L'erreur
« L'erreur n'est pas seulement l'effet de
l'ignorance, de l'incertitude, du hasard (...) ,
mais l'effet d'une connaissance antérieure qui
avait son intérêt, ses succès, mais qui,
maintenant, se révèle fausse, ou simplement
inadaptée. »
G. Brousseau, cité dans la revue Echanger , avril 1994
Définition
Dans l'apprentissage scolaire, l'erreur est forcément présente et transitoire. La diminution des
erreurs est le signe d'une meilleure maîtrise du domaine de connaissances. Etant donnée
l’omniprésence de l’erreur dans l’apprentissage, il est essentiel d’analyser la place qu’elle
occupe dans la didactique moderne.
Jusque là, en pédagogie, l'erreur était généralement considérée de façon négative. Souvent
assimilée à une "faute", cette dernière devait nécessairement être sanctionnée pour disparaître.
Le statut de l'erreur diffère selon les conceptions théoriques :
* Selon le behaviorisme, l'enseignement vise un apprentissage sans erreur. Ce dernier se réalise par
exercices, répétitions et renforcement des "bonnes réponses". L'élève est progressivement guidé vers la
réalisation d'un objectif (l'apprentissage programmé). L'enseignement dit inductif, qui inspire bon nombre
de disciplines, illustre bien cette conception.
* Selon le constructivisme, l'apprentissage est un processus au cours duquel les connaissances nouvelles
peuvent s'appuyer sur les connaissances anciennes ou les remettre en cause. L'erreur témoigne donc des
difficultés que doit résoudre l'élève pour produire une connaissance nouvelle ; on évoque alors le fameux
conflit cognitif que l'élève doit résoudre. La correction de l'erreur par un élève indique ainsi qu'il a
surmonté ces difficultés en construisant une réponse nouvelle.
Le Cadre européen de référence (CER) se propose d'introduire le concept, somme toute assez
ancien, de l' erreur, sous un nouvel angle : l’erreur dans toute sa splendeur. D’ailleurs, la
valeur didactique accordée à l’erreur est représentative de notre conception de l’apprentissage.
Cette conception de l’apprentissage déteint sur les modèles pédagogiques que nous utilisons.
Pour que les aspects positifs de l'erreur soient reconnus encore faut-il que le système de
formation y soit sensible et la considère comme un élément fondamental du processus
d'apprentissage scolaire, c'est à dire qu'il soit "tolérant à l'erreur". C’est exactement le cas du
CER.