ASSAINISSEMENT
Public cible :
Licence professionnelle (Ing. de
travaux génie civil - L3P)
Licence scientifique (3e année)
DENYIGBA KOKOU DONUDENU
Ing. Sc & tech de l’eau et l’Environnement
Ecole doctorale EAU-VILLE-ENVIRONNEMENT (Centre d’Enseignement et de
Recherche de L’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées –Paris)
Consultant WASH
mail: [Link]@[Link]
Version avril - 2018
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CONTENU DU COURS
Chapitre I. INTRODUCTION GENERALE
A. Généralités sur la voirie et les réseaux divers
B. Vue d’ensemble sur la situation de l’assainissement dans le
monde et en Afrique sub-saharienne en particulier
C. Aperçu sur les types d’eaux usées et leurs compositions
D. Schéma général de l’assainissement des eaux usées et des
excrétas en Afrique sub-saharienne
Chapitre II. LES INFRASTRUCTURES ET OUVRAGES
D’ASSAINISSEMENT
A. Classification et fonctions des réseaux d’assainissement
1. Réseaux de collecte et d’évacuation des eaux usées et
excréta
2. Réseaux de collecte et d’évacuation des eaux pluviales
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B. Classification et fonctions des ouvrages d’assainissement
d’eaux usées et excréta
1. Ouvrages d’assainissement collectif
2. Ouvrages d’assainissement autonome
3. Cas particulier du traitement des boues de vidange (STBV)
C. Les différentes filières d’assainissement des eaux usées et
excréta
Chapitre III. Dimensionnement réseaux et ouvrages
d’assainissement d’eaux usées et excréta
1. Réseaux d’assainissement collectif
2. Réseaux d’assainissement des eaux pluviales
3. Ouvrages d’assainissement collectif
4. Ouvrages d’assainissement autonome
Chapitre IV. Exploitation et entretien des réseaux et ouvrages
d’assainissement
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OBJECTIFS DU COURS
OBJECTIFS DE FORMATION
Sur leur lieu de travail, les apprenants sont en mesure
d’appliquer les méthodes d’assainissement comme
outils en travaux publics, pour l’aménagement (en
milieu urbain et rural) de voirie et réseaux divers
(VRD).
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OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de ce cours, les apprenants devront être capables de :
Identifier les différents infrastructures et ouvrages de collecte et
d’évacuation des eaux usées et excréta et les eaux pluviales dans
une agglomération ;
Dimensionner les réseaux de collecte et d’évacuation des eaux
usées et excréta, les eaux pluviales et les ouvrages de traitement y
afférents ;
Maîtriser les différentes technologies et filières
d’assainissement des eaux usées et excréta en milieu urbain et rural
Exploiter un réseau d’assainissement d’eaux pluviales et d’eaux
usées et excréta ;
Entretenir un réseau d’assainissement d’eaux pluviales et d’eaux
usées et excréta.
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I. INTRODUCTION GENERALE
A. GENERALITES SUR LA VOIRIE ET LES RESEAUX DIVERS
1. Définition
Selon le dictionnaire professionnel du BTP,
Voirie = ensemble des voies de circulation
Voirie et réseaux divers (VRD) = Ensemble de tous les ouvrages
réalisés pour la viabilisation d'un terrain : voirie, alimentation en eau,
gaz, électricité, télécommunications, assainissement, éclairage public,
etc.
2. Mise en œuvre
Les tranchées pour la pose des réseaux divers (eaux pluviales, eaux
usées, eau potable, électricité, gaz, télécommunication, eau chaude,
etc), devrait en principe être réalisées avant la confection des chaussées
ou des trottoirs, quel que soit l’endroit de pose des canalisations (à
même la tranchée ou dans un caniveau).
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I. INTRODUCTION GENERALE
A. GENERALITES SUR LA VOIRIE ET LES RESEAUX DIVERS
Les canalisations sont posées sur sable et enrobées du même
matériau. Un grillage avertisseur en plastique imputrescible de couleur
conventionnelle, variable avec la nature du fluide, est disposée à une
certaine distance au-dessus de la canalisation. Le remblai est fait par
des couches successives damées ou cylindrées avec engin de masse
appropriée. Il est en général fait en grave traitée au ciment ou non.
Les caniveaux sont des ouvrages annexes de voirie destinés à la
collecte des eaux pluviales de la chaussée et éventuellement du trottoir ;
ils sont en général constitués par une surface pavée ou une dalle
préfabriquée en bordure.
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I. INTRODUCTION GENERALE
A. GENERALITES SUR LA VOIRIE ET LES RESEAUX DIVERS
Dans les routes secondaires et dans les petite agglomérations
rurales, les caniveaux sont remplacé par des accotements dérasés et
des fossés qui servent à transporter les eaux pluviales. Lorsque la zone
concernée devient plus considérable, et l’apport prévisible plus
important, le volume des eaux pluviales à évacuer nécessite des fossé
importants en bétons!
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I. INTRODUCTION GENERALE
A. GENERALITES SUR LA VOIRIE ET LES RESEAUX DIVERS
Pose de conduite d’adduction d’eau potable en
PVC =200 mm
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I. INTRODUCTION GENERALE
A. GENERALITES SUR LA VOIRIE ET LES RESEAUX DIVERS
… Remblai après la pose de conduite
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I. INTRODUCTION GENERALE
A. GENERALITES SUR LA VOIRIE ET LES RESEAUX DIVERS
…. Grillage avertisseur après remblai : la
couleur bleue est conventionnelle pour les
conduite d’eau potable par exemple!
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I. INTRODUCTION GENERALE
A. GENERALITES SUR LA VOIRIE ET LES
RESEAUX DIVERS
… Engins sur chantiers de travaux publics
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+
… Canal d’évacuation d’eaux pluviales à ciel
ouvert Ouagadougou…
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+
… Ouvrages d’assainissement …
Station de traitement des boues de vidange à ciel
ouvert (Zagtouli, ONEA-2016 )
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Vidéo 1 : réseau et station d’épuration
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En résumé, les VRD :
désignent la réalisation des voies d'accès, la mise en œuvre des
réseaux d'alimentation en eau, en électricité et en télécommunication…
concernent aussi la construction et l'entretien des réseaux d'évacuation
d'eau de pluie, ou d'eaux usées. Ces réseaux permettent à un terrain de
recevoir une construction.
les travaux permettent aussi l'embellissement d'un environnement
urbain ou rural lors de travaux d'enfouissement des réseaux, de pavage
des rues ou de réfection des trottoirs, etc
sont fonction de l'aménagement prévu et des besoins de la population.
Ainsi, ils sont différents suivant que l'on projette de construire un
lotissement, une zone commerciale, une zone industrielle ou un espace
public.
Les ouvrages constitutifs des VRD sont :
le terrassement …
les travaux d’aménagement urbain …
l’assainissement …(liquide et déchets solides, …)
les ouvrages annexes (génie civil, …)
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B. SITUATION DE L’ASSAINISSEMENT DANS LE MONDE ET EN
AFRIQUE SUB-SAHARIENNE EN PARTICULIER
1. Contexte
Accès à l’eau et à l’assainissement : un des défis majeurs du
XXIe siècle et une question d’actualité
Burkina Faso (2014) : 1er forum sur l’eau et
l’assainissement à Ouagadougou (12-14 fév 2014) sur le thème
Accès à l’eau et à l’assainissement pour tous d’ici 2030?
En 2014 : l’accès à l’eau potable = 87% (milieu urbain), 64% (milieu
rural), contre 32% pour l’assainissement (milieu urbain) et seulement
9% (milieu rural) : Source, ONEA-2014)
Burkina Faso (2018) : 3e forum …. 01-03 fév 2018) = Gestion
partagée et inclusive pour l’atteinte des ODD Eau et Assainissement
au Burkina Faso
« Accès universel à l’assainissement : quels défis spécifiques en
milieux rural et urbain? » = un des thèmes abordés …
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B. SITUATION DE L’ASSAINISSEMENT DANS LE MONDE ET EN
AFRIQUE SUB-SAHARIENNE EN PARTICULIER
Selon l’OMS & l’UNICEF (2014), dans le monde :
Près de 1400 enfants meurent chaque jour de maladies dues à de
l’eau non potable et aux mauvaises conditions d’assainissement ;
Plus de 660 millions de personnes, soit 1/10 habitant de la
planète, n’a pas accès à l’eau potable dans le monde.
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Près de 2,4 milliards de personnes vivent sans installations
d’assainissement adéquates, soit 1/3 habitant de la planète.
La majorité d’entre les populations (80 %) vivant dans des zones
rurales… en particulier en Afrique sub-saharienne et en Asie de
l’Est et du Sud.
Conséquences
80 % des maladies des pays en développement sont liées à l’eau
4 millions de personnes, dont la majorité sont des enfants,
meurent chaque année à cause de maladies liées à l’eau et à des
problèmes d’assainissement et d’hygiène
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Facteurs aggravants
En 2025, les besoins en eau auront augmenté de 20%, en raison
essentiellement de l’accroissement démographique, de
l’urbanisation et de l’industrialisation ;
Les ressources en eau sont constamment réduites par le rejet de
déchets, la contamination, l’érosion, la désertification
(réchauffement climatique) et la surexploitation;
La distribution non équitable des ressources en eau conduit à des
tensions pour son contrôle entre les communautés et les pays !
Le Conseil Mondial de l’Eau tenu à Mexico (mars 2006) dit :
«L’absence d’eau ou sa mauvaise qualité tue chaque année dix
fois plus que toutes les guerres réunies ». (ACF, 2006)
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Assainissement autonome au Burkina Faso
(INSD, 2015) : 51% des ménages pratiquaient la défécation à l’air
libre, contre 63,5 en 2005, 31% ont recours à des latrines
traditionnelles, non améliorées ;
PNUD, INSD (2015) : taux de couverture en assainissement est
d’environ 11% et près de 84% ne disposent pas de systèmes
d’évacuation, ni de traitement des eaux usées ; le réseau d’égout
ne couvre plus que 0,2% des besoins.
Il y a une disparité énorme entre le milieu urbain et le milieu rural
en matière de couverture d’assainissement : en milieu urbain
environ 72% utilisent les latrines ordinaires, alors qu’en milieu rural,
environ 71% des ménages défèquent à l’air libre.
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Couverture mondiale d’accès à l’assainissement (OMS &
UNICEF, 2012)
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2 - L’assainissement
2.1 Définition
- une démarche visant à améliorer la situation sanitaire globale de
l'environnement dans ses différentes composantes. Il comprend la
collecte, le traitement et l'évacuation des déchets liquides, des
déchets solides et des excréments.
- ensemble des techniques et méthodes visant à traiter les eaux
usées
L’assainissement est fortement lié à la santé publique en raison des
nombreuses maladies dues à un milieu malsain. La proximité avec
les eaux usées peut engendrer des maladies à transmission fécale-
orale (diarrhée, typhoïde, hépatites, choléra), ou liées à un vecteur
(paludisme, filariose, dengue, etc), latrines défectueuses ou
inexistantes, ….
Les déchets solides, en subissant une rapide décomposition
peuvent être des sources de pathogènes : leur collecte et leur
élimination contribue également à maintenir un environnement
salubre !
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Globalement , l'assainissement comprend :
- la collecte
- l'évacuation
- le traitement
- la gestion
des eaux et des solides usagés : eaux de ruissellement, drainage,
lavage, eaux usées provenant de toilettes, d’excréments, et
déchets solides d’origines diverses (domestique, agricole,
industrielle, médicale…).
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2.1.1 - Pourquoi assainir ?
Pour mieux assurer la salubrité publique
25
Pour mieux préserver l'environnement
26
Pour mieux sécuriser les autres sources d’eau
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C - LES TYPES D’EAUX USÉES ET LEURS COMPOSITIONS
Eaux usées = eaux déjà utilisées à diverses fins, donc
souillées!...
1. Eaux usées domestiques
1.1 Classification :
- eaux-vannes (EV) ou « eaux noires » (urines et matières
fécales). Elles sont exclusivement issues d’un immeuble à usage
d’habitation ou de service
- eaux ménagères ou « eaux grises » = eaux pas trop chargées,
réutilisables pour l’arrosage sans traitement (cuisines, salles de
bain, lavage du linge, ...)
Les eaux ménagères constituent environ 2/3 du volume total des
eaux usées domestiques, soit 80% de la consommation totale
journalière d’eau par habitant.
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Les eaux vannes quant à elles représentent environ 1/3 du
volume total des eaux usées domestiques.
Dans les grandes villes d’Afrique subsaharienne, elles sont
estimées en moyenne entre 20 et 50 litres/habitant/jour et
composées de 70 à 80% d’eau, de matières fécales et d’urines.
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1.2 Composition des eaux usées domestiques
Matières organiques et minérales solubles (elles sont
généralement biodégradables);
Matières en suspension et colloïdales (représentent des
« charges polluantes » et varient en fonction du temps et du niveau
de vie des habitants ); ces matières se présentent sous trois
formes, à savoir :
- matières décantables en 2 heures (test en cône d’Imhoff) ;
- matières en suspension non décantables en 2 heures en raison
de leur fine granulométrie, leur faible densité et leur état colloïdal
- les matières dissoutes (sels minéraux, …)
Les eaux usées domestiques contiennent également des
microorganismes divers (bactéries, virus, vers parasites, etc) issues
des excrétas et dont certains sont potentiellement pathogènes pour
l’homme et les animaux. On y retrouve accidentellement des
hydrocarbures, des antibiotiques, qui sont des inhibiteurs de
l’activité biologique au cours de l’épuration des eaux.
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2. Eaux usées « non domestiques »
Elles sont issues des activités artisanales, commerciales ou
industrielles. On y trouve :
- eaux usées industrielles : variabilité et extrême diversité rend
parfois très difficile leur caractérisation. Mais on a pu que relever la
composition et les caractéristiques des eaux industrielles sont en
fonction de leur origine et des usages. Par exemple :
- Les effluents à charge minérale dominante proviennent des
exploitations minières et des carrières et sont très chargés en MES,
en métaux lourds (mercure, plomb, zinc, manganèse…) et en
composés très toxiques comme les cyanures ; le pH est souvent
très loin de la neutralité, tantôt acide, tantôt basique.
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- effluents à charge organique dominante : souvent issus des
industries agro-alimentaires ; ils sont en général biodégradables à
l’exception de certaines industries de transformation de peaux et
cuirs qui contiennent une forte proportion de chrome hexavalent
(très toxique!)
- effluents chauds : proviennent des centrales thermiques, tandis
que les effluents très toxiques et dangereux proviennent des
industries chimiques.
- Eaux usées agricoles : En Afrique, ces eaux proviennent pour la
plupart des établissements zootechniques et de l’agriculture intra et
périurbaine pratiquées dans les bas-fonds marécageux, espaces
libres dans les périphéries urbaines avec parfois l’utilisation
d’intrant (engrais chimiques et pesticides). Ces eaux peuvent être
confondues aux eaux de ruissellement qui transportent de quantités
importantes d’azote, phosphates et résidus de pesticides.
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- Les eaux de ruissellement : comprennent les eaux de pluie, les
eaux de lavage des rues, de jardins et parkings publics et les eaux
de drainage des sols.
3 - Paramètres physico-chimiques caractéristiques des eaux
usées
- température (°C) : celles favorables au milieu aquatique varient
entre 10 et 25°C sous climat tempéré et jusqu’à 37°C ou plus sous
climat tropical ; très favorables à la croissance accélérée des
microorganismes ;
- conductivité électrique (S/cm, mS/cm, µS/cm) : traduit la
minéralisation globale de l’eau, c-à-d la présence de sels minéraux
dissous ;
-pH (H3O+) : les valeurs favorables pour les microorganismes
épurateurs se situe entre 6,5 et 8.
- MES : traduit la présence de résidus secs non filtrables en
suspension (mg/L).
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- Demande biochimique d’oxygène et DBO5, (mg/L de O2 ) :
mesure la quantité de matières organiques biodégradables, exprimée par
la quantité d’oxygène nécessaires à des microorganismes pour oxyder les
matières organiques en 5j pour DBO5, à une température constante (20°C);
au-delà de cette période, un autre processus commence (la nitrification) ;
- Demande chimique d’oxygène (DCO, mg/L de O2) : traduit l’oxydation
des matières organiques par voie chimique, qu’elles soient biodégradables
ou non ; c’est la quantité d’oxygène nécessaire pour oxyder cette matières
organique sans intervention d’êtres vivants ;
- Carbone total (organique (TOC, mg/L de O2) : caractérise la quantité
totale de matière organique carbonée présente dans l’eau, après
combustion à 900°C ; sa détermination est cependant coûteuse.
Ces 3 paramètres constituent les critères d’évaluation de la
pollution carbonée dans les eaux usées, DBO et DCO étant les plus
utilisés à cause de leur facilité de détermination.
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Remarque d’usage : il existe une relation constante entre DBO et DCO
pour apprécier le niveau de traitabilité biologique des eaux usées ; cela est
donné par le rapport DCO/DBO5 (tableau 1).
En fonction de ce rapport, les types d’eaux usées et leur degré de
traitement biologique requis est donnée.
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- Azote - Phosphore
Il s’agit précisément des composés Azote et Phosphore.
L’azote (N), peut exister sous forme minérale ou organique et sa
transformation par le cycle de l’azote produit l’azote minéral (NH3, NO2,
NO3)
Pour le phosphore, son cycle produit du phosphore minéral ou
phosphate (PO4) assimilable par les plantes comme le NO 3
4 - Paramètres biologiques
- Indicateurs bactériens de pollution fécale (Escherichia coli et le
groupe des Coliformes thermotolérants, les entérocoques fécaux ou
intestinaux, …) qui sont les principaux agents d’épuration biologique des
eaux ; ils appartiennent pour la plupart à flore intestinale de l’homme et des
animaux à sang chaud.
- Microflore et microfaune aquatiques très diversifiées
- virus : strictement inféodés à leur hôte, ils sont de plus en plus cités
comme faisant partie des indices de la pollution fécale (entérovirus), et
responsables de nombreuses pathologies humaines ;
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- œufs d’helminthes et kystes de protozoaires : ce sont des
parasites intestinaux évacués avec les matières fécales dans
l’environnement et responsables de maladies parasitaires diverses
comme la dysentérie amibienne, la bilharziose, gastro-entérites (taenia,
ascaris, ankylostomme, …)
5. Types de pollution
5.1 Mécanismes de pollution
Les eaux usées urbaines contiennent des substances
dangereuses qui se présentent sous forme dissoutes ou
particulaires. Ces substances polluent le milieu aquatique selon un
double mécanisme :
- de transfert vertical, lié à la perméabilité du sol ; sa prise en
compte est complexe du fait de l'extrême variabilité et
l'hétérogénéité des sols = pollution de nappe souterraine
- de transfert latéral, lors du ruissellement et de l'érosion dans le
bassin versant considéré.
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Deux formes de pollution :
- pollution ponctuelle : se limite à ce qui est observé, mesuré par
des enquêtes ou par des prélèvements directs in situ et analyses
ultérieures des échantillons en laboratoire ; les sources de pollution
ponctuelle émettent des micro- polluants localisables et donc
facilement maîtrisables ;
- pollution diffuse : représente tout ce qui est inconnu (fuite en
réseau, eaux parasites, etc.) ainsi que les micro-polluants (riches
en sédiments) drainés lors des pluies dans le réseau
hydrographique. Les imprécisions de repérage des points d'entrées
en réseau des sources de pollution diffuse rendent difficile tout
échantillonnage à la base et donc l'application des nomes.
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- Pollution par métaux lourds
• Très préoccupante. Les plus courants sont, les oligoéléments
indispensables à faible dose (cuivre, zinc, manganèse), les
éléments dangereux (cadmium, mercure, plomb, chrome) et les
métalloïdes redoutés (arsenic, étain, antimoine).
• Le degré de pollution est défini en fonction des paramètres de
pollution rencontrés dans les eaux usées.
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6. Niveaux de pollution
- la pollution « primaire » est caractérisée par les paramètres
physiques explicités par des valeurs hors normes de la
température, la conductivité, le pH et les MES ;
- la pollution « secondaire » est atteinte lors qu'on rencontre
dans les eaux usées les substances chimiques organiques tels
que la DBO5, la DCO ou la DTO, en des proportions
relativement importantes ;
- la pollution « tertiaire » est due aux substances chimiques
minérales comme l'azote et le phosphore, et constitue la
principale cause des phénomènes d'eutrophisation ;
- la pollution « quaternaire » est définie par la présence des
paramètres biologiques tels que les bactéries, les virus, etc.
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D. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ASSAINISSEMENT DES EAUX
USÉES ET DES EXCRÉTAS EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE.
• Villes africaines : la quasi-totalité connaît un retard
considérable en matière d’assainissement (collecte et évacuation
des eaux usées et des eaux pluviales, traitement des eaux usées
dans des stations d’épuration, etc.). La multiplicité des tissus
urbains existants de part leur conception et la typologie des habitats
ne permet pas définir le schéma type d’assainissement.
• Deux volets principaux caractérisent le schéma général à
savoir le système individuel (assainissement autonome) et le
système collectif.
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Le système individuel est prédominant à cause de l’importance
des tissus urbains spontanées et de moyen standing composés de
latrines plus ou moins améliorées et des fosses septiques (80%) de
l’effectif des citadins.
Dans certaines villes cependant (Abidjan, Dakar, Douala,
Nouakchott, Ouagadougou, Yaoundé, etc.), on rencontre des zones
(appartenant à la catégorie des villes administrées ou planifiées) où
l'Etat et les municipalités ont mis en place des systèmes collectifs
d'assainissement des eaux usées urbaines équipés en aval de
stations d'épuration.
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