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Les fibres
textiles
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C O L L E C T I O N ARMAND COLIN
N° 33/. SECTION DE CHIMIE
GEORGES CHAMPETIER .
Professeur à la Faculté des Sciences-
de l'Université de Paris
Les fibres textiles
4iaturelles, artificielles et synthétiques
LIBRAIRIE ARMAND COLIN
i o3 BOULEVARD SAINT-MICHEL PARIS-VE
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Tous droits de reproduction, de
traduction et d'adaptation réservés
pour tous pays.
@ 1959, Max Leclerc et CIe
Proprietors of Librairie Armand
Colin.
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Introduction
L'emploi des fibres textiles remonte aux origines de la
civilisation. L'Homme, pour se protéger du froid, s'est
d'abord couvert de la toison des bêtes qu'il avait tuées pour
se nourrir ou pour se défendre. Puis il a détaché de ces
fourrures les fibres de laine, pour les assembler en un fil
et confectionner des tissus plus souples, plus agréables à
porter et sans doute, à sonsens, plus esthétiques. Il a appris
à les teindre en couleurs plus ou moins vives pour affirmer
sa hiérarchie, ou son humilité, et pour que ses compagnes
satisfassent leur coquetterie. Le développement des cultures
lui a fourni des fibres végétales : le lin, le chanvre, le coton,
qui sont venues compléter, du point de vue çestimentaire,
les ressources que lui donnait l'élevage. Plus tard, les tissus,
ont conquis peu à peu l'ameublement et la décoration, s'en-
richissant de fils d'or oud'argent, s'ennoblissant de teintures
et d'impressions variées, pour la plus grande joie de nos
yeux.
Pourtant, pendant des siècles, l'une de ces fibres textiles
naturelles, la soie, venue du lointain Orient par la lente
route des caravanes ou par de longs périples maritimes,
était restée l'apanage des riches et des nobles de la Terre,
suscitant, par sa beauté, l'envie des moins favorisés de la
fortune. Malgré l'introduction de l'élevage du ver à soie en
Italie, en Espagneet en France, cetextile demeura longtemps
rare et cher. Aussi ne faut-il pas s'étonner, qu'avec le déve-
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loppement des techniques, les chercheurs aient tenté d'imiter
la Nature et de fabriquer une soie artificielle par des moyens
peu coûteux. Cette idée fut émise par Hooke, dès 1664, et
précisée par Réaumur, en 1734.
Il fallut cependant attendre le XIXe siècle, avec la
découverte du nitrate de cellulose par Braconnot, l'invention
de la filière et, surtout, la persévérance technique du
Comte Hilaire de Chardonnet pour qu'en 1885 apparût le
premier textile artificiel réalisé industriellement : la fibre
de nitrate de cellulose.
La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle virent
ensuite le développement d'autres rayonnes cellulosiques :
rayonne cuproammoniacale, viscose, acétate de cellulose.
Toutes ces découvertes et ces applications furent le résul-
tat de lents et pénibles essais de caractère empirique, car la
constitution des textiles naturels demeurait inconnue. Les
chercheurs ignoraient alors quelle structure moléculaire pou-
vait donner à une substance naturelle ou synthétique l'apti-
tude au filage et les qualités mécaniques requises pour une
fibre textile.. Guidés par des considérations d'analogies et
sachant seulement, depuis Payen, que la cellulose est le
constituant principal des fibres çégétales, leurs efforts ten-
daient à obtenir un dérivé cellulosique soluble, susceptible
d'être filé.
Toutefois, l'objectif primitif —l'imitation de la soie —
fut bien vite dépassé. Les techniciens s'aperçurent que l'in-
térêt de la fabrication des textiles artificiels réside en la
transformation de fibres naturelles courtes, inaptes à la
filature en un fil continu et résistant, utilisable à la confec-
tion des tissus. La découverte des textiles artificiels cellulo-
siques permit notamment l'emploi, comme matière textile,
des pâtes de bois convenablement traitées.
Cinquante années s'écoulèrent entre les réalisations tech-
niques du Comtede Chardonnet et la mise au point, en1935,
par Ferreti des fibres de caséine formolée, rappelant la laine
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par leurs propriétés tinctoriales. Une nouvelle çoie se trou-
vait tracée dans le domaine des textiles artificiels Un cer-
tain nombre de substances protéiques se révélèrent filables
après dénaturation et capables de donner des textiles.
Entre temps un nouveau chapitre de la chimie avait été
ouvert par les travaux de Staudinger, de K. Meyer, de
H. Mark, d'Astbury, de Carothers. La chimie macromolé-
culaire était née. Les substances textiles naturelles, la cel-
lulose, la soie, la laine apparurent formées de molécules
géantes constituées d'enchaînements atomiques linéaires
comportant des dizaines de milliers d'atomes. Il devint
possible de créer entièrement par synthèse des fibres textiles
nouvelles ayant des propriétés complètement différentes des
fibres naturelles ou des fibres artificielles résultant de la
transformation de composés macromoléculaires existant
tout formés dans la Nature.
En moins de vingt ans, l'essor des textiles synthétiques a
été considérable. Dérivés polyvinyliques et polyacryliques,
polyamides, polyesters se disputent le marché, couçrant des
champs d'utilisation de plus en plus variés où, parfois, les
fibres naturelles et artificielles se montraient insuffisantes.
Mais, il serait faux de croire que les textiles synthétiques
supplanteront complètement les textiles naturels. Les uns,
comme les autres, trouveront leur équilibre d'emploi et, en
se complétant mutuellement, donneront à l'Homme la possi-
bilité de satisfaire au mieux ses désirs utilitaires ou esthé-
tiques. L'industrie chimique a montré sa puissance créa-
trice ; mais il serait présomptueux, et sans doute çain, de
vouloir entièrement substituer des techniques parfois bru-
tales à la douceur du soleil qui nous procure la cellulose et
la laine dont les qualités textiles ne méritent pas d'être dédai-
gnées.
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PREMIÈRE PARTIE
LES FIBRES NATURELLES
CHAPITRE 1
les fibres naturelles cellulosiques
Les fibres végétales
Les fibres végétales comptent parmi les plus anciennes
matières textiles utilisées par l'homme. L'emploi du lin
paraît remonter à l'âge de pierre. Leur importance est
demeurée aussi grande que par le passé, malgré l'appari-
tion des textiles artificiels et synthétiques.
Leur constituant principal est la cellulose, substance
fondamentale de soutien des cellules des végétaux supé-
rieurs où elle se trouve associée à des matières diverses,
variables en nature et en quantité suivant l'espèce végé-
tale envisagée, l'origine des cellules et leur âge. Certaines
de ces matières sont presque toujours présentes, quoique
plus ou moins abondantes : lignine, matières pectiques,
cires, matières minérales, hémicelluloses, hexosanes
et pentosanes variés ; les autres sont plus occasion-
nelles : résines, matières colorantes, matières grasses,
tanins, etc.... La cellulose existe aussi dans les tissus de
certains végétaux inférieurs et même dans le règne ani-
mal (Tuniciers).
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Les seules fibres employées comme matières textiles
naturelles sont les fibres suffisamment longues pour
pouvoir être assemblées en un fil continu, de bonne résis-
tance mécanique, par les opérations de filature. Mais un
certain nombre de fibres cellulosiques courtes, notamment
les fibres de bois, sont utilisées comme matière première
pour la fabrication des fibres cellulosiques arti-
ficielles ou des matières plastiques cellulosiques.
1° Coton. —C'est la matière textile natu-
relle la plus employée, représentant 54% de la
consommation de l'ensemble des fibres natu-
relles, artificielles et synthétiques. Le coton
est une fibre unicellulaire constituant les poils
portés par la graine du cotonnier (Gossypium),
arbuste de la famille des Malvacées.
On distingue les cotons longue-soie, en fibres
de 30 à 45 mm, en provenance principalement
de l'Égypte, les cotons moyenne-soie origi-
naires des États-Unis dont la longueur des
fibres est de 25 à 30 mm, et les cotons courte-
soie des Indes et de la Chine en fibres de 18à
FiG. 1.
25 mm.
FIBRE Après enlèvement des fibres utilisables en
DE filature, il reste, sur certaines variétés degraines,
COTON. des fibres très courtes, de quelques millimètres
(coton-linters), qui sont dela cellulose très pure
employée à la fabrication des nitrates de cellulose et des
autres dérivés cellulosiques.
Les fibres de coton ont un aspect vrillé et une coupe
aplatie quand elles sont atteint leur maturité (fig. 1).
Leur largeur est de 15 à 25 [x. Elles contiennent 92 à
95% de cellulose associée à des matières pectiques et à
des cires.
D'après W. L. Balls, la fibre de coton comporte trois
régions entourant un canal central : la cuticule formée de
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matières cireuses, la paroi primaire, mince, de nature
cellulosique et la paroi secondaire, la plus importante,
constituée presqu'exclusivement de cellulose (fig. 2).
La paroi secondaire est composé d'un millier de fibrilles
disposées en une trentaine de couches concentriques. Les
fibrilles laissent entre elles des fissures qui traversent
radialement la fibre. Chaque fibrille a une largeur de
l'ordre de 90 A; elle s'enroule en hélice à grand pas le
long de la fibre, son
sens d'enroulement
s'inversant parfois.
Les fibrilles formées
de cellulose compor-
tent des parties cris-
tallines et amorphes
et des espaces lacu-
naires. Elles sont res-
ponsables des effets
de biréfringence opti-
que et de diffraction FIG. 2. - SECTION DROITE
de rayons Xobservés D'UNE FIBRE DE COTON
avec les fibres de (d'après W. L. Balls).
coton. Ces domaines
cristallins ont tous une mêmedirection cristallographique
orientée parallèlement à l'axe de la fibrille et qui suit
celui-ci dans son enroulement hélicoïdal et dans ses inver-
sions. Cette structure s'accorde avec les conclusions tirées
de l'étude des clichés de diffraction de rayons X; elle
s'est trouvée vérifiée récemment par les observations
directes effectuées à l'aide du microscope électronique.
Le coton, mis en balles pressées à la plantation, subit
divers traitements à son arrivée à la filature. Il passe dans
une machine ouvreuse, puis dans un batteur-étaleur dont
le rôle est de le nettoyer, en le débarrassant des corps
étrangers qui le souillent, et de le transformer en une
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nappe continue d'égale épaisseur qui est envoyée au car-
dage et à l'étirage pour démêler et paralléliser les fibres
Le ruban obtenu est soumis à un nouvel étirage qui
l'amincit avant d'être tordu en un cordon qui passe aux
métiers à filer ou au banc à broches. Les fils retordus
obtenus, appelés filés, Qnt une grosseur qui varie suivant
leur destination.
Ils sont caractérisés par leur numéro métrique : nombre
de kilomètres de fil dans 1 kg ; par leur titre en deniers :
poids en grammes de 9000 mde fil ou en tex : poids en
grammes de 1 000 mde fil ; par leur résistance à la traction
exprimée en grammes ou en kilogrammes par millimètre-
carré ou par leur longueur de rupture qui correspond à la
longueur defil dont le poids est égal à la charge de rupture.
Les fils les plus fins, obtenus avec les fibres les plus
longues, ont le numéro métrique le plus élevé et le titre
en deniers le plus faible.
La charge de rupture varie pour les fibres de coton, de
26 à 80 kg par mm2 dans les conditions d'humidité nor-
male. L'allongement à la rupture atteint 3 à 7%. Pour
les fils, la charge de rupture est environ moitié plus
faible, dans les mêmes conditions.
Parmi les autres caractéristiques figure le taux dereprise
qui est la quantité d'eau reprise à 20°par 100g de matière
sèche, dans une atmosphère à 65% d'humidité relative
(65% HR). Pour les fibres de coton, le taux de reprise est
de 7 à 8,5%.
Les filés de coton sont soumis avant tissage à des trai-
tements divers : blanchiment, teinture, ourdissage, par-
mentage, encollage, etc... qui sortent du cadre de cet
ouvrage. Indiquons seulement que le blanchiment est
effectué, le plus souvent, après débouillissage alcalin, à
l'aide d'hypochlorites, ou d'eau oxygénée.
La teinture du coton est réalisée, suivant les cas, sur
le coton en bourre, le coton cardé, les filés ou les tissés,
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blanchis ou non, à l'aide de colorants directs., de colorants
au soufre, de colorants pour mordant, de colorants pour
cuve, d'indigosols, de colorants azoïques formés sur la
fibre, de colorants développés par oxydation. On utilise
éventuellement des colorants minéraux précipités sur la
fibre. Ces diverses opérations sont décrites dans deux
ouvrages de cette collection Blanchiment, teinture et
impression et les Matières colorantes artificielles par
G. Martin.
2° Lin. —Cette fibre occupe la seconde place parmi les
textiles naturels. Sa consommation est toutefois bien
inférieure à celle du coton ; elle n'atteint que 6,5% de
celle de l'ensemble de toutes les fibres textiles : elle n'est
guère que la moitié de celle de la laine. Les fibres sont
extraites de la tige du Linium usitatissimum. D'une lon-
gueur de 200 à 1 400 mm, elles sont polycellulaires et
constituées d'éléments de 20 à 50 mm de longueur et de
20 à 25 li de diamètre formant un assemblage lamellé.
Les parties filamenteuses sont agglutinées par des
matières pectiques, des hémicelluloses et des cires. Elles
ne contiennent qu'environ 72 % de cellulose et nécessitent
des traitements plus ménagés que le coton pour ne pas
perdre leur cohésion.
Les tiges de lin sont arrachées ou coupées au ras du
sol, puis mises à sécher. On enlève ensuite les feuilles et
les graines (égrugeage), puis on procède au rouissage qui
a pour effet de désagréger les fibres en rendant la matière
agglutinante partiellement soluble dans l'eau. A cette fin,
les tiges sont exposées sur pré à la rosée ou à l'eau pendant
3 à 8 semaines ou immergées pendant un temps moins
long dans l'eau stagnante ou courante froide ou tiède. Il
se produit une fermentation hydrolysante de la pectine. ,
L'hydrolyse peut être aussi obtenue au moyen d'acide
sulfurique très dilué (0,5 %) agissant 3 à 4 h, à 90°. Après
rinçage et séchage, les tiges rouies sont soumises au
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teillage qui brise mécaniquementles parties ligneuses. Les
fibres sont ensuite parallélisées par le peignage qui donne
la filasse. Le lin roui renferme de 75 à 85% de cellulose
pure.
Le blanchiment est plus délicat que celui du coton à
cause de la fragilité de la fibre. On procède à des débouil-
. lissages au carbonate de sodium dilué et à des traitements
répétés àl'hypochlorite desodium très étendu qui donnent
FIG. 3. — COUPES DE FIBRES CELLULOSIQUES.
a, coton. —b, ramie. —c, kapok. —d, lin. —e, chanvre. —f, jute.
une fibre de teinte jaune clair (lin crémé). Le blanchiment
est achevé sur le tissu par une série de débouillissages et
d'expositions à l'air sur pré ou de traitements à l'eau
oxygénée. Les fibres de lin convenablement traitées ont
une charge de rupture qui atteint presque le double de
celle du coton.
3° Chanvre, jute, ramie, sisal. —La fibre de chançre
extraite de la tige du Cannabis saliva est aussi polycellu-
laire ; son traitement rappelle celui de la fibre de lin. Elle
est surtout utilisée pour la confection de sacs et de cordes.
Le jute retiré d'une liliacée du Bengale a une structure
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comparable, très lignifiée. La filasse est employée pour
la fabrication de toiles d'emballage et de ficelles.
Le sisal provient d'une agave du Mexique, de l'Afrique
et de l'Extrême-Orient. Il forme de longs faisceaux de
fibres d'un mètre de longueur. Il est surtout employé
à la confection de câbles, de ficelles et de sacs.
La ramie est une fibre intéressante, extraite de l'écorce
d'une ortie originaire de Chine et du Maroc. Le défibrage
peut être effectué à la main ou mécaniquement ; il est
suivi d'un dégommage par traitement alcalin à l'ébulli-
tion. Les fibres ont une longueur de 50 à 300 mm et un
diamètre de 40 à 50 (x. Elles sont constituées, une fois
traitées, de cellulose presque pure ; elles ont une excel-
lente charge de rupture, presque double de celle du
coton. Elles servent à fabriquer des toiles fortes; elles
ont été même utilisées à la confection de tissus pour
l'ameublement et l'habillement (fig. 3).
Constitution de la cellulose
Les fibres végétales précitées doivent leurs qualités
mécaniques, qui les rendent aptes aux emplois textiles,
aux propriétés particulières de la cellulose, substance
macromoléculaire, qui les constitue.
La cellulose est un polyholoside de formule (C6H10O6)n,
qui peut être considéré comme résultant théoriquement
de l'enchaînement linéaire de molécules de (3-glucose ou,
plus précisément de molécules de (3-cellobiose avec élimi-
nation d'eau (fig. 4). Le degré de polymérisation rapporté
au glucose dépasse 10 000 dans les fibres naturelles, c'est
à-dire que la masse moléculaire est del'ordre de 2 000 000.
Cette constitution découle aussi bien de considérations
chimiques, telles que l'étude des produits d'hydrolyse de
la cellulose, que de l'interprètation des clichés de diffrac-
tion de rayons Xet des études physiques.
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a. Hydrolyse de la cellulose. — Sous l'action des solu-
tions acides, la cellulose subit une dégradation résultant
de la coupure des chaînes macromoléculaires avec fixation
d'eau.
Avec de l'acide sulfurique concentré, à chaud, on
obtient quantitativement du glucose.
mais dans des conditions plus ménagées (action d'acides
minéraux ou organiques plus ou moins dilués, acétolyse),
il est possible d'obtenir toute une série de fragments des
chaînes cellulosiques dont la continuité structurale est
une justification de la formule en longue chaîne admise
pour la cellulose elle-même.
.Ces produits se rangent dans l'ordre suivant :
L'hydrolyse complète des celluloses totalement méthy-
lées fournit, à côté de triméthyl-2, 3, 6 glucose, une
petite quantité de tétraméthyl-2, 3, 4, 6 glucose (fig. 5).
ce qui conduit à envisager que les motifs glucose sont
liés en positions 1 et 4 dans la chaîne macromoléculaire
et que celle-ci ne se referme pas sur elle-même. La for-
mule exacte dela cellulose est donc H-(C6H10O5)n-OH;
mais du point de vue analytique et des propriétés de la
cellulose, par suite de la valeur considérable du degré de
polymérisation n, les élément de l'eau fixés en bouts de
chaîne peuvent être négligés, ce qui conduit à écrire la
formule (C6H10O5)n.
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En fait, l'une des extrémités de la chaîne porte une
fonction alcoolique secondaire normale, ce qui correspond
à la présence de la petite quantité de tétraméthyl glucose
dans les produits d'hydrolyse de la cellulose complète-
ment méthylée (fig. 6). L'autre extrémité de chaîne porte
une fonction semi-acétal ou fonction pseudoaldéhydique
qui donne aux chaînes cellulosiques un léger pouvoir
réducteur, lequel a été mis à profit pour apprécier le
FIG. 5.
degré de polymérisation des celluloses techniques, des
hydrocelluloses et des cellodextrines.
Il importe de souligner que la chaîne macromolécu-
laire n'est pas aussi régulière que le laisserait supposer
la formule précédemment donnée. Il est vraisemblable
que, de place en place, les chaînons glucoses sont rem-
placés par des motifs provenant d'autres sucres, notam-
ment du xylose. Statistiquement, il semble qu'il y ait
un motif différent pour 500 à 600 motifs glucose. La
présence de ces irrégularités structurales provoque une
fragilité particulière de la macromolécule en ces points,
ce qui expliquerait la diminution extrêmement rapide du
degré de polymérisation que l'on observe au début de
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certains traitements d'extraction ou de purification des
fibres, ainsi qu'au cours des opérations de blanchiment
ou de blanchissage. Quelques opérations de blanchissage
avec des hypochlorites amènent rapidement le degré de
polymérisation à des valeurs de l'ordre de 600. La dégra-
dation des chaînes cellulosiques est ensuite beaucoup
plus lente (A. Parisot).
Ï1 est vraisemblable en outre que, dans la cellulose
naturelle, existent quelques fonctions carboxyliques
FIG. 7. - DOMAINES AMORPHES ET CRISTALLINS
DE LA CELLULOSE.
provenant de l'oxydation naturelle de fonctions alcoo-
liques, et de rares liaisons pontales entre chaînes cellu-
losiques, peut-être de caractère ester, qui se rompent au
cours des traitements d'isolement ou de purification des
fibres.
b. Diffraction des rayons X. —Il a déjà été fait allusion
à la structure cristalline des fibres cellulosiques. Dans les
fibrilles, les chaînes macromoléculaires se trouvent dis-
posées régulièrement et parallèlement sur diverses par-
ties de leur longueur ; elles engendrent ainsi des domaines
ordonnés en réseau, comme dans les cristaux, et respon-
sables notamment des effets de biréfringence optique,
observés primitivement par H. Ambronn. Entre ces
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domaines ordonnés, les chaînes cellulosiques perdent
leur régularité d'arrangement et forment des domaines
amorphes (fig. 7).
Il est difficile de donner des valeurs exactes du degré
de cristallinité des diverses variétés de cellulose. Les
valeurs obtenues dépendent beaucoup de la méthode de
détermination employée (mesures de densité, isothermes
de sorption, diffraction des rayons X). La cristallinité est
de l'ordre de 60 à 70% pour les principales fibres cellu-
losiques. Les domaines cristallins paraissent avoir en
moyenne une longueur de l'ordre de 300 à 500 A et un
diamètre de l'ordre de 50 A.
Par suite de l'existence des domaines cristallins, les
fibres cellulosiques diffractent les rayons X comme le
feraient une multitude de petits cristaux dont la dispo-
sition dépendrait de la nature du matériel cellulosique
étudié. Dans des fibres de ramie, les domaines cristallins
ont tous une même direction cristallographique (axe b)
sensiblement parallèle à l'axe de la fibre.
Leur disposition autour de cette direction d'orienta-
tion commune étant quelconque, les effets de diffraction
sont identiques à ceux que donnerait un cristal unique de
cellulose en mouvement de rotation autour de son axe b.
Les fibres de ramie donnent ainsi une image de diffraction
des rayons X analogue à un cliché de cristal tournant
formé de taches sinon ponctuelles, du moins bien définies
et assez peu étalées. Ces clichés de fibre permettent de
calculer les éléments principaux de la maille cristalline
de la cellulose et même de déterminer avec une certaine
approximation la position des atomes dans la maille.
Les clichés de diffraction de rayons X donnés par les
fibres très courtes de coton-linters ont un aspect différent.
Les domaines cristallins étant enroulés en hélice à faible
pas, les effets de diffraction sont analogues à ceux que
donne une poudre formée d'éléments cristallins disposés
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au hasard. Les clichés sont formés de cercles concen-
triques dont les diamètres correspondent d'ailleurs aux
distances des taches diamètralement opposées dans les
clichés de fibres de ramie. Les fibres ordinaires de coton,
par suite de la disposition en hélice à grand pas des
domaines cristallins, fournissent des clichés de diffraction
FIG. 8. - MAILLE DE LA CELLULOSE NATIVE
[cellulose - I] (d'après K. H. Meyer et L. Misch).
de rayons X intermédiaires entre ceux donnés par la
ramie et par les cotons linters. Les taches de diffration
sont allongées en croissants dont l'étalement permet de
déterminer l'angle d'écart de l'axe b des domaines cris-
tallins avec la direction de fibre, c'est-à-dire le pas de
l'hélice d'enroulement des fibrilles cellulosiques.
Toutes les autres fibres végétales donnent des clichés
de diffraction de rayons X analogues à ceux décrits ci-
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dessus et correspondant aux mêmes valeurs des angles
de diffraction. Autrement dit, toutes les celluloses natives
ont le même système cristallin, dont les éléments ont été
donnés par K. H. Meyer et Misch.
La cellulose native (Cellulose-I) a une maille cristalline
monoclinique dont les caractéristiques sont les suivantes
(fig. 8) :
a = 8,35 À b (direction de fibre) : 10,28 A c = 7,84 Â
P= 84°.
La dimension de la maille cristalline dans la direction
de fibre s'accorde parfaitement avec la longueur que l'on
peut calculer connaissant les distances et les angles des
liaisons covalentes des atomes de carbone et d'oxygène,
pour un motif formé dedeuxgroupescelloglucane C6H10O5,
c'est-à-dire pour un motif cellobiose, dont la répétition
régulière engendre une longue chaîne linéaire ayant la
constitution envisagée à la suite des études chimiques.
Les éléments de symétrie cristalline de la maille
s'accordent, en outre, avec l'existence d'un axe hélicoï-
dal d'ordre 2 le long des chaînes macromoléculaires ; ce
qui correspond bien à la présence du motif cellobiose,
formé de deux groupes glucose décalés de 180° l'un par
rapport à l'autre, comme motif structural des chaînes
cellulosiques. Enfin, les chaînes cellulosiques se dispose-
raient en nappes successives d'orientation inversée. Bien
que d'autres modèles aient été proposés pour la consti-
tution des chaînes cellulosiques, celui donné par
K. H. Meyer et Misch paraît actuellement le plus satis-
faisant pour expliquer les détails des clichés de diffraction
de rayons X. Il donne un bon accord entre les valeurs
relatives des intensités des taches de diffraction calculées
d'après les coordonnées des atomes dans la maille et
celles mesurées sur les clichés.
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