Mise en œuvre du NEPAD en RDC
Mise en œuvre du NEPAD en RDC
GOUVERNEMENT
DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
TCP/DRC/2908 (I)
(NEPAD Ref. 05/40 F)
Volume I de IV
Mars 2006
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO:
Appui à la mise en œuvre du NEPAD–PDDAA
Volume I: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
ii
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
Equivalence monétaire
Unité monétaire = franc congolais (FC)
400 FC = 1,00 $EU
Abréviations
iii
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
iv
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
Préambule
Pour mettre fin au déclin du secteur agricole sur le continent, les ministres africains ont
adopté, à la XXIIe Conférence Régionale pour l’Afrique (CRA), le 8 février 2001 au Caire, une
résolution sur les étapes clefs à considérer dans le domaine agricole dans le cadre du Nouveau
Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD). Afin de mettre en œuvre cette résolution,
ils ont approuvé le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA),
lors d’une session spéciale sur le NEPAD de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique qui
s’est tenue à Rome le 9 juin 2002. Le PDDAA qui est le volet agricole de NEPAD a pour objectif de
restaurer la croissance agricole, le développement rural et la sécurité alimentaire en Afrique. Les cinq
piliers principaux du PDDAA sont:
1. l’augmentation des superficies cultivées de façon durable et desservies par des systèmes
fiables de maîtrise de l’eau;
2. l’amélioration de l’infrastructure rurale et des capacités commerciales pour faciliter
l’accès au marché;
3. le renforcement et l’augmentation des approvisionnements alimentaires et la réduction de
la faim (en mettant l’accent sur les catastrophes et autres situations d’urgence qui
nécessitent des réponses alimentaires et agricoles);
4. le développement de la recherche agricole, la diffusion et l’adoption de technologies pour
accroître la productivité à long terme; et
5. des activités de développement rural liées aux secteurs élevage, pêche et forêts.
La volonté de conduire à bon port le PDDAA a été confirmée par la réunion des chefs d’Etat
africains tenue à Maputo au Mozambique en juillet 2003. Lors de cette réunion, les chefs d’Etat se
sont engagés à consacrer dans les cinq années à venir, au moins 10% de leur budget pour la mise en
œuvre de politiques de développement allant dans le sens du PDDAA.
1
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
• atteindre les objectifs quantitatifs fixés et mobiliser les ressources nécessaires pour
réaliser les investissements correspondants;
1
Voir annexe 13: Résumé du compte rendu de l’atelier national de validation du Programme national
d’investissement à moyen terme (PNIMT)
2
M. Mateso Wabubyula, Coordonnateur national du projet TCP/DRC/2908 et Directeur de Cabinet du
Ministère de l’agriculture
3
M. Ruhimbasa Lugaba, Consultant national principal du projet TCP/DRC/2908.
4
M. André Simon, Expert principal en gestion des ressources naturelles, TCIW, et M. Didier Cornet,
Agronome, Consultant international.
2
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I. INTRODUCTION
A. Économie
I.1. La République démocratique du Congo (RDC) couvre 2,345 millions de km2, ce qui en fait
le troisième pays africain en termes de superficie. La population était évaluée, en 2002, à près de
54,0 millions d’habitants avec un taux de croissance moyen annuel de 3,2%. Environ 70% de la
population vit en milieu rural. A l’exception des grandes villes, la densité démographique moyenne est
de 22 habitants par km²; elle est parmi les plus faibles du continent. Les concentrations élevées de
population rurale se situent sur la bande Bas–Congo – Kinshasa – Kwilu – Mbuji Mayi – Lubumbashi,
le Nord de l’Equateur et le Kivu. La RDC est potentiellement un des pays les plus riches d’Afrique
avec de considérables ressources minières, notamment le cuivre, le cobalt, les diamants, l’uranium,
l’étain, l’or, l’argent, le charbon, le zinc et le pétrole. De plus, le pays possède 6% des réserves
forestières mondiales et un potentiel agricole considérable. Malheureusement, ce potentiel n’a jamais
été transformé en conditions de vie satisfaisantes pour la population. En 2002, le PNB par personne
était estimé à environ 107 $EU. Dans le rapport mondial sur le développement humain 2001, la RDC
occupait le 142e rang sur 162 pays, étant ainsi parmi les pays les plus pauvres du monde (avec un
indice de développement humain de 0,39).
I.2. Pendant les sept dernières années du régime autoritaire du Maréchal–Président Mobutu Sese
Seko qui aura duré plus d’une trentaine d’années (1965–1997) et les premières années de sa
succession, la République démocratique du Congo a connu une période de crise politique et
d’importants conflits sociaux dont elle essaie de sortir actuellement. Cette période a été caractérisée
par des pillages massifs, notamment en 1991 et 1993, et des conflits interethniques qui ont commencé
dans l’Est du pays en 1998 et ont conduit à la partition du pays en plusieurs zones sous contrôles
gouvernemental et rebelles. Suite à la signature du traité de paix de Lusaka en juillet 1999 et au départ
des armées étrangères du pays, la RDC s’est engagée progressivement vers un processus de
pacification et de reconstruction du pays. Depuis son avènement en 2001 comme Président de la
République démocratique du Congo suite à l’assassinat de son père, Joseph Kabila a priorisé la mise
en application des accords de Lusaka et le dialogue inter Congolais. Cet engagement s’est concrétisé
en avril 2003 par la mise sur pied d’un gouvernement d’unité national intégrant l’ensemble des acteurs
du conflit suite à l’accord de paix de Pretoria en décembre 2002 qui définissait les règles pour la
réunification du pays et le partage du pouvoir entre les différentes factions. Bien que encore très
fragile, ce gouvernement a repris le dialogue et travaille avec l’assistance internationale pour résoudre
d’une manière systématique et progressive les nombreux problèmes politiques, sociaux et
économiques du pays. Des élections sont envisagées pour juin 2005.
I.3. Globalement, l’économie de la RDC s’est dégradée depuis 1974. Les années 1975–1982 ont
correspondu à une période de crise, avec un taux de croissance réel du PIB de -1,9% en moyenne, liée
principalement à la nationalisation de l’économie, la montée des prix pétroliers et la chute des cours
des produits d’exportation. Après une stagnation relative de l’économie à la fin des années 1980 lors
de la période d’ajustement structurel, la dégradation s’est accélérée à partir de 1990, suite notamment
à l’instabilité institutionnelle, à la suspension de la plupart des programmes de coopération bilatérale
et multilatérale, et à l’arrivée massive d’un grand nombre de réfugiés rwandais dans la partie orientale
du pays. Cela a entraîné la quasi–disparition du secteur formel de l’économie et les taux de croissance
du PIB réel ont encore régressé de -6,6% en 1990 à -14% en 1999. Le coût économique, social et
environnemental du conflit est énorme.
3
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.4. La part du secteur agricole dans le PIB5 a évolué de 34% en 1990 à près de 60% en 2001, à
cause notamment de la forte réduction de la contribution du secteur minier et des industries
manufacturières. La dette extérieure était estimée à 12,9 milliards de $EU au 31 décembre 2000, soit
environ 300% du PIB et 900% des exportations. Les arriérés de paiement représentaient 75% du total
de la dette.
I.5. Depuis mai 2001, le gouvernement a adopté un Programme intérimaire renforcé (PIR) en
vue du redressement économique, avec l’appui de la Banque mondiale et du FMI. L’objectif était de
stabiliser le cadre macro–économique par une libéralisation de l’économie, de casser l’inflation et de
développer une stratégie de « post–conflit » en créant les conditions propices pour renouer avec la
croissance. Les premiers résultats ont été encourageants. Le taux d’inflation a été ramené de 554% en
2000 à 358% en 2001. De plus, le déficit du Trésor est passé de 5,3% du PIB en 2000 à 0,8% en 2001.
I.6. Depuis la mise sur pied d’un gouvernement d’unité national, la situation se normalise petit à
petit dans tout le pays. Elle s’est déjà concrétisée notamment par une reprise du trafic sur le fleuve
Congo entre le Sud et le Nord du pays, un taux d’inflation réduit à près de 6% pour 20036, un taux de
croissance du PIB qui devrait avoisiner les 9% pour 2004 et un franc congolais qui s’est stabilisé par
rapport à l’évolution des principales devises internationales (dollar américain, euro, etc.).
I.7. Suite à aux résultats encourageants obtenus dans l’exécution du PIR, la RDC a conclu avec
le FMI un programme triennal de 750 millions de $EU couvrant la période d’avril 2002 à juillet 2005
pour faciliter la réduction de la pauvreté et la croissance (Poverty Reduction and Growth Facility). Les
principaux axes de ce programme dénommé « Programme économique du gouvernement » (PEG)
sont: (i) la consolidation des finances publiques; (ii) la transparence et la bonne gouvernance; (iii) une
politique monétaire prudente (change flottant); (iv) des réformes structurelles (soutien du secteur
privé); (v) la participation de la société civile et des partenaires au développement à l’effort de
réhabilitation; et (vi) la préparation du Document final de Stratégie pour la réduction de la pauvreté
(DSRP).
I.8. Les efforts de gestion fournis par le gouvernement de transition ces dernières années font
que maintenant la RDC est éligible au programme pour les Pays pauvres très endettés (PPTE).
I.10. En 2002, le niveau du revenu par habitant et par jour était de 0,30 $EU, ce qui est en dessous
du seuil de pauvreté absolue. Environ 80% de la population est extrêmement pauvre. La pauvreté
frappe toutes les catégories sociales et tout le territoire, mais plus particulièrement l’Equateur
(25 $EU), la Province orientale (31 $EU), la province du Bandundu (32 $EU) et les deux Kasaï
(81$EU) dont le PIB par habitant en 1998 se situait en–dessous de la moyenne de 110 $EU selon le
Rapport national sur le développement humain 2000 du PNUD. Les principales causes de la pauvreté
rurale sont: (i) l’enclavement (état des routes, fermeture du fleuve, quasi inexistence d’un chemin de
fer); (ii) l’état dérisoire des services sociaux et des infrastructures; (iii) la faible productivité agricole
et de la pêche artisanale; et (iv) l’absence d’opportunités de commercialisation. Le salaire moyen du
5
Voir tableau en annexe 1: Contribution des secteurs d’activités à l’économie nationale de la RDC.
6
Selon « Economist Intelligence Unit Estimates ».
4
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
secteur public en 2002 était de 15 $EU par mois. La population active est soit au chômage, soit sous–
employée dans le milieu rural ou dans le secteur informel.
I.11. La malnutrition est devenue un des problèmes majeurs de la santé publique. Le dernier
rapport de la FAO de 2002 sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde indique que près de
73% de la population du pays (soit 42 millions d’habitants) se trouvent dans une situation d’insécurité
alimentaire. Plusieurs enquêtes constatent une prévalence de la malnutrition des enfants d’environ
40%, dont 20% de retard de croissance sévère. Selon UNICEF/USAID, environ 34% des ménages ne
disposent pas de réserves alimentaires sous forme de stock ou de champs.
I.12. Le taux de scolarisation primaire est passé de 58% entre 1985–87 à 32% en 1998 et le taux
d’alphabétisation des adultes (15 à 49 ans) en 2001 était de 62%. Les provinces de l’Equateur et du
Nord Kivu présentent les taux les plus faibles. La scolarisation des enfants de 6 à 11 ans est nettement
plus élevée en milieu urbain (72%) qu’en milieu rural (43%). Le système scolaire congolais n’est plus
efficace à cause notamment de la démotivation des enseignants (les enseignants sont sous–payés
depuis dix ans) et de l’insuffisance d’investissements dans les équipements d’enseignement et le
matériel pédagogique. Le système éducatif national est renforcé par un réseau d’écoles privées gérées
soit par des confessions religieuses, le secteur privé et, même parfois, par les communautés locales
elles–mêmes.
I.13. L’espérance de vie à la naissance était de 40,6 ans en 2001, vis–à–vis de 59 ans pour les pays
d’Afrique subsaharienne. Actuellement, il est estimé que seulement 45% de la population ont accès
aux services médicaux et environ 42% à l’eau potable. A peine un enfant sur cinq est complètement
vacciné (UNICEF/USAID, 2001) et principalement en milieu urbain. L’incidence du VIH/SIDA, qui
affecte lourdement la force de travail en milieu rural au même titre que la malaria et les maladies
endémiques, était estimée à 5,1% au niveau national en 2001, provoquant 300 000 décès par an. Dans
l’est du pays, l’incidence atteindrait même les 12%. Quant au paludisme, il est responsable pour
52,4% des décès enregistrés.
I.14. Du point de vue économique, la pauvreté en milieu rural7 se traduit principalement par des
routes et pistes de desserte agricole dégradées, la fermeture des principales routes fluviales, des
infrastructures socio–économiques non fonctionnelles, une agriculture de subsistance et la difficulté
d’accès aux marchés, au micro–financement et à des services d’appui conseil efficaces.
I.15. Le territoire de la RDC se divise en trois grandes zones agro–écologiques: la cuvette centrale
(un tiers du pays, alternance de forêts équatoriales et de marais, moins de 10 hab./km2); les plateaux
qui l’entourent (savane, plus de 10 hab./km2), et les massifs montagneux de l’Est (plus de
300 hab./km2). Le fleuve Congo, long de 4 700 km, et ses nombreux affluents arrosent la partie
centrale du pays. La forêt congolaise (125 millions d’ha) est le deuxième massif de la forêt tropicale
du monde après la forêt brésilienne. Cette forêt abrite 54% des espèces de mammifères répertoriées en
Afrique. Les pluies sont régulières et abondantes dans l’ensemble du pays (800 mm dans le Bas Congo
et 1 500 à 2 000 mm dans le reste du pays) et permettent deux saisons culturales par an sur une grande
partie du pays.
7
Voir tableau annexe 2: Pauvreté rurale et secteur agricole.
8
Voir tableau annexe 3: Indicateurs macro–économiques de la République démocratique du Congo.
5
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.16. Le réseau des voies de communications est évalué à 25 000 km de routes nationales, 87 000
km de pistes de desserte agricole et 6 000 km de rivières et se trouve dans de très mauvaises
conditions. Cette situation constitue l’une des contraintes majeures à la commercialisation des produits
agricoles et à l’intégration du pays avec le marché extérieur.
I.17. Avec une superficie totale de 2 345 000 km², la RDC est dotée d’un important potentiel
agricole. Les terres arables, estimées à plus de 80 millions d’ha, ont en général un bon potentiel de
fertilité et le potentiel des terres irrigables est évalué à 4 millions d’ha. La diversité climatique et
l’importance du réseau hydrographique permettent de pratiquer une gamme variée de cultures. Les
étendues d’herbages et de savanes constituent un potentiel important de pâturages pour l’élevage
d’environ 40 millions de bovins. Moins de 10% de ces terres agricoles sont mises en valeur. La
population agricole représente plus de 60% de la population totale du pays.
I.18. Depuis 1993, on constate le retour à l’agriculture de subsistance dans plusieurs zones
enclavées en particulier dans l’Equateur, la Province Orientale, le Maniema, le nord du Katanga, le
nord du Kasaï et le Nord–Kivu. La production vivrière9 est quasi–entièrement conduite dans des
petites exploitations paysannes cultivant environ 1,5 ha par an en moyenne et pratiquant la polyculture
(vivrier, fruitiers, petit élevage). En général, il s’agit d’une agriculture utilisant très peu d’intrants
externes.
I.19. L’irrigation reste encore modeste et confinée à la production industrielle de canne à sucre et
dans une moindre mesure à la production de riz. La superficie totale mise en valeur avec contrôle de
l’eau est évaluée à 13 500 ha. Très récemment, on note le développement de la production maraîchère
irriguée dans les zones périphériques de certains grands centres urbains (Kinshasa, Lubumbashi, Mbuji
Mayi, Kananga, etc.).
I.20. Les autres activités importantes en milieu rural sont: (i) les cultures de rente tels que le café,
le cacao, le palmier à huile, l’hévéa, le thé, le tabac qui représentaient des sources importantes de
devises pour le pays au cours de la décennie 1980; (ii) un élevage traditionnel et extensif de gros bétail
principalement pratiqué dans le Bandundu, la Province Orientale, les Kivu et le Katanga; et (iii) la
pêche artisanale fluviale et lacustre (grands lacs de l’Est du pays).
I.21. Globalement, la production vivrière, animale, halieutique et des cultures de rente (café, huile
de palme, cacao, hévéa, thé) a baissé continuellement depuis 1998 comme le montrent les exemples
ci–après. En ce qui concerne les cultures vivrières, le cas le plus frappant est celui de la banane,
aliment de base pour une portion importante de la population congolaise, dont la production a baissé
d’un peu plus de 50% depuis 1996, notamment à cause des maladies. La viande porcine a diminué de
plus de 13% entre 1998 et 2001, la production de poisson frais a chuté de près de 11% au cours de la
même période et la production de café a été réduite de près de 65% entre 1990 et 2001.
I.22. En 2002, les principales productions agricoles pour usage domestique10 étaient estimées à
près de 15,7 millions de tonnes de manioc, 1,6 millions de tonnes de maïs, 504 000 tonnes de plantain,
340 000 tonnes de riz, 360 000 tonnes de fruits, 376 000 tonnes de patate douce, pomme de terre et
taro, 119 000 tonnes de haricots et 285 000 tonnes de feuilles de manioc. De plus, on a enregistré des
importations importantes de riz (près de 163 000 tonnes), blé, poisson, viande et sucre.
9
Voir tableau annexe 4: Evolution des principaux produits agricoles alimentaires.
10
Selon la Banque centrale du Congo: données fournies par le Ministère de l’agriculture (SNSA) et l’OFIDA,
2002.
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NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.23. En ce qui concerne les cultures de rente11, la production d’huile de palme, avoisinait
4 663 tonnes en 2002; le café, 52 709 tonnes; le coton, 7 520 tonnes; le caoutchouc, 3 783 tonnes; le
quinquina, 5 356 tonnes; le cacao, 6 809 tonnes; et le thé, 2 617 tonnes.
I.24. Suite au contexte macro–économique défavorable du pays au cours de ces dernières années,
le secteur agro–industriel (transformation primaire des produits agricoles de rente) a enregistré une
baisse d’activités. Sa production a chuté près de 12% entre 1990–2000.
I.25. La production nationale de bois d’œuvre a chuté de près de 450 000 m3 en 1990 à 38 707 m3
en 2002. Depuis 2003, ce secteur connaît un redémarrage net, et l’objectif actuel est d’atteindre le
niveau de production de 1990 aux environs de 2006. En plus du bois d’œuvre, le bois de chauffe
satisfait plus de 85% des besoins énergétiques du pays avec près de 46 millions de m3/an; mais on note
un déséquilibre entre l’offre et la demande dans les principales zones de peuplement et les centres
urbains (les besoins annuels de la ville de Kinshasa en bois de chauffe ont été estimés à près de
6 millions de m3).
D. Institutions12
I.26. Les principales institutions13 concernées par le développement agricole et rural et la sécurité
alimentaire sont les suivants: (i) Présidence de la République; (ii) Ministère de l’agriculture;
(iii) Ministère du développement rural; (iv) Ministère de l’environnement et des eaux et forêts;
(v) Ministère de la recherche scientifique. De plus, le Ministère du plan est chargé de la planification,
de l’évaluation et du suivi de l’ensemble des investissements de l’Etat dont ceux réalisés dans le cadre
du développement rural.
I.27. Bien que ces institutions ont pour la plupart des services décentralisés répartis sur l’ensemble
du pays et disposent souvent de ressources humaines avec une bonne formation de base, elles sont en
général faiblement opérationnelles suite notamment au manque de moyens et de capacités
d’intervention du personnel (insuffisance des budgets de fonctionnement et d’investissement), à la
vétusté des infrastructures et des équipements et au bas niveau des salaires qui n’est pas de nature à
entraîner une forte motivation du personnel. De plus, on constate souvent: (i) un manque de capacités
en matière de planification et de suivi de la mise en œuvre des politiques et activités sectorielles;
(ii) une forte concentration des techniciens au niveau central; et (iii) des conflits de rôle, fonctions et
responsabilités entre les services nationaux et décentralisés, ainsi que entre les différents ministères.
I.28. La Présidence de la République intervient dans le secteur agricole et rural à travers: (i) le
Service national (SN) qui mobilise de la jeunesse désoeuvrée et des masses paysannes dans les actions
de développement et de reconstruction afin de réduire l’insécurité alimentaire et la pauvreté. Il vise à
créer des Centres de production et d’appui à la reconstruction et au développement (CEPARD) dans
les principaux chefs lieux de province; et (ii) la Direction Générale des Réserves stratégiques
générales (RSG) qui a pour objet de constituer des stocks des produits stratégiques pour faire face à
des situations de crises.
11
Selon la Banque centrale du Congo: données fournies le Ministère de l’agriculture (SNSA), l’ONC, l’OCC,
et Fonds de reconstitution du capital forestier, 2002.
12
Les responsabilités des différentes institutions par rapport aux priorités du PDDAA sont reprises dans le
tableau en annexe 5.
13
Voir en annexe 6: la synthèse des potentialités et des faiblesses des principales institutions du secteur rural.
7
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
spécialisés comme le Service national de vulgarisation agricole (SNV), le Service national des
statistiques agricoles (SNSA), le Service national des semences (SENASEM), le Service national des
fertilisants et intrants connexes (SENAFIC), le Service national des intrants vétérinaires et d’élevage
(SENIVEL), le Service national d’aquaculture (SENAQUA), le Service national de mécanisation
agricole (SENAMA), le Programme national riz (PNR) et le Service national de développement et de
promotion de la pêche (SENADEP). Le MAPE a également sous sa tutelle plusieurs entreprises
publiques dont les principales sont l’Office national du café (ONC) pour l’encadrement et la
promotion du secteur caféier, la Caisse de stabilisation cotonnière (CSCo) pour le secteur cotonnier et
l’ Office national de développement de l’élevage (ONDE) pour l’élevage. La réorganisation du
ministère est en cours d’étude pour l’adapter à ses nouvelles fonctions (régulation, planning, contrôle)
et aux récentes politiques de développement du gouvernement (décentralisation, promotion des
organisations de producteurs, renforcement du secteur privé) et assurer un meilleur fonctionnement
intra et inter services (définition précise des rôles et attributions de chaque service; échange
d’information; planification, suivi et évaluation des activités; déploiement et besoins en renforcement
des capacités du personnel, des équipements et des moyens de fonctionnement).
I.32. La Recherche agronomique est faite principalement par l’Institut national pour l’étude et la
recherche agronomiques (INERA) qui dispose actuellement de cinq stations et cinq centres de
recherche implantés dans les grands ensembles agro–écologiques du pays. Entre 1998 et 2001,
l’INERA a pu réhabiliter quelques stations (Mvuazi, Mulungu, Ngadajika) grâce à un financement du
PNUD. Actuellement, avec l’apparition des maladies du manioc, l’INERA réalise un programme de
production de boutures saines de manioc avec l’appui de bailleurs de fonds (FAO/USAID/UE). Un
programme de réhabilitation de quelques stations supplémentaires de l’INERA est en préparation. En
plus de ces faibles moyens, l’INERA manque de communication avec le MAPE qui est son principal
client et de programmes de recherche appliquée qui prennent en compte les priorités des producteurs.
8
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.33. ONG. Jusqu’en 1990, principalement les organisations religieuses assureraient en milieu
rural un minimum d’accès aux services sociaux et aux micro–projets de développement. Il a fallu
attendre les premières mesures de libéralisation politique d’avril 1990 pour voir le nombre d’ONG
croître de manière exponentielle. Aujourd’hui, le pays compte plus d’un millier d’ONG mais la plupart
d’entre elles sont « circonstancielles et d’opportunité ». Parmi les plates–formes les plus importantes
actuellement, on retiendra le Conseil national des organisations non gouvernementales de
développement du Congo (CNONGD) qui se spécialise dans l’humanitaire et le développement
communautaire et la Fédération des ONG laïques à vocation économique du Congo (FOLECO) qui se
concentre sur des activités économiques.
I.34. Micro–finance rurale. A ce jour, le secteur financier congolais comprend une Banque
centrale du Congo (BCC), neuf banques commerciales opérationnelles (six privées et trois étatiques),
diverses institutions non bancaires de financement (épargne, développement, assurance, industrie,
sécurité sociale) et près de 500 institutions de micro–finances (IMF) dont la plupart sont des
coopératives d’épargne et de crédit (COOPEC) regroupées sous deux structures faîtières, à savoir
l’Union congolaise des coopératives d’épargnes et de crédit (UCCEC) et la Convention nationale des
coopératives d’épargne et de crédit (CONACEC). Les pillages, l’hyper–inflation et les mesures
monétaires incohérentes des années 1990 ont contribué à fragiliser le système financier. La plupart des
institutions ont des difficultés financières. Depuis lors, des nouveaux types d’institutions de micro–
finance (IMF) ont été créées souvent avec l’appui d’ONG en visant en priorité la population qui n’a
pas accès aux banques commerciales à savoir les micro–entreprises, les petits producteurs et les
femmes. Il s’agit souvent d’institutions de micro–finance spécialisées ou de programmes de crédits
supportés par des ONG nationales et internationales. De plus, des petits groupements (le plus souvent
féminins) ont également lancé des micro–initiatives d’épargne et de crédit du type rotatif inspirés des
systèmes traditionnels. D’une manière générale, la qualité de la gestion est faible et les taux de
recouvrement sont bas. La BCC est en train d’essayer de réglementer et de structurer le secteur.
E. Cadre Stratégique
I.35. Actuellement, la priorité en matière de développement du secteur agricole et rural est donnée
aux opérations d’urgence, il n’existe pas de véritable stratégie à moyen et long terme. Les principales
orientations stratégiques du gouvernement pour le moyen terme servant actuellement de référence
sont:
• le Document intérimaire de stratégie de réduction de la pauvreté (DRSP–I), préparé en
2002 et actualisé en février 2004, avec une composante de développement agricole et de
sécurité alimentaire;
• la Déclaration de la table ronde sur l’agriculture tenue à Kinshasa, les 19 et 20 mars 2004;
et
14
Voir, en annexe 7, le tableau de synthèse des principales stratégies nationales par rapport aux piliers du
PDDAA.
9
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.36. En matière forestière, un nouveau code forestier dont les arrêtés d’application sont en cours
d’élaboration a été promulgué en août 2002 et un agenda prioritaire pour la relance du secteur forestier
à moyen terme a été préparé en 2002 et est réactualisé périodiquement en fonction des progrès
réalisés.
I.37. Plusieurs réflexions stratégiques ont également eu lieu depuis 2001 avec l’appui des bailleurs
de fonds. Parmi les principales, il y a lieu de noter: (i) la Stratégie opérationnelle et les actions
prioritaires pour le développement du secteur rural (SOSR), validée en atelier national en décembre
2001; et (ii) l’ébauche de Stratégie nationale pour la sécurité alimentaire et le développement agricole
– Horizon 2015 (SNSA2015) préparée en novembre 2003.
I.40. La stratégie du DSRP–intérimaire s’articule autour de trois piliers, à savoir: (i) la paix et la
bonne gouvernance (participation des populations aux décisions); (ii) la stabilisation
macroéconomique et la relance de la croissance pro–pauvre (amélioration de l’environnement macro–
économique, épargne, investissement, emploi, réhabilitation des infrastructures socio–économiques,
développement des secteurs productifs, éducation et développement du capital humain, santé,
assainissement du cadre de vie et protection de l’environnement); et (iii) la dynamique communautaire
(cadre institutionnel, services d’appui)
• En ce qui concerne le développement du monde rural, les priorités tournent autour de six
axes principaux: (i) l’évacuation des produits agricoles et les échanges intra–ruraux;
(ii) l’électrification rurale; (iii) la desserte en eau potable; (iv) les semences améliorées;
(v) l’encadrement paysan; et (vi) la réhabilitation des routes de desserte agricole et de la
voirie urbaine.
• Pour le secteur agricole, les priorités sont les suivantes: (i) l’autosuffisance alimentaire:
(ii) l’actualisation du Plan Directeur de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage;
(iii) l’actualisation de la législation sur la réforme agraire; (iv) la mise en place d’un
Comité pour la relance des unités agro–pastorales abandonnées; (v) la promotion des
organisations paysannes; et (vi) l’appui à la pisciculture et à la pêche traditionnelle.
• Dans le domaine social, les priorités sont: (i) la paix, la bonne gouvernance, la
stabilisation macroéconomique, la réhabilitation et la croissance « pro–pauvre » et la
dynamique communautaire; (ii) la réhabilitation des écoles, des hôpitaux, des routes et
des unités d’eau et d’électricité; et (iii) l’amélioration des conditions du personnel de
l’Etat.
10
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
• Dans le domaine de l’environnement, les priorités sont: (i) le renforcement des capacités;
(ii) la vulgarisation du nouveau code forestier et des ses mesures d’application; (iii) les
reboisements à grande échelle; (iv) la mise sur pied d’une brigade de salubrité et la
gestion des déchets solides; (v) la désinfection et la dératisation de grande envergure des
zones d’habitation et de stockage; (vi) la définition d’une politique de gestion des
ressources en eau; et (vii) l’élaboration d’un code de l’environnement.
I.42. La Déclaration de la table ronde sur l’agriculture tenue à Kinshasa les 19 et 20 mars 2004:
cette table ronde a permis de dresser l’état des lieux du secteur avec l’ensemble des acteurs
(gouvernement, ONG, secteur privé, Communauté internationale). Les priorités de développement du
secteur à moyen terme identifiées sont de:
• allouer 10% du budget national au secteur agricole et rural d’ici cinq (5) ans,
conformément à l’engagement pris au Sommet des Chefs d’Etats de l’Union africaine
tenu à Maputo (Mozambique) en juillet 2003;
• réactualiser, dans les meilleurs délais, le Plan directeur du secteur agricole et rural et le
Plan directeur de la recherche agronomique qui doivent fixer les priorités à court, moyen
et long terme;
• restructurer les services des ministères impliqués dans le secteur agricole et rural en
tenant compte des rôles et des responsabilités des différents acteurs et de la
décentralisation;
• assumer son rôle de régulateur dans le domaine du contrôle des intrants agricoles ainsi
que des produits agricoles et alimentaires;
11
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.44. Le défi est d’aller vers une croissance rapide et partagée, qui ne soit pas basée sur les seules
activités d’exportation mais sur un large éventail d’activités économiques. Le secteur agricole et rural
intervient dans ce programme pour accélérer la croissance économique sur une base plus équitable car
sa croissance est naturellement partagée par une large part de la population.
I.45. L’objectif à moyen terme pour le secteur agricole et rural est de mener des actions
prioritaires en vue d’obtenir un taux de croissance supérieur au taux de croissance démographique, et
ce sur une base telle que ce taux puisse être maintenu dans la durée. Les axes d’intervention
comprennent: (i) la réhabilitation des voies de communication rurales (ouverture et entretien de pistes
rurales); (ii) le soutien à l’agriculture (intrants, soutien à la commercialisation et petite transformation,
soutien aux services vétérinaires, de vulgarisation et d’appuis); et (iii) les actions de développement
communautaire (réhabilitations petites infrastructures, services sociaux de base, activités génératrices
de revenus non agricole, services de formation et d’appuis).
I.46. Par contre, l’objectif à moyen terme du secteur environnemental est de remettre en place un
cadre réglementaire et institutionnel qui permette d’assurer la protection et la conservation des
ressources naturelles de la RDC tout en permettant leur exploitation durable et responsable. Les
activités prioritaires actuellement identifiées dans l’Agenda prioritaire jusqu’en 2005 concernent: (i) la
législation (vulgarisation, décrets application); (ii) le renforcement institutionnel (préparation du
Programme national forêts et conservation de la nature); (iii) le zonage forestier du territoire; (iv) les
concessions forestières (conversion, règles adjudication); (v) la fiscalité forestière (réformes,
sécurisation des recettes, rétrocession de 40% des taxes de superficie aux entités locales
décentralisées); (vi) l’aménagement des ressources forestières et la conservation de la nature (règles,
réhabilitation aires protégées); (vii) les services environnementaux d’intérêt général (séquestration de
carbone, etc.); et (viii) l’intégration du secteur forestier à la lutte contre le SIDA.
I.47. Les bailleurs de fonds se sont concentrés durant la période 1994–2002 sur des opérations
d’urgence et d’aide humanitaire dans les secteurs de l’éducation et de la santé à travers les ONG
nationales et internationales. Depuis 2000–2001, la plupart des bailleurs ont repris l’aide au
développement, notamment la Banque mondiale (BM), la Banque africaine de développement (BAD),
le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
et les coopérations bilatérales (union européenne, américaine, belge, allemande, française, chinoise).
Avec la normalisation de la situation du pays, il y aura dans les prochaines années, une diminution de
l’aide d’urgence et une augmentation de l’aide au développement.
Partenaires multilatéraux
I.48. Banque mondiale (BM). La BM a repris la coopération en 2001 en même temps que le FMI
en appuyant le PIR du gouvernement. En matière de développement agricole et rural, la BM avait
comme objectifs, pour la période 2002–2005, d’améliorer la situation de sécurité alimentaire des
populations rurales et de développer une stratégie à moyen et long terme en vue d’une croissance
soutenue de la production et des revenues agricoles. Cette volonté de la BM s’est traduite par la mise
en œuvre en 2002 du Programme multisectoriel d’urgence de réhabilitation et de reconstruction
(PMURR) dans le sud du pays. Pour le développement à long terme, la BM privilégierait: (i) l’accès
15
Voir, en annexe 8, le tableau de synthèse des domaines prioritaires d’intervention des principaux bailleurs de
fonds par rapport aux piliers du PDDAA.
12
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
des producteurs aux marchés et la valorisation des productions; (ii) l’accès des producteurs aux
moyens de production et aux technologies; (iii) le financement rural et l’accès aux services financiers;
et (iv) le renforcement des capacités locales (producteurs, pauvres ruraux, organisations paysannes,
services d’appui, élus locaux). La BM mène actuellement des études sectorielles pour la forêt, l’agro–
industrie et la commercialisation qui serviront de base pour définir sa stratégie d’intervention en RDC
à moyen et long terme (CAS).
I.51. Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le PNUD a continué à
financer dans les années 90 des projets en RDC en focalisant sur: (i) la gouvernance (soutien aux
réformes institutionnelles et économiques); et (ii) la lutte contre la pauvreté (secteur agricole,
protection de l’environnement, éducation de base, santé primaire, VIH/SIDA). Le programme triennal
2002–2005 reprend les mêmes domaines en y ajoutant des activités de prévention et de sortie des
crises (reconstruction, réhabilitation et réintégration). Actuellement, il intervient dans des projets
d’appui aux producteurs agricoles et de renforcement des capacités des communautés de base pour
leur propre gestion, pour la production des semences, la commercialisation des produits agricoles et la
réhabilitation des infrastructures. Dans le domaine de l’environnement, le PNUD a appuyé
l’élaboration du Plan national d’action environnementale (PNAE) en 1997 et du nouveau code
forestier (2000–2001).
I.52. Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). La FAO
appuie principalement la définition de stratégies, le développement agricole et la sécurité alimentaire à
travers une trentaine de projets (Programme de coopération technique, TeleFood, PNUD, Fonds
fiduciaires) cofinancés par différents bailleurs de fonds. L’enveloppe globale de financement des
projets en cours est d’environ 14 600 000 $EU. Les principaux domaines d’intervention sont les
13
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.53. Union européenne (UE). L’UE est très active dans le secteur agricole et rural. Sa stratégie
d’appui en RDC consiste, d’une part, à faire des interventions d’urgence pour permettre la relance de
l’économie, plus particulièrement du secteur agricole et rural, et d’autre part d’appuyer les efforts de
développement du gouvernement. Elle intervient dans le secteur agricole et rural à travers différents
projets d’appui à la relance du secteur agricole (production et recherche) et de sécurité alimentaire
dans des zones prioritaires. Dans l’avenir, elle compte concentrer ses efforts dans la réhabilitation des
infrastructures (routes et voies d’eau) pour améliorer la desserte et permettre une bonne relance de la
production agricole. En ce qui concerne les ressources naturelles, l’UE va financer à partir de 2005 un
Fonds fiduciaire multi–bailleurs qui sera géré par la Banque mondiale et si possible cofinancé par
d’autres bailleurs pour améliorer la gouvernance dans la gestion des ressources naturelles en RDC
dans le contexte post–conflit.
Partenaires bilatéraux
I.54. Agence des États–Unis pour le développement international (USAID). Après avoir
interrompu sa coopération structurelle avec la RDC au début des années 1990, elle vient de la
reprendre au début de cette décennie. Ses axes prioritaires d’intervention visent le développement rural
par les communautés de base, la réhabilitation des grandes infrastructures prioritaires, la stabilité
macro–économique, l’accès au crédit pour le secteur agricole, la recherche agronomique et la
décentralisation. Les domaines d’interventions actuelles de l’USAID sont la culture du manioc, la
micro–finance, l’amélioration des conditions de vie et la sécurité alimentaire.
I.55. Coopération technique belge (CTB). La CTB a repris sa coopération par une « stratégie de
retour vers la paix » qui consiste en un appui structurel pour le redémarrage du développement de
l’environnement sociopolitique du pays. Elle intervient notamment dans les secteurs de la santé, de
l’éducation, du développement rural et des communautés de bases à travers des projets d’appui à la
société civile, aux initiatives locales, au développement urbain (fonds social et horticulture) et à
l’éducation, des appuis institutionnels au niveau des différents ministères (expertises, table ronde,
études, renforcement des capacités) et de l’aide alimentaire d’urgence. En ce qui concerne le secteur
de l’environnement, la CTB travaille en collaboration, d’une part, avec le Banque mondiale pour la
mise en œuvre du Code Forestier et, d’autre part, le WWF pour la gestion durable des forêts.
I.56. Coopération technique allemande (GTZ). Depuis 1991, la GTZ intervient dans les
domaines de la santé, la société civile, la conservation de la nature et le développement agricole. Pour
le secteur agricole, elle s’appuie sur les communautés de base afin de créer un circuit économique
organisé et permettre une bonne gestion des ressources naturelles (sols). La GTZ intervient
essentiellement à travers deux ONG à savoir la FOLECO, à l’Ouest et au Sud du pays, et l’IGC dans
les quatre provinces de l’Est. A moyen terme, elle compte intensifier ses interventions dans la
conservation de la nature et la protection de la biodiversité, la récupération et la rentabilisation des
fermes abandonnées en encadrant notamment les enfants abandonnés et la sécurité alimentaire.
14
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.60. Le tableau ci–dessus montre qu’après une forte baisse en 2001, le budget d’investissement
(BI) a connu une croissance régulière prévisionnelle jusqu’à 2004. Depuis 2003, le BI a fortement
augmenté suite à l’éligibilité de la RDC aux ressources du programme PPTE et aux ressources
extérieures provenant de la relance des programmes multilatéraux et bilatéraux. Le taux d’exécution
du BI reste toutefois faible car il ne dépasse pas les 60% en général et dépasse à peine les 10%
certaines années (2000 et 2003).
I.61. La part du BI consacré au secteur agricole et rural dans les prévisions budgétaires a été en
général voisine de 10% (8 à 15%) entre l’année 2000 et 2004, à l’exception de 2001 où il a avoisiné
les 37%. Si l’on regarde les taux d’exécution, la part du BI réellement consacrée au secteur agricole,
forestier et rural à varié de près de 3% en 2001 et 2002 avec des budgets nationaux très faibles, à près
de 25% en 2003 avec un budget national pratiquement doublé par rapport à 2002 et cinq fois plus
important que 2001.
15
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
G. Projets et programmes
I.62. Une synthèse des activités des principaux projets en cours et en préparation par rapport aux
priorités du PDDAA est jointe dans les tableaux en annexes 9 et 10.
I.63. A l’heure actuelle, les projets en milieu rural sont surtout des interventions d’urgence (en
2002, l’appel consolidé des Nations Unies a été de 194 millions de $EU pour ces opérations). Il s’agit
généralement de la distribution d’intrants agricoles et de pêche, de la réhabilitation des routes et des
infrastructures de transport, etc. D’une manière générale, les organisations de la société civile (ONG,
organisations paysannes) sont responsables de l’exécution de ces projets. Les techniciens du Ministère
de l’agriculture sont parfois mis à contribution en tant que prestataires de services.
Programmes/projets sectoriels
16
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
devrait s’étendre progressivement durant sa deuxième phase (2004/2007) aux principales villes du
pays (Kisangani, etc.). Ce projet est financée par la CTB pour un coût de 3,5 millions $EU. Les axes
d’interventions du projet comprennent: (i) la sécurisation des ressources naturelles relatives aux
périmètres maraîchers HUP; (ii) la sécurisation d’une production horticole durable de qualité:
intensification, diversification et étalement des productions horticoles de qualité par l’approche PPI; et
(iii) la professionnalisation des producteurs et le renforcement de l’encrage institutionnel de l’HUP.
I.68. Programme pan africain de contrôle des épizooties (PACE). En RDC, le PACE financé par
l’UE a démarré officiellement le 1er mai 2000. L’objectif global du programme est de contribuer à la
lutte contre la pauvreté et au développement rural par une amélioration de la production animale et de
l’approvisionnement en protéines animales. Les objectifs spécifiques de la composante nationale
PACE/RDC comprennent: (i) le développement des capacités nationales; (ii) l’amélioration de
l’accessibilité et de la distribution des médicaments et services aux éleveurs; (iii) l’éradication
complète de la peste bovine; et (iv) le meilleur contrôle des épizooties majeures. Le coût total du
programme (RDC) est de 1 329 195 € pour une durée initiale prévue de cinq ans. Il a démarré dans la
partie sous contrôle gouvernemental. L’extension du programme sur l’ensemble du territoire national
est envisagée à partir de 2005.
I.69. Programme spécial de sécurité alimentaire (PSSA). Le document national du PSSA a été
élaboré avec l’assistance de la FAO en septembre 2001 et validé lors d’un atelier national en décembre
2001. Il a quatre composantes: (i) Maîtrise de l’eau: riziculture irriguée; (ii) Intensification de la
production vivrière; (iii) Diversification de la production: animaux à cycle court, pisciculture,
apiculture, agroforesterie: et (iv) Analyse des contraintes: obstacles au développement des
technologies. La première phase du PSSA est estimée à près de 3,6 millions de $EU. Sa mise en œuvre
a démarré en septembre 2003 avec la composante « Maîtrise de l’eau ».
I.70. Projet de sécurité alimentaire et génération des revenus par l’assistance aux petits
producteurs et par l’appui à l’INERA pour une augmentation durable de la production du manioc
(GCP/DRC/029/EC). L’objectif de développement du projet est de: (i) redynamiser la capacité de
l’INERA à mener des activités de recherche et développement; et (ii) permettre aux petits producteurs
d’augmenter durablement leur production de manioc par un meilleur accès aux boutures saines et aux
connaissances techniques éprouvées. Le projet couvre les provinces du Nord et Sud Kivu, les deux
Kasaï, le Bas–Congo et Kinshasa. Démarré effectivement en septembre 2003, le projet a un coût total
de 1,4 millions $EU et prendra fin en décembre 2004. Il est financé à partir des fonds fiduciaires
fournis par la Commission européenne et exécuté par l’INERA sous la supervision de la FAO.
I.71. Le Projet de « Renforcement des capacités de gestion et réhabilitation des aires protégées
en RDC » a pour objectif spécifique le renforcement durable des capacités de l’ICCN en vue de la
réhabilitation et la gestion des parcs nationaux (Virunga et Salonga). Le coût estimatif global du projet
qui démarre en 2004, est de 5 millions € (6,10 millions $EU) pour une durée de trois ans.
I.72. Plusieurs projets de développement agricole sont actuellement en préparation avec l’appui de
partenaires internationaux. En dehors de l’extension du PMURR qui vise la reconstruction
multisectorielle de l’ensemble du pays, la plupart des autres projets en préparation sont sectoriels,
concentrés sur des zones cibles prioritaires et ont comme objectif général de renforcer la sécurité
alimentaire, d’améliorer la gestion des ressources naturelles et de réduire la pauvreté des populations
rurales.
17
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.73. Les principaux programmes et projets multisectoriels et sectoriels en préparation sont décris
succinctement ci–dessous:
Programme multisectoriel
Programmes/projets sectoriels
I.75. Projet d’appui à la réhabilitation du secteur agricole et rural (PARSAR). Le projet visera
principalement les provinces du Bas–Congo et du Bandundu. L’objectif spécifique sera la relance de
la production agricole moyennant la remise en état des structures d’encadrement et des infrastructures
de production et de commercialisation. Les principales activités du PARSAR seront les suivantes:
(i) le renforcement des capacités du MAPE, MDR et INERA; (ii) la réhabilitation de pistes de desserte
agricole; (iii) la réhabilitation des infrastructures de commercialisation; (iv) la desserte en eau potable;
(v) la multiplication et la diffusion des semences améliorées; et (vi) la formation et l’organisation des
populations rurales. Le projet, qui démarrera en 2005, sera conjointement financé par le FAD et le
Gouvernement de la RDC pour un coût global de 27,95 millions d’UC16 dont 18 millions d’UC de prêt
FAD et 7 millions d’UC de don FAD.
16
1 UC BAD = 1,43178 $EU.
18
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
braconnage en Afrique centrale. En RDC, les activités du projet comprendront: (i) la diffusion de
l’élevage d’aulacodes à travers la mise en place et le fonctionnement de trois stations démonstratrices
d’aulacodiculture dans la périphérie de Kinshasa (multiplication des géniteurs, sensibilisation et
formation des éleveurs et encadrement périodique des élevages); et (ii) la mise en place d’un
observatoire « viande de brousse » à Kinshasa pour suivre l’évolution de la consommation urbaine.
Cette expérience pourra se reproduire dans d’autres villes de la RDC dans un deuxième temps.
Financé par l’Union européenne, le coût total du projet est estimé à 1,5 millions d’euro pour une durée
de quatre ans. Sa mise en œuvre est prévue en fin 2004.
I.81. Projet de renforcement des capacités des communautés de base par l’approche champs
école pour la lutte contre la pauvreté (PRCCB). Les projets FAO TCP/DRC/066 et TCP/DRC/2907
ont permis de mettre au point l’approche Champs écoles paysannes (CEP) sur deux sites: Kisantu (Bas
Congo) et Plateau des Bateke (Kinshasa). Ces projets sont basés sur le renforcement des capacités et le
développement des organisations rurales et visent l’amélioration de la production du manioc et des
autres cultures vivrières. Suite aux succès obtenus avec les deux premiers projets pilotes, un nouveau
projet a été préparé pour étendre l’approche CEP dans les provinces du Bas Congo, du Katanga et à
Kinshasa avec un financement du PNUD. Le coût total de cette phase du projet qui démarrera en fin
2004 est de près de 1 million de $EU pour une période de trois ans.
19
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.82. Les expériences passées nous ont montré que dans la plupart des cas les projets, exécutés au
cours des années 1980–1990, ont eu des impacts très positifs durant leur exécution mais que ceux–ci
s’estompent très rapidement à la fin du projet. Les principales leçons à tirer de ces expériences sont les
suivantes: (i) les projets ont souffert du manque de fonds de contrepartie en dépit de leur inscription
dans le Programme d’Investissement Public Prioritaires du gouvernement; (ii) les charges récurrentes
des projets se sont avérées insoutenables par l’Etat et les bénéficiaires dans la phase après projet; et
(iii) l’infrastructure de transport et l’accès aux marchés sont prioritaires.
I.83. Les bailleurs de fonds et partenaires de la RDC ont une grande expérience dans les situations
d’après crises causées par des catastrophes naturelles ou sociales. Les enseignements utiles pour la
RDC sont les suivants: (i) la priorité doit être donnée à la restauration de la capacité de production en
remettant en état les infrastructures économiques et sociales essentielles, en facilitant l’accès aux
intrants et outils agricoles, en améliorant les systèmes de commercialisation de la production et en
développant des activités génératrices de revenus non agricoles; (ii) il est important de renforcer le
pouvoir local pour gérer durablement les ressources locales; et (iii) il est nécessaire d’appuyer le
passage progressif des aides d’urgence aux programmes de développement par une combinaison
appropriée de dons et de prêts.
II.3. Production végétale. Au stade actuel, le secteur agricole offre les meilleures perspectives
pour une croissance soutenue pouvant bénéficier à de larges couches de la population. Aucun autre
secteur ne peut mettre rapidement au travail autant de personnes et procurer des plus–values et des
20
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
richesses. Suite à l’importance des terres arables disponibles, à son vaste réseau hydrographique et à sa
diversité climatique (tempéré à tropical), le potentiel agricole de la RDC est important et extrêmement
diversifié, tant en ce qui concerne les cultures de subsistance (manioc, maïs, riz, bananes) que les
cultures de rente (palmier à huile, café, cacao, arbre à caoutchouc, coton, pyrèthre, tabac, quinine,
etc.). Son développement se heurte toutefois aux principales contraintes suivantes: (i) un accès
difficile aux intrants agricoles; (ii) l’absence d’une politique agricole adéquate; (iii) la faiblesse
institutionnelle de l’encadrement technique et la désorganisation des services d’appuis aux producteurs
ruraux; (iv) la détérioration des routes et pistes de desserte agricole et des infrastructures de
transformation et de commercialisation; (v) le vieillissement des plantations familiales; (vi) l’abandon
des plantations industrielles et la perte de confiance des investisseurs privés dans les cultures
d’exportation; (vii) la faiblesse de la recherche agronomique; et (viii) le manque de capitaux et les
difficultés d’accès au crédit. Ces difficultés ont conduit au développement considérable du secteur
informel, à une diminution de la productivité et de la production nationale et surtout à une répartition
peu équitable des revenus.
II.4. Production animale. Cette production offre de bonnes perspectives de développement qui
peut bénéficier à une importante couche de la population dont les plus pauvres. Ce potentiel est
notamment lié aux vastes étendus d’herbage et de pâturage disponibles et à l’accès aisé à l’eau en
toute saison et sur l’ensemble du pays. Cependant, comme la production agricole, son développement
se heurte à certaines contraintes dont les principales sont: (i) la carence des intrants vétérinaires et
d’élevage; (ii) l’absence d’une politique de développement de l’élevage adéquate; (iii) la faiblesse
institutionnelle de l’encadrement technique et la désorganisation des services vétérinaires; (iv) la
détérioration des infrastructures de base, de communication, de transport, de transformation, de
conservation et de commercialisation; et (v) l’inaccessibilité au crédit rural pour l’achat d’animaux.
Cette situation a conduit à la baisse de la production animale qui ne couvre actuellement qu’une infime
partie des besoins, principalement en milieu rural. En matière de développement futur, l’élevage du
gros bétail pourrait se concentrer en priorité sur les montagnes de l’Est, tandis que les petits ruminants,
les porcs et la volaille pourraient se développer sur l’ensemble du territoire, et en particulier près des
centres urbains de consommation où les aliments et les intrants vétérinaires et d’élevage sont
facilement accessibles.
II.5. Pêche. La RDC possède un important potentiel halieutique (estimé à plus de 700 000 tonnes
de poisson par an) lié principalement à son vaste réseau hydrographique et à son relief favorable au
développement de la pisciculture. Le développement de la pêche constitue une priorité pour lutter
contre l’insécurité alimentaire vu que le poisson peut facilement compléter les besoins en protéines
animales des populations congolaises les plus pauvres. Le sous–secteur de la pêche est cependant resté
stationnaire suite à certaines contraintes d’ordre technique, socio–économique et institutionnel. Il
s’agit principalement de: (i) l’insuffisance et la carence des intrants de pêche; (ii) la faiblesse des
techniques et des engins de pêche; (iii) le manque de stratégie adéquate de développement de la pêche;
(iv) la non observance de réglementation de la pêche; (v) le manque des infrastructures de base
(débarcadères), de transformation, conservation et de commercialisation; (vi) la pauvreté et la faible
capacité d’investissement des personnes vivant de la pêche; (vii) le manque d’encadrement; et
(viii) l’inaccessibilité au crédit rural pour le développement d’activités de pêche. La prise en compte
de ces contraintes permettra de développer le sous–secteur, d’approvisionner les centres de
consommation en produits de pêche et de réduire la pauvreté en milieu rural. Le réseau
hydrographique de la RDC permet également le développement de la pisciculture et de l’aquaculture
notamment dans les exploitations familiales qui peut se pratiquer sur l’ensemble du territoire. Des
infrastructures piscicoles existent dans plusieurs provinces mais elles nécessitent une sérieuse
réhabilitation pour relancer ce sous–secteur.
21
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
III.1. Le processus de mise en œuvre du PDDAA du NEPAD auquel la RDC est impliquée
permettra de renforcer la réalisation des actions prioritaires définies par le Gouvernement congolais
pour le moyen terme pour parvenir au développement agricole, à la sécurité alimentaire et à la
réduction de la pauvreté. Le programme d’investissement proposé se situe dans la troisième phase
(2005/2010) du DRSP destinée à assurer la relance de l’économie nationale pour la mettre sur l’orbite
d’une croissance durable forte et pro–pauvre.
III.3. Par rapport aux cinq piliers du PDDAA et sur la base des priorités d’intervention définies
dans l’analyse des stratégies nationales et des potentialités et contraintes, les axes stratégiques et
d’interventions suivants ont été identifiés comme prioritaires et approuvés lors de l’atelier national de
validation du PNIMT. Ils ont servi de base à l’identification et la préparation de projets
d’investissement bancables pour la période 2005/2010 dans le cadre du NEPAD:
22
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
III.4. Dans ce domaine, les différentes stratégies nationales insistent notamment sur la nécessité de
créer ou de réhabiliter un minimum d’infrastructures socio–économiques (santé, éducation, eau
potable, routes et pistes de desserte agricole, transformation des produits, etc.) et d’améliorer l’accès
aux marchés des productions locales afin de rendre attractif et compétitif le milieu rural. Pour atteindre
cet objectif, les axes principaux d’intervention identifiés pour le secteur agricole sont:
• le désenclavement des zones rurales à fort potentiel agricole (y compris transport fluvial):
réhabilitation et amélioration des voies de desserte agricoles par des activités à forte
intensité de main d’œuvre et organisation des entretiens communautaires;
• la réhabilitation, l’installation et la gestion d’infrastructures communautaires
(transformation, conditionnement, stockage, transport des produits agricoles, marchés,
centres de négoce);
• le développement de PME locales spécialisées dans la réhabilitation et la maintenance des
routes et pistes de desserte agricole et dans la construction et l’entretien d’infrastructures
socio–économiques rurales;
• la professionnalisation et la structuration de filières porteuses en milieu rural bénéficiant
d’avantages comparatifs: transformation, conditionnement, organisation des systèmes de
collecte et de commercialisation, promotion des produits sur les marchés cibles;
• l’amélioration des systèmes d’information sur les prix et marchés avec établissement
d’observatoires régionaux des filières; et
• la création d’un contexte sécuritaire, légal et fiscal incitatif pour le développement d’une
agriculture commerciale forte et compétitive, contexte qui passe nécessairement par:
(i) un nouveau code fiscal; (ii) une régulation des importations alimentaires permettant un
climat de concurrence loyale; et (iii) la limitation des tracasseries administratives et des
barrières de tous ordres entravant la mobilité des denrées des centres de production aux
marchés.
III.5. Dans ce domaine, les différentes stratégies nationales insistent sur l’importance d’accroître
durablement la productivité et la production des principales cultures vivrières en améliorant les
systèmes de production et en facilitant l’accès des producteurs aux technologies, aux services d’appui
conseil et aux intrants agricoles. Pour atteindre cet objectif, les axes principaux d’intervention
identifiés sont:
23
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
24
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
III.6. Dans ce domaine, les différentes stratégies nationales insistent notamment sur le
développement du gros et petit élevage, de la pisciculture et de la pêche artisanale, ainsi que des
produits forestiers ligneux et non ligneux. Pour atteindre cet objectif, les axes d’intervention suivants
identifiés sont:
• l’intensification du petit élevage (porcs, volaille, petits ruminants) dans les exploitations
familiales en particulier autour des grands centres urbains: faciliter l’accès aux intrants
(aliments, géniteurs, produits vétérinaires) et aux services d’appui technique (vétérinaire,
techniciens spécialisés, formation) privés et publics, et améliorer la production
fourragère;
• la gestion et la valorisation durable des principaux produits forestiers non ligneux (PFNL)
en milieu rural: la protection et l’augmentation de la ressource, l’amélioration de la
qualité des produits, l’amélioration des techniques de transformation, conservation et
conditionnement, et l’organisation des producteurs en matière de commercialisation; et
III.7. Les projets éligibles au titre du PNIMT–PDDAA doivent obligatoirement: (i) s’inscrire dans
les axes stratégiques et domaines prioritaires retenus ci–dessus; (ii) participer directement à la
réduction de la pauvreté en milieu rural et à l’amélioration des conditions cadres pour l’exercice des
activités productives agricoles; et (iii) prendre en compte la spécificité régionale en respectant la
vocation socio–économique des différentes régions. Enfin, les projets doivent répondre aux critères de
sélection spécifiques ci–après:
25
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
• Synergie avec les autres programmes. Il s’agira d’examiner d’une part que les projets
identifiés ne fassent pas double emploi avec des actions ou des projets en cours ou
programmés et d’autre part de rechercher des synergies ou des complémentarités avec
d’autres programmes/projets afin de maximiser les effets en matière de développement et
les impacts positifs sur l’amélioration durable des conditions des populations rurales.
III.8. Sur la base des axes stratégiques et prioritaires d’intervention retenus dans le cadre du
PNIMT et des critères mentionnés ci–dessus, treize idées de projets prioritaires ont été retenues et
validées par l’atelier national qui a été organisé le 2 et 3 décembre 2004 à Kinshasa par le MAPE. Les
idées de projets ont été réparties en trois catégories en fonction de leur objectif principal:
(i) l’amélioration de l’accès des producteurs aux marchés et la valorisation des productions; (ii) le
soutien à la production agricole; et (iii) la diversification des activités en milieu rural. Elles sont
reprises ci–dessous par catégorie et dans chacune d’elle, par ordre de priorité défini lors de l’atelier.
III.9. Amélioration de l’accès des producteurs aux marchés et valorisation des productions:
26
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
• La transformation des principaux produits vivriers (manioc, maïs) dans les zones à haute
production (Kikwit, Idiofa: Bandundu; Mvuazi, Kisantu/Inkisi: Bas Congo; Plateau
Bateke: Kinshasa; Butembo/Béni: Nord Kivu): activités principales: diffusion technologie
(farine panifiable, fermentée, aliment pour bétail, amidon, colle, alcool, etc.); activités
d’accompagnement: organisation des producteurs et des opérateurs économiques
(transformateurs, commerçants, etc.), formation des artisans locaux (fabrication et
entretien des équipements).
• La gestion de la fertilité des sols agricoles dans les zones montagneuses densément
peuplées (territoires de Walungu et Kabare dans le Sud Kivu): activités principales: lutte
contre l’érosion et gestion des systèmes culturaux (amendements organiques,
assolements, rotations, plantes de couverture, zéro labour, etc.); activités
d’accompagnement: intensification agricole, renforcement des services d’appui conseil,
formation des producteurs.
17
Zones avec potentiel de développement de la mécanisation légère (transformation, préparation des terres,
etc.).
18
Consolidation des acquis du projet Appui aux producteurs du secteur agricole (APSA).
27
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
III.12. Parmi les treize idées de projets proposées, la FAO a appuyé le gouvernement pour la
formulation de trois profils détaillés de projets20 choisis par l’atelier de validation du PNIMT sur la
base des critères opérationnels suivants: (i) la FAO disposent de capacités et d’avantages comparatifs
pour leur préparation; (ii) ils visent la sécurité alimentaire; (iii) ils se basent sur la réhabilitation et la
valorisation de l’existant; (iv) ils peuvent être mis rapidement en œuvre dans les conditions actuelles
sans contraintes ni conditionnalités majeures; et (v) ils sont complémentaires aux activités en cours et
programmées à court et moyen terme avec l’appui des bailleurs de fonds.
III.13. Les trois projets retenus, dont les profils détaillés font l’objet de documents séparés (Volume
II à IV), sont:
• Projet de réhabilitation et de rajeunissement des plantations de palmier à huile;
• Projet de réhabilitation des périmètres rizicoles prioritaires; et
• Projet d’approvisionnement des grands centres urbains en produits carnés.
19
Zones traditionnellement associatives.
20
Dans le cadre de la présente initiative, un « profil de projet d’investissement bancable » – PPIB, est défini
comme un aperçu de projet ou programme d’investissement rédigé d’après un format standard et visant à
présenter les informations permettant sa prise en compte par des institutions financières internationales et
bailleurs de fonds potentiellement intéressés ainsi que par le secteur privé, tel qu’envisagé dans la
Déclaration de Maputo sur l’agriculture et la sécurité alimentaire en Afrique adoptée par l’Assemblée des
Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine (UA). Ce document devrait permettre aux partenaires
d’exprimer leur intérêt de principe pour le projet proposé et le niveau approximatif de leur engagement à en
financer le développement. Des analyses détaillées de viabilité technique, économique, institutionnelle et
environnementale, et autres études complémentaires opportunes, seraient conduites ultérieurement,
conformément aux règles et procédures des partenaires financiers concernés, afin de parvenir à une
proposition de projet ou programme d’investissement du niveau de l’étude de faisabilité proprement dite.
28
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
pour relancer les plantations existantes viables de type villageois en complément de la reprise
progressive des grandes plantations industrielles d’avenir par le secteur privé.
III.16. L’objectif global du projet serait de lutter contre la pauvreté par l’amélioration du niveau de
revenu des producteurs par la vente de l’huile de palme et des sous–produits du palmier. L’objectif
spécifique principal serait la redynamisation des palmeraies villageoises par la réhabilitation et le
rajeunissement de plantations d’avenir existantes. La durée du projet proposé serait de quatre ans.
Concrètement, le projet réhabiliterait 1 000 ha de palmeraie villageoise dans le District de Kwilu au
Bandundu et en rajeunirait 2 000 ha dans les Districts du Kwilu et de la Mongala. Il viserait également
à valoriser les productions et à renforcer les capacités des organisations des producteurs et autres
opérateurs locaux à travers les trois composantes suivantes: (i) la réhabilitation de palmeraies; (ii) le
rajeunissement de palmeraies; et (iii) la gestion du projet. Les coûts du projet proposé, imprévus
compris, s’élèveraient à près de 4 millions de $EU soit environ 1,8 milliards de FC. La participation
des bénéficiaires est estimée à environ 19% des coûts totaux du projet.
III.17. Le projet serait placé sous la tutelle du MAPE et mis en œuvre par deux structures légères de
coordination: (i) la Coordination nationale du projet (CNP) localisée à Kinshasa; et (ii) des Antennes
Provinciales (AP) situées dans les zones cibles du projet. La CNP serait responsable de la coordination
et du suivi évaluation des activités et de la gestion administrative et financière du projet. Les AP
seraient responsables de la coordination, de l’encadrement et du suivi des activités du projet dans leur
zone d’intervention respective. A mi–parcours et en fin du projet, une évaluation serait effectuée par
un bureau d’études indépendant. La supervision du projet serait assurée par un comité de pilotage
représentant l’ensemble des acteurs publics et privés concernés. L’exécution proprement dite des
activités (ONG appuis conseils pour les AP, expertises diverses court terme, réalisation des
infrastructures, etc.) serait confiée à des prestataires de services qui seraient recrutés par appels d’offre
provincial, national ou international ouverts.
III.18. Projet de réhabilitation des périmètres rizicoles prioritaires. Vu les potentialités du pays en
matière de développement de la riziculture et l’importance que joue ce sous–secteur dans l’économie
nationale et la sécurité alimentaire, sa relance est considérée par le gouvernement comme prioritaire
parmi les cultures vivrières. La RDC dispose de nombreuses ressources naturelles potentiellement
intéressantes pour la production de riz, mais qui sont mal ou irrationnellement exploitées et qui de ce
fait, surtout au cours de ces dernières années, n’ont contribué que très faiblement à la satisfaction des
besoins nationaux en riz et en particulier des grandes villes. Un grand nombre de périmètres ont été
aménagés par le passé avec l’aide des bailleurs de fonds. Beaucoup d’infrastructures ont été mal
entretenues ou abandonnées pendant les troubles, ce qui a considérablement réduit la productivité de
ces sites malgré leurs potentialités. Vu leur importance en terme de production potentiel, d’activités
économiques locales et de proximité de marché potentiel (ville, etc.), un grand nombre de ces sites
continuent d’être cultivés, au moins partiellement, souvent avec des moyens et techniques peu
performants vu le manque de capacités des producteurs locaux. La reprise de ces sites avec l’appui du
projet proposé permettrait à la fois de récupérer une partie des investissements réalisés dans le passé,
de contribuer à moindres coûts (vu les investissements déjà réalisés) à la satisfaction des besoins
29
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
nationaux et des grandes villes, et d’appuyer des initiatives locales pour intensifier les systèmes de
production et reprendre la mise en valeur de terrains abandonnés.
III.19. L’objectif général du projet proposé serait de contribuer à la sécurité alimentaire et de lutter
contre la pauvreté par la diversification et l’augmentation des revenus des populations vivant dans les
sites rizicoles. L’objectif spécifique serait d’augmenter la production nationale de riz. La durée du
projet proposé serait de cinq ans. Concrètement, le projet aménagerait et appuierait la mise en valeur
de 2 700 ha de riziculture répartis en 2 200 ha de bas fond et 500 ha de plaines dans les provinces de
Kinshasa (Pool Malebo et Dingidingi), du Bas Congo (Kisantu) et du Bandundu (Kikwit). Les
principales composantes seraient: (i) la réhabilitation des infrastructures; (ii) le renforcement des
activités productives; (iii) le renforcement des capacités organisationnelles des producteurs; (iv) la
valorisation des productions; et (v) la gestion du projet. Les coûts du projet proposé, imprévus
compris, s’élèveraient à près de 7,9 millions $EU, soit environ 3,5 milliards de FC. La participation
des bénéficieras est estimée à environ 17% des coûts des travaux d’aménagement des périmètres
hydro–agricoles.
III.20. Le projet serait placé sous la tutelle du MAPE et mis en œuvre par deux structures légères de
coordination: (i) la Coordination nationale du projet (CNP) localisée à Kinshasa; et (ii) des Antennes
Provinciales (AP) situées dans les zones cibles du projet. La CNP serait responsable de la coordination
et du suivi évaluation des activités et de la gestion administrative et financière du projet. Les AP
seraient responsables de la coordination, de l’encadrement et du suivi des activités du projet dans leur
zone d’intervention respective. A mi parcours et en fin du projet, une évaluation de deux semaines
serait effectuée par un bureau d’études indépendant. La supervision du projet serait assurée par un
comité de pilotage représentant l’ensemble des acteurs publics et privés concernés. L’exécution
proprement dite des activités (ONG appuis conseils pour les AP, expertises diverses court terme,
réalisation des infrastructures, etc.) serait confiée à des prestataires de services qui seraient recrutés par
appels d’offre provincial, national ou international ouverts.
III.22. Le projet proposé contribuerait donc notamment à: (i) la satisfaction des besoins nationaux
en protéines animales; (ii) la diversification et l’augmentation des revenus des petits producteurs
éleveurs et pisciculteurs; et (iii) à moyen terme, l’augmentation en devise par la réduction des
importations et la reprise des exportations.
III.23. L’objectif général du projet serait de contribuer à la sécurité alimentaire et de lutter contre la
pauvreté par la diversification et l’augmentation des revenus des agro–éleveurs en milieu rural.
L’objectif spécifique du projet proposé serait d’améliorer l’approvisionnement des grands centres
urbains en produits carnés et en sous produits dérivés. La durée du projet proposé serait de trois ans.
Concrètement, le projet appuierait la diversification et l’intensification des productions animales dans
les petites exploitations cibles et l’amélioration des capacités techniques et en gestion des agro–
éleveurs à travers quatre composantes principales: (i) appui à la production animale; (ii) renforcement
30
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
III.24. Le projet serait placé sous la tutelle du MAPE et mis en œuvre par la Coordination nationale
du projet (CNP) à Kinshasa. La CNP serait responsable de la coordination et du suivi évaluation des
activités et de la gestion administrative et financière du projet. Dans chaque site, la CNP serait
renforcée par des encadreurs d’ONG chargés de la coordination et du suivi des activités du projet et de
l’appui conseil aux agro–éleveurs. A mi parcours et en fin du projet, une évaluation de deux semaines
serait effectuée par un bureau d’études indépendant. La supervision du projet serait assurée par un
comité de pilotage représentant l’ensemble des acteurs publics et privés concernés. L’exécution
proprement dite des activités (ONG appuis conseils pour les AP, expertises diverses court terme,
réalisation des infrastructures, etc.) serait confiée à des prestataires de services qui seraient recrutés par
appels d’offre provincial, national ou international ouverts.
IV.1. Le tableau qui suit donne les prévisions et l’exécution budgétaire (fonctionnement et
investissement) pour l’année 2003, les prévisions budgétaires 2004 et les projections 2005–2010 pour
les ministères impliqués dans le secteur agricole et rural. Etant donné que le Ministère du budget n’a
pas encore de projections officielles, les projections de croissance du budget total ont été calculées sur
la base des taux de croissance du PIB projetés pour 2004–2008 (voir Document de cadrage
macroéconomique pluriannuel 2004–2008) et estimées à 7% par an en moyenne pour la période
considérée.
IV.2. Les prévisions sont également basées sur les allocations budgétaires annuelles nécessaires
pour atteindre progressivement d’ici 2010 les objectifs de la Déclaration de Maputo « de consacrer au
moins 10% des budgets nationaux annuels au secteur rural ».
Tableau 2: République démocratique du Congo: Budget national et dépenses des secteurs agricole et rural
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Prévu Exécuté Prévu Exécuté** Prévisions
Dépenses du secteur rural
SN 0,73 0,52 0,93 0,14 1,10 1,28 1,60 1,95 2,35 2,80
RSG 0,19 0,09 0,72 0,82 0,84 0,99 1,23 1,50 1,81 2,15
MAPE 11,81 5,56 39,31 7,83 46,22 53,95 67,35 82,36 99,14 117,86
MDR 17,30 4,27 12,72 1,90 14,96 17,46 21,80 26,66 32,09 38,15
MECNEF 1,44 10,72 6,04 0,18 7,10 8,29 10,35 12,65 15,23 18,11
MRS / INERA 0,08 0,16 0,65 0,43 0,77 0,89 1,12 1,37 1,64 1,95
Dép. totales* 31,54 21,31 60,38 11,31 70,99 82,86 103,44 126,49 152,26 181,02
Budget total 825,43 698,41 1 206,21 409,53 1 290,65 1 380,99 1 477,66 1 581,10 1 691,78 1 810,20
% Dépenses/Budget
SN 0,09 0,07 0,08 0,03 0,09 0,09 0,11 0,12 0,14 0,15
RSG 0,02 0,01 0,06 0,20 0,07 0,07 0,08 0,10 0,11 0,12
MAPE 1,43 0,80 3,26 1,91 3,58 3,91 4,56 5,21 5,86 6,51
MDR 2,10 0,61 1,06 0,46 1,16 1,26 1,48 1,69 1,90 2,11
MECNEF 0,17 1,53 0,50 0,04 0,55 0,60 0,70 0,80 0,90 1,00
MRS / INERA 0,01 0,02 0,05 0,11 0,06 0,07 0,08 0,09 0,10 0,11
Total 3,82 3,05 5,01 2,76 5,50 6,00 7,00 8,00 9,00 10,00
Sources: Ministère du budget.
* Les dépenses totales du secteur agricole et rural comprennent (SN, RSG, MAPE, MDR, MECNEF et INERA). **Exécuté au cours du 1er semestre 2004
31
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
IV.3. Les prévisions des contributions annuelles des principaux bailleurs sont présentées dans le
tableau ci–dessous. Elles sont basées sur les déclarations actuelles et sont donc susceptibles de
modifications.
Tableau 3: Prévisions de contributions annuelles des principaux partenaires financiers jusqu`à 2010
pour le secteur agricole et rural (montants en millions de $EU)
Bailleur Projet 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Total
PMURR–I: Agricole 2,45 22,08 3,11 27,64
BM PMURR–II: Agricole 103,00 77,50 77,50 258,00
PMURR–II: Environnement 15,50 17,25 17,25 50,00
PARSAR 11,70 12,76 10,51 2,79 2,26 40,02
BAD
PRAILT 7,40 7,40 7,40 7,40 7,40 37,00
PRAPE 6,68 6,82 4,72 2,84 1,53 22,60
FIDA
PRAPO 5,91 6,04 4,18 2,51 1,35 19,99
PADC 5,00 5,00 5,00 5,00 5,00 25,00
PNUD
PRCCB – CEP 0,56 0,32 0,12 1,00
PSSA–I 1,89 0,89 0,86 3,64
Développement CEP 0,13 0,12 0,25
FAO
Réhabilitation SENASEM 0,15 0,12 0,27
Relance Secteur Forestier 0,25 0,15 0,40
PACE 0,51 0,16 0,20 0,07 0,07 1,01
GCP/DRC/029/EC (INERA) 0,26 1,16 1,42
Réhabilitation socio–
économique après la guerre
à l’Est de la RDC 4,92 5,63 5,63 5,63 5,63 5,63 33,09
UE Renforcement des
capacités et réhabilitation
des aires protégées 2,05 2,05 2,05 6,15
Contribution à la relance de
la production agricole 4,92 4,92 4,92 14,76
Elevage périurbain de gibier 0,78 0,37 0,37 0,37 1,88
Développement HUP 1,57 1,50 0,81 3,88
Belgique
OSRO/DRC/302/BEL 0,36 0,36 0,72
Suède OSRO/DRC/303/SWE 0,19 0,20 0,39
OSRO/DRC/305/USA 0,70 0,70
Projet Manioc 1 1 1 1 1 5,00
MALI 1,25 2,50 1,25 5,00
USAID CLIF 1,25 2,50 1,25 5,00
FINCA 0,60 0,60 0,60 1,80
Renforcement des
capacités en micro–finance
au Sud Kivu en RDC 1,25 2,50 1,25 5,00
Suisse OSRO/DRC/306/SWI 0,20 0,18 0,38
Financement total 1,51 16,86 42,36 174,00 147,60 141,39 28,21 18,70 1,35 571,98
IV.4. Les besoins en financement complémentaire pour atteindre les objectifs de Maputo d’ici
2010 sont présentés dans le tableau ci–dessous. L’excédent prévisible pour les années 2005 à 2007
(>100%) est ponctuel et lié en grande partie au fort engagement actuel des bailleurs de fonds pour
appuyer le processus de paix et répondre aux situations d’urgence dans le cadre du PMPTR. Si ces
engagements sont respectés, les objectifs de Maputo de 10% seraient déjà atteints durant cette période.
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NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
V. SUIVI ET ÉVALUATION
V.1. Le mécanisme de suivi–évaluation du PNIMT sera calqué sur le dispositif DSRP qui associe
étroitement tous les acteurs de réduction de la pauvreté et portera sur trois aspects suivants:
• Suivi d’impact. Il porte dans un premier temps sur la collecte des informations afin de
connaître la situation de départ ou du moins la situation de base avant le démarrage des
projets. Dans un second temps, les données sont collectées au fur et à mesure de
l’avancement des projets afin de construire des indicateurs pertinents qui seront retenus
pour suivre l’impact des programmes ou projets, ainsi que du PNIMT dans sa globalité.
V.2. Le suivi évaluation portera à la fois sur l’impact des différents projets mis en œuvre et
l’évolution des budgets affectés au secteur rural en vue d’atteindre les objectifs de Maputo.
V.4. Procédures. Les actions des projets feront l’objet d’audit interne et externe pour garantir
l’objectivité des résultats. La procédure de suivi de l’impact du PNIMT consistera d’une part dans le
relevé périodique et coordonné des données par les services statistiques décentralisés et les partenaires
au développement impliqués dans les programmes et projets. Ensuite, les différents comités à tous les
niveaux devront faire un rapport régulier après leur rencontre périodique sur les observations et les
33
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
V.5. D’autre part, l’évaluation participative des réalisations se fera notamment dans le cadre de
rencontres entre les administrations publiques et les organisations de la société civile avec pour
objectif, au–delà de l’information de toutes les parties concernées, de recueillir les observations ou
suggestions pertinentes des uns et des autres concernant le suivi de la stratégie ou la formulation
d’éventuelles mesures correctrices en cas de résultats non satisfaisants.
V.7. Indicateurs. Les indicateurs clés à prendre en compte concernent à la fois les programmes
ou projets considérés séparément, et le PNIMT dans son ensemble. Une liste indicative est fournie ci–
après; elle devra être affinée et complétée à l’occasion des phases ultérieures de préparation des projets
d’investissement.
34
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
V.8. Ces indicateurs sont assez généraux et devront être complétés et reprécisés par genre et par
type (indicateurs de suivi évaluation et d’impact) lors de l’élaboration des cadres logiques des
différents programmes et projets retenus et mis en œuvre.
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NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
ANNEXES
Annexe 1 – 1
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
Annexe 2 – 1
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
Annexe 3 – 1
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
République démocratique du Congo: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
Annexe 3 – 2