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Biologie

Ce document présente des informations sur les valeurs culturelles positives de la société traditionnelle malienne, notamment les alliances à plaisanterie (cousinage ou sanankouya) qui tempèrent les tensions entre communautés, ainsi que sur l'histoire du Mali, de la colonisation à l'indépendance et la mise en place du multipartisme.

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Biologie

Ce document présente des informations sur les valeurs culturelles positives de la société traditionnelle malienne, notamment les alliances à plaisanterie (cousinage ou sanankouya) qui tempèrent les tensions entre communautés, ainsi que sur l'histoire du Mali, de la colonisation à l'indépendance et la mise en place du multipartisme.

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République du Mali

Ministère de l’Éducation Nationale

Académie d’enseignement de Bougouni

Lycée Kalilou FOFANA de Bougouni

Compilation : El Hadje DIABATE

Révision : Juin 2016


LES VALEURS CULTURELLES POSITIVES

DE LA SOCIÉTÉ TRADITIONNELLE

LEÇON 1 : LES PARENTÉS À PLAISANTERIE


(COUSINAGE OU SANANKOUYA)

LES ALLIANCES À PLAISANTERIE :

1 - Définition : Les alliances à plaisanterie ou cousinage à plaisanterie sont


des relations qui tempèrent le climat entre les membres d’une communauté.
Elles apaisent les tensions et les empêchent de dégénérer en conflits ouverts.

Les alliances à plaisanterie sont le plus souvent un pacte sacré scellé par les
ancêtres entre deux noms de famille, deux ethnies, deux villages, deux
quartiers, pacte fondé sur des relations amicales, des liens de non-agression,
de respect, de solidarité et d’assistance mutuelle. Elles se présentent comme
une instance de réconciliation garante de la stabilité sociale et dont la
pratique existe depuis des siècles dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest
notamment le Mali.

2 - Les niveaux de manifestation des alliances à plaisanterie :

Au Mali, les niveaux de manifestation des alliances à plaisanterie ou


cousinage à plaisanterie sont nombreux. On peut retenir :

a - Le niveau familial : Ce sont des liens entre les beaux-frères et les belles-
sœurs, entre les grands-parents et les petits-enfants, etc. Les alliances
considérées à ce niveau sont appelées « parenté à plaisanterie».

b - Le niveau interethnique/communautaire : Cela se manifeste entre des


ethnies différentes : Soninké et Malinké ; Dôgônô et Somono ; Minianka, Gana
et Sénoufo ; Dôgônô et Songhoï ; Dogônô et Bozo ; Peulh et Forgeron…

c - Le niveau patronymique : Ces liens sont très forts entre certains noms de
famille comme : Koné, Diarra et Traoré ; Keita et Doumbia, Touré, Kouyaté,
etc.

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d - Le niveau intergénérationnel ou classe d’âge : Au Mali, les alliances à
plaisanterie existent entre les éléments d’une même classe d’âge ou de deux
classes d’âge, d’une même génération ou de deux générations qui se suivent.
Dans le respect mutuel, on se chahute sans jamais s’offenser.

De nos jours, la parenté à plaisanterie constitue toujours un important


ciment social, un ciment qu’il faudra renforcer et préserver pour qu’il puisse
s’allier à la modernité.

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LE MALI - LA LUTTE POUR L’ÉMANCIPATION

INTRODUCTION :

LA DÉCOLONISATION DE L’AFRIQUE NOIRE FRANÇAISE


En 1944, à Brazzaville, le général de Gaulle laissait ainsi entendre qu’il était
temps, pour la France, de s’engager "sur la route des temps nouveaux".
Deux ans plus tard, l’empire colonial est remplacé par une Union française,
qui devient Communauté française lors de l’avènement de la Ve République,
en 1958.

En 1946, la constitution de la IVe République accorde aux territoires


colonisés un début d’autonomie et le droit d’élire leurs représentants dans
les assemblées françaises. L’Ivoirien Houphouët Boigny et le Sénégalais
Léopold Sédar Senghor seront même ministres à Paris. La loi-cadre Defferre
accorde en 1956 une large autonomie interne aux territoires africains.
En 1958, le général de Gaulle les laisse choisir entre l’indépendance dans la
sécession et l’appartenance à la Communauté française, présidée par de
Gaulle. À l’exception de la Guinée, toutes les colonies de l’Afrique noire
française optent pour la seconde solution. Elles jouissent désormais d’une
large autonomie interne, seules la défense nationale et la politique étrangère
sont du ressort du gouvernement français.

Peu à peu, toutes ces colonies demandent à la France le transfert des


compétences. Plusieurs nouveaux États indépendants voient ainsi le jour en
1960 : Cameroun, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Dahomey, Gabon, Haute-
Volta, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, République centrafricaine,
Sénégal, Tchad et Togo.

Depuis lors, la France est toutefois parvenue à conserver des liens étroits
avec la plupart de ses anciennes possessions africaines, notamment grâce à
une politique de coopération économique.

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LEÇON 2 : LES RÉVOLTES, LES MOUVEMENTS DE MASSE
(ORGANISATIONS POLITIQUES ET SYNDICALES)

LE CONGRÈS CONSTITUTIF DU

RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE AFRICAIN


Du 18 au 21 octobre 1946, à Bamako, capitale du Soudan français,
Le Rassemblement démocratique africain (RDA) est créé suite au Congrès de
Bamako par Félix Houphouët Boigny et Modibo Keita, respectivement futurs
présidents de la Côte d’Ivoire et du Mali. Elle regroupe les différents partis
politiques des principaux États francophones d’Afrique noire, à savoir la Côte
d’Ivoire, le Gabon, le Cameroun, la Guinée, le Sénégal, le Niger, le Tchad, la
Haute-Volta (actuel Burkina Faso), le Soudan français (actuel Mali) et le
Congo.

Le thème central était : l’unité des africains. Non à l’assimilation, oui à une
union avec la France.

L’objectif du R D A est donc de :

« Augmenter le revenu national africain pour élever le niveau de vie des


populations ».

Par des actions immédiates :

- La transformation des économies africaines en économies modernes ;

- La liquidation des séquelles du pacte Colonial ;

- L’intégration progressive de l’économie africaine dans de plus vastes


ensembles.

Dans presque tous les territoires, il devient la principale force politique.

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LEÇON 3 : DE LA FÉDÉRATION À LA RÉPUBLIQUE DU MALI
Le Mali a été le berceau de trois grands empires : l’empire du Ghana,
l’empire du Mali et l’empire songhoï. Il est par la suite une colonie française
de 1895 à 1960.

L’ancien Soudan français a connu une évolution similaire aux autres pays de
la région. Après avoir obtenu une certaine autonomie administrative en 1956
et s’être prononcé pour l’adhésion à la Communauté française en 1958, le
Soudan français se joint au Sénégal pour former la Fédération du Mali en
1959 (le Soudan, le Sénégal, le Dahomey et la Haute Volta) ; Modibo Keita est
nommé Président de la Fédération du Mali ; la Haute-Volta et le Dahomey se
retirent, dissuadés par la France et par la Côte d’Ivoire.

L’éclatement de la Fédération :

Durant l’été, les dissensions entre Sénégalais et Soudanais se font jour sur
leurs conceptions politiques et les nominations. Pis, le 18 août 1960, sur
ordre de Keïta qui n’en n’informe pas Mamadou Dia, le colonel Soumaré, chef
des forces armées, mobilise les unités de l’armée malienne stationnées à
Podor et Bignona pour sécuriser le prochain scrutin présidentiel, les
Soudanais craignant une sécession des Sénégalais, qui eux, redoutent un
coup de force soudanais. Le conseil des ministres extraordinaire du
lendemain, en présence d’un seul ministre sénégalais, décharge Dia de ses
fonctions et décrète l’état d’urgence.

En réponse, Senghor et Dia, soutenus par la gendarmerie dirigée par les


Sénégalais, font arrêter le colonel Soumaré le 20 août par le commandant de
la Garde républicaine sénégalaise. Le soir même, les députés sénégalais
votent l’indépendance du Sénégal et l’état d’urgence, faisant reconduire le
lendemain à la frontière, Modibo Keïta et les représentants maliens présents
à Dakar.

Le 22 septembre, Modibo Keïta proclame l’indépendance de la République


soudanaise qui garde néanmoins le nom de l’ancienne fédération et devient
la République du Mali. Modibo Keita en devient le leader, rompt avec
l’ancienne puissance coloniale et oriente le nouvel état vers le socialisme à
l’instar de la Guinée et du Ghana.

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LE MALI - LA VIE POLITIQUE

LEÇON 4 : LE MULTIPARTISME, LA DÉMOCRATIE,


L’ÉTAT DE DROIT
A - LE MULTIPARTISME :

Le multipartisme est la caractéristique d’un régime politique où la liberté


d’association permet à plus de deux partis de participer aux débats politiques
et aux élections. C’est un des fondements de la démocratie représentative.

Le multipartisme implique que les autorités acceptent les sensibilités


politiques qui lui sont étrangères et leurs critiques à son égard, c’est une
garantie pour le citoyen de contrôle des actions étatiques, avec la presse
libre, mais aussi de pouvoir librement intervenir sur la scène politique.

Différence avec le Parti unique :

Le multipartisme s’oppose au concept de parti unique, typique des régimes


autoritaires, et plus précisément totalitaires.

B - LA DÉMOCRATIE :

Le terme démocratie est le régime politique dans lequel le peuple est


souverain. Selon Abraham Lincoln (16ème président des États-Unis de 1860 à
1865), la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple,
pour le peuple ». Dans ce système, le peuple exerce sa souveraineté par ses
représentants élus et par voie de référendum. Les droits et libertés
individuels et collectifs sont garantis.

Les caractéristiques de la Démocratie :

Plusieurs éléments sont indispensables pour l’existence d’une vraie


démocratie. Il s’agit entre autres de :

1 - L’existence de plusieurs partis politiques ;

2 - La liberté de la presse et de l’information ;

3 - La liberté d’organisation ;

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4 - L’organisation à intervalles réguliers, d’élections libres ;

5 - La séparation des pouvoirs ;

6 - Le respect des droits humains et des libertés civiles.

7 - La séparation de l’État et des institutions religieuses ;

8 - La séparation de l’État et des partis politiques

Types des démocraties :

La démocratie est devenue un système politique (et non plus un simple


régime) dans lequel la souveraineté est attribuée au peuple qui l’exerce de
façon :

a) directe : Lorsque le régime dans lequel le peuple adopte lui-même les lois
et décisions importantes et choisit lui-même les agents d’exécution,
généralement révocables.

b) indirecte : Lorsque le régime dans lequel des représentants sont élus par
les citoyens, pour un mandat à durée limitée, durant lesquels ils ne sont
généralement pas révocables par les citoyens.

c) semi-directe : Dans le cas de démocraties indirectes dans laquelle le


peuple est cependant appelé à statuer lui-même sur certaines lois, par les
référendums, qui peut être un référendum d’initiative populaire, soit pour
poser un véto à un projet de loi, soit pour proposer un projet de loi.

C - L’ÉTAT DE DROIT :

L’État de droit est un État qui garantit aux individus le respect du droit et
qui se soumet lui-même à la règle de droit.

Dans un État de Droit, tous les actes et décisions sont fondés sur le droit et
le strict respect de la légalité.

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Un État de droit a divers avantages essentiels :

1 - Les lois offrent au citoyen une protection et la sécurité, puisque personne


n’est au-dessus de la loi.

2 - Chacun peut prévoir à peu près ses actions et celles des autres.

3 - Les arbitraires individuels sont limités.

Les caractéristiques de L’État de droit :

1 - La séparation des pouvoirs assurant entre autres, l’indépendance du


pouvoir judiciaire ;

2 - La possibilité de recours ;

3 - Le principe de la conformité des actes et des décisions à la loi ;

4 - Le monopole et l’usage de la violence par l’État sont soumis à la loi. L’État


est la seule et exclusive source de la violence. Il peut déléguer une partie de
cette prérogative conformément à la loi.

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LEÇON 5 : NATURE ET RÔLE D’UNE CONSTITUTION,
D’UNE INSTITUTION

A - LA CONSTITUTION :

1 - Définition : La constitution est l’acte juridique, la loi fondamentale écrite


relative aux institutions politiques dont l’élaboration et la modification
obéissent à des règles particulières. Elle est le texte solennel, la norme
juridique dont toutes les autres normes tirent leur légalité. Elle est à la fois
l’acte politique et la loi fondamentale qui unit et régit de manière organisée
et hiérarchisée l’ensemble des rapports entre gouvernants et gouvernés au
sein d’un État. La Constitution protège les droits et les libertés des citoyens
contre les abus de pouvoir potentiels des titulaires des pouvoirs (exécutif,
législatif, et judiciaire).

La fonction la plus évidente de la constitution est de définir le statut des


gouvernants. Elle institue les pouvoirs publics, fixe leurs compétences et
règle leurs rapports. C’est donc en fonction de ces règles que l’on appréciera
la légalité de l’action des pouvoirs publics.

Une Constitution écrite est généralement organisée en plusieurs parties


appelées titres, eux-mêmes divisés en articles et alinéas.

2 - Les différentes Constitutions du Mali :

Notre pays, de 1960 à nos jours, a connu un certain nombre de textes


fondamentaux qui sont :

a - la Constitution du 22 septembre 1960 ;

b - l’Ordonnance N° 01 du 28 novembre 1968 portant organisation des


pouvoirs publics ;

c - la Constitution du 02 juin 1974 ;

d - l’Acte fondamental N° 01/ CTSP du 31 mars 1991

e - la Constitution du 25 février 1992.

De tous ces textes, la Constitution du 25 février 1992 est celle qui a accordé
une plus grande place aux droits et libertés de l’Homme.
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B - LA CONSTITUTION DU 25 FÉVRIER 1992 :

Adoptée par référendum le 12 Janvier 1992 et promulguée par décret le 25


Février de la même année, la Constitution actuelle s’inspire de la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme et de la Charte Africaine des Droits de
l’Homme et des Peuples. Elle met en place un État de droit et une démocratie
pluraliste dans lesquels les droits et libertés de la personne humaine sont
garantis

1 - La Structuration :

La Constitution du Mali est structurée autour d’un préambule, de titres et


d’articles. Le préambule rappelle le contexte rédactionnel de la Constitution.
Il décrit les valeurs qui caractérisent le peuple malien. Il réaffirme
l’engagement du pays à réaliser l’idéal universel de Droits Humains.

Les titres sont au nombre de dix-huit (18) qui sont les suivants :

- Le titre I : des Droits et devoirs de la personne humaine ;

- le titre II : de l’État et de la souveraineté ;

- les titres III : du Président de la République ;

- le titre IV : du Gouvernement ;

- le titre V : de l’Assemblée Nationale ;

- le titre VI : des rapports entre le Gouvernement et l’Assemblée Nationale ;

- Le titre VII : du pouvoir judiciaire ;

- Le titre VIII : de la cour suprême ;

- Le titre IX : de la cour constitutionnelle ;

- Le titre X : de la haute cour de justice ;

- le titre XI : des collectivités territoriales ;

- le titre XII : du haut conseil des collectivités ;

- le titre XIII : du Conseil Économique, social et Culturel ;

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- le titre XIV : des traités et accords internationaux ;

- le titre XV : de l’Unité Africaine ;

- le titre XVI : de la révision de la Constitution ;

- le titre XVII : des dispositions finales ;

- le titre XVIII : des dispositions transitoires.

Les articles sont au nombre de 122. Ils détaillent les différents titres.

2 - Les Dispositions de fond de la Constitution :

La Constitution du 25 février 1992 est organisée autour de dix-huit titres.

Le titre I est relatif aux droits et devoirs de la personne humaine. Il pose le


principe de l’universalité des droits et libertés en ce sens que tous les maliens
en jouissent dans des conditions d’égalité sans distinction d’origine sociale,
de couleur, de langue, de race, de sexe, de religion et d’opinion politique. À
ceux - ci sont reconnus les droits à la vie, à la liberté, à la sécurité et à
l’intégrité de la personne.

Il est également précisé que la personne humaine est sacrée et inviolable.


Les libertés de conscience, de pensée, d’opinion, d’expression, de création,
d’association, de réunion et de manifestation sont garanties dans le respect
de la loi. Sont également reconnues et garanties, dans les conditions fixées
par la loi, les libertés de pensée et de création artistique et culturelle.

Le titre II traite de l’État et de la souveraineté. Il précise que le Mali est une


République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque et
sociale. Il indique aussi que la souveraineté nationale appartient au peuple
tout en entier qui l’exerce par ses représentants ou par voie de référendum.
Le droit de vote est garanti à tous les citoyens en âge de vote, jouissant de
leurs droits civils et politiques.

Les titres III et IV traitent du Président de la République et du


Gouvernement. En effet, le Président est garant de l’indépendance nationale,
de l’intégrité du territoire, du respect des traités et Accords internationaux
ainsi que du fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Quant au
Gouvernement, il détermine et conduit la politique de la Nation.

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Le titre V décrit l’Assemblée Nationale dont la mission essentielle est le vote
des lois et le contrôle de l’action gouvernementale.

Les titres VII, VIII, IX et X traitent du pouvoir judiciaire qui veille au respect
des droits et libertés définis par la Constitution. La Cour Suprême est chargée
d’appliquer dans son domaine les lois de la république. La Cour
Constitutionnelle est juge de la constitutionnalité des lois et garante des
droits fondamentaux de la personne humaine. Elle se prononce
obligatoirement sur la constitutionnalité des lois organiques ou des autres
lois avant leur promulgation. La Haute Cour de Justice a compétence pour
juger le Président de la République et les Ministres mis en accusation devant
elle par l’Assemblée Nationale.

C - LES INSTITUTIONS DE LA RÉPUBLIQUE DU MALI :

Il n’y a pas un obstacle infranchissable entre constitution et institution. La


première est la loi fondamentale, le texte sacré qui régit le bon
fonctionnement d’un pays, tandis que les institutions sont également
considérées comme un ensemble de règles établies en vue de la satisfaction
d’intérêts collectifs ou encore des organismes comme l’État, le parlement, le
gouvernement dont l’existence est justifiée par la constitution et devant se
confronter aux normes sociales établies par cette dernière.

Pour la bonne marche de la société, il y a une sorte d’interdépendance entre


constitution et institution car ne pas respecter les institutions c’est violer la
constitution qui les garantit et la méconnaissance de la constitution implique
celle des institutions.

Selon la constitution du 25 février 1992, il y a Huit Institutions en


République du Mali. Ces différentes institutions participent à la fois à la
séparation et à l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le
judiciaire.

1 - Le Président de la République est le Chef de l’État. Il est le gardien de la


Constitution, le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du
territoire, de l’Unité Nationale, du respect des Traités et Accords
internationaux. Selon l’article 29 de la Constitution, il veille au

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fonctionnement régulier des pouvoirs publics et assure la continuité de
l’État.

2 - Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation et


dispose de l’Administration et des Forces armées selon l’article 53. Il est
responsable devant l’Assemblée Nationale d’après l’article 54.

3 - L’Assemblée Nationale vote les lois selon l’article 70, contrôle l’action du
Gouvernement et autorise la ratification par le Gouvernement des
instruments juridiques internationaux et régionaux.

4 - La Cour Suprême avec les cours et tribunaux, elle exerce le pouvoir


judiciaire. Elle veille au respect des droits et libertés définies par la
Constitution.

5 - La Cour Constitutionnelle est juge de la constitutionnalité des lois et est


chargée de la gestion des contentieux électoraux (référendum, législatifs et
présidentiels). Elle garantit, selon l’article 85, les droits fondamentaux de la
personne humaine et des libertés publiques.

6 - La Haute Cour de Justice est compétente pour juger le Président de la


République et les Ministres selon l’article 95 de la Constitution.

7 - Le Haut Conseil des Collectivités Territoriales étudie et donne un avis


sur toute politique de développement local et régional. Il peut faire, au
gouvernement, des propositions pour toute question concernant la
protection de l’environnement et l’amélioration de la qualité de vie des
citoyens à l’intérieur des collectivités selon l’article 99 de la Constitution.

8 - Le Conseil Économique, Social et Culturel a compétence sur tous les


aspects du développement économique, social et culturel selon l’article 106
de la Constitution.

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LEÇON 6 : LES FEMMES ET LEURS PROBLÈMES
SPÉCIFIQUES, CONDITIONS ET LUTTE DES FEMMES

CONTENUS DE LA CONVENTION RELATIVE AUX DROITS DE LA FEMME

IDENTIFICATION DES ACTES DE VIOLATION


DES DROITS DE LA FEMME :

(DISCRIMINATION SEXISTE, INÉGALITÉ DE DROITS, SÉQUESTRATION


DES FILLES, MARIAGE FORCÉ, ACCÈS À LA TERRE)

A - CONTENUS DE LA CONVENTION RELATIVE


AUX DROITS DE LA FEMME :

Le Mali est partie à la Convention pour l’Élimination de la Discrimination à


l’Égard des Femmes (C E D E F) depuis septembre 1985 et a ratifié le
protocole additionnel à ladite convention en septembre 2000.

La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à


l’égard des femmes (1979) garantit aux femmes l’égalité avec les hommes
devant la loi et spécifie des mesures destinées à éliminer la discrimination
contre les femmes dans les domaines tels que la vie politique et la vie
publique, la nationalité, l’éducation, l’emploi, la santé, le mariage et la famille.
La Convention a institué le Comité pour l’élimination de la discrimination à
l’égard des femmes, qui est l’organe chargé de veiller à son application et
d’étudier les rapports émanant d’États parties. Le Protocole facultatif de la
Convention (1999) autorise les particuliers à saisir le Comité de violations
présumées de la Convention.

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B - LA VIOLENCE CONTRE LES FEMMES :

La violence à l’égard des femmes est l’une des formes de violation les plus
systématiques et les plus répandues des droits de l’homme. Elle est ancrée
dans des structures sociales sexistes plutôt que dans des actes individuels et
isolés ; cette violence touche toutes les femmes, indépendamment de leur
âge, statut socio-économique, niveau d’éducation et région du monde ; elle
se manifeste dans toutes les sociétés et constitue un obstacle majeur à
l’élimination des inégalités entre les sexes et de la discrimination à l’égard
des femmes dans le monde.

Les Nations Unies définissent la violence à l’égard des femmes comme


" tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvoir
causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou
psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation
arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou la vie privée. "
(Déclaration sur l’élimination de la violence contre les femmes, Résolution
48/104 de l’Assemblée générale de l’ONU).

C - IDENTIFICATION DES ACTES DE VIOLATION


DES DROITS DE LA FEMME :

La violence à l’égard des femmes revêt différentes formes, dont : la


violence domestique ; le viol ; La séquestration des filles ; le trafic de femmes
et de filles ; la prostitution forcée ; la violence dans les conflits armés, la
sélection prénatale en fonction du sexe favorable aux garçons ; et autres
pratiques et traditions néfastes pour les femmes.

1 - Discrimination sexuelle :

La discrimination fondée sur le sexe concerne généralement les femmes qui


sont moins bien rémunérées, ou bien accèdent plus difficilement aux postes
à responsabilités. Elles peuvent également être victimes de harcèlement de
la part d’un supérieur ou bien inversement, subir le mépris d’un subordonné
masculin qui a du mal à recevoir les ordres d’une femme...

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2 - L’inégalité des droits :

L’attribution de rôles, droits et devoirs distincts dans la société selon l’idée


des caractéristiques différentes des deux genres masculin et féminin.

3 - Le mariage forcé :

Le mariage forcé peut avoir des conséquences tout à fait préjudiciables pour
les filles, parmi lesquelles : Des troubles psychologiques, maltraitance,
prostitution.

4 - Femmes et accès à la terre au Mali :

Parmi les acteurs du monde rural, les femmes jouent un rôle central au Mali
et sont les premières affectées par l’insécurité foncière. Elles représentent
51,6 % de la population dans les campagnes, et constituent 60 % de la main-
d’œuvre agricole et apportent environ 80 % de la production alimentaire.
Mais elles font face à un statut précaire au regard du droit coutumier, qui ne
leur reconnaît pas le droit d’être propriétaires des terrains qu’elles cultivent.

Il en résulte que les femmes ne peuvent que difficilement exploiter la terre


ou la posséder en tant que propriété privée. De plus, elles occupent souvent
des terres marginales et peu rentables, qu’elles ne peuvent pas suffisamment
valoriser par manque de moyens.

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LEÇON 7 : LES JEUNES ET LEURS PROBLÈMES SPÉCIFIQUES :
(EXODE, CHÔMAGE, DÉLINQUANCE / NOTION DÉFINITION)

L’EXODE ET LE CHÔMAGE :
CONSÉQUENCES SUR LA VIE DANS LA COMMUNAUTÉ

A - L’EXODE RURAL :

L’exode rural désigne le déplacement durable de populations quittant les


zones rurales pour aller s’implanter dans des zones urbaines.

Le développement artificiel de notre société, dû à la période coloniale a


provoqué un déséquilibre qui se caractérise socialement par l’importance
démographique anormale des agglomérations urbaines par rapport à leurs
sources de revenus.

L’implantation de l’administration coloniale dans certains points de note


pays, a créé des pôles d’attraction pour les populations rurales en fonction
des moyens d’existence qu’offrait, harmonieusement mais de façon plus
régulières qu’ailleurs, cette même administration.

L’implantation de famille de fonctionnaires et de tout ce qui se rattache,


comme personnel de toutes natures à l’administration, a ainsi créé un
courant à un sens unique de la campagne vers la ville qui s’est
particulièrement accentué depuis 1946.

L’influence du mode de production capitaliste sur les structures


traditionnelles, la déperdition scolaire et la fuite de la rigueur des pratiques
du village, de même que le souci de la gestion personnelle des biens acquis
sont des causes qui peuvent être signalées. Voilà ce que dit Mamadou Sarr,
professeur d’histoire et géographie, dans son essai de géographie
économique : La république de Mali, IPN - Bamako 1979, Pages 184 - 185 :
« Cet exode rural est valable pour l’ensemble des villes maliennes. Dans ce
domaine, nous allons nous pencher surtout sur le cas de la ville de Bamako. En
moyenne, le solde migratoire est d’environ 6%, soit 2/3 de l’accroissement de
la population de 1966 à 1973 ».

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L’ancien régime avant 1968 se caractérise par l’apologie du retour à la
terre, la critique de l’exode rural.

Les mouvements de Novembre 1968 " libèrent" les mouvements


migratoires et, dans une certaine mesure, l’urbanisation. (…) Il existe une
répulsion de la brousse. La brousse représente le travail pénible dont les
résultats deviennent aléatoires avec la sécheresse. L’école malienne, qui allée
vers les masses rurales, a aggravé la répulsion de la brousse. Les fils des
paysans scolarisés sont attirés par le métier de fonctionnaire même quand
ils ne réussissent pas à l’école, ils sont perdus pour l’agriculture. La ville de
Bamako, avec ses écoles multiples et variées, ses distractions, la liberté dont
bénéficient les habitants, les possibilités de promotion économique et sociale
attire, non seulement les jeunes scolarisés, mais aussi, ceux qui ont quitté les
bancs de l’école…."

La répulsion de la brousse est plus fortement marquée dans les zones où


les mois pluvieux tendent à se réduire par le fait de la sécheresse.

B - CHÔMAGE :

Il y a chômage lorsque l’offre du travail est inférieure à la demande. On


définit généralement le chômeur comme étant une personne désirant
travailler ; qui en a les moyens physiques et intellectuels mais qui ne trouve
pas d’emploi.

Ainsi entendu, le chômage est un phénomène relativement récent qui date


de l’ère industrielle. Il constitue le problème économique, et surtout humain,
le plus grave de l’économie de marché.

On peut distinguer diverses formes de chômage selon leurs degrés et selon


leurs causes économiques et sociales.

1 - Les causes :

Elles sont multiples et variées et peuvent être d’ordre technologique,


conjoncturel (crise), technique, structurel. On peut ajouter, à ces causes, la
sécheresse, l’exode rural, la pléthore des intellectuels.

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2 - Les degrés du chômage :

On distingue nettement divers degrés de chômage : le chômage déguisé,


flagrant dans les pays sous-développés ; est caractérisé par l’existence
d’occupations plus ou moins utiles dont la productivité et la rémunération
sont très faibles ou nulles. Se rattache également à cette catégorie le mauvais
emploi et qui consiste à confier des tâches peu productives à des travailleurs
qualifiés.

3 - Les diverses formes de chômage :

a – Le chômage total : c’est-à-dire le non emploi, c’est cette situation et à


celle-là seule que correspond la définition du chômeur.

b – Le chômage fractionnel : c’est une période d’inactivité entre la fin d’un


contrat de travail et nouvel emploi.

c – Le chômage partiel : c’est la réduction de la durée du travail donnant lieu,


dans certaines branches de l’industrie, à une indemnisation des travailleurs.

d – Le chômage saisonnier : c’est le chômage qui se produit dans une


profession par suite des conditions atmosphériques ou des conditions
techniques inhérentes à l’activité économique en cause (mode hostellerie etc)

e – Le chômage structurel : c’est le chômage des pays sous-développés où


une fraction importante de la population ne peut trouver du travail.

f – Le chômage technique : c’est l’arrêt de travail imposé à certains secteurs


d’une entreprise lorsque d’autres secteurs sont incapables ou sont dans
l’impossibilité de fournir les éléments nécessaires à l’ensemble des
fabrications.

g – Le chômage technologique : c’est un chômage imputable au


développement du progrès technique qui conduit à la disparition de certains
postes de travail ou même de certains métiers.

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4 - Les victimes du chômage :

À toutes les époques, le chômage touche surtout les jeunes, les femmes et
les ouvriers non qualifiés, qui sont les catégories les premières licenciées en
cas de récession.

5 - Les conséquences du chômage :

Le chômage est un drame individuel et national. L’inaction totale forcée de


centaines de milliers, voire de millions d’hommes, a des conséquences
humaines et économiques.

Économiquement, le chômage représente un sous-emploi de ce facteur


essentiel de production qu’est le travail.

Le plus souvent, dans les pays industriels, il correspond à un sous-emploi


des biens de production. Aussi entraîne-t-il une perte importante de
production et donc, des richesses pour l’ensemble du pays.

Le chômage entraine la prostitution, la délinquance juvénile et sénile,


l’insécurité sociale et matérielle, le banditisme, le parasitisme et la fuite des
cerveaux.

Les chômage a des conséquences sur le budget des ménages, sur le lien
social, sur la santé physique et psychique des chômeurs, sur la hausse de
délinquance : Les jeunes issus de milieux défavorisés peuvent facilement
basculer dans la délinquance.

Selon un rapport sur l’économie africaine, au Mali, 15% des 15 - 39 ans sont
sans emploi et les jeunes chercheurs d’emploi représentent 81% des
chômeurs.

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C - LA DÉLINQUANCE JUVÉNILE :

La grande masse des délinquants provient de l’armée des déscolarisés dont


les déchets, s’ils ne sont pas bien encadrés à temps, rejoignent le camp des
déviants sociaux prêts à commettre des bêtises pour vivre, parfois pour
survivre.

Les enfants dits de la rue ne sont autre chose que des gamins dont les
parents manquent de moyens matériels pour assurer leur éducation, ont été
renvoyés de l’école et autorisés à s’en aller et de se prendre en charge eux-
mêmes.

Les difficultés économiques de la vie urbaine poussent certains parents à


négliger l’éducation de leurs enfants qui deviennent de ce fait des délaissés
sociaux. Si le nombre de ceux-ci est grand en ville à cause de la misère
urbaine, il en existe aussi, de plus en plus, une forme dans les villages de
brousse où des jeunes défoncent les portes des greniers pour s’emparer des
graines qu’ils font écouler facilement sur les foires environnantes ou volent
des motos qu’ils arrivent à revendre de la même manière.

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LE MALI - LES VALEURS CULTURELLES POSITIVES

DES SOCIÉTÉS TRADITIONNELLES

LEÇON 8 : LE RESPECT DE LA PAROLE DONNÉE


ET DU SERMENT

EXIGENCE DE FRANCHISE, D’HONNÊTETÉ


ET DE JUSTICE

A - LE RESPECT DE LA PAROLE DONNÉE :

Respecter la parole donnée, c’est être loyal, agir selon ses convictions et
tenir ses promesses.

Les autres ne peuvent savoir ce qui se passe en nous que par nos paroles,
nos attitudes, nos actes, qui devraient par conséquent toujours traduire
exactement nos sentiments véritables.

Nous sommes sincères quand nous nous montrons tels que nous sommes ;
sinon ; nous mentons.

Le respect de la personne humaine, la pratique de la solidarité sociale,


doublés d’un sens de la fraternité, de la justice et de la coopération entre les
hommes, constituent les fondements originaux de l’organisation de la société
africaine.

"Chose promise chose due" a-t-on l’habitude de dire. Cette phrase nous
rappelle impérativement notre engagement et nous dit surtout qu’il est
temps de nous exécuter pour ne pas perdre la confiance des autres. Quand
on prend un engagement envers quelqu’un, on le note soigneusement par
écrit pour être sûr de ne pas l’oublier, respectant ainsi la parole.

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B - LE RESPECT DU SERMENT :

Le serment est l’affirmation d’une personne en vue d’attester la vérité d’un


fait, la sincérité d’une promesse, d’un engagement pour bien remplir les
devoirs de son état (officiers, ministériels, avocats) ou des charges
(magistrats, gendarmes etc.) Selon le Larousse

Après élection à la magistrature suprême, le président de la république


prête un serment. Il jure de rester fidèle à la république et de respecter la
constitution.

Le serment d’un honnête homme n’est pas un serment d’ivrogne. Il


n’oublie pas ses promesses comme ce dernier oublie tout quand il a bu. Sa
conscience parle et lui dicte son devoir. Il s’exécute, quelles que soient les
conséquences, en suivant le droit chemin que lui indiquent la raison et le
cœur. Il sait que son honneur, celui de sa famille, de son pays sont en jeu et il
voudrait sortir grandi de l’épreuve car, sa conscience, plus durement que
toute force de coercition, pèse despotiquement sur lui tel "l’œil de Caïn".

"Je jure de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité." C’est la formule
du serment devant les tribunaux, et Corneille na disait-il pas : "Tout homme
de courage est un homme de parole, et craint plus que la mort, la honte
de mentir."

Nos ancêtres avaient un idéal élevé de la parole donnée et du serment.


Aspirons comme eux à la vérité et à plus de justice et d’amour entre les
hommes.

Retenons : Allons à la vérité de toute notre âme, même si le chemin est


difficile et périlleux.

"Je veux qu’on soit sincère et qu’en homme d’honneur, on le lâche aucun mot
qui ne parte du cœur".

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C - DIFFÉRENCE ENTRE SINCÉRITÉ, LOYAUTÉ, FRANCHISE :

- Être sincère, c’est ne pas cacher la vérité, s’exprimer sans déguiser sa


pensée ;

- Être loyal, c’est obéir aux lois de l’honneur, de la probité, de la droiture ;

- Être franc, c’est se révéler spontanément, sans contrainte et sans réserve,


c’est-à-dire ne dissimuler aucune arrière-pensée.

Comment mentons-nous ?

- Par nos paroles : ce qui est la manière la plus commune.

- Par le silence aussi, nous mentons en ne dénonçant pas, nous laissons


accuser un innocent.

- Par nos attitudes : l’hypocrite feint tous les rôles, en affectant des opinions
qui ne sont pas les siennes, des sentiments qu’il ne prouve pas.

D - EXIGENCE DE FRANCHISE :

Condamnons l’horreur et le poids du mensonge en exigeant la franchise.

a - Exigence envers nous-même :

Pouvons-nous être heureux, avoir l’esprit libre, vivre sans remord après
avoir menti ? Mentir, c’est se mépriser, se prouver qu’on a honte de soi de ce
qu’on a fait. Le mensonge est un masque qu’on porte à partir du jour où l’on
a honte de soi-même, où l’on pense qu’on serait plus beau à voir tel qu’on
n’est pas. Il n’est pas pire injure que traiter quelqu’un de menteur.

Si le mensonge est toujours lâche, il est souvent inutile et même stupide.


On a pu dire que "voiler une faute par un mensonge, c’est remplacer une
tache par un trou".

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b - Exigence de franchise envers les autres :

Nous risquons toujours de faire condamner des innocents. Et supposons


que tout le monde mente : la vie en commun, qui repose sur la confiance
mutuelle, ne serait plus possible.

Allons à la vérité de toute notre âme. Disons donc toujours la vérité en


observant toutefois que toute vérité n’est pas bonne à dire. Ne soyons ni
rapporteur, ni médisant.

E - LA JUSTICE :

La justice est la mère de toutes les vertus humaines. Les principes d’égalité,
de fraternité, de liberté de la démocratie relèvent tous de l’idée de justice
entre les hommes et les peuples.

L’esprit de justice doit animer chacun dans son travail, dans tout ce qu’il fait.

- L’esprit de justice consiste à ne pas faire à autrui ce qu’on ne voudrait pas


qu’il nous fit. L’esprit de justice doit exister envers les jeunes, les vieux, les
infirmes, les producteurs, les travailleurs et les femmes.

- Être juste, c’est attribuer à chacun son dû ni plus ni moins. Accorder trop,
c’est avantager, pas assez, c’est frustrer.

La balance, symbole de justice, pèse exactement les mérites. Encore faut-il


établir une équitable proportion entre :

- La récompense et l’effort car le travailleur doit être payé plus que le


paresseux ;

- La faute et le châtiment car celui qui tue pour voler est frappé plus
durement que celui qui tue pour se défendre ;

- Il n’y a pas de vraie justice sans charité.

" La justice si on s’y enferme exclusivement sans y joindre la charité,


dégénérer en sècheresse insupportable".

Pour être charitable, il faut peser et comprendre.

- Pour être charitable, il suffit d’aimer.


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F - RETENONS :

Tout homme affirme hautement ses droits à la franchise mais beaucoup


moins ses devoirs à se révéler exactement aux autres.

- On a tendance à approuver ses parents et ses amis, même quand ils font du
tort aux autres.

- Dans certains cas, le mensonge équivaut à un vol.

- Voiler une faute par un mensonge, c’est remplacer une tache par un trou.

- Condamnons l’horreur et le poids du mensonge en exigeant la franchise.

- Allons à la vérité de toute notre âme. « Rien n’est plus beau que le vrai, le vrai
seul est aimable » disait Boileau.

- La justice est éclairée par la raison ; la charité est la justice du cœur.

- Ce n’est pas assez de ne pas faire aucun mal, il faut encore faire tout le bien
possible.

- Efforçons-nous d’atténuer les « injustices ». Aidons ceux qui en sont


victimes : camarades, infirmes, sans parents, malades.

- Respectons, en toutes circonstances, le règlement scolaire qui fixe les droits


et les devoirs de chacun.

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LEÇON 9 : L’HOSPITALITÉ, L’ALTRUISME,

LA PROBITÉ, LA BONTÉ, LA TOLÉRANCE

A - L’HOSPITALITÉ :

L’hospitalité est l’action de recevoir chez soi l’étranger qui se présente.


Le geste d’hospitalité n’est donc ni aisé ni spontané et requiert un effort car
il recèle un danger et une menace. L’arrivée des étrangers provoque un
télescopage de cultures différentes mais aussi une ouverture sur le monde.

L’hospitalité malienne : « Diatiguiya » : Offrir l’hospitalité est un devoir, la


Diatiguiya est le sens de la cordialité et de l’hospitalité malienne, rendant les
échanges très conviviaux. Elle est une tradition séculaire, car le visiteur étant
sacré, lui offrir l’hospitalité est un devoir. Tout visiteur est séduit et marqué
par cette coutume.

Nos ancêtres ont toujours accueilli les étrangers, et cela sans arrières
pensées. La Diatiguiya permet de donner un séjour agréable aux étrangers.
C’est pourquoi, l’étranger bénéficie d’un bon traitement de la part de ses
hôtes. Tout est fait à l’honneur de celui-ci.

B - L’ALTRUISME :

L’altruisme est une disposition de caractère qui conduit à s’intéresser, à se


dévouer, à se consacrer et à vouloir faire le bien aux autres, à les aider, à faire
preuve de générosité envers eux, sans rien attendre en retour.

L’altruisme est un terme employé pour décrire un comportement


caractérisé par des actes n’ayant pas d’avantages apparents pour l’individu
qui les exécute mais qui sont bénéfiques à d’autres individus. Il désigne un
amour désintéressé d’autrui, c’est-à-dire le souhait qu’autrui trouve le
bonheur et la générosité n’attendant rien en retour. Il s’oppose à l’égoïsme.

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C - LA PROBITÉ :

La probité est la qualité d’une personne probe ; c’est-à-dire l’observation


scrupuleuse des règles de la morale sociale, des devoirs imposés par la
justice.

D - LA BONTÉ :

La bonté est la qualité de ce qui est bon. Qualité morale qui porte à être doux,
facile, indulgent, à faire du bien.

E - LA TOLÉRANCE :

La tolérance désigne la capacité à permettre et respecter ce que l’on


désapprouve, c’est-à-dire ce que l’on devrait normalement refuser.

Au sens moral, la tolérance est la vertu qui porte à respecter ce que l’on
n’accepterait pas spontanément, par exemple lorsque cela va à l’encontre de
ses propres convictions. C’est aussi la vertu qui porte à se montrer vigilant
tant envers l’intolérance qu’envers l’intolérable.

Toute liberté ou tout droit implique nécessairement, pour s’exercer


complètement, un devoir de tolérance.

Selon John Locke, la tolérance signifie « cesser de combattre ce qu’on ne


peut changer ».

Tolérance et réprobation :

Cependant, on considère généralement qu’il n’y a pas de tolérance sans


agression, c’est-à-dire qu’on ne peut être tolérant que face à ce qui nous
dérange (c’est-à-dire ce avec quoi on n’est pas en accord) mais qu’on accepte
par respect de l’individu (l’humanisme) ou pour la défense d’un idéal de
liberté (le libéralisme).

La tolérance par respect de l’individu pourrait se formuler comme : « Je ne


suis pas d’accord avec toi, mais je te laisse faire par respect des
différences. »

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LEÇON 10 : L’INTERCULTURALITÉ : NOTION – DÉFINITION

L’INTERCULTURALITÉ :

L’interculturalité est l’ensemble des relations et interactions entre des


cultures différentes, générées par des rencontres ou des confrontations,
qualifiées d’interculturelles. Impliquant des échanges réciproques, elle est
fondée sur le dialogue, le respect mutuel et le souci de préserver l’identité
culturelle de chacun.

L’interculturalité peut prendre des formes plus ou moins intenses, et


constitue une expérience souvent enrichissante. Avec ou sans la barrière de
la langue qui peut être un obstacle aux échanges, ces rencontres avec l’autre
sont aussi l’occasion d’une réflexion sur soi-même et sur le monde et peuvent
être à l’origine du métissage culturel.

La notion d’interculturalité, pour avoir sa pleine valeur, doit, en effet, être


étendue à toute situation de rupture culturelle, les différences en jeu pouvant
être liées à divers types d’appartenance (ethnie, nation, région, religion,
genre, génération, groupe social, organisationnel, occupationnel, en
particulier). Il y a donc situation interculturelle dès que les personnes ou les
groupes en présence ne partagent pas les mêmes univers de significations et
les mêmes formes d’expression de ces significations, ces écarts pouvant faire
obstacle à la communication.

L’interculturalité est conditionnée par divers facteurs :

Les différentes conceptions de culture, les obstacles de la langue, l’absence


de politiques gouvernementales, les hiérarchies sociales et économiques.

L’interculturalité a lieu lorsque deux ou plusieurs cultures interagissent de


façon horizontale et synergique. En d’autres termes, aucun groupe ne peut se
trouver au-dessus des autres, favorisant ainsi l’intégration et la convivialité
des personnes.

Les relations interculturelles de cette nature requièrent le respect de la


diversité ; même si les conflits sont imprévisibles et inévitables, ils peuvent
être résolus au moyen du respect, du dialogue et de la concertation.

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LE MALI - LA LUTTE POUR L’ÉMANCIPATION

LEÇON 11 : SENS, VALEUR ET PORTÉE


DE L’HYMNE NATIONAL, LA DEVISE,

DES EMBLÈMES NATIONAUX :


(DRAPEAU, ARMOIRIES, SCEAU, ORDRES NATIONAUX)

Tout État est constitué d’un territoire, d’une population et d’une autorité
politique et pour distinguer les États les uns des autres, il est fait recours à
des signes susceptibles de représentation graphique, rappelant aux citoyens
leur héritage culturel commun, socle de leur volonté de vivre ensemble. Ces
signes sont les symboles de l’État. Au Mali, les symboles sont :

A - L’EMBLÈME NATIONAL (LE DRAPEAU) :

Le 20 janvier 1961, les députés, réunis en séance plénière de l’Assemblée


Nationale, ont adopté la loi No 61 - 26 qui crée le drapeau national du Mali. Il
est composé de trois bandes verticales et égales de couleurs verte, or et
rouge.

La couleur verte :

Première bande, elle signifie l’espérance, la verdure des prairies et des


champs du Mali, de son sol et de tout ce que celui-ci peut produire pour le
bien-être des populations maliennes. Elle rappelle aussi la vocation agro-
pastorale du pays pour le développement, la modernisation continue et
l’intégration duquel aucun effort ne sera ménagé.

La couleur or :

Donnée à la deuxième bande verticale, elle indique l’or dont recèle le sous-
sol du Mali, en plus d’autres ressources minières potentielles. Qui ne se
rappelle de l’histoire du fabuleux voyage à la Mecque de Kankou Moussa ?
La couleur or témoigne donc de la conscience qu’ont les Maliens de ce
patrimoine qui est le leur et qu’ils entendent défendre à tout prix.

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La couleur rouge :

Ce rouge de la troisième bande verticale constitue pour les maliens à la fois


un souvenir, une méditation et une exhortation à défendre la patrie. Les
Maliens doivent se souvenir du sang versé par les leurs pour la défense de
leur patrie contre l’occupation étrangère et la libération de celle du joug
colonial. C’est une exhortation pour les Maliens à lutter jusqu’à la dernière
goutte de leur sang, pour préserver l’intégrité de leur sol, leur sous-sol et leur
patrimoine artistique et culturel afin qu’ils les exploitent dans leurs seuls et
uniques intérêts.

B - L’HYMNE NATIONAL :

À l’origine de l’Hymne National du Mali, se trouve la Loi N° 62 - 72 du 09


août 1962, dont l’unique article stipule : « il est créé un Hymne National de
la République du Mali intitulé « Le Mali » et annexé à la présente Loi ».

Le Dr Seydou Badian Kouyaté, à la tête d’un groupe d’intellectuels


maliens, en est l’auteur. Il évoque, à travers quatre couplets et un refrain, les
objectifs fondamentaux du Mali. Ses paroles sont appelées désormais à
guider chaque Malien dans sa marche vers la liberté, l’unité et la paix. C’est
au Mouvement pionnier du Mali que l’on doit la traduction de l’Hymne en
Bambara. Jusqu’ici, la version bambara ne se compose que du 1er couplet et
du refrain.

Hymne national "Le MALI"

Premier couplet

À ton appel Mali Pour une Afrique unie

Pour ta prospérité Si l’ennemi découvre son front

Fidèle à ton destin Au-dedans ou au-dehors

Nous serons tous unis Debout sur les remparts

Un peuple, un but, une foi Nous sommes résolus de mourir

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Refrain Troisième couplet

Pour l’Afrique et pour toi Mali Debout villes et campagnes

Notre drapeau sera liberté Debout femmes, jeunes et vieux

Pour l’Afrique et pour toi Mali Pour la patrie en marche

Notre combat sera unité Vers l’avenir radieux

O Mali d’aujourd’hui Pour notre dignité

O Mali de demain Renforçons bien nos rangs

Les champs fleurissent Pour le salut public


d’espérance
Forgeons le bien commun
Les cœurs vibrent de confiance
Ensemble au coude à coude

Faisons le sentier du bonheur

Deuxième couplet Quatrième couplet

L’Afrique se lève enfin La voie est dure très dure

Saluons ce jour nouveau Qui mène au bonheur commun

Saluons la liberté Courage et dévouement

Marchons vers l’unité Vigilance à tout moment

Dignité retrouvée Vérité des temps anciens

Soutient notre combat Vérité de tous les jours

Fidèle à notre serment Le bonheur par le labeur

De faire l’Afrique unie Fera le Mali de demain

Ensemble debout mes frères

Tous au rendez-vous de l’honneur

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Hymne du Mali en bambara

Mali man’a kan bɔ Saya ka fisa malo ye

ɲɛtaa kɛlɛba don Farafinna n’an faso Mali

An bɛɛ b’an cɛsiri Jɔnjɔn in ko: hɔrɔnya bɛrɛ

Ka lahidu tiimɛ Farafinna n’an faso Mali

So, haju, ŋaniya kelen Kɛlɛ in ko: kelenya kɛlɛ

Farafinna kelenya Un ! Mali tile bɛ bi

Jugu man’a kun bɔ Un ! Mali tile bɛ sini

Kɔnɔna o Kɛnɛma Jigiya forow funtira kayira

Bɛɛ ka wuli k’i jɔ Denw hakili latigɛra pewu pewu

C - LE SCEAU DE L’ÉTAT :

Un sceau est un cachet qui authentifie un acte (Petit Larousse). Le Sceau de


l’État est donc le cachet utilisé par les grands de l’État (ministres, Cours et
Tribunaux, Greffiers, notaires, huissiers, de toutes les Administrations et
Autorités Publiques) pour authentifier les documents officiels.

Le ministre de la justice est le gardien exclusif des originaux des Sceaux de


forme circulaire, le sceau de l’État malien porte :

Au centre un lion debout entouré d’un épi de mil, d’un épi de riz et d’une
tête de bœuf ;

Sur le pourtour, la légende « République du Mali » au-dessus, « Un Peuple -


Un But - Une Foi » au-dessous.

Pour les administrations et autorités publiques le nom et le titre remplacent


la devise.

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D - LES ARMOIRIES DU MALI :

a - Sens des armoiries :

Les armoiries sont des signes symboliques qui distinguent les peuples, les
villes etc. Les armoiries ont été nommées ainsi parce qu’elles se peignaient
sur les armes, les boucliers, etc.

On peut dire aussi que les armoiries sont l’ensemble des signes, des devises
et ornements intérieurs de l’écu d’un État, d’une ville, d’une famille noble.

b - Éléments des armoiries de la république du Mali :

Ces armoiries referment 5 éléments et sont de formes circulaires et portent,


sur un fond bleu ciel :

1 - Au centre, la Mosquée de Djenné en gris-argile ;

2 - Au-dessus de la Mosquée, le Vautour Légendaire en vol plané en gris


foncé ;

3 - Au-dessous, le soleil levant, en jaune-or ;

4 - Devant le soleil, deux arcs opposés en noir, tendus par leurs flèches ;

5 - Sur le pourtour, en haut « République du Mali », en bas « Un Peuple -


Un But - Une Foi » en lettres d’imprimerie noires.

Les actes, les papiers de correspondances et enveloppes du Chef de l’État,


du Président du Gouvernement, du Président de l’Assemblée Nationale, des
Ministres, du Président de la Cour Suprême, des Représentants
diplomatiques et consulaires à l’étranger, portent les armoiries de la
République.

La reproduction des armoiries par quelque précédé que ce soit et sur


quelque matière que ce soit est subordonné à une autorisation préalable du
Ministère de la Justice, Garde des Sceaux.

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c - Valeur et portée des armoiries :

Les deux arcs sous tendus par leur flèche :

Les arcs et les flèches symbolisent la fonction première de nos anciens chefs.
C’est-à-dire la guerre et la chasse. Il n’est secret pour personne que le Mali
fut un peuple jadis guerrier et chasseur. Ses hauts faits guerriers le
démontrent éloquemment.

Par ailleurs la chasse occupait dans notre société une place prestigieuse et
bien des dynasties royales se réclamaient d’un ancêtre chasseur. Les Traoré,
par exemple se livraient essentiellement à la chasse. Appartenant à la classe
des « Tontigui » (archers – guerriers) ils prenaient alors les titres de Massa.
Mais aussi Sakako, Touramakan, Simbo ou Suba. Ce dernier titre explique
pourquoi exalte-t-on encore aujourd’hui leurs descendants.

Un Vautour ou aigle planant majestueusement dans le ciel bleu :

L’action de planer majestueusement, donc librement dans ciel bleu et sans


nuage, est pour nous le signe de la grandeur et de la liberté.

La tradition raconte que le vautour symbolise l’éternité, la puissance, la


sagesse la pureté et l’honnêteté.

Les légendes nous apprennent que les vautours ne meurent pas. Devenus
vieux ils se retirent dans une grotte solitaire attendent de repousser de
nouvelles plumes et ainsi, ils sortent rajeunis et ragaillardis.

Ainsi le Mali, continuera son œuvre de construction et demeurera éternel


comme le vautour.

Le vautour symbolise la puissance et la sagesse : Le « Douga Massakoro »,


est le chef suprême, auquel tous les vautours obéissent. Ils attendent tous, à
côté du cadavre sans le toucher. Le chef arrive après les autres et enlève les
deux yeux et s’envole en ordonnant aux autres de commencer le repas.

Le vautour est sage. Il ne s’attaque jamais à un animal vivant et respecte


toute vie. Il se nourrit uniquement de charogne, d’où son surnom de
charognard.

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Malgré sa puissance et la vaillance de ses guerriers le Mali a toujours
respecté ses voisins et entretient avec tous de relations intimes de
coopération et de solidarité.

Le vautour symbolise enfin la pureté et l’honnêteté. Nous avons dit que le


« Douga Massa » n’enlève que les deux yeux du cadavre au lieu de prendre la
part du lion, il abandonne le reste du festin aux convives. Il est donc honnête
en reconnaissant que tout le monde a sa part de bonheur dans la vie.

En débarrassant les villages des cadavres d’animaux, les vautours


contribuent à assainir, à purifier l’atmosphère.

Aujourd’hui encore, cette honnêteté intellectuelle, cette pureté de


conscience, c’est-à-dire la réelle clairvoyance et les décisions objectives
doivent guider nos actions dans tous les domaines.

La mosquée de Djenné :

Premier édifice religieux et culturel du Mali islamique, bâtie, démolie,


rebâtie à plusieurs reprises (et pour des motifs divers) cette mosquée, la plus
ancienne en son genre - mise à part, peut-être, celle de Garalo (Bougouni), a
traversé toutes les vicissitudes des temps anciens et pendant huit siècles. Elle
a symbolisé la diffusion des connaissances religieuses, littéraires et
scientifiques du Mali éternel, car, il faut bien le dire, l’université de Djenné
est antérieure de beaucoup à celle de Tombouctou (Sankoré). Et ce sont les
négociants de Djenné qui ont pris l’initiative de la création de Tombouctou
comme un relais où installer leurs succursale les et leurs courtiers.

Or c’est le développement de la vie économique qui a engendré l’éclosion de


la vie culturelle. La mosquée de Djenné symbolise donc la première
université du Mali.

Cette mosquée de Djenné illustrant l’architecture malienne, est aussi l’un


des orgueils de notre patrimoine artistique et culturel.

L’Islam a beaucoup contribué à l’épanouissement de notre architecture. La


grande prospérité et l’existence d’une aristocratie politique, religieuse et
marchande sont des facteurs de développement de l’architecture. Mosquée
et palais s’élevaient majestueusement. Des villes entières surgirent du sol.
C’est ainsi qu’Amar Kandiaga fit construire la ville de Tendirma par les
maçons de Macina. Toutes les constructions s’inspiraient d’un style

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soudanais dont on discute encore des sources. Certains auteurs prétendent
qu’il a été importé des pays arabes et que les Mosquées construites par
Essaheli servirent de modèle à toutes les autres.

L’analyse du style soudanais, sa comparaison avec celui de l’Orient et de


l’Espagne musulmane montrent pourtant l’originalité de notre architecture.

Le soleil levant :

Le soleil levant symbole de la reconnaissance et le rayonnement du Mali ;


rayonnement qui, à partir du 14ème siècle (pèlerinage de Kankou Moussa) fit
connaitre le Mali du Maghreb, en Égypte et même en Orient.

De même que les relations entre le Mali ancien et le monde directement


furent très fréquentes et très fructueuses, le Mali nouveau c’est-à-dire la
République du Mali entend jouer des relations amicales avec tous les pays
sans exclusive aucune. Ce soleil levant symbolise dans la relance du
Mali ancien, dans tous les domaines : politiques, administratifs,
économiques, culturels. C’est-à-dire en d’autres termes que ce lever
spectaculaire du soleil est le réveil de conscience de notre peuple pour bâtir
son avenir. Le soleil brille pour tout le monde, en nous invitant sans
discrimination à la justice et à la joie de vivre qu’il faudrait entretenir et
perpétuer.

d - Les armoiries du Mali sont des armoiries de souveraineté et de


dignité :

Elles indiquent que la République du Mali n’est plus sous la domination


d’une puissance étrangère et rappellent les hauts guerriers, les qualités de
nos anciens et commandent les charges spéciales dont nous sommes investis
actuellement pour continuer l’œuvre de construction nationale.

E - LA DEVISE DU MALI :

La devise de la République du Mali "Un Peuple - Un But - Une Foi". Elle est
déterminée par l’article 25 de la Constitution.

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F - LA FÊTE NATIONALE DU MALI : 22 SEPTEMBRE

Le peuple souverain du Mali, fête dans la communion, pour commémorer


son accession à la souveraineté nationale et internationale acquise le 22
septembre 1960.

G - LES ORDRES NATIONAUX :

a - Définition : Un ordre national est l’expression suprême de la


reconnaissance de l’État à tous ceux qui, par leurs actes exceptionnels et
leurs éminents services, auront le mieux contribué à l’épanouissement du
peuple et de la Nation. Qu’ils soient civils ou militaires, tous les enfants de
notre pays, dès lors qu’ils participent loyalement et pleinement à la grande
œuvre de construction nationale, sont appelés, autant que faire se peut, à
bénéficier de la distinction des ordres nationaux.

Les ordres nationaux ont été créés par la loi N° 63 - 61 AN - RM.


Ils comprennent :

La Médaille d’or de l’Indépendance :

Elle est destinée à récompenser les personnes qui se seront signalées d’une
manière exceptionnelle dans l’œuvre de l’indépendance de la République du
Mali, d’un État ou de l’Afrique en général.

L’Ordre National du Mali :

Il est destiné à récompenser les personnes qui se seront distinguées par des
mérites exceptionnels et une fidélité continue dans l’accomplissement de
services civils ou militaires au profit de la Nation.

L’Etoile d’argent du mérite National :

Elle peut être avec effigie « Abeille » ou « Lion Debout ». L’Etoile d’Argent du
mérite National avec effigie « Abeille » est destinée à récompenser les bons
et loyaux services rendus avec efficience, dévouement, initiative créatrice
dans le domaine politique administratif, militaire, économique, social ou
artistique. Celle avec effigie « Lion Debout » est destinée à récompenser une
action ou un service particulièrement méritoire dans les mêmes domaines
que ceux cités plus hauts.

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b - Administration des Ordres :

Le président de la République est grand maitre des Ordres Nationaux.

Un conseil des Ordres Nationaux dirigé par le grand chancelier est chargé
de l’administration des Ordres Nationaux. Le conseil comprend 10 membres
nommés par décret. Le grand chancelier est assisté d’un secrétaire
général, d’un directeur de cabinet nommé par le grand chancelier. Le grand
chancelier est dépositaire des sceaux des Ordres. Les relations avec les
chancelleries étrangères sont dans ses attributions.

Les décrets relatifs aux ordres nationaux sont visés par le grand chancelier
pour leur exécution.

Le grand chancelier présente au chef de l’État :

- Les rapports, projets de décrets, règlements et décision concernant les


ordres nationaux.

- Il dirige et surveille toute l’administration des ordres, leurs établissements,


la perception des revenus, les paiements et dépenses.

- Il présente les projets de budget.

c - Les distinctions militaires :

Elles sont créés par ordonnances No 40 / CMLN du 25 Septembre 1974.


Elles comprennent :

La croix de la valeur militaire :

Elle est une décoration honorifique destinée à récompenser tout militaire,


de tout grade, de toute arme et de tout service ayant eu un comportement
remarquable de courage, de dévouement au cours d’une opération militaire
ou de maintien d’ordre.

La médaille du mérite militaire :

Elle est destinée à récompenser tout militaire non officier ayant accompli
15 années de service avec mention qui s’est distingué au cours des combats
exceptionnellement, les officiers qui ont exercé un commandement en chef
devant l’ennemi.

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La médaille de sauvetage :

Elle est destinée à récompenser le militaire de tout grade ayant sauvé une
vie humaine ou ayant risqué la sienne pour sauver une autre. Elle est
également attribuée à tout citoyen de l’un ou de l’autre sexe et à toute
personne étrangère ayant accompli la même action.

La médaille des blessés :

Elle est destinée à tout militaire ayant reçu une blessure au cours d’une
campagne.

La médaille commémoration de campagne :

Elle est destinée à récompenser les militaires de tous grades qui ont obtenu
le bénéfice de campagne de guerre pour participation effective.

d - Autres distinctions :

Créé par l’ordonnance No 48 / CMLN du 31/08/1973 :

L’ordre du mérite agricole :

Il est institué dans le but de récompenser les personnes qui se sont


distinguées par les contributions qu’elles ont apportées au développement
de l’agriculture et de l’ensemble des activités qui s’y rattachent.

Officiers : Le nombre des officiers ne peut excéder 20 % du nombre des


chevaliers.

Commandeur : Leur nombre ne peut excéder 20 % des officiers.

Grand Officier : Le nombre ne peut excéder 20 % des commandeurs.

Grand-Croix : Le chef de l’État.

Collier de l’ordre national :

Les nominations ont toujours lieu au grade de chevalier. Toutefois la


nomination dans l’ordre national du Mali des titulaires de la médaille d’or de
l’Indépendance a lieu au grade d’officier. Le collier de l’ordre national est
destiné au chef de l’État Grand maitre des ordres nationaux.

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e - Discipline des membres de l’ordre :

L’exercice des droits et prérogatives des membres des Ordres Nationaux est
suspendu par les mêmes causes que celles qui suspendent les droits du
citoyen.

Tous les jugements en matière criminelle, correctionnelle et de police,


relatifs à des membres des ordres doivent être portés à la connaissance du
grand chancelier. Toute condamnation à une peine infamante entraine
obligatoirement la déchéance du membre des Ordres.

Pour cette déchéance le président de la juridiction prononce


immédiatement, après lecture du jugement, la formule suivante : « vous avez
manqué à l’honneur, déclarez au nom des Ordres Nationaux que vous avez
cessé d’en être membre au titre de … »

Le chef de l’État peut suspendre tout ou partie de l’exercice des droits et


prérogatives attachés à la qualité de membre des Ordres Nationaux et même
exclure des ordres lorsque la nature du délit et la gravité de la peine
prononcée paraissent rendre cette mesure nécessaire.

f - Admission dans les Ordres Nationaux :

En temps de paix, pour être admis dans l’Ordre National du Mali, il faut
avoir exercé pendant dix ans, avec distinction, des fonctions civiles ou
militaires ou justifié de dix années de pratique professionnelle.

Exception à cette règle est faite en faveur du chef de l’État devenant, par son
élection, Grand Maitre de l’Ordre et de droit, Grand-Croix de l’Ordre National.
Il conserve cette dignité après la cessation de ses fonctions. Pour être nommé
à un grade supérieur dans l’ordre national du Mali, il est indispensable
d’avoir passé cinq ans dans le grade immédiatement inférieur. À titre
exceptionnel, cette durée peut être réduite après avis de conseil des ordres
nationaux. Cependant les chefs d’États Africains et exceptionnellement
certaines personnalités d’origine africaine pourront être nommés
directement au grade d’officier, de commandeur ou de grande croix et
nonobstant les quotas fixés.

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g - Processus de l’admission :

Dès l’avis que le grand chancelier leur donnera, les ministres ordonnent les
listes de personnes qu’ils jugeront mériter une des distinctions. Les décrets
portant nomination ou promotion dans les ordres nationaux sont insérés au
journal officiel du Mali. Les projets de décret portant nomination ou
promotion dans les ordres nationaux seront communiqués au conseil des
ordres aux fins de vérifier si ces nominations et promotions sont faites en
conformité des lois, décrets et règlements en vigueurs. Aucun projet de
décret portant nomination ou promotion dans les ordres nationaux ne
pourra être communiqué à l’examen du conseil des ordres s’il n’est pas
accompagné d’une notice individuelle résumant l’enquête faite sur
l’honorabilité et sur la médaille du candidat et d’un bulletin de casier
judiciaire datant de moins de trois mois.

Le Grand chancelier, après chaque nomination ou promotion, expédie des


lettres d’avis à toutes les personnes promues. Cette lettre d’avis leur
prescrivant de s’adresser au Grand Chancelier pour se faire recevoir et
obtenir l’expédition du Brevet.

h - Mode de réception :

L’Ordre National du Mali est discerné au cours d’une cérémonie officielle,


soit par le chef de l’État ou son représentant, soit par un des membres du
conseil des ordres nationaux, titulaire lui-même de cette décoration au même
titre au moins que récipiendaire. Celui-ci est interpelé par les paroles
suivantes : « Au nom du gouvernement du Mali, nous vous faisons
(Chevalier ou officier ou commandeur) de l’Ordre National du Mali ».

La délivrance des brevets et des insignes est gratuite.

i - Différents grades :

Chevalier : l’ordre est composé de chevaliers en nombre illimité ; d’officiers,


de commandeur et de grand officier en nombre limité. Il comporte également
un grade de Grand-Croix qui ne peut être conféré qu’au chef de l’État ou
éventuellement aux chefs d’États étrangers et un collier de l’ordre national
destiné au chef d’État Maitre de l’ordre.

La devise de la Médaille d’Or de l’Indépendance est "Amour, Courage,


Dévouement".

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LE MALI - LA VIE POLITIQUE

LEÇON 12 : DROITS ET DEVOIRS DU CITOYEN

A - DROITS ET DEVOIRS : APPROCHE GÉNÉRALE :

Le droit, d’une façon générale, c’est ce qui est permis. Il nous apparaît donc
fondamentalement comme une notion de morale. Sans doute se distingue-t-
il du devoir. Le devoir est strict, m’oblige à accomplir tel acte : j’ai le devoir
d’accomplir consciencieusement ma tâche professionnelle. Le droit est plus
large. Il se rattache au devoir par le détour d’une double négation. Le droit
c’est ce qui n’est pas interdit.

Le droit me donne seulement l’autorisation et me laisse seul juge de ma


conduite à l’intérieur du champ laissé à ma liberté : j’ai le droit de me
promener dans la rue, d’aller au cinéma etc. … J’en suis seul juge. Le devoir
comme le droit suppose des règles morales : mais, par opposition à la règle
du devoir qui semble contraindre ma liberté en ce qu’elle exige certains actes
et en interdit d’autres, la règle du droit, au contraire semble protéger cette
liberté, lui fournir des occasions d’exercices.

B - VALEUR DE L’IDÉE DE DROIT NATUREL :

Certains philosophes matérialistes du 19ème siècle avaient conçu le droit


en fonction de leurs théories de raison et nature humaine (déclaration des
droits de l’homme en 1789). C’était la conception d’un droit naturel et
universel et immuable.

Mais loin de demeurer immuable, le droit, en dépit de la permanence de la


nature humaine, a profondément varié en fonction des structures sociales et
historiques ; aussi le respect dû à la personne humaine est une notion
relativement récente.
Qu’est-ce qui nous fait dire alors qu’il existe un droit naturel ?
C’est le droit que donne à l’homme sa nature propre, avec ses
caractéristiques (pensée, raison) c’est-à-dire le pouvoir de s’élever à la
connaissance du monde, de la société et de lui-même. Dans la mesure où cette
connaissance détermine la conduite, on peut parler de l’exercice d’un droit
naturel.

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C - VALEUR DE L’IDÉE DE DROIT SOCIAL :

Qu’il s’agisse d’un ensemble de traditions, de coutumes ou de droit écrit, le


droit est un ordre de faits plus ou moins fixés par la force. Il convient
d’entendre, par force la volonté des hommes érigée en loi. Volonté dont le
contenu est déterminé par les conditions sociales, les rapports de force à
l’intérieur de la société considérée.

La volonté de la classe dominante s’exprime en lois promulguées par l’État.


Mais la classe opprimée développe, à son tour, une force tendant à substituer
à ce droit d’autres rapports juridiques correspondant à un autre nouveau
type de société. Le droit social et international évolue et la valeur morale
fondamentale qui commande la vie de l’homme le détermine, en relation avec
la complication croissante des rapports sociaux. Ainsi la notion de droit
social et international ont continué à évoluer avec les exigences modernes.

Le droit n’est plus seulement l’affirmation de quelques principes


théoriques et s’exprime dans l’expression droit d’égalité de liberté. Ce droit
correspond à la revendication affective, que l’action et la lutte ont permis
d’obtenir.

D - DEVOIR DU CITOYEN :

L’établissement des règles de droit : L’institutionnalisation du pouvoir


suppose, non seulement, la définition d’une assise territoriale fixe et
déterminée sur laquelle il s’exerce sans partage, mais également
l’élaboration d’un système de règles régissant les rapports des individus
entre eux et des individus avec le pouvoir.

E - LE POUVOIR ET DROIT :

Le droit est un instrument d’affermissement du pouvoir, c’est aussi un


moyen de règlementer les rapports entre l’individu et le pouvoir. Dans la
plupart des sociétés politiques la coutume (usage admis par la majorité) est
à l’origine et est l’unique source du droit.

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Platon notait déjà dans sa république : « Dès qu’il y a société, apparaît un
système de règlements, tout au moins, sous forme de coutumes
contraignantes ; même une société de brigands, ne peut subsister sans un
système de règles, sans un réseau d’obligations imposées à ses membres,
et qui se fait respecter par des sanctions sévères ».

Dans une seconde phase, l’autorité publique entreprend de régler les


coutumes, afin de clarifier les rapports sociaux et de faciliter la tâche des
juges qui sont chargés de faire respecter le droit. Le rôle déterminant du
pouvoir politique dans la création de la règle de droit qui nous semble
aujourd’hui si évident, n’apparaît en réalité que fort tard.

Chaque régime politique apporte ainsi sa contribution qui reflète les


objectifs de ceux qui sont au pouvoir.

De nos jours, l’intervention permanente du gouvernement dans les divers


domaines intéressant la vie du groupe (économique, social, culturel) confère
une importante particulière aux textes qu’il élabore, des projets de lois, des
ordonnances ou textes règlementaires divers. Le double monopole de
l’établissement de la règle de droit et de la sanction de ses violations confère
ainsi aux organes du pouvoir, une prérogative exceptionnelle qui pourrait
être extrêmement dangereuse si le droit ne servait pas aussi de garantie aux
individus vis-à-vis du pouvoir.

F - LE DROIT EST L’ÉQUILIBRE ENTRE L’INDIVIDU ET LE POUVOIR :

L’homme a un double rôle à accomplir : un rôle social et un rôle individuel.

La construction du pouvoir au sein de la société politique suppose donc une


conciliation permanente entre l’autorité nécessaire au progrès de l’ensemble
social et la liberté indispensable à l’épanouissement individuel.

Étant qu’il régit les rapports entre l’individu et le pouvoir, le droit a toujours
pour tâche d’assurer cette conciliation. Il le fait de deux manières :

- En précisant les règles d’évolution et de fonctionnement du pouvoir : ce


sont des constitutions, « règles du jeu » de la vie politique et normes
juridiques suprêmes, auxquelles doivent se conformer toutes les autres
règles de droit.

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- En définissant la sphère d’autonomie des individus, et en garantissant son
respect, c’est l’organisation des droits individuels et des libertés. D’une
manière générale, la création d’un corps de règles juridiques stables,
caractérise l’apparition de l’État de droit c’est-à-dire d’une société qui n’est
plus soumise à «l’arbitraire » des gouvernants.

Le respect par les ceux-ci de la légalité, lorsqu’il est contrôlé par un pouvoir
judiciaire indépendant, en effet un élément fondamental de la protection des
individus contre les abus du pouvoir. Ce rôle protecteur est évidemment lié
à une certaine conception des rapports entre l’individu et l’État et suppose
que l’État accepte de se soumettre au droit d’être limité par lui : c’est le cas
dans la plupart des démocraties libérales dites occidentales qui admettent la
primauté de l’individu sur la société.

Dans une conception opposée dans laquelle l’individu est subordonné à la


société, la primauté de l’État est affirmée et le droit, qui est à son service, a
pour unique objet de renforcer son pouvoir.

G - DROIT ET DEVOIR DU CITOYEN :

La Constitution malienne en vigueur a consacré son premier titre sur des


droits et devoirs de la personne dans notre pays. Au total, les premiers 24
articles de cette Constitution stipulent sur nos droits et devoirs.

Selon la Constitution malienne du 12 février 1992, les droits et devoirs du


citoyen malien sont inviolables. « Tous les Maliens naissent et demeurent
libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur
l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et
l’opinion politique est prohibée », précise l’Article 2 de la
Constitution. Selon les Articles de cette Constitution, aucun Malien ne doit
être soumis à la torture ni à des sévices ou traitements inhumains, cruels,
dégradants ou humiliants. Tout individu ou tout agent de l’État qui se
rendrait coupable de tels actes, soit de sa propre initiative, soit sur
instruction, sera puni conformément à la loi, selon la Constitution du Mali.

Par ailleurs, toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de


religion, de culte, d’opinion, d’expression et de création dans le respect de la
loi.

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Nul ne peut être détenu pendant une durée supérieure à quarante-huit
heures que par décision motivée d’un magistrat de l’ordre judiciaire. Aussi,
nul ne peut être détenu dans un établissement pénitentiaire que sur mandat
délivré par un magistrat de l’ordre judiciaire.

En outre, tout ce qui n’est pas interdit par la loi ne peut être empêché, et nul
ne peut être contraint de faire ce qu’elle n’ordonne pas. Le droit de propriété
est garanti selon la Constitution. Nul ne peut être exproprié que pour cause
d’utilité publique et contre une juste et préalable indemnisation. D’autre
part, au Mali, toute personne a droit à un environnement sain. En clair, la
protection, la défense de l’environnement et la promotion de la qualité de vie
sont un devoir pour tous et pour l’État du Mali. En plus, tout citoyen a droit à
l’instruction. « L’enseignement public est obligatoire, gratuit et laïc…
L’enseignement privé est reconnu et s’exerce dans les conditions définies
par la loi », dit la Constitution malienne.

Aussi, le droit au travail et au repos est reconnu et est égal pour tous. Le
travail est un devoir pour tout citoyen, mais nul ne peut être contraint à un
travail déterminé que dans le cas d’accomplissement d’un service
exceptionnel d’intérêt général, égal pour tous dans les conditions
déterminées par la loi. Quant à la liberté syndicale, elle est garantie. Les
syndicats doivent exercer leurs activités sans contrainte et sans limite autre
que celle prévue par la loi. En plus, le droit de grève est garanti et s’exerce
dans le cadre des lois et règlements en vigueur.

Devoirs :

D’autre part, la défense de la patrie est un devoir pour tout citoyen. Enfin,
tout citoyen doit œuvrer pour le bien commun. Et tout citoyen, toute
personne habitant le territoire malien a le devoir de respecter la Constitution
en toute circonstance, respecter les droits et libertés des autres citoyens, ne
pas commettre d’infractions et payer régulièrement ses impôts, y compris
ceux qui gouvernent. Aimer, servir et défendre la patrie en cas de danger :
c’est cela le patriotisme.

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LEÇON 13 : LES TRAVAILLEURS ET LEURS PROBLÈMES,
TRAVAIL, INTÉRÊTS, SYNDICATS

LA DÉFENSE DES LIBERTÉS ET DES DROITS


DES TRAVAILLEURS

A - LE TRAVAIL :

On désigne sous le terme de travail toute activité professionnelle (une


profession) que l’on exerce pour soi-même ou pour le compte de quelqu’un
(une entreprise), dans le but de se procurer les moyens de son existence en
percevant pour cela une rémunération (un salaire).

B - LE SYNDICAT :

Les syndicats sont des associations corporatistes œuvrant pour


l’amélioration des conditions de vie et de travail de leurs membres. Le
syndicat est le rassemblement volontaire des travailleurs d’une même
branche d’activité sur le plan local, national et international. Son rôle est
essentiellement de prendre en main la défense des intérêts économiques et
sociaux des travailleurs et de faire aboutir leurs revendications des plus
petites aux plus grandes. Il est l’outil indispensable de la masse des
travailleurs pour la défense de leurs intérêts « légitimes ».

Tous les travailleurs quelles que soient leurs opinions politiques ou


religieuses et leurs catégories professionnelles, du manœuvre à l’ingénieur
peuvent adhérer au syndicat.

Le syndicat doit aussi faciliter la prise de conscience par les travailleurs de


leurs conditions à l’intérieur de l’entreprise, dans le pays et dans le monde.
Le syndicat assure un rôle d’information et de formation, ce rôle assumé avec
régularité et conscience rend toute l’activité syndicale plus facile et plus
efficace.

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Les syndicats sont des organisations les plus importantes de la classe
ouvrière. Ils apportent une grande contribution à l’organisation des
travailleurs et à leur éducation dans l’esprit de la solidarité et de
l’internationalisme prolétarien. Il vise aux mieux-être des travailleurs, à la
transformation sociale des moyens de production et à l’instauration d’une
nouvelle société économique et à l’abolition de l’exploitation du travail
salarié (exploitation de l’homme par l’homme).

Libertés syndicales en droit :

La Constitution (articles 20 et 21) garantit la liberté syndicale. Aussi bien le


Code du travail de 1992 que la loi de 2002 portant sur le statut général des
fonctionnaires permettent aux travailleurs et travailleuses de constituer des
syndicats et de s’y affilier, y compris les travailleurs et travailleuses étrangers
et migrants. Les militaires et certains fonctionnaires de haut niveau sont
exclus de ce droit qui, s’il est appliqué strictement, ne va pas à l’encontre des
principes de liberté syndicale.

Droit de grève :

Le droit de grève est reconnu à tous les travailleurs, y compris les


fonctionnaires, et tous les types de grèves sont autorisés.

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LEÇON 14 : LE TRAVAIL EN TANT QUE

VALEUR SOCIALE ET MORALE

A - LE TRAVAIL :

Le travail est une activité exclusivement humaine. On travaille quand on est


conscient que notre activité morale, physique ou intellectuelle transforme
positivement l’objet. Le vol n’est pas un travail car il est immoral. Non plus,
arroser un arbre mort n’en est pas car il ne développe rien. Le travail est
sacré. C’est une valeur cardinale car chez l’homme, presque rien ne se gagne
gratuitement et naturellement.

Le rapport entre l’idée du travail et celle du respect :

Lorsqu’on regarde autour de soi, on constate que très peu de choses sont
naturelles. L’école, les hôpitaux, les habitats… sont tous produits du travail.
Depuis nos ancêtres, jusqu’à nous, en passant par nos parents, le travail a
toujours été universellement valorisé et la paresse dévalorisée.

Le travail et le respect sont des valeurs qui vont toujours ensemble. Le


travailleur est respecté. On doit encourager le travailleur constructeur, et
respecter les personnes âgées qui ont autrefois travaillé pour nous, pour que
notre descendance nous respecte plus tard pour notre travail.

Le rapport entre le travail et le respect sur le plan individuel :

Le travailleur est respecté car par le chemin le plus sûr, il se met


personnellement à l’abri du besoin matériel. Il gagne son pain. De là naît une
autonomie : la liberté de se diriger sans être influencé : « Le travail mon
enfant, et après le travail, l’indépendance. N’être à la charge de personne. Et il
te faut toujours fuir l’homme qui n’aime pas le travail » a dit le littéraire
ivoirien Bernard Binlin Dadié.

En plus de développer son corps, le travailleur développe son intelligence,


en développant la matière. Selon le penseur allemand Friedrich Nietzsche,
travailler, c’est « faire, et en faisant, se faire ».

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Le rapport entre le travail et le respect sur le plan moral :

On dit que l’ennui, ou le manque de travail, est la mère de tous les vices. En
effet celui qui ne travaille pas est capable de toutes sortes de bassesse
morale, quand surgit le besoin. Il vole les autres et devient jaloux et vandale,
face à la production d’autrui. Il est faible et faux, par le fait qu’il suit l’attitude
de celui qui le nourrit, même si ce dernier est dans le faux. Ses temps vides
lui donne le temps de murit de vicieuses pensées et de médire, pour se rendre
important aux yeux de à qui il ne donne rien, sinon du parasitisme.

Le rapport entre travail et le respect sur le plan social :

Le travailleur construit la société qui l’a lui-même construit. Or, le paresseux


est improductif et ingrat par rapport à ceux qui ont tout fait pour lui. Donc le
travailleur est respecté comme une valeur culturelle et un devoir social.

Le travail est un trésor. C’est une valeur positive de notre Grand Mali et de
toute noble société. Il devient le prix à payer, pour gagner le respect et
surtout pour gagner tout ce qui est respectable. C’est pourquoi a commencé
à mourir, toute société qui a commencé à se moquer du travail bien fait.

B - VALEUR MORALE DU TRAVAIL : NÉCESSITÉ DU TRAVAIL :

Rien, si ce n’est l’air que nous respirons, ne nous est donné gratuitement.
Nous devons tout obtenir par le travail qui permet la production et l’échange
des richesses. « On n’a rien sans peine et nous ne faisons qu’acheter du travail »
Alain. " Tu gagnes ton pain à la suaire de ton front » Les livres révélés.

Quiconque veut vivre, doit travailler ; l’abeille, la fourmi, l’oiseau… sont


constamment en quête de leur nourriture.

Tous les travailleurs, quels qu’ils soient, ceux de la terre, ceux de l’usine,
ceux de la pensée, travaillent à créer le pain des hommes. Dans un sens plus
large, entendons par le pain quotidien la survie de l’humanité, c’est-à-dire la
satisfaction de tous les besoins vitaux.

Si quelqu’un vit et mange sans travailler, c’est qu’il se nourrit du travail


des autres.

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C - VALEUR SOCIALE DU TRAVAIL :

Le travail étant le vrai fondement de tous nos succès politiques et de nos


victoires sur le colonisateur sur tous les chantiers, dans les ateliers, dans les
bureaux… doit être notre religion. S’abstenir de travailler et mourir sont une
même chose. Notre but sera donc le travail créateur et bienfait, gage
indispensable de la liberté et de la justification de la dignité de chaque
citoyen.

Le concept de travail doit être libéré des incidences matérielles qui lui sont
liées : on travaillera non pour occuper tel ou tel poste avec ses avantages
mais bien plutôt pour se rendre utile au peuple, à la nation qui nous ont tant
donné. La seule revendication qui vaille aujourd’hui, c’est l’aspiration de
chacun de nous à se surpasser chaque jour, ou qu’il se trouve, dans la
constitution de la nation malienne.

D - RETENONS :

Le travail est nécessaire : il assure la satisfaction de nos besoins, notre


indépendance et le progrès de la civilisation.
Le travail est une source inépuisable de joie ;
Le travail nous rend plus habiles et moralement meilleurs ; il nous permet
de nous épanouir.
Aimer le travail qu’on fait est une condition importante du bonheur.
Il n’y a pas de sot métier ou de métiers honteux, pas plus qu’on ne peut
établir de distinction morale entre le travail manuel et le travail intellectuel.
Tout travail utile comporte une dose de dignité et en tant que tel, mérite
respect et considération.
Tous les travailleurs sont également honorables, quoi qu’ils fassent.
Ne dis jamais d’un ouvrier qui revient du travail : « Il est sale ». Tu dois
dire «Il porte sur ses habits les traces du travail »
Le travail est une affaire de dignité, de vaillance et de gloire.
Grace au salaire qu’il reçoit, le travailleur ne se sent l’obligé de personne.
- Le meilleur travailleur, c’est celui qui exerce son labeur quotidien avec
amour et conscience qui fait preuve d’initiative créatrice pour améliorer son
rendement, qui veille sur ses instruments de travail pour éviter leur
détérioration, qui se sait parce qu’il travaille.

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LEÇON 15 : LES JEUNES ET LEURS PROBLÈMES :
TOXICOMANIE / NOTION – DÉFINITION

CONSÉQUENCE DE LA TOXICOMANIE, DU TABAGISME


ET DE L’ALCOOLISME SUR LA SANTÉ
ET LA STABILITÉ SCOLAIRE ET LE DÉVELOPPEMENT

MOYEN DE LUTTE ET DE PRÉVENTION


CONTRE LES DROGUES ET LES STUPÉFIANTS

A - LE TABAGISME :

Le tabagisme est un terme médical désignant l’intoxication aiguë ou


chronique provoquée par l’abus du tabac. Par extension, il désigne également
la consommation de tabac en général.

Le tabac est l’un des premiers tueurs dans le monde contemporain. Sa


consommation est la plus grande cause de mortalité, évitable dans le monde.

Selon les statistiques de l’OMS, le tabac fait plus de 5 millions de décès par
an dans le monde. On estime que le tabagisme est à l’origine de plus de 14000
décès par jour, soit 1 décès toutes les 8 secondes. L’OMS estime que si la
consommation poursuit les tendances actuelles, le tabac fera 10 millions de
morts par an d’ici à 2020 principalement dans les pays en développement.
Ce qui signifie que le tabac tue beaucoup plus que le sida, la tuberculose, la
césarienne ou encore les accidents de circulation d’une manière globale.

Au Mali, alors que les jeunes constituent la majeure partie de la population,


on remarque de plus en plus la baisse constante de l’âge auquel se consomme
la première cigarette. L’ambiance scolaire, le prix modique de la cigarette, la
vente de cigarettes dans tous les lieux encouragent cette habitude de fumer.

En milieu adolescent, le mythe du « grand » joue à plein. On fume pour


s’intégrer parmi les grands (adultes) dont la cigarette est devenue le
symbole, se débarrasser des stress et d’être attirant.

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La lutte anti-tabac est en pleine campagne dans le monde (notamment chez
les jeunes et adolescents) ce même moment correspond à la vulgarisation de
la consommation de cigarettes au Mali, en Afrique et dans tous les pays en
voie de développement.

B - L’ALCOOLISME :

L’alcool met en péril l’avenir des jeunes et le devenir de toute une nation. Il
est devenu le fléau de notre temps.

Causes de l’alcoolisme au Mali :

La médecine moderne suppose que l’alcoolisme en général est le résultat


d’une association de plusieurs facteurs : physiologiques, psychologiques ;
sociaux et génétiques. Au Mali, il faut souligner que, les facteurs sociaux sont
d’autant plus déterminants qu’ils les emportent sur les autres. En effet,
l’absence d’une politique musclée sur l’alcool, la perte de l’autorité parentale,
les violences conjugales, les mauvaises fréquentations et la pauvreté des
géniteurs ne parvenant pas à subvenir aux besoins vitaux de leur
progéniture.

Conséquences :

Que peut-on espérer d’une jeunesse qui fait au quotidien son apprentissage
à la saveur de l’alcool ? Sinon, la délinquance et la folie.

C - LA DROGUE :

1 - Causes :

Les principales causes qui peuvent expliquer la consommation de drogue


par l’adolescent sont :

- Le sentiment d’abandon consécutif au divorce des parents, ou associé à un


délitement familial ;

- La difficulté de trouver un sens à sa vie et à la vie en général ;

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- Une volonté de transgression plus forte que l’interdit, parfois encouragée
par un mauvais entourage ;

- Souhaiter s’intégrer à un groupe, réduire les tensions psychiques, sont


également des motivations fréquentes de l’adolescent qui passera à l’acte
d’autant plus facilement que la recherche de repères et d’identité est difficile.

Moins le jeune dispose en effet de moyen de construire ses propres repères,


plus les risques de consommation de drogues sont grands.

2 - Types de drogues :

Au Mali, on rencontre plusieurs types de drogues et stupéfiants il y a non


seulement les cannabis et ses dérivés, mais aussi la cocaïne de même que
l’héroïne et le célèbre datura stramonium communément appelé
« almoukayekaye » sont les plus présents sur le marché malien.

3 - Les conséquences de la consommation de drogue :

Des problèmes respiratoires (toux, bronchites chroniques) ; de la fatigue ;


une déshydratation (soif intense) ; affaiblissement des défenses
immunitaires ; désorganisation de la pensée ; la perte des repères sociaux,
l’affaiblissement de l’état de conscience ; l’échec scolaire ; des actes de
violence.

4 - Lutte contre la toxicomanie :

L’arme efficace est la sensibilisation, il ne s’agit plus de lutter contre le


tabagisme, le canabisme, l’alcoolisme ou une autre forme de toxicomanie,
mais de créer chez les jeunes et adolescents (couches vulnérables) un état
d’esprit favorable à la santé, de leurs faire comprendre que chacun est
responsable de sa santé, que la santé dépend de son propre comportement
et qu’il faut se protéger dans l’avenir, c’est-à-dire s’estimer soit même.

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LEÇON 16 : RESPECT ET PROTECTION DUS AUX AÎNÉS,
AUX HANDICAPÉS, AUX RÉFUGIÉS ET AUX ÉTRANGERS

A - LE RESPECT DÛ AUX AÎNÉS :

Nous comprendrons le mot aine (plus âgé qu’un autre) non pas seulement
dans le sens de frère ainé ou sœur ainée, mais dans son sens plus large
d’ancien, c’est-à-dire, celui qui nous a devancé. Un oncle est un ainé, un neveu
plus âgé est un ainé et les anciens du village sont nos ainés.

Qu’est-ce que le respect ? Le respect n’est autre chose que l’aveu de la


supériorité de quelqu’un. Les cadets se soumettent, sans condition, aux
directives des anciens et sont dans une dépendance absolue à leur égard
pour le bien collectif, tel que ces derniers les conçoivent.

Le respect dû aux aînés :

Dans la société africaine, les personnes se répartissent naturellement par


classes d’âge : enfant-adulte-vieillard. Cette hiérarchie d’âge imposait à la
classe inferieure, respect et obéissance. Malheureusement, notre époque
offre à tout observateur perspicace, des occasions hélas multiples de méditer
sur les conséquences tragiques de la non-observation de cette éducation
traditionnelle.

On doit aussi le respect aux handicapés, aux refugies et aux étrangers.

B - UN HANDICAPÉ :

Un handicapé est une personne atteinte d’une infirmité (physique ou


mentale) qui ne lui permet pas toutes les activités d’une personne indemne
du même âge.

On doit respecter les droits des handicapés qui sont entre autres,
l’interdiction de toutes les discriminations fondées sur le handicap, la
sensibilisation de l’ensemble de la société à la situation des personnes
handicapées, la facilitation de l’accès des personnes handicapées à
l’environnement physique, aux transports, à l’information, la prévention de
toutes les formes d’exploitation, de violence et de maltraitance des

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personnes handicapées, la facilitation de l’accès des personnes handicapées,
à des aides à la mobilité, appareils et accessoires, technologies d’assistance...

Au niveau des administrations, des textes accordent la priorité aux


personnes âgées ou handicapées ; Nous devons respecter ces dispositions
avec bienveillance.

C - LE RÉFUGIÉ :

Un refugié est une personne qui a quitté son pays ou a fui une région pour
des raisons politiques, religieuses, raciales ou pour échapper à une
catastrophe. Le réfugié est souvent perçu comme un émigré forcé, à savoir
une personne ayant été contrainte à quitter son pays d’origine ou celui où
elle réside habituellement.

Comme tous les individus, les réfugiés ont droit à un niveau de vie suffisant,
une alimentation et un logement adéquats, ainsi qu’à la santé mentale et
physique. Cela dit, le premier besoin des réfugiés est la sécurité - sécurité
physique - dont ils se trouvent privés dans leur pays d’origine. Ainsi la
première obligation des États selon les conventions sur les réfugiés est-elle
de ne pas renvoyer (refouler) les réfugiés vers des pays où ils seraient en
danger de « persécution ».

Tout comme les aînés, les handicapés et les réfugiés, les étrangers aussi
méritent notre respect car le visiteur étant sacré, lui offrir l’hospitalité est un
devoir.

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D - RETENONS :

Autrefois, la hiérarchie de l’autorité était strictement la réplique de la


hiérarchie des âges.

Après leur mort, les aînés commandent, les ancêtres sont les premiers
consultés. Il faut attendre leurs avis pour décider.

Les jeunes n’avaient d’autre issue que de se soumettre étroitement aux


directives des anciens et d’être dans une dépendance absolue à leur égard.

L’une des bases de la conception africaine de la vie est la notion de force.


Ce qui compte pour eux, c’est argumentation de la force, sur le plan
individuel, comme sur le plan social et collectif : Chaque homme a pour
devoir d’argumenter la force, c’est-à-dire le prestige, l’influence et l’autorité
de son groupe familial, tribal.

"L’enfant aux mains bien lavées malaxe la crème des adultes"

Le respect n’est autre chose que l’aveu de la supériorité de quelqu’un, un


respect aveugle n’étant que superstition. Le respect aveugle pouvant être
paralysie, il empêcherait de marcher dans le sentier de la science.

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LE MALI - LA LUTTE POUR L’ÉMANCIPATION

LEÇON 17 : LES PROBLÈMES DE LA


SOUVERAINETÉ NATIONALE
(DÉFENSE NATIONALE, DIPLOMATIE, MONNAIE)

A - L’ARMÉE NATIONALE :

1 - Création :

Le 20 Janvier 1961, les autorités de la République invitent la France


« d’évacuer les bases militaires de Bamako, Kati, Gao et Tessalit qu’elle
occupait du fait des accords Franco-maliens signés à Paris le 22 Juin 1960,
entre elle et la Fédération du Mali qui deviennent caduque après les
évènements du 19 au 20 Aout 1960 » L’armée nationale est née. Un appel a été
alors lancé au patriotisme des maliens encore soldats de l’armée française à
rentrer au pays et grandir les rangs de la jeune armée nationale : « Défendre
la souveraineté du Mali sera désormais le devoir de tous ».

Il est le pays où nous sommes nés où nous avons grandi, où ont vécu nos
parents, où sont morts nos aïeuls. Le Mali est notre patrie et à ce titre il n’est
pas seulement notre sol, c’est aussi notre armée nationale, c’est-à-dire nos
espérances ou nos tristesses, nos gloires et nos épreuves.

Cette décision est l’expression de la conviction du peuple malien qu’à moins


d’abandon volontaire de souveraineté de la part d’un État ou d’accords
particuliers dans le domaine de la défense, les troupes de l’ex-puissance
coloniale ne peuvent stationner sur le territoire de l’ex-colonie aux cotés des
troupes du jeune État.

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2 - Objectifs :

L’armée Nationale symbole de la souveraineté :

Le Mali indépendant possède son armée nationale, symbole de sa


souveraineté et instrument de la défense de cette souveraineté.

L’armée est une marque de souveraineté. Elle incarne la souveraineté de la


nation à l’intérieur et à l’extérieur ; elle est critère de la reconnaissance de
notre indépendance.

L’armée, défense de la souveraineté :

Elle est au service du peuple pour combattre l’ennemi extérieur et assure le


maintien de l’ordre interne, la protection des institutions.

La défense nationale :

Le Mali a besoin d’une armée forte pour défendre son indépendance et son
honneur contre les attaques, toujours possibles, des nations étrangères.
Le peuple le plus sincèrement pacifique, l’expérience l’a prouvé, reste
toujours exposé à des agressions ou à des menaces.

Le maintien de l’ordre interne :

Le Malin est un patrimoine matériel et moral que nous ont légué nos
ancêtres et que nous devons, à notre tour transmettre à nos descendants.
La protection des institutions de l’État relèvera de son autorité. C’est le
soutien du pouvoir établi : elle sert de régime constitutionnel contre ceux qui
voudraient la dévouer ou le renverser

L’armée malienne facteur de développement :

L’armée, outre sa tache de défense nationale, s’est vue confier deux


missions : contribuer à la cohésion nationale et lutter contre le sous-
développement.

L’armée, instrument d’unification nationale :

L’armée symbolise la nation. En effet, des individus, venus d’horizons


divers, y prennent peu à peu conscience des intérêts qui les lient ; ainsi
acquièrent-t-ils le sens de la solidarité nationale. L’armée arrive à dépasser
les problèmes raciaux et ethniques, régionaux parce qu’elle est organisée,

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hiérarchisée. Il s’élabore au sein de l’armée une véritable conscience
nationale. Une telle conception, un tel objectif implique l’existence du service
obligatoire pour tous.

À la caserne, les soldats sont entraînés aux exercices physiques, ils


apprennent les rôles qu’ils auront à jouer en campagne, aux avant-postes, à
l’avant-garde, au flanc garde, à l’arrière garde, en patrouille. On les conduit
sur le terrain. On les familiarise surtout avec leurs fusils, on les accoutume à
un tir rapide et précis. C’est là, dans la compagnie des jeunes gens de son âge,
que le petit malien comprend toute la grandeur qui s’associe à la servitude
militaire, ces efforts qu’on lui demande, cette régularité d’existence qu’on lui
impose, cette sorte de mécanisme auquel on l’astreint, tout cela lui rappelle
qu’il est un élément d’un tout, une unité de la collectivité nationale, une
cellule vivante du grand organisme que forme la patrie. Peut-être, parfois,
trouve-t-il la discipline un peu dure, mais à, la réflexion, il l’acceptera
joyeusement comme le plus sacré des devoirs civiques. Une armée sans
discipline serait une armée perdue.

L’armée animatrice de développement :

La séparation du civil et du militaire ne sera pas dans nos réalités maliennes.


Aussi, à l’armée des taches extramilitaires seront-elles confiées. La raison :
lui fournir des occupations pour éviter d’avoir une armée désœuvrée, proie
facile pour les intrigues politiques, l’intégrer dans la nation, en l’associant à
l’effort de développement national, amortir son coût exorbitant en essayant
de mettre au service de la lutte contre le sous-développement, les
compétences techniques des militaires.

B - LA DIPLOMATIE :

1 - Définition :

La diplomatie est à la fois la science et la pratique des relations


internationales. Elle a pour fondement l’ensemble des règles ou des
traditions qu’on réunit sous le nom de « Droit des gens » ; pour objet, l’art de
prévenir, dans les différends entre États, les solutions violentes par les
solutions pacifiques, et enfin pour instruments habiles les agents que ces
États entretiennent les uns chez les autres pour représenter et défendre leurs
intérêts : ambassadeurs, ministres, plénipotentiaires, chargés d’affaires. Les

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négociations qu’elle conduit aboutissent soit à la conclusion d’un traité si
l’objet est limité soit à la formation d’une agence si les effets doivent être
permanents. La diplomatie est aussi ancienne que l’existence même des
États, mais elle n’a pris sa force actuelle que depuis que leur représentation
extérieure est devenue permanente (XIIème siècle). De nos jours, ses
conditions d’existence se sont modifiées d’une organisation d’un organisme
international (ONU) … destiné à devenir le suprême régulateur des rapports
entre nations et l’arbitre de leurs différends.

2 - La diplomatie malienne :

Sur la scène internationale, notre jeune République a fait une entrée non
moins brillante. Dès son admission à l’organisation des Nation Unies, elle a
joué le rôle que nul n’ignore, honoré ainsi nos martyrs et fait la fierté de nos
citoyens.

À la pratique tortueuse dans les relations internationales qui fait faire que
l’on pense et fait affirmer ce que l’on ne pense pas, que l’on appelle
diplomatie, nous avons préféré la définition claire et brutale de nos pensées
et de nos positions, car pourquoi dans ce domaine, faudrait-il encore imiter ?
L’Afrique ne doit pas perdre sa franchise, son langage direct ; il faut qu’elle
réhabilite la morale internationale compromise par la violation des
principes ; il faut qu’elle apporte son cachet à la définition des rapports entre
États.

Notre gouvernement ont adopté et suivi scrupuleusement la politique de


neutralisme positif, refusant de faire du Mali un pion de tel ou de tel bloc.
Tirant les leçons du passé, nous avons œuvré inlassablement à la réalisation
de l’union de nos États et à détruire les divisions artificielles.

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C - LA CRÉATION DE LA MONNAIE MALIENNE :

«Dans quelques heures, exactement à zéro heure du 1er Juillet 1962, la


République du Mali disposera de sa monnaie nationale le Franc Malien ayant
seul désormais cours légal et pouvoir libératoire illimité sur l’étendue du
territoire national.

À cet effet, le privilège de l’émission sera exercé à un institut d’émission


national. La Banque de la République du Mali qui détiendra l’ensemble des
pouvoirs monétaires exercés auparavant par la Banque Centrale des États de
l’Afrique de l’Ouest. Le Franc Malien sera une monnaie instrumentale solide,
gagée par une couverture d’un milliard de Francs CFA en devise. Défini par
rapport à l’or le Franc malien a la même valeur que le Franc CFA ; c’est-à-dire
qu’un Franc malien sera échangé contre un franc CFA »

Sens et signification profonde de la monnaie nationale :

Aussi loin que nous remontons dans le temps, l’histoire nous enseigne que
le pouvoir politique s’accompagne toujours nécessairement du droit régalien
de battre la monnaie ; que le pouvoir monétaire est inséparable de la
souveraineté nationale, qu’il en est le complément indispensable, que
pouvoir politique et pouvoir monétaire ne sont donc, à dire vrai, que les
aspects complémentaires d’une seule et même réalité : la souveraineté
nationale

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LEÇON 18 : LES 3 POUVOIRS : LEURS RELATIONS
ET LEURS INSTRUMENTS D’EXPRESSION

(LOI, ORDONNANCE, DÉCRET, ARRÊTÉ, DÉCISION, ACTES…)

A - LES TROIS POUVOIRS sont :

1 - Le pouvoir législatif, confié à un Parlement (ou législateur), à savoir,


l’Assemblée nationale.

2 - Le pouvoir exécutif, confié à un gouvernement composé d’un Premier


ministre et des ministres, à la tête duquel se trouve un chef d’État.

3 - Le pouvoir judiciaire, confié aux juridictions,

B - LES INSTRUMENTS D’EXPRESSION DES TROIS POUVOIRS :

1 - Loi :

La loi est une disposition prise par une délibération du Parlement. Elle est
la règle nécessaire ou obligatoire ; c’est un acte de l’autorité souveraine, qui
règle, ordonne, permet de défendre ou de promulguer une loi

2 - ordonnance :

Acte pris par le gouvernement, avec l’autorisation du Parlement, dans des


domaines qui relèvent normalement de la loi. Le Gouvernement peut
demander au Parlement l’autorisation de prendre lui-même des mesures
relevant normalement du domaine de la loi afin de mettre en œuvre son
programme. L’autorisation lui est donnée, ces actes sont appelés des
ordonnances.

3 - Décret :

Un décret est un acte réglementaire ou individuel pris par le président de la


République ou le Premier ministre dans l’exercice de leurs fonctions
respectives. En effet, la plupart des activités politiques et administratives de
ces deux autorités se traduisent, sur le plan juridique, par des décrets. Ils
constituent des actes administratifs unilatéraux.

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Sur le plan de la forme, le décret comporte d’abord des visas, rappelant les
textes sur le fondement desquels le décret est pris, et ensuite un dispositif
divisé en plusieurs articles, précisant le contenu du décret et ses
conséquences juridiques.

La portée des décrets est variable. Ils peuvent être réglementaires,


lorsqu’ils posent une règle générale, et s’appliquent ainsi à un nombre
indéterminé de personnes, ou individuels, lorsqu’ils ne concernent qu’une ou
plusieurs personnes déterminées (ex : décret de nomination d’un haut
fonctionnaire).

4 - Arrêté :
L’arrêté est un acte émanant d’une autorité administrative autre que le
président de la République ou le Premier ministre. Il peut s’agir des
ministres, des préfets, des maires, des présidents de conseil régional. Les
arrêtés sont des actes administratifs unilatéraux.

Sur le plan de la forme, l’arrêté, comme le décret, comporte à la fois des


visas, rappelant les textes qui le fondent, et un dispositif précisant le contenu
de l’acte et ses effets juridiques. Ce dispositif se présente en principe, mais ce
n’est pas une obligation, en un ou plusieurs articles.

Comme le décret, la portée de l’arrêté peut être variable. Il peut être


réglementaire, lorsqu’il pose une règle générale (ex : un arrêté municipal
interdisant à toute personne circulant dans une rue d’y stationner), ou
individuel (ex : nomination d’un fonctionnaire).

5 - Décision :
La décision est une disposition arrêtée par une autorité compétente après
délibération, ou une instruction de service émanant d’une autorité
hiérarchique.

6 - Acte :
L’acte est la manifestation de volonté d’une autorité administrative
exprimée en vue de produire des effets de droit.

Nous avons aussi :


7 - Le décret –loi : Décret du gouvernement possédant le caractère de loi.
8 - Loi organique : Loi relative à l’organisation des pouvoirs publics. La loi
définit un certain nombre de principes en laissant le soin au gouvernement
d’en préciser la portée exacte dans les décrets d’application.

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LE MALI - LA VIE SOCIALE

LEÇON 19 : NOTION DE LIBERTÉ D’OPINION,


D’EXPRESSION, D’ASSOCIATION

A - LA LIBERTÉ :

Comme l’a su bien exprimé Paul Valéry, c’est « un de ces détestables mots qui
ont plus de valeur que de sens ».

De prime abord, il semble qu’être libre, c’est de faire ce qu’on veut, mais la
volonté est bien souvent confondue avec le désir, la tendance à l’impulsion
du moment. L’absence de loi, c’est peut-être la liberté mais la liberté de la
jungle elle-même est limitée par nos possibilités naturelles, la nécessité
physique et le droit du plus fort.

B - LES FORMES DE LA LIBERTÉ :

1 - liberté formelle, liberté individuelle :

La conception occidentale de ce qu’on appelle la « liberté formelle droit » ou


encore la « liberté individuelle » découle logiquement de l’idée que l’homme
est normalement libre. La société n’a pas à créer la liberté mais seulement à
lui permettre de s’exercer et de s’épanouir ; pour cela, il lui faudra sans doute
intervenir pour consolider l’usage parfois antagoniste que chacun fait de la
liberté ; ce qu’expriment les articles 4 et 5 de la déclaration de l’homme et du
citoyen 1789.

2 - Liberté d'expression :

La liberté d'opinion et d'expression est l'une des premières libertés


politiques et plus généralement des libertés fondamentales.

Elle va de pair avec la liberté d'information et plus spécifiquement la liberté


de la presse, qui est la liberté pour un propriétaire de journal de dire ou de
taire ce que bon lui semble dans son journal, sous réserve d'en répondre
devant les tribunaux en cas de diffamation ou calomnie. La calomnie et la
diffamation étant là aussi, les restrictions imposées à la notion de liberté

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d'expression pour toute parole publique, comme pour l'incitation à la haine
et au meurtre.

Pour Kant, la liberté d'expression est nécessaire à la liberté de pensée :


« Certes, on dit : la liberté de parler, ou d'écrire peut nous être retirée par un
pouvoir supérieur mais absolument pas celle de penser. Toutefois, quelles
seraient l'ampleur et la justesse de notre pensée, si nous ne pensions pas en
quelque sorte en communauté avec d'autres à qui nous communiquerions nos
pensées et qui nous communiqueraient les leurs ! On peut donc dire que ce
pouvoir extérieur qui dérobe aux hommes la liberté de communiquer en public
leurs pensées, leur retire aussi la liberté de penser ».

Elle est citée à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de


l'homme de 1948 (résolution sans valeur contraignante) comme suit :

« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le


droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir
et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées
par quelque moyen d'expression que ce soit. »

La Déclaration universelle des droits de l'homme ne spécifie pas les


conditions particulières ni restrictions à cette liberté d'expression,
cependant, un certain nombre de juridictions, sous l'égide des Nations Unies
et des pays y adhérant restreignent toutefois cette liberté en interdisant les
propos incitant à la haine raciale, nationale ou religieuse et relevant de
l'appel au meurtre qui sont des délits interdits par la loi.

Importance : La liberté d'expression est bien souvent la première des


libertés éliminées dans les régimes totalitaires.

Limites : La liberté d'expression connaît certaines restrictions qui sont fixées


par la loi et qui sont jugées nécessaires au respect des droits et de la
réputation d'autrui.

La liberté d'expression peut subir des restrictions :

- pour des raisons sécuritaires (exemple : répression de l'incitation à


commettre des crimes ou délits) ;

- pour protéger le droit des individus : répression de l'insulte publique et de


la diffamation, lutte contre les discriminations raciales, protection de
l'enfance, défense de droits de propriété intellectuelle, etc.

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3 - liberté d’association :

La liberté d'association permet aux personnes partageant les mêmes


opinions de s'associer au sein d'une même organisation (comme un parti
politique).

4 - Liberté participation et liberté droit :

On appelle liberté participation ou liberté politique, la possibilité pour les


citoyens de participer au gouvernement, en le désignant, en l’orientant, ou
même en y prenant part, en liberté droit ou libertés individuelles, les facultés
reconnues aux citoyens de déterminer et de conduire leur vie dans une
société organisée hors de toute entrave ou contrainte d’origine étatique. À
priori su moins, les deux actions divergent.

Dans le premier cas, l’individu cherche à rejoindre l’État, pour les


déterminer dans le second, il cherche au contraire à s’en éloigner pour ne pas
être déterminé par lui, pour aussi peu que possible.

L’opposition ne doit toutefois pas être exagérée : intellectuellement dans les


deux cas, la liberté implique un pouvoir de décider.

C - LES PRINCIPALES LIBERTÉS PUBLIQUES :

1 - Les libertés de la personne physique :

Ce sont sans doute les libertés les plus importantes pour l’individu : aller et
venir à son gré, se déplacer ou demeurer chez soi, y être seul maitre.

C’est d’abord la sureté personnelle, c’est-à-dire la garantie contre les


arrestations et détentions arbitraires. La sureté personnelle garantit toute
les autres libertés : la liberté d’expression par exemple serait vide de sens si
l’arrestation de ceux qui critiquent le gouvernement était possible à tout
moment et sans contrôle. Son principe a été posé par l’article 7 de la
déclaration de droits de l’homme et du citoyen : « Nul ne peut être accusé ni
détenu que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu’elle a
prescrites ».

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2 - La liberté d’aller et de venir :

Elle est le complément logique de la sureté personnelle. Elle signifie que


chacun peut se déplacer librement sur le territoire national sans qu’aucune
autorisation, aucun « laisser passer » soient exigibles.

On peut enfin rattacher à la sureté personnelle des deux principes de la


liberté, de l’individualité du domicile et du respect de la correspondance.
Chacun a le droit d’habiter où il l’entend et d’y demeurer aussi longtemps
qu’il le souhaite.

3 - La liberté de pensée (ou liberté d'opinion) :

Deux articles de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789


traitent de la liberté d'opinion : l'article 10 " Nul ne doit être inquiété pour ses
opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas
l'ordre public " et l'article 11 " La libre communication des pensées et des
opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ".

4 - Liberté de conscience :

Il s’agit de la liberté d’opinion en matière politique, religieuse ou


philosophique. Dans les exemples suivants : liberté de posséder encore
appelée droit de propriété, liberté d’expression, il s’agit de facilités de faire
ou de s’abstenir, qui sont reconnus à l’individu et l’État doit se borner à ne
pas entraver.

Ce qui semble réaliste, c’est que la liberté ne peut exister dans une société
ou les rapports politiques et juridiques n’expriment que de rapports de
forces entre classes. C’est en effet tromper un homme que de lui dire qu’il est
libre alors qu’il est exploité ; « aliéné ». L’avènement de la liberté suppose
donc que l’opposition et la lutte des classes aient pris fin et que, grâces à
l’abolition de la propriété privée des moyens de production, soit réalisée une
société sans classes.

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D - LES LIBERTÉS À CARACTÈRE ÉCONOMIQUE :

Elles ont toujours existé et correspondent au droit de propriété et à la


liberté du commerce et de l’industrie. Le droit de propriété constitue, selon
la déclaration des droits de l’homme et du citoyens un « droit naturel et
imprescriptible de l’homme »

E - La réglementation des libertés :


L’exercice de certaines libertés, tout en demeurant libre, a été assorti de
dispositions qui permettent aux pouvoirs publics de connaitre et de
contrôler l’usage qui en est fait. La portée de ces dispositions est variable : la
formule plus atténuée est la déclaration préalable. Exemple : tout cortège,
tout défilé, toute manifestation sur la voie publique doit faire l’objet d’une
déclaration préalable.

F - Les garanties des libertés :


Elles résultent tout à la fois du rôle de la loi et de l’intervention du juge. On
dit parfois de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qu’elle était
un « hymne à la loi ». Le terme de loi est d’ailleurs celui qui est le plus souvent
utilisé par la déclaration.
L’article 16 exprime bien son rôle proéminant : la loi est l’expression de la
volonté générale.

Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs


représentants à sa formation. Elle doit être la même pour tous : soit elle
protège, soit elle punit. C’est la loi qui définit la limite de la liberté : « Tout ce
qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché et nul ne peut être puni
qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et
légalement appliquée ».

L’Article 8 Enfin, c’est elle qui, dans de nombreux cas, détermine les
coordinations selon lesquelles chaque liberté doit s’exercer.
L’autre garantie des libertés est constituée par le rôle du juge. Ce rôle le
présente d’ailleurs plusieurs aspects. L’arrestation d’un individu n’est
permise en principe qu’en cas de flagrant délit, sur délivrance par un juge
d’instruction, d’un "mandat d’arrêt". Ce sont aussi des magistrats qui
contrôlent les conditions dans lesquelles la police arrête et interroge les
suspects et les prive provisoirement de leur liberté par la "garde à vue". Enfin
ce sont les tribunaux seuls qui peuvent déclarer un individu coupable et lui
infliger une peine.

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LEÇON 20 : LE MONDE RURAL
MODE D’ORGANISATION ET PROBLÈMES

LES TONS VILLAGEOIS / RÔLES - IMPORTANCE

" Ton " veut dire aligner les choses sur une même corde avec égalité.
Exemple : Ka kɔnɔn ton (mettre les dés d’une chaine en ordre sur une même
corde). Alors " tɔn " en bambara a le sens de mettre les jeunes du village en
association avec égalité et transparence comme s’ils sont alignés sur une
même corde. Ils sont appelés " tɔndenw " les membres de l’association et leurs
chefs sont appelés " tɔntigiw " les présidents de l’association.

Dans presque tous les villages maliens, il y a le ton villageois, c’est à dire un
regroupement de jeunes du village pour les différentes activités de
développement du village.

Ce ton villageois est composé des jeunes du village de 15 à jusqu’à 40 ans à


peu près et c’est bien structuré de sorte que chaque composant du ton
connait son rôle et le pratique avec conscience.

Dans les gros villages, où il y a beaucoup de jeunes, où beaucoup de


générations se suivent, les chefs quittent le ton après 3 ans de chefferie. Et ils
sont remplacés par la génération qui les suivent, dans les petits villages, les
chefs sont remplacés par un mandat de 5 ans car il y a moins de jeunes. Il
arrive souvent, mais très rarement, qu’un chef soit expulsé du ton avant la fin
de son mandat. La chefferie du ton village est une grande responsabilité et un
très grand honneur où il faut toujours penser aux bons actes posés par tes
prédécesseurs et essayer de les dépasser à tout prix car c’est comme ça que
le village se développe.

Pour sauver son nom, le nom de sa famille pendant son mandat, chaque
Tɔnkuntigi est obligé de travailler, de travailler beaucoup et de travailler bien
pour le développement du village pendant son règne.

Les travaux de toiture des constructions, certaines activités du mariage, les


activités communes de nettoyage des rues du village et autres petites
activités sont gratuitement accomplies par le ton villageois. Mais les plus
grandes activités du ton sont pratiquées pendant l’hivernage et ce sont des
activités agricoles payantes dont le prix permet au ton de résoudre beaucoup

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de problèmes dans le village. Au-delà des travaux dans les champs d’autrui,
le ton villageois cultive leur propre champ.

Après le battage du mil, avant que les jeunes ne partent pour l’exode rural,
le ton villageois décide organise une fête annuelle qu’on appelle la " fête du
ton villageois."

S’il y a des difficultés pour payer les impôts, le ton du village intervient pour
épargner le village de la honte.

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