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Complications

Le document présente les résultats d'enquêtes sur l'avortement en Côte d'Ivoire entre 2018 et 2020. Près de 6 femmes sur 10 ayant subi un avortement ont déclaré des complications potentielles, les femmes sans études, pauvres et en milieu rural étant les plus touchées. L'accès aux soins post-avortement dans les centres de santé primaires est insuffisant, en particulier pour les femmes défavorisées.

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Complications

Le document présente les résultats d'enquêtes sur l'avortement en Côte d'Ivoire entre 2018 et 2020. Près de 6 femmes sur 10 ayant subi un avortement ont déclaré des complications potentielles, les femmes sans études, pauvres et en milieu rural étant les plus touchées. L'accès aux soins post-avortement dans les centres de santé primaires est insuffisant, en particulier pour les femmes défavorisées.

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PERFORMANCE MONITORING FOR ACTION

Le traitement des complications liées aux


avortements à risque est essentiel pour
améliorer la santé des femmes ivoiriennes
Résultats des enquêtes sur l’avortement de PMA de 2018 à 2020
en Côte d’Ivoire

Résultats clés
Près de 6 femmes sur 10 (58%) La disponibilité des soins post- Les femmes défavorisées, qui
ayant rapporté avoir eu recours à avortement (SPA) dans les centres sont les plus à risque d’utiliser
l’avortement ont indiqué avoir subi de santé primaires, qui desservent des méthodes d’avortement
des complications potentielles. Les la majorité de la population, n’est non-recommandées, et d’en
femmes sans études formelles, pas adéquate : un quart (25%) des subir des complications, ont
pauvres et vivant en milieu centres de santé primaires publics aussi le moins de chances
rural sont les plus susceptibles rapportent ne pas fournir de SPA, d’accéder aux SPA pour traiter
de subir les effets négatifs et cela est le cas de plus de la des complications potentielles.
pouvant nécessiter un traitement moitié (57%) des centres de santé
additionnel. primaires du secteur privé.

« Je ne suis pas allée à l’hôpital. Je n’avais pas l’argent, je ne recevais pas l’argent. Donc j’ai vu une camarade qui travaillait
chez les chinois. Elle m’a donné des comprimés chinois…Parce que les médicaments chinois sont moins chers. Et puis ça, ça
les libère de leur mal. Si elles ont un souci, ça les libère. Donc elles vont, elles vont partir là-bas. »
– Femme célibataire, 30 ans et 1 enfant au moment de l’avortement

Les soins post-avortement sont des soins de santé primaires essentiels

En Côte d’Ivoire, l’avortement n’est d’environ 10% des décès maternels en et l’accessibilité aux SPA en Côte
autorisé par la loi que pour sauver la Côte d’Ivoire, dont presque tous sont d’Ivoire, en utilisant les données de
vie de la femme ou dans les cas d’un évitables.2,3 Les SPA, soit le traitement Performance Monitoring for Action
viol. Pourtant, l’avortement est courant de complications liées à un avortement (PMA) collectées en 2018 et 2020.4
en Côte d’Ivoire, et 63% d’entre eux à risque, réduisent les décès associés Ces informations peuvent être utilisées
sont les plus à risque1 (référés ci-après aux avortements à risque et peuvent par les agents de santé afin d’informer
simplement comme « à risque »), améliorer les résultats de santé des les améliorations des programmes de
impliquant des méthodes non- femmes défavorisées, en particulier. santé reproductive et la prestation de
recommandées (toute méthode SPA aux femmes de Côte d’Ivoire. Les
autre que l’avortement chirurgical ou Cette fiche d’information présente des plaideurs, les prestataires de santé et
médicamenteux) d’une source non- données probantes sur les disparités les organisations de la société civile
clinique. L’avortement à risque, qui est observées dans les complications sont aussi invités à en faire usage
plus courant chez les femmes pauvres liées à l’avortement, la réception pour promouvoir les changements
et vivant en milieu rural, est la cause d’un traitement post-avortement, nécessaires.

1
Bell, S. O., et al. (2020). “Induced abortion incidence and safety in Cote d’Ivoire.” PLOS ONE 15(5): e0232364.
2
Singh, S., et al. (2018). “Abortion Worldwide 2017: Uneven Progress and Unequal Access Abortion Worldwide 2017: Uneven Progress and Unequal Access.”
3
Say, L., et al. (2014). “Global causes of maternal death: a WHO systematic analysis.” Lancet Glob Health 2(6): e323-333.
4
Les détails sur la méthodologie de l’étude de 2018 sont fournis ailleurs (voir la citation 1) ; les données de 2020 ont été collectées en assurant le suivi des femmes ayant déclaré un
avortement dans l’étude de 2018.

Résultats des enquêtes sur l’avortement de PMA de 2018 à 2020 en Côte d’Ivoire, Avril 2021 1
Disparités des symptômes et complications liées à l’avortement

Les résultats démontrent que les inégalités dans le niveau de sécurité de l’avortement1 se manifestent aussi par
des disparités dans les complications liées à l’avortement. Les femmes sans études formelles, pauvres et vivant en
milieu rural ont déclaré plus fréquemment avoir eu besoin d’un traitement additionnel après leur procédure.

Complications potentielles

des femmes ayant rapporté avoir eu recours à 69% 67% 60%


58% l’avortement ont indiqué avoir subi au moins
une complication. Les complications les plus des femmes des femmes des femmes sans
souvent mentionnées sont l’avortement en situation de vivant en milieu études formelles
incomplet (27%), les douleurs utérines durant pauvreté rural
plus de 3 jours (18%), et la fièvre (13%).
étaient plus susceptibles de rapporter avoir subi des complications.

1 complication rapportée sur 5 était


potentiellement grave : saignements (au point des femmes ont subi de fortes douleurs
d’avoir le vertige ou pendant plus de trois 31% pendant leur procédure d’avortement.
semaines), pertes vaginales, fièvre, ou encore
perforation de l’utérus.

Les complications potentiellement graves ont deux fois plus de chances de se produire après des avortements à risque (25%)
comparées aux avortements impliquant des méthodes recommandées de sources cliniques (13%).

« Ce sont des risques puisqu’il fallait, il faut à tout prix se libérer. Pendant qu’on prend ça on a un peu peur. On se dit
qu’avec ce qui nous suit ça vaut le coup d’essayer ; maintenant si ça ne marche pas, on court maintenant vers les
hôpitaux. »
– Femme mariée, 42 ans et 5 enfants au moment de l’avortement

Pourcentage de femmes ayant déclaré avoir subi des complications potentielles par
caractéristiques socio-démographiques

Niveau d’études Niveau de bien-être économique

Jamais scolarisées 60% Le plus pauvre 69%

Primaire 60% Intermédiaire 62%

Secondaire 55% Le plus riche 49%

Supérieur 53%
Milieu de résidence

67% 52%
Rural Urbain

Résultats des enquêtes sur l’avortement de PMA de 2018 à 2020 en Côte d’Ivoire, Avril 2021 2
Les soins post-avortement sont essentiels mais difficiles d’accès

La disponibilité des SPA est faible dans les centres de santé primaires qui desservent la majorité de la population.
Les femmes défavorisées, qui sont le plus à risque d’avoir recours à des méthodes d’avortement non-
recommandées, ont aussi le moins de chances d’accéder aux SPA pour traiter des complications potentielles.
En tant qu’élément essentiel des soins obstétricaux d’urgence, des efforts ciblés sont nécessaires pour assurer
l’accès équitable aux SPA de qualité pour toutes les femmes.

Disponibilité des SPA


80% des structures de santé sont des centres de santé Pourcentage des femmes vivant à moins
primaires publics, dont 25% n’ont pas indiqué offrir des de 10 km d’une structure offrant des SPA,
SPA ; le pourcentage des centres de santé primaires remplissant tous les critères pour fournir des
n’offrant pas de SPA s’élève à 57% dans le secteur privé. SPA de base, ou remplissant tous les critères
pour fournir des SPA complets.
Pourcentage des structures offrant des SPA
Niveau d’études
par type
Jamais 72%
Public de référence 94% 54%
scolarisées 17%
Public primaire 75% 80%
61%
Privé primaire 43% Primaire 23%
90%
Secondaire 78%
Accessibilité des SPA 35%
100%
des femmes en âge de procréer en Côte Supérieur 94%
80% d’Ivoire vivent à moins de 10 kilomètres d’une
structure de santé fournissant des SPA.
53%

Lieu de résidence
Cependant, elles sont moins nombreuses à vivre aussi près
57%
d’une structure ayant tous les médicaments et l’équipement 34%
requis pour fournir des SPA de base et de qualité (63%) ou Rural 8%
des SPA complets (25%).* 94%
Urbain 82%
36%

Les femmes sans études formelles, vivant en Niveau de bien-être économique


milieu rural et en situation de pauvreté ont moins
de chance de vivre à proximité d’une structure Le plus 51%
31%
fournissant des SPA ou d’un établissement pauvre 6%
comprenant tous les éléments de base ou 87%
complets des soins post-avortement. Intermédiaire 63%
19%
99%
Le plus riche 94%
47%
« Pour une jeune fille, par exemple, qui se trouve
dans un milieu rural… elle n’a pas accès…En ville
n SPA de tout type n Base* n Complet*
ici, les filles, moi, ça seulement je le dis haut et
fort parce qu’ici, les gens ont vite recours soit aux
*Les SPA de base comprennent le retrait des produits retenus à ≤12 semaines
médicaments chinois, soit aux cliniques pour faire de gestation, des antibiotiques, des ocytociques, des fluides de remplacement
intraveineux, et des contraceptifs ; les SPA complets comprennent tous les
les avortements. Voilà. » éléments des SPA de base plus le retrait des produits retenus à >12 semaines de
– Femme célibataire, 28 ans et 1 enfant au moment de gestation, la transfusion sanguine, la laparotomie, la disponibilité des services SPA
l’avortement 24/7, et les méthodes de contraception réversibles à longue durée d’action.

Résultats des enquêtes sur l’avortement de PMA de 2018 à 2020 en Côte d’Ivoire, Avril 2021 3
Traitement des complications

des femmes ont reçu un traitement ou pris des médicaments additionnels pour répondre à des
Seules complications potentielles ou des avortements incomplets.
42%
Parmi ces femmes, 59% ont reçus ces soins en clinique.

« Moi, je préférerais, parce que la plupart même, ceux même qui le font dans les cliniques, c’est encore mieux qu’à
l’indigénat parce qu’à l’indigénat, là, ça les tue même en désordre. Ici aussi ça les tue mais très souvent. Oh, j’en
connais plein même qui sont morts même, pleins ».
– Femme divorcée, 40 ans et 2 enfants au moment de l’avortement

Recommandations
Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique de Côte d’Ivoire et les organisations de la société civile (Organisation
Nationale pour l’Enfant, la Femme et la Famille) peuvent prendre les mesures suivantes pour améliorer l’accès aux soins
post-avortement (SPA) et réduire les lésions et les décès maternels liés à l’avortement à risque :

• Assurer la disponibilité de l’avortement sans risque et • Assurer la disponibilité de services contraceptifs de


des SPA dans la plus grande mesure permise par la loi, qualité et sur la base du libre choix dans l’ensemble du
particulièrement dans les centres de santé primaires. système de santé.
• Augmenter la disponibilité des SPA de base dans les • Informer les communautés et les femmes sur la
centres de santé primaires publics et privés. Cela peut contraception, les risques liés à l’avortement impliquant
être accompli à travers des formations aux médecins, les méthodes non-recommandées, les SPA, ainsi que les
sages-femmes et infirmiers/ères, et l’approvisionnement établissements où obtenir ces services.
en commodités nécessaires, dont les kits d’aspiration
manuelle et les comprimés de mifépristone et misoprostol.

Les prestataires, les organisations non-gouvernementales et les membres de la société civile sont invités à utiliser
ces données probantes pour plaider auprès des décideurs en faveur de changements aux niveaux national, régional
et local. Pris ensemble, ces changements ont le potentiel d’atténuer considérablement les inégalités d’accès aux
soins post-avortement et à l’avortement sans danger, et de réduire par centaines les décès maternels évitables liés
à l’avortement à risque qui ont lieu chaque année en Côte d’Ivoire.

Qu’est-ce que PMA ?


Le projet PMA est mis en œuvre par des universités et organisations de recherche locales dans 9 pays, déployant des femmes enquêtrices formées à la collecte de
données sur téléphone portable. L’Institut National de la Statistique de Côte d’Ivoire (INS-Côte d’Ivoire) et la Coordination du Programme National de Santé de la
Mère et de l’Enfant (DC-PNSME) au sein du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique ont mis en œuvre l’enquête PMA2020 en Côte d’Ivoire en 2018, tandis
que l’Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d’Economie Appliquée (ENSEA) a mené l’enquête de suivi de 2020 sur l’avortement, sous la direction générale
et avec l’appui de l’Institut Bill & Melinda Gates pour la Population et la Santé de la Reproduction à l’École de Santé Publique Bloomberg de l’Université de Johns
Hopkins. Un donateur anonyme a apporté le financement nécessaire au développement, la mise en œuvre et l’analyse du module d’enquête sur l’avortement.

BILL & MELINDA GATES INSTITUTE for


POPULATION and REPRODUCTIVE HEALTH

Résultats des enquêtes sur l’avortement de PMA de 2018 à 2020 en Côte d’Ivoire, Avril 2021 4

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