GENERALITES SUR L’ENERGIE
I. DEFINITION
L'énergie est définie en physique comme la capacité d'un système à produire un travail, entraînant
un mouvement ou produisant par exemple de la lumière, de la chaleur ou de l’électricité. L’énergie
ne disparaît jamais ; elle se transforme d’une forme en une ou plusieurs autres. Elle s’exprime en
joules ou en kilowattheure (kWh).
II. LES SOURCES D’ENERGIE
On désigne par énergies primaires les formes d’énergie telles quelles sont captées dans la nature.
Tableau 1: Les principales ressources énergétiques
III. TRANSFORMATIONS DE L’ENERGIE
1) Les formes d’énergie
On peut distinguer diverses formes d’énergie qui, peuvent se transformer l’une en l’autre ; « formes
d’énergie libre (manifeste)» et « formes d’énergie stockée (potentielle) ».
2) Transformations des formes d’énergie libre
Il existe quatre formes d’énergie libre qui sont : l’énergie rayonnante, l’énergie thermique (ou
chaleur), l’énergie mécanique (ou cinétique) et l’énergie électrique. Cela fait douze
transformations susceptibles d’être réalisées ; toutes sauf deux ont des applications dans la vie
courante ou dans l’industrie.
Figure 1: Les principales transformations des formes d’énergie libre
❖ Transformation de l’énergie rayonnante en énergie thermique : elle est réalisée, par exemple,
par les capteurs de rayonnement solaire fournissant l’eau sanitaire pour une habitation ou pour
échauffer un fluide en vue d’une production d’électricité.
❖ Transformation de l’énergie rayonnante en énergie mécanique: cette transformation est à
l’origine de la poussée de radiation qui fait que la queue des comètes est toujours à l’opposé du
Soleil. La force de cette poussée est faible et elle n’a pas trouvé d’application industrielle (peut-
être sera-t-elle un jour utilisée en astronautique).
❖ Transformation de l’énergie rayonnante en énergie électrique: cela est réalisé dans les
convertisseurs photovoltaïques, par exemple les panneaux solaires d’un satellite artificiel ou à
usage domestique.
❖ Transformation de l’énergie thermique en énergie rayonnante: c’est l’incandescence, c’est-à-
dire l’émission spontanée de rayonnement par les corps à une température non nulle et cela
d’autant plus que la température est élevée ; exemple: le rayonnement du Soleil, dont la surface
est à environ 6 000 ºC.
❖ Transformation de l’énergie thermique en énergie mécanique: c’est que ce réalisent la machine
à vapeur et, plus généralement, les turbines et moteurs thermiques, tels ceux des voitures
automobiles.
❖ Transformation de l’énergie thermique en énergie électrique: cette conversion directe est
réalisée dans les convertisseurs thermoélectriques (par exemple, les thermocouples utilisés pour
des mesures de température) et thermoïoniques. (Industriellement, on passe plus souvent par
l’intermédiaire de l’énergie mécanique, par exemple dans les centrales électriques classiques ou
nucléaires).
❖ Transformation de l’énergie mécanique en énergie rayonnante : elle est observée dans le
bremsstrahlung (rayonnement de freinage ou rayonnement synchrotron) utilisé dans des
accélérateurs de particules pour créer un rayonnement intense de photons, tel Soleil à Saint-Aubin
(Essonne) ; mais cette transformation n’a pas d’autre application industrielle.
❖ Transformation de l’énergie mécanique en énergie thermique: cette transformation est
inévitable dans des frottements et des chocs ; elle est, par exemple, observée dans les freins qui
chauffent.
❖ Transformation de l’énergie mécanique en énergie électrique : ce sont les générateurs
électriques (dynamos, alternateurs) qui réalisent cette transformation.
❖ Transformation de l’énergie électrique en énergie rayonnante : cela se produit dans les
décharges (étincelles, éclairs) et l’électroluminescence (par exemple, les tubes à néon) ; on
remarquera que dans les lampes les plus usuelles (à incandescence), il y a un passage intermédiaire
par la chaleur.
❖ Transformation de l’énergie électrique en énergie thermique : c’est «l’effet Joule », c’est-à-
dire le dégagement de chaleur dans tout conducteur parcouru par un courant électrique; cet effet
correspond souvent à une perte, mais il peut aussi être recherché (radiateur électrique).
❖ Transformation de l’énergie électrique en énergie mécanique : c’est ce que réalisent les
moteurs électriques ; citons aussi la piézo-électricité qui est l’apparition de charges électriques à
la surface de certains cristaux mis sous contrainte et, inversement, leur déformation sous l’action
d’un champ électrique: ce dernier effet est utilisé dans les montres à quartz.
On remarquera que les transformations de l’électricité en d’autres formes d’énergie libre sont
aisées : c’est, avec la facilité du transport par câbles, la raison de l’utilisation intensive de cette
forme d’énergie dans les sociétés industrielles.
3) LIBERATION DE L’ENERGIE STOCKEE
✓ L’énergie gravitationnelle est celle emmagasinée par une masse placée à une certaine
hauteur dans un champ de pesanteur (gravitation); le plus souvent, il s’agit d’eau, soit retenue par
un barrage en altitude, soit prélevée sur le courant d’une rivière: c’est l’énergie hydraulique. Cette
énergie se transforme spontanément en énergie mécanique dès qu’on laisse descendre cette masse;
avec une turbine hydraulique, on récupère cette énergie mécanique pour la convertir en électricité.
✓ L’énergie chimique (celle qui est emmagasinée au sein des molécules de la matière sous
forme de liaisons chimiques) peut être libérée sous toutes les formes d’énergie libre :
- Transformation en rayonnement: c’est la chimiluminescence, c’est-à-dire une émission de
lumière;
- Transformation en chaleur : c’est la combustion et la fermentation (combustion lente par les
organismes vivants);
- Transformation en énergie mécanique : l’explosion ;
- Transformation en électricité: piles et accumulateurs électriques (ces derniers pouvant être
rechargés, ce qui est la transformation inverse d’énergie électrique en énergie chimique) ; piles à
combustible.
✓ L’énergie nucléaire (celle qui est emmagasinée au sein des noyaux des atomes sous forme
de liaisons nucléaires entres les nucléons) ne peut être libérée, en l’état actuel des techniques, que
sous forme de chaleur.
4) STOCKAGE DE L’ENERGIE
Il n’est pas possible de transformer directement une forme d’énergie stockée en une autre: il faut
forcément passer par une forme d’énergie libre intermédiaire. Les passages d’une forme d’énergie
stockée vers une forme d’énergie libre ont été décrits au paragraphe précédent ; nous considérons
ici les transformations inverses d’une forme d’énergie libre vers une forme d’énergie stockée.
✓ Une pompe permet de hisser une certaine masse de fluide à une hauteur supérieure: elle
transforme de l’énergie mécanique en énergie gravitationnelle.
✓ Il est possible de stocker trois des quatre formes d’énergie libre en énergie chimique:
- Le rayonnement grâce à la photochimie, notamment la photosynthèse dans laquelle la
chlorophylle des plantes capte l’énergie du rayonnement solaire ;
- La chaleur grâce à la thermolyse (synthèse chimique prélevant de la chaleur dans les réactifs) ;
- L’électricité grâce à l’électrolyse, par exemple lors de la recharge d’une batterie
d’accumulateurs.
✓ En revanche, nous ne savons pas, aujourd’hui, stocker de l’énergie sous forme d’énergie
nucléaire.
PRODUCTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
I. INTRODUCTION
L’énergie électrique est un facteur essentiel de développement économique, dans tous les pays du
monde. Son importance relative s’accroit avec les progrès techniques, l’industrialisation et le
besoin de confort moderne. L’augmentation de sa production est synonyme d’amélioration de la
qualité de vie et de création de richesse. La production d’électricité, ramenée au nombre
d’habitants, est donc un bon indicateur permettant de mesurer les écarts de développement entre
les différentes régions de monde.
II. DEFINITIONS
La production de l’énergie électrique consiste en la transformation de l’ensemble des énergies
primaires en énergie électrique.
Une centrale électrique est un site industriel destiné à la production d'électricité. Elle transforme
diverses sources d'énergie primaire en énergie électrique en établissant des chaînes énergétiques.
Tranche de production Elle correspond à l’unité de production standard d’une centrale électrique.
On parle généralement de tranche pour qualifier les unités de production des centrales nucléaires
ou des centrales thermiques, qui peuvent contenir plusieurs tranches sur un même site.
Moyen de production « dispatchable » Ce terme désigne un moyen de production d’énergie
considéré comme flexible vis-à-vis du gestionnaire de réseau. Les moyens de production «
dispatchables » peuvent notamment réagir de manière commandée à une sollicitation du
gestionnaire de réseau en injectant à la hausse ou à la baisse, ceci dans un temps imparti.
Moyens de production centralisé et décentralisé Les termes centralisé et décentralisé rendent
compte du niveau de dissémination d’un parc de production d’énergie. Sans qu’il y ait de
distinction univoque entre les deux catégories, on parlera de moyens centralisés lorsque la
production énergétique est concentrée en quelques points du réseau (centrales nucléaires, centrale
thermique à flamme, etc.) et de moyens décentralisés lorsqu’il existe une multitude de points
d’injection avec des systèmes de tailles unitaires réduites (éolienne, panneau solaire, etc.).
Pointe électrique Elle correspond à un maximum de puissance électrique sur le réseau, et donc à
un pic de consommation d’électricité. Les profils de consommation d’électricité suivent une trame
globalement périodique avec un pas journalier, hebdomadaire ou saisonnier. Ainsi, on parlera de
pointe journalière pour désigner le maximum de puissance appelée sur une journée. Le niveau de
la pointe saisonnière, désignant le maximum de puissance appelée sur une année, permet quant à
lui de dimensionner en puissance le parc de production d’électricité.
Réactivité La réactivité d’un moyen de production d’énergie qualifie sa capacité à répondre plus
ou moins vite à une consigne de fonctionnement. La définition précise d’un indicateur de réactivité
dépend du type de consigne considéré (réactivité au démarrage ou en fonctionnement, temps de
montée en charge partielle ou totale, vitesse de montée en charge, etc.).
III. APPEL DE PUISSANCE D'UN RESEAU
La puissance demandée par l'ensemble des clients d'un réseau subit de grandes fluctuations selon
l'heure de la journée et selon les saisons.
Ces fluctuations de l'appel de puissance obligent les compagnies d'électricité à prévoir trois classes
de centrales de génération :
❖ Les centrales de base de grande puissance qui débitent leur pleine capacité en tout temps. Les
centrales nucléaires et les centrales thermiques sont particulièrement aptes à remplir ce rôle.
❖ Les centrales intermédiaires de puissance moyenne qui peuvent réagir rapidement aux
fluctuations de la demande. C'est le cas des centrales hydrauliques dont le débit est facilement
contrôlable.
❖ Les centrales de pointe de puissance moyenne qui ne débitent leur pleine capacité que pendant
de courtes périodes. C’est pourquoi les compagnies d'électricité encouragent les usagers à limiter
leur charge de pointe.
IV. MODES DE PRODUCTION DE L’ENERGIE ELECTRIQUE
Une des souplesses signalées du système électrique est de pouvoir disposer de moyens de
production alimentes par les sources d’énergie les plus diverses, dont les caractéristiques
techniques et économiques sont suffisamment variées pour satisfaire à tous les aspects de la
demande, et dont les localisations géographiques peuvent être très différentes, imposées soit par
la source d’énergie, soit pour le bon équilibre dynamique du réseau.
Un groupe de production se caractérise par de nombreux paramètres techniques dont on ne cite ici
que les principaux :
• sa puissance unitaire nominale ;
• son domaine de fonctionnement en tension et en fréquence ;
• son minimum technique (sa puissance minimale en fonctionnement continu);
• son temps de démarrage, son aptitude à participer au réglage de la fréquence ;
• sa capacité de suivi de charge.
Les modes de production se classent en grandes catégories selon le principe de la transformation
en électricité de l’énergie primaire utilisée. Les plus courantes sont brièvement décrites dans le
schéma ci-dessous.
Figure 2: Voies de production de l’énergie électrique
Le choix d'un système de production d'électricité dépend principalement de la disponibilité des
ressources énergétiques. Par exemple, la majorité des centrales de production d’énergie électrique
au Cameroun sont des centrales hydroélectriques. Le choix du système peut aussi dépendre de
l'impact environnemental des différentes ressources énergétiques.
Figure 3: Schéma synoptique