MODELE DE SPEAKING PAR DELL
HYMES
En communication générale, ou aussi en communication d’entreprise, il faut une
rétroaction ou un feed-back pour que tout fonctionne au mieux. C’est en 1967 que le
sociolinguiste anthropologue Dell Hymes a mis en place le modèle SPEAKING, la
méthode d’analyse de communication efficace.
DELL HYMES :
Dell H. Hymes est né à Portland, Oregon en [Link] de bas de page Il y a
grandi, fréquentant le Reed College, et a commencé des études supérieures en
anthropologie à l’Université de l’Indiana en 1950, recevant finalement un
doctorat en linguistique en 1955, avec des mineures en anthropologie et
folklore.
Hymes visait à s’éloigner de la prise en compte du langage dans l’abstrait et à
étudier la diversité du discours tel qu’il est rencontré dans le travail
ethnographique de terrain. L’objet d’étude Hymes proposé pour la
linguistique était la façon de parler (Hymes Hymes de référence, Baumann et
Sherzer1989). Sous la rubrique des façons de parler, Hymes a offert une
conception bipartite de la parole qui englobe à la fois les moyens de parole
disponibles pour les locuteurs et l’économie de la parole à laquelle ces
locuteurs participent. Ainsi, Hymes a offert une base théorique pour l’étude
du langage qui tient compte à la fois de la variation linguistique d’un individu
à l’autre et de la cohérence linguistique relative à travers le domaine social,
tout en offrant une heuristique méthodologique pour étudier la
communication, qui est souvent représentée en termes de
mnémonique parlant bien connu.
MODEL SPEAKING
Le modèle SPEAKING est un modèle pour optimiser la communication pour
éviter les malentendus et les failles communicationnelles. Pour cela, nous
avons le modèle de communication efficace, comprenant 8 paramètres.
Le paramètre « S » ou Setting
Le premier paramètre détermine le
cadre de la communication, on peut
parler du cadre physique et du cadre
socioculturel.
Le temps qu’il fasse est un
paramètre très important
LE CADRE MATÉRIEL OU PHYSIQUE
Le cadre physique prend en compte la scène de communication. Les
paramètres et les attitudes à adopter dépendent des conditions
physiques. Pour cela, le temps et le lieu sont les paramètres à identifier.
En gros, il faut bien choisir le « bon moment, au bon endroit ».
Le lieu peut varier de formel à informel. Il y a des endroits qui
nécessitent des contraintes particulières comme un tribunal par
exemple, qui est un endroit formel.
Le temps est aussi très important pour la réussite d’un échange. Par
exemple, pour l’organisation d’un événement en mois d’octobre, par
rapport au climat à Madagascar, il n’est pas trop conseillé d’opter pour
un style champêtre, un événement à l’extérieur
LE CADRE SOCIOCULTUREL
Cela prend en compte le domaine où
se déroule la communication. On
peut aussi l’appeler cadre
psychologique, car l’attitude dépendra
de la scène culturelle et sociale. Il faut
pour cela bien analyser le domaine et
la culture, suivant le cadre physique
comme disait Paul Watzlawick : « on ne
communique pas, on participe à une
communication ». On peut prendre en
compte différents degrés de domaine
comme le domaine familial, le domaine
professionnel, le domaine religieux,
etc. Par exemple, vu le problème de
la sécurité à Madagascar, on ne va pas
se balader ou aller chez les marchands
Il faut prendre en compte tout de friperies en portant des bijoux en or
ou le
valeureux, même les bijoux fantaisie pas cher attirent les pickpockets.
C’est ça prendre en compte le cadre social.
« P » ou Participant
Lors d’une communication, on peut avoir plusieurs interlocuteurs. Mais
les participants ne sont pas seulement ceux qui participent directement
aux échanges. Dell Hymes dans son étude a confirmé qu’on qualifie de
participants ceux qui participent directement ou indirectement à la
communication. En effet, on peut distinguer plusieurs types de
récepteurs dans l’analyse du modèle SPEAKING.
LES TYPES DE RÉCEPTEURS
Le récepteur allocutaire et le récepteur non-allocutaire. On peut
qualifier de récepteur allocutaire toute personne directement ciblée par
le message. Évidemment, un récepteur non-allocutaire est donc celui qui
reçoit le message malgré le fait que l’émetteur ne s’adresse pas
directement à lui. Pour être plus claire, voyons un exemple : lors d’une
annonce écrite pour la distribution d’appareil auditif gratuit au sein
d’une commune, on cible ceux qui ont un problème auditif. Mais tous
ceux qui passent peuvent lire l’annonce, même s’ils ne sont pas ciblés.
On peut donc dire que ces personnes sont des
récepteurs non allocutaires.
On peut aussi distinguer le récepteur ratifié et
non ratifié. On qualifie de ratifiées les personnes
dont la présence est acceptée pendant la
communication. Les récepteurs non ratifiés sont
ceux qui reçoivent la communication sans y être
invités. Par exemple, lors d’une réunion
administrative au sein d’une entreprise ou au sein
d’une société, une décision est prise par les
responsables administratifs. Ces personnes sont
des récepteurs ratifiés. Mais à ce moment, la femme de ménage passe et
entend cette décision à travers la porte, donc c’est un récepteur non
ratifié.
Ceux qui écoutent aux
portes sont des récepteurs
non ratifiés
Le récepteur peut aussi être anonyme ou personnalisé. Un récepteur
est dit anonyme lorsqu’il ne présente aucune relation personnelle avec
l’émetteur du message. Même si cette relation existe, on le qualifie
d’anonyme lorsque la relation n’est pas manifestée. Par exemple lors du
discours du président de la République, le peuple est un récepteur
anonyme, car personne ne manifeste aucune personnalisation de la
communication.
LES CARACTÉRISTIQUES DES PARTICIPANTS
Ces caractéristiques sont vraiment importantes. On peut distinguer
l’importance numérique et la répartition. L’importance numérique
qualifie le nombre de participants et on peut en distinguer 3 sortes :
la communication interpersonnelle ou interindividuelle, entre deux
personnes
la communication de groupe, entre plusieurs personnes
la communication médiatique, sur les médias comme la radio,
la télévision ou la presse écrite.
Pour la répartition, il y en a aussi 3 sortes :
la communication unilatérale, par le modèle linéaire de Shannon et
Weaver, c’est à dire de l’émetteur au récepteur sans feed-back.
la communication réciproque, suivant le modèle de Ferdinand de
Saussure qui favorise l’échange.
la communication médiatisée qui utilise un média quelconque. Il y a
la diffusion minoritaire comme un appel téléphonique et la diffusion
majoritaire, comme une émission de télé-réalité par exemple.
LA PRÉSENCE ET LA NON-PRÉSENCE
La présence détermine les situations de face à face, c’est-à-dire quand les
interlocuteurs se voient directement. Tandis qu’on parle de non-
présence les situations qui nécessitent des intermédiaires.
Ends ou objectifs pour « E »
Dans une communication d’entreprise, l’objectif contribue beaucoup aux
enjeux. C’est pourquoi le modèle SPEAKING prend en compte les
objectifs de la communication. Pour cela, nous avons les 6 fonctions de
communication établies par Jakobson. Selon ce linguiste, la
communication présente 6 fonctions, selon les éléments du message. Les
voici :
la fonction référentielle : fait référence au contexte général de la
communication
la fonction expressive ou émotive : correspondant à l’émetteur. Ce
dernier communique ses sentiments, ses ressentis. On peut voir une
fonction émotive dans la phrase : « j’ai faim »
la fonction conative : également appelée impressive, cette fonction
va susciter une réaction au récepteur. La fonction conative vise à
inciter le récepteur à réagir comme dans « ferme la porte ! »
la fonction métalinguistique : au niveau du code linguistique, c’est
donner plus d’explication, d’améliorer les codes communicationnels.
Par exemple, au lieu de « j’ai faim », on peut dire « je n’ai rien mangé
depuis ce matin, c’est normal si j’ai faim »
la fonction phatique : elle sert à commencer, à maintenir et à mettre
fin à la communication. Il y a le phatique d’appel comme « allô », le
phatique de maintien comme « ne quittez pas la ligne » et le phatique
de clôture comme « je vous souhaite une bonne journée, au revoir »
la fonction poétique : c’est la beauté du message à proprement dit.
Cette fonction concerne surtout les figures de style et les petits jeux de
mots pour améliorer un message.
« A » ou Acts du modèle SPEAKING
Le terme « acts » est un peu implicite pour ce paramètre. En effet, il s’agit
des différentes séquences de la communication par ordre chronologique.
Ce paramètre prend aussi en compte le fond et la forme de la
communication. On peut distinguer pour cela la communication
ritualisée et la communication non ritualisée.
La communication ritualisée est celle qui suit un cours logique et qui
nécessite quelques rituels à suivre. Par exemple lors d’une inauguration,
il y a un programme à suivre qui ne sera pas interrompu par d’autres.
Par contre, lorsque la communication est libre, on la qualifie de non
ritualisée. Par exemple lors d’une réunion entre amis, plusieurs sujets de
discussion peuvent avoir lieu et en couper d’autres.
Le paramètre « K » pour Key
Key ou tonalité, en communication désigne en quelque sorte
l’atmosphère de communication. On peut donc distinguer :
la tonalité positive lorsque l’atmosphère est détendue, voire joyeuse
comme lors d’une fête de fin d’année
la tonalité neutre comme lors d’une simple discussion ou d’une
réunion d’information
la tonalité négative lors d’un conflit
Instruments pour le paramètre « I »
C’est l’ensemble des instruments qu’on peut utiliser pour communiquer.
Il y a plusieurs instruments, mais je tiens à noter que dans une
communication, on peut utiliser simultanément plusieurs instruments.
On peut distinguer :
la communication verbale, c’est-à-dire tout moyen utilisant la langue
comme la parole, les écrits, etc.
la communication non verbale qui n’emploie pas le langage. Par
exemple les gestes, les attitudes, la posture, etc.
il y a aussi la communication numérique qui peut être verbale ou non-
verbale. C’est dans le cas où on emploie des outils numériques comme
les réseaux sociaux, les médias ou seulement la technologie pour
communiquer.
Le paramètre « N » ou Norms
Il s’agit des règles à suivre lors des échanges. En termes de normes, on
peut en distinguer 3 sortes de normes communicationnelles :
les normes langagières, c’est le langage utilisé dépendra de la situation
de communication. Pour cela, nous avons les différentes sortes de
langage : soutenu, courant, familier et technique
les normes interactives ou appelées normes d’interactions qui est la
connexion et les effets conatifs des uns envers les autres
les normes d’interprétation qui est surtout présent au niveau du
récepteur. Il s’agit du sens du message. On peut inclure la connotation
et la dénotation dans ces normes d’interprétation.
Le dernier paramètre du modèle SPEAKING : Gender pour G
Notre sociolinguiste Dell Hymes n’a pas vraiment rendu cette partie de
son étude assez explicite. C’est en gros le genre de communication, le
type d’activité selon le langage. Le type de discours peut déterminer le
genre de la communication. Par exemple, pour une conférence de
presse, le genre de communication utilisé est la communication
journalistique.
Pour conclure, le modèle SPEAKING est le modèle de communication à
ne pas négliger pour une communication réussie. Elle est aussi
importante pour la mise en place des différentes stratégies
marketing avec les autres formes d’analyse comme SWOT, QQOQCP, etc.
D’ailleurs, ce modèle est le plus prisé à la filière STICOM dans l’étude de
la communication organisationnelle. Alors, parce que « tout est
communication », n’hésitez pas à appliquer ce modèle même dans la vie
quotidienne.