Étapes de la chaîne graphique imprimée
Étapes de la chaîne graphique imprimée
Tout projet de publication part d’un besoin précis de communication d’un client ou d’une entreprise.
Chaque produit en pré-impression est unique car chaque client est unique, avec des besoins, des idées, un
budget, un échéancier et des attentes précises.
Il y a une quinzaine d’années, l’industrie des arts graphiques nécessitait un spécialiste à chaque étape du
travail de production (graphiste, typographe, photograveur, illustrateur, monteur, pelliculeur).
Voyons un peu les étapes qu’un imprimé aura à suivre en partant du besoin du client jusqu’à la
publication et la mise en marché.
Étape 1 :la rencontre du client
Phase de gestion
Les acteurs de cette phase sont le client, le représentant et l’estimateur.
La rencontre du client
Avec ses idées et surtout ses besoins, le client détermine le budget qu’il y consacrera
et l’échéancier de la réalisation d’un tel projet. Après concertation entre les différents
départements impliqués, il attribue un mandat à un fournisseur qui pourrait bien être
une agence de publicité ou un atelier de production.
Le projet est pris en main par un représentant aux ventes qui rencontre le client et
s’occupe de faire réaliser le mandat.
Étape 2 : Estimation
Phase de gestion
L’estimateur doit évaluer le coût de la production en tenant compte des critères
suivants :
• le type de produit ;
• le support et le format de l’imprimé (choix du papier, coût vs qualité) ;
• le procédé d’impression ;
• la quantité d’imprimés à produire ainsi que le nombre de versions
différentes ;
• le nombre de couleurs (quadrichromie, couleurs en aplat, vernis etc.
L’estimateur doit présenter une soumission au client et la faire approuver avant d’aller plus loin.
Étape 4 : la numérisation
Phase de production
L'infographe attitré à la tâche de numérisation des images peut recevoir
divers types de documents analogiques :
• diapositives format 35 mm, 4" x 5" ou 8" x 10" ;
• photographies de tailles variées ;
• originaux variés (tableaux, gravures, etc.).
Une fois les images numérisées, il effectue habituellement les tâches
suivantes grâce à un logiciel de traitement de l’image tel Adobe Photoshop :
1. recadrage ou détourage de l’image en fonction du format fini ;
2. retouches chromatiques de l’image (calibration de l’écran) ;
3. ajustement de la résolution en fonction de la linéature ;
4. réalisation de photomontages au besoin ;
5. choix de l’environnement colorique (CMYK, RVB) et choix du format de sauvegarde ;
6. enregistrement en basse résolution pour la maquette de travail et haute résolution pour le final.
De plus en plus, les images photographiques sont remises à l'infographe en format numérique.
Toutefois, les 6 tâches précédentes doivent quand même être réalisées pour la suite du projet.
Étape 5: la production
Phase de production
À cette étape, le projet entre en production active. On peut noter les étapes suivantes réalisées par
l'infographe :
• réception des textes sur support informatique ou par réseau ;
• nettoyage et correction des textes ;
• approbation des textes par le client (après corrections d’auteur)* ;
• enregistrement des textes dans un format de fichier approprié pour la mise en pages ;
• copie du résultat final sur le serveur ;
• production d'images vectorielles à l'aide d'un logiciel vectoriel comme Adobe Illustrator ;
• production d'images matricielles (illustrations ou photomontages) à l'aide d'un logiciel comme Adobe
Photoshop.
* à partir de cette approbation, les corrections subséquentes sont aux frais du client.
Viennent ensuite les étapes d'assemblage et de mise en page réalisées grâce à un logiciel comme Adobe
InDesign CS3 :
• réception et vérification du dossier de production ;
• identification des éléments du projet (textes, images, polices de caractères) inscrits dans le dossier de
production ;
• regroupement, dans un même dossier, de tous les fichiers nécessaires à la réalisation du travail et
production d’une copie de sauvegarde ;
• communication avec le responsable du projet si il y a des problèmes ;
• réalisation du gabarit de mise en page selon la maquette et intégration des éléments de montage
(textes et images) ;
• installation des polices de caractères ;
• calibrage du texte, respect du code typographique, interlignages, crénage, règles typographiques
(espaces fixes, utilisation de l’italique, ligatures, etc.) ;
• réalisation des épreuves intermédiaires en couleur ou en noir et blanc, selon les spécifications
inscrites au dossier et remise au correcteur d’épreuves, puis au client qui doit les approuver par une
signature ;
• corrections à la mise en page et production d’une nouvelle épreuve intermédiaire à être approuvée
par le client, si nécessaire ;
• réalisation d’une copie de sauvegarde des fichiers.
Étape 6 : la pré-impression
Phase de production
À ce stade de la production, le client a approuvé le travail des étapes
précédentes grâce à une épreuve numérique. En général, ce genre d'épreuve ne
reproduit pas toutes les caractéristiques d'un imprimé de haute qualité... Les
prochaines étapes nous assureront d'obtenir un produit imprimé de qualité.
L'imposition :
L'imposition permet d'optimiser l'utilisation des ressources (papier, plaques, etc.) pour réduire les coûts au
minimum. Les facteurs à considérer sont :
• la sorte de presse utilisée pour l'impression ;
• le format de la plaque et surface imageable ;
• la position des pince.
Les grandes étapes sont les suivantes :
• réception et vérification du dossier de production ;
• mise à jour des éléments ;
• réalisation du gabarit d'imposition selon le plan de pliage ;
• création du fichier d'imposition en tenant compte des repères de coupe, de pliage et de centrage, des
bandes de contrôle de couleurs et des indications de couleurs).
Cette étape consiste à vérifier une liste des différents éléments qui constituent notre publication.
Cette vérification concerne :
• les polices de caractères ;
• la présence de toutes les images ;
• la résolution des images ;
• le système de couleur des images ;
• la conformité avec les épreuves précédentes.
Suite à une vérification positive lors du pré-envol, on procède à la sortie des films ou des plaques.
Les grandes étapes de la sortie des films sont :
1. mise à jour des éléments, remplacement des images basse résolution par les images haute résolution
(système OPI) ;
2. identification du type de film requis, de la presse utilisée, du format de la plaque et de la surface
imageable ;
3. réglage des fonctions de tramage sur l’imageuse (linéature, angle de trame, forme du point) ;
4. création du document Postscript (inclure les polices, vérifier la résolution et les différents niveaux de
compression) ;
5. imposition informatique (gabarit fourni par les presses, pinces) ;
6. transfert des fichiers vers l’imageuse ;
7. tirage des films ;
8. vérification des films.
Étape 8 : la sortie des épreuves
analogiques
Phase de production
Dans quelques cas, le client (qui peut être un spécialiste de la
communication) veut approuver une épreuve de haute qualité qui permet de
vérifier toutes les caractéristiques techniques du projet avant de procéder à
l'impression qui est l'étape la plus dispendieuse de la production.
Les épreuves analogiques (Matchprint, ColorKey, bleus, etc.) sont produites
grâce aux étapes suivantes :
1. réception et vérification du dossier de production ;
2. identification du ou des types d’épreuves requis selon le dossier de
production ;
3. vérification de la propreté des films ;
4. tirage des épreuves à partir des films ;
5. montage des épreuves ;
6. coupe des épreuves au format demandé ;
7. vérification des épreuves (registre, format, recouvrement, fonds perdus, présence de tous les
éléments) ;
8. acheminement des épreuves au client.
Il arrive que des modifications soient apportées à l’épreuve finale et ce, à la demande du client. Il peut s’agir
d’un changement de texte, de prix, de photos ou même, d’une erreur de distraction lors de la correction des
épreuves laser.
Le client est responsable des épreuves intermédiaires qu’il approuve. Tout changement apporté à
l’épreuve finale relève de sa responsabilité. Le client doit donc assumer les frais encourus par les
changements demandés, à moins bien sûr qu’il ne s’agisse d’une erreur de la part du service de
production.
Étape 9 : la sortie des plaques
Phase de production
Le support de reproduction final pour un imprimé est la plaque. Elle peut avoir été fabriquée par
procédé photolithographique (comme dans le passé) mais la nouvelle technologie (CTP) permet de passer à
l'étape des plaques sans fabriquer de films (étape 7).
En général, la production de plaques implique les étapes suivantes :
1. tirage des épreuves numériques (impression couleur haute
qualité) ;
2. identification du type de plaque à utiliser ;
3. réglage de l’insolateur de plaques ;
4. insolation et tirage des plaques ;
5. traitement des plaques ;
6. vérification des plaques à l’aide de l’épreuve.
La façon moderne de produire les plaques se nomme «Direct à la
plaque» ou Computer to Plate (CTP) en anglais.
Le CTP évite l’étape de production des films en faisant l’insolation directe des plaques.
Avantages :
• réduit l’utilisation de produits chimiques, des temps de développement et nécessite moins
d’employés ;
• précision accrue de l’exposition des plaques et repérage presque parfait ;
• moins d’engraissement de point car on élimine l’étape d’exposition, majoritairement responsable de
celui-ci.
L’archivage des données
Les entreprises spécialisées en pré-impression font l’archivage des données numériques du client au cas où
il serait utile de les réutiliser plus tard dans une autre langue ou pour une réimpression avec ou sans
changements.
1. réception du matériel à archiver ;
2. vérification des informations contenues dans le dossier de production ;
3. archivage des fichiers sur le support
approprié ;
4. mise à jour de la banque de photos et des bases de données.
L'offset
L’offset est un procédé d’impression indirect fondé sur l’effet de répulsion entre l’eau et les corps gras.
La surface de la forme imprimante — la «plaque» — est travaillée selon une méthode photochimique
et est dissociée en une partie non imprimante hydrophile (accepte l’eau et repousse l’encre grasse).
L’impression est indirecte car l’élément imprimant comporte trois cylindres :
1. le cylindre sur lequel la plaque est fixée, soit : le cylindre porte-plaque ;
2. le cylindre intermédiaire, soit : le cylindre porte-blanchet, dont la surface est recouverte d’un tapis
caoutchouté, le blanchet ;
3. le cylindre de pression (ou de contre-pression). À chaque tour du cylindre porte-plaque, la plaque
imprimante reçoit l’eau distribuée par un dispositif de mouillage ; l’encre est ensuite répartie par la
batterie d’encrage.
L’image ainsi formée sur la plaque est décalquée par contact sur le blanchet, puis reportée sur le support
d’impression sous l’action du cylindre de pression.
Il y a deux grands types de presse offset :
1. les presses à feuilles : presses dont les dimensions varient de 25 po x 38 po à 38 po x 50 po. Servent
à la majorité des impressions ;
2. les presses rotatives : journaux, magazines, papier d’emballage cadeaux, impressions commerciales.
La vitesse est le principal avantage de ces presses qui peuvent atteindre 100 milles /h. Dans la plupart
des presses il y a des plieuses en lignes qui convertissent les feuilles en cahiers.
Graphiste
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Le terme de graphiste correspond à un cursus précis dispensé dans des écoles qui préparent aux différents
métiers du graphisme. Connaissance de la typographie, de l'usage des signes et des images, de l'art de la
mise en page, composent les bases de l'enseignement qui peut se voir compléter par des spécialisations dans
le domaine de l'imprimé (édition), de l'interactivité (web, multimédia), voire de l'illustration ou de
l'animation (motion design).
Le Photograveur
Que fait-il ?
Effectue l'ensemble des opérations nécessaires à la reproduction et à la mise en forme de documents
originaux en noir et blanc ou en couleur (photo, dessin...) sur un matériel technique (film, cliché zinc,
typon...) destiné à la réalisation de la forme imprimante. Choisit le mode de reproduction du document
original, prépare et réalise la sélection après avoir effectué les réglages nécessaires (trame, contraste,
lumière...) et procède à la mise en forme du document sur différents supports techniques (film, cliché...).
Peut aussi réaliser les opérations de montage et d'imposition du document.
Compétences associées
- Maîtriser les techniques de la photographie.
- Posséder des notions de chimie et les connaissances technologiques liées au traitement de la couleur.
Illustrateur
Selon le Dictionnaire de l'Académie française, un illustrateur est un artiste chargé de l'illustration d'un
ouvrage. L'exemple est donné de Gustave Doré qui fut l'illustrateur célèbre de Rabelais, Jean de La Fontaine
et du « Don Quichotte ». Les illustrateurs ont également excellé dans le domaine de la mode, la
collaboration de Gruau avec la maison Christian Dior en est un bel exemple.
Dans un sens plus large, un illustrateur est un artiste graphique qui met ses talents au service d’un projet afin
de l'imager. Ce projet peut être un livre, une illustration de mode pour la Haute couture ou pour un
magazine, une campagne publicitaire, un produit commercial, une notice technique, un site internet, etc.
Histoire
Il est probable que le métier d'illustrateur soit très ancien. Les textes de lois d'Hammourabi dans la
Mésopotamie antique sont illustrés de son portrait. Les moines du Moyen Âge illustrèrent (enluminèrent) les
manuscrits. On peut toutefois considérer la profession d'illustrateur telle que nous la connaissons comme
étant apparue vers la Renaissance avec l'arrivée de l'imprimerie et des techniques modernes de gravure. Elle
connût son apogée dans la mode à partir du début du XXe siècle avec des artistes comme Erté ou Gruau et
trouve aujourd'hui un nouveau débouché avec les medias high-tech comme internet.
Certains esprits critiques, sans doute attirés par l’image romantique du peintre mourant de faim à cause de
son génie non reconnu, ont reproché aux illustrateurs de vendre leur art. Il faut cependant se souvenir que le
mécénat a existé pendant des siècles et que Michelange n'a pas illustré la Chapelle Sixtine uniquement pour
l'amour de l'art. Van Gogh est un génie mort dans le besoin mais il est probable qu'il aurait apprécié de
vendre un peu plus de son œuvre de son vivant. L'image de l'artiste libre de contraintes financières est donc
un concept moderne qui ne doit pas déshonorer une profession respectable.
D'autres ont reproché aux illustrateurs de ne travailler que sur des formats et avec des média non nobles.
C'est oublier rapidement les plus grands noms de l'illustration américaine tels Howard Pyle ou N.C. Wyeth
ou française Erté,Gruau et beaucoup d'autres qui produisirent de véritables tableaux réduits ensuite à des
dimensions plus adaptées à la publication.
Les artistes qui ont consacré la totalité ou presque de leur carrière à l’illustration sont rares. On peut penser à
Alfons Mucha, Frank Frazetta. Mais il est encourageant de constater que des artistes de milieux divers y
soient venus à un moment ou un autre. Que cela soit parmi les grands peintres tels Picasso, parmi les
dessinateurs de Bandes dessinées tels Hergé, Jacques Tardi ou Yves Chaland ou les designers de mode
actuels comme Julien Fournié ou Christian Lacroix. Sans oublier bien sûr les écrivains qui ont illustré leurs
propres livres, tels Rudyard Kipling, Beatrix Potter, Antoine de Saint-Exupéry ou Jean de Brunhoff.