Boll 174 Fra
Thèmes abordés
Boll 174 Fra
Thèmes abordés
LE SOIN ET LA PROTECTION
DES PLUS PETITS ET DES SANS DÉFENSE
PRÉSENTATION 2
LA VIE À L’UISG 43
STAFF UISG 48
1
Présentation
PRESENTATION
Claudia Giampietro
La convention de l’ONU sur les droits de l’enfant et ses implications pour les
œuvres des Instituts religieux
Aujourd’hui les enfants constituent plus d’un tiers de la population mondiale, et
très nombreux sont ceux qui vivent dans une extrême pauvreté, dans des lieux où
l’on n’est pas en mesure de voir l’obligation ni l’opportunité d’investir dans leur
futur. Ce que nous nous demandons concrètement, ensemble, est : Que peuvent
faire les Instituts religieux féminins pour élaborer des lignes directrices pour la
protection des mineurs, qui tiennent compte des principes fondamentaux promus
par la Convention sur les droits de l’enfance?
2
Présentation
pays industrialisés, mais aussi dans d’autres parties du monde. Ces changements
touchent, tout d’abord, le domaine du gouvernement interne, qui ne peut plus être
exercé par les membres européens mais qui passera à des membres provenant de
parties du monde généralement désignées comme les Pays du Sud.
.
3
La convention de l’ONU sur les droits de l’enfant
LA CONVENTION DE L’ONU SUR LES
DROITS DE L’ENFANT ET SES
Claudia Giampietro
Claudia Giampietro
Original en Italien
les enfants, qu’ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même
Claudia Giampietro
protection sociale ».
3 ) La Déclaration des droits de l’enfant de 1959, aussi appelée Déclaration
de New York – Elle comporte dix principes, qui expriment les droits reportés ci-
dessous :
i. Droit à ne pas être discriminé/e
ii. Droit à bénéficier d’une protection spéciale
iii. Droit à un nom et à une nationalité
iv. Droit à une alimentation, à un logement et à des soins médicaux appropriés
v . Droit à recevoir de l’aide s’il est « physiquement, mentalement ou socialement
désavantagé »
vi. Droit à l’amour et à la compréhension
[Link] à l’éducation, dont la responsabilité incombe en priorité aux parents et
ensuite à la société et aux pouvoirs publics
[Link] à recevoir « protection et secours »
ix. Droit à « être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et
d’exploitation »
x . Droit à être protégé contre toute forme de discrimination
4 ) La Convention universelle relative aux droits de l’enfant de 1989 – Elle
est composée de 54 articles et divisée en trois parties. La première partie contient
41 articles où est tout d’abord donnée la signification du terme « enfant », à savoir
« tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus
tôt en vertu de la législation qui lui est applicable » (art.1). Sont ensuite détaillés
les droits fondamentaux de liberté religieuse, idéologique, sociale et sexuelle de
l’enfant. Le droit du mineur à l’autodétermination, en tenant compte de son degré
de maturité, est reconnu. En outre, la Convention détermine les cas où est rendue
indispensable l’intervention des États (art. 19, 20), et les mesures à prendre pour
s’assurer que « l’intérêt supérieur de l’enfant est la considération primordiale » en
matière d’adoption (art. 21). De plus, les États doivent intervenir pour garantir les
mesures appropriées à l’enfant qui cherche à obtenir le statut de réfugié (art. 22),
ou encore pour garantir la dignité des « enfants mentalement ou physiquement
handicapés » (art. 23).
L’accès aux services médicaux et de rééducation est également un droit du
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
inhumains ou dégradants, ou de conflit armé » (art. 39). Notons aussi l’art. 40, qui
reconnait « à tout enfant suspecté, accusé ou convaincu d’infraction à la loi pénale
le droit à un traitement qui soit de nature à favoriser son sens de la dignité et de
la valeur personnelle ». De plus, l’enfant doit recevoir un traitement qui tienne
compte de son âge et qui lui permette de renforcer son respect pour les droits de
l’homme et les libertés fondamentales d’autrui, pour faciliter sa réintégration dans
la société.
La deuxième partie de la Convention concerne la mise en œuvre de mesures
destinées à contrôler que les États parties s’engagent activement à appliquer ce qui
a été décidé, à travers l’institution d’un Comité des droits de l’enfant qui s’acquitte
de différentes fonctions – définies aux articles 43 et 44. La coopération internationale
dans le domaine visé par la Convention est encouragée (art. 45).
La troisième partie, qui comprend les articles 46-54, considère quant à elle la
ratification et l’adhésion de chaque État, ainsi que la détermination de l’entrée en
vigueur (art. 49) et les procédures pour les amendements (art. 50). Elle illustre en
outre la fonction du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies en ce
qui concerne la Convention (art. 53).
De plus, la Convention contient trois Protocoles facultatifs sur la vente des
enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des
enfants. Les États qui ratifient la Convention et les Protocoles facultatifs s’engagent
à respecter ce qui y est établi. Les États ayant ratifié la Convention sont au nombre
de cent-quatre-vingt-seize.
Il existe d’autres traités importants postérieurs à cette Convention qui est
l’objet de mon intervention : la Convention sur l’élimination de toutes les formes
de discrimination à l’égard des femmes (1979) – qu’il est essentiel de mentionner
pour ce qui concerne les droits des petites filles – et la Convention relative aux
droits des personnes handicapées (2006).
enfant de douze ans qui vit dans une famille libanaise, dans des conditions
misérables. Dans la scène d’ouverture, Zain se trouve avec ses parents dans un
tribunal de Beyrouth, où il est détenu pour avoir tenté de se suicider. Il convoque
lui-même ses parents pour les accuser de l’avoir mis au monde. Zain refuse le droit
fondamental à la vie, dans un monde où il est constamment victime d’abus,
perpétrés en premier lieu par ses parents.
Aujourd’hui les enfants constituent plus d’un tiers de la population mondiale,
et très nombreux sont ceux qui vivent dans une extrême pauvreté, dans des lieux
où l’on n’est pas en mesure de voir l’obligation ni l’opportunité d’investir dans leur
futur 1 . Ce que nous nous demandons concrètement, ensemble, est : Que peuvent
faire les Instituts religieux féminins pour élaborer des lignes directrices pour la
protection des mineurs, qui tiennent compte des principes fondamentaux promus
6
La convention de l’ONU sur les droits de l’enfant
Claudia Giampietro
Il faut tout d’abord clarifier l’identité de l’enfant telle que la présente la
Convention : l’art.1 stipule qu’« Au sens de la présente Convention, un enfant
s’entend de tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est
atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable ». Ce qui est établi
est sans aucun doute valable également pour les adolescents jusqu’à l’âge de 18
ans, qui jouissent de tous les droits énumérés dans la Convention. La vulnérabilité
n’est pas déterminée par les seuls critères de l’âge et de la dépendance de parents
ou de tuteurs, puisqu’il existe différentes formes de discrimination à son désavantage
qui peuvent de présenter en même temps dans la vie de l’enfant : la pauvreté,
l’inégalité de genre, le handicap, l’appartenance à des minorités ou à des
groupes désavantagés 2 .
Pour mieux comprendre les différentes étapes de l’enfance, on peut se référer
à la lifecycle approach, une approche fondée sur le cycle de la vie qui permet de
distinguer trois phases : l’âge maternel et les premières années (de l’état prénatal
à l’âge de cinq ans), l’âge scolaire (de six à douze ans) et l’adolescence (de treize
à dix-neuf ans). Chacune de ces phases est caractérisée par des préoccupations
liées à la tranche d’âge concernée et, lorsque l’on traite les problématiques
concernant les enfants et les communautés dont ils font partie, il est souhaitable
de considérer la whole child approach, c’est-à-dire une perspective globale. Il
faut en tenir compte lorsque l’on conçoit des plans d’action et que l’on détermine
des lignes directrices. On pourra ainsi adopter une perspective fondée sur les
droits humanitaires, sur un langage en mesure de refléter l’attention aux
marginalisés et aux exclus (petites filles, enfants appartenant à des minorités,
qui présentent des handicaps, mineurs non accompagnés et autres). Il est clair que
nous ne pouvons pas fournir de liste exhaustive, puisque cela dépend beaucoup du
contexte où l’on exerce des apostolats déterminés (par exemple dans des écoles
ou des foyers). En outre, il faut des figures professionnelles en mesure de garantir
que les enfants soient consultés et que les décisions prises tiennent compte de leur
avis. Les lignes directrices doivent être rédigées de manière à ne pas être porteuses
de discrimination légale, mais dans un langage qui exprime l’inclusion et le
protagonisme des groupes qui sont souvent laissés aux marges de la société.
Les leaders religieux exercent un rôle de grande responsabilité, en tant que
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
personnes-clé directement intéressées, pour assurer que les droits des enfants
soient respectés 3 . Les principes-clé qui animent la Convention sont :
1 . La non-discrimination (art.2)
2 . L’intérêt supérieur de l’enfant (art.3)
3 . Le droit à la vie, à la survie et au développement (art.6)
4 . L’écoute des opinions des mineurs (art.12)
Les droits reconnus dans la Convention sont universels, indivisibles,
interdépendants et on ne peut y déroger. Pour favoriser la mise en œuvre des lignes
directrices déterminées par les Instituts, on pourrait envisager la création d’un
organisme qui reproduise in loco le travail effectué par le Comité sur les
droits de l’enfance – contrôler que ce qui est établi dans les lignes directrices soit
7
La convention de l’ONU sur les droits de l’enfant
Claudia Giampietro
d’urgences nationales). Les sources secondaires peuvent être identifiées dans les
données démographiques, dans les enquêtes sur l’exploitation des mineurs, et dans
les résultats de sondages élaborés ad hoc par les commissions constituées par les
Instituts, à travers des plateformes de sondage en ligne ou autres instruments
semblables. Il est indispensable d’avoir recours à des groupes de discussion,
d’étude et de consultation avec des enfants/adolescents, des jeunes, des femmes,
des communautés et des groupes désavantagés comme des minorités ethniques et
des enfants porteurs de handicaps. On pourrait penser à la rédaction annuelle de
rapports sur les différentes œuvres et sur les apostolats exercés par les religieuses,
afin de pouvoir rassembler les informations essentielles à insérer dans les lignes
directrices.
Il faut analyser les causes de l’exclusion sociale et de la discrimination pour
8
La convention de l’ONU sur les droits de l’enfant
savoir quelles sont les bonnes pratiques à mettre en place au niveau de l’Institut.
Claudia Giampietro
Il s’agit d’une analyse de la vulnérabilité, qui comprend les éléments suivants :
1 . Étudier les causes des obstacles à la réalisation des droits des mineurs
2 . Considérer les rôles et les relations qui existent entre les personnes ayant des
droits et des devoirs dans des cas spécifiques
3 . Comprendre pourquoi l’Institut et ses membres peinent à respecter, protéger
et réaliser les droits des enfants, et bien connaitre le milieu où sont exercés
les différents apostolats.
L’Union Européenne et l’UNICEF ont publié un guide très utile pour comprendre
comment mieux intégrer les droits des enfants dans la coopération au développement.
Il présente une série de questions dont l’Institut pourrait se servir pour conduire
l’analyse de vulnérabilité mentionnée ci-dessus 4 .
Claudia Giampietro
l’élaboration de lignes directrices qui fournissent des normes en matière de
protection des mineurs contre la violence, l’abus et l’exploitation. Un exemple que
je voudrais porter à votre attention est celui de la Charte africaine des droits et du
bien-être de l’enfant, adoptée le 11/07/1990 et entrée en vigueur le 29/11/1999.
Elle est plus développée, et elle offre des dispositions plus larges que la Convention
sur les droits de l’enfant. Alors que la Convention interdit que les enfants soient
incités ou contraints à se livrer à une activité sexuelle illégale (art. 34), la Charte
africaine 7 déclare à l’art. 27 : « Les États parties à la présente Charte s’engagent
à protéger l’enfant contre toute forme d’exploitation ou de mauvais traitements
sexuels ». Une autre différence est que la Convention demande aux États d’empêcher
que des enfants ne soient exploités aux fins de la production de spectacles ou de
matériel de caractère pornographique (art. 34), alors que la Charte africaine
utilise le terme « activités pornographiques ».
On pourrait continuer avec une étude et une comparaison plus approfondies
pour démontrer que les normes sont nombreuses, mais ce qui est nécessaire est
sans aucun doute de les mettre en pratique.
La procédure de rédaction de l’article 34 de la Convention laisse supposer que
les États penchaient davantage vers la question de l’exploitation sexuelle que vers
celle de la maltraitance sexuelle 8 . On peut dire que les termes sont utilisés souvent
en lien les uns avec les autres et presque de façon interchangeable. Les définitions
qui éclaircissent ce que l’on entend par vente d’enfant, prostitution d’enfant et
pornographie mettant en scène des enfants sont ensuite précisées dans le Protocole
facultatif, à l’art. 2 :
« Aux fins du présent Protocole: a) On entend par vente d’enfants tout acte
ou toute transaction en vertu desquels un enfant es remis par toute personne ou de
tout groupe de personnes à une autre personne ou un autre groupe contre
rémunération ou tout autre avantage ; b) On entend par prostitution des enfants le
fait d’utiliser un enfant aux fins d’activités sexuelles contre rémunération ou toute
autre forme d’avantage ; c) On entend par pornographie mettant en scène des
enfants toute représentation, par quelque moyen que ce soit, d’un enfant s’adonnant
à des activités sexuelles explicites, réelles ou simulées, ou toute représentation des
organes sexuels d’un enfant, à des fins principalement sexuelles ».
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
Claudia Giampietro
accessibilité immédiate et généralisée, une dimension organisée et une
connexion entre les pédophiles du monde entier. Les « chat lines » représentent
le secteur d’Internet où se manifestent les risques les plus élevés pour le
mineur. Et de fait, de tels instruments de communication, bien qu’ils
requièrent la médiation d’un ordinateur, permettent cependant un échange
extrêmement intime entre les interlocuteurs, en éliminant certains « gaps »
- informations personnelles, différences culturelles – qui normalement
limitent le rapport entre l’adulte et le mineur. Un autre aspect sous-évalué
concerne le danger pour le mineur d’entrer en contact direct avec le matériel
pédopornographique, ce qui peut arriver en navigant sur Internet ou en
recherchant des sites, mais aussi en recevant des courriels indésirables. Les
agresseurs potentiels tirent parti, en effet, de tous les espaces disponibles
pour attirer leurs victimes : chat room, forum et newsgroup. Au niveau des
techniques de persuasion, une pratique psychologique très utilisée est le
“grooming”, terme qui indique la manipulation d’un enfant, dans le but que
l’abus soit exercé sous le contrôle direct de l’agresseur. En substance,
l’auteur du fait « soigne » (grooms) la victime, en la conduisant progressivement
à dépasser ses résistances, à travers des système de suggestion psychologique.
Le grooming est utilisé aussi dans la phase qui suit l’abus, pour conditionner
le mineur et le convaincre de ne pas révéler la violence subie. La plupart du
temps, l’adulte agresseur ment sur son âge, il peut créer de faux profils où
il utilise des photos volées sur la toile, il déclare fréquemment être un grand
adolescent……… Au fur et à mesure de ses contacts quotidiens avec la
victime sur la toile, le groomer peut en arriver à introduire très progressivement
le thème sexuel, en cherchant dans un premier temps à inciter le mineur à
raconter des détails de sa vie sentimentale et en feignant d’être attentif et
intéressé à tous ses problèmes et à ses doutes. Il est ensuite courant que les
conversations soient de plus en plus centrées sur les thèmes sexuels et sur les
détails précis de la vie « amoureuse » de l’enfant/de l’adolescent. Chaque
agresseur en ligne choisit un moment spécifique pour demander au mineur
de garder secrets les contenus de leurs contacts et celui-ci coïncide souvent
avec le moment où l’agresseur estime avoir amené la discussion à quelque
chose « d’intéressant » pour lui. L’agresseur se montre toujours très disponible
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
pour répondre à toutes les questions de nature sexuelle posées par le mineur,
et fait continuellement remarquer la nature affectueuse et positive de cet
échange d’informations. De nombreux pédophiles cherchent à pousser le
mineur à effectuer des actes sexuels comme la masturbation, en orientant la
fantaisie du mineur et en en manipulant son imaginaire sexuel naissant. Il
n’est pas rare, en effet – grâce notamment aux possibilités offertes par des
services comme Facetime, Skype etc. de réaliser des sessions de vidéo-chat
simultanées sur les smartphones – que l’adulte propose des actes d’autoérotisme,
commettant ainsi quelque chose qui ressemble à un abus « indirect », par
l’intermédiaire du moyen informatique (smartphone, ordinateur, console de
jeu connectée à internet, etc.) Le point de départ de ce type d’interaction
sexuelle est en général une demande de photographier des parties nues de
13
La convention de l’ONU sur les droits de l’enfant
Claudia Giampietro
Claudia Giampietro
à la base d’un processus en mesure de produire des bénéfices à court et long
terme (fonds, expérience, temps).
d) Viabilité – étudier de quelle manière l’Institut peut répondre positivement,
en promouvant un changement effectif dans la réalisation des droits des
enfants.
e ) Impact – prévoir quels impacts primaires et secondaires pourront dériver de
nouvelles lignes directrices en la matière.
f ) Écouter les voix – et imaginer qui se trouve derrière les voix – des
jeunes qui racontent leurs expériences par rapport au temps libre, à
l’école et à l’information avant et après l’avènement de l’ère numérique 10 .
Une étude multinationale, menée en Italie et dans d’autres pays participants 11
sur ce qui conduit à la violence envers les enfants, fait apparaitre deux concepts
liés entre eux. En premier lieu, pour comprendre la violence qui frappe les enfants,
il faut une approche holistique, qui tienne compte du genre et de l’âge. Cette
attention à la nature dynamique de l’âge et à l’importance des différences de genres
permet de mieux analyser la signification des relations de pouvoir dans la vie des
enfants, ainsi que l’importance des relations fondamentales pour déterminer les
facteurs de risque et de protection pour les enfants. En second lieu, la reconnaissance
de normes et de modèles de comportement enracinés dans le temps représente une
étape fondamentale qui doit être abordée à travers la conjonction d’une approche
descendante (politique et lois sociales) et ascendante (travailler avec les enfants,
les familles, les enseignants, et les communautés). Nous reportons ici quelques-
unes des principales tendances qui ressortent de la recherche de Ernacchi, Fabris,
Zelano. Studio multi-paese sui drivers della violenza all’infanzia. Rapporto
Italia. Istituto degli Innocenti, Firenze, 2016, effectuée à partir de ce qui a été
écrit sur le sujet. Au niveau structurel, les inégalités dérivant du statut socio-
économique, la discrimination fondée sur l’ethnie et sur la base du statut migratoire
émergent comme facteurs potentiels, tout comme l’existence de structures
enracinées et reliées à la criminalité organisée et à la persistance de l’exploitation
sexuelle commerciale. Au niveau communautaire, les enfants qui vivent dans des
familles caractérisées par l’isolement social ont une probabilité cinq fois supérieure
d’être victimes de maltraitance (Bianchi e Moretti, 2006 12 ). Les stéréotypes
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
15
La convention de l’ONU sur les droits de l’enfant
Claudia Giampietro
- Analyser et étudier dans chaque contexte quels sont les droits à risque
- Identifier la victime et l’auteur de l’agression
- Puiser dans son charisme pour définir les principes fondamentaux
- Développer une attitude d’écoute du mineur et réintroduire cette attitude à
l’école, avec les parents, dans tous les milieux où le mineur peut se trouver
- Collaborer au niveau général et local avec des experts en la matière
- Créer un milieu où l’on s’occupe des mineurs, en favorisant leur participation
dans le processus de décision et la connaissance de leurs droits
- Empêcher toute forme de violence
- Créer et adopter des lignes directrices pour la protection des mineurs qui
promeuvent leurs droits et puissent empêcher toute sorte de discrimination
- Construire des réseaux et instituer des commissions d’évaluation
- Établir des moyens de dénonciation et des espaces sûrs pour s’exprimer
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La convention de l’ONU sur les droits de l’enfant
Claudia Giampietro
- Connaitre les documents publiés au niveau local et international et sensibiliser
les Congrégations à ce thème
- Comprendre comment pouvoir travailler sur ce thème au sein de cultures
différentes, face à des conditions sociales et économiques différentes.
1
« Les enfants représentent plus d’un tiers d ela population mondiale. En 2010 il y avait 2,2 milliards
d’enfants : si la tendance démographique actuelle persiste, il seront 2 milliards de plus en 2025 et
la proportion vivant dans les pays les plus pauvres du monde continuera à s’accroitre. » EU-UNICEF
Child Rights Toolkit: Integrating Child Rights in Development Cooperation, 2014, p.3
2
Ces catégories sont examinées dans EU-UNICEF Child Rights Toolkit, p.7.
3
« Les responsables religieux peuvent jouer un rôle important pour assurer que soient mieux réalisés
les droits des enfants. En tant que membres respectés et influents des sociétés et des communautés,
ils peuvent animer des actions en faveur de la survie, du développement, de la protection, de la
protection des enfants, ainsi que lutter contre les pratiques, les habitudes et les normes qui
discriminent contre ces droits ou qui leur portent atteinte ». Ibid, pag. 12.
4
EU-UNICEF Child Rights Toolkit: Integrating Child Rights in Development Cooperation, 2014, Pag. 31
– 38.
5
Tales From the Teenage Cancel Culture [Link]
[Link]?searchResultPosition=1 (consulté le 2/11/2019).
6
En Italie la référence principale est sans aucun doute la Loi n.66 du 15 février 1996 (« Normes contre
la violence sexuelle ») qui non seulement a transformé le délit d’agression sexuelle de délit contre
la « moralité publique et les bonnes mœurs » en un délit contre la personne, mais qui a aussi introduit
les délits de violence sexuelle (art. 609 bis du code pénal), d’actes sexuels contre mineurs (art. 609
quater du code pénal), de corruption de mineur (art. 609 quinquies du code pénal) et de violence
sexuelle en groupe (609octies du code pénal). En particulier, l’art. 609 bis spécifie qui est l’agresseur
: « Toute personne qui par la violence, la menace ou un abus d’autorité en contraint une autre à
commettre ou subir des actes sexuels » ; et il ajoute que la gravité augmente si l’agresseur profite
des conditions d’infériorité physique ou psychique de la personne offensée au moment des faits,
ou trompe la personne offensée en se substituant à une autre personne ».
[Link] (consulté le 2/11/2019).
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
7
African Charter on the Rights and Welfare of the Child,
[Link]
(consulté le 2/11/2019).
8
“The drafting process of Article 34 of the CRC suggests that States were leaning more to the question
of the sexual exploitation than the question of the sexual abuse of children”. A Commentary on the
United Nations Convention on the Rights of the Child, Article 34 – Sexual Exploitation and Sexual
Abuse of Children, Vitit Muntarbhorn, Martinus Nijhoff Publishers, Leiden-Boston, 2007, pag. 23.
9
h t t p s : / / w w w . g a r a n t e i n f a n z i a . o r g / s i t e s / d e f a u l t / f i l e s /
la_tutela_dei_minorenni_nel_mondo_della_comunicazione.pdf (consulté le 2/11/2019).
10
[Link] (consulté le 2/11/2019).
11
Nous reportons en synthèse ce que l’on trouve au lien suivant : [Link]
sites/default/files/rapporto_ita_1_0.pdf (consulté le 2/11/2019).
12
Bianchi, D., Moretti, E. (a cura di), (2006), Vite in bilico: indagine retrospettiva su maltrattamenti e abusi
in età infantile, Firenze, Istituto degli Innocenti
17
Passer du placement des enfants en institutions à leur prise en charge par les familles
PASSER DU PLACEMENT DES ENFANTS
EN INSTITUTIONS À LEUR PRISE EN
Sr. Niluka Perera, SGS
Sr. Niluka Perera est Coordinatrice de Catholic Care for Children International
(CCCI). Elle appartient à la Congrégation du Bon Pasteur. Elle est titulaire
d’un Baccalauréat et d’un Master d’Assistance Sociale.
Sr Niluka a exercé différents apostolats dans sa province : Centre pour le
Développement de l’Enfant, assistance aux mères célibataires, autonomisation
des ouvrières dans la Zone de Libre-échange, coordination du centre de
réhabilitation pour adolescents. Elle a aussi été coordinatrice de projets
communautaires de protection de l’enfance, et Responsable du Développement
des Missions (MDO) pour Good Shepherd Sri Lanka.
Elle a également travaillé quelques années en tant que Coordinatrice de Good
Shepherd Justice Peace office du Sri Lanka, représentant Good Shepherd Justice
Peace auprès de la Conférence des Religieuses Supérieures Majeures. Pendant
cette période elle représentait Good Shepherd et son réseau auprès des autorités
civiles, des ONG, et des organisations confessionnelles. De 2010 à 2019 elle fut
membre de l’équipe de base de Asia Pacific Justice Peace (APJP), et coordinatrice
du réseau Asia Pacific Justice Peace.
En tant que membre des réseaux du Mouvement des Religieuses contre la Traite
des Êtres Humains, AMRAT et Talitha Kum, elle lutta avec d’autres
congrégations contre la traite de femmes et d’enfants.
Depuis janvier 2020 Sr Nikula réside à Rome où l’Union Internationale des
Supérieures Générales (UISG) lui a confié le rôle de Coordinatrice de Catholic
Care for Children International (CCCI).
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
Original en Anglais
comment les conférences religieuses de ces trois pays se sont organisées pour
cheminer ensemble afin de concrétiser leur vision de donner une famille à tous les
enfants.
À la fin de la vidéo Sr Niluka Perera, RGS, coordinatrice de CCCI, a expliqué
ce qu’est CCCI, précisant que la vision de CCCI est un monde où chaque enfant
puisse grandir en sécurité et entouré d’affection dans une famille ou dans un milieu
semblable à une famille. De plus, CCCI veut aider les Instituts religieux à lire les
signes des temps et à changer leur manière de s’occuper des enfants, en réduisant
le recours au placement en institutions et en promouvant le soin des enfants dans
les familles et les communautés. Elle ajouta que CCCI a pour objectif de travailler
au niveau mondial pour tourner les cœurs et les esprits des religieuses vers la
20
Passer du placement des enfants en institutions à leur prise en charge par les familles
21
Le fléau des abus des sœurs
LE FLÉAU DES ABUS DES SŒURS.
L’ENGAGEMENT DES INSTITUTS À LA
Sr. Tiziana Merletti, SFP
Sr Tiziana Merletti est Soeur Franciscaine des Pauvres depuis 1986. Elle a
obtenu une maitrise de Droit en 1984 à l’Université G. D’Annunzio de Teramo
et un doctorat en Droit Canonique en 1992 à l’Université du Latran à Rome. Elle
a été Ministre de sa Congrégation de 2004 à 2013, le siège se trouvant à New
York.. Elle est membre du Conseil des Canonistes à l’UISG et elle donne des
conseils de droit canonique, au service de la vie religieuse féminine, avec une
attention particulière à une nouvelle culture de prévention des abus.
Ce texte a été présenté lors de l’Atelier de Droit Canonique de l’UISG des 6-7
novembre 2019 à Rome.
Original en italien
Introduction
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
23
Le fléau des abus des sœurs
Sr. Tiziana Merletti, SFP
Définitions terminologiques
Même si l’Institut est présent dans différentes parties du monde, il est bon
d’essayer d’éclaircir la signification des termes utilisés dans le document, quitte
à prévoir les adaptations nécessaires en fonction des différentes cultures et lois
civiles.
- Mineur : toute personne âgée de moins de dix-huit ans ou équiparée comme
telle par la loi.
- Personne en situation de vulnérabilité : toute personne se trouvant dans
un état d’infirmité, de déficience physique ou psychique, ou de privation de
liberté personnelle qui, de fait, limite, même occasionnellement, sa capacité
de compréhension ou de volonté, ou en tout cas de résistance à l’offense.
Au sens strict : personne ayant habituellement un usage imparfait de la
raison.
- Acte sexuel : tout acte corporel impliquant le domaine sexuel, qui va du
domaine génital aux zones érogènes.
- Abus : c’est le comportement sur une personne non consentante, parce que
privée de sa libre autodétermination.
Sa compréhension devra être vérifiée en fonction du contexte culturel, civil
et pénal dans lequel œuvre l’Institut.
Les délits à caractère sexuel passibles de sanctions pénales sont variés. Voici
quelques exemples d’abus sexuels :
- le viol, même si l’auteur en est le partenaire ou le mari ;
- tout contact sexuel non désiré ;
- l’exposition non souhaitée d’un corps nu, l’exhibitionnisme et le voyeurisme;
- l’agression sexuelle sur mineur ;
- l’inceste ;
- le harcèlement sexuel ;
- les actes sexuels sur des patients/clients ou des employés perpétrés par des
thérapeutes, médecins, dentistes, chefs, collègues ou autres figures
professionnelles.
Tous ces comportements présentent de toute façon une ou plusieurs des
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
caractéristiques suivantes :
- l’une des personnes participant à l’acte sexuel est non consentante ;
- le consentement est obtenu par l’utilisation de la force physique, de la
contrainte, de mensonges ou de menaces ;
- la victime est incapable de comprendre ;
- la victime n’est pas complètement consciente (par utilisation volontaire ou
involontaire d’alcool et/ou de drogues) ;
- la victime est endormie ou inconsciente.
L’un des éléments les plus critiques est le consentement. En effet, si l’accord
de l’une des parties est forcé, contraint ou obtenu sous la pression, on ne peut
considérer qu’il s’agit d’un consentement parce qu’il n’est pas donné librement.
La violence sexuelle survient dans le monde entier et elle est présente dans
24
Le fléau des abus des sœurs
Principes
Il est bon d’indiquer dans cette partie les principes qui guident les mesures
appropriées que l’Institut s’engage à prendre, que ce soit dans le cas où l’un de
ses membres serait victime d’un abus, ou dans le cas où l’un de ses membres serait
accusé d’agression sexuelle. Nous expliquer à nous-mêmes que nous sommes
animées par des valeurs, et non par la contrainte extérieure, nous redonne une
dignité, des motivations fortes et un accueil humble mais courageux du changement.
Voici quelques exemples :
- Créer dans l’Institut une culture de la transparence et du respect des droits
des membres
- Activer des mesures préventives comme :
- Soigner la formation initiale et continue des membres
- Donner des indications claires sur les comportements à adopter avec les
mineurs et les personnes en situation de vulnérabilité. En particulier, ces
dernières doivent être identifiées au sein du service spécifique ;
- Créer des organes internes de vigilance : il faudra spécifier leur composition,
la nature de leur action, et leur rapport avec les figures de gouvernement
de l’Institut.
- Spécifier les conditions à exiger du personnel, religieux et laïc, impliqué
dans le travail avec ces personnes, à travers des Codes de conduite à faire
signer au moment de la signature d’un contrat de travail ou au début d’un
rapport de bénévolat.
- Responsabilité de la Supérieure majeure par rapport à :
- la sœur : qu’elle soit victime ou actrice, elle doit être accompagnée sur
son chemin de soin et de guérison, qui passe aussi par la décision sur la
manière de procéder (possible dénonciation / confession du délit)
- la communauté locale : dans l’accompagnement de la sœur en difficulté,
pour affronter les dynamiques internes et le scandale (qu’il soit public ou
non)
- l’entourage : surtout si la nouvelle est de notoriété publique
- la province / l’ensemble de l’Institut : en veillant aux communications
internes, en étant attentives au droit à la bonne réputation de la sœur, mais
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
Le scandale et le silence
Un élément particulièrement important dans le CIC pour les cas d’abus est le
scandale, défini par le Catéchisme de l’Église Catholique au #2284 comme
l’attitude ou le comportement qui portent autrui à faire le mal.
La gravité du scandale se mesure sur la base de différents facteurs. Nous en
citons quelques-uns :
- La personne qui le provoque a une autorité morale qui requiert un style de
vie adapté (cann. 275-277).
- La personne qui le provoque a une autorité juridique, due à sa fonction, d’où
découle l’exercice de certains devoirs.
- La personne qui le subit fait partie de ces petits que Jésus défend clairement
(Mt 18, 6).
- La vie de la communauté est menacée par la mise en discussion des valeurs
essentielles objets de la violation (can. 1741).
Prévenir ou réparer sont des concepts clés associés au scandale, tout comme
l’action (de la part de l’autorité et de l’intéressé) pour le rétablissement de la justice
et l’amendement du coupable. L’Ordinaire peut se servir de différentes modalités
d’intervention (can. 1341) :
- Correction fraternelle
- Réprimande
- Autres moyens dictés par sa sollicitude pastorale
- Procédure judiciaire ou administrative
- Application des peines.
Il est clair que l’on ne peut pas parler de scandale à éviter au “petit troupeau”
comme moyen de dissuasion pour obliger au silence. Au contraire, les nouvelles
normes établies par le Pape François avec Vos estis lux mundi prévoient pour les
clercs et les membres des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie
apostolique l’obligation de signalement à l’Ordinaire et la protection des personnes
présentant ce signalement 4 .
1
[Link]
toutes-sortes/
2
PAPE FRANÇOIS, Vos estis lux mundi, (7 mai 2019), [Link]
fr/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio-20190507_vos-[Link]. Les
dispositions de la lettre apostolique sont entrées en vigueur le 1er juin 2019 et ont été approuvées
ad experimentum pour trois ans.
3
Can. 1395 - § 1. Le clerc concubin, en dehors du cas dont il s’agit au Ò! can. 1394, et le clerc qui
persiste avec scandale dans une autre faute extérieure contre le sixième commandement du
Décalogue, seront punis de suspense, et si, après monition, ils persistent dans leur délit, d’autres
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
Original en Alemand
Contexte
Un très grand nombre d’Instituts religieux internationaux ayant leurs maisons
généralices en Europe et dans d’autres parties du monde occidental connaissent
un bouleversement sans précédent : le vieillissement des Sœurs, des Pères, des
Frères, conduit à d’immenses changements non seulement en Europe ou dans les
pays industrialisés, mais aussi dans d’autres parties du monde. Ces changements
touchent, tout d’abord, le domaine du gouvernement interne, qui ne peut plus être
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
exercé par les membres européens mais qui passera à des membres provenant de
parties du monde généralement désignées comme les Pays du Sud. 1
Deuxièmement, les parties européennes des Instituts assument aussi souvent
la responsabilité économique des provinces des Pays du Sud, tant au niveau de la
vie courante de leurs membres qu’à celui des œuvres de leurs apostolats. Par
exemple, de nombreux Instituts ont une Procure pour les Missions en Allemagne,
qui a déjà besoin de personnel extérieur, puisque le nombre de leurs membres
diminue progressivement. La question n’est pas seulement de savoir qui dirigera
ces bureaux à long terme et qui, par exemple, embauchera le personnel, si le
travail n’est plus effectué par leurs propres Sœurs, du moins pas par les Sœurs
européennes. Les conséquences financières sont peut-être plus importantes, non
seulement en ce qui concerne les Sœurs des Pays du Sud, qui dépendent encore
32
Passage de relai entre les Communautés Mères et les jeunes Régions de Mission
vraiment pourquoi.
En Europe, la gestion des œuvres apostoliques a été abandonnée ou est passée
à d’autres. Les œuvres apostoliques et les pensions de retraite des Sœurs d’Afrique
dépendent du soutien financier de l’Europe.
Cette tendance vers un fort vieillissement ne signifie pas que ces Instituts
auront « disparu » en Europe d’ici dix ans : les Sœurs les plus jeunes, qui sont nées
entre 1945 et 1950, auront alors environ 75 ans ou plus, et certaines d’entre elles
vivront certainement en Europe du Nord jusqu’en 2045 ou 2050. Ceci implique
qu’elles ne peuvent plus assurer elles-mêmes le gouvernement, que ce soit au
niveau local, provincial ou général. Il faut donc trouver dans ces régions des
solutions constructives pour les tâches de gouvernement. Cela implique également
33
Passage de relai entre les Communautés Mères et les jeunes Régions de Mission
Dr. Myriam Wijlens
concernée ?
Au cours de la consultation, les Instituts ont également signalé qu’une
séparation de l’Institut était prévue. Les Sœurs d’Afrique devaient devenir un
nouvel Institut indépendant. Les Sœurs d’Afrique ne voient pas cette proposition
d’un œil très enthousiaste, d’autant qu’elles avaient été les premières à devenir un
Institut diocésain en Afrique ; mais les Sœurs d’Europe du Nord et l’évêque de ce
pays pensent qu’il vaut mieux que cette séparation se fasse, et que c’est même la
meilleure solution.
Cette information ne m’a plus quittée. Dans l’un des Instituts, M. Andreas
Machnik, Directeur de la branche de Pax Bank eG à Cologne, a aussi été sollicité
en tant que conseiller. Il va souvent dans les Pays du Sud pour son travail. Nous
avons échangé nos idées et compris que la distribution des rôles entre la
34
Passage de relai entre les Communautés Mères et les jeunes Régions de Mission
35
Passage de relai entre les Communautés Mères et les jeunes Régions de Mission
Dr. Myriam Wijlens
Pour commencer notre réflexion, il nous faut lire et interpréter les signes des
temps, c’est-à-dire poser la question : Que veut Dieu de nous en ce moment ?
Nous ne devons pas y répondre dans l’abstrait, mais l’analyser à la lumière du
charisme de l’Institut, et par rapport aux préoccupations de l’Institut en termes de
personnes et en tant que communauté, en Europe et dans les Pays du Sud. Il faut
aborder la question de ce qu’il faut faire, d’une part à la lumière de nos ressources
humaines et financières, et, d’autre part, au regard de la responsabilité que nous
avons déjà envers d’autres personnes, par exemple celles dont le mode de vie
dépend de nos œuvres apostoliques. Où voit-on des limites, et où voit-on naître de
nouvelles opportunités ? Les réponses à ces questions peuvent souvent ne pas être
les mêmes pour tous les Instituts en tant que tels, ou pour les différentes parties
d’un même Institut. Il faut des réponses adaptées, à cause des différences qui
existent entre les différents lieux et milieux, tant simultanément (synchon) qu’au
cours de l’histoire (diachron). De cette prise de conscience naît le défi de
permettre la diversité tout en découvrant l’unité dans la diversité. Nous allons
maintenant dresser un inventaire, puis formuler les défis.
Inventaire
Un inventaire doit prendre en compte les éléments suivants :
1 . Il faut tout d’abord poser les questions suivantes : le statut de l’Institut est-
il de droit pontifical ou diocésain ? Est-il national ou international ? Ces deux
questions sont de grande importance quand il s’agit de l’autorité compétente,
qui d’une part doit approuver les amendements, et qui a d’autre part un
certain devoir de sollicitude découlant, dans le cas d’instituts de droit
diocésain, du devoir spécial de soin pastoral de l’évêque (cann. 594-595).
Il faut préciser qu’on ne peut pas affirmer simplement que le statut de « droit
diocésain » implique que l’Institut n’a qu’une étendue nationale et que le
« droit pontifical » signifie qu’un institut a encore une portée internationale.
Il y a maintenant quelques Instituts de droit pontifical qui, après avoir
longtemps été présents dans plusieurs pays, ne sont aujourd’hui établis
qu’au niveau national, parce que les autres parties de l’Institut sont déjà
devenues des Instituts autonomes. À l’inverse, il y a aussi un nombre
relativement important d’Instituts de droit diocésain qui sont présents non
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
seulement dans plusieurs pays européens mais aussi dans les Pays du Sud.
Ceci est remarquable parce que cela veut dire que l’évêque diocésain de la
Maison généralice est aussi responsable des parties de l’Institut se trouvant
dans les Pays du Sud, où il ne peut guère agir comme évêque diocésain : il
ne connait pas les conditions et circonstances de première main, et il doit
tenir compte des pouvoirs de l’évêque du diocèse local. Pour le futur, la
question se posera de savoir s’il est pertinent que l’évêque responsable se
trouve en Europe alors que la partie la plus active de l’Institut se situe dans
les Pays du Sud, ou s’il serait plus logique de transférer, par exemple vers
l’Afrique, les quartiers généraux se trouvant actuellement en Europe dans le
diocèse d’origine, ou bien encore s’il serait raisonnable de donner à l’Institut
le statut d’un Institut de droit pontifical, malgré le vieillissement en Europe.
36
Passage de relai entre les Communautés Mères et les jeunes Régions de Mission
Défis
Les questions discutées jusqu’à maintenant conduisent simultanément à un
certain nombre de questions ouvertes auxquelles il va falloir répondre dans un
future proche. Ces questions peuvent être formulées comme suit :
1 . Dans le cas du vieillissement progressif d’une congrégation, peut-on célébrer
39
Passage de relai entre les Communautés Mères et les jeunes Régions de Mission
Dr. Myriam Wijlens
Un dernier mot
Avec l’élection de Jorge Mario Bergoglio comme Pape François, l’Église est
devenue une Église mondiale : ce n’est pas un Italien, pas un Européen, mais un
Latino-Américain qui a été élu successeur de Pierre. Cet homme d’Amérique Latine
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Passage de relai entre les Communautés Mères et les jeunes Régions de Mission
Dr. Myriam Wijlens
1
Cet article est dédié au P. Rudoplf Henseler, canoniste et membre de la Congrégation du Très Saint
Sauveur, qui a principalement étudié le droit des Instituts religieux à partir de son expérience de
conseiller canonique auprès de nombreux Instituts religieux, de membres des différents Ordres, et
d’évêques. Par conséquent, son interprétation et son application du droit sont situées dans le
contexte des limites et des possibilités données par la vie elle-même. Ainsi, avec et à travers la
science, le P. Henseler est devenu un pasteur de caractère très particulier, avec le droit et malgré
le droit.
2
Le Séminaire sur L’Activité de la Mission lors d’un Changement Structurel : Problèmes et
Possibilités d’Action dans le Processus de Continuation/Remplacement des Zones de Jeune
Mission des Communautés Mères Vieillissantes s’est tenu les 5-6 novembre 2018, dans la Maison
de Formation des Sœurs de Ste Ursule à Erfurt.
3
Andreas Machnik, “Der Strukturwandel in wirtschaftlicher Sicht,” Ordenskorrespondenz 60 (2019)
23-28. Il réfléchit sur les défis de nature organisationnelle, économique, culturelle, spirituelle, et au
niveau du personnel, et il pose les questions de solutions.
4
Matthias Maier, “Kooperation als Chance: bewährtes erhalten und Neues schaffen,”
Ordenskorrespondenz 60 (2019) 39-43.
5
Malheureusement, les religieuses en particulier déclarent qu’elles subissent parfois des pressions
de la part des évêques, surtout en Afrique, et qu’elles remettent une partie de leurs biens temporels
ou de leurs dons aux évêques ou aux diocèses, bien que ceci soit dénué de tout fondement juridique.
Elles signalent aussi que les évêques prétendent qu’à cause de leur vœu de pauvreté, elle n’ont pas
UISG - Bulletin Numéro 174, 2021
le droit d’être payées pour leurs activités. Mais le vœu de pauvreté n’implique pas que l’on ne doive
pas recevoir d’indemnités correspondant à son activité, mais que l’on partage ce à quoi on a droit
avec les nécessiteux. Ceux qui ne reçoivent rien ne peuvent pas cotiser pour leur retraite. C’est
précisément à cause de ces aspects financiers que les religieuses d’Afrique ont rarement intérêt
à se séparer de l’Institution Mère et à devenir Institut diocésain. Elles ne se sentent pas toujours en
mesure de traiter avec le pouvoir des évêques locaux. C’est surtout le manque de fondement spirituel
et de stabilité financière qui a conduit à la décision prise le 11 mai 2016, qui stipule non seulement
qu’un évêque diocésain doit consulter le Siège apostolique avant d’établir un Institut (can.579), mais
aussi que cette consultation ad valitatem est requise pour que soit valide l’établissement d’un Institut
diocésain. Le Saint Siège a ainsi introduit un droit au consentement ou un nihil obstat. Voir
[Link] (accès:
15.01.2019)
6
Dans certains Instituts, les statuts de l’association enregistrée stipulent que lorsqu’une Province est
abolie, même les clercs de cette Province sont incardinés dans le diocèse. Cette règlementation a
des antécédents historiques, mais il est essentiel qu’elle soit adaptée aujourd’hui.
7
Il faut bien sûr prendre en compte le fait que l’espérance de vie et les retraites sont différentes selon
42 les pays.
La Vie à l’UISG
LA VIE À L’UISG
Sisters Advocating Worldwide (Des Sœurs pour Plaidoyer dans le Monde). Étant
donné l’impact de la covid-19 sur les plus pauvres, il semble juste que les Sœurs
qui exercent des apostolats aux périphéries puissent parler au nom de ceux qui
souffrent le plus, et avec eux. Enfin, le Bureau JPIC de l’UISG-USG a proposé de
nombreux et importants webinaires et sessions de formation pendant cette
période.
Les congrégations religieuses ont maintenant adopté une manière toute
nouvelle de communiquer entre elles, entre continents, d’une langue à l’autre. Il
s’agit là de l’un des nouveaux domaines de développement, d’un « front de
croissance » dans la vie religieuse pendant cette période difficile. Il faut y ajouter
le sens de solidarité et le soutien croissants qui ont été vécus dans et entre les
43
La Vie à l’UISG
de mai le thème de la réunion de trois jours était « Devenir sœurs, devenir frères
– la vie consacrée au service de la fraternité dans un monde blessé ». Les sous-
thèmes indiqués ci-dessous (un par journée) étaient tirés de Fratelli Tutti et ils
sont pour nous tous une invitation à continuer à réfléchir :
- Regarder la face du monde, toucher les fragilités (FT 115)
- La proximité comme culture de la rencontre (FT 216)
- Faire retentir la musique de l’Évangile (FT 277)
Nous avons été invitées en tant que congrégations religieuses à participer au
processus synodal qui commencera bientôt et qui aidera l’Église à se préparer au
Synode sur la Synodalité prévu pour 2023. Notre participation se jouera à
différents niveaux – au sein des diocèses et aussi en tant que congrégations à
travers l’UISG/USG. Vous trouverez davantage d’informations sur le processus
44
La Vie à l’UISG
Nouvelles
45
La Vie à l’UISG
Sowing Hope for the Planet #LaudatoSi : l’engagement des Religieuses dans
le monde
« Tout est intimement lié, et les problèmes actuels requièrent un regard qui tienne
compte de tous les aspects de la crise mondiale » LS 137
La Campagne de l’UISG dédiée à Laudato Si’ bat son plein : plusieurs Congrégations
ont déjà nommé leur « Animatrice Laudato Si’ ». Les animatrices deviennent
membres du réseau des Religieuses pour la Campagne de l’UISG dédiée à Laudato
Si ’ .
Sr Sheila Kinsey, coordinatrice de la Campagne, a été nommée consultante au
Dicastère pour le Développement Humain Intégral, pour le plan de mise en œuvre
de l’Encyclique jusqu’en 2025, année où seront célébrés les 10 ans du document.
De nombreux documents et vidéos et sont à la disposition des Congrégations pour
la formation :
Matériel : [Link]
Vidéos : [Link]
Contact : Sr Sheila Kinsey, coordinatrice de la Campagne,
info@[Link]
a participé activement au Synode sur les Jeunes et à celui sur la Région Pan-
amazonienne.
Elle a rédigé une thèse de Doctorat sur le Thème de la Synodalité au Boston College.
Sr Nathalie a rencontré la presse pour partager ses idées sur cette nouvelle charge
et répondre aux questions des journalistes.
« Je n’aurais jamais imaginé me trouver dans cette mission au Synode. Toute ma
vie a été marquée par des appels spécifiques : avant et après d’entrer dans la vie
religieuse. J’ai reçu de très nombreux messages de félicitations du monde entier.
Ils expriment tous la joie de cette nomination qui n’est pas seulement pour
moi mais qui montre combien a été écouté le désirdes Églises locales et de
nombreux chrétiens de vivre ensemble, femmes et hommes, dans l’Église catholique,
et pas seulement. J’ai reçu de nombreux messages d’amis musulmans et juifs. »
46
La Vie à l’UISG
48
International cooperation is crucial in implementing the Convention, as it encourages states to actively apply its principles and collaborate through the Committee on the Rights of the Child, which oversees compliance and fosters cooperation among countries. Additionally, Article 45 explicitly promotes international cooperation for the Convention's objectives .
The Convention mandates the establishment of the Committee on the Rights of the Child, as per articles 43 and 44, to monitor and evaluate the implementation of its principles by state parties. The Committee reviews reports submitted by states and provides recommendations to ensure compliance with the Convention .
The Convention emphasizes that children suspected or accused of criminal offenses should receive treatment that promotes their sense of dignity and self-worth. Article 40 aims to ensure that such treatment considers the child's age and facilitates the child's respect for human rights and the fundamental freedoms of others, ultimately aiding their reintegration into society .
The UN Convention obligates states to protect children from sexual exploitation and abuse by implementing appropriate measures on national, bilateral, and multilateral levels to prevent illegal sexual activities, exploitation for prostitution or other illegal sexual practices, and exploitation in pornography. This is highlighted in Article 34, which works alongside Article 35 regarding child abduction, sale, or trafficking .
The Convention acknowledges the intersection of children's rights with gender and disability by aligning with other international treaties, such as the Convention on the Elimination of Discrimination Against Women and the Convention on the Rights of Persons with Disabilities. This integration ensures that children's rights are protected through a lens that considers gender and disability-specific challenges .
Religious institutions contribute to upholding children's rights by promoting ethical codes respecting children's privacy, establishing procedures for reporting abuse, and training members to interact inclusively, particularly with children with disabilities. They play a significant role in creating safe environments and advocating for children's representation and voice, aligning with the principles of the Convention .
The Convention on the Rights of the Child mandates states to facilitate the physical and psychological rehabilitation and social reintegration of children who are victims of neglect, exploitation, abuse, torture, or cruel treatment, including those impacted by armed conflict. This is outlined in Article 39, emphasizing the need to support children in overcoming their traumatic experiences and rejoining society with dignity .
Centralized governance can lead to disconnect and inefficiency, as local contexts and needs may be overlooked. For religious institutions, central Europe-based governance may not accurately reflect or prioritize the challenges faced in regions like Africa, where child rights issues may differ. Decentralized governance could offer more culturally relevant and effective solutions .
Southern institutions face challenges such as inadequate representation in governance due to structural issues and power imbalances, where European members often dominate decision-making bodies. Financial constraints also limit their participation, hindering their ability to adequately apply the Convention's principles and address local needs .
Religious institutions often have significant influence in underserved regions, making them vital in advocating for children's rights, providing education on reporting abuse, and creating networks for children's protection. Their presence and trust in communities allow them to effectively promote the principles of the Convention, particularly in areas lacking robust governmental frameworks .