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Convexité et Barycentres en Espace Vectoriel

Ce document traite de la notion mathématique de convexité dans un espace vectoriel. Il définit notamment le barycentre, les parties convexes, l'enveloppe convexe et le théorème de Carathéodory sur le nombre maximal de points nécessaires pour exprimer un élément de l'enveloppe convexe comme barycentre.

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Convexité et Barycentres en Espace Vectoriel

Ce document traite de la notion mathématique de convexité dans un espace vectoriel. Il définit notamment le barycentre, les parties convexes, l'enveloppe convexe et le théorème de Carathéodory sur le nombre maximal de points nécessaires pour exprimer un élément de l'enveloppe convexe comme barycentre.

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MPI - Convexité 1

CONVEXITE

1 Parties convexes d’un espace vectoriel réel


E est un R-espace vectoriel.

1.1 Barycentre
p
Définitions : soit (xi )1≤i≤p ∈ E p (p ∈ N∗ ). Soit (λi )1≤i≤p ∈ Rp tel que
P
λi 6= 0.
i=1
p
1 P
On appelle barycentre des points pondérés ((xi , λi ))1≤i≤p l’élément p
P λ i xi .
λi i=1
i=1
p
1 P
Si tous les λi sont égaux, on parle d’isobarycentre, qui vaut alors p xi .
i=1
Pour p = 2, on parle alors de milieu.

Exemples

α. L’isobarycentre des racines n-ièmes de l’unité est nul (pour n ≥ 2).

β. Le centre de gravité d’un triangle de sommets A, B et C d’affixes respectives a, b et c est le


point d’affixe a+b+c
3 . C’est l’isobarycentre des points A, B et C.

γ. L’espérance d’une varaible aléatoire réelle X prenant les valeurs x1 , . . . , xn avec les probabilités
p1 , . . . , pn n’est autre que le barycentre des réels x1 , . . . , xn pondérés par leurs probabilités i.e.
(xi , P(X = xi ))1≤i≤n .

δ. En physique, on parle de centre de masse

.
Remarque : on ne change pas le barycentre en multipliant toutes les masses par le même réel µ 6= 0.

Proposition 1 (Associativité)
p
P
Soient ((xi , λi ))1≤i≤p et ((yi , µi ))1≤i≤q deux familles de points pondérés. On note s1 = λi et
i=1
q
P
s2 = µi . On suppose que s1 6= 0, s2 6= 0 et s1 + s2 6= 0.
i=1
Alors le barycentre de la famille de points pondérés ((x1 , λ1 ), . . . , (xp , λp ), (y1 , µ1 ), . . . , (yq , µq )) est
le barycentre des points pondérés (b1 , s1 ), (b2 , s2 ) où b1 et b2 sont les barycentres respectifs de
((xi , λi ))1≤i≤p et ((yi , µi ))1≤i≤q .


p q
1 X 1 X
b1 = λ i xi et b2 = µi yi .
s1 s2
i=1 i=1

Alors
p q
!
1 X X 1
p q λi xi + µi yi = (s1 b1 + s2 b2 ). 
P P s1 + s2
λi + µi i=1 i=1
i=1 i=1
MPI - Convexité 2

Remarques
−−→
1. L’ensemble des barycentres de deux points A et B distincts est la droite (AB), i.e. A+ Vect(AB).

2. Si A, B et C ne sont pas alignés, l’ensemble des barycentres de A, B et C est le plan (ABC)


−−→ −→
i.e. A+ Vect(AB, AC).

Définition : on appelle barycentre à coefficients positifs des points x1 , . . . xp tout élément de la forme
p p
λi xi où (λi )1≤i≤p ∈ (R+ )p avec
P P
λi = 1.
i=1 i=1

Remarques

1. Pour deux points A et B, l’ensemble des barycentres à coefficients positifs est [A, B].
c−b a−c
2. Dans le cas où E = R, avec (a, b) ∈ R2 , a < b, pour c ∈ [a, b], c = a−b a + a−b b.

1.2 Parties convexes


Définition : une partie C de E est convexe lorsque

∀(a, b) ∈ C 2 , ∀λ ∈ [0, 1], λa + (1 − λ)b ∈ C.

Exemples

α. Tout sous-espace vectoriel (resp affine) de E est convexe.

β. Si k.k est une norme sur E, pour a ∈ E et r ∈ R∗+ , B(a, r) et B 0 (a, r) sont convexes.

γ. Les parties convexes de R sont les intervalles de R.

Proposition 2
Soit C ⊂ E. C est convexe si et seulement si C est stable par passage au barycentre à coefficients
positifs.

 Supposons C convexe. Montrons par récurrence sur p ∈ N∗


p
X p
X
(Hp ) ∀((xi , λi ))1≤i≤p avec ∀i ∈ [| 1, p|], λi ≥ 0, λi = 1, alors λi xi ∈ C.
i=1 i=1

(H1 ) et (H2 ) sont vraies pour p = 1 et p = 2.


Soit p ∈ N∗ tel que (Hp ) soit vraie et montrons (Hp+1 ).
p
P
Si λp+1 = 1, alors pour tout i ∈ [| 1, p|], λi = 0 et λi xi = xp+1 ∈ C.
i=1
p p p
P P P λi
Si λp+1 6= 1, alors λi > 0. Posons s = λi et b = s xi ∈ C par (Hp ).
i=1 i=1 i=1
p+1
X p
X
λi xi = λi xi + λp+1 xp+1 = sb + (1 − s)xp+1 ∈ C.
i=1 i=1

Réciproquement, soit (a, b) ∈ C 2. Soit λ ∈ [0, 1]. λa + (1 − λ)b ∈ C car λ ≥ 0, 1 − λ ≥ 0 et


λ + 1 − λ = 1. 
MPI - Convexité 3

2 Enveloppe convexe
2.1 Définition
Définition : soit A une partie de E. On appelle enveloppe convexe de A l’intersection de toutes les
parties convexes contenant A.
E est une partie convexe contenant A, donc l’enveloppe convexe de A est bien définie.

Proposition 3
Soit A une partie de E. L’enveloppe convexe de A est une partie convexe de E et c’est la plus petite
partie convexe de E (au sens de l’inclusion) qui contient A.

 Une intersection quelconque de convexes est convexe. 

Proposition 4
Soit A une partie de E. L’enveloppe convexe de A est l’ensemble des barycentres à coefficients positifs
d’un nombre fini d’éléments de A.

 Notons Conv(A) l’enveloppe convexe de A et ∆ l’ensemble des barycentres à coefficients positifs d’un
nombre fini d’éléments de A. Comme A ⊂ Conv(A), et comme Conv(A) est convexe, ∆ ⊂ Conv(A).
Montrons que ∆ est convexe. Comme il contient A, alors Conv(A) ⊂ ∆.
Soient a et b dans ∆. Soit λ ∈ [0, 1]. λa + (1 − λ)b est un barycentre à masses positives de a et de
b. Or a et b sont des barycentres à masses positives d’éléments de A. Par associativité du barycentre,
λa + (1 − λ)b est un barycentre à masses positives d’éléments de A. 

2.2 Théorème de Carathéodory


Théorème 1
On suppose E de dimension finie n. Soit A une partie de E. L’enveloppe convexe de A est l’ensemble
des barycentres à masses positives d’au plus n + 1 points de A.

 On note Conv(A) l’enveloppe convexe de A et Γ l’ensemble des barycentres à masses positives d’au
plus n + 1 points de A. Avec le résultat précédent, on a Γ ⊂ Conv(A).
Montrons Conv(A) ⊂ Γ.
p+1
P
Soit x ∈ Conv(A). Ecrivons x = λi xi avec p ∈ N et pour tout i ∈ [| 1, p + 1|], λi ≥ 0, xi ∈ A et
i=1
p+1
P
λi = 1.
i=1

Si p ≤ n, on a ce qu’on veut. On suppose donc dorénavant, p ≥ n + 1.


La famille (xi − xp+1 )1≤i≤p est donc liée : il existe (αi )1≤i≤p une famille de réels non tous nuls, telle
que
p p p
!
X X X
αi (xi − xp+1 ) = 0, i.e. αi xp+1 = αi xi .
i=1 i=1 i=1
p
P
Si αi 6= 0, on a
i=1
p
X
xp+1 = νi xi
i=1
MPI - Convexité 4

p
P
avec νi = 1 et finalement,
i=1
p+1
X
µ i xi = 0
i=1
p+1
P
avec µi = 0 et µp+1 = 1.
i=1
p
P
Si αi = 0, comme un des αi est non nul, mettons αi0 , en divisant par celui-ci, on aboutit à la
i=1
relation précédente, mais avec µi0 = 1 et non plus µp+1 . On continue la preuve en se plaçant dans le
premier cas.
On choisit k ∈ [| 1, p + 1|] tel que µλkk soit le minimum des µλii pour 1 ≤ i ≤ p + 1 avec µi > 0 (ensemble
λp+1
non vide qui contient au moins µp+1 ). On a alors

p+1
X −µi
xk = xi
µk
i=1,i6=k

et donc
p+1   p+1
X µi X
x= λi − λk xi = δ i xi .
µk
i=1,i6=k i=1,i6=k

Mais, on a
p+1 p+1 p+1 p+1 p+1
X X λk X X λk X
δi = λi − µi = λi − (−µk ) = λi + λk = 1
µk µk
i=1,i6=k i=1,i6=k i=1,i6=k i=1,i6=k i=1,i6=k

et pour i ∈ [| 1, p + 1|], i 6= k, si µi ≤ 0, alors δi = λi − λk µµki ≥ 0 et sinon, comme µλii ≥ µλkk , on a bien,


δi ≥ 0. Finalement, x s’écrit comme un barycentre à masses positives de p éléments de A.
Tant que p > n + 1, on peut itérer le procédé et enlever un élément. En un nombre fini d’étapes, on
arrive bien à p ≤ n + 1. 

Application

Proposition 5
Soit A une partie compacte de E, alors l’enveloppe convexe de A est compacte.

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