Stéphanie Honoré
Caroline Angé
APPRENDRE
ÇA S’APPREND
La méthode sur mesure qui s’adapte à chacun :
enfants, lycéens, étudiants,
professionnels, retraités... de 7 à 99 ans !
Stéphanie Honoré est psychopraticienne en thérapies brèves. Formée à l’hypnose, elle
accompagne les personnes dans leur évolution et reçoit de jeunes adultes qui cherchent
leur voie.
Caroline Angé est coach certifiée et enseignante en coaching, PNL et hypnose erickso-
nienne. Fondatrice de Development & You, elle accompagne les personnes ainsi que les
entreprises, pour les aider à atteindre leurs objectifs et à accéder au changement.
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du
client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout
ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par
les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve
le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juri-
dictions civiles ou pénales.
Maquette : Aurélie Norguet
Design couverture : Atelier Didier Thimonier
Illustration de couverture : © Hélène Crochemore
© 2016 Leduc.s Éditions (ISBN : 979-10-285-0737-4) édition numérique de l’édition
imprimée © 2016 Leduc.s Éditions (ISBN : 979-10-285-0236-2).
Rendez-vous en fin d’ouvrage pour en savoir plus sur les éditions Leduc.s
STÉPHANIE HONORÉ ET C AROLINE ANGÉ
APPRENDRE,
ÇA S’APPREND
INCLUS :
Une séance d’hypnose
audio exclusive
apaisante et deux
exercices ludiques
à télécharger !
VOIR PAGE
192
SOMMAIRE
Préface................................................................................................................... 5
Introduction........................................................................................................ 7
Chapitre 1. Mieux se connaître et comprendre
son fonctionnement ......................................................................................... 9
Chapitre 2. Donner du sens à ce que l'on fait :
identifier son objectif et trouver la motivation .....................................39
Chapitre 3. Lever les blocages ou comment dépasser
ses limites...........................................................................................................61
Chapitre 4. Générer confiance et estime de soi....................................77
Chapitre 5. Trouver des solutions pour les parents anxieux.............99
Chapitre 6. Mémoriser plus efficacement.............................................113
Chapitre 7. Gérer son stress ......................................................................141
Chapitre 8. Mettre sa stratégie d’apprentissage en place............. 175
I never lose. I either win or learn.
(Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends.)
Nelson Mandela
PRÉFACE
Apprendre à lire, à faire du vélo, à pêcher, à profiter de la vie…
Apprendre à monter un projet, à créer une entreprise.
Comment faisons-nous pour réaliser tous ces projets aussi importants
les uns que les autres ?
Je crois que tout part de la motivation. Savoir pourquoi (ou pour-quoi)
on entreprend telle ou telle action. J’appelle cela : poser une intention.
J’ai passé dix années de ma vie à un haut niveau en planche à voile ;
avant cela, j’ai grandi pendant onze ans sur un voilier, à travers les mers
du globe ; aujourd’hui, j’ai créé mon entreprise de Paddle Yoga après
avoir monté ma traversée de l’Atlantique en planche à voile. Comment
ai-je fait pour réunir tous les savoirs indispensables à la réalisation de
ces rêves ?
J’étais guidée par la volonté mais, surtout, par mon intention.
Si on prend l’exemple de ma traversée de l’Atlantique, mon intention
était de montrer qu’avec du cœur, tout est possible ! Même si je porte
un défibrillateur cardiaque, je n’en n’oublie pas pour autant mes rêves.
J’ai appris à vivre avec ce corps étranger comme j’ai appris à monter
ce projet titanesque, à choisir une équipe en mer, à terre, à trouver
un bateau, à réaliser un budget d’expédition et bien d’autres tâches
encore. Je savais où j’allais et pourquoi je le faisais.
Me dépasser est une motivation forte chez moi. J’aime me retrouver
face à l’inconnu et devoir m’adapter. Comme dans un nouveau pays ou
dans une zone de navigation jamais parcourue.
5
Nous sommes tous très différents, chacun a sa méthode d’apprentis-
sage. L’essentiel est de s’écouter, d’apprendre à se connaître. Et c’est ce
que vous découvrirez tout au long de cet ouvrage.
Moi, par exemple, je suis quelqu’un de très visuel. L’imagerie mentale
a été un puissant outil pour me permettre de gravir les échelons en
compétition. C’est en imaginant et en réalisant à terre, les yeux fermés,
mes rotations, que j’ai fini par en réaliser une sur l’eau.
De la même manière, j’ai guéri de ma peur sclérosante qui me serrait
la gorge avant chaque début de course grâce à un ancrage positif, un
souvenir visuel où je me revois dans un lieu familier et qui me renvoie à
des sensations douces et paisibles.
Laissez-vous guider par les « À vous de jouer » de ce livre concoctés
rien que pour vous, réfléchissez bien à vos valeurs, découvrez au fil des
pages vos stratégies de réussite, ce que vous aimez réaliser, restez à
l’écoute et, peu importe le sujet, vous apprendrez avec succès !
SARAH HÉBERT,
Vice-championne du monde de planche à voile
Aventurière et exploratrice en Windsurf et en Stand Up Paddle
Auteur du livre Avec du cœur, tout est possible !
(éditions Eyrolles, 2013)
6
INTRODUCTION
Apprendre… Quelle connotation a ce mot pour vous ? Quelle couleur
a-t-il ? Apprendre est-il sombre ou lumineux ? Les deux à la fois, peut-
être ? Quelle texture ? Est-il mou, doux, est-il dur ? Chaud ou froid ?
Que mettez-vous derrière les termes : Exploration ? Obligation ?
Larmes ? Découverte ? Liberté ? Freins ? Expansion ? Prison ?
Faites-vous partie de ces personnes concernées par des « difficultés
d’apprentissage » ? Êtes-vous en réflexion pour une reconversion pro-
fessionnelle ? Avez-vous envie de vous lancer, à la cinquantaine, dans
l’apiculture, la natation synchronisée, le japonais ? En avez-vous assez
de crier sur vos enfants le soir au moment des devoirs ?
Voyons ensemble comment faire pour que les embûches qui peuvent
parfois survenir sur le chemin de l’apprentissage deviennent de plus
en plus petites et – pourquoi pas – faciles et amusantes à franchir.
Dans ce livre, vous ne trouverez pas de to do list toutes faites ou de
recettes prédigérées. Vous vous trouverez, VOUS.
En effet, quand une personne vient me consulter pour mieux se
concentrer, vaincre le stress, se réorienter professionnellement, évo-
luer, je lui dis souvent que tous les chemins lui sont ouverts, mais
qu’il y a quand même un passage obligé au préalable : se connaître
soi-même. Adepte de l’expérience et de la modélisation, plus que du
conseil, j’aime amener l’autre à se rencontrer.
Tout au long de cet ouvrage, je vous propose de découvrir comment
VOUS, vous fonctionnez, puis vous aider à déterminer exactement
ce que vous voulez. Ceci vous permettra de trouver le chemin, VOTRE
chemin, un chemin sur-mesure, en somme. Et c’est souvent le premier
pas qui compte !
7
Grâce aux nombreuses rubriques « À vous de jouer ! » et « À vous de
jouer avec votre enfant ! », vous pourrez, au fil des pages, sauter d’un
chapitre à l’autre en vous testant, en découvrant par vous-même et
de façon ludique les enjeux et les mécanismes des apprentissages.
Car vous l’avez compris, vous avez en vous toutes les ressources qui
vous permettront d’y arriver… facilement, en douceur ou en vitesse, et
sans se prendre la tête !
Prêts ? Allons-y !
Règles du jeu :
Vous êtes libre de vous rendre directement au chapitre qui
vous intéresse !
Vous êtes autorisé à lire les chapitres totalement dans le
désordre !
Vous avez le droit de ne faire que les tests ou les exercices !
Si vous êtes parent, et que vous souhaitez utiliser ce livre pour
aider votre enfant, vous pouvez faire les tests en même temps
que lui (la consigne étant de ne surtout pas répondre à sa
place) !
Munissez-vous de cahier, feuille, stylo, feutres,
à chaque fois que vous rencontrez le pictogramme !
8
CHAPITRE 1
MIEUX SE CONNAÎTRE
ET COMPRENDRE
SON FONCTIONNEMENT
QUI ÊTES-VOUS ET COMMENT
APPRENEZ-VOUS ?
Connais l’adversaire, et surtout connais-toi toi-même, et tu
seras invincible.
Sun Tzu (vie siècle av. J.-C.)
Pourquoi commencer par se regarder soi-même avant d’apprendre,
vous demandez-vous ? En quoi faire le tour de soi-même peut-il vous
aider à apprendre à mieux vous organiser, à trouver la méthode qui,
pour vous, est la plus efficace ? Comment le « connais-toi toi-même »
socratique influence votre motivation ?
Parce que prendre un peu de temps pour repérer votre mode de
fonctionnement vous en fera gagner par la suite, quand il s’agira
de retenir, réviser, mémoriser, vous motiver, vous détendre aussi !
Parce que connaître votre façon d’appréhender le monde – et plus
particulièrement les études, les apprentissages, les examens, etc. –
quel que soit votre âge, est un moyen pertinent de choisir ce qui vous
convient le mieux et de connaître votre plan d’attaque. Par exemple :
vous faudra-t-il visualiser des schémas pour mieux retenir ? Serez-vous
« in time » dans votre gestion du temps ? Aurez-vous besoin d’être
sans cesse stimulé dans vos apprentissages ? Autant vous appuyer sur
ce que vous êtes déjà aujourd’hui, autant décrypter dès maintenant,
avant de commencer, la manière dont vous fonctionnez habituelle-
ment, qui s’appuie sur les tonnes d’informations que vous avez reçues
depuis la naissance.
Si vous êtes parent, c’est le moment d’observer votre enfant tout en
gardant en tête comment, vous-même, fonctionnez.
C’est parti pour un état des lieux !
QUEL SENS PRÉDOMINE CHEZ VOUS ?
Dès notre naissance, nous découvrons et percevons le monde qui
nous entoure à travers nos cinq sens : vue, ouïe, toucher, odorat et
11
Apprendre, ça s’ apprend !
goût. C’est à travers ces cinq canaux de perception que nous grandis-
sons, que nous mémorisons les événements, que nous trions les infor-
mations. Cependant, l’un des trois sens « primaires » (vue/ouïe/
toucher) est prédominant chez chacun d’entre nous (l’odorat et le
goût peuvent accompagner l’un de ces trois sens).
LE SAVIEZ-VOUS ?
La vue est le dernier des sens à se développer chez le
fœtus. C’est en effet au septième mois que ce dernier peut
distinguer lumières fortes et ombres. Cependant, la vision
n’est pas le sens le plus adapté pour lui à ce stade de vie
in utero. Toucher et goût lui sont bien plus utiles : dès la
fin du troisième mois, il est déjà équipé de bourgeons gus-
tatifs qui lui permettent de préférer les aliments sucrés
ingérés par sa mère, tout comme l’évolution dans le milieu
aquatique du liquide amniotique lui procure ses premières
sensations tactiles…
Une personne est visuelle si son accès « vue » prédomine.
Pour elle, il sera important de voir des schémas au tableau,
de se créer des images mentales de ses leçons, de coller des
post-it partout sur son bureau, sur son écran d'ordinateur...
Une personne est auditive si son accès « ouïe » est prédomi-
nant. Pour elle, pas besoin de schémas pour retenir les tables
de multiplication, elle les récite en chantant, elle se concentre
en cours et retient « la musique » du professeur.
Une personne est kinesthésique si son accès « toucher »
(son accès corporel d’une manière générale) prédomine.
Elle préfère marcher, bouger en lisant à haute voix sa poésie
pour la mémoriser. Pour elle, il peut parfois être plus compli-
qué de saisir des matières abstraites, car l’expérience passe
par le corps. Il faudra alors privilégier - si elle a des difficultés
12
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
- les sensations, en essayant de relier des souvenirs, de ratta-
cher les nouvelles conceptions à des choses déjà vécues.
Notons que les deux autres accès (olfactif et gustatif) sont liés aux
trois autres et ne prédominent pas, à part chez le kinesthésique (qui
est forcément un olfactif-gustatif).
Pour découvrir quel est votre sens prédominant, effectuez le test
page 17.
« L’EFFET RATATOUILLE » (DU NOM DU FILM
ÉPONYME DE PIXAR SORTI EN SALLES EN
2007)… OU LA MADELEINE DE PROUST1
Anton Ego est un critique culinaire redouté pour son pou-
voir d’attribuer des étoiles, de faire ou de défaire la noto-
riété d’un restaurant. Quand il s’installe, bougon et renfer-
mé, à la table du restaurant où travaillent Alfredo et Rémy,
célèbre rat cuisinier, et enfourche la ratatouille exécutée
par ce dernier, la bouchée (goût et odorat) le renvoie im-
médiatement à une image de son passé, quand sa mère lui
préparait sa fameuse et délicieuse ratatouille. Il se revoit
enfant et retrouve ses émotions d’alors, oubliées depuis
plus de quarante ans.
De nos cinq sens, le goût est celui qui nous permet de ra-
mener le plus de souvenirs, activant deux régions émotion-
nelles de notre cerveau, l’hippocampe et l’amygdale, forte-
ment impliquées dans le fonctionnement de notre mémoire.
1. - On sait depuis la publication de ses carnets manuscrits de À la recherche du
temps perdu que la fameuse madeleine de son enfance fut d’abord du pain grillé,
puis une biscotte, avant de devenir une célèbre madeleine… Marcel Proust, À la
recherche du temps perdu, éditions des Saints-Pères, Cambremer, 2015.
13
Apprendre, ça s’ apprend !
LE SAVIEZ-VOUS ?
Kinesthésique : « Qui se rapporte à la perception consciente
de la position ou des mouvements des différentes parties du
corps » (Dictionnaire Larousse).
Notre cerveau peut nous jouer des tours !
Que voyez-vous ?
À gauche : un pied de table ? Des profils ?
À droite : une vieille femme ? Une jeune femme ?
Autre exemple : il y a quelques mois, les internautes se sont disputés
au sujet de la couleur d’une robe. Certains la voyaient or et blanc,
d’autres la voyaient noir et bleu…
Comprenez grâce à ce test que personne n’a tort et que tout le monde
a raison ! Notre cerveau nous joue des tours et ce que nous voyons
de nos propres yeux n’est pas toujours la réalité. Nous passons notre
temps à interpréter : dans le cas de la couleur de la robe, notre cer-
veau interprète ainsi la quantité de la lumière sur la photo. Plus large-
ment, avec les trompe-l’œil, il nous faut bien comprendre et admettre
que nous avons chacun notre point de vue.
14
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
L’exposition Cézanne-Pissarro, qui s’est tenue il y a quelques années au
musée d’Orsay, en est la parfaite démonstration. Voici deux peintres
qui se connaissaient et s’appréciaient. Ils ont posé leurs chevalets
devant les mêmes paysages et n’ont pas peint les mêmes tableaux2. À
Cézanne, les arêtes de lumière et les lignes de la campagne aux pers-
pectives pointues ; à Pissarro la lumière diffuse et presque douce, et
les lignes arrondies… Ce que Camille Pissarro a parfaitement résumé
dans sa lettre à son fils Lucien (22 novembre 1895) : « Cézanne [...]
a subi mon influence à Pontoise et moi la sienne. [...] Parbleu, nous
étions toujours ensemble ! Mais ce qu’il y a de certain, chacun gar-
dait la seule chose qui compte, “sa sensation”… ce serait facile à
démontrer… »
À vous de jouer !3
Répondez spontanément aux questions suivantes.
Lorsque vous réfléchissez, votre regard :
A se porte vers le haut
B reste devant vous
C se porte vers le bas
Lorsque vous marchez, votre pas est :
A rapide et décidé
B mesuré et posé
C lent et nonchalant
Quand il pleut, vous :
A regardez la pluie tomber et attendez un arc-en-ciel
B écoutez la pluie tomber
C appréciez l’odeur de l’herbe mouillée
2. - Voir les deux tableaux intitulés La Côte des bœufs, Pontoise.
3. - Test de Stéphanie Milot, site « Osez vous améliorer », [Link]
15
Apprendre, ça s’ apprend !
Vous vous sentez bien quand :
A votre maison est bien rangée, tout est à sa place
B un certain désordre règne chez vous, c’est plus vivant
C une impression chaleureuse se dégage de chez vous
En vacances, vous :
A contemplez les paysages et autres couchers de soleil
B êtes plutôt à l’écoute des musiques exotiques
C recherchez de nouvelles expériences
Quand vous êtes d’accord avec votre interlocuteur, vous dites
plus facilement :
A c’est clair
B j’entends bien
C ce que tu me dis me touche
Vous mémorisez mieux ce que vous :
A voyez
B entendez
C touchez
Dans votre bain ou votre douche, vous :
A pensez à tout ce que vous devez faire
B fredonnez, sifflez
C appréciez le contact de l’eau sur votre corps
Dans le métro, vous :
A regardez les autres passagers
B tendez l’oreille pour écouter les conversations
C restez centré sur vos pensées
Pour vous relaxer, vous :
A regardez la télévision
B écoutez de la musique
C prenez un bain
16
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
Quand vous regardez une émission, vous :
A faites des commentaires à voix haute
B écoutez attentivement
C faites autre chose en même temps
Quand vous faites du shopping, vous :
A êtes sensible aux détails et aux couleurs
B écoutez attentivement les conseils des vendeurs
C êtes sensible au confort et à la texture des vêtements
Résultats :
Si vous avez une majorité de A, vous êtes plutôt à tendance visuelle.
Si vous avez une majorité de B, vous êtes plutôt à tendance auditive.
Si vous avez une majorité de C, vous êtes plutôt à tendance kinesthésique.
Découvrez vos expressions selon que vous êtes plutôt :
un visuel : C’est clair, Voir la vie en rose, C’est tout vu, Elle a vu
rouge, On en a eu plein les yeux, Il se fait un film, Elle devrait
ouvrir l’œil…
un auditif : Cela me parle, J’entends bien, Il fait la sourde
oreille, Lui et moi c’est le même son de cloche, J’en reste sans
voix, On est sur la même longueur d’onde…
un kinesthésique : J’en ai plein le dos, Elle est touchée,
Il marche à côté de ses pompes, On garde le contact, J’en ai
des haut-le-cœur…
un kinesthésique très orienté sur l’odorat : Elle a le nez fin,
Je sens le vent tourner, C’est ce qui s’appelle avoir du flair…
un kinesthésique très orienté sur le goût : Je suis pris en sandwich,
J’en ai l’eau à la bouche, Cela me rend amer, Je m’en lèche les
babines…
17
Apprendre, ça s’ apprend !
Quels sont les accès privilégiés de votre enfant ?
Accès visuel
Il est captivé par les images (écrans, BD, mangas…).
Il est bon observateur (même petit, il remarque des change-
ments / déplacements dans la maison).
Dans sa posture, il se tient plutôt bien droit.
Il comprend plus vite dès qu’on lui fait un dessin…
Accès auditif
Il aime la musique et/ou chanter.
Il imite très vite les accents des personnages de dessins animés.
Il est facilement distrait, interrompu, par des sons environnants.
S’il y a trop de bruit autour de lui, il a la capacité de s’en
extraire et de se mettre dans une bulle pour se concentrer…
Accès kinesthésique
Quand il vous observe en train de préparer un plat, il a très
rapidement envie de mettre les mains à la pâte.
Même si les chaussures que vous lui avez achetées sont belles,
s’il n’est pas bien dedans il ne les portera pas.
Il préfère les matières de vêtements douces, amples…
Attention, tout cela est bien évidemment très contextuel
Devant un bon et beau plat qui arrive sur la table, vous le goûtez
autant avec vos yeux qu’avec votre nez et vos papilles… voire vos
oreilles, si la peau du poulet continue de croustiller !
L’idée est de repérer chez vous, comme chez votre enfant, vos expres-
sions spontanées, votre sens prédominant, car cela ne lui sera pas
d’une grande aide si vous (très visuel par exemple) vous acharnez à
lui faire tout un tas de dessins explicatifs alors que son accès prédo-
minant est très kinesthésique (et qu’il a surtout besoin de bouger) !
18
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
À vous de jouer4
avec votre enfant !
Cochez
Situation si c’est Valeur
votre cas
Quand je lis, je prononce les mots à haute voix. A
Quand je lis, je forme les mots avec ma bouche. AK
Quand je lis, je garde la bouche fermée. A
Quand je lis, je suis le texte avec mon doigt ou un stylo, objet… K
Quand j’apprends, j’aime bien avoir une musique
AA
en fond sonore.
Dans un manuel de cours, j’aime bien les photos
V
et les schémas.
J’ai du mal à travailler si mon bureau n’est pas parfaite-
K
ment rangé.
Pour me rappeler un événement ou un point vu en cours,
K
il m’arrive de m’imaginer la scène.
Quand je n’apprécie pas le professeur, apprendre le cours
K
est plus difficile.
Je travaille en général à la même heure, de la même fa-
K
çon, avec toujours mon matériel à moi.
J’aime bien les poésies. A
Je me souviens facilement des paroles des chansons. A
Souvent, quand j’entends les premières notes
d’une émission ou d’une série, je suis le premier à dire A
de quel programme il s’agit.
4 - Source : Ministère de l’Éducation nationale-DGESCO, Développer sa mémoire, tech-
niques de mémorisation – Séquence 1/4 [Link]
compagnement-personnalise/ Ce test est destiné aux collégiens et lycéens, mais en
primaire il fonctionne très bien aussi ; le parent peut l'adapter en fonction de l'âge
de l'enfant (il ne s'agit pas de « l'enfant » hérité du mot infans - tout petit - mais de
votre enfant en général, qu'il soit en primaire ou qu'il ait un bac + 2).
19
Apprendre, ça s’ apprend !
Cochez
si c’est
Situation Valeur
votre
cas
Pour essayer de me souvenir d’un cours, j’essaye de revoir
V
la page où je l’ai écrit.
Je ne suis pas un très bon bricoleur et souvent je laisse
K
tomber des choses.
Quand je travaille mes cours, j’aime bien mettre
V
des couleurs, surligner, encadrer…
J’ai une très bonne mémoire des visages, dès que je vois
V
quelqu’un, je me rappelle son nom.
Pour moi, le plus important chez une personne,
V
c’est son regard.
Pour moi, le plus important chez une personne, c’est sa voix. A
Chaque semaine, il faut absolument que je fasse du sport. K
Une journée sans musique est une journée vide. A
Pour bien apprendre, je dois surtout réécrire le cours,
V
faire une fiche de résumé.
Pour classer mes cours, j’utilise des couleurs. V
Je prends plein de photos, de tout, tout le temps. V
En TP, dans le groupe, c’est souvent moi qui fais
K
les expériences, manipule les tubes à essai.
A : dominance auditive ; V : dominance visuelle ; K : dominance kinesthésique
Mon canal sensoriel de prédilection lorsque je dois solliciter
ma mémoire est le canal visuel. Mon mode opératoire est le
suivant : j’écris tout ce que je dois retenir. Le fait de rédiger me
permet à la fois de structurer ma pensée et de mettre en action
ma mémoire visuelle. La combinaison de ces deux activités
cérébrales qui, dans mon cas, agissent de manière complémen-
taire, me permet de mémoriser rapidement et durablement.
Daniel Rodriguez, P.-D.G. d’une société internationale
20
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
Trucs et astuces pour votre enfant
Si votre enfant a besoin de voir pour retenir, usez et abusez des
mindmapping (rendez-vous au chapitre 6), achetez-lui un tableau
sur lequel il pourra écrire, faites-lui passer en couleur les terminai-
sons des conjugaisons, avec des codes différents pour chacun des
pronoms personnels…
S’il est plus réceptif à la musique, à la vibration des mots pour
retenir la poésie, chantez-la !
Et si votre enfant a un accès plus kinesthésique, associez la parole
aux gestes : telle strophe, il saute comme une grenouille, telle
autre, il galope comme le cheval…
J’avais des difficultés en conjugaison, notamment en
anglais. Rien à faire, je ne parvenais pas à mémoriser les
temps… Tout s’emmêlait.
Avec la coach, nous avons trouvé comment faire pour y parve-
nir. Un jeu d’enfant, m’avait-elle dit…
Elle m’a d’abord fait classer tous les temps en trois catégo-
ries (présent/passé/futur) et choisir trois couleurs pour les
représenter.
Dans la marge de mon tableau de conjugaison, j’ai donc pu
associer les temps avec les couleurs choisies.
Dans chacune des catégories, il ne restait plus qu’à retenir
trois couleurs, trois manières de s’exprimer.
Tout est devenu limpide.
Zélie
21
Apprendre, ça s’ apprend !
FAITES-VOUS PLUTÔT DANS LE DÉTAIL
OU DANS LE GLOBAL ?
Devant le paysage d’une forêt, voyez-vous d’abord une grande éten-
due verte ou plutôt un arbre, ses feuilles, puis un autre arbre ?
Repérez dans votre vie courante la façon dont vous traitez l’informa-
tion, sur quoi vous fixez votre attention en premier. Devant un tableau
par exemple, voyez-vous d’abord les différents plans ou l’aspect d’en-
semble ? À la sortie d’un cours d’histoire, est-ce que ce sont des
détails qui vous viennent à l’esprit, des anecdotes précises ? Ou bien
est-ce le sujet général et ses grandes lignes ?
Si vous êtes de type plutôt « global »
Vous aimez l’idée dominante et la synthèse, vous avez tendance à
élargir le débat. Quand vous racontez vos vacances à vos amis, vous
vous exprimez peut-être de façon sommaire, parfois même dans le
désordre, vous faites des phrases courtes, vous exposez les événe-
ments dans les grandes lignes, vous utilisez des expressions comme
« bref », « en gros », et les amis à qui vous avez raconté vos vacances
ne savent pas exactement ce que vous avez fait…
Trucs et astuces pour votre enfant
Pour retenir ses leçons, à chaque grande idée ou chaque résumé
de paragraphes, proposez-lui d’écrire deux ou trois détails qui
lui permettront d’étayer ses propos lors du prochain devoir sur
table… Combien de « globaux » ont lu en marge de leurs copies
« À développer », « Pas assez précis » ?
Si vous êtes de type plutôt « détails »
Vous êtes probablement à l’aise pour décrire toutes les étapes d’un
projet, en établissant par le menu tous les points importants (et chaque
détail a son importance). Vous focalisez le débat. Vous choisissez pré-
cisément vos mots, vous avez tendance à faire des phrases longues.
22
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
Quand vous racontez vos vacances à vos amis, si parmi eux il y en a
qui sont plutôt « globaux », ces derniers vont avoir tendance à finir
vos phrases (pour accélérer) ; s’ils vous interrompent, reprenez le fil
au début de l’histoire, et c’est sûr, qu’avec vous, vos amis connaîtront
tout de votre programme !
Trucs et astuces pour votre enfant
Pour retenir ses leçons, et ne pas se noyer dans un océan de
détails, proposez-lui de penser à l’idée générale qui résume la
leçon et de l’écrire. Combien de types « détails » ont lu en marge
de leurs copies « Synthétisez », « Trop de paraphrases » ?
Si vous êtes à l’aise avec à la fois la vue d’ensemble, puis le détail,
c’est formidable ! Tout comme les véritables ambidextres, ni droitiers,
ni gauchers, ni latéralisés, vous êtes très synchronisé (et très peu nom-
breux dans la population) !
Trucs et astuces
Entraînez-vous à aller du global vers le détail et du détail vers le
global :
Pour aller vers plus de détails :
En histoire, par exemple, si plus de détails ou de faits sont requis,
vous pouvez vous demander :
• Comment cette personne a fait pour… ?
• Qu’est-ce qui fait que ça s’est passé ainsi ?
• Quelle est la cause de tout ceci ?
Pour aller vers du plus global :
• Qu’est-ce que tout ceci signifie ?
• De quoi s’agit-il ?
• En gros, vu de plus loin…
• Qu’est-ce qui est en train de se passer ?
23
Apprendre, ça s’ apprend !
COMMENT GÉREZ-VOUS VOTRE TEMPS ?
Comme dans la chanson de Laurent Voulzy, vous êtes plutôt : « Slow
down, chaque chose en son temps ». Une chose à la fois, de manière
séquentielle, et vous planifiez chaque point de votre journée, insépa-
rable de votre montre.
Ou alors, vous êtes adepte du : « Je fais tout en même temps ». Vous
faites votre exercice, envoyez des sms, répondez à des mails, écoutez de
la musique… de manière simultanée, quitte à vous perdre en chemin.
Lorsque vous êtes devant votre ordinateur, vous avez plusieurs fenêtres
ouvertes en même temps et vous passez de votre compte Facebook à
d’autres réseaux, en communiquant avec plusieurs personnes à la fois
Les nouvelles TIC (technologies de l’information et de la commu-
nication) ont engendré une génération de personnes simultanées,
capables de faire plusieurs choses à la fois et qui ont peut-être des
difficultés à se concentrer ! D’où la recrudescence d’initiations à la
méditation, qui rend « calme et attentif comme une grenouille », dès
le plus jeune âge…
Vous avez naturellement un mode de fonctionnement privilégié.
Celui-ci est-il adéquat et efficace pour ce que vous avez à faire ? Si la
réponse est non, pourquoi ne pas intervertir et essayer l’autre modèle ?
In time et through time
L’anthropologue américain Edward T. Hall5 a vécu plusieurs années
parmi les nations navajo et hopi dans les réserves de l’Arizona, et à tra-
vers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie ; il a étudié la manière qu’ont
leurs occupants d’organiser leur temps : pour lui, les séquentiels étaient
des « monochroniques » et les simultanés des « polychroniques ».
Il s’est également intéressé à la façon dont les différentes cultures se
représentent leur ligne du temps. Il a observé que le monde occidental
et le monde oriental ont deux tendances différentes pour se le figurer.
5. - Edward T Hall, Le Langage silencieux, éditions du Seuil, Paris, 1984.
24
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
Il y aurait ainsi les in time ou « dans le temps » (le « temps oriental »)
et les through time ou « à travers le temps » (le « temps occidental »)6.
Pour la personne in time, la ligne du temps est représentée le plus sou-
vent comme une ligne droite, avec le passé dans le dos, le futur devant
soi et le présent sous les pieds – présent avec lequel la personne se sent
associée. Le passé derrière son dos est un tombeau (« Le passé, c’est le
passé » ; « Pas besoin de stresser à l’avance pour le futur qui n’est pas
sûr ») et le présent, « c’est maintenant » ! D’ailleurs, voici la réflexion
typique d’une personne in time : « Bon alors, on fait quoi maintenant ? »
Trucs et astuceS
Si vous êtes in time, il vous est plus facile de vivre et de profiter
du moment présent, ce qui est un atout dans une société qui vit à
1 000 km/h. Malgré tout, l’emploi du temps n’étant pas forcément
votre spécialité et l’agenda pas nécessaire dans votre vie, toute
votre vigilance est requise pour l’organisation de votre travail de la
semaine, sous peine de voir s’écouler les journées, sans fin.
Si votre enfant est in time, lui apprendre à lire l’heure, à se repé-
rer dans la journée, à organiser son emploi du temps va requérir
toute votre patience et votre énergie.
Avec la personne through time, la ligne du temps est comme disso-
ciée, c’est-à-dire que la personne ne se voit pas « sur » l’espace présent :
le présent peut être juste devant elle, le passé et le futur se matériali-
sant un peu à gauche et un peu à droite devant elle, par exemple. En
position dissociée du temps, la maîtrise de ce dernier et du calendrier
est importante, le respect des horaires aussi ; la semaine se décompose
en plages de travail et plages de repos, vous êtes le champion de l’orga-
nisation. Le passé est un peu dans le présent, ou jamais très loin, il peut
même empiéter dessus, de même que le futur. Passé, présent et futur
s’entremêlent et ne sont pas franchement dissociables.
6. - Edward T Hall, La Danse de la vie : temps culturel, temps vécu, éditions du
Seuil, Paris, 1984.
25
Apprendre, ça s’ apprend !
Trucs et astuces
Si vous êtes through time, il vous est facile de planifier, d’orga-
niser, de prendre du recul sur une situation, d’embrasser plu-
sieurs points de vue d’un seul coup d’œil… et peut-être moins
simple de profiter du temps présent !
En tant que parent, ce n’est pas la peine de pousser votre enfant
à se dépêcher, il ne le comprendra pas car « il y a un temps pour
tout » et « chaque chose en son temps ». En revanche, aidez-le
à être complètement à ce qu’il fait au moment où il le fait, à
cloisonner les occupations : quand c’est le moment de jouer ou
l’heure du tennis ou du cours de danse, c’est maintenant ; quand
c’est le moment de travailler, c’est aussi pleinement le moment.
IN TIME
présent
passé futur
THROUGH TIME présent
fut
sé
ur
pas
Les représentations du temps.
26
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
À vous de jouer !
Et vous, comment représentez-vous votre ligne du temps ?
Dans un cahier ou sur une feuille, dessinez votre ligne du temps
depuis votre naissance (que vous inscrivez sur une première pan-
carte) jusqu’à votre futur lointain.
Positionnez-vous par rapport à votre ligne aujourd’hui. Êtes-vous
dessus ? À côté ?
Vous pouvez aussi donner libre cours à votre créativité pour
représenter autour, à travers, au-dedans, ou à côté de cette ligne
les événements qui ont jalonné votre vie à l’aide de métaphores
visuelles. Par exemple, si vous avez déménagé à 9 ans et que vous
vous êtes installé dans une nouvelle ville, vous pouvez le noter sur
votre ligne du temps à l’aide d’un cartouche ou d’une pancarte où
vous inscrirez le nom de la ville, votre âge, et en matérialisant la
représentation que vous vous en faites : un pont, un arbre en travers
de la route, un fleuve, un croisement, une montée ou une descente...
Faites la même chose jusque dans le futur.
Puis, appréciez !
QUAND VOUS VOULEZ APPRENDRE,
QU’EST-CE QUI COMPTE LE PLUS POUR VOUS ?
Par quoi commencez-vous généralement quand vous vous lancez dans
un nouvel apprentissage, que ce soit une recette de poisson cru ou un
stage de paddle 7 ? Qu’est-ce qui vous a poussé ? Qu’est-ce qui vous a
convaincu ? Qu’est-ce qui peut convaincre votre enfant ? Qu’est-ce qui
vous a permis de vous mettre en action pour apprendre une nouvelle
matière, une recette, un sport ? Est-ce que c’est parce que vous avez vu
une publicité à la télévision ou dans un journal ? Est-ce en la voyant
7. De son nom entier le Stand Up Paddle est un sport où le pratiquant est debout sur
une planche un peu plus grande que celle prise pour le surf, et sur laquelle il avance
avec une pagaie.
27
Apprendre, ça s’ apprend !
que vous avez eu envie de vous lancer ? Ou est-ce en entendant une
autre personne en parler ? Avez-vous eu d’abord le besoin de lire à son
sujet des renseignements sur Internet ? Ou alors vous êtes-vous lancé
directement dans le « faire », pour expérimenter les choses et sentir si
cela vous plaisait ?
Essayez également de remarquer combien d’exemples (soit en voyant
la publicité et la recette, soit en en entendant parler…) il vous a fallu
avant de vous « jeter à l’eau » dans votre recette ou sur votre paddle.
Est-ce au bout d’un certain laps de temps ? Vous êtes-vous rensei-
gné sur plusieurs sites ? Auprès de plusieurs antennes de cours de
paddle ? Avez-vous comparé les informations ? Un seul spot télé et
une seule personne qui vous en a parlé vous ont tout de suite décidé ?
Il est intéressant pour vous de comprendre quel est votre mécanisme
car – nous y reviendrons au chapitre sur la motivation, p. 39 – il en
dit beaucoup sur votre manière de provoquer votre prise de décision.
Mes parents ne me trouvent pas concentré, instable et, pour
tout dire, flemmard ! Ils m’ont envoyé chez un coach, qui m’a
proposé de m’inscrire à un stage pendant les vacances, où l’on
doit restaurer de vieux voiliers. Franchement… il y avait pire
comme instruction !
Quand j’arrive, pas de grandes explications. L’instructeur ne dit
rien. Pas un mot. Mais voilà ! On me désigne juste un endroit
où poser mes affaires et on me donne une éponge.
Pas d’eau à proximité. Il n’y a qu’une bassine pour deux. Alors
je me place près de l’instructeur, j’observe comment il fait. De
grands mouvements d’abord, des plus petits ensuite. Pas un
mot de la journée. En même temps, cela me repose ! Je me
plais à faire comme le pro.
Et à la fin de la journée, je me rends compte avec plaisir que
j’ai pu rester concentré sur ce travail et même, qu’au fil de la
journée, j’ai affiné mes gestes.
C’est sur ce même procédé que nous avons réalisé tout le
travail. Étape par étape, avec des gestes différents selon les
tâches à effectuer.
28
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
D’autres stagiaires sont arrivés entre-temps et c’est à moi qu’on
a demandé de faire l’instructeur cette fois ! Mes parents n’en
sont pas revenus !
Lucas, 12 ans
À vous de jouer
Comment réagissez-vous face à des instructions ? Des consignes ?
1. Respectez scrupuleusement les consignes qui suivent.
2. Lisez tout avant de commencer.
3. Inscrivez votre nom de famille en bas de la feuille.
4. Notez la couleur de votre vêtement (chemise ou tee-shirt
ou pull).
5. Combien font 150 x 13 ?
6. Écrivez le résultat du calcul du point 5.
7. Vérifiez le résultat du point 5 sur votre calculette.
8. Dessinez un cadre autour des questions.
9. Comptez le nombre de voyelles dans cette phrase.
10. Donnez vos 3 desserts préférés.
11. Dites quel prochain pays vous aimeriez visiter.
12. Complétez l’addition 3 152 + 27 =
13. Écrivez quelles sont les couleurs communes des drapeaux
français et italien.
14. Notez le nombre de vos frères et sœurs.
15. Combien avez-vous de fenêtres dans votre appartement
ou maison ?
16. Épelez une anagramme.
17. Pour commencer, exécutez uniquement le point no 3.
29
Apprendre, ça s’ apprend !
Trucs et astuces
Lisez d’abord toujours l’énoncé une première fois du début à
la fin avant de vous lancer !
Trop de personnes se jettent dans un exercice sans avoir pris le
temps de bien relire plusieurs fois l’énoncé… Ce test est fait pour
vous faire prendre conscience de la manière dont, instinctive-
ment, vous prenez une consigne : avez-vous commencé l’exercice
sans réfléchir, de façon impulsive, ou avez-vous pris le temps de
tout lire ?
DEVOIR OU POUVOIR ?
Pourquoi avez-vous choisi de prendre des cours d’italien ou de piano ?
Qu’est-ce qui, le plus souvent, déclenche en vous la motivation ? Est-ce
d’abord par devoir, par nécessité ? Ou pour ce que cela vous offre
comme nouvelles possibilités ?
Le sens du devoir
Peut-être répondez-vous à ces questions en expliquant d’abord com-
ment vous en êtes arrivé à ce choix, comment les événements vous
ont poussé à le faire, avec des « Il faut que… », des « Je dois… ».
Vous vous motivez en vous appuyant sur les responsabilités, vous
n’avez pas de mal à suivre des règles, des consignes et d’ailleurs, vous
êtes bien plus efficace pour travailler si on vous fixe un cadre, des
normes, une check-list. Vous allez en général au bout de ce que vous
entreprenez. Vous êtes fiable et on peut compter sur vous, c’est repo-
sant pour votre entourage ; un enfant « je dois… il faut que… » est
agréable pour votre tranquillité.
Mais dans le même temps, il peut arriver que vous vous demandiez un
jour : « Mais, au fait, qui a dit qu’il fallait que je fasse ceci ou cela… ? »
ou « Je dois… mais, je ne dois rien du tout ! »
30
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
Le champ des possibles
Peut-être vous motivez-vous en expliquant toutes les possibilités que
ce nouvel apprentissage va pouvoir vous apporter, avec des « Je l’ai
choisi pour telle et telle raison… » ou « J’ai pensé que cela m’apporte-
rait ceci ou cela… ».
Vous vous motivez en vous appuyant d’abord sur ce qui vous inté-
resse et vous voyez dans votre passage à l’action tout le potentiel
que cela va vous permettre d’accroître. Vous n’aimez pas vraiment les
consignes, quitte même à vous écarter des règles. Vous pouvez aussi
avoir parfois du mal à aller jusqu’au bout de ce vous entreprenez.
À l’école, cela donne un enfant qui pose souvent la question de
l’utilité : « À quoi ça sert, tout ça ? », « Quel est le but de cette expé-
rience ? », faisant souvent perdre patience aux professeurs qui peuvent
lire dans ces questions une manière de s’insurger ou d’être insolent,
alors que ce n’est pas (forcément) l’intention première !
Trucs et astuces
Quand votre enfant répond plus aux « je dois… », vous n’avez sans
doute pas à beaucoup le pousser. Autonome la plupart du temps,
il sait ce qu’il a à faire, ce qui est attendu de son « métier d’en-
fant », ce qui est assez confortable pour vous puisque, après un
rapide contrôle le soir sur les devoirs ou les révisions, vous pouvez
vous reposer ! Mais peut-être a-t-il besoin de souffler lui aussi de
temps en temps, de faire un peu l’enfant au lieu d’être déjà assez
adulte ?
Votre enfant peut aussi vouloir essayer quelque chose de nouveau
chaque année, voire plusieurs activités (choisies par lui et non par
vous !) : basket puis rollers puis guitare puis escrime puis théâtre.
Tout cela pour expérimenter, découvrir puis se lasser assez vite et
passer à autre chose. Dans ce cas, c’est peut-être vous qui aurez
envie de souffler !
31
Apprendre, ça s’ apprend !
AU JEU DES 7 FAMILLES,
À LAQUELLE APPARTENEZ-VOUS8 ?
L’Intellectuel
Vous aimez apprendre pour apprendre. Généralement, vous affection-
nez la solitude. Introverti, vous pouvez paraître distant vis-à-vis des
autres. Vous êtes souvent bon élève…
Ce que vous avez trop souvent entendu : Pour vivre heu-
reux, vivons cachés… Sois fort ! Pour être un bon chef, il faut tout
connaître, tout comprendre…
Ce que vous aimeriez bien qu’on vous dise de temps en temps :
Viens, on va marcher, juste pour flâner… Cela m’aiderait de savoir ce
que tu as vraiment sur le cœur…
Le Dynamique
Vous aimez avant tout agir. Vous avez le don de réussir dans ce que
vous avez décidé d’entreprendre. Cela ne fait pas automatiquement
de vous un bon élève. Vous comptez beaucoup sur votre sens de la
débrouillardise…
Ce que vous avez trop souvent entendu : Dans la vie, faut être
tout en haut du podium ou rien… Il faut être efficace ! L’Histoire ne
retient que les no 1…
Ce que vous aimeriez bien qu’on vous dise de temps en temps :
La fin ne justifie pas les moyens. Je t'apprécie pour autre chose que ta
médaille d’or. J’aime bien quand tu fais attention à ce que je ressens.
L’Aimable
Vous travaillez plus pour faire plaisir à vos parents, à vos professeurs.
Sociable et gentil, vous faites un élève très agréable. Cependant, vous
avez besoin d’attention pour pouvoir vous épanouir…
8. - Définition des sept profils, extraite de Les 7 profils d’apprentissage, de Jean-
François Michel, éditions d’Organisation, Paris, 2005.
32
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
Ce que vous avez trop souvent entendu : Cela ne te regarde
pas. Sois gentil… Sois bien sage…
Ce que vous aimeriez bien qu’on vous dise de temps en temps :
Fais les choses par et pour toi-même ! Qu’en penses-tu, toi ? Oublie
un peu les autres et pense aussi à toi…
Le Perfectionniste
Vous avez surtout horreur de mal faire. Vous possédez une faculté à
voir ce qui pourrait aller de travers. Soucieux et inquiet, vous prenez le
temps de faire les choses correctement…
Ce que vous avez trop souvent entendu : Tourne ta langue sept
fois dans ta bouche avant de parler. Sois parfait. Le devoir avant
tout ! Semper parati !
Ce que vous aimeriez bien qu’on vous dise de temps en
temps : Je t’aime même si tu fais une erreur… Échouer, c’est trouver
une manière qui ne fonctionne pas. Le ridicule ne tue pas !
L’Émotionnel
Vous agissez en fonction de vos émotions difficilement contrôlées et
réagissez parfois de façon théâtrale. Vous possédez un esprit très créa-
tif et aimez vous différencier de vos camarades…
Ce que vous avez trop souvent entendu : La vie, c’est des mon-
tagnes russes, tout l’un ou tout l’autre… Tu te coupes les cheveux en
quatre, tu es trop compliqué !
Ce que vous aimeriez bien qu’on vous dise de temps en temps :
Ce qui est beau peut aussi être simple… Dans tes façons de faire, tu
es tout sauf banal !
L’Enthousiaste
Vous avez une forte joie de vivre et une grande faculté à percevoir
le côté positif des choses. Cependant, l’ordre et la discipline ont ten-
dance à vous frustrer…
33
Apprendre, ça s’ apprend !
Ce que vous avez trop souvent entendu : Tu fais comme tu
veux, tu es libre ! Dans la vie, faut surtout fuir l’ennui… Tout sauf la
routine « métro, boulot, dodo » !
Ce que vous aimeriez bien qu’on vous dise de temps en temps :
Comment tu pourrais faire pour mélanger le papillon et la fourmi ?
Prends une seule vraie résolution par jour et tiens-la.
Le Rebelle
De peur d’être blessé, vous évitez de montrer tout signe de faiblesse.
Vous n’hésitez alors pas à rentrer en confrontation, mêlée à des accès
de colère. Vous pouvez donc devenir un élève difficile…
Ce que vous avez trop souvent entendu : Sois fort ! Dans la vie
il y a les dominants et les dominés… C’est marche ou crève !
Ce que vous aimeriez bien qu’on vous dise de temps en temps :
J’apprécie la puissance (l’audace, le courage…) dont tu fais preuve
parfois en sortant des sentiers battus, j’aime bien aussi quand tu
montres ta part de sensibilité, qui est pour moi une autre preuve de
force…
LES QUATRE NIVEAUX D’APPRENTISSAGE
Nous passons d’inconsciemment incompétents à inconsciemment
compétents.
Tout d’abord, nous sommes inconsciemment incompétents. Ce
stade, c’est quand vous ne savez pas que vous ne savez pas.
Faire du vélo, par exemple, si vous n’avez que quelques mois
et pas de notion de ce qu’est un vélo.
Consciemment incompétent. Maintenant, vous savez ce qu’est
un vélo mais vous ne savez pas pas en faire… Vous devenez
consciemment incompétent : vous savez que vous ne savez
pas.
34
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
Consciemment compétent. Puis, vous apprenez à faire du vélo,
mais vous êtes centré sur le fait de garder le guidon bien droit,
d’appuyer sur les pédales, l’une puis l’autre. Vous êtes centré
sur la technique. Vous savez que vous savez (faire).
Inconsciemment compétent. Enfin, quand vous roulez à vélo,
vous regardez le paysage ou bien vous pensez au pain que
vous allez acheter à la boulangerie. Bref, votre compétence de
faire du vélo devient inconsciente, votre esprit peut se centrer
sur autre chose.
Et vous, où en êtes-vous par rapport à votre apprentissage ?
35
Apprendre, ça s’ apprend !
Et maintenant, une petite histoire...
Il était une fois… une île au trésor. Je ne sais pas comment elle est
pour vous, cette île, comment vous vous la représentez, ni ce qu’elle
est à vos yeux, ni quelle taille ou quelle forme elle a… Est-ce une île
en forme d’aile ? Est-elle au milieu d’une eau claire et limpide ? Ou
peut-être au centre d’un lac gelé isolé dans la toundra ? Peut-être
même que, pour certains d’entre vous, elle est perdue au beau milieu
de la galaxie… Est-elle peuplée ? Ou bien déserte ? A-t-elle le parfum
de la solitude ou de la découverte ? Ou celui du danger et de l’aven-
ture ? Ressemble-t-elle à Long John Silver du roman de Stevenson ? La
mienne, d’île au trésor, je me la représente comme une étoile à cinq
branches, une étoile filante. Chacune de ses branches est habitée par
un souffle et par des sons, dans chacune de ses branches y règnent
mes facettes. Dans celle de l’Homme de cœur, c’est le bruit de la
cloche qui retentit dans la campagne corrézienne, elle sonne avec
amour, générosité et humilité… Dans celle du Guerrier, c’est un Indien,
debout dans les méandres du vent des plaines américaines et qui me
susurre force, fidélité et résistance… Dans celle de l’Enfant, c’est le
souffle coupé devant mes peurs que j’avance, avec curiosité… Dans
celle du Vieillard, c’est le souffle court que j’avance, toujours, avec
sagesse, laissant mes peurs derrière. Dans celle du Magicien, mon
orchestre est doré et lumineux, il devient même parfois translucide
et m’offre créativité, guérison et transformation… Souvent, je me dis
que chacun de ces personnages est une partie de moi-même… et que
chaque partie a besoin de l’autre pour exister. Peut-être même qu’au
fond, elles communiquent entre elles et s’entraident pour se mettre
à mon service. Sans toujours bien comprendre comment le Magicien
s’amuse à sourire au Guerrier, et l’Enfant donne la main au Vieillard…
Comment le Guerrier, parfois fatigué et confus, va chercher refuge
chez l’Homme de cœur qui lui offre repos et protection…
Et vous ? De quoi est faite votre île au trésor ?
36
Mi eux se connaître et comprendre s on fonctionnement
POUR RÉSUMER ET AVANT
DE PASSER AU CHAPITRE SUIVANT
Vous avez fait un grand tour de vos principaux traits de ca-
ractère et de vos mécanismes comportementaux, ou de ceux de
votre enfant, face à l’apprentissage.
Évidemment, toutes ces façons de procéder sont interdé-
pendantes et sont différentes selon les contextes et les
enjeux. Malgré tout, vous avez tendance à exprimer votre
« savoir-faire » d’une certaine façon et d’une façon cer-
taine – celle qui marche le mieux pour vous et que vous
avez tendance à répéter sans cesse –, qu’il s’agit de repé-
rer afin de mieux se connaître.
Et comme il est plus aisé de vous changer vous-même que de
changer les autres (les amis, les parents, les professeurs, les
examinateurs…), autant commencer par faire l’état des lieux de
ce vous faites et comment vous le faites !
37
Apprendre, ça s’ apprend !
Mes notes
Face aux expériences et aux informations que je reçois, j’ai l’im-
pression que je fixe mieux les choses et mon attention via :
£ Un accès visuel Je vais avoir besoin de schémas, de coups
de surligneur, de fiches… Je vais prendre beaucoup de notes, car
le simple fait de les entendre ne me suffira pas.
£ Un accès auditif Je vais avoir besoin d’une grande concen-
tration pendant le cours, je vais prendre deux-trois notes globales
et les relire me ramènera les paroles du prof.
£ Un accès kinesthésique Je vais avoir besoin d’assimiler les
matières par l’expérience, je vais retenir les leçons en bougeant,
en me déplaçant dans l’espace, en les vivant physiquement.
Quand je retiens ou que j’observe ou que j’analyse :
£ J’ai besoin d’entrer dans les détails Alors je m’efforce de
chercher la distance, de travailler mon esprit de synthèse.
£ J’ai besoin de traits globaux Alors je m’efforce de chercher
la focalisation, de travailler ma rigueur.
De manière générale, dans l’apprentissage :
£ J’aime faire plusieurs choses en même temps Je m’ennuie
vite, j’ai besoin de stimulations.
£ J’aime faire une chose après l’autre Je suis concentré, j’ai
besoin de temps.
38
CHAPITRE 2
DONNER DU SENS
À CE QUE L’ON FAIT :
IDENTIFIER SON
OBJECTIF ET TROUVER
LA MOTIVATION
QU’AIMEZ-VOUS ET QUE VOULEZ-VOUS ?
Il n’y a point de vent favorable pour celui
qui ne sait où il va.
Sénèque
Try, try, try again.
If at first you don’t succeed,
Try, try, try again9.
William E. Hickson
Que voulez-vous réellement ? Êtes-vous réellement décidé ? Vous
croyez ou vous en êtes sûr ? Rassembler toutes vos forces ne sert à
rien si vous n’avez pas identifié l’endroit où vous voulez vous rendre.
En matière d’objectif, le mieux est de connaître, au moins à peu près,
votre point d’arrivée. Vous venez de faire le tour de vous-même, de
votre propre machine, qu’elle soit cheval, avion ou fusée, vous avez
vérifié tous les postes, l’avoine, le niveau d’huile, le carburant, vous
avez inséré la clef dans le démarreur, c’est parti ! Où voulez-vous
aller ? Quelle est votre destination ?
Le mot « objectif » contient en lui-même toutes les notions nécessaires
à votre réussite. Substantif, il est à la fois ob (en latin, devant), et
jacere (en latin, jeter), c’est-à-dire ce qui est placé devant. Adjectif, il
est le contraire de « subjectif », donc « impartial ». Votre objectif est
donc neutre (ce qui ne veut pas dire dénué d’émotions). Si, en plus,
vous le regardez à travers un objectif (l’objet), vous pourrez vous en
faire une photo, une représentation fixe qui matérialisera la cible.
Et comme le dit le proverbe chinois : « Un bon archer atteint la cible
avant même d’avoir tiré » !
9. - « Essaie, essaie, essaie encore / Et si tu ne réussis pas du premier coup / Essaie, essaie,
essaie encore. »
41
Apprendre, ça s’ apprend !
DISTINGUEZ OBJECTIF, BUT ET FINALITÉ
Un objectif est adaptable et quantifiable, il permet d’at-
teindre des buts.
Les buts sont des étapes, des marches (step by step, disent les
Anglo-Saxons) qui vous font aller vers une finalité.
La finalité est une constante, n’est pas vraiment quantifiable
et s’énonce sous forme d’idées ou de valeurs métaphoriques,
philosophiques ou spirituelles (le bien-être, la fierté, l’harmo-
nie, la paix…).
Exemples :
Votre objectif est de réviser vingt fiches par semaine d’ici le
mois de juin ; votre but, c’est l’obtention de votre baccalau-
réat ; votre finalité c’est d’ouvrir votre voie professionnelle…
Votre objectif est de mettre au propre votre business plan ;
votre but, c’est d’obtenir un prêt bancaire pour lancer votre
projet ; votre finalité, c’est votre réorientation professionnelle…
De la même façon qu’il est plus facile de monter un escalier que de le
descendre quand on est enfant, il est plus simple d’envisager la pers-
pective dans le sens « aller », de l’objectif à la finalité, que l’inverse, de
la finalité à… quels objectifs ?
Identifiez bien votre objectif et vous aurez déjà fait le plus gros du
travail. Vous avez peut-être déjà entendu vos professeurs dire que la
réponse se trouvait dans la question ? Ou qu’un problème n’est qu’un
objectif mal formulé ?
42
Donner du sens à c e que l’ on fait :
i dentif ier son objectif et tro uver la motivation
À vous de jouer !
Trouvez votre objectif en 10 points !
1. Que désirez-vous ? Quel est votre objectif ?
Écrivez-le dans un cahier ou sur une feuille.
2. Si vous avez écrit une phrase négative ou contenant
des négations, reformulez-la à l’affirmative (ce que vous voulez
et non ce que vous ne voulez pas ou plus).
Notez également les réponses aux questions suivantes :
3. De qui dépend sa réalisation ?
Quelqu’un d’autre est-il impliqué ?
4. De quoi avez-vous besoin, de quelles ressources ?
Donnez le contexte (environnement, personnes…) de votre objectif :
quand, où et avec qui voulez-vous le réaliser ?
5. Une fois votre objectif atteint, qu’est-ce que cela vous apportera ?
Qu’est-ce que vous vous direz ? Qu’est-ce que vous verrez ?
Qu’est-ce que vous ressentirez ?
6. Que pourront percevoir les autres quand vous aurez atteint
votre objectif ?
7. À quoi saurez-vous que vous l’avez atteint ?
8. Quels pourraient être les inconvénients pour vous
et votre entourage une fois votre objectif atteint ?
9. Comment allez-vous vous y prendre ?
10. Quel est le premier petit pas que vous pouvez faire en vue
de la réalisation de votre objectif ?
43
Apprendre, ça s’ apprend !
Autrement résumé, votre objectif doit être SMART :
S comme spécifique (précisez-le le plus possible ; par exemple, si vous
voulez maigrir, combien de kilos voulez-vous perdre ?).
M comme mesurable (vous avez X pages à réviser dans la semaine).
A comme acceptable (vous êtes moralement en accord avec vos
valeurs personnelles pour atteindre cet objectif).
R comme réaliste (c’est bien de mettre la barre haut mais la mettre
trop haut est démotivant).
T comme tenable (fixez-vous des limites de temps : à telle date vous
aurez fini le programme de révision de telle partie, tel jour vous
faites telle action).
MARCHER POUR DÉFINIR SON OBJECTIF
Vous avez du mal à définir votre objectif ? C’est statique et rien ne
bouge ? Vous ne savez pas par quel bout prendre votre sujet ? Faites
comme les péripatéticiens !
QUI SONT LES PÉRIPATÉTICIENS ?
Ces disciples d’Aristote suivaient les leçons du maître en
se promenant (du grec ancien περιπατητικός peripatêtikos
= « qui se promène »). De là, il n’y eu que quelques pas pour
attribuer le terme de péripatéticiennes aux prostituées qui
arpentent le trottoir…
Commencez par faire le tour de votre pâté de maison, en marchant
et en respirant à fond. Le mouvement du corps entraîne celui de l’es-
prit. En plus d’améliorer votre fréquence cardiaque et respiratoire, de
vous dégourdir les jambes, de tonifier vos muscles, de vous donner
quelques couleurs, marcher vous montre la direction : « marcher fait
penser10 ».
10. - Rebecca Solnit, L’Art de marcher, éditions Actes Sud, Arles, 2002.
44
Donner du sens à c e que l’ on fait :
i dentif ier son objectif et tro uver la motivation
Pour me détendre, je vais courir : c’est en courant que tout
s’apaise pour moi et surtout, que je trouve la solution à mes
problèmes. Je pratique également la visualisation positive :
je me vois en train de réussir ce qui va être difficile dans un
événement, en répétant plusieurs fois (nettement moins dan-
gereux pour les articulations).
Frank Salles, coach d’équipe et de cadres dirigeants
Vous pouvez même jouer à marcher dans les pas d’autrui : repérez
quelqu’un qui vous semble marcher d’un pas déterminé, ou fluide,
quelqu’un qui a une démarche ou une allure qui vous plaît ou vous
inspire pour démarrer. Tenez-vous à quelques mètres derrière, assez
loin pour qu’il ne vous remarque pas bien sûr, observez-le et cou-
lez-vous dans sa posture, sa cadence, sa gestuelle, marchez dans ses
pas. Faites ainsi 200 ou 300 mètres. Ressentez ce que cela vous pro-
cure. Comment vous tenez-vous ? Votre dos est-il droit ou en avant ?
Vos jambes légères ou lourdes ? Vos mâchoires serrées ou non ?
Il arrive parfois que, même après une bonne marche, l’on ait du mal à
identifier l’objectif ou que l’on n’appréhende pas clairement les buts
à atteindre.
Alors, si tel est le cas, n’insistez pas et prenez l’objectif à l’envers.
BONUS
Retrouvez un nouvel exercice ludique
"À vous de jouer ! - Score ". Scannez
ce code ou allez sur la page :
[Link]
45
Apprendre, ça s’ apprend !
À vous de jouer !
Écrivez un synonyme (un verbe) d’ « être ou se mettre en mouve-
ment » pour vous. Et déclinez ci-dessous :
Quand je ____________, je me sens capable de _____________.
Quand je ________________, j’ai envie de _________________.
Quand je ________________, je ressens ___________________.
Quand je ________________, je suis ______________________.
Et si jamais vous êtes à court d’idée de verbes d’action, voici une
liste non exhaustive :
Accroître Décider Guider Régler
Acquérir Définir Imaginer Renseigner
Améliorer Déléguer Impulser Résoudre
Augmenter Dessiner Inspirer Transmettre
Animer Déterminer Instituer Trancher
Arrêter Discuter Instruire Renouveler
Assembler Échanger Inventer Rentabiliser
Avancer Écouter Lancer Répartir
Bâtir Effectuer Mettre en œuvre Sensibiliser
Choisir Éliminer Monter Simplifier
Clarifier Enrichir Motiver Soutenir
Commander Équilibrer Naviguer Stimuler
Conclure Expérimenter Négocier Structurer
Conduire Exploiter Opter Tester
Confier Exprimer Optimiser Transformer
Conquérir Éveiller Orienter Trier
Consolider Faciliter Partager Valoriser
Convaincre Fixer Piloter Vibrer
Coordonner Formuler Programmer Voler…
Cultiver Gagner Progresser
Danser Gérer Rédiger
46
Donner du sens à c e que l’ on fait :
i dentif ier son objectif et tro uver la motivation
À vous de jouer
avec votre enfant !
Demandez à votre enfant quel est son héros de dessin animé
préféré, et faites-lui décliner :
Quand je suis X (Tarzan/Raiponce/Mulan/Pocahontas/La Reine
des Neiges…), je me sens capable de ________________.
Quand je suis ___________, je me sens capable de ____________.
Quand je suis ____________, j’ai envie de _________________.
Quand je suis __________, je ressens _____________________.
SUIVRE LA CAROTTE OU ÉVITER LE BÂTON…
Autrement dit, comment vous motivez-vous ? Pensez-vous en termes
d’objectifs et de résultats à atteindre, ou en termes d’ennuis ou de
représailles à éviter ? Cherchez-vous d’abord à aller vers l’objet de plai-
sir ou à vous éloigner des sources de souffrance ?
Pourquoi voulez-vous par exemple entreprendre une reconversion pro-
fessionnelle ? Pour gagner plus ? Pour réaliser un rêve ? Vous en par-
lez en termes positifs, avec des verbes comme avoir, obtenir, vouloir…
Vous vous dirigez vers la carotte, vous vous concentrez sur votre
but, vous persévérez, vous êtes plutôt optimiste, quitte à minimiser
parfois les situations ?
Ou vous entamez cette reconversion car vous souhaitez d’abord vous
débarrasser de votre chef ? Ne plus faire autant de kilomètres dans
les embouteillages ou de déplacements en transports en commun ?
Vous en parlez plutôt en termes négatifs, vous savez mieux ce que
vous ne voulez pas ou plus, vous êtes motivé par les problèmes à
47
Apprendre, ça s’ apprend !
résoudre, même si parfois votre entourage peut vous trouver cynique
ou critique ?
Attention ! La motivation d’une personne qui « s’éloigne de… » est
aussi forte que celle d’une personne qui « va vers… ». Si j’apprends à
parler le japonais en trois mois en vue d’un poste là-bas, porté par le
désir de m’intégrer plus rapidement, ou au contraire si je suis guidé
par le fait de ne pas me sentir exclu ou dépendant, ma force et ma
détermination sont de ressort équivalent.
À vous de jouer
1. Votre professeur/parent/directeur de stage/patron… vous fait
une critique sur le travail que vous venez de rendre. Vous pensez :
Je ne vois pas ce que je peux faire, ce n’est pas de ma responsabilité.
Je vais voir comment je peux m’améliorer…
2. Votre professeur/parent/directeur de stage/patron… vous
fait une remarque sur votre caractère. Vous vous dites :
OK, j’ai mes qualités et mes défauts, cependant je vais tâcher de
faire un effort.
Je suis comme je suis et qui m’aime me suive !
3. Votre professeur/parent/directeur de stage/patron… vous
fait une remarque devant tout le monde (devant la classe, en
famille, devant les autres). Quelle est votre réaction ?
Cela me rend malade.
Cela me met en rogne.
4. Votre professeur/parent/directeur de stage/patron… vous
fait une demande concernant un travail à rendre/une mission…
Quel est en général votre temps de réponse ?
Très rapidement, dans la foulée.
Vous prenez le temps de la réflexion avant de donner votre réponse.
48
Donner du sens à c e que l’ on fait :
i dentif ier son objectif et tro uver la motivation
5. Vous avez vous-même une remarque/critique désagréable à
faire à votre coéquipier/camarade/collègue… Comment vous y
prenez-vous ?
Vous essayez de trouver les mots qu’il faut pour la situation.
Vous ne dites rien, vous en êtes incapable.
6. Vous avez un travail urgent à rendre pour dans deux jours.
Vous vous dites :
Je dois le boucler demain.
Je le boucle demain.
7. Votre professeur/parent/directeur de stage/patron… vous
fait une demande expresse juste avant le week-end. Vous pensez :
Celui-là alors ! Il pourrait être plus cool !
Réfléchissons à la façon dont je peux y arriver.
8. Votre professeur/parent/directeur de stage/patron… vous
propose d’animer un groupe, ce que vous n’avez jamais fait
jusqu’à maintenant. Vous pensez :
Je ne l’ai jamais fait, en même temps j’ai fait d’autres choses qui
peuvent peut-être me servir.
Si seulement j’avais été formé…
9. Vos enfants chahutent le soir quand vous rentrez. Vous avez
tendance à vous dire plus souvent :
Je vais me calmer d’abord et tenter de comprendre ce dont ils ont
besoin.
Si seulement j’avais des enfants sages…
10. Votre professeur/parent/directeur de stage/patron…
change d’option très souvent, c’est consigne et contre-consigne.
Vous pensez :
C’est une vraie girouette.
Et si j’essayais de me mettre à sa place…
49
Apprendre, ça s’ apprend !
11. Votre camarade/ami/collègue… vous raconte ses malheurs.
Vous vous dites :
Je vais essayer de le comprendre.
S’il pouvait arrêter de se plaindre sans cesse, celui-là…
Si vous obtenez plus de 6 réponses , vous êtes plutôt proactif.
Face aux coups du sort ou aux situations problématiques, vous vous
engagez plus facilement et prenez l’initiative. Vous avez alors la
sensation d’être responsable de votre vie. Au bout du compte, tout
problème peut devenir une opportunité.
Votre devise : « Where there is a wheel there is a way11 » !
Si vous obtenez plus de 6 réponses , vous êtes plutôt réactif.
Plutôt fataliste, vous attendez que les autres prennent les choses en
main à votre place, ou bien vous agissez au dernier moment. Vous
avez du mal à être assertif, à exprimer ce dont vous avez besoin, ce
que vous ressentez.
Votre devise : « Advienne que pourra ! »
Trucs et astuces pour votre enfant
En tant que parent, vous passez par des étapes avec votre enfant
où – quelle que soit la situation ou le moment – votre rôle de
parent consiste à poser un cadre et des règles à respecter, ce
qui génère parfois bien des crispations entre vous ! Chercher sa
carotte en toute chose peut être une stimulation nécessaire…
mais non suffisante ! Pour prendre une métaphore animale, vous
pouvez toujours essayer de faire monter un cheval de force dans
son van de transport, en le poussant très fort : arc-bouté sur son
arrière-train, celui-ci, dans son inertie, est bien plus doué que vous
et n’avance pas d’un pas. Au lieu de continuer de pousser, tirez-
lui plutôt un peu la queue, peut-être qu’il grimpera directement !
11. - Littéralement, « Là où la roue passe il existe un chemin », notre proverbe le
plus proche en sens étant « Quand on veut on peut ».
50
Donner du sens à c e que l’ on fait :
i dentif ier son objectif et tro uver la motivation
LES VALEURS QUI VOUS MOTIVENT
Quand vous êtes motivé, passer à l’action, franchir les étapes, gravir
les montagnes voire les déplacer… ne vous fait pas peur. Mais pour-
quoi ? Comment ça marche, la motivation ?
La motivation parle de vos valeurs personnelles. Et vos valeurs per-
sonnelles parlent de vous. Savez-vous quelle est la matière préférée
de votre enfant au collège ou au lycée ? Demandez-lui pourquoi ou
pour quelles raisons. Regardez les valeurs qu’elles sous-tendent chez
lui/chez vous : derrière chaque action fluide et facile à réaliser, il y a
un intérêt et une réponse à la stimulation de vos valeurs. Les valeurs
parlent en réalité plus de « pour quoi » – plutôt que « pourquoi » –
nous faisons les choses. « Pour quoi » – voire « pour qui », si l’on se
place à un niveau plus spirituel…
Pour « quoi » je choisis tel poste moins bien payé et plus loin de
chez moi quand le patron a prononcé mon sésame « vous avez carte
blanche » ?
Pour « quoi » mon grand-père prend le chemin de l’Angleterre après
l’appel du 18 juin 1940 ?
C’est pour elles, pour satisfaire ces valeurs, que vous vous dépassez,
que votre enfant se bagarre, que vous vous jetez à l’eau. Si vos valeurs
ne sont pas satisfaites, pour vous les choses perdent de leur sens
et votre motivation se dégonfle. D’où l’importance de connaître vos
propres valeurs afin de regonfler les voiles !
J’ai parfois l’impression que ce que je fais me dépasse en
quelque sorte – dépasse ma personnalité habituelle, si je
peux dire. Je me sens portée par quelque chose de plus grand,
ce qui fait que je m’étonne parfois de ce que j’ose faire. Par
exemple, quand j’étais plus jeune, j’avais du mal à prendre la
parole dans un groupe, mes envies de parler restaient figées en
moi. Maintenant, j’anime des groupes de plus en plus grands
sans aucun problème. L’aisance que je sens m’étonne. Parfois
51
Apprendre, ça s’ apprend !
aussi, je me lance dans des activités qui comprennent certains
risques (financiers, par exemple) juste parce que je sens que je
dois le faire. Je le « vois », je sens que je dois le faire, j’avance.
Ça me surprend de ma part, en quelque sorte.
Anne-Marie Jobin, fondatrice de l’école Le Jet d’Ancre,
au Canada
Qu’est-ce qu’une valeur ?
Le Larousse la définit comme « ce qui est posé comme vrai, beau,
bien, d’un point de vue personnel ou selon les critères d’une société
et qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose
à défendre ».
Vos valeurs, vous y tenez, même si la même valeur prise chez vous ou votre
voisin de classe ne recouvre pas les mêmes critères. Votre valeur « liberté »
a par exemple, comme critère principal, votre indépendance d’esprit, alors
que chez une autre personne, ce sera de vivre son travail selon ses propres
horaires, chez une autre encore, de ne pas mettre de réveil le matin, chez
une autre, enfin, de dire ce qu’elle pense quand elle veut, etc.
Les principaux ressorts qui se mettent en action lorsque je
dois apprendre quelque chose de nouveau sont les suivants :
· La remise en question de mes acquis : j’essaie de faire
en sorte de ne jamais me contenter de ce que je sais, en
considérant que je ne pourrais progresser qu’à la condition
d’acquérir de nouvelles connaissances.
· La soif d’apprendre : la vie est une source d’apprentissage
infinie et accumuler des savoirs et des expériences consti-
tue une véritable richesse intellectuelle.
· L’envie de mieux se connaître soi-même : à mes yeux,
accepter d’apprendre signifie également prendre le risque
d’appréhender une situation nouvelle et donc mesurer le
potentiel de ma capacité d’adaptation.
52
Donner du sens à c e que l’ on fait :
i dentif ier son objectif et tro uver la motivation
Ma motivation trouve sa source dans l’envie de savoir si je suis
capable d’évoluer et de progresser dans mes acquis. Il s’agit
d’un défi que je me lance et dont la finalité est tout simple-
ment de mieux connaître mon potentiel d’évolution.
Daniel Rodriguez, P.-D.G. d’une société internationale
À vous de jouer !
Découvrez l'importance de vos valeurs
1. Listez vos cinq premières valeurs par ordre d’importance, dans
chacun des domaines suivants :
(Ce qui se traduit pour votre enfant par : « Qu’est-ce qui compte
pour toi dans… ? »)
Domaine personnel Domaine amoureux Domaine professionnel
2. Jouez maintenant à peser ce qui compte pour vous
dans ces domaines. Cela vous permettra de valider cet ordre
de préférence.
Pour cela, commencez par fermer les yeux, inspirez et expirez trois
fois de suite.
Puis, debout ou assis, tendez vos deux bras, paumes ouvertes, vers
le ciel, à la même hauteur : voici votre balance.
53
Apprendre, ça s’ apprend !
Installez dans une main la valeur no 1 (et ce qu’elle représente pour
vous en critères, en images, en sons, en ressentis…), dans l’autre la
valeur no 2 (et tout ce qu’elle représente pour vous aussi…). Restez
concentré sur vos deux valeurs installées dans vos mains et sentez
comme elles chauffent ou refroidissent vos mains, peut-être que
l’une tiédit et l’autre non, peut-être que les doigts de la main gauche
vous picotent et les autres non… Inspirez et expirez en pensant à ces
deux valeurs pendant deux minutes.
Puis rouvrez les yeux. Vos mains ont-elles toujours la même posi-
tion ? Oui ? Non ? Finalement votre valeur no 2 pèse plus lourd que
la no 1 ? Votre valeur no 1 est-elle toujours à la première place ?
3. Continuez à les associer et à les peser les unes par rapport
aux autres… On a parfois des surprises entre la voix de
sa pensée, réfléchie, raisonnée, et la voix de notre inconscient
qui choisit et qui nous guide réellement… !
4. Choisissez une valeur parmi les cinq et amusez-vous à la con-
fronter à celle de vos enfants, de vos amis, de vos parents…
La motivation met en jeu trois ressorts de votre personnalité
L’identité : quand vous faites quelque chose, vous ou votre
enfant le faites d’abord pour grandir, vous élever, évoluer,
développer votre personnalité, pour agir sur qui vous êtes.
L’identité a à voir avec le succès, la créativité, la beauté, l’opti-
misme, la spiritualité, la liberté, le militantisme, la générosité,
le respect de soi et des autres, la santé, l’altruisme, le défi, le
sentiment d’être utile, la réussite…
Le pouvoir : quand vous faites quelque chose, vous le faites
d’abord pour avoir une influence sur la situation ou sur autrui,
pour dominer la situation, les événements. Le pouvoir a à voir
avec l’argent, l’ambition, l’indépendance, le succès, l’obstination,
la position sociale, la connaissance, la notoriété, le talent, la pos-
session, l’autonomie, la liberté, l’indépendance, la persévérance…
54
Donner du sens à c e que l’ on fait :
i dentif ier son objectif et tro uver la motivation
La relation : quand vous faites quelque chose, vous le faites
d’abord pour mieux vivre et agir avec et pour les personnes
qui vous entourent et vous intéressent. La relation a à voir avec
l’amour, l’amitié, la famille, la vie morale, l’altruisme, l’intelli-
gence, l’écoute des autres, l’obéissance, la séduction, la sexualité,
la communication, le soutien, l’appartenance, la coopération…
Regardez dans le jeu précédent les valeurs que vous avez listées
et pesées, et à quel ressort de votre personnalité elles renvoient.
Ont-elles un rapport avec celles de votre enfant ?
Trucs et astuces
Comment trouver ou retrouver la motivation ? Quand vous perdez
de vue vos valeurs et votre motivation, amusez-vous à faire ces
exercices pour voir les choses sous un autre angle.
À vous de jouer !
Remplissez les blancs du texte ci-dessous :
Quand je suis motivé, je suis en mesure de ______________ et de
______________ et de ______________.
Si la motivation avait une couleur, pour moi elle serait
______________.
Si la motivation avait une texture, ce serait de la du ______________
ou du ______________.
Si la motivation était une musique, ce serait ______________.
55
Apprendre, ça s’ apprend !
À vous de jouer
avec votre enfant !
Sortez feuilles, feutres, crayons, peinture, collages…
1. Faites le portrait de votre héros ou d’un personnage que vous
aimez ou que vous aimeriez bien être, en piochant dans les dessins
animés ou les livres, l’histoire, les films… Occupez bien toute la
feuille, en utilisant le plus de couleurs possible. Disposez autour
de lui, en les collant, tous ses attributs (un héros/une héroïne a
toujours des attributs) : une épée, une plume, une baguette magique,
des lunettes rondes, un dragon, une lanterne, une cape, des bottes,
un sabre laser, une Lamborghini, un hélicoptère, un animal…
Plusieurs ? Lesquels ?
2. C’est fait ? Gardez-le précieusement.
3. Le jour où vous avez un chagrin, un doute, un moment de tristesse
même, prenez une autre feuille et dessinez votre autoportrait en
noir et blanc, ou au crayon à papier, bien au centre de la feuille.
4. Puis découpez tranquillement tous les attributs fétiches de votre
héros et collez-les sur vous, autour de vous, à côté, au-dessus ou en
dessous, sur votre autoportrait. L’idée est d’en remplir la feuille.
C’est fait ? Comment ça va maintenant ?
56
Donner du sens à c e que l’ on fait :
i dentif ier son objectif et tro uver la motivation
Et pour finir, une petite histoire...
Il était une fois… Je m’appelle Walt Disney, vous me connaissez ? Le
célèbre réalisateur de dessins animés…
Les enfants, petits et grands, écoutez-moi, se lancer et réaliser ses
rêves, c’est simple ! Suivez-moi, je vais vous guider… Vous êtes prêts ?
Quand je crée mes films, bien sûr, je ne suis pas tout seul, il y a toute
une équipe autour de moi. Malgré tout, bien souvent, au commen-
cement, au tout début, avant même que ne naisse l’idée du projet,
je m’installe sur ma terrasse en bois, seul, dans mon grand rocking-
chair ; vous voyez ce que c’est ? Le fauteuil dans lequel on se balance
d’avant en arrière… ou d’arrière en avant… Je m’y installe à la tombée
du jour, j’allume parfois une bougie et là, je ferme les yeux en me
balançant… les lattes en bois du parquet couinent et grincent… elles
font comme une petite musique… je me berce, un peu comme je berce
mon bébé, et je me mets à rêver… je rêve de mon personnage… je rêve
d’un bébé éléphant aux grandes oreilles qui vole, grâce à une plume,
je rêve d’une nanny absolument « supercalifragilisticexpidelicious »
qui aurait le pouvoir de voler… J’aime bien tout ce qui vole et d’ail-
leurs, quand j’étais enfant, je rêvais que j’avais le pouvoir de voler,
de m’envoler ; quelle liberté… Alors je me balance et je rêve à toutes
les choses les plus folles et les plus extraordinaires qui n’existent pas
dans ma vie. J’en distingue tous les détails… un par un, puis tous
ensemble… Je suis très absorbé… Une souris et un lapin qui parlent,
une petite fille qui rétrécit, oui tiens, ça c’est bien, un enchanteur qui
pourrait faire en sorte que la vaisselle et le ménage se fassent d’un
claquement de doigts… Vous êtes toujours là avec moi ?
Maintenant, je vais vous décrire le bureau sur lequel je travaille. Il
est maculé de taches d’encre, de bouts de gomme, il sent le cuir, la
colle et le tabac. La fenêtre de mon bureau donne sur la vallée de
San Fernando où il y fait très souvent sec et où la lumière est intense.
57
Apprendre, ça s’ apprend !
J’ai besoin de la lumière à ce moment-là. C’est là, à mon bureau –
vous y êtes ? vous sentez le cuir ? – que je m’emploie à écrire sur des
grandes feuilles mes scénarios, où je dessine ce à quoi ressembleront
mes personnages. À ce moment-là, je me rends compte que je peux
m’appuyer sur tout ce que j’ai déjà créé, sur tout ce que j’ai déjà
construit, tous les projets – et ils sont nombreux – que j’ai déjà menés
à bien, comment je les ai développés et réalisés. Je vais vite, je rature
et je recommence… Je suis très concentré. Tellement concentré que
mes collaborateurs passent et je ne les vois même pas… Vous voyez
ce que je veux dire ? Cela vous arrive-t-il, à vous, parfois ? Vous êtes
toujours avec moi, dites ?
Et puis au bout d’un moment, deux ou trois heures de réalisation
intense, mes jambes ont la bougeotte, c’est plus fort que moi : il faut
que je m’aère et que je sorte. Je ne sors jamais sans mon chapeau,
un chapeau en feutre gris souris, avec une bande de laine noire qui
l’entoure. Très smart. Ce chapeau-là, je l’ai acheté à Paris en 1935…
Ça ne nous rajeunit pas, n’est-ce pas ? Vous êtes toujours là ?
Quand je sors de mon bureau avec mon chapeau en feutre sur la tête,
c’est comme s’il me permettait de me dire : alors, voyons voir ce qu’il y
a à améliorer dans ce projet. Le rêveur est déjà loin. Sur mes cheveux
gominés – oui, je vous dis que j’aime bien la mode, je me gomine les
cheveux, ils sentent bon, j’aime –, mon chapeau me fait évaluer, peser
le pour et le contre, analyser la situation, et tout cela en marchant
dans les rues. Mon chapeau me donne un air sérieux et critique : mon
esprit passe alors en revue tous les détails qui risquent de coincer ou
de retarder mon projet, je me mets en capacité de trouver des aides,
des points d’amélioration… Comment je pourrais m’y prendre encore
mieux pour réaliser mon rêve ? Voilà ce que me permet mon chapeau.
Il est magique, je vous dis !
S’il vous plaît, faites comme moi, mes amis ! Petits enfants et aussi
grands enfants que nous sommes devenus ! Soyons rêveurs, devenons
58
Donner du sens à c e que l’ on fait :
i dentif ier son objectif et tro uver la motivation
réalisateurs et gardons notre esprit critique ! Vous êtes avec moi ?
Installez-vous dans un rocking-chair. Vous n’en avez pas ? Une balan-
çoire ferait peut-être l’affaire ? Ou une simple chaise. Ou votre lit.
Laissez passer les rêves, dans votre tête, lequel est le vôtre ? Vous
l’avez identifié ? Vous voulez le réaliser ? Allez chercher un chapeau…
et commencez…
POUR RÉSUMER ET AVANT DE PASSER
AU CHAPITRE SUIVANT
Vous avez discerné votre objectif, distingué vos buts et vous
avez compris qu’ils servent votre finalité, c’est-à-dire ce qui,
au bout du compte, satisfait vos propres valeurs.
Et c’est en satisfaisant vos valeurs personnelles que vous
donnerez du sens à vos tâches, que vous vous sentirez moti-
vé, que vous trouverez le sens de « pour quoi vous faites »,
car ce sont elles – force, créativité, nouveauté, argent,
harmonie, partage, réussite, paix, gloire, bien-être, etc. –
qui allument la mèche, les bougies du moteur.
En observant votre enfant, vous voyez ce qui lui fait plaisir : la
récompense, le partage avec les camarades, être remarqué et
sortir du lot…
Vous avez aussi saisi dans quel champ de sa ou de votre per-
sonnalité ces valeurs ont germé et poussé : que ce soit sur le
terreau de l’identité, celui du pouvoir ou de la relation, peu
importe, vous avez votre intention. Autrement dit, vous pouvez
vous bouger, vous voici en mouvement, vous êtes véritablement
en action !
59
Apprendre, ça s’ apprend !
Mes notes
Mes buts, mes étapes avant d’arriver à mon objectif sont :
1.___________
2.___________
3.___________
Ma finalité est :
___________
Mes ressources pour y arriver sont :
___________
___________
Les deux valeurs qui me font agir/réagir/bouger,
qui me motivent pour m’y mettre :
___________
___________
Pour moi elles veulent dire :
___________
Comment je sais que ces valeurs sont satisfaites :
___________
60
CHAPITRE 3
LEVER LES BLOCAGES
OU COMMENT
DÉPASSER SES LIMITES
QU’EST-CE QUI VOUS FREINE ?
Ils ne savaient pas que c’était impossible,
alors ils l’ont fait.
Mark Twain
Sportif de haut niveau, pilote McLaren et habitué des 24 heures du
Mans, Rob Bell pense que « ce que l’on fait provient de ce que nous
croyons être ».
Que croyons-nous que nous sommes ? « Je suis nulle en maths ! Je
suis maladroit ! Je suis moche ! Ce job n’est pas pour moi ! Je n’y
arriverai jamais parce que je suis trop émotive ! Je ne suis pas intéres-
sant ! Je ne peux pas commencer la nage synchronisée à cinquante
ans, je vais avoir l’air de quoi ? L’amour c’est pas pour moi ! Pleurer
c’est montrer sa faiblesse ! Personne ne m’aime ! » Nous pouvons
tous continuer la liste. Car ici, sur la Terre, à travers ses cinq conti-
nents et ses multiples civilisations, nous sommes des êtres humains…
complètement croyants (et il ne s’agit ici aucunement de croyance de
culte et de religion) !
Que ce soit au royaume des athées, des philosophes, des scientifiques,
la croyance est reine : on croit aussi sans foi, avec la critique de la
raison la plus pure, pour le progrès, en maniant l’esprit de déduc-
tion et le doute. D’ailleurs, mettre en doute, quelque part, c’est déjà
croire car « c’est encore croire en soi que douter de soi », comme disait
Rostand…
Prendre conscience de ses propres croyances, les plus aidantes comme
les plus limitantes, les plus refoulées comme les plus évidentes, est
une porte d’entrée vers la connaissance de soi, la vraie, l’authen-
tique, celle qui mène vers une nouvelle naissance… Si vous ne deviez
lire qu’un seul chapitre dans ce livre, ce serait celui-ci !
63
Apprendre, ça s’ apprend !
DE NOS EXPÉRIENCES DÉCOULENT
NOS CROYANCES
« Les croyances que nous possédons sur nous-mêmes sont celles qui
nous influencent le plus », dit Sylvie Tenenbaum12, psychothérapeute.
Les croyances ne sont pas innées, elles sont acquises et découlent
de nos expériences. Un nouveau-né à sa naissance ne « croit » rien,
en revanche, il va vite comprendre qu’il est pris dans les bras par ses
parents quand il se met à pleurer, générant une stratégie (inconsciente
parfois) de « ceci entraîne cela ». Nous continuons de grandir et d’ap-
prendre dans notre vie à ce rythme :
attitude/comportement (= ce que je fais)
croyance/conviction (= ce que je crois)
idées/raisonnements (= ce que je pense)
sentiments/émotions (= ce que je ressens)
attitude/comportement (= ce que je fais)
… et le cercle des « ceci entraîne cela » continue.
Nous sommes la résultante de tout un ensemble systémique : nos
gènes, nos environnements familiaux, sociaux, notre éducation, le
pays où nous naissons, sa culture… Et sur cet ensemble, en suivant
des modèles parentaux ou en expérimentant par nous-mêmes, nous
construisons nos croyances et nos certitudes : « Je dois me battre pour
réussir », « Il faut souffrir pour être belle »…
Vous êtes au bon endroit pour – une bonne fois pour toutes – poser
les croyances que vous avez sur vous et sur le monde qui vous entoure.
12. - Sylvie Tenenbaum, Nos paysages intérieures, ces idées qui nous façonnent,
InterÉditions, Paris, 1998.
64
Lever l es blocages ou comment dépasser ses limites
À vous de jouer
avec votre enfant !
Complétez chacun cette liste, sans intervenir, sans regarder ce
que votre enfant écrit avant qu’il ait fini.
Je n’arriverai jamais à ___________ parce que ____________.
Être _______________ me ferait _______________________.
Je n’aurai jamais _____________ parce que ______________.
Je ne serai pas capable de __________ parce que __________.
Si j’échoue dans ____________ je crains que _____________.
Je fais ___________ parce que ________________________.
Amusez-vous à comparer vos deux listes.
Repérez-vous quelque chose ? Remarquez-vous des ressemblances ?
Ou, au contraire, est-ce totalement différent ? Votre enfant a-t-il
« emprunté » quelques-unes de vos croyances ?
Celles qu’il a sont-elles vraiment bien les siennes ou les a-t-il enten-
dues d’une tante, d’un grand-père ?
Et vous, de votre côté ?
NOUS FABRIQUONS NOS CROYANCES
Les croyances sont un peu comme notre squelette, elles ont grandi
avec et en nous au fur et à mesure de notre croissance. Plus particu-
lièrement, celles qui ont trait à notre identité (ce que nous sommes,
ou ce que nous croyons être…) sont notre colonne vertébrale. Nous les
fabriquons depuis notre enfance, à partir d’expériences auxquelles
nous avons été réellement confrontés.
65
Apprendre, ça s’ apprend !
Un jour, face à une situation X, pour laquelle nous avons eu (vu,
entendu, ressenti…) une émotion forte, nous avons élaboré et
adopté un type de comportement adéquat – à ce moment-là – pour
dépasser et surmonter l’événement.
Ce comportement ou ces agissements mis alors en place ont été tout
à fait utiles et judicieux (cela peut être de se renfermer sur soi-même,
de faire l’autruche, de foncer dans le tas, de s’enfuir très vite, de faire
le pitre…) et notre cerveau les a enregistrés dans notre mémoire vive
comme un « comportement efficace ».
Puis, nous avons été amenés au cours des jours/mois/années sui-
vants à revivre d’autres situations du même acabit, réactivant la pre-
mière émotion d’origine et le comportement étiqueté comme « effi-
cace » qui allait avec, engendrant alors, avec le temps, une « règle de
comportements efficaces », gravée dans notre mémoire dure.
Ainsi maintenue, cette règle apporte un système de croyances et
donne à notre vie une certaine cohérence, une structure rassurante
(car « si je fais ceci, j’obtiens cela »). Ce sont nos croyances qui, d’une
certaine façon, donnent un sens à notre vie, et qui, surtout, définissent
notre modèle du monde.
Avec nos croyances, nous sommes en territoire connu, en zone de
confort, nous nous y retrouvons et nous ne risquons pas d’être
déçus ! Croyances que nous faisons en sorte de bien entretenir – c’est
le propre des croyances –, de confirmer et de vérifier à chaque « nou-
velle » expérience et donc d’auto-alimenter (« Oui je le savais bien ! »
« Tu vois, je te l’avais bien dit ! »). Et, finalement, nous en tirons des
généralisations : « La vie est pourrie », « Trop bon, trop con ».
66
Lever l es blocages ou comment dépasser ses limites
Personne ne m’aime !
Ce que je crois
Croyances, convictions
Je me confirme ce que je crois et je le renforce
Quand je suis en soirée,
personne ne vient me parler
Ce que je pense
Idées, raisonnements
Je me sens moche...
Ce que je ressens
Sentiments, émotions
Je m’isole, je fais la tête
Ce que je fais
Attitudes, comportements
Comment nous entretenons nos croyances.
Attention ! Les croyances ne sont ni bonnes ni mauvaises, l’enjeu
(bien/mal) n’est pas là. D’ailleurs, nous avons aussi mis en place des
croyances qui se révèlent très aidantes pour nous-mêmes… L’enjeu se
trouve plutôt dans le fait que nous continuons d’agir et de nous
comporter sur la base de ces vieilles croyances et comportements
obsolètes, alors qu’ils ne sont plus forcément en adéquation avec
la personne que nous sommes devenue au fil des ans.
67
Apprendre, ça s’ apprend !
Faites un jeu tout simple, seul ou avec votre enfant :
Sur votre écran d’ordinateur, créez un répertoire « vieilles
croyances » ou « musée des vieilleries » et « musée des hor-
reurs »… Vous trouverez la dénomination la plus appropriée
pour les choses dont vous avez assez, qui pèsent lourd, dont
vous êtes encore en possession aujourd’hui et qui, en réalité,
ne vous appartiennent peut-être même pas.
À l’intérieur, rangez vos fiches ; vous pouvez les rédiger com-
plètement, ou juste leur donner un nom.
Puis, glissez le répertoire dans la corbeille, entendez le petit
bruit « scritch… » associé.
Maintenant, videz la corbeille. « Êtes-vous sûr de vouloir vider
la corbeille ? » Oui ? Inspirez. Videz. Soufflez.
Et relancez le système.
68
Lever l es blocages ou comment dépasser ses limites
À vous de jouer
avec votre enfant !
Écrivez chacun ce que vous croyez sur :
Vous-même
___________________________________________________
Les études
___________________________________________________
Le succès
___________________________________________________
Vos capacités
___________________________________________________
L’amour
___________________________________________________
Votre famille
___________________________________________________
Votre futur
___________________________________________________
L’échec
___________________________________________________
La confiance
___________________________________________________
Le monde du travail
___________________________________________________
L’école
___________________________________________________
Les profs
___________________________________________________
69
Apprendre, ça s’ apprend !
À vous de jouer !
Relisez vos croyances et demandez-vous quelles sont celles qui vous
aident – passez un coup de surligneur vert dessus – et étudiez les
autres.
Sont-elles des croyances que vous avez acquises et qui, de fait,
aujourd’hui, ne sont plus vraiment d’actualité ? Des croyances
qui peuvent vous enfermer, vous freiner dans ce que vous voulez
entreprendre ?
Parmi elles, choisissez celle qui vous limite le plus aujourd’hui.
Commencez par vous imaginer quelle serait la réalité pour une per-
sonne qui a la croyance complètement opposée à la vôtre :
____________________________________________________
Puis, demandez-vous de quoi vous auriez peur si vous deviez cesser
d’être ce que vous croyez être ou de croire ce que vous croyez :
« Si j’arrête de ____________ , je risque de _________________ »
Ensuite, imaginez une autre croyance plus positive pour vous en fai-
sant « comme si cela était possible » :
« Si cela était possible, _________________________________ . »
Écrivez les objections que vous pourriez émettre à ce propos :
____________________________________________________
70
Lever l es blocages ou comment dépasser ses limites
QUAND UNE PART DE VOUS DIT « OUI »
ET UNE AUTRE DIT « NON »
C’est l’histoire du diablotin tentateur qui vous souffle à l’oreille
« Vas-y ! Mais oui, va donc au ciné ! Tu en as bien le droit, après
tout ! » et du petit ange moralisateur qui souffle dans l’autre : « Finis
ta présentation avant, tu vas galérer lundi, sinon ! ». Vous partez au
cinéma et pendant toute la séance vous pensez au PowerPoint qui ne
se fera pas tout seul… sans parvenir à profiter du film !
Parfois, vous ne pouvez pas vous empêcher de faire quelque chose,
alors même que vous savez très bien que ce n’est pas adéquat pour
vous. De la même façon que nous abritons plusieurs persona (au sens
littéral des différents masques – au moins quatre-vingts ! – que revê-
taient les acteurs des tragédies grecques pour personnifier les émo-
tions et les sentiments), nous sommes parfois tiraillés, partagés entre
plusieurs parties de nous qui ont chacune leur objectif. Nous sommes
alors en plein conflit interne, un conflit de territoire espace/temps.
Dans ces conflits internes, c’est comme si chaque part qui s’ex-
prime avait une intention tout à fait positive vis-à-vis de nous !
Elles cherchent toutes à satisfaire des valeurs importantes pour vous
(impactant directement votre motivation) et, bien souvent, elles se
rejoignent au bout du compte : si vous allez au cinéma c’est pour
souffler, pour votre bien-être ; si vous vous mettez au PowerPoint en
avance le dimanche, c’est aussi pour votre propre bien-être du lundi…
Combien de fois sommes-nous confrontés à ces différentes parties
de nous-même, comme nos enfants à l’école ? Un instituteur de ma
connaissance, qui incarne la profession avec un grand « I », nommait
ces parties « Distractor » et « Flemmor », constatant que ses élèves y
étaient plus ou moins soumis tout au long de la journée.
Alors, à partir de maintenant, à chaque fois que vous vous sentirez
ainsi tiraillés entre deux options, considérez que ces parts ont en réa-
lité le même but : votre bonheur !
71
Apprendre, ça s’ apprend !
À vous de jouer !
Rassemblez quelques chaises autour de vous (elles matérialiseront
vos différentes « parts ») ; des feuilles de papier posées au sol
peuvent aussi faire l’affaire.
1. Tout d’abord, identifiez les différentes « parts » (des « parts »
vues de manière métaphorique, bien sûr…) intérieures et contra-
dictoires qui vous chiffonnent. Que veut l’une, que veut l’autre ?
En quoi l’une est interrompue par l’autre ou freine l’autre ?
Ces « parts » que vous avez ou ces comportements, même indésira-
bles, servent à quelque chose, ils sont mis en place pour de bonnes
raisons. Car finalement, vos comportements sont les meilleures
façons que vous avez trouvées pour satisfaire ces fameuses bonnes
raisons. Notez-les sur les chaises ou sur les feuilles de papier.
2. En vous asseyant sur chaque chaise ou sur les feuilles de
papier, faites parler une des parts… et ses bonnes raisons :
Que veut-elle exactement en ayant ce comportement ?
Puis, changez de place et faites de même pour l’autre part.
Que veut-elle ?
Prenez bien le temps dans chacune des positions de vous exprimer
comme si chacune des parts avait à vider son sac. Écoutez ce qu’elle
a à vous dire derrière ce comportement, comme si l’autre part pou-
vait entendre puis dialoguer.
3. Il va s’agir de mettre au clair ces bonnes raisons et de
négocier entre les parts pour voir quel peut-être leur but
commun, ou de trouver une solution qui respecte les buts
de chacune. Chacune des parts serait-elle d’accord pour
laisser agir l’autre, à condition bien sûr que l’autre fasse de
même ? Comment pourraient-elles s’entendre, pour faire du
sport à fond sans arrière-pensée de devoirs par exemple, et
faire ses devoirs à fond sans penser au sport ?
4. Demandez à chacune des parts si elle est d’accord pour se
conformer à un accord pendant une période. Il s’agira d’un
72
Lever l es blocages ou comment dépasser ses limites
test dont vous spécifierez la durée exacte (une semaine, un
mois, une année…).
5. Vérifiez si d’autres parts de vous-même seraient impliquées
dans cet accord et vérifiez – si c’est le cas – ce qu’elles
auraient à dire ? Au besoin, négociez avec elles de la même
manière.
6. Imaginez maintenant que cet accord est trouvé. Pro-
jetez-vous dans le futur dans cette même situation…
Qu’est-ce que cela donne ?
ALLER AU-DELÀ DE SES CROYANCES
Dans son roman La Place13, Annie Ernaux raconte combien il lui a
été douloureux de déroger à son milieu familial (ses parents tenaient
une petite épicerie en Normandie, n’avaient pas fait d’études…) et
aux valeurs qui lui avaient été transmises : travailler à la sueur de son
front, compter les sous… Non seulement l’auteur était douée pour les
études, mais elle est devenue professeur, poussée par sa mère, puis
romancière. Elle raconte dans ce texte son sentiment de « trahison »
envers la condition de ses parents, leur milieu social, créant une rup-
ture avec son père qui, en la voyant ainsi s’affranchir du milieu de
l’épicerie d’Yvetot, ne sut plus comment se comporter avec elle…
Nos croyances, vous l’aurez compris maintenant, sont très importantes
dans nos vies puisqu’elles nous renvoient finalement à nos permis-
sions : ce que nous nous autorisons à faire ou à ne pas faire (attention,
encore une fois il n’est pas question ici du « bien » et du « mal » !).
Si « je ne suis pas capable de garder un amoureux plus de six
mois… », je ne me le permettrai pas. Si « je ne mérite pas d’avoir
une meilleure situation que mes parents », je ne m’autoriserai pas à
choisir des études qui m’emmèneront à…
Si « je ne suis pas un manuel », je ne me lancerai pas dans un cursus
qui me fait pourtant réellement envie…
13. - Et dans beaucoup d’autres titres de son œuvre…
73
Apprendre, ça s’ apprend !
En ce sens, nous sommes nos propres poseurs de bornes et de
limites, nous sommes tout autant nos propres garde-fous que nos
propres freins. Il ne tient qu’à nous de les repousser.
BONUS
Retrouvez un nouvel exercice ludique
"À vous de jouer ! - La marelle des croyances ".
Scannez ce code ou allez sur la page :
[Link]
Et pour finir, une petite histoire...
Il était une fois… Chaque jour quand je rentre chez moi, je dois
contourner un grand champ. Cela me prend vraiment un certain
temps. Mais les herbes de ce champ sont vraiment trop hautes et je
ne me vois pas les traverser.
Pourtant, un jour, ça y est, je me décide… Allez, j’y vais ! Avec des
bottes ! Se frayer un chemin, ce n’est pas chose aisée, la première fois.
Il faut sans cesse vérifier l’endroit où vous voulez arriver et puis les
herbes à peine passées se redressent derrière vous.
Néanmoins, ça se fait.
Le lendemain, constatant le temps gagné, je me lance, et à ma grande
surprise, je me rends compte que cette fois les herbes, déjà habituées
à moi sans doute, se plient plus facilement lors de mon passage. J’at-
teins mon but encore plus aisément.
74
Lever l es blocages ou comment dépasser ses limites
Le surlendemain… Incroyable… c’est comme si les herbes m’attendaient.
En y regardant bien, je crois même que je peux voir le chemin pré-tracé.
Autant vous dire qu’ainsi, jour après jour, en repassant au même en-
droit, les herbes ne repoussent plus et un joli sentier est tracé…
Nul doute que si j’utilise cette voie, ceci deviendra un joli chemin très
aisé à prendre.
Il paraîtrait qu’il en est de même pour les changements d’habitude,
de comportements et autres changements, je crois que les chemins
que prend notre réflexion dans notre cerveau peuvent aussi prendre
des raccourcis… déroutants au début, puis qui nous permettent d’at-
teindre notre but plus rapidement.
POUR RÉSUMER ET AVANT DE PASSER
AU CHAPITRE SUIVANT
Vous avez compris comment vous fonctionnez, puis quelles sont
les valeurs qui vous tiennent à cœur et comment elles filtrent
la représentation que vous vous faites du monde et de l’appren-
tissage. Vous avez saisi comment, jusqu’à présent, vous avez
entretenu vos croyances sur la vie, l’amour, les études, le tra-
vail, la famille…
Peut-être avez-vous identifié la plus limitante, la plus ré-
currente aujourd’hui en ce qui vous concerne. Vous voyez
maintenant en quoi elle vous freine dans vos démarches,
comment elle génère tel type de pensée et tel type de
comportement.
La bonne nouvelle c’est que vous en êtes maintenant conscient,
que les limites sont faites pour être repoussées et que vous
êtes en possession de tout autant de ressources ! C’est vous-
même qui pouvez vous autoriser à…, vous permettre de… et
qui déterminez le sens que vous souhaitez donner à votre vie.
75
Apprendre, ça s’ apprend !
Mes notes
La liste de mes croyances aidantes :
___________________________________________________
Elles me permettent de :
___________________________________________________
Elles m’autorisent à :
___________________________________________________
76
CHAPITRE 4
GÉNÉRER CONFIANCE
ET ESTIME DE SOI
VOILÀ DES SOLUTIONS !
La confiance en soi est le premier secret du succès.
Emerson
« La bonne estime de soi, ça n’est pas le narcissisme, se penser
magnifique, supérieur aux autres, ce n’est pas du nombrilisme. Et au
contraire, ce dont on s’aperçoit, c’est que lorsque les gens progressent
en matière d’estime de soi, ça aboutit plutôt à un oubli de soi »,
explique Christophe André, psychiatre et adepte de la mindfullness
ou méditation de pleine conscience14.
Quand la société nous bombarde de dents blanches bien rangées, de
peaux bronzées, de visages tirés et toujours plus jeunes, de leaders
brillants, quand elle met l’accent sur les performances sociales, sur
ce qu’on fait et non ce qu’on est, etc., il n’est pas aisé de rester bien-
veillant envers soi-même. La « folie comparative » peut s’emparer de
nous, laissant place à une insatisfaction chronique et, surtout, à un
regard tyrannique envers nous-mêmes, grignotant peu à peu estime
et confiance. Pour peu que nous ayons été fragilisés par des modèles
insufflant méfiance et mésestime, que divers échecs successifs aient
ébranlé nos ressorts, ou que des coups du sort (maladie, handicap…)
nous aient secoués, l’estime se retrouve en berne.
Pourtant, confiance en soi et estime de soi peuvent se développer à
tout âge !
14. - Christophe André, Imparfaits, libres et heureux, éditions Odile Jacob, Paris,
2006.
79
Apprendre, ça s’ apprend !
LE SAVIEZ-VOUS ?
Estime (Dictionnaire Le Robert) du latin estimare ; puis en
ancien français esmer pour le différencier de aimer :
1. Déterminer sa propre valeur.
2. Se considérer, se croire, se trouver.
3. Avoir une bonne opinion de soi.
Confiance (Dictionnaire Le Robert) du latin confidentia,
fides, ancien français fiance « foi » :
1. Assurance de celui qui se fie à quelqu’un.
2. Sentiment qu’on se fie à soi-même.
3. Sentiment de sécurité.
ESTIME DE SOI, CONFIANCE ET PEUR
La confiance en soi et l’estime de soi sont souvent confondues et
pourtant ce sont deux choses bien distinctes. En se plongeant dans le
dictionnaire, on comprend que :
l’estime de soi a à voir avec notre valeur ;
la confiance a à voir avec notre sécurité.
Arrêtons-nous quelque temps sur le sentiment de sécurité et son
contraire, celui de la peur. Émotion universelle, celle-ci est largement
partagée sur la planète. On peut d’ailleurs lister les grandes peurs
collectives : la peur de la mort, la peur de la souffrance, la peur de
l’abandon, la peur du rejet, la peur du noir, la peur du vide, la peur de
disparaître, la peur de la maladie, la peur de la trahison, la peur de
l’inconnu… Sans en avoir parfois conscience, nos peurs attirent nos
raisons d’avoir peur. Si nous craignons très fortement d’être trahis, il
peut nous arriver d’attirer des individus qui nous trahiront. Réfléchir
à l’origine de nos peurs représente d’ailleurs une première étape pour
les conjurer.
80
Générer conf iance et estime de soi
À vous de jouer !
Listez et notez vos peurs, en les classant de ce qui vous fait le plus
peur (10/10) à ce qui vous fait le moins peur (1/10) ; écrivez
ensuite dans les couleurs de votre choix des « synonymes » ou des
mots du même champ lexical que la peur :
________, __/10
synonyme : ________, __/10
synonyme : ________, __/10
synonyme : ________, __/10
synonyme : ________, __/10
Voici quelques synonymes de A à Z pour vous mettre sur la piste :
Agitation Embarras Insécurité Révulsion
Alerte Épouvante Irritation Tension
Angoisse Frisson Malaise Terreur
Anxiété Horreur Nervosité Tourment
Crainte Hostilité Panique Trac
Effroi Inquiétude Rejet
1. Et maintenant, posez votre crayon, restez assis, mettez les
mains devant vous, coudes légèrement repliés, paumes
l’une en face de l’autre à 20 cm de distance environ, un peu
comme si vous teniez un ballon de foot entre vos mains.
2. Fermez les yeux en tenant toujours fermement et légère-
ment le ballon invisible qui est entre vos mains. Respirez
amplement et imaginez derrière vos paupières fermées un
gros nuage blanc devant vous. Un nuage flottant, de type
cumulus, un gros mouton blanc tranquille, en paix, calme.
Peut-être même qu’en imaginant ce nuage, vos mains qui
maintiennent encore le ballon flottent elles aussi dans
l’air… ou peut-être pas.
81
Apprendre, ça s’ apprend !
3. Derrière vos yeux clos, traversez ce nuage blanc coton-
neux et transparent, un nuage de fiabilité et d’assurance,
en toute quiétude et avec sérénité, léger. Car c’est bon de
se sentir en sûreté, dans les nuages, et même sur Terre ; il
existe des ponts, des tunnels, des voies faisant office de
nuage apaisant. Vous saurez maintenant où les trouver.
Finissez de traverser calmement le nuage. Une fois que vous
serez de l’autre côté, rouvrez les yeux doucement.
4. Puis demain, à la même heure, relisez la liste de vos peurs.
Leur donnez-vous encore la même note ?
Pour en revenir au couple confiance/estime de soi :
Quand nous avons confiance en nous, nous nous sentons en
sécurité et donc capables de… Nous sommes à la hauteur.
Quand nous nous estimons, nous savons que nous valons
quelque chose, nous nous aimons et nous nous respectons.
La confiance se nourrit de l’estime que l’on se porte et l’estime se
développe à chaque fois que nous avons été capables de réaliser
quelque chose. Nous pouvons aussi reconnaître notre valeur en géné-
ral mais ne pas être très confiants pour des objectifs bien particuliers,
comme présenter un exposé devant toute la classe, prendre la parole
en public… Ou encore, avoir une bonne estime de nous-mêmes socia-
lement et une piètre estime dans notre vie familiale ou inversement :
cela dépend des domaines.
Il est bien utile d’identifier au départ quel est le besoin mis en action :
est-ce un besoin de sécurité, un besoin de s’aimer ou les deux ?
82
Générer conf iance et estime de soi
À vous de jouer !
Quelles sont vos réactions face aux succès et aux compliments15 ?
Réaction type face
Type d’estime Réaction type face à un succès à un
compliment
Haute et stable « Je suis content, ça me fait plaisir d’y « Merci beaucoup. »
être arrivé. »
Haute et instable « Je vous l’avais bien dit, et attendez, « Encore, encore ! »
vous n’avez encore rien vu, ceux
qui n’y croyaient pas ont l’air malin
aujourd’hui. »
Basse et instable « Est-ce que je vais être à la hauteur « Oh vous savez, je
maintenant ? » n’ai aucun mérite. »
Basse et stable Tombe gravement malade huit jours « Arrêtez, ça ne m’in-
plus tard. téresse pas. »
Quelles sont vos réactions face aux échecs et aux critiques ?
Réaction type face
Type d’estime Réaction type face à un succès à une
critique
Haute et stable « Je n’ai pas réussi cette fois-ci. » « Ah bon... et
pourquoi me
dites-vous ça ? »
Haute et instable « Qu’est-ce que vous y connaissez, « Et vous vous êtes
d’abord ? » regardé ? »
Basse et instable « J’ai eu des problèmes de préparation, « Vous croyez ? »
je n’ai pas été bon. »
Basse et stable « Oui, je suis nul, vous ne l’aviez pas « Oui, et plus
encore remarqué ? » encore que vous
ne le dites. »
15. - Extrait de [Link], C.E.G.E.P. de Levis Lauzon, Canada.
83
Apprendre, ça s’ apprend !
Autrement dit, vous vous appréciez à votre juste valeur si votre estime
est haute et stable ; vous ne vous sentez ni supérieur aux autres, ni
inférieur, mais égal. Pour vous, il est normal d’échouer une fois de
temps en temps, puisque vous vous lancez souvent dans des projets,
sans que cela ne remette en cause la confiance que vous porterez à
d’autres futurs projets. L’échec, les critiques ne sont pas équivalentes à
une remise en cause de vous-même, ils sont dûs à des raisons précises.
L’estime de soi est une notion évaluée assez récemment (elle date des
années 1960-197016) et elle départage deux sortes de personnes :
celles qui parlent sans gêne de leurs qualités comme de leurs défauts
et celles qui sont incapables d’identifier ou minimisent leurs qualités,
et maximisent leurs défauts.
À vous de jouer !
Pour chacune des caractéristiques ou descriptions suivantes, in-
diquez à quel point chacune est vraie pour vous en reportant le ou
les points appropriés : 1 = Tout à fait en désaccord ; 2 = Plutôt en
désaccord ; 3 = Plutôt en accord ; 4 = Tout à fait en accord.
Tout à Tout à
fait en Plutôt en Plutôt en fait en
désaccord désaccord accord accord
=1 =2 =3 =4
1. Je pense que je suis
une personne de valeur,
au moins égale
à n’importe qui d’autre.
2. Je pense que
je possède un certain
nombre de belles qualités.
16. - « Rosenberg’s Self-Esteem Scale » : Rosenberg, Morris (1965), Society
and the Adolescent Self-Image. Traduction française : Évelyne F. Vallières
et Robert J. Vallerand, publiée en 1990 dans l’International Journal of Psychology.
84
Générer conf iance et estime de soi
3. Tout bien considéré, je
suis porté à me considérer
comme un raté.
4. Je suis capable de
faire les choses aussi bien
que la majorité des gens.
5. Je sens peu de raisons
d’être fier de moi.
6. J’ai une attitude
positive vis-à-vis
de moi-même.
7. Dans l’ensemble,
je suis satisfait de moi.
8. J’aimerais avoir plus de
respect pour moi-même.
9. Parfois, je me sens
vraiment inutile.
10. Il m’arrive de penser
que je suis un bon à rien.
Pour évaluer votre estime de vous :
• Additionnez vos scores aux questions 1, 2, 4, 6 et 7.
• Pour les questions 3, 5, 8, 9 et 10, la cotation est inversée, c’est-
à-dire qu’il faut compter 4 si vous entourez le chiffre 1, 3 si vous
entourez le 2, 2 si vous entourez le 3 et 1 si vous entourez le 4.
• Faites le total de vos points. Vous obtenez alors un score
entre 10 et 40.
N.B. : L’interprétation des résultats est identique quel que soit votre sexe.
Score inférieur à 25 : Votre estime de vous est très faible.
Score entre 25 et 31 : Votre estime de vous est faible.
Score entre 31 et 34 : Votre estime de vous est dans la moyenne.
Score compris entre 34 et 39 : Votre estime de vous est forte.
Score supérieur à 39 : Votre estime de vous est très forte et vous
avez tendance à vous affirmer fortement.
85
Apprendre, ça s’ apprend !
FAIRE TAIRE MISS CRITIK…
Qui s’est rendu compte, en répondant faux à une question, ou en
demandant des précisions sur quelque chose qu’il ne comprenait pas
bien, ou en faisant répéter une explication, combien il rendait un
immense et réel service au reste de l’assemblée, qui pouvait alors
bénéficier, en silence, sans lever le doigt et sans montrer son « igno-
rance », de nouvelles interventions ou explications d’un professeur,
par exemple ?
Pour autant, combien d’entre nous aujourd’hui ne se lancent pas, par
peur de se tromper ? Errare humanum est (« l’erreur est humaine »),
dit le proverbe latin, persevare diabolicum (« l’entêtement est diabo-
lique »). Bref, il est humain de se tromper, et insensé de faire deux fois
la même erreur…
Car il n’y a pas d’erreur ou d’échec, il existe juste du feedback,
c’est-à-dire des informations en retour sur la façon de s’y prendre
autrement la fois d’après.
« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends », aurait dit
Nelson Mandela. Réfléchissez à la dernière fois où vous avez réelle-
ment tiré parti d’une situation qui n’était pour ainsi dire pas à votre
avantage au départ… Quelle image vous est venue, quelle musique
s’est mise à jouer ? Est-ce celle des « laisse tomber… n’essaie même
pas… » ou celle des « essaie, tu verras bien… tu n’as rien à perdre et
tout à y gagner » ?
86
Générer conf iance et estime de soi
Trucs et astuces
Offrez-vous un autofeedback bienveillant, sans oublier le bon
dosage : une tranche de « qu’est-ce qui ne va pas et que je pour-
rais améliorer », au milieu de deux morceaux de « qu’est-ce qui va
bien ou à peu près bien » !
Ce que résument les Trois amis en quête de sagesse : « S’aimer
soi-même est une base importante pour notre équilibre intérieur.
Il ne s’agit pas de narcissisme, ni de nombrilisme, mais simple-
ment d’une relation respectueuse et gentiment exigeante avec
nous-même.
C’est cette autobienveillance qui peut nous éviter de tomber dans
le piège de la quête perpétuelle de l’approbation d’autrui. De
plus, en nous aimant mieux nous-mêmes, nous apprendrons peu
à peu à mieux aimer autrui, et avec plus de discernement. »
Liste des petites voix de Miss Critik…
Je suis nul.
Je dois me méfier.
Il faut que je prévoie tout.
Je ne dois compter sur personne.
Il faut que je sois sympa.
Écrivez la vôtre !
« Devoir » et « falloir » (étymologiquement fallere c’est-à-dire man-
quer, qui a donné « faillite ») sont les deux verbes préférés de Miss
Critik au moment de se lancer dans une opération de moyenne ou
grande envergure.
Si vous commencez votre exhortation par « je dois » ou « il faut »,
vous vous faites déjà monter dans les tours en appuyant automa-
tiquement sur le bouton « programme pression ». Car les « je dois »
87
Apprendre, ça s’ apprend !
et « il faut que je » réactivent instantanément des états internes liés
aux expériences forgées sous le joug du devoir et de l’obligation. Il
y a mieux pour la motivation…
… ET COMMENT LUI TORDRE LE COU !
Pour faire taire cette petite voix intérieure chargée d’autocritique, ou
tout du moins la faire chuchoter, regardez-la de haut et, si vous le
voulez, réalisez l’exercice suivant.
À vous de jouer !
Vous aurez besoin de : trois feuilles de papier blanches, un stylo
noir, un feutre rouge, un feutre vert et une chaise.
1. Prenez l’exemple de la prochaine action qui vous pose souci
en mettant en route – rien qu’en y pensant à l’avance – un dia-
logue intérieur bien « autocritique ».
2. Sur la 1re feuille, notez la situation, par exemple :
« La présentation PowerPoint de mon dossier devant l’équipe… »,
en précisant la date (jour, heure approximative), où cela se tien-
dra (description brève du lieu), en présence de qui (des noms), etc.
3. Posez cette 1re feuille par terre et montez dessus. Une fois
debout sur cette feuille, laissez venir les émotions qui vous enva-
hissent rien que d’y penser et prenez la 2e feuille.
4. Sur cette 2e feuille, notez en rouge vos émotions et ce
qu’elles induisent corporellement, ainsi que leur intensité sur 10
(10 étant le paroxysme), par exemple :
J’ai les mains moites, j’ai mal au ventre, je n’ai plus de voix, je suis
tendu, etc. 8/10
88
Générer conf iance et estime de soi
Puis, sur cette même feuille, toujours en rouge, précisez ce que
vous vous dites mentalement dans votre tête (pensées et/ou juge-
ments…), par exemple :
Je dois surmonter mon stress, il faut que j’aie l’air d’assurer, etc…
5. Laissez vos 1re et 2e feuilles au sol et montez sur la chaise
à environ trois mètres de ces feuilles. Prenez la 3e feuille et un
feutre vert.
Debout sur la chaise, regardez la situation (vos deux premières
feuilles), et reconsidérez-la à voix haute, en nommant tout ce que
vous pouvez faire concrètement au regard des inscriptions en
rouge sur la 2e feuille ; notez-les sur la 3e feuille (mais attention,
sur cette feuille en vert, il n’y a plus de place pour « devoir » et
« falloir » !). Par exemple :
Je choisis mes vêtements la veille, j’arrive à l’heure, ce n’est pas la
première fois que je présente un dossier et j’ai déjà réussi, je connais
mon sujet sur le bout des doigts, etc.
6. Une fois que vous avez reconsidéré tout cela, réévaluez vos
émotions par rapport à la 2e feuille rouge et donnez-leur une
note (entre 1 et 10)… Où en êtes-vous ?
J’ai eu le rare privilège, au cours de ma vie, de rencontrer
des hommes et des femmes qui ont su à la fois me transmettre
leur confiance, leur expérience ainsi que leur aide pour m’ap-
prendre à relativiser mes inévitables échecs et erreurs.
Daniel Rodriguez, P.-D.G. d’une société internationale
89
Apprendre, ça s’ apprend !
… LE FEEDBACK CONSTRUCTIF !
S’il n’est pas utile de donner de la voix à votre autocritique, il peut être
en revanche utile de savoir recevoir les critiques venant des autres.
Attention, pas la critique pure et dure ! La critique constructive, c’est-
à-dire là encore le feedback, soit une tranche de « j’aime bien com-
ment tu as fait ceci » et une tranche de « j’ai bien aimé cela », avec, au
milieu, le message consistant « j’aurais bien vu plus de… » ou « j’aurais
préféré que… ».
Votre manière de recevoir les critiques et/ou le feedback en dit
beaucoup sur vos besoins : besoin d’avoir raison ou besoin d’ap-
prendre. À vous de choisir !
BESOIN D’AVOIR RAISON
Ignorer
Se défendre
Juste écouter
Accepter
Accueillir
Rechercher
BESOIN D’APPRENDRE
Échelle pour quantifier le besoin d’apprendre et celui d’avoir raison.
90
Générer conf iance et estime de soi
LE MONDE DE NEMO
Vous connaissez l’histoire de Nemo, petit poisson-clown, cap-
turé par un plongeur sur la barrière de corail australienne,
et de Marin, son père, parti à sa recherche ? Sur sa route,
Marin, très angoissé et c’est bien normal, fait la connaissance
de Dory, le poisson chirurgien qui a des problèmes de mémoire
immédiate et qui oublie instantanément comment elle s’appelle
et où elle se rend… Marin et Dory cherchent désespérément
Nemo, avec pour tout indice l’adresse à Sydney du pêcheur
retrouvé sur le masque de ce dernier. Sydney, c’est loin de
la grande barrière de corail… et le temps presse. Quand tout
à coup, une masse sombre s’approche tranquillement de Ma-
rin et Dory… et les engloutit. Tandis que Dory s’est laissée
descendre le long de la langue et se retrouve dans l’estomac
de la baleine, Marin, lui, s’accroche de toutes ses forces à la
langue du cétacé, il ne veut surtout pas être avalé ! Dory crie
à Marin de lâcher prise et de faire confiance. Exténué, Marin
s’exécute, tombe dans le ventre de la baleine, qui quelque
temps après recrache par son évent les deux compagnons
juste devant le port de Sydney…
Message de l’histoire : nous avons tous besoin qu’une Dory
nous rappelle combien il est libérateur de nous détacher de
notre désir de vouloir tout maîtriser...
OBJECTIF « ESTIME DE SOI »
Tenez votre Journal des Victoires et notez chaque jour ou chaque
semaine les choses que vous avez accomplies avec succès, des plus
petites au plus grandes, que ce soit dans votre vie personnelle, fami-
liale ou professionnelle. Pour chacune d’entre elles, notez en face
quelles sont les ressources qui vous ont permis d’y arriver : tchatche,
courage, concentration, improvisation, forme physique…
Entrez en contact avec votre valeur personnelle : faites remplir le tableau
ci-dessous par vos proches, vos amis, qui ont le droit de cocher 10 cases/
adjectifs vous représentant le mieux à leurs yeux. Comparez les retours.
91
Apprendre, ça s’ apprend !
Acceptez leurs compliments comme ils viennent.
Qu’est-ce que cela provoque en vous ?
Les adjectifs se recoupent-ils ?
Si oui, choisissez parmi eux ceux en qui vous vous reconnaissez le plus.
Transformez-les en posters, mandalas, métaphores, blasons, paysages.
Affichez-les. Regardez-les aussi souvent que possible.
À l’écoute Accommodant Accueillant
Actif Adaptable Adroit
Affectueux Agile Agréable
Aimant Alerte Altruiste
Ambitieux Amical Amoureux
Appliqué Artistique Assidu
Attentif Attentionné Audacieux
Autonome Autoritaire Aventureux
Beau Bienveillant Bon
Bon cœur Boute-en-train Bricoleur
Brillant Calme Chaleureux
Compatissant Compréhensif Conciliant
Confiant Confiant en soi Conformiste
Consciencieux Constructif Coopératif
Cordial Cultivé Courageux
Créatif Délicat Curieux
Débrouillard Dévoué Diplomate
Déterminé Discret Doux
Discipliné Efficace Élégant
Dynamique Énergique Enjoué
Émotionnel Espiègle Esprit critique
Enthousiaste Évasif Exigeant
Esprit pratique Extraverti Fiable
Expressif Fantaisiste Franc
92
Générer conf iance et estime de soi
Fier Fort Généreux
Frivole Gai Honnête
Gentil Habile Idéaliste
Humble A de l’humour Impressionnable
Imaginatif Impatient Indulgent
Impulsif Indépendant Intelligent
Ingénieux Insouciant Joli
Intuitif Introverti Leader
Joueur Jovial Logique
Libre Littéraire Manipulateur
Loyal Lucide Naturel
Matheux Méthodique Obéissant
Modéré Mature Observateur
Modeste Minutieux Organisé
Nerveux Mûr Passionné
Objectif Nourricier Persévérant
Optimiste Obligeant Poli
Ouvert Ordonné Protecteur
Patient Passif Raisonnable
Philosophe Perfectionniste Réservé
Précis Plaisant Serviable
Prudent Prévenant Souriant
Rationnel Radical Stable
Réfléchi Réaliste Tenace
Responsable Rigide Travailleur
Sensible Sentimental Vulnérable
Simple Sincère
Sociable Solitaire
Spirituel Spontané
Sûr de soi Sympathique
Timide Tolérant
Vaillant Volontaire
93
Apprendre, ça s’ apprend !
À la fin de ma Première, je me sentais comme bloquée,
comme enfermée dans des choix de filière que j’avais faits, des
situations nouvelles à évaluer, pour décider de mon orienta-
tion après le bac. Je ne voyais pas le bout de mes hésitations,
alors mes parents m’ont envoyée chez une thérapeute. J’ai été
très surprise car en fait, à la première séance, elle m’a raconté
une histoire comme un conte de fées ! Je suis plus un bébé,
hein, et pourtant… Je ne me souviens plus très bien, à part
qu’il y avait un chevalier bloqué dans son château et qui,
grâce à quelques simples draps noués, réussissait à s’échapper
de sa haute tour, un peu comme Raiponce avec ses cheveux !
En fait, après coup, je me suis rendu compte que cela m’avait
fait un bien fou ! Il ne m’en a pas fallu plus pour m’imaginer
trouver ce qui pourrait être mon ou mes draps et sortir de mon
enfermement.
Elsa, 16 ans
OBJECTIF « CONFIANCE »
La confiance en soi est-elle une question de nature ou une question
de culture ? Est-elle partie intégrante de notre caractère à la nais-
sance ou de notre éducation ?
Difficile de répondre tant ces éléments semblent imbriqués. Comme
l’estime de soi, la confiance peut se travailler. Commençons par nous
demander quelle est la plus petite chose à faire chaque jour qui nous
donnerait confiance en nous…
94
Générer conf iance et estime de soi
À vous de jouer
avec votre enfant !
Listez vos 5 animaux préférés et, pour chacun d’entre eux, écrivez
ce qu’il vous permettrait de faire/d'être/de ressentir…
Cela me Cela me Cela me
permettrait permettrait permettrait
de faire… d’être… de ressentir…
(exprimé par un (exprimé par un (exprimé
verbe) adjectif) par un nom)
Si j’étais ______
(mon animal no 1)
Si j’étais ______
(mon animal no 2)
Si j’étais ______
(mon animal no 3)
Si j’étais _______
(mon animal no 4)
Si j’étais _______
(mon animal no 5)
95
Apprendre, ça s’ apprend !
Et pour finir, une petite histoire...
Il était une fois… Je voulais vous raconter une histoire, une histoire de
plante. En fait, à l’intérieur de chacun d’entre nous il y a une sorte de
plante, un peu comme une plante verte qui monte vers le ciel. Cette
plante, je l’appellerais bien « confiance ». Elle est là, à l’intérieur, on
peut l’imaginer au niveau du ventre, du cœur ou de la tête, ça n’a
pas vraiment d’importance, l’important c’est d’être bien et de prendre
soin de cette plante.
Cette plante a besoin d’un « soleil souriant », son soleil c’est le sou-
rire, le nôtre ou celui des autres, tout ce qui réussit, fait du bien, rend
heureux. Tout ce qui est souriant éclaire cette plante : cela la renforce.
Cette plante a aussi besoin d’eau ; son eau c’est ce qui nous touche,
l’amitié, l’amour, le beau, ce qui pourrait nous faire monter les larmes
aux yeux… Tout ça arrose cette belle plante.
Et puis cette plante ainsi entretenue devient un peu magique, son
pouvoir, c’est le suivant : quand, parfois, dans la vie, il nous arrive des
choses pas faciles, pas agréables (certains appellent même ces choses
des ennuis) quand il nous arrive des choses comme ça, alors il faut les
poser au pied de la plante.
C’est le pouvoir magique de la plante : elle recycle les ennuis et en
retire de la force. Comme le fumier que mettent les agriculteurs dans
leurs champs, déposez vos ennuis au pied de votre plante. Éclairez
généreusement, arrosez abondamment et votre plante fera le reste…
96
Générer conf iance et estime de soi
POUR RÉSUMER ET AVANT
DE PASSER AU CHAPITRE SUIVANT
Vous connaissez les schémas qui sous-tendent votre person-
nalité, vous êtes mu par des valeurs et des croyances qui vous
portent et qui vous orientent, vous êtes composé de mille fa-
cettes et vous pouvez vous autoriser à toutes les exploiter.
Vous avez compris que vous n’êtes ni un comportement, ni une
attitude, vous n’êtes pas ce que vous faites non plus.
En revanche, vous êtes responsable de la façon dont vous
voyez le monde, la façon dont vous filtrez ce qui compte
pour vous et vos freins psychologiques sont aussi ceux que
vous vous imposez.
Vous avez en vous-même toutes les ressources nécessaires à
votre apprentissage. Dans quel tiroir allez-vous les trouver ?
Dans Confiance et Estime. En commençant par vous observer
d’une position très lointaine, par vous regarder sans vous ju-
ger, par vous laisser vous apprécier à votre juste valeur, sans
crainte et sans retenue, tel que vous êtes : unique et précieux.
97
Apprendre, ça s’ apprend !
Mes notes
Mon capital confiance (notez de 1 à 10)
____________________ Il traduit mon besoin de sécurité.
Ce que je peux faire au jour le jour pour nourrir ma confiance :
___________________________________________________
Mon capital estime (notez de 1 à 10)
____________________ Il traduit mon besoin de m’aimer.
Ce que je peux faire au jour le jour pour m’aimer un peu mieux :
___________________________________________________
98
CHAPITRE 5
TROUVER
DES SOLUTIONS POUR
LES PARENTS ANXIEUX
PARENTS, ON SE DÉTEND !
On ne peut donner que deux choses à son enfant :
des racines et des ailes.
Proverbe juif
Dans son livre Optimiste17, le Dr Alain Braconnier, psychiatre et psycho-
logue, rappelle que « les jeunes affirment qu’ils sont pessimistes pour
le contexte général, mais pas pour leur avenir personnel. Beaucoup
affirment : “Je me débrouillerai !”, et il est vrai qu’ils disposent, via
notamment les réseaux sociaux, de grandes ressources. Ils sont très
informés et partagent avec de nombreux pairs, constituant un vrai
groupe social, ce qui est porteur. En revanche, ce sont leurs parents
qui ont tendance à nourrir le pessimisme ambiant ! »
Ce chapitre est donc particulièrement à l’attention des parents, à
moins que vous ayez acheté ce livre pour vous…
Si ce chapitre ne vous concerne pas, autorisez-vous à passer au suivant.
COMMUNIQUER DE FAÇON PLUS PRÉCISE
Pour communiquer, nous, les êtres humains, nous avons le langage.
Celui qui existe au quotidien avec les parents et les enfants est la
source de bien des tensions et des incompréhensions. Nous choisis-
sons des mots pour dire et décrire, mais le mot n’est pas la chose (par
exemple, pour votre ado, ce qu’il entend du mot cool n’a peut-être rien
à voir avec votre vision de la cool attitude…). Il peut donc être utile de
savoir comment désamorcer ces tensions.
Pour pouvoir échanger facilement depuis notre plus jeune âge, et
afin de faciliter nos apprentissages, nous parlons en abrégeant nos
pensées, par crainte de rendre fastidieux nos dialogues par d’encom-
brantes périphrases ou paraphrases.
17. - A. Braconnier. Optimiste, éditions Odile Jacob, Paris, 2014.
101
Apprendre, ça s’ apprend !
Nous violentons le code langagier, nous opérons des raccourcis,
parfois même nous parlons par gestes ou par onomatopées, nous
éludons les descriptions, réduisant peu à peu la compréhension de
notre interlocuteur et engendrant ainsi quiproquos, invraisemblances,
incompréhension et mauvaises réactions.
Nous enfreignons la loi du langage le plus couramment en faisant
des omissions, des généralisations, des distorsions. Nous faisons ces
omissions en parlant avec des « on » (« On ne m’écoute pas ici »), avec
des « c’est » (« C’est pas grave »), avec des verbes non spécifiques qui
insinuent un doute dans le sens de la phrase (« Il me chauffe »), en
enlevant les fins de phrases (« Je suis véner… »).
Trucs et astuces
Essayons à chaque fois, le plus possible, de rétablir le sens, de
retrouver le contexte, de demander des précisions en questionnant :
au « On ne m’écoute pas ici », vous demanderez par exemple « Qui,
on ? », au « C’est pas grave », « Qu’est-ce qui n’est pas grave ? », au
« Il me chauffe », « De quelle façon ou comment précisément ? », au
«Je suis véner », « Par qui » ou « Par quoi ? », etc.
Nous employons aussi un grand nombre de généralisations (« Tu
es toujours contre moi », « Il n’y a aucune ambiance dans cette
classe », « J’ai jamais pu lui parler »), qu’il est bon de dégonfler
pour ne pas les entériner. Aux « Jamais, toujours, aucun, tout,
personne, tout le monde » etc., exagérez ou trouvez le contre-
exemple : « Te souviens-tu d’une fois où tu as pu lui parler ? »
Nous sommes encore plus forts quand il s’agit de distordre la réa-
lité, histoire de nous conforter dans nos déresponsabilisations… Nous
en usons quand nous établissons des liens de cause à effet entre
la cause réelle (l’événement) et notre ressenti (l’émotion) : « Cette
nana me rend malade », « Il ne me calcule pas, il me hait », « Le
prof me fatigue ». Le best of de nos distorsions tient dans toutes les
102
Trouver des solutions pou r les parents anxieux
présuppositions et les lectures de pensée que nous faisons en croyant
savoir à la place de l’autre : « Je sais ce qu’elle pense », « Je suis sûr
qu’il ne va pas être d’accord » !
Trucs et astuces
Vous pouvez recadrer avec des : « En quoi le prof te fatigue-t-il ? »,
« Qu’est-ce qui te fait dire qu’elle ne t’aime pas ? », « En quoi le
fait de ne pas te calculer te prouve qu’il te hait ? », ou encore
« Sur quoi tu te bases pour dire qu’il ne va pas être d’accord ? »
Les réponses données à ce genre de reformulation donneront des
informations sur les croyances de vos enfants/ados.
Enfin, utiliser des omissions, des généralisations, et des distor-
sions permet peut-être aussi de ne pas se sentir responsables de
ce qui nous arrive. C’est aussi plus rapide de choisir un seul aspect
négatif, de l’exagérer et de l’amplifier, de ne pas nuancer, de faire
des conclusions hâtives, des raisonnements basés sur l’émotion et la
personnalisation. Repérez les distorsions que vous faites le plus sou-
vent, puis vous pouvez choisir de vous exprimer différemment… ou
pas ! Décryptez celles de votre enfant/ado, reformulez et, déjà, un
certain calme reviendra.
REFORMULER POUR MIEUX COMMUNIQUER
Reformuler les paroles de votre enfant a plusieurs avantages. Le pre-
mier est de ne pas « péter un câble », comme il dirait, en vous donnant
le temps de la réflexion !
Plus sérieusement, faire un résumé de ce que vous avez compris ou cru
comprendre en recherchant l’essentiel vous permet de mieux préciser
la pensée de votre enfant, de recentrer la conversation, d’obtenir plus
d’informations, de sécuriser votre interlocuteur et d’éviter incompré-
hension, frustration, quiproquo, agressivité, démotivation…
103
Apprendre, ça s’ apprend !
En reformulant, votre enfant entend ses mots dans votre propre
bouche. Se sentir ainsi entendu est un bénéfice supplémentaire
dans la relation, vous vous sentirez plus synchronisés, plus en
phase, plus sur la même longueur d’ondes.
Attention : reformuler ne veut pas dire conseiller, porter un jugement,
évaluer, donner votre opinion ou rassurer !
Exemple : Votre ado se plaint. « Le prof principal ne me comprend pas
quand je tente de lui expliquer pourquoi j’ai des maux de ventre. »
Sur quoi voulez-vous mettre l’accent dans votre réponse ? Vous avez
plusieurs registres :
« Mais il te comprend la plupart du temps, n’est-ce pas ? » (si
vous voulez reformuler de manière plus positive).
« Tu tentes de lui expliquer ton problème ? » (si vous voulez en
savoir plus sur les efforts entrepris par votre ado).
« Donc pour résumer ce que tu me dis, tu as des maux de
ventre ? » (si vous voulez clarifier cette histoire de maux de
ventre).
« Il ne te comprend pas ? » (si vous voulez en savoir plus sur
le prof).
Trucs et astuces
Le « Saint-Graal » des reformulations c’est d’utiliser le « je »
« Je suis inquiète quand je te vois réagir ainsi… » plutôt que « Tu
m’inquiètes quand… »
• Parler en votre nom, exprimer ce que vous-même ressentez ou
ce que vous-même vivez remet votre interlocuteur dans une posi-
tion d’égal à égal.
• L’emploi du « tu… » met aussitôt votre interlocuteur sur un mode
défensif et il risque de rentrer dans sa coquille ou de vous rentrer
dans le lard. Est-ce bien ce que vous voulez ?
104
Trouver des solutions pou r les parents anxieux
La signification de votre communication est déterminée par la
réponse qu’elle déclenche chez votre interlocuteur ; autrement
dit, il y a le message que vous lui envoyez et celui qu’il reçoit (ou
le contraire).
Il peut être intéressant de se demander de temps en temps com-
ment on « entend » le message de l’autre…
UNE TENDANCE À LA NÉGATION
Il est quasiment impossible de ne pas se figurer dans notre tête une
formule négative ! Faites le test et vous verrez ! Prenez donc le temps
de choisir mots et tournures à l’affirmative ; entraînez-vous à pro-
noncer des « C’est un plaisir » plutôt que des « Pas de souci », des
« Appelez-moi » plutôt que des « N’hésitez pas à m’appeler ».
Dans la vie, dites ce que vous voulez plutôt que ce que vous ne voulez
pas. Si ce que votre enfant fait est bien, dites « C’est bien », plutôt que
« C’est pas mal »…
MODIFIER SA FAÇON DE VOIR UN PROBLÈME,
C’EST LE DÉBUT DE LA SOLUTION…
Lors de la COP21, Lionel Zinsou18, (ancien) Premier ministre du Bénin,
évoque le nombre incroyable de téléphones portables utilisés dans le
monde d’aujourd’hui : « Les télécommunications, ça avait l’air impos-
sible et ça a créé une révolution en Afrique ».
Il y avait deux façons d’envisager l’arrivée du portable en Afrique :
l’une de se dire que les pays africains étaient trop pauvres pour y
accéder, qu’il n’existait aucune infrastructure ; l’autre que, justement
parce qu’il n’y avait rien, le potentiel était important et tout était à
inventer et à créer. Ce fut la sienne.
18. - Interview Europe 1 par Anaïs Huet, 3 décembre 2015.
105
Apprendre, ça s’ apprend !
Autrement dit, le problème n’est pas l’événement en lui-même mais la
façon dont nous le percevons. Voir le problème sous un autre angle
ne va pas changer la réalité mais cela va modifier, recadrer votre
façon de vous le représenter. L’objectif de ce recadrage n’est pas de
nier le problème ou juste d’opposer un contre-exemple mais bien de
découvrir un sens nouveau qui va vous faire reconsidérer la situation.
Et à propos d’exemple de recadrage, il est un sujet conflictuel, entre
enfants et parents : l’usage quasi permanent que font les premiers
des objets connectés.
Un internaute a posé à Matthieu Ricard, Christophe André et
Alexandre Jollien19 la question suivante : « Quel message donne-
riez-vous à un enfant qui souffre de trouble de la concentration ? ».
Voici leur réponse : « Plutôt que de raisonner en termes de conseil,
peut-être faut-il envisager la question sous forme d’exemple et d’exer-
cices. Exemple : comment se passe la vie à la maison ? Est-ce que les
parents, les grands frères ou les grandes sœurs passent beaucoup de
temps sur les écrans, répondent à leurs SMS ou à leur téléphone à
chaque instant, même à table ? (…) Le défi, ce n’est pas d’imposer
de façon brutale un comportement mais d’initier une manière d’être
éloignée du stress et de l’agitation, et de l’incarner soi-même. Bon
courage ! »
19. - 15 janvier 2016, pour la sortie de leur livre Trois amis en quête de sagesse,
L’iconoclaste, Allary Editions.
Pour lire les exercices de méditation que les auteurs proposent : [Link]
[Link]/Psycho-chat/Rencontre-exceptionnelle-posez-vos-questions-a-
Matthieu-Ricard-Alexandre-Jollien-et-Christophe-Andre
106
Trouver des solutions pou r les parents anxieux
À vous de jouer
avec votre enfant
Sur une difficulté identifiée de votre enfant, entraînez-vous
avec ces deux séries de questions : évaluez laquelle des deux
est la plus susceptible de motiver votre enfant, de l’aider
vraiment et vérifiez ce qu’elles produisent en lui.
Série 1 Série 2
Qu’est-ce qui ne va pas ? Que voudrais-tu à la place ?
Pourquoi as-tu ce problème ? Comment sauras-tu que tu l’auras
obtenu ?
Qu’est-ce qui t’empêche De quelles ressources pouvant t’aider
de le résoudre ? à l’obtenir disposes-tu ?
Depuis combien de temps Si tu l’obtenais, quoi d’autre changerait
as-tu ce problème ? ou s’améliorerait ?
Qui en est la cause ? Qu’est-ce que tu te diras/tu verras/tu
De qui est-ce la faute ? ressentiras quand tu auras obtenu
ce que tu veux ?
Comment ressens-tu ce problème ? Parmi les problèmes qui t’ont empêché
jusqu’à maintenant de réaliser ton
objectif, quelle est le plus important
à résoudre ?
Avec quelle série de questions pensez-vous pouvoir mieux venir en
aide à votre enfant ?
Et votre enfant, quelle série de questions préfère-t-il ?
107
Apprendre, ça s’ apprend !
LE CHAMBOULEMENT CÉRÉBRAL DES ADOS
Les hormones ne sont pas les seules responsables du chamboulement
de vos enfants. À l’adolescence, le cerveau est un « magnifique jar-
din », et la métaphore du psychiatre David Gourion20 est bien belle
pour celles et ceux qui ont des âmes de jardiniers…
Le temps de l’adolescence est la seconde période de plasticité
cérébrale (après celle qui se déroule in utero pendant la crois-
sance fœtale) pendant laquelle des réseaux entiers de neurones
se créent ou disparaissent. Et même si ces réseaux continuent de
s’élaborer pendant toute notre vie, ils sont à leur apogée pendant nos
deux premières décennies.
David Gourion compare le développement du cerveau à un jardin qui
fructifierait en quatre étapes :
La première étape consiste à « planifier et planter » : c’est
le rôle des gènes à l’origine de la constitution de notre cer-
veau et qui constituent les « lignes de force » de notre future
personnalité.
La deuxième étape est celle de la « germination des jeunes
pousses » : notre câblage neuronal travaille durant toute l’en-
fance jusqu’à la pré-adolescence ; matière grise (pour faire
simple, les corps cellulaires des neurones) et matière blanche
(en gros, les fibres nerveuses qui transmettent les messages)
sont en pleine croissance jusqu’à la puberté, de façon non
linéaire selon les individus.
La troisième étape s’occupe de « mettre des tuteurs et faire
des boutures » : la myéline se développe autour des fibres
nerveuses (les gaines de transmissions), ce qui renforce la
connectivité et les connexions des neurones.
20. - David Gourion, La Fragilité psychique des jeunes adultes : 15-30 ans.
Prévenir, aider et accompagner, éditions Odile Jacob, Paris, 2014.
108
Trouver des solutions pou r les parents anxieux
La quatrième étape est la « saison de la taille » : heureu-
sement que notre cerveau peut élaguer l’arbre nerveux de
temps en temps, sinon nous serions hirsutes des neurones et
trop encombrés ! Nous éliminons donc des synapses inutiles
(des connexions entre neurones), afin de débroussailler. Après
l’adolescence, le cortex « fond » donc, plus rapidement chez
les filles, qui devancent les garçons d’un an environ dans cette
« fonte ». C’est le moment où cet élagage est le plus impres-
sionnant, jusqu’à ce qu’on voie nettement un amincissement
du cortex en imagerie cérébrale.
Autrement dit, vous aurez beau apporter tous vos engrais naturels,
arroser d’eau pure régulièrement, poser des tuteurs dans le jardin de
votre enfant, c’est lui seul qui restera son propre jardinier…
109
Apprendre, ça s’ apprend !
Et pour finir, une petite histoire...
Il était une fois… où vous avez tenu un petit bébé dans vos bras. Peut-
être était-ce un de vos enfants ou peut-être le bébé de quelqu’un de
proche, de votre entourage ? En tous cas, c’était un bébé, lové dans
le creux de vos bras ou peut-être même de votre cou. Abandonné sur
vous, un bébé encore nourrisson, un bébé poids plume. Chaud, contre
vous, avec son odeur bien à lui, sa respiration. Ce petit être n’a encore
rien accompli dans sa vie, il est tout neuf, tout nouveau, il vient de ve-
nir au monde. Vous sentez la douceur de sa peau, une peau de pêche,
avec ses creux ou ses rondeurs. De ce bébé venu à la vie, vous perce-
vez l’inestimable valeur, comment peut-on être si petit avec une valeur
aussi immense ? Un bébé tellement important, tellement précieux…
Bercez-le au rythme de sa respiration et de la vôtre… Restez bien at-
tentif à ce que vous ressentez. Sentez son souffle sur votre peau.
Gardez bien cette sensation en vous, et imaginez combien vous faites
un excellent parent (ou guide) pour ce nouveau-né. Rassurez ce bébé,
dites-lui qu’il a beaucoup d’importance à vos yeux, combien il est
précieux, combien vous l’aimez et que vous allez prendre soin de lui.
Maintenant, vous allez changer de rôle en devenant ce bébé, dans les
bras de ce parent qui vous aime, cette personne qui est certaine de
votre valeur, de votre importance. Ressentez pleinement maintenant
votre valeur et votre importance. Donnez-vous un temps pour intégrer
cette sensation.
Gardez cette sensation en vous, avec l’odeur et la douceur de la peau,
et maintenant, grandissez doucement ou rapidement, à votre rythme.
Vous pouvez revisiter certains événements de votre vie, et voyez com-
ment tout ceci est différent ; comment tout ceci prend une autre
signification pour vous, avec cette valeur personnelle toujours bien
présente au creux de vos bras. Vous pouvez prendre le temps qu’il
110
Trouver des solutions pou r les parents anxieux
vous faut, tranquillement… Votre valeur personnelle est bien ancrée
en vous, comme un trésor à garder pour toujours.
Après avoir revisité le passé et réintégré le présent, je vais vous de-
mander, maintenant, d’appréhender le futur de votre bébé, un nou-
veau futur tellement plus influencé par sa valeur personnelle. Prenez
le temps d’explorer ce futur proche ou plus lointain…
POUR RÉSUMER ET AVANT DE PASSER
AU CHAPITRE SUIVANT
Vous êtes unique. Votre enfant l’est également. Vous êtes sem-
blables et/ou différents physiquement ou psychologiquement
sur certains points, peut-être.
La façon dont vous vous représentez le monde n’est pas la
sienne. Vous avez peut-être essayé de lui transmettre vos
valeurs et vos croyances, il ou elle n’en a peut-être pas for-
cément voulu et a élaboré les siennes. Ou peut-être qu’il les a
intégrées alors même qu’elles ne lui conviennent absolument pas.
Vous et lui créez une famille, et, à ce titre, vous formez déjà
un ensemble, même à deux, vous interagissez, à 50-50.
Vous avez intégré en arrivant jusqu’ici que votre enfant
n’est pas ce qu’il fait, n’est pas un comportement, pas non
plus seulement ce qu’il dit être. Il cherche, il se cherche,
et il va trouver. Vous avez pu incarner son modèle ou son
contre-modèle. Jusqu’à ce qu’il devienne un affranchi. En effet,
même son cerveau – en plus de ses hormones ! – est en plein
chambardement et le prépare à s’adapter aux changements
et à encoder encore plus efficacement toutes les nouvelles
expériences qu’il va vivre.
111
Apprendre, ça s’ apprend !
Mes notes
Ce qui m’énerve chez mon enfant _________________________
… et comment je pourrais le lui dire en :
1. Commençant ma phrase par « Je… »
_________________________.
2. J’exprime d’abord l’état dans lequel je me trouve, puis les
émotions que je ressens (ex : je me sens agacé, je suis déçu etc.)
_________________________.
3. Je poursuis en disant ce dont j’aurais besoin :
_________________________.
4. Je finis en proposant un statu quo, par exemple, ou une option
gagnant-gagnant :
_________________________.
112
CHAPITRE 6
MÉMORISER
PLUS EFFICACEMENT
LE CERVEAU, CE GRAND MYTHO… ?
La mémoire ne filme pas, elle photographie.
Milan Kundera (un visuel ?)
L’odorat, le mystérieux aide-mémoire, venait de faire revivre
en lui tout un monde.
Victor Hugo (un olfactif ?)
Nous trouvons de tout dans notre mémoire.
Elle est une espèce de pharmacie, de laboratoire de chimie,
où on met au hasard la main tantôt sur une drogue
calmante, tantôt sur un poison dangereux.
Marcel Proust (un gustatif ?)
On peut oublier un visage mais on ne peut tout à fait
effacer de sa mémoire la chaleur d’une émotion,
la douceur d’un geste, le son d’une voix tendre.
Tahar Ben Jelloun (un kinesthésique ?)
Les paroles des chansons, elles sont gravées
dans une autre mémoire. Une mémoire dont la porte
reste toujours ouverte.
Jean-Pierre Darroussin (un auditif ?)
115
Apprendre, ça s’ apprend !
Apprendre, c’est comprendre, retenir, assimiler, encoder, digérer,
appréhender, trier, mais aussi observer, écouter, refaire à la manière
de… Apprendre fait appel à notre mémoire. Et nous n’en avons pas
une seule, mais plusieurs.
Vous l’avez compris en lisant les différentes citations ci-dessus, notre
mémoire intègre les informations à travers nos cinq sens : Milan pho-
tographie un visage, tandis que Tahar se souvient grâce à un geste, la
chaleur d’une émotion, une voix tendre ; Jean-Pierre grave des paroles
quand Victor et Marcel font appel à l’odorat ou au goût… C’est un de
ces cinq sens qui nous restitue l’événement vécu.
Or, la mémoire est directement liée au cerveau, qui nous fascine.
Est-ce parce qu’il est le siège des rêves ? Ou parce qu’en perdre le
contrôle dans le siècle d’Alzheimer inquiète ? Est-ce parce que les nou-
velles technologies d’imagerie (IRM, PET Scan…) toujours plus déve-
loppées commencent à lever le voile sur certains de ses mystères ?
Ou encore parce que nous sommes fascinés par l’évolution de l’intel-
ligence artificielle ?
Des dizaines de livres paraissent chaque année pour comprendre les
lois du cerveau, son fonctionnement, ses bugs, comment mieux l’ex-
ploiter, le relier à d’autres organes (comme le ventre, qui serait notre
deuxième cerveau – deuxième et non second – ce qui sous-entend
que nous en aurions un troisième… ?). Des séries télé, des films le
montrent sous l’angle d’une machine, d’un ordinateur… car il ne fau-
drait surtout pas qu’il nous échappe !
Plongeons donc dans le monde des synapses et de nos mémoires…
116
Mémoriser plus ef f icacement
LA COMMUNICATION NON VERBALE
LE SAVIEZ-VOUS ?
Mnémosyne est fille d’Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (La
Terre). Son frère est Chronos (le Temps). Unie à Zeus (avant
son mariage avec Héra), c’est elle qui donne naissance aux
neuf Muses que sont : Calliope (muse de l’Éloquence), Clio
(l’Histoire), Érato (la Chorale), Euterpe (la Musique), Melpo-
mène (la Tragédie), Polymnie (la Rhétorique), Terpsichore (la
Danse), Thalie (la Comédie) et Uranie (l’Astronomie). Dans
la mythologie grecque, Mnémosyne est déesse de la mé-
moire, mais, paradoxalement, nul n’en garde mémoire… Elle
n’a pas été représentée par les Anciens comme le furent les
autres dieux et déesses. À peine la retrouve-t-on sur une
mosaïque du iie siècle après J.-C. et encore, on n’est même
pas certain que ce soit elle…
Savez-vous que si une personne que vous ne connaissez pas vous
raconte ses vacances ou vous donne des informations sur n’importe
quel sujet, vous écoutez très attentivement – et pas plus de quinze
minutes à la suite – et votre mémoire à court terme est capable de
retenir environ 7 éléments « plus ou moins deux 21 » ?
Cette théorie est accompagnée par la « règle des 7-38-55 » d’Albert
Mehrabian selon laquelle notre communication est essentiellement
non verbale 22. Dans son étude de 1967, le professeur de psychologie
de l’université de Californie évaluait que :
7 % seulement de notre conversation passe par les mots ;
38 % de la communication est délivrée par notre voix (timbre,
accent, intonation…) ;
21. - George A. Miller, « The Magical Number Seven, Plus or Minus Two », article
publié en 1956 dans le journal Psychological Review.
22. - Mehrabian, Albert; Ferris, Susan R., « Inference of Attitudes from Nonverbal
Communication in Two Channels », article publié en 1967 dans le Journal of
Consulting Psychology 31 (3) : 248-252.
117
Apprendre, ça s’ apprend !
55 % de la communication passe à travers notre gestuelle,
nos mimiques (muscles du visage, regard, etc.), notre langage
corporel.
Autrement dit, plus de 90 % de notre communication passerait
par autre chose que les mots que nous choisissons… Cela vaut
donc la peine de soigner le reste !
Pour apprendre mon texte, je le récite à haute voix, je le
récite aussi en me brossant les dents, en marchant dans la rue,
en faisant n’importe quelle action pour qu’il devienne le plus
automatique possible. Peu importe le bruit environnant quand
je le lis, ou que je me le dis, dans la rue, dans un café, dans
le métro, car, lorsque j’y arrive, je suis en réalité complètement
concentrée sur mon texte.
Pour me concentrer, chez moi ou dans une salle de répétition,
je fais des exercices de respiration, je m’allonge quelques
minutes pour respirer, me concentrer sur l’air que je sens entrer
puis sortir par mes narines, me concentrer sur ce que je ressens
avec cet air dans mon corps. Puis je marche, je fais les cent
pas en récitant mon texte. Pendant les répétitions, mes dépla-
cements et ceux des autres partenaires de jeu m’aident à, ou
finissent d’ancrer le texte dans ma mémoire.
Marie-Jo Rouquette, comédienne
Un autre témoignage nous montre qu’une autre comédienne ne s’y
prend pas de la même manière pour mémoriser.
Je retiens assez facilement les textes puisque je les écris. J’ai
une mémoire visuelle, je lis les textes et je les retiens.
Quand ce ne sont pas des textes de moi, je les relis plusieurs
fois et je les répète parfois à voix haute. Par contre, je ne m’en-
registre jamais.
118
Mémoriser plus ef f icacement
Quand on est acteur, il faut souvent connaître la réplique de
l’autre. Donc je commence par surligner mes répliques, puis je
lis les répliques de l’autre en cachant les miennes.
J’aime bien apprendre seule, tranquillement, je n’ai pas spécia-
lement besoin de silence.
Une fois que je connais mon texte, j’aime bien le répéter
avec une autre personne mais uniquement s’il s’agit d’un dia-
logue. Pour mes one-man-show, je me débrouille seule pour
apprendre.
Quand je connais trop un texte, il peut m’arriver de m’évader
ailleurs et tout d’un coup je ne sais plus où j’en suis. Comme
j’écris mes textes, je retombe assez facilement sur mes pieds.
Anne Roumanoff, comédienne et humoriste
NOUS AVONS PLUSIEURS MÉMOIRES !
Vous n’avez pas une mais plusieurs mémoires. Alors, de quelle mémoire
avez-vous le plus besoin pour apprendre ? Tout dépend du contexte !
La mémoire sensorielle
Elle fait appel à tous les stimuli de vos sens (images, sons, odeurs,
etc.) sans que vous en ayez conscience. Elle se construit très fugace-
ment, en moins d’une demi-seconde environ : de 500 millisecondes
– pour maintenir une image par exemple quand vous battez des pau-
pières – à 2 ou 3 secondes – pour se rappeler par exemple du début
de la phrase prononcée par le prof, le conférencier, le moniteur (si
vous n’avez pas été distraits ou endormis entre-temps !).
119
Apprendre, ça s’ apprend !
La mémoire à court terme
Appelée aussi mémoire de travail, elle stocke des informations pro-
venant de la mémoire sensorielle de façon temporaire, que vous
oublierez plus ou moins rapidement. Elle se construit en moins de
90 secondes environ. Elle est limitée aux fameux 7 plus ou moins
2 items, mais, en revanche, vous pouvez les retenir plus longuement,
surtout si vous les répétez régulièrement (le fameux « par cœur »).
Exemple : Les chiffres du téléphone portable de votre collègue.
Associez chaque chiffre deux par deux, puis chaque nombre à quelque
chose, une expérience et constituez une histoire pour mieux les rete-
nir. 06 75 07 14 48 : 75 Þ à Paris / 07 Þ James Bond arrive ! /
14 Þ avec son double acolyte / 48 Þ ils ont 48 heures pour sauver
le monde ! C’est en créant ce genre de lien que ce type d’informations
temporaires va pouvoir s’installer dans la mémoire à long terme.
La mémoire à long terme
Elle est illimitée ! C’est elle qui vous permet de comprendre et de
vous souvenir. Elle est constituée de la mémoire dite déclarative (ou
explicite) et de la mémoire non déclarative (ou implicite).
Pour faire simple, la mémoire déclarative est votre mémoire culturelle,
associée au langage, aux mots et à leurs sens (sémantiques), aux
connaissances que vous emmagasinez ; tandis que la mémoire non
déclarative représente tout ce que vous savez faire sans plus y penser,
vos habitudes quand vous montez à vélo ou sur une balançoire pour
vous élancer, vos actions automatisées.
La mémoire, c’est-à-dire le cerveau, consomme beaucoup d’énergie et
est très sensible au stress, à la fatigue, aux polluants en tous genres
(tabac, alcool, drogues…).
120
Mémoriser plus ef f icacement
MÉMOIRE À LONG TERME
MÉMOIRE déclarative MÉMOIRE non déclarative
(explicite) (implicite)
conditionnements apprentissages
épisodique Sémantique procédurale amorçage
classiques non associatifs
réponse réponse
émotionnelle musculaire
lobe temporal médian striatum amygdale cervelet voies réflexes NÉOCORTEX
(hippocampe, amygdale)
Le fonctionnement de la mémoire à long terme.
VICE VERSA…
Avez-vous vu Vice versa, le film d’animation de Disney-Pixar
réalisé par Pete Docter ? Vous y comprenez tout des émotions
générées au Quartier Général, centre de contrôle de Riley,
jeune fille de 11 ans (ses émotions y sont personnifiées : Joie,
Tristesse, Dégoût, Colère et Peur). Chaque nuit, dans son som-
meil, Riley évacue, en rêves, les événements de sa journée,
matérialisés par des boules de bowling qui sont envoyées, au
gré des besoins de la fillette, dans sa mémoire à long terme
(qui comporte plusieurs îlots : celui de l’amitié, de la famille, du
sport…), tout comme d’autres souvenirs sont purement et sim-
plement effacés à tout jamais – la faculté de l’oubli permet-
tant aussi de faire de la place. On y voit comment souvenirs et
émotions sont intrinsèquement liés, dans le sens où les émotions
sont les marqueurs de souvenirs de Riley. Il suffit que Tristesse
(de couleur bleue) effleure une boule de bowling contenant les
souvenirs joyeux (de couleur jaune) pour que Riley repeigne
ses souvenirs qui prennent alors une autre teinte mélancolique…
121
Apprendre, ça s’ apprend !
UNE IMAGE VAUT MILLE MOTS !
« Le poids des mots, le choc des photos » disait Paris Match.
« Moins de textes, plus d’images », prônait le journal USA Today.
D’après une étude de l’université du Québec23, à Montréal, nous
apprenons à hauteur de :
1 % par le goût ;
1,5 % par le toucher ;
3,5 % par l’odorat ;
11 % par l’ouïe ;
83 % par la vision.
Rappelons aussi que :
60 % de la population a une dominante de mémoire visuelle ;
30 % a une dominante auditive ;
10 % a une dominante kinesthésique24.
La vue l’emporte donc sur les autres sens. Considérant que la Terre
est peuplée d’une majorité de personnes à dominante visuelle, qu’une
image vaut mille mots et que notre mémoire structure les informa-
tions bien autrement que de façon linaire (nous lisons selon les pays
de gauche à droite, de droite à gauche ou de haut en bas), le mind-
mapping est un outil intéressant pour améliorer notre capacité à rete-
nir les leçons.
23. - UQAM, Université du Québec à Montréal, [Link]
moodledata/24/Cours_1/[Link]#256,1, Diapositive 1. Pour une
approche plus complète : Daniel PERAYA, « Entendre, voir, comprendre – Des
mécanismes perceptifs aux mécanismes cognitifs », [Link]
teaching/staf13/mod-1/perception/[Link]
24. - Ministère de l’Éducation nationale : [Link]
file/Accompagnement_personnalise/97/3/LyceeGT_Ressource_AP_Developper-
memoire-technique-memorisation_sequence1_215973.pdf
122
Mémoriser plus ef f icacement
Modélisée dans les années 1970 par le Pr Tony Buzan25, la mindmap
(carte heuristique, du grec eurisko « je trouve », soit l’art d’inventer et
de faire des découvertes) est une sorte de carte créative représentant
les informations d’un sujet et qui est distribuée de la même manière
que fonctionne notre cerveau, c’est-à-dire par association et visualisa-
tion. Elle cartographie les grandes idées sous forme de rameaux ou
d’arborescence autour d’une idée centrale.
ordre
chronologique ?
les événements ordre
qui en ont découlé thématique ?
ses corollaires dessins encarts
Exposer
créer liberté
les grandes 3D
ma MINDMAp d’expression
idées
tableaux photos
rouge :
à retenir choisir mes
Utiliser
couleurs
les 2 faces
mémoire
vert : créative
notions mémoire
importantes BleU : analogique
détails
Exemple de mindmap.
25. Psychologue anglais diplômé en mathématiques et en anglais,
auteur de plusieurs livres sur l’apprentissage, la mémoire et le cerveau.
123
Apprendre, ça s’ apprend !
À vous de jouer
avec votre enfant !
Proposez à votre enfant de résumer sa dernière leçon de SVT,
de géographie ou un autre cours en la dessinant. De nombreux
sites sur le net offrent des tutos pour réaliser sa mindmap per-
sonnelle. Il pourra ensuite l’accrocher au mur de sa chambre,
pourquoi pas au-dessus du lit…
1. Positionnez au centre d’une page horizontale un dessin
représentant le sujet de votre réflexion. Stimulez votre
imagination avec des couleurs et du relief..
2. Notez vos idées comme elles viennent sur des branches
rayonnant à partir du centre de votre map.
3. Mettez en lumière les relations entre les idées par des
lignes fléchées.
4. Utilisez des mots clés, plus « forts » et plus mémorisables.
5. Écrivez lisiblement et horizontalement sur les branches.
Économisez l’espace.
6. Hiérarchisez, numérotez et utilisez des entourages pour
mettre en exergue.
7. Employez abondamment images et couleurs. Votre imagi-
nation et votre mémoire s’en trouveront stimulées.
8. Développez des codes personnels. Par exemple : dans
l’exemple du mindmapping, la personne a choisi des couleurs
différentes pour matérialiser les forces en présence ; de
même, vous pouvez toujours représenter les « pour » en vert,
les « contre » en noir, les points forts en rouge, etc.
124
Mémoriser plus ef f icacement
Quand je veux retenir, mémoriser – j’utilise presque toujours
la technique du mindmapping –, je fais des diagrammes qui
incluent du dessin, des symboles, des mots, en partant de
l’idée centrale et en faisant des branches d’associations d’idées
(ou des bulles). C’est vraiment ma technique préférée et quand
je fais de la planification, je fais même ces cartes debout, en
grand format, au mur. Je fais une première carte style brains-
torming, puis j’organise mes idées sur papier régulier, je fais
des listes, des échéanciers, etc.
Anne-Marie Jobin, fondatrice de l’école du Jet d’Ancre,
Canada
Trucs et astuces
Tout cours indigeste peut être retenu si on le fractionne en petits
morceaux. C’était l’objectif de la vieille méthode syllabique pour
apprendre à lire, et elle revient en force.
Le carton de livres est trop lourd à porter de la chambre à la
cave ? Que faites-vous pour le transporter ? Vous sortez quelques
livres dix par dix et vous faites plusieurs allers/retours.
Le cours ou la matière est trop difficile à avaler d’un seul coup ?
Faites-le par petites bouchées, découpez les sujets en sous-parties
suffisamment petites. Puis avalez-en un petit morceau chaque jour
de la semaine. Du moment que la tâche vous paraît trop impor-
tante ou énorme, morcelez-la en étapes individuelles et séparées.
Quand je joue mon personnage, je suis toujours très concen-
trée, je fais comme si j’étais elle/lui, j’éprouve comme elle/lui,
ou comme j’imagine qu’elle/il éprouve : je vois avec ses yeux,
j’entends avec ses oreilles, j’adopte sa gestuelle, j’essaye d’être
totalement associée à elle/lui pour faire éprouver, vivre au
spectateur qui est, et comment est ce personnage.
125
Apprendre, ça s’ apprend !
Quand il m’arrive d’avoir des trous de mémoire, ou que je
perds le fil, c’est qu’un événement incongru ou inhabituel –
dans la salle ou sur scène – me fait sortir de mon personnage,
comme si j’étais dissociée. Je me suis déconcentrée. Il peut
arriver certaines fois, par fatigue ou lassitude, que je joue
la pièce en étant plus dissociée de mon personnage, à ce
moment-là mon metteur en scène me dit que je suis « à côté »,
pas « dedans ». Cela se voit, cela se sent pour les partenaires
comme pour le public. Un mot d’ordre, « rester concentrée sur
soi et à l’écoute des autres, avec les autres », car parfois c’est
l’autre qui ramène la concentration, le jeu ensemble… et c’est
magique !
Marie-Jo Rouquette, comédienne
LE CERVEAU, UN OUTIL CLÉ
DANS L’APPRENTISSAGE
Avec 100 milliards de neurones et 10 000 connexions par neurone, le
cerveau humain est une superbe machine bien huilée. Une machine
complètement hyperconnectée au corps, et c’est d’ailleurs pour cela
que la neuro-éducation a de beaux jours devant elle, éloignée du
déterminisme ou de réductionnisme qui ne tiendraient pas compte
du contexte de l’individu.
Steve Masson, professeur au département de didactique de l’uni-
versité de Montréal, s’intéresse depuis plusieurs années au sujet et
réfléchit à la question de savoir en quoi mieux connaître le cerveau
peut vraiment aider à mieux enseigner. Après plusieurs études26 enri-
chies par l’observation d’IRM et de scanner des élèves, neurologues et
éducateurs s’accordent sur trois découvertes majeures ces dernières
années :
26. - Voir la vidéo [Link] et le texte
de l’OCDE [Link]
tionandpolicyapprendreauxxiesieclerechercheinnovationetpolitiques/[Link]
126
Mémoriser plus ef f icacement
Lorsqu’un élève apprend, il y a des modifications dans les
connexions entre les neurones et des modifications de sa
structure cérébrale.
L’architecture du cerveau influence l’apprentissage.
L’enseignement influence le développement du cerveau.
Le cerveau est plastique, nos neurones ne sont pas figés, et ce,
quel que soit notre âge : c’est ce qu’on appelle le phénomène de
neuroplasticité.
Le cerveau évolue, dès lors que des neurones s’activent et se connectent
ensemble ; ils créent des sentiers de connexions qui, si on les répète,
deviennent de plus en plus efficaces et facilitants pour l’apprenant.
C’est le tennisman qui refait son service des centaines de fois en réel,
et dont l’aire motrice s’épaissit.
C’est le chauffeur de taxi qui développe une mémoire spatiale supé-
rieure à la moyenne et dont la partie arrière de l’hippocampe se
sur-développe.
C’est l’œnologue ou le nez du parfumeur dont les cortex primaire et
secondaire ont un volume plus important que la moyenne.
C’est le gamer confirmé qui a une rapidité de réaction et une coor-
dination sensori-motrice ultradéveloppées, et dont la matière grise
de l’insula (région du cortex cérébral située au niveau de l’oreille)
augmente27.
Les neurones peuvent se déconnecter si on ne les utilise plus, ils
peuvent aussi se recycler, ce recyclage neuronal étant un processus
par lequel le cerveau modifie une région cérébrale pour en changer
la fonction.
« Apprendre, ce n’est pas juste construire de nouvelles connaissances,
mais aussi inhiber ses connaissances antérieures », dit le Pr Masson,
pour qui il est possible de favoriser cette neuroplasticité. Il adresse
27. - Numéro de Science et Vie de décembre 2013, À chaque métier son cerveau.
127
Apprendre, ça s’ apprend !
des préconisations aux enseignants, qui sont loin d’être suivies faute
de réorganisation de l’ensemble des méthodes d’éducation :
Plus on répète un geste, un son, plus on réactive sans cesse
nos données (en demandant à un élève de répéter ou en lui
demandant d’expliquer la notion à un de ses camarades),
et mieux les neurones renforcent le « sentier » de ce nouvel
apprentissage. La pédagogie est l’art de la répétition…
Il est préférable de répartir le temps d’apprentissage sur
de courtes périodes (quatre fois 30 minutes, par exemple)
répétées sur plusieurs jours, plutôt que d’y consacrer une
longue période sur une seule journée. Par ailleurs, les
périodes de repos et sommeil pendant lesquelles on peut
réactiver les neurones et les connexions neuronales sont
importantes dans l’apprentissage.
Les sportifs professionnels gèrent parfaitement leur récupération phy-
sique, qui s’évalue cliniquement et biologiquement par la mesure de
la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, le débit sanguin,
la température du corps, la sudation, etc. Ensuite, un programme de
récupération est mis en place.
Alors, à quand des programmes, au sein des écoles, universités,
entreprises, de récupération mentale où chacun pourrait se reti-
rer quelques instants et recharger ses batteries à son rythme ?
Qui créera enfin les conditions nécessaires à une nouvelle effica-
cité ? Nul doute que les avancées des neurosciences donneront
lieu à des approches nouvelles en neuro-éducation… Mais qui
osera réellement les appliquer ?
128
Mémoriser plus ef f icacement
UN CERTAIN NOMBRE DE MYTHES SUR LE
CERVEAU CONTINUENT À ÊTRE VÉHICULÉS
Le mythe genré
(« Les cerveaux des hommes et des femmes sont différents »)
Pourtant, pour Catherine Vidal, neurobiologiste et directrice de
recherche à l’Institut Pasteur : « Il n’y a pas de différence anato-
mique entre les cerveaux des fœtus filles et garçons. Les gènes qui
permettent de construire les hémisphères cérébraux, le cervelet et
le tronc cérébral sont en effet indépendants des chromosomes X
et Y. Le schéma structurel est donc exactement le même28. » Merci
Madame !
Au niveau cognitif, nos cerveaux marchent de la même manière. Oui,
les femmes savent lire une carte routière et oui, les hommes savent s’y
retrouver dans la cuisine. Oui, les femmes sont capables de raisonne-
ments mathématiques et oui, les hommes sont capables d’empathie.
Tout le reste n’est qu’héritage, transmission générationnelle, éduca-
tion, hormones… et croyances !
Le mythe anatomique
(« Il existe un cerveau droit et un cerveau gauche »)
Aux créatifs le développement de leur cerveau droit et aux analy-
tiques celui de leur cerveau gauche, dit le mythe… Or, les recherches
neuroscientifiques basées sur l’évolution importante ces dernières
années de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale
prouvent qu’il n’y a aucune preuve qu’une personne soit plus cer-
veau gauche ou cerveau droit29. Il est « absolument vrai que cer-
taines fonctions du cerveau ont lieu dans l’un ou l’autre côté du
28. - Catherine Vidal et Dorothée Benoit Browaeys, Cerveau, sexe et pouvoir, édi-
tions Belin, Paris, 2005.
29. - Nielsen JA, Zielinski, Ferguson, Lainhart, Anderson. « An Evaluation of the
Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity
Magnetic Resonance Imaging ». Journal PLOS ONE, 2013 DOI : 10.1371/journal.
pone.0071275
129
Apprendre, ça s’ apprend !
cerveau. Le langage tend à se situer du côté gauche, l’attention
plus à droite. Mais les gens n’ont pas tendance à avoir un réseau
cérébral gauche ou droit plus fort, ni plus développé. Il semble
être déterminé plus connexion par connexion », explique le Dr Jeff
Anderson, auteur de l’étude. Autrement dit, le cerveau communique
partout, tout le temps, hémisphère droit et gauche s’activent et s’in-
terconnectent sans cesse.
Le mythe marketing
(« Nous n’utilisons que 10 % des capacités de notre cerveau ! »)
Si nous n’utilisions que 10 % de notre cerveau (sachant qu’un cer-
veau humain pèse en moyenne dans les 1 400 g), nous fonctionne-
rions sur 140 g, ce qui est le poids du cerveau du mouton… ! C’est vrai
qu’il est tentant de se dire que nous pourrions peut-être développer
les 90 % restants, comme dans Lucy, le film de Luc Besson, car que de
potentiels inexplorés ! Pourtant, nous utilisons bien 100 % de notre
cerveau et de façon coordonnée, mais pas forcément 100 % en même
temps, pour la même activité. C’est ainsi que le cerveau est un gros
consommateur d’énergie : sur un morceau de sucre, 20 % du sucre
(glucose) va directement dans notre cerveau. Et si nous n’utilisons pas
nos neurones, ils meurent.
Il existe bien d’autres neuro-mythes car si la fin du siècle précédent fut
axée sur la recherche des gènes (et la recherche continue, bien sûr),
notre début de siècle axe ses recherches – et ses fantasmes ! – sur le
cerveau.
Le dernier neuro-mythe en date concerne cette fameuse aire de
Broca, que l’on pensait strictement dévolue au langage et que le
Dr Hugues Duffau, neurochirurgien, remet à sa place30. En retirant
des tumeurs dans l’aire de Broca chez des patients qu’il n’endort
pas, il balaye d’un coup des années d’histoire de la neurologie :
non seulement les patients continuent de s’exprimer intelligible-
30. - Hugues Duffau, L’Erreur de Broca, éditions Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine,
2016.
130
Mémoriser plus ef f icacement
ment pendant l’opération, mais, en plus, ils ne gardent pas de
séquelles après celle-ci.
Pour lui, « le cerveau ne se découpe pas en zones géographiques
qui commanderaient chacune une fonction. Cette conception
simpliste est battue en brèche par les dernières découvertes des
neurosciences. La parole dépend vraisemblablement d’un circuit
constitué de fibres reliées entre elles par des nœuds. Le fonction-
nement du cerveau repose sur des réseaux parallèles capables de
se compenser les uns les autres en cas de problème, comme dans
le métro parisien, lorsque les voyageurs empruntent des correspon-
dances pour éviter des perturbations sur leur ligne habituelle. On
ne parle donc plus de “zones”, mais de “faisceaux”. Le nouveau
modèle que nous proposons est “connexionniste”. L’ancien, l’hypo-
thèse “localisationniste”, a vécu31. »
31. - [Link]
pare-lui-meme_1578825.html#XW9Z5dWMicVQLM5F.01
131
Apprendre, ça s’ apprend !
LE SAVIEZ-VOUS ?
L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies
fait état d’une recrudescence ces dernières années de la
consommation de cannabis chez les adolescents.
« En 2014, 47,8 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir
fumé du cannabis au cours de leur vie (41,5 % en 2011)1.
Plus d’un sur quatre (25,5 % – 21,9 % des filles et 29,1 %
des garçons) déclare avoir consommé du cannabis au cours
du dernier mois, ces consommations ayant principalement
lieu le week-end. »
Chez la population adulte, le cannabis est également la
drogue la plus consommée en France : parmi les 18-64 ans,
42 % l’ont expérimenté (50 % parmi les hommes et 33 %
parmi les femmes). La France est l’un des pays européens
les plus concernés puisque, en 2014, ils sont 17 millions à
déclarer avoir déjà pris du cannabis au cours de leur vie2.
Or, de nombreuses études le prouvent : plus la consom-
mation de cannabis est régulière, plus les altérations de
l’hippocampe sont importantes : le cannabis dévore l’hippo-
campe, zone du cerveau située dans le lobe temporal, qui
est un des centres de la mémoire.
Dans l’étude de l’université de Northwestern3 (Chicago),
les auteurs testent des anciens fumeurs et des personnes
n’ayant jamais fumé de cannabis. Les « cobayes » doivent
écouter une série de petites histoires d’environ une minute,
puis les raconter vingt à trente minutes plus tard. Des cli-
chés IRM montrent les cartographies du cerveau stimulé.
Les anciens fumeurs ont eu des performances inférieures
de 18 % par rapport aux autres n’ayant pas fumé.
1. - Spilka S., Le Nézet O., Ngantcha M. et Beck F., Les drogues à 17 ans :
Analyse de l’enquête ESCAPAD 2014. Tendances no 100, 2015, 8 p.
2. - [Link]
3. - [Link]
[Link] (article en anglais).
132
Mémoriser plus ef f icacement
Rappelons les effets cliniques
du cannabis sur le corps et l’esprit
Les effets du cannabis fumé se font sentir au bout de
quinze minutes (et un plus tard chez un consommateur ha-
bitué) : troubles de la mémoire, de l’attention, troubles
sensoriels (hallucinations), troubles anxieux ou psychia-
triques, troubles de la coordination des mouvements (aug-
mentation du temps de réaction, difficulté à effectuer une
tâche complète).
BIEN RÉCUPÉRER,
C’EST REPARTIR DU BON PIED !
Le dernier rapport de l’OCDE32 intitulé « Comprendre le cerveau : nais-
sance d’une science de l’apprentissage » mentionne trois éléments
importants et non négociables afin de favoriser l’apprentissage :
la nutrition, l’activité physique et le sommeil. Ne sera traité ici que
le sommeil.
Thierry Gallopin33, neurophysiologiste, maître de conférences à l’École
supérieure de physique et chimie industrielle (Laboratoire Plasticité
du Cerveau), rappelle quelques notions et démonte une idée reçue
selon laquelle nous devrions dormir sur une seule période par
24 heures : « L’homme n’est pas physiologiquement conçu pour un
sommeil monophasique (une seule période de sommeil, regroupée
généralement la nuit). Bien que nous fassions partie des mammifères
diurnes, il est rare de trouver des animaux ayant un sommeil pure-
ment monophasique. La sieste est donc bel et bien un besoin biolo-
gique élémentaire et peut-être même vital à long terme. »
32. - [Link]
nandpolicyapprendreauxxiesieclerechercheinnovationetpolitiques/[Link]
33. - Maître de conférence à l’École supérieure de physique et de chimie indus-
trielles ([Link] et auteur du blog [Link]-
[Link]
133
Apprendre, ça s’ apprend !
L’être humain serait mieux programmé pour un sommeil biphasique,
qui était naturel avant l’ère industrielle et la généralisation de l’éclai-
rage continu. La sieste est donc une période de sommeil bénéfique
pour notre corps et notre esprit. Le mot sieste vient du latin sixta,
qui signifie « la sixième heure du jour ». La sieste désigne ainsi le
sommeil pris en milieu de journée, c’est-à-dire environ six heures après
le réveil, mais aussi, plus généralement, toute forme de repos (avec
ou sans endormissement) pris en cours de journée par opposition au
sommeil de la nuit. La vie est une succession de périodes d’activité et
de repos. Une sieste par jour, c’est obéir à nos rythmes biologiques
fondamentaux, pour une santé optimale et un mode de vie sain et
naturel ! Donc, si vous ressentez le besoin de faire la sieste chaque
jour, faites-le.
Léonard de Vinci, Albert Einstein, Winston Churchill, Napoléon, Victor
Hugo et même Jacques Chirac en auraient été adeptes, peut-être pour
mieux récupérer et plus vite, pour accroître leur énergie, leur vigilance
et améliorer leur créativité.
Seulement voilà, aujourd’hui, l’activité professionnelle, étudiante et
sociale nous sollicite continuellement, nous empêchant de prendre
les phases de repos qui nous sont nécessaires. Il arrive même que dor-
mir soit maintenant considéré dans nos sociétés comme une perte de
temps. Ne pas respecter ses besoins de repos peut nous amener à
accumuler une dette de sommeil qui peut, au fil du temps, déclen-
cher divers symptômes qui vont affecter aussi bien notre corps que
notre esprit.
Un cycle de sommeil se décompose en quatre phases de sommeil
lent et une phase de sommeil paradoxal. L’une des fonctions les plus
importantes du sommeil est le traitement de notre mémoire. Les cher-
cheurs commencent maintenant à comprendre comment le cerveau
nous aide à apprendre lorsque nous sommes endormis. Pendant le
sommeil, et en particulier pendant le sommeil lent, le cerveau rejoue-
rait ainsi les expériences de la journée afin de les stocker sous forme
de souvenirs durables.
134
Mémoriser plus ef f icacement
« Il y a maintenant beaucoup de preuves que le sommeil à ondes
lentes permet de consolider les souvenirs », constate Thierry Gallopin.
« Dans une étude récemment publiée34, des chercheurs ont demandé
à des enfants et à des adultes d’appuyer sur une séquence de touches
afin de reproduire correctement la séquence jouée avant. Puis, ils
les ont laissés dormir. Dans la matinée, ils ont demandé aux deux
groupes de se rappeler la série mémorisée, sans effectuer la tâche. Les
enfants étaient meilleurs à convertir cette connaissance implicite en
connaissance explicite. Cette meilleure connaissance explicite était
liée à une plus grande activité à ondes lentes des enfants, ce qui sug-
gère que les adultes, qui passent plus de temps en sommeil à ondes
lentes, pourraient profiter de ces avantages aussi. »
Par conséquent, lorsque nous sommes dans une période d’appren-
tissage, il est crucial de ne pas négliger son sommeil. « Il est impor-
tant de bien identifier au cours de la journée les périodes où nous
sommes le plus vigilent et celles où nous sentons plus la fatigue.
Ainsi, planifier les phases d’apprentissages et de repos judicieuse-
ment au cours de la journée en fonction de nos rythmes d’activité/
repos permet d’améliorer notre performance et notre productivité. »
Trucs et astuces
Le Réseau Morphée, réseau de santé consacré à la prise en charge
des troubles chroniques du sommeil, met en ligne des question-
naires pour évaluer votre typologie circadienne37. À vous d’instal-
ler vos quarts comme pour une traversée en mer ou pour vivre les
cycles comme le pilote de Solar Impulse !
À noter que Bertrand Piccard a été formé en autohypnose pour
réguler ses phases de sommeil...
34. - Ines Wilhelm et al. Nature Neuroscience no 16 2013, 391-393.
35. - Voir [Link]
quel-dormeur/soir-matin/questionnaire-de-typologie-circadienne-de-horne-et-ostberg
135
Apprendre, ça s’ apprend !
STOP À LA PROCRASTINATION !
La procrastination – ou l’art de repousser sans cesse au lendemain ce
qu’on a à faire – concernerait 50 % des étudiants et 30 % des adultes
selon une enquête du Figaro36. Comme Marcel Proust qui, devant sa
page blanche, était pris de ce mal qui lui avait « fait remettre de
jour en jour, de mois en mois, d’année en année, l’éclaircissement de
certains soupçons comme l’accomplissement de certains désirs ». La
procrastination a même maintenant sa journée nationale et officielle
(le 25 mars), lancée par David d’Equainville37, pour qui « la procrasti-
nation est une défense immunitaire face à une société extrêmement
rude, un moyen de se défendre des assauts du monde contemporain ».
Et la to do list ne sert pas à grand-chose pour les personnes concer-
nées, si ce n’est à conscientiser le retard, à consciemment reporter au
lendemain et à se gonfler jour après jour des tâches non faites… ou
à culpabiliser !
36. - [Link]
[Link]
37. - Fondateur des éditions Anabet, auteur de Demain c’est bien aussi, éditions
Anabet, Paris, 2010.
136
Mémoriser plus ef f icacement
À vous de jouer !
Voici trois propositions pour remettre la procrastination…
à demain !
1. Vous éteignez tout (smartphone, écrans…), vous vous fixez
des plages de travail « à fond » durant vingt minutes (que
vous lancez sur minuteur), intercalées de cinq minutes de
pause, puis vous raccourcissez les plages de vingt minutes
à quinze, dix, puis cinq minutes, et enchaînez cinq min-
utes de travail et cinq minutes de pause. Faites le test en
réel, et constatez…
2. Imaginez que vous avez deux routes devant vous, l’une qui
part vers la gauche, l’autre qui part vers la droite. Empruntez
d’abord le chemin de gauche. Sur cette route, vous avancez
de décennie en décennie en ne changeant rien à votre atti-
tude, vous continuez de faire comme d’habitude : procras-
tiner. Tout vous passe sous le nez : les bonnes occasions, les
activités, les amis, la famille, puis c’est la mort par ennui
et isolement... Ensuite empruntez le chemin de droite. Sur
cette route, les événements et les rencontres se succèdent,
les amis vous entourent, la famille est tellement fière de
vous. Vous mourrez en ayant pleinement vécu, avec une vie
pleinement accomplie. Enfin, sortez de ce chemin et regar-
dez les deux routes de loin...
3. Fixez-vous seulement cinq minutes avec un minuteur pour
commencer une tâche. Quand le minuteur sonne, si vous
voulez vous arrêter, arrêtez-vous. Sinon, continuez votre
tâche. (Dans 80 % des cas on continue dans la réalisation
de la tâche car finalement le plus gros blocage est de com-
mencer. Une fois lancé, on continue car le cerveau aime
finir ce qu’il a commencé.)
137
Apprendre, ça s’ apprend !
Et pour finir, une petite histoire...
Il était une fois… un jeune tilleul, qui avait poussé au bord d’un ruis-
seau. « Pourquoi m’avoir planté là, à cet endroit, séparé des autres
par ce ruisseau ? » se demandait le jeune arbre qui lorgnait la forêt
de bouleaux un peu plus loin. « J’aimerais tant être grand moi aussi,
je pourrais enjamber le ruisseau et m’étendre à ma guise ». Ainsi fut
dit, ainsi fut fait. Le tilleul, chaque année, prit une vingtaine de centi-
mètres. Il étirait ses branches vers le ciel, au-dessus du ruisseau, tan-
dis qu’il hissait toutes les nervures de ses feuilles, couvertes de poils,
s’agrippant les unes aux autres, s’entremêlant pour pousser plus haut.
Le tilleul se sentait très fier de lui, heureux de sa croissance, et des
espoirs qu’il voyait s’exaucer de parvenir à rejoindre la forêt d’arbres
d’en face, quand un matin d’automne, un homme arriva, scie en main.
L’homme se mit à couper, tailler, scier en regardant le tilleul avec ad-
miration. « Tes racines vont loin ! Elles ont traversé sous le ruisseau et
font résurgence de l’autre côté ! Incroyable, la pousse en dix ans ! »
Le tilleul se sentit bien nu et fragile, ainsi taillé. En même temps, il se
sentit aussi plus frais, plus léger, comme ragaillardi par cette coupe.
Sa sève allait plus vite de ses racines au long de son tronc et dans ses
branches, elle parvenait mieux au bout de ses tiges, à l’intérieur de
ses fleurs au printemps suivant. Le tilleul ne le voyait pas forcément
mais la longueur de ses racines avait plus que doublé ; non seule-
ment ces dernières avaient forci, mais elles s’étendaient maintenant
bien au-delà du ruisseau, jusqu’à la forêt voisine. Ses ramifications
nombreuses prenaient une teinte vert sombre et donnaient de l’éclat
au vert tendre des jeunes pousses qui croissaient chaque année, for-
tifiées par l’eau du ruisseau plus facilement absorbée par capillarité.
C’était comme si, à chaque printemps, tout son corps sortait de terre,
majestueux, dominant alors largement la futaie de la forêt. L’homme
revenait bien, de temps en temps, élaguer quelques branchages, il
fallait alors apporter des échelles de maçon, et encore ! Voilà qu’une
138
Mémoriser plus ef f icacement
année, l’homme n’arriva plus à atteindre aucune de ses branches. Le
tilleul se sentit enfin libre de croître à sa guise. Cela lui donna une
nouvelle force qu’il ne se connaissait pas et, suite à la rigueur d’un
hiver particulièrement dur, la vigueur du printemps qui s’ensuivit lui
fit prendre un mètre de nouveaux branchages. Un matin d’été, alors
que ses nouvelles feuilles, poussées par des nervures nerveuses, s’éle-
vaient dans le ciel bleu, le tilleul se rendit compte que du haut de son
faîtage il voyait même par-dessus la forêt, au-delà des arbres, plus loin
que la colline. Il ne voyait pas que sous terre ses racines avaient même
touché l’horizon.
POUR RÉSUMER ET AVANT DE PASSER
AU CHAPITRE SUIVANT
À tous les âges de la vie, nos apprentissages s’élaborent dans
le cerveau : langage, motricité, etc. Nos cinq sens se chargent
de filtrer et d’imprimer dans nos mémoires le souvenir, pour
certains en couleur, sépia, ou noir et blanc, pour d’autres en
musique ou en odeurs… Nous pouvons apprendre, créer de nou-
velles connexions, creuser de nouveaux sillons.
Un nouveau geste, une nouvelle langue, un nouvel art, ré-
pété régulièrement, et ce sont de nouvelles connexions qui
se créent. Avec plus d’un million de milliards de connexions,
imaginez le nombre de combinaisons possibles pour nos cer-
veaux plastiques ! Pour peu que nous n’ayons pas de lésions
cérébrales, de handicap ou de maladie dégénérative, tout est
mémorisable, adaptable, modélisable, transformable.
139
Apprendre, ça s’ apprend !
Mes notes
Je sais repérer quel est mon accès sensoriel à privilégier pour
mieux retenir et apprendre :
________________________
Comment je me sens (suis-je confortable ou non) quand j’essaie
d’apprendre en me servant des autres accès ? Cela m’aide-t-il ou
non à mémoriser ?
________________________
140
CHAPITRE 7
GÉRER SON STRESS
LE COMPRENDRE POUR MIEUX Y FAIRE FACE
La paix n’est pas un objectif lointain, mais un moyen
d’atteindre notre objectif.
Martin Luther King
Le stress, grand fourre-tout de notre époque, est-il vraiment le mal du
siècle ? Au xixe siècle, le « mal du siècle » était l’expression dévolue
aux écrivains romantiques post-1815 dont la sensibilité était comme
hypertrophiée par le sentiment d’impossibilité de trouver leur place
dans la société de l’après-Premier Empire…
À chaque génération ses sources de stress… Aujourd’hui, nous consi-
dérons comme stressants, au gré de nos vécus : les mariages, les sépa-
rations, les naissances, les deuils, les déménagements, les examens,
le travail et ses 35 (ou 70 !) heures, la mondialisation, les fusions
et acquisitions, l’argent, les contraintes de temps, les petits et gros
bobos, le « métro, boulot, dodo », les réseaux sociaux, la météo… et
quoi d’autre encore ? Autant d’éléments pour la plupart extérieurs à
nous et sur lesquels nous n’avons pas forcément de prise…
Et vous, où en êtes-vous ?
143
Apprendre, ça s’ apprend !
LE STRESS, C’EST QUOI ?
Échelle de Holmes et Roche
0 = stress minimal, 100 = stress maximal
Événement de la vie Degré de
stress
Décès du conjoint 100
Divorce 73
Séparation du conjoint 65
Emprisonnement
63
Décès d’un membre de la famille proche
Blessure ou maladie 53
Mariage 50
Renvoi du travail 47
Réconciliation avec le conjoint / Retraite 45
Altération de la santé d’un membre de la famille 44
Grossesse 40
Problèmes sexuels
Arrivée d’un nouveau membre dans la famille 39
Réadaptation professionnelle
Changement de situation financière 38
Changement du nombre de querelles avec le conjoint 35
Emprunt logement important 32
Impossibilité de rembourser un emprunt 30
Changement des responsabilités professionnelles
Fils ou fille quittant la maison 29
Problèmes avec les beaux-parents
Réalisation personnelle extraordinaire 28
Conjoint cessant de travailler ou reprenant le travail
26
Début ou fin de scolarité
Changement des conditions de vie 25
Révision des habitudes personnelles 24
Problèmes avec le patron 23
Changement des horaires ou des conditions de travail
20
Changement de résidence / Changement d’école
144
Gérer son stres s
Degré de
Événement de la vie stress
Changement de loisirs
19
Changements dans les activités religieuses
Changements dans les activités sociales 18
Petit emprunt
17
Changements dans les habitudes de sommeil
Changement du nombre de réunions de famille 16
Changement des habitudes alimentaires 15
Vacances 13
Fêtes de Noël 12
Infraction mineure à la loi 11
Votre total
LE SAVIEZ-VOUS ?
Stress (en anglais) : effort intense
Le terme est introduit en 1936 – l’année de l’apparition
des congés payés en France – par le « père » de la notion
du stress, l’endocrinologue Hans Selye, qui étudie le reten-
tissement du stress sur notre organisme et, plus précisément,
sur le dérèglement de nos hormones (et oui, on connaissait
déjà les perturbateurs endocriniens !). « Dans son ensemble,
le syndrome de stress, ou syndrome général d’adaptation
(S.G.A.) évolue selon trois stades successifs : 1) La réaction
d’alarme, pendant laquelle les forces de défense sont mo-
bilisées ; 2) Le stade de résistance, qui reflète la complète
adaptation à l’agent “stressant” ; 3) Le stade d’épuisement,
qui suit inexorablement pourvu que l’agent stressant soit
assez puissant et agisse assez longtemps, le pouvoir d’adap-
tation d’un être vivant étant toujours limité 38. »
Revenir à la source de cette définition du stress est im-
portant : elle permet en effet de bien comprendre que le
stress est une réponse ou une réaction de notre organisme
à des événements.
38. - Hans Selye, Du rêve à la découverte, éditions La Presse, Montréal, 1973
145
Apprendre, ça s’ apprend !
Que ce soit pour mes propres compétitions en windsurf, ou
comme coach sportif, pour évacuer le stress et me détendre,
j’utilise des techniques d’imagerie mentale, de méditation et de
respiration apprises grâce au yoga. Je fais le vide en me fixant
sur mon rythme cardiaque et pulmonaire. Je travaille mes
gestes et mes postures en visualisation, d’abord sur la terre
ferme, pour mieux résoudre ce qui peut bloquer sur la mer.
J’ai ancré en imagerie mentale un souvenir extraordinaire en
planche à voile, dont je me suis servie pendant dix ans pour
retrouver un état interne propice au lâcher-prise et à la concen-
tration quand j’en ai besoin. L’important, en compétition, et
même au quotidien dans la pratique d’un sport, c’est de poser
une intention : qu’est-ce que je veux ? Qu’est-ce que j’attends
de ce cours, de cette course, de ce moment ?
Sarah Hébert, coach sportif, vice-championne
du monde de windsurf39
À vous de jouer !
1. Listez les 5 situations qui vous procurent le plus de « mau-
vais » stress dans la vie (le « mauvais » stress étant celui qui
ne vous sert en rien, ni en rapidité, ni en motivation, et qui
est paralysant).
2. Listez les 5 situations qui vous procurent le plus de « bon »
stress dans la vie (le « bon » stress étant celui qui est appro-
prié à votre situation : finir dans le rush mais en beauté, par
exemple).
3. Donnez-leur une note de 1 à 10 (1 : pas de stress ou quasi-
ment pas ; 10 : énormément de stress).
39. - Auteur du livre Avec du cœur, tout est possible, éditions Eyrolles, Paris, 2013.
146
Gérer son stres s
Note/ L’événe- Dépend uni- Les émo- Ce que vous Comment
10 ment/la quement de tions faites/ vous pour-
situation vous/de liées/le comment riez faire
l’extérieur symptôme vous vous y autrement/
ressenti prenez pour actions
gérer ce pour faire
stress baisser/
augmenter
la note de
2 points
Êtes-vous à l’équilibre ?
LES TROIS « CERVEAUX »
Entassement et enchevêtrement de plis et de replis, comme autant
de couches, de strates géologiques… Le cerveau humain est un vieil
organe d’une centaine de millions d’années. Durant son évolution,
il a grossi, il a pris du poids, il s’est complexifié pour répondre à dif-
férentes étapes du développement de l’homme : du quadrupède au
bipède, du cueilleur au cultivateur, du nomade au grégaire…
Le plus ancien cerveau correspond au système « reptilien ». Situé
anatomiquement au bas de notre cou, composé du tronc cérébral et
du cervelet (ce qui constitue le cerveau du reptile, d’où son nom), il
est le siège des instincts – respiration, fonction cardiaque, équilibre,
température corporelle – et des comportements dits « primaires » –
manger, se reproduire, fuir en cas de danger.
147
Apprendre, ça s’ apprend !
Le cerveau reptilien est le plus « ancré » des trois cerveaux, il remonte
à plusieurs millions d’années et nous conditionne à des réactions de
type réflexes par forcément toujours bien adaptées.
Apparu avec les premiers mammifères, le cerveau du système « lim-
bique » est responsable de nos émotions, gérées par l’hippocampe et
l’amygdale – nous y reviendrons un peu plus loin –, de nos jugements,
même inconscients, qui ont une influence sur nos comportements.
Puis, avec les primates et chez l’homme, s’est fortement développé
le « néocortex », composé des deux hémisphères cérébraux. C’est lui
qui a fait « gonfler » notre tête, devenir plus proéminent notre front,
développant avec lui langage, pensée abstraite, complexe, imagina-
tion, conscience de soi… Il représente aujourd’hui 80 % du volume de
notre cerveau.
Évidemment, ces systèmes ne sont pas indépendants les uns des
autres, nous possédons de nombreuses connexions nerveuses, surtout
entre le cerveau limbique et le néocortex… Ces connexions se font
à travers six grands types de neurotransmetteurs qui sont chargés
de faire transiter l’information d’un neurone à un autre : l’acétylcho-
line est impliquée dans l’attention, la colère, la sexualité, la soif et
la mémoire ; la dopamine dans le contrôle du mouvement et de la
posture, l’humeur, la dépendance ; la GABA (acide gamma-amino-
butyrique) dans le contrôle moteur, la vision, et l’anxiété ; le gluta-
mate dans les apprentissages et la mémoire ; la noradrénaline dans
les émotions, l’humeur et l’apprentissage également ; la sérotonine
dans la régulation de la température, le sommeil, l’humeur, l’appétit
et la douleur.
Autant dire qu’une dérégulation dans ces neurotransmetteurs, provo-
quée par l’alcool ou la drogue, par exemple, conduit à des déséqui-
libres psychopathologiques.
148
Gérer son stres s
cortex
Intelligence - Créativité
Solidarité
limbique
Mémoire et émotions - Premiers
apprentissages d’acquisition
Instinct grégaire
reptilien
Survie - Grandes fonctions
Fuite - Plaisir et peur
Schéma des trois cerveaux de l’homme.
COMMENT LES ÉMOTIONS INFLUENCENT
NOTRE COMPORTEMENT
Au nombre de quatre (peur, colère, satisfaction, dépression) pour cer-
tains40, ou de huit pour d’autres41 (acceptation, colère, anticipation,
dégoût, joie, peur, tristesse, surprise), nos émotions dites « primaires »
semblent aujourd’hui tourner autour de six avec, quels que soient les
peuples et les cultures, une forme d’universalité concernant : la peur,
la colère, la joie, la tristesse, le dégoût et la surprise.
40. - T. D. Kemper, « Social constructionist and positivist approaches to the socio-
logy of emotions », American Journal of Sociology no 87, 1981, 336-362.
41. - R. Plutchik, Emotion: A psychoevolutionary synthesis, éditions Harper &
Raw, New York, 1980.
149
Apprendre, ça s’ apprend !
Viennent se greffer autour de ces émotions primaires des émotions
dites « secondaires », que Descartes nommait « passions combina-
toires » (comme « tristesse + colère » qui donneraient « envie » ; « joie
+ colère » qui donneraient « fierté », etc.), et qui se mettent en général
en place à l’âge adulte sur la base de notre vécu et de nos expériences
antérieures.
Dans le monde contemporain, la colère est parfois réprimandée
(« ce n’est pas bien »), la peur est souvent inavouable (« même pas
peur ! »), le dégoût n’est pas acceptable (« tous les goûts et dégoûts
étant dans la nature » dit le proverbe, tous se valent et aucun ne
prévaut), la tristesse est à traiter rapidement (le DSM-V – bible de
l’American Psychiatric Association – établit en 2013 à quinze jours
le temps pour faire son deuil, contre deux mois en 2007 dans le
DSM-IV ; au-delà il est considéré comme pathologique42 !). Il nous
reste joie et surprise, ouf !
Certains classent les émotions en termes de « positif » et « négatif ».
Or, nos émotions sont totalement saines – toutes sans exception.
Ce sont elles qui nous mettent en mouvement (émotion vient de
movere en latin : bouger). Cependant, dans certaines situations, il y a
des émotions plus efficaces et plus appropriées que d’autres.
Elles sont un signe de bonne santé de notre cerveau limbique qui les
gèrent à l’aide de trois structures : l’amygdale (pas celle au fond de
notre gorge !), l’hippocampe (dont la forme fait penser à l’animal du
même nom) et le cortex préfrontal. Grossièrement, quand un événe-
ment extérieur survient (ce qu’on appelle un stimulus), l’amygdale est
activée et génère une réponse comportementale (se sauver à toutes
jambes, se cacher, retenir sa respiration…), le cortex préfrontal décode
la situation en allant rechercher dans l’hippocampe la mémoire
d’autres événements du même type, par exemple, en raisonnant,
même très vite, pour renvoyer de nouvelles indications et permettre
une adaptation adéquate à la situation.
42. - [Link]
fronde-contre-la-psychiatrie-a-outrance_901586
150
Gérer son stres s
Or, notre vie est constamment remplie de stimuli – et heureusement,
sinon ce serait la mort ! Rien que sortir dans la rue, marcher, déam-
buler, sentir le vent sur son visage, regarder les nuages, sentir le par-
fum de la boulangerie du coin, écouter sa musique préférée… nous
stimule !
Quand nous sommes soumis à des stimuli extérieurs excessifs et répé-
tés procurant peur et dégoût par exemple, nous nous sur-adaptons,
puis la communication se brouille entre hippocampe, cortex et amyg-
dale… Nos capacités de jugement, nos performances cognitives sont
alors perturbées. C’est le « bug », le fameux « burn out ».
Pour faire tomber le stress, je fais mon journal43 mais aussi
des approches corporelles (respirations, étirements), je vais
marcher dehors, je médite.
Anne-Marie Jobin, fondatrice de l’école du Jet d’Ancre,
Canada
43. - Anne-Marie est la créatrice du Journal Créatif®, son dernier livre Exprime-toi
avec le Journal créatif est paru au Canada, aux éditions Le Jour, Montréal, 2015.
151
Apprendre, ça s’ apprend !
À vous de jouer
avec votre enfant !
Remplissez avec votre enfant ce tableau pour comprendre avec
lui ce que lui permettent de faire ses émotions.
Les émotions primaires et secon- Les actions
daires
Quand je suis… Qu’est-ce cela me permet de faire…
joyeux …
en colère …
confiant …
dégoûté …
amical …
triste …
craintif …
ouvert …
surpris …
créatif …
passionné …
… …
… …
152
Gérer son stres s
LA DIVERSITÉ DES ÉMOTIONS
Nos sentiments sont intimement liés à nos émotions, ils en
découlent : quand nous ressentons de la joie, nous nous sentons opti-
miste ou confiant, quand nous ressentons de la tristesse, nous nous
sentons abattu ou plein de regrets, etc. Nous passons toujours par une
gamme de sentiments : c’est la palette ou roue des émotions de
Robert Plutchik, responsable de nos propres mécanismes de défense
psychologiques.
optimisme amour
sérénité
acc
t e pta
érê joie tio
int n co n
aggressivité tio n fia soumission
ipa extase ad nc
tic e mi e
an nc rat
la ion
v igi
contrariété colère rage terreur peur appréhension
nt
me
av
e
nn
ers i
éto
on
mépris chagrin
pr ise crainte
dé
sur
go
ion
ût
t
tristesse rac
en
t
dis
nu
i
songerie
remords désappointement
La palette des émotions.
153
Apprendre, ça s’ apprend !
Ces émotions et sentiments engendrent nos états internes. Un état
interne est lié à l’expérience subjective que nous nous faisons à un
moment donné.
Pour une personne donnée, à un moment T, la peur engendre une
vigilance extrême, ce qui peut être pour elle un état interne positif, lui
permettant de réaliser quelque chose de particulièrement délicat ou
de sauver sa peau. À un autre moment T, la peur inhibe toute prise
de décision, ce qui peut être vécu comme un état interne négatif ou
limitant.
Cela signifie que nous sommes responsables de notre état interne, car
à chaque moment, nous avons la possibilité d’en modifier la couleur
ou la teneur. À chaque moment, nous pouvons faire le meilleur choix
possible compte tenu des informations dont nous disposons. Encore
que « choisir de ne pas choisir, c’est encore faire un choix », comme le
disait Jean-Paul Sartre !
COMMENT MODIFIER VOTRE ÉTAT INTERNE ?
Nous avons le choix d’adapter de différentes manières notre état
interne en réponse aux stimuli :
Stimulation/Réaction
C’est ce qui se passe quand nous réagissons « à chaud ».
Une personne me parle mal (il me « traite »), c’est le stimulus.
Je vois rouge, c’est mon état interne.
Je lui mets un coup de boule, c’est mon comportement
externe, ma réaction. Fin de la partie.
154
Gérer son stres s
Stimulation/Réaction/Objectivation
C’est ce qui se passe quand nous arrivons à mettre notre objectif en
perspective.
Un chauffard me fait une queue de poisson, c’est le stimulus.
Je vois rouge, c’est mon état interne.
Qu’est-ce que je veux faire de ma colère, là, tout de suite,
sachant que nous roulons vite et que mon objectif est d’arriver
sain et sauf : c’est mon processus interne.
Je freine tout en le traitant dans ma voiture de tous les noms
d’oiseau (cela me décharge). C’est mon comportement externe
adapté à mon objectif.
Stimulation/Réaction/Objectivation/Stimulation/Action
Cette circonvolution sur soi-même demande une vraie « ré-évolu-
tion » à 360°, elle nécessite l’entraînement d’un contorsionniste, et
en même temps, elle vaut le coup car elle déclenche de belles sur-
prises, parfois ! Nous pouvons tous l’essayer au moins une fois, afin
de constater les changements de perspective qu’elle engendre.
C’est une histoire qui peut nous arriver dans les transports en com-
mun, bus, métro, R.E.R. Un homme à la carrure de rugbyman s’assoit
en face de moi (il n'est visiblement ni saoul ni sous l’emprise de psy-
chotropes !), avec son portable sorti et la musique à fond, et évidem-
ment personne ne moufte : c’est le stimulus.
Je bous intérieurement, en plus j’ai déjà un mal de crâne d’en-
fer : c’est mon état interne.
Qu’est-ce que veut dire cette émotion ? Que je ne me sens pas
respecté ? Que je suis fatigué ? Qu’est-ce que je veux en faire ?
C’est mon processus interne.
155
Apprendre, ça s’ apprend !
Je peux tout de suite passer à l’action et changer de wagon
(c’est mon comportement externe), on est d’accord ! Mais mon
but est qu’il comprenne qu’il dérange tout le monde, et qu’il
éteigne sa musique, car moi je vais jusqu’au bout de la ligne
et lui semble aussi bien installé ; alors de quelle émotion ai-je
besoin pour agir ? Calme ? Humour ? Affection ? Et comment
arriver à m’y connecter ? C’est à nouveau mon état interne.
Je vais chercher dans mes états internes l’émotion dont j’ai
besoin, attention, une vraie émotion, reliée à une réelle inten-
tion, pas quelque chose que je ne ressens pas vraiment. Je
lui dis que ce serait tellement bien une société où les gens
n’auraient pas besoin de mettre la musique à fond pour qu’on
les regarde ou qu’on s’intéresse à eux : c’est mon nouveau
comportement externe !
Enfin, nous avons tous en nous le pouvoir – non sur – mais DE :
faire différemment de d’habitude ;
faire autrement que ce qui ne marche pas ;
laisser à l’autre (événement ou personne) la responsabilité de
son stress ;
donner de l’importance, ou non, à tel événement ou telle
personne…
Plus facile à dire qu’à réaliser… Ce n’est pas simple comme chemin,
et il n’est pas dit que le troisième circuit marche à tous les coups !
En revanche, il y a de fortes chances pour que le premier apporte
toujours le même type de résultat…
156
Gérer son stres s
Au collège, mes profs principaux me demandent toujours
de plus participer à l’oral. Or, à chaque fois que je dois parler
devant la classe, je tremble, j’ai peur de me tromper. Quelque
chose me glace. Je suis paralysée. C’est d’ailleurs ce que ma
coach m’a demandé de décrire. Elle m’a tout d’abord demandé
de fixer un objectif, ce à quoi je souhaitais parvenir. Puis,
une fois l’objectif déterminé, elle m’a demandé ce dont j’aurai
besoin pour y arriver. Mais là, de nouveau, ce trac revenait.
Alors, curieusement, nous nous sommes penchées sur la repré-
sentation de ce trac. Je l’ai même dessiné. Chez moi c’était une
grosse boule noire pesante située au niveau du ventre, elle me
diffusait du froid jusque dans les chaussettes… Ensuite, j’ai dû
décrire avec précision ce trac. Dans un troisième temps, j’ai dû
me concentrer sur comment serait cette boule noire et glacée si
c’était un peu mieux, étape par étape, tranquillement.
De nouveau, je la voyais un peu mieux, en gris foncé d’abord,
puis plus clair ensuite. Pendant que je modifiais la couleur,
curieusement, la température s’améliorait aussi, ainsi que la
taille de cette boule, pour devenir de plus en plus confortable.
J’ai ainsi procédé jusqu’à ce qu’elle devienne transparente et
assez insignifiante.
Maintenant, je n’aime pas trop me mettre en avant, mais, au
moins, je peux prendre la parole devant la classe sans que cela
ne me gêne vraiment. Et quand je sens que quelque chose me
stresse, je sais comment m’en débarrasser…
Emma, 13 ans
157
Apprendre, ça s’ apprend !
QUELLES RÉACTIONS FACE AU STRESS ?
Face à une source de stress, nos réflexes viennent d’abord de notre
cerveau « reptilien ». Physiologiquement, nos réactions sont de l’ordre
de la « fight, flight or freeze response » des Anglo-Saxons, c’est-à-dire
« combattre, fuir ou rester figé »…
Puis, de façon métaphorique, le cerveau limbique et le néocortex
mettent en place des stratégies pour y répondre :
ne rien faire et attendre que cela passe tout seul ;
se sur-adapter à la situation ;
se surmener ;
se décharger sur quelqu’un d’autre (en l’accusant de la faute,
en devenant parfois violent contre l’autre et/ou envers
nous-mêmes).
Comment vous comportez-vous habituellement face à une source de
stress ?
158
Gérer son stres s
Trucs et astuces
Voici quelques pistes pour prendre du champ par rapport à l’objet
de votre stress et trouver la réponse la plus adaptée.
• Face à votre inertie et plutôt que d’attendre que cela passe,
faites en sorte de repérer votre pouvoir d’action et de déci-
sion ; exprimez vos besoins ; demandez de l’aide.
• Face à la sur-adaptation qui pompe de l’énergie, comprenez
que vous n’avez pas à répondre aux attentes des autres, sur-
tout quand ils n’ont rien demandé ; rendez-vous compte que
ce n’est pas en acceptant tout et n’importe quoi que les autres
vont plus vous apprécier et vous aimer.
• Face au surmenage qui vous fait courir partout, dites « non »
ou « stop » et prenez votre temps pour faire le point, au calme,
reconnaître vos forces et vos limites, et oser exprimer ce que
vous voulez.
• Face à la colère qui pousse à la violence contre autrui
ou contre vous-même, respectez l’autre et, surtout, respec-
tez-vous !
159
Apprendre, ça s’ apprend !
À vous de jouer !
Réalisez votre tour de piste en disposant quatre feuilles au sol et
apprenez à prendre de la distance avec votre source de stress.
Quelqu’un
us
vo 1
qui vous
veut du bien
o
n
on
s iti
Po P os itio n n o 4
L’Interlo L’Ob
c ser
teur/ u- Po
s it
vat
eu
l’Événe n io
r
ment no
3
P os i
tio n
no 2
1. La première feuille, c’est vous, votre position (« position
no 1 »), liée à l’événement qui vous stresse : écrivez des-
sus la situation, ou dessinez-la si vous êtes plus à l’aise.
Représentez ce qui vous chiffonne, vous heurte, vous trou-
ble, vous énerve…
2. La deuxième feuille, c’est votre interlocuteur, avec son point
de vue, ou l’événement stressant en lui-même qui aurait le
pouvoir de s’exprimer (« position no 2 »).
3. La troisième feuille, c’est l’observateur, il est en dehors du
problème ou du lien de cause à effet entre les positions
no 1 et no 2 ; lui ne fait qu’observer (« position no 3 »).
4. La quatrième feuille, c’est quelqu’un qui vous veut du
bien : bonne étoile, guide intérieur, ange gardien, protection,
160
Gérer son stres s
Jedi, animal totem, saint ou sainte, ancêtre bienveillant…
(« position no 4 »)
5. Placer les quatre feuilles au sol en positionnant la feuille
no 3 à égale distance des feuilles no 1 et no 2. La feuille
no 4 est installée du côté de la feuille no 1 mais est plus
éloignée.
6. Posez les pieds sur la feuille en position no 1 et repensez à
votre source de stress : est-elle matérialisée par un événe-
ment ? Par une personne en particulier ? De cette position,
demandez-vous ce que vous voyez, ce que vous ressentez, ce
que vous entendez.
7. Une fois que vous avez fait le tour de votre position, de votre
perception, allez vous positionner sur la feuille no 3. Depuis
cette position, et en qualité d’observateur, regardez les posi-
tions no 1 et no 2. Que voyez-vous ? Que constatez-vous ?
8. Puis allez visiter la position no 2 et faites la même démarche :
que dites-vous en tant qu’interlocuteur ou événement
source de stress ?
9. Enfin, terminez en allant sur la feuille no 4, en observant, de
votre poste et d’assez loin, les trois autres positions. Vous
pouvez même monter sur une table ou une chaise pour
prendre physiquement de la hauteur. Comment voyez-vous
les choses et auriez-vous un conseil à souffler à l’oreille de
la position no 1 ?
10. Faites enfin un pas de côté, sortez de la position no 4 et
regagnez votre poste en position no 1.
Constatez-vous la différence ? Que vous vient-il en tête par rap-
port à votre gestion de la situation stressante ?
161
Apprendre, ça s’ apprend !
SAUVEUR, PERSÉCUTEUR OU VICTIME…
Ce n’est pas le triangle de Pythagore ni celui des Bermudes mais
presque ! C’est celui de Karpman… du nom de son observateur, le psy-
chologue américain Stephen Karpman44. Bien des sources de stress et
d’épuisement viennent du fait que nous nous perdons parfois dans ce
triangle infernal, endossant tour à tour, et selon les jeux qui s’opèrent,
les rôles de sauveur, de persécuteur ou de victime.
Nous endossons le rôle du sauveur à chaque fois que notre
Zorro s’éveille en nous pour défendre la veuve et l’orphelin et
pour protéger un opprimé qui s’est plaint et qui, parfois même,
n’a rien demandé. En position de sauveur et en agissant pour le
compte de l’autre avant même qu’il ne s’exprime (c’est le portrait
de la victime, elle subit et se laisse diriger), nous le renvoyons en
enfance, nous l’infantilisons. Pourtant, qu’est-ce que cela nous
fait du bien d’aider : nous nous sentons utiles et valorisés !
Nous endossons le costume de la victime dès que Caliméro
s’exprime en nous : « C’est vraiment trop injuste ! » En position
de victime, nous nous sentons dépassés par tous les événements,
tout est trop dur, trop compliqué, nous nous plaignons et sommes
incapables de prendre une décision. Nous attirons forcément à la
rescousse le sauveur… ou le persécuteur… Et pourtant, comme cela
fait du bien, parfois, que les autres s’occupent un peu de nous !
Nous endossons le costume du persécuteur, du bourreau, en
incarnant le rôle du méchant, celui qui souligne tout ce qui
dépasse, ce qui ne va pas, tout ce qui déroge aux règles. Dans
cette position de dominant, nous évaluons, nous distribuons
les bons ou mauvais points. Heureusement que nous sommes
là aussi pour faire respecter l’autorité, prendre les responsabi-
lités, faire avancer une société… Car, malgré tout, c’est quand
même agréable d’avoir un peu de pouvoir sur les autres !
44. - Stephen Karpman, Fairy Tales and Script Drama Analysis (Analyse des contes de
fée et du scénario dramatique), article paru dans Transactional Analysis Bulletin, 1968.
162
Gérer son stres s
Ce petit jeu de rôles est le plus souvent totalement inconscient,
et nous sommes tour à tour sauveur, bourreau et victime. Il s’agit
bien d’un jeu, malsain certes, au sens où nous en acceptons les rôles
et entretenons la partition, car d’une certaine manière cela nous plaît
et satisfait un intérêt personnel.
Notons que l’école, la famille, la société nous apprennent à épouser
le plus souvent le rôle de la victime dans le sens où nous ne sommes
pas vraiment poussés ou exhortés à remettre les sauveurs en question
et les persécuteurs à leur place… C’est insolent !
Prenons un exemple : admettons que vous êtes Paul ; votre ami, c’est
Pierre ; vous êtes à deux mois de passer votre examen et Pierre n’a
encore commencé aucune révision. En bonne victime, il geint sans cesse
et se plaint de l’immense travail à fournir, de l’aide qui lui est deman-
dée à la maison et de son manque de temps (« Pourquoi cela n’arrive
qu’à moi ? » est sa phrase clé, il n’est jamais satisfait…). Comme vous
êtes grand seigneur et que vous avez le cœur sur la main, vous volez
au secours de votre ami, en allant au devant de ses besoins, et vous lui
donnez toutes les fiches que vous avez préparées pour réviser, en lui
demandant de vous les rendre une fois qu’il aura fini. En réalité, Pierre
ne se sert pas vraiment des fiches de Paul, il s’en moque même un
peu car il apprend autrement et beaucoup plus rapidement, que vous
(Paul), qui finissez par vous impatienter sans rien oser dire. Les rôles sur
le triangle tournent : Paul endosse le rôle du persécuteur (« Après tout
ce que j’ai fait pour t’aider ! »), puis, parce que Pierre ne lui rend les
fiches que huit jours avant les examens, il fait de lui sa victime (« Non
mais pour qui il se prend ! Je ne lui ai rien demandé ! »).
À chaque fois que votre cœur de Zorro s’emballe – et les tentations
sont grandes dans la vie…– mettez-vous sur « pause » et analysez la
situation. Est-ce que Caliméro a réellement exprimé un besoin d’aide ?
Qu’allez-vous chercher pour vous-même en vous mettant en avant
auprès de lui ? Bien sûr, c’est humain de vous inquiéter pour lui, mais
au lieu d’agir à sa place, dites-lui plutôt qu’il va trouver la solution
tout seul et que, s’il a besoin d’aide, il peut venir vous voir. Poussez-le
163
Apprendre, ça s’ apprend !
à dire ce qu’il pense, à s’affirmer, à verbaliser, à prendre ses responsa-
bilités. Car Caliméro n’est pas plus faible qu’un autre !
Une grande part de stress peut s’évacuer si vous vous rendez
compte de cette mise en scène et que vous décidez à sortir du
jeu. En effet, le « sauveur », comme le « bourreau », se comporte un
peu comme des « parents » en envisageant la « victime » comme une
petite chose fragile, un « enfant » ; à moins que ce ne soit la « vic-
time » qui se voit comme un « enfant » et appelle inconsciemment
l’autre à se comporter comme un « parent »… En quittant ce mode très
« parent-enfant », vous devenez, enfin, « adulte ».
VICTIME
je suis irréprochable
Triangle
dramatique
SAUVEUR PERSÉCUTEUR
je suis bon je suis droit
Le triangle de Karpman.
164
Gérer son stres s
À vous de jouer !
Êtes-vous un bon observateur 45 ?
Dans une situation donnée, et sans être pour autant dans le triangle
de Karpman, nous pouvons néanmoins avoir du mal à nous en tenir
aux faits. À quel moment franchit-on la ligne blanche entre observa-
tion et interprétation ? Comment arrive-t-on à mettre de nous dans
ce que nous lisons chez l’autre, à projeter sur lui nos propres ressen-
tis ? Et vous, quelle est votre lecture des événements ? Lisez chaque
phrase et cochez la case A si vous pensez que c’est une observation
ou la case B si vous pensez que c’est une interprétation.
A B
(= Observation) (= Interprétation)
1. Alix a rougi quand je lui ai
fait un compliment.
2. Tom est très absorbé par ce
qu’il fait.
3. Le prof de physique crie « tai-
sez-vous » d’une voix stridente.
4. Elle me regarde d’un air
méprisant.
5. Pendant quelques secondes,
ses yeux m’ont fixé sans ciller.
6. Alix est dans la lune.
7. Papa me dit qu’il se réjouit
de mon bulletin.
8. Son sourire joyeux exprime
un grand bonheur.
9. Pendant qu’elle nous a parlé
de son opération, sa voix était
toute tremblante.
45. - Les réponses : 1A ; 2B ; 3A ; 4B ; 5A ; 6B ; 7A ; 8B ; 9A ; 10A ; 11B ; 12A ;
13B ; 14B ; 15A ; 16A ; 17B ; 18B ; 19A ; 20B.
165
Apprendre, ça s’ apprend !
A B
(= Observation) (= Interprétation)
10. Alix m’a appelé et elle me dit
qu’elle ne viendra pas demain.
11. Tom est fâché contre moi.
12. Lorsqu’il m’a raconté la
blague, il a ri avant les autres.
13. Elle travaillait sur son ordi-
nateur et j’ai dû crier son nom
plusieurs fois pour qu’elle me
réponde.
14. Maman est la plus enthou-
siaste de tous à l’idée de parti-
ciper à ce jeu.
15. Lorsqu’Alix est arrivée en
retard de 15 minutes, elle nous
a dit que c’était à cause de son
patron qui lui avait demandé
de finir un travail.
16. Au moment où Tom parle
de ses examens, il se met à
agiter son pied.
17. C’est quelqu’un qui réussira
toujours ce qu’il fait.
18. Alix déambule avec
confiance et sérénité.
19. Au téléphone, sa voix était
aiguë et à peine audible.
20. Mon ami m’en veut, c’est
un fait.
Totaux
Trucs et astuces
Tenez-vous en aux faits, aux observations factuelles et tangibles,
comme lors d’un examen clinique médical. Au moment où l’on
commence à faire des déductions de nos observations, c’est le
début de la prise de tête et du stress !
166
Gérer son stres s
CE QUI NOUS AIDE À COMBATTRE LE STRESS
Que faites-vous habituellement pour lâcher la pression ? Méditation
ou yoga ? Boxe thaïe ou jogging ? Danse ou marche nordique ?
Musique ? Bain moussant ? Dîner entre copines ? Peinture ? Tricot ?
Vous savez ce qui fonctionne le mieux pour vous, mais que cela ne
vous empêche pas de tester d’autres choses !
Profitez-en pour vérifier ce dont vous avez réellement besoin pour
recharger vos batteries : est-ce vraiment de vous retrouver seul face à
vous-même, de profiter d’un peu de solitude, en mode introverti ? Ou
au contraire, vous vous détendez au milieu de vos amis, dans un petit
groupe ou une association, en mode plus extraverti ?
Dans des situations où le niveau de stress est intense, je
fais en sorte de m’isoler pour respirer profondément et analyser
de manière très précise les raisons qui sont à l’origine de cette
tension. Cette approche rationnelle me permet de relativiser les
facteurs de pression et donc de neutraliser ou de réduire leur
impact.
Daniel Rodriguez, P.-D.G. d’une société internationale
Le but du jeu est de faire redescendre le niveau de stress qui s’est
manifesté dans le corps par une accélération du rythme cardiaque,
une vascularisation importante des muscles qui peut donner la trem-
blote, les tympans qui se bouchent et la vue qui se brouille, le taux
de sucre dans le sang qui chute… La respiration est le maître mot
de ce chapitre. « Le souffle est guidé par la pensée et la pensée est
guidée par le souffle » dit un texte ancien taoïste. L’ère du temps est
à la méditation, au yoga, qui font la part belle à l’expiration et à
l’inspiration, aux respirations ventrales, pulmonaires et claviculaires…
167
Apprendre, ça s’ apprend !
Trucs et astuces
Assis ou debout, les yeux ouverts, prenez trois respirations (inspir
et expir) en montant dans chaque « étage » de votre corps.
Pour la première (respiration ventrale), inspirez par la bouche
amplement en gonflant votre ventre et en visualisant votre souffle
de couleur orangée. Expirez en dégonflant lentement votre ventre.
Pour la deuxième (respiration pulmonaire), inspirez en gonflant
votre poitrine et remplissez vos poumons d’une couleur jaune.
Puis expirez en laissant sortir l’air doré par le nez.
Pour la troisième (respiration claviculaire), inspirez par le nez en
soulevant vos épaules comme si vous vouliez vous grandir et vous
rapprocher du ciel. L’air qui soulève vos épaules est vert amazo-
nien. Vous pouvez garder ce bon air pur quelques secondes avant
de l’expirer lentement par la bouche.
À vous de jouer
avec votre enfant !
Entrez dans le labyrinthe de vos pensées !
Le jour des idées noires, écrivez-les
dans la spirale en partant de l’entrée
extérieure jusqu’au centre. Prêt ? Partez !
Vous êtes curieux ? Recommencez la
même chose mais cette fois en partant
du centre et en allant vers l’extérieur.
C’est fait ? Que constatez-vous ? Quelle
est la piste que vous préférez ?
168
Gérer son stres s
NOUS SOMMES TOUS SYNCHRONISÉS !
Vous l’avez sans doute déjà remarqué, il suffit que, dans une salle
d’attente où se tiennent plusieurs personnes, une seule commence à
gigoter sur son siège, à soupirer, à manifester son impatience, sa mau-
vaise humeur, pour qu’elle propage très rapidement son agacement
à son entourage. Cette personne n’est pourtant pas magicienne ! En
réalité, comme tout être humain qui se respecte, vous vous synchro-
nisez avec elle sans même y penser. Vous voyez une personne bâiller,
vous vous mettez à bâiller aussi, n’est-ce pas ? Ou bien alors vous
retrouvez votre meilleure amie après une longue période d’absence,
vous êtes heureuse d’échanger avec elle et vous vous apercevez que
tout naturellement vous vous êtes assise tout comme elle, dans la
même position, que vous commencez une phrase et qu’elle la finit,
avec fluidité…
Vous êtes, sans en être toutefois bien conscients, des génies du
mimétisme !
De même que nous avons des neurones miroirs qui activent dans
notre cerveau le même « circuit » neuronal de gestes que la per-
sonne que nous avons en face de nous, nous avons le pouvoir de
rejoindre l’autre via son comportement, son attitude, l’expression
de son visage, la position de sa tête, sa respiration… Car il nous est
impossible de ne pas communiquer ; et ne rien faire, ne rien dire, c’est
déjà, en soi, communiquer.
Imaginez un peu : il suffit que vous me regardiez faire une
série de gestes simples – remplir un verre d’eau, le porter à mes
lèvres, boire –, pour que dans votre cerveau les mêmes zones
s’allument (sur les images des PET Scan), de la même façon que
dans mon cerveau à moi, qui accomplis réellement l’action. C’est
d’une importance fondamentale pour la psychologie. D’abord,
cela rend compte du fait que vous m’avez identifié comme un
être humain : si un bras de levier mécanique avait soulevé le
verre, votre cerveau n’aurait pas bougé. Il a reflété ce que j’étais
169
Apprendre, ça s’ apprend !
en train de faire uniquement parce que je suis humain. Ensuite,
cela explique l’empathie. Comme vous comprenez ce que je fais,
vous pouvez entrer en empathie avec moi. Vous vous dites : « S’il
se sert de l’eau et qu’il boit, c’est qu’il a soif. » Vous comprenez
mon intention, donc mon désir. Plus encore : que vous le vouliez
ou pas, votre cerveau se met en état de vous faire faire la même
chose, de vous donner la même envie.
Pr Jean-Michel Oughourlian, neuropsychiatre46
Partant du principe que vous vous synchronisez avec l’autre, l’inverse
est vrai aussi. Vous pouvez faire en sorte que l’autre se synchronise avec
vous. Mettez-y l’intention. Vraiment. Sincèrement. Dans un objectif évi-
demment « éthique » et écologique ! Vous pouvez calmer la personne qui
s’énerve à côté de vous dans le métro, un collaborateur lors d’un entretien
professionnel tendu, un ami stressé… Essayez, vous serez surpris !
Commencez par vous asseoir à la bonne distance, la bonne distance
pour lui, pas pour vous : ni trop près ni trop loin, soyez attentif à son
espace de confort, son espace vital, sa distance de sécurité.
Ensuite, observez : le directeur qui vous reçoit recule son siège en s’as-
seyant, faites de même ; votre ami se rapproche un peu, accueillez-le.
Le directeur croise les bras, l’air renfrogné ; croisez les jambes, com-
mencez par prendre le même air renfrogné… Attention, il ne s’agit pas
de singer, faites-le discrètement ! Par cette synchronisation physique,
l’autre est amené doucement à se caler sur vous.
Dès cet instant, vous pouvez respirer calmement : prenez soin de res-
pirer dans vos poumons, vos clavicules qui montent et descendent
de manière visible, veillez à ce que votre rythme cardiaque s’apaise ;
décroisez vos jambes tranquillement ; exprimez-vous ensuite en modu-
lant timbre, intonation, ton, rythmez votre voix, presque monotone
par moments, ou accentuée à d’autres sur les mots qui vous sont
46. Vos neurones sont des miroirs : c’est pourquoi vous pouvez communiquer. Entretien
avec le Pr Jean-Michel Oughourlian, magazine Clés, [Link]
article/vos-neurones-sont-des-miroirs-c-est-pourquoi-vous-pouvez-communiquer
170
Gérer son stres s
importants… Votre interlocuteur, pressé, énervé, engoncé au début, va
s’ouvrir, se synchroniser avec vous.
L’exercice demande de l’entraînement et du temps, de la volonté et de
l’intention, mais le résultat d’une simple synchronisation bien réalisée
est spectaculaire.
Et pour finir, une petite histoire...
… (Vous pouvez soit lire cette histoire à haute voix, soit l’enregistrer sur
votre smartphone et la réécouter… tout en appuyant sur les mots qui
sont écrits en lettres capitales… en laissant des pauses sur les points
de suspension, et en passant du VOUS au TU si cela vous est plus
agréable à l’oreille.)
Il était une fois… Et maintenant… j’aimerais que vous preniez quelques
minutes pour vous installer confortablement, sur votre chaise, sur
votre lit, dans votre fauteuil. Peut-être voulez-vous retirer vos chaus-
sures… et vous pouvez le faire aussi. Vous POURRIEZ vouloir chercher
un point sur le mur à regarder, un objet devant vous, confortable-
ment, sans regarder fixement mais en permettant simplement que
ce point ou cet objet occupe vos yeux… et en vous DEMANDANT ce
qui va se passer ensuite et ce que je vais bien pouvoir vous raconter…
Vous POURRIEZ vous sentir plus à l’aise simplement… en fermant…
les yeux d’une manière qui est la vôtre et quelle que soit votre fa-
çon de le faire, j’aimerais simplement que vous… vous laissiez centrer
votre esprit sur… être entièrement à l’aise, et il y a eu de nombreux
MOMENTS, de nombreux ENDROITS, de nombreuses SITUATIONS
où vous vous êtes déjà senti DÉTENDU et À L’AISE… Peut-être y a-t-il
même un ENDROIT plus propice à la détente que vous êtes en droit
de ressentir… Un envers du décor où vous pourriez avoir l’habitude de
vous réfugier « de temps ENTENDS »… pour vous détendre.
171
Apprendre, ça s’ apprend !
Et vous POUVEZ… éprouver encore à nouveau cette sensation de
confort, de sécurité, tout en étant à l’aise, vous POUVEZ vous SOUVE-
NIR… de cette sensation de relaxation profonde dans cet endroit rien
qu’à vous, calme et paisible. Tandis que vous ENTENDEZ tout ce qu’il y
a à entendre, vous voyez sous vos paupières tout ce qu’il y a à voir, vous
pouvez vous… DEMANDER dans quelle direction cette relaxation va se
déplacer dans votre corps, peut-être est-ce de haut en bas ou de gauche
à droite, ou peut-être un peu partout en même temps… C’EST BIEN…
Pendant que votre CONSCIENT soulève vos poumons tranquillement,
à l’aise… votre esprit INCONSCIENT s’élève… un esprit flottant dans
le temps et dans l’espace complètement libre et capable d’aller où et
quand il veut, COMME ÇA…
Et je me DEMANDE ce que votre esprit inconscient veut EXPLORER,
quelles portes il veut bien ouvrir, par quel passage et à quel rythme
il peut s’abandonner… à l’aise simplement en sachant que vous POU-
VEZ vous fier à votre esprit INCONSCIENT pour aller là où vous avez
besoin d’aller… tranquillement… VOILÀ…
Au moment où vous en avez besoin, finalement à votre PROPRE MA-
NIÈRE, à un autre niveau, une partie de vous se charge de mobiliser
toute votre détente… en collaboration avec le conscient qui évalue,
votre inconscient évolue… OUI… et sans que vous ayez à faire quoi que
ce soit… le FLUX du bien-être afflue… et vous êtes bien…
Et maintenant vous POUVEZ vous AUTORISER à vous détendre de
plus en plus… C’EST BIEN… COMME ÇA… à chaque inspiration votre
conscient décroche tandis qu’à chaque expiration votre INCONSCIENT
se rapproche… en toute sérénité et en toute tranquillité…
En EXPLORANT toutes ses capacités, votre esprit sait quoi faire de
toutes vos RESSOURCES dont vous profitez simplement et en toute
sécurité… ce bien-être vous transforme… VOILÀ… à partir de MAINTE-
NANT… et pour les jours qui viennent… durablement vos ressources
172
Gérer son stres s
vous aident à faire ce que vous avez à faire, à voir ce que vous avez à
voir… COMME ÇA…
Et peut-être que vous découvrez avec curiosité votre manière UNIQUE de
vous REPLONGER avec plaisir, avec bonheur, dans un état… propice pour
votre évolution future, demain, après-demain et les semaines qui vont
suivre… pour plus de maîtrise et de confort au quotidien… C’EST ÇA…
En inspirant et en expirant, vous revenez calme et détendu de votre
voyage intérieur… tout en écoutant les bruits extérieurs… qui vous
guident jusqu’ici… et maintenant… en rouvrant les yeux tranquille-
ment… BON JOUR !
BONUS
Retrouvez le texte dit par l'auteur
en scannant le code ou en tapant
le lien suivant sur votre navigateur Internet.
[Link]
POUR RÉSUMER ET AVANT DE PASSER
AU CHAPITRE SUIVANT
Vous vous souvenez que le stress est une réponse à un
stimulus que vous avez reçu, perçu, vu ou entendu. Si l’émotion
alors générée est 100 % bio et naturelle, le comportement en-
gendré par l’émotion dépend bien de vous.
Action/réaction ou action/« ré-évolution » à 360°, à vous de
choisir selon l’objectif que vous souhaitez atteindre.
À chaque fois que vous faites un pas de côté – au sens propre
comme au sens figuré – vous mettez l’objet du stress à
distance. En vrais champions de la respiration, en as de la
synchronisation, vous pouvez soit continuer à monter dans les
tours tout seul, soit prendre du champ, modifier votre rythme
cardiaque et adapter votre vitesse.
173
Apprendre, ça s’ apprend !
Mes notes
Mes principales sources de stress :
___________________________________________________
Dépendent-elles des autres ? De moi ?
___________________________________________________
Je sais reconnaître ce qui se joue dans ma colère, mon agacement,
mon impatience/ma déception, ma tristesse/mon dégoût… :
C’est parce que je ressens ______________________________.
En réalité, j’aurais bien besoin de ________________________.
J’écris une proposition/une solution______________________.
174
CHAPITRE 8
METTRE SA STRATÉGIE
D’APPRENTISSAGE
EN PLACE
C’EST VOTRE TOUR !
Les curieux seront récompensés.
Claude Lelouch
Même quand on a tout vu, la curiosité invente
du nouveau.
M. Heidegger
Le désir de connaître le pourquoi et le comment
est appelé curiosité.
T. Hobbes
Connaissez-vous Maximus Decimus Meridius, le commandant en chef
des armées du Nord, général des légions Phoenix, fidèle serviteur du
vrai empereur Marc Aurèle, dans le film Gladiator de Ridley Scott ?
Vous rappelez-vous de sa phrase clé ? « Ce que l’on fait sur Terre reten-
tit pour l’éternité. »…
Même si nous ne voyons pas aussi loin que l’éternité, nos actes ont
des répercussions, nos choix des conséquences, nos désirs conscients
et surtout inconscients des effets à court, moyen et long termes. Mais
est-ce bien l’effet voulu ou attendu ? À moins que cela ne soit un
effet inverse ? Comment se peut-il qu’en mettant parfois toute notre
énergie consciente dans la réalisation d’un objectif, nous réussissions
à le faire inconsciemment complètement échouer ? Il arrive même
parfois que nous arrivions à convaincre inconsciemment notre audi-
toire, notre interlocuteur, lors d’un examen ou d’une soirée, alors que
nous ne connaissions pas le sujet à fond. Nous sommes convaincants
car convaincus. Alors quelle est la bonne stratégie ? Et par « bonne »,
il faut comprendre « celle qui fonctionne ».
177
Apprendre, ça s’ apprend !
TOUT EST STRATÉGIE !
Stratégie - de stratos et ageîn (en grec armée et conduire). Le gros
mot est lâché ! Longtemps appliqué aux arts de la guerre, puis aux
domaines politiques et commerciaux, le mot est devenu parfois sus-
pect, souvent emprunt de machiavélisme, d’opportunisme, d’ambition
mal placée.
Or, à chaque fois que nous nous lançons vers un nouvel objectif,
nous mettons en place une stratégie pour y arriver. Nous élaborons
une séquence automatique de processus mentaux et comportemen-
taux en vue de parvenir, consciemment ou non, là où nous voulons
aller. Et tout résultat, qu’il soit positif ou négatif, découle donc d’une
stratégie. Qui peut même consister à ne rien faire du tout, comme le
disait Henri Queuille : « Il n’est pas de problème dont une absence de
solution ne finisse par venir à bout ».
Dans l’apprentissage, nos stratégies jouent un rôle capital, et vous
avez pu découvrir au chapitre 1 celles qui fonctionnaient pour vous.
Vous faut-il d’abord regarder votre leçon, puis faire repasser le film
dans votre tête avant de l’assimiler ? Avez-vous besoin de vous la
répéter dans votre tête avant de la redire tout haut ensuite ? Prenez le
temps de décortiquer votre façon de faire quand votre résultat a été
positif, et notez-la.
Dans les stratégies que vous mettez en place, d’autres éléments
entrent en jeu, comme par exemple vos propres valeurs.
178
Mettre sa stratégie d’ap prentis sage en place
À vous de jouer
avec votre enfant
La dernière fois que vous avez réussi votre examen ou votre contrôle,
quels ont été :
Les ingrédients pour y arriver
Qu’est-ce que vous voyiez, entendiez, ressentiez en vous-même ?
___________________________________________________
__________________________
Si vous vous parliez intérieurement que vous disiez-vous ?
___________________________________________________
________________________
Les étapes
Vous avez commencé par (déclenchement) :
___________________________________________________.
Puis vous avez : ______________________________________.
Enfin, vous avez :______________________________________.
Les actions
Comment étaient vos comportements ?
___________________________________________________
_________________________
Si d’autres personnes étaient impliquées dans vos actions, com-
ment ces personnes ont-elles interagi avec votre comportement ?
___________________________________________________
_________________________
179
Apprendre, ça s’ apprend !
LES RAISONS DE L’ÉCHEC
Vous avez réussi à rater : votre pâte à choux, votre brevet, votre 3e étoile,
votre code, votre match, votre examen, votre entretien d’embauche.
Pourtant, vous vous étiez préparé du mieux possible, vos capacités
et vos compétences habituelles étaient bien au rendez-vous : entraî-
nements, révisions… vous aviez mis le paquet, comme on dit. C’est la
déception.
Évaluez à froid les véritables raisons de l’échec, car celui-ci est de plu-
sieurs types :
Intentionnel : vous savez qu’il ne vous reste pas assez de farine
pour faire votre pâte à choux, vous vous lancez quand même
en vous disant « je verrai bien », vous voyez…
Non intentionnel : vous êtes dans la short list du dernier tour
pour être recruté dans un restaurant, la DRH choisit quelqu’un
qui, à compétence et motivation strictement égales, habite
tout près de l’établissement pour des questions pratiques.
Stable : la cause de l’échec est précise et non variable, vous
faites 1,70 mètre et vous êtes au poste de pivot dans l’équipe
de basket ; vous voulez devenir jockey alors que vous mesurez
1,90 mètre…
Instable : la ou les raisons sont très fluctuantes, votre projet
est retenu, ou non, pour des raisons politiques par exemple ;
ou alors il peut être remis en question par la météo du jour ;
par des décisions aléatoires (mouvements de la bourse, etc.).
Interne : les raisons de l’échec tiennent à votre état interne au
moment où vous avez passé votre entretien : vous aviez trop le
trac, vous étiez beaucoup trop nerveux ou agressif…
Externe : les causes de votre échec sont liées à l’environne-
ment et ne sont pas de votre ressort. L’ordinateur du centre où
vous avez passé votre code a eu une défaillance technique, par
exemple.
180
Mettre sa stratégie d’ap prentis sage en place
Si vous découvrez qu’aucune de ces raisons n’était en jeu, c’est peut-
être le moment de vous poser et d’envisager votre motivation pro-
fonde. Est-ce que passer cet entretien/examen a déclenché chez vous
un conflit de valeurs ?
Vous vous inscrivez au concours d’entrée de telle grande école réputée
aux classes surchargées alors qu’au fond vous n’avez aucune envie
réelle d’y aller, car ce qui compte en priorité chez vous, c’est qu’on vous
y connaisse par votre prénom et que vous vous y sentiez bien.
Vous postulez dans une entreprise alors, qu’au fond, vous ne souscri-
vez absolument pas au type de management qui y règne, vous avez
besoin de donner un espace de liberté et de créativité à votre équipe
et vous avez compris que vous ne l’obtiendrez pas à cet endroit.
À vous de jouer
Ce qui s’est joué dans mon dernier échec… Était-il :
• Intentionnel ? • Instable ?
• Non intentionnel ? • Interne ?
• Stable ? • Externe ?
S’il n’était dû à rien de tout cela, que s’est-il passé en mon for intérieur ?
___________________________________________________
Faites votre arbre à critères, l’arbre étant une représentation
métaphorique de vous-même :
· Quelles sont les valeurs (en partant des racines – la plus impor-
tante – jusqu’aux cimes – la moins importante) que vous devez
absolument satisfaire pour être bien dans ce job, dans cette
entreprise, dans cette mission, dans cette réalisation… ?
· Notez-les dans les cases le long de l’arbre.
· Quels sont les critères importants pour vous dans cette
hiérarchie de valeurs ? Par exemple, si la liberté reste une
valeur forte, quels en sont vos critères (arriver à votre heure,
181
Apprendre, ça s’ apprend !
être indépendant, choisir vos prestataires, avoir une voiture
de fonction…) ? Classez ces critères par ordre de priorité, en
leur donnant des numéros.
Ces critères et ces valeurs représentent VOTRE BOUSSOLE
interne. Ils évoluent et changent avec vous, mais vous
guident toujours à travers le temps.
Puis, faites la même chose avec la réalisation que vous aviez
entreprise et que vous avez réussi à ne pas faire fonctionner.
· Observez où s’est joué le conflit de valeurs entre ce que vous sou-
haitiez en surface et ce que vous voulez vraiment en profondeur ;
entre vos valeurs personnelles et celles de votre interlocuteur (ce
qui vous semble être ses valeurs en ayant échangé avec elle).
Cet arbre est une représentation de moi.
Pour que je sois satisfait dans les valeurs qui sont importantes pour
moi, certains critères doivent être respectés.
LIBERTÉ
D’ACTION
RECON-
NAISSANCE
( moy e n s, etc . )
HONNÊTETÉ
( éch a ng es,
d i r ectio n , etc . )
CRÉATIVITÉ
182
Mettre sa stratégie d’ap prentis sage en place
FAIRE FONCTIONNER STRATÉGIQUEMENT
LES TROIS CENTRES DE COMMANDEMENT
L’être humain se caractérise par sa capacité à vivre avec ce qu’on pour-
rait appeler trois « centres de commandements » différents : l’émo-
tion, l’action et la pensée. Ces trois centres ont une importance égale, ils
sont distincts et en même temps interactifs les uns avec les autres. Mais,
parfois, ils divergent et nous font ressentir des tiraillements. Par exemple,
quand nous prenons une décision avec notre raisonnement (centre men-
tal) que nous jugeons bonne (centre émotionnel), nous ne sommes pas
pour autant capables de la mettre en action (centre instinctif).
Dans la « vraie » vie, cela donne quelque chose du type :
OK, j’ai pris rendez-vous avec mon banquier pour ma demande
de prêt, j’ai tout préparé, calculé, anticipé (centre mental).
Mon prêt me permettra d’acheter avec mon chéri cette jolie
petite maison qui me plaît tant pour notre retraite (centre
émotionnel).
Quand j’arrive en face du banquier, qui a encore changé depuis
la dernière fois et qui, en plus, prend son ton rogue pour me
recevoir, je sors instantanément de mes gonds (centre instinctif).
Centre
instinctif
Centre Centre
mental émotionnel
183
Apprendre, ça s’ apprend !
À chaque fois que la stratégie que vous avez mise en place est une
stratégie gagnante, à chaque fois que cela marche, « matche », que
« ça le fait », que « tous les feux sont verts », que « c’est fluide », pour
quelque projet que ce soit, vous pourrez vérifier rétrospectivement que
vos trois « centres de commandements » étaient en fait bien alignés,
bien en phase, ajustés comme les rouages d’une montre mécanique
ou d’une articulation, d’une anastomose47 dont les parties s’emboîtent
parfaitement. En médecine comme en psychologie, on appelle cela la
« congruence ». Lorsque vos trois centres sont alignés, vous êtes en
effet congruent. Et ce n’est pas une mince affaire, car vous avez vos
habitudes, un centre avec lequel vous êtes plus à l’aise que les deux
autres, que vous surexploitez tout naturellement, sans même y songer.
Être congruent, c’est la meilleure définition de l’équilibre, et en même
temps la meilleure des stratégies.
À vous de jouer48
avec votre enfant !
Pour tenter de connaître votre centre préféré, cochez le plus
spontanément possible les phrases ci-dessous qui vous
correspondent le mieux. Et voyez si vous êtes le plus représenté
dans une colonne ou à égalité dans deux, voire trois.
47. - Une anastomose est une connexion entre deux structures, organes ou espaces.
48. - Pour plus d’informations : Ennéagramme, Valérie Fobe Coruzzi, éditions
Leduc.s, Paris, 2016, ainsi que Ennéagramme parents-enfants, Valérie Fobe
Coruzzi et Stéphanie Honoré, éditions Leduc.s, Paris, 2016.
184
Mettre sa stratégie d’ap prentis sage en place
Ce qui compte pour Ce qui compte pour Ce qui compte pour
moi avant toute moi avant toute moi avant toute
chose, c’est de me chose, ce sont les chose, c’est d’avoir
sentir à l’aise physi- émotions que me assez d’informations
quement et psycholo- procurent la vie, les sur les événements,
giquement. amis, les projets. raisonner, conscien-
tiser.
Je passe facilement à J’ai besoin d’être J’ai tendance à réflé-
l’action. aimé et apprécié des chir avant d’agir et
autres. de me lancer.
J’ai tendance à être Je suis sensible. Je suis organisé.
rancunier.
Je me fie à mon La beauté compte J’évalue les situations
intuition. beaucoup pour moi. pour m’adapter.
Je suis débrouillard J’aime créer, je suis J’ai besoin d’anticiper
dans l’action. créatif. le plus possible.
Je peux me mettre Je me fie plus à mes Je m’inquiète facile-
en colère facilement, sentiments qu’à des ment en pensant à
ou au contraire je raisonnements. l’avenir.
refoule, je réprime
ma colère.
Je dis souvent « on y Je dis souvent Je dis souvent « j’en-
va ! », « c’est parti ! », « j’aime » ou « je tends », « je com-
« ça roule ! » n’aime pas », « je prends », « tu sais… »
(res)sens ».
Les autres disent de Les autres disent de Les autres disent de
moi que j’ai du flair. moi que j’ai du cœur. moi que j’ai de l’hu-
mour.
Mes pensées sont en Mes humeurs et Mes sentiments et
général peu nuan- mes émotions sont mes émotions sont
cées (c’est noir ou souvent fluctuantes plus une source d’in-
blanc, bien ou mal…). (tout en haut ou tout quiétude (et celles
en bas). des autres aussi).
Centre instinctif Centre émotionnel Centre mental
185
Apprendre, ça s’ apprend !
PETIT ÉLOGE DE LA SÉRENDIPITÉ
La sérendipité est le fait de faire une découverte par hasard alors
qu’on cherchait autre chose ; c’est la « capacité à reconnaître intuiti-
vement et immédiatement — et à exploiter rapidement et créativement
— les conséquences potentielles heureuses et les opportunités offertes
par un concours malheureux de circonstances (erreur, maladresse, négli-
gence, incompétence, etc.) », dit le photographe Jean-Louis Swiners. C’est
Christophe Colomb qui, en partant pour les Indes, découvre l’Amérique.
Ce sont les sœurs Tatin qui, en renversant leur tarte aux pommes,
inventent la tarte éponyme caramélisée.
C’est Fleming qui, en rentrant de vacances et en retrouvant ses boîtes
de Petri pleines de moisi, découvre le pouvoir de la pénicilline…
Et pourquoi ne serait-elle pas aussi votre état d’esprit, une forme
d’ouverture et de curiosité, de capacité d’émerveillement, un style de
vie ? Aller vers l’inconnu, disponible, accueillir ce qui arrive sans juge-
ment, lâcher prise et rebondir… C’est ainsi que, en toute sérendipité,
vous tomberiez en flânant sur les quais de Seine (ou en surfant sur
Internet…) sur LE livre que vous cherchiez depuis longtemps, ou que
vous liriez LA phrase qui vous donne la réponse à votre problème,
ou que l’iPod vous enverrait en mode aléatoire LA chanson que vous
aviez tellement besoin d’entendre, ou que vous rencontreriez dans la
rue LA personne que vous attendiez…
À vous de jouer
Racontez votre dernier heureux hasard... Si si, réfléchissez bien, il en
existe au moins un !
Le _______ (date), alors que je souhaitais trouver_____________,
il m’est arrivé _________________________________________
_________________________________________.
186
Mettre sa stratégie d’ap prentis sage en place
Et pour finir, une petite histoire...
Il était une fois… Ma grand-mère aimait à raconter l’histoire d’un
autre temps, de ce vieil homme qui habitait dans un village reculé.
Il était particulièrement pauvre, et pour toute richesse ne possédait
qu’un magnifique étalon à la robe splendide. Tout le monde le lui
convoitait.
Plusieurs fois, même, les seigneurs alentour lui en avaient proposé
une belle somme. Mais le vieil homme ne pouvait se résoudre à le
vendre, car il considérait que ce cheval faisait partie de sa famille.
Quand les habitants du village lui conseillaient de le vendre pour
faire une bonne affaire, il répondait : « Bonne affaire, mauvaise af-
faire ? Qui peut le dire ? » Un beau matin, le cheval disparut. Un vo-
leur peut-être, pendant la nuit, était-il venu ?
Les habitants du village lui dirent : « Tu aurais dû nous écouter et
vendre ce cheval, tu es bien avancé maintenant ! Tu n’as vraiment
pas de chance ! » Et le vieil homme de marmonner : « Chance… mal-
chance, qui peut le dire ? » Le temps passa et un beau jour de prin-
temps, des bruits de sabots se firent entendre. Le vieil homme sortit
de sa chaumière et quelle ne fut pas sa surprise de voir son étalon
revenir avec toute une horde de chevaux sauvages tous plus beaux
les uns que les autres, il en était devenu le chef du troupeau. Les
habitants du village lui dirent : « Alors, quelle chance tu as, tu vas
pouvoir te payer de belles choses avec tout l’argent que ce troupeau
va te rapporter. »
L’homme répondait : « Chance, malchance, qui peut le dire ? » Son fils
commença à vouloir les dresser et à monter certains chevaux, et fit
une mauvaise chute, se cassa une jambe et dut rester alité.
187
Apprendre, ça s’ apprend !
Les habitants du village lui dirent : « Tu n’as vraiment pas de chance,
mon pauvre ami. Et dire que ton fils était le seul à t’aider et à se dé-
placer jusqu’au marché pour vendre votre petite récolte ! »
Et le vieil homme de marmonner : « Chance, malchance, qui peut le
dire ? »
En effet, quelques jours plus tard, une troupe de soldats arriva dans
le village et mobilisa tous les jeunes hommes valides pour partir à la
guerre dans des contrées lointaines. Mais le fils du vieil homme, lui,
avec sa jambe cassée, ne fut finalement pas mobilisé.
Les habitants du village dirent au vieil homme : « Quelle chance tu as
à nouveau… Tu as pu garder ton fils près de toi ! »
Et le vieil homme de répondre : « Chance, malchance… »
POUR RÉSUMER
ET AVANT DE REFERMER CE LIVRE
Vous êtes maintenant consciemment compétent.
Vous avez repéré vos principaux modes de fonctionnement.
Vous savez quelles sont les valeurs qui vous soutiennent.
Vous connaissez ce qui compte pour vous, en priorité.
Vous avez compris comment vous y prendre pour mieux retenir,
apprendre, comprendre.
Vous êtes plein de ressources.
Le premier petit pas à faire pour y arriver est de :
_________________________.
Bonne route !
188
Remerciements
Nous remercions Sarah Hebert, Anne-Marie Jobin, Daniel Rodriguez,
Marie-Jo Rouquette, Anne Roumanoff, Frank Salles, pour leurs témoi-
gnages stratégiques sur le terrain de leurs acquis ; Elsa, Emma, Lucas
et Zélie, pour leurs témoignages stratégiques sur le terrain de leurs
acquisitions en cours.
Nous remercions également tout particulièrement Thierry Gallopin,
neurophysiologiste, maître de conférences à l’École supérieure de phy-
sique et chimie Industrielle (Laboratoire Plasticité du Cerveau), pour
ses lumières sur les liens entre mémoire et sommeil ; ainsi que Valérie
Fobe Coruzzi, coach, pour son feedback bienveillant et précieux.
Enfin, merci à Liza Faja, éditrice chez Leduc.s, qui a apporté soutien,
feedback et points d’amélioration pour notre ouvrage, à Karine Bailly,
directrice éditoriale, qui a cru en ce projet, pour leur lecture attentive
et efficace.
Heureusement que nous ne finissons jamais d’apprendre !
TABLE DES MATIÈRES
Introduction..................................................................................................7
Chapitre 1 : Mieux se connaître et comprendre son fonctionnement
Qui êtes-vous et comment apprenez-vous ?..........................................9
Quel sens prédomine chez vous ?........................................................... 11
Faites-vous plutôt dans le détail
ou dans le global ?.......................................................................................22
Comment gérez-vous votre temps ?........................................................24
Quand vous voulez apprendre,
qu’est-ce qui compte le plus pour vous ?..........................................27
Devoir ou pouvoir ?......................................................................................30
Au jeu des 7 familles, à laquelle appartenez-vous ?........................32
Les quatre niveaux d’apprentissage.......................................................34
Chapitre 2 : Donner du sens à ce que l’on fait : identifier son
objectif et trouver la motivation
Qu’aimez-vous et que voulez-vous ?..................................................... 39
Distinguez objectif, but et finalité..........................................................42
Marcher pour définir son objectif.......................................................... 44
Suivre la carotte ou éviter le bâton….....................................................47
Les valeurs qui vous motivent..................................................................51
Chapitre 3 : Lever les blocages ou comment dépasser ses limites
Qu’est-ce qui vous freine ? .....................................................................61
De nos expériences découlent nos croyances.....................................64
Nous fabriquons nos croyances...............................................................65
Quand une part de vous dit « oui » et une autre dit « non ».........71
Aller au-delà de ses croyances.................................................................73
Chapitre 4 : Générer confiance et estime de soi
Voilà des solutions ! ............................................................................... 77
Estime de soi, confiance et peur..............................................................80
Faire taire Miss Critik…...............................................................................86
… et comment lui tordre le cou !.............................................................88
… Le feedback constructif !.......................................................................90
Objectif « Estime de soi »...........................................................................91
Objectif « Confiance ».................................................................................94
190
Chapitre 5 : Trouver des solutions pour les parents anxieux
Parents, on se détend ! .......................................................................... 99
Communiquer de façon plus précise.................................................. 101
Reformuler pour mieux communiquer................................................ 103
Une tendance à la négation.................................................................. 105
Modifier sa façon de voir un problème,
c’est le début de la solution…................................................................ 105
Le chamboulement cérébral des ados................................................ 108
Chapitre 6 : Mémoriser plus efficacement
Le cerveau, ce grand mytho… ?........................................................... 113
La communication non verbale.............................................................117
Nous avons plusieurs mémoires !.........................................................119
Une image vaut mille mots !..................................................................121
Le cerveau, un outil clé dans l’apprentissage.................................. 126
Un certain nombre de mythes sur le cerveau
continuent à être véhiculés.................................................................... 129
Bien récupérer, c’est repartir du bon pied !...................................... 133
Stop à la procrastination !..................................................................... 136
Chapitre 7 : Gérer son stress
Le comprendre pour mieux y faire face ........................................... 141
Le stress, c’est quoi ?................................................................................ 144
Les trois « cerveaux »................................................................................ 147
Comment les émotions influencent notre comportement .......... 149
La diversité des émotions ...................................................................... 153
Comment modifier votre état interne ?.............................................. 154
Quelles réactions face au stress ?........................................................ 158
Sauveur, persécuteur ou victime…........................................................ 162
Ce qui nous aide à combattre le stress.............................................. 167
Nous sommes tous synchronisés !....................................................... 169
Chapitre 8 : Mettre sa stratégie d’apprentissage en place
C’est votre tour ! ................................................................................... 175
Tout est stratégie !.................................................................................... 178
Les raisons de l’échec............................................................................... 180
Faire fonctionner stratégiquement les trois centres
de commandement................................................................................... 183
Petit éloge de la sérendipité.................................................................. 186
191
RETROUVEZ TROIS BONUS
À TÉLÉCHARGER !
Une séance d’hypnose audio exclusive pour apprivoiser
votre stress et vous détendre et deux exercices ludiques
« À vous de jouer ! » pour continuer à apprendre en vous
amusant !
Rendez-vous sur la page :
[Link]
Des livres pour mieux vivre !
Merci d’avoir lu ce livre, nous espérons qu’il vous a plu.
Découvrez les autres titres de Développement personnel sur notre site. Vous
pourrez également lire des extraits de tous nos livres et acheter directement
ceux qui vous intéressent, en papier et en numérique ! Rendez-vous vite sur le
site : [Link]
Inscrivez-vous également à notre newsletter et recevez chaque mois des
conseils inédits pour vous sentir bien, des interviews et des vidéos exclusives
de nos auteurs… Nous vous réservons aussi des avant-premières, des bonus et
des jeux ! Rendez-vous vite sur la page : [Link]
Enfin, retrouvez toujours plus d’astuces et de bons conseils malins sur notre
page Facebook Leduc.s Éditions.
Les éditions Leduc.s
17, rue du Regard
75006 Paris
info@[Link]
Retour à la première page.
Ce document numérique a été réalisé par PCA