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Types de lubrification et contacts mécaniques

Ce chapitre traite des différents types de lubrification dans les systèmes mécaniques, en distinguant les contacts surfaciques à basse pression des contacts hertziens à haute pression. Il présente les quatre principaux régimes de lubrification pour les contacts surfaciques : limite, mixte, hydrodynamique et hydrostatique, et décrit brièvement chacun d'eux.

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Types de lubrification et contacts mécaniques

Ce chapitre traite des différents types de lubrification dans les systèmes mécaniques, en distinguant les contacts surfaciques à basse pression des contacts hertziens à haute pression. Il présente les quatre principaux régimes de lubrification pour les contacts surfaciques : limite, mixte, hydrodynamique et hydrostatique, et décrit brièvement chacun d'eux.

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Tables des matières

Chapitre 5. Lubrification ....................................................................................... 3


5.1. Introduction ........................................................................................................4
5.2. Contacts surfaciques ............................................................................................5
5.2.1. Lubrification limite ................................................................................................................ 5
5.2.2. Lubrification mixte ................................................................................................................ 6
5.2.3. Lubrification hydrodynamique ............................................................................................. 7
5.2.4. Lubrification hydrostatique .................................................................................................. 9
5.3. Contacts hertziens ............................................................................................. 10
5.3.1. Lubrification extrême pression ........................................................................................... 11
5.3.2. Lubrification mixte .............................................................................................................. 11
5.3.3. Lubrification elastohydrodynamique ................................................................................. 11
5.4. Equation de Reynolds pour les contacts hydrodynamiques ................................. 12
5.4.1. Champ de vitesses .............................................................................................................. 14
5.4.2. Équation de Reynolds ......................................................................................................... 15
5.4.3. Hypothèses associées à l'équation de Reynolds................................................................. 17
5.4.4. Organisation des calculs ..................................................................................................... 18
5.5. Cas élémentaires de portance ............................................................................ 19
5.5.1. Cas de deux surfaces parallèles : portance hydrostatique ................................................. 19
5.5.2. Cas de deux surfaces parallèles : effet d’étirement ........................................................... 20
5.5.3. Cas de deux surfaces parallèles : effet d’écrasement ........................................................ 21

Références ............................................................................................................. 24
Liste des figures

FIGURE 5-1 : REDUCTEUR DE VITESSE (FLENDER GRAFFENSTADEN) [2]. ....................................................................... 4


FIGURE 5-2 : LUBRIFICATION LIMITE [2]. ............................................................................................................... 5
FIGURE 5-3 : LUBRIFICATION MIXTE [2]. ................................................................................................................ 6
FIGURE 5-4 : COIN D’HUILE OU BLOCHET [2]. ......................................................................................................... 7
FIGURE 5-5 : BUTEES HYDRODYNAMIQUES (NEYRPIC) [2]. ........................................................................................ 7
FIGURE 5-6 : PALIER D’ALTERNATEUR DE LIGNE D’ARBRE DE CENTRALE ELECTRIQUE (EDF) [2]. ........................................ 8
FIGURE 5-7 : PALIER LISSE................................................................................................................................... 8
FIGURE 5-8 : VUE GENERALE DU TELESCOPE DU MONT PALOMAR [2]. ........................................................................ 9
FIGURE 5-9 : VUE D’UN PAIR DE BUTEES HYDROSTATIQUES [2]................................................................................. 10
FIGURE 5-10 : SCHEMA D'UN CONTACT LUBRIFIE [2]. ............................................................................................ 12
FIGURE 5-11 : SYSTEME DE COORDONNEES CARTESIEN APPLIQUE A UN CONTACT LUBRIFIE. ........................................... 13
FIGURE 5-12 : FACE PARALLELE. ........................................................................................................................ 19
FIGURE 5-13 : DIFFERENTS TYPES D’ECOULEMENT. ................................................................................................ 20
FIGURE 5-14 : PLAQUES PARALLELES : EFFET D’ETIREMENT...................................................................................... 20
FIGURE 5-15 : PLAQUES PARALLELES : EFFET D’ECRASEMENT. .................................................................................. 21

Liste des tableaux

No table of figures entries found.


Nomenclature

A Surface, mm2

B Longueur, mm

E Module de Young, MPa

e Trace de 𝜀

G Module de cisaillement, MPa

Ff Force de frottement, N

H Dureté, kgf/mm2

Honde hauteur d'onde, μm

hru hauteur de rugosité, μm

h Épaisseur de film lubrifiant, μm

L Longueur, mm

Oxyz Système de coordonnées cartésiennes

p Pression hydrodynamique, Pa

Pu Puissance dissiper (Pu=│Ff│×U), Watt

Q Débit volumique, m3/s

s Trace de σ, MPa

U1, U2 Vitesses du piston et du cylindre suivant l’axe x, m/s

u, v, w Vitesses de fluide suivant les axes x, y, z respectivement, m/s

V1, V2 Vitesses du piston et du cylindre suivant l’axe y, m/s

W1, W2 Vitesses du piston et du cylindre suivant l’axe z, m/s

η Viscosité dynamique de lubrifiant, Pa.s


θ Direction circonférentielle, rad

𝜆 et 𝜇 coefficients de Lamé

Λ Épaisseur de film spécifique

μ coefficient de frottement

ν Coefficient de Poisson

ρ Masse volumique du fluide lubrifiant, kg/m3

σ Contraintes, MPa

τ Contrainte de cisaillement, MPa


Lubrification
______________________________________________________________________

Chapitre 5. Lubrification
Lubrification
______________________________________________________________________

5.1. Introduction

Selon les conditions de fonctionnement, différents types de lubrification existent


dans les systèmes lubrifiés. Compte tenu des valeurs de la pression dans le contact, il est
classique aujourd’hui de distinguer les contacts basses pressions ou contacts surfaciques,
des contacts hautes pressions ou contacts hertziens. Bien évidemment il n’existe pas une
frontière stricte entre ces différents types de contacts et certains mécanismes tels les
paliers de bielles des moteurs thermiques et le contact segments-piston-chemise se situe
à la frontière. On classe généralement les paliers, les butées fluides et les joints
d’étanchéité à faces radiales dans la catégorie des contacts surfaciques, alors que les
roulements, les engrenages, les systèmes cames poussoirs et les joints à lèvres relèvent
des contacts hertziens.

La Figure 5-1 présente un réducteur de vitesse qui rassemble dans un même


mécanisme, les deux types de contacts dont nous venons de parler. Il y a dans cet
ensemble des butées et des paliers fluides représentatifs des contacts surfaciques et des
dentures d’engrenages représentatives des contacts hertziens.

Figure 5-1 : Réducteur de vitesse (Flender Graffenstaden) [1].

L’étude et la modélisation de ces différents types de contact font appel à des


concepts très différents selon les conditions de fonctionnement et en particulier selon les
dimensions du contact, les vitesses des surfaces et les lubrifiants utilisés.
Lubrification
______________________________________________________________________

Pour présenter une classification des différents phénomènes de lubrification, il est


commode d’utiliser tant pour les contacts surfaciques que pour les contacts hertziens, la
courbe de Stribeck dont la première représentation a été donnée en 1902 dans le cas d’un
palier lisse (Error! Reference source not found.) [2].

5.2. Contacts surfaciques

Les contacts surfaciques comme nous l’avons déjà dit, concernent essentiellement
les paliers et les butées hydrodynamiques et hydrostatiques, les joints d’étanchéité à faces
radiales, le contact entre une cage de roulement et la bague sur laquelle elle prend appui...
De façon générale cela représente tous les contacts lubrifiés pour lesquels les pressions
dans le film restent relativement faibles c'est-à-dire inférieures ou de l’ordre de quelques
dizaines de MegaPascal (quelques centaines de bars). Cela ne préjuge en rien de la valeur
de la charge transmise par le contact. Ainsi certains paliers ou butées de grandes
turbomachines supportent des charges de plusieurs milliers de kilo Newtons, mais compte
tenu des dimensions des surfaces portantes les pressions de contacts restent relativement
faibles.

L’examen de la courbe de Stribeck montre à l’évidence trois zones de variation


qui correspondent à quatre régimes de lubrification différents [1]. Il s’agit pour la zone I
de la lubrification limite, pour la zone II de la lubrification mixte, et pour la zone III de la
lubrification hydrodynamique. A ces quatre différents types de lubrification se rajoute, la
lubrification hydrostatique qui peut être réalisée en régime laminaire.

5.2.1. Lubrification limite

Figure 5-2 : Lubrification limite [1].

A faible vitesse et pour des pressions de contact modérées, la séparation des


surfaces est essentiellement due aux molécules d’huile adsorbées. Ce type de lubrification
qui correspond à la zone I de la courbe Stribeck est assuré par des molécules d’huile
polaire qui « s’accrochent » aux surfaces (Figure 5-2). Les liaisons ne correspondent pas
à de véritables réactions chimiques. En fait les molécules lubrifiantes forment soit des
monocouches épilâmes de substances polaires (acides gras ou savons) qui adhèrent aux
surfaces par adsorption ou par chimisorption soit des colloïdes compacts (carbonate de
calcium amorphe par exemple) qui forme un film qui sépare les surfaces [3], [4]. Ce type
de lubrification concerne directement la physico-chimie des surfaces et des lubrifiants.
L’épaisseur des couches adsorbées de lubrifiant est de l’ordre de quelques centaines
d’Angstrom (~ 10-8 m). Le frottement est relativement important, le coefficient de
Lubrification
______________________________________________________________________

frottement est compris entre 0,05 et 0,15, selon la nature du lubrifiant et les matériaux qui
forment le contact.

Ce type de lubrification se rencontre dans les petits mécanismes comme les gonds
des portes, les serrures, les machines à coudre ...

5.2.2. Lubrification mixte

La zone II correspond à la lubrification mixte. Cette lubrification peut être


considérée comme une transition entre la lubrification limite et la lubrification
hydrodynamique qui correspond à la zone III de la courbe de Stribeck. En fait, à cause de
la rugosité des surfaces, il existe des zones convergentes dans le film fluide qui permettent
la génération de pression hydrodynamique. Ainsi une partie de la charge est supportée
par des zones fluides et l’autre partie par des zones où le contact est en lubrification limite
(Figure 5-3).

Figure 5-3 : Lubrification mixte [1].

Dans les zones fluides, le frottement, dû au cisaillement du fluide, est directement


proportionnel à la viscosité du lubrifiant. Généralement ce frottement est nettement plus
faible que le frottement existant en lubrification limite. Ainsi lorsque la vitesse augmente,
les zones de lubrification hydrodynamique se développent et celles en lubrification limite
se réduisent ce qui entraîne une diminution du frottement.

Ce type de lubrification existe jusqu’à ce que la vitesse des surfaces soit suffisante
pour que, par effet hydrodynamique, le film lubrifiant sépare totalement les surfaces. La
modélisation de la lubrification mixte est en cours de développement et fait l’objet de
recherches actuelles car il s’agit d’associer des phénomènes physicochimiques à des
phénomènes mécaniques afin de développer des modèles qui prennent en compte ces
différents comportements.
Lubrification
______________________________________________________________________

Le contact piston-segments-chemise au point mort haut et au point mort bas du


cycle des moteurs à combustion interne correspond à ce type de lubrification.

5.2.3. Lubrification hydrodynamique

La zone III est représentative de la lubrification hydrodynamique. Le lubrifiant


visqueux est entraîné dans le contact qui forme un espace convergent dans lequel se
développe une pression hydrodynamique. Cette pression permet la séparation totale des
surfaces du contact et équilibre la charge [5][6].

Figure 5-4 : Coin d’huile ou blochet [1].

Figure 5-5 : Butées hydrodynamiques (Neyrpic) [1].

L’exemple classique de la lubrification hydrodynamique est le coin d’huile ou


blochet (Figure 5-4) représentatif en deux dimensions des butées hydrodynamiques
utilisées par exemple sur les lignes d’arbre supportant les turbines des barrages
hydroélectriques (Figure 5-5). C’est aussi le cas des paliers de ligne d’arbre des centrales
électriques (Figure 5-6) ou des paliers de bielles et de vilebrequin des moteurs
automobiles. On trouve aussi dans ce même contact hydrodynamique les paliers lisses
(Figure 5-7).
Lubrification
______________________________________________________________________

Figure 5-6 : Palier d’alternateur de ligne d’arbre de centrale électrique (EDF) [1].

Figure 5-7 : Palier lisse.


Lubrification
______________________________________________________________________

Le calcul du champ de pression dans le film lubrifiant s’effectue par résolution de


l’équation de Reynolds et des équations qui donnent le champ de vitesse et les contraintes
de cisaillement [5].

5.2.4. Lubrification hydrostatique

À partir de la zone III de la courbe de Stribeck les surfaces sont totalement séparées
par un film fluide et la durée de vie du mécanisme peut dépasser 50000 heures. Les seules
avaries possibles sont dues à une érosion éventuelle liée aux impuretés en suspension
dans le lubrifiant, aux phénomènes de cavitations qui peuvent exister dans le film sous
charges dynamiques, à la fusion du régule sous l’effet de températures trop élevées et à
des piqûres par décharges électriques s’il existe une différence de potentiel entre les deux
surfaces du contact.

Figure 5-8 : Vue générale du télescope du Mont Palomar [1].


Lubrification
______________________________________________________________________

Dans les zones I et II c'est-à-dire en lubrification limite et en lubrification mixte il


y existe toujours une certaine usure abrasive et selon les conditions de fonctionnement il
peut se produire du grippage. Ainsi lorsque l’on veut une sécurité de fonctionnement
importante ou si l’on souhaite réduire le frottement, il est possible de séparer totalement
les surfaces en injectant dans le contact du fluide sous pression. Ce type de lubrification
représenté par la courbe en trait discontinu sur la Error! Reference source not found.
est la lubrification hydrostatique [1]. Des résistances hydrauliques (capillaires,
diaphragmes ...) placées en amont du film, à l’entrée du contact, permettent d’assurer un
fonctionnement stable du mécanisme. Dans un système hydrostatique le frottement
dépend essentiellement du déplacement des surfaces et est quasi indépendant de la charge
appliquée au mécanisme ; ainsi lorsque les surfaces sont immobiles le frottement est nul.
Selon le fluide utilisé et les conditions de fonctionnement, le régime d’écoulement dans
le film peut être laminaire ou non laminaire.

Le télescope du Mont Palomar mis en service en 1943 (Figure 5-8 et Figure 5-9)
est un excellent exemple des possibilités offertes par la lubrification hydrostatique. Il faut
remarquer que pour ce mécanisme dont la masse et de 470 000 kg, le coefficient de
frottement est de l'ordre de 10-7 et la puissance de la pompe qui alimente les butées
hydrostatiques est inférieure à 2 kW.

Figure 5-9 : Vue d’un pair de butées hydrostatiques [1].

5.3. Contacts hertziens

Les contacts hertziens concernent essentiellement les roulements à billes ou à


rouleaux, les engrenages, les systèmes cames poussoirs, les joints élastomères à lèvre ...

Dans ce type de contact, la pression générée dans le film est suffisamment élevée
pour déformer élastiquement les surfaces et le calcul des caractéristiques du contact doit
être effectué en résolvant simultanément l’équation de Reynolds et les équations de
l’élasticité. Par ailleurs la viscosité du fluide varie considérablement avec la pression. Les
charges appliquées au contact ne sont pas nécessairement très grandes mais la surface du
Lubrification
______________________________________________________________________

contact est très petite ce qui conduit à des pressions très élevées qui peuvent être
supérieures à 3 Giga Pascal.

Trois types de lubrification sont distingués : la lubrification extrême pression, la


lubrification mixte et la lubrification élastohydrodynamique. Par ailleurs compte tenu de
la très faible épaisseur du film lubrifiant dont la valeur est toujours inférieure au
micromètre il ne peut pas exister de lubrification en régime turbulent.

5.3.1. Lubrification extrême pression

En lubrification extrême pression (EP), les surfaces sont séparées par un film
réactif formé par réaction chimique entre les additifs extrême pression contenus dans le
lubrifiant [7]. Ces additifs sont des macromolécules comportant des atomes de soufre, de
chlore ou de phosphore. L’un des plus utilisés actuellement est le dithiophosphate de zinc
ou DTPZn qui possède à la fois des propriétés anti-usure et extrême pression. Sous l’effet
des pressions, des températures et des forts taux de cisaillement existant dans le contact,
les macromolécules sont détruites ; il se forme des radicaux libres de soufre et de
phosphore extrêmement actifs qui réagissent avec le métal des surfaces et forment une
véritable liaison chimique. Ainsi les macromolécules sont liées à la surface et les
protègent. Les mécanismes d’action de ces additifs sont complexes et ne sont pas encore
entièrement connus.

Les lubrifiants actuels utilisés pour les engrenages et les roulements à billes des
boîtes de vitesse automobiles contiennent des additifs extrême pression qui permettent
d’éviter le grippage.

5.3.2. Lubrification mixte

Comme pour les contacts surfaciques, c'est une zone de transition. Pour les
contacts à haute pression cette transition s’effectue entre la lubrification extrême pression
et la lubrification élastohydrodynamique. Sous l’effet du déplacement des surfaces il se
forme, dans les zones convergentes du film, une génération de pression qui lorsque la
vitesse augmente sépare progressivement les surfaces.

5.3.3. Lubrification elastohydrodynamique

Dans la lubrification élastohydrodynamique, le lubrifiant sépare totalement les


surfaces en contact. La détermination des caractéristiques du mécanisme est obtenue par
la résolution simultanée de l’équation de Reynolds dans le film et des équations de
l’élasticité dans les matériaux formant le contact en tenant compte du comportement
rhéologique du lubrifiant. La première solution approchée du problème
élastohydrodynamique a été proposée par Ertel dont les travaux ont été publiés par Grubin
en 1945 en URSS [8]. Ultérieurement Dowson et Higginson ont présentés en 1959 les
Lubrification
______________________________________________________________________

premiers résultats numériques concernant le calcul du contact élastohydrodynamique [7].


Depuis ces premiers travaux de nombreuses études théoriques et expérimentales ont été
effectuées.

5.4. Equation de Reynolds pour les contacts


hydrodynamiques

La lubrification hydrodynamique est un domaine important de la tribologie, c’est


l’étude des contacts dans lesquels un film de fluide sépare les surfaces en présence. Dans
le cas où le film de fluide sépare totalement les surfaces, les aspérités et les défauts de
forme ont des dimensions inférieures à l’épaisseur du film [1].

Dans tous les mécanismes étudiés, le problème peut se schématiser de la façon


suivante (Figure 5-10) :

Figure 5-10 : Schéma d'un contact lubrifié [1].

Un film de fluide visqueux sépare les deux surfaces du mécanisme ; il s’agit de


calculer :

— la charge W que peut supporter le contact,


— la force F ou le couple de frottement C,
— le débit Q du fluide dans le mécanisme,
— la puissance P dissipée dans le contact.

Ainsi il faut déterminer le champ de pression et le champ de vitesse dans le fluide.


Par ailleurs, l’intégration des contraintes de cisaillement aux surfaces du contact donnera
la force ou le couple de frottement.

La pression peut être créée par une pompe extérieure au contact c’est
l’hydrostatique : c’est le cas par exemple de certains paliers et des glissières de certaines
machines-outils.

La pression peut être créée par le déplacement relatif des surfaces, c’est
l’hydrodynamique : cela concerne les butées, les paliers lisses, les garnitures mécaniques

Lubrification
______________________________________________________________________

D’après la Figure 5-11, la première surface de contact (paroi 1) est animée avec
deux vitesses U1 et W1 dans les directions x et z, avec V1 = 0 puisque le système des axes
est fixé sur cette surface. La deuxième surface (paroi 2) est animée avec trois vitesses U2,
V2 et W2 dans les directions x, y et z. L’épaisseur du film h représente l’espace entre les
deux surfaces. Pour le contact lubrifié, illustré par la Figure 5-11, le champ de vitesse et
l'équation de Reynolds modifiée sont déterminés en suivant les démarches ci-après [1].

Figure 5-11 : Système de coordonnées cartésien appliqué à un contact lubrifié.

Pour un fluide Newtonien, l’écoulement est régi par les équations de Navier-
Stokes :

 p  xy
 =
 x y

 p
 =0 5-1
 y
 p  zy
 =

 z y

Et la contrainte de cisaillement est écrite comme suit :

 u
 xy =  y

 5-2
 =  w


zy
y
Lubrification
______________________________________________________________________

5.4.1. Champ de vitesses

Pour déterminer la composante de la vitesse u ( y ) , on substitue l’équation (5-2)


dans l’équation (5-1), on obtient :

 2 u p
 =
y 2 x
5-3
1 p 2
 u( y ) = y + C1 y + C 2
2 x

Pour identifier les constantes C1 et C2 , il faut ajouter à l'équation. (5-3) les


conditions aux limites suivantes :

Paroi inférieure : u (0 ) = U 1

Paroi supérieure : u(h) = U 2

La solution de l'équation (5-3) à y=0 : C 2 = U 1

1 p U −U2
et à y=h : C1 = − h− 1
2 x h

Après avoir identifié les constantes C1 et C2 , l'équation (5-3) devient :

u ( y) =
1 p 2 h p
y −
(U − U 2 ) y + U
y− 1 5-4
2 x 2 x
1
h

Avec la même méthode de calcul de la composante u ( y ) , nous déterminons la


composante de w ( y ) dans la direction z. Après avoir branché l'équation (5-2) dans
l’équation (5-1), on obtient :

 2 w p
 =
y 2 z
5-5
1 p 2
 w( y) = y + C3 y + C4
2 z

Pour identifier les constantes C3 et C4 , il faut ajouter à l'équation (5-5) les


conditions limites suivantes :
Lubrification
______________________________________________________________________

Paroi inférieure : w(0) = W1

Paroi supérieure : w(h) = W2

La solution de l'équation. (5-5) à y=0 : C 4 = W1

1 p W − W2
et à y=h : C3 = − h− 1
2 z h

Après avoir identifié les constantes C3 et C4 , l’équation (3-9) devient :

w( y) =
1 p 2 h p
y −
(W − W2 ) y + W
y− 1 5-6
2 z 2 z (h) 1

D'après la Figure 5-11, concernant la composante v ( y ) , il peut y avoir deux cas :

 y = 0  v(0) = V1 = 0
 5-7
 y = h  v ( h ) = V2

V1 égal à zéro parce que la paroi inférieure est placé sur le système d'axes.

5.4.2. Équation de Reynolds

L'équation de Reynolds est dérivée de l'équation de continuité :

   
+ (u ) + (v ) + (w) = 0 5-8
t x y z

Si nous intégrons l’équation (5-8) à travers l'épaisseur du film, on trouve :

   
h h h h

0 t dy + 0 x (u )dy + 0 y (v)dy + 0 z (w)dy = 0 5-9

L'intégration se fait terme par terme :


h

 y (v)dy = v = V2


h
0 5-10
0

Comme  ne dépend pas de y, on peut écrire :


Lubrification
______________________________________________________________________

 
h

 t dy =
0
t
.h 5-11

Pour intégrer les deux autres termes, nous avons utilisé la formule suivante :
h F ( x, y, z, t )  h h 0
 dy =  F ( x, y, z, t ) dy − F ( x, h, z, t ) + F ( x,0, z, t ) ., ce qui
0 x x 0 x x
permettre d’écrire :

h  
h
h
  (  u ) dy =  (  u ) dy − U 2
 0 x x 0 x
h 5-12
   w dy =   w dy − W h
h

  z ( ) ( )
z 0 z
2
0


h

h
 1 p 2 h p (U1 − U 2 ) y + U  dy
( )
x 0 x 0  2 x
 u dy =   y − y − 1
2 x h 
Exemple :
    p 3  (U1 + U 2 ) h 
h
  (  u ) dy =  − h + 
x 0 x  12 x 2 

En regroupant tous les termes de l'équation (5-9), on obtient :

   h3 p     h3 p     (U1 + U 2 ) h 
 +  =  
x  12 x  z  12 z  x  2 
5-13
h    (W1 + W2 ) h  h 
− U 2 +   − W2 + V2 + h
x z  2  z t

A cette équation, dite équation de Reynolds, s'ajoutent les équations donnant les
vitesses dans le fluide :

 1 p 2 h p (U − U 2 ) y + U
u ( y ) = y − y− 1
2 x 2 x
1
 h
 1 p 2 h p (W − W2 ) y + W
w ( y ) = y − y− 1 5-14
2 z 2 z
1
 h
v(0) = V1 = 0, v(h) = V2



Ainsi que les contraintes de cisaillement dans le fluide :


Lubrification
______________________________________________________________________

 u p h p  (U1 − U 2 )
 xy =  = y− −
 y x 2 x h
 5-15
 =  w = p y − h p −  (W1 − W2 )
 zy y z 2 z h

5.4.3. Hypothèses associées à l'équation de Reynolds

L’équation de Reynolds à laquelle, pour les fluides compressibles, doit être ajoutée
l’équation d’état du fluide, permet de décrire l’écoulement laminaire d’un fluide entre
deux parois très rapprochées l'une de l'autre et pouvant être en mouvement. Pour obtenir
cette équation, il a été nécessaire de poser que [1] :

1. L’épaisseur du film est très faible devant les autres dimensions du contact,
c'est l'hypothèse fondamentale de la lubrification hydrodynamique.
2. Le milieu est continu, l'équation de Reynolds ne s'applique pas dans les
zones où il y a une rupture du film.
3. Le fluide est newtonien : il y a proportionnalité entre le taux de
cisaillement et les contraintes de cisaillement dans le film.
4. Le régime est laminaire ; en régime non laminaire il faudra utiliser une
autre modélisation.
5. L'une des surfaces du contact est parfaitement plane et ne présente pas de
rugosité, ce qui permet de placer l'origine des axes sur cette surface. Ainsi,
la courbure générale du film est négligée.
6. Il n’y a pas de glissement entre le fluide et les parois du contact : la vitesse
du fluide à la paroi est égale à celle de la paroi.
7. Les forces d’inertie sont négligeables ce qui peut ne pas être toujours
vérifié.
8. Les forces massiques extérieures sont négligées.
9. La viscosité et la masse volumique du fluide ne varient pas à travers
l'épaisseur du film.
10. Ceci revient à poser que la température ne varie pas à travers l’épaisseur
du film : T = (x1, x2, t) car ρ(p, T) et μ(p, T) ne sont fonction que de la
température et de la pression.

L'équation de Reynolds est assez générale, elle s’applique à différents lubrifiants


et à différents types de contact. On peut distinguer [1] :

— Fluide compressible et fluide incompressible, dans ce dernier cas la masse


volumique disparaît de l’équation de Reynolds.
— Fluide de viscosité variable et fluide de viscosité constante ; il faut noter
que pour un fluide de viscosité variable, la viscosité ne varie pas à travers
l'épaisseur du film.
Lubrification
______________________________________________________________________

— Régime transitoire et régime permanent : on définit en mécanique des


films minces visqueux le régime permanent comme un régime de
fonctionnement tel que dans un repère particulier, mobile ou non, les
vitesses des parois et les paramètres géométriques du contact sont
indépendants du temps. L’équation de Reynolds permet de différencier ces

deux régimes : en régime permanent le terme h est nul et les vitesses et
t
les dimensions du contact sont, pour un repère particulier, indépendantes
du temps.
— Contact hydrodynamique et contact hydrostatique : la terminologie étant
assez imprécise nous conviendrons d’appeler contacts hydrostatiques les
seuls contacts pour lesquels l’équation de Reynolds se réduit à :

   h3 p     h3 p 
 +  =0 5-16
x 12 x  z 12 z 

5.4.4. Organisation des calculs

Le calcul des caractéristiques d’un contact hydrodynamique s’effectue selon les


étapes suivantes [1] :

1. Choix d’un système d’axes permettant de tenir compte des symétries


éventuelles.
2. Vitesse des surfaces dans le système d’axes choisi.
3. Equation donnant l’épaisseur du film.
4. Equation de Reynolds relative au contact étudié.
5. Conditions aux limites sur la pression.
6. Calcul de la pression dans le film (résolution de l’équation de Reynolds).
W =  pdxdz
7. Calcul de la charge supportée par intégration de la pression
8. Calcul du frottement par intégration des contraintes de cisaillement sur les
surfaces du contact ; l’intégration par partie permet généralement de
Fm =   xy ( y = 0) dxdz
simplifier les calculs .
Qx = u ( y ) .dydz
 

Q = w ( y ) .dydx
9. Calcul du débit  y  .
10. Calcul de la puissance dissipée dans le contact.
Lubrification
______________________________________________________________________

5.5. Cas élémentaires de portance


5.5.1. Cas de deux surfaces parallèles : portance
hydrostatique

Soit l’écoulement entre deux plaques planes parallèles, de largeur infinie selon Oz.
La plaque supérieure de longueur B est fixe ; la plaque inférieure est animée d’un
mouvement de translation uniforme de vitesse U=U1 (Figure 5-12). Dans ces conditions
et compte tenu de l’équation (5-14), la vitesse du fluide, suivant la direction Ox, s’écrit :

1 p h− y
u ( y) = y ( y − h) +U   5-17
2 x  h 

2 p
et l’équation de Reynolds = 0 car la vitesse U et l’épaisseur h sont constantes.
x 2
p
Ainsi : = cste
x

Figure 5-12 : Face parallèle.

Deux cas peuvent se présenter :

p
=0
1. la pression est identique à l’entrée et à la sortie. Dans ce cas, x ; il
n’y a pas de portance dans le contact et la répartition de vitesse suivant
l’épaisseur du film est linéaire. C’est l’écoulement de Couette.
p P2 − P1
=
2. la pression est différente à l’entrée et à la sortie. Dans ce cas : x L
où P1 et P2 représentent respectivement la pression à l’entrée et à la sortie
du contact. Le champ de vitesse dans le film est fonction des pressions
Lubrification
______________________________________________________________________

imposées aux extrémités du contact. Ainsi, la vitesse du fluide est


généralement due à 2 effets différents :

h− y
— l’écoulement de Couette, c’est le terme U  
 h 
1 p
— l’écoulement de Poiseuille, c’est le terme y ( y − h)
2 x

Figure 5-13 : Différents types d’écoulement.

5.5.2. Cas de deux surfaces parallèles : effet d’étirement

Soit l’écoulement entre deux plaques planes parallèles de largeur infinie selon Oz.
La plaque supérieure de longueur B est fixe. La plaque inférieure se déplace en s’étirant
avec une vitesse de translation U1= U(x), (Figure 5-14). Ceci est une schématisation
élémentaire du formage plasto-hydrodynamique des métaux. L’équation de Reynolds
s’écrit :

 2 p 6 dU
= 5-18
x 2 h2 dx

p 6U 6
h2 
soit : = 2 + C1 et : p = Udx + C1 x + C2
x h

Figure 5-14 : Plaques parallèles : effet d’étirement.


Lubrification
______________________________________________________________________

Les constantes C1 et C2 sont déterminées par les conditions aux limites sur la
pression.

Dans le cas particulier où U=Ax+D et compte tenu des conditions aux limites P=0
pour x=0 et x=B, la pression s’écrit :

3 A
P=− x ( B − x) 5-19
h2

et la charge pour une largeur L suivant Oz :

B3 A
W =  p = − L 5-20
2h 2

Le signe négatif de la charge rend compte de l’effet de pompage du fluide qui se


produit lorsqu’on impose à la distance entre les deux plaques de rester constante et égale
à h.

5.5.3. Cas de deux surfaces parallèles : effet d’écrasement

Soit l’écoulement entre deux plaques planes parallèles, de largeur infinie suivant
Oz. La plaque inférieure est immobile et la plaque supérieure, de longueur B est animée
d’une vitesse V2=V(t). Suivant Oy , (Figure 5-15), les deux plaques restent constamment
parallèles. L’équation de Reynolds s’écrit (à partir de l’équation 5-13) :

   h3 p   2 p 12V
  = V  = 3 5-21
x 12 x  x 2
2
h

soit :

6V 2
p= x + C1 x + C2 5-22
h3

Figure 5-15 : Plaques parallèles : effet d’écrasement.


Lubrification
______________________________________________________________________

Les fonctions C1(t) et C2(t) sont déterminées par les conditions aux limites sur la
pression.

La répartition de pression compte tenu des conditions aux limites p=0 pour x=0 et
pour x=B, s’écrit :

6V 2
p=
h3
( x − Bx ) 5-23

La portance hydrodynamique W résultant de cet effet d’écrasement s’écrit :

6V 2 VB 3 L
L B L B
W =   pdxdz =  
h3
( x − Bx ) dxdz  W = −
h3
5-24
0 0 0 0

dh
avec : V =
dt

Dans le cas d’un mouvement d’approche de la plaque supérieure avec une vitesse
de module constant V suivant Oy , la vitesse est négative et l’épaisseur du film tend vers
zéro. Pour h>0, la portance hydrodynamique due à cet effet d’écrasement est une fonction
du temps, elle s’écrit :

 V B3 L
W= 5-25
h3

Dans le cas d’un mouvement oscillatoire de la plaque supérieure autour d’une


valeur moyenne correspondant à une épaisseur de film h0, l’équation de l’épaisseur du
film peut se mettre sur la forme h ( t ) = h0 + h1 sin (t ) . h1 est l’amplitude telle que h0  h1
ω est la pulsation. La vitesse V devient V ( t ) = h1 cos (t ) et la portance
hydrodynamique, due à cet effet d’écrasement, s’écrit :

 B3 Lh1 cos (t )


W= 5-26
(h 0 + h1 sin ( t ) )
3

h1
soit en posant :  = avec 0  1
h0

 B3 L cos (t )


W= . 5-27
( h0 ) (1 +  sin (t ) )
2 3
Lubrification
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Remarquons que dans ce dernier cas, la pression est positive ou négative.


L’apparition de pressions négatives peut entraîner de la cavitation dans le fluide. Par
ailleurs il existe un déphasage entre les extrema d’épaisseur du film et les extrema de
charge.
Références

[1] J. Frène, Cours de Lubrification. Université de Poitiers, 1990.


[2] R. Stribeck, Die wesentlichen Eigenschaften der Gleit- und Rollenlager. Julius
Springer, 1903.
[3] J. Halling, “Lubricant Properties and Testing BT - Principles of Tribology,” J.
Halling, Ed. London: Macmillan Education UK, 1978, pp. 202–232.
[4] J.-M. Georges, Frottement, usure et lubrification - La tribologie ou science des
surfaces, Eyrolles,. Paris: Eyrolles, CNRS, 2000.
[5] O. Pinkus and B. Sternlicht, Theory of hydrodynamic lubrication. N.Y.:
McGraw-Hill, 1961.
[6] J. Frêne, D. Nicolas, B. Degueurce, D. Berthe, and M. B. T.-T. S. Godet, Eds.,
“Chapter 4 - Plane Sliders and Thrust Bearing Pads* *Excerpts of this Chapter
were published in Techniques de l’Ingénieur: J. Frêne, Paliers Hydrodynamiques,
B 671 and B 671,1 (1982).,” in Hydrodynamic Lubrication, vol. 33, Elsevier,
1990, pp. 87–112.
[7] J. BRIANT, J. DENIS, and J.-C. HIPEAUX, Physico-chimie des lubrifiants :
Analyses et essais, TECHNIP. Paris, 1997.
[8] A. N. Grubin, I. E. Vinogradova, and K. F. Ketova, Investigation of the contact of
machine components. Moscow: Central Scientific Research Institute for
Technology and Mechanical Engineering, 1949.

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