13/03/2021
COURS DE MICROECONOMIE
Professeur : A. BAIDANE
Chapitre1:
Préférences et choix du
consommateur
• Lorsqu’on entre dans un magasin, on a la
possibilité d’acheter des milliers de biens.
• Bien entendu, en raison de nos ressources
financières limitées, il nous est impossible de
tout acheter.
• Après avoir considéré le prix des articles
offerts, on achète des biens qui répondent au
mieux à nos besoins et désirs, compte tenu de
notre budget.
• Il est évident que le consommateur achète un
grand nombre de biens différents. Cependant,
afin de simplifier le raisonnement, on suppose
qu’il n’achète que deux biens A et B.
• Supposons que notre consommateur dispose
d’un revenu de 16 et que tout son revenu soit
consacré à l’achat du bien A dont le
prix est 2 et du bien B vendu à 1 .
1
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• On remarque que plus le consommateur
achète de biens A moins il peut acheter de
biens B et inversement.
• Il est limité par son budget qui ne dépasse pas
16: c’est sa contrainte budgétaire .
• Le consommateur rationnel choisira la
combinaisons des biens A et B qui lui
procurera le maximum de satisfaction (ou
d’utilité) sans dépasser son budget.
5
J’achèterai le bien qui me procure la
plus grande utilité (ou la plus grande
satisfaction) 6
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Que choisir si vous avez 20 dh?
I- Les préférences du consommateur
• En microéconomie, on admet l’hypothèse
que l’individu est toujours capable de classer
de manière cohérente tous les paniers de
biens qui lui sont présentés afin de déterminer
celui qu’il préfère.
• Un panier de biens est un ensemble composé
d'un ou de plusieurs produits.
• Exemple de paniers:
• Considérons une économie composée de 4
produits uniquement (dans l’ordre) : pommes,
poissons, livres et billets de tramway.
• A = (4 ; 2 ; 3 ; 2) est un panier de biens composé
de 4 pommes, 2 poissons, 3 livres et 2 billets de
tramway .
• B = (2 ; 3 ; 1 ; 5) est un autre panier de biens
composé de 2 pommes, 3 poissons, 1 livre et 5
billets de tramway .
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• Selon ses goûts et ses désirs, un consommateur
est capable de classer plusieurs paniers par ordre
croissant de préférence.
• Ainsi entre les deux paniers A et B, le
consommateur peut soit:
• Préférer le panier A au panier B (A ≿ B);
• Préférer le panier B au panier A (B ≿ A);
• Être indifférent entre A et B (A ~ B).
• NB: ≿ (préférence personnelle) ≠ ≥ (relation mathématique
sur l'ensemble des nombres réels)
10
Axiomes sur les préférences du
consommateur
Axiome 1 :
Axiome de linéarité ou principe de comparaison.
• Le consommateur est toujours en mesure de
comparer deux ou plusieurs paniers pour en choisir
le meilleur. Pour les paniers A et B, le consommateur
est toujours capable de dire s'il préfère A à B ou B à A
ou si A et B sont équivalents.
Soit A ≿ B, soit B ≿ A, soit A ~ B
11
Axiomes sur les préférences du
consommateur
Axiome 2 :
La relation de préférence est une relation
transitive
• Si le consommateur préfère le panier A à B et
s’il préfère B à C, alors il doit préférer A à C.
A ≿ B et B ≿ C ⇒ A ≿ C
12
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Axiomes sur les préférences du
consommateur
Axiome 3:
Monotonicité et non satiété
La monotonicité signifie que le consommateur préfère
toujours avoir plus. Quelle que soit la quantité d'un bien
dont il dispose, il préfère toujours en avoir plus.
Exemple :
• A = (5 ; 8 ; 2) et B = (5 ; 8 ; 3) ⇒ B ≻ A
• C = (4 ; 6 ; 2) et D = (3 ; 5 ; 2) ⇒ C ≻ D
L’axiome complémentaire à la monotonicité est celui
d’insatiabilité (ou non saturation). Selon cet axiome, le
consommateur recherche toujours plus que moins d’utilité.
13
Axiomes sur les préférences du
consommateur
Axiome 4:
Convexité des préférences
Elle signifie que le consommateur préfère les
paniers de biens diversifiés ou mixtes aux
paniers de biens extrêmes (contenant
beaucoup d’un bien et peu de l’autre),
Si deux paniers A et B sont équivalents, le
troisième panier, C, formé par une
combinaison de A et de B est au moins aussi
désiré que A et B. 14
Convexité des préférences:
15
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Application sur les préférences
• Un consommateur procède au classement
suivant entre 4 paniers de deux biens X et Y :
• Il préfère le panier (10 ; 20) au panier (6 ; 30).
• Il préfère le panier (6 ; 30) au panier (8 ; 24).
• Il est indifférent entre (10 ; 20) et (7 ; 24).
• Peut-on considérer que le classement de ce
consommateur est rationnel ?
16
II- LA THEORIE DE L’UTILITE
• L’utilité traduit la satisfaction procurée par la
consommation d’un bien. Les économistes supposent
qu’il est possible de la mesurer à travers une fonction
d’utilité qui associe à chaque panier un niveau donné
d’utilité bien que la mesurabilité de l'utilité reste
toujours une question de discorde.
• Cette fonction d’utilité U(X)ou U(X,Y) part du
postulat que pour toute relation de préférences, il
existe toujours une fonction qui permet de la
représenter.
• Les deux principales théories de l’utilité sont l’utilité
cardinale et l’utilité ordinale.
17
L’utilité cardinale
• A. Marshal et les autres néo-classiques
estiment que l'utilité peut être mesurée
quantitativement, comme la distance, le poids,
la température, etc. Pour la mesurer, ils
proposent une unité de mesure qu'ils ont
nommé l’Util.
• Avec le temps, on s’est rendu compte que la
mesure cardinale de l'utilité n'était pas très
réaliste et posait de nombreuses difficultés d’où
le recours à l’utilité ordinale.
18
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L’utilité ordinale
• Depuis Pareto les économistes considèrent que l'utilité est
un phénomène psychologique très difficilement mesurable.
Un consommateur peut dire qu’il préfère le café au thé,
mais il ne pourra raisonnablement dire qu’il retire 3 fois
plus d’utilité de la consommation d’une tasse de café que
de la consommation d’une tasse de thé.
• L'approche ordinale n’a pas pour but d’attribuer une valeur
chiffrée à l’utilité. Selon elle, le consommateur peut tout
au plus déterminer un ordre de préférence entre les
différents paniers.
• Par exemple: si un consommateur préfère le thé au café et
le café au lait, il peut ordonner ses préférences comme
suit: thé ≻ café ≻ lait.
19
III- LA FONCTION D’UTILITE
• L’utilité est la capacité que possède un bien
à satisfaire un besoin. Elle traduit la
satisfaction qu’une personne retire de la
consommation d’un bien ou d’un service.
• Dans le cadre de la conception de l’utilité
cardinale, on distingue l’utilité totale et
l’utilité marginale.
20
L’utilité totale
• L’utilité totale (U) est la satisfaction totale qu’un
individu retire de la consommation d’un bien ou d’un
ensemble de biens.
• Pour un bien X, le niveau d’utilité totale dépend de la
quantité du bien X . U est fonction de X.
On écrit alors : U = U(X)
• Pour deux biens X et Y, le niveau de satisfaction dépend
de la quantité consommée du bien X et de la quantité
consommée du bien Y.
U = U( X , Y )
• Plus on consomme un bien plus l’utilité totale est
grande. On dit alors que la fonction d’utilité est
croissante.
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• La fonction d’utilité U, est la traduction
mathématique de l’échelle des préférences de
consommation exprimée par un individu.
• Elle exprime le degré de satisfaction ou
d’utilité que procure la consommation d’une
certaine combinaison des biens X et Y:
22
L’utilité marginale
• L’utilité marginale (Um) est la satisfaction
supplémentaire que procure la consommation
d'une unité additionnelle d’un bien.
Um = ΔU/ΔQ
• On suppose que l’intensité du besoin décroît
au fur et à mesure qu’il est satisfait : le plaisir
est proportionnel au manque éprouvé avant la
consommation.
23
• Ainsi, à chaque unité supplémentaire
consommée, le désir du consommateur diminue:
le besoin décroit quand la satisfaction croit.
• L’utilité marginale de la 1ère unité consommée
est supérieure à celle de la 2ème unité
consommée qui est, elle aussi, supérieure à celle
de la 3ème unité , et ainsi de suite.
Um1>Um2>Um3>Um4>….. >Umn
L’utilité marginale est une fonction décroissante de
la quantité consommée.
24
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Exemple:
• L’utilité totale mesure la
satisfaction totale qu’un Sandwich Utilité Utilité
individu retire de la (nombre) totale marginale
consommation d’un bien ou U Um
d’un ensemble de biens. 0 0 -
• L’utilité marginale est 1 10 10
l’accroissement d’utilité
résultant de la consommation 2 15 5
d’une unité supplémentaire du
bien. 3 18 3
• Um nième unités = U n unités - U (n-1) unités
4 19 1
25
L’utilité totale
26
L’utilité marginale
L’utilité marginale du bien
(sandwich) diminue à mesure
12 que la quantité consommée de
ce bien augmente.
10
8
C’est ce que nous appelons la
loi de décroissance de l’utilité
6 marginale.
4
0
0 1 2 3 4
27
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Relation entre utilité marginale et utilité totale
28
• Lorsque l'utilité marginale est positive, l'utilité totale augmente .
• Lorsque l'utilité marginale est égale à zéro, l'utilité totale est
maximale ( unité X3).
• Lorsque l'utilité marginale est négative, l'utilité totale diminue (au-
delà de l’unité X3).
• NB: L’axiome de l’insatiabilité n’implique pas que l’individu
consomme indéfiniment. Il signifie que le consommateur est
disposé à augmenter ses consommations jusqu'à la satisfaction
complète du besoin exprimé. Il existe donc un point
maximal (le point de satiété X3) au delà duquel, l’utilité totale
n’augmente plus avec l’augmentation des quantités consommées
(elle commence même à baisser).
29
Application 1
30
10
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Application 2 sur les utilités marginales
31
Application 3
La satisfaction que se procure Ali de la consommation
des pommes est donnée par le tableau suivant:
Quantité de
pommes 0 1 2 3 4 5 6 7
consommées
Utilité totale 0 10 17 23 27 29 29 27
procurée
32
• Travail à faire :
1) Calculer l’utilité marginale.
• 2) Commenter les résultats.
• 3) Tracer les courbes de l’UT et l’Um et
indiquer le point de saturation.
33
11
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• L’utilité totale atteint son maximum au point
de satiété c’est à dire au point de saturation
du consommateur S (6 pommes).
• Au point S, l’utilité marginale est nulle : une
unité supplémentaire de consommation
n’augmente plus la satisfaction.
• Si la consommation est poussée au-delà de S,
l’utilité marginale devient négative et l’utilité
totale diminue (baisse de bien-être).
• On suppose qu’un individu rationnel arrête sa
consommation au point S.
34
IV- Fonction d’utilité continue et dérivable
• La fonction d’utilité est supposée être continue et
dérivable sur son intervalle de définition. Cela
signifie que pour passer d’une valeur à une autre,
elle prend toutes les valeurs (infinitésimales)
intermédiaires.
• Du point de vue de la signification économique, ce
postulat veut dire que les biens (parmi lesquels
s’opèrent les choix du consommateur sont
divisibles à l’infini). Mais, il n’est pas réaliste
d’affirmer que l’on puisse consommer 3/8 du
téléviseur par exemple.
• Ce postulat est néanmoins essentiel puisqu’il
permet d’utiliser les propriétés mathématiques de
la continuité et de la dérivabilité des fonctions.
35
• Avec des biens supposés parfaitement divisibles, la
variation est infiniment petite (infinitésimale). Pour
mesurer cette variation, on peut faire appel à un
outil mathématique : le dérivé.
• Dans ce cas l’utilité marginale du bien X s’écrit:
∂
• = = =
∂
• De même, l’utilité marginale du bien Y s’écrit:
∂
• = = =
∂
36
12
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Application sur les dérivées partielles
• Considérons les fonctions d’utilité continues
et dérivables suivantes. Calculer les utilités
marginales des biens X et Y.
• , =3 +5 +2 +5
• , =2
/ /
• , =
37
V- LA DETERMINATION DE L’EQUILIBRE DU CONSOMMATEUR
PAR LE BIAIS DE L’UTILITE MARGINALE
• L’équilibre du consommateur se réalise quant il
égalise les Um des biens X et Y.
• Si Umy > Umx le consommateur substituera une unité de
Y à une unité de X pour augmenter son utilité totale (et
inversement).
• Puisque Um est une fonction décroissante de la
quantité consommée, avec chaque Y supplémentaire
consommé Umy diminue tandis que Umx augmente
jusqu’à atteindre un point où les deux utilités
marginales s’égalisent.
• Ainsi, la condition d’équilibre du consommateur est :
Umx = Umy
38
• Si les prix des biens X et Y sont différents, il ne
s’agit plus de savoir si l’on doit consommer
une unité supplémentaire de X ou de Y, mais
de savoir si l’on doit dépenser un dirham
supplémentaire en bien X ou en bien Y.
• Pour avoir le maximum d’utilité, l’individu
doit toujours égaliser les utilités marginales
mais il doit aussi prendre en considération les
prix des deux biens (Px et Py).
• La condition d’équilibre du consommateur
devient alors:
39
13
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• Cependant, le consommateur ne peut pas
dépasser son revenu: R = Px X + Py Y
• Ainsi, le choix du consommateur est optimum
lorsqu’il maximise son utilité (objectif à
réaliser) sous la contrainte de son revenu
limité:
-Objectif à réaliser
-Sous la contrainte R = Px X + P y Y
40
• Application:
• Soit le tableau suivant :
1- Déterminer l’équilibre du consommateur pour un
revenu R , Px =5 et Py=5
2- Déterminer l’équilibre du consommateur pour un
revenu R=101 , Px =7 et Py=5 et calculer l’utilité qu’il
retire de la consommation des deux biens à l’équilibre.
41
42
14
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Cours de microéconomie S1
Pr. A. BAIDANE
CHAPITRE 2
La théorie du consommateur
44
I- La contrainte budgétaire
• La contrainte budgétaire indique toutes les
différentes combinaisons de deux biens qu’un
consommateur peut acheter, compte tenu de son
revenu et du prix des deux biens.
• La fonction de droite budgétaire s’écrit:
R = XPX + YPY
Où:
R: revenu dont dispose le consommateur;
X: la quantité consommée du bien x
Y: la quantité consommée du bien y
PX : le prix du bien x
PY : le prix du bien y
45
15
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I- La contrainte budgétaire
R = XPX + YPY
Revenu = dépense pour X + dépenses pour Y
De cette relation on peut écrire:
Cette équation décrit comment évolue la
consommation de Y en fonction de celle de X.
-(Px/Py) mesure la pente de la droite budgétaire.
46
Représentation graphique de la droite
budgétaire
• On peut représenter graphiquement la
contrainte budgétaire.
• Il suffit de choisir les deux points extrêmes.
** Si on ne consomme que X alors R = Px.X
d’où X = R/Px (premier point).
** Si on ne consomme que Y alors R=Py.Y
d’où Y = R/Py (2ème point).
47
Représentation graphique de la droite
budgétaire
48
16
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• La contrainte budgétaire représente tous les
paniers que le consommateur peut acheter
avec son revenu. Dans la mesure où il dépense
l’intégralité de ce revenu, il devra choisir un
panier situé sur cette droite.
49
A-Contrainte budgétaire et variation du revenu
• Lorsque le revenu du consommateur augmente
alors que les prix restent inchangés, la droite
budgétaire se déplace vers le haut.
• Cela permet au consommateur d’atteindre des
paniers qui lui étaient inaccessibles.
50
A- Contrainte budgétaire et variation du revenu
• Lorsque le revenu du consommateur baisse alors
que les prix restent inchangés, la droite budgétaire
se déplace vers le bas.
• Certains paniers sont désormais inaccessibles au
consommateur.
51
17
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• Remarquons qu’aussi bien dans le cas de
hausse ou de baisse du revenu, la pente de
la droite de budget (-Px/Py) reste
constante puisque les prix ne varient pas.
• La droite de budget se déplace
parallèlement à elle-même vers le haut ( si
R augmente ) ou vers le bas ( si R baisse ).
52
B- Contrainte budgétaire et variation des prix
• Supposons que le prix de X augmente alors que R
et Py restent inchangés. Le prix de X passe de Px à
P’x (avec P’x > Px).
• L’abscisse à l'origine de la droite de budget
diminue.
53
B- Contrainte budgétaire et variation des prix
• Quand le prix de X baisse alors que R et Py
restent inchangés. Le prix de X passe de Px à P’’x
(avec P’’x < Px).
• L’abscisse à l'origine de la droite de budget
augmente.
54
18
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• Le même raisonnement est valable pour une
variation de Py sachant que R et Px restent
inchangés.
55
II- Les courbes d’indifférence
• Les choix du consommateur ne dépendent pas
seulement de la contrainte budgétaire mais
aussi des préférences envers les deux biens.
• S’il doit choisir entre deux combinaisons
différentes, le consommateur opte pour celle qui
correspond le mieux à ses goûts.
• Si les deux combinaisons lui semblent
équivalentes, on dit du consommateur qu’il est
indifférent entre ces deux combinaisons.
56
II- Les courbes d’indifférence
• Tout comme la contrainte budgétaire, les
préférences du consommateur peuvent être
présentées graphiquement par des courbes
d’indifférence.
• Une courbe d’indifférence illustre les
combinaisons de biens qui donnent au
consommateur le même niveau de satisfaction.
• La figure suivante montre deux des nombreuses
courbes d’indifférence imaginables.
57
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Courbes d’indifférence
58
II- Les courbes d’indifférence
• Le consommateur est indifférent entre les
combinaisons L, M et N car elles se retrouvent
toutes sur la même courbe et donc lui procurent
le même niveau de satisfaction.
• Si le consommateur réduit sa consommation de
Y, en passant du point L au point M par exemple,
la consommation de X doit augmenter pour
conserver le même niveau de satisfaction.
59
• Toutefois, certaines courbes d’indifférence sont
préférées à d’autres. Puisque le consommateur
préfère une grande consommation à une faible
consommation, il choisira les courbes
d’indifférence élevées plutôt que les courbes
basses. (hypothèse de « non-saturation »).
• Dans notre exemple, le consommateur préfèrera
tout point sur la courbe d’indifférence 2 à tout
point sur la courbe d’indifférence 1.
60
20
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• Ainsi, le point O est préféré au point N parce que
le point O est situé sur une courbe d’indifférence
plus élevée que celle où se retrouve le point N.
Cette conclusion semble évidente puisque le
point O représente une plus grande quantité du
bien Y et une plus grande quantité du bien X par
rapport au point N.
• Un autre exemple sera encore plus éclairant. Le
point O est préféré au point L. Or, le point O est
une combinaison où on retrouve moins de bien Y
qu’au point L. Cependant, il y a suffisamment de
bien X supplémentaires au point O pour que le
consommateur le préfère au point L.
61
Les quatre propriétés des courbes d’indifférence
• Propriété 1: Les courbes d’indifférence élevées
sont préférées aux courbes d’indifférence basses.
Le consommateurs préfère généralement avoir
plus de biens. Il ne dit jamais non à une quantité
supplémentaire de bien X ou de bien Y
(hypothèse de « non-saturation »).
• Par exemple si C1(3,5) et C2(2,5) donc C1 est
préféré à C2.
62
Les 4 propriétés des courbes d’indifférence
• Propriété 2: les courbes d’indifférence sont à
pente négative. La pente d’une courbe
d’indifférence reflète le taux auquel un
consommateur est prêt à échanger un bien pour
un autre. Dans la plupart des cas, le
consommateur désire consommer les deux biens.
En conséquence, si la quantité consommée d’un
bien est en baisse, le consommateur doit
augmenter la quantité consommée de l’autre
bien afin de maintenir son degré de satisfaction.
C’est la raison pour laquelle les courbes
d’indifférence sont à pente négative.
63
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Les 4 propriétés des courbes d’indifférence
• Propriété 3: les courbes d’indifférence ne peuvent
se croiser. Imaginons une situation où deux
courbes se croisent, comme c’est le cas dans la
figure suivante.
•
64
Les 4 propriétés des courbes d’indifférence
• Propriété 3: Les points L et M procurent au
consommateur le même degré de satisfaction
puisqu’ils se retrouvent sur la même courbe
d’indifférence. De même, les points M et N procurent
aussi au consommateur le même degré de satisfaction
puisqu’ils se retrouvent sur la même courbe
d’indifférence.
• Cela implique que les points L et N procurent au
consommateur le même degré de satisfaction. Or, le
point N est une combinaison où on a plus de bien X et
plus de bien Y par rapport au point L.
• Le consommateur ne peut être indifférent entre le
point L et le point N car cela vient contredire
l’hypothèse de non-saturation. C’est pour cette raison
que des courbes d’indifférence ne peuvent se croiser.
65
Les 4 propriétés des courbes d’indifférence
• Propriété 4: Les courbes d’indifférence sont
convexes par rapport à l’origine car le
consommateur échange plus facilement les biens
qu’il a en abondance que les biens qu’il a en
petite quantité.
• La pente d’une courbe d’indifférence est le taux
marginal de substitution soit le taux auquel le
consommateur est prêt à échanger un bien pour
un autre.
• Le taux marginal de substitution dépend
généralement de la quantité de chaque bien qui
est déjà consommée par le consommateur.
66
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• Le long d’une courbe convexe, plus on tend
vers la droite plus on a de X et moins de Y.
donc le TMS baisse le long de la courbe
d’indifférence
• Ceci s’explique par la décroissance de l’utilité
marginale (Um). Quand on substitue du bien Y
au bien X, X est de plus en plus rare, donc
l’Um de X augmente. Seule une quantité
croissante de l’autre bien pourrait maintenir la
satisfaction inchangée, d’autant que, Y étant
de plus en plus abondant, son Um diminue.
67
Application: comment lire cette courbe
d’indifférence?
68
III- Le taux marginal de substitution (TMS)
• Le consommateur considère que les paniers
qui sont situés sur une même courbe
d’indifférence sont équivalents car ils lui
procurent la même satisfaction .
• Pourtant, la composition de ces paniers en
biens X et Y est différente.
69
23
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• Lorsque le consommateur passe du panier B
au panier équivalent A, il renonce à 2 unités
du bien Y pour une unité du bien X. Le taux de
substitution est alors
70
III- Le taux marginal de substitution (TMS)
• Les biens étant supposés divisibles, les
variations de leurs quantités peuvent être
infiniment petites (infinitésimales). C’est pour
cela qu’il faut définir la notion de taux
marginal de substitution (TMS) qui donne la
limite du taux de substitution du bien Y au
bien X lorsque tend vers zéro.
• Ainsi, on a :
71
III- Le taux marginal de substitution (TMS)
• Le taux marginal de substitution du bien X au
bien Y indique de combien l’individu réduit sa
consommation du bien Y lorsqu’il augmente sa
consommation du bien X d’une quantité
infiniment petite (qui tend vers 0), son utilité
totale restant constante.
• Un TMS= 3 signifie que le consommateur est prêt
à donner 3 unités de Y pour 1 unité
supplémentaire de X.
72
24
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• Graphiquement, le TMS correspond à la pente, en
valeur absolue, de la tangente à la courbe
d’indifférence au point donné. Il n’a donc pas la
même valeur pour chaque panier d’une courbe
d’indifférence convexe. Il est décroissant lors d’un
déplacement de haut en bas le long de cette courbe.
73
• En effet, pour un panier situé en haut de la
courbe, le consommateur valorise fortement le
bien X qu’il détient en petite quantité et
faiblement le bien Y, abondant. Il sera donc prêt
à céder une grande quantité du bien Y pour
avoir un X supplémentaire.
• À l’opposé, pour un panier situé sur la partie
basse de la courbe, c’est le bien Y (devenu rare )
qui est plus valorisé. Le consommateur accepte
alors d’échanger une grande quantité du bien X
contre une faible quantité du bien Y. Le TMS
pour ce panier est donc plus faible que celui
calculé pour le panier précédent.
74
75
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76
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TMS et utilité marginale
• Rappel : Tous les paniers d'une même courbe
d'indifférence apportent la même utilité. Ainsi, si les
paniers (x1, y1) et (x1+ x1, y1+ y1) sont sur la même
courbe d'indifférence, on doit avoir :
Sur la même courbe d’indifférence la variation de
l'utilité globale U est nulle
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TMS et utilité marginale
Variation de l'utilité globale due à la variation de
la quantité consommée du bien X
Variation de l'utilité globale due à la variation de
la quantité consommée du bien Y
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TMS et utilité marginale
• A partir de cette égalité on peut écrire:
• d’où
• Pour des variations infiniment petites on peut
écrire:
• Et on sait que:
• Donc le TMS est égal au rapport des Um.
80
Application
• Soit la fonction d’utilité d’un consommateur:
• Calculer les utilités marginales de X et de Y.
• Déterminer le TMS.
• Solution:
• Umx = 6XY
• Umy= 3X2
• Calcul du TMS:
81
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IV- L’EQUILIBRE DU CONSOMMATEUR
• Nous savons maintenant que le consommateur
atteint son optimum lorsque le panier qu’il
choisit lui procure la plus grande satisfaction,
compte tenu de ses contraintes (son budget et
les prix de X et de Y).
• Mathématiquement, il s’agit d’un problème
d’optimisation sous contrainte qui se formule
ainsi :
Maximiser U = U(X,Y)
Sous contrainte : R = X Px + Y Py
Avec R, Px et Py des constantes.
82
Comment résoudre ce problème?
• Ce problème peut être résolu de trois
manières différentes:
- 1. La méthode géométrique
- 2. La méthode de substitution
- 3. La méthode de Lagrange (le lagrangien )
83
- 1. La méthode géométrique
• Le consommateur cherche à maximiser sa
satisfaction. Il doit donc choisir le panier qui se
trouve sur la courbe d’indifférence la plus
élevée et qu’il est possible de l’acquérir compte
tenu de son revenu (respecter la contrainte
budgétaire).
• Géométriquement, cette combinaison optimale
est définie par le point où une courbe
d’indifférence est tangente à la droite
budgétaire (point b).
84
28
13/03/2021
85
• Le panier b est donc le panier optimal.
• Les paniers a et c respectent la contrainte budgétaire
puisqu’ils se situent sur la droite budgétaire mais ils se
trouvent sur une courbe d’indifférence plus proche de
l’origine et moins élevée que celle de b. Les paniers a et
c utilisent le même revenu que b mais procurent moins
de satisfaction. Donc le consommateur rationnel rejette
les paniers a et c et préfère avoir b.
• Le panier f donne une satisfaction meilleure que b mais
ce niveau de vie dépasse le revenu du consommateur.
Le panier f se trouve sur une courbe d’indifférence plus
élevée que le revenu du consommateur. Il est donc
irréalisable.
• Donc le point b de tangence entre la droite budgétaire
et une courbe d’indifférence est le panier optimal.
86
• Avec le panier b, le consommateur maximise son
utilité en demandant les quantités (X*,Y*). On dit
aussi qu’il est le point d’équilibre du
consommateur.
• Sur ce point, la pente de la courbe d’indifférence
(dY/dX) et celle de la droite budgétaire (- Px/Py)
sont confondues.
• Au point d’équilibre, on a donc : - Px/Py = dY/dX
et on sait que TMS = -dY/dX
• Donc à l’équilibre le TMS est égal au rapport des
prix:
87
29
13/03/2021
2. La méthode de substitution
• Le problème qui est posé est celui de la
maximisation d'une fonction d'utilité sous contrainte
budgétaire.
• Il s’agit de trouver X* et Y* qui maximisent
• Sous la contrainte de
• A partir de l’équation de la contrainte budgétaire,
on obtient
88
• On remplace Y par sa valeur dans la fonction
d’utilité:
• On vérifie les conditions de maximisation de
cette fonction.
- la condition de premier ordre:
- la condition de second ordre:
89
• On détermine les quantités des biens X et Y
qui maximisent l’utilité:
- la quantité de X est obtenue en calculant
- la quantité de Y est obtenue en remplaçant X
par sa valeur dans l’équation de la droite
budgétaire.
90
30
13/03/2021
3. La méthode du Lagrangien
• Il s’agit de maximiser la fonction
• Sous la contrainte de
• ou
• La méthode de Lagrange consiste à maximiser la
fonction suivante (dite de Lagrange)
• Où est une variable indépendante, inconnue
appelée le multiplicateur de Lagrange.
• Cette fonction de Lagrange est au maximum si les
conditions suivantes sont remplies.
91
** conditions de premier ordre:
Elles sont vérifiées si les dérivées partielles du
lagrangien par rapport à X, Y et sont nulles.
** conditions de second ordre:
Il s’agit de démontrer que l’extremum obtenu est
un maximum.
92
• Exercice d’application 1:
On suppose que la fonction d’utilité d’un
individu est de la forme : = XY
Avec : R=120 ; Px=4 ; Py=2
1- Calculer, par la méthode de substitution et
par celle de Lagrange, les quantités de biens
X et Y demandées par l’individu rationnel.
2- Quel sera l’indice de satisfaction
correspondant au panier optimal ?
93
31
13/03/2021
Exercice d’application 2:
Soit la fonction d’utilité suivante:
U = 5 X2 Y
Avec : R=180 ; Px=2 ; Py=4
1- En utilisant le TMS déterminez le panier
de consommation optimal. azizi17
94
cours de microéconomie S1
Pr. A. BAIDANE
Chapitre 3
La théorie de la demande
95
• Le chapitre précédent nous a permis de comprendre
comment le consommateur rationnel choisit le
panier optimal des biens X et Y.
• Le présent chapitre nous donnera l’occasion de
comprendre comment va évoluer ce choix optimal
suite à la modification de certaines conditions.
• Il s’agit essentiellement de répondre aux deux
questions suivantes:
- Comment réagira le consommateur à une variation
des prix des biens X et/ou Y?
- Comment réagira le consommateur à une
augmentation de son revenu (budget)?
96
32
13/03/2021
Section I: La fonction de la demande
• La quantité demandée du bien X dépend en général
du revenu de l’individu, du prix du bien X, du prix du
bien Y (substituable), du prix des autres biens en plus
des préférences des individus.
• Mais les économistes négligent généralement les
préférences dans la fonction de demande et se
limitent à Px, Py et R.
97
• La fonction de demande exprime donc les
effets de la variation des prix de X ou de Y et
du revenus R sur la demande du
consommateur.
• La fonction de demande d’un consommateur
pour le bien X correspond à la relation
algébrique qui lie le niveau optimal de
consommation de X, et les valeurs
quelconques de Px, Py et R.
98
• Exemple de fonction de demande de X:
• =
• Cette relation nous donne la consommation
optimale de X pour les valeurs quelconques de
Px, Py et R.
• Par exemple, pour R=100, Px=5, Py=10, la
demande de X sera de:
( ) ( )
• = =9
( )
• Le consommateur achètera donc 9 X dans ces
conditions.
99
33
13/03/2021
A- Fonction de demande individuelle
• La fonction de demande est obtenue en maximisant
l’utilité du consommateur pour des niveaux
quelconques de R, Px et Py en respectant sa
contrainte de budget.
( , )
•
: = +
• La résolution de ce système permet de définir la
fonction de demande du bien X et celle du bien Y.
100
Application
• Soit un consommateur ayant une fonction
d’utilité qui a pour expression :
• , =3 / /
• Avec : Px = 2 et Py = 4.
• 1- Calculer le TMS.
• 2- Déterminer les fonctions de demande de X
et de Y.
101
• 1- =
• 2- Fonction de demande:
• Fonction de demande du bien X:
• On sait qu’à l’optimum on a :
• = d’où =
• →2 =3 ù =
• On remplace YPy par sa valeur dans la contrainte
budgétaire:
• = +( )
102
34
13/03/2021
• → = =
• →5 =2 ù =
• C’est la fonction de demande de X.
• Cette fonction relie la demande de X aux variables R
et Px.
• Fonction de demande du bien Y:
• On sait que : = d’où =
• En remplaçant X par sa valeur dans on obtient
= c’est la fonction de demande de Y
103
B- La demande globale ou de marché
• La demande du marché correspond à la somme des
demandes individuelles.
• Graphiquement, on obtient la courbe de demande
du marché en ajoutant horizontalement les quantités
demandées par les différents consommateurs
composant ce marché.
•
104
SECTION II. LA MESURE DE L’ELASTICITE
• Les économistes s’intéressent aussi à la mesure de
l’impact d’une variation d’un des déterminants de la
demande sur la quantité de bien demandée.
• A cet effet, ils recourent au coefficient d’élasticité.
Etant donné qu’en général, la demande d’un bien
dépend du revenu et des prix de biens sur le marché,
nous aurons donc à calculer l’élasticité de la
demande d’un bien X par rapport :
- à son prix (Elasticité-prix de la demande),
- au prix d’un autre bien Y (Elasticité-prix croisée de
la demande)
- au revenu du consommateur (Elasticité-revenu).
105
35
13/03/2021
A- Elasticité-prix de la demande
• L’élasticité-prix de la demande mesure le degrés
de sensibilité de la demande aux variation du
prix: de combien de % la demande du bien X va
varier lorsque son prix varie de 1%.
• Elle est égale au rapport entre le pourcentage de
variation de la quantité demandée et le
pourcentage de variation du prix.
• L’élasticité peut être mesurée entre deux points
de la courbe de demande (L’élasticité-arc) ou
en un point de la courbe, càd, pour une variation
infiniment petite du prix (L’élasticité-point).
106
1. L’élasticité-arc
• Elle mesure la variation en % de la quantité
demandée suite à une variation du prix de 1%.
∆
∆
• Ou encore: Elle s’écrit: = ∆ =∆ ( )
107
1. Application
• Supposons que lorsque prix de X passe de 2 à 2,2
la quantité demandée baisse de 10 à 8.
Signification: Si prix ↑ de 1%,
quantité demandée ↓ de 2%.
108
36
13/03/2021
2. L’élasticité-point
• Mesurer l’élasticité en un point revient à calculer
le pourcentage de variation de X pour un
pourcentage de variation tellement petit du prix
(une variation tendant vers 0) que l’on reste
pratiquement au même point sur la courbe de
demande.
• Lorsqu’on connaît l’équation de la fonction de
demande, on utilise dQ/dP ( la dérivée de la
fonction de demande par rapport au prix).
• La formule devient donc: = ( )
109
Exemple:
Soit la fonction de demande suivante: Qd = - 2P + 10
On a:
= −2
**Au point P = 3 par exemple, on a:
Qd = - 2(3)+10 = 4
L’élasticité-prix à ce point (P=3) sera donc:
3
= = −2 = −1,5
4
110
Interprétation du signe et de la valeur
du coefficient d’élasticité
• La valeur du coefficient l'élasticité nous
indique l’ampleur de la variation. Son signe
indique le sens de la variation.
• Dans le cas général, l'élasticité-prix de la
demande d'un bien est négative : plus le prix
du bien s'élève, plus sa demande diminue.
• Pour certains biens cependant, l'élasticité-prix
peut être positive C’est le cas lorsqu’il y a effet
de snobisme. Dans ce cas, les consommateurs
ont tendance à accroître leur demande
lorsque le prix du bien augmente.
111
37
13/03/2021
Interprétation de la valeur de ep
• Si <1 Demande inélastique
Un bien dont la demande est inélastique au
prix est un bien pour lequel il existe peu de
substituts: (exemple: essence).
112
Interprétation de la valeur de ep
Si >1 demande élastique
Un bien dont la demande est élastique au prix
est un bien pour lequel il existe plusieurs
substituts (ex: une marque particulière de
limonade).
113
Interprétation de la valeur de ep
Si =1 demande à élastique unitaire
• La demande réagit dans les mêmes
proportions à une variation du prix.
• Pour ep=-1 par exemple, si le prix
augmente de 5%, la demande baisse de
5%.
114
38
13/03/2021
Interprétation de la valeur de ep
Si ep tend vers Demande parfaitement
élastique.
*Pour tout prix > 8, la quantité demandée est nulle.
*Pour tout prix = 8, le consommateur achète toute la quantité
offerte.
* Pour tout prix<8, la quantité demandée est infinie.
115
L’élasticité-prix croisée
• L’ élasticité croisée (ex/y) mesure la réaction de la
demande d’un bien X, suite à la variation du prix
du bien Y.
∆
∆
• Elle s’écrit: / = ∆ = ( )
∆
• Pour une fonction de demande continue et
dérivable, elle s’écrit:
• / = ( )
116
Interprétation de la valeur de
l’élasticité croisée
117
39
13/03/2021
L’élasticité-revenu
• L’ élasticité-revenu (ER) mesure la sensibilité de la
quantité demandée d’un bien à une variation du
revenu du consommateur.
∆
∆
• Elle s’écrit: eR= ∆ = ( )
∆
• Pour une fonction de demande continue et
dérivable, elle s’écrit: eR= ( )
118
Interprétation de la valeur de l’élasticité-
revenu
119
Signification du coefficient d’élasticité
Elasticité-revenu:
eR > 1: bien supérieur
0 < eR < =1: bien normal
eR < 0: bien inférieur
Elasticité-prix:
eP > 1: demande élastique
eP < 1: demande inélastique
eP = 1: élasticité unitaire
Elasticité croisée:
ex/y> 0: biens substituables
ex/y < 0: biens complémentaires
ex/y = 0: biens indépendants
120
40
13/03/2021
121
Cours microéconomie S1
Professeur : A. BAIDANE
CALCUL DU PRODUCTEUR
Chapitre 4:
La fonction de production
122
• La firme achète des facteurs de production
pour les transformer en d’autres biens et
services grâce à sa technologie.
123
41
13/03/2021
I- La fonction de production
• La fonction de production exprime la relation
entre les facteurs de production d’une
entreprise (inputs) et la quantité qu’elle
produit grâce à ces facteurs (output).
• Une fonction de production s’exprimera sous
la forme : Q = f ( K , L )
• Q représente la quantité maximale qui peut
être obtenue à partir d’un combinaison
donnée de facteurs de production.
• K = facteur capital et L= facteur travail.
124
• On entend par capital K l’ensemble des biens
durables ( outils, machines, terrains, bâtiments, ... )
utilisés par le producteur pour produire d’autres
biens.
• On entend par travail L le nombre d’heures de travail
consacré à la réalisation de la production ou l’effectif
des salariés employés dans l’entreprise.
• On suppose généralement que les facteurs de
production sont substituables (on peut choisir entre
différentes combinaisons de K et L) ou
complémentaires (nécessité de les associer selon une
proportion fixe).
125
II- Output et calcul des productivités
• En combinant un ou plusieurs inputs,
l’entrepreneur aboutit à la
production d'un certain nombre
d'unités d'output.
126
42
13/03/2021
• Supposons dans un premier temps qu’un seul
input est nécessaire pour produire l'output. Le cas
le plus courant est celui où seul l'input travail est
utilisé.
• Par exemple, des cueilleurs de pommes produisent
une récolte à l'aide de leurs seules mains. ici,
l'input unique est le travail, mesuré en nombre de
travailleurs.
127
• Puisque seul le facteur L varie (K
constant), la seule manière
d’augmenter (ou baisser) la production
est d’augmenter (ou baisser) le facteur
variable
• On peut ainsi mesurer de combien la
production Q augmente (ou diminue)
quand la quantité du facteur variable L
augmente (ou diminue),
• Pour cela on doit calculer les
productivités.
128
Les productivités
Les productivités permettent de connaitre la
relation qui existe entre la quantité produite Q et
le niveau d’utilisation de l’un des inputs L ou K.
On distingue entre 3 types de productivités d’un
input:
• La productivité totale (PT)
• La productivité moyenne (PM)
• La productivité marginale (Pm)
129
43
13/03/2021
La productivité totale (PT)
La productivité totale décrit l’évolution de la
production Q en fonction de l’utilisation du
facteur variable, l’autre facteur étant maintenu
fixe.
130
. La productivité moyenne (PM)
La PM mesure le nombre d’unités d’output
produites par unité d’input utilisée.
• La productivité moyenne du facteur travail:
PML = Q / L = f ( L ,K) / L
• - La productivité moyenne du facteur capital:
PMK = Q / K = f ( L,K ) / K
•
131
. La productivité marginale (Pm)
• La Pm d’un facteur de production est
l’accroissement de productivité totale obtenu grâce
à l’utilisation d’une unité supplémentaire de ce
facteur, l’autre facteur étant maintenu fixe.
• La productivitémarginale du facteur travail:
PmL = dQ/dL
• La productivité marginale du facteur travail:
PmK = dQ/dK
132
44
13/03/2021
III- Loi des rendements marginaux
décroissants
À court terme, avec un facteur de production
variable (L) et un facteur fixe (K), il existe un
point au-delà duquel la production totale va
croître mais à un rythme de plus en plus
faible
À partir de ce point, des augmentations
successives du facteur variable auront des
impacts de plus en plus faibles sur
l’accroissement de la production.
133
APPLICATION
Analysez le tableau suivant et
représentez-le graphiquement
Nbr de Production Productivité Productivité
travailleurs L totale Q moyenne PM marginale Pm
1 6 6 6
2 14 7 8
3 27 9 13
4 32 8 5
5 35 7 3
6 36 6 1
134
135
45
13/03/2021
• On remarque que la production totale est croissante
avec la quantité de travail utilisée.
• On observe que la productivité moyenne augmente
d’abord et baisse légèrement ensuite.
• Cela signifie qu’au fur et à mesure qu’on augmente la
production, les travailleurs supplémentaires ont une
productivité de plus en plus faible.
• Ce phénomène des rendements décroissants est
confirmé par le calcul de la productivité marginale. Nous
observons qu’elle croît au début mais elle commence à
décroître très rapidement au fur et à mesure que la
production totale augmente.
136
• on observe que jusqu’à 3 travailleurs, chaque travailleur
supplémentaire a une productivité marginale croissante:
l’entreprise a intérêt à embaucher de plus en plus de
facteur travail.
• A partir de L = 3, la productivité marginale devient
décroissante: Il est de moins en moins intéressant
d’embaucher du travail supplémentaire.
• Comme nous allons voir plus loin, ce phénomène va
déterminer la quantité de travail optimale que la firme
va décider d’embaucher. Elle ne va embaucher du travail
supplémentaire que si chaque unité de travail rapporte à
la firme au moins autant qu’elle ne lui coûte . 137
• Dans cet exemple nous avons considéré un cas
discret où les quantités d’inputs et d’outputs
sont modifiées chaque fois d’une unité (des
entiers).
• Avec une fonction de production continue on
aura:
Q = Q (K, L)
où L est une quantité de travail, K une
quantité de capital et Q un niveau de
production.
138
46
13/03/2021
• A partir de cette fonction de production, on peut
facilement calculer:
• - La productivité moyenne du facteur travail:
PML = Q / L = f ( L, k ) / L
• - La productivité moyenne du facteur capital:
PMK = Q / K = f (L, k ) / K
• La productivité marginale du facteur travail:
PmL = dQ/dL
• La productivité marginale du facteur capital:
PmK = dQ/dK
139
APPLICATION
• La fonction de production d’une entreprise est
donnée par :
Q = K 1/2 L 1/3
Calculez les productivités moyenne et
marginale du travail et du capital.
140
• Q = K 1/2 L 1/3
• productivité moyenne du capital:
• Productivité moyenne du travail:
• Productivité marginale du capital:
• Productivité marginale du travail:
141
47
13/03/2021
V- Rendements d’échelle
• La notion de «productivités» étudie la
variation de l’output lorsqu’on ne fait varier
qu’un seul input (l’autre étant maintenu
constant). Il s’agit donc d’une notion de
court terme.
• La notion de «rendements d’échelle» étudie
la variation de l’output lorsqu’on fait varier
tous les inputs dans la même proportion. Il
s’agit donc d’une notion de long terme.
142
• Il serait en effet, intéressant de connaître comment
la production Q est modifiée si l’on augmente les
inputs (L et K) dans les mêmes proportions (si l’on
change l’échelle de production).
• Si l’on double L et K, par exemple, la production
augmentera dans les mêmes proportions, moins
que proportionnellement ou plus que
proportionnellement?
• Plus généralement, si on augmente simultanément
K et L dans une même proportion h ( on note alors
Q(hK, hL)) on observe le niveau de production qui
en découle h Q( K , L ).
143
Exemple
• Si on augmente simultanément les 2 facteurs du paramètre h, on
a 3 cas de figure:
• * Cas 1 : Q(hK , hL) = h Q (K,L) => Les rendement d’échelle (RE)
sont constants ( on augmente les facteurs de 10% et la
production augmente aussi de 10%)
• * Cas 2 : Q(hK , hL) < h Q (K,L) => Les RE sont décroissants
(l’accroissement de la prod° dû à une aug des facteurs de 10% est
inférieure à 10%)
• * Cas 3 : Q(hK , hL) > h Q (K,L) => Les RE sont croissants
(l’accroissement de la prod° dû à une aug des facteurs de 10% est
supérieur à 10%)
144
48
13/03/2021
• Une classe particulière de fonctions de production permet
de déterminer facilement la nature de rendements
d’échelle. Il s’agit des fonctions homogènes.
• Une fonction est dite homogène de degré m ( m ∈ R+) si :
• ℎ ,ℎ = ℎ ( , )
• Pour h > 1, on distingue 3 situations:
• ℎ > h si m > 1, les rendements d’échelle sont croissants;
• ℎ = h si m = 1, les rendements d’échelle sont constants;
• ℎ < h si m < 1, rendements d’échelle sont décroissants.
145
• Remarquons que la fonction Cobb-Douglas = est
homogène de degré α + β.
• En effet : ℎ ,ℎ = (ℎ ) (ℎ ) =ℎ =ℎ
• Le sens de variation des rendements d'échelle dépend alors de
la valeur de α + β.
• Si α + β = 1 Les rendements d'échelle sont constants
• Si α + β < 1 Les rendements d'échelle sont décroissants
• Si α + β > 1 Les rendements d'échelle sont croissants
146
APPLICATION:
147
49
13/03/2021
VI- Isoquante et taux marginal de substitution
technique (TMST)
148
149
VI- Isoquante et le taux marginal de
substitution technique (TMST)
• une isoquante (ou un isoquant) est une courbe qui
relie toutes les combinaisons de facteurs (capital et
travail) permettant d'obtenir le même niveau de
production (iso=égalité, quant=quantité).
• Les isoquantes ont les même propriétés que les
courbes d’indifférence du consommateur: ils sont
décroissants, ils ne se coupent pas, il en existe un
nombre infini. Aux isoquantes les plus élevés par
rapport à l’origine correspondent les niveaux de
production les plus élevés.
150
50
13/03/2021
151
• Le TMST correspond au TMS appliqué à des
fonction de production: il s’agit d’un TMS qui
s’intéresse à la substituabilité des facteurs de
production K et L.
• Si on retire une unité de L on constate qu’une
augmentation de K est nécessaire pour garder le
même niveau de production.
• La quantité de K nécessaire pour remplacer l’unité
de L perdue est variable mais on sait que + L est
rare, + il devient difficile à remplacer: cela implique
que le TMST est décroissant le long de l’isoquante. 152
TMST = -dK/dL
• De plus le TMST est égal au rapport des
productivités marginales
TMST = PmL/PmK
• A l’optimum, on a : TMST = Rapport des prix
de L et K.
TMST = PL/PK
153
51
13/03/2021
VII- Droite d’isocoût et contrainte budgétaire
• La droite d’isocoût est l’ensemble des combinaisons de
facteurs de production qu’il est possible de se procurer
pour un coût total et des prix des facteurs de production
donnés.
• Nous savons que CT= PKK + PLL
• On peut en déduire PKK = - PLL + CT
• D’où K = - PL/PK L+ CT/PK
Graphiquement, l’isocoût est une droite de forme
y=ax+b dont la pente a= - PL/PK . Cette pente correspond
au rapport des prix des facteurs.
154
Isocoût
155
VIII- Choix de la combinaison optimale
des facteurs de production
• Le producteur a pour objectif de maximiser son
profit. Cet objectif peut être atteint de deux
manières différentes:
• Pour un coût donné ou un budget fixé, il cherchera à
maximiser sa production.
• Pour un niveau de production donné, il tentera de
minimiser les coûts de production.
156
52
13/03/2021
1- La maximisation de la production pour un
•
coût donné
L’entrepreneur cherchera à réaliser un niveau de production
maximum sous la contrainte budgétaire (isocoût) : CT= PKK + PLL
• a) Analyse graphique
157
• L’équilibre du producteur est atteint à la tangence de
l’isoquant le plus élevé avec la droite budgétaire
(isocoût).
• En ce point, la pente de la droite d’isocoût (-PL/PK) et
celle de la courbe d’isoquant (=TMS= -dK/dL) sont
confondues.
• On a donc en valeur absolue TMS= PL/PK
• Or nous savons que le TMS = rapport des productivité
marginales des facteurs :
TMS= PmL/PmK
• Donc on peut écrire qu’à l’équilibre : PmL/PmK=
PL/PK
• Ou encore PmL/PL=PmK /PK
158
• b) Analyse Algébrique
**la méthode de Lagrange
** la méthode de substitution
Ces deux techniques procèdent de la même
manière que ce qu’on avait fait pour
maximiser l’utilité du consommateur sous la
contrainte de son budget (Cf. Chap.2)
159
53
13/03/2021
2-Recherche d’un coût minimum pour
un niveau de production donné
• Le producteur cherche à déterminer la combinaison optimale de K
et L qui lui permet de minimiser le CT, sachant qu’il souhaite
écouler sur le marché une quantité produite connue et fixée à Q0
et que Px et Py sont des données qui s’imposent à lui.
• Le programme devient dans ce cas:
CT= PKK + PLL
sous la contrainte Q0 = f(K,L)
En se limitant à la méthode de Lagrange pour réaliser ce
programme on peut écrire:
min £ = (PKK + PLL)+ λ(Q0-
(f(K,L))
Cf. chap2
160
Application 1:
161
162
54
13/03/2021
163
164
165
55
13/03/2021
166
Application 2:
167
168
56
13/03/2021
169
170
4- La maximisation du profit
• L’objectif premier du producteur est de maximiser son
profit.
• Le profit est défini comme la différence entre les
recettes qu’obtient la firme en vendant sa production
(le chiffre d’affaires)et les coûts de cette production.
• CT = PLL + PKK
• Recettes totales = prix × quantité RT= PQ
• Profit: π = RT – CT = PQ – (PLL + PKK)
= (f(K,L).P) - (PLL + PKK)
171
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• Le prix étant donné, la maximisation du profit dépend de K et L.
• Maximiser le profit revient à vérifier les conditions suivantes:
• Conditions de 1er ordre: les dérivées partielles premières de la
fonction π sont nulles :
=0
=0
• Conditions de 2nd ordre: Cet optimum correspond à un maximum
uniquement si les dérivées partielles secondes sont négatives.
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