Analyse 4
Analyse 4
1 Préliminaires 3
1.1 Espaces vectoriels normés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Normes équivalentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Topologie : ouvert, fermé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Suites dans un espace métrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Convergence dans un e.v.n . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.2 Suite de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.3 Suite bornée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Espace de Banach . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4 Convexité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.5 Applications continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.6 Applications k-Lipschitzienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.7 Homéomorphisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.8 Applications linéaires continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.9 Compacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.10 Fonctions continues sur un compact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3 Différentiabilité 15
3.1 La différentielle d’une fonction composée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.2 Matrice Jacobienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.3 Théorème des accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.4 Inégalité des accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.5 Plan tangent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.6 Applications du théorème des accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.7 Une deuxième expréssion du théorème des accroissements finis . . . . . . . . . . . . . 23
1
2 TABLE DES MATIÈRES
6 Intégrales généralisées 37
6.1 Intégrales impropres de 1re espèce . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
Chapitre 1
Préliminaires
3. Norme usuelles sur C([a, b], K). Soient a et b des nombres réels tels que a < b. L’ensemble
C([a, b], K) des fonctions continues sur [a, b] à valeur dans K est un K-espace vectoriel. Les
applications
k.k1 , k.k2 , k.k∞ : C([a, b], K) → R+ ,
définies, pour toute fonction continue f : [a, b] → K, par
! 21
Z b Z b
kf k1 = |f (x)| dx, kf k2 = |f (x)| dx, kf k∞ = sup |f (x)| .
a a x∈[a,b]
3
4 CHAPITRE 1. PRÉLIMINAIRES
5. Normes de Hölder sur C([a, b], K). Soit p ∈ [1, +∞[. L’application.
! p1
Z b
p
[Link] : C([a, b], K) → R+ , f 7→ kf kp = |f (x)| ,
a
est une norme sur C([a, b], K). Pour tout f ∈ C([a, b], K) on a
lim kf kp = kf k∞ .
p→+∞
0
alors les normes k.k et k.k ne sont pas équivalentes.
Exemple 1.1.2. Les normes k.k1 et k.k∞ sur C([0, 1], R) ne sont pas équivalentes. En effet, soit
(fn )n≥1 la suite dans C([0, 1], R) définie par
où E est un e.v.n forme une distence sur E. Dans ce cas (E, d) est un espace métrique. La fonction
d elle s’appelle la distence associée á la norme définit dans E.
1.2. SUITES DANS UN ESPACE MÉTRIQUE 5
Proposition 1.1.2. Soit E un e.v.n. La distance associée à la norme k.k, elle véerifie, en plus des
conditions (i), (ii) et (iii) de la définition 1.1.1, les propriétés suivantes :
(iv) ∀λ ∈ K, ∀(x, y) ∈ E 2 ; d(λx, λy) = |λ| d(x, y).
(v) ∀(x, y, z) ∈ E 3 ; d(x + z, y + z) = d(x, y).
Proposition 1.1.3. Soit (E, d) un espace métrique. On suppose que E est un espace vectoriel sur K
et que la distance d vérifie aussi les conditions (iv) et (v) de la proposition 1.1.2. Alors l’application
k.k : E × E → R+ définie par kxk = d(0, x) est une norme sur E. La distance associée à cette norme
est la distance d.
Remarque 1.1.2. La distance triviale d : R2 → R+ définie pour tous x et y dans R par d(x, y) = 1
si x 6= y et d(x, x) = 0 n’est associée à aucune norme sur R car elle ne vérifie pas la condition (iv).
Proposition 1.2.1. (Unicité de la limite) Si une suite de E converge vers les éléments l1 et l2 de
E alors l1 = l2 .
kxp − xq k ≤ ε.
1.4 Convexité
Il s’agit d’une notion spéciale aux espaces vectoriels.
Proposition 1.4.1.
Aconvexe =⇒ Āconvexe;
Aconvexe =⇒ Åconvexe
Définition 1.5.1. On dit que l’application f : A ⊂ E −→ F est continue en a ∈ A si pour tout ε > 0,
il existe η > 0, tel que pour tout x ∈ A ;
1.7 Homéomorphisme
L’application f : A ⊂ E −→ B ⊂ F est un homéomophisme si :
1. f est bijective de A dans B
2. f est continue
3. f −1 est continue.
1.9 Compacité
Définition 1.9.1. Soit E un e.v.n (ou un espace métrique). L’ensemble K ⊂ E est compact si de
toute suite de points de K, on peut extraire une sous-suite convergeant vers un point de K.
Remarque 1.9.1. Un compact est fermé.
Théorème 1.10.3. (Heira) Toute fonction continue sur un compact est uniformément continue. i.e.
Définition 2.0.1. Une fonction réelle de plusieurs variables est une fonction définie de Rn à valeurs
dans R.
Soit
f: Rn −→ R
x = (x1 , x2 , · · · , xn ) 7−→ f (x).
ou
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ Df ; kx − ak < η =⇒ kf (x) − f (a)k < ε,
avec Df le domaine de définition de la fonction f .
2. Pour une fonction d’une seule variable, il ya un seul chemin à parcourir pour joindre x à a.
Mais pour une fonction de plusieurs variables, il ya une infinité de chemins à parcourir pour
faire tendre x vers a.
3. lim f (x, y) 6= lim lim f (x, y).
(x,y)→(a,b) x→ay→b
Exemple 2.1.1. ( xy
, si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = x2 + y 2
0, si (x, y) = (0, 0)
Proposition 2.1.1. La fonction f est continue en a si et seulement si pour toute suite (xn )n ∈ Df
qui tend vers a, la suite (f (xn ))n tend vers f (a).
9
10 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES
Exemple 2.1.2. ( xy
, si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = x2+ y2
0, si (x, y) = (0, 0)
1 1
Pour Un = , , n ∈ N∗ .
n n
Proposition 2.1.2. Si la fonction f a pour limite l en a, la restriction de f à toute courbe continue
passant par a, admet la même limite l.
Remarque 2.1.2. Pour prouver qu’une fonction de plusieurs variables n’admet pas de limite en a,
il suffit d’expliciter une restriction à une courbe continue passant par a qui n’admet pas de limite, ou
deux restrictions qui conduisent à des limites différentes.
Exemple 2.1.3.
|x + y|
, si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = x2 + y 2
0, si (x, y) = (0, 0)
Théorème 2.1.1. (
lim f (x, b) = l
x→a
lim f (x, y) = l =⇒ lim f (a, y) = l
(x,y)→(a,b)
y→b
Proposition 2.1.3. Si deux suites de vecteurs (Un )n et (Vn )n tendent vers a telles que
∂f ∂f
Exemple 2.2.1. .Pour f (x, y) = x2 y, (x, y) = 2xy et (x, y) = x2 .
∂x ∂y
.Pour
( xy
, si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = x2+ y2
0, si (x, y) = (0, 0)
∂f ∂f
(0, 0) = (0, 0) = 0.
∂x ∂y
Remarque 2.2.1. Pour une fonction de plusieurs variables l’existence des dérivées partielles en un
point n’implique pas la continuité en ce point.
Définition 2.2.1. Une fonction f : U ⊂ Rn −→ R esr dite de classe C 1 (U ) si toutes les fonctions
dérivées partielles premières existent et sont continues sur U .
∂f
Définition 2.3.1. Si toutes les fonctions dérivées partielles premières sont de classe C 1 , alors f
∂xi
est dite de classe C 2 .
Généralisation : la fonction f : U ⊂ Rn −→ R est dite de clase C k (U ) où k ∈ N si et seulement
si les dérivées partielles jusqu’à l’ordre k existent et sont continues.
∂2f ∂2f
∀i, j = 1, · · · , n; i 6= j on a = .
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
12 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES
ϑ: R −→ U ⊂ Rn
t 7−→ ϑ(t) = (x1 (t), · · · , xn (t)) ;
ϑ f
est aussi de classe C 1 , alors la fonction composée f ◦ ϑ R −→ U ⊂ Rn −→ R, est de classe C 1 et sa
dérivée est donnée par
n
0
X ∂f
(f ◦ ϑ) (t) = (x1 (t), · · · , xn (t)) x0i (t).
i=1
∂xi
∂g ∂f ∂x ∂f ∂y
(u, v) = +
∂u ∂x ∂u ∂y ∂u
et
∂g ∂f ∂x ∂f ∂y
(u, v) = + .
∂v ∂x ∂v ∂y ∂v
∂f
fe0 i (a) = (a).
∂xi
0 ∂f 0 ∂f
f(1,0) (x, y) = (x, y) = y, f(0,1) (x, y) = (x, y) = x.
∂x ∂y
Remarque 2.6.2. Les dérivées partielles premières représentent les pentes de la fonction en un point
suivant les vecteurs de la base canonique de Rn .
2.7. VECTEUR GRADIENT 13
Propriétés algébriques :
Si les dérivées partielles premières des fonctions f, g : Rn −→ R existent, alors on a
∂ (f + g) ∂f ∂g
(i) = + .
∂xi ∂xi ∂xi
∂ (f g) ∂f ∂g
(ii) = g+f .
∂xi ∂xi ∂xi
f ∂f ∂g
∂ g−f
g ∂xi ∂xi
(iii) Si g 6= 0, = .
∂xi g2
Propriétés :
Si les dérivées partielles de f, g : Rn −→ R existent, alors on a
(i) ∇ (f + g)(a) = ∇ f (a) + ∇ g(a).
(ii) ∇ (f g)(a) = ∇ f (a) g(a) + f (a) ∇ g(a).
f 1
(iii) ∇ ( )(a) = 2 (∇ f (a) g(a) − f (a) ∇ g(a)).
g g (a)
14 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES
Chapitre 3
Différentiabilité
L’application L est appelée différentielle de f en a et elle est notée Df (a) = Df (a) = L ou df (a) =
df (a) = L. 3.1 devient
o(h)
f (a + h) − f (a) = Df (a) + o(h), avec lim = 0.
h→0 khk
Exemple 3.0.1. Pour f (x, y) = x2 y. La différentielle de f au point (x, y) est Df (x, y) = 2xy + x2 ,
en effet, soit h = (h1 , h2 ) ∈ R2
avec
yh21 + 2xh1 h2 + h21 h2
lim p = 0.
(h1 ,h2 )→(0,0) h21 + h22
Proposition 3.0.1. Si la différentielle L d’une fonction f : U ⊂ Rn −→ R existe, elle est unique.
Preuve :
Supposons qu’il existe L1 , L2 ∈ L(U, R) telles que
|f (a + h) − f (a) − L1 (h)|
lim = 0,
h→0 khk
15
16 CHAPITRE 3. DIFFÉRENTIABILITÉ
et
|f (a + h) − f (a) − L2 (h)|
lim = 0,
h→0 khk
alors
|L1 (h) − L2 (h)|
lim = 0,
h→0 khk
prenons h = t υ avec t > 0 et kυk = 1, faisons tendre t vers 0, on a
|L1 (t υ) − L2 (t υ)|
0 = lim = L1 (υ) − L2 (υ).
t→0 t
Donc L1 et L2 sont égales sur la sphère unité de Rn , par linéairité, il suit que L1 = L2 .
Proposition 3.0.2. Si f est une fonction différentiable en x ∈ U , alors f est continue en x.
Preuve :
On a
f (x + h) − f (x) = Df (x)(h) + o(h),
il suit par linéairité de DF (x) que
lim f (x + h) = f (x),
h−→0
i.e. f est continue en x.
Définition 3.0.2. On dit que f : U ⊂ Rn −→ R est différentiable sur U si elle est différentiable en
tout point x ∈ U . Dans ce cas, on appelle différentielle de f la fonction
Df : U ⊂ Rn −→ L(U ⊂ Rn , R)
x = (x1 , x2 , · · · , xn ) 7−→ Df (x) = dfx .
Si de plus, Df est continue on dit que f est continument différentiable, ou f est de classe C 1 .
Exemple 3.0.2. Soit la fonction
f: R2 −→ R
(x, y) 7−→ f (x, y) = x2 + y 2 .
Soit h = (h1 , h2 ) ∈ R2 .
f ((x, y) + h) − f (x, y) (x + h1 )2 + (y + h2 )2 − x2 − y 2
lim = lim p
h→0 khk (h1 ,h2 )→(0,0) h21 + h22
2xh1 + 2yh2 + h21 + h22
= lim p
(h1 ,h2 )→(0,0) h21 + h22
2xh1 + 2yh2 p 2
= lim p + h1 + h22
(h1 ,h2 )→(0,0) h21 + h22 negligeable
forme linéaire
Propriétés :
Soient f et g deux fonctions différentiable en un point a.
(i) d(f + g)(a) = df (a) + dg(a).
(ii) d(f g)(a) = df (a) g(a) + f (a) dg(a).
df (a) g(a) − f (a) dg(a)
(iii) si g(a) 6= 0, d( fg )(a) = .
g 2 (a)
Corollaire 3.0.1. Soit f : U ⊂ Rn −→ Rp une fonction de classe C 1 (U ). On suppose que U est
convexe. Si toutes les dérivées partielles de f sont nulles sur U , alors f est constante sur U .
Remarque 3.0.1. Si la fonction f : U ⊂ Rn −→ R est différentiable en tout point x de U , alors
n
X ∂ f (x)
df (x) = dxi .
i=1
∂ xi
Exemple 3.0.3.
f: R2 −→ R
(x, y) 7−→ f (x, y) = x3 − y 2 − x.
f est une fonction polynômiale en x et en y, donc f est de classe C ∞ sur R2 . Pour (x, y) ∈ R2 , on a
Preuve :
Posons k = f (a + h) − f (a), si h → a alors k → 0. On a
donc
dg(f (a))(o(h)) = o(h),
et
o(k) o(k) kkk
0≤ = ,
khk kkk khk
en sait que
o(k)
lim = 0,
k→0 kkk
et on a
kkk kdf (a)(h) + o(h)k kdf (a)(h)k ko(h)k
= ≤ +
khk khk khk khk
khk ko(h)k ko(h)k
≤ C + =C+ ,
khk khk khk
ko(h)k kkk
comme −→ 0, donc est bornée.
khk h→0 khk
kkk
D’où −→ 0, i.e. o(k) = o(h).
khk h→0
∂f (a)
Remarque 3.1.1. L’existence de n’implique pas l’existence de df (a).
∂xi
Exemple 3.1.1.
( xy
, si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = x2 + y 2
0, si (x, y) = (0, 0)
∂f ∂f
(0, 0) = (0, 0) = 0, mais df (0, 0) n’existe pas.
∂x ∂y
f : I⊂R −→ Rp
x 7−→ f (x) = (f1 (x), · · · , fp (x)),
Preuve :
Soit l’application
δ j : Rp −→ R
x 7−→ δj (x) = xj .
f δj
On a I −→ Rp −→ R.
(⇒) fj (x) = δj (f (x)).
est différentiable en a.
D’où f est différentiable en a.
hn
20 CHAPITRE 3. DIFFÉRENTIABILITÉ
f: R2 −→ R3
2
(x, y) 7−→ f (x, y) = (3x + y, sin y, ex + y 2 ).
f: U ⊂ Rn −→ Rp
x = (x1 , · · · , xn ) 7−→ f (x) = (f1 (x), · · · , fp (x)).
∂f1 ∂f1
(a) · · · (a)
h1
∂x1 ∂xn
df (a)(h) = Jf (a) · h = .. .. ..
· ..
. . . .
∂fp ∂fp
hn
(a) · · · (a)
∂x1 ∂xn
∂f1
Pn
i=1 (a)hi
∂xi
=
..
.
P
n ∂fp
i=1 (a)hi
∂xi
Propriétés :
Soient f, g : U ⊂ Rn −→ Rp et λ ∈ R. Si f et g sont différentiables en un point a ∈ U , alors
1. Ja (λf + g) = λJa (f ) + Ja (g).
2. Ja (f g) = f (a)Ja (g) + g(a)Ja (f ).
3. Le produit scalaire x 7→< f (x), g(x) > est différentiable en a et sa différentielle en a est donnée
par la formule
d(< f, g >)(a)(h) =< f (a), dg(a)(h) > + < df (a)(h), g(a) > .
3.3. THÉORÈME DES ACCROISSEMENTS FINIS 21
Ja (g ◦ f ) = Jf (a) (g) · Ja (f ).
~ >,
f (b) − f (a) = dc f (b − a) =< ∇f (a + θ(b − a)) , ab θ ∈]0, 1[.
Preuve :
Soit l’application
g: [0, 1] −→ Rn
t 7−→ g(t) = (1 − t)a + tb.
Quand t parcourt le segment [0, 1] de R, g(t) parcourt le segment [a, b] de U ⊂ Rn . La fonction g est
différentiable, et sa différentielle au point t ∈ [0, 1] est
dt g : R −→ Rn
h 7−→ h(b − a).
f étant différentiable en tout point de ]a, b[, alors f ◦ g : Rn −→ Ω ⊂ R est différentiable sur ]0, 1[⊂ R
et on a
0 1 1
(f ◦ g) (t) = dt (f ◦ g)(h) = dg(t) f ◦ dt g (h)
h h
1
= dg(t) f (h(b − a))
h
= dg(t) f h(b − a) · · · (1)
par application du théorème des accroissements finis à la fonction scalaire d’une variable réelle f ◦ g
continue sur [0, 1] et dérivable sur ]0, 1[, il existe une constante t0 ∈]0, 1[ telle que
0
(f ◦ g) (t0 ) = (f ◦ g) (1) − (f ◦ g) (0) = f (b) − f (a). · · · (2)
∂f ∂f
z = f (a) + (x − xa ) (a) + (y − ya ) (a),
∂x ∂y
Preuve :
Pour montrer l’existence, considérons la suite (Un )n ⊂ E définie par
U0 = 0, ∀n ∈ N; Un+1 = f (Un ),
f (x) = x, f (y) = y, x 6= y.
c’est absurde.
3.7. UNE DEUXIÈME EXPRÉSSION DU THÉORÈME DES ACCROISSEMENTS FINIS 23
Soit f une fonction définie sur un ouvert non vide U ⊂ Rn à valeur réelle, ou plus généralement f
une fonction définie d’un ouvert non vide U d’un e.v.n E à valeur dans un e.v.n F .
Si f est différentiable dans U , sa différentielle
Df = df : U ⊂ E −→ L(E, F )
x 7−→ df (x).
Remarque 4.1.1. On a
? L2 (E, F ) l’espace des fonctions f : E 2 −→ F bilinéaire et continue.
? Ln (E, F ), n ∈ N∗ l’espace des fonctions f : E n −→ F n-linéaire et continue.
L’application
ϕ : L (E, L(E, F )) −→ L2 (E, F )
f 7−→ ϕ(f ) = g.
est un isomorphisme, de plus g est définie comme suit
g(x, y) = f (x)(y).
Comme ϕ est un isomorphisme et kf k = kgk, alors f ≡ g cela nous permet d’itentifier d2 f (a) à un
élément de L2 (E, F ). i.e. d2 f (a) ∈ L2 (E, F ). Alors d2 f (a) est une application bilinéaire continue.
En générale
dn f (a) = d(dn−1 f )(a) ∈ Ln (E, F ),
est une application n-linéaire continue.
25
26 CHAPITRE 4. DIFFÉRENTIELLE D’ORDRE SUPÉRIEUR
df (x + h1 , y + h2 ) − df (x, y).
Exemple 4.2.2. Soit E un espace de Banach sur R, ϕ : E 2 −→ R une application bilinéaire continue.
On définit la forme quadratique q : E −→ R par q(x) = ϕ(x, x). Alors q ∈ C ∞ (E) et
alors
∂f
df (a)(ei ) = (a),
∂xi
par définition on a
df (a + h)(k) − df (a)(k) = d2 f (a)(h, k) + o(h)(k). (4.1)
Dans (4.1) prenons h = tei , k = ej on obtient
1 1 1
(df (a + tei )(ej ) − df (a)(ej )) = d2 f (a)(tei , ej ) + o(tei )(ej ),
t t t
implique
1 ∂f ∂f
lim (a + tei ) − (a) = d2 f (a)(ei , ej ),
t→0 t ∂xj ∂xj
donc
∂2f
d2 f (a)(ei , ej ) = (a).
∂xi ∂xj
Remarque 4.3.1.
∂2f ∂2f
d2 f (a)(ei , ej ) = (a) = (a) = d2 f (a)(ej , ei ).
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
∂2f ∂2f
Mais si d2 f (a) n’existe pas, alors (a) et (a) peut exister sans queles soit égaux.
∂xi ∂xj ∂xj ∂xi
Exercice 4.3.1. f : R2 −→ R avec
x2 − y 2
xy , si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = x2 + y 2
0, si (x, y) = (0, 0)
On a
∂2f ∂2f
(0, 0) 6= (0, 0),
∂x∂y ∂y∂x
∂2f ∂2f
car les dérivées secondes (x, y) et (x, y) ne sont pas continues en (0, 0).
∂x∂y ∂y∂x
Remarque 4.3.2. Dérivées partielles d’ordre supérieur : Soient x, y ∈ Rn tels que
n
X n
X
x= xi ei , y = yj ej .
i=1 j=1
Xn n
X
d2 f (a)(x, y) =d2 f (a) xi ei , yj ej
i=1 j=1
n X
X n
= d2 f (a)(ei , ej )xi yj .
i=1 j=1
28 CHAPITRE 4. DIFFÉRENTIELLE D’ORDRE SUPÉRIEUR
Donc
n
X ∂2f
d2 f (a)(x, y) = xi yj (a).
i,j=1
∂xi ∂yj
Preuve :
On pose
(1 − t)2 2 (1 − t)n n
ψ(t) = f (x+th)+(1−t)df (x+th)(h)+ d f (x+th)(h, h)+· · ·+ d f (x+th)(h, h, · · · , h).
2! n!
Alors ψ est de classe C 1 sur [0, 1] et
(1 − t)n n+1
ψ 0 (t) =d f (x + th)(h, h, · · · , h),
n!
la formule de Taylor avec reste intégral se réduit alors à
Z 1
ψ(1) − ψ(0) = ψ 0 (t) dt.
0
4.4. FORMULES DE TAYLOR 29
n+1
1 2 1 C khk
f (x + h) − f (x) − df (x)(h) − d f (x)(h, h) − · · · − dn f (x)(h, h, · · · , h) ≤ .
2! n! | {z } (n + 1)!
nfois
Preuve :
On pose
(1 − t)2 2 (1 − t)n n
ψ(t) = f (x+th)+(1−t)df (x+th)(h)+ d f (x+th)(h, h)+· · ·+ d f (x+th)(h, h, · · · , h),
2! n!
C(1 − t)n+1
g(t) = − .
(n + 1)!
On a pour tout t ∈ [0, 1]
kψ 0 (t)k ≤ g 0 (t),
et pour un théorème des accroissements finis, il suit
où ε(h) −→ 0 lorsque h −→ 0.
Conclusion
2
f (a + h) = f (a) + f (a1 , h2 ) + f (h1 , a2 ) + f (h1 , h2 ) + o khk .
Remarque 4.4.1.
f (a + h) =f (a1 + h1 , a2 + h2 )
=f (a1 , a2 ) + f (a1 , h2 ) + f (h1 , a2 ) + f (h1 , h2 )
=f (a) + f (a1 , h2 ) + f (h1 , a2 ) + f (h).
2
C’est le développement limité de Taylor-Young avec o khk = 0.
Remarque 4.4.2. Si ϕ est symétrique, pour prouver que ϕ est bilinéaire il suffit de prouver qu’il est
linéaire par rapport a l’une des composante.
Pour n = 2, i.e. f : R2 −→ R, on a
2 X
2
X ∂2f
d2 f (a)(h, k) = (a) hi kj
i=1 j=1
∂xi ∂xj
2
∂2f ∂2f
X
= (a) hi k1 + (a) hi k2
i=1
∂xi ∂x1 ∂xi ∂x2
∂2f ∂2f ∂2f ∂2f
= 2 (a) h1 k1 + (a) h1 k2 + (a) h2 k1 + (a) h2 k2 .
∂x1 ∂x1 ∂x2 ∂x2 ∂x1 ∂x22
Le but de cette section est de trouver des conditions pour qu’un point (x0 , y0 ) soit un point extrémal
d’une fonction de deux variables. Dans le cas d’une fonction dérivable d’une seule variable, on sait
que la dérivée première s’annule en un extremum. La nature de l’extremum, minimum ou maximum
dépend de la dérivée seconde si elle existe. Dans le cas d’une fonction de deux variables admettant
des dérivées partielles à l’ordre 2, si (x0 , y0 ) est un extremum, alors les dérivées partielles sont nulles.
La nature de l’extremum est alors donnée par les dérivées partielles secondes. La situation est plus
complexe que dans le cas d’une seule variable.
Soit f une fonction définie d’un ouvert non vide U d’un e.v.n E à valeur dans R.
∀x ∈ U ; f (x) ≥ f (a).
31
32 CHAPITRE 5. EXTREMA ET POINTS CRITIQUES
3. On dit que f admet en a ∈ U un minimum local s’il existe un voisinage ouvert V de a tel que
∀x ∈ V ; f (x) ≥ f (a).
∀x ∈ U ; f (x) ≤ f (a).
6. On dit que f admet en a ∈ U un maximum local s’il existe un voisinage ouvert V de a tel que
∀x ∈ V ; f (x) ≤ f (a).
Un extremum ( local, srict) est un point qui est soit un minimum, soit un maximum (local, strict).
∂g ∂g
(x, y) = 2x + 4y, (x, y) = 2y + 4x.
∂x ∂y
∂g
(x, y) = 2x + 4y = 0
∂x
∂g
(x, y) = 2y + 4x = 0
∂y
g(x, 0) = 5x2 − 2 > g(0, 0) et g(x, −x) = −2x2 − 2 < g(0, 0).
Ainsi, prés de (0, 0) qu’on veut, g prend des valeurs supérieurs et inférieurs à g(0, 0). Donc (0, 0)
n’est pas un extremum local de g. Comme (0, 0) est le seul point critique de g, g n’admet pas
d’extremum local.
34 CHAPITRE 5. EXTREMA ET POINTS CRITIQUES
df (a) + λdg(a) = 0.
f (x) ≥ f (a)
Elle est dite strictement convexe si l’inégalité ci-dessus est stricte lorsque x 6= y et θ ∈]0, 1[.
5.4. CONVEXITÉ ET MINIMA 35
Théorème 5.4.1. Soit f une fonction différentiable sur un ouvert U d’un R-espace de Banach E et
soit C un sous-ensemble convexe de U . Alors f|C est convexe si et seulement si, pour tous x, y ∈ C,
d2 f (x)(y − x, y − x) ≥ 0.
Résumé
La première partie de la recherche d’un extremum consiste donc à trouver les points d’annulation
des dérivées partielles premières. Une fois ces points trouvés, il faut en déterminer la nature. Un point
où les dérivées partielles première s’annule n’est pas nécessairement un extremum. Un tel point est
appelé point stationnaire. Soit (x0 , y0 ) un point stationnaire de la fonction f . Trois cas peuvent se
produire :
− (x0 , y0 ) est un maximum, c’est-à-dire qu’il existe un domaine D autour de (x0 , y0 ) tel que pour
tout (x, y) ∈ D, f (x, y) ≤ f (x0 , y0 ) ;
− (x0 , y0 ) est un minimum, c’est-à-dire qu’il existe un domaine D autour de (x0 , y0 ) tel que pour
tout (x, y) ∈ D, f (x, y) ≥ f (x0 , y0 ) ;
− (x0 , y0 ) n’est ni un maximum, ni un minimum, c’est-à-dire que pour tout domaine D contenant
(x0 , y0 ), contient aussi des points (x, y) et (x0 , y0 ) tels que f (x, y) < f (x0 , y0 ) et f (x, y) >
f (x0 , y0 ). Un tel point est appelé point selle.
Pour distinguer de tels extrema, il est nécessaire de considérer la dérivée seconde.
36 CHAPITRE 5. EXTREMA ET POINTS CRITIQUES
Chapitre 6
Intégrales généralisées
Objectifs :
En première année, on a étudié l’intégrale d’une fonction définie et continue sur un intervalle
fermé borné de R. Dans ce chapitre, on va étudier le cas d’une fonction continue sur un intervalle
(a, b) (−∞ ≤ a < b ≤ +∞) sans être continue sur [a, b]. Ainsi on rencontrera du calcul d’intégrale :
Exemple 6.0.1. intégrales de type :
Z +∞ Z 1 Z π
sin x 2 tan x dx.
dx, ln x dx,
0 x 0 0
Définition 6.0.2. Une fonction f : I ⊂ R −→ R est dite localement intégrable sur I, si elle est
intégrable sur tout intervalle compact de I.
Exemple 6.0.2. La fonction f définie par :
0, si x est rationnel
f (x) =
1, si x est irrationnel
Si les limites ci-dessus existent et sont finies, on dit que les intégrales impropres qu’elles définissent
convergent, si non on dit qu’elles divergent.
37