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Exonérations fiscales au Mali : cadre et impacts

Ce document décrit le cadre juridique des exonérations fiscales au Mali. Il présente les principales lois régissant les exonérations, notamment celles sur le régime général des exonérations fiscales et douanières, la promotion immobilière et la microfinance. Le document analyse également l'impact des exonérations sur la mobilisation de l'impôt.

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Exonérations fiscales au Mali : cadre et impacts

Ce document décrit le cadre juridique des exonérations fiscales au Mali. Il présente les principales lois régissant les exonérations, notamment celles sur le régime général des exonérations fiscales et douanières, la promotion immobilière et la microfinance. Le document analyse également l'impact des exonérations sur la mobilisation de l'impôt.

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PRIMATURE REPUBLIQUE DU MALI

¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨ ¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨
ECOLE NATIONALE D’ADMINISTRATION UN PEUPLE-UN BUT-UNE FOI
¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨

GROUPE

MODULE FISCALITE :
IMPÔT ET EXONERATION

Chargé de cours : Monsieur Nouhoum TRAORE


PREPARE ET PRESENTE PAR

Oumar ALASSANE Corps des Administrateurs civils


Siaka DEMBELE Corps des Administrateurs Civils
Oumar KOUMA Corps des Administrateurs Civils
Ousmane COULIBALY Corps des Administrateurs Civils
Mamadou Zan SIDIBE Corps des Administrateurs Civils
Hamadou Boubacar DIABATE Corps des Administrateurs civils
Ibrahima TRAORE Corps des Conseillers des Affaires Etrangères
Sékou YATTASSAYE, Corps des Inspecteurs des douanes
Amadou SANGA Corps des Inspecteurs des Douanes
Boura BOCOUM Corps des Inspecteurs des douanes
Oumou BOCOUM Corps des Inspecteurs des finances
Mahamadou COULIBALY Corps des Inspecteurs des finances
Modibo SAMAKE Corps des Inspecteurs des Finances
Ibrahim BOCOUM Corps des Inspecteurs des Finances
Arouna COULIBALY Corps des Inspecteurs des Finances
Abdoulaye KODIO Corps des Inspecteurs des finances
Dramane COULIBALY Corps des Inspecteurs des impôts
Ahmadou HAMIDOU Corps des Inspecteurs des impôts
Balla KEITA Corps des Inspecteurs des Impôts
Mamadou BAMBA Corps des planificateurs
Ismaila El Moctar HAIDARA Corps des planificateurs
Mohamed Cherif HAIDARA Corps des Planificateurs
Mariam Namoh DIABATE Corps des Planificateurs
AG
Mohamed El Moctar Corps des Inspecteurs des services Economiques
HAMOUTAPHA
Mahamane Assoumane TOURE Corps des Inspecteurs du trésor
Moadji TRAORE Corps des Inspecteurs du Trésor

2
SOMMAIRE
INTRODUCTION..........................................................................................................................4

I- LE CADRE JURIDIQUE DES EXONERATIONS AU MALI......................................6

A. Les lois sur le cadre général du régime des exonérations fiscales et douanières, la
promotion immobilière et la micro finance.........................................................................6
B. Le code des investissements et le code minier et leurs decrets d’application..............8
II- IMPACTS DES EXONERATIONS SUR L’IMPÔT.....................................................11

A. Impacts positifs...............................................................................................................11
B- Impacts négatifs..............................................................................................................12
CONCLUSION.............................................................................................................................14

REFERENCES.............................................................................................................................15

ANNEXE 1 : LE TABLEAU RECAPITULATIF DES EXONERATIONS EN


FONCTION DES 4 REGIMES...................................................................................................16

3
INTRODUCTION
La multiplication des défis sociaux économiques dans les Etats en Afrique est marquée par un
interventionnisme étatique de plus en plus accru. Ces dernières années ont ainsi été marquées
au Mali par une progression de l’interventionnisme fiscal. Celui-ci pouvant s’exprimer de
deux manières, dissuasive (pénalisante) ou incitative (procuration d’un avantage). Cette
incitation se fait au moyen de « dépenses fiscales » ou « niche fiscale » (réduction ou crédit
d’impôt, abattement, exonération). Pour ce qui concerne notre étude, l’accent sera mis
spécifiquement sur les exonérations fiscales.

Au Mali, le système fiscal est caractérisé par une multitude d’exceptions et de régimes
particuliers, dérogeant aux règles de droit commun. Ces dispositions de la loi fiscale qui
comprennent des exonérations et divers mécanismes affectant le calcul de l’impôt, concernent
aussi bien la fiscalité des ménages que celle des entreprises.

Le concept d’exonération fiscale, encore appelé une exonération d’impôt, est un mécanisme
qui permet d’être exempté, partiellement ou totalement, d’une charge fiscale. En effet, la
législation malienne accorde des dispenses de paiement d’un impôt dans certaines situations
bien précises. Ces exemptions peuvent être temporaires ou permanentes et elles peuvent
concerner les personnes physiques mais aussi les personnes morales1.

Quant à l’impôt, il est défini selon Gaston Jèze comme « une prestation pécuniaire requise
des particuliers par voie d’autorité à titre définitif et sans contrepartie en vue de la
couverture des charges publiques »2.

Les régimes dérogatoires pourraient, en principe, constituer un manque à gagner pour le


budget de l’Etat surtout s’ils ne sont pas strictement encadrés et maitrisés. Ensuite, les
exonérations pourraient conduire à des « démembrements de la fiscalité » et aller à l’encontre
de l’esprit du principe d’égalité prôné par l’article 1 er de la Constitution du 22 juillet 2023.
Ainsi, les dérogations ou allègements fiscaux sont des sources de pertes de recettes fiscales
pour le Trésor public. Ce manque à gagner affecte de manière significative l'efficacité de
l'effort de mobilisation des recettes fiscales des services d’assiette, la transparence dans la
gestion des finances publiques et l'équité du système fiscal. Enfin, depuis 2011, chaque année

1
https://www.l-expert-comptable.com/a/529670-les-exonerations-fiscales.html
2
https://www.cairn.info/introduction-au-droit-fiscal--9782340037953-page-33.htm#:~:text=La%20notion
%20classique%20d'imp%C3%B4t,la%20couverture%20des%20charges%20publiques.%20%C2%BB

4
le rapport sur les dépenses fiscales est produit par la DGI et est annexé au projet de loi de
finances. Le coût des dépenses fiscales relatif à l’année 2018 s’élève à 241,52 milliards de
francs CFA. Il est constitué par les mesures de dérogations fiscales liées à six (6) impôts. Il
s’agit précisément de trois impôts pour la fiscalité intérieure (TVA de l’intérieur, Impôt sur
les Sociétés /Impôt sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux et Droits d’Enregistrement)
et de trois impôts pour la fiscalité de porte (TVA de porte, Droit de Douane et Redevance
Statistique)3. Ces exonérations interviennent aussi dans un contexte particulier marqué soit par
une conjoncture politique, économique ou sociale.

L’intérêt de notre étude vise à comprendre les fondements des exonérations et les effets de
celles-ci sur la mobilisation de l’impôt, d’où la problématique suivante : comment est-ce que
les exonérations sont encadrées au Mali et quelles influences ont-elles sur les impôts ?

Suivant une démarche méthodologique, nous analyserons dans une première partie le cadre
juridique des exonérations (I) avant de voir dans une seconde partie l’impact des exonérations
sur l’impôt (II).

3
DGI, Rapport sur les dépenses fiscales, 2018.

5
I- LE CADRE JURIDIQUE DES EXONERATIONS AU MALI
Il recouvre l’ensemble des lois, décrets et règlements régissant les exonérations au Mali. En
effet, notre analyse portera sur la loi N°2017-022 du 12 Juin 2017 déterminant le cadre
général du régime des exonérations fiscales et douanières et celles sur la promotion
immobilière et la micro finance (A) avant de voir les codes des investissements et minier en
(B).

A. Les lois sur le cadre général du régime des exonérations fiscales et douanières,
la promotion immobilière et la micro finance.
Toutes les exonérations sont adossées sur une loi. En effet, plusieurs lois encadrent les
champs d’application des exonérations. Nous avons entre autres :
 LA LOI N°2017-022 DU 12 JUIN 2017 DETERMINANT LE CADRE
GENERAL DU REGIME DES EXONERATIONS FISCALES ET DOUANIERES
ET SON DECRET D’APPLICATION (DECRET N°2018- 0595 / P-RM DU 24
JUILLET 2018).

Selon l’article 2, alinéa 1 de la présente loi, « aucune exonération fiscale ou douanière n’est
autorisée si elle n’est pas expressément prévue par une loi ».
Ainsi, la violation de cette disposition entraine la nullité pure et simple de toute clause
d’exonération d’impôts et taxes4.
Comme on le dit souvent, la clé de droit ce n’est la maitrise des principes, mais plutôt la
découverte des exceptions. Ainsi, nonobstant les dispositions de l’article 2, la loi accorde des
exonérations dans trois (3) cas :

- la survenance d’évènement dont le caractère « extraordinaire » est reconnu par un


décret pris en conseil des ministres ;
- les acquisitions des biens et services dans le cadre de l’exécution des marches publics
conclus hors taxes et financés sur les ressources extérieures, conformément aux
accords de financement ;
- les acquisitions des biens et services nécessaires au fonctionnement des missions
diplomatiques, postes consulaires et organismes internationaux ainsi que les revenus
salariaux du personnel diplomatique de ces institutions conformément aux conventions
internationales ratifiées et aux accords de siège5.
 LOI N°94-040 DU 15 AOUT 1994 PORTANT SUR LA MICRO
FINANCE ET SON DECRET D’APPLICATION (DECRET N°94-302/P-
RM DU 20 SEPTEMBRE 1994)

La loi sur la Micro finance accorde un statut fiscal particulier aux opérations de collecte de
l’épargne et de distribution de crédit effectuées par des organismes de micro finance agrées.
Ceux-ci sont exonérés de la quasi-totalité des impôts et taxes contenus dans le CGI.
4
Article 2 al2 de la loi N°2017-022
5
Article 3 de loi N°2017-022

6
Cette exonération s’étend aussi aux revenus de l’épargne des membres ainsi qu’à leurs parts
sociales dans ces organismes.
 LOI N°99-040/ DU 10 AOUT 1999 MODIFIEE PAR LA LOI N°2018-056 DU
11 JUILLET 2018 REGISSANT LA PROMOTION IMMOBILIERE ET
SON DECRET D’APPLICATION (DECRET N°00-274/P-R0M DU 23 JUIN
2000).

Certaines activités immobilières bénéficient d’avantages fiscaux en vertu de la Loi sur la


Promotion Immobilière. L’admissibilité des projets varie selon le nombre de logements ou
parcelles à caractère social. Dans la région de Bamako, le projet doit comporter au minimum
50 logements ou 100 parcelles pour être admissible, dans les autres régions le minimum est
abaissé à 25 logements ou 50 parcelles. Les contribuables admissibles bénéficient de plusieurs
avantages :

- Réduction de 50% de l’IS-IBIC et exonération pendant 5 ans de la Patente, des Droits


de Licences après l’expiration des avantages accordés par le Code des
Investissements ;
- Exonération de la TVA (y compris la TVA applicable au cordon douanier) sur le
matériel, les matériaux et les services entrant dans la construction et l’aménagement ;
- Exonération des Droits de Timbre et d’Enregistrement applicables aux actes
contractuels ;
- Exonération de la Taxe sur les Activités Financières applicable aux emprunts
contractés.

7
B. Le code des investissements et le code minier et leurs décrets d’application
Ces textes sont des mécanismes incitatifs pour consolider à long terme la croissance
économique à travers les dépenses fiscales.
 LOI N°2012-016 DU 27 FEVRIER 2012 PORTANT CODE DES
INVESTISSEMENTS.

Tout Etat moderne a deux visions cumulatives dans la mesure où l’une ne peut voir le jour
sans l’autre : c’est assurer sa propre sécurité (l’autodétermination) et promouvoir son propre
développement (la croissance économique). En effet, l’Etat s’appuie sur le levier fiscal pour
non seulement réguler l’activité économique, mais aussi pour inciter les investisseurs via des
mécanismes des dépenses fiscales. D’où « l’interventionnisme économique de l’Etat6 ».
Le Code vise à promouvoir au Mali entre autres :

- La mobilisation de l’épargne nationale et l’attraction des capitaux étrangers ;


- La création des emplois, la formation des cadres et d’une main-d’œuvre qualifiée ;
- La valorisation des matières premières locales ;
- La promotion des exportations ;
- La création, l’extension, la diversification, la modernisation des infrastructures
industrielles et agro-sylvo-pastorales, de prestations de services et de l’artisanat ;
- L’incitation à investir dans les industries exportatrices et dans les secteurs
économiques valorisant les matières premières et autres produits locaux ;
- La création et le développement des entreprises ;
- Le transfert des technologies adaptées ;
- La reprise pour réhabilitation d’entreprises par de nouveaux investisseurs.

Pour atteindre ces objectifs ci-dessus, le code favorise certaines catégories de personnes
physiques ou morales, certains secteurs d’activités, certaines zones d’exploitations, etc.
Les activités éligibles à des codes spécifiques sont aussi exclues du champ d’application du
présent code ainsi que les services bancaires et financiers, et les activités de
télécommunication.
L’article 4 assure des garanties générales et avantages énoncés dans le code à toute personne
physique ou morale entrant dans son champ d’application quelle que soit sa nationalité :

- le Régime A concerne les entreprises dont l’investissement est égal ou supérieur à


12.500.000 FCFA et inférieur ou égal à 250.000.000 FCFA, hors taxes et hors besoin
en fonds de roulement ;
- le Régime B concerne les entreprises dont l’investissement est supérieur à
250.000.000 FCFA et inférieur à 1.000.000.000 FCFA hors taxes et hors besoin en
fonds de roulement ;
- le Régime C concerne les entreprises dont l’investissement est égal ou supérieur à
1.000.000.000 FCFA hors taxes et hors besoin en fonds de roulement ;

6
John Maynard Keynes

8
- le Régime D concerne les entreprises dont l’investissement est strictement supérieur à
12.500.000 FCFA hors taxes et hors besoin en fonds de roulement. La production de
ces entreprises destinée à l’exportation est égale ou supérieure à 80 %7.
En plus, le code prévoit les zones économiques spéciales. Elles sont déterminées par décret
pris en conseil des ministres. Pour bénéficier des avantages liés à ces zones, il faut
l’établissement du siège fiscal de l’entreprise dans la zone concernée et que les activités y
soient essentiellement exercées. Lorsque toutes ces conditions sont réunies l’entreprise aura
10 ans d’avantages :
Pour la fiscalité à la porte : exonérations des droits et taxes d’importation des machines
matériels, outillages etc. exonération de TVA exigible à l’entrée sur les matériels ;
exonération de 10% de franchise sur la valeur d’acquisition.
Pour la fiscalité intérieure : 3 ans d’exonération sur la TVA facturée ; la retenue IBIC,
retenue TVA ; IBIC ; ITS ; CFE ; TL ; TEJ ; TAF ; TFP ; contribution des patentes
professionnelles.
Le code prévoit également d’autres entreprises bénéficiaires des exonérations pour raison de
leurs activités, telles que :
Les entreprises valorisant les matières premières : au moins 60% de leurs matières
premières sont d’origines locales. En plus des avantages accordés aux régimes A, B et C, elles
bénéficient d’une réduction du taux IBIC-IS de 25% sur 3 ans.
Les entreprises utilisant l’invention ou l’innovation technologique : elles investissent 5%
de leurs chiffres d’affaires à la recherche. En plus des avantages accordés aux régimes A, B et
C, elles bénéficient d’une réduction du taux IBIC-IS de 25% sur 2 ans.
Les entreprises exportatrices : 50% à 80% de leurs productions sont exportées. En plus des
avantages accordés aux régimes A, B et C, elles bénéficient d’une réduction du taux IBIC-IS
de 25% sur 2 ans.
Au-delà du code des investissements, le code minier octroie plusieurs exonérations pour non
seulement inciter les investisseurs, mais aussi pour la stabilité fiscale et douanière.
 ORDONNANCE N°99-032/P-RM DU 19 AOUT 1999 ; DECRET
N°99-256/PM-RM DU 15 SEPTEMBRE 1999 PORTANT SUR LE CODE
MINIER DE 1999
- Les titulaires d’autorisation de prospection ou de permis de recherche

Le Code Minier comporte plusieurs dispositions favorables aux contribuables agréés. Les
entreprises minières agréées disposent d’une exonération de l’Impôt sur les Revenus Fonciers,
de l’IS-IBIC, de la Patente et des droits de douane lors de la phase de recherche et de
prospection de la mine.

- Les titulaires de permis d’exploitation : exonération de la TVA (y compris celle


perçue au cordon douanier) jusqu’à la 3ème année d’exploitation.

7
Article 5 du code des investissements

9
De plus, les entreprises sont exonérées de l’Impôt sur les Revenus des Valeurs Mobilières
(IRVM), sauf pour les dividendes versés à l’Etat, et de la Taxe sur les Activités Financières
(TAF). Elles sont aussi exonérées de la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers (TIPP) et de
la Taxe sur les Contrats d’Assurance (TCA) pour l’exploitation de véhicules directement liés
aux opérations.
 LOI N°2012-015 DU 27 FEVRIER 2012 PORTANT CODE MINIER ET SON
DECRET D’APPLICATION (DECRET N°2012-311/PRM DU 21 JUIN 2012)

L’une des particularités des sociétés minières par rapport aux autres entreprises, c’est « la
stabilité fiscale8». Selon l’article 118, alinéa 1, la stabilité du régime fiscal et douanier est
garantie aux titulaires des titres miniers pendant la période de la validité de leurs titres.

- Les titulaires d’autorisation de prospection ou de permis de recherche sont


exonérés de tous impôts (y compris la TVA), droits, contributions ou toutes autres
taxes directes ou indirectes sauf les redevances superficiaires annuelles, la Taxe
Formation Professionnelle (TFP), la Taxe Emploi Jeune (TEJ) et la Taxe Logement
(TL), etc.
- Les titulaires de permis d’exploitation bénéficient des avantages ci-après :
- Exonération de la TVA (y compris celle perçue au cordon douanier) jusqu’à la
3ème année d’exploitation ;
- Réduction du taux de l’IBIC-IS à 25% sur 15 ans suivant la date de démarrage
de la production.
- Amortissement accéléré suivant les dispositions du Code Général des Impôts :

Les sous-traitants qui fournissent des services au Mali pour un titulaire de titre minier
bénéficient des mêmes avantages fiscaux et douaniers que celui-ci.
Les biens d'équipement et les consommables importés en phase de recherche et/ou
d'exploitation feront l'objet d'une liste minière. Cette liste est établie et mise à jour
périodiquement par les Administrations chargées des mines, des douanes, des impôts et du
commerce.

8
Il s’agit de la consolidation des assiettes et taux des impôts ainsi que les avantages jusqu’à la fin de la période
de validité une fois que la convention est valablement signée entre la république du Mali et les entreprises
minières.

10
II- IMPACTS DES EXONERATIONS SUR L’IMPÔT
Les mesures incitatives peuvent prendre une large gamme de formes très différentes : des
subventions en espèce, des allègements fiscaux ou congés fiscaux, des prêts à des taux
inférieurs à ceux du marché, des dépenses publiques en infrastructure routière ou en aéroports
ou aussi en formation des travailleurs. Elles peuvent engendrer des impacts positifs (A)
comme négatifs (B).

A. Impacts positifs
 L’impact économique des incitations fiscales à l’investissement
L’Etat peut être à l’origine des « niches fiscales », en décidant de procéder à des exonérations
ou de réduire l’imposition, dans le but de promouvoir l’investissement et la création
d’emplois.
L’impôt constitue ici l’un des instruments permettant de mettre en place des mesures
destinées à favoriser certains axes majeurs de la politique économique et sociale du
Gouvernement.
Par exemple, l’Etat exonère les entreprises minières des taxes fiscales pour des raisons
multiples :

- attirer le maximum d’investisseurs miniers afin de créer la concurrence, la richesse


(avec le dividende, taxes et les impôts) et l’emploi des jeunes ;
- faciliter les conditions d’installation attractives aux sociétés minières ;
- faire bénéficier ces entreprises minières d’une « application de l'impôt sur les sociétés
pour une période donnée à un taux proche ou égal à zéro ».
En effet, le démarrage des investissements est lourd. Ils doivent reposer sur les infrastructures
et aménagements nationaux dont l’Etat ne dispose pas (les routes, les ressources
énergétiques,). Dans cette phase de recherche et prospection, les entreprises ne font pas de
profits. Elles prennent le risque d’investir leurs capitaux.
En outre, à travers la forme du crédit d’impôt (mesures fiscales votées par le parlement qui
ont pour but d’inciter des actions correspondantes à la politique économique et sociale du
gouvernement), l’Etat peut orienter certaines structures économiques vers des secteurs
d’investissement notamment la diversification en matière agricole, les sources d’énergies, etc.
 Protection des emplois
Réduire l’impôt sur les sociétés, pratiquer des déductions fiscales pour les investissements
consentis permettent d’accroitre les investissements des entreprises et préserver les emplois à
travers l’effet de revenu. C’est pourquoi en 2020, le Gouvernement a également effacé des
dettes fiscales en faveur des entreprises impactées par la COVID-19 à hauteur de plus de 30
milliards FCFA notamment les entreprises du secteur de l’hôtellerie, du tourisme, du
spectacle et de la restauration. Ces mesures visaient à soutenir l’économie des petites et
moyennes entreprises (PME) afin de protéger les emplois.
 Pouvoir d’achat des ménages

11
L’impôt est utilisé pour soutenir l’expansion économique en agissant sur la consommation, en
abaissant le taux de l’impôt sur la dépense et sur le revenu pour inciter les citoyens à se porter
demandeurs de biens sur le marché.
En 2021, dans le cadre du volet de la protection sociale, le gouvernement a procédé
à l’allègement de la TVA sur l’électricité et l’eau pendant quelques mois ; la réduction de
50% de la base taxable à l'importation de 300 000 tonnes de riz, 60 000 tonnes de sucre et 30
000 tonnes d'huile alimentaire (lettre N° 1108/MEF-SG du 12/11/2021) ; la suspension de la
perception de la TVA sur les importations et les achats locaux de graines de coton.
Sur la période du 1er janvier au 31 juillet 2022, les manques à gagner au cordon douanier sur
les produits subventionnés par l’Etat s’élevaient à 115,684 milliards F CFA9.
Les dépenses fiscales d’investissement visent à promouvoir l’investissement national ou
étranger (fiscalité directe et indirecte, droits de douanes…). Celles relatives à la
consommation favorisent la consommation des ménages en allégeant la charge fiscale
(essentiellement la fiscalité indirecte et normalement le prix des biens concernés) ou en
augmentant le revenu disponible (fiscalité directe des personnes physiques). La première
catégorie vise l’efficacité alors que la seconde relève davantage de l’équité en ciblant les
biens dont la propension à consommer est plus élevée pour les ménages les plus pauvres (par
exemple : les denrées alimentaires) ou en modifiant la progressivité de la charge fiscale sur les
salaires10.
L’objectif recherché des dépenses fiscales est d’aller vers une politique de stabilisation face à
un emballement de l’économie. L’impôt par principe est déflationniste.

B- Impacts négatifs
Toutes mesures dérogatoires ayant pour conséquence une baisse des recettes de l’État peut
donner lieu, en fonction de la norme fiscale retenue, à des dépenses fiscales. C’est par
exemple le cas de l’application d’un taux réduit de TVA, de toute mesure réduisant l’assiette
de l’impôt direct, ou de l’allocation d’un crédit d’impôt en cas d’investissement.
 Sur les recettes fiscales
Les congés fiscaux représentent un manque à gagner pour le budget des pays africains. En se
référant aux codes des investissements adoptés par quelques États africains, y compris le
Mali, cet instrument fiscal parait inefficace. Deux arguments majeurs ont été avancés. Le
premier tient à la manière avec laquelle les congés fiscaux sont conçus et qui constituent une
source de dysfonctionnements. Le deuxième argument étaye le premier et va plus loin en
soulignant l’importance pour les pays africains à coordonner les efforts en matière
d’avantages fiscaux afin d’éviter les surenchères fiscales, souvent coûteuses et irrationnelles,
pesant sur le budget de l’État11.
Les exonérations, en particulier celles de la fiscalité indirecte, ont des effets négatifs reconnus
sur le système fiscal et la mobilisation des recettes. Le coût de gestion des exonérations est
9
DECLARATION DU MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES (Conférence de presse du
jeudi 11 août 2022)
10
Fonds Monétaire International, POLITIQUE FISCALE (DIAGNOSTIC) Rapport d’Assistance Technique, Grégoire Rota-
Graziosi, Anne-Marie Geourjon et Gilbert Ménard, Septembre 2014
11
Brahim ELMORCHID, (Enseignant-chercheur), Somia GHRARA, Congés fiscaux et afflux des IDE dans les
pays de la CEDEAO : Une application à l’aide de l’approche PMG, Juin 20222

12
élevé et le risque de fraude difficile à maîtriser dans des pays où les administrations sont
faibles. L’existence de régimes dérogatoires implique la multiplication des textes légaux et
réglementaires et rend le système fiscal moins lisible et plus complexe. Ce qui favorise la
prise de décisions discrétionnaires. Les exonérations de TVA constituent des ruptures de
chaîne qui perturbent le mécanisme de fonctionnement de la taxe. Enfin, l’absence de maîtrise
et de contrôle de ces régimes encourage le développement du secteur informel entraînant un
rétrécissement de l’assiette.
Les dépenses fiscales qu’elles donnent, ou non, lieu à une dépense fiscale ; toutes les
exonérations doivent être suivies de façon rigoureuse pour éviter les abus. Ce suivi est
également indispensable pour évaluer les dépenses fiscales. Il doit permettre notamment de
pouvoir disposer des informations nécessaires à l’évaluation du manque à gagner imputable à
chaque disposition légale ou réglementaire.
La gestion des exonérations est d’autant plus complexe que la part des importations exonérées
est importante. Actuellement, la douane n’a la capacité de contrôler efficacement ni les titres
d’exonérations, ni la destination finale des produits exonérés. Les exonérations à éliminer en
priorité sont les exonérations exceptionnelles ou ad hoc, notamment celles accordées aux
particuliers.
L’exonération systématique des marchandises et équipements importés dans le cadre de
projets financés par les bailleurs et les fonds d’assistance n’est pas immuable. Cette pratique,
qui occasionne des détournements de destination des biens exonérés et de facto favorise les
activités informelles, devrait logiquement évoluer. Il revient aux autorités maliennes de
prendre l’initiative de solliciter les bailleurs pour reconsidérer ce type d’exonérations 12.
Par ailleurs, l’Etat central, en accordant des exonérations fiscales et douanières spécifiques
aux compagnies en exploitation, pose en substance un problème de droit et de justice sociale.
La patente faisant partie des impôts exonérés pendant les phases de recherche et de
développement au profit des compagnies minières alors qu’elle est intégralement rétrocédée
aux collectivités (régions, cercles et communes) par l’Etat, constitue de ce fait, un manque de
gain significatif pour elles. Le fait d’exonérer les entreprises minières devrait en principe,
faire l’objet d’une compensation de la part de l’Etat conformément à l’esprit des textes en
vigueur en la matière13. C’est le principe de l’article 2 de la loi No-2011-036, toutes les
exonérations consenties par l’Etat portant sur un impôt ou une taxe dont le produit est destiné
au budget des collectivités territoriales font l’objet d’une compensation financière intégrale
concomitante, si elle ne résulte pas de l’application de la loi.
En effet, certaines exonérations ou réductions de taux accordées par le gouvernement central
affectent directement les recettes des collectivités locales. Cette perte doit alors être
compensée par un transfert équivalent de revenu, qui nécessite une évaluation de la dépense
fiscale concernée. Par exemple, la plupart des codes des investissements en Afrique exonèrent
les entreprises de la patente, qui est un impôt local perçu au bénéfice des communes.

12
Fonds Monétaire International, POLITIQUE FISCALE (DIAGNOSTIC) Rapport d’Assistance Technique,
Grégoire Rota-Graziosi, Anne-Marie Geourjon et Gilbert Ménard, Septembre 2014
13
RAPPORT FINAL : Etude sur le respect des obligations légales de l’Etat envers les collectivités dans le cadre
de l’octroi des exonérations fiscales au Mali dans son secteur minier, Réalisée par CEDA – Mali, décembre
2019.

13
CONCLUSION
A la lumière de ce qui précède, nous pouvons soutenir que la mission principale de l’impôt
demeure la mobilisation des recettes et il s’applique, en principe, à tous ceux qui sont dans la
même situation. Mais au-delà de cette mission de mobilisation des recettes, des exonérations
sont possibles et l’impôt et les exonérations s’influent mutuellement. Elles sont encadrées par
différents textes qui interviennent en fonction des contextes (politique, social et économique).
Dans de telle situation et dans un contexte de faible pression fiscale, il est impératif pour nos
pouvoirs publics de rationaliser les dérogations fiscales accordées aux contribuables et
d’évaluer leur coût, mais aussi les impacts qu’elles induisent tant sur le plan économique que
social. La loi N°2017-022 du 12 juin 2017 déterminant le cadre général du régime des
exonérations fiscales et douanières pourrait être un des moyens de rationalisation de l’octroi.
Cependant, toutes les exonérations fiscales au Mali sont-elles pertinentes ?

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Références
Bibliographie
 Brahim ELMORCHID, (Enseignant-chercheur), Somia GHRARA, Congés fiscaux et
afflux des IDE dans les pays de la CEDEAO : Une application à l’aide de l’approche PMG,
Juin 20222
 DECLARATION DU MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ECONOMIE ET DES
FINANCES (Conférence de presse du jeudi 11 août 2022)
 DGI, Rapport sur les dépenses fiscales, 2018
 Fonds Monétaire International, POLITIQUE FISCALE (DIAGNOSTIC) Rapport
d’Assistance Technique, Grégoire Rota-Graziosi, Anne-Marie Geourjon et Gilbert Ménard,
Septembre 2014
 RAPPORT FINAL : Etude sur le respect des obligations légales de l’Etat envers les
collectivités dans le cadre de l’octroi des exonérations fiscales au Mali dans son secteur
minier, Réalisée par CEDA – Mali, décembre 2019.

Webographie
 https://www.cairn.info/introduction-au-droit-fiscal--9782340037953-page-
33.htm#:~:text=La%20notion%20classique%20d'imp%C3%B4t,la%20couverture%20des
%20charges%20publiques.%20%C2%BB
 https://www.l-expert-comptable.com/a/529670-les-exonerations-fiscales.html

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ANNEXE 1 : LE TABLEAU RECAPITULATIF DES EXONERATIONS
EN FONCTION DES 4 REGIMES
REGIM INVESTISSEMENT CAS DE CREATION CAS D’EXTENSION OU
E DE NOUVELLE RESTRUCTURATION
ACTIVITE
-Droits et taxes d’importation Droits et taxes d’importation des
des machines des matériels, des
outillages. ETC. (3ans) machines des matériels, des
EXO de 10% de la outillages. ETC (2ans)
valeur d’acquisition
des pièces d’échanges EXO de 10% de la valeur
De 12 500 000 TVA facturée par les d’acquisition des pièces
À 250 000 000 fournisseurs locaux d’échanges
A des biens et services.
(3ans) TVA facturée par les
Retenue IBIC et TVA. (3ans) fournisseurs locaux des biens et
Réduction du taux d’IBIC-IS a
services. (2ans)
25% sur 7ans non
renouvelables. Retenue IBIC et TVA (2ans)
EXO de l’Impôt
minimum forfaitaire
pour tout exercice
déficitaire pendant 5
premières années
d’exploitation
(voir le REGIME A) Droits et taxes d’importation des
Exception fait machines des matériels, des
250 000 0000 FCFA outillages. ETC (2ans)
B Réduction du taux
à 1 000 000 000F 25% sur (10ans) non d’IBIC-IS a

CFA renouvelables.
EXO de 10% de la valeur
d’acquisition des pièces
Exonération de l’Impôt d’échanges
minimum forfaitaire
pour tout exercice TVA facturée par les
déficitaire pendant 8 fournisseurs locaux des biens et
premières années services. (2ans)
d’exploitation
Retenue IBIC et TVA (2ans)
(Voir le REGIME A et Droits et taxes d’importation des
B) machines des matériels, des
1 000 000 000 Exception fait outillages. ETC (2ans)
FCFAet PLUS Réduction du taux d’IBIC-IS a
25% sur (15ans) non
C renouvelables.
EXO de 10% de la valeur
d’acquisition des pièces
Exonération de l’Impôt d’échanges
minimum forfaitaire
pour tout exercice TVA facturée par les
déficitaire pendant 10 fournisseurs locaux des biens et

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premières années services. (2ans)
d’exploitation Retenue IBIC et TVA (2ans)
REGIM INVESTISSEMENT FISCALITE A LA FISCALITE INTERIEURE
E PORTE

D Strictement Exonérations des Exonération totale pendant (30


supérieur à droits et taxes sur les ans) de tous impôts, droits et
12 500 000F CFA machines, matériels, taxes lies à l’activité de
outillages pendant (30 production et de
ans) commercialisation.

Exonération d’une
franchise de 10% de la
valeur d’acquise des
pièces de rechanges

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