Synthèse « Area of freedom and justice of the EU »:
Introduction :
Le concept d'Espace de Liberté, de Sécurité et de Justice (ELSJ) est exclusif à l'UE, devenant
majeur après le Traité d'Amsterdam des années 90. Il vise à harmoniser la liberté, la sécurité
et la justice pour tous les citoyens de l'UE et les ressortissants des pays tiers.
Juridiquement, l'ELSJ est un objectif de l'UE (article 3§2 TUE) et une compétence partagée
entre l'UE et les États membres (article 4 TFUE), y compris la politique d'asile,
d'immigration, la coopération judiciaire et policière.
L'ELSJ s'applique en principe sur le territoire de tous les États membres de l'UE, mais des
exceptions existent. Par exemple, certaines règles de l'acquis de Schengen ne sont pas
applicables à tous les États membres. L'espace Schengen comprend 23 États membres de
l'UE et 4 États de l'AELE (Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse), mais exclut certaines
régions d'outre-mer et certains États membres de l'UE.
Session 1 & 2 : Histoire de l’ELSJ
L'Espace de Liberté, de Sécurité et de Justice (ELSJ) de l'UE a évolué en trois étapes :
1. Initialement, les discussions sur l'ELSJ se tenaient en dehors du cadre juridique de la
CE/UE, se concentrant sur la réalisation du marché intérieur. Des groupes informels
ont été créés pour aborder des questions telles que l'immigration et la coopération
policière, et des conventions internationales ont été conclues, comme la Convention
de Schengen et la Convention de Dublin.
2. Avec le Traité de Maastricht, l'ELSJ a été intégré dans le droit de la CE, mais a été
géré par la méthode de coopération intergouvernementale, où les
compétences n'étaient pas transférées à l'UE, mais exercées conjointement
par les États membres. L'article 100 C ECT a été introduit pour traiter la
question des visas. Cependant, ce pilier Justice et Affaires Intérieures a été
entravé par le besoin d'unanimité et la concurrence des conventions
internationales.
3. L'évolution vers une méthode d'intégration supranationale a commencé avec le
Traité d'Amsterdam. L'ELSJ est devenu un objectif clé de l'UE et les questions de
visas, d'asile et d'immigration ont été régies par la méthode supranationale.
Cependant, certaines limites et spécificités institutionnelles persistaient. Le Traité de
Lisbonne a ensuite complètement communautarisé l'ELSJ, unifiant toutes les
questions d'ELSJ sous la méthode d'intégration et élargissant le rôle des institutions
de l'UE. Cependant, certaines spécificités institutionnelles subsistent et l'ELSJ n'est
pas applicable à tous les États membres.
2ème essai :
L'Espace de Liberté, de Sécurité et de Justice (ELSJ) de l'UE a connu une évolution rapide et
complexe. Il est apparu avec le Traité d'Amsterdam et s'est développé en trois périodes :
coopération hors du cadre juridique de l'UE, coopération intergouvernementale au sein de
l'UE et intégration supranationale.
Initialement, les questions relatives à l'ELSJ étaient traitées en dehors du cadre de l'UE via
des groupes informels et des conventions internationales. Le Traité de Maastricht a intégré
l'ELSJ dans le cadre juridique de l'UE en créant le pilier Justice et Affaires Intérieures (JAI)
reposant sur une coopération intergouvernementale.
Le Traité d'Amsterdam a partiellement communautarisé l'ELSJ en transférant certaines
questions vers le pilier supranational et en intégrant l'acquis de Schengen dans le cadre de
l'UE. Enfin, le Traité de Lisbonne a élargi la communautarisation en supprimant le pilier JAI et
en regroupant l'ELSJ sous le titre V du TFUE.
Ainsi, l'ELSJ est devenu un domaine de compétence partagée entre l'UE et les États
membres, régi par la méthode d'intégration supranationale, bien que certaines spécificités
institutionnelles subsistent.
Session 3 : SPÉCIFICITÉS INSTITUTIONNELLES DE L'ESPACE DE LIBERTÉ, DE SÉCURITÉ ET DE
JUSTICE (ELSJ)
La réticence des États membres (EM) n'a pas complètement disparu, ils ont maintenu
certains processus caractéristiques de la méthode intergouvernementale, ainsi que de
nouvelles méthodes spécifiques qui leur permettent de garder un certain contrôle sur ces
questions.
I) Spécificités formelles
L'ELSJ se distingue par la dispersion de sa base juridique. Il se trouve dans la Partie 3 Titre 5
du TFUE (articles 67 à 89). Cependant, il y a d'autres sources dans le droit primaire, comme
sept protocoles annexés aux Traités relatifs à l'ELSJ (ex : protocole n°19 sur l'acquis de
Schengen), et plus de dix déclarations annexées aux Traités.
II) Spécificités méthodologiques
Les sujets de l'ELSJ ne sont pas tous communautarisés au même degré.
Par exemple, l'harmonisation des règles nationales est requise pour l'asile, l'immigration et
les frontières extérieures.
En matière de coopération pénale, les États membres souhaitent conserver le contrôle de
leur système pénal. En matière de coopération civile, seule la reconnaissance mutuelle est
évoquée.
III) Spécificités procédurales
Avec le Traité de Lisbonne, nous avons une standardisation des instruments. En ce qui
concerne la procédure, il y a une alignement partiel de l'ELSJ avec plusieurs exceptions,
notamment pour les anciens sujets du pilier JAI (coopération judiciaire, coopération
policière).
IV) Spécificités organiques
Il existe un nombre significatif d'agences dans l'ELSJ, comme EUROPOL, CEPOL, EUROJUST,
FRONTEX, l'Agence de l'UE pour l'asile, et EU-LISA, qui ont toutes un rôle important. Ces
agences ont été créées pour réaliser des tâches techniques et scientifiques qui aident les
institutions de l'UE à mettre en œuvre des politiques et à prendre des décisions, et peuvent
parfois mener des opérations sur le terrain.
Il existe également le Parquet européen, une agence qui remplace les États membres pour
certaines tâches, suivant une logique d'intégration.
Séance 4 : DIFFÉRENTIATION DANS L'ESPACE DE LIBERTÉ, DE SÉCURITÉ ET DE JUSTICE (ELSJ)
INTRODUCTION
§1 – Définitions
La différenciation est la situation où le droit de l'UE (primaire ou secondaire) prévoit que
tous les États membres (EM) de l'UE ne sont pas ou peuvent ne pas être régis par les mêmes
règles. Elle peut être territoriale, temporelle, ou substantielle.
La différenciation peut être considérée comme une évolution négative, rompant l'uniformité
d'application du droit de l'UE. Cependant, elle a été nécessaire pour introduire certains
sujets dans le cadre juridique de l'UE, permettant d'éviter l'arrêt du développement de l'UE.
§2 – Historique de la différenciation
La différenciation a été introduite dans les traités avec le Traité de Maastricht. Par exemple,
certains EM ont été autorisés à ne pas participer à la troisième phase de l'action économique
et monétaire (Royaume-Uni et Danemark). Le Traité d'Amsterdam a amplifié le phénomène
de différenciation, en introduisant des dispositions permettant aux EM de créer et de
développer une coopération renforcée dans différents domaines du droit de l'UE.
I) La différenciation offensive
A. La coopération renforcée "de droit commun"
Le Traité d'Amsterdam a introduit dans les traités le mécanisme de coopération renforcée.
C'est la possibilité d'appliquer certaines règles uniquement entre certains EM. Entre 2010 et
2017, 6 coopérations renforcées ont été créées, dont 4 relevant du domaine de l'ELSJ.
B. La coopération renforcée spécifique à l'ELSJ
1. La clause accélératrice et la clause frein-accélérateur
2. La coopération Schengen
II) La différenciation défensive : les statuts dérogatoires
C'est un statut permettant aux bénéficiaires de ne pas participer à certaines composantes de
l'ELSJ ou à certains instruments adoptés dans le cadre de l'ELSJ. Dans le domaine de l'ELSJ, 3
EM ont obtenu un statut dérogatoire : le Danemark depuis Amsterdam (protocole 22
annexé) et le Royaume-Uni et l'Irlande dans les protocoles 20 et 21.
A. L'opt-out danois
Le Danemark ne participe pas à l'ensemble de l'ELSJ = opt-out général. Le Danemark est
opposé à la gestion des questions de l'ELSJ par la méthode supranationale, il est opposé à
l'intégration dans ces sujets.
B) L'opt-out irlandais avec possibilité d'opt-in
Ce statut dérogatoire était également applicable au Royaume-Uni avant son retrait. L'Irlande
ne participe pas en général aux règles de l'ELSJ = non-participation en général. Mais il y a une
exception si l'Irlande souhaite participer à une mesure spécifique dans le cadre de l'ELSJ.
Session 5 :
SESSION 5/9: POLITIQUES SUR LES CONTRÔLES AUX FRONTIÈRES, ASILE ET IMMIGRATION
Résumé du cours sur l'Espace de Liberté, de Sécurité et de Justice de l'Union Européenne :
Section 1 : THE BORDER CONTROL POLICY
L'article 67 TFUE mentionne une "politique commune en matière d'asile, d'immigration et de
contrôle aux frontières extérieures". Il existe trois politiques différentes, liées par des liens
historiques et légaux : contrôle aux frontières, asile, immigration. Le contrôle aux frontières
concerne les citoyens de l'UE et les ressortissants de pays tiers, tandis que l'asile et
l'immigration concernent uniquement les ressortissants de pays tiers.
1. La politique de contrôle des frontières
Selon l'article 77§1 du TFUE, la politique de contrôle des frontières poursuit des objectifs
spécifiques concernant les frontières internes et externes. Il existe des définitions précises
pour les frontières internes et externes dans le Code Frontières Schengen (CFS). Les
territoires d'outre-mer en Europe appliquent généralement le règlement, mais pas les
autres.
1.1 Absence de contrôle aux frontières internes
L'article 1 du CFS prévoit l'absence de contrôle aux frontières internes. Toutefois, il existe
des exceptions pour la réintroduction temporaire des contrôles aux frontières internes. Ces
exceptions sont organisées par le CFS pour les limiter.
1.2 Pratique
Dans le contexte de la crise migratoire et/ou de la lutte contre le terrorisme, le nombre
d'exceptions a augmenté. La France a utilisé l'article 25 du CFS pour réintroduire des
contrôles à ses frontières internes. De même, l'article 29 du CFS a été utilisé pour faire face
aux mouvements secondaires de migrants.
Dans le contexte de la crise sanitaire du COVID-19, 17 États Schengen ont réintroduit des
contrôles aux frontières internes.
Dans le contexte de l'agression de l'Ukraine par la Russie, plusieurs États membres ont
appliqué des contrôles aux frontières.
2. Les contrôles aux frontières externes
Le Code établit des règles pour le contrôle des personnes franchissant les frontières
extérieures des États membres.
2.1 Règles
Il existe deux ensembles de règles pour rendre ces contrôles aux frontières externes
efficaces : la politique commune en matière de visas et le développement de mécanismes de
contrôle communs.
2.2 Pratique
Dans le contexte de la crise migratoire et/ou de la lutte contre le terrorisme, plusieurs bases
de données ont été créées pour renforcer la sécurité, comme le Système d'Information
Schengen (SIS), le Système d'Entrée/Sortie (EES), et le Système Européen d'Information et
d'Autorisation de Voyage (ETIAS).
Dans le contexte de la crise sanitaire du COVID-19, les États membres ont été autorisés à
contrôler les frontières externes et à refuser l'entrée à certaines personnes.
Dans le contexte de l'agression de l'Ukraine par la Russie, des contrôles aux frontières
externes ont été mis en place pour assurer la sécurité et gérer l'afflux de réfugiés.
3. La politique d'asile
L'UE cherche à établir un Régime d'Asile Européen Commun (RAEC), basé sur l'idée d'une
protection uniforme dans toute l'UE.
3.1 Règles
Les règles sont établies par plusieurs directives et règlements, notamment le Règlement
Dublin qui détermine l'État responsable de l'examen d'une demande d'asile.
3.2 Pratique
En pratique, le système Dublin a connu des défis et des critiques, notamment en raison de
l'augmentation du nombre de demandes d'asile pendant la crise migratoire. De plus, le
système a été mis sous pression par la crise sanitaire du COVID-19 et l'agression de l'Ukraine
par la Russie.
4. La politique d'immigration
L'UE a une politique commune d'immigration, qui cherche à équilibrer les besoins de main-
d'œuvre avec la protection des travailleurs et la sécurité publique.
4.1 Règles
La politique est régie par plusieurs directives, y compris la Directive "carte bleue" qui permet
à des travailleurs hautement qualifiés de travailler dans l'UE.
4.2 Pratique
En pratique, la politique d'immigration de l'UE a été mise à l'épreuve par des défis tels que la
crise migratoire, le Brexit, la crise sanitaire du COVID-19 et l'agression de l'Ukraine par la
Russie.
En conclusion, l'Espace de Liberté, de Sécurité et de Justice de l'UE, bien qu'il ait été conçu
pour faciliter la liberté de mouvement et la sécurité, est en constante évolution en réponse à
divers défis et crises. L'équilibre entre ces deux objectifs est un défi constant pour l'UE.
SECTION 2) LES POLITIQUES D'ASILE ET D'IMMIGRATION
Il existe diverses règles s'appliquant à différentes catégories de migrants, incluant les
politiques d'asile pour les réfugiés et les demandeurs d'asile, ainsi que des règles spécifiques
pour les migrants économiques.
§1 – Politique d'asile
I- Les règles
A- Différents statuts pour une protection internationale
Selon l'article 78§1 du TFUE, l'Union doit développer une politique commune en matière
d'asile, de protection subsidiaire et de protection temporaire. Ces régimes couvrent
différents statuts, mais tous offrent une protection internationale en vertu du droit de l'UE.
1) Asile
Le statut de réfugié, défini par la Convention de Genève de 1951, est accordé à une
personne se trouvant hors de son pays d'origine et qui est incapable ou refuse d'y retourner
à cause de persécutions spécifiques. Les autres pays ont le devoir de les protéger, c'est le
principe de non-refoulement.
2) Protection subsidiaire
Ce statut est accordé aux ressortissants de pays tiers (TCN) nécessitant une protection
internationale sans être des réfugiés.
3) Protection temporaire
Ce statut est accordé aux personnes déplacées en cas de flux massifs d'immigrants, par
exemple lors de la crise ukrainienne.
B- Le développement de la compétence de l'UE
Initialement, la compétence en matière d'asile relevait des États membres, mais avec le
traité de Maastricht, elle est entrée dans le cadre juridique de l'UE. L'idée d'un système
commun progressif a été concrétisée avec le traité d'Amsterdam.
C- Le Système Européen Commun d'Asile (SECA)
Le SECA, qui a subi plusieurs modifications depuis sa première version de 2003, repose sur
cinq textes principaux : 2 règlements (le règlement Dublin III et le règlement Eurodac) et 3
directives (directive "procédure", directive "accueil" et directive "qualification").
1) La Convention de Dublin
Elle établit les principes, critères et mécanismes pour déterminer l'État responsable de
l'examen des demandes d'asile.
2) La Convention Eurodac
Eurodac est une base de données pour la comparaison des empreintes digitales des
demandeurs d'asile, accessible aux autorités des États membres de l'UE.
3) La Directive "accueil"
Elle établit des normes pour l'accueil des demandeurs d'asile, incluant l'hébergement,
l'éducation, la santé ou l'emploi.
4) La Directive "procédure"
Elle définit les procédures pour l'octroi et le retrait du statut de réfugié.
5) La Directive "qualification"
Elle fournit les critères communs pour les États membres afin d'identifier les personnes
nécessitant une protection internationale et leur accorde un minimum de droits.
II- La pratique
A- L'impact de la crise migratoire
En 2015, l'Italie et la Grèce ont montré des lacunes lorsqu'elles ont dû faire face à
d'importants flux de migrants. Des mesures d'urgence ont été adoptées en 2015 et 2016 sur
la base de l'article 78 du TFUE.
1) Mesures d'urgence adoptées par l'UE sur la base du droit existant
Il a été possible pour le Conseil d'adopter des mesures pour aider les États membres (EM)
confrontés à des flux secondaires de migrations. Le Conseil a décidé de la relocalisation de
40 000 personnes, et 120 000 personnes supplémentaires, au profit de l'Italie et de la Grèce.
L'idée est de rendre tous les EM responsables du traitement des demandes.
- La relocalisation : transfert de personnes nécessitant ou bénéficiant déjà d'une forme de
protection internationale dans un EM de l'UE vers un autre EM où elles bénéficieraient d'une
protection similaire.
- La réinstallation : transfert de personnes non ressortissantes de l'UE ou apatrides
identifiées comme nécessitant une protection internationale vers un État de l'UE où elles
sont admises pour des raisons humanitaires ou en tant que réfugiées.
2) Initiative visant à faire évoluer le SECA (nouvelle refonte)
La Commission a adopté 7 propositions pour modifier ou créer de nouveaux textes. Il
s'agissait d'un ensemble de textes qui devaient être adoptés ou refusés ensemble :
proposition pour le règlement Dublin IV et modification des autres textes. Aussi, un nouveau
règlement établissant un cadre de réinstallation de l'Union + une agence. Mais les
négociations ont été bloquées = nouveau paquet.
Le Pacte européen sur la migration et l'asile : l'idée principale est la solidarité et le partage
des conséquences. Pour un équilibre entre responsabilité et solidarité.
Il y a également une volonté d'avoir un contrôle unique et efficace aux frontières
extérieures. Cependant, on observe que le mécanisme de solidarité donne aux EM le choix
entre la relocalisation et le parrainage du retour. C'est un nouveau concept : soutenir le
retour des migrants TC illégaux.
Autres conséquences de ces textes : renforcement du phénomène d'externalisation de la
migration. C'est lorsque l'UE tente de rendre les pays tiers responsables de la gestion des
problèmes de migration.
B- Les nouvelles propositions pour des actes législatifs modifiés ou nouveaux :
1. Vers un filtrage des ressortissants de pays tiers aux frontières extérieures?
2. Vers de nouveaux critères pour déterminer l'État membre responsable?
3. Vers de nouvelles règles en cas de crise?
4. Vers de nouvelles procédures?
5. La réaction à l'invasion de l'Ukraine
Il y a eu une décision de mettre en œuvre la protection temporaire pour la première fois
pour les personnes venant d'Ukraine à la suite de la guerre/invasion. Le régime avait été mis
en place en 2001 mais n'avait jamais été utilisé jusqu'en 2022.
Le nouveau pacte sur la migration et l'asile : ce nouveau paquet présenté par la Commission
tente de répondre à l'arrivée de ressortissants de l'UE et de prévenir une nouvelle crise
migratoire. La solidarité est présentée comme le cœur de la réforme.
C- L'impact de l'invasion de l'Ukraine
Suite à l'invasion de l'Ukraine, une décision a été prise pour mettre en œuvre, pour la
première fois, une protection temporaire pour les personnes venant d'Ukraine. Le 4 mars
2022, le Conseil a adopté une décision mettant en œuvre la décision 2022/382 établissant
l'existence d'un afflux massif de personnes déplacées en provenance d'Ukraine, introduisant
une protection temporaire. Ce régime n'avait jamais été mis en œuvre jusqu'en 2022.
La base juridique est la directive de 2001/555 du 20 juillet 2001, qui conditionne l'application
de ce régime à un afflux massif de personnes déplacées. Cette protection a été accordée à
différents types de personnes venant d'Ukraine : les ressortissants ukrainiens, les résidents
légaux avant l'invasion, les ressortissants de pays tiers résidents mais aussi ceux ayant
obtenu une protection internationale ou l'asile en Ukraine, ainsi que les apatrides d'autres
nationalités qui peuvent prouver qu'ils étaient en Ukraine en situation légale. La protection
est initialement accordée pour une période d'un an et peut être prolongée par périodes de
six mois jusqu'à un maximum d'un an.
Le chapitre III de la décision énumère les obligations des EM envers les personnes
bénéficiant d'une protection temporaire. Il s'agit principalement d'obligations
administratives : fournir un permis de séjour pour la durée de la protection, permettre
l'accès à l'emploi ou aux activités indépendantes, fournir des documents dans la langue
pertinente.
Il n'existe pas de liste au niveau de l'UE indiquant quels pays tiers sont sûrs et dont les
ressortissants ne seront normalement pas accordés une protection. Cependant,
l'augmentation des tendances en matière d'asile en 2022 a conduit la Commission à insister
sur l'adoption du nouveau paquet sur l'asile et l'immigration. La même chose a été dite
lorsqu'il y a eu un naufrage en Calabre, où la Commission a également insisté sur ce pacte.