Université Cadi Ayyad Année universitaire : 2019 - 2020
Faculté des Sciences et Techniques, Marrakech
Département de Mathématiques
Corrigé du contrôle d’Algèbre 2
Rédigé par le professeur Karim KREIT
Fillière MIPC, 2ème semestre
Questions de cours. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . [(4) points]
1) Énoncer le théorème noyau-image.
2) Soient A, B ∈ Mn (R). Répondre par vrai ou faux.
(a) det(A + B) = det(A).det(B) .
(b) ∀λ ∈ R, det(λA) = λn .det(A) .
1
(c) det(At ) = det(A)
, où At désigne la matrice transposée de A.
(d) Si la matrice A est inversible alors det(A−1 ) = −det(A) .
3) Soit E un espace vectoriel sur R de dimension finie. Que peut-on dire de deux matrices
représentant le même endomorphisme de E ?
Correction des questions de cours:.
1) Théorème noyau-image :
Théorème. Soit f ∈ L(E, F ) avec dimension de E finie. Alors Im(f ) est un sous-espace
vectoriel de F de dimension finie de F et l’on a
dim ker(f ) + rg(f ) = dim(E)
où rg(f ) désigne la dimension de l’image de f .
2) Soient A, B ∈ Mn (R). Répondons par vrai ou faux.
(a) det(A + B) = det(A).det(B) : Faux
(b) ∀λ ∈ R, det(λ A) = λn det(A) : Vrai
1
(c) det(At ) = det(A)
, où At désigne la matrice transposée de A : faux
(d) Si la matrice A est inversible alors det(A−1 ) = −det(A) : faux
3) Soit E un espace vectoriel sur R de dimension finie. Deux matrices A et B représentant le
même endomorphisme de E sont semblables (i.e. il existe une matrice P inversible telle que
B = P −1 AP )
Contrôle d’Algèbre 2 1 Correction
Exercice 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .[(12) points]
Soit B0 = {e1 = (1, 0, 0), e2 = (0, 1, 0), e3 = (0, 0, 1)} la base canonique de R3 et Soit B1 =
{1, X, X 2 } celle de R2 [X] (Rappel : R2 [X] est l’espace vectoriel des polynômes de degré ≤ 2).
Soit λ ∈ R et φλ l’application de R3 dans R2 [X] définie par :
φλ : R3 −→ R2 [X]
(a, b, c) 7−→ a + (a + b)X + λ(a + b + c)X 2
1) Montrer que l’application φλ est linéaire.
2) Donner la matrice Mλ de l’application linéaire φλ dans les bases B0 de R3 et B1 de R2 [X] .
3) Déterminer, suivant les valeurs de λ, Ker(φλ ) et en donner une base.
4) Déterminer, suivant les valeurs de λ, le rang de Mλ .
5) Pour quelles valeurs de λ l’application φλ est-elle un isomorphisme ?
6) Dans le cas où φλ est bijective, donner la matrice de φ−1
λ dans les bases B1 de R2 [X] et B0
de R3 .
7) Soit B0′ = {f1 = (1, 1, 0), f2 = (1, 0, 1), f3 = (0, 1, 1)} une autre base de R3 et Soit B1′ =
{1, 1 + X, 1 + X + X 2 } une autre de R2 [X]. Donner la matrice de passage P de B0 à B0′ et
la matrice de passage Q de B1 à B1′ .
8) Donner la matrice Mλ′ de φλ dans les nouvelles bases B0′ de R3 et B1′ de R2 [X] .
Correction exercice 1.
Soit B0 = {e1 = (1, 0, 0), e2 = (0, 1, 0), e3 = (0, 0, 1)} la base canonique de R3 et Soit
B1 = {p1 = 1, p2 = X, p3 = X 2 } celle de R2 [X].
Soit λ ∈ R et φλ l’application de R3 dans R2 [X] définie par :
φλ : R3 −→ R2 [X]
(a, b, c) 7−→ a + (a + b)X + λ(a + b + c)X 2
1) Montrons que l’application φλ est linéaire. Soient A = (a, b, c) et B = (a′ , b′ , c′ ) deux élément
de R3 et α ∈ R
φλ (A + αB) = φλ ((a + αa′ , b + αb′ , c + αc′ ))
= a + αa′ + (a + αa′ + b + αb′ )X + λ(a + αa′ + b + αb′ + c + αc′ )X 2 ,
= a + (a + b)X + λ(a + b + c)X 2 + α(a′ + (a′ + b′ )X + λ(a′ + b′ + c′ )X 2 ),
= φλ (A) + αφλ (B).
D’où φλ est une application linéaire de R3 dans R2 [X].
2) La matrice Mλ de l’application linéaire φλ dans les bases B0 de R3 et B1 de R2 [X] :
On a
φλ (e1 ) = 1 + X + λX 2 , φλ (e2 ) = 0 + X + λX 2 , φλ (e3 ) = 0 + 0 + λX 2 .
Contrôle d’Algèbre 2 2 Correction
D’où la matrice Mλ est donnée par
1 0 0
Mλ = 1 1 0
λ λ λ
3) Déterminons,
suivant
les valeurs de λ, Ker(φλ ) et en donner une base :
a
Soit Y = b ∈ R3
c
(a, b, c) ∈ Ker(φλ ) ⇐⇒ φλ (a, b, c) = 0R3
⇐⇒ Mλ Y = 0R3
1 0 0 a 0
⇐⇒ 1 1 0 b = 0
λ λ λ c 0
a=0
⇐⇒ a+b=0
λ(a + b + c) = 0
{
a=b=0
⇐⇒ (∗∗)
λc = 0
• Si λ ̸= 0 =⇒ c = 0
Donc a = b = c = 0 ce qui implique que
ker(φλ ) = {0R3 }
• Si λ = 0 =⇒ c ∈ R alors d’après (∗∗)
0
Ker(φλ ) =
0 , c∈R
c
0
= vect 0 = vect(e3 ).
1
Dans ce cas (e3 ) est une base de Ker(φλ )
4) Déterminons, suivant les valeurs de λ, le rang de Mλ :
D’après la question précédente et l’utilisation du théorème du rang (noyau-image) on a deux
cas :
• Si λ ̸= 0
λ ̸= 0 =⇒ dim (Ker(φλ )) = 0
=⇒ dim (Im(φλ )) = 3 − 0
=⇒ rg (φλ ) = 3
=⇒ rg (Mλ ) = 3
Contrôle d’Algèbre 2 3 Correction
• Si λ = 0
λ = 0 =⇒ dim (Ker(φλ )) = 1
=⇒ dim (Im(φλ )) = 3 − 1
=⇒ rg (φλ ) = 2
=⇒ rg (Mλ ) = 2
5) L’application φλ est un isomorphisme si λ ̸= 0,
Ainsi
λ ̸= 0 =⇒ dim (Ker(φλ )) = 0 et dim (Im(φλ )) = 3 = dim(R2 [X])
=⇒ φλ est injective et surjective
=⇒ φλ est bijective
=⇒ φλ est un isomorphisme
dans l’autre cas où λ = 0, φλ n’est plus injective car Ker(φλ ) = vect(e3 ) ̸= {0R3 ⟩.
6) Dans le cas où φλ est bijective, donner la matrice de φ−1
λ dans les bases B1 de R2 [X] et B0
de R .
3
φλ est un isomorphisme si λ ̸= 0, ce qui implique que l’endomorphisme inverse φ−1
λ et bien
−1
définie de R2 [X] dans R . De plus, la matrice Nλ de φλ dans les bases B1 de R2 [X] et B0
3
de R3 est l’inverse de la matrice Mλ de φλ .
Calculons l’inverse de Mλ :
1 0 0 a x a=x
1 1 0 b = y ⇐⇒ a+b=y
λ λ λ c z λ(a + b + c) = z
a=x
⇐⇒ b = −x + y
λ(y + c) = z
a=x
⇐⇒ b = −x + y
c = −y + z
λ
Donc l’inverse de Mλ est la matrice Nλ suivante
1 0 0
−1 1 0
N =λ
1
0 −1
λ
D’où la matrice de φ−1
λ dans les bases B1 et B0 est
1 0 0
−1 1 0
N = λ
1
0 −1
λ
Contrôle d’Algèbre 2 4 Correction
7) Soit B0′ = {f1 = (1, 1, 0), f2 = (1, 0, 1), f3 = (0, 1, 1)} une autre base de R3 et Soit B1′ =
{1, 1 + X, 1 + X + X 2 } une autre base de R2 [X].
La matrice de passage P de B0 à B0′ :
Soit B0 = {e1 = (1, 0, 0), e2 = (0, 1, 0), e3 = (0, 0, 1)} la base canonique de R3 et Soit
B0′ = {f1 = (1, 1, 0), f2 = (1, 0, 1), f3 = (0, 1, 1)} une autre base de R3 On a
f1 = (1, 1, 0) = e1 + e2
f1 = (1, 0, 1) = e1 + e3
f1 = (0, 1, 1) = e2 + e3
d’où
1 1 0
P = 1 0 1
0 1 1
La matrice de passage Q de B1 à B1′ :
Soit
B1 = {p1 = 1, p2 = X, p3 = X 2 } la base canonique de R2 [X] et Soit B1′ = {p′1 = 1, p′2 =
1 + X, p′3 = 1 + X + X 2 } une autre base de R2 [X]
On a
p′1 = 1 = p1
p′2 = 1 + X = p1 + p2
p′3 = 1 + X + X 2 = p1 + p2 + p3
d’où
1 1 1
Q= 0 1 1
0 0 1
8) La matrice Mλ′ de φλ dans les nouvelles bases B0′ de R3 et B1′ de R2 [X] . La matrice de φλ
dans les bases canonique B0 de R3 et B1 de R2 [X] est
1 0 0
Mλ = 1 1 0
λ λ λ
La matrice de passage P de B0 à B0′
1 1 0
P = 1 0 1
0 1 1
La matrice de passage Q de B1 à B1′
1 1 1
Q= 0 1 1
0 0 1
Donc la matrice Mλ′ de φλ dans les bases B0′ et B1′ est donnée par la relation suivante
Mλ′ = Q−1 Mλ P
Contrôle d’Algèbre 2 5 Correction
le calcul de Q−1 est facile à obtenir
1 1 1 1 −1 0
Q = 0 1 1 =⇒ Q−1 = 0 1 −1
0 0 1 0 0 1
D’où
Mλ′ = Q−1 Mλ P
1 −1 0 1 0 0 1 1 0
= 0 1 −1 1 1 0 1 0 1
0 0 1 λ λ λ 0 1 1
0 −1 0 1 1 0
= 1−λ 1 − λ −λ 1 0 1
λ λ λ 0 1 1
−1 0 −1
= 2 − 2λ 1 − 2λ 1 − 2λ
2λ 2λ 2λ
Exercice 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . [(4) points]
Soient a, b, c ∈ R. Montrer, en utilisant les propriétés d’un déterminant, que
dét (A) = (a + b + c)3 , où
a−b−c 2a 2a
A= 2b b−c−a 2b
2c 2c c−a−b
Expliquer toutes les étapes de vos calculs.
Contrôle d’Algèbre 2 6 Correction
Correction exercice 2.
a−b−c 2a 2a
det(A) = 2b b−c−a 2b
2c 2c c−a−b
a+b+c a+b+c a+b+c L1 ←− L1 + L2 + L3
= 2b b−c−a 2b L2
2c 2c c−a−b L3
1 1 1
= (a + b + c) 2b b − c − a 2b Factorisation de L1 par (a + b + c)
2c 2c c−a−b
C1 C2 − C1 C3 − C 1
1 0 0
= (a + b + c) 2b −a − b − c 0
2c 0 −a − b − c
= (a + b + c)3
Contrôle d’Algèbre 2 7 Correction