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Modèles économiques en macroéconomie 2006

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Thèmes abordés

  • Investissement,
  • Impôts,
  • Croissance économique,
  • Théories économiques,
  • Fluctuations économiques,
  • Ménages,
  • Économie internationale,
  • Flexibilité des prix,
  • Dépenses publiques,
  • Économie de la consommation
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  • Flexibilité des prix,
  • Dépenses publiques,
  • Économie de la consommation

Univer sité de Caen Année universitaire 2005/2006

Faculté de Sciences Economiques


et de Gestion

MACROECONOMIE ­ LICENCE 2

JANVIER 2006 (2h)

Exercice 1 : Modèle Classique (10 points)

On considère une économie fermée à trois agents (ménages, entreprises, Etat). Les prix et les
salaires sont parfaitement flexibles. Toute la production est reversée aux ménages sous forme
de salaires et de profits.
Hypothèses :
Y = 300 N avec Y la production et N la quantité de travail.
Les impôts et les dépenses publiques sont exogènes : T = 500 ; G = 650

C = 0.8 (1 - r ) Yd , la consommation, avec Yd le revenu disponible r le taux d’intérêt réel.


I = 650 - 1000 r , l’investissement des entreprises
1500
N O = 200 - , l’offre de travail des salariés
w
p
M d = 1 Y , la demande réelle de monnaie
P 5
L’offre de monnaie est exogène : M o = M = 1200

1) Déterminer l’expression de la demande de travail des entreprises. En déduire les niveaux


d’emploi, de salaire réel. Montrer que le niveau de la production d’équilibre est Y=3000.
2) Déterminer le taux d'intérêt réel d’équilibre.
3) Déterminer le niveau général des prix.

1
4) L’Etat souhaite atteindre un solde budgétaire équilibré et mène une politique budgétaire
restrictive : DG = - 150 ; les impôts sont inchangés DT = 0 .
a ­Déterminer les effets de cette politique sur les différents agrégats.
b­ Commenter.
5) Reprendre la question 4 dans le cas d’une politique monétaire restrictive : DM = -120 .
6) À l’aide des questions précédentes expliquer comment obtenir de faibles taux d'intérêt
nominaux à long terme selon la logique Classique ?

Exercice 2 : Modèle IS­LM à prix flexibles en économie fer mée (11 points)

On considère une économie fermée à trois agents (ménages, Etat et entreprises) où les prix
sont parfaitement flexibles et les salaires nominaux sont rigides à la baisse. Ils s’établissent à
un niveau ( W ) tel que le salaire réel qui en résulte est supérieur au salaire réel de plein

emploi W( P) PE
.

Hypothèses :
La courbe d’offre globale est :
ìïYO = 1000 P Si P £2
í O
ïîY = 2000 sin on

Les impôts et les dépenses publiques sont exogènes : T = 160 ; G = 160

C = 0.75 Yd + 120 , la consommation des ménages avec Yd le revenu disponible


I = 150 - 200 i , l’investissement des entreprises i le taux d’intérêt nominal.
L’expression de la demande réelle de monnaie est :
ìM d
ï = 0.25Y + 310 - 200 i si i ³ 3.75%
í P
ïSinon i = 3.75%
î
L’offre nominale de monnaie est exogène : M o = M = 605

1) Expliquer pourquoi la courbe d’offre globale est une fonction croissante des prix pour tout
niveau de prix inférieur à un certain niveau PMax , puis une fonction indépendante des prix si

ces derniers sont supérieurs à PMax . Faire trois graphes représentant le marché du travail, la
fonction de production et la courbe d’offre globale.

2
2) Expliquer pourquoi la courbe de demande globale est une fonction décroissante des prix
pour tout niveau de prix supérieur à PMin , puis une fonction indépendante des prix si ces

derniers sont inférieurs à PMin . Faire deux graphes représentant le schéma IS­LM à prix

flexibles et la courbe de demande globale.


3)
a­ Montrer que l’équilibre économique global est : YA = 1100 ; PA = 1.1; i A = 17.5%
b­ Vérifier l’équilibre emplois­ressources.
c­ Représenter la situation sur deux graphes : l’un où figurent les courbes IS et LM, l’autre les
courbes d’offre et de demande globales. On notera A le point ( YA , PA ).
4) On suppose que les autorités monétaires mènent une politique
expansionniste DM = +127.05
a­ Montrer que la nouvelle courbe de demande globale a pour expression :
ì D 1464.10
ïY = si P ³ 1.21
í P
ïsin on Y D = 1210
î
b­ Calculer le nouvel équilibre (YB , PB , iB ) .

c­ Représenter les situations A et B sur un nouveau graphe où figurent Y D et YO en abscisses


et P en ordonnées.
d­ Analyser les effets (ex­ante et ex­post) de la politique monétaire sur le revenu, le taux
d’intérêt et les prix (vous pouvez vous aider d’un nouveau schéma IS­LM).
5) Quelle politique économique doit être menée pour accroître le niveau de production
d’équilibre à partir du point B ? Justifier graphiquement vos propos.

3
CORRIGE MACROECONOMIE ­ LICENCE 2

JANVIER 2006

Exercice 1 : Modèle Classique (10 points)

1) Demande de travail des entreprises :


ìïMax P = P Y - W N - c K
N d telle que í Nd

ïîSC Y = f ( N )

¶Y W 150 W
Þ P - W = 0 Þ PmN = soit 0.5
=
¶N P N P
2
æ 150 ö
Þ Nd = ç ÷
çW ÷
è Pø
Emploi, salaire réel et production d’équilibre :
2
1500 æ 150 ö
NO = Nd Þ 200 - = ç ÷
W çW ÷
P è Pø
2
2 W æW ö
Þ 150 + 1500 - 200 ç ÷ = 0
P èPø
*
æW ö
Þ ç ÷ = 15 ; N * = 100 ; Y* = 3000
èPø

2) Taux d’intérêt réel d’équilibre : r * tel que offr e =demande de capitaux

Demande de capitaux : I + G - T = 650 - 1000 r + 650 - 500 = 800 - 1000 r

Offre de capitaux : S = Yd - C avec Yd = 3000 - 500 = 2500 et C = 2000 - 2000 r

4
Þ S = 500 + 2000 r

Equilibre : I + G - T = S Þ 800 - 1000 r = 500 + 2000 r Þ r ° = 10%

3) Niveau général des prix

P tel que Offre = demande de monnaie M = 1200 et M d = 600 P Þ P * = 2

4) Politique budgétaire pour obtenir un budget équilibr é : DG = -150 ; DT = 0


a) Effets de cette politique
Þ Déplacement de la demande de capitaux vers la gauche (graphe 4) Þ æ r de 10 à 5%

1 ­Equilibre du marché du travail 4­ Marché des capitaux


W/P r
Offre S(r)

r=10%
I(r)+D
W r=5%
( ) * = 15
P
Demande I(r)

N=100 N I+D, S

Y Y
3­Mé de la monnaie
2­Fonction de production

Y=3000

Y=4000/P

N=100 N P
P=2

5
La réduction des dépenses publiques provoque la disparition du déficit bdgétaire Þ la
demande de capitaux devient : I = 650 - 1000 r

L’offre de capitaux est inchangée : S = 500 + 2000 r Þ r * = 5%


4b) La politique budgétaire restrictive n’a aucun effet sur la production, l’emploi et le niveau
général des prix.
La baisse du taux d'intérêt Þ une hausse de l’investissement et de la consommation (baisse de
l’épargne pour un revenu inchangé) : Þ DI + DC = +150
Þ l’ä de la demande privée (C+I) compense intégralement la æ de la demande
publique. DI + DC = - DG
Þ Selon cette logique il faut réduire les déficits publics puisque cela n’a aucun effet sur les
niveaux de la production et de l’emploi (la æ des taux d'intérêt réels Þ une substitution de la
demande privée à la demande publique).

5) Politique monétaire restrictive DM = -120


a) Effets de cette politique
­ Le marché du travail n’est pas affecté Þ les niveaux de salaire réel et d’emploi sont
*
æW ö * *
inchangés ; la fonction de production est identique Þ ç ÷ = 15 ; N = 100 ; Y = 3000
èPø

­ Les comportements d’offre et de demande de capitaux sont inchangés Þ r * = C te = 10%


­ Seul le marché de la monnaie est affecté :
La masse monétaire æ de 10% (120/1200) Þ pour un niveau de production inchangé, le
niveau général des prix doit æ de 10% (P*=1.8) pour rétablir l’équilibre sur le marché de la
DP DM
monnaie. On retrouve la théorie quantitative de la monnaie = .
P M
La politique monétaire n’a aucun effet réel. Seules les variables nominales sont affectées : les
prix æ et les salaires nominaux, parfaitement indexés sur l’inflation dans ce modèle, æ aussi
de 10%, ce qui garantit la stabilité du salaire réel Þ les niveaux d’emploi et de production
d’équilibre restent constants.
6) Pour obtenir de faibles taux d' intérêt nominaux à long ter me il faut, en considérant la
relation de Fisher : iLT » rLT + p& a :
­ diminuer les déficits publics de façon à æ les taux d'intérêt réels
­ mener des politiques monétaires restrictives de façon à réduire l’inflation (anticipée)

6
Exercice 2 : Modèle IS­LM à prix flexibles en économie fer mée (10 points)

1) Courbe d’offre globale avec salaires nominaux rigides à la baisse

Par hypothèse les prix sont parfaitement flexibles mais les salaires nominaux sont rigides à la
baisse. Ils s’établissent à un niveau ( W ) tel que le salaire réel qui en résulte est supérieur au

salaire réel de plein emploi W( P) PE


.

Dans ce cas, la demande de travail est inférieure à l’offre Þ le niveau d’emploi d’équilibre est
déterminé par la demande de travail et l’offre globale dépend de la quantité de travail
demandée.

Si W( P )> (W P ) PE
Þ N d < N O Þ N * = N d et YO = f ( N d )

Toute ä des prix Þ une æ du salaire réel Þ ä de la demande de travail Þ ä de la


production

Þ la courbe d’offre est une fonction croissante du niveau général des prix jusqu’à un certain
niveau Pmax.

Si P devient supérieur à un niveau maximum, le salaire réel devient, ex­ante, inférieur au


salaire réel d’équilibre.
Þ la demande de travail est supérieure à l’offre des salariés Þ ces derniers négocient des
hausses de salaires nominaux (W est rigide à la baisse mais non à la hausse). Dans ce cas
toute hausse de prix s’accompagne d’une hausse du salaire nominal. Ex­post, le salaire réel
est constant et égal au niveau de plein emploi.
Þ à partir de Pmax, l’offre globale ne dépend plus du niveau général des prix.

7
Explication graphique :

Marché du travail
W/P
No

W /P

Courbe d’offre globale


(W / P )PE
Nd

NPE N P YO

Y
Y=f(N)

YPE Pmax

Y=f(Nd)

NPE N YPE Y

2) Courbe de demande globale

Il existe autant de courbes LM qu’il existe de niveau général des prix. Si les prix æ,
l’offre réelle de monnaie ä Þ déplacement de LM vers la droite Þ æ i Þ ä I privé Þ ä Y
(partie décroissante de la courbe de demande).
Quand le taux d'intérêt est égal au taux de trappe à liquidités, il ne peut plus baisser et
l’investissement privé ne peut plus augmenter quand les prix baissent. La demande (Y) est
alors maximale et indépendante du niveau des prix (partie verticale de la courbe de demande).

8
i LM(M/P0)
LM(M/P0) LM(M/P1) LM(M/PMin)

Pmin<P1<P0
i0

i1

iT
IS

Y0 Y1 YMax Y

P0

PMin

Y0 Y1 YMax Y

3a) Equilibre économique global

Courbe IS : Y = k ( DA- b i) avec DA = C 0 - cT0 + G0 + I 0 = 310 ; k = 4

Þ ( IS) Y = 1240 - 800 i

1æM ö
Courbe LM : Y = çç - M 0 + b i ÷÷ si i ³ 3.75%
aè P ø

1 æ 605 ö 2420
Soit ( LM ) Y = ç - 310 + 200 i ÷ = - 1240 + 800 i si i ³ 3.75%
0.25 è P ø P

Il faut exprimer les courbes IS et LM sous la forme i = f (Y)

9
ì 1240 - Y
ïï( IS ) i = 800 2420
í Þ 1240 - Y = Y - + 1240
ï( LM ) i = 1 æç Y - 2420 + 1240 ö÷ P
ïî 800 è P ø

1210
Þ YD = si i ³ 3.75%
P

D
Calcul de la demande maximum : i = iT dans (IS) Þ YMax = 1240 - 800 * 0.0375 = 1210

Calcul de PMin : intersection des 2 parties de la courbe de demande globale


1210
PMin tel que = 1210 Þ PMin = 1
P

Courbe de demande globale :


ì D 1210
ïY = si P > 1
í P
ïY D = 1210 sin on
î

Equilibre économique global : offre = demande

ìYO = 1000 P si P £ 2
ï 1210 140
í D 1210 Þ 1000 P = Þ PA = 1.1 ; YA = 1100 ; i A = = 17.5%
ïY = si P ³ 1 P 800
î P

Þ L’équilibre économique se situe dans la partie décroissante de la courbe de demande


globale et la partie croissante de la courbe d’offre.

3b­ Equilibre emplois­ressources

Cet équilibre (identité comptable) signifie que tout ce qui a été offert (Y=1100) a été demandé
à des fins de consommation (C=825), d’investissements privé et public (I=115 ; G = 160).
Y = 1100 et C + I + G = 825 + 115 + 160 = 1100

10
3c­ Représentation graphique

IS
i LM(M/PA)

A LM(M/PMin)

iA=17.5%

iT

YA=1100 1210 Y

1.1

Y
1100 1210 2000

4) Politique monétaire expansionniste : DM = +127.05


a­ Courbe de demande globale
DM / P 127.05 508.2
Les courbes LM se déplacent vers la droite de = 4´ =
a P P
2928.2
Þ ( LM ' ) Y = - 1240 + 800 i si i ³ 3.75%
P
La courbe IS est inchangée :
( IS) Y = 1240 - 800 i

Il faut exprimer les courbes IS et LM’ sous la forme i = f (Y)

ì 1240 - Y
ïï( IS ) i = 800 2928.2
í Þ 1240 - Y = Y - + 1240
ï( LM ) i = 1 æç Y - 2928.2 + 1240 ö÷ P
ïî 800 è P ø

11
1464.10
Þ YD = si i ³ 3.75%
P

D
Calcul de la demande maximum : i = iT dans (IS) Þ YMax = 1240 - 800 * 0.0375 = 1210

Calcul de PMin : intersection des 2 parties de la courbe de demande globale


1464.10
PMin tel que = 1210 Þ PMin = 1 .21
P
4b­ Equilibre économique global

Courbe de demande globale :


ì D 1464.10
ïY = si P > 1.21
í P
ïY D = 1210 sin on
î
La courbe d’offre globale est inchangée :
ìïYO = 1000 P Si P £ 2
í O
ïîY = 2000 sin on

D
Þ PB = 1.21 = PMin ; YB = 1210 = YMax ; i = iT = 3.75% Trappe à liquidités

Þ La politique monétaire a Þ une æ des taux d'intérêt Þ hausse de la production et ä des


prix.

c­ Représentation graphique

YO
DM > 0
P YD

1.21 B

1.1

1100 1210 2000 Y

12
4d­ Effets de la politique monétaire expansionniste

Ex­ante : A prix constants (P A= 1.1) la hausse de la masse monétaire Þ un déplacement de


la courbe LM vers la droite, le taux d'intérêt baisse et la production et les prix augmentent.
Ex­post : les prix ä (P B= 1.21) Þ l’offre réelle de monnaie æ et la courbe LM se déplace
vers la gauche (pour retourner au point B en situation de trappe à liquidités, voir graphe).

i
LM(M/PA) LM(M’/PB)
DM > 0
IS

LM(M’/PA)

iA=17.5% A ä Prix

iB=iT=3.75%

Y
YA YB

5­ Politiques économiques à partir du point B

En B nous sommes en situation de trappes à liquidités


Þ la politique monétaire est inefficace pour relancer la production car elle ne peut faire æ
les taux d’intérêt. La courbe LM se décale vers la droite suite à une ä de l’offre de
monnaie mais les valeurs du taux d'intérêt, de la production et des prix restent inchangées.

i
LM(M’/PB)

IS DM > 0
LM(M’’/PB)

B
iB=iT

YB Y

13
Politique budgétaire en situation de trappe à liquidités :

La politique budgétaire est efficace pour relancer la croissance. L’efficacité de cette


politique est toutefois plus faible que dans un modèle à prix fixes : l’ä de la production Þ
une ä des prix Þ æ de l’offre réelle de monnaie Þ déplacement vers la gauche de LM et
ä supplémentaire du taux d'intérêt (passage du point B’ au point C sur le graphe).

i LM(M’/PC)
IS’ LM(M’/PB)
DG > 0 C PC>PB
IS
iC

iB’ B’

IS

B
iB=iT

YB Y

14

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