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Cours Droit Pénal Des Affaires Partie I

Ce document traite du droit pénal des affaires en Tunisie. Il définit ce domaine du droit, présente son champ d'application et son rôle de lutte contre la délinquance économique. Le document décrit également certaines règles générales du droit pénal comme les principes, les éléments constitutifs d'une infraction et la classification des infractions.

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Cours Droit Pénal Des Affaires Partie I

Ce document traite du droit pénal des affaires en Tunisie. Il définit ce domaine du droit, présente son champ d'application et son rôle de lutte contre la délinquance économique. Le document décrit également certaines règles générales du droit pénal comme les principes, les éléments constitutifs d'une infraction et la classification des infractions.

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DROIT PÉNAL DES AFFAIRES

2ème MPC

BEN AMAR Dorra


PLAN :
INTRODUCTION
▪ PARTIE I :

Les infractions de droit commun appliquées aux


affaires
PARTIE II :
Les infractions relatives aux sociétés commerciales
▪ PARTIE III :

Les infractions en matière financière 2


INTRODUCTION :
• I- Définition du droit pénal des affaires
• II- Domaine du droit pénal des affaires
• III- Rôle du droit pénal des affaires
• IV- De quelques règles de droit pénal général
▪ 1. Les principes du droit pénal
▪ 2. Les éléments constitutifs de l’infraction
▪ 3. Classification des infractions
▪ 4. Le délinquant
▪ 5. Les peines
3
I- DÉFINITION DU DROIT PÉNAL DES AFFAIRES
Le droit pénal est l’ensemble des règles ayant pour objet la
détermination des différentes infractions et leurs sanctions.

Défini à partir de son objet, le droit pénal se compose de


deux parties :

Droit pénal général : Droit pénal spécial :


Composé des règles de portée Composé des règles spécifiques
générale. à chaque infraction.
Il est applicables à toutes les Il détermine les éléments propres
infractions et les sanctions particulières de
chaque infraction

Les 2 branches sont intimement liées


Le DPA fait partie du droit pénal spécial 4
▪ Les contours du DPA semblent flous et mouvants.
Très schématiquement, on peut dire qu’il
représente la partie du droit pénal spécial qui
concerne le monde des « affaires ». Mais quel est
ce monde-là ?
▪ Le monde des affaires est celui des richesses qui se
produisent et s’échangent. L’entreprise est le lieu
de circulation et distribution de cette richesse.
▪ Le DPA peut ainsi être défini comme étant une
branche de droit pénal spécial incriminant et
réprimant certains comportement, lorsque leurs
auteurs agissent dans le cadre d’une entreprise.
Les infractions sont commises soit dans le cadre de
5
l’entreprise soit au moyen de celle-ci.
II- DOMAINE DU DROIT PÉNAL DES AFFAIRES
Les infractions d’affaires sont dès lors des infractions
professionnelles commises par des spécialistes et
des professionnels agissant dans le cadre de
l’exercice de leurs activités.
La matière pénale, s’attaquant à presque toutes les
parties du droit, le champ du DPA peut s’appliquer
au commerçant, aux industriels, aux gérants et
dirigeants des sociétés, aux experts comptables, etc.
Le DPA englobe principalement le DP des
sociétés, le DP boursier et financier, le DP de la
concurrence et de la consommation, le DP fiscal,
etc. 6
▪ Le DPA détermine et règlemente les infractions

relatives au domaine des affaires.

▪ Ces infractions sont soumises aux règles

communes du droit pénal général et aux règles


spécifiques à chaque infraction.

▪ En effet, le DPA trouve ses sources dans le CP, ainsi

que dans d’autres codes et textes juridiques.


7
III- RÔLE DU DROIT PÉNAL DES AFFAIRES
▪ La délinquance d’affaires occasionne de

grands dommages. Elle est nuisibles à l'ordre


public.
▪ Le but du droit pénal des affaires est

de lutter contre la délinquance économique


et financière dans le cadre de la vie des
affaires pour préserver l'ordre public dans ce
domaine. 8
IV- DE QUELQUES RÈGLES DE DROIT PÉNAL GÉNÉRAL
Les principes du droit pénal
1.
2.
3.

Les éléments constitutifs de


l’infraction Classification des infractions
1. 1.
2. 2.
3. 3.

Le délinquant Les peines


1. 1.
2. 2.
9
LES PRINCIPES DU DROIT PÉNAL
1. Principe de la légalité : la loi détermine les
infractions et fixe les peines applicables à leurs auteurs. Ainsi,
nul ne peut être condamné pour une infraction dont les
éléments ne sont pas définis par la loi et nul ne peut être
puni d’une peine qui n’est pas prévue par la loi.
Toute personne ne peut être sanctionnée pour un
comportement qu’en vertu d’un texte légal préalablement et
clairement posé.
Dans ce sens, l’art.34 de la constitution tunisienne
dispose que, « La peine est personnelle et ne peut être
prononcée qu’en vertu d’un texte de loi antérieur,
hormis le cas d’un texte plus favorable à l’inculpé. »
L’art.1er CP dispose que, « Nul ne peut être puni qu'en
vertu d'une disposition d'une loi antérieure. »
« ‫» ال جريمة وال عقاب دون نص سابق الوضع‬ 10
LES PRINCIPES DU DROIT PÉNAL
2. Principe de l’interprétation stricte de la loi
pénale : les textes règlementant l’infraction,
déterminant le comportement incriminé et la sanction
correspondante doivent être strictement interprétés.
La définition légale de l’infraction s’impose au juge qui
ne peut procéder par extension, analogie ou induction.
Il est interdit au juge d’étendre le texte pénal à des faits
non mentionnés par le texte.
3. Principe de la non-rétroactivité de la loi
pénale : une loi ne s’applique pas aux faits commis
avant son entrée en vigueur.
Exception : Loi plus douce. « Si, après le fait
mais avant le jugement définitif, il intervient une loi
plus favorable à l’inculpé, cette loi est seule
appliquée. » (Art.1er al.2 CP) 11
LES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION

L’infraction doit réunir ses éléments constitutifs


pour engager la responsabilité pénale de son
auteur.
L’infraction est composée de 3 éléments :

L’élément L’élément
légal matériel
L’élément
moral

12
1. L’ÉLÉMENT LÉGAL ‫القانون‬ ‫أو‬ ‫ع‬ ‫الركن ر‬
‫الش‬
‫ي‬ ‫ي‬

Un texte clair et précis doit définir l’infraction et

les peines y afférentes.

Ce principe implique comme corollaire le principe

de la non rétroactivité et le principe de

l’interprétation stricte.

13
2. L’élément matériel ‫الركن المادي‬
C’est le comportement légalement incriminé qui se
traduit par des faits réels et concrets.
Le comportement criminel peut être :

Un acte positif Un acte négatif


(actif) (passif)

14
3. L’ÉLÉMENT MORAL ‫الركن المعنوي‬
C’est……………………………………………………………………………...........
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………

Pour qu’un acte donne lieu à la réalisation de l’infraction,


il faut qu’il entre dans une activité consciente.
Toute infraction requiert une intention de commettre des
faits incriminés L’intention coupable : Dol général.
L’intention suppose l’action en connaissance de cause.
Cet élément comporte deux éléments essentiels :
- une volonté consciente et libre.
- une faute pénale.
15
3. L’ÉLÉMENT MORAL ‫الركن المعنوي‬
Une volonté : Une faute pénale :
Qui doit être C’est la violation de la règle
Consciente et libre pénale.
Elle peut être

Avoir la Agir en Faute Intentionnelle Faute


toutes (Dol) non
faculté de Une conscience Intentionnelle
comprendre liberté
sans infractionnelle Consiste en
la portée de
ses actes aucune L’acte est voulu par une
contrainte son auteur imprudence
Art.38 CP Commettre ou une
l’infraction en négligence
connaissance de
tous ses éléments
repréhensibles 16

Art.37 CP
CLASSIFICATION DES INFRACTIONS
Selon le critère de la gravité de l’infraction, on peut distinguer
entre :
1. 2.
Infraction sanctionnée Infraction sanctionnée
par la peine de la par les peines
mort ou d’emprisonnement
l’emprisonnement supérieure à 15 jours
d’une durée sans dépasser 5 ans
supérieure à 5 ans et/ou d’une amende
de plus de 60 dinars
3.
Infraction sanctionnée par les peines
d’emprisonnement qui ne dépasse pas 15
jours et/ou une amende inférieure ou
égale à 60 dinars
NB : Ces infractions se distinguent au niveau des délais de prescription de l’action et 17

de la peine
LE DÉLINQUANT
C’est celui qui a commis ou participé à l’infraction. Le
droit pénal général distingue entre deux modes de
participation criminelle :
L’action ‫األصل‬
‫ي‬ ‫الفعل‬ et la complicité ‫المشاركة‬
1. L’auteur ‫األصل‬
‫ي‬ ‫ الفاعل‬: C’est celui qui commet les
faits incriminés, qui réalise l’élément matériel. Il réalise
matériellement l’infraction (qu’elle soit consommée c-à-
d achevée ou tentée c-à-d inachevée).
Il peut être un …………………………………., lorsqu’il réalise
seul les composantes de l’élément matériel.
Lorsqu’il le fait avec autrui, on parle de …………….. qui est
l’individu qui réalise avec un autre les composantes de
l’élément matériel de la même infraction. Chacun des
coauteurs contribue personnellement dans l’infraction. 18
2. Le complice ‫ رشيك يف الجريمة‬: La complicité
est une forme de participation criminelle par
laquelle un individu, le complice, aide, en toute
connaissance de cause, une autre personne à
accomplir un acte délictueux.
Le complice ne commet pas lui-même l’infraction. Il
intervient à titre secondaire dans la réalisation de
l’acte commis par l’auteur principal. Il fait une
participation accessoire à une infraction principale.
L’acte de complicité peut être antérieur,
concomitant ou postérieur à l’acte principal.
Est complice, celui qui, ……………………………………………
…………………………………………………………………………….....
……………………………………………………………………………..…
19
……………………………………………………………………………….
L’acte de complicité peut être par :
Un acte d’incitation Un acte de
collaboration
C’est une assistance

Facilitant Assurant
l’accomplissement le profit
de l’acte dans la de
Par Par phase de l’infraction
provocation instruction préparation ou de ou
Contrainte, Donner des commission l’impunité
promesses, renseignements Aide : tout moyen à ses
menace facilitant auteurs
l’exécution de
l’infraction

L’acte de complicité est un acte de……………………………………………………………………………


…………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………. 20
LES PEINES
L’art.5 CP fixe une liste des sanctions pénales.
Dans cet article, le législateur distingue entre les :
1. Peines principales
2. Peines complémentaires
Dans le DPA, on peut distinguer également entre
peines personnelles et peines réelles lorsque la
sanction touche une chose plus au moins directe
avec l’infraction (Ex. confiscation de la marchandise
ou fermeture de l’entreprise).
21
Les Peines principales :
1- la mort,
2- l'emprisonnement à vie,
3- l'emprisonnement à temps,
4- le travail d'intérêt général,
5- l'amende,
6- la réparation pénale (Tiret 6 ajouté par la loi
n°2009-68 du 12 août 2009). Voir Art.15 quater CP
ajouté par la même loi.
22
Peines complémentaires :
1- (Abrogé par la loi n° 95-9 du 23 janvier 1995) le travail rééducatif.
2- l'interdiction de séjour,
3- le renvoi sous la surveillance administrative,
4- la confiscation des biens dans les cas prévus par la loi,
5- la confiscation spéciale,
6- la relégation dans les cas prévus par la loi, voir notamment Décret
gouvernemental n° 2016-498 du 8 avril 2016, fixant les conditions et
procédures d’exclusion de la participation aux marchés publics.
7- l'interdiction d'exercer les droits et privilèges suivants :
a) les fonctions publiques ou certaines professions telles que
celles d'avocat, officier public, médecin, vétérinaire ou sage-femme,
directeur ou employé à titre quelconque dans un établissement
d'éducation, notaire, d'être tuteur, expert ou témoin, autrement que
pour faire de simples déclarations,
b) le port d'armes et tous insignes honorifiques officiels,
c) le droit de vote,
8- la publication, par extraits, de certains jugements. 23
PARTIE I : Les infractions de droit commun
appliquées aux affaires

Chapitre 1 : Le vol

Chapitre 2 : L’ ’escroquerie

Chapitre 3 : L’abus de confiance

Chapitre 4 : Le faux et l’usage de faux

Chapitre 5 : La violation du secret professionnel


24
INTRODUCTION
▪ On entend par les infractions de droit commun, les
appropriations illicites et les attentats contre la
propriété des biens d’autrui, des attentats contre
l'autorité publique commis par les particuliers et la
révélation de secrets.
▪ Bien qu’elles ne soient pas spécifiques au domaine des
affaires et sont applicables de façon générale à
quiconque, certaines infractions règlementées par le
code pénal peuvent être commises par les
professionnels et les différents intervenants dans
l’entreprise. Ainsi, le vol, l’escroquerie, l’abus de
confiance, le faux et l’usage de faux et la violation du
secret professionnel trouvent dans le monde des
affaires un terrain favorable à leur commission. 25
CHAPITRE 1 : LE VOL
ART.258 CP
Section 1 : Les éléments constitutifs du vol
1- L’élément légal :
Art.258 CP « Quiconque soustrait frauduleusement
une chose qui ne lui appartient pas est coupable de
vol. »
2- L’élément matériel :
Soustraction d’une chose qui ne lui appartient pas
(Chose d’autrui).
3- L’élément moral :
Frauduleusement (soustraction frauduleuse)
26
Soustraction Chose d’autrui

C’est l’usurpation de
C’est l’objet du délit
la possession
La chose passe de la
La chose doit être
possession de la
…………….. et ……………….
victime à la possession
(matérielle) peu importe
de l’auteur de
……………………….
l’infraction contre le gré
La chose doit appartenir à
du premier.
autrui. (sans besoin
L’usurpation de la
d’identifier le propriétaire).
possession se réalise
L’appropriation d’une chose
par
perdue ou parvenue en
……………………………
sa possession par erreur ou
……………………………
par hasard est un acte
……………………………
assimilé au vol (Art.280 CP)
…………………………. 27
Soustraction frauduleuse
Le vol est une infraction intentionnelle.
L’intention frauduleuse (le dol) ‫ النية االجرامية‬se
caractérise par l’intention de se comporter, même
momentanément, comme le propriétaire d’une
chose soustraite.
L’intention frauduleuse est constituée de la volonté
de soustraire une chose qui appartient à autrui.
L’auteur de l’infraction qui s’est frauduleusement
approprié la chose d’autrui (Dol général), doit l’avoir
soustraite au moyen d’une mainmise, avec
l’intention coupable de la détourner au préjudice du
propriétaire (Dol spécial)
28
Il n’y a pas d’intention frauduleuse :
………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………...
NB : L’intention frauduleuse est différente du
mobile. 29
Section 2 : La répression du vol
Le vol simple est un délit.
Il est sanctionné par une peine de cinq ans
d’emprisonnement et de cent vingt dinars d’amende.
(Art.264 CP)
La tentative est punissable.
Cependant, parfois, la peine est aggravée, dans d’autres
cas elle est réduite jusqu’à l’immunité et ce en fonction
de l’auteur de l’acte d’appropriation (qualité du
coupable), de l’objet de l’infraction ou des moyens
employés et les circonstances de vol.
30
Exemption de peine pour la soustraction
commise par les ascendants de quelque degré qu’ils
soient au préjudice de leurs enfants, à moins que
l'objet soustrait n'appartienne pour partie à un tiers ou
qu'il n'ait été saisi (Ne constitue pas un vol) Art.266 CP
Réduction de la peine dans le cas où l'associé
qui, frauduleusement, dispose des biens de la société
(six mois d’emprisonnement et d'une amende égale au
quart de la valeur des restitutions). Art.277 CP
Aggravation de la peine crime : lorsque le vol
est commis dans des circonstances déterminées par la
loi (à l’aide de violence, arme, la nuit) ou par des
personnes déterminées (Ex. vol commis par l'employé,
le serviteur au préjudice de son patron) Art.260, 261,
262, 263 CP) 31
CHAPITRE 2 : L’ESCROQUERIE
ART.291 À 296 CP
L’escroquerie consiste en l’utilisation de certains
procédés ou manœuvres en vue de se faire
remettre un bien appartenant à autrui.
Section 1 : Les éléments constitutifs de
l’escroquerie
1- L’élément légal : Art.291 CP
2- L’élément matériel :
Des moyens ou procédés de tromperie utilisés par
l’escroc pour obtenir une remise volontaire d’un
bien.
3- L’élément moral :
Intention frauduleuse
32
Moyens ou procédés de Pour obtenir une remise
tromperie volontaire d’un bien
L’emploi de ruses ou
Résultat de la
artifices
Utilisation de remise :
Manœuvres
faux noms Objet de la
frauduleuses
(imaginaire ou remise : L’escroc doit
Comportement
d’autrui) extorquer ou
positif, acte,
tenter
présentation d’écrit,
ou Un bien d’extorquer
mise en scène,
mobilier, (obtenir par
existence de
fausses matériel, ruse), tout ou
fausses entreprises,
qualités (âge, qui a une partie de la
pouvoir ou crédit
profession, valeur fortune de la
imaginaire,
nationalité) marchande victime
l’espérance ou la
crainte d’un Causer un
évènement préjudice
chimérique d’ordre
Dans le but d’induire la victime en erreur : persuader la victime patrimonial33
Intention frauduleuse
C’est l’intention de tromper qui découle de
l’intervention active de l’escroc.
Cette intention se compose de deux éléments

La connaissance
La connaissance du préjudice ou du
du caractère risque encouru
frauduleux des par la personne
moyens employés qui remet le bien
(fonds)
34
Section 2 : La répression de l’escroquerie

L’escroc est puni de cinq ans d’emprisonnement et


de deux mille quatre cents dinars d’amende.

La tentative est punissable. (Art.291 CP)

Cependant, est puni de six mois d'emprisonnement


et de sept cent vingt dinars d'amende, quiconque
trompe, sciemment, l'acheteur en lui livrant une
chose autre que la chose certaine et déterminée
qu'il avait acquise. (Art.294 CP) 35
CHAPITRE 3 : L’ABUS DE CONFIANCE
C’est un détournement frauduleux du bien remis au
délinquant en vertu d’un contrat, à charge d’en faire un
usage déterminé et de le rendre. Il s’agit de tromper la
confiance qui suppose l’existence d’une relation
préalable entre l’auteur de l’infraction et la victime.
Section 1 : Les éléments constitutifs de l’abus de
confiance
1- L’élément légal : Art.297 CP
2- L’élément matériel :
Un abus de confiance qui exige une remise volontaire
en vertu d’un contrat.
3- L’élément moral :
Intention frauduleuse 36
Une remise volontaire Abus
en vertu d’un contrat Détournement du
Remise bien remis
volontaire Tout acte qui empêchera
la victime d’exercer ses
Remise à titre droits sur le bien remis.
personnel Le détournement peut se
réaliser par :
Remise précaire

Remise antérieure Dissipation Refus de


au détournement du bien restitution
Usage abusif
Remise opérée par un contrat Le détournement
(Louage, Dépôt, Mandat, Prêt à Porte sur un bien
usage, Nantissement, pour un meuble corporel
travail déterminé, salarié ou non ou incorporel
salarié) Est fait au préjudice
Le bien est remis en vue d’effectuer des propriétaires,
un travail demandé sur ou avec le possesseurs ou 37
bien détenteurs
Intention frauduleuse
L’abus de confiance est une infraction intentionnelle. L’auteur
de l’infraction doit avoir l’intention de détourner la chose qui
lui a été remise à titre précaire.
L’élément intentionnel de l’abus de confiance suppose la
réunion de deux éléments :
La
connaissance
par l’agent de
Le détournement ou la
la détention
dissipation est fait dans le but
précaire
de s’approprier des choses
au détriment de leur
propriétaire possesseurs ou
détenteurs
38
Section 2 : La répression de l’abus de confiance
L’abus de confiance simple est un délit. L’auteur de
l’infraction est puni de trois ans d’emprisonnement
et de deux cent quarante dinars d’amende.
La peine est aggravée en raison de la qualité
du coupable, lorsque l’abus de confiance est commis
par un employé ou un mandataire. Crime
Art.297 al.2 CP : La peine est de dix ans
d'emprisonnement lorsque l’auteur de l’infraction
est, soit mandataire, employé, ouvrier ou serviteur
du possesseur de l'objet détourné, soit tuteur,
curateur, séquestre, administrateur judiciaire, soit
administrateur ou employé d'une fondation pieuse. 39
La peine est aggravée en cas d’abus de blanc-
seing. La peine est de cinq ans d'emprisonnement et de
sept cent vingt dinars d'amende. L’auteur abusant d'un
blanc-seing qui lui a été confié, y consigne
frauduleusement une obligation, décharge ou tout autre
acte pouvant compromettre la personne ou les biens du
signataire. (Art.300 CP)
La peine est aggravée lorsque l’auteur abuse de
l'inexpérience, de la légèreté ou du besoin d'une
personne ne disposant pas de ses biens, l’amène à
souscrire, sans avantage correspondant, une obligation
pécuniaire ou tout autre acte engageant ses biens et que
la victime est placée sous la surveillance ou l'autorité de
l’auteur de l’infraction. La peine est de cinq ans
d'emprisonnement et de deux cents dinars d'amende.
(Art.301 CP)
40
CHAPITRE 4 : LE FAUX ET L’USAGE DE FAUX
L’étude de faux et l’usage de faux ne rentre pas dans la
catégorie des infractions commises contre les biens de
l’individu. Elle est de la catégorie des attentats contre
l’ordre public et plus précisément des attentats contre
l'autorité publique commis par les particuliers (agents
publics et assimilés). Le faux porte atteinte en effet, à la
confiance publique. Il est incriminé par les art.172 et
suivants CP.
Les art.172 à 178 CP constituent le cadre général de
l’infraction de faux et usage de faux.
Les art.179 à 200 CP régissent des cas spéciaux de faux et
usage de faux (De la contrefaçon et abus de sceau, De la
contrefaçon et altération de monnaies, Fabrication et
usage de faux passeports et autres pièces).
41
Le faux est toute écriture, altération ou modification
frauduleuse d’un document pour changer la vérité
afin d’établir la preuve d’un droit ou d’un fait ayant
des conséquences juridiques et qui est de nature à
causer un préjudice.
L’usage d’un faux document est le fait pour un
individu d’utiliser ce dernier en toute connaissance
de cause dans le but d’établir la preuve d’un droit ou
d’un fait ayant des conséquences juridiques.
▪ Le faux et l’usage de faux sont des infractions plus
ou moins graves selon la qualité de l’auteur, selon
la nature de l’acte falsifié et selon la circonstance
de la pratique frauduleuse.
42
Section 1 : Les éléments constitutifs de faux
et l’usage de faux

1- L’élément légal : Art.172 à 175 CP

2- L’élément matériel :

L’altération de la vérité d’un document susceptible

de causer un dommage public ou privé.

3- L’élément moral :

Intention frauduleuse
43
Moyen de
l’altération :
………………………… ………………
L’altération de la Vérité : ………………………… ………………
………………………… ………………
………………
………………
La Nature du support : ………………
Écrit (manuscrit, imprimé, ………………
dactylographié, original, ………………
copie certifiée) ………………
Support
D’un document : de la Tout autre support (Document ………………
Objet du faux informatique ou électronique, ………………
pensée Microfilm, Microfiche)
Valeur du Support :
Il doit avoir pour objet
d’établir la preuve d’un droit
ou d’une obligation (Contrat,
PV, Rapport)

Susceptible de Causer : Dommage public ou privé, matériel


ou moral, actuel ou éventuel
un dommage 44
L’usage de faux est une infraction autonome. On en
déduit que :
L’utilisateur de faux peut ne pas être celui qui l’a
établi.
L’usage consiste à se servir du document ou support
falsifié conformément à sa nature ou à sa destination
normale.
L’utilisateur cherche à faire valoir un droit,
production d’une preuve, obtenir un paiement ou un
remboursement.
L’utilisateur sache que l’écrit est falsifié.
NB : Le CP incrimine même la détention de faux.
Art.176 CP. 45
Intention frauduleuse
L’altération de la vérité du support doit être
frauduleuse. L’auteur doit avoir conscience de sa
méconnaissance de la vérité soit en modifiant
l’engagement des parties dans le faux, soit en
faisant des déclarations mensongères.
Le faussaire a l’intention d’altérer la vérité du
support.
Dans l’usage et la détention de faux, il faut
également un intention frauduleuse. L’infraction
suppose la mauvaise fois de l’utilisateur ou du
détenteur du faux. Le législateur utilise en effet, le
terme « sciemment ». 46
Section 2 : La répression du faux et l’usage de faux
Le faux et l’usage de faux sont des crime. La peine
diffère que l’auteur de l’infraction soit un agent
public ou assimilé ou une personne privée.
Le faussaire agent public ou assimilé est puni
de l'emprisonnement à vie et d'une amende de
mille dinars.
Le faussaire personne privée est punie de
quinze ans d'emprisonnement et d'une amende de
trois cents dinars (Art.175 CP)
Celui qui fait sciemment usage d'un faux est puni
des peines prévues pour le faux Art.177 CP.
47
NB : L’art.82 CP précise qui est l’agent public et qui est assimilé à l’agent public
CHAPITRE 5 : LA VIOLATION DU SECRET
PROFESSIONNEL
C’est la révélation d’une information connue dans
l’exercice d’une activité laquelle information doit être
gardée secrète. La divulgation du secret constitue une
atteinte à l’intimité des personnes ainsi que des
infractions portant sur le commerce et l’industrie.
Section 1 : Les éléments constitutifs de l’infraction
1- L’élément légal : Art.254 CP et Art.138 CP
2- L’élément matériel :
Révélation d’une information à caractère secret par la
personne qui est tenue de garder le secret.
3- L’élément moral :
Intention frauduleuse 48
Révélation d’une Information à caractère secret
……………… ………………
……………… ………………
……………… ………………
……………… ………………
……………… ………………
……………… ………………
……………… ………………
……………… ………………
……………… ………………
……………. …………….
……..

Les personnes tenues au secret


Toutes personnes qui, de par leur état ou profession,
sont dépositaires de secrets.
49
Intention frauduleuse

La violation du secret professionnel est une


infraction intentionnelle : elle suppose l’intention de
révéler. Cependant, l’intention de nuire n’est pas
exigée.

Le professionnel doit avoir conscience du caractère


secret de l’information et qu’il a un commis un acte
de révélation.
50
Section 2 : La répression de la violation du secret
professionnel
L’auteur de l’infraction est puni de six mois
d'emprisonnement et de cent vingt dinars
d’amende. (Art.254 CP)
La peine est aggravée lorsque l’auteur est le
directeur, commis ou ouvrier d'une fabrique. Il est
puni de deux ans d'emprisonnement et de quatre
cent quatre vingt dinars d’amende, qui en révèlent
les secrets de fabrication ou les communiquent à
autrui. (Art. 138 CP)
Dans ce dernier cas, la tentative est punissable.
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