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L'ÉCOLE GRECQUE
DANS
L'ARCHITECTURE BYZANTINE
l'AH
GABRIEL MILLET
lHP.ECTJ::U I~ O' ÉTU IJK"; ,\ I : I~ COLJ:; J'nAl'l QUE UES IIAUT ES ~TU().I;; S
PAR I S
ERNEST LERO U X, ltDITEUR
28, RUE B O NAPA RTE, VIe
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Ilmilïliil~ml~ ni
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EX LlBR IS
SALOMON REINACH
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DON
DE
MADAME S ALOMON R E l NACH
N Ê!: M O RGO ULIEF F -
A M. GUSTAVE SCHLUMBERGER
Hommage respectueux de reconnaissance et d'affectioll.
PRÉFACE.
Le présent volume, ainsi que . notre Iconographie de
l'Évangile, peut passer pour un commentaire des A{0nu-
menls byzantins de Mistra. Les deux traditions qu.e nous
avons essayé de distinguer, Grèce et Constantinople, se
rencontrent dans la cité des despotes, et chacune de nos
,analyses nous y conduit. ,
Aussi bien, ne prétendons-nous point pr~~enter u!l re-
levé systématique des vestiges byzantins éparssur)e sol
,grec. Il nous suffit d'être assez largement inf~~m,é p()ur'
,pouvoir soutenir une thèse, et nous croyons l'être. Non
par les livres, assurément. Même les observations, les
relevés et les photographies que nous . avons rapportés
nous-même de Saint-Luc, de Daphni, de Nauplie, de 'Mo-
,nemvasie, de Chrysapha, de Géraki, de Samari et d'~~ta,
,ne nous auraient peut-être pas contenté, si nous. n'avions
obtenu les plus précieux des concours. En effet, deux, de
~os confrères nous ont généreusement confié, pour les
étudier et les reproduire. à notre gré, leurs nombreuses
photogl'aphies, fruit des explorations qu'ils avaient entre-
prises, l'un, M. Joseph Laurent, au nom de l'Écc;>le fr~n
çaise, l'autre, M. Georges Lampakis, au nom de la Société
,d'archéologie chrétienne. M. Joseph Laurent commëntera
\"Ill PHÉFACE
un JOUi' ses découvertes. Nous ne l'en remercions que plus
vivement de nous en avoir offert la primeur . M. Georges
Lampakis avait déjà donné, dans son Mémoire sur les
antiquités chrétiennes de Grèce, un brillant échantillon de
l'importante collection dont il a récem ment publié le ca-
talogue et qu'une mort prématurée l'a empêché d'enri-
chir encore. A leurs noms, nous associerons, dans notre
l'econnaissance, ceux du regretté Marcelle Tourneau, de
.\-IM . G. Bal~, Léon Chesnay, Gustave Fougères, Ugo
1\lonneret de Villard, Panaghiotis Poulitsas, O. Tafrali , de
:.\I. et de Mme Paul Marc , à qui nous devons des photo-
grap hi es ou des relevés d'Arta, de Salonique, de Mésem-
vrie, de Géraki , de Patmos et de divers monuments de
Grèce.
Grèce e t Constantinople, avons-nous dit. Nous ne pou-
vio ns étudier la province sans la capitale. MM. Ébersolt
et Thiers nous y ont aidés, en exposan t, dans nos confé-
l'ences des Hautes-Études, les résultats de leur mission.
Ils en ont fait ainsi profiter notre premier fascicule, qui
s'es t trouvé imprimé avant la publication ~l e leur ou vrage.
A Constantinople, l'Islam nous dissimule, le plus sou-
vent , comme sous un voile blanc ou sous un rideau à ra-
mages, les secrets de la technique byzantine. Aussi les
avons-nous cherchés nous-même, en 1906, à Salonique,
en Macédoine, en Vieille Serbie et dans le bassin de la
:Morava : mémorable voyage, à travers un domaine, sur
certains points, inexploré, mission féconde, pleine de
grands souvenirs, que les malheurs de l'hérO ïque Serbie
nous rendent aujourd'hui encore pl us chers, souvenil's de
son glorieux passé artistique, souvenirs de sa noble hos-
pitalité.
Orient ou Byzance ? Autre problème à éclaircir. Nou ·
avons touché, il ya bien longtemps, au domaine « nou-
PRÉFACE IX
Veau» de l'Analolie, en explorant Trébizonde. De plus
ha~dis ont tràversé le plateau et de"scendu le cours du
Tigre et de l'Euphrate. Leurs travaux sont ,aujourd'hui à
la portée de tous. Mais ils 'ont à peine effleuré une région
des plus riches, des plus instructives pour nous ; ils (mt
laissé dans l'ombre un autre passé glorieux, qui éveille
aU,ssi dans nos cœurs une émotion douloureuse, celui de
l'Arménie. Nous en avons pu étudier les principaux mo-
numents, grâce à la riche collection du photographe Er-
makov, à Tiflis, aimablement aidés, dans ces recherches,
pal' M. Frédéric Macler et par le R. P. "Maxudianz, élève
de notre École et docteur de l'Université de Paris .
..
Nous avons composé notre ouvrage en 1911, achevé
d'imprimer nos dix premières feuilles en février 1912.
Puis, une publication plus lourde, enfin, en dernier lieu "
la guerre et les tâches qu'elle nous a créées ont singuliè~
rement retardé notre second fascicule. Nos récentes lec-
tures auraient largement étoffé les références du premier,
si nous l'imprimions aujourd'hui. Elles pourraient fourni"l'
à nos Additions et Corrections une ample matière. Toute-
fois, nous avons préféré n'en retenir que cè qui touche il
quelques points sensibles de notre exposé. "
Ces points, d'ailleurs, sont accessoires. Nos conclusions
nous ont paru résister à cette première épreuve du temps.
Elles découlent d'un ensemble de faits homogènes, qui se
suffisent. Nous avons examiné, en effet, dans tous ses dé-
tails, le travail du maçon, nous avons réservé, poUl' un
autre volume, celui du sculpteur, matière plus délicate,
moins aisée à classer, inégalement distribuée, et qui veut
justement être traitée suivant une autre méthode, li l'aide
des faits établis par la présente étude.
x PRÉFACE
O U ' avons déjà remerci é, dans notre Iconog,.aphie de
l'Évangile , tous ceux qui ont soutenu nos recherches, aid é
nos missions. Nous dil'ons ailleurs cc que nous devons à
nos chers amis de Serbie. Puisque ici la Grèce es t au
cœur de notre travail, on nous permettra d réitér r l'ex-
pl'e sion de nos sentimenls reconnaissants il nos dil'ec-
te urs d'Athènes, ~n"L Bomolle et Holleaux, à M. Cavva-
dias, alors éphore des Antiquités, et de dire le singuli er
plaisir que nous a pl'ocuré la belle hospitalité d'un prélat
aussi distingué que Mgr Gel'manos Karavangu élis, ancien
évêque de Castoria, el l'accueil chal'mant que nous avons
tro uvé auprès du maire de Gé raki. En observant l'épa-
nouissement de l'École grecque, après la ruine de l'Em-
pire bulgal'e, nous pensons nalUl'ellement a u basileu
bulgaroctone qui v int s'ageno uill er au Parthénon et sur-
tout au maitre qui a fait revivre cette é popée glorieuse,
M. Gustave Schlumberger. Son nom aimé ct respecté reste
attach é aux grands souv enirs de la Grèce médiévale.
M. Gustave Fougères nous a aidé amicalemen t de ses
précieux c.on eils. MM. Maurice Vernes et Jules Toulain
ont mis largemen t à notre disposition le::; c réd its de la
Bibliothèque de l'École des Ilaules Éludes ct :,\1[. Gaston
Leroux n'a rien épargn é pOUl' éd iter notre livre avec le
goût qu'il sait mettre dans toutes sc . publi ca tions .
Paris, novembre 191G.
BIBLIOGRAPHIE
On trouvera la bibliographie de l'aJ'chitecture byzantine dans le Manuel
de M, Diehl. Nous nous bornerons à rappeler les principaux ouvrages
qui touchent aux monuments de Grèce. Nous les citons sous la forme
abI'égée dont l'explication est donnée plus bas.
I. - ÊTUDES SUR DIVERS MONUMENTS: Buchon, Gl'èce; Couchaud; Lam-
pakis, Antiq. chrél.; WullT, Hosios Lukas; Monneret, Ined. byz .
. II. - MONOGRAPHIES: l' Neuvième et dixième siècles. - Scripou : Strzy-
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Daphni : Millet, Daphni. - Monemvasie : Tl'aquair, B. S. A., t. XII (1905-
6). - Argolide: Struck, Ath. Min., t. XXXIV (1909).- Magne: Traquair,
B. S. A., t. XV (1908-9).
· 3. Quatorzième ef quinzième siècles. - Mistl'a : Millet, Mon. Mistra.
On joindra à ces ouvrages les collections de photographies des Hautes"
Êtudes, de MM. Georges Lampaki8, .Joseph Laurent, Marcel Le Tour-
neau, Panaghiotis Poulitsas, largement utilisées dans ce volume; enfin,
celle du Messbildanstalt de Berlin, (lui n'ont pas .pris pillee dans nos
références.
OUVRAGES CITÉS EN ABRÉGÉ
Nous n'avons pas compris dans cette liste cértains ouvrages ou pél'io-
Î:liques bien connus, tels que LEQUIEN, MIGNE ou le Co"pus insc,.. g,.aeca."um
(Co 1. G.)
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Pillevoditei po 'svjatoj A{onslioj Gorje. - Putevoditel po svjatoj Afonskoj
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l'iz. Vrem. - Vizuntijskij Vremenik izdavaemyj pri imperatorskoj Aka-
demii Nauk pod redakcieju V. G. Vasiljevskago i V. E. Hegelja. Saint-
Pétersvourg, 1894 et suiv.
Zapiski arch. ObSè. - Zapiski Imperatorskago russkago archeologices-
kago Ob8cestva. Novaja serija. Saint-Pétersbourg, 1886 et suiv.
PHOTOGRAPHIES
ADDULLAII. - Abdullah, photographe, Constantinople.
BARCEVSIUJ. - Barcevskij, photographe, Smolensk. Cette remarquable
collection vient d'être acquise par un établissement de Moscou,
nommé Imperatorskoe Stroganovskoe Ucilisce technièeskago riso-
vanija.
CACOULIS. - Cacoulis, photographe, Trébizonde.
ERMAKOV. - D. J. Errnakov, photographe, Tiflis.
Iltes Études. - Voyez MILLET, Haules-Éludes.
FOUGERES. - Gustave Fou~ères, directeur de l'École fl'ançaise, Athènes.
LAMPAKls. - Georges Lampakis, ancien directeur du Musée chrétien,
Athènes (décédé). Voy. Xpta'ttOt~tx~~œp;(,ottoÀl)ytl<~~'E,otlpE{Ot, ~EÀ't1o~ eo~.
(KOL't<xÀOyOç ïlWtoYPot~tW~). Athènes, 1910.
LAURENT. - Joseph L.aurent, professeur à la Faculté des Lettres, Nancy.
LE TOURNEAU. - Mareel Le Tourneau, archit.ecte~ chargé de mission
(décédé).
PAUL MARC. - Paul Marc, directeur de la Byzantinische Zeitschrift, Mu-
nich.
XXII lllB LlocnAPIIlE
MILUlT . - Photogl'o phles de l'auleUl' ne faisant point pal·ti e de la co l-
lection des Haules-Études .
POULITSAS . - Panaghioti s Poulitsas, avocat, Sparte.
SéOAII. - Sébnh e t Joailliet·, photographes, Co nstantinople.
TAI'RALr. - O. Ta fl'ali , professeur à l'U nive rsité, Iassy. (Les néga til's
nppnl·tiennenl il la Bibliothè qu e d'Art e Ld'Arch éologie. )
AVIS
Les gl'aulII'es dont la IH'ovenan ce n'esl pa illdiquée l'cp l'o duisenl des
dessin de l\1aLla me Sophie Millet ou des phologr'aphies de l'aute ur.
L'astérisque (' ) s ign ifie que le monum ent est figuré dnlls la s uite clu
vl)lu me . On trouvera le numéro de la fi gure dans le R épertoire de s l'ep l'o-
duclions.
SOMMAIRE
INTRODUCTION
Sujet du pl'ésent ouvl'age, p.1. - Les monuments étudiés: on ne S'at·-
,'êtera pas aux basiliques chrétiennes, pp. 1-2, - Invasions des Slaves
et des Arabes: peu de constructions, jusqu'au dixième siècle, pp. 2·5.-
Prospérité de la Grèce, au onzième et au douzième: les monuments, en
Crète, en La conie et en Messénie, il Ochl'ida et à Castoria, dans la Grèce
du Nord, ell Argolide, pp. 5·8. - L'unité de la Grèce rompue par la qua-
trième croi8ade: Crète, Mistra, despotat d'Ada, Macédoine et Salo-
nique, Serbie, pp. 8-13. - Limites du domaine grec: la Crète et la Ma-
eédoine en fOl'm ent les provinces frontières, p. 13.
CHAPITRE 1. - LES PLAN S
1. - LA BASILIQUE
Importance de la bas ilique, en Macédoine et en Grèce, pp. 15·16. -
Les types, pp. 16-17.
Easilique hellénistique. - La basilique hellénistique à charpente appar-
tient surtout à ·l'École de Constantinople, pp. 17-21. - La basilique hel-
lénistique voûtée se rencontre de préférence en Macédoine et en Grèce:
Serrè8, Castoria, pp. 21-27. - On distingue deux val'iantes d'après la dis-
position du sanctuaire: Arta et Salonique, Blachernes d'Élide et MistI'a,
l)P. 27·33. - Raison de cette différence, pp. 33-34. - Caractère de la Mé-
tropole de Mistra, pp. 34-36.
Basilique orien/ale. - La t1'iple nef aveugle, en Armènie et en Crète, à
Sainte-Sophie d'Ochrida, en Laconie et en Attique, pp. 36-45. - La nef
uniq'ue et la nef transversale, en l\fésopotamie, en Anatolie, en Crète et
en Italie, pp. 40-48. - Les val'iantes du type en Grèce : Kato-Panaghia
d'Arta, pp. 48-52. - La Grèce se t1'ouve SUI' le courant d'influence qui va
de l'Asie vers l'Italie, pp. 50·51.
XXII' S O~DIA!nE
Il . - L' I::C LI SE cnuc i FOB ~ I E
Différence enlre Cons ta ntinople el la Grèce: la dispos ition du sa ncluaire. -
« l~g lis e s impl e" ct (( église co mpl exe ", pp . "5·5G. - Le type de la pro-
vi nce grecque est le plus l'réquent s ur les fronti è res du dom a ine byzan-
Lin : Crè te, lLalie ùu Sud , Asie Min eure, Arménie, Géorgie, Russie, Ser-
bic; c'es t le p lus ancien, pp. 50-59. - Ol'igine he ll énistique du type de
Constan tin ople: le sa nctuaire de la bas iliqu e à co upole, pp. 59-G2.
E x amen du type Il''cc : les voûtes de. bas-côlés. - Sanctu aire pal'lagé par
ùes murs ou dégagé, pp . G2-63. - Dill'ére nce dan s la co uvertlll'e de s bas-
colés : caloUes ou co up oles (Fé rédjik , Samari), l'OÙ tes en bercea u (Gé-
l'a ki , Mistra). Celle diffé re nce se retro uve en Crète, pp . 6il-6G. - La voûte
en be l'ceau est la form e la plus co mmun e dans la pé riphérie du domain e
IJ Yz:J ntin , c'est don c la plus ancienne. Les calotte,,; ou les coupoles vien-
nent de Co nsta ntinople. Cc fait s'explique par la gené>ôe de l'église cruci-
forme, pp. G7-6\! .
J!;volulioll parallèle du type cru ciforme Cil Orieni 'cl en 0rèce, - Va l'iété
des p lans: les éco les loca les, p. 69. - « Croix libre" et « croix inscri te »,
transition,,; entre les deux formul es, pp. 09-70. - Les cinq co upol es,
pp . ïl -72. - Basi lique vo ùté e e t « c l'oix libre ", ' UI ' le plateau d'An:Jto-
lie, p. 72. ~ En Arménie, l'égli se « à croix libre ", combinée avec la bas i-
lique il nef ce nll'a le aveugle , produit l' église " à croix inscrit e ". En con':'
séq uence, les !Jas-col és so nt voùtés e n bercea u, pp. 72-79. - Les
nervures, pp. 80-82. - Même évolution en Géorg ie, pp. 82-84. - Pa l'enté
entre le typ e grec et le type a rm éni e n. p. 8l. - Évol ution p<Jrall èle du
type cruciforme, en Grèce: Scrip ou, Saint-Théodore d'Athènes, Kaisa-
l'ia ni, e tc ; églises du Magne, pp. 84-88. - Exe mples en Bithynie, il Mé-
semvl'ie, e n Viei ll e Se l'l ie, pp. 88-91. - L 'all ongement des nefs , il Mistra ,
l'eprésente un re lo ur a u passé, pp. 91-92. - Anal ogies en tre Mistra et
l'art rom311 , p. 92.
Le p/all [l'icollque. - Exemp les en Macédoin e: la Coubélilissa de Cas-
101'Ïa. Le t ri co nqu c adapté a u p lan c ru ciforme , pp. 92-9+.
Ill. - LA BASILIQ UE A COU POLE
Le procédé helléllis/ique. - A Mistra, la stru cture c ru ciforme est s up er-
posée au pl3n basili cal. Au con trail'e, dans la bas iliq ue he llénistique il
cou pole e t dans l'église cr ucifo l'me co n5tantin opolitaine, les deux s tru c-
tures se juxtapose nt et sc pénètrent, pp. 95-()G. - L'église du Bronto-
chion a ppartient il l'École de Co ns tantinople pa l' les petites coupo les des
bas-coté:; ct pal' la tl'avée inte rp osée e ntre l'abs ide et la c roix. E ll e C il
diffère pat' la manière dont les deux plans sont comb inés, pp. 96-98.
Le procédé orien/al. - La co mbina i!:'on de la basil iqu e et de la co upol e,
sa ns tribune , dans la tra diti on provincial e, il Chy pre, aux Blachernes
d·Art:.1, il Monem vasie, il Léondar'i, pp . 98-10L - Origine du procédé: Mériam-
Iii" p. 10!. - L'église du Bronlochion représente un compromi:; entre
les deux tr::ldi tions, p. 104.
SOM~IAIRE ,xxv
'. , .IV, - L'ÉGLISE A TROMPES D' ANGLE
, "
' Les origines. - L'exemple d'Amida en démonlrel'ol'igine orientale . Ln
Grèce a-t-elle reçu le type en ligne directe ou par 'Ia voie de Constanti-
nople, pp. 105-106. - Comment il s'est formé : la coupole sur trompe!';
combinée avec un simp\e'carrê, avec le plan basilical (pal'tie Ol'ientale de
l'église d'Amida) ou avec la croix. L'église à tl'ompes d'angle n'estqu'un'e
variante de cette dernière combinaison, pp. 106-108, - Exemples 'archaï-
ques': nef occidentale d'Amida, Christianou. Christianou rappelle la bas'i-
Iique 'à 'coupole, pp. 109-110: - Le type 'achevé, 'à Saint-Luc, à Daphni, il
Monemvasie, présente deux traits nouveaux. L'ui} est oriental ; les trois
sanctuaires ouverts sur le carré central. L'autre est constantinopolitain ;
la voûte d'arête, pp. 110-H4. ~ 'Les variantes constantinopolitaines, Néa-
Mon'i de Chios, Parigorilissa d'Arta, procèdent deî'octogone, 'PP . 114~116 .
- Inlluence très limitée de Constantinople sui' la formaÙon du type grec,
p.116. · .. ,',': ' " . " ." , j , . .. .
Les /;·ans{ormations. ~' Panaghia Lycodim'ou, Daphni ' et MOnemvasie,
Saint-Nicolas-des-Champs, Saints-Tbéodor~s de Mistr'a, pp, 116-118.
V. - LES A!'iNEXES DE L'ÉGLI S E
Narthex. - Le nal,thex manque souvent en Grèce, en Crète et en Asie
Mineure, Il est rare en Arménie, en Géorgie, en Russie, en Moldavie. Le
narthex, bien distinct du naos, est un ' trait constantinopolitain, pp. 119-
124.
Tours, portiques el .galeries, - Les annexes, en Gl'èce, avant le qu a-
torzième siècle, sont peu importantes et de forme très variable, pp. 124-
125. .,- Système complexe et cohérent, au Brontochion et dans les autl'es
~glises de Mistra, pp. 125-126. ~ D'où vient ce système? Les annexes, à
Sainte-Sophie d'Ochdda, on S'y rie, en Arménie et au Caucase. Origine
-tonstantinopolitaine, pp. 126-128. - Examen des divers éléments: pièces
saillantes, sur les côtés du narthex, portiques, galeries latél'ales, cha-
pelles funéraires, pp. f28-135. ' ',' ..
Clochers. - Ils apparaissent assez tar'd; lé simandre et la cloche,
p. 135, - Clochers d'Arméaie et du Caucase, p, 135. - Origine latine,
p. 136. - Disposition et forme dés clochers byzantins, dû tl'eizièmé' au
quinzième siècle: trois types, pp , 136-139, - Mérite et originalité du clo-
-cher du Brontochion, à Mistra, pp . 139-140.
CHAPITRE II. - LES FORMES
Opposition fondamentale; en Grèce, façades unies et f~6nl~;ns; b. C')~ "
:tantinople, arcatul'es, p . 141.
L - LES FAÇADES
Lès frontons ell G,'èce. - Haghia-~oni de )~aUI)lie ; pif. 14i,-142: -' ,Le s
frontons SUI' les narthex, pp. 142-146.
XXVI SOMMAIfiE
Les arca/Ut'es à COllstanlinople. - Ell es font p~lI'tie de la stl'uclure ,
p. H6. - Aux extrémités du transept, on supprime le pignon: Boudroum·
Djami, Kazandjilar-Djarn i, églises de Bu ss ie, de Sa lonique et de Vieill c-
Serbie, pp. 146-150. - Les co upol es S UI' le narthex . Les arcature ' corre,;-
pondent aux divisions intérieu l'e' ; Dormilion de Nicée. La sa illie du p OI'-
lique rompt l'unité de la f:1çade occident~lie, pp. 160-152.
Fron/ons et arcalures en Orien/. - Les Orientaux emploient le pigntoll
et les s urfaces uni es, comme l'École gl'ecque. Va l'ca tm'e, purement dé -
cO l'alive, fOl'me l'exception , Exemples en Mésopotamie , en Al'rnénie, :1ll
Caucase, en Anatolie ct en Crète, pp, 152-158.
i nfl uence de Cons/alllirlOple SUI' l'École grecque auallt le qualol':;'ème siècle _
- Les a l'catures sont l'arcs en Grèce, p, J5!). - L'arcade unique, e ll
sa illie S UI' la façad e , aux extrém ités du transept, vient d'AMtolie ct 1'(' -
présente un e réduction du pùrche, pp. 159-165. - Cou l,oies, SUI' le nar-
thex, associées au pignon, pp , 165-167. - Petits porc hes d'Athènes et
d'Argolide: pl'ototypes syriens, vaJ'Ïan les en Anatolie, en Arm61l1e, en
Géo l'''ie, en Russie ct en Serbie, pp. 167-172. - Le porche du Magne.
pp. 172-173. - Les portiques de Samal'i c t de la Métropole: parallèles
e n Ol'ient, pp . 173-174.
influence de Constantinopte à Mis tra. - Elle sc com bine avec la tradi -
tion grecque, pp. 17'1--176. - La ga lerie Sud du Brontoclrion comparée
aux pO I·tiques de Kilissé-Djami , des Saints-Apôtres, de Sainte-Sophie
d'Ochrida et d'I!;ia ldé-Djami, pp. 176-179.
Il. - LES AI3SIDES ET LES COUPOLE.'
Co ntraste entre les deux écoles, p. ISO.
Les l'ormes des absides el des coupoles. - En Grèce, elles ont parfoi '
l'ond es, le p lus so uv ent, ell es présentent les Ulles, troi s face s, les autre ,
huit., pp. 180·182. - A Constantinop le, les faces sont nombreu ses: origine
anatolienne de l'abside pentagonale, pp. 182-18'L - La Grèce, pl u , fidèle
aux vieux types, p. 184.
La décora/ion des absides . - Pas d'arcatures, en Grèce, p. ISi. - Ori-
gine hellénistique des arcatures pratiquées à Constantinople; déve loppe-
ment du motif: en Macédoine, il présente un caractèl'e spécial, pp . .l84.-1Sfl_
La décoration des coupoles. - Colonnes e ngagées pOf"l:lllt une cOl'lliche
hor iz ontale, pp . 189-190. - Arcatures avec les cinll'cs dégogé ; la Grèce
traite le motif autrement que Constantinople, J'é labo l'e selon sa pl'opl'e
tradition; Salonique et les Serbes suivent exactement le modèle venu
du Bosphore, pp. 190·196.
Influence de Co nstantinople à Mislra. - Les abs ide ' du Brontochion ,
pp. 196·197. - La coupole des Saints-Théodores, comparée il. ce ll es de
la Pal'Ïgol'iti ssa d'Arta et de :::iaint-Clément d'Ochrida, p, 198, - Coupoles
de la Métrop ole el de la Pantanassa : aux éléments tmditionnel s, s'ajouleul
les dents de scie, sous des pignons, e~ l cs ni c h ~, entre le f; fe nêtres;
rô le de Salonique, pp. 198·20l. - P e l'si~tance du type trad itionnel , eH
L:1conie, p. 201.
SO)lMAIRE XXYII
Ill. - LES FEN~nlES
Constantinople ·etla Grèce, p. 202.
Les fenêtres à ·Conslantindple. - Pas de meneau, ni dans la grande ab-
side"ni aux extrémités du transept, pp. 202-203.
Les (ené/res en G/'èce: le meneau. - Le meneau, il Salonique; p. 204. -
Le type grec: .tl'.ansept et absides, pp. 204-206. - Le typ.e de Conf;tanti-
nople, par exeeption, à Saint-Luc, p. 200. - Le meneau à pans coupés,
pp. 206-207.
Demi-arcades sur les cô/és des (enê/res. - La Gl'èce traite le motif au -
tI'ement que Constantinople, pp. 207·211.
Mis/ra. - 'Absides, frontons et tympans, demi-arcades: mélange des
deux traditions', pp. 211-21a.
CHAPITRE Ill. - LA TECHNIQUE
l !
l. -.: STHUCTURE DES MURS ET DES VOÛTES
Brique el pierre ..-'- Limites des -deux domaine s , p. 214. - La brique eEt
le signe de la' tradition ·propl'e à Consta~tjnolJle, qui en a' développé la
technique sous l'inlluence de Rome et l'a propagée en Syrie, dans le
-Tur-Abdin, sur le plateau d'Anatolie, en Géorgie et eri Crète, !lp. 214-222.
- La pierl'e de taiIle en Grèce, pp. 222-224.
- Paremenls.-' Le parement arasé, à Constantinople; le pal'ement cc cloi-
sonné », en Grèce, pp. 224-226. - Transition d'un système à l'ault'e. Dé-
formation du parement arasé sur les remparts de Constantinople et SUI'
les églises russes; pl'emièl'e apparition du pal'ement c1oisontJé en Macé-
doine et en Grèce. La Macédoine conserve ces formes de transition,
pp. 226-229. - Caractères distinctifs du parement grec: une seule ligne
de briques, précision de la taille des pierres, pp, 229-234. - Les deux
systèmes, à Mistra, pp. 234-235, - Les joints, pp. 235-238 , - Le pare-
ment de blocage; tradition grecque et influence de Constantinople; les
joints du parement de blocage, pp. 238-241. - Les enduits, pp. 241-242.-
Décadence et pittoresque, pp, 242-244.
Voales. - Les berceaux sont en brique, à Constantinople; en pierre,
en Grèce, pp, 244-245, - Le rôle de la brique, en Grèce, du dixième au
treizième siècle, p. 245. - Les voûtes sont construites suivant les mêmes
procédés que les murs, pp. 245-246_ - Le hlocage, dans les voûtes ,
pp. 246-248. - La Grèce imite l'Orient, lorsqu'elle préfère le berceau à
la voûte d'arête et lorsqu 'elle construit des voùles en pierre, pp. 248-
251.
Il. - DÉCOHATION DU PAREMENT
Le parement de pierre et de brique est décol'é au moyen de la piel'I'e,
p.252,
xxnll SOMMAIRE
L"ol'llemenl cél'amoplasliqu e. - Il apparait dès la première moitié du
onzième siècle et présente di vers aspects, pp. 252-253. - Lettres g l'ecques:
Cas toria et Gastouni, pp. 2iiJ-25!. - Carnctères coufique~ : Saint-Luc et
Athènes; briques estampées, à Co lnma to, pp. 254-257. - Les gro up es de
)/auplie et d'A rta, pp. 257-261. - L'o l'J1ement céramoplnstillue, à Cons-
tantinople, à Mésemvrie , il Salonique, en Macédoine et en Vieille !:erbie,
pp. 261-264.
Denis de scie. - COl'J1iche de dent s et cordon cie dents, pp. 2(j,j.-2G.5. -
Ln corniche de dents, proi:édé hellénistique, très la rgemet,t emp loyé et
perfectionné à Constnntinople, à ' nlonique et en Mncédoine: diverses
mnnièl'es de disposer les dents, consoles de briqu es ; rôle restrei llt , ell
Grèce, pp. 265-268. -- Le cordon de dents est un pt'océdé particulier à la
Grèce; comment il s 'y développe; il Y accompagne des cordons de mnrI)I"e ;
il est rare en Macédoine et dans la sphère de Constantinople, pp. 2r, -
2U. - Origines orienta les du cordon de dents : il joue le méme rôlc que
les moulures dans le parement de pierre, en Syrie, en i\lésopotomie, en
~appadoce et en Arménie; les moulul'e sont remp lacées pnl' des lJil-
lettes, en France. par des dents. en Asie même; rfcole g l'ecque tl'iln S-
[lose de méme les croix, sculptées su r les façades, pp. 274-279.
Décoration du parement à Mis/ra. - L'ornement cérnmoplastif]u e Yienl
:5u rtoul de Constantinop le, p. 279-280. - Motifs grecs: cordons de dents,
incrustations, pp. 280-282. - Motifs constantinopo litains : la fnçade du
Brontochion, les frontons des églises cruciformes, p . 282.
P oleries. - Plats de faïence, p. 283. - Flncons nux bords festonnés,
plnntés dona le mur, à Mislra. fi Calamala, en l'I'!acédoine et en Serbie, à
.:\l é~emvr i e; leur origine con tnntinopolitaine, pp. 283-289.-Godets, p . 289.
CONC LUSICll'\
La Grèce indépendanle de Constantinopl e: Ol' ient ou Byzonce '? p. 2!J l.
- La tl'adition hellénistique, fi Constantinople, pp. 2!J1-293. - La trad ilion
ol'ientale, en Asie, pp. 293-294. - Les domaines des deux tradilions,
pp. 29-1-295. - L'É cole g l'ecque doit moins à ~ onstant in op le qu 'ù I"Asi e;
t'o le de Salonique, pp. 295-2D7. - Influence de Constantinople à lVlislril,
]1. 2D7.
INTRODUCTION
L'objet de cette étude est de définir le caractère de l'ar-
chitecture byzantine en Grèce par l'analyse des types et
<les procédés, de dégager les traits spécifiques qui dis-
tinguent ce domaine, en face de Constantinople et des
.a utres régions de l'Orient.
Que veut dire notre titre: l'École grecque? Dans l'his-
toire obscure de la Grèce médiévale, nous ne prétendrons
point retrouver des ateliers, des générations de maîtres
.et de disciples, des familles d'artistes, analogues aux
primitifs italiens. D'ailleurs les édifices, au moins en pro-
vince, n'étaient point l'œuvre d'architectes patentés.
Souvent un simple moine, un apôtre comme saint Nicon,
<lont on lira plus loin l'histoire, traçait sur le sol un plan
qui lui était familier, distribuait la besogne entre les arti-
sans habiles dans les diverses techniques, entralnant les
bonnes volontés, et l'œuvre s'élevait comme d'elle-même,
par la vertu de la tradition.
C'est cette tradition dont nous voudrions d'abord fixer
les limites.
Nous ne la suivrons pas jusqu'aux origines. Les premiers
siècles chrétiens nous ont trop peu laissé : quelques
<lébris de basiliques en Thessalie 1 , à Athènes 2 , à Chalcis 3 ,
1. WACE-DROOP, B. S. A., t. XIII (1906-1907), p. 315, pl. X.
2. $TRZYGOWSKI, Rom. Quarlalschri(l, t. IV (1890), p. 3. - SKIAS, IIplXx'tlxa,
1893, pl. 1; FOUGÈRES, Grèce, p. 113. .
3. STRZYGOWSKI, ~û". la,., t. II, p. 719.
1
2 I NTRODUCTI ON
Argosl, Mantinée 2 , Olympie 3, Thé ea 4 , ne nous fourniront
que des indices. L'époque des Macédoniens, des Co mnèn es
et des Paléologues retiendra se ule notre attention.
Entre ces deux âges, de g raves évén em ents ont boule-
versé la Grèce. Les « Baebal'es » ont pris leur revanche.
D'abord les Slaves. Nous n 'avons pas à discuter un pro-
blème qui a susc ité des controve r ses pa s ionnées. Notons
seul ement avec Hopf ce qu'il y a d'exagéré dan s la théorie
de Fallmerayer. La première invas ion, qui dura cinq an s
(577- 582), n e fut point su i.vie d'é tablis ements du l'ables.
Lorsqu e le Livre des Thèmes nous rapporte que, sou s
Con st antin Copl'Onyme, à la suite d'une pes te (746/7), tout
le pays, Hellade e t Péloponnèse, fut slavisé (lGO),~bWO'~ ) e t
devint bal'bare 5, il exagè ee visiblementll e t nous révèle les
dispositions pe u b ienve illantes de la co ur byzantine ù
l'égard de la G eèce, plUlôt que l'exac te réalité des faits.
Sans doute les nouveaux venu' dévastèrent certaines ci tés
d e l'intérie ur en refoulant le urs habitants vers les cô tes 7 . ;
mais ils ne furent point assez nombl'eux pour maintenir
leur indépendance, ni même leur natio nalité. Après moins
de 50ans, so us Irèn e, Staurakios lessoumit au tributS; un
peu plus tard, en 807 D, ceux d 'Él ide, battus par les G l'ecs
de Patras, se virent asservis à l'église de Saint-André 10. Les
1. foui ll es Vollgl'a fT. c r B. C. 11., t. XXXI (1907), p. 1Gl. Le plan se ll'ouve
dans FOUGÈI1ES, C"èce, p. 397. .
2. FO UGÈH ES, Mantinée, p. 599, pl. VIII.
3. A LlsyrabLlnyen uon Olympia, lI , p. 18; III , pl. XXXVI. STI1ZYGOWSK I,
Rom. QLlarta lsc hritt , t. IV (1890), p. 7.
4. HI LLEI1 VON GAEI1TI1INGEN, Thüa, t. I , pp. 255-257, 302-303, p la n II.
5. De lhema libLls, II. 6 (CO:-lSTANT IN P0I1PHYI10 G~NÉ TE, Bonn, t . III , p. 53 ).
6. HOPF, p. 117.
7. FOUGÉHES, Mantinée, p. 59 . Voye z p. 597 et uiv .
8. HOPF, p, 97; FINLAY, t. II, p. 103; TH ~OP If ANE, Bonn, p. 385.
9. La Liate , d'apl'ès Hopr, p. 99. ,
10. D 'apl'ès Cons lantin POl'phyl'ogé nè le (De aclm. imp . , chap. 4.9), (( les
Slaves du Péloponnè3e , ayant fait défeclion, ct1tOatMl'l EYYO~aa Y tEç )), ass iè-
gent Patras a vec des Sal'l'as ins, mais so nt battus pal' les Grecs de la vill e
avant même l'ar t' ivée du s tratè ge. Ce fut s an s dou te l' acte isolé d'un
p etit gro up e fix é en Éli de; car une peup lade imp o t'tante, occupant toute
la pénins ul e , n'a ul'ait pas é té" consacrée" à l'église de Sain t-And ré,
avec l'ob li gation mode s le de nounir les étrange l's (ctltO ô laYol~r.<; xaL
INTRODUCTION 3
~utres furent assujettis sous Michel l'Ivrogne, sauf deux
petites peuplades du Taygète, qui n'étaient encore que
tributaires au dixième siècle 1.
n ne faudrait pas croire que, pendant cette période
obscure et troublée, la Grèce fut plongée dans la barbarie.
Elle ne cessa pas de construire. Au moment même où les
Slaves venaient de s'établir, elle donnait une preuve de
sa vitalité. En 765/6, Constantin Copronyme, voulant res'-
taurer l'aqueduc de Valens, appela des artisans de diverses
régions: de l'Asie et ,du Pont, 1000 maçons (olxoo6jJ.ou~)et
200 ouvriers pour enduire (zpta-rllk) ; de l'Hellade et des Iles,
500 potiers (oa-rp<xx<xptOu;) ; de la Thrace, 5000 ouvriers (omfp<x,) et
200 briquetiers (xep<XfIo07tOtoUç)2. Les potiers de l' Hellade et des
Iles confectionnèrent sans doute les tuyaux à poser sur les
arches. Ainsi, vers le milieu du huitième siècle, la Grèce
concourt avec l'Asie à une œuvre commune et fournit le
travail le plus délicat.
n est clair pourtant que la soumission des Slaves facilita
la construction des monastères et des églises. Faut-il croire
la légende qui rattache au règne de Théophile l'origine
du monastère de Poursos 3 ? En tout cas, sous Basile 1er
et Léon le Sage, des textes irrécusables, gravés sur la
1tI1YOOall1ç -:i,ç 0lliooç l1ùtwV ). Un document du temps . d'Alexis Comnène
exagère plus encore l'importance de l'événement. en arflrmant que pen-
dant 218 ans aucun fonctionnaire byzantin n'avait pu mettre le pied en
Grèce.
1. Elles payaient le tribut, mais n'acceptaient point de chef nommé
pal' le stratège, ne servaient point sous ses ordres, ne s'acquittai,ent
d'aucune charge publique. Constantin Porphyrogénète ne réussit q~'à
maintenir le tribut (De adm . imp. , cha p. 50). Plus tat'd, au onzième siècle,
. ou bien au début du douzième, un « duc" byzantin les commandait 1Vi~a
Niconis, § 67, 68,69, p. 877). On les retrouve au . quatorzième siècle. .
2. THÉOPHANE, ann. 6~58 , éd. de Boor, p . 440. Le mot àao;pl1Xl1plOUÇ a été
diversement interprété par Hopf \ Cementarbeit), Unger (Gewôlbe-
bauer), Strzygowi!ki ILohnarbeite r), Sophocles ITile-maker), ùe Boor (qui
testas flgulinas conflcit ). La dil1'érence entre à.,tPl1ltl1p lOU; et xepl1ll01totoUç,
est la même qu 'entre oa,;pl1ltov (vase en terre cuite) et xepl1!i0ç (brique,
tuile). BURY, t. JI, p. 457, note 3, traduit comme nous. ::lUI' l'emploi des
conduites en poterie, cf FORCHHEUIER-STRZYGOWSKI, Byz. Denkm ., t. II ,
p. 28 . Sur l'aqueduc de Valen s, op. 1., p . 18.
3. BUCHON, Grèce, p . 349.
4 INTRODU CTION
pie eee, à Thè b es l , en 87 '1/ 2, à Sc eipou 2 , dans la regLOn
d 'O l'chomèn e, en 873/4, à Scyros 3 , en 89 l1/5, para issen t
indiquer une r ena is 'a n ce notabl e de la vi e r eli g ieu se e t d e
l'a rl:. On sa it qu e Basile ICI resta uea ou con s truisit un très
geand nombee d 'ég lises ~l Constan tinople ; e,' dignitait'es
s uivirent son exempl e en province!'. Un fait est certa in :
ve t' s l e début du dix ièm e s iècle, les cilés gl'ecques é taient
p ou t'vues de b eaux édifi ces. « Notre YiUe, disa i t saint Arsène
d e Co L'cyre\ es t e n lo urée de longs murs en pi e u es d e taille
ét roitem ent ajus lées; d es églises remaequables pal' l eur
grande ur e t leu l' h cauté lui font une parure . » A p eu près
en m êm e temp s I.e bi ographe d e sainte Théoc ti s ta lléc rit
l'ég\i.-·e d e Pa,'os, la célèbre Hécatompyl iani, avec ses
colo nn es, ses r e \'() lem en ls de m a t'bre e t SUL'tOut le balda-
quin du sa n c l uai l'e « s i admirablement sculp lé qu'on
l 'aurait c eu non e n marbre, mais en lait figé » . Un amil'al
ct'é toi s youla i t l' om porter pour omet' « le temple d'Agar »;
mais Die u ,di sait- o n ,l'en emp êcha par un miracle e t l'œuvre
pt'éc ieus e l'es la e n m orceaux s ur l e sol G.
Toutefoi s, au co urs du dixièm e siècle, ce t esso r se
tl'O U ve r e tard é pa [' d es circon stances fflch e uses : l es ra vages
i ncessan ls cl es _t\ rab es, mallres d e la C t'è te d epuis l e r ègne
d e Mich e ll e Bègue 7 (820-829), l es m enace,' cl es Bulgar es.
Un vé ritable cau ch emar pe,'ait san s cesse sut' ces mal-
h e ul'e uses populati ons . « Ne nous aba nd onnez pa s sur
A _
1. C.I. G. tG86. L'édite Ul', s uivi par lIOPF, p .132, adm et 87G e t 877. STIIXE
doit è tI'e lu ,.1:1':' (vo. Ë.
2. C. J. G. 8685. STllZYGOWS((" B. Z. , t. III (1894), pp . 7-9 .
3. DAWKINS, B. S. A., l. XI (1904-5 ), p. 74; F BEO BICII , Alh . Mill ., l. XXXI
(1906), p. 2(;1.
4. THEOPHANES CONT., V. 93-94, Bonn, p . 339 ; STRZYGOWS« I, B . Z., l. III
(1894 ), p. 3; un exemp le ;l Tr'é bizond e en 884/5 : MILLET, B. C. H ., t. XIX
(l 895), P 434 .
5. LAM PHOS, Ke px"plX',xa ' AV!xOO1:IX, p . Il, 1. 11-19, § JO.
6 .... HoPF, p. 133. Cf Bibliolheca hagiographica gl'aeca, 9 novembre, et
D OU J{AK IS, t. Il , p. 208. .
7. La plu s grave des a g rcss ion s sa rras ineo contr'c les co tes dc l'Oues t
fut r e po ussée en 881 (1-101'1', p . 1 ~2 ) . Au dixiè me s ièclc, ils a Ul'a ient occupé
If> Pé lo ponnèse pendant troi s a ns, d'après le Pa négy r'iqu e de Pie l're
d'Argo s, § 18 : MA I, Pallium /lo va bibliolheca, t. IX, rase. 3.
INTRODUCTION
l'océan des malheurs, ne laissez pas les Scythes et les fils
d'Agar porter plus longtemps SUl' nous un regard orgueil-
leux! )J. Nicéphore Phocas affranchit la Crète. Basile II
acheva cette œuvre de salut en abattant les Bulgares, qui,
deux fois, en 986 el 996, avaient atteint ou même dépassé
l'lsthme 2 • La Grèce connut ainsi pen'd ant deux siècles, jus-
qu'à l'arrivée des Croisés, la paix et la prospérité.
A ce moment nous pouvons suivre en quelque mesure
le mouvement de la construction.
En Crète, M. Gérola a relevé les églises épiscopales assez
nombreuses, édifiées après la conquête ou bien au cours
de ces deux siècles; mais leur date exacte nous échappe 3 •
Sur le continent, nous distinguerons deux grou peso
La conquête de la Crète favorisa les fondations pieuses
dans le Sud du Péloponnèse. Nicon le Métanoïte , ayant
fini d'évangéliser l'Ile, vint se fixer à Lacédémone durant
les dernières années du dixième siècle 4 • Son monastère
comptait parmi les plus renommés de la Grèce. D'autres
suivirent son exemple: en 1027, l'higoumène Nicodème
construisit un pont sur l'Eurotas avec une église pour le
pro~éger 5. Rien ne reste de tant d'activité, en dehors des
fragments sculptés · échoués à Mistra ou dispersés en
Laconie et de deux beaux édifices, l'un à Christianou G, à
peu près contemporain de saint Nicon· ou de Nicodème,
l'autre il Samari 7, postérieur d'un siècle . Le type de Sa mari
s'est multiplié dans l'Ouest du Magne 8. Une de ces
répliques conserve sa dédicace: 1075.
L Pierre d'Argos: MAI, Palrum Ilova bibliolheca. t. IX, fasc. 3, p. 70.
2. SCHLUMBERGER, Épopée. l, p. 620 j II, p. 135 et suiv. Voyez le récit de
la dernière campagne de Basile II, en 1018: op. 1., II, p. 375 et suiv.
3. GEROLA, MOIl. veneti, p. 31 et suiv.
4. Vila Niconis, § 37, p. 860.'
5. C. J. G. 8704.
6. Phot. LAURENT (18 X 24 ) 8-9 j (13 X 18) 79-80,182,249 j phot. LAMP A/OS
1596-1602.
7. COUCHAUD, pl. 29; phot. LAURENT 90-911, 186-201.
8. TRAQUAIR, B. S. A., t. XV (1908-9), p. 177 etsuiv. La dédicace est grayée
s ur un tit·ant de marbre, à Vamvaka, p. 183.
6 INTRODUCTIûN
La ru in e de l'empire bu lgare eut un e heureu iOe réper -
cussion dans le l\'ord . D'a bord, comme de l'aison, en
Mac édoine. Le premi er arch eYêqu e venu d e Byzance à
Och riela édifi a, dans le iOecond quart elu onzième siècle,
la bas il iqu e de Sain l e -~o p hi e 1. Au même t emps nous attri-
buerons les channan les églises de Cas Loria 2 •
Le catholi con et la Panaghia de Sa int -Luc r emplacèrent
alors l es d eux égli pes primiLiyeséd ifié es, l'une par le
sa int lui-mê me , en 942, l'autre après f"a mort (948 ou 950)
par ses di iOciples sur EOn t ombeau. Il est clair qu e le
caLholicon, h onneu r de la Grèce, ne saura it être con fondu
ayec « l'ora lo ire en f Ol m e de cro ix » menlionné par le
b iograph e et pareil f"ans dou le à ces chapelles funéra ires
r encont rées par Mi..:s :B ell , en si g ran d n ombre, su r le
pla teau d'AnaLoli e. Nous , errons qu ' il fut peu l-ê lre ach evé
vers 1035 3 • Athènes nou s foum it cleux da les: la Panaghi a
1. Pari s. grec 880, fo L 407 : Ai."v r: P'J)'ro; Ël. PW:J.a[wv xa p-:o,!"li,aç 't~ç
p. EycD\1jç Èxx)"rjataç 0 'X'dao:c; 't~v xa'tw ÈxxÀr.atexy È~ ' 0'10 f.l.a t t 't~c; ar(a.~ 'toü BEOU
~o <p {aç, ci té pal' Du CANGE, l'am. byz., p. 174-175, LEQ UIEN, l. Il, p , 291, et
H, GELZEI1 . Der Palriarc/lal vun Achrida , 1902, p , G. Ce per so nnage qu i fu t
p r o mu pa r Ba sil e 1" , après 1019, ma is au p l us l al"d en 1025, meu rt en
1056 (GEL7EH, p , 8). Voyez ANTON IN, Jz fi ll/ne l ij, p, G3, et KONDAI<O V, Ma /re-
donija , p. 230-231. La b ibli ogl"aphie es t in di quée pal' iVII LJUKOV, p . St'),
2, 'Mi ss i on M ILLET , Vo ir ANTON IN, Iz R umel ij , p, 150, p l. X I.
3, DIEHL, Sainl-Luc, p, 2 et suiv,. a prou vé que la tl':1d i ti on all l"ibuant
la fonda tion de l'égli se acl ue ll e à Ho mni n JI ne r epo e u r nucu n fo nde-
ment, ct admet qu e l es édi (] ces p r im i t i fs ont élé l'cconstru ils, ScnULT Z-
BARNSLEY, p.22, mo ntrent, pa r' l 'exame n d u monu m ent , q u'au po inl cie jonc-
ti on entr e l es cieux égli ses, l e ca llt oli co n actuel emp ru n l e da ns l e bas l e
mUl" de l a pri m i tive éO"li se d e Sai nte- Ba r be, tand i s q ue dan s l e haut
l'aclu ell e Pn naghia 'nppuie sur l e ca l ho l i con. On pe ut cO l"I"oho rer ces
co ncl usi ons par l 'obse r val ion uivan l e, A I"orig ine, l e tomb eau oc 'upnit
l a pl ace où le sa in t étll it mO I'!. : c'est un l'ai l su r l eque l l e bi og raphe
i nsi sl e. 0 1" les moines cé lèb l'c nl deux fè tp.s : l e 7 fév l' ier « l a dorm il i on ",
et l e 3 m ai l e « dép lacement dcs reli ques " ~ " 'Ja >. op.l o ~ "t'wv j'El'fivwv . U n
ca non spéci al commémOl"e ce l événemen t. Le synaxairc le rapp ell e en
ces termes : ~ wf'- ' h "t'cl<pl>lO "t' pln ,v p.a[ou, Aona, " V E >.0f" [ ~O'l (KH I~ MO S, 1. 1,
p, 102). Pourq uo i l e CO I'pS aur'a i t- i l été r et.ir é du lombea u, mal g ré l es del'-
ni ères vo l on l és du sai nt, si no n pour prend re pin ce dam; l a magnifiqu e
égli se q ue nous co nn a i ~so n s? A qu ell e époq ue l es deux égl ises actuell es
f urent-e lles con str ui l es? M . Diehl ob serve que l es mo saï ques compl"en-
nent l e portra i t d e sn int N ico n, mO I"t en 998. No u nj ouler on s qu e ce ll es
du nal' thex so nt exactem ent d u m ême st.y l e q ue dans l a Nén-Moni de
INTRODUCTIO:-O 7
Lycodimou 1, réplique de Saint-Luc, avant 1044 ; Saint-
Théodore 2 , 1049. Kaisariani 3 peut se rapporter à la fin du
dixième siècle; Daphni 4 , à la fin du onzième. Le mouvement
s 'étend vers les Iles et vers l'Ouest: Scopelos 5 , 1078;
Amphissa a, près Delphes, et Gastouni 7,en Élide, sans
date; Varnakova 8 , près Naupacte, 1077.
Au douzième siècle, en ~rgolide, trois répliques d'un
même type se suivent à peu d'intervalle, à Chonica, Nau-
plie, Merbaca. L'Haghia Moni de Nauplie 9 fut l'œuvre de
·l'évêque Léon d'Argos, en 1149. Le style de Merbaca repa-
rait plus loin, en Élide, dans la basilique des Blachernes 10.
Chios, édifiée, selon toute vraisemblance, au début du règne de Cons-
tantin Monomaque. .
1. {( 'l'~; il",v"'Yl"'; T~; I:wTElP"'; TO;:; Auxolll,p.ou », ou, d'après Spon, Salira
Lycodémou. Cf NÉROUTSOS, .iû,'r. IG~., t. III, p. 88. L'archimandrile Anto-
nin (0 Dreunich Christianskich Nadpisjach u Afinach, 1874, p. 1 et suiv.),
a relevé de nombreuses épitaphes dans la partie Ouest du naos, entre
la coupole et le narthex. A l'extrémité Sud, au-dessus d'une niche qui
devait être réservée à la famille du fondateur, on en lisait deux: J'une,
en cursive (n° 4), nommait Étienne 1tp'.o't'O)(~r,'t'wp, mort le 4 décembre
1044; l'.autre, en capitale (no, 1 et 2), aujourd'hui mutilée, concernait pro-
bablement un membre de sa famille , mort avant lui. Il n'y a pas lieu de
douter que cet Étienne ait construit J'église. En effet, A côté, une autre
épitaphe mentionne le prêtre Jean, et l'on voit, au-desflous, une fresque
l'eprésentant saint Étienne, diacre, et saint Jean l'Évangéliste (phot.
LAMPAKIS 1484), c'est-A-dire le patron du fondateur et celui du prêtre qui
lui a prêté flon concours. Sur le pilier en face on lisait, en deux colonnes,
ulle série de mentiolls funéraires, disposées dans l'ordre chronologique
et portant les dates de 1051 (n° 8, et non 1016 ou 1021), 1054, 105., 1060, 1061,
1062, 1070, 107l (no' 9 A 21). Saufun prêtre, ce sont des laïques, hommes
ou femmes, quelf(ues-uns pourvu!'! de titres. Les patronymiques sont dif-
férents, donc un groupe de familles' riches. Les .indi:cations ~ou ;remar.qu.e's' .' .' ,
de HOPF, p. · 111, et NÉROUTSOS, .iEÀT. lGT., t: III, p . .89, 80nt inexactes ...
2. C.l. G. 8803 (d'après Chandler, sans la date); NÉROUTSOS, llEÀ't'. tG •• ,
t. III, p. 94; ANTONIN, 0 Dreunich Christ. Nadp ., p. 14-17. Il est possible
que cette inscripti~n · ne s~it pas à sa place pl'imiii.\ée. ~ .. .'
3. STRZYGOWSKI, E'I'Tlp.. "'px.., 1902, p. 72.
4. MILLET, Daphni, p.183.
5. FREDRICH, Ath. Mill., t. XXXI (1906), p.IUI; GEORGARAS, If>tÀoÀ. I:vÀÀoyo,
il"'pv",aGo;, 'E1t<'t''îpl" t. IX (1906), p. 19. L'église a été reconstruite .
6. Phot. LAMPAKIS 2313-16; Anliq. chrél., p. 30.
7. Phot.. LAURENT (18 X 24), 50 - 53; (13 X 18),72 - 73; phot. LAMPAKIS
1617-18, 593!-40. .
8. C. 1. G. 8730. Refait ou agrandi en 1148. Phot. LAMPAKls 4180·82.
9. STRUCK, Ath. Mill., t. XXXIV (1909), p. 229.
10. Phot. LAURENT (18 X 24), 42-48; (13 X 18),69, 171-180,239; phot. LAM-
l'AKIS 1606-1614.
l ' TRODUCTION
L'unité politique de ce tte vas te r égion fut rompu e par
les Cl·oisés. De puis le treizièm e siècle, la Crè te, sou s le
go uve m ement libéral de Venise, 'uivit paisihlen1 en t sa
tend ition séculai ee e t vit s'élever, surtout au quatorzième:
s iècle, un très g rand nombre de p etit s églises, peintes.
e t datées! . La GI'èce se divisa.
Dan s le Péloponnèse , un e pro \'ince byzantine se recons ti-
tua peu à p e u, au 'sitèt aprè' le re to ur d es Cl'ec à Con s-
tantinople (1261). Les forces impériales y pén é trèrent par
Monemvasie, s'é tablirent clans ce t admi l'able camp re-
l eanché qui fit autr foi s la grandeue de Sparte e t de là
l·efol.ll è rent les Latin vers l'Élide. On 'a it de Ci uel éclat
hl'illait, sur un contrefor t de Taygè te, ~\.fi s ll·a , « la merveille·
de la Morée )). Le ' églises y sont nombreu 'es; les unes
da tées : Saints-Th ~o dores avant 1296, ~J é tropo l e 1310,.
remaniée au quinzième s iècle, Bl'on lochi on ayant 1311,.
Sainte-Sophie vers 1350, Pantanassa vers 1.430; les autres
pe uven t l'ê tre pa l' comparaison: Périble pto , début du.
quatorzième s iècle; E \'angu élisLria, fin du quatorzième
ou début du q uinzième 2 • Non loin de ~Listra les bou ,'gades.
de Laconie, Clll'ysaph a3, Céeaki lo , rivalisent d'ac tivité.
Au No rd, cl ueant le tre izième siècle, l'Épire, l'Étoli e,.
l'Acarnani e , la The .·ali e demeuren t aux ma ins de Doucas.
1. GEROLA , Mon . ven eli, p. 300 , nole 2.
2. Pour les dates, 'II LLET, B. . Il ., t. XIX (1895), p. 268-272; Bulletin cri-
tique, t. 1 (1895), p. 716; Mon. Mist ra , p. V.
3. Phot. LAURENT 223,22+,229. DaLes: Chl'ysol hioti 'sa , 1290 ; Prodrome .
1367/8.
·L i\ lon um en ts nombreux, Ll'ès pe u dc dates: Sa in t-Jean· Chrysos tome.
avo nt 1450; Zooclochos Pigi , 1431 (ZISIOU, Bu~o:vtlç , t. I, 1909, p. 137 , 11° 73;.
p. Hl, nos 91 et s uiv. ). La bas iliqu e de Sa int- Georges pré en le deux
éc usso ns diO'ére nls. D'oprè VAN DE PUT, B. S. il., t. XIII (1906-7), p. 281,.
J'un , g rové S UI' l'iconos tase, poun'ait être celu i d es Nivele t, maill'es d e
Gé ra ld enlre 1254 ct 1263, l'a utr e, a u-dess us de 10 po rt e, o ppa rLi endraiL à.
qu elqu e o utr e scign e ur qui les a urait précédé. Mai, parmi les pein-
tures, n on se ul ement o n lit le;; noms de deux donaleu l' g recs ( ZISIOU ~
op. t. , p. 144, n~ 9ï, 99 ), l' un d'cux a u près clu aint en cad l'é pa l' Jï cono-
sta e, mais aussi l'on !'etl'o u ve, s ur un e a utre fi g ure, l'écu de la porte
(dam ier jaune, l'ose et ve rt, cro isé de li g nes obli que. l'ouges), ainsi qu e-
l es em bl èm es de l'iconostase (croi ' sant bl anc avec une éto il e, diodème il.
fl e urs cie lys ). Voyez aussi TRAQUAIR , B. S. il. , t. X II (1905-6 ), p. 263.
Chemins muletiers
Chemins de pietons
Mètres
"'------ - ------
70-n Jmp. .D'!-fténo,y_R::r:ris .
Plan re levé pal' H. Eu ,; lac b e e l G,. .MiJlet.. reproduit d 'apre.
. il F )ugèl'es , GrèCfl.
INTRODUCTION , 9
et constituent un État indépendant, riche ,en édifices nou-
veaux.
Les Doucas avaient le goût de la bâtisse: Michel Il (1237-
1271) nous a laissé la Kato-Panaghia, les Biachernes et
l'église de Galaxidi; sa femme, Sainte-Théodora 1 ; son
fils aîné Nicéphore, la Parigoritissa 2; son bâtard Jean, la
1. Vie de Théodora, par le moine Job. MIGNE, t. CXXVII, col. 98 B.
" Ayant vu son maUre et époux construire deux beaux monastères, ,t.v
,~; llctv'tot"<XGGT,; .CPT'P.t Xott 't~; llotvotyfot; imx!ltÀ7Jp.ivot;, elle édifia elle-même
un sanctuaire en l'honneur de saint Georges et en fit un monastère de
femmes. » Ayant sUl'vécu plusieurs années à Michel, elle devint reli-
gieuse et décora l'église cXVot6r.P.otGl Xott GXoUfCll xottltbtÀotç. Elle y fut enter- ,
rée. L'église construite par Théodora porte aujourd'hui son nom. Des
deux fondations de Michel, l'une est encore nommée la Kato-Panaghia.
Le monogramme du despote, les vestiges de la dédicace métrique ne
laisE'e:1t allcun doute (LAAIPAKIS, ~û.•. X.PlG • •, t. III, p. 92). Je ne sais si
l'on doit idenlifier la Panlanassa avec le monastère des Blachel'nes, qui
est consacré à la MmXG.o:al; .ij, ~h·mixou. En tous cas cette église parait
contenir le tombeau de Michel Doucas. En elTet, une épitaphe mutilée, qui
a été copiée par M. Grégoire, fait allusion à deux enfants de « la basi-
lissa Théodora Doukaina». Une autre mentionne un ooam).'.; ouap.oxp<itWP
(comparez 0 Èv 'TI o:)aol OoGlto'tlj; : PACHYAlÈRE, 1. 30, Bonn, t . l, p. 81, J. 19,
et IX. Il, t. Il, p . 20U), ainsi que « l'empereur Manuel » .. . po; O:ù,o(i
Motvo'J~À otù,QXp<X'twp, ce frère de, Théodore Ange, qui se fit proclamer à
Salonique. Or .Michel Il fut son héritier en Thessalie. Ajoutons qu'on
devine un jeu de mots sur le nom de Pétraliphas, patronymique de Théo-
dora.
L'église de Galaxidi fut construite par Michel Doucas après sa réconci-
liation avec Théodora: son nom était inscrit sur une colonne en avant du
narthex. Cf SATHAS, XPO'/IXOV ro:Ào:~ ..o(ou, Athènes, 18H5, p. 197-200, citf}
par LAAIPAKIS, ~aÀ't. i(plG'., t . III, p. 65. ,
2. L'inscription, sur une arcade au-dessus de la porte peut se lire
ainsi (fig. 1) ;
3 4 5
xo-p.vr,vo-oouxo; ooa KnnO ; Il ~v 1 60:Gl •••
)(I)·p.vi(-vo-6Ào: CTICnOAoyot Il xo 1 P.Vlj""
,
Le voussoir '4 occupe le sommet de l'arcade que j'indique par un double
trait. L'inscription comprenait quatre vers iambiques, deux de chaque
côté. Le vou!!soir 3 est repeint; il n'y a donc pas à tenir compte des
lettres qu'on y ,relève; mais ces lettres permettent de deviner les carac-
tères primitifs. Nous proposerons donc sous toute réserve ;
Kop.vr,vooouxo. ,oaGlto'tTjç N I[X7JCPOpo);
KOP.VT,vo6ÀO:G:o, 0.[ Glto]n,. [ewp.œ, p.]iyot[.]
Il "Av[vo:] 60:"{[ÀlGGO:" .]
KO:J.VT,l v" ... ]
M. Lampakis (Ji!;À •• Xt1Gt., t. III, p. 76), a lu ANNA. Anne, femme du
despote Nicéphore, niè.:e de Michel Paléologue, est nommée 60:GfÀlOGO:
par PACHYAlÈRE, VIl. 27 (Bonn, t.lI, p. 72, 1. 9) et XI. 30 (Bonn, t. Il, p. 450,1. 1)
10 I NTRODUC'f.ION
Porto-Panaghia (1283) '1. En Macédonie, depuis 1259, les
Paléolog ues reprenn ent l'h égémoni e e t favorisent les
co n struction s: en 1294/ 5, Saint-Clément d'Ochr ida 2; en
1313/4, le naethex de Sa inte-Soph ie 3 . Puis , yer s le m ilieu
du qua torzi èm e siècle, Dusan ét end l'emp ire serbe jus qu'à
Serrès e t Arta, emp ir e éphémère bientôt disloqué entr e
les ma ins de pe tits princes ou de seign eur s féodaux , qui
fur ent p eu à peu soumis pa r les Turcs . Ainsi toutes les r é-
gions qui s'étend ent entre le Golfe de Lépante et le Lac
d'Ochrida eur ent pendant teo is s iècles un e existence
politique très agitée, très chan celante; ma is, si l'on y
regard e de près, elles se meuvent dan s un m êm e orbite;
ce lle ins tahilité m ême peoYoqua un grand nombre de
con stru ctions encore mal connu es e t dont on comp rendra
~ 1.at è. OU'lt'I 6acr ib ,cra "Ayya). C'est do nc sans aucun doule N i cé phore qui
es t nomm é av ant ell e.
L a res ti tution du secon d ve l's es t plu s douteu se. Thomas, m s de N i cé-
ph o r e (12!l6-1318), dans un document vén i tien de 1313, po r te l e titr e de
grand despote de Homan ie (HOPF, p . 356 : Sel' Thomas Dei gratia magnus
Romanie despolus; c f Ch l'oniques GrCleco·romanes , p. 178). Es t- il poss ible
qu'i l l'ait eu déj à du vi va nt d e son pèr è? D'a près PAC II YMÈRE, I X. 4 (B onn ,
t. JI, p . 202), A nne ob tint pour so n m s la d igni té de despo te apl'ès l a m ort
ri e N icép hore. Moi s cet hi sto l' ien co n fond l es dates, ca r l a négocia ti nn
qu'i l rappo l' te et qui ab ouli t au mar iage de Th ama r avec Phi lipp e de
Tarente fu t co nd u ite par N icé ph ore lu i-mèm e (H OPF , pp . 336-337). Si notre
re sti tuti on étai t ju ste, l e q uatrièm e v el's se r apporl er'a i t à Thamar. L'ins-
cr ip li on aurai t d onc été r édigée aux envi r ons de 1294, date du m ar iage.
N i céphore mourut en 1296. A in si s'ex pl iqu er ai ent l es sculptures go thiqu es
qu i ornent l es gra ndes arca de;; : cf MILL ET, A rt by z., Il, p . 952. SpoJ'(-
W II EELER. t. l , p. 105, éd. d'Amslel' dam , aLL r'ibu e l'égli se à Mich el Dou ca s
(Cité pa r "YYULFF, lIos io s Luiras, p. 23, et LAMPAI( IS, ÔÛ,t. Xplcrt . , t. III, p. 76).
1. A utl'e roi s, PanR g hia i\h yaJ,wy 11uÀo"I. L a date in d iqu ée SUi' un évan-
g il e rlu CO 'went de D ousi, :on : JI EUZE Y, Mission de Macédoin e, p . H2, n° 241.
2. Con struite par Progono s Sgouros, g l'and hétéri arche et yap-6 p6. d'An-
dr on ic 11 : M ILJU I(QV, p. 90, note 2. J'ai lu ,ço,y' \YO, 1)', et non ~' .
3. L 'in scr i ption l'eproduiLe en fac-si milé pal' H EUZEY, Mi ssion de Ma cé-
doine, A:-;TOJ'( IN, Iz Rum elij , pl. Y et (;ELZEH, ilth . Mill ., t. XX VII (1902),
p . 432. Je propos e la l ecture sui va nte:
[!-wcr1jç 0 yp1,YOpWç [EY cr lYJa YEW :.
CJl.T1V T,V Ey~tpcx. ; tov OéOypa.q:>ov YO:J.OY
EOY 11 ,ap-u'!wy EY.oloacrY.El r.aycro'!'w , . :. n (ouç) ,Ç w y. 6' (131 3J4).
J' ai r es titu é [!-,o crT,ç et [EV crly]a; COI'ri gé l a daLe de 1317, admi se ju squ'i ci .
Voyez, plu s l o in , fi g. 90. L i sez "tWY OEOyp<f,!,W'1 YOp-wv .
INTRODUCTION Il
un jour tout l'intérêt 1. La plus renommée est celle des
Météores 2 .
A Ochrida nous avons atteint la limite extrême du do-
maine grec. Mais cette brève revue laisserait encore notre
lecteur dans l'embarras, si nous omettions d'ajouter
FIG. 1. - Parigoritissa 'à Arta.
Incrustation autour de la porte.
quelques mots sur Salonique, qui conserve deux églises
datées: la Kazandjilar-Djami 3 en 1028, les Saints-Apôtres
construits par le patriarche Niphon, au dèbut du quator-
zième siècle 4. hakié-Djami et lacoub-Pacha 5 , les proto-
1. Voyez l'lIinéraire d'Isambert, la Mission de Macédoine, et le Mon/-
Olympe, de M. Heuzey, et les Slranslvovanija, de Barskij, t. IV. '
2. Hypapanli, 1366/7; Transfiguration, 1387/8, fondée par Joasaph, neveu
d'Étie nne Dusan. Voyez VÉIS , BU~l1yt[ç, t. 1 (1909), p . 569, no' 16-17; 581,
nO' 43-45. Sur l'histoire des Météores, op. 1., p. 191-331. ADAMANTIOU,
IIpl1xtlYocl, 1909, p. 211 et suiv., mentionne en oulre Saint-Élienne, avant
1367 (p. 217 et 223). Voyez ANTONIN, Iz Rumelij, pl. XI-XVI.
3. TEXIER, Archit. byz., p. 162; KONDAKOV, Makedonija, p. 112.
4. 1311-1315. TEXIER, Archil. byz., p. 161; MILJUKOV, p. 26; PAPAGEOR-
GIOU, B .Z., t. X (1901 ), p. 23 et suiv. ; KONDAKOV, Makedonija, pp. 119.
5. KONDAKOV, Makedonija, p. 115 sq.
12 l ' TRODUCT I O~
type de ' Sain Ls- "-pô Le , pa l'aisSenL plu, an cie nne " la
prem iè re au moins d' un ' i' cle, Au n o rd dt: Salo niq li e, les
Kral se rbes o nl do lé la rég ion d' Us kuh cl be lle, 'l fi ères
' g lises qui fo eme nt un e nsembl e Iôemal.'quab l : à :\l ilu-
tin , quifu L g L'and co n 'llôLl CLCuL' l,nO LlSd vons,en leeautl'e ,
T resk avec 2, Cn1<':'a ni ca:J, ago l'ica 4. e l è Ll l'ce L' :., ains i q ll O
Chiland aL'i , au 1\1 nt-A lhos; ù D u;an u ù ses vas 'a ux ,
Ma lc ica tJ , [s li p 7, Ljubo Le n R, Lesn o \'On, 1 mo nas lè L' c d e
Ma rko 10 . llus loin , s ue les h Olôcl s de la Morava, Laza re
1. DAN ILO, Zivoli [(ra ljeva i A rchiepiskopa srps/iich , éd , DANl é l c, Zagre b,
1866, pp . 13l - 13 , [{!J,
2. MIL,/uJ(OV, pp . 10a, 11 2.
3. K ONOA"OV, Malredonija, p. 20G, adm eL qu e MiluLin épo usa im o nid e
ve l' s 1320 et aLll'i bue l'égli e ù ce lle dale. Ce lle suppos ilion e& l conlra ire
il LOU f; 1 s L xtes. Le p rLI'ai l de imonide adulle in liqu e seul menL q ue
l c p einlul'es onl pu ell'e achevées dan s les dcm i èl'c ann es du r ègne,
eomme il Nago l' i '; a. L e chr'y s ol ull e peinL SUI' l e mur d'un e chap Il e e-'l
dal é de 1321/2 (d'ap r ès ma pholo grap hie).
4, On lit Ll'o is inscl' ip l io ns: 1° l a pr' mi èr e, en ['bc, g l'avé UI' l e lin-
l::lU de la porle, il l'exlé ri eul', 1312 / 3 ISTflJA NOVl é, Slari Za pisi , p . 19,
nos ·n -42; fac-s imil é da ns ](O:\OAI(OV, Makedonija, p . 197. fl g. 134), - 20 L a
eco nd e, en g l'ec, peinle SUI' un de ~ pili ers du nal'lhcx au bas dc la robe
d'un ::lin l: X[Elp] Eù:u ,.lOU. "Etou; , :-OJZ~ ' , c'cst-il-d il'c 13lG/ 7 (in éd i te, cf
ci-des US, fi g. 2). - 3° La lro i i me, c n serb c, pcinl c SUI' un pa nn ea ll , il
d l' oile de l 'cnll'ée, 1317/8 ( ' TOJANOV l é, op. L. , p , 21, n° 51). La p rcmi r e
ind ifJu e l 'achèvc menl de la bà li ' C; la ll'o isi èm , de' pein tu l'cs, M . /(on -
dakov, p.197, transcl'iL in exa 'Lc m nL l es dale" 1 s dcl.l x insCI'ipli ons se d e,' _
Ô. o nsacl' 'e à Sa inl-N ikitas. LJU(). TO,JANOV I , S lari se/'b ski Chrisovuli
Aleti, el c., dan: Ic pomeni/i, pu l li é par l'A 'ad mi e 'e l' /) c, t . 1If , Be lg rade.
189U, 8°, n' 5 : un hr)' sobu ll e d ~ I ilutin , cn ll' 1309 cL 13) (;, donne nu
monasLère dc hilandari Ic m naslè re d ainl- l ikil fl '. li a Lrouvé ce
monastèr e l'u in é cL l 'a l'eco nstl' ui L. L 'église l'uL l ' la ul'éc, d'apr ès un c in -
scriptio n, cn !Il '3/ 4,
6. Lc portl'ait dc Du -' an cs L lr ~s l' co nnai S5::l bl , bi cn qu e l e no m so it
ell'acé. Ce 1 or'll'il iL e,' l r'cp l'o duiL don s I\ONDA KOV, Ma.1recionija, p .201.
7. ' TOJANO l é, Sla ri Chrisovuli. n° 9, ann, 1 ~32.
8. 1337: in cl'ipLi o n L po r tra it dc Du ~a n . ~ II L.Ju"ov , pp. 129-130; !\ON-
DAKOV , ftlal.- edonija , p, ln; STO,lANOV lé, Sla l'i Zapisi , p. 29, n° 06 . '
!J. Égli ,;e co nslruitc pal' Ic de poLe Oli vc l' cn 1340/ 1, 'TOJANOV l é, lar i
Zapi si , p. 30, n' 71 (in , cl'i p li o n se l'bc g l'avéc SUI' Ic li nlea u de l a pO l'te
du nao,, ), pe inl c au moi ,; d'[l o Llt 1319 (in scl'ip Li on l'ecq uc au-d e sus)_
ri y a dans Ic nal'lh ex un LI' S bCil U pO dl'ail de D u;;a n qu e nous publi l'on '
pl'ochoin ell1 enl dan s la R e/lu e cie l'Art chrétien. E n 13·l 7, un chl'yso bull e
de Du san élè,' 1 mo nasLèr c::lu ran g d'évè ché : Glasni!.: sl'pskoj ucenog
Dl'u ~ l va, Knijga X , s ves k a XX 1[ sLa l'oga l'cda , 1870, p. 287.
10. MILJUf(O,·, p. l il·t, L a co nsll'u cl i on cO ll1m c n 'éc n I344i-l 5 par' l e kl'al
VII(a ~ in , père tic ~ l a l'i(Q, In sc ripli o ns et pOIt rails auj ourd 'hui d i spa l'u ' _
cr KONOA KOV, Makecionija , p, l SO,
INTRODUCTION 13
(t 1388) et son fils Étienne ont continué cette tradition
glorieuse: Ravanica, Krusevac, Manassia, Ljubostinia, Ka-
linié, Rudenica comptent parmi les joyaux de l'art chrétien
en Orient ü.
Ce peu d'histoire nous laisse deviner la genèse et l'évo-
lution de l'École grecque, nous permet de déterminer
ses limites. Les deux provinces frontières, les deux
« marches » de la Grèce, à savoir la Crète au Sud, la
Fu;. 2. - Nagoriéa : signalure d'artiste.
Macédoine occidentale au Nord, longtemps retranchées
de l'empire et_profondément pénétrées l'une par l'Islam,
l'autre par les Slaves, reprennent contact avec elle sous
l'hégémonie de Byzance. Puis la Crète continue à vivre à
part : affinités étroites, mais tradition distincte. Ainsi
l'histoire s'inscrii dans les monuments. Les traits com-
muns viennent de l'Orient. La Macédoine, depuis la chute
des Bulgares, communique constamment avec les pays
grecs : elle donne et reçoit; mais elle touche aussi à Sa-
lonique, et par Salonique, à Constantinople. Sur son sol
les deux traditions se croisent et se combinent. Ainsi, sur
ses deux frontières, la Grèce rencontre d'un côté l'Orient,
de l'autre Byzance.
1. POIŒY};!iIN, p. 59 sq. BAL\" Églises de Serbie, p. 16 sq.
CHAPITRE PREMIER
LES PLANS
LA BASILIQUE
On a pu croire que les Byzantins renoncèrent à con-
struire des basiliques 1. En effet, il ne s'en trouve pres-
que plus à Constantinople après le cinquième siècle.
Mais la province, durant tout le Moyen Age, en a con-
servé la tradition: le type est fréquent, d'une part sur le
plateau d'Anatolie et en Crète, de l'autre, en Macédoine
et en Grèce.
En Macédoine et dans la Grèce du Nord, la basilique a
tenu une lal'ge place. Elle sert de métropole à des cités
importantes: Serrès, Ochrida, Aïl, Calabaca. Elle est
représentée dans les grands centres, tels que Salonique
ou le Mont-Athos, où prévaut pourtant l'influence de
Constantinople : à Salonique nous citerons Ikichérif-
Djami, encore intacte, Saint-Ménas z, entièrement réédifiée
depuis peu. Au Mont-Athos, les moines de Philothéou
démolirent en 1752 une basilique du onzième siècle, qui
1. DIEHL, Manuel , p. 406.
2. KONDAKOV. Makedonija , p. 122. Voyez plus loin l'étude des por-
tiques, p. 131.
16 LA BASILIQUE
é tait construite en briques et voùtée en berceau 1. Plus
loin de la mer, dans les régions retirées, moins péné trées
par l'influence de la capita le et des grands monasLères
byzantins, le type domine : twis à Castoria, quatre à
Al'ta, à cô té d'une seule égli se à co upol e. Plus au Sud, il
se l'encontre en core à Athènes, en É lide, en Laconie.
Ces monuments ne sont point constr uits selon un mo-
dèle uniforme, d'après une form ule vie illie; au contraire,
ils nous oITrent un e telle variété de formes que, sans un e
analyse attentive, nou s aurions quel(!ue peine à l es
classe l'.
Pour trouver un critère util e, remontons aux OrL-
gilles.
De récentes découvertes ont permis de distinguer, dans
l'Est de la :M éditel'ranée, de ux manières de construire la
basilique à triple nef. L'une appar ti ent aux cités hellénis-
tiqu es; l'autre , aux régions orientales: Syrie' centrale.
plateau d'Anatolie. Les deux traditions difl'èrent en bieu
des points. Nous considérerons seulement la couver-
ture et l'éclairage de la grande nef: d'un côté, hautes
parois, fenêtres multiples, charpente; de l'autre, voûte
en berceau, sans fenêtres, dépassant à peine les nefs
latérales. Lorsque, dans la basilique hellénistique, la
voùte remp lace la charpente, les autres traits, hautes
parois et fenêtres, demeurent; mais les fenêtl'es sont un
peu plus espacées.
La grande nef aveugle appartient en propre au plateau
d'Anatolie. Cette région o ITre peu d'exemples d'une
grande nef proéminente et éclai r ée 2 . Au témoignage de
1. BAHSl(lJ, t. JII, p. 120, cité pal' POHPF. USPENSKIJ, Peru. Pul., I , 1,
p. 397 , qui compare ce tte description à une ég li se l'uin ée d'Esphigménou
(f sl. Aron., II, c h. 3, . 10, p. 85). Ma is il n'est pas Stll' que cette dernière
ég lise n'ait pa, e u cie coupole. Le Puleuodilel po svjaloj A/iJnslroj Gorje,
p. 121, sans c ite l' cie soul'(:e, a ltl'ibu e la reslauration à l'a nn ée 1046. SU I' la
reconstruct ion, voyez MI'"LET-PARGOIRE-PETlT, fll sc. de tAlhos, n° 296.
2. Grancle basi lique cie Binbir-K ili ssé, n° 1, dans STRZYGOWSKI, [(le in-
asien, p , fi, fig. 7, ct da ns HAMSAy-BELL , p. '13, fi g. 3, 5, 8.
· . LA BASILIQUE 17
.' Miss .Bell, le « clerestorey » manque le plus souvent, sur-
tout aux édifices de moindres dimensions 1 et peut passer
pour un emprunt aux procédés hellénistiques 2, tandis
que la grande nef aveugle constitue « un des traits qui
. marquent le caractère essentiellement asiatique du pla-
teau anatolien». Elle rappelle en effet les berceaux paral-
lèles des palais parthes et sassanides, à Hatra, Firouzabad
et Ctésiphon 3. Les monarques d'Orient cherchaient un
peu de .fraîcheur sous de puissantes yoûtes, où les portes
laissaient toujours passer assez de jour; les auditeurs de
Chrysostome à Antioche, ou de Choricius à Gaza aimaient
l'air et la lumière 4.
Avançons maintenan t à la suite de Miss Bell plus loin
vers l'Orient, en :M ésopotamie. Nous retrouvons la triple
nef aveugle, . aux douzième-treizième siècles, près ' de
Mossoul5. Ailleurs, dans le massif du Tur-Abdin, à ·rEst
de Nisibis, elle se fait rare. Le plus lointain Orient se
contente d'une nef unique.
Ces diverses combinaisons, charpente et fenêtres, voû-
tes sans .fenêtres, nef unique, nous conduisent comme
par étapes du complexe au simple, du confort .hellénis-
tique .à l'austérité orientale. Durant le Moyen . Age
byzantin, elles reparaissent . toutes dans l'Occident de
l'Empire, depuis la Macédoine jusqu'en Laconie, et nous .
donnent la mesure des influences subies par l'École
grecque.
Basilique hellénistique. - La basilique hellénistique se
présente sous deux aspects: tantôt avec la charpente,
tantot avec la voûte.
1. HAMSAy-BELL, p. 308. Voyez par exemple Binbir-Kilissé, nO' IV, V,
VI, dans STRZYGOWSKI, Kleinasien, pp. 15, 11;,58-61; Andaval, p. 67, et
ROTT, Kleinasial. Denkm., p. 106 (la voùte postérieure); Binbir-Kilissé,
n° 4, dans RAMSAY·B ELL, p. 59, fig. 19,20; n" 16, op. 1., p. 140, fig. 105,106;
Maden-Dagh, p. 259, ftg. 223.
2. RAMSAy-BELL, p. 324.
3. RAMSAy-BELL, pp. 309-310.
4. Choricii Gazaei oraliones, éd. BOISSONADE, p. 90.
5. BELL, Amuralh 10 Amura/h, p. 257.
2
liS LA BASILIQUE
En Macédoine, dan s l'île d'Ail, près de Prespa 1, et ~ur les
hords de la Me r Noir'e, à Mésemvrie 2 (fig. 3-4), no us rencon-
!trons les ruines de deux g r'and es b asiliq li es à tribunes: la
;g rande n ef s'y développe avec ampl eur, en tr e de u x étages
·d'arcades é troÏles e t nombreuses, dressées sur des pi-
[iers . Ni la gra nd e nef, n i les t ribun es n 'é tai ent voùtées :
partout des pou t res et des charpentes. Or, ces égli ses
<late nt bien d u d ixième ou du o nzi ème siècle: celle d'Ail
.aura it été cons Ll'uite pal' le tsaL' bu lgare Samuel, le riva l
.{le Basi le II , lorsqu 'il en len de Larisse, en 986, les
Il'eliques de sa iHt Achillée 3 . Ell es apparti enn ent bien au
S[oyen j\ ge byzan tin .
A quell e école faut-il les rattachel'? A A ladja-J aïla, en
Lycie·, nou s retrouv ons, en 812 , un e grande nef recou-
\Verte par une charpente, comme à Ad et ~I ése mvri e :
même disposiLion des piliers et des fenê tres. A Sainte-
:Sophie de Nicée", le dessin en est di fférent , les tribunes
man qu ent; ma is le vaissea u se dé veloppait avec la même
:ampleur e t portait a ussi une charpente. Une autre, à
<Constantin ople, abritait la n ef uniqu e, tt'ès allong ée, d e
Kéfdi-Mes djid ij : dan s le haut des faça des , une longue
:suite de fenê tres cintrées et assez l'approchées touche
presque la cornich e de dents, qui marqu e le faîte des
murs. Ces mon uments ne sont pas sans r elation; ils nous
ijH'ouvent qu e les dispositions de l'ancienne basiliqu e h el-
1. MILJUf(OV, p. 47 , pl. 1-3 . I VAliOV, l zujes lija /l a blgal'slrolo al'ch eo logiceslw
1JJ'u z e~luo ,
L. J (1!! 10), p. GG.
2. Sbol'll il> za nal'odni Umoluol'e/lja , l. III, q ue j e n'ai pu co nsulte r , mai s
.dont j e co nnais l es c\ essin s, g l'ilce il l'obli gea nce de M. B:l I ~. L es photo -
.graphie s de MM. L:lul'ent (n' 402 ) et Ba l ~ indiquent nettement qu' il y
..wait lllH l chal'pp nte.
3. CEOBENUS, Bonn, t. If , p. 435, 1. 23. SUl' l a d:lle de l'e xp éd ition:
SCIILUMOERGER, Épopée, l, p. 620.
4. RQrr, K lei/lasial. Den/,m. , p . 322, .fig. 119.
5. D':lprès cl eux ph ologl':l phi es puu liées p:l l' L. SC II NE LLEIl , Niciia und
/JI/ WIlZ, Le ipsi g, 1907, pp. 63 c t 57. Je r eme l'cie M. Sch midt, qui m 'a
i ndiqué ce t OUVI':lgC. .
6. D 'après l es obser va tions de M. EOEBSOLT et G URL ITT, p. 38, p l. 10 c.
Voye z PASPAT IS, p. 304.
U\ llA:SIE IQU E 19
Phol. na l ~ .
r i G. 3. - Basiliqu e de Mése m vl'i e. Ab si de el g r'and e ne!'.
~~----,-,,~'.:::;==J::~
'·--c;:r::c.::r .O :.:C:LCL Pl
[
FIG. 4. -- 13as ilillu e de Méseln vl·ie. Pl an au 4~U'
·(D ess in co mmuniqu é pal' i\l. Ba l ~. )
20 LA BASILIQUE
lénis tiqu e sont restées en fav e ur dans les r égions mêm e
où ce typ e avait fl eur i, en particul ier il Cons lantin ople ~
C'est de là qu e c s procédés ont pu pas el' à Aïl et ::.,
Mésemvrie.
Ces éd ifi ce r eprodui ent d eux au Lres traits di s tin cLifs·
de la ba silique h ellén i ,tiqu e : tri bun es et piliers nom-
ül'eux , Ces traiLs dev ienne nt rares à l' époqu e proprement
byzanLine . Le' trihune a u-dessus de ' has-côtés n e se-
l'etrouvent qu'à Serrès 1. Par' exception, quatre o u cinq
colonnes sé pul'e nt la g rand e nef de chacune des peLites 2 •.
Le chiffre normal es t trois :l ou deux ". Parfois même on sc·
contente d' une se ule 5. Héd ui l'e les colonn es ou les pili er s.
est un e praLiqu · ancie nn e, qui remonte .:m x premiers temps-
chré ti ens, qui rapp e ll e les premi ères ten ta Li ves pour'
rapprocher la basilique du plan carré G. Du plaLeau l'Ana-
tolie ou de la Syri e centrale7, ce tte pratique passe de bon n e-
he ure en Grèce, si l'on en ju ge par les proportions obser-
vées à Thél'a 8 ou à .\[ anLinée 0. Les colonnes SO J1t plu s.
fr éq uentes qu e les pilie rs.
Il es t don c clait, qu e, loin de Byzance, le modè le hell é-
nisLique se t rouvera de plus en plu sim plifi é, de plus en
1. Phot. LAMPA I( !. · 3358, 3362 .
2. QuaLl' e col o nllcs il Sa int- P hi l ippc d'A th èn . : COUCII AUO , p l. rr ; cinq ,
sa ns p il iers pl' . d e l'absid e, dnns ln bns ili quc ù co upo l e dc MOl'fou ~
ENLAHT, Chypre, L l , p. 191, fi " . 98. Voycz p l u. l oin , p . 9!J.
3. , c lTè:-ô, M istl'n , K nto-P::uw g hi n, N i co po li s (plu s dc ux pi li er s qui
mal'q uent Ic sanclua ir'c el. Ic nalth cx), Monastil'ahi . - E n Cr'èJ,e : Sn nl.i -
Di eci , Ag i a (sa ns pi lic r's pOU l' l e sa nctu airc ). - En A ie : Soandér-é, ROT!' .
f(leinasial, Denlrm ., p. 127, fi g . 37. - 'l'L'oi s p il ic l's: E lk Ol11 énos il Mon em -
vasi c.
4. Tax i al'q ue ù Cns t ori n, ,' a inlc- Th éodo t'a c l B lachc l'n es à A r'la, Ph il o-
Iltéou nu Mon t-Athos, B lache l'n es e n 1 ~ licl e, - EII Cl'èl c: 1 :J lj ani c t Biza r'-
j ano (sans co mpter Ics pili el" du sanclu air'c), Li lj nni. - A Chypre:
Sa int-M am:J s,
5, Trébizond c, Sa inl-Ge o l'gcs ù Gé l'ai<i (un e col onn c d' un cÔ l é, un p il i er
dc l'autre), - U II pili c l' : Sainl- Éli c nn c ù Cas lol'ÎiJ.
6 , STI1ZYGOWS'(I, [<Ieinasi en, p. l Oi sq .; BE L L, J?ev. a r ch ., 190G, l , p. 4 r
HM ISAy·BJ;;LL, Bin bil'- Ki li 'sé, n' 4, p. 50; n' 15, p . 130; n' 16, p. 139 r
n"' 25, 42, pp. HG , 1G3 ; Mad n-Oagh, p . 262, Vo it' auss i, p . 276.
7. VOGÜ I~ , Sy rie ce ll/J'ale, pl. G8 , p. 122.
8. II IL LEI1 vo G AEI1TI1I NGEN, Th ér a, t. r, pp . 255·257.
!l. F O UG ~: I1E ,', Malll ill ée, p. on!), Jll. Vl.lI .
LA BASILIQUE 21
Illusdiminué. Ces réserves faites, nous essaierons de le
suiv'r e ' eii Grèce.
Nous 'pouvons citer trois exemples <:le basiliques à
-charpente, sans tribunes : à Chalcis, les Croisés ont
restauré en le remaniant un édifice du sixième siècle 1 ;
:Saint-Philippe d' Athènes, dessiné par Couchaud, parait
<ê tre aussi leur œuvre z ; à Cala bac a a un plafond de bois
masque la couverture, mais il est visible que les parois
-droites et hautes ne portent pas de voûtes. Toutefois, le
.type hellénistique ne se retrouve point ici sans mélange:
:les cinq fen êtres', espacées et basses, conviendraient à une
'basilique voùtée; de longs piliers interrompent la colon-
'nade à la manière orientale, ainsi qu'à Rusafa-Sergiopolis 4
·et Aboba-Pliska 5, comme si les trois nefs étaient'sépal'ées
par deux murs percés chacun de baies ' g'é minées. Les
:absides circulaires s'appliquent simple'ment sur la façade
postél'ieure. L'édifice paraît plus ancien que le chryso-
;bulle de 1336 G.
Ainsi la charpente n'apparaît en Grèce que par l'inter-
vention des Latins ou par une sorte d'anomalie, sur un
-édifice qui devrait être voûté.
La grande nef voûtée et éclairée, voilà le trait typique
.de la basilique hellénistique dans la tradition grecque. Le
.domaine propre de ce modèle paraît être la Macédoine.
La Métropole de Serrès 7, en?ore pourvue d'une t~i-
1. STRZYGOWSKI, ~EÀ'I'. tG'I'., t, II, p. 719. Phot. LUIPAKIS 1663, 6740,
'Vues extérieures; 1668, vue de la charpente; 5209, vue d'un chapiteau
.d'acanthe à feuilles tournantes, type du sixième siècle.
2. COUCHAUD, p. 12, pl. II.
3. ANTONIN, Iz Rumclij, p. 425, pl. XIII (plan et vue de l'ambon); LAM-
rAKIS, ~.À'I'. x.PtG'., t. III, pp . 12, 13; Antiq. chrét., p. 31; phot. 204(j, 2047,
'~vues extérieures), 2048 (vue de l'ambon et de la grande nef).
4. SARRE, Monafshe(fe (ür Kunsfwissenscha(t, t. II (1909), p. 103. Voyez
.STRZYGOWSKI, Amida, p. 274.
6. IzlJjeRlija russle. arch. ,Insfitufa, t. X (1905), pl. XXXIV.
6. HEUZEY, Mission de Macédoine, p. 453, d'où MuiLoSICH-MüLLER, Ac/a,
't. V, p. 270. Voir PAUL MARC, Plan eines Corpus der griech. Urleunden,
p, 43; et PAPADOPOULOS-KÉRAMEUS, Viz. Vrem., t. l ( 189~ ) , p. 747.
7. PERDRIZET-CHESNAV, Mon. Piof, t. X (1904), p. 123; KONDAKOV, Malee-
.donija, p . 149 sq.; phot. LA~IPAKIS 3358, 3359, 3362. , '
22 LA BAS I UQCE
bun e , r es te proche d es anciens modèles. Son abside c\r-
cu laire se d éve loppe avec ampleul', so u s un toit à d~ux
éch elon s, com me, à Salonique, celles de Sa int-D é m é tl'iu s
e t d 'Eski- Djouma . Les pe tits sanc tuaires sont voùtés en
calo tte, comme ceux d 'Ail. Su r chaque côté de la grandc'
nef, trois granùes co lonnes monum ental es, entre d e\Jx
forts pilier s; en haut , quatre fen ê tres . Au sentim ent d e
M. Konda kov, « l'église , hau te , co uverte d'nne vO llte en
berceau, ne manqu e pas d e grande ur ». En e fTet, la grande
nef dr,passe hardiment la loiture des collatéraux et de
l'abside. Le monum ent fut remani é , en parti cu lier pal'
Dusan en 134.5 . L e cr é pi couvre en g eand e paetie le par e~
ment et em pêc he l'a nalyse.
Dans un e pe tite vi lle d e la Macédoine, à Castor ia, nou s,
é tudierons mieux les va l'i ' tés de ce type. Les trois basi-
liqu es remontent au mo ins au onzièll1e s iècle; à l'inté-,
rieur, e lles so nt r e \' êtu es de de ux couch es de fr esq ues,
l'une du quatorziè m e siècle, datée par les inscr iptions,
l'autre du onzième siè cle, par le s tyle. Aux Sa int ·Anar-
gyres, les p e intures primitives, intac tes sous la co uche·
r écente, ap pa l'aissent en qu elqu es endroits, où cette,
co uche es t tombée. Le tyle fl'anchem ent archa ïqu e
rappe ll e cer tai ns mo r ceaux de Sa int-Luc: g r a nds ye ux ,.
n ez droits, fi g ur'es fru s tes; l'omemen t n ous r e porte aux
églises sou te rra ines d e Ca ppadoc e 1 (fi g. 5) ; à Sain t-
Étienne, le C hr is t en croix a le buste raid e, la tê te dro ite
comme dans l' an cienne i conographie. Enfin l'ornem ent
sc ulpté qui encadre les portes d es Saints-Anargyres, ro-
saces, é toi les dans d es cercles, est to ut semb lab le à c~ lui
de la Kazandj ilar-Dj am i, datée par u ne inscription de 1028 .
Ces églises paraissent donc remonter au onzi èm e s iè cle.
à p eu près à l'é poque où Basile II r e prit Casto ria aux.
Bulgares (lOIS) 2.
1. ROTT , Kleinasial. Den!' Ill ., pp. 215, 220.
2. SC Hr.UMI3ERGER, Épùpée, Il , pp . 377 e l 395.
FI G. 5. - Frcs que <l e la ba sili r!u c cle s Sa inLs-Anal'gy res 11 CasLo ri a.
Sain t Bas il c et saint N ico las.
24 LA BAS ILI QUE
FIG. 6. - Basil ique des Saints-Anil l'gyres à CasLo l·in.
Ang le ' ud- Ouest.
, .....
F IG. 7. - Basilique des Saints-Anar gyr es. Plan au 2~O'
LA IJASILIQ UE 25
FI G. tL - Ba siliqu e des Taxi al'ques ;) Caslol'ia.
An g l e Su cl-E st.
:~
... .."i ....Lr-J
n-,
: .,........
.9 ..... G?
. : :
I~_-=--~_--'----CL ..
]
FI G, 9. - Basili que des T axiarqu es . Plan _au '200'
26 LA BASIL IQ E
FI G. 10. - I3nsilique de .ai l)L-É li cnn c ù Cn ' tol' in.
F;lçnde ~ ù.
. .
P::;~;;;.·.O:::. :.:::;
F IG. 11 . - Basi lique de Saint-Étien ne. Plan au 2à-o'
LA BAS ILI QUE 27
FIG. 12. - Ba siliql1e cie Sa int- Étien ne.
V u e cie l'ab si cle.
Ces trois b asi liques se distinguent de ce lle de Ser rè s
pal' · leur pe titesse : e lles n'ont de cha qu e co té de J ~
g rand e n ef qu'un ou de ux points d'a ppui, piliers ou co-
lonnes . ~t[ a i s e lles ['egagn ent e n h autem' ce qu 'e lles per'-
dente~ é tendue ; leu r nef central e s' élève ve rs le cie l ;
l'une d'elles semble prendre un élan d émesuré (fi g. 6·13).
A çô té de ces trai ts com mun s, nous r e levons e ntre ces
trois édifi ces de no tables différences . En fa it, ils se parla-
gent en deux g l'oupes : d'un e part l'égli se des Saints-
AnargYl'es, la plus grande , la plu s calme , la plus pure d e
form e e t d' aspec t, sans dou te la plus ancienn e ; e t ce ll e ·
des Taxial'ques , qui la r eprod uit en miniatu['e , mais avec
2 . LA BASILI QUE
FI G. 13. - Bosili q u e de Saint-Étie nn e.
Ang le No rd-Ou es t.
d eux colonn es au lieu d e pilier s dissymétriqu es; d'a utre
part , Saint- É ti enn e . .
La différ en ce essenti elle s' acc use à l'endroit o'ù les b er-
cea ux des nefs s'ada ptent a u mur ori ental.' Aux Saints·
Anargyr es , le r accord est des plus simples : les trois
voûtes se t ermin ent n ormalement s ur un mur uniq,ue, La
façad e post érieur e présente co mm e un e coupe des troi s
n efs et la grand e abside, la seule saillante, s'y ' appliqu e
sa n s interm édiaire. A Saint-Étienn e , au contràir'e , un
m embre étranger s'inter cale entre le mur extérieur et la
vo ûtè, au-devant de la g r and e absid e : c'est un berceau
plus bas, cou vert d' un toi t en bttti èr e. \.U delà de ce toit,
se d resse' la fa çade de la n ef centrale ,
D 'autr es traits ' dis tin g uent Saint-Éti enn e : g ra'nd e n ef
LA BASILIQUE 2!l
Phot. Lampal;i :;.
FI G. 1-1. - Bo siliqu e de 'ointe-Théodo ra Ù AI' t.1.
Angle Sud-E st .
plus étl'Oite et plus haute, abs id e triang ul aire, narthex
avec une trihun e voùtée en demi-he r cea u. A ux An argyres ,
l'abs ide es t ronde e t, dans le n arthex sans tribun e , la
trav ée ce ntrale s 'é lè ve au-d ess us des deux autres, ainsi
qu ' un e g r'and e n ef a u·d essus d es has· cot és .
Ce tte distinction paraîtra peut-ê tr e un peu subtil e :
pourtant elle n 'es t point sans intér ê t, car nous la r e tro u-
vons dans d'autres église s d e Macédoine e l d e Grèce . E ll e
nous aidera à les classer .
L e lyp e des Saints-A nargyres e t des T axiarques fut
reproduit à Ar ta e'l à Saloniqu e .
. \ Arta, ver s le milie u du tl'eiziè me s iècle , Sainte-Théo-
dora (fig . 14) nous apparait com m e ulle copie agrandie d e
ces d eux églis es : m ême dispos ilion de la fa çade orien-
tal e , où celle fois non seulem ent la grande absid e, mais
30 I:. A BASILIQUE
aussi les petites, font saillie; narth ex analogue, où la
Ll'avée cenLrale, couverte d'une coupo le, dépasse les deux
auLres; même lal'geur r elaLiye de la g l'ande n ef, soutenue,
comme aux Taxiarques, par deux co upl es d e colonn es et
éclairée, comme aux Sai nts-Anarg yr es , par des fen ê Lres
hilobées, assez espacées (quatL'e de chaque cô té au lieu
de deux); à peine si la d écoration de briques plus variée
et plus riche, les fronLon s aigu dépassant la t oiLul'e, le
narLhex plus arLiculé marquenL la différe nce des âges 1.
Théodora PéLraliphas, que le despoLe Michel II co nnut à
Servia 2, pI'iL sans douLe en Macé doine le mod èle de son
église.
A Salonique, Iki chérif-Djami 3 (fig. 15) rappelle aussi
les SainLs-Anargyres : la grande n ef percé de Lrois pe Lites
fenêLres se déLache sur une mass e assez luge, don L la
stru cture inLérieure es t di ssym éLrique. Mais d'autres
traits, calo LLes s ur les cô tés du sa ncLuaire, hauLe abside
pentagonale, la disLingu ent du Lype ma cédonien e t grec,
la rappro chent de Cons LanLinople. SainL- icolas l'Orphe-
lin, av ec sa n ef uniqu e enLoul'ée de galeri es s ur LL'ois
côtés, produit à l'ex Lérieur le m ême effe L qu e les églises
de Ca Loria l,.
Ainsi, le Lype des Saints-Anargyres para îL s'ê Lre déve-
loppé en :'.Iacédoine e L dans la Grèce du orel. A-t-il
pén étr é jusque dans le Péloponnèse? A Scaphidia ,) en
Élide, les morceaux anci en s, abside e t bas des murs,
semblen t l'indiquer; à Cy Lh è l'e a, 1I 1le grande basilique,
dont n ous ne connaissons ni la daLe, ni l'aménagemenL
1. ANTO"1 IN, Iz RllIllelij , pl. X III : plan et Vll e des absides ; LAM PAI" ,
t.EÀ't . x plat. , t. III , pp. 82- 3 (vu e), p. 85 (pl an) ; Jlnliq. chré/., pp. 4 et 50,
fi "'. 90 el 93; phoL. no. 2440-50. V oyez aussi l es phologl'aphies Le TOlll'-
neilu dan s l a co ll ect IOn d es HauLes-Éludcs.
2. H OPF, p . 258.
3. Phot. LE TOU HNEAU. Voyez plu s loin l'élude des pOI'Liques, p. 131.
4. h':ONDAKOV, Makedo nija, p. 130. Ph ot. LMI PA I( IS, n° 5636. Ph ot. T AFRA LI
(Bib li oth que D oucet).
5. Pho l. LAURENT (18 X 2-1), n' 2; phot. LAMPAKl s 1(;28.
6. PhoL. LAMPAKIS 16+2.
LA llA SILl QUE 31
P hot. L e T ourn en u.
FIG. 15. - Iliic hérif- Djarn i ;) Saloniqu e.
Vu e ues ab siu es .
.i llté ri eur·, reprod uit les proporLions et l' aspect de celle
cie Calabaca . Au contra ir'e , le type d e Saint-É ti e nn e est
r e prése nL é s ur·tout dans ce LL e province , soiL e n It lirl e, vers
le mili eu du dou ziè me si ècle , par la belle basilique d es
Blachemes f (fig. 1.6), soiL en La conie, au d ébuL du quator-
zi è me siècle , par la MéLf"Opole de Mis tr'a 2 .
A vra i dire , il se r ait imprud e nt de gTouper ense mble
ces tt'ois éd ifices pour con s LiLuer un type . De notables
diffé rences les séparen L: aux Bla chern es, de ux colonnes
d e chaqu e cô té ci e la grand e n ef, d eux fen ê tres au-dess us,
e nl'in un e YOti Le en b e f"cea u ; à Mistra, tl'Oi s colonnes,
Jen êLres nombreus es, charpenLe . Il n'est m ê me pas sûr
1. E ll e m'est co nnu e pal' l es ph ol ogl'ap lli es eL les observai i ons ue
M. L;)urenL : (I S X 24 ), nos ~2-±6; (13 X l S), n" 71 , 178 , 2S!). Vo ir ausf;i phot.
J .AMPAJ(I S 160G-IG 12.
2. M U. L ET, MOIl . Mis/ra , pl. 17-20.
Phot. L ~urent.
FIG. 16. - Basilique de,. Blachemes en Élid e.
Façade Sud.
LA BASILIQUE 33
que l'étage supérieur du narthex forme entre eux un
lien réel de parenté, car, aux Blachernes, il est l'œuvre
des Croisés 1. Enfin le trait commun, ce berceau interca.Ié
devant l'abside, affecte des formes différentes. A Mistra,
il rappelle la disposition de Saint.Étienne, car seul il
prend place dans le vaisseau central. Il y occupe la lar-
geur d'une arcade ou plutôt du mur supérieur, qui est
posé au· dessus et non, comme d'ordinaire, sur l'abside.
Aux Blachernes, au contraire, les trois divisions du sanc-
tuaire sur toute leur étendue sont voûtées plus bas que
les trois nefs :. ensemble, elles présentent en coupe le
même profil qu'une basilique à nef centrale aveugle.
Done un même motif traité diversement,' voilà le trait /
distinctif.
Ce détail n'est point sans importance. La disposition
des Blachernes, plus logique, plus franche, se retrouve
soit à Athènes, dans l'église nommée Monastiraki, avec
une nef aveugle, soit en Crète' à Axos (Miiopotamo) et
surtout à Paljani 2. A Paljani les bas-côtés sont voûtés en
demi-berceau, comme aux Blachel'nes. A Athènes, la
forme des voûtes est orientale. La Crète nous montre le
chemin de l'Anatolie. Suivons cette route, remontons aux
prem·iers siècles chrétiens, nous y verrons comment on
modifie la basilique primitive en introduisant entre la
triple nef et l'abside, afin d'agrandir le sanctuaire, un
carré ou un rectangle communiquant à travers des murs
avec les pièces latérales 3. Or, la disposition typique si-
gnalée par M. Strzygowski à Kestéli, dans le Taurus, se
l. Ils ont conservé les murs du narthex, mais refait les .voûtes. Sur
chacune des faç ades latérales, ils ont abaissé la fen être et prolongé la
corniche. Le narthex primitif était analogue à celui ·de Merbaca.
2. GEROLA, Mon. veneti, p. 20l, note 2, fig. 166; pp. 184·185, fig. 121·1211.
AI La parte absidale dei tempio è più bassa delle rispettive navate della
basilica, e coperta di volte a botte, tutte intere. ,..
3. STRZYGOWSKI, Kleinasien, p. 105. Voir aussi BELL, Rev. arch., 1906,
l , p. 4. On observe une disposition analogue dans la Syrie centrale à
es·Suwédâ ou bien à el-Kllnawât : VOGüÉ, .pl. 19, 20; BRüNNow-DoMAs-
ZEWSKI, Provincia Arabia, t. III; pp. 92, 118.
3
34. LA BA SILIQUE
twuv e reproduite en 923-925 dans l'anci enn e ca pital e des
Bulgares à Aboba-Pliska 1. Il est clair qu e dans l' une et
l'autl'e église ce tte trav ée, plus étro ite qu e la nef , s'ou-
v rait sous un e voùte moins haute. Nous en pouvons juger
à co up Slle par un e réplique lombard e du hu iti ème s iècle,
à Agliate : la g rande nef , sous un e chaepenle, domine le
san ctuaire, pa rtagé pal' des murs e t voùlé z. j\ ux Bla-
chel'n es, en Crète, ce tte travée :e di stingu e , non s ur le
pl an , mais seul emen t s ur la coup e, dans le hau t des
voùtes 3. Toutefois le princi pe est le même. Nos églises
grecques et cré to ises rappe lle nt donc les premie l's essais
d es constmcteurs a naloli en s.
En fa ce des Blache rn es, les sanctuaÏl'es de Cas toria
e t de Mis tra nous apparai sse nt co mm e une réduction,
un dé me mbreme nt du t ype achevé. Ils appar tienn ent
donc à la même famill e. Sans do ute l'É cole de Con-
stantinople applique un procédé ana logue : à Kéféli-
Mesdjid 4, dans un e basilique à n ef uniqu e , un ber-
ceau s'in terpo se au ssi entr e la co nqu e et la nef, mais
sur l'alig ne ment des murs inféri eurs e t non en deçà .
L' eŒet est autre : la tête du berceau ne se trouve
plus en retraite s ur la façade ". Ainsi, dans ce dé-
tail enCO l'e, l'École grecque suit une tradition distincte.
Quel qu'en so il l' intérêt, un fait certain r e 'sort de nos
analys es. Les r égions grecqu es , depuis la Macédoine jus-
qu'au Péloponn èse , ont fait un e large pla ce à la basil itlue
vo ùtée éclairée par la grande n ef, d' ori g in e hell éni stiqu e.
Mais jus tement la Métwpo le de Mistra se di s tin g ue d e ce
modè le. Toutes les autr es r é pliques , à Sen'ès , à Castoria,
1. Izuje slija l'uss/c. arch. In sl. , l. X (1 905), pp. 15, 114, pl. XXXIV sq.
(U spenskij , Skol'pil). Voy ez au ssi pl. XXVIll.
2. RIVOIRA, 2' éd ., p. HJ6, fi g. 178. A Toscane lIa, p. 148 sq. , l e sanctuaire
est plu s étroit, m3i s 3u ssi hau l.
3. On a simplifié d" mèm e 13 travée du sancl.ua ire J:)Il S l e p lan cl'uci-
fOl' me en Ca ppado ce, il Il anli- l\li::;sé : HAMSAV-BELL, p . 418, fi g . 341-34·2.
4. GURLITT, p. il8, p l. 10 c.
". P h o!. 1~ IlERSO LT .
LA. BA.SILIQUE 35
à Arta, aux Blachernes, ont les fenêtres de leur grande
nef tantôt géminées, tantôt simples, mais toujours assez
espacées. On ne pouvait en effet affaiblir le berceau par
un trop grand nombre d'ouvertures. Cette précaution a
paru déjà nécessaire aux architectes de Binbir-Kilissé t.
Elle n'a point arrêté celui de Mistra, parce qu'il couvrait
son vaisseau central au moyen d'unfl charpente. Il Y a
pratiqué des fenêtres nombreuses et rapprochées. Un
prophète se dressait entre chacune d'elles, ainsi qu'à
Saint-Apollinaire-Neuf. On croirait retrouver quelque
vieux modèle comme en offre encore la Syrie centrale 2,
en particulier à Qalb-Louzé 3. Le tracé . mê,me de plan
aux angles aigus nous reporte au temple syrien du Jani-
cule 4 (quatrième siècle), aux basiliques de Théra 5 et de
Parenzo tcinquième-sixième siècles) 6, au J ustinianos du
grand Palais de Constantinople 7. La Métropole rappelle
donc mieux que ses congénères la primitive basilique
hellénistique. Est-ce par hasard? Aurait-on imité quel-
que ancien édifice, celui même dont on utilisa les chapi"
teaux? Nous savons que la tradition de la basilique à
charpente s'est conservée dans la zone de Constantinople
e~ a pénétré jusque en Thessalie: le prélat de cour qui a
bâti la Métropole aura rapporté de la capitale, sinon un
modèle, au moins le désir de copier quelque basilique
des premiers temps.
Ces remarques nous laissent entrevoir une conclusion
1. STRZYGOWSKI, Kleinasien , p. 10; RAM SAy-BELL, fig. 3, 5.
2. VOGüÉ, Syrie centrale, pl. 68, 119, 122, 130-135, 138.
3. VOGüÉ, Syrie centrale, pl. 122.
4. GAUCKLER, Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, 1910, p. 387,
pl. II.
5. HILLER VON GAEIlTRI NGEN, Théra, t. l , pp. 255-257.
6. D'après le relevé que je dois publier.
7. PACHYMÈIlE, de Andronico Palaeologo , Il, 15 (Bonn, t. II, p. 146) :
ÀixPWY GY ta. tO'_ xa.-:œ 1tuÀa.; Et.,wÜa( 1tpwno" ohlique apparens primas proti-
nus valvas subeuntihus. Dans ce passa~e l'auleur décrit la forme et la
décoration de l'édifice. ÉDERSOLT, Le Grand Palais de Cple, p. 96, note 1,
a tort d'y voir une allusion à son état de vétusté : " penchait d'un
côté ".
36 LA BASILIQUE
qu e d'autl'es an alyses é tabliront san s co ntes t. E n archi-
t ec tUL'e, la Grèce s'oppose à Con s tantinop le . Constanti-
nople para it avo ir con ervé et tran sm is aux Bulga r e la
basilique hellé nistique à tribune e t il ch arp ente; la Grèce
développe la basilique voCltée, mais reproduit la grande
nef, haute et lumineu se, d e la basiliqu e hellénistique.
l armi les basiliques de Grèce, la Mé tropole de .\li s tra
occupe un e place spéciale. Plusieurs tL'aits de sa tructure
la ratta ch e au gl'Oup e grec; e lle est clonc provinciale pat·
son or ig ine; mais elle combine celte form ul e d e province
avec la chal'penle e t les fenêtr es nomhreuses des basi-
liques hellén is tiques, dont Cons tantin ople a conservé la
tradition. E lle nous prouve clonc qu 'a u quatorzième siècle
la province a sub i en qu lque mesure l'influence de la
capitale .
Basilique orienlale. - .Nous ayons exam in é la basilique
h ellénistique clans son domaine, sur les bords de la met'
Égée. Il nous a suffi d'en s ignaler le variante ' et les
transformations. La bas iliqu e or ien ta le nous obli ge à
porter notre regard vers l'Orient et l' Occident pou r
suivre la voie cl es migrations. Nous nous convaincro ns
que la Grèce s'est trouvée sur le passage et a re tenu
qu elques-un es cie ces formes voyageuses.
En partant du plateau d'Anatolie, la basilique à tripl e
n ef aveugle a pris cieux d irections opposées.
L'une à l'Es t, vers l'Arm énie et le Caucase. Les églises
d' rménie sont encore mal connues; pourtant la magni-
fiqu e collection du photographe Ermakov nous en donne
déjà une idée assez nette . Les basil iques sont nombr.e u s~s.
Parfois la nef ce ntl'ale dépass e de beaucoup les deux
aute s à la manière hellénistique; mais elle n'est alo rS.
éclairée su r les cô tés que par des fenê tres petites e t rarès t
\ encore es t- ce en Géorg ie et sans cloute à une é poque tar-
div e 1. En Arménie, sur les hautes parois, aucune fenêtre
1. Bodbij sl;ij Monasl)T dans le J\akhet: briques vel'Jliss ées et crépi"
LA BASILIQUE 37
P hol. EI'Il1;okov.
F I(;. 17. - Basi lique d 'A l ag u euz en A I'ménie. Façade E st.
lI1e v ient rompre la plé nitud e du ferm e p a rem ent e n
pierres de taille. Les vo ùles à pro fil bri sé, qu 'eUes enfer-
m e nt ainsi qu'un e gaine, pre nn e nt en haute ur plus de
place qu e le b ercea u en plein cintre et n 'e n laissen t pas
.assez au -desso us des co rnich es intér ieures pour pl'ati-
p hoL. EBMAI(f)v 13012; llri a prés So ul'am : cré pi , phol. EBMAKOV 15233-34.
A Zézadin , près 'f illi s, où 1,1 co nstru cti on est en blo cage, o n ne voit pas
ode fenêtre: phol. EB~ I A I<OV 12451;. - I\h o pi , DVBol S DE MONTPI: BEUX,
I II ' parlie , pl. X I X eL m i eux l\ ONDA liû \'-To L"To,l , L. IY, pp. 62-63; phot,
.EB )!AI( OV 13505.
38 LA BASILIQUE
quel' des ouvertures. Les ruines d'Aïsasi nous découvrent
clairem ent ce syst ème '1. D'ailleurs, lorsque la nef centrale
dépasse de h eaucoup les deux autres, à Alagueuz par
exemple (fig. 17), l'édifice n'oITre qu'à l'extéri e ur, par L1ne
sorte de trompe-l'œi l, l'aspect de la bas ilique h ellénis-
\ tique; à l'intéri eur, les trois nefs sont isolées par des
IImurs 2 . Si elles co mmuniquent par des arcades entre des
pilier' massifs ou des colonnes trapu es, il es t rare qu e la
n ef centrale s'élève hal'diment, comme elle fait à Ourla 3.
Parfois , à Gnde- Vank, elle se dégage à peine au moye n d'un e
lég ère saillie entl'e deux mass ifs de ma çonn eri e chargeant
les autl'esvoûtes l,. Le plus so uv ent, elle se confond avec elle
so us un toit uniqu e . Ce procédé se r encontr e ù Binbir-1\.i-
li ssé 5. Dans l e domaine arménien, Miss Bell l'avait d éjà
s ig nalé à Anazar bc G• Les photogra phi es d'Ermakov per-
mettent de le reconnaître, non seulement dans les égli ses
relativement récen tes d'1tl'Îvan , la Zoeavar 7 et la Kal ô-.
ghiké 8; mais en d'autt'es monuments beaucoup plu s an-
ciens: Giounéi-Vank 0, Basch-Garni 10, Chadé-Vank l ! (fig .
1S), Sévan 12, Boust 13, Kazagh l" • Nulle paet l'ab side ne fait
1. Phot. ERMAKOV 100·l8. La basiliqu e de K hoLas (12482) fait excepLion.
2. Aïsasi, troisièm e église vel's l e Nord: ph ot. ERMA I(O V 16048, vue
exLéri eu l'e des absides; 160H, 103 75 (fig. 61 ), 1G 38·~, façade Oue st; 16042 ,
16083, vue intél'i eure des ab sides . - Alagueuz, 16031-32 , 10370-71. - Kho-
tas, 12482; Djala, 13633 : l e bas-côLé n'est pas l iaisonné avee l a grande
nef. - Vaghandni-Van l<, ALIC ll A:-I, Si sa /wn, p . 308.
3. Phot. ERMA KOV BG39-40, 136640.
!. Sorte de narthex aj outé sur l a façade anLé rieure de l'égli se cruci-
forme . P hot. EElMAKOV 15\173-75, 16435. Voyez aussi ALICHAN , Aïrarat,
p. 451 (No ra-Ch ên ).
5. STRZYGOWSI(I , f(leina si en, nO VI.
6. BELL, Reu . arch., 1906, l, pp . U-27 .
7. Phot. ERMAI(OV 1G179, HIC exl él' ieure ; 1G184 , vue de l'abs id e.
8. Phot. EHMA IW \' 16177, vue de l 'abside; 16244, façade Sud. Sur ce s
deux. églises voi l' LYNCH , Armenia, t. l, p. 211.
9. E~li se en I·uin e. Phot. ERMAKOV 15957, 16360-62,16482.
lO. Eglise l'estam·ée. Phot. EHMAKOV 1623<1.
11. Phot. EIUIAKOV IGiN8- 5 l.
12. Église r estaur ée. Phot. EHMAKOV 15!JGl. ALI CII AN , Sisa/fUn, p. 82.
13. ALlC IlAN, Sisa/fUll , p. 315: égl ise de Saint-ÉLienne.
14. Phot. ElUlAKOV 11551 : église d e Sai nt-Macaire. Cf AL ICHAN, Aïrarat ,
p . 250.
LA IlAS ILlQUE ,1!1
P; 'ol. Ermal,ov.
Fil;. 18. - Bas ilique de Chad é-Vank . Fa ça de Ou es t ct pratiqu e.
~a iUi e au cl eh o l's : à l' Es t, comme à l'O ues t, un pi gnon
COU l'onn e la la r'ge fa çade uni e , où trois fe nêtl'e s étroi tes ,
évasées co mm e de' m eurtri èr es, la isse nt seules dev iner les
tl'o is n e fs l, SUl' le côté, les fenêt['es so nt é teo ites e t rares '2 .
La so br'e nud ité de ces parois pl e i.nes, ci e cette ma sse
homogène, bie ll clo,;e par la ta ill e impeccable de la pi e LTe,
produit un e impress ion de forc e et de maj es té , On ima-
g ine qu e la pri è re doit ê tl'e sin g uli èee ment r ec ueillie avec
s i peu de jo ur, Les Géo['giens ont co ns tl'Uit s ur' l e mê me
mo dè le à C ho ul'é ti 3 , à Tchamokméd i l, . Nous r e tl'ouvons
naturelleme nt la basi lique à nef ave ug le à Tré bizond e :),
1. E ,'ma k ov n'a photographi é qu 'à Giou néi-Vank l es arcades et l es
pili er s d es nefs.
2. T ,'o i,; il I:lasch- Gal'll i, un e seul e il S~va n, douteuses il Chadé- Vank ;
aucu ne il Gio unéï-Vank .
3, Di stri ct d'A khaltsikh , Pho\" EHMA IWV J24GO.
4, D UBO IS DE MONTI'ÉREUX, 1Il ' pal'Li e, pl. I V, fi g. 8 (plan) et pl. XIX (vue).
fi, MILLET, B . C. H., t. XIX ~ 1 8!)5 ) , p. 4H.
40 LA BASILIQUE
Vers l'Ouest, la Crète t est le carrefour où passe la
l
, gt'ande n ef aveugle, tantôt dégagée 2, tantôt masquée
sous un toit tmique 3 , pour prendre , avec bien d'autres
pl'Océdés orientaux, le ch emin de l'Occid ent. On l'a en
eŒet signa l ~e dans le centl'e de la France 1" En fait, e lle
·R ·
jt~:
1
FIG. Hl. - Sainte-Soph i e d'Ochri cla . Plan au 40l!"
l. Et sans cloute Chypre: l es basiliques d u K al'pa s parais sent o l' ien-
ta lcs, p l utôt que j·omanes . Voy ez ENLAHT, Chypre, L. J, p. 3!J5 sq.
2. Bizarj ano (Pecliada) : GEHOLA, Mon. ven e/i , p . lOI. SanLi-Dieci (Gor-
tyne), p. 188 : rlemi-bel'ceau.
li. L ilj ana (Pediacla) : GEIIOLA, Mon. vene/i, p . 1D3. Paljan i (Temene),
p. 184 : demi- berceau .
4. ENLAHT, Chypre, t. [, p.ll!J6 , note 3; STHZYGOWSKI , Kleinasien, p . 61, cite
DEHro-BESO LT, p. 117 sq . Voye z H.A~l S AY-BELL , p. 310, note 1.
LA BASILIQUE 41
constitue un des traits distinctifs de l'architecture romane
dans l'Auvergne et le Poitou t. Nous allons voir que le
courant a touché la Grèce.
La basilique orientale à nef centrale aveugle est repré-
sentée par une église de premier rang, Sainte-Sophie
d'Ochrida 2 (fig. 19-20), qui fut construite dans le second
quart du onzième siècle. Rappelons-nous la Métropole de
Serrès, nous sentirons. une différence profonde: ici la
grande nef dépasse à peine en hauteur les nefs latérales et
n'a point de fenêtre sur ses parois, tandis qu'à Serrès, elle
est dégagée et prend jour par des fenêtres assez espacées.
D'autre part à Serrès, comme à Mistra, ce sont des co-
lonnes, trois de chaque cÔté, qui séparent les nefs: elles
font suite aux deux murs divisant le sanctuaire. A Ochrida,
au contraire, il n'y a ni mur dans le sanctuaire, ni colonne
entre les nefs. Les arcades vont d'un bout à l'autre de
l'édifice et reposent sur des piliers. Enfin, singularité
digne d'attention, les piliers ne sont point équidistants.
Ils se groupent de part et d'autre en deux couples qui
laissent entre eux, vers le milieu de l'église, un plus
large intervalle et déterminent ainsi au-devant du sanc-
tuaire un carré, comme si l'église portait une coupole.
Le sanctuaire ne se distingue sur le plan que par le grou-
pement des piliers. Enfin la basilique de Serrès comprend
des tribunes dans ses nefs latérales: celle d'Ochrida une
simple pièce- au-dessus des petits sanctuaires.
Nous connaissons le caractère oriental de la grande
nef aveugle. L'autre trait qui distingue Sainte-Sophie ·
1. ENLART, Manuel" d!archéologie française ,' Architecture, t. l, p . '205;
Architecture romane dans A. MICHEL, t. l, p. 41\0; F. et N. TUIOLLIER, Art
et archéologie dans le dép. de la Loire, Saint-Étienne, 1898, pp. 29 et 32 :
" Comme la hauteur des collatéraux .est sensiblement la même que celle
de la nef, il n'y a en général qu'un seul pignon; pourtant, on voit parfois
un pignon et deux demi-pignons. mais la hauteur du mur droit qui les
sépare est peu considérable. » Exemples figurés dans F. THIOLLIER, L'Art
,'oman à Charlieu, Paris, 1894, p. 7, fig. 22, pl. 20, 51, 52.
2. Voyez plus haut, p. 6, note 1. Le plan d'Antonin est sans valeur; sa
description, p. 62, intéressante.
FIG. ZOo - Basilique de ::iainte-Sophie à OchriJa .
Vue des absides.
LA. BASILIQUE 43
d'Ochrida, à savoir le groupement des pitie.r s, appar-
tient à la même tradition 1. On les voit s'écarter, ainsi
qU'à Ochrida, comme pour faire place à une coupole,
non seulement à Cherson 2, à Chypre 3, en des églises
ruinées, où l'on ne peut être sûr que la coupole n'ait
point existé, mais aussi en Crète dans une de ces basi-
liques, où précisément les trois voûtes sont comprises
sous un toit unique 4., ou bien en Géorgie, à Khopi, où
un transept bas croise la grande nef5. Géorgie et Crilnée
d'un coté, Chypre et Crète de l'autre, forment un prolon-
gement du domaine asiatique.
Un autre motif va nous y reporter: c'est le double
étage des petits sanctuaires. Nous l'avons relevé dans le
village de Kuèeviste, aux environs d'Uskub. Nous le ren-
contrerons en Arménie en étudiant l'église cruciforme. Il
apparflit bien plus tôt dans la basilique et le martyrium
de Rusafa-Sergiopolis.
L'église de Scyros, édifiée en 895, appartient ft la même
famille. Si les voûtes avaient disparu, ainsi qu'à Cherson
ou à Chypre, on croirait retrouver dans le plan les pro-
portions d'une église cruciforme à coupole. En effet, les
piliers s'écartent au-devant du sanctuaire, et, dans cha":
cun des bas-cotés, le berceau longitudinal se partage en
trois sections, comme pour marquer les linéaments d'un
transept; ils atteignent presque la hauteur de la grande
nefti.
1. STRZYGOWSKI, Kleinasien, pp. 104-105.
2. AJNALOV, Pamja/niki chrislianskago Chersonesa, vyp. I, Razvaliny
Chramov, p. U, fig. 22; pp. 125, 128.
3. ENLART, Chypre, t. l, p. 196, fig. 102.
4. GEROLA, Mon. veneli, p. 193.
5. Khopi, KONDAIIOV-TOLSTOJ, t. IV, p. 62.
6. Au plan de DAwKINs, B. S.' A., t. Xl (1904-1905), p. 74, comparez la
description de FREDRlCH, A/h. Mit/., t. XXXI (1906), p. 261 : • Die Rliume
rechts und links vom Hauptraum waren einst mit diesem (le triple sanc-
tuaire voûté en berceau) durch breite Türen verbunden und nach dem
Mittelraum ganzlich olTen. Dessen Tonnengewôlbe, da8 in der Mitte
etwa 7.50 in. über dem Boden schwebt, lehnte sich a\so an die etwas
niedrigeren sechs anderen; 80 hatte man es ermôglicht diesen verhiilt-
44 LA BASILIQUE
La basiliqu e orientale à n e f centr'ale aveugl e a-t- elle
occupé une place importante en Grèce? Non, se mbl e-t-il
au premier abord. On n e saurait en effe t citer aucun
exemple comparable à Sa inte-Soph ie d'Ochrin a. ~'[a i s
rappelons-nous que sur l e plateau d'Anatoli e, ce modèle
est appliqu é s urtout aux petites églises. Il apparLi ent à
cette couche inféri eure, plu s traditionnelle, plus popu-
laire, qui d'ordinaire attire moins l'attenti on des ch er-
cheurs, mais qui pe ut leu r r évéle r plus sllrement les afft-
nités esth é tiques d'un e race. Or, nOLIs connaissons en
Grèce deux églises de cet ordre: l'une par nous-m êm es
en Laconie, consacrée à saint Geo rges, dans la forter-esse
de Géraki; l'autre, par une photogr'aphie de M. Lam-
pakis l, en Attiqu e, dans la localité nomm ée roue, ' i\O 'r; ',(;iv.
A Gé raki, les trois berceaux, à peu près d'é gale hau te ur,
se distinguaient à l' ex téri eur, sous les larges tuil es ci e la
toiture, enLr e cles caniveaux; à l'inLé r-i eu r, entr e les trois
nefs, au Nor-d un e colonne, au Sud un p ilier so utiennent
cie part et cI '~lLl tre un e double a I'ca de. L e naI'th ex est vo ûté
par un b el'cea u transversa l 2 • A Goudi (fig. 2 1.), il se mble
que les tl'ois nefs s'abritaient sous tille toitur e unique:
entre elles, les piliers et les colonn es alternent comm e à
Calabaca . Ici ce motif oriental es t bien à sa place. T o ute
la const ruct ion est en blocage. Il est probahle qu 'on po ur-
rait multiplier de tels exe mpl es. Ainsi, dans le Magne, on
I
voit les n efs sé parées par des murs pleins, percés de trois
portes 3. Aill eurs, le type se trouve co mb iné avec des co-
lonnes pareilles il celle cie Sereès ou cie Mi s tra, e t plus ou
moins altéré par l'effe t cI'arrangernents particuli ers. Mais
ni ssmü ss ig g r ossen H:Hlm zu ii bc f'lvo lb cn ". D:nvkin s parait indi'lue,'
l l'o i. section s dans chac une cles lroi s nefs. I l es tim e que l 'édill ce acluel
peuL r emo nLer à l 'a nnée fJ5. F " ecl ri c h a co n sLat é des reman iem ent .
l. Phot. LAMPAK IS 14\)2.
2. D'apl'ès m es obs cl'vati on s. TRAQuArR, B. S . A ., t. X II (190f5-1906), p. 2G4,
suppose que Ic nal' th ex ct la n ef Su d ont été ajoulés ensu i te.
3. Sai nt-N ico l as, à P lal sa, TR AQUA I R, B. S. A ., L XV ( L908-1909), p. l !)'l,
p l. XV et fig. 2. S,II1S dou te au ss i la Pana ghi a à No mi a, op. 1., .p.193 ,
LA BA SILI QUE 45
P ho t. L amp ak is,
FI G, 21. ~ Bnsiliq w'! d e Go ud i, près d'A lh èn,es ,
Vu e d es ners,
ces a n ange menLs e ux-m ê mes nou s l'e por'L ent a ussi aux
ori g ines o ri e ntal es : Ù 1\ th èn es , da ns l'égli se appelée
l\l onas tira ki 1 (onzièm e-do uzi è me s iècl e), le b er cea u très
la rge, pe u é le vé , se te rmin e a ux d e ux extré mités en cul-
d e-four e t se d resse s u r des tromp es, co mm e dan s les
palais ori e nt au x:!. A Arta, le ty pe es t co mbin é so it avec la
co upole , soit a vec le tran se pt sa illant. No us y r e vi endrons
e t par là nous touche rons au cœ ur du problèm e et no us
ape l'cevr ons s ur l e sol de Grèce l'influ en ce du plus .loin-
tain Ori ent.
La for me typique de la bas ili q ue Ül' ientale est celle qu e
Miss Bell a re le vée e n MésopotCllnie : long ue n ef long i-
tudina le , uniqu e , av e ug le , voùtée e n be r cea u 3. C'est la
1. COU C II AUD , p. l'l, p l. I V. L n unI e, d 'np r ès l e sty l e des chapil eaux
co rinlhi ens.
2. BELL, ./O U I'I1 . hello SIl/ dies , t. XXX ( 1!l1O), p , 79, fi g. 11 , A mul'allz 10
A mlu'o /h, p . 153, fi g. 9!) ; STRZ \'G OW SI,I , Amida, p. 180. So u s les bas-co l és
se tl'ouvenll es vo ûles d'a r êl es, ainsi que dans q uelqu es égli ses cl'é toi ses.
3. BEL L, Alllido, pp . 22 7, 230 (cf p, 2G,,); .!I mul'al lz 10 Amu r a /h , p. 301 sq .
46 LA BASILIQUE
form e primitive, qui p eut r emonte r au quatri è m e ou au
cinquièm e siècle . P lus tard , p OUl' é largir la n ef an s aŒai-
blir la votlte, on imagine ea d e la pose r s ue une s ui te
d 'a r ca des , ap pliqu ées d e ch aqu e cô té, le long des
murs 1 .
La basilique à n ef u n iq ue a suivi les m êm es direc ti ons
qu e la b asiliqu e à tripl e n ef. L'Est d e l'An at oli e 2, sur tout
l'Arm én ie, en offr ent mai nts exemples, mais san s les pro-
p ortion s allon gées d es mo d è les méso potami ens e t l e plus
souve nt, à ce qu' il sembl e, sans arca tures le long des
paro is 3. Ces tra its ca r ac téristiques se r etrou ve nt dans
l'O u est du plateau 4 e t s u r t out en Cr è te . L a Crète n e fait
po int se ule ment un lar ge u sage d e la ba silique à n e f
unique:" elle conser ve a vec un e r e marquabl e co n s ta nce
les t ypes primitifs . E lle a r e proJuit la b asiliqu e à n ef
uniqu e du Tur-Abclin , avec ses p ro portions é troites, avec
ce trait caracté ri s tiqu e, la co upole s ur le n arth ex 6. P a l'mi
l es plans , s i n o mbreux et divers, qu e M. G é r ola a relevés
ave c une admirable téna cité , on pe ut s uivl'e le J évelo ppe-
m ent d es mod èles m ésopotami en s . La n ef uniqu e avec
1. BE LL, Amida, pp . 243, 2409, 251, 2.'>6.
2. RAMSA y- B ELL, p. 324 sq .
3. A r cades l e l ong des par oi s: Akhta, ph ot. ERMAKOV 16442; I\a r a-
V ank, 160U, 16420-2 1 (ad ossé SUl' l e cô té d e J'égli se cl' ucifOI'm e) ; Ani ,
égli se géo l'gi enn e, 15212 (cf OROEL I, Anijslw j a Serij a, 4, p. 30, n° 26).
V o ùte simpl ement posée SUI' l'al'chi vo lte de l 'a b id e, . ans ar cade , ni
l ongi tud inale, ni transv er sal e : Baïb ourt, 16317. Ne rvures à l' entl" e de
l'ab side: Adj a-K al é, 12467. Pi lier s saill ants portant des ar cs transve r-
saux : Alag ueuz, 16498. Voyez aussi Djani-Kabald ou , 163 7 : l a vo ùte
fOI'm ée d e très lar ges cl aveaux ; Dj ani, 16479. En Géo r gi e: Saf'a l'a , !(au!raz,
l. IV, p . 79, pl. XXX, phot. ERMAKOV 11 539; V al é, op. /., p . 70; p hot .
ERM AJ( OV 12477 , 13528, etc . Erll1ako v a r ep" oduit en assez g r and nombre
l es vues extél'ieures de basiliqu es en Arm én i e: Ag -K ent, 1 6:~88-~9; Dj ala ,
13633, 13637 ; Kirik a, 15336, 15337; GhOcha-Vank (H cl'her ), 15951, 16 131-32;
Dj al ouJ', 13504 ; Sé van , 15961 , ctc.
4. Basi li qu e à nef unique ave c arca des le lon g des par oi s: D eghi l e ;
RAMSA y-BELL, nO 36, p. 180, fi g. H O; BELL, R eu . arch., 1906, Il , p. 2 13. -
Ge lvel'e : RAM SAy-BELL, p. 325, li g. 252-253.
5. GEnoLA , Mali . veneli, p. 1U·L Voyez pp . 196 et sui v., 232 el sui v.
6. GE ROLA, Ma il . ueneli , fi g. 2+3, 252, 255, 257, 26i, 265 . Comparez , en
Méso po tami e, Mar Y uanna : B ELL, Amida, p . 230. La co u pol e sur l e na r -
th ex d'une hasiliqu e à ar cau e ; GEROLA, fi g. 253.
LA BASILIQUE 47
arcades sur les côtés va nQus le prouver. De nouveaux
éléments viennent se greffer sur elle: tantôt une longue
nef transversale 1, le plus souvent une coupole Z. La cou-
pole modifie l'équilibre: parmi les arcades latérales, les
deux qui la portent sont plus hautes et forment transept;
l'édifice prend au dehors l'aspect ordinaire d'une église
cruciforme. Un nouveau type apparaît.
Ce type à son tour va nous montrer le long parcours
suivi par les modèles orientaux. M. Bertaux l'a relevé
en Basilicate, à Sant-Angelo, au mont Raparo 3. Il en
avait souligné le caractère byzantin. Moi-même, longtemps
avant les révélations de M. Gérola et de Miss Bell, en
ayais pressenti l'origine orientale l, : trompes, arcatures
décoratives sur la coupole et l'abside, Déisis à la conque
du sanctuaire, autant d'indices précis et sûrs. Aujour-
d'hui, la preuve est faite. Mésopotamie, Crète, Italie du
Sud: le chemin est direct 5. Par une autre voie, sans doute
par l'Anatolie et le Danube, plutôt que par l'Adriatique,
le procédé a pénétré en Vieille Serbie pour s'adapter,
vers le milieu du quatorzième siècle, au type cruci-
forme 6.
Prenons maintenant l'autre type mésopotamien: la nef
transversale au-devant du triple sanctuaire 7. Cette fois la
Cappadoce marque une étape entre la Mésopotamie nes-
torienne et la Crète orthodoxe : l'église soutenaine de
Tokalé 8, si importante par ses peintures, reproduit les
1. GEROLA, Mon. veneli, fig. 209.
2. GEROLA, Mon. /leneli, fig. 223 et 224; 225 et 226; 227-228; 229, 230, 232.
3. BERTAUX, Arl lialie mérid., p. 122. De même Santa-Filumena, p. 125.
4. Voir mon compte rendu, B. Z., t. XIV (1905 ), p. 624.
5. A Constantinople, Toclou·Dédé-Mesdjid, que l'on date de 1059, dél'ive
d'un autre type: la coupole SUI· quatre arcades étroites. GURLITT, p. 36,
pl. 9, f .
6. A Lesnovo, les bas-côtés, aux angles de la crOIX, sont voûlés au
moyen d'un berceau perpendiculaire à l'axe de l'église. J'ai observé la
même disposition à Ljuboten dans les bas-côtés de l'Ouest, à Zaollm
dans ceux de l'Est.
7. BELL, Amida, pp . 232, 236.
8. ROTT, Kleinasial . Denkm., p.224.
4 LA BA SILIQUE
plans Ju Tur-Abdin. Pu i::; la Crè te! nou s m on tr e l e chemin
d e l'Adriati(lu e. En e ffe t à Zara, l' église de San Lorenzo 2
comprend d e ux pièc s di s tinctes, sépal"ées par un mUl" :
en avant une tripl e n f ba 'ilicale, où les Lravé s de s bas-
cotés sont couverLes par « d es vol! Les h é mi s ph ~ rique s
dl"essées s ur tromp es 3 »; en arrière tr ois b e l"c eaux paral-
lèles, san s abside, s'ouvrent s ur un e n f transv e rsale.
Le s d e ux motifs so nt bien or ientaux. L'en se mble r app e lle
les églises co ptes /', répliques co mplexes du plan m éso po-
tamien.
Ce co uranL n e pouvait manqu er de se d é l"ive r vers la
Grèce. Nous n 'y connaisson s point exact em nL ces t y pes,
au m oin s à l"poque b yzanLine 5 ; mais vo ici qu lques
combinaison s ct ui en provie nn ent :
10 Dans la basiliqu e voùtée, s an s coupole, les arcades
lon geant l es murs à l' intérieur sont d e moins en moins
profondes , cessent de joue r un l'ol e dans la s tructure e t
,ne se rven t qu'à la d écoea Lion. Cette variante es t commune
à l a Ceè te G e t à la G rèce: les exe mples en sont nombreux
à Mistra 7, à Gé raki, dans le Magn e S, en AtL ique O.
2° En C rè te, la n e f tran sversal e se combine avec l a
nef longitudina le uniqu e; m ai. e lle d em e ure l'élé ment
1 . GEBOLA , MOIl. velle/ i, fig. 2H, 279, 281, 283 (deux sanctu aires);
fi g. 279 , 2 4.
2. M ONNERET , Ade romanica, p. li2. M. '[on nel'c t compa r e ce tte égli se
il la cr ypte d'Au onia dans l' I talie méridionale.
3. Voyez c i-dcs u , p. 45 , no te 2.
4. Amba-Bes haï , Dcir-Bal"amou s : GAYET , A ,"/ copte, pp. l n, 1 6.
5. L e type de Sant-A ngc lo e t fréq uent aux sci zièlll c-dix-huiti Ill C siècl es,
à Mil o ( FL ET CII EH- KIT S ON , B. . A., t. II , 1 95-1 UG, pp . IG2 , 1 6.~ ) , Monem -
va i e (panaghia c,'éto i se, TnAQuA I H, B. S. A., LX II , 1905-190ô, p . 27l ,
pl. V), da ns Ic Magn occid ental (Mo nastèr c Dé co ula' à Hylo , TR AQ A IR,
B. S. A. , t . XV, 1908-1009 , p. 1~8 , pl. ' IV , X ; 'l'axial'quc il Aël"opol is,
p. 20'l). Da ns qu elqu cs- un es de ces égli es, Ic!:; arca dcs manqu ent l e l on g
des péll"ois.
6. GERO LA , MOIl . vell e/i, fi g. 137-138; 26 1.
7. :\lILL ET , 111 011 . Mis/ra, pl. G. 3, 'l, 6; 14. 2.
8. Sain tc-Sophi il K o utiphal'i , TRAQUA I R, B . .. A. , L XV (1908-1!J09),
p. 195 , fi g. 0, pl. XLV.
Il. 'A01jvw', ' EÀ<xwlv, ph ot. LAMPA I(l S 5199, 5200, ,,20 l.
LA BASILI Q UE
Ph ot. L nmpal<i s.
FI C: . 22. - Va thi a d e Cha lc is . Ang le S ud -Es t.
primordial; elle d épasse l'autre n ef en haute ur et en lar-
g eur; elle domin e l' édifice . Aux photo g raphi es de Mi ss
Belli compa ron s celles d e M. Ge l'ola 2 : l' impress ion est
la m ê me. Ces égli ses l' e produi se nt mê me ce l'tain s traits
d es pl an s m ésopo Lami e ns : so it les arcad es intéri e ul'es 3 ,
s oit la coupole S UL' le nal'thex oule por ch e 4. Aille ur s ce ca-
ractè re s'att é nu e. Le tl'anse pt n e d é passe po illt en l:ll'ge ur
l'ali g neme nt d es façad es 'J. Sous ce t as pect , le type a pé n é-
. ü é en G r ècè . Il y est fr équ ent dan s le i\La g n e occid ental (i ,
1. B ELL, Amida , pp. 2~ 7 , 2a9, 241.
2. GEROLA , M OIl . veneti. p. 207, fi g. l m, 17ii: Sainte-Mari e à Al aghni
(Belvede re) ; p. 208, fi g . 179 e t 252 : Arlw lo ldlOI'i (Belve dere). Voir au ssi
les pl a ns , fig. 174, 176, 177.
3. Alild a nu, Cané e : GER OLA, Mon. ven eli , p . 220, fi g . 209.
4. Arkal oldlO ri .
5. GE ROLA , MOIl . veneli, p. 2:\O, fi g. 237-240 .
6. Sainte -Pa l'ask é vi, il Pla t sa : T RAQUAI R, B . S. A. , t. XV (l n08-1909) ,
p . 198, pl. XIV-XV (t)'e iz'i èrn e s iècle). - Sa inl- Éli e il Abysola, près de
\\ o utiphari , op . Z., pl. XV. - Saint-Th éod o re il Proas te ion, fi g. ,; .
4
50 LA BASILIQUE
ou bien à Gérakil, ~Iistl'a 2 , Na upli e 3, Chalc i, 11 (fig, 22),
Ga laxidi 5, Sophicon ù. Partout le trans e pt fait une vive
saillie au-dessu s de la n ef.
30 Le transe pt se combine avec la trip le n e f. A Stamn i 7
(Pediada), illa domine. Les trois b erceaux sont app liqu é
contre sa hautc fa çade, exa cte men t comm e en Mésopo-
tami e les trois sanctuaires, dans l'égli se de Mal' Jakub
à Salah 8. Ce motif se p1'ésente en Grèce , au tL'eizi ème
siècle, s ous unc form e plu s com p lexe e t plu' ri ch c. C'est
la Kato-Panaghia n d'Arta (fig . 23-24). La n e f transver sale
domin e le sanctuai l'e, comme en Méso potamie. A l'O uest,
s'y ajoute la tei pIe nc f a\'c ugle, d'Ol'igine orientale. L e
b erceau cen tral ci e ccllc tripl e n ef atteint bi en lc m ême
niv ea u qu e le tran c pt. Mars une particularité sing uli èr e
fait r e s01' ti1' l'impoL'tance de cet organe primordial: en
'on milie u, sur la laegeur du vaisseau, s'élèvc une autre
voûte en berc eau, comme s i l'on en avait d é taché une
section pour la placer plu ' haut en gu i 'e de coupole 10 .
Le plan de la Kato-Panaghia, sa uf ce dé tai l, se re-
. 'trouve, semble-t-il , dans la POL'to-Panaghia, en T hes-
sali el l. Il n e fut point inventé par les architectes de Michel
Doucas, puisqu'il est apparenté à ceux d'Égypt e et r epa-
r'a it bi en loin , aux extrémités des r égions m éditerra-
J, Sai nle-P a raskév i e t ' a inl,;- Tax iarque , phol. POULITSAS, Voyez
TRAQ UA IR, B, S. rI. , l . X II (1!l05- 1!J06), p. 266.
2. Sai nte-Pa r'asl, év i, l\IILLET , Mon. Mis/ra, pl. 6. -2~ Il. L . . 1
3 . Phal. LAMPAI{I S 1568.
cl . BaO Ë,a XaÀx (oo., phal. LAMPAKI S 1670-1677, 16 2,6610. rup,vo Xa),'l.\Oo.,
, lfj79-168 1.
5, Phot. LAMPAK IS 2424 -29 ; phot. LAURENT 63-65.
6. Phot. LAMPAK IS 6531.
7, GEROLA , MOIl. veneli, p. 228, flg , 235, 236'. ..
: ',' 8. BELL, Amida, p '. 232, fl g . J'66·.
, !J. Phot. LAMPAI(l S 245~ , Vo il' ,ANTON IN, lz Rllmelij, p . 489, pl. XV UI ;
LAMPARIS, D. ËÀ't. 'X.pla:. , t. Ill , pp, 8l:J,92.Da n s ces deux ouvra ges, les plans
s on l in e xacts . Phal. Jc.t.: ' T OURi-mAlT. .Compare l' la ba iliqu e d e Nicopoli s,
AXTON IN, Iz RUlIlelij, p. 506, pl. V II I. '
JO, A Abyso la, dan le Mag ne , une coupole ' se dre sse SUl' le lran e pl
. d 'uhe basilique à nef .unique: TRAQUAI H, B. S. A., l. XV (1908-1909),
, pl. XV.
11 . PhoL. LAMPAI{I S. 2U7 . .
LA I3A S ILIQUE' SI
Ph ot. L amp"ki s.
FI c. 23. - Basi li que de la KaLo-Palw ghi a li Arta.
Façade Sud.
FIc. 2·1. - KaLo- Pan aghia. Plan d;apl'ès L ampaki s (rectifi é).
52 LA BASILIQUE
néennes, à Ovi do 1. Sans préjuge r d' un e qu es ti on qui
sort de notee p rog l'amme, ne croiraiL- n pa. qu e la Crè te
fut le carrefour, olt le chemin parti d'Asi e bifurque vers
la Grèce et ver l'Occid ent.
Ph oL. El'm al<6v.
F IG. 2;;. - Ba silique de J\hor-Virab en Armén ie.
Vu e de l ' E t.
Qu'on nous perme tte, à ce peopo s , un e derniè r e re-
marque. Dans le tran 'ept de la Ka to-I a naghia , le pignon
superpo sé à l'arr ièr -plan produit un efr t piLtol'e 'que, qui
n 'est point rare en Grèce . J ous l'ayons observé s ur le
1. STRZYGOWSKI , Amida , p. 271).
· LA BASILIQUE 53
sanctuaire ' des basiliques; nous le rencontrerons sur le
narthex des églises cruciformes. Les Arméniens l'ont
aussi recherché. Dans la basilique de Khor-Virab 1 (fig. 25),
la toiture de la nef, qui est unique, dépasse celle du sanc-
tuaire. Les deux pignons s'étagent l'un au-dessus de
l'autre. Or cette disposition n'est point fortuite : elle
représente un type 2, et ce type a voyagé. Il reparaît à
l'autre extrémité du monde chrétien, en Islande; dans la
chapelle du roi Cormac, à Cashel 3 , fondée en 1127; Com-
parons notre gravure à celle de Rivoira: la ressemblance
est saisissante. A Cashel, l'abside, qui est rectangulaire,
se détache même, plus bas', sous un troisième pignon.
Avec les spécialistes nous pourrons distinguer, dans cet
édifice remarquable, le style « anglo-normand » ou « lom-
bardo-normand ». Mais peu importe la parure. « Stile
lombardo-normanno su fondamento irlandese» : disons
oriental, et la définition atteindra le fond. Khor-Virab,
Cashel conservent, sous la même forme élégante et
simple, le soùvenir des basiliques à triple nef, où le
sanctuaire est voûté plus bas : Kestéli, Aboba-Pliska,
Agliate, Blachernes d'Élide, Saint-Étienne de Castoria,
Métropole de Mistra.
1. Phot. ERMAKOV 16339.
2. Ghôcha-Vank, 16399,16415: ici l'édicule supérieur est plus étroit;
Akhta, 16438 ; 'peut-être les deux parties ne sont pas contemporaines.
3. RIVOIRA, 2' éd., p. 643, fig. 547; ENLART, Architecture romane, dans
A. MICHEL, t. l, p. 525.
FIG. 26. - Égli se d' I vil'on au Mont- Alho s. Plan.
Dessin de l a Miss i on Sévaslianov .
. .. ::::Î'::::~
FIG . 27. - l~ g li s e cie l' 8vanguélist l"Îa à M islra. PI :Jn.
D'ap l'ès l es Monumen ts by z. de Mis /r a.
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r... 1'
II
ÉGLISE CRUCIFORME ,
Différence entre Consta~tinople et la Grèce: ,la disposi-,
lion du sanctuaire. - Plus clairement encore que la .b,a si-
liq~e, l'église ~rticiforme nous .montrera le rôle artistique
, '
de Constantinople, les limites de son influence.
_ Distinguons d'abord le type de la capitale et celui de la
province grecque, tels qu'ils se rencontrent depuis le
onzième siècle.
A Constantinople, l'église comprend deux organismes
juxtaposés: la croix et le sarictuaire (fig. 26, 28, 29). La croix
ressemble à un corp~ ,centralisé dont tous les membres se
répondent avec une exacte symétrie: quatre berceaux por-
tent la coupole, quatre piliers ou colonnes bien isolés sOu-
tiennent ces berceaux, quatre bas-côtés " garnissent " les
angles. Trois travées, disposées au-devant des trois ab~
sides, sous des voûtes distinctes, constituent le, sanctuaire,
qui vient ainsi s'annexer simplement à la croix. Au con-
traire, en Grèce, à Mistra f par exemple (fig. 27), il Y pé-
nètre, dans 'le bras oriental et 'sous les bas-côtés voisins.
il en rompt l' équilibre: En effet, les parois pleines qui le
partagent absorbent, pour ainsi dire, deux des quatre
, LPéribleptos, Sainte-8ophie, Évanguélistria : MILLET, Mon. Mistra,
pl. 28, 31.
56 L'ÉGLISE CRUCIFOHME
piliers ou des quatl'e colonnes e t so uti ennen t la coupole
sans intermédiaire. En face seulement, vers l'Ouest, deux
colonnes ou deux piliers restent isolés au milieu du naos.
Cette différence est importante. A premi ère vue les
églises de Mistra peuvent passe r pour une variante sim-
plifiée du type constantinopolitain, qui aurait perdu un
de ses membres 1. Mais, si on veut bien se dégager des
idées préconçues, jeter un co up d'œil SUl' toules les ré-
gions de l'Orient, où la coupole posée sur un e cr-oix a
groupé les homm es pour la prière, on se convaincra
qu 'e lle s représentent la forme la plus commune, la fonne
primitive, qu e les architectes de Constantinople ont per-
fectionnée.
Nous ne d istinguerons point ces deux mod èle s, comme
on l'a fait 2, d'apl'ès le nombre des colonnes. L e seul cri-
tère constant est le degré de complexité. Nou s aurons
donc {( l'église simple» et « l'ég li se complexe ».
On sait qu'à Constantinople, au temps des Macédoni en s
e t surtout des Comnènes, les églises « complexes » for-
ment un groupe comp act: Boudroum 3 et Kiliss é~, puis
Es ki- Imaret 5 et Fénari-Iessa (i, enfin Zeïre k 7 (vers 1124),
tandis qu 'il faut chercher le plan de Mislra plus loin à
1. STRUCIi, A/Il. Mill ., L. XXX! (1906), p. 220 : « Si e sLelil ais ein e Co n-
LI'act ion d es JeLzLer en Typ u s da l'.»
2. STHUCJ(, op. 1. , pp. 218-21!J.
3. PULG III ·: n , pl. XII ; J( ONDAliOV, Pam . hOIl SI., p. 140; PASPATIS , p. 334 ;
GUI1L ITT, p. 36, pl. !J r; J~llER30 LT, p. 31, fi 0'. 22; DIE II L, Manuel, p. 433.
4. Appelée ausi:ii il Lort Méfa-Dj am i : LENOIH, A I'c hi!ec !ul'e mOI1C/slique t
t. l , pp. 269, 310, 324·; GA ILIIABA un, Mail. anciells e / modernes, t. II ;
SALZENOEHG, p. 3-1-, pl. 3·L 3; Puu;IIEn , pl. I-V IIJ, pp. U-26; I(ONDA IWV ,
P am. [(onsl., p. 216; PA 'PATlS, p. 314 ; MonoTMANN, p . 72; GURLlTT, p. 32,
pl. 9 b; É13EBSOLT, p. 32, fi g. 23'; D I EIIL, Malluel, p. 414, fig. 194 , 197 , l!i8,
20!. Voyez p lu s l o in , fi g. 73.
5. l' UL GII EB, pl. XIII; KONDAKOV. 1"0111 . [(ol1 sl., p. 22G, pl. 50; PASPAT IS t
p. ,313; GUI1LITT, p. 39, pl. 10 c; J~ llEn OL T , p. 3'1, fi g. 25'; DIE II L, MC/fluel,
p. 438.
6. PULGIIEH, pl. Xl; GURLITT, p. 34, pl. !) d.
7. LEN O I H, A /'chil., mana s!., L. 1, p. 26 ; PULG II EB , pl. IX; ](ONDAKOV,
PC/m. {(on s/. , p . 213 (vue), 2 18; PA S PATIS, p. 30!!; SCIILUMOEBCEB, Nicé-
p,llO/'C PhocC/s, p. 17; D~I1'1'nrEV S l(lJ, Tult,,,,, , p. LVI; G lJl1L ITT , p. 33, pl. 9 c;
EOEn SO LT, p. 39; DIEIIL, Manuel, p. +ilG, fi g . 20!!.
L'ÉGLISE. CRUCIFORME 51
Férédjik l, près de l'embouchure de la Maritsa, vers 1152.
Au contraire, en Macédoine et en Grèce, si l'on excepte
Salonique 2 et le Mont-Athos 3 (fig. 26,28,29), vraies filiales
de l'École constantinopolitaine, le type « complexe" con-:-
stitue l'exception: Panaghia de Saint-Luc, au onzième
siècle, églises d'Argolide 1t, vers le milieu du douzième.
Le plan normal est celui de Mistra. Presque chaque pro-:-
vince en possède quelques exemplaires : la Laconie, à
Chrysapha 5, Perpéni 6, Géraki7, Scala 8, Tsouni 9 , Véïza lO
(Épidaure Liméra) et surtout dans le Magne 11 ; la Messénie,
à Samari, Coron 12, Voulcano 13 ; les Iles, à Corfou 14 ; l'Élide,
1. USPE:-ISKIJ, Izv. arch. Insl., t. XII , pl. 2-5 . A Cons tantinople même,
s'il se retl'OlIVe, au moins en son principe, c'est dans les églises d'un
caractère archaïque, telles que Sainte-Irène IGURLITT, pl. 6, a, b, c), Gul-
Djami (WUL FF, Koimesis, p. 124 ; STRZYGOWSKI, Kleinasien , p. 132; GURLITT,
p. H, pl. 11 a; ÉBERSOLT, p. 23; DIEHL, Manuel, p.407, fig. 191); ou bien
Atik-Moustafa Pacha (PULGHER, pl. XIV; PASPATIS, pl. 316; KONDAKOV,
Pam . Kons/. , 'p . 207; GURLITT, p. 37, fig . 8ti , pl. 10 b; ÉBEIlSOLT, p. 18;
DIEHL, Manuel, p . 433.)
2. Ka zandjilar-Djami, 1028 : TEXIER, Archil. byz., pl. L-LI; MILLET,
Hau/es-Eludes, C 69&-702; phot. LE TOUR:>IEAU*; DIEHL, Manuel, p. 413,
fig. 196 ; lsakié-Djami (Saint-Pantéléimon), douzième siècle, op. 1., p. 43B,
fig. 199, etc. Voyez KONOAKOV, Makedonija, p . 113 sq .
3. Iviron et Vatopédi : sur la date de la fondation des monastères,
cf MILLET, B . C. H., t. XXIX (1905), p. 72. Toutefois KONDAKOV, Pam. Aron.,
pp. 26 el 31 , estime qu e ces églises ont été reconslruites : Iviron en
1492, Vatopédi à la fin c1u tl'eizième siècle ou au commencement du
quatorzième, et qu'en général les édifices de l'Athos reproduisent un
type de Salonique (pp . 28-29). - Le plan de Vatopédi dans CHOISY, Art
de bdlir, p. 130. Voyez plus loin, fig. 63.
4. Chonica, Haghia-Moni" et Merbaca*,
5. Chrysaphiotissa (1290). Église du Prodrome, aujourd'hui Tous-les-
Saints (1367/lS). Cf p. 8, note 4.
6. Sur le chemin de Chrysapha à Géraki. Le bas des murs seul sub-
siste, ainsi que qu elques mal'ores photogra phiés pal' M. Laurent,
n0 8 204-5.
7. Saint-Sozon (pitot. Poulitsas 6-7*) et Saint-Athanase.
8. Entl'e Géraki et Gylhion. Phot. MILLET'.
9. Phot. LAuHENT 'H5.
10. Phot. LAUIlENT 103.
Il. TRAQUAIR, B. S. A., t. XV (11109 ), p . 178 sq., pl. XI-XV,
12. Sainls-Théodores : LAMPAI<IS, ÔEÀ't'. xp"n ., t. III, p. 101.
13. MILLET, Ifautes-Etud~s, B 2!18. Le parement sans oriques indique
une époque récente .
14. Saints-Jason-et-Sosipatros: ANTO:>lIN, lz Rumelij, pl. VIII, p. 544 ;.
phot. LAMPAKIs 6651.
58 L'ltC LISE CRUC IFOR~m
à Gas toun i l , Phran gavi la 2 ; la région de Corinthe, à Si-
cyone 3, Sop hi con"; l ' \ rgol icle, à Cou Lsopocl i \ Ligo u l'io l;;
la Grèce con tin nla le, à A th ènes7, en A lliq ne , à Am-
phissa n; la :\Iacédo in e, ava nt la conquête se rbe, à Jé l'ès 10 ,
German ", Ochrida 12. Tl ne Iut pas é lrange r' au I ont-
AlhoSI ~ . En l" alité, "e t un e variante du ly pe « com-
plexe», é laborée pal' le .\ [ont-Athos, qui s'est l'é pandu e en
pays grec après la chule de Byzance, lOl'squ e la Sa inte-
:\lontagn e fut deve nu e le san ctua ire vénér é et com m e le
r efuge de l'O rth odoxi e l',.
Ains i, le ty pe s imple cl l'égl ise cl'Uc ifol'm e es t le plus
fam ilier à la pr ov inc e g recque . Il ap par lie nt a ussi aux
au ll'e rcglOn de l 'emp ir e, s urlo ut [l U X r ég ions li m i-
troph s, où l' ar l, sans 'chapp er au rayonn e me nt de Con-
stan ti nople , s'est poudant cl ' velop pé de l ui-m èm e .
1. I(nlh ol ik i , menti onnée pal' STH CI> , Alh. Mill ., t. XXXI (190il), p . 218.
Phot. LA URENT ' et LA~ I PA" I . f [ l us ha ut , p. 7, note 7.
2. Phot. LAMPA I'! ](jt5-2G , 1695.
3. Égl ise reconsll'U i te ou moderne: phot. LAM PA KI S 4138.
4. Phot. LA)IPAKI 6531)-30.
5. l h ot. LAMPAK IS 1501': en ru i nes, vue de l 'Oues t. On ape l'çoit, il t r a·
vers l e nal' l h ~x , l e m u !' NO l'd uu sa nctuai r e parei l à ce ux de M i str a
(Pél'i l lepto s, Sa int - oph ie). Voyez ri g . 71.
6, Phot. LA~ I PA IO S 1813- 1 ] ·1-.
7. Voir ci- desso u s, p . 85.
8. 'Qp.op:p'ij ' E"ûr,a ia. : ph ot, LAMPAK l s 1786-1790, 67-15.
!J. LAMPAK I ' , è. Eh. X.Plo;:., t. Ill, p. 39; All/iq. ch,.é/., p. 30; phot.
23 1 H-2~ l i).
10. Pr ès cl ' slwb , éd i ri ée en 1164 : i\l I L.I UKOV, p. 137, p l. 5; phot. LE
. TOURNEAU; J{ONDA IWV, Ma/redon ija , p. 174, fig . 109 : plan in ompl et, où l es
pi è es cI 'ang l e, co uvel'tes chaf' un pal' une coupo l e, n'o nt [ as ét é l'e l e-
vées. Voyez p l u l oin , notre °TaVUI'e.
1 1. M I WUIWV, p. 3ï, pl. 18 : vue ap rès la l'esl aur'ation. 1VANOV, hujeslija
na blga/'s/r% a,.cheologices/ro Druzes /uo, t. 1 (I nO), p . i; , publi e une pho-
tog rap h ie antér'ieul' L mOlltl'e que l 'égl ise date de l'épo qu e cie Sa mue l ,
pr oba bl ement de l'anné HlÛG .
12. ain L-Clél11cnt: M IL.I KOV, p, 90, pl. 6; l' ONDA liOV, j\} liœdollija, p . 241,
fi g. 16S, 169 , 173 .
13. V ieux Hos: i co n , au j ourd 'hu i dispa ru , constr uiL pal' Georges B r an-
kov i ç, vers 1451 : BAI1 ~ KI.J , l. Jll , p. 300.
H . Avec deux h ém icy les aux deux exLI'é mités du tran sept. Les égl ises
athon i l es du seizi ème iè 'Ie ont Lé r ep roduit s en Th es ali e ( ~léléores,
F lombouri, Dousicon : MILL ET, B. C, Il. , t. XXIX, l U05, p. 6, nole 1), en
Grèce (Gal atak i, p hot. LA~ I I'AI(! S lfi83- 6; I-Iypali, All/iq. ch,.él., p. 21 ) et,
L'ÉGLISE CRUCIFORME 59
Dans l'Italie du Sud, on n'a signalé aucun exemple du
« type complexe ». ,La Crète, l'Asie Mineure, ne l'eI:n-
ploient que par exception et le plus souvent sous l'in-
fluence de Constantinople. Tantôt les modèles de la capi-
tale se trouvent ~eproduits jusque dans le détail. A Déré-
Aghsyl, sur la côte lycienne, la parenté est intime:
même parement, mêmes niches aux petits sancluaires 2,
même tribune dans le transept 3 • Tantôt ils se combinent
avec les procédés du pays. Voici un exemple caractéris-
tique. Sur le plateau d'Anatolie l'École locale, corilme
nous le voyons à Tchangli-Klissé 4" place le sanctuaire à
l'intér'ieur de la croix. Or, à Ilanli-Klissé 5 , les motifs venus
du Bosphore, pendentifs, forme des Jenêtres, aspect des
façades, se greffent sur le type anatolien et le transforment.
C'est, alors que le sanctuaire se dégage de la croix, que le
plan complexe apparaît, sans pourtant s'affirmer avec fran-
chise, car la travée. intercalaire est indiquée seulement
dans les voûtes. Ailleurs encore. à Trébizonde 6 , des
princes venus de Constantinople ont pu modifier dans le
même sens la tradition du .pays. En Arménie, au Caucase
et chez les Slaves, le sanctuaire ne se détache aussi de la
croix que par exception, mais suivant un autre système.
Dans toute cette zone frontière, qui dépend surtout de
l'Orient, le type « complexe» n'a jamais pénétré profon-
dément.
D'où provient-il? Que signifie donc ce sanctuai,'e indé-
pendant? C'est un organe qui s'est formé et développé
sous un aspect moins complexe, en Laconie (Zervits i, Chrysapha, Qua-
rante-Saints, phot. LAURENT 206, 222, !l38), en Cynurie (Haghia Triada,
333), en Achaïe (Laure lie Calavryta, 13ARSI\U, t. IV, p. 1i17/.
1. ROTT, Kleinasiaf. Denkm., p. iI02, fig, 110, 113. ,"
2., Fénari-Iessa et Eski-Imaret-Djami : PULGHER, pl. XI et XIII.
3. Sainte-Irène, GuI-Djami.
4. ROTT, Rleinasiaf. Den/cm., p. 259; RAMSA Y ~ BELL, p. 404, fig. iI31, 342.
Voyez auss i Ala-Klissé, fig. 32.1; Saint-Amphiloche, fig. 328. cr STRZY-
GOWSKI, Kleinasien, pp. 156-157. .
5. RAMSAy-BELL, p. 418, fig. 341-342. De même, dans l'église de Saint-
Grégoire-de-Nazianze à Gelvere, p. 421, fig . al6-7.
6. MILLET, B. C. H., t. XIX (1895), p. 44ï sq.
HO L'ÉG LI SE CRUCIFORM E
de lui-même, en s'adaptant à diverses structures; un
m o tif co mmun à l yzan ce e t à l'Orient, mais qui aITect e
ùan s chac un de ces d om aines un e fOt'm e particuli èr e.
Pr en on s-le dan s les bas iliq ues syrienne': un e abside
profonde, en ca ùrée par deu x rec tan gles, so uvent d erri ère
un mur droit l. A K - t 'li, dans le T au l'u ', un e trav ' e se
dessine dan s la profon de ur de l'absid e, au -devant de
l'h é mi cycle 2 , L'l!~ ole ar ménienne ada pt au plan cl'U ci-
form e l' un ou l'a ull'e de ce ' mo d 'les: san s teavée à Di gh or 3 ,
Etchmi ad zin 4 , O uz o unlal' , Meen j e t dan s la ca th édral e
d'Ani 6 ; avec la leavée, à Sainte- Gayanê d Vagh al'chapat 7,
Les Géor g ie ns Oltt r ep roduit le san cluair e de Vagharcha-
pat à Ko utaïs S et à Sam tavis0, e n dess inant un e ni ch e dan s
les pi ' ces d'a ngl es . Ma i le t ravées, ainsi for mées, n e
co n es pondent pas à cell.es de la g rand e abside, Les
Byzan tins, qui l'e pec len t la li bre 'aillie des ab, ide, ont
r éali sé l'exac te sy méteie des travée. , so il da ns la s imple
bas iliqu e à Aho ba-Pli::; ka 10, so il dan s la b a iliq ue à cou-
pol e à Saloniq ue e t à icée , Ce t orga ne ac h vé s'asso-
cie à la s lw ture cru cif ['me avant le n euvième siècle,
s mble-t-il, e n de ux g ra ndes églises qui "écla irent l'une
l'aulre : Kalen de e-Dj ami à Con s tantin ople 11 et Saint-Tite
de Gortyne en C l" te 12. Plu s tard , Con s tanLinople le trans-
L VOGÜÉ , Sy r ie cen trale, p l. 5D, K he l'be t- l1 aas; p l. 60, E I-Ba l'o h ; pl. 116,
De il'- Ha; p l. H S, Baq ouza; pl. 130, T OUl'ma n in; p l. H9, Ka la t - 'ém a n
(dépe ndance).
2. S TRZYGOWSI( I, Kleinasien, p. 105,
3. A u no rd d ' Etc h m iadz in : TEX IER, Arm énie , L. l , p. 120, p l. 25-28. A LI -
CII AN , Ch i ra/r, p. 13 l ; Aïra l'a/, p. 128.
4. GR D I~ I , p l. 46; TRZ YGO\\' 1( 1, Byz . Den/un., l , p, 4.
ô. A LI CII AN , /zil' al.-, p . 137.
6. T EX IER, A I' mén ie, L. l , p . 111 , p l. 17-20; GR IMM , p l. 35,37.
7. GR I ~ I M , pl. 313; SUI' ces égli s es , voyez p lu s lo in , p . 73.
8. O nz ième. ièc le. [( lUlra z, t , Il r, p . 30 s C] . ; KO:\'DA [(Ov-T OL TOJ, t. I V, p. 51.
!J. Da ns la r ég io n ci e T il1i s : GH IM)I, pl. 5; .J(ONOA I{QV-ToLSTOJ , t. IV,
p. 69; l(au/raz, L. V I l , p. 43. Voyez la b ibli o""ap hi e, op. 1. , p. +-l , n o te 3.
10. Izu. r us· lr . ar ch. I IlS/. , L. X ( l~05 ) , p l. XXX lV.
l I. FHES tI FIELO, A I'c hœologia , L. 55 (1897 ), p. 432 (pl a n), '134, p l. XXX III ;
' VU LFF, f(oimesis , p . I II SCJ.; GURL ITT, p. 38, p l. 10 d; ÉDER OLT , p. l .
Fl'Cshfie ld et Ébe ,' o lt o nl reco nn u l es t r aces de l'ab ide , q ui a été en levée.
12 . GEHOLA, MOIl. uelle/ i, p. 31 ; FYFE, Archil. Reu., L. X II (1907), p . 60.
FIG. 28. - Église de Chilandari au Mont-ALhos.
Coupe longitudinale.
FIG. 29. - Chilandari. Plan. -
Dessins de la Mission Sévastianov.
(;2 L'ÉGL ISE CRUC JfOR~1E
met au Caucase, ù Mokva 1, à Lekhn é 2 . A lor s les deux
ly pes se combine nt: la grande abs ide très sa ilLanLe co n-
se l've ce tte travée s péciale, qui ca ra clé l'ise les modèles
arm énien s. lui les Hus 'es du onzième siècle, à Cerni-
gOY 3 , e t les Serbp.s du quato rzième, à Chilanclar-i (Mont-
At hos, fi g. 28-29), repro dui sent cette di s positi on sing uliè ee.
A VatopéJi c t à Ivimn (fi g. 26, 63), la viye sa illi e de la
gea nde absid e l'a pp elL e enCO I'e le plan de Mokva.
Aill si les arch itec tes d e Byzance tmuvèrenl dans la tI'a-
diti o n hellé nis lique, qui a prod uit la bas ili<llle à co up ole,
le procédé l e plus logique po ur ol'ganise l' le sa llct uail'e
saHS l'es tl' e indl'e l'ég lise, sans fau sse t' la s LI'u ctuI' e. Con-
s ta nlillo ple a do nc cr éé un mo dèle ; la province, en parti-
c uli er la province gl'ecqu e, l'a l'e produit qu elqu efois;
elle n e l'a pas fait sie n. Elle n'a point sac rifi é le v ieux
type ve nu de l'O r ienl e t lo ng ueme nt élabor é SUI' so n .'0 1.
Examen du type grec: les voûtes des bas-c6 iés, - 1\ Ha -
chons-nous maint nan t à l' « église s imple », pour en
d éte rmin er le cara ctère e t l'évolution.
Il est clair qu'un typ e aussi r é pandu n e pe ut ê Lre par-
tout uniform e, qu 'il s'est spécialisé suivant les régions.
Un trait es en Li el permet d e di s lingu e r d e ux groupes:
c'est précisément l'aménageme nt du sanc tu aire . On sait
qu'à Mistr'a les tmis pièces qui le composent, bém a, pro-
thèse e t dia conicon , son t sé parées par des murs. Cette
pratique est com mune aux r ég ions gl'ecqu es , à l'Armé-
nie ~ , à la Géo l'g ie, à la Russie 5. Voi là un pre mi el'
groupe. Une aut r'e mé thode écar te ces murs, r espec te la
symétrie de la s teu clul'e ceuciforme, dégage les quall'e
1. Dixième si ècl e, [(av/ra z, L. Jrl , p l . [[·VI, sUl'LouL pl. IV; I(ON DAKOV-
TOL 'TOJ, L. IV, p. 55,
2, SUI' l a côle de l a M el' Noil'e ; K ON DAKOV-T OLSTOJ, L. IV, p . 58 ; {,'av-
/raz, L. I V, p. 13,
3. PAVLI NOV, p . 6 sq., fi g . 1-4'; GHAIlAH, 1. I, pp. Hg , 150.
4. Pal' exe mpl e; S:'Ino hin , Glm lM, pl. 2!l; H akhp al , pl. 33; Ani, pl. ~ 1
(n' V II d'Ani ). On disLin guel';) l es églises exa min ées plu s ha ut.
5. PA VLINOV, pp. 17, 23, 2G-27, ,H, 40, 4'1, 61, 107, 120 ; GHAIlAH, t. l ,
pp . H5, 154, lG4, 180, 186, 18!), IOl , 200, 20Li.
'L'ÉGLISE CRUCIFORME ,; S3
. appuis de. la coupole, colonne.s ou piliers, en 'oiIvr.ant de
,larges arcades entre les: trois pièces 1. Cette méthode , .est
appliquée pal' l'École d'Anatolie 2 ' et, sous son iIiÜlienc.e ,
à Patmos 3 , en Crète 4 , en Calabre 5 , dans l'empire serbe,
aussi bien au quatorzième siècle, en :Macédoine et Vieille
Serbie iJ , qu'au quinzième dans le bassin de la Morava 7.
Maintenant comparons les églises de Mistra à leurs
congénères. Nous les savons nombreuses; mais nous ne
retiendrons que quelques-unes, les seules qui aient été
relevées pal' d'autres ou visitées par nous-mêmes. Il
semble bien que la plupart aient deux colonnes vis-à-vis
du sanctuaire : nous les connaissons à Sa mari et dans
le Magne, ,à Férédjik, Athènes, Coron, Corfou, au Vieux
Rossicon de l'Athos. C'est par exception, faute de com-
modité ou de ressources, qu'à Chrysapha, à Géraki et, par
endroits, dans le Magne, on a dressé des piliers à leur
1. Les arcades de l'Est sont parfois un peu l'éduites en Crète (GEROLA,
Mon. veneli, pp. 84, 220, 223) et en Asie Mineure.
2. STRZYGOWSKI, Kleinasien, p. 156; ROTT, K/einasiat. Denkm., p. 125,
fig. 36; p. 208, fig. 70-71 (églises souterraines); p. 259, fig. 1:15; p. 274; RAM-
SAy-BELL, p. 397 sq. Voyez dans cet ouvrage; Tchet-Dagh, p. 268, fig. 229;
n° 35, p. 18i, fig. 148 (les piliers de l'Ouest rapprochés, pas d'indication
pour la coupole) ; n° 39, p. 191:l, fig. 16i (reste de coupole). A Ala-Klissé,
p. ioo, fig. 324, les piliers sont 'plus proches du sanctuaire que du mur
Ouest. Dans la Tchangli-Klissé (fig. 331 et 339), les arcades des bas-côtés
Est sO,nt moins hautes et moins larges sur le sanctuaire que sur le
transept. Les églises de Saint-Amphiloche à Koniah (p. 403), de Saint-
Eustathios à Miram (Rev. arch., 1907, l, p. 27) font exception.
3. D'après le relevé de M. et M,no Paul Marc. Voyez plus loiu, dans la
conclusion. '
4. GEROU, Mon. ventli, pp. 79, 87, 219, 221.
5. Hossano et Stilo : DIEHL, Art byz. Ital. mér., p. 191; BEnTAux, Art.
ltal. T]lér., p. 119 (ADAJ'lN!), La CatMir:q di ~tilo, 1903, dans , Napoli Nobi-
lissima, vol. XII, fasc . .II. ' : " . " ,' ,
6: German, MILJUKOV, p. 37; Zao'um (1365)', ' p. 8~, pl. X; Saint~Naoum
(lac d'Ochrida), p. 81, le plan dans ANTONIN, Iz Rumelij, pl. Il; S1!int-
.Athanase, à Varos, près Prilep, MILJUKOV, p. 125, ANTONIN" P(!je~rtlîa v
ftumeliju, pl. 8, sous le nom de Saintç-Pal'askévi. - êurèel" sous'Millltin;
Lju'):loteIi"(1337), r.,ILJUIWV, p. 128, pl.· VI1,I , KONDAKOV, Ma/cëdC}nïja, "p: 177;
;M'onastère de Marko' (13!5); Kuéeviste (ASCension et Saints-A:ta'l\ange:8~),
,KONDAKOV, pp. 1M3, 1$6,; Lesnovo' (1341). , , . '
. 7. RavaniCa. M,a,nassia (POKRYêKl~,p : 60, 66, ,71, pl. LXXIV,LXXVIII),
.Ljubostinia, :Pavlica. ,voyez 'B~L~, Eglises de. Ser~ie, p. 16 sq. " <' ,:'
tJ4 L'J~GLlSE CRUCIFORME
place. Cette diŒérence ne nous arrêtera pas. ~Iais un e
autre plus grave mérite exame n : il s'agit des proportions
de l' éd ifice ct des "o tites qui couvren t les bas-côtés.
"1.t;:~. :,~"~/.,. 'J:;7:~:--';:':"'~
k..o,."' I01I ., tt
,
F rG. 30. - Égl i se de Samal'i en Messénie. Vue du sanct uaire.
Dessin de L. Chesnay, pr'opl' iété des Monuments Hi storiqu es.
Mettons en peésence deux époques et deux g eollp es . Au
quatorzième siècle; à :Mistra, l'édifice es t allongé; le bas-
cô tés, voûtés en berceau. Aux onzième·douzième, les églises
de Samari e t de Férédjik (vers 1152) se distinguent par
leurs proportions plus larges et plus l'égulièl'es. A Sa nlal'i
L'éGLI SE C nUClI'On~IE 65
, 1
FIG . 31' - ,.
Eg li s e de Samtn'j. I~ aça d c Suu.
F IG. 32, - :'''Ii ~c
1",.., '' de Sama l'i PI l
D 'a )l'è . an au 200
1 s Couchaud (l·ec lifi é ).
5
GG L'ÉGLISE CRUCIFORME
(fi g. 30-32), les quatre bran ches de la croix sont à peu
près égal es ent ee ell es : E t et Ou s t, 2 m . 35; Nord
e t Sud , 2 m. 12. En conséqu ence, les bas-co tés se rap-
peoch ent du carré; ils son t couverts ù l'Es t par des b er-
cea nx, il l'O uest par des ca lottes: une ar'cade é tr oite
adossée il la paroi occidentale compens la légè re diO"é-
r ence qu e nos mesures indiquent entre la lon g ue ur e t la
lar·geur . A I<ér édjik , la cro ix est plu s allongée e t pourtant
l'église es t pourvue de quatre véeita bl es co up ol es, dres-
sées dans chacun des angles. Ici d e large arcades ré-
d uisen t la long ue ur des bas-co tés . A ins i, ca lottes ou cou-
I
r poles s ur les cotés, yoilù, semble-t-il, le trait qui
carac téris e l'époqu e des Comnènes . Les égli ses de M is tL'a
con ervent un so uv en il" de cet le pratiqu e: ce sont ces
pili e rs s up e dlu s le long des parois la·lérales, en face de la
1 col onne; ils n e portent pas d'arcade, pui squ e un e vo ùte
en berceau un ique occupe toute la lon g ueur des bas-co lés.
A F é ,'édjik , l'a r ca de es t n écessaire pour é paul er la pe tite
coupole. A Mi str'a , l'organe sU I'vit il sa fon ction . Or ,
co mme ces pili e r's il ma connaissan ce manqu ent par lout
aille urs en Grèce, même il Samari, où une s imple con-
sole en li nt li eu, on s upp osera CJue les archiLec te de
Mis tra co pi èr ent en Laconie un mo dèle qui les utili sait ,
mais en le modifiant , pour a llon o'e r les nefs.
On se demand era pourtant si ce molif é lait fan lili er à
l'École gl"ecque. A défaut de rel evés nombreux, d eux
g l"oupes com pac ts et coh é r'ents peuvent nous éc lairer. Dans
le Mag ne occidental , M. Traquair' a dess in é les p lans c t les
coupes d'une qu inzain e d· ég lises. La plupart se grou pent
au tour d'une date, 107 5: pa s une ca lolle, pa s un e vO lrte
d'a r ête, partout des berceaux parallè les il l'axe. Ce fait a
s urpris l'autem : « This method is peculi ar; g roined
vauIts, the usual covel"ing for the angle com partm nts,
are not used in NJani 1. »
l. TnAQ UA II'l , B. S. A. , l. XV (190G-7), p. 179.
L'ÉGLISE CRUCIFORME 67
Un peu plus tard, aux treizième-quatorzième siècles,
Géraki, Chrysapha nous suggéreraient la même re-
marque. Nous avons aussi observé des berceaux à Corfou.
A côté de ces ensembles, les calottes de Samari vont
maintenant nous apparaître comme un cas isolé, un mo-
tif étranger, greffé sur le type autochtone. En revanche,
il est certain que, du onzième au quatorzième siècle, les
nefs s'allongent: Magne et Samari, Férédjik; Géraki et
Chrysapha, Mistra, autant d'étapes. Parmi les plans de
M. Traquair, le seul qui rappelle les proportions de
Mistra appartient au quinzième ou au seizième siècle 1.
La Crète a compris, comme la Grèce, le charme pitto-
resque que prête à la structure cruciforme les deux
colonnes dressées vis-à-vis du sanctuaire. On les ren-
contre à Arcadia 2 , dans une église épiscopale que son
ferme parement en pierres de taille permet de rattacher
au onzième siècle. Leur présence à cette place et seule-
ment à cette place est d'autant plus remarquable qu'on
pouvait remplacer par des colonnes non seulement les
piliers 'de l'Ouest, mais encore les deux autres, puisqu'ils
se trouvent aussi dégagés par des arcades. Elle marque
donc un lien spécial avec les églises de Messénie et de
Laconie. Nous reconnaîtrons ainsi à Arcadia la pratique
grecque du onzième siècle, lorsque nous y observons,
comme dans le Magne, des proportions ramassées et des
berceaux dans les bas-côtés. Ailleurs, et sans doute plus
tard, l'édifice s'allonge, suivant une évolution parallèle 3 •
Pourquoi donc l'Ecole grecque a-t-elle marqué une
telle préférence pour la voùte eri berceau? D'où viennent
les calottes de Samari?
1. Saint-Jean à Platsa : TRAQUAIR, op. 1., p. 202, pl. XV.
2. GEROLA, Mon. ueneti, p. 87 sq. Voyez aussi p. 223, fig; '220, 221.
3. En particulier l'église épiscopale de Saint-Myron·, op. 1., p. 84, et
Saint-Jean à Rukani, pp, 222-223, fig. 218-219, qui ont des arcades rétré-
cie,,; entre les trois pièces du sanctuaire, comme en Grèce. La première
est trop l'estaurée pour qu'on puisse la dater. La seconde parait appar-
. tenir au quatorzième siècle. Voyez aussi ,fig. 206 à 215.
L' ÉGLISE CRUCI FOnME
Cette que stion nou s con duit encore au probl è me qui
dom ine ces étud e' : Grèce ou Byzance? Si nous élargis-
SOJlS Hotee champ de vis ion c t poursuivo lls ll oLL'e e nqu ê te
s ur les frontiè ees du domain e byza n ti n C IL Asie l\ line Lll'e r
en Crète, en Arm énie, e n Géoeg ie, e n Huss ie,e ll Serbie"
c'es t le b ercea u lon g itudinal que Jl OUS r e nco lltreron' le
plus so uve nt dan s les aJlg les d e la croix. Les vOL, tes
d'aeête ou 1 s calo Ltes n'y IH'e 'I Jl e nt place qu e par excep-
tion'. 0 [' les qu elqu es ex empl es isolés qu e Il OUS exa mine-
ron s bientôt n com plent g uè re ù côté d e la p ra tiqu e
co ns tante suivie pal' Co nsta ntino ple ct Salon iqu e. Ces
d e ux cités pla c\ eent l' a l' e ment des beecea ux all x angles
d e 1 urs égli ses cr uci form es 2. De teôs b Olln e h e ur
elles y sub s tilu è l' nl la voÎlle d'al'êle:l c t la caJotte", qUt
depuis le o llzi ôme siôcle ne manquent peesq LL e j amais .
On sait que lle place ces peo cédés de s teu cture occ upent
da ns les galc ,' ies c t les Ilarthex. On peut don c recoll na itre
l'inn.uen ce cl la ca pitale, qua nd on 1 s re ncont l' e dal ls des
r ég ioJl s co mm e la Grèce, où la traditio ll la plu s con-
' ta llte d e ma n ~l ait d s b er cca ux. L 'égli se d e F ér édj ik ,
provinciale p a L' le plaJl , l ui a ppae ti li t par l'ex 'C ULiOll. E lle
en a don reçu ses quatl' c pe tit 's co up o les . Cell e d e
Sama l'i, :lU fond d e la ni essé ll ie, d o i t p,'esq ue tout à la
provill ce, sa uf ses ca lolles. Da ns le Mag ne, ù C hl'j'sapha,
à Mis tl'a, Ù Co rfo u, l' iJl rl LL e llce passao'è l' e d e la ca pitale
n'a p oint lais sé d e tl'a ces.
1. VoùLCi; d';l l'<l l c c n Cl'è L : GEHOLA, Mon . ve ne/i, p, 219, 2:l0.
2, SO lllidj é- Dj o1l1 1 il Sa l oni qu c. Voi r' ci- dc ôso uô, p. 70.
3. ' Gu l-Dj o1l1i , él agc inl'él'icl1l', Î\al cnd c l', ALik - Mo u 'Lafa, Ho udl'O U1l1 ,
E ski-I mal·cL. - D él'é-Aghsy e11 L ycic. A I\h oclja - MousLu fa - Djam i i l y
avuit au cl ' buL dcs vo ùLc,; cI'al'èl : l e,; co upo lc acLu Il cs Ic.· ont l'cmp la-
cécs plu s t::l1' d (d'opl'è s les obs l'voLion s cl c MM. Éb cr 'o l L cL T lli cr·s ).
4, Kili ssé- Dja1l1 i, ZCï l'C k , F énDI'i-Jcssa, FeLiyé il Con 'lan li no [ l e, l\a zD ncl-
jil al' (1028) il Sa lo ni qu .-Égli · dc TI' ig lia en Bithyn ic all l' ibll éc pa l' s i1l1pl e
hypo Lh è c ü la fin du huiti èm e i ècl c, Cil Lo us ca s d'ull asp ect Ll'ès
:u 'chaïfJu c: Jl A S L UCK, 13. S, A ., L. X III (H106-7), p , 287. L c Ly pi 'on du 1 an-
l ocl'aLol' Ics dé ig ne pa l' l cs cxp l'cssi o n,,; u i vDnl es: ,,;)y : eooapwv ÈT.lOO),{wv
pOUl' l' 'g li sc du PanLocm Lo l', El; ." .Éooo: po: ,? oupvlxa pOUl' l 'É l é u a ( D~ Il - '
TRIEV,; K I J , Tu r.,xa, pp . 660, G77 ).
L'ÉGLISE CRUCIFORME 69
. Ainsi, deux conceptions se trouvent en présence~ L'une
appartient · à Constantinople: ' c'est le type achevé de
l'église cruciforme qui comporte l'exacte symétrie ' de
tous les membres, les bras de la croix égaux, et, dans
les angles, des voûtes d'arête ou des calottes; l'autre, à
-la .province: : des berceaux couvrant les bas-côtés peuvent
s'allonger au gré des constructeurs.
Évolution parallèle du type cruciforme en Orienl el en
Grèce. - Ce contraste caractéristique nous conduit au
problème des odgines. Ce n'est point ici le lieu de l'appro-
fondir . Peut-être toutefois apporterons-nous quelque lu-
mière en indiquant la méthode à suivre. Un fait ressort
des récentes découvertes en Asie Mineure, en Géorgie, en ))
Crète. C'est l'extrême variété des plans, Les types architec-
turaux ne constituent point des formules rigides, encore
moins des formules logiques, pures de tout alliage. Ils se
touchent et communiquent. Il ne faudrait pas enfermer
l'art du Moyen Age oriental dans nos déductions abstraites:
il s'éparpille en un grand nombre de centres, d'écoles 10-
<:ales, qui- élaborent les types, les mélangent ou les rap-
prochent suivant leurs habitudes et leur goût particulier.
Nous devons en conséquence analyser ces composés.
Le type provincial appelle une telle analyse, car, en
face de la formule logique appliquée par Constantinople,
jl représente le produit contingent de l'expérience.
Discernons d'abord les élé~ents.
Parmi les variétés de l'église cruciforme à coupole, on
.en · peut distinguer deux qui sont typiques!. Tantôt l,a
<:roix apparaît au dehors dégagée jusqu'au sol. Tantôt elle
.est inscrite dans un carré ou un rectangle: alos, à l'in-
térieur, de larges arcades en échancrent les parois; elle
se lit non plus dans le plan, mais dans la structure des
voûtes; à l'extérieur, ' elle émerge à, peine d'une . masse
L ' MILLET, Reu. arch., 1905, l, p. 106; RAMSAy-BELL, p. 340 sq,; DIEHL.
Nanuel,' p , 410.
70 L'ÉGLISE CRUCIFORM E
cubiq ue. Miss Be ll, qu i a fort bien sais i cette diITérence,
appelle le premier modèle « cross shaped chul'ch » e t le
second « cross-in-sq uare )); nous dirons « croix lib r' )) et
« croix inscrite )).
Les deux types se r elient l'un à l'autl'e pal' une sél'ie de
transitions, par une chaîne continue, dont nous rctl'OU-
~5Ü
~dl . . . . . . .
FIc. 33. - Sou lidjé-Djami à Sal onique. Pla n au 2~O'
vons en C l'è te, par exem ple, les multip les anneaux ·1. Le
plus commun de ces intermédiaires es t le martYl' iu m des
anc iennes bas iliques 2 , le type du Protaton ou de Nérès,
d'Atik-Nloustafa-Djami à Constantinople:J, de Soulidjé-
Djami à Salon ique l, (ng. 33), de Saint-Nico las à Au-
1. En quelques églises l es bas-cotés ne remp li ssenL qu'une paltie des
angl es, en so rLe que le Lr'an sepl l'aiL sailli e SUI' l es fa çades latéral es:
GERO LA, MOll. vell eli, p. 2t!J.
2. En Asie Mineu r e, Alad j a-Jaïla : HOTT, Kleillasia.l. Den/fin. , p. 3l8;
HAM Ay-BELL, p.353. - En Cr'imée: A.INALOV, Pamjaillilri ch/'ist. Chel'sollesa ,
vop. l , pp. 32,38,52,5'1, 5G, 57, 58, 71.
3. PULC II ER, p l. X LV; GUll LITT, p . 37, fi g. 86, p l. 10 b.
4. Dans la ru e nomm ée Tach ·Me r deven So l<ag-h i . Rép(II'ée pOU l' l a se-
co nd e foi s en 1208 de l'h égire pal' l e sulLnn Mourad , dont ell e pO lte au ssi
l e nom. J'ai noLé des vestige s de peinLures. On di .ti ngue :lU poiut A un
fragment de cor ni che mou lul'ée eL l'amorce du br'as O uc.' t de l a croix .
Le so l primi Lif était be;Jucoup pl us bas qu 'uuj ou l·d'hui. Tro i s voôLessonL
encore dég;Jgées; le' auLre.', masq uée pUl' un plarond. Lu cou pol e a
L'ÉGLISE CRUCIFORME 71
lis 1, OÙ les pièces des angles sont encore isolées des nefs
par des parois pleines, où la croix se marque encore fort
bien à l'intérieur.
Le type acheyé, exacLement équilibré~ ùe la croix in-
scrite paraît fort ancien, si le prétoire de Musmieh 2 ,
l'église à cinq coupoles de Rusafa-Sergiopolis 3 appar-
tiennent vraiment l'un au deuxième siècle, l'autre au
sixième ou au septième; ~n tout cas, le système des cinq
coupoles s'affirme clairement aux dixième-onzième siècles
en plusieurs chapelles souterraines de Cappadoce 4 et dans
l'église des Saints-Apôtres à Ani 5; puis il se répand dans
la zone de la tradition orientale: Milopotamo en Crète \
Rossano et Stilo en Calabre 7. Appartiendrait-il donc à
celte tradition? Nous savons qu'en Anatolie, en Arménie
et en Crète ces exemples restent isolés. D'autre part, la
calotte ou la coupole sur quatre pendentifs et quatre
arcades représente une structure hellénistiqueS. C'est en
disparu. On voit encore au Sud un pignon bordé d'une simple ligne de
dents.
1. LAMPAKIS, Antiq. chrét., p. 18 ; phot. 1845-46.
2. VOGüÉ, Syrie centrale, p. 46, pl. 7. Comparez ce monument avec le
sépulcre de Kusr en Nùeijîs et les salles des Thermes à Rome: RIVOIRA,
2' éd., p. 75.
3. SARRE, l'tfo nalslze(le (ür Kuns/wissensclza(t, t. Il (1909). p. 106, fig. U .
4. Sal'adscha-Klissé', ROTT, Kleinasiat. Denkm., p. 208 (plan) : voùtes
d'arête; Elmaly-Klissé, p. ~20 (description), fig. 77 (vue d'une petite cou-
pole), le plan dans JERPHANIO~ , Rev. Arch ., 1908, Il, p. 21 : huit petites
co upoles dans les bras de la croix et les bas-côtés; Analipsis, ROTT,
p. 214 (description ), p. 81 (vue ) : même type, sauf les coupoles dans les
bras Nord, Sud et Oue .. '; Tcharikli-Klissé, ROTT, p. 216 : les angles
de l'Ouest remplis pm' un massif ou séparés par un mur. J'ai re cons-
titué les plans de ces deux églises d'après les photographies du P. de
Jerphanion. Voyez aussi RAMSAy-BELL, p. 422. Elmaly-Klissé présente
deux couches de peintures : la première, formée de motifs décoratifs,
est antèrieure au dixième siècle.
5. Ani, église des Saints-Apôtres, dixième ou début du onzième siècle,
ORDELI, Anijskaja Serija, 4, p. 24, n° 38 : une abside à chaque extl'émité
de la crOIX, une chapelle isolée dans chacun des angles. Voyez LYNCH,
AI'menia, t. 1, p. 385; ALICHAN, r;hirak, p. 61.
6. GEROLA, Mon. veneli, p. 80 : caloUes dans les angles.
7. CaloUes à Rossano, coupoles à Stilo. Cf plus haut, p. 63, note 6.
8. Dscherasch et Kusr en Nùeijis en Syrie: STRZYGOWSKI, Kleinasien,
p. 135 ; Utschajak el les exemples relevés par Choisy à Éphèse, Phila-
delphie et Sardes: op. 1., p. 32. Cf RAMSAy-BELL, p. 397.
72 L'ÉGLISE CRUCIFORME
Lyc ie, a u c inquième siècl e, q ue la calo u e apparaît,
semble-t-il , pOUl' la prem ière fo is da ns les deux pièces
voisines du sa nclua ire ·l. Plu s tard, elle occup e les ({uatre
angles de la ba si li qu e, à Nicée 2 et à Myra 3 • Aussi, ma lg r é
les apparences, nous adm ettrons que le sys tèm e des ci llq
coupoles s'est constitu é sur les priilc ipes d e la trad ition
h ellénis lique. Co ns tantinople l'aurait reçue d'elle e t non,
comm e on l 'a cru, de l'Arméniq.
E n e ffe t, les écoles o l'ie ntales ont élaboeé la crOiX In S -
crite dan s un tout autr e es pri t.
Sur le plateau d'Anatoli e, d'après Miss Bell, elle appa-
r a ît co mm un e form e é trangè ee et po sté ri eure, il cô té il
des types autochtones: basilique voûtée e t ceoix libre l,. ij
Les exe mp laires les plu s anciens 5 , avec leurs bas-côtés
allong és , ne réa l isent point l' exact e symétr ie de la for-
mule id éale, parce qu 'on les a mod e lés s ur ces de ux
s tructures . C'es t ensuite, sous l'influe nce de Cons la nti-
n ople, à Tchangl i-Klissé, Ilanli-IOissé G, que les propor-
ti on s s'équ ilibrent; ma is les berceaux demeurent.
En \rmén ie , la cl'oi x inscr'ite évol ue au contact de la
basi liq ue vO lltée et de la croix libre . Ces deux plans y
son t fr équents; nou s connaisso ns le peemier. L'autre est
au s i re peésent é par des exemples typiques . Tantôt à
Sévun 7, Dasch-K ia nt (Arnegh ) 8, la croix déploie avec fran-
chise des branchc~s il peu près éga les ; tantôt à Gnde-
1. Ak\d j a-.Jnïl a: R OTT, [(le itw sial. Den/fin., p. 318.
2. \NUL FF, Jtoùnesis, pl. V; STHZYGOWS [(I , I t /einasie n, p . 106.
3. ROTT, rt/ein asia /. Den/ml. , p .32\1.
'1. RAMSAy-BELL, pp. 300 et 427.
5. B i nbir- Kli ssé, n ' 3n, RAMSAy-BELL, p. 184. ; Tch et- Dngh, p . 268; Ala-
Kli ssé, p. 400; Sa int-A mph i loc h e il Koniah, p. 403; ~ ill e h c t M il'am, Reu.
Arch., 190 7, r, p. 21,27. Voye z au s:;i j'égli se so uterl'n in e J e SO;1nd cl'é,
HO'n , [([ein as i al . D en/fin., p. 12+ , qui co mprend deux co uch es de p ili nlul'es.
6. RAM SAy-BELL, fig . 331, 34 1.
7. S.1int-Karnpet : phol. En.\l AI<O v 15!)(iO, J6149. - Sa i nts-Apô tl'es, 15958-
69, 16150. Vue li'en se mble d es d eux égl i ses, 15963. Cf AL ICII AN, S i sa /fOll ,
pp . 81,85. SUI' l a date, voyez ÉTI ENNE DE T ARON, éJ. GELZER-BUIlC I( II AI1DT,
p . 117.8 .
8. Saint-G r égo il'e : AL ICJl A:<I, Si.akan, p. 41; pho t. EIlMAKOV 16059.
L'ÉGLISE CRUCIFORME 73
Yank l , deux pièces annexes viennent garnir les angles,
comme si l'on s'acheminait vers la croix inscrite. D'une
étape à l'autre l'art a progressé . A Dasch-Kiant (Arnegh ),
surtout aux Saints-Apôtres de Sévan, qui remontent aux
dernières années du neuvième siècle, l'aspect de l'édifice est
fort archaïque : coupoles octogonales, façades unies. A
Gnde·Yank, une main plus savante a taillé seize faces sur
le tambour de la coupole, creusé deux niches angulaires,
étroites et hautes, sur la façade antérieure de chacun des
bras. On croirait que vraiment la croix libre représente
la forme génératrice.
L'église à croix inscrite, à l'origine, reproduit l'ancien )1
modèle anatolien. Sainte-Gayanê de Yagharchapat 2 , édi-
fiée, à ce qu'on croit, en 630, l'église de Mren, que l'on
rapporte au même temps, comprennent, entre les bras de
la croix, les mêmes rectangles de proportions moyennes ,
et présentent le long des murs, en face des piliers, les mêmes
pilastres. Le souvenir de la basilique s'àccuse dans le
p.lan et dans les formes. Puis le type évolue, comme en
IAnatolie, mais, en sens inverse, en s' éloignant de la for-
·mule byzantine. L'église d'Ouzounlar 3 (fig. 34), que l'on
attribue au catholicos Jean IY (718-729), celle de Dighor 4,
qui parait même plus ancienne, ont déjà les petites nefs
plus étroites et plus longues. Plus tard, on les resserre
encore, en réduisant du même coup le berceau oriental.
L~ .t,ype d.~fini~if (fig. 35), S3?S ~esse repr~duit depu.i~ le ~
Jlxleme slecle", comprend 1 abSIde, la crOIX et les pIe ces Il
I. Phot. ERMAKOV 15973.74; AL/CHAN, Sisakan, p.l05, l'attribue au dixiè me
siècle; EPRIKIAN, p. 539.
2. GRIMM, p. 7, pl. 35; LYNCH, Armenia, t. l : plan près d e la page 2415,
description, p. 270; MACLER, Mission , fig . 5 ; phot. ERMAKOV 4764, 8308. Ce
pla n est reproduit dans la Cathédrale d'Ani : GRJoMM, p. 7; phot. ERMAKOV
12922-23, 15:111, etc .
3. GRIMM, p. 7, pl. 35; phot. EfiMAKOV 11537, 16618. ALICHAiX, Sisakall
p . 267.
4. ALICHAN , Chirak, p. 131, d'après la dédicace , indique la fin du cinquième
siècle.
5. Voyez les plans dé Sanahin et d'H akhpat dans Grimm.
74 L'ÉGLI S E CRUCIF OH ME
d' angl e, L es bras sont co urts e t d' éga le é te ndu e , sa uf à
l' Ou est. Co mm e, il l' ex té l'ie ur , l'a bs ide se confond avec l a
cr oix so us un toit continu, d erriè r e une fa çad e unie , le
bras de l'O uest lui fait à peu près é qui libee , L 'é dific e es t
barlong , l es bas- côtés a ffec tent ai ns i la for me d' un r ec-
P hot. El'fn~ I<o v ,
FIG, 3 t. - Égli se d'O uzo unl a r e n Alm éni e, An g le S ud-O uest.
tangl e étl'o it, Ils son t fOl' cé m ent voùtés en b e l' ceau, sou s
un toit incliné " e rs l e cô té, comm e ce ux d es basiliq ues ,
A insi , pal' ses proporti on s all on gées , la form e de ses to i-
tures , l'égli se c ru c iforme r essemble just e ment à un e
basilique à n ef ave ug le qui serait trave r 'ée e n so n milie u
par un tran se pt 1 • Que la n ef occidental e s'allon ge et l' avant
1. Voic i qu e lqu es vu es d' extéri e Ul', o ù te ca ractè l'e a pp al'ail cla ire menl :
Ma lU'o-Vank , 15!HO, 41 ; Gh6cha-Vank (ll erh e l') , 150H , lG412, cr A L IC HAN,
S isalran , p. 155; Dal'alchilchag, ég lise de Saint-G régoire , 15 64'; Bj ni,
L'ÉGLISE CRUCIFORME 75
de l'église donnera l'illusiqn complète. Trois fenêtres
marqueront même sur la façade Ouest l'extrémité des
trois nefs 1 (fig. 34).
L'extérieur rappelle la basilique; l'intérieur fait songer
à la croix libre. En effet, les bas-cotés restent extérieurs
FIG. 35. - Église d'H akhpat en Al'ménie. Plan d'après Grimm.
à la croix; de simples portes y donnent accès à traver~
les murs. Du coté de l'Est la règle est constante; ils
S'ouvl'ent sur le transept, 'parfois ils ont un étage, où l'on
pénètre par l'abside, qui est surélevée 2 (fig. 36). A l'Ouest,
15989; Gandsak, près du mont Alagueuz, 11535; Daratchitchag, petite
église, 15886; id ., Katoghike, 15851,56, 59; Gandzasal' 13!9~ *-99.
1. Voyez les reproductions des plus anciennes églises à Vagharchapat,
Dighor, Ouzounlar et la Cathédrale d'Ani. En outre: Sanahin, phot. EHMA-
KOV 16617 (GHIMM, p. 5); Khor-Virah, 1633(;, l'église principale récente, (cf
DunoIs DE MONTI'ÉREGX, t. III, p. 480), Sourp-Khatch(Sainte-Cl'oix) à Arkazn,
15937-38, 16t28 (ALICIlAN, Sisakan, p. 119); Sainl-Thomas à Agoulis, Tsghna,
Saint-Jacques à Choroth (op.l., p. 329, 3t3, 353),
2. Sainl-GI'égoire d'Amaghou et de Dara lchitchag. Le même procédé à
Rusafa-Sergiop olis: SAHHE, Monalshefle fïir KUlIslwissellschaf'!, t. II, p. 102
(basilique), 105 (martyrium ).
Ph oL. Er·mnkov.
F I G. 3G. - Égli se d e Sai nL-Gl'égo il'c à Al1lo g ho u (AI'l1l éni e).
Vue du sanctu ai l'c.
Ph ot. E r·m ak ov.
I: I G. :l i . - j:;gli se d e Si,l inl-G J' égo iJ' c à Amaghou .
Vu e de la nef il l'Oues t.
ï8
il est vl'ai, une arca de découp e pa dois les pal'o is de la nefl
(fi g . 39). Souvent aussi la pi ' ce es t do. e. E n e fTet , il y a
des port s à Saint-Gr égoire d'Amnghou: de ux chaqu e foi .
pOUl' le' deux étnges, ave c un escalier gr im pant le long
de la paroi (fi g. 37).
A Amaghou, un e autre ég lise de la mê me fami lle, consa-
c l'ée à la Mèr e de D ieu 2 (fi g. 38), nou s montrera combien peu
les pi èces d'angle co mpLenL dans la s Lru cLUI'e. Elles sont
petites, r étrécies et com me blo tti es dan s les coins, pour
lai sser la croix lib ee à l'extér ieu r. Ainsi r éduite', elles
r eprésent enL un e de ces fo rm es de transiti on , s i nom-
breuses en Cl'èt e 'l , entre la croix libre et la cr oix insc l'iLe.
L 'habile architec te, qui a su décol'er les façades d' exqu i-
ses arca lures, dresser l'égli se ,ur une au lre, comm e
un r eliquaire oU\Tagé sur une base mas 'iv e, a co pié,
vers le déb ut du lreizièm e iècle, ce motif arc hnïflu e ,' ur
qu elque ancien éd ifi ce pour alléger le type usu e l, produire
un e fTet or ig inal. Or ces bas-cô tés r éd uits co mmuniquent
av c la n ef pal' un e ar ca de, co mme font les ba -co Lés pleins
dan s un e des égl ises d'A ï a i, où les n ervures son t id en-
tiqu es. Ji ressor t bien de là qu e ces nl'cades n e re li aient
pas étroitem en t les bas-côLés il l'organisme de ln croix.
On imnginera peut-être qu e le ty pe ach evé de l' égli se ù
croi x in scrit e a exercé ici qu elqu e infl uence. On se trom-
perait. Il dem eure étranger à ce lle élabora ti on. Un autre
modèle y a contribué: c'e t justement la ba siliqu e yo(,tée
à n ef ay eugle, oont n o tre égli se cruciform e r ep rodu it
l'a,'pect extéri eur . On sait qu e parfois les b as-co tés sont
s épar és de la grand e nef par des murs ple ins : ils
v ienn ent du dehors garnir les fl an cs d e la bas ilique à nef
uniqu e , comme il Sain t-Grégoir d'Ama g hou , les an gles
1. Aïs,l i, M èl'e-d e-Di eu d'A m ogllou, Snint -Gr égoire de DOI';l l 'hilchog,
Kh 'lYots-Tru·.
2. Norn -V,lnk ( Touveou Co uvent) : phot. ERMAI<OV 15888-!14·, IGH5-4G
(ex téI'i euI'), 15887, 15895 (int éri eur). cr ALI CII AN, S isa/w ll p . 18;'i, 195; SA INr-
MA I1TIN, Mémoires his/ol'iques , l. Il , p . Ill. Voyez plu s loin , fi g. 77.
3. GEHO LA, Mail . vene/i , p . 219.
L ' I~G Ll SE CRUC IFOR~IE 7!)
de la croix. A illeur s, il s communiq u ent ayec la n e f par-
des arcad es, comme av ec la cr o ix il Aïsasi ou ù Saint-
G régo ire cl c Dar·al chitchag . Dan s l es deux cas, un pro-
cédé id enliqu c sc Lr'o uy e app li qu é aux de ux typc: . Ils fur ent \
donc élnbol<.!s en semble; ils ont é volu é cô te ù càl e, d ' un
Ph oL. El'rnakov.
10'1(; . 38. - Égli!'e de la Mè r e-de- Di eu ;J Amnghou.
A ngl e NOI'd -O ues l.
mouy c ment p"ra lI èlc , donnant e t rec c \"ant. :.'I rais, sé parés
pal' d es mues ou r eli és p ar d es arcad es, les ba s-côtés
r e::; te nt acce!'so ires . Dan::; l'un e t l'aul re typ e, l e co r'l' s
essent iel, l' é lémen L or ig inaire, n ef uniqu e o u croix libre,
qui en pl' in cipe su ffit il con s titu e l' l'ég li se, con se n e ù l ' in -
t é ri e ur sa phy s ionom ie e t so n caracl è r·e. L'O I'ient, qui so
plaît aux fo rm es s im pl es, n e pOlL\"a it réali se r' l e sa yant
é qui li bre des cons tru c Li on s hcll éni s Liqu es e t byzantines .
80 L 'É GLISE C RUCIFOR~I E
Un autr e tl'ait , e l non d es moindre, m ontrera la pa-
renté des deux types . Il s'agit des a l'CS de déc ha rge so ute-
nant les voûtes, de ces fai scea ux de pilas Lres e t de dem i-
colonnes, se mblables aux n eev ures romanes 1. On sa iLqu e
la p eatiq ue ot:ien Lale renforce les bercea ux par des arcs
trans\'er sa ux , montés sur de s pili ers ou des dem i-colonne 2.
En Arm éni e, ces nervures son t feéq ue llLes aussi dan s la
ba ' iliqn e il nef unique 3 ou à trip le n ef ", e t pado is r pose nt
sur des dem i-co lonnes 5. La basilique les a fournies à l'égli se
cl'Uciforme . l ci ,gl'Oupées sous la cou po le, com binées avec
des m'cade en en co f'be1l0ment, elles arr i"ent à foemer
auLoue des piliees, ces fa iscea ux comp lexes, qui con Leas-
tenL si v i" emen l ayec la simpli cité des s tm ct ures byzan-
ti nes . Ma is ces fa isceaux se sont co nstitués peu à peu et
l'o n en suit ai éme nt la genèse: d'abord d simples ar-
cades en e ncorbellem en t 6, pu is un aec en décha ege, seu-
lemen t à l'O ues t 7 o u à l'Es L8, pOUl' so utenir un des deux
berceaux qu i con s titu e nt la g ea nde n ef , analogue à celle
des basiliques. Voilà la maf'que d'o rig ine. On hé ita
1. STHZYGOWSKT, !(/eùwsiell, p. 208, n si gnnlé ce LLe par enté.
2. Exemple ty piqu e il Hu. afa-Se rg iopo l is: SARRE, lI1ollalshe{l e (Ül' !';tllls l~
wissellscha(l, t. J [ (1909), p. 103, fi 0' . (j-8 .
3. A lagueuz, phot. EmIAliO\' 16498; Aïsasi, 160{2, 4 .
{. Giouné i-VD nk : phot. ERMAKOV lô362, 16·182; Basch-Ga l'lli , 16229. Dnns
ces deux basi liq u es l es n ervu res so nt pO l'tées en enco l'beli emen L - Vn l lée
du KasagiJ , AL ICll AN , Aïl'al'al, p. 250.
5. Ani, égl ise géo rg ienn e datée de 1320 : ORBELI , Anijskaja Sel'ij a, { ,
p. 30, n' 26; p hoL. ER)I AI(OV 15212. C'esl une bas iliqu e il nef uniqu e avec
arcatures l e l ong des parois; une dem i-co lo nn e entre chaq ue Drca ture:
l 'al'c au-dess us de la cO l'l1ich e a la fO l' m e ol'd i n:J ire. cr A LI CII AN, Ch i l'ali,
p. 87. - Ég li ~e de Bagne l" r estaurée ava nt 1262, op . 1., p. 115, EPR IKIAN,
p. 36 1.
6. Kh avols-Tar: p hot. ER \IAKOV 16{95 (vu e du bras Ouest) ; Acli-Iaman
(p lan t l'i conqu e), 15971; Amnna-Prk i tch , 16{ 9t (vu e ci e l'ab i de ); J\ ara-
Va nk , 16126; A il'a-Vank , 15999 (vu e de l a co u pole).
7. Aï sasi : p hot. EI1MAKOV 163;4, 76 (vue cI 'ensemb l e); 160.10, 16382
(abs i de), 16039 (bras Oll est). L 'al'c en déchal'ge cOITespond aux bel'ceaux
de J'E st, clu • o l' cI et du Su d, l e ber cea u Ou est aya nt plu s d'ouver ture. -
Arnagh ou , égl ise de l a Mère-de-D i eu, 15 '95 (ab s ide), 158 '7 (bras Ouest) :
l 'arc en déchar'ge plu s étl·oi l.
8. ourp-Stépano s 16302 (abs i d e) : pns de r ensei g nemenl sur l e b ras
Ouest.
P hol. E I.'mal;ov.
F rG, 3D, - I~ gli se de Sain t-G r' ôgo ir'c ù Dal'aLchil.cha g (Al'l11 éni e),
Vue de l a ner ù l 'Oues t.
82 L 'ÉGLISE C RUCJFOR~IE
même à compléter le système : dans un gro up e assez
nombreux , l'arc en décharge manq ue à l'hst , devant
l'abside 1 (fi g . 36-37 ). Au terme de r évo lution, sous ch ac un
des quatre berceaux, il se twuve associé avec deux arcades
en encorbellemenl 2 (fig. 39). Presque partout il r epose
::;UL' des demi-colonnes". Dan s la Ca lhéd rale d'Ani, qu i. a
ses pil iers dégagés, le moli f se répè le sous les bas-côtes.
L'e ffet en es t typiqu e (fig. ~O)
Même évolution en Géorgie. Observons-la en un groupe
de monuments assez nombreux, assez rappro chés les uns
des autres, pour que nou puissions su ivre de nos yeux
l'aclivité continue d'un e même école . Nous r encontrons
juslement un tel groupe, verS le dixième siècle, à l'Est de
Batoum e t dans la région d' Akhalt ·ikh. On y voit d'a bord
la croix simple dégagée de Lous cô tés 4, puis des chapelles
aux deux angles voisins du sancluaire 5, en uile aux
quatre angles, mais encore isolées , à pe in e ouvertes sur
les n efs par une tribun e so us le berceau occidenta16 .
Enfin les ba '-côtés de l'Ouest commun iquent avec la nef
par une double arcade 7. Dans le typ e achevé, à Zarzma
(fi g. 65), Tchoulé, Safara (fig. 89), la croix reste nette-
ment appar ente : les quatre bra s, à l'extérieur, dotninent
les bas-cô lés de leur vigoueeuse silhou ette; à l'intérieur,
ils s'accusent avec franchise, entre de hautes paro is à peine
échancrées par des aL'cades petites e t basses. 01', plusieurs
de ces églises de type intermédi aire paraissent réelle-
ment les plus aneienn es 8 . On sait que dans toute la
1. Amngho u , Sn in t-G régo ire, 15901, 16!57 (nb side ), 15902 (bras O ues t) ;
Aq)n, 16471; Kéghnr-t , 16272 (se ul ement ln vue de l'abside ).
2. Dn t'alch ilchng , 15860 (obs ide ), 15861 (bros Ou es t ); Bj ni , 15990 (ohside).
Une vue de Dnr'otchitchog do ns STL1ZYGOWSK I, J":leinasien, fig. 147.
a. Sour à Aïsosi.
4. Tbet : [(av/raz , t. 111 , p l. X LI-XL VI.
5. Énirabat : [(av/ra z, t. III , pl. XXVI et XXXIX, p . 64; Op iza,
pl. XXVIII sq., p. G3.
h. Doli s-lw né : Ka v/raz, t. Ill , pl. XXVI e t XXXV III , p. 68.
7. Po r ta: [(av/w z, t. III . pl. XXX IV sq., p . 66 .
8. Opiza , Dolis-hane, Porta, pO l' 10 s imp lic ité de le ur déco ratio n, pa-
['<li sse ut avo ir rée ll ement précédé, comme l' in d iquenl les inscriptions
Ph ol. Ermakov.
FIG. ;10. - C<llhédr<lle d'Ani.
Vue de la nef el du s<lll cluail'c .
84 L 'ÉG LI SE CRUC I FORM E
Géorgie , l'église c L'Uc if ol'm e offre à l'exLé ri eur , plus
n e ttem ent qu 'en Arm énie, les proportion s e t l'asp ect d'une
b as iliqu e à n ef ave ug le, co up ée pae un tra nse pt.
Ces )'e m a rqu es vo nt m a iJl ten an L n ou s éclai rer SUI' les
m onum enLs de G rèce. L es de ux écoles, pou rtant si éloi-
g nées l' une de l'autre, o ffr ent bien des tra its co mmuns.
E n Grèce au ss i , n o us ren co ntl'o ns a ux orig ines la CL'oix
11b r'e, Lan Lat fr a nch em ent accu sée, à :'1 an olas 1 en Ach aïe
o u à Pyrgos da ns le Mag ne:!, co mme il Za k da ns le dist rict
de T chilcl i L,a; ta nLôt L'éduiLe à de si mples ar cades, au x
SainlS-J\p ôlres d e Cal alllata 'l (f ig. Ii 1), comm e à SO LlI'P -
Sa L'kis;; près de Bj n i ; ou même d issimulée ù l'exté l'i eul'
p a r un mass if dan s l es angles, SO ILS un to it d is ti.n ct, incliné
ve rs les cô tés, com m e celui d' une pe l ile nef ba, iEcale(;.
A ulis, co mme a ux Sil i nt '-A pa lres cl ' An i, vers le o nz ième
siècle, les ab sid es la lé L' ales cl li pla n lri con qu e le rmi nent,
en d eçà des faça des, le lr an 'ep l d ' une ég l ise cL' uc iforme, où
lei:> pièces d'an g les son t e nCOl'e isolées pal' des mu rs. No us
po uL'r io ns relever d'au tr es signes de p a L'en.lé. Au ssi ne
se L' on s -n o us p as SU L'[l l' i.s d e su ivl'e en G L'èce, co mme en
A rm éni e, d ans un e rég io n dé termin ée, l'élab o mti o n du
typ e c L'U c ifo L'me, en rel ati on avec la cc C1'O ix lib re» e t la
basilique. \
\ \
Pren ons p our point de dép art l'église de Sc r ipou 7 , qui
da le d e 873/4. Elle n o us o f!re un exemple carac tér i.' l iqu e
(l(au /r az, L. TI J, p p. 63, (iG, 68), Bé di a et Zal'znl;) , œu v r es de la fin du
d ixi ème ou Liu début du o nzième s ièc le.
l. LAMPAK IS, An/iq . chrél. , p. l!) ; phot. 16!)6-!)a. Voycz Ics ob serva ti on s
dc STHCC I(, Ath. Mill., l. xxxr ( [[lOG), p. 226. Compar cz A in os : pho L.
LAM PA lOS 3430.
2. TBAQUAIB, B. S. A ., L. XV (l!J08-9 ), p. 102 , p l. X T, X I V .
H. PhoL. ERMAI>OV 13-180, 8 1.
4. phoL. LAURENT 11 (lS x 21 ); p hot. LAM PAI\l ' 1637, 6507.
o. Phot. EHMAI<OV IGOll.
G. Pl atan iti: STHUCI{, Ath. Mill., t. XXX I (1906) , p . 192 , pl. VI. C f
p. 19·L Phot. LAMPAKI S 1582. Compa l'ez Ma l'i am-Aslva dzndz in , phot.
ERM .\I;:OV IG:\93; Dar'al.chi tchug, égli se de So ul'p- IJ ar outhi oun (Asce n·
s io ll j, 15877.
7. 'TRZVr:OWSKI, B. Z., t . [[[ (18!J4), p. ,~ , pl. T.
L'ÉGLI S E CR UCIFORME
Ph ol. La ure nt.
1-'1 (:. H . - Égli ::;c ues Sa in L::;- Apù (rcs il Ca la ll lil (a.
An g l c S uu - Est.
du mélan ge d es Iy pes. E lle es t b as iliqu e pae ses b as-
co tés , YOÎltés d'ull lon g b e rcea u e t o u,'ed s S UI' le tran -
s ept ; elle r<lpp elle la c ro ix librc p a l' les h a utes paro is
ple ilLes qui i so le n t le l'a issea u ce ntL'al. Co mm c e n G éo r-
gi e, la c ro ix s' acc usc fod e m c nt ù l' cxté L'ic ur e t ù ri Ilté ri cul';
COLI Im e p a "fo is C IL C rè le, le tl' a lL scpl d é passc Ld ig n e m enl
d es b as -cù Ll- s .
A tlt è nes n o us m o ntrc ra le trayail qu e fit l'('co le loca le
p o ur allége r e t arti c ulc r ]a c0 ll1bin<li so l1 d e Snip o u, Da n s
Sa inl-Théo dol'e l (J O~!)) , la n ef occ id Cl lla le, plus coul" le, cs t
e n co re isolée e ntre d e ux lILUI'S (f ig. 42) ; puis , il Sainl -Jean
1. COUC II AUD, pl. 0, VII C c1 es :1 lJ sici es : SC IIL L MOE HG EI1 , t,;popée, Il ,
p, 401 ; HI VO II1A , t. l , p, 3 L2, li g . 408.
8G L'É(;LI SE CRUCIFORME
et aux Taxial'ques J, cette paroi fait place à une aeca le :
deux colonnes se dressent vis-à-vis du . anctuaire, ainsi
qu'à Sama ri et il Mistra. A Kaisariani'2, dan ' la petite :Vl é tro-
pole 3 , la Capnicaréa", au monastère d' As Lér iou en ALLiq ue "
(fig. 43), le berceau de l'Est s'allonge pour m ieux abl'ite r
FIG . 42. - E gli se de Saint-Théodo r e il ,\l hèn es .
Plan d'ap l'ès Couchaud.
le "anctuai l'e; deux autres colonnes ou deux piliers .. e clé-
tac hen t de mur, sans (lue l'on ab ou Lis e Loutefo is au Lype
« complexe », puis que au cun e vo tlte nouy elle n 'inLe l'-
pose entre l'h émicycle de l'ab ide et le bl'as de la Cl'oix.
1. COUCHAUD, pl. 6 el 16 . L'égli se des T axi arqu es e ·t décri Le dans
GA ILtl AIJA D, 11/011. alleiells el modernes, t. Il , l " partie , 1850, d'après un
r('l evé fa i t en 1 36.
2. STRZYGOWSIO , 'E<pr,p.. "'p,/, ., J902, p. 51 sq.
3. ~ II C H EL-STR l" pl. XX .
4. COUCHAUD, pl.l o; RIYOIRA , t. r, p. 3l 2,fig. 400; SC II ULT Z-BAR:\' LEY, p.lo .
~. Ph ot. LA)IPAI{ IS 1784-85 (vues de J'intél'Ïeur).
L'J~ GLlSE CRUCIFORME 8ï
Enfin, dans la pe tite égl ise de la Tl'ansf)guf'ation, SUI' le
v:ers ant d e l'Acropole l, les murs du sanctuaire di sparais-
sent ù lem' tOUT' : b ém a, proth èse e t d iaconicon commu -
niquent il traver's de la"ges arcad es ; co mm e en Crè te , les
Ph ot. Lampol<i s.
FI G. 43 . - (::g li sc d'As t éri o u c n A LLif]u c .
Vu e d u snn clu nir'c.
(ju atr e colonn es se trouv ent hi e n d égagées, avec une
exac te sym étrie, so us une co upole é troite e t haute, entre
1. Ph ot. LAMPAI(I S 1475 (vu e de l'ab sid e) . .J e la décr'i s d'ap l'i!s mes
pl'opl'es obse l'vnLi ons : l'église pl'imilive sem bl e avoil' él é nll o n gée en-
s uite à l 'Est el à l 'Ou es t.
88 L'ÉGLISE CnUCIFOmm
trois n efs assez allongées. Or, tous ces édifices, quelles
CJue soie'nt leurs proporlions, ont conseryé, au-des 'us de
le urs bas- cô té s, les \'o ùles en berceau de SCl'ipou ·l .
Les églises d 'A Lhène s ]Le sout pas pal'eill es à cclies de
Laconie: chaqu région a sa tl'adition pl'opl'e; mais elles
sont lrès paeenles. SUI' les penles du Magne, le type se
développe ù pe u près da ns les m êmes foemes . On y re-
trouve les varia nles qui HOUS sont familièr es : 1° deux
colonnes e n face des anles du sanctuaire, comme il Sa-
maei; 2° qualre co lon nes, d eux élant prises par l'ico ll o-
s Lase, le sa llc tuai l'e dellîeul'alll engagé dans la croix ,
comme e n CeèLe, e n Analolie, en Serbie: 3° qualre co-
10ltnes libres au m ilieu du naos, le berceau de l'E,· t pro-
longé pour faire place au sancluaire, aillsi qu 'à Alhènes.
M. Traquair , ayanl dislingué les ll'ois groupes, ajoule à
propos du teois iè rn e : « Tllis is the common est of aU laLe
byzalltine pla ns 2 . » Non, il y ma nqu e ce lte trav ée dis-
tincte, sous une autre voùte, CJue Constantinople a rcçue
de la tradition h ellé nistique. Celte trav ée, nous la trouve-
rons clans la Pauaghia d e Saint-Luc ou dans les églises
d'Argolid e , ù côté d'un aut l'e procédé é tranger ù la Grèce:
les VOI'ltes d'ar ê Le dans les bas-côtés . }\ insi , le type a
progL'essé; il s'est d é veloppé au cou !'s des temps, cm
l'ég li se ù deux co lonnes de l3oul iarioi est ass uréme nt la
plus anci e nne du pays; mais il ne s'est point écar té de
son pr·incip c .
Aux portes même de Constanlinople, d'autres éco les
provinciales onl pratiqué la même opé L·a lion . Nous con-
naissons en Tluace le lype de Samari e t d e Mislra. Pa l' d e
là la ProponLide, nous rct l'o uvons l'analogue de Kaisa-
riani en Bithyni e, à Teiglia, dans les <\glises nommées
Pantobasilissa et P élékiti : l'iconostase es l m êm e enco re'
1. GA I LHAIJAUD, Al'chileclure du cinquième au dou :ième siècle, l. 1, re-
produit un e" égli se g recque Ù A lh r nes" a l'ec deux co lonnes à l'Uu est
et des voùtes d'ar'êle dan s les ha s-cô té!'>.
2. TnAQuAII1, B. S. il., t. XV (l!JOS-!J), p. 189.
,L'ÉGLISE CRUCIFORME 89
attachée aux deux colonnes orientales 1. Enfin sur la mer
Noire, Mésemvrie nous montre, au quatorzième siècle', la
singulière persistance de cette forme provinciale. On y a
rele,ié 2 trois églises cruciformes: Saint-Jean (fig. 44),
d'aspect fort simple, appartient en entier à la tradition 10-
,, ,,
- -1
:-- ~'.' 1-----
,. -----#---.. ~·.- ---I /._ -
FIG. 44. - Église de Saint-Jean à Mésemvrie.
Dessin communiqué par M. Bal~.
cale. C'est à peu près la combinaison de Scripou: à FOuest,
comme à l'Est, de véritables murs séparent les trois nefs
vOLÎtées en berceau. Le Pantocrator compte quatre colonnes
au milieu du naos et deux piliers près du sanctuaire:
trois calottes viennent s'insérer dans les longs berceaux
du plan basilical, en même temps que les incrustations de
Tekfour-Sérail dans le parement de façades. Enfin Saint-
Jean-AlitoUl'gitos réalise la formule constantinopolitaine,
1. HASLUCK, B. S. A., t. XIII (1906-7), p.292.
2. Plans et photographies communiqués par M. Bal~.
90 L'ÉGLIS E CRUCIFORME
sauf e n un point: une mêm e voùte abrite le sancluaire et
le bras orien laI le la cl'o ix.
Cc tr ait sig ll ifl ca lif lis lingue au ssi les g randes églises
se rb es du quat L'zièm e iècle : Male i.ca, Jagori ca 1 (f ig. 45-
FIG. ·~ 5. - I ~g l i se de ' oinl-Ge Ol'ges il ~ogo l ' i ~n , près d'U kub.
Fncad e Ouesl.
46). \ Nago L'i ca, un lOll g h r cea u , ampl c t imple , va de
la co up ole ù l'ab s id e. Les qua lre voù tes d'a rête, les quatr
L Les p lans clan' K O:'/DAKOV, Maliedo nija , pp. 196, 200. Dans ce lui de
Nago ri ca l es voùle ' so nl in 'u m 'amm ent indiqu ées. Ph ol. l\! I LLET',
L'ÉGLISE CRUCIFORroiE 91
petites coupoles symétriques dans les angles dissimulent
mal, sous une sorte dè vernis constantinopolitain, la '
vieille tradition de la province, qui a développé l'église
cruciforme en relation avec
la basilique voùtée. Plus tard
en Grèce, au dix-septième
siècle, Saint-Nicolas de Mo-
nemvasie 1 et Saint-Nicolas
de Mistra 2 montrent encore,
dans une combinaison ana-
logue, la constance de cette
tr·adition.
Ainsi entre Scripouet Mis-
tra,. à quatre siècles d'inter-
valle, en des églises de for-
me et de style trè s dissem-
bl1)bles, nous pom'ons rele-
ver un trait singulier de pa-
renté: les bel'ceaux des bas-
cotés, qui se découpent sur
le Ûansept. Au onzi ème ou
douzième siècle, ces ber-
ceaux ont pu faire place aux
procédés de la capitale; mais
on y est revenu, parce qu'ils
répondaient mieux que ces
formes savantes au gOLÎt plu-
sieurs fois séculaire de la FIG. 46. - Nagorita. Plan au 2~.
province, parce que les maî-
tres maçons qui' travaillaient
pour elle n'ayaient peut-être point assez de subtilité ou
de rigueur dans la pensée, pour comprendre et appréci~r
l'idéal de la structure cruciforme. Ils n'ont point su ou
1. TRAQUA IF, B. S. A., t. XII (1905-6), pl. III, VI.
2. MILLET, Mon. Mis/ra, pl. 6.2; 15. 6.
92 L 'ÉGLISE CRUCIFORME
n 'ont po in t youlu dégager la croix de la hasilique voÎllée.
Au contra il'e, a u q Hato l'Z ième si ècle, à 1\1i stra, ils fon l en -
cO I'e mi e ux l'esso rlil' k mélange des deux slru clu res en
allongean l les nef::;. NOlis a \'ioll::; cru d 'abord qu e pal' lit ils
inno\·ai e nl. En r éalité ils r e prenn eJll le procécl é primilif,
que l'o n a \'ail allé nu é so u::; l' influ e ll ce d e Cons tanlinople,
le procédé d e Scripou el d e::; plus a nci enn e::; égli .. es à
cr o ix inscrit e d 'Analo lic c l d'A rm é ni e : le pla n de la
P é ribl e pl os a ppa ra it qnatec s iècles pl us tôt sur les pCll tes
d e l'J\raral 1.
Intime union cl es cie ux typ es, yo ilà un principe co mmun
il l'Ori c nt c t à la Grèce. Les dcux éco l.es e n ont ti.eé d es
e ffe ts clirLércnt·; mais l 'ont conse rv é comme un signe
d 'intime pa l'c nté. A qu e l mome nt les de ux famill es se so nt-
ellcs sé pa rées? A Scripou, le pare mc llt e n pi erres de
taille, les nombre us es a r cat ures ci e la coupole rappe llent
les procédés de l'Arm éni c e t cie Trébizonde; le plan pa-
rait ve ni r aussi de ces rég io ll s.
Ces r c marques nous pc rm e Ltl'Onl d'éclairc ir un au lre
problè me . On a r ele vé ce l'tain es analogies entre 1\[istea et
l'aet ro man 2. M. Magn e a C l' ll r e ll·OUVC I.' dans les absicles
<le la Périb le ptos l'allur e des monum ents re ligi eux con-
struils au douzième siècle (Ians le ce ntre de la France, en
pal'ticu li e r la disposition s iml)le d es absidioles, appuyées
sur d es pignons ou des demi-pignoJls , qui caraclé ri se
les églises dc la Il a ute -Loire e t dlL Puy-cle-Dôme:), Celte
di sposition a pparli e nt en pro pre à la basiliqu e yot'ltée à
n e f aveugle. 01' ce ty pe o l'i en lal a péné tré dan s le centre
d e la F ra ncc e t , d 'aul rc part, il se cont inue, avec la s lruc-
ture cr ucifo l'me, dans les églises de l\/is LL'a . De lui lc motif
' tire son origine.
Le plan irico nque. - lJn de rni er lrail nous lllolltl'e ra
1. Arldlour i, DUBO IS DE MONTPI::nEUX, l. JlI , p. 465, Allas, :1" sé ri e,
pl. VII r. 4, <lvanL !)55. A LI C II AN, AïNII'al, [1. 473.
i. A.JNALOV, l'iz . Vrem., L. XV (l!)08), p. 5·IG .
3. MAG NE , Gazell e des Bea ux;-Arls, il\)' a nn ée, 3' pé ri ode , t. 17, p. 139.
L ' ÉG LI SE CRUCIFOHM E 93
I<' IG. n.- l~ g li s e de la Panaghi a Cou bélili ss a il r.a sl ori a.
Façade Sud .
~
'
~
, .',,_
. ----.l!..-!";;c "...".,
U : j :. ~:._ .. ~
:: : : ~
: :;
u •• : • •
n.'..,.>~..-----+--1:, LrL ....:.,....... j .. :~ .'
.
,--Li_--'---..-'-l_ftll~
' '~. """", "
F IG. 48, - Co ubélili ssa . Pl an au ~.
200
94 L ' É GLI S E CRUCIFORME
l'lt cole grecque attachée aux yieilles traditions de l'Orien L
ch réLien . C'es t le plan tri co nqu e . Il s'e ·t pL'op ag é e n
m êm e t emp ' qu e la basilique YOù tée, il Saloniq ue (E s ki-
Sérail , église du Sauveur') e t dans les p eLites cité ou les
bourg ades de la Macédo ine e t de l' Épil'e : Vinéni S UI'
le lac de Prespa 2 , Cas toria, CasLritsa pf'ès de Janina 3 ,
Ces édiG ce appartiennent sans auc un clo ute à l'époque
byzant ine , Dans Eski-Sérail , à Vinéni , les dessin. de la
briq ue au milieu du parem ent indiquenL le treizième o u
le qu atorzième siècle, A Cast oria , la cha ema nLe e L mi -
nuscule Couh éliLissa (fi g . 47-48) r ep eoduit trop Gdè le-
m ent l'aspecL de' b asiliques vo is ine' o u de l'église d e
Germ an pOUl' êtL'e de beau coup post é l>ie uf'e au on zièm e
siècle . Vers le m ême t emps, l'École g l'ecqu e adapLa it ce
modèle au p ~a n cr uciform e : Saints-Ap otres d'ALhè nes 4. ,
SainL-Nicolas d ' Auli sb ; ou bien plus tard, peut- ê Ll'e e nco r e
à l'époqu e byzantin e, elle le reproduisait s implement en
Attique 6 et en diver s lie ux d u Péloponn è e : PlaLani près
de l aLra " Sophicon , 1Iléthana7, Gér aki 8, ains i qu e l'É co le
cr étoise 9 , Ce tte long ue pratique explique pe ut- êtee pou r-
quoi , à l'ép oqu e turque, le plan ath onite, av ec se s
absides latérales, obtint en G rèce la Yog ue qu e l'o n sa it.
1. T EXIE R, A l'chit . by:., pl. Lill ; KO ~DAK OV, Makedon ija, p . 1l7 , 133 .
2, 1 ILJ UI<OV, p. 55, pl. 15.
3. A N T O~ I N , lz R umelij, pl. X I (Cas lo ria e l non Popli ), pl. XII (Ca s-
lrits u) .
4. L ENO IR , A l'chiiec/ure monas tique, l. l, p, 252; CIl OISY, l'A r/ de bâhr ,
p . 132 ; LA MPA KI S, Anliq. Clll'él., p. 12; ph ot. 6589-91.
5 . L AMP AI\ I , Anliq. Clll'él ., p. l ; p h o t. 1810-46.
6. 'AOl')y';;" 'E),,,,w,,, ph o t. L AMPAI<I S 1500.
7 , L A)IPAKI , A nliq . chrél., p p . 18, 22; ph ot. 1595 (Mé th a n al. 6534 (S o -
phi c.on ).
8. Proph è t e- É lie, à 1 h e m e e t d e mi e d e Gé r a l, i : phot. P OULITAS (fi g . 79).
9. G ERO LA, Mon. ueneli , pp. 208, 2 16, 2 17.
III
LA BASILIQUE A COUPOLE
Le procédé hellénistique. - A Mistra, dans les églises
· du Brontochion et de la Pantanassa 1 , deux structures se
trouvent superposées : en bas, une basilique; en haut,
une église cruciforme. La basilique compte trois couPles!
·de colonnes, comme la Métropole. L'église cruciforme
appartient au type constantinopolitain avec cinq coupoles
(fig. 49).
Une telle combinaison, à ma connaissance, ne se ren-
contre point hors de Mistra. L'ancien art byzantin a bien
associé la coupole à la basilique, mais de toute autre
manière.
D'abord, aux cinquième-sixième siècles, dans la basi- \,
lique hellénistique, la croix et la basilique, au lieu de se ~\
superposer, se juxtaposent et se pénètrent. En effet, l ~
d'une part, aux quatre angles de la croix, les quatre
piliers portant la coupole prennent racine dans le sol;
d'autre part, les membres empruntés à la basilique, à sa-
voir les coloimades des collatéraux, s'insinuent entre ces
piliers, sous les arcades maitresses 2 •
· 1. MILLET, Mon. Mis/ra, _pl. 23, 35. La même combinaison à la Métro-
pole, par l'effet d 'un remaniement, pl. 17.
2. STRZYGOWSKI, Kleinasien, p. 104 sq.
96 LA BAS ILIQUE A COUPOLE
Puis à l'époque byzantine, dans la sphèl'e de Constan-
tinople, l'égli se cl'uciforme, lorsqu'elle es t pourvue d'une
l)'ihune traversant le transept, reproduit la dispo iliort de
la basilique il coupole. bntl'e les p iliers, les colonnades
se trouvent )'éduites, mais jamais ù moins de deux co-
lonnes. Elles y forment même, parfois, comme dan s la
basilique ù coupole, deux étages: à Cernigov (f ig. 50),
vers 10:31. 1, ce lles du haut pol'taient des al'cades, il Déré-
AghsyZ une architrave. Ma is ces colonnes supé ri eu l'e',
devenues inuliles, disparaissen t, peut-êlre dt's le sixième
siècle, si Sain le- Irène se présente à nous sous SO I1 aspect
pl'imitif, en tout cas un peu plus tartI il l';: aIene/e l' e t :\
Cul-Djami. Au onzième siècle, en Cr-èce, le !)l'océclé fut
même appliqué à une église cl trompes d'angle: Sainl-
Luc en Phocide.
L'église du Bronlochion es t b ien apparenlée il ce
gf'Oupe byzanlin : la tribun e trav ersa nt le lransepl repose
de chaque côlé sur une colonne intermédiail' e. Deux
aul!'es traits vont nous montre!' Ulle re lali on fOl'l é lroile.
L'un d'eux frappe d'abord l'altention: quatre pe tites
coupoles se dressent dans les tribunes, aux angles, entre
les bras de la croix . A cette place, il y a encore des vot,tes
d'aI'ête il Déré-Aglu;y, de simples caloltes à Cul-Djami.
Les petites coupoles apparaissent plus tar 1, ve rs 103 1., il
Cemigov. C'est le moment, nous le savons, où on les
voit surgir de Lou s côtés sur l' église cl'Uciforme du typ e
ol'di nail'e. Mais 1'.llcole grecque n'a g uère appliqué ce
molif qu'ù Tégée:). Aux tl'eizième-quatorzièm e siècles, il
fut en fav eur surtout dans la zone cons tan tino poli la ine. On
les rencontre alors, soit entre les bras de la croix dans
les églises sel'bes l., so it aux extrémilés des nefs exté-
1. PAV Ll NOV. p. 8 s q.; GnADAR, t. l , pp. H!J, 150, J51.
2. HOTT, jOeillasial. Dp./1/rm. , pp. 303-::10'[,
3. PhoL. LAMPAK IS 2l73" 2 l74. POU l' la daLe, voyez l e chnp i ll'e S U I' l'o('-
nement cé('tJ mop lnsliqu e.
4. Nagori ça, Graç;:m ica et M:lLeic:l .
FIG. 49. - Église du Bronlochion à Mistra.
Coupe longitudinale d'après les Monumenls byz. de Misll'a.
FIG. 50. - Église du Sauveur à Cernigov.
Coupe longitudinale d'après Pavlinov.
7
LA 13.\SILlQUE A COUPOLE
l'i e ue es e nto uranl le nao s, à Con tan tinopl e, à alonique,
à Ar ta 'i.
L'autl'e tl'ait p 1l'aîtl'a lout à fa it peobanL. C' es t la travée
e ntl'e l'ab s ide e t la c ro ix. No u s avons qu 'elle appal'tient
eH peop l'e à l'É co le de Cons lan lin op le . E ll e manq ue en-
co r e à S a inle-Irène e t à Gu i-D ja mi ; mai s pl'e nd place à
Dé eé- l\ g h sy et à èernibov.
C e s d e ux é lé m enl , pe lit s co up o l s dans le an g l es,
lrav ée ad joi nte d e \'a nt l'ab id e, nous pe rm e tte nl don d e
rLl lla chee sans h é ile e le 13eonlochi on e l la Panlana ssa à
l'Éco le d e Con lanli nop le , a u gro up e d es égli 'es cl' uci-
fo rm es qui conse f'\' enl, p OU l' les cal ich o um é na, la d is po-
s ili on d e la b::tsiliqu e lle ll é ni s liqu e il coupo le . Toule ro is,
un leail essenliell'en di s lingu e; c' es ljus te m nl la up e e-
position d e d eux s lruclures : cro ix e t b as iliqu e . L es
qualre piliers d e la c l'o ix so nt po 's non s ur le so l , mais
s ur les co lonn es de la ba s il ique; au mili eu, sous cha c une
de s deux geandes arca de ' , un e seule co lonne, e t non
du .' , uti en t la teil un . D'où pl'o \·ient un reman ie m e nt
s i [l l'ofond?
Le procédé orienl d . - Visible ment d'u n e autre in-
flu ence, l' influ ence d ' un e tradilion pt'ovi ncia le. Ce lte
leadition se manifes le à C hy pre et e n Grèce.
C'es t à C hy pre qu' e ll no u s a lai ssé le typ le mi e ux
ordonné . Il ne compol'te point d tribune . La co up o le c ' t
posée SUl' la g l'ande nef d ' une bas iliqu e vO Lltée , E ll e oc-
up e la lal'g e ur ci e d e ux e nll'e - colon Il e menls, T e ll e t , vers
la (in du fJu alorz iè m e s iè cl. e, l' 'g li se d e ~[orfo u (r io', 51),
gO lhiqu e pal' l'orn e m e nt , mai s byzanline pal' la slr uc tul'e .
M . Enla l'l, sur pris par ce LL c omb inai so n ' lran ge, a
obse rv é qu' e ll e n 'é la il pourtan l po inl l' fl'e t d'un r e prise,
qu e l a co up ol e fai 'ail bien pal'li e clu plan or igina12,
Compaeol1s ce plan à celui du Bro nloc hi on. La co up o le
l. Féliyé-Dj ami, Sa inls- pOL I'CS, l akou b- Po C:Hl , PUl' igo l'ili ii 'U,
2, ENLA In- , ChYP l'e, l. 1, p, 189 , fi g , 98,
LA B.\ S ILI QUE A CO UPOLE 99
occ up e la m ê m e pla ce au-dess us d es colo nn es ci e la basi-
lique : voilà le teait co mmun; mai.s immé diatem ent, sans
l'inte L'm édiair e d es tribun es : voilà l e tra it distin c tif.
L es tribun es le l ong d es co tés ca ra ctérise nt la basilique
h ellénistiqu e e t la dis tin g ue nt d e la basi liqu e o l' ientale.
E lles r es tè rent e n fav e ur il By-
zan ce . On sait qu e l L'o le au di-
x iè me s iècle l es ca ti choum éna
jOllai en t clans les cé r é moni es
ci e la co ur 1. E lles de vaient donc
pre llclr e place clnns l e typ e h e l-
l é ni s tiqu e de la basili.que ù co u-
pole, elles devn ient manqu e r- au
type Ot' icntal. Dans la co mbi-
n aiso n du Br-ontochi o n, e lle s
re présentent do nc sa n s a ucun
doute la traditi on h ell éni s tiqu e
con servée pa t' Cons tanti.nopl e .
E t comme, dans la zone m êm e
d e Cons tantinople, il pa['tir du
Ollziè m e siècle, l e ur i mpor- FI G , 5 ],
tan ce d éc ['oîl , qu' elles se t['ou- J~g li se d e Mor fo u ;', Chypl 'e,
Pl an d'a près Enl :JI'L,
vent dès 10l's le plus so uv ent
r écluil es à l' é tage s up é l' ie ul' du
nnrth ex 2 , qu'au quatorz ièm e siècle e lles é tai ent sor ti es de
la pra tiqu e co ur-ante\ O ll conclur-a m ême qu e l' arc hite cte
d u Brontoch ion les a empeuntées à qu elqu e mod èle an-
c ien .
En revanc he , la bas iliqu e à co up ole sans tribun e appar-
ti ent bi e n ù la teacl iti on oriental e. Nous l'avons rencontrée
e n Crète e t e n Itali e avec un e n ef unique. Mi ss Bell vient
1. ~[ILLEl' , B, C, JI " L. XXIX. ( Ul05 ), p, 92,
:J, La vl'a, VnLopédi, K aw ndjilnl'- Dj ami , d ébuL du onzi ème si ècle;
ZCÏl'ek-Djami, vcrs 1124; Es ki- Im nr eL, FéLiyé.
, :~ , On n e peut citc r', au Lrc izième si ècl e, quc la Chr'ysoképha lo s de
Trébiz onde el 1;) Pnri gO l'iLi ssa d'Artn ,
100 LA OAS I LIQUE A COUPO LE
cl la r 1 y aux envieon s d e :\ ross o ul , ye l',' I.e Lr - izi èm e
l' ,
siè cle, a vec la tl'i pIe n J ave u g le: une co u pol e se <he 's e
s ur qu a t r tro mp s ntl' quatre pi li rs 1. Plus près de
la Grèce, à C hy pre, o n e n cO nll)te so uvent un ou deux 2,
t m ê m e teo i :J ayant l' arr ivée d es C ro isés. CeR tro i
co up o les r epos nt SUI' d es pili l'S communs. Ce sys tème
pe ut ê tre co mparé à ce lui d es a ints-Apô tres à Cons ta n-
tino pl ou d e Sa int-Maec à Veni se. Mai.s, dans les é g li ses
'hypr io tes, il pré sen t u n e pae ti c ular ité s ig n ificat ive_
D'eux d es plus ancie nn es, l' un e à P é ri s térona , prè' d e
N icos ie, l'aut l'e il Ui é rok ip os, on t en o utre ur les
b as-cot 's, pr\s de la co up o le ce ntra le, d e u x pet ites cou-
poles , qui f0l'l11 e nt ln c ro ix. En tr 1 s pili er de la g r ande
nef , o n passe l ib re me nt d e la tr avée ce ntrale ve r S les
pe tites co up o le de nefs laté ra les ; m ais, dans le s de u x
au tres tl'av é s, SUl' le co té, un e p e tite co lo llne se dr esse
dans l'inte rv a ll e, p OUl' serv ît' d 'appui aux vo ùLes vo is in es .
Celle man iè r e d e pal' lage l' l'a r ca d e a u moyen (l 'u n e co-
lon ne es t fam ili \ r e à l'ü l' ie nt ". M a inte nant, pla çon s en.
rega rcll'al'cad e maÎtl' es e des é g li 'e' cr u c iformes d e Con -
s taa tin o pl ~ : le peocéd ' es t a na log u , mai ' nous r lèYe-
l'on s e ntre l e s d e ux écoles un e d iffé r en ce cons tante : '''~,
Cons ta ntino pl e, deu _' co lo nn es ntl'e les pilLe rs; à Ch y pre,
un e se u le . t ce pL'océ d é prop r e à Ch ypr e qui r e paraît
so u, un a ul r fOL'm e il Mor Cou e t à }'[ is te a.
L a s t['Ucture d e .\l o r'fou apparaît en Gl'èce un iè cl e
plu s tût ; ma is il faut un pe u d 'a tt ent io n e t de critiqu e
pou r' la r econnaitl'e .
1. BELL , Amu ra/h /0 Anwralh, p . 2;;7 .
2. Fl'anlw- l k lichi : ENLAnT , Chyp,'e, L. 1, p. 200; T I'ipioLé' à N i cos ie.
p. 18 1; Famago usLe, p. 4 12; Cana cfll'ia , p. 102, Il g. 268 (l e:; co upo l e insé-
r ées npl' S co up).
3. M. Enl al'L les n l'elevée , snns l es publi el' dan so n li vre: Sn in L-
Bn l'n nlJé p l'ès Fnmogo usl e, Snin L-Lawl'e à Lnl'llnkn, l'ég li s d'Achil·Ùp iil.ol1
pl'é' de 'él'in cs (p . 240).
'1. Exemp le Iy piqu c à Ru ,' ara- cl'giopo li s : SARRE, MOlla /she(/e (ü,.
[(ull s/wis senscha{'l , L If (lOO!) :, p . 103 , Il g . 6-8. C f S TI1 Z YGO W l, l , Amida,
p. 27-['
LA BASILIQUE A COUPOLE 101
Phot. Lumpak is .
FI G. 52 . - Bas ili qu c dcs B I3ch c m es il ArL o.
Angle NO l'd-Est.
A Ar ta , dan s l' ég lise des Blache m esl (Gg . 52), " e es le 1
mi li eu du tre izi è me siècle, on essaya d'introduire , co mm e à
C hypee, une co up ole a u mili e u d'un e g rande nef ave ug le .
Mais ons'y pritavec un e ga uch er ie é lrangeet pitto l'csqu e.
L a basi lique compte ([u at l' e colonncs, d e ux de chaqu e cô té .
La co up o le prc nd pla ce , Ho n pas dan s le !TIili CIi de la nef '
en tre ces co lonn es, mais près cl u sa llc tuaire, en c heva u-
<:h ant s ur detlx travées; e lle re po,;e ,;u e de,; a rcad e,;
a.pp li qu ées cO llll'e les pa r'o is e l so ulenu es d 'un co té par
Jes mU l'S du sanc luaire, d e l'autre , pal" deux pe liles co-
lonn es j Ilte r-calé es e nll'e les g L'and e,; . En ou tr e, d an ,; ch a-
<: un des bas -cotés , UH e pe tit e co up ole inte r-ro m pt le be r-
<:eau 10ngi tudina P, ma is à de,; places di ssy mé tr iques, l' un e
1. A~ T ON I N, Iz IIum elij , p. H!J, p l. XV III (pl nn et vue des nb sides l ;
LA~ IPA"I S, 6. 0 A1:. Xpl'l~., t. !II , p. 93; phot. 2458 ( vu e exté l'i eul'c pri se du
NOI'd-E st); p. 95 (plon ) : l'el evés in ex3c Ls.
2. Au NOI'd, j e 1'3i nettement obse l' vé; au Sud , la stru ctur e esLm oin s cl ail'e.
102 LA BASILIQUE A COUPOLE
au Sud en fa ce de la peemiè l>e at>cade, l'autre au Noed
en fac e de la seconde.
Tous ces procédés: coupole chevauchant sur deux tra-
vées, pe tites colonnes de renfort, coupo les des ba '-côtés
formant la croix, nou sont conn us déjà à Chypre. Le
m'a çon qui les appliqua aux Blachernes, d'une main mala-
droite, sans doute à la suite d'une r eprise, les a\'ait reçus
de la même tradition. Il interpré tait un type.
A Monemvasie, la basil ique de l'Elkoménos comprend
de part et d'autre trois piliers, comme le B1'Ontochion,
trois colonnes. La cou pole se dresse de même au centre
de la grande nef et non près du sanctuaire; mais, ainsi
qu'aux Blachernes d'Ar ta, elle chevauche sur deux tra-
vées, sans les couvrir en entier. Les arcs d'appui tombent
non sur les piliers, mais en deçà, de facon irrégulière,
sur une sorte d'architrave. M. Laurent, à qui je dois ces
observations, estime avec Buchon 1 qu e l'édi fi ce date de
la domination franque et fut seulement restauré en 1697
par les Vénitiens. Il serait clone à peu près co ntemporain
de l'église des Blachernes. La même gaucherie se marque
s ur les deux édifices . En les ra pprochant on se demandera
si, ma lg['é les apparences, malgr é certaines analog ies 2 , à
Monemvas ie, comme à \.rta , la coupole ne serait pa s co n-
temporaine des volltes .
Sans dou te, une exploration de la Grèce e t de la ~Iac é
doine nous permettrait de saisir, sous un e form e plus claire,
la formu le architectonique qu i est en trée clans la struc-
ture du Brontochion. Les photograp hi es de :M. Lampaki s
nous font apercevo ir tant6t à T rikkala:J, en Thessa lie, un in-
téri eur où la co up ole chevauche aussi sur deux des arcades
1. B UCHON, G,.èce, p. 412. Phot. LAURENT 220. Presq ue e nti è re ment mo-
dernisée, d'ap rè TRAQUAIR, B. S. A., t. XII (1905-6), p. 272.
2. Saint- licola s à Platsa : les piliers de la coupo le obstruent e n partie
les portes qui co ndui ent aux petites ne fs. TRAQ UA I H, B. S. A. , t. XV
(1908-9), p . 194.
3. Phot. LMIP A I{! 2071.
LA BA SILI QUE A COUPOLE lOi!
d e la co lo nnade , tantot il Léondari l (fig. 53), non lo in d e
Mis tra, un e vue ex té ri e ure, qui ra ppe lle le Bl'Ontochion.
Les Sai nts-A pô tres de Léondar i rn ér itel'a ien t un rel eyé .
atte ntif. L'ég li se a d es teibun es J ans les bas-cô tés e t
l'hol. Larnpul<i s .
F I G. 53 . - Égli se d es Sa in ts -Apô tres il Léo ndari (At'cadi e).
Ang le No rd·Est.
d e ux co upoles , l' un e s ur le n arthe x, l'autre sur le na os,
un e travée e ntl'e la cro ix e t l' a bs id e. Pal' ces traits e lle
l'essemble au J3ron tochi on. Elle ti e nt co mm e lui d e Co n-
s tantinople ce rta ines for mes, ce rta in s é lé ments déco ratifs:
gl'a nde abs ide à sept fa ces, a rca tures, cOl'ni ch es de dents
1. Ph ot. L AMP AKI S UG;l; p h ot. F OUGÈRES 138. cr ~ €).~ . ·/.p tcrr. , 1..111, p. 106;
l3uc ll oN, Grèce, p. 483.
104 LA BASILIQUE A COUPOLI::
de foeme cintrée. Mais cetle in(luence .n e s'y marque
point avec la même franch ise systé matique. Partout on
ap r çoit un compromis : dans le plan, où manquent les
Cl uatre petites coupoles dos angles; s ur les façades, où
les arcatures restent indéci es et se comb in ent avec les
hontons; dans l'as pect bas ilical du ch evet, où le trois
absides s'alignent sous un pi gnon uniqu e, comme à Sainte-
Sophie d'Ochrida et dans cerLaines ég lises cruciformes 1.
Aussi serait-i l fOl't inté res ant de savoir au juste comment
la cou pole et la tl'ibune se combinen t avec les colonnes
du bas . Par rapport au Brontochion, cette église repré-
sente-t-011e un pre mier essai ou bien un e r é pliq ue abâ-
tardi e au c ntact de la province?
Il es t clair, en tout cas, que l'École grecq u e a Lenté de
combiner la co up ole et la b as iliqu e voùtée sans connaître
la formul e « h ellénistiqu e » . Le procédé qu'elle app lique
s i gauch ement est à la foi s plus simp le et plus an cien . Il
appara1L au cinq ui ème siècle, près de é leuc ie, à 1ériam-
lik 2 : la coupole avec ses quatre arcades est insér ée au
m ilieu de la g rande n ef, en Lre deux bas-côté votltés en
berceau. Le ' deux long ue colonnades r' guli èr e . du plan
basilica l et les quaLre piliers de la s tructUl'e cr uc iforme
res tent d istincL et parallèles . Plus tard , à Sainte- oph ie
de .Con Lan tin ople, les deux li gnes se fond ent: la colon-
nade démembrée pén ' tre en tre les pili er . A Chypre et
e n G rèce, les pili ers s'effacen t devant la c lonnade.
A insi Con tantinople sac rifi e la bas ili que; la province la
CO ll e l've; eUe demeure fid èle aux plu s an cienn . m '-
t hodes. L'al' h itecte du Brontochion les applique en co re,
non sans élégan ce, en po sant , sur les s ix colonnes d e la
] as ilique provinciale , non plus un e simple co up ole, mais
l'oeganism e co mple t de l' ég lise c ru ciforme, te l que Con-
s tantinopl l'avait é l abor~.
J. So phi co n c L icyo n e, 1 hoL. L AMPA I( IS G529, 41'l±.
2. Jah,.bu ch des Irais. cleulschell arch. Ill sliluls, L. XX IV (1909), pp . 433, 448.
IV
L'ÉGLISE A TROMPES n'ANGLE
Les origines. - Les églises à trompes d'angle forment
un groupe très cohérent. Les seuls exemples connus jus-.
qu'ici se trouvaient sur le sol grec, ou vis-à-vis de la Grèce,
de l'autre côté de l'archipel, à Chios. On a pu croire, non
sans raison, que ce type"venait de Constantinople. Mais
voici qu'un simple çroquis, rapporté de Diarbékir par le
général de Beylié, renverse ce système et permet au même
auteur d'en découvrir l'origine persane. Les vieux archi-
tectes de la Perse savaient abriter un carré au moyen
d'une coupole sur trompes . Il suffit de combiner ce mode
de structure avec le plan cruciforme pour obtenir notre
église 1.
Nous ne pouvons qu'applaudir à cette juste doctrine,
puisque nous-mêmes l'avons conçue de notre côté, avant
de connaître le croquis du général de Beylié et l'ouvrage
de M. Strzygowski. On voudra bien nous permettre de
reproduire un passage de notre premier brouillon rédigé
en 1908 : « A Daphni, l'octogone et le c~rré "se pénètrent
intimement. Rien ne prouve que la filiation théorique,
établie par M. Choisy entre cette église et l'octogone des
1. STRZYGOWSKI, Amida, p. 179.
106 L'ÉG LI SE A TRO~ I PES O'A NGL E
Saints-Se rg e-e t-B acchu s à Co nstan tino ple , ' rép ond e à un
pro cess us r éel. La coupole co uvrant un carré au m oyen d e
tromp es co n s titu e un e s tru c tUl'e fort ancienne , plus
v ie ille qu e l' octogone à nic hes , C'est ce ll e d es pa la is p er-
san s, d es ég lises coptes, cappacl oc ie nn es e t géo l'gi nn es ,
d es premi èr es bas iliqu es à co up ole, d es mo squ ées arab es
e t tu rqu e . Pour'quoi les teo mp es de Saint-Luc e t d e
Daphni n e se eaient- elles pas un emprunt dir ect à ce tle
teadition ori ental e? Attache e au ca rré l es qu atr e bras
d'un e cro ix es t un pr'océ d é fami li e r aux constr uc teur
chréti en s en Orie nt. Il s le trou va ient appliqu é d éjà à
1
l'oc to go ne, ve l's la un d u qu atri è m e s iècl e, en Cappadoce,
par la volonté de G régo ll' d e Nysse. »
Adm e tton s donc l'ol'i g ine ori ntal : le problè m e n e
sera pourtant pas é pui sé . No us voudrons savo ir si la
Geèce a re ç u ce mod èle d e l'Orient , d e la Méso potam ie
pal' exe mpl e, e n li gne d irec te ou par la voie d e Co n s tan-
tinopl e. e tte qu es ti on re s te ouv ert e 1. Elle m é eite e xa-
m en , s i n o us voulon s co nnaitL'c la position d e l'J:: co le
g eecqu e vis-à-vi" de Cons tantinopl e . .
Pour la résoudre, n ou s essa ie r ons d' é tablil' la flliflti on
d e form es avec plus d e préc is ion qu e n'a fait l' aute ur de
ce tte é tud e .
Les cl e ux s tr uctures qui s'o pposent, co mm e les sy m-
boles d e d e ux tl'aclition s rival es , trompes ou pe nd e ntifs,
s ont e ntrées l'une e t l'autre da ns d es combin a iso ns id en-
tique s , ont peis pla ce dan s d es séri es parallèl es.
D'abord l'organe esse nti el, la coupole sU[' un cané,
s uffit p our consti tuer un e égli se . Ave c les pend e ntifs , on
e n pe ut c iter d e nombr eu x exe mples, à Tréb iz o nd e'?, e n
Bithynie3, en Serbi e", dan s le Magn e~, s urtout à Constanti-
1 . S T RZYGOW>;; liI , Amie/a , p. 183.
2. MILL ET, B. C. JI. , l. X I X ( tll!):) ), p. 454.
3. A Syg" : lIA S I. UC K, B. S. il., L. X II l (1906-7 ), p . 204.
4. Ku l'i! umlia, d 'ap l'ès m es l'c Ievé s (ng. 87-88).
5. Anal'gyr cs à Ko umani : TRA QUA IR , B . , A., l. XV \1908-9) . p, 1 3.
107
n o ple l . Avec les tl'Omp es, cette {oeme é lémentaiee se l'e n-
co ntre au Ca ucase ~. On l'a s ignal ée auss i en Ceèce, à Mi l o~
(f ig. 54 ) : d es teave eses de pi e l'l'es cou pe nt les an gles e t
porte ntl es niches, la CO li -
pole n 'atte int pas l a h au-
te ur d'un e demi-sphè l'e;
les proporti ons irrégu-
liè ees etl o u d es , l' as pec t
hu ste des pal"e m e nts d e
pie rres, les fen ê tres r a-
l' es e t p e Lites indiquent
un e é poqu e r ec ul ée e t,
d e plus, un e o n g l11 e
orienta le . Au m ê m e e n-
dl'Oit, côte à cô te, a pris
place en s uit e un e ég lise
à pe nd e ntifs, auss i s im-
pie : l es deux typ es so nt
juxtaposés, les ci e ux Ll'a-
ditions ont concouru.
La trom pe, aussi bien
qu e le p end entif, a pé-
n é tré avec la coupole
dans le plan basili ca l.
Onconna itle ma g nifiqu e
e ns embl e d e I\.hod ja-I\ u- FIG. 5J. - -É g lise du Saulleul' il Mil o .
l ess i l,. L'égli se cl'Anticla:' Plan c l co up e d 'après Fl eLchcl·-IGtson .
clans sa pUl'tie o l'i e ntal e
(fi g. 55, B) pueaît r e pl"oduir'e les teaits esse nLi e ls de ce m o-
d è le, sa uf les ll"ivunes. En e ffe t, le g é né ral ci e Beyli é a
1. F é n a l'i - [ cs~a, FéLi yé-Djami, I\ahl'i é-Dj a mi . L c ca n'é I Ol't ant l a co u-
p ol e est entOUl'é pal' un e Lri p l c ga l el'i e. 'J'H AQUA l fl , op. 1., cil e Sangackdal'-
Djami.
t. f(au!;a z, L. Ill , pp. ii2-5:l, fi g . 'U .
3. FLE T CII Efl- I\I TSON, B . S. JI., t. Il (18!J5-ü), p. 1:3u sq .
4. STRZYGUWSK I, I(leinasiell, p. 110 .
fi. STRZYGOW,; I(\, Amida, p. ln; Ol'ieillali~ c h es A r chiv , L. 1(1910), p. 5 , fi g . 2.
lOS L'ÉGLISE A. T HOMPES D'ANG LE
re levé une coùpole sur trompes couvrant un carré et, sur
les côtés, d eux galeries qui le longent. Homaire du L-rell
d écrit à la même place « un e seconde nef ornée d e chaq ue
côté de quatre colonnes soutenant des arceaux e n plein
cintre, domin és par des
murs droits, qui suppor-
tent une voùte elliptique
égaleme nt en briq ues . Der-
r ière les colonnes règnent
d es ga le ries latérales de
fa çon à prendre en totalité
la lal'geur de la gl'ande
n ef )). Prenons cette des-
cription à la lettre , imagi-
nons qu'après le passage
de ce voyageur, l'on a con-
damné, englob é dans un
mur les arcades et les co-
lonnes, comme à Salonique
FIG. 55 .
Église d es Nes to rien ' il Amida.
les meneaux d'Eski-D jou-
He levé du gén é l'al de Beyl ié, ma. Nous retl'ouv ero ns à
d'après Berchem-Strzygowsld .
peu près la disposition des
basiliques à co upoles . Le
général de Beylié n 'indique pas la form e des voûtes sur les
galeries latérales. Il est clair qu'i l y avait des bercea ux 1.
Dans l'église cl'ucifOl'me, la trompe peut occuper deux
places différentes par rapport aux arcades des quatr e bras
de la croix: tantôt au-dessus, dans un tambour ca rré:
telle est la pratique cappadocienne 2 ; tantôt à côté, au
m ême niveau: alors l'al'cade se rétréc it et ne forme plus
que l \m des côtés de l'octo gone. Vo ilà notr e typ e .
Il appuaH d 'abord , sous un aspect archa'Lque, à la fois
en Mésopotamie e t en Grèce.
1. STRZYGOWSK I, Amie/a, p. 184, p l'opose une auLre exp li ca li on.
2. HOTT, f(leinasial. Denl.-m. , p. 184, fig. 61, 277 , 102, 103; HAMSAY-BELL,
p. 440. Voyez l'in térieur de Sivr i-Hissal', fig. 308.
L'ÉGLISE A TROMPES D'ANGLE 109
A Amida, la nef occidentale (fig. 55, A) présente une dispo-
sition simple et logique. Point d'abside, puisqu'une seconde
nef servait de sanctuaire; point de tribune. Le carré est
clos par des murs. Sur chacun des côtés, au milieu, s'ouvre
un des quatre berceaux qui des-
sinent la croix. La croix est ins-
crite dans un autre carré ex-
térieur. Entre les bras, dans
chacun des angles, trois pièces
voûtées en calotte.
L'église de Christianou, en
Triphylie, est une des plus im-
portantes de Grèce (fig. 56-
58). Ce monument a échappé
à M. Strzygowski. Ici encore
:M. Laurent, qui l'a photogra-
phié l et relevé, a mérité notre
gratitude. Le plan cl'Amida s'y
retrouve en ses traits essenti els: FIG. 56. - .Église de Christia-
bel'ceaux dans les bras de la nou en Triphylie. Plan au
1
croix, calottes rondes ou ovoïdes 400' relevé par J . Laurent.
dans les angles, le béma, seul
des trois sanctuaires, ouvert sur le carré central. Mais un
organe essentiel vient en troubler la symétrie. De part
et d'autre, au Nor'd e t au Sud, une tribune traversant la
croix relie entre elles les pièces des angles et détermine
une petite nef à deux étages , qui communique librement
avec le narthex. L'édifice rappelle ainsi la ba~ilique à
coupole. Elle en a retenu le trait distinctif, qui est le
berceau longitudinal des bas-côtés. Les calottes se greffent
pour ainsi dire sur ce berceau; celles des angles, dans les
petits sanctuaires e t aux extrémités du narthex, se retrou-
vent à Nicée . Un motif singulier mettra cette parenté en
lumière. Les petites absides s'ouvrent non point devant la
1. Voyez plus haut, p. 5, note 6. BUCHON, Grèce, p. 467.
110 L'ÉGLISE A TRO~ll'ES D'ANGLE
nef corre ' po ndanlc, mais en deçà, afin qu'à l'extél'ieur les
tt'ois sa ill ies s'ordonnent en bon équilibr e sut' la lal'ge ur
en ti èl'e de l' édifi ce, La mêm e gaucherie ca r aclé[' j e Sainte-
Sophi e de Salonique e ltl'ahit dan s les de ux ég li ses la dir-
ficull é que l' on é prou va it à com bin er deux s tru c tur es bien
diITérentes : co upol e sur p end en tifs ou sur trom pes, c t
nef basilical , Le plan de Chri s tiano u n ou s appaea itra
ainsi comme une for'me de transition fort ancien n e,
Le catho li con de ai nt-L uc, a u co ntl'ait'e, marque un
pl'ogr·ès. Deux traits le distinguent.
~
D'abord les \'otltes d'at'ête remplacent les berceaux s ur
lC,s bras de la c l' ~ ix , les ca,lo ttes SUl' les pièces ~u les .t l'a-
. vees des bas-co te , 1. 1\ ,Am tda , ces calo lles soat bien 0 1'1 Jt-
laIes. 0 1' , les \' o Îltes l'a r'ê te en r pré ' e ll te nt ,la te an pos i-
tion hellé ll is tique, cO llslalltino polilaine. C'est le procédé
d e p l'édilectioll que Co ns tant inople appli([ue au x nefs la-
téra les de Sainte-Sophie:2, d Sa i ll t e- Ir è n e~ , de Gul-Djami 4,
à la plupart c1es Jlat' thex e t m êm e pat'fois, s ing ular'ité
ty piqu e, aux quatre bea de la croix, dan s la Boudroum-
Djami et l' égl ise fun érail' de Fétiyé :'. Boudl'oul11-Djami,
pr'esCJue e llt ièr e ll1 Ilt voütée d'arête, pa t'aît ê tre con tem po-
J'a in e de Saint-Luc. De là vi nt l'exe mpl e . De lù vinrent
a ussi les lIi c hes c t'eusées Ut' les pa t'ois du béma. Les
deux ér.;lises compt'e nn ent des absides aux ex tt'émit 's
d LI ltat,thex,
En seco nd li eu, le san c tu a ire es t régularisé: prot hèse
c t d iaco ll ico ll s'ou\TeJtt aux co tés du béma, S,JI' le cané
ce llt r a l.. De . al'cades analogues leu l' ré ponde Ilt e n face e t s ur
le, co tés. Lorsque les tt,ibunes dispat'a issen t, à Daphni 6,
l. S:luf une ca l otte au -dessus du san ·tu:JiI'C : D I E II L, Sainl-Luc, p. 18;
:-)C II ULTZ-BARNSLEY, pl. 1-2 ; \ VULF F, lIosios LuffaS, p . <1.
2. ALZENDEIlG, pl. YI-YI I ; LETIlAIlV-SWA INS ON, p. 37; GUIl Ll rr , pl. 8 a;
A:'I TO N IAIl IS, pl. IZ'.
3. Pho t. AllO LLAII 929; GUHLlT T , p l. 6 c.
·1. \V L... ... , f';oimesis, p. 12·1 ; GUIlL I'J'T , pl. 11 a; l~ n ERso L T, p . 25.
G. Gt;ItL ITT , p l. !) (; É II EIlSOLT, pp . 27, 38, fi g. 20.
6. M I LLET, Dap fllli , p, 50 (pl an) , ul (co upe d u NOl'd :JU Sud ), p l. II I (co upe
IORg i tudi nale) .
L' I~GLl SE A TnO~IPE S D'A N GLE I II
plt ol. La ure nL.
FH";. 57. - É glise d c CIH'isLian ou. Vu c des ab sid es .
Ph oL. L a ure nt.
l' Ir. . 58 . I~ g li se de Chri,,;li anOLl. InLél'icLlI'. Vu c du san cLu oirc .
112 L'ÉGLISE A TROMPES n 'A NGLE
à :iVIon ernvasie 1 (fig. 59-GO), la syméteie d vient parfaite. '\
L' édifice r éalise une foemule achevée . L es leux Gg ures )
géométriq ues confus ' ment e ngagées dans la vieille struc-
ture pe r'sane, octogone et ca rré, se dessin nt et se pén è-
teent. L'oc togone , d ' terminé par les tromp es, s'appuie
sur huit p iliers, qui sont d is posés pal' co uples s ur les
côt és d u ca rTé , e t reli és au mass if des ano' [es, par huit
pe tites arcades, l es unes ouve ete , l es autres aveugles . La
fu s ion e ·t si co mpl ète, qu 'un sa vanttechnic ien , M. Choisy,
a cru pouvoir é tab lir e nlre ce lte s tru cture et l'octogon e
des Saints-Serge-e t-Bacchus, cette fUia lion t h éorique déjà
ind iqu ée au début de ce ch ap itre 2 .
Quelle éco le a pu concevoir' cette innovation ? Peut-
ê tre un e école orientale, qui aurait repl'oduit les arcades
inégales et sym é triqu es des palais de Serbistan , Samara 3
ou Hat ra4., puis qu e au quinzième si ' cle , nous r etrou von s
ce mot if appliqué a ux quatl' faces lu carr é cent l'al , sous
la co upole e t le. tromp es, dans la mosquée Sunnt édifi ée
par les Ti rnourides à T ébriz 5 . Sous sa form e g recque, il
se r encon l L'e déjà à Chri. ·Lianou, dans la partie occiden-
tale. Sur les cô té, l'arcade ave ug le s'élèv d'un seul je t
jusqu 'à la cO I'ni ch e il s'appuie la tromp e, com m e s'il
n'y ayait poin l de tr i bune, ains i qu 'à Daphni et Monem-
vasie. Or , ici. aucun des procédés cOlls lan tinopolitains,
ni ches, voùtes d'ar-ê te o u fen ê l ees , n 'a pén étré . Nou ' en
conclurons qu e ce,' é tt'o ites arcade, appartienn ent aux
plus an ciens m odèles g eecs e t provien n ent sans doute
de l'Orienl.
T ou tefois ce tte lia ison de la tromp e avec l'octo gon e
1. T BAQUA I R, B. . A ., t. XII (1905 - 6), p. 273 , pl. V I : p lan en co ntl'ad i c-
tion av c la 1 scripti on et la co upe. No us re pl'oduj sons l e p l an el l a
coup e exécutés I)at' M. Che nay en 1 9G, au co urfl d'un e m iss ion , il l aq uell e
ont pri part l e r cgr cl té Jcan Ncgro ponte, M. L aurent et nou .
2. Voyez M I LL ET, Daphni , p . 52.
3. STRZ YGOWS KI, Amida , p. 1 0; BEY L I É, Prome el Samara, p. 125 ; BELL,
Amuralh 10 Amurath, p . 240.
4. ANOBAE , pl. II et VIl I, pp. 1 5 ct 23.
5. GAYET , Art persan , p. 1 57; T EX I E R, Armén ie, p l. 42- '! 6.
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FIG. 59-60, - F~g li se de Sa inte-Sophie il Monemvasi e. Plan et co upe longitudinale.
Dessins de L. Chesnay, prop1'Ïété des Monuments Historiques, au 2~0
8
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1H
nous reporte vers Constantinople, qui a combiné aUSSI
ces deux structu l'es.
L e type mésopolamien aurait-i l donc passé par le Bos-
phore? Nous ne nous arrêterons ni aux descriplions pe u
explicites de C la vijo, n i il la tradition erronée qui attribue
Sa int-Luc il Homain II. Nous nous bornerons à pl<lcer etH
fac e du groupe geec une autre église , qui a des attach es
cer tain es avec Con st antinople: la Néa-i\[oni de Chios1. En
e rfet, si nous ne pouvons croire sans contrôle l e prosky-
nitaire de '1.804 rapportant qu e Constantin Monomaque
envoya « l'archilecte en chef et d'autres artistes », il nous
su ffi ra de jeter les yeux sur une autre église de Chios, il
Krina 2, r é plique modeste de la Néa-Moni, pour y recon -
nai.tre les procédés de Constantinople : paremen t de
brigue, arcatures sur les fa çades e t surtout s ur la grande
abside.
Nous apercevo n s a insi un point de contact entre les
1 deux écoles . ::\Iais prenons-y garde : elles n 'ont point
tra ité exactement le m ême motif. La Néa- Moni di ITère de
Saint-Luc e t de Daphni. Elle est plus simple , plu' légère,
dégagée de tout massif, de toute annexe, ré d uile, en réa-
\ lité , au carré central, qui dépasse de h eau coup le sanc-
tuaire et l'ésona l·thex et les laisse pOUl: ainsi d ire en
dehors. Résulterait-elle d'un nouveau perfec tionn ement?
Non , assurément. Elle provient d'un e aut l'e origine . Ici
encore nous r eco nnaîtrons que Constantinople et la Grèce
suivent des voies diverses.
En e[et, dans la structur e de Chios, les bras de la cro ix
et les annexes manquent, non par suppr ession, mais par
principe : nous savons que l'église à tromp es d'angle,
1 sans croix, réduite au carré po r tant la coupole, cons titu e
un type distinct qui se rencontre dan s l'Archipel. A Chios
cette structure 'lémentaire se trouve compliquée e t
1. STHZYGOWSK I , B . Z. , L. V (1896), p. 140 ; 'V U LF !', l/os ios LuIras, pp. 20-21;
BAH S I( IJ,l. II , p. 202, 1';)ppoJ'te la fondati on au 11 j nnv i er 1045.
2. "VULF!' , Hosios Luiras, pp. 22- n.
L'ÉGLISE A TROMPES D'ANGLE 115
déformée par l'intrusion d'un oc o~n~. Au lieu des
trompes jetées dans les angles entre quatre murs, on y
voit huit niches posées au-dessus d'un carré, une sorte
d'octogone amputé par une section horizontale et dressé
sur un piédestal cubique. Où prit-on le modèle de cet
octogone? Un trait: sùr nous l'indique : ce sont ces co-
lonnes que Grégoire de Nysse fit dresser aux angles pour
consolider et ornerl'édifice t. Ce motif se retrouve, vers la
fin du dixième et au onzième siècle, à Ani 2 : dans chacun
des angles de l'octogone, une demi-colonne porte l'archi-
volte saillante qui encadre les huit niches. Il est vrai que
l'église d'Amida, à l'Ouest, J:>ossède, aussi « huit colonnes
angulaires, au-dessus desquelles s'élève le même nombre
de pendentifs, formant le ' cercle qui supporte la cou-
pole ». Nous en conclurons qu'ici encore l'octogone cap-
padocien s'est insinué dans l'église à trompes d'angle,
que les traits communs entre Chios et Amida tiennent à
une source commune. Chios ne dépend donc point de la
Mésopotamie. Dans la sphère de Constantinople, l'élément
persan s'est effacé devant une forme moins exotique;
en Gr'èce, il demeure au premier plan.
C'est sans doute aussi l'Ecole de Constantinople qui, pen-
dant le treizième siècle, fournit à Arta cette amplification
téméraire de la Néa-Moni, ces multiples étages de colon- ,
nettes qui avancent en encorbellement l'un sur l'autre, en
resserrant de plus en plus l'ouverture des niches d'angl~,
si bien que ces ;üches prennent, comme au Caucase, l'as-'
pect de cylindres creusés dans de gigantesques piliers. Ici
plus nettement encore la trompe dégénère: elle se perd
1. BRUNO KEIL, dans STRZYGOWSKI, hleinasien, pp . 74- el 79:
2. Église de la famille Aboughamrets, consacrée à ' Saint-Grégoire:
GRIMM, l'. 8, pl. 41; A[.ICHAN, Chirak, pp. 23-2f; LYNCH, Armenia, t. l,
p. 381, fig. 87; ORDELI, Anijskaja Serija, 4, p. 23, n° 53 du plan; phot.
ERMAKOV 12910 (vue extérieure). Méme type: église du SauveUl', ALICHAN,
pp. 83-84; LYNCH, p. 383; ORIlELI, p. 44, n° 51, datée de 10,36'; phot. ERM,I,KOV
12919 (vue extérieure). Comparez phot. ERMAKOV 1:.1921: coupole , daris le
palais du prince Bakhlavouni (demi-colonnes). '
HG L'ÉGLI E A TROMPES D'ANGLE
derrière un p enden Lif. La Parigoritis'a n'est point so rLi e
de la tradiLion grrcque : la triple gal rie qui en toure le
carré cen leal appart ient à Cons lantinople 1.
Ainsi C hios e l AeLa II.OU S démon leenL que le modèle
pel'san fut aussi manié par l'É cole con ·tantin opolitaine,
mais dans LIll a ull' e spl'iL. Le de ux r 'p liqu es n 'ont en
co mmun que le ul' pl'inci p même. Snin t-Luc doiL bien à
la ca pitale cel'la iw:; p,'océdés, voùles d'a rê Le, ni ch s c1éco-
l'aL i.ves, fe nêLres , as pecL de s fa çades. Mais, jus qu es ù plus
a illple informé, no us l'eco llnaÎLrons, dan s so n pla ll e t sa
sl l'uclure, l' œ u \'l'e de l'École grecq LI e, 'inl e l'p l'é Lant avec
une ce rLain e lib e rté le peoLotyp m ésopolamien.
Les transformatio ns. - Compal'ons maintenant e ntr e
eux les clive es monumenLs : noLre conclusion se trouvera
confirmée.
A premièr e v ue Sa i.nL-Luc nous apparait comme un
protoLype d'où sorte nt tro i . r épliques:
'\ 0 La Panagh ia Lycoc1imou 2, pl' squ e contemporaine,
cO llserve les ca Li chouména. Mai s elle rappelle Chl'istianou
par ses caloues, ses n e fs laléra les, l'a p ect de ses fa-
çades ,
20 Un demi-siècl e plus tard, Daphni a perdu les ca Li-
choum éna. L es pièce' des angles reslent isol ' es t so nt
di 'po sées suiva nt une symé trie plus exac te. Les voû tes
d'arêle domin ent sans pal'tage. Puis Sainte-Sophi e de 1\10-
nemvasie (fig. 59-60), cop ie de Daphni, les lai s e tomber :
presque partouL, 'auf dans le b éma et la travée occiden-
ta le du naos , elles fonL place aux berceaux.
3° Saint-Ni.colas-des-Champs, près du LacCopaïs 3 , repro-
duit le plan e t le votlLes de Saint-Luc, sauf les caLichou-
1. Le pl an dan ANTON IN, lz Rum eliJ, p l. XVII; 'NOLFF, llo sios Luiras,
p. 2!; LA~IPAKl s, flil liq . Chrél., p. 4·l. M . wuln' l'aLLa ' he auss i les deux:
égli ses à Constantinopl e, p. 23. Pho L. LE T OORNEAU eL LA~ I PAKI S . Cf
M ILLET, il rl by z., Il , p. 929 ; D IEIIL, Mallu el, p . 715, fig. 35 ,362,36 .
2. SC HULTZ- BARN LEY, p. 15 ; WOLfF, Hosios Luiras, p . 12; phol. LAMPA-
J{ IS H77-87, 6693 (vu s ct '5 façade. et de l'inLé l'i eu l').
H. Plan el description dan ' "VULF I', 1/osio s Luiras , pp. 11-12, fig . 8;
SCII ULTZ-BAHNS LEY, p. (;8, pl. 5G·GO ; LAMPA IOS, A nliq . chl'él. , p . 29 , fi g. 41.
L'ÉGLISE A TROMPES n'ANGLE 117
ména et le narthex. En outre, sur un des côtés du carré,
en face du sanctuaire, deux colonnes remplacent les
piliers, ' suivant l'exemple des églises cruciformes de Sa-
mari et de Mistra.
Sainte-Sophie et Saint-Nicolas annoncent la derniÛé
venue, les Saints-Théodores de Mistra 1 : pas de narthex,
colonnes à l'Ouest, plus de niches décoratives, aucune
voûte d'arête; bras de la croix, bas-côtés et annexes sont
voûtés en berceau. Tout ce qu'avait donné Constantinople
est écarté. En outre, sur les parois du carré central,
l'exacte symétrie des arcades se trouve rompue: les ar-
cades aveugles des côtés ne correspondent plus aux ar-
cades OUNertes de l'Est et de l'Ouest et perdt'nt leur va-
leur architectonique. Plus de corniches sous les trompes,
plus d'arcades saillantes -ni de fenêtres latérales à l'exté-
rieur. L'église change "ainsi de caractère. Les arêles. de la
structure s'effacent, les niches et baies se comblent, pour
offrir de larges surfaces unies aux peintures, qui revêtent
les murs jusqu'au sol et enveloppent de leurs tons cha~ds
l'éclat précieux des deux colonnes. De même, à l'exté-
' rieur, aucun ressaut, aucune ombre portée ne masque,
autour des fenêtres, la combinaison pittoresque des
briques. Les Saints-Théodores formaient un monument
charmant, tout en effet et en couleur, moins imposant,
moins architectural que ses modèles, d~une esthétique
plus raffinée, moins vigoureuse.
Ainsi, nous croyons saisir une filiation : Saint-Luc,
Daphni, Monemvasie, Mistra. Le type avance, en suivant
une voie naturelle, et semble pénétrer en Laconie avec
les armées de Michel Paléologue. A mesure qu'il s'éloigne
de Constantinople, d'une étape à l'autre, il se trouve sim-
. plifié, transformé. Il se rapproche de l'église cruciforme.
Il devient purement grec. Mais nous ne savons pas tout.
A l'autre extrémité du Péloponnèse, Christianou nous
1. MILLET, Mon. Mis/ra, pl. 20-21.
liS L ' ÉGLISE A TnOMPES D'ANG L E
découvre un e fo rme plus ancienn e que Saint-Lu c et qui
présente pourtant les tra its di s tin clifs des r épliques pos-
lérieures . Saint-Luc n'a donc poin t engendré ces r épJ i-
qu es : elles vienn ent de plus lo in . En l·éa li té, trop d'inter-
m édiaires nous manquent pour é tabli t' une généalogie
ce rtain e, pour su ivre, dan ses rami fi cat ion s co mplexes,
l' élaboralion du type méso potamien sur le 01 de Grèce.
v
LES ANNEXES DE L'ÉGLISE
Narthex. - A Mistra, deux églises manquent de nar-
thex. L'une, 'par hasard et nécessité; c'est la Péribleptos,
nichée dans le creux d'un_ ro_c@r : une sorte de chapelle
er'itient lieu. L'autre, par l'effet d'un parti pris: ce sont
les Saints-Théodores, où la fa ad IUimitiveJuL décorée
p~ ur reJ>lerJ ibre. Mettons en parallèle une autre église
de même type, de même caractère, petite aussi et apégée
par des colonnes: Saint-Nicolas-des-Champs. Le narthex
a pris place au dedans, sous le bras Ouest de la croix,
entre la porte et les deux colonnes qui soutiennent la
coupole. Il occupe toute la largeur de l'édifice, entame)
les pièces d'angles, mais respecte l'équilibre extérieur. 1
A Mistra, le parti est plus franc: on a évité de rompre au
dedans aussi bien qu'au dehors l'équilibre du plan.
Ce parti pris est digne d'attention. Le narthex manque
aussi aux églises cruciformes à :Magoula 1, à Chrysa-
pha 2 , à Géraki 3 , dans le Magne 4, à Plataniti 5, à Sophi-
1. Phot. LAURENT 323.
2. Église de Tous-les-Saints, anciennement du Prodrome: phot. LAU-
RENT 223.
3. Saint-Sozon : phot. POULITSAS 10". Voyez aussi TRAQUAIR, B. S. A.,
t. XII (1905-6), p. 267.
4. TRAQUAIR, B. S. A., t. XV (1908-9), pl. X (pyrgos, Kilta), XV (Kouti-
phari, Platsa). .
5. STRUCK, Ath. Mill., t. XXXIV ' (1909), p. 192. Il en était sans doute de
même aux Saints-Apôtres de Calamata (fig: 41).
]20 LES AN N EXES DE r. ' I~G LI S E
con l , e Ln o n a ux Illo indl'es, car ce lle d e Kai sa l' ialli Il'e n fu t
pourvue qu e plus ta l'd ; il JIl a nq ue il l'égl is Ll' iconq ue 2, à
VI la ba s il iqu c ù co up ok :J, s UI'l o ul ù la ba s iliqu il ll'an se pl ",
'1 Il es l pl'Obab le qu e la plupal'l d es pCliles égli ses de G l'ècQo
n ' n l.'eçUl'cnL pas:' ; o u h ie ll , COJllJll e à Sa in L- ico las-des-
Cha mps, o n l'l'tabl il Ù l' i nlé l'i CIII ', da ns le l' pS m êm e de
l'éd ifi ce, .\ 1\ l'l a , pal' exem ple, da ll s la bas iliq ue de la I( alo-
Panag lli a (f ig, _:3-24), ull e d CI'n iè l'e Il'a \' 'e e n li e nlli e u: de ux.
p ieds-d ro ils le 10ll g de s lIlLII'S, l'a l'I'an g me nl di(l" eenL
d es YOllles, e nflll il l 'exlé l,ic ul ' de ux fl' ont o ns dl'essé
(Ian s le h a uL des fa çades la l(' l'alr slj s u[fl senl ù l' ind iqu e !'.
De m êm e U II I)e u plus l oill , ù \' icop o lis, de ux p ili e l's à
l'exll'émit(, des co lonn 'ld cs le di s Li ll g uenL se ul s du naos 7 •
Il n 'es l do n pa s illdi sp en sabl e Cil G l'èce, m ê lll e pOUL'
cons Ln.lil'e c! 'a,' sez g l'a nd es égli ses,
i\ plu s fOl'lc l'ai so n e n C l'è t(" il JIlanqu e le plu s SO llV .l\l 8
ou h ie n il co mmun iqu c libl'cm nL ;t \'el' le lI aos!I, T o ul e-
fo is ce lle ('cole a co n ll u le m odè le I)yzanlin lll , C il sOl'le
qu e Jes nal' Ib ' x plc in enL CllL OUVCI'Is SUI' le naos Cil .· Oll t
P ul' ta nL di s tin cls pa l' la s Ll'u cluL'e Il,
Un Ca il ,1Ils si J' I'éqU(' IIL 1I 0 ll S n ' \'èl LIlle ll'adiLi on e n l'a-
cin 'e dan s le so l pl'o vi nc ial , d 'a ut a ll L plu s 1'OI' Le qu'elle
ag iL dan s un mili e u m odcs Le , Une teUe Ll'adiL io li II OUS
enlealn c nco l'e loill ci e Hyza nc(', cl a ns les l'égions Il'on-
tiè ees, Ollve l'le s Ù l' i!ln ue ne de l'O I·i e nL,
1. J~g li ,;c. d c l'II y pupunLi : p ho t. LA~IPA "I S 653.;.
2 , 'uint- Eli c, il un e hc uI'c ct dc mi c d e Gér u ld : ph o t. POU LIT.· AS 2()-22
(n". 7!J) ; Sop hi co n, éO'li :;e du l'I'o d l' mc : p ho t. L A~IPA" I S (i53 1.
il. Au x Bl aeh c r ncs d'Art a, le nUJ'th cx es t po" téri cur. I)n ns l c i\[ug ll c.
Suint-N i co l as à Pin! u : T RAQ AI R, B. S . "l. , t. XV (190S-!!, p i. XV .
4. B aOé!:>; et rU iJ·'IO d e Chnlci s : , 1 hot. LA~ I P" KI I H76-7ï,79 (ng. 22) ; Nu u-
pli e, 1Ji38 . D uns l c i\J:1 g nc, , uinl - Eli c à Abyso lu, Su i nte-P u J'a !; évi il Plulsu :
T RAQUAIR , op. 1. , p l. XV .
5. L" ,IJPAK IS, Anliq . chl'él., p p . 12, 11', il.!'
6. E n uvu nt . c Iro uv Ull nUl'lh ex p05 1l ri c lII'.
7 , ANTON IN, [; RUlllelij , p l. VIII. L c an cilluirc cs t t ruit(' cl m èm .1
. EllO LA , Mon. vene/i , p. 19ü 'q.
9. Op . 1. , p . :)2; u i nt-Til c d è GOJ'ty nc , p . 23\), ng . 277,270.
10, Op. 1. , pp. iin, (l , 7G, 1'0, 180, 191. l!H, 223 (f i" . 273 ), 29~ .
Il. A l'eu cli u : op, 1., p . 87. cr fi g, {!J.
LES ANNEXES DE L'éGLISE 121
FI G. 61. - É g li ses d 'Aï sas i en Arm énie.
Yue clu No rd-Ou es t.
E n pre mi e r li e u , S Ul' le pla te au cl'Anatolie. E H Lycaon ie
e t SUl'lo nl en Ca ppad oce , la pluparl d es é g li ses c l' uc i-
formes il noix libre l , les plu s an c ielln es il cr o ix ill sn ile 2
n 'avaie llt L'i e ll d e valll Je s Hcfs : ce ll e d e T chau g li-I\.lissé 3
fut d 'ab o L'l[ dégagée CO.IIlJll e l es SainLs-T h éo do res. Dall s
le tuf d e GO L'e lll e o u d e Sog hanle, Oll n 'a s u Cl'e ll se r- qu e
d es \·es Lib ules irL'ég uli e rs/ .
L 'École al' III<.~ lIi e IlIl C ll 'adlll e l sue l e s la r ges faça d es
uni es au c ull e su illi e : Hi. ab sides, ni uaelh e x. E Ue a bi en
COll Sll'uil d e v<lsles sa lles partagées en plus ie uL' s trav ées
1. ROTT , f(lei nasial. Den/fin., pp. 183 , 188, I!J.I. , 2G6, 277. RA~I "; AY-BELL,
'pp. 27 1, ;'\1)2, ans. Oc mèm c la v ieill e basi li qu e c1 'A nd a val en Cnppaclo'ce :
, Horr , p. 107 , fl g . HO-31 ; s ur' Ics bas iliqu cs d c Binbir-Kili ssé , cf r\AM SA Y-
B ELL, p. 312.
2. RA~I SA Y- RELL, p.1 8+ ( Ocg hil c, nO H5), 273 (T chel - Dagh), 405 (Sa inL-
Amphilo ch c il J\:oni ah). Hev. a l'ch., 1907, J, p. 2l (S::rinL-iVl ichc l il Sill c h).
H. Ro1"l', /'leinasia/ . Den/fin ., p. 25!l; RAM SAy - BELL, p. 'JO·I, cn fo nL lu
l'cmul' qu e, sans to ul c foi s l' indiqu cr sur' 'Ie pl an. '.
4. Horl', f(/eilla sial. D en/fin ., p. 12.5 srf., 135, 208. U n narth cx cl Sill éh :
BE LL, R ev . al'ch., .l!JOï, [ , .p . 2ù . '
]22 I. ES ANNEXES D E L'ÉG LI SE
p ar d es ar cades et ci e m ass l " es colonnes 1. Elle a Lro uv é
même, à Aïsas i.2 (fi g . 61.), au tr e iziè m e s iècle, un e co m -
bi naison fort orig inale Je ces p u issanLes n enul'es au
p ro Ol brisé, si solid es, ajus tées avec un ar t si co nso mm é
qu 'on les vo it auj ourd 'hui enco r e, i olées par la chute des
vo ù tes , se dl'esser SUl' leurs de mi-colonnes co m me un e
ossa ture géante . Ma is ces ann exes para issen t d'é poqu e
ta r dive et souvent pos tél' ieu l'es au coeps cie l'église. Nou s
l es co mp arerons non po in t a u n a rthex byzantin , m a is à la
« li ti » , q ui fu t sans dou te a pp ortée d' Orient au Mon t-
A thos par les Serb es:!, au quatorzième s iècle (fig . 28-29).
E n Géorg ie, le narth ex es t l'aee . Il fau t le ch e r:- ch er en
des rég ion s co mm e l'Abkhazie, q ui o nt sub i l' inrluen ce
byzan Li ne. Encore s'y t l.· ouve -t-il s i bien l ié à la m asse d e
l'édiÎI ce, qu 'on n e le di s tin g u e pas à l'ex Lé ri e ur:-. T e lle est
l'église de P itzo uncl a, toute byzan tin e pa l' son pa r··e m en t
e t les pro p0 l'ti on s J e a co up ole/ A ille urs, so us l'inrl uen ce
l •
plus lo inta ine de Byzan ce, soi t près de la m er No ire , à
Le khn é·j e t dan s les h a utes yall ées de la Ko uhan G, .-o it à
:Mo ky a 7 e t Ù Ko utaïs8, il se di s tin g ue il p e ine du n aos, il
1. A magh ou, So inl-G r égoi l'e : p h ot. ERM AKOV 15899, 15900 (v u e inté-
ri eure), gTond e vo ùte en arc d e cl o itl'e (mil ieu du t re i zi ème sièc l e, ALI-
CHAN, Sisalran, p . 188, SA INT-MARTI N, Mé moi/'es histo /'i ques, t. II , p . 145);
D al'atehitchag, Sa int-G r égo ire., 1.5852, 15863 (v ue extér ieu re), 15806 (v u e
i ntérieul'e), co l o nn es m ass i ve!', p l u ~ i e urs travées, coupo l e au mili eu ;
m èm e t y p e: Kégh ~Ht , 10200-01 . 16275-77 (treizièm e si ècle, D UBOIS DE
M ONTPÉBEUX , t. liT , p . 393, A llos, 3" sé l' ie, pl. I V, X, (r Oll A LI CII AN, Aï/'a/'at ,
p. 337); Sourp-S téponos, 16300; Gandzosa r , 13499 (vue ex téri eure); San ahin ,
10628, 16ôtln , fi g. 70 (GRIMM , pl. 29-32).
2. P h ot. E nM AKO V lG04:1·49. Sur l a d a te, c f AL ICII AN , Sisakan, p. 142 s q .
Co mpa r ez Hakh pa t , 10632-36 (GnIM M, pl. 33 -34 ).
3. MILL ET, B. C. H., t . XX IX (1905 ), p . 74.
4. /(OND Al\ov-T o LSTOJ, 1;. IV, pp. ii9-61. Voyez a u ss i 'tau/raz, t. IV ,
p p . 9, 11 , 18, U. L e na 1'lhex est p lu s ca r actéri sé à J\h opi: KON DAI\OV-
T OLSTOJ, t. IV, p . 62 Il es t posté r'i eur à D r an da : op. 1. , p. 67; f(a u/raz,
t. III , p. 8. Nou s pou vo ns m entio nn er un na rth ex d e t y pe grec da n s l e
K akhe t : B odbij sl<ij Monas l y r , p b o t. Eml AKov 13512.
5. f(aukaz, t. I V, p . 14; K ON DAKOV-T oLSTOJ, t. I V, p. 59, donn e un p l an
dilTél'ent.
6. f(aukaz, t" VT I, p. 123, fig. 19.
7. Ka u/raz, l. lU , p . 14 sq ., p l. II -V I ; K ONDAKOV-T oL STOJ, t . LV. p p . 55-56.
n.
S. J(au/wz , t. Ill , pp . il! et 44, fi g. H, 21, 29. Cf C. lI., t. XX LX (1 1105) , p . 95.
LES ANNEXES DE L'ÉGLISE 123
en fait partie intégrante, dans la dernière travée où passe
la tribune, comme une sorte de pont jeté à travers la nef
centrale. Limitons la tribune aux bas-côtés, il disparaitra :
c'est ainsi qu'il ne laisse aucune trace dans la plupart des
églises cruciformes situées à l'Est de Batoum et dans la
région d'Akhaltsikh'. Il manque de même aux environs
de Tiflis et de Gori 2, et dans les églises octogonales,
répliques de Sainte-Ripsimê à Vagharchapat 3 •
L'École russe n'a construit de vrais ' narthex que dans
l'église de Cernigov, en grande partie byzantine 4• Ou
bien ailleurs, elle l'a ajouté après coup 5. D'ordinaire elle
imite le procédé géorgien : la tribune passe à travers le
bras occidental de la croix 7, dont elfe détache ainsi deux (l
ou même trois travées 8 ' et que par~ois même elle occupe
en entier 9 •
En Moldavie appellerons-nous narthex cette vaste salle
de l'Ouest, pareille au naos par la grandeur et la struc-
ture, unie à lui par une large arcade? En Serbie, le nar-
thex est souvent distinct. Toutefois, au quatorzième siècle,
à Gracanica, Nagorica ' (fig. 45-46), Mateica, les architectes
de Milutin et de Dusan ont su aussi le réintégrer dans la
1. [(avkaz, t. III, pl. xv (Bédia, où KO:'iDAKOV-TOLSTOJ, t. IV, p. 54,
figurent un narthex); Kavkaz, t. Ill, p. 6'1, pl. XX et XXXIV (porta); t. IV,
p . 49 et pl. LVI (Zal'zma); pp. 62 et 6i (Tchoulé); p. 79, pl. XXXII (Sarara);
pp. 79 et 83, pl. LVII (Tigbyl.
2. Samtavis, Kauen, Akhtala, dans GRIMM; Ikorta : [(aukaz, t. IV, p. 156.
3. [(avkaz, t. III, p. 47 (postérieur, à Martvili) ; t. IV, p. 148.
4. PAVLINOV, p. 8; GRAnAR, t. l, p. 150.
5. Mirol : PAVLINOV, p. 3! et SUZLOV, Zapiski arch. obi';c., t. III (nouv.
série, 1888), p.212. - Vilepsk, Ivanovskij Monaslyr à Pskov, p. 98; Sainte-
Sophie rie :'IIovgorod, Saint·Antoine le Homain, etc.
6. Voyez par exemple GRAnAR, t. l, pp. 161l, 200 (vues intérieures de
Sainte-Sophie et de Saint-Théodore-Stralilate à Novgorod). '
7. Sainte-Sophie et Sainl-Antoine-hl-Romain, à Novgorod; Vitepl:;k,
Pololsk; Uspenskij Sobor, à Vladimir; Ivanovskij Monastyr : PA\'LlNOV,
p. 17, 26, 40, 44, 61, 98.
8. Sainte-Sophie de Kiev.
9. PAVLINOV, p. 69: Pokrov na Nerli. De môme, près de Novgorod,
Saint·Georges de la Vieille Ladoga: SUZLOV, Zapis/d arch. obsc., t. III
(1888), p. 241; Neredici : ÉBERSOLT, Mon. Piat, t. XIII (19u6), p. 35 sq.,
fig. 5,6, pl. V (a'luarelles Brajlovskij).
12+ LES ANNEXES DE L'ÉGLISE
slru c ture du n aos, en interpr é lant le plan con st ant ino-
polilain ci e l'église cru ciforme .
Celte rapide revu e n ou s a don c cOlwa incu s (lue, 'ut' le
pou rtou!' du d omain e byzanlin , l' imporlance clu nar lhex
sc m esu ee ù l'influence de Cons lan lin ople . Dan s la ca pi-
tal e mèlll e, s' il es t padois compris clans la s lruc tuee du
naos , c'es l pal' e xcep li o n , en cles églises anci enn es ou du
mo i ns ci e plan archaïque, qui co n sel'venl cel' la i ns lraits
de la bas i lique à coup o le, lelle q u Khodja-M oust afa ou
GuI- Dja mi 1. Le na L· lh e:;.;, bien di s Lin cl du naos, es l par
excellence un ll'ail byzantin, c t, si l 'on " eut r emonler aux
ol'igines, un lrail du chri slia ni sm e h elléni s lique, que
Cons lan lin ople a co n sen é Cl accen lué .
Tours , poriiques el galeries. - La sobrié lé élégante ,
qu e la prim ilive é gl ise des Saints -Théodores devait à la
trad ilion gTecq u e, paL'Llt clans la sui te insuffi sanle . On
lui adjo ign il un narlhex, on l' en lOuJ'a d'annexes. Toules
les églises de Mi s lra ont r eçu u ne ceinture de porl iques,
de chap elles, d e cloch e rs . Ce l a pp aee il co mpl exe fOL'm e
un de leu L': leails cl is Lin cLifs.
Il es l p o urlanl rare e n G L'èce. D'o L'din air e le narlh ex
s'ajoute seul au nao s, san s l l'i bune, lo r squ e le naos n' e n
est poinl r OUI.'\· u2. On com ple ra co mm e un excepli on
lelle ou lelle anne:;.; e i so l ée ç'ù c l lù : li Il e:;.; onar lhex à
Ca labaca :J, Na uplie"; un porl iqu e occide nlal il Samari (f ig -
32, 88), il Daphn i, dan s la Ca pn icaréa (fig. 75) ; de lo ut
1. Cf. tlI'l LET, B. C. lI. , t. XXIX (1905), p. 94. Dan - la petite !\gli . e de
Monastir-tll esdj id (l''' SPAT IS, p. 376), il troi s ab si d es eL n ef uniq ue. comme
le ' chape lles de Sa in t-Jean et des Taxia"ques à ~ I i s tra, le narth ex qui
porte une tribun e co mmunique lib,'ement avec l e naos il trave,'s lroi s
arcades (p l an et phoL. de M. Ébersoll); l e \' oùl es ont di spa ,' u o u sont
10uL au moin s d i" i mu l ée par un p l afo nd cie boi s.
2. L es cati houména, au-dessus du narLh ex cu l , r eprése ntent un tl'aiL
co nsl an li nopo li laill : Eski-Imal'et, Zeï l'el< , féLiy é, à Co nslantinop l e;
K:na llcljilal', E sk i-Sé J'ail , à Salon i que ; Lav,'u, Vatopécli, Iviroll au Mont-
ALho s, d'où Su int·É ti en ne à CDsLoria, Daphni , MOll emvasi e, cL p lu s lal'd
la M él ,'op ol c et l 'Évanguéli st,' i a à M istl'a.
il. LAMPAK ' s, Âlltiq. chrét., p. 31; phot . 20+6-H.
·f. STRUC '<, Ath. ill ill.,t. XXXIV (1!J0!)), pl. X l.
LES ANNEXES DE L'ÉGL"ISE 125
petits porches, sortes d'auvents à colonnes, abritant les
entrées, à Athènes, à Nauplie, en Élide et sans doute aussi
à Géraki 1 ; d'autres plus massifs dans le Magne 2; enfin
des pièces accessoires ou des narthex latéraux, à Samari,
en Attique 3, à Monemvasie 4 , à Géraki 5. Ces éléments
épars, sans lien entre eux, n'ont pu se coordonner pour
former les ensembles cohérents de Mistra. Mistra applique
un système étranger à la Grèce.
Ce système était encore inconnu aux " architectes des
deux églises les plus anciennes, les plus nettement
grecques: Saints-Théodol'es ü et Métropole 7. Il apparaît
tout d'un coup au Bl'ontochion 8 : deux pièces en forme
de tour aux extrémités du narthex, deux portiques l'un
par devant, l'autre sur le côté, un clocher, le tout d'une
"seule venue. Puis, on le reproduit à Sainte-Sophie n
d'abord, à la Pantanassa \0 ensuite, en le modifiant un peu:
les tours disparaissent et le clocher prend une des places
libres à l'extrémité du narthex. Ailleurs, on le simplifie
pour l'adapter aux besoins; on n'en retient que tel ou tel
élément: tOUjOUl'S le portique latéral, soit seul (Périblep-
tos l1 , Évanguélistria 12 , Saint-Geol'ges) 13, soit avec un por-
tique de façade (Métropole), ou bien avec les deux tours
à l'extrémité du narthex (Saints-Thèodores). Observons
1. Capnicaréa; Haghia Moni et Merba~a; Blachernes d'Élide (fig. 16, 69,
70, 75,84, etc.) . A Saint-Sozon* de Géraki, deux corbeaux, sur les côlés de
la porte Ouest, soutenaif'nt un porche analogue.
'J. TRAQUflR, B. S. A., t. XV (1908-9), p. 177 sq., pl. XI. On voit ausE!i, à
Karouda (pl. XII) el à Kéria (p. 190), des corbeaux, comme à Géraki.
3. Capnicaréa; Kaisariani : STRZYGOWSKI, 'Eq>T,P.' œpx,., 1902, p. 53;
Omorphi Ekklisia : LAMPAKls, Anliq. chrét., p. 37, phot. 1786-88.
4. Phot. MILLET' et .LAURENT, fig. 60.
5: Sainte-I?araskévi et chapelle voisine.
6. MILLET, Mon. Mistra, pl. 20. 5, .6.
'. Op. 1., pl. Hl. 1.
8. Op. /., pl. 23, 25.
9, Op. 1., pl. 31. 4, 32, 33.
10. Op. /., pl. 35-37.
11. Op. 1., pl. 28,29. 2, 3.
12. Op. 1., pl. 31, 34.3.
13. Op. 1., pl. 29. 2, 3, 14. 4.
12G LES ANN EX ES D E L' ÉGLI SE
enco l'e qu e les chap elles lalé L'al es, ajoutées a lw0 s coup
au Bl'onl c lli.o n , fUI'ent com prises d a ns l e plan IH im iLi f
d e Sa inL -Soph ie CL qu'e nlre Sainle-Sop h i c t la l anla-
Jta: sa se maL'C]u un pro g l'ès cla ns l'agence rn n t du c lo-
cher Cl c1 es d eu x pOl'liqu es. A ins i le' al'ch iLe ctes d e
Mi s lra o nL é lab o l' " il l e ul' g ui s une SLl'llc Lul'e qu ' il s onL
r eçu e lo ule fa i le .
D'O lt venai l-e ll e? V er s l e m "lll e Le mp s, m a is fOI' ll o in d e
:J\'Ii s Lra, o n i lll ag ina un e dis pos iLi o n analog ue . L a v i iU e
basil ique d e Sa inle-So phi e c1 '0cbrida (fig. Hl , 62, 90) fut
agrandi e eJl '13J. 3/4 par l 'at' chevê qu G eég o il'e l. AVfl nllui
on ava it d éj à r el evé le narlh ex pr im ilif e l 'onsleuiL a u
NOl'd, e n sa iUie SUl' la façade, une a n nexe av ec un escali e l'
po ul'accéd e l' Ù la Lribun e. j\u-ci evanL du na l'Lh ex et d e J'a n-
n exe, G l'égo iL'e é lifla un porlique il d eux é lages c l , ù
c haque x Lré mÏlé d e ce pOl'lique, d e ux pui :sa ntes lo urs
couv e rle::; pat' une coupol e ' ut' pend nt if. Ce LLe SLl'uc lu l'e
es t :lUiTe qu 'à M is ll'a ; e lle L'ep e n éan moi ns S UL' le JJ1 " Ill e
pnnc lpe .
Ce pl'jnc ipe re mon le au pre mi e r t e mp s d e l'aec hitec-
lure clué li ellne . Aux c inqui è me- sixiè me siècles, cl an s l a
Syri e cen tr'a le, ci e s imples basi liqu es o nt so uv e nt S Ul' un
d e' CÔ lés so it un a lL'ium 2 , so it plus s imple m e nt un P0 l' -
l ique r e lié ù cel u i d e la fa çade 3 ou m ê me sé paré d e lui ,
comme au Brontoc hi on d e M istra, pal' un e pièce annexe
q ui s'ava nce a u ucl , près de l'angle " , D'autrc pa r l, en
Asie Min e ure , la sa illie du narthex cal'ac lé l'Ïsc so illa bas i-
liqu e o l'dinairc\ soi t la bls il i.q ue kt coupo le ti • De Syrie e t
d'Analol ie ces pro cédés ont passé e n G I'ècc, cal' o n r e-
1. Et non 13 17. Voyez p lus h aUL, pp . 6, 10: et plu;; ba s, ch. II , 1.
2. V or:ÜÉ, urie ce llll'ale, pl. 60; E l Ba l'n h.
3. Kal aa L- ém a n: V OG ·· I~ , yrie eellll'al e, pl. H-n.
'1.A Béhi oh : VOGüÉ, 'y rie eellll'ale, p l. 137.
5. Oiner, B ill bi l'- I(i li ssé, JÜl'm e. Cf S TI1ZYG OWS IO , lI-leillasien , pp. 56,
101, 1l5.
G. )(al's- i bn -\~a l' dan, MY I'u, N i cée. r S TI1ZYGOW3 KI, ll'l eina si ell , pp. 11 5,
122; H OTT , J(leillo si a l . D e ll/fin. , p. 329; \.V ULFF , l {o illlesis, pp. 53, GS, 77 ,
pl. V .
l' Ir. . 62. - Sa inte-Soph ie d'O chl'Ïd a.
Faça de clu narth ex et tou,·, du cùLé Sud.
En hallt ù' (11'0 ile , l 'o n vo il l' ang le du nUl'lh c x qui cs \, dég-agé; vers le mili eu
il LouGhe [l U mul' Ou naos, ma is rc: le di stin ct ; en bu s la sépar alion s'c lrace .
128 LES ANNEXES DE L 'J~GLlSE
tro uve les ailes saillant es, au cinquième s iècle, dans un e
basilique de Thessalie 1 •
L'architec te du Bl"ontochioli n 'a pa s pris ses modèles en
Syrie ou en As ie Mineu ee. Aucun e tendit ion n e le ratta-
c hait aux vieilles b asi liques du pays . Bien avant le qua-
torzi è me si' cIe, l'École de Constantin o ple avait assoc ié
ces motifs au plan cl'uciforme . Elle les devait à la tradi -
tion hellén istiqu e , dont elle a conservé et d évelopp é les
méthod es. E lle les a tl'ansmis à Mi s tr·a.
Examinons tou r à tour chacun d'eux : pièces sa illantes,
portiques anté l'ieurs e t latéraux, chap elles et gal eries
latérales .
:Les pièces saillantes élargissent le narthex des églises
cruciformes sur la côte lycienne, à Déré-AghsyZ, ou bien
sous forme de parecclis ia, au mo nt Athos, aux cô tés des
plus viei lles églises: Lavra , Va top éd i (fi g . 63), qui peuvent
remon te !' au onzième s iècle 3 . Ces monuments dé pe nd ent
de Co nstantino ple. En doutera-t-on quand on rencontt'e
le mème peocédé ù IG lissé-Dja mi !! e t s urtout ù Zeïl'ek \
où la mass e imposante de l'exonal,thex e t des catichou-
ména débord ent les façades. Isaac Comnène y fa it allu-
sion dans le ty pi con de la Cosrn osotira; dans la partie
ga u che du narthex, il avait mé na gé un e saillie de l 'édi-
fi ce pour so n tomb ea u : h01Z XlZl TIlZpEXbOÀ~ ·wu X-r!crP.IZ'tOÇ 0(& -rov
-rclqlOv TIlZp' -~ p.;;jv yÉyovs G• Le protosyncelle Pacôme ou T héo-
dore Paléologue au ra ient parlé du Bron toch ion dans les
mêmes termes.
C'es t aussi de Constantinop le qu e vie nll ent l es por-
tiques.
1. A T héotokou : WA CE-DEloOP, B. S. A.. , L. X LII (l!lOG-7), p. 31u, p l. X. Ce sont
l es aute ul's des fou ill es q ui attrib uenl l'égli se au cinq uièm e si ècl e, p . 31!l .
2. ROTT, KleillClsial. Dell/un. , p. ll02, ya l'eco nnu Lln e église cru ciforme
3. Lribun e, cf fi g. 110-113.
ll. MILLET, B. C. If., t. XX IX (1905), pp . 73 , 9,J- . fi g. 4-6.
4. P ULGlllm, p l. V-Vl; SALZENDER(;, pl. XXX IV-XXXV; GURL I T'r, pl. !l b.
5. PULG II ER, p l. IX ; G UR LITT, pl. 9 c.
6. Cité pal' SC ILIII DT, ftah ,.ié- Djami, p . 39.
LES ANNEXES DE L'ÉGLISE 129
Les portiques antérieurs y sont aujourd'hui mécon-
naissables, condamnés pour la plupart et transformés
en exonarthex obscurs. Celui de Kilissé montre encore
FIG. 63. -Église de Valopédi au Mont-Athos.
Dessin de la Mission Sévastianov.
ses arcades dégagées, à peine closes par des chancels
et par l'encadrement léger des fenêtres. Ailleurs on
les devine, à Zeïrek-Djami 1, Fénari~Iessa; ou bien on les
1. L'argument que M. Kondakov (Pam. Konst., p. 213) lirait du manqUe
d'éclairage dans le narthex se trouve contredit par une intéressante dé-
9
130 LES ANNEXES DE L'ÉGLISE
reconnaît: à Kahrié, la borJure des mosa ïqu es marque le
cadre des baies primitives 1. Ici en core le Mont-Athos
imite Constantin o pl e: on ap el'ço it l'anci en pOl'lique ù Va-
top édi (fi g. 03) denière un plus récent; une vieille gra-
vure et les fr esque s du seiz ième siècle nous le montrent
à Lavra 2. A Constantinople, ils s'ouvren t entre des piliers;
au Mont-Athos, comme à Mistra, en tre des colonnes. Il en
es t de m ême à Patmos.
Les portique latérau x n 'ont laissé que des traces moins
claires. A Kilissé-Djami, sur le CÔ lé Sud, Ltnoir a relevé
une galerie qui prenait jour ù travers quatre colonnes, et
se ter minail', du cô té des absides, par une chapelle; à l'op-
posé, entre le narthex el un édicule iso lé , un é troit passage
conduisait au portique antérieur (fig. 73) : même dispo-
sition à Sainte -Sophie de Mistra. Un in ce ndi e a ruiné ce
précieux témoin. Salzenberg n'en re trouv a que quelques
fondatiolls 3 . Ce sont encore de s im pIes vestiges, des
vestiges moins sùrs, que Paspa Lis a obselVés sur la façade
et le côlé droit J e Monaslir-Mesdjid l,. En revanche, un
texte fort explici te nous démontre l'existence d'un atrium
sur le côté d'une importante églis e. Il s'a git del']~léousa,
qui était annexée au grand com'ent du Pantocrator. Elle
subsiste dans le groupe de Zeïrek-Dj ami, à gauche vers
l e Nord. Le lypicon rédigé par Jean Co mn èn e fixe l'iliné -
raire d'une procession qui la tt'aversa i t pour se rendre à
l'Héroon des empereurs; il indique les places où on allu-
mait: d'abord « sous les porti<]ues contigus aux por-
tiques publics », par où l'on entra it, puis dans la phiale,
puis « sur le côté ex térieur de l'églis e, qui s'étend après
couverle d e MM. Thi e l's et Ébersolt. Vues de 10 fo ço de dons LENO IR,
Architecture monastique, t. II, p. 268; SCIlLUMDEBCER, N icéphol'e Pho cas,
p. 17; ÉIJEI1S0LT, p. 39; DIEIIL, Manuet, p. 436.
1. D'après le s observa tions de M. Schmidt: [(ahl'ié-Djami, p. 01. De
même Dé ré-Agh sy : ROTT, J([einasiat. Den/fin., p. 303.
2. MILLET, B. C. 1/. , t. XXIX (1905), V. 88.
3. SALZENIJERC, p . 115, p l. XXXIV et XXXV.
'1. PAS PAT IS, p. 3i6, id entifie ce ll e mosquée ovec un monastère de 13ü.
~'I. Ébel'so lt n'o r e lrouvé a ucune lrace de ce portique .
LES ANNEXES DE L'ÉGLISE 131
l'entrée », puis dans « l'entrée qui es t au-devant du nar-
thex )), et dans l'autre phiale. Il y avai t donc deux
phiales, l'une s ur le côté, l'autre au-devant; par consé-
quent, deux atriums ou deux parvis. L'atrium était ceint
d e portiques , dont l'un s 'appuyait à l' église. Nous con-
naissons ces deu x atriums auprès de la Métropole à
.:Mistral.
Salonique a longtem ps conservé un motif hellénis-
tique: un portique sur trois côtés de l'édifice. L'église de
Saint-Ménas (fig. 64), aujour-
d'hui recons truite sur de nou-
velles ba ses, oITrait encore,
vers 1874, l'as pec t d' une basi-
liqu e en form e de T : onze
<:olonnes entouraient la neP.
Ikichérif-Djami reproduit ce 1 00 /DO
~·---------I~--------~I
plan, sauf au Nord, où une
petite nef occupe la place du FIG . 61. - Égl is e de Saint-Ménas
portique. Le mur extérieur à Saloni'iue.
-en est moderne; mais les pi- Pl a n relev é pal' Wernie s ld .
liers, fort r égulier·s. On ne
peut songer à un J'emaniement, car à la dissym é trie du plan
corres pond celle de la façad e orien ta le : il n 'y a de pe tite
abside qu'au Norc13 (fig. 15). Comme parfois en Asie et
-en Crète !', et, s i l'on y regarde de près, aux Saints-Anar-
gyres de Castoria (fig. 7),la basilique ne comprenait qu'une
seule nef secondaire, au Nord, ùu côté de la prothèse . En
tout cas, il est certain qu'au Sud, le por.t iqu e est ancien,
<Clue dès l'origine il s'ouvrit semblable à une « loge )),
1. DMITRIEVSKI.J , Tu ltll. <X , p. 677.
2. D 'aprè s le plan général d e Salonique rel evé pal' \Ve l'nieski. M. Ta-
Ifl'ati, que j e remercie de m'avoir communiqu é ce l'ensei gn eme nt, estime
que ce plan rut l'el evé p e u avant la mi ss ion Duches ne-Bayet., qui e ut lieu
-en 187-L
3. D'apl'ès m es obse rvaI ions . Voyez les photogra phies LE TU URNEAU,
4. RAM SAy-BELL, p. 376 s q., e l) l)al'ticulie l', p , 390. GEROLA, Mon. veneli,
pp. 199-205.
132 LES ANNEXES DE L'l~G LlSE
d'Olt le rega r d s'é le nd SUI' la m er, comme à Mis tra sur la
large vaU ' e d e l'E urota s. La g eand e cité appréc iait l'a -
grément de ces abri s to urn és vers le sole il. En 1906,
j 'e n ai vu un aulre à Ch~lou ch-i\Ion as tir, E n outre, elle a
propagé l' u sage d u triple portique: on en ap erçoit d es
traces certa ines s ur les tr ois façad es de la ParigoriLi ssa·
à Arta et de Sain l-George à Nagorica (fi g. 4.5).
Cons tan tin ople et Salon iq u e ont don c reçu de la lradi-
ti on h ellénistiq u e non seul e m en t l es pièces saillantes et
l es ca ti ch o um éna a u-d e s us du nal'thex, trai ls car ac té ris-
tiqu es d e la basi lique à coupole, ma is aussi les porliques
an lé l'Ïeurs et la lér aux . Bi en que l es v ie illes églises armé-
niennes de Dighor e t d ' O uzounlar 1 (fig. 34.), pré ent ent,
com me Sainl-l\lénas , l'as pec t d ' un lem ple périptèr e, bien
qu e le portiqu e laléra l d K ilissé-Dj ami r esse mbl e fort à
celui de Zarzma en Géorgie :! (fi g. G5), il n e faudrait point
céder a n mirage OI'ienlal ct fair e h onn e ur de ce motif tout
h e llénistique aux cons truc lcul'S l'A l'llléni e . Ils l'ont r eçu ,
à une date anc ienn e, de leurs maill'es syri en s; mai Con s-
tantinopl e, l a ville aux inno mbl'ables EfJ3)OÀOl, n'ava it pas
à leur demander d e t els mod èles ; elle a conservé, à
traver s le Moyen Age, l'u sage des porliques e t l'a trans-
mi s, vers le onzième siècl ,a u i\Ionl-.\.th os e l, au d ' bul du
quatorzi èm e, à Ochri da et à l\lislra 3 •
A Mislra, l es p or tiqu es n e garni sen t qu ' un des d e ux
côtés d e l'église. De l' autee, au ]3l'onlochion , à Sainte-
Sophie , les ch ap elles ou des ga leri es lui font équilibre.
Ce derni e r t ra it, q ui complè te l e système , vient e n core
de Co n s tanLin ople,
1. Voyez plu s haut, pp. 60, 73. A Sa inle-Gayanê ci e VaO'har chap at , l e
POl'tirIu e antér'i eu l' , dépas ant les façade.' latér ales, est modern e.
2. Onz i ème iè 'l e : f(a vkaz, l. IV, p . 48 s (. Cf pOUl' la date Vi z. V,.em.,
t. XII (1906 ), p. 4.[1. Phot. ER)[AKOV 11 5~2 . Le al'ca des sont co uronn ée
l'al' un e co rni che h Ol' izo nlal e so us un toit un i forme. - Co mpal' z avec
Khopi : J(ONOA KOV-ToL TOJ, t. I V, p . 62.
3. Les ba ili ques d e Se rrés et d'Oelîl'iLl a ont aus id es p Ol'che l a té-
r tlu x en form e d'auvent, po rtés pa r' des co lon nes de boi . Il ,; ne sont.
a sUl'ément pa s an ci en " mai il r ep l'ésentenl un e trad ition écuJ aire .
LES ANNEXES DE L'ÉG LISE 133
Pho~. E,.makov.
FIG. 65. - Égli se de Za l'zma en ' (; éo r-g ie.
Ang le Sud-E st.
On sait que de ux longues galer ies par'allèles , "oùtées
e n b ercea u , so u s une t e nasse, longeaient la Néa de
Bas il e ler 1 . Dans la P éribleptos d e Homain Aegyre, C la-
vi jo Z d écri t « une salle ronde, tl'ès gl'ande et très haute,
... e ntourée de trois nefs', qui é tai ent co ntenu es en elle »,
ev idemm ent l' un e vis-à-vis du sanctuaire, les d e ux au tres,
1. T II EOP II. CONT. V. 83-86 . Cœ r Îm. , r. 19. 13. ÉOEnsOL T, Gralld Pa l a is d e
Cp /c, p. 13·1.
2 . R ICIIT ER, Quel/ell , r. 235.
134 LE S ANNEXE DE L' ÉCLI E
sur les cô tés . Ce plan sin g uli er se renco ntre ju s tem ent
sous un e form e plu s s imple n rè te, à 1 issamo 1 . Con -
stan tinople n 'a poin t cons ervé de grande n ef cil'culair e,
mais on y rencontre souvent les t ro is n efs au tour du nao .
Elles encadren t d'autre' formes archit ctul'ales : d 'abo l'd r
à un e époq ue ancienn , le triconqu e à T ho Ij a-Mous tafa 2 ,
puis , sous l s Comnènes , la nef uniqu e car rée, couve l'te
par un e co upole sur pend entifs, à F é na l'i-I essa 3 e t Kahrié-
Djami ", enfin , au début du q uaLo l'ziè mc siècle, à Fé tiyé-
Djami \ don t Marie Do ukaina ôta ensuite une des nefs ,
pour élever à la place un e pe tite égli e fun é l'aire .
Pa s ns vers l'Occi dent de l'Emp i l'e. Sans cr ui LL l' la
zone de Cons LanLinople, n ous p ou rrons p O U l' ' uivre no Lr e
énumé l'alion . Les lea i o'ale eies en adl'enL, à A L'l a, la n ef
ca lTée à tromp es d'an gle: Pal'igoei li a; à Salonique, la ba-
siliqu e à nef uniq ue (Saint- icolas G) , e l sur loul l'égli se C l'U-
ciforme: 1 akï-Djami 7 , lacoub-Pacha c , Sainls-'\pô Lr es\
C haouch-M onastir. Isaki é ava it un e coup ole au milie u de
chacune des trois n efs du pourLour'. Iaco ub et les Saints-
Ap ÔLres ont con ervé les leurs au. ' qua lr e angles .
Ce lte lr iple nef, à Salonique, à Ar ta , es L extér ieure au
1. GEROLA, Mail. vell eli , p. GS. En A ic MineUl'e eL au Cauca e, l a nef cil'-
cu loil'e s'a dapte o i L au pl an ba ili ca l (STRZYGOW 10 , f(/einasien, p . 108),
so iL au p l an cl'u cifol'mtl ( \(ONDA I(QV-To L TOJ, p. 67).
2. M I LLET, B. C. lI., L. XXI X (1905 ), p . 86, d'après CJl OISY. V oyez auss i ,
Pu l gh el', Gurl iLl, Ébel' o lL.
3. Égli e du ud: PULGH EI , pl. X I ; K ONDA I(QV, P am. I (OIlS I ., p. 221 r
GURL ITT, pl. 9 d .
4. D e fa ço n m oin s r én-u lihe, à ca use des l'ema ni em cnlf:' . Voycz SC Jl MI DT.
Ra hrié- Djami, p . !)9 _ q. ; RÜDELL, Die l ,ahl"ie-Ds cham isi in Conslalllinop el,
190 , p . 24.
5. LJu J( , Tl'udy VI a rch. j ezda, L. III, p.2 3; GUHLITT , p. 35, p l. 9 d
9 e ; É IlER OLT , p. 36.
G. Voi r plu s hauL, p. 30.
ï. U n rcmo n iem enL r ét:enL a défi g uré l"édifi cc. Voyez une pho t ogr aphlc
anci enne de l a façad e Sud do ns RIVO I/1 A, L. I, p. 310, fi g. 106, eL I(ONDAI(OV,
lofalredon ija , p. 11 ; dc l a foçadc NO I' d , clans SCIIL UMllEHGER, N icéphore
Phocas, p. 39, eL DJEIIL , Manu el, p . 420. Â u NO I'd on vo iL enco r e l e com-
m ence m ent des al'caLu r c : phoL. LE T OURNE;\U et T AFHALI.
. J(ONDAKOV, Malredonija , pp. 115-116 ,
9. TEXIER, A r·chi!. by z. , pl. XLVII ; K ONDAKOV, Ma/;edùnija , p. 119.
LES ANNEXES DE L'ÉGLISE 135
naos, isolée par des mura. On ne la confondra point avec
ce dédoublement de chacun des membres de l'édifice, qui
complique si étrangement le plan des deux grandes égli ses
géorgiennes et russes à Mokva! et Kiev'!. Ce sont bien
des galeries annexes , les vrais, modèle", suivis au Bronto-
chion et à Sainte-Sophie de Mistra. Elles présentaient
aussi cet asp ect à Constantinople avant les remaniements
qui ont altéré leur physionomie primitive.
Clochers. - Le système d'annexes qui entoure l'église
du Brontochion comprend un élément étranger à l'ancienne
pratique de Constantinople: c'est le clocher.
Le clocher est latin. Avant le treizième siècle, les
Orientaux n'employaient guère que le simandre. Ils le
suspendaient, à la manière des cloches, sur" des tours