Chapitre I : Topologie de la droite réelle
Filière : Sciences et Techniques pour l’Ingénieur (CP1) – Module : Analyse I
ENSA Safi
Résponsable : Dr. Nawfel Benatia
E-mail: nawfelbenatia@[Link]
Semestre 1 – Année universitaire : 2023–2024
Dans ce chapitre ...
1 Introduction
2 Définition axiomatique des nombres réels
3 Propriétés des nombres réels
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1. Introduction
Ensemble des entiers naturels N
• Les nombres entiers naturels sont naturels à plusieurs titres, notamment parce qu’il font
partie de la vie courante.
• Ils sont utilisés depuis des siècles pour compter des objets du monde réel : des moutons,
des pommes, des électeurs,. . .
• La définition axiomatique des entiers naturels est décrite à l’aide des cinq axiomes de
Peano (italien 1858 – 1932) : Il existe un ensemble non vide, noté N et appelé
l’ensemble des entiers naturels, qui satisfait :
1. L’élément appelé zéro et noté 0, est un entier naturel.
2. Tout entier naturel n a un unique successeur, noté s(n) qui est un entier naturel.
3. Aucun entier naturel n’a 0 pour successeur.
4. Deux entiers naturels ayant le même successeur sont égaux.
5. Si un ensemble d’entiers naturels contient 0 et contient le successeur de chacun de
ses éléments, alors cet ensemble contient tous les entiers naturels.
• Le premier axiome permet de poser que l’ensemble N des entiers naturels n’est pas vide.
• Le troisième axiome signifie que l’ensemble N possède un premier élément.
• Le cinquième axiome signifie que l’ensemble N vérifie le principe de récurrence.
• N∗ := N \ {0}.
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Ensemble des entiers naturels N
Remarque
On peut reformuler les axiomes de Peano de la façon suivante :
1. Il existe une application injective s : N −→ N appelé succession.
2. Il existe un élément de N, noté 0 tel que 0 ∈
/ s (N).
3. Si A ⊂ N tel que
i. 0 ∈ A;
ii. ∀n ∈ N, n ∈ A =⇒ s(n) ∈ A,
alors A = N.
Exercice
Montrer l’équivalence entre les deux formulations des axiomes de Peano.
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Ensemble des entiers naturels N
L’ensemble des entiers naturels N est muni de deux lois de composition interne, l’addition
(+) et la multiplication (×), qui satisfont les propriétés suivantes:
1. Commutativité : a + b = b + a et a × b = b × a, pour tout a, b ∈ N.
2. Associativité : (a + b) + c = a + (b + c) et (a × b) × c = a × (b × c), pour tout
a, b, c ∈ N.
3. Existence des éléments neutres :
a+0=0+a=a et a × 1 = 1 × a = a, pour tout a ∈ N.
4. Distributivité de la multiplication par rapport à l’addition : Pour tout a, b, c ∈ N,
on a
(a + b) × c = (a × c) + (b × c) et a × (b + c) = (a × b) + (a × c).
Ainsi, la somme de deux entiers naturels est un entiers naturel. De même pour le produit.
Remarque
Pour chaque n ∈ N, le successeur de n est défini par : s(n) := n + 1.
N := {0, 1, 2, 3, · · · }.
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Ensemble des entiers relatifs Z
• L’équation : a + x = b avec (a, b) ∈ N × N, a > b, n’a pas toujours de solutions dans N.
• Conséquence : à partir de N, et en utilisant les relations d’équivalence, on construit
un ensemble noté Z, et appelé ensemble des entiers relatifs, tels que :
— N⊂Z
— Pour tout élément de k ∈ Z, il existe un élément k 0 ∈ Z symétrique de k par rapport à
l’addition. i.e. k + k 0 = 0.
• k 0 le symétrique de k par rapport à l’addition est toujours noté ”−k” et appelé opposé.
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Ensemble des nombres rationnels Q
• L’équation : a × x = b, avec (a, b) ∈ Z × Z, n’a pas toujours de solutions dans Z.
• Conséquence : à partir de Z, et en utilisant les relations d’équivalence, on construit un
ensemble noté Q, et appelé ensemble des nombres rationnels, tels que :
— Z⊂Q
— Pour tout élément de r ∈ Q, il existe un élément r0 ∈ Q symétrique de r par rapport à la
multiplication. i.e. r × r0 = 1.
1
• r0 le symétrique de r par rapport à la multiplication est toujours noté ” ” et appelé
r
inverse. ß ™
p
• L’ensemble des nombres rationnels est défini par : Q := : p ∈ Z et q ∈ N .
∗
q
• L’ensemble des nombres rationnels Q est muni de deux lois de composition interne,
l’addition (+) et la multiplication (×), définies par:
p1 p2 p 1 q2 + q1 p 2 p1 p2 p1 p2
+ = , × = ,
q1 q2 q1 q2 q1 q2 q1 q2
• Si p et q sont premiers entre eux, i.e. p ∧ q = 1, alors la représentation de r ∈ Q sous
p
forme est unique. Dans ce cas, on parle de l’écriture irréductible ou bien canonique.
q
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Ensemble des nombres rationnels Q
Un exemple de sous ensemble de Q est l’ensemble des nombres décimaux :
n p o
D := : p ∈ Z, k ∈ N
10k
Proposition
Un nombre est rationnel si et seulement s’il admet une écriture décimale finie ou infinie
périodique.
Exemple
3 1
= 0, 6 = 0, 333333 · · · 1, 179325325325 · · ·
5 3
Proof.
(⇒) La démonstration repose sur la division euclidienne (on peut montrer sur un exemple).
(⇐) Tout nombre dont l’écriture décimale comporte une partie décimale finie peut s’écrire comme une fraction.
Dans le cas où la partie décimale est periodique, il existe une méthode pour mettre le nombre en fraction.
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Ensemble des nombres rationnels Q
Exemple
Soit r = 56, 3420232023 · · · .
100r = 5634, 20232023 · · ·
=⇒ 10000 × 100r = 56342023, 20232023 · · ·
=⇒ 10000 × 100r − 100r = 56342023 − 5634 = 56336389
=⇒ 9999 × 100r = 56336389
=⇒ 999900r = 56336389
56336389
=⇒ r = 999900
Donc r = 56336389
999900 appartient bien à l’ensemble Q. D’où r est un rationnel.
Situation-problème
Lorsque l’école pythagoricienne s’est posé le problème de pouvoir mesurer toute longueur à
l’aide de quotients d’entiers, elle s’est rendu compte de l’insuffisance de ce que nous appelons
aujourd’hui les nombres rationnels. En particulier, elle découvert que la longueur de la
diagonale d’un carré de côté 1 ne peut être égale au quotient de deux entiers.
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Ensemble des nombres rationnels Q
L’insuffisance de l’ensemble Q des nombres rationnels, peut s’exprimer de la façon suivante :
Théorème
√
Soit n ∈ N. Si n n’est pas un carré parfaita , alors n ∈
/ Q.
i.e. l’équation x2 = n n’admet pas de solution dans Q.
a
On dit que n ∈ N est un carré parfait s’il existe p ∈ N tel que n = p2 .
Exemple : 0, 1, 4, 9, 16, 25, 36, 49, . . . sont des carrés parfaits.
Proof.
√
Supposons par absurde, que n n’est pas un carré parfait, et que n ∈ Q.
√ p
Donc il existe p ∈ Z, q ∈ N∗ , avec p ∧ q = 1, tel que n = . Ainsi, p2 = nq 2 .
q
Or, q divise nq , donc q divise p = p × p. Comme p ∧ q = 1, alors d’après le théorème de
2 2
p2 d2 q 2
Gaussa , q divise p. i.e., il existe d ∈ N tel que p = dq. Ainsi, n = 2 = 2 = d2 .
q q
D’où n est√un carré parfait. Absurde avec le fait que n n’est pas un carré parfait !!!
Par suite n ∈ / Q.
a
Théorème de Gauss : ∀(a, b, c) ∈ N3 (a divise bc et a ∧ b = 1) ⇒ a divise c.
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Ensemble des nombres réels R
√ √ √
• En particulier, 2∈
/ Q, 3∈
/ Q, 5∈
/ Q, π ∈ / Q, . . .
/ Q, e ∈
• On est amené à construire un ensemble plus grand que Q dans lequel toutes les mesures
possibles sont représentées.
• On introduit l’ensemble des nombres réels R, qui contient l’ensemble Q des rationnels.
• Les éléments de R qui n’appartiennent pas à Q sont appelés irrationnels.
Nous admettrons dans la suite l’existence de R vérifiant les propriétés suivantes que nous
définissons et développons dans la suite de ce chapitre :
Théorème
L’ensemble des nombres réels, noté R, est un corps commutatif, totalement ordonné,
Archimédien, vérifiant la propriété de la borne supérieure.
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2. Définition axiomatique des nombres réels
(R, +, ×) est un corps commutatif
L’ensemble des nombres réels R est muni de deux lois de composition interne, l’addition
(+) et la multiplication (×), représentées par les schémas
+ ×
R × R −→ R R × R −→ R
(x, y) 7−→ x + y (x, y) 7−→ x × y = x · y = xy
qui satisfont les propriétés suivantes:
A1 . La loi + est commutative : ∀(x, y) ∈ R2 , x + y = y + x;
A2 . La loi + est associative : ∀(x, y, z) ∈ R3 , (x + y) + z = x + (y + z);
A3 . La loi + admet un élément neutre : ∀x ∈ R, x + 0 = 0 + x = x;
A4 . Tout élément de R admet un symétrique pour la loi + :
∀x ∈ R, x + (−x) = (−x) + x = 0;
A5 . La loi × est commutative : ∀(x, y) ∈ R2 , x × y = y × x;
A6 . La loi × est associative : ∀(x, y, z) ∈ R3 , (x × y) × z = x × (y × z);
A7 . La loi × admet un élément neutre : ∀x ∈ R, x × 1 = 1 × x = x;
A8 . Tout élément de R∗ admet un symétrique pour la loi × : ∀x ∈ R∗ , x × 1
x = 1
x × x = 1;
A9 . La multiplication est distributive par rapport à l’addition :
∀(x, y, z) ∈ R3 , x × (y + z) = x × y + x × z,
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(R, +, ×) est un corps commutatif
A2
A6
+
+
A3 =⇒ (R, +) est un groupe. A7 =⇒ (R∗ , ×) est un groupe.
+ +
A4 A8
(R, +) est un groupe
+ =⇒ (R, +) est un groupe commutatif (abélien).
A1
(R, +) est un groupe commutatif
+
(R , ×) est un groupe
∗ =⇒ (R, +, ×) est un corps.
+
A9
(R, +, ×) est un corps
+ =⇒ (R, +, ×) est un corps commutatif.
A5
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(R, +, ·, ≤) est un corps totalement ordonné
On munit l’ensemble R d’une relation d’ordre, notée ≤, qu’il satisfait les axiomes suivants :
A10 . La relation ≤ est réflexive : ∀x ∈ R, x ≤ x,
A11 . La relation ≤ est antisymétrique : ∀(x, y) ∈ R2 , (x ≤ y et y ≤ x) ⇒ x = y
A12 . La relation ≤ est transitive : ∀(x, y, z) ∈ R3 , (x ≤ y et y ≤ z) ⇒ x ≤ z
A13 . La relation ≤ est totale : ∀(x, y) ∈ R2 , (x ≤ y) ou (y ≤ x).
La relation d’ordre ≤ est compatible avec les lois + et × de la structure du corps R,
c’est-à-dire que
A14 . ∀(x, y, z) ∈ R3 , x ≤ y ⇒ x + z ≤ y + z
A15 . ∀(x, y) ∈ R2 , (x ≤ y et z ≥ 0) ⇒ x × z ≤ y × z.
Remarque
Tous ces axiomes sont également vérifiés par l’ensemble Q des nombres rationnels.
Que distingue Q de R ? C’est l’axiome de la borne supérieure.
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Majorant, minorant, maximum, minimum
Définition
Soit E une partie non vide de R.
• Un réel M est un majorant de E si : ∀x ∈ E, x ≤ M .
• Un réel m est un minorant de E si : ∀x ∈ E, x ≥ m.
• La partie E est dite majorée dans R si et seulement si elle possède au moins un
majorant.
• La partie E est dite minorée dans R si et seulement si elle possède au moins un
minorant.
• La partie E est dite bornée si et seulement si elle est à la fois majorée et minorée.
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Majorant, minorant, maximum, minimum
Définition
Soit E une partie non vide de R, on dit que :
• Le réel α est le plus grand élément (ou maximum) de E si α ∈ E et α est un majorant
de E. On note max(E) = α.
• Le réel β est le plus petit élément (ou minimum) de E si β ∈ E et β est un minorant
de E. On note min(E) = β.
Remarque
Les majorants et les minorants ne sont pas en général uniques.
Proposition
Si une partie E admet un plus grand (respectivement plus petit) élément, alors il est unique.
En effet : Soient M1 et M2 deux plus grands éléments d’une partie E.
Comme M1 ∈ E et M2 est un majorant de E alors M1 ≤ M2 .
Inversement M2 ∈ E et M1 est un majorant de E alors M2 ≤ M1 .
Donc M1 = M2 . De même, pour le minimum.
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Borne supérieure, borne inférieure
Définition
Soit E une partie non vide de R.
• Si E est majorée, on appelle borne supérieure de E et on note sup(E) le plus petit des
majorants de E.
• Si E est minorée, on appelle borne inférieure de E et on note inf(E) le plus grand des
minorants de E.
Clairement, si la borne supérieure (respectivement inférieure) de E existe, elle est unique.
Exemple
Trouver la borne supérieure, la borne inférieure, l’ensemble des majorants et minorants, le
maximum et le minimum s’ils existent des ensembles suivants :
1. E1 = [0, 1 [ ;
2. E2 =] − ∞, 1 [ ;
¶ n ©
3. E3 = 3 + (−1)
n , n ∈ N ∗ .
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Borne supérieure, borne inférieure
Solution
1. Les majorants de E1 sont les éléments de [1, +∞ [.
Donc sup (E1 ) = 1, et le max (E1 ) n’existe pas car 1 ∈
/ E1 .
Les minorants de E1 sont les éléments de ]- ∞, 0].
Donc inf (E1 ) = 0, et le min (E1 ) existe car 0 ∈ E1 et on a min (E1 ) = 0 = inf (E1 ).
2. On a pour tout x ∈ E2 , x < 1. Donc, les majorants de E2 sont les éléments de ]1, ∞ [ .
Ainsi sup (E2 ) = 1 et max (E1 ) n’existe pas
L’ensemble des minorants de E2 est vide et donc E2 n’admet pas de borne inférieure.
3. Si n est pair (n = 2k et k ≥ 1) : 3 < 3 + 2k
1
≤ 72
Si n est impair (n = 2k + 1 et k ≥ 0) : 2 ≤ 3 + 2k+1
1
< 3 < 72 .
n
Donc ∀n ∈ N∗ , 2 ≤ 3 + (−1)
n ≤ 27 .
Ainsi sup (E3 ) = max (E3 ) = 27 car 7
2 ∈ E3 et inf (E3 ) = min (E3 ) = 2 car 2 ∈ E3 .
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Propriété fondamental de R (de la borne supérieure)
Énonçons maintenant le dernier axiome (A16 ) de R qui se traduit en :
Propriété de la borne supérieure (resp. inférieure)
Toute partie non vide et majorée (resp. minorée) de R admet une borne supérieure (resp.
inférieure).
Question : Est-ce que c’est vrai pour Z ? pour Q ?
Réponse :
• C’est vrai pour Z. En effet : tout partie non vide et majorée de Z admet un plus grand
élément, c’est donc sa borne supérieure.
• C’est faux pour Q. En effet : Considérons la partie A = {x ∈ Q : x2 < 2}.
On a A est une partie majorée de Q. Mais sup(A) n’existent pas dans Q (Voir TD).
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Caractérisation des bornes supérieures et inférieures
Caractérisation des bornes supérieures et inférieures
Soit E ⊂ R tel que E 6= ∅ et m, M ∈ R
1. Si E une partie majorée de R, alors
®
∀x ∈ E, x ≤ M,
M = sup(E) ⇔
∀ > 0, ∃x ∈ E; M − < x ≤ M
2. Si E une partie minorée de R, alors
®
∀x ∈ E, x ≥ m,
m = inf(E) ⇔
∀ > 0, ∃x ∈ E, m ≤ x < m + .
Remarque
On étend la définition de sup et inf aux parties non majorées et non minorées par la
convention suivante :
• Si E n’est pas majorée, alors on écrit sup(E) = +∞.
• Si E n’est pas minorée, alors on écrit inf(E) = −∞.
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3. Propriétés des nombres réels
Valeur absolue et propriétés
Pour un nombre réel x, on définit la valeur absolue de x par :
si x ≥ 0;
ß
x
|x| =
−x si x < 0.
En d’autres termes, ∀x ∈ R, |x| = max{−x, x}.
Propriétés
1. ∀x ∈ R : −|x| ≤ x ≤ |x|.
2. ∀x ∈ R, ∀a ∈ R+ : |x| ≤ a ⇔ −a ≤ x ≤ a;
3. ∀x ∈ R, ∀a ∈ R+ : |x| ≥ a ⇔ (x ≥ a) ou (x ≤ −a);
√
4. ∀x ∈ R : x2 = |x| et |x|2 = x2 .
5. ∀x ∈ R : |x| ≥ 0 (Positivité);
6. ∀x ∈ R : |x| = 0 ⇔ x = 0 (Séparation);
7. ∀(x, y) ∈ R2 : |x · y| = |x| · |y| (Homogénéité);
8. ∀(x, y) ∈ R2 : |x + y| ≤ |x| + |y| (Sous-additivité ou bien l’inégalité triangulaire);
9. ∀(x, y) ∈ R2 : ||x| − |y|| ≤ |x − y| (Inégalité triangulaire renversée);
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Valeur absolue et propriétés
Démonstration des inégalités triangulaires
• Pour l’inégalité triangulaire, on sait que : −|x| ≤ x ≤ |x| et − |y| ≤ y ≤ |y|.
En additionnant
−(|x| + |y|) ≤ x + y ≤ (|x| + |y|),
puis en utilisant (7) , on obtient
|x + y| ≤ |x| + |y|.
• Pour Inégalité triangulaire renversée, puisque x = (x − y) + y, on a d’aprés
l’inégalités triangulaires :
|x| = |(x − y) + y| ≤ |x − y| + |y|
Donc |x| − |y| ≤ |x − y|, et en intervertissant les rôles de x et y, on a aussi
|y| − |x| ≤ |y − x|
comme |y − x| = |x − y|, on a donc ||x| − |y|| ≤ |x − y|.
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Propriété d’Archimède
Théorème
R est un corps Archimédien, i.e., R vérifie la propriété suivante, dite d’Archimède :
∀x ∈ R∗+ , ∀y ∈ R, ∃n ∈ N∗ tel que nx ≥ y.
Proof.
Supposons que la propriété d’Archimède ne soit pas vraie. Alors,
∃(x, y) ∈ R∗+ × R, tel que ∀n ∈ N∗ on ait nx < y.
Définissons la partie A de R par : A := {nx, n ∈ N∗ } .
On a A est une partie de R non vide et majorée par y.
Alors A possède une borne supérieure M ∈ R, tel que nx ≤ M, ∀n ∈ N∗ (Axiome de la borne sup).
En particulier pour n + 1 : (n + 1)x ≤ M , pour tout n ∈ N∗ . Donc nx ≤ M − x. Ce qui signifie que
(M − x) est un majorant de A strictement inférieure à M (Comme x > 0, M − x < M ).
Contradiction puisque M est le plus petit des majorants.
Cas particulier y = 1 : ∀x ∈ R∗+ , ∃n ∈ N∗ tel que 0< 1
n < x.
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Partie entière
Proposition – Définition
Soit x ∈ R. Il existe un unique entier relatif k ∈ Z tel que : k ≤ x < k + 1.
L’unique entier k est appelé la partie entière de x et est noté [x] ou E(x).
Exemple
√
E( 2) = 1, E(−π) = −4, E(0, 67) = 0.
Remarque
Les deux majorations suivantes sont souvent utiles dans les exercices:
∀x ∈ R, E(x) ≤ x < E(x) + 1 et x − 1 < E(x) ≤ x.
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Partie entière
Proof.
Unicité : Soient k1 et k2 deux entiers relatifs vérifiant :
k1 ≤ x < k1 + 1 et k2 ≤ x < k2 + 1.
On a alors x − 1 < k1 ≤ x et x − 1 < k2 ≤ x.
Ou encore x − 1 < k1 ≤ x et − x ≤ −k2 < 1 − x.
En sommant ces deux encadrement, on obtient :
−1 < k1 − k2 < 1.
Comme k1 et k2 deux entiers relatifs, cela donne k1 − k2 = 0, c’est-à-dire k1 = k2 .
D’où l’unicité d’un k ∈ Z tel que : k ≤ x < k + 1.
Existence : Si x est un entier, alors il suffit de prendre E(x) = x.
Si x n’est pas un entier et est positif, on utilise le fait que R est archimédien.
On a donc que pour tout a strictement positif, il existe un entier naturel non nul n tel que x < na.
On l’applique à a = 1. Il existe donc un entier naturel non nul n tel que x < n.
Ainsi, l’ensemble des entiers naturels non nuls supérieurs à x est non vide.
D’après l’un des axiomes de N, il contient donc un plus petit élément.
En le notant p, on a donc que x < p et p − 1 ≤ x,
Il suffit alors de prendre E(x) = p − 1.
Si x n’est pas un entier et est négatif, on applique le raisonnement précédent sur −x.
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Sous parties de R
Définition : Intervalles de R
Soit I une partie non vide de R, on dit que I est un intervalle lorsque : tout réel compris
entre deux éléments de I est lui-même élément de I, c’est à dire :
∀x, y ∈ I, ∀z ∈ R, (x ≤ z ≤ y =⇒ z ∈ I).
Dans ce qui suit, on désigne par a et b deux nombres réels tels que a < b. L’ensemble des
intervalles de R est constitué des ensembles suivants :
1. ∅ est un intervalle de R; 6. [a, +∞[= {x ∈ R : a ≤ x};
2. [a, b] = {x ∈ R : a ≤ x ≤ b}; 7. ]a, +∞[= {x ∈ R : a < x};
3. [a, b[= {x ∈ R : a ≤ x < b}; 8. ] − ∞, b] = {x ∈ R : x ≤ b};
4. ]a, b] = {x ∈ R : a < x ≤ b}; 9. ] − ∞, b[= {x ∈ R : x < b};
5. ]a, b[= {x ∈ R : a < x < b}; 10. R =] − ∞, +∞[.
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Partie ouverte / Partie fermée
• (1) , (2) , (3) et (4) sont des intervalles bornés;
• (5) , (6) , (7) , (8) et (9) sont des intervalles non bornés;
• (1) dit intervalle fermé borné;
• (2) et (3) dits intervalles semi ouverts;
• (4) dit intervalle ouvert borné;
• (5) et (7) dits intervalles fermés non bornés;
• (6) et (8) dits intervalles ouverts non bornés.
Partie ouverte / Partie fermée
Soit I partie non vide de R.
1. On dit que I est une partie ouverte de R, si pour tout x ∈ I, I contient un intervalle
ouvert de centre x, (i.e. un intervalle de la forme ]x − r, x + r[, r > 0).
2. On dit que I est une partie fermée de R, si son complémentaire dans R est une partie
ouverte.
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Partie ouverte / Partie fermée
Proposition
1. sup[a, b] = max[a, b] = b, inf[a; b] = min[a, b] = a.
2. sup]a, b[= b , inf]a, b[= a
et l’intervalle ]a, b[ n’a pas de plus grand élément, ni de plus petit élément.
3. sup[a, b[= b , inf[a, b[= min[a, b[= a
et l’intervalle [a, b[ a pour plus petit élément a et n’a pas de plus grand élément.
4. sup]a, b] = max]a, b] = b, inf]a, b] = a et l’intervalle [a, b[ n’a pas de plus grand élément.
5. inf]a, +∞[= a
et l’intervalle ]a, +∞[ n’admet pas de borne supérieure, ni de plus petit élément.
6. inf[a, +∞[= min[a, +∞[= a et l’intervalle ]a, +∞[ n’admet pas de borne supérieure.
7. sup] − ∞, b[= b
et l’intervalle ] − ∞, b[ n’admet pas de borne inférieure, ni de plus grand élément.
8. sup] − ∞, b] = max] − ∞, b] = b
et l’intervalle ] − ∞, b] n’admet pas de borne inférieure.
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