Aïssata DIABY
LA MÉMOIRE DISCURSIVE DANS KAÏDARA D’AMADOU HAMPÂTÉ BÂ
Aïssata DIABY
Université Félix Houphouët-Boigny, Côte d’Ivoire
[email protected]
Résumé : La mémoire comme lieu du discours, ici, discours rapporté et représentation du
discours autre par extension, joue visiblement un rôle important dans la littérature africaine
d’expression française. Elle en est un élément essentiel. Dans la transposition d’un genre de la
littérature orale à l’écrit, elle apparaît comme indispensable dans la transmission des valeurs
entre autres comme c’est le cas du conte. Kaïdara, conte initiatique peul, mis en lettres en 1969
aux éditions Classiques africains, par l’éminent écrivain malien Amadou Hampâté Bâ servira
de support textuel à notre analyse discursive. La question de l’apprentissage, de l’acquisition,
de la conservation et de la perpétuation du savoir reste essentielle. Eu égard au fait que l’on
apprend de quelqu’un soit verbalement soit par écrit ou de tout autre manière, directement ou
indirectement, le discours est la plupart du temps rapporté à chacune des étapes de la
dispensation et de l’apprentissage du savoir. Cette œuvre, conte initiatique peul, est perçue à
plus d’un titre comme pouvant être d’un apport prépondérant à l’édification
pluridimensionnelle de l’Homme de par les savoirs et connaissances qu’elle contient.
Mots clés : discours rapporté, représentation du discours autre, cognition, mémoire
discursive, savoirs.
Abstract : The memory as place of discourse, here, reported speech and by extension the
representation of speech of others obviously has an important role in african literature of
french expression. It’s an essential element. In the transposition of a genre from oral literature
to writing, it appears to be indispensable in the transmission of values, amoung others, as is
the case with tale. Kaïdara, fulani initiatory tale, written by the eminent malian witer Amadou
Hampâté Bâ will serve as a textual support for our discursive analysis. The question of
learning, acquisition, retention and perpetuation of knowledge remains essential. In view of
the fact that one learns from someone either verbally or in writing or in some other way,
directly or indirectly, the speech is mostly reported at each of the stages of dispensing and
learning of knowledge and bearx the identity traits of the community from which it emanates.
This work, a fulani initiatory tale, is perceived in more than one way as being able to be of a
preponderant contribution to the multidimensional construction of human being through the
knowledge and knowledge it contains.
Keywords : reported speech, representation of other speech, cognition, discursive memory,
knowledge.
DJIBOUL N°002, Vol.2 190
La mémoire discursive dans Kaïdara d’Amadou Hampâté Bâ
Introduction
La littérature africaine d’expression française regorge de caractéristiques qui
l’identifient à la fois à une civilisation de l’oralité et à celle de l’écrit. Dans un cas
comme dans l’autre, l’interaction verbale entre personnages ou encore l’énonciation
rapportée est un vecteur incommensurable de transmission de savoirs (Anoh, 2002).
Il en est naturellement de même pour le conte initiatique qui est un élément
fondamental de l’éducation, de la formation dans la tradition africaine et dont la
relation et la transmission reposent sur l’énonciation rapportée. La représentation du
discours autre peut être définie comme le fait de rapporter dans un discours en train
de se faire, un autre discours. La notion de cognition, elle, peut être appréciée comme
un processus mental qui recouvre primordialement l’acquisition du savoir, et en
premier lieu du langage; en passant par la mémorisation, le raisonnement, la prise de
conscience des émotions, la perception de l’environnement entre autres. Comment la
mémoire discursive, partie intégrante de la cognition, se décline-t-elle dans Kaïdara?
Comment le discours traduit-il le lieu de mémoire dans Kaïdara ? Quelles sont les
marques linguistiques de cette opération, ses enjeux ? La mémoire discursive D.
Maingueneau, P. Charaudeau ( 2002), aspect de la cognition, en notre sens, doit être
considérée dans Kaïdara comme un élément clé de l’acquisition du savoir, de sa mise
en pratique et de sa perpétuation. Nous tenterons dans cette étude de faire ressortir
les éléments afférant à la mémoire discursive à travers les énoncés au discours rapporté
à la lumière de l’analyse du discours D. Maingueneau, P. Charaudeau (2002, p.371-
372), d’en déceler les caractéristiques et les enjeux dans Kaïdara d’Amadou Hampâté
Bâ.
1. De la cognition à la mémoire discursive
1.1. Cognition
À l’origine, la notion de cognition est la faculté, l’acte de connaître. En effet, ce
terme vient du latin « cognitio », action de connaître et est un dérivé de « cognoscere »
ou « prendre connaissance ». La cognition est « l’ensemble des processus mentaux qui
ont trait à la fonction de connaissance et qui permettent l’acquisition du savoir» Toupie
(2020). En Psychologie, elle est un
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« processus mental qui recouvre primordialement l’acquisition du savoir, et en
premier lieu du langage ; en passant par la mémorisation, le raisonnement, la prise de
conscience des émotions, la perception de l’environnement » C. Besche-Richard, R.
Campan (2021)
l’intelligence, la prise de décision, la perception, etc. C’est le petit groupe de
psychologues de Harvard avec en tête de proue J. Bruner et G. Miller qui effectuera
la « révolution cognitive » H. Gardner (2003, p.141-144). Ils prendront le contrepied du
behavorisme en modélisant le fonctionnement de la pensée, en y incluant les émotions
et la fonction affective.1 Pluridisciplinaire, cette notion fait l’objet de nombre
d’hypothèses qui la présentent parfois comme simulation, manipulation de la forme
des symboles ou comme propriété des systèmes complexes2.
Aujourd’hui, la cognition C. Besche-Richard, R. Campan (2021), peut renvoyer
au raisonnement, à la perception, à la prise de décision, à la mémoire voire l’émotion.
Devenue une notion transdisciplinaire, elle est en partage dans les sciences dites
cognitives, nées en 1950, que sont la psychologie, l’anthropologie, la philosophie et la
linguistique3. D’une discipline à une autre, plusieurs éléments servent à l’analyse de
la cognition, dont la mémoire. Dans Kaïdara, elle peut être perçue comme un savoir
relié à la mémoire elle-même, faculté de rétention des données des compétences
linguistiques. Ces compétences dites linguistiques se réalisent dans le discours.
Hammadi s’écria : « Je vous en adjure, mes amis, remettez votre départ à demain !
Nous sommes rentrés dans la période de l’hivernage […] Or, mon Maître, que vous
appelez le petit vieux à la colonne vertébrale déviée et qui vous prête tant à rire, m’a
dit ceci : "Mien fils, en hivernage, n’entreprends jamais un voyage dans l’après-midi"
[…] ». Bâ (1999 :289)
Dans cette illustration, la cognition, prise comme savoir, se voit rattachée à la tradition,
la morale. À l’origine, elle fut énoncée « par le petit vieux à la colonne vertébrale
déviée ». Puis, cette énonciation fut reprise et transmise par Hammadi. Le lien entre
cognition et mémoire discursive, dans le cas d’espèce est la morale. Le verbe
« n’entreprends jamais », au mode impératif, est au présent de vérité générale ou
1
Wikipedia.org/wiki/Cognition. La fonction affective, partie intégrante des processus mentaux dont se sert la
psychologie dynamique serait, selon d’autres à dissocier des processus de cognition.
https://www.toupie.org/Dictionnaire/Cognition.htm
2
Idem
3
Ibid. Il y a aussi les neurosciences, les mathématiques appliquées à la modélisation des fonctions mentales et
l’intelligence artificielle.
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présent gnomique. Ici, il est un verbe performatif a priori car nié par
« n’…jamais ». « Ne » est un discordanciel alors que « jamais », un forclosif. La portée
de la négation s’étend sur tout l’énoncé. Par ailleurs, les circonstants « après-midi » et
« hivernage » limitent le temps. Le premier, à un moment du jour et le second, à une
période plus longue. La morale ou le principe de vie, ici, concerne une action, un
voyage. Celui-ci n’est pas réalisable selon deux facteurs de temps (moment de la
journée dans une période bien précise). Le mode impératif sert à prodiguer des
conseils à travers un énoncé embrayé sur l’instance énonciative, au vocatif .
1.2. Mémoire/mémoire discursive
La mémoire est dérivée du processus par lequel des systèmes naturels (humains
et animaux) ou artificiels (ordinateurs) acquièrent des informations sur le monde. Elles
en construisent des représentations, les transforment en connaissances par des
opérations spécifiques, puis les mettent en œuvre dans des activités, des
comportements ou des fonctionnements qui se résument en la cognition. En
psychanalyse, la mémoire est liée à la notion de refoulement, d’inconscient (Freud) .
La mémoire est de façon simplifiée la capacité de l’esprit à enregistrer, conserver et
rappeler les expériences passées. Renvoyant à une représentation de notre passé, elle
est une « construction composite qui permet d’encoder (ou enregistrer), de stocker (ou
consolider) et de récupérer (ou rappeler) des informations (ou toutes autres formes de
représentations ou de comportements) » F. Eustache (2021).
À la base, en analyse du discours, le discours s’appuie sur la mémoire pour se
constituer sur le plan de la textualité et de l’histoire P. Charaudeau, D. Maingueneau
(2002,p. 371). En effet, à en croire J. J. Courtine à la suite de M. Pêcheux, la mémoire est
le fait de penser le « réel de la langue » en rapport avec le « réel de l’histoire », et donc
de rendre compte de « l’existence historique de l’énoncé » M. A. Paveau (2013). Cela
nous introduit dans la mémoire dite discursive.
« On parle de mémoire discursive quand les discours s’intègrent par des marques
repérables, dans des domaines de mémoire associés, c’est-à-dire développent des lieux
mémoriels de formulation, répétition ou au contraire d’oubli et de déni par rapport à
des "formulation-origines" » M. A. Paveau (2011, p.13-14).
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Dans le cadre de Kaïdara, figée sur un support textuel, la mémoire en tant que
capacité de rétention, permet de donner cohérence et cohésion au texte.
Avant de dire le conte, le narrateur entame le « préambule traditionnel » qui
commence par « conte, conté, à conter… » A. H. Bâ (1999, p. 251) dans un mode
d’apparition textuel A. J. Anoh (2014) qui le démarque du reste du texte. Le conte
initiatique Kaïdara appartient au champ de la littérature orale. Les différentes
déclinaisons du verbe « conter » au présent (impératif), au passé et au futur marquent
son caractère pérenne, donc, dénote de son existence historique. De ce qui précède, le
lecteur devine aisément que l’histoire suivra une trajectoire logique.
Aussi bien les temps verbaux, les connecteurs logiques, les anaphores sont des facteurs
indicateurs de la cohésion de ce conte P. Charaudeau, D. Maingueneau (dir.) (2002,
p.371).
Dans le présent conte, une mémoire discursive intratextuelle peut être dégagée.
Celle-ci est le fait du narrateur à travers lequel le discours –ici, rapporté- tel un espace,
une « aire textuelle » établit graduellement une mémoire intratextuelle P. Charaudeau,
D. Maingueneau (2002,p. 371). Cette assertion s’explique par le fait qu’il se réfère à une
représentation du discours autre qui lui est antérieure. À la page 289, Hammadi, face
à l’entêtement de ses deux compagnons de voyager en un après-midi d’hivernage
s’exprima comme suit à la forme directe (discours direct) :
Hammadi s’écria : « Je vous en adjure, mes amis, remettez votre départ à demain !
Nous sommes rentrés dans la période de l’hivernage […] Or, mon Maître, que vous
appelez le petit vieux à la colonne vertébrale déviée et qui vous prête tant à rire, m’a
dit ceci : "Mien fils, en hivernage, n’entreprends jamais un voyage dans l’après-midi"
[…] ». Bâ (1999, p.259)
« Le verbe introducteur, sans être indispensable, a le mérite, entre autres, de
dissiper toute opacité attributive en permettant une nette distinction des différents
dires hétérogènes. » A. J. Anoh (2013, p.15-23).
« S’écria », verbe introducteur au passé simple de l’indicatif est la marque expressive
du fait que le procès était en cours dans le passé, alors que celui introduisant le
deuxième fragment au discours direct « a dit » indique que l’action de dire du « petit
vieux à la colonne vertébrale déviée » s’est achevée dans un passé encore antérieur aux
propos tenus par Hammadi. Le discours rapporté d’Hammadi convoque une
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La mémoire discursive dans Kaïdara d’Amadou Hampâté Bâ
énonciation rapportée qui est antérieure à la sienne. C’est ainsi que la conjonction de
coordination « or » marque la transition entre l’énoncé performatif introduit par
« adjure » et celui statif, qui indique une vérité permanente qui se justifie par le verbe
dire employé à la troisième personne du singulier passé composé.
En plus des verbes introducteurs, les connecteurs logiques et adverbes en facilitent
l’identification.
« Dès que le scorpion eut disparu, Dembourou psalmodia exactement cette
incantation. » A. H Bâ (1999, p.259)
L’adverbe de manière « exactement » sert à mettre l’accent sur le fait que l’incantation,
précédemment récitée par le scorpion a été mémorisée et répétée par Dembourou peu
après. Le lien logique entre les deux énonciations rapportées est avéré. La première
représentation du discours autre est au discours direct tandis que la seconde est un
résumé de paroles.
Discours didactique et de surcroît ayant une portée philosophique, Kaïdara
contraint le lecteur à « perpétuellement reconstituer des chaînes de renvoi, ou
reprendre les définitions pour comprendre la signification d’un passage » F. Cossutta
(1989, p.218). Cette réalité est perceptible à travers l’exemple ci-dessus, mais plus
particulièrement au cours du décryptage des symboles rencontrés par les
protagonistes au cours de leur voyage par Kaïdara lui-même dans un discours direct
des pages 308 à 316. Il est parti du premier au onzième symbole. L’ordre est
scrupuleusement suivi.
Les discours, dont ceux dits rapportés, s’entremêlent dans Kaïdara. En
conséquence, à la suite de D. Maingueneau (1984, p. 131) qu’il y a une sorte
d’interdiscours qui prend en compte une mémoire externe et une mémoire interne. La
mémoire externe relie le texte au vaste champ du conte en général. La mémoire interne,
elle, renvoie aux « janti » ou encore à un « récit très long aux personnages humains ou
fantastiques, à vocation didactique ou initiatique, souvent les deux à la fois. Comme le
dit le conteur au début de Kaïdara: « Je suis à la fois futile, utile et instructif » A. H. Bâ
(1999, p.12). Les adjectifs attributs du sujet « Je », dans le cas présent « jantol 4», lui
confère le rôle de divertissement, de sans importance et de formation à la fois. La
4
Singulier de janti
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mémoire interne est aussi appelée, par P. Charaudeau (2000, p.41-54) , mémoire des
discours.
2. Enjeux narratifs de la mémoire discursive
2.1. Mémoire discursive, garante du savoir
Gage de la transmission, de la propagation et de conservation du savoir par le
truchement du discours rapporté, la mémoire discursive est importante pour la
survivance des textes oraux dont Kaïdara. En effet, cette mémoire a permis la
transmission, la pérennité à travers les siècles de nomenclatures anciennes, comme
c’est le cas du terme « Manna » ou « roi des initiés » A. H. Bâ (1999, p. 251).
Texte de la littérature, il contient des traces de l’oralité, fondement de la
tradition et de la civilisation africaines. Les formules introductrices du conte
traditionnel se retrouvent aux pages 251 et 252. Celles-ci servent d’indices déictiques :
« C’était au mystérieux pays du surnaturel Kaïdara, pays que la mémoire humaine ne
peut situer exactement ni dans le temps ni dans l’espace. » Le « pays du surnaturel
Kaïdara » indique le lieu. « C’était l’époque où les génies finissaient de creuser le lit
des rivières » A. H. Bâ (1999, p.252). Le présentatif « c’était », à l’imparfait de l’indicatif,
ramène le lecteur dans le passé lointain.
Par ailleurs, la présence des marques de l’oralité, de la tradition et de la cosmogonie
africaines dans ces écrits nécessite explication, éclairage aux lecteurs. Cette réalité
justifie les commentaires et les détails qui sont donnés en notes infrapaginales. « […]
Le premier fils de Satan a un nom "Précipitation" […] » La note de bas de page reliée
au terme « Satan » précise : « ce n’est pas ici « l’anti-Dieu » ; cela n’existe pas, personne
n’est contre Gueno. C’est un esprit malin, un mauvais « suggestionneur » (le mot
Seytaan est un usage adopté de l’islam, de même que le surnom « suggestionneur »).
Cette précision de l’auteur, l’archi-énonciateur, permet au néophyte de faire la
différence entre les conceptions que les civilisations ont de Satan.
De plus, la présence du chant, rapporté au discours direct, dans le texte est
encore une marque de l’oralité. Les pages 268, 274, 275, 311 en regorgent.
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Dès que les compagnons foulèrent le sol de cette vallée, ils entendirent des voix chanter
en chœur […] :
« Les êtres sont des prisonniers,
[…] » Bâ (1999, p.274)
Le merveilleux, par le biais du discours rapporté intervient avec l’auto
présentation des différents symboles rencontrés par les voyageurs (caméléon, p. 256,
chauve-souris, p.256, scorpion, p. 258, scinque, p.261, petit trou inépuisable, p.262,
outarde, p.264, bouc barbu, p.264, hermaphrodites, p. 268, village avec le vieillard, les
animaux et la braise ardente, p. 269, les trois puits, p.277, éléments naturels dotés de
la parole, p.293). Le merveilleux est l’opposé du surnaturel, car il n’appartient plus au
domaine des croyances admises par un peuple. Or, dans le fantastique, la situation
initiale est sans magie (étrange et surnaturel) et la situation finale est un retour à la
banalité quotidienne du début. Dans le merveilleux, la magie est omniprésente et
acceptée jusqu’à la fin. Chacun des symboles utilise une formule de clôture identique
pour mettre un terme à sa présentation, comme dans un rituel.
Les trois puits crièrent :
« Nous sommes trois voisins,
Ensemble nous formons
Le dixième symbole du pays des nains.
Notre secret appartient à Kaïdara,
le lointain et bien proche Kaïdara.
Fils d’Adam passe… » Bâ (1999, p.276)
L’homme au bois mort rit beaucoup et dit : « Ma bouche est garnie […]
Je sais que je ne sais pas ce que je fais.
Toi qui crois savoir, apprends surtout
que je suis le onzième symbole
du pays des nains.
Notre secret appartient à Kaïdara,
le lointain et bien proche Kaïdara.
Fils d’Adam passe… » Bâ (1999, p.277)
« Notre secret appartient à Kaïdara, le lointain et bien proche Kaïdara. Fils
d’Adam passe… », se décline comme une parole incantatoire émise- à la forme directe-
par les symboles eux-mêmes pour clore la parenthèse qui leur est liée et pour en ouvrir
une autre aux voyageurs au cours de leur périple initiatique. L’adjectif possessif
« notre », marque de la première personne du singulier met l’accent sur la
communauté que compose chacun des indices du pays des nains. Chacun des indices
a un « secret », un code dont le décryptage et l’enseignement reviennent exclusivement
à Kaïdara. « Le », article défini, de la classe grammaticale des déterminants met
l’accent sur le caractère exclusif, unique et surtout dualiste de l’Être suprême qui est
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qualifié concomitamment de « lointain » et de « bien proche ». Il est celui qui détient
le sens caché de tous ces indices et en est la clé de voûte. Chacun des symboles se
présente comme étant un élément minime d’un ensemble qui est détenu par Kaïdara.
En s’adressant aux voyageurs au vocatif, ils les interpellent sur leur nature finie,
limitée tout en exaltant celle de celui qui sait, celui à qui « appartient » le savoir vrai.
Ils rendent témoignage de cette vérité et finissent par ordonner au quêteur de
poursuivre son périple. L’impératif « passe » en rend compte.
De ce qui précède, l’on pourrait asserter que le mystique (spiritualité africaine)
transparaît par le biais du discours rapporté. Ici, la mémoire discursive des
personnages permet l’actualisation, la mise en application de certaines connaissances
religieuses. Considérons les énoncés au discours indirect narrativisé ou résumé de
paroles : « Dès que le scorpion eut disparu, Dembourou psalmodia exactement cette
incantation » (1999, p. 259) et « Après la complainte d’Hammadi, Dembourou eut la
bonne idée de psalmodier de nouveau l’incantation qu’il avait apprise du scorpion. »
(1999, p.260-261). Ils marquent la réactualisation, la réappropriation de l’incantation
du scorpion par Dembourou le voyageur. Sa mémoire des discours a enregistré puis,
a extrait ce discours ésotérique de son esprit. Il l’a ensuite actualisé au gré de la
situation qui s’imposa à lui.
Relativement à la conservation de ces connaissances, le conte initiatique Kaïdara
est, à l’instar de tous les janti, régi par des règles historiques et inamovibles de rapport.
C’est ainsi qu’A. H. Bâ, lui-même, affirme :
« Dans le jantol, la trame de l’histoire (c’est-à-dire la progression, les étapes des
symboles, les faits significatifs) ne doit jamais être changée par le conteur traditionnel.
Toutefois, celui-ci peut apporter des variantes sur des points secondaires, embellir,
développer ou abréger certaines parties selon la réception de l’auditoire. » Bâ (1999,
p.12)
Selon Lilyan Kestloot,
« Donc théoriquement, tout individu, fille ou garçon du groupe, peut gravir les degrés
de l’initiation selon le temps, l’intelligence qu’il consacrera à ces enseignements . Une
sélection s’opère naturellement qui fera que sur dix adeptes, un ou deux arriveront à
maîtriser un ensemble de notions de plus en plus touffues qu’il s’agit de mémoriser et
d’utiliser » Bâ (1999, p.245)
En d’autres termes, la mémoire discursive de l’auditeur est sollicitée pour recevoir,
conserver, puis utiliser ces valeurs et savoirs. À cet effet, le discours rapporté tel que
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La mémoire discursive dans Kaïdara d’Amadou Hampâté Bâ
déployé dans le texte allie introversion (discours indirect narrativisé ou DIN, P p. 283,
psycho récit, p.281, discours indirect libre ou DIL, p.285, monologue intérieur
autorapporté ou MIA, p, 301) et extraversion ( discours direct ou DD, résumé de
paroles ou RP), afin de présenter les modèles et contre modèles, les valeurs et contre
valeurs5. Tout un réseau lexico-sémantique s’y rattache notamment à travers les verbes
introducteurs (« savait », p.308, « apprendre, p. 311, « retiens » p.311), les types de
discours rapporté, les modalisateurs « vénérable Maître », p.311, etc.
L’acquisition du savoir rend impérative sa transmission suite à l’aboutissement
de la quête. L’aboutissement de la quête est perceptible par le canal du discours direct
d’Hammadi : « Enfin, j’y suis »A. H. Bâ (1999, p.304). L’adverbe « enfin » est l’indice
que cette quête a été de longue haleine et éprouvante, mais a aboutie. Aussi, le verbe
d’état « être » conjugué au présent de l’indicatif indique l’actualité du résultat. Les
différents symboles, au départ encodés, se voient décodés à la fin. Au discours direct,
marque de l’extraversion, le savoir est rendu public à celui qui le mérite (p.308, p. 316),
mais aussi l’identité réelle du « petit vieux » (p.326 à 330). Cependant, il est pour
Hammadi, un devoir de transmettre ce savoir, seule démarche à suivre pour sa
perpétuation et sa conservation mémorielle. Initié, Hammadi, l’« homme complet » A.
H. Bâ (1999, p.339) doit nécessairement la transmettre (DD, p.331).
Tous ces éléments montrent que la mémoire discursive liée à ce jantol renvoie à
celle de la communauté discursive P. Charaudeau, D. Maingueneau (2002,p.104-106),
des initiés peuls. Pour ainsi dire, la communauté discursive montre combien « les
modes d’organisation des hommes et de leurs discours sont indissociables de même
que leurs doctrines et les institutions qui les maintiennent. » P. Charaudeau, D.
Maingueneau (2002,p.106)
5
Aussi bien le psycho-récit, le discours indirect narrativisé et souvent le discours à la forme directe sont précédés
par des verbes de pensées, de perception servant à les introduire.
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2.2. Mémoire discursive, gage de salvation
La mémoire discursive, en tant que réactualisation du discours antérieur, en
plus de permettre d’acquérir le savoir, laisse la vie sauve ou contraint à ne pas l’ôter.
Elle est vecteur d’affirmation identitaire. Elle a comme élément fondateur l’acceptation
ou le rejet de la connaissance, son emmagasinement, puis sa mise en application. Cela
est perceptible à travers la modalité des conseils.
« Le mode d’apparition graphique prend en compte la manière dont la citation apparaît
de manière graphique dans le texte citant (police ; taille ; italique ; gras ; soulignement
etc.). Autrement dit, il est question de la configuration matérielle, des mots d’autrui tels
qu’ils sont perceptibles dans l’énonciation en cours. »
Le mode d’apparition graphique (Mag) A. J. Anoh (2014) de la modalité des conseils
prodigués par le « vieillard » à Hammadi au cours de son périple nous renseigne sur
leur importance vitale eu égard à leur graphie particulière.
–Eh bien, mon cher fils : En hivernage, garde toi d’entreprendre un voyage dans l’après-midi
Bâ (1999,p.287).
Le vieillard sourit largement : « Ô fils et adepte attentionné : Pour rien au monde tu ne
violeras un interdit qui remonte à des siècles », Bâ, (1999, p.287)
Il dit :
« Hammadi, mon propre fils avide de savoir : jamais tu n’agiras sur un simple soupçon.
Bâ (1999, p. 288)
Etablissant un lien filial avec l’apprenant, « le vieux » l’appelle successivement « mon
cher fils », « Ô fils et adepte attentionné » « mon propre fils avide de savoir ». Il a
recours au possessif, à la modalité affective « cher » avant de l’appeler fils ; puis
« adepte attentionné » au vocatif avant de confirmer ce lien avec l’adjectif qualificatif
« propre » et d’évaluer ce fils comme un « avide de savoir ». Les conseils qu’ils lui
prodiguent sont inscrits en lettres d’or, de sorte à rester graves dans la mémoire, non
seulement d’Hammadi, mais aussi du lecteur. Ce sont ces principes clés qui seront le
moment venu réactualisés et qui épargneront la vie du sage Hammadi, mais aussi celle
de son fils Hammadi Hammadi. Cette réactivation a été possible grâce à sa mémoire
discursive comme en témoigne l’énonciation rapportée au discours direct aux pages
289-290 :
« Hammadi s’écria : « Je vous en adjure mes amis, remettez votre voyage à demain !
Nous sommes entrés dans la période de l’hivernage […] Or mon Maître m’a dit ceci :
"Mien fils, en hivernage, n’entreprends jamais un voyage dans l’après-midi" Cette
leçon, qui m’a couté une quantité d’or équivalent à une charge de bœufs, je vous la
donne gratuitement et par bonne camaraderie […] »
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La mémoire discursive dans Kaïdara d’Amadou Hampâté Bâ
Dans une situation d’énonciation qui l’inscrit dans le présent, le locuteur-
énonciateur Hammadi, « je » s’adresse à ses amis, « vous », « ici » et « maintenant »
leur demandant de reporter leur voyage au lendemain. Cet antagonisme des points de
vue sur la question transparaît à travers le couple oppositionnel « je, mes, nous, mon,
m’, mien » et « vous, votre ». La conjonction de coordination « or » vient renforcer
l’idée d’opposition des esprits sur la question du voyage en un après-midi
d’hivernage. La leçon, dispensée et reçue plus tôt, sera remémorée, puis appliquée par
Hammadi. Sa mémoire discursive lui sera salvatrice, au contraire de ses amis.
À la forme directe, l’énonciation de la page 236, « Hammadi, mon propre fils
avide de savoir : jamais tu n’agiras sur un simple soupçon […] » est rapportée. Elle est
réactivée de façon mémorielle par Hammadi de par l’usage du psycho-récit –ici,
discours direct- A. Diaby (2018, p.195) dans l’énonciation « Hammadi se ressaisit. Il se
souvint de la troisième leçon donnée par son maître : « Jamais tu n’agiras sur un simple
soupçon » à la page 302. « Se souvint » nous ramène à la mémoire. Ce souvenir
indélébile lui permet de se rappeler l’ordre numéral dudit enseignement de par la
présence de l’adjectif numéral ordinal « troisième ».
La mémoire discursive lui permet de revisiter l’histoire discursive qu’il a eue
avec le « petit vieux » sur le chemin du retour de son périple. Par surcroît, la valeur
d’absence P. Charaudeau (2012, p. 299) est mise en avant par le canal de l’adverbe de
temps « jamais ». En effet, « le petit vieux » fait injonction au futur initié de bannir de
ses habitudes l’action impulsée par le soupçon qu’il évalue comme étant « simple »
donc de vil, de sans fondement. Le soupçon ne doit jamais commander tout acte. Cette
idée trouve son répondant dans l’emploi au futur simple du verbe d’action « agir »
doublé de la négation « n’» qui est , dans le cas d’espèce, une particule de l’adverbe de
négation « jamais ». C’est une injonction au bannissement ferme de l’agissement sur la
base du doute, du soupçon. Lesdites recommandations, données à Hammadi seront
rejetées par Hamtoundo et Dembourou.
« Hamtoudo et Dembourou se regardèrent. Ils clignèrent de l’œil :
« Hivernage ou pas, dit Dembourou, nous avons décidé de nous en aller d’ici cet après-
midi, et c’est cet après-midi que nous nous en irons ! Tu n’as qu’une chose à faire :
[…] »
« Par Guéno ! En Hamtoundo et moi, un aspirant canaille ne trouvera pas deux
victimes de plus, et nos charges d’or n’en feront pas les frais ! : […] Bâ (1999, p.290)
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Aïssata DIABY
C’était le pauvre Dembourou. Il mourut en criant : Ô voyage d’après-midi
d’hivernage ! … C’est vrai qu’il ne fallait pas… Hammadi, où es-tu ? (1999, p.294)
Dans une volonté de tourner en dérision les propos de Hammadi - en témoigne,
« clignèrent de l’œil » -, Dembourou réaffirme leur résolution ferme à Hamtoundo et
lui à braver l’interdit séculaire de voyager un après-midi d’hivernage. Cette fermeté
est affichée par la modalité du serment exprimée au vocatif « par Guéno ! ».
Néanmoins, le salaire de cet entêtement, de cette insoumission apparaît plus loin à
travers la sentence extrême et violente qui est la mort "mourut en criant". Connaissant
la cause de sa perte, l’ayant refoulée, il finit par l’énoncer à voix haute (DD) dans la
douleur et le regret. Ce contre-modèle finit par appeler Hammadi, le modèle.
Ceci étant, la mémoire discursive est le lieu d’affirmation de l’identité préétablie des
protagonistes. Celle du gagnant (respectueux, soumis, avide de savoir, qui a le sens du
partage tant de la richesse que des conseils, etc.) est opposée à l’identité du perdant
(moqueur, têtu, refus des conseils, avide de bien, d’honneur, etc.).
Conclusion
Le jantol ou conte initiatique Kaïdara appartient à la communauté discursive
peule. Au gré, entre autres des stratégies de transmission6, de conservation, il a été
rendu accessible par tous. En effet, il reflète le mode organisationnel de ce peuple, son
discours.
À travers le discours rapporté, il a été donné de constater que la mémoire
discursive est un vecteur important de transmission, de conservation du savoir,
élément nécessaire à l’édification de l’Homme. Elle théâtralise les modèles et contre
modèles sociaux dont les particularités positives comme négatives sont en réalité
consécutives de l’emploi de ladite mémoire. En effet, les enseignements, les symboles
rencontrés au cours de l’initiation, reflets des réalités sociétales se sont vus décryptés
ou refoulés au cours d’événements postérieurs. Leur acceptation ou leur rejet à travers
le discours rapporté « intérieur » comme « extérieur » ont prédestiné les personnages
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Discours nécessitant la plupart du temps des explications pour se faire comprendre du lecteur.
DJIBOUL N°002, Vol.2 202
La mémoire discursive dans Kaïdara d’Amadou Hampâté Bâ
à leurs sentences. Les outils tels que les verbes ( factifs , déclaratifs, performatifs, etc.),
la deixis, les connecteurs logiques, la situation d’énonciation, les temps verbaux, les
modalisateurs, etc., dans la représentation du discours autre, sont des facteurs qui
nous ont permis d’effectuer cette analyse. Nous convenons, in fine, avec Sirio Possenti
qu’« il impose de prendre en compte l’activité des sujets impliqués jusque dans leur
dimension individuelle, en reprenant l’idée que malgré tout ce que l’on doit à la
mémoire collective, c’est l’individu qui se souvient.» S. Posseti (2011)
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