs européens ou pas. Les
importations ont cependant tendance à se faire de plus en plus sous forme de produits
ayant subi une première transformation.
Les bois ronds comme les autres marchandises qui traversent une frontière
européenne, sont soumis à la directive européenne 96/53/CE qui limite le poids des
véhicules à 40 t sauf convois exceptionnels. Or deux interprétations de cette directive
coexistent concernant la charge (et également la hauteur) : certains estiment que la
directive n'autorise pas des trafics internationaux à des charges plus élevées que le seuil
fixé par la directive, d'autres considèrent qu'il s'agit d'un minimum pour la fixation des
seuils maximum par État. Aujourd'hui de nombreux transports de bois ronds à
destination de l'Italie, notamment, se font selon la dérogation de tonnage donc au-dessus
de 40 t.. La question du transport des bois ronds depuis les ports maritimes ou fluviaux
jusqu'aux lieux de première transformation est un aspect annexe.

Cette question dépasse la filière bois et le transport de cette nature particulière de


marchandise mais elle a de fortes répercussions (positives et négatives) en matière de
compétitivité des unités de productions situées sur le sol national et de localisation de
ces unités.
La fixation d'une doctrine, pour autant que l'État la fasse respecter, est donc
importante pour la filière.

5.3 Des points à préciser obligatoirement

• Les configurations des véhicules


Le décret « bois ronds » actuel impose aux véhicules un certain nombre de
configurations minimales en fonction de leur tonnage total. De telles dispositions ne
sont pas indispensables. Les contraintes de droit commun sur le tonnage maximal par
essieu peuvent suffire, car elles définissent implicitement le nombre d’essieux minimal
nécessaire en fonction du tonnage total autorisé et du type de véhicule.

20
Une autre approche consisterait à rendre le paiement à la tonne obligatoire, d’où un contrôle facile via les factures.
21
Ce qui est le cas général aujourd’hui hors les petites scieries.
36/82
Cependant, de telles dispositions sont utiles. Elles permettraient en particulier
d’établir une correspondance solide entre les pesées des chargements par les industriels
destinataires et le respect des règles par les transporteurs routiers. Le bois est en effet un
matériau homogène en densité. Et les transporteurs ont tout intérêt à effectuer une
répartition optimale des charges. Il en résulte que la connaissance du chargement
effectif total et des caractéristiques à vide du véhicule utilisé permet de déterminer avec
une bonne précision si les tonnages par essieux sont ou non respectés.
L’élaboration de ces dispositions est en outre un moment privilégié pour introduire
les propositions des professionnels destinées à réduire l’usure des chaussées (largeur des
pneumatiques, types d’essieux…).

La mission n’est malheureusement pas en état de faire aujourd’hui des propositions


en la matière, tant que le SETRA n’aura pas validé les études réalisées sur le sujet par le
CETE sud-ouest. Ces études, que la mission a examinées au cours de ses travaux,
préconisaient :
- 44 tonnes pour les semi-remorques à 5 essieux fixes (52 t aujourd’hui),
- 48 tonnes pour les semi-remorques à 6 essieux fixes (57 t aujourd’hui),
- 52 tonnes pour les semi-remorques à 6 essieux (57 t aujourd’hui) dont un auto-
suiveur,
- 52 tonnes pour les ensembles camion-remorque à 5 essieux (comme aujourd’hui),
dont un auto-vireur sur la remorque,
- 57 tonnes pour les ensembles camion-remorque à 6 essieux (comme aujourd’hui),
dont un auto-vireur sur la remorque.
Elles gagneront à être complétées sur deux points :
- la prise en considération les différents types de bandes de roulement possibles
(roues jumelées, largeur des pneumatiques),
- l’analyse des arrières-trains forestiers (ATF), dont ceux munis d'un premier essieu
directeur télécommandé.
Ce sont les services du MEEDDAT qui proposeront en définitive les décisions
réglementaires après une concertation formalisée avec les professionnels concernés sur
la faisabilité des dispositifs.
• Les arrières-trains forestiers
Le transport des grumes en grande longueur pourrait faire l'objet d'une mesure
particulière : les autorisations de portée locale (APL) sont une réponse limitée
puisqu'elles ne permettent pas de dépasser 44 ou 48 tonnes.
Une réponse moins large mais suffisante pourrait être trouvée en raison de la
maniabilité de certains arrières-trains forestiers dont le premier essieu directeur est
télécommandé. Cette configuration permet de faire passer les trois essieux arrière de
l’arrière train forestier exactement aux mêmes endroits que les trois essieux avant du
camion. Si ce dispositif était considéré, dans les dérogations envisagées, comme un
ensemble, camion plus remorque, alors les grumes en longueur pourraient bénéficier des
tonnages autorisés par les dispositions des bois ronds.
Si une mesure favorable ne pouvait être prise, il conviendrait de se reporter à la
possibilité d’augmenter le tonnage maximum du transport exceptionnel de grumes (cf.
5.4, page 39).
• Le régime transitoire pour les véhicules et les arrêtés existants
Comme déjà dit, il sera nécessaire de prévoir des dispositions transitoires. En effet le
renouvellement éventuel du parc des véhicules existant ne pourra pas être fait dans un

37/82
délai inférieur à cinq ans. En outre, la définition des axes routiers utilisables en fonction
des caractéristiques des véhicules est une opération longue.
Il serait souhaitable de considérer que la concertation déjà faite dans de très
nombreux départements permet le passage aux nouvelles dispositions en actualisant les
configurations autorisées et dans l’attente d'un réexamen plus approfondi. Il ne sera pas
toujours possible d’éviter un travail technique, si les caractéristiques nouvelles des
poids lourds se révèlent incompatibles avec certains axes jusque là autorisés. Ce
réexamen pourrait utilement s'inscrire globalement dans la préparation ou la révision
des schémas régionaux des infrastructures et des transports (SRIT).
La mission ne peut guère aller au-delà pour préciser le contenu de la phase
transitoire, tant qu’elle ne connaît pas les mesures pérennes qui seront prises.
• L’utilisation des gares bois existantes par les autres opérateurs
Une meilleure prise en compte par les opérateurs ferroviaires (SNCF ou nouveaux
entrants) ainsi que par les opérateurs de proximité a déjà été évoquée et ne sera pas
détaillée car elle doit s’inscrire dans un développement du fret ferroviaire qui n’était pas
directement l’objet de la mission.
Cependant la mission tient à insister sur un point : les gares bois. La densité du
réseau de gares bois utilisables est un paramètre important pour permettre les
transbordements de la route vers le rail. La SNCF éprouve apparemment des difficultés
pour gérer ces équipements. Il serait utile que la gestion de certaines d’entre elles soit
confiée à des opérateurs privés ou à des opérateurs de proximité ou que du moins leur
utilisation soit ouverte à tous (clause dite de la facilité essentielle).

5.4 Des propositions complémentaires à examiner


• Élargir la dérogation aux autres bois issus des forêts
Dans la situation actuelle, la quasi-totalité des bois issus forêts sont des « bois
ronds » au sens précisé plus haut, que ce soit des billons ou des grumes. Les souches et
les branchages sont abandonnés sur place (formation d'humus) ou convertis
exceptionnellement en plaquettes.

Or, l'augmentation de la récolte prévue par le Grenelle de l'Environnement et les


assises de la forêt suppose que le bois énergie gagne des parts de marché. Le
changement de terminologie – substitution de « bois ou produits issus des forêts » à
« bois ronds »22permettrait d’élargir le champ de la dérogation et d’inclure les
plaquettes, obtenues à partir des branchages et des souches.
Cependant dans le respect des gabarits du code de la route sur lequel la mission
insiste pour des raisons de sécurité, le transport des plaquettes forestières ne dépasse
quasiment jamais le tonnage habituel de 40 tonnes de poids total roulant autorisé. Il en
va sans doute de même des branchages et des souches en vrac.
Les travaux de recherche engagés dans le domaine des plaquettes pourraient changer
cette donnée en mettant au point de nouveaux procédés (séchage, compactage…).
Aussi, un signe positif pourrait être donné dans cette direction. D’abord parce que les
objectifs affichés en matière de bois énergie sont très ambitieux (plus 414%) et
nécessitent pour être atteints qu’aucune piste ne soit négligée. Ensuite parce que la
transformation des branchages et des souches en plaquettes forestières permet d’éviter

22
Il faudrait alors écrire au lieu de « transports des bois ronds jusqu'aux lieu de première transformation, les
transports de produits issus des forêts jusqu'aux lieu de première transformation »
38/82
leur décomposition en forêt sous forme de CO².

Néanmoins toute extension à des produits autres que des bois ronds devra prendre en
compte les difficultés de contrôles qui en résulteraient ainsi que le risque d’extension à
d’autres produits. Cette proposition est donc à examiner en détail.
• Transporter les grumes de grandes longueurs selon des tonnages plus élevés
Le bois d’œuvre est l’autre catégorie dont une plus grande utilisation est souhaitée
par le Grenelle de l’Environnement et les assises de la forêt pour « tirer » la récolte
forestière. Les professionnels du secteur rencontrés ont tous insisté sur l’importance
qu’ils attachaient à ce que le tonnage transportable de grumes de grandes longueurs ne
soit pas limité inutilement.
La mission s’est penchée sur les arguments de sécurité avancés par les responsables
des transports. Elle est tout à fait persuadée qu’il faut maintenir ces grumes dans la
procédure des transports exceptionnels : les grandes longueurs posent des problèmes
spécifiques de sécurité qui doivent être traités comme tels. En revanche, elle n’a pas
trouvé de raison convaincante expliquant en quoi le tonnage serait un facteur aggravant
des risques routiers : dans le cas particulier du premier trajet des grumes, la réduction du
nombre d’allers-retours diminue le risque statistique d’accidents sans que leur gravité
ou leur probabilité d’occurrence ne soient significativement accrues.
En outre, les effets bénéfiques sur l’environnement seraient sensibles – réduction de
la consommation de carburants, des nuisances sonores, des encombrements.
La mission propose donc que les autorisations de portée locale (APL) des grumes de
grandes longueurs puissent atteindre 57 tonnes comme les bois d’industrie, tout en
limitant comme auparavant la longueur totale des ensembles à 25m, dépassements
inclus.
La proposition est à mettre en balance avec celle déjà faite sur les arrières-trains
forestiers.
• Supprimer la dérogation « débardage » pour le registre des transporteurs
L’inscription au registre des transporteurs n’est pas prévue pour les transports
effectués pour « compte propre ». C’est à dire que pour transporter les bois dont on est
propriétaire avec son matériel (éventuellement loué), il n’est pas nécessaire d’être
inscrit au registre des transporteurs. Cela concerne essentiellement les exploitants
forestiers qui achètent des bois sur pied en forêt et qui vont les livrer à leurs clients de la
première transformation. Le cas des scieurs qui font de l’exploitation forestière est
identique. Cela paraît normal puisqu’il n’y a pas de prestation de service à un tiers.

La dérogation « débardage » à cette inscription était initialement prévue pour


permettre à des engins de débardage (il s’agissait des « Latils » principalement) de faire
des parcours sur des routes publiques pour desservir les scieries de proximité dans les
années 1950. Cette disposition a été reconduite depuis, sans réexamen. Or les engins de
débardage ont évolué depuis et sont spécialisés pour évoluer en tout terrain. Ils ne sont
donc plus utilisés sur les routes publiques. D’autre part la circulation routière s’est
densifiée et la sécurité ne s’accommode plus de véhicules non adaptés au trafic actuel.
Les dispositions prévues à l’article 17-2 alinéa d) de l’arrêté n° 99-752 du 30 août
1999 (voir annexe 5, page 53) sont obsolètes. Elles sont de plus détournées de leur but
initial pour effectuer des transports de bois, au profit de tiers, par des entreprises qui se
disent abusivement de débardage. Elles tentent en jouant sur une définition extensive du
débardage de se soustraire à des obligations, celles du registre des transporteurs, qui

39/82
sont utiles pour moraliser cette profession.
La suppression de l’alinéa d) de l’article 17-2 du décret 99-952 du 30 août 1999
mettrait fin à ces pratiques.
• Ne plus obliger à un chargement des grumes « gros bouts en avant »
La disposition imposant le chargement des grumes « gros bouts en avant » a été
introduite il y a fort longtemps, par la circulaire n°75-173 du 19 novembre 1975. Les
modes de fixation des troncs sur les véhicules ont depuis fortement évolué. Aussi, la
raison de sécurité à l'origine de ce mode de chargement a disparu. Cette façon de faire
présente, aujourd’hui, un inconvénient pour les semi-remorques augmentant la charge
sur le dernier essieu du tracteur. Cet essieu est alors le plus chargé et la dégradation des
chaussées, liée à l'essieu le plus chargé, est inutilement accentuée. Il est généralement
plus pertinent de réaliser un chargement tête-bêche qui répartirait la charge de manière
homogène sur toute la longueur du véhicule.
• Supprimer l’obligation de gyrophares « bois ronds »
L'utilisation des gyrophares est imposée dans la dérogation « bois ronds ». Cette
disposition laisse penser qu'il s'agit de transports exceptionnels et dangereux. Sur les
grands axes de circulation, elle n’est forcément justifiée. Cependant une partie du
transport se fait sur le réseau primaire des routes forestières ou communales. Or dans
ces zones les tracteurs des agriculteurs sont eux aussi munis d'un tel dispositif.
Même si l'utilisation des gyrophares ne s'impose pas partout, il semble bon de garder
ce dispositif d'une manière générale pour éviter d'en définir les détails d'utilisation qui
seraient difficiles à expliquer.
• Inclure la dérogation » bois ronds » dans le régime des transports exceptionnels
Il serait intéressant pour simplifier la législation et la rendre plus lisible d’intégrer la
dérogation « bois ronds » dans les dispositions réglementaires du code de la route. Une
révision globale du régime des transports exceptionnels pourrait permettre cette mesure,
pour autant que d’autres aspects la justifient.
• Se servir des SRIT et des CPER
Les mesures réglementaires peuvent utilement être relayées par des incitations
financières régionales (ex. Rhône-Alpes). Les régions ont une compétence économique
et peuvent être intéressées par la mise en valeur de leur territoire et par le
développement d’une ressource locale, pérenne et écologique. Les SRIT sont une
occasion de se pencher sur cet aspect. Bien évidemment chaque SRIT devrait permettre
d’assurer une certaine continuité des itinéraires bénéficiant de la dérogation « bois
ronds » au niveau d’une région. Mais le SRIT doit s’intégrer dans le schéma régional
d’aménagement et de développement durable du territoire (SRADT). Surtout il devrait
inscrire la politique forestière dans une perspective de développement territorial grâce
au SRADT. Certaines régions (Bourgogne, Limousin etc.) ont déjà réfléchi en ce sens
(annexe 10, page 69 pour la Bourgogne).

Le COMOP23 16 (forêt) prévoit des actions dans ce domaine. Les contrats de projets
Etat-Région pourraient reprendre cet axe de mobilisation de la ressource forestière
française. Le niveau territorial de la Région est, en effet, pertinent pour dégager des
solutions adaptées à la diversité de la forêt française.

23
Il s’agit d’un COMité OPérationnel issu du Grenelle de l’environnement
40/82
6 CONCLUSION.
Le Grenelle de l'environnement, les assises de la forêt et le « paquet énergie-climat »
européen demandent de privilégier les énergies renouvelables et les économies
d’énergie. Naturellement, en France, le bois occupe une place essentielle dans cette
orientation. Une mobilisation accrue de cette ressource naturelle, nationale, écologique
et renouvelable augmentera la demande de transport de la filière bois. Par ailleurs le
report modal de la route vers le rail et la voie d’eau est aussi un objectif dégagé par le
Grenelle de l’environnement pour des raisons évidentes d’économie de pétrole, de
maîtrise des rejets de C0 ² et plus généralement d’atténuation des nuisances provoquées
par les transports.

Le premier trajet des bois récoltés en forêt se fait inévitablement par la route. Les
modes alternatifs ne peuvent intervenir qu’après. De ce fait la dérogation « bois ronds »
est d’une importance primordiale pour la filière et son développement.
Depuis 2001, la dérogation temporaire « bois ronds » a fourni une expérimentation
en vraie grandeur, sur l’ensemble du territoire national et pendant plusieurs années, de
l’effet de l’augmentation des tonnages autorisés sur ce premier trajet. Ces effets sont
jugés globalement positifs par les principaux acteurs concernés : les professionnels pour
les conséquences économiques, les collectivités locales pour les conséquences sur
l’environnement. A l’inverse, ses impacts négatifs ne sont pas significatifs et ne
justifient pas sa remise en cause. L’analyse des résultats a permis d'affiner les
dispositions à prendre pour un dispositif pérenne prenant en compte la sécurité,
l'entretien des voiries, les impacts sur les riverains ainsi que l'économie du secteur.

Dans le cadre de sa commande, la mission a limité ses propositions au premier trajet


du bois issu des forêts et présente un dispositif pérenne et cohérent qui contribue aux
objectifs, qui peuvent parfois apparaître comme contradictoires, du Grenelle de
l’environnement. Il est bien évident que toutes les mesures en faveur du report modal
qui verront le jour contribueront au transport de bois comme aux autres marchandises
En proposant de se limiter aux bois ronds -même si d'autres possibilités sont
évoquées-, de fixer une distance maximale, d'abandonner les plus forts tonnages,
d’adopter un nombre d'essieux adapté à la charge ainsi que des essieux suiveurs ou
directeurs, éventuellement des roues jumelées, la mission pense qu'il est possible
d'obtenir des résultats améliorés dans les domaines écologiques, sociaux, économiques.
Cette préoccupation de développement durable doit permettre de concilier un
premier trajet routier avec une suite de la chaîne logistique par rail ou par voie d'eau,
dès lors que leurs opérateurs amélioreront eux aussi les conditions de leurs
interventions. A cette condition ils pourront retrouver leurs niveaux d'activité antérieurs
et prendre également une part du trafic supplémentaire généré par l’augmentation de la
récolte.

Cependant les conditions du transport sont un facteur nécessaire mais pas suffisant
de l’augmentation de la récolte forestière. Il importe que les relations entre les
propriétaires, les intermédiaires et les premiers utilisateurs de la filière bois soient
rénovées et qu'elles s'inscrivent dans la durée et dans la confiance. Par ailleurs la filière
du bois énergie doit faire l’objet d’une attention particulière dans le cadre du suivi du
Grenelle de l’environnement co-pilotée par le ministère de l’écologie, de l’énergie, du
développement durable et de l’aménagement du territoire et par le ministère de
l’agriculture et de la pêche.

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42/82
7 ANNEXES

Annexe 1 : Lettre de commande

Annexe 2 : Liste des personnes rencontrées

Annexe 3 : Statistiques sur le transport du bois

Annexe 4 : Modes de transport routier « Bois ronds », « Grumes »

Annexe 5 : Dérogation débardage

Annexe 6 : Coût du transport des bois selon les options prises

Annexe 7 : Distance théorique de basculement économique route/rail et rayon


d’approvisionnement d’une gare bois

Annexe 8 : Modélisation du coût kilométrique du transport jusqu’à 300 Km

Annexe 9 : Environnement et énergie : Grenelle, Assises de la forêt

Annexe 10 : La politique de la Bourgogne en matière de transport de bois

Annexe 11 : Niveau de desserte locale de la dérogation « bois ronds »

Annexe 12 : La dérogation bois ronds par département

Annexe 13 : Émissions de C0² par le transport de bois

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7.1 Annexe 1 : Lettre de commande

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7.2 Annexe 2 : Liste des personnes rencontrées

Services de l’État
Cabinets ministériels
MEEDDAT : Marc Papinutti, Vincent Piveteau, Michel Vermeulen.
MAP : Michel Dantin.
Personnalités
Parlementaire auteur d’un rapport sur la filière Bois : Dominique Juillot.
Administrations
Administrations centrales MAP : Alain Moulinier directeur DGFAR; Ségolène Halley des
Fontaines sous-directrice SDF
Administration centrales MEEDAT : Loïc Charbonnier sous-directeur des transports
routiers, Laurent Bichot, Pascal Lechanteur SETRA
Préfecture de région Lorraine : Philippe Goebert, chargé de mission SGAR ; Eric
Tschitschmann, directeur régional de l’équipement accompagné de Roland Ménétrier,
Christophe Alizon et Christophe Jaskula. ; Noël Spitz chef du SERFOB à la DRAF,
Préfecture des Vosges : Albert Dupuy, Préfet, Hervé Mijeon, DDE, Philippe Petitjean,
DDAF et Denis Dagneau
DRE Aquitaine : Pierre Mortemousque, DRAF Aquitaine : … directeur accompagné de
Michel Alousque chef du SERFOB
DDE Gironde : Sylvie Guiméra, unité sécurité transport
DRE Bourgogne : Georges Regnaud, directeur et Jean Escale (SERT) ; Christian Vagnier
(DRAF Bourgogne ) et Jean-Michel Mériau (SERFOB)

Collectivités territoriales
Région Bourgogne : Jean Croisel et Véronique Chevalier, chargés de mission
Département des Vosges : Didier Martin, directeur de l’aménagement, Jacques Perru,
directeur des routes et Claudine Vigneron, chargée de mission forêt bois,
Département des Landes : Emile Laurent, DGA (par téléphone),
Département de Gironde : Jean-Paul Couffinhal, directeur des infrastructures (par
téléphone)
FNCOFOR : le sénateur Yann Gaillard, président, Jean-Pierre Michel, vice-président,
maire de La Roche-Taillée (52), Charles Dereix, directeur,
Jean-Marie Haraux, président de l’association des maires des communes forestières des
Vosges
Jean-Marie Ponsot, association des communes forestières de Bourgogne

Etablissements publics
Office national des forêts : Anne Bossy et Didier Peschedda, département commercial
bois
Jean-Denis Noirot, ONF Borgogne
CRPF Bourgogne, Jean-Louis Guérin, directeur adjoint et Yann Mozziconacci
Voies Navigables de France : Michel Courteau (Est) Bourgogne.
FCBA (centre technique du bois et de l’ameublement)
Jacques Sturm directeur et Elisabeth Le Net

Interprofessions
Arnaud Rochot APROVALBOIS (Bourgogne)

Transport ferroviaire

47/82
Fret SNCF : Olivier Juban, directeur agriculture et produits de carrière, et Olivier Metje
Francis Cuny, attaché commercial Nancy-Metz
Jean Dhobie, agriculture, bois, matériaux Sud-Ouest
Pascal Ruet (Bourgogne)
Mr Chauvineau, auteur d’un rapport sur les opérateurs de proximité
Eurorial : Jean-Paul Barbé.
Véolia-Cargo : Didier Léandri et Xavier Sobler.

Exploitation forestière
Coopératives : Jean-Marie Porquet, CAPSA (Aquitaine) ; Richard Lachèze, CF Bourgogne
Limousin
Exploitants : Christian Castagnet (Aquitaine) ; Jean-François Gaitey, UEBB (Bourgogne) ;
Alexandre Lambert (Bourgogne) ; Jean-Philippe Bazot et Paul-Henri Merle, Sté Bongard-
Bazot ; M Calvi exploitant forestier.
Sociétés d’approvisionnement : Robert Davezac (Facture) ; Stéphane Coree Comptoir de
Bois de Brive ; François Guiraud SEBSO

Transporteurs
FNTR : … Borie et …Jacques Barrère (Aquitaine) Eric Mignon (Vosges).
UNOSTRA : Eric Valade (Aquitaine)
Rose-Marie Rochatte (Transport Rochatte) et Sylvain Perrin (SARL) ; Vosges
Jean-Philippe Bazot (Sté BONGARD-BAZOT 58 Transport-Exploitation), Walter
Veyriere (Transports VEYRIERE 63), Pierre MICHEL (transports S.N.D.T 58), Mr
Billaut (transports Sté BILLAUT).

Industries du bois
Fédération nationale du bois : Pierre Verneret, directeur,
Scieries : SRA (Abreschviller) Michel Druihe et Marc Wild ; Jacques Beynel (palette
Aquitaine) SOUGY (Nièvre) Christian Gaillard, Mr Bertrand.
Panneaux : Emanuel Brolet UNILIN ; DARBO (Aquitaine), Christophe Lamoureux.
Pâte à papier : Christian Bourge Fédération nationale des pâtes ; Norsk Skog Golbey,
Jean-François Serre et Michel Kuhn ; TEMBEC Tartas, Joël Delas ; TEMBEC Tarascon,
Antoine Elineau

Autres
CIPREF, Cédric Ture et Martial Blondelle (Dijon)
Fabrication et adaptation de matériel de transport :
Dimitri Perret (Constructeur-Vent Matériel Forestier StéBONGARD-BAZOT58), François
Bongard (Logisticien Transports Sté BONGARD-BAZOT 58 Mécanique Poids-Lourds).

48/82
7.3 Annexe 3 : Statistiques sur le transport du bois

On ne dispose plus depuis quelques années de statistiques détaillées concernant le


transport ferroviaire de marchandises. Il n’est donc pas possible de connaître la part de ce
mode dans le transport du bois. Elle est certainement très faible, sans doute inférieure à
5%.
Les données disponibles sur le transport routier proviennent de l’enquête annuelle
conduite depuis plusieurs années par le ministère en charge des transports. Comme toute
enquête, les résultats obtenus sont empreints des incertitudes statistiques habituelles,
incertitudes d’autant plus grandes que l’on examine des données moins agrégées. En outre,
cette enquête n’interroge que les transporteurs professionnels français agissant pour
compte d’autrui. Les chiffres donnés ci-après ignorent par conséquent les transports de
bois effectués dans les autres conditions.

En 2006, 38,6 M tonnes ont été répertoriées. On ne donnera pas la ventilation entre les
quatre principales catégories disponibles, la rubrique sensée regrouper les bois non
classables dans les trois autres recueillant plus de 60% des tonnages. Globalement,
l’augmentation par rapport à l’année 1997 est de 6,68%, mais il est probable que cette
augmentation provient de la diminution des transports en compte propre.

La distance moyenne de transport obtenue à partir des tonnes- kilomètres ressort à 113
km. Elle était de 104 km dix ans plus tôt. On observe par ailleurs que 68% des tonnes
transportées en 2006 l’ont été à moins de 100km et près de 96% à moins de 400km. Ces
pourcentages étaient quasiment les mêmes en 1997. Les transports routiers de bois sont
donc essentiellement de transports de moyennes distances.

La deuxième caractéristique principale de ces transports est d’être très répartie sur
l’ensemble du territoire métropolitain. Les deux premiers départements en tonnes émises –
les Landes et la Gironde – ne représentent que 12% du total. Il faut 19 départements pour
atteindre la moitié des tonnages. La situation est presque identique en destinations : les
deux premiers départements de destination sont les mêmes et représentent 12,2% du total ;
il en faut 18 pour atteindre les 50%.

Cela montre d’une part que la ressource forestière exploitée est très répartie sur le
territoire national, mais également que les industries clientes le sont presque autant.

49/82
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7.4 Annexe 4 : Modes de transport routier « Bois ronds », « Grumes »

24 25
Le transport par la route de bois rond et de grumes relèvent de deux régimes
dérogatoires aux prescriptions normales du transport routier de marchandise : 40 tonnes,
poids par essieu et gabarit du code de la route.
Le premier (bois rond) est un régime temporaire spécifique à ce type de transport qui
déroge à la limite de tonnage sans déroger au gabarit. Le second (grumes) est inclus dans le
régime général des transports exceptionnels : il permet de dépasser les règles du code de la
route en tonnage et en gabarit par arrêtés préfectoraux de portée locale avec une limite à 48
t et des conditions de gabarit (cf. plus loin).

1) le régime spécifique temporaire des bois ronds :

Le décret du 30 avril 2003 concernant le transport des bois ronds a été pris en
application de la loi d'orientation sur la forêt n° 2001-602 du 09 juillet 2001 (article 17). La
justification de la mesure était de permettre l'évacuation des bois abattus par les tempêtes
de décembre 1999, d'où son caractère temporaire (5 ans prolongés jusqu’au 9 juillet 2009).
Antérieurement à ce décret, le transport de ces bois ronds devait se faire dans le respect
des conditions générales du code de la route relatives aux véhicules et aux conditions
habituelles de circulation : poids maximum : 40 t et longueur maximum fixée selon le type
26
de l’ensemble routier .
L'application de ce décret permet, sous certaines conditions annexes (ex. gyrophares...),
le transport des "bois ronds" par des ensembles routiers de plus de 4 essieux dont le poids
total roulant excède 40 t : 52 t si pas plus de 5 essieux, 57 t si pas plus de 6 essieux, 67 t si
pas plus de 7 essieux, 72 t si plus de 7 essieux. Les longueurs à respecter, qui ne dérogent
pas au code de la route sont les suivantes : 12 m (tout véhicule routier), 16,5 m (véhicules
articulés), .18,75 m (camion + remorque) avec dans tous les cas un dépassement arrière
27
possible de 3 m maximum .
Dans un double souci de préservation du patrimoine et de sécurité routière, la
circulation des camions transportant du bois rond n'est autorisée que sur des itinéraires
spécifiques définis par arrêté préfectoral au niveau de chaque département. Ils supposent
28
l'accord des « autorités investies du pouvoir de police de la circulation et des
29
gestionnaires du domaine » soit les services routiers de l'État, les sociétés d'autoroutes,
les Conseils généraux et les communes chacun pour le réseau qui les concerne : routes
nationales, autoroutes concédées, voiries départementales, voiries communales.
Ces dispositions réglementaires sont explicitées dans une circulaire d'application
interministérielle n° 2004-41 du 19 juillet 2004 relative au régime spécifique temporaire de
circulation des transports de bois ronds. Elle met notamment l'accent sur les concertations
nécessaires.
Les mesures initialement prévues jusqu'en 2006 ont été prorogées jusqu'en 2009 par la
loi relative au développement des territoires ruraux n° 2005-157 du 23 février 2005 (article
229) et son décret d'application n° 2003-416 du 30 avril 2003.

24
Bois ronds : toutes portions de troncs d’arbres ou de branches obtenues par tronçonnage.
25
Bois en grumes : troncs d'arbre abattus, ébranchés mais non écorcés
26
Article R 312-11 du code de la route.
27
Article R 312-21 du code de la route.
28
Sauf défaut de réponse express dans les deux mois.
29
Selon les termes de l'article 2 V du décret n° 2003-416.
51/82
2) le régime spécifique de circulation des bois en grume dans le cadre de la
réglementation relative aux transports exceptionnels
30
Le transport de grume est un cas particulier (article R 433-3 du code de la route) des
transports exceptionnels dont le régime, prévu par le code de la route, repose d'une part sur
31
la nécessité de transporter des charges indivisibles et d'autre part sur un examen au cas
par cas des demandes.. Sous ces réserves, le champ du transport exceptionnel est plus large
en tonnage et en gabarit que celui du transport de grumes : il se traduit par des arrêtés
individuels permanent pour une durée limitée ou au voyage.
L'arrêté interministériel du 26 novembre 2003 relatif aux transports exceptionnels pris
en application des articles R. 433-1 à R. 433-5 du code de la route avait précisé, dans son
article 17-2 "transport de bois en grume", que dans le cadre des autorisations de portée
locale, les caractéristiques maximales des convois sont les suivantes :
- longueur hors tout de 25 m pour un ensemble routier comprenant un arrière-train
forestier, incluant un dépassement maximal éventuel du chargement à l'arrière de 7 mètres,
- largeur hors tout conforme aux limites générales du code de la route (2,55 m);
- masse totale roulante de 44 tonnes sur 5 essieux et de 48 tonnes sur 6 essieux.

Ces dispositions ont été reprises dans l’arrêté du 4 mai 2006 qui abroge le précédent,
relatif aux transports exceptionnels de marchandises, d'engins ou de véhicules et ensembles
de véhicules comportant plus d'une remorque dans son article 4 relatif aux autorisations de
portée locale (APL).
oo0oo
En conclusion, le régime temporaire de circulation des bois ronds a été créé dans le
contexte des tempêtes de 1999. Le régime du transport exceptionnel résulte lui de
dispositions permanentes qui ont été formalisées dès 1975 par la circulaire n° 75-173 du 19
novembre 1975

Le cadre réglementaire du « bois ronds » autorise la circulation d'ensembles routiers


dont le poids total roulant excède 40 t (jusqu'à 72 t) et pour lesquels il n'y a pas de
nécessité de grande longueur.

Les autorisations de portée locale relative au transport de grumes prises dans le cadre du
régime des transports exceptionnels autorisent, quant à elles, la circulation d'ensembles
routiers d'une longueur plus importante (25 m incluant un éventuel dépassement arrière de
7 m maximum), mais limitent le poids total roulant des convois à 48 t. Les APL peuvent
permettre la circulation sur la voirie d’un département ouverte aux transports exceptionnels
et même sur deux départements si des arrêtés préfectoraux similaires s’appliquent sur les
deux départements limitrophes. C’est une souplesse du dispositif « Grumes » par rapport à
celui « Bois ronds » à signaler. Il n'est en effet pas souhaitable, pour des raisons de sécurité
routière, de cumuler une longueur et un tonnage dérogatoire hors le régime de
l'autorisation individuelle qui caractérise le régime général du transport exceptionnel.

30
Les dispositions de l'article s'appliquent exclusivement aux catégories de véhicules ou de marchandises
suivantes : pièce indivisible de grande longueur ; bois en grume ; matériel et engin de travaux publics ; conteneur.
31
On entend par charge indivisible une charge qui ne peut, aux fins de transport par route, être divisée en
plusieurs chargements sans frais ou risque de dommages importants et qui ne peut, du fait de ses dimensions ou masse,
être transportée par un véhicule dont les dimensions ou la masse respectent elles-mêmes les limites réglementaires.
52/82
7.5 Annexe 5 : Dérogation débardage

Décret n° 99-752 du 30 août 1999 modifié par Décret n°2007-751 du 9 mai 2007.
……,
TITRE IV : DISPOSITIONS DÉROGATOIRES. Article 17

Les dispositions du titre Ier et du titre II ne sont pas applicables aux transports suivants :

1° Transports exécutés par des entreprises dont le transport n'est pas l'activité principale et qui
sont liées entre elles par un contrat en vue de l'exécution d'un travail commun ou de la mise en
commun d'une partie de leur activité dans les conditions suivantes :

a) Les véhicules utilisés appartiennent à ces entreprises ou ont été pris en location par elles
b) Les marchandises transportées sont la propriété de l'une des parties du contrat ;
c) Le transport est nécessaire à la réalisation, par l'une des autres parties contractantes, d'une
activité de transformation, de réparation, de travail à façon ou de vente ;
d) Le transport est accessoire à l'activité principale définie par le contrat ;
Un arrêté du ministre chargé des transports fixe les modalités selon lesquelles le préfet de région
accorde des dérogations à ce type de transports ;

2° Transports exécutés à l'intérieur d'une zone de 100 kilomètres de rayon autour de la


commune dans laquelle ce transport a son origine :

a) Au moyen de véhicules et matériels agricoles tels que définis à l'article R. 311-1 du code de la
route pour les besoins d'une exploitation agricole ;
b) A titre occasionnel et gracieux, pour les besoins d'une exploitation agricole, au moyen de
véhicules appartenant à une autre exploitation agricole ;
c) Pour la collecte du lait lorsque cette activité est le complément d'une activité agricole
d) Pour le débardage du bois en grumes entre le lieu d'abattage et le lieu d'exploitation

3° Transports exécutés dans le cadre des groupements d'entreprises agricoles dans les conditions
suivantes :

a) Les véhicules utilisés appartiennent au groupement ou à ses membres ou encore ont été pris en
location par ceux-ci ;
b) Les marchandises sont transportées pour les besoins de la production agricole à destination
d'une exploitation pour l'approvisionnement nécessaire à sa production ou au départ de celle-ci
pour la collecte et l'expédition de ses produits ;
c) Le transport n'est que l'accessoire et le complément de l'activité du groupement ou de celle de
ses membres ;

4° Transports de marchandises exécutés par des transporteurs publics routiers de personnes au


moyen de véhicules destinés au transport de personnes, à l'occasion de services réguliers ou à la
demande ;

5° Transports exécutés au moyen de véhicules et matériels agricoles, matériels forestiers,


matériels de travaux publics et engins spéciaux mentionnés à l'article R. 311-1 du code de la
route, dont l'intervention est nécessaire pour la mise en oeuvre des matériaux qu'ils transportent ;

53/82
6° Transports de véhicule accidentés ou en panne par véhicule spécialisé entre le lieu de
l'accident ou de la panne et le lieu de réparation ;

7° Transports sur route de wagons de chemin de fer exécutés par des véhicules aménagés
spécialement à cet effet ;

8° Transports exécutés par La Poste au moyen de ses véhicules pour ses missions de service
public.

54/82
7.6 Annexe 6 : Coût du transport des bois selon les options prises

1) le coût du transport de bois

Pour l’économie de la mesure à la filière Bois, le calcul est fait sur la récolte de 2005 :
Bois d’œuvre 20,9 millions de m3 (206,9 M€)
Bois d’industrie 12,2 millions de m3 (161,0 M€)
Bois énergie 2,9 millions de m3 ( 22,3 M€)
Total 36,0 millions de m3 (390,2 M€)
Soit 87 km en moyenne sur 36 millions de m3
Par souci de simplification nous assimilons les m3 aux tonnes.
Les rayons moyens d’approvisionnement sont :
Pour les scieries de 70 Km (chiffre AFOCEL rayon 50-80Km)
Pour la pâte ou les panneaux de 130 Km (chiffre AFOCEL rayon 100-150 Km)
Pour le bois énergie de 30 Km (estimation de la mission)
En fonction des résultats de nos divers interlocuteurs nous pouvons retenir la formule du
coût de transport suivante : C= 6+0,055*D (D=nombre de Km)
Soit pour les scieries de 9,9 €/tonne
Soit pour la pâte ou les panneaux de 13,2 €/tonne
Soit pour le bois énergie (estimation) de 7,7 €/tonne

Cela conduit à une valeur globale du transport de bois ronds de 390 millions d’euros par
an.
Le transport par route ne concerne qu’une partie de cela. Le rail et la voie d’eau, très
minoritaires, intéressent cependant un peu les bois d’industrie essentiellement pour les
usines de pâte :
Bois d’œuvre 204,8 M€ ( 99 %)
Bois d’industrie 153,0 M€ ( 95 %)
Bois énergie 22,3 M€ (100 %)
Total 380,1 M€
La situation actuelle bénéficie du régime dérogatoire sur les grumes et sur les bois ronds
(bois d’œuvre et bois d’industrie) d’une façon réduite, estimée à 60 %. Cette mesure
provisoire ne peut pas être mise en œuvre avec sa pleine efficacité. Pour le bois énergie
transporté sur de faible distance et en partie sous forme de plaquettes le taux
d’utilisation de la dérogation est très faible et estimé à 20 %.

2) Calcul du gain fait grâce à la dérogation « bois ronds » et au régime transports


exceptionnel

Référence : Véhicule forestier d’usage courant actuellement sans dérogation


Poids à vide du véhicule type forestier complet : 18 tonnes
(Une grue, un châssis renforcé, 5 essieux)
Poids autorisé du régime courant 40 tonnes
Poids utile 22 tonnes référence
Pour mémoire un semi-remorque routier
Poids à vide du véhicule type routier habituel : 14 tonnes
Poids autorisé envisagé 40 tonnes
Poids utile 26 tonnes (+18%)

APL « grume » Véhicule forestier d’usage courant bénéficiant de l’Autorisation de


Portée Locale « bois en grume »
55/82
Poids à vide du véhicule type forestier complet : 18 tonnes
(Une grue, un châssis renforcé, 5 essieux)
Poids autorisé envisagé 44 tonnes
Poids utile 26 tonnes (+18%)

Poids à vide du véhicule type forestier complet : 19 tonnes


(Une grue, un châssis renforcé, 6 essieux)
Poids autorisé envisagé 48 tonnes
Poids utile 29 tonnes (+32%)

Les arrêtés préfectoraux APL ne portent que sur un département. Ils ne sont pas
généralisés.
Les véhicules actuels sont majoritairement à 5 essieux.
Le gain en coût est limité à 20% en tenant compte des frais liés aux chargements et
déchargements et aux sur-coûts des véhicules.
Ces APL ne s’appliquent pas au bois d’industrie ni au bois de feu.
Pour les transports de bois d’œuvre on peut estimer que seulement 30 % bénéficient de
la mesure APL. Tous les départements ne sont pas concernés et seuls les trajets dans un
département en bénéficient.

Décret « bois ronds » Véhicule forestier performant du futur + pérennisation « bois


ronds »
Poids à vide du véhicule type forestier complet : 22 tonnes
(Une grue, un châssis renforcé, six essieux dont un suiveur à l’arrière, deux ponts et des
roues jumelées)
Poids autorisé envisagé 52 tonnes
Poids utile 30 tonnes (+ 36 %)
Les arrêtés « bois ronds » nécessiteront d’être examinés au niveau local.
Le gain en coût est limité à 30% en tenant compte des frais liés aux chargements et
déchargements et aux surcoûts des véhicules.
Ces arrêtés Bois Ronds s’appliquent au bois d’industrie.
Dans la situation actuelle on peut estimer que 60 % seulement des bois d’œuvre et
d’industrie et 20 % du bois de feu bénéficient pleinement de la mesure.
En cas de pérennisation ce pourcentage devrait passer en 5 ans à 80 % pour le bois
d’œuvre et le bois d’industrie et à 40 % pour le bois de feu.

Situation actuelle du transport par route


Bois d’œuvre 204,8 M€
Bois d’industrie 153,0 M€
Bois énergie 22,3 M€
Total 380,1 M€

Situation simulée du transport par route avec suppression de la dérogation bois


ronds
Bois d’œuvre 217,1 M€ (204,8 (+30% x60%-20%x30%)
Bois d’industrie 180,5 M€ (153,0 (+30%x60%)
Bois énergie 23,6 M€ (+30%x20%)
Total 421,2 M€ soit une augmentation du coût du transport
routier de 41 Millions d’euros
Nota soit une perte de 1,3 M€ pour le bois énergie, de 12,3 M€ pour le bois d’œuvre et
de 27,5 M€ pour le bois d’industrie. Cette mesure serait catastrophique pour les

56/82
producteurs de pâte à papier en France.
La perte pour le bois d’œuvre est limitée par l’Autorisation de Portée Locale qui permet
un gain de 20 % sur 30 % des grumes.
Par contre le bois d’industrie retombe dans la législation générale des transports.

Situation simulée du transport par route avec pérennisation de la dérogation bois


ronds
Bois d’œuvre 192,5 M€ (204,8 (-30% x(80%-60%))
Bois d’industrie 143,8 M€ (153,0 (-30%x(80-60%))
Bois énergie 22,2 M€ (-30%x(40%-20%))
Total 358,5 M€
soit une diminution du coût du transport routier de 22 Millions d’euros par rapport à la
situation actuelle et de 63 millions d’euros par rapport à celle résultant de la suppression de
la dérogation Bois Ronds.

Les pourcentages de mise en œuvre de la dérogation « bois ronds » passeraient en 5 ans


de 60 % à 80 % pour le bois d’œuvre, de 60 % à 80 % pour le bois d’industrie et de 20 % à
40 % pour le bois énergie.

57/82
58/82
7.7 Annexe 7 : Distance théorique de basculement économique route/rail et rayon
d’approvisionnement d’une gare bois

1°) Conditions ferroviaires

Nous considérons qu’un cadencement d’un train complet de 20 wagons par semaine est
le minimum pour justifier une desserte ferroviaire économiquement rentable. Cela conduit
à des trains de 800 tonnes à 900 tonnes de charge utile, à un tonnage annuel de 40'000 à
45'000 tonnes soit à un volume de bois enlevés de 50'000 mètres cubes.
Seules les usines de pâte peuvent être vraiment concernées car elles sont toutes
embranchées sur le rail et consomment couramment des tonnages annuels de 1'000'000 de
tonnes.

2°) Approvisionnement à partir des forêts

2.1 hypothèse générale

Nous raisonnerons sur les moyennes nationales françaises. Certes les régions très
forestières présenteront des possibilités plus fortes et donc des distances
d’approvisionnement plus réduites.
Mais si une distance maximale pour la dérogation « bois ronds » est arrêtée au niveau
national, elle doit couvrir les divers cas présents dans l’hexagone et s’appliquer au
minimum pour la situation moyenne rencontrée dans les forêts françaises.
Il convient de remarquer que dans les zones faiblement boisées (exemple le département
de La Manche) il n’y a pas de gares bois. La ressource forestière disponible est trop faible.
A l’inverse lorsque le taux de boisement est élevé (exemple le massif landais ou
vosgien), des usines de pâte à papier ou de panneaux y sont implantées et le transfert vers
le rail est inutile.
Ainsi les gares bois sont implantées dans des zones à peine un peu plus boisées que la
moyenne.
D’ailleurs les calculs donnent en définitive un rayon d’approvisionnement de 90
kilomètres (ordre de grandeur, voir paragraphe 2.3 page 47). La surface concernée est de
2,5 millions d’hectares (4,5% de la superficie de la France, soit plusieurs départements).
Sur de telles surfaces, un raisonnement sur les chiffres moyens nationaux se justifie.

2.2 chiffres forestiers retenus

Les chiffres retenus seront en principe ceux de 2004 ou de 2005 dans un souci de
cohérence.
Les 15 millions d’hectares de forêts sur 55 millions d’hectares au total donnent un taux
de boisement de 27,3 % pour la France. La forêt française est composée de 64% de feuillus
(9,6 Mha)et de 36% de résineux (5,4 Mha).
La production biologique32 est de 91 millions de m3 dont 48 Mm3 de feuillus (9,6
Mha*5,0m3/ha/an) et 43 Mm3 de résineux (5,4 Mha*8,0m3/ha/an) La production
biologique « durable » est celle susceptible d’être prélevée annuellement pendant de très
longues périodes. Elle est de 5,0 m3 /ha/an pour les feuillus et de 8,0 m3/ha/an pour les
résineux.
La récolte est estimée à 61,0 millions de m3

32
Dans le Programme Forestier National : 91 Mm3. Ce chiffre est tiré de l’IFN pour la période 1998-2002
59/82
Seule une fraction de cette récolte est commercialisée 36,0 Mm3. La différence est du
bois de feu en très grosse partie autoconsommé. En effet seulement 2,9 Mm3 de bois
énergie sont commercialisés.
La partie commercialisée en bois d’œuvre et d’industrie est de 33,1 Mm3 (soit 36,4%
du total de 91 Mm3).
Cette partie commercialisée en bois d’œuvre et d’industrie (33,1Mm3) se répartit en
20,9 Mm3 de bois d’œuvre (63,1%) et 12,2 Mm3 de bois d’industrie (36,8%).
Enfin, outre les modes de conduite des peuplements, cette forêt est très diverse entre les
essences. Or pour une industrie, il faut une essence (qualité des bois) et un type de produit
déterminé (diamètres des billons. Ainsi lors d’une coupe, la récolte est éclatée entre des
destinations différentes. Si l’on s’intéresse à une seule essence et à un seul produit, seule
une fraction de la récolte durable (5,0 m3 /ha/an pour les feuillus ou 8,0 m3/ha/an pour les
résineux) pourra prendre la destination d’une usine de pâte déterminée. Ainsi nous
retiendrons un taux correspondant à une essence unique de 33% pour les feuillus et de 25%
pour les résineux. Cela revient à dire que l’essence utilisée représente un tiers des arbres
pour des feuillus et un quart pour des résineux. Il convient de remarquer que ces taux sont
valables sur la forêt moyenne mais qu’ils varient énormément si on ne s’intéresse qu’à une
seule parcelle récoltée. Cependant ils sont pertinents sur le bassin d’approvisionnement
d’une usine de pâte ou d’une gare bois en raison de l’étendue de la zone concernée.

2.3 La disponibilité d’un territoire pour une usine de pâte

En combinant ces différents facteurs la récolte utile pour une usine de pâte particulière
sur une surface déterminée de la France (on prend un disque) chute drastiquement :

Pour les feuillus :


27,3% (taux de boisement général)* 64% (de feuillus) * 33% (pour une essence
déterminée) * 36,4 (récolte commercialisée en BO+BI)* 36,8 % (catégorie de produit =
bois d’industrie) soit 0,77% de 5,0m3/ha/an. Sur un territoire de 1 hectare la récolte
biologique qui pourrait partir vers une usine de pâte feuillue déterminée est de
0,038m3/ha/an.

Pour les résineux :


27,3% (taux de boisement général)* 36% (de résineux) * 25% (pour une essence
déterminée)* 36,4 (récolte commercialisée en BO+BI) * 36,8% (catégorie de produit =
bois d’industrie) soit 0,33% de 8,0m3/ha/an. Sur un territoire de 1 hectare la récolte
biologique qui pourrait partir vers une usine de pâte résineuse est de 0,027m3/ha/an.
2.3 rayons d’approvisionnement d’une gare bois
Dès lors nous pouvons calculer le rayon géométrique (R’) en kilomètres (facteur 100)
d’approvisionnement d’une gare bois travaillant à destination d’une usine de pâte feuillue :
3,14*R’*R’*100*0,038 m3/ha/an= 50’000m3/an
Le rayon géométrique d’approvisionnement est de l’ordre de grandeur de 64,5
kilomètres. Si on admet un pourcentage du aux détours de la route de 1,25, cela conduit à
une distance routière de 80,6 kilomètres pour les feuillus.
Pour une usine de pâte résineuse nous aurons:
3,14*R’*R’*100*0,027m3/ha/an= 50’000m3/an
Le rayon géométrique d’approvisionnement est de l’ordre de grandeur de 76,5
kilomètres. Si on admet un pourcentage du aux détours de la route de 1,25, cela conduit à
une distance routière de 95,6 kilomètres pour les résineux.

60/82
3°) Coût du rabattage sur une gare bois

Le ramassage de cette récolte dispersée induit un coût élevé pour amener les bois
jusqu’à la gare. Certes le parcours moyen n’est pas celui du rayon d’approvisionnement
mais il est de 0,6733 de cette distance (il s’agit de la distance moyenne d’un disque de
rayon R par rapport à son centre). Ainsi pour une tonne de bois (unité utilisée pour les
transports) nous aurons pour le coût de rabattage, en feuillus 9,0 €/tonne et pour les
résineux 9,5 €/tonne (soit C=6€/tonne + 0,055*distance voir annexe 6 ter page 35).

4°) Coût d’une prise en charge

Le coût d’une prise en charge pour un transport comprend les opérations de chargement
et de déchargement, le déplacement du véhicule (selon les cas : camion, wagons et motrice,
péniche) et les frais administratifs de traitement du dossier (exemple négociation du
contrat, suivi puis la facturation).
Pour un transport routier cette partie fixe est de 6€ par tonne.
Pour le transport ferroviaire on peut l’estimer à 10€ par tonne (de 9 à 11 €/t) car il faut
immobiliser des wagons et déplacer des motrices. Les sillons ferroviaires induisent
également des coûts élevés de gestion pour s’adapter aux possibilités de circulation.
Pour le transport fluvial la partie fixe est encore plus élevée car les péniches sont plus
difficiles à charger et ce type de transport nécessite souvent du « brouettage » car les voies
d’eau ne desservent pas directement les parc à grumes des usines de pâte. Nous seront
plutôt à 14 € par tonne (de 13 à 15 €/t).
En revanche la partie variable liée au kilomètre est beaucoup plus basse pour le rail et
encore plus basse pour la voie d’eau.

Il est cependant possible de transformer cette rupture de charge en kilomètres de


camion. Le coût du transport routier est de la forme : C = 6 + 0,055*D (Voir l’annexe 8
page 49)
Ainsi la rupture de charge liée au rail (10 €/tonne) permet de faire, pour le même prix
une distance de 181 kilomètres (10/0,055) pour un camion déjà chargé dont le coût
kilométrique est de 0,055€/t.
Or nous avons vu que l’approvisionnement d’une gare bois impose un rayon
d’approvisionnement de 80,6 kilomètres pour des feuillus ou 95,6 kilomètres pour des
résineux. Dès lors en négligeant totalement les frais kilométriques du rail, le point de
basculement théorique est compris entre 262 et 277 kilomètres. La répartition,
forcément pas idéale sur le territoire, des gares bois, fait qu’il s’agit à l’évidence d’un
minimum absolu. La réalité se trouve assurément bien au-dessus de ces chiffres.

La rupture de charge liée à la voie d’eau (14 €/tonne) permet de faire, pour le même prix une
distance de 254 kilomètres (14/0,055) pour un camion déjà chargé.

33
Il s’agit de l’intégrale de 0 à R de (2*π*R*dR) surface située à R du centre, multipliée par R. Le résultat est divisé par
(π*R²) surface du disque de rayon R. Le résultat est de 2/3*π*R3 divisé par (π*R²) soit 2/3*R = 0,67* R
61/82
62/82
7.8 Annexe 8 : Modélisation du coût kilométrique du transport jusqu’à 300 Km

Le coût du transport routier est de la forme :


C = 6 € + 0,055*D (D en kilomètres ; C en € par tonne)
Chaque ligne brisée correspond aux chiffres fournis par un de nos interlocuteurs.
Le coût du transport comprend une partie fixe. Pour une coupe, il s’agit de sa prise en
charge administrative et des opérations techniques de chargement et de déchargement des bois. Les
courbes fournies par nos interlocuteurs donnent 6 € pour cette partie fixe. Elle correspond à
l’ordonnée à l’origine de la droite schématisant le faisceau de courbes.
La partie variable est la pente de la droite. La schématisation donne 0,055€/kilomètre.
Le modèle est satisfaisant. Il rend compte globalement d’une situation moyenne.
Notons qu’au-delà de 300 Km le temps de conduite légal sans pause, introduit une
augmentation brutale du coût et le modèle (C= 6€ + 0,005*D) perd sa pertinence.

35
Moyenne
Modèle Y=6+X*0,055
Ligne A
Ligne B
30 Ligne C
Ligne D
Ligne E
Ligne F
Ligne G
25
Coût en €/tonne

20

15

10

0
0 50 100 150 200 250 300 350
Distance en kilomètres

63/82
64/82
7.9 Annexe 9 : Environnement et énergie, Grenelle, Assises de la forêt

9.9.1 Les objectifs de l’Union européenne : « 3x20 en 2020 »,

Le paquet énergie-climat en cours d’examen devrait se traduire par un jeu de directives


communautaires à adopter en 2009 et comprenant :
+ 20% d’efficacité énergétique,
- 20% d’émission de GES,
20% d’énergie renouvelable dans la consommation totale.
Pour atteindre ces objectifs, la France doit augmenter la récolte en forêt ce qui nécessite,
entre autres mesures, de faciliter le transport du bois.

9.9.2 Le Grenelle de l’environnement et les assises de la forêt

A l’issue de la phase de consultations (septembre-octobre 2007), 273 engagements ont


été pris par le gouvernement en décembre dans le cadre du Grenelle de l’environnement ;
extraits de l’engagement n°77 :
« Dynamiser la filière bois en protégeant la biodiversité forestière ordinaire et remarquable :
produire plus de bois (matériau et énergie renouvelable) et mieux en valoriser les usages.
Privilégier la valorisation locale du bois (matériau, énergie) dans les projets de développement
locaux et les projets de territoire…. Promouvoir le bois éco-matériau dans la construction, dans le
cadre d’un plan national en faveur du bois. Adapter les normes de construction au matériau bois.
Mettre en place un label de construction « réalisé avec le bois »…».
Cet engagement a été repris et précisé dans les assises de la forêt lancées par le Ministre
de l’agriculture et conclues par lui devant le Conseil supérieur de la forêt, des produits
forestiers et de la transformation du bois le 16 janvier 2008.
Ces assises ont fixé pour objectif d’augmenter de 21Mm3/an la récolte commercialisée
issue des forêts françaises métropolitaines d’ici à 2020 avec une étape intermédiaire à
12Mm3 en 2012. La mesure n°9 a prévu la pérennisation du dispositif transport.

9.9.3 Le COMOP 10

Le COMOP (comité opérationnel) 10 « énergies renouvelables mis en place pour


concrétiser les engagements du Grenelle de l’environnement a évalué que, sur l’objectif de
+ 20MTEP d’énergie renouvelable en 2020 par rapport à 2005, 4 devraient venir du bois ;
L'essentiel de ces 4 MTEP doit venir des + 21 Mm3 de bois supplémentaires exploités en
forêt (dont 12 Mm3 seront constitués de bois industrie/énergie).
« sans une mobilisation supplémentaire et conséquente de bois, la France ne sera pas en
mesure de respecter les engagements en terme d’énergie renouvelable (20 au niveau
communautaire)
La biomasse forestière devrait en effet contribuer à hauteur de 20% à l’effort nécessaire
(4 millions de tonnes équivalent pétrole sur un total de 20…). »
Le COMOP 10 insiste sur l’approche territoriale et soutient la préconisation du
COMOP 16 relative au transport du bois tout en soulignant que « le développement de la
filière énergétique à base de biomasse forestière… peut être source de conflit d’usage
(bois d’industrie versus bois énergie en premier lieu).
La dérogation « bois ronds » intéresse, pour l’heure, surtout le bois d’industrie, récolté
en billons. Cela limite, de fait, le risque de concurrence avec le bois énergie qui est
majoritairement récolté en plaquettes forestières.

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9.9.4 Le COMOP 16

Le comité opérationnel n°16 « forêt » a remis ses conclusions en mars 2008 ; extraits :
Axe 1 : dynamiser la filière bois… contexte,
« …Une étude du CEMAGREF réalisée en 2007 évalue la ressource supplémentaire
mobilisable à 21 millions de m3 à l’horizon 2020… (9 millions de m3 de bois d’œuvre et
12 millions de m3 de bois énergie/industrie). Ce que l’on sait aujourd’hui des premières
études menées sur l’élasticité de l’offre de bois par rapport au facteur prix laisse penser
qu’une évolution, même favorable des cours du bois, ne peut à elle seule permettre
d’atteindre les objectifs ambitieux de mobilisation. Ces objectifs prévus par les assises de
la forêt sont nécessaires pour contribuer aux 20 millions de tonnes équivalent pétrole
d’énergies renouvelables que la France devra respecter dans le cadre du paquet climat-
énergie d’ici 2020 et pour répondre aux besoins en éco-matériaux comme le bois dans le
bâtiment. »

Le COMOP préconise une série de dispositions réglementaires, financières et fiscales


destinées à faciliter la mobilisation du bois, dont la mesure 6 pérennisation d’un dispositif
spécifique au transport de bois ronds qui est précisée dans une annexe n°5 ; cette mesure
et son annexe sont reproduite ci-après :
« 6. Pérennisation d’un dispositif spécifique au transport de bois ronds
Le coût du transport occupe une place importante (jusqu’à 30 %) dans le prix du bois
rendu usine et, en cela, sa maîtrise est un élément déterminant en faveur de la mobilisation.
Sur les distances d’approvisionnement les plus réduites, le mode routier constitue presque
toujours la seule alternative à court et moyen terme. Le dispositif dérogatoire instauré par
la Loi forestière de 2001 et reconduit par la Loi relative au développement des territoires
ruraux (2005) autorise, jusque mi 2009, le transport de bois sur la route avec des
chargements supérieurs à 40 tonnes, sous réserve de la prise d’arrêtés départementaux
fixant les conditions locales de cette dérogation.
Afin de faire face aux enjeux d’une mobilisation supplémentaire importante de bois, il
convient de pérenniser cette dérogation par un nouveau système au-delà de juillet 2009,
compatible avec les orientations générales concernant le transport fret du Grenelle de
l’environnement. A cet effet, par rapport au dispositif actuellement en vigueur, il sera sans
doute nécessaire d’envisager la fixation d’un plafond de kilométrage et une hausse
progressive des normes du matériel roulant. L’objectif doit rester de maintenir les coûts
d’approvisionnement à un niveau acceptable et de donner une visibilité indispensable aux
investissements nécessaires (infrastructures et véhicules) sur les secteurs et itinéraires ne
disposant pas de solution alternative satisfaisante. Pour le transport à longue distance, sous
réserve que cela soit techniquement et économiquement possible, il est indispensable que
le bois soit intégré dans les dispositifs alternatifs intégrant la multimodalité qui sont en
cours de réflexion au plan national, et notamment la relance du fret ferroviaire vital pour ce
secteur.
Voir annexe n°5 :
1 - Origine, problématique
Le coût du transport occupe une place importante (jusqu’à 30 %) dans le prix du bois
rendu usine et, en cela, il est un élément déterminant de la compétitivité des entreprises de
première transformation. Au-delà de la stricte desserte des massifs, il est indispensable de
garantir l’existence d’itinéraires optimisés de transport du bois depuis les massifs forestiers
jusqu’aux bassins de transformation. Une mission conjointe du CGAEER et du CGPC
relative au transport du bois remettra ses conclusions finales en mars 2008.
Sur les distances d’approvisionnement les plus réduites (en moyenne 80 km pour les
scieries, 200 km pour les industries de trituration), le mode routier restera dominant, même

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s'il convient d'encourager les autres modes de transport y compris sur ces itinéraires, mais
il est indispensable que pour le transport à longue distance, le bois s’intègre dans la
réflexion conduite par le comité opérationnel du Grenelle de l’Environnement sur le fret et
le transport multimodal, mis en place par le MEDAD (groupe n°6).
En ce qui concerne le transport sur des distances courtes ou moyennes (plafond à
préciser), le dispositif autorisant le transport de bois sur la route avec des chargements
supérieurs à 40 tonnes devra être pérennisé afin de maintenir les coûts
d’approvisionnement à un niveau acceptable et de donner une visibilité indispensable aux
investissements nécessaires (infrastructures et véhicules) sur les secteurs et itinéraires ne
disposant pas de solution alternative satisfaisante.

2 - Description de la mesure
Il est demandé une pérennisation du dispositif dérogatoire au transport du bois rond.
Le fort développement attendu de la récolte nécessite que le fret bois soit pleinement
pris en compte dans les réflexions sur les modes de transport. Au niveau régional, les
préfets pourraient être chargés d’une mission d’identification des volumes de bois
concernés, de leur origine et de leur destination, en partenariat avec les acteurs de la filière,
et avec le concours conjoint de la DRAF, de la DIREN et de la DRE.
Ils pourraient également faciliter la mise en place d'associations "Profer-région" portées
par les institutions (conseils régionaux, chambres consulaires, interprofessions...) qui
chercheront à faire émerger des opérateurs ferroviaires de proximité fournissant des
services logistiques que n'offre pas actuellement la SNCF (allotissement, conditionnement,
chargement/déchargement...).

3 - Modalités de mise en oeuvre


a -cadre législatif et réglementaire : une mesure législative devra être prise afin de
pérenniser la dérogation qui est définie dans l’article 17 de la loi d’orientation forestière et
prolongée jusqu’au 9 juillet 2009 dans l’article 229 de la LDTR, mais en introduisant un
plafond maximal de kilométrage pour cette dérogation. Il sera par ailleurs nécessaire
d’introduire progressivement des normes plus exigeantes en matière de matériel roulant.
b - autres dispositions : le comité opérationnel du Grenelle de l’Environnement sur le
fret et le transport multimodal devra être saisi d’une demande visant à solliciter les préfets
de région pour identifier les volumes supplémentaires de bois qui seront mobilisés, leur
origine géographique et leur destination afin qu’ils soient pris en compte dans le plan fret.
c - calendrier de mise en œuvre : Les cabinets du MAP et du MEDAD se sont fait
présenter les résultats de la mission conjointe du CGAAER et du CGPC en février 2008 et
arrêteront une position en mars 2008. Pour les réflexions sur le plan fret, le calendrier est à
définir par le comité opérationnel du Grenelle de l’Environnement sur le fret et le transport
multimodal. »

Le COMOP 16 souligne aussi la nécessité de promouvoir le bois dans la construction


pour des raisons énergétiques et environnementales : le bois dans la construction stocke
durablement du carbone
« … 1m3 de bois utilisé dans le bâtiment signifie 1 tonne de CO stockée, à laquelle
s’ajoute 0,7 tonne de CO² économisée en moyenne par substitution à un autre matériau. »
en effet, « pour produire un m3 de bois scié, il faut 2 fois moins d’énergie que pour 1
m3 de béton, 70 fois moins d’énergie que pour 1 m3 de PVC et 400 fois moins d’énergie
que pour un m3 d’aluminium. »
En outre, le bois est un très bon isolant « la conductivité thermique de l’épicéa est 30
fois plus faible que celle du granite, 300 fois plus faible que celle de l’acier et 1500 fois

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plus faible que celle de l’aluminium. »
Or, souligne encore le COMOP 16, « la part de marché du bois dans le BTP est
inférieure à celle d’autres pays : 35% aux Etats-Unis et en Scandinavie, 15% en
Allemagne, 10% en France » (malgré l’accord cadre de mars 2001 dont l’objectif était de
la porter à 12,5% en 2010).
Le COMOP 16 « est par ailleurs très soucieux de promouvoir la valorisation des bois locaux
et de ne pas promouvoir une politique qui se traduirait par une importation massive de bois ».
Actuellement, le déficit de la filière bois augmente : il a été d’environ 6 milliards d’€ en
2007 contre 5 en 2006 (Agreste conjoncture mars 2008). Pour éviter que le développement
des usages du bois aggrave ce déficit, il faut mobiliser la ressource nationale ; faciliter le
transport du bois y contribue.

9.9.5 Une économie de gasoil subsidiaire liée à la dérogation bois ronds

Le FCBA (note du 19 mars 2008) a chiffré l’économie de gasoil générée par la


dérogation « Bois ronds ».
Dans la situation actuelle, récolte de 36 Mm3, l’économie est au maximum de 200'000
tonnes de CO² et de 76 millions de litres de gasoil soit de 0,065 Mtep.
A échéance de 2020, récolte de 56 Mm3 (soit +20 Mm3), l’économie est au maximum
de 314'000 tonnes de CO² et de 117 millions de litres de gasoil soit 0,1 Mtep.
Ainsi cette réduction de la consommation de gasoil doit être signalée mais elle est d’un
ordre de grandeur totalement différent et inférieur aux chiffres du COMOP 10 « énergies
renouvelables » (4 Mtep).

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7.10 Annexe 10 : La politique de la Bourgogne en matière de transport de bois

A l'occasion des différentes réflexions préalables à la préparation des Orientations Régionales


Forestières de 1990, puis 1999, les difficultés relatives au transport du bois ont été mises en
évidence (inadaptation et inadéquation tant en qualité qu'en densité du réseau de pistes, routes
forestières, aires de dépôt, voiries communales et départementales et des gares-bois). Non
compatible avec des conditions modernes et sécurisées de récolte, stockage et transport, cette
situation a vite engendré des conflits entre propriétaires, élus locaux, exploitants forestiers,
gestionnaires de voiries, transporteurs et résidents.
Habitués à travailler en étroite collaboration grâce à une interprofession efficace
(Aprovalbois), les professionnels vont réagir et unir leurs efforts pour résoudre au mieux ces
problèmes de transport du bois. Sous l'égide de la CRFPF, un groupe de travail « transport » a
été constitué et les actions, appuyées essentiellement par les aides financières de l'État, l'Europe
et la Région. Vont s'enchaîner :
Dès octobre 1991, la production avec FRET SNCF d'une étude et analyse des flux et du
transport des bois en Bourgogne.
L'équipement interne de desserte des massifs forestiers (routes forestières et pistes), suivant la
réalisation de « schémas directeurs de desserte forestière » au niveau communal ou
intercommunal. Mise en place d'animation foncière et financement des dessertes collectives ...
En mars 1993 le CRPF, mandaté par la CRFPF a réalisé une étude sur l'amélioration du
transport des bois en Bourgogne (analyse – enjeux et propositions).
En 1993, la « charte du transport des bois en Bourgogne » préparée, par le CRPF était
signée par l'ensemble des professionnels de la filière et des élus (association des maires des
quatre départements et conseils généraux).
En 1999, élaboration du « schéma directeur interprofessionnel du transport ferroviaire
des bois en Bourgogne » qui a permis de hiérarchiser l'importance des diverses gares-bois et
identifier des « gares stratégiques » pour le transport du bois ayant débouché sur la
modernisation de 11 gares-bois pour 8 M€ d'investissements financés par État + Union
européenne + Conseil Régional + Conseil Général + SNCF + RFF.
En 2000, lancement de la réalisation d'un « schéma interprofessionnel des routes
stratégiques du bois en Bourgogne », en 3 phases :
- 1ère tranche sur le Morvan en 2000-2001
- 2ème tranche sur la Nièvre et l'Yonne (hors Morvan) de 2002 à 2004
- 3ème tranche sur la Côte d'Or et la Saône-et-Loire (hors Morvan) de 2005 à 2007

Ces études permettent de recenser les itinéraires routiers nécessaires à l'acheminement des
bois vers les gares-bois et industries utilisatrices, à partir des différents massifs forestiers et de
les hiérarchiser pour mieux apprécier les priorités éventuelles d'aménagements.
Les itinéraires ainsi déterminés ont été ceux retenus pour les arrêtés de circulation « Bois
Rond ».
En novembre 2005, organisation d'une journée d'information à l'intention des transporteurs du
bois (textes, règles, ateliers de pesées des différents types de matériel et de chargement, ...).
Dix exemples de programmes sur 10 ans en Bourgogne :

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1) Étude des problèmes liés au transport des bois bourguignons (CRPF 1990 : 210 000 F
Région)
2) La mobilisation des bois d'industrie : audit « transport et logistique » (SNCF 1991 : 40
000 F Région)
3) Charte du transport des bois en Bourgogne (CRPF 1991 : 60 0000 F Région)
4) Évaluation de l'impact des aides publiques au transport des bois (CRPF-ENSSAA 1991
: 80 000 F Région)
5) Édition et diffusion de la charte du transport des bois en Bourgogne (CRPF 1993 : 150
000 F Région)
6) Réalisation coordonnée de places de dépôt au fur et à mesure de l'avancement des
travaux de voirie publique (CRPF-Compétitivité+ 1996 : 300 000 F Etat)
7) Schéma directeur interprofessionnel du transport ferroviaire du bois en Bourgogne
(groupe de travail ad hoc CRFPF 1999)
8) Financement de l'aménagement et de la réfection des gares-bois stratégiques
(avenant tempête au contrat de plan et docup 2000 : 33 MF) (12 Etat, 5 Région, UE, RFF,
SCNF)
9) Schéma directeur des routes stratégiques du bois en Bourgogne (CRPF 2001 ; 1ère
tranche Morvan 150 000 F ; tranches 2 et 3 : 560 000 F à suivre)
10) Financement à 20 % des matériels spécifiques (remorque grumières et grues) de
transport des bois (Région : 21 dossiers financés en 2000 ; 46 depuis 1994).

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7.11 Annexe 11 : Niveau de desserte locale de la dérogation « bois ronds »

Desserte locale très satisfaisante (Jura, Nièvre)


Desserte locale satisfaisante (Ain, Ardèche, Charente, Loiret, Yonne, Vosges)
Desserte locale moyenne (Doubs, Hérault, Landes, Tarn)

Desserte locale faible

Desserte locale inexistante

Département non renseigné

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72/82
7.12 Annexe 12 : Dérogation « bois ronds » par département
ClR ClD Département Feuillus CLF Peuplier CLP Résineux CLR Total T. max Essieux Desserte Us. Us. Gr. Commentaires
(carte) pâte pan. scierie
5 2A Corse-du-Sud 2 277 6 0 1 5 408 7 7 685 ? ? ? ?
8 2B Haute-Corse 3 237 7 0 1 21 849 19 25 086 ? ? ? ?
1 Corse 5 514 1 0 1 27 257 1 32 771 0 0 0
51 59 Nord 171 197 70 58 727 94 23 908 22 253 832 52-57 t et 65/67 t 5,6,7 e et + 1 aucun réseau secondaire
20 62 Pas-de-Calais 46 440 35 26 287 80 10 793 8 83 520 52-57 t et 65/67 t 5,6,7 e et + 0 1 aucune desserte
2 Nord-Pas de 217 637 6 85 014 15 34 701 2 337 352 1 0 0
Calais
2 75 Ville de Paris 101 2 0 1 0 1 101 ? ? ? cas particulier
42 77 Seine-et-Marne 161 321 68 13 340 66 21 659 17 196 320 ? ? ? ?
25 78 Yvelines 97 625 52 2 748 31 15 301 15 115 674 52/57 t 5/6 e 1 aucun réseau secondaire
6 91 Essonne 16 614 19 1 816 24 19 4 18 449 ? ? ? cas particulier
3 92 Hauts-de-Seine 631 3 0 1 79 5 710 ? ? ? cas particulier
1 93 Seine-St-Denis 0 1 0 1 0 1 0 ? ? ? cas particulier
4 94 Val-de-Marne 2 114 5 0 1 0 1 2 114 ? ? ? cas particulier
9 95 Val-d'Oise 25 053 26 3 110 33 523 6 28 686 ? ? ? ?
3 Ile de France 303 459 7 21 014 10 37 581 3 362 054 0 0 0
34 22 Côtes-d'Armor 14 883 15 8 725 59 135 848 55 159 456 52/57 t 5/6 e 1,5 début de desserte locale
17 29 Finistère 21 032 22 569 19 50 200 34 71 801 52/57 t 5/6 e 1,5 début de desserte locale
32 35 Ille-et-Vilaine 57 494 39 18 259 72 66 592 40 142 345 52/57 t 5/6 e 1,5 début de desserte locale
39 56 Morbihan 13 881 13 3 864 36 162 027 60 179 772 52/57 t 5/6 e 1,5 1 début de desserte locale
4 Bretagne 107 290 2 31 417 12 414 667 8 553 374 0 1 0
24 14 Calvados 56 143 38 1 263 22 56 891 37 114 297 52/57 t 5/6 e 1 aucun réseau secondaire
7 50 Manche 8 023 9 2 715 30 13 226 12 23 964 52/57 t 5/6 e 1,5 début de desserte locale
70 61 Orne 240 429 77 6 934 51 192 422 69 439 785 52/57 t 5/6 e 2 desserte locale ébauchée
5 Basse- 304 595 8 10 912 5 262 539 5 578 046 0 0 0
Normandie
57 4 Alpes-Hte-Prov. 72 746 44 0 1 222 892 72 295 638 52 t 5e 1 aucun réseau secondaire
11 6 Alpes- 1 704 4 0 1 34 033 27 35 737 52-57 t et 65/67 t 5,6,7 e et + 0 aucune desserte
Maritimes
16 7 Hautes-Alpes 11 499 12 103 14 55 208 35 66 810 ? ? ? ?
12 13 Bouches-du- 16 423 18 0 1 35 532 29 51 955 52 t 5e 1 1 aucun réseau secondaire
Rhône
29 83 Var 60 780 41 0 1 71 692 44 132 472 52 t 5e 0 aucune desserte
19 84 Vaucluse 43 239 32 3 922 38 32 844 26 80 005 52 t 5e 0 aucune desserte
6 Prov.-Cote 206 391 4 4 025 3 452 201 10 662 617 0 1 0
d'Azur
14 44 Loire-Atlantique 19 413 21 7 912 53 27 474 24 54 799 52/57 t 5/6 e 1,5 début de desserte locale
45 49 Maine-et-Loire 33 299 29 75 842 95 101 143 47 210 284 52/57 t 5/6 e 1,5 début de desserte locale
21 53 Mayenne 43 981 33 11 223 63 36 736 30 91 940 52/57 t 5/6 e 1,5 début de desserte locale
61 72 Sarthe 138 157 61 55 026 93 145 112 57 338 295 52/57 t 5/6 e 2 1 desserte locale ébauchée
10 85 Vendée 4 812 8 5 822 50 23 603 21 34 237 52/57 t 5/6 e 2 1 1 desserte locale ébauchée
ClR ClD Département Feuillus CLF Peuplier CLP Résineux CLR Total T. max Essieux Desserte Us. Us. Gr. Commentaires
pâte pan. scierie
47 16 Charente 155 057 67 23 880 79 37 530 31 216 467 44/48à52/57 t 5/6 e 4 1 desserte locale satisfais.
38 17 Charente- 33 995 30 27 434 81 114 078 50 175 507 44/48 et 5/6 e 1,5 début de desserte locale
Maritime 52/57 t
31 79 Deux-Sèvres 88 179 49 38 802 88 15 246 14 142 227 48/57 t 5/6 e 1 1 desserte locale quasi-nulle
44 86 Vienne 104 424 55 32 850 82 68 780 42 206 054 52/57 t 5/6 e 1 1 desserte locale quasi-nulle
8 Poitou-Char 381 655 11 122 966 19 235 634 5 740 255 0 1 2
48 11 Aude 53 090 37 2 422 28 164 244 62 219 756 52/57 t 5/6 e 1 aucun réseau secondaire
18 30 Gard 22 911 23 2 400 26 46 563 33 71 874 52/57 t 5/6 e 1,5 début de desserte locale
35 34 Hérault 19 243 20 56 12 143 107 56 162 406 52/57 t 5/6 e 3 desserte locale moyenne
64 48 Lozère 15 096 16 220 15 357 346 83 372 662 52/57 t 5/6 e 1 1 aucun réseau secondaire
15 66 Pyrénées- 32 072 28 11 11 26 442 23 58 525 52/57 t 5/6 e 1 aucun réseau secondaire
Orientales
9 Languedoc-R 142 412 3 5 109 4 737 702 14 885 223 0 0 1
67 27 Eure 247 929 78 8 623 57 152 015 58 408 567 52/57 t 5/6 e 1 1 aucun réseau secondaire
85 76 Seine-Maritime 519 619 94 11 438 64 174 044 65 705 101 52/57 t 5/6 e 1 2 1 aucun réseau secondaire
10 Haute-Norma 767 548 13 20 061 9 326 059 7 1 113 668 1 2 1
82 2 Aisne 439 118 91 121 989 96 67 705 41 628 812 52/57 et 65 t 5,6,7 e et + 1,5 1 début de desserte locale
72 60 Oise 350 463 86 52 529 91 69 611 43 472 603 52/57 t 5/6 e 1 1 aucun réseau secondaire
28 80 Somme 68 349 43 45 479 90 16 555 16 130 383 ? ? 1 aucun réseau secondaire
11 Picardie 857 930 16 219 997 22 153 871 4 1 231 798 1 0 1
55 18 Cher 163 918 69 16 378 70 98 035 46 278 331 52/57 t 5/6 e 0 aucune desserte
37 28 Eure-et-Loir 154 303 66 5 297 46 11 212 9 170 812 52/57 t 5/6 e 1 aucun réseau secondaire
27 36 Indre 97 307 51 16 166 69 11 624 10 125 097 52/57 t 5/6 e 2 début de desserte locale
54 37 Indre-et- Loire 119 548 56 35 530 85 119 862 52 274 940 52/57 t 5/6 e 1 aucun réseau secondaire
65 41 Loir-et-Cher 176 877 73 13 568 67 184 456 67 374 901 ? ? 0 aucune desserte
50 45 Loiret 137 006 59 4 293 39 111 349 48 252 648 52/57 t 5/6 e 4 1 1 desserte locale satisfais.
12 Centre 848 959 17 91 232 16 536 538 10 1 476 729 1 0 1
33 9 Ariège 85 469 47 847 20 59 991 38 146 307 50 t 5e 1 1 aucun réseau secondaire
46 12 Aveyron 74 302 45 5 718 49 135 569 54 215 589 52-57à65/67 t 5,6,7 e et + 1,5 début de desserte locale
49 31 Haute-Garonne 173 104 72 11 880 65 34 879 28 219 863 50 t 5e 1 1 aucun réseau secondaire
26 32 Gers 96 162 50 10 844 61 13 382 13 120 388 52/57 t 5/6 e 1 aucun réseau secondaire
23 46 Lot 67 719 42 8 705 58 31 747 25 108 171 50 t 5e 1 aucun réseau secondaire
30 65 HautesPyrénée 78 359 46 2 068 25 56 331 36 136 758 50 t 5e 1 aucun réseau secondaire
71 81 Tarn 150 905 65 5 260 45 306 785 79 462 950 44 t 5e 3 1 desserte locale moyenne
22 82 Tarn-et-Garonn 44 082 34 37 240 87 11 829 11 93 151 50 t 5e 1 aucun réseau secondaire
13 MidiPyrénées 770 102 14 82 562 14 650 513 12 1 503 177 2 1 0
92 67 Bas-Rhin 358 269 87 14 963 68 583 648 90 956 880 52/57 t 5/6 e 1 1 2 aucun réseau secondaire
84 68 Haut-Rhin 265 559 79 8 556 55 407 772 86 681 887 52/57 t 5/6 e 1 1 aucun réseau secondaire
14 Alsace 623 828 12 23 519 11 991 420 1 638 767 1 0 3
78 8 Ardennes 281 358 81 21 222 75 271 921 76 574 501 52/57 t 5/6 e 1 1 aucun réseau secondaire
52 10 Aube 197 729 75 23 060 76 42 985 32 263 774 52/57 t 5/6 e 1 1 aucun réseau secondaire
68 51 Marne 313 426 83 43 449 89 65 440 39 422 315 52/57 t 5/6 e 1 aucun réseau secondaire
76 52 Haute-Marne 332 409 84 8 199 54 156 771 59 497 379 52/57 t 5/6 e 1,5 début de desserte locale
15 Champagn-Ar 1 124 922 21 95 930 17 537 117 12 1 757 969 0 1 1
ClR ClD Département Feuillus CLF Peuplier CLP Résineux CLR Total T. max Essieu Desserte pâte pan. scierie Commentaires
60 3 Allier 181 029 74 4 400 42 132 273 53 317 702 52/57 t 5/6 e 2 desserte locale ébauchée
59 15 Cantal 121 507 57 1 716 23 192 129 68 315 352 52/57 t 5/6 e 2 desserte locale ébauchée
73 43 Haute-Loire 23 570 24 5 426 48 446 977 88 475 973 52/57 t 5/6 e 2 desserte locale ébauchée
86 63 Puy-de-Dôme 36 723 31 4 335 40 667 224 92 708 282 52/57 t 5/6 e 2 1 desserte locale ébauchée
16 Auvergne 362 829 10 15 877 8 1 438 603 18 1 817 309 0 0 1
79 21 Côte-d'or 379 730 89 33 599 83 163 276 61 576 605 52/57 t 5/6 e 1 1 aucun réseau secondaire
81 58 Nièvre 291 035 82 4 933 44 305 389 78 601 357 52/57 t 5/6 e 5 desserte locale dense
74 71 Saône-et-Loire 147 681 64 23 770 78 315 780 80 487 231 52/57 t 5/6 e 2 1 2 début de desserte locale
56 89 Yonne 171 339 71 8 584 56 112 340 49 292 263 52/57 t 5/6 e 4 desserte locale satisfais.
17 Bourgogne 989 785 20 70 886 13 896 785 15 1 957 456 0 2 2
91 19 Corrèze 268 883 80 2 401 27 666 668 91 937 952 57 t 6 et + e 1 2 aucun réseau secondaire
77 23 Creuse 218 140 76 327 16 342 087 81 560 554 52/57 t 5/6 e 1 aucun réseau secondaire
80 87 Haute-Vienne 377 856 88 1 186 21 199 004 70 578 046 57 t 6e 1 1 aucun réseau secondaire
18 Limousin 864 879 18 3 914 2 1 207 759 17 2 076 552 1 2 0
62 1 Ain 86 049 48 23 121 77 231 826 74 340 996 52/5765 t 5,6,7 e 4 2 desserte non complète
43 7 Ardèche 24 675 25 3 539 34 175 735 66 203 949 48 t 5e 4 desserte locale satisfais.
41 26 Drôme 51 753 36 16 728 71 118 841 51 187 322 52/57 t 5/6 e 0 aucune desserte
63 38 Isère 103 944 54 35 863 86 231 597 73 371 404 52/57 t 5/6 e 0 2 1 aucune desserte
58 42 Loire 15 624 17 2 762 32 277 590 77 295 976 52/57 t 5/6 e 0 aucune desserte
53 69 Rhône 10 368 11 10 526 60 252 527 75 273 421 52/57 t 5/6 e 0 aucune desserte
40 73 Savoie 13 947 14 7 472 52 164 491 63 185 910 52/57 t 5/6 e 1 1 desserte locale quasi-nulle
66 74 Haute-Savoie 9 582 10 431 17 377 840 85 387 853 52/57 t 5/6 e 0 aucune desserte
19 Rhône-Alpes 315 942 9 100 442 18 1 830 447 21 2 246 831 3 0 3
93 25 Doubs 141 021 62 69 13 870 268 94 1 011 358 57 t 6 et + e 3 desserte locale moyenne
83 39 Jura 133 104 58 4 351 41 515 136 89 652 591 52/57 t 5/6 e 5 1 desserte locale dense
87 70 Haute-Saône 496 905 93 11 156 62 214 335 71 722 396 57 t 6e 2 1 début de desserte locale
13 90 TerritoireBelfort 30 682 27 439 18 23 106 20 54 227 ? ? 0 Normal
20 Franche-Com 801 712 15 16 015 6 1 622 845 20 2 440 572 0 1 1
69 54 Meurthe-et- 346 478 85 5 358 47 82 798 45 434 634 52/57 t 5/6 e 1 1 aucun réseau secondaire
Moselle
88 55 Meuse 655 046 96 3 758 35 166 410 64 825 214 52/57 t 5/6 e 1 aucun réseau secondaire
89 57 Moselle 535 522 95 3 910 37 345 138 82 884 570 52/57 t 5/6 e 1 1 1 aucun réseau secondaire
94 88 Vosges 404 598 90 2 670 29 864 672 93 1 271 940 52/57 t 5/6 e 4 1 1 desserte locale satisfais.
21 Lorraine 1 941 644 22 15 696 7 1 459 018 19 3 416 358 1 2 2
90 24 Dordogne 491 194 92 33 920 84 411 445 87 936 559 44/48 t 5e 1,5 début de desserte locale
95 33 Gironde 100 636 53 20 430 73 2 435 219 95 2 556 285 44/48 t 5e 1 1 aucun réseau secondaire
96 40 Landes 146 721 63 21 046 74 4 175 025 96 4 342 792 44/48 t 5e 3 2 5 2 desserte locale moyenne
75 47 Lot-et-Garonne 59 348 40 53 037 92 377 679 84 490 064 44/48 t 5e 1 aucun réseau secondaire
36 64 Pyrénées-Atlan 137 112 60 4 429 43 21 668 18 163 209 52/57 t 5/6 e 1 aucun réseau secondaire
22 Aquitaine 935 011 19 132 862 20 7 421 036 22 8 488 909 3 5 2
France 13 113 691 1 325 275 21 608 366 36 047 332 14 19 22
Desserte des massifs d'après les cartes annexées aux arrétés (hors texte) Récolte EAB commercialisée 2005 (m3)
7.13 Annexe 13 Émissions de CO ² par le transport de bois

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