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Mandat D'interet Commun

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Le mandat d’interet commun

Introduction

Le mandat (du latin mandaré, ‘’changer de’’) est le contrat parlequel on commet le soin d’une
affaire à quelqu’un qui s’en charge. C’est un contrat conclu entre un mandant qui veut faire
quelque chose et un mandataire à qui l’on va donner le droit de faire ce quelque chose. Le
contrat va permettre au mandataire d’agir à la place du manadant.

Mais quelques soient les explications que l’on donne, la meilleur définition reste celle du code
civil en son article 1984 1qui dispose que « Le mandat ou procuration est un acte par lequel
une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son
nom. Le contrat ne se forme que par l'acceptation du mandataire »

L’hypothese est assez frequente. C’est l’avocat conduisant une procédure, l’huissier signifiant
un acte pour un plaideur ou encore le fondé de pouvoir d’une société traitant une affaire.

D’un point de vu légal, le code civil distinguait déjà entre le mandat gratuit et le mandat
salarié, en prenant le premier comme modèle. Depuis, les statuts particuliers se sont
multipliés, compte tenu précisément des remunérations accordées et de la professionnalisation
des activités d’intermediaire.

C’est dans cette logique que la jurisprudence2 a pu reconnaitre l’existence d’un mandat
distinct du mandat ordinaire consacré par la loi compte tenu de l’interet commun que procure
la réalisation de l’objet du mandat. C’est le mandat particulier appelé le mandat d’interet
commun.

Le mandat d’interet commun est une création prétorienne apparue au XIXème siècle.

Selon la jurisprudence de la cour de cassation un mandat est d'intérêt commun lorsque le


contrat qui est conclu présente un intérêt à la fois pour le mandant et pour le mandataire.

1
Code civil français, art 1984
2
Com., 10 nov.1959, [Link]., III, n° 384
Le mandat d’interet commun

Il y a mandat d’intérêt commun lorsqu’il y a « intérêt du mandant et du mandataire à l'essor de


l'entreprise par création et développement de la clientèle »3 affirme le juge français dans sa
decision du 20 fevrier 2007.

En d’autres termes, on peut affirmer que le mandat d’interet commun se demarque du mandat
ordinaire du fait de la présence des interets communs et convergents des parties.

N’ayant pas fait l’objet d’une consécration legale, le mandat d’interet commun entretient des
rapports tres proches avec ses notions voisines. Il se distingue nettement de l’agence
commerciale qui a fait l’objet d’un dispositif legal dans le code civil oubien encore du mandat
ordinaire ou de droit commun qui en principe peu etre rompu à tout moment.

Ainsi dans le cadre de cette analye, seul le régime de la rupture du mandant d’interet
commun retiendra notre attention.

Considéré comme une solution qui vient temperer la rigueur de l’article 2004 qui consacre la
révocation ad nutum dans le cadre du mandat ordinaire, il est assez avéré que l’etude d’un tel
sujet revet un interet certain.

D’abord c’est un terrain surlequel la jurisprudence est appelée tres souvent à s’aventurer dans
la mesure où une multitude de decision de justice a été rendu dans ce sens. En outre la
doctrine4 egalement tente de cerner la notion d’interet commun en etablissant ces eléments
carasteritiques mais aussi ces particularités avec les autres type de mandat. Dans la meme
logique, le sujet comporte egalement un intérêt historique, en ce sens que cette étude nous
permettra d’avoir un aperçu sur l’origine de la notion de mandat d’interet commun.

Ainsi, pour mieux apprehender ledit sujet il est necessaire de se poser la question de savoir :

Quel est le regime de la rupture du mandat d’interet commun ?

En effet, une lecture approfondie des decisions rendues par les tribunaux nous permet de
savoir que l’existence d’un interet commun et de certaines conditions specifiques reconnues
par la jurisprudence constituent les conditions de validité de la rupture du mandat.

Ceci etant, l’on pourrait envisager dés lors les effets differemment compte tenu du caractere
légitime ou fautive de la rupture.

3
Cass. Com., 20 févr. 2007, n° 05-
18.444,
4
François terré , droit civil, les obligations, 1981
Le mandat d’interet commun

Eu égard à cela il convient d’aborder les conditions de validité de la rupture du mandat


d’interet commun (I) avant d’etudier les effets (II)

I) LES CONDITIONS DE LA RUPTURE DU MANDAT D’INTERET COMMUN

La particularité de la rupture mandat d’interet commun se mesure à travers l’exigence d’un


interet commun entre les parties (A) mais aussi par l’existence de certaines conditions
specifiques de validité de la rupture (B)

A) L’EXIGENCE D’UN INTERET COMMUN ENTRE LES PARTIES

Comme il a été mentionné precedemment, le mandat d’interet commun se distingue du


mandat de droit commun par le fait que la jurisprudence de la cour de cassation (Cass. com.,
20 févr. 2007, n° 05-18.444) n’admet l’existence d’un tel mandat que lorsqu’il presente un
interet commun entre les parties. Pour la doctrine la notion d’interet du mandataire est
determinant pour la qualification du contrat. L’interet du mandant ne fait lui pas de difficulté,
car il se deduit de l’essence meme du contrat de mandat.

Ainsi, il ne serait pas etonnant d’affirmer que la presence de cet interet commun constitue un
element determinant dans le cadre de la rupture du mandat d’interet commun.

Il en constitue l’element decisif dans le sens ou , contrairement au mandat de droit commun


qui selon les dispositions de l’article 2004 du code civil «le mandant peut révoquer sa
procuration quand bon lui semble, et contraindre, s'il y a lieu, le mandataire
à lui remettre soit l'écrit sous seing privé qui la contient, soit l'original de la procuration, si
elle a été délivrée en brevet, soit l'expédition, s'il en a été gardé minute » ce que nous appelons
la revocation ad nutum, la rupture du mandat d’interet commun aussi bien legitime que
abusive ne peut etre enviagée que lorsque cet interet commun est present. Toutefois il
convient de noter que l’interet dont il s‘agit ici doit etre compris comme l’ensemble des
interets convergents des parties

En effet il serait inexact d’affirmer que pour etre d’interet commun, le mandat doit avoir été
conclu tant dans l’interet du mandataire que du mandant. A ce propos la jurisprudence5 a pu

5
Com.,20 [Link].,IV,n°20
Le mandat d’interet commun

affirmer que le fait pour le mandataire de percevoir un salaire ne suffit pas à lui seul de
considerer le mandat comme d’interet commun.

L’interet commun s‘applique en realité, non au mandat mais à l’acte juridique dont
l’accomplissement est l’objet du mandat. C’est la realisation de l’objet du mandat qui doit
presenter un interet aussi bien pour le mandataire que pour le mandant. Ainsi selon la
jurisprudence l’interet peut etre meme moral.

Dans la meme logique, etant une creation pretorienne, la jurisprudence exige parallelement
certaines conditions specifiques de validité de la rupture.

B) L’EXIGENCE DE CONDITIONS SPECIFIQUES DE VALIDITE DE LA


RUPTURE

Lorsque le mandant est conclu d’interet commun la conséquence naturelle est que les
tribunaux considèrent que le mandataire a droit à une indemnité de fin de contrat identique à
celle de l'agent commercial. Il existe toutefois une différence essentielle: le régime du mandat
d'intérêt commun n'étant pas défini par un texte d'ordre public, il est possible de déroger à
cette règle par contrat.

Toutefois, la jurisprudence considere que dans certaines conditions la rupture du mandat


d’interet commun peut s‘opérer sans donner lieu à une quelconque indemniation.

Ces conditions peuvent etre rangées en 2 categories :

La premiere est une rupture d’origine conventionnelle en ce sens que les parties peuvent
convenir d’un commun accord de rompre le mandat qui les liait ou une clause du contrat dans
laquelle elles décident qu’a la fin du mandat aucune indemnisation ne sera accordée au
mandataire. Cette solution peut etre comprise dans la mesure ou les relations contractuelles
sont gouvernées par le principe de la liberté qui n’est limité que l’ordre public ou les bonnes
mœurs or le mandat d’interert commun est une creation pretorienne il n’y a pas encore une
disposition légale en ce sens. (Cass. com., 3 juill. 2001, no 98-
16.691).

En effet rien n’interdit aux parties de rédiger efficacement leur contrat et de définir les causes
et conditions de cessation de leurs relations. Le mandat peut contenir un préavis de rupture et
Le mandat d’interet commun

en tant que condition contractuelle, ce préavis s’impose aux parties si bien si le mandant l’a
respecté il est inutile de s’interroger sur la légitimité de la cause de rupture.

La seconde est d’origine judiciaire. Le juge peut s‘il est convaincu, admettre que malgré la
rupture du mandat d’interet commun le mandataire n’aura pas droit à indemniation.c’est une
cause difficile à apprecier. La jurisprudence offre cependant de bons exemples de cause
légitime de révocation. On peut citer par exemple la négligence du mandataire (jurisprudence
de la cour d’aix, 5 decembre 1997) ou encore la concurrence que se font les parties selon la
cour de cassation dans son arret du 16 mars 1993.

Reste maintenant à s‘interesser aux effets de la rupture.

II) LES EFFETS DE LE RUPTURE DU MANDAT D’INTERET COMMUN

Les effets de la rupture seront étudiés sous un double angle.

D’abord en cas de rupture légitime du mandat (A) et ensuite en cas de rupture fautive ou
brutale (B)

A) LE CAS DE LA RUPTURE LEGITIME

Au visa de l’article 2004 du code civil, la cour de cassation a décidé que « le mandat
d’intérêt commun a durée indéterminé ne peu être révoqué que par le consentement mutuel
des parties ou pour une cause légitime reconnue en justice ou encore suivant les clauses et
conditions spécifiées au contrat » .Dés lors la révocation du contrat d’agent commercial sans
indemnité est cependant soumise a une faute grave de l’agent .En revanche, cette manière de
rompre peut entrainer des conséquences lourdes sur le plan économique quant le mandat est a
titre onéreux .C’est pourquoi malgré l’article 2004 du code civil, la jurisprudence mis en place
une protection du mandataire en relevant l’existence d’un mandat d’intérêt du mandant et du
mandataire a l’essor de l’entreprise par création et développement de la clientèle :Décision de
la chambre commerciale de la cour de cassation du 8 octobre [Link] au vu d’une
jurisprudence, c’est au mandant de rapporter la preuve de la faute grave de l’agent. Le
mandant doit ainsi prouver que l’agent a commis une faute grave, en faisant des
réclamations précises aux juges qui doivent y répondre. A défaut de preuve sur les
événements reprochés, la faute du mandataire n’est as définie. Il appartient donc au mandant
de prouver que la résiliation du mandat a été justifiée par la faute du mandataire. De plus, le
Le mandat d’interet commun

faits de la faute grave ne peut être valable lorsque le mandant en a eu connaissance et les a
admis jusqu'à la rupture du contrat sans avoir à aucun moment fait état de la faute grave.

Enfin, on peut soulever l’hypothése de la rupture du mandat en raison de l’arrivé du terme ou


en cas de faute judiciairement constatée. Dans ces 2 cas la conséquence naturelle d’un tel etat
de fait est la cessation des rapports contractuels liant les parties. Le contrat de mandat est
rompu et aucune indemnité ne sera accordée au mandataire.

Par contre s‘il s’agit d’une rupture qui ne s’est pas accomplie dans les régles de l’art, de
toute evidence les effets seront différemment appréciés.

B) LE CAS DE LA RUPTURE ABUSIVE

Le particularisme du mandat d’interet commun réside dans le fait que la jurisprudence exige
du mandant le versement d’une indemnité au profit du mandataire à la fin du mandat.

Ainsi, à chaque fois qu’on est en présence d’un tel mandat, sa fin ouvre droit à une
indemnisation sauf exception citée en haut.

Il en est ainsi egalement lorsque la rupture est brutale ou fautive. Certes, le principe demeure
la liberté de rompre les relations contractuelles car la loi interdit les engagements perpetuels,
mais cette liberté s‘exerce dans les régles de l’art.

Selon le COCC « Commet une faute par abus de droit celui qui use de son droit dans la seule
intention de nuire à autrui, ou qui en fait un usage contraire à sa destination. »

Eu egard a cela, l’auteur d’une rupture brutale du contrat de mandat peut voir sa responabilité
engagée et par voie de suite, contraint à verser des dommages et intererts à la victime.

Ainsi, on peut estimer que la finalité est la meme. S’il y’a fin du mandat d’interet commun ou
rupture brutale de la part du mandant, le mandataire peut prétendre à une indemnisation soit
en vertu du mandat d’interet commun lui-même soit sur le fondement de la responsabilité
civile selon le cas.
Le mandat d’interet commun

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