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Réussir Vie et Gestion Agricole

Ce document présente les remerciements des auteurs Raymond et Roland Levallois. Ils remercient notamment leur école d'ingénieurs, les agriculteurs avec qui ils ont travaillé, leurs collègues et des experts qui ont commenté leur ouvrage. Le document présente ensuite les auteurs et leur complémentarité malgré leurs parcours différents.

Transféré par

Idrissa Rabo
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Réussir Vie et Gestion Agricole

Ce document présente les remerciements des auteurs Raymond et Roland Levallois. Ils remercient notamment leur école d'ingénieurs, les agriculteurs avec qui ils ont travaillé, leurs collègues et des experts qui ont commenté leur ouvrage. Le document présente ensuite les auteurs et leur complémentarité malgré leurs parcours différents.

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on

2e éditi

R a y m o n d L e v all o i s , R ol a n d L e v all o i s
Remerciements

Tout d’abord, merci pour la formation que nous a dispensée


l’École d’Ingénieurs de Purpan (Toulouse) qui a contribué à notre
vision globale de l’exploitation agricole et à l’importance des
aspects humains dans toutes les décisions des agriculteurs.
Merci à tous les agriculteurs et agricultrices, en France et au
Québec, qui nous font confiance lors de nos interventions avec
eux.
Merci aux équipes avec lesquelles nous travaillons ou avons tra-
vaillé avec plaisir dans le cadre de nos activités professionnelles,
et avec qui nous avons échangé et discuté. Comme les agricul-
trices et les agriculteurs, ces collègues nous ont beaucoup appris.
Un merci particulier à Raymond Belloc, professeur retraité de
l’École d’Ingénieur de Purpan (EIP) pour nous avoir communi-
qué sa passion pour la gestion de l’exploitation agricole et pour
les commentaires faits sur le contenu de cet ouvrage.
VII
Merci à Émylie Cossette, D. Ps., et Jean-Christophe Durand,
Ph. D., psychologues agricoles et conseillers en relations humaines

Remerciements
et transfert d’entreprise au Groupe ProConseil (Québec) pour
leurs commentaires à propos de la section concernant la résis-
tance aux changements (chapitre 10).
Deux auteurs
à la fois proches et éloignés,
mais complémentaires

Raymond et Roland Levallois sont très proches car il s’agit de


deux frères. Ils ont quitté l’école à 14 ans et sont restés aides
familiaux sur l’exploitation de leurs parents (production laitière).
Après quelques années ils ont décidé l’un après l’autre de
reprendre les études et ont terminé leur cycle de formation à
l’École d’Ingénieurs de Purpan (Toulouse). Ils sont tous les deux
des passionnés de gestion d’exploitation agricole.
Mais ils sont aussi assez éloignés car après Purpan, Roland a
obtenu le diplôme d’expertise comptable et, Raymond, un Master
of Science en économie rurale à Québec puis un doctorat à l’Uni-
versité de Rennes.
Roland, dans le cadre de son cabinet d’expertise comptable, a une IX
clientèle composée essentiellement d’agriculteurs et Raymond a
été professeur à l’Université Laval à Québec jusqu’en 2020 tout

Deux auteurs à la fois proches et éloignés, mais complémentaires


en réalisant de nombreux travaux de recherche en gestion avec
les agriculteurs québécois.
Ainsi ces deux auteurs sont complémentaires, Roland plus prag-
matique et Raymond plus théorique, Roland dans le cadre
français et Raymond dans le cadre de l’Amérique du Nord.
Note aux lectrices
et aux lecteurs

À qui s’adresse cet ouvrage


Cet ouvrage s’adresse aux agricultrices et aux agriculteurs et
notamment aux jeunes. Il y a très peu de théorie, mais surtout une
approche pratique de la vie d’un agriculteur et d’une agricultrice.
Cependant cet ouvrage peut aussi intéresser les professionnels et
les étudiants en agriculture.
Répétitions volontaires
En lisant ce livre vous observerez quelques répétitions. Ceci est
volontaire afin de bien mettre en évidence des aspects qui nous
semblent très importants.
Chacune des cinq parties peut être lue indépendamment
l’une de l’autre
XI
Cet ouvrage comporte cinq parties mais elles sont relativement
indépendantes. Ainsi il est possible de lire une partie sans avoir lu

Note aux lectrices et aux lecteurs


l’une ou l’autre des autres parties. La compréhension d’une partie
ne nécessite pas d’avoir assimilé le contenu d’une autre partie.
Cependant l’ensemble des cinq parties couvre l’ensemble de ce
qui fait la vie d’un agriculteur et d’une agricultrice.
Des volets de la gestion d’une exploitation agricole
non abordés
La gestion commerciale, c’est-à-dire savoir acheter et vendre,
ainsi que la gestion des ressources humaines ne sont pas abordées
dans cet ouvrage. Mais l’ensemble des étapes que doit franchir
une agricultrice ou un agriculteur durant leur vie professionnelle
est couvert.
Pas des conseils mais essentiellement des informations.
Cet ouvrage donne quelques conseils mais surtout donne un
éclairage sur les conséquences (bien entendu non exhaustives) à
court terme, mais aussi à long terme, liées aux décisions que
l’agriculteur est amené à prendre au cours de toutes les étapes de
sa vie professionnelle.
À la lecture de cet ouvrage certains pourront se dire : « Quel pes-
simisme, si on les écoute il ne faut rien faire ! »
Il n’est pas question de ne rien faire, il est seulement question
d’être conscient de certaines conséquences, de certains risques liés
à nos décisions (sachant qu’on ne les imagine jamais toutes et que
toutes ne vont pas non plus se réaliser).
Certains se diront : « Ah ! ce type de risque je ne l’avais pas ima-
giné mais tant pis, je suis prêt à le prendre. » D’autres diront :
« Ah ! si cela arrive, je crois que je ne supporterai pas. »
L’important c’est que, l’agriculteur, en fonction de sa propre per-
sonnalité, prenne ses décisions en connaissance de cause.
Bien que figurant dans la collection « 10 clés pour réussir » cet
ouvrage n’a pas la prétention de présenter des clés qui garan-
tissent la réussite ou des recettes qui vont vous mener à la réussite.
Et, d’ailleurs quelle réussite ? Chacun a ses critères de réussite.
Comme indiqué ci-dessus ce livre présente surtout des informa-
tions et des éclairages.

XII
Réussir sa vie d’agriculteur et la gestion de son exploitation
Préface

Le titre de cet ouvrage « Réussir sa vie d’agriculteur et la gestion


de son exploitation » résume un contenu très riche d’enseigne-
ments. La première édition date de 2016. Raymond et Roland
Levallois nous proposent un guide pratique et accessible pour un
large public. Les cinq clés nous permettent d’être sensibilisés,
informés, formés et rassurés sur le mode de conduite d’une
exploitation agricole. Les problèmes rencontrés par les agricul-
teurs sont clairement identifiés et classés, des solutions sont
proposées pour chaque situation. Les enseignants des établisse-
ments agricoles, les conseillers des agriculteurs, de l’amont et de
l’aval de l’exploitation vont y trouver un grand intérêt, les divers
concepts y sont clairement expliqués et illustrés par des exemples.
Ainsi ces deux auteurs, ingénieurs de Purpan, nous font bénéficier
de leur expérience et de leurs compétences. Raymond Levallois,
professeur à l’Université Laval au Québec, a toujours eu le souci
de pratiquer sur le terrain ce qu’il enseignait à ses étudiants. XIII
Intervenant aussi à l’École d’Ingénieurs de Purpan, il nous a ainsi
fait bénéficier de sa recherche appliquée. Son premier ouvrage

Préface
Guide de gestion de l’entreprise agricole, rédigé en 2010 à l’inten-
tion des agriculteurs et conseillers du Québec, a fait l’objet en
2014 d’une version adaptée au contexte français (deuxième édi-
tion en 2020). Son frère, Roland Levallois, expert-comptable
auprès d’agriculteurs dans l’ouest de la France, avait participé à
cette version. Dans ce nouvel ouvrage, nous retrouvons leur pas-
sion pour la gestion de nos exploitations agricoles à taille
humaine. Ils savent nous communiquer, avec une pédagogie
remarquable, cette flamme et ce sens de l’écoute. Ils rassurent les
agriculteurs en leur préconisant un comportement adapté à
chaque étape de leur vie ; ils n’hésitent pas à aborder des concepts
comptables complexes tels que la gestion des comptes courants
d’associé, la valeur ajoutée, la holding…
Dans cette deuxième édition, les deux auteurs ont eu à cœur, dès
le premier chapitre, d’aller au-delà d’une simple actualisation des
concepts développés en 2016. Ainsi, ils insistent sur les différents
métiers que tout agriculteur doit savoir pratiquer, aimer,
maîtriser.
Dans le chapitre suivant, ils définissent la posture que l’agricul-
teur doit adopter face à son conseiller pour s’approprier le conseil,
sans se résigner à le recevoir passivement.
Dans le chapitre cinq, les deux auteurs alertent sur la question
cruciale des financements à obtenir et sur l’intérêt et les dangers
d’une solution sociétaire à bien adapter.
Le chapitre dix a été enrichi d’une réflexion sur l’inévitable résis-
tance au changement à prendre en compte et sur la nécessité
d’une formation permanente de l’agriculteur moderne.
Le chapitre seize fait un point actualisé sur de nouvelles préconi-
sations pour une meilleure gestion des risques. La survie d’une
exploitation tient souvent à l’anticipation de ces risques avec un
agriculteur qui pilote et un conseiller qui l’assiste comme dans un
rallye. Ces risques sont devenus de plus en plus nombreux et leurs
conséquences de plus en plus graves selon les productions. Sans
être exhaustif, il en est ainsi des risques de santé et d’équilibre des
membres de la famille, des aléas climatiques de plus en plus pré-
occupants, des risques sanitaires des troupeaux, des variations
des cours en amont ou en aval, des risques sur les bâtiments,
installations et matériels de plus en plus sophistiqués, sans oublier
les dispositions réglementaires nationales ou internationales de
XIV
plus en plus contraignantes…
Ces mises en garde devant ces nouveaux risques amplifiés depuis
2016 date de la première édition vont être très utiles pour l’agri-
Réussir sa vie d’agriculteur et la gestion de son exploitation

culteur plus particulièrement en phase d’installation ou de


développement. Nous n’avons souligné que les principales actua-
lisations à nos yeux.
Merci à Raymond et Roland Levallois qui, une nouvelle fois nous
proposent un bel ouvrage, outil de savoir et d’épanouissement,
tant pour l’agriculteur que pour ses conseillers ainsi que pour les
étudiants et les enseignants.
Raymond Belloc
Ancien professeur de comptabilité
et de gestion des entreprises agricoles
à l’École d’Ingénieurs de Purpan (EIP)
Diplômé d’expertise comptable
Ingénieur de Purpan
Introduction

Le thème de cet ouvrage est centré sur la vie de l’agriculteur et de


l’agricultrice, donc sur la personne responsable de la gestion de
l’exploitation agricole. Ainsi il s’agit d’abord et avant tout d’une
approche humaine, c’est-à-dire de la façon de satisfaire au mieux
les besoins de la personne par la gestion de son exploitation.
Sachant que chaque personne est unique, avec son propre tempé-
rament et ses propres aspirations, nous évitons les conseils ou
recommandations générales qui devraient s’appliquer à tout le
monde.
Nous proposons simplement des réflexions et des procédures
d’analyses qui pourront alimenter le travail de chaque agriculteur
en vue de ses propres décisions. L’objectif est d’aider l’agriculteur
à prendre la bonne décision pour lui en connaissance de cause sur
toutes les implications de cette même décision. Nous, les interve-
nants, devrions contribuer à une plus grande autonomie de
l’agriculteur dans ses prises de décisions. Ceci implique que l’agri- XV
culteur doit exiger de son conseiller toutes les explications sur les
propositions qu’il lui fait afin de bien les comprendre. En tant

Introduction
qu’agriculteur, si mon conseiller ou ma conseillère me donne un
conseil (créer une société par exemple) tout simplement « parce
que c’est mieux » ou « parce que j’économise de l’argent » sans
plus d’explications par rapport aux conséquences sur mon
exploitation ou sur ma vie, je n’applique pas ces conseils tant que
je n’ai pas plus de détails et tant que je ne comprends pas claire-
ment de quoi il s’agit. Cette façon de concevoir le conseil est
particulièrement importante pour ce qui concerne les choix juri-
diques et les décisions d’orientation de l’exploitation.
Une autre dimension de cet ouvrage est l’importance accordée à
la gestion financière de l’exploitation agricole1. En effet il est dif-
ficile d’être heureux en tant qu’agriculteur si son exploitation est
en difficulté financière. Nous proposons les éléments essentiels
qui permettent à l’agriculteur de prendre les meilleures décisions
en tenant compte de ce qu’il veut vraiment faire avec son exploi-
tation en dehors des « modes » ou des « tendances » observées
ou « édictées » par des « spécialistes ». Pour être vraiment auto-
nome, il faut être en bonne situation financière. Mais ce que nous
proposons n’est pas axé sur le profit maximum mais sur une

1 Pour une information plus approfondie sur ce thème un livre a été publié en 2020 : Guide pratique
de gestion de l’entreprise agricole, 2e édition, Raymond Levallois et Roland Levallois, Éditions France
Agricole.
bonne santé financière. Rechercher le profit maximum est un
choix personnel mais garder la santé financière de son exploita-
tion saine est une « obligation » en vue d’une vie équilibrée et
stable à long terme, qui permet de réaliser des projets sans trop de
risques et de stress.
Enfin nous parlons de « réussir ». Il s’agit d’un terme qui peut être
interprété de différentes façons. On entend dire que tel GAEC est
un exemple de réussite car il vient d’installer trois robots de traite.
Ou encore, en discutant avec un agriculteur qui n’a rien investi
depuis trois ou quatre ans, il nous dit qu’il est content d’avoir
« réussi » à rembourser ses dettes et ses emprunts et qu’il ne s’est
pas senti aussi bien dans sa vie d’agriculteur depuis longtemps.
Ces deux exemples démontrent que la réussite est propre à chaque
personne. Chacun a ses critères, chacun a ses aspirations. C’est à
chacun de définir ce qu’il veut faire avec son exploitation, avec sa
vie d’agriculteur et, à partir de là, il prendra les bonnes décisions
pour lui, ce qui lui permettra de s’acheminer vers « sa réussite ».
C’est en ce sens que nous avons rédigé cet ouvrage.

XVI
Réussir sa vie d’agriculteur et la gestion de son exploitation
Sommaire

Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . V
Deux auteurs à la fois proches et éloignés,
mais complémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VII
Note aux lectrices et aux lecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . IX
Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XI
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XIII

1 Réussir toutes les étapes de sa vie professionnelle 1


Chapitre 1 : L’installation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Est-ce que j’ai la « passion du métier » ? . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Est-ce que je suis prêt à affronter la responsabilité
de chef d’entreprise ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Est-ce que mon projet est financièrement réalisable ? . . . . . . 6
Un objectif à atteindre : une bonne autonomie financière . . 7 XVII

Une observation sur les relations avec le monde

Sommaire
des conseillers, techniciens et administratifs . . . . . . . . . . . . . . 8
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Chapitre 2 : Le régime de croisière
ou l’atteinte de l’équilibre . . . . . . . . . . . 11
L’équilibre sur le plan financier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
L’équilibre sur le plan technique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
L’équilibre sur le plan humain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Mes conseillers et moi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Chapitre 3 : La croissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Est-ce qu’aujourd’hui l’exploitation que je gère
fonctionne bien ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Pour quelles raisons suis-je tenté d’agrandir
mon exploitation ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Chapitre 4 : L’association . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Pourquoi m’associer ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Quelques réflexions sur l’association . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Chapitre 5 : Départ à la retraite . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
À partir de quand faut-il se préparer à la retraite ? . . . . . . . 37
Quels biens vais-je vendre ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
Combien vaut mon exploitation ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
À qui je cède mon exploitation ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
Est-ce que je m’engage dans une transmission progressive ? . 43
Quelle sera ma vie quand je serai à la retraite ? . . . . . . . . . . 46
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
Conclusion de la première clé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

2 Réflexions sur divers aspects juridiques,


fiscaux et sociaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
Chapitre 6 : Montage juridique
de mon exploitation pour
des raisons fiscales et sociales . . . . . . 54
Montage juridique pour protéger mon patrimoine privé . . 55
XVIII Montage juridique pour réduire mes charges fiscales
et sociales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
Réussir sa vie d’agriculteur et la gestion de son exploitation

Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Chapitre 7 : Entreprise individuelle apportée
en société . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Bilan de mon exploitation avant la société . . . . . . . . . . . . . . 60
Bilan de mon exploitation après apport à une société
et conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
Différences entre exploitation individuelle et société . . . . . . 63
Cession de mon exploitation en société :
cession de parts sociales ou cession de biens ? . . . . . . . . . . . 64
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
Chapitre 8 : Réflexions sur les comptes
courants des exploitants
dans une société . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
La logique des comptes courants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
Un exemple de comptes courants dans une société
avec un couple et un troisième associé . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
Chapitre 9 : Réflexions sur la mise en place
d’une holding pour réduire
les prélèvements fiscaux et sociaux . 73
Un cas type . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Situation sans création d’une holding . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
Situation avec la création d’une holding . . . . . . . . . . . . . . . . 75
Mise en contexte et relativisation de l’avantage financier
de la holding . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
Conclusion de la deuxième clé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81

3 Pratiquer une gestion quotidienne efficace


et prendre les bonnes décisions concernant
mes investissements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
Chapitre 10 : Pratiquer une gestion quotidienne
efficace : gestion technico-
économique générant une bonne
valeur ajoutée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86 XIX

Définition comptable de la valeur ajoutée . . . . . . . . . . . . . . . 86

Sommaire
En agriculture, quelle valeur ajoutée ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Mesure de l’efficacité économique
de ma gestion technique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
La valeur ajoutée est le résultat de la façon
dont je gère mon exploitation chaque jour.
Elle est donc difficile à modifier. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
Ce niveau de valeur ajoutée risque de se reproduire
année après année . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
Réflexions sur la résistance au changement ? . . . . . . . . . . . . 89
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
Chapitre 11 : Ne pas me tromper
lors de mes grandes décisions :
gestion stratégique . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
Décisions rares avec des conséquences lourdes
et à long terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
Se poser les bonnes questions pour éviter de me tromper . . 97
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
Chapitre 12 : Bien gérer mes investissements . . . . 104
Investir en fonction de l’impact sur la rentabilité
de mon exploitation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
Établir un plan d’investissement pour mon exploitation . 109
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
Chapitre 13 : Bien financer mes investissements . 115
Pratiquer un minimum d’autofinancement . . . . . . . . . . . . . 115
Respecter la durée maximale de mes emprunts . . . . . . . . . 117
Que faire pour diminuer mes annuités ? . . . . . . . . . . . . . . . 121
Si les remboursements sont trop élevés . . . . . . . . . . . . . . . . 122
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
Conclusion de la troisième clé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124

4 Rendre mon exploitation cohérente,


adaptable et moins sensible aux risques . . . . . . . . . 125
Chapitre 14 : Organiser mon exploitation
XX
pour qu’elle soit cohérente . . . . . . . . . 128
Une exploitation cohérente au niveau de sa structure . . . . 128
Réussir sa vie d’agriculteur et la gestion de son exploitation

Une exploitation cohérente avec son environnement


socio-économique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
Une exploitation cohérente avec le profil psychologique
de l’agriculteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
Chapitre 15 : Assurer une bonne capacité
d’adaptation à mon exploitation . . . 133
Donner la priorité aux investissements adaptables
et polyvalents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
Faire attention aux investissements irréversibles . . . . . . . . 134
Préférer les investissements à durée limitée . . . . . . . . . . . . . 134
Rechercher des solutions à faible capitalisation . . . . . . . . . 135
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
Chapitre 16 : Rendre mon exploitation moins
sensible aux risques . . . . . . . . . . . . . . . . 136
L’essentiel dans la gestion des risques :
me garder une bonne marge de sécurité . . . . . . . . . . . . . . . 137
Quelques réflexions préalables sur la gestion du risque :
niveau de risque supportable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
Les principaux risques en agriculture . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
Des moyens pour mieux gérer les risques . . . . . . . . . . . . . . 142
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
Conclusion de la quatrième clé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159

5 Bien comprendre les chiffres


de mon exploitation en utilisant un tableau
de bord centré sur l’essentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
Chapitre 17 : Comprendre la logique
et l’interprétation des chiffres
de ma comptabilité . . . . . . . . . . . . . . . . 164
Le bilan : la photo de mon exploitation,
sa structure financière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
Le tableau de financement : l’évolution de la situation
financière de mon exploitation pendant l’année . . . . . . . . . 172
Le compte de résultat : le film de mon exploitation,
sa capacité à générer un bénéfice me satisfaisant . . . . . . . . 175
XXI
Relations dans le temps entre le bilan et le compte
de résultat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192

Sommaire
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
Chapitre 18 : Savoir ce qui se passe dans
mon exploitation avec peu
de chiffres : mon tableau de bord . . 195
Quelle est ma situation financière ?
Réponse au niveau du bilan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
Est-ce que le fonctionnement de mon exploitation génère
assez de revenu ? Réponse au niveau du compte
de résultat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
Proposition d’un tableau de bord centré sur l’essentiel . . . 198
Dans le cas où les résultats de mon exploitation
ne me satisfont pas : proposition d’une grille
de recherche de solution(s) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203
Conclusion de la cinquième clé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203

Avant de conclure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205


Conclusion générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 207
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
Liste des sigles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211
Annexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213
Annexe 1 : Schéma d’aide à la réflexion
sur un projet important . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213
Annexe 2 : Fiche d’aide à une réflexion
avant de réaliser un projet important . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
Annexe 3 : Plan d’investissement – Liste initiale
de mes projets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215
Annexe 4 : Plan d’investissement – mise en ordre
de priorité des projets dans le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216
Annexe 5 : Tableau de bord de mon exploitation . . . . . . . 218
Annexe 6 : Recherche de solutions à une situation
financière insatisfaisante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219
Annexe 7 : Tableau de calcul d’annuité . . . . . . . . . . . . . . . . 220
Annexe 8 : Fiche de réflexion sur l’adoption
ou non d’un changement dans mon exploitation . . . . . . . . 222
Annexe 9 : Fiche 0 : Liste des risques en agriculture
(liste non exhaustive) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223
XXII
Annexe 10 : Fiche 1 : Analyse de gestion des risques . . . . 224
Annexe 11 : Fiche 2 : Analyse de gestion des risques . . . . 225
Réussir sa vie d’agriculteur et la gestion de son exploitation

Annexe 12 : Fiche 3 : Analyse de gestion des risques . . . . 226


CLÉ

Réussir toutes
les étapes de sa vie 1

professionnelle
CLÉ

R
éussir ma vie d’agriculteur ou d’agricultrice représente
tout un défi, un beau défi ! En effet, le métier d’agriculteur
est un métier passionnant mais très exigeant. Sur le plan
purement professionnel il y a le fait de travailler « avec du
vivant », avec tous les aspects positifs que cela représente mais
aussi tous les risques (maladies, météo…), tout en étant « chef
d’entreprise », donc responsable de toutes les décisions à prendre
chaque jour, qui font que ce métier est un peu particulier.
D’autre part, le fait de faire évoluer son exploitation selon ses
besoins et sa vision de l’agriculture est à la source de satisfactions
très importantes, ce qu’on ne trouve pas dans de nombreux autres
métiers. Ces particularités ont comme conséquence que la vie
­privée et la vie professionnelle sont souvent très interreliées chez 3
les agriculteurs (comme souvent chez les chefs d’entreprise). On
ne peut pas ignorer cet aspect lorsqu’on décide de devenir

Réussir toutes les étapes de sa vie professionnelle


agriculteur.
Nous parlons d’étapes car il existe un processus dans le temps
que presque tous les agriculteurs franchiront au cours de leur vie
professionnelle. Il y a essentiellement quatre étapes : l’installation
c’est-à-dire le début de la vie professionnelle qui est souvent une
étape très exigeante et assez difficile, l’atteinte d’une vitesse de
croisière avec son exploitation c’est-à-dire une phase pendant
laquelle l’exploitation fonctionne bien et pendant laquelle je maî-
trise bien sa gestion tant technique que financière, puis l’étape de
croissance qui n’est pas obligatoire mais qui est très fréquente, et
enfin l’étape du départ à la retraite qui comporte de nombreuses
décisions à prendre par rapport à la cession de l’exploitation,
mais aussi sur le plan personnel car je commence un autre type de
vie, je ne suis plus agriculteur !
À ces étapes, nous ajoutons le choix ou non de m’associer (GAEC,
EARL…).
Chapitre

1 L’installation
Pour l’essentiel
Devenir agriculteur représente une décision majeure qui nécessite d’avoir
la passion du métier car il est très exigeant (compétences multiples :
­gestion des animaux, des cultures, du matériel, des finances, etc.) et très
prenant.
C’est une décision majeure car si j’investis dans une exploitation, ce n’est
pas pour faire un essai afin de voir si j’aime ça, c’est pour une longue
durée, toute la vie professionnelle le plus souvent.
Et devenir agriculteur c’est devenir responsable d’une entreprise, prendre
toutes les décisions, tous les jours, et en assumer les conséquences, gar-
der le contrôle de l’entreprise quoi qu’il arrive (et il en arrive des choses !).
C’est le cas dans toute entreprise, mais peut-être encore plus en agricul-
ture à cause du travail avec du matériel vivant (maladies, météo…), des
imprévus liés aux marchés (volatilité des prix en particulier).
Ainsi, je dois comprendre les calculs faits par les conseillers lors de mon
projet d’installation car c’est moi qui devrai assumer les conséquences
des décisions prises. Il n’est pas question d’arranger les chiffres pour que
ça passe, il faut être réaliste ! Dans ce contexte, il est essentiel de monter
un projet qui me laisse une bonne marge de sécurité.
4 Et si tout cela me fait peur, il serait probablement plus sage que je ne
devienne pas agriculteur car la peur, l’inquiétude et le stress sont très
inconfortables et épuisants.
Réussir sa vie d'agriculteur et la gestion de son exploitation

Si je veux m’installer comme agriculteur, j’ai trois questions à me


poser.
R Est-ce que j’ai la passion du métier ?
R Est-ce que je suis prêt à affronter les responsabilités de chef
d’entreprise ?
R Est-ce que mon projet est financièrement réalisable ?
L’objectif à atteindre est une bonne santé financière.

Est-ce que j’ai la « passion


du métier » ?
Le métier d’agriculteur et en particulier d’éleveur est un métier
prenant. Il faut parler de ce métier qu’on ne peut exercer que « si
on l’a dans la peau ».
Il faut connaître la technique qu’on apprend à l’école et au cours
de stages ainsi que chez ses parents s’ils sont eux-mêmes agricul-
teurs. Mais en plus des connaissances, il faut être doué pour le
métier.
CLÉ

1
Il faut savoir détecter d’un coup d’œil la vache malade au milieu
de toutes les autres, repérer à temps les cultures qui ont besoin
d’un traitement sans en abuser, entretenir et conduire « en dou-
ceur » le matériel. Et la liste est encore longue !
C’est tout un ensemble qui fait que la vie est finalement plus facile
sur l’exploitation et que le résultat est positif à la fin de chaque
exercice comptable.
Le métier d’agriculteur est un tout, ce sont des animaux, des
cultures, du matériel, de l’administratif et quelquefois de la ges-
tion de personnel. Je peux être plus passionné par un élément que
par un autre, mais je ne peux pas négliger celui ou ceux qui ne
m’intéressent pas.
Notons également qu’il n’y a pas un métier d’agriculteur mais
beaucoup de métiers d’agriculteurs qui sont différents en fonc-
tion du type de production. Le métier d’éleveur laitier est très
différent du céréalier ou du viticulteur ou d’éleveur hors sol.
Je m’engage dans le métier d’agriculteur mais aussi dans la pro-
duction qui me passionne. Je ne veux pas m’installer comme éle-
5
veur de porcs alors que c’est la production laitière qui me plaît.
Dans le choix de ma production je dois faire attention aussi au

Réussir toutes les étapes de sa vie professionnelle


phénomène de mode. Quand une production marche bien les
médias en font l’éloge, les techniciens ont tendance à les conseil-
ler. Souvent trop d’agriculteurs se lancent dans cette activité et les
prix baissent.
On préconise la vente directe et dans certains secteurs les agricul-
teurs se font concurrence et sont obligés de baisser leur prix de
vente.
On a préconisé la production de veaux gras notamment pour les
jeunes qui s’installaient en GAEC avec leurs parents et ne pou-
vant pas reprendre la terre à proximité. Cette activité a permis de
dégager un revenu supplémentaire. Puis il y a eu surproduction.
Certains intégrateurs ont arrêté de remplir les étables.
Je dois m’engager dans une production qui me plaît, qui dégage
du revenu mais qui n’est pas forcément celle qui est conseillée à
l’époque où je m’installe.
Si je m’installe comme agriculteur, c’est pour une longue période
et certainement pour toute ma vie professionnelle. J’investis un
capital important. Quand je signe un contrat de salarié dans une
entreprise, je peux me dire « je vais essayer, puis si ça ne me
convient pas je ferai autre chose ».
Est-ce que je suis prêt à affronter la
responsabilité de chef d’entreprise ?
Le métier regroupe plusieurs aspects : il y a le travail d’agricul-
teur et il y a la responsabilité « finale » de l’exploitation.
Je suis le responsable de cette entreprise, je dois être capable de
prendre les décisions et d’en assumer les conséquences.
Dans le projet d’installation, tout est prévu comme si tout allait
bien se passer. Mais dans le quotidien il y a souvent des imprévus.
Il faut faire face à des difficultés petites ou grandes, aussi diverses
Chapitre 1 L’installation

qu’inattendues. Et là je dois garder le contrôle.


Je dois faire face à un problème sanitaire, à une panne de maté-
riel, à des difficultés financières, à la pluie qui n’en finit pas, au gel
qui me prive d’eau courante…
J’aurai aussi des décisions importantes à prendre en matière
d’orientation de l’exploitation (intensif – extensif – biologique) et
en matière d’investissement.
6
Les conséquences de toutes ces décisions, c’est moi qui devrai les
assumer. Je dois en être bien conscient. Si je décide un investisse-
Réussir sa vie d'agriculteur et la gestion de son exploitation

ment important, c’est moi qui devrai faire face au rembourse-


ment de l’emprunt.
Je ne peux pas m’installer comme agriculteur si je sens que tout
cela me fait un peu peur !
L’inquiétude, le stress, sont bien plus fatigants que le travail
physique.
Il y a bien sûr la solution de l’association pour partager ces res-
ponsabilités. Il ne faut pas la négliger mais on s’engage là dans
une autre aventure.
Sans compter que l’association peut prendre fin et je me retrouve-
rai alors probablement seul à gérer mon entreprise.
Compter sur un associé pour faire face à une certaine crainte de
la responsabilité de chef d’entreprise est un peu dangereux.

Est-ce que mon projet est


financièrement réalisable ?
S’installer en agriculture exige des capitaux importants ; le mon-
tant des reprises d’exploitation est élevé, sans compter le foncier.
CLÉ

1
Des études peuvent être faites sur la faisabilité de mon projet,
notamment si je m’installe dans le cadre des aides à l’installation.
Je ne dois pas laisser les techniciens faire ces études sans moi ou
les « pousser » à faire l’étude pour que « ça passe ». Je dois par-
ticiper à ces études et bien comprendre comment elles sont faites
afin de bien savoir quel niveau de risque financier je prends en
m’engageant dans cette aventure.
Au final, l’étude va déterminer quel Excédent Brut d’Exploitation
(EBE) peut raisonnablement dégager mon entreprise, elle va aussi
déterminer les annuités auxquelles je peux faire face avec cet
EBE. Le solde (EBE-Annuités) me permettra de satisfaire mes pré-
lèvements privés (qu’il ne faut quand même pas sous-estimer) et
de me laisser une marge de sécurité.
Cette marge doit être importante. En effet, mes annuités vont
durer au moins 8 ans avant de disparaître. Durant cette période,
mon EBE peut évoluer de façon importante, d’autant plus que les
prix sont de plus en plus variables.
Mes annuités peuvent aussi augmenter. Il n’est pas impossible
que je sois amené à faire des investissements imprévus. Par 7
exemple, un matériel est à remplacer plus vite que prévu. Après
quelques années, je peux me rendre compte que les conditions de

Réussir toutes les étapes de sa vie professionnelle


travail avec l’équipement que j’ai repris sont plus difficiles que
je ne l’avais envisagé, et je vais peut-être investir dans un autre
équipement.
Mes prélèvements privés peuvent aussi évoluer en fonction des
besoins nouveaux de ma situation familiale.
Si je n’ai pas de marge de sécurité suffisante, le premier imprévu
va rendre ma situation financière, déjà fragile, très difficile et le
redressement ne sera pas évident.

Un objectif à atteindre : une bonne


autonomie financière
Après une bonne réflexion et une analyse de mon projet, j’ai
décidé de m’installer.
En m’installant, je dispose de peu de capitaux personnels. Toute
ma reprise est financée par des emprunts, des ouvertures de cré-
dit, des dettes aux fournisseurs. Je suis financièrement fragile.
Pour sortir de cette fragilité, je n’ai qu’une solution : constituer
des capitaux propres au sein de mon exploitation. Pour cela, je
dois dégager au fil des années un résultat supérieur à mes prélève-
ments privés.
Tant que mes prélèvements privés ne seront pas inférieurs à mon
résultat, je ne capitaliserai pas et je resterai fragile.
Pour y arriver au plus vite certains seront tentés de se dire : « à
titre privé je me prive de tout et à titre professionnel, j’ai peu
d’équipements et je travaille comme un fou. »
Attention, nous sommes des humains et la fatigue (physique et
mentale) peut avoir une emprise sur nous. Il ne faut pas tomber
dans l’excès.
Quoi qu’il arrive, il faudra des années pour atteindre cet équilibre
Chapitre 1 L’installation

financier. Pour tenir le coup pendant toutes ces années on ne peut


pas travailler dans des conditions défavorables. Je ne dois donc
pas négliger les investissements dans un minimum d’équipements
pratiques. Disposer d’un petit tracteur ancien en bon état attelé
en permanence sur un rabot, c’est pratique en attendant de pou-
voir investir dans un racleur automatique.

8
Il faut que dès mon installation je travaille dans des conditions
correctes. Avec cette exigence, je peux améliorer année après
année mon autonomie financière.
Réussir sa vie d'agriculteur et la gestion de son exploitation

Quand j’aurai atteint une bonne autonomie financière je pourrai


penser à plus de confort, voire du luxe !

Une observation sur les relations


avec le monde des conseillers,
techniciens et administratifs
Quand on s’installe en agriculture, il y a de nombreux dossiers à
établir, des études économiques à réaliser, des formalités juri-
diques à accomplir (surtout si l’installation est réalisée sous forme
sociétaire). Il faut que notre dossier soit soumis à diverses
commissions.
Il est alors indispensable d’avoir recours à des conseillers et des
techniciens. Souvent, il faut rencontrer les personnes dans les dif-
férents services de la DDT (Direction Départementale des
Territoires).
Après l’installation, tout au long de notre carrière d’agriculteur,
les relations avec les conseillers et les techniciens continuent : le
comptable mais aussi le contrôleur laitier, le technicien des
cultures, le conseiller de la banque et autres.
CLÉ

1
Le jugement des agriculteurs envers ces personnes est divers.
Certains ont d’excellentes relations avec eux, en particulier avec
ceux avec lesquels ils travaillent depuis de nombreuses années et
avec lesquels le courant passe très bien. D’autres ont des juge-
ments sévères, considérant que tous ces conseillers et techniciens
sont privilégiés. Ils ont un salaire assuré à la fin du mois, ils tra-
vaillent 35 heures avec les RTT et les vacances qui vont avec.
Il faut relativiser tout cela. Sans doute, parfois, certains conseil-
lers ou techniciens ont des attitudes qui justifient un tel jugement,
mais dans la majorité des cas, ils font leur travail avec profession-
nalisme et même parfois avec dévouement et solidarité avec les
agriculteurs.
Quand on est agriculteur, on ne les rencontre que pour travailler
sur notre dossier, mais on ne sait pas vraiment quelle est leur vie
professionnelle. On peut pourtant entendre régulièrement ce
genre de réflexion de la part des conseillers et techniciens : « Ah !
ça devient pénible mon métier. Le problème ce ne sont pas nos
adhérents, nos clients, c’est notre hiérarchie avec la pression que
nous subissons. » 9
En effet, ils n’ont pas forcément la vie aussi belle qu’on le pense.
Le problème de hiérarchie, la pression qui les pousse à réaliser un

Réussir toutes les étapes de sa vie professionnelle


certain chiffre d’affaires (les objectifs) n’existent pas dans toutes
les entreprises. Mais cela se développe de plus en plus, en particu-
lier dans les grosses entreprises.
On entend aussi fréquemment : « J’ai fait le maximum pour que
le dossier passe et soit accepté en commission et je n’ai même pas
eu un merci ! »
Bon nombre de conseillers et techniciens font un travail impor-
tant pour qu’un dossier, notamment un dossier d’installation ou
pour obtenir une subvention, soit présenté dans les délais et
accepté. Ceci est vrai en particulier dans les périodes de crise où
il faut monter rapidement le dossier pour obtenir les aides.
L’agriculteur ne perçoit pas forcément tout ce travail qui a été
réalisé.
Il arrive cependant que des agriculteurs appellent le conseiller ou
le technicien pour dire « notre dossier est passé et il nous est attri-
bué 13 000 €. Merci pour votre travail ».
Ce type d’appel qui informe le conseiller ou technicien de l’issue
du dossier avec un remerciement fait énormément plaisir.
Conclusion
L’installation représente une étape décisive car j’ai décidé de pra-
tiquer le métier d’agriculteur pour les nombreuses années à venir,
avec toutes les conséquences que cela implique. Le métier d’agri-
culteur est particulier car en plus d’être un métier qui exige des
compétences techniques, il implique aussi d’être un chef d’entre-
prise. Et un chef d’entreprise doit gérer un ensemble plus ou
moins complexe en ayant l’obligation d’assumer les conséquences
financières de ses décisions dans un contexte aux nombreuses
incertitudes (rendements, maladies, prix…).
Chapitre 1 L’installation

Mon projet doit donc être « monté » de façon à me laisser une


bonne marge de sécurité afin de faire face aux imprévus. Et si tout
cela me fait peur, il serait probablement plus sage que je ne
devienne pas agriculteur !
La passion du métier d’agriculteur est un préalable quasi obliga-
toire car c’est un métier très exigeant, très prenant et sans passion
il sera difficile de faire face à toutes les difficultés rencontrées.
10 Mais quand on aime ce métier, c’est un métier vraiment
passionnant !
Réussir sa vie d'agriculteur et la gestion de son exploitation
Quel statut choisir en fonction de mon projet ? Comment et quand investir ?
Faire des choix concernant son exploitation qui impactent en grande partie sa
vie quotidienne est plus aisé si l’on est bien informé.
Les deux auteurs ont construit ce guide en pensant d’abord aux agriculteurs
mais aussi aux conseillers du monde agricole. Ils ont créé un outil précieux
qui apporte un éclairage sur les conséquences à court et long termes liées
aux décisions que l’agriculteur est amené à prendre au cours de sa vie.
Cet ouvrage offre d’abord et avant tout une approche humaine du travail de
l’agriculteur : satisfaire au mieux les besoins de la personne par la gestion
de son exploitation en proposant des pistes et des procédures d’analyses qui
pourront alimenter sa réflexion pour prendre des décisions les plus adaptées
possible pour sa vie professionnelle et personnelle.
Vous y trouverez 5 points clés pour réussir votre vie d’agriculteur en gérant
efficacement votre exploitation :

1. Réussir toutes les étapes de sa vie professionnelle : installation, atteinte de l’équilibre,


croissance, association, départ à la retraite.
2. Réfléchir sur les aspects juridiques, fiscaux et sociaux : montage juridique de l’exploitation,
entreprise individuelle apportée en société, comptes courants, holding.
3. Pratiquer une gestion quotidienne efficace et prendre les bonnes décisions concernant ses
investissements : gestion technico-économique, stratégique, d’investissement.
4. Rendre son exploitation cohérente, adaptable et moins sensible aux risques.
5. Comprendre et interpréter les chiffres de son exploitation : bilan, tableau de financement,
compte de résultat, tableau de bord.

Dans cette deuxième édition, vous trouverez :

• Une installation sous forme • Une proposition d’une méthode de


individuelle ou intégrée à une gestion des risques.
société existante : conséquences • Les compétences des deux auteurs
financières avec un exemple chiffré. sont complémentaires : l’un est
• Une réflexion sur la résistance au un théoricien qui pratique aussi le
changement. conseil aux agriculteurs et l’autre
• Une approche plus détaillée du est un praticien.
concept de vision de son entreprise.

— Spécialiste en gestion de l’entreprise agricole, Raymond Levallois, professeur-chercheur à l’université Laval


(Québec, Canada), retraité depuis peu, a aussi enseigné de nombreuses années à l’École d’Ingénieurs de Purpan (Toulouse).
Roland, son frère, ingénieur agricole et expert-comptable, est installé dans la région du Mans. Sa clientèle est
essentiellement composée d’agriculteurs.

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