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L'abus - de - Confiance - Final

Ce document traite des règles juridiques de l'abus de confiance au Maroc. Il aborde les éléments constitutifs de ce délit, notamment l'élément légal, matériel et moral. Il présente également le régime répressif de l'abus de confiance selon le code pénal marocain.

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L'abus - de - Confiance - Final

Ce document traite des règles juridiques de l'abus de confiance au Maroc. Il aborde les éléments constitutifs de ce délit, notamment l'élément légal, matériel et moral. Il présente également le régime répressif de l'abus de confiance selon le code pénal marocain.

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01/11/2023

L’ABUS DE
CONFANCE

Réaliser par :
Sous la direction de : Mme SAHRANE OUAGHZANE Hanane
Lamiae
HAJJOUB Siham
SAMY Nisrine
Table des matières
I. Les règles juridiques de l’abus de confiance ............................................................................... 4
1) Chapitre : les éléments constitutifs de l’abus de confiance ......................................................... 4
Section 1 L’élément légale.............................................................................................................. 4
Section 2 L’élément matériel .......................................................................................................... 4
Section 3 L’élément moral.............................................................................................................. 6
2) Chapitre : le régime répressif de l’abus de confiance .................................................................. 6
Section 1 Les Peines applicables a l’abus de confiance ...................................................................... 6
Paragraphe 1 L’abus de confiance simple......................................................................................... 6
Paragraphe 2 L’abus de confiance aggravée .................................................................................... 7
Section 2 Les peines accessoires ........................................................................................................ 8
II. Partie : les manifestations de l’abus de confiance dans le domaine des affaires ...................... 8
L’évolution de L’abus de confiance a travers la jurisprudence française ............................................ 8
Chapitre 1 : L’extension de l’abus de confiance à la remise d’un bien incorporel ..................... 8
Chapitre 2 L’extension de l’abus de confiance à la remise d’une chose non appropriable... 10
Conclusion ..................................................................................................................................... 12
Introduction

Historiquement, l'abus de confiance était considérée dans le droit romain


comme l'infraction de vol, En France aussi elle n'y avait pas une infraction
indépendante qui s'appelle l'abus de confiance, ce sont les dispositions relatives
au vol qui s'est été s'appliquer dans ce type d'infraction, Et c'est qu'à partir de la
révélation que l'abus de confiance s'est dégagé du vol.
Malheureusement, le législateur marocain n'a pas donné de définition précise
de cette infraction, il juste mentionné des actes qui nous mène à dire que cet acte
constitue une infraction de l'abus de confiance, ces actes se manifestent dans le
détournement ou la dissipation des biens qui ont été données par une personne à
un autre personne, En vue de les garder chez lui ou les utiliser, Et les rendre en
fin à son propriétaire.
L’article 547 de code pénal marocain présice que: " quiconque de mauvaise
fois détourne ou dissipe au préjudice des propriétaires, possesseurs ou
détenteurs, soit des effets, des deniers, ou marchandises, soit des billets,
quittances, écrits de toute nature contenant ou opérant obligation ou décharge
qui lui avaient été remis à la condition de les rendre ou d'en faire usage
Ou un emploi déterminer", à partir cet article on constate donc que le
législateur marocain nous a pas donné une définition de l'infraction de l'abus de
confiance, aussi qu'il a conditionné l'existence de la mauvaise foi et que l'abus
de confiance ne concerne que les biens meubles, aussi cette article ne protège
pas seulement les propriétaires des biens mais aussi ceux qui ont un droit sur ces
biens( possesseurs ou détenteurs).
En France le législateur précise dans l'article 114-1 l'abus de confiance comme
étant le fait par lequel une personne de détourner au préjudice d'autrui, des
fonds, des valeurs ou un bien quelconque qui lui ont été remis et qu'elle a
accepté à la charge de les rendre, de les représenter ou d'en faire un usage
déterminer. Le législateur français a souligné clairement et littéralement dans le
même article que l'auteur de l'abus de confiance doit accepter les biens qui lui
ont été remis, " ...qui lui ont été remis et qu'elle a accepté à charge de les
rendre..." , le texte marocain n'a pas conditionné l'acceptation de l'auteur, il suffit
juste que ce dernier détourne des les biens qui lui ont été remis pour que cet acte
soit qualifier comme abus de confiance au Maroc. Les deux législations ont
conditionnés l'existence d'un préjudice et aussi la mauvaise fois.
En Belgique Le code pénal belge existe dans son article 491 que la chose
objet de la remise doit avoir une valeur économique. Les biens sont toujours des
biens mobilier dans la législation marocaine, française et belge.
L'abus de confiance est une infraction très proche de l'infraction de vol, Et
aussi de l'escroquerie, puisqu'ils sont toutes des informations contre des biens, Et
aussi parce que l'infraction d'abus de confiance était considérée comme le vol.
Donc dans l'abus de confiance, la victime a volontairement remis le bien à
l'auteur, en revanche dans le vol le bien a été pris par l'auteur sans aucun
consentement et sans remis volontaire de la victime.
Dans l'abus de confiance il n'y a pas de fraude initial, l'auteur possède un réel
droit sue le bien concerné, Pour que dans l'escroquerie, l'auteur fait croire qu'il
possède un droit sur le bien, par exemple, il retire de l'argent sur le compte de la
victime par une fausse procuration.
Dans le but d’éclairer les idées annoncées ci-dessus, nous sommes dans
l’obligation de faire appel à une problématique qui s’articule autour de la
question suivante :
❖ Quelles sont les manifestations de l’abus de confiance au monde des
affaires ?

Pour répondre à notre problématique posée, nous avons diviser notre plan
en deux parties comme suit ;

• Les règles juridiques de l’abus de confiance


• La pratique jurisprudentielle
I. Les règles juridiques de l’abus de confiance

Nous verrons dans ce cadre en 1er lieux, les éléments constitutifs de délit
de l’abus de confiance, puis en 2eme lieu le régime répressif de ce dernier.
1) Chapitre : les éléments constitutifs de l’abus de confiance
Pour traiter le délit d’abus de confiance, il sera nécessaire de parler du
prime abord sur les éléments constitutif de ledit délit, à savoir ;
➢ L’élément légale
➢ L’élément matériel
➢ L’élément moral

Section 1 L’élément légale

A noter d’abord que l’article 3 de code pénal prévoit que « nul ne peut être
condamné pour un fait qui n’est pas expressément prévu comme infraction par la
loi, ni puni des peines que la loi n’a pas édictées ». Bien évidement que l’élément
légal de l’abus de confiance se présumer à travers les articles 547 et suivants de
livre 3 de code pénal, qui prévoit que « Quiconque de mauvaise foi détourne ou
dissipe au préjudice des propriétaires, possesseurs ou détenteurs, soit des effets,
des deniers ou marchandises, soit des billets, quittances, écrits de toute nature
contenant ou opérant obligations ou décharges et qui lui avaient été remis à la
condition de les rendre ou d'en faire un usage ou un emploi déterminé, est
coupable d'abus de confiance et puni de l'emprisonnement de six mois à trois ans
et d'une amende de 200262 à 2.000 dirhams ».
Ainsi que le code pénal français prévoit de la même façon que l’abus de
confiance est le fait par une personne de détourner au préjudice d’autrui, des
fonds, des valeurs, ou un bien quelconque qui lui ont été remis et qu’elle a
acceptés à charger de les rendre, de les présenter ou d’en faire un usage déterminé

Section 2 L’élément matériel


Il suppose deux conditions ;

➢ La remise d’une chose en vertu d’un contrat de détention précaire, la liste


des biens qui peuvent être objet de l’abus de confiance est fixé par
l’article 547 à savoir ; les effets, les deniers, marchandises, billets,
quittances, autrement dit le numéraire, les objets mobiliers, les effets de
commerce, qui lui avaient été remis à la condition de les rendre ou d’en
faire objet à un usage ou un emploi détermine

Surcroit que la remise de la chose doit présenter 3 caractères qu’on


peut citer comme suit :

• Elle est d'abord necessaire


1

• Elle est ensuite volontaire


2

• Elle est enfin précaire


3

➢ La dissipation et le détournement et volontaire, les deux termes ne sont


pas vraiment synonymes, puisqu’on entend par le détournement le fait de
s’approprier et d’utiliser à son profit un objet individualiser, alors que la
dissipation en revanche concerne un bien qui se consommé par le 1 er
usage
➢ L’acte de détournement donc peut résulter soit de la non restitution de la
chose, soit de son utilisation à des fins étrangères à celle qui avaient été
stipulées

A noter autre fois que le détournement doit être préjudiciable pour


correspondre à la définition de l’abus de confiance, puisque l’article 547 prévoit
et sanction la dissipation ou le détournement commis un préjudice du propriétaire
du possesseur ou détenteur, ce que vaut dire que la loi protéger celui qui a un
droit sur la chose et non pas uniquement un droit de propriété. Ce préjudice peut
être morale ou matériel.
Section 3 L’élément moral

L’abus de confiance est un délit intentionnel qui suppose une intention


frauduleuse, celle-ci consiste ans la double conscience de la précarité de la
détention (découlent de l’obligation de restituer) et d’un comportement en
contravention de cette précarité.

2) Chapitre : le régime répressif de l’abus de confiance


Section 1 Les Peines applicables a l’abus de confiance
Dans ce sens, nous allons traiter les peins applicable de l’abus de confiance
La peine prévue par le code pénal dépend de la nature de l’abus de confiance. Ce
dernier peut être simple ou aggravé.

Paragraphe 1 L’abus de confiance simple

Selon l’article 547 du code pénal marocain qui le considère comme étant un
délit punissable de six mois à trois ans de réclusion et d'une amende de 200 à
2.000 dirhams. Si le préjudice subi est de faible valeur, la durée de la peine
d'emprisonnement sera d'un mois à deux ans et l'amende de 200 à 250 dirhams

En ce qui concerne notre homologue français La personne physique qui se rend


coupable d’un abus de confiance simple est punie de 3 ans et de 375 000 euros
d’amende en vertu de l’article 314-1 du Code pénal.

Dans le cas ou on est face a une personne morale se rendant coupable d’un abus
de confiance simple s’expose à la peine d’amende prévue pour la personne
physique élevée au quintuple (1 875 000) et ce, en vertu l’article 131-38 du
Code pénal.
Concernant la législation marocaine les personnes morales peuvent voir leur
responsabilité pénale engagée , le principe est posé par l’article 127 du code
pénal marocain , Contrairement au droit français, cet article bien qu’admettant la
responsabilité de la personne, soulève des problèmes liés à l’imputabilité, au
champ d’application et sur les conditions de mise en œuvre de cette
responsabilité , le droit français a devancé le législateur marocain en prenant le
soin de préciser le domaine et les conditions de la responsabilité pénale de la
personne morale ; c’est ainsi que l’article 121-2 du code pénal français tout en
excluant l’Etat qui n’est jamais pénalement responsable, vise les collectivités
territoriales mais seulement dans le cadre d’activités susceptible de conventions
de délégation de service public .
Quant aux conditions d’imputation d’une infraction à la personne morale,
l’article 121-2 prévoit la responsabilité des personnes morales pour les
infractions commises, pour leur compte, par leurs organes ou représentants.

Paragraphe 2 L’abus de confiance aggravée

La prise en compte de la relation de confiance est clairement révélée, et cela a


travers la fixation judiciaire de la peine dont l'aggravation va dépendre, non de la
valeur des biens détournés mais de la confiance plus ou moins nécessaire,
imposée ou non, qui s'attache à la personne du délinquant
Autrement dit si l'abus de confiance est commis par un adel, séquestre, curateur,
administrateur judiciaire agissant dans l'exercice ou à l'occasion de leurs
fonctions, Soit par un administrateur, employé ou gardien d'une fondation
pieuse, au préjudice de cette fondation; Soit par un salarié ou préposé au
préjudice de son employeur ou commettant, la peine est l'emprisonnement d'un à
cinq ans et l'amende de 200 à 5.000 dirhams.
Même chose remarqué a travers la lecture de l’article 550, La peine encouru
telle quelle a été prévus par l’article 547 qui est l'emprisonnement est portée au
double et le maximum de l'amende à 100.000 dirhams , lorsque l'abus de
confiance a été commis par une personne faisant appel au public afin d'obtenir,
soit pour son propre compte, soit comme directeur, administrateur ou agent
d'une société ou d'une entreprise commerciale ou industrielle, la remise de fonds
ou valeurs à titre de dépôt, de mandat ou de nantissement.
Section 2 Les peines accessoires

D’après l’article 555 des peines complémentaires différentes des peines


principales existent pour l’abus de confiance commis par les personnes
physiques qui peuvent être frappés pour cinq ans au moins et dix ans au plus de
l'interdiction d'un ou plusieurs des droits mentionnés à l'article 40 a savoir {des
droits civiques, civils ou de famille} et de l'interdiction de séjour.

❖ Remarque

Concernant les personnes morales Le code prévoit des peines accessoire


en vertu de l’article 127 du CP qui dispose << Les personnes morales ne
peuvent être condamnées qu'à des peines Pécuniaires et aux peines
accessoires prévues sous les numéros 5, 6 et 7 de l'article 36>> a savoir
La confiscation partielle des biens appartenant au condamné,
indépendamment de la confiscation prévue comme mesure de sûreté par
l'article 89; La dissolution d'une personne juridique; La publication de la
décision de la condamnation.

II. Partie : les manifestations de l’abus de confiance dans le


domaine des affaires

L’évolution de L’abus de confiance a travers la jurisprudence


française
La pratique jurisprudentielle française a mis en place un raisonnement afin de
caractériser la précarité de la remise tenant en l’affectation du bien et permettant
ainsi l’extension du délit d’abus de confiance portant sur un bien incorporel
section 1et admettant de surcroît que le délit puisse porter sur une chose qui ne
peut être appropriable section 2 .
Chapitre 1 : L’extension de l’abus de confiance à la remise d’un
bien incorporel

Les dispositions de l’article 314-1 du nouveau code pénal admet que


l’infraction d’abus de confiance a pour objet « des fonds, des valeurs ou un bien
quelconque ». La nature du terme « un bien quelconque » est bien plus large et
permet de recouvrir un grand nombre d’hypothèses au titre de l’objet de l’abus
de confiance. Le terme de « bien quelconque » permet l’acceptation de la
répression d’un détournement d’un objet incorporel. C’est ce que rappelle la
Chambre Criminelle de la Cour de cassation en rendant un arrêt en date du 14
novembre 20001 par lequel elle rejette le pourvoir du prévenu qui se prévalait
d’avoir usé d’un objet incorporel qui ne pouvait faire l’objet d’un détournement
au sens des dispositions dudit article.
En l’espèce, une société de vente par correspondance était détentrice des
numéros de la carte bancaire d’une cliente ainsi qu’une autorisation de
prélèvement. La société a été sanctionnée sur le fondement de l’abus de
confiance pour avoir transmis le numéro bancaire ainsi que l’autorisation de
prélèvement de la cliente. La Cour admet ici une extension du champ
d’application du terme « bien quelconque » et juge que l’autorisation de
prélèvement doit être considérée comme un bien quelconque dont l’usage
détourné est constitutif de l’objet du délit au motif que cette autorisation revêt
Une valeur patrimoniale. La Cour affirme par la même occasion que les
dispositions de l’article 314-1 « s’applique à un bien quelconque et non pas
seulement à un bien corporel ».
L’admission expresse par la Cour du bien incorporel en tant qu’objet d’abus
de confiance est conditionnée toutefois à l’existence d’un caractère patrimonial.
Il est donc nécessaire que l’objet du délit, bien incorporel, puisse être
appropriable et fasse partie du patrimoine de la victime au moment de la
réalisation de l’infraction.
Concernant le détournement d’une clientèle peut il faire l’objet d’un abus de
confiance au sens de l’article 314-1, sachant bien la clientèle, usant de sa liberté
contractuelle, est seule à détenir la capacité de décider de changer de prestataire,
il semble alors peu probable que le salarié puisse se rendre coupable d’abus de
confiance par le seul fait de détourner la clientèle de son ancien employeur.
S’agissant d’informations relatives à la clientèle, la chambre criminelle
l’affirme pour la première fois, dans un arrêt du 16 novembre 20112, précisant
que, les dispositions de l'article 314-1 du code pénal s'appliquant « à un bien
quelconque, susceptible d'appropriation » et que « les informations relatives à la
clientèle constituent un bien susceptible d'être détourné » (Crim. 16 nov. 2011,
n° 10-87.866).

I. 1 Arrêt de la cour de cassation, chambre criminelle, du 14 novembre 2000, 99-84.522, Publié au bulletin

II. 2 Arrêt de la cour de cassation, chambre criminelle, 16 novembre 2011, 10-87.866, Publié au bulletin
L'arrêt rendu en 2017 par la chambre criminelle de la Cour de cassation3
vient confirmer cette jurisprudence à propos de faits similaires. Une société
commerciale de télécommunications, courtier en fourniture de services
téléphoniques, avait porté plainte et s’était constituée partie civile du chef d’abus
de confiance à l’encontre de l’un de ses directeur d’agence au sein de la société,
dénonçant des faits de détournement de clientèle commis par celui-ci ainsi que
par une société tierce gérée par l’un de ses anciens salariés. Si les juges du
premier degré ont relaxé les prévenus, la cour d’appel a infirmé le jugement
retenant que « notamment, que les employés d’une société commerciale,
dépositaires des informations sur les clients de celle-ci, peuvent être poursuivis
pour abus de confiance s’ils utilisent ces informations à leur profit personnel ou
pour une structure qu’ils ont créée pour détourner cette clientèle ».
Rejetant le pourvoi formé, la Cour de cassation retient que « en effet, constitue
un abus de confiance le fait, pour une personne, qui a été destinataire, en tant
que salariée d'une société, d'informations relatives à la clientèle de celle-ci, de
les utiliser par des procédés déloyaux dans le but d'attirer une partie de cette
clientèle vers une autre société ».

Ce faisant la haute juridiction réaffirme que les informations relatives à la


clientèle constituent un bien qui, en tant que tel, est susceptible d'être approprié
et qu’il s’agit d'un bien entrant dans les prévisions de l'article 314-1 du Code
pénal, donc susceptible d'être détourné et ce même en l’absence de
détournement préalable de fichiers électroniques ou tout autre support écrit
relatif à la clientèle.

Chapitre 2 L’extension de l’abus de confiance à la remise d’une


chose non appropriable
Cette hypothèse concerne une jurisprudence récente qui étend l’objet de
l’abus à un bien qui ne peut être transmis puisqu’insusceptible d’appropriation
en admettant le détournement du temps de travail.
La Cour est allée beaucoup plus loin en retenant que « le détournement par le
salarié de son temps de travail est un abus de confiance », la question qui se
pose concernant le temps de travail peut-il réellement faire l’objet d’un
détournement au sens même de l’article 314-1 du code pénal?

III. 3 Arrêt de la Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 22 mars 2017, 15-85.929, Publié au bulletin
Cette décision paraît bien sévère en ce que le juge va au-delà de la lettre de la
loi. En effet, alors que le texte dispose que le détournement peut porter sur « des
fonds, des valeurs ou un bien quelconque » il semble peu probable que le temps
de travail puisse être assimilé à un bien quelconque appropriable ayant une
valeur patrimoniale et de surcroît, être remis par l’employeur à l’employé à titre
précaire. Dans un arrêt du 19 juin 20134, dans lequel la Chambre criminelle a
décidé que « l’utilisation, par un salarié, de son temps de travail à des fins autres
que celles pour lesquelles il perçoit une rémunération de son employeur
constitue un abus de confiance ».
En l’espèce, une personne employée par un centre de rééducation incitait les
clients à faire confectionner leur prothèse par une autre personne. Cette dernière
procédait au travail, au vu des moulages réalisés par la première pendant ses
heures de travail. Le prothésiste reversait un certain pourcentage à la première
personne, via une société constituée à cette fin
Cette personne n'avait pas évoqué l'entente lucrative avec le prothésiste et n'avait
pas conclu d'avenant à son contrat de travail qui comportait une clause
d'exclusivité
En l'état des éléments de preuve, la cour d'appel avait justifié sa décision.
Pour la Cour de cassation, l'utilisation par un salarié de son temps de travail à
des fins autres que celles pour lesquelles il perçoit une rémunération de la part
de son employeur, constitue un abus de confiance. La formulation peut paraître
excessive. Sans doute, un salarié doit consacrer le temps convenu à l'activité qui
lui a été confiée.
Le temps n’étant pas un bien – même quand il est de l’argent –, c’est de la
force de travail du salarié dont il était en réalité question, c’est-à-dire l’ensemble
des facultés corporelles et intellectuelles qui lui permettent de travailler. Or,
puisqu’il est sanctionné pour les avoir détournées, c’est que, préalablement, elles
étaient à la disposition du seul employeur auquel il les avait remises durant son
temps de travail.

IV. 4 Arrêt de la Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 19 juin 2013, 12-83.031, Publié au bulletin
Conclusion

En conclusion, la confiance est un élément essentiel des relations humaines


en général et précisément dans le monde des affaires, mais il est important d'être
conscient des risques d'abus de confiance et de prendre les mesures nécessaires
pour prévenir et lutter contre ce phénomène. En faisant preuve de prudence, de
transparence, de responsabilité et de communication ouverte, nous pouvons
contribuer à créer un environnement de confiance mutuelle et à réduire les cas
d'abus de confiance. Ce que nous amener a poser des questions ouvertes a
propos de la distinction entre l’abus de confiance et l’abus des biens sociaux,
ainsi à quel point le législateur peut réussir à la réalisation et manifestation de
l’abus des biens sociaux ?

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