TP Phi
TP Phi
MONTAGES DE PHYSIQUE
2018-2019
Rédacteur principal :
Philippe NOUET
Professeur agrégé à l’université de Rennes 1
Collaborateurs :
Alain Gellé
Jérome Lambert
Denis Rouède
Christophe Beaugendre
Jean René Thébault
Claude Ecolivet
SOMMAIRE
II Mouvements de rotation
L’idée est de montrer que la masse n’est plus le seul paramètre d’influence pour décrire les
mouvements de rotation puisqu’il faut aussi prendre en compte les moments d’inertie → faire la
manip deux fois avec les mêmes masses mais avec distances différentes → la masse est la même
mais les résultats ne sont pas les mêmes puisque l’inertie change.
L’idée est de voir dans quel cas on peut négliger l’inertie pour pouvoir décrire le phénomène avec la
mécanique du point.
SURFACES ET INTERFACES
2017 Le jury a vu de bons montages dans ce domaine. La notion d’hystérèse de l’angle de contact pour améliorer la
mesure de la tension de surface par l’étude de la loi de Jurin a été appréciée.
2015, 2016 Surfaces et interfaces : Le principe de certaines mesures est mal maîtrisé. Par exemple, la mesure de la
tension de surface par la balance d’arrachement nécessite d’avoir compris avec précision la nature des forces en jeu lors
de la rupture du ménisque pour pouvoir justifier la formule qui est utilisée. Plus généralement, il convient de préciser
clairement l’interface étudiée lorsqu’une expérience fait intervenir plus de deux phases. Enfin, il faut veiller à nettoyer
le mieux possible les surfaces étudiées plutôt que de justifier de mauvais résultats par une « saleté » sensée excuser des
écarts parfois excessifs aux valeurs tabulées. Une alternative à laquelle les candidats pourraient penser serait d’utiliser
des fluides de plus basse tension superficielle que l’eau et donc moins sensibles aux pollutions.
2014 Surfaces et interfaces : De bons montages ont été vus sur ce sujet. Toutefois, le principe de certaines mesures est
mal maîtrisé. Par exemple, la mesure de la tension de surface par la balance d’arrachement nécessite d’avoir compris
avec précision la nature des forces en jeu lors de la rupture du ménisque pour pouvoir justifier la formule qui est
utilisée. Plus généralement, il convient de préciser clairement l’interface étudiée lorsqu’une expérience fait intervenir
plus de deux phases. Enfin, il faut veiller à nettoyer le mieux possible les surfaces étudiées plutôt que de justifier de
mauvais résultats par une « saleté » sensée excuser des écarts parfois excessifs aux valeurs tabulées.
2013 Phénomènes de surface : Ce montage se limite trop souvent aux liquides et a l'étude de la tension Superficielle. Le
titre est pourtant large et n'exclut pas les surfaces solides.
2011, 2012 Phénomènes de surface : La tension superficielle (intitulé 2010) n'est pas le seul phénomène de surface
pouvant être mis en évidence.
2010 Tension superficielle : Ce montage comporte des mesures délicates qui, si elles sont bien exécutées avec un
protocole précis, peuvent mettre en valeur l'habileté expérimentale du candidat. Il peut par contre donner lieu à des
prestations décevantes si les candidats ignorent les difficultés de ces mesures. L’intitulé devient phénomènes de surface
en 2011. Le jury espère ainsi augmenter la variété des expériences possibles.
2009 Tension superficielle : Ce montage est choisi par de nombreux candidats et donne lieu, le plus souvent, à des
prestations décevantes lorsque les candidats ignorent la difficulté des mesures de tension superficielle.
2008 Tension superficielle : Les balances d’arrachement sont délicates à utiliser, il est nécessaire de bien comprendre
leur fonctionnement. Les ondes capillaires ne s’observent que pour un certain domaine de longueurs d’onde.
2007 Tension superficielle : Si le candidat souhaite utiliser une balance d’arrachement, il est invité à en choisir une dont
il maîtrise le fonctionnement. L’utilisation d’une webcam pour la loi de Jurin donne de meilleurs résultats qu’une
projection à l’aide d’une lentille.
2006 Tension superficielle. Ce sujet, souvent choisi, cette année a été réussi de manière inégale. Il demande un soin
expérimental tout particulier. Les mesures nécessitent de se placer en régime statique.
2005 Dans la détermination de tensions superficielles par arrachement, une meilleure maîtrise du protocole de mesure
permettrait une discussion des incertitudes.
2000 Les modes à la surface libre d'un liquide sont rarement évoqués.
1999 La notion de longueur capillaire semble inconnue à la plupart des candidats. De simples considérations
dimensionnelles permettent d'en retrouver l'expression.
1997 Dans le montage sur la tension superficielle, il est dommage de se limiter à des mesures en régime statique. On
peut élargir l'étude à la propagation des ondes de surface (relation de dispersion, atténuation).
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
MESURE DE TEMPERATURE
Principe du thermomètre a gaz
→ § 2.1 et 2.2
Résistance de platine
Mesure de R0, stabilité du milieu → § 3.1.1
Les Camera IR
C’est une méthode actuelle de mesure (dans le bâtiment pour l’isolation).
Problème une seule disponible a rennes et envoyée à l’oral du capes…
La thermistance
Mesures et exploitation
→ § 4.2.1 et 4.2.2 (on peut faire les mesures avec le
thermocouple en même temps).
Thermocouple
→ § 4.3.2
Rapports :
2014 2015 Mesure de température : De nombreux candidats utilisent à bon escient les échelles secondaires de
température (résistance de platine) et ont compris que la notion de point fixe est essentielle pour l’établissement d’une
échelle thermométrique. En revanche, certains ignorent encore les mécanismes physiques mis en jeux dans les différents
capteurs qu’ils utilisent et ne réfléchissent pas suffisamment à la précision requise lors de l’utilisation d’un thermomètre
« de référence ». Enfin, il serait intéressant de faire intervenir des capteurs de température plus modernes, comme des
caméras infra-rouge.
2013 Thermométrie : Les candidats utilisent en général à bon escient les échelles secondaires de température (résistance
de platine). Les mécanismes physiques mis en jeux dans les différents capteurs utilisés doivent être connus. La notion
de point fixe est essentielle pour l’établissement d’une échelle thermométrique.
2012 Thermométrie : Ce montage est trop souvent réduit à un catalogue de capteurs thermométriques sans hiérarchie :
la notion de points fixes est trop souvent inexploitée, ou mal exploitée. En 2013, il devient « Echelles et mesures de
température ». Lors de l'utilisation de thermocouples, il faut en connaître le principe, la température de référence, et le
domaine de validité. Ceci vaut aussi pour le montage suivant.
2011Thermométrie : Ce montage est trop souvent réduit à un catalogue de capteurs thermométriques sans hiérarchie.
2010 Thermométrie : Comme recommandé dans les précédents rapports, les candidats utilisent en général à bon escient
les échelles secondaires de température (résistance de platine). Les mécanismes physiques mis en jeux dans les
différents capteurs utilisés doivent être connus. La notion de point fixe est essentielle pour l’établissement d’une échelle
thermométrique. Il est important de faire la différence entre mesure et repérage de température.
2009 Thermométrie : On attend dans ce montage des manipulations plus pertinentes que l’étalonnage d’une résistance
de platine par un thermomètre à mercure. La notion de point fixe doit être connue.
2008 Thermométrie : Ce montage ne peut pas se résumer à une simple comparaison de capteurs. La notion d’échelle de
température doit être dégagée. Le jury rappelle le statut particulier des thermomètres de référence (thermomètre à gaz et
résistance de platine) et des points fixes.
2006 Thermométrie. Il est important de dominer les notions de bases de la thermométrie ainsi que le principe de
fonctionnement des différents thermomètres utilisés.
2000 Thermométrie : capteurs, points fixes, étalonnages, mesures : Deux types de thermistances existent, dénommées
CTP lorsque la résistance augmente avec la température, et CTN dans le cas contraire. Certains candidats ont fait des
confusions à ce sujet. Dans le cas des CTN à semi-conducteur, il convient d'explorer une gamme de températures
suffisamment large si l'on veut vérifier la relation R = R0 exp(Eg/kT) sur l'étendue 20'C 50'C, la courbe donnant R -
g(T) peut tout à fait s'avérer aussi proche d'une droite que la courbe donnant Log (R) = f(I/T)...
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
TRANSITIONS DE PHASE
Equilibre S ↔ L
Mono variance de l’équilibre
Solidification de l’étain → § II.1 : attention, manip
dangereuse !!
Phénomène de surfusion
→ § II.2 (avec l’acide acétique) pas nécessaire si c’est
visible sur l’étain !!
Equilibre L ↔ G
Mesure d’une chaleur latente de vaporisation
Indispensable → par Calorimétrie III.2
(cf. remarque du jury) et/ou par Clapeyron III.3.
Influence de la pression
Peut se faire avec la manip du point triple
Effet supra
2015 Transitions de phase : Ce montage doit être quantitatif et il ne faut donc pas se limiter à une série d’expériences
qualitatives mettant en évidence des transitions de phases dans différents systèmes. Il faut, lors des mesures, avoir bien
réfléchi aux conditions permettant d'atteindre l'équilibre thermodynamique. Dans ce domaine, les mesures « à la volée »
sont souvent très imprécises. Une grande attention doit être apportée à la rigueur des protocoles employés. Enfin, il faut
rappeler aux candidats que le diazote n’est pas le seul liquide dont il est possible de mesurer la chaleur latente de
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
vaporisation et que plonger un corps solide dans un liquide conduit à l’existence d’une force appelée poussée
d’Archimède.
2013 2014 Transitions de phase : Ce montage doit être quantitatif. Il faut pour cela avoir bien réfléchi aux conditions
permettant d'atteindre l'équilibre thermodynamique. Dans ce domaine, les mesures « à la volée » sont souvent très
imprécises. Une grande attention doit être apportée à la rigueur des protocoles employés. Dans les expériences de
calorimétrie, il est important de tracer l'évolution temporelle de la quantité mesurée (température, masse) avant et après
le phénomène étudié afin d'estimer les fuites thermiques
2010, 2011, 2012 Transitions de phase : Ce montage peut et doit être quantitatif. Il faut pour cela avoir bien réfléchi aux
conditions permettant d'atteindre l'équilibre thermodynamique. Dans ce domaine, les mesures « à la volée » sont
souvent très imprécises. La chaleur latente peut provenir de mesures calorimétriques, pas seulement de la courbe p(T).
2009/2007/2005
Transitions de phase : Ce montage peut et doit être quantitatif. La notion de chaleur latente est trop souvent absente.
2008
Transition de phase : Ce montage doit faire l’objet de mesures. L’établissement des équilibres thermiques étant parfois
long, il est nécessaire de bien gérer le temps et d’anticiper le démarrage des expériences. La durée des régimes
transitoires doit être prise en compte dans les interprétations.
1999
Le montage ne saurait se limiter à la détermination de quelques points du diagramme de phase d'un corps pur. Il est
souhaitable de mesurer, par exemple, une chaleur latente. Lorsqu'il s'agit de la chaleur latente de vaporisation
(enthalpie) Lv de l'azote liquide à la pression atmosphérique, le protocole souvent mis en œuvre consiste à introduire
une résistance chauffante dans le calorimètre Dewar, la détermination de l'énergie électrique consommée pendant un
certain temps et la mesure de la masse du liquide vaporisé permettent de trouver l'enthalpie cherchée , même si on se
place, le plus souvent à tort, dans l'hypothèse très défavorable des grandeurs corrélées, la détermination classique de
l'incertitude (portant sur les mesures de masse, de temps, de tension et d'intensité) ne permet pas en général de justifier
l'écart important entre la valeur de Lv ainsi déterminée et la valeur tabulée : le mode opératoire introduit en effet des
erreurs systématiques qui doivent être prises en compte pour aboutir à un résultat corrigé . La manipulation est même un
bel exemple pour illustrer ce sujet : l'hypothèse qui sous-tend la mesure est que toute l'énergie électrique consommée
sert à vaporiser le liquide, or, en général, la résistance chauffante est loin de plonger toute entière dans celui-ci, à défaut
de pouvoir résoudre totalement ce problème, on se placera dans les conditions les moins défavorables possibles. Si on
n'y prête pas attention, la pesée du calorimètre contenant l'azote liquide prend en compte la poussée d'Archimède
exercée sur la résistance chauffante qui varie évidemment avec le niveau du liquide. La vaporisation a lieu même si on
ne chauffe pas, la correction nécessaire est facile à déterminer. Elle peut être non négligeable. Ce n'est qu'après avoir
corrigé tous ces biais qu'on peut commencer à évaluer l'incertitude.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
INSTRUMENTS D’OPTIQUE
Premier montage d’optique de l’année → commencer par savoir projeter correctement l’image d’une fente, d’un trou ou
d’un objet étendu car c’est la base de n’importe quel montage (cf. remarques du Jury) → connaître la règle des 4 P,
l’influence de la surface éclairée d’une lentille sur les aberrations, la profondeur de champ et la coma pour corriger les
montages et les notions de diaphragme de champ et d’ouverture.
Pour le montage : il faut sans doute mieux étudier un instrument réel (cf. remarques du Jury) → microscope, lunette
astro, objectif photo, ... Le microscope ou l’objectif photo sont les plus simples à étudier (pas besoin de créer un objet à
l’infini. Il faut aussi aborder le problème des aberrations sans faire un catalogue complet.
Pour le téléobjectif : calcul de f’ par grandissement, détermination de H et H’. On peut montrer que f’ change avec la
distance de MAP avec un objectif flottant (zoom).
Notion de diaphragme
§ V à connaître car sert pour corriger ses montages et application au microscope
Aberrations
Pour l’objectif, on peut s’intéresser à la distorsion, aux AC, et au vignettage (champ de contour) car
défauts les plus visibles sur les photos. Pour le microscope, aberration de sphéricité, les AC ou le diaphragme de champ.
Diffraction
Limite ultime de résolution → quantitatif possible → § 5 mais peut être vue lors du montage diffraction
2015, 2016,2017 Instruments d'optique : Les candidats doivent connaître et comprendre les conditions d’obtention
d’images de bonne qualité. L'étude des limitations et de défauts des instruments présentés est attendue. Les candidats
doivent comprendre quelles sont les conditions pour que la mesure du grossissement puisse se ramener à la mesure d’un
grandissement lorsqu’ils présentent des dispositifs afocaux. Enfin, dans certains cas, les candidats peuvent envisager
l’utilisation de lunette de visée afin d’améliorer leurs mesures.
2013, 2014 Instrument(s) d'optique : Les candidats doivent connaitre et comprendre les conditions d’obtention
d’images de bonne qualité. L'étude des limitations et de défauts des instruments présentés est attendue. De bons exposés
ont été observés sur ce sujet.
2012 Instrument(s) d'optique : Les candidats doivent connaître et comprendre les conditions d'obtention d'images de
bonne qualité. Il ne faut pas appliquer sans discernement un protocole trouvé dans un livre. Les conditions de
stigmatisme (approché ou rigoureux), les conditions de Gauss, les aberrations géométriques et les aberrations
chromatiques ... doivent être connues. Les manipulations proposées doivent illustrer réellement le fonctionnement de
l'instrument choisi.
2009, 2010, 2011 Les candidats doivent connaitre et comprendre les conditions d’obtention d’images de bonne qualité.
Il n’est pas suffisant d’appliquer aveuglement un protocole trouve dans un livre.
2008 Il ne faut pas se limiter à une énumération des aberrations des lentilles. Les objets et leurs images peuvent aussi
être étendus. Le jury apprécierait l’étude d’un instrument d’optique. C’est pourquoi, dans la liste 2009, le titre de ce
montage est changé
2004, 2005, 2007 Ce montage ne se résume pas à un catalogue exhaustif des aberrations des lentilles.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
INTERFERENCES LUMINEUSES
Ce montage semble classique mais les remarques du Jury laissent à penser qu’il ne faut pas négliger les problèmes de
cohérence. La principale difficulté du montage est la maitrise du Michelson et la compréhension des différentes
techniques de projection suivant qu’on est en anneaux ou en coin d’air.
Expérience d’introduction
§1.1 et 1.2 avec anneaux de Newton
Application : mesure de λmoy de la raie verte du mercure (enregistrement possible) et estimation du ∆λ de cette radiation
(§ 3.2.2). On peut aussi regarder l’influence de la pression.
Application : estimation de la longueur de cohérence de la lumière blanche (manip sympa mais assez technique elle
aussi).
Rapports
2017 Les connaissances théoriques sur les cohérences spatiale et temporelle doivent être reliées aux observations
expérimentales. Enfin, il est judicieux de réaliser des expériences simples avant de se lancer dans des expériences sur
les notions de cohérence.
2015, 2016 Interférences lumineuses : Il n’est pas raisonnable d’envisager d’apprendre à régler un interféromètre de
Michelson devant le jury. Par ailleurs, les connaissances théoriques sur les cohérences spatiale et temporelle doivent
être reliées aux observations expérimentales. Enfin, il est judicieux de réaliser des expériences simples avant de se
lancer dans des expériences sur les notions de cohérence.
2014 Interférences lumineuses : Certains candidats ne font pas le rapport entre leurs connaissances théoriques sur les
cohérences spatiale et temporelle, et leurs observations expérimentales. Il en résulte alors des montages mal réglés ou
mal utilisés. Pourtant ce montage peut fournir des résultats quantitatifs précis. Il est en particulier intéressant de se
placer dans des cas limites où la cohérence spatiale ou la cohérence temporelle peuvent être étudiées indépendamment.
Enfin, il n’est pas raisonnable d’envisager d’apprendre à régler un interféromètre de Michelson devant le jury.
2010, 2011, 2013 Interférences lumineuses ; conditions d'obtention : Trop de candidats ne font pas le rapport entre leurs
connaissances théoriques sur les cohérences spatiale et temporelle, et leurs observations expérimentales. Il en résulte
souvent des montages mal réglés ou mal utilises. Pourtant ce montage peut fournir des résultats quantitatifs précis. Il est
en particulier intéressant de se placer dans des cas limites ou la cohérence spatiale ou la cohérence temporelle peuvent
être étudiée indépendamment.
2012 Interférences lumineuses ; conditions d'obtention : Les dispositifs d'interférences sont très divers. En choisir deux
biens maîtrisés permet des présentations de qualité sur les cohérences spatiale et temporelle, et une analyse du lien
entre les considérations théoriques et les observations expérimentales. Des montages bien réglés et bien utilisés
fournissent des résultats quantitatifs précis si le candidat s'y prend bien. Il ne faut pas confondre les annulations
périodiques de contraste obtenues avec un doublet (souvent le doublet jaune du sodium) et la teinte plate de fin de
cohérence temporelle due à une trop grande différence de marche. Les battements de contraste donnent des informations
sur l'écart de longueurs d'onde entre les 2 raies du doublet, mais ne donnent pas d'information sur la longueur de
cohérence de la source lumineuse.
1997 Cohérence spatiale et temporelle des ondes lumineuses : Pour illustrer la cohérence temporelle, il est maladroit de
mesurer l'écart d'un doublet. Il convient plutôt d'illustrer cette notion à partir de la largeur d'une raie.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Différence Fraunhofer/Fresnel
§ I.1
Application possible :
Mesure du diamètre d’un cheveu. Comparaison par mesure au palmer et/ou
grandissement
On peut ensuite choisir ensuite un des deux thèmes suivants (la théorie sur le pouvoir séparateur est
peut-être plus simple (cf. remarque du jury sur le filtrage spatial)
Rapports
2017 Ce montage a parfois été très bien présenté. Une condition nécessaire est de connaître la différence entre
diffraction de Fraunhofer et diffraction de Fresnel, et on doit s'assurer que les conditions de Fraunhofer sont remplies si
l'on utilise les formules associées. La détermination de la taille d’un fil ou d’un cheveu est d’autant plus intéressante que
la valeur mesurée peut être comparée à une valeur tabulée ou mesurée par une technique complémentaire. Le jury voit
trop souvent des expériences de diffraction par des fentes, généralement mal calibrées, servir à mesurer des longueurs
d’ondes de lasers !
2015 2016 La différence entre diffraction de Fraunhofer et diffraction de Fresnel doit être connue, et on doit s'assurer
que les conditions de Fraunhofer sont remplies si l'on utilise les formules associées. Attention aux expériences de
filtrage spatial qui sont souvent mal comprises. La détermination de la taille d’un fil ou d’un cheveu est d’autant
plus intéressante que la valeur mesurée peut être comparée à une valeur tabulée ou mesurée par une technique
complémentaire. Le jury voit trop souvent des expériences de diffraction par des fentes, généralement mal calibrées,
servir à mesurer des longueurs d’ondes de lasers!
2014 Diffraction des ondes lumineuses : La différence entre diffraction de Fraunhofer et diffraction de Fresnel doit être
connue, et l'on doit s'assurer que les conditions de Fraunhofer sont remplies si l'on utilise les formules associées.
Attention aux expériences de filtrage spatial qui sont souvent mal comprises.
2010, 2011, 2012, 2013 La différence entre diffraction de Fraunhofer et diffraction de Fresnel doit être connue, et l'on
doit s'assurer que les conditions de Fraunhofer (tant sur l'onde incidente que sur le plan d'observation) sont remplies si
l'on utilise les formules associées. Rappelons que les phénomènes de diffraction peuvent s’observer avec d’autres
sources lumineuses que des lasers, dont le « speckle » peut parfois nuire à la précision des mesures.
2009 Diffraction des ondes lumineuses : La diffraction de Fraunhofer est souvent évoquée sans que ses conditions
d’obtention soient bien connues. Rappelons que les phénomènes de diffraction peuvent s’observer avec d’autres sources
lumineuses que des lasers.
2008 Diffraction des ondes lumineuses : Dans toute expérience d’optique, les figures sont de bien meilleure qualité
quand les appareils sont convenablement alignés. Ce fut tout particulièrement le cas pour ce montage.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
SPECTROMETRIE OPTIQUE
Le topo actuel de rennes sur ce sujet est assez ancien. Il s'intéresse plutôt à l'étude des systèmes
dispersifs au début avec des mesures souvent imprécises sur le prisme à l'aigle d'une règle. Il faut
améliorer les choses compte tenu des remarques du jury que voici :
2015, 2016, 2017 Quel que soit l’appareil de mesure utilisé, notamment le spectromètre à entré fibrée interfacée avec
l’ordinateur, son principe de fonctionnement et ses caractéristiques d’utilisation, en particulier son pouvoir de
résolution, doivent être connus. S’il souhaite utiliser un réseau en incidence normale, le candidat doit s’assurer de la
réalisation expérimentale correcte de cette incidence particulière.
2014 Quel que soit l’appareil de mesure utilisé, notamment le spectromètre à entré fibrée interfacée avec l’ordinateur,
son principe de fonctionnement et ses caractéristiques d’utilisation, en particulier son pouvoir de résolution, doivent être
connus. Dans le cas où un candidat souhaite utiliser un spectromètre qu’il a réalisé lui-même, il est rappelé que la
mesure des angles au goniomètre est bien plus précise que le simple pointé avec une règle sur un écran ; en outre,
s’il souhaite utiliser un réseau en incidence normale, le candidat doit s’assurer de la réalisation expérimentale correcte
de cette incidence particulière.
2013 Quel que soit l’appareil de mesure utilise, notamment le spectromètre a entrée fibrée interface avec l’ordinateur,
son principe et sa manipulation doivent être connus. Le prisme à vision directe doit être réservé aux observations
qualitatives. Enfin, le pouvoir de résolution des appareils doit être connu et leurs limitations discutées. Dans le cas où
un candidat souhaite utiliser un spectromètre qu’il a réalisé lui-même, il est rappelé que la mesure des angles au
goniomètre est bien plus précise que le simple pointé avec une règle sur un écran.
2009, 2011, 2012 Quel que soit l’appareil de mesure utilisé, notamment le spectromètre à entrée fibrée interface avec
l'ordinateur, son principe, sa manipulation et sa résolution doivent être connus. Le prisme à vision directe doit être
réservé aux observations qualitatives.
2010 Quel que soit l’appareil de mesure utilisé, notamment le spectromètre à entrée fibrée interfacé avec l’ordinateur,
son principe et sa manipulation doivent être connus. Le prisme à vision directe doit être réservé aux observations
qualitatives. Enfin, le pouvoir de résolution des appareils doit être connu et leurs limitations discutées. Dans le cas où
un candidat souhaite utiliser un spectromètre qu’il a réalisé lui-même, il est rappelé que la mesure des angles au
goniomètre est bien plus précise qu’avec une règle sur un écran.
Les dernières présentations à l'ancienne comme dans le topo n’étant pas convaincantes, j'avais
proposé en correction d’utiliser plutôt un goniomètre pour mesurer une longueur d'onde. On avait
revu ça ensemble en fin d'année lors des révisions en regardant comment utiliser cet appareil en
s'appuyant sur le topo de l'ENS (regarder la page 6 et suivantes) pour mieux coller aux remarques
du jury. Les étudiants avaient été convaincus et bien leur en a pris car il y en a un qui est tombé sur
ce sujet à l'oral (Vianney Saint Raymond) et il a eu 16 en présentant le goniomètre (cf. son compte
rendu d'oral ci-dessous). Je pense qu'il faut donc mieux laisser tomber l'étude imprécise des
systèmes dispersifs comme on le faisait jusqu'à maintenant et plutôt prendre sur le goniomètre (avec
une étude de la série de balmer de l’hydrogène par exemple) + Michelson pour ce montage en
s'aidant du poly de l'ENS avec éventuellement une dernière partie sur le problème de résolution d'un
spectro fibré ou de type jobin yvon ( j'ai des docs pour ca mais en version papier). Concernant le
spectre de l'hydrogène, il y a des infos intéressantes dans le fruchard/ le diffon (bouquin de manip
de l'ENS cachan)
Bonjour,
En montage (spectrométrie optique) j'ai eu 16, les deux manips sur le gonio m'ont rapporté la
majorité des points, le jury m'a dit que là-dessus il n'y avait rien à redire (du point de vue manip et
pédagogie, c'était un sujet que je maîtrisais). En revanche pour eux le doublet du sodium c'est une
manip un peu trop simple (ils préfèrent la raie verte du mercure), ils ont trouvé que j'avais mal réglé
le Michelson pour le doublet du sodium, d'après eux la compensatrice était mal réglée (???) ce qui
serait à l'origine de l'asymétrie des brouillages, bon je ne suis pas convaincu pour moi c'était le
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Michelson de Lyon qui se dérèglait, la lentille à 1.4 mètres ils n'ont pas compris non plus et moi non
plus. De toute façon j'étais passé trop vite sur le Michelson, et je n'avais pas eu le temps de parler
des incertitudes. Donc au final je m'en suis très bien sorti grâce au montage (merci Philippe !!!!).
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
30 minutes de présentation → faire des choix. Le jury conseille différents ordres de grandeurs → peut être faire
l’électroaimant (champ fort et utilisation possible du fluxmètre) et faire un choix entre les bobines de Helmotz
(exploitation plus compliquée) et le champ créé par une bobine (champ faible) avec l’application à BHT (champ très
faible)
Appareils de mesure
Cotton, Fluxmètre, Hall → § 1.4. On conseille surtout le fluxmètre et Hall
Fluxmètre → Quaranta IV, p. 90-98 et 192 et Quaranta III, p. 232 : intérêt → mesure de B à
l’intérieur d’un matériau.
Rem : si les mesures sur les bobines ne recoupent pas les valeurs attendues, c’est que le teslamètre utilisé a
probablement un défaut d’étalonnage (assez fréquent avec les vieux appareils). Si ça vous arrive à l’oral, vous pouvez
vérifier l’étalonnage de l’appareil en faisant une étude au centre d’un solénoïde long en fonction du courant avec
l’hypothèse du solénoïde infini pour voir si c’est un écart constant ou une erreur proportionnelle à la mesure → ça peut
être un moyen de se démarquer.
Bobines Helmholtz
§ 2.3, Quaranta IV, p. 268-269 et 273-275 ou Berty fagot Martin : Tome I, p. 227 à 235
Electroaimant
§ 3.2 Intérêt : permet de produire des champs forts et on peut se servir du fluxmètre pour changer de la
sonde a effet Hall (cf remarque du jury). On peut utiliser un fluxmètre à intégration numérique.
Application possible
Principe d’une pince ampère métrique (demander à l’enseignant).
Rapports
2017 La mesure de champs de différents ordres de grandeur peut être intéressante. L’utilisation d’un électro-aimant
nécessite de savoir justifier le choix des pièces polaires, les non-linéarités champ-courant.
2014, 2015,2016 Production et mesure de champs magnétiques : La sonde à effet Hall est souvent le seul instrument de
mesure présenté dans ce montage. D’autre part, les mesures de champs magnétiques ne sont pas limitées à ceux qui
règnent dans l’entrefer d’un électro-aimant.
2013 Production et mesure de champs magnétiques : La sonde à effet Hall est souvent le seul instrument de mesure
présente dans ce montage. Trop de candidats ignorent son principe de fonctionnement. D’autre part, les mesures de
champs magnétiques ne sont pas limitées à ceux qui règnent dans l’entrefer d’un électro-aimant. L'étalonnage de
l'électroaimant permet cependant une étude quantitative.
2012 Production et mesure de champs magnétiques : Cette année encore, l'utilisation de la sonde à effet Hall a été
mieux maîtrisée et les expériences présentées plus variées. Les différentes stratégies de production de champ
magnétique peuvent être mises en regard des applications éventuelles.
2010 Production et mesure de champs magnétiques : La sonde à effet Hall est souvent le seul instrument de mesure
présenté dans ce montage. Trop de candidats ignorent son principe de fonctionnement. D’autre part, les mesures de
champs magnétiques ne sont pas limitées à ceux qui règnent dans l’entrefer d’un électro-aimant…
2009 Production et mesure de champs magnétiques : La sonde à effet Hall est souvent le seul instrument de mesure
présenté dans ce montage. Trop de candidats ignorent son principe de fonctionnement.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
2007, 2008 Production et mesure de champs magnétiques : Il est nécessaire de bien maîtriser le maniement de la sonde
à effet Hall et pour cela connaître son principe de fonctionnement
2006 Production et mesure de champs magnétiques : Cette étude ne doit pas se limiter aux champs de l'ordre du milli
tesla. Par ailleurs, les solénoïdes disponibles dans la collection ne sont pas de longueur infinie.
2005 L’ordre de grandeur de la composante horizontale du champ magnétique terrestre doit être connu. Il en est de
même de l’existence d’un décalage systématique du zéro d’une sonde à effet Hall également.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
MILIEUX MAGNETIQUES
Attention aux résistances de faibles valeurs !! Attention à la fixation des pièces polaires
Mesure χ FeCl3
Important car mesure quantitative et on fait autre chose que du ferromagnétique
Quaranta IV, p. 341 ou § 6.2 topo
Milieux ferromagnétiques
Qualitatif : Quaranta IV, p. 113
Hystérésis : Quaranta IV, p. 491 ou § 7.3.1 topo (manip sympa mais délicate)
Supraconducteur
§ 8 topo (pas de référence)
Applications
Cf. topo → manip au choix.
Principe d’une pince ampère métrique sympa (demander à l’enseignant).
Force portante électroaimant → Quaranta IV, p. 151
Manip avec azote liquide (dioxygène, supra) → les faire pendant le montage transition de phase. On ne peut faire que
du qualitatif à Rennes
Rapports
2017 Il n’est pas souhaitable de se limiter aux milieux ferromagnétiques. Dans l’expérience de mesure de la
susceptibilité paramagnétique du chlorure de fer (III), le mécanisme de montée, ainsi que la position du ménisque dans
l’entrefer de l’électroaimant doivent pouvoir être justifiés par les candidats.
2010, 2013, 2014, 2015, 2016 Milieux magnétiques : Ne pas se limiter aux milieux ferromagnétiques. L’étude du
transformateur est marginale dans ce montage.
2011, 2012 Milieux magnétiques : Ne pas se limiter aux milieux ferromagnétiques. L'étude exhaustive du
transformateur n'a pas sa place dans ce montage ; cet appareil n'a d'intérêt que dans la mise en évidence des propriétés
des ferromagnétiques.
2008 Milieux magnétiques : L’effet Meissner ne se résume pas à une « expulsion de ligne de champ ». Les grandeurs
mesurées, telles que les champs rémanent et coercitif, doivent être comparées et/ou commentées.
2007 Milieux magnétiques : Il faut pouvoir justifier la forme des pièces polaires de l’électro-aimant choisi.
2006 Milieux magnétiques : Dans la mesure de la hauteur d'ascension du FeCl3, l'évaluation du champ B doit être
menée avec précision.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
METAUX
Propriétés électriques
Mesure de la conductivité électrique avec le fil de cuivre de 3 m par la méthode 4 fils
Concentration en porteurs
→ § 3.1.3 (manip délicate). En déduire la mobilité
Propriétés thermiques
Mesure λCu par comparaison avec le dural (cf. montage transport). Comparer à la valeur
tabulée pour le cuivre et aux autres odg de conductivité thermique (gaz, liquides, semi-conducteurs)
Mesure de la flèche d’une poutre soumise à une masse (manip Denis) → cf Bruhat Mécanique
Mesure de la masse critique lors du ralentissement critique pour le flambage d’une poutre → § V.I du
montage phénomènes non linéaire. Mc = k/gL avec k = π2EI/4L
Rapports
2017 Ce montage doit mettre en évidence différentes caractéristiques propres aux métaux. L’étude de caractéristiques
mécaniques, par exemple, nécessite une mise en perspective par rapport aux propriétés équivalentes d’autres matériaux.
Notons que pour les mesures de résistance, le principe et l’intérêt d’un montage quatre fils doivent être connus : il
subsiste une confusion chez de nombreux candidats entre ce montage à quatre fils et la distinction entre courte et longue
dérivation. Un montage à quatre points n’a pas pour but de seulement s’affranchir de la résistance des fils,
contrairement à ce que pensent de nombreux candidats.
2010 2013 2014, 2015, 2016 Ce montage doit mettre en évidence différentes caractéristiques propres aux métaux.
L’étude de caractéristiques mécaniques, par exemple, nécessite une mise en perspective par rapport aux propriétés
équivalentes d’autres matériaux. Notons que pour les mesures de résistance, le principe et l’intérêt d’un montage quatre
fils doivent être connus.
2012 Ce montage doit mettre en évidence différentes caractéristiques propres aux métaux (conductivités thermiques et
électriques, élasticité...), et leurs liens éventuels. Les mesures doivent être particulièrement soignées. Il est intéressant
de montrer la spécificité des valeurs obtenues.
2011 Ce montage doit mettre en évidence différentes caractéristiques propres aux métaux. Les expériences présentées
se réduisent souvent aux conductivités thermiques et électriques.
2009 La mesure de la conductivité thermique d’un métal par sa réponse en température à une excitation alternative a
posé problème à de nombreux candidats par suite de l’analyse des mesures à l’aide d’une loi non valide avec les
conditions aux limites concernées. Le régime permanent implicitement mis en jeu doit être précisé, de même que son
temps d’établissement.
2008 La mesure de la conductivité thermique d’un métal par sa réponse en température en régime variable a posé des
problèmes à de nombreux candidats. Les études menées en régime permanent sont plus simples et ont donné de
meilleurs résultats.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Comportement en température
R = f(T) → Gap → 4.2.1 avec une Webcam
UH = f(T) → 4.4.2
Effet thermoélectrique → 4.3 Comparer à un métal
La détermination du Gap avec un échantillon dopé est délicate car il faut aller très haut en
température pour vraiment être dans le régime intrinsèque → on peut à la place étudier une
thermistance CTN. Ce n’est pas un SC classique mais on peut vérifier les résultats obtenus avec une
datasheet (cf. remarque du jury)
Propriétés optiques
Absorption Optique → 4.4.1 avec Spectro Ovio
Photoconductivité → 4.4.2
2014, 2015, 2016, 2017 La variété des matériaux semi-conducteurs fait qu'il est parfois difficile de savoir quel est le
matériau utilisé dans un composant commercial, ou quel est le dopage dans certaines plaquettes. Les candidats mesurent
alors des propriétés sans pouvoir les comparer à quoi que ce soit. Il vaut donc mieux utiliser des composants de
caractéristiques connues. Par ailleurs, il est essentiel de connaître quelques ordres de grandeur, en particulier celui de
l’énergie de gap et de la densité de porteurs.
2010 2011 2012 2013 La variété des matériaux semi-conducteurs fait qu'il est parfois difficile de savoir quel est le
matériau utilise dans un composant commercial, ou quel est le dopage dans certaines plaquettes. Les candidats mesurent
alors des propriétés sans pouvoir les comparer à quoi que ce soit. Il vaut donc mieux utiliser des composants de
caractéristiques connues.
2008 Il est essentiel de savoir différencier les régimes de conduction intrinsèque et extrinsèque.
2002 Ce montage est volontiers choisi par les candidats qui sont vraisemblablement rassurés par l’existence de «
plaquettes » permettant la détermination par mesure de conductivité et tension Hall des caractéristiques essentielles d’un
matériau semi-conducteur extrinsèque ou intrinsèque. Il est regrettable que le signe des porteurs ne soit que très
rarement déterminé. Il serait raisonnable de ne pas se limiter à l’étude de la dite plaquette et de présenter au moins une
application.
2000 Il est important de distinguer matériaux dopés et semi-conducteurs intrinsèques.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
EFFETS CAPACITIFS
Centrer le montage sur l’effet capacitif et les effets capacitifs apparaissant dans certains composants.
L’effet capacitif
Les condensateurs sont des armatures métalliques séparées par un isolant (diélectrique). La
conséquence première de cet arrangement est la possibilité de condenser des charges sur les armatures par influence
électrostatique : c’est l’effet capacitif.
Manip d’introduction
Très facultatif. Ça doit être rapide et simple à monter si on en présente une.
Une manip plus simple que celle du § I.1 consiste à appliquer (via une résistance r) une tension U à un condensateur
pour montrer les différences avec le comportement d’une résistance R. On propose la manip avec synchronie mais on
peut prendre un voltmètre si on veut faire encore plus simple (on montre juste le régime permanent dans ce cas) :
K K
r r
U U
R Synchronie C Synchronie
Prendre une durée d’acquisition suffisamment longue pour pouvoir fermer et ouvrir K pendant l’enregistrement et
prendre une constante de temps τ = rC ≈ 10 fois plus faible que la durée d’acquisition (r = 100 kΩ et C = 5 F par
exemple).
Montrer de quoi dépend Q : mesurer Q1 pour une tension U1, mesurer Q2 pour une tension U2 double → vérifier que
Q2/Q1 = U2/U1 → conclusion : Qaccumulé semble proportionnel à U. Le confirmer en traçant une courbe Q = f(U). Le
paramètre de proportionnalité correspond à la capacité (puisque ça chiffre l’aptitude à accumuler des charges sous une
tension donnée)
On peut aussi vérifier que l’énergie emmagasinée par le condensateur vaut ½ CU2 en mesurant l’énergie dissipée dans
la résistance (il suffit d’intégrer Ri2)
L’effet capacitif dans un câble coaxial peut aussi être montré sur la manip de la photodiode → on peut présenter
l’influence d’un câble coaxial sur les résultats de cette manip et en déduire la capacité parasite du câble coaxial. Si on
n’est pas à l’aise avec la photodiode, présenter la bobine et la manip du câble coaxial.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Rapports
2016 Le montage ne se résume pas à l’étude du circuit RC. Les modèles de condensateurs et les effets capacitifs sont
nombreux et aisément accessibles à l'expérimentation. Le jury constate que l’étude de la propagation d’une impulsion
dans un câble coaxial est, à juste titre, souvent proposée dans ce montage, mais que les propriétés physiques de ce
phénomène sont souvent mal maîtrisées.
2015 Effets capacitifs : Les modèles de condensateurs et les effets capacitifs sont nombreux et aisément accessibles à
l'expérimentation. Le jury constate que l’étude de la propagation d’une impulsion dans un câble coaxial est, à juste titre,
souvent proposée dans ce montage, mais que les propriétés physiques de ce phénomène sont souvent mal maîtrisées.
2014 Effets capacitifs : Les modèles de condensateurs et les effets capacitifs sont nombreux et aisément accessibles à
l'expérimentation ; il est souhaitable que les candidats ne se limitent pas à l'étude du condensateur d'Aepinus et au
circuit R-C. Le jury constate que l’étude de la propagation d’une impulsion dans un câble coaxial est, à juste titre,
souvent proposée dans ce montage, mais que les propriétés physiques de ce phénomène sont souvent mal maîtrisées.
2010 2013 Effets capacitifs. Applications : Les modèles de condensateurs et les effets capacitifs sont nombreux et
aisément accessibles à l'expérimentation. Il est dommage que les candidats se limitent le plus souvent à l'étude du
condensateur d'Aepinus et à celle d'un circuit R-C.
2011 2012 Condensateurs et effets capacitifs. Applications : Les expériences ne se réduisent pas à celle du circuit RC
ou du condensateur modèle.
2009 Condensateurs ; effets capacitifs : Le stockage d’énergie n’est pas typique des effets capacitifs. L’intitulé de ce
montage change en 2010 ; il devient « Condensateurs ; effets capacitifs. Applications » afin d’agrandir le champ
d’études.
2007 Condensateurs et effets capacitifs. Le principe de fonctionnement d'un capacimètre doit être connu. Les mesures
ne doivent pas se limiter à l’étude du condensateur d’Aepinus ou à des mesures de capacité : les effets capacitifs de
certains composants peuvent être abordés.
Phénomènes inductifs
C’est l’analogue magnétique de l’effet capacitif. La capacité mesure l’aptitude d’un système à
accumuler de l'énergie électrique sous l'action de charges en influence mutuelle. L’inductance mesure celle d'un
système à accumuler de l'énergie magnétique sous l'action d'un flux magnétique variable dans le temps.
Précautions à respecter !!
Attention aux résistances faibles → résistances de puissance dans ce cas. Penser à U =
RI !!!!!!
Couper progressivement les alimentations dans ce montage pour éviter des di/dt forts
Induction
Mise en évidence → § II.1.2 et II.1.3 manip simple mais délicate à présenter
Loi e = - Mdi/dt → On conseille la II.2 (plus visuelle mais attention aux remarques du jury).
Auto induction
Mise en évidence → § III.1.1 ou III.1.2 ou III.1.3
Loi e = - Ldi/dt → On conseille la III.2.1 (plus simple à mettre en œuvre et peut servir à mettre
en évidence l’énergie stockée)
Energie stockée → § III.3 (on peut aussi utiliser Synchronie)
Impédance Bobine → § III3.4 a titre informatif
Applications
Plusieurs choix possibles. Celle du fluxmètre (cf. montage mesure de champs magnétiques) sert aussi
dans le montage « mesure de B » → rentable. Lissage d’un courant bien aussi car beaucoup d’applications de
l’induction sont dans le domaine de la puissance. On peut aussi penser au transformateur (cf. remarque du jury 2016).
Rapports
2017 Les notions d’induction, auto-induction, induction mutuelle sont souvent mal comprises rendant l’interprétation
délicate de certains résultats.
2016 Lors de ce montage, trop de candidats abusent des expériences qualitatives et transforment la séance en une série
d’expériences de cours sur l’induction et obtiennent de ce fait une note médiocre. Les mesures ne doivent pas se
résumer à l’étude d’un circuit RL. Par ailleurs, la notion d'inductance mutuelle est souvent mal dégagée, en particulier à
cause de mauvais choix dans les composants utilisés et dans la fréquence d'excitation. Le transformateur aurait sa place
dans ce montage.
2014, 2015 Induction, auto-induction : Lors de ce montage, trop de candidats abusent des expériences qualitatives et
transforment la séance en une série d’expériences de cours sur l’induction et obtiennent de ce fait une note médiocre.
Par ailleurs, la notion d'inductance mutuelle est souvent mal dégagée, en particulier à cause de mauvais choix dans les
composants utilisés et dans la fréquence d'excitation.
2010, 2013 Induction, auto-induction : La notion d'inductance mutuelle est souvent mal dégagée, par suite en particulier
de mauvais choix dans les composants utilisés et dans la fréquence d'excitation.
2011, 2012 Induction, auto-induction : La notion d'inductance mutuelle est souvent oubliée ou mal dégagée, par suite de
mauvais choix dans les protocoles expérimentaux.
2009 Induction, auto-induction L’observation subjective d’un retard à l’allumage d’une lampe ne peut être qu’une
introduction qualitative du phénomène d’auto-induction qui doit être illustré par des mesures précises et une
confrontation entre la mesure et le modèle décrivant le phénomène. L’étude du rendement du transformateur n’a pas sa
place dans ce montage.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Choisir deux conversions parmi les trois. Le hacheur et l’onduleur sont bien adaptés si on présente
le panneau photovoltaïque mais le hacheur est un montage assez technique et compliqué à
comprendre → Il vaut mieux présenter le transformateur si on a du mal avec le hacheur (il permet
en plus un calcul d’incertitude).
Rapports
2014,2015, 2016 Production et conversion d'énergie électrique : Le principe de fonctionnement des dispositifs utilisés
(moteurs, tachymètres, variateurs…) doivent être connus afin que la présentation illustre pleinement le sujet et ne se
limite pas à des mesures de rendement. D’autre part, lors de l’étude de dispositifs de production et de conversion
d’énergie électrique, la notion de point de fonctionnement nominal est importante ; en particulier, des mesures de
puissance de l'ordre du mW ne sont pas réalistes. Enfin, les modèles utilisés pour décrire ces dispositifs ne doivent pas
être trop simplifiés, au risque d’obtenir des écarts excessifs entre les modèles et les systèmes réels.
2009 2010 2013 Conversion de puissance électrique-électrique : Comme l'an dernier, le jury regrette de ne pas voir plus
souvent de réelles mesures de puissance et de rendement, pour des convertisseurs utilises en régime nominal. Dans ce
montage, des mesures de puissance de l'ordre du mW ne sont pas réalistes.
2011 2012 Conversion de puissance électrique-électrique : Suite aux remarques des années précédentes l'utilisation du
régime nominal de fonctionnement a été plus répandue cette session. Le transformateur n'est pas le seul dispositif
pouvant être présenté dans ce montage.
2008 Conversion de puissance électrique–électrique : Le transformateur est souvent utilisé pour les montages 16, 20,
21, 40. Les candidats ignorent généralement l'origine de la loi sur les courants pour le transformateur idéal ainsi que la
notion de courant magnétisant. En outre, la visualisation à l'oscilloscope du cycle d'hystérésis est trop souvent assortie
d'erreurs de calibration des axes (H, B), conduisant ainsi à des estimations de pertes par mesure d’aires dénuées de sens.
2006 Conversion de puissance électrique-électrique : Ce montage n’est pas souvent choisi. Pourtant les exemples
simples ne manquent pas (il faut penser au transformateur, par exemple).
2005 Les hacheurs (même sous la forme série, la plus simple) ne sont pas utilisés pour alimenter les moteurs à courant
continu.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
AMPLIFICATION
Le jury indique que les montages a AO peuvent être présentés. Néanmoins, ils signalent dans leur dernier rapport que
des montages a transistors peuvent être abordés et qu’on peut s’intéresser aux impédances caractéristiques (pas
forcément faciles à mesurer sur les montages à AO) et au rendement (mesure intéressante surtout pour un étage de
puissance). On a donc pris le parti de présenter des montages à transistors mais la pré amplification peut être remplacée
par un montage à amplificateur opérationnel si on n’est pas à l’aise avec les transistors.
Nécessité de l’amplification
§I
Pré amplification
Choix des composants
Connaître le principe
Réglage du gain
I.6 : problème de distorsion notamment (cf. remarques du Jury)
Signal issu d’un GBF de ≈ même amplitude que le signal délivré par le micro. Se fixer un taux de distorsion maximum
admissible en sortie → ajuster la capacité de découplage pour augmenter le gain jusqu’à atteindre cette limite.
Impédance de sortie
II 2.7 (important pour le jury)
Amplification de puissance
Montage push pull (cf. Duffait, p. 129 ou Quaranta, p. 381)
III.2
Rendement
III.5 On peut aussi estimer son impédance de sortie
Montage global
Pour le fun. Montage pas nécessaire
Rapports :
2017 L’amplificateur opérationnel (AO) permet l’étude de systèmes d’amplification dans le contexte de
l’instrumentation, dont l’étude peut être envisagée dans ce montage. Ce dernier comporte néanmoins de nombreux
circuits internes de compensation, résultant en des limitations techniques qu’il faut connaître ; ainsi si l’étude de circuits
à AO pour l’amplification de signaux peut être abordée dans ce montage, d’autres circuits simples à bases de
transistor(s) peuvent être également envisagés. D’autre part, de nombreux aspects des amplificateurs sont éludés,
comme la distorsion, les impédances caractéristiques et le rendement.
2015 2016 Amplification de signaux : L’amplificateur opérationnel, comportant de nombreux circuits internes de
compensation, n'est pas l'objet idéal pour aborder ce montage. On peut, au contraire, envisager des circuits simples à
base de transistor(s). D’autre part, de nombreux aspects des amplificateurs sont éludés, comme la distorsion, les
impédances caractéristiques et le rendement.
2010 2011 2013, 2014 Amplification de signaux : Il y a de trop nombreux aspects des amplificateurs qui sont éludés :
distorsion, impédance, rendement, en particulier. D'autre part, l'amplificateur opérationnel, comportant de nombreux
circuits internes de compensation, n'est pas l'objet idéal pour aborder ce montage. Un circuit simple à transistors
pourrait être plus illustratif.
2012 Amplification de signaux : De nombreux aspects des amplificateurs sont éludés : distorsion, impédance,
rendement, en particulier.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
2009 Amplification de signaux : Les notions d’impédance et de rendement sont trop souvent éludées.
2008 Amplification de signaux : La limite de linéarité de l’amplificateur opérationnel n’a pas pour seule origine la
saturation en tension.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Modulation d’amplitude
Ne pas faire que ça !!
Modulation de fréquence
Intéressante (les PLL servent dans les systèmes modernes des telecom) mais plus délicate
→ Pour les gens à l’aise
Production → § II.2.2
Démodulation → § II.3.1 et II.3.2 application à la modulation FSK (répond au souhait du
jury)
Une autre méthode est aussi possible (par transfert modulation fréquence →
modulation d’amplitude) → cf. Duffait ou Quaranta
Transport
Par fibre optique
Manip simple mais qualitative (production → III.1 ; Transmission → III.2)
Transport aérien → § I.4 avec uniquement la porteuse. Calcul d’incertitude possible sur la fréquence
d’accord du filtre
2017 Mise en forme, transport et détection de l'information : La transmission de signaux numériques n’est
malheureusement jamais abordée.
2013, 2014, 2015, 2016 Mise en forme, transport et détection de l'information : Ce montage ne se restreint pas à la
modulation d’amplitude. Il semble en particulier important d’aborder le cas des signaux numériques modernes. Dans le
cas de la démodulation synchrone, le problème de la récupération de la porteuse est systématiquement passé sous
silence.
2012 Mise en forme, transport et détection de l'information : Comme l'indique son titre, ce montage comporte 3 parties
d'égale importance ; il se prête bien à la réalisation d'une chaîne complète traitant des 3 aspects. Il est souhaitable de
connaître les différentes solutions technologiques employées dans les applications de la vie quotidienne. Ce montage ne
doit pas se restreindre à la modulation et démodulation d'amplitude. Dans le cas de la démodulation synchrone, le
problème de la récupération de la porteuse doit être soigneusement étudié. Ce montage suppose une connaissance
argumentée des choix en radio AM, radio FM, téléphonie mobile... Il convient aussi de se demander comment passer de
l'étude élémentaire d'un signal informatif purement sinusoïdal au cas d'une ou plusieurs conversations téléphoniques par
exemple. Rappelons enfin l'importance des fibres optiques en télécommunications.
2008 Télécommunication : mise en forme, transport et détection de l’information : Une expérience qualitative de
transmission par fibre optique n’a d’intérêt que si elle fait intervenir des dispositifs dont l’un au moins a été étudié par le
candidat. Dans la liste 2009, le titre de ce montage est modifié.
1999 Plusieurs candidats ont confondu filtrage et démodulation d'amplitude. Les deux fonctions ont des points
communs (en plus, un filtrage est souvent nécessaire après détection) mais présentent des différences. En effet, le
filtrage correspond à des phénomènes linéaires: si on envoie la somme de 2 signaux de fréquences différentes sur un
filtre, celui-ci réagit en donnant la somme des réponses qu'il fournirait s'il recevait séparément chaque signal, il est
entendu que le rapport sortie/entrée varie avec la fréquence. Au contraire, la démodulation n'est pas un phénomène
linéaire: la porteuse et le signal modulant ne sont pas additionnés mais le plus souvent multipliés. La fréquence la plus
faible est en quelque sorte mieux cachée. La démodulation nécessite une diode de détection qui est un composant non
linéaire; c'est une opération plus complexe que le filtrage. Nombreux sont les cas où elle n'a pas pu être réalisée. La
démodulation synchrone est trop souvent absente. Le problème de la récupération de la porteuse n'a jamais été évoqué.
Remarque du Jury sur la récupération de la porteuse à relativiser car ils ont reconnu qu’elle était un peu excessive.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
SIGNAL ET BRUIT
Filtrage du bruit → § III.2.5 Cette manip permet de faire un calcul d’incertitude (pas facile
dans ce montage). On peut mesurer le bruit pour deux fréquences de coupure du filtre différentes et calculer le rapport
B1/B2. Comme B est en racine de la DSP et de la bande passante (limitée ici par le filtre passe bas), on doit avoir B 1/B2 =
√(fC1/fC2) = √(C2/C1). On peut aussi tracer la courbe du § III.2.5 mais le coefficient directeur obtenu est fonction de la
DSP et on ne connait pas sa valeur exacte même si on peut l’estimer (cf. III.2.3).
Réduction du bruit par les outils de traitement du signal présents dans les oscilloscopes numériques
§ III.3 : la
plus facile en pratique, on traite des fonctions souvent utilisées dans la réalité avec les oscilloscopes numériques, colle
bien aux souhaits du jury, mais les principes mis en œuvre réellement ne sont pas aussi simple qu’il y parait
Rapports
2017 Signal et bruit : La mesure du bruit thermique d’une résistance est une très jolie expérience à la condition de
comprendre les différents étages d’amplification nécessaires dans ces expériences. L’utilisation de boîtes noires non
justifiée a été sanctionnée par le jury.
2013,2014, 2015 Acquisition, analyse et traitement des signaux : Les notions d’erreur de quantification et de rapport
signal/bruit ne sont pas bien dégagées. Pour la numérisation d'un signal, il faut mettre en évidence le rôle de
l’échantillonnage et ses conséquences.
2011, 2012 Acquisition, analyse et traitement des signaux : Les caractéristiques de la numérisation d'un signal ont été
mieux illustrées cette année. L’analyse des signaux ne se limite pas à une FFT sur un oscilloscope. L’aspect traitement
du signal est trop souvent absent notamment le rapport signal/bruit.
2010 Acquisition, analyse et traitement des signaux : L'étude exhaustive d'un circuit RLC série n'a pas sa place dans ce
montage, même si ce circuit peut servir à illustrer la réduction du bruit sur un signal de fréquence donnée. Les notions
d’erreur de quantification et de rapport signal/bruit ne sont pas bien dégagées. Pour la numérisation d'un signal, il faut
mettre en évidence le rôle de l’échantillonnage et ses conséquences.
2008 Acquisition, analyse et traitement des signaux : La partie « acquisition » est souvent omise.
2004 Les candidats ont très souvent recours à la « périodisation » du signal préalablement à l’analyse de Fourier par
certains logiciels. Cette démarche est pour le moins étrange : périodiser suppose connue la période du signal et on peut
dès lors s’interroger sur la pertinence de l’analyse de Fourier subséquente. Les candidats perdent du coup de vue le rôle
de la durée totale d’enregistrement sur la résolution spectrale associée à la transformée de Fourier.
1999 Au moins pour une partie du montage, le signal que l'on étudie devrait être relié à une grandeur que l'on cherche à
mesurer et non fournie par un générateur BF.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Limite du comptage
Problème des signaux bruites ou complexes → § II.3 :
on peut juste utiliser additionner deux signaux sinusoïdaux et monter que le compteur devient
inopérant alors qu’une TF bien faite permet de les voir.
Technique intéressante quand le signal est bruité ou quand le spectre est complexe → montrer la
condition à respecter pour que la TF soit bonne (Shannon) et l’influence de la durée d’observation
sur la résolution du spectre calculé et l’allure de ce spectre.
Montrer qu’une mesure par comptage est impossible si on utilise un GBF analogique et une vitesse
basse car le décalage en fréquence est alors de l’ordre de grandeur de l’instabilité du GBF
Rapports
2016, 2017 Le principe de ce montage est de présenter les techniques de mesure de fréquences dans une large gamme. Il
ne s’agit pas de réaliser différentes expériences faisant intervenir des phénomènes périodiques et de parvenir à une
détermination de fréquence moins précise que celle obtenue avec le fréquencemètre présent sur la paillasse. Ainsi le
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
jury souhaiterait que le stroboscope ne soit plus utilisé comme fréquencemètre pour l’étude des résonances de la corde
de Melde.
2015 Mesure des fréquences temporelles (domaine de l'optique exclu) : Le principe de ce montage est de présenter les
techniques de mesure de fréquences. Il ne s’agit pas de réaliser différentes expériences faisant intervenir des
phénomènes périodiques et de parvenir à une détermination de fréquence moins précise que celle obtenue avec le
fréquencemètre présent sur la paillasse.
2014 Mesure des fréquences temporelles (domaine de l'optique exclu) : Ce montage ne consiste pas en l’étude d’une
succession de phénomènes périodiques à l’aide d’un fréquencemètre commercial, ce qui serait beaucoup trop
élémentaire et redondant, mais bien aux techniques de mesure de fréquences.
2010/2013 Mesure des fréquences temporelles (domaine de l'optique exclu) : La résolution spectrale lors d’une
transformée de Fourier discrète n’est pas toujours connue. Les candidats gagneraient à connaitre les méthodes de
détermination de fréquence par multiplication (translation) ou hétérodynage.
2011/2012 Mesure des fréquences temporelles (domaine de l'optique exclu) : La résolution spectrale lors d'une
transformée de Fourier discrète n'est pas toujours connue. Même si un stroboscope présente un intérêt pédagogique, il
ne saurait être préféré à un fréquencemètre. Lorsqu'on dispose d'une méthode plus précise, l'utilisation du chronomètre
n'est pas recommandée.
2007 Mesure des fréquences temporelles (domaine de l'optique exclu) : Le candidat doit avoir un minimum de
connaissances sur la fonction FFT des logiciels spécialisés ou des oscilloscopes.
2006 Mesure des fréquences temporelles (domaine de l’optique exclus) : L'étude du principe de la mesure d'une
fréquence est attendue. Une mesure de fréquence utilisant la fonction FFT du logiciel « Synchronie » sur un nombre
entier mais faible de périodes est peu judicieux.
Remarque :
Sur les oscilloscopes DSO 2002 (les derniers), la résolution de la TF annoncée ne
correspond pas à ça mais à :
𝑓𝑒𝑐ℎ /2
𝛥𝑓𝑟𝑒𝑠𝑜𝑙 = 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑁𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡𝑠 𝐹𝐹𝑇 = 65 536
𝑁𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡𝑠 𝐹𝐹𝑇
1 2f max
→ N = Ttot f éch = f éch = d’après Shannon
Δf résol Δf résol
→ Pour avoir à la fois une bonne analyse des HF (pas de repliement) et une bonne résolution, il faut
un grand nombre de points. Le nombre de points N définit donc la dynamique de l’analyse spectrale
(rapport entre fréquence maximale analysée et la résolution
MESURE DE LONGUEURS
On conseille le cheveu ou le fil car comparaison possible avec palmer et observation au microscope
(lycopodes → palmer en moins). Le fil est en plus donné avec une incertitude.
Pour la mesure par diffraction, une technique consiste à utiliser un laser (prendre celui logé dans un
tube et avec l’alimentation à clé), le fil, une photodiode polarisée en inverse sur un petit banc
d’optique avec une résistance de mesure assez forte, et une observation à l’oscilloscope (prendre
une BT assez grande, genre 100 µs/div et moyenner un peu pour ne pas être gêné par le 50 Hz)
Pour la technique par grossissement avec un microscope utiliser image J pour étalonner les mesures
avec une mire
Télémètre
→ § III
Rapports
2017 Des mesures de longueurs dans une large gamme sont appréciées et là encore les candidats ne doivent pas se
contenter du réglet comme outil de mesure. L’utilisation de mesures utilisant des interférences optiques conduit à des
mesures intéressantes dont on pourra discuter la précision par rapport à des mesures plus directes.
2015 2016 Mesure de longueurs : Des mesures de longueurs dans une large gamme sont appréciées et là encore les
candidats ne doivent pas se contenter du réglet comme outil de mesure. Par ailleurs, la mesure d’une longueur de
cohérence n’a pas en soi sa place dans ce montage.
2014 Mesure de longueurs : Ce montage n’est ni un montage de spectroscopie, ni un montage de focométrie ; en
particulier, la mesure de longueurs d’ondes en tant que telle ne semble pas indiquée. On peut en revanche discuter des
méthodes de mesure de longueurs adaptées à grande et à petite échelle. Rappelons que des objets micrométriques
peuvent être mesurés avec un instrument optique adapté.
2013 Mesure de longueurs : Il est dommage de voir tant de montages à prétention métrologique ou les incertitudes sont
très mal gérées. Lors d'utilisation de « boites noires », il est indispensable de connaitre leur fonctionnement.
2012 Mesure de longueurs : Le jury a pu assister à des montages variés et bien structurés, balayant les diverses échelles
de longueurs, de l'infiniment petit à l'infiniment grand. Cependant, les incertitudes, malgré leur importance dans ce
montage, sont souvent encore mal gérées et mal hiérarchisées.
2011 Mesure de longueurs : Le jury a pu assister cette année a des montages varies et bien structures. Cependant, les
incertitudes, malgré leur importance dans ce montage, sont souvent très mal gérées et mal hiérarchisées.
2010 Mesure de longueurs : Il est dommage de voir tant de montages à prétention métrologique où les incertitudes sont
très mal gérées.
2009 Mesure de longueurs : Il est inutile d’utiliser un interféromètre de Michelson pour déterminer la différence de
marche engendrée par une lame de microscope si on cherche à déterminer son épaisseur avec un indice peu précis !
2005 Les appareils de mesure traditionnels (palmer, mètre-ruban) permettent de vérifier les valeurs obtenues par des
méthodes dont on cherche à illustrer le principe.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
SYSTEMES BOUCLES
Ce montage regroupe deux anciens sujets, asservissements et oscillateurs. Les deux topos (font plus de 75 pages → On
ne peut pas découvrir ça le lundi matin. Il faut absolument les lire avant.
→ Un oscillateur à quartz serait le bienvenu et le « et/ou » implique qu’on n’est pas obligé de traiter les deux aspects.
Ça peut arranger ceux qui ne maitrisent pas les asservissements mais, d’un autre côté, c’est l’occasion d’aborder un
sujet inconnu, qui peut tomber aux écrits et qui permet notamment de voir les ampli op sous un nouveau jour. D’où mon
conseil pour les TP : faire un système bouclé stable (moteur ou ampli) et un instable (Wien ou quartz). Pour le système
bouclé stable, l’amplificateur est le plus simple. Pour l’instable, le quartz est préférable.
Etude dynamique
Réponse à un échelon avec correction P, I et PI. Si on veut faire plus simple, on peut
se limiter à la correction P sur le montage du § II.3.1 en jouant directement sur la valeur de A et en allant jusqu’à
l’instabilité.
Si on fait l’étude dynamique, monter directement le montage global avec le correcteur réglé à C = 1 pour commencer →
moins d’interventions nécessaires sur le montage donc moins de risque de se planter
Oscillateur à Quartz
§ II.3.1 Etude FTBO ; En déduire les paramètres du circuit résonant (fréquence propre et
facteur de qualité → cf. montage résonance)
Bouclage
Stabilité ; Temps de réponse
Remarque :
L’oscillateur peut avoir du mal à démarrer si l’étage amplificateur inverseur déphase un peu à cause de
son gain important et du produit G.BP de l’AO. Si c’est le cas, scinder l’amplification en 2 étages se répartissant le gain
global avec un ampli non inverseur et un amplificateur inverseur pour que le tout compense toujours le déphasage de π
de l’étage contenant le quartz.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Rapports
2017 Systèmes bouclés : Ce montage concerne la physique des asservissements et/ou celle des oscillateurs auto-
entretenus. Une maîtrise minimale des montages élémentaires est requise. Certains aspects des systèmes bouclés
peuvent être élégamment illustrés par des montages comme l'oscillateur à quartz, compte tenu de son fort facteur de
qualité.
2014, 2015, 2016 Systèmes bouclés : Ce montage concerne la physique des asservissements et / ou celle des oscillateurs
auto-entretenus. Une maîtrise minimale des montages élémentaires est requise. Un oscillateur à quartz serait le
bienvenu, compte tenu de son fort facteur de qualité.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Propagation libre
Ondes acoustiques
Mesure de vitesse dans l’air (par déphasage ou par interferences)
Influence du milieu : mesure dans la barre de fer (cf résumé
acoustique)
Z = ρc → calculer et comparer les Z
2015, 2016 Ondes : propagation et conditions aux limites : Ce montage est riche, car l’existence de conditions aux
limites permet l’apparition de phénomènes aussi variés que la réflexion, la réfraction, la diffraction, les interférences…
Dans ce contexte, on veillera à bien distinguer ondes stationnaires et ondes stationnaires résonantes. Notons enfin que la
notion d'impédance caractéristique n'est pas limitée au câble coaxial. Enfin, la détermination de la fréquence de
résonance de la corde de Melde à l’aide d’un stroboscope n’a pas de sens quand la corde est utilisée avec un générateur
basse fréquence muni d’un fréquencemètre avec cinq digits.
2014 Ondes : propagation et conditions aux limites : Ce montage est riche car l’existence de conditions aux limites
permet l’apparition de phénomènes aussi variés que la réflexion, la réfraction, la diffraction, les interférences… Dans ce
contexte, on veillera à bien distinguer ondes stationnaires et ondes stationnaires résonantes. Notons enfin que la notion
d'impédance caractéristique n'est pas limitée au câble coaxial.
2013 Ondes : propagation et conditions aux limites : L’existence de conditions aux limites permet aussi l’apparition de
phénomènes de réflexion, réfraction, diffraction, interférence… La notion d'impédance caractéristique n'est pas limitée
au câble coaxial.
2010 2011 2012 Ondes : propagation et conditions aux limites : L'existence de conditions aux limites permet aussi
l'apparition de phénomènes de réflexion, réfraction, diffraction, interférence, propagation guidée... La notion
d'impédance caractéristique n'est pas limitée au câble coaxial.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
ONDES ACOUSTIQUES
Manips en audible pénibles à l’écoute et galères car polluées par le bruit environnant. Pas ces soucis
avec les ultrasons et ça colle avec le rapport du jury : pas se restreindre aux fréquences audibles.
Remarques du Jury : ne pas faire que des mesures de vitesse, ne pas se limiter à une propagation
dans l’air, les phénomènes d’interférences, diffraction, réflexion/transmission et d'impédance et des
applications peuvent être abordés. On n’a pas de dispositif pour mesurer les impédances acoustiques
à Rennes mais on peut en parler quand on mesure la vitesse du son dans un milieu puisque Zacoustique
caractéristique = ρc). Compte tenu de cette contrainte, on propose deux plans possibles.
Premier plan
On peut finir cette partie en calculant l’impédance caractéristique des ondes longitudinales dans
l’air et dans un solide/liquide pour comparer les ordres de grandeur (explique les ondes stationnaires
dans la barre par exemple).
III Applications
Télémètre (influence de T) → cf. poly « mesure des longueurs », paragraphe III
Mesure de vitesse par effet Doppler → cf. poly « mesure des fréquences
temporelles », paragraphe V.1
Les manips sont à peu près les mêmes mais avec une logique de
présentation différente.
2014, 2015, 2016 Acoustique : Les phénomènes d’interférences, de réflexion/transmission et d'impédance ont aussi leur
place dans ce montage. En outre, le jury apprécie qu'on ne se limite pas à la propagation dans l’air ni à une gamme de
fréquences restreinte aux fréquences audibles. En tout état de cause, le montage ne doit pas se limiter à des mesures de
la célérité du son. Signalons enfin que les mesures d’atténuation des ondes acoustiques dans l’air qui ont été proposées
par les candidats n’ont pas donné de résultats probants.
2010 2011 2013 Ondes acoustiques : Les phénomènes de réflexion/transmission et d'impédance ont aussi leur place
dans ce montage. En outre le jury apprécie qu'on ne se limite pas à la propagation dans l’air ni à une gamme de
fréquences restreinte aux fréquences audibles. Le montage ne doit pas se limiter à des mesures de la célérité.
2012 Ondes acoustiques : Le jury attend des notions plus variées que les seules mesures de célérité. On peut penser :
- aux phénomènes de réflexion-transmission, d'interférences et de diffraction, de modes...
- aux notions d'impédance acoustique, de timbre, de hauteur, d'effet Doppler...
- aux nombreuses applications : instruments de musique, sonar, échographie
2007 2008 Ondes acoustiques : Il est conseillé de ne pas se limiter à la propagation dans l’air ni à une gamme de
fréquences restreinte aux fréquences audibles.
2000 Ondes acoustiques sonores et ultrasonores : Le rôle de la caisse de résonance d'un diapason reste méconnu. Les
fonctionnements des microphones et haut-parleurs électrodynamiques présentent des analogies, mais la force de
Laplace et la loi de l'induction sont deux phénomènes physiques à propos desquels il est difficile de parler réellement de
" réversibilité " -1 est-ce d'ailleurs si important ? L'emploi du tube de Kundt et la mise en œuvre de l'expérience de
Melde donnent lieu à de surprenantes confusions entre les notions de résonance et d'ondes stationnaires la résonance,
ici, ne fait que rendre plus apparent le phénomène d'ondes stationnaires : c'est pourquoi on préfère placer le haut-parleur
à un nœud de pression, ce qui impose une contrainte à la fréquence du son si l'autre extrémité du tube est bouchée. Pour
étudier l'influence d'un paramètre d'environnement (la température, par exemple) il est préférable de ne pas faire varier
la longueur d'onde, et donc d'ajuster la fréquence. D'autres dispositifs, qui ne fixent qu'une seule condition aux limites,
sont d'emploi plus aisé.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
RESONANCE
Expérience d’introduction
Les diapasons → § II ou Quaranta I à « Oscillations Forcées » (résonance acousto
mécanique) ou une série de pendule de différentes longueurs excités par un pendule plus lourd (résonance mécanique)
Circuit RLC
Réponse en intensité → § III.2.2 (étude de la phase) ; Facteur de qualité → § III.2.3 (IMPORTANT)
La wobbulation pour l’étude des différentes réponses n’est pas obligatoire. Si on s’en sert, montrer qu’une wobbulation
rapide déforme les courbes et ce d’autant plus que Q est fort (illustre le rapport entre la largeur de la résonance et la
durée du transitoire). Si on mesure f0, utiliser la phase (critère plus pertinent). Pour mesurer Q, prendre un GBF
numérique et un multimètre précis.
Quartz
Etude de sa résonance série → § III.3 ATTENTION A NE PAS METTRE UNE TENSION TROP FORTE
FAIRE ATTENTION AU PRODUIT GAIN BANDE PASSANTE DE L’AO !
Lien avec le régime transitoire → II.4 du montage régime transitoire
Choisir ensuite un thème parmi les suivants. La résonance paramétrique plait au Jury mais il faut être à l’aise avec. Si
on ne le sent pas, prendre la corde de Melde ou les systèmes couplés (ces manips servent dans un autre montage)
Résonance paramétrique
§ 6.2
Manip d’application
Illustrer le principe de la recharge des téléphones portables par couplage de circuits résonant
(demander conseil au professeur). Intérêt par rapport à de simple bobines : on travaille avec des circuits de plus faibles
impédances → On produit un champ plus fort et le récepteur a une impédance plus faible, donc est un meilleur
générateur de tension.
Rapports
2014 2015 2016 2017 Résonance : Le lien qui existe entre la largeur de la résonance d’un oscillateur et la durée du
régime transitoire est souvent ignoré par les candidats. Des phénomènes non linéaires ou paramétriques pourraient
également être abordés.
2013 Résonance : Les phénomènes non linéaires, paramétriques pourraient aussi être abordés. Les critères de
détermination expérimentale de la fréquence de résonance ne sont pas toujours pertinents. Le rapport entre la largeur de
la résonance et la durée du transitoire est trop souvent ignorée.
2011 2012 Résonance : La résonance ne se limite pas à l'étude du circuit RLC. Les critères de détermination
expérimentale de la fréquence de résonance ne sont pas toujours pertinents. Le rapport entre la largeur de la résonance
et la durée du transitoire est trop souvent ignoré. La notion de facteur de qualité ou un équivalent est trop souvent
absente.
2010 Résonance : Les phénomènes non linéaires, paramétriques pourraient aussi être abordés. Les critères de
détermination expérimentale de la fréquence de résonance ne sont pas toujours pertinents. Le rapport entre la largeur de
la résonance et la durée du transitoire est trop souvent ignoré.
2008 Résonance : Le phénomène de résonance n’apparaît pas qu’en électricité. En outre, le circuit RLC est souvent mal
connu. Le jury apprécierait de voir des résonances dans d’autres domaines de la physique, ainsi que des facteurs de
qualité importants.
2004 Montages 38 et 39 : L’étude de la phase est trop souvent absente de ces montages alors qu’elle fournit des
relations complémentaires non redondantes à celle de l’amplitude
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Remarque :
Les pendules pesants couplés seront disponibles à l’oral
On peut faire la TF du régime transitoire pour observer la présence de deux fréquences
propres.
On peut faire un calcul énergétique mais c’est assez long et galère (demander conseil
au professeur)
Oscillateurs désaccordés
→ § III.3
Remarque :
On peut aussi faire une étude en régime transitoires (f = 20 Hz, U = 0,8 V) et faire la
TF de UC1 en partant de l’absence de couplage puis en rapprochant B2. On a un pic au départ qui se
dédouble.
Couplage
Ca consiste à rendre deux entités dépendantes l’une de l’autre → l’évolution de l’une des entités influence
l’évolution de l’autre entité. Plus le couplage est fort, plus l’influence est forte.
Conséquence du couplage
Dans les équations : apparition de termes de 2 dans 1 et vice versa (si couplage
symétrique).
Au niveau énergétique : ça ouvre un « canal » permettant d’échanger de l’énergie (si
le mouvement est quelconque).
A montrer
Expérience d’intro : Transfert d’énergie (sauf sur les modes propres)
Existence de modes propres ; autant de modes propres que d’oscillateurs couplés. Les fréquences propres
ne peuvent plus être attribuées à un oscillateur particulier, ce sont les fréquences propres du système entier
Si le système est excité initialement dans un de ses modes propres, il le reste par la suite.
Mouvement quelconque = combinaison linéaire des modes propres.
Le couplage permet le transfert alternatif d’énergie d’un pendule à l’autre (les oscillations d’un pendule
sont en quadrature par rapport à l’autre), alors que dans un mode propre l’énergie de chaque pendule est stationnaire s’il
n’y a pas de dissipation.
Le couplage d’oscillateurs accordés provoque une levée de dégénérescence (deux oscillateurs identiques
couplés = un système à deux fréquences propres). Les fréquences propres s’écartent d’autant plus que le couplage est
fort.
Le couplage a pour effet d’écarter les fréquences propres, et ce d’autant plus qu’elles sont proches au
départ (cas des circuits désaccordés).
Régime forcé → résonance sur les modes propres
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
REGIMES TRANSITOIRES
Choisir 3 manip parmi toutes ces propositions. Les expériences classiques se trouvant facilement dans des livres comme
le Quaranta IV d’électricité (nouvelle édition), elles ne sont pas décrites dans le topo. Seules des expériences plus
« exotiques » y sont présentées.
Transitoire d’ordre 1
Circuit RC → cf. Quaranta IV, p. 475 par exemple ou topo sur condensateurs.
Rapports
2014 2015, 2016, 2017 Régimes transitoires : Il existe des régimes transitoires dans plusieurs domaines de la physique
et pas uniquement en électricité ; de même, l’établissement de régimes forcés peut conduire à une physique bien plus
variée que le retour à une situation d’équilibre. Par ailleurs, bien que le régime transitoire des systèmes linéaires,
évoluant en régime de réponse indicielle, puisse parfois se ramener à l’étude d’un circuit RC, la simple mesure du temps
de réponse d’un tel circuit ne caractérise pas l’ensemble des propriétés des régimes transitoires. Enfin, varier les
échelles de temps dans la présentation serait appréciable.
2009, 2010, 2013 Régimes transitoires : Il existe des régimes transitoires dans plusieurs domaines de la physique et pas
uniquement en électricité. Bien que le régime transitoire des systèmes linéaires, évoluant en régime de réponse
indicielle, puisse parfois se ramener à l’étude d’un circuit RC, la simple mesure du temps de réponse d’un tel circuit ne
caractérise pas l’ensemble des propriétés des régimes transitoires. D’autre part, l’établissement de régimes forces peut
conduire a une physique bien plus variée que le retour à une situation d’équilibre. Varier les échelles de temps.
Autres manips possibles : courant de pointe dans un pont de diode d’une alim stabilisée au démarrage, surtension à
l’ouverture d’une bobine (suppression par diode de roue libre), transitoires de pendules couplés, ...
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
PHENOMENES DE TRANSPORT
Diffusion
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑇)
Thermique (𝑗⃗ − 𝜆𝑔𝑟𝑎𝑑
Transport de chaleur sans transport de matière → § I.2 ou Quaranta IV p. 100
nouvelle édition. Fiter T f(x) par une exponentielle avec la formule de la barre infinie mais en mettant la température
finale et l’origine des x comme variables d’ajustement. Ne pas passer par les log car c’est moins bon
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑐)
De particules (𝑗⃗ = −𝐷𝑔𝑟𝑎𝑑
Transport de matière → Diffusion du glycérol : § IV.1 ou BUP 819 ou
Quaranta IV p. 466 nouvelle édition
Conduction électrique
Transport de charge → § II.1 avec un fil d’électricien. On peut éventuellement regarder
l’influence de T en plongeant le fil dans un bain thermostaté et en mesurant sa résistance en 4 fils (§ II.2).
Convection
Poiseuille (transport de quantité de mouvement par convection forcée) → § III.2.1
Rayonnement
Vérification de la loi de Stéphan → § I.1.2 du montage émission absorption (matériel disponible à
Montrouge) ou Quaranta IV p. 381 nouvelle édition. On n’a plus de circulation d’eau → mettre quand même le cache
prévu ou une plaque de bois recouverte d’alu pour minimiser l’émission.
Ce mode de transport à la particularité de ne pas être proportionnel à la cause par rapport aux autres
(courants proportionnels aux gradients) → il faut montrer la dépendance en T4 → Fiter par une fonction en Tn et
montrer qu’on a pas n = 1 mais n = 4. On peut aussi montrer avec une caméra thermique que le rayonnement dépend de
l’émissivité si le corps n’est pas noir
2015, 2016, 2017 Des transports autres que diffusifs peuvent faire l’objet de ce montage. Lors de la mesure du
coefficient de diffusion du glycérol, par la déviation d’une nappe laser, les candidats doivent être à même d’expliquer
précisément la nature de l’image observée sur l’écran et son origine physique.
2014 Des transports autres que diffusifs peuvent faire l’objet de ce montage.
2010 2011 2013 Le choix des expériences doit veiller à souligner l’aspect transport. Il existe d’autres phénomènes de
transport que ceux régis par une équation de type j = α grad V.
2012 Ce montage est ouvert à de nombreux domaines, pouvant donner lieu à des études comparées ; on pensera à
exploiter les régimes transitoires et les régimes permanents. Le choix des expériences doit veiller à souligner l'aspect
transport. Il existe d'autres phénomènes de transport que ceux régis par une équation de type j = α.grad V.
2009 La mesure de la conductivité thermique d’un métal par sa réponse en température à une excitation alternative a
posé problème à de nombreux candidats par suite de l’analyse des mesures à l’aide d’une loi non valide avec les
conditions aux limites concernées. Le régime permanent implicitement mis en jeu doit être précisé, de même que son
temps d’établissement.
2008 plusieurs candidats ont voulu présenter une étude dynamique du transport de la chaleur. Cette expérience est
sophistiquée et assez délicate. Pour certains candidats, l'étude statique, bien plus simple à réaliser, doit être préférée.
2007 Le jury attend au moins une mesure de coefficient de diffusion. Le candidat doit savoir évaluer un temps
caractéristique de ce phénomène.
2006 Il faut savoir évaluer un temps caractéristique de diffusion.
2000 Il faut garder à l'esprit qu'on distingue, dans certains domaines, plusieurs modes de transport : conduction,
convection, diffusion... Connaître a priori l'ordre de grandeur de quelques coefficients de diffusion est indispensable.
Les dispositifs dédiés permettant d'étudier l'effet Hall sur des échantillons sélectionnés semblent poser, malgré leur
simplicité, de gros problèmes d'utilisation.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
MOTEURS
Principe de fonctionnement
§ II.2.2
Pour comprendre le principe de fonctionnement des MCC (rôle des collecteurs). C’est qualitatif
mais il n’est pas inutile de présenter le principe de fonctionnement des moteurs (cf. rapport 2007).
Etude à vide
II.3.5 : Courbe U0 = f(ω0) ; Montrer que E0 = f(ω0)
droite
Etude du couple de perte global en fonction de la
vitesse → ≈ constant.
Courbe ωC = f(ΓU) :
Ce graphique permet de voir le peu d’influence qu’a une demande de couple
mécanique sur la vitesse de rotation du moteur → intérêt que peuvent avoir les MCC dans le
domaine de la traction.
Montrer que ω dépend d’autant moins de la charge que R et kΦ est faible →
qualité d’un moteur.
Courbe ΓU = f(IC) :
Ce graphique permet de vérifier que le couple mécanique est proportionnel au
courant demandé comme l’indique la relation (3)
Rendement direct :
Ce graphique permet de définir le domaine de fonctionnement nominal
(rendement max).
Asynchrone
III.1
Synchrone
→ § 2.2.2
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Rapports
2015,2016 Moteurs : Ce montage a été présenté plusieurs fois lors de cette session et a conduit à plusieurs prestations de
bonne qualité. Nous rappelons que les moteurs thermiques font partie des dispositifs qui peuvent être présentés dans ce
montage.
2014 Moteurs : Ce nouveau montage n’a été choisi par aucun candidat cette année. Il est toutefois maintenu pour la
session 2015 compte tenu de la grande richesse et de l’importance industrielle de la physique des moteurs, en particulier
des moteurs thermiques.
2013 Exemples de conversion électrique mécanique : Comme pour le montage 21, la notion de point de fonctionnement
nominal est importante. D'autre part, les modèles utilises pour décrire les convertisseurs sont souvent trop simplifies. Il
faut être capable d'interpréter l'écart entre le système idéal et le système réel.
2012 Exemples de conversion électrique mécanique : Même si l'étude d'un haut-parleur relève du thème, il existe bien
d'autres exemples, et souvent d'intérêt industriel (le moteur électrique est à l'ordre du jour). Il convient d'insister sur
l'aspect quantitatif de la conversion électrique-mécanique.
2010 Conversion de puissance électro-mécanique : Comme pour le montage 21, la notion de point de fonctionnement
nominal est importante. D'autre part, les modèles utilisés pour décrire les convertisseurs sont souvent trop simplifiés. Il
faut être capable d'interpréter l'écart entre le système idéal et le système réel.
2009 Exemples de conversion électromécanique / Comme pour le montage 21, la notion de point de fonctionnement
nominal est importante.
2007 Conversion de puissance électro-mécanique : Un effort pédagogique incluant une approche physique des
phénomènes impliqués dans le fonctionnement des moteurs permet d’éviter un montage constitué d’une série de
mesures sans logique apparente.
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Filtrage en optique
§ 4.1 ou 4.2
4.2 → vérification des caractéristiques du filtre avec Spectrovio et mesures
de l’absorption d’une lampe HG avec spectrovio
FILTRAGE
2012 Filtrage de signaux : Un filtre RC passif ne permet qu'une présentation parcellaire de la notion de filtrage. Par
contre, le clignotement d'une lampe à basse fréquence est un problème réel, qui est un exemple du lien science-société
évoqué précédemment. La notion de suiveur, et son utilisation pour transformer un filtre passif en filtre actif est trop
souvent méconnu. En optique, un montage de filtrage des fréquences spatiales est bienvenu, mais l'utiliser pour mesurer
le pas d'un réseau n'est pas pertinent.
2011 Filtrage de signaux : Ce montage se limite bien trop souvent à une étude d’un filtre RC. Rappelons que d’autres
filtres existent, y compris des filtres actifs.
2008 Filtrage : Dans la liste 2009, le titre change car le jury tient à voir du filtrage et non pas seulement l’étude de
filtres. Par ailleurs, un filtre RC suivi d’un suiveur ne peut être considéré comme un filtre actif.
2007 Filtrage : Le titre du montage est « filtrage » et non « filtres ». Il ne faut donc pas se limiter à l’étude du
diagramme de Bode des circuits présentés mais étudier le filtrage des signaux. Le jury apprécie de voir d’autres filtres
que de simple filtres RC ou RLC. Les candidats peuvent aborder d’autres domaines que l’électronique.
2006 Filtrage : Ce montage ne peut pas se limiter à une mauvaise étude d'un filtre passif RC ou RLC en électricité.
2005 Ce montage ne doit pas se limiter aux filtres passifs. D’autres domaines que l’électronique peuvent également être
abordés
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Oscillateurs de relaxation
Oscillateur a cellule RC
Mesure période (§ 3.2.2) et diagramme de
phase (§ 3.2.3) à comparer avec celui des oscillateurs quasi sinusoïdaux. Application au
capacimètre
2012 Oscillateurs auto-entretenus : Un oscillateur à quartz serait le bienvenu avec son fort facteur de qualité. Le rôle de
la phase pour la détermination de la fréquence d'oscillation est rarement utilisé. Penser aussi aux nombreuses
applications.
2010 2011 Oscillateurs auto-entretenus : Un oscillateur à quartz serait le bienvenu avec son fort facteur de qualité. Le
rôle de la phase dans le critère de Barkhausen pour la détermination de la fréquence d’oscillation est rarement compris.
2009 Oscillateurs auto-entretenus : De nombreux candidats ignorent l’importance des retards de phase dans l’étude de
la stabilité des systèmes.
2008 Oscillateurs auto entretenus : Les conditions d’oscillation auto-entretenues doivent être maîtrisées.
2007 Oscillateurs. Les oscillateurs amortis sont de peu d’intérêt au niveau de l’agrégation. En 2008, le titre de ce
montage devient « Oscillateurs auto-entretenus ».
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
I INTRODUCTION
La dynamique Newtonienne a pour objet l’étude du mouvement des corps en
relation avec les causes (forces) qui en sont l’origine. Elle est construite autour de 3 grands principes,
les lois de Newton.
On peut l’énoncer de la façon suivante : dans un référentiel galiléen, le centre d’inertie d’un système
isolé ou pseudo-isolé est soit immobile, soit animé d’un mouvement rectiligne uniforme (vecteur
vitesse v⃗ constant).
Remarques :
Un système est isolé s’il n’est soumis à aucune force : 𝐹⃗ = 0⃗ ∀ 𝑖. Un système est
pseudo isolé si la somme totale des forces vectorielles qu’il subit s’annule : 𝛴𝐹⃗ = 0⃗. Le référentiel
terrestre, pour autant que les expériences soient de courtes durées et que les vitesses ne soient pas
trop grandes, peut être considéré comme un référentiel galiléen (dans le cas contraire, il faut tenir
compte de l’accélération de Coriolis 2Ω⃗ ∧ v⃗ ).
Cette loi introduit le concept de quantité de mouvement qui regroupe les notions de vitesse et de
masse. Elle relie l’accélération d’un corps à l’ensemble des forces auxquelles il est soumis. On peut
l’énoncer de la façon suivante : dans un repère galiléen, le mouvement d’un point matériel de masse
m et d'accélération 𝑎⃗ soumis à un ensemble de forces de somme vectorielle 𝛴𝐹⃗ satisfait à la relation :
𝑑𝑝⃗
𝛴𝐹⃗ = = 𝑚. 𝑎⃗
𝑑𝑡
La masse m caractérise l'inertie du système, c'est à dire la "résistance" à sa mise en mouvement ou à
la modification de celui-ci sous l'action de l’ensemble des forces ∑ 𝐹⃗ .
Cette loi générale énonce qu’il n’y a pas de forces isolées dans la nature mais que chaque force existe
de pair avec une force symétrique contraire. On peut en donner l’énoncée suivante : un corps exerçant
une force 𝑓⃗ / sur un autre corps subira en retour une force 𝑓⃗ / de même intensité, de même direction
mais de sens opposé. On a donc 𝑓⃗ / + 𝑓⃗ = 0.
1
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
fois lancé laisse des traces équidistantes alignées sur une droite. Cette manipulation étant triviale, on
propose de l’enrichir un peu en utilisant deux mobiles solidaires. On s’intéresse au centre d’inertie de
l’ensemble et on souhaite vérifier la relation v⃗ = 𝑐𝑡𝑒.
II.1 Manipulation
[1], p. 51-53.
alimentation
des mobiles
I6 I7 I8
I3 I4 I5
I0 I1 I2
trajectoire du
centre d’inertie
Le centre d’inertie IG de l’ensemble s’obtient en reliant deux à deux les marques enregistrées au même
instant. IG se trouve au milieu des segments si les masses M et M’ des mobiles sont identiques. Si ce
n’est pas le cas, on l’obtient par la relation barycentrique :
𝑀
𝐼 𝐼⃗ = 𝐼 𝐼⃗
𝑀+𝑀
2
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
On doit constater que la trajectoire de IG est une droite avec des points successifs équidistants → v⃗
et p⃗ = ctes. La trajectoire du centre d’inertie est rectiligne uniforme et la quantité de mouvement du
centre d’inertie du système pseudo isolé s’est conservée.
Remarques :
Si l’on déplace la table en cours d’enregistrement, on constate que la loi n’est plus
vérifiée (cas d’un référentiel non galiléen). On peut aussi s’intéresser au mouvement d’un point
quelconque du système. Le plus simple avec l’expérience réalisée consiste à étudier la trajectoire de
I ou I’ dans le référentiel barycentrique de l’ensemble. Pour ce faire, on utilise une feuille de papier
calque avec un repère orthonormé tracé dessus. On place le centre de ce repère sur les traces
successives de I0 en conservant à chaque fois l’orientation de repère orthonormé et on reporte les
positions successives de I ou I’ dans ce repère. Si l’on veut réaliser cette étude, il vaut mieux lancer
les mobiles en leur imprimant un mouvement de rotation un peu plus marqué pour avoir des points
un peu plus espacés (les erreurs dues à une translation imparfaite de la feuille de papier calque sont
moins visibles dans ce cas). On obtient alors une figure de ce type :
I1
I2
Les différentes traces du point choisi dessinent un cercle et les I3
marques sont toutes équidistantes → le mouvement d’un point
I4
périphérique dans le référentiel barycentrique est circulaire
I5
uniforme → le moment cinétique 𝐿⃗ se conserve. I
I9 I8 I7
1
𝑧̈ = −𝑔 𝑧̇ = 𝑣 − 𝑔(𝑡 − 𝑡 ) 𝑒𝑡 𝑧 = 𝑧 − 𝑔(𝑡 − 𝑡 ) − 𝑣 (𝑡 − 𝑡 )
2
Les balles de ping-pong certifiées mesurent 40 mm de diamètre et pèsent 2,7 g donc on est loin d’un
corps dense puisque ρ = 80 kg.m-3. Cette valeur étant assez proche de la masse volumique de l’air
(1,2 kg.m-3 à 20 °C), on peut regarder l’influence qu’a ce fluide sur le mouvement. Le premier effet
est la poussée d’Archimède (force de flottabilité due au gradient de pression subi par le corps). Le
mouvement de la balle à une vitesse v entraine un déplacement de l’air environnant, donc une force
supplémentaire due au cisaillement visqueux et a des forces de pression différentes de celles du cas
statique. Cet effet correspond aux calculs classiques des forces de trainée visqueuses en fonction du
nombre de Reynolds (régime de Stockes, Newton, ou intermédiaire). Une dernière force, dite trainée
3
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
dynamique, apparait à cause de l’accélération 𝑔⃗ subie par la balle car cela entraine une accélération
des particules environnantes, d’où un effet d’inertiel dans l’air1 contre lequel la balle doit lutter.
La trainée dynamique correspond à la force à fournir pour accélérer les particules d’air autour de la
balle. Elle est liée à l'inertie du fluide donc elle est proportionnelle à l’accélération de la balle et à la
masse d’air déplacée. On peut montrer (cf. [8], p. 567, [9], chapitre 5.10.3 ou [10]) qu’elle vaut, pour
une sphère :
1
𝐹⃗ = − 𝑚 𝑎⃗
2
La quantité mair/2 est appelée masse ajoutée, ou masse entrainée par la balle, puisqu’on peut l’ajouter
à sa masse dans le terme inertiel de la RFD (cf. ci-après).
→ l’équation du mouvement a la même forme que précédemment, mais avec une constante
d’accélération g’ inférieure à g. On a :
4
𝑚 =𝜌 𝑉 =𝜌 𝜋𝑅 = 0,04 𝑔 à 20 °𝐶
3
3 3
𝑚 =𝑚 + 𝑚 = 2,7 + 0,04 = 2,76 𝑔
2 2
1
Cette force est différente de la trainée visqueuse puisqu’elle est non dissipative et cesse lorsqu’il n’y a plus
d’accélération.
2
Une balance affiche en toute rigueur la masse conventionnelle de l’objet, c’est-à-dire la masse d’un corps de densité
fixée conventionnellement à 8 équilibrant l’objet pesé dans un air de masse volumique ρ = 1,2 kg/m3. La correction à
apporter à la masse apparente est négligeable ici.
4
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
D’où :
2,7
𝑔′ = 9,81 = 9,6 𝑚. 𝑠
2,76
𝜌𝑣 𝜌𝑣
𝐹=𝐶 𝑆 = 𝛼𝑣 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝛼=𝐶 𝑆 = 3,02. 10 𝑆𝐼
2 2
t (ms) 50 100 150 200 250 300 320 350
h (cm) 1,2 4,8 10,8 19,2 30,0 43,2 49,1 58,7
v (m/s) 0,48 0,96 1,44 1,92 2,40 2,88 3,07 3,36
Reynolds 1279 2559 3838 5118 6397 7677 8188 8949
F (mN) 0,07 0,28 0,62 1,11 1,74 2,5 2,84 3,4
𝑚 𝑧̈ = − 𝑚 𝑔 + 𝛼𝑧̇
𝑚 𝛼 𝛼
𝑧̈ = − 𝑔+ 𝑧̇ = − 𝑔′ + 𝑧̇
𝑚 𝑚 𝑚
Résoudre cette équation est compliqué car la vitesse intervient au carré. Il est plus simple de la traiter
par la méthode d’Euler ou, comme on le fait ici, par un traitement perturbatif3.
5
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
𝛼 𝛼
𝑧̈ = 𝑧̇ = (−𝑔′𝑡)
𝑚 𝑚
𝛼 𝑡 𝛼 𝑡
→ 𝑧̇ ( ) (𝑡) = (𝑔′) 𝑒𝑡 𝑧 ( ) (𝑡) = (𝑔′) = 0,84𝑡
𝑚 3 𝑚 12
temps de chute t (ms) 100 150 200 250 300 320 350
h (cm) 4,9 11,0 19,6 30,7 44,1 50,2 60,0
h' (cm) 4,8 10,8 19,2 30,0 43,2 49,1 58,7
h'' (cm) 4,8 10,8 19,1 29,7 42,5 48,3 57,4
On a, comme attendu, un écart relatif constant de 2,2 % entre les valeurs h et h’ lié à la différence
entre g et g’. Les écarts absolus sont assez faibles au début mais deviennent significatifs pour des
hauteurs plus importantes (plus d’un centimètre d’écart vers 60 cm). L’effet des forces de frottements
est minime au début (moins d’un millimètre d’écart jusqu’à 20 cm) et notable au-delà. On peut
s’étonner d’un impact si faible au départ quand on compare F à mg. Cela est dû au fait que le poids
intervient via l’accélération et conduit à une évolution de z en t2, alors que la dépendance en v2 de F
aboutit à une évolution approchée de z en t4.
Conclusion :
La correction la plus délicate étant celle des frottements, il vaut mieux limiter l’analyse
du mouvement sur des distances qui permettent de les négliger. Si on ne dépasse pas 20 cm de chute,
l’écart avec h’ ne dépasse pas le millimètre. Il est peu probable qu’on puisse pointer le centre d’inertie
de la balle avec une telle précision donc on peut se fixer cette limite pour l’exploitation des résultats.
Règle
Balle
webcam
h≈
50 cm
h/2
On filme la chute de la balle avec une webcam et on relève image par image la position de son centre
d’inertie pour vérifier l’équation du mouvement, calculer l’énergie cinétique, potentielle et totale de
la balle ainsi que son coefficient de restitution lors des rebonds. Il faut prendre certaines précautions
6
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
si on veut obtenir de bons résultats. L’objet étalon (une règle ou une tige avec deux repères) servant
de référence de longueur pour le pointage des positions de la balle doit être placé avec soin dans le
plan du mouvement pour éviter les erreurs de grossissement. La caméra doit être placée de façon à
minimiser les erreurs de parallaxe (webcam horizontale à h/2). Ces deux réglages sont importants. Il
faut aussi que le mouvement reste au mieux dans le plan de chute initial pour l’étude des rebonds.
Cela implique :
- une surface d’impact plate, lisse, stable et horizontale (on peut prendre une plaque
épaisse en métal, en medium ou en verre si la table présente des irrégularités).
- un milieu sans courant d’air.
- une balle bien ronde (on peut prendre une balle certifiée 3 étoiles pour avoir une
garantie sur la sphéricité).
- un lâcher « très propre » (chute verticale, avec un minimum de rotation, dans le
plan de l’objet étalon). Ce n’est pas forcément facile à réaliser manuellement. On peut, si on le
souhaite, bricoler un système de largage très simple avec un petit tube relié à un tuyau (cf. photo) :
on retient la balle sur l’orifice en aspirant dans le tuyau et on démarre la chute en cessant d’aspirer.
Webcam :
La chute est rapide donc il faut une vitesse d’obturation élevée pour limiter les effets de
flou. Cela se faisant au détriment de la lumière captée, il faut éclairer fortement la scène (lampe
halogène 500 W par exemple). Il faut beaucoup d’images par seconde avec une résolution suffisante
pour décrire précisément le mouvement mais on est vite limité par la bande passante de la connexion
USB de la caméra donc il y a un compromis à faire. On utilise ici une Webcam commercialisée par
Sordalab (référence HDCM). Elle peut enregistrer jusqu’à 60 images/seconde et génère des fichiers
au format AVI directement exploitables par les logiciels de pointage courant. La résolution peut
monter jusqu’à 1280 × 720 en MJPG avec 30 images/s, mais il faut descendre à 432 × 240 pixels si
on souhaite avoir 60 images/s. Il vaut mieux privilégier la deuxième solution pour avoir une
exploitation correcte (notamment sur l’énergie). Voici la liste des réglages à faire dans les menus de
la caméra :
- choisir la fréquence d’images et la résolution4 dans le menu « Options »,
« Video Capture Pin »
4
Le choix du format de compression (YUY2 ou MJPG) n’a pas d’importance si on exploite la vidéo avec Latis Pro.
D’autres logiciels peuvent par contre avoir des problèmes avec le format MJPG.
7
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
lumière pour que l’image ne soit pas trop sombre (on peut jouer sur les paramètres de luminosité,
contraste et gamma de la caméra pour limiter ce problème).
Traitement de la vidéo :
On exploite la vidéo avec Latis Pro car ce logiciel permet le pointage
automatique du mouvement. L’opération marche bien si la scène est suffisamment contrastée (on peut
mettre un drap noir derrière le plan de chute pour que la balle se détache bien du fond). On procède
de la manière suivante :
- on clique sur l’icône « lecture de séquences AVI », puis sur « Fichiers » pour ouvrir la
séquence souhaitée.
- on recherche manuellement l’image correspondant au premier impact de la balle pour
fixer une référence de hauteur. On clique sur « sélection de l’origine » et on place le curseur sur le
centre de gravité de la balle à cet instant. Si on n’a pas d’image correspondant exactement à l’impact,
on estime au mieux la position de G avec l’image la plus proche.
- on clique sur « sélection de l’étalon », on tire la flèche entre deux points de l’objet de
référence et on entre la valeur en mètre entre ces points.
- on peut alors lancer la « Sélection auto des points ». On se place au tout début de la
chute, on sélectionne l’objet à pointer (la balle), la zone dans laquelle doit se faire la recherche de
l’objet, puis on lance la détection. Une fois l’opération terminée, on dispose des mouvements
horizontaux et verticaux de la balle en fonction du temps dans la partie courbe du logiciel. Voici à
titre indicatif un exemple de résultat pour z quand on a de la chance :
Plusieurs essais ont été nécessaires pour obtenir une trajectoire à peu près plane5 sur un aussi grand
nombre de rebonds malgré le soin apporté au dispositif expérimental. Il ne faut donc pas espérer
obtenir un tel résultat à chaque fois et s’estimer satisfait quand on a deux ou trois rebonds corrects.
5
Le décalage du zéro sur certains rebonds (comme à la fin du mouvement) est lié à un effet de perspective sur le pointage
quand le rebond se déroule en avant (minimum négatif) ou en arrière (minimum positif) du plan de chute initial.
8
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
III.3 Exploitation
9
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
On a guidé le logiciel en lui donnant des estimations sur Y0, et t0 pour qu’il donne une équation
centrée sur le sommet des paraboles et on l’a forcé à avoir une vitesse nulle en ce point. On a obtenu
g = 9,68 m.s-2 avec un écart-type de 0,06 m.s-2 sur les 5 premiers rebonds. Ce résultat est très proche
de 9,81 m.s-2 et, comme prévu, légèrement inférieur à cette valeur. Il faut cependant noter qu’on n’a
pas une telle reproductibilité si on répète l’expérience plusieurs fois. De nombreux paramètres
peuvent influer sur la qualité du résultat (mauvais placement de la caméra, de l’étalon, lâché, chute
et rebonds mal contrôlés, problèmes de pointage, ...) et on peut vite avoir des écarts plus conséquents
si on manipule mal. On peut espérer un encadrement de g à ± 5 % en travaillant correctement. Si on
est dans ce cas de figure, la prise en compte de la poussée d’Archimède et de la trainée dynamique
n’est pas nécessaire puisque ces effets apportent des corrections inférieures à la précision des mesures.
Remarque :
La chute initiale n’a pas été exploitée vu l’allure particulière des premiers points
(problème probablement lié au pointage automatique). Mais il est de toute façon plus judicieux
d’utiliser les rebonds car l’exploitation de la chute initiale donne souvent de moins bon résultats sur
g, même lorsque son allure semble correcte. Ceci est lié au fait que la modélisation doit se faire sur
une demi parabole avec la chute initiale alors qu’on a une parabole complète sur un rebond, donc une
courbe avec un sommet mieux défini.
10
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
L’énergie totale ET n’a pas l’allure attendue, avec une tendance étonnante à l’augmentation en début
et fin de rebond6. L’énergie cinétique présente aussi des défauts. Si on regarde la fin d’un rebond et
qu’on suppose une absence de frottements, EC devrait remonter à la valeur maximum de EP sur ce
rebond, chuter au moment de l’impact (dissipation par choc partiellement mou), puis se mettre à
diminuer en partant d’un niveau correspondant à la valeur maximum de EP du rebond suivant. Ces
défauts sont liés en partie à la difficulté de décrire précisément le mouvement aux moments des
impacts, avec notamment un nombre d’images/s trop faible (les défauts empirent avec 30/images/s),
mais un autre facteur, plus subtil, intervient. La croissance apparente de ET en cours de rebond est lié
au processus séquentiel d’enregistrement des images par la Webcam (Rolling Shutter). On explique
ce point en annexe ou on montre que le résultat précédent est corrigeable en redéfinissant une échelle
de temps. On peut aussi mettre en évidence expérimentalement que cet effet est dû à la caméra en la
retournant de 180° (image de gauche) ou de 90° (image de droite) par rapport à son orientation
d’origine lors de l’enregistrement :
Les courbes présentées sont moins bonnes car on n’a pas pris le même soin qu’auparavant mais on
voit clairement que le sens d’orientation de la caméra a une influence sur la forme de l’énergie totale.
La courbe la plus juste est celle obtenue lorsque l’axe vertical de la caméra est aligné avec l’axe
6
On pourrait, au pire, avoir une légère baisse de EP à cause de phénomènes dissipatifs mais surement pas une
augmentation.
11
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
horizontal de l’expérience car la lecture ligne par ligne n’induit pas d’erreur sur le temps dans ce cas
(cf. annexe pour plus d’explications).
La droite obtenue s’explique si on suppose qu’il y a toujours la même déperdition d’énergie à chaque
choc car on a alors :
𝐸 = 𝐾𝐸
𝐸 = 𝐾𝐸 = 𝐾 𝐸
...
𝐸 =𝐾 𝐸 d’où 𝐿𝑜𝑔(𝐸 ) = 𝑁𝐿𝑜𝑔(𝐾) + 𝐿𝑜𝑔(𝐸 )
𝐿𝑜𝑔(𝐾) = - 0,0827 ici, d’où K = 0,827 → chaque rebond s’accompagne d’une perte d’énergie de
l’ordre de 17 %.
Coefficient de restitution :
Ce coefficient a été introduit par Isaac Newton en 1687 pour l’étude des
collisions. Il correspond à la valeur absolue du rapport des vitesses relatives d’un objet avant et après
un choc. Il est compris entre 0 (choc parfaitement mou) et 1 (choc parfaitement élastique). Il
correspond à la racine carré du coefficient qu’on a vient de calculer7 puisque EC = ½ mv2. On trouve
C = 90,9 % avec un écart type de 1,6 % sur les 8 premiers rebonds. Ce résultat peut être comparé aux
spécifications des balles certifiées ITTF8. Elles doivent rebondir à une hauteur h’ comprise entre 240
et 260 mm lorsqu’on les lâche d’une hauteur h de 305 mm, d’où 𝐶 = ℎ′/ℎ = 90,5 ± 1,8 %. Cette
valeur est en accord avec notre mesure.
7
On peut aussi l’obtenir en faisant la racine carré du rapport des hauteurs maximum entre chaque rebond si on se
contente de l’étude du mouvement sans tracer les courbes en énergie.
8
On peut trouver un pdf sur internet concernant la certification des balles de ping-pong en tapant « ITTF Technical
Leaflet T3 The Ball ».
12
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
La masse n’influe pas sur la période mais la longueur intervient au numérateur → les oscillations sont
d’autant plus rapides que la masse est proche de l’axe de rotation et la période tend vers zéro quand
le centre de gravité coïncide avec l’axe. Ce résultat est en contradiction avec l’expérience puisque la
période d’un pendule réel qu’on équilibre tend plutôt vers l’infini. Il y a donc au moins une limite au
modèle de la dynamique du point.
GA
θ
GB
Si on suppose un amortissement de type fluide, la période des petites oscillations est donnée par la
relation :
𝑚 𝐿 +𝐼 +𝑚 𝐿 +𝐼
𝑇 = 2𝜋
(𝑚 𝐿 + 𝑚 𝐿 )𝑔
𝑅 +𝑅 ℎ
𝐼 =𝑚 + (2)
4 12
La période ne tend plus vers zéro lorsque LB devient nul mais s’approche de la période propre de la
tige si on peut négliger le moment d’inertie propre de la masse B9. On veut voir maintenant s’il y a
des cas où cette expression peut se ramener à celle du pendule simple.
9
C’est le cas pour le pendule d’étude car IB est négligeable par rapport à mALA2 + IA dans les exemples qui suivent.
13
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
𝑚 𝐿 +𝐼 +𝑚 𝐿 +𝐼 𝐿
=
(𝑚 𝐿 + 𝑚 𝐿 )𝑔 𝑔
Soit : 𝑚 𝐿 + 𝐼 + 𝑚 𝐿 + 𝐼 = (𝑚 𝐿 + 𝑚 𝐿 )𝐿
D’où :
𝑚 𝐿 +𝐼 +𝐼 𝐼 +𝐼 (3)
𝐿 = =𝐿 +
𝑚 𝐿 𝑚 𝐿
→ Il existe une certaine position de la masse B pour laquelle le pendule pesant se comporte comme
un pendule simple. Cette position se situe après le centre de gravité de la tige puisque LB1 est
supérieure à LA.
𝑚 𝐿 ≫𝑚 𝐿
Soit :
𝑚 𝐿 +𝐼 +𝐼
𝐿 ≫ = 𝐿
𝑚
𝑚 𝐿
𝐿 ≫ =𝐿
𝑚
→ La période d’un pendule pesant tend vers celle du pendule simple lorsque la masse B est
suffisamment éloignée de l’axe de rotation compte tenu de mA, mB, IA, IB et LA. Il y a deux valeurs
limites LB2 et LB3 mais la première est la plus contraignante à respecter lorsque mB est supérieure à mA
(cas des pendules pesant en général) car on a :
𝑚 𝐼 +𝐼
𝐿 = 𝐿 +
𝑚 𝑚
IV.3 Expérience
14
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
On utilise deux surcharges B. La première est un cylindre monobloc possédant les caractéristiques
suivantes : mB = 1974 g, D1 = 2R1 = 8,5 mm, D2 = 2R2 = 6 cm, hB = 9 cm, d’où IB = 1,79.10-3 kg.m2
d’après (2). Une deuxième étude est réalisée avec deux cylindres plus petits accolés. L’ensemble a
les caractéristiques suivantes : mB = 699 g, D1 = 8,5 mm, D2 = 4 cm et hB = 6,9 cm, d’où IB = 3,50.10-
4
kg.m2 d’après (2).
IV.3.2 Mesures
On mesure la période T pour différentes positions de la masse
B. On lâche à chaque fois le pendule avec un même angle initial (θi ≈ 5 ° pour rester dans l’hypothèse
des oscillations harmoniques). On place une barrière photoélectrique au point d’équilibre du pendule
et on envoie le signal sur un oscilloscope numérique en mode Roll pour obtenir T. On observe alors
une succession d’échelon. On mesure le temps séparant trois fronts identiques puisque le pendule
traverse deux fois la barrière par période. Une fois les mesures effectuées, on trace l’évolution de T2
en fonction de mB qu’on compare à celles de 𝑇 et 𝑇 :
15
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
La condition sur LB2 est bien la plus contraignante des deux et on voit qu’elle n’est pas vraiment
vérifiée dans les deux cas puisque LB ne peut pas dépasser 60 cm avec le pendule d’étude. Le problème
est moins gênant avec la masse la plus lourde, d’où la différence entre les deux courbes.
IV.3.3 Conclusion
Cette étude montre que la description du comportement
d’un pendule réel avec les résultats de la dynamique du point peut s’avérer délicat. Cela ne marche
évidemment pas pour les distances LB les plus courtes mais on peut aussi détecter des écarts pour des
distances plus importantes avec un système de mesure assez basique. L’expression de LB2 montre
qu’il faut minimiser mA et/ou augmenter mB pour limiter le problème. On aura donc des résultats qui
recoupent la mécanique du point si on a mB ≫ mA et LB ≫ LB2. Ce n’est pas forcément facile en
pratique car on a dû prendre une masse ≈ 10 fois plus lourde que la tige pour avoir des écarts faibles
aux distances les plus grandes.
M1 M2 P
C
16
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
𝑑𝐿⃗
= 𝑀⃗
𝑑𝑡
La position des masses M1 et M2 étant fixe pendant l’expérience, le moment d’inertie I du système
est constant donc on a 𝐼𝜃̈ = 𝑇. 𝑅 suivant l’axe vertical. L’équation du mouvement s’obtient en
combinant les deux relations précédentes :
𝑔
𝜃̈ = = 𝑐𝑡𝑒
𝐼
𝑚𝑅 + 𝑅
L’accélération angulaire 𝜃̈ est donc constante et il en est de même pour l’accélération linéaire 𝑥̈
puisque x = R. → Le mouvement est uniformément accéléré et décrit par l’équation :
1
𝜃 = 𝜃̈𝑡 + 𝜃̇ 𝑡 + 𝜃
2
V.2.2 Manipulation
La poulie P et l’axe de rotation du dispositif doivent avoir
le moins de frottements possible si on veut obtenir de bons résultats. On peut vérifier qu’ils tournent
suffisamment longtemps une fois lancé avant de s’arrêter (critère assez subjectif). Si l’amortissement
semble important, on a intérêt à lubrifier les roulements à bille.
L L
Vers oscilloscope
et synchronie M1 M2 P
Barrière
photoélectrique
électrome
m = 200 g
On peut réaliser l’expérience avec un angle et une vitesse nuls au départ pour simplifier l’exploitation.
La loi à vérifier se ramène alors à :
1
𝜃= 𝜃̈𝑡
2
Pour ce faire, on place la barrière photoélectrique de manière à ce que le bout de la tige passe à travers
elle. On bloque le dispositif avec la masse m relevée à l’aide d’un pied. On ajuste la position de la
barrière pour qu’elle soit en limite de déclenchement. On lance alors l’acquisition, puis on enlève le
pied qui retient le dispositif.
17
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Première mesure :
Voici le résultat d’un enregistrement effectué sur 10 000 points pendant ≈ 15 s
avec les masses M1 et M2 placées symétriquement aux deux extrémités de la tige (L = 26 cm) :
On peut ensuite se servir des outils de calcul de Synchronie pour calculer l’évolution de l’angle de
rotation θ en fonction du temps :
La première ligne utilise la fonction seuil du logiciel. Elle permet d’obtenir les valeurs Z du temps T
pour lesquelles le signal EA0 atteint une valeur donnée (0,2 V dans notre exemple) dans le sens
spécifié par le signe de la dernière variable (+1 ici donc sens positif). Les temps correspondants aux
différents déclenchements de la barrière s’affichent alors automatiquement dans la table des valeurs.
La deuxième ligne définit une échelle de temps ts dont l’origine correspond au moment où le système
est abandonné à lui-même (1,718 s correspond au temps Z du premier top dans notre expérience). La
troisième ligne permet d’avoir le nombre de top comme variable dans la table des valeurs (on enlève
une unité pour que le premier top corresponde au temps ts = 0). On calcule alors les angles θ en
multipliant N par π (la tige passe 2 fois dans la barrière à chaque tour, donc le temps entre deux tops
successifs correspond à un demi-tour, soit π radian). La dernière ligne est juste une élévation au carré
de ts pour le tracé de la deuxième courbe ci-dessous. Une fois les calculs faits, on peut tracer
l’évolution de θ en fonction du temps et/ou du temps au carré :
18
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
La courbe θ = f(t) est modélisée par une fonction du type θ = Bt2/2 pour vérifier la loi d’évolution
simplifiée. Le modèle obtenu s’adapte très biens aux mesures et le coefficient B correspond à 𝜃̈. La
courbe θ = f(t2) est une autre manière de vérifier la loi. On doit avoir une droite, et c’est ce que l’on
obtient. Le coefficient B du modèle correspond encore à l’accélération angulaire et on retrouve
pratiquement la même valeur 𝜃̈ = 1,06 rad.s-2. On en déduit le moment d’inertie du système en rotation
par la relation :
𝑔
𝐼 = 𝑚𝑅 −1
𝑅𝜃̈
𝐼 = 3,69. 10 𝑘𝑔. 𝑚
Deuxième mesure :
On peut recommencer l’expérience en modifiant la position des masses M1 et
M2. Voici le résultat obtenu pour la courbe θ = f(t2) avec une distance L = 19 cm :
La masse globale du système est inchangée mais l’accélération angulaire a été modifiée puisque le
déplacement de M1 et M2 modifie l’inertie du système. C’est la différence avec les mouvements de
translation où la masse est le seul paramètre d’influence. On a θ̈ = 1,61 rad.s-2 cette fois ci, soit :
𝐼 = 2,43. 10 𝑘𝑔. 𝑚
19
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
V.3 Le gyroscope
Le système utilisé ici est un gyroscope à deux degrés de liberté de
marque Eurosap Deyrolles. Il est principalement constitué d’un bloc moteur mettant en rotation un
disque et d’un contrepoids dont la position est ajustable. Il permet d’observer le mouvement d’un
solide autour d’un point fixe O. On s’intéresse plus particulièrement aux mouvements obtenus lorsque
le disque est en rotation très rapide autour de l’axe principal d’inertie du système (approximation
gyroscopique). On ne développe pas la théorie sur le sujet. On rappelle juste les résultats essentiels.
On peut se reporter aux références suivantes pour plus d’information : [1], p. 158-164, [3] ; [4], p.
213 et suivantes ; [5], p. 85. On peut aussi consulter la documentation technique du Gyroscope (tous
les résultats principaux y sont rappelés).
𝑑𝐿⃗
= 𝑀⃗ = 0⃗
𝑑𝑡
→ Le moment cinétique 𝐿⃗ par rapport à un référentiel galiléen R est une constante vectorielle. L’axe
du gyroscope pointe donc constamment une même direction dans R. Cette stabilité de la direction
pointée peut aussi s’expliquer en écrivant le théorème du moment cinétique d’une autre manière :
𝑑(𝐼 𝜔⃗) = 𝑀⃗ . 𝑑𝑡
On voit alors que si le moment d’inertie du système en rotation et sa vitesse angulaire sont
suffisamment grands, le vecteur moment cinétique ne peut subir de modification sensible que si le
moment d’une force appliquée est suffisamment grand et durable → il n’y a donc pas de changement
notable dans la direction pointée par l’appareil sans un effort appréciable et prolongé sur l’axe du
gyroscope. C’est pour cette raison que les frottements n’ont pratiquement aucune influence sur la
direction pointée lorsque l’on modifie l’orientation du support.
20
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
centré autour d’un point A, le plan OXA étant horizontal si la percussion est verticale. C’est le
mouvement de nutation (précession libre)
X
Percussion
O
OA X
OX
Conclusion :
Il apparaît à chaque fois un moment perpendiculaire à la force appliquée.
Manipulation :
On commence par repérer la position du contrepoids sur l’axe du gyroscope
équilibré. On modifie cette position de x, on lance le gyroscope puis on le lâche en l’accompagnant
de façon à minimiser la nutation. L’axe OX du gyroscope doit alors tourner lentement à la vitesse
autour de la verticale. On mesure cette vitesse à l’aide d’un chronomètre pour plusieurs valeurs de x
et on trace la courbe P = f(x) :
précession d'un gyroscope déséquilibré
0,6
0,5
Wp (rad.s-1)
0,4 mesures
0,3
0,2
y = 17,212x
R² = 0,9995
0,1
0
0 0,005 0,01 0,015 0,02 0,025 0,03 0,035
delta(x) (m)
21
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Le coefficient directeur de la droite permet de calculer le moment d’inertie du gyroscope suivant son
axe principal (la mesure de 0 peut se faire à l’aide d’un stroboscope). On peut comparer le résultat
obtenu à un calcul approché utilisant les formules classiques de moments d’inertie.
Remarque :
Plus on déséquilibre le gyroscope, plus la nutation résiduelle est importante.
VI.1 Introduction
Si le repère R’ (O’; x’, y’, z’) utilisé n’est pas galiléen, la RFD peut
encore s’appliquer en la développant à l’aide de la loi de composition des accélérations.
L’accélération absolue a dans un repère galiléen R (O ; x, y, z) et l’accélération relative r dans le
repère d’étude sont alors reliées par la relation :
𝛾 ⃗ = 𝛾⃗ + 𝛾⃗ + 𝛾⃗
𝐹 ⃗ = − 𝑚𝛾⃗ 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝛾⃗ = 2𝜔 ⃗ ∧ 𝑣⃗
Cette force est nulle lorsque 𝑣⃗ = 0⃗ , donc quand le système est immobile dans le référentiel R’
(équilibre relatif). Elle s’annule aussi lorsque 𝜔⃗ = 0⃗, donc quand le mouvement de R’ par rapport à
R est un mouvement uniquement de translation.
Cette force est nulle si les dérivées secondes des vecteurs unitaires du repère R’ sont nulles. Cela
interdit les rotations au référentiel R’. Il faut aussi que la dérivée seconde du vecteur reliant les
origines des repères R et R’ soit nulle → le mouvement de R’ par rapport à R doit être un mouvement
de translation uniforme pour qu’il n’y ait pas de force d’inertie d’entraînement. Dans ce cas, la force
d’inertie complémentaire est aussi nulle et R’ est aussi un référentiel Galiléen.
𝑑 𝚤′⃗ 𝑑 𝚥′⃗
𝛾⃗ = 𝑥′ + 𝑦′
𝑑𝑡 𝑑𝑡
22
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
⃗ ⃗ ⃗
𝛾⃗ = 𝑅 +0 = 𝑅
y
y’
𝚤′⃗ = 𝑐𝑜𝑠𝜃𝚤⃗ + 𝑠𝑖𝑛𝜃𝚥⃗ ; 𝜃̇ = 𝑐𝑡𝑒
x
𝑑 𝚤′⃗
→ = − 𝜃̇ 𝑐𝑜𝑠𝜃𝚤⃗ − 𝜃̇ 𝑠𝑖𝑛𝜃𝚥⃗ = − 𝜃̇ (𝑐𝑜𝑠𝜃𝚤⃗ + 𝑠𝑖𝑛𝜃𝚥⃗)
𝑑𝑡 x
O R
= − 𝜃̇ 𝚤′⃗
Conclusion :
La force d’inertie complémentaire est nulle. L’accélération d’entraînement est réduite
à sa composante normale (accélération tangentielle nulle) et dirigée vers le centre du cercle que défini
la trajectoire. La force d’inertie d’entraînement est centrifuge et vaut :
𝑣
𝐹⃗ = −𝑚𝛾⃗ = 𝑚𝜔 𝑅𝚤′⃗ = 𝑚 𝑅𝚤′⃗
𝑅
= cte
x
-b b
Pour étudier cette forme, il suffit d’appliquer la relation fondamentale de la dynamique à une particule
dans un référentiel lié à la cuve :
On a 𝛾⃗ = 0⃗ et 𝑑𝐹⃗ = 0⃗ puisque la particule est en équilibre relatif dans le référentiel considéré d’où :
0⃗ = 𝑑𝑚𝑔⃗ + 𝑑𝐹⃗ + 𝑑𝐹⃗ = 𝑑𝑚𝑔⃗ − 𝑔𝑟𝑎𝑑⃗ 𝑃. 𝑑𝑉 + 𝑑𝑚𝜔 𝑥⃗
𝜕𝑃 1
→ = 𝜌𝜔 𝑥 ⇔ 𝑃(𝑥) = 𝜌𝜔 𝑥 + 𝐾
𝜕𝑥 2
23
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
𝜕𝑃
→ = −𝜌𝑔 ⇔ 𝑃(𝑦) = −𝜌𝑔𝑦 + 𝐾
𝜕𝑦
𝜔 𝑥
𝑆𝑜𝑖𝑡 𝑃(𝑥, 𝑦) = 𝜌 − 𝑔𝑦 + 𝐾
2
Surfaces isobares :
𝜔 𝑥 𝜔
𝑃(𝑥, 𝑦) = 𝑐𝑡𝑒 ⟺ 𝜌 − 𝑔𝑦 = 𝑐𝑡𝑒 ⟹ 𝑦= 𝑥 +𝐾
2 2𝑔
Calcul de K :
K = y ⟺ x = 0 → K = ymin : point le plus bas de la parabole.
Si l’axe des x correspond au niveau de la surface du liquide pour = 0 et si l’axe des y correspond à
l’axe de rotation, la conservation de la masse de liquide (supposé incompressible) implique la relation
suivante (2b = largeur de la cuve) :
𝑦. 𝑑𝑥 = 0
𝜔 𝜔 𝑥
𝑥 +𝑦 . 𝑑𝑥 = 0 = +𝑦 .𝑥
2𝑔 2𝑔 3
𝑏
→ 𝐾=𝑦 =− 𝜔
6𝑔
Montage :
Cuve centrifuge
Phywe
Barrière
photoélectrique
électrome
Moteur universel
alimenté en continu Oscilloscope en
mode roll
Courroie
transparente
La cuve et le moteur doivent être solidement fixés sur la paillasse. Il vaut mieux alimenter le moteur
en continu afin d’avoir une vitesse de rotation la plus stable possible. La verticalité et l’horizontalité
et de la cuve doivent être vérifiés avec un niveau à bulle pour que l’axe de rotation soit confondu avec
les axes dessinés sur les transparents qui se placent sur la cuve. On insère la plaque en plexiglas sur
laquelle 3 paraboles sont dessinées et on remplit la cuve avec un liquide éventuellement coloré
jusqu’au trait horizontal dessiné sur la plaque. La vitesse de rotation du dispositif est mesurée à l’aide
d’une barrière photoélectrique en plaçant un repère sur le bas de la cuve. On conseille d’utiliser un
oscilloscope numérique en mode roll pour mesurer ω car les vitesses de rotation sont assez lentes.
24
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Manipulation 1 :
Les 3 paraboles dessinées sur la plaque correspondent à des vitesses de rotation
croissantes (0, 1 = 1,50 et 2 = 20). On peut vérifier la forme parabolique prise par la surface du
liquide en augmentant progressivement la vitesse de rotation de la cuve. On note les valeurs 0, 1
et 2 pour lesquelles la forme de la surface se confond avec les paraboles (noter que toutes les
paraboles ont toujours deux points communs). On peut alors vérifier que ces pulsations sont dans les
rapports indiqués. Une feuille transparente (feuille n° 1) peut compléter l’observation à la pulsation
2. Elle se glisse entre la cuve et la plaque de plexiglas et elle reproduit une série de points calculés
à partir de l’équation d’une parabole avec comme origine des ordonnées le point minimum.
Manipulation 2 :
b2 2
Vérification de la loi y min
6g
Une autre feuille transparente (feuille n° 2) comporte un axe vertical gradué à partir du niveau du
liquide à = 0. Elle permet la mesure de y pour différentes valeurs de . On peut tracer la courbe
ymin = f(2) qui doit être une droite. Son coefficient directeur permet de retrouver la valeur de g
connaissant b (demi-largeur de la cuve).
Bibliographie :
[1] : Quaranta I : Mécanique
[2] : Duffait : Expériences de Physique au CAPES
[3] : Pérez de mécanique, chapitre 26
[4] : Fleury Mathieu : Mécanique Physique, chapitre 12
[5] : BUP n° 587, p. 85
[6] : Bertin Faroux Renault : Mécanique I
[7] : Bellier : Montage de physique au capes (Optique, Mécanique, Statique des
fluides, Calorimétrie)
[8] : Perez : Mécanique : fondements et applications, 7ème édition, p. 567
[9] : Ryhming, « Dynamique des fluides », Presse polytechnique et universitaire
romande
[10] : L. Landau, E. Lifshitz, Mécanique des fluides.
25
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Sur cet exemple d’une photo prise dans une voiture en mouvement, le déplacement du véhicule de la
gauche vers la droite associée à l’enregistrement de haut en bas de l’image engendre une inclinaison
vers la droite des bâtiments (on peut faire le test avec son smartphone)
Un autre exemple de représentation faussée par le Rolling Shutter sur un mouvement de rotation
10
Il existe aussi des modèles exposant l'intégralité du capteur en une seule fois (Global Shutter) mais ils sont plus rares.
26
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
a
x
0
𝑥 = 𝑎𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 + 𝜑 )
𝑧 = 𝑎𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡 + 𝜑 )
Avec ti = N×Tentre chaque image = N×Téch = N×nombre d’images/seconde avec N le numéro de l’image
depuis l’instant initial pris comme référence.
La camera associant l’ensemble des coordonnées (xi ; zi) de l’image au temps ti, cela cause des
déformations dans sa retranscription. Si on veut corriger cet effet lors de l’étude d’un mouvement, il
faut redéfinir l’échelle des temps à l’aide de la formule précédente mais ce n’est faisable que si on
connait la valeur de TB.
27
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Les fonctions xi(ti ; zi) et zi(ti ; zi) ne peuvent pas être modélisées dans les logiciel type Latis Pro ou
Regressi car ils n’acceptent que des relations du type y(x). On contourne le problème en utilisant une
approche perturbative pour modéliser zi. On note z0 la solution sans correction et z1 la correction à
l’ordre 1 :
2𝜋
𝑧 = 𝑎𝑠𝑖𝑛 𝑡 + 𝜑′
𝑇
2𝜋 z 2𝜋 T 2𝜋
𝑧 = 𝑎𝑠𝑖𝑛 𝑡 −T + 𝜑′ = 𝑎𝑠𝑖𝑛 𝑡 − 𝑎𝑠𝑖𝑛 𝑡 + 𝜑′ + 𝜑′
𝑇 𝐿 𝑇 𝐿 𝑇
L’ajustement sur les mesures permet d’obtenir les valeurs de TR et TB (l’exploitation a été faite sur
Regressi car Latis Pro n’arrivait pas à converger) :
28
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
La déformation du signal par rapport à une sinusoïde due à la lecture séquentielle des données est
bien visible et l’accord entre les mesures et le modèle d’équation corrigé est correct. On a cependant
peu de points par période (c’est une condition nécessaire pour que l’effet du Rolling Shutter soit
visible) donc on propose une deuxième méthode pour trouver TB.
X Z
On commence par définir l’échelle. Dans l’exemple ci-dessus, on a placé l’origine sur le coin inférieur
gauche de l’image et étiré les axes X et Z pour décrire la totalité de l’image. L’enregistrement ayant
été effectué avec une résolution de 640×480 pixels, on a normalisé l’étalonnage suivant les deux axes
avec LZ = 1 et LX = 1×4/3 = 1,3333. On a ensuite pointé différents points du rayon, dont le centre, en
continuant de l’autre côté pour faire l’étude sur un diamètre. On en déduit l’angle α de rotation par
rapport à la verticale avec la relation suivante où (x0, y0) est le centre de la roue :
𝑥−𝑥
𝛼 = atan
𝑧−𝑧
Cet angle peut s’exprimer à partir de l’équation du mouvement corrigé avec une phase initiale de
π/2 puisque α est défini par rapport à la verticale avec l’expression précédente :
29
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
2𝜋 2𝜋
𝑥 𝑎𝑐𝑜𝑠 𝑇 𝑡 + 𝜋/2 𝑠𝑖𝑛 𝑇 𝑡 2𝜋
𝑡𝑔𝛼 = = =− = −𝑡𝑔 𝑡
𝑧 2𝜋 2𝜋 𝑇
𝑎𝑠𝑖𝑛 𝑇 𝑡 + 𝜋/2 𝑐𝑜𝑠 𝑇 𝑡
L’angle étant donné en degré par défaut sur Regressi, les images de chaque point sont donc prises à
l’instant :
𝛼
𝑡 =− 𝑇
360
Il suffit alors de représenter z en fonction de 𝑡 et ajuster la courbe par une fonction du type :
𝑡 𝑡
𝑧= 𝑧 + 𝐿 = 𝑧 +
𝑇 𝑇
Cette méthode est plus rapide, elle permet d’utiliser plus de points pour obtenir le résultat et ne
nécessite pas d’approximation comme dans l’étude précédente (équation approchée de z).
Résultats :
Les mesures ont été effectuées avec les deux méthodes pour différents formats
d’enregistrement (certains au format 11/9 donc penser à prendre en compte ce facteur pour
l’étalonnage de la méthode 2) :
30
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Le point remarquable à noter est que le rapport TB/Téch est à peu près constant. Le temps de balayage
du capteur correspond à ≈ 76 % de la durée entre deux images. La formule de correction du temps
devient donc :
L −z
𝑡 = 𝑡 + 0,76 × T
𝐿
L −z
𝑡 = 𝑡 + 0,76
𝑁 / ×𝐿
31
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
La modélisation s’ajuste un peu mieux aux mesures sur la courbe corrigée (première image) mais on
ne constate pas d’écart significatif sur la valeur de g (même constat sur d’autres rebonds). Cela
s’explique probablement par le fait que la modélisation sur la courbe non corrigée (deuxième image)
conduit à une courbe très légèrement en dessous des mesures au début du rebond et juste au-dessus à
la fin (idem en inversé autour du sommet) donc à des petits défauts qui se compensent. La correction
du Rolling Shutter n’est donc pas indispensable si on se contente d’étudier g.
32
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
I DESCRIPTION DU DISPOSITIF
L L
M1 M2
C
R
1 𝑅 ℓ
z
𝐼 = 𝑚𝑅 𝐼 =𝐼 =𝑚 +
G
2 4 12
1
𝐼 ≈ 𝑚ℓ
12
On peut vérifier que l’écart avec le calcul complet ne dépasse pas 0,03 %.
33
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
1 𝑅 +𝑅 ℓ
𝐼 = 𝑚(𝑅 + 𝑅 ) 𝐼 =𝐼 =𝑚 +
2 4 12
Les masses M1 et M2 tournent autour d’un axe décalé d’une distance L par rapport à leur axe propre
y donc leur moment d’inertie par rapport à l’axe de rotation comprend un terme de Huygens s’ajoutant
au moment d’inertie propre des masses :
𝑅 +𝑅 ℓ
𝐼 = 𝑚 .𝐿 + 𝑚 +
4 12
On a R1 = 0,5 cm, R2 = 1,7 cm, ℓ = 3 cm et mM = 200 grammes → le second terme vaut 3,07.10-5
kg.m2. Le premier terme vaut 1,35.10-2 kg.m2 pour L = 26 cm et 0,725.10-2 kg.m2 pour L = 19 cm →
on fait une erreur maximale de 0,4 % dans l’expérience si on néglige le moment d’inertie propre des
masses par rapport au terme de Huygens.
1
𝐼 ≈ 𝑚 ℓ + 2𝑚 . 𝐿
12
Soit :
𝐼 ≈ 3,67. 10 𝑘𝑔. 𝑚 pour L = 26 cm
34
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
SURFACES ET INTERFACES
I INTRODUCTION
Lorsqu'on compare les prévisions théoriques de la mécanique des fluides,
notamment celles de la statique des fluides, à ce que l'on observe réellement, on constate dans
certaines conditions des écarts importants. On interprète ces désaccords en introduisant des forces
supplémentaires qui apparaissent à l'interface séparant le liquide du gaz environnant. Ces forces,
appelées forces de tension superficielles, ont pour origine l'attraction moléculaire de type Van Der
Waals dont l'énergie varie en r-6.
A C
La lame ayant donc tendance à se rétracter (un peu comme le ferait une membrane élastique bien
qu’il faille se méfier de cette analogie), il faudra exercer sur CD une force F pour maintenir sa
surface constante. Cette force, nécessaire au maintien de l’équilibre, doit donc en contrebalancer
une autre : c’est la force de tension superficielle. Une propriété remarquable de cette force de
« surface » est que sa valeur ne dépend pas de l’importance de la surface considérée, ni de
« l’étirement » qu’on lui fait subir (ce qui la rend très différente des forces élastiques), mais
uniquement de la longueur l sur laquelle elle s’exerce
𝐹⃗ = 𝛾ℓ𝑛⃗⃗
1
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
L'expression de la force ci-dessus est valable pour une interface ; dans de nombreux cas, comme
l’exemple qu’on vient de traiter, on est amené à en considérer deux (lames minces, bulles …) → la
force à prendre en compte est alors 2γl :
F = γ.l
F = γ.l
Une autre façon d’appréhender la notion de tension superficielle est de considérer le phénomène
d’un point de vue énergétique. La surface de la lame représentée sur le schéma compte tenu de ses
deux faces vaut 2𝑥ℓ. Si on veut déplacer le côté CD d’une longueur dx dans des conditions
réversibles, il faut fournir le travail 𝑑𝑊 = 𝐹𝑑𝑥, d’où un travail à fournir par unité de surface créée :
𝑑𝑊 𝐹𝑑𝑥 2𝛾ℓ
= = =𝛾
𝑑𝑆 2ℓ𝑑𝑥 2ℓ
La tension superficielle γ correspond donc à l’énergie à fournir pour créer un mètre carré de
surface. Elle a donc indifféremment la dimension d’une force par unité de longueur ou d’une
énergie par unité de surface (la première dimension est la plus employée). De plus, on peut montrer
que ce travail correspond d'un point de vue thermodynamique à l'énergie libre F de l'interface si T =
cte. De façon rigoureuse, on doit écrire (attention, S correspond à la surface dans la dérivée partielle
et à l’entropie dans l’énergie libre) :
𝜕F
𝛾=( ) Avec F = U − 𝑇S
𝜕S T,V,n
Comme on sait que les seules structures thermodynamiques stables à température constante sont
celles pour lesquelles l'énergie libre est minimale, on justifie ainsi le fait que les structures stables
seront celles qui minimisent la surface de l'interface.
2
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Il en résulte qu'il doit régner dans une goutte ou une bulle sphérique en équilibre, une pression
supérieure à la pression externe. Cette surpression est donnée par la formule de Laplace qui s'écrit
dans le cas d'une bulle :
𝛥P = 4. 𝛾/R
Cette formule peut se généraliser au cas d'une surface de courbure quelconque en définissant
localement deux rayons de courbure suivant deux directions orthogonales (cf. [2], p. 320 ou [3], p.
388). La formule de Laplace s’écrit alors :
1 1
𝛥P = 𝛾 ( + )
R1 R2
Si la dimension de l'objet (rayon du capillaire, largeur d'une goutte, …) est inférieure à 1/k, les
forces de tension superficielle vont dominer (montée capillaire importante, goutte quasi-sphérique,
…). Dans le cas contraire, ce sont les forces gravitationnelles qui domineront (peu de montée
capillaire, goutte aplatie, …).
Malgré sa tension superficielle plus faible, on conseille d’utiliser de l'alcool pour les expériences de
monté capillaire car il mouille mieux le verre et il est moins sensible aux impuretés sur les parois. Il
monte ainsi mieux que l'eau.
3
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
II EXPERIENCES QUALITATIVES
Manipulation :
[1], p. 39
Une aiguille pas trop lourde ou une lame de rasoir posée sur sa plus
Eau grande surface flotte. La densité de l’acier étant voisine de 8, il y a une
contradiction apparente avec le principe d’Archimède.
Analyse :
Si on observe la surface du liquide autour du corps flottant, on constate que cette surface
est déformée par le poids apparent (compte tenu de la poussée d’Archimède) de l’objet, un peu
comme le serait une membrane élastique :
Rsup
Le liquide présentant une tension de surface, il exerce
des forces sur tout le périmètre de l’objet qui sont
tangentes à la surface de l’eau et qui tendent vers la Fsup Fsup
verticale si le poids de l’objet est suffisant. On peut, sur
l’exemple de l’aiguille, estimer le diamètre maximal
assurant la flottaison compte tenu de son poids. Si on
néglige la poussée d’Archimède (hypothèse raisonnable Papp
vu la densité de l’acier), on aura à la limite de flottaison :
𝑃𝑎𝑖𝑔𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒 = 𝜌𝑉𝑔 ≈ 𝜌𝜋𝑟 2 𝑙𝑔 = 𝐹𝑠𝑢𝑝 = 𝛾(2𝑙 + 4𝑟) ≈ 2𝑙𝛾
2𝛾
On peut en déduire une estimation du rayon maximal de l'aiguille 𝑟𝑚𝑎𝑥 = √ ≈ 0,8 𝑚𝑚
𝜋𝜌𝑔
L’expérience peut cependant être délicate à réussir même si l’on respecte cette condition. On peut
graisser ou cirer l’aiguille pour diminuer le mouillage (mauvaise affinité entre l’eau et les corps
gras). On peut aussi faciliter la dépose sur la surface de l’eau en plaçant d’abord une feuille de
papier Joseph ou un morceau de mouchoir en papier à défaut. On pose l’aiguille dessus puis on fait
délicatement couler le papier. L’expérience est nettement plus facile avec une lame de rasoir car elle
présente un périmètre plus important (bords extérieurs + bord des « dentelures » intérieures) → les
forces de tension superficielles sont plus fortes. De plus, c’est une structure moins compacte et la
poussée d’Archimède se fait plus sentir lorsque la lame s’enfonce. On peut assez facilement rajouter
de petites surcharges sans la faire couler.
Remarques :
On peut réaliser une boussole flottante en aimantant l’aiguille. L’intérêt d’un tel
système est que l’aiguille est soumise à un frottement fluide lorsqu’elle s’oriente dans le champ
magnétique terrestre. Ce frottement retarde l’alignement mais ne l’empêche pas. Il n’en est pas de
même lorsqu’une boussole est montée sur un pivot : il y a frottement solide et la flèche peut
s’immobiliser dans une direction légèrement différente de celle prévue. La boussole flottante est
donc plus fiable de ce point de vue.
4
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
substance cireuse ou huileuse qui repousse les molécules d’eau et les empêche de couler (des griffes
non enduites de cires leur permettent de se déplacer).
Solution :
Faire un mélange d'eau (65 %), de liquide vaisselle (20 %), de glycérine (10 %) et de
sucre (5 %). Le savon contient des acides gras qui produisent une couche mono moléculaire de
chaque côté de la lame d'eau qu'on forme. Ces couches protègent et stabilisent la lame d'eau (cf. [4],
p. 484). La glycérine et le sucre quant à eux limitent l’évaporation de la lame (cf. [2], p. 314). On
obtient ainsi facilement des lames liquides stables.
Cadres :
On dispose des objets suivants
A B C D E F
Fils
On rendra l'expérience visible de loin en formant une ombre qui agrandit les lames à l'aide du
montage suivant (on peut aussi utiliser une caméra reliée à un vidéo projecteur) :
Trou fin Lame E
C 10
QI
Première expérience :
On plonge l’objet A dans l'eau savonneuse et on perce un des côtés de la
lame : le fil prend la forme d'un demi-cercle. On plonge de même l’objet B et on perce la lame du
centre : la boucle centrale prend la forme d’un cercle. Ces deux expériences montrent que les forces
de tension superficielles agissent également sur chaque élément de fil et normalement à celui-ci, ce
qui illustre la loi𝑑𝐹⃗ = 𝛾. 𝑑ℓ. 𝑛⃗⃗. Ces forces tendent à diminuer l'aire de la surface liquide → on
illustre la loi W = γ.S. L'observation des gouttes de très petites dimensions confirme ce fait : la
sphère est la figure qui a la surface minimum pour un volume donné.
Deuxième expérience :
On plonge l'objet C et on perce les parties supérieures et inférieures de la
lame. Si on tire sur le fil inférieur, on constate que cela n'a aucune action sur la forme du fil
supérieur. On illustre ainsi que la force par unité de longueur ne dépend pas de la surface de la
lame. Le comportement est donc très différent de celui d'une lame élastique usuelle (ballon de
baudruche). Cette affirmation, toujours vraie dans le cas d’un corps pur, est à nuancer dans le cas
d’un ajout de produit surfactant (produit qui abaisse γ). La tension superficielle dépend alors de la
concentration surfacique de savon. Cependant, le caractère moléculaire de ce type de produit (cf. §
3.5) fait qu’une très faible quantité suffit en général pour saturer la surface (la tension superficielle
5
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
devient très vite indépendante de la quantité ajoutée) donc la lame de savon à le comportement
d’une lame de corps pur.
Troisième expérience :
On plonge les objets D et E. On peut interpréter les formes obtenues en
termes de surface minimum et la symétrie observée doit obéir aux lois de Curie (cf. [5]). On peut
vérifier que l'angle de raccordement vaut 120° lorsque 3 lames se raccordent sur une arête
commune (attention, les lames ne sont pas planes) :
Quatrième expérience :
Avec l'objet F, on obtient généralement une lame sur chaque anneau. Pour
obtenir une lame unique les liant (ce qui correspond à une surface plus faible s'ils sont suffisamment
proches - cf. [6], p.294), il faut transitoirement les rapprocher et souffler pour que les deux lames
adhèrent l'une à l'autre. Le signe des rayons de courbure principaux (cf. [2], p. 320) en un point de
la lame doivent être opposés (les deux côtés de la lame étant à la pression atmosphérique, la loi de
Laplace impose 1/R + 1/R' = 0) mais il est cependant difficile de le vérifier quantitativement.
𝛥𝑃 = 4𝛾/𝑅
Manipulation 1 :
On peut mettre en évidence cette surpression par l’expérience suivante : on forme
une bulle avec un petit entonnoir puis on présente sa petite embouchure devant une bougie allumée.
La bulle se dégonfle spontanément et le souffle qui en résulte perturbe la flamme.
Manipulation 2 :
On peut montrer la dépendance en 1/R de la surpression en accolant deux bulles
de rayon de courbure respectifs R1 et R2. Elles sont alors séparées par une calotte sphérique de
rayon de courbure R3. Le côté convexe de l’interface est toujours dirigé vers la bulle la plus grosse
et cette interface devient plane lorsque les deux bulles ont le même rayon :
R3
R1 = R2 R3 → ∞
R1
R2
Ces observations se justifient facilement par la formule de Laplace. L’interface intermédiaire est en
effet soumise à la différence de pression :
6
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
1 1 1
𝑃1 − 𝑃2 = 4𝛾 ( − ) = 4𝛾
𝑅1 𝑅2 𝑅3
Accoler des bulles peut être une opération délicate. On peut faciliter l’expérience en posant les
bulles sur une plaque de verre mouillée (si on utilise un miroir, on s’apercevra que la bulle une fois
posée prend la forme d’un hémisphère car elle donne une sphère avec son image).
Manipulation 3 :
C’est la manipulation classique de la grosse bulle qui mange la petite.
Souffler Souffler
On place le dispositif décrit ci-dessus sur un pied. On forme successivement à chaque extrémité du
"générateur de bulles" des bulles de tailles différentes. On les met en communication et on observe
la conséquence.
Manipulation 4 :
Si on dispose d’un micro manomètre, on peut mesurer la surpression dans une
bulle pour vérifier quantitativement la formule de Laplace. On peut utiliser à défaut un manomètre
différentiel en utilisant un tube coudé rempli d’alcool dont une extrémité sera à l’air libre et l’autre
sera reliée à la bulle.
α
Tube fin
h’
On a alors ΔP = ρ.g.h. La différence de pression à mesurer étant très faible (de l’ordre de la dizaine
de Pascal pour une bulle de 1 cm de rayon), on incline le tube pratiquement à l’horizontale pour
augmenter la sensibilité de la mesure ce qui conduit à ΔP = ρ.g.h’.sinα. La difficulté consiste alors à
mesurer l’angle α qui est faible. L’idéal est de disposer d’un inclinomètre. Si on n’en a pas, on peut
poser le tube sur une surface parfaitement horizontale (contrôle avec un niveau précis) et surélever
un coté du dispositif avec une cale de hauteur connue pour en déduire l’angle d’inclinaison. Il ne
faut pas s’attendre à une grande précision mais on peut vérifier l’ordre de grandeur. Voici à titre
d’exemple le résultat d’une mesure pour une bulle de rayon R = 1 cm :
α=5°
h’ = 2 cm → ΔP = 13,5 Pa
ρéthanol = 790 kg.m-3
L’eau savonneuse ayant typiquement une tension de surface γ = 30 mN.m-1 (cf. § III.5), on trouve
par la formule de Laplace ΔP = 12 Pa.
7
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
𝐹𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙𝑒 = 𝐿𝛾𝑐𝑜𝑠𝜃
1000 mg
Fil à plomb
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Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
fois ce réglage effectué, on maintient manuellement le fléau dans cette position puis on remonte le
bécher jusqu’à ce que l’anneau affleure la surface du liquide (on peut s’aider d’une caméra vidéo
pour cette opération). La lame est alors attirée vers le liquide et plonge dedans. On relâche le fléau
de la balance, on rétablit l'horizontalité du fléau au moyen de la chaînette et on lit la valeur de la
masse qui équilibre la force de tension superficielle.
Exploitation :
On a m.g L.γ lorsqu'on rétablit l'horizontalité (cos 1). Le cylindre a un diamètre
extérieur Øext = 1,9 cm et un diamètre intérieur Øint = 1,7 cm soit un diamètre moyen Ømoy = 1,8 cm.
On a donc L = 2×Circonférence = 2πØmoy et la valeur de γ se calcule par la relation numérique :
𝛾(mN.m-1 ) = 86,74 × 𝑚(𝑔)
Manipulation :
On nettoie l’anneau comme indiqué
précédemment puis on le place sur un dynamomètre 0 - 5 grammes
(graduation minimum : 0,05 g). On note la masse à vide m0 du
dispositif puis on remonte le liquide jusqu’à ce que sa surface touche
l’anneau qui plonge alors dans le liquide. On redescend ensuite le
plus régulièrement possible le bécher à l’aide du plateau jusqu’à la
limite de l’arrachement. On note la nouvelle masse m affichée par le
dynamomètre et on en déduit γ par la relation :
(𝑚 − 𝑚0 ). 𝑔 = 2. 𝜙𝑚𝑜𝑦 . 𝛾
m (mg) 790 795 810 780 785 800 830 805 770
γ (mN.m-1) 68,5 69 70,3 67,7 68,1 69,4 72 69,8 66,8
On obtient sur ces neufs mesures une valeur moyenne de 69,1 mN.m-1 avec un écart type de 1,55
mN.m-1 → on a donc (cf. [11], p. 8) :
γ = 69 ± 2 mN.m-1
T (°C) 0 20 40 60 80 100
γ (mN/m) 75,6 72,7 69,5 66,2 62,6 58,9
→ Il faut un système de mesure précis et reproductible pour espérer montrer une différence
significative (délicat en pratique). Il faut noter que l’abaissement de la tension superficielle avec la
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Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
température pour un corps pur va jusqu'à l’annulation au point critique : les phases liquide et
gazeuse deviennent alors totalement miscibles et n’en forment plus qu’une seule. On peut donc
présenter l’expérience du point critique comme une illustration.
On peut aussi mesurer aussi la tension superficielle de l'éthanol qui sera utilisé pour la loi de Jurin.
Voici à titre indicatif le résultat d’une série de mesure à 21 ° C :
On obtient sur ces sept mesures une valeur moyenne de 23,5 mN.m-1 avec un écart type de 0,81
mN.m-1 → on a donc :
γ = 23,5 ± 0,8 mN.m-1
On peut comparer cette valeur à celle donnée dans le Handbook (rechercher à « Surface Tension » -
les valeurs sont données en dynes/cm ce qui correspond à des mN/m).
Manipulation 1 : Rsup
Produit
vaisselle Fsup savon Fsup eau
Aiguille
Papp
On reprend l’expérience du § II.1 : si on dépose une goutte de produit vaisselle d’un côté d’une
aiguille qui flotte en équilibre à la surface de l’eau, on s’aperçoit que l’aiguille est violemment
repoussée du côté opposé et coule ensuite.
Sur le schéma, le produit vaisselle diminue fortement la tension de surface du côté gauche → la
force de tension superficielle à droite devient plus forte et l’équilibre précédent est rompu : la
nouvelle résultante des forces provoque le déplacement de l’aiguille vers la droite. Le produit
vaisselle se répand ensuite sur toute la surface de l’eau (on reviendra sur ce point un peu plus loin),
la tension superficielle redevient uniforme mais elle est beaucoup plus faible qu’auparavant. Elle
n’est plus suffisante, en général, pour permettre à l’aiguille de flotter.
Manipulation 2 :
On peut aboutir à la même conclusion en réalisant une boucle avec un morceau de
fil très fin et très souple (type fil à coudre) d’environ 15 cm qu’on dépose à la surface d’une eau
pure (faire en sorte que la totalité du fil soit en contact avec la surface). Elle adopte en général une
forme quelconque et reste en équilibre, ce qui signifie que l’ensemble des forces qui agissent sur
elle admet une résultante nulle. Si on fait alors tomber une goutte de liquide vaisselle au milieu de
la boucle, elle prend dans un premier temps la forme d’un cercle (cette forme ne se maintient pas en
10
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
général à cause de la diffusion du savon à l’extérieur de la boucle ; c’est aussi pour cette raison qu’il
faut bien poser le fil). Ce résultat s’explique par l’abaissement de la tension de surface que
provoque le liquide vaisselle à l’intérieur de la boucle → les forces de tension superficielles sont
plus fortes à l’extérieur et l’emportent sur celles qui agissent à l’intérieur. La forme adoptée par la
boucle justifie la loi𝑑𝐹⃗ = 𝛾. 𝑑ℓ. 𝑛⃗⃗et la tendance du système à minimiser la surface de la partie
présentant la plus forte tension superficielle.
III.5.2 Mesures
On reprend l’un ou l’autre des dispositifs de mesure de γ avec
de l’eau distillée. On ajoute du savon goutte par goutte et on mesure à chaque fois la nouvelle
valeur de γ. On mesure aussi la tension superficielle du liquide servant à réaliser les lames de savon.
Voici à titre indicatif le résultat d’une série de mesure :
Une goutte Deux gouttes Trois gouttes Six gouttes Liquide à bulle
γmoy (mN.m ) -1
54 35 32 31 30,5
On s’aperçoit que la tension superficielle chute très rapidement puis devient ≈ indépendante de la
quantité ajoutée de savon. Ce comportement s’explique par la structure moléculaire du tensioactif.
Tous les agents surfactants ont en effet une structure commune : ce sont des molécules dites
amphiphile, c'est-à-dire qu'elles comportent au moins deux entités au comportement opposé vis à
vis du solvant :
- une tête polaire (chargée ou non) hydrophile qui favorise la dissolution de la
molécule dans les solvants fortement associés comme l’eau. L'interaction solvant/tête hydrophile
est de nature électrostatique (liaisons hydrogène...).
- une queue, formée de chaînes ou cycles hydrocarbonés, qui est hydrophobe ou
plutôt lipophile et qui assure l’effet détergent.
Lorsqu’on introduit une telle molécule dans l’eau, sa partie hydrophobe a tendance à fuir la
solution ; elle se place spontanément à l’interface qui lui procure un espace disponible et lui permet
de se stabiliser. Il se forme alors un film mono moléculaire à la surface de l’eau qui provoque un
abaissement rapide de la tension superficielle. Mais très vite, l’interface ne se voit plus capable
d’accueillir de nouvelles molécules. Elle se sature et, à partir de là, la tension superficielle ne
diminue plus. Les nouvelles molécules ont ensuite tendance à se regrouper en micelle au sein du
liquide pour se stabiliser :
11
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Les forces de tension superficielles réagissent alors de façon à faire disparaître cette zone qui
« coûte cher » en refermant la couche mono moléculaire. Cela explique pourquoi on peut assez
facilement traverser une lame de savon avec un objet préalablement mouillé. De même, si une lame
de savon est brusquement déformée et étirée localement, la concentration de savon dans la partie
qui a augmentée de surface est plus faible, la tension de surface locale y devient plus forte
qu’ailleurs et il apparaît une force de rappel qui tend à lutter contre la déformation initiale. Cet effet,
qui n’existe pas avec les liquides purs, explique aussi la longévité des bulles de savon. Le facteur
qui limite ensuite la durée de vie des bulles est l’évaporation vu la grande surface de contact avec
l’atmosphère pour le peu de liquide mis en jeu. On atténue ce phénomène en rajoutant dans l’eau
des produits qui augmentent sa viscosité.
IV LOI DE JURIN
On propose de vérifier la loi de Jurin qui prévoit l'ascension des liquides
dans les tubes capillaires. Dans le cas d’un mouillage parfait la hauteur d’ascension est donnée par
la relation (cf. [4], p. 469 ou [2], p. 324) :
2𝛾
ℎ=
𝜌𝑔𝑟
Manipulation :
Il vaut mieux réaliser l'expérience avec de l'alcool pur car l'eau pose trop de
problèmes de mouillage. On utilise plusieurs tubes de différents diamètres (ils doivent être propres
et secs au départ). On fait l'image des tubes avec une lentille pour mesurer l'ascension dans les
tubes.
Tubes
250
QI
Afin de connaître le grandissement de la projection, on remplace ensuite les tubes par une règle
graduée transparente et on ajuste sa position pour avoir une image nette sans toucher à la lentille
ni à l'écran ! On trace ensuite la courbe h = f(1/r) où h est l'ascension du liquide dans le tube et r le
rayon du tube. Comme on a h = 2γ/rg, on déduit γ de la pente de la courbe obtenue. On s'affranchit
ainsi de l'incertitude sur la position de la surface libre du liquide. On peut comparer le résultat
obtenu à celui donné dans les tables.
Remarque :
Les diamètres d'origine des tubes capillaires étaient = 1 ; 1,5 ; 2 ; 3 et 4 mm mais il
se peut qu'ils aient été remplacés donc le plus sûr est de les mesurer (ne pas oublier qu'il faut le
rayon dans la formule). Il faut alors effectuer la mesure sur la partie immergée du tube
(pourquoi à votre avis ?).
12
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
θ
QI
La comparaison des angles de contact montre que l'eau mouille le verre (θ < π/2) alors qu'elle ne
mouille pas le Téflon (θ > π/2). Les vêtements en Goretex sont une application directe de ce
phénomène : il s'agit d'un tissu de Téflon percé de très petits trous (diamètre = 0,2 m) qui laisse
passer la vapeur d'eau dégagée par le corps humain mais pas l'eau sous forme liquide. On retiendra
donc que les vêtements en Goretex se nettoient toujours à l'alcool !!
Remarque :
L'expérience avec le verre dépend de l'état de surface, l'eau mouille moins si le verre
est sale car, comme c'est un mauvais solvant pour les composés organiques, la sensibilité des
résultats aux contaminations chimiques est très grande. On peut aussi reprendre l'expérience avec la
face diffusante du bloc de verre ; l'eau mouille-t-elle autant ? On met ainsi en évidence l’effet
important de l’état de surface (effet mis à profit en super hydrophobie).
On peut exploiter quantitativement le cas d'une goutte de mercure sur du verre (le mercure ne
mouille pas le verre). On projette son image comme précédemment (mettre la goutte sur une face
translucide de la cuve en verre) et on mesure les valeurs de h et h' indiquées ci-dessous :
h
h'
θ
On ramène ces mesures à leur taille réelle en tenant compte du grossissement du montage (on
détermine le grandissement de la projection en remplaçant la goutte par une règle graduée
transparente et en ajustant sa position pour avoir une image nette sans toucher à la lentille et à
13
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
2𝛾 2𝛾(1 + 𝑐𝑜𝑠 𝛼)
ℎ=√ ℎ′ = √ (cf. [4], p. 474)
𝜌𝑔 𝜌𝑔
QI θ
Manipulation 1 :
On peut mesurer l'angle de contact θ ainsi que la hauteur h de la goutte qui
doivent théoriquement vérifier la relation (cf. [12], p.41) (où k est la longueur capillaire) :
2 𝜃
ℎ= 𝑠𝑖𝑛 ( )
𝑘 2
Manipulation 2 :
Profil de la goutte ; équilibre hydrostatique (plus délicat)
γ
γSG γSL
On ne peut pas ajuster directement la forme de la goutte par une fonction, car l'équation
différentielle qui la définie est un peu compliquée. Par contre on peut vérifier que la forme de la
surface vérifie bien cette équation (ce qui, au final, revient au même). Si on considère une portion
de fluide (en gris sur la figure), il est soumis aux forces de pression exercées par le reste de la
goutte. Si la goutte est suffisamment aplatie, on peut considérer que la courbure est nulle au
sommet, et donc que la pression du liquide en ce point vaut la pression atmosphérique. On en déduit
ensuite la pression en fonction de l'altitude. Finalement, l'intégration des forces de pression sur la
surface de séparation donne :
𝜌𝑔(𝑒𝑧 − 𝑧 2 /2)
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Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Les forces de tensions superficielles sur la portion de fluide doivent compenser les forces de
pression. On obtient donc l'égalité :
où θz est l'inclinaison de la surface en ce point. On peut relier cet angle à la pente de la surface.
Celle-ci vaut tan(θz). En utilisant les relations entre cosinus et tangente, on obtient :
1
𝑐𝑜𝑠𝜃𝑧 =
2
√1 + ( 𝑑𝑧 )
𝑑𝑥
On peut prendre une image de l'écran à l'aide d’une webcam, faire un relevé des points et les calculs
sur synchronie (ne pas prendre des points trop serrés pour pouvoir calculer la dérivée). On trace
cos(θ) en fonction de z pour remonter à la longueur capillaire et γSG – γSL.
Cette manipulation permet de mesurer des angles de contact faibles (θ < 45°), comme typiquement
celui de l’eau sur du verre (dans le cas contraire, il vaut mieux effectuer une observation directe
comme indiqué précédemment). Dans l’expérience décrite en [12] page 43, la goutte est éclairée par
un faisceau laser vertical, et elle réfléchit un cône de lumière dont l'ouverture dépend directement
de l'angle de contact. Cependant, dans le cas d'une goutte d'eau, l'angle de contact vaut ≈ 30° et
l'ouverture du cône vaut donc ≈ 120° ! La tache lumineuse est donc très large et si peu intense
qu’on ne peut la voir avec les lasers utilisés en TP. Pour pallier à cet inconvénient, on peut réaliser
le montage alternatif suivant :
Mesures :
La figure en dents de scie que l'on observe alors sur l’écran est due aux variations de
l'inclinaison de la surface sur le bord de la goutte (dues à la rugosité de la surface ou à la présence
d'impuretés). Pour un écran placé à une distance d = 20 cm, on trouve généralement une hauteur h
variant entre 4 et 6 cm. On peut facilement en déduire l’angle φ, puis l’angle de contact θ. On
trouve avec ces valeurs un angle de contact variant entre 36,6° et 39,3°, avec une précision sur ces 2
valeurs de l'ordre de 3%.
Remarques :
On peut noter qu’il est possible, avec cette mesure, de remonter à la différence de
tension superficielle solide/liquide (γSL) et air/solide (γSG) puisque l'angle de contact vérifie la
relation (cf. § V.3 avec z = 0 à la ligne de raccordement) : 𝛾𝑐𝑜𝑠𝜃 = 𝛾𝑆𝐺 − 𝛾𝐿𝑆 . Cela suppose
15
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
évidemment d'avoir mesuré au préalable γ (par une méthode citée au § III par exemple). Cependant,
le résultat obtenu n’est pas comparable avec des données tabulées car les informations disponibles
dans la littérature sur ce sujet font plutôt référence aux valeurs typiques d’angles de contact.
La tangente hyperbolique peut être assimilée à l’unité lorsque la hauteur d’eau devient supérieure à
/2 (cas de la houle en eau profonde). La relation devient alors :
𝑔𝜆 𝛾 2𝜋
𝑣=√ +
2𝜋 𝜌 𝜆
On peut réaliser l’expérience avec une onde progressive plane ou circulaire (cf. [1], p. 220 et 388).
Il faut alors stabiliser l’image à l’aide d’un stroboscope. On propose plutôt de réaliser la mesure sur
un système d’interférence obtenu entre deux ondes circulaires. On peut alors utiliser un éclairage
continu puisqu’on observe alors des maxima et des minima hyperboliques stationnaires.
Montage :
Miroir
écran
On met la cuvette à niveau avec les vis de réglage en plaçant un niveau à bulles sur le fond de la
cuvette. On remplit la cuvette avec de l'eau propre et on ajuste le niveau d'eau de façon à ce qu'il
16
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
se termine dans la partie à pente faiblement croissante du talus de la cuvette afin de minimiser les
reflexions. On place les deux pointes du vibreur à environ 7 cm l'un de l'autre et à quelques
centimètres d'un bord de la cuve. On joue sur les vis de réglage du vibreur de façon à ce que les
deux pointes touchent l'eau au même moment lorsqu'on les descend (sources de même amplitude).
Manipulation :
Les phénomènes capillaires devenants prépondérants aux petites longueurs d’ondes,
on règle la fréquence du vibreur au maximum. On augmente progressivement l'amplitude du
vibreur en éclairage continu. La figure d'interférences est facilement observable entre les deux
sources et on doit globalement observer sur l’écran une figure ayant l'allure suivante :
On peut placer une feuille sur l’écran pour recopier les traces correspondants aux maximum ou aux
minimum de luminosité entre S1 et S2.
Analyse :
On suppose que les deux sources S1 et S2 émettent des vibrations sinusoïdales de même
amplitude, même fréquence et en phase (donc synchrones) :
𝑧1 = 𝐴𝑐𝑜𝑠𝜔𝑡 𝑧2 = 𝐴𝑐𝑜𝑠𝜔𝑡
En un point quelconque P de la surface tel que S1P = d1 et S2P = d2, les élongations à l'instant t des
ondes provenant de S1 et S2 sont respectivement :
Cette élongation est encore sinusoïdale mais déphasée par rapport aux sources. Son amplitude vaut
2𝐴𝑐𝑜𝑠[𝜔(𝑑2 − 𝑑1 )/2𝑐] = 2𝐴𝑐𝑜𝑠[𝜋(𝑑2 − 𝑑1 )/𝜆]. Elle est maximale en des points pour lesquels d2
- d1 = k et nulle en des points pour lesquels d2 - d1 = (k + 1/2)λ.
Il est important de noter que ces conditions ne dépendent pas du k=0 k=1
temps mais uniquement de la position des points. Le lieu des P
points d'amplitude maximum correspond à la condition d2 - d1 = d1
k. Pour k = 0, on a d2 = d1 ; cette relation définit la droite d2
perpendiculaire au milieu de S1S2. Pour k = 1, on a d2 - d1 = ;
c'est l'équation d'une hyperbole de foyers S1 et S2. Il en est de S1 S2
même pour toutes les intersections des cercles centrés sur les
deux sources S1 et S2 qui correspondent aux différentes valeurs
de k. Ces rides hyperboliques (dégénérées en droites à proximité
de l'axe) sont fixes à la surface du liquide. Le même
raisonnement avec les points d'amplitude minimum donnerait le
même type de résultat.
17
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Mesures :
On mesure l'interfrange entre S1 et S2 (égal à /2 !). On en déduit la longueur d'onde des
ondes circulaires en tenant compte du grossissement de la projection (calculé en mesurant la
distance entre les deux pointes du vibreur et celle sur l'écran). On mesure la fréquence du vibreur
pour en déduire la vitesse de propagation des ondes et on compare le résultat obtenu au calcul
compte tenu de la hauteur d’eau. Il peut y avoir un écart notable entre la mesure et le calcul car la
valeur de γ est très sensible à la présence d’impuretés donc seul l’ordre de grandeur compte. On
peut aussi faire le calcul de v en négligeant le terme dû à la capillarité dans son expression et
comparer le résultat au précédent.
Remarques :
Pour plus d'explication sur la visualisation de zones sombres et lumineuses sur
l'écran, se reporter en [1], p. 220 ou en [10], p. 166.
VII.1 Introduction
L'industrie utilise quotidiennement des gouttes de liquide (point
de colle ou d'huile, mélanges de petite quantité de produits). La taille de ces gouttes peut être
calibrée grâce aux phénomènes capillaires avec une très bonne reproductibilité. On propose ici
d'étudier la taille (ou masse) de gouttes de liquide produites par une pipette. On peut ainsi étalonner
le montage et s'en servir à pour déterminer la tension superficielle d'un liquide. On parle alors de
stalagmométrie.
On peut facilement retrouver le rayon (ou le poids) d'une goutte à la sortie d'un tube fin. Si le
diamètre extérieur du tube est suffisamment petit (inférieur à celui de la goutte), l’interface eau/air
est verticale au moment de la chute de la goutte :
d
𝐹⃗𝑆
Rg
𝑃⃗⃗
𝐹⃗𝑆 = 𝜋𝑑𝛾𝑈
⃗⃗𝑧
3 𝑑𝛾 1/3 3 2 3
𝑅𝑔 = ( ) = ( 𝑑𝑘 )
4 𝜌𝑔 4
18
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Une relation plus simple et plus utile ici est la relation entre m et d :
𝜋𝛾𝑑
𝑚=
𝑔
Dans les faits, seule une fraction de la sphère va se détacher et former une goutte. On a donc en
pratique la relation suivante (ou α est légèrement inférieur à 1) :
𝜋𝛾𝑑
𝑚= 𝛼
𝑔
VII.2 Stalagmométrie
On réalise le montage suivant en utilisant une balance la
plus précise possible et une pipette de faible diamètre :
On aspire le liquide dans la pipette à l'aide de la seringue puis on serre la vis de la pince. On enleve
ensuite la seringue et on dévisse légèrement la pince pour faire un goutte à goutte. On mesure le
poids M d'un nombre de gouttes N donné (10 à 20). On en déduit le poids d'une goutte m = M/N.
Il faut dans un premier temps étalonner la manipulation (pour une pipette donnée), c'est à dire
trouver la relation linéaire m = f(γ) = aγ. On peut par exemple utiliser de l'eau, en supposant sa
tension superficielle γ connue. Dans un deuxième temps, on refait la manipulation avec de l'alcool
et on en déduit la tension superficielle de l'alcool par la relation suivante supposant un coefficient
correcteur α identique pour les deux types de liquide :
𝑚𝑎𝑙𝑐𝑜𝑜𝑙
𝛾𝑎𝑙𝑐𝑜𝑜𝑙 = 𝛾
𝑚𝑒𝑎𝑢 𝑒𝑎𝑢
Le tableau suivant montre les résultats obtenus avec 6 pipettes de rayon croissant (en supposant γeau
= 73 mN/m) :
rayon pipette (mm) Meau (g) Neau Malc (g) Nalc meau (g) malc (g) γalc (mN/m)
1,36 0,53 20 0,12 20 0,0265 0,0060 16,5
1,70 0,61 20 0,15 20 0,0305 0,0075 18,0
2,28 0,78 20 0,23 20 0,0390 0,0115 21,5
2,88 0,67 15 0,26 20 0,0447 0,0130 21,2
2,93 0,89 20 0,28 20 0,0445 0,0140 23,0
3,47 0,81 15 0,32 20 0,0540 0,0160 21,6
On voit que, excepté pour la pipette la plus fine, on obtient des valeurs très proche de la valeur
tabulée (gamma de l'alcool ≈ 22 mN/m à 20°C). On peut aussi comparer ces résultats avec la
mesure du § III.4.
19
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet, Alain Gellé
Analyse :
Tout d'abord, on peut voir que les résultats présentent une bonne reproductibilité : les
deux séries de mesures effectuées sur l'eau (ronds noirs) donnent des résultats vraiment très
proches.
On peut aussi noter que la prédiction théorique marche correctement pour une valeur de α
qui est très proche dans le cas de l'eau et dans le cas de l'alcool (environ 2/3). Cette constatation
justifie donc l’hypothèse utilisée au § précédent.
Bibliographie :
[1] : Quaranta I p. 39 et suivantes ; p. 386 et suivantes
[2] : Fleury Mathieu : Mécanique Physique ; ch. 18
[3] : Pérez : Thermodynamique ; ch. 21
[4] : Bruhat : Mécanique (6èm e édition) ; ch. 20
[5] : BUP n° 689
[6] : Landau : Mécanique des fluides
[7] : Etienne Guyon : Hydrodynamique physique (1ère édition)
[8] : Ingel L Ryhming : Dynamique des fluides (Presses Polytechniques Romandes)
1ère édition
[9] : Sébastien Candel : Mécanique des Fluides (Dunod) 2ème édition
[10] : Barchiesi : Comprendre la physique en expérimentant
[11] : Jean Paul Bellier : Capes de Physique ; Montages de Physique (Dunod)
[12] : Pierre-Gilles de Gennes : Gouttes, bulles, perles et ondes (Belin)
20
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
I RELATION DE BERNOULLI
Si le fluide est parfait (sans viscosité) et incompressible, on a
le long d'une ligne de courant en régime permanent :
1
𝑝 + 𝜌𝑣 2 + 𝜌𝑔𝑧 = 𝑐𝑡𝑒
2
Manipulation :
Attention à bien installer la canalisation Venturi pour éviter qu’elle tombe.
Notez l'évolution de la pression statique le long de la canalisation à l'aide des manomètres en U (on
peut aussi utiliser pour mesurer les faibles P le manomètre en verre Leybold qui sert au tube de
Pitot en laissant une de ses extrémités à l'air libre). Mesurez PA - PB ; sachant que le diamètre des
sections A et B vaut respectivement 10 et 5 cm, en déduire la vitesse v A à la sortie de la canalisation
en utilisant la relation suivante (cf. [4], p. 463 ou [2], p. 369) :
𝜌𝑣𝐴2 𝑆𝐴2
𝑃𝐴 − 𝑃𝐵 = ( − 1)
2 𝑆𝐵2
Comparez le résultat obtenu avec une mesure à l'anémomètre à fil chaud (on peut aussi déduire de
l'équation de continuité la vitesse vB dans l'étranglement).
1
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Remarques :
Cet effet sert en pratique à mesurer les vitesses dans les canalisations horizontales.
Si l'hypothèse d'incompressibilité semble raisonnable pour les liquides à des vitesses
pas trop grandes, on peut se poser la question pour les gaz → pour plus de précision à ce sujet, se
reporter en [2], p. 370 (§ 21.8) ou en [4], p. 445.
Expérience 1 :
Air comprimé Placez la balle dans l'entonnoir → la balle est aspirée. L'explication est
à peu près la même que précédemment : la surface augmente lorsque
Tuyau orange
l'air débouche dans l'entonnoir → la vitesse diminue (cf. éq. de
continuité) → si on néglige la variation de pression de pesanteur, la
pression statique est plus faible à l'embouchure de l'entonnoir (cf.
équation de Bernoulli).
Entonnoir
Cette expérience peut aussi être réalisée avec une feuille de papier (cf.
Balle de [2], p. 371).
Ping-pong
Expérience 2 :
La balle se maintient en équilibre. La encore, on a p + ρv2/2 = cte le
B long d'une ligne de courant. Comme la vitesse est nulle en A (point
Balle de
Ping-pong d'arrêt), la pression y est maximum : pA = p + ρv2/2 → il existe donc
A une position de la balle (qui dépend du débit) pour laquelle cette
surpression permet de compenser le poids de la balle. Ce qui est
surprenant, c'est la stabilité de cet équilibre. En effet, si la balle se
déplace vers la gauche, les lignes de courant s'évasent sur ce côté (cf.
[4], p. 466) provoquant une diminution de la vitesse (cf. effet Venturi)
Tuyau et par conséquent une augmentation de pression. A droite, on a l'effet
inverse donc une pression plus faible. Il en résulte une force latérale
Air comprimé dirigée en sens inverse du déplacement. On remarquera que la balle
tourne sur elle même du fait de la viscosité de l'air (comportement
imparfait du fluide).
Expérience 3 :
Inclinez le tuyau → la balle reste en équilibre
Attention aux erreurs d'interprétation : l'air ne passe pas sous la balle pour
la soutenir !
Les lignes de courant se resserrent à gauche → la vitesse augmente → la
pression est plus faible. Les lignes de courant s'évasent à droite → la
vitesse diminue → la pression est plus forte. On a donc globalement une force de pression qui
maintient encore en équilibre la balle. Vous pouvez vérifier expérimentalement avec votre doigt ou
avec un bout de papier que le débit est plus important à gauche qu'à droite. Le sens de rotation que
prend alors la balle dû à la viscosité confirme ce fait (la mise en rotation de la balle accentue encore
l'effet de sustentation par effet Magnus - cf. [2], p. 393).
Remarque :
Cette expérience explique l'arrachement des toits par les ouragans (cf. [2], p. 371), la
2
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
déflexion du jet d'un robinet lorsqu'on y place un doigt dedans (cf. [6], p. 199). De nombreuses
autres manipulations de ce genre sont encore possibles (pulvérisateur, jet entre deux sphères
légères, effet de sol, syphon …). Se reporter en [4], p. 466 et en [1], p. 113. Dans le même esprit,
on peut citer la trompe à eau ([4], p. 463, [2], p. 370), qui a le mérite sur l'expérience précédente
d'être réellement utilisée.
C'est un double tube qui permet de mesurer la vitesse v du fluide à partir de la différence de
pression entre l'orifice O, où la vitesse est négligeable (point d'arrêt), et l'orifice O' placé
latéralement ou la vitesse du fluide n'est pas modifiée. Si on applique en effet la relation de
Bernoulli à une ligne de courant passant par ces deux points, on a :
O
vers
O' manomètre
1
𝑃𝑂 + 0 = 𝑃𝑂′ + 𝜌𝑎𝑖𝑟 𝑣 2
2
On a donc :
2(𝑃 − 𝑃′ )
𝑣=√
𝜌𝑎𝑖𝑟
Avec 𝑃 − 𝑃′ = 𝜌𝑙𝑖𝑞𝑢𝑖𝑑𝑒 𝑔ℎ → la différence entre les pressions en O et O' donne accès à la vitesse
en O’.
Manipulation :
Expérience à réaliser avec le gros collecteur.
La sonde de l'anémomètre à fil chaud est extrêmement fragile → remettre le capuchon dès
qu'on ne s'en sert plus ! Il faut faire attention à la position du tube et de l'anémomètre à fil chaud
car ils donnent une valeur locale de la vitesse → fixez les sondes sur des trépieds, explorez la
distribution de la vitesse à l'embouchure avec l'anémomètre à fil chaud puis ajustez la position des
deux sondes en conséquence. Mesurez pour différentes valeurs de la vitesse la dénivellation obtenue
avec le tube de Pitot ; tracer la courbe h = f(v2) → vous devez obtenir une droite.
3
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
II REGIME LAMINAIRE
Ces forces peuvent être mises en évidence dans les liquides ou les gaz. La manipulation avec l'air
(cf. [1], p. 134) est cependant délicate à réaliser car les forces de viscosité sont faibles → on
propose ici la mise en évidence avec des liquides (une autre manipulation simple permettant de
mettre en évidence ces forces de viscosité consiste à faire rouler un œuf dur et un œuf frais sur une
table) :
Plateau de
Précautions à prendre :
balance
Lancez à chaque fois le pendule
avec le même angle initial. Effectuez les mesures sur
plusieurs périodes pour plus de précision.
Robinet Évier
4 3
𝜋𝑟 (𝜌𝑏𝑖𝑙𝑙𝑒 − 𝜌𝑓𝑙𝑢𝑖𝑑𝑒 )𝑔 = 6𝜋𝑟𝜂𝑣𝑙𝑖𝑚𝑖𝑡𝑒
3
L’expression F = 6πηrv n'est valable que pour des nombres de Reynolds très inférieurs à 1 → Il
faudra le vérifier sur la manip (cf. [5], p. 86 formule 20.17). Quelles valeurs de r sont à préférer ?
4
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Manipulation : Entonnoir
On laisse tomber une bille d'acier. Quand le
mouvement est uniforme (s'en assurer), on mesure la vitesse v
en prenant le temps que la bille met à parcourir une distance
fixée au préalable. Répétez l'expérience avec des billes de
différents rayons r. Calculez la viscosité de la glycérine en Glycérine
utilisant la formule ci-dessus (densité de l'acier = 7,81 ; densité
de la glycérine 1,261) et comparer à la valeur attendue (cf. [1],
p. 142).
Manipulation :
Se reporter au montage sur les phénomènes de transport. S'assurer que le tube et le
récipient sont bien propres sinon l'écoulement risque d'être perturbé.
La force de traînée F exercée par l'air sur le corps immobile dépend de nombreuses grandeurs dont
principalement :
S la surface de la section du corps perpendiculaire à v
les dimensions parallèles à v
v la vitesse moyenne du fluide loin du corps
la masse volumique du fluide
la viscosité du fluide
5
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Pour réduire le nombre de paramètres, on travaille avec des grandeurs sans dimension (l'idée étant
que les phénomènes physiques sont indépendants des unités de mesure choisies). On définit alors le
coefficient de traînée CX tel que :
𝜌𝑆𝑣 2
𝐹 = 𝐶𝑋 (𝑅𝑒 )
2
CX dépend du nombre de Reynolds Re (cf. [4], p. 482) et d'un nombre qui caractérise la forme
aérodynamique de l'objet (difficile à quantifier en pratique). ρSv2/2 correspond à la force F dans le
cas complètement turbulent (plus de dépendance avec la viscosité moléculaire), ce qui signifie que
CX devient constant dans ces conditions (très grand Re). Dans le cas laminaire, F va dépendre de la
viscosité ce qui implique que CX va varier avec Re (construit avec la viscosité).
Système d'étude :
B A
P Soufflerie
P : profil d'étude
On propose d'étudier ici la dépendance de la force en fonction des différents paramètres (faire des
choix en montage). Le profil P dont on veut mesurer la traînée est placé dans la veine d'air d'une
soufflerie à axe horizontal (la forme "tube de Venturi" donnée à cette chambre assure le
parallélisme des filets d'air). II est fixé au fléau d'une balance de torsion qui permet de mesurer la
force nécessaire pour rétablir l'équilibre rompu par la poussée de l'air (ne pas toucher au réglage
du ressort !). Le fléau de la balance de torsion comporte, à sa partie inférieure, un système
amortisseur composé d'une palette plongeant dans un godet d'huile et, à sa partie supérieure, une
flèche rouge A devant être verticale à l'équilibre. Un axe commandé par un bouton noir permet de
contraindre le ressort de la balance pour équilibrer la force agissant sur le profil ; une aiguille
blanche B, solidaire de cet axe, indique l'intensité de cette force sur le cadran lorsqu'on rétablit
l'équilibre.
Dépendance en v2 :
Utilisez par exemple le disque de diamètre moyen (mesurer son diamètre).
Faire varier le débit d'air au moyen de l'alternostat ; mesurer la vitesse du flux à l'entrée de la
conduite à l'aide de l'anémomètre à fil chaud et la force de traînée du profil. Tracez la courbe F =
f(v2). Voici à titre le résultat d'une série de mesures :
6
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
F = f(v2)
6
F (cN)
3
y = 0,2725x - 0,2847
2
R² = 0,9984
0
0 5 10 15 20 25
v2 (m.s-2)
Il faudrait en toute rigueur tenir compte de l'effet Venturi pour la mesure de v ; cette correction n'est
pas critique en pratique.
Dépendance en S :
Mesurez la force de traînée pour les trois disques ; ajustez l'alternostat pour avoir
à chaque fois la même vitesse. La courbe F = f(S) est approximativement une droite.
Influence de la forme :
Comparez pour une même vitesse la traînée de différents profils ayant la
même section principale. On illustre l'influence du CX.
La résistance de l'air étant proportionnelle au carré de la vitesse, on peut mettre P et T sous les
formes suivantes :
𝜌𝑆𝑣 2 𝜌𝑆𝑣 2
𝑃 = 𝐶𝑍 𝑇 = 𝐶𝑋
2 2
7
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
𝑃 𝐶𝑍
𝐹𝑎𝑖𝑙𝑒 = = = 𝑓(𝛼)
𝑇 𝐶𝑋
Manipulation :
On propose de mesurer la portance et la trainée d'une aile afin de déterminer
l'évolution de la finesse en fonction de l'angle ; utilisez le dispositif prévu à cet effet. Modifiez le
montage comme indiqué ci dessous suivant la grandeur à mesurer.
Le dynamomètre à torsion est gradué en pond ; un pond correspond à 1 gramme force soit 0.01
Newton. La zone de mesure 0-160 pond correspond à une utilisation du dynamomètre avec le fil
enroulé sur le petit tambour ; la zone 0-80 pond correspond à une utilisation avec le fil enroulé sur
le grand tambour (le cordon doit être enroulé des trois quart à une fois et demie autour du tambour
si on veut employer entièrement la zone de mesure choisie). Equilibrez préalablement l'aile à l'aide
du contrepoid lorsque vous mesurez la portance ; le contrepoid est sans effet sur la mesure de la
traînée. Placez l'aile dans le flux de la grosse soufflerie grise (collecteur de 18 cm , rhéostat à 50 %
de puissance environ) ; mesurez P et T pour différents angles (de moins 15 à + 90 °). Faire plus
de mesures entre -15 et 20 °. Tracez les courbes P = f(), T= f() et F= f(). En déduire l'angle
d'attaque optimal de l'aile à la vitesse considérée et la finesse maximale .Voici à titre indicatif une
série de mesures :
PORTANCE ET TRAINEE EN FONCTION DE ALPHA FINESSE EN FONCTION DE ALPHA
14
0.9
0.8
12
Portance
0.7
trainée 10
0.6
force (N)
FINESSE
8
0.5
0.4
6
0.3
4
0.2
0.1 2
0
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
On peut aussi tracer la polaire de l'aile et comparer le résultat obtenu à la courbe donnée dans [3], p.
507 (la courbe en pointillé correspond à l'approximation P prop et T prop à 2).
8
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Bibliographie :
[1] : Quaranta I p. 108, 133 et 320
[2] : Fleury Mathieu : Mécanique physique p.360 à 388
[3] : Bruhat : Mécanique p. 487 à 514
[4] : Pérez : Mécanique
[5] : Landau : Mécanique des fluides
[6] : E. Guyon, J.P. Hulin et L. Petit : Hydrodynamique physique
[7] : Giles : Mécanique des fluides et hydraulique (série Schaum)
[8] : BUP 814 (mai 1999)
9
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet Denis Rouède
I INTRODUCTION
Un capteur est dispositif permettant de convertir une grandeur physique non
électrique (la mesurande notée m) en grandeur électrique (notée V) afin de la quantifier à l’aide
d’appareils électriques ou électroniques. La relation 𝑉 = 𝑆. 𝑚 doit être univoque, monotone et
reproductible. Les propriétés permettant la conversion se regroupent en 2 familles :
En bout de chaîne, le signal mesuré peut-être de deux sortes : une fréquence (le conditionneur est
alors un oscillateur) ou une tension (multiples possibilités de conditionnement). Tout capteur étant
soumis à des grandeurs d’influence (la température notamment), il faut vérifier que leur effet est
négligeable pour valider la mise en pratique d’un capteur.
L’utilisation d’un pont de Wheastone préalablement équilibré simplifie les choses puisqu’il permet
de faire des mesures autour d’une valeur nulle.
1
Les jauges doivent travailler dans un domaine de déformation / inférieur à 1%.
1
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet Denis Rouède
R1, R2 : 350 Ω
R1 R2
R4 : jauge 350
R3 : résistance d’équilibrage (cf. ci-dessous) mV E
Les résistances R1 et R2 doivent être sélectionnées ou réglées pour être les plus proches possibles
afin de pouvoir utiliser les formules démontrées en annexe. Une valeur correspondant à la résistance
nominale de la jauge permet d’optimiser la sensibilité du pont (cf. annexe).
Equilibrage du pont :
Il faut ajuster la résistance R3 pour annuler au mieux la tension ε en
l’absence de déformation. Cela revient à avoir R3 = R4 ≈ 350 Ω puisque la condition d’équilibre est
R1R3 = R2R3 et on a R1 = R2. La difficulté consiste à obtenir au mieux cette condition. Une solution
possible consiste à associer en parallèle une résistance R’ légèrement supérieure à 350 Ω et un
potentiomètre multitour de forte valeur (Rpot max = 100 kΩ par exemple). La résistance équivalente
vaut alors R3 = R’Rpot/(R’+ Rpot) ≈ 350 Ω si Rpot est grand et on peut ajuster très finement sa valeur
en jouant sur le potentiomètre.
La tension doit être proportionnelle à la masse M pour de faibles déformations, ce que confirment
les calculs faits en annexe :
𝑅1
𝜀=𝑉 Δ𝑅
(𝑅1 + 𝑅4 )2
𝑏 6𝐹
𝜀𝑥𝑥 = 𝐹 (𝐿 − 𝑥) = = 𝐹 (𝐿 − 𝑥)
2𝐸𝐼 𝐸𝑎𝑏 2
Où I = ab3/12 est le moment quadratique de la section droite et L - x est la distance entre la jauge et
l'extrémité libre de la barre. Noter que x = 0 correspond à la position du point d’ancrage où la
déformation est la plus forte.
2
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet Denis Rouède
Une mesure rapide de l'ordre de grandeur de la déformation est obtenue à partir de la variation de
résistance de jauge. Pour cela, il faut suspendre une masse (500g – 1kg) à l'extrémité de la barre et
mesurer la tension ε aux bornes du pont. On en déduit la valeur de la variation ΔR de la résistance
de jauge à l’aide de la formule du § précédent puis la valeur de la déformation εxx compte tenu de la
relation suivante :
∆𝑅 ∆ℓ
=𝐾 = 𝐾𝜀𝑥𝑥
𝑅 ℓ
2𝑅1
𝜀=𝑉 Δ𝑅
(𝑅1 + 𝑅4 )2
𝑅1
𝜀=𝑉 Δ𝑅
(𝑅1 + 𝑅4 )2 1
Manipulation :
On commence avec le pont équilibré sans déformation du § II.3. On ajoute une
masse M et on note la valeur de ε. On chauffe alors la jauge avec un sèche-cheveux ou une lampe
QI focalisée sur la jauge → La tension doit augmenter.
Cette manipulation est délicate à réussir si le refroidissement est imparfait entre les deux
manipulations. Il faut attendre que le signal revienne à sa valeur d’origine avant de passer au 2ème
montage. L’autre difficulté est d’avoir un échauffement homogène dans la barre (c’est la source
d’erreur la plus difficile à éliminer).
3
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet Denis Rouède
Soit E le module d’Young (en N/m2), une barre de longueur L, d’épaisseur b et de largeur a. Si le
poids propre de la barre est négligeable, on peut montrer que la valeur de la flèche est donnée par
l’expression suivante (cf. [3], § 448 « calcul de la flèche d'une poutre fléchie », pages 634 et 635) :
𝐹𝐿3 4𝐹𝐿3
ℎ = =
3𝐸𝐼 𝐸𝑎𝑏 3
Manipulation :
Mesurer la flèche h sous l'action d'une masse m. Retourner la barre, mesurer sa
flèche h'. Faire la moyenne de h et h'. En déduire E et comparer aux données constructeur
(Aluminium 5754 H111: E = 70,5 GPa, PVC : E = 2,5 - 4 GPa).
Bibliographie :
[1] : Georges Hasch : Capteurs en instrumentation
[2] : Duffait : Expériences d’électronique
[3] : Georges Bruhat : Cours de physique générale, Mécanique, Sixième édition,
Masson
4
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet Denis Rouède
I MONTAGE
I1 I2 I
R1 R2
R
R4 : jauge
V
R1 = R2
R3
R3 = R4 R4
I’ = 0
𝑅4 𝑅3
→ 𝜀 = 𝑉( − )
𝑅1 + 𝑅4 𝑅2 + 𝑅3
ε s’annule lorsque R4 (R2 +R3) = R3 (R1 +R4), soit R2R4 + R3R4 = R1R3 + R3 R4, d’où :
𝑅4 𝑅3
𝜀=0⇔ = ⇔ 𝑅1 𝑅3 = 𝑅2 𝑅4
𝑅1 + 𝑅4 𝑅2 + 𝑅3
L’extrême sensibilité du montage permet de calculer directement R4 avec une bonne précision si on
a de bons étalons pour R1, R2 et R3.
𝑅4 + Δ𝑅 𝑅3
𝜀 = 𝑉( − )
𝑅1 + 𝑅4 + Δ𝑅 𝑅2 + 𝑅3
𝑅3 𝑅4
= suite à l'équilibrage du pont d'où :
𝑅2 + 𝑅3 𝑅1 + 𝑅4
𝑅4 + Δ𝑅 𝑅4
𝜀 = 𝑉( − )
𝑅1 + 𝑅4 + Δ𝑅 𝑅1 + 𝑅4
2
Si on souhaite refaire le calcul, il ne faut pas simplifier trop vite le quotient en effectuant l’hypothèse R1 + R4 + R4
R1 + R4 à partir de la deuxième ligne car on obtient dans ce cas ε = V.ΔR/(R 1 + R4)2. Cela revient alors à négliger deux
5
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet Denis Rouède
𝑅1 Δ𝑅
𝜀 = 𝑉( )
(𝑅1 + 𝑅4 + Δ𝑅)(𝑅1 + 𝑅4 )
Or R 0,1 R1 + R4 + R R1 + R4 d’ou:
𝑅1
𝜀=𝑉 Δ𝑅
(𝑅1 + 𝑅4 )2
Remarque :
L’analyse de l’expression de ε en fonction de R1 montre que ε est maximum si R1 =
R4. Il vaut donc mieux prendre des résistances R1 et R2 qui correspondent à la valeur de la jauge
pour avoir un maximum de signal.
IV DOUBLEMENT DE LA SENSIBILITE
On remplace R3 par une jauge de même nature
située en dessous de la barre. Avec déformation, on remplace R4 par R4 + R et R3 par R3 - R. On
obtient alors :
𝑅4 + Δ𝑅 𝑅3 − Δ𝑅
𝜀 = 𝑉( − )
𝑅1 + 𝑅4 + Δ𝑅 𝑅2 + 𝑅3 − Δ𝑅
(𝑅1 + 𝑅2 )Δ𝑅
𝜀 = 𝑉( )
(𝑅1 + 𝑅4 + Δ𝑅)(𝑅2 + 𝑅3 − Δ𝑅)
Et avec R2 = R1 :
2𝑅1 Δ𝑅
𝜀 = 𝑉( )
(𝑅1 + 𝑅4 )(𝑅2 + 𝑅3 )
2𝑅1
𝜀 = 𝑉( ) Δ𝑅
(𝑅1 + 𝑅4 )2
V COMPENSATION EN TEMPERATURE
On ne traite que le cas le plus simple où R3 est une
jauge de même nature que R4, soumise à la grandeur d’influence mais pas à la déformation (jauge
collée perpendiculaire à la déformation). Avec déformation et grandeur d’influence, on remplace R4
par R4 + R + RT et R3 par R3 + RT
fois R au lieu d’une. De plus, si on identifie les deux expressions obtenues pour , cela revient à faire l’hypothèse R1 +
R4 ≈ R1.
6
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet Denis Rouède
(𝑅2 𝑅4 + 𝑅2 Δ𝑅 + 𝑅2 Δ𝑅𝑇 − 𝑅1 𝑅3 − 𝑅1 Δ𝑇
𝜀 = 𝑉( )
(𝑅1 + 𝑅4 )(𝑅2 + 𝑅3 )
𝑅2 Δ𝑅 + (𝑅2 − 𝑅1 )Δ𝑅𝑇
𝜀 = 𝑉( )
(𝑅1 + 𝑅4 )(𝑅2 + 𝑅3 )
𝑅2 Δ𝑅
𝜀 = 𝑉( )
(𝑅1 + 𝑅4 )(𝑅2 + 𝑅3 )
On retrouve la même expression → la grandeur d’influence ne modifie pas le résultat avec cette
configuration. On pourrait démontrer qu’en prenant pour R3 la jauge collée au-dessous, on aurait
doublement de la sensibilité et compensation en température. Pour ce faire, il suffit de faire les
permutations R3 → R3 + R + RT et R4 → R4 + R + RT.
On considère une barre (supposée de poids négligeable) soumise à une flexion circulaire pure
obtenue par pincement de la barre à chaque extrémité en exerçant un couple de flexion C identique
en tout point de la barre. Dans ce cas, le rayon de courbure R est le même en tout point de la barre
et Ω est le centre de courbure unique de la barre (flexion circulaire).
7
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet Denis Rouède
𝑑𝛼 𝑦
𝜀𝑥𝑥 = −𝑦 =− (1)
𝑑𝑥 𝑅
Le petit élément en gris qui s’allonge (y < 0) est donc soumis en M à une contrainte positive
σ (N/m2) normale à sa section droite d'expression :
𝜎 𝑦
=− (2)
𝐸 𝑅
Les deux points essentiels à retenir sont (i) la contrainte σ change de signe de part et d'autre de la
ligne neutre centrale (ii) la valeur de cette contrainte σ dépend du rayon de courbure de la barre qui
est ici constant dans le cas d'une section circulaire.
En écrivant que le moment des forces –yσds sur l’ensemble de la section S forme le couple de
rappel –C, on obtient :
𝐸
∫ 𝑦𝜎𝑑𝑆 = −𝐶 → − ∫ 𝑦 2 𝑑𝑆 = −𝐶
𝑆 𝑅 𝑆
𝐸𝐼 𝑑𝛼
𝐶= = 𝐸𝐼 (3)
𝑅 𝑑𝑥
8
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet Denis Rouède
Remarque : le cisaillement est constant sur chaque section droite. C'est le résultat de
l'approximation du poids négligeable.
L’existence de l’effort tranchant T entraîne (i) une variation du moment fléchissant C d’une section
à l’autre de la barre, (ii) une variation du rayon de courbure R de la barre (R = dx/dα).
C = F(L – x) (4)
Déformation longitudinale εxx de la barre de poids négligeable sous l'action d'une force extérieure
F:
Soient b l’épaisseur et a la largeur a de la barre de longueur L
𝑑𝛼
(1) 𝜀𝑥𝑥 = −𝑦
𝑑𝑥
𝑑𝛼 𝐶 𝐹(𝐿 − 𝑥) 𝑦 = −𝑏/2 𝐹𝑏(𝐿 − 𝑥) 6𝐹
(3) = → 𝜀𝑥𝑥 = −𝑦 → 𝜀𝑥𝑥 = = (𝐿 − 𝑥)
𝑑𝑥 𝐸𝐼 𝐸𝐼 2𝐸𝐼 𝐸𝑎𝑏 2
(4) 𝐶 = 𝐹(𝐿 − 𝑥)
Soit deux points voisins C0 et D0 de la ligne neutre séparés par dx. R et α sont respectivement le
rayon de courbure et l'angle de courbure en C0. R et α varient le long de la barre car la flexion n'est
plus circulaire. Si les courbures sont grandes et les déplacements verticaux dy suivant y sont faibles,
on a :
9
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet Denis Rouède
dy ≈ αdx (5)
𝑑𝛼
(3) 𝐶 = 𝐸𝐼
𝑑𝑥
𝑑2 𝑦 𝐹 𝑥=𝐿 𝐹𝐿3
(4) 𝐶 = 𝐹(𝐿 − 𝑥) → = (𝐿 − 𝑥) → 𝑦𝑚𝑎𝑥 =ℎ=
𝑑𝑥 2 𝐸𝐼 3𝐸𝐼
𝑑𝑦
(5) 𝛼 =
𝑑𝑥
10
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
MESURE DE TEMPERATURE
I INTRODUCTION
I.1 Définitions
[1], p. 12 ; [2], p. 116 ; [5], ch. 20 ; [11], p. 13 à 16.
La température est une variable d'état intensive traduisant l'état thermique d'un milieu, à savoir le
degré d'agitation des particules. C'est une grandeur macroscopique non réductible aux autres
paramètres (mécaniques, électriques...), dont l'introduction est nécessaire pour décrire complètement
le système considéré au niveau macroscopique. Elle est spécifique de la théorie thermodynamique,
l'autre grandeur étant l'entropie. Il y a plusieurs définitions équivalentes de la température :
- la température thermodynamique est celle introduite à l'énoncé du second principe.
Il en découle sa définition fondamentale liée à l'énergie interne et à l'entropie du système considéré :
𝜕𝑈
𝑇=( )
𝜕𝑆 𝑋
X désignant l'ensemble des autres paramètres extensifs maintenus constants. Telle quelle, cette
grandeur n'est pas facile à utiliser en pratique.
- la température cinétique est celle introduite lors de l'étude microscopique du gaz
parfait ([1], ch. 2, § 3 ; [5], ch. 2, § III). C'est une mesure de son énergie cinétique microscopique,
donc de son énergie interne. Elle est basée sur un modèle théorique de gaz.
- les propriétés des gaz réels aux faibles pressions permettent de définir une échelle
expérimentale de température appelée température absolue.
On peut démontrer l'équivalence de l'échelle thermodynamique et de l'échelle des gaz parfait (cf. [1],
ch. 8, § 2.5). L'extrapolation aux pressions nulles permettant de faire coïncider la température absolue
avec la température cinétique ([1], ch. 3, § 3). On achève ainsi l'unicité de ces 3 grandeurs.
1
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Remarque :
La mesure d’une température n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Il faut respecter les
consignes suivantes :
- s’assurer que le milieu étudié est en équilibre thermique.
- pour les liquides, agiter le milieu afin d'éviter les gradients de température.
- éviter les ponts thermiques.
- utiliser de la glace pilée pour réaliser les bains à 0 °C.
II.1 Montage
On utilise la relation de proportionnalité entre la pression d’un gaz parfait
et la température à volume constant. Le matériel est constitué d'un flacon en verre Pyrex relié à un
manomètre électronique différentiel Digitron 2083P. Pour mesurer une température inconnue (celle
de l'ébullition de l'eau dans notre exemple), on procède en 2 étapes :
- mesure de la pression du gaz dans le thermostat de référence : point de fusion de
la glace à 273,15 K (à défaut du point triple de l'eau).
- mesure de sa pression dans la source de température inconnue T.
Mélange eau-glace : il vaut mieux utiliser de la glace pilée pour favoriser les échanges thermiques
avec la phase liquide. Comme eau, on peut prendre de la glace fondue pour faire durer le mélange
(n’en mettre qu’une quantité suffisante). Laisser l'équilibre thermique s'installer.
Thermostat eau à l’ébullition : il faut une ébullition franche et établie depuis suffisamment longtemps
(il y a un dégazage initial qui peut être confondu avec l’ébullition). On peut contrôler la température
du bain avec un thermomètre de précision en cas de doute.
Précautions à respecter :
Cette expérience est facilement perturbée par la présence d'eau dans le
ballon car sa pression de vapeur saturante varie très vite avec la température → Une simple goutte
dans le flacon peut introduire une surpression très importante à 100 °C (risquée pour le matériel et
l'opérateur) et un peu de buée suffit déjà à fausser les mesures. → Il faut sécher l'intérieur du ballon
ainsi que le bouchon avec un sèche-cheveux avant de fermer le flacon.
2
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
II.2 Mesures
Si on néglige la dilatation du ballon, l'équation des gaz parfaits donne :
𝑃é𝑏 𝑉 𝑇𝑒𝑏 𝑃é𝑏
= =
𝑃𝑒𝑎𝑢/𝑔𝑎𝑙𝑐𝑒 𝑉 𝑇𝑒𝑎𝑢/𝑔𝑎𝑙𝑐𝑒 𝑃𝑒𝑎𝑢/𝑔𝑎𝑙𝑐𝑒
Le manomètre utilisé étant différentiel1, il mesure Px = Patm + Px. On obtient donc la température
par la relation suivante (avec la température en Kelvin) :
𝑃𝑎𝑡𝑚 + 𝛥𝑃𝑒𝑏
𝑇é𝑏 = 𝑇
𝑃𝑎𝑡𝑚 + 𝛥𝑃𝑒𝑎𝑢/𝑔𝑙𝑎𝑐𝑒 𝑒𝑎𝑢/𝑔𝑙𝑎𝑐𝑒
Remarques :
Le volume du tuyau de liaison entre le ballon et le manomètre engendre une erreur
systématique sur la mesure de pression car le gaz contenu à l’intérieur du tuyau n'est pas à la
température de mesure → on a intérêt à utiliser un tuyau très court pour minimiser cette erreur.
Si la pression atmosphérique n'est pas normale (1013 mbar) au moment de l’expérience,
il faut consulter un Handbook pour connaitre la valeur de la température d'ébullition de l'eau qu’on
doit obtenir dans les conditions de l’expérience.
L'air contenu dans le ballon n'est pas rigoureusement un gaz parfait. Il s'agit donc d'une
expérience de principe. Il faudrait idéalement réaliser les mesures avec une pression de remplissage
du ballon de plus en plus faible et extrapoler le rapport 𝑃é𝑏 /𝑃𝑒𝑎𝑢/𝑔𝑙𝑎𝑐𝑒 lorsque cette pression tend vers
zéro2 (cf. [1], p. 57). Les écarts à l'idéalité ne peuvent cependant pas être mis en évidence
expérimentalement car ils sont inférieurs à la précision des mesures.
III.1.1 Introduction
C'est l'instrument légal d'interpolation entre 13,8 K et 962
°C. On met à profit la variation de la résistance d'un conducteur métallique en fonction de la
température. Pour les thermomètres industriels à résistance de platine (TIRP) qu’on rencontre le plus
souvent, les équations d'interpolation retenues (cf. [2], p. 279 ou [12], p. 204 - 220) sont encore celles
de l'EIPT 68 (ancienne échelle de température) à savoir :
1
On peut trouver la valeur de la pression atmosphérique au moment de l’expérience sur le site internet de Météo France
par exemple.
2
Attention à ne pas confondre pression dans le ballon et pression dans l’expérience : il faudrait utiliser un ballon contenant
de moins en moins de gaz (Pballon → 0), et mesurer sa pression dans un mélange eau/glace et dans une eau portée à
ébullition sous une pression qui reste égale à une atmosphère.
3
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
𝑅𝑇 = 𝑅0 (1 + 𝐴𝑇 + 𝐵𝑇 2 ) Pour 0 °𝐶 ≤ 𝑇 ≤ 962 °𝐶
𝑅𝑇 = 𝑅0 [1 + 𝐴𝑇 + 𝐵𝑇 2 + 𝐶𝑇 3 (𝑇 − 100)] Pour − 200 °𝐶 ≤ 𝑇 ≤ 0 °𝐶
Attention, dans ces équations connues sous le nom de Callendar et Callendar - Van Dusen, la
température doit être exprimée en degré Celsius !
Les résistances de platine utilisées en thermométrie industrielle sont normalisées. On les nomme en
général par la valeur qu’elles prennent à 0 °C. Les plus courantes sont les Pt 100 ou les Pt 1000
(respectivement 100 et 1000 à 0 °C). Une classe est aussi indiquée pour informer sur le degré de
précision garanti sur la valeur de la résistance. Les deux normes les plus courantes sont les normes
européennes (IEC 751) et américaines (ASTM 1137). Les résistances utilisées ici sont des Pt 100 de
classe A suivant la norme IEC 751.Elles doivent alors respecter les valeurs suivantes :
𝐴 = 3,90802 10−3 °𝐶 −1
𝐵 = − 5,775 10−7 °𝐶 −2
𝐶 = − 4,274 10−12 °𝐶 −4
La détermination d’une température T se ramène alors à la mesure de la valeur 𝑅𝑇 . Il suffit ensuite,
pour des mesures au-dessus de 0 °C, de résoudre l’équation du 2nd degré :
𝑅
𝑅𝑇 −𝐴 + √𝐴2 − 4𝐵 (1 − 𝑅𝑇 )
0
𝐵. 𝑇 2 + 𝐴. 𝑇 + (1 − )=0 → 𝑇=
𝑅0 2𝐵
Le calcul de T peut alors s’effectuer à l’aide d’un tableur. On l’a effectué entre 0 et 100 °C pour une
résistance valant exactement 100 à 0 °C. On s’aperçoit alors que la résistance de platine à un
comportement pratiquement linéaire (l’écart à la linéarité ne dépasse pas 0,3 %) :
La sensibilité est donc pratiquement constante dans cette gamme de température et vaut ≈ 2,6 °C/Ω,
soit ≈ 0,39 Ω/°C → la résistance de platine est un capteur peu sensible et il faut un ohmmètre
performant pour déterminer une température avec précision. Il faut aussi noter que le rapport ΔR/ΔT
n’est pas le meilleur critère pour évaluer la sensibilité thermique d’un capteur car on conçoit qu’une
variation de 0,39 Ω/°C autour de 100 Ω soit plus facile à mesurer précisément que la même variation
autour de 10 000 Ω. On préfère donc définir la sensibilité thermique relativement à la valeur de la
4
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
1 𝑑𝑅
𝛼=
𝑅 𝑑𝑇
Ce paramètre, appelé aussi coefficient de température du capteur, vaut par exemple ≈ 3,6.10-3 (°C)-1
pour une résistance de platine à 20 °C → Comme 𝛥𝑅/𝑅 = 𝛼. 𝛥𝑇, il faut mesurer sa résistance à ≈
0,4 % près si on veut une température précise à 1 °C près, ou à ≈ 0,04 % près si on veut un résultat
au dixième de degré près. Cela confirme qu’il faut un multimètre performant pour faire des mesures
précises. Il sera intéressant de comparer la sensibilité d’une Pt100 à celle d’une thermistance.
Remarque :
Le mélange eau/glace et l’ébullition de l’eau ne sont pas des points fixes dans l’EIT
90 car les transitions de phases retenues dans cette échelle sont des points triples ou des équilibres
solides/liquides. Les premiers ont été choisis car ils sont parfaitement définis (𝑃𝑇 , 𝑇𝑇 fixés), les
seconds parce qu’ils sont moins sensibles à la pression que les équilibres liquide/vapeur. Il est donc
plus judicieux de parler d’équilibres monovariants pour le mélange eau/glace et l’ébullition de l’eau.
A noter aussi qu’il existe deux points fixes à des températures raisonnables, la fusion du Gallium à
29,7646 °C et celle de l’Indium à 156,5985 °C, mais ces produits sont assez chers. On ne peut donc
présenter que des expériences de principe sur des équilibres monovariants.
3
Le platine n’est pas en cause ici. On est surtout limité par la tenue en température des soudures et des fils de liaison.
4
Ce n’est pas nécessaire si la précision des mesures de résistances est inférieure à la classe de la sonde. Il est alors plus
simple de prendre la valeur de 100 Ω avec la tolérance de 0,06 Ω pour une classe A à condition que le capteur respecte
encore cette classe.
5
Sondes 4 fils de marque Correge disponibles chez Radiospares sous la référence 407-1387.
5
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
le multimètre le plus performant à notre disposition6. Les mesures ont été moyennées sur 200
acquisitions pour limiter l’incidence des fluctuations, notamment à l’ébullition :
Résistance 1 2 3 4 5
Reau/glace () 99,49 100,00 99,80 99,99 99,71
Réb () 137,62 138,51 138,23 138,53 138,44
Téb (°C) 99,53 100,04 100,01 100,12 99,95
Exactitude :
On doit obtenir une température d’ébullition de 100 °C puisque la pression
atmosphérique correspondait aux conditions normales dans l’expérience7. On obtient des résultats
très proches de cette valeur (écart maximum de 0,12 % si on enlève la sonde n°1). Les résistances de
platine permettent donc des mesures précises. Il faut le confirmer en estimant les incertitudes. Le
calcul exact est assez lourd puisque la valeur de deux résistances intervient dans une équation du
second degré. On peut simplifier le problème en réduisant l’équation de Callendar à l’ordre 1
puisqu’on a pratiquement une droite dans la gamme de température explorée. On a alors8 :
2
1 𝑅é𝑏 1 𝑅
𝑇é𝑏 = ( − 1) → 𝛥𝑇é𝑏 = √(𝛥𝑅é𝑏 )2 + ( é𝑏 𝛥𝑅0 )
𝐴 𝑅0 𝐴. 𝑅0 𝑅0
L’appareil utilisé donnant les valeurs de R0 et Réb à 0,02 Ω près → On obtient : 𝛥𝑇é𝑏 ≈ 0,1°𝐶
Les résultats obtenus sont donc cohérents avec la valeur attendue si on exclut la sonde n° 1 (on a aussi
un léger écart avec la résistance n°4 mais il se justifie si on tient compte de la dispersion des mesures ;
cf. § suivant). On voit donc sur cette expérience tout l’intérêt des résistances de platine comme
instrument légal d’interpolation : on peut faire des mesures précises, reproductibles et sans problèmes
d’interchangeabilité si le capteur est de qualité. Le platine a été choisi car c’est un métal noble (il
vieillit bien, bonne inertie chimique, pas d’oxydation), on peut l’obtenir avec une très grande pureté
(99,999 % ; ce qui permet de « fixer » avec une grande précision ses caractéristiques électriques) et
6
Multimètre 6 ½ Digits Keithley 2000 ; les mesures de Reau/glace et Réb sont alors précises à 0,02 Ω près.
7
Si ce n’est pas le cas, il faut chercher la température d’ébullition attendue dans un Handbook.
8
On a utilisé une combinaison quadratique des incertitudes car les mesures de R 0 et Réb ne sont pas faites sur le même
calibre de l’appareil et il y a aussi des erreurs aléatoires dont il faudrait tenir compte (cf. § suivant).
6
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
sa température de fusion (1769 °C) autorise un emploi jusqu'à des températures élevées avec une
sonde adaptée. La faible sensibilité thermique des métaux oblige par contre à disposer d’un ohmmètre
performant si on veut des mesures précises.
Résistance 1 2 3 4 5
Écart type 𝑅0 () 380 250 220 310 540
Écart type 𝑇0 (°C) 0,001 0,0007 0,0006 0,0008 0,0014
Écart type 𝑅é𝑏 (m) 70 13 10 12 13
Écart type 𝑇é𝑏 (°C) 0,13 0,03 0,02 0,03 0,03
Les instabilités de mesure sont très faibles. Les fluctuations sur 𝑅0 sont seulement de quelques
centaines de µΩ, soit une variation de température10 équivalente de l’ordre du 1 m°C pour le mélange
eau/glace (on rappelle qu’on caractérise la stabilité de l’ensemble appareil-sonde-bain) ! Le résultat
est moins bon pour l’équilibre liquide/vapeur (≈ 30 m°C si on excepte la sonde n°111), mais c’est
assez logique puisque cette transition de phase est turbulente, au contraire de la transition
solide/liquide. On voit donc ici tout l’intérêt des équilibres monovariants : s’ils sont bien réalisés, on
a un milieu très stable en température et qui peut servir de référence. On a alors intérêt à privilégier
les équilibres solides/liquides pour leur plus grande stabilité et pour leur plus grande insensibilité à la
pression (problème qui disparait totalement avec les points triples).
Remarque :
Il faudrait en toute rigueur reprendre le calcul d’incertitude sur Téb en tenant compte de
ces variations aléatoires de résistance. La correction est minime pour 𝛥𝑅0 (≈ 300 µΩ, à comparer
aux 0,02 Ω de l’appareil) mais c’est moins le cas pour 𝛥𝑅é𝑏 (les fluctuations sont de l’ordre de
grandeur de la précision du multimètre) → il faudrait recalculer Réb en ajoutant en quadratique
l’incertitude de l’appareil et celle liée aux fluctuations (qui se calcule par la relation ≈ 2𝜎𝑇é𝑏 /√𝑁𝑚𝑒𝑠 ).
L’encadrement serait élargi mais l’effet est assez minime.
9
Equilibre thermique, milieu homogène, … pour le bain. Stabilité, vitesse de la mesure, … pour le multimètre.
10
Ces valeurs s’obtiennent à partir de la sensibilité thermique de la résistance de platine par la relation ΔT = ΔR/(α.R).
11
On peut raisonnablement exclure cette sonde car la dispersion sur ses mesures est beaucoup plus forte que celle des 4
autres capteurs qui ont, pour leur part, un comportement assez proche les uns des autres.
7
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
V V V
I I I I i E I
A Rp
r r r r r r
V = rI + RI + rI Zvoltmètre → i ≈ 0
→ V/I = r + R + r → V = ri + R(I + i) + ri ≈ RI
L’appareil envoie un courant I de valeur connue dans la résistance via deux bornes et mesure la
tension V apparaissant sur ces mêmes bornes. Il en déduit alors R en calculant le rapport V/I. En
procédant de la sorte, il surestime la tension aux bornes de R puisqu’il prend aussi en compte les
chutes de tension intervenant le long des fils de liaison12 → le rapport V/I lui donne R + rfils de liaison et
non pas R. On peut éliminer cette erreur systématique en mesurant la tension avec des fils différents
de ceux qui servent à envoyer le courant (schéma du centre). L’impédance d’un voltmètre étant
idéalement infinie, on peut considérer qu’il n’y a pas de courant circulant dans ces cordons. Il n’y a
par conséquent aucune chute de potentiel dans le circuit de mesure de V → La rapport V/I donne
alors une estimation plus juste de R13. Voici à titre indicatif les résultats obtenus avec les capteurs
utilisés précédemment :
Résistance 1 2 3 4 5
𝑅𝑒𝑎𝑢/𝑔𝑙𝑎𝑐𝑒 () en 2 fils 100,05 100,058 100,35 100,55 100,29
𝑅𝑒𝑎𝑢/𝑔𝑙𝑎𝑐𝑒 () en 4 fils 99,49 100,00 99,80 99,99 99,71
On constate que la mesure en 2 fils donne systématiquement un résultat supérieur d’environ 0,5 - 0,6
Ω sur la mesure en 4 fils14. C’est un écart faible dans l’absolu mais il entraine une erreur systématique
de plus de 1 °C si on tient compte de la sensibilité de la résistance de platine ! Il faut donc corriger ce
biais si on veut une mesure précise.
Remarque :
Si on ne dispose pas de multimètre 4 points, on peut réaliser un montage de principe à
l’aide d’appareils classiques. Il suffit de reproduire le schéma de droite en remplaçant le générateur
de courant par un générateur de tension de quelques volts. Le plus gros souci alors est de ne pas
envoyer un courant trop fort dans le capteur → on peut rajouter une résistance de protection de l’ordre
de 1000 Ω pour limiter l’intensité de mesure.
12
On a supposé que les fils de liaisons ont tous la même résistance pour simplifier les écritures.
13
Mais il reste encore les résistances des contacts.
14
Cette valeur dépend de la longueur des câbles de liaison et de leur section ; elle dépend donc du modèle de sonde
utilisé.
8
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
sa résistance par la méthode des 4 fils, en déduire la température par l’équation de Callendar Van
Dusen appropriée a cette gamme de température, et comparer à la valeur attendue (-195,8 °C sous
une pression de 1 bar). A noter que le point fixe le plus proche retenu dans l’EIT 90 est le point triple
de l’argon (-189,344 °C).
Montage :
[8], p.103
Diaphragme
Thermomètre à refroidi par eau
thermocouple
FOUR
220 V
Thermopile
Transfo Alternostat Multimètre
d'isolement 6 ½ Digit
20 cm max
On alimente le four avec une tension comprise entre 200 et 220 V et on note la tension aux bornes de
la thermopile pour des températures de four comprises entre 100 et 500 °C par pallier de 50°.
Exploitation :
Le détecteur devant mesurer un flux énergétique total, il doit avoir une réponse
spectrale plate, d'où le choix de la thermopile malgré sa faible sensibilité. Ce détecteur, de par son
principe de fonctionnement (cf. [8], p. 78), mesure en fait la différence entre la température T du four
et celle du milieu ambiant (plus précisément la température à l’arrière de la sonde). On peut le vérifier
lorsque le four est à l’ambiante : la tension aux bornes de la thermopile doit alors être nulle.
15
Raisonnement valable pour un métal ; C’est l’inverse pour une thermistance CTN.
16
Si on tient à faire une expérience, il vaut mieux utiliser le montage de principe, diminuer la valeur de RP pour augmenter
le courant de mesure, et faire une étude dans l’air ambiant qui est un gaz (un milieu qui évacue beaucoup moins bien la
chaleur qu’un liquide). La mesure initiale de la résistance doit alors être inférieure aux mesures suivantes.
9
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
L'expérience doit donc permettre de vérifier que le signal aux bornes de la thermopile est
proportionnel à 𝑇 4 − 𝑇04 . Le facteur de proportionnalité dépend de la sensibilité de la thermopile, de
la géométrie du montage et est proportionnelle à la constante de Stéfan. Se reporter au montage
« Emission, Absorption » pour un exemple de résultat.
Remarque :
On peut illustrer simplement le principe de fonctionnement d’une thermopile :
Milli Voltmètre
C
Thermocouple avec
QI extrémité noircie
Pour que l'expérience soit probante, il faut condenser un maximum de lumière sur le capteur pour
avoir un échauffement important → il faut utiliser un condenseur de très courte focale, ajuster le
tirage de lampe au maximum et placer l'extrémité du thermocouple à l'endroit précis du point de
convergence. Pour ce faire, il est préférable de fixer le thermocouple sur un support stable. On peut
alors rechercher l'échauffement maximum en déplaçant progressivement le capteur tout en notant
l’évolution de la tension aux bornes du thermocouple.
IV AUTRES THERMOMETRES
Il existe de nombreux systèmes permettant de mesurer des
températures ; il n'est pas question d'en faire une présentation exhaustive. On s'intéressera plus
particulièrement à deux capteurs couramment employés, les thermistances et les thermocouples.
IV.1.1 Introduction
Il existe différents types de thermistances. Les plus
courantes sont celles à coefficient de température négatif (CTN). Ce sont des céramiques constituées
d’un agglomérat d’oxydes métalliques semi-conducteurs poly cristallins (MgO, Mn2O3, Fe3O4,
ZnTiO4, NiMn2O4, …). Les mécanismes de conduction électrique dans ce type de matériau sont assez
complexes17 mais si la dépendance en température de la résistivité d’un métal est due à la variation
de la mobilité d’un nombre constant de porteurs de charge, c’est surtout la concentration en porteurs
qui est modifiée ici. L’agitation thermique agit de manière similaire au cas des semi-conducteurs
classiques18 en faisant apparaitre des porteurs de charges supplémentaires qui participent à la
17
Différents processus activés thermiquement peuvent intervenir : la création de paires électrons/trous comme dans le
silicium ou le germanium, mais aussi un phénomène de « hopping », c'est-à-dire le saut d’électrons positionnés sur des
ions positifs de valence n (donneurs) vers des ions positifs de même nature mais de valence n + 1 (accepteurs). Cela est
rendu possible par la présence d’oxydes de métaux de transition (Mn, Co, Ni, Cu, Fe, ...) sous différents degrés
d'oxydation, situés à proximité les uns des autres dans des sites d’insertion d’une structure cristalline de type spinelle.
18
On peut glaner des informations sur ce point dans le montage consacré aux semi-conducteurs.
10
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
1 1
𝑅 = 𝑅𝑁 . 𝑒𝑥𝑝 [𝐵 ( − )] avec la température en Kelvin
𝑇 𝑇𝑁
B est l'indice de sensibilité thermique. Il est spécifique au matériau mais n’est pas constant en toute
rigueur → Les constructeurs donnent sa valeur calculée à partir de deux points20 (R1, T1) et (R2, T2)
de la courbe 𝑅(𝑇) avec une formule déduite de la relation précédente :
𝑇1 . 𝑇2 𝑅1
𝐵1/2 = 𝑙𝑛 ( ) avec la température en Kelvin
𝑇2 − 𝑇1 𝑅2
Les variations de B étant faibles entre 0 et 100 °C et on peut considérer en première approximation
que B est constant dans cette gamme de température. La courbe 𝑅 = 𝑓(1/𝑇) doit donc présenter une
évolution en forme d’exponentielle.
Coefficient de température :
On obtient son expression en dérivant la loi exponentielle par rapport à
T:
𝐵
𝛼=−
𝑇2
On constate que la sensibilité thermique n’est pas constante. Elle est plus forte aux basses
températures et diminue quand T augmente. La zone de forte sensibilité dépend de la valeur de B. La
plupart des thermistances rencontrées dans le commerce ont un coefficient B compris entre 3000 et
4000 K qui leur permet d’être typiquement 10 fois plus sensibles que les résistances métalliques aux
températures proches de l’ambiante. C’est le principal intérêt de ce type de capteur. On s’en sert
couramment pour faire de la régulation de température ou pour produire des thermomètres sensibles
à peu de frais. L’interchangeabilité est par contre moins bonne si on ne procède pas à une sélection
des composants car les tolérances de fabrication sont généralement de l’ordre de 10 %.
IV.1.2 Mesures
Il faut explorer une gamme de température suffisamment large
pour observer le caractère exponentiel de la caractéristique. Un indice de sensibilité thermique B
d’environ 3500 K permet une étude entre 0 et 100 °C → La manipulation a été testée avec une
thermistance possédant les caractéristiques suivantes21 :
𝑅25 (Ω) 𝛥𝑅25 /𝑅25 (%) 𝐵25/100 (K) 𝛥𝐵25/100 /𝐵25/100 (%)
1 000 5 3730 3
19
Si on veut des mesures plus précises, il faut utiliser les courbes caractéristiques R(T) éventuellement fournies par le
constructeur ou recourir à l’équation de Steinhart-Hart.
20
Ils se réfèrent souvent aux températures de 25 °C et 100 °C et donnent la valeur B 25/100 dans leur datasheet. On peut
parfois trouver B0/100, B100/200. Ces valeurs sont aussi calculées avec l’expression de B1/2.
21
Composant disponible chez Radiospares sous la référence 191-2235.
11
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Multimètre
Ohmmètre
6 ½ Digit
Plateau chauffant tournant
On porte de l’eau à ébullition, on arrête alors le chauffage et on prend les mesures pendant le
refroidissement en agitant pour avoir un milieu homogène. La température est mesurée à l’aide d’une
sonde de platine, la conversion R → T étant faite avec l’équation de Callendar. On peut gagner du
temps en filmant l’affichage des appareils avec une webcam. Une fois le refroidissement terminé, on
n’a plus qu’à repasser le film pour prendre les mesures. A noter qu’on peut remplacer l’eau par de
l’huile (de friture par exemple) si on souhaite faire des mesures au-dessus de 100 °C.
IV.1.3 Résultats
Voici à titre indicatif le résultat d’une série de mesure.
L'analyse de la courbe R = f (T) permet de faire les constatations suivantes : la réponse est non linéaire
et la sensibilité absolue est plus grande à basse température. La courbe lnR = f(1/T) est une droite, ce
qui valide l’hypothèse simplificatrice B = cte :
1 1 𝐵 𝐵
𝑅 = 𝑅𝑁 . 𝑒𝑥𝑝 [𝐵 ( − )] → 𝑙𝑛𝑅 = 𝑙𝑛𝑅𝑁 − +
𝑇 𝑇𝑁 𝑇𝑁 𝑇
La pente de la droite lnR = f(1/T) permet d’obtenir l’indice de sensibilité thermique. On trouve B =
3650 K avec nos mesures, une valeur qui concorde avec celle annoncée par le constructeur (2 %
12
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
d’écart22). On peut en déduire la sensibilité thermique α pour quelques températures (𝛼𝑇ℎ = −𝐵/𝑇 2 )
et la comparer à celle d’une résistance de platine (𝛼𝑃𝑡 = 0,38/𝑅𝑇 ) :
T (°C) 0 20 40 60 80 90 100
𝛼𝑇ℎ (K-1) -0,049 -0,042 -0,037 -0,033 -0,029 -0,028 -0,026
𝛼𝑃𝑡 (K-1) 0,0039 0,0036 0,0033 0,0031 0,0029 0,0029 0,0028
On constate que la thermistance est environ 10 fois plus sensible que la résistance de platine →
Comme 𝛥𝑅/𝑅 = 𝛼𝛥𝑇, la détermination d’une température au dixième de degré près nécessite une
mesure de résistance à 0,4 % alors qu’il faut un appareil 10 fois plus précis avec le platine. On peut
donc utiliser un appareil moins onéreux, en gardant une bonne précision de mesure si on connait bien
les caractéristiques de la thermistance. Cette sensibilité est aussi mise à profit dans la réalisation de
régulations de température (thermostats d’ambiance par exemple).
IV.1.4 Dispersion
L’utilisation d’une résistance de platine respectant la classe
A est un avantage en cas de changement de sonde car la dispersion tolérée dans cette classe conduit
a des différences de température assez faibles23 suivant le capteur. C’est moins le cas avec les
thermistances car les constructeurs garantissent les caractéristiques avec une tolérance plus lâche. On
peut comparer plusieurs exemplaires d’un même modèle pour s'en convaincre.
Manipulation :
On à 6 exemplaires de la thermistance utilisée précédemment. Le constructeur
donnant des tolérances à 25 °C, il serait préférable de faire les mesures à cette température. L’absence
de régulation de température nous a conduits à faire cette étude à 0 °C et 100 °C :
Thermistance 1 2 3 4 5 6
𝑅0 () 3079 3065 2934 2944 2906 2977
𝑅100 () 84,3 84,2 78,6 78,6 78,4 79,6
𝐵0/100 (K) 3667 3664 3690 3693 3682 3691
𝑇100 (°C) 99,5 99,4 100,3 100,4 100,0 100 ,4
Analyse :
La dispersion24 sur 𝑅0 et 𝑅100 est de l’ordre de 3 %, ce qui est cohérent avec les 5 %
annoncés pour R25. On s’est servi des valeurs 𝑅0 et 𝑅100 pour calculer l'indice de sensibilité thermique
de chaque capteur avec l’expression du § IV.1.1. La dispersion sur 𝐵 est alors de l’ordre de 0,3 %,
une valeur assez faible comparée à celle annoncée par le constructeur (3 %). Ces écarts sont cependant
suffisants pour poser des problèmes d’interchangeabilité si on veut des mesures précises. Pour le
vérifier, on a calculé la température de l’eau à ébullition pour chaque thermistance en prenant leurs
valeurs de 𝑅0 et 𝑅100 , mais avec l’indice moyen de sensibilité thermique calculé sur les 6 capteurs →
On trouve une température moyenne de 100 °C cohérente avec le fait que la pression atmosphérique
était alors de 1013 mbar, mais la dispersion est un peu plus forte qu’avec les Pt 100. Les résultats sont
donc assez bons dans l’absolu mais ils n’atteignent pas ceux obtenus avec les Pt 100.
IV.1.5 Applications
On peut illustrer le principe d'une régulation de
température (cf. [3], p.452) ou mesurer une très faible variation de température. On peut par exemple
réaliser un montage à transistor à émetteur commun et faire varier légèrement sa température en
22
Il tombe à 0,5 % si on calcule B25/100 à partir des valeurs R25 et R100 mesurées.
23
Inférieures à 0,2 °C.
24
Les dispersions ont été calculées en faisant le rapport de l’écart type à la valeur moyenne.
13
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
modifiant la valeur du courant IC (cf. [3], p. 160). On fixe un radiateur sur le transistor qu’on remplit
de graisse thermo conductrice et dans lequel on place la thermistance pour mesurer T. On doit alors
observer que la tension VBE varie en fonction de la température. Cette propriété est mise à profit pour
réaliser des thermomètres à jonction semi-conductrice (cf. [9], p. 113 ; [5], p. 369 ; [12], p. 185).
IV.2.1 Introduction
Les thermocouples mettent à profit l’effet Seebeck, un des
trois effets thermoélectriques autre que l'effet Joule :
- l'effet Thomson est l'effet thermique qui accompagne le passage d'un courant électrique
stationnaire dans un conducteur ohmique soumis à un gradient de température. Il y a absorption ou
dégagement de chaleur suivant le sens du courant et du gradient de température.
Q Q
ሱۛۛۛሮ ሱۛۛۛሮ
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑇 I 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑇 I
- l'effet Peltier est l'effet thermique qui accompagne le passage d'un courant électrique à travers
une jonction de deux milieux conducteurs A et B à la même température. Il y a absorption ou
dégagement de chaleur suivant le sens du courant et la nature des matériaux.
I
A B
- l'effet Seebeck est l'apparition d'une force électromotrice aux bornes aux bornes d’un
échantillon conducteur soumis à un gradient de température25 :
dE
T ሱۛۛۛሮ
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑇 T + dT 𝑑𝐸 = − 𝜀. 𝑑𝑇
La mesure absolue de cette f.é.m. n’est pas possible avec du matériel courant car l’utilisation de
cordons de liaison induit des effets thermoélectriques supplémentaires (cf. montage métaux). On doit
donc considérer au minimum l’association de deux conducteurs A et B :
E
I N M
A J2 T0
J1 A A
T1 B
T2
B J1 J2
T1 T2
25
Il n’y a pas d’incompatibilité entre l’expression de dE et les orientations du schéma car le sens réel de la f.é.m. dépend
du signe des coefficients thermoélectriques (cf. montage métaux).
14
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
𝑇 𝑇 𝑇 𝑇 𝑇
𝐸 = ∫𝑇 1 −𝜀𝐴 𝑑𝑇 + ∫𝑇 2 −𝜀𝐵 𝑑𝑇 + ∫𝑇 0 −𝜀𝐴 𝑑𝑇 = ∫𝑇 1 −𝜀𝐴 𝑑𝑇 + ∫𝑇 2 −𝜀𝐵 𝑑𝑇
0 1 2 2 1
𝑇2 𝑇2
Soit finalement 𝐸 = ∫ (𝜀𝐴 − 𝜀𝐵 )𝑑𝑇 = ∫ 𝑄𝑑𝑇
𝑇1 𝑇1
La f.é.m. dépend des coefficients thermoélectriques des deux métaux et de l’écart de température
entre les deux jonctions. Q correspond au pouvoir thermoélectrique du thermocouple. La relation 𝐸 =
𝑓(𝑇) n'est en général pas linéaire car la valeur de Q peut varier en fonction de la température. Il existe
de nombreux thermocouples (l’effet est présent dans n'importe quel milieu conducteur). Un des plus
courant est le thermocouple de type K qui consiste en une jonction Chromel (borne + : alliage 90 %
nickel, 10 % chrome) et Alumel (borne - : alliage 95% nickel, 2 % aluminium, 2 % manganèse, 1 %
silicium). C'est un thermocouple très stable avec une loi 𝐸(𝑇) pratiquement linéaire (Q ≈ 40 V.K-
1
) et qui peut s'utiliser de -200 °C jusqu'à 1260 °C si la constitution de la sonde le permet. Des tables
donnent aussi sa f.é.m. en fonction de la température (cf. Handbook par exemple) mais attention, il
faut parfois ajouter un décalage aux valeurs qu’elles donnent selon la température de référence de la
table.
Remarques :
- Ajouter des fils de liaison C ne perturbe pas les mesures s’ils sont de même nature et
si leurs extrémités sont à la même température car on a alors :
𝐽 𝐽1 𝐽2 𝐽 𝑀
E
𝐸 = 𝑉𝑀 − 𝑉𝑁 = ∫ 𝑑𝑉 + ∫ 𝑑𝑉 + ∫ 𝑑𝑉 + ∫ 𝑑𝑉 + ∫ 𝑑𝑉 N M
𝑁 𝐽 𝐽1 𝐽2 𝐽
𝑇 𝑇1 𝑇2 𝑇 𝑇0
C T0 C
𝐸 = ∫ −𝜀𝐶 𝑑𝑇 + ∫ −𝜀𝐴 𝑑𝑇 + ∫ −𝜀𝐵 𝑑𝑇 + ∫ −𝜀𝐴 𝑑𝑇 + ∫ −𝜀𝐶 𝑑𝑇
𝑇0 𝑇 𝑇1 𝑇2 𝑇 J T J
𝑇1 𝑇2 𝑇 A A
B
𝐸 = ∫ −𝜀𝐴 𝑑𝑇 + ∫ −𝜀𝐵 𝑑𝑇 + ∫ −𝜀𝐴 𝑑𝑇
𝑇 𝑇1 𝑇2 J1 J2
𝑇2 𝑇2 T1 T2
𝐸 = ∫ (𝜀𝐴 − 𝜀𝐵 )𝑑𝑇 = ∫ 𝑄𝑑𝑇
𝑇1 𝑇1
𝑇2 𝑇 𝑇2 𝑇2 B A
𝐸 = ∫ (−𝜀𝐵 )𝑑𝑇 + ∫ (−𝜀𝐴 )𝑑𝑇 = ∫ (𝜀𝐴 − 𝜀𝐵 )𝑑𝑇 = ∫ 𝑄𝑑𝑇
𝑇 𝑇2 𝑇 𝑇
J
T2
15
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Les thermomètres électroniques à un seul thermocouple fonctionnent sur ce principe. Le capteur est
alors directement connecté à l’instrument de mesure. L’absence de fils intermédiaires de liaison fait
qu’il faut connaitre la température T0 de l’appareil, ce qui est fait grâce à une thermistance placée à
l’intérieur du boitier. La méthode peut sembler étonnante car il faut quand même un deuxième capteur
et on peut se demander pourquoi on n’utilise pas directement la thermistance. L’avantage d’un tel
système est qu’on dispose d’une sonde de mesure (le thermocouple) robuste pouvant faire des
mesures sur une gamme plus étendue (les thermistances ont une plage d’utilisation limitée).
IV.2.2 Mesures
Le protocole est le même que pour la thermistance :
mV
Attention au sens de
branchement des Métal A Métal
thermocouples ! Métal B A
IV.2.3 Exploitation
Voici à titre indicatif le résultat d’une série de mesure
effectuée avec des thermocouples de type K :
La courbe obtenue est approximativement une droite (cf. [2], p. 120 et 287) → avec cette hypothèse,
la pente de la régression linéaire correspond au pouvoir thermoélectrique. On trouve ici Q = 40,1
µV/°C, la valeur typique des thermocouples de type K. Q correspond à la sensibilité thermique du
capteur26. Elle est très faible et il faut un voltmètre sensible pour effectuer les mesures. On peut
terminer en remarquant que le thermocouple est, au contraire des capteurs résistifs, un capteur actif
qui n’est pas soumis au phénomène d’auto échauffement.
IV.2.4 Application
Une fois vérifié l'accord entre les tables et l'expérience, on
peut utiliser les thermocouples pour mesurer la température de fusion de l'étain (cf. montage transition
de phase).
26
Elle n’est donc n’est donc pas définie tout à fait de la même manière que pour les capteurs résistifs
16
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Bibliographie :
[1] : Bertin Faroux : Thermodynamique ; chapitres 2 et 3 (clair et succinct)
[2] : Quaranta ; tome II : La thermodynamique (nouvelle édition)
[3] : Quaranta III
[5] : Pérez : Thermodynamique
[7] : BUP n° 687
[8] : Sextant : optique expérimentale
[9] : Duffait : Expériences d’électronique à l’agrégation de physique
[10] : Georges Asch : Les capteurs en instrumentation industrielle (5ème édition)
[11] : Labether : Mesures thermiques ; température et flux
[12] : Bureau national de métrologie (BNM) : l'EIT 90
17
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
TRANSITIONS DE PHASE
I INTRODUCTION
Une transition de phase consiste en un changement d’une ou de plusieurs
propriétés physiques d’un corps. Elle est provoquée par la variation d'un paramètre extérieur
particulier (température, champ magnétique...) lorsqu’il atteint une valeur seuil. Les transitions
auxquelles on pense en premier lieu sont bien évidemment celles qui affectent l’état d’un corps pur.
Chaque phase a un domaine d’existence fonction de P, V et T. On peut représenter ces domaines sur
différents diagrammes, comme par exemple le diagramme P(T) à V = cte :
P
Sublimation C
Fusion Vaporisation S L
SOLIDE LIQUIDE GAZ
Solidification Liquéfaction T G
Condensation
T
On peut donc étudier ces changements d’états ainsi que les points particuliers T et C qui sont des
caractéristiques des corps étudiés. On peut aussi envisager des transitions entre des phases autres
que les 3 états de la matière S, L et G (cf. [2], p. 452) ou l’on observe des changements affectant des
propriétés magnétiques ou électriques (transition ferro/para, transition supra, …). Il faut enfin noter
que les transitions de phase ont lieu lorsque des dérivées de l'énergie libre du système considéré
présentent une discontinuité pour certaines variables thermodynamiques, et que l'étude de la
continuité des dérivées nème de l'énergie libre a conduit à la classification d'Ehrenfest de ces
transitions (cf. [2], p. 452 et ci-après).
Montage :
[2], p. 239
Métal 1
Métal 2 Métal 1
U
Sn liquide
Il faut un capteur capable de supporter des températures assez élevées car la solidification a lieu à
232 °C. On peut prendre des thermocouples de type K constitués par l’association d’une tige en
Chromel (alliage nickel/chrome) et d’une autre en Alumel (alliage nickel/aluminium). Ces capteurs
mettent à profit l'effet Seebeck (cf. [1], p. 118 et [2], p.178 ou le montage Thermométrie) et la d.d.p.
mesurée aux bornes de l’ensemble est de la forme dU = (ε1 - ε2).dT avec ε1 et ε2 les pouvoirs
1
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
thermoélectriques des deux alliages. Ces coefficients dépendent de la température mais ceux des
types K sont pratiquement constants dans la plage de température explorée (ε1 - ε2 = 40 µV.K-1)
donc on a U Δε.(T - Tref). Le coefficient de proportionnalité étant très faible, il faut amplifier le
signal obtenu avant de l’envoyer vers un système d’acquisition. Le plus simple consiste à faire
passer U dans un amplificateur non inverseur :
R2
R1
_
Vers système
+ d’acquisition
U
Le gain G du montage vaut 1 + R2/R1 et on peut par exemple l’ajuster à 101 en prenant R2 = 100 kΩ
et R1 = 1 kΩ pour avoir un signal d’environ 1 V sur le palier de solidification de l’étain.
Manipulation :
Le gain de l’amplificateur étant important, il y a de fortes chances d’observer une
tension non nulle en sortie quand l’entrée + est à la masse à cause de la tension d’offset de l’AO
(elle est multipliée par G). Si c’est le cas, on peut mesurer ou enregistrer rapidement la tension de
sortie du montage quand l’entrée est court-circuitée ou quand les deux thermocouples sont plongés
dans le bain de glace pour retrancher cette valeur à la courbe enregistrée par la suite. Le choix de la
durée d’acquisition pour la courbe de refroidissement dépend de nombreux paramètres (quantité
d’étain, température atteinte après avoir dépassé la fusion, ...). Voici à titre indicatif le résultat d’une
acquisition effectuée avec une petite quantité d’étain :
La courbe en rouge correspond au signal d’origine. Celle en rose correspond au signal lissé pour
atténuer le bruit1 et corrigé du signal d’offset (négatif dans l’exemple) de l’amplificateur. On peut
ensuite convertir cette courbe en température compte tenu de la relation :
1
On a testé par la suite le filtrage passe bas numérique du logiciel avec une fréquence de coupure de 0,1 Hz et c’est
encore plus efficace.
2
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
On observe un palier lors du refroidissement au moment où l’étain se solidifie. Il est lié à la mono
variance de ce type d'équilibre pour un corps pur (cf. [2], p. 234 et 262). On a v = c + 2 - = 1 + 2 -
2 = 1 et comme la pression est fixée à 1 atmosphère, la température de fusion Tf est imposée par le
système SnS SnL. Ce palier est caractéristique d’un changement d'état de première espèce pour
lequel on a :
- continuité de l'enthalpie libre GS(T, P) = GL(T, P)
- discontinuité des dérivées premières de ces mêmes fonctions.
On a donc : S
S = Ltrans/T
𝜕𝐺 𝜕𝐺
𝑉 = ( )𝑇 ≠ 0 𝑒𝑡 𝑆 = − ( ) 𝑃 ≠ 0
𝜕𝑇 𝜕𝑇
T
Ttrans
Par conséquent, il y a forcément une discontinuité du volume (donc une modification de la masse
volumique), et une discontinuité S de l'entropie, donc l’existence d’une chaleur latente de
changement d'état (relation de Clapeyron L = T.S) pour ce type de transition. Cette chaleur
latente explique le palier en température observé au refroidissement (la chaleur dégagée maintient la
température constante tant que la solidification n’est pas complète). On obtient dans notre exemple
une température conforme à la valeur attendue (213,9 °C).
Remarques :
Quand on chauffe l’étain, il s’oxyde à l’air et une couche solide peut apparaître à la
surface du liquide (Tf oxyde > Tf Sn pur). Ces traces d’oxydes peuvent perturber le palier de re-
solidification (corps impur). L’échantillon ne doit donc pas être chauffé plus que nécessaire et il
vaut mieux enlever les traces d’oxydes si l’échantillon en présente.
Si les thermocouples donnent des valeurs étranges, il faut vérifier qu’ils sont de
même nature et que leur branchement est correct (le câble qui les relie doit être connecté au même
métal). On peut aussi vérifier le coefficient thermoélectrique en plongeant le thermocouple de
mesure dans de l’eau bouillante (on doit avoir U = 4 mV à 100 °C). A noter que si on souhaite le
remettre dans l’étain liquide juste après, il faut impérativement le sécher avant sinon les traces
d’eau entreraient immédiatement en ébullition avec pour conséquence des risques de projections
incontrôlées en dehors du creuset.
3
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Manipulation :
[2], p. 242
Thermomètre
électronique
Bain de glace
Remarques :
La plupart des substances peuvent prendre cet état surfondu si on les chauffe au-dessus
de leur point de fusion suffisamment longtemps pour éliminer les germes cristallins, et si on les
refroidit très lentement et sans vibrations. Cet état métastable est cependant plus facilement
observable avec des composés anisotropes visqueux à l’état liquide. En effet, la solidification
correspond au passage d’un état désordonné à ordonné → les particules (atomes, molécules, …)
doivent « s’ordonner » les unes par rapport aux autres selon une disposition géométrique régulière.
Celle-ci dépend de leur forme et des points où s’exercent les forces inter-particulaires (cf. modèle
cristallin de la glace par exemple) → les grosses molécules anisotropes auront du mal à s’orienter
pour s’empiler, la viscosité augmentant la difficulté (cas du Salol par exemple, de formule chimique
C13H10O3, qui est une molécule cyclique possédant un groupement phényle).
4
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Montage :
[2], p. 170 cloche à vide
thermomètre avec
sonde intégrée H2O à 20 °C
On place de l’eau distillée dans un bêcher et on fait le vide. On peut relier la cloche à vide à un
manomètre digital pour noter l’évolution de la pression ou, à défaut, utiliser le manomètre à
mercure relié à la cloche. A bout d’un certain temps, l’eau commence à bouillir à 20 °C et la
pression se stabilise. On mesure T et P et on compare les valeurs obtenues aux données consultables
dans un Handbook.
Si on répète la manipulation plusieurs fois, l'ébullition finit par devenir brutale car il n'y a plus d'air
dissous dans l'eau ou adhérant à la paroi qui permette son amorçage et il vaut mieux changer l'eau
dans ce cas. La cocotte-minute est une application directe de l’influence de la pression sur la
température d’ébullition de l’eau. On travaille cette fois ci dans l’autre sens pour avoir une cuisson
plus rapide des aliments (𝑃𝑐𝑜𝑐𝑜𝑡𝑡𝑒 > 𝑃𝑎𝑡𝑚 → 𝑇𝑒𝑏 > 100 °𝐶).
Manomètre à Mercure :
Le système de mesure encore présent sur certaines cloches à vide est un
manomètre raccourci mettant à profit la faible pression de vapeur saturante du mercure (cf.
Handbook). Lorsqu’on fait le vide, le mercure remonte dans la section du tube reliée à la cloche.
Soit h la différence de niveau entre les deux cotés du tube. On a alors :
Montage :
[2], p. 55 A
V Alimentation continue
30 V/1 A
R ≈ 50 Ω
Pmax ≈ 50 W Dewar
léger R N2 liquide
Balance électronique
On chauffe de l’azote liquide avec une résistance chauffante et on mesure la quantité vaporisée par
unité de temps. On en déduit la chaleur latente de vaporisation connaissant la puissance P = U.I
cédée à l’azote par la résistance. La balance doit pouvoir supporter le poids du Dewar rempli
d’azote tout en permettant des mesures au dixième de gramme près au minimum pour avoir des
resultats corrects. La puissance de chauffe doit être suffisante pour provoquer une perte de masse
significative sur des temps relativement courts, mais sans être excessive pour que l’ébullition soit
maitrisée. Une puisssance d’environ 20 W est un bon compromis. L’expérience a été réalisée avec
une résistance de 46 Ω alimentée sous une tension continue d’environ 30 V.
5
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Mesures :
On mesure la perte de masse du système en fonction du temps avec et sans chauffage.
On peut filmer les appareils de mesure avec une webcam pendant la manipulation pour reprendre
ensuite tranquillement des points de mesures en relisant le film. Voici à titre indicatif le résultat
d’une série de mesures obtenue de cette manière :
Détermination Lv du di azote par méthode calorimétrique
5
0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
-5
y = -0,00923x + 0,02260
R² = 0,99922
masse (gramme)
-10
-15
-20
y = -0,11397x + 75,18940
R² = 0,99990
-25
-30
-35
Temps (secondes)
La pente de la courbe avant chauffage permet d’évaluer les pertes thermiques du système
(|dm/dt|0LV = PP avec LV en J/g). La pente de la courbe après la mise en route du chauffage
correspond aux pertes thermiques auxquelles s’ajoute désormais la vaporisation d’azote par la
résistance chauffante (|dm/dt|CLV = PC + PP = U I + PP). On peut donc en déduire la chaleur latente
de vaporisation de l’azote par la relation :
𝑈𝐼
𝐿𝑉 (𝑁2 ) =
𝑑𝑚 𝑑𝑚
| | −| |
𝑑𝑡 𝑐 𝑑𝑡 0
AN :
|dm/dt|C = 0,114 g/s
|dm/dt|0 = 0,0092 g/s → 𝐿𝑉 (𝑁2 ) = 201 J. g −1
UC = 31,45 V ; IC = 0,668 A
On a un écart de 2,3 % avec la valeur attendue LV(N2) = 196,5 J.g-1 sous Patm.
𝜕𝑃 𝜕𝑃
𝐿𝑉 = 𝑇(𝑉𝐺 − 𝑉𝐿 ) ≈ 𝑇𝑉𝑉
𝜕𝑇 𝜕𝑇
VG correspond au volumique massique de l’azote gazeux et VL à celui de la phase liquide, d’où
l’approximation faite (VG ≫ VL). Si on assimile l’azote gazeux à un gaz parfait, on a un volume
molaire Vmolaire = RT/P. Comme m = n×M, on a Vmassique = Vmolaire/M = RT/(PM) et la relation de
Clapeyron s’écrit :
6
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
𝑅𝑇 2 𝜕𝑃
𝐿𝑉 ≈
𝑃𝑀𝑁2 𝜕𝑇
Cloche à vide
Ohmmètre
Résistance de Platine
Pt 100 n°1
Robinet N2 liquide
Pompe à vide
Petit Dewar
Manomètre
digital
On peut là aussi filmer les appareils de mesure avec une webcam pour reprendre ensuite
tranquillement des points de mesures.
Mesure de la température :
Une première difficulté consiste à mesurer la température de l’azote
liquide à l’intérieur de la cloche. Bien qu’on soit en limite de sa plage d’utilisation, le plus simple
consiste à utiliser une résistance de platine. La valeur d’une Pt 100 étant assez faible à cette
température (≈ 20 Ω à -200°C), il est difficile de négliger la résistance des fils. L’idéal consiste à
faire une mesure en 4 fils si la cloche à vide possède des connecteurs permettant de relier le capteur
à un instrument situé à l’extérieur. Si ce n’est pas possible, on peut à défaut faire une mesure en 2
fils avec un multimètre numérique placé directement dans la cloche à vide et on mesure au préalable
la valeur de la résistance plongée dans l’azote liquide en 4 fils et en 2 fils pour corriger les mesures
faites en 2 fils. Le capteur de température ne doit pas toucher les parois du Dewar, le multimètre
doit être précis (50 000 points par exemple) et il faut pouvoir couper sa fonction d’auto extinction
pour éviter qu’il s’éteigne en cours d’expérience (multimètre FI 919X par exemple).
Protocole expérimental :
On commence par mettre de l'azote liquide dans le Dewar. On plonge
progressivement la résistance de platine dans l’azote liquide et on place le tout dans la cloche à
vide, la pompe n’étant pas encore raccordée et le robinet étant ouvert. On attend un peu que de
l’azote s’évapore, on note la valeur de RPt et on vérifie, compte tenu de la correction à apporter à
cette mesure, qu’on obtient bien une température proche de -196 °C (cf. § suivant pour la
conversion) correspondant à l’équilibre L ↔ G pour N2 sous 1 atmosphère. On lance
l’enregistrement de la webcam et on fait baisser lentement et continument la pression en ouvrant
au minimum le robinet de la cloche à vide. L’opération est délicate car la chute de pression doit être
très lente pour qu’on puisse considérer qu’on reste au mieux sur la courbe L ↔ G de N2. On peut
s’arrêter lorsqu’on atteint ≈ 700 hPa si on ne veut que LV, ou continuer jusqu’au point triple si on
veut le montrer. Il suffit ensuite de prendre des couples de points en relisant le film.
Deux points importants doivent être respectés : il ne faut pas faire les mesures en remontée de
pression et on ne peut pas recommencer l’expérience tout de suite après une première
manipulation si on ne change pas d'azote liquide. Les seules mesures susceptibles de donner de
bons résultats sont celles à la première baisse de pression car on est alors dans des conditions
7
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
proches d’un déplacement sur la courbe L ↔ G, donc là où la relation de Clapeyron est valable. On
est initialement à -196 °C sous Patm avec une atmosphère riche en azote si on a attendu un peu que
l’azote se vaporise, donc dans des conditions proches d’un équilibre liquide/vapeur. Si on baisse
alors la pression avec la pompe à vide, la température doit baisser si on se déplace sur la droite L ↔
G d’après le diagramme d’équilibre P(T). Or, cette baisse de température peut se faire
naturellement car le pompage provoque la vaporisation d’azote liquide, donc son refroidissement
puisque la transformation est exothermique. L’hypothèse d’un déplacement sur la courbe L ↔ G est
donc raisonnable si le processus est assez lent (équilibre à tout instant). Par contre, ce n’est pas le
cas lorsqu'on remonte la pression en créant un appel d'air dans la cloche à vide. La température
devrait remonter si on se déplace toujours sur cette droite mais c’est plus difficile car le diazote doit
se réchauffer en étant dans un Dewar isolé et en contact avec un gaz, donc un isolant lui aussi. Il n’y
a par conséquent aucun processus permettant un réchauffement rapide, donc il y a de fortes chances
d’être dans une situation hors équilibre → on ne se déplace plus sur la droite L ↔ G du diagramme
d’équilibre et la relation de Clapeyron n’est pas applicable. On peut le vérifier facilement en
mesurant la température de l’azote liquide une fois revenu à la pression atmosphérique : si on est
descendu au préalable suffisamment bas en pression, et si la remontée a été assez rapide, l’azote
liquide peut facilement se retrouver à une température de - 205 °C sous Patm, donc hors des
conditions d’équilibre.
Diagramme P(T) N2
1200
1000
y = 102,2x - 6972
R² = 0,9929
800
P (hPa)
600
400
200
0
60 62 64 66 68 70 72 74 76 78 80
T (K)
La résistance de platine a été mesurée à 0 °C dans un bain de glace pour faire le tracé de la courbe
R = f(T) autour de -196 °C. La linéarisation de cette caractéristique a donné la relation T(°C) =
2,2966×R(Ω ) - 242,62. On a mesuré R2 fils = 21,816 Ω et R4 fils = 20,472 Ω avec un multimètre 6 ½
Digits pour la résistance de platine plongée dans l’azote liquide à la pression atmosphérique. La
8
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
différence de 1,34 Ω donnant la correction à apporter aux mesures faites en 2 fils n’était donc pas
négligeable (erreur systématique de l’ordre de 3 K).
La linéarisation de la caractéristique au début de la courbe donne une pente dP/dT = 102,2 Pa.K -1
permettant de calculer LV à partir de la relation de Clapeyron. Voici les résultats pour les premiers
points de mesure :
T (K) 78,13 78,09 78,04 77,99 77,95 77,88 77,81 77,63 77,51 77,40 77,28 77,17 77,12
P(hPa) 1030 1024 1015 1007 989 976 967 956 946 935 926 919 911
Lv (J/g) 180 181 182 183 187 189 190 191 193 195 196 197 198
Montage :
Il suffit de reprendre le montage du § précédent et poursuivre la baisse de pression
jusqu’à atteindre ≈ 125 mbar. Lorsqu’on atteint cette valeur, de l’azote solide doit commencer à se
former dans le Dewar et la pression doit se stabiliser ainsi que la température (on peut essayer de
moduler l’intensité du pompage pour se maintenir au mieux sur le point triple). L’observation est
facilitée si on dispose d’un Dewar transparent. Si on n’en a pas, on peut filmer l’intérieur du Dewar
avec une caméra.
Montage :
QI
E
Régulation de f = 20 cm
température Évier
9
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
T = TC :
Le ménisque disparaît car les deux phases deviennent identiques (même masse
volumique).
T > TC :
Une seule phase ; la lumière transmise redevient progressivement blanche.
Descente en température :
Lorsque T devient très légèrement inférieur à TC, le système redevient
diphasique. Il apparait un brouillard dense formé par des « gouttelettes » des deux phases. Les
gouttelettes d'une même phase coalescent et les phases liquides et vapeur se séparent nettement
avec apparition d'un ménisque au milieu de la cellule. Le brouillard est, comme un nuage, opaque à
la lumière : celle-ci ne traverse plus la cellule qui prend une couleur gris-marron (phénomène à ne
pas confondre avec l'opalescence critique). Il faut noter que l’observation du point critique est
conditionnée par des valeurs PC, TC, VC fixées qui ne ne dépendent que du produit (cf. diagramme
PV) alors que pour le point triple, PT et TT sont fixés mais le volume V peut être quelconque.
L’expérience des tubes de Natterer (cf. [2], p. 144) illustre bien cette contrainte sur le volume.
Isothermes
C
T TC
liq T = TC
liq + vap
vap
T TC
VC V
Manipulation :
[2], p. 144
m = 50 g M = 5 kg
10
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Montage électrique :
Rhéostat 11 6 A
Pinces crocodiles V Alternostat
sans plastique
Il faut éviter de toucher les pinces crocodiles (dangereux) et monter en tension lentement jusqu’à
ce que le fil soit rouge, quasiment jusqu’à la masse. On maintient cette tension pendant quelques
secondes puis on coupe brusquement le courant. Le fil doit commencer par se contracter et
remonter. Au cours du refroidissement (à 906 °C mais non mesurable ici), la masse cesse
brusquement de remonter et redescendre avant de reprendre son ascension (dilatation puis reprise de
contraction).
Analyse :
Le fer subit une modification de sa structure cristalline. Il a une structure CFC lorsque T
est supérieur à 906 °C (Fe). À T = 906 °C, le fer change de structure : Fe ⇌ Fe. Lorsque T
devient inférieur à 906 °C, le fer adopte une structure CC (Fe). Or un réseau CC est moins
compact qu’un CFC. Comme la masse du fil reste constante, on a VCC > VCFC donc VFe > V Fe et
LFe > LFe si on suppose que la section du fil reste constante. Ceci explique la dilatation du fil à la
transition. On peut noter qu’il existe aussi une dilatation anormale dans le cas de l'acier mais qui est
due dans ce cas à la décomposition de la cémentite Fe3C qui est un des composants de l'acier (cf.
[2], p. 145).
Conclusion :
A la transition, on observe une discontinuité du volume du fer solide. Cette transition
est bien de première espèce (cf. § II.1). Cette manipulation montre directement le V. La
modification du volume lors d'une transition du premier ordre peut aussi se montrer avec d'autres
expériences (cf. [2], p.236). On peut par exemple montrer la modification de la masse volumique de
la paraffine ou des glaçons qui flottent dans l'eau.
Manipulation :
[2], p. 459 ; [5], p. 326 Coupelle
réfractaire
Aimant puissant
Bec Mecker
Analyse :
T < 770°C : le fer est ferromagnétique ; les moments magnétiques sont ordonnés en
domaines → la susceptibilité est forte.
T = 770°C : transition ferro - para : l’agitation thermique « casse » les domaines.
T > 770°C : le fer est paramagnétique → les moments magnétiques µ ⃗ des atomes sont
désordonnés en l'absence de champ magnétique. En présence d'un champ, ils s'orientent de façon à
minimiser l'énergie potentielle d'interaction 𝑈 = −µ ⃗ compte tenu de l'agitation thermique → ≈
⃗ .𝐵
1000 fois plus faible → faible aimantation.
11
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
A la différence des transitions précédentes (excepté le point critique), celle-ci est de deuxième
ordre. Ce type de transition se caractérise par :
- la continuité de G (P, T)
- la continuité de ses dérivées premières
- la discontinuité de ses dérivées secondes
Conséquences :
Continuité des 1ères → pas de V, S, L à la transition.
𝜕 2𝐺 𝜕𝑆 𝐶𝑝
2
=− =
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝑇
𝜕 2𝐺 𝜕𝑉
2
=− = −𝑉𝜒
𝜕𝑃 𝜕𝑃
Remarque :
On n’observe pas deux phases séparées par une surface nette (comme pour le premier
ordre). La transformation se produit à l’intérieur d’une phase unique (cf. [7], p.340).
Bibliographie :
[1] : Gréhant : Physique des semi-conducteurs
[2] : Quaranta II : Thermodynamique et applications
[3] : Pérez de thermodynamique
[4] : Bertin Faroux Renault de thermodynamique
[5] : Bruhat, Thermodynamique, cinquième édition, p. 252- 338
[6] : Berty Escault, Physique pratique, tome II p. 229-287
[7] : Fleury Matthieu, Thermodynamique - Chaleur
[8] : Archambault : montages de physique Capes p. 69-70
12
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
INSTRUMENTS D’OPTIQUE
I INTRODUCTION
Un instrument d'optique présente un certain nombre de caractéristiques :
- le grandissement, le grossissement ou la puissance permettent de comparer les dimensions
linéaires ou angulaires de l’image et de l'objet.
- le champ définit le domaine de l'espace-objet dont l'instrument donne des images
satisfaisantes.
- la clarté compare les grandeurs photométriques de l'image et de l'objet.
- le pouvoir séparateur exprime la capacité d'un instrument à percevoir les petits détails.
Grossissement :
𝐺 = 𝛽/𝛼 Sans dimension
Avec
= angle sous lequel on voit l'objet à travers l'instrument
= angle sous lequel on voit l'objet à l’œil nu
Remarque :
La valeur de α dépend de l’endroit où se situe l’objet par rapport à l’œil. Il doit être placé
au punctum proximum de l’œil pour une observation optimale. La position du punctum proximum
dépendant de la personne et de l’âge, on a fixé une distance standard de 25 cm. Lorsqu’on calcule α
avec cette distance, on obtient le grossissement commercial GC. La valeur de β dépend aussi des
conditions d’utilisation. L’image finale donnée par l’instrument doit être dans la zone
1
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
d’accommodation de l’œil et il vaut mieux qu’elle soit rejetée à l’infini pour qu’un œil normal (œil
emmétrope) puisse l’observer sans effort (pas d’accommodation nécessaire). On parle dans ce cas de
grossissement intrinsèque.
Puissance :
et 𝐴𝐵 ont les même définitions que précédemment. La valeur de la puissance dépend des
caractéristiques de l’instrument et des conditions d’utilisation. La puissance intrinsèque Pi correspond
là aussi au cas où l’image est rejetée à l’infini.
QI
C
Utilisez une source de lumière blanche disposant d’un condenseur. Placez l’écran a une distance d’au
moins 4f (f = distance focale de L) pour pouvoir former une image réelle. Commencez par mettre
l’objet O (fente par exemple) au voisinage de la sortie de la lampe. Placez la lentille sur l’axe optique
en respectant la règle des 4P (cf. [1], p. 39) et translatez là suivant l’axe optique jusqu’à obtenir une
image nette sur l’écran. Otez alors l’objet et ajustez le tirage du condenseur de façon à former l’image
du filament sur la lentille L. Replacez ensuite l’objet à la sortie de la lampe et réajustez la position de
la lentille L pour avoir une image parfaitement nette. Réglez enfin l’orientation de la lentille pour que
la normale a sa surface soit alignée avec l’axe optique (on minimise ainsi la coma ; cf. [2], p. 29). On
peut s'entraîner à projeter l'image d'une fente sur un écran en modifiant la convergence du condenseur
(6,10, 20 cm), celle de la lentille de projection (150, 250 mm) et la position de l'écran. Il est
indispensable de réussir à retrouver à chaque fois une image de bonne qualité sinon vous ne réussirez
aucun montage en optique !
Explications du réglage :
La méthode proposée n’est pas la plus lumineuse mais elle permet de
minimiser les différentes aberrations. Le placement de l’objet à la sortie de la lampe permet de couvrir
l’objet au maximum (important pour une fente). La focalisation de l’image du filament de la lampe
sur la lentille de projection L a plusieurs avantages :
- elle permet d’éliminer
l’éventuelle image parasite du filament donnée par la lentille L.
- les rayons lumineux traversent L
au voisinage de son centre optique → On satisfait au mieux les conditions de Gauss (on minimise les
aberrations de sphéricité). On limite aussi les distorsions en coussinet ou en barillet (cf. [2]; p. 31)
puisque que l’image du filament, qui est un diaphragme naturel, est situé sur la lentille L.
2
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Remarque :
Cette méthode a l’inconvénient d’être peu lumineuse (notamment lorsqu’on projette
l’image d’un trou) et elle conduit à une grande profondeur de champ (cf. [1], § 1.7.3) puisqu’on utilise
une petite portion de la lentille L. Lorsqu’une expérience nécessite plus de lumière ou une faible
profondeur de champ, on peut placer le trou au voisinage du point de convergence du condenseur
pour en faire l’image :
L E
O
QI
On a alors plus de lumière mais on est gêné par l’image du filament, les aberrations chromatiques du
condenseur et les aberrations de sphéricité de la lentille L puisqu’on éclaire une plus grande partie de
sa surface.
Une autre alternative consiste à remplacer le condenseur de la lampe par une lentille de courte focale
et de plus grande ouverture. C’est sur ce principe que fonctionnent les rétroprojecteurs (le condenseur
est une lentille de Fresnel accolée sur la vitre ; cf. [1], p. 19 et 20).
Manipulation :
D L M E
f
QI
C
3
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
de L pour renvoyer le faisceau sur lui-même et on déplace l’ensemble lentille/miroir jusqu’à ce que
le faisceau réfléchi reconverge sur D. Chaque point source donne alors un faisceau parallèle en sortie
de L mais la section globale du faisceau tend à augmenter au fur et à mesure de la propagation et ce
d’autant plus que le trou est gros. Pourquoi à votre avis ?
II LA LOUPE
[1], p, 28-29.
C’est une lentille convergente permettant une « vision agrandie » de l’objet. Sa distance focale doit
être inférieure au punctum proximum de l’œil pour obtenir un effet d’agrandissement et une personne
emmétrope doit placer l’objet dans le plan focal objet de la loupe pour qu’il puisse voir son image
sans effort :
LOeil Rétine LLoupe LOeil Rétine
B B
α A’ β >α A’
A A= β
B’ Floupe
B’
δ f’loupe < δ
La loupe fait partie des instruments subjectifs puisqu’elle donne une image virtuelle. On la caractérise
donc par le grossissement ou la puissance. On montre facilement les relations suivantes :
Les loupes du commerce ont typiquement des grossissements commerciaux compris entre 3 et 12,
soit des focales comprises entre 8 et 2 cm (valeurs inférieures au punctum proximum d’une personne
normale).
Manipulation :
On peut étudier une loupe du commerce et vérifier la valeur de son grossissement
commercial intrinsèque en mesurant sa distance focale avec le montage suivant :
Loupe E
QI
C
O ≈2m
Exploitation :
𝐴'𝐵' E
L
𝛾= B
𝐴𝐵
α O A’
𝐴𝐵 𝐴'𝐵' 𝑂𝐴' A α
𝑡𝑔𝛼 = = → 𝛾=
𝑂𝐴 𝑂𝐴' 𝑂𝐴 B’
4
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
1 1 1 𝑂𝐴' 𝑂𝐴'
− = → 𝛾 =1− → 𝑂𝐹' = 𝑓' =
𝑂𝐴' 𝑂𝐴 𝑂𝐹' 𝑂𝐹' 1−𝛾
Remarque :
La position de l’œil par rapport à la loupe n’influe pas sur le grossissement si l’objet est
dans le plan focal objet de la loupe mais on a intérêt à placer son œil assez près de la loupe pour ne
pas limiter le champ d’observation en largeur.
III LE MICROSCOPE
L’appareil est schématiquement constitué de deux lentilles. La première,
nommée objectif, est une lentille de très courte focale destinée à former une image intermédiaire
agrandie de l’objet. La deuxième, l’oculaire, joue le rôle d’une loupe. L’image intermédiaire est
placée dans son plan focal objet pour obtenir une image finale rejetée à l’infini (image visible sans
effort pour un emmétrope). L’intervalle optique est la distance entre le foyer image de l’objectif et le
foyer objet de l’oculaire (valeur standard : 160 mm). C’est un paramètre important du microscope car
il intervient dans l’expression du grandissement de l’objectif. La valeur du grandissement inscrit sur
un objectif n’est donc valable que si on respecte cet intervalle. Le chiffre marqué sur l’oculaire
correspond à son grossissement commercial intrinsèque. On obtient le grossissement commercial
intrinsèque total du microscope en multipliant ces deux chiffres.
LOc
R
LObj
Δ
B’’
B
F’Obj FOc β F’Oc β
α A’’
A A’
B’
Image Intermédiaire Oeil
Montage : L E
O × 6,3
× 10 β x’
QI
C
f’
L: f’=1m
O : mire micrométrique
Il vaut mieux prendre un grossissement raisonnable et un objectif à une seule lentille pour simplifier
les mesures. On a utilisé ici un objectif de grandissement γob = × 40 et un oculaire de grossissement
Goc = × 6,3. On s’attend donc à avoir un grossissement global Gmicro = γobj . Gobj = 252.
5
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
On place l’écran dans le plan focal image de la lentille convergente L pour simuler une observation à
l’infini. On ajuste la mise au point du microscope pour avoir une image nette sur l’écran. On mesure
la distance x’ séparant deux traits sur l’image de la mire. On en déduit l’angle β ≈ x’/f ’ sous lequel
un observateur voit cette image. On calcule l’angle α ≈ x/δ sous lequel l’observateur verrait la mire à
l’œil nu en la plaçant au punctum proximum (valeur standard : δ = 25 cm). On en déduit alors le
grossissement commercial intrinsèque du microscope Gmicro = β/α. On a obtenu par cette méthode un
grossissement de 259, soit une valeur proche de la valeur attendue. Si on trouve un écart notable, c’est
que l’intervalle optique Δ n’est probablement pas totalement respecté. Il faut alors mesurer la
longueur D du tube du microscope (elle doit être proche de 160 mm si le microscope est standard) et
corriger cette distance compte tenu de la position du foyer image de l’objectif et du foyer objet de
l’oculaire pour obtenir l’intervalle optique réellement employé.
Vérification du grossissement :
Il suffit de mesurer sa distance focale par la méthode du § II. Si
l’oculaire employé est négatif (cf. [1], § 1.10.2.3), son foyer objet n’est pas directement accessible →
le placer sur l’axe optique du montage en mettant le verre d’œil du côté objet (sens inverse de la
normale). Mesurez le grandissement γ du montage, en déduire la focale de l’oculaire puis son
grossissement commercial. On doit trouver une valeur proche de celle annoncée.
Foyer objet :
Le foyer objet de l’oculaire est, par principe, au niveau du diaphragme de champ. Ce
diaphragme est situé entre le verre de champ et le verre d’œil dans un oculaire négatif. On peut le
vérifier en retirant le verre de champ et en plaçant son doigt ou un bout de papier au niveau du
diaphragme (on doit le voir net). C’est ici que l’objectif doit former l’image intermédiaire.
d
Diaphragme de champ
6
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
IV.1 Introduction
Un objectif photographique est un assemblage plus ou moins
complexe de plusieurs éléments qu’on ne peut pas assimiler à une lentille mince → pour décrire la
formation d’une image par ce système optique « épais », on le modélise en donnant la position de ses
plans principaux et de ses foyers (cf. [1], p. 31 et [3], § 6.2) :
PH PH’
F H H’ F’
Le plan principal image PH’ se trouve à l'intersection fictive d'un rayon incident parallèle à l'axe
optique (ou son prolongement symbolique) avec le rayon émergent correspondant (ou son
prolongement symbolique). Par définition, ce rayon émergent (ou son prolongement dans le cas des
systèmes divergents) passe par le foyer image F’ puisque le rayon incident est parallèle à l’axe
optique. De même, le plan principal objet PH se trouve à l'intersection fictive d'un rayon émergent
parallèle à l'axe optique (ou son prolongement symbolique) avec le rayon incident correspondant (ou
son prolongement symbolique). Par définition, ce rayon incident (ou son prolongement dans le cas
des systèmes divergents) passe par le foyer objet F puisqu’il correspond à un rayon émergent parallèle
à l’axe optique. Ces plans principaux sont perpendiculaires à l’axe optique et leurs intersections H et
H’ avec cet axe sont appelés points principaux objet et image. Ces points et plans principaux sont
conjugués par le système optique, avec un grandissement transversal γ = 1 pour les plans. Ils n'ont
qu'une signification symbolique permettant de déterminer la position et la grandeur des images et
définir les distances focales objets et images. La construction d’une image se fait alors en suivant les
mêmes principes que ceux utilisés pour les lentilles minces, mais avec des rayons réels ou équivalents
s'appuyant sur les foyers et les plans principaux :
PH PH’
B I1 I1’
F H H’ F’ A’
A
I2 I2’ B’
Les distances focales ne sont plus définies par rapport à un point unique O comme dans le cas des
lentilles minces, mais par rapport aux points principaux H et H’. On a donc :
La position de l’image par rapport à l’objet peut s’obtenir grâce à la relation de conjugaison du
système épais avec origine aux points principaux :
1 1 1 1
− = ′ ′=
̅̅̅̅̅̅
′ ′
𝐻 𝐴 𝐻𝐴 ̅̅̅̅ 𝐻
̅̅̅̅̅̅
𝐹 𝑓′
̅̅̅̅̅̅
𝐴′𝐵′ ̅̅̅̅̅̅
𝐻′𝐴′
Le grandissement principal est, quant à lui, donné par : 𝛾= =
̅̅̅̅
𝐴𝐵 ̅̅̅̅
𝐻𝐴
7
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
On retrouve évidemment les formules des lentilles minces lorsqu’on suppose que H et H’ sont
confondus en un point unique, le centre optique O.
Remarque :
Les plans principaux ne sont pas forcément situés à l’intérieur du système optique. Le
plan principal objet PH peut être à droite ou à gauche du plan principal image PH’ et l’un ou l’autre,
voire même les deux, peuvent être à l’extérieur des limites physiques de l’objectif dans l’espace objet
ou image. Par exemple, un téléobjectif a, de par sa nature, un plan principal image PH’ situé à l’avant
de l’objectif, donc dans l’espace objet (cf. [1], p. 32).
Un grandissement important améliore la précision sur la mesure de f’ (image plus grande, donc plus
facile à mesurer) et permet de déterminer les positions de PH et PH’ avec une bonne approximation.
On suppose la position de PH’ connue pour commencer (on verra comment l’obtenir par la suite).
Montage :
[1], p. 23
PH PH’ E
O
QI A H H’ A’
O : objet de petite dimension connue précisément → exemple : pied à coulisse réglé sur 5 mm.
1
Le grandissement γ est négatif dans cette formule (une image réelle fournie par un système convergent est inversée).
8
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
L’objectif doit être placé avec sa face d’entrée dirigée vers l’objet. On a intérêt à prendre un objectif
lumineux et ouvert au maximum afin de réduire la profondeur de champ pour apprécier plus
facilement le moment où on conjugue exactement l’objet avec l’écran (variation plus rapide de la
netteté → mesure plus précise de γ). La manipulation a été testée avec un Zeiss Sonnar 85 mm f/2
ouvert au maximum et réglé à l’infini. Il y a un compromis à faire pour avoir une image exempte
d’aberrations qui conditionne la façon dont on éclaire l’objet.
Exemple de résultat :
Pied à coulisse : d = 5 ± 0,1 mm (précision évaluée sur le pointé des
graduations secondaires de l’instrument).
̅̅̅̅̅̅
𝐻′𝐴′ = 𝐿 = 452 ± 3 𝑐𝑚 (mesuré au mètre ruban sur une paillasse avec H’
connu).
Image de O sur E : D = 26,1 ± 0,3 cm (précision évaluée par répétition de
la mise au point et prise en compte des aberrations résiduelles).
𝐿 𝐿𝑑
→ 𝑓′ = = = 85 𝑚𝑚
𝐷 𝑑+𝐷
1+
𝑑
Si on utilise la méthode des incertitudes indépendantes, le calcul d’incertitude sur f’ donne :
𝛥𝑓′ 𝛥𝐿 2 1 2
𝐷2 2 𝛥𝐿 2 1 2+
𝐷2 2
= √( ) + (𝛥𝐷 + 𝛥𝑑 ) ≈ √( ) + (𝛥𝐷 𝛥𝑑 ) = 2 𝑚𝑚
𝑓′ 𝐿 (𝑑 + 𝐷)2 𝑑2 𝐿 𝐷2 𝑑2
On a donc au final : 𝑓’ 85 ± 2 mm. On voit que le résultat obtenu corrobore la donnée constructeur.
Recherche de PH :
Comme on a formé une image à une distance très éloignée de l’objectif comparée
à sa focale, on peut considérer que l’objet est quasiment dans le plan focal objet de l’instrument. La
relation de conjugaison permet en effet de monter qu’on a, avec les distances mises en jeu dans
l’expérience2 :
̅̅̅̅̅̅
𝐻 ′ 𝐴′ 452
̅̅̅̅ =
𝐻𝐴 𝑓′ = 𝑓′ = − 1,02. 𝑓′
𝑓′ − 𝐻 ̅̅̅̅̅̅
′ 𝐴′ 8,5 − 452
L’hypothèse d’un objet situé dans le plan focal objet de l’objectif est donc valable ici à 2 % près →
On trouve la position de PH en comptant ≈ 85 mm à partir de l’objet. On s’aperçoit alors qu’il est
situé 1 cm après le début de l’objectif.
Recherche de PH’ :
On a supposé connue la position de PH’ dans l’expérience précédente. Pour
trouver ce plan, il suffit de refaire la manipulation en inversant le sens de l’objectif.
PH’ PH E
O
QI A H’ H A’
|H’A |≈ f’ ̅̅̅̅̅
HA’ → plusieurs mètres
2
Le signe – dans l’expression suivante est liée au fait que HA est compté négativement par rapport à l’axe optique.
9
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Le principe est le même ; on forme une image nette de l’objet sur l’écran éloigné. L’objet est alors
pratiquement dans le plan focal image de l’objectif et il suffit de compter ≈ 85 mm à partir de l’objet
pour trouver PH’. L’expérience montre qu’il se situe dans l’objectif, à ≈ 42 mm de sa monture → les
plans PH et PH’ sont distants de moins d’1 cm et ils sont tous les deux situés dans l’objectif, plutôt vers
l’avant.
Tirage mécanique :
L’objet étant pratiquement situé en F’, la distance entre l’objet et la monture de
l’objectif nous donne son tirage mécanique (c’est la distance à laquelle doit être placée la surface
réceptrice de l’appareil photo par rapport à la monture). La mesure de cette distance montre que le
tirage mécanique vaut ≈ 40 mm. C’est sensiblement plus court que le tirage mécanique des montures
les plus courantes, généralement compris 44 et 47 mm. L’objectif utilisé est cependant assez
particulier puisqu’il s’agit d’une optique Zeiss Ikon développée dans les années 60/70 pour les
boitiers Contarex de la même marque. Le tirage mécanique annoncé est 46 mm mais la forme
particulière de la monture sur ce type de boitier laisse à penser qu’il ne correspond pas à une mesure
depuis le bord externe de l’objectif mais depuis le bord interne → il faut alors rajouter 6 mm à notre
résultat et on retrouve alors la donnée constructeur.
3
Cela semble cohérent avec le fait que le bloc optique semble se déplacer en bloc lorsque l’on modifie la mise au point.
10
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
Manipulation :
Cf. [1], p. 34 pour le montage.
Il faut disposer d’un objectif permettant le contrôle manuel de l’ouverture. On a utilisé ici un objectif
Leica 35 mm (l’expérience est aussi possible avec le Pentax 28-200). On peut faire varier
manuellement son NO de 2 à 16. On place cet objectif à 50 cm minimum du calque et on éclaire le
calque avec une lampe Quartz Iode alimentée en continu (alimentation 30 V – 10 A réglée à 12 V)
afin d’avoir un éclairement le plus stable possible. On place une photodiode dans le plan image du
calque en la polarisant en inverse4 avec une tension de 12 V. On ajuste la résistance de charge de
façon à avoir un signal assez fort à ses bornes à l’ouverture de 2. On mesure ensuite la tension aux
bornes de cette résistance pour différentes valeurs du nombre d’ouverture. On mesure aussi le signal
avec le cache vissé sur l’objectif pour voir s’il faut corriger les mesures. On calcule alors le rapport
des tensions éventuellement corrigées pour deux valeurs successives du NO. Voici à titre indicatif le
résultat d’une série de mesure pour une distance entre le calque et l’objectif de 57 cm et une résistance
de charge de 20 000 Ω :
NO 2 2,8 4 5,6 8 11 16
Vd (V) 7,41 4,08 2,05 1,01 0,49 0,25 0,09
Vr (V) 7,33 3,63 1,80 0,90 0,45 0,24 0,09
Vd/Vd' 1,81 2,00 2,03 2,05 1,96 2,74
Vr/Vr' 2,02 2,02 2,00 1,98 1,91 2,59
On a constaté une variation dans les mesures suivant que l’on « descendait » ou « remontait » les NO.
L’expérience a été répétée trois fois. On a constaté à chaque fois le même problème avec une très
bonne reproductibilité des résultats, ce qui laisse supposer un défaut systématique dans le calage du
diaphragme au NO souhaité suivant le sens de rotation de la bague d’ouverture. On présente donc ici
la moyenne sur les 3 expériences (3 descentes, 3 montées). Les valeurs Vd correspondent aux tensions
mesurées lorsqu’on « descendait » les NO, les valeurs Vr correspondent aux mesures en « remontant »
les NO. Quoi qu’il en soit, et quel que soit le sens de parcours, le rapport des tensions entre deux NO
successifs est bien voisin de 2 à l’exception notable du rapport V11/V16 (vu sa valeur, le signal au noir
n’a pas été pris en compte dans les calculs). Cet écart avec les NO les plus grands est probablement
dû à une petite erreur sur le diamètre du diaphragme d’ouverture. Par définition (cf. [3], p. 682) le
nombre d’ouverture est égal au rapport de la distance focale de l’objectif sur le diamètre de la pupille
d’entrée :
𝑓'
𝑁𝑂 =
2𝑅𝑃𝐸
Le diamètre de la pupille d’entrée pour l’objectif proposé (f’ = 35 mm) a donc les valeurs suivantes :
NO 2 2,8 4 5,6 8 11 16
2RPE (mm) 17,5 12,5 8,75 6,25 4,37 3,2 2,2
On conçoit donc qu’une petite erreur sur le diamètre du diaphragme d’ouverture a des conséquences
plus importantes sur la quantité de lumière reçue avec les NO les plus grands, et ce d’autant plus que
4
Elle se comporte alors comme un détecteur linéaire en éclairement tant qu’on ne la dépolarise pas et que le courant
inverse est négligeable.
11
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
la quantité de lumière reçue est, dans les conditions usuelles de la photographie, proportionnelle à la
surface de la pupille, donc à son diamètre au carré.
Précaution à respecter :
Il faut éloigner suffisamment l’objectif du calque pour que les résultats aux
faibles NO, donc aux grandes ouvertures, soient conformes à ce que l’on attend. On a par exemple
rapproché l’objectif à 10 cm du calque et on a répété les mesures avec le même protocole (la résistance
a été réajustée de façon à obtenir approximativement le même signal à NO = 2) :
NO 2 2,8 4 5,6 8 11 16
Vd (V) 7,414 4,500 2,292 1,142 0,566 0,295 0,114
Vr (V) 7,415 3,991 2,011 1,017 0,524 0,281 0,114
Vd/Vd' 1,649 1,967 2,013 2,031 1,940 2,698
Vr/Vr' 1,859 1,988 1,984 1,953 1,886 2,568
On avait cette fois ci un signal au noir de 6,7 mV dont on a tenu compte dans le calcul des rapports
de tension. On constate cette fois ci une dégradation des résultats sur le rapport V2/V2,8 (il n’est plus
tout à fait égal à 2). Cela est lié au fait que l’éclairement d’un instrument objectif est, en toute rigueur,
proportionnel au carré de l’ouverture numérique n.sinu (cf. [3], p. 510, 566 et 682-685). Dans les
conditions courantes de la photographie (objets éloignés par rapports à la focale de l’objectif),
l’ouverture numérique est proportionnelle au diamètre de la pupille d’entrée, donc inversement
proportionnelle à NO et ce jusqu’à des ouvertures assez importantes (1,4). On est loin de ces
conditions ici : l’objet est très proche de l’objectif et on ne peut assimiler le sinus à l’angle u.
Remarques :
L’ouverture maximale d’un objectif a souvent un impact direct sur son prix et son poids.
A titre d’exemple, la société Leica commercialise une focale fixe de 50 mm ouvrant à 0.95 (record
pour les objectifs « grand » public). Il pèse 630 grammes et coûte 8 000 euros. Un 50 mm de la même
marque ouvrant jusqu’à 1.4 coûte 2600 euros et pèse 490 grammes. Celui n’ouvrant qu’à 2 au
minimum ne coûte que 1200 euros pour 290 grammes. Chez Canon, les 50 mm ouvrant à 1.2, 1.4 et
1.8 valent respectivement 1400 euros (545 gr), 425 euros (290 g) et 110 euros (130 g).
La luminosité n’est pas le seul intérêt à l’emploi d’objectif très ouvert. Cela permet aussi
de réduire la profondeur de champ pour s’affranchir de l’arrière-plan en photographie de portrait.
Expérience :
L'objet est une grille contrastée de pas 1 mm accolée à un calque. On l’incline à 45°
autour d'un axe vertical et on forme une image nette de son centre sur l'écran. On peut alors regarder
l’influence qu’à l’ouverture sur l’image :
12
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
On peut vérifier que le nombre de traits vus nettement est une fonction croissante du nombre
d’ouverture (cf. [1], p. 35-36 pour plus de détails) → Plus le diaphragme est fermé plus la profondeur
de champ est grande. Cela s’explique facilement car l'influence de l'ouverture sur la profondeur de
champ est un phénomène purement géométrique :
B A C
B A’ C’
Diaphragme Objectif ’
La mise au point étant faite sur A, son image A’ sur la pellicule est ponctuelle si on suppose
l’instrument parfait. L’image sur la pellicule d’un point de l’axe différent de A est une tâche et les
points pour lesquels cette tâche à un diamètre inférieur à celui du cercle de moindre confusion sont
ceux du segment BC. Si le diamètre ε correspond à la limite de résolution du récepteur, tous les points
entre B et C seront considérés comme nets → la profondeur de champ est la distance BC. Elle est
d’autant plus grande que le diaphragme est petit.
B Axe optique
O
Plan objet
13
Préparation à l’agrégation de Physique de Rennes Philippe Nouet
diaphragme placé tout contre l'objectif constitue à la fois de diaphragme d'ouverture et la pupille
d'entrée (son image dans l'espace objet est confondue avec lui-même).
A’
QI A’’
2 f1 D1 Écran éloigné
D2
On place Dl le plus près possible de Ll ; D2 aura diverse positions. Pour raisonner, on se placera dans
« l'espace intermédiaire », entre les deux lentilles, c'est à dire dans une portion d'espace où les
différents diaphragmes sont directement accessibles sans qu'on ait besoin de chercher leurs conjugués
optiques.
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il viendra un moment ou l’angle sous lequel on le voit depuis A’ sera inférieur à celui sous lequel on
voit D1. D2 sera alors aussi diaphragme d’ouverture. Ne pas atteindre ce cas car il ne correspond pas
à un cas réel. C’est à peu près toujours la monture de la première lentille (objectif) qui est diaphragme
d’ouverture (sauf quelques fois quand il y a intervention de l’œil) et celle du premier verre de
l’oculaire (en général composé) qui est diaphragme de champ.
Diaphragme Diaphragme
Plan image
d’ouverture D1 de champ D2
intermédiaire
Les instruments d'optique réels correspondent à ce cas : la luminosité est limitée par l'objectif et un
diaphragme de champ est placé dans le corps de l'instrument pour supprimer le champ de contour et
réduire la lumière parasite (lunette astronomique, microscope, etc...).
VI ABERRATIONS