Chapitre I La didactique de l’écrit
Introduction
L'enseignement de l'écrit a toujours été une source d'inquiétude pour les enseignants, mais il
est devenu l'objet d'étude de nombreux spécialistes. L'évolution de la linguistique,
la psychologie et de différentes disciplines a entraîné un changement inévitable dans la
didactique de l'écrit.
L'apprentissage de l'écriture ne peut se faire hors situation de communication. L'acte
d'écrire est très complexe dépassant largement le simple savoir linguistique, il s'agit
davantage de compétences du sujet écrivant.
Cela nous a incité à consacrer ce chapitre à la définition de quelques éléments qui
jouent un rôle très important dans l'apprentissage de l'écrit.
I-1 Qu’est-ce que l’écrit ?
«C’est une activité complexe qui repose sur une situation (thème choisi, public visé) et au
public, un savoir-faire, ce processus comprend trois étapes : la production planifiée des
idées, la mise en mots et la révision. »1
I-1-1 La place de l’écrit dans quelques approches pédagogiques :
L’acte de communiquer en langue étrangère reste toujours un objectif essentiel de
l’enseignement des langues. Sans oublier le grand souci des méthodologies, celui d’apprendre
à l’apprenant comment s’exprimer oralement et par écrit dans la langue de l’école. Pour
arriver à cet objectif, le chemin sera long et plein de difficultés car certaines méthodes vont
opter pour l’acte pédagogique lui-même, d’autres relèvent des différentes composantes du
milieu scolaire(les inter-actants, leurs représentations, le statut de la langue étudiée et les
objectifs d’enseignement). Mais, ce qui nous intéresse est le statut et la place de l’écrit à
travers l’enchainement des méthodologies qui reste instable.
Nous avons assisté à une forme d’alternance entre l’oral et l’écrit qui s’opposent
traditionnellement dans le cadre d’une succession au pouvoir des deux éléments de la langue
où l’écrit a prédominé l’oral, mais grâce à la technologie, cette prédominance est bouleversée
car nous continuerons toujours à entendre les voix des disparus à travers nos machines. Dans
telle méthode, nous accordons la primauté à l’écrit, dans telle autre, la priorité est donnée à
l’oral. Sans oublier que chaque approche retient des fondements théoriques qui argumentent
en faveur du choix.
1
Robert, J-P, Dictionnaire pratique de didactique du FLE. Editions Ophrys, Paris, 2008, p76.
Chapitre I La didactique de l’écrit
I–1-2 La compréhension de l’écrit et l’approche communicative.
La compétence de communication est un concept clé en didactique des langues vivantes en
général et en particulier à celle du FLE.
Selon Cuq [Link] Gruca I 1, elle s’articule autour de cinq grands types de compétences
fondamentales : l’expression orale, l’expression écrite, la compétence d’évaluation, la
compréhension orale et la compréhension écrite.
La compréhension d’un texte écrit est une activité langagière fondamentale dans
l’appropriation d’une compétence de communication en langue étrangère, notamment en
français .En effet, il ne s’agit pas d’ « une simple activité de réception passive »2, mais d’une
activité de construction mentale complexe de signification d’un énoncé ou d’un discours
(narratif, explicatif,…) tout en mettant en jeu : la mémoire, l’expérience et les connaissances
antérieures du récepteur.
Pour Cuq, la compréhension écrite « est l’aptitude résultant de la mise en œuvre de processus
cognitif qui permet à l’apprenant d’accéder au sens d’un texte qu’il […] lit »3. Elle implique à
la fois la connaissance du système de la langue (graphique, sémantique, textuelle). La
connaissance des règles socioculturelles dans laquelle s’effectue la communication. Tous ces
éléments sont déterminants dans la réception et l’interprétation du sens.
La perception et le repérage des éléments périphériques du texte, des indices para-
textuels (titre, sous-titre, intertitres, photos, référence…). Cette étape est importante dans la
mesure où elle permet au lecteur de se familiariser avec le texte et s’outiller d’un éventail
d’informations pour qu’il puisse déterminer le type de discours auquel appartient le texte.
1
Cuq [Link] Gruca I., Cours de didactique du français langue étrangère et seconde, nouvelle édition, PUG.,
Grenoble : 2005, p.155.
2
Cuq J-P, dictionnaire de didactique du français langue étrangère et secondes, éditions PUG,
Grenoble : 2003, p.157.
3
Ibid. P.49
La compréhension de l’écrit suppose un va-et-vient interactif entre le
texte et le lecteur. C’est une lecture active qui ne consiste pas en une simple opération de
décodage, de déchiffrage : des mots, des lettres ou de signes linguistiques. Mais, il s’agit
Chapitre I La didactique de l’écrit
surtout pour le récepteur de percevoir des significations, construire du sens et non en recevoir.
Cette lecture comme le souligne Cuq J-P est : « une interaction entre le texte et son
lecteur.c’est un processus actif qui requiert une compétence de la part du lecteur qui se
définit comme la capacité de trouver dans un texte l’information que l’on y cherche, capacité
d’interroger un écrit et d’y repérer des réponses, capacité de comprendre et d’interpréter les
documents de manière autonome. »1
La compréhension de l’écrit requiert de la part du lecteur une compétence de lecture. Celle-ci,
selon Moirand Sophie 2,dépend de la maitrise de trois compétences, à savoir, une
compétence linguistique qui porte sur les règles syntaxico-sémantiques de la langue, une
compétence discursive qui relève des connaissances sur l’organisation des différents types
d’écrits et leur dimension pragmatique par ce qu’on n’écrit pas de la même manière une lettre
amicale ou une lettre administrative, un texte descriptif ou un texte argumentatif…etc. , et
enfin, une compétence référentielle extralinguistique qui concerne toutes les connaissances
que le lecteur possède sur le monde (la culture, le domaine de savoir, la représentation et sa
vision du monde…).
3
D’après Cuq, développer une véritable compétence de compréhension écrite chez
l’apprenant du FLE. , c’est l’aider à construire progressivement du sens d’un texte par
repérage d’unités significatives, par confrontation progressive d’hypothèses que le lecteur se
fait du contenu d’un texte avec les informations du texte en question.
Dans cette perspective, Moirand S.4 explique que l’accès au sens dans le processus de
compréhension écrite se réalise par le biais des hypothèses de sens que le lecteur ne cesse de
construire tout au long de sa lecture. Ceci dit, à priori, le lecteur procède constamment à la
confirmation ou l’infirmation des hypothèses formulées, jusqu’à ce qu’il aboutisse au sens
définitif tout en exploitant les indices offerts par le texte.
1
Cuq [Link] Gruca I., op. cit.,p.166.
2
Moirand Sophie .situation de la compréhension de l’écrit, production en français langue étrangère, C.L.E international, paris
1979.
3
Cuq J-P. (dir), [Link],p.154.
4
Moirand S., [Link].,p.26
En bénéficiant des apports de l’approche cognitive, la didactique de l’écrit,
notamment l’enseignement-apprentissage de la compréhension écrite a établi une « démarche
[…] opératoire »1 appelée approche globale. Celle-ci vise le transfert en langue étrangère des
Chapitre I La didactique de l’écrit
habitudes et des stratégies que le lecteur possède déjà dans sa langue maternelle. Il s’agit pour
le lecteur de percevoir globalement le sens des mots, des phrases, des énoncés et des discours.
L’approche globale d’un texte s’opère par le repérage des éléments textuels pertinents tels
que les mots clés, les articulateurs, les relations anaphorique…, etc. l’ossature textuelle et
discursive auxquelles s’ajoutent les connaissances extralinguistiques, l’intention du
lecteur..etc. Tous ces facteurs interviennent dans la construction de la signification de
l’énoncé. L’exploitation de cette grande démarche en classe de langue se déroule en deux
étapes :
-La première étape : la perception et le repérage des éléments périphériques du texte, des
indices para-textuels (titre, sous-titre, intertitres, photos, référence…).Elle permet au lecteur
de se familiariser avec le texte et s’outiller d’un éventail d’informations pour qu’il puisse
déterminer le type de discours auquel appartient le texte.
-La deuxième étape : explore de plus en plus le texte car elle est focalisée sur des éléments
plus pertinents et qui contribuent à la compréhension : repérage des mots clés, des
articulateurs logiques, déictiques spatio-temporels, éléments anaphoriques…, etc. et la
recherche des éléments d’ordre énonciatif (qui écrit ?, pour qui ?...).
I-1-3 La relation entre l’écrit et la production écrite.
La mise en œuvre de l’écrit dans les salles de classe des langues vivantes et étrangères
comprend les pratiques d’enseignement et d’apprentissage des activités de lecture, de
compréhension de l’écrit et de la production écrite.
La Compréhension écrite et la production écrite sont deux activités cognitives et langagières
du même aspect que l’activité de l’écrit. Elles sont beaucoup plus liées et « forment un couple
indissociable »2 de sorte que l’apprentissage de la compréhension écrite constitue un passage
exigé et un préalable obligé à celui de la seconde (la production écrite).
Cuq J-P soutient que « la mobilisation des compétences scripturales de l’apprenant
peut être favorisée par l’articulation lecture-écriture : compréhension et production gagnent
à être imbriquées et l’une peut servir de tremplin à l’autre. »3.
1
Cuq [Link] Gruca I.,[Link].,p.167
2
Cuq J-P, et Gruca I.,. Cours de didactique du français, langue étrangère et seconde, 2 ème édition, Grenoble, 2005, p.188
3
Ibid
I-2- Quelques définitions :
I-2-1-Définition de la grammaire, le lexique et l’orthographe.
La grammaire est l’ensemble des règles qui président à la correction, à la norme de la langue
écrite ou parlée. On peut la nommer aussi que c’est un ensemble de documents décrivant des
Chapitre I La didactique de l’écrit
règles grammaticales. Comme on peut la définir aussi que c’est l’étude systématique d’une
langue, elle comprend la phonétique ou la science des sons du langage.
Dans le dictionnaire Hachette, la grammaire (nom féminin) est une science des règles du
langage. Ensemble de ces règles livre qui les contient.1
Un lexique est un ensemble de mots liés à un domaine, à une personne ou un ensemble de
personnes. Dans la langue écrite, chaque scripteur a son propre vocabulaire.
Le lexique d'une langue constitue l'ensemble de ses mots ou d'une manière plus courante mais
moins précise. Toujours dans les usages courants, on utilise plus facilement le terme
vocabulaire. Par métonymie, un lexique est un recueil de termes dont le sens est expliqué.
-L’orthographe est l’ensemble des règles considérées correctes pour écrire les mots dans une
langue donnée. Dans le dictionnaire Hachette on la définit comme suit : c’est une manière
correcte d’écrire les mots et règles régissant cette écriture.2
Comme on peut la définir que c’est une manière d’écrire un mot.
I-2-2- Définition de la syntaxe, la morphosyntaxe et la ponctuation :
-La syntaxe est la branche de la linguistique qui étudie la façon dont les mots se combinent
pour former des phrases ou des énoncés dans une langue.
On distingue la syntaxe, qui concerne les expressions [les mots], de la sémantique, qui
concerne ce qui est visé par les expressions [le sens, la signification/les choses].
Ainsi, la syntaxe est le respect, ou le non-respect, de la grammaire formelle d'un langage.
D’après le dictionnaire Hachette c’est la partie de la grammaire qui étudie les règles régissant
les relations entre les mots ou les syntagmes à l’intérieur de la phrase.3
1-Hachette dictionnaire pratique de la didactique : édition 01 VARESSE 2009 page 29
2-Hachette :Dictionnaire pratique de la didactique: édition 01 VARESSE 2009 page:520
3-Hachette :Dictionnaire pratique de la didactique: édition 01 VARESSE 2009 page :72
-La Morphosyntaxe apparaît clairement formée à partir de deux domaines :
la morphologie et la syntaxe.
La morphologie étudie principalement la formation interne des mots dans une langue.).
La syntaxe vient du grec suntaxis, signifiant "ordre", "arrangement". Ainsi la syntaxe
étudiera l'organisation des unités dans un énoncé.
Chapitre I La didactique de l’écrit
La morphosyntaxe est l'ensemble des règles d'utilisation des structures et des contrastes
grammaticaux dans le but d'exprimer des relations sémantiques plus ou moins complexes
entre objets, personnes et événements.
Elle s’occupe de la description des règles de combinaison des morphèmes pour former des
mots, des syntagmes, des phrases et des affixes.
-La ponctuation est l’ensemble de signes écrits qui par convention présentent, séparent,
coupent, isolent des unités dans une phrase ou dans un texte.
La ponctuation est l’art de distinguer par des signes reçus les phrases entre elles, les sens
partiels qui constituent ces phrases et les différentes degrés de subordination qui conviennent
à chacun de ces sens.
Le but de la ponctuation est de d’assurer ou faciliter la compréhension d’un texte.
Certains signes indiquent la manière de lire le texte : l’interrogation, l’étonnement, la pause…
Les signes de ponctuation sont :
Le point (.) Le point d’interrogation( ?)
Le point d’exclamation( !) Les points de suspension (….)
Les deux points ( :) La virgule (,)
Le point virgule ( ;) Le tiret (-)
Les parenthèses ( ) Les crochets
La barre oblique ( / ) L’astérisque
I-3-Qu’est ce qu’une production écrite ?
Dans le domaine de la didactique du FLE, en général et celui de l’écriture en particulier, les
didacticiens attribuent plusieurs appellations à la production écrite. Par conséquent, on entend
parler de production de texte (s), de rédaction de texte (s), production scripturale,
d’expression écrite, d’écriture, d’acte scriptural…etc. Mais, seules les expressions de
production au sein des salles de classes de langue.
Robert J.P explique qu’au niveau sémantique, production et expression écrite sont
proches de sens et donc elles sont utilisées comme équivalences. « On parle aussi bien de
production écrite que d’expression écrite. »1. L’auteur ajoute qu’aujourd’hui, l’usage a fait
que la première notion (expression écrite) cède sa place à la seconde (production écrite).
La production écrite a connu diverses définitions selon les domaines dans lesquels elle
est inscrite.
Cependant, dans une perspective linguistique, la production écrite est perçue comme «
une activité complexe de production de texte, à la fois intellectuelle et linguistique, qui
implique des habiletés de réflexions et des habiletés langagières. »2
11
Robert,J-P,[Link].,p.170.
22
Robert,J-P,[Link].,p.174.
Chapitre I La didactique de l’écrit
Dans une perspective de communication, la production écrite est conçue comme « une
activité de production d’un texte écrit vue comme une interaction entre une situation
d’interlocution et un scripteur dont le but et d’énoncer un message dans un discours écrit. »3
Il découle de ces deux définitions que l’activité de production écrite requiert la
réflexion et les savoir-faire langagiers. Elle est affectée à la production de textes et de
discours. Ceux-ci vont constituer les messages qui s’inscrivent dans une situation de
communication interactive entre un scripteur et un lecteur.
I-3-1 L’enseignement de la production écrite :
La question de l’enseignement de la production écrite est fort importante et complexe,
l’application des connaissances dans un domaine peu structuré présente des difficultés
particulières et nécessite une représentation flexible des connaissances, pouvant être
facilement aménagée et réaménagée pour satisfaire avec exigences les objectifs de la
situation. Si la production écrite est un domaine peu structuré, chaque situation d’écriture est
un cas à peu près unique et exige une solution tout à fait particulière que le scripteur doit
pouvoir construire ou élaborer en tenant compte de ces caractéristiques.
Une organisation des connaissances qui serait trop rigide et dont on ne pourrait
modifier les relations risquerait de conduire la production de l’apprenant à l’échec.
Dans tous les cas, on demande l’utilisation d’un sous-ensemble des connaissances selon un
assemblage qui doit correspondre aux exigences de la situation.
Du point de vue de l’enseignement, on ne facilitera pas l’apprentissage de la production si
l’on fournit à l’apprenant des connaissances complexes pour que des connaissances soient
organisées de façon flexible, elles doivent être apprises et mentalement représentées au
moment de la construction. « Il faut alors créer des environnements flexibles qui présentent des
informations selon différents points de vue et pour répondre aux différents besoins des apprenants . »1
I-3-2 -L’évaluation de la production écrite :
Les trois questions suivantes sont examinées : le niveau atteint par les élèves en production
écrite ; la relation entre le nombre d’heures d’enseignement et le niveau atteint en production
écrite et le développement équilibrée de la précision et de l’aisance en production écrite.
33
Ibid.
1
1-DE LANDSHEERE, Gilbert, évaluation continue et examens, Précis de docimologie, Bruxelles, Editions
LABOR, 1984, P239
Chapitre I La didactique de l’écrit
L’évaluation comprend 13 critères, dont 5 servent à évaluer la précision et 5 autres servent à
évaluer l’aisance. Les résultats, montrent que :
1) Les élèves ont atteint un niveau moyen de performance
2) Un nombre minimal de 250 heures d’enseignement est nécessaire pour développer
l’aisance en production écrite.
3) Qu’un équilibre entre la précision et l’aisance peut être atteint en production écrite, mais
qu’il n’est pas toujours atteint, les démarches d’enseignement utilisées en salle de classe étant
un important facteur.
I-3-2-1- Les critères et les grilles d’évaluation :
a- Les critères d’évaluation :
« La définition précise des critères, leur organisation et leur hiérarchisation sont nécessaires
pour évaluer un texte. Mais cela ne suffit pas pour permettre aux élèves de progresser: il faut,
en outre, que les activités s'insèrent dans une démarche d'évaluation formative. Aussi, on ne
saurait se méprendre: un tableau de critères n'est pas une grille d'évaluation formative à
l'usage des élè[Link] organise les critères de réussite de l'écrit et permet au maître la
recherche méthodique et la détermination de la nature des dysfonctionnements: il désigne
ainsi les domaines (dont certains ne sont pas habituellement abordés) dans lesquels des
activités doivent être programmées pour aider les enfants à maîtriser les problèmes de la
langue écrite. »2
Pour l’évolution il ne faut pas s’éloigner de l’évaluation, le cadre pédagogique exige une
analyse minutieuse des pratiques évaluatives qui devrait s’inscrire dans l’objectivité pour que
la note soit fidèle, il faut se rendre compte de certains critères qui pourraient remettre en cause
sa fidélité, tel ou tel type d’exercice proposé relève de la subjectivité. La valeur de ces
exercices est exprimée généralement en chiffre, lettres ou appréciations qualitatives, ce chiffre
est un type d’appréciation globale qui exprime la valeur d’une compétence par un point sur
une échelle numérique gradué de zéro jusqu’à la valeur déterminée par l’évaluateur.
Les lettres les plus répandues sont A.B.C.D. Il représente un niveau selon une échelle d’ordre.
Or, les moments qui les séparent ne sont pas indiqués. « La note devrait être accompagnée
d’un rappel de ce qui s’est passé en classe, au moment où le point évalué a été abordé ; d’un
renvoi à une page de manuel, numéro d’un exercice à faire. »1
b- Les grilles d'évaluation :
«D’une façon générale, les grilles d’évaluation sont destinées à décrire les comportements
manifestés dans une tâche particulière par les élèves, dans une perspective d’amélioration de
leurs productions écrites »2
L'évaluation de la production écrite et de la compétence communicative se font généralement
par l'intermédiaire de grilles, mais on utilise aussi d’autres méthodes. Les grilles aident l'élève
dans son apprentissage en lui fournissant ou en construisant avec lui des indicateurs qui
l'aideront à développer son expression écrite.
Pour AMIGUE et ZERBATO-POUDOU, les grilles d’évaluations :
« Peuvent donner lieu à d’authentiques créations pédagogiques qui suscitent l’enthousiasme
Chapitre I La didactique de l’écrit
des élèves, leur intérêt, valorisant leur propre image et améliorent effectivement leurs
performances scolaires. »3
L’activité de la production écrite doit être évaluée à l’aide d’une grille d’évaluation créée en
tenant compte des critères et leurs indicateurs.
Les grilles d’évaluation sont différentes selon les critères et évolueront en fonction de la tâche
demandée à l’apprenant.
La grille d'évaluation suivante est proposée par les concepteurs des nouveaux programmes
scolaires au sein de notre système éducatif pour les classes de quatrième année moyenne,
favorisant l’usage des grilles d’évaluation concernant la production de l’écrit:
. 1 TAGLIANTE, Christine, L’évaluation et le cadre européen commun, Paris, CLE international, Coll. « Technique et
pratique de classe », 2005, P20.
2 HILTON, Stanley, VELTCHEFF, Caroline, L’évaluation en FLE, Paris, Hachette, Coll. « F », 2003, P24.
3 AMIGUES, René, ZERBATO-POUDOU, Marie-Thérèse, Les pratiques scolaires d’apprentissage et d’évaluation,
DUNOD, Paris, 1996, P175
Critères Indicateurs 01 0.50 0.25
spécifiques
Adéquation de la *Compréhension du sujet (respect
production de thématique proposé)
2 pts * Capacité à raconter
*Capacité à argumenter
*Capacité à décrire avec précision
*capacité à expliquer
Chapitre I La didactique de l’écrit
Cohérence *Pertinence des idées
2 pts *Leur enchainement
*Mise en relation des différents
passages (narratif, descriptif,
argumentatif, explicatif)
Correction de la *Utilisation correcte des temps
langue verbaux propres au récit.
2 pts * Utilisation des marqueurs
spatio-temporels.
* Utilisation des connecteurs
logiques et/ou chronologiques
* Utilisation du lexique
mélioratif! laudatif.
* Utilisation des expansions du
nom.
*Respect des règles d’accord
Perfectionnement *Originalité
01 pt *Enrichissement des idées
*Mise en page
*Lisibilité, soin
I–3-3 Les processus de la production écrite :
Ils se constituent de trois sous-processus fondamentaux qui sont :
a) La planification : « la planification permet d’élaborer conceptuellement, un message
préverbal correspondant aux idées que le rédacteur veut transmettre. »1. C'est-à-dire,
pendant cette étape, le scripteur récupère dans sa mémoire à long terme les connaissances
nécessaires relevant du thème à traiter en vue de les mettre en ordre et établir un plan de
travail. En somme, le mot maitre est l’organisation des idées.
Chapitre I La didactique de l’écrit
b) La textualisation : Le scripteur « engage des choix lexicaux, sélectionne les
organisations syntaxiques et rhétorique afin de mettre en mots, en propositions, en
phrases, en textes les idées récupérées et organisées à transcrire. »2. Autrement dit, le
rédacteur retient les éléments pertinents et appropriés tels le vocabulaire,…etc. Pour
traduire son plan en message.
Nous signalons que ce sous-processus est appelé aussi formulation (translating). Il
« permet de transformer les ébauches préverbales en un message verbal. »3.
c) La révision :Cornaire C. et Raymand P.M font remarquer que l’activité de révision
proposée par Hayes Flower se distingue par « une sorte de mouvement d’aller et
retour » 4, c’est l’étape dans laquelle le scripteur lit, relit son texte de façon attentive pour
l’évaluer et y apporter les modifications requises. Ces corrections peuvent porter sur le
plan adopté, les formes linguistiques employées, l’architecture du texte, l’ordre des
paragraphes,…etc. Ce qui fait que les erreurs détectées vont être corrigées au fur et à
mesure de l’exécution de la tâche d’écriture.
1
Tardif J. pour, un enseignement stratégique ,les éditions logiques, canada,1997,p25
2
reuters ,Yves, enseigner et apprendre à écrire paris ESF 2002 p 62.
3
Cuq J. et Gruca [Link].p.185.
4
fayol, M « la production du langage écrit », presses universitaires, paris ,1999, p 83
I-3-4 Les objectifs de l’apprentissage de la production écrite :
La production écrite vise dans son apprentissage des objectifs qui sont d’ordre
linguistique et affectif.
a/ Objectifs d’ordre linguistique :
- Maitriser la structure de la phrase sur le plan syntaxique, organiser des éléments
linguistiques et leurs agencements.
- Prendre conscience des éléments et des marques orthographiques (pluriel en s ou en x,
présence des lettres muettes)
Chapitre I La didactique de l’écrit
- Renforcer la discrimination visuelle par les allers- retours (lecture/écriture) qui sont le
fondement de l’activité scripturale.
b/ Objectifs d’ordre affectif :
-Dépasser l’angoisse de la page blanche.
- Exercer la mémoire et développer la concentration.
-Persévérer dans l’activité jusqu’à la fin du texte à recopier ou à produire.
-Maintenir la motivation.
I-4 Le rôle de la mémoire dans la production écrite.
La mémoire est considérée comme l’unité centrale de traitement de l’information,
puisqu’elle garantit une multitude de fonctions. Elle représente un processus d’encodage, de
rétention et de restitution de l’information.
En d’autres termes, c’est à travers elle que le scripteur reçoit les informations (sujet à traiter,
consigne,…) de l’environnement. Elle sélectionne les plus pertinents et leur attribue un sens.
En outre, c’est en elle que le scripteur organise et puise les connaissances possédées déjà, et
auxquelles il fait référence pour la production de son texte.
Aussi, c’est en elle qu’il emmagasine les renseignements en vue d’une réutilisation ultérieure.
Ce qui explique qu’en production scripturale, l’apprenant scripteur requiert constamment la
mémoire. Celle-ci s’organise en trois registres.
I-5-Les registres de la mémoire :
Un certain nombre de psychologues ont mené des études expérimentales sur la
mémoire. En règle générale, ces chercheurs reconnaissent trois niveaux ou registres de
mémoire qui sont en connexion.
a/ La mémoire sensorielle.
Comme son nom l’indique, elle retient les informations issues de l’environnement
extérieur par le biais des sens (la vue, l’ouïe,…). Il s’agit par exemple en écriture de la
consigne, en lecture de l’image d’une lettre, d’un mot, d’un groupe de mots… Alors, certaines
informations sont éliminées ou oubliées, d’autres, elles sont acheminées vers la mémoire de
travail. Donc, elle représente la porte d’entrée de la mémoire.
b/ La mémoire de travail : (mémoire à court terme) :
Elle sauvegarde momentanément les informations issues de la mémoire sensorielle où
se font choix et traitement de ces informations.
Chapitre I La didactique de l’écrit
Elle reçoit d’abord les renseignements (la consigne d’écriture par exemple) de la mémoire
sensorielle et leur donne une signification. Ensuite, elle envoie des demandes appropriées à la
mémoire à long terme pour activer et puiser des connaissances (syntaxiques, référentielles,…
etc.) utiles à l’exécution de la tâche d’écriture. Enfin, elle établit un lien entre les
informations venues de l’extérieur et les connaissances logées en mémoire à long terme.
En bref, elle est responsable de la mise en interaction de ces informations avec ces
connaissances.
c/ La mémoire à long terme :
C’est « un registre sans limitation de durée de stockage ni de capacités. »1. Elle forme un
vaste réservoir d’informations ou de connaissances acquises soit, à l’école soit, apprises par
l’expérience. C’est une partie de la mémoire dans laquelle le scripteur emmagasine les
informations nouvelles reçues de la mémoire de travail et récupère celles dont il a besoin pour
effectuer sa production de texte.
Conclusion partielle
Dans ce chapitre, nous avons donc essayé de présenter notre cadre théorique
disciplinaire et nous avons essayé de mettre en évidence les différents concepts de
l’enseignement de l’écrit et de la grammaire textuelle qui serviront de base à notre étude.
Le chapitre qui va suivre quant à lui sera consacré à l’écriture en langue étrangère.
1
Cuq,J-P. (dir), Dictionnaire de didactique de français langue seconde et étrangère, [Link].p.163.