Le sujet est constitué de deux problèmes indépendants que le candidat pourra traiter dans
un ordre indifférent.
PROBLÈME 1
1. On considère dans cette question la suite (un)n∈IN* définie pour tout entier n≥1 par :
1.3….(2n – 1) n 2k − 1
un = =∏
k =1 2 k
2.4…(2n)
(a) On pose, pour tout entier naturel n≥1, vn = n un.
Montrer que la suite (vn)n∈IN* est croissante.
Étudier la nature de la série de terme général wn = ln n+1 pour n ∈ IN*.
v
(b)
vn
(c) Démontrer que la suite (vn)n∈IN* est convergente. On note L sa limite.
L
Comparer, pour tout entier n ∈ IN*, les réels un et .
n
2. On considère dans cette question la fonction ϕ : x → ϕ (x) = 1 – x pour x ∈ [ 0, 1] .
(a) Déterminer la dérivée d’ordre n de ϕ : x → ϕ (n)(x) pour x ∈ [0, 1[.
(b) Soit x ∈ [0, 1[. La formule de Taylor avec reste intégrale appliquée à ϕ sur [0, x]
s’exprime sous la forme ϕ (x) = Pn(x) + Rn(x) où Pn est une fonction polynomiale
de degré n et
1 x
Rn(x) = ⌠ (x – t)nϕ (n+1) dt
n !⌡0
Exprimer les coefficients de Pn en fonction de n. Donner la valeur de P4 .
(b) Démontrer la majoration
1
∀ x ∈ [0, 1[, Rn(x)≤ u ⌠ x (1 – t)–1/2 dt
2 n ⌡0
On pourra remarquer que x – t ≤ 1 – t.
En déduire que
∀ x ∈ [0, 1[, Rn(x)≤ un
(c) Démontrer que la suite de fonctions polynomiales (Pn)n∈IN* converge
uniformément sur [0, 1] vers la fonction ϕ .
Dans la question suivante, on note Qn le polynôme tel que Qn(x) = Pn(1 – x2)
(d) Soit ε un réel strictement positif et M une constante strictement positive.
L2 M 2
Démontrer que si l’ entier naturel N vérifie :N ≥ 2 , alors
ε
ε
∀ x ∈ [–1, 1], x – QN (x)≤
M
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3. On considère dans toute la suite du problème 1 une fonction f continue sur [0, 1] et ε
un réel strictement positif.
On admet qu’ il existe un entier naturel n≥ 2 tel que
1
∀(x, y) ∈ [0, 1], x – y< ⇒ f (x) – f (x)< ε
n
Dans la suite du problème 1, n désigne l’ entier ainsi défini.
(a) Soit g la fonction telle que
∀ k ∈ IN, 0 ≤ k ≤ n, g = f
k k
n n
k k+1
et g est affine sur chacun des intervalles [ , ], 0 ≤ k ≤ n – 1
n n
k k+1
Déterminer l’ expression de g(x) lorsque ≤ x ≤ .
n n
(b) Démontrer que ∀ x ∈ [0, 1], g(x) – f (x)< ε. On pourra remarquer que l’ on peut
écrire g(x) sous la forme g(x) = α f + (1 – α) f
k k + 1
n n
3. Dans cette question, on considère pour n ∈ IN*, les matrices An+1 ∈ Mn+1(IR) :
0 1 2 … … n
1 0 1
2 1
de terme général ( ai, j = i – j) 1≤ i, j ≤ n+1
An+1 =
0 1 2
1 0 1
n … … 2 1 0
bi, i = –1 si i ≠ 1 et i ≠ n+1
1 –n
b1, 1 = bn+1, n+1 =
2n
1
et Bn+1 ∈ Mn+1(IR) de terme général : si i – j=1 alors bi, j =
2
b1, n+1 = bn+1, 1 =
1
2n
bi, j = 0 dans tous les autres cas
On admettra que An +1 est inversible et que A−n1+1 = Bn+1 : ce résultat est démontré en partie
à la question 6.
(a) Soit En+1 l’ espace vectoriel des fonctions g définies sur [0, 1] à valeurs dans IR
k k+1
telles que g soit affine sur chacun des intervalles [ , ], 0 ≤ k ≤ n – 1.
n n
Soit d’ autre part Φ l’ application de En+1 dans IRn+1 telle que
∀ g ∈ En+1, Φ( g) = g 0≤ k ≤ n
k
n
Démontrer que Φ est un isomorphisme de E dans IRn+1 et expliciter l’ unique
fonction gα ∈ En+1 telle que Φ( g) = (a0, a1, … , an) où α = (a0, a1, … , an) ∈ IR n+1.
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(b) Pour tout entier j, 0 ≤ j ≤ n, on note fi ∈ En+1 l’ application
j
t → fj (t) = t – n
Montrer que la famille ( fj )0 ≤ j ≤ n est une base de En+1 : on pourra par exemple
expliciter la matrice de la famille des vecteurs (Φ( fj )) 0 ≤ j ≤ n, dans la base
canonique de IRn+1.
(c) Soit α = (a0, a1,… , an) ∈ IRn+1 et gα ∈ En+1 la fonction définie à la question 4°a),
telle que ∀ k ∈ {0, 1, … , n}, gα = ak.
k
n
Démontrer qu’ il existe n+1 réels λ0, λ1, … , λn tels que
n
∀ x ∈[0, 1], gα(x) = ∑ λk fk(x)
k=0
Déterminer la valeur des coefficients λk, 0 ≤ k ≤ n en fonction de (a0, a1, … , an).
4. La lettre g désigne dans cette question la fonction étudiée à la question 3°a) et QN le
n
polynôme obtenu à la question 2°e) pour la valeur ε > 0 et la valeur M = ∑ λk.
k=0
(a) Déterminer α ∈ IRn+1 tel que g = gα.
En déduire à l’ aide de f la valeur des coefficients λk, 1 ≤ k ≤ n – 1, obtenus à la
question 4°c).
(b) On pose
n
∀ x ∈ [0, 1], R(x) =
∑λ – k
k QN x
n
k=0
Démontrer que
sup f (x) – R(x)≤ 2ε
x∈[0, 1]
(c) Quel théorème vient-on ainsi de démontrer ?
5. On revient sur la matrice An+1 étudiée à la question 4.
Calculer det(An+1) en fonction de n : on effectuera les opérations suivantes :
pour i allant de n+1 à 2 remplacer la ligne Li par la ligne Li – Li–1
pour j allant de 2 à n+1 remplacer la colonne Cj par la colonne Cj + C1.
En déduire que An+1 est inversible.
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