Types de lubrification et contacts mécaniques
Types de lubrification et contacts mécaniques
Références ............................................................................................................. 24
Liste des figures
A Surface, mm2
B Longueur, mm
e Trace de 𝜀
Ff Force de frottement, N
H Dureté, kgf/mm2
L Longueur, mm
p Pression hydrodynamique, Pa
s Trace de σ, MPa
𝜆 et 𝜇 coefficients de Lamé
μ coefficient de frottement
ν Coefficient de Poisson
σ Contraintes, MPa
Chapitre 5. Lubrification
Lubrification
______________________________________________________________________
5.1. Introduction
Les contacts surfaciques comme nous l’avons déjà dit, concernent essentiellement
les paliers et les butées hydrodynamiques et hydrostatiques, les joints d’étanchéité à faces
radiales, le contact entre une cage de roulement et la bague sur laquelle elle prend appui...
De façon générale cela représente tous les contacts lubrifiés pour lesquels les pressions
dans le film restent relativement faibles c'est-à-dire inférieures ou de l’ordre de quelques
dizaines de MegaPascal (quelques centaines de bars). Cela ne préjuge en rien de la valeur
de la charge transmise par le contact. Ainsi certains paliers ou butées de grandes
turbomachines supportent des charges de plusieurs milliers de kilo Newtons, mais compte
tenu des dimensions des surfaces portantes les pressions de contacts restent relativement
faibles.
frottement est compris entre 0,05 et 0,15, selon la nature du lubrifiant et les matériaux qui
forment le contact.
Ce type de lubrification se rencontre dans les petits mécanismes comme les gonds
des portes, les serrures, les machines à coudre ...
Ce type de lubrification existe jusqu’à ce que la vitesse des surfaces soit suffisante
pour que, par effet hydrodynamique, le film lubrifiant sépare totalement les surfaces. La
modélisation de la lubrification mixte est en cours de développement et fait l’objet de
recherches actuelles car il s’agit d’associer des phénomènes physicochimiques à des
phénomènes mécaniques afin de développer des modèles qui prennent en compte ces
différents comportements.
Lubrification
______________________________________________________________________
Figure 5-6 : Palier d’alternateur de ligne d’arbre de centrale électrique (EDF) [1].
À partir de la zone III de la courbe de Stribeck les surfaces sont totalement séparées
par un film fluide et la durée de vie du mécanisme peut dépasser 50000 heures. Les seules
avaries possibles sont dues à une érosion éventuelle liée aux impuretés en suspension
dans le lubrifiant, aux phénomènes de cavitations qui peuvent exister dans le film sous
charges dynamiques, à la fusion du régule sous l’effet de températures trop élevées et à
des piqûres par décharges électriques s’il existe une différence de potentiel entre les deux
surfaces du contact.
Le télescope du Mont Palomar mis en service en 1943 (Figure 5-8 et Figure 5-9)
est un excellent exemple des possibilités offertes par la lubrification hydrostatique. Il faut
remarquer que pour ce mécanisme dont la masse et de 470 000 kg, le coefficient de
frottement est de l'ordre de 10-7 et la puissance de la pompe qui alimente les butées
hydrostatiques est inférieure à 2 kW.
Dans ce type de contact, la pression générée dans le film est suffisamment élevée
pour déformer élastiquement les surfaces et le calcul des caractéristiques du contact doit
être effectué en résolvant simultanément l’équation de Reynolds et les équations de
l’élasticité. Par ailleurs la viscosité du fluide varie considérablement avec la pression. Les
charges appliquées au contact ne sont pas nécessairement très grandes mais la surface du
Lubrification
______________________________________________________________________
contact est très petite ce qui conduit à des pressions très élevées qui peuvent être
supérieures à 3 Giga Pascal.
En lubrification extrême pression (EP), les surfaces sont séparées par un film
réactif formé par réaction chimique entre les additifs extrême pression contenus dans le
lubrifiant [7]. Ces additifs sont des macromolécules comportant des atomes de soufre, de
chlore ou de phosphore. L’un des plus utilisés actuellement est le dithiophosphate de zinc
ou DTPZn qui possède à la fois des propriétés anti-usure et extrême pression. Sous l’effet
des pressions, des températures et des forts taux de cisaillement existant dans le contact,
les macromolécules sont détruites ; il se forme des radicaux libres de soufre et de
phosphore extrêmement actifs qui réagissent avec le métal des surfaces et forment une
véritable liaison chimique. Ainsi les macromolécules sont liées à la surface et les
protègent. Les mécanismes d’action de ces additifs sont complexes et ne sont pas encore
entièrement connus.
Les lubrifiants actuels utilisés pour les engrenages et les roulements à billes des
boîtes de vitesse automobiles contiennent des additifs extrême pression qui permettent
d’éviter le grippage.
Comme pour les contacts surfaciques, c'est une zone de transition. Pour les
contacts à haute pression cette transition s’effectue entre la lubrification extrême pression
et la lubrification élastohydrodynamique. Sous l’effet du déplacement des surfaces il se
forme, dans les zones convergentes du film, une génération de pression qui lorsque la
vitesse augmente sépare progressivement les surfaces.
La pression peut être créée par une pompe extérieure au contact c’est
l’hydrostatique : c’est le cas par exemple de certains paliers et des glissières de certaines
machines-outils.
La pression peut être créée par le déplacement relatif des surfaces, c’est
l’hydrodynamique : cela concerne les butées, les paliers lisses, les garnitures mécaniques
…
Lubrification
______________________________________________________________________
D’après la Figure 5-11, la première surface de contact (paroi 1) est animée avec
deux vitesses U1 et W1 dans les directions x et z, avec V1 = 0 puisque le système des axes
est fixé sur cette surface. La deuxième surface (paroi 2) est animée avec trois vitesses U2,
V2 et W2 dans les directions x, y et z. L’épaisseur du film h représente l’espace entre les
deux surfaces. Pour le contact lubrifié, illustré par la Figure 5-11, le champ de vitesse et
l'équation de Reynolds modifiée sont déterminés en suivant les démarches ci-après [1].
Pour un fluide Newtonien, l’écoulement est régi par les équations de Navier-
Stokes :
p xy
=
x y
p
=0 5-1
y
p zy
=
z y
u
xy = y
5-2
= w
zy
y
Lubrification
______________________________________________________________________
2 u p
=
y 2 x
5-3
1 p 2
u( y ) = y + C1 y + C 2
2 x
Paroi inférieure : u (0 ) = U 1
1 p U −U2
et à y=h : C1 = − h− 1
2 x h
u ( y) =
1 p 2 h p
y −
(U − U 2 ) y + U
y− 1 5-4
2 x 2 x
1
h
2 w p
=
y 2 z
5-5
1 p 2
w( y) = y + C3 y + C4
2 z
1 p W − W2
et à y=h : C3 = − h− 1
2 z h
w( y) =
1 p 2 h p
y −
(W − W2 ) y + W
y− 1 5-6
2 z 2 z (h) 1
y = 0 v(0) = V1 = 0
5-7
y = h v ( h ) = V2
V1 égal à zéro parce que la paroi inférieure est placé sur le système d'axes.
+ (u ) + (v ) + (w) = 0 5-8
t x y z
h h h h
h
h
t dy =
0
t
.h 5-11
Pour intégrer les deux autres termes, nous avons utilisé la formule suivante :
h F ( x, y, z, t ) h h 0
dy = F ( x, y, z, t ) dy − F ( x, h, z, t ) + F ( x,0, z, t ) ., ce qui
0 x x 0 x x
permettre d’écrire :
h
h
h
( u ) dy = ( u ) dy − U 2
0 x x 0 x
h 5-12
w dy = w dy − W h
h
z ( ) ( )
z 0 z
2
0
h
h
1 p 2 h p (U1 − U 2 ) y + U dy
( )
x 0 x 0 2 x
u dy = y − y − 1
2 x h
Exemple :
p 3 (U1 + U 2 ) h
h
( u ) dy = − h +
x 0 x 12 x 2
h3 p h3 p (U1 + U 2 ) h
+ =
x 12 x z 12 z x 2
5-13
h (W1 + W2 ) h h
− U 2 + − W2 + V2 + h
x z 2 z t
A cette équation, dite équation de Reynolds, s'ajoutent les équations donnant les
vitesses dans le fluide :
1 p 2 h p (U − U 2 ) y + U
u ( y ) = y − y− 1
2 x 2 x
1
h
1 p 2 h p (W − W2 ) y + W
w ( y ) = y − y− 1 5-14
2 z 2 z
1
h
v(0) = V1 = 0, v(h) = V2
u p h p (U1 − U 2 )
xy = = y− −
y x 2 x h
5-15
= w = p y − h p − (W1 − W2 )
zy y z 2 z h
L’équation de Reynolds à laquelle, pour les fluides compressibles, doit être ajoutée
l’équation d’état du fluide, permet de décrire l’écoulement laminaire d’un fluide entre
deux parois très rapprochées l'une de l'autre et pouvant être en mouvement. Pour obtenir
cette équation, il a été nécessaire de poser que [1] :
1. L’épaisseur du film est très faible devant les autres dimensions du contact,
c'est l'hypothèse fondamentale de la lubrification hydrodynamique.
2. Le milieu est continu, l'équation de Reynolds ne s'applique pas dans les
zones où il y a une rupture du film.
3. Le fluide est newtonien : il y a proportionnalité entre le taux de
cisaillement et les contraintes de cisaillement dans le film.
4. Le régime est laminaire ; en régime non laminaire il faudra utiliser une
autre modélisation.
5. L'une des surfaces du contact est parfaitement plane et ne présente pas de
rugosité, ce qui permet de placer l'origine des axes sur cette surface. Ainsi,
la courbure générale du film est négligée.
6. Il n’y a pas de glissement entre le fluide et les parois du contact : la vitesse
du fluide à la paroi est égale à celle de la paroi.
7. Les forces d’inertie sont négligeables ce qui peut ne pas être toujours
vérifié.
8. Les forces massiques extérieures sont négligées.
9. La viscosité et la masse volumique du fluide ne varient pas à travers
l'épaisseur du film.
10. Ceci revient à poser que la température ne varie pas à travers l’épaisseur
du film : T = (x1, x2, t) car ρ(p, T) et μ(p, T) ne sont fonction que de la
température et de la pression.
h3 p h3 p
+ =0 5-16
x 12 x z 12 z
Soit l’écoulement entre deux plaques planes parallèles, de largeur infinie selon Oz.
La plaque supérieure de longueur B est fixe ; la plaque inférieure est animée d’un
mouvement de translation uniforme de vitesse U=U1 (Figure 5-12). Dans ces conditions
et compte tenu de l’équation (5-14), la vitesse du fluide, suivant la direction Ox, s’écrit :
1 p h− y
u ( y) = y ( y − h) +U 5-17
2 x h
2 p
et l’équation de Reynolds = 0 car la vitesse U et l’épaisseur h sont constantes.
x 2
p
Ainsi : = cste
x
p
=0
1. la pression est identique à l’entrée et à la sortie. Dans ce cas, x ; il
n’y a pas de portance dans le contact et la répartition de vitesse suivant
l’épaisseur du film est linéaire. C’est l’écoulement de Couette.
p P2 − P1
=
2. la pression est différente à l’entrée et à la sortie. Dans ce cas : x L
où P1 et P2 représentent respectivement la pression à l’entrée et à la sortie
du contact. Le champ de vitesse dans le film est fonction des pressions
Lubrification
______________________________________________________________________
h− y
— l’écoulement de Couette, c’est le terme U
h
1 p
— l’écoulement de Poiseuille, c’est le terme y ( y − h)
2 x
Soit l’écoulement entre deux plaques planes parallèles de largeur infinie selon Oz.
La plaque supérieure de longueur B est fixe. La plaque inférieure se déplace en s’étirant
avec une vitesse de translation U1= U(x), (Figure 5-14). Ceci est une schématisation
élémentaire du formage plasto-hydrodynamique des métaux. L’équation de Reynolds
s’écrit :
2 p 6 dU
= 5-18
x 2 h2 dx
p 6U 6
h2
soit : = 2 + C1 et : p = Udx + C1 x + C2
x h
Les constantes C1 et C2 sont déterminées par les conditions aux limites sur la
pression.
Dans le cas particulier où U=Ax+D et compte tenu des conditions aux limites P=0
pour x=0 et x=B, la pression s’écrit :
3 A
P=− x ( B − x) 5-19
h2
B3 A
W = p = − L 5-20
2h 2
Soit l’écoulement entre deux plaques planes parallèles, de largeur infinie suivant
Oz. La plaque inférieure est immobile et la plaque supérieure, de longueur B est animée
d’une vitesse V2=V(t). Suivant Oy , (Figure 5-15), les deux plaques restent constamment
parallèles. L’équation de Reynolds s’écrit (à partir de l’équation 5-13) :
h3 p 2 p 12V
= V = 3 5-21
x 12 x x 2
2
h
soit :
6V 2
p= x + C1 x + C2 5-22
h3
Les fonctions C1(t) et C2(t) sont déterminées par les conditions aux limites sur la
pression.
La répartition de pression compte tenu des conditions aux limites p=0 pour x=0 et
pour x=B, s’écrit :
6V 2
p=
h3
( x − Bx ) 5-23
6V 2 VB 3 L
L B L B
W = pdxdz =
h3
( x − Bx ) dxdz W = −
h3
5-24
0 0 0 0
dh
avec : V =
dt
Dans le cas d’un mouvement d’approche de la plaque supérieure avec une vitesse
de module constant V suivant Oy , la vitesse est négative et l’épaisseur du film tend vers
zéro. Pour h>0, la portance hydrodynamique due à cet effet d’écrasement est une fonction
du temps, elle s’écrit :
V B3 L
W= 5-25
h3
h1
soit en posant : = avec 0 1
h0